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Profession Sante- Oct 2022

Page 16

MÉDECINE

DÉVOUEMENT,

DROIT

Gare à la curiosité mal placée en utilisant le DSQ Ingestion de corps étranger par les enfants : épidémiologie, facteurs de risque et prise en charge WWW.PROFESSIONSANTÉ.CA OCTOBRE 2022 VOL. 8 – N° 8
INNOVATION ET INTERDISCIPLINARITÉ À L’HONNEUR NUNAVIK Pharmaciens recherchés désespérément
Écart salarial bien réel entre hommes et femmes
Nous y parvenons via : LeadershipPartenariat MD Pr Tous les noms de produits et logos, et toutes les marques de commerce et marques déposées appartiennent à leurs propriétaires respectifs et sont utilisés sous licence par Viatris Inc., ses filiales et ses sociétés affiliées. ©2022 Viatris Inc. Tous droits réservés. 85 Advance Road, Etobicoke (Ontario) M8Z 2S6 | Viatris.ca | 1 844 596-9526. MUL-2022-2096F – JN2022 Accès

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Christophe Augé M. Sc., Ph. D., FOPQ, Catherine Couturier, Cédric-Anthony Gohier, avocat, MBA, Prévost Jantchou, M. D., MPH, Ph. D., MBA, Lu-Ann Murdoch, RPH, B. Pharm., ACPR, Carlene Oleskyn, RPH, B. Pharm., CTH, CDE.

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Christophe Augé, M. Sc., Ph. D., FOPQ, Guylaine Bertrand, B. Pharm., Christine Larivière B. Pharm., Céline Léveillé-Imbeault, B. Pharm., M. Sc., Dr Mathieu Pelletier, Dre Claudel Pétrin-Desrosiers, Nicolas St-Onge, Geneviève Tirman, B. Pharm.

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Tél. 1 877 687-7321 – Téléc. : 1 888 520-3608 Heures d’affaires : 9h à 17h HNE du lundi au vendredi revueprofessionsante@professionsante.ca

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Canada : 92 $ par an; 12 $ l’exemplaire Tarif de groupe ou en vrac : 64 $ par an (pour 6 abonnements et plus)

ABONNEMENT NUMÉRIQUE

64 $ par an; 104 $ pour deux ans

POUR NOUS LIRE EN LIGNE

Profession Santé se trouve sur le site sécurisé ProfessionSante.ca (inscription gratuite). Site accessible aux professionnels de la santé, aux étudiants en médecine et en pharmacie, ainsi qu’aux résidents. Profession Santé est publiée 10 fois par an par Ensemble IQ

Le contenu du magazine ©2022 par Stagnito Partners Canada Inc. ne peut pas être reproduit sans autorisation. Profession Santé reçoit de temps à autre des commentaires et des documents (y compris des lettres à l’éditeur) non sollicités. ProfessionSanté, ses sociétés affiliées et cessionnaires peuvent utiliser, reproduire, publier, rééditer, distribuer, garder et archiver ces soumissions, en tout ou en partie, sous quelque forme ou sur quelque support que ce soit, sans aucune rémunération de quelque nature.

Dépôt légal : Bibliothèque du Québec – 1980, Bibliothèque du Canada – 1980, ISSN 0229-9429, Convention de la poste-publication N° 42940023

5 ÉDITORIAL

Pourquoi des prix ?

7 EN BREF

Dre Sylvia Cruess : une pionnière de l’enseignement s’éteint

Université de Montréal : vers plus de diversité à la Faculté de médecine

Bande dessinée : les « héros de la vaccination » mis en lumière

Biosimilaires interchangeables : la transition s’opère en Europe

Le Pharmachien fête ses 10 ans

10 ÉTUDES RÉCENTES

Santé mentale : l’épuisement professionnel des médecins nuit à la qualité des soins

Cannabis et grossesse : des risques plus élevés de troubles mentaux persistants chez les enfants

14 OPINION

Pharmacie : quel est l’impact de la démission silencieuse ?

16 ACTUALITÉS

Nunavik : pharmaciens recherchés désespérément

Médecine : l’écart salarial entre hommes et femmes bien réel au Canada

Dévouement, innovation et interdisciplinarité à l’honneur

MEDACTUEL

Ingestion de corps étranger par les enfants : épidémiologie, facteurs de risque et prise en charge

Nouveaux produits, nouvelles indications et avis de Santé Canada

GESTION

Robotisation et automatisation en pharmacie : de plus en plus incontournables

DROIT

DSQ : la curiosité mal placée peut parfois entraîner

conséquences sérieuses

EN CHIFFRES

Antibiotiques : la plupart

malades chroniques reçoivent

www.professionsante.ca

mauvais

octobre 2022 Profession Santé 3
25
47
54 CAPSULES RX
56
59
des
62
des
le
dosage DANS CE NUMÉRO 25 62 17 47

Optez pour EUCRISA pour vos patients

TRAITEMENT TOPIQUE ÉPROUVÉ DE LA DERMATITE ATOPIQUE LÉGÈRE OU MODÉRÉE1

EUCRISA est indiqué pour le traitement topique de la dermatite atopique légère ou modérée chez les adultes et les enfants âgés de 3 mois ou plus.

MARGE D’INNOCUITÉ ÉVALUÉE DANS LE CADRE D’UNE ÉTUDE DE LONGUE DURÉE SANS INSU DE 48 SEMAINES†

Application topique en couche mince deux fois par jour

partir de 3 mois

Ne pas administrer par voie orale, ophtalmique ou

où sur la peau atteinte

LE PREMIER ET LE SEUL INHIBITEUR TOPIQUE DE LA PDE4 INDIQUÉ POUR LE TRAITEMENT DE LA DERMATITE ATOPIQUE LÉGÈRE OU MODÉRÉE1,2‡

© 2022 Pfizer Canada SRI Kirkland (Québec) H9J 2M5 PP-CRI-CAN-0367-FR M.C. d’Anacor Pharmaceuticals, Pfizer Canada SRI, licencié à ENVISAGEZ D’INTÉGRER EUCRISA AU PLAN DE TRAITEMENT DE VOS PATIENTS. Visitez EucrisaPro.ca pour obtenir de plus amples renseignements. Invitez vos patients à visiter le site eucrisa.ca pour télécharger leur carte d’assistance au paiement. PDE4 : phosphodiestérase de type 4. * La portée clinique est inconnue. † Dans le cadre d’une étude de prolongation sans insu sur l’innocuité, 517 patients qui avaient terminé les études déterminantes de 28 jours sans avoir eu de problème d’innocuité susceptible de les empêcher de poursuivre le traitement ont reçu EUCRISA de manière intermittente pendant une période maximale de 48 semaines où se sont succédé des cycles de traitement et des cycles de repos thérapeutique de 28 jours. ‡ La portée clinique comparative n’a pas été établie. Références : 1. Monographie d’EUCRISA, Pfizer Canada SRI, 18 mai 2021. 2. Données internes, Pfizer Canada SRI, 2 juin 2020. Mises en garde et précautions pertinentes • Réactions d’hypersensibilité, y compris l’urticaire de contact • Emploi pendant la grossesse et l’allaitement • Emploi chez les personnes âgées Pour de plus amples renseignements Consultez la monographie au http://pfizer.ca/pm/fr/Eucrisa.pdf pour obtenir des renseignements sur les effets indésirables, les interactions médicamenteuses et la posologie. Vous pouvez également vous procurer la monographie en composant le 1-800-463-6001.
• Réduit la production de certaines cytokines pro-inflammatoires impliquées dans la physiopathologie de la dermatite atopique (le mécanisme spécifique n’a pas encore été tout à fait élucidé)* O N GUENTSUR
ORDONNAN
C E SANS STÉROÏDES INHIBITEUR DE LA PDE4
PLUS DE 600 000 PATIENTS TRAITÉS PAR EUCRISA DANS LE MONDE2*
intravaginale.
À
N’importe
2x Ce site web s’adresse au public général En cas de dermatite atopique légère ou modérée

Pourquoi des prix ?

Chaque jour, des milliers de professionnels de la santé québécois donnent toute leur énergie pour prendre soin de la population. Ce travail est exigeant, et les conditions dans lesquelles il s’exerce, souvent difficiles. Les heures sont longues, sans parler du manque de main-d’œuvre qui les prolonge.

Afin que les Prix Profession Santé conti nuent d’être le reflet de la diversité de ces ac complissements réalisés par ces profession nels de la santé, le temps était d’ailleurs venu de créer de nouvelles catégories de prix.

contribution au sein de la communauté étudiante ou par un projet novateur en lien avec leur domaine d’étude.

Quant à la reconnaissance, elle est va riable. Un patient sera touché par un soin et une attention qu’il a reçus, alors qu’un autre se montrera insatisfait par le temps d’attente même si le professionnel n’en est pas directement responsable.

La pandémie de COVID-19, en particu lier durant les premières vagues, a amené le système de santé encore plus près de son point de rupture. Et malgré l’incroyable pression sur leurs épaules, les profession nels de la santé ont « livré la marchan dise », une fois de plus.

Face à ces vents contraires, loin d’être abattus, certains d’entre eux y ont même trouvé l’énergie nécessaire pour propulser la façon de prodiguer des soins vers de nouveaux horizons.

Ils y sont parvenus en innovant, en par tageant leurs connaissances à leurs collè gues ou en trouvant de nouveaux moyens de travailler en équipe interprofession nelle, et ainsi d’optimiser l’expertise de chaque membre qui la compose.

Ce sont ces professionnelles et ces pro fessionnels de cœur et d’action que nous vous présentons dans les numéros d’oc tobre et de novembre de Profession Santé (voir page 25). Cette année encore, les lauréates et lauréats des Prix Profession Santé impressionnent par leurs nombreux accomplissements.

Outre les catégories déjà existantes –Pratique novatrice et Partage des connais sances –, nous trouvions important de souli gner l’implication sociale d’un professionnel de la santé, c’est-à-dire une contribution si vaste qu’elle dépasse le cadre normal d’un emploi. C’est pourquoi nous avons ajouté cette année une catégorie Vocation sociale.

Encore cette année, c’est un jury compo sé exclusivement de professionnels de la santé chevronnés et indépendants qui a sélectionné la grande majorité des lau réats… à une exception près. Cette année, l’équipe éditoriale de Profession Santé a aussi pris part au processus de sélection et remet un prix à une professionnelle qui s’est démarquée d’une manière exception nelle au cours de sa jeune carrière.

« MALGRÉ L’INCROYABLE PRESSION SUR LEURS ÉPAULES, LES PROFESSIONNELS DE LA SANTÉ ONT “LIVRÉ LA MARCHANDISE”, UNE FOIS DE PLUS. »

Avec la multiplication des équipes inter professionnelles dans le réseau de la santé et la plus grande autonomie que leur octroient les législations récentes dans les activités qu’elles peuvent accomplir, il devenait diffi cile de ne donner un Prix qu’à une seule d’entre elles. Il y a donc désormais un Prix Profession Santé remis à une équipe inter professionnelle exerçant en milieu hospita lier, ainsi qu’un Prix à une équipe interpro fessionnelle en milieu communautaire.

Comme l’avenir se construit à partir du présent, des Prix Profession Santé sont également octroyés à des étudiants ou des résidents qui se sont démarqués par leur

Par cette nouvelle édition des Prix Profession Santé, nous souhaitons braquer le projecteur sur des professionnels d’ex ception, afin qu’ils continuent de briller après avoir fermé les lumières de leur cli nique médicale, de leur pharmacie ou de leur unité de soins à la fin d’une dure jour née de travail. Comme nous l’a confié l’un des lauréats lorsqu’il s’est fait annoncer l’heureuse nouvelle, « nous ne faisons pas ce que nous faisons pour obtenir des prix, mais une tape dans le dos fait du bien et nous donne l’énergie pour continuer ». n

www.professionsante.ca octobre 2022 Profession Santé 5 ÉDITO
CHRISTIAN LEDUC , RÉDACTEUR EN CHEF

COUVERT par la majorité des régimes d’assurance privés et publics partout au Canada (certaines restrictions

Symptômes dépressifs (score MADRS total)

Amélioration de 60 % démontrée sous Trintellix à 20 mg à 8 semaines par rapport aux valeurs initiales vs diminution de 37 % sous placebo (-18,8 vs -11,7; p < 0,0001)1,3 * ‡

Fonctionnement global (score SDS)

Amélioration démontrée sous Trintellix à 20 mg à 8 semaines par rapport aux valeurs initiales, vs sous placebo : Jusqu’à 87 % d’amélioration du fonctionnement global (-8,4 vs -4,5; p = 0,0005)1* ‡ Jusqu’à 86 % d’amélioration du fonctionnement au travail (-2,6 vs -1,4; p = 0,0059)1* ‡ Jusqu’à 82 % d’amélioration du fonctionnement dans la vie familiale (-3,1 vs -1,7; p < 0,0001)1* ‡ Jusqu’à 82 % d’amélioration du fonctionnement dans la vie sociale (-3,1 vs -1,7; p < 0,0001)1* ‡

‡ La posologie de départ et la posologie recommandée de Trintellix sont de 10 mg de vortioxétine 1 fois/jour chez les adultes de moins de 65 ans. Pour obtenir de plus amples renseignements sur la posologie et l’administration, consultez la monographie du produit.

Pr Trintellix MD (vortioxétine) est indiqué pour le traitement du TDM chez les adultes 3

MADRS = échelle de la dépression de Montgomery-Åsberg; SDS = échelle d’incapacité de

peuvent s’appliquer) 2† TRINTELLIX A AMÉLIORÉ LE FONCTIONNEMENT AU TRAVAIL, DANS LA VIE FAMILIALE ET DANS LA VIE SOCIALE DES PATIENTS ATTEINTS D’UN TDM (paramètres secondaires)1*
Sheehan; TDM = trouble dépressif majeur † Trintellix est couvert par les Services de santé non assurés, Anciens Combattants Canada et le Service correctionnel du Canada ainsi que par les listes de médicaments des provinces et des territoires suivants : Québec, Ontario, Alberta, Manitoba, Saskatchewan, Nouveau-Brunswick, Terre-Neuve-et-Labrador, Nouvelle-Écosse, Île-du-Prince-Édouard, Territoires du Nord-Ouest, Yukon et Colombie-Britannique (autorisation spéciale). Consultez les listes de médicaments provinciales pour de plus amples renseignements. EFFET DÉMONTRÉ SUR DE MULTIPLES SYMPTÔMES DU TDM3 Visitez Trintellix.ca/fr pour de plus amples renseignements.

Usage clinique :

Efficacité quant au soulagement des symptômes du TDM démontrée dans le cadre d’essais cliniques d’au plus 8 semaines; efficacité quant au maintien de la réponse antidépressive démontrée pendant une période pouvant atteindre 24 semaines.

Le médecin qui opte pour un traitement prolongé par Trintellix doit périodiquement réévaluer l’utilité de ce traitement chez son patient. Chez les personnes âgées (≥ 65 ans), le traitement doit toujours être amorcé à la plus faible dose efficace, soit 5 mg/jour.

Non indiqué chez les patients de moins de 18 ans. Contre-indication :

• Utilisation concomitante d’un inhibiteur de la monoamine oxydase (IMAO)

Mises en garde et précautions les plus importantes :

• Risque de changements comportementaux et émotifs, voire d’automutilation : Effets indésirables sévères de type agitation signalés. Il est conseillé de suivre rigoureusement l’état clinique du patient, peu importe son âge, afin de déceler les idées suicidaires ou tout autre indice d’un risque de comportement suicidaire. Cette surveillance inclut les changements comportementaux et émotifs de type agitation.

• Symptômes de retrait : Il est recommandé de diminuer la dose graduellement plutôt que de soudainement arrêter le traitement.

Autres mises en garde et précautions pertinentes :

• Dépendance/tolérance

• Prudence en cas de conduite automobile et d’utilisation de machines

• Saignements anormaux

• Possibilité d’un risque accru d’hémorragie post-partum

• Prudence en cas d’insuffisance hépatique modérée ou sévère

• Risque de fracture osseuse

• Prudence chez les patients ayant des antécédents de crises convulsives ou souffrant d’épilepsie instable

• Syndrome sérotoninergique/ syndrome malin des neuroleptiques

• Perturbations cognitives et motrices

• Glaucome à angle fermé

• Prudence chez les patients ayant des antécédents d’accès maniaques ou hypomaniaques, et interruption du traitement chez tout patient qui entre en phase maniaque

• Agressivité/agitation

• Prudence en cas d’usage concomitant de la thérapie électroconvulsive (TEC)

• Hyponatrémie

• Prudence en cas d’insuffisance rénale sévère

• Utilisation non recommandée durant l’allaitement

• Ajustement posologique chez les patients âgés

Pour de plus amples renseignements :

Consultez la monographie du produit au www.trintellixmonographie.ca.

Vous y trouverez des renseignements importants sur les contreindications, les mises en garde, les précautions, les effets indésirables, les interactions, la posologie et les conditions d’utilisation clinique dont il n’est pas question dans le présent document.

Vous pouvez aussi vous procurer la monographie du produit en appelant au 1-800-586-2325.

DSM = Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux; ÉDM = épisodedépressif majeur; MADRS = échelle de la dépression de Montgomery-Åsberg; SDS = échelle d’incapacité de Sheehan; TDM = trouble dépressif majeur * Étude menée à double insu avec placebo visant à évaluer une dose fixe chez 608 patients âgés de 18 à 75 ans dont le diagnostic principal était un TDM récurrent selon les critères du DSM-IV-TR, dont l’ÉDM en cours remontait à > 3 mois et dont le score MADRS total était ≥ 26. Les patients ont été randomisés de façon à recevoir Trintellix à raison de 15 ou 20 mg (10 mg/jour la 1re semaine et 15 ou 20 mg/jour de la 2e à la 8e semaine) ou un placebo pendant 8 semaines. Au départ, le score MADRS total moyen s’élevait à 31,5 sous placebo, à 31,8 sous Trintellix à 15 mg et à 31,2 sous Trintellix à 20 mg; le score SDS total moyen s’élevait à 19,8 sous placebo, à 20,6 sous Trintellix à 15 mg et à 20,7 sous Trintellix à 20 mg et le sous-score SDS Travail moyen à 6,3 sous placebo, à 6,8 sous Trintellix à 15 mg et à 6,9 sous Trintellix à 20 mg. Toujours au départ, le sous-score SDS Vie sociale moyen se chiffrait à 6,8 sous placebo, à 6,9 sous Trintellix à 15 mg et à 6,8 sous Trintellix à 20 mg et le score SDS Vie familiale moyen à 6,9 sous placebo, à 6,7 sous Trintellix à 15 mg et à 7,0 sous Trintellix à 20 mg1,2

Références :1. Boulenger JP et al. Efficacy and safety of vortioxetine (Lu AA21004), 15 and 20 mg/day: a randomized, double-blind, placebo-controlled, duloxetine-referenced study in the acute treatment of adult patients with major depressive disorder. Int Clin Psychopharmacol 2014;29(3):138-49. 2. Données internes. Remboursement de Trintellix au Canada. Lundbeck. Décembre 2021. 3. Monographie de Trintellix. Lundbeck Canada Inc., 4 août 2021. TrintellixMD est une marque déposée de H. Lundbeck S.A., employée sous licence par Lundbeck Canada Inc. VRT-B-100028-V3-F

Une pionnière de l’enseignement s’éteint

Première directrice des services professionnels au Québec, la Dre Sylvia Cruess, endocrinologue, professeure de médecine et gestionnaire, est décédée le 8 septembre dernier à l’âge de 92 ans.

« Notre communauté a perdu une pionnière » qui a été « un modèle, toutes générations confondues », a réagi le présidentdirecteur général du Centre universitaire de santé McGill, Pierre Gfeller.

La Dre Cruess a dirigé pendant dix ans le Centre de jour du métabolisme de l’Hôpital Royal Victoria avant d’être nommée la première directrice de l’hôpital (fonction qui porte aujourd’hui le nom de directeur des services professionnels – DSP) jusqu’en 1995.

« Il ne fait aucun doute qu’elle a été une grande source d’inspiration pour bon nombre de ses pairs et de jeunes femmes en leur donnant envie d’atteindre de nouveaux sommets », souligne Pierre Gfeller. En effet, depuis qu’elle a quitté ce poste, le CUSM a nommé trois femmes DSP.

Son engagement envers les soins aux patients et à l’enseignement a été honoré cet hiver puisque l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill a nommé son amphithéâtre en son nom et en celui de son mari, le Dr Richard Cruess. n

« NOTRE COMMUNAUTÉ A PERDU UNE PIONNIÈRE QUI A ÉTÉ UN MODÈLE, TOUTES GÉNÉRATIONS

CONFONDUES. »

Pierre Gfeller, président-directeur général du Centre universitaire de santé McGill

www.professionsante.ca octobre 2022 Profession Santé 7 BRÈVES
105793_001_lbtrintel_ja_ps_f_lo02.indd 2 2022-02-09 1:04 PM DRE SYLVIA CRUESS

Vers plus de diversité à la Faculté de médecine

La Faculté de médecine de l’Université de Montréal souhaite s’ouvrir à la diversité dans toutes ses sphères d’activités, selon son doyen, le Dr Patrick Cossette. Ainsi, après avoir souscrit au plan d’action pour favoriser l’accès des peuples autochtones aux professions de la santé, la Faculté a dévoilé cet automne un plan similaire pour améliorer le recrutement et favoriser l’admission des étudiants issus des communautés noires.

BANDE DESSINÉE

Les « héros de la vaccination » mis en lumière

Les vaccinateurs contre la COVID-19 seront mis de l’avant dans un album de bande dessinée en vente dès le 12 octobre à travers le Québec.

Tout au long des 76 pages de l’album illustré par le dessinateur Mario Malouin, les lecteurs pourront découvrir les nombreux professionnels de différents ordres qui ont participé à cette campagne de vaccination historique. On peut y apercevoir notamment le ministre de la Santé, Christian Dubé, être vacciné par un diététiste-nutritionniste.

En 2020, ces derniers ne représentaient que 1,7 % des étudiants de la Faculté, alors que 8 % des jeunes de 15 à 25 ans de la région métropolitaine de Montréal sont issus des communautés noires.

« Le plan d’action incarne l’engagement de notre Faculté à offrir un environnement d’apprentissage inclusif qui priorise l’équité et la sécurité culturelle et où toutes les personnes sont traitées avec dignité et respect », explique le doyen.

Élaboré en collaboration avec l’Association médicale des personnes de race noire du Québec (AMPRNQ) et le Sommet socioéconomique pour le développement des jeunes des communautés noires, le plan comporte cinq axes : recrutement, admission, curriculum, environnement d’apprentissage et soutien financier.

Les actions qui seront mises en place comprennent notamment la promotion des études en médecine auprès des communautés noires, la participation de professionnels issus de ces communautés aux entrevues d’entrée des programmes, l’élaboration de contenus de cours intégrant des réalités vécues par les communautés noires et d’une politique antiraciste pour les environnements d’apprentissage. De plus, la Faculté de médecine compte instaurer un programme de bourses pour les étudiants noirs.

Édouard Kouassi, président de l’AMPRNQ et professeur à la Faculté de médecine, s’est réjoui du partenariat avec l’Université qui concrétise « cette volonté commune, cet engagement de faire sans cesse mieux pour favoriser l’accès des communautés noires aux professions de la santé ». n

« À la fois ludique et pédagogique, cet album fera assurément œuvre de mémoire, puisqu’il témoigne de la précieuse contribution de centaines, voire de milliers de professionnels de la santé issus de différents horizons et qui vaccinent fièrement depuis 2020 », souligne le Dr Jean-Bernard Trudeau, chargé de projet de la BD et ex-directeur général adjoint du Collège des médecins du Québec, qui a consacré sa carrière à bâtir des ponts entre les différents professionnels.

L’album se vend au coût de 27,95 $ et tous les profits réalisés seront remis à l’organisme Les Impatients, qui vient en aide aux personnes ayant des problèmes de santé mentale par le biais de l’expression artistique. n

8 Profession Santé octobre 2022 www.professionsante.ca BRÈVES
UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL

La transition s’opère en Europe

Les biosimilaires sont désormais considérés comme interchangeables avec le médicament biologique de référence ou avec un biosimilaire équivalent dans les pays de l’Union européenne (UE), a confirmé l’Agence européenne des médicaments.

Dans une déclaration accompagnant l’annonce de l’Agence européenne des médicaments (EMA), la directrice exécutive de l’EMA, Emer Cooke, a voulu se faire rassurante envers les prescripteurs. « L’EMA a approuvé 86 médicaments biosimilaires depuis 2006. Ces médicaments ont fait l’objet d’un examen et d’un suivi approfondis au cours des 15 dernières années et l’expérience de la

pratique clinique a montré qu’en termes d’efficacité, de sécurité et d’immunogénicité, ils sont comparables à leurs produits de référence et sont donc interchangeables. »

Selon elle, il s’agit d’une bonne nouvelle pour les patients et les professionnels de la santé qui ont désormais plus d’options thérapeutiques pour traiter des maladies

graves comme le cancer, le diabète et la polyarthrite rhumatoïde.

Notons que les décisions concernant la substitution biologique en pharmacie (c’est-à-dire la délivrance d’un médicament biologique au lieu d’un autre sans consulter le médecin) ne relèvent pas de la compétence de l’Agence européenne des médicaments et seront toujours gérées par les différents États membres de l’UE. n

C

Déceler le rhumatisme psoriasique et l’évolution du rôle des inhibiteurs de Janus kinase (JAK)

Après avoir suivi cette formation et répondu au test, les pharmaciens seront mieux en mesure :

1. Repérer les patients atteints de dermatite atopique modérée à grave (eczéma) chez qui un ajustement thérapeutique ou l’ajout de nouveaux agents pourraient s’avérer nécessaires pour atteindre les objectifs de traitement.

Passer en revue l’impact de la dermatite atopique modérée à grave sur la qualité de vie des patients (démangeaisons, sommeil, etc.).

Aborder les limites des traitements topiques dans la prise en charge des patients atteints de dermatite atopique modérée à grave.

Déterminer quels patients devraient être orientés vers leur fournisseur de soins primaires de la dermatite atopique afin de modifier leur plan de traitement ou de possiblement ajouter un nouveau médicament.

5. Conseiller les patients sur les différentes options de traitement à action générale qui existent pour la prise en charge de la dermatite atopique modérée à grave.

Cette activité

un soutien financier d’AbbVie

la forme d’une subvention à l’éducation sans restrictions

À l’issue de cette leçon de formation continue, les participants devraient être mieux à même de :

Décrire la classification des spondylarthropathies.

Discuter de l’impact du rhumatisme psoriasique sur le patient.

Dépister le rhumatisme psoriasique chez les personnes ayant des symptômes musculosquelettiques et présentant un tableau clinique caractéristique de manifestations non musculosquelettiques (comme une uvéite, une maladie inflammatoire de l’intestin ou du psoriasis) qui illustre la maladie à multiples facettes.

Connaître les options thérapeutiques, tout spécialement les nouveaux traitements et les traitements émergents.

Informer les patients atteints de rhumatisme psoriasique des différentes options de prise en charge.

Cette activité d’apprentissage a reçu un soutien financier d’AbbVie sous la forme d’une subvention à l’éducation sans restrictions

www.professionsante.ca octobre 2022 Profession Santé 9 BRÈVES BIOSIMILAIRES INTERCHANGEABLES
FC C ·ca Gratuit! Répondez en ligne sur eCortex.ca 1,0 UFC Approuvée pour Ordre des pharmaciens du Québec
d’apprentissage a reçu
sous
2.
3.
4.
OPQ : 10187 • Veuillez consulter cette leçon en ligne sur eCortex.ca pour en connaître les dates de validité Nouveaux
traitements pour la prise en charge de vos patients atteints de dermatite atopique modérée à grave
Par
Michael Boivin,
BSc. Pharm, Dan Tam Vu, B. Pharm et Melinda Gooderham, MD, FRCPC Formation continue PROGRAMME DE FC
·ca Gratuit! Répondez en ligne sur eCortex.ca
1,0 UFC Approuvée pour Ordre
des pharmaciens du Québec
1.
2.
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5.
OPQ : 9051 • Veuillez consulter cette leçon en ligne sur eCortex.ca pour en connaître les dates de validité
Formation continue PROGRAMME DE

BRÈVES

Le Pharmachien fête ses 10 ans

Le 29 septembre 2012, le Pharmachien naissait sur Internet à travers une vidéo au titre apostropheur : « Recettes pour faire votre propre homéopathie à la maison ». Ce qui n’était au départ qu’un projet lancé sur un coup de tête, qu’Olivier Bernard — le pharmacien derrière « Le Pharmachien » — voyait comme un passe-temps, est devenu dix ans plus tard une véritable entreprise de vulgarisation scientifique mondialement reconnue.

SANTÉ MENTALE

L’épuisement professionnel des médecins nuit à la qualité des soins

Hodkinson A, Zhou A, Johnson J, et coll. Associations of physician burnout with career engagement and quality of patient care: systematic review and meta-analysis.

BMJ 2022;378:e070442.

Outre son site web, qui dispose désormais d’une version en anglais intitulée The Pharmafist, Le Pharmachien se décline à la télé (la sixième et dernière saison de la série Les aventures du Pharmachien est en rediffusion cet automne sur ICI Explora), en balado (la troisième saison de la minisérie Dérives est en préparation) et en livres. Il intervient fréquemment dans les médias et il est toujours aussi actif sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter et Instagram) pour contrecarrer la désinformation en santé.

« Je me sens tellement privilégié d’être encore là », a déclaré Olivier Bernard sur sa page Facebook, en constatant que les choses ont bien changé depuis 2012. Les vulgarisateurs scientifiques ont certes pris leur place sur la toile, mais « on est dans une société incroyablement plus polarisée », note le pharmacien, qui exerce à temps partiel. « En 2012, les réseaux sociaux étaient encore assez nouveaux. Le contenu y était léger et les discussions généralement agréables. [Aujourd’hui], le contexte est très différent. On a tous vu les dommages causés par la désinformation, l’exploitation des algorithmes à des fins politiques ou idéologiques, les discours haineux, et juste la grogne générale, qui donne l’impression que tout le monde en ligne est à fleur de peau. Bref, ces temps-ci, il faut mettre plus de gants blancs, adopter une approche plus rassembleuse », observe-t-il.

Après avoir subi des menaces et du cyberharcèlement à cause de son travail, Olivier Bernard a appris à mieux choisir ses combats. « J’essaie de travailler sur des projets de plus longue haleine plutôt que d’être dans des batailles incessantes », admet-il sans baisser les bras. « Malgré les quelques tempêtes, faire de la vulgarisation est ma passion, et j’ai l’intention de continuer aussi longtemps qu’on me donnera la chance de le faire. » n

Une nouvelle méta-analyse publiée dans le British Medical Journal montre que l’épuisement professionnel des médecins a des retombées négatives significatives sur la qualité des soins prodigués aux patients. Les chercheurs ont consulté 4732 articles à partir desquels 170 études observationnelles ont été sélectionnées, leur permettant de constituer un échantillon total de 239 246 médecins. L’épuisement professionnel des médecins était fortement associé à un mauvais fonctionnement des organisations de soins de santé, principalement en contribuant au dé sengagement professionnel et à la rotation du personnel, et en réduisant la qualité des soins. L’épuisement professionnel doublerait notamment les risques d’incidents en lien avec la sécurité des patients, révèlent les données colligées par les chercheurs. Ces risques seraient plus grands chez les médecins et résidents de 20 à 30 ans, ainsi que pour ceux qui travaillent dans une urgence hospitalière. n

CANNABIS ET GROSSESSE Des risques plus élevés de troubles mentaux persistants chez les enfants

Baranger DAA, Paul SE, Colbert SMC, et coll. Cannabis Exposure From Childhood to Early Adolescence - Longitudinal Findings

From the Adolescent Brain Cognitive Development (ABCD) Study. JAMA Pediatr 2022. Publié en ligne le 12 septembre 2022.

Des chercheurs avaient établi il y a deux ans que la consommation plus répandue de cannabis durant une grossesse se traduisait par une aug mentation significative des risques chez les enfants à naître de souffrir de troubles tels que la dépression, l’anxiété, des déficits attentionnels ou des problèmes d’impulsivité. Les chercheurs avaient utilisé les rensei gnements issus d’une base de données comprenant un échantillon de 11 489 enfants, dont 655 avaient été exposés au cannabis in utero. Dans une nouvelle lettre publiée en septembre dans JAMA Pediatrics, les mêmes chercheurs soulignent que les suivis qu’ils ont effectués montrent que la prévalence de ces troubles se poursuit au début de l’adolescence. Ils notent que ces psychopathologies entraînent ellesmêmes des risques plus grands que les enfants souffrent plus tard de troubles psychiatriques plus graves ou qu’ils développent des problèmes d’abus de substance. n

10 Profession Santé octobre 2022 www.professionsante.ca ÉTUDES RÉCENTES

crème vaginale

l faut privilégier la dose la plus faible (0,5 g deux fois par semaine par voie vaginale ou par application topique) qui permet de maîtriser les symptômes1†

La crème vaginale PREMARIN est offerte sous forme de crème douce‡; deux applicateurs de plastique gradués sont fournis avec chaque tube de crème de 30 g.

ors d’une étude clinique, la crème vaginale M a entraîné :

ne atténuation significative de la dyspareunie, comparativement au placebo 1,2 *

• Variation moyenne du score d’intensité du symptôme de la dyspareunie entre le début du traitement et la 12e semaine : -1,4 vs -0,7 avec la crème vaginale PREMARIN 2 fois par semaine comparativement au placebo, respectivement, p ≤ 0,01.

Indications et utilisation clinique :

ne amélioration significative du pourcentage de cellules superficielles et de cellules parabasales, des mesures de l’indice de maturation vaginale, entre le début et la 12e semaine comparativement au placebo1,2*

• Le pourcentage de cellules superficielles a augmenté de 26 % avec la crème vaginale PREMARIN 2 fois par semaine comparativement à 1 % avec le placebo, p < 0,001 vs les valeurs initiales et le placebo. Valeurs initiales respectives avec la crème vaginale PREMARIN et le placebo : 0,8 et 0,5.

• Le pourcentage de cellules parabasales a diminué de 58 % avec la crème vaginale PREMARIN 2 fois par semaine comparativement à 7 % avec le placebo, p < 0,001 vs les valeurs initiales et le placebo. Valeurs initiales respectives avec la crème vaginale PREMARIN et le placebo : 59,5 et 63,9.

La crème vaginale Premarin (œstrogènes conjugués D.N.C.) est indiquée pour le traitement de la vaginite atrophique, de la dyspareunie et du kraurosis vulvae. Elle ne s’est révélée efficace pour aucune indication durant la grossesse, et son emploi pourrait être fortement nocif pour le fœtus.

Chez les patientes non hystérectomisées, elle devrait être utilisée en association avec la dose appropriée d’un progestatif afin de prévenir l’hyperplasie et le carcinome de l’endomètre. Elle n’est pas indiquée chez les enfants (moins de 16 ans).

Contre-indications :

• Maladie ou dysfonctionnement hépatique

• Tumeur maligne œstrogénodépendante confirmée ou présumée

• Hyperplasie de l’endomètre

• Présence confirmée ou présumée, ou antécédents de cancer du sein

• Saignements utérins anormaux d’origine indéterminée

• Grossesse confirmée ou présumée

• Présence ou antécédents de thromboembolie veineuse confirmée ou présence de thrombophlébite

• Présence ou antécédents de maladie thromboembolique artérielle

• Perte complète ou partielle de la vue, causée par une affection vasculaire ophtalmique

• Troubles thrombophiliques confirmés

• Migraine avec ou sans aura

Mises en garde et précautions les plus importantes:

Risque d’accident vasculaire cérébral et de thrombose veineuse profonde : œstrogènes seuls (âge moyen : 63,6 ans).

Risque d’infarctus du myocarde, d’accident vasculaire cérébral, de cancer du sein invasif, d’embolie pulmonaire et de thrombose veineuse profonde : traitement œstroprogestatif (âge moyen : 63,3 ans).

En conséquence, les œstrogènes, associés ou non à un progestatif : • ne doivent pas être prescrits en prévention primaire ou secondaire des maladies cardiovasculaires;

• doivent être prescrits à la dose minimale efficace pendant la plus courte durée possible pour l’indication approuvée.

Autres mises en garde et précautions pertinentes:

• On a démontré que l’administration d’œstrogènes aux femmes qui allaitent réduisait la quantité de lait maternel, ainsi que sa qualité. On a retrouvé une quantité décelable d’œstrogènes dans le lait de mères qui prenaient le médicament. Dans les cas où l’évaluation des risques et des bienfaits donne à penser que ce produit n’est pas recommandé chez les femmes qui allaitent, il faut remplacer le lait maternel par des préparations pour nourrissons.

• Risque possiblement accru d’hyperplasie et de carcinome de l’endomètre

• La présence d’hémangiomes hépatiques impose la prudence, car l’hormonothérapie substitutive peut causer une exacerbation de cette maladie.

• La prudence est de mise chez les femmes qui ont des antécédents de troubles hépatiques ou biliaires.

• Insuffisance cérébrovasculaire. La survenue de troubles visuels, de migraines accompagnées d’une aura, d’une aphasie transitoire, d’une paralysie ou d’une perte de conscience commande l’arrêt du traitement.

• Les patientes qui ont des antécédents de dépression doivent être suivies de près.

• Risque de cancer de l’ovaire

• Risque d’altération, voire de rupture, des condoms, diaphragmes ou capes cervicales

• Surveiller la tension artérielle des patientes sous hormonothérapie.

• Prudence chez les femmes qui présentent des troubles endocriniens ou métaboliques préexistants.

• La prise d’œstrogènes peut entraîner la réapparition ou l’aggravation des symptômes et des signes physiques associés à un diagnostic antérieur d’endométriose.

• Peut entraîner une augmentation de la taille des fibromyomes utérins existants.

• Saignements vaginaux anormaux

• Risque de maladie de la vésicule biliaire

• Peut exacerber le lupus érythémateux disséminé.

• Peut déclencher ou aggraver les symptômes d’œdème angioneurotique.

ne réduction significative du pH vaginal entre le début et la 12e semaine, comparativement au placebo1,2 *

• Variation moyenne du pH vaginal entre le début et la 12e semaine -1,57 vs -0,26 avec la crème vaginale PREMARIN 2 fois par semaine comparativement au placebo, respectivement, p < 0,001 vs les valeurs initiales et le placebo. Valeurs initiales respectives avec la crème vaginale PREMARIN et le placebo : 6,5 et 6,7.

• Risque de démence probable (femmes de 65 ans ou plus)

• Peut exacerber l’épilepsie.

• Prudence en présence d’otosclérose.

• Peut entraîner une rétention aqueuse.

Pour de plus amples renseignements: Veuillez consulter la monographie à l’adresse https://www.pfizer.ca/pm/fr/ Premarin_VC_CPI.pdf pour obtenir des renseignements importants sur les effets indésirables, les interactions médicamenteuses et la posologie qui n’ont pas été abordés dans ce document.

Vous pouvez également vous procurer la monographie en composant le 1- 800- 463- 6001.

* Étude prospective de 12 semaines comparative avec placebo, menée à double insu auprès de 423 femmes ménopausées âgées de 44 à 77 ans, en bonne santé générale, qui avaient un pourcentage de cellules superficielles ≤ 5 d’après un frottis vaginal, un pH vaginal ≥ 5,0 et un symptôme d’atrophie vulvaire et vaginale d’intensité modérée à grave, signalé comme étant le plus gênant. Après répartition aléatoire, les femmes ont fait l’objet de l’un des deux schémas posologiques de la crème vaginale PREMARIN suivants : 0,5 g (contenant 0,3 mg d’œstrogènes conjugués) administré 2 fois par semaine ou 0,5 g (contenant 0,3 mg d’œstrogènes conjugués) administré en mode cyclique durant 21 jours suivis de 7 jours de pause, ou de schémas correspondants sous placebo. Le score initial associé à la dyspareunie pour le groupe traité par la crème vaginale PREMARIN 2 fois par semaine et le groupe placebo était de 2,11,2

† Consulter la monographie de produit pour obtenir plus d’information sur la posologie et le mode d’administration.

‡ La portée clinique est inconnue.

Références : 1. Monographie de la crème vaginale PREMARIN. Pfizer Canada SRI, 12 mai 2020. 2. Bachmann G, et al. Efficacy and safety of low-dose regimens of conjugated estrogens cream administered vaginally. Menopause. 2009;16:719–27.

CO B Z M ’ O H V G avec la
PREMARINMD1
PP-PVC-CAN-0027-FR
© 2021 Pfizer Canada SRI Kirkland (Québec) H9J 2M5 PREMARIN, M.D. de Pfizer Canada SRI

Profiter de la vie, une question de stratégie et d’équilibre

Dans cette série de trois articles, nous découvrons comment les médecins du Canada peuvent optimiser leurs finances à chaque étape de leur carrière.

Généralement, plus un médecin progresse dans sa carrière, plus sa situation financière se complexifie. Comptant plus de 50 ans d’expertise au service des médecins, Gestion financière MD. sait anticiper les étapes de leur parcours et leurs besoins financiers. La Banque ScotiaMD ajoute à cela plus de 30 ans d’expertise bancaire pour les médecins. Ensemble, elles offrent un service clés en main des plus spécialisés.

Dans ce premier article, nous accompagnons la Dre Flavie Dicaire*, une médecin incorporée qui souhaite fonder sa propre clinique.

Le scénario

La relation de la Dre Dicaire avec Gestion financière MD remonte à plusieurs années.

À l’époque, elle se demandait si elle devait commencer à investir, mais ses dettes l’empêchaient de dormir la nuit. Elle avait aussi des objectifs personnels, comme acheter une maison et avoir des enfants, et des objectifs professionnels à moyen terme, notamment acheter un immeuble pour sa clinique.

Rien n’a été laissé au hasard, rembourser ses dettes, investir une partie de ses revenus dans un REER pour réduire les impôts et dans un CELI pour ses congés de maternité, s’incorporer et commencer à investir dans sa société, et bien sûr, des vacances régulièrement. Son plan est bien ficelé et évolue avec ses besoins.

Et maintenant, son rêve de bâtir une clinique est à sa portée. Non seulement elle a trouvé l’emplacement idéal, mais en plus, elle aurait l’occasion d’en tirer des revenus locatifs. Comment s’y prendra-t-elle pour financer un si gros projet?

Nous avons demandé à deux professionnels d’expérience, Eric Duchesne, conseiller MD†, et Andréanne Roy, spécialiste des professionnels du domaine de la santé à la Banque Scotia, de nous parler de leur approche pour une étape aussi importante dans la vie d’un médecin de famille.

Une approche coordonnée

« Nous travaillons en symphonie pour trouver la stratégie optimale », explique Andréanne, qui se spécialise en financement d’affaires pour les professionnels de la santé. La Dre Dicaire pense utiliser ses économies. Cependant, si elle liquide ses avoirs

pour financer l’achat, les impôts à payer pourraient s’avérer faramineux, ce qui risquerait de faire dérailler son plan financier. Qui plus est, le moment pour liquider des placements doit être opportun. Elle doit aussi penser à l’impôt qui sera prélevé sur les revenus locatifs, aux dépenses imprévues et à la gestion de l’immeuble. D’un autre côté, elle pourra aussi déduire certaines dépenses comme les coûts d’entretien et l’intérêt sur le prêt hypothécaire.

Afin qu’aucun détail ne soit exclu, Eric et Andréanne travaillent avec tous les professionnels de confiance qui gravitent autour du projet de la Dre Dicaire, dont son comptable-fiscaliste.

Eric et Andréanne lui proposent une solution qui ne compromettrait pas son plan et lui laisserait une marge de manœuvre. La nouvelle investisseuse immobilière, qui a accumulé un portefeuille important, peut s’en servir comme levier pour obtenir différentes solutions d’emprunt privilégiées. La Banque Scotia finance son projet du début à la fin; d’abord avec une solution à court terme pour l’achat du terrain et ensuite une solution à long terme pour la construction et l’achat d’équipement.

« L’idée derrière cette stratégie, c’est de ne pas toucher aux placements non enregistrés pour ne pas déclencher de gain en capital », précise Eric.

Pour les médecins qui ont la fibre entrepreneuriale, la Banque Scotia offre de nombreuses solutions bancaires flexibles et avantageuses pour diriger une clinique avec succès.

« Le gros avantage de cette formule, c’est qu’on collabore avec des partenaires de confiance, dans le but d’optimiser les objectifs que le médecin et sa famille souhaitent accomplir pendant leur vie, ajoute Eric. Nous sommes capables de bien les entourer. »

Des solutions conçues pour les médecins

La connaissance qu’ont Eric et Andréanne de la réalité des médecins ouvre une panoplie de possibilités. Et la Dre Dicaire a à ses côtés une équipe de professionnels qui comprend bien ses besoins à chacune des étapes.

Ensemble, on vous en donne plus

Notre engagement auprès des médecins et notre savoir-faire unique : c’est ce qui fait de Gestion financière MD et de la Banque Scotia vos partenaires de confiance pour vous bâtir une solide santé financière. Nos équipes sont à vos côtés pour que vous puissiez vous investir dans votre carrière, mais pardessus tout, profiter de la vie.

Balayez le code QR pour en savoir plus : md.ca/ ensemblepourvous

Eric Duchesne, CFP® Conseiller en placement

Gestion MD limitée Courriel : eric.duchesne@md.ca

Téléphone : 613 315-4643

Andréanne Roy

Spécialiste, Soins de santé et professions libérales Banque ScotiaMD Courriel : andreanne.roy @scotiabank.com

Téléphone : 613

Gestion financière MD offre des produits et services financiers, la famille de fonds MD et des services-conseils en placement par l’entremise du groupe de sociétés MD et de Services d’assurance Gestion de patrimoine Scotia Inc. Pour obtenir une liste détaillée du groupe de sociétés MD, rendez-vous à md.ca, et pour plus d’informations sur Services d’assurance Gestion de patrimoine Scotia Inc., consultez gestiondepatrimoinescotia.com.

MD Marque déposée de La Banque de Nouvelle-Écosse.

Les produits et services bancaires et de crédit du programme pour médecins Pro Santé+ Banque Scotia sont offerts par La Banque de Nouvelle-Écosse (la « Banque Scotia »), sauf indication contraire. Les produits de crédit et de prêts sont soumis à une approbation du crédit par la Banque Scotia. Les produits et les offres, y compris les tarifs promotionnels ou préférentiels, les frais, les programmes de récompense et les autres caractéristiques et avantages sont assujettis à des modalités et peuvent être modifiés.

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* Nom fictif † « Conseiller MD » désigne un conseiller financier de Gestion MD limitée (au Québec, un conseiller en placement).

Quel est l’impact de la démission silencieuse ?

Nous entendons beaucoup parler du phénomène de la « démission silencieuse ».

Voici ses répercussions sur le personnel de la pharmacie – et ce dont se privent ceux qui y participent.

La démission silencieuse fait fureur sur TikTok et maintenant dans les médias tra ditionnels. Elle suscite des conversations et des débats dans de nombreux secteurs d’ac tivité et fait trembler le monde des affaires. Mais qu’est-ce que cela signifie réellement et quel est son impact sur la pharmacie ?

La démission silencieuse n’a pas de défini tion unique, mais elle signifie généralement que vous effectuez votre travail, et unique ment votre travail, en respectant les exigences minimales. Il ne s’agit pas de quitter son em

ploi, mais de ne pas se surpasser. Cette ten dance semble être une forme de rejet de l’épuisement professionnel et de la surcharge de travail endossée par les baby-boomers.

La pharmacie est actuellement confron tée à une pénurie de main-d’œuvre et les employeurs n’ont plus de marge de ma nœuvre : l’inflation augmente, ce qui ac croît les coûts de fonctionnement de l’en treprise, et les salaires augmentent aussi pour faire face à la concurrence croissante pour attirer et garder des employés de qualité. Quelle est la place de la démission silencieuse dans ce contexte ?

Lorsque j’observe à la réponse globale de la génération Z à l’épuisement profession nel des générations plus âgées, je constate

que le phénomène de démission silen cieuse omet des aspects importants. En décidant d’en faire moins, mais de mainte nir le statu quo dans leur travail, les dé missionnaires silencieux se privent de la possibilité de trouver un but, un sens ou même un peu de joie dans leur travail. Nous savons déjà que les pharmaciens et les techniciens sont malheureux, mais la démission silencieuse ne nous incite pas à en trouver la cause ni à effectuer des chan gements positifs afin d’améliorer notre sa tisfaction personnelle dans l’exercice de notre profession.

À quoi ressemble la démission silencieuse ?

La démission silencieuse encourage un manque d’engagement entre les employés et les gestionnaires. L’abandon de l’expres sion de tout problème et un manque de créativité dans la recherche de solutions.

Elle encourage une attitude passiveagressive sur le lieu de travail, dans la quelle nous ne soulevons pas les pro blèmes de manière saine et positive, mais exprimons notre mécontentement en nous détachant tout simplement.

Cela a d’énormes répercussions sur la culture de l’officine, où nous travaillons souvent en étroite collaboration et où nos tâches se chevauchent. Au lieu de favoriser une culture de coopération, l’environne ment devient toxique pour tous les membres de l’équipe.

Voilà ce à quoi peut ressembler la démis sion silencieuse sur nos lieux de travail : n « Ce client est difficile, je vais tenter de ne pas me faire remarquer et espérer que l’autre pharmacien prendra en charge son ordonnance. »

14 Profession Santé octobre 2022 www.professionsante.ca OPINION PHARMACIE
* L’autrice est pharmacienne et consultante. Elle exerce en Alberta.

OPINION

« GÉRER LA CULTURE DE VOTRE ENTREPRISE PEUT LIBÉRER D’ÉNORMES QUANTITÉS D’ÉNERGIE VERS UN OBJECTIF COMMUN, PERMETTRE AUX EMPLOYÉS DE TROUVER UN SENS À LEUR TRAVAIL ET FAVORISER

CAPACITÉ D’UNE ENTREPRISE À PROSPÉRER. »

n « Pourquoi est-ce que je travaille si dur ? Lui, là-bas, il est si lent. » n « Je ne comprends pas ça. Je vais juste laisser ça pour l’autre équipe. »

n « Je me demande si la pharmacie X est un meilleur endroit pour travailler. »

n « Je vais juste aller aux toilettes (mais en fait je vais vérifier mon téléphone). »

Comme gestionnaire, je suis convain cue que le travail doit être laissé au tra vail et que l’importance du temps libre doit être non seulement respectée, mais aussi prônée comme une valeur.

Cela implique par exemple de ne pas répondre aux courriels liés au travail pendant le temps libre, de s’assurer que les pauses sont prises, d’accorder du temps de repos avec générosité, etc. Ces règles doivent être tacites et respectées.

Mais, comme gestionnaire, il y a telle ment plus à faire pour s’assurer que les employés trouvent un sens à leur travail, aient leur mot à dire sur la façon dont ils travaillent et se sentent valorisés et écou tés. Tout cela favorise l’engagement des employés, qui seront au sommet de leur productivité lorsqu’ils seront présents sur le lieu de travail, car ils apprécient l’équipe et l’organisation.

Pour retenir des membres précieux de l’équipe et maintenir un environne ment de travail sain, il faut favoriser une culture d’équipe positive et y travailler activement. La culture d’équipe peut sembler insaisissable parce qu’elle est en grande partie ancrée dans des compor tements, des mentalités et des modèles

sociaux tacites, mais c’est l’une des forces les plus puissantes du monde des affaires. Selon une étude de Harvard portant sur plus de 200 entreprises, une culture forte augmente le revenu net d’un employeur de 765 % sur 10 ans.

Gérer la culture de votre entreprise peut libérer d’énormes quantités d’énergie vers un objectif commun, permettre à vos employés de trouver un sens à leur travail et favoriser la capaci té de votre entreprise à prospérer. Sans cet effort de la part des dirigeants et des gestionnaires, nous nous retrouvons avec une culture qui se forme d’ellemême et la démission silencieuse en est le malheureux résultat. n

1. Edmondson, Amy C. Teaming: How Organizations Learn, Innovate, and Compete in the Knowledge Economy. Jossey-Bass, 2012.

2. Brown, Brené. Dare to lead: Brave work. Tough conversations. Whole hearts. New York : Random House, 2018.

3. Sinek, Simon. Start with Why: How Great Leaders Inspire Everyone to Take Action.

4. Coyle, Daniel. The Culture Code: The secrets of Highly Successful Groups.

5. The Culture Factor. Harvard Business Review. HBR.org.

6. Sinek, Simon. Leader’s Eat Last: Why some teams pull together and others don’t. Penguin 2014.

7. Heskett, James et Dr John Kotter. Corporate Culture and Performance. Harvard Business School.

8. Deloitte Development LLC (2014). Culture of Purpose – Building Business Confidence; Driving Growth: 2014 Core Beliefs & Culture Survey, 2, 10-11.

9. LRN Corporation (2012). The HOW Report – New Metrics for a New Reality: Rethinking the Source of Resiliency, Innovation, and Growth, 3, 19-20, 28.

10. O’Reilly C., et Pfeffer J. (2000). Hidden power. Boston: Harvard Business School Press.

11. Thier J. Gen Z is getting work wrong. Fortune. Publié en ligne le 26 août 2022.

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LA

Ces conditions de vie difficiles et contraignantes couplées aux rares « sorties vacances » annuelles démotivent les phar maciens à venir s’établir dans cette région qui s’étire au-delà du 55e parallèle.

Trop payant au « Sud »

La médecin de famille observe que le manque de main-d’œuvre au Nunavik est encore plus criant ces dernières années.

Et pour cause ! La pénurie de pharma ciens qui sévit partout au Québec a eu pour effet de faire gonfler les salaires. Actuellement, on offre 75 $, 80 $, voire 85 $ de l’heure, sans parler des généreuses primes, ailleurs au Québec. En effet, « il y a des primes dans des pharmacies commu nautaires en région pas si éloignée qui sont supérieures à ce qui est offert par la Régie [régionale de la santé et des services sociaux du Nunavik]. J’ai vu des primes de 25 000 $ pour trois mois de travail », indique le phar macien Justin Grenier, installé au Nunavik depuis un an et demi. Avant de s’établir dans cette région, il a travaillé pendant deux ans pour une pharmacie communau taire à Bromont.

Employé au centre de santé Tulattavik, il juge ses conditions de travail excellentes. Toutefois, il constate que des pharmaciens

peuvent en avoir des tout aussi bonnes au « Sud ». « Si la personne s’établit au Nunavik seulement pour le salaire, il faut que ce dernier soit significativement plus élevé que le salaire dans le Sud puisque ré sider au Nunavik amène son lot de sacri fices », indique le jeune pharmacien.

Celui-ci croit toutefois que ce n’est ni le salaire ni les primes alléchantes qui at tirent d’emblée les nouveaux venus, mais plutôt le désir d’aventure. Pour sa part, il a décidé de venir s’établir à Kuujjuaq pour sortir de sa zone de confort, travailler au sein d’une autre culture et profiter d’une nature sauvage unique.

Une pratique stimulante

De son côté, la Dre Nathalie Boulanger, qui a élevé ses enfants au Nunavik, estime qu’on y trouve une belle pratique de groupe comme nulle part ailleurs : « Les pharmaciens et les médecins travaillent beaucoup ensemble. Lorsque tu pars en vacances, tu n’es pas inquiet pour tes pa tients. Les médecins qui pratiquent au Sud ne peuvent pas en dire autant. De plus, tu es exposé à une autre culture et à un mode de vie très différent », explique-t-elle.

Si la pratique est stimulante, peu de pharmaciens sont prêts à ces sacrifices

pour travailler au Nunavik. Et pas seule ment les pharmaciens. La région manque cruellement d’assistants techniques en pharmacie et d’infirmières, notamment.

Dans plusieurs communautés, le manque de personnel de santé est si cri tique que les autorités de santé locales ont demandé au gouvernement d’appeler l’ar mée en renfort. Cet été, les 8000 habitants des sept villages de la côte de la baie d’Hudson ont, durant de longues pé riodes, dû se contenter de recevoir des soins d’urgence seulement. Devant cette situation, le ministre de la Santé, Christian Dubé, et le ministre des Affaires autoch tones, Ian Lafrenière, se sont rendus au Nunavik pour trouver des pistes de solu tions avec les autorités de santé locales.

« Ça n’a rien changé à court terme. Mais est-ce que ça va changer quelque chose à long terme parce qu’ils vont être plus ou verts à négocier une convention collective différente pour les régions éloignées ? On verra », lance la Dre Nathalie Boulanger.

Une chose est certaine, selon elle : les deux ministres se devaient de venir pour constater de visu l’urgence de la situation.

«

Tant que tu n’es pas venu, tu ne peux pas réellement t’imaginer comment ça se passe ici », termine-t-elle.

www.professionsante.ca octobre 2022 Profession Santé 17
n LE NUNAVIK EN CHIFFRES Revenu brut médian pour les Autochtones habitants, dont près de 90 % s’identifient comme Inuits des habitants ont moins de 30 ans communautés réparties sur les côtes de la baie d’Hudson, du détroit d’Hudson et de la baie d’Ungava soit environ le tiers de la superficie du Québec Revenu brut médian pour les non-Autochtones 25 805 $13 115 ± 62 % 4 413 592 km2 79 328 $ ACTUALITÉS

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CIBINQOMD est un nouvel inhibiteur très sélectif de la protéine JAK1 pour le traitement de la dermatite atopique modérée ou sévère.

CIBINQO est indiqué pour le traitement de la dermatite atopique modérée ou sévère réfractaire, y compris pour le soulagement du prurit, chez les patients âgés de 12 ans ou plus qui ont obtenu une réponse insatisfaisante à d’autres médicaments à action générale (p. ex., corticostéroïde ou médicament biologique) ou pour qui l’emploi de tels médicaments est déconseillé.

Veuillez consulter la monographie du produit au www.pfizer.ca/pm/fr/CIBINQO.pdf pour connaître les contre-indications, les mises en garde, les précautions, les effets indésirables, les interactions, la posologie et les conditions relatives à l’usage clinique. Vous pouvez également vous procurer la monographie en composant le 1-800-463-6001.

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Effets secondaires: Les effets secondaires possibles comprennent des nausées, des vomissements, une hémorragie post-opératoire, des maux de tête, des étourdissements, de la somnolence et un gonflement du visage. Effets indésirables de COMBOGESIC® sont similaires à ceux des ingrédients individuels et représentent une extension de leurs effets pharmacologiques. Les principaux dangers de l'ibuprofène, comme d'autres AINS, sont troubles gastro-intestinaux, y compris saignements et événements thromboemboliques. Pour l'acétaminophène, le risque majeur est l'hépatotoxicité suite à un surdosage.

L’écart salarial entre hommes et femmes bien réel au Canada

En tenant compte des facteurs

travail, les femmes médecins gagnent en moyenne

écart

Bien que les écarts de rémunération entre les sexes en médecine soient un sujet de pré occupation pour de nombreux profession nels au Canada, leur existence est loin

d’être universellement acceptée. Jusqu’à tout récemment, aucune étude couvrant tous les médecins et toutes les provinces ou portant sur les revenus plutôt que sur les gains bruts n’avait d’ailleurs été publiée.

Cela peut expliquer l’absence de considéra tion sérieuse ou de mesures correctrices de la part des associations médicales et des gou vernements lors des négociations ou des pro cessus de tarification et de rémunération.

Avec mes collègues de l’Université McMaster – Danielle O’Toole, Meredith Vanstone et Arthur Sweetman –, nous avons récemment mené une vaste étude nationale concernant tous les médecins du Canada1

Cette étude est unique non seulement par sa large couverture, mais aussi parce que nous pouvons mesurer les revenus nets des frais généraux, plutôt que les fac turations brutes qui ont été utilisées

www.professionsante.ca octobre 2022 Profession Santé 21
D.*
ACTUALITÉS MÉDECINE
sociodémographiques et de leur temps de
9 % de moins que leurs homologues masculins au Canada. Cet
est de 6,6 % environ au Québec. * L’auteur est professeur adjoint au département d’économie de l’Université McMaster, en Ontario, et fondateur et consultant principal du cabinet Perspicacity Intelligence & Analytics. > Canada Tous les médecins Canada Méd. de famille Canada Autres spécialités -16,1 -9,3 -13,7 -8,5 -14,8 -10,2 -6,7 -9,0 -20,1 -16,7 -21,6 -15,3 -13,7 -6,6 -16,1 -7,3 -23,6 -19,8 -24,4 -13,8 -13,2 -9,2 -15,2 -8,5 ÉCARTS SALARIAUX ENTRE LES HOMMES ET LES FEMMES MÉDECINS, PAR PROVINCE (%)* SANS AJUSTEMENT AJUSTÉ Source : Kralj, B. et coll. (2022). The gender earnings gap in medicine: Evidence from Canada, Health Policy, 2022. * Les pourcentages sur la carte tiennent compte de toutes les spécialités, incluant la médecine de famille. C.-B. ALB. SASK. MAN. ONT. QC T.-N.-L. N.-B. N.-É.

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Pour de plus amples renseignements : Veuillez consulter la monographie du produit à : pdf. hres.ca/dpd_pm/00061212. PDF pour obtenir d’importants renseignements sur les contreindications, les mises en garde, les précautions, les effets indésirables, les interactions, la posologie et les conditions d’utilisation clinique. Vous pouvez également vous procurer la monographie du produit en téléphonant au 1-800668-6424.

RÉFÉRENCE : Monographie de BOTOXMD, Allergan Inc., 11 mars 2021.

jusqu’ici dans toute la littérature cana dienne sur le sujet.

De plus, nous avons pu évaluer ou ajus ter l’effort de travail (heures et semaines de travail) et les caractéristiques des mé decins telles que l’âge, la situation fami liale, les enfants, la géographie, l’incor poration, etc.

Nous avons utilisé les données du re censement fédéral de 2016 que nous avons reliées aux fichiers d’imposition de l’Agence du revenu du Canada (ARC) pour estimer l’écart de rémuné ration, nette des frais généraux de pra tique, entre les femmes et les hommes médecins.

En tenant compte des facteurs socio démographiques et des heures et se maines travaillées, nous avons constaté que les femmes médecins gagnent en moyenne 9 % de moins que leurs homo logues masculins.

Le Québec se distingue

paiement autres qu’à l’acte (par capita tion, salariat, etc.) et dans les structures internes de fixation des honoraires.

En outre, les provinces qui déploient des efforts accrus pour traiter la problé matique peuvent réduire indirectement les écarts de rémunération entre les sexes. Sur la base de nos recherches et d’autres, nous considérons que l’amélio ration des processus d’établissement des tarifs et des honoraires est la clé pour combler l’écart salarial entre les sexes et atteindre l’équité salariale.

Certaines juridictions, comme la Colombie-Britannique et l’Ontario, ont prévu des montants spécifiques pour s’attaquer à la « variabilité », c’est-à-dire aux inégalités salariales entre les spécia lités. Ces montants devraient être élar gis pour inclure des fonds destinés à éli miner les inégalités entre les sexes.

Toutes les marques de commerce mentionnées appartiennent à leurs propriétaires respectifs.

ALLERGANMD et son identité graphique sont des marques de commerce d’Allergan Inc. © 2022, AbbVie. Tous droits réservés.

À l’échelle nationale, l’écart ajusté est lé gèrement plus important parmi les spé cialistes (10,2 %) que chez les médecins de famille (8,5 %). Ces estimations des écarts de rémunération moyens masquent d’im portantes différences dans la répartition des gains. Les femmes exerçant la méde cine au Canada gagnent moins que les hommes en tous points, mais l’écart se creuse considérablement parmi les hauts revenus. Cela peut indiquer une sous-re présentation des femmes médecins dans les postes de direction.

La figure à la page 21 illustre la varia tion de l’écart salarial entre les sexes, non ajusté et ajusté, entre les provinces. Le Manitoba présente le plus grand écart de revenu net moyen ajusté entre les sexes, soit 19,8 %. Le Québec a le plus petit écart, soit 6,6 %. En Ontario, contrairement à ce qui se passe à l’échelle nationale, l’écart de revenu des médecins de famille est plus important que celui des spécialistes. Cette constatation est conforme à une étude récente qui était fondée sur la facturation brute2

Nous supposons que la variation de l’écart salarial ajusté entre les sexes d’une province à l’autre peut être due à des dif férences dans le montant et les modes de

Au-delà de l’enveloppe globale consa crée à la lutte contre les écarts de rému nération entre les sexes, il est nécessaire de procéder à une analyse microécono mique complète, fondée sur des données probantes, des structures d’attribution des honoraires et des frais, afin d’identi fier, de quantifier et d’éliminer les inéga lités salariales entre les sexes au niveau des services individuels. Actuellement, ces structures ont tendance à se fonder sur des analyses de données anecdo tiques et peu rigoureuses.

Dans le même temps, l’abandon du paiement à l’acte au profit d’un paie ment non à l’acte, tel que la capitation pour les médecins de famille, contri buerait probablement à réduire l’écart de rémunération entre les sexes.

En conclusion, l’écart salarial entre les hommes et les femmes dans le système médical public et privé au Canada est réel et omniprésent. Il est significatif d’un point de vue statistique et poli tique, tant au niveau national que pro vincial. n

1. Kralj B, O’Toole D, Vanstone M, et Sweetman A. The Gender Earnings Gap in Medicine: Evidence from Canada. Health Policy, octobre 2022.

2. Steffler M, Chami N, Hill S, et coll. Disparities in Physician Compensation by Gender in Ontario, Canada. JAMA Network Open, septembre 2021.

www.professionsante.ca octobre 2022 Profession Santé 23 ACTUALITÉS
CA-BCM-220004F - mars 2022

PRECISION

DE L’ACNÉ.

Le premier rétinoïde topique indiqué pour le traitement de l’acné du visage et du tronc1-3.

• La molécule de trifarotène se lie précisément au RAR le plus pertinent dans l’acné (RAR-ɣ)1

• En ce qui a trait à l’acné du visage, les patients peuvent constater des résultats significatifs en quatre semaines3

• Les patients ont signalé des améliorations substantielles sur le plan de la confiance en soi, de la vie sociale et du bien-être émotionnel4 grâce à une atténuation de leur acné

AKLIEF.ca

Indication et usage clinique :

AKLIEF® (crème de trifarotène 50 mcg/g) est indiqué pour le traitement topique de l’acné vulgaire sur le visage et/ou le tronc chez les patients de 12 ans et plus.

L’innocuité et l’efficacité chez les patients âgés (≥ 65 ans) n’ont pas été établies.

Contre-indications :

• Eczéma ou dermatite séborrhéique

• Femmes enceintes ou planifiant une grossesse

Mises en garde et précautions les plus importantes :

• Destiné à l’usage externe seulement. Ne pas utiliser dans les yeux.

• Femmes enceintes ou planifiant une grossesse :

On a signalé de rares cas d’anomalies congénitales associées à l’utilisation des rétinoïdes topiques pendant la grossesse.

Les femmes en âge de procréer doivent être informées des risques potentiels et utiliser des moyens contraceptifs efficaces

Autres mises en garde et précautions pertinentes :

• Cesser d’utiliser si des réactions d’allergie/ hypersensibilité se produisent

• Éviter tout contact avec les yeux, les lèvres, les angles du nez, les muqueuses, les écorchures, les plaies ouvertes, les coupures, les zones eczémateuses et les coups de soleil

• Éviter d’utiliser d’autres médicaments dermatologiques et produits topiques potentiellement irritants et fortement asséchants, ainsi que des produits contenant une forte concentration d’alcool, d’astringents, d’épices ou de lime

• Utiliser des cosmétiques non comédogènes

• La région traitée ne doit pas être recouverte de pansements ni de bandages

• Les conditions météorologiques extrêmes, comme le vent ou le froid, peuvent exacerber l’irritation

• Il faut éviter l’exposition excessive au soleil, lampes solaires comprises. On recommande d’utiliser un écran solaire efficace et de porter des vêtements protecteurs

• Certains signes et symptômes cutanés peuvent apparaître avec l’application du produit

• Ne pas utiliser l’électrolyse, les « cires » ni les dépilatoires chimiques

• Prudence lors de la prise concomitante de médicaments photosensibilisants

• Éviter d’utiliser sur la poitrine pendant l’allaitement

Pour de plus amples renseignements : Veuillez consulter la monographie d’AKLIEF® à https://pdf.hres.ca/dpd_pm/00054310.PDF pour obtenir de l’information importante sur les éléments qui ne sont pas abordés dans le présent document, notamment les effets indésirables, les interactions et la posologie.

Vous pouvez également obtenir la monographie de produit en nous appelant au 1 800 467-2081.

Références : 1. Monographie d’AKLIEF®, Galderma Canada Inc., 25 novembre 2019. 2. Aubert J, et al. Nonclinical and human pharmacology of the potent and selective topical retinoic acid receptor-γ agonist trifarotene. Br J Dermatol. 2018;179(2):442-456. 3. Tan J, et al. Randomized phase 3 evaluation of trifarotene 50 μg/g cream treatment of moderate facial and truncal acne. J Am Acad Dermatol. 2019;80(6):1691-1699. 4. Blume-Peytavi U, et al. Long-term safety and efficacy of trifarotene 50 μg/g cream, a first-in-class RAR-γ selective topical retinoid, in patients with moderate facial and truncal acne. J Eur Acad Dermatol Venereol. 2021;34(1):166-173. RAR-ɣ : récepteur de l’acide rétinoïque gamma. AKLIEF® est une marque déposée de Galderma Canada Inc. Galderma Canada Inc. Thornhill (Ontario) CA-AFC-2200007
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PLACE AUX LAURÉATS

Les Prix Profession Santé ont pour mission de faire rayonner les valeurs de travail d’équipe et de communication incarnées par des professionnels de la santé, alors même que de récentes législations

de plus en plus l’élargissement des pratiques. Voici les professionnels de la santé qui incarnent le mieux ces valeurs cette année, selon notre jury interprofessionnel.

www.professionsante.ca octobre 2022 Profession Santé 27
2022
favorisent
Jeannot Dumaresq médecin Suzanne Atkinson pharmacienne Geneviève Goulet infirmière Gabrielle Gagnon médecin Caroline Sirois pharmacienne Tamara Vixama infirmière ÉQUIPE INTERPROFESSIONNELLE COMMUNAUTAIRE Clinique GAMF Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal ÉQUIPE INTERPROFESSIONNELLE HOSPITALIÈRE Tout doux CHU Sainte-Justine William Boudreau pharmacien LouisBénédict Landry médecin VOCATION SOCIALE Bernard Gélinas médecin 28 30 32 42 34 36 38 40 PRATIQUE NOVATRICE PARTAGE DES CONNAISSANCES PRIX DE L’ÉQUIPE ÉDITORIALE Fabienne Djandji médecin À DÉCOUVRIR DANS NOTRE PARUTION DE NOVEMBRE ÉTUDIANTS/RÉSIDENTS

INNOVER EST SA SECONDE NATURE

Conscient de la réticence de la population à se faire dépister pour la COVID-19 par écouvillonnage, le Dr Jeannot Dumaresq s’est donné pour mission de mettre au point un test moins invasif.

C’est ainsi qu’est né le test de dépistage par gargarisme qui a connu un vif succès dans la province.

Microbiologiste-infectiologue à l’Hôtel-Dieu de Lévis au Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de Chaudière-Appalaches, Jeannot Dumaresq se considère chan ceux d’exercer un travail qu’il adore. Il attribue par ailleurs son désir constant d’innover et sa curiosité scientifique à cette passion qui l’allume chaque jour.

« Lorsque je vois un problème devant moi dans le cadre de ma pratique, je ressens le besoin professionnel de trouver des solutions », affirme le Dr Dumaresq.

Ainsi, lors de la première année de la pandémie, quand le Dr Dumaresq a été témoin d’enfants en pleurs refusant de se faire dépister par écouvillonnage ou encore de collègues soi gnants tannés de se faire tester de cette façon chaque semaine, il a senti qu’il devait faire quelque chose.

« On sentait que les gens n’appréciaient pas du tout d’avoir l’impression de se faire “ramoner le cerveau” et qu’ils allaient se faire dépister à reculons », illustre-t-il.

Il a commencé à discuter avec des collègues infectiologues afin de trouver des solutions de rechange à ce test de dépistage déjà bien établi partout dans la province. L’objectif ? Trouver un test efficace qui faciliterait l’acceptabilité des gens, et ce, dans un contexte de pénurie d’équipement médical.

Ils ont consulté des études préliminaires réalisées sur les tests par gargarisme, dont une en Colombie-Britannique qui utilisait de l’eau saline. « Nous voulions toutefois vraiment nous éloigner le plus possible de la nécessité d’utiliser des fournitures médi cales comme l’aurait nécessité l’eau saline », précise le Dr Dumaresq.

Alors, il s’est dit qu’un gargarisme par eau de source naturelle pourrait potentiellement fonctionner et il a commencé à tester la méthode au laboratoire, bien souvent sur son temps personnel.

Après des résultats concluants dans une étude réalisée sur environ 1000 patients, le Dr Dumaresq et son équipe ont déployé le test dans la région de Chaudière-Appalaches en novembre 2020.

Un engouement pour cette nouvelle option de dépistage s’est rapidement fait sentir. « Dans les deux premières semaines, des patients faisaient la route de Trois-Rivières juste pour pou voir se faire tester ici et éviter le dépistage par écouvillon », explique l’infectiologue.

Ayant obtenu l’aval du ministère de la Santé et des Services sociaux, le test a été déployé dans l’ensemble des régions de la province où il est aussi devenu très populaire.

« Si on met à la disposition des gens un test plus agréable, ceux-ci seront plus portés à se faire dépister, ce qui est crucial en pleine pandémie. Plus on teste de personnes, plus on peut attraper de cas », souligne le Dr Dumaresq.

En plus d’être aussi efficace que les tests de dépistage par écouvillon, le test par gargarisme est également plus économique. Selon la Dre Hélène Marchand, chef du service de médecine interne de l’Hôtel-Dieu de Lévis qui a soumis la candidature du Dr Dumaresq aux Prix Profession Santé, le test a permis d’économiser au moins 150 000 $ depuis son lancement.

Par ailleurs, les centres de dépistage ont privilégié l’utilisation d’eau de source naturelle québécoise pour le gargarisme afin d’encourager l’économie locale en pleine pandémie.

Innover ne signifie pas nécessairement inventer quelque chose à partir de zéro, rappelle le Dr Dumaresq. Parfois, il suffit de s’inspirer de ce qui se fait ailleurs et de l’adapter à sa réalité.

Si ce désir d’innover est comme une seconde nature pour lui, le médecin est convaincu qu’il y arrive grâce à l’implication de ses collègues qu’il qualifie « d’extraordinaires ». n

28 Profession Santé octobre 2022 www.professionsante.ca
JUSTINE MONTMINY
PHOTO FRANCIS VACHON
PRATIQUE NOVATRICE Jeannot Dumaresq médecin www.professionsante.ca octobre 2022 Profession Santé 29

UNE PHARMACIENNE

QUI « DÉMÉNAGE »

Pendant quatre ans, Suzanne Atkinson a piloté avec brio l’aménagement du nouveau département de pharmacie du CHU Sainte-Justine, une infrastructure aujourd’hui à la fine pointe de la pratique pharmaceutique mère-enfant.

« Nous essayions de grossir de l’intérieur, mais nous manquions d’espace », se rappelle la lauréate du Prix Profession Santé dans la catégorie Pratique novatrice.

Lorsqu’un nouveau pavillon a ouvert ses portes en 2016, l’ambitieux projet de déménagement du département de pharmacie s’est mis en branle. Suzanne Atkinson s’est occupée de coordonner ce projet tout en continuant d’assumer ses fonctions de chef adjointe aux services pharmaceutiques. « J’ai eu un cours accéléré en architecture et en code du bâtiment ! Nous devions penser à l’aménagement physique des lieux et à la sécurité dans le circuit du médicament. Il devait y avoir un flux logique : de la réception des stocks, aux étapes de fabrica tion et ensuite aux produits emballés prêts à servir aux pa tients », raconte-t-elle.

Pour mener à terme l’aménagement du département, évalué à 15 millions de dollars, la pharmacienne était entourée no tamment d’une chargée de projet, d’architectes et d’une équipe technique. Impliquée dans chaque étape de cette am bitieuse entreprise, Suzanne Atkinson a beaucoup aimé ap prendre des différents professionnels et collaborer avec eux.

« Ç’a été une belle réussite. Finalement, nous sommes vrai ment contents des aménagements qui sont à la fois fonction nels, ergonomiques et esthétiques », souligne-t-elle.

De plus, le déménagement s’est passé sans heurt et les acti vités pharmaceutiques ont été entièrement maintenues durant tout le processus.

Depuis février dernier, une équipe de 120 personnes, dont 40 pharmaciens et 50 assistants techniques, travaillent donc dans les nouveaux locaux.

Suzanne Atkinson veut maintenant documenter les diffé rentes étapes de ce projet pour aider les gestionnaires d’hôpi taux qui souhaitent se lancer dans pareil chantier. « Il y a peu de documentation sur la façon de bien aménager une phar macie d’établissement au Québec. Il n’y a pas de recomman dations, donc nous voulons partager nos conseils avec nos col lègues afin de les aider. »

L’attachement de Suzanne Atkinson pour le CHU SainteJustine date du début de sa carrière, en 2003. Par amour des enfants et de la pédiatrie, elle savait dès ses études qu’elle vou lait travailler dans cet hôpital qui l’impressionnait beaucoup à l’époque. « C’est un hôpital où l’on se sent fier de travailler. Les employés s’investissent pour les soins aux enfants. Cela se ressent. C’est vraiment un milieu de travail stimulant », souligne la chef adjointe aux services pharmaceutiques.

Comme pharmacienne gestionnaire, Suzanne Atkinson a contribué à doter le CHU Sainte-Justine d’un circuit du médica ment exemplaire à l’échelle du réseau de la santé. Elle a no tamment coordonné de nombreuses initiatives visant à mini miser les risques, assuré un lien étroit avec l’équipe soignante afin de garantir des pratiques sécuritaires et mis en place de nombreux audits de pratique en collaboration avec des méde cins et des infirmières.

Si elle est fière d’y travailler, gageons que ses collègues ont également ce même sentiment pour ce qu’elle a accompli.

« C’est une femme de cœur, qui est là pour les bonnes rai sons et qui démontre toute l’essence de ce qu’un pharmacien apporte aux soins mère-enfant au sein de notre établissement et du réseau de la santé québécois », témoigne Jean-François Bussières, l’ex-chef du département de pharmacie du CHU Sainte-Justine qui a pris sa retraite cet été.

« Non seulement Suzanne est une pharmacienne d’exception dévouée à la prestation de services pharmaceutiques d’excel lence, mais elle sait de quoi elle parle, ayant elle-même prodi gué des soins pharmaceutiques durant la première décennie de sa carrière », poursuit-il. n

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MATHIEU STE-MARIE
PHOTO PIERRE LONGTIN
PRATIQUE NOVATRICE Suzanne
Atkinson pharmacienne
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TISSEUSE DE LIENS

Plus jeune, Geneviève Goulet se voyait avocate. Elle est finalement devenue infirmière. Soignante au début de sa carrière, elle a évolué vers des postes de gestionnaire.

Elle vient de mettre sur pied un service d’assistance aux patients, qui bénéficie tant à ces derniers qu’aux médecins. Une réalisation saluée par le jury des Prix Profession Santé dans la catégorie Pratique novatrice.

Geneviève Goulet a grandi dans le quartier Côte-des-Neiges, à Montréal, au sein d’un milieu constitué en majorité de médecins et de juristes. « Dans ma tête, c’était évident, je serais avocate. Le droit cadrait bien avec une partie de ma personnalité, j’aime la justice, l’égalité », explique-t-elle en avouant qu’elle était alors « très dédaigneuse » des métiers de la santé. Pas en raison de la profession de sa mère – infirmière –, mais parce qu’elle avait « peur des prises de sang et des liquides biologiques ».

La future procureure s’inscrit donc au baccalauréat en droit pour se rendre compte, à la fin de sa première année, que son « amour était théorique. En pratique, j’ai détesté ça. » Désemparée, elle consulte un conseiller d’orientation et passe plusieurs tests. « Tout pointait vers la santé, notamment infirmière. » Elle décide dès lors de s’engager à fond dans cette nouvelle voie.

Étudiante brillante – « j’étais motivée à réussir » –, Geneviève Goulet se distingue en 2006 lors de l’examen de l’Ordre des infirmières et des infirmiers du Québec : elle se classe sixième sur 2428 candidats. Elle obtient aussitôt un poste en pédiatrie à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont où elle va ensuite travailler aux soins intensifs pédiatriques et à la salle d’accouchement. Après la naissance de ses deux filles, elle se dirige vers la première ligne où elle exerce en pharmacie communautaire et en clinique de vaccination.

Après une décennie à soigner et son emploi venant d’être aboli, l’infirmière va devenir gestionnaire, sans expérience en la matière. « J’ai été recrutée par la direction d’une résidence pour personnes âgées qui m’a fait confiance pour bâtir puis diriger une unité de soins dédiée aux résidents non autonomes », raconte-t-elle. Un défi qu’elle va relever quatre ans durant, en découvrant le rôle d’infirmière de liaison. « J’y ai vu une belle évolution de carrière. »

Pour des raisons personnelles et professionnelles, Geneviève Goulet postule ensuite à la Clinique médicale Angus, un GMF-R dans le quartier Rosemont qui cherchait à l’été 2020 une infirmière de liaison. Recalée – « Ils m’ont dit que j’allais m’ennuyer » –, la trentenaire se voit plutôt proposer un autre

défi : gérer le déménagement de la clinique où travaillent plus de 100 professionnels de la santé.

D’abord hésitante, elle finit par accepter. Minutieuse et organisée, Geneviève Goulet va assurer la continuité des soins aux patients tout au long du déménagement. Un fait d’armes qui lui vaut une promotion. Tootelo Innovation, qui a racheté entre-temps la clinique Angus, la nomme directrice de l’équipe de liaison au Service assistants-patients. Sa nouvelle mission : développer ce service novateur et le déployer dans les deux autres GMF-R montréalais du groupe.

« Notre rôle est double, indique Geneviève Goulet. On offre aux patients un accompagnement personnalisé pour les orienter vers les bons corridors de services, dans les meilleurs délais. Et on appuie les médecins dans l’obtention de résultats d’examens et de rapports de consultation, les suivis, les demandes de soins externes et beaucoup plus. »

Dès qu’une consultation s’achève, l’équipe de liaison prend en charge les requêtes du médecin. « À force, on sait quel hôpital fait quel examen et avec quels critères. » Une connaissance qui permet aux sept infirmières du service de trouver, par exemple, un rendez-vous dans la journée pour un scanner urgent. « On est aussi au courant des case-load des spécialistes des cliniques du groupe, donc on peut attribuer rapidement des rendez-vous aux gens. »

Souvent découragés par les arcanes du réseau de la santé, les patients plébiscitent le service offert par l’équipe de Geneviève Goulet. « Ils ont quelqu’un à qui parler, qui les écoute, les conseille et les rassure », explique l’infirmière en soulignant que les cliniciens en redemandent aussi, car ils sont délestés de tâches administratives qui grugent habituellement leur pratique.

Résultat, les sept infirmières du Service assistants-patients gèrent aujourd’hui 200 à 250 tâches, suivis et appels par jour. Des chiffres appelés à croître, étant donné la satisfaction des clients et de leurs médecins. n

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PHOTO PIERRE LONGTIN

Geneviève Goulet

PRATIQUE NOVATRICE
infirmière www.professionsante.ca octobre 2022 Profession Santé 33

LA DÉTERMINATION A UN NOM : GABRIELLE GAGNON

Rimouskoise d’adoption, la Dre Gabrielle Gagnon s’est battue ces dernières années pour doter sa ville d’un doctorat en médecine. Aujourd’hui, c’est mission accomplie pour l’hémato-oncologue : la première cohorte d’élèves a amorcé ses cours cet automne grâce à un partenariat entre l’Université Laval et l’Université du Québec à Rimouski.

MATHIEU STE-MARIE

La Dre Gagnon n’est pas le genre de personne à baisser les bras. En 2017, lorsqu’elle apprend que le projet d’un doctorat en mé decine à Rimouski est abandonné au profit d’un projet similaire à Lévis, elle décide de prendre les choses en main. En moins de 72 heures, elle écrit une lettre réclamant l’implantation d’un doctorat en médecine dans le Bas-Saint-Laurent et la fait signer par 80 médecins de Rimouski, de Matane, d’Amqui et de la Gaspésie. « Les médecins savent que lorsqu’il y a une faculté qui se décentralise en région comme cela a été le cas pour Rimouski, Trois-Rivières et Gatineau, nous attirons plus de mé decins et nous diminuons le roulement de personnel. Au final, nous améliorons la qualité des soins aux patients », souligne la Dre Gagnon.

La lettre, d’abord envoyée au conseil d’administration de l’Hôpital régional de Rimouski, recueille par la suite des cen taines de signatures de médecins, mais aussi d’infirmières, d’inhalothérapeutes et d’employés de soutien. Le projet reçoit également l’appui du député de la circonscription de Rimouski, Harold LeBel. Une conférence de presse réunissant des méde cins et des élus est organisée, générant ainsi une importante couverture médiatique.

La persévérance de Gabrielle Gagnon porte ses fruits : le 17 mai 2019, on annonce la construction du pavillon de méde cine à Rimouski qui sera rattaché à l’Université Laval.

Plus de trois ans plus tard, l’édifice, construit au coût de 27 M$, accueille 18 étudiants. « Ce nouveau pavillon va créer de l’em ploi et amener une vitalité dans la ville », se réjouit la médecin spécialiste et vice-doyenne adjointe du site de formation de Rimouski depuis janvier dernier.

Celle-ci souhaite que ces nouveaux étudiants tombent sous le charme de la région, comme elle il y a près de deux décennies, et y fassent leur carrière. « J’étais venue à Rimouski faire un stage et j’avais bien aimé l’endroit, se souvient la Dre Gagnon, qui habitait à Montréal, à l’époque. Mon conjoint n’en pouvait plus de la ville, nous avons donc décidé de déménager en région. »

Le choix s’est arrêté naturellement sur Rimouski. Cela fait 17 ans, et la médecin, aussi mère de quatre enfants, ne regrette pas sa décision. « C’est possible d’avoir une vie épanouissante ici », affirme-t-elle. L’absence de trafic est aussi bienvenue : cinq minutes après avoir quitté l’hôpital, elle est chez elle.

En plus d’attirer les étudiants, ce nouveau pavillon va attirer des médecins qui veulent travailler en milieu universitaire. D’ailleurs, quatre gastro-entérologues et un gériatre pour qui enseigner dans un milieu de pratique était une priorité sont déjà venus s’établir à Rimouski.

Autre avantage incontestable : la présence du pavillon d’en seignement permettra d’obtenir des subventions pour l’achat d’équipements à la fine pointe de la technologie.

Si le Bas-Saint-Laurent est encore l’une des régions du Québec où la pénurie de médecins et le taux de roulement sont les plus élevés, la situation pourrait changer dans les années à venir. Et ce sera, en partie, grâce à Gabrielle Gagnon. n

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PHOTO FRANCIS VACHON
PARTAGE DES CONNAISSANCES Gabrielle Gagnon médecin www.professionsante.ca octobre 2022 Profession Santé 35

UNE PHARMACIENNE QUI DONNE AUTANT QU’ELLE REÇOIT

Pharmacienne communautaire puis d’établissement au début de sa carrière, Caroline Sirois s’est très vite tournée vers l’enseignement. Elle est aujourd’hui professeure titulaire à la Faculté de pharmacie de l’Université Laval. Ses étudiants vantent notamment sa pédagogie rigoureuse empreinte d’humilité.

Caroline Sirois a d’abord cru à une erreur quand on lui a an noncé qu’elle était lauréate du Prix Profession Santé dans la catégorie Partage des connaissances. Et ce n’est pas de la fausse modestie. La pharmacienne a déjà remporté cette récompense en 2015, alors qu’elle était professeure agrégée au Département des sciences infirmières de l’UQAR, sur le campus de Lévis, où elle enseignait la biostatistique, la psychopharmacologie et l’épidémiologie.

Depuis, elle est devenue professeure agrégée au Département de médecine sociale et préventive de la Faculté de médecine de l’Université Laval (UL). Une fonction qu’elle a occupée durant quatre ans, avant que la Faculté de pharmacie de l’UL ne lui propose, en 2020, un poste de professeure titu laire en santé des populations. « Je n’ai pas cherché à quitter la fac de médecine ni l’UQAR d’ailleurs. C’est eux qui m’ont ap prochée et ça répondait à mon profil », explique l’intéressée qui n’a pas hésité bien longtemps.

« Ce n’était pas mon but », précise cependant la quadragé naire originaire de la Matapédia. Plutôt « une voie logique » pour l’enseignante-chercheuse qui s’était toujours dit que « ce serait plus facile si [j’étais] en pharmacie pour [mes] travaux » qui portent sur la polypharmacie, la déprescription et l’usage approprié des médicaments chez les aînés.

Experte de renommée internationale sur ces questions, Caroline Sirois a entre autres collaboré avec l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) au développement de la surveillance de la polymédication parmi la population québé coise. Elle a aussi contribué à la création du Réseau canadien pour la déprescription et, ces dernières années, elle a été l’au teure principale d’une vingtaine d’articles scientifiques, dont trois ont reçu le Prix Quintiles IMS de « meilleur article rédigé par un pharmacien sur l’usage approprié de médicaments ».

« C’est un thème hyper intéressant, avec lequel on a un fort impact potentiel. Il y a plein de principes qu’on applique aux

aînés, mais qui peuvent être appliqués dans d’autres domaines de la santé », indique la pharmacoépidémiologiste férue de mathématiques et de statistiques. « Ça reste très complexe, ça fait appel à beaucoup de méthodologie, et plus on en fait, plus on en découvre ! » s’enthousiasme Caroline Sirois qui considère que sa recherche et son enseignement forment des vases communicants.

« L’un alimente l’autre et inversement. Il y a des choses qui nous apparaissent évidentes, mais revoir un concept de base en cours peut faire surgir une idée nouvelle, une perspective différente », observe la professeure.

Ses étudiants en sont conscients. La dizaine d’entre eux qui ont présenté et soutenu sa candidature aux Prix Profession Santé retiennent le mot rigueur pour la décrire. « Rigueur dans la qualité des données probantes produites et rigueur dans le soin de partager les connaissances acquises dans le cadre de ses travaux de recherche », écrivent-ils en soulignant que « Caroline n’impose pas cette rigueur à qui que ce soit. Elle la démontre en douceur par son écoute et par la minutie avec la quelle elle prend soin de son entourage. C’est une pédagogue hors pair. »

Ces mots ont touché Caroline Sirois qui, derrière ses lunettes, était visiblement émue lorsque nous les lui avons rapportés.

« Je fais souvent le lapsus d’appeler les étudiants “mes enfants”. Je ne fais pas que leur enseigner. J’aime apprendre à les connaître, découvrir qui ils sont, ce qu’ils pensent. Ils de viennent ainsi ma famille élargie. » n

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GEOFFREY DIRAT
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PARTAGE DES CONNAISSANCES Caroline Sirois pharmacienne www.professionsante.ca octobre 2022 Profession Santé 37

POUR L’AMOUR DES SOINS GÉRIATRIQUES

Elle savait déjà, lors de ses études, qu’elle exercerait sa profession d’infirmière clinicienne auprès de la population gériatrique. C’est toutefois en commençant sa carrière que Tamara Vixama s’est découvert une passion pour le transfert des connaissances dans le but d’améliorer le bien-être des patients et la qualité des soins prodigués.

JUSTINE MONTMINY

Alors qu’elle était encore étudiante en soins infirmiers, Tamara Vixama avait fait une promesse à sa grand-mère dont elle était très proche : lorsqu’elle aurait terminé ses études, elles habiteraient ensemble et elle prendrait soin d’elle au quotidien. Malheureusement, sa grand-mère est décédée avant qu’elle n’obtienne son diplôme de l’Université de Montréal en 2008. Tamara Vixama n’a toutefois jamais oublié son engagement envers elle.

« Grâce à l’affection que j’ai toujours eue pour ma grandmère, j’ai développé un attachement pour les personnes âgées et je réalise aujourd’hui que ça a grandement influencé ma pratique. La voie s’est tracée naturellement et j’ai toujours su que je travaillerais en gériatrie », explique Tamara Vixama.

L’année suivante, elle a décroché un poste à l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal (IUGM) et, depuis 2016, elle y exerce comme infirmière clinicienne assistante du sup érieur immé diat à l’unité de réadaptation fonctionnelle intensive.

L’obtention de ce nouveau poste a coïncidé avec le début de la réforme Barrette et la création des CIUSSS et des CISSS. « Les ressources dans les milieux ont été partagées à plus grande échelle. À l’IUGM, l’accès à certaines ressources est ainsi devenu plus difficile », explique l’infirmière.

En voyant en particulier les grands besoins en soins de plaie au sein de son unité et de son établissement, Tamara Vixama a choisi de se spécialiser dans ce domaine. « Mes collègues sur les autres unités prenaient des photos de certaines plaies complexes pour me les montrer s’ils avaient des questions ou je me déplaçais sur leur unité pour pouvoir les coacher et les aider dans le processus d’apprentissage », partage-t-elle.

Dès lors, l’infirmière a découvert une réelle passion pour le transfert de connaissances et a continué de vouloir former et aider ses collègues. « Pour moi, le partage de connaissances, c’est de permettre aux gens d’avoir les outils nécessaires pour mieux accomplir leur travail et pour qu’ils développent leur plein potentiel », affirme-t-elle.

Son implication et sa passion sont grandement appréciées de ses collègues. « Elle est un modèle de rôle pour les infirmières en réadaptation et pour l’é quipe interdisciplinaire et, on dirait qu’elle porte la flamme des soins infirmiers autant que Florence Nightingale l’avait porté e auparavant », affirme Rinda Hartner, infirmière et chef d’administration de programme URFI (unité de réadaptation fonctionnelle intensive) de l’IUGM, qui a déposé sa candidature aux Prix Profession Santé.

Tamara Vixama explique que le partage de connaissances est pour elle une vocation et qu’elle le fait par sentiment de devoir, car elle se souvient que les débuts de carrière peuvent parfois être difficiles. « Lorsque j’ai commencé ma pratique, j’ai appris beaucoup des autres. Je sens que c’est ma responsabilité de le faire à mon tour. La roue doit continuer à tourner », affirme l’infirmière.

Elle est elle-même de retour sur les bancs d’école puisqu’elle complète une maîtrise en administration des services de santé à l’École nationale d’administration publique de l’Université de Montréal. Son objectif ? Trouver une façon d’optimiser le transfert des connaissances dans les équipes de soins dans le contexte actuel de pénurie de personnel qui afflige le réseau de la santé. n

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PHOTO PIERRE LONGTIN

Vixama

PARTAGE DES CONNAISSANCES Tamara
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DES INFIRMIÈRES AU SERVICE DES PATIENTS ORPHELINS

Dans le territoire desservi par le CIUSSS Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal, 37 % des résidents n’ont pas de médecin de famille. Une aberration pour la gestionnaire Marie-Christine Gras, qui a décidé de monter une clinique infirmière responsable des soins et de la prévention auprès des patients orphelins.

Située dans une roulotte en face de l’Hôpital général juif de Montréal, la Clinique GAMF (Guichet d’accès à un médecin de famille) a vu pas moins de 1500 patients depuis son lancement à l’automne 2021. L’équipe comprend notamment des infirmières praticiennes spécialisées, des infirmières cliniciennes et des infir mières auxiliaires. La mission de la clinique, l’une des premières au Québec gérées uniquement par des infirmières, est d’agir en prévention primaire auprès des patients de 50 à 75 ans inscrits au GAMF.

Pour mener à bien leur mandat, les membres de l’équipe contactent en premier lieu les usagers inscrits sur la liste d’at tente afin de leur proposer une consultation. Ces derniers font ensuite l’objet d’une évaluation par l’équipe de soins infirmiers.

À l’aide notamment de protocoles et d’ordonnances collec tives, les infirmières dépistent des pathologies telles que le dia bète, la dyslipidémie, l’hypertension artérielle, l’ostéoporose, le cancer du côlon, le cancer de l’utérus, la dépression et l’anxiété. Si une maladie est détectée, l’infirmière offre un rendez-vous au patient avec une IPS. Celle-ci poursuit l’investigation, pose un diagnostic et prescrit des médicaments ou des traitements médicaux, au besoin. Quand cela est nécessaire, elle adresse le patient au bon professionnel.

« L’hypothèse, lorsque nous avons mis sur pied la clinique, était qu’il y avait plusieurs clients [du guichet] de 50 ou 60 ans qui ne savent pas qu’ils sont diabétiques ou qu’ils ont un pro blème de tension artérielle. Notre hypothèse s’est rapidement confirmée », observe Marie-Christine Gras, infirmière prati cienne et initiatrice de la Clinique GAMF. En effet, neuf patients sur dix qui ont été dépistés avaient un résultat anormal.

En plus du volet de prévention primaire, les infirmières accueillent une clientèle de 18 à 50 ans souffrant de maladies chroniques. Les IPS effectuent une prise en charge à court terme et stabilisent l’état de santé de ces patients. Cette pré vention secondaire et tertiaire permet d’éviter les complica tions à long terme ou des visites à l’urgence.

« Les professionnelles aiment beaucoup travailler ici puisqu’elles peuvent exercer leur plein potentiel et aller au maximum de leur pratique. Je reçois plusieurs curriculum vitæ d’infirmières qui veulent intégrer l’équipe. Nous sommes autonomes, mais nous ne sommes pas séparées du réseau, nuance toutefois Marie-Christine Gras. Nous transmettons plusieurs cas aux cliniques médicales.

»

Des clients sont dirigés, entre autres, vers des médecins, des psychologues, des travailleurs sociaux et des nutritionnistes, alors que des pharmaciens assurent le suivi de la pharmacothérapie.

« Nous avons observé que la clientèle orpheline ne sait pas où aller chercher les services de santé. Le but est de combler un manque dans le réseau », affirme l’instigatrice du projet.

La Clinique GAMF se développera encore davantage au courant des prochains mois, notamment avec l’embauche d’un physiothé rapeute. « Des physios au public, il n’y en a pas beaucoup. Pourtant, des patients avec des problèmes musculosquelettiques à l’urgence, il y en a énormément. Si je n’envoie plus de cas mus culosquelettiques aux médecins, ceux-ci vont avoir plus de temps pour s’occuper d’autres patients. »

Comme le projet est devenu permanent, la Clinique quittera bientôt sa roulotte, qui était auparavant utilisée comme cli nique d’évaluation durant la pandémie, pour un autre lieu qui n’a pas encore été dévoilé.

Ce qui est sûr, c'est que les infirmières de la Clinique GAMF ne sont pas près de manquer de travail. Environ 32 000 patients or phelins figurent sur la liste d’attente de la clinique et 1000 patients s’ajoutent chaque mois.

Lorsqu’ils auront un rendez-vous à la clinique, ces patients sans médecin de famille constateront toute l’étendue des acti vités que peuvent réaliser les infirmières. Surtout, ils prendront rapidement conscience que le médecin n’est désormais plus la seule porte d’entrée dans le réseau. n

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MATHIEU STE-MARIE
PHOTO PIERRE LONGTIN

Clinique GAMF

Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Ouestde-l’Île-de-Montréal

De gauche à droite (personnes assises) : Susan Buddo, Nadia Doiron, Emmanuelle Catanèse, Michel Godin, Camille Labrie, Lorele Banno, Marie-Christine Gras et Keryn Chemtob.

De gauche à droite (personnes debout) : Angélique Umutési, Diana Dima, Irina Blumer, Mianda Kanyinda Kinkela, Megan Lopes, Sam Sachakma Pov, Cleo Zifkin, Mohammed El Khamlichi, Anna Li et Fatma Zohra Habous.

ÉQUIPE INTERPROFESSIONNELLE COMMUNAUTAIRE
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SOIGNER SANS COMPTER

Omnipraticienne, la Dre Fabienne Djandji a sciemment choisi d’exercer sa profession auprès des populations vulnérables du comté de Huntingdon, dans le Haut-Saint-Laurent.

Son dévouement a touché la rédaction de Profession Santé qui a décidé de lui remettre le Prix de l’équipe éditoriale.

À l’issue de son doctorat en médecine à l’Université McGill, la carrière de Fabienne Djandji était toute tracée. L’étudiante, qui a grandi sans souci dans l’ouest de Montréal, se voyait exercer dans un gros centre hospitalier comme pédiatre oncologue. À l’été 2015, elle postule donc pour une résidence en pédiatrie et pour une autre en médecine interne, au cas où. Un voyage dans les Andes va cependant changer sa destinée.

À l’âge de sept ans, Fabienne Djandji avait vu le film biographique Patch Adams dans lequel Robin Williams incarne le Dr Hunter « Patch » Adams, un extravagant médecin américain. Socialement engagé, partisan d’une médecine plus humaine et moins médicalisée, il s’est entre autres distingué en mettant l’humour au service de son approche thérapeutique. « Je l’avais trouvé fantastique et très inspirant », se souvient la jeune femme, des étoiles dans les yeux.

Durant ses études, la future médecin a correspondu avec le Dr Adams. Après quelques échanges épistolaires, celui-ci finit par l’inviter à participer à un de ses voyages de clowns humanitaires. En juillet 2015, Fabienne Djandji met ainsi le cap sur le Pérou. « J’ai fait le clown dans des hôpitaux et des orphelinats. On était juste là pour les patients. Pour les faire rire, tout simplement, ou pour les distraire pendant les chirurgies qu’ils subissaient sans anesthésie. On arrivait à leur faire oublier le mal, la pauvreté. »

Au début, elle les trouvait « tous fous » : « Les trois autres clowns avec qui je logeais en auberge de jeunesse n’arrêtaient pas de déblatérer contre la médecine traditionnelle dans laquelle j’étudiais. C’était hyper déstabilisant », confie la jeune femme. Après deux semaines de clowneries, son regard sur la profession va néanmoins changer. « Je me suis rendu compte que comme médecin, on pouvait apporter beaucoup plus à nos patients que des médicaments, qu’on pouvait changer leur vie autrement. »

De retour à Montréal, Fabienne Djandji ne fait ni une ni deux, elle change d’orientation. L’étudiante annule ses demandes de résidence en pédiatrie et en médecine interne, puis postule à une résidence en médecine familiale avec la conviction qu’en tant

qu’omnipraticienne, elle pourrait « faire autre chose que de la médecine. Quand tu es spécialiste, ta pratique est très scientifique, alors qu’en médecine de famille, ton champ d’intervention est plus large. Il est davantage à vocation sociale et humaine. »

Durant deux ans, elle accomplit sa résidence à Châteauguay, sur la Rive-Sud, au sein du GMF-U Jardins-Roussillon. « Je voulais sortir de Montréal et aller dans un milieu rural pour faire de tout. De l’hospitalisation, de la santé mentale et surtout pas que du bureau », souligne la Dre Djandji, qui avait déjà la ferme intention de s’impliquer auprès des populations vulnérables.

Elle découvre alors le comté de Huntingdon et son « énorme vulnérabilité » qui vient la chercher. « La frontière avec les ÉtatsUnis est à cinq kilomètres. Celle avec l’Ontario, aussi. C’est un endroit où il y a énormément de trafics, de drogue notamment, et de la prostitution. Il y a aussi beaucoup d’itinérance cachée, des gens qui vivent à l’année dans des roulottes non isolées ou dans des granges abandonnées », signale l’omnipraticienne qui va délibérément choisir ce milieu-là pour installer sa pratique à la fin de sa résidence.

Les omnipraticiens ne se bousculant pas au portillon et les patients orphelins s’y comptant par centaines, la Dre Djandji trouve un poste au Centre médical de Huntingdon au cours de l’année 2017. Rapidement, elle est approchée par Pacte de rue, un organisme communautaire qui cherche un médecin pour créer une clinique de rue destinée aux sans-abri, aux personnes ayant des dépendances et aux marginaux en tous genres qui n’ont pas de carte d’assurance maladie. Un projet qui rejoint ses aspirations et dans lequel la jeune omnipraticienne va s’investir à 200 %.

De 2018 à 2021, la clinique de rue fonctionne de manière plus ou moins informelle, portée à bout de bras par la Dre Djandji, une infirmière et les travailleurs sociaux de Pacte de rue. Ces derniers allaient dans les bars, les refuges ou sur les trottoirs afin de repérer les personnes mal en point et de les convaincre de consulter l’omnipraticienne qui, ensuite, allait les rencontrer à l’endroit de leur choix ou via FaceTime.

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GEOFFREY DIRAT
> PHOTO PIERRE LONGTIN
PRIX DE L’ÉQUIPE ÉDITORIALE Fabienne Djandji médecin www.professionsante.ca octobre 2022

OPSUMIT ® et UPTRAVI®

Pour le traitement à long terme de l’hypertension artérielle pulmonaire (HTAP)

*À partir du mois d’août 2021, la couverture est disponible dans les provinces/ territoires suivants : Alberta, Saskatchewan, Manitoba, Ontario, Québec, Nouveau-Brunswick et Yukon.

†Critères de couverture du macitentan au Québec : Traitement de l’hypertension artérielle pulmonaire (classe fonctionnelle III de la classification de l’OMS) qu’elle soit idiopathique ou associée à une connectivite, et symptomatique malgré le traitement conventionnel optimal. Les personnes doivent être examinées et suivies par des médecins travaillant dans des centres désignés et spécialisés dans le traitement de l’hypertension artérielle pulmonaire.

OPSUMIT® (macitentan) est indiqué pour le traitement à long terme de l’hypertension artérielle pulmonaire (HTAP, groupe 1 de la classification de l’OMS) afin de réduire la morbidité chez les patients des classes fonctionnelles II ou III de l’OMS qui présentent une HTAP idiopathique ou héritable, ou associée à une connectivite ou à une cardiopathie congénitale. OPSUMIT ® est efficace en monothérapie ou en association avec des inhibiteurs de la phosphodiestérase-5 (PDE-5i)1

Veuillez consulter la monographie de produit à l’adresse https://www.janssen.com/canada/fr/ products pour des renseignements importants concernant les contre-indications, les mises en garde, les précautions, les effets indésirables, les interactions médicamenteuses, les renseignements posologiques et les conditions d’usage clinique qui n’ont pas été abordés dans ce document.

Vous pouvez également vous procurer la monographie de produit en composant le 1-800-567-3331 ou le 1-800-387-8781.

UPTRAVI ® (sélexipag) est indiqué dans le traitement prolongé de l’hypertension artérielle pulmonaire idiopathique (HTAPI), de l’hypertension artérielle pulmonaire héritable (HTAPH), de l’HTAP associée à une affection du tissu conjonctif et de l’HTAP associée à une cardiopathie congénitale, chez les patients adultes en classe fonctionnelle (CF) II ou III de l’OMS pour retarder l’évolution de la maladie. L’évolution de la maladie comprenait l’hospitalisation imputable à l’HTAP, l’instauration d’un traitement par prostanoïde administré par voie intraveineuse ou sous-cutanée ou tout autre événement lié à l’évolution de la maladie (diminution de la distance parcourue au test de marche de 6 minutes [DTM6] associée à l’aggravation des symptômes d’HTAP ou à la nécessité d’ajouter un autre traitement spécifique contre l’HTAP). UPTRAVI ® est efficace en association avec un antagoniste des récepteurs de l’endothéline (ARE) ou un inhibiteur de la phosphodiestérase-5 (PDE-5), ou en trithérapie avec un ARE et un inhibiteur de la PDE-5 ou en monothérapie2

Veuillez consulter la monographie de produit à l’adresse https://www.janssen.com/canada/fr/ products pour des renseignements importants concernant les contre-indications, les mises en garde, les précautions, les effets indésirables, les interactions médicamenteuses, les renseignements posologiques et les conditions d’usage clinique qui n’ont pas été abordés dans ce document.

Vous pouvez également vous procurer la monographie de produit en composant le 1-800-567-3331 ou le 1-800-387-8781.

RÉFÉRENCES : 1. Monographie d’OPSUMIT®, Janssen Inc., 14 avril 2021. 2. Monographie d’UPTRAVI®, Janssen Inc., 20 juillet 2021.

« Ces gens-là ont souvent été jugés par le système de santé, renvoyés des urgences, il faut gagner leur confiance », indique la mé decin qui se souvient particulièrement d’un itinérant toxicomane en proie à des idées déli rantes. « Ça a pris un an avant qu’il nous fasse confiance et qu’on puisse traiter son hépatite C et son trouble psychotique. Au début, il était craintif, méfiant. Maintenant, il vient nous voir pour tout », se réjouit la Dre Djandji.

« Quand tu traites un diabétique, tu améliores une partie de sa vie, tu le rends plus fonction nel. Quand tu aides un itinérant ou un toxico mane, leur vie va mieux de A à Z. Elle peut repartir de zéro », compare-t-elle.

Désormais institutionnalisée, disposant de son propre local et d’une équipe de quatre médecins, la clinique médicale de rue n’occupe plus la Dre Djandji qu’une journée par semaine, les mercredis en général. « Je reste néanmoins dispo par texto, pour ajuster une médication par exemple », signale l’omnipraticienne qui ne manque pas d’ouvrage par ailleurs.

La médecin âgée de 31 ans fait en effet par tie de l’équipe FACT du CLSC, qui s’occupe de patients ayant des diagnostics sévères en san té mentale. Elle travaille également à la cli nique de dépendance auprès d’une clientèle avec des troubles liés aux opiacés. Elle est aus si responsable de la table locale de médecine générale du Haut-Saint-Laurent, ainsi que du recrutement médical, et elle est la coordonna trice locale du guichet d’accès à un médecin de famille (GAMF). Sans oublier les gardes qu’elle assume régulièrement à l’Hôpital Barrie Memorial ni les consultations qu’elle effectue au CHSLD du comté.

Comme si cela ne suffisait pas, l’omniprati cienne s’est ajouté une autre casquette l’an dernier en devenant copropriétaire d’un nouveau GMF, le Complexe de santé de Huntingdon. « Les médecins propriétaires de l’ancienne clinique ont pris leur retraite en 2020. Mais les locaux étaient tellement déla brés qu’on a décidé de construire une nou velle clinique », raconte la jeune mère de famille. Elle s’est associée avec la secrétaire médicale des anciens proprios pour lancer ce projet dans lequel elles ont investi 3,5 M$.

« J’ai zéro expérience en gestion, alors j’ap prends sur le tas », relève celle qui compte plus de 1500 patients inscrits, dont 60 % sont vulnérables. « Je commence à en refuser, mais c’est très difficile. Si on me demande trois fois, je finis par dire OK. »

Ses secrets pour ne pas perdre pied ?

« Je ne compte pas mes heures; j’ai un bon soutien de ma famille et de mon conjoint; je fais mes meetings et je déjeune dans l’auto pour consacrer le reste de mes journées à la médecine; et j’ai commencé des cours de peinture pour me vider le cerveau », égrène l’omnipraticienne qui ne dort pas beaucoup, mais reste fidèle à cette phrase qui ponctue chacun de ses courriels : « Let your smile change the world, don’t let the world change your smile ! » n

LE GALA DES PRIX PROFESSION SANTÉ

Janssen Inc.

Green Belt Drive Toronto (Ontario) M3C 1L9 www.janssen.com/canada/fr

Le gala des Prix Profession Santé s’est déroulé le 5 octobre dernier à l'hôtel Le Mount Stephen, au centre-ville de Montréal. Les lauréates et lauréats étaient présents, de même que des invités issus d’ordres professionnels et d’associations représentant les professionnels de la santé. Rendez-vous dans le prochain numéro pour lire le compte-rendu de cette soirée forte en émotions !

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C b x C Venez assister à la remise de la prestigieuse Médaille d’honneur de la Fondation pour la recherche en santé et du Prix Galien Canada Produit innovateur. HYATT REGENCY TORONTO 15 NOVEMBRE 2022 | DE 17 H À 19 H 30 La Fondation pour la recherche en santé tient à féliciter les candidats du Prix Galien Canada Produit innovateur 2022 : Pour de plus amples renseignements, veuillez contacter Hugh Scott, à l’adresse hscott@imc-mnc.ca

Ingestion de corps étranger par les enfants

ÉPIDÉMIOLOGIE, FACTEURS DE RISQUE ET PRISE EN CHARGE

OBJECTIFS PÉDAGOGIQUES

1. Connaître l’épidémiologie des ingestions de corps étrangers digestifs chez l’enfant.

2. Identifier les manifestations cliniques, les complications et les facteurs de gravité.

3. Reconnaître les particularités radiologiques.

4. Connaître les éléments liés à la prise en charge en urgence et au suivi.

5. Se familiariser avec les messages clés de prévention destinés aux familles.

Cette leçon est accessible sur

RÉDACTION

RÉVISION SCIENTIFIQUE

Mise en contexte

L’ingestion des corps étrangers (CE) diges tifs est un phénomène fréquent en pédia trie. Bien que la plupart des objets tra versent le tube digestif sans gravité, dans quelques cas, selon la taille ou la nature des matériaux, ces objets peuvent conduire à des lésions importantes au niveau de la muqueuse digestive.

Ces dernières années, on note une aug mentation importante de l’incidence de l’ingestion des corps étrangers par les en fants, notamment en raison de la nature des objets à leur disposition et aussi de

l’impact de la pandémie sur le temps passé à domicile. Les messages de prévention et d’éducation auprès des familles restent né cessaires pour éviter des complications pouvant aller jusqu’au décès.

Épidémiologie

L’ingestion de corps étrangers (ICE) est un problème très fréquent chez les enfants. En 2020, 87 603 Américains ont ingéré un corps étranger (CE). Parmi eux, 71 % étaient des enfants âgés de moins de cinq ans1. Un total de 10 535 cas étaient des piles boutons (piles plates).

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PRÉVOST JANTCHOU, M. D., MPH, PH. D., MBA, GASTROENTÉROLOGUE PÉDIATRIQUE, CHU SAINTE-JUSTINE, ET PROFESSEUR AGRÉGÉ, UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL
DIANE POIRIER, M. D., M. SC., MÉDECINS AUX SOINS INTENSIFS ET PROFESSEURE D’ENSEIGNEMENT CLINIQUE À L’UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE >

CAS CLINIQUE 1/1

Jérémy, cinq ans, est vu en urgence, amené par sa grand-mère, car il a avalé une pile bou ton. La grand-mère avait enlevé la pile de la télécommande de la porte du garage dans le but de la remplacer, car elle était usée. Elle avait posé la vieille pile sur la table à manger dans la cuisine. Alors que sa grand-mère s’affairait à terminer le souper, Jérémy a attrapé discrètement cet objet brillant et l’a mis à la bouche. Quelques heures plus tard, il se met à vomir et se plaint d’une douleur au niveau de la poitrine. La grand-mère lui demande alors ce qui se passe et soupçonne initialement une réaction allergique, car Jérémy est connu pour de multiples allergies alimentaires. Finalement, il avoue avoir ingéré cet ob jet métallique, la pile. Paniquée, la grand-mère appelle le centre antipoison qui lui conseille de consulter rapidement aux urgences.

À son arrivée, nous constatons un enfant en bon état général, mais qui présente une hypersalivation et se plaint de douleurs rétrosternales; les signes vitaux sont normaux. Une radiographie thoracique est demandée en toute urgence et démontre la présence d’un objet arrondi au tiers moyen de l’œsophage. Nous organisons une endoscopie di gestive sous anesthésie générale qui permet de retirer une pile bouton de 20 mm de dia mètre. Lors de la procédure, on note déjà une zone importante d’érythème en regard de l’emplacement du corps étranger avec un ulcère superficiel et des zones de nécrose.

1 ŒSOPHAGITE NÉCROTIQUE

SUR INGESTION DE PILE BOUTON

Devant la gravité de l’atteinte endoscopique, nous organisons le lendemain une tomodensitomé trie qui ne montre pas de signe d’atteinte médiastinale.

Une hospitalisation de quelques jours permet d’effectuer une sur veillance et l’évolution par la suite est satisfaisante avec un enfant qui s’alimente correctement sans signe de sténose de l’œsophage sur une opacification réalisée à court terme. Un suivi à distance est toutefois recommandé après le congé.

Selon les données du National Electronic Injury Surveillance System, entre 1995 et 2015, il y a eu une augmentation du nombre d’ICE de 93,3 % (22 206 ingestions par an née en 1995 à 42 928 ingestions par année en 2015) dans une cohorte totale de 759 074 visites aux urgences pour une suspicion d’ICE (enfants de moins de 6 ans)2

Les ingestions d’aimants et de piles bou tons présentent un intérêt clinique parti culier. L’incidence des ingestions d’ai mants par des enfants a augmenté au cours des dernières décennies, avec une multiplication par huit des visites aux ur gences aux États-Unis entre 2002 et 2011 (de 0,45/100 000 à 3,75/100 000), comme le rapporte le National Electronic Injury

Surveillance System 3. Quant aux inges tions de piles boutons, le taux rapporté par le National Poison Data System est resté stable entre 1985 et 2009 dans la popula tion américaine (taux variant entre 6,3 et 15,1 par million d’habitants par année)4 Cependant, la proportion de cas présen tant des complications importantes et des décès est passée de 0,066 % en 1985-1987 à 0,443 % en 2007-2009, soit une multiplica tion par 6,75. Au cours de cette période, 68,1 % des ingestions concernaient des en fants de moins de 6 ans et 20,3 %, des en fants âgés de 6 à 19 ans. Les cas les plus graves ont été observés principalement chez les enfants âgés de moins de quatre ans. Cette augmentation de la morbidité et

de la mortalité est attribuée à l’introduc tion simultanée et à la popularité crois sante dans les foyers des piles boutons au lithium de 20 mm5. En 2020, 6 décès ont été rapportés après ingestion de piles, dont 4 au lithium, et 319 complications modé rées à graves1.

L’incidence croissante et les présenta tions cliniques subtiles des corps étrangers en font une menace importante pour les enfants. Bien que la plupart des ingestions surviennent à domicile (97,2 % des cas), la présence de témoins n’est notée que dans 58,7 % des cas2 . L’absence de témoins lors de l’ingestion est associée à un retard im portant dans la prise en charge et donc à une augmentation du risque d’événe ments indésirables.

Depuis le début de la pandémie, on note une augmentation du nombre d’ingestions de corps étrangers rapportées dans diffé rentes séries à travers le monde en lien avec une augmentation du temps passé à domi cile lors des périodes de confinement.

Dans un travail mené au CHU SainteJustine, nous avons identifié, entre mars 2018 et février 2021, 609 patients (âge mé dian de 3,5 ans (1,6-5,9); 54 % de garçons) ayant ingéré un CE. Le nombre mensuel moyen de cas de CE (min-max) en 20202021 était de 18,6 (9-28), significativement plus élevé que l’année 2018 [16,6 (8-22)] et l’année 2019 [15,5 (9-24)]; p=0,04. Le taux d’incidence d’ICE a doublé pendant la pandémie par rapport au groupe prépan démique : respectivement 57,5/10 000 pas sages aux urgences et 23,2/10 000 passages (p=0,002)6

D’autres auteurs ont rapporté la même tendance, notamment Ferro et coll. en Italie qui a rapporté une augmentation de l’incidence de consultations aux urgences pour ICE chez les enfants admis dans un centre tertiaire (de 87/1000 en prépandé mie à 272/1000 pendant la période de confinement)7. Au Japon, Maruo et coll. ont également publié une étude souli gnant que bien que le nombre d’hospitali sations en pédiatrie (toutes causes confon dues) eût diminué pendant la pandémie en 2020 par rapport à 2017-2019, une aug mentation significative du nombre d’hos pitalisations pour ICE était observée8

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PHOTOS PRÉVOST JANTCHOU

Signes cliniques et diagnostic

Les circonstances de l’ingestion, l’heure exacte et la nature des objets ingérés sont trois éléments cruciaux à recueillir lors de l’anamnèse initiale.

Selon la nature et la localisation dans le tractus digestif des objets avalés, les en fants peuvent être symptomatiques ou non. Dans notre cohorte 2018-2021, 40 % étaient complètement asymptomatiques lors du diagnostic et c’est la présence d’un témoin qui a conduit à la consultation mé dicale7. Des chercheurs de l’Université de Chiang Mai ont constaté que seulement 55,7 % des 194 cas présentaient des symp tômes cliniques, le symptôme le plus cou rant étant les vomissements dans leur co horte9. D’autres signes cliniques plus rares peuvent être observés, notamment la dys phagie, la fièvre, la toux hypersialorrhée10

Au Québec, dans la cohorte du CHU Sainte-Justine, les cinq symptômes les plus fréquents étaient : douleurs abdominales (21 %), vomissements (17 %), toux (14 %), dysphagie (10 %) et hypersalivation (7 %).

Le diagnostic repose parfois sur une his toire clinique, notamment des parents ou des proches qui ont observé l’enfant mettre un objet à la bouche. En effet, une étude portant sur 543 cas d’ICE pédia triques a montré que seuls 23 % des cas ont eu lieu en présence d’un témoin11. Dans notre série, 78 % des ingestions se sont produites à domicile et en présence d’un témoin dans seulement 22,5 % des cas.

Il arrive régulièrement que la découverte soit fortuite devant un enfant qui consulte pour des signes cliniques non spécifiques tels que dysphagie, toux, fièvre.

Un examen soigneux de la cavité buc cale, un examen clinique cardiaque et res piratoire ainsi qu’abdominal permettront d’évaluer le stade de gravité et le degré d’urgence dans la prise en charge.

La première étape dans le diagnostic est la réalisation de radiographies qui idéalement devraient inclure le cou, le thorax et l’abdo men et comporter des clichés de face et de profil afin de bien localiser le corps étranger.

Néanmoins, ce ne sont que les corps étran gers radio-opaques qui sont accessibles à la radiographie (voir figure 2). D’autres exa mens tels que le repas baryté ou l’échogra phie ne sont pas en pratique nécessaires.

Dans la vaste étude américaine incluant 759 074 patients, les objets les plus fréquem ment ingérés étaient les pièces de monnaie (61,7 %), suivis des jouets (10,3 %), des bi joux (7 %) et des piles (6,8 %)2.

Dans notre cohorte, les objets les plus souvent ingérés étaient les pièces de mon naie (n=153 ; 25 % des cas), puis les jouets (n=69 ; 10,8 %), les piles boutons (n=69 ; 10,8 %), les bijoux (n=39 ; 6,2 %), les ai mants (n=38 ; 6,2 %) et divers autres ob jets : clous, vis, roches, etc. (n=251)6

Complications

Bien que la majorité des CE traversent le tractus gastro-intestinal sans trop de consé quences, une morbidité et une mortalité importantes sont associées à l’ingestion de piles boutons et d’aimants multiples.

Dans le cas des aimants multiples, les complications proviennent de l’attraction entre les aimants et potentiellement d’autres objets métalliques à travers les tis sus intestinaux. Cela peut entraîner des nécroses de pression, des obstructions, des fistules et des perforations digestives. Dans de rares cas, cela peut conduire à la mort. Les aimants à base de terre rare (ou néodyme) sont particulièrement associés aux complications; ils ont un pouvoir d’at traction plus de cinq fois supérieur à celui des aimants traditionnels9.

Les piles boutons représentent un danger important pour les enfants en raison de leur accessibilité et leur attractivité. Lors de leur progression dans l’œsophage, elles peuvent rester coincées et s’immobiliser pendant de longues heures. La tension électrique générée par le contact des deux pôles de la pile avec la muqueuse ainsi que l’environnement alcalin du pôle négatif provoquent une nécrose et une liquéfac tion des tissus. Le pôle négatif des piles est le plus associé aux lésions nécrotiques. Cela peut conduire à une perforation œso phagienne, une fistule œsoptrachéale, une paralysie des cordes vocales, une hémor ragie massive par fistule aorto-œsopha gienne, une insuffisance respiratoire ou une septicémie, un arrêt cardiorespira toire et le décès14. En effet, les données de la National Battery Ingestion Hotline aux États-Unis ont montré qu’entre 2000 et 2009, 92,1 % des complications ou des dé

cès consécutifs à l’ingestion de piles étaient associés aux piles au lithium de 20 mm5. Cela est dû à leur tension supé rieure (3,0 V contre 1,5 V pour les an ciennes piles boutons)5 ainsi qu’à leur grande taille, qui empêche la progression aisée dans l’œsophage4.

Dans la cohorte du CHU Sainte-Justine, près du quart des enfants ont été hospitali sés, la plupart du temps en hospitalisation de moins de 24 heures pour une endosco pie et une surveillance. Le taux d’hospita lisation d’une durée supérieure à 24 heures était similaire entre les deux périodes : 8,8 % avant la pandémie et 7,1 % pendant la pandémie. Une endoscopie digestive a été réalisée dans 21,5 % des cas, un taux si milaire avant et pendant la pandémie. Au total, 3,3 % des enfants ont développé des complications liées aux objets ingérés (ul cères, hémorragies, sténoses). Ce taux est resté stable pour les deux périodes6

Facteurs de risque

La grande majorité des enfants qui in gèrent des corps étrangers digestifs sont en bonne santé. L’âge représente le facteur de risque principal. En effet, la plupart des enfants ont moins de cinq ans lors de l’in gestion. En ce qui concerne le sexe, les études démontrent une légère prédomi nance de garçons par rapport aux filles; >

2 EXEMPLE DE CORPS ÉTRANGERS RADIO-OPAQUES

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de plus, la nature des corps étrangers ingé rés varie légèrement selon le sexe.

Les enfants avec des troubles neurolo giques sont sujets à des récidives d’inges tion. La prévalence de récidive était de 3 % dans la cohorte du CHU Sainte-Justine6

Les facteurs de risque de complications sont liés à la fois à la nature du corps étran ger ingéré, au délai entre l’ingestion et le retrait, à l’existence d’une maladie sous-ja cente, notamment des problèmes de dys motricité œsophagienne/intestinale ou à des antécédents chirurgicaux digestifs qui entraînent un séjour prolongé du CE au contact de la muqueuse.

Concernant la nature des objets ingérés, plusieurs éléments doivent être pris en compte : le type d’objet (aimant, pile, mé tal), la longueur, le caractère tranchant ou pointu et le nombre d’objets ingérés.

Prise en charge selon la nature du CE

La prise en charge dépend principalement de trois facteurs : la nature du corps étran ger, la localisation et le délai écoulé avant la première visite médicale.

L’œsophage représente un des sites ana tomiques les plus à risque en raison de la faible épaisseur de la paroi et la proximité avec des vaisseaux thoraciques.

Le retrait endoscopique des corps étran gers œsophagiens doit être réalisé rapide ment. Cette procédure endoscopique doit être effectuée dans un centre spécialisé pour la prise en charge des enfants et le geste technique peut être fait par un méde cin ORL ou gastroentérologue selon la lo calisation du CE.

Pour ce qui est des autres sites, les risques dépendent essentiellement de la nature des objets comme nous le verrons ci-dessous.

La majorité des cas d’ICE se résolvent par un passage spontané, mais certains objets nécessitent une exérèse endosco pique ou, rarement, chirurgicale 9. Le re trait endoscopique ou chirurgical est re commandé pour l’ingestion d’aimants multiples12 et de piles boutons; pour ces dernières, un retrait immédiat (inférieur à deux heures) est nécessaire lorsque la pile est logée dans l’œsophage13.

Les piles boutons

Il s’agit de la catégorie d’objets la plus dan gereuse en raison du mécanisme d’action associé à la possibilité de brûlures et de né crose au niveau des muqueuses.

Lorsque l’heure de l’ingestion est connue avec exactitude, datant de moins de 12 heures et que l’enfant est âgé de plus d’un an, l’admi nistration de miel à la dose de 10 mL (soit

deux cuillères à thé) toutes les dix minutes permettra de diminuer les risques de compli cations locales sur la muqueuse.

Les enfants âgés de moins de 12 mois ne devraient pas recevoir de miel en raison du risque de botulisme. Cette administration est également contre-indiquée lorsque le délai d’ingestion est supérieur à 12 heures, car le risque de perforation est très élevé.

Cette approche basée sur des études ani males ou chez des cadavres a été récem ment avalisée par la Société européenne de gastroentérologie, hépatologie et nutrition pédiatriques (ESPGHAN)10

Dans tous les cas, l’urgence réside sur tout dans le temps écoulé entre l’ingestion et le retrait du CE. L’administration de miel ne devrait pas freiner le délai de consultation auprès de centres spécialisés qui devraient effectuer le retrait dans un délai idéalement de moins de deux heures depuis l’ingestion.

Si la pile est dans l’œsophage : l’endos copie permet de localiser le corps étranger et de faire un retrait prudent, car le risque de perforation est élevé surtout lorsque l’ingestion date de plusieurs heures. Dans certaines situations, il est possible de réali ser au préalable une tomodensitométrie pour permettre de voir la profondeur des dégâts et les rapports anatomiques entre la pile et les vaisseaux médiastinaux.

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3 PILE BOUTON VERSUS PIÈCE DE MONNAIE Pile bouton Pièce de monnaie DIMENSION DES PIÈCES DE MONNAIE CANADIENNES Pièce de monnaie Diamètre (cm) 1 ¢ 1,6 5 ¢ 2,1 10 ¢ 1,8 25 ¢ 2,4 1 $ 2,7 2 $ 2,8 4

Dans certaines situations, une approche multispécialiste lors du retrait est néces saire, incluant : gastroentérologue, médecin ORL et chirurgien vasculaire afin d’opti miser les chances du succès et de minimiser les risques de décès pendant la procédure.

Si la pile est dans l’estomac et que l’en fant est asymptomatique, selon les lignes directrices de l’ESPGHAN, une attitude observationnelle peut être réalisée avec un contrôle de radiographie dans un délai de 7 à 14 jours. Cependant, si on n’a pas de certi tude sur l’heure exacte de l’ingestion ou si l’enfant présente des signes cliniques liés à l’ingestion, l’endoscopie digestive avec re trait du CE permettra aussi d’identifier d’éventuelles lésions de la muqueuse œso phagienne créées lors du passage de la pile.

Si la pile est dans l’intestin grêle et que l’enfant est asymptomatique, une surveil lance des symptômes et des selles à domi cile par les parents est suffisante.

En l’absence de témoins, le grand défi devant un enfant présentant un objet ar rondi sur la radiographie thoracique est de distinguer une pièce de monnaie d’une pile bouton.

La figure 3 montre les nuances de présen tation entre les deux types d’objets. Sur une vue frontale, les pièces de monnaie pré sentent un simple contour contrairement aux piles boutons qui ont un double

5 INGESTION D'AIMANTS MULTIPLES

contour. Sur la vue de profil, les pièces de monnaie ont un aspect biconvexe alors que les piles boutons ont une face plate et une autre légèrement convexe. Dans le cas des piles très fines, ces particularités radiolo giques peuvent être moins évidentes.

Les pièces de monnaie

L’ingestion de pièces de monnaie représente un motif fréquent de consultation pour ICE digestif : de 20 à 25 % du nombre total d’in gestions. Le risque réside essentiellement sur la taille des pièces ingérées en rapport avec l’âge de l’enfant. Ces pièces peuvent rester bloquées au niveau de l’œsophage pendant plusieurs jours en l’absence de témoin. Dans la grande majorité des cas, les enfants ayant ingéré des pièces de monnaie se présentent avec une pièce logée dans le tiers supérieur de l’œsophage. Dans les autres cas, la pièce est dans l’œsophage moyen ou inférieur à hauteur du cardia ou au niveau du pylore. Le tableau 4 permet d’avoir à disposition les di mensions des différentes pièces de monnaie canadiennes.

Si la pièce de monnaie est dans l’œso phage : l’endoscopie rigide par un méde cin ORL ou l’endoscopie souple par un gastroentérologue permet de localiser le corps étranger et de faire le retrait dans un délai de 12 à 24 heures.

6 LONGUE VIS DE 5 CM DANS L’ANTRE INGÉRÉE PAR UN GARÇON DE 5 ANS

En dehors de la localisation œsopha gienne, il n’y a pas d’indication de retrait de ces pièces de monnaie sauf si l’enfant est symptomatique dans une localisation gastrique (pièce bloquée au niveau du py lore). Une attitude observationnelle avec examen des selles par les parents et réalisa tion d’une radiographie de contrôle dans un délai de deux à quatre semaines peut permettre d’éviter des endoscopies dans la grande majorité des cas.

Les aimants

L’ingestion d’aimants tire sa gravité dans la nature et le nombre d’objets ingérés. Les aimants de jouets ou de réfrigérateurs lorsqu’ils sont ingérés de façon isolée ne représentent pas un risque majeur. Toutefois, lorsque les aimants sont ingérés en grande quantité (≥ 2) ou que les ai mants sont fabriqués à partir de terres rares (néodyme) leur puissance d’attrac tion très élevée entraîne un risque de sté nose et de nécrose intestinale majeur.

Dans ces situations, leur retrait s’impose lorsqu’ils se trouvent dans l’œsophage ou dans l’estomac. Si le corps étranger est déjà dans l’intestin grêle, un retour à domicile avec surveillance parentale est possible. Il faut néanmoins rester vigilant devant des symptômes tels les vomissements qui se raient le signe d’une sténose liée à une compression de l’intestin grêle (figure 5).

Les bijoux

Les bijoux sont une catégorie de corps étrangers fréquemment ingérés par les en fants, en particulier les barrettes pour che veux et les boucles d’oreilles. La plupart du temps, ces objets ne sont pas très dange reux, mais quelques-uns en raison de leur caractère tranchant ou pointu peuvent en traîner des lésions sur la muqueuse et jus tifier un retrait lorsque le siège est dans l’œsophage ou dans l’estomac.

D’autres objets

De multiples autres objets peuvent être in gérés par les enfants : des roches, des billes, des clous, des vis, des punaises de bureau, des morceaux de verre, du métal et autres objets pointus ou arrondis. La conduite à tenir pour les objets métalliques est le

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MEDACTUEL

retrait lorsqu’ils restent logés sans progres sion dans l’œsophage depuis plusieurs heures ou s’ils sont tranchants ou pointus. Dans la localisation gastrique, le caractère tranchant ou pointu et la grande taille (plus de 4 cm) sont aussi des facteurs conduisant au retrait endoscopique. L’exemple d’une longue vis visualisée dans l’antre gastrique lors de l’endoscopie est présenté à la figure 6 (voir page 51).

La clé, c’est la prévention

La prévention de l’ingestion de corps étrangers en pédiatrie repose sur la législa tion et les campagnes d’information au près de la population générale. L’efficacité de la prévention par les rappels de produits a été démontrée lors du rappel en 2013 de jouets aimantés au néodyme par Santé Canada. En effet, dans une étude rétros pective réalisée au Canada en 2017, les au teurs ont rapporté une diminution signifi cative des ingestions d’aimants et des ingestions multiples d’aimants après le rappel. De plus, la morbidité associée aux ingestions d’aimants en pédiatrie a égale ment diminué11

Parmi les autres législations qui peuvent potentiellement diminuer l’incidence et la gravité des corps étrangers ingérés en pé diatrie, citons la Consumer Product Safety

Improvement Act (CPSIA) de 2008 de la Commission américaine de sécurité des produits de consommation (CPSC), qui oblige les fabricants à installer un système sécurisé (exemple avec vis) dans les com partiments des jouets commercialisés pour les enfants de moins de trois ans12. Pour le même groupe d’âge, les jouets pouvant en trer dans un cylindre de test d’étouffement (2,25 pouces [6,35 cm] de long par 1,25 pouce [3,81 cm] de large) ont été inter dits13. De même, la réglementation propo sée par la CPSC pour les aimants puissants comprend une restriction d’âge pour l’utili sation, ainsi que des exigences en matière d’avertissement et d’instruction. En plus de retirer les produits dangereux du marché, il est recommandé aux personnes s’occupant d’enfants d’être vigilantes et de garder hors de portée des enfants les objets potentielle ment ingérables. Il est important de sensibi liser les soignants et le personnel de santé aux dangers des corps étrangers ingérés en pédiatrie, étant donné les présentations cli niques non spécifiques. Un travail de sensi bilisation régulier auprès des familles reste nécessaire afin de former et d’informer les parents sur ces risques parfois méconnus. À ce titre, nous devons féliciter le travail effec tué par Mieux vivre et Grandir en santé dans leurs guides à destination des familles. n

1. Gummin DD, Mowry JB, Beuhler MC, Spyker DA, Bronstein AC, Rivers LJ, et coll. 2020 Annual Report of the American Association of Poison Control Centers’ National Poison Data System (NPDS): 38th Annual Report. Clin Toxicol (Phila). 2021;59(12):1282-501.

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Act CPSI. Accessed 2022-08-05.

13. UCPS C. Small Parts for Toys and Children’s Products Business Guidance. Accessed 2022-08-05.

EXERCICE DE RÉFLEXION

Vous pouvez valider vos réponses en accédant à la version en ligne de cet article sur eCortex.ca.

1. Parmi les objets suivants, lequel est le plus souvent ingéré par les enfants ?

A. Pile bouton

B. Bille

C. Barrette

D. Aimant

E. Pièce de monnaie

2. En cas d’ingestion de pile bouton, le miel est recommandé chez les enfants lorsque l’ingestion date de moins de 12 heures quel que soit l’âge.

A. Vrai

B. Faux

3. L’ingestion de corps étrangers lorsqu’ils ont déjà traversé l’estomac ne peut pas donner de complications.

A. Vrai

B. Faux

52 Profession Santé octobre 2022 www.professionsante.ca
12.

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Pour le traitement des adultes atteints de spondylarthrite ankylosante évolutive qui n’ont pas répondu de façon satisfaisante à un antirhumatismal modificateur de la maladie biologique ou lorsqu’un tel traitement est déconseillé.

Il peut être utilisé en monothérapie ou en association avec des antiinflammatoires non stéroïdiens.

Posologie

La posologie recommandée est de 15 mg une fois par jour, par voie orale.

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Poudre pour solution injectable de pembrolizumab à 50 mg

Solution injectable de pembrolizumab à 100 mg/ flacon de 4 mL

Nouvelle indication

Comme traitement adjuvant chez les adultes et les enfants (âgés de 12 ans et plus) atteints d’un mélanome de stade IIB ou IIC après une résection complète.

Posologie

La dose recommandée pour le traite ment adjuvant du mélanome chez l’adulte est soit de 200 mg toutes les trois semaines, soit de 400 mg toutes les six semaines, administrée par perfusion intraveineuse de 30 mi nutes.

Poursuivre jusqu’à la constatation d’une progression de la maladie ou d’une toxicité intolérable. La dose recommandée chez les enfants âgés de 12 ans et plus est de 2 mg/kg (jusqu’à une dose maximale de 200 mg) toutes les trois semaines jusqu’à constatation de la progres sion de la maladie ou d’une toxicité intolérable, ou jusqu’à 12 mois.

DE SANTÉ CANADA

Produits contenant du donépézil, de la rivastigmine et de la galantamine

Résumé de l’examen de l’innocuité : Inhibiteurs de la cholinestérase — Évaluation du risque potentiel d’allongement de l’intervalle QT et de torsade de pointes

Santé Canada a examiné le risque d’allon gement de l’intervalle QT et de torsade de pointes associé à l’utilisation d’inhibiteurs de la cholinestérase à la suite des mises à jour apportées par l’Agence européenne des médicaments (EMA) aux renseigne ments sur l’innocuité de deux inhibiteurs de la cholinestérase (le donépézil et la galantamine).

L’examen des renseignements dispo nibles a permis d’étayer l’existence d’un lien entre l’utilisation des trois inhibiteurs de la cholinestérase et le risque d’allonge ment de l’intervalle QT et de torsade de pointes. Ce risque augmente chez les pa tients qui ont des antécédents de certaines affections cardiaques; des antécédents ou des antécédents familiaux d’allongement de l’intervalle QT; de faibles taux san guins de certains électrolytes, comme le magnésium, le potassium ou le calcium; ou qui prennent certains médicaments pouvant influer sur le rythme cardiaque en même temps que les inhibiteurs de la cholinestérase.

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www.professionsante.ca octobre 2022 Profession Santé 55 CAPSULES RX
AVIS

De plus en plus incontournables

La robotisation et l’automatisation sont implantées depuis plusieurs décennies en pharmacie. Dans le contexte actuel de pénurie de main-d’œuvre, elles revêtent une importance capitale.

CATHERINE COUTURIER

« La pharmacie est probablement une des professions où il y a des robots depuis le plus longtemps », estime Bertrand Bolduc, président de l’Ordre des pharmaciens du Québec. En effet, ce n’est pas d’hier que le pharmacien se fait assister pour compter les médicaments, préparer les piluliers, en sacher les doses, autant en pharmacie communautaire qu’à l’hôpital. Selon lui, « ce n’est pas un acquis qu’on peut laisser aller, ça va se poursuivre ».

Efficacité

Co-inventeur du Sécurdose (l’ancêtre du Dispill), le pharmacien propriétaire Jean Provost a toujours misé sur l’innovation. Dans sa pharmacie trône un Dispill, qui ré cupère les comprimés avec ses pailles et les transfère dans la case des piluliers. Il utilise aussi un ScriptPro, qui compte et étiquette les fioles.

« Aujourd’hui, une pharmacie qui n’est pas robotisée ni automatisée, elle est dans le trouble », croit-il. Alors que le pharma cien est appelé à jouer un plus grand rôle sur l’échiquier de la santé, et que la pénu rie de main-d’œuvre s’accentue, les phar maciens doivent utiliser tous les outils à leur disposition pour servir au mieux la population. « À 2000 à 2500 prescriptions par jour, ça nous a forcés à sortir des sen tiers battus, notamment à automatiser », relate Jean Provost, qui est copropriétaire de sa pharmacie, à Granby, avec sa fille Maxime Provost et un autre pharmacien.

Pénurie de main-d’œuvre, et au-delà

La robotisation apporte des avantages non négligeables : le robot, lui, n’est pas affecté par la fatigue ou le stress. « Si la machine est bien calibrée, elle fait toujours son tra vail de façon égale, elle n’a pas de mauvaise journée. On réduit le risque d’erreur », note Maxime Provost. « Le robot facilite le travail, améliore la cohésion de l’équipe et

le processus, et sécurise les opérations », estime Jean-François Desgagné, proprié taire d’une pharmacie à Trois-Pistoles.

Les robots et l’automatisation libèrent aussi les pharmaciens des tâches routi nières, afin qu’ils se concentrent davan tage sur des tâches à valeur ajoutée, soit le service client. « Le pharmacien ne peut plus poser d’actes techniques. On doit le li bérer de tout ce qui n’est pas un acte pro fessionnel », insiste-t-il.

Le robot épargne aussi des tâches répéti tives aux assistants techniques : « Sinon, un technicien passerait une journée complète à monter des piluliers. C’est inhumain », poursuit Jean-François Desgagné. Les em plois sont ainsi plus variés et stimulants.

«

Les techniciens se spécialisent en vérifica tion, et les pharmaciens se concentrent sur les suivis et la prise en charge des patients », résume de son côté Maxime Provost.

Le personnel technique demeure néan moins essentiel pour de multiples tâches : remplir le robot, récupérer les fioles, véri

SI LA MACHINE EST BIEN CALIBRÉE,

FAIT

SON TRAVAIL DE FAÇON ÉGALE,

N’A

56 Profession Santé octobre 2022 www.professionsante.ca GESTION ROBOTISATION ET AUTOMATISATION EN PHARMACIE
« AUJOURD’HUI, UNE PHARMACIE QUI N’EST PAS ROBOTISÉE NI AUTOMATISÉE, ELLE EST DANS LE TROUBLE. » Jean Provost, pharmacien propriétaire PHOTO COURTOISIE « AUJOURD’HUI, [LA TECHNOLOGIE] SE DÉMOCRATISE; LES POSSIBILITÉS S’ÉTENDENT À TOUTES SORTES DE PHARMACIES ET DE ROULEMENT. » Jean-François Desgagné, pharmacien propriétaire PHOTO COURTOISIE AQPP «
ELLE
TOUJOURS
ELLE
PAS DE MAUVAISE JOURNÉE. » Maxime Provost, pharmacienne propriétaire PHOTO COURTOISIE

fier le nombre de comprimés, préparer les magistrales, et surtout, effectuer la valida tion contenant-contenu. Par ailleurs, les machines ne peuvent traiter certains mé dicaments en raison de leur texture (trop poudreuse) ou de leur toxicité (cyto toxique). Le pharmacien, quant à lui, a tou jours l’obligation de mettre en place des procédures d’opérationnalisation des ro bots. Sans protocole rigoureux, la qualité et la sécurité ne sont pas assurées.

Un investissement

Si la robotisation et l’automatisation per mettent indéniablement de gagner en effi cience, s’équiper représente un investisse

ment conséquent, sans compter le besoin d’espace. Jean-François Desgagné a dé pensé 80 000 $ pour un seul robot, mais « il est robuste et efficace », précise-t-il.

« Après 10 ans, je me réveille encore en me disant à quel point on l’aime », plaisante-til. Dans la pharmacie des Provost, à Granby, on a investi 1,3 million de dollars dans la robotisation et l’informatisation.

« Pour nous, c’était un investissement afin de nous permettre de faire ce que j’aime le plus dans mon travail, soit d’aider les gens », remarque Maxime Provost.

L’acquisition d’une technologie doit faire l’objet d’une analyse de rentabilité propre à l’établissement. Le fabricant peut aider à effectuer ce calcul, mais il est avisé de faire affaire avec quelqu’un de neutre et de spé cialisé dans la question, comme des consultants en pharmacie.

« Aujourd’hui, ça se démocratise ; les pos sibilités s’étendent à toutes sortes de phar macies et de roulement », croit JeanFrançois Desgagné. Les pharmacies à petit ou à moyen volume peuvent faire appel à un centre de préparation des ordonnances, ou s’associer avec d’autres pharmacies pour ac quérir un Dispill et amortir les coûts à plu sieurs succursales. « Il y a quelque chose pour tout le monde », selon lui.

Plus d’automatisation

Outre les robots, déjà largement implantés dans les pharmacies, d’autres outils numé riques et d’automatisation pourraient faci liter la vie des pharmaciens dans les pro chaines années, amélioration à laquelle les

pharmaciens doivent participer, avance Jean Provost. Les trois pharmaciens inter rogés étudient la possibilité d’utiliser une nouvelle application mobile qui compte instantanément les comprimés sur un pla teau. « C’est très intéressant, surtout lors de l’inventaire des narcotiques. Ça accé lère le processus et permet une traçabili té », explique Jean-François Desgagné. D’autres outils signalent les doublons ou les médicaments manquants dans un pilu lier par une lumière.

La technologie continuera d’occuper une place importante, avec l’arrivée de l’intelli gence artificielle, qui doit toutefois encore être adaptée aux besoins des pharmaciens. Le Québec devra aussi rattraper son retard dans l’implantation des prescriptions élec troniques. « On espère enfin éliminer le papier, comme ailleurs », note le président de l’OPQ. Renouvellement en ligne, optimi sation en amont des visites par un question naire en ligne… Plusieurs améliorations optimiseraient le passage en pharmacie. Des logiciels d’aide à la décision peuvent identi fier les problèmes de disponibilité des pro duits et d’interactions entre les médica ments, accélérant le travail du pharmacien; les objets connectés, eux, aident les pharma ciens dans leurs suivis (patients diabétiques, etc.), et font gagner du temps.

Mais toute cette technologie devra se par ler. C’est d’ailleurs un des principaux en jeux. « Si les systèmes ne se parlent pas, et que je dois effectuer une partie du travail manuellement, ça ne m’aide pas beau coup », observe Jean-François Desgagné. n

www.professionsante.ca octobre 2022 Profession Santé 57
GESTION LA ROBOTISATION CONCERNE LA PORTION PHYSIQUE DU TRAVAIL. L’AUTOMATISATION EST UTILISÉE EN AMONT POUR TOUTE TÂCHE ENTOURANT LA PRÉPARATION DES MÉDICAMENTS. « LA PHARMACIE EST PROBABLEMENT UNE DES PROFESSIONS OÙ IL Y A DES ROBOTS DEPUIS LE PLUS LONGTEMPS. » Bertrand Bolduc , président de l’OPQ PHOTO OPQ

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La curiosité mal placée peut parfois entraîner des conséquences sérieuses

Avec l’avènement des technologies de l’information ces dernières années, il n’est pas surprenant que le réseau de la santé effectue un virage numérique.

En sus de l’informatisation des dossiers médicaux des usagers dans les établis sements de santé, le déploiement du Dossier santé Québec (DSQ) a grandement contribué au par tage rapide et efficace de l’infor mation entre les différents pro fessionnels de la santé. Bien que le DSQ soit un outil informationnel non négligeable dans un contexte de soins, celui-ci implique toutefois plu sieurs enjeux notamment en matière de vie privée, de secret professionnel, de confidentialité et de protection des rensei gnements personnels.

D’emblée, il convient de souligner que l’accès au dossier médical d’un usager est strictement réglementé1. Comme pour les dossiers physiques, les renseignements contenus au DSQ sont de nature confidentielle et ceux-ci ne peuvent être utilisés ou communiqués que conformément à la Loi concernant le partage de certains rensei gnements de santé et au Règlement sur les autorisations d’accès et la durée d’utilisation des renseignements contenus dans une banque de renseignements de santé d’un domaine clinique. Il est par ailleurs re connu que le statut de professionnel ne donne pas un droit d’accès illimité aux dossiers patients lorsqu’aucune raison professionnelle ne le justifie2 . Ce n’est que dans une situation où l’accès à un dos sier est nécessaire et pertinent dans l’exercice de ses fonctions qu’un professionnel de la santé est autorisé à le faire légalement 3 La jurisprudence en matière disciplinaire a considéré que la consultation d’un dossier à des fins personnelles est l’équivalent d’en dévoiler le contenu à un tiers4

Les professionnels de la santé doivent ainsi s’abstenir de consul ter les dossiers patients dans un contexte ne relevant pas de leur pratique professionnelle et s’assurer de protéger leurs codes d’ac cès. Les syndics des différents ordres professionnels sont de plus en plus à l’affût de ce type d’écart de conduite et ceux-ci sont for tement sanctionnés par les conseils de discipline qui imposent, se

lon le cas, des périodes de radiation tem poraire allant généralement d’un à six mois5, et ce, peu importe la disposition de rattachement invoquée au soutien des chefs d’infractions.

La sévérité des sanctions impo sées dans les affaires réperto riées en jurisprudence sur cette question s’explique notamment par le haut niveau de gravité objec tive de ce type d’infraction. Le Conseil de discipline du Collège des médecins s’exprimait d’ailleurs en ce sens dans la décision Minca6, qui concernait la consul tation et l’utilisation à des fins personnelles par l’in timée des renseignements confidentiels contenus au DSQ d’une amie alors qu’elle n’était pas impliquée dans les soins de celle-ci :

[68] En effet, le Dossier Santé Québec est un outil nouvellement implanté dans le système de santé québécois et il est encore en déploiement. De nombreux intervenants du domaine de la santé y ont accès, dont les membres de différents ordres professionnels.

[69] Un message clair et dissuasif doit passer auprès de tous ces intervenants autorisés : l’accès au Dossier Santé Québec doit être effectué dans le respect de la loi et de manière à assurer le secret professionnel, de même que la confidentialité des renseignements qu’il contient.

[70] Toute dérogation ne peut être tolérée ou banalisée. Une infraction à ces obligations est très grave et justifie une sanction importante.

Plus récemment, dans l’affaire St Martin7, le Conseil de discipline de l’Ordre des pharmaciens du Québec devait trancher la ques tion de la culpabilité de l’intimé pour avoir consulté à différentes reprises les renseignements du DSQ d’une patiente dans un contexte ne relevant pas, selon le syndic, de sa pratique profes sionnelle. Au terme de son analyse, le Conseil est d’avis qu’une

www.professionsante.ca octobre 2022 Profession Santé 59 DROIT DOSSIER SANTÉ QUÉBEC
>

seule consultation est source d’infraction et déclare l’intimé coupable du seul chef d’infraction mentionné à la plainte. Selon le Conseil, la consultation problématique a été faite sans justification et résulte d’une curiosité personnelle. Devant l’absence d’une preuve claire et convaincante de la partie plaignante à savoir si les autres consultations étaient ou non nécessaires et pertinentes, le Conseil les rejette. Mentionnons toutefois au passage qu’il ne s’agit pas d’une décision finale, puisque le Conseil de discipline devra entendre les parties dans le cadre d’une audition sur sanc tion et que le droit d’appel de l’intimé demeure, à ce stade des procédures.

Si la curiosité est à bien des égards une qualité, celle-ci peut parfois être lourde de conséquences lorsqu’elle est utilisée à mauvais escient en contexte professionnel. Il est donc primordial de savoir distinguer la nécessité de consulter l’information de l’indiscrétion. n

1. Charte des droits et libertés de la personne, RLRQ, c. C-12, art. 9; Loi sur les services de santé et les services sociaux, RLRQ, c. S-4.2, art. 17-28; Loi concernant le partage de certains renseignements de santé, RLRQ, c. P-0001; Règlement sur les autorisations d’accès et la durée d’utilisation des renseignements contenus dans une banque de renseignements de santé d’un domaine clinique, RLRQ, c. P-9.0001, r. 1.

2. Inhalothérapeutes (Ordre professionnel des) c. Milmore, 2017 CanLII 78244 (QC OPIQ), par. 32.

3. Martin HÉBERT, Aspects juridiques du dossier de santé et de services sociaux, AQAM, juillet 2002, p. 117 à 119.

(Ordre professionnel des) c. Grondin, 2018 CanLII 55210 (QC CDOPQ), par.

Médecins (Ordre professionnel des) c. Kieu, 2018 CanLII 111554 (QC CDCM), par.

(Ordre professionnel des) c. Minca, 2017 CanLII 62822 (QC CDCM); Infirmières et infirmiers (Ordre professionnel des) c. Bernier, 2018 CanLII

(Ordre professionnel

(Ordre professionnel

(CanLII);

(CanLII);

(CanLII); Médecins

(Ordre professionnel

(Ordre professionnel

c.

c.

c.

60 Profession Santé octobre 2022 www.professionsante.ca DROIT
4. Pharmaciens
30;
47. 5. Médecins
105824 (QC CDOII); Infirmières et infirmiers
des)
Gravel, 2019 CanLII 77819 (QC CDOII) ; Médecins
des) c. Ferron, 2020 QCCDMD 15
Médecins
des)
Goldstein, 2021 QCCDMD 20
Médecins
des)
Barrier, 2020 QCCDMD 19
(Ordre professionnel des) c. Balthazard, 2021 QCCDMD 35 (CanLII); Pharmaciens (Ordre professionnel des) c. Poirier, 2022 QCCDPHA 13 (CanLII). 6. Minca, préc., note 5. 7. Pharmaciens (Ordre professionnel des) c. St Martin, 2021 QCCDPHA 120. « LES PROFESSIONNELS DE LA SANTÉ DOIVENT S’ABSTENIR DE CONSULTER LES DOSSIERS PATIENTS DANS UN CONTEXTE NE RELEVANT PAS DE LEUR PRATIQUE PROFESSIONNELLE ET S’ASSURER DE PROTÉGER LEURS CODES D’ACCÈS. » NOUS RECRUTONS ! Nous recherchons des responsables pour les chroniques Vous aimeriez contribuer à la revue de formation continue des pharmaciens ? Vous êtes une pharmacienne ou un pharmacien inscrit(e) au tableau de l’OPQ ? Rejoignez notre équipe éditoriale ! Aidez-nous à identifier des sujets d’intérêt et à recruter des auteurs experts et des réviseurs scientifiques reconnus pour Québec Pharmacie Pour toutes questions, veuillez communiquer avec Christian Leduc, directeur de la rédaction de Québec Pharmacie, cleduc@ensembleiq.com

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La plupart des malades chroniques reçoivent le mauvais dosage

Les médecins choisissent généralement les bons antibiotiques pour traiter une infection selon les guides cliniques provinciaux, mais ils prescrivent souvent le mauvais dosage aux adultes atteints de maladies chroniques, révèle une étude de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) qui porte sur des données de 2010 à 20171.

3 fois sur 4

Chez les adultes avec une infection courante, le choix de l’antibiotique approprié concordait au moins à 73 % du temps avec les guides en vigueur.

CHEZ LES PATIENTS DIABÉTIQUES ADULTES

CHEZ LES PATIENTS

CHEZ LES PATIENTS ADULTES SANS MALADIE CHRONIQUE

1 fois sur 2

La concordance tombe généralement sous la barre des 50 % si on tient compte des dosages pour les patients souffrant d’une maladie chronique (diabète, troubles mentaux, maladies respiratoires ou cardiovasculaires).

QUELQUES CONSTATS DES AUTEURS

n La dérogation aux recommandations n’est pas synonyme d’usage inapproprié, car elle peut résulter d’un besoin d’éviter des interactions médicamenteuses ou d’adapter le traitement au poids corporel du patient ou à la fonction rénale du patient.

n Les malades chroniques sont plus fréquemment exposés aux antibiotiques, ce qui devrait nécessiter une vigilance accrue des cliniciens.

n D’un point de vue d’antibiorésistance, des doses quotidiennes trop faibles et des traitements plus longs sont plus préoccupants que de courts traitements à haute dose.

n Un accompagnement des cliniciens dans la prescription d’antibiotiques en cas de maladie chronique pourrait être utile.

62 Profession Santé octobre 2022 www.professionsante.ca EN CHIFFRES ANTIBIOTIQUES
1. Institut national de santé publique du Québec. Impact des maladies chroniques sur la prescription des antibiotiques selon les guides cliniques dans la communauté. Surveillance des maladies chroniques, n° 40. Publié le 7 septembre 2022.
Infection Antibiotique recommandé (guides, 2009) Doses recommandées (guides, 2009) Pyélonéphrite 78 % 66 % Rhinosinusites 82 % 52 % Bronchites et exacerbations MPOC 92 % 31 % Pneumonies 73 % 38 % Cystites 95 % 19 %
ADULTES AVEC UNE MALADIE CARDIOVASCULAIRE Pyélonéphrite 78 % 66 % Rhinosinusites 83 % 53 % Bronchites et exacerbations MPOC 92 % 32 % Pneumonies 74 % 39 % Cystites 95 % 22 %
Pyélonéphrite 82 % 77 % Rhinosinusites 86 % 61 % Pneumonies 84 % 40 % Cystites 95 % 32 % LA RÉDACTION
® U © T ue peut être la cause du ? • O j ô y ô • dysbiose dans le microbiome î z fl 1 . ode d’action de axine envers le • y y à RN y N y RN * • O effet prolongé sur le traitement de 2 semaines X NE* • j à y *y * V z axine.ca o é é h vo o o o vo vo Mot de passe : Zaxine123 * et ne doit pas être utilisé pour le traitement des infections bactériennes systémiques1. git localement sur la microflore intestinale* U o j à ç û fi z y ô fi z fi z â > 6 fi j j j fi â j â fi X NE z Co - o • z y à à y M é o • N y • y à fi • • à C ostr d um d ffi y X NE à C d ffi y U ç fi C d ffi • z • X NE • y X NE • z • X NE • O X NE Po m V z 36 F 7 6 3 Réfé 9

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