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Recherches scientifiques au Parc National Suisse NumĂŠro 99/II


Nationalpark-Forschung in der Schweiz Herausgegeben von der Forschungskommission des Schweizerischen Nationalparks – eine Kommission der Akademie der Naturwissenschaften Schweiz SCNAT Recherches scientifiques au Parc National Suisse Publié par la Commission de recherche du Parc National Suisse – une Commission de l’Académie suisse des sciences naturelles SCNAT Ricerca scientifica sul Parco Nazionale Svizzero Pubblicato della Commissione per la ricerca scientifica nel Parco Nazionale Svizzero – una Commissione dell’Accademia svizzera di scienze naturali SCNAT Perscrutaziuns scientificas en il Parc Naziunal Svizzer Publitgà da la Cumissiun da perscrutaziun dal Parc Naziunal Svizzer – ina Cumissiun da l’Academia svizra da las scienzas natiralas SCNAT Scientific Research in the Swiss National Park Published by the Research Council of the Swiss National Park – a Council of the Swiss Academy of Sciences SCNAT

Titre ancien de la collection (jusqu’au Numéro 84) : Résultats des recherches scientifiques entreprises au Parc National Suisse (voir la liste des ouvrages publiés à ce jour page 246)


Editeurs Heinrich Haller, Antonia Eisenhut, Rudolf Haller

Atlas du Parc National Suisse Les 100 premières années Britta Allgöwer, Pia Anderwald, Norman Backhaus, christian bernasconi, Claudio Bozzini, Peter Brang, Frank Breiner, Martin Brüllhardt, Ursus Brunold, Harald Bugmann, Valentin Burki, Martin Camenisch, Daniel Cherix, Marcel Clausen, Claudio Defila, Matthias Dobbertin †, Michael Doering, Markus Egli, Antonia Eisenhut, Flurin Filli, Walter Finsinger, Duri Florineth, Jakob Frei, Anne Freitag, Marietta Funke, Heinz Furrer, Dorian Gaar, Claudia Gerber, Yves Gonseth, Sabine Güsewell, Christoph Haemmig, Heinrich Haller, Rudolf Haller, Ambros Hänggi, Janett Hanitzsch, Josef Hartmann, Pius Hauenstein, Alan G. Haynes, Daniel Hermann, Johann von Hirschheydt, Stephan Imfeld, Lukas Inderbitzin, Andrea Jauss, David Jenny, HANNES JENNY, Barbara Kawecka, Felix Keller, Fabian Kessler, eduard kissling, Frank Klötzli, Mathias Kneubühler, Sandra Knispel, Mario Kocher, Bertil o. Krüsi, Patrick Kupper, Patrick Laube, Daniel Locher, Hans Lozza, Verena Lubini, Beatrice Lüscher, Peter Lüscher, arnaud maeder, Annina Margreth, Christoph Marty, Martina Meier, Jean-Claude Monney †, Benjamin U. Müller, Jürg Paul Müller, Mathis Müller, stefanie Müller, Uta Mürle, office federal de meteorologie et de climatologie meteosuisse, Johannes Ortlepp, jon domenic Parolini, Aline Pasche, Eric Pointner, Jonathan Raper, Maja Rapp, Ursina Raschein, Peter Rey, Daniel Rigling, Anita C. Risch, Armin Rist, Stefan Röber, Christopher T. Robinson, Marc Rolli, Thomas Scheurer, daniel Schläpfer, Christian Schlüchter, Christian Schmid, Ronald Schmidt, Martin Schütz, Anna-Katharina Schweiger, Laura Seelen, Pascal Sieber, Lena C. Spalinger, Fabiola Stadelmann, Markus Stähli, Benno Steiner, Stefan Strasky, Christoph Suter, Willy Tinner, Alice Trachsel, Reto Trachsel, Sylvain Ursenbacher, Heinz Veit, Heinz Vetter, Dragan Vogel, Gian-Reto Walther, Beat Wartmann, Andreas Weissen, Otto Wildi, urs wohler, Stefan Wunderle, Margot Zahner, Niklaus Zbinden, Stephan Zimmermann, Ruedi Zweifel

Haupt Verlag


Heinrich Haller, né en 1954, a étudié la zoologie, la botanique et la géographie à l’Université de Berne et

Gestion du projet :

Antonia Eisenhut

a consacré sa thèse d’habilitation à l’Université de Göttingen à la biologie de la faune sauvage. Il est spécialisé en écologie des montagnes en général, et en les grands mammifères et oiseaux des Alpes en particulier. Depuis 1996, Heinrich Haller dirige le Parc National Suisse (PNS).

Concept cartographique : Elaboration des cartes :

Rudolf Haller, Antonia Eisenhut Antonia Eisenhut

Antonia Eisenhut, née en 1980, a étudié la géographie, la géologie et la biologie aux Universités de Fri-

bourg, Barcelone et Berne. Elle exerce son activité dans les domaines de la cartographie, de la géoinformation et de la vulgarisation scientifique. Depuis 2008, Antonia Eisenhut est collaboratrice du PNS au sein de la Division recherche et géoinformation. Rudolf Haller, né en 1966, a étudie la géographie et la cartographie à l’Université de Zurich, où il obtint

le doctorat avec une thèse sur la technologie et la gestion de la géoinformation. Il s’occupe des systèmes de géoinformation et des analyses spatiales en s’appuyant sur des exemples concrets du PNS. Depuis 2000, Rudolf Haller est responsable de la géoinformation dans le PNS et, depuis 2012, il assume également la responsabilité du secteur de la recherche.

swisstopo, Canton des Grisons Données de base : Traitement des données : Pia Anderwald, Seraina Campell, Niculin Caviezel, Przemyslaw Dusza, Antonia Eisenhut, Marietta Funke, Urs Gyseler, Rudolf Haller, Pius Hauenstein, Stephan Imfeld, Fabian Kessler, Maja Rapp, Thomas Rempfler, Stefan Röber, Christian Sailer, Christian Schmid, Anna-Katharina Schweiger, Matthias Uden, Remo Wild Graphiques : Franziska Bock Traitement des images introductrices des chapitres :

Marco Cadonau

Citation: Haller, H., A. Eisenhut & R. Haller (Eds.) (2013) : Atlas du Parc National Suisse. Les 100 premières années. Recherches scientifiques au Parc National Suisse 99/II. Berne: Edition Haupt.

Traductions : Marie Billet, Anke Bostelmann, Jean-Jacques Daetwyler, Marie Fleury Wullschleger, Eva Inderwildi, Suzanne Metthez, Sandrine Seidel, Milena Zocca

Citation des contributions individuelles (exemple) : Furrer, H., C. Schlüchter, L. Inderbitzin, E. Pointner, A. Margreth, D. gaar & J. FreI (2013): Géologie et histoire de la terre. Fondement lithologique et temporel du PNS. En: H. Haller, A. Eisenhut & R. Haller (Eds.): Atlas du Parc National Suisse. Les 100 premières années. Recherches scientifiques au Parc National Suisse 99/II. Berne: Edition Haupt: 16–17.

Lectorat : Anne Berger, Daniel Cherix, Antonia Eisenhut, Jakob Eisenhut, Katharina Eisenhut, Nicolas Fauquex, Ruth Fischer, Viviane Froidevaux, Elodie Gerber, Yves Gonseth, Heinrich Haller, Marlies Haller, Rudolf Haller, Martin Hasler, Sébastien Kramer, David Laurent, Florent Liardet, Toni Mair, François Margot, Alfredo Mastrocola, Jérôme Pellet, Patricia Recordon, Thomas Scheurer, Delphine Schüpbach, Jon Duri Vital, Katja von Allmen, Willi Widmer, Malika Wyss, Ruedi Zweifel Lectorat des cartes : Institut für Kartografie und Geoinformation der ETH Zürich

Matériaux supplémentaires de cette publication : http://www.atlasnationalpark.ch

Concept et consultation graphique : Franziska Bock, Hans Krenn

Financement : Zigerli-Hegi-Stiftung Vontobel-Stiftung Alfons und Mathilde Suter-Caduff Stiftung

Les droits de publication pour cette ouvrage ont été mis à disposition gratuitement par swisstopo. Reproduit avec l’autorisation de swisstopo (BA13077)

Composition et lithographie :

Antonia Eisenhut, Franziska Bock

Graphisme de la couverture :

Franziska Bock, Stephan Imfeld

Information bibliographique de la Deutsche Nationalbibliothek: La Deutsche Nationalbibliothek a répertorié cette publication dans la Deutsche Nationalbibliografie ; les données bibliographiques détaillées peuvent être consultées sur Internet à l’adresse http://dnb.dnb.de. ISBN 978-3-258-07837-3 Tous droits réservés. Copyright © 2013 Haupt Bern Toute forme de reproduction est interdite sans le consentement de la maison d’édition.

Image en couverture : Vue sans distorsion de la chaîne de montagnes entre Piz Laschadurella et Piz Tavrü depuis le côté sud, réalisée par Stephan Imfeld

Imprimé en Allemagne www.haupt.ch


Sommaire

Sommaire

Préface Heinrich Haller. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11

Erosion – transport – dépôt Un paysage se forme Stefan Röber et Ronald Schmidt. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34

Noms géographiques Les noms de lieux ont une histoire Rudolf Haller . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56

Fondements

Cartographie des sols au PNS Un champ d’investigation encore ouvert Stephan Zimmermann, Peter Lüscher et Markus Egli. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36

Une histoire mouvementée Naissance et développement du PNS Patrick Kupper. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58

Le Parc National Suisse en quelques mots La topographie Heinrich Haller. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14 Géologie et histoire de la Terre Fondement lithologique et temporel du PNS Heinz Furrer, Christian Schlüchter, Lukas Inderbitzin, Eric Pointner, Annina Margreth, Dorian Gaar et Jakob Frei; Janett Hanitzsch . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16 Tectonique Mouvements et superpositions d’une montagne cHRISTIAN sCHLÜCHTER, Marcel Clausen, Fabiola Stadelmann et Eduard Kissling . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18

Cartographie de la végétation dans le PNS Histoire et avenir Martin Schütz, rudolf Haller, Mathias Kneubühler et Anita C. Risch. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38 Le projet HABITALP Répertorier et décrire les habitats Rudolf Haller et Stephan Imfeld. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40

Rétrospective

Nord ou sud, plat ou escarpé Généralités sur l’exposition et la déclivité Rudolf Haller . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20

Traces de dinosaures, coraux et autres fossiles Témoins d’une longue histoire géologique Heinz Furrer. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44

Le climat au PNS Ensoleillé, peu de précipitations et températures extrêmes office federal de meteorologie et de climatologie meteosuisse. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22

La dernière glaciation La région du col de l’Ofen sous la glace Christian Schlüchter, Duri Florineth, Heinz Vetter, Marcel Clausen, Lukas Inderbitzin, Eric Pointner et Mario Kocher . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46

Enneigement au PNS En régression avec d’importantes variations Christoph Marty et Christoph Suter. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26 L’eau dans le PNS Apport minimal, effet maximal Antonia Eisenhut. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28 Les sources Des affleurements d’eau naturels dans le paysage Christian Schlüchter, Marcel Clausen, Christoph Haemmig, Annina Margreth, Eric Pointner, Benno Steiner, Stefan Strasky et Heinz Vetter. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30 Pergélisol Signal climatique du monde souterrain Felix Keller. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32 6

La protection de la nature sous tension Des centrales hydroélectriques changent le Parc Patrick Kupper. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60

Comparaisons et coopérations Nature sauvage au PNS Entre nostalgie et recherche HEINRICH HALLER. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64 ALPARC Le PNS dans le Réseau Alpin des Espaces Protégés Antonia Eisenhut. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66 Plus d’espace pour des paysages proches de la nature Le chemin vers le système pluriel des parcs en Suisse Andreas Weissen. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68 Biodiversité au PNS Les papillons diurnes, mesure de la diversité des espèces Heinrich Haller, Daniel Cherix, Yves Gonseth et Stephan Imfeld . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70

Pollen, aiguilles et morceaux de charbon L’histoire des forêts du col de l’Ofen Britta Allgöwer, Markus Stähli, Walter Finsinger et Willy Tinner . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48

Changement générationnel dans la forêt Chaque essence évolue à son rythme Peter Brang et Harald Bugmann . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72

De la coupe rase à la réserve naturelle L’utilisation des forêts dans le temps au PNS Jon Domenic Parolini. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50

Le cerf élaphe et la chasse Réserves de gibier et tableau de chasse HEINRICH HALLER et HANNES JENNY. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74

Investisseurs et immigrants au Pass dal Fuorn 350 ans d’industrie minière et d’extraction du fer Daniel Schläpfer. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52

Nature à l’état pur ? Les infrastructures à l’intérieur du PNS Hans Lozza. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76

La région selon d’anciennes cartes Du Bißögger Gebürg au Piz Pisoc Rudolf Haller; Ursus Brunold . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54

Sentiers de randonnée dans une contrée sauvage Paysages visibles et invisibles Antonia Eisenhut et Rudolf Haller. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78


Plantes Un refuge pour les conifères Les essences du PNS rudolf Haller, Britta Allgöwer et Pius Hauenstein. . . . . . . 82 Le bois mort, un milieu remarquable Cimetière, berceau et habitat à la fois Pius Hauenstein. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86 Du pin de montagne au pin arolle ? Tirer les enseignements du passé Anita c. Risch et Martin Schütz . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 88 Rajeunissement de la forêt et forte densité d’ongulés Nouvelles générations d’arbres dans le Val Trupchun Martin Brüllhardt. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90 L’histoire des pâturages alpins De la pâture du bétail à celle des cerfs Martin Schütz et Anita C. Risch . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 92 Une graminée se fraie son chemin Le brachypode penné menace-t-il la diversité des espèces ? Bertil O. Krüsi. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94 La laîche toujours verte Un hôte des anciens pâturages subalpins Bertil O. krüsi. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96 Orchidées Premiers résultats d’une cartographie systématique Beat Wartmann et Anna-Katharina Schweiger. . . . . . . . . . . . . . 98 Lentement, mais de manière continue Les lichens datent l’activité de glaciers rocheux Jonathan Raper, Antonia Eisenhut et Pia Anderwald. . . . . . 100

Animaux Réseaux trophiques du sol Des communautés biotiques si peu connues Martin Schütz, Ursina Raschein et Anita C. Risch. . . . . . . . . 104 Insectes aquatiques Biodiversité des plécoptères bien préservée Sandra Knispel et Verena Lubini. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 106 Les sauterelles et criquets de 1951 à aujourd’hui Dissémination favorisée par le réchauffement global ? Martin Schütz, Alan G. Haynes, Lena C. Spalinger et Anita c. Risch. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 108 Les papillons de jour du PNS Evolution des communautés de 1920 à nos jours Yves Gonseth, Daniel Cherix et Aline Pasche. . . . . . . . . . . . . 110 Formica exsecta Une espèce à l’aise au PNS Anne Freitag, Daniel Cherix, arnaud maeder et christian bernasconi. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 112

Fourmis des bois Hôtes emblématiques du PNS Christian Bernasconi, Daniel Cherix, arnaud Maeder et anne freitag . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 114 Le monde à hauteur d’araignée L’Alp Trupchun en détail Beatrice Lüscher et Ambros Hänggi. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 116

Chamois et cerf élaphe Deux ongulés à l’histoire différente HEINRICH HALLER. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 148 La fraîcheur de l’été au PNS Les migrations saisonnières des cerfs élaphes Heinrich Haller. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 150

Les poissons Vivre dans un habitat altéré Peter Rey . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 118

Les cerfs élaphes dans le Val Foraz Des cartes complexes rendent les changements visibles Patrick Laube, Daniel Hermann, rudolf haller et Flurin Filli . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 154

La vipère péliade en Engadine Le PNS comme référence Sylvain Ursenbacher et Jean-Claude Monney † . . . . . . . . . . . . 120

Sous pression de toute part et pourtant dynamique Le chevreuil HEINRICH HALLER. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 156

Oiseaux nicheurs dans le PNS Situation générale et évolution dans trois surfaces choisies Mathis Müller, Johann von Hirschheydt et Niklaus Zbinden. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 122

Le bouquetin, emblème des Grisons Lente renaissance dans le PNS HEINRICH HALLER. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 158

Un phénix qui renaît de ses cendres Le retour du gypaète barbu dans les Alpes David Jenny. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 126 Aigle royal Informations tirées d’un long suivi HEINRICH HALLER. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 128 Faucons en haute montagne Le faucon crécerelle et le faucon pèlerin dans le PNS HEINRICH HALLER. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 130 Oiseaux de la taïga dans nos forêts de montagne Grand tétras et tétras lyre HEINRICh HALLER. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 132 Destins divers Perdrix bartavelle et crave à bec rouge HEINRICH HALLER. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 134 Habitants des forêts avec aire de distribution différente Pic noir et pic tridactyle HEINRICH HALLER. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 136 Toujours plus haut dans les montagnes Lièvre variable et lagopède alpin HEINRICH HALLER . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 138 Marmotte des Alpes Un habitant des steppes au milieu des pelouses alpines HEINRICH HALLER. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 140 Les micromammifères et leur milieu Le savoir des experts transposé en cartes des biotopes Jürg Paul Müller; Marietta Funke et rudolf Haller. . . . . . 142 Un retour hésitant L’ours brun, le loup et le lynx HEINRICH HALLER. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 146

L'homme Le pouvoir d’attraction d’une nature intacte Flux de visiteurs au PNS Hans Lozza. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 162 Qui est le visiteur type du Parc National ? Quand et où se promène-t-il ? Hans Lozza; Alice Trachsel et Norman Backhaus . . . . . . . . . 164 L’exploration, GPS en main Comment les visiteurs font de la randonnée au PNS Antonia Eisenhut, Fabian Kessler et Rudolf Haller. . . . . . . 166 «Noss» Parc L’attitude de la population locale envers le PNS Martina Meier et Norman Backhaus. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 168 Sans investissements à forte intensité de capital Le PNS comme moteur puissant de l’économie régionale Flurin Filli, Norman Backhaus et urs wohler. . . . . . . . . . . . 170 La route du col de l’Ofen 100 ans de conflit entre exploitation et protection Flurin Filli; Christian Schlüchter. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 172 Faire de la moto au PNS Un sentiment de liberté dans la nature Flurin Filli et Andrea Jauss; Matthias Dobbertin †. . . . . . . . . 174 Talus ensemencés le long de la route du col de l’Ofen Les espèces végétales indigènes prennent le dessus Sabine Güsewell et Frank Klötzli . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 176 Que faire si un incendie éclate dans le PNS ? Une question de gestion devient programme de recherche Britta Allgöwer. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 178

7


sommaire

Le Lai da l’Ova Spin . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Les plus forts taux de sédimentation connus Christian Schlüchter, Benjamin U. Müller, Marc Rolli, Valentin Burki, Daniel Locher, Reto Trachsel, Lukas Inderbitzin et Heinz Vetter. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 180

Une lente mais constante avancée Le cheminement des lobes de solifluxion du Munt Chavagl Armin Rist, Felix Keller, christian Schmid, Claudia Gerber, Dragan Vogel, claudio bozzini, Stefan Wunderle et Heinz Veit. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 208

Recherche

Eboulis en mouvement Les glaciers rocheux et la reptation du pergélisol Felix Keller et Christian Schmid. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 210

Des montagnes de données aux trésors scientifiques La recherche à long terme du PNS Antonia Eisenhut. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 184

Scénarios et perspectives

Josias Braun-Blanquet 100 ans de suivi permanent de la végétation Martin Schütz, Martin Camenisch et Margot Zahner . . . . . 186

L’évolution du climat au PNS Des premières mesures à l’an 2099 office federal de meteorologie et de climatologie meteosuisse. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 214

Zoom sur les photographies aériennes d’époque Transformation du paysage dans le Val Mingèr Rudolf Haller, Pius Hauenstein et Stephan Imfeld. . . . . . . . 188

Evolution dans l’écotone de la limite supérieure de la forêt Rajeunissement des pins de montagne bertil O. Krüsi et pASCAL sIEBER. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 218

Imagerie hyperspectrale au PNS L’écologie à la rencontre de la télédétection Anna-Katharina Schweiger, Maja Rapp, Mathias Kneubühler et Anita C. Risch. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 190

Succession sur Stabelchod A quelle vitesse les alpages se reboisent-ils ? Martin Schütz, Anita C. Risch et Otto Wildi. . . . . . . . . . . . . . 220

Réseaux de relations sur les pâturages Plantes et herbivores Anita c. Risch, Alan g. Haynes et Martin Schütz . . . . . . . . . . 192

Sommets des montagnes La flore soumise au stress thermique Thomas Scheurer, Martin Camenisch, Frank Breiner et Gian-Reto Walther. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 222

Relations et interactions dans les pâturages Fourmis et cerfs aménagent l’écosystème Martin Schütz et Anita c. Risch . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 194 Champignons parasites Les plus grands organismes du PNS Daniel Rigling. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 196 Surface incendiée d’Il Fuorn Les graminées remplacent les pins de montagne Thomas Scheurer et Josef Hartmann. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 198 Phénologie végétale La flore du PNS au fil des saisons Claudio Defila . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 200 Des crues artificielles redynamisent le Spöl Un projet à long terme aux multiples atouts Christopher T. Robinson, Michael Doering, Johannes Ortlepp, Uta Mürle et Thomas Scheurer; Heinrich haller. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 202 Les eaux du plateau de Macun Importance d’une biosurveillance Christopher T. Robinson, Laura Seelen et Barbara Kawecka . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 204 Mercure Toutes les pistes mènent au Val Brüna Christian Schlüchter, Daniel Locher, Lukas Inderbitzin, Benjamin U. Müller, Marc Rolli, Valentin Burki, stefanie Müller et Reto Trachsel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 206

8

Les territoires protégés à proximité du PNS Perspectives pour l’avenir HEINRICH HALLER. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 224

Annexes L’Atlas et ses cartes 100 ans d’observations et de recherches Rudolf Haller; Ruedi Zweifel. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 230 Conseils pour la lecture de l’Atlas et de ses cartes . . . . . . . . . . . . . 232 Littérature. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 234 Crédits photographiques. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 240 Sources des données. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 241 Petit glossaire. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 242 Tableau d’abréviations. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 243 L’extension numérique http://www.atlasnationalpark.ch. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 244


100 ans de Parc National Suisse (PNS), un siècle d’observation régionale de l’environnement et une œuvre qui constitue la synthèse de cette histoire : telles sont les pierres angulaires du présent Atlas. Décrivant l’évolution des territoires situés dans et autour du PNS dans toute sa diversité sous la forme de représentations cartographiques les plus diverses, complétées par des textes explicatifs, il établit une rétrospective de l’histoire du Parc et ouvre des perspectives d’avenir.

Créé en 1914, le PNS est le premier Parc national à avoir vu le jour dans les Alpes, et le premier modèle d’un espace naturel protégé géré selon des principes scientifiques (Kupper 2012) : dans le périmètre du Parc, la nature devait pouvoir se développer librement sans intervention humaine, et servir de « laboratoire de plein air » à la science. Cette idée visionnaire de la protection des processus naturels et de la création d’un espace de recherche a été mise en œuvre au fil des années avec plus ou moins de force, mais toujours avec un but bien précis. Même si d’autre missions sont venues s’y ajouter, en particulier en matière d’information du public, le PNS a gardé son orientation première de terrain de recherche. Les deux dernières décennies ont été marquées par une extension de l’administration du Parc. Cette réorganisation a été le signal d’un nouveau départ à tous les niveaux, encouragé par la Commission fédérale du Parc national (CFPN), organe stratégique, et soutenu par la Commission de recherche du Parc National Suisse. La fig. 1 illustre le nombre croissant, depuis le milieu des années 90, d’articles spécialisés publiés par et sur le Parc.

Nombre de publications scientifiques

PReFACE

Préface

Laboratoire de plein air, terrain de recherche, surface de référence : ces notions montrent sans équivoque que le PNS est ancré avant tout dans sa relation à

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L’évolution du PNS comme entité spatiale a suivi un rythme inverse. Le Parc a grandi rapidement entre 1910 et 1914. Il occupait déjà, l’année de sa création, les quatre cinquièmes des 170 km2 actuels (page 58). Les agrandissements ultérieurs se sont révélés extrêmement difficiles, ou n’ont été obtenus qu’avec des concessions. Bien que le territoire du Parc soit plus marqué par des frontières politiques que par des limites naturelles et qu’il ne soit – en général – absolument pas représentatif pour la Suisse, le PNS est devenu un symbole national et a donné son nom à la région. Ce dernier point comprend le développement d’une relation entre le Parc et ses environs, spécialement avec le Parc naturel régional voisin Biosfera Val Müstair, créé en 2010 (page 224). Des comparaisons entre les espaces naturels situés à l’intérieur et à l’extérieur du Parc s’imposent, et confèrent au pns une fonction importante, celle de surface de référence.

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2012

fig. 1.  Nombre de publications scientifiques (y inclus les travaux d’études et des rapports) du (ou sur le) pns, 1910–2012

l’espace.TouteslesinformationsduParcsontattribuées à des coordonnées géographiques. Une localisation précise est même indispensable si l’on veut interpréter correctement les données. S’y ajoute évidemment la date ou l’instant pour les processus naturels à répertorier  : le PNS documente toujours les événements et les évolutions dans un contexte spatio-temporel. L’un des aspects les plus importants de ce travail est la mise en lumière de changements insidieux qui passent en général inaperçus au quotidien, et même souvent dans le milieu scientifique. Or, ces phénomènes ont une importance fondamentale pour une véritable compréhension globale des systèmes naturels. 100 ans après la création du PNS, il convient de tirer un bilan à plusieurs niveaux : avec une rétrospective historique déjà publiée (Kupper 2012), le résumé des principaux résultats et des temps forts de la recherche du Parc (Baur & Scheurer en prép.), et le présent « Atlas du Parc National Suisse », qui rend hommage à la signification particulière de l’espace et du temps au sein du Parc. Cet Atlas réunit deux emblèmes traditionnels de notre pays : la cartographie et le PNS. L’Atlas avec ses cartes, ses textes, ses illustrations et ses références bibliographiques est centré sur le PNS et sa région, mais le contexte à grande échelle est bien sûr évoqué là où c’est nécessaire et utile. L’Atlas du PNS se distingue d’autres ouvrages de cartographie par son espace de référence restreint et par le nombre de cartes thématiques. Il s’inscrit dans la lignée des atlas publiés par d’autres parcs (par exemple Henry & Armstrong 2004, Carro & Pedrotti 2010, Marcus et al. 2012). L’Atlas du Parc National Suisse s’adresse aux amis de la nature comme aux spécialistes. Il vise à analyser, présenter et expliquer le trésor de données tangibles contenues dans les cartes établies au cours du

premier siècle de son existence. Sur huit chapitres, tous les thèmes pertinents pour le Parc et suffisamment documentés sont abordés : des sources à la flore des sommets alpins, des traces des dinosaures à la pollution sonore. Parallèlement à des articles consacrés à des projets scientifiques de niveau international, on en trouve aussi certains basés sur des données qui n’ont pas été collectées de façon systématique, ou qui ne l’ont été qu’en partie. La prise en compte des deux approches est nécessaire et utile : c’est le seul moyen d’obtenir une vision d’ensemble et de jeter les bases nécessaires pour les activités de recherche et de suivi dans le PNS, mais aussi pour la gestion du Parc fondée sur des résultats scientifiques. Il ne s’agit pas de faire un simple état des lieux, mais de tirer un véritable bilan en réunissant et interprétant le matériel disponible pour lui permettre de servir de référence pour l’entrée dans le deuxième siècle d’existence du Parc. Les différents articles sont indépendants et peuvent donc être lus séparément, cependant ce sont les liens thématiques variés entre ces articles qui soulignent la véritable valeur de l’ouvrage. Les recherches effectuées dans le cadre du Parc National elles-mêmes sont moins marquées par des travaux individuels, que par une approche collective et multi-, inter- et transdisciplinaire. L’enjeu est de présenter l’abondance des informations relatives au même espace et des liens qui les unissent, si possible toujours au niveau des écosystèmes. Dans ce contexte, les données collectées par le PNS et la compilation présentée ici peuvent constituer une source précieuse pour d’autres études. Malgré les investissements importants réalisés dans un passé récent (fig. 1), le bilan de la recherche du PNS présente encore des lacunes sensibles et des imprécisions diverses. Certaines étaient connues, d’autres ont été identifiées au travers du travail réalisé pour l’Atlas, d’autres encore vont apparaître ultérieurement. Tout cela fait partie intégrante


du bilan réalisé, et doit nous inciter à poursuivre et à étendre notre travail de collecte de données dans le PNS et ses environs. L’importance des aspects spatiotemporels dans les travaux scientifiques du PNS rendra inévitable une refonte de l’ouvrage dans un avenir plus ou moins proche, sur la base de la vue d’ensemble présentée dans cette édition. Pour être plus flexible, l’Atlas s’est aussi doté d’un outil numérique accessible sur le site suivant  : http://www.atlasnationalpark.ch. Cet outil va beaucoup plus loin qu’une simple carte internet : il propose un approfondissement important des contenus et invite à les aborder de manière interactive. Cet instrument permet de présenter sous une forme adéquate et de rendre vivants des phénomènes difficiles à représenter sous forme statique, comme la superposition de différentes informations spatiales ou la dynamique des processus. Les deux pierres angulaires de l’Atlas du Parc National Suisse, l’ouvrage imprimé et le site internet, forment un ensemble quasiment symbiotique et offrent à un public intéressé un outil cartographique complet sur le PNS. La partie numérique est conçue pour être complétée et actualisée selon les opportunités. L’Atlas du PNS est l’œuvre commune de chercheurs travaillant sur le territoire du PNS et des responsables de la recherche et des activités de suivi au sein de l’administration. L’idée est née en 2006 au sein de la direction du Parc, sous l’impulsion de l’ancienne Division Information spatiale (aujourd’hui Recherche et géoinformation), et a été inscrite dans les Orientations stratégiques 2007–2014 du PNS. La réalisation de l’ouvrage a été menée à bien par les trois éditeurs et par 118 personnes/institutions de la Commission de recherche du pns et d’autres organisations, dont les noms sont indiqués sur la page de couverture. Je tiens à remercier ici toutes les personnes qui ont participé à cet ouvrage. Mes remerciements s’adressent en particulier à Rudolf Haller,

le véritable père spirituel de cette cartographie, et à Antonia Eisenhut, spécialement détachée à ce projet de 2010 à 2013, qui, en chef de projet avisée, a toujours tenu les ficelles de l’entreprise et élaboré les cartes. Pour des raisons compréhensibles, il n’est possible de nommer ici qu’un nombre restreint de personnes qui ont participé d’une manière ou d’une autre à cet ouvrage. C’est grâce aux relevés anciens et à leurs responsables que des comparaisons sur une période allant jusqu’à 100 ans sont devenues possibles. On citera notamment les anciens directeurs Robert Schloeth † et Klaus Robin, ainsi que Mario Negri, ancien responsable de la surveillance du Parc et les gardes, qui sont chargés aujourd’hui, entre autres fonctions, de nombreux travaux de suivi. Ces activités ont été assurées depuis le milieu des années 1970 par Fadri Bott, Dario Clavuot, Göri Clavuot †, Mario Conradin, Andri Cuonz, Curdin Eichholzer, Curdin Florineth, Domenic Godly, Silvio Gross, Reto Mösle, Ueli Nef, Alfons à Porta, Peter Roth, Reto Strimer et Not Armon Willy. D’autres personnes qui ont rendu de grands services à la réalisation de cet ouvrage sont citées dans l’Impressum. On évoquera aussi le travail réalisé par les relecteurs bénévoles et le lectorat typographique final, qui ont donné la dernière touche à l’Atlas. La présentation soignée est avant tout le fruit du travail de Franziska Bock, qui a préparé la mise sous presse en collaboration avec la responsable du projet et la maison d’édition Haupt.

n’oublierons pas non plus d’évoquer le travail effectué par nos équipes et les nombreuses contributions bénévoles, qui sont indispensables à la réussite d’un projet de cette ampleur. Il n’est pas du ressort des responsables du présent ouvrage de mettre l’accent sur son rôle et sa valeur. Ceux-ci ne pourront d’ailleurs peut-être être évalués que dans plusieurs années. Nous avons eu en tout cas beaucoup de plaisir à réaliser cet Atlas. Cette activité nous a permis de nous concentrer pendant une longue période sur un aspect essentiel et fondateur de notre travail, à savoir la confrontation personnelle avec les données scientifiques du PNS. Prof. Dr. Heinrich Haller, Directeur du PNS

Nos plus grands remerciements vont aux financeurs, sans lesquels cet ouvrage n’aurait pas pu être réalisé. C’est la Fondation Zigerli-Hegi qui, avec ses contributions répétées, a rendu possible le projet, et la participation substantielle de la Fondation Vontobel et le soutien de la Fondation Alfons et Mathilde SuterCaduff, qui ont aussi joué un rôle essentiel. Nous 11


Fondements


Le paysage sauvage du Parc National Suisse entre le Val Trupchun près de S-chanf et le Grava dal Pisoc au-dessus de Scuol a été modelé par de puissants processus. Dans une approche visionnaire, les fondateurs du PNS ont décidé il y a 100 ans d’exclure toute intervention humaine et de laisser libre cours aux processus naturels. Ils voulaient ainsi rendre perceptibles les phénomènes et les évolutions naturelles qui ont façonné ce paysage et continueront de le modeler à l’avenir. Pendant des décennies, les processus d’évolution paysagère ont été répertoriés, documentés et interprétés. Les résultats de ces études servent de base à d’autres projets de recherche dans différentes disciplines. Peu à peu, les interactions de cet écosystème complexe sont mises en lumière. Des cheminées de calcaire celluleux au-dessus de Grass da Val dal Botsch. Les zones consolidées par des eaux riches en calcaire étant plus dures que les roches environnantes sont visibles aujourd’hui sous forme de cheminées. Elles aussi sont cependant soumises à l’érosion, comme le montre la comparaison entre la photo ancienne de Steivan Brunies et celle prise en 2012.


fondements

Le Parc National Suisse en quelques mots La topographie

Terre E au air F l o re Fau ne

Le Parc National Suisse (PNS) se trouve au centre des Alpes et couvre 170,3 km 2 de régions montagneuses à l’est du canton des Grisons, près du col de l’Ofen (Pass dal Fuorn; A sur carte 2), à 2149 m d’altitude. Situé en région romanche, il s’appelle dans cette langue Parc Naziunal Svizzer. Il est le symbole d’une nature intacte, peu influencée par l’homme, qui, parce que la dynamique naturelle y a été sévèrement protégée depuis un siècle, est devenue de plus en plus sauvage.

Homme

Topographie

Le PNS se situe au centre de l’arc alpin, dans l’angle sud-est de la Suisse, plus précisément en Engadine et (politiquement) dans le Val Müstair (carte 1). On y pénètre par la commune de Zernez (46º 42’ N/10º 06’ E) (B, carte 2). Il possède les caractéristiques prononcées des Alpes centrales (informations générales sur le PNS : Haller 2006). Le Parc national s’étend sur des vallées latérales et une région montagneuse sur la rive droite de l’Inn, ou « En » en romanche, sur le territoire des communes de S-chanf, Zernez, Val Müstair, Lavin et Scuol. Couvrant les deux tiers de la surface du Parc, Zernez est de loin la commune la plus impliquée. La limite méridionale du PNS jouxte sur près de 18 km la frontière italienne, où il se raccorde au Parc national du Stelvio, qui fut constitué en 1935 et étendu en 1977 jusqu’à la frontière suisse (fig. 2). Le PNS se compose de deux grandes zones de tailles différentes (carte 2) : d’une part, la zone principale de 167 km² dans la région des Dolomites de BasseEngadine et, d’autre part, à 2,5 km, Macun et ses lacs

de montagne dispersés sur un plateau de 3,6 km² au sous-sol cristallin annexé au Parc en 2000. La zone originelle du Parc s’étend du bas de la HauteEngadine en direction nord-ouest le long de la vallée principale dans le Val Trupchun, le Val Tantermozza et le Val Cluozza, puis suit ce qui est son cœur proprement dit, le grand territoire à l’ouest du col de l’Ofen complété au nord-est, en direction de Scuol, par le Val Mingèr et le flanc oriental du Piz Pisoc. Ces vallées ont plusieurs ramifications : le Val Müschauns dans la section nord du Val Trupchun et les trois vallées latérales Valletta, Val Sassa et Val dal Diavel au fond du Val Cluozza. La région du col de l’Ofen est moins étroite : le paysage y est dominé par des monts en forme de dôme, issus des glaciations, par exemple, en zone centrale, le Munt la Schera à 2587 m ; les vallées périphériques sont le Val da l’Acqua, le Val Ftur et le Val Nüglia. Enfin, le Val Mingèr a également son bras latéral, le Val Foraz. Pour un espace en milieu alpin, la caractéristique du PNS est sa situation en moyenne altitude (2323 m en moyenne, ce qui est haut en comparaison avec d’autres

régions alpines), les altitudes absolues variant entre 1380 et 3173 m. Ces deux extrêmes ne sont éloignés que de 3 km l’un de l’autre et concernent la pointe nord à pic du PNS au sud de Scuol entre Clemgia, soit le ruisseau du Val S-charl, et le Piz Pisoc. Le point culminant à l’intérieur du PNS est le Piz Quattervals, à 3165 m, qui s’élève au centre de la région sud-ouest du Parc. Le corridor formé par les Dolomites de Basse-Engadine atteint de manière uniforme environ 3000 m d’altitude. Au cours du siècle passé, la limite climatique de la neige s’est élevée au-dessus de ce niveau, entraînant la disparition des anciens petits glaciers. Ne restent que les glaciers rocheux, ceux du Val da l’Acqua et du Val Sassa, comptant parmi les représentants les plus impressionnants de leur type dans l’arc alpin (page 210). Les limites inférieures du PNS, déterminées par des raisons politiques, courent le long de la vallée principale de l’Engadine (entre S-chanf et Zernez), pour l’essentiel au niveau de la limite supérieure de la forêt, soit entre 2200 et 2300 m d’altitude. Ce sont essentiellement des espaces peu productifs qui ont été attribués au Parc, soit des espaces sans enjeu économique auxquels il était facile de renoncer. La surface sans couverture végétale ne représente pas moins de 51  % de la surface totale du Parc. Le terrain entièrement dolomitique, hormis Macun et l’extrémité sud du Val Trupchun, tend à la météorisation, soit à la désagrégation de la roche en blocs tranchants et mobiles. En témoignent les innombrables éboulis et les nombreuses coulées de boue (page 34). La proportion

fig. 2.  La zone limite entre le Parc national du Stelvio (premier plan) et le pns (arrière-plan), avec le Lago di Livigno (à gauche) et le Munt la Schera (au centre de l’image, côté droit)

14

de forêt dans le PNS est de 31  % (page 82) et celle des pelouses subalpines et surtout alpines de 17 %. L’Inn draine toute la surface du PNS. Son principal cours d’eau, le Spöl, prend sa source dans la vallée italienne de Livigno, passe près de Punt dal Gall, en aval du Lago di Livigno sur territoire suisse, et rejoint le territoire du Parc avant de se jeter dans l’Inn près de Zernez (page 28). Les infrastructures humaines (page 76) se limitent aujourd’hui à un réseau de 80 km de chemins balisés et à 15 bâtiments, ou complexes construits, dont la seule cabane ouverte au public, la Chamanna Cluozza dans la vallée du même nom, et le laboratoire près d’Il Fuorn. S’y ajoutent, sur la route du col de l’Ofen (page 172), le poste de douane de Punt la Drossa et l’hôtel Parc Naziunal Il Fuorn. Ce dernier est en mains privées et les 15 hectares de terrain attenant ne sont pas soumis au même niveau de protection que le territoire du Parc proprement dit (carte 2). Le PNS n’est en principe pas habité par l’homme. Son statut de parc a permis d’éliminer la plupart des influences anthropiques qui pesaient sur lui au cours des siècles passés. Suivant une ligne le long de la route du col de l’Ofen, incluant le tunnel Munt la Schera ainsi que les installations des centrales hydroélectriques de l’Engadine (page 60), l’emprise de l’homme a toutefois crû au cours de son histoire. Barrages et captages d’eau se situent juste à l’extérieur ou à la limite du PNS tandis que le bassin de compensation Ova Spin y pénètre sur plus d’un kilomètre. Dans l’ensemble, le PNS demeure toutefois un havre d’authenticité, où la nature sauvage reprend ses droits (page 64), un havre qui occupe une grande surface dans un espace central des Alpes resté particulièrement proche de son état naturel. Heinrich Haller


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Les signatures suivantes transmettent des informations générales et ne sont donc pas expliquées sur chaque carte (cf. carte 241 sur page 233) :

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fondements

Géologie et histoire de la Terre Fondement lithologique et temporel du PNS

Terre E au air F lo re Fau ne

Les montagnes et les vallées du PNS ne se dégagent du complexe arc alpin par un processus d’érosion que depuis quelques millions d’années. Les diverses roches cristallines et sédimentaires locales forment le toit de l’empilement des nappes alpines et sont rassemblées sous le terme de nappes de l’austro-alpin supérieur. Elles ont été fortement déformées et déplacées il y a 30 à 90 millions d’années lors des différentes phases de l’orogénèse alpine.

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geologie

Les nappes de l’austro-alpin supérieur se composent de plusieurs milliers de mètres d’épaisses masses rocheuses. Elles contiennent le socle cristallin et des sédiments surincombés, des dépôts marins, qui se sont formés il y a 90 à 245 millions d’années, sur le bord nord-ouest de l’ancien océan primitif, la Téthys. Les différents dépôts de sable, d’argile et de calcaire montrent que cette mer bordière était articulée en bassins, récifs, lagunes et plaines côtières, dont la profondeur de l’eau fluctuait fortement au cours du temps et suivant la situation spatiale. Toute la zone se situait à environ 20 degrés de latitude nord et jouissait d’un climat chaud et subtropical. Les nappes de l’austro-alpin ont été décollées du sous-sol et poussées à de nombreux kilomètres au nord-ouest au-dessus du Penninique dans les premières phases de l’orogenèse. Ce chevauchement a eu lieu en grande partie sous la mer. Seuls le soulèvement et l’érosion des Alpes encore jeunes (du point de vue de la géologie), survenus plus tard et qui continuent actuellement, ont fait émerger les roches incrustées de fossiles (page 44).

La fig. 36 sur page 45 montre par une représentation schématique la série complète des couches de l’austro-alpin supérieur. Cette représentation est valable pour la zone centrale du Parc. Depuis environ 40 millions d’années, ces couches ont été soulevées hors de la mer et sont soumises à une intensive érosion et à la formation des vallées. Les dépôts de l’ère glaciaire sont si minimaux qu’ils couvrent la montagne, les vallées et les régions des cols, tel un maquillage épars (page 34, page 46). Qui voyage du centre des Grisons, de l’Oberland grison ou même des régions situées plus au nordouest des Alpes au PNS est tout de suite frappé par l’aspect radicalement différent de la montagne : les falaises sont plus claires et la surface est plus crevassée. L’aspect vertical et pyramidal de la construction montagneuse est d’autant plus marqué par la douceur des paysages et les immenses cônes torrentiels qui les séparent. Une sorte de roche particulière façonne et domine ce paysage : la Dolomie principale (fig. 3). Cette unité est de loin l’ensemble de couches le plus épais du Parc (fig. 36 sur page 45) et a été, à cause de son comportement mécanique rigide lors de l’orogenèse, soumise à une superposition tectonique (page 18). Pour cette raison, cette unité prend une grande place sur la carte géologique (carte 3). Il a été démontré en introduction que les sédiments du PNS, avec « l’exception fondamentale  » du cristallin, témoignent d’environ 155 millions d’années de l’histoire d’une mer. La région du PNS ne représente naturellement qu’une partie des Alpes, dont fig. 3.  Dolomie principale du groupe Pisoc

16

l’histoire géologique recouvre celle de différents remplissages de bassins à travers de longues périodes de temps. Des mouvements verticaux complexes dans ces bassins ont conduit à des variations de la profondeur de l’eau et, ainsi, aux dépôts de différentes roches. Lors de la formation des Alpes, ces empilements de sédiments se sont plissés, chevauchés et rompus et ont été soulevés jusqu’à plusieurs milliers de mètres au-dessus de la mer. Les remplissages de bassins, qui constituent les couches du PNS, commencent avec des dépôts continentaux (c’est-à-dire au-dessus du niveau de la mer). Ceux-ci sont composés de différentes sortes de conglomérats épais et granuleux et de brèches provenantes de l’environnement désertique. Ils sont particulièrement imposants dans le Val Müstair et sont appelés, pour cette raison, Verrucano du Val Müstair. Leur base cristalline a été déchirée par l’extension de la croûte terrestre. Des magmas ont ainsi pu pénétrer comme par des couloirs dans les roches et les volcans ont pu laisser s’écouler ou éjecter des matériaux. Le déchirement de l’ancienne croûte avec les dépôts continentaux a ensuite permis une intrusion de la mer dans les domaines les plus abaissés. La région du futur parc devint ainsi la côte de l’océan évoqué ci-dessus, la Téthys. Dans la série de couches (fig. 36 sur page 45) cette limite se situe entre le Verrucano du Val Müstair et la formation du Fuorn. Avec la formation du Fuorn débuta une histoire agitée, constituée de développements successifs instables de la côte et du bassin maritime peu profond associé. Durant le Trias moyen, on trouvait des lagunes et des cuvettes d’évaporation dépendantes du climat, dans lesquelles se déposaient les gypses (formation de Mingèr). Le PNS est aujourd’hui, dans le contexte géologique global, un domaine d’érosion. Du fait des différentes sortes de roches, et avant tout de la dominante Dolomie principale et de sa disposition géographique, se distingue en comparaison avec l’ensemble des Alpes

suisses un massif particulier : les Dolomies de l’Engadine. Macun est différent. Constitué de roches cristallines d’anciennes parties de la croûte, ce massif est comparable à la Silvretta (page 18). Heinz Furrer, Christian Schlüchter, Lukas Inderbitzin, Eric Pointner, Annina Margreth, Dorian Gaar et Jakob Frei

Homogénéisation des cartes géologiques du PNS (carte 3) Dans le but d’explorer et de décrire les données lithologiques, plusieurs cartographies ont été entreprises dans le domaine du PNS. Aucune de ces cartographies ne couvre toutefois la zone entière du Parc. Afin de les représenter de manière liée et de pouvoir ainsi les comparer, toutes les données géologiques recueillies ont été unifiées sur la carte présentée. Les données ayant des contenus différents, on a sélectionné les informations les plus importantes pour la géologie : la lithologie (type de roches, souvent résumée comme formation ou groupe), la stratigraphie (âge des roches), le système des nappes (nappe tectonique), l’opérateur et l’année de la collecte des données. Les données, réduites à un minimum d’informations suffisantes, étaient ainsi complètes pour chaque élément géologique isolé. Avec la mise en commun de différentes cartographies avec des degrés de détails différents, par plusieurs généralisations successives, une carte unifiée en terme d’échelle a été générée. Les unités de roches, qui figurent sur la carte, ont été ajustées les unes aux autres et résumées, ce qui a permis d’établir l’image la plus homogène possible. Janett Hanitzsch


GM

GM Am

GA GM GM Am Am GO Am Ardez GM GM GM Am GMGuarda Am GM C8-11 GM Am GM GM GM Am GM En Lavin GM GM Am GM GM C8-11 Am GM GM GO GO GM GO Am iT t5 Am t5 GM Am GO GM GM Am GM Am iT GM GM GO GO Am GM Am GM Am Am Am Am GM Am iT GM Am Am GM Am GM Am GM Am GO GM Am GM Am Am GM GM GO GO Am GO GM GM Am GM Am GM Am Am GM Am Am Am Am GM Am GM GO GM GM GM Am Am GM GO Susch GM Am GM GM Am GM Am Am GO Am GM Am GM GO Am Am En Am 1180000

carte 3

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Quaternaire Accumulation t4 artificielle Alluvion (marais, tourbière, plaine de débordement) t5 Glacier, névé t4 Bassin glaciaire 1850 I-i t4 Bassin glaciaire 1850, effondré Moraine Paysage de glaces mortes t4 Sol polygonal Glacier rocheux Blocs éboulés, falaise t4 effondrée Pierrier S-charl Roche meuble, éboulis Cône d’éboulis sec t2 Cône torrentiel de ruisseau Effondrement Glissement

Il Fuorn

Cinuos-chel

r

carte 3  Carte géologique du pns et de ses environs

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5 km GM

GM 2800000

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2810000

2815000

Austro-alpin supérieur c Formation de Chanels (Fm.) i-C Fm. de Russenna iR Radiolarite de Blais I-i Fm. d’Allgäu Alv-Breccie r Fm. de Kössen t5 Dolomie principale t4 Groupe de Raibl (Fm. de Mingèr à Fm. de Fanez) t3A Fm. d’Altein t3 Fm. de Vallatscha Fm. de Turettas t2 Fm. de S-charl t1 Fm. du Fuorn pt Fm. de Chazforà Fm. de Ruina Couloir du Diabas GO Metagranite GM Gneiss, micaschiste Am Amphibolite

Penninique supérieur fA Flysch OA Méta-ultrabasite GA Gneiss, micaschiste Penninique moyen fT Flysch CT « Crétacé inférieur » iT Fm. de Jes. et Falknis-Breccie I-i Calcaire du Steinsberg t5 ? Dolomie principale tT Evaporites (? Groupe de Raibl) GO Metagranite G Gneiss, micaschiste Am Amphibolite Penninique inférieur S Schiste des Grisons O Méta-ultrabasite GM Gneiss, micaschiste Périmètre des cartographies géologiques détaillées au pns et dans ses zones périphériques

Austro-alpin inférieur f Flysch i-C Fm. de Russenna I-i Fm. d’Allgäu r Fm. de Kössen t5 Dolomie principale t4 Groupe de Raibl (Fm. de Mingèr à la Fm. de Fanez) Dolomie du Trias moyen pt Fm. de Chazforà Fm. de Ruina GO Metagranite P Gneiss, micaschiste Am Amphibolite

2820000

r

17


fondements

Tectonique Mouvements et superpositions d’une montagne

Terre E au air F lo re Fau ne

Les unités, qui apparaissent en différentes couleurs sur la carte tectonique, sont caractérisées par une construction interne précise ainsi que par une histoire de dislocation et de déformation homogène. Toutes les roches dures au PNS sont disloquées, c’est-à-dire qu’elles ont été déplacées dans l’espace et qu’elles ont vécu une histoire de déplacements complexe, qui s’étend sur de grandes distances. Des parties de la base cristalline (ancien « socle continental » sur lequel les sédiments ont ensuite été déposés) ont également été emportées, entraînées et charriées. Les unités qui ont vécu les mêmes déplacements durant l’orogenèse sont définies dans les Alpes comme nappes de charriage. Au PNS, on observe un double empilement de nappes : en bas, les nappes du Penninique et, audessus, celles de l’austro-alpin. Suite à la collision des plaques européenne et adriatique (partie de la plaque africaine), ces masses rocheuses et ces couches ont été poussées l’une vers l’autre et l’une sur l’autre. Les frontières entre les unités tectoniques dans une structure aussi complexe sont, en règle générale, des chevauchements de différentes hiérarchies de mouvement ainsi que des inclinations (frontières des unités principales en carte 4). Etant donné qu’au début de la sédimentation marine des roches du PNS, l’ancien bord continental européen a été déchiré lors de la formation de la Téthys alpine (page 242) par la tectonique extensive, des failles de distension sont apparues dans l’ancien socle cristallin et dans les sédiments qui le couvraient. On peut trouver ces failles de distension aujourd’hui encore dans les édifices. Les dislocations de la phase de déplacement extensive n’ont pas été simplement effacées par la compression, mais intensivement modifiées. Une deuxième phase d’extension avec failles de distension est toutefois à observer après plusieurs phases de compression intensives et l’empilage des nappes, en partie simultané. L’histoire reconstituable de la déformation s’est déroulée dans un laps de temps qui va d’il y a environ 130 millions d’années à aujourd’hui. NO alt. (m) 3000

Inn

Cr

P. Plavna Dadora

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Les unités tectoniques au PNS sont délimitées au nord-ouest par une des plus grandes lignes tectoniques des Alpes, la ligne de l’Engadine. Le déplacement le long de cette faille atteint, d’après Trümpy (1977), 15 à 20 km en Haute-Engadine. Ce plan de fracture ne sépare pas uniquement à la surface les nappes de l’austro-alpin du PNS des nappes penniniques en place dans la fenêtre de l’Engadine, mais va jusqu’à environ 10 km de profondeur. Il se perd à l’ouest vers Maloja, vers la plus récente intrusion des Alpes, le granite de Bergell, et disparaît sur le bord est de la fenêtre de l’Engadine, à l’est de Nauders, sous le grand chevauchement de l’unité de l’Ötztal. Les unités se situant au nord de la ligne de l’Engadine ont été fortement soulevées ou bombées (voûte de la vallée de l’Inn), les unités se situant au sud de la ligne de l’Engadine ont, elles, été abaissées (d’au moins 4 km dans la région de Zernez, Trümpy et al. 1997). Les Dolomites de l’Engadine sont encadrées par trois grandes unités cristallines qui correspondent à l’ancien socle de la croûte européenne supérieure (carte 4) : l’unité de la Silvretta au nord (érodée dans la partie est à cause du bombement de l’Inntal en tant que couvercle de la fenêtre de l’Engadine), l’unité du Campo (Languard) au sud et sud-est, et enfin, à l’est, l’unité tectonique la plus haute, qui recouvre tout, l’unité de l’Ötztal et sa poussée occidentale marquée (Mattmüller 1996). Sur la carte 4, il apparaît clairement Piz Foraz

Piz Tavrü

que la région des lacs de Macun ne fait pas partie des Dolomites de l’Engadine mais de l’unité de la Silvretta. De Zernez jusque vers Tarasp, le tracé de la vallée ne suit donc pas la ligne tectonique principale. Dans la région de Zernez–Macun, des mouvements récents (< 10 millions d’années) ont par conséquent dû avoir lieu, et ça rapidement et de manière assez prononcée pour repousser l’Inn de la roche plus facilement érodible le long de la ligne de l’Engadine dans la roche plus massive et solide de la Silvretta (voir encadré). Les coupes de profil constituent la meilleure manière de représenter la structure complexe des nappes. Elles sont en général tracées verticalement par rapport aux éléments structurels comme les plis ou les zones de fractures et sont fortement exagérées. La fig. 4 représente un tel profil à travers les Dolomites de l’Engadine allant de l’Engadine, au nordouest, jusqu’à Minschuns (Val Müstair  ; carte 4). On peut observer ici le décalage des unités de la ligne de l’Engadine. La base des sédiments, le socle cristallin écaillé du cristallin du Sesvenna, présente un fort bombement qui culmine au-dessous du Piz Tavrü. L’engloutissement sud-est de cette voûte est suivi par une unité continentale qui devient toujours plus épaisse (formation de Chazforà/ Verrucano du Val Müstair). La fig. 4 montre également que le mouvement principal de la phase compressive Minschuns

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3000

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0

Fenêtre de l'Engadine (Penninique)

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2  km 0

fig. 4.  Profil NO/SE à travers les Dolomites de l’Engadine, qui sont posées comme des structures en voûte sur le cristallin écaillé du Sesvanna et qui sont délimités verticalement par la ligne de l’Engadine ( trümpy et al. 1997 ; légende cf. page 19).

18

Homme

tectonique

de l’orogenèse se dirige du SE vers le NO et que les chevauchements ainsi que les plis écrasés ou aplatis sont orientés en conséquence. Dans l’empilement de couches déformé, une autre unité se fait remarquer : le groupe de Raibl. Il s’agit ici d’un matériau marneux, porteur de gypse et ductile, qui est devenu, en quelque sorte, le lubrifiant de la formation des nappes. cHRISTIAN sCHLÜCHTER, Marcel Clausen, Fabiola Stadelmann et Eduard Kissling

Val Laschadura : « Mais elle bouge ! » À l’est de Zernez, la ligne de l’Engadine traverse le flanc nord du Val Laschadura jusqu’à la Fuorcla Stragliavita (carte 5). Sur la pente directement au nord de l’Alp Laschadura, la ligne de l’Engadine se diversifie et présente sur le terrain au moins deux lignes morphologiques bien formées le long desquelles un mouvement (subrécent) a eu lieu. Des stagnations d’eau montagneuses au-dessus des flancs surélevés à l’aval de la ligne ainsi qu’une gouttière taillée en amont d’un cône torrentiel sont frappantes. En raison de cette déviation, un nouveau cône torrentiel se forme à l’ouest des édifices de l’Alp Laschadura. Ces détails tectoniques sont importants pour deux raisons. Premièrement, ils doivent être apparus après la dernière ère glacière, car les versants surélevés des Dolomites de l’Engadine n’ont été ni polis par la glace, ni nivelés par des avalanches. Deuxièmement, le mouvement se dirige, à cet endroit réactivé, vers la droite ; le versant des Dolomites de l’Engadine s’est déplacé vers l’ouest et a ainsi détourné le cône vers l’ouest. Ces nouvelles observations sur la direction du mouvement sur la ligne de l’Engadine sont en contradiction avec l’opinion établie et sont attribuées à une « structure parasite » (page 242 ; d’après Clausen 2001).


carte 5

1176400

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2807400

carte 5  Tectonique du Val Laschadura

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Cône torrentiel actuel Ancien cône torrentiel Ligne de l’Engadine Ligne de l’Engadine présumée Abaissement relatif Soulèvement relatif Doline Superposition des deux cônes anciens

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2815000

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2825000

2830000

2835000

Légende de fig. 4:

carte 4  Tectonique dans la région du pns (tiré de trümpy et al. 1997)

Austro-alpin supérieur Cristallin Unité de l’Ötztal

Parties séparées de l'Unité de S-charl (écailles supérieures)

Jurassique à Crétacé Dolomie principale et formation de Kössen Groupe de Raibl

Superstructure de S-charl (incl. unité de Terza)

Dolomie principale Verrucano à Groupe de Raibl Cristallin

Infrastructure de S-charl (incl. unités de Jaggl et Quattervals)

Unité de l’Ortler Jurassique à Crétacé et Permotrias Cristallin Unité d’Ela

Sédiments (Permotrias) Unité de Cristallin Campo (Languard) Dolomies de l’Engadine

Cristallin Unité de la Ecailles subsilvrettides Silvretta

Jurassique à Crétacé Permotrias Cristallin

Austro-alpin inférieur Eléments de l’Err-Bernina (cristallin et sédiments) Penninique (Fenêtre de l’Engadine) Penninique supérieur (Unité d’Arosa) Penninique moyen (Unité de Tasna) Zones de Ramosch et de Roz-Champatsch Schistes des Grisons de l’intérieur de la fenêtre Ligne de l’Engadine Frontières des unités principales Front. des unités, failles de compression et de distension

Austro-alpin supérieur Dolomie principale Groupe de Raibl Formations d’Altein et de Vallatscha Formations de Turettas et/ou de S-charl Formation du Fuorn et Verrucano du Val Müstair Cristallin du Sesvenna Penninique (Fenêtre de l’Engadine) Penninique moyen (Unité de Tasna) Ophiolite de la zone de Ramosch Schistes des Grisons

Penninique inférieur

Coupe (fig. 4)

19


E au air F l o re Fa u ne Homme

Les différentes formes de terrain peuvent être décrites par l’exposition, la déclivité ou la rugosité de ces derniers. Pour ces analyses, le PNS dispose depuis 1992 de modèles de terrain digitaux, aujourd’hui avec une résolution spatiale de 1 à 4 m. Par rapport à d’autres régions des Alpes, les vallées du PNS ont une orientation générale plutôt nord-sud, ce qui favorise les expositions est et ouest. Les pentes les plus répandues ont 20°–50° et sont donc d’une déclivité moyenne.

e xposition

Outre la position géographique d’un objet, la topographie décrit également les différentes formes de terrain telles que les montagnes et les vallées, et leurs caractéristiques comme la déclivité, la rugosité ou l’exposition. Même si ces caractéristiques semblent relativement abstraites pour beaucoup d’observateurs, elles influencent fondamentalement le climat (page 22) et, avec le sous-sol géologique (page 16), les formes de vie d’un site donné. Il est donc clair que toutes les recherches dans le PNS ayant un rapport avec la géographie dépendent de données de base sur ces caractéristiques de terrain. A l’ombre, sur le côté nord d’une montagne, les conditions climatiques diffèrent totalement de celles du côté sud. Pour cette raison, les animaux se déplacent par exemple, dans le courant d’une journée, des pentes exposées à l’est vers celles exposées à l’ouest. Les plantes en sont incapables, du moins à court terme. La déclivité est également importante pour la présence ou l’absence d’une plante ou d’un animal. Certaines espèces animales peuvent s’adapter à des pentes raides et s’y sentent à l’aise. Les bouquetins des Alpes et les chamois utilisent sciemment les terrains escarpés pour se mettre à l’abri des prédateurs ou éviter les concurrents. Ils se sont spécifiquement adaptés pour pouvoir s’affirmer dans ce genre de terrains (fig. 5).

Par le passé, de nombreux travaux scientifiques ont cherché à expliquer le comportement et la répartition des plantes et des animaux au moyen des formes de terrain, en comparant l’offre et l’utilisation effective. Pour les cerfs élaphes dans le Val Trupchun, on a constaté qu’ils se tiennent surtout sur des terrains présentant une déclivité de 20–40  %, tandis que les bouquetins des Alpes et les chamois se trouvent majoritairement sur des déclivités de 30–50 % (Haller & haller 2002). En comparaison avec l’offre des différents types de pentes dans le Val Trupchun, il est toutefois aussi devenu clair que les cerfs préféreraient des pentes plus douces, qu’ils utilisent plus que la moyenne (fig. 6). Cet exemple montre que les informations sur l’altitude, l’exposition, la déclivité et la rugosité du terrain revêtent une importance capitale pour les recherches dans le PNS, afin d’identifier et de comprendre les causalités et les comportements au sein des écosystèmes. Dans l’idéal, ces données de base devraient être présentes pour l’ensemble de la surface et, si possible, avec une haute résolution spatiale. Le premier modèle de terrain digital a donc été élaboré en 1992 avec l’introduction du Système d’information géographique (sig) et offrait une résolution spatiale de 20 m. Actuellement, le PNS dispose d’informations sur le terrain d’une précision de 1–4 m sur l’ensemble de ses 170 km2 de surface (Haller 2011). Cela permet même de représenter les corniches dans les falaises. La carte 6 montre une combinaison de l’exposition (couleur) et de la déclivité (intensité de la couleur) dans le PNS, basée sur le modèle de terrain actuel. Les fonds de vallées et les crêtes sont clairement visibles et montrent nettement les changements d’exposition. Dans le Val Trupchun, les pentes orientées au nord et au nord-est sur le côté gauche de la vallée ressortent. fig. 5.  En particulier au printemps, on peut observer les bouquetins se nourrir en repliant les pattes avant.

20

Dans le fond de la vallée, on voit aussi clairement une surface orientée à l’est et au sud-est (A), qui est utilisée préférentiellement par les cerfs élaphes, surtout dans sa partie basse. D’autres surfaces orientées au sud se trouvent sur le côté droit du Val Trupchun, dans ce qu’on appelle les Spedlas – qui sont aussi des sites très utilisés par les cerfs – ainsi que dans le Val Müschauns, qui est plutôt utilisé par les chamois et les bouquetins en raison des fortes déclivités. Dans les autres vallées en direction de Spöl, on remarque l’exposition clairement est-ouest des flancs de montagne, avant de retrouver à nouveau plus de pentes exposées sud dans la région du col de l’Ofen. La fig. 7 montre les pourcentages des différentes classes d’exposition dans tout le PNS. Le diagramme montre aussi la proportion plus faible de pentes orientées au sud. Par comparaison, fig. 8 et fig. 9 illustrent deux régions extérieures choisies au hasard. D’une part, il s’agit du Parc naturel régional Ela, dans le centre des Grisons (carte 7), d’autre part d’une surface du Valais autour du Dom, qui est, avec ses 4545 m, la plus haute montagne située entière500 ment en Suisse (carte 8). Il n’y a pas 450 de grandes différences dans les expo400 sitions entre ces régions. Pour la déclivité, on remarque dans le PNS le peu de surfaces ayant entre 0 et 10° (fig. 7). Des surfaces planes d’une certaine taille se situent dans la région Il Fuorn jusqu’à Stabelchod et le long des fonds de vallées, par exemple dans le Val Mingèr. On voit également les sites relativement plats situés en altitude tout autour du Munt la Schera, dans le Val Nüglia ou sur Macun. Formant un contraste, il y a les parties rocheuses des sommets à 3000 m, par exemple dans la région du Piz Pisoc ou autour du Piz Nair. Mais avec 8,8 %,

Nombre d’observations journalières

fondements

Nord ou sud, plat ou escarpé Généralités sur l’exposition et la déclivité

Terre

ces dernières ne couvrent qu’un petit pourcentage de la surface du Parc. Ce chiffre ne montre toutefois que la surface plane  : si on considérait les parties rocheuses depuis le côté, leur proportion serait beaucoup plus grande. Cette considération est naturellement valable pour toutes les surfaces du PNS. La surface en 3D du PNS est environ 26 % plus grande que la surface plane, qui comprend 170,3 km2 . La déclivité montre, en comparaison avec le Parc Ela et le massif du Dom, des différences plus grandes. Tandis que, dans la région du Piz Ela, on trouve plus de surfaces avec une pente douce (< 20°) et moins dans les classes 30–50° que dans le PNS, la haute montagne des Alpes occidentales autour du Dom comporte une proportion légèrement plus grande de parties très raides. Mais, dans l’ensemble, les différences sont faibles. Le PNS peut donc être considéré comme représentatif de nombreuses régions des Alpes suisses en ce qui concerne l’exposition et la déclivité. Rudolf Haller Bouquetin Chamois Cerf M Cerf F Valeur attendue

350 300 250 200 150 100 50 0   0 –10

10 –20

20 – 30

30 – 40

40 – 50 >  50 Déclivité en °

fig. 6.  Déclivité et sites utilisés par les cerfs élaphes, bouquetins des Alpes et chamois dans le Val Trupchun. Les traits horizontaux représentent la valeur attendue en raison de l’offre (tiré de haller 2002).


carte 6  Exposition et déclivité dans le pns

carte 6

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Déclivité < 10°

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carte 7  Localisation et périmètre du Parc Ela carte 8  Localisation du périmètre virtuel du pns autour du Dom

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fig. 7.  Exposition (gauche) et déclivité (droite) dans le pns V

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Déclivité dans fig. 7 – fig. 9 < 10° 20–30° 10–20° 30–40°

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fig. 8.  Exposition (gauche) et déclivité (droite) dans le Parc Ela

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35 %

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20 %

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2805000

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20 km 2800000

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1110000

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1160000

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2815000 2760000

2780000 2820000

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1100000

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1165000

fig. 9.  Exposition (gauche) et déclivité (droite) du périmètre virtuel du pns autour du Dom

2620000 Zermatt

Randa

Täsch

Dom

Weissmies

Saas-Fee

Alphubel

Allalinhorn

2630000

Fletschhorn

Saas-Almagell

10 km 2640000

21


E au air F lo re Fau ne Homme

Le climat au PNS est marqué par la sécheresse des régions internes des Alpes. A l’abri des montagnes avoisinantes, celles-ci sont protégées des précipitations venant de toutes les directions. Alors que la somme annuelle des précipitations est d’environ 2000 mm dans les Préalpes et dans les Alpes au nord comme dans le sud de la Suisse, le PNS reçoit durant ce laps de temps tout juste 800 mm. De ce fait, le temps y est radieux. Avec environ 300 jours d’ensoleillement par an, le PNS appartient aux régions les plus ensoleillées de Suisse.

10

160

0

120

-10

80

La quantité des précipitations présente également une grande variabilité annuelle en sus de variations saisonnières. Cette dernière est due à des situations -30 0 01 02 03 04 05 06 07 08 09 10 11 12 météorologiques particulières et exceptionnellement Mois T max T min durables. Par exemple, les années 2003–2007 sont T moyenne Précipitations remarquables par leur sécheresse (tab. 1, fig. 11), alors fig. 10.  Diagramme climatique de la station Buffalora que les sommes des précipitations avant et après cette période furent d’un niveau tab. 1.  Valeurs record à la station météorologique Buffalora. Période 1959–2011. Altitude: 1968 m. Région climatique: Engadine supérieur et d’ordre comparable. -20

40

Température la plus élevée

27,5 °C

8 août 1992

Température la plus basse

-36,2 °C

6 jan. 1985

Année la plus chaude (moyenne annuelle)

2,0 °C

1994

Année la plus froide (moyenne annuelle)

-1,3 °C

1962

Jour avec le plus de précipitations

93 mm

26 mai 1981

Plus grande somme de précipitations annuelles

1233,1 mm

1960

Plus faible somme de précipitations annuelles

558,3 mm

2005

Plus forte chute de neige en un jour

95 cm

21 déc. 1991

195 cm

10 avril 1975

Hauteur maximale de neige

22

Les cartes de la page 24 confirment logiquement que la durée relative d’ensoleillement (page 242) dans les régions intra-alpines de l’Engadine ou du PNS est plus importante, compte tenu de la sécheresse, que dans les autres régions de Suisse (fig. 12) La durée d’ensoleillement est nettement supérieure dans l’Engadine que sur le Plateau durant l’automne et l’hiver : cela s’explique par l’absence de brouillard

et de stratus persistants, en sus de la situation protégée déjà mentionnée. Les statistiques relèvent en Engadine, durant les mois d’automne et d’hiver, une journée de brouillard par mois seulement, alors que les plaines au nord des Alpes en dénombrent parfois plus de dix. Au printemps jusqu’au début de l’été, le minimum de la durée d’ensoleillement est dû aux multiples situations de barrage au sud ainsi qu’à des développements convectifs (formation de cumulus). De la fin de l’été à l’hiver, des situations anticycloniques stables et l’absence de convections expliquent pour leur part le maximum. La température d’un site est principalement déterminée par l’altitude et l’exposition. La température diminue avec l’altitude, phénomène appelé gradient de température, en moyenne de -0,4 à -0,6 °C par 100 m d’élévation. Cela n’est cependant pas applicable en comparant des emplacements d’exposition différente, comme par exemple un fond de vallée ou des cimes, ou dans des conditions climatiques particulières telles que la sécheresse régnant dans les régions internes des Alpes, susmentionnée. Le climat dans la région de la station Buffalora (fig. 10) est déterminé par son emplacement en vallée ainsi que par la sécheresse. Durant les nuits claires, l’air s’y refroidit fortement à proximité du sol, en particulier durant le semestre d’hiver. La masse d’air froid s’accumule dans la vallée et les creux en formant un lac d’air froid. Il en résulte des températures minimales inférieures à celles relevées à des emplacements situés sur les sommets ou les versants à une altitude similaire. Par exemple, les températures minimales normales en janvier à Buffalora, à 1968 m, se situent à -15,8 °C, alors que celles relevées au Piz Corvatsch (carte 17 – carte 20), à 3305 m, leur sont supérieures de deux degrés. Durant la journée, le rayonnement solaire incident réchauffe l’atmosphère et permet l’évaporation de

l’eau. Suite à la faible humidité des régions internes des Alpes, l’évaporation est réduite en comparaison avec d’autres régions et davantage d’énergie se diffuse dans le réchauffement de l’air. L’examen des températures diurnes maximales d’Adelboden et de Scuol le démontre nettement. Les deux stations se situent à environ 1300 m, mais avec 22,8 °C contre 19,7 °C, Scuol enregistre des valeurs supérieures de plus de trois degrés en juillet. En résumé, le climat du PNS peut être décrit comme frais-sec avec des amplitudes thermiques extrêmes entre l’été et l’hiver. office federal de meteorologie et de climatologie meteosuisse Précipitations annuelles en mm

200

Le diagramme climatique de Buffalora (fig. 10) rapporte les précipitations d’une année type avec un pic durant les mois d’été et un minimum en hiver. En hiver, les précipitations sont en général occasionnées par l’arrivée de masses d’air (précipitations advectives). Comme ces masses d’air s’accumulent sur les Préalpes et les Alpes, elles perdent déjà une grande partie de leur humidité avant d’atteindre la région du Parc. Quant aux précipitations estivales, elles proviennent pour l’essentiel d’averses et d’orages se formant en général sur les reliefs. Ces précipitations convectives se manifestent dans tout l’arc alpin et les différences régionales s’avèrent moins marquées. Enfin, le printemps et l’automne sont des saisons typiques de fœhn. Des situations de barrage persistantes au sud donnent lieu à cette époque, surtout au Tessin et dans la Haute-Engadine, à de fortes précipitations pouvant également atteindre certaines zones du PNS.

1200 1100 1000 900 800 700 600 500 1961 Sta. Maria

1970

1980 Buffalora

1990

2000

2011

Zernez

fig. 11.  Précipitations dans la région du pns

Durée rel. d’ensoleillement (%)

20

Précipitations en mm

La répartition des précipitations en Suisse est fortement influencée par les Alpes (carte 9 – carte 12). Les quantités les plus importantes tombent dans les Préalpes et dans les Alpes du Nord ainsi qu’au Tessin. Protégées par contre par les montagnes, quelques régions sèches se situent au cœur des Alpes comme le Valais, le centre des Grisons et l’Engadine. Avec 800 mm par an, la station de mesure de Buffalora, au col de l’Ofen, ne relève pas la moitié de la somme des précipitations tombant à une altitude similaire dans les Alpes glaronnaises ou tessinoises. Même sur la majeure partie du Plateau, les valeurs enregistrées sont plus élevées. Température en °C

Fondements

Le climat au PNS Ensoleillé, peu de précipitations et températures extrêmes

T erre

60 50 40 30 20 10 0 01 02 03 04 05 06 07 08 09 10 11 12 Mois Kloten

Samedan

fig. 12.  Durée rel. d’ensoleillement à Samedan et Kloten


carte 10

1250000

carte 9

Kloten

1200000

Kloten

Scuol

1150000

Zernez

Scuol Zernez

Buffalora Sta. Maria

Adelboden

Buffalora Sta. Maria

Adelboden Corvatsch

1100000

Corvatsch

carte 9  Précipitations moyennes janvier en Suisse 1981–2010

carte 10  Précipitations moyennes avril 1981–2010

carte 12

1250000

carte 11

Kloten

1200000

Kloten

Scuol

1150000

Zernez

Scuol Zernez

Buffalora Sta. Maria

Adelboden

Buffalora Sta. Maria

Adelboden

Corvatsch

1100000

Corvatsch

50 km

2500000

2550000

2600000

carte 11  Précipitations moyennes juillet 1981–2010

2650000

2700000

2750000

2800000

2500000

2550000

2600000

carte 12  Précipitations moyennes octobre 1981–2010

2650000

2700000

2750000

Précipitations mensuelles (mm) 25 50 75 100 125 150 200

2800000

250

300

23 mk 0 5


Recherches scientifiques au Parc National Suisse

L’extension numérique http://www.atlasnationalpark.ch Conçue pour élargir et approfondir les thèmes traités par l’Atlas, l’extension numérique en est le complément idéal. Elle est aussi axée sur les cartes qui - selon la technique choisie - offrent de nombreuses fonctions et permettent une démarche interactive. La correspondance entre l’Atlas imprimé et son extension numérique s’établit par les titres des chapitres, identiques dans les deux ouvrages, et à l’aide de mots-clés. Décrire l’évolution du territoire du PNS au cours des 100 dernières années en s’appuyant seulement sur les cartes et l’édition papier de l’Atlas ne rendrait pas compte de la diversité et de la richesse des informations disponibles. Voilà pourquoi le livre, qui est destiné à devenir un ouvrage de référence à long terme et traite les différents thèmes de façon concise, compacte et facile à consulter, est assorti de cette application Internet interactive. Celle-ci complète et approfondit les contenus. L’extension numérique de l’Atlas illustre les thèmes traités au moyen d’images et de vidéos qui sont une aide précieuse pour l’utilisateur qui souhaite connaître de près l’évolution du parc et les résultats des recherches qui y ont été menées. L’extension numérique, comme l’Atlas du Parc National Suisse, est elle aussi centrée sur les représentations cartographiques. Ce qui la distingue du livre c’est la possibilité qu’elle offre à l’utilisateur d’interroger, sélectionner et comparer les contenus, ou encore de zoomer sur un détail pour explorer une section spécifique du parc. Les séquences temporelles permettent de suivre l’évolution d’un processus dans le temps, comme le développement du territoire ou l’arrivée de l’ours brun dans le PNS. La fonction « Swipe » permet de déplacer individuellement deux cartes ou deux ensembles de données pour les comparer. L’extension numérique établit ainsi de nouveaux plans de référence et offre la plateforme idéale pour l’étude approfondie et détaillée des thèmes de l’Atlas. Dans le but de simplifier la consultation, l’agencement des thèmes, les chapitres et les couleurs désignant les différents thèmes correspondent à ceux du livre. La correspondance entre le livre et l’extension numérique s’établit de manière encore plus directe en saisissant un mot clé, par exemple geologie, dans la fenêtre de recherche de l’Atlas numérique, en haut à droite de la page de texte, dans la bande de couleur correspondant au chapitre. 244

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geologie

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Recherches scientifiques au Parc National Suisse Ouvrages publiés à ce jour Les numéros de 1 à 4 ont paru dans les Mémoires de l’Académie suisse des sciences naturelles, Vol. LV (1920)–LXIII (1926). A partir du n° 5, les ouvrages ont été publiés dans une collection séparée intitulée « Résultats des recherches scientifiques entreprises au Parc National Suisse » ; les n° 7 à 84 sont réunis en plusieurs volumes qui forment la « Nouvelle série » (N.F.). A partir du n° 85, les travaux ont paru sous le nouveau titre « Recherches scientifiques au Parc National Suisse » et ne sont plus réunis en volumes. La liste ci-dessous contient les titres abrégés des ouvrages.

Denkschriften der Schweizerischen Naturforschenden Gesellschaft 1

Schröter, c., Der Werdegang des Schweizerischen Nationalparks als Total-Reservation und die Organisation seiner wissenschaftlichen Untersuchung ; Bütikofer, E., Die Molluskenfauna.

Denkschr. Schweiz. nat.forsch. Ges. Bd. LV, Abh. 1. 1920. 2 Hofmänner, B., Die Hemipterenfauna (Heteropteren und Cicadinen). Denkschr. Schweiz. nat.forsch. Ges. Bd. LX, Abh. 1. 1924. 3 HandSchin, e., Die Collembolenfauna. Denkschr. Schweiz. nat.forsch. Ges. Bd. LX, Abh. 2. 1924. 4 Braun-Blanquet, J., unter Mitwirkung von Jenny, h., Vegetations-Entwicklung und Bodenbildung in der alpinen Stufe der Zentralalpen. Denkschr. Schweiz. nat.forsch. Ges. Bd. LXIII, Abh. 2. 1926.

25 Hofmänner, B., Die Geradflügler (Dermaptera und Orthoptera). 1951. 26 Altherr, E., Les Nématodes (Nématodes libres du sol, 2ème partie). 1952. 27 Frey, E., Die Flechtenflora und -vegetation 1. Teil: Die diskokarpen Blatt- und Strauchflechten. 1952. Bd. 4 (N.F.) (enthält Nrn. 28–32) 28 Braun-Blanquet, J., Pallmann, H., Bach, R., Pflanzensoziologische und bodenkundliche Untersuchungen: Vegetation und Böden der Wald- und Zwergstrauchgesellschaften (Vaccinio- Piceetalia). 1954. 29 Furrer, G., Solifluktionsformen. 1954. 30 Lüdi, W., Die Neubildung des Waldes im Lavinar der Alp la Schera. 1954. 31 Nold, H., SchmaSSmann, h., Chemische Untersuchungen in der Ova da Val Ftur. 1955. 32 Altherr, E., Les Nématodes (Nématodes libres du sol, 3èmepartie). 1955.

Ergebnisse der wissenschaftlichen Untersuchungen im Schweizerischen Nationalpark 5 6

Bigler, W., Die Diplopodenfauna. 1928. BarBey, A., Les Insectes forestiers. 1932.

Bd. 1 (N.F.) (enthält Nrn. 7–13) 7 Meylan, C., Les Muscinées. 1940. 8 Pictet, A., Les Macrolépidoptères. 1942. 9 nadig, A., Hydrobiologische Untersuchungen in Quellen. 1942. 10 Pallmann, H., Frei, E., Lokalklimate einiger Waldgesellschaften. 1943. 11–13 Favre, J., Etudes mycologiques; ViScher, W., Heterokonten aus alpinen Böden; HeiniS, F., Mikrobiocoenose der Sphagnumpolster. 1945.

Bd. 2 (N.F.) (enthält Nrn. 14–21) 14 Blumer, S., Parasitische Pilze. 1946. 15–17 Ferrière, C., Hyménoptères térébrants; Carl, J., de Beaumont, J., Liste préliminaire des Hyménoptères aculéates; giSin, h., Insectes aptérygotes. 1947. 18 KeiSer, F., Die Fliegen 1. Teil: Brachycera, Orthorhapha. 1947. 19/20 Müller-Schneider, P., Endozoochore Samenverbreitung durch Weidetiere; SchWeizer, J., Landmilben. 1948. 21 SchWeizer, J., Die Landmilben 1. Teil: Parasitiformes. 1949. Bd. 3 (N.F.) (enthält Nrn. 22–27) 22 Altherr, E., Les Nématodes (Nématodes libres du sol, 1ère partie). 1950. 23 SchWeizer, J., Die Landmilben 2. Teil: Trombidiformes. 1951. 24 Domaradzki, J., Blockströme im Kanton Graubünden. 1951.

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Bd. 5 (N.F.) (enthält Nrn. 33–36) 33 Favre, J., Les Champignons supérieurs. 1955. 34 SchWeizer, J., Die Landmilben 3. Teil: Sarcoptiformes. 1956. 35 Thomann, H., Die Psychiden und Mikrolepidopteren. 1956. 36 Tjeder, B., A new European Hemerobius (Neuroptera). 1957. Bd. 6 (N.F.) (enthält Nrn. 37–42) 37 SchWeizer, J., Die Landmilben 4. Teil: Lebensraum, Vergesellschaftung, Lebensweise. 1957. 38 GiSin, H., Collembolen einiger Waldböden des Fuorngebietes. 1957. 39 Braun-Blanquet, J., Über die obersten Grenzen pflanzlichen Lebens. 1958. 40 De Beaumont, J., Les Hyménoptères aculéates. 1958. 41 frey, E., Die Flechtenflora und -vegetation 2. Teil: Flechtenvegetation auf Dauerflächen. 1959. 42 Favre, J., Catalogue descriptif des Champignons supérieurs. 1960. Bd. 7 (N.F.) (enthält Nrn. 43–48) 43 SchlaePfer, D., Der Bergbau am Ofenpass. 1960. 44 BenSon, R.B., The Sawflies (Hymenoptera, Symphyta). 1961. 45 Schloeth, R., Markierung von Rotwild. 1961. 46 DottrenS, E., Microtus nivalis et Microtus arvalis. 1962. 47 Somm, A., Schneider, B., Paläontologische und stratigraphische Beobachtungen in der Obertrias. 1962. 48 KaragouniS, K., Zur Geologie der Berge zwischen Ofenpass, Spöltal und Val del Gallo. 1962.


Bd. 8 (N.F.) (enthält Nrn. 49–50) 49 HandSchin, E., Die Coleopteren. 1963. 50 Boder, R., Die Thysanopteren. 1963. Beiheft Kurth, A., Weidmann, A., Thommen, F., Beitrag zur Kenntnis der Waldverhältnisse. 1961.

Lfg. 16 Nadig, A., Sauter, W., zoller, H., Versuch einer Synthese. 1999.

Bd. 9 (N.F.) (enthält Nr. 51) 51 zoller, H., Braun-Blanquet, J., Müller-Schneider, P., Flora des Schweizerischen Nationalparks und seiner Umgebung. 1964.

Bd. 14 (N.F.) (enthält Nrn. 71–75) 71 Bader, C., Die Wassermilben. 1. Systematisch-faunistischer Teil. 1975. 72 Wuthrich, M., Les Diatomées. 1975. 73/74 Bader, C., Die Wassermilben. 2. Nachtrag; Kutter, H., Die Ameisen (Hymenoptera, Formicidae). 1975. Lienhard, C., Die Psocopteren (Insecta: Psocoptera). 1977. 75

Bd. 10 (N.F.) (enthält Nrn. 52–56) 52 Somm, A., Zur Geologie der westlichen Quattervals-Gruppe. 1965. 53/54 Ohm, P., Beiträge zur Kenntnis der Gattung Helicoconis (Neuroptera, Coniopterygidae); ASPöck, H., ASPöck, U., Boriomyia helvetica nov. spec. (Neuroptera, Hemerobiidae). 1965. 55 AuBert, J., Les Plécoptères. 1965. 56 Lüdi, W., Lokalklimatische Untersuchungen am Fuornbach und am Spöl. 1966. Bd. 11 (N.F.) (enthält Nrn. 57–60 und 62–70) Klingler, K., Sektionsbefunde von Rotwild. 1966. 57 58 CamPell, E., TrePP, W., Vegetationskarte des Schweizerischen Nationalparks mit einer Beschreibung der Pflanzengesellschaften. 1968. 59 Schloeth, R., Analyse des Fegens und des Schlagens von Rothirschen. 1968. 60 ZuBer, E., Untersuchungen an Strukturrasen. 1968. 62–64 Sonderegger, P., Das Genus Erebia (Lep.); GottWald, J., Arten aus der Verwandtschaft von Ernobius explanatus (Coleoptera, Anobiidae); Kiauta, B., The chromosome conditions in the spermatogenesis of the caddis-fly Goera pilosa. 1971. 65 Furrer, G., Bachmann, F., Fitze, P., Erdströme als Formelemente von Solifluktionsdecken im Raum Munt Chavagl/Munt Buffalora. 1971. 66 Lattmann, P., Oekologie und Verhalten des Alpenmurmeltiers. 1973. 67/68 DottrenS, E., Observations sur les Batraciens et Reptiles; EugSter, H., Bericht über die Untersuchungen des Blockstroms in der Val Sassa 1917–1971. 1973. 69/70 Schloeth, R., Variabilität und Abhängigkeit des Röhrens beim Rothirsch; Hartmann-Brenner, D.-C., Ein Beitrag zum Problem der Schutthaldenentwicklung. 1974. Bd. 12 (N.F.) Oekologische Untersuchungen im Unterengadin. Lfg. 1 Baer, J.G., Avant-propos; Nadig, A., Einleitung; Brunner, H., Landschaftsbild; uttinger, H., Klima; WalSer, E., Hydrographie. 1968. Lfg. 2 TrümPy, R., Geologie; TrümPy, R., SchluSche, P., Erläuterungen zur geologischen Karte der Plattamala; Jaag, O., märki, E., BoSli-Pavoni, m., Leben im Wasser. 1972. Lfg. 3 Heller, H., Lebensbedingungen auf den Untersuchungsflächen. 1978. Lfg. 4 zoller, H., Flora und Vegetation der Innalluvionen. 1974. Lfg. 5 ochSner, F., Die Moosflora; Frey, E., Flechtenflora und -vegetation. 1975. Lfg. 6 Horak, E., Die Pilzflora (Macromyceten). 1985. Lfg. 7 camPell, E., Pflanzengesellschaften Ramosch; TrePP, W., Pflanzengesellschaften San Niclà–Strada. 1979. Lfg. 8 Forcart, L., Weichtiere (Mollusca); Lienhard, C., Psocopteren (Insecta: Psocoptera); kutter, H., Ameisen (Hymenoptera, Formicidae). 1980. Lfg. 9 Bader, C., Wassermilben (Hydracarina); Voellmy, H., Sauter, W., Wanzen (Heteroptera). 1983. Lfg. 10 Nadig, A., Heuschrecken (Orthoptera). 1986. Lfg. 11 Eglin-Dederding, W., Netzflügler und Schnabelfliegen (Neuropteroidea, Mecoptera). 1986. Lfg. 12 Günthart, H., Zikaden (Auchenorrhyncha). 1987. Lfg. 13 LamPel, G., Blattläuse (Sternorrhyncha, Aphidina). 1988. Lfg. 14 Sauter, W., Schmetterlinge (Lepidoptera). 1993. Lfg. 15 Thaler, K., Spinnen (Araneida) und Weberknechte (Opiliones). 1995.

Bd. 13 (N.F.) (enthält Nr. 61) 61 StüSSi, B., Naturbedingte Entwicklung subalpiner Weiderasen auf Alp la Schera 1939–1965. 1970.

Bd. 15 (N.F.) (enthält Nrn. 76–79) 76 Bader, C., Die Wassermilben. 3. Populationsdynamische Untersuchung zweier Quellen. 1977. 77 Beeler, F., Geomorphologische Untersuchungen am Spät- und Postglazial im Schweizerischen Nationalpark und im Berninapassgebiet. 1977. 78 Eglin-Dederding, W., Die Netzflügler (Insecta: Neuropteroidea). 1980. 79 GamPer, M., Heutige Solifluktionsbeträge von Erdströmen. 1981. Bd. 16 (N.F.) (enthält Nrn. 80–84) 80 Welten, M., Pollenanalytische Untersuchungen zur Vegetationsgeschichte. 1982. 81 Schanz, F., Zur Ökologie der Algen in Quellbächen. 1983. 82 VoSer, P., Einflüsse hoher Rothirschbestände auf die Vegetation im Unterengadin und im Münstertal. 1987. 83 Bader, C., Die Wassermilben. 4. Zweiter Nachtrag. 1994. 84 Bovey, P., Les Scolytides (Coleoptera: Scolytidae). 1994. Nationalpark-Forschung in der Schweiz Zoller, H., Vegetationskarte: Erläuterungen. 1995. Zoller, H., Erny-Rodmann, C., Punchakunnel, P., The history of vegetation and land use; pollen record. 1996. 87 TrümPy, R., Schmid, S.M., Conti, P., Froitzheim, N., Erläuterungen zur Geologischen Karte 1:50 000. 1997. 88 Günthart, H., Die Zikaden (Insecta: Auchenorrhyncha). 1997. 89 Schütz, M., KrüSi, B.O., EdWardS, P.J. (eds.), Succession research/Sukzessionsforschung. 2000. 90 KüPfer, I., Die regionalwirtschaftliche Bedeutung des Nationalparktourismus. 2000. 91 Haller, H., Der Rothirsch im Schweizerischen Nationalpark und dessen Umgebung. 2002. 92 ABderhalden, W., Raumnutzung und sexuelle Segregation beim Alpensteinbock. 2005. 93 Filli, F., Suter, W. (eds.), Huftierforschung/Ungulate Research. 2006. 94 Cherix, D., GonSeth, Y., PaSche, A. (eds.), Faunistique et écologie des invertébrés. 2007. 95 Haller, R.M., Integratives Geoinformationsmanagement in der Schutzgebietsforschung. 2011. 96 Parolini, J.D., Vom Kahlschlag zum Naturreservat. Geschichte der Waldnutzung. 2012. 97 KuPPer, P., Wildnis schaffen. Geschichte des Schweizerischen Nationalparks. 2012. 98 Schanz, F., Scheurer, T., Steiner, B. (eds.), Gewässerforschung. 2012. 99/1 Haller, H., Eisenhut, A., Haller, R. (eds.), Atlas des Schweizerischen Nationalparks. 2013. 99/ii Haller, H., Eisenhut, A., Haller, R. (eds.), Atlas du Parc National Suisse. 2013. 100/I BAUR, B., SCHEURER, T. (eds.), Wissen schaffen. 100 Jahre Forschung im Schweizerischen National- park. 2014 (in Vorb.) 100/II BAUR, B., SCHEURER, T. (eds.), Au cœur de la nature. Cent ans de recherches au Parc National Suisse. 2014 (en préparation) 101 Schläpfer, D., Die Eisenberge am Ofenpass – Homens da(l) fier al Pass dal Fuorn. 2013. 85 86

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Haller/Eisenhut/Haller, Atlas du Parc National Suisse