
4 minute read
Demandez au professionnel
Maureen Carpenter, BSC, RN, CD, partage son point de vue
Accès aux médicaments

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) dispose d'un ents essentiels (LME) Cette liste sert de guide aux nations pour créer leur propre liste et garantir que les besoins de leur système de soins de santé seront satisfaits grâce à un approvisionnement en médicaments nécessaires Des systèmes d'approvisionnement, de production, d'éducation et de coûts sont élaborés en relation avec une LME L'accès aux médicaments pour les patients atteints de cancer dans le monde entier dépend de nombreux aspects différents, mais avant tout de la richesse de leur nation et du pourcentage du PIB (produit intérieur brut) investi dans la santé Les pays disposant d'un système de santé universel investissent souvent 10 % de leur PIB, alors que des pays comme l'Inde n'y consacrent que 2,1 %, la Malaisie 4,3 % et la Pologne 6 %. Ce type de disparité se traduit par une augmentation des dépenses à la charge des patients pour l'achat de médicaments thérapeutiques essentiels, en plus des nombreuses autres préoccupations auxquelles ces personnes sont confrontées.
Ces pays plus pauvres, où la plupart des individus vivent en dessous du seuil de pauvreté, sont également confrontés à une tarification incohérente des médicaments, à un contrôle de qualité limité, à des pénuries fréquentes de médicaments et à des retards dans le processus d'approbation des nouveaux médicaments. Dans les pays d'Afrique subsaharienne, on estime que 41 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Cela signifie que plus de 500 millions de personnes dans ces régions du monde n'ont pas les moyens de s'offrir des traitements anticancéreux.
Au cours de mes recherches sur ce sujet, j'ai découvert qu'il y a plus de pays dans cette situation qu'il n'y en a qui ne le sont pas. Il y a également un manque de transparence dans la fixation des prix des médicaments oncologiques entre les pays, car les coûts sont confidentiels, ce qui conduit à une évaluation inéquitable du médicament. C'est alors au patient de payer des factures élevées pour des thérapies qui lui sauvent la vie. Même les pays considérés comme ayant un revenu élevé et disposant d'un système de santé universel se heurtent à des obstacles dans l'accès aux thérapies anticancéreuses. Le Canada et les États-Unis citent tous deux les contraintes financières, les systèmes complexes et fragmentés de couverture des médicaments et les disparités d'accès pour certains groupes comme des problèmes d'accès. Le Canada est l'un des pays où le coût des médicaments sur ordonnance est le plus élevé. L'incapacité d'un patient à payer ses médicaments l'incite à ne pas les respecter ou à sauter des doses pour en allonger la quantité.
La couverture d'assurance est souvent complexe et minimale. Une couverture incohérente contribuera aux difficultés du patient et augmentera les pressions financières au cours d'un parcours de santé stressant Les personnes âgées, les immigrants et les personnes racialisées sont généralement victimes de disparités en raison de leur lieu de résidence, de leur niveau de revenu et de leur accès aux soins Un projet de recherche mené au Canada par l'Université Queen's, l'Université de Calgary et l'Université Dalhousie vise à identifier les obstacles à l'accès aux médicaments de chimiothérapie L'objectif de cette étude est d'identifier les facteurs impliqués dans les retards de traitement ainsi que l'existence d'une disproportion de disponibilité des médicaments/traitements de chimiothérapie entre les provinces et les territoires du Canada (Chafe R, et al )
Les pénuries de médicaments sont une préoccupation mondiale, de même que les abandons de produits. Il y a encore vingt ans, les traitements contre le VIH et l'hépatite C étaient coûteux et accessibles uniquement dans les pays à revenuélevé.Depuis2000,lecoûtpourlespatientsadiminuéde99%.
Ce résultat est le fruit d'une approche multipartite En ce qui concerne l'accès aux médicaments oncologiques, l'accent est mis sur les travaux menés par la Coalition pour l'accès aux médicaments oncologiques (ATOM Coalition). Cette collaboration implique plus de 40 partenaires du secteur privé et de la société civile. Des ateliers sont mis en place pour lever les obstacles dans les pays à revenus faibles et moyens. L'octroi de licences, les programmes de dons et l'amélioration de la chaîne d'approvisionnement sont quelques-uns des domainesabordésquiaggraventlesobstaclesàl'accèsauxmédicamentsetaux technologiesdetraitement wwwuiccorg/atom/atom-coalition-home
La Société canadienne du cancer énumère trois domaines dans lesquels les Canadiensatteintsdecancerpeuventrencontrerdesdifficultéspouraccéderà la chimiothérapie Un médicament recommandé par l'oncologue peut ne pas être couvert par le régime d'assurance provincial ou territorial ou par les polices d'assurance privées. Les médicaments pris à domicile peuvent être la meilleureoptionpourletraitement,maisenraisondelaprovincederésidence, il se peut qu'il n'y ait pas de couverture et que le patient soit obligé de payer. Enfin, les retards importants dans la procédure d'approbation des médicamentssontégalementunfacteurclédesproblèmesd'accès


L'accès aux médicaments a été abordé ci-dessus. Jetons maintenant un coup d'œil superficiel sur les problèmes monétaires liés aux médicaments oncologiques au Canada. La moitié des provinces canadiennes n'ont pas de programme de remboursement partiel ou total des médicaments de chimiothérapie orale En décembre 2023, le gouvernement du Canada a annoncé la création de l'Agence canadienne des médicaments, chargée d'assurer la viabilité du système canadien des médicaments Cette annonce comprenait 89,5 millions de dollars sur 5 ans en plus du financement fédéral actuel de 34,2 millions de dollars par an pour obtenir de meilleurs résultats en matièredesanté

Les résidents de différentes provinces du Canada atteints du même cancer auront des expériences différentes en ce qui concerne les coûts de leur traitement. Pour l'un, les médicaments administrés par voie orale seront pris en charge, tandis que pour l'autre, les coûts iront de 1 800 dollars par mois à 132 000 dollars par an. La loi canadienne sur la santé stipule que tous les médicaments de chimiothérapie administrés par voie intraveineuse dans les hôpitaux sont entièrement couverts dans chaque province. Au sein d'une même province, le traitement optimal d'un patient atteint d'un cancer consistera à lui administrer des médicaments par voie orale, à ses frais, tandis qu'un autre patient ayant reçu le même diagnostic sera traité avec des médicaments chimiothérapeutiques administrés par voie intraveineuse. Ces inégalités rendent nécessaire la mise en place d'un régime national d'assurance-médicaments normalisé.

