Page 1

© FFL/ T. Winn

°67 OCTOBRE 2020

LÀ OÙ L’ON S’AIME, IL NE FAIT JAMAIS NUIT. - PROVERBE AFRICAIN

Donner une chance à l’avenir

204, route d’Arlon L-8010 Strassen

(+352)44 66 06-1

info@ffl.lu

www.ffl.lu


Que vous évoquent vos souvenirs d'enfance ? Nous nous sommes posé la question à la Fondation Follereau Luxembourg. Certains mentionnent l'insouciance du jeu, la complicité d'un chien, la tendresse d'un doudou... Tandis que d'autres racontent des moments de complicité intergénérationnelle : cueillir des fraises avec son grand-père, construire des souvenirs en famille... jusqu'à se remémorer l'image de l'ombre de son père grâce au soleil, sur le chemin de l'école. Dans tous les cas, chacun d'entre eux évoquent des notions qui nous sont chères, sur lesquelles nous avons bâti notre avenir : un cercle d'ami, un cocon familial, un cadre scolaire... En effet, prenez un cours d'eau. Vous avez 5 ans, vous vous tenez sur l'une de ses rives. Vous devez atteindre l'autre rive, mais n'avez aucun moyen de le traverser. Jusqu'à ce que votre entourage familial, amical, scolaire, de par son expérience, de par son droit de vote, son influence politique ou même économique, installe des pierres sur lesquelles il vous est possible de sauter une à une pour atteindre l'autre rivage. Pour leur propre avenir, mais aussi pour l'avenir de la société, le développement équilibré des enfants est essentiel et repose sur notre volonté à tous. La convention internationale des droits de l'enfant se base sur ce constat, précisant que chaque enfant a le droit d'être soigné, d'avoir une alimentation suffisante, d'être protégé de la violence, d'avoir un refuge, d'aller à l'école, le droit de jouer, ou encore simplement d'avoir une famille, une identité, d'être entouré et aimé.

Edito Les enfants ont tout simplement le droit d'être des enfants. Il s'agit là de l'identité des projets de protection de la fondation : que les enfants puissent dormir dans le lit réconfortant de leur foyer et non dans la rue, qu'ils puissent "devenir" à l'école plutôt que de travailler pour subvenir à leurs besoins ou ceux de leur famille, qu'ils ne craignent aucune tradition qui puisse les blesser physiquement, qu'ils vivent finalement, plutôt que ne survivent. Cela vous semble un jeu d'enfant ? Dans les pays d'intervention de la fondation, cet idéal s'éloigne bien souvent de la réalité. Toutefois, grâce aux efforts fournis par nos partenaires, grâce à votre soutien, nous continuons sans relâche de promouvoir la protection de ces populations plus vulnérables. Ces derniers mois n'ont pas atteint notre enthousiasme. Un monde meilleur existe. La Fondation Follereau Luxembourg y participe depuis bientôt 55 ans. Il se créait hier, se crée aujourd'hui et se créera demain, peu importent les obstacles que nous pouvons rencontrer. Comme le disait Raoul Follereau : "... plus d'enfants sans amour, de vieillards sans foyer, ceux qui vivront auront le droit de vivre... Et notre récompense à nous, ce sera d'avoir cru avant de le voir, à ce paradis." Jean HILGER Président du Conseil d'Administration

BUREAU PERMANENT Conny Reichling, Laila Agouni, Lara Beauguerlange, Aurélie Costantini, Nathalie Davila-Levy, Naristé Grün-Sonunbekova, Fabian Martin. CONSEIL D’ADMINISTRATION (photo ci-dessus, de gauche à droite) Jean Hilger (Président), Jean-Luc Pauly, Marie-Thérèse Ney, Dr. Jean Smit, Georges Keipes, Julio Nerin (Vice-président), Anne Majerus, Brigitte Bontemps-Loschetter.


Sommaire

Soutenez nos projets avec un don IBAN LU38 0019 1100 2081 3000 (BCEELULL)

4

Donner une chance à l'avenir

6 Inclusif Comment ?

WWW.FFL.LU

Vous avez fait un don à la fondation ? Tout d’abord, merci du fond du coeur ! Saviez-vous que tout don est déductible fiscalement ? Vous recevez dès lors un certificat de don qui pourra servir de justificatif pour votre déclaration d'impôts.

8

Apprendre, transmettre, soutenir avec bienveillance

10

Identifier le besoin

12

Les enfants des rues de Bouaké

NOUS AVONS DÉMÉNAGÉ !

Pour toute information : finances@ffl.lu | 44 66 06-52

“ Parce que chaque donateur a le droit de savoir comment est dépensé son argent et s’il est bien géré. ”

204, route d’Arlon L-8010 Strassen Tél : 44 66 06-1 | E-mail : info@ffl.lu

www.ffl.lu


CONSTATER

© FFL

Prise en charge des enfants des rues de Bouaké, Côte d'Ivoire

Donner une chance à l'avenir ODD 10 : Réduire les inégalités dans les pays et d’un pays à l’autre. Agenda 2030, Nations Unies

À première vue, cela semble être une évidence. Et pourtant… les inégalités entre communautés, genres, âges ou encore entre populations entières sont bien présentes à différents niveaux. En Europe, notamment au Luxembourg, les inégalités se manifestent surtout entre genres ou encore au niveau de la situation sociale économique. Sur le continent africain, la situation n’est pas si différente, bien que les conditions de départ et les possibilités d’appuis institutionnels le soient largement. En région subsaharienne, 60% des enfants ne sont pas scolarisés et les filles comptent en moyenne moins d’années de scolarité que les garçons. Les opportunités futures sont donc déjà minces, voire inexistantes, pour ces enfants. -4-

Au Nord du Bénin, la proximité avec d’autres pays conflictuels et la pauvreté croissante font des enfants nés dans cette région des proies faciles pour les trafiquants de personnes. Les enfants sont aussi bien volés à leurs familles que vendus aux trafiquants par leurs propres parents, qui espèrent leur offrir une vie meilleure, loin de la pauvreté de leur village. Au fil des dernières décennies, une certaine prise de conscience de la société a favorisé la diminution des inégalités. Cependant, elles persistent et touchent le plus souvent les populations les plus vulnérables.


Ce fossé entre les communautés plus aisées et les personnes marginalisées, notamment les enfants des rues, les sans-abris, ou encore les filles victimes de mutilations génitales féminines, est encore plus présent dans les pays économiquement fragiles. Pour cette raison, la Fondation Follereau Luxembourg appuie des projets de protection des personnes marginalisées dans ses pays d’intervention, notamment la prise en charge des enfants des rues à Bouaké (Côte d’Ivoire) ou à Ségou (Mali), la lutte contre la traite des enfants au Nord du Bénin ou encore les programmes de formation professionnelle pour les jeunes déscolarisés et défavorisés à Tougouri et à Dédougou (Burkina Faso). La crise sanitaire mondiale actuelle n’a, en effet, pas favorisé la diminution de ces inégalités. Au contraire, certaines sont encore plus présentes : la situation économique est fragilisée, le chômage en hausse et les revenus générés par le commerce informel sont mis au bord du gouffre par les limitations d’activités et les mesures sanitaires instaurées par les gouvernements. Quant aux mariages forcés, violences basées sur le genre ou encore les mutilations génitales féminines, elles leurs communautés vers une meilleure vie, malgré les gestes de protection sont en hausse dans de nombreux pays. nécessaires et les difficultés rencontrés À priori, ce contrecoup imprévisible semble remettre en cause suite à cette nouvelle crise sanitaire. les multiples avancées que la coopération a pu cumuler ces dernières années en faveur des personnes vulnérables. Ensemble avec ses partenaires locaux, Cependant, en ce qui est des bénéficiaires de la fondation, la Fondation Follereau Luxembourg ne nos partenaires évoquent une grande résilience de la part des cessera jamais de renforcer et mobiliser les populations qui mettent tout en œuvre pour continuer à porter ressources nécessaires pour effacer petit à petit ces inégalités dont les racines sont multiples, afin de protéger les populations les plus vulnérables et finalement donner une chance équitable à toute personne.

© FFL/ T. Winn

N’est-ce pas là la définition de la coopération, finalement ?

Lutte contre la traite des enfants, au nord du Bénin

-5-

CONNY REICHLING Directrice direction@ffl.lu


COMPRENDRE

© FFL/ T. Winn

inclusif inclusif inclusif inclusif

Lutte contre les mutilations génitales féminines, Burkina Faso

ODD 5 : Parvenir à l’égalité des sexes et autonomiser toutes les femmes et les filles. Agenda 2030, Nations Unies

-6-


prévalence de la pratique demeure élevée : le BurkinaFaso et le Mali. Si les victimes de séquelles de l’excision sont des bénéficiaires prioritaires du soutien apporté, l’approche de la fondation à travers ses partenaires locaux se veut holistique et préventive, afin d’enrayer l’apparition de nouveaux cas, ne se contentant ainsi pas d’atténuer les dommages des cas existants. Dans cette dynamique, la question de l’éducation, de l’information et de la communication apparait centrale, de sorte à briser les tabous et la persistance culturelle et coutumière. La coutume joue en effet un rôle prépondérant là où les MGF sont répandues, en dehors de toute approbation ou désapprobation de la pratique, car nombreuses sont les femmes qui craignent l’exclusion sociale en cas de refus de l’excision. Par conséquent, nombreuses également sont celles qui s’y soumettent, cédant in fine à la pression sociale.

FABIAN MARTIN Chargé de projets projets@ffl.lu

Les activités de sensibilisation s’exercent ainsi à plusieurs niveaux, afin de toucher toutes les strates de la vie publique locale : des causeries éducatives et différents évènements sont organisés à l’attention des populations, et des activités de plaidoyer visent les autorités locales, dans le but de les convaincre à s’engager en faveur de l’abandon et de l’interdiction des MGF.

Sujet pourtant méconnu d’une grande partie de la population occidentale, les mutilations génitales féminines (MGF) sont toutefois unanimement condamnées par la majorité d’entre nous, tant elles nous interpellent, nous heurtent : « barbares », « d’un autre âge », ou assimilation à l’Islam. Si cette force sémantique marque nos esprits, elle peut toutefois entraver la compréhension de la problématique : qui en effet aurait besoin de davantage d’informations sur le sujet afin de le condamner, tant il est sans équivoque ? Dans le but de lutter efficacement contre une pratique si complexe et de s’extraire des préjugés, il convient toutefois d’en cerner les causes et les enjeux avec précision.

Car la fondation a à cœur d’impliquer l’ensemble de la communauté, les projets incluent également l’identification des exciseuses et exciseurs des zones d’intervention, aux fins de leur proposer un accompagnement dans le cadre d’une réorientation professionnelle. De la sorte, ces mêmes personnes qui pratiquaient autrefois l’excision, deviennent à leur tour des relais de poids des messages sensibilisant aux risques et conséquences des MGF. Preuve en est qu’aucune catégorie de personnes ne se trouve hors de portée des messages véhiculés, aussi convaincues puissentelles initialement être du bien-fondé des MGF.

Selon les données de l’UNICEF, plus de 100 millions de jeunes filles et femmes vivent en ayant subi une forme de MGF, et se concentrent principalement dans une trentaine de pays répartis majoritairement en Afrique, mais aussi au Moyen-Orient. Cependant, contrairement aux idées reçues, jusqu’à récemment les MGF étaient également répandues en occident, notamment à des fins soi-disant médicales. À titre illustratif, l’ablation du clitoris était une pratique reconnue comme traitement de certains troubles mentaux au 19ème siècle aux EtatsUnis et en Europe. Aux Etats-Unis, les clitoridectomies se sont poursuivies jusque dans les années 1960 en guise de remède contre la nymphomanie ou encore l’homosexualité féminine.

Les causes et conséquences mises en exergue dans cet article permettent de nuancer des opinions pourtant tranchées. Cette prise de hauteur ne vise absolument pas à banaliser ou à démunir les MGF de leur caractère insoutenable, mais plutôt à s’extraire des conceptions simplistes de « bien » et de « mal », qui ne s’appliquent que maladroitement à des problématiques aussi complexes que celles présentées ici.

Aujourd’hui, si la prévalence des MGF ne demeure élevée que dans certains pays en développement, les motivations y sont d’ordre culturel bien plus que religieux. L’amalgame est souvent fait avec l’Islam. Néanmoins, aucune mention qui pourrait être assimilée aux MGF n’existe au sein des textes fondateurs de la religion musulmane. Les motivations relèvent en ce sens de l’ordre culturel ou social, et trouvent leur justification dans des croyances liées au genre ou encore à la santé. Certaines communautés continuent en effet à croire en l’amélioration de l’hygiène et en la démasculinisation de la femme, que permettraient les MGF.

Ainsi, faut-il combattre les MGF et agir afin de les éradiquer ? La réponse est sans détour « oui », encore faut-il le faire avec discernement, seule approche permettant d’apporter un soutien constructif et durable aux communautés dans leur globalité, sans exclure quiconque.

Face à ce constat, la Fondation Follereau Luxembourg est pleinement impliquée dans la lutte contre les MGF, au sein de deux de ses pays d’intervention où la

-7-


S'ENGAGER

LARA BEAUGUERLANGE Chargée de collecte de fonds et mécénat mecenat@ffl.lu

Apprendre, transmettre, soutenir avec bienveillance ODD 4 : Assurer l’accès de tous à une éducation de qualité, sur un pied d’égalité, et promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie. Agenda 2030, Nations Unies

« En 2020, alors que la pandémie de COVID-19 se propageait dans le monde entier, une majorité de pays a imposé la fermeture temporaire des écoles ; plus de 91 % des élèves dans le monde ont été concernés. » En lisant ceci, vous avez sans doute rapidement pris conscience de l’impact de cette situation pour vos enfants. Mais savez-vous ce que cela signifie pour des communautés déjà vulnérables, telles que celles que nous soutenons en Afrique ? « Près de 369 millions d’enfants qui dépendent normalement des repas scolaires comme source fiable de nutrition quotidienne ont dû se tourner vers d’autres sources. […] Jamais dans l’histoire, autant d’enfants n’ont été déscolarisés en même temps. » Pour un certain nombre d’entre eux, l’impact dépasse le seul fait de l’apprentissage. Il en va de leur santé, de leur intégrité physique, mentale et sociale… Il en va de leur protection. L’éducation est un levier de la pauvreté ; elle est un vecteur de la mobilité sociale, en ce qu’elle contribue à faire évoluer le statut social de chacun, et à s’extraire, d’une génération à l’autre, d’une situation d’extrême pauvreté. -8-

L’école est un lieu essentiel pour l’enfant, d’un point de vue éducatif, mais également social et psychologique. Elle représente un point d’ancrage dans son environnement. On y apprend et transmet, avec bienveillance. Or, cette bienveillance est fondamentale pour entrevoir des relations positives et une vie en société solidaire, où chacun pense à son bienêtre, mais également à celui de l’autre. La solidarité internationale n’est-elle, finalement, pas une démonstration forte de cette bienveillance ? Nous en sommes persuadés et c’est ce que nous souhaitons véhiculer chaque jour : apprendre, transmettre, soutenir, avec bienveillance. Le monde actuel nous permet de pouvoir agir et prendre soin de l’autre, aussi proche soit-il, mais également aussi loin puisse-t-il être. À l’heure où le travail à distance est devenu chose commune, la bienveillance peut, elle aussi, être « à distance »… Mais comment aider ce prochain aussi loin, en s’engageant ici ?


© FFL/ T. Winn

Prise en charge des enfants des mines de Tougouri, Burkina Faso

© FFL/ FAIRMED - P. Käser

Promotion de la santé de la population de la Lobaye, République Centrafricaine

S’engager au Luxembourg Il existe de multiples moyens d’agir et de soutenir les actions de la fondation, en plus du don financier, unique ou régulier. Connaissez-vous le moteur de recherche internet « Lilo » ? Il vous y est à présent possible de nous soutenir gratuitement, en nous reversant vos gouttes d’eau, collectées à chacune de vos recherches internet (www.lilo.org). La fondation organise également régulièrement des événements grand public auxquels nous sommes ravis de vous rencontrer pour discuter de ces thématiques qui nous tiennent à cœur. Notre prochain rendez-vous est déjà noté dans notre agenda le 24 octobre prochain au Ciné Starlight (Dudelange), lors du Festival « Cinéma du Sud » pour lequel nous organisons la projection du documentaire « Stop filming us » (inscription obligatoire). Bien d’autres façons de s’engager à nos côtés sont également possibles. Nous vous invitons à vous rendre sur notre tout nouveau site internet : www.ffl.lu, sur lequel nous avons essayé de répertorier l’ensemble des engagements possibles, grâce au Studio Intrépide (www.intrepide.lu) et à Visual Online (www.vo.lu).

Les entreprises peuvent, quant à elles, nous contacter afin de discuter de leurs enjeux RSE. Le don financier n’est pas la seule manière d’avoir un impact positif sur la société et sur nos projets de coopération et développement : nous sommes toujours ravis de discuter de nos possibilités de sponsoring d’évènements, d’arrondi sur salaire, de don de matériel informatique, de produit partage, de mécénat de compétences, etc… Nous tenons d’ailleurs tout particulièrement à remercier KPMG Luxembourg d’avoir dédié du temps et des ressources humaines à la fondation pour un projet de mécénat de compétences qui a permis la refonte de notre outil budgétaire. Grâce à ce projet, nos partenaires locaux sont en mesure de nous donner une meilleure vision des coûts engendrés par activité, de manière à refléter la réalité du terrain. La solidarité ne connaît pas de frontière. LuxembourgLomé-Abidjan. Nous sommes un collectif aspirant à un monde meilleur, voulant faire preuve de bienveillance envers soi car le bonheur passe aussi par soi, et envers l’autre, cet autre qui mérite autant que nous d’être heureux.

-9-


AGIR

Identifier le besoin

PRISE EN CHARGE DES ENFANTS DES RUES DE SÉGOU, MALI

Le phénomène des enfants des rues est une préoccupation pour de nombreux pays africains. Le Mali n’est pas épargné par cette problématique. Grâce à son partenaire local, l’AP-FFL, la fondation lutte contre la négligence des enfants des rue dans la ville de Ségou depuis 2012.

© FFL/ T. Winn

ODD 1 : Éliminer la pauvreté sous toutes ses formes et partout dans le monde. Agenda 2030, Nations Unies

- 10 -


3 questions à

Les enfants ainsi accueillis font l’objet d’un travail complémentaire d’enquête et de recherche de solution. À noter que 100% des enfants accueillis font l’objet d’une identification et d’une fiche correspondante. •

En plus des tournées de rue, les enfants peuvent être référés au projet par des personnes physiques ou des institutions. Ces enfants sont accueillis en fonction des disponibilités et des critères (âge, besoin spécifique...). À cet effet, les leaders d’opinion et religieux nous accompagnent dans ce processus.

MACKY TALL Gestionnaire de projets AP-FFL (Mali)

Pourriez-vous décrire le processus d’identification des enfants ? •

Le référencement

Les tournées de rue

Cette activité consiste à procéder au repérage des enfants vivant dans la rue, autour de la grande mosquée, du quai fluvial, des grands restaurants comme la place Karamoko KANE et la place Yaya KOUMARE, des gares routières, des centres commerciaux, des abords des marchés et autres endroits sensibles de la ville de Ségou et communes avoisinantes (Sébougou, Pelingana). Ce travail est important, dans la mesure où il contribue pour moitié environ au nombre des enfants identifiés au niveau du centre d’écoute. Deux tournées sont réalisées chaque semaine. L’activité est menée par deux éducateurs en minibus. Elle se déroule généralement entre 00h et 3h du matin. Lors du processus d’identification des enfants, l’équipe de rue fait plusieurs rotations dans les différents sites identifiés. Au cours de celles-ci, après le repérage de l’enfant, l’éducateur engage un premier entretien pour informer l’enfant de l’existence du centre d'écoute « Lamèniso », de sa localisation, des services qu’il offre aux enfants dans la mesure du possible et sa capacité d’accueil. L’éducateur engage un entretien sur les effets néfastes de la rue de manière à faciliter l'étape suivant cette activité de tournée de rue, c’est à dire l’accueil. Lors de chaque tournée de rue, un cahier de terrain est tenu et rempli par les éducateurs. Ce cahier permet de mentionner les premières informations sur les enfants contactés (nom et prénom, âge, localisation...) Cela permet également de détecter les nouveaux enfants et les anciens (ceux qui avaient déjà été contactés au moins une fois lors des tournées précédentes). D’une manière générale, l’objectif de cette tournée de rue est d’avoir l’accord des enfants à se rendre au centre. Après cet accord, l’enfant y est transporté. L’expérience du terrain montre que, en moyenne, 50% des enfants approchés et écoutés acceptent d’accompagner les éducateurs au centre d'écoute.

Il est important d’indiquer l’article 10 de l’ordonnance N°02 062/2002 portant code de protection des enfants au Mali qui stipule que : « les Directions régionales en charge de l’enfance et de la famille, de la solidarité, de la jeunesse, les préfets, le maire, le juge des enfants, les responsables de la police et de la gendarmerie..., ont le droit de référer les enfants dans les différents centres. » Les supports utilisés font, dès lors, mention de la personne ou de l'institution qui a référencé l'enfant au projet. •

L’accueil des enfants

Dès leur arrivée au centre, les enfants sont pris en charge par l’éducateur du jour qui doit tout faire pour les mettre en confiance. Les enfants sont identifiés dès leur arrivée. La première prise en charge intervient en fonction des besoins : alimentation, dortoir, soins médicaux, hygiène corporelle. Quelle est la plus grande difficulté du projet ? La difficulté majeure constatée sur le terrain est la méfiance des enfants des rues, l’inconscience de leur situation de vulnérabilité. Nous avons créé un partenariat avec des personnes relais à travers les différents sites pour faciliter cet aspect. Elles ont pour rôle d’aider l’équipe du projet lors de chaque tournée par la voie de la sensibilisation des enfants, de tenir ensuite informée l’équipe (appel téléphonique) pour tous cas d’enfant constaté en dehors des heures normales de tournée. À ce jour, quelle est votre plus belle victoire ? Notre victoire, c’est la réinsertion sociale des enfants accueillis. À titre d’exemple, en 2019 sur 182 enfants accueillis, l’équipe du projet a réintégré 158 enfants dans un milieu familial. Un enfant retourné en famille est toujours un véritable succès, car il réduit le phénomène des enfants des rues. D'autres cas de réussite du projet en termes d’intégration sociale s’articulent autour de 3 jeunes ayant passé plus de 5 ans au Foyer avant de rejoindre leurs familles. Il s’agit du cas d’un jeune qui a bouclé ses études supérieures en 2019. Les deux autres succès sont d’ordre professionnel, avec une insertion économique dans des corps de métiers en mécanique motos et exploitant agricole. Aujourd’hui, ces deux jeunes sont mariés et ont fondé une famille.

- 11 -


Prise en charge des enfants des rues de Bouaké (Côte d'Ivoire)

Depuis 2009, la Fondation Follereau Luxembourg soutient la Maison de l’Enfance de Bouaké (MEB), créée en 1970 par les Religieux de Saint Vincent de Paul (RSVP), qui accueille des enfants et adolescents de 6 à 22 ans, dans la rue suite à la crise ivoirienne ou à une structure familiale complexe, voire inexistante. Elle assure la prévention, la réinsertion familiale et socioprofessionnelle des jeunes en situation difficile. MALI

Espérance de vie (2018)

57,4 ans

BURKINA FASO

IDH* (2018)

165/189

GUINEA

140 Jeunes, dont 30 filles,

Alphabétisation (15 ans et plus, 2016)

43,9%

99%

Côte d'Ivoire

Luxembourg

CÔTE D'IVOIRE

sont bénéficiaires de la MEB.

LIBERIA

BOUAKÉ

YAMOUSSOUKRO

GHANA

ABIDJAN

OCÉAN ATLANTIQUE NORD 0

75

150km

LES ENFANTS ACCUEILLIS AU CENTRE BÉNÉFICIENT D’UNE PRISE EN CHARGE MÉDICALE, PSYCHOLOGIQUE, SCOLAIRE, ALIMENTAIRE, ET VESTIMENTAIRE, ADAPTÉE À LEURS BESOINS.

ENGAGEZ-VOUS À NOS CÔTÉS pour que les jeunes de la MEB puissent créer leur propre avenir.

NOMBRE MOYEN D'ANNÉES DE SCOLARITÉ

4,0

Fille (Côte d’Ivoire)

11,7

Fille (Luxembourg)

6,2

IBAN LU38 0019 1100 2081 3000 (BCEELULL)

Garçon (Côte d’Ivoire)

12,4

Garçon (Luxembourg)

130€ couvrent 10% de la réhabilitation d'une latrine et d'une douche.

* IDH : Indice de Développement Humain Source : undp.org - 12 -

Profile for Fondation Follereau Luxembourg

Bulletin 67 - Automne 2020 - Version FR  

Bulletin 67 - Automne 2020 - Version FR  

Advertisement

Recommendations could not be loaded

Recommendations could not be loaded

Recommendations could not be loaded

Recommendations could not be loaded