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Deux.cinq

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Érectile est un magazine bi-mensuel gratuit extensif proposant des portraits, des interviews et des rencontres croisées de jeunes créateurs français. Ici, l’objectif est de parvenir à porter un regard plus objectif sur l’œuvre par le biais d’une démarche compréhensive du parcours de son géniteur. Nous souhaitons raconter des histoires plutôt que d’en inventer, avec simplicité – parfois – et sincérité – toujours.

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Rédacteur en chef Matthias Meunier

Directeur de publication Yannis Mouhoun

Rédaction magazine

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Charlotte Gelas Perrine Hériot Inès Lockert Cindy Renard

Conception graphique Matthias Meunier

Contact

AZ

E IN

redac@erectilemagazine.fr

Site web

www.érectile.fr

Un projet de

www.medias-culture.fr

Numéro deux.cinq


Érectile adjectif.

Dérivé d’érection ou du latin erectum, supin de erigere, ériger. Qui peut se gonfler et durcir par afflux de sang dans les vaisseaux. Se dit également de poils susceptibles de se dresser. D’un point de vue symbolique, l’ours est un animal possédant bon nombre de facettes. Dans la cosmogonie chinoise, Yu le Grand, créateur du monde, prenait la forme d’un ours afin de l’organiser. Les Inuits, eux, voient l’ours comme un symbole de grande force et de courage symbolisant également le pouvoir de l’inconscience et de la connaissance de soi. Cette dernière vision de l’image de l’ours peut également se rapprocher de celle que possédaient les alchimistes puisqu’ils voyaient en lui une forme d’initiateur. Aussi surprenant que cela puisse paraître, l’ours possède également quelques point commun avec l’art. L’ours est considéré comme un animal violent et brutal, pourtant, c’est un animal capable d’être apprivoisé de manière très simple. Il n’en demeure pas moins capable de régresser violemment vers un état primaire, de la même façon que l’art peut lui aussi être considéré comme un moyen d’expression très brut, très primitif aujourd’hui apprivoisé et même intellectualisé. Enfin, quel animal, tout comme l’art, s’est retrouvé apprivoisé pour être donné en spectacle et exposé aux yeux de tous dans les cirques et les foires ? Et bien oui, il s’agit de l’ours. De la à trouver cohérente l’idée d’associer Érectile à un ours, il n’y qu’un poil...

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Quibe

C’est dans un univers à l’inspiration geek que Christophe Louis

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a.k.a nous transporte au fil de ses illustrations minimalistes.

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aux origines. Bonjour Christophe, avant même de commencer à parler de ton travail, pourquoi ce nom Quibe ? D’où vient-il ? Il vient de Tahiti! J’ai grandi en Polynésie française et au milieu des années 90 j’ai brièvement travaillé comme dessinateur dans un journal satirique. Mon père ayant des fonctions publiques importantes, il n’a pas souhaité que je signe de mon nom de famille pour éviter des rapprochements gênants. J’ai donc trouvé un pseudo. En revanche je ne me souviens absolument pas de son origine… Quand j’ai commencé à diffuser mon travail sur le net, j’ai remarqué une fréquentation assez nombreuse de visiteurs portugais ou brésiliens. Le phénomène m’a un peu surpris jusqu’à ce que je découvre que le « Quibé » est en fait un plat cuisiné dans les pays lusophones ! Et visiblement apprécié !

Quibe

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Peux-tu revenir sur ton parcours, ce qui t’a poussé à te lancer dans le graphisme ?

D’ailleurs, te considères-tu plus comme un graphiste ou un illustrateur ?

L’échec du langage à satisfaire pleinement le contemplatif que je suis ! J’ai suivi des études littéraires (Hypokhâgne, Khâgne) pendant lesquelles on a tenté de m’apprendre un vocabulaire riche et varié, à articuler ma pensée, à maîtriser un discours et étudier, décrypter des textes… Et là j’ai eu la chance de fréquenter quelqu’un qui est depuis devenu un grand spécialiste du surréalisme et avec lequel nous nous amusions à pratiquer l’écriture automatique. Il m’a fait découvrir Cocteau, mais pas par l’écrit : par ses films d’abord, puis par ses dessins… et là la liberté soufflait encore plus fort, car l’indicible peut toujours être dessiné. J’ai changé d’orientation pour faire une école de graphisme, j’ai découvert les musées (il y en a peu à Tahiti !), et j’ai fini en agence de publicité en tant que directeur artistique… poste que j’ai occupé près de 10 ans. Je me suis beaucoup trop éloigné de mes crayons, pour les retrouver à la naissance de ma fille, pour laquelle j’ai réalisé mes premières illustrations et depuis je n’ai plus cessé de dessiner.

C’est un peu flou en fait, dans les deux cas il s’agit d’utiliser la forme pour communiquer. Faire passer un message, un concept par l’image… Quand on sait organiser, mettre en scène une illustration, on sait faire une mise en page…reste des différences d’ordre techniques… Allez, on va dire qu’aujourd’hui pour répondre à la nomenclature je me sens aujourd’hui plus illustrateur.


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L’incompréhension graphique. Peux-tu dresser un constat du graphisme actuel en France et situer ton travail au sein de ce paysage ? « Constat » est un mot trop important pour moi ! D’une part je n’ai que peu de clients en France (donc aucune réelle place dans le paysage), et d’autre part je n’ai pour répondre que des expériences qui ne valent peut être pas généralité. Cependant la France me semble souffrir d’un mal rédhibitoire : le manque de culture graphique. C’est assez paradoxal à l’heure ou nous nous vautrons dans une société de l’image, mais l’école continue à apprendre aux enfants à décoder des textes, à appréhender l’écrit, mais jamais l’image. Résultat un réel mépris pour les travailleurs de ce domaine. Quand j’exerçais en agence, j’ai eu des discussions étonnantes avec des collègues : un jour que je présentais à un commercial un projet d’annonce, détaillant l’organisation de l’image, lui parlant de sens de lecture de priorisation des informations…je me suis retrouvé en face d’un type totalement incrédule qui n’a rien trouvé de mieux que de s’exclamer : « mais tu penses à tout ça quand tu fais une mise en page ! » Oui, j’étais rendu à expliquer à celui-là même qui était chargé de vendre la créa au client que je faisais un métier de réflexion et qui ne s’improvisait pas. Les nouvelles technologies non plus n’ont pas fait que du bien au métier en cela que tout le monde s’imagine photographe ou graphiste dès lors qu’il place un filtre sur une photo ou bidouille une image vectorielle. Quant au non pratiquants, ils s’imaginent tout aussi aisément qu’il suffit d’appuyer sur un bouton pour faire de la créa… en s’asseyant sur la réflexion, la conception, la maitrise du langage formel et le goût!


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trait. Nous sommes ensemble pour parler de ton projet intitulé One Line Illustration. Exercice fastidieux, peux-tu nous parler de ce projet ? Comment est-il né ? J’ai été comme beaucoup de graphistes ou illustrateurs, tenté par le minimal art. J’ai réalisé quelques visuels, tournés autour de quelques concepts avant de m’apercevoir qu’il n’y avait là rien de plus qu’un jeu d’esprit un peu vain, une sorte de concours à celui qui serait le plus malin… du coup je me suis dit que plutôt que de déshabiller un concept, il pouvait être intéressant de s’occuper de la forme des icônes pop que nous fréquentons incessamment et qui peuplent nos imaginaires individuels et collectifs. Il y avait de plus un côté ludique qui m’amusait beaucoup, une gageure à respecter cette règle stricte du trait continu qui m’excitait au plus haut point. C’est un exercice courant du reste dans les classes d’art américaines, mais dessiner un chien ou une voiture ne m’intéressait pas: il fallait que la ligne soit en même temps la plus simple et la plus juste en ce qui concerne la ressemblance, ou l’évocation du sujet.

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D’un seul -

Quelles sont les contraintes quant à la réalisation d’un œuvre d’un trait ? Dois-tu t’y prendre à plusieurs reprises pour trouver la combinaison qui ne t’oblige pas à lever ton crayon ? Absolument…je cherche un chemin, je m’engage dans des itinéraires qui se révèlent parfois des voies sans issue, je fais des tours, je vire…parfois je tombe en panne : il m’a fallu un an pour parvenir à boucler le One Line Robert Mitchum ! Ce sont des recherches passionnantes car empreintes d’intimité. J’écris un visage qu’il me semblait connaitre, et il m’arrive de découvrir des choses dont je n’avais pas conscience. C’est vraiment un travail de dépouillement : je retire la peau superflue pour ne garder que l’extrême trame du visage. C’est ainsi que j’ai découvert que James Franco était le quasi-sosie de James Dean… (cherchez bien)


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Qu’est-ce qui t’attire dans cette économie de moyens graphique ? Es-tu partisan du dogme « Less is more » ? J’apprécie les fulgurances, j’aime bien aussi ce rapport complexe qu’il y’a entre un travail important et la facilité qui se dégage de l’image finale. Ne pas montrer la sueur. Et pour beaucoup d’observateurs les One line, enfin les miens, car il en existe de bien plus complexes et complets, sont à peine des dessins. Des images trop sèches, pas assez sophistiquées. Mais quand je lis ce genre d’avis, je me dis que j’ai bien fait de travailler ! Pour moi c’est une besogne, de l’ouvrage de longue haleine, mais pour ceux à qui je donne à voir ce doit être un éclair, tout doit être saisi, embrassé.


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Un univers visuel singulier. Nous retrouvons beaucoup de personnages de fiction dans ton travail, Miyazaki, Marvel, Star Wars, Disney, des héros de jeux vidéo… Tu sembles puiser ton inspiration dans la pop-culture… Je choisis de dessiner des personnages avec lesquels j’ai une certaine proximité, dont la représentation s’impose à mon esprit…que j’ai l’impression de bien connaitre. Et puis au départ j’ai conçu cette série comme un jeu, donc il n’est pas anormal de retrouver dans cette galerie des personnages qui me suivent depuis l’enfance. C’est plus facile quand il y’a une petite charge émotionnelle, plus aisé d’entreprendre le déshabillage qui peut être comme tu le disais fastidieux.

En dehors de cette culture spécifique, as-tu des graphistes de référence ? Ou des artistes dont le travail t’inspire ? C’est le moment du name droping! La rencontre fortuite avec le travail d’Hanko Kolk (merci les bd d’occasion) est sans aucun doute déterminante dans ma façon de dessiner aujourd’hui. Sinon je suis fasciné par la maitrise du trait et l’utilisation des couleurs de Loïc Sécheresse. Je me perds également très régulièrement dans l’univers de Sergio Toppi, Saul Bass et du cinéaste Roy Andersson. J’ai eu la chance grâce à mon boulot de DA de le rencontrer et ce fut un véritable choc artistique et intellectuel. Ce type réussi l’exploit d’être à la fois un génie humble, visionnaire et sans compromis et une personne d’une humanité remarquable. (je ne saurais trop vous conseiller Chanson du deuxième étage, Prix du Jury du Festival de Cannes 2000).


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À côté de ces illustrations faites d’un trait, tu as d’autres projets. Comment articules-tu ton travail ? Travailles-tu tes séries par période ? Une fois un cycle terminé, considères-tu la série bouclée ? Ou au contraire rien n’est jamais terminé et chaque projet est alimenté en permanence au gré de tes envies ? Je fonctionne vraiment à l’envie. Et je peux vous assurer que la série des One Line n’a pas encore épuisé mes forces! J’essaie des variations dans la forme et varie les sujets traités : les icônes musicales, littéraires, politiques… Je suis également fasciné par les animaux et les chevaux en particulier donc ils sont naturellement un sujet récurrent. J’ai plusieurs sujets en cours, toujours, parce qu’il y en a qui me donnent du fil à retordre (!) et parce que je suis un obsessionnel compulsif et qu’il faut que je produise pour me sentir bien. J’ai effectivement d’autres séries en cours : l’une d’elles est d’ailleurs est un peu l’envers des one line… des no line ! Des portraits minimalistes composés d’a plats de couleurs. Toujours des portraits, toujours des icônes pop.

Quibe

Illustrateur

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de la fin. Une question qui pourrait intéresser les jeunes créateurs hésitant encore à franchir le cap. Arrives-tu à vivre de ton travail de graphiste ? Quels conseils pourrais-tu leur donner ? Un seul conseil : créez, c’est le seul choix valable, ce n’est pas un choix de carrière c’est un choix de vie.

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Le mot Enfin, as-tu des projets qui arrivent ? Des publications, expositions ? Pourquoi pas des partenariats ? La grande nouvelle de ce début d’année c’est que je devrais être dans le deuxième volume de l’Anthologie Geek-art (ed Huginn&Muninn), pour le reste il devait y avoir des expos en Belgique, mais finalement ça ne se fera pas. Je travaille régulièrement avec le magazine Parceque (parceque.org) et espère pourquoi pas intéresser d’autres parutions en France.

Matthias Meunier

http://quibelog.blogspot.fr


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KNOT

Illustrateur

Quand l’encre exprime ce que contient le coeur. Entrez dans la sphère de

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KNOT

Illustratrice

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Moi , c’est Knot. O’drey, nous adorerions en savoir davantage sur toi ! Peux-tu nous présenter ton parcours artistique ? J’ai toujours été baignée dans le dessin, l’art. Petite, déjà, j’étais bercée par les couleurs des murs des graffitis de ma banlieue parisienne. Plus tard, comme je souhaitais que ma pratique artistique mêle graphisme et illustration par ordinateur, j’ai fais un BTS Communication Visuelle, fortement influencée par le collectif 123KLAN. Pourtant, je me suis dernièrement lassée de l’exécution par ordinateur : je perdais l’essence même du dessin, de la feuille de papier ! Je me reconvertis donc actuellement dans l’univers du tatouage. À côté de cela, je me balade toujours avec un carnet et un crayon dans mon sac. C’est mon échappatoire ! Une véritable manière de sortir ce que j’ai à l’intérieur de moi-même : ma pratique me sert de thérapie, de « vide ton sac ». Des artistes comme Bom.K, Frida Khalo, Basquiat, ceux qui peignent de façon viscérale ont toujours influencé ma façon de m’exprimer. Plus tard, en arrivant sur Marseille, j’ai pu rencontrer des acteurs de la scène graffiti. J’expérimente depuis le mur comme support d’expression. Ce médium m’a permis de revenir à mes premiers amours, et de tester autre chose pour continuer sortir ce que j’ai au fond de moi.


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KNOT

Illustratrice

, Tu m’expliques avoir quitté la région Parisienne pour Marseille. Était-ce justement pour enrichir ta pratique artistique ? Est-ce que l’univers artistique Parisien te manques ? (Expo, artistes, rencontres, liberté d’expression ?) Mon départ de la région parisienne n’a aucun lien avec la création artistique. C’était simplement un choix personnel ! En vérité, la vie parisienne ne convenait plus à mes envies... Cependant, lorsque je reviens sur Paris, j’en profite toujours pour faire le tour des expositions que la ville propose ! J’en profite aussi pour profiter de la ville en elle-même, car même si elle ne me convenait plus, c’est tout de même une ville magnifique ! Il est vrai qu’à Marseille, j’ai pu très vite enrichir ma pratique artistique. J’ai créé rapidement des relations avec des graffeurs ! Et le réseau artistique est bien plus accessible qu’à Paris... Il y a davantage d’événements qui mettent en avant les jeunes talents, ce qui est une véritable chance pour moi !

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Je suis certaine que nos lecteurs ont une question qui leur brûle les lèvres : Pourquoi « KNOT » comme pseudonyme ? Pourquoi « Knot » ? C’est bien plus simple que ce qu’on pourrait imaginer : je me cherchais un vrai nom de graffeuse ! Ce mot signifie « noeud ». C’est pour moi une image subtile, qui évoque mon anxiété, ma complexité intérieure. De plus, je dois avouer que j’aime beaucoup les sonorités de ce mot ! Bref, il me correspond très bien.

KNOT

Illustratrice

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KNOT

Illustratrice

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Le mariage du sang et de l’encre. Peux-tu me parler d’avantage de ta reconversion en tatoueuse ? Qu’est ce qui te plaît la dedans ? Le tatouage a pour moi quelque chose de viscéral. C’est inscrire une histoire ou une expérience sur son propre corps : je trouve cela réellement puissant. J’aime l’idée de marquer son corps avec ce que l’on a dans le cœur. Le mariage subtil du sang et de l’encre m’intéresse aussi énormément : cette idée d’encrer sur la chair même des images personnelles et profondes par le biais graphique. Le tatouage est, je trouve, un très bon moyen de connaître une personne. À ce propos, le tatoueur Lyle Tuttle disait « On ne connaît pas vraiment une personne tant qu’on ne l’a pas déshabillée ».

As-tu toi même des tatouages ? Si oui, les as tu toi même dessiné et que représentent-ils pour toi ? En dessines-tu pour des amis ou pour des commandes ? J’ai 4 tatouages, mais les 3 premiers ont été fait étant plus jeune : ils n’ont donc pas trop d’intérêt selon moi. Quant au dernier, je l’ai dessiné moi-même et c’est Claire de Sailin’On Tattoo qui l’a réalisé sur ma peau. Il est situé en haut de mon bras gauche. Il représente une illustration anatomique et stylisée d’un coeur, avec une horloge dont les chiffres sortent du cadran, en superposition. Le tout est agrémenté d’un trait en brush et d’une tache d’encre rouge. Celui-ci a bien plus de signification pour moi... J’ai aussi dessiné des tatouages pour des amis : on me dit régulièrement que mes dessins feraient de très bons tatouages ! C’est d’ailleurs comme cela que l’envie de devenir tatoueuse s’est confirmée : j’ai maintenant un réel désir de ne plus seulement dessiner des motifs de tatouage, mais de les réaliser sur la peau. C’est pour moi un réel leitmotiv !


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KNOT

Illustratrice

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Je sais que tu t’es mis au tatouage pour retrouver le plaisir de l’encre et de la feuille. Quel est son sentiment face à la création via ordinateur ? Sur l’ordinateur, c’est comme si je perdais une part de ma liberté. À vrai dire, j’aime le mouvement et toute la vie qu’on peut mettre dans un dessin ou une peinture. Je n’ai pas pu m’épanouir sur des logiciels tels que Photoshop ou Illustrator car les images étaient bien trop figées à mon goût, sur l’écran. Puis je dois dire que dans le milieu du graphisme, pour vraiment pouvoir être créatif et s’amuser, il faut avoir les clients qui le permettent.

Si je comprends bien, ton art de prédilection reste de dessin ? Certes, mais mon parcours s’est nourri de plusieurs univers, comme le street-art, le graphisme, l’illustration ou le tatouage. J’aime ré-investir et m’inspirer de ce melting-pot dans mon travail. Quant à ma ligne conductrice, elle reste le moi intérieur.


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KNOT

Illustratrice

Tu me parles beaucoup de ton art comme d’une manière de mettre sur le papier des sentiments enfouis. C’est très intéressant car beaucoup d’artistes ont travaillé de cette manière, notamment les expressionnistes Allemands. Quelles émotions/sentiments aimes-tu purger par le biais de ton art ? Dans mes dessins les plus personnels, ce que je recherche, c’est offrir une porte de sortie à mes démons intérieurs, pour mieux leur faire face. Je me sers de ces démons, de ces troubles profonds, pour en faire quelque chose de beau. Il est vrai que ce sont mes douleurs qui me conduisent souvent à sortir ma meilleure arme : l’encre. Ma pratique est pour moi une thérapie efficace, et j’espère que les gens se retrouvent dans mes dessins. Grâce à mon art, je suis vraiment quelqu’un d’heureux et épanoui !

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KNOT

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Le Crew T2D une connexion artistique. À part ton souhait de devenir tatoueuse professionnelle, as-tu des projets ? Pour un futur proche, comme pour un futur plus lointain ? Mon projet actuel est, comme tu l’as compris, d’apprendre à tatouer pour revenir à l’essence même du dessin : créer des pièces uniques. J’ai cependant un projet plus lointain... et il est collectif. J’appartiens à un Crew, le T2D (Tête de Dinde), Anaïs PASCAL et Emmanuelle SOLA sont mes comparses. Nous possédons trois styles différents, mais c’est ce qui fait la richesse de notre collaboration ! Nos univers s’accordent ainsi pour créer une parfaite harmonie. Dans l’idéal, avec ce Crew, j’aimerais ouvrir une boutique qui mêlerait tatouage, illustration, peinture.

Ce projet collaboratif semble très porteur. Quand penses-tu qu’il sera effectif ? Penses-tu que tu t’enrichis dans ce travail en équipe, ou préfères tu globalement l’indépendance dans la création ? Ce projet, monter notre propre shop, ne sera pas effectif avant quelques années : je dois d’abord apprendre à être une bonne tatoueuse ! En attendant, on essaie de se faire connaître en exposant ou en peignant pour des événements comme des soirées... J’aime ce projet que nous menons équipe, car j’ai la chance d’avoir trouvé des filles avec qui je suis connectée, créativement parlant. Nous avons la même façon de voir notre pratique : nous travaillons avec nos tripes ! Ce travail m’a permis de me rendre compte qu’à plusieurs, on peut faire des choses plus fortes et plus impactantes : il ne suffit que de connecter nos expériences et nos ressentis.


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KNOT

Illustratrice

Avec ton Crew, vous essayez donc de vous faire connaître en exposant ou en peignant pour des événements. Peux-tu me dire où as-tu été exposée, et à quels évènements tu as participé ? Dernièrement j’ai exposé pour 2 événement collectifs. Un sur Marseille pour le concept store UndArtground : c’est eux qui ont fait appel à des artistes locaux, ils souhaitaient que chacun leur propose 3 tableaux. Puis j’ai exposé sur Toulon pour la Galerie NO/ID ! Ils me suivaient sur Instagram puis nous nous sommes rencontrés. Ils ont aimé mon travail et m’ont proposé de travailler pour leur dernière exposition. Instagram est réellement un bon moyen de se faire repérer, j’ai souvent de premières approches via cette application ! Nous avons aussi d’autres peintures prévues pour de futures soirées, grâce à nos relations. Dans le milieu du graff, les infos tournent assez rapidement. De plus, comme nous sommes 3 filles dans le Crew, nous nous faisons remarquées dans ce milieu majoritairement masculin ! Cindy Renard https://www.facebook.com/pages/Inkmersion-KNOT/166997834140

https://www.facebook.com/T2dCrew?fref=ts

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Adrien Roux

Plasticien

Un voyage dans les désirs et les peurs

Adrien Roux,

d’ artiste plasticien.

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Un peu de place aux rêveurs. Salut Adrien, qui es-tu ? Un barbu de 25 ans habitant les Pyrénées orientales ! Mais commençons par le commencement. Dès le collège je souhaite faire un métier de dessinateur. Aimant également les ballades en solitaire, je me suis alors orienté dès le lycée vers des études d’aménagement paysager dans le but de devenir architecte paysagiste. J’ai d’ailleurs poursuivi vers un BTS de gestion et maîtrise d’œuvre, puis jusqu’en licence pro assistant concepteur paysagiste. Après cette dernière année décevante sous tous les points, je change complètement de direction pour aller étudier la communication visuelle, en graphisme édition et publicité, à l’ESMA (école sup des métiers artistiques) de Montpellier. C’est pendant la dernière année que je prends vraiment goût pour l’histoire de l’art et l’expression plastique. Je commence à cogiter, à avoir des idées qui émergent et je note tout cela dans un carnet. Un an plus tard et le carnet bien remplis, je comprends que je veux être artiste et créer toutes ces pensées, leur donner forme, créer me fait me sentir bien. Aujourd’hui je ne veux vivre que de ça.


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Sur ton site, tu dis que tu crées pour exister et affronter tes peurs, quelles sont-elles ? Ma plus grande peur est de ne pas pouvoir vivre ma vie comme je l’entends, arriver à la fin et me dire « j’aurais dû faire ça ». Je ne veux rien avoir à regretter. Mais la société telle qu’elle est devenue ne laisse pas de place aux rêveurs, à ceux qui veulent prendre le temps d’apprécier chaque instant, prendre le temps de ne rien faire et d’observer ce qu’il se passe en nous et autour de nous, s’écouter. J’essaye de trouver ma place parmi tout ce monde qui s’agite. J’ai du mal à comprendre pourquoi les gens veulent vivre dans un schéma classique, c’est-à-dire être marié, avoir des enfants, un travail « normal » et un salaire correct, savoir ce qu’on va faire demain, bref tout ce qui fait le cliché de la vie humaine du 21ème siècle. Je pense que l’homme moderne passe sa vie à attendre, tous les jours attendre de rentrer du boulot, toutes les semaines

attendre le week-end, toute l’année attendre les congés, toute sa vie attendre la retraite. Moi je profite au jour le jour, je me demande en permanence ce que j’ai envie de faire immédiatement, et je le fais. Quelque part j’ai peur que cet idéal qui est le mien ne dure pas et que je sois obligé de faire partie du système. Créer me permet de poser mes idées, d’affirmer mes pensées et de pouvoir le montrer. Chaque œuvre est comme un cri, ça me défoule, car je suis quelqu’un d’assez réservé qui parle peu. C’est le moyen de m’exprimer, j’en ai besoin, comme les bavards ont besoin de leur bouche.


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Regardez-vous, vous faites des choses absurdes. Où trouves-tu ton inspiration pour tes collages ? Tout part d’une image que je vois dans un magazine et qui me donne une idée un peu vague, puis je tricote autour. Mes inspirations viennent de mes désirs et mes peurs, ça vient du ventre comme une force surnaturelle. Je crée souvent de manière spontanée, c’est-à-dire que je ne réfléchis pas à ce que je vais faire (en matière de collage), il y a une grande part d’improvisation. Cependant le thème qui est présent dans tous mes travaux est l’être humain. Je pense que mes œuvres tendent à faire un constat de ce qui fait l’Homme, que ce soit physiquement, ou dans ses comportements. Quelque part j’essaie de le comprendre, comme si j’observais un documentaire animalier. Dans mes travaux je montre un univers irréel, qui est le reflet du monde à travers mes yeux. En fait pour moi ces collages ne sont pas plus surréalistes que ce qu’il ce passe au quotidien dans la vie des gens et dans le monde. C’est une manière de dire « regardez-vous, vous faites des choses absurdes ».

Combien de temps te faut-il pour en réaliser un ? En moyenne une à deux heures, mais parfois la demi journée, car pour certaines choses je suis perfectionniste (pour d’autres pas du tout !), et là je cherche les images parfaites pour être associées et exprimer au mieux ma pensée. Je feuillette alors des dizaines de magazines (la plupart sont des numéros du magazine « réalité » des années 50 chinés dans un vide grenier) ce qui peut prendre beaucoup de temps. En ce qui concerne mes photos et mes installations c’est un travail plus long, que je laisse mûrir le temps qu’il faut avant la réalisation. Puis j’ai mon assistante très personnelle qui me donne un coup de main de temps en temps, Sonia.


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Polyvalents multi talents. Tu touches à plusieurs procédés créatifs tels que les collages, les installations et la photographie. A travers lequel de ces procédés préfères tu t’exprimer ? C’est difficile de choisir… Dans le collage ce que j’aime c’est la spontanéité, ne pas savoir quel va être le résultat, et le coté amusant de défigurer une image comme quand on griffonne une moustache sur le visage qui fait la couverture d’un magazine. Dans la photo c’est la capture de la réalité qui m’intéresse pour pouvoir la montrer d’une manière différente. Il n’y a d’ailleurs aucune retouche à mes photos, je fais toujours en sorte que le résultat soit bon du premier coup. En ce qui concerne les installations j’aime l’idée d’occuper un espace par leur taille plus imposante, le fait d’être en présence du sujet, de pouvoir interagir avec lui et lui avec nous. Il y a la dimension d’objet qu’il n’y a pas avec les autres techniques qui ne sont « que » des images. En fait c’est le mélange des trois qui est formidable car on ne s’ennuie pas. Je déteste les choses répétitives alors pouvoir passer d’un médium à l’autre me plait.

Combien de temps consacres-tu à tes créations en une semaine ? Pas facile à dire. Comme je travaille sur l’humain et ses comportements, chaque instant (même regarder la TV) peut être perçu comme utile en termes d’observation (et je suis très observateur) pour mes projets, ce qui ferait 100% de mon temps. Ensuite il ya les moments où je me pose, avec livres et ordinateur et où je réfléchis à de nouvelles idées, peaufine celles qui sont déjà dans mes carnets. Puis je me renseigne pour des matériaux, du matériel, des entreprises spécialisées dans certains domaines, je chine dans des vides greniers… Enfin il y a le moment de création proprement dite, qui est souvent la partie la plus courte si on a bien tout réfléchit avant. Compte tenu de tout ça et en faisant une moyenne je dirais 4 à 8 heures tous les jours, mais c’est subjectif car comme je l’ai dis chaque instant constitue de la matière pour mon travail, et une idée peut apparaitre à n’importe quel moment, même la nuit ! Pour moi artiste c’est à plein temps, contrairement à ce que pense beaucoup de gens qui nous voient comme des fainéants.


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Rock’n’roll atmosphère. Une playlist de 5 titres que tu pourrais écouter en boucle dans ton atelier  ? J’écoute toute sorte de musique, du rock à la musique classique. Mais voilà quelques titres qui reviennent souvent. Je commencerais ma liste par Nirvana, In Bloom pour n’en citer qu’une, mais il y en a plein d’autres que j’adore et qu’on connait tous. Petite anecdote en passant, le premier album CD que j’ai eu quand j’étais au collège était un de leur live, que ma sœur m’avait donné. Ensuite il y a les Dandy Warhols, Sleep. C’est un groupe des années 8090 que j’ai découvert dans le film-docu « DIG ! » (à voir !). Je ne peux pas non plus oublier Eddie Vedder avec la bande originale du film « Into The Wild », qui me travaille les sentiments à chaque fois que je l’écoute. Il y a aussi José Gonzàles un Mexicain, juste au chant et guitare avec un de ses titres Slow moves de l’album « Veneer ». Puis je vais terminer par du Gorillaz avec par exemple Empire Ants, mais j’apprécie toutes leurs musiques.


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Adrien Roux

Plasticien

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L’art doit s’exposer en dehors des galeries. Préférerais tu te construire une notoriété en exposant dans des galeries ou une notoriété sur internet te suffirait ?

La performance est-elle un médium artistique que tu aurais envie d’exploiter ?

Internet est une vitrine intéressante à exploiter aujourd’hui, mais j’aimerais exposer mes créations en vrai. La perception n’est pas la même sur un écran que sur un mur ou au milieu d’une salle, au niveau de l’impact c’est moins marquant. Ensuite je pense que l’art doit aussi s’exposer hors des galeries parfois trop formelles. Les galeries sont des cases pour mettre de l’art, c’est un peu bizarre non ? Pour ma part je n’ai encore jamais exposé mon travail, alors toutes les propositions sont bonnes à prendre !

Oui ! Je veux surprendre les gens, je veux les faire réagir. En tant que public on ne peut pas être plus près de l’art que pendant la création de l’œuvre ou son déroulement. Puis le monde est tellement habitué à voir des images toute la journée qu’un médium différent marque plus l’esprit.


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Adrien Roux

Plasticien

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Quand on veut on peut. Comment vois-tu ton avenir dans le milieu artistique  ? J’en suis tout juste à mes débuts, mais je suis quelqu’un de borné et qui, quand il veut quelque chose fera tout pour l’avoir. Jusqu’ici j’ai toujours réussit à faire ce que je voulais. Ça peut paraître très prétentieux. Mais mon psy m’a dis un jour (et je le pense aussi) que lorsque quelqu’un pense intimement pouvoir faire une chose c’est qu’il en est réellement capable. Je pense que n’importe qui voudrait être astronaute, président, professeur ou boulanger, peut le devenir si c’est sont plus grand désir. Moi j’ai envie d’être reconnu en tant qu’artiste pour montrer mon travail au maximum de gens, en espérant ouvrir les yeux de certains. Par ailleurs la peur de la mort me pousse à laisser une trace de mon passage pour ne pas disparaitre. Ça fait mégalo non ? En tout cas ça me fait quelque chose de penser qu’il ne reste plus rien de nous après quelques années. Pas vous ?


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Adrien Roux

Plasticien

Et si ce n’est pas dans le milieu artistique, où seras tu dans 10 ans ? Je ne me pose même pas la question car ça serait admettre un possible échec. Je n’envisage pas ma vie autrement qu’a 100% pour mon art et ma chérie. Retourner dans un système plus « classique » dont je passe mon temps à critiquer l’absurdité dans mes travaux me ferait mal. Puis comme je l’ai dis je vis sur le moment, je ne peux pas prévoir ce qu’il va ce passer demain, si je serais toujours là, alors j’en profite tout de suite.

Ton leitmotiv ? Savoir ce qu’on veut vraiment faire de sa vie, ne pas se dire que c’est impossible car ça ne l’est pas, et tout faire pour vivre cet idéal sans se décourager. Réussir sa vie ça n’est pas forcément avoir beaucoup d’argent, une belle femme et des enfants, dans une belle maison au mobilier moderne. Ça c’est une envie créée par la société, sinon comment expliquer que plus des ¾ des gens ont les mêmes objectifs de vie ? Moi j’aimerais que chacun s’assoie et s’écoute, trouve comment il veut réellement vivre sa vie, au plus profond de lui. La plupart des gens veulent gagner de l’argent, moi je veux gagner du temps ! Perrine Hériot http://site.artactif.com/ar260788/

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Alexandre Prybill

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À 17ans,

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Alexandre Prybil a déjà tout d’un illustrateur : un style unique, une maîtrise parfaite et des idées qui bourgeonnes. Quand la jeunesse nous scotch...


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Alexandre Prybill

Illustrateur

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Qui est cette banane folle ? Bonjour Mad Banana, tu es un jeune illustrateur de talent, ça on le sait, mais qui se cache derrière cet étrange pseudonyme ? Je m’appelle Alexandre Prybil, j’ai 17 ans, je suis en terminale S et j’habite à Fontainebleau. Ma passion c’est le dessin.

Quel est ton parcours dans le milieu de l’art ? Je fais du modèle vivant depuis maintenant 4 ans et je dessine surtout beaucoup à côté mais sinon je suis plutôt un illustrateur autodidacte.


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Alexandre Prybill

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D’où te vient ton style de dessin si particulier ?

Des noms ?

Il s’est construit au fur à mesure. J’ai été inspiré par des illustrateurs, des graphistes, des gens comme McBess, Harris... C’est un univers que j’aime énormément et qui, surtout, me parle beaucoup. Le dessin animé aussi m’inspire.

Les mystérieuses cités d’or bien sûr ! (rires)


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Alexandre Prybill

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Toujours un œil qui traîne. d D’autres passions qui ont influencé ton art ? Le tatouage. Mais sinon, c’est vraiment tout ce que je vois en général, que ce soit dans les magazines ou sur les sites internet. Je passe beaucoup de temps à regarder ce qu’il s’y passe. Et forcément ça m’influence.


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Alexandre Prybill

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Illustrateur

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À la recherche de l’expressivité. Tu dessines la plupart du temps des personnages, y a t-il une raison à cela ? Je pense que c’est dans ce domaine que je suis le plus à l’aise. J’ai d’avantage d’intérêt pour les personnages à cause de toute l’inspiration qui me vient des dessins animés. C’est vraiment quelque chose qui ressort. Je ne trouve pas d’intérêt personnel à dessiner des paysages quant au travers de visages je peux faire passer des expressions et des émotions. Et je pense que c’est aussi pour ça que mes personnages sont tatoués, pour leur apporter encore d’avantage de personnalité et de singularité.


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Alexandre Prybill

Dois-tu réfléchir à ce que tu vas dessiner ou cela te vient-il naturellement ? Pour les petits dessins et croquis, ça vient tout seul mais dès que je passe sur des formats plus grands comme le A2 ou même des murs, je me base sur des idées qui me viennent en amont. Je peux passer jusqu’à deux semaines sur un format A2 donc j’essaye de réfléchir à ce que je vais faire.

Te reconnais tu dans un style de dessin particulier ? Je peux me reconnaître dans le style des nouveaux illustrateurs qui commencent à monter comme McBess, Nychos et Harris etc. Mais pas dans un courant particulier. Disons que mon style se rapproche du leur même si en même temps il s’en différencie

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Alexandre Prybill

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Mad et Banana. Tu travailles avec un autre artiste, comment est venue cette collaboration ? Oui, il s’agit d’un ami que je connais depuis 6 ou 7 ans. On dessine beaucoup ensemble depuis la seconde, en cours, pendant nos heures de libres et nous prenons des cours de modèle vivant ensemble. On a le dessin en commun et c’est un peu devenu mon binôme. Même s’il n’a pas décidé de s’orienter sur des études d’arts mais plutôt des études de journalisme, on essaye de dessiner ensemble le plus possible.


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Alexandre Prybill

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Et toi quelles études envisages-tu afin de porter à bien ton projet professionnel ?

Pourquoi Mad Banana ?

Des études d’illustration. Je vais tenter les grandes écoles l’année prochaine et on verra. J’ai quand même déjà quelques idées.

Le nom de Mad Banana est arrivé par hasard, comme notre collaboration d’ailleurs. Mon binôme, Arnaud Muller, écrivait le « Mad » partout où il le pouvait et moi c’était le Banana donc le nom c’est imposé de lui même.


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Alexandre Prybill

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Comment tu vois l’avenir pour les jeunes créateurs d’aujourd’hui ?

(Rires) Je ne suis pas encore trop dans le milieu alors c’est compliqué de te répondre. J’essaye d’être optimiste et de penser qu’il y a encore de l’avenir là dedans.

Inès Lockert https://www.facebook.com/pages/Mad-Banana/148172538695051?fref=ts

http://instagram.com/madbanana_

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