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ACTUALITÉS

NUNAVIK

Pharmaciens recherchés désespérément

Alors que la pénurie de main-d’œuvre sévit partout au Québec, le Nunavik, qui peinait déjà à attirer des pharmaciens et d’autres professionnels de la santé, doit se montrer toujours plus attractif que «le Sud». Autant dire que la concurrence est rude.

MATHIEU STE-MARIE

Cela fait un an que la Dre Nathalie Boulanger, directrice médicale régionale du Nunavik, cherche à pourvoir un poste de pharmacien au Centre de santé Tulattavik de l’Ungava à Kuujjuaq. Elle n’a reçu aucune candidature. «Il y a zéro intérêt. Zéro, zéro, zéro», se désole la médecin de famille qui exerce dans cette région du Nord-duQuébec depuis 31 ans (d’abord à temps plein pendant 20 ans, puis à temps partiel).

Sur Perspective Nunavik, le site de recrutement pour le domaine de la santé, trois autres postes de pharmacien dans l’un des deux centres de santé de la région sont affichés. Mais le nombre de pharmaciens manquants est plus élevé, assure la Dre Boulanger sans préciser de chiffre.

«Nous sommes pris pour embaucher des pharmaciens d’agence que l’on paie le double du taux horaire des pharmaciens permanents», déplore-t-elle. Le manque de personnel oblige notamment à fermer plusieurs heures par jour la partie communautaire de la pharmacie située dans les hôpitaux.

Pourtant, la Régie régionale de la santé et des services sociaux du Nunavik a bien tenté d’attirer les pharmaciens en quête d’aventure l’an dernier en bonifiant la prime d’installation. En effet, le montant du forfait est passé de 25 000 $ pour deux ans à 50 000 $. S’ils prolongent de un, deux ou trois ans, les pharmaciens reçoivent alors 25 000 $ par année supplémentaire. Ainsi, la prime d’installation peut totaliser 125 000 $ sur cinq ans.

À cette somme s’ajoutent plusieurs primes déjà en place: la prime de maintien à l’emploi (45 % du salaire), la prime d’attraction et de rétention (entre 2,6 % et 7,4 %), la prime incitative de 40 heures (6 %), la prime d’éloignement (203 $ par semaine, pour un pharmacien sans enfant à charge, et 358,99 $ avec enfant), la prime de vie chère (59 $ par semaine ou plus, selon le statut familial) et l’allocation nourriture (98 $ par semaine).

De son côté, le salaire horaire, négocié entre l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec et le gouvernement, demeure le même que dans les autres hôpitaux du Québec, soit entre 43,93 $ et 55,47 $, selon l’ancienneté.

« L’argent n’est pas tout, tempère la Dre Nathalie Boulanger. Lorsque tu t’établis ici, tu n’as pas toujours Internet, tu n’as pas de réseau cellulaire, tu ne peux pas prendre ton auto pour aller quelque part la fin de semaine parce qu’il n’y a pas de chemin.» De plus, les communautés résidant le long de la baie d’Hudson où est situé le Centre de santé Inuulitsivik manquent régulièrement d’eau puisqu’il n’y a pas de système d’aqueduc.

: COURTOISIE PHOTO

« NOUS SOMMES PRIS POUR EMBAUCHER DES PHARMACIENS D’AGENCE QUE L’ON PAIE LE DOUBLE DU TAUX HORAIRE DES PHARMACIENS PERMANENTS.»

Dre Nathalie Boulanger, directrice médicale régionale du Nunavik

Peu de sorties

Par ailleurs, s’ils veulent prendre l’avion pour aller à Montréal, les pharmaciens doivent sortir leur portefeuille puisqu’il en coûte environ 4000 $ pour un aller-retour, poursuit-elle.

«Les jeunes qui sortent de l’école ne sont pas intéressés à venir dans le Nord et d’en sortir seulement quatre fois par année. Il faudrait offrir la possibilité de faire du temps partagé comme dans les mines: trois semaines de vacances et trois semaines de congé», suggère la Dre Boulanger.

En outre, le coût de la vie y est cher. Une étude de l’Université Laval parue en 2016 rapportait qu’il y est globalement 28,7 % plus élevé que dans la capitale nationale. À l’heure actuelle, l’essence y coûte 250 cents le litre contre 161 cents le litre en moyenne dans la province, selon la Régie de l’énergie du Québec.

En fait, seul le logement est moins cher qu’ailleurs au Québec. Mais l’argument est mince puisque les logements y sont très rares. De plus, les nouveaux employés sont obligés d’habiter avec d’autres employés dans des maisons de transit pendant quelques années avant de se voir attribuer un logement à eux seuls. «Ce n’est pas tout le monde qui veut habiter avec quelqu’un qu’il ne connaît pas», concède la Dre Nathalie Boulanger.

Un pharmacien résidant sur la côte de la baie d’Hudson qui part en vacances doit même prêter son logement au pharmacien remplaçant.

LE NUNAVIK EN CHIFFRES

13 115 ± 62 % 4 413592km2 79 328 $

habitants, dont près de 90 % s’identifient comme Inuits des habitants ont moins de 30 ans communautés réparties sur les côtes de la baie d’Hudson, du détroit d’Hudson et de la baie d’Ungava soit environ le tiers de la superficie du Québec

Revenu brut médian pour les non-Autochtones

25 805 $

Revenu brut médian pour les Autochtones

Ces conditions de vie difficiles et contraignantes couplées aux rares «sorties vacances» annuelles démotivent les pharmaciens à venir s’établir dans cette région qui s’étire au-delà du 55e parallèle.

Trop payant au «Sud»

La médecin de famille observe que le manque de main-d’œuvre au Nunavik est encore plus criant ces dernières années.

Et pour cause! La pénurie de pharmaciens qui sévit partout au Québec a eu pour effet de faire gonfler les salaires. Actuellement, on offre 75 $, 80 $, voire 85 $ de l’heure, sans parler des généreuses primes, ailleurs au Québec. En effet, «il y a des primes dans des pharmacies communautaires en région pas si éloignée qui sont supérieures à ce qui est offert par la Régie [régionale de la santé et des services sociaux du Nunavik]. J’ai vu des primes de 25 000 $ pour trois mois de travail», indique le pharmacien Justin Grenier, installé au Nunavik depuis un an et demi. Avant de s’établir dans cette région, il a travaillé pendant deux ans pour une pharmacie communautaire à Bromont.

Employé au centre de santé Tulattavik, il juge ses conditions de travail excellentes. Toutefois, il constate que des pharmaciens peuvent en avoir des tout aussi bonnes au « Sud ». « Si la personne s’établit au Nunavik seulement pour le salaire, il faut que ce dernier soit significativement plus élevé que le salaire dans le Sud puisque résider au Nunavik amène son lot de sacrifices», indique le jeune pharmacien.

Celui-ci croit toutefois que ce n’est ni le salaire ni les primes alléchantes qui attirent d’emblée les nouveaux venus, mais plutôt le désir d’aventure. Pour sa part, il a décidé de venir s’établir à Kuujjuaq pour sortir de sa zone de confort, travailler au sein d’une autre culture et profiter d’une nature sauvage unique.

Une pratique stimulante

De son côté, la Dre Nathalie Boulanger, qui a élevé ses enfants au Nunavik, estime qu’on y trouve une belle pratique de groupe comme nulle part ailleurs: «Les pharmaciens et les médecins travaillent beaucoup ensemble. Lorsque tu pars en vacances, tu n’es pas inquiet pour tes patients. Les médecins qui pratiquent au Sud ne peuvent pas en dire autant. De plus, tu es exposé à une autre culture et à un mode de vie très différent», explique-t-elle.

Si la pratique est stimulante, peu de pharmaciens sont prêts à ces sacrifices pour travailler au Nunavik. Et pas seulement les pharmaciens. La région manque cruellement d’assistants techniques en pharmacie et d’infirmières, notamment.

Dans plusieurs communautés, le manque de personnel de santé est si critique que les autorités de santé locales ont demandé au gouvernement d’appeler l’armée en renfort. Cet été, les 8000 habitants des sept villages de la côte de la baie d’Hudson ont, durant de longues périodes, dû se contenter de recevoir des soins d’urgence seulement. Devant cette situation, le ministre de la Santé, Christian Dubé, et le ministre des Affaires autochtones, Ian Lafrenière, se sont rendus au Nunavik pour trouver des pistes de solutions avec les autorités de santé locales.

«Ça n’a rien changé à court terme. Mais est-ce que ça va changer quelque chose à long terme parce qu’ils vont être plus ouverts à négocier une convention collective différente pour les régions éloignées? On verra», lance la Dre Nathalie Boulanger.

Une chose est certaine, selon elle: les deux ministres se devaient de venir pour constater de visu l’urgence de la situation. «Tant que tu n’es pas venu, tu ne peux pas réellement t’imaginer comment ça se passe ici», termine-t-elle. n

LORSQUE LE MÉDICAMENT POUR LA DOULEUR MINEURE N’AGIT PAS RECOMMANDEZ COMBOGESIC® .

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1:

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MÉDECINE

L’écart salarial entre hommes et femmes bien réel au Canada

En tenant compte des facteurs sociodémographiques et de leur temps de travail, les femmes médecins gagnent en moyenne 9 % de moins que leurs homologues masculins au Canada. Cet écart est de 6,6 % environ au Québec.

ÉCARTS SALARIAUX ENTRE LES HOMMES ET LES FEMMES MÉDECINS, PAR PROVINCE (%)*

SANS AJUSTEMENT AJUSTÉ Canada

Tous les médecins

-16,1

-9,3

Canada

Méd. de famille

-13,7

-8,5

Canada

Autres spécialités

-14,8

-10,2

C.-B. ALB.

-15,2

-8,5 -24,4

-13,8

SASK.

-13,2

-9,2

MAN.

-23,6

-19,8

ONT.

-16,1

-7,3

Source : Kralj, B. et coll. (2022). The gender earnings gap in medicine: Evidence from Canada, Health Policy, 2022. * Les pourcentages sur la carte tiennent compte de toutes les spécialités, incluant la médecine de famille. QC

-13,7

-6,6 T.-N.-L.

-6,7

-9,0

N.-B. N.-É.

-21,6

-15,3 -20,1

-16,7

BORIS KRALJ, PH. D.*

Bien que les écarts de rémunération entre les sexes en médecine soient un sujet de préoccupation pour de nombreux professionnels au Canada, leur existence est loin

* L’auteur est professeur adjoint au département d’économie de l’Université McMaster, en Ontario, et fondateur et consultant principal du cabinet Perspicacity

Intelligence & Analytics. d’être universellement acceptée. Jusqu’à tout récemment, aucune étude couvrant tous les médecins et toutes les provinces ou portant sur les revenus plutôt que sur les gains bruts n’avait d’ailleurs été publiée.

Cela peut expliquer l’absence de considération sérieuse ou de mesures correctrices de la part des associations médicales et des gouvernements lors des négociations ou des processus de tarification et de rémunération.

Avec mes collègues de l’Université McMaster – Danielle O’Toole, Meredith Vanstone et Arthur Sweetman –, nous avons récemment mené une vaste étude nationale concernant tous les médecins du Canada1 .

Cette étude est unique non seulement par sa large couverture, mais aussi parce que nous pouvons mesurer les revenus nets des frais généraux, plutôt que les facturations brutes qui ont été utilisées >

PrBOTOXMD (onabotulinumtoxinA) est indiqué pour le traitement prophylactique des céphalées chez l’adulte atteint de migraine chronique (au moins 15 jours par mois de céphalée durant 4 heures ou plus) Pour de plus amples renseignements : Veuillez consulter la monographie du produit à : pdf. hres.ca/dpd_pm/00061212. PDF pour obtenir d’importants renseignements sur les contreindications, les mises en garde, les précautions, les effets indésirables, les interactions, la posologie et les conditions d’utilisation clinique. Vous pouvez également vous procurer la monographie du produit en téléphonant au 1-800668-6424.

RÉFÉRENCE : Monographie de BOTOXMD, Allergan Inc., 11 mars 2021.

Toutes les marques de commerce mentionnées appartiennent à leurs propriétaires respectifs. ALLERGANMD et son identité graphique sont des marques de commerce d’Allergan Inc. © 2022, AbbVie. Tous droits réservés. jusqu’ici dans toute la littérature canadienne sur le sujet.

De plus, nous avons pu évaluer ou ajuster l’effort de travail (heures et semaines de travail) et les caractéristiques des médecins telles que l’âge, la situation familiale, les enfants, la géographie, l’incorporation, etc.

Nous avons utilisé les données du recensement fédéral de 2016 que nous avons reliées aux fichiers d’imposition de l’Agence du revenu du Canada (ARC) pour estimer l’écart de rémunération, nette des frais généraux de pratique, entre les femmes et les hommes médecins.

En tenant compte des facteurs sociodémographiques et des heures et semaines travaillées, nous avons constaté que les femmes médecins gagnent en moyenne 9 % de moins que leurs homologues masculins.

Le Québec se distingue

À l’échelle nationale, l’écart ajusté est légèrement plus important parmi les spécialistes (10,2 %) que chez les médecins de famille (8,5 %). Ces estimations des écarts de rémunération moyens masquent d’importantes différences dans la répartition des gains. Les femmes exerçant la médecine au Canada gagnent moins que les hommes en tous points, mais l’écart se creuse considérablement parmi les hauts revenus. Cela peut indiquer une sous-représentation des femmes médecins dans les postes de direction.

La figure à la page 21 illustre la variation de l’écart salarial entre les sexes, non ajusté et ajusté, entre les provinces. Le Manitoba présente le plus grand écart de revenu net moyen ajusté entre les sexes, soit 19,8 %. Le Québec a le plus petit écart, soit 6,6 %. En Ontario, contrairement à ce qui se passe à l’échelle nationale, l’écart de revenu des médecins de famille est plus important que celui des spécialistes. Cette constatation est conforme à une étude récente qui était fondée sur la facturation brute2 .

Nous supposons que la variation de l’écart salarial ajusté entre les sexes d’une province à l’autre peut être due à des différences dans le montant et les modes de paiement autres qu’à l’acte (par capitation, salariat, etc.) et dans les structures internes de fixation des honoraires.

En outre, les provinces qui déploient des efforts accrus pour traiter la problématique peuvent réduire indirectement les écarts de rémunération entre les sexes. Sur la base de nos recherches et d’autres, nous considérons que l’amélioration des processus d’établissement des tarifs et des honoraires est la clé pour combler l’écart salarial entre les sexes et atteindre l’équité salariale.

Certaines juridictions, comme la Colombie-Britannique et l’Ontario, ont prévu des montants spécifiques pour s’attaquer à la «variabilité», c’est-à-dire aux inégalités salariales entre les spécialités. Ces montants devraient être élargis pour inclure des fonds destinés à éliminer les inégalités entre les sexes.

Au-delà de l’enveloppe globale consacrée à la lutte contre les écarts de rémunération entre les sexes, il est nécessaire de procéder à une analyse microéconomique complète, fondée sur des données probantes, des structures d’attribution des honoraires et des frais, afin d’identifier, de quantifier et d’éliminer les inégalités salariales entre les sexes au niveau des services individuels. Actuellement, ces structures ont tendance à se fonder sur des analyses de données anecdotiques et peu rigoureuses.

Dans le même temps, l’abandon du paiement à l’acte au profit d’un paiement non à l’acte, tel que la capitation pour les médecins de famille, contribuerait probablement à réduire l’écart de rémunération entre les sexes.

En conclusion, l’écart salarial entre les hommes et les femmes dans le système médical public et privé au Canada est réel et omniprésent. Il est significatif d’un point de vue statistique et politique, tant au niveau national que provincial. n

1. Kralj B, O’Toole D, Vanstone M, et Sweetman A.

The Gender Earnings Gap in Medicine: Evidence from Canada. Health Policy, octobre 2022. 2. Steffler M, Chami N, Hill S, et coll. Disparities in

Physician Compensation by Gender in Ontario,

Canada. JAMA Network Open, septembre 2021.

LA PRECISION LÀ OÙ ÇA COMPTE.

LA PERFORMANCE DANS LE TRAITEMENT DE L’ACNÉ.

Le premier rétinoïde topique indiqué pour le traitement de l’acné du visage et du tronc1-3 .

• La molécule de trifarotène se lie précisément au RAR le plus pertinent dans l’acné (RAR-ɣ)1 • En ce qui a trait à l’acné du visage, les patients peuvent constater des résultats significatifs en quatre semaines3 • Les patients ont signalé des améliorations substantielles sur le plan de la confiance en soi, de la vie sociale et du bien-être émotionnel4 grâce à une atténuation de leur acné

AKLIEF.ca

Indication et usage clinique :

AKLIEF® (crème de trifarotène 50 mcg/g) est indiqué pour le traitement topique de l’acné vulgaire sur le visage et/ou le tronc chez les patients de 12 ans et plus.

L’innocuité et l’efficacité chez les patients âgés (≥ 65 ans) n’ont pas été établies.

Contre-indications :

• Eczéma ou dermatite séborrhéique • Femmes enceintes ou planifiant une grossesse

Mises en garde et précautions les plus importantes :

• Destiné à l’usage externe seulement. Ne pas

utiliser dans les yeux.

• Femmes enceintes ou planifiant une grossesse :

On a signalé de rares cas d’anomalies congénitales associées à l’utilisation des rétinoïdes topiques pendant la grossesse. Les femmes en âge de procréer doivent être informées des risques potentiels et utiliser des moyens contraceptifs efficaces

Autres mises en garde et précautions pertinentes :

• Cesser d’utiliser si des réactions d’allergie/ hypersensibilité se produisent • Éviter tout contact avec les yeux, les lèvres, les angles du nez, les muqueuses, les écorchures, les plaies ouvertes, les coupures, les zones eczémateuses et les coups de soleil • Éviter d’utiliser d’autres médicaments dermatologiques et produits topiques potentiellement irritants et fortement asséchants, ainsi que des produits contenant une forte concentration d’alcool, d’astringents, d’épices ou de lime • Utiliser des cosmétiques non comédogènes • La région traitée ne doit pas être recouverte de pansements ni de bandages • Les conditions météorologiques extrêmes, comme le vent ou le froid, peuvent exacerber l’irritation • Il faut éviter l’exposition excessive au soleil, lampes solaires comprises. On recommande d’utiliser un écran solaire efficace et de porter des vêtements protecteurs • Certains signes et symptômes cutanés peuvent apparaître avec l’application du produit • Ne pas utiliser l’électrolyse, les « cires » ni les dépilatoires chimiques • Prudence lors de la prise concomitante de médicaments photosensibilisants • Éviter d’utiliser sur la poitrine pendant l’allaitement

Pour de plus amples renseignements :

Veuillez consulter la monographie d’AKLIEF® à https://pdf.hres.ca/dpd_pm/00054310.PDF pour obtenir de l’information importante sur les éléments qui ne sont pas abordés dans le présent document, notamment les effets indésirables, les interactions et la posologie.

Vous pouvez également obtenir la monographie de produit en nous appelant au 1 800 467-2081.

Références :

1. Monographie d’AKLIEF®, Galderma Canada Inc., 25 novembre 2019. 2. Aubert J, et al. Nonclinical and human pharmacology of the potent and selective topical retinoic acid receptor-γ agonist trifarotene. Br J Dermatol. 2018;179(2):442-456. 3. Tan J, et al. Randomized phase 3 evaluation of trifarotene 50 μg/g cream treatment of moderate facial and truncal acne. J Am Acad Dermatol. 2019;80(6):1691-1699. 4. Blume-Peytavi U, et al. Long-term safety and efficacy of trifarotene 50 μg/g cream, a first-in-class RAR-γ selective topical retinoid, in patients with moderate facial and truncal acne. J Eur Acad Dermatol Venereol. 2021;34(1):166-173.

DÉVOUEMENT, INNOVATION ET INTERDISCIPLINARITÉ À L’HONNEUR

Reconnaître l'apport des professionnels aux soins de santé des Québécois, c’est la mission que se donnent les Prix Profession Santé. Vous découvrirez dans les prochaines pages, ainsi que dans le numéro de novembre, les lauréates et lauréats de l’édition 2022. Merci à notre jury, qui a eu la lourde tâche de départager les nombreuses candidatures de qualité que nous avons reçues, un signe du dynamisme des artisans du réseau de la santé. Il était composé cette année des Drs Robert Williams et Jean-Bernard Trudeau, des pharmaciens Hélène-M. Blanchette, Geneviève Tirman, John Nguyen et Marie-Line Renaud, ainsi que de l’infirmier Steeve Gauthier.

MERCI À NOS COMMANDITAIRES

PLACE AUX LAURÉATS 2022

Les Prix Profession Santé ont pour mission de faire rayonner les valeurs de travail d’équipe et de communication incarnées par des professionnels de la santé, alors même que de récentes législations favorisent de plus en plus l’élargissement des pratiques. Voici les professionnels de la santé qui incarnent le mieux ces valeurs cette année, selon notre jury interprofessionnel.

PRATIQUE NOVATRICE

Jeannot Dumaresq

médecin

Suzanne Atkinson28 30 Geneviève Goulet 32

pharmacienne infirmière

PARTAGE DES CONNAISSANCES

Gabrielle Gagnon

médecin

Caroline Sirois34 36 Tamara Vixama 38

pharmacienne infirmière

ÉQUIPE INTERPROFESSIONNELLE COMMUNAUTAIRE

Clinique GAMF

Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal

40

PRIX DE L’ÉQUIPE ÉDITORIALE

Fabienne Djandji

médecin

42

À DÉCOUVRIR DANS NOTRE PARUTION DE NOVEMBRE

ÉTUDIANTS/RÉSIDENTS

LouisBénédict Landry

médecin

William Boudreau

pharmacien

VOCATION SOCIALE

Bernard Gélinas

médecin

ÉQUIPE INTERPROFESSIONNELLE HOSPITALIÈRE

Tout doux

CHU Sainte-Justine

INNOVER EST SA SECONDE NATURE

Conscient de la réticence de la population à se faire dépister pour la COVID-19 par écouvillonnage, le Dr Jeannot Dumaresq s’est donné pour mission de mettre au point un test moins invasif. C’est ainsi qu’est né le test de dépistage par gargarisme qui a connu un vif succès dans la province.

JUSTINE MONTMINY

Microbiologiste-infectiologue à l’Hôtel-Dieu de Lévis au Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de Chaudière-Appalaches, Jeannot Dumaresq se considère chanceux d’exercer un travail qu’il adore. Il attribue par ailleurs son désir constant d’innover et sa curiosité scientifique à cette passion qui l’allume chaque jour.

« Lorsque je vois un problème devant moi dans le cadre de ma pratique, je ressens le besoin professionnel de trouver des solutions », affirme le Dr Dumaresq.

Ainsi, lors de la première année de la pandémie, quand le Dr Dumaresq a été témoin d’enfants en pleurs refusant de se faire dépister par écouvillonnage ou encore de collègues soignants tannés de se faire tester de cette façon chaque semaine, il a senti qu’il devait faire quelque chose.

« On sentait que les gens n’appréciaient pas du tout d’avoir l’impression de se faire “ramoner le cerveau” et qu’ils allaient se faire dépister à reculons », illustre-t-il.

Il a commencé à discuter avec des collègues infectiologues afin de trouver des solutions de rechange à ce test de dépistage déjà bien établi partout dans la province. L’objectif ? Trouver un test efficace qui faciliterait l’acceptabilité des gens, et ce, dans un contexte de pénurie d’équipement médical.

Ils ont consulté des études préliminaires réalisées sur les tests par gargarisme, dont une en Colombie-Britannique qui utilisait de l’eau saline. « Nous voulions toutefois vraiment nous éloigner le plus possible de la nécessité d’utiliser des fournitures médicales comme l’aurait nécessité l’eau saline », précise le Dr Dumaresq.

Alors, il s’est dit qu’un gargarisme par eau de source naturelle pourrait potentiellement fonctionner et il a commencé à tester la méthode au laboratoire, bien souvent sur son temps personnel.

Après des résultats concluants dans une étude réalisée sur environ 1000 patients, le Dr Dumaresq et son équipe ont déployé le test dans la région de Chaudière-Appalaches en novembre 2020.

Un engouement pour cette nouvelle option de dépistage s’est rapidement fait sentir. « Dans les deux premières semaines, des patients faisaient la route de Trois-Rivières juste pour pouvoir se faire tester ici et éviter le dépistage par écouvillon », explique l’infectiologue.

Ayant obtenu l’aval du ministère de la Santé et des Services sociaux, le test a été déployé dans l’ensemble des régions de la province où il est aussi devenu très populaire.

« Si on met à la disposition des gens un test plus agréable, ceux-ci seront plus portés à se faire dépister, ce qui est crucial en pleine pandémie. Plus on teste de personnes, plus on peut attraper de cas », souligne le Dr Dumaresq.

En plus d’être aussi efficace que les tests de dépistage par écouvillon, le test par gargarisme est également plus économique. Selon la Dre Hélène Marchand, chef du service de médecine interne de l’Hôtel-Dieu de Lévis qui a soumis la candidature du Dr Dumaresq aux Prix Profession Santé, le test a permis d’économiser au moins 150 000 $ depuis son lancement.

Par ailleurs, les centres de dépistage ont privilégié l’utilisation d’eau de source naturelle québécoise pour le gargarisme afin d’encourager l’économie locale en pleine pandémie.

Innover ne signifie pas nécessairement inventer quelque chose à partir de zéro, rappelle le Dr Dumaresq. Parfois, il suffit de s’inspirer de ce qui se fait ailleurs et de l’adapter à sa réalité.

Si ce désir d’innover est comme une seconde nature pour lui, le médecin est convaincu qu’il y arrive grâce à l’implication de ses collègues qu’il qualifie « d’extraordinaires ». n

PRATIQUE NOVATRICE

Jeannot Dumaresq

médecin

UNE PHARMACIENNE QUI « DÉMÉNAGE »

Pendant quatre ans, Suzanne Atkinson a piloté avec brio l’aménagement du nouveau département de pharmacie du CHU Sainte-Justine, une infrastructure aujourd’hui à la fine pointe de la pratique pharmaceutique mère-enfant.

MATHIEU STE-MARIE

« Nous essayions de grossir de l’intérieur, mais nous manquions d’espace », se rappelle la lauréate du Prix Profession Santé dans la catégorie Pratique novatrice.

Lorsqu’un nouveau pavillon a ouvert ses portes en 2016, l’ambitieux projet de déménagement du département de pharmacie s’est mis en branle. Suzanne Atkinson s’est occupée de coordonner ce projet tout en continuant d’assumer ses fonctions de chef adjointe aux services pharmaceutiques. « J’ai eu un cours accéléré en architecture et en code du bâtiment ! Nous devions penser à l’aménagement physique des lieux et à la sécurité dans le circuit du médicament. Il devait y avoir un flux logique : de la réception des stocks, aux étapes de fabrication et ensuite aux produits emballés prêts à servir aux patients », raconte-t-elle.

Pour mener à terme l’aménagement du département, évalué à 15 millions de dollars, la pharmacienne était entourée notamment d’une chargée de projet, d’architectes et d’une équipe technique. Impliquée dans chaque étape de cette ambitieuse entreprise, Suzanne Atkinson a beaucoup aimé apprendre des différents professionnels et collaborer avec eux.

« Ç’a été une belle réussite. Finalement, nous sommes vraiment contents des aménagements qui sont à la fois fonctionnels, ergonomiques et esthétiques », souligne-t-elle.

De plus, le déménagement s’est passé sans heurt et les activités pharmaceutiques ont été entièrement maintenues durant tout le processus.

Depuis février dernier, une équipe de 120 personnes, dont 40 pharmaciens et 50 assistants techniques, travaillent donc dans les nouveaux locaux.

Suzanne Atkinson veut maintenant documenter les différentes étapes de ce projet pour aider les gestionnaires d’hôpitaux qui souhaitent se lancer dans pareil chantier. « Il y a peu de documentation sur la façon de bien aménager une pharmacie d’établissement au Québec. Il n’y a pas de recommandations, donc nous voulons partager nos conseils avec nos collègues afin de les aider. »

L’attachement de Suzanne Atkinson pour le CHU SainteJustine date du début de sa carrière, en 2003. Par amour des enfants et de la pédiatrie, elle savait dès ses études qu’elle voulait travailler dans cet hôpital qui l’impressionnait beaucoup à l’époque. « C’est un hôpital où l’on se sent fier de travailler. Les employés s’investissent pour les soins aux enfants. Cela se ressent. C’est vraiment un milieu de travail stimulant », souligne la chef adjointe aux services pharmaceutiques.

Comme pharmacienne gestionnaire, Suzanne Atkinson a contribué à doter le CHU Sainte-Justine d’un circuit du médicament exemplaire à l’échelle du réseau de la santé. Elle a notamment coordonné de nombreuses initiatives visant à minimiser les risques, assuré un lien étroit avec l’équipe soignante afin de garantir des pratiques sécuritaires et mis en place de nombreux audits de pratique en collaboration avec des médecins et des infirmières.

Si elle est fière d’y travailler, gageons que ses collègues ont également ce même sentiment pour ce qu’elle a accompli.

« C’est une femme de cœur, qui est là pour les bonnes raisons et qui démontre toute l’essence de ce qu’un pharmacien apporte aux soins mère-enfant au sein de notre établissement et du réseau de la santé québécois », témoigne Jean-François Bussières, l’ex-chef du département de pharmacie du CHU Sainte-Justine qui a pris sa retraite cet été.

« Non seulement Suzanne est une pharmacienne d’exception dévouée à la prestation de services pharmaceutiques d’excellence, mais elle sait de quoi elle parle, ayant elle-même prodigué des soins pharmaceutiques durant la première décennie de sa carrière », poursuit-il. n

PRATIQUE NOVATRICE

Suzanne Atkinson

pharmacienne

TISSEUSE DE LIENS

Plus jeune, Geneviève Goulet se voyait avocate. Elle est finalement devenue infirmière. Soignante au début de sa carrière, elle a évolué vers des postes de gestionnaire. Elle vient de mettre sur pied un service d’assistance aux patients, qui bénéficie tant à ces derniers qu’aux médecins. Une réalisation saluée par le jury des Prix Profession Santé dans la catégorie Pratique novatrice.

GEOFFREY DIRAT

Geneviève Goulet a grandi dans le quartier Côte-des-Neiges, à Montréal, au sein d’un milieu constitué en majorité de médecins et de juristes. « Dans ma tête, c’était évident, je serais avocate. Le droit cadrait bien avec une partie de ma personnalité, j’aime la justice, l’égalité », explique-t-elle en avouant qu’elle était alors « très dédaigneuse » des métiers de la santé. Pas en raison de la profession de sa mère – infirmière –, mais parce qu’elle avait « peur des prises de sang et des liquides biologiques ».

La future procureure s’inscrit donc au baccalauréat en droit pour se rendre compte, à la fin de sa première année, que son « amour était théorique. En pratique, j’ai détesté ça. » Désemparée, elle consulte un conseiller d’orientation et passe plusieurs tests. « Tout pointait vers la santé, notamment infirmière. » Elle décide dès lors de s’engager à fond dans cette nouvelle voie.

Étudiante brillante – « j’étais motivée à réussir » –, Geneviève Goulet se distingue en 2006 lors de l’examen de l’Ordre des infirmières et des infirmiers du Québec : elle se classe sixième sur 2428 candidats. Elle obtient aussitôt un poste en pédiatrie à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont où elle va ensuite travailler aux soins intensifs pédiatriques et à la salle d’accouchement. Après la naissance de ses deux filles, elle se dirige vers la première ligne où elle exerce en pharmacie communautaire et en clinique de vaccination.

Après une décennie à soigner et son emploi venant d’être aboli, l’infirmière va devenir gestionnaire, sans expérience en la matière. « J’ai été recrutée par la direction d’une résidence pour personnes âgées qui m’a fait confiance pour bâtir puis diriger une unité de soins dédiée aux résidents non autonomes », raconte-t-elle. Un défi qu’elle va relever quatre ans durant, en découvrant le rôle d’infirmière de liaison. « J’y ai vu une belle évolution de carrière. »

Pour des raisons personnelles et professionnelles, Geneviève Goulet postule ensuite à la Clinique médicale Angus, un GMF-R dans le quartier Rosemont qui cherchait à l’été 2020 une infirmière de liaison. Recalée – « Ils m’ont dit que j’allais m’ennuyer » –, la trentenaire se voit plutôt proposer un autre défi : gérer le déménagement de la clinique où travaillent plus de 100 professionnels de la santé.

D’abord hésitante, elle finit par accepter. Minutieuse et organisée, Geneviève Goulet va assurer la continuité des soins aux patients tout au long du déménagement. Un fait d’armes qui lui vaut une promotion. Tootelo Innovation, qui a racheté entre-temps la clinique Angus, la nomme directrice de l’équipe de liaison au Service assistants-patients. Sa nouvelle mission : développer ce service novateur et le déployer dans les deux autres GMF-R montréalais du groupe.

« Notre rôle est double, indique Geneviève Goulet. On offre aux patients un accompagnement personnalisé pour les orienter vers les bons corridors de services, dans les meilleurs délais. Et on appuie les médecins dans l’obtention de résultats d’examens et de rapports de consultation, les suivis, les demandes de soins externes et beaucoup plus. »

Dès qu’une consultation s’achève, l’équipe de liaison prend en charge les requêtes du médecin. « À force, on sait quel hôpital fait quel examen et avec quels critères. » Une connaissance qui permet aux sept infirmières du service de trouver, par exemple, un rendez-vous dans la journée pour un scanner urgent. « On est aussi au courant des case-load des spécialistes des cliniques du groupe, donc on peut attribuer rapidement des rendez-vous aux gens. »

Souvent découragés par les arcanes du réseau de la santé, les patients plébiscitent le service offert par l’équipe de Geneviève Goulet. « Ils ont quelqu’un à qui parler, qui les écoute, les conseille et les rassure », explique l’infirmière en soulignant que les cliniciens en redemandent aussi, car ils sont délestés de tâches administratives qui grugent habituellement leur pratique.

Résultat, les sept infirmières du Service assistants-patients gèrent aujourd’hui 200 à 250 tâches, suivis et appels par jour. Des chiffres appelés à croître, étant donné la satisfaction des clients et de leurs médecins. n

PRATIQUE NOVATRICE

Geneviève Goulet

infirmière

LA DÉTERMINATION A UN NOM: GABRIELLE GAGNON

Rimouskoise d’adoption, la Dre Gabrielle Gagnon s’est battue ces dernières années pour doter sa ville d’un doctorat en médecine. Aujourd’hui, c’est mission accomplie pour l’hémato-oncologue: la première cohorte d’élèves a amorcé ses cours cet automne grâce à un partenariat entre l’Université Laval et l’Université du Québec à Rimouski.

MATHIEU STE-MARIE

La Dre Gagnon n’est pas le genre de personne à baisser les bras. En 2017, lorsqu’elle apprend que le projet d’un doctorat en médecine à Rimouski est abandonné au profit d’un projet similaire à Lévis, elle décide de prendre les choses en main. En moins de 72 heures, elle écrit une lettre réclamant l’implantation d’un doctorat en médecine dans le Bas-Saint-Laurent et la fait signer par 80 médecins de Rimouski, de Matane, d’Amqui et de la Gaspésie. « Les médecins savent que lorsqu’il y a une faculté qui se décentralise en région comme cela a été le cas pour Rimouski, Trois-Rivières et Gatineau, nous attirons plus de médecins et nous diminuons le roulement de personnel. Au final, nous améliorons la qualité des soins aux patients », souligne la Dre Gagnon.

La lettre, d’abord envoyée au conseil d’administration de l’Hôpital régional de Rimouski, recueille par la suite des centaines de signatures de médecins, mais aussi d’infirmières, d’inhalothérapeutes et d’employés de soutien. Le projet reçoit également l’appui du député de la circonscription de Rimouski, Harold LeBel. Une conférence de presse réunissant des médecins et des élus est organisée, générant ainsi une importante couverture médiatique.

La persévérance de Gabrielle Gagnon porte ses fruits : le 17 mai 2019, on annonce la construction du pavillon de médecine à Rimouski qui sera rattaché à l’Université Laval.

Plus de trois ans plus tard, l’édifice, construit au coût de 27 M$, accueille 18 étudiants. « Ce nouveau pavillon va créer de l’emploi et amener une vitalité dans la ville », se réjouit la médecin spécialiste et vice-doyenne adjointe du site de formation de Rimouski depuis janvier dernier.

Celle-ci souhaite que ces nouveaux étudiants tombent sous le charme de la région, comme elle il y a près de deux décennies, et y fassent leur carrière. « J’étais venue à Rimouski faire un stage et j’avais bien aimé l’endroit, se souvient la Dre Gagnon, qui habitait à Montréal, à l’époque. Mon conjoint n’en pouvait plus de la ville, nous avons donc décidé de déménager en région. »

Le choix s’est arrêté naturellement sur Rimouski. Cela fait 17 ans, et la médecin, aussi mère de quatre enfants, ne regrette pas sa décision. « C’est possible d’avoir une vie épanouissante ici », affirme-t-elle. L’absence de trafic est aussi bienvenue : cinq minutes après avoir quitté l’hôpital, elle est chez elle.

En plus d’attirer les étudiants, ce nouveau pavillon va attirer des médecins qui veulent travailler en milieu universitaire. D’ailleurs, quatre gastro-entérologues et un gériatre pour qui enseigner dans un milieu de pratique était une priorité sont déjà venus s’établir à Rimouski.

Autre avantage incontestable : la présence du pavillon d’enseignement permettra d’obtenir des subventions pour l’achat d’équipements à la fine pointe de la technologie.

Si le Bas-Saint-Laurent est encore l’une des régions du Québec où la pénurie de médecins et le taux de roulement sont les plus élevés, la situation pourrait changer dans les années à venir. Et ce sera, en partie, grâce à Gabrielle Gagnon. n

PARTAGE DES CONNAISSANCES

Gabrielle Gagnon

médecin

UNE PHARMACIENNE QUI DONNE AUTANT QU’ELLE REÇOIT

Pharmacienne communautaire puis d’établissement au début de sa carrière, Caroline Sirois s’est très vite tournée vers l’enseignement. Elle est aujourd’hui professeure titulaire à la Faculté de pharmacie de l’Université Laval. Ses étudiants vantent notamment sa pédagogie rigoureuse empreinte d’humilité.

GEOFFREY DIRAT

Caroline Sirois a d’abord cru à une erreur quand on lui a annoncé qu’elle était lauréate du Prix Profession Santé dans la catégorie Partage des connaissances. Et ce n’est pas de la fausse modestie. La pharmacienne a déjà remporté cette récompense en 2015, alors qu’elle était professeure agrégée au Département des sciences infirmières de l’UQAR, sur le campus de Lévis, où elle enseignait la biostatistique, la psychopharmacologie et l’épidémiologie.

Depuis, elle est devenue professeure agrégée au Département de médecine sociale et préventive de la Faculté de médecine de l’Université Laval (UL). Une fonction qu’elle a occupée durant quatre ans, avant que la Faculté de pharmacie de l’UL ne lui propose, en 2020, un poste de professeure titulaire en santé des populations. « Je n’ai pas cherché à quitter la fac de médecine ni l’UQAR d’ailleurs. C’est eux qui m’ont approchée et ça répondait à mon profil », explique l’intéressée qui n’a pas hésité bien longtemps.

« Ce n’était pas mon but », précise cependant la quadragénaire originaire de la Matapédia. Plutôt « une voie logique » pour l’enseignante-chercheuse qui s’était toujours dit que « ce serait plus facile si [j’étais] en pharmacie pour [mes] travaux » qui portent sur la polypharmacie, la déprescription et l’usage approprié des médicaments chez les aînés.

Experte de renommée internationale sur ces questions, Caroline Sirois a entre autres collaboré avec l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) au développement de la surveillance de la polymédication parmi la population québécoise. Elle a aussi contribué à la création du Réseau canadien pour la déprescription et, ces dernières années, elle a été l’auteure principale d’une vingtaine d’articles scientifiques, dont trois ont reçu le Prix Quintiles IMS de « meilleur article rédigé par un pharmacien sur l’usage approprié de médicaments ».

« C’est un thème hyper intéressant, avec lequel on a un fort impact potentiel. Il y a plein de principes qu’on applique aux aînés, mais qui peuvent être appliqués dans d’autres domaines de la santé », indique la pharmacoépidémiologiste férue de mathématiques et de statistiques. « Ça reste très complexe, ça fait appel à beaucoup de méthodologie, et plus on en fait, plus on en découvre ! » s’enthousiasme Caroline Sirois qui considère que sa recherche et son enseignement forment des vases communicants.

« L’un alimente l’autre et inversement. Il y a des choses qui nous apparaissent évidentes, mais revoir un concept de base en cours peut faire surgir une idée nouvelle, une perspective différente », observe la professeure.

Ses étudiants en sont conscients. La dizaine d’entre eux qui ont présenté et soutenu sa candidature aux Prix Profession Santé retiennent le mot rigueur pour la décrire. « Rigueur dans la qualité des données probantes produites et rigueur dans le soin de partager les connaissances acquises dans le cadre de ses travaux de recherche », écrivent-ils en soulignant que « Caroline n’impose pas cette rigueur à qui que ce soit. Elle la démontre en douceur par son écoute et par la minutie avec laquelle elle prend soin de son entourage. C’est une pédagogue hors pair. »

Ces mots ont touché Caroline Sirois qui, derrière ses lunettes, était visiblement émue lorsque nous les lui avons rapportés. « Je fais souvent le lapsus d’appeler les étudiants “mes enfants”. Je ne fais pas que leur enseigner. J’aime apprendre à les connaître, découvrir qui ils sont, ce qu’ils pensent. Ils deviennent ainsi ma famille élargie. » n

PARTAGE DES CONNAISSANCES

Caroline Sirois

pharmacienne

POUR L’AMOUR DES SOINS GÉRIATRIQUES

Elle savait déjà, lors de ses études, qu’elle exercerait sa profession d’infirmière clinicienne auprès de la population gériatrique. C’est toutefois en commençant sa carrière que Tamara Vixama s’est découvert une passion pour le transfert des connaissances dans le but d’améliorer le bien-être des patients et la qualité des soins prodigués.

JUSTINE MONTMINY

Alors qu’elle était encore étudiante en soins infirmiers, Tamara Vixama avait fait une promesse à sa grand-mère dont elle était très proche : lorsqu’elle aurait terminé ses études, elles habiteraient ensemble et elle prendrait soin d’elle au quotidien. Malheureusement, sa grand-mère est décédée avant qu’elle n’obtienne son diplôme de l’Université de Montréal en 2008. Tamara Vixama n’a toutefois jamais oublié son engagement envers elle.

« Grâce à l’affection que j’ai toujours eue pour ma grandmère, j’ai développé un attachement pour les personnes âgées et je réalise aujourd’hui que ça a grandement influencé ma pratique. La voie s’est tracée naturellement et j’ai toujours su que je travaillerais en gériatrie », explique Tamara Vixama.

L’année suivante, elle a décroché un poste à l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal (IUGM) et, depuis 2016, elle y exerce comme infirmière clinicienne assistante du supérieur immédiat à l’unité de réadaptation fonctionnelle intensive.

L’obtention de ce nouveau poste a coïncidé avec le début de la réforme Barrette et la création des CIUSSS et des CISSS. « Les ressources dans les milieux ont été partagées à plus grande échelle. À l’IUGM, l’accès à certaines ressources est ainsi devenu plus difficile », explique l’infirmière.

En voyant en particulier les grands besoins en soins de plaie au sein de son unité et de son établissement, Tamara Vixama a choisi de se spécialiser dans ce domaine. « Mes collègues sur les autres unités prenaient des photos de certaines plaies complexes pour me les montrer s’ils avaient des questions ou je me déplaçais sur leur unité pour pouvoir les coacher et les aider dans le processus d’apprentissage », partage-t-elle.

Dès lors, l’infirmière a découvert une réelle passion pour le transfert de connaissances et a continué de vouloir former et aider ses collègues. « Pour moi, le partage de connaissances, c’est de permettre aux gens d’avoir les outils nécessaires pour mieux accomplir leur travail et pour qu’ils développent leur plein potentiel », affirme-t-elle.

Son implication et sa passion sont grandement appréciées de ses collègues. « Elle est un modèle de rôle pour les infirmières en réadaptation et pour l’équipe interdisciplinaire et, on dirait qu’elle porte la flamme des soins infirmiers autant que Florence Nightingale l’avait portée auparavant », affirme Rinda Hartner, infirmière et chef d’administration de programme URFI (unité de réadaptation fonctionnelle intensive) de l’IUGM, qui a déposé sa candidature aux Prix Profession Santé.

Tamara Vixama explique que le partage de connaissances est pour elle une vocation et qu’elle le fait par sentiment de devoir, car elle se souvient que les débuts de carrière peuvent parfois être difficiles. « Lorsque j’ai commencé ma pratique, j’ai appris beaucoup des autres. Je sens que c’est ma responsabilité de le faire à mon tour. La roue doit continuer à tourner », affirme l’infirmière.

Elle est elle-même de retour sur les bancs d’école puisqu’elle complète une maîtrise en administration des services de santé à l’École nationale d’administration publique de l’Université de Montréal. Son objectif ? Trouver une façon d’optimiser le transfert des connaissances dans les équipes de soins dans le contexte actuel de pénurie de personnel qui afflige le réseau de la santé. n

PARTAGE DES CONNAISSANCES

Tamara Vixama

infirmière

DES INFIRMIÈRES AU SERVICE DES PATIENTS ORPHELINS

Dans le territoire desservi par le CIUSSS Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal, 37 % des résidents n’ont pas de médecin de famille. Une aberration pour la gestionnaire Marie-Christine Gras, qui a décidé de monter une clinique infirmière responsable des soins et de la prévention auprès des patients orphelins.

MATHIEU STE-MARIE

Située dans une roulotte en face de l’Hôpital général juif de Montréal, la Clinique GAMF (Guichet d’accès à un médecin de famille) a vu pas moins de 1500 patients depuis son lancement à l’automne 2021. L’équipe comprend notamment des infirmières praticiennes spécialisées, des infirmières cliniciennes et des infirmières auxiliaires. La mission de la clinique, l’une des premières au Québec gérées uniquement par des infirmières, est d’agir en prévention primaire auprès des patients de 50 à 75 ans inscrits au GAMF.

Pour mener à bien leur mandat, les membres de l’équipe contactent en premier lieu les usagers inscrits sur la liste d’attente afin de leur proposer une consultation. Ces derniers font ensuite l’objet d’une évaluation par l’équipe de soins infirmiers.

À l’aide notamment de protocoles et d’ordonnances collectives, les infirmières dépistent des pathologies telles que le diabète, la dyslipidémie, l’hypertension artérielle, l’ostéoporose, le cancer du côlon, le cancer de l’utérus, la dépression et l’anxiété. Si une maladie est détectée, l’infirmière offre un rendez-vous au patient avec une IPS. Celle-ci poursuit l’investigation, pose un diagnostic et prescrit des médicaments ou des traitements médicaux, au besoin. Quand cela est nécessaire, elle adresse le patient au bon professionnel.

« L’hypothèse, lorsque nous avons mis sur pied la clinique, était qu’il y avait plusieurs clients [du guichet] de 50 ou 60 ans qui ne savent pas qu’ils sont diabétiques ou qu’ils ont un problème de tension artérielle. Notre hypothèse s’est rapidement confirmée », observe Marie-Christine Gras, infirmière praticienne et initiatrice de la Clinique GAMF. En effet, neuf patients sur dix qui ont été dépistés avaient un résultat anormal.

En plus du volet de prévention primaire, les infirmières accueillent une clientèle de 18 à 50 ans souffrant de maladies chroniques. Les IPS effectuent une prise en charge à court terme et stabilisent l’état de santé de ces patients. Cette prévention secondaire et tertiaire permet d’éviter les complications à long terme ou des visites à l’urgence.

«Les professionnelles aiment beaucoup travailler ici puisqu’elles peuvent exercer leur plein potentiel et aller au maximum de leur pratique. Je reçois plusieurs curriculum vitæ d’infirmières qui veulent intégrer l’équipe. Nous sommes autonomes, mais nous ne sommes pas séparées du réseau, nuance toutefois Marie-Christine Gras. Nous transmettons plusieurs cas aux cliniques médicales.»

Des clients sont dirigés, entre autres, vers des médecins, des psychologues, des travailleurs sociaux et des nutritionnistes, alors que des pharmaciens assurent le suivi de la pharmacothérapie.

« Nous avons observé que la clientèle orpheline ne sait pas où aller chercher les services de santé. Le but est de combler un manque dans le réseau », affirme l’instigatrice du projet.

La Clinique GAMF se développera encore davantage au courant des prochains mois, notamment avec l’embauche d’un physiothérapeute. «Des physios au public, il n’y en a pas beaucoup. Pourtant, des patients avec des problèmes musculosquelettiques à l’urgence, il y en a énormément. Si je n’envoie plus de cas musculosquelettiques aux médecins, ceux-ci vont avoir plus de temps pour s’occuper d’autres patients.»

Comme le projet est devenu permanent, la Clinique quittera bientôt sa roulotte, qui était auparavant utilisée comme clinique d’évaluation durant la pandémie, pour un autre lieu qui n’a pas encore été dévoilé.

Ce qui est sûr, c'est que les infirmières de la Clinique GAMF ne sont pas près de manquer de travail. Environ 32 000 patients orphelins figurent sur la liste d’attente de la clinique et 1000 patients s’ajoutent chaque mois.

Lorsqu’ils auront un rendez-vous à la clinique, ces patients sans médecin de famille constateront toute l’étendue des activités que peuvent réaliser les infirmières. Surtout, ils prendront rapidement conscience que le médecin n’est désormais plus la seule porte d’entrée dans le réseau. n

ÉQUIPE INTERPROFESSIONNELLE COMMUNAUTAIRE

Clinique GAMF

Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Ouestde-l’Île-de-Montréal

De gauche à droite (personnes assises): Susan Buddo, Nadia Doiron, Emmanuelle Catanèse, Michel Godin, Camille Labrie, Lorele Banno, Marie-Christine Gras et Keryn Chemtob.

De gauche à droite (personnes debout): Angélique Umutési, Diana Dima, Irina Blumer, Mianda Kanyinda Kinkela, Megan Lopes, Sam Sachakma Pov, Cleo Zifkin, Mohammed El Khamlichi, Anna Li et Fatma Zohra Habous.

SOIGNER SANS COMPTER

Omnipraticienne, la Dre Fabienne Djandji a sciemment choisi d’exercer sa profession auprès des populations vulnérables du comté de Huntingdon, dans le Haut-Saint-Laurent. Son dévouement a touché la rédaction de Profession Santé qui a décidé de lui remettre le Prix de l’équipe éditoriale.

GEOFFREY DIRAT

À l’issue de son doctorat en médecine à l’Université McGill, la carrière de Fabienne Djandji était toute tracée. L’étudiante, qui a grandi sans souci dans l’ouest de Montréal, se voyait exercer dans un gros centre hospitalier comme pédiatre oncologue. À l’été 2015, elle postule donc pour une résidence en pédiatrie et pour une autre en médecine interne, au cas où. Un voyage dans les Andes va cependant changer sa destinée.

À l’âge de sept ans, Fabienne Djandji avait vu le film biographique Patch Adams dans lequel Robin Williams incarne le Dr Hunter « Patch » Adams, un extravagant médecin américain. Socialement engagé, partisan d’une médecine plus humaine et moins médicalisée, il s’est entre autres distingué en mettant l’humour au service de son approche thérapeutique. « Je l’avais trouvé fantastique et très inspirant », se souvient la jeune femme, des étoiles dans les yeux.

Durant ses études, la future médecin a correspondu avec le Dr Adams. Après quelques échanges épistolaires, celui-ci finit par l’inviter à participer à un de ses voyages de clowns humanitaires. En juillet 2015, Fabienne Djandji met ainsi le cap sur le Pérou. « J’ai fait le clown dans des hôpitaux et des orphelinats. On était juste là pour les patients. Pour les faire rire, tout simplement, ou pour les distraire pendant les chirurgies qu’ils subissaient sans anesthésie. On arrivait à leur faire oublier le mal, la pauvreté. »

Au début, elle les trouvait « tous fous » : « Les trois autres clowns avec qui je logeais en auberge de jeunesse n’arrêtaient pas de déblatérer contre la médecine traditionnelle dans laquelle j’étudiais. C’était hyper déstabilisant », confie la jeune femme. Après deux semaines de clowneries, son regard sur la profession va néanmoins changer. « Je me suis rendu compte que comme médecin, on pouvait apporter beaucoup plus à nos patients que des médicaments, qu’on pouvait changer leur vie autrement. »

De retour à Montréal, Fabienne Djandji ne fait ni une ni deux, elle change d’orientation. L’étudiante annule ses demandes de résidence en pédiatrie et en médecine interne, puis postule à une résidence en médecine familiale avec la conviction qu’en tant qu’omnipraticienne, elle pourrait «faire autre chose que de la médecine. Quand tu es spécialiste, ta pratique est très scientifique, alors qu’en médecine de famille, ton champ d’intervention est plus large. Il est davantage à vocation sociale et humaine.»

Durant deux ans, elle accomplit sa résidence à Châteauguay, sur la Rive-Sud, au sein du GMF-U Jardins-Roussillon. « Je voulais sortir de Montréal et aller dans un milieu rural pour faire de tout. De l’hospitalisation, de la santé mentale et surtout pas que du bureau », souligne la Dre Djandji, qui avait déjà la ferme intention de s’impliquer auprès des populations vulnérables.

Elle découvre alors le comté de Huntingdon et son « énorme vulnérabilité » qui vient la chercher. « La frontière avec les ÉtatsUnis est à cinq kilomètres. Celle avec l’Ontario, aussi. C’est un endroit où il y a énormément de trafics, de drogue notamment, et de la prostitution. Il y a aussi beaucoup d’itinérance cachée, des gens qui vivent à l’année dans des roulottes non isolées ou dans des granges abandonnées », signale l’omnipraticienne qui va délibérément choisir ce milieu-là pour installer sa pratique à la fin de sa résidence.

Les omnipraticiens ne se bousculant pas au portillon et les patients orphelins s’y comptant par centaines, la Dre Djandji trouve un poste au Centre médical de Huntingdon au cours de l’année 2017. Rapidement, elle est approchée par Pacte de rue, un organisme communautaire qui cherche un médecin pour créer une clinique de rue destinée aux sans-abri, aux personnes ayant des dépendances et aux marginaux en tous genres qui n’ont pas de carte d’assurance maladie. Un projet qui rejoint ses aspirations et dans lequel la jeune omnipraticienne va s’investir à 200 %.

De 2018 à 2021, la clinique de rue fonctionne de manière plus ou moins informelle, portée à bout de bras par la Dre Djandji, une infirmière et les travailleurs sociaux de Pacte de rue. Ces derniers allaient dans les bars, les refuges ou sur les trottoirs afin de repérer les personnes mal en point et de les convaincre de consulter l’omnipraticienne qui, ensuite, allait les rencontrer à l’endroit de leur choix ou via FaceTime. >

PRIX DE L’ÉQUIPE ÉDITORIALE

Fabienne Djandji

médecin

OPSUMIT® et UPTRAVI®

Pour le traitement à long terme de l’hypertension artérielle pulmonaire (HTAP)

*À partir du mois d’août 2021, la couverture est disponible dans les provinces/ territoires suivants : Alberta, Saskatchewan, Manitoba, Ontario, Québec,

Nouveau-Brunswick et Yukon. †Critères de couverture du macitentan au Québec : Traitement de l’hypertension artérielle pulmonaire (classe fonctionnelle III de la classification de l’OMS) qu’elle soit idiopathique ou associée à une connectivite, et symptomatique malgré le traitement conventionnel optimal. Les personnes doivent être examinées et suivies par des médecins travaillant dans des centres désignés et spécialisés dans le traitement de l’hypertension artérielle pulmonaire.

OPSUMIT® (macitentan) est indiqué pour le traitement à long terme de l’hypertension artérielle pulmonaire (HTAP, groupe 1 de la classification de l’OMS) afin de réduire la morbidité chez les patients des classes fonctionnelles II ou III de l’OMS qui présentent une HTAP idiopathique ou héritable, ou associée à une connectivite ou à une cardiopathie congénitale. OPSUMIT® est efficace en monothérapie ou en association avec des inhibiteurs de la phosphodiestérase-5 (PDE-5i)1 . Veuillez consulter la monographie de produit à l’adresse https://www.janssen.com/canada/fr/ products pour des renseignements importants concernant les contre-indications, les mises en garde, les précautions, les effets indésirables, les interactions médicamenteuses, les renseignements posologiques et les conditions d’usage clinique qui n’ont pas été abordés dans ce document. Vous pouvez également vous procurer la monographie de produit en composant le 1-800-567-3331 ou le 1-800-387-8781. UPTRAVI® (sélexipag) est indiqué dans le traitement prolongé de l’hypertension artérielle pulmonaire idiopathique (HTAPI), de l’hypertension artérielle pulmonaire héritable (HTAPH), de l’HTAP associée à une affection du tissu conjonctif et de l’HTAP associée à une cardiopathie congénitale, chez les patients adultes en classe fonctionnelle (CF) II ou III de l’OMS pour retarder l’évolution de la maladie. L’évolution de la maladie comprenait l’hospitalisation imputable à l’HTAP, l’instauration d’un traitement par prostanoïde administré par voie intraveineuse ou sous-cutanée ou tout autre événement lié à l’évolution de la maladie (diminution de la distance parcourue au test de marche de 6 minutes [DTM6] associée à l’aggravation des symptômes d’HTAP ou à la nécessité d’ajouter un autre traitement spécifique contre l’HTAP). UPTRAVI® est efficace en association avec un antagoniste des récepteurs de l’endothéline (ARE) ou un inhibiteur de la phosphodiestérase-5 (PDE-5), ou en trithérapie avec un ARE et un inhibiteur de la PDE-5 ou en monothérapie2 . Veuillez consulter la monographie de produit à l’adresse https://www.janssen.com/canada/fr/ products pour des renseignements importants concernant les contre-indications, les mises en garde, les précautions, les effets indésirables, les interactions médicamenteuses, les renseignements posologiques et les conditions d’usage clinique qui n’ont pas été abordés dans ce document. Vous pouvez également vous procurer la monographie de produit en composant le 1-800-567-3331 ou le 1-800-387-8781.

RÉFÉRENCES : 1. Monographie d’OPSUMIT® , Janssen Inc., 14 avril 2021. 2. Monographie d’UPTRAVI®, Janssen Inc., 20 juillet 2021.

Janssen Inc. 19 Green Belt Drive Toronto (Ontario) M3C 1L9 www.janssen.com/canada/fr © 2022 Janssen Inc. Marques de commerce utilisées sous licence.

«Ces gens-là ont souvent été jugés par le système de santé, renvoyés des urgences, il faut gagner leur confiance», indique la médecin qui se souvient particulièrement d’un itinérant toxicomane en proie à des idées délirantes. «Ça a pris un an avant qu’il nous fasse confiance et qu’on puisse traiter son hépatite C et son trouble psychotique. Au début, il était craintif, méfiant. Maintenant, il vient nous voir pour tout», se réjouit la Dre Djandji. «Quand tu traites un diabétique, tu améliores une partie de sa vie, tu le rends plus fonctionnel. Quand tu aides un itinérant ou un toxicomane, leur vie va mieux de A à Z. Elle peut repartir de zéro», compare-t-elle.

Désormais institutionnalisée, disposant de son propre local et d’une équipe de quatre médecins, la clinique médicale de rue n’occupe plus la Dre Djandji qu’une journée par semaine, les mercredis en général. «Je reste néanmoins dispo par texto, pour ajuster une médication par exemple», signale l’omnipraticienne qui ne manque pas d’ouvrage par ailleurs.

La médecin âgée de 31 ans fait en effet partie de l’équipe FACT du CLSC, qui s’occupe de patients ayant des diagnostics sévères en santé mentale. Elle travaille également à la clinique de dépendance auprès d’une clientèle avec des troubles liés aux opiacés. Elle est aussi responsable de la table locale de médecine générale du Haut-Saint-Laurent, ainsi que du recrutement médical, et elle est la coordonnatrice locale du guichet d’accès à un médecin de famille (GAMF). Sans oublier les gardes qu’elle assume régulièrement à l’Hôpital Barrie Memorial ni les consultations qu’elle effectue au CHSLD du comté.

Comme si cela ne suffisait pas, l’omnipraticienne s’est ajouté une autre casquette l’an dernier en devenant copropriétaire d’un nouveau GMF, le Complexe de santé de Huntingdon. «Les médecins propriétaires de l’ancienne clinique ont pris leur retraite en 2020. Mais les locaux étaient tellement délabrés qu’on a décidé de construire une nouvelle clinique», raconte la jeune mère de famille. Elle s’est associée avec la secrétaire médicale des anciens proprios pour lancer ce projet dans lequel elles ont investi 3,5 M$. «J’ai zéro expérience en gestion, alors j’apprends sur le tas», relève celle qui compte plus de 1500 patients inscrits, dont 60 % sont vulnérables. «Je commence à en refuser, mais c’est très difficile. Si on me demande trois fois, je finis par dire OK.»

Ses secrets pour ne pas perdre pied? «Je ne compte pas mes heures; j’ai un bon soutien de ma famille et de mon conjoint; je fais mes meetings et je déjeune dans l’auto pour consacrer le reste de mes journées à la médecine; et j’ai commencé des cours de peinture pour me vider le cerveau», égrène l’omnipraticienne qui ne dort pas beaucoup, mais reste fidèle à cette phrase qui ponctue chacun de ses courriels: «Let your smile change the world, don’t let the world change your smile!» n

LE GALA DES PRIX PROFESSION SANTÉ

Le gala des Prix Profession Santé s’est déroulé le 5 octobre dernier à l'hôtel Le Mount Stephen, au centre-ville de Montréal. Les lauréates et lauréats étaient présents, de même que des invités issus d’ordres professionnels et d’associations représentant les professionnels de la santé. Rendez-vous dans le prochain numéro pour lire le compte-rendu de cette soirée forte en émotions!

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