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N° 25 / 2013

De l’idée à l’action www.impi.ch

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Vision et opportunité

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Avec l’espéranto 25 milliards d’économies

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WIR, un laboratoire de la finance ?

Spécial e on i t i d é 1 4

Réseau de compétences Association Suisse Invention Romande Le réseau création d’entreprises www.id-group.info www.pme-ch.ch Jumelé avec l'Association des Inventions de Chine

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édito

Narcisse Niclass Rédacteur

IMPRESSUM IROmagazine case postale 1303 CH 1701 FRIBOURG www.invention.ch Layout IROmag ÉDITIONS Monique Brasey e-mail: iromag@invention.ch CORRECTRICE Laura Zinetti IMPRESSION Imprimerie Saint-Paul, Fribourg Bd de Pérolles 42, CH-1705 Fribourg Tél. 026 426 41 11 Fax 026 426 45 31 imprimerie@saint-paul.ch www.saint-paul.ch

RÉDACTION Narcisse Niclass Jean-Jacques Schwab Xavier Comtesse Mireille Grosjean Michel Giannoni Michel Barro Jean-Christophe Emmenegger Daniel Mange Michel Bugnon-Mordant ILLUSTRATIONS www.raa.ch

Si vous reproduisez nos textes, veuillez toujours mentionner la source.

a un réseau privilégié de relations grâce au jumelage avec

Des échanges ont lieu régulièrement depuis 1987

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Retour vers le passé

L’Homme mesure le temps à sa durée de vie. 100 ans, c’est l’éternité. Vers la fin, c’est long et parfois pénible. Philosopher ne sert à rien. Nous souhaitons tous mourir en bonne santé, sans souffrir. Pourtant ce droit nous est refusé, comme si nous appartenions à la société. Pour être acceptable, la mort doit être aléatoire. Par chance, quand la mort vient, nous ne sommes plus là. Notre extinction individuelle nous apparaît plus importante que l’extinction de l’humanité. Malgré la connaissance et la science, chaque jour nous accélérons notre disparition. Est-ce grave docteur ?

Ce serait dû à la chute d’une météorite. C’était le Jurassique. Il y a 65 millions d’années (fin du Crétacé), c’est au tour des fabuleux dinosaures de disparaître. Les scientifiques font des suppositions sur les causes de cet événement. Les ancêtres des mammifères ont survécu. Nous faisons partie de ce genre.

Nous serions dans la sixième phase violente de l’évolution de notre écosystème. Nous, les humains, nombril de la création, allons-nous survivre à cette crise ? Certainement pas. Quand cela va-t-il arriver ? Si l’Homme décide, ce peut être rapide. Une Selon les paléonNous serions dans la tologues, il y a plus sixième phase violente poignée de crétins tient effectivement de 430 millions de l’évolution le destin de l’humad’années (Dévonien), de notre écosystème nité dans ses mains. un refroidissement Les experts s’écharrapide aurait fait disparaître de nombreuses espèces de la pent. Les conférences internationales ne surface de notre Terre. C’est la première servent à rien. Améliorons le présent pour fois que l’on relève un tel phénomène. assurer le futur. Le Soleil nous promet Environ 100 millions d’années plus tard 5 à 8 milliards d’années de bons et loyaux (Ordovicien). toutes les espèces marines services. Nos excuses pour ne rien entreprendre ne sont pas dues au manque de auraient disparu. La cause est inconnue. lumière. Socrate a posé les bases du raiEncore 100 millions d’années plus tard sonnement scientifique. Que faisons-nous (Permien), c’est le 90% des espèces qui du savoir ? disparaissent de notre planète. C’est la fin Bonne nouvelle, la Terre nous survivra. du Paléozoïque et je n’en sais pas plus. Il y a 200 millions d’années (Trias), plus du 50% des formes de vie disparaissent.

Narcisse Niclass


Ensemble, donnons du sens à l’innovation Jean-Jacques Schwab Président

Aujourd’hui, alors que le temps, les réseaux sociaux et l’accès universel aux connaissances sont des éléments essentiels, il peut être important pour les membres et les personnes concernées de disposer d’une plateforme relationnelle dynamique avec les «Points Créateurs» notamment. De plus, il m’apparaît crucial de voir se créer des synergies avec les étudiants d’écoles techniques supérieures où foisonnent de jeunes pousses d’inventeurs de demain. Cette ambition ne pourra se réaliser qu’avec le concours de toutes et de tous.

Proactivité, crédibilité Comme un

commandant d’avion ou de navire, il faut avoir une bonne vision de son environnement pour impulser les bonnes actions à temps. Les normes c’est bien, l’assurance qualité par les actes c’est mieux. Le choix de mots clés est révélateur. Notre société privilégie depuis 40 ans : Dynamique – Performance – Résultat – Excellence – Concurrence. Ces choix véhiculent souvent la peur qui paralyse et perturbe l’activité à tous les niveaux de la hiérarchie.

Innovation, créativité Actif dans Bienveillance Cette notion est incoml’organisation, l’audit, la fiduciaire et la gestion d’entreprise. Les personnes créatives sont plutôt craintes dans ce secteur, toutefois, il n’y aurait point d’activité économique sans l’ingéniosité technologique et l’esprit de découverte. Je pense que la créativité est une force majeure de progrès dans tous les domaines de notre vie privée et professionnelle.

prise ou peu appliquée, voire galvaudée par l’intérêt marketing. Ce concept illustre bien ma philosophie et la discussion s’ouvre toujours sur des horizons neufs. C’est ainsi que la coopération remplace la compétition. Avec de la bienveillance, les personnalités émergent, l’ambiance est saine dans la société et les relations.

Milieux politiques et économiques étalent avec fierté que la Suisse fait partie des pays en tête du classement mondial, pour la recherche et le développement, pour le nombre de brevets déposés, donc de l’innovation. Il faut se rappeler que ce succès est le résultat de tout un ensemble de conditions. La formation, la culture, l’esprit d’entreprise, l’ouverture au monde, les infrastructures et la bienveillance sont les supports de notre progrès et de notre succès. Dans notre club, soyons vigilants, sachons rester pragmatiques et répondre aux besoins et attentes des membres en relation avec notre monde socio-économique. Donnons du sens à l’innovation en mettant en place le carrefour de la création et de l’intégration pour faciliter les actions et démarches des porteurs de projets auprès des différents acteurs de l’économie, de la finance de l’administration et du droit. Suscitons des vocations d’entrepreneurs et exprimons notre volonté d’être un acteur fort en Suisse, avec l’esprit de la Romandie où notre club doit pouvoir s’émanciper. Ensemble bâtissons l’avenir de l’IRO Mentor Club. Que l’image de notre club rayonne et rassemble les porteurs de projets innovants pour réaliser leur objectif : passer de l’idée à la réalisation et l’exploitation d’un produit / service, voire d’une entreprise.

Membre Fiduciaire I Suisse Association Suisse d’Organisation

M E M B R E

Rue du Grand-Chêne 4 1002 Lausanne Tél. +41 (0)21 534 54 05 Fax +41 (0)21 310 77 19 info@abo-auditgestion.ch www.abo-auditgestion.ch

Une plume Label Ecriture

w w w. i ro m e n t o rc l u b . c h

• Évaluer • Conseiller • Accompagner • Promouvoir

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IRO mentor club / PME

Vision et opportunité : comme le relèvent fréquemment l’économie et la politique, la force d’un pays, c’est sa capacité à développer l’innovation. C’est celle-ci justement qui fait la force de l’IRO Mentor Club et qui habite les membres de notre club. Ceux ou celles qui cherchent à passer de l’idée à la réalisation de leurs projets et qui, pour certains ou certaines, voient leurs rêves se concrétiser par un succès.


Inviter ...inventer la chance Philippe Maradan

Coordinateur du projet

La personne qui trouve un objet s’appelle l’inventeur. C’est bien curieux. Vous connaissez la plaisanterie. Des chercheurs qui cherchent, on en trouve. Des chercheurs qui trouvent, on en cherche. Peut-on développer, construire des esprits innovants et créatifs ? Avec les humains, il n’y a pas de standard. Les moyennes, c’est seulement pour les statistiques. Vécu Demandez à un grand chef de d’esprit nous évite le repli sur nous- Notre société est favorable au culte de cuisine quel est le secret de sa réussite. Il vous parlera de son mentor et de son parcours. Il relèvera ses passages en des établissements mythiques et s’arrêtera aussi sur de petites auberges où il a eu la chance de... travailler dur.

VISIO N

J’ai rencontré des dizaines de grands chefs. Jamais je n’ai entendu une plainte. Pourtant, nous savons tous que faire sa place en cuisine, c’est un chemin difficile. Après la passion d’apprendre, le savoir et le tour de main classique, les grands chefs ont osé prendre des libertés. La nouvelle cuisine est née ainsi. La fête à la cuisine moléculaire a aussi été une découverte. La chimie, la physique, le choix des matières premières laissent peu de place à l’improvisation. Le succès en cuisine n’est pas le fruit du hasard. Et si la chance n’était jamais due au hasard ?

Le monde patauge Dans les périodes troubles, les esprits deviennent crédules. Nous venons de vivre la fin du monde, en 2012, avec le calendrier des Mayas. Plus scientifique, il y a eu le bug informatique de l’an 2000. Si seulement il avait été une réalité. Les financiers et les économistes internationaux auraient au moins une excuse pour justifier l’ampleur de leurs erreurs. La civilisation occidentale va toujours de l’avant. Cet état

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mêmes. Nous tendons vers la nouveauté, l’innovation. Ce n’était pas le cas dans l’Antiquité ni même avant le XVIIIe siècle. Aujourd’hui, le progrès repose sur la confiance en la nouveauté.

la nouveauté technologique. Cette vision linéaire du développement a engendré la notion de spéculation. Les financiers de haut vol vendent, pour des millions, des entreprises qui n’ont pas gagné même un seul franc. Vous connaissez les résultats de ces élucubrations.

Un lacet de soulier casse et votre vie bascule Chance ou malchance  ? C’est selon. Ajoutez un zeste de théorie papillon et un rien change votre vie. Et si vous provoquiez ces riens ? En plantant un arbre de la chance nous donnons un prétexte aux gens de faire un virage pour saisir leur chance.

Le concept de L’arbre de la chance IRO mentor club En une localité sympathique, sur une place accessible, nous plantons un arbre choisi afin qu’il représente la chance. Cet arbre ne sera pas ordinaire. Quelle société, localité veut s’associer à ce concept pour provoquer la chance ? Adressez-vous à Philippe Maradan, coordinateur du projet avec les Editions Fortuna. Contact : philo13@bluewin.ch


IRO comme Invention Romandie Stefan Nowak et Immo Stroeher

1985 : les origines de notre club. Notre orientation actuelle date de 1999. Notre engagement évolue selon les forces de nos membres et la vivacité du réseau. Nous sommes engagés création d’entreprises, assistance aux PME, aux indépendants, aux artisans, à toutes les personnes qui bougent et se bougent. Nos forces se trouvent sur l’axe naturel Berne - Genève, au cœur de la Romandie. Innover c’est prendre des risques, oser faire fi du principe de précaution qui paralyse et justifie l’immobilisme.

Mots clés Notre mission guide notre action, placée sous le bénévolat. Le mentora et le partage du savoir tiennent en quatre mots. Evaluer : nos membres sont sollicités pour leurs compétences et leur regard lucide. Conseiller : tous, nous avons du savoir-faire à échanger. Il suffit de passer de l’autre côté du miroir.

Au 40e Salon, nous avions apporté un appui fort à un projet durable basé sur un exploit sportif individuel. Cet engagement a été un échec total. Tout ce qui touche à la nature n’est pas toujours écologique. Pédaler ce n’est pas forcément économiser de l’essence et contribuer à la sauvegarde de la faune et de la flore. Les grands défis écologiques ne sont pas prêts d’être gagnés. Il n’est plus temps de discuter, il faut agir. Avec les deux projets phares Solar Impulse et PlanetSolar, la Suisse est bien placée. Bertrand Piccard et Raphaël Domjan portent leur vision et poussent la recherche appliquée. Cette technicité

nous éloigne des fleurs et des abeilles mais réussit à intéresser des investisseurs à l’esprit ouvert. Par exemple, le MS Tûranor PlanetSolar est le coup de cœur d’un homme discret, Immo Stroeher, qui a mis les moyens pour construire ce fabuleux bateau. L’aventure est sous pavillon suisse et la tête du projet est en Suisse. 20 ans après la fameuse Conférence de Rio, force est de constater que les déclarations de Doha sont nulles. Les réunions internationales et les belles déclarations se suivent mais n’engendrent rien de concret pour la planète. Les gouvernements ne prennent pas leurs responsabilités. Endormi, le peuple se complaît dans cette misère intellectuelle. Les crises économiques qui se succèdent justifient toutes les déviations. Les promesses restent des promesses. La société civile se lève, se réveille. Nous sommes dans une phase de

Accompagner : si le mot coach est à la mode, dans la réalité, un dialogue soutenu est la clé d’un bon tandem. Promouvoir : par nos activités et avec nos outils – comme la présente revue et le site invention.ch – le réseau se construit. Notre originalité : nous sommes connectés à d’autres réseaux. Pascal Goulpié, André Borschberg et Bertrand Piccard

changement. Tout est complexe. Quel rapport avec notre club ? Nous sommes la société civile. Nous l’influençons et nous la vivons de l’intérieur. Nous sommes acteurs, sujets, objets, observateurs et participants. Sachons saisir les opportunités.

Le comité de l’IRO mentor club

Jean-Jacques Schwab Président

Roselyne Crausaz Németh

Raphaël Domjan et Immo Stroeher

Pascal Berg

Jacques Bonfils

Gérard Ducarroz

Paolo Ghidoni

Narcisse Niclass Christian Ruch

Marcel Schmid Louis Singy

w w w. i ro m e n t o rc l u b . c h

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réseau

Suivez nos activités


Vision

Concours Le Gouvernement de la RDC lance un concours afin de réveiller des énergies citoyennes et populaires sur tout le territoire national. Au Nord ou au Sud, l’innovation est un formidable outil de développement et de progrès.

L’étendue du défi Nous laissons à l’imagination de chacun de choisir son champ d’action :

A Agriculture, culture, stockage, emballage, transport

B Exploitation forestière, mines, énergie, construction et habitat

C Alimentation, hygiène, santé, qualité de vie

D Enseignement, communication, médias, méthodes de travail

E Environnement, eau, usage des ressources naturelles

F Services, système économique,

Dans l’édition n° 23, nous avons publié un article de Michel Bugnon, président de l’Académie Suisse de Géopolitique, sur le problème grandissant de l’approvisionnement en eau. Nous constatons que ce problème a plusieurs facettes et que les solutions devront être développées au niveau mondial. Dans son ouvrage Reverdir le Sahara Jean-Edouard Buchter dresse des constats, listes des projets à l’étude, parle de tentatives, dresse une bibliographie riche et étonnante. Toutes les régions du globe ont leur chantier programmé mais rien ne se fait avec une vision concertée. L’esprit de coopération n’est pas là. Pourtant, les premières études sur les zones arides ont fait l’objet de programmes sous l’égide de l’UNESCO en 1951. Oui, vous avez bien lu, en 1951 et en 1956, les zones arides ont été décrétés comme projet majeur. En 1959, une étude de la Faculté des sciences de l’Université de Bordeaux parlait déjà d’écologie végétale, d’écologie humaine et animale. Il était aussi annoncé que onze études de l’UNESCO sur les zones arides avaient déjà été publiées. Édifiant, un problème soulevé il y a déjà 60 ans et rien n’a vraiment été entrepris. L’ouvrage Reverdir le Sahara va-t-il servir en 2013 ? Il ne sera pas dit que Jean-Edouard Buchter, membre de l’IRO mentor club, n’aura pas tenté d’alerter les esprits en milieux internationaux. Pour notre part, nous offrons ce coup de pouce à ce concept car nous sommes convaincus que la technologie sans l’esprit n’apporte pas de grandes révolutions. www.editions-aire.ch

www.saharia.ch

fonctionnement de l’État Les solutions devront pouvoir être appliquées immédiatement dans la vie quotidienne. Ces idées seront les idées de la population pour la population dans un esprit de coopération.

Le concours est ouvert à tous les habitants de la RDC sans aucune restriction.

du rê ve à la ré alité

Il est également ouvert aux ressortissants congolais expatriés si leur projet est utile pour les habitants de la RDC et de l’Afrique. Des classes, des villages, des communautés, des associations, des ONG peuvent aussi participer.

Déroulement En 2013, le concours est lancé. Nous comptons sur l’appui des responsables dirigeants de tous les secteurs pour promouvoir cette initiative. Une sélection d’apporteurs de solutions et de porteurs de projets sera établie afin de présenter les 12 meilleures idées au Salon international des inventions de Genève au printemps 2014. Les 3 participants choisis par le public, participeront pendant une semaine au 42e Salon international des inventions de Genève du 2 au 6 avril 2014.

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Suivre l’évolution de ce concours sur : www.impi.ch rubrique : 01 ICA RDC/CH


Chaque fois que l’économie ralentit, on reparle d’innovation car chacun sait qu’il faut absolument trouver un moyen de relancer la machine économique. Mais le salut tient plus de l’invention de rupture que de l’invention incrémentale, celle dites «des petits pas». En effet, l’innovation incrémentale est celle des beaux jours, celle où une petite modification suffit à attirer l’attention du client. Mais, lorsque la situation de crise s’installe, il faut autre chose, il faut une vraie rupture. La Romandie excelle dans cet exercice. En témoigne la 41e édition du Salon International des Inventions de Genève. Les preuves sont multiples. Prenons la Swatch par exemple. Dans les années 1980, elle a relancé l’industrie horlogère alors que la crise, à cette époque,

a supprimé près de 60 000 emplois en Suisse. La Swatch est une véritable invention de rupture car elle est basée sur un modèle de montre qui ne se répare pas. Son lancement a subi, à l’époque, d’abord beaucoup de moqueries et a été réellement perçu comme un sacrilège par les horlogers : la montre est un objet précieux transmis de génération en génération et qui, par conséquent, doit être entretenu et réparé. Les deux ingénieurs Jacques Müller et Elmar Mock ont su adapter ce concept, soutenus par le seul Ernst Thonke, alors patron d’ETA, et ont provoqué une rupture en soudant des pièces à même le plastique. Impensable, scandaleux et totalement iconoclaste ! Il en est de même avec l’invention de Nicolas Crevoisier. En 1982, il propose la girolle pour racler la fameuse Tête de Moine en fines rosettes. Il a osé empaler ce fromage fabriqué depuis plus de huit siècles par les moines de l’Abbaye de Bellelay, dans le Jura bernois. En faisant tourner un racloir sur un axe planté dans le centre du fromage (quel scandale), il a donné une impulsion décisive pour la production de ce fromage. Inédit et totalement ingénieux ! Nespresso constitue aussi une invention de rupture,

Xavier Comtesse Avenir Suisse

pas tellement par l’invention de la capsule en aluminium mais surtout par son modèle d’affaires : la vente directe de capsules sur Internet permet de gagner en moyenne six semaines de délai entre la torréfaction et la dégustation. Ainsi sont préservés les saveurs délicates et les arômes ! La Suisse romande est un véritable modèle pour cette invention de rupture, comme le confirment d’autres innovations qui ont marqué à leur manière le destin du monde. L’invention du Web au Cern (1993) par Tim Bernes Lee et Robert Cailliau, Solar Impulse, le premier avion solaire, de Bertrand Piccard en 2010, ou encore PlanetSolar, le premier catamaran solaire à faire le tour du monde, de Raphaël Domjan en 2012. Grâce à une initiative de la Chambre de commerce de Neuchâtel, un centre de la créativité et de l’invention de rupture est né l’année dernière en Suisse romande. Désormais, le «Swiss Creative Center» concentre le savoir-faire de la créativité et de l’invention de rupture (www.scc-network.ch). Sous l’impulsion d’une quarantaine de créatifs, comme Elmar Mock et Pierre Keller, le centre attire les entreprises régionales et crée de l’intérêt international, arrivant jusqu’à Boston, San Francisco, voire Shanghai. Ces quelques exemples phares nous rappellent que la Romandie est avant tout une terre d’invention, particulièrement en termes de rupture, qui engendre à la fois scandale mais aussi prospérité. L’invention de rupture nécessite un renversement de perspective. Tout se passe comme s’il fallait d’abord choquer en brisant les anciennes conventions, notamment celles des métiers, avant de pouvoir bénéficier d’un large soutien du consommateur. Telle est la leçon pour demain, soulignée par la tenue annuelle du Salon International des Inventions de Genève.

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romand ie

La Suisse romande : terre propice à l’invention de rupture


De l’idée à l’action www.impi.ch L’humanitaire a besoin de projets innovants. A l’aube de ce IIIe millénaire, l’engagement bénévole demeure une priorité. L’ONU a décrété huit chantiers importants comme objectifs à atteindre pour 2015. Les efforts accomplis sont louables. Les volontés sont bonnes mais il faut arrêter d’arranger la réalité avec des déclarations hypocrites. Les politiques – dans le confort – dorment. Quand nos sociétés s’attaquent au problème sanitaire, c’est pour vendre des stations d’épuration, des cuvettes de WC. Quand on décrète des vaccinations, c’est pour faire tourner nos usines pharmaceutiques. Même la lutte contre la faim est devenue un business global. La spéculation tue chaque jour des gens par milliers. Ce désastre nuit à l’humanité, et même à notre société ultra développée au nord. Il y a plus de 30 ans qu’Albert Jacquard donne des faits clairs avec des pistes

simples. De livre en conférence, son message est cohérent. Nous sommes huit milliards sur ce vaisseau Terre. Nous avons un problème de ressources. Nous avons des difficultés à vivre ensemble. Ce ne sont pas les dernières décisions de Doha à fin 2012, qui vont nous mettre sur le bon chemin. Nos sociétés investissent des milliards dans l’armement, la sécurité technologique. Le règne de la peur est entretenu. La compétition économique imposée comme solution pousse l’Homme hors de la civilisation. La société civile,

des mouvements manifestent. Soyons réalistes. Investissons dans la Paix. Afin de contrôler l’efficacité de notre engagement, IMPI suit des actions concrètes en Afrique. Ce travail immense n’est pas impossible. Nous cherchons des personnes qui peuvent s’investir et investir. L’humanité peut retrouver son humanité. Bénévolat et professionnalisme sont des qualités compatibles. Monique Brasey, IRO invention romande

Ne laissez personne, au nom du réalisme, réprimer votre enthousiasme ! Ne lasu iun ajn, kiu konsilas realismon, bremsi vian entuziasmon ! Koffi Annan

IRO invention romande / IMPI CCP 17-597041-1

partage

2 exemples de projets à soutenir – On aime ...on aide !

ICA Innovation Création Application est un défi pour les Africains par les Africains. Ce projet a démarré en République démocratique du Congo. Il fait preuve de réalisme et bénéficie d’appuis officiels en RDC. C’est l’organisation de transfert de technologie au niveau artisanal. Nous voulons des retours concrets. Objectif : appuyer l’esprit pratique dans les activités de base pour améliorer la vie au quotidien.

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Savonnerie Africa, défi ancré au Cameroun et en RDC mais qui sera développé dans toute région où la collaboration avec une ONG féminine est possible selon nos critères. Des femmes africaines sont formées en Suisse à la confection artisanale de savon. Elles rentrent au pays avec le matériel et le savoir-faire pour gagner leur autonomie. Objectif : créer une activité économique locale pour faciliter l’hygiène et la formation.


Avec l’espéranto, c’est 25 milliards d’économies Mireille Grosjean

co-présidente de la Société Suisse d’Espéranto (SES)

Oui, il est possible d’inventer non anglophone cherche ses mots alors une langue. On dénombre des cen- que l’anglophone cherche déjà ses argutaines de projets de ce genre, plus ou moins aboutis. Mais la seule langue planifiée qui dispose d’une population de locuteurs, d’une vaste culture, d’une vaste littérature originale et traduite, de stations de radio et de TV, de deux résolutions favorables de l’UNESCO et de plusieurs autres reconnaissances officielles, c’est l’espéranto.

ments. L’anglophone natif a toujours un coup d’avance. Pour cette raison, on peut affirmer que l’utilisation d’une langue nationale comme langue internationale présente de nombreux inconvénients. La seule solution équitable et peu coûteuse serait l’usage de l’espéranto.

«Les utopies d’aujourd’hui sont les réalités de demain» a dit Victor Hugo. Le sysImposer l’espéranto ? tème métrique n’a pas Il n’en est pas question. été accepté en un jour. La L’espéranto n’a jamais voulu langue est le fondement de remplacer les langues exisnotre perception du monde L’inventeur de l’espéranto tantes selon le modèle de Dr Ludwik Lejzer Zamenhof et on y tient comme un l’euro qui a fait disparaître 1859 - 1917 enfant s’accroche à son les autres monnaies. La diversité culturelle est tout aussi pré- ours en peluche. On reçoit sa langue avec cieuse que la diversité des espèces dans le sourire de ses parents, on découvre la nature. Mais ce serait une reconnais- et on nomme le monde à l’aide de sa/ sance équitable et adéquate d’ouvrir les ses langue/s maternelle/s. La langue écoles à des cours s’il y a de la demande est liée aux émotions. Elle est aussi liée et des enseignants à disposition. Bien à la notion de pouvoir, pouvoir politique sûr l’usage de l’espéranto dans les ins- et pouvoir économique. C’est donc un titutions internationales permettrait des sujet délicat et doté de diverses facettes. économies substantielles et une augmentation notoire de la qualité de la communication. Charles Durand, dans ses divers ouvrages, souligne vigoureusement le fait qu’on est toujours plus inventif quand on travaille dans sa langue maternelle. Pour cette raison, la «cocacolanisation» est pernicieuse. L’impérialisme de l’anglais bloque les chercheurs dans leur travail cérébral de conception, et limite leur temps de recherche vu qu’ils doivent étudier l’anglais en parallèle à leurs travaux scientifiques. De plus, lors d’une conversation avec un anglophone natif, le locuteur

On ne peut pas parler de langue comme on parle de vis et d’écrous. Le cerveau a un hémisphère qui traite des aspects logiques de la pensée et un autre plus créatif. Le psychologue Claude Piron affirmait que, lors de l’usage de l’espéranto, les deux hémisphères travaillent en parfaite harmonie grâce à la régularité de l’espéranto et à ses multiples possibilités, qui permettent de créer le mot dont on a besoin et qui colle à la pensée. L’espéranto satisfait pleinement les gens qui ont décidé d’en faire usage.

< _  140 caractères ...norme planétaire !? Comment se forme une langue ? Estil possible d’inventer une langue ? La mission première de l’école : enseigner à lire et à écrire. Parler est le résultat du milieu. Nous pouvons fermer les yeux, pas nos oreilles. En Romandie, les patois sont éradiqués afin de favoriser la langue maternelle. En région alémanique, les patois fleurissent pour se singulariser. Peut-on améliorer la communication, la culture, la réflexion en polluant sa première langue ? La vox populi n’a pas toujours raison. Pour travailler ensemble et paraître moderne, en Suisse, l’usage de l’anglais se répand. Quel anglais et avec quelles conséquences ? Si nos financiers ne s’étaient pas aplatis devant la culture de Wall Street et de la City, l’économie serait certainement plus équilibrée. Il sera toujours temps de se mettre à l’espéranto. Cette langue inventée n’impose pas sa culture, ni son gouvernement. C’est un outil de communication efficace. La Suisse devrait y réfléchir et oser innover. Offrons des camps de vacances en espéranto à nos écoliers. NN

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recherch e appliqu ée

«Est-il possible d’inventer une langue et de l’imposer à plusieurs cultures ? L’espéranto reste une tentative». Ceci était le préambule d’un article paru dans les colonnes de ce magazine en 2010 sous la plume de Narcisse Niclass.


Construire votre réseau méthode en 5 points 1 Lancer des ponts pour augmenter vos contacts et fréquentations 2 Constituer des listes d’adresses et savoir sélectionner 3 Etablir des relations suivies, durables que vous maintenez actives 4 Construire et entretenir une relation de confiance réciproque 5 Dire merci !

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Le réseau création d’entreprises Si vous faites ce qu’on dit, vous aurez ce que vous voulez !

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Mots

clés

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o Promouv

Favoriser Conne cter Soutenir ir Collab orer Former uniquer Part ager Accompagn er Rencontrer Evaluer Comm

Conseiller


Des métaux hautement stratégiques Michel Giannoni Dr ès sc. ing. EPFL

Contrairement à ce que leur nom indique, ces métaux –  à l’exception du prométhium  – sont assez répandus dans l’écorce terrestre, bien qu’étant inégalement répartis. En effet, les principaux minerais de terres rares – la bastnaésite et la monazite – se trouvent essentiellement en Chine, en Russie et aux Etats-Unis. Les réserves mondiales en

oxydes de terres rares étaient estimées à 110 millions de tonnes en 2010, dont la moitié dans l’Empire du Milieu, qui détient un quasi-monopole en produisant 97 % de la demande mondiale. Or, selon une étude réalisée par des chercheurs japonais, les fonds océaniques de vastes zones du Pacifique, autour des archipels d’Hawaï et de la Polynésie,

recèleraient d’immenses quantités de terres rares. Les scientifiques estiment que ces abysses pourraient en contenir jusqu’à 90 milliards de tonnes, soit plus de 800 fois les réserves actuellement connues. Toutefois, la concentration de terres rares dans ces minerais sous-marins ne serait que de quelques pour mille, alors que dans les mines chinoises, elle est l’ordre de 5 %. Par ailleurs, l’exploitation dans les grands fonds pose des problèmes considérables. Les gisements découverts par les scientifiques nippons se trouvant dans des zones situées entre 3500 et 6000 m sous le niveau de la mer, faire remonter des milliers de mètres cubes de sédiments de telles profondeurs serait d’un coût extrêmement élevé. Dans les années 1970, un consortium international s’était lancé dans l’exploitation, à plusieurs milliers de mètres de fond, de nodules polymétalliques riches en manganèse, en nickel, en cuivre et en cobalt. Plusieurs nations investirent des sommes colossales dans la prospection, la recherche et la conception d’engins de ramassage capables d’opérer à de grandes profondeurs. Dix ans plus tard, la chute du cours des métaux et les difficultés d’exploitation ne permirent pas de rentabiliser ces projets, entraînant ainsi le retrait des investisseurs. Pour le Japon, premier importateur mondial de terres rares, cette découverte suscite d’immenses espoirs, car ces éléments sont vitaux pour son industrie de l’automobile et de l’électronique. Reste à déterminer l’appartenance de ces richesses situées dans les eaux internationales.

La Revue Polytechnique

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science

Les terres rares sont un groupe d’éléments aux propriétés similaires, portant les numéros atomiques 57 à 71 dans le tableau périodique. S’y ajoutent les métaux de transition scandium (n° 21) et yttrium (n° 39). Depuis la fin du siècle dernier, avec le développement de l’électronique, les terres rares ont acquis une importance stratégique dans des domaines de la haute technologie, car elles entrent dans la fabrication de diodes électroluminescentes, de lampes à décharge, d’écrans cathodiques, de composants d’accumulateurs, d’aimants pour moteurs électriques, de catalyseurs, de lasers, etc.


La référence Michel Barro Ingénieur EPFL

Michel Barro, directeur de la Société SWISS-ETIC SA, présente le SNL Swiss New Luggage, une nouvelle génération de bagages roulants de haute qualité, combinant une multitude de fonctionnalités, et qui s’adapte parfaitement aux besoins des utilisateurs se déplaçant dans nos cités. Ayant l’apparence d’une valise à roulettes aux dimensions «cabine» (normes IATA et EASYJET par exemple), le SNL Swiss New Luggage inclut dans sa conception plusieurs particularités lui conférant une capacité d’utilisations multiples et variées. Le SNL Swiss New Luggage bénéficie d’une structure particulièrement résistante qui transforme aisément cette valise en un confortable siège, ou en une table de travail stable, ainsi qu’en escabeau en cas de nécessité. Pour correspondre à l’évolution intermodale du transport, le SNL Swiss New Luggage intègre un système d’accroche afin que ce bagage puisse facilement être arrimé à une trottinette ou au porte-bagages d’un vélo, ou celui d’un scooter. Afin d’étendre la diversification de l’utilisation du SNL Swiss New Luggage, une paire de roues amovibles sera ajoutée à la valise afin de la transformer en véritable remorque. Plus de huit variantes de roues différentes sont disponibles, afin de s’adapter parfaitement au terrain et à l’usage.

mobilit é

La pince développée par la firme Weber pour ses remorques de bicyclettes assurera la fonction de point d’attelage. Cette même pince Weber assure également la fonction de fixation rapide et sécurisée aux porte-bagages des vélos, scooters et autres trottinettes En accord avec la législation suisse des véhicules électriques, la résistance du SNL Swiss New Luggage en configuration remorque est prévue pour un tractage allant jusqu’à une vitesse de 45 km/h. Avec ses roues de grand diamètre, la version remorque offre également la

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possibilité d’être tractée, accrochée à la ceinture d’un marcheur dans le cadre d’un trekking en pleine nature. Toujours selon l’idée d’étendre le spectre des utilisations, il est prévu que l’élément conteneur du SNL Swiss New Luggage puisse être séparé de son armature pour être assemblé à l’élément chariot. Cette fonction offre l’avantage de pouvoir disposer de bagages à usages différents selon le type de conteneur assemblé au chariot. De même, cette fonction permet d’utiliser le conteneur indépendamment de son chariot, le conteneur pouvant ainsi être assimilé à une simple valise ou s’endosser comme un sac à dos.

de déplacement urbain. Il est léger, compact, et parfaitement adapté à toutes les situations lors de vos déplacements. Il a la polyvalence et la possibilité de s’adapter à toutes les situations de déplacement de «l’homme moderne» dans notre société urbaine. D’une conception suisse, il offre toute la précision et la haute technicité que l’on désire obtenir d’un produit réellement différents de ses concurrents.

Il est à noter que c’est l’assemblage de l’armature du conteneur avec l’armature du chariot qui constitue la structure résistante capable de supporter une charge largement supérieure à celle du poids de son utilisateur. Selon les impératifs liés aux bagages cabine dans les avions, ce même système d’assemblage assurera la compression du contenu afin que le bagage se conforme aux dimensions imposées par le transporteur. Les options de panneaux solaires couplés à des accumulateurs électriques, les zips étanches sur des poches renforcées destinées au stockage du matériel électronique, le choix des matériaux recyclés et recyclables font du SNL Swiss New Luggage un objet empreint d’actualité, totalement en phase avec ce qui construit les évolutions du temps présent. Le SNL Swiss New Luggage est le premier bagage, la première valise, le premier sac à dos se combinant et étant parfaitement adapté aux nouveaux modes

SWISS ETIC SA Développement durable et mobilité douce Rue Ancienne 44 bis CH-1227 Carouge Tél. +41 (0)22 342 08 12 Fax +41 (0)22 342 08 16 Gsm +41 (0)79 200 23 85


WIR, un laboratoire de la finance ? A l’origine, la Banque WIR s’appelait Cercle économique, ce qui explique bien l’aspect particulier de cet organisme bancaire. L’enseigne WIR est le diminutif de Wirtschaft, qui signifie économie en allemand. L’économie qui vit, pas la thésaurisation. Cette coopérative fondée en 1934 n’a pas subi la crise des subprimes. Elle ne travaille que sur le marché helvétique avec une monnaie différente : le CHW ou franc suisse WIR. La réponse à un besoin En 1934, de 76 milliards à 10 milliards. De nom- Si Bâle est connue pour ses laboratoires breuses sociétés américaines ont fait des krachs retentissants. Aujourd’hui des pays sont au bord de la faillite. Les chiffres sont là, les USA ne rembourseront jamais leur dette. Toute l’économie planétaire est malade. En fait depuis 30 ans, il y a eu environ 200 crises bancaires ou monétaires mais personne ne veut voir cette réalité. Les politiques rêvent de rétablir le système qui s’est autodétruit. Les monnaies complémentaires seraientelles une réponse à la crise ? Une chose est certaine : l’idée de la monnaie franche de Silvio Gesell évite la spéculation. Les avoirs en CHW ne rapportent pas d’intérêt, donc n’engendrent aucune motivation à capitaliser. Il faut faire circuler l’argent, faire des affaires. La masse monétaire est créée par le volume des échanges entre entrepreneurs. Cette relation physique entre l’argent et les marchandises empêche la démesure et les dérives.

Les crises récentes mettent en La finance n’est pas une science valeur les avantages de WIR Les sciences dites économiques ne sont De 2007 à 2009, la capitalisation boursière de la Deutsche Bank s’est effondrée

nez

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pas une science exacte. Nous connaissons tous les égarements des économistes et autres spécialistes financiers. Toutefois, nous oublions vite et nous manquons d’imagination. Le système WIR fait des envieux à l’étranger. S’il est difficile d’exporter le modèle suisse, son succès mérite études et réflexions. WIR est présenté comme une curiosité, une exception. Et si c’était la solution ? L’usage des monnaies parallèles est possible. C’est un moteur pour les échanges au niveau réel et régional. C’est un frein à l’endettement et le blocage de la spéculation. Des tentatives récentes existent dans le monde mais sont totalement ignorées par les universités, les politiques et même les journalistes économiques.

pharmaceutiques, la cité rhénane, limitrophe de trois nations, pourrait devenir un symbole d’une économie nouvelle basée sur des valeurs philosophiques. Avec le potentiel de développement en Suisse romande, l’expérience est motivante. Il vaut la peine de s’informer pour participer à cette nouvelle voie vers une prospérité Narcisse Niclass durable.

L’euro est une monnaie sans nation L’euro est une monnaie sans nation. Le CHW lui, est spécifique à la Suisse et il est à parité avec le CHF ou franc suisse. C’est une monnaie privée réservée à l’usage des membres. Ainsi les entreprises WIR doivent faire des affaires pour utiliser leurs avoirs. L’administration centrale prend une faible commission pour gérer et administrer toutes les transactions. C’est une façon d’organiser et de simplifier les échanges entre partenaires. La Banque WIR couvre tout le territoire national : outre le siège, il y a huit points de services. Grâce à internet, les relations sont facilitées et la structure en coopérative évite tous les égarements. Depuis 2007, de nombreux observateurs étrangers s’intéressent à ce système de monnaie régionale. Ce n’est pas une nouveauté mais WIR est la seule institution avec une monnaie privée qui a survécu à la guerre de 39-45. Cet établissement emploie plus de 200 personnes, son bilan avoisine les 5 milliards, mais son effet de levier économique est bien plus important puisque seul un certain pourcent d’une transaction est fait en CHW.

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PARTENAR IAT

la crise de 29 fit chuter l’économie à son point le plus bas. C’était déjà la mondialisation, la dépression avait traversé l’Atlantique. La Suisse n’était pas épargnée. La production ne tournait plus. Les échanges étaient au plus bas par manque de liquidités. Un groupe de seize artisans se sont souvenus d’un ouvrage de Silvio Gesell, écrit en 1911 à Neuchâtel : Un ordre économique naturel. Selon ce principe, ils ont émis des chèques qui facilitaient le troc entre coopérateurs. Un système économique basé sur la confiance afin de privilégier les membres du réseau. En 1940, poussé par le succès, le Cercle économique s’est ouvert à des entreprises actives qui n’étaient pas membres de la coopérative. En 2013, c’est près de 65’000 sociétés qui travaillent avec le système WIR. Son siège est à Bâle, comme la Banque des réglementations internationales.


Pour quoi ? Pourquoi ?

A cœur ouvert on peut toujours se faire plaisir. En paraphrasant Gandhi, nous pouvons affirmer : «La force du chêne est dans le gland». Toutefois, nous savons bien que le chêne va mettre un siècle pour montrer toute sa majesté. Si son bois est de qualité, ses fruits sont recherchés ...par les sangliers. Il faut de tout pour faire un monde. Grâce à Picasso et Einstein, à Rousseau et Le Corbusier, à Hitchcock et Hergé, à Auguste Piccard et Tim Berners-Lee, en concert avec Salvador Dali, je peux affirmer quelques vérités vraies. Les bonnes idées sont comme des feuilles de salade. Nous n’en voyons qu’un côté, et encore, pas en totalité. Elles doivent être fraîches et apprêtées avec une bonne sauce. Pour en tirer les bienfaits, il faut les assimiler, les manger. Sans tabous, Salvador Dali ajouterait encore un escargot bien vivant sur le bord de l’assiette. Un gastéropode observateur tranquille qui n’apprécie guère les sauces trop riches qui trichent avec la nature des choses. Tout ce qui est grand est simple, aurait dit Albert Einstein. C’est à Berne en Suisse,

en 1905, quand il travaillait à l’Office de la propriété intellectuelle, qu’il a rédigé sa théorie de la relativité. Albert Einstein, fonctionnaire de la Confédération helvétique était reconnu comme un employé modèle. En marge de son activité professionnelle, il avait le temps de s’évader dans ses recherches personnelles. Berne – Genève, l’aventure continue au CERN, le berceau du web. La première proposition de WWW a été esquissée par Tim Berners-Lee en 1989. Le concept a été affiné avec la participation de Robert Cailliau en 1990. Les premiers serveurs web étaient tous implantés dans des laboratoires de physique européens. Il n’y a rien d’américain dans ce concept ouvert et novateur. En 1991, un premier navigateur simple est mis à disposition des chercheurs et des développeurs. http://inf o.cern.ch est l’adresse du tout premier site et serveur web du monde, hébergé naturellement sur un serveur du CERN. 1992, les développements se poursuivent mais restent dans un cercle de scientifiques. 1993, il y a plus de 500 serveurs web connus. Mai 1994, c’est la première conférence internationale sur le World Wide Web, tenue naturellement au CERN à Genève.

économie

Nous constatons qu’en moins de cinq ans, un nouvel outil, une nouvelle manière d’organiser le travail et la recherche ont été pensés et développés avec succès.

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Selon l’historique du CERN : Fin 1994, le web compte 10’000 serveurs, dont 2000 à usage commercial, et 10 millions d’utilisateurs. Le trafic est alors équivalent au transfert de la collection complète des œuvres de Shakespeare à chaque seconde. Le concept. Le cahier des charges du projet est simple : combiner les technologies des ordinateurs personnels, des réseaux informatiques et de l’hypertexte en un système d’information mondial, puissant et facile à utiliser. Nous connaissons le succès de cette invention et combien notre accès au savoir et à l’information en a été simplifié. La puissance de cet outil est due à une idée généreuse : le web est un outil ouvert, utilisable par tous, dont personne ne peut devenir propriétaire. Un mouvement participatif géré par le Consortium International WWW que vous trouvez sous http://www.w3.org Ce mode de travail participatif, ouvert, coopératif et collaboratif a été une première mondiale, ici à Genève, de 1990 à 1994. Pourquoi s’arrêter à cette première et unique expérience ? Aujourd’hui, nous avons l’accès à l’information, sauf en matière financière, où tout est opaque. Pourquoi ? Les politiques, les penseurs, les chercheurs, les explorateurs ont perdu la vision. Pour quoi ?


Les travaux de Joseph Schumpeter la croissance économique. Il a introduit la (1883 - 1950) chahutent, bousculent et  notion de destruction créatrice. «Le noudérangent la pensée économique éta- veau ne sort pas de l’ancien, mais à côté blie. Il a enseigné à Harvard et s’est inté- de l’ancien, lui fait concurrence jusqu’à lui ressé à l’étude de l’évolution du système nuire». capitaliste, dont il Sur le plan éconoavait dit qu’il ne mique, nous sommes Créer, c’est résister. serait jamais stasérieusement arrivés Résister, c’est créer. tionnaire. Ainsi les à un moment de rupruptures, les sauts, ture créatrice. Nous ne Stéphane Hessel Extrait de Indignez-vous ! les cassures sont devons pas tenter de partie intégrante réformer le système du système capitaliste. Pour Schumpeter, capitaliste. Nous devons apporter du noul’innovation et le progrès technique sont veau en définissant, comme pour le web, un le moteur du système et il définit cinq cahier des charges. Ensuite, comme pour formes d’innovations : de produits, de pro- le CERN et le web, nous devons faire tracédés, de modes de production, de dé- vailler les gens en réseau, leur apprendre bouchés et de matières premières. Pour à participer, à coopérer et comme pour lui, l’entrepreneur qui aime le risque et le web, solliciter d’une façon ouverte les cherche le profit maximal est l’acteur de forces de développeurs bénévoles. Il nous

manque la petite équipe de pilotage. C’est le défi que je lance à la communauté internationale de Genève et sa région. Apportez votre soutien sur www.impi. ch Je n’ai pas inventé un nouveau système économique. Je ne veux pas réformer, faire évoluer le système capitaliste. J’apporte une solution pour développer un nouveau système économique, qui prendra sa place comme le web. Le terrain c’est Genève. Les semences sont les employés internationaux. Les cultivateurs sont les Institutions internationales. Les moyens de lancer cette expérience, la méthode, les ressources et les acteursconcepteurs – en un mot le concept – sont décrits dans l’ouvrage à paraître en 2014 pour marquer le 20e anniversaire de la conférence du www à Genève. Narcisse Niclass


Le succès du voyage immobile Michel Giannoni Dr ès sc. ing. EPFL

Les trois ingénieurs, les deux médecins et le physicien qui sont restés cloîtrés pendant 520 jours pour participer à un vol virtuel vers la planète Mars ont achevé leur quarantaine, nécessaire à un bilan médical. Une si longue période d’isolement rend, en effet, les organismes plus vulnérables aux maladies. Les six hommes – trois Russes, un Français, un Italo-Colombien et un Chinois – ont raconté leur aventure à la presse et expliqué comment ils ont pu surmonter les difficultés psychologiques de l’isolement pendant leur périple virtuel vers la Planète rouge.

recherch e

Débutée le 3 juin 2010 à l’Institut ayant délibérément renoncé à mettre sur russe des problèmes médicaux-biolo- pied un équipage mixte, suite aux diffigiques, situé dans la banlieue de Moscou, cultés rencontrées lors d’une expérience cette expérience aura simulé les précédente. Les principales doléances ont concerné la nourri250 jours de voyage ture, rationnée, bien aller, le mois passé La mission a été un entendu, mais sursur le sol martien, succès, les humains puis le retour vers la peuvent aller sur Mars tout désespérément insipide ! Terre. A l’exception de l’apesanteur et des radiations dues à l’activité solaire, Il résulte de cette expérience tout avait été conçu qu’un équipage peut surmonpour créer les ter l’isolement ainsi que les c o n d i t i o n s répercussions physiolod’un voyage giques et psycholointerplané- giques qu’impose taire. Le un voyage aller-rebut de la tour vers la Plamission était nète rouge. «La d’étudier les effets mission a été sur l’homme de l’isolement, de l’absence un succès, de lumière du jour et d’air frais, ainsi les humains que la restriction des contacts humains, peuvent aller contraintes que subiront les astronautes sur Mars», a qui, dans vingt ou trente ans, iront sur Mars. conclu Romain Charles, Les rescapés sont unanimes, la l’ingénieur de mission a été un succès. Il y a bien eu des vol. tensions – comment aurait-il pu en être autrement ? – mais les différences cultu- Reste le relles ont été maîtrisées, ce qui est remar- problème des quable compte tenu des diverses nationa- radiations. lités et des différentes mentalités; ce n’est Selon une étude de la pas toujours le cas sur Terre ! L’absence NASA, il est possible que de vie sexuelle a dû – et pu – être sur- les doses reçues lors d’un montée, les organisateurs de la mission voyage aller-retour vers Mars

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soient supérieures à ce qui est aujourd’hui admissible. Toutefois, si le vaisseau est construit pour les atténuer et si les estimations sont correctes, l’exposition aux rayonnements entraînerait un risque de cancer mortel inférieur à 5 % et celui-ci ne surviendrait que 10 à 15 ans plus tard, alors que les astronautes seraient de retour sur Terre. On peut douter qu’un tel risque soit suffisamment élevé pour dissuader les «conquistadors des temps modernes» de se lancer dans l’aventure martienne ! La Revue Polytechnique


De la confusion des langues Jean-Christophe Emmenegger Journaliste

grès universel ; car peu m’importe le nom. Ce sera par l’avilissement des cœurs. Ai-je besoin de dire que le peu qui restera de politique se débattra péniblement dans les étreintes de l’animalité générale, Dans ces conditions d’appauvrissement et que les gouvernants seront forcés, langagier, le progrès s’attribue très facipour se maintenir et pour créer un fanlement à la gauche (ou à l’Occident, sur tôme d’ordre, de recourir à des moyens un autre plan), et la réaction à la droite (ou qui feraient frissonner notre humanité aux civilisations non occidentales, sur un actuelle, pourtant si endurcie ? – Alors autre plan), dans une perspective popule fils fuira la famille, non pas à dix-huit liste à grande échelle (oserons-nous dire, ans, mais à douze, émancipé par sa prétotalitaire ?). cocité gloutonne»1. Comme on le voit, la Mais rien n’est si simple. Tantôt le pro- problématique n’est pas nouvelle. Mais il grès est assimilé aussi à l’impérialisme de fait frissonner de constater son caractère quelque nation en voie prémonitoire au milieu de dissolution (ou de du XIXe siècle. Ce qui L’invention transformation) qui réaest nouveau, c’est la ne passe-t-elle pas git (faisant donc œuvre polarisation de la pend’abord par le cœur ? sée dans tous les disde réaction) par des grands mots d’ordre cours. Une polarisation planétaires, tantôt il décrit des technolo- ou une radicalisation qui est conséquence gies aussi contradictoires dans leurs ap- de l’uniformisation, parce qu’une fois les plications qu’elles sont irréfutables dans possibilités de nuance ôtées au langage, les faits (pour la gauche comme pour la il ne reste plus que les réflexes primitifs droite), tantôt encore le progrès ne fait pour tenter d’exprimer une sensation, un que soulager l’angoisse d’exister avec des souvenir, un pressentiment d’humanité. modes et des tendances si passagères que même les politiques sont obligés de Et pourtant, quand je pense aux discussions les broder en dentelles qui font songer à relativement sombres (mais adolescentes) de vagues idées, quand ce n’est qu’intérêt que j’ai eues avec mes collègues, camapersonnel ou effet d’entraînement. Quant rades de classe, amis de la génération X, à la réaction, elle n’a plus la saveur au sujet de l’avenir de la planète, des des mots qu’employait Baudelaire perspectives pour nous de trouver une pour dénoncer l’illusion du progrès, place dans ce monde au sortir de nos ces lendemains qui chanteraient mieux études, je ne peux qu’être émerveillé : qu’autrefois ou qu’à présent, d’un point francophones, germanophones, anglode vue spirituel : «La mécanique nous aura phones, hispanophones, russophones, tellement américanisés, le progrès aura si beaucoup d’entre eux ont trouvé leur bien atrophié en nous la partie spirituelle, chemin. Ils ont inventé des manières que rien parmi les rêveries sanguinaires, d’exister, des façons de faire au-delà de sacrilèges ou antinaturelles des utopistes l’alternative entre le progrès et la réaction, ne pourra être comparé à ses résultats indépendamment de toute appartenance positifs. Je demande à tout homme qui linguistique, géographique, culturelle, pense de me montrer ce qui subsiste de heureusement sourds aux manipulations. la vie. […] Mais ce n’est pas particulière- Je parle de ceux qui ont opté pour que ment par des institutions politiques que se leur cœur ne soit pas avili. L’invention ne manifestera la ruine universelle, ou le pro- passe-t-elle pas d’abord par le cœur ? en compensant par un sein, une fesse, une larme, bref une confidence pornographique. Ce jeu de rôles me paraît bien dangereux.

Charles Baudelaire, Fusées, dans Journaux intimes, texte établi par Y.-G. Le Dantec, Gallimard, coll. La Pléiade, Paris, 1932, p. 640.

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culture

Je suis de la génération X, donc confronté sans cesse à cette alternative : le progrès ou la réaction. Ces mots ne peuvent plus rien dire pour ceux qui aiment et exercent une langue – ou plusieurs. Et cela a à voir avec le manque d’imagination que je constate dans le langage exercé par le pouvoir, c’est-à-dire les personnes autorisées à parler et user des mots dans des conditions bien précises. Je ne parle même pas des frontières linguistiques, qui sont d’abord géographiques et culturelles, avant d’être confrontées pour d’autres raisons. Je parle des langages qui s’abattent sur nous comme des oiseaux d’Hitchcock, sans horizon de refuge. Il y a le langage anglo-américain d’affaires, qui n’a guère de raison géographique ou culturelle d’exister en Europe (ou relisons au moins les lais de Marie de France). Mais il y a plus grave parallèlement : les langages pseudo-scientifiques de l’économie et du droit qui noyautent l’administration et les institutions, à tel point qu’ils influencent les décisions politiques, tout en envahissant outrageusement la vie publique. C’est un moyen de pression énorme sur une population en voie d’illettrisme, et qui fonctionne radicalement bien en alternance avec la pire espèce de populisme, dont le modèle est à la télévision : des criminels de la lettre ont le pouvoir d’orchestrer la dérision des déshérités de leur langue maternelle et ignorants de tout autre langage, en faisant semblant d’accorder une importance à leur aphasie, si possible


Tradition et … révolution Robert Ruhlmann Entrepreneur

La Suisse n’est pas le seul pays du Nord avec un riche patrimoine naturel bâti. Toutefois, plus qu’ailleurs, les lois sont contraignantes. Parfois, c’est un plus mais il y a aussi des contraintes insurmontables. Comment isoler un immeuble classé sans toucher à son aspect et à la qualité historique ?

Vous connaissez les valeurs U ? BL ISOLLIQ une nouvelle solution invi- dans les murs - Formation de moisissures

écologie

Il est merveilleux et gratifiant d’habiter dans un immeuble historique. Les sujets de conversation tournent sur autre chose que les séries TV ou la météo. Justement, en parlant de météo, dans ces bâtisses historiques, le confort est aussi au niveau historique et ancien. Pour un propriétaire parfois, c’est difficile. Il est impossible, selon les règlements, de transformer, d’améliorer l’enveloppe du bâtiment. La question du chauffage et de la ventilation est douloureuse (facture) pour la consommation énergétique.

Une idée géniale Actif dans la société familiale spécialisée dans la fabrication de mortiers et chaque jour confronté à la question de l’entretien et de la conservation des bâtis anciens, Robert Ruhlmann a trouvé un moyen d’isoler les façades anciennes sans les cacher. Sa motivation et sa curiosité vont au-delà de l’aspect premier du travail. L’histoire émoustille les esprits. Le passé parle. Parfois, il faut mener des investigations, des enquêtes, avant de commencer le travail. La valeur artistique et historique est en jeu. Si une rénovation ne doit pas trahir l’esprit des lieux, il faut des résultats concluants.

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sible qui produit des résultats visibles et étonnants. Ce produit s’utilise à l’extérieur comme à l’intérieur et améliore de façon significative la valeur isolante des murs traités. Les constructions sont asséchées et respirent. Les cristaux de sel sont encapsulés, ainsi le transfert d’eau est inhibé. En cas de transformation, aucun problème pour l’élimination des matériaux traités. Plusieurs années de tests et recherches en laboratoires et sur le terrain ont validé la technique BL ISOLLIQ. Le domaine de la construction est traditionnel et conservateur. Il faut des preuves patentes pour faire adopter une nouvelle méthode. BL ISOLLIQ : une solution liquide qui est une solution solide.

et lichens éliminée - Bon comportement aux changements de températures. Un point important, même les murs humides peuvent être traités avec succès.

Méthode d’application Les fiches techniques montrent combien l’application du produit est simple. Les séminaires organisés par BL System SA forment les professionnels. Grâce à ses grandes connaissances sur le comportement des façades, Robert Ruhlmann, détenteur du brevet du produit, apporte les réponses utiles. Le système est complet pour les nouvelles constructions mais particulièrement bien adapté pour les rénovations et la protection d’immeubles anciens. NN

Une solution complète BL ISOLLIQ ne suffit pas toujours à satisfaire les exigences réglementaires. Pour améliorer davantage la valeur U, l’application combinée du liquide à l’extérieur et d’un crépi isolant à l’intérieur est un choix performant : - Économie de chauffage significative - Coûts d’entretien moins élevés qu’avec d’autres systèmes d’isolation extérieure - Diminution du volume d’eau

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Magie de l’autoréplication Daniel Mange

Prof. d'informatique

J’aimerais vous proposer un tour nettement plus acrobatique : répliquer la photocopieuse. Pour vous mettre sur la piste, imaginez une machine-outil dernier cri ; ce robot, piloté par informatique, est capable de fabriquer sans assistance humaine des produits les plus humbles ou les plus sophistiqués, une vis ou un châssis d’automobile. Le monstre d’acier absorbe une information, le plan de construction, et régurgite l’objet désiré. Imaginez ensuite que le monstre est véritablement monstrueux: en le nourrissant de son propre plan, il accoucherait alors d’un double de lui-même, un clone : c’est l’autoréplication. A notre connaissance, aucune machineoutil de ce type n’a été conçue, ni réalisée. Mais la nature, depuis plusieurs millions d’années, a résolu avec élégance ce tour raffiné. Dans chaque cellule vivante sont à l’oeuvre, vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept, des milliers de machines-outils biologiques, poétiquement dénommées ribosomes. Inlassablement, ces ribosomes reçoivent leur nourriture informatique, l’interminable et filiforme

ruban d’ADN, décodent le message génétique et construisent, conformément aux instructions du plan, un véritable édifice chimique à trois dimensions, une protéine. Plus fort encore : à la stupéfaction des biologistes, la plus grande partie de l’ADN ne contient rien d’autre que le plan du ribosome lui-même et conduit bien sûr, après passage obligé dans la machineoutil biologique, à son autoréplication. L’autoréplication n’est pas seulement une opération de routine dans le monde du vivant ou un défi académique pour les chercheurs en robotique : c’est la clé du développement des nanotechnologies, cette nouvelle discipline qui projette de construire n’importe quel objet physique par un délicat assemblage d’atomes. Pour produire à l’échelle industrielle de tels objets, plus besoin de la réplication conventionnelle dans une usine peuplée de machines-outils : c’est l’objet lui-même qui s’autorépliquera, dûment approvisionné en informations, son propre plan, et en pièces détachées à son échelle, des atomes.

La réplication, pilotée par l’homme, de la brebis Dolly a suscité quelque doute. L’autoréplication d’objets artificiels, qui n’emprunterait à la vie que sa logique, devrait faire l’unanimité ; elle ouvrirait l’ère d’une production industrielle intégrée au monde du vivant, une agriculture d’artefacts : l’«articulture».

Curieux dilemme

Plus que la fonction, la contemplation amoureuse, le partage des émotions ou encore la jouissance répétée, c’est la rareté qui augmente la valeur d’un bien. L’être humain actuel, naïf, croit qu’il enrichit sa personnalité en achetant une chose unique. Il est dans le registre de l’avoir au lieu du registre de l’être. Un chevalier avec une armure en or est-il plus habile et vaillant ? Avec une imprimante 3D, aujourd’hui un artiste généreux peut permettre à chacun d’avoir une copie d’une oeuvre en tout point semblable à la pièce originelle. Il n’y aurait que des originaux. Des répliques en tout point semblables. En fait, cette situation n’est pas nouvelle. La musique, le cinéma, l’écriture, le théâtre connaissent le partage des émotions véhiculées par un support technique. Avec la généralisation de la réplication et déjà de la reproduction, notre perception de l’être devrait évoluer positivement. Posséder pour soustraire aux autres ne rend pas heureux. Multiplier afin de faciliter l’usage, l’accès, la contemplation et la jouissance d’une chose partagera le bonheur. Si vous rencontrez Marcel Ospel sur son alpage, il vous le confirmera. NN

réseau innovation

Le fantasme du faux-monnayeur, c’est la photocopieuse couleur, haut de gamme bien sûr. A partir d’un original à l’abri de tout soupçon, un authentique billet de mille francs, la machine va recracher un nombre illimité de copies : c’est la magie de la réplication.

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Innover en politique Michel Bugnon-Mordant Président de l’Académie suisse de géopolitique1

L’idée même d’une innovation dans le domaine politique peut paraître singulière, voire bouffonne. Tout n’a-t-il pas déjà été imaginé, proposé, tenté, par des individus, des groupes, des responsables, tant du milieu politique lui-même que des milieux intellectuels, économiques, militaires ? Toute autre innovation, dès lors, ne peut être que futile, spéculative ou dangereusement utopique. C’est vrai et faux en même temps. Faux si l’on définit précisément les concepts que l’on entend utiliser et qu’on les installe dans un contexte rénové ; vrai dans la mesure où tout système est prisonnier de sa démarche et que vouloir interrompre celleci tient de la gageure. Dans ses essais théoriques sur l’art littéraire, Edgar Allan Poe dit justement que l’homme, même doué de génie, ne saurait «créer» à partir de rien, qu’il ne fait jamais que réassembler des images, des éléments existant dans l’univers. Il en va de même en politique. Tous les régimes ont déjà été expérimentés : monarchie, tyrannie, aristocratie, démocratie, etc. Aucun ne s’est avéré totalement satisfaisant car tout régime humain est par essence perfectible. Avant tout, parce que la nature humaine est, quoi qu’on dise, fondamentalement et irrémédiablement égoïste. En effet, chaque individu tend à exiger pour lui-même plus que pour son voisin ; innombrables même sont ceux qui, si l’on n’y met bon ordre, sont prêts à

se battre bec et ongles pour s’approprier la plus grande part de ce qui passe à leur portée, quitte à ne pas laisser aux autres de quoi survivre. Si tant est que «on» doit y mettre bon ordre, afin que soit assurés tant le bien commun que l’équité, de quel «on» s’agitil  ? C’est dire que le principe d’autorité prend ici tout son sens. Le problème de l’autorité, toutefois, est double : quelle est la légitimité qui la fonde ? Quel usage en fait-on ? Si la légitimation par désignation du successeur de la part du souverain en place a fait ses preuves (notamment à Rome via Trajan choisissant Hadrien choisissant Antonin choisissant Marc-Aurèle), elle n’a

malheureusement pas survécu à l’incident de l’indigne Commode succédant à son père, Marc-Aurèle. La légitimation par l’hérédité, avec ses inévitables faiblesses, est, elle, loin d’avoir démérité. On rétorquera que le risque n’est pas négligeable (et il s’est effectivement concrétisé) de voir un fils ou un neveu médiocre remplacer un souverain de grande valeur. L’Histoire se charge de répondre à cette objection. Pour peu que l’on compare le bilan des différents empereurs, rois, princes d’Europe avec celui des présidents et premiers ministres «républicains» issus du hasard des urnes, les seconds ont infiniment plus de quoi rougir de honte que les premiers.

Nous prendrons deux exemples Sait-on, après plus de deux siècles de versions «républicaines» de la réalité historique, que les tentatives les plus sérieuses de réformes fiscales, visant à faire contribuer au bien commun les riches bourgeois et les membres les plus fortunés de l’aristocratie et non essentiellement les classes paysannes, furent l’œuvre des rois ? S’ils ont en général échoué, la faute en revient au formidable égoïsme des classes aisées, qui, à chaque fois, ont freiné des quatre fers. De même, sait-on que les décrets impériaux (ceux de Dioclétien à Rome ou des Song en Chine,

analyse

Relancer la consommation ? Pour qui ? Pour quoi ?

1 Site : realites-geopolitiques.com

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par exemple) ou royaux (ceux de Louis XV et Louis XVI, entre autres) veillaient scrupuleusement à interdire à la spéculation les denrées alimentaires et les produits de première nécessité2, cela pour que le peuple, régulièrement menacé par la famine, due aux mauvaises récoltes, puisse, dans la mesure du possible, accéder à la nourriture ? Faut-il rappeler que la sacro-sainte liberté au nom de laquelle les petits et les sans-grades de la Révolution de 1789 ont fait le coup de poing était la liberté de spéculer sans retenue, ce que les chantres des «Lumières» et bénéficiaires du coup de force, tous propriétaires cossus, ont obtenu. Ils se sont d’ailleurs empressés d’instaurer une république parlementaire censitaire, moyen efficace d’écarter le peuple des affaires publiques et privées, décrétant d’interdiction ce qui deviendra beaucoup plus tard les syndicats de travailleurs. La Révolution industrielle, source de tant de misères et de morts, répandra, sous les républiques, la pauvreté comme jamais auparavant. L’innovation politique aujourd’hui, consisterait à dénoncer et combattre de l’intérieur même des gouvernements et des parlements l’aboutissement des réformes promues par les différentes générations de descendants de ces gens-là. Car nous y sommes : ce que l’on nomme pompeusement et fallacieusement «république», «démocratie» est en réalité la plus gigantesque tyrannie dont les peuples aient gardé le souvenir. Non qu’elle soit dans son principe pire que d’aucunes par le passé, mais pour la raison qu’elle est devenue globale. Ce n’est pas par hasard que les empereurs de Chine, aussi bien que les empereurs et les rois d’Europe, se devaient de remplir, à quelques nuances

conceptuelles et langagières près, les mêmes devoirs : promouvoir, autant que les réalités le leur permettaient, le bienêtre du plus grand nombre ; garder la mainmise la plus absolue sur les mécanismes marchands (ce que Platon traduisait par : la fonction politique doit primer sur la fonction économique), afin qu’une minorité possédante ne puisse réduire la majorité en esclavage.

perdre, est-ce concevable ? Impitoyable dans sa lucidité, Dominique Venner n’y croit pas une seconde. Pourquoi ? Parce que nos sociétés «sont techniquement prisonnières de leur croissance économique, condition de leur existence et aussi de leur survie dans la compétition des puissances.» Noyau dur de ces sociétés fondées par l’égoïsme des puissants, la croissance, qui implique «la consommation de biens inutiles» et donc le «gaspillage des ressources de chaque pays et de la planète en général». Et Venner conclut : «Soyons lucides : jamais un arrêt de la croissance ne résultera d’une décision volontaire des Etats. […] Cela signifie que l’on persévérera toujours plus loin, et cela jusqu’aux grandes catastrophes financières, écologiques et politiques»3.

Or, qu’est-ce que la mondialisation, sinon la concrétisation de l’inverse, c’est-à-dire du pire cauchemar qui eût jamais hanté les consciences des sages, des justes, des bienveillants ! Dans L’éducation sentimentale, Flaubert, sans illusion sur la nature humaine, décrit ce cauchemar sans ambages. Il s’agit de «la féodalité de l’argent, pire que l’autre» parce qu’elle consacre le règne du «laisser faire, lais- Tenter d’innover est d’autant plus vain que ser passer», le libre échange absolu et les acteurs politiques (ou plutôt politiciens) la «concurrence» comme unique moteur, naviguent sur des navires, des bateaux, des barques difféc’est-à-dire la rents par leur taille loi de la jungle. Innover et et leurs capacités Pour le triomphe redonner au politique mais sur le même d’une oligarchie océan d’eau croupie, gavée de profits, la place qu’il n’aurait aux ordres du même des hommes, des jamais dû perdre femmes, des enbig brother maritime. fants sont piétiC’est l’eau de cet nés, méprisés, éviscérés, réduits en char- océan qu’il conviendrait de changer et le pie, affamés par les forces de la finance «grand frère» qu’il conviendrait d’abattre. sans frein, de la spéculation enfin débar- Mais sortir de ce qui est aujourd’hui rassée de toute contrainte sociale. L’auto- une mafiocratie mondialisée (comme le rité arbitrale morte, les garants politiques démontre Eric Werner), qui dispose de du bien commun devenus complices des ses anges gardiens institutionnels (FMI, bourreaux, il reste à liquider les peuples Banque mondiale, OMC, ONU, commiset les nations. sion de Bruxelles, banques centrales, Innover, dans un tel contexte, c’est-à-dire dénoncer, remettre en cause, réduire à merci la finance criminelle et redonner au politique la place qu’il n’aurait jamais dû

marchés boursiers), de sa force militaire (OTAN) et de son temple de Salomon (Wall Street), revient à vouloir vider l’Atlantique à la louche.

En 2013, ainsi que l’a clairement démontré Jean Ziegler, on spécule, à la bourse des matières premières de Chicago, sur le blé, le riz, le café, produits indispensables à l’existence de pays entiers, dont les habitants les plus fragiles, de par la simple volonté d’un trader, sombrent alors, par centaines de milliers, dans la famine et la mort. Mais le système, dans un monde «républicain», «démocratique» et soucieux des «droits de l’homme», n’en a cure. Dominique Venner, “La décroissance en question », La Nouvelle Revue d’Histoire, mars-avril 2013.

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L’innovation commerciale ? Jean-Luc Vincent

Président et fondateur

Une bonne idée n’a de sens et de Breveter, c’est publier et cette patente sieurs coups d’avance. Il saura aussi valeur que si elle contribue à l’amélioration du quotidien, de la vie. Tout inventeur poursuit plusieurs objectifs : la notoriété, le plaisir de créer et souvent le rêve de faire fortune. Pour atteindre ses objectifs notre chercheur devra toujours passer par le marché. Pour atteindre son marché, les chemins sont multiples et compliqués. Le parcours du combattant est souvent évoqué. A sa volonté de réussir, l’inventeur doit ajouter une certaine dose de témérité et se rappeler que la chance se construit. Afin d’atteindre ses objectifs, la règle des cinq C lui sera utile et nécessaire. Constant

dans l’action

Cohérent

dans le comportement

ne vous assure pas du succès commer- mettre sa créativité dans son business cial. C’est un moyen de vous protéger, de model et sa vision stratégique. Toutefois, avant de se lancer dans vous défendre. Pour tirer une course au brevet, sans tous les avantages d’une La rapidité complaisance, il passera telle étape, l’inventeur doit est l’élément clé son invention au filtre des se faire des amis dès sa de la réussite ! six situations critiques. Une phase de recherche et de seule erreur constatée et il développement. «La rapifaut revoir la copie. C’est dité est l’élément clé de la réussite !» selon Nicolas Hayek. Plus difficile à accepter mais c’est l’occasion que hier, aujourd’hui cette affirmation est de se corriger afin d’éviter de s’enfoncer totalement vraie. Comme les bons joueurs dans l’erreur. Ce constat est sans appel. Narcisse Niclass d’échec, un inventeur doit préparer plu- Bonne route !

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Inventeurs : des erreurs à ne pas commettre ! erFInder: vermeiden sie diese Fehler !

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3-4 éditions annuelles N0 25 / 2013

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IROmagazine N°25  

Revue de l'invention et de l'innovation en Romandie

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