Gestion et technologie agricoles

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LA PROMOTION DE L’AGRICULTURE EN MONTÉRÉGIE ET AU CENTRE-DU-QUÉBEC

PRODUCTION ACÉRICOLE

Un million de million nouvelles entailles en Montérégie Montérégie

Aussi dans cette édition :

Entrevue avec Luc Goulet, président des PPAQ ..........................p.4

IRDA : la pyrolyse pour une gestion durable des résidus agricoles ..................................................................p.10

MAPAQ : quel est le portrait de la santé mentale des agriculteurs en Montérégie? ................................................p.16

e Numéro PP40051633 CULTIVER la
Jeudi 7 mars 2024 | Volume 49 | 3
réussite
2Jeudi 7 mars 2024Gestion et Technologie Agricoles

LA PROMOTION DE L’AGRICULTURE EN MONTÉRÉGIE ET AU CENTRE-DU-QUÉBEC

PRODUCTION ACÉRICOLE

136 nouvelles entreprises acéricoles en Montérégie pour 2024

C’est le genre de bonnes nouvelles dont l’industrie acéricole peut certainement se féliciter. Face à une demande en croissance continue pour les produits de l’érable et une réserve stratégique de sirop très sollicitée, les Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ) ont procédé en début d’année à l’attribution et au tirage de sept millions de nouvelles entailles pour des projets de démarrage et d’agrandissement, dont plus d’un million d’entailles ont été octroyées en Montérégie. Quelques nouveaux venus nous parlent de leur projet plus bas.

Pour rappel, un tel ajout porte le nombre total d’entailles à un potentiel de 4,8 millions pour la région montérégienne et de 62,5 millions au Québec d’ici avril 2026.

En Montérégie, les entreprises récipiendaires ont deux ans pour concrétiser leur projet si bien que pour la MontérégieEst, le portrait du nombre d’entailles dépassera à terme les 3,4 millions, alors que pour la Montérégie-Ouest, il atteindra 1,4 million d’entailles. L’annonce et le processus voient ainsi 136 nouveaux acériculteurs montérégiens joindre les rangs et

ÉDITEUR :

Benoit Chartier

RÉDACTEUR EN CHEF :

Martin Bourassa

ADJOINTE À LA RÉDACTION :

Annie Blanchette

TEXTES ET COORDINATION :

Yves Rivard

CONTRÔLEUR :

Monique Laliberté

DIRECTEUR DU TIRAGE : Pierre Charbonneau

DIRECTEUR DE LA PUBLICITÉ : Guillaume Bédard

DIRECTEUR DE LA

PRODUCTION : Alex Carrière

PUBLICITAIRES : Louise Beauregard Manon Brasseur

Luc Desrosiers Linda Douville Miriam Houle Isabelle St-Sauveur

permettre à 400 entreprises existantes, possédant du contingent, de croître en ajoutant des entailles dans leurs érablières au courant des prochaines années. Selon les PPAQ, avec cette nouvelle cohorte d’érablières, la Montérégie comptera désormais tout près de 1000 entreprises acéricoles, réparties de la façon suivante : 711 dans l’Est et 272 dans l’Ouest.

L’entrepreneuriat en tête, le sirop dans le cœur

Pour démarrer sa production en bonne et due forme, Jérémie Tremblay a décidé de construire un lieu de travail alliant le meilleur du traditionnel et du moderne : La Cabane en sucre. « Je baigne dans la production acéricole depuis ma jeunesse, confie-t-il. Presque toute ma famille produit du sirop. C’est lorsque j’ai racheté la terre de mon père que j’ai entrepris d’aménager le terrain pour permettre la collecte de sève. J’ai tout fait seul : construction de la cabane, installation des équipements, ouverture du chemin, etc. »

Pour cette première saison, M. Tremblay gérera 2300 entailles réparties sur 30 acres. Il prévoit toutefois de prendre de l’expansion dans le futur, alors que la transformation et la restauration l’intéressent fortement. « La Cabane en sucre a été construite pour permettre certaines activités. C’est donc un dossier à suivre. »

Du côté de Saint-Chrysostome, Jonathan Giroux se lance également en solo, bien qu’il bénéficie de l’expérience acquise au sein de l’entreprise acéricole familiale, M.J. Érablière. « Lorsque j’ai reçu mon contingent en 2021, je n’avais pas encore de part dans l’entreprise familiale, souligne M. Giroux. La situation a changé, et je me lance dans cette aventure, mais les deux entreprises restent liées. »

Cette année, il collectera la sève de 3000 entailles disséminées sur une aire de 30 acres. « J’ai décidé de me lancer parce que je voulais, ultimement, posséder davantage d’entailles et tester mes propres méthodes », fait valoir M. Giroux, qui ajoute du même souffle être équipé de manière moderne et efficiente.

Pour sa part, David Ostiguy, de l’Érablière Berguy, située à Saint-Joachim-deShefford, verra son nombre d’entailles

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La Cabane en sucre, le bâtiment récemment construit pour la nouvelle exploitation de Jérémie Tremblay, à Roxton

passer de 11 800 à 15 000 cette année. Autre nouveauté : l’érablière servira quatre autres producteurs en matière de bouillage. Un modèle communautariste appelé à croître, selon M. Ostiguy. « Les centres de bouillage représentent le futur, vu le coût important des équipements. Cela permettra à de petits producteurs d’exister. Pas de doute, notre évaporateur aux copeaux de bois, qui réutilise toute la biomasse, sera occupé au cours des prochaines semaines », révèle celui qui a déjà demandé un autre agrandissement de 4500 entailles supplémentaires.

Dernier témoignage : Pierre-Luc Laberge, déjà copropriétaire avec sa conjointe d’une entreprise en démarrage et relève officielle de l’entreprise familiale, bénéficiera à la fois d’un agrandissement et d’un nouveau contingent. « Le premier est de l’ordre de 4624 entailles et l’autre d’environ 300. En combinant les deux, il s’agit d’un parc de 9000 entailles, réparties sur une centaine d’acres », note celuici. « J’ai récemment construit une station de travail, un grand local avec garage. Il y a de la place pour un évaporateur dans le futur », conclut M. Laberge.

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En Montérégie

Démarrage

Attribution par tour de 200

Tirage

Montérégie-Est111

Montérégie-Est104477

Total

Tirage

Montérégie-Est34 622 entailles

Total 30141 266 entailles

Par région

Montérégie-Est292809 969 entailles

Montérégie-Ouest108280 691 entailles

Total 2 610 7 036 314 entailles

26 500 exemplaires distribués dans Le Courrier de Saint-Hyacinthe et par la poste aux producteurs agricoles dans les régions suivantes :

Montérégie-Est Montérégie-Ouest Centre-du-Québec

Gestion et Technologie AgricolesJeudi 7 mars 20243
Nous reconnaissons l’appui financier du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du Canada pour les périodiques, qui relève de Patrimoine canadien. Merci de recycler ce journal. PEFC/01-31-106 CertifiéPEFC Ceproduitestissude forêtsgérées durablementetde sourcescontrôlées www.pefc.org
Prochaine édition 11 avril 2024 Relève agricole et élevage équin
journalgta.ca
Le trio Giroux : Jonathan, Jean et Jérémy, prêts pour la saison 2024. Photo : gracieuseté. RIVARD Pond. Photo : François Larivière I GTA.
Montérégie-Est104316 272 entailles Montérégie-Ouest3290 399 entailles Total 702 1 687 390 entailles
208 entailles
26241 209 entailles Agrandissements d’entreprises existantes
Total
867 entailles
292 entailles
Montérégie-Ouest32190
702
563 entailles
3 955

Les PPAQ font le point sur différents dossiers

Yves RIVARD GTA

De quoi sera faite la saison des sucres 2024? Après une très bonne saison recensée pour la Montérégie l’an dernier, les producteurs gardent les doigts croisés. Leurs espoirs visent également les différents dossiers en cours, dont l’avancement contribuerait à l’optimisation de leur production et au développement de l’industrie. Luc Goulet, président des Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ), fait le point sur la saison actuelle et sur différents sujets.

GTA : Premier dossier : celui de l’acériculture en forêt publique. L’an dernier, à pareille date, vos trois grandes demandes : réserver 200 000 hectares de forêts publiques pour des activités durables, dont l’acériculture; annuler la nouvelle norme d’entaillage de 24 centimètres qui retirerait 1,8 million d’entailles; et remanier les Tables locales de gestion intégrée des ressources et du territoire n’avait pas réellement trouvé d’oreille attentive. Quel est l’état des lieux en 2024?

Luc Goulet : Le gouvernement a déposé un plan directeur en avril dernier, et nous sommes donc dans la première année de sa mise en application. Cet été, l’émission d’entailles a été très positive, tout comme la recherche de zones acéricoles entourant certaines entreprises. Deux actions qui permettent de contribuer au développement et à la consolidation de l’industrie.

Il faut prendre en considération que lorsqu’un acériculteur aménage une érablière, il le fait en fonction de la production de la sève, et non en matière de production de bois au mètre cube. Le développement passe assurément par la forêt privée et la forêt publique.

On ne répond pas à toutes nos attentes, mais nous poursuivons nos interventions afin de faire reconnaître notre moteur économique, nos besoins de filière. Notre objectif est de voir l’acériculture être reconnue au même titre que la foresterie.

GTA : Laquelle de vos trois demandes semble progresser davantage?

L.G. : Des gains ont été faits du côté des superficies d’intérêt acéricoles (SIA) et des normes d’entaillage. À cet effet, une clause grand-père a permis l’accompagnement des entreprises pendant la transition des normes sur terres publiques. Il reste maintenant à identifier les différents potentiels pour le court, le moyen et le long terme. C’est l’enjeu majeur qui reste à déterminer.

Guide 2024

Au moment de mettre sous presse, les PPAQ venaient tout juste de publier son Guide des nouveaux producteurs et productrices acéricoles. On y trouve une quantité importante d’informations mises à jour. À bon entendeur… https:// ppaq.ca/app/uploads/2024/02/20 24_Guide_prod_acericoles.pdf

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Luc Goulet, président des Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ). Photo : gracieuseté.

GTA : Autre enjeu à souligner, notamment en matière de production et de respect de la nature?

L.G. : Oui, celui de la reconnaissance de l’acériculture en matière de respect de la biodiversité. Plusieurs organismes de conservation mettent de la pression sur le gouvernement pour protéger certaines zones, quitte à en exclure l’acériculture. Les PPAQ ne demandent qu’à être reconnus comme alliés de la biodiversité. La production acéricole perdure dans le temps, nos pratiques sont durables et respectueuses. Les PPAQ demandent à ce qu’elles soient reconnues comme telles.

PROMOTION, OPTIMISATION

GTA : Parlez-nous du nouveau partenariat de trois ans d’Érable Québec avec les Canadiens de Montréal?

L.G. : C’est un beau partenariat, et les retombées sont très positives. Vous avez peut-être aussi vu les publicités télévisuelles des restaurants McDonald’s mettant en vedette des joueurs des Canadiens et du sirop d’érable. C’est un concept publicitaire qui avait été élaboré il y a quelques années avec l’acteur Claude Legault dans le cadre du Bye Bye à Radio-Canada. Le concept a été repris et développé à plus long terme. La notoriété de notre produit fait en sorte que cette campagne publicitaire n’a rien coûté aux PPAQ. Des présentations sont faites pendant les parties, des banderoles circulent, des animations sont faites, les concessions vendent différents produits de l’érable : il s’agit vraiment d’un partenariat gagnant-gagnant. Hockey et sirop d’érable, c’est clairement un maillage naturel pour les Québécois.

GTA : Chlorates et perchlorates : où en est-on avec ce dossier de contaminants alimentaires, en matière d’information et de prévention?

L.G. : On sensibilise les producteurs depuis plus de deux ans. Nous avons réeffectué des tests d’échantillons chez certains de nos producteurs. Cela fait partie de notre campagne de sensibilisation. On vient de terminer la Tournée des régions et, à chaque rencontre, nous insistons sur cet enjeu majeur pour le marché de l’exportation.

Un guide des meilleures pratiques est présentement en préparation pour accompagner nos producteurs et nos transformateurs afin d’optimiser leurs méthodes et pratiques. Chaque année, la fiche d’enregistrement des producteurs inclut une déclaration des produits utilisés pour répondre à la norme californienne en matière de plomb.

Cette année, afin de sensibiliser davantage les producteurs à l’importance des contaminants alimentaires, les PPAQ ont ajouté une question portant sur l’utilisation du chlore au formulaire. Selon les informations recueillies, il nous sera possible de cibler davantage nos interventions et tests d’échantillonnage vers ceux qui en font usage. Les PPAQ veilleront à ce que les producteurs ayant recours au chlore utilisent les volumes d’eau de rinçage adéquats pour respecter les normes.

UN CRÉNEAU EN FORTE HAUSSE

GTA : On recense plus d’un million de nouvelles entailles en Montérégie cette année. Comment s’est déroulé le processus pour les nouveaux producteurs?

L.G. : L’information a circulé au cours de l’été 2023. Beaucoup de non-producteurs

sont abonnés à nos publications et ont donc entrepris de soumettre leur candidature. La réponse a été bonne. Le tirage au sort annuel de la relève a permis à plusieurs candidats d’aller de l’avant. Du côté des entreprises en démarrage, deux modes existent : le mode d’attribution et le tirage au sort. En attribution, tous les dossiers ont obtenu jusqu’à 5600 entailles.

GTA : Qu’en est-il de la formation?

L.G. : Les PPAQ mettent présentement en place un parcours de formation spécialement conçu pour informer les nouveaux producteurs de la mission des PPAQ, de ses racines, de ses enjeux, de ses mandats. On y aborde différents sujets : meilleures pratiques, environnement de travail, mise en marché, contingent, etc. Tout devrait débuter au cours du mois de mars. Et plusieurs balados portant sur l’acériculture sont également disponibles.

La filière acéricole

Les Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ) représentent les intérêts de 13 300 acériculteurs et acéricultrices et de plus de 8000 entreprises acéricoles. Le Québec assure en moyenne 72 % de la production mondiale de sirop d’érable et exporte dans plus de 70 pays.

L’acériculture profite aussi à l’économie des régions. Quelque 12 583 emplois équivalent temps plein dépendent de cette activité. Elle contribue à la hauteur d’un milliard de dollars au PIB du Québec et du Canada et apporte des revenus de taxations de 235 M$.

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Photo : gracieuseté.
6Jeudi 7 mars 2024Gestion et Technologie Agricoles
Technologie AgricolesJeudi 7 mars 20247
Gestion et

La genèse du programme des travailleurs étrangers

Malgré les avancées technologiques et la mécanisation, beaucoup d’entreprises font appel à la main-d’œuvre étrangère pour combler leurs besoins. Les premiers ayant eu recours à cette ressource furent le secteur maraîcher, et ce depuis 1974 où le programme PTAS (programme des travailleurs agricoles saisonniers) était créé. C’est encore un secteur qui embauche beaucoup de TET (travailleurs étrangers temporaires), mais, depuis 20 ans, tous les secteurs de l’agriculture et de la transformation alimentaire ont besoin des TET pour assurer leurs opérations saisonnières ou annuelles.

Depuis la pandémie, qui a accentué la pénurie de main-d’œuvre, on pourrait penser que la machine administrative gouvernementale se serait adaptée en simplifiant les démarches pour les demandes, faute de main-d’œuvre locale, mais au contraire, l’exercice s’est alourdi. D’abord, au Québec, on ne fait pas comme les autres provinces : toutes les demandes qui sont faites à Service Canada pour l’obtention de l’EIMT (étude d’impact du maché du travail) sont envoyées au MIDI (Ministère de l’immigration, de la diversité et inclusion) qui, après analyse, émettra un certificat d’acceptation du Québec (CAQ, à ne pas confondre avec le parti politique).

Une fois ces deux étapes franchies, les documents sont envoyés à chaque travailleur dans leur pays par le biais d’une agence de liaison (organisme dédié aux

travailleurs agricoles) ou à des firmes reconnues, souvent des bureaux d’avocat. Les travailleurs (du Mexique et Guatemala) qui ont reçu les documents doivent ensuite faire parvenir ces documents à Service Canada au Mexique pour l’obtention d’un visa de voyage qui les autorise à entrer au pays sous des conditions très strictes.

Lorsqu’ils sont prêts à voyager une fois leur visa obtenu, il faut les loger, et le ou les bâtiments doivent répondre à des standards qui seront inspectés par une tierce partie à la demande de Service Canada. Vous vous doutez bien que toutes ces étapes représentent des coûts à assumer pour le demandeur (agriculteur ou transformateur), en plus du billet d’avion.

Outre les salaires des TET en usine qui sont régis souvent par une convention collective, les TET agricoles reçoivent le salaire minimum. Ce dernier a subi des hausses importantes en trois ans, passant de 14,25$/heure en 2022 à 15,25$/heure en 2023 et fait inattendu

annoncé à $15.75/heure, il sera plutôt à 16,02$/ heure, car il a été décidé de changer la référence pour les TET en prenant celle du fédéral. Ça semble encore trop bas face à l’inflation vécue chez nous, mais pour un producteur, cette charge pèse lourd dans la balance. Il n’a cependant pas d’autre choix que d’encaisser, car il ne peut se passer de cette main-d’œuvre devenue essentielle à la pérennité des entreprises.

Il faut prévoir six mois de délai entre la demande et l’arrivée des travailleurs. Enfin, comme si toutes ces mesures ne suffisaient pas, depuis deux ans, plus de 900 TET ont déserté en faisant fi des conditions de leur visa pour traverser les lignes et travailler aux États-Unis. Quel gâchis.

Aujourd’hui. les TET font partie du paysage de bien des villages au Québec. Si, au début, ils étaient perçus comme des étrangers, ils sont maintenant reconnus en tant que membres d’une famille agricole, de communautés rurales et contribuent à

Tout comme les TET qui sont essentiels aux activités agricoles, les technologues en agroalimentaire sont présents au Québec depuis plus de 60 ans et offrent une expertise-conseil qui pourrait davantage combler le service conseil qui est déficitaire faute d’une reconnaissance professionnelle. Le temps est venu de donner au Québec l’accès à cette ressource en toute autonomie.

Vincent Giasson, T.P.

Administrateur à l’ATA

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vous
L’ATA
informe
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Gestion

La pyrolyse pour une gestion durable des résidus agricoles

La pyrolyse, un processus de décomposition thermochimique (350-700 °C) de la biomasse en l’absence d’oxygène, se présente comme une solution innovante et durable pour la gestion des résidus agricoles en offrant une opportunité de produire des produits à haute valeur économique à partir de matières qui étaient autrefois enfouies ou jetées.

Un potentiel énergétique… à exploiter!

Le contexte québécois révèle un potentiel considérable en termes de résidus agricoles disponibles pour la pyrolyse. À eux seuls, les résidus de cultures et les résidus d’élevage (p. ex. les fumiers et les graisses animales) renferment un potentiel énergétique annuel important de 48 PJ/an. Considérant un taux d’efficacité de 35 %, cela représente l’énergie requise pour alimenter environ 264 000 ménages. Malheureusement, une grande partie de ces résidus végétaux et animaux est

actuellement éliminée par l’enfouissement, contribuant ainsi aux émissions de gaz à effet de serre (GES) et à la pollution de l’eau.

Un outil pour contrer les changements climatiques

La pyrolyse offre une alternative intéressante à l’enfouissement en convertissant ces résidus en produits utilisables à la ferme. Le biochar produit, en raison de sa porosité et de sa surface élevée, présente des avantages agronomiques tels que l’amélioration de la structure du sol, du prélèvement des éléments nutritifs, de la rétention d’eau et l’augmentation du rendement des cultures.

De plus, il agit comme un outil de lutte contre le changement climatique en séquestrant le carbone et en réduisant les émissions de GES du sol. La biohuile produite offre également des perspectives intéressantes en remplacement des combustibles fossiles dans les applications agricoles telles que le chauffage des serres et des bâtiments d’élevage, ou encore comme carburant de transport, après raffinage.

Cependant, ses propriétés différentes des combustibles fossiles, telles qu’une densité et une viscosité plus élevées, ainsi qu’une teneur en eau plus importante, nécessitent une adaptation. En plus des avantages environnementaux et éco-

nomiques, la pyrolyse offre des avantages sociaux, notamment la création d’emplois de qualité dans les régions agricoles. Étude de cas à l’IRDA : La pyrolyse du lisier de porc Une étude de cas sur la pyrolyse du lisier de porc a été réalisée dernièrement à l’IRDA et illustre concrètement les avantages de cette technologie. En traitant le lisier de porc en excès, la pyrolyse a permis de convertir jusqu’à 62 % de la fraction solide en biohuile et environ 25 % en biochar. La biohuile peut ensuite rempla-

plus abordable tout en contribuant à réduire les émissions de GES, tandis que le biochar peut être facilement valorisé comme amendement pour le sol.

En conclusion, la pyrolyse émerge comme une solution multifonctionnelle pour la gestion des résidus agricoles. En convertissant ces déchets en produits de valeur tels que le biochar et la biohuile, elle offre des avantages environnementaux, économiques et sociaux significatifs. Avec une gestion appropriée, la pyrolyse pourrait jouer un rôle crucial dans la transition vers une économie circulaire et durable, en transformant les déchets en

10Jeudi 7 mars 2024Gestion et Technologie Agricoles IRDA
Photo : IRDA.

Ottawa investit dans la normalisation des produits agricoles et agroalimentaires bio

Au cours des dernières années, la demande pour les produits alimentaires biologiques canadiens a augmenté, aussi bien au pays qu’à l’étranger. Le Canada est l’un des pays qui vendent le plus de produits alimentaires biologiques sur le marché mondial. La normalisation des pratiques et des substances pouvant porter la mention « biologique » est d’une importance primordiale pour continuer à assurer la compétitivité du Canada au niveau du commerce international.

La réglementation permet également de veiller à ce que les produits importés portant la mention « biologique » soient conformes aux normes canadiennes afin d’assurer la protection des consommateurs canadiens.

Lawrence MacAulay, ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, vient d’annoncer l’octroi de 502 374 $ à la Fédération biologique du Canada (FBC) pour l’aider à mettre à jour les normes régissant la production et la mise en marché des produits certifiés biologiques.

En collaboration avec le secteur biologique, la FBC mettra à jour les Normes canadiennes sur la culture biologique afin d’ajouter de nouvelles pratiques et substances autorisées et de réviser les sections liées au bien-être des animaux.

Le projet de la FBC sera axé sur la mise au point de pratiques novatrices, durables et écologiques qui contribuent à atténuer les effets des changements climatiques en captant et en stockant le carbone dans le sol et en réduisant les émissions de gaz à effet de serre.

La FBC se penchera également sur des pratiques d’agriculture régénératrice telles que l’agriculture verticale et les cultures exemptes de soleil, qui auront des effets positifs à long terme pour le secteur.

En bref

• La période de présentation de demandes au titre du programme Agri-assurance est ouverte.

• Les Normes canadiennes interdisent l’utilisation de tout matériel issu du génie génétique ou de l’édition génomique dans la production végétale et animale.

RPA : nouvelle période d’inscription

dès le 4 mars

Une nouvelle période d’inscription sera ouverte, à compter du 4 mars, pour participer à l’Initiative ministérielle de rétribution des pratiques agroenvironnementales (RPA).

Cette troisième période d’inscription permettra de soutenir plus de 1200 nouvelles entreprises agricoles en appuyant leurs efforts pour la mise en place de pratiques agroenvironnementales dans le cadre du Plan d’agriculture durable (PAD). Les entreprises qui appliquent des pratiques qui génèrent des gains environnementaux importants sont invitées à faire connaître leurs réalisations en s’inscrivant à la RPA.

Inscription

ponibles. Pour participer, vous devez répondre aux conditions d’admissibilité et vous engager, pour une période de trois ans, à appliquer au moins une des pratiques admissibles.

Remplissez le formulaire d’inscription dans votre dossier en ligne. Sous l’onglet « Services transactionnels », cliquez sur « Faire une demande d’aide financière –Rétribution des pratiques agroenvironnementales » et suivez les consignes.

Consultez les pages S’inscrire et Aide à l’inscription en ligne pour plus d’information.

Si vous n’avez pas de dossier à La Financière agricole (FADQ), contactez le centre de services de votre région qui vous accompagnera dans la démarche

Gestion et Technologie AgricolesJeudi 7 mars 202411

L’importance du perfectionnement en acériculture

En janvier dernier, sept millions de nouvelles entailles ont été distribuées au Québec pour des projets de démarrage et d’agrandissement. Seulement en Montérégie, plus d’une centaine de nouvelles entreprises acéricoles se sont ajoutées. De ce fait, il demeure primordial d’accompagner ces nouveaux producteurs avec une offre de formations continues variée. Dans cette optique, Parcours Formation, située à Saint-Hyacinthe, s’est spécialisé dans le perfectionnement en acériculture. Les nouveaux producteurs qui désirent mettre en œuvre leur érablière pourront en apprendre davantage sur l’aménagement acérico-forestier, l’installation de tubulure, la gestion de l’osmose ainsi que l’évaporation de la sève d’érable.

De leur côté, les Producteurs et productrices acéricoles de la Montérégie ont offert toute une gamme de formations axées sur la transformation des produits de l’érable de novembre 2023 à février 2024, autant pour les débutants que pour les producteurs expérimentés. Par ailleurs, en partenariat avec le Centre ACER, ils ont organisé

des formations sur l’utilisation et la calibration des instruments, le sirop d’érable de qualité ainsi que sur la salubrité pour améliorer le rendement et la qualité du sirop.

On en parle dans tous les médias, le besoin de TET ne cesse de s’accroître. En agriculture, cette main-d’œuvre est primordiale pour soutenir les besoins, Toutefois, cela amène un défi : bien intégrer et informer ces travailleurs. C’est pourquoi, en Montérégie, des personnes parlant l’espagnol s’occupent de répondre aux questions et préoccupations des TET. En appelant au 1 888 454-3998 ou le numéro WhatsApp 514 235-2765, ils pourront s’informer sur des sujets variés : fiscalité, prestations parentales, normes du travail, santé et sécurité, etc.

Enfin, l’application AGRI-connexion a été développée par AGRIcarrières et ses partenaires. Elle est disponible gratuitement sur l’App Store et Google Play. Par ailleurs, l’équipe d’AGRIcarrières a bonifié le contenu de l’application en créant une dizaine de fiches complémentaires sur des sujets comme les impôts et la confidentialité des informations de santé. Pour information : Valérie Plante au 450 454-5115 au poste 6286.

Formations sur mesure pour les TET

GUYLAINE MARTIN AGR. Répondante en formation agricole

L’offre de formation sur mesure en agriculture compte plus de 400 formations en salle et en ligne pour tout le Québec. Une trentaine sont offertes en espagnol. Ce nombre varie au cours de l’année.

Les formations en salle en espagnol sont : conduite de chariot élévateur, secourisme en milieu de travail et abattage d’arbres. Des cours de secourisme sont en préparation à Drummondville, Napierville et St-Rémi. Une formation sur l’abattage d’arbres est en préparation à Baie-du-Febvre.

D’autres formations pourraient s’organiser s’il y a une dizaine d’intéressés, et un formateur compétent qui parle espagnol. Il faut en discuter avec sa répondante en formation agricole. De plus, il est possible pour les travailleurs d’apprendre le français via le programme Agri-Francisation.

Pour ce qui est des formations en ligne, il y a deux formules : les capsules vidéo

gratuites et des formations avec vidéos et quiz. Elles sont disponibles en tout temps. On en retrouve en acériculture, en production laitière, en production maraichère et fruitière, en production porcine, sur l’utilisation des pesticides sous surveillance et en santé et sécurité au travail. Ces formations sont offertes à faible coût.

En production laitière, Lactanet propose son programme Formation pour l’intégration et l’accompagnement des travailleurs étrangers. L’agronome, Omar Sandoval, se rend à la ferme pour former les travailleurs sur la traite, la santé et le bien-être du troupeau, la reproduction, l’élevage, l’alimentation et la manipulation des animaux sans stress.

Les employeurs peuvent se préparer à accueillir un premier travailleur étranger. Des formations en ligne existent : Espagnol en agriculture, Mission TET, Employeurs de TET : les inspections se poursuivent, soyez prêts!, Employeurs de TET : conditions de travail, vous êtes au fait!, …

Pour plus d’information : uplus. upa.qc.ca ou contactez votre répondante en formation agricole, pour le Centre-du-Québec, Guylaine Martin, tél. : 819 758-6401 poste 2702, gmartin @formationagricole.com, pour la Montérégie, Valérie Plante, tél. : 450 454 5115, poste 6286, rfamonteregie@upa.qc.ca

12Jeudi 7 mars 2024Gestion et Technologie Agricoles Collectif en formation agricole Centre-du-Québec
Collectif en formation agricole Montérégie
VALÉRIE PLANTE, Agente en formation agricole
et Technologie AgricolesJeudi 7 mars 202413
Gestion

Concours de l’Ordre national du mérite agricole (ONMA) : depuis 1889!

L’ONMA récompense les femmes et les hommes comme vous qui excellent dans le secteur agricole et qui contribuent au développement de leur région et du Québec tout entier. Cette année, c’est au tour de l’Estrie, du Centre-du-Québec et de la Mauricie de célébrer leurs productrices et producteurs accomplis. Serez-vous du nombre?

En quoi consiste le concours?

• Les propriétaires d’entreprise agricole s’inscrivent dans les catégories bronze, argent ou or.

• Une équipe de juges visite les entreprises inscrites au concours pour en évaluer les différents aspects.

• Les prix sont décernés au cours d’un gala rassemblant participants et acteurs du milieu agricole des régions à l’honneur.

Pourquoi participer?

• Obtenir un portrait de son entreprise dressé par des juges chevronnés.

• Renforcer sa gestion et ses pratiques et se mesurer à ses pairs.

• Prendre part à une séance photo réalisée par un professionnel sur les lieux de son entreprise.

• Bénéficier d’une visibilité sur le plan régional et à l’échelle nationale.

Qui peut s’inscrire?

Les propriétaires d’une entreprise agricole – de tout secteur de production et de toute taille – enregistrée au MAPAQ depuis au moins cinq ans en date du 1er mai 2024 et servie par la Direction régionale du Centredu-Québec, de l’Estrie ou de la Mauricie.

• Inscription au plus tard le 1er mai : Québec.ca/ONMA

• Questions sur le concours ou l’inscription :

• Au Centre-du-Québec, communiquez avec Mme Louiselle Lebel à louiselle.lebel@mapaq.gouv.qc.ca.

• En Estrie, communiquez avec Jean-Philippe Blouin à jean-philippe.blouin @mapaq.gouv.qc.ca.

• En Mauricie, communiquez avec Yves Giguère à yves.giguere@mapaq.gouv.qc.ca.

14Jeudi 7 mars 2024Gestion et Technologie Agricoles

Rendez-vous FADQ : un webinaire pour faire face aux changements climatiques

La Financière agricole vous invite au Rendez-vous FADQ – Accompagner le secteur agricole face aux changements climatiques. Cette webconférence gratuite, prévue pour le mardi 26 mars, de 13 h 30 à 16h 15, rassemblera les différents acteurs du secteur agricole. Près de 700 participants ont pris part à ce rendezvous l’an dernier.

Les invités

Mot d’ouverture

Ernest Desrosiers, président-directeur général de La Financière agricole du Québec (FADQ)

Ernest Desrosiers a successivement occupé les postes de directeur de la planification, de directeur général de la division de l’agrofourniture Coop-Sonic et de chef de l’exploitation. Par la suite, il a été nommé sous-ministre associé et directeur général de Transformation alimentaire Québec, au MAPAQ. Il a exercé cette fonction de 2006 à 2010, soit jusqu’à sa nomination à titre de vice-président au financement de La Financière agricole, pour ensuite devenir président-directeur général de l’organisation. Il est membre retraité de l’Ordre des agronomes du Québec.

Les experts

Anne Blondlot, agr., coordonnatrice de programmation scientifique en adaptation, Ouranos

Anne Blondlot est membre de l’Ordre des agronomes du Québec et diplômée de l’École nationale supérieure d’agro-

nomie et des industries alimentaires de Nancy (France). Consultante en développement rural en Asie, puis chargée de mission en agriculture de précision aux États-Unis et en Europe, elle travaille ensuite pour un institut français de recherche appliquée agricole. Chez Ouranos depuis avril 2009, elle est membre de l’équipe Coordination de la science de l’adaptation et coordonne les priorités Systèmes alimentaires et Disponibilité en eau.

Sarah Delisle, agr., coordonnatrice projet changements climatiques, Agriclimat Sarah Delisle a travaillé dans divers secteurs tels que l’aménagement du territoire, l’agroenvironnement, la valorisation des matières résiduelles fertilisantes et l’agriculture biologique. Elle a également exploré la réalité paysanne des pays en développement par des séjours d’intégration au Mali, au Zimbabwe et en Équateur. Membre de l’Ordre des agronomes du Québec, Mme Delisle coordonne depuis 2017 le projet Agriclimat du Conseil pour le développement de l’agriculture du Québec.

Sylvestre Delmotte, agr., consultant pour Agriclimat

Sylvestre Delmotte est agronome et docteur en agronomie. Il intervient au Québec depuis 2016 comme consultant en agroenvironnement, en modélisation et en démarche participative. Il travaille principalement sur des projets visant la lutte contre les changements climatiques

et l’innovation pour une agriculture durable, notamment le projet Agriclimat.

Des producteurs et leurs conseillères

Olivier Maltais, Ferme Maltais Hébertville-Station, Saguenay–Lac-SaintJean

M. Maltais a réalisé ses études en Gestion et technologies d’entreprise agricole. Il participe activement à l’entreprise familiale dès l’obtention de son diplôme en 2011. Il prend surtout en charge la gestion du troupeau et, en 2018 il acquiert 51% de l’entreprise avec sa sœur. Aujourd’hui, la ferme possède 453 ha en culture, 212 kilogrammes de matière grasse par jour de quota laitier et un centre de nettoyage de 1 500 tonnes de semences par année. Olivier se spécialise désormais sur les secteurs des grandes cultures et des semences. Il siège aussi au conseil d’administration des Producteurs de lait du Québec régional.

Jean Lambert, Ferme Bovicole Lévis, Chaudière-Appalaches

M.Lambert est la quatrième génération sur la ferme familiale. En 1981, les principales activités sont l’engraissement de bouvillons et l’élevage de volailles, alors dirigées par son père Lucien, son frère et lui-même. En 2012, ils commencent l’engraissement de bouvillons au pâturage avec rotation fréquente des parcelles de mai à octobre. Vu les bons résultats, l’achat d’un petit troupeau vaches-veaux

est effectué en 2019. Aujourd’hui, la ferme est composée de 55 vaches en croisement Angus x Simmental et de 120 bouvillons en semi-finition. En 2022, l’abandon de la culture de maïs fourrager a permis d’amener l’entreprise vers une gestion sans travail du sol et ni pesticide.

Katy Maltais, conseillère en assurance à la FADQ

Mme Maltais a un diplôme en Zootechnologie à l’Institut de technologie agroalimentaire du Québec de Saint-Hyacinthe. Elle travaille à La Financière agricole au centre de services d’Alma depuis 1998, comme conseillère en assurance.

Katherine Guay, conseillère en financement à la FADQ

Mme Guay détient un baccalauréat en agroéconomie de l’Université Laval. Depuis 6 ans, elle travaille à La Financière agricole en tant que conseillère en financement. Katherine accompagne la clientèle en matière de financement et d’aide financière.

Invité d’honneur

André Lamontagne, ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec et ministre responsable de la région du Centre-du-Québec.

Gestion et Technologie AgricolesJeudi 7 mars 202415

La santé psychologique des agriculteurs en Montérégie

Travailler en agriculture, c’est passionnant. Mais c’est dur, stressant et complexe. Chaque jour, beau temps, mauvais temps, les agriculteurs et agricultrices doivent répondre aux exigences des consommateurs tout en respectant les contraintes de production grandissantes et les attentes sociétales difficiles à concilier, à l’échelle locale ou planétaire. Leur engagement est continu et demande des efforts, des compétences et une incroyable capacité d’adaptation. En agriculture, le bien-être psychologique est souvent mis à rude épreuve.

En ce sens, la 34e Semaine de prévention du suicide, qui a eu lieu du 4 au 10 février, a rappelé que trois personnes par jour s’enlèvent la vie au Québec. De ce nombre, 75 % sont des hommes. Ces données n’incluent pas les accidents et autres conséquences négatives qu’entraînent les problèmes de santé mentale. Les experts soulignent que les agriculteurs et agricultrices sont surreprésentés en matière de détresse psychologique. La situation est alarmante tel que le souligne le rapport Santé psychologique des agriculteurs du Québec : l’impact de la fatigue de l’Université de Sherbrooke.

Le contexte agricole ajoute une couche de complexité aux enjeux de santé mentale. En effet, comme pour la plupart des entrepreneurs, le bien-être des agriculteurs et agricultrices est directement lié à la santé de leur entreprise. Cette dernière peut être affectée par de nombreux facteurs incontrôlables tels que les aléas climatiques, la fluctuation des marchés, etc.

Or, une ferme, c’est beaucoup plus qu’une entreprise. C’est un milieu de vie. C’est un projet qui se vit en famille, parfois sur plusieurs générations, et dans lequel les relations professionnelles et personnelles s’influencent et s’entremêlent. Cette situation expliquerait, en partie, la résilience des entreprises agricoles. N’empêche que, quand les partenaires d’affaires sont aussi les conjoints, frères, sœurs ou parents, les épreuves de vie « normales » (ex. : divorce, maladie, deuil, conflit, difficultés financières) peuvent être amplifiées.

Ajoutons à l’équation que l’agriculture, c’est travailler avec des organismes vivants. En plus de soigner leurs animaux, de les nourrir et de cultiver leurs terres, les agriculteurs et agricultrices sont les gardiens du paysage, du territoire et de la sécurité alimentaire. Ce n’est pas une mince affaire! Ces hommes et femmes sont à la fois solides, indispensables et fiers, mais ils sont aussi vulnérables.

Enfin, à cause d’un certain isolement, les agriculteurs et agricultrices ont appris à se débrouiller seuls et à endurer les passages difficiles. Certains diront que

cela fait partie du métier et de l’admiration qu’il suscite. Malheureusement, cela fait aussi partie des facteurs qui exposent les familles agricoles à des risques accrus en ce qui concerne la santé mentale.

Il est crucial de briser l’isolement et de normaliser le recours au soutien psychologique. S’il n’y a pas de tabou à consulter un médecin vétérinaire, un comptable, un notaire ou un agronome, cela devrait être aussi naturel de demander de l’aide psychologique.

Des outils pour vous aider

Au cœur des familles agricoles (ACFA) : vous connaissez?

Depuis 20 ans, l’organisme ACFA offre des services psychosociaux de première ligne aux familles agricoles. Il intervient directement par le biais de travailleurs et travailleuses de rang qui vont à la rencontre de la clientèle dans une approche préventive et proactive. Leur réponse rapide aux appels de détresse permet de sauver des vies et d’éviter des accidents. Toutes les demandes admissibles sont prises en charge. Le bilan 2022 des activités et des services de l’organisme dénote que :

• ACFA a fait plus de 3 700 interventions, dont près du quart ont été réalisées à la ferme.

• La clientèle qui s’adresse à l’organisme est majoritairement impliquée dans les productions animales.

• Les raisons de consultation sont variées (soucis professionnels, conflits conjugaux ou familiaux, anxiété, problèmes financiers, etc.).

• Parmi les clients de l’organisme, 39 % demandent de l’aide pour eux-mêmes, alors que 61 % sont soutenus à la suite d’une demande faite par une autre personne. De ceux-ci, 25 % ont été dirigés vers le service par un membre de leur famille et 10 %, par un

• En plus des interventions directes, ACFA collabore avec le milieu de la santé (ex. : CISSS) afin de sensibiliser le personnel de première ligne aux réalités agricoles et de faciliter l’orientation et la recommandation des dossiers.

Agir en sentinelle, qu’est-ce que c’est?

La formation Agir en sentinelle pour la prévention du suicide , développée par l’Association québécoise de prévention du suicide, a été adaptée au secteur agricole avec la collaboration de l’Union des producteurs agricoles (UPA).

La « déclinaison agricole » de cette formation vise à mieux outiller les personnes qui interviennent en milieu agricole pour prévenir le suicide chez les agriculteurs et agricultrices. Elle s’adresse bien sûr à ceux-ci, mais également à toute personne susceptible d’être en contact avec eux (ex. : médecins vétérinaires, agronomes, membres de divers comités, etc.). Soulignons que l’Ordre des agronomes du Québec reconnaît la pertinence de cette formation dans le

cadre du programme de formation continue de ses membres.

Pour plus d’information sur cette formation, visitez le www.upa.qc.ca/ producteur/sante-securite-et-mieuxetre/sante-psychologique/formationsentinelle. La Fédération de l’UPA de la Montérégie, en collaboration avec cinq centres de crise et de prévention du suicide, a créé de courtes capsules explicatives sur la formation. Pour visionner les capsules : www.monteregie. upa.qc.ca/producteur/sante-securiteet-mieux-etre/sante-psychologique

Vous avez besoin d’aide?

Vous vous inquiétez pour quelqu’un de votre entourage?

Sachez qu’il existe différents programmes d’aide :

• Programme d’aide aux agriculteurs : http://bit.ly/3jDKpce

• Ligne d’aide disponible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 : 1 866 APPELLE (277-3553) ou suicide.ca

• Au cœur des familles agricoles : https://acfareseaux.qc.ca/fr

16Jeudi 7 mars 2024Gestion et Technologie Agricoles
Photo : Éric Labonté, MAPAQ. Photo : Éric Labonté, MAPAQ. ANNE-MARIE GRANGER GODBOUT agronome, conseillère en aménagement du territoire et en développement régional, Direction régionale de la Montérégie, MAPAQ

Nouvelles grilles de référence en fertilisation des prairies

RADKA VOYVODOVAVALEVA, agronome, conseillère en grandes cultures, Direction régionale de la Montérégie, ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ)

ABDENOUR BOUKHALFA, agronome, M. Sc., conseiller en agroenvironnement, Direction régionale de la Montérégie, MAPAQ

AYITRE AKPAKOUMA, agronome, M. Sc., conseiller en grandes cultures et en plantes fourragères, Direction régionale du Bas-SaintLaurent, MAPAQ

Attendues depuis plusieurs années par les agronomes et les producteurs agricoles, les nouvelles grilles de référence en fertilisation des prairies de graminées et de légumineuses en entretien sont maintenant disponibles. Ces grilles sont des références indispensables pour ajuster la fertilisation. Elles sont publiées simultanément par le MAPAQ, le Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec et l’Ordre des agronomes du Québec sur leurs plateformes respectives.

Résultant de plus de 20 ans d’essais rigoureux, ces nouvelles grilles démontrent un engagement sérieux envers l’amélioration des pratiques agricoles et sont conçues pour répondre aux besoins exprimés par le milieu agricole au Québec. Leur accessibilité sera essentielle et bénéfique pour les intervenants du secteur.

Les valeurs scientifiques de référence des grilles de fertilisation des prairies en entretien ont été calculées, évaluées et validées par les experts de l’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA). Le centre de recherche a eu le mandat de procéder à la mise à jour des grilles de plusieurs cultures comme le blé de printemps, la carotte en sol minéral, le haricot et la citrouille. Le travail novateur de l’IRDA a permis de générer une quantité impressionnante d’informations avec un modèle de travail qui prend en compte les paramètres à la fois agronomiques et environnementaux. L’approche utilisée rallie les indicateurs de fertilité tels que les niveaux de nitrate, de phosphore et de potassium dans le sol, la matière organique, les groupes de texture du sol ainsi que le rendement relatif pour déterminer des seuils agronomiques de réponse aux engrais.

De plus, les degrés-jours ont été utilisés comme indicateurs et ont permis de regrouper trois aires climatiques. Ces aires ont été corrélées au potentiel de rendement et à la réponse aux engrais azo-

tions en fonction des spécificités de leurs prairies. Des éléments tels que l’âge des prairies, la proportion de plantes légumineuses et de graminées dans les mélanges, le nombre de coupes par année ainsi que les conditions du site doivent faire partie de l’évaluation.

Dans le cas d’une exploitation où l’objectif n’est pas de maximiser les rendements ou la qualité du fourrage (gestion non intensive), ou lorsque les ressources en engrais organiques et synthétiques sont limitées, il est suggéré de réviser à la baisse les doses recommandées. Il est aussi important de comprendre que les grilles ont été établies pour une fertilisation minérale. La plupart des besoins en fertilisants des prairies sont comblés par de la fertilisation organique. Il convient de tenir compte des apports de la fertilisation organique et des éléments fournis par le sol. L’ajustement de la fertilisation revient à l’agronome, en tenant compte de tous ces facteurs.

Un rôle essentiel

La santé du sol joue un rôle essentiel dans le succès d’une production de prairies à utilisation intensive. La compaction et l’égouttement de l’eau des champs influent sur les doses de fertilisants recommandées. La topographie est également une variable importante à considérer.

Les valeurs de référence recommandées dans les nouvelles grilles visent à garantir un rendement optimal des cultu-

bénéfices tout en préservant la santé du Cette avancée dans la mise à jour des grilles de référence en fertilisation représente une contribution significative pour une agriculture performante et durable

Pour consulter les grilles de référence en fertilisation, rendez-vous à l’adresse suivante : www.mapaq.gouv.qc.ca/fr/ Productions/Agroenvironnement/fertilisants/

Gestion et Technologie AgricolesJeudi 7 mars 202417
Photo : Carrolyn O’Grady, MAPAQ. Photo : Carrolyn O’Grady, MAPAQ.

Mandevilla ou Dipladenia? Comment bien les produire?

Les Mandevilla apportent une touche tropicale ou méditerranéenne remarquable dans les jardins. Ils sont utilisés seuls ou en mélange, supportés par un treillis ou en paniers suspendus. Les consommateurs peuvent se les procurer en différents formats de contenant allant de 10 cm à plus de 50 cm. Leurs fleurs en trompette de 5 à 12 cm de diamètre selon les variétés peuvent être rouge, rose, blanc, abricot ou jaune dans une grande gamme de nuances. Ils attirent les colibris et les pollinisateurs, ce qui ajoute à leur charme.

Mandevilla ou Dipladenia?

Les 2 noms sont utilisés autant par les amateurs que les professionnels, mais d’un point de vue botanique, ce sont tous des Mandevilla sp. Ils ont à l’origine été nommés en l’honneur de John Henry Mandeville qui était ambassadeur britannique en Argentine vers le milieu du 19e siècle. Le botaniste britannique John Lindley, en 1840, décrit le genre Mandevilla. En 1854, un autre botaniste du nom de De Candolle sépare les Dipladenia et Mandevilla en 2 genres distincts. Puis, en 1933, le botaniste Robert Woodson ramène les 2 genres dans un seul, les Mandevilla. C’est depuis ce temps que le nom Dipladenia est utilisé dans le langage populaire pour désigner les Mandevilla qui sont plus arbustifs et dont les feuilles sont plus fines et lisses alors que les Mandevilla sont ceux qui grimpent et dont les feuilles sont plus larges et texturées.

On retrouve naturellement les Mandevilla dans le sud-ouest des États-Unis, au Mexique, en Amérique du Sud (environ 90 espèces différentes), en Amérique centrale (21 espèces) et dans les Antilles.

On remarque de grandes différences entre les espèces dans leur port, la forme du feuillage et des fleurs ainsi que dans la dimension des feuilles.

On retrouve de nos jours sur le marché de nombreux hybrides.

Multiplication

La multiplication des Mandevilla se fait par bouturage ou par culture in vitro. La plupart des variétés retrouvées sur le marché sont protégées et, par conséquent, il est interdit de les multiplier.

Les boutures mesurent environ 8 cm et comportent 1 à 2 nœuds à la base et 1 à 2 paires de feuilles. Elles sont mises dans des plateaux de 50 à 128 cellules et requièrent environ 5 à 8 semaines avant d’être transplantées.

Croissance et floraison

Les Mandevilla sont considérées comme des plantes à croissance lente. La durée de production de plants en pot de 10 cm est d’environ 12 à 15 semaines et de 22 à 25 semaines pour un panier de 10 à 12 po avec 4 ou 5 boutures.

Le terreau dans lequel sont plantés les Mandevilla doit être bien aéré et bien drainé, car les racines de cette plante ne supportent pas les surplus d’humidité prolongés. Le pH du terreau doit être relativement bas (5,0 à 5,5).

La fertilisation doit être légère et régulière. La plante ne supporte pas les salinités élevées dans le terreau. L’eau utilisée pour les arrosages doit être de bonne qualité et dépourvue de sels minéraux en excès.

Étant une plante de plein soleil, elle demande une intensité lumineuse maximale dans la serre pour une floraison hâtive et abondante.

La température optimale la nuit est de 16-18 °C. Lors de journées ensoleillées, ventiler à 24-27 °C et chauffer à 18-20 °C. Lors de jours sombres et nuageux, chauffer à 16-18 °C. Des températures trop élevées lors de journées nuageuses favorisent une croissance étiolée et une diminution des fleurs. Des températures trop basses ralentissent significativement la

développer de l’œdème.

Variétés

Les principaux fournisseurs de boutures

Suntory se démarque avec une offre hors du commun en ce qui concerne la couleur des fleurs (orange, bleue, pour-

nisseur de boutures pour avoir une idée

La demande pour les Mandevilla est constante et ne semble pas diminuer. Même si c’est une plante de culture longue qui semble difficile à produire, il est possible de la cultiver avec succès en suivant quelques règles de base. Le prix élevé que les consommateurs sont prêts à payer pour des plants de qualité justifie les efforts que

L’IQDHO, l’Institut québécois du développement de l’horticulture ornementale, est un centre d’expertise unique au Québec. Pour plus de

18Jeudi 7 mars 2024Gestion et Technologie Agricoles
Sun Parasol Original XP Bluephoria. Photo Suntory. Paniers de Mandevilla de bonne qualité en milieu du cycle de production. Photo IQDHO. GILBERT BILODEAU, agr., M. Sc., Conseiller en serriculture IQDHO Taches foliaires causées par Cercospora
IQDHO
Photo IQDHO.

9e édition du Prix de la relève agricole

Jusqu’au 20 mai prochain, le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation et ministre responsable de la région du Centre-du-Québec, André Lamontagne, invite les propriétaires d’entreprise agricole de moins de 40 ans à s’inscrire en grand nombre au 9e Prix de la relève agricole.

Ce prix fait honneur à un ou une jeune propriétaire d’entreprise agricole ou à un groupe de jeunes propriétaires d’entreprise agricole en production animale ou végétale qui se distingue par ses compétences, sa vision entrepreneuriale, ses approches innovantes, son implication dans la communauté et son engagement en matière de développement durable.

La personne lauréate ou le groupe lauréat du concours remportera une bourse de 7500 $, tandis que la personne finaliste ou le groupe finaliste recevra une bourse de 3500 $.

Faits saillants

Les jeunes de la relève qui désirent participer au concours sont invités à soumettre un dossier d’inscription à l’un des conseillers régionaux en relève et en établissement du Ministère. Les conseillers peuvent évaluer l’admissibilité des candidatures et accompagner les personnes participantes dans leurs démarches.

Un jury composé d’experts du Ministère, de représentants du monde des affaires et de représentants des milieux associatifs choisira la personne lauréate ou

le groupe lauréat et la personne finaliste ou le groupe finaliste. Le Prix de la relève agricole sera remis l’automne prochain.

Lien connexe

Pour avoir plus d’information ou pour remplir le formulaire de mise en candidature : www.mapaq.gouv.qc.ca/prixreleve.

André Lamontagne, ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec.

Les PGQ dénoncent l’iniquité du marché du carbone

À la suite de la publication des résultats des enchères sur les crédits carbone compensatoires du 22 février dernier, les Producteurs de grains du Québec (PGQ) tiennent à rappeler les impacts négatifs et répétés de ces enchères sur le coût de production dans le secteur des grains.

Encore une fois, ce sont les règles de tarification du carbone prônées par le gouvernement du Québec qui creusent le déséquilibre concurrentiel entre les producteurs québécois et ceux du reste du Canada et du Midwest américain.

Seulement dans le domaine des grains, les producteurs québécois déboursent quelque 27,9 M$ annuellement en droits d’émissions de GES pour l’utilisation d’intrants énergétiques. De ce montant, plus de 18 M$ sont versés spécifiquement pour l’utilisation de diesel agricole -- c’est ce que révèle le décompte réalisé par les PGQ et mis à jour avec les données tirées de la plus récente enchère sur les crédits carbone.

« Nous demandons à nouveau une meilleure équité en matière de tarification du carbone. Les mesures de réduction des GES doivent impérativement tenir compte des complexes réalités du secteur agricole et s’y adapter. Depuis

2013, le montant cumulatif déboursé s’élevait déjà à 127 M$, auquel s’ajoutera la somme de l’année en cours. Nous enjoignons Québec à exempter le milieu agricole de la taxe carbone ou à en compenser les coûts inhérents comme le diesel agricole. Les producteurs québécois sont, à l’heure actuelle, nettement désavantagés par les règles de tarification de carbone du Québec. La Bourse du carbone est plus contraignante pour les producteurs de grains que la taxe carbone du fédéral qui s’applique dans la plupart des provinces. Qui plus est, nos concurrents américains n’ont pas à défrayer un sou en matière de carbone. Ainsi, les producteurs québécois sont de facto disqualifiés du jeu de la concurrence économique internationale », affirme le président des PGQ, Christian Overbeek. Une augmentation de 4,7 % peut être observée depuis les dernières enchères s’étant déroulées en novembre 2023. En comparant les chiffres actuels avec l’enchère de février 2023, cette tendance représente une hausse de 44,9 %. Le coût de cette politique pourrait atteindre près de 80 M$ en 20292030, selon les prévisions de croissance du prix du carbone à la Bourse du carbone de Californie.

Gestion et Technologie AgricolesJeudi 7 mars 202419
20Jeudi 7 mars 2024Gestion et Technologie Agricoles
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