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r f . o i ec h ob

SE NOURRIR Sans gluten

RENTRÉE Le raisin se met à table

CAMEROUN Les trésors de la forêt

HABITAT La rénovation écolo N°25 Sept./Oct. 2010

EchoBio

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Eau Secours ! Protégeons la vie


Edito L’attaque des clones est lancée Alors que le clonage des animaux devient monnaie courante sur le continent américain, l’Union européenne l’a interdit et reste prudente face à ce sujet sensible, que l’été a rendu brûlant. En Grande-Bretagne, la découverte, suite à une enquête, de la mise en vente sans autorisation, pour la consommation humaine, de viande et de lait issus d’animaux clonés a réactivé les craintes. Encore une bonne raison, s’il en fallait, de manger bio.

Retrouvez-nous

N O U V E A U sur www.echobio.fr

4 Actualités Régions 10

Actualités Environnement

D’un côté la viande clonée, de l’autre une variété de pomme de terre génétiquement modifiée illégale découverte en Suède : plus que jamais, la vigilance doit être de mise. Quel nouveau scandale alimentaire nous prépare-t-on, sachant – cerise sur le gâteau – que la réintroduction des farines animales pour nourrir porcs, volailles et poissons, est à l’ordre du jour ? Pourtant, ces farines animales ont été interdites en 1994, soupçonnées d’avoir contribué à la propagation de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) parmi les bovins. Décidément, l’humain a la mémoire courte. Même si le projet de réintroduction ne concerne pas les ruminants, les risques “d’erreur” dans l’apport des rations journalières dans les fermes ne sont pas à exclure. D’autant plus qu’autoriser à nouveau de la farine de viande est dictée surtout par des motifs économiques ! Heureusement, la bio existe et se développe, loin du clonage, des farines animales et des OGM… Autant de raisons pour continuer sans cesse à la défendre en la privilégiant dans nos assiettes. Christine Rivry-Fournier Les Éditions Fitamant publient Echobio et Biofil, la revue professionnelle des agriculteurs bio. Contact : Éditions Fitamant, rue Menez-Caon, BP 16, 29560 TELGRUC-SUR-MER, tél. 02 98 27 37 66, fax 02 98 27 37 65, com@fitamant.fr

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14 Portrait

Michaël Latz, maire de Correns : un engagement 100 % bio

Super bio, pour la contrer Révélées début août, les recherches de la Food Standards Agency (FSA) ont levé le voile sur les pratiques de fermiers anglais qui bravaient la loi en achetant des embryons clonés aux USA, pour obtenir des animaux mieux conformés. Selon plusieurs sources, cette viande se serait retrouvée dans les assiettes britanniques, ainsi que celle des descendants de clones ! Il n’existe pour l’instant aucune législation communautaire pour autoriser ou interdire les produits laitiers et la viande issus d’animaux clonés. Mais si certaines études clament leur innocuité pour la santé humaine, que fait-on du principe de précaution ?

France 6

Actualités Actualités Planète

Reportage

Chasselas de Moissac : un raisin aux grains (a)dorés

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Entreprises Pâtes et nouilles bio : tous les goûts et les couleurs

24 Dossier S-Eau-S

À la reconquête de la pureté

40 Art de vivre Bien-être

Intolérance au gluten : les bienfaits d’un régime “sans”

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Micro-algue d’eau douce : les promesses de la chlorella

44 Ailleurs 46

Cameroun : la piste végétale de Natura Bio

Cuisine

Le soja à toutes les sauces : pour une cuisine relevée

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Habitat Rénovation écologique : l’ancien a de l’avenir

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Jardin

Ensemble au jardin : pour tout partager

52 Nouveautés 54 À vos agendas ! Le coin des livres

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Act ua lités Régio n s

Fermes ouvertes en Ile-de-France L’automne sera bio dans le Val d’Oise, les Yvelines, l’Essonne, la Seine-et-Marne grâce à 14 fermes qui accueillent petits et grands en septembre et octobre. Pour mieux comprendre le métier d’agriculteur, saisir les enjeux d’une conversion à la bio – les difficultés et les améliorations du cadre de vie – rien de tel qu’une visite guidée. Des conférences seront étayées par les témoignages de producteurs et la projection de films lors du marché bio du bocage gâtinais (le 19 septembre à Dormelles). Des ateliers sur la fabrication du pain, de bougies à partir de la cire de ruche, de fromage sont programmés. C’est l’occasion aussi de pénétrer dans une champignonnière implantée sur d’anciennes carrières de taille (les 16 et 17 septembre à Montesson) ou d’observer la coupe du cresson (16 et 17 septembre à Mereville) avant d’en mâcher quelques feuilles. Car la gastronomie ponctue toutes ces rencontres avec la dégustation de différentes pommes à couteaux, de gâteaux, de miel, de lait cru… Poules, vaches, moutons, brebis, chevaux… les enfants ne seront pas en reste avec la découverte de diverses races. www.bioildefrance.fr

ur À poor lonesome producte Le jeune producteur morbihannais David Le Ruyet crée plus vite que son ombre. À 22 ans, il a déjà lancé sa petite entreprise de fabrication artisanale de pâtes. Ce sont plutôt des “spécialités alimentaires au blé tendre”, explique-t-il car la dénomination “pâte” est réservée aux produits à base de farine de blé dur. Sa gamme comprend 18 préparations pour fins gourmets. Elle a séduit la région Bretagne lors d’une sélection “Tendances et innovations”, dans l’esprit “responsable, pratique et bon pour la santé”. Certes, ses créations ne sont pas exclusivement bio puisqu’elles ne comportent pour l’instant que “23 % d’ingrédients bio, les blancs d’œufs et le lait”, souligne David. Mais le jeune homme, également producteur de blés depuis l’âge de 15 ans sur la ferme familiale, souhaite clairement adopter le bio. Fraîchement diplômé, David n’a, hélas, pas bénéficié de formation dans ce domaine, malgré un long cursus : BEP, Bac Pro agricole, BTS et licence professionnelle en création et gestion d’entreprise. “Désormais je bine mes cultures mais je manque d’échanges avec des producteurs bio, regrette-t-il. Ce n’est pas un appel au secours, mais j’ai besoin de conseils car je souhaite y arriver d’ici deux ans.” Avec David, ils sont 50 transformateurs dits “innovants” ou renouvelant une gamme (une dizaine en bio : bières, crêpes, biscuits, pâtés, yaourts…) à participer, sous l’égide de la région Bretagne, au Salon International de l’Agroalimentaire (Sial) du 17 au 21 octobre prochain, à Paris.

Le Grand Ouest favorise

les achats responsables

Les collectivités sont de plus en plus nombreuses à vouloir intégrer des critères environnementaux, sociaux, éthiques et équitables dans leurs commandes publiques. Créé en 2006 à l’initiative de Nantes et Angers, le Réseau Grand Ouest (RGO) œuvre dans ce sens, en lien avec 80 collectivités sur 5 régions (Basse-Normandie, Bretagne, Pays-de-la-Loire, Poitou-Charentes et Limousin). Les moyens de réduire les gaz à effets de serre, favoriser le bois, les textiles écologiques, ou l’alimentation bio en restauration collective sont en réflexion. “Le groupe de travail bio a suscité un vrai engouement, avec la participation d’une vingtaine de collectivités, au lieu des 5 ou 6 habituellement”, rapporte Thierry Hoffmann, directeur des affaires juridiques et de la commande publique à la ville d’Angers, co-président du groupe avec Gilles Mahé, élu angevin. L’assouplissement de règles dans les accords cadres des marchés publics, le bilan carbone ou la jurisprudence pourraient faire partie de pistes de travail pour intégrer aussi la notion de proximité. Les 1res rencontres sur la commande publique responsable se tiendront à Nantes les 29 et 30 mars 2011. Le bio est au programme. “L’occasion de faire passer des messages aux fournisseurs, comme celui de favoriser plus de proximité”, ajoute Thierry Hoffmann. RGO est en lien avec d’autres régions à travers un inter-réseau national des collectivités animé par l’Ademe. www.reseaugrandouest.fr ; www.achatsresponsables.com

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Fournitures de rentrée :

Actu a lités Fran c e

encore trop chères en vert

Si le choix en fournitures scolaires estampillées “recyclées, recyclables ou durables” devient plus large dans les rayons des magasins, la note en caisse ne diminue malheureusement pas. Tel est le constat de l’association France Nature Environnement qui a fait ses courses de rentrée en comparant deux paniers composés des fournitures de base. Cette année encore, le panier “vert” est 2,5 fois plus cher que le panier classique. L’exemple le plus marquant est celui des “feutres en matière recyclée dont le prix est 11 fois plus élevé que celui des feutres basiques”, constate Rachel Louiset, chargée de mission prévention des déchets à FNE. Toutefois, l’argument écologique est davantage mis en avant, ce qui est positif. Pour les crayons de couleurs et à papier, les taille-crayons, les règles graduées, privilégiez les labels privés FSC et PEFC, garantissant l’utilisation de bois provenant de forêts gérées dans une optique durable. En rayon papeterie (cahier, feuille, papier à dessin), choisissez l’écolabel européen et NF Environnement (écolabel français) qui distinguent les produits ayant un moindre impact sur l’environnement tout au long de leur cycle de vie. Sans oublier qu’il vaut mieux, avant l’achat, vérifier si le matériel de l’année précédente ne peut pas resservir et préférer des fournitures solides, même un peu plus chères. C’est plus durable, donc plus économique à long terme. www.fne.asso.fr/

En vedette : les fraises bio

sont meilleures

Les fraises bio sont meilleures que les conventionnelles, sur le plan gustatif, nutritionnel, et de surcroît, elles se conservent mieux. De plus, elles favorisent aussi la fertilité des sols : telles sont les principales conclusions d’une étude exemplaire réalisée pendant deux ans par une équipe de 9 chercheurs du Washington State University, experts dans plusieurs disciplines et qui vient d’être publiée dans le journal Plos One. Afin d’être le plus pertinent possible, ce travail inédit a adopté une approche globale et pointue, incluant 31 critères d’analyses, comparant les mêmes trois variétés, les spécificités des sols et des pics de maturation. 26 fermes californiennes, dont la moitié en bio, ont été passées à la loupe. Résultat : si les fraises bio sont en moyenne plus petites et plus foncées que leurs consœurs conventionnelles, elles renferment davantage de matière sèche. Les analyses révèlent des taux plus élevés en antioxydants (+8,5 %), vitamines C (+9,7 %) et polyphénols (+10,5 %), éléments protecteurs des maladies. En revanche, elles sont moins chargées en phosphore et en potassium. Quant aux sols des fermes bio, ils affichent également de meilleurs résultats : davantage de séquestration de carbone et d’azote, une bonne activité de la biomasse microbienne et une plus grande quantité de micronutriments. De plus, les analyses de l’ADN de terres menées en bio montrent une plus grande diversité génétique, marqueur d’un sol sain, non stressé, garant d’une agriculture durable. www.plosone.org

Loi Grenelle 2 enfin adoptée Après le feu vert du Sénat puis de l’Assemblée nationale fin juin, la loi Grenelle 2 est définitivement adoptée (JO 13 juillet 2010). Elle détaille les grands engagements pris dans le Grenelle 1, sur l’isolation des bâtiments, l’agriculture bio, la mobilité urbaine ou encore la protection des espèces et des écosystèmes. La loi prévoit notamment l’interdiction de la publicité sur les pesticides à destination du grand public, la création de la certification “haute valeur environnementale” pour les exploitations agricoles, le renforcement de l’encadrement des produits phytosanitaires, la protection des zones de captage d’eau potable, l’élaboration, d’ici 2012, de trames verte (par la terre) et bleue (par l’eau) pour enrayer la perte de la biodiversité. Mais les organisations écologistes regrettent le recul des mesures par rapport aux demandes initiales. Elles s’interrogent aussi sur sa mise en application, sachant que quelque 190 décrets doivent être rédigés pour assurer sa mise en œuvre. D’où “un risque évident” de démobilisation, dénoncé par la secrétaire d’État à l’Écologie, Chantal Jouanno. Ce, d’autant plus que l’environnement n’est pas franchement la priorité de la rentrée. www.legrenelle-environnement.fr

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sticides

Seuils dépassés en résidus de pe

Act ua lité s

Publié mi-juillet, le dernier rapport annuel de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) sur les résidus de pesticides dans les céréales, les fruits et les légumes conclut que, en 2008, 96,5 % des échantillons analysés dans l’UE, en Norvège et en Islande respectaient les limites maximales autorisées par l’Union. Ces seuils étaient dépassés pour 2,4 % des échantillons d’origine communautaire et 7,6 % des échantillons d’aliments importés des pays tiers. En bio, 0,9 % des échantillons présentent des niveaux de pesticides supérieurs aux LMR (qui sont identiques à celles applicables à l’agriculture conventionnelle). www.efsa.europa.eu/fr

Économies d’énergie :

résultats encourageants

Selon l’Ademe, la consommation en énergie primaire a diminué de 5,2 % en 2009, une baisse d’une ampleur jamais enregistrée depuis 1975. Avec 259 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep), elle retrouve à peu près son niveau d’il y a 10 ans. Même tendance pour la consommation d’énergie finale, elle a reculé de 3,8 % en 2009. Ainsi, cette baisse de la consommation, combinée à la très forte progression des énergies renouvelables, a entraîné en 2009 un recul de 5,7 % des émissions de CO2 liées à l’énergie. La facture énergétique de la France a diminué d’un tiers en 2009, pour atteindre 38 milliards d’euros, soit 2 % du Produit Intérieur Brut (PIB). Quant au parc éolien, il a franchi la barre des 4 500 MW, soit une hausse de 84,5 % en seulement deux ans. Chaque année, plus de 1 000 MW sont désormais raccordés au réseau, l’équivalent de la puissance d’une centrale nucléaire. www.ademe.fr

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Kdjhhdj]V^iZogZXZkd^gZiY^hig^WjZgaVgZkjZ:X]dW^d\gVij^iZbZci|kdhXa^Zcih4Kdjhhdj]V^iZoZcgZXZkd^gjcZfjVci^i‚eajh^bedgiVciZ4 6eeZaZo"cdjhVj%'.-.-%&)*djedhZo"cdjhkdhfjZhi^dcheVgbV^a|aÉVYgZhhZhj^kVciZ/ejW#ZX]dW^d5ÒiVbVci#[g :Y^i^dch;^iVbVci"7E&+"'.*+%I:A<GJ8"HJG"B:G"I‚a#%'.-',(,++";Vm%'.-',(,+*

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Actualités Planète

Graines d’explorateurs En tirant sur le fil… d’Écosse Déjà 6 800 km parcourus, dont près de 2 000 à vélo, pour nos quatre explorateurs partis faire le tour du monde des fermes bio. En août, ils ont posé le pied sur l’île écossaise de Mull, où Aeneas et Mynty MacKay leur ont prěsenté leur ferme certifiée bio depuis 10 ans. À l’origine, Ardalanish Farm élevait des moutons anglais très gras, dont les portées donnaient facilement 2 à 3 petits par an. Mais l’animal n’était pas du tout adapté aux sols pauvres de Mull ; souvent malade, le cheptel ne se maintenait qu’à grand renfort d’antibiotiques… tandis que les agneaux, peu protégěs par leurs mères, faisaient le régal des corbeaux. En rachetant la ferme en 1994, Aeneas et Minty revoient toute l’organisation. Les collines d’Ardalanish s’égaient děsormais de 200 moutons des Hébrides et de 22 vaches Highlands, races parfaitement adaptées aux conditions de l’île. La concentration d’animaux a été abaissée et les prairies ont reverdi ; le nombre de naissances par brebis ayant diminué, on ne déplore plus de pertes inopportunes d’agneaux. Pour valoriser encore davantage l’élevage ovin, Aeneas et Mynty exploitent eux-mêmes leur laine et confectionnent des vêtements (seul le filage est sous-traité !), vendus à la ferme et sur Internet, tout comme la viande. L’exploitation fait vivre près d’une dizaine de personnes. www.ardalanishfarm.co.uk ; www.grainesdexplorateurs.com

Sous les pavés, le sac plastique

!

400 ans : c’est le temps nécessaire pour qu’un sac plastique se désagrège. Fléau écologique mondial, ce déchet l’est particulièrement dans les pays les plus pauvres où la gestion des ordures ménagères est souvent réduite aux décharges à ciel ouvert. Pour endiguer ce désastre, des Maliens de la ville de Mopti ont eu l’ingénieuse idée de recycler les sacs qui traînent par multitude dans la ville. Et ce, en pavés. Le procédé vient du Niger où il a été expérimenté. 20 kg de sacs fondus, mélangés à 70 kg de sable, donnent une mélasse noirâtre qui, une fois pressée, devient une matière dure et très résistante. À Mopti, le quartier Komoguel I a pu être pavé avec ce matériau et l’aval enthousiaste de ses habitants. Vecteur de propreté et d’emplois (des femmes se seraient organisées en coopérative de collecte), le procédé devrait être étendu à d’autres quartiers, villes et pays. Seul pavé dans la mare, les émanations de fumées créées par la combustion du plastique est toxique. Pour les artisans du projet, la fondation Trust Aga Khan pour la culture, ce serait un moindre mal, en comparaison des problèmes quotidiens causés par les sacs volants. D’autres expériences innovantes existent. Outre le recyclage en fibre de plastique pour la fabrication d’objets divers, une ONG sénégalaise (Espère) trie, broie, sèche au soleil et extrude ces déchets, destinés à devenir des bancs publics, panneaux de signalisation ou tuyaux. Sources : RFI, France 24.

Aux Usa, la bio cherche des producteurs Aux États-Unis aussi, la demande des consommateurs en aliments bio : légumes, produits laitiers, œufs, céréales, viandes, s’accentue. Mais la production, trop dispersée, est à la traîne. Pourtant des agriculteurs s’organisent, à l’image des créateurs de la coopérative Cropp, née dans le Wisconsin en 1988 de la volonté de sept “farmers” de sortir de l’engrenage du productivisme à outrance. Forte aujourd’hui de plus de 1 650 adhérents (soit environ 10 % de la bio des USA) répartis dans 34 États, surtout dans ceux du Nord-Est, la coopérative cherche à rallier de nouveaux agriculteurs bio, notamment des producteurs de lait. “Cette profession est complètement sinistrée, elle court après les rendements, prise dans le cercle infernal des engrais, pesticides, hormones, clonage… La bio est, pour beaucoup, une bouée de sauvetage afin de continuer ce métier que nous aimons. Nous sommes une nouvelle génération d’agriculteurs qui croyons à un modèle plus sain et plus humain”, explique Travis Forgues, jeune producteur laitier du Vermont, qui a repris la ferme de ses parents après des études à l’Université en psychologie et sciences de l’informatique. Soucieuse de maintenir les petits agriculteurs, en renouant avec les ventes locales, la coopérative Croop, connue par sa marque Organic Valley, tient à offrir une alternative durable aux agriculteurs, basée sur des prix équitables et en s’affranchissant des multinationales. www.farmers.coop

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L’Union européenne motive

Actualités Environnement

les villes les plus écolos

Pour encourager les villes à améliorer la qualité de l’environnement, l’Union européenne a créé le concours des capitales les plus vertes. Outre de faire découvrir l’engagement écologique des villes, cette initiative vise à diffuser et stimuler les bonnes pratiques à travers l’Europe. Parmi les huit finalistes, Stockholm et Hambourg ont remporté le titre, devant Amsterdam, Bristol, Copenhague, Fribourg, Münster et Oslo. La métropole suédoise est donc proclamée capitale verte pour 2010, suivie de la seconde ville allemande pour 2011. Le prix récompense les municipalités très engagées dans la mise en place de mesures écologiques, concernant ion ect prot de x Hambourg a fixé des objectifs ambitieu la qualité des eaux, de l’air, du bruit, des transports, le de CO de ions émiss ses de n réductio la avec climat, du 2 traitement des déchets… Les finalistes pour le titre en 2012 40 % d’ici 2020 et de 80 % en 2050. et 2013 sont les villes espagnoles de Barcelone et VitoriaGasteiz, une autre suédoise Malmö, l’allemande Nuremberg, l’islandaise Reykjavík, et Nantes. Rendez-vous du 20 au 22 octobre 2010 à la cérémonie de remise des prix qui aura lieu à Stockholm. http://ec.europa.eu/environment/europeangreencapital/

Stockholm, capitale ver te europ

éenne en 2010

Élue première capitale verte européenne en 2010, Stockholm propose à ses 800 000 habitants un ambitieux programme de croissance durable. La plus grande ville suédoise vise à se libérer complètement des énergies fossiles à l’horizon 2050. Et elle s’en donne les moyens, avec des mesures écologiques très poussées. Elle crée par exemple des unités de biogaz, énergie utilisée pour les transports en commun dont le réseau est intensifié. Située sur la côte baltique, “la Venise du Nord” a mis également l’eau au cœur de ses préoccupations, sachant que 10 % de sa surface est aquatique. Le traitement des eaux usées a été amélioré, réduisant de moitié les rejets de phosphore depuis 1995. Au lieu de s’écouler dans les égouts, l’eau de pluie est recueillie, purifiée dans un filtre à sable, puis relâchée dans le lac voisin, ce pour réduire la pression dans l’usine de traitement. Les toits végétalisés, ainsi que les nombreux sentiers et espaces boisés absorbent aussi l’eau de pluie, pour en réduire le volume. Cerise sur le gâteau, chaque habitant vit à moins de 300 mètres d’un espace vert.

Stockholm ambitionne de stopper fossile sur son périmètre d’ici 2050la. consommation d’énergie

Union Européenne : encore

des efforts

Dans sa 7e édition tout juste parue, le rapport annuel d’examen des politiques environnementales européennes dresse un bilan mitigé des actions des 27 États membres. Malgré des progrès indéniables réalisés partout en Europe, de gros efforts supplémentaires sont attendus pour stopper la dégradation de l’environnement, notamment pour tenter d’enrayer la perte de biodiversité et le changement climatique. Selon ce rapport, les actions en faveur de l’environnement et la santé, des ressources naturelles et des déchets ne sont pas suffisantes. Janez Potonik, commissaire européen à l’environnement, s’inquiète de la lenteur des changements effectués par les États membres en 2009. “Nous devons continuer à promouvoir la croissance verte et de nouvelles mesures de politique nationale visant une gestion plus efficace des ressources”, insiste-il. Parmi les urgences, il faut baisser les émissions moyennes de CO2 des voitures et l’usage des énergies fossiles, réduire la pollution atmosphérique, améliorer la qualité des ressources en eau, stopper la surpêche, baisser les volumes de déchets et les résidus de pesticides, revoir le traitement des déchets nucléaires… Selon ce rapport, les populations restent exposées à des risques inquiétants dus à l’exposition aux particules, à l’ozone, aux oxydes d’azote, au bruit des transports ou aux produits chimiques toxiques. Un bon point cependant pour l’agriculture bio, qui étend ses surfaces. http://ec.europa.eu/environment/policyreview.htm

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t P o r t ra i t

M. Latz, maire de Correns

Un engagement 100 % bio Maire de Correns dans le Var depuis 1995, vigneron bio, Michaël Latz a, dès le début de son premier mandat, sensibilisé ses administrés et collègues producteurs à l’agriculture biologique. Deux ans plus tard, Correns devenait le 1er village bio de France.

N

iché à flanc de collines, ceinturé par les vignes, Correns, au cœur de la Provence Verte, à une heure de Toulon, ne déroge pas aux doux clichés mixant cigales, oliviers, vignes et soleil. En ce dimanche midi de début août, la brocante qui anime ce village de près de 900 âmes a attiré de nombreux curieux et vacanciers. Un pizzaiolo ambulant affiche “pizza bio”. Sur un arbre, place de la mairie, est placardée l’annonce de la 11e fête de la bio et du naturel de la mi-août. Attablé au café, le bien nommé Cercle de l’avenir, Michaël Latz nous raconte l’aventure du bio à Correns, notamment de sa cave coopérative 100 % bio, unique dans le département. Une histoire toujours en évolution et, semble-t-il, fièrement assumée par ses habitants.

Comment est née

t

l’histoire du bio à Correns ?

En 1985, je dirigeais une société de vente de produits phytosanitaires, historiquement une coopérative d’approvisionnement, fournissant plus de la moitié des exploitations de la région. Pourtant, l’agriculture biologique m’interpellait et je lisais beaucoup sur le sujet. Constatant la main mise des fabricants de “produits phyto” sur les coopératives agricoles où les producteurs n’ont plus de libre arbitre, j’ai proposé à celle de Correns de passer en bio. Petite cave coopérative, elle était

er Correns s’affiche “1 village bio de France” et ne se connaît pas d’équivalent. Chaque année, elle organise une grande fête autour du bio et souhaiterait mettre en œuvre un festival du film bio.

au point mort et risquait de se faire “manger” par d’autres. L’objectif était double, environnemental et aussi économique, pour garder les jeunes au village. En 1995-1996, nous avons organisé des réunions d’informations expliquant aux paysans que la bio était un moyen de retrouver la fierté de leur métier et créer de la valeur ajoutée. Ça a plutôt bien marché. Car je ne suis pas seulement maire. On m’a fait confiance aussi parce que je suis vigneron et ingénieur agronome. Et la bio, je peux l’expliquer scientifiquement.

Quelles ont été vos difficultés ? Ça n’a jamais été difficile. Très peu de producteurs se sont élevés contre le projet. Correns se prête bien au bio : petites exploitations, petites surfaces, historiquement peu traitées. Aujourd’hui, la moyenne d’âge du conseil d’administration est de 37 ans, alors qu’elle est plus proche de 60 ans

Correns, au cœur des vignes bio La petite cave coopérative (32 vignerons bio) est bien visible avec ses 1 000 m2 de panneaux photovoltaïques. Les trois couleurs du vin – avec le rosé comme production phare –, y sont produites en AOC Côtes de Provence et Vins de Pays (près de 10 000 hectolitres/an). Le vin blanc, réputé, reste la spécificité historique de Correns depuis les années 1930. Le village compte également une coopérative oléicole bio de 500 coopérateurs, produisant chacun 1 kilo d’huile en moyenne. Le vignoble corrensois s’étend sur près de 200 ha, avec trois domaines : les Aspras, propriété de Michaël Latz sur 18 ha depuis 1971, La Grande Pallière et Miraval. Ce dernier a été acquis il y a trois ans par le couple de stars Brad Pitt et Angelina Jolie. “Grâce à la notoriété de Correns, ils sont devenus encore plus célèbres”, plaisante le maire.

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ailleurs. Ici, les jeunes ont repris le flambeau, des paysans très fiers de leur démarche. On nous a beaucoup critiqués sur le fait que Correns s’affiche bio. Pourtant, la cave coopérative a survécu grâce à nos choix techniques basés sur la qualité. Mais il fallait une démarche marketing pour éviter un effet “feu de paille”. L’économie devait porter le projet pour le pérenniser, car il reflète l’agriculture de demain. Nous voulons montrer que celle-ci est viable. Au début, nous étions la risée de tout le département. La plupart avaient une idée très passéiste du bio, la résumant aux cheveux longs ! Aujourd’hui, le regard est admiratif. Notre courage est reconnu. Pourtant, l’exemple de Correns n’a pas été contagieux, alors qu’ici, la terre est bénie des dieux pour cultiver bio. Mais il faut une volonté politique. Cela dit, certains domaines dans la région se sont convertis.

Quelles sont les autres activités bio ? Outre les trois domaines viticoles bio situés sur la commune, nous avons un producteur céréalier. De plus, nous avons installé un maraîcher sur 2 hectares, une éleveuse de 400 poules pondeuses et un chevrier sur 65 hectares de forêts communales. Une soixantaine de chèvres y paissent et préservent la forêt des incendies. Nous avons aussi un producteur suisse, Jean-Pierre Droz, attaché à Correns depuis plus de vingt ans. Il cultive des plantes aromatiques et médicinales sur une dizaine d’hectares pour de grandes marques suisses et françaises et une distillerie a été construite pour les huiles essentielles. Récemment, de jeunes Corrensois se sont installés. L’un devient apiculteur et une autre démarre un élevage de volailles d’ici l’automne prochain. Nous avons même une coiffeuse bio en activité depuis janvier 2009.

Correns met en place un agenda 21.

Où en est-on ?

La population y adhère bien. Comme nous ne voulions pas que la mairie soit donneuse de leçons, un comité de pilotage indépendant d’une soixantaine de personnes représentatives du village a été créé. Il est présidé par Gérard Ghersi, un ingénieur agronome et économiste, issu du village. Trois axes ressortent : respect des ressources, améliorations des conditions sociales, créations d’emplois et de valeur ajoutée. La consommation d’eau, l’énergie, le tri sélectif font partie des réflexions. Il y a une forte demande en jardins familiaux bio et en diversification agricole. Avec l’aide de la Safer, nous recensons les terres agricoles perdues ces 40 dernières années. À long terme, entre 15 et 30 hectares pourraient être dédiés à l’agriculture bio. Or, il faut pouvoir libérer l’accès au foncier, très cher dans notre région. Les projets ne manquent pas, cultures fruitières, élevages, agroforesterie. Nous souhaitons produire des plaquettes de bois pour le chauffage des bâtiments communaux.

Y a-t-il d’autres projets

qui vous tiennent à cœur ?

Je voudrais lancer une fondation autour du développement durable sur le bassin méditerranéen. Correns pourrait être un lieu d’échange, d’entretien et de résidence. Il y aurait un centre bibliographique. Le lancement est prévu dans deux ou trois ans. L’association italienne Cita del Bio dont font partie des villes comme Rome et Turin et maintenant Correns est venue nous visiter. Le but : faire émerger les circuits courts bio dans les villes. Les collectivités territoriales italiennes

“Nous voulons garder la dynamique lancée et l’identité du village” : à 31 ans, Fabien Mistre est prěsident de la cave coopérative et de la coopérative oléicole bio de Correns.

Correns promeut l’éco-construction depuis la rénovation de la mairie (HQE) en 2001. Ici le centre multi-générationnel, comprenant une nouvelle cantine (où 75 % des repas sont bio). ont été plus rapides qu’en France. Je fais également partie de l’association Méditerranée Afrique Solidarité. Au Kivu, nous avons créé une ferme pour enseigner le maraîchage bio aux enfants soldats afin qu’ils puissent vendre leur production sur les marchés. Nous en sommes à la deuxième promotion d’une dizaine d’élèves par an. J’aimerai bien lier ce projet à Correns. Frédéric Ripoche www.correns.fr

Bio de Michaël Latz 59 ans, conseiller municipal à Correns dès 1983, maire depuis 1995, Michaël Latz est aussi président du syndicat mixte “Pay s de la Provence Verte”, regroupant 39 com munes sur un territoire de près de 100 000 hab itants. Ingénieur agronome, Michaël Latz a été chef du service économique à la Cha mbre d’agriculture du Var dans les années 1970 puis a exercé des fonctions à la Com munauté européenne. La passion des vins corrensois l’a rattrapé. Vigneron, il dirig e également une société spécialisée en pac kaging et marketing du vin avec une dém arche d’éco-produit.

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Chasselas de Moissac

À une vingtaine de kilomètres au nord de Moissac, Cazes-Mondenard, aux confins du Lot et du Tarn-et-Garonne, est un des fiefs de la culture du Chasselas. Situé en plein Quercy Blanc, le vignoble se prélasse à perte de vue. C’est le moment de la récolte, et les cueilleurs, munis de leurs ciseaux, arpentent tous les jours les rangs pour ramasser délicatement les fruits mûrs à point.

L

a ferme du Paradou cultive le Chasselas depuis plusieurs générations. En 1982, les deux frères Alain et Michel Moles décident de poursuivre la tradition en reprenant les terres familiales plutôt pauvres, à dominante calcaire, constituant les conditions idéales pour les 8 hectares de vignes implantés en Chasselas. “Cette culture réclame un savoir-faire qui s’acquiert et s’enrichit avec l’expérience. Elle fait partie de notre histoire et de notre héritage que nous voulons préserver”, rappelle d’emblée Michel Moles, amoureux de son terroir. C’est justement pour donner le meilleur du Chasselas que les deux frères ont choisi, depuis 2004, d’abandonner les produits phytosanitaires de synthèse et de pratiquer l’agriculture bio. “Ce cépage aux grains blancs ne supporte pas l’intensification qui détériore sa qualité et compromet l’avenir. De plus, il nous paraît essentiel aujourd’hui de proposer des fruits les plus sains possibles aux consommateurs, sans contaminations chimiques, insiste Michel Moles. C’est indispensable, surtout pour les cures de raisins, destinées à nettoyer l’organisme humain et le fortifier pour l’hiver…”

Plein feu sur la

grappe

Ici, ce cépage est une institution, et les producteurs en sont fiers. En effet, le Chasselas de Moissac est le premier fruit à avoir obtenu une appellation d’origine contrôlée (AOC) en 1971. À cette époque, les agriculteurs du Quercy sont déjà conscients des dangers du productivisme agricole et de la concurrence de nou-

Le meilleur Chasselas de Moissac, avec un rapport sucre-acidité mûrit entre le 20 septembre et le 15 octobre : l’idéal pour une cure.le plus équilibré, veaux cépages à forts rendements qui envahissent les marchés. Avant-gardistes, ils veulent préserver leur patrimoine cultural, et le démarquer de l’agriculture de masse en plein essor. Car, pendant longtemps, le Chasselas a été le seul raisin de table dégusté en France, connu et reconnu par tout amateur de fruit. La délicatesse de son grain, l’équilibre de sa saveur en bouche n’avaient aucun rival… “Grâce à notre AOC, nous avons pu conserver notre réputation”. La grappe est bichonnée, chouchoutée pour être la plus belle. Normal, elle doit répondre aux exigences du cahier des charges de l’AOC contrôlé par les agents de l’Inao (Institut national des appellations d’origine). Et les critères sont très précis : d’un poids égal ou supérieur à 100 g, elle doit être souple – c’est-à-dire pouvoir se tordre dans tous les sens – avec

des grains homogènes, de couleur jaune doré. “C’est pourquoi elle est l’objet de toutes les attentions, et ce tout au long de l’année”, reconnaît le producteur. “Une véritable obsession.”

Un cépage très ancien De nombreuses légendes existent sur l’origine exacte du Chasselas. Il aurait été cultivé en Asie, aux alentours de Constantinople et introduit en France par un ambassadeur de François Ier, pour le planter près de Fontainebleau. D’autres auteurs estiment qu’il provient du village de Chasselas, près de Mâcon.

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Repor tage R

Alain Moles, ardent défenseur de l’AOC et de la bio.

Un raisin aux grains (a)dorés


Un produit

Repor tage

“fait main”

“Notre produit est très adapté à la bio parce qu’il est complètement fait main !” En AOC de Moissac (et depuis 1996, en AOP, reconnaissance européenne), tous les travaux d’entretien du vignoble sont réalisés manuellement. La taille d’abord, en hiver, “opération stratégique pour l’équilibre de la plante”, est suivie par l’enlevage des bois, puis le fléchage. Cette opération consiste à aligner à l’horizontal la branche conservée, destinée à supporter tous les sarments de l’année. Dès avril, alors que la végétation redémarre, il faut aussi guider les sarments entre le palissage pour les faire pousser droit. Ensuite, durant mai et juin, il s’agit de supprimer les gourmands, appelés également “entre-cœurs”. “Ceci, pour limiter la prolifération d’une végétation trop abondante, susceptible de favoriser les maladies cryptogamiques inhérentes à la vigne.” Cette étape primordiale implique le travail assidu de quatre salariés à temps plein pendant deux mois. “Jusqu’à la récolte, nous devons surveiller sans cesse l’évolution des grappes, continue le producteur. Nous les déplaçons si nécessaire pour leur donner les meilleures conditions de maturation, nous éliminons les plus grosses pour éviter les grains trop serrés, nous les aérons pour réduire les risques d’attaques de botrytis…” Dans les fermes du Quercy, ce travail de patience et d’endurance est traditionnellement réservé aux femmes : “elles sont souvent les garantes d’une

récolte de qualité, même si cela est passé sous silence”, confirme, en hommage, Michel Moles.

Recherche de l’équilibre En bio, la conduite culturale doit être d’autant plus subtile qu’il faut parvenir à un équilibre entre la vigueur de la plante et la mise à fruit, c’est-à-dire le nombre de grappes par pied. “Nous n’avons pas recours à la fertilisation chimique, nous n’utilisons, si besoin, que du fumier avec quelques engrais organiques pour faire pousser suffisamment la vigne, sans pour autant la rendre trop vigoureuse”, détaille Michel Moles. En effet, l’excès de feuilles et surtout leur tendreté attirent les insectes et favorisent l’apparition de champignons, comme le mildiou au printemps en cas de forte humidité ou l’oïdium en été lié aux écarts de température. “Nous faisons confiance à la plante car la vigne est intelligente, elle sait s’adapter et s’épanouir en fonction de ce qui est bon pour elle.” En bio, les rendements sont environ 20 % en dessous de ceux obtenus en conventionnel, soit de 8 à 10 tonnes à l’hectare, contre 12 tonnes. “Ils restent néanmoins inférieurs de moitié à ceux d’autres cépages de raisin de table plus productifs, mais c’est notre choix”, constate Michel Moles. “Nous refusons de pousser trop la vigne, le Chasselas ne le supporte pas.”

Juguler

Sur les 2 500 hectares en AOC Chasselas de Moissac, une vingtaine seulement est en bio. 18

les attaques Cet équilibre si recherché dépend également des choix de conduite : la propreté du pied et le travail du sol obtenu en passant des outils mécaniques comme la décavaillonneuse ou l’intercep y participent, en limitant la concurrence indésirable. Quant aux allées entre les rangs, elles sont laissées enherbées pour faciliter le passage. L’irrigation, effectuée par aspersion, est maîtrisée, toujours dans le même souci de contrôler la croissance et d’obtenir une qualité optimale de grappes. Si besoin, les attaques de mildiou sont jugulées par des pulvérisations de bouillie bordelaise mélan-

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Une cure de Chasselas bio de Moissac deux mois Septembre et octobre sont les . Mais pas propices aux cures de raisin bio Chasselas de n’impor te quel raisin : le les qualités de Moissac est réputé pour digeste. nutritionnelles de son grain, très renferins Sa peau fine et ses petits pép éfibén s ment de nombreux nutriment (lire nts da ques, notamment des antioxy EchoBio n°19). gée à du purin d’ortie, utilisé comme fortifiant. L’oïdium est contré avec du soufre. Pour se débarrasser de la tordeuse de la grappe, insecte dévoreur de grains si redouté, les bio ont recours au piégeage par phéromones, des hormones qui attirent cette mouche sur des bandes gluantes pour les empêcher de nuire.

L’expertise

des ciseleuses

Pour mener toutes ces tâches au mieux, outre le recours aux emplois saisonniers, la ferme du Paradou occupe toute l’année un salarié en plus des deux frères associés. Le moment de la récolte réclame aussi de réelles compétences, afin de “choisir les grappes suffisamment mûres, les poser dans les cagettes sans les brusquer pour ne pas les détériorer.” Leur tri, à la ferme, est réalisé par les ciseleuses, des femmes expertes, investies de deux missions : à l’aide d’un petit ciseau spécifique, elles enlèvent les “mauvais” grains, séchés par le soleil ou avortés, ainsi que d’éventuelles brindilles coincées dans les grappes ; leur tâche consiste aussi à séparer celles autorisées en AOC, d’un poids supérieur à 100 grammes, bien souples et bien dorées, des autres qui seront vendues sans l’appellation. “Alors qu’un cueilleur peut ramasser entre 50 et 80 kg de raisin à l’heure en moyenne selon l’époque, la ciseleuse n’en trie que 40 à 50 kg par heure, c’est dire la délicatesse de l’opération”, reconnaît le producteur. “Ainsi, on comprend mieux son prix sur l’étalage du magasin, car les coûts de production s’élèvent déjà à 2,50 euros le kilo.” Pas de doute, le Chasselas de Moissac se mérite vraiment. Christine Rivry-Fournier


s E n t re p ri s e s

Pâtes et nouilles bio

Les fabricants de pâtes bio rivalisent de créativité pour proposer des gammes colorées et goûteuses.

Tous les goûts et les couleurs

Innovantes, elles sont pleines de surprises, les pâtes et nouilles bio… Aux côtés des gammes traditionnelles, à base de semoule de blé dur bio classique, plus ou moins raffiné, on trouve un florilège de formes, couleurs et saveurs, déclinées à partir de multiples matières premières.

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inie la monotonie. Les pâtes et nouilles bio font rimer richesse nutritionnelle et fantaisie. Les spaghettis, macaronis, torsades, coquillettes, pennes, tagliatelles ou autres ravioles rivalisent d’originalité. Les formes n’ont plus de retenues : les enfants – tout comme les adulescents d’ailleurs (puisqu’il faut compter avec eux maintenant) – ne se cantonnent plus aux animaux de la ferme ou au sympathique alphabet. Les pâtes en Scoobydo, Simpsons ou Bobo le bricoleur… font leur entrée avec fracas en bio. Toutefois, la recette traditionnelle, à base de farine de blé dur complète, semi-complète ou blanche, enrichie ou non d’œufs, cuisson al dente, reste la préférée des puristes. Ils peuvent y rajouter simplement un filet d’huile d’olive ou une noix de beurre, parfois un émincé de basilic, pour rehausser la saveur. Des morceaux de tomates fraîches ou une sauce de légumes y sont aussi les bienvenues, pour rendre le plat plus équilibré.

La fabrication de pâtes multicolores, aux légumes, aux herbes ou aux épices nécessite un savoir-faire spécial pour qu’elles ne se délitent pas à la cuisson.

Meilleur indice

glycémique

Mais attention, il y a pâtes et pâtes : “la qualité de la semoule utilisée, et surtout son degré de mouture, ainsi que la température de séchage font la différence”, rappelle Valérie Vidal, bionutritionniste (lire Echobio n°13). P l u s

les pâtes sont complètes, plus elles sont riches en fibres, vitamines (B1, B2, B3, K et E) et en minéraux (calcium, fer, magnésium, phosphore, zinc, manganèse…). Autre avantage des pâtes complètes, elles possèdent un indice glycémique plus bas. Donc, le bénéfice est double. À condition bien sûr de

Les pâtes qui font la différence Face à la variété de la gamme de pâtes bio et la différence de prix au kilo (de 2 euros à plus de 20 euros), comment choisir ? Sachez que la qualité dépend de plusieurs critères. 1- Le process de fabrication : outre le pétrissage lent, la bio privilégie un séchage à basse température. Il garantit un meilleur goût et une qualité nutritionnelle supérieure. Pressées par le temps et les impératifs de prix de leurs distributeurs, même en bio, les unités industrielles peuvent sécher le

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plus rapidement possible, de 3 à 4 heures à 80 °C, détruisant les nutriments de la céréale ou des autres ingrédients. Les procédés plus artisanaux privilégient des températures de 40 °C sur une durée de 12 à 24 h. Évidemment, les coûts de production ne sont pas les mêmes. 2- La qualité de l’eau est également importante, certains artisans y étant très attachés. 3- L’origine des matières premières : la production française de blé dur bio ayant du mal à

EchoBio / Septembre Octobre 2010

décoller en raison de problèmes de fertilisation azotée et donc un manque de protéines indispensable à la fabrication, peu de pâtes bio sont fabriquées avec de la farine nationale. La semoule de blé dur bio est essentiellement d’origine italienne, championne pour cette production. De nombreuses gammes de pâtes bio sont également produites dans la péninsule, dans les Abruzzes, ou autour de Naples où existent de nombreux artisans.


s E n t re p ri s e s

Faire ses pâtes soi-même Juste de la farine, de l’eau, un œuf comme liant pour obtenir une pâte plus souple et colorée, ainsi qu’une machine basique pour le laminage, et le tour est joué : spaghettis, tagliatelles et lasagnes “maison” entrent en scène. Il suffit de prendre un peu de temps !

s’assurer du mode de culture bio de la matière première. Car si l’enveloppe du grain de la céréale renferme les principaux nutriments, il concentre aussi les pesticides et métaux lourds. “Les choisir bio est donc primordial ; grâce à leurs sucres lents, les pâtes les plus complètes possibles ont une place privilégiée dans une alimentation équilibrée, à raison de trois à quatre fois pas semaine”, conseille la bionutritionniste.

Créativité exacerbée

Pour apporter le meilleur d’elles-mêmes, les pâtes bio cherchent à se démarquer. Précurseurs, les fabricants historiques de la bio, à l’origine de la reconnaissance de ce mode de production en France, ont su faire preuve de créativité nutritionnelle et gustative. Et ils ne s’en lassent pas. Sans vouloir dénigrer la réputation italienne assise sur un savoir-faire ancestral et indéboulonnable, l’innovation française possède sa patte. “Nous avons misé sur les produits dits spéciaux qui constituent un plat en soi, sans autre ajout, car nos pâtes sont déjà parfumées et colorées, et en prime possèdent des qualités nutritionnelles élargies et renforcées”, explique Claudine Demay, directrice innovation et développement chez Priméal, fabricant ardéchois, un des leaders du marché. “Outre son penchant pour une alimentation saine, l’adepte de la bio est curieux, il aime tester de nouvelles saveurs auxquelles nous répondons”, complète Alain Andreolli du Moulin

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des Moines, entreprise alsacienne qui revendique 150 références de pâtes différentes.

Le blé dur détrôné ?

Tels les créateurs de modes, les quelques artisans bio français spécialisés dans les pâtes ne cessent de lancer de nouvelles tendances. Les classiques au blé dur complètes ou semi-complètes côtoient une multitude d’autres céréales, utilisées en pure, ou incorporées selon différentes proportions. L’épeautre et le petit épeautre s’imposent, “parce qu’ils sont plus digestes et possèdent des atouts nutritionnels, avec un taux de fer et de magnésium dix fois plus élevé que le blé dur”, précise Alain Andreolli. Pour compléter la céréale de base, on peut ajouter orge, avoine, seigle, kamut, millet, amarante… Dans les gammes sans gluten de plus en plus prisées (lire p.40) dont la fabrication nécessite un savoir-faire spécial, riz, maïs, quinoa, sont en première ligne, utilisés seuls ou en mélange. Sans oublier d’autres farines comme le soja, le lupin, le pois chiche, légumineuses très riches en protéines et en fibres, idéales pour les sportifs. Le sarrasin, également exempt de gluten, sert aussi de base aux nouilles japonaises, les fameuses soba, qui existent associées à la patate douce ou au thé vert. Selon le type de céréale et le process de fabrication, le temps de cuisson peut varier, allant de 2-4 minutes à 9-10 minutes. Il faut juste lire attentivement les indications sur le paquet pour ne pas se retrouver avec des pâtes trop dures, ou à l’inverse, trop collantes !

Imagination

sans limites

Coquettes ou provocantes, les pâtes bio n’en finissent pas de nous éton-

ner. Certains fabricants y ajoutent des poudres de légumes, pomme de terre, poireau, céleri, carotte, aubergine, poivron, tomate, champignon comme le cèpe … La betterave, l’épinard, le potimarron leur confèrent leur aspect multicolore, rouge, vert, orange, qui plaît tant aux enfants… On en trouve aux lentilles, noix, orties et à toutes sortes de plantes aromatiques, persil, thym, ciboulette, ail, oignon, basilic, romarin, sauge, cerfeuil, ou d’épices, curry, curcuma, safran, paprika… Des huiles essentielles sont également incorporées pour relever des saveurs, telle celle de citron. Sans oublier les algues, kombu, nori, wakame…, et même la spiruline, pour déguster des pâtes vert foncé. Il en existe encore à l’encre noire de sèche, “à servir dans une assiette blanche”.

Varier les plaisirs

Certes, la proportion de ces ingrédients reste souvent minime dans la recette même si ceux-ci sont valorisés sur l’étiquette. Les fabricants cherchent à séduire et à étonner, comme le confirme Alain Andreolli : “Nous utilisons des poudres de légumes ou d’aromates très concentrées, qui modifient non seulement la couleur, mais aussi les arômes et le goût des pâtes, afin de varier le plaisir en bouche et au nez. Le résultat est différent d’un assaisonnement que l’on peut ajouter sur des pâtes classiques.” Le must, ce sont les pâtes au chocolat à base de semoule de blé dur : à déguster froides accompagnées d’une glace vanille et d’une crème anglaise. Elles peuvent aussi agrémenter les gibiers et civets : le chocolat renforcerait le côté sauvage du plat ! Christine Rivry-Fournier

Le laminage, technique plus douc e La technique la plus répandue pou r la fabrication est la “pressionextrusion”. Chez Priméal par exempl e, les trois-quarts des pâtes le sont ainsi : la semoule ayant été mél angée à de l’eau passe dans une presse qui mène à un filetage. “No us faisons aussi nos tagliatelles par laminage, une technique plus dou ce, au rendement inférieur à la pression-extrusion, qui consiste à éten dre la pâte entre deux rouleaux. Celle-ci subit moins de contraintes méc aniques, explique Claudine Demay, directrice innovation et dévelop pement. Étirées délicatement par des peignes, les tagliatelles et les petits nids sont encore plus fermes et fondants en bouche.”

EchoBio / Septembre Octobre 2010


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la vie, l’eau manque à près d’un Terrien sur 7. En France, de gros efforts ont été fournis pour équiper le territoire en eau potable. Paradoxe, les progrès agricoles, industriels ou médicaux du XXe siècle sont aujourd’hui à l’origine de nouvelles pollutions aquatiques (pesticides, nitrates, métaux lourds, antibiotiques…). Comment dès lors protéger ce bien précieux ?

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elon l’Organisation des NationsUnies (Onu), environ 884 millions de personnes n’ont pas accès à l’eau potable. Près de 1,5 million d’enfants âgés de moins de 5 ans sont victimes chaque année de maladies mortelles dues à l’absence de station d’épuration. Face à ce constat alarmant, l’Onu a enfin adopté une résolution, le 28 juillet dernier, stipulant que “l’accès à une eau potable salubre et propre est un droit fondamental, essentiel au plein exercice du droit à la vie et de tous les droits de l’homme”. Il reste à faire appliquer ce droit partout dans le monde. Même si tout n’est pas limpide, la France reste bien lotie : le Code de la Santé publique indique que “quiconque offre au public de l’eau en vue de l’alimentation humaine, à titre onéreux ou gratuit, est tenu de s’assurer que cette eau est propre à la consommation”. En outre, ce même code rend obligatoire l’affichage en mairie des analyses de l’eau du réseau (1). Notre pays produit chaque jour 18,5 millions de mètres cubes d’eau

potable à partir de nappes phréatiques ou de cours d’eau Chaque goutte doit être conforme à la soixantaine de paramètres fixés par la réglementation. Les traitements sont adaptés à la qualité de la ressource et visent à éliminer les éventuels micro-organismes (bactéries, virus, parasites), les polluants et les excès de sels minéraux (lire p. 30). Cependant, le bon fonctionnement de cette immense machine ne doit pas masquer la présence de polluants, certains recherchés, d’autres pas encore, source d’inquiétude pour la santé publique et l’environnement. Pour contrer leur prolifération, l’Union européenne a fixé des objectifs : la Directive Cadre Européenne sur l’eau (DCE), adoptée en 2000, vise, d’ici 2015, à rétablir le bon état des différents milieux aquatiques sur tout le territoire communautaire. Ce “bon état” doit être atteint autant sur les plans écologique que chimique avec la traque de 41 substances prioritaires et dangereuses. Où en sommes-nous à ce jour ?

Pêche

aux pesticides

La France, 1er producteur et utilisateur européen de pesticides avec près de 80 000 t vendues/an, est dans le collimateur de l’Europe. En juillet dernier (2), le Commissariat général du développement durable (ministère de l’Écologie), relève “en 2007, la présence de pesticides dans 91 % des points suivis dans les cours d’eau et de 59 % des points en eaux souterraines”. Si “les teneurs mesurées sont parfois très faibles, cela traduit néanmoins une dispersion importante dans les milieux aquatiques.” Les (1) Regardez la qualité de votre eau sur le site du ministère de la Santé qui affiche tous les résultats par commune : www.eaupotable.sante.gouv.fr (2) Les Pesticides dans le milieu aquatique, Commissariat général du développement durable, Service de l’observation et des statistiques, juillet 2010.


régions les plus touchées restent les zones de grandes cultures céréalières et viticoles. Les substances incriminées sont, dans la quasi-totalité des cas, des herbicides. Pour les cours d’eau, le diuron (aujourd’hui interdit) et l’isoproturon sont responsables de trois-quarts des dépassements de norme attestant du bon état des milieux aquatiques. Or, les normes de qualité ne portent que sur un nombre limité de substances classées prioritaires ou dangereuses. Ainsi, deux tiers des quinze substances les plus rencontrées dans les cours d’eau ne sont pas, à ce jour, couvertes par une norme. C’est le cas notamment du glyphosate (matière active du Round-up) et de son métabolite l’AMPA (3) qui sont les plus fréquemment quantifiées dans les rivières (4). Quant aux eaux souterraines, l’essentiel des dépassements de normes est dû à l’atrazine interdite depuis octobre 2003, mais aussi au tandem glyphosate-AMPA. C’est d’ailleurs dans les nappes phréatiques que les produits interdits persistent le plus.

Nitrates : une limite contestée En plus d’abuser des phytosanitaires chimiques, l’agriculture intensive contribue à la dégradation des eaux naturelles par la concentration de ses élevages. En matière de nitrates, la Bretagne fait encore figure de mauvais élève, dépassant régulièrement, ce depuis 20 ans, le plafond réglementaire établi à 50 mg/l. Cette région, avec seulement 7 % de la surface agricole française, concentre 50 % des élevages de porcs, autant de volailles et 30 % des bovins, dont les déjections sont responsables de cette pollution. Artichauts, choux-fleurs, pommes de terre, échalotes, endives…. sont aussi très gourmandes en engrais azotés, dans lesquels on retrouve les fameux nitrates. Si l’azote, contenu dans le lisier et d’autres engrais, est nécessaire pour faire pousser les végétaux, son excès entraîne une eutrophisation des milieux aquatiques qui, en perturbant l’écosystème, met à mal le règne animal et végétal. Le phosphore est également pointé du doigt : “Une véritable bombe à retardement”, s’inquiète Philippe Seguin, de l’Agence de l’eau LoireBretagne. Les marées vertes portent ainsi l’insigne d’une nature asphyxiée.

Les algues vertes qui tapissent nombre de plages en Bretagne sont la conséquence d’une fertilisation agricole poussée à l’extrême.

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Les chiffres clés Un Français consomme en moyenne 150 l d’eau/j. 59 % est consacré à l’hygiène dont 20 % pour les toilettes 25 % est utilisé à des fins domestiques (vaisselle…) 16 % rentre dans l’alimentation (cuisine) mais seulement 1 % de l’eau au robinet est bue ! 66 % du volume d’eau potable provient de nappes souterraines 73 % des Français boivent l’eau du robinet au moins une fois par semaine Source : Rapport établi par la Fédération professionnelle des entreprises de l’eau (FP2E) et le BIPE, société d’études économiques et de conseil en stratégie, publié en mars 2010.

(3) Un métabolite est une substance issue de la dégradation de la molécule mère. (4) À ne pas confondre avec la limite de qualité pour l’eau potable. Dans ce cadre, la présence du glyphosate ne doit pas dépasser 0,1μ/l.

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Dossier

Moins 50 % C’est l’objectif de réduction de l’usage des pesticides d’ici 2018, en France, par les agriculteurs. Émanation du Grenelle, et mis en place par le ministère de l’Agriculture, le plan Ecophyto s’attache à retirer du marché certaines préparations contenant des substances actives préoccupantes.

Les résidus

médicamenteux

En 2008, plus de 3 000 médicaments humains et 300 médicaments vétérinaires étaient disponibles sur le marché français. Lorsqu’ils ne sont pas totalement dégradés dans l’organisme, leurs résidus sont excrétés dans les selles et les urines sous leur forme initiale ou sous celle de métabolites. Ainsi, on les retrouve dans les rejets des hôpitaux mais aussi dans les effluents et les boues des stations d’épuration urbaines. “On sait les repérer car ils sont canalisés dans des tuyaux, explique Thomas Pelte, chargé d’études à l’agence de l’eau Rhône-Méditerranée Corse. Par conséquent, on pourrait agir avec l’ingénierie. La grosse inconnue, c’est le médicament vétérinaire : les animaux ne vont pas aux toilettes ! Cela occasionne une contamination diffuse dans les milieux naturels.” Alertée sur ce risque, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a établi une

liste de 76 molécules prioritaires. Dans le cadre du Plan national santé environnement, des mesures dans les eaux potables, réalisées en 2006 et 2007 sur 141 sites, ont tout juste été révélées. Une vingtaine de substances a été retrouvée au moins une fois à des concentrations variant de quelques nanogrammes à quelques centaines de nanogrammes par litre. Ces molécules appartiennent aux familles des hormones, anticancéreux, antibiotiques, anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), neuroleptiques, cardiovasculaires, produits de contraste (utilisés en radiographie par exemple) et, celles issues des élevages aux antiparasitaires et anti-coccidiens. À titre d’exemple, le paracétamol, l’ibuprofène ou la caféine font partie des candidats à jauger. Si les résidus de médicaments ont des valeurs 1 000 fois inférieures, sinon plus, au principe actif du médicament, la question de l’organisme non cible – une personne saine, à qui n’était pas destinée la préparation – pose problème. Il en va de même pour la concentration. Or, celles retrouvées ne sembleraient pas à risque. “Pour l’instant, la progression des connaissances ne s’accompagne pas d’une alerte grandissante, comme c’est le cas pour les phtalates par exemple”, précise Thomas Pelte. Certes, l’impact sur l’homme de ces médicaments est connu, des tests ayant été réalisés avant leur mise sur le marché. Mais quid des cocktails de molécules ? Toutes les données pharmacologiques doivent être exploitées

au mieux pour parvenir à des valeurs seuils en dessous desquelles on peut assurer l’absence d’effet. Telle est la mission du Plan national sur les résidus de médicaments dans l’eau (PNRM), lancée conjointement par les ministres de la Santé et de l’Environnement en novembre 2009.

Traiter en amont D’ores et déjà, on peut agir pour en limiter le déversement dans la nature : préférer les médecines douces et les pratiques d’élevage bio. Car, concernant leur traitement, rien n’est encore acté : “actuellement trois procédés sont plus

toires Puits et forages : analyses obliga

jardin, lapuits pour arroser son Profiter de l’eau de son et même … tes let toi ses ur lle, po ver son linge ou sa vaisse autonomie, yen d’améliorer son er se désaltérer, est un mo vier 2009, il jan ture. Depuis le 1 tout en allégeant sa fac près de la au ion lat rer son instal est obligatoire de décla lèvement pré de ge vra . “Tout ou mairie de son domicile ns d’usage its ou forage, à des fi d’eau souterraine, pu 000 m3 par 1 à érieur ou égal inf re -di st-à c’e , ue stiq dome des reprérecensé”, rappelle l’un an, doit désormais être sociales et es air nit sa es des affair pose sentants de la direction l’im 6 du 30 décembre 200 réa(Dass). La loi sur l’eau ph e pp na de pollution de la ssi au afin d’éviter les risques est f cti bje L’o es mal conçus. rai tique en cas d’ouvrag ter sou n sanitaire de ces eaux na de fluidifier l’informatio mi nta co si des problèmes de de is nes auprès des usagers fra les r ge raison : faire parta tion survenaient. Autre néficient s avec ceux qui ne bé usé ux traitement des ea es commues du réseau. “Certain pas ou peu des servic

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t, pour té un système de forfai nes ont d’ailleurs adop te le no s”, ve cti tallations colle ne pas pénaliser les ins service de la Dass. n imet s’en servir au quotidie laBoire l’eau de son puits un r pa ser re prélever et analy se pliquent aussi de la fai aly an tte ce s, rte : 160-170 €). Ce et boratoire agréé (coût es iqu log rio cté ba les critères is de type P1 comprend ma es, siques, incluant les nitrat . rds physico-chimiques ba lou x tau pesticides, ni de mé € pas de recherche de 000 1 de s plu lète, comptez Pour une analyse comp é d’en t qu’il est recommand an ch sa n, par échantillo l’été). de r an (printemps et fin faire au moins deux pa cune au à se , si elle n’est soumi la Quant à l’eau de source de illé nse co t en , il est fortem déclaration obligatoire ent. faire analyser régulièrem ine Rivry-Fournier Christ

es.gouv.fr www.forages-domestiqu


Dossier

consommation humaine revendiqué à base de nanoparticules manufacturées n’a reçu d’agrément du ministère de la Santé.

L’aluminium en cause

La féminisation des poissons est un phénomène attribué en partie à l’augmentation, dans leur milieu, d’oestrogènes, via la pilule contraceptive, les pesticides ou certains conservateurs. particulièrement étudiés, explique Céline Lagarrigue, de l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée et Corse : le bioréacteur à membranes, le filtre à charbon actif et l’ozonation, sans pour autant que leur réelle performance ne soit validée et communément acceptée. En France, il n’y a pas encore d’installation spécialement conçue pour traiter les micropolluants”. Pour enrayer la contamination à la source, d’aucuns appliquent aux unités d’assainissement les mêmes exigences que celles des stations de traitement de l’eau. De fait, l’eau rejetée dans les milieux naturels est quasiment aussi propre que celle fournie aux citoyens. “Les Suisses ont tendance à généraliser ce procédé. À mon sens, cette opération, eu égard au coût supplémentaire supporté par le contribuable, ne se justifie que si l’impact s’avère inacceptable”, poursuit Thomas Pelte. Autre zone d’ombre : il ne faut pas sous-estimer la création de métabolites dont les effets peuvent s’avérer pires que la molécule de départ !

Certaines matières ajoutées pour potabiliser l’eau suscitent en effet des inquiétudes. C’est le cas de l’aluminium (sulfate d’aluminium, sels d’aluminium prépolymérisés) utilisé lors du traitement des eaux comme réactif chimique dans l’étape de coagulation. Or, cette substance est fortement soupçonnée de favoriser la maladie d’Alzheimer qui, incurable et mortelle, est la cause la plus fréquente de démence sénile. En 2000, l’étude Paquid, menée par une unité de l’Inserm sur les départements de la Gironde et de la Dordogne, concluait que, selon le taux d’aluminium dans l’eau potable (mais inférieur pourtant à la norme de 0,2 mg/ l), le risque de développer la maladie d’Alzheimer est multiplié par deux. En 2003, l’Afssa, soutenu par l’Afssaps et l’Institut de veille sanitaire, affirmait qu’“en l’état actuel des connaissances”, “une relation causale ne peut être raisonnablement envisagée”. L’inquiétude n’étant pas partagée par tous, faut-il pour autant la nier ? Suivant le principe de précaution, la ville de Paris a renoncé à ce procédé et flocule aux sels ferriques. Dans les pays du Sud, des alternatives existent. Ainsi, les graines de Moringa, totalement biodégradables, remplacent le sulfate d’alumine pour éliminer la turbidité de l’eau. En revanche, l’innovation en matière de dépollution se paye. Conséquence logique : le prix de l’eau ne fait qu’augmenter. En moyenne, elle coûte 3 euros/m3, si l’on intègre la consommation (sur la base familiale de 120 m3 par an), l’assainissement et l’abonnement. Alors, pour stopper cet engrenage, ne serait-il pas plus judicieux de protéger la ressource aquatique ?

La bio au secours de l’eau 507 zones de captages d’eau ont été déclarées sensibles, voire problématiques, suite au Grenelle de l’Environnement. Il y a donc urgence à les préserver pour se mettre en conformité avec

Nanoparticules

et maxi-interrogations

Et demain ? Que pourrait bien charrier comme nouveaux polluants le lit de nos rivières ? Les nanoparticules posent question d’autant que leur injection directe dans des nappes souterraines, dans un but de traitement des eaux en amont, est envisageable : l’étape de coagulation-floculation se ferait naturellement ! Cependant, dès 2008, l’Anses émettait des réserves : “Compte tenu des connaissances encore parcellaires sur le devenir des nanoparticules libres dans les milieux poreux, de l’absence d’outils de mesure en routine, de l’existence de technologies alternatives, de la possibilité de migration vers des prises d’eau destinées à produire une eau destinée à la consommation, il est vivement recommandé que l’injection directe de nanoparticules à des fins de traitement dans les aquifères pollués soit interdite en France.” À ce jour, aucun traitement des eaux vouées à la

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Le musée de l’eau, à Pont-en-Royans, en Isère, décrit le cycle naturel de l’eau et prěsente une passionnante collection d’eaux du monde.


Dossier

la Directive Cadre Européenne de restauration de la qualité de l’ensemble des cours d’eaux. À Lons-le-Saulnier, la mairie s’est saisie du problème dès les années 1980. Constatant que sa facture de traitement de l’eau ne baissait pas, voire que les polluants s’y multipliaient au fil du temps, la ville du Jura a pris le taureau (montbéliard) par les cornes. Rapidement, elle s’est illustrée par sa politique de protection des eaux au travers d’un soutien important à l’agriculture bio. “Il faut considérer les agriculteurs comme des sourciers, des distributeurs d’eau pure”, exprimait Jacques Lançon à l’occasion d’un colloque sur la restauration collective bio, à Morlaix, dans le Finistère, en avril 2010. “De 1989 à 2001, nous avons établi des conventions avec

les agriculteurs dont les espaces travaillés se situaient sur les zones de captage d’eau, explique l’élu jurassien, cheville ouvrière de ce combat écologique. Une aide de 400 €/ha était allouée afin d’abandonner la culture du maïs et limiter les intrants chimiques”. La pollution des eaux a ainsi été stabilisée. Fer de lance de cette sauvegarde des milieux aquatique, les six Agences de l’eau encouragent et accompagnent nombre d’initiatives innovantes. Le territoire couvert par l’Agence Rhône-Méditerranée et Corse comprend 120 aires d’alimentation dites sensibles. “Notre combat se concentre sur les pesticides”, affirme Valérie Santini du service communication. De fait, l’Agence s’implique active-

Vincent Toussaint, technicien au service de l’eau de la Presqu’île de Crozon (29).

“La production d’eau n’a pas augmenté en 20 ans” D’où provient l’eau potable ? La Presqu’île de Crozon est livrée par la Communauté de Communes à qui les communes délèguent la régie de l’eau. Celle-ci provient de trois sites. À Poraon, l’eau est issue du ruisseau de l’Aber ; à Argol, elle est extraite de nappes souterraines grâce à des captages. L’été, une bonne partie de l’eau (soit un tiers sur l’année) est achetée au syndicat mixte du pays de l’Aulne, en raison de pluies insuffisantes. Le manque d’eau est-il croissant ? Fait notoire sur ce territoire de 17 000 habitants, la production d’eau n’a pas augmenté en 20 ans, elle a même légèrement diminué. Les gens font plus attention à leur consommation, ils s’équipent en récupérateur d’eau de pluie, et surtout, le renouvellement des canalisations, la sectorisation du réseau et les outils de suivi du rendement permettent de limiter les fuites.

puis on y ajoute du sulfate d’alumine, du charbon actif et du polymère (2) lors de l’étape coagulationfloculation. Le sulfate d’alumine et le polymère (d’origine synthétique) facilitent l’agglomération des matières en suspension qui, ainsi alourdies, se décantent mieux. Ensuite, l’eau passe au travers de 4 filtres à sable (3). En injectant du carbonate de sodium, le pH remonte à 7,4 (il avait été délibérément descendu afin de faciliter la floculation). Le chlore est utilisé pour son effet antibactériologique et rémanent. Quant aux eaux souterraines, peu chargées car filtrées naturellement, elles sont simplement purifiées grâce à du maerl, un coquillage fossilisé très calcaire et, jusqu’à peu, disponible en Bretagne. Leur acidité naturelle est ainsi rectifiée pour obtenir un pH de 7,5 également. L’eau des nappes a meilleur goût parce qu’elle est moins traitée. En plus, elle coûte moins cher en énergie à produire.

Quels sont les risques de pollution ? Les hydrocarbures, avec la cuve de fuel d’un agriculteur qui peut fuir en amont de la zone de captage. Ou un accident de voiture, l’essence se déversant dans le ruisseau en bordure de route. Une station plus moderne devrait voir le jour en 2011. Un nouveau système de charbon actif à partir de noix de coco devrait aussi être plus efficace pour recueillir les pesticides, notamment le glyphosate. Par ailleurs, le recours aux ultraviolets permettra de réduire la quantité de chlore apportée pour un meilleur rendu gustatif. Comment l’eau est-elle rendue potable ? Il faut savoir que l’eau des nappes phréatiques subit moins de traitement que celle des rivières. Deux schémas existent donc en fonction de sa provenance. L’eau superficielle (voir schéma) repose d’abord dans un bassin de décantation (1),

Station de traitement des eaux superficielles VBD

Sulfate Charbon Polymère

2 Chlore Carbonate

1

Décanteur Filtration sur sable

3

Eau traitée

Ruisseau

Eau brute

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Dégrillage

Bassin d’eau brute

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ment dans la promotion de l’agriculture biologique. Exemple, elle ambitionne de convertir 7000 hectares sur 3 ans, soit 130 exploitations en Bourgogne et France-Comté. “Mené par Interbio Franche-Comté, le projet sera financé à hauteur de 80 % par l’Agence, soit 250 000 €. Il comprend l’emploi d’animateurs en charge de motiver les agriculteurs, et participe à la construction d’une minoterie bio à Aiserey, au sud de Dijon”. Au total, dans le quart Sud-Est, 58 projets vont bénéficier de 12 millions d’€ sur 3 ans. La moitié concerne l’agriculture bio.

Le 1er ingrédient

en cuisine

Ce combat concerne de très près l’agroalimentaire bio car nombre de transformateurs souhaitent travailler avec une eau irréprochable, à commencer par les

artisans du pain. “Le Fournil de l’Eau Vive profite d’une eau pure des Alpes, captée à plus de 1 500 mètres d’altitude sur le massif de Belledonne, explique le chef boulanger Thierry Petitit. Elle est puisée directement à la source de Casserousse qui alimente d’ailleurs l’ensemble de la commune de Brié-et-Angonnes, située non loin de Grenoble. L’eau est un élément très important dans la panification puisqu’elle constitue au moins 50 % de la matière première. Plus elle est de qualité, meilleur est le résultat”, affirme le responsable du fournil qui cuit pains et viennoiseries bio depuis plus de 20 ans. Une préoccupation partagée par d’autres entreprises bio auprès desquelles le projet scientifique Aqualissimo, piloté par le chercheur Yann Olivaux, pourrait donner de nouveaux outils. “Les critères réglementaires de potabilité ne sont pas

Eauto-Stop : trucs et astuces? Ce*rtaines

suffisants, estime Bruno Taupier-Létage, responsable de la commission Qualité de l’Institut technique de l’agriculture biologique (Itab). En résumé, aujourd’hui, l’eau ne doit pas nuire. Aqualissimo défend une autre approche où l’eau est favorable à la santé”, c’est-à-dire, par exemple, qu’elle hydrate bien nos cellules. Faire germer des graines donne un aperçu de la qualité de l’eau qui facilite ou pas l’éclosion de la vie. Le programme, démarré en 2008, entend tester des processus qui dynamisent l’eau en modifiant sa structure. “Vortex, vasques, passage dans un champ électromagnétique, poudres de roche, ondes cosmiques… il va falloir séparer les process efficaces des poudres de perlimpinpin. Ensuite, nous proposerons notre expertise à des entreprises de transformation alimentaire désirant évaluer la qualité de leur

onsidère la question. S Mata Atlantica, on rec SO équipées d’une l ettes sont aujourd’hui elle tombe du cie d toil an de qu u re l’ea mb No yer pa i Pourquo peut y ajouter dans le acquérir des uble débit (20 €). On e aide financière pour do à un e nt ue ass i dich allo es un din mm co du jar pleine ou une brique qu pluie utiles à l’arrosage oir une bouteille d’eau r erv pte rés d’o t an rAv pe e. s récupérateurs d’eau de rsé plu s équipements antité d’eau déve De . qu air la in re ple co en de e s en nu ge € mi ya s (350 € ; 50 ou aux netto entée par pour les toilettes sèche de citerne enterrée alim bac, de préple fectionnés, sous forme Sim n). ctio autoconstru pour 3 000 l), € 000 (3 s ière utt bois que l’on go de les férence en inox, coffré sanitaires et is, la formule bo permettent d’alimenter de ouvre de sciure rec rs. ge na mé ts ssi bien en caméquipemen s perfonctionne désormais au plu , juré s mi pro nt, na Si, mainte pagne qu’à la ville. l’eau tout en se se font aussi jour sonne ne laisse couler ts De nouveaux concepts bit des robine asin + Water-Clobrossant les dents, le dé asb Un que le W + W (W nt. tels rta po im p tro n bie duire par lavabo est souvent set, que l’on peut tra onomique éc he uc do de u ea recycle l’eau utilipomm + toilettes). Le système itié le débit, asmo de t an uis réd , €) la déverser dans (20 sée dans le lavabo pour dro-économe €). 000 socié à un aérateur hy (3 le réservoir des WC l’air dans l’eau ou A ++ sont A s (5 €), qui, lui, rajoute de ssé cla le Les lave-vaissel , permet ue ntiq ide n ssio pre e tière d’économie pour un très performants en ma de litres. tité an qu ser mi no lavage manuel, co d’é d’eau par rapport à un s litres versés de boucher blie Enfin, pour épargner ce ou core plus si on peut en on , de au ch u l’ea nt en attenda l’évier… r thermostarroser son jardin s’équiper d’un mitigeu la e nc Le bon sens impose d’a va l’a à le règ i qu €) (50 pose son manit ue tiq en soirée pour que la nu intient. Pour se et légumes. En rs eu fl température et la ma sur u de fraîcheur qu’un tea tel de n rie , lair éc un s, vous leur appordoucher en paillant vos plantation porte len’im s pa is ma e, ètr long terme. chronom terez une humidité sur le (8 €) calcule, le bb pe compter wa Le lev el. qu nocturne. Re ez votre , le temps pasfaites le test de la fuite n, fi tin, s’il En ma tit pe es au od grâce à des capteurs ez, (di suivante, ses Led coucher et regard us he vo uc do de t la an de av r rs Lo teu rch er. ur le sé à se lav n’était en ma e. Si ent, par un code coule qu’aucun équipement iqu rs ind alo s) rné nte tou sce a ne mi r électrolu r la fuite. Une préoccupa s’activer ca s, il est urgent de répare l rouge, il est temps de ca na e le sig nd st Au c’e gra t. s tan plu res e un ps à tem mais gée par les collectivités ? Pour- tion parta la douche prend fin. l’eau injectée dans le réfelu % far lo 20 n co viro d’é en e à idé e e im un , est he On uc lle. do he la éc s Faire pipi sou pourrait faire les tuyaux. nd que cette pratique seau qui se perd dans ce e, tant, quand on appre nn rso pe r pa nnés à titre indicatif. d’eau par an et e * Les prix sont do nn silie économiser 4 300 litres bré NG l’O é vis ns un spot télé que nous explique da

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Dossier Au Fournil de l’Eau Vive, le pain profite d’une eau alpine captée à plus de 1 500 m d’altitude. eau”, poursuit Bruno Taupier-Létage. Car l’un des atouts revendiqués par l’alimentation biologique et biodynamique, c’est sa vitalité mais les résultats scientifiques pour en débattre sont encore trop rares.

Vittel : prendre le problème à la source

Rattraper le train

Alertée par la progression des nitrates, la Société Générale des Eaux minérales de Vittel s’est penchée sur le problème dès la fin des années 1980. L’entreprise entame alors une collaboration avec la majorité des exploitations agricoles situées sur le bassin d’alimentation de Vittel, essentiellement des producteurs de lait et des céréaliers. Rapidement, de nouvelles pratiques s’imposent : abandon de tous les phytosanitaires, remplacement de la culture du maïs par la luzerne, prairies permanentes, épandage plus strict du fumier, implantation de céréales (blé, chanvre, sorgho) ainsi que le retour de haies qui, grâce à une biodiversité, aident à lutter de manière naturelle contre les maladies. En 5 ans, de 1999 à 2004, les résultats s’améliorent. Le taux de nitrates qui frôlait jadis avec la limite réglementaire est retombé en dessous des 20 mg/l dans les champs. Les sources de Vittel, Contrex et Hépar sont désormais sous bonne garde.

Autoroutes, canaux, voies ferrées…, autant d’infrastructures gourmandes en herbicides. Sensibilisé aux dégâts occasionnés sur les milieux aquatiques, le Réseau Ferré de France expérimente une alternative au désherbage chimique pour ses milliers de kilomètres de rail. En LanguedocRoussillon, le Parc naturel régional de la Narbonnaise, avec l’étang de Bages ou la lagune de La Palme, classée Natura 2000, fait l’objet d’essais financés par l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée et Corse. “Sur la ligne Narbonne-Port Bou, dans l’Aude, des nattes anti-végétation remplacent le désherbage chimique des voies. L’objectif est de réduire de 90 % l’usage de pesticides sur les 21 km de réseau concernés dès 2011”, explique la chargée de communication à l’Agence de l’eau, Valérie Santini. Autre action : impulser des pratiques de jardinage raisonné et bio auprès des 200 amateurs exploitant les 6 hectares de jardins cheminots de Narbonne. Car la sauvegarde de la qualité des eaux ne peut pas être le seul défi des agriculteurs ou des industriels. Le jardinier du dimanche est concerné de près. Si les petites rivières font les grands fleuves, les micropollutions éparses font les grands dégâts.

en marche

Jardinez bio !

nattes En Languedoc-Roussillon, le Rěseau ferré de France expérimente des des anti-végétation sur la ligne Narbonne-Port Bou pour réduire l’usage pesticides. 34

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Dans un souci de préservation de l’eau et de la santé de ses habitants, la ville de Grenoble a revu les méthodes d’entretien de ses 250 hectares d’espaces verts. Une manière de réduire drastiquement le recours aux herbicides. “Cela demande de considérer les mauvaises herbes dans les joints des pavés, sur les trottoirs ou dans les cheminements non pas comme un signe d’abandon de l’espace mais comme un symbole d’un environnement plus propre”, explique Cécile Arnaud-Lorillou, à la direction des Espaces verts de Grenoble. Rennes, Nantes, Cavaillon, Orléans, Dijon, Metz… bien d’autres communes font le pari du “Zéro Pesticide” dans leur aménagement urbain. Il est à souhaiter que ces politiques se généralisent pour que la protection des eaux coule vraiment de source. Gaëlle Poyade


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Dossier

Dessaler l’eau de mer

Vous prendrez bien la tasse ? 1,5% de la population mondiale est déjà alimentée grâce au dessalement de l’eau. En France, ce procédé est encore très rare. Sauf à Belle-Ile, dans le Morbihan, qui y recourt en période critique de pénurie. La Vendée, dont l’approvisionnement en eau devient chaque année plus tendue, réfléchit à une usine pérenne.

P

as de nappes souterraines ni de rivières à Belle-Ile-en-Mer. “L’eau du robinet provient des trois barrages et du ruissellement des pluies dans les rues et vallons”, indique-t-on à la Communauté de communes. Bordilla, Antoureau et Borfloc’h fournissent 850 000 m3 du précieux liquide. Jusqu’à présent, l’île de 80 km2, qui ne compte que 5 000 habitants permanents, assurait les besoins en eau, durant la période estivale, de 180 000 visiteurs ! Plusieurs épisodes de pénurie, notamment après la sécheresse de 2005, ont enclenché une réflexion de fond sur l’autonomie en eau vis-à-vis du continent. En 2006 en effet, la population a dû chercher les packs d’eau sur le tarmac de l’aérodrome… Aussi des modules mobiles de dessalement ont-ils été mis en place la même année.

La Vendée se remet à flot À l’horizon 2015, l’alimentation en eau potable sur la côte vendéenne sera déficitaire de 7 millions de m3 et de 9 millions en 2025. Ce, en dépit des solutions d’économie d’eau mises en place. Pour exemple, 31 collèges vendéens ont bénéficié d’équipement en matériel hydroéconome. S’appuyant sur des projets existants en Californie, Israël et Espagne, le Conseil Général de Vendée vient tout juste de lancer une étude pour la création d’une usine de dessalement. L’un des avantages serait de renforcer la sécurité d’approvisionnement en eau potable. Mais la présence d’hydrocarbures dans l’eau de mer “brute” est un risque de pollution. “En revanche, le taux de nitrates et de pesticides sera beaucoup plus bas que celui de l’eau pompée dans les nappes phréatiques”, affirme le service communication du Conseil général de Vendée. Talon d’Achille, les besoins énergétiques : une telle unité serait en effet 6 à 7 fois plus gourmande qu’une station de traitement d’une eau douce de surface… “Notre projet d’usine sera énergétiquement autonome en fonctionnant à 100 % avec une variété de sources d’énergie renouvelables différentes : photovoltaïques et turbines marémotrices”, répond-on au Conseil général. Si le feu vert est donné, l’usine pourrait être mise en service entre 2020 et 2030. Il s’agirait d’une première dans l’Hexagone. Gaëlle Poyade

Le Port du Palais à Belle-Ile 36

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Inter view

Marc Le Fur, dirigeant de Fileo (29)

Je revendique le zéro nitrate Fondateur de Fileo qui embouteille, sous la marque Clervie, une eau de source à destination des entreprises, Marc Le Fur témoigne d’une ressource naturelle de qualité. Un constat qui, en Bretagne, ne va pas de soi.

De quels atouts

bénéficie votre site ?

Les montagnes d’Arrée sont qualifiées d’éponge en raison d’une pluviométrie importante. L’eau de pluie ruisselle sur la montagne, pénètre dans les sols pour rejaillir depuis la tourbe. Les 3 embouteilleurs du Finistère, dont Clervie fait partie aux côtés de Montagne d’Arrée et Isabelle, sont situés au cœur du Parc naturel régional d’Armorique. Dans cet espace délimité, l’activité agricole a été éloignée des zones sourceuses parce que, au fil du temps et des départs en retraite des agriculteurs, les mairies ont récupéré les espaces agricoles. La commune de la Feuillée, sur laquelle est située la concession que j’exploite, continue à racheter des terrains bien que cette immobilisation financière représente un lourd investissement. L’inscription du parc à Natura 2000 a renforcé cette protection, surtout en nitrate. De fait, les professionnels de l’eau revendiquent ici le zéro nitrate.

Comment garantit-on le bon état sanitaire et qualitatif d’une eau

?

On fait des recherches bactériologiques et, une fois l’an, on vérifie les paramètres chimiques. Toutes les 6 semaines, des analyses par prélèvement sont effectuées par la DDASS qui n’annonce jamais sa visite. En interne, l’analyse est quotidienne et réalisée par un laboratoire indépendant. Systématiquement, le stock est mis en quarantaine de 48 à

L’eau en bouteille : 3 étiquettes L’eau de source et l’eau minérale naturelle proviennent d’une ère nappe, d’un gisement souterrain ou, pour la 1 , d’une source. ne peuvent subir elles Embouteillées obligatoirement à la source, hormis composition, leur er modifi de susceptible aucun traitement l’adjonction de gaz. Seule l’eau minérale bénéficie de la reconnaissance de propriétés “favorables à la santé”. Les eaux de boisson sont mises en bouteille telles quelles ou rendues potables par traitement. En janvier, le réseau Biocoop de magasins bio a dit EAU-Revoir à la bouteille en plastique étant donné son mauvais bilan environnemental dû à l’emballage et au transport. Les bouteilles d’eau ont déjà été l’objet de dérives. Ainsi, Coca-Cola a reconnu que, sous le label Dasani, elle a vendu, au début des années 2000, sur le marché britannique, une très banale eau du robinet. Sauf que tout incitait à croire qu’il s’agissait d’une “pure” eau naturelle, à commencer par le prix ! Elle a depuis été retirée des rayons.

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72 h. Cela permet sa destruction si jamais un problème était relevé par le laboratoire. Quand ce dernier me donne son feu vert, je libère les bonbonnes qui sont aussitôt livrées. Lors de l’incendie qui a ravagé une partie des Monts d’Arrée en mai dernier, je me suis rapidement préoccupé des mesures mises en œuvre pour contrer le feu. Heureusement, les canadairs n’ont recouru à aucun produit chimique. Sur le terrain, au quotidien, je peux m’en remettre aux cantonniers qui ne manqueraient pas de m’alerter en cas de pollution quelconque. En fait, le seul risque, ce serait l’écrasement d’un 747 ! Plus sérieusement, la pollution aux hydrocarbures ou aux métaux lourds me semblerait l’accident le plus grave, mais cela reste purement théorique sur ce site particulièrement isolé.

Êtes-vous alerté par le problème que pose le plastique comme

contenant alimentaire ?

Le syndicat des eaux a effectivement informé la profession sur les phtalates mais ils seraient très peu solubles dans l’eau. Le bisphénol A, quant à lui, ne se dégage que quand l’eau est chauffée. Cela étant, pour éviter toute contamination, je recommande de boire l’eau des bonbonnes (18 l), une fois ouvertes, dans les 10 jours, en les plaçant à l’abri de la lumière et de la chaleur. La mauvaise réputation de la bouteille en plastique est aussi liée à la pollution qu’occasionne ce matériau d’origine pétrolière pas toujours bien trié. Dans notre mode de fonctionnement, les bonbonnes en polycarbonate, dont la durée de vie s’étale sur 5 ans, sont systématiquement consignées. En fin de vie, elles sont recyclées auprès d’une entreprise spécialisée.

D’autres efforts

en matière d’environnement ?

Les bonbonnes récupérées sont lavées avec des produits biodégradables et encore ces produits sont-ils utilisés avec parcimonie. Depuis 4 ans, je mets un point d’honneur à recycler tous les films plastiques étirables utilisés pour maintenir les bouteilles sur palettes. J’utilise une presse qui compacte ce film en balle de 100 kg. Des sociétés, assez exigeantes sur la qualité du déchet, me rachètent la tonne de plastique à 90 euros. En gros, dans nos poubelles, il nous reste à traquer les barquettes jetables du déjeuner ! Propos recueillis par Gaëlle Poyade


e Ar t d e vi vre

Intolérance au gluten

L e s b ie n fa it s d ’u n ré g im e “ s a n s ” L’avis de Valérie Vidal, bionutritionniste Problèmes digestifs, anémie, fatigue, irritabilité… Et si ces symptômes étaient liés à une intolérance au gluten ? Nombreuses sont les personnes en recherche de “mieux être” qui adoptent un régime sans gluten. Êtes-vous concerné ?

Le gluten, c’est quoi exactement ? Le gluten est une combinaison de protéines présente dans certaines céréales. Dans le blé par exemple, ces protéines sont la gliadine et la gluténine. Le mot gluten vient du latin glu qui veut dire colle. C’est ce côté élastique et visqueux qui fait son succès en boulangerie : il donne une texture moelleuse au pain difficile à égaler avec des céréales non glutineuses. Il est aussi utilisé dans l’industrie alimentaire comme liant.

En quoi le gluten peut-il

poser problème ?

Comme toutes les protéines, la gliadine et la gluténine sont des assemblages de peptides, eux-mêmes constitués d’acides aminés. Le problème vient de la dégradation complète de la gliadine en acides aminés lors de la digestion : ceci nécessite une enzyme spécifique (la dipeptyl-peptidase IV) difficile à produire par l’organisme humain. Les résidus de protéines mal digérées altèrent la muqueuse de l’intestin grêle et contribuent à la rendre hyperperméable (leaky gut syndrome). Des peptides résiduels se retrouvent donc non seulement dans le tube digestif à l’origine de symptômes locaux mais aussi dans le sang pouvant entraîner des troubles du système nerveux ou du système immunitaire.

Quels aliments en contiennent ? Le gluten est présent dans nombre de céréales : blé, orge, seigle, épeautre, kamut et avoine. On en trouve par conséquent dans les produits dérivés de ces céréales (farines, flocons, semoules), dans de nombreux aliments transformés (pain, biscuits, pâtes, biscottes, pizzas, pâtisseries) et aliments préparés dans lesquels il sert de liant : crème glacée, cubes de bouillon, pâtés, etc. Et aussi dans les bières, dans certains médicaments et compléments alimentaires dont l’enrobage peut contenir de l’amidon, Les magasins bio proposent aujourd’hui un large choix de produits etc. Sans oublier le céréaliers transforměs sans gluten. seitan préparé à base de

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Plusieurs céréales (et assimilées) sont naturellement exemptes dele gluten et peuvent être consommées : le riz, le millet, le sarrasin, quinoa, le fonio, le maïs. gluten de blé et d’eau. Il semble que le gluten de l’avoine soit mieux toléré que celui des autres céréales en raison de sa différence de composition en acides aminés.

Comment savoir si on est allergique ou intolérant au gluten ?

La vraie allergie au gluten déclenchant une réaction immunitaire (anticorps de type IgE) est très rare (œdème de Quincke). La forme la plus sévère d’intolérance au gluten est la maladie cœliaque, reconnue par le corps médical, et diagnostiquée par des tests sérologiques fiables et faciles à effectuer. Or, seulement un très faible pourcentage des cas de maladie cœliaque serait diagnostiqué. Une autre forme d’intolérance au gluten est possible et fréquente. Elle est la conséquence de sa mauvaise digestion et peut être mise en évidence par des tests de laboratoire spécialisés, non remboursés : le dosage urinaire des peptides issus du gluten et le dosage des anticorps spécifiques IgG dans le sang. Des recherches ont mis en cause cette intolérance dans la schizophrénie, dans l’autisme et dans les troubles du comportement (Déficit d’Attention et Hyperactivité.) Beaucoup d’intolérants au gluten, quelle qu’en soit la forme, s’ignorent. Lorsqu’on souffre de troubles digestifs chroniques


et récurrents, cela vaut la peine de faire l’expérience d’un régime sans gluten pendant une période allant de trois semaines à trois mois, puis de reprendre en observant les conséquences sur la digestion et sur la forme générale tant dans la phase d’éviction que dans la phase de reprise.

Quels sont les symptômes qui doivent alerter ?

Qu’il s’agisse d’une maladie cœliaque ou d’une intolérance liée à la maldigestion, les symptômes ne sont pas spécifiques et leur intensité varie beaucoup d’une personne à l’autre. Les plus fréquents sont les problèmes digestifs (diarrhée ou constipation chronique, douleurs abdominales, gaz et ballonnements), bien souvent installés depuis plusieurs années. Auxquels peuvent s’ajouter une perte de poids, de la fatigue, de l’irritabilité, un état dépressif, des douleurs aux os et aux articulations...

Comment manger

varié et équilibré sans gluten ?

Avec ou sans gluten, la base de l’alimentation saine reste la même : fruits et légumes frais, poissons, volaille, œufs, légumineuses, huiles vierges de première pression à froid. La grande différence se situe au niveau des céréales, du pain et des produits transformés à base de farines (biscottes, biscuits, pâtes, etc.). Plusieurs céréales (et assimilées) sont naturellement exemptes de gluten et peuvent être consommées : le riz, le millet, le sarrasin, le quinoa, le fonio, le maïs. On trouve aujourd’hui en magasins bio un large choix de produits céréaliers transformés sans gluten. Dans le cas d’une maladie cœliaque diagnostiquée, la sécurité sociale rembourse partiellement l’achat d’aliments garantis sans gluten.

Qui profite le plus de ce

régime ?

En dehors d’allergie ou d’intolérance révélée, toute personne sensible au niveau intestinal peut profiter de ce régime pendant quelques semaines pour aider la muqueuse intestinale à se désenflammer et se régénérer. Et le renouveler 2 ou 3 semaines à chaque changement de saison ou encore une semaine par mois. Pour le docteur Seignalet, fondateur du célèbre régime du même nom, la consommation de céréales à gluten et laitages (caséine) conduit au développement de maladies autoimmunes. Son régime a soulagé de nombreuses personnes, en particulier celles souffrant d’arthrite rhumatoïde. De très nombreux témoignages des parents montrent le réel intérêt de ce régime dans la prise en charge des troubles comportementaux de l’enfant et de l’autisme.

N’y a-t-il pas risque de

carences ?

Il faut se souvenir que l’espèce humaine s’est développée pendant près de sept millions d’années en ne consommant ni céréales, ni laitages ! Et que le régime Okinawa, reconnu comme l’un des plus protecteurs face aux maladies et au vieillissement, ne contient ni source de gluten ni source de caséine.

Y a-t-il moyen de

mieux digérer le gluten ?

Nous ne sommes pas égaux en matière de capacités digestives. Pour certains, le gluten ne posera aucun souci, pour

De très nombreux témoignages des parents montrent le réel intérêt de ce régime dans la prise en charge des troubles comportementaux de l’enfant. d’autres il sera toléré à petites doses et pour d’autres encore, il générera des problèmes plus graves. Lorsqu’il n’y a pas nécessité de le supprimer de son alimentation, on peut veiller à favoriser au mieux sa digestion par la consommation d’enzymes protéolytiques contenus dans l’ananas et la papaye notamment ou encore dans certains compléments alimentaires spécifiques. C’est particulièrement intéressant lors de séjours en Italie, où l’on risque une cure de pâtes et de pizzas par exemple !

Ce régime est-il compatible

avec une vie sociale normale ?

Comme tout régime d’exclusion, le régime sans gluten nécessite de mettre en place une nouvelle organisation, de nouvelles habitudes. Et, en particulier, de privilégier la “lunch box” maison plutôt que le déjeuner à la cafétéria ; de se renseigner avant de se rendre dans un restaurant sur les possibilités d’avoir des plats sans gluten ; d’informer ses proches des ingrédients qu’on ne peut pas manger lorsqu’on est invité ; d’apprendre à faire soi-même pains, biscuits et pâtes à tarte sans gluten ; d’avoir toujours en stock ces aliments sans gluten et de ne pas les oublier lors des déplacements.

Qu’est ce que la maladie cœliaque ? La maladie cœliaque est une maladie auto-immune. Chez les personnes atteintes, l’ingestion de gluten entraîne une réaction immunitaire anormale dans l’intestin grêle qui se retourne contre l’organisme, créant une inflammation et des lésions graves de la muqueuse intestinale. Il s’en suit une malabsorption et une hyperperméabilité. Cette maladie est souvent associée à une autre maladie autoimmune telle que le diabète de type I, le lupus, l’arthrite rhumatoïde, la thyroïdite de Hashimoto, etc.

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e

e Bien-être

Micro-algue d’eau douce

Connue pour ses propriétěs de détoxification des métaux lourds, la chlorella possède également de nombreuses autres qualitěs protectrices.

L e s p ro m e s s e s d e la c h lo re ll a

Très répandue en Asie, la chlorella reste timide en Europe. Pourtant, cette microalgue d’eau douce, riche en nutriments, possède de multiples atouts. Elle est notamment connue pour renforcer l’immunité, et surtout détoxifier des métaux lourds.

C

e sont les lourdes suspicions sur les dangers du mercure diffusé par les amalgames dentaires dans l’organisme, – et notamment le cerveau –, qui ont contribué à faire connaître la chlorella (ou chlorelle) en Europe. Cette microalgue aurait la faculté d’absorber et d’éliminer le mercure. “Les fibres de la chlorella sont capables de fixer, c’està-dire de chélater les métaux lourds, le mercure très présent dans les poissons, mais aussi le plomb, le cadmium, ainsi que d’autres polluants comme les dioxines, PCB et pesticides, notamment grâce à sa membrane cellulosique complexe, explique Muriel Cathaud, docteur es Sciences et professeure à l’Insa Lyon. Elle est aidée dans cette fonction par un certain nombre de composants, dont la chlorophylle et d’autres petites molécules telles que des glycoprotéines. Les éléments toxiques fixés par les fibres sont alors rejetés via les fèces.” Convaincue de l’intérêt de cette microalgue unicellulaire, Muriel Cathaud, en tant que scientifique, ne cesse de vouloir en renforcer les preuves. “Il existe déjà plusieurs centaines d’études sur ses vertus, confirme celle qui, consommatrice depuis des années, en teste en direct les bienfaits. Mais je suis en train de lancer une étude clinique en France de grande envergure pour les confirmer.”

Synergie d’actions Présente sur notre planète depuis environ 2,5 milliards d’années – preuve de sa résistance –, la chlorella regroupe une trentaine d’espèces et souches recensées dans la nature. La chlorella vulgaris est la plus cultivée. De cou-

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La chlorella a un mode de reproduction asexuée, la cellule mère se divisant en quatre spores pour donner des organismes identiques à celui qui les a produits.

leur verte, car gorgée de chlorophylle, elle est remarquée pour sa richesse en protéines (50 %), en lipides polyinsaturés, sels minéraux, fibres, vitamines (notamment la B12 qui intéresse particulièrement les végétariens). La chlorella se démarque aussi par la présence d’éléments qualifiés de “facteurs de croissance”, ou CGF (Chlorella Growth Factor). Ceux-ci sont reconnus capables de revitaliser et stimuler le développement cellulaire, donc le métabolisme physiologique. “La chlorella bénéficie de la synergie des effets de ses deux principaux modes d’action, celui de la détoxification renforcé par celui de la stimulation. Ce qui expliquerait l’essentiel de son action bénéfique pour le corps humain”, explique la scientifique.

Différents modes

de culture

La majorité des chlorelles est cultivée à l’extérieur, dans des bassins de béton ou des lagunes d’origines naturelle ou

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artificielle. Or, ce mode de production a ses détracteurs car il soumet le végétal aux pollutions diverses, avec le risque de le charger en microorganismes et métaux lourds. C’est pourquoi ces cultures doivent subir un traitement, soit par la chaleur, soit mécanique. S’il détruit en partie les microorganismes, il maltraite aussi les cellules de cette petite algue. Un nouveau procédé de production entièrement clos, en tubes de verre, a été breveté en Allemagne pour assurer une qualité nutritionnelle optimale grâce à un haut niveau d’hygiène. Le site de production, avec 500 kilomètres de tubes sous 12 000 m2 de serre, a nécessité de lourds investissements, et implique un savoir-faire pointu. “Mais il garantit une pureté et une composition optimale en éléments nutritifs et protecteurs de la chlorella”, affirme Muriel Cathaud, si convaincue de l’intérêt de ce procédé qu’elle a décidé de diffuser cette gamme en France. C. R-F


L e s tr é s o r s d e la fo r ê t À Douala, au Cameroun, Bertrand Sandjon défend les plantes de son pays, soit près de 8 000 espèces et variétés différentes, selon ce pharmacien. “Santé et nature”, tel est le leitmotiv du fondateur de Natura Bio, entreprise unique en son genre.

B

ertrand Sandjon se présente comme le spécialiste des plantes sauvages qu’il promeut depuis 23 ans. Camerounais, il compte sur son expertise reconnue, ainsi que sur ses amitiés françaises, pour soutenir sa petite entreprise. “Mes expériences sur diverses huiles végétales d’Afrique intéressent beaucoup l’Inra (1) de Toulouse qui y voit un moyen de réaliser des colles dures. Ces huiles ont aussi un grand intérêt sur le plan cardiaque car elles sont riches en oméga 3”. Proposer des substituts de l’huile d’olive ou d’argan afin de lutter tout aussi efficacement contre le cholestérol est l’un de ses objectifs. Dans cette optique, l’huile de noisette liane s’avère une piste prometteuse. Les ressources naturelles du Cameroun fournissent la grande partie des fruits et

s

s Ai l l eurs

Natura Bio au Cameroun

Huile de sěsame, de coco, d’avocat, beurre de cacao ou de karité sont les bases de recettes aux multiples usages. Toutes sont élaborées au sein du laboratoire Phytorica sous l’œil attentif de Bertrand Sandjon. 44

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graines transformés par Natura Bio : coco, sésame, karité, neem, avocat, cacao et même de la mangue sauvage (Irvingia gabonensis), dont on extrait un beurre utile contre les vergetures. “Près de 8 000 plantes, telles le dattier du désert, la calophylle, la fausse noix de muscade… sont disponibles ici”, s’enthousiasme-t-il. Suivant les besoins, le laborantin pousse aussi ses recherches du côté du Tchad ou de Centre Afrique.

Implication

des villageois

La mise en valeur du patrimoine végétal ne saurait se faire sans les autochtones. Diverses ethnies profitent de ces commandes pour améliorer leur quotidien. Près d’une cinquantaine de villageois, cueilleurs ou cultivateurs, fournissent ainsi les “graines miracles”, glanant feuilles, écorces, pulpe et pépins de fruit. Originaire de l’Ouest du pays, le docteur Sandjon puise dans les traditions populaires des différents peuples, Bantous rassemblés au Sud, Peuls musulmans dominant le Nord du pays… pour tirer le meilleur de la nature. “Grâce aux Pygmées qui la consomment couramment, j’ai découvert l’huile de pogo oleosa, surnommée arachide sauvage. Très fine, cette huile présente des qualités diététiques aussi intéressantes que celle d’olive. En revanche, la graine est très difficile à casser. Seul le peuple pygmée possède la technique appropriée.”

Quelles graines

pour quelles vertus ?

Élaborée essentiellement à partir de ces huiles végétales, la gamme Natura

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La gamme des savons Natura Bio. Bio possède des vertus cosmétiques ou de confort, et para-pharmaceutiques. Elle se décline en savons, gels, huiles essentielles… confectionnés à l’arrière de la boutique, dans le laboratoire Phytorica créé en 2003. Là flottent les effluves d’eaux florales, reliquats d’huiles essentielles qui contiennent encore bon nombre de principes actifs. Le shampoing Harmonieux renferme ainsi, outre un panel d’huiles essentielles, de l’eau florale de poivre d’Abyssinie. Ses fonctions hydratantes et restructurantes aident à démêler une chevelure au caractère typiquement “indomptable”. Alignés sur des étagères en bois, les pains de savon sont un joli florilège d’huiles aussi variées que mal connues des citadins quelque peu éloignés de leur environnement naturel. L’arbre à semelle ou semelier donne ainsi une huile riche en omégas 3 et 6 aux propriétés anti-oxydantes et anti-infectieuses, particulièrement indiquée contre le vieillissement de la peau. L’huile de calophylle, obtenue à partir des graines contenues dans les amandes séchées, possède une action régénératrice apaisante et hydratante. Elle réduit notamment le phénomène de vergetures. Elle est aussi dotée de propriétés anti-inflammatoires, circulatoires et cicatrisantes.


Ce fruit sauvage apporte ses qualités dermatologiques au Kamanu, un savon renfermant aussi de l’huile de palmiste – issue de la graine du fruit et non de la pulpe comme c’est le cas pour l’huile de palme – et du beurre de karité. Ce dernier, dont la réputation a largement dépassé les forêts africaines, provient des savanes arborées où ses baies charnues renferment une à deux amandes dures d’une teinte blanchâtre. Autant de connaissances scientifiques et ancestrales que le fondateur de Natura Bio partage avec plusieurs étudiants camerounais, comme cette jeune chimiste qui dose avec minutie la préparation saponifère : “Nos savons artisanaux sont un mélange d’huile sauvage et de soude. Chaque huile est pressée à froid sans aucun recours à des solvants type hexane”, témoigne-t-elle. À la gamme des spécimens verts, écrus ou orange s’ajoute le carré de savon couleur chocolat au beurre de cacao. Son usage quotidien préserve l’élasticité de la peau.

De l’usage ancien

et médical des plantes

Que penser de l’efficacité effective de cette flore ? Réponse auprès de la population : “Le Camerounais est très susceptible. Si cela ne marche pas, il ne revient pas”, affirme Nicole Nonga, la gérante de la boutique bio dont les rayons proposent, entre autres, des solutions au manque de tonus sexuel, à la paresse du foie ou à la constipation. Fière des trésors de son pays, la jeune femme soulève une corbeille de condiments “qui soignaient les ancêtres. Chez les Bamilékés, l’ethnie qui a fait du port de Douala la capitale économique du Cameroun, on cuisine une sauce jaune contenant 17 condiments. Le docteur Sandjon en a révélé l’extraordinaire nutritivité, voire ses propriétés médicamenteuses”, confie Nicole. Posés sur les paillasses du laboratoire Phytorica, les flacons contiennent, par exemple, de l’huile essentielle de Xylopia Aethiopica, un arbre qui prospère le long des rivières d’Afrique tropicale, et dont on obtient un très puissant antibactérien. Fouillant dans les pratiques actuelles des différentes ethnies ou dans les savoirs des anciens en phytothérapie, Bertrand Sandjon vise à soigner diabète, hypertension, problèmes de prostate, calculs rénaux et biliaires, fragilité capillaire… Peut-on qualifier ces onguents, poudres, baumes ou sirops de médicaments ? Certains,

Nicole Nonga gère la boutique Natura Bio. Au total, les activitěs de Bertrand Sandjo sont source d’emploi pour une vingtaine de salariěs, sans compter les nombreux villageois qui fournissent les matières premières. sans Autorisation de mise sur le marché (AMM), restent dans le champ du complément alimentaire : ils améliorent certains paramètres du corps, favorisant les conditions de guérison. D’autres, en revanche, bénéficient d’une législation assouplie mise en place par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Cette dernière accorde une AMM allégée pour les préparations ancestrales qualifiées alors de Médicaments traditionnellement améliorés (MTA). Une manière de légitimer les us et coutumes des peuples de la forêt dans le domaine de la guérison.

le Cameroun ne comptait que 370 hectares bio et 179 producteurs associés. Une goutte d’eau comparée aux 13 000 hectares bio français pour une surface agricole quasi équivalente. La faute à la certification européenne dont le coût, s’il est adapté à une production de masse, en coopérative par exemple, avec des perspectives d’exportation, est impossible à supporter pour un entrepreneur isolé. Qu’à cela ne tienne. Le docteur Sandjon est fier de ne travailler qu’avec des plantes non OGM ni polluées aux intrants chimiques. Le lien qu’il a noué avec ses fournisseurs – implantés au cœur de la forêt et de la brousse – est sa garantie quant à la traçabilité des matières premières. Mais, pour envisager une commercialisation au-delà du continent noir, l’entreprise a besoin de partenaires. Tenace, le docteur en pharmacie espère bien convaincre les Français, lors du prochain salon Marjolaine, des effets positifs de la végétation camerounaise. La mangue sauvage n’a pas encore livré tous ses secrets. Gaëlle Poyade

www.nature9000.com (1) Institut national de la recherche agronomique.

Certification bio :

le bât blesse

D’après les chiffres d’Ifoam, la Fédération internationale des mouvements pour l’agriculture biologique, en 2008,

Les coffrets cadeaux de Natura Bio en raphia, en bois rouge… renferment diverses préparations cosmétiques ou de soin.

Sciences et santé sans frontières Chez les Sandjon, la santé est une affaire de famille : un père médecin, une sœur pharmacienne et un frère qui a marqué l’histoire de la gynécologie. Guy Sandjon fut en effet le premier à pratiquer une fécondation in vitro en Afrique noire : on lui doit également la création du Centre de procréation médicalement assistée (CPMA) de Douala, le premier en Afrique subsaharienne. Pour assouvir sa passion de botaniste, Bertrand s’est tourné vers la pharmacie, se formant à Lille et Dakar. Vingt ans après, il conserve intact son intérêt pour les plantes et leurs bienfaits. Aussi a-t-il a créé la pépinière Agropharm qui cultive, le long du fleuve Noun, la cardamome africaine, le clou de girofle sur 40 hectares, employant 5 personnes à Bangangté, dans la province de l’Ouest. “J’élève aussi 200 pieds de moringa qui pourraient beaucoup aider les malades du sida car cet arbuste a un fort pouvoir immunitaire”. Les feuilles de Moringa oleifera sont par ailleurs utilisées pour lutter contre la malnutrition et ses maladies associées. “J’aimerais aussi réintroduire le quinquina d’un grand secours contre le paludisme”, confie cet humaniste à la recherche d’une ONG qui soutiendrait ses nombreux projets.

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e C ui si ne

Le soja à toutes les sauces

e é v le re e in is u c e n u r u o P La richesse nutritionnelle du soja est incontestable. Mais, pour que l’organisme l’assimile bien, mieux vaut le consommer sous une forme fermentée. Condiments incontournables de la gastronomie asiatique, les sauces au soja apportent une touche d’exotisme.

F

abriquée à partir d’un mélange de graines de soja fermentées, d’une céréale torréfiée, d’eau et de sel marin, la “véritable” sauce au soja (shoyu en japonais) nécessite de 6 mois à 2 ans pour revêtir tous ses arômes. La mention “Fermentation naturelle” et l’absence de tout additif sont des gages de garantie. Variante fort utile pour les cœliaques (lire p. 40), le tamari ne comporte pas de blé et convient donc au régime sans gluten. Certaines sauces soja affichent volontiers un goût sucré quand d’autres s’encanaillent avec du vin, des épices, de l’oignon…

L’amie de la digestion

e

La sauce au soja est très digeste, les acides gras poly-insaturés, les glucides

Brochettes de poulet et pommes grillées

lents, les amidons, les protides et lipides ayant été prédigérés par la longue fermentation. De plus, sa richesse en acide lactique renforce la flore intestinale et l’assimilation efficace des nutriments. Enfin, sa saveur prononcée et très salée en fait un succédané évident du sel. Indispensable aux sushis, la sauce au soja est un assaisonnement idéal des viandes ou des poissons, au moment de la cuisson ou de la marinade. Elle peut aussi se glisser dans des bouillons ou des soupes, et se marie très bien avec le riz, froid ou chaud. Attention cependant à ne pas noyer tous les plats sous ce liquide ambré, plus ou moins foncé. Essayez plutôt de le mélanger à d’autres ingrédients pour réaliser des sauces originales. Vinaigre, jus d’agru-

DIFFICULTÉ

2 belles pommes, 800 g de blanc de poulet, 100 ml de sauce soja, 2 c. à soupe de miel, 2 c. à soupe de graines de sésame, 4 c. à soupe de jus de pomme, 4 c. à soupe d’huile de colza.

1 Nettoyez, épluchez et évidez les pommes. Découpezles en morceaux de même taille ainsi que le poulet. Dressez les brochettes en alternant poulet et pomme.

2 Mélangez le reste des ingrédients et y faire mariner les brochettes pendant 2 h.

mes, gingembre, huile, sésame… les combinaisons de vinaigrettes sont innombrables. Quant à la crème de soja, blanche et épaisse, elle existe en version lacto-fermentée, toujours 100 % végétale. Sans lactose ni gluten, sans cholestérol, naturellement riche en oméga 3, en acides gras insaturés, elle est moins calorique que la classique crème fraîche. Elle donne des mayonnaises onctueuses agrémentées d’un filet d’huile de colza ou de noix et de quelques épices. Ajoutée à de la sauce soja, du tahin, saupoudrée de quelques graines de sésame blond, cette crème donne un petit air asiatique à vos spaghettis.

Salade d’oranges et de carottes

Gaëlle Poyade

DIFFICULTÉ

8 carottes, 3 oranges, 4 oignons nouveaux, 4 c. à soupe de jus d’orange, 2 c. à soupe d’huile, 3 c. à soupe de sucre de canne, 100 g de graines de potiron, 6 c. à soupe de sauce soja, 3 c. à soupe de bouillon de légumes, 2 c. à soupe de vinaigre balsamique, 1/2 c. à café de moutarde, 1/2 c. à café de sucre, 1/2 botte de ciboulette.

1 Nettoyez et râpez les carottes. Pelez à vif les oranges, coupez en dés les quartiers. Pelez et coupez les oignons en rondelles. Mélangez ces ingrédients et ajoutez 2 c. à café de jus d’orange et l’huile.

2 Faire chauffer le sucre de canne dans une poêle et y

durant environ 7 mn de chaque côté.

faire caraméliser les graines de potiron avec 2 c. à soupe de sauce soja. Préparer l’assaisonnement avec le reste de sauce soja et de jus d’orange, le bouillon, le vinaigre, la moutarde et le sucre.

source : Kikkoman

3 Nettoyez et coupez la ciboulette. Mélangez l’assaisonne-

3 Faire griller les brochettes

ment à la salade. Cassez le caramel de graines de potiron en petits morceaux. Dressez la salade sur des assiettes et saupoudrez de graines de potiron et de ciboulette.


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plus bio…

V O U S ! EchoBio est la revue d’information de la génération bio. Destinée aux consommateurs, elle vous informe sur la production et la consommation des produits biologiques.

OUI je souhaite m’abonner à EchoBio o 1 AN (6 n°) au prix de 19 % au lieu de 21 % o 2 ANS (12 n°) au prix de 36 % au lieu de 42 % Je règle par :

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o Chèque à l’ordre des Éditions Fitamant Nom-prénom : Adresse :

CP/Localité : Tél :

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E-mail : Les Éditions Fitamant publient EchoBio et Biofil, la revue agricole de le filière biologique. Conformément à la loi « Informatique et Libertés » du 6 janvier 1978,vous disposez d’un droit d’accès et de rectification aux données vous concernant.

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EchoBio

B U L L E T I N D ’A B O N N E M E N T À RETOURNER DÈS AUJOURD’HUI

À retourner à ECHOBIO - Ser vice Abonnement - BP 16 - 29560 TELGRUC-SUR-MER - Tél. 02 98 27 37 66 Ou par fax au 02 98 27 37 65 - e-mail : abo@fitamant.fr


t Habi tat

Rénovation écologique L’isolation des combles et des parois de la maison est une priorité pour économiser l’énergie. L’utilisation de matériaux écologiques participe au bien-être de l’environnement.

L’ancien a de l’avenir

Un logement bien rénové, c’est des économies d’énergie et financières à la clé. Isolation, chauffage, ventilation… Voici les points essentiels à traiter et les solutions les plus performantes.

C

ertains propriétaires ne jurent que par le charme de la pierre. Outre leur caractère, les maisons anciennes ont en effet quelques avantages comme de rester fraîches en été. Mais les logements construits avant les années 1990 sont généralement mal isolés et difficiles à chauffer. La rénovation est l’occasion d’envisager une transformation exigeante en terme de protection de l’environnement et de consommation d’énergie. Au niveau national, le secteur du bâtiment représente à lui seul 40 % de la consommation d’énergie. Chaque maison consomme, en moyenne, 330 kWh/m2/an. Pour atteindre les objectifs de réduction par 4 des émissions de dioxyde de carbone (CO2) fixés par le Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat (GIEC) à l’horizon 2050, il faudrait parvenir à une consommation moyenne de 70 kWh/m2/an dans le neuf comme dans l’ancien. Améliorer l’efficacité énergétique et le confort du bâtiment existant est une priorité. Mais la santé de ses occupants et l’environnement doivent également être pris en compte.

t

Poser

un diagnostic

Avant de commencer les travaux, un Diagnostic de Performance Energétique (DPE) peut être réalisé avec un thermicien. Ce document détermine avec précision l’âge et l’état du bâtiment, l’environnement extérieur, l’exposition, les

économies d’énergie Une bonne ventilation contribue aux et au bien-être de ses ent bâtim du é mais aussi à la pérennit occupants. consommations d’énergie, les points faibles à traiter et les possibilités d’amélioration. Dans un logement ancien, c’est avant tout l’isolation qu’il convient d’améliorer. Pour cela, il est nécessaire de réaliser une enveloppe parfaitement hermétique en commençant par l’isolation des combles ou de la toiture. Une épaisseur de 250 millimètres est désormais recommandée avec un isolant ordinaire présentant un coefficient lambda inférieur à 0,04. L’isolation des parois par l’extérieur est généralement plus efficace que par l’intérieur pour limiter les ponts thermiques qui se créent à la jonction des murs ou des menuiseries avec les murs, par exemple. Ceux-ci peuvent, non seulement, occasionner des déperditions de chaleur mais aussi de gros dégâts sur le bâtiment.

Choix

d’isolants sains

L’installation d’un chauffe-eau solaire peut être facilement réalisée sur tous types de maisons existantes, diminuant ainsi les émissions de CO2. 48

Un poêle à bois reprěsente un chauffage d’appoint idéal pour de nombreuses maisons anciennes.

EchoBio / Septembre Octobre 2010

Côté matériaux, il existe désormais toute une gamme d’isolants dits “sains” ou “naturels” dont l’éco-bilan est généralement bien meilleur que celui des laines minérales ou des isolants synthétiques type polystyrène. Le choix s’effectue en fonction du type de logement, de l’implantation géographique et des possibilités financières. Les isolants minces n’apportent en réalité que peu de changements à l’isolation de la maison et ne peuvent venir qu’en complément d’un autre matériau isolant. Autre point sensible, les simples vitrages pourront être remplacés par des doubles


vitrages 4/16/4 (4 mm de verre, 16 mm de lame d’air ou de gaz, 4 mm de verre) à isolation renforcée. Enfin, la cheminée à foyer ouvert, bien qu’elle participe au charme des maisons anciennes, est également source de déperditions de chaleur par son conduit. Pour une meilleure efficacité, il est donc préférable de la remplacer par un foyer fermé ou un insert.

Chauffage

performant

L’utilisation d’appareils de chauffage efficaces participe également à la réduction d’émission de CO2. L’idéal est un système recourant aux énergies renouvelables : solaire ou bois, notamment. Mais le simple remplacement de votre vieille chaudière, à gaz ou à fuel, par une chaudière à condensation utilisant le même combustible permet déjà d’améliorer le rendement de 30 % sur une installation de plus de 15 ans et de 15 à 20 % celui d’une chaudière plus récente. Certes le coût est plus élevé à l’achat, de 20 à 50 % par rapport à une chaudière ordinaire “Mais le crédit d’impôt de 25 % sur le montant des équipements permet d’envisager un retour sur investissement de 3 à 4 ans”, estime Yvon Hervouet, installateur-chauffagiste. Pour une efficacité optimale, divers systèmes de régulation peuvent être proposés de série ou en option : thermostat d’ambiance, sonde extérieure de régulation, programmateur, etc. Les économies d’énergie peuvent être encore augmentées avec la production d’eau chaude qui est souvent liée à l’appareil de chauffage. Les systèmes à micro-accumulation, avec un mini-ballon intégré, procurent immédiatement de l’eau chaude sanitaire pour un encombrement minimal. Ils sont

e Les salons de la vi

3e

édition

BORDEAUX

Parc des Expos 8-9-10 Octobre

Les maisons anciennes sont réputées froides et mal isolées. En revanche, l’inertie thermique des murs en pierre participe au confort d’été en atténuant les pics de température à l’intérieur de la maison. généralement assimilés aux chaudières murales qui peuvent être installées directement dans le volume habitable. Les chaudières à ballon séparé disposent d’une plus grande réserve d’eau à température régulée. Les chaudières accumulées dynamiques associent le principe de l’instantané et de l’accumulé pour les débits importants. La chaudière à condensation peut également être combinée avec un système de production d’eau chaude solaire. L’énergie gaz (ou fioul) ne prend alors le relais que lorsque le soleil vient à manquer.

écologique

e édition

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49


Au cas

par cas

Une chaudière à condensation améliore sensiblement le rendement de votre installation de chauffage avec un crédit d’impôt à la clé.

Une ventilation

efficace

Une fois que l’isolation de la maison et le système de chauffage ont été améliorés, c’est la ventilation qu’il convient de vérifier. Une ventilation efficace contribue non seulement à la qualité de l’air et à la pérennité du bâtiment, mais elle joue également un rôle important sur la consommation d’énergie. Un système simple flux consiste à faire rentrer de l’air froid dans la maison pour en extraire l’air chaud. D’autres systèmes, plus efficaces, permettent de mieux maîtriser les flux d’air qui circulent dans la maison. C’est le cas notamment avec un système hygroréglable qui évacue l’air en fonction du taux d’humidité dans le logement et permet de réaliser jusqu’à 10 % d’économies sur les consommations de chauffage. Les systèmes par insufflation d’air améliorent l’isolation acoustique vis-à-vis de l’extérieur. Une ventilation double flux représente actuellement le “must” en matière de renouvellement d’air. Elle permet d’extraire les calories de l’air extrait de la maison pour les transmettre à l’air neuf. Mais elle nécessite une parfaite étanchéité à l’air du bâtiment

Les solutions proposées devront donc être étudiées au cas par cas. “Le choix entre les différentes technologies de ventilation dépendra surtout de la qualité du bâtiment et de sa conception globale”, insiste Éric D’Haene, directeur commercial Vortice-France. “Dans tous les cas, le dimensionnement de l’installation doit être réalisé avec précision en fonction de la taille des locaux, du taux d’occupation ou des activités qui y sont réalisées”. Enfin, les maisons en pierre profitent généralement d’une importante inertie thermique qui leur permet de rester fraîches en été. Les maisons plus récentes, construites dans les années 1960-70 n’ont pas le même avantage. Dans les travaux de rénovation, l’orientation, la disposition des pièces, la présence de végétation ou des protections solaires devant les surfaces vitrées exposées au sud sont donc autant d’éléments à prendre en compte. Un vieil arbre dans le jardin, c’est aussi ça le charme des maisons anciennes. Philippe Guibert En savoir plus La rénovation écologique – Principes fondamentaux, exemples de mise en œuvre, Pierre Lévy, Éditions Terre Vivante 2010. www.renovation-ecologique.org, site internet édité par les Amis de la Terre.

t

t Habi tat

et, par conséquent, la maîtrise des fuites et entrées d’air clandestines. Elle exige aussi un double réseau de circulation de l’air qui n’est généralement pas simple à installer dans le cas d’une rénovation.

Aides financières

ce es ont été mises en pla Des incitations financièr llasta l’in e, iqu rm the ation pour les travaux d’isol ffage performant ou de au ch de es tèm sys tion de es. Un crédit d’impôt est panneaux photovoltaïqu du de 50 % sur le montant applicable à hauteur ur. ue vig en es rm no t aux matériel correspondan e nn rso pe e un ur po ros eu Il est plafonné à 8 000 à s mi sou pour un couple seule et 16 000 euros de on ati jor ma avec une l’imposition commune % à charge. La TVA à 5,5 e nn rso pe r pa 400 euros e iqu de rénovation therm s’applique aux travaux de s ire da ipales ou secon sur les résidences princ n -prêt à taux zéro, d’u co L’é s. an plus de deux est s, an 10 sur ros eu 30 000 montant maximal de es rénovation énergétiqu de ux va tra x au cré consa er 0. 199 r vie ts avant le 1 jan des logements construi

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EchoBio / Septembre Octobre 2010

De nouvelles ouvertures apporteront de la lumière dans la maison. Le choix de matériaux de qualité est un gage de confort hiver comme été.


Ensemble au jardin

Le jardin partagé est un projet commun autour d’une création. Lien social, récolte, intérêt pour l’environnement ou amélioration du cadre de vie sont autant de motivations pour se lancer dans cette aventure collective.

À

Petit et urbain C’était un terrain limitrophe d’un espace vert au cœur du quartier du Marais à Paris, et c’est devenu “Le Potager des Oiseaux” en 2004 avec l’aide de “Graines de Jardin”. Ses 125 m2 en font l’un des plus petits jardins partagés. Signataire de la Charte Main verte de Paris, l’association des “Jardiniers du 3e”, qui gère l’espace, en suit les principes incluant des pratiques respectueuses de l’environnement, l’ouverture au public et l’organisation d’événements. C’est ainsi que des artistes exposent au milieu des salades et des framboisiers. La récolte est petite mais la quarantaine

d’adhérents s’organise pour conserver les légumes de l’été et réaliser une soupe à partager l’automne venu.

Jardiner pour vivre autrement À Caen, des jardins partagés sont semés dans les quartiers à la demande des habitants. Hébergés dans une Maison de Quartier, une école ou à l’Institut régional du travail social de BasseNormandie, les 8 jardins sont liés à un projet de “recherche-action” mené par l’IRTS sur l’urgence alimentaire. Produire ensemble des légumes permet de reprendre confiance en soi, de créer du lien social et de répondre aux difficultés du quotidien. Les cultures se font en carrés – de la terre est amenée dans une cour bétonnée – avec un accompagnement technique du Centre horticole du Londel. “De la fourche à la fourchette”, les légumes récoltés sont cuisinés et dégustés ensemble. Au-delà des liens créés dans le potager, il y a ceux qui se tissent entre les rangs, d’un quartier à l’autre. D’autres projets sont en cours pour enrichir le réseau, mais

la plus grande difficulté reste de trouver des espaces.

Les paniers partagés Il s’est écoulé 3 ans entre l’idée et la distribution, cet automne, des premiers paniers. Le principe des “Pot’iront” à Décines, près de Lyon, ressemble à celui d’une Amap, mais il ne suffit pas de s’abonner pour avoir ses légumes. Un seul maraîcher salarié de l’association s’occupe des 3 hectares, et les 60 adhérents s’engagent à travailler la terre ensemble 6 à 8 jours par mois, en respectant le cahier des charges de l’Agriculture biologique. Chaque dimanche, une quinzaine de ces jardiniers se retrouve alors pour la récolte, l’élaboration et la distribution des paniers, ponctuant leur journée d’un repas pris en commun. Christine Raout potagerdesoiseaux.blogspot.com lespotiront.free.fr

Créer un jardin partagé son jarÀ chaque groupe de jardiniers, é est cult diffi nde gra plus din par tagé. La it de s’ag il uite ens in, terra un de trouver ent nem tion se mettre d’accord sur le fonc ants ond esp corr de l’espace. Fort de ses à Lyon régionaux, dont le “Passe-Jardins” au rése le s, Pari à ins” Jard de et “Graine une est ts” “Le jard in dan s tous ses éta même aide précieuse pour se lancer. De de dizaines de jardins ainsi que toire l’his te rela qui l’ouvrage suivant à la récolte. uis les clés pour bâtir un projet, du croq www.jardinons.com Baudee, conseils pratiques, Laurence Jardins partagés Utopie, écologi 8. 200 nte, viva e Terr , Éditions let, Frédérique Basset, Alice Le Roy

EchoBio / Septembre Octobre 2010

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J

l’origine, il y a une démarche artistique ; celle, dans les années 1970, de Liz Christy qui habille les zones de friches urbaines de Manhattan grâce aux “seed bombs”. Elle jette par-dessus les clôtures des graines qui investissent les lieux abandonnés. Les jardins partagés font partie de la famille des jardins collectifs avec les jardins familiaux, exjardins ouvriers où les parcelles individuelles forment un ensemble, et les jardins sociaux.. Du mini-jardin urbain aux hectares de culture en banlieue, le premier conseil à ceux qui veulent lancer un projet reste le même : rêver. S’imaginer un jardin et ce que l’on y fera : récolter ensemble pour organiser un pique-nique ? Aménager pour accueillir personnes âgées ou handicapées ? Inviter les crèches et les écoles ? Distribuer des fleurs aux habitants du quartier ou encore cultiver à tour de rôle pour une certaine indépendance alimentaire ? Pour chaque projet, les décisions sont collectives et, au-delà du végétal, il y a toujours des démarches culturelles, pédagogiques, sociales ou environnementales.

J a rd i n J

Pour tout par tager


Nouveautés

Des pétales de légumes

Carotte, betterave ou patate douce, les pétales de légumes Croustisud sont beaux à croquer ! Sans sel, sans colorant et naturellement sans gluten, ils gardent le goût et la couleur naturelle des légumes grâce à un procédé de friture à basse température. Légers et croustillants, ils sont les rois de l’apéritif, du pique-nique ou accompagnent nombre de préparations.

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Des fruits pour toute la famille Conditionné en pot de 450 g, Naturgie présente une gamme familiale à base de fruits et de jus concentrés. Ces spécialités sont à déguster au petit-déjeuner, au goûter… sur des tartines de pain, de brioche ou pour agrémenter certains desserts. 6 saveurs à découvrir : abricot, cassis, figue, fraise, orange, trois fruits rouges.

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Flakes au sarrasin

Yarrah, première marque d’aliments pour chiens et chats en Europe, certifiée bio depuis 1992. Yarrah, c’est : UÊles meilleurs ingrédients bio UÊune teneur en viande de + de 52 % UÊÊni ingrédients artificiels ou chimiques, ni sucres ajoutés UÊÊune gamme complète de délicieux produits et snacks pour chiens et chats UÊpas de test sur les animaux

Les amateurs de sarrasin ont de quoi se frotter les mains. Priméal sort un pétale craquant et savoureux au goût typique de blé noir légèrement adouci par du sucre de canne. Dès le petit-déjeuner, faites le plein de fibres… bio et françaises, la marque ayant choisi de travailler exclusivement avec des producteurs français pour cette recette.

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Poussée de croissance Pour couvrir les besoins nutritionnels de bébé, Babybio propose une gamme Croissance bio. Biscuits, lait en poudre et en brique sont spécialement conçus pour lui apporter une alimentation saine, équilibrée et respectueuse de l’environnement.

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Goûter fruité Kalibio propose de savoureux mélanges de fruits : pomme-poire, mangue-ananas, fraisebanane. Ces Fruits Doo sont relevés d’une touche de crème pour plus d’onctuosité.

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EchoBio / Septembre Octobre 2010


Lait chocolaté À chacun sa bouteille de lait au chocolat, version famille ou individuelle avec Grandeur nature qui la propose en 1 litre ou en 20 cl. Quant à la gamme 100 % végétale au riz, elle s’enrichit de trois saveurs inédites : banane, vanille et citron.

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Des bonbons-tisanes À la fois diététiques et gourmands, les bonbons de Bioforez sont de véritables tisanes à sucer. Élaborée à partir de plantes bio non cuites, finement broyées et pressées à froid, la gamme aux 25 saveurs s’appuie sur nombre de plantes aromatiques bienfaitrices : ginkgo biloba, ginseng, anis, kudzu-menthe, verveine, gelée royale, guarana-vanille… Sans sucre, ces confiseries conviennent aux diabétiques.

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Cocktail potager Vitabio réunit les stars du potager – carotte, tomate, poivron, betterave et céleri – dans un cocktail tonifiant. Et l’acérola y ajoute une bonne dose de vitamine C naturelle. Le tout conditionné dans une bouteille en verre.

C’est mieux par deux

Pour la rentrée, Pural nous fait découvrir par deux certains de ses produits, comme les biscuits Biobis argousierorange, 100 % épeautre, sucré au sirop de riz, ou encore les Crusty Picks, épicés ou sucrés, à déguster avec une sauce dip, accompagnés de vin, de fromage ou simplement nature (Crusty Classique, Crusty Tomate-Mozzarella). Les végétariens apprécieront la gamme Vegi Cheezly, au cheddar, à la mozzarella ou à l’ail et aux fines herbes.

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Pour une Bio Planète équit

able

Bio et équitable, tel est le credo de Bio Planète qui engage sa responsabilité sociale dans la région chinoise de Shandong par l’achat d’arachides issues de l’agriculture bio. Des prix équitables, fixés en collaboration avec les agriculteurs, et des garanties d’achat assurent l’existence de nombreuses familles paysannes vivant dans différents villages de cette province. L’huile d’arachide vierge est ainsi labellisée Fairtrade/Max Havelaar.

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Copier le jetable… sans polluer À l’origine des Tendances d’Emma, une maman pratique qui voulait simplifier le lavable sans tomber dans le gaspillage. Ainsi sont nés les kits Eco Belle (carrés démaquillants), Eco Chou (lingettes) Eco Net (remplace le papier absorbant). Le kit comprend une boîte pour les éléments propres, une pour les sales et un filet malin pour le lavage en machine.

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Une peau rajeunie Avec sa concentration en huile de rose musquée, l’émulsion 40 Mosqueta’s Green est un véritable réveil pour les épidermes fatigués et dévitalisés du visage, du cou et du décolleté. La formule renferme également de l’hydrolat de rose de Damas, apaisant, et de l’essence d’Aniba Rosaedora. Les hommes apprécieront son effet hydratant après le rasage.

www.eumadis.com

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A vos agendas !

Petit tour de France io b s e ir o f t e s n lo a s des L’ensemble des foires, salons et festivals bio sur www.echobio.fr

Alsace 67 – Obernai 17 au 19 sept. – BiObernai Producteurs bio, écologie. Thème : viticulture. Conf. et ateliers. Payant (4 €). Org : Alsace Bio. www.biobernai.com

67 – Waldolwisheim 3 oct. – Journée de découverte des Goûts et des Saveurs Producteurs bio. Animations et conf. Thème : lait. Gratuit. Org : Opaba. www.opaba.org

67 – Strasbourg 29 oct. au 1er nov. – Bio & Co

Produits bio, écoproduits, bien-être. Conf. Payant (4 €). Entrées gratuit téléch. sur site. Org : Bio & Co. www.salonbioeco.com

Aquitaine 24 – St-Pierre de Frugie 18 et 19 sept. Ecofestival du Périgord

Habitat écologique, permaculture. Conf. Payant (5 €). Org : Ecocentre du Périgord. www.ecocentre.org

40 – Montfort-en-Chalosse 19 sept. – Fête Bio

Produits bio, envir. Animation : Thème biodiversité. Gratuit. Org : CC. www.coeurdecombrailles.fr

43 – Beaulieu 10 oct. – Fête de la Bio Producteurs bio, habitat sain. 1 conf. Gratuit. Org : Haute Loire Bio. Tél. : 04 71 07 21 19.

63 – Clermont-Ferrand 22 au 24 oct. – Respirez La Vie

Bien-être, produits bio, écohabitat. Conf. Payant (5 €). Org : LEO. www.respirezlavie.com

Basse-Normandie 50 – Pontorson 3 oct. – Vivre et Consommer Autrement Produits bio, écoproduits. Gratuit. Org : ass Bio Rencontres. www.ville-pontorson.com

Bourgogne 21 – Dijon 15 au 17 oct. – Naturessentielle

Bien-être, produits bio, env. Conf. Payant (5 €). Org : Forcexpo. www.forcexpo.fr

Bretagne 56 – Muzillac 25 et 26 sept. – Horizon Bio

Producteurs bio, écologie. Conf. Gratuit. Org : Civam Bio 40. www.bio-aquitaine.com

Producteurs bio, écoproduits, santé. Conf. Payant (1,5 €). Org : Ass. Terre en Vie. Tél : 02 97 41 64 85.

47 – Villeneuve-sur-Lot 2 et 3 oct. – Horizon vert

29 – Plounéour-Menez 2 et 3 oct. – Fête des Simples

Producteurs bio, écologie, citoyenneté. Conf. Payant (5 €). Org : ass. Horizon Vert. www.horizonvert.org

Plantes, pépiniéristes, ass. Animations et conf. Gratuit. Org : OT et Syndicat SIMPLES. www.syndicat-simples.org

33 – Bordeaux 8 au 10 oct. – Vivexpo

22 – Pédernec 3 oct. – Foire aux courges

Dévelop. Dur., écologie. Animations et conf. Payant (6 €). Org : Communica Organisation. www.vivexpo.com

Auvergne 63 – St-Gervais d’Auvergne 26 sept. – Bio Nature en Combrailles 54

EchoBio / Septembre Octobre 2010

Producteurs bio locaux, écologie. Conf. Thème : biodiversité. Gratuit. Org : Ass La Foire aux Courges. //la-foire-aux-courges.over-blog.com

35 – Guichen 8 au 10 oct. – Ille et Bio


Producteurs bio, écologie. Conf. et anim. Thème biodiversité. Payant (4 €). Org : Culture Bio. www.illeetbio.org

A vos agendas !

Centre 41 – Romorantin-Lanthenay 18 et 19 sept. – Salon des Eco-Consomm’Acteurs Produits bio, alternatives, écologie. Conf. et démos. Thème : biodiversité. Gratuit. Org : Sologne Nature Environnement. //ecoconsommacteur.free.fr

23 – Guéret 19 sept. – Colchique Producteurs bio, ass., écologie. Conf. Gratuit. Org : Ass. Colchique. Tél : 05 55 81 07 56.

37 – Tours 25 et 26 sept. – Fougères

Produits bio, habitat sain, bien-être. Conf. Payant (4 €). Org : Hamarnils. www.salon-fougere.com

45 – Orléans 16 au 18 oct. – Terre Naturelle

Produits bio, écoproduits. Conf. Payant (4,5 €). Org : Orléans Gestion. www.salon-terre-naturelle-orleans.fr

ChampagneArdennes 52 – Chaumont 3 oct. – Foire bio Producteurs bio, écoproduits. 1 conf. Gratuit. Org : GAB 52. www.biochampagneardenne.org

Corse 20 – Calvi 27 au 31 oct. – Festiventu Habitat sain, écocitoyenneté. Anim. Gratuit. Org : Les Amis du festival du vent. www.festivalduvent.com

Franche-Comté 39 – La Pesse 3 oct. – Marché d’à Côté Producteurs bio, écologie. Gratuit. Org : Union Sportive. www.azimutfestival.com

Haute-Normandie 76 – Yvetot 22 au 24 oct. – E’Caux Bio

Produits bio, écologie. Conf. Payant (3,5 €). Org : Ass. Aneth. www.aneth76.net

Ile-de-France 78 – Carrières-sur-Seine 26 et 27 sept. – Village Bio Ethique de la Boucle de Seine 56

EchoBio / Septembre Octobre 2010

Produits bio, écoproduits. Films et conf. Gratuit. Org : Mairie. www.village-bio.fr

75 – Paris Grande Halle de la Villette 22 au 25 oct. – Vivez Nature Produits bio, habitat sain, écologie. Conf., ateliers. Espace détente. Payant (5 €), entrées gratuites téléch. sur site. Org : Naturally. www.vivez-nature.com

75 – Paris 12e 6 au 14 nov. – Marjolaine Produits bio, écologie, environnement. Conf., ateliers. Payant (8 €). Org : SPAS. www.spas-expo.com

94 – Le Kremin Bicêtre 12 au 14 nov. – Salon des vins naturels et de terroir Viticulteurs bio. Dégust. Gratuit. Org : mairie. www.ville-kremin-bicetre.fr

LanguedocRoussillon 30 – Alès 15 au 17 oct. – Bio Alès Alimentaire bio, bien-être. Conf. et animations. Payant (5 €). Org. : Goral Expo. www.goral-expo.com

Limousin 19 – Brive-la-Gaillarde 26 sept. – Foire Bio Producteurs bio, bien-être, écologie. Gratuit. Org : ass. Les Doryphores. Tél. : 05 55 91 52 28

Lorraine 88 – Thaon-les-Vosges 18 et 19 sept. – Fête de l’Homme, la nature et l’environnement Produits bio, bien-être, écologie. Conf. et animations. Payant (5 €). Org : Ass. de la Fête de l’Homme. Tél. 03 29 39 50 99.

54 – Gorcy 16 et 17 oct. – Fête de la Cussignière

Produits bio, écologie, écocitoyenneté. Conf. Payant (4 €). Org : Ass. Mieux Vivre. www.mieuxvivre54.org

Midi-Pyrénées 65 – Bagnères-de-Bigorre 25 et 26 sept. – Foire Bio Producteurs bio, bien-être, artisanat. Conf. Thème : pollinisation des abeilles. Gratuit. Org : GAB 65. www.bio65.fr

09 – St-Lizier 10 oct. – Ariège en Bio Producteurs bio, écohabitat, écologie. Conf. Gratuit. Org


Civam Bio 09. www.bioariege.fr

13 – Marseille 22 au 24 oct. – Artémisia Bio,

31 – Toulouse 17 oct. – Foire Bio

Bien-être, produits bio, médecine douce. Ateliers. Payant (7 €). Org : SPAS. www.spas-expo.org

Producteurs bio, écologie, bien-être. Conf. Gratuit. Org : Erables 31. //erables-31.forumactif.fr

Rhône-Alpes

12 – Salmiech 6 et 7 nov. – Levezou en Bio

38 – Mens 18 et 19 sept. – Foire Bio du Trièves

Produits bio, habitat sain. Conf. Gratuit. Org : Ass. Levezou en Bio. Tél. : 06 88 42 10 98.

Pays-de-la-Loire 44 – Aigrefeuille-sur-Maine 1er au 3 oct. – Nature en fête

Produits bio, écohabitat, écologie. Thème : biodiversité. Conf. et animations. Org : OT. www.trieves-tourisme.fr

26 – Monfroc 2 et 3 oct. – Foire aux produits bio

Producteurs bio, envir., bien-être. Conf. Gratuit. Org : Humus 44. www.humus44.org

Produits bio, écologie, bien-être. Conf. et animations. Gratuit. Org : ass. Les Amis de la foire Bio. //monfrocfoirebio.free.fr

86 – Angers 1er au 3 oct. – Respirez La Vie

38 – St-Antoine l’Abbaye 3 oct. – Définitivement Bio

Bien-être, produits bio, écohabitat. Conf. Payant (5 €). Org : LEO. www.respirezlavie.com

44 – Nantes 8 au 10 oct. – Zen et Bio

Produits bio, médecine douce, bien-être. Conf. Payant (5 €). Org : SPAS. www.spas-expo.com

Produits bio, habitat sain. Conf. Gratuit. Org : Active Bio Concepts. www.saintantoinelabbaye.fr

69 – St-Germain au Mont d’Or 16 et 17 oct. – La Germinoise Producteurs bio, bien-être, écologie. Conf. Gratuit. Org : Comité des Fêtes. Tél. : 04 78 91 35 36.

Picardie 02 – Château Thierry 5 au 7 nov. – Forum Expo Eau, Energie et Eco-Logis Habitat écologique. Conf. Gratuit. Org : Ass Vie et Paysages. www.vie-et-paysages.org

Poitou-Charentes 86 – Poitiers 17 au 19 sept. – Respirez La Vie Bien-être, produits bio, écohabitat. Conf. Payant (5 €). Org : LEO. www.respirezlavie.com

16 – Nanclars 25 et 26 sept. – Fête de l’Ecologie en Charentes Produits bio, écohabitat, écocitoyenneté. Conf et animations. Payant (4 €). Org : Ass. L’Echo-Logik. www.lechologik.fr

79 – Menigoute 27 oct. au 1er nov. – Festival Int. du Film Ornithologique Marché bio, nature, env. films, conf. Forum gratuit. Org : Ass. Mainate. www.menigoute-festival.org

Provence-AlpesCôte-d’Azur EchoBio / Septembre Octobre 2010

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Le pouvoir des épices

o Biblio

En Inde, depuis des millénaires, les épices jouent un rôle fondamental dans la diététique et la médecine, tant sur le plan préventif que curatif. Médecin généraliste, Guy Avril mène l’enquête sur les bienfaits de 22 épices principales, en proposant 140 recettes pour les utiliser à bon escient. 22 épices pour préserver sa santé, Guy Avril, Terre Vivante, 192 p., sept 2010, 17 €

Les plantes pro-libido Si certaines plantes sont célèbres pour leurs vertus aphrodisiaques comme le gingembre ou le ginseng, d’autres sont plus surprenantes : capucine, grande gentiane, romarin ou safran agissent comme de véritables remontants ! Dans ce manuel plein d’humour, l’auteur présente les plantes efficaces pour réguler et stimuler libido, plaisir et sexualité. Les plantes du plaisir, Petit guide des remèdes naturels aux troubles de l’amour, Dr Jacques Labescat,

Editions Ulmer, juin 2010, 9,90 €

Potimarron, légume-santé Emblème des potagers bio, le potimarron ne cesse de nous étonner. Bourré de vitamines, de fibres et d’oligo-éléments, il est riche en carotène. Facile à cuisiner, il ne faut pas s’en lasser. Donc, variez les plaisirs grâce au nouveau livre de Cléa. Variations Potimarron, Cléa, La Plage, 72 p., août 2010, 9,90 €

Changement climatique : action Entre catastrophisme et climato-scepticisme se trouve l’approche responsable. Ce plaidoyer pour l’action face aux risques provoqués par le changement climatique prouve qu’il est urgent de se mobiliser efficacement. Et pour quelques degrés de plus, changement climatique, incertitudes et choix économiques, Christian de Perthuis, Pearson,

o

290 p., sept 2010, 24 €

Au cinéma dès le 10 novembre Servern, la voie de nos enfants En 1992, au Sommet de la Terre à Rio de Janeiro, Severn Suzuki, 12 ans, interpelle les dirigeants du monde entier sur le désastre humanitaire et écologique de la planète. Un moment émouvant. Depuis, que s’est-il passé ? Réalisateur de Nos enfants nous accuseront, Jean-Paul Jaud a retrouvé Servern, qui s’apprête à donner la vie. A travers elle, il tire un triste bilan du peu d’avancées, mais présente aussi des initiatives positives, porteuses d’espoir. Un documentaire à ne pas manquer. Parmi les présentations en avant-première et en présence du réalisateur : salon Ethic et Nature de Barjac (Gard) le 18 septembre et Entretiens de Millançay, le 1er octobre.

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Rédaction : Rédactrice en chef : Christine Rivry-Fournier, e-mail : redac.echobio@fitamant.fr Rédacteurs : M. Cosserat, P. Guibert, Christine Raout, F. Ripoche, V. Vidal. Secrétaire de rédaction : Gaëlle Poyade Charte graphique : Agence Dausset

Crédit photos : Couv : Masterfile ; p4h : Gab Ile-de-France ; p4mb, p6h, p10m, p14-15, p20-21, p24h, p25, p28h, p32 : F. Ripoche ; p6m : C. Rivry-Fournier ; p6b, p8h, p36b, p38, p4445 : G. Poyade ; p8m : Home ; p10h : Graines d’explorateurs ; p17-18 : Ferme du Paradou ; p3m, p12hb, p24b, p26, p36h, p40-41, p46h : Fotolia ; p12m : DR ; p28b : Musée de l’eau ; p34h : Fournil de l’Eau Vive ; p34b : RFF-Philippe Giraud/Terres du Sud ; p42 : M. Cathaud ; p46b : Kikkoman ; p48h : Daemwool ; p48bg, p50h : Viessmann ; p48bd : Fondis ; p48md, p49, p50b : P. Guibert ; p51 : C. Raout.

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Septembre-octobre 2010 Toute reproduction interdite sans l’autorisation expresse de l’éditeur et de l’auteur.

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