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COOPÉRER : N° 30/ 2018

la meilleure solution

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Qui a peur de la recherche ? Vers une médecine numérique Intelligence artificielle entre réalité et fantasme

Réseau de compétences Association Suisse Invention Romandie Le réseau création d’entreprises www.id-group.info www.pme-ch.ch Jumelé avec l'Association des Inventions de Chine

lenr-cities.com

Projet C-PIC – Moulin F10

sonatec.com – médaillé à Koweït City


ÉDITO

Narcisse Niclass Rédacteur

IMPRESSUM IROmagazine Ch. de la Fenetta 20 CH -1772 Nierlet-les-Bois www.invention.ch issuu.com/invention.ch Layout IROmag ÉDITIONS Monique Brasey iromag@invention.ch CORRECTRICE Laura Zinetti IMPRESSION PCL Presses Centrales SA, Renens Av. de Longemalle 9, CH-1020 Renens Tél. +41 21 317 51 51 info@pcl.ch Fax +41 21 320 59 50 www.pcl.ch

RÉDACTION Narcisse Niclass Monique Brasey Michel Bugnon-Mordant Luca Brasey Xavier Comtesse Gilles de Chezelles Michel Giannoni ILLUSTRATIONS www.raa.ch / Monique Brasey p.20/21 Carine Racine, Le Mont-sur-Lausanne

Si vous reproduisez nos textes, veuillez toujours mentionner la source. Association Suisse Invention Romandie a un réseau privilégié de relations grâce au jumelage avec

Des échanges ont lieu régulièrement depuis 1987

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LA FACTURE AUX GÉNÉRATIONS FUTURES

La réunification de l’Allemagne en 1990 cachait des cadeaux empoisonnés : les centrales atomiques construites par la RDA sur la Baltique. La rencontre de deux visions de la société a été brutale. Vu le mauvais état de certaines installations, le choix de démanteler des réacteurs a été rapide, avant le débat sur le nucléaire. A Lubmin, quatre réacteurs étaient en service, un cinquième a été testé mais jamais vraiment mis en exploitation et il y avait encore trois réacteurs prévus, retés heureusement au stade de projet. Jusqu’en 1995, près de 15’000 personnes travaillaient sur cette zone de 450 hectares. Pour la déconstruction c’est moins d’un millier qui sont à l’œuvre. Les connaissances de ces techniciens, ouvriers et gestionnaires ont été reconverties dans de nouveaux métiers de la fin du nucléaire. Les techniques, les méthodes, les phases de planification ont pu être mises au point sans risque en s’exerçant sur les réacteurs qui n’ont pas servi. Il y a plus de 20 ans maintenant que ce sale boulot a été lancé. L’expérience est riche d’enseignements. Une centrale nonaccidentée reste un chantier proche de l’expérience de Tchernobyl. Rien ne peut se faire dans des conditions ordinaires et naturelles. Le démontage de cette première centrale à Lubmin était devisé à 3 milliards d’euros. Le montant final sera proche des 7 milliards avec un délai espéré à 2030. Plus de 40 ans. A la lumière artificielle de cette lourde réalité on peut affirmer que les décideurs qui nous ont conduits dans cette voie étaient de vrais amateurs. Les risques, les coûts, les pertes pour la société sont immenses. Les politiciens écoutaient des experts qui ne maîtrisaient rien ou qui mentaient. Les exploitants continuent de mentir mais nous sommes responsables à cause de notre fringale d’énergie et de confort. Sans notre demande, sans notre consommation d’électricité, il n’y aurait pas de marché et pas de production nucléaire. Les Russes, les Japonais ont payé cash leur contribution au nucléaire. En Suisse, nous avons tremblé six mois le temps de lancer un débat. Nous n’avons rien changé

dans nos comportements énergivores. Nous sommes le problème, comme les automobilistes sont le bouchon. Tesla rend hommage à un chercheur homonyme mais les voitures d’Elon Musk cachent de l’énergie grise et ne sont pas une réponse à la mobilité dans la société. Bon, si ce génial patron continue de parquer des véhicules en orbite, l’espoir virtuel et artificiel est là. Sur 10 ou 20 ans, il faut louvoyer. En Suisse, nous voulons augmenter notre part dans le renouvelable. Quand vous voulez installer des panneaux solaires, les règlements dans la construction sont désuets. Les éoliennes ne passent pas au niveau local. Les mini-turbines sont interdites. Pour une installation de biogaz c’est 10 ans d’études d’impact, de mise à l’enquête et de recherche de financement. Pour répondre à la demande d’électricité, l’Allemagne a amélioré ses centrales à charbon et l’exploitation de ses mines de lignite. La France investit toujours dans la production et la recherche nucléaire. Elle exporte sa technologie de réacteurs. En Suisse, nous achetons de l’électricité chez nos voisins sans nous arrêter sur le mode de production. Nos ménages (25%) consomment plus que l’industrie (19%). Bonjour l’hypocrisie. Narcisse Niclass


Patron égale MODÈLE Robert Ruhlmann Entrepreneur

Il y a 50 ans, les titres de docteurs étaient connus dans la médecine, la physique et les mathématiques, un peu dans le droit et dans l’enseignement. Les ingénieurs savaient serrer un boulon et pouvaient vous être utiles. En ce début de siècle entre les titres officiels, officieux, privés et les faux, tout le monde a un titre ronflant. C’est du brouillard.

J’ai travaillé à Bâle avec satisfaction et bénéfices dans une grande organisation internationale de la finance. Ma femme était dans la même structure. Quand le temps fut venu, nous avons décidé de prendre une retraite active pour le plaisir de faire. Je n’avais aucune pression économique et mes objectifs personnels étaient orientés : découvertes, expérimentations et satisfaction d’apporter une solution à mes semblables. Une rencontre avec un chercheur chimiste spécialiste des matériaux minéraux m’a fait découvrir des subtilités de la capillarité dans les constructions. Les Romains étaient déjà experts en matière de mortier puis certaines connaissances ont été délaissées. Dans nos constructions sont apparues des problèmes d’humidité, puis de moisissures. Comme propriétaire de ma maison, j’ai naturellement été interpellé par certaines découvertes sur les traitements possibles contre l’humidité dans l’habitat. J’en ai fait mon affaire et le succès est bien présent.

Le secret de la réussite Mes services et mes produits répondent à un besoin existant et bien défini. Les résultats des solutions proposées sont visibles sur les objets traités. En amont, il y a la passion, la curiosité, la recherche, les tests, les mesures et je ne compte

Le produit phare se nomme ISOLLIQ (Isolation Liquide). Voici presque 10 ans que ce produit est utilisé sur les chantiers et a permis de régler avec succès les problèmes d’humidité. En se mêlant à l’humidité présente dans la maçonnerie, ce liquide forme en profondeur un réseau de capillaires asséchés sur lequel se greffe le principe de la feuille de lotus. La surface ainsi asséchée va grandement améliorer la valeur isolante de la zone traitée.

pas mon temps. J’ai choisi à la retraite une activité qui me plaît et je suis d’accord avec Confucius : «Si tu fais ce qui te plaît tu ne travailleras pas un seul jour de ta vie.» Il est certain que j’ai bénéficié de plusieurs conjonctions positives, la santé, la famille, un démarrage sans crédit et l’appui généreux et volontaire de mon épouse Annette qui gère la société.

L’innovation n’est pas le monopole des grands Dans mes recherches de partenaires, j’ai eu de bonnes surprises, parfois des difficultés. Mais j’ai constaté qu’il y a tout un tissu artisanal très vivace dans notre région au cœur de cette Europe en construction. Les distances sont courtes, Bâle-Genève, deux agglomérations internationales importantes, sont à moins de 3 h par la route ou le rail. Ce n’est qu’un aspect des infrastructures à notre disposition. Après, il faut aller au-devant des gens, les rencontrer, échanger, se parler. Ma nature fait que j’ai beaucoup de sujets de conversation qui interpellent. Parfois, je rencontre des sceptiques maisil y a toujours de l’écoute et de la curiosité. Ces deux qualités sont importantes pour un inventeur mais aussi pour un entrepreneur. Naturellement, il faut synthétiser les informations, choisir, prendre des risques et toujours passer à l’action.

ISOLLIQ, médaille d’or au Salon des Inventions de Genève en 2013

Un mur asséché avec ISOLLIQ améliore sa valeur isolante Pour des murs sains et le confort de votre habitat 15 ans de résultats Propriétaires, Régies ISOLLIQ est disponible en flacon de 1, 2, 5 et 10 litres timent nels du bâ Profession ibuteurs dans istr devenez d et rendez tous n io g ré e votr heureux vos clients

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E NTREPRISE

Pourquoi être patron ?

L’expérience et le vécu


Vous avez besoin d’une ASSOCIATION ? Daniel Nasr, président C-PIC et le comité de l’IRO mentor club : Stéphane Brunner, Michel Barro, Narcisse Niclass, Hugo Soder, Philippe Maradan et Pierre Rogé

Les modes, les tendances ont plus d’importance que les traditions. Le manque de culture générale fait que des gens pensent innover alors qu’ils redécouvrent dans leur naïveté de vieilles recettes. Depuis le haut Moyen Age, les ordres religieux avaient construit leurs réseaux et tenaient le territoire par le savoir. Les fausses nouvelles et les bonnes nouvelles guidaient déjà les choix de la population. Les stocks de données étaient dans les bibliothèques. La langue universelle était le latin. Le siège mondial de conduite des projets et des succursales était à Rome au Vatican. Quand on voit les édifices construits grâce à la manipulation des masses, on ne peut que s’étonner et s’émerveiller. C’était l’époque du bio, de la Nous avons la technique. Nous avons le qui fait que nous recherchons, voulons nature et de l’écologie. Un air pur, savoir. Nous avons les moyens. Nous cou- des réseaux partout. Avant l’invention

PE RSO NNALITÉ RÉSEAU DE COMPÉTENCES

du calme et le chauffage au bois. L’agriculture de proximité et aucun engorgement sur les routes. Des valeurs que nous recherchons aujourd’hui à grands frais. Mais à la fin, sommes-nous devenus stupides en comparaison de nos aïeux ?

rons après les valeurs perdues. Et si nous arrêtions de courir ?

Tisser des liens Nous n’existons que par nos relations et nous sommes à l’époque du moi. C’est cette contradiction

L’IRO mentor club organisait déjà des rencontres, des réunions, des conférences, des formations, des événements et des expositions en 1982, avant internet, avant la 4G, avant Facebook et autres réseaux sociaux. C’est du concret. Rejoignez-nous sur : www.iromentorclub.ch

Voir la vidéo : www.youtube.com/watch?v=br1z9gYluuA

• Evaluer • Conseiller • Accompagner • Promouvoir Secrétariat : Tél. +41 26 476 01 40 iro@invention.ch Suivez nos activités sur : w w w . i r o m e n t o r c l u b . c h

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d’internet au CERN, n’existions-nous pas ? Avant la grande vague des rencontres de réseautage, ne se passait-il rien dans la société ? Il serait peut-être temps de garder raison et d’être cohérents dans nos comportements partout et tout le temps. Faire sa tournée avec ses cartes de visite de 5 à 7 c’est motivant mais encore faut-il avoir une méthode.


Monnaie pleine : une initiative suisse dont on reparlera Un Café philo à l’Ancienne-Gare de Fribourg a mis en scène Serge Gaillard, directeur de l’Administration fédérale des finances depuis 2012 et Sergio Rossi, professeur ordinaire à l’Université de Fribourg, spécialiste en macroéconomie et économie monétaire. L’objectif : expliquer et vulgariser L’INITIATIVE MONNAIE PLEINE. Nous sommes le seul pays à pouvoir voter sur un tel sujet. Les enjeux sont énormes mais la finance est occulte, c’est pourquoi nous avons choisi le camp du professeur. Espérons un territoire sans lobby. En face, Sergio Ermotti, directeur général de l’UBS, préfère passer pour un ignorant sur un plateau de TV. Il conteste ce fait évident en réaffirmant qu’en Suisse seule la Banque nationale (BNS) émet la monnaie. Son comportement est une manipulation évidente de l’opinion publique.

Sergio Rossi précise que sur le plan structurel, il faut empêcher tout conflit d’intérêts des acteurs financiers. Les banques d’affaires actuellement se trouvent souvent/toujours des deux côtés de la même transaction financière. Pour éviter ce conflit d’intérêts, les

Une piste suggérée par Sergio Rossi activités des banques universelles dans l’édition 27 IROmag est limpide : «Au niveau national, les réformes monétaires doivent séparer explicitement, dans la comptabilité bancaire, l’émission monétaire de l’intermédiation financière [...] Il faut empêcher que les banques puissent octroyer des crédits pour des opérations sur les marchés financiers s’appuyant sur des sommes de monnaie dépourvues de tout lien avec la production.» Notre professeur soutient l’initiative soumise au vote populaire. Toutefois, il la trouve un peu extrême car il y a risque de limiter fortement les possibilités d’octroyer des crédits aux entrepreneurs pour des projets. Il sait aussi que de telles idées révolutionnaires dans l’organisation de la finance et de la société ne passent jamais en votation avec la première mouture. Le travail est sur la table et l’initiative Monnaie pleine lance un débat de fond, nécessaire pour éviter une autre crise financière systémique.

devraient être traitées dans trois entités juridiques et opérationnelles séparées : • une banque commerciale dont la réglementation sera très stricte, en échange d’une garantie publique des dépôts de la clientèle ; • une banque d’affaires permettant une prise de risques avec effet de levier limité et surveillée de près par les régulateurs ; • un fonds d’investissement pouvant mener des opérations hautement spéculatives, mais avec 100 % de fonds propres. Avec une telle structure trimodale, un risque systémique (to big to fail) est écarté pour l’ensemble de l’économie nationale. Il ne sera plus nécessaire de sauver l’UBS en une nuit. Banque commerciale, banque d’affaires et fonds d’investissement opéreront chacun sur leur marché sans jouer avec les vases communicants. La relation entre les engagements, les réserves, les risques sera plus transparente. Les unités de monnaies émises par la banque centrale permettront ainsi de mesurer objectivement la production en terme économique. Le chantier doit avancer avant la prochaine crise financière. Narcisse Niclass

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FINANCE

Les subprimes, pratique douteuse dans le domaine des crédits hypothécaires aux USA, ont généré la crise qui a secoué l’économie mondiale en 2008. Dix ans après, les risques sont toujours les mêmes. La prochaine crise rôde. Par définition, la monnaie est un outil d’intermédiation en relation avec des échanges de biens et services réels. Les banques en ont fait un moyen de spéculation en octroyant des crédits pour des opérations financières sans lien avec la production. Il est impossible de revenir à l’étalon-or abandonné en 1971. La rareté du métal précieux empêcherait le développement économique. On peut encore s’inspirer de ce modèle et imposer une certaine discipline aux Etats et à leur banque nationale. David Ricardo, en 1844, avait déjà émis une solution en exigeant plus de transparence dans la comptabilité de la Banque d’Angleterre. Mais la puissance que nous avons donnée, au XXe siècle, aux milieux financiers fait que les émissions de monnaie scripturale ou bancaire se sont emballées. «Contrairement à ce que pense la très grande majorité des gens et surtout des économistes, ce sont principalement les banques commerciales qui créent de la monnaie. Celle émise par la Banque centrale ne représente qu’un très faible pourcentage de la masse monétaire.» affirme Sergio Rossi lors d’une émission sur la TV tessinoise en 2017.


Qui a peur de la RECHERCHE ? Georges de Montmollin LENR-CITIES Suisse Sàrl

Curiosité, entêtement, témérité... des qualités utiles pour vivre une passion La recherche fondamentale est l’affaire des structures étatiques ou de grandes entreprises. Parfois des mécènes soutiennent des projets, des chercheurs ou des inventeurs. C’est de la philanthropie plus qu’une recherche de gain. Un ingénieur retraité, en Suisse, qui soutient les travaux de deux chercheurs dans le champ de la transmutation, ce n’est pas banal. Ces chercheurs ne sont pas inconnus dans leur domaine mais l’un est à Boston et l’autre à Florence. Ils font partie d’un réseau de 400 à 600 professeurs qui se rencontrent presque chaque année pour échanger sur l’état de leurs travaux, partager leurs idées et parfois se quereller entre chapelles. Georges de Montmollin, appuyé par quelques amis, connaissances et partenaires soutient, depuis trois ans les investigations, expériences et essais de Yogi Srivastava et d’Allan Widom. Quand ils «phosphorent» en Suisse, ils sont installés en un bon endroit, au MIC Marly Innovative Center, grâce à la bienveillance du propriétaire du site. Georges de Montmollin découvre, apprend et suit les expérimentations de ses poulains. Il fournit appareils et matériel et supporte les frais d’exploitation. Il met aussi son bon réseau professionnel et amical à contribution. Il assure la promotion des résultats. Deux publications scientifiques sont disponibles sur www.lenr-cities.ch Cet acquis prouve que les recherches entreprises avancent et sont crédibles. Les expériences en cours sont assurées jusqu’à la fin de l’année. Si la Suisse ne veut pas laisser passer une opportunité, il faudra trouver quelques fonds. Pour la troisième fois consécutive, le team donne des conférences et rencontre d’autres chercheurs en participant au Salon

international des inventions de Genève. Outre de travailler pour le développement de ce pan de recherche, Georges tisse des liens pour trouver d’autres appuis, des investisseurs et des industriels. Il espère intéresser des Hautes Ecoles, des Universités et des Centres de recherche en Suisse. Il augmente ses contacts et rencontre des professeurs, des politiciens, des patrons afin de réunir les compétences pour déposer un dossier auprès de la Confédération. Naturellement, les fonds nécessaires pour la phase suivante vont nécessiter un appel à soutien et à investisseurs. Georges de Montmollin est motivé. Sans disposer d’une fortune qui le ferait apparaître dans les classements des personnes les plus riches, j’ose affirmer qu’il est riche de bienveillance. Il montre la voie que pourraient suivre les personnes aisées de Suisse, en investissant dans des projets de proximité. Je ne peux qu’applaudir et dire : Bravo Georges ! NN

PE RSO NNALITÉDE FONDS RECHERCHE...

Rue Charles-Knapp 29 CH - 2000 Neuchâtel / Suisse Mob. +41 79 447 55 60

Publication ELSEVIER http://dx.doi.org/10.1016/j.engfracmech.2017.08.030

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georges@lenr-cities.ch

Voir la vidéo : www.youtube.com/watch?v=aeMXW6APZVw


COOPÉRER : la meilleure solution Sans chercher longtemps, nous osons écrire que c’est la seule façon d’aller de l’avant pour réaliser des œuvres même de taille modeste. Sur le plan de l’organisation des sociétés, de la vie en entreprise ou de collectivités publiques voire même dans sa famille, la coopération est nécessaire, utile et vitale. Nous coopérons constamment sans en prendre conscience. C’est quand ça coince, que les choses vont de travers et que l’on cherche le pourquoi du dysfonctionnement, que la valeur des liens participatifs se révèle, par absence. Les experts et les rapporteurs de mauvaises nouvelles mettent toujours la faute sur la mauvaise communication. Non, c’est la mauvaise coopération qui est responsable des échecs, des difficultés et des tensions dans un groupe constitué. La C-PIC est dans sa quatrième année qu’ils sont attendus et seront les sauveurs d’activité. La croissance des membres est de l’humanité sont stoppés net. Nous ne excellente. Les parts enregistrées sont dérogeons pas à nos statuts. au nombre de 20 Pour bénéficier depuis fin février. Notre rôle est de faciliter de la coopéraNous avons plula vie de nos coopérateurs tion, il faut être sieurs personnes c o o p é r a t e u r. porteurs de projets qui réfléchissent séNotre site est ouvert, rieusement à nous complet, simple et rejoindre. Nous osons dire que nous fai- clair. Notre place en Romandie est tousons le chemin en marchant. Les relations jours unique. Nos membres récoltent de internes sont bonnes. Les consensus sont bons échos dans les médias. Nous avons toujours trouvés quand nous définissons construit notre place dans le réseau IRO nos actions et nos engagements. Innovation Romande. Nous soutenons les Notre coopérative est née sous le inventeurs en soutenant l’ÎLE-VERTE. En signe de l’innovation. Ce mot est partout février 2018, nous avons enregistré une et règle tout. Dans la réalité quotidienne, le reconnaissance de l’OMPI. Nous allons problème des inventeurs, des porteurs de montrer que nous sommes capables de projets n’est pas d’avoir des idées. C’est conduire des projets ambitieux pour mérinaturel. L’accès à des services d’accom- ter cette mise en lumière.

Rendez-vous est pris pour 2019 Monique Brasey, secrétaire de la C-PIC

Chemin de la Fenetta 20 CH-1772 Nierlet-les-Bois Tél. +41 26 476 01 40 www.c-pic.ch

COO PÉRATIO N

pagnement et à des espaces en partage est assez aisé. Le problème numéro un demeure le financement et ce n’est pas seulement une réalité helvétique. Ce n’est pas avec notre capital que nous allons apporter la solution. Ce n’est pas notre objectif d’ailleurs. Notre rôle est de faciliter la vie de nos coopérateurs porteurs de projets. Notre méthode simple ne va pas changer et tiendra toujours en quatre verbes qui tracent notre axe d’action.

Le grand avantage du statut de coopérative est que les profiteurs, les aventureux et les égoïstes qui pensent

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CROISSANCE ET AVENIR Michel Bugnon-Mordant essayiste

Toute notion, tout acte humains s’inscrivent dans une logique, elle-même englobée dans la dynamique générale de l’univers. S’il est indubitable que la logique sous-jacente au processus vital des organismes animés est l’affrontement, en vue, chez les plus vindicatifs, d’exercer une domination, on observe que sur le plan économique, cette domination est aujourd’hui celle du capitalisme sous sa forme la plus radicale. Le capitalisme1 est à la fois un concept et une démarche logique. Sur le plan conceptuel, il implique qu’un avoir ou principal (patrimoine, richesse financière, richesse industrielle, etc.) par essence stable (stock) se doit, afin de croître, de rapporter à son possesseur. Sur le plan logique, il participe, comme tout organisme vivant, de la dynamique cosmique globale, laquelle, ainsi que le démontre la loi de proportionnalité de Hubble, se définit par l’éloignement des galaxies les unes par rapport aux autres en tant qu’elles sont entraînées par le vaste mouvement de l’univers en expansion.

Expansion, dans le cas de la dynamique universelle ; croissance, dans celui de la dynamique capitaliste : dans les deux cas, cette dynamique est (univers) ou veut être (capitalisme) imparable. Une différence majeure existe pourtant : si la dynamique cosmique est naturellement hors de portée de l’action humaine, la dynamique capitaliste, dès lors qu’en découle inévitablement une influence sociale, peut et doit être contrôlée et maîtrisée.

Capitalisme d’équité et capitalisme prédateur

ANALYSE

Dans ses travaux d’éthologie, Conrad Lorenz montre que la loi animale (instinct), tout en réservant au mâle dominant la part du lion, laisse au reste de la communauté nourriture et espace pour tous en suffisance. Il n’en va pas de même des hommes, dont le trait essentiel est l’égoïsme. Face à cette donnée irrécusable, tous les systèmes philosophiques, moraux, politiques, à l’exception de l’idéologie capitaliste, ont toujours préconisé que le devoir de l’homme est de dépasser son instinct prédateur dans le souci d’établir des types de sociétés assurant une harmonie optimale. Seul le capitalisme, dans l’absolu, exalte une prédation illimitée, légitimant l’accaparement par les plus forts de la quasi-totalité des biens et des richesses. Le triomphe de la bourgeoisie d’affaires (industrielle, bancaire, immobilière) à partir de la Révolution anglaise du milieu du XVIIe siècle, puis de la malheureuse Révolution française, allait entraîner l’établissement de républiques parlementaires, les parlements étant le meilleur moyen de confisquer le pouvoir en en écartant le peuple. De révoltes en révolutions, subissant 1

massacres et régressions sociales, les classes pauvres, puis moyennes inférieures et moyennes supérieures finirent par obtenir ce que l’on a appelé des «conquêtes sociales», conquêtes que les plus acharnés parmi les capitalistes n’ont jamais acceptées. La disparition progressive de composantes démocratiques, déjà fort timides, dans la seconde moitié du XXe siècle, ne laissant subsister un peu partout, en ce premier quart du XXIe siècle, que des apparences de démocraties, a permis que s’instaure le Mondialisme, c’est-à-dire le pouvoir de plus en plus affirmé et brutal de ploutocraties qui, par le biais d’institutions internationales à leur service exclusif (FMI, Banque mondiale, ONU, Union européenne), de privatisations (des banques centrales, notamment) et de la mise sous tutelle du politique, sont tout près de voir se concrétiser ce dont elles rêvent depuis toujours : un gouvernement totalitaire mondial. La victoire du capitalisme de prédation, symbolisé par des multinationales industrielles et bancaires plus puissantes que les Etats, débarrassées des frontières, quittes, sous peu, des nations et des peuples, est aujourd’hui avérée. Oublié le capitalisme d’équité et de responsabilité s’efforçant de contenir le chômage à un taux raisonnable (moins de 4 %) et offrant une répartition relativement équilibrée des profits, ainsi que des conditions de travail dignes, de justes salaires, des temps de repos et de vacances corrects et une utilisation raisonnable des ressources. C’est au contraire un capitalisme prédateur, totalitaire et tyrannique qui a répandu partout son empire, ainsi que le montre le cas extrême de la Grèce, cas qui préfigure ce qui attend les autres nations européennes pour le cas où n’interviendrait aucun sursaut salutaire. Ce capitalisme-là exige l’illimitation des profits et l’illimitation de ses prérogatives : faire ce qu’il veut,

où il veut, comme il veut. Dans un monde aux ressources naturelles finies, il exige de pouvoir agir à l’infini de sa convoitise. Face à la mesure, considérée par les Grecs anciens comme une vertu essentielle, il cède à l’hubris : la démesure.

Levons d’emblée toute ambiguïté : le capitalisme est encore le meilleur système créateur de richesses ; simplement, il y a capitalisme et capitalisme. Le communisme, qui était un capitalisme totalitaire d’Etat, a échoué.

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Dans l’Iliade, Achille, coupable d’hubris, est châtié par les dieux : les grands prédateurs de notre siècle, se croyant à l’abri d’un monde sans dieu et sans morale, cultivent l’hubris sans scrupule et sans frein, avec la complicité des gouvernements «démocratiques».

a été entreprise depuis la fin des Trente Glorieuses : paupérisation des classes populaires dès les années 80, des classes moyennes inférieures dans les années 90 - 2000, des classes moyennes supérieures depuis 2008 - 2009.

Démesure et avenir

Les moyens utilisés, chacun peut les observer et en ressentir les effets : matraquage fiscal, salaires de plus en plus squelettiques, mise en concurrence des salariés entre eux (avec la complicité des syndicats), submersion migratoire fournissant une armée de réserve pour le capital et appelée à remplacer4 les peuples européens par une masse indifférenciée, amnésique et sans racines, donc facile à manipuler. Il faut y ajouter la destruction de la cellule familiale, l’inversion de toute logique morale et sexuelle, l’effacement de l’histoire5, le rabâchage d’une culpabilité relevant du fantasme et appelant d’incessantes et absurdes repentances.

Ce capitalisme prédateur a non seulement confisqué le pouvoir, il a rendu la prédation et la tyrannie économique qui en résulte acceptables par une majorité de citoyens, particulièrement dans les pays occidentaux. Convaincus, pour beaucoup, que le fait de glisser un bulletin dans une urne à périodes régulières garantit l’authenticité des régimes «libéraux», ils avalent la farce des élections, mise en scène par un monde médiatique aux ordres. Une majorité refuse toutefois ce simple geste, ayant compris ce qu’il comportait de factice et de vain, dès lors que le régime dans lequel nous vivons n’est plus qu’un régime à parti unique composé de divers courants pour faire diversion, lesquels, depuis des décennies, appliquent la même politique antieuropéenne2, antinationale et anti-peuple3. L’hubris du capitalisme ultralibéral totalitaire aujourd’hui dominant se manifeste sans équivoque à travers les agissements de son Etat source : les Etats-Unis d’Amérique. Agissements à la fois économiques et militaires. Sur le plan économique, il est aux abois. En premier lieu, à cause du ralentissement de l’indispensable croissance. Ralentissement qui entraîne la stagnation des profits dont on attend qu’ils rémunèrent et accroissent le capital. Il s’ensuit une stagnation des salaires et de la consommation et une perte de confiance qui plombe l’investissement. Comme le capital n’admet pas la stagnation de ses revenus, il s’est lancé dans une guerre de prédation contre les classes salariées qui représentent environ 85 à 90 % de la population globale. L’arme utilisée : la dette ; en l’occurrence, l’endettement des Etats. Celle-ci justifie les razzias aux dépens des salariés : limitation drastique de la dépense publique, privatisations généralisées (santé, éducation, transports, énergie, en attendant la police et la justice – mais pour celle-ci, c’est déjà en partie la réalité). L’objectif est clair : plus rien ne doit appartenir à la collectivité ; tout doit profiter au capital. Devant le risque sporadique de révoltes, une opération de paupérisation des classes salariées

L’avenir, on le conçoit, est d’autant plus sombre que face aux résistances, le régime ultralibéral prédateur montre les crocs. Ses adversaires sont de deux sortes. Les Etats «illibéraux»6 faibles d’une part, qui courent le risque d’être détruits (ainsi, l’Irak et la Libye). Que certains d’entre eux tentent dès lors d’acquérir l’arme nucléaire est tout à fait légitime puisque c’est là leur unique chance de survivre (Corée du Nord, Iran). Quant aux Etats illibéraux forts (Russie, Chine), les manœuvres visant à les encercler, à les étouffer, à abattre leurs dirigeants se heurtent à de robustes contre-attaques. Pourtant les Etats-Unis ont à leur disposition la plus grande organisation criminelle de tous les temps : l’OTAN7. Le monde est-il encore en mesure d’éviter une issue fatale face à un Etat et ses complices disposant de moyens guerriers capables de faire exploser la planète ? A mon sens, la réponse est non. Seul un rétablissement du politique dans toute sa puissance serait à même d’éviter le pire. Les pays du groupe de Visegrad, tout comme la Russie et la Chine, semblent montrer la voie. Mais ne rêvons pas. Rien ne se produira, pour la bonne raison qu’il est trop tard. Un très mince espoir demeure avec la perspective d’une implosion ou d’une explosion du système capitaliste dans sa version prédatrice qui pour s’en tirer répand partout des guerres de petite ou moyenne intensité8. En attendant le dérapage fatal qui déclenchera l’apocalypse. Après tout, la race humaine mérite-t-elle autre chose ?

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Je veux dire anti-civilisation européenne et non pas anti-UE, celle-ci, création états-unienne, s’attachant à détruire celle-là. L’une des pires tares définies par les ploutocraties est appelée populisme. Le mot met en évidence leur profond mépris du peuple. Une autre tare est le complotisme ; le mot désigne le fait d’oser ne pas être d’accord avec le régime et proposer des alternatives souvent plausibles, voire évidentes, à sa propagande. 4 Un rapport des Nations unies de 2013 parle bel et bien de «migrations de remplacement». Tout est dit. 5 La romancière P.D. James a bien observé que «history, which interprets the past to understand the present and confront the future, is the least rewarding discipline for a dying species». Qui douterait encore que notre espèce, particulièrement en Europe, est effectivement à l’agonie ? 6 Le terme est de Macron. Pour ceux qui s’opposent à tout ce qu’il représente, le vocable a valeur de compliment. 7 Cela n’empêche pas l’armée suisse de se vouloir «OTAN-compatible», ce qui en dit long sur la pseudo-neutralité helvétique. Il est vrai que certains pays sont plus neutres que d’autres. 8 A la foire aux armements de Las Vegas, il y a quelques années, un journaliste demanda au représentant de Lockheed-Martin, fier des profits gigantesques occasionnés par les guerres entretenues par Washington, ce qu’il se passerait si les conflits s’arrêtaient. La réponse fut très claire : «Ne vous inquiétez pas. Si des guerres s’arrêtaient, nous en commencerions d’autres.» 3

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Amitié 4.0 Où va notre SOCIÉTÉ ? La Suisse, depuis le pacte de trois bergers en 1291, est le pays par excellence des clubs et associations et autres sociétés de loisirs ou professionnelles. Chaque commune et collectivité compte de dix à vingt occasions de se rencontrer : du sport à la musique, du jardin au skatepark, de la vidéo au modèlisme, tout est prétexte à se regrouper par affinités. Le TCS,qui a ses origines à Genève, était un club de cyclistes et de campeurs. Certains clubs que nous n’allons pas citer, étaient exclusivement réservés aux hommes. Les temps changent et les concepts aussi. Aucune société ne disparaiît Vente Suisse est née il y a 140 ans sous les coups d’une autre quand les vendeurs, les représentants civilisation. Oui, aujourd’hui les offres de commerce faisaient du porte-à-porte. d’activités sont nombreuses. Oui, la vague internet nous oblige à nous adapter à une vitesse affolante. Oui, les jeunes ont d’autres sources d’intérêts et de formation. Oui, des métiers disparaissent. Oui, la vente en ligne vient secouer nos habitues et nos organisations. La Suisse est le résultat de relations humaines entre des gens qui doivent faire un effort constant de compréhension. Nous sommes le pays des compromis. Ces derniers 40 ans, ces valeurs du passé nous ont plutôt réussi. Sur le plan de l’activité économique nous sommes toujours bien notés. Toutefois, nous devons veiller à garder certaines structures humaines et être attentifs aux changements de société.

Dans les commerces et entreprises, le chef des ventes était toujours le patron. Certains produits bien connus construisaient leur visibilité grâce à leurs équipes de vente. Par exemple Sigolin avait une flotte de 80 VW bordeaux qui sillonnaient tous les villages. Maggi avait des véhicules de dégustation. La Migros a aussi innové avec des camions-magasins. Les boulangers et les laitiers faisaient aussi du porte-à-porte 6/7 jours et les médecins venaient à domicile.

climat dans le monde du commerce et de l’industrie est favorable dans cette région. Si la vente est importante pour votre société et vos produits. Si la vente est votre activité principale. Si la vente est un besoin constant pour vous et votre entreprise. Si votre réseau physique demande à être développé. Si vous vous destinez à un métier de la vente. Si vous voulez échanger vos relations dans un réseau physique, contactez-nous :

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Aujourd’hui, Vente Suisse veut se redéployer en Romandie à partir du Nous vous inviterons territoire de Neuchâtel. La ligne de l’Arc ju- en toute amitié à notre prochain rassien nous guide de Bâle à Genève et le apéro-rencontre-formation

PE RSO NNALITÉ ASSOCIATIO N

Votre succès – notre objectif

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FLOT : Formation en Ligne Ouverte à Tous Luca Brasey étudiant HEIG-VD

Qui n’a jamais suivi un FLOT ou MOOC (Massive Open Online Course) ? Ce mot peut vous être inconnu, pourtant je suis certain que la majorité d’entre vous ont déjà consulté un tutoriel en ligne. Que ce soit pour résoudre un problème informatique, faire une fleur en origami, cuisiner une recette de l’émission ‘Pique-assiette’ ou apprendre à jouer de la guitare en regardant des vidéos. Internet offre toutes sortes de tutoriels accessibles à tous, en tout temps et partout. En quoi les MOOC sont-ils diffé- Depuis des siècles, le savoir du rents ? Ces cours en ligne peuvent être monde se trouvait dans les livres, maindonnés à des classes dispersées dans tenant il se trouve dans notre poche. Les le monde. Leur contenu est interactif et MOOC ne sont-ils pas uniquement une invite les élèves à forme d’enseignepartager et discuter ment qui évolue ? C’est une nouvelle avec les autres. Il Un accès facin’y a pas forcément approche de l’Open source lité, un accent sur et du partage du savoir l’échange de professeur à la entre tête d’un MOOC, élèves du monde chaque membre est à la fois enseignant entier. Ce système ne remplacera pas les et étudiant. La majorité du contenu est par méthodes éducatives actuelles, ce qui est conséquent le fruit des utilisateurs. C’est sans doute une bonne chose. Néanmoins une nouvelle approche de l’Open source il offre une nouvelle dimension à l’éducaet du partage du savoir. tion et peut contribuer à l’améliorer.

Nous attribuons volontiers à Gandhi : «Montrer l’exemple n’est pas la meilleure façon de convaincre, c’est la seule.» Cette définition est régulièrement signée par des auteurs, sociologues et autres penseurs qui enfoncent des portes ouvertes. Il faut se souvenir que Socrate, lui, a fait sien ce comportement de l’exemple, en acceptant de boire la ciguë alors qu’il pouvait fuir tranquillement et donner raison aux représentants de l’ordre établi. Galilée au XVIIe siècle, s’écrasa devant l’Inquisition avec sa belle formule : «...et pourtant elle tourne.» en parlant de la Terre. C’est toujours la résistance des pouvoirs établis. (Réd.)

Chaque nouvel outil de communi- La technologie modifie de l’intécation s’est fait sa place dans la formation. Mon père m’a raconté que dans les années 1950, il y avait des émissions de radio pour les écoles. Les maîtres apportaient leur poste personnel en classe pour faire participer les enfants à cette nouveauté. L’enseignement était loin d’être participatif. Les élèves devaient écouter, en silence, l’instituteur en profitait pour corriger les cahiers d’exercices.

rieur le système d’enseignement. S’appuyer sur la technique peut entraîner des craintes et des blocages. Ces trois dernières années, la polémique sur l’IA, Intelligence artificielle, et les objets connectés s’est enflammée. Tout est Big data et Cloud. Allons-nous vers une amélioration ou une détérioration de notre société ? Les dix à vingt prochaines années apporteront la réponse. Participons !

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La mobilité en ville, c’est... MICRON M2 Michel Barro Ingénieur EPFL

Une idée suisse, une usine en France, un constructeur allemand, depuis 1997 le concept de voiture urbaine répond à SMART. Après 20 ans de pénétration des marchés et la naissance de nombreuses copies, le parc de véhicules n’a guère évolué et la circulation en ville est partout toujours aussi pénible. La révolution commence maintenant avec la Micron M2

1 x 2,1 m, qui sont une réponse à l’encombrement des rues et des parkings.

Presque tous les constructeurs de voi- La législation va s’adapter à ces tures ont développé des modèles pour nouveaux véhicules qui occuperont cinq la ville. Les évolutions vers des véhicules fois moins de place sur la chaussée et tout électrique est réelle mais il n’y a pas dans les parkings. Par exemple, il faudra encore de disruption. Les fabricants sont permettre l’usage des voies de bus et taxi figés. En fait, aucun fabricant de bougies et créer des cases de parc lilliputiennes ne s’est lancé dans la production d’am- ou même autoriser le parcage en travers dans certaines poules électriques. zones. Des solutions Les producteurs La vitesse, l’autonomie, de parking en silo de voitures contiles facilités de parcage automatique comme nuent de sortir des et le prix sont des MACAUTO sont déjà véhicules quatre atouts primordiaux une réponse. Dans places. Pourtant, des campus, ces en agglomération le taux d’occupation des véhicules est de véhicules pourront être autonomes et il y 1,2 passager. La moyenne des déplace- aura des stations pour des véhicules en ments journaliers est inférieure à 30 km. partage.

SNT Swiss NewTechnologies SA Deux types de véhicules à moins est un bureau de R&D, spécialisé dans de 10’000 francs au lancement et les les nouveaux modes de déplacements urbains. Son axe de recherche – Ma ville sans bouchon – veut aussi apporter une meilleure qualité de vie, moins de bruit, moins de pollution, moins de temps perdu.

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Rouler, parquer avec efficacité. Les ingénieurs doivent se concentrer sur la mobilité avec une approche globale. Ils doivent casser les schémas qui opposent voiture privée et transports publics. Nous ne sommes pas dans un combat mais dans une coopération grâce à de nouvelles solutions.

La Micron M2 apporte une réponse par sa conception innovante. C’est une voiture électrique avec une batterie facilement interchangeable qui règle tout problème d’autonomie. La configuration des sièges, 1 + 1, donne des dimensions,

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prix baisseront. Les batteries au lithium ont une capacité de 8 kWh ou 16 kWh. Le poids à vide est inférieur à 390 kg. Deux types de motorisation, 2x4 kWh pour une vitesse de 45 km/h ou 2x7,5 kWh pour une vitesse maximum de 100 km/h. L’autonomie largement suffisante pour un usage journalier en milieu péri-urbain est de 50 à 100 km. Bridés à 45 km/h, ces véhicules pourront être conduits sans permis. Un cabriolet et un 4x4 sont à l’étude.

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Vers une médecine NUMÉRIQUE ! La révolution numérique, par les multiples dimensions nouvelles qu’elle déploie sur le secteur de la santé et notamment des soins de santé, est porteuse de grandes améliorations pour tous et ceci en réduisant les frais. Cela n’est jamais arrivé dans le domaine de la santé que l’augmentation de la qualité des soins soit accompagnée d’une baisse des coûts. C’est une première. Aujourd’hui, en effet, la révolution numérique nous donne une opportunité sans précédent de revisiter les métiers et les pratiques, une occasion unique de recomposer un système de santé, et en particulier de soins de santé, dans le sens d’une plus grande qualité et d’une meilleure accessibilité économique. Aujourd’hui, les transformations qui se profilent promettent un rendez-vous nouveau entre productivité économique du secteur et améliorations des services apportés aux bénéficiaires du système de santé. Il faut tout d’abord clarifier le contexte général de la révolution numérique et ses ressorts. La convergence historique des nouvelles techniques de captage d’informations, de capacité d’analyses en temps réel, de traitement assisté, voire des processus d’actes médicaux automatisés, permet à présent d’envisager ce double gain en qualité et en prix. On sait, depuis plusieurs décennies déjà, qu’un des facteurs clés qui contribue de façon majeure à l’augmentation linéaire et constante des coûts de santé tient au recrutement toujours plus important de personnel. Quel que soit le pays considéré, le système de soins n’a jamais vraiment été en mesure d’introduire de la productivité en son sein. Certes, la question de la mesure de la productivité en matière de santé est souvent problématique et comme le note Vincent Champain : «Si le système de santé réduit de 50 % la mortalité d’un cancer pour 5 % de coûts en plus, les statistiques n’enregistrent que la hausse des coûts.» Pour autant et in fine, la charge des personnels reste la grande question.

système mondial converge vers la tendance de fond qui se définit outre atlantique, que ce soit en termes de pratique médicale ou d’organisation des parties prenantes du système. On peut donc s’attendre qu’il en sera ainsi avec la révolution numérique, d’autant plus qu’elle est dominée, là encore, par les Etats-Unis et en particulier par Boston ou la Silicon Valley. Elias Zerhouni, ancien directeur du NIH américain (National Institute of Health) et Directeur de la Recherche et Développement de Sanofi a développé de façon très aboutie et convaincante les quatre axes majeurs de déploiement de la médecine en proie à la révolution numérique : prédiction, personnalisation, préemption, participation. En effet, la médecine personnalisée (ADN et Digital), la médecine prédictive (Big Data, Algorithmes et Intelligence Artificielle), les médecines de préemption et de prévention, la médecine participative (dans laquelle il faut réinsérer le phénomène des réseaux sociaux) apporteront une telle quantité d’innovations au système de soins actuel que cette convergence débouchera inévitablement sur un saut qualitatif et quantitatif important, qui permettra pour la première fois d’envisager une inversion de la courbe des coûts et même une diminution réelle des budgets santé.

Ainsi, on compte, par exemple aux Etats-Unis, pour chaque médecin, environ seize professionnels qui vont accomplir des tâches liées à son action. Même si le système américain est de loin le plus onéreux et le moins productif au monde, il reste aujourd’hui le système de référence. Très souvent même, il est précurseur et montre le chemin que les autres systèmes nationaux seront amené à suivre. Si chaque pays a développé son propre système de soins, il n’en reste pas moins que la tendance suit toujours l’influence américaine.

Lorsque l’on parle de Révolution alors il faut d’abord s’intéresser aux Révolutionnaires, c’est-à-dire à des gens qui ont décidé de transgresser lois et coutumes... et qui portent des visions alternatives qui vont transformer en profondeur les états de fait et les allant-de-soi.

La Mayo Clinic, la Cleveland Clinic et le Massachusetts General Hospital, entre autres, sont de véritables marqueurs pour le domaine. Ce sont ces institutions qui dictent le tempo du progrès. Les professionnels de santé scrutent en permanence leurs percées et leurs résultats. Et l’on peut dire que l’ensemble du

Aujourd’hui tout particulièrement dans le domaine de l’innovation-santé, si l’on continue de faire l’éloge des acteurs majeurs de l’ancien monde institutionnalisé, à savoir les

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Par Xavier Comtesse, mathématicien, auteur du livre «Santé 4.0» éditions Georg, sept. 2017

centres hospitaliers, les universités ou les grandes entreprises de la pharma, c’est vers un monde nouveau qui émerge qu’il faut se tourner. Dans la population, dont les usages sociaux changent radicalement avec le quantified self, les réseaux sociaux de soins, l’émergence du consom’acteur, etc.), et bien sûr, dans les entreprises nouvelles : les géants de la Net-économie.

souvent de pur type incrémental, le sont à un coût trop élevé pour les bénéfices qui en sont tirés. Mais on oublie trop volontiers de regarder ce qui se trame en coulisses, tout simplement parce que les changements disruptifs ont lieu hors des murs bien délimités du champ officiel du domaine de la santé : hôpitaux et centres universitaires en tête.

Actuellement, en Europe les tenants de la médecine classique sont encore peu challengés par les GAFAIM (Google, Apple, Facebook, Amazon, IBM et Microsoft) ou les innombrables petites start-up souvent pilotées par des médecins et des chercheurs issus des sciences du vivant, car la maîtrise des Big Data semble encore être réservée à IBM (Watson), Google (moteur de recherche), Amazon (Echo) et Apple (montre connectée) et quelques rares autres groupes asiatiques comme Samsung ou Huawei.

Aussi, tel qu’il est, le système de santé a atteint ses limites.

Ainsi, l’organisation officielle de la santé se trouvera contournée, dépassée et apparaîtra rapidement comme désuète face aux pratiques de ces nouveaux acteurs. Les Etats qui s’impliquent rarement dans la mutation en cours, notamment de type numérique, vont devoir rapidement affronter ces problèmes de dépassement de régulation comme ils doivent le faire aujourd’hui avec Uber ou AirBnB. Mais s’agissant de santé publique cette fois-ci, le facteur d’urgence qui s’attache au fait que des vies pourraient être mises en jeu appelle à des régulations de tout autre nature. Les pouvoirs publics devront au plus vite fixer les futures règles du jeu sans vraiment en connaître pleinement les enjeux. De sorte qu’un travail prospectif et pédagogique s’impose, particulièrement auprès des politiques et des responsables du système de santé. En ce sens ce livre se veut clairement une contribution pour ce débat. Trop souvent le discours des politiciens et des décideurs sur la question de la santé se limite aux risques de dérapage incontrôlé des coûts dans le système de soins de santé institutionnalisé. Certes, on peut s’accorder sur l’idée que la recherche de gain en productivité est au point mort et que les améliorations apportées,

On a trop souvent l’impression aujourd’hui que les transformations s’effectuent pour satisfaire à l’organisation propre du système, favorisant davantage sa préservation et sa pérennisation, notamment par la défense des positions acquises, que pour le mettre en position de se transformer, voire de se réinventer. Et pourtant… Il faudra bien faire face aux mutations qu’entraînent dans un même mouvement les changements de comportements sociaux et la transformation numérique. Il est urgent de voir et de comprendre les formidables poussées qui proviennent de forces exogènes, situées en dehors du système et de ses régulations. Ces forces ouvrent de tout nouveaux chemins de rupture avec de nouveaux acteurs venus de l’informatique, des Big Data, de l’intelligence artificielle, des algorithmes, du Deep Learning, etc. Dans l’univers de la santé, le disruptif viendra donc bien des données et des protocoles algorithmiques peut-être bien davantage que des molécules ou des cellules du vivant. Il s’agit pour l’heure de comprendre l’ensemble de ces multiples mouvements tous issus de la révolution digitale, puis de voir comment ils affecteront le système de santé et tout particulièrement le système de soins. Big Data, Data Mining, Cloud Computing, Deep Learning, Blockchain, etc. autant d’inventions récentes sont en train de totalement changer la donne. Les algorithmes neuronaux ou autoapprenants ont fait lors de ces deux dernières années de tels progrès conceptuels qu’on s’interroge sur la mesure de ce bond en avant. Fini l’intelligence artificielle des systèmes experts qui cherchaient à calquer naïvement le raisonnement humain. Nous voyons l’émergence de programmes informatiques réellement intelligents puisqu’ils sont capables de s’améliorer tout seuls. Dans le domaine des soins de santé, on est peut-être bien à la veille d’une telle révolution. Le numérique est en passe d’inventer son propre destin et peut-être le nôtre. Peut-on seulement imaginer que le domaine de la santé et le système de soins puissent échapper à cette déferlante ?

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SOCIÉ TÉ

Ce double mouvement issu de l’empowerment des individus et de l’offensive des entreprises du Net, jusqu’à récemment peu impliquées dans le domaine de la santé, va profondément affecter le système de santé. Tel un double tsunami, ces deux vagues vont déferler sur le monde de la santé en renversant à peu près tout sur leur passage. En effet, le système actuel avec son organisation et les marges bénéficiaires qu’il offre aux tenants des institutions en place, laisse dans le même temps une grande place aux nouveaux entrants dont les avancées sont orthogonales aux modes opératoires des organisations en place entraînant un appel d’air important. Certes, des organisations, telles que la Food and Drug Administration, ne manqueront pas d’exercer de fortes régulations qui ralentiront les deux vagues… mais sans jamais les arrêter.

Les améliorations ne semblent pas se faire là où on les attend, à savoir : centrées sur les patients et sur l’amélioration de leur santé par l’optimisation, la performance et la productivité de l’ensemble du système de soins.


L’intelligence artificielle, entre réalité et FANTASME Dès les années 30, Alan Turing, l’homme qui a décrypté Enigma, s’est évertué à démontrer que les machines seraient un jour capables de penser, et son ambition était de construire une machine pour ce faire. Au début, le rat... C’est finalement en 1951 que John McCarthy construisit la première machine neuronale, le SNARC, un réseau de 40 neurones artificiels simulant le cerveau d’un rat qui, à la recherche de nourriture, apprend à se diriger dans un labyrinthe. En 1956 le nom intelligence artificielle apparaît et des recherches sont financées autour de l’apprentissage machine, l’étude de la créativité ou des réseaux de neurones basés sur des algorithmes.

Puis vint l’auto-apprentissage... Fin des années 50 un nouveau pas est franchi, une machine parvient à apprendre à reconnaître des lettres lumineuses grâce à une méthode d’auto-apprentissage. Bien que réussie et significative cette expérience mit à jour le besoin d’une informatique plus puissante pour repousser les limites de l’intelligence artificielle.

De l’espoir à la désillusion... Pendant des années, du fait du développement de nombreuses solutions d’intelligence artificielle mono-activité dans des secteurs très différents, les scientifiques s’étaient convaincus que l’intelligence de l’ordinateur égalerait celle de l’humain avant la fin du XXe siècle. Mais toutes ces réussites n’ont fait que de démontrer ce qui en 1973 va devenir une évidence : en l’état de la recherche la machine aux capacités multiples est un mirage.

IA

L’espoir renaît C’est au cours des années 80 que les entreprises s’intéressent à des solutions d’aide à la décision en acquérant des systèmes experts afin de reproduire le raisonnement d’un spécialiste. Mais ces systèmes vont vite montrer leurs limites car codifier, consigner et mettre à

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jour les connaissances des hommes de l’art se révèle à la fois compliqué, complexe et onéreux.

1997, l’année de la consécration pour l’intelligence artificielle En dix-neuf coups, Kasparov, le plus grand joueur d’échecs du moment, est terrassé par une machine, Deep Blue. Le monde entier sait maintenant ce qu’est l’intelligence artificielle, ce dont elle est capable, mais ce que peu de personnes savent c’est que la machine a été victime d’un bug et qu’elle a joué au hasard un coup qui a réussi à déstabiliser Kasparov !

Un robot remporte le jeu Questions pour un Champion aux Etats-Unis Pour gagner, Watson, l’ordinateur d’IBM, a appris à jouer rapidement tout en sachant gérer les risques. Il sait jongler avec les subtilités du langage, il comprend les expressions populaires ou argotiques, il peut saisir l’ironie et interpréter une image et, enfin, il sait se taire lorsqu’il n’est pas sûr de lui. Avec plus d’un million de livres en mémoire et des milliers de parties face à de nombreux joueurs, Watson a appris à apprendre de ses erreurs comme de celles de ses adversaires.

Le développement du net change la donne Google, grâce au logiciel AlphaGo, va battre en 2016 le champion du monde de jeu de Go alors que le monde scientifique, se basant sur les résultats de Watson, évaluait cette possibilité pour, au mieux, les années 20. Ce résultat fut obtenu en utilisant les ressources du net et en les combinant avec une double modélisation d’apprentissage : Le deep learning ou apprentissage

profond (s’inspirant des neurones du cerveau humain) et l’apprentissage par renforcement (prises de décisions à partir de sa propre expérience). Aujourd’hui Google, avec cette technologie, développe une intelligence artificielle devant apprendre le monde grâce à la consultation d’une foultitude de vidéos !

Demain serons-nous tous remplacés par des robots ? A tous ceux qui ont peur, il faut rappeler qu’aujourd’hui nous ne savons réaliser que des robots spécialisés et qu’il faudra certainement encore attendre quelques décennies avant que des intelligences artificielles multi-compétences voient le jour. Comme toutes les technologies qui ont révolutionné le monde, l’intelligence artificielle devra s’affranchir de son approche copie du fonctionnement de l’homme au même titre que pour se déplacer rapidement l’homme a dû trouver autre chose que les jambes (la roue) ou que pour voler il a dû s’affranchir du vol de l’oiseau (l’hélice). Bien sûr on peut imaginer une intelligence artificielle sachant devenir autonome, capable de chercher de sa propre initiative des informations, sachant comprendre le langage de l’homme et lui parler, mais sa réalisation n’est pas pour demain... Gilles de Chezelles, société GD2C


La propriété intellectuelle, pourquoi et comment… Gilles de Chezelles société GD2C

La propriété intellectuelle est à la base de tout ce qui permet à l’auteur Le droit d’auteur et droits voisins d’une innovation technologique ou d’une œuvre de l’esprit de se proté- Le droit d’auteur protège les œuvres littéraires, musicales, graphiques, plastiques ger contre la copie ou le plagiat. Un peu d’histoire...

Déposer un brevet en Suisse

En 1600, l’Angleterre a institué le statute of monopolies permettant d’accorder un patent pour un mode d’industrie encore inconnu dans le royaume et, quelques années plus tard, le copyright pour protéger les œuvres littéraires.

Déposer un brevet en Suisse est relativement peu onéreux car la procédure ne comporte pas d’examen de nouveauté ou d’activité inventive. De ce fait, il ne bénéficie pas d’une présomption de validité aussi forte qu’un brevet européen par exemple.

La propriété intellectuelle se partage en deux axes : - La propriété industrielle qui porte essentiellement sur les inventions (brevets), les marques, les dessins et modèles industriels ; - Le droit d’auteur qui protège les œuvres littéraires et artistiques (romans, poèmes, pièces de théâtre, films...), les œuvres musicales, les œuvres d’art (dessins, peintures, photographies et sculptures), ainsi que les créations architecturales.

Pourquoi se protéger ? D’une manière générale, on a intérêt à se constituer des éléments de preuve attestant que l’on est bien à l’origine d’une innovation ou d’une création tant pour réserver un secret de fabrique, revendiquer un droit d’exploitation ou faire valoir son droit d’auteur que pour pouvoir exercer une action en justice. En Suisse comme en Europe, une idée ne peut être protégée. Seule peut être protégée la façon selon laquelle elle s’exprime (invention, marque, création littéraire ou artistique...).

Que peut-on protéger par un brevet ? Pour être brevetée une invention doit avoir un caractère absolu de nouveauté, n’avoir jamais été divulguée au public, faire preuve d’une activité inventive et être susceptible d’application industrielle.

Pourquoi déposer une marque ? Garder pour son propre usage une marque de fabrique, de commerce ou de service, ou tout simplement un nom d’entreprise, telle est la finalité du dépôt de marque. On peut protéger aussi bien un signe verbal, un signe figuratif ou un signe sonore avec certaines restrictions.

L’enveloppe Soleau ! Spécificité française : en 7 pages on se constitue la preuve de la date certaine d’une création ou d’une idée.

Et pour demain ? L’ère du numérique a ouvert de nouveaux champs de détournement des droits d’au-

Protéger un design Le design d’un produit peut être déterminant pour son succès commercial et, pour se protéger contre les contrefaçons, on utilise le dépôt de dessins et modèles. C’est ainsi que la protection, d’une durée de 25 ans maximum en Suisse, peut être accordée aux créations bidimensionnelles (tissus, emballages, cadrans de montres, etc.) comme aux objets tridimensionnels (meubles, montres, boîtiers d’appareils...).

La protection des logiciels Le code d’un logiciel, et non ses fonctionnalités, est protégé depuis la date de sa conception et sans autres formalités par le droit d’auteur et, s’il possède un effet technique, il peut être breveté en Suisse et en Europe en tant que invention mise en œuvre par logiciel. Seul aux USA un logiciel peut être breveté en tant que tel.

teurs et, pour s’en protéger, il devient nécessaire d’en moderniser les dispositions juridiques, ce que font de nombreux pays dont la Suisse. Mais l’ère du numérique c’est aussi l’espoir de voir se développer des solutions web de protection et de dépôt comme ce que la Belgique est en train de tester avec l’enveloppe numérique. Pour nous, innovateurs et inventeurs, c’est certainement une grande évolution de nos modes de protection qui se profile à l’horizon bien que, dans le fond, il y a de fortes chances que ce ne soit que l’adaptation à notre monde communicant des statute of monopolies et copyright créés au 17ème siècle.

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PI

Les deux aspects de la propriété intellectuelle

mais aussi les logiciels, les créations de l’art appliqué, les créations de mode, etc. Il confère à son titulaire, automatiquement et jusqu’à 70 ans après sa mort, un droit exclusif de reproduction, de diffusion et de représentation.


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Cassini a rejoint Galileo dans l’atmosphère de SATURNE Michel Giannoni Dr ès sc. ing. EPFL

Le 15 septembre dernier, vingt ans Mais les découvertes les plus extraoraprès avoir quitté la Terre, la sonde dinaires concernent les deux satellites, Cassini a plongé dans l’atmosphère de Encelade et Titan. Cassini a d’abord enreSaturne, après avoir effectué vingt-deux gistré des températures anormalement passages entre la planète géante et ses élevées au pôle sud du premier, puis déanneaux. Cette mission a fait l’objet d’une couvert de gigantesques panaches de gaz remarquable collaboration entre la NASA et de glace s’y échappant. Elle a traversé et l’Agence spatiale européenne ; en effet, ces geysers et y a détecté de l’hydrogène, c’est l’ESA qui a mais aussi des comconstruit le module posés organiques Titan le seul corps Huygens, qui s’est et du sel, prouvant du Système solaire, détaché de Cassini ainsi qu’un océan avec la Terre, à posséder pour aller se poser existe sous la croûte une étendue liquide sur le satellite Titan. gelée d’Encelade et La moisson de donqu’il repose sur un nées et d’images récoltées par la sonde fond rocheux. Et là où l’eau est présente et son atterrisseur est exceptionnelle. Elle sous forme liquide, la vie a des chances donnera du grain à moudre aux scienti- de se développer. fiques pendant des décennies. Sur Titan, le module Huygens a repéré Durant les treize ans passés en orbite des lacs d’hydrocarbures, ainsi qu’une autour de Saturne, Cassini a scruté les atmosphère comportant, outre de l’azote, moindres recoins de la planète aux an- une cinquantaine d’ions organiques de neaux et de ses lunes, découvrant de très haut poids moléculaire. Il a mesuré nombreux objets célestes, dont six satel- les vents et les températures, déterminé lites. Elle a pris un demi-million de photos la nature du sol du saà très haute résolution et collecté plus de tellite et sa topographie. 5000 Gbit de données. Elle a fourni, lors Les scientifiques pende sa plongée finale, des informations sur sent également qu’un les champs gravitationnel et magnétique océan d’eau est enfoui 50 km sous sa surface. de l’astre, ainsi que sur son atmosphère.

A l’instar de la chute de Galileo sur Jupiter il y a 15 ans, la destruction programmée de Cassini était indispensable pour éviter que la sonde s’écrase sur Titan ou Encelade, risquant de contaminer par des bactéries importées de la Terre, l’un de ces deux astres qui possèdent des conditions favorables à l’apparition de la vie. La Revue Polytechnique

Huygens

Cassini

SCIENCE

Saturne

Ces deux caractéristiques font de Titan le seul corps du Système solaire, avec la Terre, à posséder une étendue liquide à sa surface, ainsi qu’une atmosphère majoritairement composée d’azote. Des processus chimiques complexes peuvent donc s’y dérouler, comme des réactions d’oxydo-réduction et même prébiotiques, fournissant une énergie propice à l’émergence d’acides aminés, voire de micro-organismes. C’est la puissance gravitationnelle de Saturne qui fournirait à ses satellites l’énergie nécessaire à ces phénomènes.

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Apprendre de l’échec ? Facile, je me trompe souvent Monique Brasey IRO magazine

Nous sommes à l’ère de la communication depuis 40 ans. La connaissance est une richesse depuis 30 ans. La dématérialisation et la digitalisation c’est depuis 20 ans. Maintenant les objets sont intelligents et l’AI ou intelligence artificielle se niche partout. Partout vraiment ? La définition de l’intelligence nous pouvions prétendre. Pour le restant est faite par nous, les humains, et nous sommes certains d’être les seuls êtres à la détenir. Bravo pour ce que nous en faisons. Les nouvelles, vraies ou fausses, nous donnent une vision édifiante de notre intelligence. Sur le plan mondial, il y a de quoi être dépitée. Des milliards (virtuels) sont investis dans des gadgets, des jeux boursiers, des luttes de pouvoir, des conflits et des guerres. C’est vraiment l’expression d’une intelligence supérieure. Il ne faut pas en douter.

Seule l’innovation peut nous sauver de la destruction. D’accord

FO RMATIO N

mais quelle innovation, quelle invention ? Pas celle prônée dans les discours des politiques, ni celle mise en avant par la finance anglo-saxonne. Aujourd’hui, il faut avoir une approche globale, comme la mondialisation, avant d’imaginer, créer et fabriquer un nouveau produit. La vie d’un produit va de sa conception jusqu’à sa disparition. Il faut évaluer l’énergie grise détruite et payer le retour à la nature. Chaque année, et depuis plus de 10 ans, au mois d’août nous avons consommé, détruit les ressources naturelles auxquelles

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de l’année, nous pillons les droits et réserves de nos enfants. Nous fonçons dans le mur et on s’en fout. Avant de mettre sur le marché un nouveau produit, il faut analyser les implications globales pour la société universelle. Nous dans le Nord, nous déplaçons nos usines à l’Est, en Asie et nous envoyons nos déchets dans des pays aux législations maffieuses. Nous faisons des trous dans la coque de notre navire la Terre et, comme sur le Titanic, nous entonnons la musique de Plus près de Toi, mon Dieu. C’est une belle perspective. Le naufrage du Titanic marque encore les esprits. On pleure en regardant

le film et on passe au quotidien. Notre quotidien de dévoreurs, comme des rats. Les rats justement, ils ont la sagesse d’autoréguler leur population en fonction des ressources naturelles et du territoire. Par contre, les pauvres, ils n’ont toujours rien compris à l’intelligence artificielle. Je viens au Salon des inventions car pour moi c’est un lieu de découvertes, de reflets de l’humanité mais surtout un lieu d’espoir. Chaque année, il y a d’excellentes idées, chaque année il y a des rêves merveilleux. Dans la Halle 7 de Palexpo, chaque printemps, les gens sont meilleurs. En nourrissant www.invention.ch je tente d’apporter de la continuité. On peut le faire ! Je vous invite à fédérer vos efforts, à échanger, à partager le savoir et la connaissance. Analysez les bonnes pratiques. Nous sommes à l’ère du copier-coller. Copions le meilleur.


NOs limites !

Notre structure IRO est au cœur d’un réseau important en Romandie. Un porteur de projet doit réunir de nombreuses compétences et il faut les révéler et les enrichir. Une première réponse a été la création, en 2015, de la C-PIC. Tous nos contacts ne peuvent pas adhérer à la coopérative. Mais nous offrons à tous des appuis avec des formations adéquates. Après avoir évalué une quin- Le 4.0, la digitalisation, c’est zaine de formateurs, nous pro- quoi ? Ce sont des inventions huposons à nos membres une voie pour dépasser leurs limites. Ce chantier sera orchestré par Patrick de Sépibus au siège de la C-PIC pour des groupes de dix personnes.

maines. Vous êtes l’humain. Soyez créatif. Patrick de Sépibus développera votre créativité et réveillera le génie qui s’est endormi en vous.

A la demande de la NASA, les

Nous apporterons aussi des professeurs George Land et Beth Jarman réponses en entreprise et nous allons organiser des manifestations particulières avec l’occasion de vivre une expérience unique dans votre vie.

Quel apport pour l’entreprise et ses collaborateurs ? Depuis 30 ans le coaching est à la mode. Des gourous sont même apparus et se revendiquent de tous les courants de pensée. Avec la vitesse d’évolution de nos sociétés, il faut renforcer l’individu et l’intégrer dans la collectivité. Au lieu de l’esprit de compétition il faut de la coopération. Dans notre vie, nous ne sommes pas aux Jeux olympiques.

Rien de nouveau Pour évoluer avec la société, il faut être souple et pouvoir s’adapter aux nouvelles situations.

ont élaboré un test qui permet de mesurer la capacité à regarder un problème particulier et à proposer des solutions multiples. Les résultats furent très satisfaisants pour l’Agence spatiale. Rappelez-vous de l’odyssée Apollo XIII. Les deux professeurs ont poursuivi leurs études et ont testé 1’600 enfants d’environ 5 ans. Ils ont découvert que les niveaux de créativité étaient bien meilleurs que chez des ingénieurs aguerris. Intrigués par ce constat, ils ont poussé leur étude sur la durée. Après 5 ans, ils ont refait ce test. Il a été établi que chez ces enfants de 10 ans, le génie créatif avait diminué de deux tiers. L’étude fut reconduite à l’âge de 15 ans. La créativité avait encore diminué de 50%. Pour vérifier comment évoluait

Patrick de Sépibus votre pilote pour les passages difficiles

cette baisse de créativité, le test a été fait à large échelle sur des personnes d’âge moyen de 31 ans. Seuls 2% avaient encore les traits de génie créatif des enfants de 5 ans.

Bonne nouvelle Votre créativité ne meurt pas avec l’âge. Elle est étouffée par vos a priori, vos habitudes, vos complexes, vos peurs du ridicule, vos croyances, votre esprit critique et vos certitudes d’adulte. Vous viendrez préparer demain en notre compagnie. Avec IRO vous aurez un traitement de faveur digne de votre valeur personnelle connue ou encore cachée. Bienvenue au club et venez réveiller vos talents. Informations sur :

www.invention.ch

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Le design : un fort potentiel pour les créateurs Jean-Luc Vincent président fondateur

Gaëlle Grosjean directrice

Mondialisation, économie 4.0, impression 3D, avatars, image virtuelle, holographie, la technique va si vite qu’un produit chasse l’autre. Les mêmes techniques sont disponibles partout, en tout temps, instantanément. Tous les produits se ressemblent. Toutes les modes et tendances sont partagées universellement, sans délai.

En 1991, j’ai participé au concours avec LE classeur national. Je me suis bien amusé. J’ai obtenu une médaille de bronze et ça m’a apporté un peu plus de 50’000 francs. C’est modeste mais pour un concept léger, c’était un bon rendement. Mes investissements étaient inférieurs à 2’000 francs.

Vaut-il encore la peine de protéger un design, un dessin, un modèle ?

Le succès, à mon échelle, de cette opération a été dans le choix de l’agenda. 1991, c’était le 700e anniversaire de la Confédération helvétique. Ma participation au Salon m’a apporté la visibilité et les contacts en quelques jours. Le fabricant a même vendu des classeurs au CERN. J’ai bénéficié d’un coup de pouce du président de la Confédération, Adolf Ogi, et naturellement de l’appui de quelques médias. Je dois cette belle histoire à la force du Salon international des inventions de Genève. Quant à la valeur du concept du produit, je vous laisse aller voir les archives de www.invention.ch. Soyez indulgent, c’était il y a presque 30 ans. NN

Oui, par précaution, car ce service est rapide, avantageux et protège votre création pendant 5 ans, renouvelable pour deux périodes supplémentaires, soit une durée totale de 15 ans.

Non, si vous ne croyez pas en votre création et en son avenir commercial ou si l’œuvre est impossible à copier, à multiplier. Dans les 6 mois depuis la date de dépôt en Suisse, vous pouvez revendiquer une protection mondiale avec un droit de

priorité, auprès de l’OMPI. Créateurs de tous pays, profitez de la présence au Salon de l’Institut fédéral de la propriété intellectuelle pour vous informer et être conseillé par les spécialistes suisses.

L’univers de la protection du design ? Vous êtes à table. Vous pouvez protéger la forme de la table, de la chaise, le dessin de la nappe, la forme des services, de l’assiette et du verre. Vous pouvez aussi protéger la forme des pâtes que vous allez déguster et naturellement leur emballage. Vous comprenez vite que si vous êtes doué, original, créatif, sensible et découvreur de tendances vous pourrez vivre de vos créations.

RENDEZ-VOUS AU 47e SALON INTERNATIONAL DES INVENTIONS DE GENÈVE

10 - 14 AVRIL 2019

PE RSO NNALITÉ SALON / E XPO

Le premier mécanisme d’horloge suisse entièrement fabriqué en fromage avec le soutien de MILCO SA en Gruyère / Suisse. Révélation lors du 46e Salon des Inventions de Genève.

Venez par la route, le rail ou les airs ! 1991, Adolf Ogi, conseillet fédéral, avec le classeur national

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Claude Rollinet, un constructeur de rêves heureux


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Innovation • Toute la sagesse du monde ne sert à rien • Toda la sabiduría del mundo es inútil si vous ne passez pas à l’action. si no actúas. • All the wisdom of the world is useless if you do not act. • Die ganze Weisheit der Welt ist nutzlos, wenn Sie nicht handeln.

• Tutta la saggezza del mondo è inutile se non agisci. • La tuta sa o de la mondo estas senutila, se vi ne agas.

2-3 éditions annuelles N 0 30 / 2018

s sans v fe r o nt p a e s e n s t Ce s p r o je ts, ements nos engag er z e n e t te u o S it évit isse, pour onomiq iques iicci en Suis c é s é i ié g u f fu é r ré s r rs tu mattiion de ffuutu forrm la fo ar la p t n a d i id a les leur pays. en le dans le e l l ll e n n o io i s fes rofe pro e, r ll’’ Affrr iiqq u u o p e h c rc r nes. En ma g iin e n o s o r iig b e rrcce a u d

IROmag, Ch. de la Fenetta 20 Tél. +41 26 476 01 40 CH -1772 Nierlet-les-Bois Fax +41 26 476 01 41

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IROmagazine N° 30  

Revue de l'invention et de l'innovation en Romandie

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