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N° 31/ 2019

Un seul destin : COOPÉRER !

11 Mode projet et innovation 12-13

Les brevets favorisent-ils vraiment l’innovation ?

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La révolution industrielle du 4.0

Réseau de compétences Association Suisse Invention Romandie Le réseau création d’entreprises www.id-group.info www.pme-ch.ch Jumelé avec l'Association des Inventions de Chine

Centre pôle innovation et compétence

Au centre, Georges de Montmollin, président de la C-PIC

Thierry Dime, redacteur en chef Claude Beglé, conseiller national


édito

L’Homme au centre !

Cette exclamation est une idée bateau, vide de sens, qui fleurit depuis quelques années dans les tranches de vie et les messages des dirigeants des grandes entreprises. Les politiques, les professeurs, les psychiatres, les curés, les psychologues et autres causeurs, tous pensent avoir découvert la formule de génie. Narcisse Niclass Rédacteur

IMPRESSUM IROmagazine Ch. de la Fenetta 20 CH -1772 Nierlet-les-Bois www.invention.ch issuu.com/invention.ch Layout IROmag ÉDITIONS Monique Brasey iromag@invention.ch Correctrice Laura Zinetti IMPRESSION PCL Presses Centrales SA, Renens Av. de Longemalle 9, CH-1020 Renens Tél. +41 21 317 51 51 info@pcl.ch Fax +41 21 320 59 50 www.pcl.ch

RÉDACTION Narcisse Niclass Michel Bugnon-Mordant Gilles de Chezelles Xavier Comtesse Eric Plan Monique Brasey Rémy Pilliard Michel Giannoni ILLUSTRATIONS mona / raa.ch

Si vous reproduisez nos textes, veuillez toujours mentionner la source. Association Suisse Invention Romandie a un réseau privilégié de relations grâce au jumelage avec

Des échanges ont lieu régulièrement depuis 1987

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Personne ne sait où est ce centre. Cette place est-elle la même pour un musulman, un athée, un juif et autre colporteur de certitudes ? L’Homme, même nommé l’Humain, est-il un modèle, un patron, un standard ? C’est comme les mots paradigme ou problématique qui sont apparus partout dans le langage courant. En fait c’est de l’enfumage, comme le fameux Prix Nobel de l’Economie, qui n’existe pas. Les sots, les journalistes même, prennent, reprennent et répètent en boucle des INFOX. Il faut jeter tous ces artifices de langage, tous ces mots pédants, tous ces pseudo-concepts émis par des manipulateurs qui se complaisent dans notre société pourrie. Je ne peux pas exiger du rendement de ma caisse de pension si les gestionnaires affament les Mexicains, les Argentins en achetant leur maïs. Nos gauchistes, en Suisse, crient au scandale à cause du choix de personnes célèbres sur nos anciens billets de banque. Ils ont voulu des images neutres qui ne portent plus de noms. Ils ont imposé ainsi le concept du chiffre. Un Ramuz écrivain est devenu 200 francs. Ces mêmes gauchistes ne s’inquiètent

pas du choix des investissements de la BNS dans des industries d’armement américaines. Nous devons être cohérents dans nos choix, nos décisions et nos comportements. Les menteurs ont le pouvoir dans la finance internationale depuis deux siècles. Les politiciens sont à la solde de la finance. Comment la fameuse société civile peutelle prendre le pouvoir du nombre ? Nous avons accès au savoir du monde entier mais nous nous replions sur notre quartier. Les gourous, les diseuses de bonne aventure et les escrocs à la Madoff fleurissent. Les gens sont aussi crédules qu’un serf du Moyen Age. Leur horizon est bouché par les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) qui ne cherchent que le profit dans une société h y p e r- i n dustrielle. Des robots font le travail des journalistes. Les citoyens sont guidés par le sensationnel, l’émotionnel. Le monde change et nous ne changeons pas. Nous subissons nos choix de société. Personne n’ose tirer le frein à main. Nous savons que nous mangeons les ressources des prochaines générations et on s’en fout. Albert Jacquard a éveillé nos esprits depuis les années 1980 déjà. Il est temps de relire ses ouvrages qui sont maintenant d’une actualité criante. Genève, où il a enseigné, est peut-être le lieu pour innover et inventer une Gouvernance mondiale responsable. Narcisse Niclass


2020, le retour Philippe Maradan et Frédéric Steinmann membres du comité

Après plusieurs années de collaboration directe avec Georges Aegler (1911 - 2007), nous avions mis en place un outil d’accompagnement au service des inventeurs et des créateurs d’entreprises. Ce pionnier du microcrédit en Suisse avait une vision et nous avions ouvert, à Fribourg, une antenne de l’ASECE (aujourd’hui MSS).

En Suisse encore plus que dans un pays en développement, lancer son entreprise, créer son job n’est pas une sinécure. Il y a de l’argent mais les banques ne peuvent pas s’occuper de dossiers mineurs. Les sociétés et structures de capitalrisque donnent rarement leur appui à un projet artisanal en phase de création. Georges Aegler avait compris dès 1997 que le microcrédit était aussi une bonne idée pour la Suisse. Aujourd’hui, MSS Microcrédit Solidaire Suisse continue sa mission mais toute l’activité a été rapatriée à Lausanne. Le travail sérieux est plus discret et il y a moins d’appels à projets. Il faut dire qu’avec les Apps, les Startups et tous les Prix à

l’innovation, l’environnement a changé. Toutefois, au Salon international des inventions, chaque année, notre club enregistre plus d’une dizaine de demandes d’appui, de soutien et de financement. Nous nous satisfaisons de diriger ces futurs patrons ou indépendants dans le méandre des diverses aides. Nous avons dû constater que malgré le web, ces créateurs-entrepreneurs veulent rencontrer des gens, des personnes, pour discuter, échanger et parfois partager plus que leurs problèmes. C’est de ce constat, qu’il y a maintenant 5 ans, la C-PIC est née. Cette nouveauté est un grand pas mais ce n’est toujours pas la voie pour les futurs indépendants en recherche d’un crédit qui ne réponde pas au sens de petit-crédit.

Georges Aegler 1911 - 2007

Notre club, sous l’impulsion de : Frédéric Steinmann 078 849 08 72, Philippe Maradan 078 923 69 24 et Gabriel Marchon 079 874 52 12, a décidé de rendre plus visible son Point Créateur qui n’a jamais cessé son fonctionnement. A l’heure du 4.0, vos contacts se font sur www.invention.ch et auprès des responsables ou au secrétariat 026 476 01 40. Bonne pioche et bienvenue au club, votre premier pas pour bénéficier de notre appui.

L’IRO mentor club organisait déjà des rencontres, des réunions, des conférences, des formations, des événements et des expositions en 1982, avant internet, avant la 4G, avant Facebook et autres réseaux sociaux.

C’est du concret. Rejoignez-nous sur : www.iromentorclub.ch

• Evaluer • Conseiller • Accompagner • Promouvoir

Secrétariat : Chemin de la Fenetta 20 CH -1772 Nierlet-les-Bois

Tél. +41 26 476 01 40 iro@invention.ch

Voir la vidéo : www.youtube.com/watch?v=br1z9gYluuA

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réseau de compÉtences

Notre club avait apporté le concept du Point Créateur et le succès fut immédiat. Des antennes avaient été créées avec l’appui direct et personnel de Georges Aegler. Outre un bureau central à Lausanne pour Vaud, après Fribourg, les cantons de Neuchâtel, Valais et Berne ouvrirent leur porte. Même le Tessin avait rapidement importé le concept au-delà des Alpes. Jusqu’à la fin de sa vie, ce visionnaire a donné toutes ses forces pour les artisans, les indépendants qui devaient affronter la difficulté de trouver des fonds de démarrage.


Un seul destin : coopérer !

L’esprit de coopération, le consensus sont des qualités bien développées dans la culture helvétique. La population suisse sait chercher et trouver le dénominateur commun qui favorisera une avancée constructive de la société. Les coopératives, les consortiums et les accords entre communes, cantons, institutions publiques sont plus développés entre les Alpes et le Jura que chez nos voisins européens.

COOPÉRATION PERSONNALITé

Depuis des siècles, ces montagnards, pauvres, ont dû coopérer pour survivre. Un sol difficile, un sous-sol sans richesses, un climat rigoureux ont enseigné la voie de la sagesse : une vie frugale, faire des réserves de nourriture provenant de son agriculture, récupérer, recycler et résister pour arriver, chaque année, au printemps. Jusque dans les années 60, le bilan écologique devait être favorable. Depuis les années 1990, c’est la catastrophe. Consolation, nous ne sommes que 8 millions de consommateurs mais nous mangeons pour 24 millions.

développement de projets, nous sommes uniques. Nous devons réussir notre mission afin de devenir un modèle dans l’accompagnement des artisans, des patrons des PME, des indépendants créatifs et actifs.

L’esprit coopératif signifie que pour

bénéficier des services de la C-PIC, il faut être coopérateur. Notre but n’est pas d’élargir encore l’offre large et généreuse des outils officiels d’aide à la création d’entreprises. Nous ne recherchons pas les étudiants, les lanceurs de startups, les jeunes créateurs qui ont besoin d’un La C-PIC (Coopérative Pôle Innovation coach et de capital-risque. En adhérant à Compétence) s’est résolument engagée notre société, un coopérateur rejoint aussi pour une économie durable. Nos statuts un groupe de partenaires, d’amis, avec qui sont notre philosophie et nos actes sont il aura une collaboration simple et directe. en harmonie avec notre volonté commune. Nos membres ont de l’expérience, du caractère et savent Pour nos quatre premières années Toute la sagesse du monde que les relations se construisent et que d’existence, nous ne sert à rien si vous ne les échanges se avons atteint nos passez pas à l’action nourrissent. Nous objectifs en nombre sommes une orgade coopérateurs, de parts et de projets. Nous sommes enga- nisation qui affiche son prix clairement au gés dans divers défis que nous accompa- menu. Nous parlons tous le même langnons selon notre politique. Nous avons gage et nos expériences sont notre preaussi clôturé certains dossiers, toujours mier retour sur investissement. selon la ligne définie et notre mode de traBienvenu au club. vail. Nous sommes en 2019, en une année cruciale, et devons augmenter nos ressources grâce à l’adhésion de nouveaux coopérateurs. Nous devons également adapter notre fonctionnement sur la base de notre jeune expérience. En interne, nous avons les compétences pour assu- Chemin de la Fenetta 20 Nierlet-les-Bois rer notre pérennité et notre croissance. CH-1772 Tél. +41 26 476 01 40 Dans les milieux de l’invention et du www.c-pic.ch

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Coopérer : le bonheur ! Depuis le 24 avril 2003, j’avais le numéro de mobile d’Albert Jacquard, maintenant il est trop tard. Il avait trouvé intéressant mon projet de m’inspirer de ses nombreux livres et conférences pour organiser des manifestations d’éveil à l’écologie humaine. Je n’ai rien fait. Je ne cherche même pas une excuse. La différence entre faire et ne rien faire, c’est faire. Toute la sagesse du monde ne sert à rien si vous ne passez pas à l’action. Pour la protection de la nature, je me contente, comme tout le monde ou presque, de réfléchir lors d’un acte d’achat. Rarement je mets en difficulté mon confort mais je mets en péril la planète. Je suis le roi du blablabla et chaque année, depuis le début août, je mange ma deuxième planète. Pourtant, il n’y a pas de plan B. Est-ce ça la cohérence ?

Narcisse Niclass


Le marché des cleantech de demain Eric Plan

secrétaire général

Amorcé il y a près de 10 ans, le développement des cleantech est actuellement en pleine phase de consolidation et le nombre d’installations et de pilotes croît à travers le pays. Tout indique que l’on s’achemine dès 2020 vers une accélération du déploiement de solutions cleantech, en particulier sur les marchés internationaux. Des signes qui ne trompent qui vont générer de la vapas... les investissements connus et leur économique à terme. publiés pour les startups suisses en 2018 Le rôle des salons…

Le rôle de l’innovation... certains plaisantent sur le fait que la recherche scientifique est la transformation de l’argent en savoir alors que l’innovation est l’art de transformer le savoir en argent. D’autres renchérissent en précisant qu’un inventeur est avant tout un générateur d’idées pour de nouveaux produits, plus ou moins utiles, qu’il brevète. Alors que l’innovateur est celui qui va transformer cette idée en valeur économique. Au-delà des caricatures, pas toujours si éloignées de la réalité reconnaissons-le, c’est justement aux interfaces que l’innovation prend sa source, son inspiration. C’est l’un des rôles de CleantechALPS que de provoquer ces rencontres improbables pour favoriser l’émergence d’innovations

ce sont des lieux idéaux d’échanges et de visibilité, à l’image de l’espace «Île-Verte», qui croît, pour la sixième année consécutive, au sein du Salon international des inventions de Genève. Un salon qui ne peut pas ignorer l’ampleur mondiale que prennent les soucis écologiques, d’autant plus que l’OMPI (instance mondiale en termes de protection de la propriété intellectuelle, basée à Genève et acteur incontournable du salon) propose depuis plusieurs années WIPO GREEN, une «Market Place for Sustainable Technology».

Raphaël Domjan et Immo Stroeher à l’arrivée de PlanetSolar à Monaco .

Mike Horn et Eric Plan en action pour le climat à Lausanne.

Si les salons contribuent à accélérer la commercialisation de l’innovation et à informer les citoyens sur l’importance de leurs choix, un ambassadeur peut donner encore plus d’ampleur à cette démarche. En Suisse, nous avons la chance d’avoir des personnes de premier plan qui s’engagent, pour sensibiliser tous les acteurs de notre société. Nous avons une bonne lignée de savanturiers mondialement connus : Bertrand Piccard, Raphaël Domjan et depuis peu Mike Horn, qui a aussi pris la route de l’écologie dans ses discours. Le précurseur était certainement Jacques Piccard, qui, dans les

années 1980, surveillait déjà la qualité des eaux du Léman et tenait gratuitement des conférences publiques.

ÉCONOMIE DURABLE

ont dépassé la barre des 50 millions de francs. Jamais le nombre de tours d’investissement dans les startups vertes n’avait été aussi élevé depuis 2013 et cette tendance ne semble pas ralentir. En février dernier, les startups cleantech se payaient la part du lion avec 63% des levées de fonds réalisées en Suisse romande, sans oublier les PME qui ne sont pas en reste. C’est à notre sens le signe indéniable que le secteur reçoit ses lettres de noblesse. Avec une tendance décalée d’environ 20 ans par rapport aux biotechnologies en termes de volume d’investissements, les cleantech sont en train d’interpeller clairement les investisseurs, dans la foulée d’une prise de conscience globale liée au réchauffement climatique.

CleantechAlps Western Switzerland Cleantech Cluster c/o CimArk, Route du Rawyl 47, 1950 Sion www.cleantech-alps.com info@cleantech-alps.com

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Capitalisme et Occident :

vers une civilisation de cauchemar ? Michel Bugnon-Mordant essayiste

Chaque changement d’époque a ses gourous. La nôtre a Jacques Attali. Il n’est certes pas seul. Derrière lui, infiniment plus puissante de par le poids financier et matériel qu’elle représente, une gigantesque ploutocratie sans patrie, sans émulation autre que la possession d’une richesse et d’un pouvoir qu’elle ne conçoit que totale. De cette ploutocratie, on discerne quelques éléments émergés : Wall Street, la City, Goldman Sachs. Il en est bien d’autres. Ensemble, mais non sans tiraillements et rivalités internes, ils utilisent la plus grande force militaire, économique et criminelle du monde, l’Etat profond états-unien, exécuteur de leurs basses oeuvres. Mais ils commandent également à l’ONU, au FMI, à la Banque mondiale, à l’UE, à l’OTAN, aux gouvernements, aux médias. Ceux qui leur déplaisent, les freinent ou les gênent, ils les abattent par organismes interposés (False Flag Operations, ONG, services spéciaux, mercenaires). Ils interviennent partout ; ils ont leurs valets : Macron, Merkel, May, Trudeau. Ils ont leurs bêtes noires, ceux que les peuples décidés à demeurer eux-mêmes et libres devraient respecter et écouter : Poutine, Xi Jinping, Orban, Salvini. Ceux-ci luttent pour les leurs, pour la souveraineté, l’intégrité de leur terre, le respect de leur histoire, de leurs moeurs, de leurs croyances. Mais les peuples ont été réduits à une amnésie sans retour. L’avenir que nous prépare cette ploutocratie cosmopolite – dont les grands rendez-vous, feutrés sous l’apparat médiatique destiné à rassurer, sont annuels : Davos, Bilderberg, G20, etc. – confine à l’horreur. Pour nous en convaincre, écoutons Attali1.

Un homme sûr de lui et dominateur Il est calme, satisfait de lui et de son monde, les bras croisés, une esquisse de sourire énigmatique sur son visage. Il est certain de son pouvoir, de la réalité de ses prévisions. Avec un cynisme presque bon enfant, il énumère le catéchisme qui condamne les peuples et les nations. Sauf un peuple, sauf une nation, mais que l’on n’a pas le droit de nommer, sous peine de mort sociale. Ou pire. C’est d’ailleurs sa capitale qu’il voit un jour capitale du monde globalisé.

GÉOPOLITIQ UE

Le triomphe du Mondialisme Ce qu’Attali annonce est tout simplement la concrétisation de l’inversion triadique. Les trois fonctions du paradigme indo-européen : politique, économique, militaire, le politique dominant les deux autres pour le bien commun. La ploutocratie cosmopolite est enfin parvenue à en pervertir l’ordre hiérarchique, condition d’un minimum d’harmonie collective. Les fonctions politique et

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économique ont opéré une rocade, l’économique contrôlant le politique et se servant du militaire pour imposer ses fins lorsque les moyens plus sournois ou moins brutaux ont échoué. «Les élus n’ont plus de pouvoir», énonce le gourou, ils sont «aux ordres du Marché». Le Marché : il résume et complète la notion de ploutocratie initialement introduite dans ma démonstration. Le Marché : ce monstre multiforme, anonyme, fluide, pénétrant partout, actif jour et nuit, toute l’année ronde. D’un clic, il condamne à mort une population, affame des villages, précipite dans la misère des familles, des régions. Dans quel but ? Celui d’étendre son pouvoir, celui de la ploutocratie. La mort des autres ? Elle ne suscite pas le plus petit battement de cils chez les sociopathes qui le composent. L’ancien patron du MEDEF, le baron Seillière, à qui Elise Lucet rappelait dans Cash investigation que l’une de ses business ventures avait causé près de 12 000 victimes (chômage, misère, dégradation sociale), n’eut qu’une réaction : «Oui, cela a été une excellente opération».

Le politique, otage de l’économique Symbole de l’impuissance actuelle du politique, de son aveugle servilité : Macron. Le gourou précise : c’est lui et ses «amis» qui ont «fait» Macron. Il a été mis en place pour remplir une mission : briser la France, en effacer les contours, le passé, le visage éternel, sa substance sociale. Merkel est son alter ego en Allemagne, Tsipras, son équivalent en Grèce. Mais le schéma est semblable presque partout, avec des nuances : Trump, aux Etats-Unis, fait exception sur certains points, raison pour laquelle on persiste à vouloir sa peau ; Salvini en Italie, Orban dans l’admirable Hongrie aussi. A la question : pourquoi les élus, les vôtres, n’ont-ils plus de pouvoir ? La réponse d’Attali est détaillée : - Ils ne disposent plus de la «thaumaturgie»2, c’est-à-dire du droit de vie ou de mort sur leurs concitoyens, la peine de mort ayant été abolie. - Ils ne décident plus de la politique économique, car ils sont prisonniers de l’euro, dont l’usage dépend de décideurs supranationaux. - Ils ne sauraient appliquer une politique industrielle puisque tout ou presque a été privatisé ; ce qui ne l’est pas encore, le sera sans tarder. - Ils n’ont plus d’influence sur la société, sinon celle d’imposer peu à peu les réformes sociétales appelées à en modifier la substance3. Là, en définitive, réside le rôle du responsable politique mondialisé. Les «élus», c’est-à-dire les «choisis par le Marché», ne sont plus que des facilitateurs 4. L’unique puissance dont ils sont encore investis par délégation leur permet de paver la voie vers


l’annihilation des peuples en tant que détenteurs putatifs d’une souveraineté démocratique depuis longtemps illusoire mais dont subsistent quelques bribes. Les élus n’ont plus de pouvoir, mais, ajoute le gourou, «les peuples ne le savent pas».

Vers l’asservissement absolu des populations Bien qu’ils ignorent l’essentiel des projets du Marché, les peuples sont encore susceptibles de se rebeller. Il s’agit donc de les réduire au silence. Pour y parvenir, il ne saurait y avoir de meilleur instrument que la peur. Il incombe donc aux élus d’organiser une insécurité chronique. Elle découle déjà naturellement d’un chômage savamment entretenu, de salaires étiques que la concurrence croissante d’une invasion migratoire délibérée, soutenue, rendue endémique, amplifie. On s’en apercevra sous peu, quand le traité de Marrakech, signé sans consulter les citoyens, prendra son plein effet 5. Se manifesteront, en outre, dans les années qui viennent, des épisodes d’attentats sanglants, de menaces terroristes qui inciteront les citoyens à souhaiter l’instauration d’un état d’urgence drastique. D’ores et déjà, dans les pays de l’UE, comme l’affirme le gourou avec une satisfaction gourmande, l’état d’urgence, encore timide, est devenu irréversible. Mais, nous fait-il comprendre à demi-mot, la réduction des peuples au silence et à la soumission ne suffira pas. C’est leur asservissement qu’il s’agira de réaliser. Car ils auront, dans les décennies à venir, des raisons de vouloir se révolter. La domination planétaire et absolue du Marché entraînera son cortège de malheurs supplémentaires : - Concentration encore jamais atteinte des richesses - Inégalité croissante et monstrueuse - Tyrannie de l’argent - Tyrannie de l’instant, du court terme Le mot est lâché, et il est d’Attali : tyrannie. Car le Marché entend bien, afin de s’étendre et d’accaparer l’ensemble des richesses et du pouvoir, mener à son terme une double opération. D’une part, s’emparer de ce qui reste encore partiellement un bien commun : la santé, l’éducation, la justice, la police, les affaires étrangères. Si le système de santé est déjà presque partout plus ou moins à deux vitesses, participant en outre du grand remplacement, le numerus clausus ayant pour fonction

d’écarter les autochtones au profit de médecins majoritairement extra européens, le système éducatif, avec, comme en France, l’obligation d’une scolarisation dès l’âge de trois ans, confirmera de plus en plus son rôle de mécanisme d’endoctrinement 6. La justice, quant à elle, laxiste envers les crapules par souci d’amplifier le sentiment d’insécurité, ne dissimule plus depuis longtemps, du moins dans l’UE, qu’elle est une justice de classe. Si elle a abandonné la peine de mort pour les criminels les plus dangereux et les plus odieux (mais pas pour leurs victimes), elle en a en revanche laissé l’usage aux affaires étrangères. C’est en toute bonne conscience que le Marché, par l’entremise de ses «élus», l’applique aux populations récalcitrantes, de la Palestine à la Serbie, du Moyen-Orient à l’Amérique latine et à l’Afrique 7. Si l’on pensait, à ce stade, avoir touché le fond de la pensée du gourou et de ses amis, on se trompait. Il faut encore au Marché, se hâte-t-il de dire, tutoyer l’ignoble. Que la prostitution, par exemple, entre dans ses attributions, cela nous le savions déjà. Les pauvres filles attirées de Bulgarie, de Roumanie ou d’ailleurs par des malfrats qui les violent puis les mettent de force sur le trottoir de nos villes, auraient pu depuis longtemps être libérées de leurs bourreaux pour peu qu’une volonté politique existât. Il ne saurait toutefois en être question puisque la liberté du commerce, l’une des libertés sacrées du dogme ultralibéral, doit être totale. Et la prostitution, n’est-il pas vrai, est un secteur du commerce. Mais il faut davantage au Marché. Là, le gourou, tel Raminagrobis, se pourlèche : le commerce des organes. Les prisonniers de Daech, les tués palestiniens tombés entre les mains de Tsahal, les nouveau-nés enlevés par des gangs, à qui l’on arrache les yeux et sectionne les organes les plus prisés, finissent déjà dans des Rungis anatomiques. Le Marché compte bien en obtenir le contrôle absolu. Est-ce tout, cette fois ? Non, s’empresse d’ajouter le gourou, il reste le commerce des armes. Il est juteux et bon à prendre. Il est depuis longtemps florissant, source de guerres infinies qui nourrissent les profits et les haines, sources d’autres guerres. Autre chose ? Oui : le racket. Ce qui était réservé aux mafias sicilienne, napolitaine, américaine, chinoise, japonaise, le Marché le veut. Quand il l’aura, par quel moyen y faire jamais obstacle ?

Toutes les citations et paroles rapportées qui vont suivre sont tirées d’entretiens avec Jacques Attali. On peut les consulter aisément sur la toile : https://www.youtube.com/watch?v=k40RpYZlvkQ. L’usage de ce terme est intéressant. Le thaumaturge (du grec thaumatourgos : «faiseur de miracles») est celui qui est doté de la toute-puissance, celui qui décide, notamment, de la vie ou de la mort. Réformes qui s’accompagnent de gigantesques campagnes de culpabilisation. Les peuples, retardés, égoïstes, aveugles, extrémistes, seraient essentiellement «racistes» - alors que le seul véritable racisme en Europe est le racisme anti-blancs, qui va jusqu’à l’appel au meurtre, en commençant par les bébés dans les crèches, – «homophobes» – alors que l’homophobie est une vue de l’esprit attisée par le LGBTisme (bêtisme) hystérique, – mais avant tout «antisémites» – ce qui ne veut rien dire. Il n’y a pas d’antisémitisme en Europe, mais une volonté d’user du mot comme d’une arme paralysante afin de faire taire et de soumettre, d’empêcher la critique du sionisme, doctrine totalitaire et dangereuse, et d’Israël. 4 Curieusement, le mot est aussi utilisé par la pédagogie américaine partout adoptée, l’enseignant, avec sa personnalité, sa culture, disparaissant derrière son rôle d’exécutant pousse-bouton et propagandiste au service du système. 5 La Suisse échappe pour l’instant, tant au chômage, aux très bas salaires, qu’au traité de Marrakech. Concernant ce dernier, et sous les protestations de la gauche, notamment du PS, toujours prompt, comme la plupart des partis, à trahir l’intérêt national, les autorités fédérales sont dans l’expectative. Que les «élites» suisses soient déterminées à se joindre à ce total abandon de souveraineté n’est pas douteux, mais elles demeurent en tapinois, attendant le moment favorable. 6 Après avoir fracassé le millénaire noyau dur de la société, la famille, en donnant force de modèle à toutes les perversions, on entend retirer l’enfant à ses parents pour mieux en faire le futur citoyen du monde atomisé, décérébré, chair à canon autant qu’à dépravations de toutes espèces, facile à soumettre. 7 Elle a provisoirement échoué contre la Syrie, mais s’apprête à faire rentrer dans le rang le Venezuela, en dépit de la protestation d’une cinquantaine de nations membres des Nations unies, preuve que le Marché se moque absolument du droit international. 1 2 3

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GÉOPOLITIQ UE (suite )

Vers l’écœurement des peuples ? Ecœurés, les peuples finiront par le devenir devant tant d’ignominie. Se révolteront-ils ? Non, parce qu’ils ne le pourront plus. Non seulement seront-ils moralement affaiblis, nerveusement usés, mais Attali, qui se sent des ailes, conclut sa démonstration par le coup de massue dont on ne se relève pas. Les élus au service du Marché, soucieux de leur poste et de leurs prébendes et donc obéissants puisqu’ils se savent interchangeables, peaufineront leur rôle de liquidateurs. Trois domaines sont encore à démanteler : - Ce qu’il demeure des services publics, qu’il convient d’appauvrir puis d’éradiquer (c’est-à-dire privatiser). La poste, les transports ont déjà subrepticement quitté le giron de l’Etat, il n’y a donc plus qu’à finir le travail. - Ce qui appartiendrait encore si peu que ce soit à des secteurs protégés, pour des raisons de défense nationale, en particulier, doit s’ouvrir sans restriction aux investissements privés. Macron s’acquitte admirablement de cette tâche-là. Les éléments stratégiques d’Alstom ont été remis aux Américains, qui en attendaient l’augure depuis belle lurette, de même, récemment, que Arjowiggins Security, l’imprimerie hautement sécurisée, seule habilitée à fabriquer le papier des billets de banque. Le but est ici très clair : prévenir, en cas de sortie de l’euro, toute possibilité de fabriquer à nouveau des francs. Avec Alstom, Arjowiggins, les manufactures d’armes et bientôt les aéroports et d’autres diamants de la couronne France, ce sont des centaines de brevets, tout un savoir-faire qui auront été volés aux citoyens et remis aux plus offrants. - Même la fin de vie ne sera plus laissée aux salariés. Les retraités ne servent plus à rien, assène le gourou, il faut donc accélérer la mise en place de l’euthanasie. L’ultime domaine, le Marché ne l’a pas oublié. Il est fondamental de «détruire les dernières protections des salariés et des citoyens, de livrer au Marché les derniers bastions détenus encore par le peuple». 8

En d’autres termes, il faut créer un monde bicolore : d’un côté, le Marché et ses gens ; de l’autre, la masse des serfs, mais sans les garde-fous que leur garantissait le système féodal (à propos duquel des tombereaux de mensonges ont été déversés dans nos programmes scolaires depuis le XVIe siècle). D’un côté, «les détenteurs du capital et des propriétés lucratives», le pouvoir politique et économique qui fait et défait les «élus» et conduit à sa guise les manants ; de l’autre, le peuple, les manants, précisément : soumis, sans volonté, obéissant, simple marchandise que l’on peut acheter, vendre, équarrir et servir en plat de résistance sur la table des grands, ainsi que le suggérait, en une apothéose antiphrastique exemplaire, Swift dans A Modest Proposal: “Instead of being a charge upon their parents or the parish, or wanting food and raiment for the rest of their lives, they [children] shall, on the contrary, contribute to the feeding, and partly to the clothing, of many thousands”. Actualisons ce texte : au lieu simplement d’enfants, considérons les chômeurs, les laissés pour compte, les trop vieux, les malades, les rebelles, et proposons, puisqu’ils sont une charge, qu’ils cessent effectivement de pleurer une nourriture et des vêtements qui leur font défaut en devenant à leur tour nourriture (et leur peau, pièce d’habillement) pour les très riches et leurs affidés. Pour le Marché, tout s’achète et tout se vend.

Le détournement du droit Il a été effectué dès le traité de Maastricht. Les traités, précisément, ont progressivement remplacé le droit et «s’imposent à la loi des hommes». En concevant le traité de Maastricht, ronronne Attali, «on a soigneusement oublié d’écrire l’article qui permet de sortir» (les Anglais s’en aperçoivent). De la sorte, traité après traité, le piège s’est renforcé et refermé sur les peuples. Les autorités suisses, contournant le refus citoyen d’entrer dans l’Union européenne, n’ont-elles pas multiplié les traités bilatéraux, rendant caduques ou inapplicables les résolutions du peuple visant à protéger notre pays, interdisant désormais toute possibilité d’autodétermination 8 ? Une civilisation de cauchemar, disionsnous ?

J’ai détaillé certains points à ce propos dans l’article intitulé «Europe et terrorisme : le cas suisse», breizh.info : https://www.breizh-info.com/2019/01/22/110325/europe-et-terrorisme-le-cas-suissetribune-libre.

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Microgrids, réseaux énergétiques locaux en Afrique Rémy Pilliard d-aprilli.org

Bien que très intéressants au niveau de la production locale, ces microgrids génèrent de gros problèmes car il est très difficile de mesurer les besoins ainsi que la consommation. Elizabeth Nyeko travaille à la recherche d’une méthode efficace pour résoudre ce problème et également coordonner des microgrids pouvant résoudre la pénurie énergétique africaine. Actuellement, elle a déjà réussi à créer seize entités qui alimentent à raison de 0,5 Mégawatt plusieurs localités ougandaises. La production est assurée par du biogaz issu des déchets organiques de l’agriculture locale. Cette électricité est principalement produite pour des utilisateurs locaux ce qui permet également aux exploitations agricoles de traiter leurs produits localement. Les moulins à grains (riz, maïs), par exemple, fonctionnent avec cette électricité et produisent aussi le matériau (déchets organiques) qui sera à la source de la production électrique qui les alimente.

(microgrids) en tenant compte des besoins spécifiques et individuels tout en améliorant les systèmes prédictifs.

A l’origine d’un mouvement pour le développement d’énergies renouvelables, elle a fondé avec Peter Nyeko l’entreprise Mandulis Energy, dont les buts ambitieux ont déjà fait l’objet de nombreuses évocations dans les milieux scientifiques et dans la presse spécialisée. En août dernier, elle a été citée, entre autres, dans la revue du Massachusetts Institute of Technology (MIT) pour son action spécifique dans la récupération de résidus de l’agriculture locale destinés à la production d’énergie ou de combustible pour les ménages. En s’associant avec plus de 15’000 producteurs agricoles de la région, elle projette de créer la plus grande installation fonctionnant au biogaz d’Afrique. Cette centrale située à Gulu produira plus de 20 Mégawatts tout en apportant sa contribution à l’environnement. En recyclant les écorces d’arachides, les pailles et autres résidus Avec l’aide d’une start-up de riz sous forme de pelanglaise, Nodularity Grid, lets et de briquettes, ce Madame Nyeko travaille sont des combustibles également à l’améliorapeu polluants qui sont tion de la gestion et du mis à disposition, typiquecontrôle des productions ment pour les fourneaux en rapport avec une distriménagers. Cette alternative, bution efficace correspondant Elizabe Nyeko th au bois et au charbon de bois utiliaux besoins effectifs. En ce sens, ensembles ils font appel à une plateforme sés massivement par les ménages locaux, basée sur le cloud qui permet une meil- permet de mieux gérer les forêts locales leure gestion des réseaux décentralisés et de les protéger de la déforestation.

A suivre… Des initiatives individuelles poursuivies avec détermination peuvent produire de grands effets dans les pays en développement. Pour nous et pour eux, en Afrique, il est important de s’engager sur le terrain, sur place. Le CEAS, une ONG suisse basée à Neuchâtel, montre la voie depuis plus de 30 ans en utilisant des moyens qui allient économie et écologie. Grâce à une approche pratique et réaliste, les responsables du CEAS réduisent le fossé entre le Nord et le Sud. Par l’implantation de modèles et techniques simples, ils contribuent efficacement à soutenir la volonté et le génie humain de jeunes femmes et hommes actifs dans leur communauté, leur village et leur région parfois. Deux responsables de cette ONG ont publié aux Editions Favre, avec l’appui de la DDC (Direction du Développement et de la Coopération Suisse) un ouvrage pratique avec des solutions simples adaptées aux régions pauvres. Depuis 2010, des idées proposées ont suivi l’évolution technologique. L’usage du mobile et du web par exemple permet des bonds en facilitant le partage des connaissances et le conseil aux artisans locaux. (NN)

DÉ VE LOPPEMENT

L’Afrique, c’est connu, a beaucoup de peine à alimenter le continent en électricité. Sous l’impulsion d’Elizabeth Nyeko, une Ougandaise, divers microgrids sont déjà actifs dans son pays et elle travaille à faire progresser ce type de productions. Un microgrid est un réseau de distribution local d’énergie qui inclut non seulement l’approvisionnement en électricité et la production de chaleur mais également la collaboration de tous les intervenants locaux. Ce microgrid repose entièrement sur les moyens disponibles dans un rayon proche, en parfaite autonomie, et peut être synchronisé avec le réseau national.

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Tuer le temps ? Claude Rollinet

Constructeur de rêves

Une expression totalement à côté du quadrant. C’est le temps qui vous tue. Nous pouvons philosopher longtemps autour du temps, du calendrier et du cadran. Claude Rollinet, constructeur de rêves, ne s’en prive pas. Sa démesure et son impatience sont sa marque de fabrique. Comme ses mécaniques improbables, il s’agite, bouge, bouscule. Il est tiraillé entre l’heure et la seconde. Claude se perd et revient. Il ne connaît pas l’isochronisme du balancier mais il va et vient et comme les poids d’un mécanisme d’horloge. Il met le monde en mouvement. Si vous êtes pressé, il ne faut pas se lancer dans une discussion. Vous en ressortirez enrichi mais parler du temps c’est chronophage. Un créateur impatient c’est un tourbillon pour son environnement. Impossible de s’échapper, emprisonné dans l’histoire horlogère. Ce sera un bel exercice d’approche de la méditation active et éveillée. C’est un nouveau plan dans la mouvance de l’art brut. Vous vous poserez des questions philosophiques et vos réponses resteront personnelles : la vie, la mort, le temps, l’argent, la bienveillance, la connaissance et peut-être l’amour. Vous trouverez la sagesse dans l’action. Donner la main à la création et s’impliquer pour tout faire soi-même, garder la disponibilité pour les curieux et abandonner ses œuvres au public : mission impossible. Claude a décidé de passer à travers la vitrine pour vous rencontrer. Une expérience visuelle que vous lancez avec votre téléphone mobile. Une façon inédite de faire parler ses créations pour capter votre

attention. De son monde INTEMPOREL ce dispositif peut migrer vers d’autres horizons. Quand un artiste trouve des solutions, il peut servir l’art, la communication, le monde muséal et même augmenter l’intérêt pour une œuvre cinétique. Avec un simple QR-code, sans fil, sans réseau, sans contact, avec votre téléphone, une carte d’invitation, un ticket d’information, Flexy-CONNECT prolonge votre main. Traversez le mur de verre à la vitesse de la lumière. Un nouveau moyen pour partager l’information. L’invention présentée, Flexy-CONNECT Un QR-code est incorporé dans les cartons d’invitation, dans un magazine ou sur un support en lien avec l’exposition ou le lieu. Le visiteur présente le QR-code qui est lu directement et provoque l’enclenchement d’une fonction, d’une animation ou d’une action définie. Le système est intéressant car totalement autonome, ce qui facilite son exploitation dans un musée, une vitrine, un hall de réception. A suivre sur : www.artculte.ch www.facebook.com/artculte109 claude.rollinet@bluewin.ch

Flexy-CONNECT CRÉ ATIO N D ESIGN PERSONNALITé

Faites-vous obéir d’une façon ludique. Un simple geste : présentez ce QR-code au lecteur sur la vitrine d’exposition sur l’Île-Verte et le mouvement est lancé.

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Mode projet et innovation Gilles de Chezelles société GD2C

Apparue à la fin des années 80, l’étude de la conception des produits nouveaux dans les entreprises a mis en évidence que certains modèles de management de l’innovation favorisaient la performance de conception des firmes. Mise en évidence lors de ces études, l’organisation par projet est apparue comme la forme organisationnelle à privilégier pour le développement de produits, de services ou de procédés innovants. Mais qui dit organisation par projet dit, nécessairement, gestion de projet... La gestion de projet Bien que l’his- rents acteurs découvrent des problèmes toire de la gestion de projet nous replonge dans les grands travaux de l’antiquité égyptienne ou chinoise, la définition d’un projet reste toujours la même, à savoir qu’un projet se définit d’abord par l’objectif à atteindre, décliné en terme de performance, de délai et de coût, et qu’il disparaît avec sa réalisation. Un projet innovant est, par essence, une activité risquée. Ainsi avant de s’engager dans le projet, il faut être certain de bien en avoir défini les objectifs et, surtout, son terme en matière de résultats attendus.

Tout n’est pas toujours rose Pour atteindre les objectifs assignés à un projet innovant, il est fondamental d’en respecter la singularité ce qui a souvent pour effet de remettre en cause le mode de fonctionnement d’un certain nombre d’acteurs-métiers de l’entreprise avec toutes les tensions, conflits et blocages qui peuvent en résulter.

et y répondent selon une logique décrite par Schön comme une «conversation avec la situation». En effet, les différents acteurs se retrouvent souvent face à des situations inattendues qui les obligent à se lancer dans de nouveaux apprentissages, des approches différentes... bref, qui les amènent à être «agiles».

cours de développement est un plus pour la réussite d’un projet innovant.

Partager l’innovation pour mieux innover L’entreprise industrielle intégrée, telle qu’elle est apparue au cours des années 50, dans le secteur automobile par exemple, est maintenant totalement oubliée au profit du co-développement et de la co-conception qui consiste à partager l’innovation avec le ou les fournisseurs. Charge à ces derniers d’apporter également leurs innovations propres. Ainsi, en plus de bénéficier de la compétence collective des équipes pluridisciplinaires de l’entreprise, le projet innovant profite également du savoir innovant de ses fournisseurs.

Toujours moins de risques, toujours plus vite Avec le mode projet

Projet innovant et méthode qui permet de réduire la complexité glo«agile» Bien sûr, s’il n’y a jamais bale d’un projet grâce à sa décomposition

d’explication unique au succès d’un projet innovant, force est de constater que cette réussite est très souvent le fruit de compromis successifs entre les logiques différentes des marchés, des études, de la recherche et de la production.

C’est dans ce cadre que l’utilisation à bon escient d’un peu de méthode «agile» en

en plusieurs «petits projets», avec l’agilité qui permet de contourner et de réduire les obstacles et avec le co-développement qui fait bénéficier de savoirs extérieurs, on a très largement augmenté les chances de réussite des projets innovants tout en réduisant les risques comme les délais de développement.

Mode projet et Taylorisme Complètement à l’opposé des principes tayloriens de la division du travail, la logique de projet impose de combiner les expertises de différents acteurs de l’entreprise comme la R&D, le marketing, la production, la distribution...

ÉCONOMIE 4. 0

C’est ainsi que l’organisation de la coopération entre les acteurs est devenue l’une des clés de l’efficacité et de la réussite d’un projet d’innovation.

Un «long fleuve tranquille» : pas sûr ! De la mise en route du projet à la mise sur le marché du produit, les diffé-

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Les brevets favorisent-ils vraiment l’innovation ?

T A B DÉ

Depuis des années, les critiques envers le système de régulation de la propriété intellectuelle s’accumulent. Est-il encore pertinent pour les inventeurs du XXIe siècle?

OUI, dit Dominique Foray

NON, dit Ueli Grossniklaus

Le grand économiste du XXe siècle Fritz Machlup avait raison : «La création du système des brevets était une folie, mais maintenant qu’il existe, il serait encore plus fou de l’abolir.» Il comporte de nombreux défauts et permet autant d’abus : les brevets ne réussissent souvent pas à définir précisément les contours d’une propriété intellectuelle et ouvrent «Il n’existe aucune la porte aux conflits juricontradiction entre diques. Ils sont en outre l’innovation ouverte fréquemment utilisés comme des armes stratéet la propriété giques : certaines grandes intellectuelle.» compagnies accumulent d’immenses portefeuilles de brevets qui reflètent moins leurs capacités d’innover que leur volonté de bloquer leurs concurrents. Enfin, et ce n’est pas le moins important, il est clair qu’on pourrait souvent très bien s’en passer sans que l’innovation (ou du moins la créativité) n’en souffre. Enfin, dans de nombreux cas de création collective, la nécessité d’individualiser les contributions pour que le brevet fonctionne semble dépassée.

Les start-up et les petites entreprises sont particulièrement novatrices. Leur création se base souvent sur des recherches fondamentales financées par des fonds publics ainsi que sur les brevets, en particulier dans l’ingénierie et le domaine biomédical. Sans brevet, réunir le capital-risque pour créer une nouvelle entreprise s’avère aujourd’hui presque impossible. Les questions de brevets, de licences et les procédures juridiques liées à la propriété intellectuelle prennent par conséquent toujours plus de place dans le quotidien des entreprises. Celui des chercheurs est aussi de plus en plus touché.

BREV ETS PERSONNALITé

professeur d’économie et de management de l’innovation à l’EPFL.

Les brevets exercent par nature une influence ambivalente sur l’innovation et la compétition. D’un côté, ils donnent aux inventeurs une certaine exclusivité à même d’accroître leurs revenus. En ce sens, le brevet tend à stimuler la compétition. Il offre aux nouvelles entreprises un actif incorporel qui les aide à trouver des financements extérieurs et à accéder à leur marché cible. De l’autre côté, les brevets peuvent retarder ou bloquer les innovateurs ultérieurs en les empêchant de recombiner les connaissances protégées dans la recherche de nouvelles solutions. Le brevet crée en outre une forme de monopole clairement défavorable à la compétition. Il en résulte presque automatiquement des prix plus élevés pour les produits novateurs (par exemple les médicaments) et par conséquent une réduction du surplus du consommateur. Malgré tout cela, pourquoi juger positif leur impact net sur l’innovation? Tout d’abord parce que la hausse des taxes sur

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professeur de biologie du développement des plantes à l’Université de Zurich et membre du Forum Recherche génétique de l’Académie suisse des sciences naturelles.

Dans mon domaine, l’agro-biotechnologie, les brevets se sont avérés être des obstacles à l’innovation. Entre 1980 et 2000, des brevets très vastes ont été accordés sur des technologies«Les brevets se clés. Certains couvraient toutes les variétés d’une plante cultivée. sont avérés être D’autres protégeaient des médes obstacles thodes générales de modificaà l’innovation.» tion génétique des plantes, sans préciser lesquelles ou les gènes concernés. Par exemple, pour développer le «riz doré» enrichi avec un précurseur de la vitamine A, l’équipe de l’ETH Zurich et de l’Université de Fribourg-en-Brisgau a dû négocier les droits couverts par 46 brevets. Pour moi, les brevets sur les denrées alimentaires de base sont par principe problématiques. Mais en plus, le brevetage de différentes techniques génétiques essentielles a freiné le développement de ces technologies. D’un côté, les start-up n’avaient souvent pas les moyens de s’offrir les licences nécessaires alors que les grandes entreprises échangeaient les leurs. De l’autre, les brevets protégeant les plantes génétiquement modifiées ont contribué à ce qu’elles soient régulées différemment des variétés bénéficiant de la protection classique des obtentions végétales. Résultat: la culture de plantes génétiquement modifiées est devenue extrêmement chère. Les brevets ont donc favorisé la consolidation d’une poignée de très grandes entreprises à la tête du marché mondial de l’agrochimie et des


L’idée technique des poutrelles métalliques est de Maurice Koechlin, employé du bureau Gustave Eiffel

les brevets en Europe et aux Etats-Unis représente un développement sain. Des tarifs plus élevés reflètent mieux le coût social engendré par la privatisation d’un bien public (la connaissance). Ils ralentissent aussi la multiplication des brevets et améliorent leur qualité.

semences. Cette concentration néfaste pour les agriculteurs et les consommateurs représente aussi un danger pour la sécurité alimentaire globale. Enfin, le potentiel novateur de ces géants est plus faible que celui des jeunes entreprises.

Les brevets entravent aussi l’innovation dans d’autres domaines que l’agro-biotechnologie. J’estime qu’il faut essayer de nouveaux modèles similaires à l’«open source» dans le domaine u de informatique. C’est a re u b ar le érigée p la Tour e l’objectif de l’inid n io ruct de const système le tiative «Biological r u o revet p Le brevet reste un instrument important e d’un b Demand Innovation for Open Society» (BiOS) qui l. Eiffe de par sa fonction économique. Il ne Gustave veut encourager le développement et la diffusion d’idées récompense pas seulement la créativité, novatrices dans le secteur des biotechnologies. Malheureusemais donne un cadre sûr aux investissements qui permettent ment, cette approche ne s’est jusqu’à présent pas imposée. de concrétiser les idées. Le «D» de «R&D» coûte cher. Les J’espère sérieusement qu’on trouvera à l’avenir des alterbrevets sont particulièrement importants pour les start-up qui natives au système des brevets. D’ici là, ils resteront un mal dépendent de financements extérieurs et pour les inventions nécessaire pour les chercheurs qui travaillent dans le secteur qu’il faut transférer d’une entreprise à l’autre avant de passer public. C’est leur seul moyen d’influencer la manière dont leurs à la commercialisation. Les brevets sont donc importants pour découvertes seront utilisées, notamment par qui et à quelles l’économie parce qu’ils protègent les investisseurs – mais pas conditions. nécessairement les inventeurs. Il faut cependant souligner que Avec l’accord aimable de : la nécessité d’assurer un cadre économique sûr pour les invesHorizons – Le magazine suisse tisseurs ne justifie en rien d’étendre la brevetabilité aux découde la recherche scientifique n° 117, juin 2018 vertes scientifiques et aux connaissances fondamentales. Ensuite parce que nous n’observons aucune contradiction entre l’innovation ouverte et la propriété intellectuelle. Nous constatons qu’une gestion prudente de la propriété intellectuelle par les entreprises constitue un instrument essentiel de l’innovation ouverte. La progression de cette dernière a ainsi coïncidé avec la croissance du marché des technologies.

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La révolution industrielle du 4.0

?

Des plans nationaux ont été lancés par tous les pays industrialisés pour relancer et moderniser leur secteur industriel. L’idée étant que le numérique allait affecter profondément la manière de concevoir, fabriquer, diffuser et entretenir les produits industriels. Il fallait donc que les Etats donnent le signal du changement. Ces plans ont pris dès le départ des formes différentes selon les nations concernées. Le concept a été mis publiquement en avant, pour la première fois, lors de la foire industrielle mondiale de Hanovre en avril 2011 sous le terme d’Industrie 4.0. Repris immédiatement par les Américains en juin de la même année dans un projet nommé «Advanced Manufacturing initiative». Les Français ont choisi le nom d’«Industrie du Futur» en avril 2015, suivis immédiatement par les Chinois avec leur «Made in China 2025» dès juin 2015. Le Japon, quant à lui, vient de relancer cette année un ancien plan renommé pour l’occasion «Futur Vision Towards 2030s». Voilà le décor posé de ce que nous pourrions appeler la «guerre industrielle 4.0». Reste à analyser pays par pays les choix, les avancées et les succès accomplis. On finira cette série d’articles par un bilan comparatif entre ces grandes nations. Commençons donc par un pays qui nous a tous montré la voie : l’Allemagne. Ce pays joue un rôle déterminant pour les Suisses car grosso modo nous suivons la même stratégie industrielle que notre voisin. Organisé en «bottom-up», le plan est basé essentiellement sur les initiatives des entreprises privées. Mais deux axes transversaux ont été également mis en avant : la formation et les briques numériques indispensables aux changements comme les Big Data, l’Internet des Objets (IoT), le machine learning (IA), le cloudcomputing, la 3D ou le digital thinking, etc. Il y a donc dans ce pays une anticipation forte à faire évoluer rapidement les savoir-faire en impliquant très tôt les centres de formation, les apprentissages et les organisations patronales comme par exemple, les chambres de commerce. La mobilisation passe aussi par les jeunes et les dirigeants d’entreprises. La clé du succès est pour eux à chercher dans la force de travail et par conséquent dans des plans de valorisation des ressources humaines. L’effort est considérable. Tout le système s’est mis au travail : université, instituts technologiques, Fachhochschulen, formation en apprentissage et même des écoles privées du digital. Le pays tourne sa formation massivement vers le numérique !

Les briques du numérique Au lieu de mettre principalement l’accent sur les start-up du numérique comme en France ou aux USA, l’Allemagne a choisi de

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porter son effort sur le tissu industriel existant des PME. Il faut dire qu’une majorité d’entre elles sont orientées à l’export et doivent lutter par l’innovation contre leur concurrent asiatique ou des pays de l’Est européen aux salaires des travailleurs très compétitifs. L’industrie 4.0 qui est gourmande en capital mais moins en main-d’œuvre est vue dans ce pays comme une chance vers une réindustrialisation du pays ! Donc brique par brique, plutôt que par secteur ou par le biais des start-up, le pays cherche à innover avant tout dans son tissu industriel déjà en place comme l’automobile ou la machine-outil. Les entreprises jouent le jeu car in fine elles n’ont guère le choix si elles veulent rester allemandes.

Les USA Obama avait lancé en 2011 le projet nommé «Advanced Manufacturing initiative» répondant ainsi à l’offensive allemande d’Industrie 4.0. Le choix américain avait pour but dès le départ de favoriser une approche digitale en s’inscrivant ainsi dans la révolution numérique. Pas question d’affronter les autres pays sur le hardware mais bien avec le software pour lequel les Etats-Unis avaient une longueur d’avance. Ainsi des projets phares dans l’industrie automobile, comme ceux de la Google Car ou Tesla, ont influencé le monde de l’automobile. Cette industrie est désormais autant software que hardware car il s’agit évidemment de rendre la conduite automobile autonome. C’est un problème d’algorithmes plus que de ferraille. Cette extraordinaire perspective indique bien la direction de la transformation du tissu industriel américain.


Xavier Comtesse, mathématicien, docteur en informatique et auteur

L’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche a changé encore un peu la donne. Bien que son administration ne semble pas lancer de grands plans d’innovation, ses initiatives verbales comme America First ou parlementaires comme les coupes importantes d’impôts pour les entreprises (sur sol américain) et les renégociations des accords commerciaux internationaux, redistribuent totalement les cartes. L’Amérique redevient fiscalement et économiquement très compétitive. Ainsi la guerre industrielle ne sera pas tant technologique que commerciale. En d’autres termes, les conditions cadres américaines pour l’industrie se sont grandement améliorées.

La Chine Dans cet affrontement industriel on pourrait dire que la Chine privilégie plutôt les plateformes (la sur-traitance économique en quelque sorte, on y reviendra). Il est clair que cette description est un peu sommaire mais elle a l’avantage d’éclairer rapidement sur la différence des approches choisies par ces trois pays. Grosso modo : le hardware est l’approche par les machines industrielles, le software par les Big Data et les algorithmes (dont notamment le «machine learning») et les plateformes, c’est la sur-traitance industrielle. Lors d’une visite à Shanghai et sa région, avec un groupe d’industriels neuchâtelois, nous avons découvert ce concept industriel chez Envision Energy, une société orientée vers la fabrication d’éoliennes et de panneaux solaires pour la production d’électricité verte qui a développé dans le cadre d’une vision de «smart energy» un concept de plateforme de surtraitance extrêmement efficace. Envision Energy ne fabrique pas seulement, elle gère pour ces clients (des sociétés de production

et de distribution d’électricité) l’ensemble de leurs activités. La plateforme est le centre névralgique de leur modèle économique. Ce n’est pas le seul domaine où les Chinois avancent. Tencent, la plus grosse compagnie au monde qui détient notamment WeChat (messagerie) est conçue comme une entreprise de sur-traitance. Bien sûr, nous sommes ici face à une compagnie qui est d’abord une entreprise d’informatique et de télécommunications (réseaux sociaux et e-commerce)... mais les Chinois ne s’embarrassent pas de ce genre d’étiquette. Tencent fait aussi dans la finance et les jeux ! Des conglomérats d’un nouveau type surgissent en Chine et auront un effet sur la planète entière. La vision chinoise de la surtraitance sera un modèle économique dominant qui entraînera d’une manière ou d’une autre toute la révolution industrielle. On peut d’ores et déjà dire que si le numérique joue un rôle clé dans l’industrie 4.0, les plateformes de la sur-traitance seront à la base de toute l’économie 4.0 mondiale. La Chine montre le chemin, à n’en pas douter.

Et la Suisse... Dans cet affrontement industriel entre géants mondiaux , si l’Allemagne privilégie le modèle autour du hardware et les USA celui du software et la Chine plutôt les plateformes (en quelque sorte la sur-traitance industrielle), alors on peut se poser la question : quel modèle va suivre la Suisse ? Juste pour rappel : le hardware est l’approche par les machines industrielles, le software s’intéresse aux Big Data et algorithmes (dont notamment le «machine learning») quant aux plateformes, c’est simplement de la sur-traitance. Eh bien, la Suisse comme toujours suit l’Allemagne. Cependant, il faut voir que dans la révolution numérique, la Suisse possède deux caractéristiques qui la différencie de tous avec deux compétences technologiques fondamentales qui lui donnent une position tout à fait enviable. La première concerne l’Internet des Objets (IoT) notamment en «microchip ultra-low energy» (chip développé au CSEM et chez EM Microelectronic Marin dans la canton de Neuchâtel) et la deuxième s’inscrit dans l’Intelligence Artificielle en particulier, le «machine learning» avec la Fondation Dalle Molle à Lugano (TI) et l’immense Centre de recherche Google à Zurich. Ces deux avantages compétitifs font que la Suisse est un acteur non négligeable dans cette guerre industrielle d’autant plus que l’entreprise suisse ABB fait partie des cinq géants avec Siemens, GE, Hyundai et le chinois Sinomach qui se disputent la suprématie industrielle mondiale. La révolution industrielle 4.0 est en marche dans le pays, que ce soit la fabrication additive (impression 3D) ; la connectique (usine entièrement connectée (la 51 de Swatch) et également d’objets produits comme la Tag Heuer ; l’Internet des Objets (IoT avec EM Microelectronic Marin), l’Intelligence Artificielle notamment le «machine learning» (Lugano-Zurich) ; l’automatisation extrême (Usine de Novartis à Stein) ou maintenant les plateformes de sur-traitance.

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So ciété

Le software est l’enjeu pour eux. Les Big Data mais surtout les algorithmes de l’Intelligence Artificielle sont les éléments centraux de toute cette transition digitale. La course à la voiture autonome dans laquelle tous les constructeurs se sont lancés, est au cœur de la révolution industrielle américaine. Dans ce pays, la voiture et l’industrie qui la produit, ont ensemble façonné le pays. Routes, autoroutes mais aussi style de vie en mouvement (on the road) sont à la base de la vie américaine du 20ème siècle et se prolongent dans le nouveau siècle. C’est certain. On ne se rend pas bien compte ici à quel point la voiture autonome est un challenge mobilisant presque tous les efforts industriels aux USA. Certes, d’autres industries comme notamment l’industrie spatiale avec SpaceX participent également au renouveau industriel mais l’automobile reste la pièce maîtresse de la révolution industrielle. Les autres compétiteurs dans ce secteur comme les constructeurs allemands, français, japonais, chinois ou coréens l’ont bien compris. Ils font tout leur possible pour rester dans le coup, mais on le voit bien : le centre des opérations de cette guerre industrielle est la Californie.


IRO, un réseau de pionniers  Monique Brasey

IRO invention romande

Les esprits indépendants cherchent naturellement l’autonomie dans leur vie. Inventer le frisbee et faire fortune, c’est déjà pris. Aujourd’hui, avoir une bonne idée ne suffit plus. Il faut la pousser sur le marché. Dans l’économie réelle, la personnalité du porteur du projet est importante. La confiance se construit dans la proximité et les rencontres. C’est pourquoi nous sommes actifs au Salon international des inventions. Si nous avons une approche locale, nous construisons ainsi un chemin court vers nos partenaires et prospects. Si nous pensons que notre produit a un marché à l’international, en 5 jours de salon nous faisons notre étude de marché et validons ou corrigeons nos impressions. En matière d’économie : «Après, tout le monde a toujours raison». Depuis 30 ans, on entend que tout va plus vite, que la planète est en danger. Que le monde est un village. Que la mondialisation est une chance... ou une catastrophe. Que les réseaux sociaux sont la nouvelle démocratie. Que le savoir n’a jamais été aussi bien partagé pour le bien de tous. Les experts se succèdent et on lit tout et son contraire. Les fake news ont trouvé leur traduction en français par infox mais le contenu des messages ne s’est pas amélioré. Il faut apprendre aux enfants à trier l’information pour qu’ils se fassent leur propre opinion. Ces enfants sont d’ailleurs bientôt tous, soit des cancres, soit de futurs génies grâce à leur haut potentiel intellectuel. En même temps, la fin de notre civilisation nous est annoncée régulièrement. Tous craignent la fin de la Terre, alors que le Soleil, selon les dernières estimations scientifiques, va imploser dans 10 milliards d’années.

que nous allons apporter des solutions concrètes à nos difficultés quotidiennes et ordinaires. Ce n’est pas en construisant des voitures toujours plus lourdes et compliquées qu’il y aura des gains énergétiques. La population augmente. Les besoins énergétiques augmentent. Si nous ne trouvons pas des solutions radicales, concrètes et volontaires, les jeunes pourront faire la grève tous les jours. Comme le colibri de la fable, chacun doit faire sa part. Comme l’image du battement d’ailes de papillon, les petites causes peuvent avoir de grands effets.

Un peu de cohérence dans votre vie et vous serez partenaire d’une économie durable et circulaire. Action 1 Supprimez votre gazon et créez un espace de permaculture. Vous récolterez des fruits et des légumes. Vous serez plus proche de la nature pour préserver votre forme et votre bien-être. Action 2 Développez une économie de partage. Louez, prêtez, empruntez au lieu de posséder. Coopérez avec vos voisins, c’est tout bénéfice pour vous et la collectivité.

RéSEAUTAGE

Pendant ce temps en ce fameux troisième millénaire, alors que nous avons inventé l’agriculture il y a 10’000 ans, nous sommes incapables de nourrir l’humanité. Action 3 Gardez un œil sur vos compCe n’est pas avec la folie des GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft... toutes des firmes américaines !)

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teurs. Mettez en place des indicateurs pour réduire votre consommation. Pensez à l’énergie grise.


Rien n’est plus fragile qu’une idée ! Gilles de Chezelles société GD2C

Comme les individus, toutes les entreprises n’ont pas du tout les mêmes capacités d’innover.

Mais avant même d’évoquer cette capacité, encore faut-il se pencher sur la notion même d’innovation. En effet, on ne décide pas un beau matin d’innover et, en tout état de cause, il faut la réunion de plusieurs conditions pour stimuler le processus d’innovation car c’est une véritable alchimie qui fait intervenir de nombreux éléments dont au moins trois semblent indispensables.

Une culture de partage du savoir L’accès aisé au savoir de l’entreprise est le point d’entrée car il va éviter aux équipes chargées de l’innovation de «réinventer la roue» tout en trouvant parfois des réponses à des questions qu’ils ne se sont pas encore posées. Dans le même esprit, pouvoir communiquer «à égalité» avec d’autres éléments de la structure permet de mieux partager ce savoir sur lequel l’innovation va s’appuyer et avancer pour construire les produits et services de demain.

Innover collectivement De l’idée au produit, la route est longue et les difficultés, voire désillusions, sont souvent nombreuses. A la vue des niveaux de technologies qu’il faut a minima mettre en œuvre pour innover, on ne peut plus confier cette tâche à une équipe seule et encore moins à une personne seule. Ainsi, pour éviter l’isolement et les problèmes psychologiques et techniques qui en résultent, il faut accepter qu’aujourd’hui l’innovation découle d’un processus collectif. C’est donc à l’entreprise d’évaluer les besoins et compétences internes ou externes nécessaires au projet et de les mettre à disposition de l’équipe.

Faire du doute un atout «L’ignorant affirme, le savant doute, le sage réfléchit», disait Aristote, c’est pour cela qu’un doute raisonnable doit toujours

planer au-dessus d’un processus d’innovation. Pour ce faire, l’une des solutions est de fonctionner en mode projet, solution des plus efficaces pour à la fois soupeser la valeur de l’idée et la conduire à son terme tout en sécurisant le processus de réalisation et en permettant les arbitrages nécessaires.

De la frustration à l’innovation En y réfléchissant bien, l’envie d’innover provient très souvent d’un état d’insatisfaction de ce qui existe accompagné d’une volonté d’amélioration. Face à cette envie, l’entreprise ne peut qu’adopter deux attitudes, celle qui lui permettra de faire en sorte que demain sera comme hier ou celle qui lui ouvrira la voie de l’innovation.

L’entreprise innovante Pour qu’une entreprise exploite la voie de l’innovation, elle doit mettre en son sein, et aux endroits clés, des leaders capables de faire vivre cette culture de l’innovation. Elle doit également valoriser les performances individuelles comme collectives, posséder la capacité de savoir rompre avec les modèles préexistants quitte à sanctionner ceux qui ne veulent pas bouger et savoir récompenser les comportements favorisant l’innovation.

Conditions nécessaires mais non suffisantes Mettre l’innovation au cœur de la stratégie d’entreprise, investir dans des outils de gestion et d’accès à la connaissance, mettre en place des processus et des hommes pour évaluer et concrétiser les idées innovantes, tels sont les outils à la base de la capacité d’innovation de l’entreprise. Mais c’est loin d’être suffisant car l’esprit d’innovation ne peut se décréter. En fait c’est une philosophie dans laquelle doit se retrouver à la fois l’individuel et le collectif, l’artistique et l’industriel, mais aussi l’intuition et le pragmatisme

PI

Stimuler le processus d’innovation

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Construire nos villes différemment ? Rémy Pilliard d-aprilli.org

Dans la version allemande du magazine du MIT (Massachusetts Institute Elles créent plus de problèmes qu’elles of Technology) de juillet 2017, une étude remet en question l’organisa- n’apportent de solutions, selon Lojewski, représentant du Conseil des Villes alletion de nos cités à l’aide des nouvelles technologies. mandes.

A l’image de Francesca Bria, nom-

tecte berlinois Hans-Hermann Albers. Cela mée en 2016 à la tête du département a commencé il y a une vingtaine d’années du Numérique de la ville de Barcelone, qui alors que les infrastructures classiques a tapé du poing sur la table. S’adressant des villes ont été complétées par des aux entreprises leader des hautes techno- technologies visant à quantifier et superlogies comme Cisco, IBM et Microsoft, elle viser tout ce qui s’y passe. S’en est suivi n’accepte pas que cela continue en l’état. une fantaisie technocratique qui a vu les Les technologies qui espionnent les gens villes devenir entièrement contrôlées par dans leurs moindres faits et gestes, par des programmes informatiques mais au profit de qui et sous exemple, ne sont quelle gestion ? Prôpas compatibles Peut être qu’en se nés comme intelliavec les besoins et libérant de l’esclavage gents et soi-disant la qualité de vie. Au du pognon... ? orientés vers les début, l’électronique utilisateurs, ces prodevait permettre de gérer les ordures, contrôler les disponibi- grammes ne profitent pas aux habitants lités de parcage et de mobilité, la disponi- de ces villes. bilité en eau et électricité.

Tous ces défauts sont encore Rien de tout ça n’est actuel Pour- mis en exergue avec le projet de l’UE

URBANISME

quoi ? Tout simplement parce que les intérêts de ces grands groupes technologiques ne concordaient pas avec les buts souhaités par les villes. Les intérêts technocratiquement basés sur le marketing et l’enrichissement ne correspondent pas aux besoins et aspect sociaux des agglomérations, constate le chercheur et archi-

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nommé «Cités et communautés intelligentes» qui ne prévoyait de consulter ni les autorités ni les citoyens. Les réglementations axées sur des normalisations sont empreintes des marques lobbyistes des multinationales de la haute technologie au point de devenir inefficaces pour le bien-être des populations citadines.

Plutôt que de le cocevoir compact, dense et tout en hauteur, le futur de nos cité devra être technique mais proche de la nature et des habitants, intelligent mais pas restreint, étendu mais pas envahissant. Ce concept révèle un autre problème. Comment passer de l’état actuel à des villes au concept humain, maîtrisant également la mobilité individuelle et l’habitation conviviale et harmonieuse sans négliger le bénéfice des hautes technologies. C’est possible et beaucoup de projets existent. Des villes aérées et verdoyantes, avec la mobilité renvoyée au sous-sol, comme c’est déjà le cas dans un quartier de Zurich. Cet exemple suisse n’est qu’une approche parmi tant d’autres. Tout ça a forcément un coût que notre monde, basé exclusivement sur le profit, aura probablement du mal à gérer. Mais n’oublions pas que le génie humain a su trouver des solutions là où tous criaient à l’impossible. La population mondiale vit à 50% dans des agglomérations urbaines et des mégapoles. La tendance à cette concentration continue, avec la prévision de 70% de citadins en 2050. Les écoles d’architecture ne manquent pas de projets visionnaires. L’audace des formes l’emportent souvent sur le pratique. Le design d’une ville pensée comme une sculpture est courant. Le mythe d’une nature recréée ou d’une technicité gérée par la seule pensée cohabitent allégrement dans les fantasmes des architectes et ingénieurs. Que veulent réellement les gens ? A quel âge ? Dans quel état physique ? Avec quelles obligations nourricières ? La connaissance et le savoir doivent influencer la démographie. Osons l’écrire  : influencer les naissances pour préserver une vie respectueuse de l’environnement est nécessaire. L’Homme ne peut pas tout envahir. NN


Le réveil de la conscience écologique Michel Giannoni Dr ès sc. ing. EPFL

Les appels des climatologues et le der- certaines espèces – les insectes, notamnier rapport alarmant du GIEC ne passent ment – les inégalités sociales sources plus inaperçus. Le d’affrontements entre Panel international riches et pauvres – à Le défi climatique sur le progrès sol’instar de ce qui se est donc en train de cial, qui rassemble passe actuellement plus de 300 cherdevenir un sujet majeur en France – et enfin, cheurs, a publié conséquence de ce qui un rapport sur le précède, le risque d’un mauvais état de la planète et proposé conflit majeur pouvant même impliquer des solutions pour y remédier. Dans son l’arme atomique. ouvrage Effondrement, le biologiste améA cela s’ajoute la surpopulation de la plaricain Jared Diamond théorise le risque nète. Pour lutter contre le réchauffement, de disparition de nos sociétés face au mais aussi préserver la biodiversité, les désastre écologique. Il évoque plusieurs ressources en eau, agricoles et halieudangers ayant de fortes probabilités de tiques, freiner la croissance démogramettre en péril la survie de l’espèce huphique est devenu une nécessité absomaine. lue. Lors de la COP23 qui s’est tenue en En font partie la modification du climat, novembre 2017 à Bonn, 15’000 scientila raréfaction des ressources naturelles fiques du monde entier ont lancé un appel suite à la pollution et à la disparition de urgent insistant sur l’obligation d’une forte

réduction du taux de fécondité dans plusieurs régions du monde. Le défi climatique est donc en train de devenir un sujet majeur, en particulier parmi la population urbaine et chez les jeunes générations. Les spécialistes de l’opinion observent cependant que ce sentiment d’urgence n’est pas partagé par les catégories populaires et peu diplômées, pour lesquelles le péril environnemental, même s’il s’approche à grands pas, passe après les soucis du quotidien et les fins de mois difficiles. Si une telle attitude peut se comprendre, c’est beaucoup moins le cas de celle – bien plus inquiétante – de certains climatosceptiques qui, de l’autre côté de l’Atlantique, persistent à nier le réchauffement climatique, tout en prônant les bienfaits du charbon et des schistes bitumineux. Pour terminer sur une note optimiste, relevons encore, comme l’affirme Jared Diamond, que jamais l’effondrement d’une société n’a été attribué qu’aux seuls dommages écologiques. Plusieurs facteurs permettent de croire qu’il n’y a aujourd’hui rien d’inéluctable dans la course accélérée à la dégradation de notre environnement. La Revue Polytechnique

SCIE NCE

Les rapports alarmistes sur l’état de la planète se succèdent et il semble que l’opinion publique prend enfin conscience que la situation, qu’elle considérait souvent comme anecdotique, est désormais pour le moins préoccupante. L’été caniculaire, les inondations dans le sud de l’Europe, les incendies en Californie et au Canada, les éboulements de plus en plus fréquents, la fonte des glaciers sont des événements qui marquent les esprits.

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Les entreprises vaudoises impriment dans le Canton de Vaud et chez PCL Presses Centrales depuis 240 ans !

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Ali Eichenberger / Zeppelin / SolarStratos

De la mer au ciel... les pieds sur terre Raphaël Domjan

Les aventuriers de l’extrême font-ils avancer les choses ? L’histoire de la Suisse est truffée de premières mondiales. Nos montagnes nous ont souvent obligés à des efforts surhumains. Il y certainement dans nos gènes des traces de cette volonté de vaincre les éléments. Tous les conquérants de l’inutile vont bien au-delà de la réalité virtuelle. Avec la nature on ne peut pas tricher longtemps.

Immo Stroeher

www.solarstratos.com

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so laire

Martin Lachambre / SolarStratos

Avec SolarStatos c’est une nouvelle histoire que Raphaël Domjan a déclenchée. L’avion est moins impressionnant que le bateau solaire mais le défi est plus dangereux. La conception, les développements, les expérimentations et la réalisation de l’appareil nous rapprochent de l’aventure d’Icare. Mais, cette fois, le Soleil sera un atout. La rupture d’une aile lors de tests d’efforts a retardé le programme. Il a fallu repenser quelques composants de la structure. Le design des winglets changera un peu le look de l’avion. Les longerons partant de l’emplanture vers les extrémités ont demandé plusieurs mois de mise au point. Que des améliorations en fait grâce à un incident technique. Aujourd’hui, un bus électrique aux couleurs du défi est en circulation sur le tarmac de l’Aéroport de Genève. En 2019, l’avion sera dans les airs, le Narcisse Niclass rendez-vous est pris.

J. Revillard / Rezo.ch / SolarStratos

Raphaël Domjan a déjà de belles histoires à son actif. Tout le monde se souvient de l’arrivée triomphale de PlanetSolar le 4 mai 2012 à Monaco. La Principauté avait fait place aux couleurs helvétiques. La fête était fabuleuse. L’émotion à son comble. Toutes les personnes présentes vivaient le premier pas sur la Lune. Grâce à l’étiquette invention.ch, j’ai eu le privilège de monter à bord directement après les mamans, les épouses et les enfants de l’équipage. Le bateau battait pavillon suisse sous la générosité de Monsieur Immo Stroeher, industriel du solaire.


Le monde change-t-il ? Gaëlle Grosjean directrice

De nombreux salons, foires et expositions ont dû faire leur mue et parfois tirer la prise. A Lausanne, c’est la fameuse Foire Suisse qui a été éteinte par ses responsables dans sa 99e année. Même pas une tentative de réveiller la nostalgie d’un large public potentiel pour faire un événement pour ce fabuleux anniversaire : 100 ans. Manque de vision ? Manque de courage ? Dans tous les cas un manque d’idées. Quand un salon a un nom, il ne faut pas se contenter de croire au passé. Comme en balistique, une perte d’audience s’annonce au début de la trajectoire. Quand un sommet est atteint, la descente commence. C’est là qu’il faut allumer le deuxième, puis le troisième étage et se renouveler dans la continuité. Le Salon international des inventions de Genève a la particularité d’échapper à la monotonie et de coller aux préoccupations du moment. Le sérieux de l’organisation et les exigences élevées qui sont imposées aux exposants garantissent chaque année le renouvellement

du contenu. C’est un millier d’inventeurs qui sont les têtes chercheuses des nouveaux marchés et qui captent l’intérêt des visiteurs. La curiosité des 450 journalistes et médias est un excellent baromètre du haut degré d’intérêt de ces championnats du monde de l’innovation. Le patronage durable de la Confédération suisse est certainement un label de garantie. Le Canton et la Ville de Genève accordent également leur cautionnement précieux.

Toutefois la plus grande valeur ajoutée est apportée par l’OMPI Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle. Certes la présence

de cette institution de l’ONU à Genève facilite cet engagement mais la rigueur du travail du jury de professionnels apporte la marque de qualité. Il y a maintenant 47 ans que Jean-Luc Vincent, fondateur du Salon, imprime sa marque afin que les inventeurs indépendants, les écoles et institutions voient leurs engagements récompensés.

L’avenir de cette philosophie, mettre en valeur le travail des inventeurs dans un cadre convivial avec la garantie de côtoyer les meilleurs, est assuré par Palexpo et sa structure solide. La directrice, Gaële Grosjean, en 3 ans, a apporté sa touche de nouveautés avec la sécurité d’être coachée par le président-fondateur. Alors que certains annonçaient la fin des salons avec l’arrivée du web, à Genève au contraire, c’est la confirmation du modèle : face à face dans la vraie vie pour la solidité des contacts. NN

RENDEZ-VOUS AU 48e SALON INTERNATIONAL DES INVENTIONS DE GENèVE

25 - 29 MARS 2020

SALO N / EXPO PERSONNALITé

Jean-Luc Vincent, président fondateur du Salon, guide le conseiller fédéral lors de sa visite

Ignazio Cassis, premier conseiller fédéral à inaugurer le Salon international des inventions de Genève

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Robert Hensler, président de Palexpo SA et Michael Møller, directeur général de l’ONU à Genève

Venez par la route, le rail ou les airs !


TecOrbe, technopôle de l’environnement L’approche de Tecorbe est orientée économie circulaire, économie d’énergie, diminution des déchets, meilleure utilisation des ressources naturelles, nouvelles sources d’énergies. Cette plateforme accueille des entreprises qui développent des procédés susceptibles de diminuer notre empreinte écologique. Le Technopôle de l’Environnement, actif dans l’économie réelle regroupe des entreprises et sociétés complémentaires. Outre les moyens classiques inhérents à tout incubateur, la structure génère naturellement des services personnalisés grâce aux échanges dans un vaste réseau de partenaires. Les acteurs locaux, régionaux, en lien avec cette structure, accompagnent les startups qui ont besoin de conseils pour l’industrialisation et d’installations de tests ou de prototypes. Une quinzaine de sociétés actives, à divers niveaux, dans l’économie verte, bénéficient de cette structure ouverte comme locataires, et une dizaine d’autres projets domiciliés à l’extérieur ont recours aux différentes formes de soutien et d’accompagnement. L’IRO mentor club a des relations régulières avec ce lieu et compte deux de ses membres dans les utilisateurs de la structure : Avalgo (André Corthay avec son AspiRobot à algues) et Olipfan (Alexandre Traber avec sa deuxième génération de réducteur du volume des déchets ménagers). D’autres projets pointus seront présentés pour la récupération d’énergie dans des déchets et boues d’épuration ou pour la fabrication de pellets dans une unité mobile. A suivre...

Jean-Philippe Petitpierre, directeur, 2e depuis la droite

Technopôle de l’Environnement d’Orbe Les Ducats 40B, 1350 Orbe

Tél. +41 21 318 75 35 Fax +41 21 318 75 11 Email info@tecorbe.ch

HyPES : Hydro-Pneumatic Energy Storage System

RÉSEAU IRO

Une machine qui stocke de l’énergie dans la compressibilité de l’air >200 bars. Une alternative plus économique, écologique et durable que les batteries classiques. Elle permet de récupérer l’électricité verte des sources intermittentes et de la fournir à la demande, en préservant ainsi l’environnement. Enairys a démarré au parc scientifique de l’EPFL en 2008. Elle a développé pendant une décennie, en collaboration avec l’EPFL et la HEIG-VD, des bases technologiques solides de ce concept novateur, validées par des prototypes et un démonstrateur de 25 kW. Ces travaux ont été soutenus financièrement par l’OFEN, le canton de Vaud et BKW Energie. La société vient d’engager, grâce à un soutien financier du Fond Vitale Innovation des SIG et un chèque innovation de InnoSuisse, la phase d’optimisation et d’industrialisation de sa solution HyPES, en collaboration avec l’HEPIA et la HEIG-VD. L’objectif est de réaliser, en 2020, plusieurs installations pilotes commerciales. Des projets sont déjà à l’étude avec des opérateurs électriques suisses et des promoteurs immobiliers. Enairys recherche un complément de financement, des capitaux privés, pour relocaliser ses activités en zone industrielle. Sylvain Lemofouet, co-fondateur et directeur, membre de l’IRO mentor club, est à disposition d’investisseurs pour leur présenter le projet en détails.

Pour tous les projets présentés, financiers, investisseurs, vous pouvez vous manifester via : iro@invention.ch

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MANDELA

GANDHI

SOCRATE

Application

Innovation • Toute la sagesse du monde ne sert à rien • Toda la sabiduría del mundo es inútil si vous ne passez pas à l’action. si no actúas. • All the wisdom of the world is useless if you do not act. • Die ganze Weisheit der Welt ist nutzlos, wenn Sie nicht handeln.

• Tutta la saggezza del mondo è inutile se non agisci. • La tuta saĝo de la mondo estas senutila, se vi ne agas.

2-3 éditions annuelles N0 31 / 2019

IROmag, Ch. de la Fenetta 20 Tél. +41 26 476 01 40 CH -1772 Nierlet-les-Bois invention.ch/iromagazine

Création

Profile for Monique Brasey

IROmagazine N° 31  

Revue de l'invention et de l'innovation en Romandie

IROmagazine N° 31  

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