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N째 152 SEPTEMBRE 2010


ÉDITORIAL

notre pays, compte tenu de notre culture et de nos textes de loi actuels, nous ne pouvions accepter cette atteinte à l’idée que nous nous faisons du don de soi.

Bonjour à tous ! Les vacances sont finies et chacun doit reprendre ses activités.

Un effort supplémentaire lors des prochaines collectes devra être réalisé afin de retrouver un niveau plus « confortable » pour les établissements de transfusion sanguine.

La Fédération Française pour le Don de Sang Bénévole et notre Union Nationale ont alerté le Ministère et les parlementaires sur ce que nous considérons comme un déni du combat que nous menons depuis des années pour que l’ensemble des pays européens adoptent les mêmes principes d’humanisme et de générosité conformément à la Directive Européenne de 2002 sur les produits sanguins.

Avec la rentrée, des dossiers importants vont revenir sur le devant de la scène : révision des lois de bioéthique conduisant à un renforcement de la vigilance en matière d’éthique et de choix de société pour les générations à venir / meilleure adaptation de la collecte de produits sanguins en vue de mieux répondre aux besoins des patients / relance de la collecte de plasma afin de répondre à l’accroissement des besoins en médicaments…

Alors qu’en matière de don d’organes, le projet de Directive Européenne s’inspire de notre modèle interdisant toute rémunération ou indemnisation du don et condamnant le tourisme de transplantation et le trafic d’organes, nous constatons qu’en matière de plasma de fractionnement les laboratoires ne visent que la rentabilité économique au détriment du respect des règles éthiques qui nous régissent et nous animent.

L’Ethique sera probablement le point central des discussions des mois à venir.

Nul doute que cette première étape ne préfigure ce que nous allons devoir réaliser dans les prochaines semaines pour arriver à convaincre nos élus de ce que nous sommes prêts à accepter, au titre de l’évolution normale de la société, sans copier les erreurs commises par certains de nos voisins, notamment anglo-saxons, pour lesquels le corps humain et ses éléments doivent d’abord être utiles à ceux qui peuvent en avoir besoin (principe de l’utilitarisme).

Malgré quelques appels locaux, l’approvisionnement en produits sanguins a suivi les besoins des malades, mais les stocks peinent à remonter.

Avant l’été, nous étions sur nos gardes et préparions la révision prochaine des lois de bioéthique car nous pensions que les principales atteintes aux principes fondamentaux de solidarité et de non commercialisation de tout élément du corps humain surgiraient lors du débat sur le don de gamètes et notamment sur le sujet des « mères porteuses » ou des donneuses d’ovocytes. Pourtant, l’attaque est venue de notre cœur de métier : le plasma.

En cas de besoin, nous serons amenés à solliciter les donneurs afin qu’ils relaient ces messages d’altruisme et de générosité, fondateurs de notre société.

En effet, le 23 juin, le LFB (Laboratoire de Fractionnement et des Biotechnologies) annonçait, par voie de presse, l’acquisition de sociétés autrichiennes pratiquant l’indemnisation (ou la rémunération) des donneurs de plasma en AUTRICHE et en TCHEQUIE.

MERCI de ce que vous faites pour les malades

Malgré les assurances du Ministère de la Santé sur le fait que ce système ne pourrait se développer dans

Et surtout CONTINUEZ !

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SOMMAIRE n° 152 Affiche Iris

1ère de couv.

Éditorial de M. Michel MONSELLIER, Président de l’Union Nationale

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Sommaire

p. 3

Agence de la biomédecine

p. 4-9

Contrat d’Objectif et de Performance

p. 10-11

Rapport d’activité 2009 de l’Etablissement Français du Sang (EFS)

p. 12-14

Congrès National FFDSB

p. 15-27

• Le don de sang placentaire

p. 15-18

• La thérapie cellulaire et tissulaire

p. 19-24

• Forum plasma

p. 25-27

Colloque sur le prion Brèves

p. 28 p. 29-30

La vie de l’Union Nationale

p. 31

La vie des associations

p. 32-34

Revue de presse

p. 35-39

Schéma : Le parcours d’une poche de sang

MARGUERITE INFO Bulletin d’Information de l’Union Nationale des Associations de Donneurs de Sang Bénévoles de La Poste et de France Télécom “DON DU SANG LA POSTE - FRANCE TÉLÉCOM” UNION NATIONALE - 8, RUE BRILLAT SAVARIN - 75013 PARIS Téléphone: 01 48 42 10 09 - Télécopie: 01 48 42 10 59 n° ISSN 1664-2106 Directeur de la Publication : Michel MONSELLIER - Rédacteur: Michel MONSELLIER Photos : Johnny BORCA - Réalisation: Imprimerie Centrale de LENS site internet : www.dondusanglpft.fr - www.dondusang-laposte-francetelecom.asso.fr e-mail : union@dondusang-laposte-francetelecom.asso.fr

p. 40


AGENCE DE LA BIOMÉDECINE QUESTIONS À EMMANUELLE PRADA BORDENAVE DIRECTRICE GÉNÉRALE DE L’AGENCE DE LA BIOMÉDECINE Madame la Directrice, pourriezvous vous présenter et nous expliquer votre cursus avant votre nomination à ce poste ? Après un diplôme à l’Institut d’études politiques de Paris en 1979, une licence en droit public en 1980 et l’Ecole nationale d’administration en 1983, j’ai débuté ma carrière en tant que Rapporteur puis Commissaire du gouvernement au Tribunal administratif de Paris. Début 1990 et pendant deux ans, j’ai occupé la fonction de Chef du service juridique du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS). Avant ma nomination à l’Agence de la biomédecine, j’exerçais les fonctions de Maître des requêtes au Conseil d’Etat. En parallèle, j’ai notamment exercé les fonctions de Rapporteur général de la Commission de déontologie de la fonction publique de l’Etat (20012004), Chef de la Mission juridique du Conseil d’Etat auprès des ministères sociaux (2004-2007) et, depuis 2007, Rapporteur adjoint auprès du Conseil constitutionnel et Commissaire du Gouvernement auprès du Tribunal des Conflits. En 2008, j’ai par ailleurs participé aux travaux de la mission d’audit « Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP) » dans le domaine de la justice. La même année, en juillet, je prenais la direction de l’Agence de la biomédecine. Le don d’organes Le nombre de prélèvements d’organes réalisés en 2009 marque une baisse par rapport à 2008 qui déjà était en retrait par rapport à 2007, meilleure année jamais enregistrée. Comment expliquezvous ces résultats ? Rappelons que les chiffres d’activités de prélèvement et de greffe d’organes en France ont augmenté

de 50 % depuis 1999 pour atteindre un plateau depuis 2008. En 2009, l’activité est stable pour la greffe cardiaque, en retrait pour la greffe rénale (-3,8 %) et en augmentation pour la greffe hépatique (+3,5 %). La greffe pulmonaire présente la plus forte progression depuis 2008 avec une augmentation de son activité de 18 %. Le nombre de malades ayant besoin d‘une greffe chaque année est toujours en progression et s’élève, en 2009, à près de 14 400 pour 4 580 greffes. Il y a deux principales raisons à la stagnation de l’activité et elles sont liées. Tout d’abord, la greffe est une thérapeutique qui fonctionne en particulier dans les maladies très graves où elle permet de sauver des vies et dans des maladies très invalidantes où elle permet de retrouver une qualité de vie. La seconde raison est que les médecins ont augmenté la liste des indications à la greffe. Tout cela, conjugué avec la hausse des maladies comme l’hyper-tension ou le diabète, aboutit à ce que, malgré l’augmentation des greffes, on se trouve dans une situation de pénurie de greffons et qu’il y a encore des décès en liste d’attente. Face à cette situation, le ministre de la santé, Madame Roselyne Bachelot, a demandé le 22 juin dernier à l’Agence de la biomédecine d’apporter son expertise dans la réflexion sur de nouveaux axes stratégiques permettant de redonner un élan à la greffe pour répondre au besoin des malades. Ce travail est mené conjointement avec les sociétés savantes et les associations.

particulier, comment l’Agence entend-elle faire face à l’accroissement des besoins de nos concitoyens malades, une explosion du nombre d’insuffisants rénaux étant annoncée, ainsi que la découverte de nouveaux cas d’hépatite C pour laquelle la greffe hépatique semble la meilleure thérapeutique ?

Quelles seraient les mesures les plus adaptées pour qu’enfin le nombre de prélèvements et de greffes repartent à la hausse ? En

Enfin, la poursuite du développement de l’activité de prélèvement à partir du donneur décédé après arrêt cardiaque et la relance

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Notre action, pour développer le prélèvement et la greffe, s’effectue à plusieurs niveaux. Tout d’abord, dans la formation des personnels de santé qui constitue un outil majeur d'amélioration qualitative et quantitative des activités médicales. Elle a un impact direct sur le recensement des donneurs et le prélèvement des organes et des tissus. L’Agence de la biomédecine propose aux coordinations hospitalières un outil – Cristal Action – permettant d’accroître l’efficacité du recensement des donneurs potentiels. Ce sont 46 centres hospitaliers qui aujourd’hui sont utilisateurs de ce programme qui est amené à se développer en 2010. L’Agence propose également des outils d’autoévaluation et des audits permettant d’obtenir la certification des coordinations hospitalières. Ensuite, nous constatons que le taux de refus stagne à 30 %. La direction médicale et scientifique de l’Agence va conduire une étude, en lien avec les professionnels de santé, pour en comprendre les raisons et proposer les mesures les plus pertinentes pour faire infléchir ce taux.


AGENCE DE LA BIOMÉDECINE Septembre 2010 - N° 152

équipes font état des nombreuses difficultés à assumer la charge de travail supplémentaire nécessaire à la prise en charge de ces donneurs. On identifie également un frein, au sein de l’équipe et chez les différents professionnels impliqués dans la chaîne de l’insuffisance rénale terminale qui pourrait, quant à lui, être en partie levé par une communication vers les professionnels de santé, les patients et leurs familles. Cette communication permettrait de valoriser les excellents résultats de cette greffe associés à de très faibles risques pour le donneur ; résultats que les professionnels de santé connaissent peu. de l’activité à partir du donneur vivant constituent d’autres leviers d’amélioration pour 2010 pour les greffes rénales et dans une moindre mesure pour les greffes hépatiques. Quelles sont les perspectives de développement des prélèvements sur donneur décédé à la suite d’un arrêt cardiaque persistant ? Dans le contexte actuel de pénurie persistante d’organes, il est important que nous considérions toutes les sources de greffons, dont le prélèvement après arrêt cardiaque même s’il est très contraignant et qu’il ne laisse pas espérer une augmentation infinie de la ressource. Les critères de choix des donneurs potentiels sont très stricts et la mise en œuvre de la procédure est difficile. Elle demande en un minimum de temps, de respecter les contraintes réglementaires, éthiques et de préservation des greffons. Rappelons que les prélèvements sur donneurs décédés après arrêt cardiaque sont limités par arrêté au rein et au foie. Dans un premier temps et pour des raisons organisationnelles, seuls les reins ont été prélevés. Le prélèvement du foie a commencé très modestement en 2010. Compte-tenu de la réglementation, on estime actuellement à moins de 200 le nombre de sujets pouvant faire un don d’organes après un

arrêt cardiaque. En 2009, 108 donneurs potentiels après arrêt cardiaque ont été recensés et ont conduit à 70 greffes. Au contraire, le nombre de personnes recensées en état de mort encéphalique en 2009 était de plus de 3 000, qui ont conduit à plus de 4 500 greffes. Il faut enfin souligner que chaque source de donneur, et donc de greffons, a ses limites et ses contraintes en termes de ressources disponibles et que chacune concoure à augmenter le nombre d’organes disponibles. L’Agence espère beaucoup dans le développement du don du vivant. Que peut-on réellement en espérer au vu des résultats enregistrés jusqu’alors ? Qu’attendez-vous du don croisé, pratique en cours dans d’autres pays ? Quelles modifications de procédures devrait-on envisager pour en faciliter le développement ? Parlons essentiellement de la greffe de rein. La greffe de foie étant beaucoup plus limitée du vivant. Il est vrai que la greffe à partir de donneur vivant n’a pas pris son essor en France et l’Agence travaille à son développement. Nous avons analysé en 2009 les résultats de l’enquête menée auprès des équipes médico-chirurgicales de greffe rénale pour mieux comprendre les mécanismes et identifier les causes éprouvées de la baisse du recours au donneur vivant de rein. Les

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L’Agence suit également avec attention la mise en œuvre du décret améliorant la prise en charge directe des frais des donneurs par l’établissement de santé et le remboursement de leurs dépenses, pris le 24 février 2009 et auquel elle a largement contribué. Par ailleurs, la direction médicale et scientifique de l’Agence a publié fin 2009 des recommandations formalisées d’experts, élaborées en partenariat avec les sociétés savantes. En ce qui concerne le don croisé, il représente incontestablement une solution pour rendre possible des transplantations actuellement irréalisables pour des raisons d’incompatibilité biologique. Dès lors qu’elle est pratiquée dans le cadre de l’anonymat et que la réalisation


AGENCE DE LA BIOMÉDECINE simultanée des interventions veille à préserver l’équité entre les receveurs, cette pratique est tout à fait acceptable. La France est pionnière dans la greffe de tissus composites et ses spécialistes sont mondialement connus et appréciés. Comment envisagez-vous le développement de ce type de greffe particulièrement médiatisé ? L’Agence soutient les professionnels de la greffe de tissus composites et travaille avec eux pour donner toutes les chances à ces innovations thérapeutiques, réalisées dans un contexte de recherche biomédicale, de se développer dans l’intérêt des malades. Dans notre mission d’encadrement et de coordination des activités de prélèvement et de greffe en France, nous avons pour tâche de faciliter la réalisation de ces greffes en mobilisant certaines équipes médicales en charge de l’activité de prélèvement et de veiller au respect des règles de bonnes pratiques. Il est important de rappeler que les greffes de tissus composites sont rendues possibles grâce à la générosité des donneurs et de leurs familles auxquels l’Agence rend hommage, et par l’implication d’équipes médicales de prélèvement volontaires et fortement motivées sur lesquelles l’Agence peut s’appuyer. Les cellules souches hématopoïétiques : le don de moelle osseuse En matière d’inscriptions de nouveaux volontaires au don de moelle osseuse, les objectifs 2009 ont été atteints grâce à la semaine de promotion du mois de septembre. Cette année, la semaine de promotion s’est déroulée au mois de mars. Quels en sont les premiers résultats ? Peut-on espérer que les objectifs 2010 soient à nouveau atteints voire dépassés ? Dans le cas contraire, quelles mesures complémentaires seraient mises en œuvre pour faire face aux besoins ? L’année passée a été marquée par le dépassement des objectifs de

recrutement, avec plus de 20 000 demandes d’inscription reçues (soit 2 000 de plus que l’objectif initial) et, au final, près de 17 000 inscriptions effectives de nouveaux donneurs sur le registre français. La mobilisation des équipes de l’Agence avec les associations, l’Etablissement Français du Sang et les centres hospitaliers lors de la 4ème semaine nationale en 2009 ainsi que la création d’un nouveau site internet : www.dondemoelleosseuse.fr - permettant pour la première fois la préinscription en ligne des nouveaux donneurs - ont sans aucun doute contribué à cette réussite. Le mois suivant cette campagne de sensibilisation, en septembre 2009, a vu un nombre remarquable de personnes (environ 12 000) souhaiter s’inscrire sur le registre national des donneurs. Lors de la 5ème semaine de mobilisation, en mars dernier, pas moins de 3 600 volontaires ont souhaité s’inscrire en ligne. Mais il reste encore 7 000 donneurs à inscrire d’ici la fin de l’année 2010 pour atteindre l’objectif annuel voire essayer de le dépasser à nouveau. C’est faisable et l’implication et la mobilisation des associations et des bénévoles sur le terrain restent primordiales. Par ailleurs, des associations conduisent des actions de recrutement et de typage sur le terrain que l’Agence soutient. Comment expliquer notre retard par rapport à nos voisins alle-

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mands ? Cela est-il uniquement dû au mode de recrutement ou à une « frilosité » (ou de manque d’information) de nos concitoyens par rapport à ce type de don ? Le registre allemand figure parmi les premiers registres au monde avec le registre américain en termes de taille, loin devant tous les autres registres européens. L’Allemagne se caractérise par une organisation particulière, avec un centre donneur privé qui mène un recrutement massif, et s’appuie sur un dynamisme très fort au niveau local basé sur les proches de malades. Mais compte-tenu des contraintes de compatibilité HLA entre donneur et malade, la qualité d’un registre est aussi essentielle que la taille pour répondre au mieux aux besoins des malades :  Diversité de profils génétiques : l’Agence s’est fixée, avec le Plan Greffe, un objectif quantitatif de 240 000 donneurs au plus vite assorti d’un objectif de rééquilibrer certaines populations et communautés sous-représentées, afin de greffer un patient sur deux à partir d'un donneur français.  Optimisation des typages HLA : en typant le plus précisément possible les donneurs dès leur inscription afin de sélectionner rapidement le meilleur donneur pour un patient considéré. D’ores et déjà, ces stratégies se montrent efficaces, avec en France près d’un nouveau donneur sur deux qui apporte de nouvelles


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caractéristiques génétiques et un nombre croissant de donneurs nationaux sollicités pour un don de CSH, que ce soit pour des patients nationaux ou internationaux. Ceci augmente la chance de trouver le bon donneur pour les malades. La fiabilité des donneurs français, aptes au don et répondant présents lorsqu’ils sont sollicités, est également une autre caractéristique appréciée des greffeurs en France et à l’étranger, qui peuvent donc planifier leurs greffes dans les meilleurs délais. L’information joue un rôle nonnégligeable dans le développement du registre français, notamment en sensibilisant le public à l’importance de devenir donneur et en luttant contre certaines idées fausses tenaces répandues dans l’opinion (confusion entre moelle osseuse et moelle épinière associée à la peur d’une paralysie chez le donneur, problématique de la compatibilité HLA). L’impact des précédentes semaines de mobilisation en termes de recrutement le confirme. Dans cette finalité, l'Agence de la biomédecine a déjà diffusé plusieurs millions d'exemplaires d'un document d'information destiné au grand public, qui peut être commandé sur le site Internet de l'Agence ou en appelant gratuitement son numéro vert, le 0800 20 22 24. Les cellules souches hématopoïétiques : le sang de cordon La France a été pionnière, grâce au Professeur Eliane GLUCKMAN, de la greffe de cellules souches provenant de sang placentaire (ou sang de cordon). Des moyens ont été donnés à l’Agence, et par ricochet à l’EFS, pour que de nouvelles banques soient ouvertes et que le nombre de prélèvements et de mises en banque se développent. Quels sont les premiers résultats constatés ? Quels sont les objectifs fixés et à quel horizon ? Quels moyens seront mis en œuvre pour les atteindre ? Objectif de prélèvement : 30 000 unités de sang placentaire à terme.

La France n’est pas actuellement en pénurie de greffons placentaires mais il est important de développer l’accès à cette ressource thérapeutique, complémentaire aux greffons issus de la moelle osseuse et du sang périphérique. Certes aujourd’hui on trouve plus fréquemment des greffons compatibles de sang placentaire dans les registres étrangers (64 % des unités de sang placentaires greffées proviennent des registres étrangers). Mais ceci s’explique par la diversité HLA des patients qui rend nécessaire le recours aux registres internationaux, exactement comme pour les donneurs de moelle osseuse. Malgré un nombre limité d’unités de sang placentaire conservées, la France, du fait des critères élevés de qualité retenus, est le deuxième pays au monde à fournir des greffons aux patients internationaux ayant besoin d’une greffe, contribuant ainsi à la solidarité internationale. En sa qualité de pilote du Réseau français de sang placentaire (RFSP), l’Agence de la biomédecine suit de près le développement du sang de cordon en France et détermine la stratégie d’extension de ce réseau. Elle a ainsi décidé en collaboration avec les professionnels concernés, d’augmenter le nombre d’unités de sang placentaire dans le registre français et de passer de 10 000 unités de sang de cordon environ actuellement conservées à 30 000 unités à fin 2013. Dans la cadre du Plan Cancer 2010 - 2013, la Direction Générale de la Santé et la Direction de la Sécurité Sociale ont alloué les crédits de l’assurance maladie à l’Agence de la biomédecine, soit 25 millions d’euros, pour atteindre cet objectif et financer l’ouverture de nouvelles banques et la conservation de nouvelles USP. 4,5 millions d’euros représente la prévision budgétaire pour 2010. Cet objectif de 30 000 répond d’une part à une logique d’utilisation équitable des registres de sang de cordon en faisant appel dans les mêmes proportions au sang de cordon conservé en France et à celui conservé dans les autres pays.

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D’autre part, il s’agit d’augmenter la diversité des unités de sang de cordon dans ce registre. En effet, la France a la chance de disposer d’une population qui s’est enrichie au fil des siècles des apports des populations migrantes. Sa diversité génétique se retrouve aussi parmi ses malades. Pour pouvoir leur proposer les meilleures chances d’être greffés, cette diversité doit être davantage représentée au sein du registre français. L’Agence a contribué et continue de contribuer au développement du nombre de banques de sang de cordon et de maternités qui leur sont affiliées en finançant en partie l’ouverture. Actuellement sur le territoire, 7 banques sont actives. Le développement de ces banques prend du temps car il demande, au préalable, une organisation et une formation des professionnels de santé à cette activité. Elles sont toutes situées dans des centres hospitaliers universitaires ou à l’Etablissement Français du Sang. Plus de 20 maternités leur sont rattachées et collectent des unités de sang placentaire. Ce nombre devrait encore augmenter en 2010 et les années à venir. Dans ce domaine, nous, associations, avons craint une attaque importante aux principes éthiques auxquels nous sommes viscéralement attachés par la possibilité de création de banques privées à des fins autologues. Madame la Ministre, et vous-même vous êtes insurgées contre cette hypothèse et notre pays ne devrait pas connaître l’implantation de telles banques. Pourriez-vous nous rappeler quels sont les enjeux d’une telle décision tant en matière d’éthique qu’en matière de traitement thérapeutique ? Dans un contexte où de nombreuses informations circulent sur les possibles utilisations du sang de cordon dans le futur, l’Agence de la biomédecine a effectivement tenu en début d’année à rappeler l’intérêt thérapeutique actuel du sang de cordon. Conserver le sang du


AGENCE DE LA BIOMÉDECINE cordon de son enfant dans une banque pour le soigner avec ses propres cellules au cas où il serait malade plus tard ne repose actuellement sur aucun fondement scientifique validé par consensus d’experts. En revanche, le sang de cordon permet aujourd’hui de sauver la vie de patients atteints de maladies graves du sang, comme les leucémies, ou de certaines maladies génétiques, comme la drépanocytose. Il représente une vraie ressource thérapeutique pour le malade lorsqu’il ne trouve aucun donneur de moelle osseuse pour réaliser la greffe dont il a besoin. Il faut savoir que, lorsqu’un enfant présente une maladie grave du sang, celle-ci était le plus souvent déjà présente au cœur de ses cellules dès sa naissance. Utiliser alors le sang de son cordon pour lui réinjecter ses propres cellules reviendrait à réintroduire la même maladie. Aucune publication scientifique validée n’a montré un quelconque bénéfice à cette pratique. En revanche, cet enfant pourrait probablement être soigné par une greffe dite « allogénique », c'est-àdire réalisée avec le sang de cordon d'un autre enfant que lui-même. Car seules les cellules saines d'une autre personne pourraient vaincre sa maladie. Par ailleurs, les sociétés savantes estiment, qu’à ce jour, aucune donnée ne permet de penser qu’il est utile de conserver le sang de cordon de son enfant dans une perspective de médecine régénérative. La médecine régénérative, bien que très médiatisée, reste donc du domaine de la recherche scientifique et médicale, sans qu’il soit possible d’affirmer à ce jour des bénéfices thérapeutiques dans le futur, et encore moins avec le sang placentaire comme source unique de cellules souches. L’Assistance Médicale à la Procréation (AMP) Autre domaine particulièrement sensible en matière d’éthique : l’Assistance Médicale à la Procréation (AMP). C’est un sujet inconnu du grand public et de la majorité de

nos animateurs. Pourtant, les atteintes à l’éthique commenceront par là. En effet, nous entendons beaucoup parler d’indemnisation (ou de rémunération) des donneuses d’ovocytes - à l’instar de ce qui se passe en Espagne et ailleurs -, de levée de l’anonymat des donneurs de gamètes - comme cela existe en Suède, en Angleterre, aux USA et autres bien que ces dispositions n’aient pas permis d’accroître de façon sensible le nombre de donneurs et donc de couples pouvant prétendre au bénéfice d’un don. L’Agence a mis en œuvre de nouvelles dispositions concernant le don de gamètes, les premiers résultats se font-ils sentir en matière de nombre de donneurs (et surtout de donneuses d’ovocytes) ? L’assistance médicale à la procréation est un sujet nouveau pour l’Agence de la biomédecine, qui a dû, comme cela a été fait pour le don d’organes et la greffe dès la création de l’Etablissement français des Greffes, travailler à l’évaluation de cette activité et établir les règles de bonnes pratiques. La communication vers le grand public arrivant dans un second temps. La priorité a été donnée aux professionnels de santé et aux couples en démarche d’AMP. L’Agence, en collaboration avec les professionnels de santé, a développé des guides d’information avec leur site internet associé et un site de référence sur l’ensemble des techniques pour améliorer l’information de ces couples et du grand public. Ces outils sont pensés pour accompagner les couples tout au long de leur projet parental et apporter une information transparente et pédagogique sur le don de gamètes dans un contexte de pénurie. Il est encore trop tôt pour que les professionnels indiquent si cette première étape d’information a eu un impact sur le recrutement des donneurs. Nous savons que c’est, dans la majorité des cas, l’environnement des couples concernés par l’AMP qui se manifeste pour un don. Les centres ne sont pas en mesure

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de répondre à l’ensemble des demandes et plus particulièrement pour le don d’ovocytes. L’Agence doit être attentive à la prise en charge des donneuses mais également à l’accessibilité de cette technique sur l’ensemble du territoire. Enfin, l’information sur l’assistance médicale à la procréation se déploie dans un environnement médiatique agité avec notamment la question de la levée de l’anonymat des dons de gamètes. Le don d’ovocytes est également très médiatisé ; l’organisation de pays voisins permettant un accès plus rapide à cette technique d’AMP parfois grâce à la rémunération des donneuses. Ce travail d’information, en lien avec les professionnels de santé, est donc indispensable pour permettre au grand public de comprendre les enjeux de l’assistance médicale à la procréation. L’AMP englobe également le dépistage prénatal et préimplantatoire. Au regard de ce qui se passe, là encore, dans d’autres pays - et notamment anglo-saxons (Angleterre, USA), nous pouvons craindre des dérapages conduisant à un certain eugénisme : la quête de « l’enfant parfait ». Actuellement, la réglementation française limite à un seul dépistage d’une maladie grave et particulièrement invalidante, alors qu’en GrandeBretagne, l’on peut décider de ne pas implanter un embryon qui serait, par exemple, atteint de strabisme à la naissance. Quelle serait la position de l’Agence - et des professionnels - sur ce sujet ; le Professeur JOUANNET, lors d’un cycle de conférences à la Cité des Sciences, ayant annoncé que « ce n’est pas parce qu’ailleurs on fait n’importe quoi, qu’on est obligés de copier » ? La loi française sur le sujet du DPI est claire. Elle autorise le recours au diagnostic préimplantatoire lorsqu’un couple présente une forte probabilité de donner naissance à un enfant atteint d’une maladie génétique grave et incurable, que cette maladie ait été identifiée chez un des membres du couple ou chez


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un de ses ascendants. Ce diagnostic ne peut avoir d’autre objet que de rechercher l’affection en cause ainsi que les moyens de la prévenir et de la traiter. L’Agence de la biomédecine a pour mission de vérifier que ces activités de diagnostic (prénatal et préimplantatoire) sont mises en œuvre dans le respect des lois et des règlements en vigueur. Elle assure également leur évaluation. En 2008, 71 enfants sont nés suite à un DPI. Elle a aussi de nombreux champs d’intervention dans ce domaine médical notamment sur l’agrément des praticiens, la délivrance des autorisations des centres pluridisciplinaires de diagnostic prénatal (CPDPN) et des centres de diagnostic préimplantatoire ou les autorisations pour le diagnostic préimplantatoire « à titre expérimental ». Ce DPI permet la naissance d’un enfant indemne de la maladie génétique familiale et compatible avec un frère ou une sœur plus âgé malade. L’Agence de la biomédecine encadre la recherche sur l’embryon. Quel bilan faites vous suite à la loi d’août 2004 ? Le bilan d’application de la loi de bioéthique[1 que l’Agence a remis à la ministre de la santé fin 2008 consacre un chapitre à cette activité. Je dois d’abord souligner le haut niveau académique des équipes de recherche ainsi que le sérieux des projets de recherches sur l’embryon et les CSEh autorisés par l’Agence. Toutes les autorisations, je les ai données en m’appuyant sur des avis rendus par un comité d’experts et par le conseil d’orientation de l’Agence. Il est, entre autres, composé d’associations, de personnalités qualifiées, d’experts scientifiques et médicaux mais aussi de membres de diverses institutions comme le CCNE, la commission nationale consultative des droits de l’homme. Au 31 août 2010, en France, on comptait 54 protocoles de recherche autorisés.

Les contrôles sur les sites de recherche ont également montré une totale conformité à la réglementation et aux éléments techniques des dossiers déposés par les équipes. Les équipes françaises ont investi la majorité des domaines concernant l’embryon et les cellules souches embryonnaires. Certains protocoles concernent l’étude du développement de l’embryon lui-même, et peuvent apporter des éléments précieux pour améliorer encore l’efficacité de l’assistance médicale à la procréation. D’autres équipes tentent de dériver, à partir d’embryons donnés à la recherche, ce que l’on appelle des lignées de cellules souches embryonnaires : cellules très faciles à cultiver et capable de donner, si on leur applique les bonnes conditions de culture, n’importe quel type de cellules de l’organisme. Vingt-sept lignées ont été dérivées en France et permettront une meilleure compréhension de certaines maladies génétiques. Enfin, la majorité des protocoles travaille à partir de ces fameuses lignées (produites en France, ou importées de l’étranger) pour essayer de comprendre comment les différencier efficacement dans une perspective thérapeutique à terme, mais aussi ce qui fait qu’elles ont des propriétés si particulières (on appelle cela la pluripotence). On peut citer, comme possibles applications, l’utilisation de ces cellules dans le traitement de l’insuffisance cardiaque. Après un peu plus de 5 ans de travail, les résultats sont encourageants : les articles signés par des équipes françaises commencent à être publiés dans des revues scientifiques internationales de renom. En conclusion, Madame la Directrice Générale, qu’attendez-vous d’associations comme la nôtre et de leurs actions auprès du grand public ?

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Le travail des associations est irremplaçable pour une communication de proximité. Votre force réside notamment dans le lien que vous avez directement avec la population et dans votre engagement sur le terrain. Je sais combien votre association se mobilise tous les ans aux côtés de l’Agence à l’occasion de la Journée nationale de réflexion sur le don d’organes et la greffe et autour de la semaine de la Moelle Osseuse mais également à de nombreuses autres occasions. Je profite de la tribune qui m’est donnée ici pour remercier l’ensemble des bénévoles de votre association pour le travail qu’ils accomplissent tout au long de l’année. J’espère que la collaboration entre l’Agence de la biomédecine et l’UNADSB sera toujours aussi soutenue ! Plus d’informations sur les différents domaines d’activités de l’Agence : Site institutionnel : www.agence-biomedecine.fr Sites sur le don d’organes et la greffe : www.dondorganes.fr (site sur le don d’organes et la greffe tout public) www.ledonlagreffeetmoi.com (site sur le don d’organes et la greffe pour les 16 – 25 ans) Site sur le don de moelle osseuse : www.dondemoelleosseuse.fr Sites sur l’assistance médicale à la procréation et le don de gamètes : www.procreationmedicale.fr www.dondovocytes.fr www.dondespermatozoides.fr


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CONTRAT D’OBJECTIF ET DE PERFORMANCE EFS/MINISTÈRE DE LA SANTÉ 2 septembre 2010 Extraits du discours de Madame Roselyne BACHELOT-NARQUIN, Ministre de la Santé et des Sports « Répondre aux besoins des malades en recourant aux dons : telle est la principale mission de l’Etablissement français du sang. Telle est notre ambition commune, à nous tous qui, aujourd’hui, sommes réunis ici. La signature de ce premier contrat d’objectifs et de performance consacre l’engagement réciproque de l’Etat et de l’EFS, un engagement fort, un engagement ancien : assurer l’autosuffisance en produits sanguins avec une efficacité et une sécurité toujours renforcées. Ces produits sanguins qui sauvent des vies, nous tous mesurons combien ils sont précieux. Notre rencontre me donne ainsi l’occasion de redire l’inépuisable estime que je ressens pour toutes celles et tous ceux qui donnent un peu de soi en donnant de leur sang, et pour toutes les équipes qui, au sein de l’EFS, œuvrent sans relâche pour la santé de nos concitoyens. Véritable feuille de route pour les prochaines années, ce contrat permet de fixer des objectifs chiffrés, concrets, pour promouvoir une plus grande efficience de l’établissement. Je tiens à le souligner d’emblée : peu d’organismes bénéficient d’une telle visibilité sur leurs ressources sur 4 ans. Car au-delà des chiffres, ce contrat réaffirme, plus largement, notre vision du système transfusionnel français et ses valeurs, au premier rang desquelles l’éthique du don. Evidemment, l’EFS est au cœur de ce système transfusionnel.

Les besoins en transfusion sont grands. Ils augmentent chaque année. L’Etat et ses partenaires n’ont pas ménagé leur énergie, depuis dix ans, pour construire et faire vivre un système français transfusionnel qui, bien entendu, peut être amélioré, mais dont nous pouvons être fiers. Face aux crises que nous avons pu connaître ces dernières années, toutes nos institutions ont su concilier sécurité des produits sanguins, tensions de l’approvisionnement et reprise des collectes le plus rapidement possible. Je voudrais vous remercier pour avoir su vous montrer à la hauteur de ces défis. Au moment de signer ce contrat, il ne s’agit pas, pour moi, de rappeler l’ensemble des objectifs qu’il contient. J’aimerais, plutôt, insister sur trois principes qui nous tiennent particulièrement à cœur : l’autosuffisance, le don éthique et la sécurité des donneurs. L’autosuffisance en produits sanguins occupe une place prépondérante parmi les objectifs sanitaires de la France. La promotion du don de sang et la

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fidélisation des donneurs doivent être au cœur de l’action de l’établissement, en collaboration étroite avec les associations de donneurs. L’autosuffisance en plasma pour fractionnement est un défi qu’il nous faut relever. La productivité de la filière plasma doit être améliorée et la plasmaphérèse, valorisée. Il est important que l’EFS et le LFB agissent de concert en ce sens. De toute évidence, l’éthique ne saurait être un frein à l’autosuffisance, comme voudraient le faire croire certains opérateurs internationaux aux intérêts exclusivement mercantiles. Le don éthique, bien au contraire, peut relever le défi de l’autosuffisance : cette conviction, cher Gérard Tobelem, je sais que nous la partageons. La gratuité, le bénévolat, l’anonymat et le volontariat sont autant de principes éthiques fondamentaux qui régissent le don de sang dans notre pays. Et la France continuera, dans le respect et l’esprit de la loi, à promouvoir le don éthique et à préserver l’édifice législatif qui le consacre. Elle continuera également à le défendre auprès de ses partenaires européens. J’en viens, vous l’aurez compris, à la troisième thématique que je souhaitais évoquer : la sécurité des donneurs. Le tragique accident survenu en septembre 2009, d’une donneuse venue offrir son plasma, nous a tous bouleversés. Toutes les mesures possibles ont été prises immédiatement et les recommandations de l’Inspection


EFS - COP Septembre 2010 - N° 152

générale des affaires sociales sont mises en œuvre. L’EFS a ainsi renforcé la sécurisation de la procédure de plasmaphérèse et veille à la sensibilisation de l’ensemble de ses équipes de prélèvement. Comme vous le savez, la sécurité est, en outre, au cœur de la révision annuelle de l’arrêté de sélection des donneurs de sang, dont la prochaine version devrait être publiée prochainement. La sécurité, ce sont enfin nos systèmes de surveillance et de veille, grâce auxquels nous pouvons rapidement identifier l’émergence de nouveaux risques, analyser leurs mécanismes de développement et élaborer des réponses adaptées.

Nombreux sont les défis que nous aurons à relever ensemble. Dans le même temps, je sais pouvoir compter sur vous pour poursuivre et développer vos activités de recherche, de formation et de thérapie cellulaire. Pour tous les objectifs que nous nous sommes fixés, ce contrat de performance sera un guide précieux. Symboliquement, nous aurions pu le signer de notre sang. Les usages nous recommandent plutôt d’utiliser nos plumes». Les principaux objectifs du Contrat d’Objectifs et de Performance (COP) 1 - Assurer l’autosuffisance nationale en PSL et la progression des besoins en plasma à fractionner. L’EFS, en vue de faire face à la

reprise de la demande de PSL (Produits Sanguins Labiles : Concentrés de Globules Rouges, Plaquettes, Plasma Thérapeutique) et la très forte demande plasma à fractionner doit redéfinir sa politique de promotion du don et de prélèvement d’une part, son implication dans le bon usage de la prescription des produits issus du sang d’autre part, afin de répondre à l’autosuffisance nationale.  Définir un système de veille stratégique sur la base d’une étude prospective de la demande et de l’offre de PSL, de plasma à fractionner et de médicaments dérivés du sang  Assurer un stock hebdomadaire de 12 jours en vue de répondre aux besoins des Etablissements de santé  Fournir au LFB au moins 98 % des besoins qui ont fait l’objet du contrat pluriannuel. L’EFS devra adapter ses moyens de collecte sur tout le territoire afin de faire face à l’accroissement de la demande  Réformer la politique de promotion du don de sang et du don de plasma :  poursuivre l’effort de recrutement de nouveaux donneurs  focaliser les efforts sur la fidélisation des donneurs avec un accroissement du nombre de dons par donneur  formaliser la relation avec la Fédération Française pour le don de sang bénévole et avec les autres associations intervenant dans les domaines d’activités de l’EFS. 2 - Progresser en matière de sécurité sanitaire L’EFS met en place une veille scientifique et technologique en matière de sécurité sanitaire portant sur l’évolution des risques transmissibles et immunologiques liés à l’usage de PSL et sur l’intérêt médico-technique que présente un nouveau procédé ou une nouvelle technologie applicable aux activités de l’EFS.

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3 - Améliorer l’efficience de gestion L’EFS devra réduire ses coûts de 1,5 à 2 % par an à partir de 2011 tout en garantissant la sécurité du donneur et du receveur.  Mutualisation des plateaux de qualification biologique du don  Plan d’optimisation de l’implantation des laboratoires de biologie médicale de l’EFS et des Etablissements de Santé  Révision des schémas d’organisation de la Transfusion Sanguine respectant les objectifs d’approvisionnement sûr et économe des Etablissements de Santé  Unification du système informatique métier notamment en matière de constitution d’une base unique de donneurs  Réorganisation de la gouvernance de l’EFS. 4 - Mobiliser la recherche L’EFS devra augmenter, par redéploiement, la part de son chiffre d’affaires consacré à la recherche de 1,35 % en 2009 à 2 % en 2013 La recherche sera recentrée sur 5 axes prioritaires :  Le don, la qualité, la gestion de crise  Les produits sanguins labiles : préparation et caractérisation  Le risque microbiologique et immunobiologique  La médecine transfusionnelle  L’ingénierie cellulaire et tissulaire et les médicaments de thérapies innovantes.


RAPPORT D’ACTIVITÉ 2009

RAPPORT D’ACTIVITÉ 2009 DE L’ÉTABLISSEMENT FRANÇAIS DU SANG (EFS) SOURCE : RAPPORT D’ACTIVITÉ DE L’EFS CRÉDIT INFOGRAPHIE : PHILIPPE MOUCHE Le sang humain est une substance irremplaçable ; aucun produit médicamenteux ne se substitue au sang, dont les composants restent indispensables dans le traitement de nombreuses pathologies, et notamment les maladies du sang.

Les donneurs L’arrêté du 12 janvier 2009 élargit les possibilités de donner son sang en repoussant l’âge limite de 66 à 71 ans et en augmentant la fréquence des dons : de 5 à 6 fois par an pour les hommes et de 3 à 4 fois pour les femmes. En 2009, l’on a enregistré 1 689 495 donneurs dont 423 570 nouveaux (soit 25 %).

Ces nouveaux donneurs sont en majorité des femmes (54,3 % contre 45,7 % d’hommes) et jeunes (61 % ont moins de 30 ans).



un contexte humain et convivial : de meilleures conditions d’accueil et une bonne collation.

Le Don et les besoins Pourquoi passer à l’acte la première fois ?

Plusieurs motivations se dégagent :  un sentiment d’utilité : les volontaires souhaitent répondre aux besoins en sang, jugés vitaux et urgents  une motivation physique et morale : le temps du don apparaît comme un moment de pause, un moment pour soi. Donner c’est aussi recevoir (pas tout à fait désintéressé). Les volontaires donnent parce qu’un de leur proche a déjà bénéficié d’un don et ils veulent s’acquitter d’une “dette”, ou ils donnent par anticipation, dans l’éventualité d’un besoin futur  un engagement : le don peut également être considéré comme un acte militant, volontaire et gratuit. Il représente une action libre et désintéressée. Les Français seraient prêts à donner si l’EFS privilégiait :  la proximité géographique : la possibilité de donner son sang sur le lieu de travail est souvent avancée  la rapidité du prélèvement : éviter les files d’attente qui démotivent les candidats au don

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Il existe plusieurs types de don : le don de sang total et le don par aphérèse. Le don de sang total : c’est le don le plus pratiqué. Il permet de recueillir en une seule fois tous les composants du sang (globules rouges / plaquettes / plasma). Le sang total n’est jamais utilisé en l’état (voir le schéma en dernière page). Le don par aphérèse : c’est une technique par laquelle le donneur est branché à un séparateur de cellules qui permet de prélever directement des plaquettes, du plasma ou des globules rouges ; les autres composant du sang étant réinjectés au donneur.


RAPPORT D’ACTIVITÉ 2009 Septembre 2010 - N° 152

Les globules rouges transportent l’oxygène des poumons vers les tissus. A partir d’une poche de sang total, l’on extrait, par centrifugation, un concentré de globules rouges (CGR). Celui-ci fera l’objet, par filtration, d’une déleucocytation (retrait des globules blancs). Avant d’être transfusés à un patient, ils pourront être conservés pendant 42 jours entre +2° et +6°. La transfusion de CGR est majoritairement pratiquée pour soigner :  les cancers (et notamment les cancers du sang)  les maladies du sang  thalassémie : maladie héréditaire se traduisant par des anémiés nécessitant des transfusions tout au long de la vie  drépanocytose : maladie génétique qui touche un nouveau-né sur 6 000 (soit environ 130 nouveaux cas par an). Les globules rouges sont atrophiés en forme de faucille

et génèrent des occlusions dans les vaisseaux ; là aussi, des transfusions tout au long de la vie sont nécessaires  les pertes de sang lors de l’accouchement  les interventions chirurgicales. Les besoins de CGR ne cessent d’augmenter depuis 2002 (+ 20 %), mais la croissance tend à se ralentir (seulement + 2,8 % en 2009). Il faut noter que la consommation de 2009 se situe encore 7,6 % en dessous de celle de 1992. Les plaquettes permettent de prévenir et de stopper les hémorragies. Pour soigner un patient, il est souvent nécessaire de lui transfuser 400 milliards de plaquettes, ce que l’on trouve dans une poche de concentré plaquettaire prélevé par aphérèse (CPA) ou dans un regroupement de 5 à 6 concentrés plaquettaires issus de sang total (MCPS). La qualité et la sécurité pour le patient sont les mêmes, et l’on

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développe actuellement le recours aux MCPS ce qui permet d’éviter de détruire ces plaquettes issues de sang total. Les plaquettes ne se conservent que 5 jours. Les poches doivent être placées sous agitation constante à une température située entre +20° et +24°. La principale indication réside dans le traitement des cancers (dont les leucémies). L’on transfusera également des plaquettes en cas de saignements importants lors des interventions chirurgicales afin de stopper l’hémorragie. La progression de la consommation de plaquettes était de 4,6 % l’année dernière. Le plasma représente 55 % d’une poche de sang total et contient 90 % d’eau. Les 10 % restants contiennent des protéines indispensables à la vie (dont 60 % d’albumine).


RAPPORT D’ACTIVITÉ 2009 Le plasma thérapeutique (transfusé au patient) est principalement utilisé pour combler les déperditions en eau des tissus, notamment chez les grands brûlés. La consommation a augmenté de 13,3 % l’an dernier, ce qui représente une augmentation de 42,5 % depuis 2002.

Le plasma sert également de matière première dans la fabrication de médicaments destinés à combler les manques de certaines protéines ou immunoglobulines. Ces médicaments soignent en France près de 500 000 malades au quotidien, notamment des patients atteints de maladies rares, pour lesquels ces médicaments sont la seule chance de survie. L’EFS a cédé 827 740 litres de plasma au LFB (Laboratoire français de Fractionnement et des Biotechnologies), chargé de fabriquer des médicaments ; soit 7,5 % de plus qu’en 2008 et 59,7 % de plus qu’en 2002. Par exemple, l’association IRIS (voir affiche en Une) regroupe des patients atteints de déficits immunitaires.

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LE DON DE SANG PLACENTAIRE Le sang placentaire (ou sang de cordon) est le sang circulant dans le cordon ombilical du fœtus et qui permet les échanges entre la mère et l’enfant. A la naissance, le cordon ombilical est coupé et le nouveau-né devient complètement autonome. Le placenta et le cordon sont normalement considérés comme des déchets opératoires et incinérés. Or, les cellules sanguines contenues dans le cordon ombilical présentent l’avantage d’être immatures et donc de pouvoir traiter des patients atteints de déficience du fonctionnement de leur moelle osseuse en limitant le nombre et l’importance du rejet. L’idée est de récupérer ces cellules, de les stocker et de les greffer chez des patients qui en ont besoin. L’hématopoïèse est la production continue des cellules sanguines à durée de vie limitée (5 jours pour des plaquettes, 42 jours pour des globules rouges) par les cellules souches hématopoïétiques de la moelle osseuse (présentes surtout dans les os plats dont les os du bassin : os iliaque). La thérapie cellulaire, étudiée dans un autre dossier, montre les différents types

de greffe utilisés dans le traitement des maladies du sang. L’allogreffe de moelle osseuse est préconisée pour le traitement :  Leucémies aiguës  Aplasie médullaire (destruction des défenses immunitaires lors de traitements par chimiothérapie ou radiothérapie  Maladie des globules rouges (Drépanocytose).

Traitement schématique des leucémies aiguës La moelle osseuse malade traitée par chimiothérapie. Le succès de ce traitement conduit à une rémission complète. Pourtant, il arrive fréquemment que l’on assiste à une rechute. Le traitement par chimiothérapie reprend, mais dans la majorité des cas, il conviendra de recourir à une allogreffe. Principe de l’allogreffe Remplacer la moelle osseuse malade par la moelle osseuse saine grâce aux cellules du donneur 1.Conditionnement du patient par chimiothérapie accompagnée de radiothérapie Buts :  Bloquer le système immunitaire du patient  Détruire la maladie résiduelle

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« Faire de la place » pour le greffon 2.Les cellules souches du donneur s’installent dans les os pour produire de nouvelles cellules sanguines 3.Les lymphocytes T tuent les cellules cancéreuses résiduelles du patient. Le système HLA Pour bénéficier d’une greffe, le patient doit avoir une compatibilité HLA (composants tissulaires présents sur les globules blancs) avec son donneur. L’on a une chance sur quatre de trouver cette compatibilité parmi sa fratrie, mais une chance sur un million d’être compatible avec un individu lambda de la population.

La place du sang placentaire dans les allogreffes Le don de cellules de la moelle osseuse nécessite le recours à des fichiers de donneurs volontaires au don de moelle osseuse. Ces fichiers contiennent plus de 12 millions de volontaires dont près de 4 millions dans le fichier allemand. Le don de moelle osseuse est de moins en moins pratiqué au profit du don de sang périphérique et du sang placentaire.


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La greffe de sang placentaire Le sang placentaire contient des cellules souches hématopoïétiques et des lymphocytes. Le sang placentaire, un greffon très intéressant, car  il n’y a pas toujours de donneurs adultes dans les fratries (1/4 de probabilité de compatibilité) ou les fichiers de donneurs (qui ne sont compatibles que dans 2/3 des cas),  variété importante de typage HLA des sangs placentaires,  disponibilité des sangs placentaires congelés,  compatibilité HLA donneur / receveur moins stricte,



risques diminués de réaction du greffon contre l’hôte.

Limites de l’utilisation du sang placentaire  moins de richesse en cellules, mais on peut utiliser 2 sangs placentaires pour une même greffe ou possibilité bientôt de disposer de sang placentaire amplifié  pas de possibilité de réinjecter des lymphocytes du donneur. Mise en banque d’unités de sang placentaire L’on procède à une sélection médicale des donneuses  écarter du don tout risque de maladie transmissible :  génétique  cancéreuse  infectieuse. Contre-indications au prélèvement liées  à la mère  au père  au nouveau-né  à la fratrie.

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Pendant la grossesse Sensibilisation au don lors des consultations : informer que le don est bénévole, anonyme, gratuit, solidaire. Les cellules collectées dans le cordon seront utilisées pour les besoins d’un patient ne pouvant être traité par d’autres moyens





Expliquer le déroulement lors de l’accouchement : informer que le prélèvement est sans conséquence pour la maman et le bébé



Prévenir la patiente de la nécessité de contrôler ses sérologies virales deux mois après l’accouchement



Consentement éclairé : la maman doit donner son accord pour le prélèvement et la mise en banque des cellules



Dossier médical avec les contre-indications : antécédents médicaux par exemple…


Les différentes étapes :

Prélèvement du sang placentaire par la veine du cordon ombilical

Soudure de la tubulure de la poche prélevée

Contrôle de l’intégrité et de la conformité du prélèvement

Après prélèvement des cellules dans le cordon ombilical, les cellules sont stockées dans une poche qui est identifiée par code barre afin d’en réaliser la traçabilité jusqu’à la mise en banque. Plusieurs opérations de contrôle qualité sont opérées : tests sanguins / virologie (recherche de virus et bactéries néfastes au receveur) / contrôles de conformité… Mesure du nombre de cellules souches CD34, cellules indispensables au patient  si le volume de la poche est inférieur à 70ml, la poche est rejetée  si le nombre de cellules CD34 est inférieur à 2 millions, la poche est rejetée car le nombre de cellules ne suffira à soigner et guérir le patient  les poches rejetées partent aux services de recherche et développement Une fois ces contrôles opérés, la poche fait l’objet d’une miniaturisation avant mise en banque ; la miniaturisation permet de stocker un nombre plus important de poches dans la même cuve d’azote.

Traitement de la poche de sang placentaire avant congélation

La miniaturisation permet de réduire le volume de sang stocké

Congélation et stockage dans de l’azote à -196 °C

Réseau Français de Sang Placentaire (RFSP) Le réseau se compose des banques de :  EFS : Bordeaux, Besançon, Créteil, Lyon-Grenoble  CIC : Marseille  CHU : Paris (St Louis), Montpellier, Poitiers

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CONGRÈS NATIONAL FFDSB Causes des non-conformités des USP prélevées (%)

De par la qualité de ses USP (unités de sang placentaire) le registre FGM (France Greffe de Moelle) affiche un taux de cession de 3,01% loin devant les registres ou banques des USA, d’Italie, de Belgique, d’Espagne et d’Australie. L’objectif est d’accroître le nombre d’unités de sang placentaire en vue d’atteindre 30 000 unités banquées au sein du RFSP, pour qu’en 2014 les patients greffés en France puissent bénéficier des unités du RFSP. USP stockées dans les banques internationales

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FORUM THÉRAPIE CELLULAIRE ET TISSULAIRE Docteur Isabelle DESBOIS Définitions

Les cellules

Thérapie cellulaire : utilisation de cellules souches pour prévenir, traiter ou atténuer une maladie.

Aujourd'hui, les résultats les plus probants sont enregistrés sur les Cellules Souches Hématopoïétiques (CSH) et sur les Cellules de l’immunité.

Thérapie tissulaire : remplacement d’un tissu malade par un tissu sain. Ingénierie cellulaire/tissulaire : toutes les étapes de préparation entre le prélèvement et la réinjection (culture, expansion…). Les enjeux éthiques Les principes de la directive européenne 2004/23/CE prônent la Solidarité des citoyens de la Communauté européenne. Le don est volontaire et non rémunéré (altruisme du donneur). L’anonymat entre donneur et receveur est garanti. Il existe une égalité d’accès aux soins pour tous les patients. Ces principes sont des facteurs de nature à contribuer au relèvement des normes de sécurité, donc à la protection de la santé humaine.

Demain (?) : nous attendons beaucoup de la recherche sur les :  Cellules Souches Mésenchymateuses  Cellules Souches Pluripotentes induites (iPS)  Cellules Souches Embryonnaires

Les greffes de Cellules Souches Hématopoïétiques (CSH) Ces greffes sont principalement réalisées pour soigner (et guérir) des cancers du sang (leucémies, lymphomes…). Il existe plusieurs types de recueil possible de ces cellules : 1.Le don de moelle osseuse (MO) Il existe deux types de greffes :  la greffe autologue : le donneur est en même temps le receveur. Le prélèvement est effectué chez le patient lors d’une phase de rémis-

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sion. Les cellules sont prélevées puis traitées afin de détruire les cellules malades résiduelles ;  la greffe allogénique : le donneur est une autre personne que le patient. Il peut être choisi parmi la fratrie (une chance sur quatre de trouver un donneur compatible parmi les frères et sœurs du patient), ou parmi la population générale (seulement une chance sur un million de trouver un donneur compatible). Pour être donneur, il faut s’inscrire sur le registre national des volontaires au don de moelle osseuse géré par l’Agence de la biomédecine. Le prélèvement s’effectue au bloc opératoire sous anesthésie générale.


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2.Le don de sang périphérique (SCP) Les CSH résident dans la moelle osseuse. L’on peut aller les chercher au moyen d’un prélèvement de moelle osseuse (voir ci-dessus), ou en les faisant migrer de la moelle osseuse dans le sang circulant.

sance quelques jours avant le prélèvement. Ce facteur de croissance aura pour effet de sortir les cellules de la moelle osseuse. Une fois présentes dans le sang circulant, il suffira d’aller les prélever à l’aide d’un séparateur de cellules.

Pour ce faire, l’on injecte au donneur un facteur de crois-

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3.Le don de sang placentaire (SP) (voir article spécifique sur le sujet). Les banques de sang placentaire autologue Le Conseil Consultatif National d’Ethique (CCNE) a publié un avis le 12 décembre 2002 : les banques de sang de cordon ombilical en vue d'une utilisation autologue ou en recherche - Avis N° 74. Les banques de sang de cordon autologue  présentent un grave danger pour la société, car elles s’opposent au principe de solidarité



mettent en cause la justice et l’équité, puisque seuls les plus fortunés pourront avoir accès à ces banques sans se priver financièrement  présentent une vision utilitariste, utopiste et commerciale de la conservation autologue du sang placentaire, car  c’est une provocation pour les plus démunis qui n’ont pas les moyens de financer les frais de mise en banque ou qui doivent effectuer de gros sacrifices pour y parvenir  aucune indication n’existe à l’heure actuelle, et aucune recherche n’a prouvé le bienfait de ces cellules



contexte d’activité commerciale privée : danger pour les parents victimes d’une publicité abusive. Cette offre privée pourrait leur donner le sentiment, s’ils refusent, de ne pas avoir fait tout ce qu’il y a de mieux pour leur enfant  si des indications raisonnables étaient révélées à l’avenir, proposition et prise en charge dans des établissements publics. L’avis du CCNE a été conforté par celui du Groupe européen d’éthique : avis n° 19 du 16 mars 2004.

Les différentes phases de préparation des cellules

Préparation

Qualification

Congélation et stockage en azote liquide

En 2009 : 44 sites étaient autorisés pour le stockage des cellules, dont 22 à l’EFS ; 60 % des cellules sont traitées dans un ETS (Etablissement de Transfusion Sanguine)

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CONGRÈS NATIONAL FFDSB Autres activités d’ingénierie cellulaire en essais cliniques  Préparation de cellules soumésenchymateuses ches pour le traitement de la GvH au cours de greffes de moelle (le greffon détruit les cellules du receveur)  Préparation de concentrés de moelle osseuse dans les réparations osseuses (après fracture)  Préparation de concentrés de cellules médullaires pour le traitement des artérites des membres inférieurs  Préparation de concentrés tissulaires anti-virus Epstein Barr  Préparation d’îlots de Langherans (cellules du pancréas) dans le traitement des déficits immunitaires  Cellules neuronales fœtales dans le traitement de la maladie de Huntington.

Les tissus Après son décès, l’on peut donner ses organes, mais aussi ses tissus :  Peau,  Cornées et membrane amniotique,  Os spongieux et os massif, ligaments, ménisques,  Vaisseaux, valves. Les greffes de tissus En 2009 : 40 banques de tissus étaient autorisées dont 19 à l’EFS.

Cornées Les banques de l’EFS réceptionnent 54 % des cornées et distribuent 48 % des cornées greffées.

s’effectue à +31°C pendant 30 jours. Les greffes concernent des patients atteints d’une dégénérescence cornéenne (perte de la vision). L’EFS réceptionne 18 % des têtes fémorales et en distribue 23 %. Les têtes fémorales sont prélevées lors d’interventions de prothèse de hanche. Elles peuvent être conservées pendant 5 ans dans l’azote liquide. Elles servent principalement de poudre d’os pour colmater les interstices au niveau du fémur.

Vaisseaux Les banques de l’EFS réceptionnent 72 % des vaisseaux et distribuent 72 % des greffons vasculaires. Le prélèvement s’effectue sur donneurs décédés. Il est réalisé après sélection clinique et biologique. La préparation, la qualification et la conservation sont réalisées en vapeur d’azote (-150°C). Ils servent au traitement de patients graves (prothèses infectées).

Os massifs Le prélèvement s’effectue sur des donneurs décédés. La préparation, la qualification, la conservation et le stockage

Les banques de l’EFS réceptionnent 70 % des os massifs et distribuent 42 % des

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greffons osseux massifs, notamment pour le traitement de jeunes patients atteints de cancer. Les banques de l’EFS réceptionnent 40 % des fragments cutanés et distribuent 27 % des greffons. La greffe de peau est principalement indiquée pour le traitement des grands brûlés.


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La recherche ; les perspectives 1.Cellules Souches Mésenchymateuses Les cellules souches mésenchymateuses (CSM) sont des cellules souches tissulaires multipotentielles donnant naissance aux tissus conjonctifs du squelette : os, cartilage, stroma médullaire (ensemble des éléments cartilagineux formant la charpente de certains organes ou tissus) à différenciation vasculaire musculaire lisse et adipocytes (cellules graisseuses). De façon plus contestée, elles donneraient également naissance aux cellules musculaires sarcomériques (squelettiques et cardiaques) et aux cellules endothéliales (tissu qui tapisse l’intérieur des parois de l’appareil circulatoire), voire à des cellules d'origine non mésodermique, tels les hépatocytes ou les cellules neurales.

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CONGRÈS NATIONAL FFDSB 2.Cellules embryonnaires Les cellules souches embryonnaires ouvrent de larges perspectives en raison de leur potentialité. Ce sont des cellules immatures pouvant migrer en toutes sortes de cellules. Toutefois, à ce jour, aucune découverte notoire n’a été réalisée. Compte tenu du caractère non éthique de la recherche (la recherche conduisant à la destruction de l’embryon), il convient de rester prudent sur le développement de telles recherches.

3.Cellules souches adultes (IPS) La recherche sur ces cellules souches adultes a franchi un pas important avec la découverte du Professeur Yamanaka qui a réussi à reprogrammer, chez le rat, des cellules de la peau en cellules pluripotentes. De grands espoirs sont fondés dans cette recherche, totalement éthique, en vue de reconstituer des organes ou tissus malades. Les cellules du patient sont reprogrammées en cellules pluripotentes pouvant donner de nouvelles cellules cardiaques, sanguines, neurales ou autres, à la demande.

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FORUM PLASMA

Le plasma est utilisé (entre autres) pour fabriquer des médicaments qui permettent de soigner de nombreuses maladies, notamment des maladies rares grâce aux traitements par injection d’immunoglobulines. D’autres thérapeutiques plus anciennes utilisent les composants ou les protéines du plasma telles l’albumine (pour combler les déperditions en eau, notamment chez les grands brûlés) ou les facteurs de coagulation (pour soigner les pertes de sang chez les hémophiles). Forte croissance de demande mondiale de MDP (Médicaments Dérivés du Plasma) : données en Millions de dollars.

Le nombre de maladies répondant à ces traitements croît sans cesse, ce qui signifie qu’un nombre croissant de patients ont recours à ces thérapeutiques ; ce qui explique l’explosion de la demande mondiale. Il faut noter que, compte tenu du coût élevé de ces médicaments, seuls les patients des pays industrialisés peuvent y avoir accès. Quelques facteurs explicatifs de la croissance :  amélioration du diagnostic et développement de prises en charge chroniques dans les pays occidentaux  meilleure prise en charge des patients dans les pays émergents ; l’usage de ces thérapeutiques se concentrait

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jusqu’à présent sur les USA et l’EUROPE, mais d’autres pays accédant à un niveau de revenu supérieur (CHINE / INDE / BRÉSIL) sont de plus en plus demandeurs de MDP, notamment d’albumine et de facteurs de coagulation (Facteur VIII)  forte croissance de l’utilisation d’immunoglobulines, premier moteur de la croissance des MDP  pas de réel concurrent aux immunoglobulines en terme de classe thérapeutique  l’origine plasmatique incontournable. La croissance attendue est de 7 % par an jusqu’en 2012. Besoin mondial évalué à 34 millions de litres de plasma


CONGRÈS NATIONAL FFDSB pour fractionnement nécessaires en 2015 pour répondre aux besoins en MDP (rappel : 26 millions de litres fractionnés en 2007). En France le marché des MDP a crû en moyenne de 11 % par an depuis 2006. Une croissance due largement

à la forte progression des besoins en Immunoglobulines :  avec un doublement des quantités prescrites en 3 ans  aboutissant à un marché de 5 tonnes en 2009  Pourquoi ?  meilleure prise en charge des patients déficitaires

 reconnaissance de l’intérêt thérapeutique des Immunoglobulines dans de nouvelles indications (les maladies auto-immunes) très invalidantes pour les patients.

Marché des immunoglobulines (Ig) polyvalentes :

Il faut noter que ce marché est très fluctuant, et que les producteurs peuvent être amenés à agir sur l’offre et sur la demande, pouvant créer des tensions importantes qui se retrouvent sur le niveau de fixation des prix. Ce marché est très dépendant de l’approvisionnement en plasma. Sur les 25 millions de litres de plasma disponibles dans le monde, au moins 5 millions sont bénévoles, le besoin pour les patients français est estimé à environ 1,1 million de litres de plasma bénévole. La collecte du plasma est de plus en plus intégrée par les fractionneurs. Alors qu’historiquement la collecte de plasma était issue du don de sang, l’industrie a développé des centres de collecte prélevant uniquement du plasma et rémunérant les donneurs. En Europe :  OCTAPHARMA : 9 centres en Allemagne /  7 centres en République Tchèque  CSL BEHRING : 8 centres en Allemagne  BIOTEST : 7 centres en Allemagne /  1 centre en Autriche  KEDRION : 2 centres en Allemagne  BAXTER : 7 centres en Autriche

Aux Etats-Unis : nombre de centres de collecte  GRIFOLS : 75  CSL BEHRING : 72  BAXTER : 55  TALECRIS : 31  DCI : 28  INTERSTATE : 14  THERAPEUTICS : 14  AUTRES : 29

Vue d’ensemble des acteurs MDP : Un marché particulier au sein du marché pharmaceutique : seulement moins d’une quinzaine d’acteurs de taille significative pour l’ensemble du monde. 14 sociétés en 1994 en Europe + USA, 9 aujourd’hui, pas de nouvel entrant généraliste. Des acteurs déjà très concentrés, surtout aux Etats-Unis.

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CONGRÈS NATIONAL FFDSB Septembre 2010 - N° 152

L’approvisionnement du marché français en immunoglobulines :

De son côté, le LFB (Laboratoire de Fractionnement et des Biotechnologies) a investi pour doubler sa capacité de production. Cet investissement est non seulement destiné au marché français mais aussi à la satisfaction des besoins internationaux en exportant les MDP via des filiales implantées au Moyen-Orient ou dans d’autres pays européens.

Afin de faire face à l’accroissement des besoins de plasma de fractionnement, plusieurs mesures doivent être prises :  Le plasma issu de sang total est la 1ère source de plasma pour la fabrication des médicaments dérivés du sang  En 2009, 587 930 litres (71 %) provenaient de sang total sur les 825 274 litres envoyés au LFB. En 2010, le prélèvement de sang total augmentant de 2 %, le volume de plasma disponible augmentera de 12 000 litres.  Sensibiliser de nouveaux donneurs.  Développer le nombre de plasmaphérèses  augmentation de 33 000 aphérèses en 2010. Il faut noter que le pourcentage de plasmaphérèses par rapport au nombre total de prélèvements est de 9,1 en France, alors qu’il est de 44,24 en Autriche, 31,58 aux Pays-Bas, 24,32 en Allemagne… Nous avons donc une grande marge de manœuvre.



Augmenter le volume prélevé à chaque plasmaphérèse  passer de 680 ml à 750 ml, soit un gain de 15 à 20 000 litres.  Diminuer le nombre de prélèvements de plaquettes et réorienter les donneurs vers le don de plasma. Il faut noter que les besoi ns en plaquettes continuent de croître mais le nombre de prélèvements de sang total augmentant, les besoins en plaquettes peuvent être satisfaits sans problème en utilisant les plaquettes issues de sang total.



Remplacer le plasma servant de conservateur dans les poches de plaquettes par une solution de conservation.

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En effet, le LFB réalise du travail à façon pour certains pays tels les pays du MAGHREB, et recherche d’autres marchés de ce type. Le système consiste à importer du plasma collecté dans le pays partenaire, à fabriquer les médicaments en FRANCE, et à retourner les médicaments dans le pays d’origine. Autre partenariat mis en œuvre avec le BRÉSIL : le transfert de technologie. Le LFB accompagne le BRÉSIL dans la construction de son propre système de fractionnement du plasma et de fabrication des MDP afin de répondre aux besoins de ses patients nationaux. Le forum était également animé par Sandrine LEFRANÇOIS, Présidente de l’Association des Déficients en Alpha1 Antitrypsine (ADAAT), et Francis REMBERT, Chargé de mission à l’association IRIS (de gauche à droite sur la photo).


COLLOQUE SUR LE PRION

COLLOQUE SUR LE PRION L’Union Nationale a décidé de participer financièrement à la création, en 2006, de la Fondation Alliance BioSecure chargée de réaliser des recherches sur le Prion. La Fondation a organisé un colloque sur le thème du prion le 10 juin dernier au Ministère de la Santé.

 exclusion des donneurs et 



Le Prion est une protéine infectieuse qui intervient dans de nombreuses maladies neurologiques et qui a été mise en avant lors de la contamination par la maladie de Creutzfeld-Jacobs suite à l’épidémie de la vache folle. Il faut noter qu’il existe plusieurs types de maladie à prions :  La maladie de Creutzfeld-Jacobs sporadique (85 % des cas) dont l’origine est inconnue  Les maladies génétiques autosomiques ou transmissibles  Les maladies acquises :  dure mère  hormone de croissance  nouveau variant de la maladie de Creutzfeld-Jacobs (vMCJ). Intervention du Professeur Paul BROWN, spécialiste mondial du domaine Paul BROWN revient sur l’histoire de la découverte et du développement du Prion : Avant d’inactiver l’agent patho gène (le Prion), il convient d’identifier la source :  1985 : HINTZ découvre les méfaits des hormones de croissance d’origine humaine



propose un programme de décontamination. 1988 : identification par THADANY d’une maladie de la dure mère (enveloppe du cerveau) exclusion des donneurs, décontamination, utilisation de substituts. 1996 : nouveau variant de la maladie de la vache folle, identifier la source et l’éliminer. Par précaution, l’on éliminera les risques de transmission par le sang humain et le plasma.  Exclusion des personnes ayant été transfusées.  Exclusion des donneurs de sang ayant séjourné plus d’un an cumulé en Grande-Bretagne entre 1980 et 1996. Il faut noter qu’aujourd’hui, malgré la sécurisation du plasma, le plasma français n’est toujours pas accepté à l’étranger  Tests sanguins  Mise en place de filtres. D’autres mesures concourent à réduire le risque :  Déleucocytation (suppression des leucocytes porteurs de virus et bactéries) des produits sanguins.  Ajournement des donneurs en cas d’examens invasifs (endoscopie), d’interventions neurochirurgicales ou ophtalmologiques touchant la rétine ou le nerf optique.  Sélection des donneurs de cornées…

Intervention de Pierre-Yves BOËL : incertitudes de prévisions face à une telle maladie Il faut savoir que le Prion est résistant à de multiples traitements actuellement connus (cha-

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leur sèche, radiations ionisantes, ultrasons et rayonnement ultraviolet…) et que sa période d’incubation va de 5 à 85 ans. Le premier cas de nouveau variant de la maladie de Creutzfeld-Jacobs est apparu 10 ans après l’épidémie d’encéphalopathie spongiforme bovine (maladie de la vache folle) qui a décimé les troupeaux de bovins en Grande-Bretagne. La prévision des cas humains a été basée sur le volume des animaux infectés et le nombre de cas humains découverts. En 2000, 58 cas humains étaient avérés et la prévision allait de 63 à 136 000 cas ; prévision revue à la baisse ensuite : entre 250 et 3 000 cas cliniques (mais probablement autour de 400). Nouveau variant de la maladie de Creutzfeld-Jacobs : l’on est aujourd’hui à 25 cas identifiés en FRANCE (dont aucun depuis 2008) et 182 cas en GRANDEBRETAGNE dont 3 avérés par transfusion sanguine. Parmi les 25 cas identifiés en France, 3 étaient des donneurs de sang. L’on dénombre 44 receveurs de produits sanguins dont 12 sont encore en vie et aucun n’était - ou n’est - porteur de la maladie. Les mesures de précaution prises en FRANCE en matière d’exclusion des donneurs ayant été transfusés n’ont rien apporté car le risque est tellement faible que cela n’équivaut même pas à un cas statistique.


BRÈVES Septembre 2010 - N° 152

Greffe d’organes Le 25 juin, le groupe hospitalier Antoine Béclère/ Bicêtre a célébré sa 3 000ème greffe de rein après 40 ans d’exercice. Les facteurs de réussite principaux sont : la présence d’équipes pluridisciplinaires et la présence des activités de prélèvement et de greffe sur le même site, ce qui est un facteur de motivation et d’émulation pour les praticiens. Mais aussi, grâce aux progrès scientifiques réalisés, notamment dans le domaine des immunosuppresseurs. Parmi ces plus de 3 000 greffes, 220 ont été faites avec un donneur vivant et 102 avec un donneur décédé après arrêt cardiaque. Plus de 200 impliquent des prélèvements faits sur des donneurs de plus de 60 ans. Sur l'ensemble de la cohorte, 93 % des reins sont fonctionnels à un an et 85 % à cinq ans. A ce jour, 2 308 malades sont vivants et 1 622 ont des reins fonctionnels.

La greffe, ça marche poirs se Pour l’avenir, les es veloppedé tournent vers le ent sur ment du prélèvem s arrêt donneur décédé aprè r vivant, cardiaque et sur donneu rtaines ce tout en gardant ment des réserves sur le prélève vie et en personnes en fin de de pays es évitant les pratiqu Belgique frontaliers tels la s sur des prélevant des organe s. personnes euthanasiée core à Des progrès sont en d’immuespérer en matière ant un ett rm nosuppresseurs pe apté ad x traitement ciblé, mieu à chaque patient.

Le groupe hospitalier Paris-Sud (Antoine Béclère/Bicêtre/ Paul Brousse) a dressé un bilan de son activité à l'occasion de la 3 000ème transplantation rénale en 40 ans. Il ressort que le taux de prélèvement est plus élevé dans les hôpitaux où les familles des personnes décédées en Etat de Mort Encéphalique (EME) sont prises en charge précocement par des équipes de coordination : le médecin annonçant le décès aux proches et l’infirmière accompagnant ceux-ci tout au long du processus de prélèvement. Cette démarche a permis de faire progresser le taux de prélèvements à Bicêtre. En 2004, 51 % des donneurs recensés étaient prélevés contre 63 % en 2009. La moyenne nationale était de 48,1 % en 2009.

Une étude espagnole montre que les résultats de greffes rénales avec des donneurs décédés âgés sont superposables à ceux obtenus avec des donneurs décédés jeunes, sauf la fonction rénale qui est un peu moins bonne. Les reins de donneurs âgés sont généralement implantés chez des receveurs âgés. Mais devant la pénurie d'organes, ils sont aussi proposés à des patients jeunes de moins de 60 ans. Le Dr Ricard Sola, de l'université de Barcelone, et ses collègues rapportent des résultats obtenus depuis environ 10 ans que ces greffes se font.

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Le Professeur Laurent LANTIERI, du CHU Henri MONDOR de CRÉTEIL, a réalisé les 26 et 27 juin une greffe totale de la face chez un jeune homme de 35 ans atteint d’une neurofibromatose, maladie génétique déformant le visage. Cette greffe est la première réalisée au monde puisqu’elle inclut les paupières et les glandes lacrymales. L’opération a duré 14 heures. Le prélèvement a été réalisé sur un sujet ayant donné son accord au prélèvement d’organes de son vivant. Sa famille, ayant respecté son souhait, n’a pas opposé de refus même pour ce type de don très spécial. Le visage du donneur a été intégralement reconstitué avant remise du corps à la famille. Aujourd’hui, le greffé se porte bien et est rentré chez lui.

Ils ont étudié de manière prospective 91 patients consécutifs greffés avant 60 ans avec des reins provenant de donneurs de plus de 60 ans. Ils les ont comparés à 91 greffes appariées pour lesquelles le donneur et le receveur avaient moins de 60 ans. Ils n'ont pas trouvé de différence entre les groupes selon l'âge du receveur, le sexe, la cause de décès et la fonction rénale du donneur, et autres critères d’analyse. Les données de survie à un, cinq et dix ans ne faisaient pas apparaître non plus de différences significatives.


BRÈVES Don du Sang L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) a lancé, le 14 juin, une campagne destinée à inciter les jeunes à donner leur sang volontairement et gratuitement. Les personnes âgées de moins de 25 ans fournissent 38 % des produits sanguins dans le monde. Cette proportion dépasse les 50 % dans certains pays : le BURKINA FASO, le VIET NAM, la JORDANIE ou l’INDE. Aujourd’hui, 62 pays couvrent leurs besoins en sang total uniquement grâce à des dons bénévoles et non rémunérés, alors que 77 pays ont recours à la rémunération et, malgré cela, restent en situation de pénurie. En mai 2010, les Etats Membres de l’ONU ont pris une résolution visant à augmenter les stocks disponibles en sang afin de couvrir les besoins, notamment dans les pays en développement.

Recherche Substitut à la moelle osseuse Une société israélienne a trouvé la méthode pour démultiplier par quinze les cellules souches présentes dans le sang de cordon tout en retardant leur différenciation. Son produit est passé en phase III d’essais cliniques en 2008 et devrait être prêt en 2011. Ce médicament permettrait de soigner les malades atteints de cancers hématologiques (600 000 lymphomes et 160 000 leucémies par an), notamment les patients ne trouvant pas de donneur de moelle osseuse compatible et qui ne peuvent accéder à la greffe : 60 % des 50 000 patients occidentaux. Le sang de cordon est une « matière première » abondante et immédiatement disponible grâce aux 400 000 unités stockées dans les banques publiques dans le monde.

Un cœur artificiel français en 2013 ? La Société CARMAT, filiale d’EADS, prévoit de commercialiser un cœur artificiel totalement implantable dans le thorax du patient en 2013. Ce « cœur » d’un kilo fonctionnerait avec des piles dont l’autonomie serait de six heures. Le coût estimé est de 260 000 euros soit l’équivalent du coût d’une greffe cardiaque. 100 000 patients sont concernés par cette recherche et le chiffre d’affaires potentiel est estimé à 3 milliards de dollars.

Poumons reconstitués en laboratoire Une équipe de recherche américaine a réussi à faire pousser de nouveaux poumons en laboratoire par la technique de décellularisation (une technique qui consiste à retirer tous les composants cellulaires en laissant intacte l'architecture reliant les vaisseaux et les alvéoles), et à les greffer avec succès chez des rats. Les poumons obtenus par cette technique ont pu être implantés in vivo chez des rats pour un bref laps de temps (45 à 120 minutes). Ils ont permis des échanges gazeux, comme en ont témoigné les analyses de sang, et la couleur du sang passant du rouge sombre au rouge clair au fur et à mesure de l'oxygénation de l'hémoglobine. Ces résultats sont encourageants pour pallier le manque crucial de greffons chez l’homme, mais il reste un chemin énorme à parcourir pour y parvenir.


LA VIE DE L’UNION NATIONALE Septembre 2010 - N° 152

Les 24 et 25 juin 2010, le Comité Directeur s’est tenu au siège de l’Union. A l’ordre du jour :  l’acquisition par le LFB de centres de collectes de plasma rémunéré en AUTRICHE et en TCHÉQUIE  la préparation du congrès 2011  les actualités transfusionnelles dont la Journée Mondiale du Donneur de Sang du 14 juin  les actualités en matière de don d’organes et de moelle osseuse : la révision des lois de bioéthique / la journée nationale de réflexion sur la greffe du 22 juin  la relance des associations en difficulté  la situation financière : bilan fin mai et point de sortie prévisionnel au 31 décembre  les actions au sein de la Fédération Française Le 2 avril 2010, le Conseil National se réunissait à PARIS. A cette occasion, devant l’ensemble des administrateurs, Gérard VANHOVE, accompagné de Pierre CORDERO et Michel MONSELLIER, a remis les insignes de Commandeur dans l’Ordre National du Mérite du Sang à Christian DESAILLY, Secrétaire Général de l’Union Nationale et Président de l’association du Pas-de-Calais. Gérard VANHOVE, après avoir retracé le parcours du récipiendaire, lui a accroché la cravate de Commandeur.

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LA VIE DES ASSOCIATIONS CORSE

Le 14 juin, pour le « festival globule » de Bastia, les associations de Haute Corse et de Corse du Sud ont uni leurs forces pour faire de cette journée, une réussite.

Concernant la communication interne, un article reprenant l’affiche du festival est paru le 9 juin dans Jourpost, tandis que les télécommunicants étaient informés par « push mail ». Cette journée a été une réussite : 135 poches prélevées (105 l’année précédente) et plusieurs nouveaux donneurs.

avec l’aide d’Annie PATILLOT, Directrice d’Etablissement. Les animateurs (Bernard SELDRAN, Henri GARANCHON, Marie-Claude DEMINO et Eliane REYMOND) ont pu sensibiliser les clients dans la salle du public alors qu’ils attendaient pour réaliser leurs opérations postales ou financières. Une action intéressante qui sera reconduite dans d’autres établissements volontaires pour une telle démarche.

YONNE Malgré le beau temps, les passants étaient peu nombreux et la journée a commencé très calmement. Mais en fin de matinée, la file d’attente a commencé à s’allonger et cela s’est poursuivi jusqu’en fin de journée. L’espace ludique et sportif encadré par 2 éducateurs de l’UCPA, n’a pas rencontré le succès escompté. Il faut dire que le lundi matin les enfants sont habituellement à l’école. Il faut, cependant, souligner la visite d’une classe de CM2, accompagnée de leur institutrice.

15 km de LINDRY Le 18 avril 2010, l'ASPTT de l’YONNE organisait sa compétition annuelle.

Le personnel de nos 2 entreprises a répondu présent. C’est pourquoi, il est envisagé de pérenniser une collecte sur la place Saint Nicolas à Bastia.

RHÔNE Le 14 juin, l’association du RHÔNE a décidé de lancer une action en centre-ville dans le bureau de LYON BELLECOUR

Durant cette journée, les gilets fournis par l’EFS ont été très utiles ! Ils ont permis d’identifier les animateurs et de nombreuses personnes sont venues spontanément au devant d’eux pour chercher des réponses à leurs questions.

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Celle-ci a eu un fort retentissement, puisque 200 participants venant de nombreux départements et 30 enfants se sont affrontés tout au long du parcours.


LA VIE DES ASSOCIATIONS Septembre 2010 - N° 152

Les participants étaient encouragés par les spectateurs : familles, amis, habitants de LINDRY et de sa région. L’association des donneurs de sang bénévoles de La Poste et de France Télécom est associée à cette manifestation depuis 3 ans.

Les animateurs tiennent un stand et réalisent des annonces par haut-parleur. Elle est également présente dans les encarts publicitaires et sur les tee-shirts des coureurs. Elle a remis à cette occasion de nombreux gadgets (avec le logo du don du sang) et distribué 600 yaourts à boire.

La manifestation est retransmise dans la Presse et sur « Radio Auxerre ». Journée Mondiale du Donneur de sang Le dimanche 13 juin 2010, dans le cadre de la Journée Mondiale du Don du Sang Bénévole 2010, l’Association des Donneurs de Sang Bénévoles de La Poste et de France Télécom de l’Yonne a organisé une randonnée dans le vignoble de Chablis (aux vins prestigieux).

diverses attendait les participants à mi-parcours tandis qu’une dégustation (modérée) de Chablis avec gougères bourguignonnes a permis à chacun de reprendre des forces face à une vue exceptionnelle sur la ville, ses Grands Crus et son environnement, le tout baigné par un soleil qui avait, lui aussi, voulu offrir le meilleur de lui-même pour assurer le succès de cette randonnée.

Cette action a été menée à la suite d’une diffusion massive de lettres d’information aux Postiers et Télécommunicants de l’Yonne et de l’envoi d’affichettes dans les Services. Près de 60 randonneurs ont participé à une marche douce parmi les « Premiers » et « Grands Crus » de Chablis avec une petite incursion dans un bois se situant près de ceux-ci. Une pause comprenant café, jus de fruits et pâtisseries

Non seulement la satisfaction a été générale, mais les organisateurs ont dû promettre de prévoir une randonnée aussi ludique pour 2011 ! Championnat de France « Juniors » d’Athlétisme à Saint-Florentin les 3 et 4 juillet 2010 Les 3 et 4 juillet derniers, Saint-Florentin accueillait les championnats de France « Juniors » d’Athlétisme.

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LA VIE DES ASSOCIATIONS

La « Borne » interactive consultée par des jeunes sportifs

Les membres du Bureau de l’association de l’Yonne, en collaboration avec l’Union Départementale, ont été présents tout au long du week-end au cours duquel se sont tenues les épreuves. Plus de 200 jeunes adolescents, venus de tout le territoire français et encouragés par leurs entraîneurs, parents, amis et fans d’épreuves d’athlétisme, se sont affrontés. Le stand des Donneurs de Sang et du Don d’Organes a fait l’objet d’une forte fréquentation.

Une fréquentation régulière et intéressée

Concours de « Tondeuses tractées » Le 25 juillet dernier, se tenait le premier concours de tondeuses tractées de l’Yonne à Chailley. Ce type de concours est déjà pratiqué dans un nombre croissant de départements chaque année. L’association a saisi l’opportunité qui lui a été offerte par l’un des organisateurs – postier soutenant régulièrement la cause du don de soi – pour y être présente.

En plus des adultes venus poser de nombreuses questions, les jeunes ados ont donné l’impression d’être particulièrement sensibles aux objectifs de notre Mouvement. La « Borne interactive » qui avait été disposée à la vue du public a aussi contribué à répondre aux attentes.

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La banderole « Don du Sang La Poste France Télécom de l’Yonne » a été particulièrement bien placée. Elle était installée sur la ligne de départ et d’arrivée, devant la longue table derrière laquelle ont siégé les membres du jury chargés de comptabiliser le nombre de tours de circuit effectués par les participants et devant les quelque 20 coupes remises ensuite aux lauréats.


REVUE DE PRESSE

Samedi 10 juillet 20 10

Jourpost - Juillet 2010 Normandie

Jourpost CENTRE - Juillet 2010

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REVUE DE PRESSE

Mercredi 21 juillet 2010

La Manche Libre - 11 mai 2010

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REVUE DE PRESSE

Ouest France - 11 mai 2010

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Vendredi 18 juin 2010


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Marguerite Info n° 152