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Comment on fait pipi

dans l’espace ?

et toutes les questions que tu te poses et poses pour devenir un parfait astronaute ! !

Comment on fait pipi dans l’espace ?

et toutes les questions que tu te poses et poses pour devenir un parfait astronaute ! !

Halfbob

Pierre-François Mouriaux est journaliste spĂ©cialisĂ©, responsable de la rubrique Espace de l’hebdomadaire Air&Cosmos. Il prĂ©side l’association Histoires d’espace, qui effectue des recherches et publie des articles historiques, organise des Ă©vĂ©nements grand public et crĂ©e des expositions autour de l’espace. Il publie Ă©galement des ouvrages destinĂ©s Ă  la jeunesse, sur l’espace et l’astronomie, dont certains ont Ă©tĂ© traduits Ă  l’étranger.

Préface

Un mĂ©tier qui fait rĂȘver
 et interroge !

Le mĂ©tier d’astronaute reste rare. Chaque annĂ©e, nous sommes une douzaine d’hommes et de femmes Ă  rĂ©aliser des missions de longue durĂ©eĂ borddelaStationspatialeinternationale.Terriens« extraterrestres », nous sommes AmĂ©ricains, Canadiens, EuropĂ©ens, Japonais, Russes
 Nous nous sommes entraĂźnĂ©s durement durant de longues annĂ©es avant de pouvoir rĂ©aliser notre rĂȘve. Parfois, nous sommes rejoints par des astronautes qui effectuent des sĂ©jours plus courts pour relever une partie de l’équipage. Une quinzaine d’ĂȘtres humains dans l’espace chaque annĂ©e
 pour 8 milliards d’individus sur Terre ! Explorateurs des temps modernes, nous apprenons Ă  vivre et travailler dans un milieu hostile et prĂ©parons les prochaines missions Ă  travers le systĂšme solaire. Nous rĂ©pondons Ă  l’appel de nouveaux espaces qui a toujours animĂ© l’ĂȘtre humain et participons Ă  l’avancĂ©e de ses connaissances, amĂ©liorant ainsi la vie sur Terre.

Notre mĂ©tier comporte aussi un aspect mĂ©diatique : ambassadeurs des activitĂ©s spatiales, nous partageons rĂ©guliĂšrement cette expĂ©rience extraordinaire avec nos concitoyens lors de confĂ©rences, d’interventions dans des Ă©coles, d’évĂ©nements divers. Ces rencontres nous permettent de mesurer Ă  quel point l’espace fascine et intrigue toujours les jeunes et les adultes.

Ce livre rĂ©pond aux questions qui reviennent le plus frĂ©quemment. Avec en tĂȘte la sempiternelle interrogation : « Comment fait-on pipi dans l’espace ? » Bonne lecture !

Jean-François Clervoy, astronaute français de l’Agence spatiale europĂ©enne

OĂč commence l’espace ?

Le mot « espace » dĂ©signe tout ce qui commence au-delĂ  de l’atmosphĂšre, cette ïŹne couche de gaz qui entoure et protĂšge notre planĂšte. Mais l’atmosphĂšre n’est pas uniforme : l’air est plus dense prĂšs du sol et, plus on monte en altitude, plus la pression diminue. Il devient donc difïŹcile de respirer au-delĂ  de 3 000 m, et les avions ne peuvent pas voler au-delĂ  de 10 000 m. L’air se dilue peu Ă  peu dans le vide et a presque disparu Ă  50 km, oĂč le ciel est noir. MĂȘme s’il reste des traces d’air jusqu’à 500 km, voire 1 500 km, on est ensuite dans le vide. Il n’y a plus de sons, plus d’odeurs : pas de vie. L’espace est composĂ© essentiellement de vide, mais on croise parfois, entre les Ă©toiles et les planĂštes, des gaz, des poussiĂšres, des rayonnements


C’est le Russe Iouri Gagarine qui a Ă©tĂ© le premier Ă  s’envoler dans l’espace le 12 avril 1961. À bord de sa capsule Vostok1,il a fait le tour de la Terre en 1 h 48.

Et l’Univers ?

L’Univers englobe tout ce qui existe : l’espace, bien sĂ»r, mais aussi les galaxies, les trous noirs, les Ă©toiles et les planĂštes, dont la Terre... et mĂȘme les ĂȘtres vivants. On a l’habitude de dire qu’il est inïŹni, car on ne peut mesurer sa taille. On dit aussi qu’il est en expansion, parce qu’il grandit depuis sa crĂ©ation. Les astronomes considĂšrent que l’Univers est nĂ© il y a 14 milliards d’annĂ©es, lors du « big bang ».

À qui appartient l’espace ?

Au-delĂ  de 100 km d’altitude, l’espace appartient Ă  tout le monde. Cette rĂšgle internationale a Ă©tĂ© ïŹxĂ©e en 1966 par les Nations unies dans un traitĂ© sur l’espace extra-atmosphĂ©rique. Personne n’a le droit de s’approprier un endroit ou un corps dans l’espace, ni sur la Lune ni ailleurs.

INFO +

Depuis 1979, la Lune et ses ressources naturelles constituent le patrimoine commun de l’humanitĂ©. Aucun pays ne peut se les approprier, et leur exploitation devra ĂȘtre internationale.

Fait-il chaud ou froid dans

l’espace ?

Dans le vide de l’espace, impossible de mesurer de tempĂ©rature s’il n’y a pas de matiĂšre pour emmagasiner de la chaleur. Mais si tu y exposais un objet un certain temps, sa tempĂ©rature varierait en fonction du rayonnement qu’il reçoit (la lumiĂšre principalement). Le plus froid serait atteint dans les endroits les plus Ă©loignĂ©s de toute Ă©toile et les plus vides de matiĂšre : - 270 °C (proche du zĂ©ro absolu). Au contraire, prĂšs d’une source de chaleur (par exemple dans le gaz autour des amas de galaxies), la tempĂ©rature grimperait jusqu’à plusieurs milliers de degrĂ©s ! Autour de la Terre, c’est pareil : suivant l’exposition de l’objet aux rayons du Soleil, la tempĂ©rature constatĂ©e sur les objets peut atteindre 135 °C en plein Soleil et descendre jusqu’à - 160 °C quand il se trouve dans l’ombre


Un vaisseau spatial ou une station orbitale, mais aussi la combinaison qui permet Ă  un astronaute de travailler dans le vide, doivent donc rĂ©sister Ă  ces variations de tempĂ©rature importantes et rapides. Ils sont isolĂ©s Ă  l’aide de matĂ©riaux synthĂ©tiques (DacronÂź ou MylarÂź), sont pressurisĂ©s et disposent d’un systĂšme de climatisation. À bord de la Station spatiale internationale, la tempĂ©rature est ainsi maintenue entre 22,2 et 25,5 °C, ce qui permet Ă  l’équipage de porter des vĂȘtements lĂ©gers. Mais pas de thermostat pour adapter la tempĂ©rature Ă  leur confort : les astronautes utilisent des ordinateurs de contrĂŽle ou des tablettes tactiles, comme pour l’ensemble des commandes Ă  bord (il n’y a aucun interrupteur).

Y a-t-il du bruit dans l’espace ?

Non... le bruit n’existe pas dans le vide spatial. Mais, Ă  bord d’un vaisseau spatial pressurisĂ©, les sons se dĂ©placent dans l’air. Les systĂšmes de ventilation et les appareils qui fonctionnent en permanence provoquent un bruit assez Ă©levĂ©, jusqu’à 69 dĂ©cibels : plus qu’une salle de classe un peu bruyante et presque autant qu’un aspirateur !

Le systĂšme de climatisation de la Station spatiale fonctionne un peu comme un rĂ©frigĂ©rateur : de l’ammoniaque (un liquide qui gĂšle Ă  trĂšs basse tempĂ©rature) circule dans des tuyaux et « rĂ©cupĂšre » la chaleur produite par les diffĂ©rents Ă©quipements, avant de l’évacuer Ă  l’extĂ©rieur grĂące Ă  des radiateurs orientables. Il est composĂ© de deux circuits, au cas oĂč une panne endommagerait l’un d’entre eux.

Pourquoi ïŹ‚otte-t-on dans l’espace ?

Petit rappel
 Sur Terre, si tu tiens un objet dans la main et que tu le lĂąches, il tombe vers le sol : il est attirĂ© par la force de gravitation de notre planĂšte, tout comme toi qui restes plaquĂ© au sol. Cette force est extrĂȘmement forte ! Impossible de s’en extraire, sauf si on s’éloigne de la Terre Ă  de trĂšs grandesdistancesetenaccĂ©lĂ©rant beaucoup
 et que l’on se trouve happĂ© par la force d’attraction d’un autre objet massif (Ă©toile, planĂšte).

L’impesanteur est la disparition de la sensation de poids. Mais mieux vaut parler de micropesanteur car l’impesanteur n’est jamais totalement parfaite. À ne pas confondre avec microgravitĂ©, qui est une traduction maladroite du terme anglais microgravityet qui dĂ©signe en français une notion trĂšs diffĂ©rente.

À quelques centaines de kilomĂštres d’altitude, un objet est donc toujours soumis Ă  la force de gravitation de la Terre : il « tombe » vers le sol Ă  la vitesse verticale de 5 m/seconde. Mais si cet objet se dĂ©place Ă  la vitesse de 8 km/seconde, il ne croise plus la surface terrestre, car celle-ci est courbe et s’incurve de 5 m sous l’horizon tous les 8 km.

L’objet, et tout ce qu’il contient, est donc en permanence en chute libre mais toujours Ă  une altitude constante : on dit qu’il est « satellisĂ© ». La sensation de poids disparaĂźt alors et on est en Ă©tat d’impesanteur.

Un astronaute sur une orbite autour de la Terre est donc en impesanteur : il suit la mĂȘme trajectoire que le vaisseau ou la station qu’il occupe, tombe en permanence vers la Terre sans jamais la croiser, et ïŹ‚otte dans l’habitacle s’il ne s’appuie pas fermement sur une paroi. Tous les objets qui ne sont pas attachĂ©s ïŹ‚ottent aussi et les liquides se mettent spontanĂ©ment en boule.

Est-ce agrĂ©able de ïŹ‚otter dans l’espace ?

L’état d’impesanteur nĂ©cessite un temps d’adaptation, qui varie d’un humain Ă  l’autre. Au dĂ©part, il provoque quelques nausĂ©es.

Quand les astronautes sont bien acclimatĂ©s, ils trouvent trĂšs agrĂ©able de pouvoir « ïŹ‚otter » Ă  l’intĂ©rieur de la station, de ne plus rien peser et de pouvoir dĂ©placer sans effort des objets habituellement trĂšs lourds. Un sentiment de lĂ©gĂšretĂ© et de libertĂ© totale
 Attention, cette sensation n’a rien Ă  voir avec le vide car le vaisseau est rempli d’air, comme une maison.

Comment on fait pipi dans l’espace ?

Fait-il chaud ou froid dans l’espace ?

Pourquoi envoyer des humains dans l’espace ?

Pourquoi ïŹ‚otte-t-on dans l’espace ?

Comment mange-t-on dans l’espace ?

MĂ©tier d’astronaute, vols habitĂ©s, quotidien dans une station spatiale, dangers... un livre indispensable pour ĂȘtre prĂȘt Ă  vivre et survivre dans l’espace !

Pierre-François Mouriaux est journaliste spĂ©cialisĂ© Espace, responsable de la rubrique Espace de l’hebdomadaire Air&Cosmos .

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