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La sobriété heureuse de Pierre Rabhi

Le coaching bio

Régimes à la mode, pour ou contre ? Phyto-épuration maison

Dossier N°29 Mai/Juin 2011

Poissons et crustacés La bio sort de l’eau


A B O N N E Z - VO U S ! Sur INTERNET : echobio.fr/boutique

Actualités Régions ............................................ 4 France ...............................................6 Environnement ............................ 10

Edito En pleine pollinisation… Période clé du cycle de la nature, la pollinisation fait partie des rouages de la planète. Et en ce printemps fleuri, l’activité bat son plein, mobilisant toutes sortes d’insectes qui, lors de ballets incessants, ont l’immense responsabilité, tout en butinant, de transporter le pollen de fleurs en fleurs. Grâce à eux, la fécondation est rendue possible, donnant fruits et graines, base de notre alimentation.

Les abeilles ont le bourdon Plus de 70 % des cultures (presque tous les fruitiers, légumes, oléagineux, protéagineux, épices, café, cacao…) dépendent de la pollinisation, soit plus de 35 % de notre nourriture. Or, les insectes pollinisateurs se font de plus en plus rares pour effectuer cette tâche vitale à la survie des espèces… Ils ont moins la pêche, et disparaissent peu à peu, victimes de la pollution de l’environnement et de l’usage intensif des pesticides. Les papillons et les abeilles sont les plus touchés, et déjà on note des baisses de rendement des cultures, et des impacts en cascade sur les espèces sauvages. La biodiversité est compromise, le danger est réel, et l’alerte est donnée… Victimes du syndrome d’effondrement des colonies, les abeilles sont en première ligne, et subissent de très fortes pertes. Impuissants face au désastre, les apiculteurs ne peuvent que constater cette hécatombe, sur laquelle se penchent les chercheurs sans donner de réelles solutions. Les analyses du pollen des abeilles retrouvées mortes détectent le plus souvent des traces d’insecticides, prouvant des intoxications aiguës. Certaines matières actives phytosanitaires sont parfois interdites depuis des années ! Pourtant, les autorités mettent en avant des causes multifactorielles, des parasites aux changements climatiques… L’Union européenne vient même de désigner le laboratoire Anses de Sophia-Antipolis comme celui de référence pour s’attaquer sérieusement à ce problème crucial. Certes, tout est lié, mais la part des pesticides est certainement sous-évaluée… Et il n’y a pas que les agriculteurs à incriminer. Les jardiniers ont leur part de responsabilité. L’usage des pesticides, un petit coup de désherbant sur les allées, un pschitt d’anti-puceron sur les rosiers, un zeste d’anti-limace autour des salades… Pas étonnant qu’à force, les abeilles attrapent le bourdon.

Christine Rivry-Fournier Les Éditions Fitamant publient Echobio et Biofil, la revue professionnelle des agriculteurs bio. Contact : Éditions Fitamant, 2 rue Félix Le Dantec, 29000 QUIMPER, tél. 02 98 27 37 66, fax 02 98 27 37 65, com@fitamant.fr

Portrait...........................................11 Heureux sans modération : Pierre Rabhi, une parole et des actes

Reportage ................................... 14 Bio et AOC : l’oignon de Roscoff cumule les succès

Initiative....................................... 16 Plus bio grâce au coaching

DOSSIER ................................ 18 à 29 Aquaculture • Des crevettes bio en Charente • Cultiver des algues bio • Pour une pêche durable et éthique

Art de vivre ................................30 Les pièges des régimes minceur

Beauté ........................................... 33 Huiles, beurres, macérats : Nourrir sa peau en douceur Le miel de Manuka, le sel et ses alternatives

Cuisine ..........................................38 Le citron, un zeste vitaminé

Habitat ..........................................40 L’assainissement individuel : les atouts de la phytoépuration

Jardin .............................................44 Les fleurs à déguster

Nouveautés Produits....................46 À vos agendas ! ...............................47 Le coin des livres ............................50

Supplément Guide Maman-bébé


ACTUALITÉS RÉGIONS Les Paniers marseillais, un réseau dynamique Dans la région marseillaise, un réseau d’Amap pas tout à fait comme les autres, Les Paniers marseillais, s’active à développer une offre diversifiée de paniers de quartier. “Nous faisons clairement un choix en faveur de la bio, explique Monique Diano, la présidente de l’association. Tous nos producteurs doivent être certifiés. Ce n’est pas forcément le cas dans toutes les Amap. Mais ce que nous voulons surtout, c’est amener les gens à la bio. C’est pourquoi nous proposons un accompagnement aux maraîchers qui veulent se lancer.” Plusieurs conventionnels ont déjà frappé à la porte des Paniers marseillais, depuis la création du réseau en novembre 2007. Avec succès : ils approvisionnent aujourd’hui l’une des 24 Amap du réseau (1 600 familles, soit 5 000 personnes concernées). En plus des légumes, d’autres produits sont proposés : fromage, pain, viande, fruits… Là aussi, tous les producteurs doivent être en bio. Et la philosophie Amap anime ces partenariats, avec un engagement à la saison et un paiement avant livraison. “Il faut soutenir ces petites exploitations familiales et offrir à ces agriculteurs un revenu correct”, souligne Monique Diano. Le réseau des Paniers marseillais va recruter son premier salarié d’ici un mois : une preuve de plus de son dynamisme. http://lespaniersmarseillais.org/

La bio pousse en Aquitaine Les Amap se portent bien en Aquitaine : depuis la création de la première en 2004, leur nombre est passé à 132, fin 2010. Elles fournissent aujourd’hui 6 850 familles en légumes et aussi en fruits, et autres produits, et sont approvisionnées par 318 producteurs. Une grande majorité d’entre elles sont situées autour de Bordeaux et dans les Pyrénées-Atlantiques. Le Lot-et-Garonne et la Dordogne, moins fournis en Amap, sont quant à eux les champions régionaux pour les surfaces agricoles certifiées bio. La vague de conversion observée en 2010 profite aussi à la Gironde et à ses exploitations viticoles. Côté cantines, l’approvisionnement en produits bio se structure rapidement dans la région : 25 lycées pilotes sont accompagnés, avec pour objectif l’introduction, au cours de l’année scolaire 2010-2011, de 10 % de produits de qualité et de proximité dont au moins la moitié en bio. Objectifs similaires pour les collèges et restaurants administratifs. Sans oublier le projet de création d’une marque régionale porté par la Région Aquitaine, qui profitera aux produits bio régionaux. De quoi les repérer plus facilement.

Le Limousin bichonne ses élèves Tous les quinze jours, les élèves des 22 collèges de Corrèze mangent désormais un produit bio dans leur repas de midi. En février, dans le département, 8 200 repas complets et 29 500 repas partiels ont été servis grâce au partenariat noué avec Manger Bio Limousin, la plateforme de distribution régionale de produits bio et locaux pour la restauration collective. “Introduire de manière régulière un produit bio dans le repas contribue à vulgariser la démarche, explique Marie Cadet, chargée de développement de la structure. La bio commence à faire partie des habitudes alimentaires des jeunes. Et puis les surcoûts liés aux produits bio sont ainsi lissés sur la durée.” Les commandes régulières facilitent également le travail des agriculteurs qui peuvent planifier leur production, et donc mieux s’organiser. D’ailleurs, 87 % du chiffre d’affaires de Manger Bio Limousin est réalisé avec des produits locaux. Ce chiffre d’affaires a bondi de 80 % sur l’année scolaire 2009/2010. À noter que la plateforme limousine est adhérente à Manger bio ici et maintenant, une structure nationale qui anime, forme et fédère onze structures françaises. http://manger-bio-limousin.com/

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ACTUALITÉS FRANCE Elfe va suivre 20 000 enfants pendant 20 ans Lancée début avril, l’étude Elfe va se consacrer au devenir de 20 000 enfants sur 20 ans. Pour la première fois, des chercheurs de tous horizons vont enfin suivre l’histoire de ce très large échantillon de bébés, nés en 2011, du début de vie jusqu’à leur 20e année. Les recrutements, tout le long de 2011, se font dans 344 maternités françaises. Il s’agit d’évaluer les effets de l’environnement sur les enfants, et de leur exposition aux produits chimiques, notamment en cocktails, aux rayons ionisants et ultraviolets, à la pollution de l’air intérieur et extérieur, au bruit, aux radiofréquences avec l’utilisation du téléphone portable. Contexte familial, économique, social et culturel : tous les aspects de la vie de l’enfant seront explorés pour mesurer leur influence sur son développement physique et psychologique, sa santé et sa socialisation. Cette étude ambitieuse et passionnante est pilotée par l’Institut national d’études démographiques (Ined), l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), en partenariat avec l’Établissement français du sang (EFS). www.elfe-france.fr

Précarité et logements énergivores Les dépenses d’énergie pour le logement ne cessent de grimper. 13 % des Français consacrent plus de 10 % de leurs ressources à payer cette facture d’énergie redoutée, et les conséquences sociales et sanitaires sont lourdes. Les plus de 60 ans, propriétaires d’une maison ancienne d’avant 1975, située en zone rurale sont les premiers concernés. Sans moyens suffisants pour améliorer leur isolation thermique et changer de chauffage, ils subissent le froid pour limiter les charges. Les conditions de vie s’en trouvent vite dégradées. Afin d’agir plus efficacement, un observatoire national de la précarité énergétique vient d’être mis en place début avril, dans le sillage de la loi Grenelle 2 du 12 juillet 2010. L’objectif est de cerner les conditions de cette précarité et d’assurer le suivi des soutiens publics et privés. Déjà, plusieurs dispositifs sont en cours : tarifs sociaux pour l’électricité et le gaz, certificats d’économie d’énergie incitatifs, éco-prêt logement social, forfait de charges lié aux allocations logements, Fonds de solidarité logement, éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ), crédit d’impôt développement durable, microcrédit personnel, programme national “habiter mieux”… Encore faut-il que les bénéficiaires en soient informés. www.developpement-durable.gouv.fr

Le développement durable et les jeunes E-graine, association engagée dans l’éducation écologique, vient de lancer une nouvelle édition enrichie et actualisée du Développement durable et moi : l’eau, l’air, le sol. Destiné aux écoles, du primaire jusqu’à la 5e, cet outil pédagogique et ludique est constitué de documentaires éducatifs, de fiches d’exercices et d’animation, de quiz, de jeux vidéo… Au travers de dessins animés racontant les aventures de la famille Kiagi, d’ateliers, de festivals, E-graine ne manque pas d’idées pour passionner les enfants et les intéresser à la protection de notre planète. Car les enfants sont les adultes de demain. Leur apprendre, en s’amusant, les grands principes du développement durable est essentiel. e-graine.org ; kiagi.org

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ACTUALITÉS FRANCE L’Agenda 21 motive les petites communes Les Agenda 21 se multiplient : la France compte désormais 826 initiatives, émanant de régions, départements, communautés de communes, communes, établissements scolaires… Élaborés à partir d’un diagnostic partagé, une stratégie et un plan d’action pluriannuel se mettent en place. L’objectif est d’ancrer le développement durable dans le territoire. De multiples actions concrètes sont lancées : déplacements doux, zones piétonnes, créations de jardins familiaux, soutien à une agriculture plus économe en ressources et respectueuse de la biodiversité, construction de maisons passives, conception d’espaces culturels et sportifs à haute qualité environnementale, formation de tous les enseignants du primaire au développement durable… Même les petites communes s’y mettent comme celle de Chancelade, bourgade de 4 100 habitants en Dordogne, avec l’implantation de jardins familiaux écologiques. “La parcelle est louée pour une valeur de 30 euros annuel, et chaque jardinier doit passer une convention avec la mairie pour suivre des règles bio de respect de l’environnement local”, explique la municipalité. Treillières en Loire-Atlantique, avec ses 7500 habitants, a organisé un forum “Graines d’idées” rassemblant 300 écoliers des classes de cours moyens de trois écoles primaires, et animé par des associations de développement durable et le Groupement des agriculteurs biologiques. Commerce équitable, isolation de l’habitat, fabrication du compost sont déjà au menu. www.agenda21france.org

Pétition sur les plantes médicinales : démêler le vrai du faux

Relayée largement par le Net, la pétition titrée “Guérison défendue, les remèdes naturels que l’Union Européenne et les multinationales pharmaceutiques veulent nous interdire” est exagérément alarmiste. Cet appel se rapporte à une directive européenne sur les remèdes traditionnels à base de plantes adoptée en 2004, et qui entre en vigueur, après une période de transition, le 30 avril 2011. Mais quel est son contenu et faut-il s’en inquiéter, comme le suggère le texte de la pétition ? Oui et non. Premier élément, la directive réglemente la vente de remèdes à base de plantes médicinales. À ce titre, elle ne concerne ni les tisanes, ni les sachets d’herbes commercialisés en dehors des pharmacies, ni la culture de ces plantes (dont 15 % sont produites en bio dans l’Hexagone). Ensuite, elle soumet ces remèdes à des procédures d’autorisation simplifiées… comme “c’était déjà le cas en France”, souligne Thierry Thévenin, secrétaire général du syndicat des Simples. Du coup, le modèle français s’impose maintenant en Europe. “Or, ce n’est pas forcément une bonne nouvelle, continue Thierry Thévenin. Ces procédures réglementaires risquent d’appauvrir l’offre européenne de plantes médicinales, car leur coût est trop lourd à porter par les petits producteurs.” www.syndicat-simples.org

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Préparer les déchetteries de l’avenir Malgré les efforts, le volume de déchets générés par les Français a presque doublé en 8 ans, passant de 6,8 millions de tonnes expédiées en déchetteries en 2001 à 11,8 millions de tonnes en 2009. Quant aux déchetteries, si le nombre a été multiplié par dix depuis 1992, elles sont, pour plus de la moitié d’entre elles, vétustes et inadaptées. “Elles doivent être impérativement rénovées et optimisées pour assurer la sécurité des biens et des personnes, améliorer la valorisation des déchets tout en maîtrisant les coûts”, indique l’Ademe. www2.ademe.fr


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ACTUALITÉS ENVIRONNEMENT Les énergies marines sur la vague En 2020, les énergies de la mer pourraient représenter 3,5 % de la consommation électrique française, avec les deux-tiers produits par l’éolien offshore. Selon l’Ademe qui lance des expérimentations en mer pour valider les systèmes et en évaluer leur impact sur l’environnement, ces technologies innovantes sont prometteuses. D’autant plus qu’avec plus de 10 millions de km2 de territoire maritime, la France possède l’un des plus grands gisements mondiaux d’énergies marines, sous toutes ses formes : énergie des courants marins (hydroliennes), des marées (marémotrice), des vagues (houlomotrice), des éoliennes en mer, thermique, biomasse marine, des gradients de salinité (osmotique). Développer ces énergies fait partie des priorités du Grenelle de la mer de 2009. L’enjeu est la création d’une filière industrielle valorisant ce capital maritime en énergie renouvelable dont la France a tant besoin. Le programme vise à installer 1 200 éoliennes.

Contre-offensive des pro-OGM Sorti mi-avril, un rapport de la Commission européenne pointe du doigt le manque d’études fiables sur les OGM, en Europe mais aussi dans le monde, en terme d’impact socio-économique. Or, plus que jamais, les pro-OGM continuent leur offensive, en “verdissant” leur communication, par le biais de données socio-environnementales présentées comme positives dans les domaines de la biodiversité, des économies en eau, de la hausse des rendements… Mais peu de chose sur l’usage des pesticides, notamment des herbicides, sur lesquels se base l’intérêt supposé de certaines plantes génétiquement modifiées (PGM), notamment le soja, espèce la plus cultivée (rappelons que ces variétés sont tolérantes aux herbicides). Ce, alors qu’une nouvelle étude, canadienne cette fois, vient de montrer un fort taux d’herbicide (glyphosate) et d’insecticide (lié aux protéines Bt), détecté dans le sang de femmes, dans un pays où les OGM sont légion.

Bientôt de la noisette bio française ? Les noisettes bio commercialisées en France proviennent toutes de Turquie, d’Italie et de Sicile. Dans l’Hexagone, très rares sont les producteurs de noisettes qui ont osé le passage en bio. Et pour cause : les vergers sont ravagés par le dénommé “balanin”. À ce jour, il n’existe pas de produit homologué en bio pour lutter contre ce coléoptère destructeur qui peut anéantir jusqu’à 80 % d’une récolte ! Pourtant, des solutions alternatives sont à l’étude et font naître l’espoir de voir se développer une production française de noisettes bio : une coopérative du Sud-Ouest se lance dans la réalisation d’un itinéraire technique pour les bio. L’enjeu : réussir à éviter les dégâts dus au balanin. Car une fois ce ravageur écarté, la culture du noisetier ne présente pas beaucoup de difficultés en bio. D’ici quelques années peut-être, des noisettes produites en France seront présentes sur les étals des magasins spécialisés ou à la base des savoureuses pâtes à tartiner… Affaire à suivre !

Le Parlement européen en débat Dans l’Union Européenne, le débat est plus que jamais d’actualité, mis à l’ordre du jour au Parlement. Il s’agit de faire évoluer la législation, en vue d’attribuer davantage de pouvoir décisionnaire aux États membres. Depuis 1998, l’Union européenne n’a autorisé que deux Plantes génétiquement modifiées (PGM) en culture : le maïs MON810 en 1998 et la pomme de terre Amflora en mars 2010. Et la Commission peine à rassembler l’appui politique nécessaire à l’autorisation de culture de nouvelles PGM. Les moratoires se multiplient : France, Allemagne, Luxembourg, Autriche, Hongrie et Grèce interdisent la culture du MON810. Pour la pomme de terre, le Luxembourg et la Hongrie se sont positionnés contre. Si, sur la planète, la hausse des surfaces semées en PGM, surtout soja et maïs, mais aussi coton et colza, se poursuit, avec un bond de 10 % en 2010 pour atteindre 148 millions d’hectares (contre 37 millions d’hectares en bio), elle stagne en Europe, alors le lobbying est à son comble. En France, les arrêtés municipaux interdisant la culture OGM – signe fort de l’opposition citoyenne à ces cultures – sont systématiquement annulés, comme celui de Valence tout récemment, pour “absence de péril imminent”. La question est bien de savoir si les autorisations vont être facilitées, si les clauses de sauvegarde seront maintenues… Le bras de fer autour des OGM continue. www.infogm.org ; http://ec.europa.eu/food/food/biotechnology/index_en.htm

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PORTRAIT

Heureux sans modération

Pierre Rabhi, une parole et des actes Fermier, écrivain et militant, Pierre Rabhi est l’un des pionniers de l’agriculture biologique. Inventeur d’un nouveau mode de vie basé sur la modération, il promeut une “sobriété heureuse”, la seule manière de faire cohabiter près de 7 milliards d’humains… et une vraie source de bonheur.

La “sobriété heureuse”, n’est-ce pas un concept de plus ? Notre modèle actuel de société, né dans les années 1960, s’est établi sur le pillage de la planète, au niveau des matières premières comme de la main-d’œuvre bon marché. Mais la Terre est un espace limité avec des ressources qui le sont également. Si nous venons à manquer de pétrole, toute la société s’effondre, ce qui prouve la vanité de ce modèle extrêmement fragile. Il est temps de construire une magnifique civilisation de la modération qui, elle seule, pourra nous satisfaire.

N’est-ce pas un peu idéaliste ? Cette posture, ma famille et moi-même l’avons adoptée dans notre quotidien ; elle a été un choix de vie dès l’âge de 23 ans quand j’ai décidé, avec mon épouse Michèle, d’acquérir 4 hectares de terre rocailleuse dans les Cévennes et d’entamer une activité agricole, sans eau ni électricité les 1ers temps. Je ne théorise pas ! Nous avons commencé avec un troupeau de chèvres dont nous commercialisions les fromages sur le marché avant de nous diversifier tout en optant, d’emblée, pour l’autolimitation. Cette vie a permis de faire de la littérature, de la musique. Si j’avais été occupé à plein-temps, je n’aurais pas pu voyager dans le monde et diffuser ces méthodes agricoles écologiques.

Le quotidien de votre famille n’a pas été exempt de dissensions et divergences… Pour moi, la vie est un chemin initiatique, avec des passages difficiles dans le couple, dans la relation aux autres. De ces obstacles, je tire des leçons qui me poussent à changer, à me construire. On ne peut pas s’accomplir sur un chemin uniquement moquetté. Or, dans notre société, on nous

conforme à notre culture et on n’en bouge plus jusqu’à la fin. Aussi beaucoup de gens se contentent-ils d’un cadre limité et restreint.

Et les enfants, comment leur parler de modération sans tomber dans la frustration ? La frustration…, tout dépend de ce qu’elle produit. Si elle éveille à d’autres compréhensions à travers l’épreuve, c’est positif. Certes, en tant que parent, on fait toujours des erreurs. En ce qui nous concerne, la plus grande de nos préoccupations était de savoir si nos 5 enfants n’allaient pas, plus tard, nous reprocher notre choix. C’est tout le contraire, ils sont tous très sensibles à la beauté de la nature. Ils sont aussi plein d’innovations. L’un de mes fils, guitariste classique, a inventé un moteur de voiture très économe en énergie et peu polluant. Il négocie maintenant avec différentes firmes automobiles pour envisager la commercialisation de ce prototype. Ma fille Sophie a fondé sur la ferme familiale une école qui propose une pédagogie Montessori de la maternelle au collège. Apprenons aux enfants la solidarité plutôt que la compétitivité. Il faut avant tout les éveiller à eux-mêmes pour qu’ils fassent, ensuite, leurs propres choix.

À quoi avez-vous renoncé pour vivre suivant vos idées ? Ce mode de vie n’invite pas à renoncer à l’essentiel, comme être nourri, vêtu, soigné. Trois milliards d’êtres humains sont en insuffisance alimentaire, cela veut dire que l’humanité n’a pas réussi à satisfaire l’essentiel des besoins pour un grand nombre tandis que, chez une minorité, le superflu n’a aucune limite. Cette répartition des ressources est totalement immorale, le superflu est distribué au détriment de l’indispensable. Sans parler des déchets que génèrent les pays riches.

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PORTRAIT Peut-on demander aux habitants des pays en voie de développement de renoncer au mode de vie occidental très envié ? Il faut démystifier la pseudo-réussite du monde occidental ; certes, le progrès technologique est indéniable, mais il est dévoyé. Le mirage est tellement important… comment leur dire qu’au cœur même de la prospérité, il y a des misères atroces, qu’on prend de plus en plus de drogues, de tranquillisants, d’euphorisants… En France, les gens voient que c’est décevant. L’Occident, en dehors des langues, c’est l’uniformisation. Où est le folklore ? Quel temps est aujourd’hui donné à la beauté, à la culture, à la contemplation ? À toutes ces populations qui regardent vers l’Occident avec envie, j’explique que ce modèle a commencé à détruire notre société, notre lien à la terre. Les voyageurs du XVIe siècle qui parcouraient l’Europe décrivent une multitude d’ethnies, de langues, de coutumes, d’habits. Chaque communauté humaine organisait sa vie en fonction de la nature dans laquelle elle s’inscrivait. L’Europe a commencé par éliminer sa propre diversité avant de supprimer celle d’autres pays, lors du processus de colonisation.

Quels sont les freins à la diffusion de vos idées ? J’avoue que ce discours a de plus en plus de succès parce que le contexte actuel met bien en évidence que l’être humain est contingent. Si vous perdez votre travail, vous n’êtes plus rien car on a subordonné la vie à l’argent. Il n’est pas normal qu’un être humain ne dépende que de son salaire. Je ne demande pas qu’on saute d’une logique à une autre à pieds joints. Commençons par limiter notre appétit permanent car le “toujours plus” donne le pouvoir à ceux qui nous assoiffent…

pression d’être dans une voie constructive. Nous préparons aussi la campagne présidentielle de 2012, mais sous une autre forme qu’en 2002 – à l’époque, en l’espace de 3 mois, nous avions recueilli 200 signatures d’élus ! Aujourd’hui, il y a encore plus de gens qui partagent nos valeurs mais je n’ai pas l’intention de créer un parti politique. Nous voulons que l’avenir se prépare non pas par le pouvoir politique mais par la société civile qui innove dans tous les domaines et propose des alternatives qu’on ne peut plus qualifier de marginales. Il faut considérer la modération comme un art de vivre majeur. Pour cela, il est nécessaire de travailler sur l’être humain car aucun changement de société ne s’opérera si l’homme ne change pas : on peut manger bio, recycler son eau, se chauffer avec le soleil et exploiter son voisin. Enfin, on oublie complètement que vous comme moi, nous sommes la nature ! Il est urgent de retrouver le caractère sacré, divin de la vie. Propos recueillis par Gaëlle Poyade www.fondationpierrerabhi.org

Pierre Rabhi : mini-BIOgraphie 1938 : naissance en Algérie au sein d’une famille musulmane traditionnelle. 1943 : suite au décès de sa mère, l’enfant est confié à un couple d’Européens, à Oran, qui lui transmet une culture française. 1954 : peu après le début de la guerre en Algérie, il gagne Paris où il travaille ensuite comme ouvrier spécialisé. 1960 : accompagné de sa future épouse Michèle, il s’établit en Ardèche où il fonde une ferme au sein de laquelle grandiront cinq enfants.

Est-ce possible d’adopter ce mode de vie en ville ?

1972 : après avoir découvert l’agriculture agriculture biologique et écologique, il applique avec succès ces méthodes en élevage comme aux champs.

Les êtres humains ne sont pas faits pour vivre dans du horssol où le seul reste de nature existe par du géranium ou du poisson rouge ! Si on continue ainsi, il y a aura des pénuries alimentaires graves. Chaque communauté doit pouvoir assurer sa survie biologique là où elle est ! Créons un mouvement qui va équilibrer ville et campagne car la ville ne peut pas être une solution définitive ; sans la nature, on ne peut pas vivre. Le mouvement des Oasis en tous lieux que j’ai créé répond à cela. On peut imaginer des oasis urbaines avec moins d’argent et plus d’échange, de troc… Je rêve qu’un immeuble soit une communauté, que les voisins de palier se rendent des services, qu’ils s’organisent des petits événements conviviaux.

1981 : il commence à transmettre son expérience agroécologique en France, en Europe et en Afrique.

À quelles actions vous préparez-vous ? La Fondation Pierre-Rabhi pour la sécurité, la salubrité et l’autonomie alimentaire des populations a été récemment créée. Je rentre tout juste du Maroc où nous avons engagé un programme destiné à initier des populations paysannes à des pratiques agro-écologiques pour, non seulement se nourrir en qualité, mais aussi respecter voire régénérer le milieu vivant. Ce type d’action me tient debout car j’ai l’im-

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1988 : Pierre Rabhi est reconnu comme expert international pour la sécurité alimentaire et la lutte contre la désertification. 1999-2000 : création de l’association Terre & Humanisme pour la transmission de l’éthique et de la pratique agroécologique. 2002 : participation à la campagne présidentielle française. 2004 : naissance du centre agroécologique des Amanins, à la Roche-sur-Grâne (Drôme). 2006 : lancement du Mouvement Colibris dont la mission est d’aider chacun à construire, à son échelle, de nouveaux modèles de société fondés sur l’autonomie, l’écologie et l’humanisme.


Nuage de mots clés

Et dire que tout le monde me croit au régime !

Leader politique, chef spirituel, gourou ? Rien de tout cela. Si les convictions de Pierre Rabhi sont inébranlables, il les expose en toute humilité, plus soucieux d’éveiller les consciences que de convaincre la population. Aussi, pour illustrer ce souhait d’autonomie, voici quelques pensées amenant la réflexion (1) :

Sobriété, modération, autolimitation… La sobriété “peut être considérée comme une posture délibérée pour protester contre la société de consommation ; c’est, dans ce cas, une forme de résistance déclarée à la consommation outrancière. Elle peut être justifiée par le besoin de contribuer à l’équité, dans un monde où surabondance et misère cohabitent.”

Une économie… pas très économe “Ce que nous appelons “économie” est précisément la négation de l’économie. Jamais l’humanité n’a été aussi dissipatrice que sous ce prétexte des ressources et des biens nécessaires à sa survie.” “J’évite la GMS car elle est totalitaire dans son mode de fonctionnement. On me dit que faire ses courses ailleurs coûte plus cher ? Tant pis, je m’impose la Taxe à la Sociabilité Ajoutée (TSA)”. (2)

Galette au Son d’avoine :

“Les dépenses de bijoux, vêtements, soins, produits dits de beauté, etc. ne sont pas négligeables dans le bilan global de la consommation des nations prospères. […] Notre intention n’est ni de culpabiliser les femmes, ni de remettre en question les pratiques et comportements millénaires mis au service de la beauté et du charme féminins, qui embellissent la vie et nos vies. Mais […] comment se fait-il que cela soit aussi dispendieux ?” “L’on voit au sein de la pauvreté, dans une multitude de pays, une élégance féminine et masculine de tous les âges, mais à très faible coût. Ainsi, élégance charme et beauté ne sont pas incompatibles avec la sobriété et ne sont pas subordonnés au niveau des dépenses que l’on peut y consacrer.”

RCS Toulouse 323 753 558 00036 - Photos : Denis Faravel, Corbis

Le hic des cosmétiques

Avec 25% de son d’avoine et seulement 2% de matière grasse, de savoureuses galettes pour se régaler en prenant soin de sa ligne, à l’apéritif, en entrée ou pour changer du pain.

La part du colibri (3) “Il ne faut surtout pas minimiser l’importance et la puissance des petites résolutions qui, loin d’être anodines, contribuent à construire le monde auquel nous sommes de plus en plus nombreux à aspirer.” (1) Elles sont extraites de Vers la sobriété heureuse, Pierre Rabhi, Actes Sud, 2010. (2) Conférence donnée à Quimper le 16 mars 2011. (3) En référence à la légende du colibri qui a donné son nom au Mouvement citoyen impulsé par Pierre Rabhi. http://www.colibris-lemouvement.org

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REPORTAGE

Bio et AOC

L’oignon de Roscoff cumule les succès Le pays du Léon, situé en Bretagne, ravitaille la France entière en choux, artichauts, alliums… Dans cette zone légumière léchée par la Manche, Luc Calvez fait fructifier son Potager bio du Kernic grâce, notamment, à la star du pays : l’oignon rosé de Roscoff. Le Potager du Kernic, situé à Plounévez-Lochrist, dans le Finistère, s’étend sur 17 hectares ; là, Luc Calvez y cultive oignons, échalotes, choux-fleurs et environ 6 hectares de céréales, période de repos accordé à la terre. En plus de ces cultures traditionnelles, ses serres de 9 000 m2 abritent tous les légumes d’été, courgettes, salades, pommes de terre primeur, tomates anciennes, poivrons, aubergines, concombres… Mais ce qui fait la particularité du Potager du Kernic, ce sont ses oignons qui affichent fièrement deux blasons : la bio et l’AOC. Plounévez-Lochrist est l’une des 24 communes sur lesquelles s’exerce l’Appellation d’Origine Contrôlée Oignon de Roscoff. “Dès 1909, on en a cultivé ici”, affirme Jean Calvez qui, à 73 ans, est la mémoire vivante de la ferme transmise à son fils. Ce dernier, né dans une lignée d’agriculteurs, perpétue la tradition de cet oignon “fait main” car, en plus de la culture sur 2 hectares, il réalise lui-même la semence d’oignon. “Je travaille avec la variété qu’a créée mon grandpère, explique-t-il. C’est donc le “même” oignon qui est produit depuis près d’un siècle au Potager du Kernic.” Toutefois, chan-

gement d’époque, changement d’objectif. “Mon grand-père cherchait, dans le travail de sélection, le rendement tandis que moi, j’essaie d’obtenir un oignon “grappable”, c’est-à-dire qui se tresse bien, c’est pourquoi je ne le laisse pas grossir autant”, nuance le quadra. Ainsi présentés, ses oignons à la tunique antocianée se conservent jusqu’à 10 mois. “Mais ne les stockez jamais dans votre frigo, l’humidité leur serait fatale”, rappelle le producteur.

La semence d’oignon La semence s’obtient en replantant de gros oignons parmi les plus beaux, sous une serre, début avril. Ils vont ensuite monter comme un poireau avec un capitule, un “pompon” porteur de fleurs. En juillet, les abeilles entrent en jeu, pollinisant les fleurs qui donnent naissance à la graine d’oignon. Le producteur récupère ces graines en août et les stocke au congélateur (il peut les garder jusqu’à 5 ans !). Luc Calvez

L’épopée des Johnnies En 1828, un cultivateur roscovite, Henri Ollivier, affrète une gabarre, la charge d’oignons et, avec trois compagnons, se dirige vers l’Angleterre. Il trouve là le moyen de rentabiliser la saison morte agricole que représente l’automne quand tous les légumes d’été ont été livrés. C’est le début de l’aventure des “Johnnies”, ces “Petits Jean” qui partiront désormais chaque année en août, de l’autre côté de la Manche, pour vendre, à pied ou à vélo, leurs oignons tressés en faisant du porte-à-porte. Organisés en “compagnies”, associa-

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Fleuron de l’exploitation, les oignons rosés de Roscoff sont vendus tressés.

tions saisonnières comprenant de quinze à trente membres, les Johnnies voient cependant leur nombre décliner après la Seconde Guerre mondiale pour finalement se réduire à quelques individus de nos jours. Mais le savoir-faire cultural, lui, ne s’est pas perdu, récompensé par une Appellation d’Origine Contrôlée tandis que la Maison des Johnnies et la fête de l’oignon (les 19 et 20 août prochains) perpétuent à Roscoff la mémoire de ces paysans bretons ayant pris en main leur destin économique.


effectue aussi cette activité de multiplication par solidarité envers ses confrères bio de la zone AOC car aucun semencier n’affiche à son catalogue d’oignon bio de Roscoff ! Sans lui et un ou deux autres confrères, il serait donc impossible de le trouver en qualité bio.

Une culture délicate L’oignon n’aime guère l’humidité qui laisse planer sur sa tête deux menaces majeures, le mildiou, une maladie du feuillage, et le Botrytis allii, une pourriture de conservation ; toutes deux résultent de l’apparition de champignons indésirables. Mais le producteur finistérien a plus d’un tour dans son sac pour s’affranchir de ces épées de Damoclès : “Je trempe systématiquement à l’eau chaude les porte-graines – les oignons qui donneront les semences. Puis, lors de la récolte, je ne les laisse pas traîner au champ mais me dépêche à passer une lame dessous pour soulever les oignons et éviter qu’ils ne se chargent en eau. Enfin, je pratique la thermothérapie. Il s’agit d’entasser les oignons sous une bâche afin d’atteindre une température de 36 degrés pendant 4 jours.” Le désherbage est aussi regardé de très près. Pour limiter l’invasion des “mauvaises herbes”, une bâche en plastique biodégradable est posée sur les rangs. Fabriquée à partir de pulpe de betterave, elle est enfouie dans la terre ou compostée après récolte. Son coût est deux fois supérieur à celui de son homologue jetable mais elle évite de payer les frais de recyclage et répond mieux, selon le producteur, aux valeurs de la bio. La dextérité des planteurs d’oignons est aussi déterminante. Au moment de repiquer les semis, entre le 20 mars et le 15 avril, le coup de main est primordial : “plus le trou est petit, moins on a, plus tard, de mauvaises herbes à arracher, autour de l’oignon”, explique Luc Calvez. Lors du repiquage, il ne faut pas moins de 20 personnes pendant 4 jours pour couvrir 2 ha ! Et c’est encore à la main que sont ramassées les 60 tonnes d’oignons, début août.

La star de la vente à la ferme Bien qu’il vende essentiellement en gros à deux expéditeurs de fruits et légumes bio – SARL Poder et Pro-Natura – Luc Calvez entend développer le circuit court. Le vendredi, en fin d’après-midi, son magasin propose une vingtaine de variétés de légumes à une petite trentaine de clients fidèles. Outre les classiques, la boutique initie à des légumes moins connus comme l’hélianti, une variété de topinambour dont les racines sont très appréciées et se consomment en jus, gratin ou vinaigrette. Ou encore l’Oca du Pérou, un tubercule de couleur jaune ocre, tirant sur le rose et le rouge chez certaines variétés. Sa saveur est voisine de celle de la pomme de terre, mais avec l’acidité de l’oseille en plus. Vendu de préférence au moment des fêtes de fin d’année, il se prépare de diverses manières : cuit à l’eau, frit, sauté… En été, les touristes s’arrêtent volontiers au Potager du Kernic pour découvrir les spécialités locales comme l’oignon rosé de Roscoff dont Luc vante le goût sans pareil. “Juteux et croquant quand il est savouré cru, le bulbe se défend encore mieux cuit. Là, il commence à fondre dans la bouche et le piquant s’estompe au profit de la saveur sucrée”. La tarte aux oignons faite maison est là pour le prouver ! Gaëlle Poyade

Luc Calvez a ouvert sur sa ferme, à Plounévez-Lochrist, dans le Finistère, un petit magasin pour mettre en valeur la diversité de ses productions.

L’oignon AOC de Roscoff : de la main du producteur à celle du consommateur Environ 600 tonnes d’oignons AOC de Roscoff sont commercialisées chaque année mais fort peu en bio. En effet, sur les 65 producteurs, seuls 4 sont, aux côtés de Luc Calvez, engagés dans cette démarche qualité et convertis à l’agriculture biologique. Pourtant, le cahier des charges AOC se rapproche des efforts des bio. Ainsi, s’il autorise les traitements chimiques durant la culture, il interdit en revanche tout anti-germinatif. De plus, chaque oignon passe dans la main du producteur qui procède à un ébarbage soigneux au cours duquel les racines sont retirées, ou bien les tresse ensemble pour donner de jolies grappes à suspendre en cuisine. Afin de limiter les échanges gazeux et prolonger la conservation du bulbe, la queue de l’oignon doit mesurer au minimum 5 cm. Enfin, l’AOC encadre le caracL’oignon de Roscoff tère saisonnier de cette proa reçu le label AOC duction puisqu’il est interdit le 22 octobre 2009, d’en vendre au-delà du 1er 6 ans après l’oignon doux des Cévennes. mai.

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INITIATIVE

Un appui personnalisé

Plus bio grâce

au coaching Manque de vitalité, fatigue chronique, sommeil perturbé, envie de mincir, enfants toujours enrhumés, stress permanent… La vie n’est pas un long fleuve tranquille ! Face aux problèmes quotidiens qui s’accumulent, l’accompagnement d’un coach peut être utile. Créé à l’origine pour les sportifs de haut niveau, puis réservé aux chefs d’entreprise ou aux sphères politiques, le coaching a élargi son champ d’action. Sa consonance anglo-saxonne et son côté “tendance” peuvent, au premier abord, faire hésiter. Mais halte aux clichés, le recours au coaching n’est pas si futile ! “Il offre un accompagnement individualisé à ceux qui veulent améliorer leur vie, la faire évoluer, changer de cap ou réaliser un projet, explique Éric Darche, coach-naturopathe. Ce n’est ni du conseil, ni de la formation, ni de la thérapie. Le coaching n’apporte pas de solutions toutes faites, c’est au coaché de trouver celles qui lui correspondent. Au niveau professionnel ou privé, le processus est le même.” Palliatif à un manque de communication, de liens et de repères dans une société de plus en plus individualisée et exigeante ? N’empêche, le coach peut offrir un vrai coup de pouce bénéfique et durable. Une opportunité pour ceux qui aspirent à une vie plus saine, plus écolo, plus bio sans savoir comment s’y prendre…

Le suivi personnalisé, basé sur des entretiens individuels, aide à atteindre ses objectifs.

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À l’écoute de la famille En Avignon, Corrine Daries Morelli est coach de vie depuis cinq ans. Diététicienne de formation et naturopathe, elle accompagne surtout des familles, suite à l’appel de mamans débordées : “le déclencheur est souvent les enfants qui accumulent rhumes ou otites. Les parents réalisent alors qu’il y a peut-être des choses à changer dans leur mode de vie, leur alimentation, leur rapport à la santé et ce, sans savoir par quel bout commencer.” La démarche de Corrine s’articule autour de plusieurs rendezvous à domicile et d’un suivi par mail. Ses interventions varient selon les attentes de chacun. “Elles s’adaptent aux objectifs à atteindre.” Le premier rendez-vous déborde souvent sur l’heure impartie, pour être attentif à chaque membre de la maisonnée. “Le besoin d’être écouté est réel car plus personne n’a le temps de le faire…” Le coach, lui, est entièrement disponible, sans a priori, pour aider à la formulation des soucis quotidiens. Car, de la théorie à la pratique, il y a souvent

De nouvelles habitudes alimentaires, plus saines, constituent souvent la première étape d’un coaching de vie.

un gouffre… “Les mamans, – car les demandes émanent en majorité d’elles –, savent qu’il faut équilibrer les menus, mais dans le concret, ce n’est pas évident. Elles aspirent à manger bio, sans connaître les ingrédients essentiels, ni savoir les combiner et les cuisiner. Elles sont attirées par les plantes, les huiles essentielles ou les teintures mères, mais que choisir ?” Avec elles, la coach revisite le frigo… et les habitudes, pour les faire évoluer peu à peu, et faciliter le quotidien. “Supprimer les grignotages, lire les étiquettes, acheter bio en direct du producteur, manger plus de légumes, frais, de saison, moins de viande… sont autant de réflexes à s’approprier.”

Du magasin à la cuisine À Paris et sa périphérie, Benjamin Dariouch, jeune coach trentenaire, va même jusqu’à accompagner ses clients dans les magasins bio. “La troisième séance de ma prestation se passe dans les rayons, afin de faire découvrir concrètement tous les ingrédients spécifiques indispensables pour manger sain et équilibré.” Pour ceux qui n’ont en jamais franchi les portes, c’est parfois un “choc culturel”. “Je coache aussi des hommes, stressés, fatigués, conscients de l’urgence de revoir leur façon de se nourrir pour garder la forme, mais sans y connaître grand-chose, et parfois avec des a priori.” Tout l’art est de leur ouvrir de nouvelles perspectives culinaires, non rebutantes. Le premier rendez-vous, en face à face, à domicile ou dans un autre lieu, cerne les habitudes de vie, les mauvais réflexes alimentaires, le rapport au sucre, au sel, au lait… “Je


Un nouveau métier Le coaching bio-écolo s’adresse aussi aux femmes enceintes, aux personnes stressées, aux candidats aux changements de vie, aux apprentis jardiniers… Sachez que ce nouveau métier n’est pas réglementé, aucun diplôme n’est reconnu par l’État. Avant de vous engager, informez-vous précisément sur les compétences du coach, son expérience, sa déontologie, ses formations. Les tarifs sont très variables, à partir de 60 euros l’heure, selon la qualification, la prestation offerte et sa durée. Les formations privées ne manquent pas, quelques universités en proposent, mais elles sont surtout destinées au coaching professionnel. www.naturacoach.com - www.lecoachgrossessebio.com www.ericdarche.com

ne propose pas un changement radical, mais d’évoluer à partir de ses goûts et des contraintes de son quotidien. Par exemple, l’apport de fibres au petit-déjeuner, pour quelqu’un qui n’avale qu’un café depuis des années, doit se faire avec parcimonie, au risque de perturber son transit. Il faut aussi apprendre à mâcher, c’est tout simple.” En quatre séances, Benjamin Dariouch amorce une nouvelle dynamique chez son client, visant à le rendre vite autonome. “Changer la façon de se nourrir est la première étape, pour réapprendre à écouter son corps, renouer le lien avec la nature, et faire évoluer sa vie.” De formation marketing, un début de carrière en grande distribution lui a ouvert les yeux sur l’offre industrielle dénaturée. Passionné de cuisine, cet “écolo-gourmand” prolonge aussi son coaching par des cours à domicile.

Des changements durables “Acquérir les connaissances dans les livres ne suffit pas à tout le monde, confirme Éric Darche, naturopathe depuis 18 ans, également auteur. Et le changement ne passe pas forcément par une consultation en cabinet.” C’est pourquoi en plus de son activité de praticien, ce naturopathe aixois s’est formé au coaching. Et il vient de lancer un protocole pour mincir sans risque pour sa santé. “L’approche est pragmatique, basée sur la relation humaine et l’empathie, adaptée à chacun, sans faire culpabiliser. Ce n’est pas du soin, mais des techniques pour désamorcer des réflexes alimentaires néfastes.” En pédagogue, Éric Darche insiste pour décortiquer les mécanismes qui régissent l’assimilation des nutriments et leurs actions sur l’organisme et le psychisme. Il fait prendre conscience de l’impact de l’indice glycémique, de l’équilibre acidobasique… “On ne modifie ses habitudes

alimentaires que lorsqu’on comprend comment ça marche, comme l’incidence de l’absorption de produits médiocres, notamment raffinés, qui impacte le système hormonal.” Pour ce programme, il s’est entouré d’une autre coach, spécialisée dans le développement personnel : “Cela complète mon approche car il faut aussi agir sur la pensée qui affecte le comportement, ainsi que l’assimilation des nutriments”, résume-t-il. Afin d’élargir son impact, son coaching se fait désormais par internet.

Incontournable internet En matière de coaching, le web tend à s’imposer. De nombreux sites proposent des formules payantes, plus ou moins personnalisées. Au printemps, on voit éclore une ribambelle de régimes amaigrissants coachés, basés sur l’envoi de menus et de conseils, à des fréquences et tarifs variables. Même la chef de cuisine, Laurence Salomon, et le médecin Lylian Le Goff, personnalités du monde de la nutrition bio, se prêtent au jeu en prodiguant leurs conseils en coaching minceur. “Il s’agit de faire profiter au plus grand nombre des bienfaits de l’alimentation bio équilibrée, grâce des formules adaptées à différents types de

Corrine Daries Morelli, Benjamin Dariouch, Éric Darche : des coachs qui répondent à un réel besoin d’accompagnement vers le changement.

demandes”, argumentent-ils. À défaut d’une approche individuelle de visu, ils apportent des données plus générales, et répondent par mail aux questions individualisées. “Nous expliquons comment manger sainement, sans risque de reprise de poids, tout en étant rassasiés et en maîtrisant son budget.” Laurence Salomon, elle-même naturopathe, insiste sur l’importance de ne pas affamer, ni de frustrer. Pourtant, au regard des commentaires sur les forums, rien ne vaut le coaching personnalisé ! Christine Rivry-Fournier

Des coachés motivés “Après maints régimes non concluants, avec un effet yoyo inquiétant, j’ai contacté un coach spécialisé dans le conseil en nutrition bio, et en quelques séances, j’ai compris mes erreurs.” (Marianne, 32 ans, Paris) “Mon rythme de vie m’empêchait de faire attention à ma forme, je manquais de vitalité, sans me sentir malade, il y avait juste plusieurs choses qui clochaient. Le coaching, lors d’entretiens directs ou par mail, m’a aidé à prendre de nouvelles décisions bénéfiques.” (Jean-Loup, 46 ans, Lyon) “J’ai pris un congé longue durée pour élever mes quatre enfants, mais j’ai dû faire appel à un coach quelques mois pour m’aider à organiser mon quotidien dans un sens plus écologique. J’avais besoin d’un accompagnement global.” (Élodie, 43 ans, Avignon)

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DOSSIER

Truite, bar, daurade, crevette impériale sont les principales espèces élevées en France selon les méthodes bio. Cette aquaculture, encore timide, compte environ 25 éleveurs. Venus d’ailleurs, saumon, tilapia, panga arrivent aussi sur nos étals, mais au total on ne dénombre pas plus de 15 espèces bio (0,1 % des volumes), sur la petite trentaine qu’on sait aujourd’hui élever dans le monde. C’est très peu à côté des 500 espèces comestibles offertes par la pêche !

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Poissons

et crustacés L’aquaculture bio fait surface


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ujourd’hui, l’aquaculture fournit la moitié des besoins en poissons contre 9 % en 1980. Et ce n’est qu’un début car on compte sur elle pour lutter contre la surpêche. D’après la FAO, l’aquaculture devra doubler d’ici 2030 pour satisfaire la consommation mondiale. Un vrai défi. Pourtant en France, cette activité diminue : “La production a baissé de 20 à 30 % en 10 ans”, constate Marine Levadoux du Comité Interprofessionnel des Produits de l’Aquaculture (Cipa). La raison ? Les contraintes de respect de l’environnement, toujours plus drastiques, découragent les éleveurs. Aucun nouveau site n’a été créé depuis 10 ans et les possibilités d’extension de ceux existants sont nulles. “Chaque nouveau projet suscite la montée au créneau des associations de riverains qui réussissent toujours à le faire échouer, regrette-t-elle. Pourtant, en France, beaucoup a été fait pour réduire l’impact sur l’environnement.”

Protéger le milieu En bio, depuis juillet dernier, un règlement européen cadre la production aquacole bio, c’est-à-dire l’élevage. Destiné à remplacer peu à peu le règlement français datant de 2000, il sera totalement effectif en juillet 2013. D’ici là, les produits aquacoles porteront le logo AB ou l’Eurofeuille, ou encore les deux ensemble selon le ou les règlements suivis par l’élevage. Un des principes en bio est de réduire, si possible annuler, tout impact de l’élevage aquacole sur le milieu. Cela signifie aussi utiliser une alimentation qui ne pille pas les océans (voir l’interview

D’après la FAO, l’aquaculture devra doubler d’ici 2030 pour satisfaire la consommation mondiale.

de Dominique Corlay p.24). Tout aussi importante, la recherche du bien-être animal limite le nombre d’individus par m3 de bassin. Par exemple, pas plus de 25 kg/m3 de truite bio contre 100 kg/ m3 en classique. La bio vise à créer des conditions les plus proches possibles du naturel. En élevage classique, on peut suroxygéner le milieu pour accélérer la croissance des poissons, allonger “la durée du jour”, leur donner des antidépresseurs… On coupe même le nerf optique des crevettes pour qu’elles grossissent plus vite (épédonculation). Autant de méthodes qui sont écartées en bio.

Heureux comme un poisson… Pour certains spécialistes, il faudrait plus de recherches pour connaître

encore davantage la notion de bienêtre du poisson et pouvoir améliorer le cahier des charges. La densité ne serait pas le seul paramètre intervenant. Le sujet est d’importance car le bien-être détermine aussi la rentabilité des unités de production : si les animaux sont heureux, ils grandissent mieux. Pour Françoise Médale, chercheuse à l’Inra de St-Pée-sur-Nivelle, au Pays Basque, beaucoup reste à faire pour améliorer les techniques d’élevage en bio comme en classique car chaque espèce de poisson est différente, tout comme dans le règne terrestre : “certains s’alimentent à la surface de l’eau, d’autres au fond et d’autres encore entre les deux. La préparation des aliments tient compte de ces paramètres car la nourriture doit à la fois être bien assimilée et ne pas polluer le milieu”. L’utilisation des protéines végétales est aussi un sujet complexe à aborder espèce par espèce. Par exemple, le saumon développe des entérites s’il ingurgite des protéines de soja, la daurade n’a pas ce problème…

Fruits de mer bio Le nouveau règlement encadre aussi la production bio des algues, des mollusques et bivalves, palourdes, huîtres, coques… et autres moules. Pour tous ces fruits de mer qui filtrent l’eau et ne sont pas nourris directement, l’accent est mis sur la pureté de l’eau et la préservation des sites de production avec la mise en place d’une gestion durable. Sur les étals français, on trouve des moules bio de la baie irlandaise de Kenmare, une zone spéciale de conservation (ZSC). Celle-ci est classée par

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DOSSIER Depuis les années 1970, la “crevetticulture” s’est beaucoup développée sur toute la ceinture tropicale de façon plus ou moins intensive.

coût de cette opération. Aujourd’hui, plusieurs groupes d’éleveurs produisent un peu plus de 1 000 tonnes bio. Le pionnier est la ferme Sureerath, certifiée Naturland depuis 2008 qui élève les crevettes durant 6 à 7 mois contre 3 ou 4 maximum en classique.

Bio et responsable l’Union Européenne en eaux de catégorie A, soit les plus pures. Les moules grandissent sur des cordes totalement recyclées et ne générant pas de déchets. Pour les huîtres, des éleveurs sont en cours de certification bio dans le bassin de Marennes Oléron, mais la profession est aujourd’hui en grande difficulté, due au problème de mortalité, freinant l’avancée du bio.

Crevettes : la rançon du succès La “crevetticulture” n’a pas bonne réputation et pour cause ! Depuis les années 1970, elle s’est beaucoup développée sur toute la ceinture tropicale de façon plus ou moins intensive : les “rendements” vont jusqu’à plusieurs tonnes de crevettes par hectare. Bien gérée, cette activité offre un revenu très supérieur à beaucoup d’autres dans des pays où la vie est difficile. Dans le Sud-Est asiatique, elle est en plein essor, répondant à une demande mondiale croissante. Résultat : la crevette a envahi les côtes littorales, prenant le pas sur toute autre activité, et cela, hélas de façon assez anarchique. La productivité s’est accrue, et ses bénéfices juteux attirent de “gros poissons” dans une logique de spéculation, au détriment des populations locales. Les dégâts sont énormes : salinisation ou épuisement des nappes phréatiques, intrusion d’eau salée dans les cultures, rejet dans le milieu de médicaments, de matière organique car la crevette gaspille une partie de son alimentation… L’érosion côtière s’est accélérée au détriment des mangroves,

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écosystème riche, complexe et indispensable, qui disparaît. La mangrove abrite une faune multiple, poissons, oiseaux… Elle protège les côtes des cyclones et tempêtes, diminuant les risques d’inondations grâce aux racines des palétuviers qui atténuent la force des vagues. Par le passé, la pisciculture s’intégrait aux systèmes vivriers d’Asie, recyclant beaucoup de déchets domestiques. De nos jours, elle consomme beaucoup d’énergie, pollue quand elle n’arrive pas dans notre assiette gorgée de résidus d’antibiotiques !

Nouvelle Calédonie,

Thaïlande…

Face au désastre, le défi de la démarche bio est de préserver l’environnement en assurant des conditions de vie décentes aux populations. Bonne nouvelle : encore modestes, des signes de changement s’amorcent dans certains pays. En Nouvelle Calédonie, une filière durable s’appuie sur la réduction des densités, la suppression des antibiotiques ainsi que des engrais chimiques destinés à booster l’écosystème qui nourrit la crevette. La durée d’élevage est plus longue, tout comme le temps de repos des bassins pour que la matière organique minéralise et s’élimine. En Thaïlande, les élevages à l’intérieur des terres sont désormais interdits pour freiner la destruction de terres agricoles et les fermes doivent s’installer en dehors de la mangrove. Le rejet direct des effluents dans le milieu naturel est interdit. Ceux-ci sont stockés en bassin, mais rarement traités en raison du

à Madagascar La crevette et le saumon sont, de loin, les espèces les plus produites et les plus consommées en bio. Très recherchée, la crevette bio a jeté l’ancre dans plusieurs pays comme en Équateur ou à Madagascar… C’est sur cette île que se trouve Overseas Seafood Operations (Oso) dont la production, très vendue en France et certifiée par Ecocert, s’étend sur 425 hectares de bassins. En plus du label bio sur la partie élevage, Oso met en place des pratiques de pêche responsables. L’entreprise est engagée auprès d’Organisations non gouvernementales pour protéger les littoraux et les zones de mangroves, développer les systèmes de chalutage à faible impact, réduire les captures annexes… L’enjeu est aussi de trouver des antioxydants naturels substituts au métabisulfite utilisé sur les crevettes pour qu’elles ne noircissent pas. Oso garantit que son activité améliore l’intégration sociale des populations malgaches par des “plans de développement des communautés” incluant centres scolaires et programmes de formation des adultes dans la région du Parc National des Tsingy de l’Ankarana, site de l’entreprise. À l’échelle du pays, en partenariat avec les autorités locales, d’autres actions voient le jour : construction et gestion d’infrastructures sanitaires, médicales et scolaires.

Des crevettes bio charentaises Plus près, à Marennes Oléron, près de 40 tonnes de crevettes sont produites chaque année dont 25 à 30 % dûment


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DOSSIER certifiées bio. “Le cahier des charges est tel que toute la production régionale est de haute qualité, dans le respect de l’environnement et qu’elle satisfait aux règles bio. Reste à l’éleveur le choix de faire la demande de certification ou non”, explique Anne-Lise Bouquet du Centre Régional d’Expérimentations et Applications Aquacoles (Creaa). La crevette charentaise est une “Marsupenaeus japonicus” ou crevette impériale à la chair ferme et savoureuse, élevée à faible densité. Elle doit être vendue vivante avec un poids moyen minimum de 20 g. Elle bénéficie d’une démarche qualité et de l’Identifiant Régional “Signé Poitou-Charentes”.

Trois niveaux

d’intensification

L’histoire de la crevette charentaise a démarré dans les années 1980 suite à des travaux prouvant sa capacité d’acclimatation à la région. Ici, les conditions estivales sont proches de celles de la Thaïlande ! Une vingtaine de conchyliculteurs l’élève ainsi dans les marais,

souvent en association avec l’huître “pousse en claire”. Les deux cohabitent en harmonie : le naturel fouisseur de la crevette met en suspension des minéraux présents dans les sédiments, qui vont nourrir le phytoplancton dont les huîtres vont se repaître. Pendant le grossissement – de mai à octobre –, les crevettes sont de 2 à 4 par m². Les rendements ne dépassent pas 500 kg par hectare et l’environnement n’est pas mis en péril. Trois niveaux d’intensification existent en fonction de la densité d’élevage. Le plus naturel (moins de 1 crevette/m²) est de laisser cet animal carnivore se nourrir des proies présentes dans le milieu. La méthode intermédiaire, avec 1 à 2 crevettes par m², consiste à apporter un fertilisant (matière organique) au milieu, pour stimuler le phytoplancton qui, entrant dans la chaîne alimentaire, alimente la crevette. Enfin, au niveau le plus intensif, de 2 à 4 par m², les crevettes sont directement nourries avec un aliment conçu pour elles. En Poitou-Charentes, les éleveurs sont très prudents avec ce dernier niveau car le milieu peut se bloquer de façon irréver-

sible en cas de surabondance de matière organique générée. Aujourd’hui, cette toute petite filière émerge, mais la mise en marché reste délicate. À environ 25 €/kg, prix départ, près des deux-tiers de la production partent vers l’Espagne, pays de connaisseurs. Hormis sur place où elle est de plus en plus appréciée, les Français, peu habitués aux crevettes vivantes, restent méfiants. Les poissonniers se montrent timorés car, ne survivant guère au-delà de 48 heures, la vente doit être éclair. Autre handicap, la production se termine avec les premières gelées, et exclut la période de fin d’année, propice aux achats de crevettes. “Vendre la crevette vivante permet néanmoins de se distinguer de celle, moins chère, originaire des zones tropicales”, argumente Anne-Lise Bouquet. En revanche, bio ou non, lorsqu’elle est cuite, la crevette est toujours traitée au métabisulfite. En Charente, nul besoin de cet additif. Martine Cosserat

Thomas Jamet : des crevettes bio en Charente Passionné, Thomas Jamet, du Gaec de l’Huître Impériale, a étudié l’aquaculture avant de s’installer comme conchyliculteur bio. Il croit tant à la crevette charentaise qu’il a créé une écloserie bio, la 2e en France. Il y fait naître des bébés crevettes bio pour les élever ensuite. “Mon objectif est de fournir de plus en plus d’éleveurs spécialisés dans le grossissement”, confiet-il. La difficulté se situe à l’écloserie où la jeune crevette va séjourner environ 35 jours. Au départ, les larves sont nourries 4 à 5 jours avec des algues et deviennent ensuite carnivores. “En bio, aucun produit de traitement curatif n’est possible y compris pour l’eau, il faut adapter les méthodes, réduire beaucoup la densité, et maintenir une qualité d’eau très pure pour contrôler les pathogènes”, explique Thomas Jamet. Il réalise beaucoup plus de manipulations et de rinçages qu’en élevage classique où, par exemple, on utilise du formol pour désinfecter le milieu, y compris de façon préventive et ce, bien que la crevette ne vive pas plus de 6 mois avant d’arriver sur nos tables !

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Dans l’écloserie bio, la surveillance est extrême pour s’assurer du nombre suffisant de proies naturelles afin de nourrir les alevins et d’éviter qu’ils se dévorent entre eux. Pourvue d’une taille suffisante pour résister aux pathogènes, les petites crevettes sont placées dans les claires ostréicoles pour la phase de grossissement. Les claires sont des bassins peu profonds, creusés dans un sol argileux et alimentées par l’eau de mer renouvelée

à chaque marée. À partir de cette étape, en Charente, il n’y a pas de différence entre bio et non bio. Cependant, à l’écloserie comme après, Thomas Jamet préfère travailler au maximum sur la présence des proies naturelles plutôt que d’utiliser un aliment même si ce dernier est certifié bio. Et ce, malgré l’absence de preuve pour affirmer que la qualité de ses crevettes est supérieure !


DOSSIER

Dominique Corlay, fabricant d’aliments

Les solutions du monde végétal Dominique Corlay est responsable aquaculture chez Le Gouessant en Côtes d’Armor, leader français de l’aliment pour poissons. L’aquaculture est accusée d’épuiser les stocks de poisson pour nourrir ses animaux. Que faites-vous face à cette menace ?

son succès. Aujourd’hui, toute l’huile de colza bio part pour l’alimentation humaine et n’y suffit même pas. Pour les glutens bio, le problème est le même : il y en a peu, leur Ce problème contient deux aspects. Pour nourrir les élevages, prix est plus élevé que la farine de poisson. Aujourd’hui, on a besoin de lipides et de protéines. Jusqu’alors, on a utilisé nous cherchons des approvisionnements assurés et fiables des pêches dites “minotières”, composées d’espèces de poisson avec des contrats à long terme, en évitant les intermédiainon consommées par les humains. Glores. Cela prend du temps. Avec les balement, 100 kilos servent à fabriquer chercheurs, nous travaillons à mieux 5 kg d’huiles ou 25 kg de farine de poismaîtriser les rejets protéiques selon “100 kg de poisson servent son. Ce rendement très faible en huile les espèces de poisson et affiner ainsi à fabriquer 5 kg d’huiles ou provoque un vrai risque d’épuisement le dosage des aliments. Le bio tout 25 kg de farine de poisson. de la ressource à assez court terme alors comme le conventionnel sont concerLes solutions se trouvent que, pour la farine de poisson, l’urgence nés. Il nous faut travailler aussi sur du côté des végétaux.” est moindre. Quoi qu’il en soit, nous la sélection des souches par rapport travaillons sur les deux pour trouver des à d’autres critères que la croissance, produits de substitution en lien avec les par exemple suivant la capacité à chercheurs. Les solutions se trouvent du côté des végétaux. consommer du végétal. Car pour une même espèce, les Nous savons à présent remplacer les lipides par des huiles comportements peuvent varier selon les individus. Quoi végétales, telles que celle de colza et on sait que cela n’affecte qu’il en soit, pour tous nos besoins de l’aquaculture bio en pas le métabolisme, le bien-être et la croissance des animaux farine et huile de poisson, nous utilisons des coproduits aquacoles. Par contre, la qualité nutritionnelle change. La de la pêche. Tout en sachant qu’ils sont limités. teneur en acides gras polyinsaturés à longue chaîne, EPA et DHA qui fait tout l’attrait du poisson sur le plan diététique se Que pensez-vous du règlement européen trouve diminuée. Mais, si, par exemple pour du saumon, on mis en place en juillet dernier ? lui apporte un aliment de finition à base d’huiles de poisson C’est une première étape dans le développement de l’aquapendant les 4 mois avant l’abattage, on restaure ses qualités. culture bio, une base au niveau international. Mais certains Au final, c’est une belle économie d’huile de poissons car le points ne sont pas adaptés. Par exemple, deux traitements par antibiotique sont possibles par an en cas de besoin, saumon est élevé pendant 10 à 24 mois. Pour les protéines, on utilise des farines de poissons issues de mais aucun produit de traitement naturel n’est autorisé pêche durable : MSC, Friend of the See… Et on les remplace, alors qu’il existe des solutions. Le sel est une substance très au moins en partie, par des protéines végétales. Il s’agit de simple, servant en eau douce à décoller certains parasites glutens de blé, de maïs, de soja qui sont assez riches. Selon les du mucus des poissons. Il n’a pas été repris alors qu’il l’était espèces, des recherches sont encore à faire car la protéine de dans le cahier des charges français. Pour leur bien-être, les la farine de poisson est de loin la plus digeste et on ne parvient crevettes ont besoin de phospholipides dans leur aliment mais ce point a été complètement oublié. Il est prévu de pas toujours au même résultat avec des végétaux. revoir ce règlement en juillet 2013, ce sera le moment En bio, on cherche à préserver la ressource, d’aller plus loin.

tout cela va donc dans le bon sens ? Oui, mais en bio, la difficulté est de trouver les matières premières dont nous avons besoin. La filière bio est victime de

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Propos recueillis par Martine Cosserat


DOSSIER

Végétaux de la mer

Cultiver

des algues bio

Laitue de la mer, kombu, dulse, nori ou wakamé (sur la photo), rouge, brune ou verte, les algues alimentaires, dont une douzaine est autorisée à la culture, sont de grandes sources d’acides aminés, sels minéraux, oligo-éléments ou vitamines.

B

énéfiques pour la santé, les algues le sont aussi pour la planète. “Elles produisent 70 % de notre oxygène et absorbent le CO2, rappelle Jean-François Arbona. En outre, ce sont des forêts vierges où la chaîne alimentaire se reconstitue.” C’est le cas dans l’estuaire de la Rance à deux pas de Saint-Malo où Jean-François et Magali, tout deux biologistes de formation,

Jean-François et Magali de C-Weed Aquaculture récoltent le wakamé bio sur l’estuaire de la Rance, dans un site de culture de 12 ha en zone marine protégée.

Véritable richesse nutritionnelle, l’algue peut aujourd’hui être certifiée bio. Les algoculteurs malouins Jean-François Arbona et Magali Molla en sont des artisans, et les premiers producteurs certifiés en France, notamment de wakamé. cultivent du wakamé bio. Classé en zone Natura 2000, bientôt parc naturel régional, ce milieu estuarien naturellement riche en nutriments est un site de production idéal pour que cette algue brune de la famille des Laminaires s’y sente bien.

Méthode de production Tout se joue à l’écloserie des deux producteurs où des spores microscopiques prélevées sur des algues fertiles donnent naissance aux plantules. À la taille d’1 mm, ces bébés wakamé rejoignent leurs congénères sur la zone de culture. Elles sont accrochées à des “filières porteuses” installées horizontalement dans l’eau, maintenues par des bouées. Matures à 6 mois, ces algues atteignent 2 mètres, nourries à la lumière et aux nutriments naturels de l’estuaire, sans autre apport, selon l’une des exigences du cahier des charges bio européen. “On n’ajoute ni intrant, ni fertilisant”,

précise Jean-François qui a participé à l’élaboration des règles, à Bruxelles. Le site doit être classé en bon état chimique, écologique et sanitaire. “Le matériel utilisé est recyclable ou réutilisable, la coque du bateau n’a pas de peinture nocive et nous travaillons moteur arrêté”, ajoute-t-il. De mars à fin mai, les récoltes se font à la coupe, au couteau. Suit l’étape du séchage, délicate, en partie à l’air ambiant. “Chacun a ses petits secrets d’affinage, un peu comme pour un fromage ou une vinification”, confie Jean-François. Le wakamé est surtout vendu en frais aux grossistes et transformateurs locaux, au fil des récoltes. Finement broyé à froid, il alimente aussi la gamme “Algues Folles” des producteurs, alors que d’autres algues bio sont destinées à la cosmétique fine. Frédéric Ripoche À visiter www.algues-alimentaires.com www.chambre-syndicale-algues.org

Des goûts et des saveurs séduisantes… À la fin des années 1970, Jean-François Arbona craque pour l’algue en dégustant une soupe miso chez un ami qui importe des produits naturels du Japon. “C’était un goût franchement nouveau, des saveurs marines, sucrées, très parfumées, d’épices et de légumes, confie le producteur. Les algues wakamé ou kombu se marient très bien avec les légumineuses, qu’elles rendent plus digestes tout en réduisant leur cuisson. Moi, je les préfère crue en salade après les avoir réhydratées quelques minutes à l’eau froide.” Avant d’en cultiver, Jean-François se fait cueilleur sur le littoral malouin. Puis, après une formation aux techniques aquaco-

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les en Corée du Sud, il démarre les cultures dès 1983 avec Magali. Ils sont certifiés bio depuis juillet 2010. En Bretagne, principale région de récolte, d’autres certifications sont en cours. Une filière d’algue rouge existe aussi au Pays Basque pour l’agar-agar (gélifiant). Pour l’heure, seules les algues de culture peuvent être certifiées bio (règlement européen 710/2009). “Les algues sauvages dépendent du même texte mais leur labellisation n’est pas finalisée, précise Jean-François Arbona. Quant aux micro-algues comme la spiruline, elles sont en principe “labellisables” mais il reste des points techniques à régler.”


Notre alimentation est à la source de notre santé, Les ALGUES : le trésor des Mers aux milles bienfaits !

de notre beauté et de notre longévité

Riches en minéraux (calcium, phosphore, fer, magnésium, iode, sodium), vitamines (A, B1, B12, C) et protéines. Pour l’alimentation et le bain.

Algues de l’Atlantique

Et aussi des Wakamé en paillettes, Dulse en feuilles, Kombou, Laitue de mer en feuilles, Agar-agar en poudre.

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DOSSIER

MSC, les Paniers de la Mer...

Pour une pêche durable et éthique On le sait tous, la ressource maritime, longtemps considérée inépuisable, est menacée. Ainsi, outre l’essor de l’aquaculture, solution pour réduire la pêche, nombreuses sont les initiatives, internationales ou locales, soucieuses d’améliorer les pratiques de pêche.

C

ertaines espèces s’amenuisent, la biodiversité marine dans sa globalité s’appauvrit, les filières sont fragilisées et les pêcheurs voient leur situation se précariser. De leur côté, les citoyens ont parfois une image dégradée des pratiques de pêche, jugées peu respectueuses quand elles ne sont pas illégales. Pour renverser le phénomène, voici quelques exemples d’initiatives à connaître.

MSC, le label qui monte Né d’un partenariat entre WWF et Unilever, Marine Stewardship Council (MSC) est une organisation londonienne indépendante qui met en place des systèmes durables pour enrayer le problème de la surpêche. Pour cela, elle

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travaille au niveau de la pêcherie, c’està-dire un groupement de pêcheurs qui utilisent à peu près le même système de pêche, évoluent dans le même périmètre et capturent la même espèce. Être estampillé MSC implique le respect d’un cahier des charges basé sur 3 grands principes. D’abord, évaluer le stock de poissons pour vérifier que la ressource ne s’épuise pas. Cette mesure s’effectue assez facilement aujourd’hui sur une zone donnée. Ensuite, examiner l’impact de la pêche sur tout l’écosystème marin : les autres poissons, les oiseaux et habitats… et le minimiser. Enfin, la pêcherie doit maintenir sa viabilité. La certification est ensuite confiée à des organismes indépendants, à la différence d’autres démarches pêche durable comme Friend of the See qui réalise le travail de contrôle en interne.

Une démarche

vertueuse Alors que les étiquettes “pêches durables” fleurissent tous azimuts, Richard Barbé, de l’entreprise bretonne Chancerelle dont la gamme Phare d’Eckmühl est dédiée et distribuée en magasins bio, considère l’agrément MSC vertueux : “Au regard des autres labels que nous avons étudiés, nous lui faisons confiance car il nous paraît le plus solide. Il a l’avantage d’être international, une dimension évidente lorsqu’on se préoccupe des fonds marins. De plus, il est soutenu par WWF et Greenpeace et certifié par un organisme indépendant”. Michèle Stark de l’organisme de contrôle international IMO le confirme : “dans un contexte où la pêche durable prend son essor, MSC apparaît pour beaucoup comme le meilleur label”. Pourtant, difficile d’y voir clair, surtout pour le consommateur. Car le marketing occulte parfois les actions concrètes : les entreprises importantes de la filière et les distributeurs ont tendance à s’en tenir à la qualité sans prendre en compte l’aspect social ou durable. Ainsi, fin 2010, MSC a été vertement mis en cause, notamment par des chercheurs canadiens qui ont dénoncé son “laxisme et inefficacité”. Certaines pêcheries l’arborant seraient en train d’épuiser la ressource. Ainsi, les stocks de colin d’Alaska, certifiés MSC dès 2005, auraient fondu comme neige au soleil ! Ces chercheurs réclament une remise à plat du système MSC et plus


de scientifiques dans la démarche. Conscient de cet écueil, Richard Barbé admet qu’il faut du temps pour avancer. Mais refuser certains types de pêcheries serait pire, avec des conséquences sociales désastreuses, sachant qu’une grande partie de celles qui pillent aujourd’hui les mers se situe dans les pays pauvres. Les pêcheries certifiées MSC génèrent 4 millions de tonnes de poissons et fruits de mer soit 7 % du total des captures sauvages évaluées par la FAO à l’échelle de la planète. La certification se retrouve sur plus de 2 500 produits. Les consommateurs français, eux, connaissent encore peu ce sigle pourtant de plus en plus présent en Europe. Les pêcheries de l’Hexagone traînent encore du pied pour s’y mettre ! L’entreprise Euronor de Boulogne-sur-Mer, spécialiste du lieu noir, a été la première à décrocher sa certification MSC ; la sardine de Bolinche a aussi obtenu le précieux sésame. D’autres sont en cours. De son côté, Chancerelle a mis la barre haut en associant bio et durable avec des conserves de poissons sauvages certifiés MSC (thon, maquereau, saumon d’Alaska, sardine) et cuisinées avec des ingrédients bio (aromates, huile d’olive…).

Les Paniers de la Mer :

une démarche solidaire Qui dit durable dit valoriser la ressource sans gaspiller, mais aussi prendre en compte l’aspect social, c’est-à-dire les conditions de vie des hommes et des femmes. Sur ces deux points, les Paniers de la Mer ont parfaitement réussi. L’initiative vient du président de la Banque alimentaire du Finistère, constatant que la chaîne de soutien à l’alimentation des plus démunis manquait de poisson malgré tout son intérêt nutritionnel. D’un autre côté, les criées françaises détruisaient ou, au mieux, recyclaient en farine des stocks de poissons pourtant destinés à la consommation humaine. C’est la pratique du “retrait” : pour limiter la chute du prix d’achat du poisson, des volumes sont retirés du marché. Les patrons pêcheurs, souvent de petites structures, reçoivent une compensation de la Communauté Européenne. C’est ainsi que ce projet, unique en France, a démarré au Guilvinec en 1997. 500 tonnes de poisson invendus par

Perche du Nil sur le lac Victoria : vers la fin du cauchemar Qui ne se souvient du terrifiant documentaire Le cauchemar de Darwin, diffusé en 2005 ? Des stocks de poissons surexploités et des conditions de vie déplorables des pêcheurs prouvaient l’ampleur du désastre écologique et humain dans cette partie de la Tanzanie. Depuis, l’association allemande Naturland, pionnière en matière de cahier des charges aquaculture bio, s’est mobilisée et a lancé un ambitieux programme afin de préserver cette ressource cruciale pour les populations tout en assurant des conditions équitables de travail pour les employés de la chaîne industrielle, entre les pêcheurs et les compagnies exportatrices, la transparence des prix, des mesures de sécurité comme les gilets de sauvetage, des écoles et garderies dans les villages…

an sont récupérés et transformés, mis en filets, congelés… avant d’être acheminés dans toute la France, vers les banques alimentaires, le Secours Populaire, les épiceries solidaires du réseau Andes et un peu les Restos du Cœur. Les personnes démunies profitent ainsi de poissons de qualité, bien présentés et appétissants, elles qui sont plutôt habituées à recevoir, lors des distributions, des viandes des pays de l’est, ou du tilapia du bout du monde. Elles peuvent ainsi apprécier d’autres poissons que les saumons ou crevettes, actuellement les plus consommés. La dimension d’éducation populaire est réelle, dans un “marché de la précarité”, hélas en pleine croissance.

La voie de l’insertion Les Paniers de la Mer sont également des structures associatives d’insertion par l’activité économique : ses employés, en grandes difficultés professionnelles, sont ainsi formés aux métiers de cette filière mareyage en manque de main-d’œuvre qualifiée. Les Paniers de la Mer les accompagnent jusque dans la recherche d’emploi. Hélène Rochet, directrice de la Fédération des Paniers, admet que “le métier d’ouvrier de marée est difficile, mais pour quelqu’un de 50 ans passés, habitué à se servir de ses mains comme menuisier ou cordonnier, c’est faisable. Après 6 mois, éventuellement renouvelés, les personnes sortent avec une vraie qualification voire un certificat de compétences, un CQP ou un CAP, clés pour retrouver un emploi localement”. Il existe aujourd’hui 5 sites des Paniers de la Mer employant une centaine de personnes : St-Guénolé, Boulogne-sur-Mer, La Rochelle, Lorient, St-Malo. Deux sont en projet à St-Nazaire et dans l’Hérault. Et il reste encore à faire, sachant que 3 000 tonnes de poissons sont récupérables sur l’ensemble des côtes françaises. L’initiative est directement soutenue par le ministère des Solidarités et de la Cohésion Sociale, la Direction du Travail et de nombreux autres partenaires. L’objectif est aujourd’hui d’installer les Paniers de la Mer sur des zones fonctionnelles au point de vue de la logistique. Hélène Rochet réfléchit à l’avenir : “Il nous faut anticiper la disparition du dispositif de retrait et réfléchir à des solutions afin de maintenir notre activité d’insertion en lien avec les patrons pêcheurs dont l’avenir n’est pas non plus assuré”. À plus court terme, elle prévoit proposer des soupes de poisson toutes prêtes aux personnes vivant dans la rue. “Il s’agit de les faire attractives. On espère qu’au retour à une vie plus normale, ces personnes garderont l’habitude de manger du poisson”, insiste Hélène Rochet. Pour compléter cette enquête, consultez le dossier “Le poisson bio a la pêche” publié dans Echobio n°10 en mars-avril 2008 sur www.echobio.fr (onglet Dossier)

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ART DE VIVRE

La forme sans les formes

Les pièges des régimes minceur À l’arrivée du printemps, ressurgissent toutes sortes de régimes amincissants. Sont-ils véritablement efficaces ? Sans danger ? Lequel choisir ? Adopter une alimentation équilibrée sur le long terme en corrigeant ses erreurs s’avère beaucoup plus efficace.

Comment savoir si l’on est véritablement en surpoids ? C’est en effet la première question à se poser avant d’entreprendre un régime amincissant car la beauté, très subjective, voit son image évoluer au fil des époques. Aujourd’hui, le modèle dominant, montré par les médias, dépeint une femme longiligne, sans formes. Or, si certaines personnes possèdent cette constitution de naissance, d’autres sont naturellement plus enclines aux rondeurs. Le principal indicateur du surpoids est l’indice de masse corporelle (IMC). Pour les adultes, l’IMC est égal au poids (exprimé en kg) divisé par le carré de la taille de la personne (en mètre). Un IMC entre 20 et 25 est considéré comme normal chez un adulte, entre 25 et 30, on parle de surcharge pondérale, au-dessus de 30 d’obésité. 30 % des femmes ayant un IMC “normal” et 15 % des femmes “minces” (IMC < 22) se soumettraient à un régime alors qu’elles n’en ont pas besoin !

Y a-t-il un poids idéal ? Il est préférable de parler de poids de forme plutôt que de poids idéal. Le poids de forme est, comme son nom l’indique, un poids dans lequel on se sent bien et qui est en accord avec notre morphologie. C’est celui qu’on a pesé sur une période assez longue de sa vie d’adulte, en mangeant normalement, à sa faim, et en étant bien dans son corps.

L’avis de Valérie Vidal, Bionutritionniste

bre hormonal, l’arrêt du tabac, l’insuffisance de sommeil, le stress, des facteurs psychologiques, etc. Et, bien sûr la façon de se nourrir au sens large – qualité, quantité, équilibre – est primordiale.

Sur quels principes alimentaires reposent les différents régimes minceur ? La plupart des régimes sont basés sur un ou deux de ces principes : - La restriction calorique (Weight-Watchers, Dukan, Cohen). On consomme moins de calories que le corps n’en dépense, ce qui conduit ce dernier à puiser dans les réserves. - La consommation élevée de protéines (à base ou non de substituts de repas) et faible de glucides (régime Atkins, Dukan). Ici, on mise sur l’aspect fortement satiétogène des protéines, ce qui permet de manger peu sans avoir faim. Un régime hyperprotéiné est aussi hypocalorique. - La suppression des aliments à index glycémique élevé favorisant la production de graisses plus facilement stockées que celles qui sont ingérées (Montignac, régime IG bas). - La dissociation des aliments gras et sucrés (Hay, Shelton, Montignac) et la dissociation des féculents et des protéines

Pourquoi prenons-nous du poids ? D’un point de vue métabolique, nous grossissons dès que nos apports énergétiques sont supérieurs à nos dépenses, ce qui conduit l’organisme à stocker sous forme de graisse les excédents. L’insuline, hormone sécrétée par le pancréas afin de réguler le taux de sucre sanguin (glycémie), se trouve au centre de ce processus de stockage. Ce qui veut dire que, contrairement à une idée largement véhiculée, ce n’est pas le gras qui fait grossir mais le sucre ! D’autres facteurs individuels peuvent aussi favoriser la prise de poids comme un terrain inflammatoire, une candidose digestive, la prise de certains médicaments, un déséquili-

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La première question à se poser avant d’entreprendre un régime amincissant est : suis-je réellement en surpoids ou ne suis-je pas plutôt en désaccord avec l’image de moi ?


 Depuis plus de cinquante ans, l’histoire du Japon et de Lima est intimement liée. Les récentes catastrophes qui ont frappé l’archipel nippon nous ont sincèrement touchés. Il nous paraissait naturel de venir en aide à nos partenaires japonais. Pour eux, Lima s’engage à débloquer une somme de 50.000 € destinée à la reconstruction de l’école du village d’un de nos fournisseurs.

Si vous désirez, vous aussi, les soutenir, continuez à acheter des produits japonais ou faites directement un don sur le compte IBAN: BE59 7310 1715 4726 - SWIFT/BIC: KREDBEBB (Communication : HELP JAPAN). Cela ne leur rendra certainement pas tout ce qu’ils ont perdu, mais leur permettra au moins de reconstruire et de garder espoir.

Notre laboratoire Lima Expert renforcera ses contrôles sur les produits japonais afin de vous garantir une qualité irréprochable. Notre philosophie ne changera pas d’un grain. Ni plus, ni moins.

 

Merci

www.limafood.com

La nature. Ni plus ni moins.


ART DE VIVRE (Hay, Shelton) pour éviter la surcharge énergétique, productrice de graisses.

Y en a-t-il un qui fonctionne mieux que les autres ? Tous ces régimes, lorsqu’ils sont bien suivis, conduisent à une perte de poids plus ou moins rapide mais, sur le moyen terme, aucun ne se révèle plus efficace que les autres. Dans la majorité des cas, ils se soldent, à leur arrêt, par une reprise de poids, le plus souvent sous forme de gras, pouvant dépasser le poids initial et conduisant au fameux effet yo-yo. Selon une étude réalisée par un groupe de scientifiques et d’experts en nutrition sur les effets délétères des méthodes amaigrissantes (1), il y a reprise de poids dans 95 % des cas !

Pourquoi échouent-ils sur le long terme ? Pour plusieurs raisons, la principale étant que, dans bien des cas, les personnes n’ont pas vraiment changé leur comportement alimentaire, retournant, après leur régime, à l’alimentation qui les a conduits à prendre du poids. Mais aussi parce suivre un régime, en particulier un régime basses calories, peut modifier en profondeur le métabolisme énergétique du corps, autrement dit la bonne régulation des apports et des dépenses. Trop de restrictions conduit le corps à économiser ses dépenses, ce qui stoppe le processus d’amaigrissement même en mangeant très peu.

Quels sont les dangers des régimes amincissants ? Aucune des méthodes pour perdre du poids rapidement n’est sans risque. Elles sont toutes plus ou moins déséquilibrées, risquant de provoquer des carences et des troubles du comportement alimentaire. Toujours d’après le rapport de l’Anses, portant sur les 15 régimes amaigrissants les plus populaires du moment (de Cohen à Dukan, de Atkins à Montignac, en passant par le régime de la Soupe au chou…), “près de 80 % de ces régimes sont trop riches en protéines, 58 % trop largement pourvus en sodium, plus de 50 % à trop haute teneur en lipides, 74 % trop pauvres en fibres, 61 % ne satisfont pas vos besoins en fer, 50 % ne couvrent pas vos besoins en magnésium, 23 % ne répondent pas à vos besoins en calcium…”. Les principaux effets délétères sur la santé constatés sont : une fonte de la masse musculaire (même avec les régimes hyperprotéiques), une diminution de la densité minérale osseuse ce qui augmente fortement le risque d’ostéoporose, une constipation renforçant le risque de cancer colorectal à long terme… De plus, à force de nombreuses privations et exclusions d’ali-

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Quelles sont les erreurs alimentaires les plus fréquentes ? Souvent, les femmes ne consomment pas ou très peu de féculents de peur de grossir. Or, c’est avant tout sur la qualité de ces glucides qu’il faut être attentif, en favorisant les céréales complètes et les légumineuses et en évitant les produits sucrés et les céréales raffinées, autrement dit à index glycémique élevé. L’autre erreur classique est une insuffisance en protéines (viandes, volaille, poisson, œufs, tofu) qui doivent représenter environ 25 % de la ration alimentaire quotidienne. C’est indispensable pour ne pas avoir faim entre les repas et pour ne pas être tenté de grignoter. Bien souvent aussi, le petit-déjeuner est trop léger et le dîner trop copieux et c’est tout à fait l’inverse qu’il faudrait faire pour éviter de stocker.

ments “interdits”, de contrôle mental, l’acte de manger n’est plus naturel, il n’est plus source de plaisir, mais de frustration et de culpabilité, ce qui peut conduire à des comportement de type anorexie et boulimie.

Est-ce que le jeûne peut aider ? Une nouvelle mode en matière d’amincissement est le jeûne en alternance qui consiste à manger à volonté les jours pairs et à ne pas dépasser 450 calories les jours impairs en ne prenant par exemple qu’un petit-déjeuner et en sautant les deux autres repas. C’est efficace mais difficile à tenir dans une vie sociale. Encore une fois, cela ne garantit pas la stabilisation du poids à long terme s’il n’y a pas remise en cause des habitudes alimentaires. Cette méthode peut aussi pousser à manger de manière déséquilibrée les jours pairs et à s’éloigner d’une alimentation santé.

Alors que faire ? Un régime excluant les sucres, riche en protéines accompagnées de légumes verts abondants et variés et de “bonnes” graisses, peut être utile sur une courte durée pour jouer le rôle de starter. On peut envisager de prendre quatre repas par jour comprenant une source de protéines. Il sera alors préférable de se supplémenter pour éviter les risques d’acidification du terrain et de carences minérales. Mais le plus important est d’apprendre à s’alimenter correctement, de façon équilibrée, en corrigeant ses erreurs. Instaurer des consignes très sévères creuse le lit de l’échec. Il faut s’attaquer prioritairement aux erreurs les plus faciles à modifier, ne pas chercher à changer ce qui est trop difficile à changer. Et puis s’accorder régulièrement de vrais repas plaisir : par exemple 1 ou 2 fois par semaine afin de ne pas accumuler de frustration qui mèneront tôt ou tard à des compensations… Modifier sur le long terme ses habitudes alimentaires est un travail de longue haleine, mais c’est le seul moyen d’obtenir un effet durable ! (1) Étude rendue publique le 25 novembre 2010 par l’Agence française de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses).


BEAUTÉ

Huiles, beurres, macérats

Nourrir sa peau en douceur Nourrissants, adoucissants, tonifiants, revitalisants, cicatrisants… Indispensables à la trousse de beauté, les huiles et beurres végétaux sont truffés de vertus puisées au cœur de la nature. Il en existe plusieurs dizaines de sortes, riches en composés bons pour la peau et les cheveux. Teint terne, fatigué, asphyxié ? Peau flétrie, fripée, sans tonus, dévitalisée ? Cheveux rêches, cassants, fourchus ? Et si vous faisiez appel aux huiles et beurres végétaux ? Extraits des fruits à coque, graines oléagineuses, et aussi de pépins, ils regorgent de propriétés bénéfiques, encore trop peu connues. Bio et vierges de première pression à froid, les huiles s’utilisent pures : elles se dégustent bien sûr en cuisine ou en cure, pour un impact par l’intérieur, mais aussi s’étalent, en soins corporels, sur l’épiderme, les cheveux, les ongles pour les nourrir, les protéger, les régénérer. Elles sont indispensables aux massages, notamment ayurvédiques qui, comme base, privilégient celles de sésame, d’amande douce, de carthame et de tournesol. En synergie avec des huiles essentielles, elles enrichissent leurs pouvoirs et parfums. Encore faut-il savoir les choisir car il en existe plus d’une soixantaine de sortes, disponibles en bio. Certaines, rares et extraites avec un faible rendement, sont très chères, d’autres sont beaucoup plus abordables, et également très intéressantes (1). Mélangées à des plantes, aloé vera, calendula, arnica, elles deviennent alors des macérats nutritifs.

Principes actifs puissants Issues de cultures bio ou de productions sauvages contrôlées, elles doivent être 100 % pures, non raffinées, non chauffées et extraites mécaniquement à froid. Ce n’est qu’à ces conditions qu’elles conservent tous les principes actifs des plantes. Leur efficacité vient de leur compoL’huile de sésame qui pénètre rapidement dans la peau sans laisser sition en acides gras, de film gras est appréciée pour auxquels s’ajoutent de les massages. De plus, sa teneur nombreux autres prinen vitamine E, en sésamoline et en cipes actifs spécifiques. lécithine, lui apporte des propriétés antioxydantes idéales pour les Il existe deux sortes peaux matures. d’acides gras, les satu-

Les huiles végétales, choisies selon son type de peau, la rendent plus douce, plus souple, plus éclatante…

rés et les insaturés. Ce sont les acides gras insaturés qui leur confèrent leurs spécificités cosmétiques assouplissante, apaisante, adoucissante, protectrice, anti-âge, cicatrisante… Celles aux forts teneurs en acide gras essentiels, oméga 3 et 6, que l’organisme ne synthétise pas, sont particulièrement intéressantes. Or, certains acides gras sont plus concentrés et fragiles que d’autres. Ils peuvent se dégrader sous certaines conditions, notamment l’oxydation et la chaleur, détériorant ainsi leurs composés, pouvant même rendre l’huile toxique. Les odeurs de rance, les changements de couleur sont sans équivoque et alertent facilement sur ce risque. Le type de conditionnement peut accentuer le phénomène, comme le contact direct avec le métal. Préférez le verDes dizaines de sortes d’huiles et re opaque. Attention beurres bio existent, aux couleurs, aussi aux huiles issues senteurs, propriétés et prix différents.

Les huiles les plus fragiles Les huiles de carthame, de chanvre, de framboise, de kukui, de rose musquée du Chili sont très sensibles à l’oxydation, qui dégrade leurs qualités. Elles sont à conserver de préférence au réfrigérateur, dans un flacon bien fermé, à l’abri de l’air et de la lumière pendant 6 à 8 mois après ouverture. L’ajout d’un anti-oxydant, comme de la vitamine E, limite les risques. Les huiles de bourrache, coton, figue de Barbarie, germe de blé, onagre, pépins de raisin, tournesol, sont un peu moins sensibles. Les huiles de mangue, macadamia, abricot, amande douce, argan, avocat… le sont peu, tout comme les beurres de cacao, de Cupuaçu, de karité, de mangue, de muru muru, de tucuma…. Tous doivent aussi être conservés au sec, à l’abri de la chaleur et de la lumière. www.aroma-zone.com

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BEAUTÉ de fruits à coque, à qui sont attribuées certaines allergies. Malgré ses nombreuses qualités, l’huile d’amande douce, conseillée aux futures mamans contre les vergetures, serait mise en cause comme favorisant les terrains allergiques. Elle peut être remplacée par l’huile de baobab, de bourrache, l’huile de figue de barbarie…

À chaque peau, son huile Les huiles se choisissent en fonction du type de peau ou de cheveu, et des problèmes rencontrés, sécheresse cutanée, irritation, brûlure, eczéma, manque de tonus… D’une palette de couleurs s’étirant du blanc au vert foncé, voire brun, en passant par l’orangé, le jaune or ou paille, elles diffusent des parfums plus ou moins accentués. Certaines sont parfois désodorisées par un procédé à la vapeur autorisé en bio, comme celles de sésame ou d’olive destinées à un usage cosmétique. Leur toucher peut être naturellement plus gras : c’est le cas des huiles d’olive, d’argan, Issue de noix, l’huile de macadade nigelle, de sapote ou plus mia, au toucher très sec, possède sec, comme celle de sésame, une action filtrante et protectrice du rayonnement ultra-violet, de son de riz, de yandu…, état rendant intéressante son usage rendant plus aisé la pénétration dans les protections solaires et dans la peau. Mélanger l’huile dans celle des cheveux colorés. plus grasse, avec une huile plus pénétrante – ce peut être celle de kukui, de macadamia, de noisette…– facilite cette absorption. Tout en évitant un aspect trop luisant.

Précieux antioxydants Outre les acides gras insaturés, les huiles renferment des principes actifs recherchés, notamment les antioxydants. Parmi ces derniers, on trouve les caroténoïdes dont la vitamine A, surtout dans les huiles orangées comme celle de noyau d’abricot, indispensable pour une bonne mine et photoprotectrice. La vitamine E (alpha-tocophérol), conservateur naturel, est également très précieuse, très présente dans l’huile de germe de blé. L’huile de graines d’argousier, qui en est fortement pourvue, se distingue par ses puissantes propriétés antioxydantes, idéales pour régénérer la peau suite aux bains de soleil ou de brûlures, ainsi qu’un pouvoir adoucissant et cicatrisant d’exception, renforcé par sa richesse en oméga 3, 6 et 7. Sa concentration élevée en tocotriénols, autre antioxydant puissant, confère également à l’huile de Babassu, originaire d’Amazonie, une action antioxydante et anti-âge. De plus, sa forte teneur en phytostérols renforce les barrières de la peau et la microcirculation, freine le vieillissement cutané, protège des UV. Parmi les autres huiles, celles de cameline, d’onagre, d’avocat, de chanvre (exceptionnelle, locale et abordable), de brocoli, de bourrache… méritent le détour, tout comme celle de pépins de framboise, reconnue puissante pour cicatriser. C.R-F (1) La fourchette de prix s’étend de 6 €/l pour l’olive ou le tournesol, à plus de 100 € pour l’huile de Calophylle Inophyle.

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BEAUTÉ

BRÈVES

En Nouvelle-Zélande, le miel de manuka Poussant à l’état sauvage en Nouvelle-Zélande, le manuka est un arbuste de la famille des théiers, aux feuilles odorantes et aux petites fleurs blanches et roses parfumées. Vénéré comme un don de la nature par les Maoris, il est utilisé depuis des siècles en médecine traditionnelle pour ses propriétés antiseptiques exceptionnelles. Ses feuilles et son écorce servent à soigner fièvre, problème urinaire, bronchite et asthme. Appliquées sur la peau, les feuilles ont des propriétés cicatrisantes et une action bénéfique sur les problèmes cutanés, eczéma, mycoses… Les jeunes pousses sont mâchées pour lutter contre la dysenterie. Bouillies et ingérées en décoctions, les feuilles aident aussi à soulager les rhumatismes et guérir les entorses. Le miel issu du manuka est connu lui aussi depuis longtemps pour son pouvoir antiseptique naturel. Certes, tous les miels en possèdent plus ou moins, grâce à la présence d’une enzyme spécifique sécrétée par l’abeille lors de la fabrication du miel, et qui produit du peroxyde d’hydrogène (ou eau oxygénée). Mais, des études ont montré que ce composé chimique se détruit au contact de la lumière et de la chaleur et ne supporte donc pas d’être chauffé. Rappelons que le miel bio n’est pas chauffé au-delà de 40° C.

Les propriétés antibactériennes La particularité du miel issu des fleurs de manuka est qu’il bénéficierait d’une activité antibactérienne supplémentaire, non lié au peroxyde d’hydrogène, et persistante malgré la lumière et la chaleur. D’où des vertus médicinales supplémentaires mises en évidence par les recherches menées à l’Université de Waikato en Nouvelle Zélande. Nommé UMF (Unique Manuka Factor), un composé actif suscepExhausteur de goût très apprécié, le sel est pourtant un vrai danger pour tible d’en être la cause, le methylla santé. Si les principaux éléments le composant, à savoir le chlore et le glyoxal, a été identifié en 2008 par sodium, sont indispensables à l’organisme humain, ils sont suffisamment l’Université de Dresde en Allemaprésents naturellement dans les aliments. La majogne. Présenté comme spécifique rité des légumes en contiennent (céléri, blette, au miel de manuka, il aurait des ail, endive, carotte…), pour assurer la dose propriétés antibactériennes et journalière indispensable. Ce besoin quotidien est estimé à environ 2 grammes antiseptiques puissantes, notampar personne et par jour. Au-delà, ment contre les bactéries multion est en surconsommation, avec résistantes. On lui attribue aussi toutes les conséquences néfastes des vertus anti-inflammatoires et comme l’hypertension artérielle, cicatrisantes, et une efficacité sur les maladies cardio-vasculaires, les brûlures et les ulcères. Or tous la rétention d’eau, ostéoporose… les miels de manuka n’en renferL’Organisation Mondiale de la meraient pas des teneurs identiSanté recommande de ne pas ques. Celles-ci sont mesurées et consommer plus de 5 grammes garanties par un organisme comde sel au quotidien. Méfiez-vous mercial néo-zélandais qui détient des plats préparés, et du pain qui en renferment souvent de fortes cette production, vendue notamdoses. Pour l’eau des pâtes, préférez ment pour la fabrication de crèdu gros sel non raffiné. Et utilisez les mes réparatrices. Des études sont épices et les herbes aromatiques pour en cours pour en savoir plus sur jouer avec les palettes de saveurs. toutes les propriétés antibactériennes des miels.

Excès de sel : attention danger

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CUISINE

Le citron

Un zeste vitaminé Associé au sucré comme au salé, le citron en zeste, jus ou rondelles, rehausse, assaisonne, transforme un plat. Un agrume qui se rend vite indispensable dans une cuisine. Le citron est une vraie panacée : antiseptique, il apaise le mal de gorge et calme les nausées. En cuisine, il évite l’oxydation de ses congénères fruits et légumes grâce à ses puissants flavonoïdes naturels et aide à faire passer un plat un peu gras. Comme beaucoup d’agrumes, il ne pousse que sous un climat chaud – d’ailleurs, son odeur éloigne les moustiques – et est en grande partie importé. Toutefois, le Sud de la France est une terre propice à son épanouissement. La ville de Menton le célèbre depuis presque 80 ans avec force chars et décorations lors de son carnaval. Et en Corse, des vergers bio s’étendent dans la plaine côtière d’Aleria.

Bio du jus au zeste Son parfum est surtout concentré dans la fine pellicule ensoleillée de son écorce, celle dont on tire le zeste et qui sert aussi à la confection d’huiles essentielles. Ne vous laissez pas abuser par la mention “Non traité” qui ne s’applique en général qu’après la récolte. Pour profiter pleinement de ce fruit, du jus au zeste, choisissez-le bio. Peu calorique, le citron est riche en vitamine C mais ce taux diminue rapidement lorsque le jus est extrait, d’où l’impor-

TIRAMISU AU CITRON Pour 6 personnes / Préparation 30 mn – à préparer la veille • 4 citrons • 40 biscuits à la cuiller • 4 œufs • 500 g de mascarpone • 100 g de cassonade • 3 c. à s. de sirop de canne • 3 c. à s. de rhum blanc

1. Casser les œufs en séparant les

blancs des jaunes. Monter les blancs en neige. Mélanger les jaunes avec la cassonade, le jus et le zeste de deux citrons et le mascarpone, puis ajouter les blancs en neige.

2. Presser le jus des deux autres citrons et conserver la peau. Mélanger le jus avec le rhum et le sirop (ou cassonade à laisser fondre).

3. Cuire environ 10 mn en remuant à l’occasion. Retirer du feu et laisser refroidir.

4. Conserver au frais plusieurs heures avant de servir. 38

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tance de le presser à la dernière minute. Sa haute teneur en potassium permet de transformer cet aliment très acide, dont le pH est inférieur à 3, en aliment alcalinisant lors de l’ingestion. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il est utilisé comme ingrédient dans la crème Budwig de la méthode Kousmine, qui prône un régime santé à l’aide d’aliments basiques. Côté salé, le citron accompagne à merveille le poisson et la volaille, son jus revigore une salade de carottes ou de champignons frais et se mélange très bien à une sauce plus élaborée pour accompagner toutes sortes de crudités. Côté sucré, il allège les desserts avec une touche acidulée : confit dans du chocolat noir, en lemon curd pour garnir une tarte, en zeste et en jus pour parfumer un cake tout simple ou un gâteau au yaourt, en jus dans un fromage blanc avec des flocons de céréales pour le petit-déjeuner de ceux que tout écœure le matin. Quand une recette manque de peps, il est souvent bon de penser au citron. À condition de le doser avec modération. Christine Raout

RISOTTO CHÈVRE CITRON Pour 4 personnes / Préparation 10 mn - cuisson 40 mn. • 300 g de riz rond • 1 citron • 1 fromage de chèvre frais (100 g) • une douzaine de jeunes poireaux • 2 gousses d’ail • 4 c. à s. de graines de pavot • 3 c. à s. d’huile d’olive.

1. Séparer le vert du blanc des poireaux. Mettre le vert à bouillir dans

un litre d’eau et réserver le bouillon au chaud. Couper les blancs en petits tronçons et l’ail en lamelles.

2. Faire revenir les légumes rapidement avec l’huile d’olive, puis ajouter le riz et le zeste du citron. Bien mélanger en laissant chauffer. Ajouter le jus du citron, remuer jusqu’à absorption, puis ajouter louche par louche le bouillon de poireau toujours en remuant jusqu’à ce que le riz soit juste cuit.

3. Ajouter le pavot et le fromage. Servir immédiatement. Variante végétalienne : remplacer le fromage de chèvre par 3 c. à s. de purée d’amande blanche.


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HABITAT

Assainissement individuel

Les atouts de la

phytoépuration

En 2012, l’assainissement individuel sera obligatoire pour toutes les maisons non raccordées au réseau. La phytoépuration, ou filtre planté de roseaux, offre une alternative écologique à la fosse toutes-eaux en éliminant totalement la pollution et en évitant le traitement des boues.

Les roseaux et massettes sont les plantes les plus épuratrices. Iris, carex et autres plantes des marais améliorent la biodiversité et l’aspect paysager du système.

et de fosse à nettoyer régulièrement, elle garantit une dégradation complète de la matière organique. “Il s’agit surtout d’un système 100 % autonome puisqu’il n’y a pas de boues à exporter et à traiter”, confirme Florian Audrain, référent technique à la société Label Verte. De plus, les bassins végétalisés s’intègrent parfaitement dans l’environnement local avec un côté “jardin naturel” en plus.

2 à 4 m2 par habitant

Un entretien régulier et une gestion rigoureuse des bassins sont nécessaires pour ne pas se laisser déborder par la végétation.

Chaque maison doit être raccordée au tout-à-l’égout. Mais, lorsque celui-ci est trop éloigné, le recours à une solution individuelle est incontournable. La solution la plus souvent retenue consiste à installer une fosse septique recueillant les eaux usées. Mais celle-ci n’élimine pas complètement la pollution et ne traite ni les nitrates ni les phosphates. La phytoépuration, ou filtres plantés de roseaux, offre une alternative écologique. Outre l’absence de mauvaises odeurs

La phytoépuration peut être utilisée dans des projets d’assainissement individuels ou collectifs et même pour les effluents agricoles. Elle convient à tous les types de sol. Les bassins, ou filtres plantés, devront cependant être étanches pour éviter l’assèchement et maîtriser l’évacuation des eaux usées. “Le système est sans danger pour les enfants car le niveau de l’eau est toujours inférieur aux granulats”, précise Edwige Le Douarin, co-fondatrice de la société Aquatiris. Certaines entreprises spécialisées ont mis en place leur propre système homologué d’épuration par les plantes. Le principe est simple. Les eaux usées sont évacuées vers une série de deux, voire trois filtres successifs. Un seul bassin peut suffire avec des toilettes sèches. Un préfiltre retient les éléments en suspension. Un filtre à sable peut également être proposé, en supplément, pour un traitement de finition. L’emprise au sol de l’installation est de 2 à 4 m2 minimum par habitant selon le

Les filtres plantés de roseaux peuvent être utilisés avec des toilettes ordinaires. Cependant, la présence de toilettes sèches permet de réduire et d’optimiser l’installation.

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système retenu : avec ou sans toilettes sèches. L’emplacement doit être prévu, de préférence, en contrebas de la maison. Sinon, une pompe de relevage est nécessaire.

Les bactéries en action “Contrairement aux apparences, ce sont, en réalité, les bactéries présentes dans le substrat qui sont à l’origine de l’épuration de l’eau”, explique Edwige Le Douarin. “Dans le premier bassin, à écoulement vertical, l’épuration s’effectue en milieu aérobie (en présence d’oxygène). Avec des toilettes à eau, le second filtre, à écoulement horizontal, complète le processus de dégradation en milieu anaérobie (sans oxygène). Les plantes, elles, jouent avant tout un rôle mécanique. Associées aux vers, insectes et autres petits animaux, elles assurent une action anti-colmatante du substrat.” Une fois la matière organique décomposée, elles peuvent également l’assimiler, en partie, sous forme de nitrates et de phosphates. Plusieurs types de plantes peuvent être utilisés. “Les roseaux, massettes et phragmites ont la particularité de coloniser rapidement les bassins. L’intense réseau racinaire favorise, par ailleurs, la fi xation des bactéries épuratrices sur les rhizomes”, explique Florian Audrain. “D’autres plantes telles que les carex, la salicaire commune, l’iris des marais ou la prêle des champs sont plus destinées aux bassins secondaires. Leur pouvoir épurateur est moindre que celui des roseaux. Mais elles jouent un rôle important pour la biodiversité et l’aspect paysager du système d’épuration.” Grâce à ces processus efficaces, les rejets en fin de filière sont totalement incolores et inodores. L’eau traitée pourra, sans problème, être réutilisée pour le jardin, évacuée

La mise en place de filtres plantés de roseaux nécessite quelques travaux de terrassement qu’il est préférable de prévoir au moment de la construction de la maison. Mais il existe aussi des systèmes conservant l’ancienne fosse en présystème de traitement.

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HABITAT dans le sol ou dirigée vers un bassin d’agrément. Certains systèmes sont équipés d’appareils de mesure vérifiant en permanence la qualité des rejets.

Gestion rigoureuse Le coût d’installation de filtres plantés de roseaux pour une famille de 4 personnes est généralement compris entre 4 000 € pour une installation en partie autoconstruite et avec l’utiLes jardins d’épuration nécessitent une lisation de toilettes sèches mise en œuvre technique et soignée. et jusqu’à 10 000 € avec Les bassins doivent être parfaitement des toilettes à eau si les étanches pour maîtriser l’écoulement des eaux. travaux sont entièrement réalisés par une entreprise spécialisée. L’intervention d’un bureau d’études permet de prendre en compte les contraintes topographiques et pédologiques, de dimensionner l’installation et d’établir les plans d’exécution. Il prend généralement en charge les aspects réglementaires et les déclarations en mairie. L’installation doit répondre aux normes européennes de rejet. Depuis septembre 2009, les systèmes d’épuration par les plantes, développés par Les plantes jouent avant tout un rôle mé- des sociétés spécialisées, canique. Ce sont les bactéries présentes dans le substrat qui éliminent la pollution peuvent obtenir un agréde l’eau. ment à l’issu de tests et d’analyses pendant un an. En l’absence de système homologué, une autorisation doit être obtenue, à titre expérimental, auprès de la mairie et ce, pour une durée d’un an. La qualité des rejets doit ensuite être contrôlée au moins une fois par an. La phytoépuration nécessite, par ailleurs, un entretien régulier et une gestion rigoureuse, notamment pour faire face à la prolifération de la végétation. Cet entretien peut être réalisé par le propriétaire lui-même ou par l’installateur du système. La principale intervention consiste à couper les roseaux au minimum tous les deux ans, voire une fois par an. “Cette opération n’a pas d’effet sur l’efficacité des filtres mais uniquement sur l’aspect paysager du système”, précise Edwige Le Douarin. Le préfiltre, servant à retenir les matières organiques en suspension, doit également être nettoyé régulièrement : une fois par semaine pour un filtre à paille, indique la société Label Verte. Enfin, le compost, présent à la surface des filtres, doit être retiré tous les 10 ans. À noter qu’en cas d’absence prolongée des pro-

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Les bassins d’épuration sont en réalité sans danger pour les enfants car le niveau d’eau ne doit pas dépasser l’épaisseur du substrat.

priétaires en période de sécheresse, les filtres et les plantes peuvent venir à manquer d’eau. Ce qui peut compromettre, par la suite, l’efficacité du système d’assainissement.

Toilettes sèches Plusieurs types de pollution doivent être traités par un système d’assainissement autonome. Les eaux grises provenant de la cuisine, de la salle de bain et de la machine à laver comprennent des graisses, des détergents et autres substances utilisées en amont. Les eaux-vannes, provenant des toilettes, comprennent des matières fécales, plus difficiles à traiter. La phytoépuration est, pour cette raison, très souvent associée à l’utilisation de toilettes sèches. Ce système parfaitement écologique réduit de 3 à 4 fois la charge polluante et de 25 % la consommation d’eau. Il divise ainsi par 3 la surface d’assainissement. Avant usage, il suffit de déposer un peu de sciure de bois au fond des toilettes. Le contenu du seau doit être vidé au moins une fois par semaine dans le bac et composté pour être ensuite recyclé au jardin au bout d’un an ou deux. Différents modèles de toilettes sèches sont en vente sur internet ou sur les salons spécialisés. Pour que les filtres plantés de roseaux soient parfaitement efficaces, il Les toilettes sèches sont généraest également nécessaire d’utilement associées à la phytoépuliser des savons et des produits ration. Ils réduisent la surface des de nettoyage biodégradables. bassins et améliorent la qualité de L’emploi de produits bactéricil’eau rejetée dans la nature. des, tels que l’eau de javel, doit être proscrit. Ils peuvent être remplacés par des produits d’entretien écologiques capables de garder une maison propre et saine sans détériorer la qualité de l’eau. Philippe Guibert En savoir plus : - Association Eau Vivante 31 - http://eauvivante31.free.fr - Réseau national des bureaux d’études Aquatiris www.aquatiris.fr -Société Label Verte - www.labelverte.org


JARDIN

Soucis, capucines, marguerites…

Les fleurs à déguster Au potager, pour varier les plaisirs, offrez-vous un carré de fleurs comestibles. Elles égayent vos salades et parfument desserts et confitures. Cultivées au jardin ou ramassées (prudemment !) dans la nature, elles apportent aux plats couleurs, goûts et vitamines.

BIBLIO

De l’Antiquité au Moyen Age, on utilisait abondamment des fleurs aromatiques et légumières pour parfumer et conserver les mets : marjolaine, lavande, brocoli, artichaut, rose, girofle, safran… Puis, cette pratique tomba dans l’oubli. Les fleurs comestibles ne sont revenues que récemment dans les assiettes, au grand plaisir des yeux et des papilles. Avant de se lancer, plusieurs précautions sont à prendre : utiliser des fleurs du jardin est préférable à celles de la cueillette sauvage : cela évite les erreurs d’identification. Car, si la nature offre des centaines d’espèces florales comestibles, d’autres belles et parfumées peuvent se révéler mortelles ! Vérifiez aussi qu’elles n’ont pas été traitées par des pesticides ou polluées par la circulation automobile. Ne testez jamais les fleurs d’un fleuriste car elles sont souvent gorgées de pesticides et de conservateurs. Si la plupart se consomme cru, certaines peuvent être préparées : les boutons de capucines et de marguerites macérés dans le vinaigre donnent de délicieuses câpres ; les fleurs de violettes dans le sucre glace se transforment en confiseries. Au jardin, cueillezles “à la fraîche” ou au coucher du soleil pour garder leur couleur et leur saveur. Elles peuvent aussi s’acheter sur les Petit atlas plantes comestibles : 60 plantes sauvages à cuisiner, Éd. Delachaux Bonnes à croquer : fleurs comestibles de nos campagnes, Éd. Équinoxe La cuisine des fleurs, Alice Caron-Lambert, Éd. ACR Cuisinons les fleurs, Pierrette Nardo, Éd. Terre Vivante Sauvages et comestibles : herbes, fleurs & petites salades, Edisud

marchés. Avant de les consommer, lavez-les et ôtez leurs pistils et les étamines, sauf pour le safran où c’est la seule partie comestible.

Vivaces comme annuelles Parmi les vivaces à goûter, voici une liste de fleurs conseillées : l’achillée mille-feuille (dans les salades et avec les légumes), l’hémérocalle (farcie), la mauve musquée (en tisane pectorale), la monarde et le phlox (en guise d’épice dans les salades), la rose et la violette (en confitures et desserts). Parmi les annuelles, testez les fleurs de bégonia tubéreux (en vinaigrette), de bourrache (pour son curieux goût de concombre), de capucine (pour le goût poivré de ses fleurs et ses boutons délicieux en câpres vinaigrés), les courges (les fleurs mâles seulement, farcies ou en beignets), les glaïeuls (aussi beaux que bons en salades ou pour orner une coupe de glace), l’impatiens et la pensée (au délicieux goût de violette en desserts), les pétunias et le tournesol (en salades), le souci (ou “safran du pauvre” en épices). Leur palette de saveurs vous étonnera : acidulé, amer, piquant, âcre, doux, sucré… N’hésitez pas à les déguster sous diverses formes car elles ne sont pas caloriques : en salades, en accompagnements de plats, farcies, en beignets, en sorbets et glaces, en confitures et liqueurs. Mais, si vous êtes allergique aux pollens, ne consommez pas de fleurs ! Pierrick Le Bio Jardinier

! Fleurs toxiques Si au jardin, vous êtes sûr de l’espèce consommée, car cultivée par vos soins, dans la nature, il est plus facile de se tromper. Soyez très prudent et ne croquez que des espèces bien identifiées et méfiez-vous des “copies” parfois trompeuses. Le mieux est de suivre un stage avec un botaniste cueilleur qui vous apprendra à “séparer le bon grain de l’ivraie”. La liste des fleurs toxiques est très longue (plus de 200 !) en voici seulement quelques-unes : aconit, airelle rouge, arbre aux 40 écus, aristoloche clématite, arnica montagnard, arum, aucuba, belladone, bouton d’or, chèvrefeuille, clématite, colchique, cytise, datura, digitale, ellébore, euphorbe, genêt, genévrier, glycine, lierre, mahonia, muguet, narcisse, perce neige, pomme de terre, renoncule, sureau à grappes, sureau rouge, tomate, viorne, yeble, etc. (liste complète sur http://plantes.toxiques.free.fr/)

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22 PLACE JEAN MOULIN LA VIE CLAIRE MOUGINS - 118 CHEMIN DE CARIMAI 20 RUE SAINT VINCENT 104 RUE DE VERDUN ROUTE DES PYRENEES 87 RUE D’ITALIE 52 AVENUE DE LA REPUBLIQUE CHEMIN DES SALINES 7 AV GEORGES POMPIDOU 6 RUE FORGERONS ZA LES LANDES FLEURIES 11 AVENUE HENRI ROCHIER 10 COURS DE VERDUN 1 RUE JACQUES MONOD 11 RUE SAINT DENIS PLANETE BIO NATURE - CENTRE COMMERCIAL LES 3 PONTS 16 AVENUE DE LA GARE - PORT DE TREBOUL 7 RUE DE LA POTERIE 40-42 COURS PASTEUR 25 BIS R JEAN JACQUES ROUSSEAU 32 BOULEVARD DE GROSLAY 1 PLACE DU PARC ANGER 17 RUE CHALMEL 13 RUE DE HOLLANDE 214 COURS DE LA LIBERATION 23 RUE DU DR PAUL SAGE - BD GAMBETTA 19 AV DE LA COTE D’ARGENT 45 RUE DES MINIMES ZA DES MOLETONS CHEMIN DES PLANCHES 6 AV ARISTIDE BRIAND 14 RUE JALLOT ZA LE PONT 13 RUE DE LA HALLE ZONE COMMERCIALE PORTE OCEANE - 8 RUE D IRLANDE 2 RUE D’ HANOI 1 RUE PRISSE D’AVENNE ZA DE VAUX - 118 AVENUE DU TREMBLAY 20 RUE ANDRE MAZELINE 46 ROUTE D’ ARITXAGUE 17 RUE GENERAL LECLERC 3 AVENUE CHARLES COUYBA 41 PLACE D’ALGER S NATURE - 17 RUE DE LA GALERE 11 RUE DENIS PAPIN 11 AVENUE FOCH 6 PLACE FULGENCE BIENVENUE C. COMMERCIAL DE LA CLAIRIERE - 1 RUE DE L ETANG DE LA TOUR 4 RUE DE L’ESPACE 34 AVENUE GABRIEL PERI C. CIAL EXONA - RUE JEAN COCTEAU ROUTE DE CHASSE - LES BERGES DU ROUILLON C. COMMERCIAL INTERMARCHE - RUE MOLIERE

03000 06250 09000 11000 11190 13006 13310 14800 15000 15000 22100 26110 26400 27000 27800 28000 29100 29870 33000 34300 35300 35600 37000 37100 38100 38100 40170 42300 43120 49120 50100 50440 50690 54200 56400 58000 59440 60100 61000 64600 67320 70100 72000 72013 73000 76190 77600 78120 79300 81500 91100 91160 91520

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04 70 46 51 65 04 93 94 77 00 05 61 03 66 57 04 68 25 15 15 04 68 74 03 80 04 91 63 52 86 04 90 47 27 92 02 31 88 55 94 04 71 63 56 40 04 71 64 85 03 02 96 87 00 72 04 75 28 10 44 04 75 25 34 38 02 32 31 13 72 02 32 47 65 82 02 37 90 36 20 02 98 75 55 50 02 98 04 16 76 05 56 94 71 19 04 67 26 10 55 02 99 99 54 91 02 99 72 19 21 02 47 66 77 77 04 76 23 98 60 09 62 51 64 17 05 58 42 74 91 04 77 71 03 42 04 71 59 85 25 02 41 30 64 82 02 33 44 88 09 02 33 52 84 65 02 33 93 93 03 03 83 64 19 57 02 97 24 28 57 03 86 61 08 28 03 27 59 80 78 03 44 27 15 66 02 33 26 81 48 05 59 42 22 30 03 88 00 67 83 03 84 31 65 80 02 43 87 77 03 02 43 24 81 84 04 79 25 88 35 02 35 95 24 47 01 60 94 17 96 05 49 65 50 62 05 63 58 17 28 01 60 89 87 80 01 60 13 88 60

Kdjhhdj]V^iZogZXZkd^gZiY^hig^WjZgaVgZkjZ:X]dW^d\gVij^iZbZci|kdhXa^Zcih4Kdjhhdj]V^iZoZcgZXZkd^gjcZfjVci^i‚eajh^bedgiVciZ4 6eeZaZo"cdjhVj%'.-.-%&)*djedhZo"cdjhkdhfjZhi^dcheVgbV^a|aÉVYgZhhZhj^kVciZ/ejW#ZX]dW^d5ÒiVbVci#[g :Y^i^dch;^iVbVci"'gjZ;‚a^mAZ9VciZX"'.%%%FJ>BE:G"I‚a#%'.-',(,++";Vm%'.-',(,+*


NOUVEAUTÉS PRODUITS Coffret Weleda

Au salon des thés Lima nous invite à deux découvertes dans son salon de thés verts : Green Bancha, un thé séché à l’extrême douceur, se marie agréablement avec des saveurs culinaires asiatiques ; quant au Oolong, semi-fermenté, il diffuse un parfum singulier porté par un puissant arôme fleuri.

Pour fêter ses 90 ans, Weleda propose un coffret de 6 produits au format découverte : une crème douche à l’argousier, un lait démaquillant doux à l’hamamélis, une huile régénératrice à la grenade, un fluide lissant à la rose musquée, une pâte dentifrice au ratanhia et une crème hydratante homme. A glisser dans sa trousse de voyage !

www.weleda90ans.fr

www.limafood.com

Un visage pourléché

tte Un petit jardin dans l’assie Graines à germer et germoirs s’invitent en cuisine au travers de la gamme bio snacky de A.Vogel. Au côté des classiques luzerne, fenugrec, cresson ou trèfle rouge, on trouve des associations originales telles qu’un Mélange Vitalité (haricot mungo, lentilles, radis noir et moutarde) ou encore un Mélange Fitness (radis blanc, haricot mungo et froment).

Pour satisfaire les femmes soucieuses de leur beauté, Cosmediet propose une nouvelle gamme visage baptisée Bioformule. Crème de jour, lait démaquillant, crème nourrissante de nuit, exfoliant-gommage… en appellent à de très nombreux et variés actifs naturels.

www.cosmediet.fr

www.avogel.fr

Des quetsches cueillies à pleine maturité, tendres et gorgées de jus, quelques concentrés de citron et de raisin pour adoucir la note acidulée de la prune : le Délice de quetsches de Vitabio, onctueux à souhait, se déguste volontiers sur une tartine ou avec un fromage blanc.

www.vitabio.fr

Finis les cheveux ternes Le shampoing traitant Biocapilargil de Dermaclay redonne de la brillance aux cheveux. Sa formule les protège de la luminosité qui ternit les chevelures blondes, blanches et grises tout en aidant les mèches à conserver plus longtemps leur éclat. Idéal pour embellir sa chevelure et lui donner des reflets chatoyants.

www.eumadis.com

Pour éviter les cystites En prévention contre les cystites, infection urinaire qui touche beaucoup les femmes, Fitoform propose Cystactif, une réponse efficace et naturelle. Grâce à une baie rouge de la famille des myrtilles, Cranberry Vaccinium macrocarpon, le produit empêche les bactéries responsables des cystites d’adhérer à la paroi vésicale, soulage rapidement la gêne et prévient les récidives.

www.fitoform.com

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Soyez fleur parmi les fleurs Les Douces Angevines magnifient la beauté féminine en harmonie avec la nature. Pour donner au corps le velouté d’une peau de reine, elles proposent un gommage précieux à préparer en quelques secondes. Le Jardin de Jasmine stimule la micro-circulation et favorise la régénération des cellules. Quant au visage, il ne souffrira plus aucune impureté avec Lumière, un gommage vivifiant qui affine le grain.

www.doucesangevines.com

Des meubles écologiques Familiale et artisanale, l’entreprise d’ébénisterie de Anne et Dominique Mabit propose, sous la marque Ecologie design, des collections de meubles fabriqués dans le respect de l’environnement, avec des matériaux écologiques et des essences de bois français. Literie, bureaux, meubles modulables... à voir dans le magasin-expo qui vient d’ouvrir à Paris 11e, 55, rue Léon-Frot.

www.ecologie-design.fr

Informations fournies par les fabricants

Délice de quetsches


AGENDA

Petit tour de France

des salons et foires bio L’ensemble des foires, salons et festivals bio sur www.echobio.fr

Alsace 67 – Haguenau 28, 29 mai – Foire bio de Haguenau Produits bio, bien-être, écologie. Conf., ateliers. Gratuit. Org : Ass. Graine.//ass.graine.free.fr 68 – Colmar 2 au 6 juin – Foire Éco-Bio d’Alsace Producteurs bio, associations, écologie, citoyenneté. Conf., ateliers, animations. Thème : l’écologie solidaire pour construire l’avenir. Payant (6 €). Org : Ass. Ecobio Alsace. www.foireecobioalsace.fr

Aquitaine 24 – Trélissac 22 mai – Faîtes Bio Producteurs bio, écologie au quotidien. Conf., animations. Thème : la bio c’est bien ; la bio locale c’est mieux. Gratuit. Org : Agrobio Périgord.//foirebio24. over-blog.com 64 – Hendaye/Irun 3 au 5 juin – Bioterra Produits bio, habitat écologique, bienêtre. Conf., ateliers. Payant (3 €). Org : Ficoba. www.ficoba.org 47 – Bazens 26 juin – Foire bio Producteurs bio, artisans, bien-être. Thème : comment mieux se nourrir avec des produits de saison et locaux. Conf., animations. Gratuit. Org : Ass. Vivre à Bazens. Tél. : 05 53 87 23 67.

Bourgogne 58 – Decize 22 mai – Fête Éco-Bio Nivernaise Produits bio, bien-être, écologie au quotidien. Conf., animations. Org : Ferme Gilbert Champagne. Tél. : 03 86 50 65 57.

89 – Villeneuve-sur-Yonne 22 mai – Marché bio Producteurs bio, artisanat local, commerce équitable. Conf. Gratuit. Org : Groupement des Agrobio de l’Yonne (Gaby). Tél : 03 86 72 92 20. 21 – Dijon 27 au 30 mai – Bio & Construction saine Produits bio, bien-être, habitat sain. Conf., animations. Payant (4 € ), entrées gratuites téléch. sur site. Org : Bio & Co. www.salonbioeco.com 89 – Saints-en-Puisaye 10 juillet – Marché bio du Pays de Puisaye Forterre Produits bio, artisanat, bien-être. Gratuit. Org : Gaby. Tél : 03 86 72 92 20.

Bretagne 29 – Crozon 28, 29 mai – Fête bio Produits bio, bien-être, éco-habitat. Conf., ateliers cuisine, jardinage. Payant (1,5 €). Org : Startijenn. Tél. : 02 98 27 67 60. 35 – Rennes 24 au 26 juin – Natura’Zik Habitat écologique, produits bio, tourisme équitable. Conf., animations, concerts. Gratuit ou payant au choix. Org : Les Bâtisseurs d’Événements. www.naturazik.com

ChampagneArdennes 08 – Wadelincourt 11, 12 juin – Foire bio des Ardennes Producteurs bio, artisans bio, habitat écologique. Conf. Gratuit. Org : Agrobio Ardennes. Tél. : 03 24 33 71 29.

51 – Fagnières 18, 19 juin – Fagnières Nature Producteurs bio, écologie. Conf., animations. Gratuit. Org : Mairie. www.mairie-de-fagnieres.com

FrancheComté 25 – Besançon 21, 22 mai – Marché du Printemps Bio Producteurs bio, environnement. Animations. Gratuit. Org : Interbio Franche-Comté. Tél. : 03 81 54 71 72.

Ile-de-France 75 – Paris Expo 20 au 23 mai – Vivez Nature Produits bio, habitat sain, écologie. Conf., ateliers. Espace détente. Payant (5 €), entrées gratuites téléch. sur site. Org : Naturally. www.vivez-nature.com

LanguedocRoussillon 48 – St-Martin-de-Boubaux 22 mai – Fête de l’eau Stands, expos, ateliers, débats. Gratuit. Org : Ass. l’Esperluette, la Vie au Grand Air des Cévennes, les Amis de Lou Bissac. Tél. : 04 66 45 40 06. 34 – Celles 29 mai – Journée de la qualité environnementale Habitat écologique. Conf. Gratuit. Org : Ass. Variance.//variance.free.fr 11 – Durban 5 juin – Foire bio Producteurs bio, environnement. Conf. Gratuit. Org : CC de la Contrée de

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AGENDA Durban. Tél. : 04 68 43 36 57.

PACA

30 – Barjac 18, 19 juin – Ethic et Nature Produits bio locaux, éco-habitat, bienêtre, tourisme vert. Conf. Gratuit. Org : OT. www.ethic-nature.com

83 – Collobrières 20 au 22 mai – Festival de la Nature Produits bio, habitat écologique. Conf., balades, expos. Gratuit. Org OT. www.collobrieres-tourisme.com

48 – Mende 10 juil. – La Cardabelle Producteurs bio, écologie, bien-être. Conf. Gratuit. Org : Ass. Eau de Roche. Tél. : 04 66 31 95 65.

05 – Serres 28, 29 mai – Serres en Bio Écologie, bien-être, producteurs bio. Thème : des abeilles et des hommes. Expos, films, conf. Gratuit. Org : Ass Serres en Bio.//foirebiodeserres. blogspot.com

Limousin 87 – Limoges 12 juin – Coccinelles et Compagnie Producteurs bio, écologie, bien-être. Conf. Gratuit. Org : Ass. Gablim. www.gablim.com 87 – Cussac 18 et 19 juin – Journées Éco-habitat Habitat écologique. Conf., expos, démo. Gratuit. Org : Parc Naturel Périgord Limousin. www.parc-naturel-perigordlimousin.com

Lorraine 57 – Forbach 11 et 12 juin – Forbach s’affiche en vert Produits bio, éco-habitat, bien-être. Conf., anim. Payant (3 €). Org : Centre Européen des Congrès. www.congres-burghof.com

MidiPyrénées 31 – Muret 20 au 22 mai – La Belle Bio Produits bio, écologie, habitat sain. Film, conf. Gratuit. Org : Ass. Les Econautes. www.labellebio.org 32 – Plaisance-du-Gers 21 mai – Bio Écho Producteurs bio, environnement, écologie. Thème : Puiser dans nos traditions les recettes d’un développement durable et harmonieux. Conf., animations. Gratuit. Org : Ass. Tout Naturellement.//bioplaisance.jimdo.com 81 – Gaillac 12, 13 juin – Biocybèle Producteurs bio, écologie, citoyenneté. Conf., animations. Org : Nature et Progrès Tarn. www.biocybele.net

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84 – Mérindol-en-Luberon 4, 5 juin – Rencontres Écocitoyennes Énergies renouvelables, écologie, modes de vie responsables. Conf. Gratuit. Org : Ass. Action Mérindol Environnement. www.rencontres-ecocitoyennes.net 84 – Tourrettes 11 au 13 juin – Rencontres Éco-bio Artisanat, produits bio, écologie. Animations, conf. Gratuit. Org : Féd. Dép. des Foyers Ruraux. www.foyersrurauxpaca.org 06 – Nice 11 au 13 juin – Bionazur Produits bio, bien-être, habitat écologique. Conf. Gratuit. Org : Nicexpo. www.nicexpo.org 83 – Signes 12 juin – Foire bio Alimentation bio, écologie, bien-être. Conf. Gratuit. Org : Nature et Progrès Var. Tél. : 04 94 57 94 30. 84 – Bonnieux 18 et 19 juin – Mabel nature Habitat naturel, environnement, écologie. Animations, conf., expos. Gratuit. Org : Maison du Livre. www.mabelnature.com

Pays-de-laLoire 44 – Le Pouliguen 3-5 juin – Salon du bio et du bien-être Produits bio, bien-être, santé. Conf., animations. Gratuit. Org : Mairie. www.lepouliguen.fr 53 – St-Hilaire-du-Maine 2,3 juil. – Planète en fête Producteurs bio, écologie, citoyenneté.

Conf., animations. Gratuit. Org : Civam Bio Mayenne. www.planete-en-fete.fr

PoitouCharentes 17 – Aytré 18 et 19 juin – Prairial Produits bio, écologie, citoyenneté. Conf. Gratuit. Org : Mairie d’Aytré. www.prairial.org

RhôneAlpes 26 – La Roche-sur-Grâne 21, 22 mai – Oasis en tous lieux Réflexions et échanges autour de projets de vie solidaires, écologiques. Gratuit. Org : Oasis en tous lieux. www.oasisentouslieux.org 26 – St-Marcel-les-Valence 22 mai – Croquons Nature Producteurs bio, associations. Animations, films. Gratuit. Org : Ass. Vivre à St-Marcel. www.croquonsnature.org 26 – Nyons 28, 29 mai – Naturellement Habitat écologique, produits bio, environnement. Conf., animations. Gratuit. Org : Ass. Ceder. www.ceder-provence.fr 69 – Lyon 17 au 19 juin – Vivez Bio Produits bio, habitat sain, écologie. Conf., ateliers. Espace détente. Payant (5 €), entrées gratuites téléch. sur site. Org : Naturally. www.vivez-nature.com 38 – Méaudre 2 et 3 juil. – Foire bio Produits bio, plantes, écologie, habitat sain. Thème : l’enfant et l’avenir de la planète. Conf. Gratuit. Org : OT. www.meaudre.com Du 1er au 15 juin Printemps Bio partout en France dans les magasins bio, les fermes… autour des produits bio. http://www.printempsbio.com/ Du 11 au 27 juin – Festival Mondial de la Terre www.festivaldelaterre.net


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À lire aussi • J’arrête de saler, astuces et recettes sans sel, Cécile et Christophe Berg, La Plage, 108 p., 12,90 €. • Les dictons de ma grenouille au fil des saisons, Jackie Séguin, Perles de Jouvence, 9,90 €. • Les dictons de mon jardinier, trucs et astuces au fil des saisons, Jackie Séguin, Perles de Jouvence, 9,90 €.

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2 rue Félix Le Dantec, 29000 Quimper (France), tél. 02 98 27 37 66, fax 02 98 27 37 65, e-mail : pub@fitamant.fr Gérant, directeur de la publication, Jacques Fitamant

Rédaction : Rédactrice en chef : Christine Rivry-Fournier, e-mail : redac.echobio@fitamant.fr Rédacteurs : M. Cosserat, M. Goulette, P. Guibert, C. Raout, F. Ripoche, V. Vidal. Secrétaire de rédaction : Gaëlle Poyade Charte graphique : Agence Dausset

Crédit photos : Couv, p6h, p6bg, p8h, p8bd, p10md, p16, p18, p19h, p20, p30-32, p33-36: Fotolia ; p4h : Paniers marseillais ; p4bg : C. Rivry-Fournier ; p4bd : Manger Bio Limousin ; p6bd : E-Graine ; p8bg, p10h, p10bg, p14h, p15 : G. Poyade ; p11 : F. Dion ; p 12 : P. Lazic ; p14b : Maison des Johnnies ; p17h : C. Daries Morelli ; p17m : B. Dariouch ; p17b : E. Darche ; p19b, p 28-29 : Les Paniers de la Mer ; p22 : CREAA ; p24 : M. Cosserat ; p26 : F. Ripoche ; p38 : C. Raout ; p40-41, p42h, p42bg : Aquatiris ; p42bd : P. Guibert ; p44 : P. Le Gall.

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Mai-Juin 2011 Toute reproduction interdite sans l’autorisation expresse de l’éditeur et de l’auteur.

Impression : sur papier labellisé PEFC (issu de forêts gérées durablement). Notre imprimeur Offset 5 (Vendée) respecte la charte Imprim’Vert. Seuls les produits indiqués comme tels, sont certifiés PEFC. Supplément Guide Maman-bébé


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