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n°22


Édito

manny CALAvERA Rédacteur en chef

MERCI ! Oui, merci. Autant commencer cet édito par ce simple mot, après tout, car il résume déjà tout ce que nous ressentons au terme de notre petite expédition sur les terres hostiles et impitoyables de l’événementiel, si rudes pour les novices un peu trop confiants... Merci, donc, d’avoir été présents et si enthousiastes lors de nos trois Nuits du Cinéma organisées cette année ; une première pour notre asso, plus habituée à réaliser ses petits fascicules de passionnés avec les quelques moyens qui sont les siens qu’à mettre en place des nuits de diffusion complètes avec tout l’habillage qui va avec ! Qui plus est, récupérer le bébé un an après l’arrêt de ces rendez-vous (suite à la disparition de CinéMirail) n’était pas sans nous mettre une pression supplémentaire, compte tenu des nombreux fidèles qui ne ratent aucun de ces événements depuis maintenant plusieurs années. Mais on a tâché de relever le défi du mieux qu’on a pu, et on est assez satisfaits de voir que le public a suivi le mouvement avec plaisir (et ce malgré un contexte pas forcément évident à chaque fois) ! Les choses n’auront pas toujours été simples, c’est certain, tant cela demande une organisation et un investissement conséquents en termes de temps et d’effectifs humains : deux choses dont nous ne disposons pas en illimité, loin s’en faut ! Mais peu importe, nous n’étions pas là pour coller des gommettes : on a tâché de faire ça avec tout le sérieux et toute la générosité du monde, et on met tout en œuvre pour pouvoir recommencer dès la rentrée… On croise les doigts, et on espère que vous suivrez ! Mais n’allez pas croire qu’on baisse déjà le rideau, à deux mois de la fin de l’année universitaire. Outre nos magazines encore en gestation pour clore 2018/2019, vous aurez la possibilité de nous rencontrer au PopCon Toulouse à Diagora Labège le 13 avril prochain ! C’est une très grande fierté pour nous que de siéger l’espace d’une journée aux côtés d’autres associations universitaires dans

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cet espace où vont se succéder nombre d’exposants et de prestigieux invités (comédiens, doubleurs, auteurs, musiciens...), tous gravitant autour du monde merveilleux de la culture geek & populaire – qui nous est chère. Merci au passage à l’association L’Agitée (et naturellement à l’équipe du PopCon) de nous avoir conviés à participer à ce méga-stand associatif et commun grâce auquel nous pourrons faire connaître les initiatives étudiantes auprès d’un plus large public ! Bien entendu, il ne sera pas question de glandouiller sur sa chaise… des jeux, des goodies, nos magazines (bah ouais forcément), plus quelques surprises tirées de notre chapeau ! Ah et bien sûr, l’événement sera couvert dans son ensemble par notre équipe, qui se chargera de rendre compte des festivités sur place ! On s’attend à une foule de cosplayers survoltés, à pléthore de produits dérivés en tout genre à l’effigie de nos héros préférés, à assister à des conférences passionnantes ou encore tester nos réflexes sur du bon vieux retrogaming des familles et faire quelques rencontres fascinantes au milieu de toute l’agitation magique de cette convention bien d’chez nous ! On ne saurait que trop vous inciter à vous joindre à nous. Ça tombe bien : il se murmure que nous aurions quelques places à faire gagner sur notre page Facebook… Bref : « restez connectés », comme on dit ! Et comme à notre habitude à cette période, on vous concocte du hors-série aux petits oignons : le festival CinéLatino s’est achevé le 31 mars dernier, au terme d’une semaine et demie particulièrement dense en projections et rencontres. Un rendez-vous incontournable pour les Toulousains amoureux de cinéma et de culture latino-américaine qu’on ne rate plus depuis quatre ans, et que l’on célèbre immanquablement par l’édition d’un hors-série sur ce que le festival a produit de meilleur ! Comme à l’accoutumée, critiques, chroniques, interviews et quelques articles plus singuliers sont à prévoir pour cette version 2019, dont nous avons pu constater qu’elle était au moins à la hauteur des précédentes (plusieurs articles web sont déjà disponibles sur notre site). Et comme chaque année : merci à eux pour leur accueil ! En attendant ce petit (gros ?) en-cas, on vous laisse dévorer le présent mensuel, avant-dernier de l’année universitaire en cours (déjà !). Pour le reste, on vous dit à très vite !

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© Pexels

Photo couverture : pexels.com Chef rédacteur : Manny Calavera Chef éditorial : Doriane Job Maquettiste : Célia Hassouni Rédacteurs : Eye In The Dark, Lilith, Stella, The Watcher, Dolores, Le Comte Gracula et Listener Correctrice : Adeline Dekockelocre


éditorial

Sommaire

PRENEZ PLACE 2

. Sauver le monde, ou pas ! 10 Petit état des lieux des apocalypses des 2010’s

. Box-office :

Poupée Russe De Natasha Lyonne, Amy Poehler et Leslye Headland (2018)

. Le Ring :

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Collision De Paul Haggis (2004)

. Rétrospective :

La Nuit du Chasseur De Charles Laughton (1955)

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. Des voix uniques et merveilleuses Par Le Comte Gracula

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. Table ronde sur les fanzines Tenue par Christophe Bier, Laurent Hellebé, Didier Lefèvre et Thomas Bégeault

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À NE PAS LouPER 5

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Critique

BOX-OFFICE

CRITIQuE BOX-oFFICE

© youwatch-series

Poupée Russe

De Natasha Lyonne, Amy Poehler et Leslye Headland (2018) une série qui donne le vertige ! La nouvelle série qui a fait son apparition au début du mois de février 2019 sur le site de VOD Netflix a de quoi interpeller. En effet, dès le premier épisode le spectateur est plongé dans un univers labyrinthique et lugubre. Les décors sont assez sombres, le soleil et la lumière du jour ne font pas souvent leur apparition, et la faucheuse menace de surgir à chaque coin de rue. Nadia, une conceptrice de jeux vidéo de 36 ans (pour ceux qui voudront voir la série, l’âge est

important), est condamnée à revivre sa soirée d’anniversaire où elle trouvera la mort à chaque fois dans d’atroces circonstances. À chaque soirée/début de journée vécu, elle s’approche un peu plus de ce qui l’a menée à revivre sans cesse ce moment. C’est, somme toute, un scénario « déjà-vu », la boucle temporelle est un sujet qui plaît et qui a été très souvent exploité dans le milieu du septième art. Pour exemples :

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devenir ennuyeux au bout de quelques épisodes. Trop de choses se répètent. Néanmoins, là on peut le dire, il s’agit d’un tour de force ! Car bien que toute l’histoire se déroule sur 8 épisodes, on ne s’ennuie jamais. Et pourtant, réussir à mettre des scènes répétitives sans tomber dans l’ennui absolu du spectateur, ça n’était vraiment pas un pari gagné d’avance. Mais voilà, même en étant enfermés dans une boucle temporelle on reste sans cesse en suspens tout le long des épisodes. Autre originalité de ce programme : la façon avec laquelle Nadia, le personnage principal, va traiter le problème pour s’en sortir. Elle ne va pas seulement essayer de devenir une meilleure personne - comme le font à peu près tous les personnages dans les films de ce genre - mais, en bonne informaticienne, elle va essayer de corriger le bug qui la mène à recommencer sans cesse cette boucle.

Un jour sans fin (Harold Ramis, 1993) avec Bill Murray et Andie MacDowell, la référence en termes de film avec une boucle temporelle ; Edge of tomorrow (Doug Liman, 2014) avec Tom Cruise et Emily Blunt, un film de science-fiction, qui avait été plutôt bien accueilli par la critique à sa sortie. Plus récemment, Happy birthdead (Christopher Landon, 2017) et encore plus récemment la suite de ce film, Happy Birthdead 2 You qui est sorti au cinéma le 13 février (ces derniers étant des films plutôt destinés aux adolescents). Donc rien d’original vous me direz ! C’est aussi ce que je me suis dit en lisant le synopsis, et j’ai la joie de vous annoncer que… je m’étais trompée ! Déjà c’est une série. Une série courte, mais quand même ! Si justement vous en avez marre des séries à rallonge, celle-ci se contente d’une unique saison. Il faut dire qu’un tel thème peut difficilement ne pas

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Natasha Lyonne, dans cette série, est à la fois l’une des réalisatrices et l’actrice principale. Elle vient ajouter sa touche et sa personnalité détonante qu’on a déjà pu remarquer dans beaucoup de films dans lesquels elle a tourné, et également dans la série Orange is the New black (Jenji Kohan, 2013-2019) avec le rôle de Nicky Nichols. Par ailleurs le tempérament explosif du personnage principal vient combler un possible manque d’étoffe d’un tel scénario. L’humour noir, dont l’actrice principale fait usage en permanence, ne cesse d’amener du charme à son personnage. Toujours fidèle à elle-même et à la fois en perpétuelle évolution, tandis qu’autour d’elle tout se dégrade et qu’à chaque vie qu’elle perd elle s’autodétruit progressivement. Nadia se promène

à travers ses diverses vies, mais aussi à travers ses propres souvenirs pour réussir à régler ses problèmes. Quel est le bug dans la matrice qui a mené à ce crash incessant ? Telle est la question qu’essaie de résoudre cette conceptrice de jeux vidéo. Ce genre de séries avec des personnages fous (ou à la limite de l’être), c’est vraiment ce que j’aime. Ouais, là on est dans mon domaine ! Alors maintenant on allume son PC, ou sa télé ; on se cale bien dans le canapé et on s’apprête à binge-watcher ! Parce que je vous préviens, vous allez avoir du mal à décrocher ! - Lilith -

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Chronique

CHRonique © Allociné

Sauver le monde, ou pas ! Petit État des lieux des apocalypses des 2010's (Si tu n’as pas vu le dernier Avengers : Infinity War, La Cabane dans les bois, Melancholia, Le Jour d’après, L’Heure de la sortie : fuis pauvre fou !)

intergalactique. À ce problème, Thanos propose une solution : le génocide de la moitié de la population. Mais les spectateurs ne s’y tromperont pas et sauront discerner le mal dans… Quoi, des gens sont d’accord avec Thanos et approuvent sa décision ? Quoi ? Quoi ? Quoi ? Quoi ? Pardon, j’ai beugué. La preuve que Thanos est l’un des meilleurs villains de la décennie et donc aussi la preuve d’une étrange fascination, d’un désir même pas dissimulé d’une partie des gens pour la fin du (d’une moitié du ?) monde. Moi, j’imagine même pas le complexe du survivant de la moitié qui « reste ».

Avril 2018. Les certitudes de millions de spectateurs volent en éclats. En poussières. C’est la fin d’Avengers, Infinity War (Joe et Anthony Russo, 2018). Pour la première fois, un film de super-héros « mainstream » se termine sur un échec apocalyptique. Si cela fait longtemps que les Marvel approchent les enjeux politico-sociaux de notre monde, cette fois ils font de la « surpopulation » un problème

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Et si ça expliquait notre plaisir, presque coupable, de regarder des films catastrophe ? Je n’irais pas jusque-là, a fortiori quand les classiques des films catastrophe présentent quasiment tous un happy ending. Par happy ending comprendre : certes, des millions de personnes sont mortes, mais au moins maintenant le monde SAIT donc le monde va CHANGER. En 2004, Le Jour d’après présentait ainsi un New York plongé dans la glace, la faute au changement climatique. Dans la lignée des réflexions simplistes des films catastrophe, sa fin suppose désormais une meilleure entente entre les pays (États-Unis et Mexique principalement) et une redistribution des cartes politiques.

des scientifiques (ou allez employons le mot de « lanceurs d’alerte ») « savent » que la Terre est en danger, mais sont ignorés et moqués par leurs proches et par les politiciens jusqu’à ce que, paf, une tornade – un tsunami – une météorite – une vague de froid – un Thanos – une explosion nucléaire leur tombe dessus. Sauf que dans ces films qu’on aime regarder (allez, avoue !), il se passe quelque chose « après » la (première) catastrophe. Mais ça, c’était avant. En 2011, un nouveau Lars Von Trier fait grand bruit : Melancholia. Dans ce drame intimiste et apocalyptique, le réalisateur met en scène les derniers instants de vie de l’humanité. Pas d’issue, pas de course contre la montre, rien. Dans La Cabane dans les bois (Drew Goddard, 2011), alors qu’un des survivants a la possibilité de sauver la planète (à la condition de se sacrifier), il décide que “merci mais non merci” et tant pis pour le monde. Mais alors, c’est quoi l’état du monde actuel selon les apocalypses ciné du moment ?

Quoi qu’il en soit les films apocalyptiques, qu’ils soient catastrophe ou non, dressent aussi un état du monde au mieux alarmiste, au pire défaitiste. Ils gardent en commun cela même qu’ils se donnent la vocation de nous « ouvrir les yeux ». Vous savez ce premier acte dans lequel

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Eh bien, c’est pas la joie.

fidèle du discours collapsologue, ou de la « théorie de l’effondrement », qui fait bien des émules ces derniers temps, malgré toutes les critiques que les sciences sociales formulent à son égard. Collapso… Kesako ? C’est l’idée que, à cause de la crise environnementale, la civilisation telle que nous la connaissons va inéluctablement s’effondrer. Mais alors, c’est quoi le mieux : l’optimisme politique et humaniste démesuré des films catastrophe old fashion, ou le fatalisme lâche et déconnecté des drames apocalyptiques de ces dernières années ? Peut-être qu’au fond, ce sont les deux côtés d’une même pièce.

En janvier 2019 sort L’Heure de la sortie (Sébastien Marnier). Un film qui n’a pourtant rien d’un récit apocalyptique à première vue. Drame ou thriller scolaire, l’adaptation est dans le même temps parcourue d’images choc, compilation insensée de vidéos trash de catastrophes naturelles et d’exploitations humaines et animales. Le genre qu’on voit défiler sur les réseaux sociaux, surmontés d’un « réveillez-vous le monde va mal !!! ». Des gamins bons bourgeois surdoués regardent, enregistrent, compilent les preuves/ les signes d’une catastrophe qu’ils annoncent inéluctable. La surprise de ce film, au-delà d’être un thriller dramatique français réussi, consiste à renverser le rapport d’inquiétude dans ses ultimes minutes : à ce moment-là, ce n’est plus d’eux que nous avons peur, mais de ce qu’ils voient sauf que, naturellement, c’est déjà trop tard. À ce titre, L’Heure de la sortie est une caractérisation

- Listener -

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Tu as du retard sur ta lecture cinéphile, sériephile, gamophile ?!

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RING

Critique

LE RING ©Allociné

Collision

De Paul Haggis (2004) Aujourd’hui c’est un crash, que dis-je, une collision entre deux personnalités de L’Écran qui s’affrontent dans un ring explosif ! Si Dolores l’a trouvé percutant, pour Stella c’est un véritable tonneau. On parle aujourd’hui de Collision de Paul Haggis (2004) mesdames et messieurs, et ça va cogner !

let's fight !

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Dolores : Aaah, Collision… Ce film, c’est ma petite madeleine de Proust cinéphile. Je me rappellerai toujours la première fois que je l’ai découvert : il m’a donné une sensation d’ouverture, de grandeur. C’est le premier film oscarisé que je voyais de ma vie, et ça m’a marquée au fer rouge. Le film aborde énormément de sujets profonds, surtout sur le racisme et le sexisme, et a grandement participé à mes connaissances politiques. En les vivant avec les personnages, j’ai réussi à comprendre des discriminations que je ne connaissais que théoriquement. Y a pas beaucoup de films qui peuvent se vanter d’être de telles leçons de vie !

Stella : Collision, un film profond ? À dire des choses pareilles, c’est sur la profondeur des étagères de ta vidéothèque que je m’interroge. Comme son titre l’indique, le film fait moins dans la subtilité que dans le rentre-dedans. Tout ce qui pourrait être déduit, débattu ou questionné par le spectateur lui est amené sur un plateau. Il n’y a qu’à écouter les dialogues deux minutes : j’ai eu l’impression d’assister à une scène d’exposition de deux heures. On nous martèle sans cesse ce qu’il faut comprendre, qui est gentil, qui est méchant. Et évidemment, toutes les interactions quelles qu’elles soient sont liées de près ou de loin au racisme. À tout simplifier, le film en devient binaire.

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Dolores : C’est justement l’une des plus grandes forces du film ! Tout a un sens, rien n’y est laissé au hasard. On n’est pas dans le Crash de Cronenberg et sa narration déstructurée là ! Si tu n’aimes que les films qui n’ont aucun sens tant mieux pour toi, mais tu ne peux pas blâmer Paul Haggis pour son soin minutieux apporté à chaque instant de son film afin de donner de la cohérence. Dans Collision, tout est pensé pour susciter de l’émotion, du sens, du lien. C’est un vrai film choral, où chaque détail relie les destinées des personnages, pourtant très différents, dans une immense fresque humaniste et poétique. Rarement un film n’aura mis autant d’efforts dans sa mise en scène et dans ses effets pour coller à son sujet, c’est un travail d’orfèvre qui s’applaudit !

Stella : Cette mélodie tire-larmes que l’on subit tout au long du film est justement trop formatée, et c’est dangereux : elle nous plonge dans une émotion artificielle. Sans la bande-son, la séquence de l’accident n’aurait rien eu d’extraordinaire. De manière générale, la musique semble donner un sens à des situations complètement random : à plusieurs reprises, on voit différents personnages fixer mystérieusement l’horizon sur un thème dramatique… On se croirait dans un clip de Kyo. Sérieux, le film s’appelle Collision, pas Cohésion ! Il aurait fallu que ça se bouscule, que ça surprenne un peu. Le principe de faire s’entrechoquer différentes situations est génial, mais le film n’essaie quasiment pas. Je ne me rappelle que d’une scène où la musique n’est pas en phase avec l’émotion : c’est lorsque Tom, le jeune policier, regarde une chose effroyable sur le bas côté de la route, alors que son autoradio diffuse toujours un joyeux air de country… Là, on touchait quelque chose d’intéressant : une rupture de ton qui donne un peu de recul au spectateur. Je préfère largement un film choral comme Razzia, sorti l’année dernière, qui sait créer une véritable collision entre les histoires. 16


Dolores : Mais tu as un cœur de pierre pour rester indifférente au sort de ces personnages ! Comment as-tu pu trouver lourdingue la magnifique scène de la cape, ou le sauvetage dans la voiture en flammes ? Ce sont des instants si forts, où les personnages se dévoilent pour la première fois dans toute leur faiblesse ! Collision, au niveau de la portée de son message et de la beauté de ses personnages, se rapproche pour moi d’un conte ou d’une fable : personne n’est ni parfait ni un pur salaud. Tous les personnages ont leurs raisons pour se comporter ainsi, et les “collisions” qui donnent le titre du film sont autant d’instants de grâce où ils révèlent le meilleur d’eux-mêmes. D’ailleurs, le casting du film est excellent et ne peut que nous aider à ressentir de l’empathie pour ces personnages. De nombreux acteurs ont débuté leur carrière ou se sont renouvelés grâce à ce film : Ludacris dans un rôle dramatique, Brendan Fraser dans un rôle de salaud, Terrence Howard révélé dans ce film… Sans Collision, adieu Matt Dillon dans The House that Jack Built et Thandie Newton dans Westworld !

Stella : Tu parles des personnages qui tombent les masques, mais je trouve qu’il ne reste pas grand chose derrière les apparences. On sent bien que le film a la volonté de nous montrer que la vie est plus complexe qu’elle n’y paraît. Il s’attache beaucoup à nous dévoiler l’envers du décor : ce que fait un flic salaud lorsqu’il se retrouve le soir chez lui, ce qui se trouve à l’intérieur d’un van abandonné dans une ruelle sombre… Mais finalement, cela en revient à retourner une situation pour une autre : notre opinion d’un personnage va peutêtre changer en cours de route, mais ce sera pour passer du bon au mauvais, ou vice versa. On reste dans une construction très manichéenne, qui est symptomatique de beaucoup de films primés aux Oscars.

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RÉTRO

Critique

CRITIQue

rétroSPECtIvE © Allociné

La Nuit du Chasseur De Charles Laughton (1955)

Les voies du Saigneur sont impénétrables La Nuit du chasseur est l’un des plus grands films de l’histoire. Unique film réalisé par Charles Laughton (immense acteur de théâtre et de cinéma notamment reconnu pour ses interprétations de Quasimodo dans le film éponyme de 1939 et du Capitaine Bligh dans la première version de Les révoltés du Bounty en 1935), il offre à Robert Mitchum l’un de ses meilleurs rôles - et son préféré de toute sa carrière. À sa sortie, l’échec critique et public du film empêcha son

auteur de poursuivre sa carrière de réalisateur et de devenir un nouveau Orson Welles dans son apport à l’art cinématographique. Ils ont tous deux en commun d’être des hommes de théâtre qui eurent du succès au cinéma, brisèrent les codes du milieu, utilisèrent les mêmes personnes à la technique comme le photographe Stanley Cortez et le directeur artistique Hilyard M. Brown, et laissèrent des films cultes qui ne connurent pas le succès à leurs sorties.

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prises de vue aériennes des rives de l’Ohio et du pénitencier qui se mêlent à des prises de vue studio. Audace de faire jouer à une star mondiale de l’époque une pure ordure (bien que Laughton et Mitchum se soient beaucoup bagarrés, l’acteur souhaitant noircir toujours plus le personnage et le réalisateur l’atténuer). Audace de dépeindre la religion comme un poison et le peuple comme des idiots hystériques retournant leurs vestes dès que le vent tourne, en pleine période du Maccarthysme. D’ailleurs Mitchum, convoqué devant le comité, déclara : « J’ai très peu de principes dans la vie, mais il y en a un auquel je tiens et c’est de ne jamais parler longtemps à des gens avec qui je n’aurais pas envie de prendre un verre. Et derrière votre comptoir d’épicerie, je ne vois personne avec qui j’ai envie de prendre un verre. Alors, messieurs, vous m’avez vu, vous m’avez entendu, vous savez où j’habite, au revoir ». Audace, enfin, de s’inspirer des expressionnistes allemands totalement démodés à l’époque pour habiller le film.

Adapté d’un roman inclassable de Davis Grubb (à la fois conte d’horreur, thriller noir, roman de mœurs du sudest des États-Unis et récit détourné des crimes d’un véritable criminel), le film se passe pendant la Grande Dépression et raconte l’histoire des enfants Harper poursuivis par le faux révérend Harry Powell, tueur en série de veuves, persuadé d’être capable de parler au Seigneur des cieux. Se trouvant dans la même cellule que Ben Harper, il apprend que celui-ci a caché le butin d’un braquage de banque chez lui et que seul ses enfants connaissent la cachette. Les atouts de ce film tiennent en un mot : audace. Audace de mise en scène dès l’ouverture du film sur un plan de ciel étoilé, où apparaissent et se fondent les visages de bambins écoutant l’histoire que leur conte la nourrice interprétée par Lillian Gish (reine du cinéma muet avec Gloria Swanson et Mary Pickford) - elle aura d’ailleurs un rôle important dans la survie des enfants Harper. Audace de

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© Imdb


Tous ces éléments réunis permettent de créer un chef-d’œuvre polymorphe, où chaque élément constitutif d’un film de cinéma est exploité artistiquement en pleine cohérence. Aussi inclassable que son matériel d’origine, le film de Charles Laughton est culte car justement impossible à réduire en une seule catégorie (ni western moderne, ni film noir, ni film d’horreur préfigurant Psychose d’Hitchcock en 1966, ni conte...). Que ce soit les petits détails comme les tatouages Love/Hate sur les phalanges du prêcheur ou l’éclairage de la scène de confession de Shelley

Winters, il y a forcément des éléments du film que vous avez déjà vus dans d’autres œuvres. Il faut voir au moins une fois dans sa vie La nuit du chasseur comme il faut voir Citizen Kane (Orson Welles, 1941), Les Temps Moderne (Charles Chaplin, 1936) ou Apocalypse Now (Francis Ford Coppola, 1979) pour appréhender, comprendre et ressentir la force de ce qu’est le Cinéma avec un grand C. - The Watcher -

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© Imdb


- Instant PUB L'écran s'agrandit avec une Émission webradio une fois par mois

Si vous voulez nous réécouter en replay, rendez-vous sur : www.mixcloud.com/ radiogmt/ Émission en collaboration avec GMT

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La Rencontre

LA RENCONTRE © Rouge Pompon

Dans l’ordre Thomas Begeault, Didier Lefèvre, Christophe Bier et Laurent Hellebé

Table ronde sur les fanzines,

Tenue par Christophe Bier, Laurent Hellebé, Didier Lefèvre et Thomas Begeault À l’occasion du festival Extrême Cinéma, qui s’est tenu du 8 au 16 février dernier, Dolores a pu assister à une table ronde sur les fanzines tenue par Christophe Bier, Laurent Hellebé, Didier Lefèvre et Thomas Begeault. Retranscription de quelques moments clefs de cette rencontre publique marquée par la bonne humeur des invités et la passion qui les animait. 22


Christophe Bier : Je pense qu’avant de commencer, il faut surtout introduire le concept de fanzine ! Pour vous, qu’est-ce qu’un fanzine, et quand est-ce que l’histoire du fanzine a commencé ? Laurent Hellebé : Les premiers fanzines sont nés surtout avec le cinéma fantastique, dans les années 50/60. C’était porté par des fanatiques, sur des domaines de niche dont les médias officiels ne parlent pas. Ça été créé principalement par les grosses communautés de fans : les fandoms qui sont nés dans les années 30 autour des thèmes de la SF. On pourrait presque considérer le fanzine comme le premier réseau social qui a réuni des tas d’inconnus autour de passions communes. En tous cas les premiers exemplaires qu’on a à la Fanzinothèque de Poitiers remontent à la Seconde Guerre mondiale. Car oui, à Poitiers y a rien à faire, mais y a une fanzinothèque, alors venez nous voir ! *rires* Didier Lefèvre : J’ajouterai que dans le fanzine, contrairement aux magazines traditionnels, il y a une dimension “journal intime”. Aujourd’hui on voit même naître une tendance “d’egozines” ou de “perzines” (pour personal zines). Souvent le fanzine est porté par une seule personne qui se dévoile beaucoup à travers ses écrits et qu’on a plaisir à retrouver tous les mois, tous les deux mois, selon le rythme de publication… Ça devient un pote et ce côté très personnel du fanzine est ultra-important. Christophe Bier : On vient tous d’un temps que les moins de 20 ans ne pourraient pas connaître ! *rires*. Le fanzine avant Internet, ça donnait quoi ? Moi j’avoue que j’ai une grande nostalgie du fait-main, qui est pour moi la véritable essence du fanzine… Laurent Hellebé : On se réunissait avec un ou deux potes, et une fois qu’on avait écrit notre petit papier, on faisait le fond de nos poches pour réunir quelques pièces et de quoi imprimer un premier numéro. Je me rappelle que pour le fanzine Crash!, alors que je vivais encore à Toulouse, je prenais le train à chaque publication pour aller le distribuer dans des boutiques spécialisées qui voulaient bien l’exposer… Je retournais collecter l’argent pour imprimer d’autres numéros, et ça tournait comme ça. Par contre le réseau était sur Paris, y avait clairement rien en province.

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Thomas Begeault : Je pense que c’est parce que c’était un fanzine de cinéma, aux Musicophages (ndr : l’association dont il fait partie), on se rend bien compte que la distribution de fanzines en concert a toujours hyper bien marché, même sur Toulouse. Les tirages étaient limités et à but non lucratif, mais de toute façon le but a jamais été de se faire de la thune ! *rires* Didier Lefèvre : C’était exactement ça. On tirait à une centaine d’exemplaires pour Medusa de mon côté, et on serrait les fesses en espérant avoir assez de rentabilité pour pondre un prochain numéro. Je me rappelle qu’un ami faisait tout le tour de la banlieue de Paris pour photocopier le fanzine sur les imprimantes de meilleure qualité. Il photocopiait les photos sur une machine de telle marque, les textes sur une autre… Il était devenu ultra-spécialisé et je lui demandais souvent conseil de mon côté ! C’étaient des heures passées avec notre scotch, la colle, le ciseau et la photocopieuse pour obtenir un résultat correct. Christophe Bier : Je trouve justement que l’outil ordinateur freine une certaine passion, une urgence que l’on retrouvait dans le fanzine. Pour moi, devant un ordinateur tout retombe comme un soufflé. Vous pensez qu’Internet est un frein aux fanzines ? Didier Lefèvre : Non, clairement pas. Ce sont des outils différents mais complémentaires. Pour moi l’ordinateur n’est pas l’ennemi du fanzine, et d’ailleurs les ventes de fanzines papier sont revenues à la hausse depuis quelques années. Ça offre aussi de nouveaux outils, comme la PAO, qui facilitent beaucoup la tâche et offrent à des débutants la possibilité de se lancer dans le fanzine. On nous annonce la mort du papier depuis les années 90, mais je pense que ça n’arrivera pas parce que le papier a un charme qu’on ne retrouve pas sur l’ordinateur, il existera toujours. Y a de la place pour tout le monde : les écrits restent et ont toujours leur place dans le monde. - Propos retranscrits par Dolores -

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© Allociné

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LGDC

Par Le Comte Gracula 26

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des voix uniques et merveilleuses


La voix est l’un des éléments essentiels des personnages : elle permet d’entrer dans un univers, d’être au plus près des émotions et de s’identifier. Mais doublure voix est un métier peu reconnu et dont on ne parle que peu. Ceci est donc un mea culpa et un grand merci.

C’est aussi un exercice délicat : vous devez être juste, pour qu’on oublie votre existence. Personne n’aime qu’une voix surjoue, ou qu’à l’inverse elle soit plate et monotone. Il s’agit de se poser sur le jeu d’un-e autre, de l’épouser et de se fondre, jusqu’à faire partie intégrante du personnage ; pour moi la partie est gagnée lorsque hors contexte je me demande : « Mais c’est la voix de *personnage vous ayant marqué* non ? Bizarre. » et qu’une demi-seconde plus tard j’ai oublié cette information tant ce nouveau doublage est adapté à son support.

Il y a pour moi trois types de doublage : celui sur un acteur (VF), celui sur un personnage (dessin animé, jeu vidéo…) et celui sans « corps » (voix off, narrateurrice). L’exercice est à chaque fois différent, et pourtant. Pourtant on ne parle pas, ou peu, de ce métier et de ces voix. On oublie ce qu’il nous ont transmis, leur importance dans notre culture populaire et dans l’imaginaire collectif. « C’est pas ma guerre » de Rambo n’aurait pas le même impact sans la voix d’Alain Dorval, et les re-doublages de dessins animés sont très perturbants (pour moi en tout cas).

Être voix, c’est aussi donner le ton d’une œuvre. Le jeu vidéo Portal n’aurait pas le même ton sans Scarlett Perdereau qui interprète Glados, l’IA qui sera la seule voix que vous entendrez pendant tout votre parcours ; Jane the virgin perdrait de sa singularité sans sa voix off qui, si elle est sympathique quand elle est faite par le français Benoît Allemane, est magistrale lorsqu’elle est prise en bouche par Anthony Mendez. À l’inverse, les doublages de nanars sont réputés pour leur grande non-qualité, à l’image de ce fameux « Philippe ! Je sais où tu te caches ! » d’Hitman the Cobra doublé par Mario Santini.

Être acteur-rice de doublage, c’est d’abord être invisible et souvent inconnu-e. Il est tout à fait possible que vous en ayez croisé sans le savoir. Petite anecdote : une amie a passé une soirée entière à discuter avec un gars, c’était Patrick Poivey soit, entre autres, la première voix récurrente de Tom Cruise et l’officielle de Bruce Willis. Elle l’a appris des heures plus tard quand elle lui a dit que sa voix lui était familière. 27


Les voix sont aussi les premiers éléments organiques qui nous marquent enfants. La voix inimitable de Jean Piat (Scar dans Le Roi Lion, Frollo dans Le Bossu de Notre Dame, mais aussi Gandalf dans la trilogie du Seigneur des anneaux puis du Hobbit) résonne toujours à mes oreilles, en paroles et en chansons. La même chose peut être dite pour Claire Guyot qui prête principalement ses cordes vocales à Ariel dans La petite sirène, mais également à Buffy Summers dans Buffy contre les vampires.

Les doubleurs sont essentiels à une œuvre ; ils peuvent la sublimer ou la plomber. Et pourtant on ne connaît pas leurs noms, et l’on ne parle d’elleux que lors des loupés. Alors aujourd’hui remercions ces personnes qui acceptent de s’effacer au prix de leur voix, et rappelonsnous de leur existence et de leurs prouesses.

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© Pexels

- Le Comte Gracula -


- Top 5 Du Rédac -

1. Laura Préjean (Kristen Bell, Kaley Cuoco, Drew Barrymore)

2. Marion Game (Jane Kaczmarek, Stockard Channing)

3. Valérie Karsenti (Molly Shannon, Mulan)

4. Marie Vincent (Fran Drescher)

5. Jean-Philippe Puymartin (Timon, Woody, Tom Hanks) © Photo : Stephen Zezza

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À ne pas louper

à NE PAS LouPER !

- L’American Cosmograph -

105 Route de Blagnac

>>

collectif-job.com

À l’occasion des représentations du ballet La Bête et le Belle au théâtre du Capitole (25-28 avril), la Cinémathèque projettera Le Mari de la femme à barbe (Marco Ferreri, 1964) le 16 avril à 20h30. Variation provocatrice et dérangeante du conte de Madame Leprince de Beaumont, ce drame italien propose trois fins alternatives : deux fins italiennes dont l’une des deux fut censurée par la production de l’époque et une fin française. Projection suivie d’un échange. où

69 Rue du Taur lacinemathequede

>> toulouse.com

© Imdb

>>

24 Rue Montardy americancosmograph.fr

© festival-fredd.fr

CINÉ CINÉ 7, le rendez-vous mensuel des cinéphiles du collectif Job, organise une soirée spéciale western le 12 avril à partir de 20h30. Au programme : une projection de L’homme de la plaine (Anthony Mann, 1955). Classique du genre du western et film culte aux prises de vues magistrales des paysages de l’Ouest américain, c’est aussi le dernier des cinq films du cycle de westerns du cinéaste américain avec James Stewart en tête d’affiche.

© Fnac

L’association FReDD (Film, Recherche et Développement Durable) organise sa 9e édition du Festival International du Film d’Environnement. Du 10 au 20 avril, à Toulouse et en Occitanie, 53 films seront projetés et diverses rencontres auront lieu. Plusieurs séances sont programmées au Cosmo. Le festival mettra en lumière les problématiques environnementales actuelles telles que le réchauffement climatique et la question de la préservation de la biodiversité.

- La Cinémathèque -

-Espace Job -

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Les pépites du 7ème art

- Cinéma -

Avengers : Endgame (action, fantastique) d’Anthony et Joe Russo, sortie le 24 avril

Avec Robert Downey Jr., Chris Evans, Scarlett Johansson...

C’est le blockbuster du mois tant attendu par les fans. Faisant suite à Avengers : Infinity War, le film réunit une dernière fois Iron Man, Hulk, Thor, Black Widow, Captain America & co pour une conclusion à la franchise qui s’annonce épique. Après la victoire de Thanos qui a récupéré les Gemmes de l’Infini et détruit la moitié de l’univers, les Avengers et les Gardiens de la Galaxie encore en vie vont devoir unir leurs forces plus que jamais pour enfin vaincre le Titan et sauver l’univers.

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- Série -

The Twilight Zone

(2019) de Jordan Peele et Marco Ramirez (épouvante-horreur, fantastique, science-fiction), saison 1, lancement le 1er avril, CBS All Access

La Quatrième Dimension (1959-1964) s’apprête à être ressuscitée sur nos écrans pour la quatrième fois. Cette célèbre série d’anthologie a pour particularité de plonger le spectateur, à chaque épisode, dans une histoire étrange et angoissante racontée par un seul et même narrateur avec une chute toujours inattendue et surprenante. Au casting de cette nouvelle version : Jordan Peele (le narrateur), Steven Yeun (disparu trop tôt de The Walking Dead), ou encore Ginnifer Goodwin (Blanche-Neige dans Once Upon a Time).

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- Jeu Vidéo -

Mortal Kombat 11 (combat), sortie le 23 avril (PC // PS4 // ONE // SWITCH)

Onzième opus de la saga, le jeu offre de nombreuses variations comme des coups spéciaux dans la personnalisation du personnage choisi et incarné par le joueur. Les mises à mort de fin de match telles que les Fatality et Brutality sont toujours au rendez-vous. Une nouvelle attaque intitulée le Fatal Blow sera disponible mais utilisable qu’une seule fois par le joueur. Enfin, un personnage inconditionnel de la série fera son grand retour : Noob Saibot apparu pour la première fois dans Mortal Kombat II (1993).

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selon nos Rédacteurs EYE IN THE DARK  : Virgin Suicides, Sofia Coppola (1999) Lilith : Dark, Baran bo Odar et Jantje Friese (2017) Stella : Razzia, Nabil Ayouch (2018) The Watcher : Police Spéciale (Naked Kiss), Samuel Fuller (1964) Le Comte Gracula : Crazy Rich Asians, Jon Chu (2018) Dolores : I Am Not A Witch, Rungano Nyoni (2017) Listener : La Guerre des mondes, Steven Spielberg (2005)

- Eye In The Dark -


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L'écran Magazine Avril 2019  

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