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L’été à Chaintré avec Gilbert, son frère, Francion, sa maman et Jean-Louis Melchior son papa.

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ne fée au prénom de sirène. Une petite fille butinant de fleur en fleur dans les superbes jardins à la française de ses grands parents. Une princesse déracinée s’émerveillant de la majesté des ifs taillés. À Chaintré, Arielle Dombasle a laissé une partie de son cœur et quelques merveilleux souvenirs d’enfance. « La famille de ma grand-mère paternelle, de Fromental, était établie plus au nord, au château de Saint-Léger. Après son mariage avec mon grand-père, ils se sont installés chez ce dernier, au château de Chaintré. » Tout commence pourtant avec son arrière grandpère, Louis Sonnery-Martin. Député du Rhône, industriel dans la soierie et président de la Chambre de commerce de Tarare, il acquiert le château pour 140 000 francs en 1906. Si l’homme décède un an plus tard, il fixe pour plusieurs générations le foyer familial à la lisière du Beaujolais et du Mâconnais. « Mon père a été élevé à Chaintré », illustre-t-elle, comme pour mieux rappeler son attachement à ce lieu « grand, majestueusement intimidant. » Rien ne prédestinait pourtant Arielle Laure Maxime Sonnery de Fromental à passer une partie de sa jeunesse entre les épais mûrs du château. Certes, la résidence de ses grands–

parents est un havre où la jeune enfant découvre, un peu plus chaque été, les joies de la campagne. « J’étais absolument médusée par la ferme attenante, avec des vaches, des lapins, des chèvres, confie-t-elle. Je revois ma grandmère dans le jardin, revenant avec un bouquet pour chaque chambre. Il y avait une poésie intense, quelque chose d’éminemment gracieux dans cette vie délicieusement surannée. » Mais Arielle Dombasle n’est pas une enfant du cru Pouilly-Fuissé, que donnent les généreuses vignes attenantes à la propriété. « J’ai passé mon enfance au Mexique », rappelle-t-elle. Fille de Jean-Louis Melchior Sonnery et de Francion Garreau-Dombasle , née à Norwich dans le Connecticut (USA), Arielle Dombasle grandit à Mexico, dans une maison classée de style porfirien de la plazza Rio de Janeiro, où sa famille maternelle a de profondes attaches, son grand-père ambassadeur de France au Mexique, par le général de Gaulle comme fondateur de la France libre.

De Mexico à Chaintré En 1968, le décès de sa mère marque la première vrai rupture. Physique et émotionnelle. Âgée de onze ans, Arielle

Dombasle quitte le Mexique et part vivre un an chez ses grands-parents paternels. Elle découvre au quotidien un mode de vie aujourd’hui disparu. « Il y avait à l’époque sept jardiniers, des vignes, des bêtes », se remémoret-elle. Les fastes du château impressionnent la jeune fille, plus habituée aux nativos* mexicains et à l’effervescence latine de la calle**, qu’elle foulait jusqu’alors de ses pieds nus. « J’étais impressionnée par le grand style à la Française, la statuaire des jardins. A l’intérieur du château, je découvre la superbe salle de bal et son splendide parquet. Aux fenêtres, le tissage des lourdes tentures avait été réalisé pour la reine Marie-Antoinette. » Un monde avec ses codes, gravés dans le marbre, mais moins hermétique qu’il n’y paraît. En effet, pour les fêtes de Noël, les premières réjouissances sont celles partagées avec le personnel. « Nous fêtions deux fois Noël. En famille bien sur, mais également avec tous ceux qui participaient tout au long de l’année à la vie du château. » Il ne faut pas voir dans cette tradition une forme de supériorité de classe mâtiné d’une bienveillance périodique. C’est l’exact opposé. « Ce sont les derniers témoignages de cet art de vivre à la française,

le Nouveau | décembre 2016 | 13

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LE NOUVEAU #15 - DÉCEMBRE 2016  

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