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Jeudi 14 mai 2020 | Volume 45 | 5 e Numéro

Aussi dans cette édition : - Ferme d’hiver, un concept innovateur ..............................................................p. 13 - La composition des mélanges pour couvert végétal .........................................p. 18 - Une carte interactive pour La Montérégie, le Garde-Manger du Québec ...............p. 20


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L’ÎLE-PERROT

La relève n’est pas seulement aux champs!

Véronique LEMONDE GTA

Avant d’arriver dans le domaine de l’agriculture et de l’agroéconomie, Simon Brault, vice-président de l’Association de la relève agricole de la Montérégie-Ouest (ARAMO) et délégué à la Fédération de la relève agricole du Québec (FRAQ), est passé par de nombreuses routes. Élevé dans les Laurentides, à l’orée du bois où son père faisait du traîneau à chiens, c’est à Montréal que le jeune homme étudia en musique et travailla dans ce domaine plusieurs années. « Je suis un gars de bois au départ, je ne viens pas du tout du milieu agricole, lance Simon Brault. Mais avoir une terre était quelque chose qui me tentait vraiment et je disais tout le temps que ce serait un bel héritage à léguer à mes enfants. Déjà il y a six ou sept ans, je me questionnais sur la sécurité alimentaire du Québec. » C’est ainsi qu’il amorce des études au Cégep Lionel-Groulx en Gestion et technologies d’entreprise agricole (GTEA), dans le but de se lancer en production maraîchère. Mais ça, c’était sans tenir compte du prix galopant des terres agricoles! « Disons que j’ai déchanté sur le coup! Puis, j’ai décidé de poursuivre mes études en agroéconomie à l’Université McGill, ce que je devrais terminer d’ici un an. » Dans l’intervalle, M. Brault a débuté comme enseignant dans le programme GTEA du Cégep Lionel-Groulx, pour les cours Planification du développement et de l’expansion d’une entreprise agricole et Gestion et formation du personnel agricole.

C’est ainsi qu’il est allé au Sénégal afin d’expliquer la structure organisationnelle des associations de relève québécoises et échanger avec la relève agricole sénégalaise. Un voyage semblable devait aussi avoir lieu au Bénin en mars dernier, mais ce dernier fut annulé la veille du départ à cause de la COVID-19. « La pandémie actuelle touche toutes les entreprises agricoles qui perdent beaucoup de droits de produire et doivent jongler avec des surplus qui font mal. En plus, il y a l’inquiétude concernant les travailleurs temporaires étrangers et l’inéquité qui risque de se créer entre les travailleurs agricoles québécois établis et ceux qui nous arriveront avec le programme J’y vais sur-le-champ! et qui bénéficieront d’une prime. Cela frustre beaucoup d’agriculteurs et d’employés. C’est un beau programme, mais cela rend les choses plus difficiles présentement. » Avec d’autres représentants de la FRAQ, Simon Brault participe ainsi à l’opération Comment ça va?, une initiative visant à contacter par téléphone l’ensemble des 2000 membres de la FRAQ afin de s’informer de leur moral et des contraintes qu’ils vivent à cause de la COVID-19. Simon Brault a aussi signé un texte d’opinion le mois dernier intitulé Cessons d’encourager les entreprises locales, titre à double sens mettant l’accent sur l’importance de la sécurité alimentaire du Québec en ces temps de pandémie. « Nous devons renverser la tendance de seulement encourager les entreprises d’ici une fois de temps en temps, pour avoir bonne figure. Nous devons comme consommateur investir plus massivement dans nos produits alimentaires », explique-t-il. Parce que, au final, nous investissons dans nos entreprises régionales lorsque nous achetons chez elles, peut-on lire dans son texte. (https://spark.adobe.com/ page/l5hdKodgzzxcf/)

Mettre la main au champ

Passionné d’agroéconomie, le jeune enseignant a toujours eu à cœur de s’impliquer auprès de ses pairs. « Je suis quelqu’un qui se tient constamment informé et j’ai appris à faire mon chemin à travers cela. C’était donc naturel pour moi de m’impliquer avec l’ARAMO depuis que je réside à L’Île-Perrot. Je m’implique également sur le jury du prix de la relève du MAPAQ, simplement par passion. »

Au-delà de toutes ses implications, de son travail d’enseignant et des nombreux défis qu’il relève comme agroéconomiste, est-ce que Simon Brault a abandonné l’idée d’avoir un jour une production bien à lui? « Non! J’aimerais vraiment continuer l’enseignement et, l’été, avoir une petite production maraîchère. D’ailleurs, il y quelques années, je louais une parcelle

DIRECTEUR DE LA PUBLICITÉ ET PRODUCTION :

ÉDITEUR : Benoit Chartier RÉDACTEUR EN CHEF : Martin Bourassa

TEXTES ET COORDINATION : Véronique Lemonde CONTRÔLEUR : Monique Laliberté DIRECTEUR DU TIRAGE : Pierre Charbonneau

Simon Brault est trésorier pour l’organisme École-O-Champ qui tente d’intéresser les jeunes aux sciences agricoles, alimentaires et environnementales. Photos gracieuseté

PUBLIÉ PAR:

Guillaume Bédard PUBLICITAIRES :

ADJOINTE À LA RÉDACTION : Annie Blanchette

Louise Beauregard Michel Bienvenue Manon Brasseur Candy Corriveau Ginette D’Amour Luc Desrosiers Josée Malo Isabelle St-Sauveur

Nous reconnaissons l’appui financier du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du Canada pour les périodiques, qui relève de Patrimoine canadien.

TÉL. : TÉLÉCOPIEUR : SITE WEB : COURRIEL :

Simon Brault est vice-président de l’ARAMO.

450 773-6028 450 773-3115 www.dbccomm.qc.ca admin@dbccomm.qc.ca

journalgta.ca

26 500 exemplaires distribués dans Le Courrier de Saint-Hyacinthe et par la poste aux producteurs agricoles dans les régions suivantes : Montérégie-Est, Ouest et Centre-du-Québec

Publié 12 fois par année par DBC Communications inc. 655, avenue Sainte-Anne, Saint-Hyacinthe, Québec J2S 5G4 Imprimé par Imprimerie Transcontinental SENC division Transmag, 10807, rue Mirabeau, Ville d’Anjou Québec H1J 1T7. Dépôt légal Bibliothèque nationale du Canada Copyright® Tous droits réservés sur les textes et les photos. Les articles sont la responsabilité exclusive des auteurs. Prix d’abonnement : 1 an (taxes incluses)...............3500$

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11 juin 2020 Thème : Familles agricoles Agrotourisme

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L’implication au cœur d’un cheminement

de terre d’un producteur lavalois où je testais la culture en pots de fines herbes. J’aimais beaucoup cela et j’aimerais bien y revenir! Je suis très attiré par la permaculture, mais ce n’est pas nécessairement une technique très rentable financièrement », indique-t-il. Simon Brault est aussi trésorier pour l’organisme École-O-Champ qui tente d’intéresser les jeunes aux sciences agricoles, alimentaires et environnementales. Un autre engagement qui lui tient vraiment à cœur et qui se veut très interactif. « Cependant, avec la situation actuelle, nous sommes un peu dans l’incertitude alors que nous avions prévu des camps de jour et des kiosques dans des foires et des marchés. Nous devons apprendre à nous réinventer. »


FERME DU BARBU - SAINTE-ANNE-DE-SOREL

Une ferme, un mode de vie! Véronique LEMONDE GTA

À Sainte-Anne-de-Sorel, entre le fleuve Saint-Laurent et la Baie de Lavallière, un des plus grands marais aménagés de l’est de l’Amérique du Nord, la Ferme du Barbu suit les saisons d’une manière intelligente, variant les productions et les activités au fil des mois. Grâce à la location de terres appartenant à des voisins, François Lecours et Elene Pepin ont pu donner une impulsion importante à leur entreprise agricole qui existe depuis trois ans, produisant, entre autres, plus de 20 000 caïeux d’ail annuellement. Et ce, tout en élevant une famille de quatre enfants âgés de trois mois à six ans. « Nous avons toujours voulu avoir une terre et une ferme. J’ai donc commencé par passetemps à planter de l’ail et faire des tests, car nous sommes en zone inondable. C’était un loisir au début et, il y a trois ans, ma conjointe a décidé de se lancer dans l’agriculture à temps plein. Nous avons donc démarré la Ferme du Barbu », explique M. Lecours, un autodidacte, soudeur de métier, qui est carrément parti de zéro pour monter son entreprise.

Vive la variété!

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Si la Ferme du Barbu a pour point de départ la culture de l’ail – la Music, la meilleure selon eux! –, très rapidement, l’entreprise a développé d’autres productions, diversifiant ses activités. Le couple

François Lecours et Elene Pepin sont les propriétaires de la Ferme du Barbu. Photos gracieuseté

cultive également du maïs sucré, des courges et des citrouilles, et possède une érablière avec 850 entailles récoltées à la chaudière. « Nous aurons cet automne 3500 citrouilles et courges disponibles en autocueillette sur six arpents. C’est très populaire et très apprécié des familles de la région », précise M. Lecours.

Avec un bâtiment commercial, la ferme s’est également lancée dans la vente de moulée pour animaux, devenant un détaillant de la Meunerie Saint-Césaire. « Nous vendons de la moulée, mais aussi des poules pondeuses. Actuellement, il y a vraiment un engouement pour l’achat de poules pondeuses. Toutes nos 2000

poules sont déjà vendues pour cette saison-ci! Avec la COVID-19, les gens veulent vraiment prendre le contrôle de leur alimentation et consommer leurs propres produits, dont les œufs. À Sorel, il est permis d’avoir quelques poules pondeuses chez soi, donc ça intéresse beaucoup de monde. »


Elene Pepin transforme l’ail de la ferme, cueilli fin juillet aux champs, en une foule de sous-produits comme des flocons d’ail, la relish à l’ail, l’ail déshydraté ou encore la fleur de sel assaisonnée à la fleur d’ail. « Nous cultivons notre ail sur plastique et, à ce jour, nous nous attendons à une très bonne saison cet été », ajoute Mme Pepin. « Nous réussissons toujours à tout écouler à la ferme directement. Et c’est la clé de notre succès, je crois. Tout au long de l’année, nous suivons les saisons et nous avons des productions et activités différentes à chacune d’elle. Nous ne nous ennuyons jamais et c’est parfait pour la conciliation travail-famille, de dire François Lecours. Nous avons les produits de l’érable au printemps, les poules pondeuses en mai-juin, l’ail et le maïs sucré l’été, les citrouilles et courges l’automne et la récolte du maïs-grain à la

fin de l’automne. Notre magasin de moulée est quant à lui toujours ouvert. Tout cela nous permet de fidéliser notre clientèle à longueur d’année. Ils reviennent à la ferme pour différents besoins toute l’année. »

Bourse agricole En 2019, la Ferme du Barbu a reçu une bourse agricole de 5000 $ pour une entreprise de la relève agricole. Cette bourse fut remise par la CLD de Sorel. « Grâce à ce montant, nous avons maintenant accès à des services agri-conseils pour le démarrage d’entreprise agricole. Nous avons donc un agronome et un agroéconomiste qui nous accompagnent pour des conseils de cultures et des moyens de mieux gérer notre ferme. Cela nous aide beaucoup et nous sommes sur une très belle lancée », conclut M. Lecours. Facebook lafermedubarbu

L’agriculture, c’est en famille que cela se passe chez les Pepin-Lecours!

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DOMAINE DU CAP ÉRABLIÈRE ET VIGNOBLE - ACTON VALE

Saisir la chance! Véronique LEMONDE GTA

Depuis 2016, l’Érablière du Cap, à Acton Vale, a connu plusieurs changements, dont un changement de nom! Maintenant Domaine du Cap - Érablière et vignoble, l’entreprise de Mario Bisaillon et Sylvie Favreau a insufflé un vent de fraîcheur à

ses produits traditionnels de l’érable avec la venue de leur relève, leur fille Zoé et son conjoint Nicolas Baron. Au-delà de tous ces produits tant aimés de sa clientèle, le Domaine du Cap produit maintenant des sauces BBQ, sorbets et gelatos, confits d’oignons, croute d’épices ou moutarde, tous agrémentés d’érable! Le développement de ces produits réinventés est surtout l’œuvre de Nicolas, qui a, entre autres, mis en place la confection d’un vin d’érable biologique, L’Avrillon. « Ce produit ressemble passablement à un hydromel, assez liquoreux, mais très délicat avec sa sensation douce de sucre », souligne M. Baron.

entreprises offrant des produits de l’érable. « Les produits de l’érable ont présentement la cote et nos épices BBQ à l’érable, par exemple, ont été très populaires. Cela nous a permis de sonder le marché et de tester nos manières de faire au niveau des colis et du service à la clientèle. Maintenant, nous devrons rester très constants pour conserver cette clientèle et tourner cela à notre avantage sur le long terme. »

Récipiendaire d’une bourse agricole remise par la MRC des Maskoutains en décembre 2019, le Domaine du Cap continue de miser sur l’innovation qui fait sa force depuis quelques années. Ainsi, la production d’un spiritueux aux saveurs d’érable est à venir, à la suite de la plantation de plusieurs plants de raisins sur sa terre à Acton Vale. https://produitsducap.com/

L’érable au temps de la COVID

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L’Avrillon est un vin d’érable fin avec un sucre résiduel délicat. Ses arômes trouvent leurs origines dans un sirop d’érable biologique de haute qualité, une fermentation lente suivie méticuleusement et un élevage en cuve sur blocs de chêne français. On recommande de le servir entre 4 et 8 °C.

Pour la relève du Domaine du Cap, les dernières semaines ont été assez mouvementées. La présente pandémie lui a permis de relever de nombreux défis tels lancer son site d’achat en ligne et la mise en place d’une logistique de livraisons. « Nous étions prêts à faire le saut vers la boutique en ligne depuis environ trois ans, mais là, nous nous sommes mis en action très rapidement et la clientèle a été au rendez-vous. C’est sûr qu’il s’agit d’un contexte très particulier, mais cependant, nous nous sommes fait connaître auprès de nombreux nouveaux clients qui, eux, risquent de demeurer », indique Nicolas Baron. La fermeture des érablières offrant de la restauration a aussi été l’opportunité pour les gens de découvrir de nouvelles

Zoé Bisaillon et Nicolas Baron (à la droite) ont pris la relève de Mario Bisaillon et Sylvie Favreau ces dernières années. Photos gracieuseté


FERME AUDREY ET GUILLAUME LALUMIÈRE SAINT-VALÉRIEN

Des éleveurs en pleine possession de leurs moyens! Véronique LEMONDE GTA

Guillaume Lalumière et Audrey Bélanger n’auraient jamais pensé pouvoir acquérir une si grosse production à un si jeune âge et si rapidement. Pourtant, le couple, passionné et rigoureux, a su mettre à profit les forces de chacun pour se lancer dans une belle aventure il y a tout juste un an, à Saint-Valérien-de-Milton, en acquérant une ferme porcine de 2800 places à l’engraissement. « Nous avons acheté d’un particulier une ferme porcine qui était déjà en opération avec 75 arpents de terre cultivable et 25 arpents en bois. Comme nous ne possédons pas encore de machineries agricoles, nous louons présentement nos terres en attendant », explique Guillaume Lalumière. Ce dernier, avec un DEP en production porcine en main, possédait déjà dix bonnes années d’expérience à titre de gérant de ferme avec des performances reconnues au niveau de l’insémination. « Guillaume a des performances incroyables en insémination. Ce taux se calcule selon le nombre de truies qui mettent bas versus celles qui ont été inséminées. Pour Guillaume, il s’agit de 94,8 % de succès en moyenne! », précise sa conjointe Audrey Bélanger. Née sur une ferme laitière, Audrey est passée, quant à elle, par l’ITA de SaintHyacinthe en Gestion et technologies d’entreprise agricole et a aussi complété un baccalauréat en agroéconomie à l’Université Laval. « Nous étions toujours à la recherche d’une ferme, mais nous savions que ce serait sûrement long, donc

j’ai poursuivi mes études et je suis devenue directrice de comptes agricoles à la Banque de Montréal. Toutes ces expériences et connaissances nous aident énormément aujourd’hui. À deux, nous nous complétons très bien et nous travaillons fort », ajoute Mme Bélanger.

Période incertaine Pour l’instant, le jeune couple ne vit pas encore d’impact sur son élevage lié à la COVID-19, mais il est tout de même inquiet. « Nous recevons nos porcs directement de la pouponnière et nous engraissons sur une période d’environ 20 semaines avant qu’ils partent à l’abattoir. Présentement, nous avons un lot qui doit partir fin juin, donc nous avons encore du temps. Cependant, si l’abattoir ne peut pas les prendre fin juin, nous n’aurons pas de marge de manœuvre, car d’autres porcelets seront prêts à arriver. C’est une roue qui tourne et tout est interrelié dans ce domaine. Toute la chaîne est alors touchée. Nous sommes dans l’incertitude présentement », explique Audrey Bélanger. Récipiendaire d’une bourse agricole remise par la MRC des Maskoutains en décembre dernier, le couple reste toutefois optimiste face à l’avenir et espère augmenter ses performances en rénovant ses porcheries, ses parcs en cafétéria et ses soigneurs. « Nous avons beaucoup de pain sur la planche pour les prochaines années, estime M. Lalumière. Nous avons encore beaucoup de travaux à faire sur nos bâtiments et sur notre maison. Mais tout cela est une magnifique opportunité pour nous deux. »

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Guillaume Lalumière et Audrey Bélanger possèdent 2800 places à l’engraissement de porcs. Photo Les Éleveurs de porc du Québec


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FERME À L’ACCUEIL CHALEUREUX - SAINT-PHILIPPE-DE-LAPRAIRIE

Une histoire familiale qui se poursuit! Véronique LEMONDE

La ferme produit surtout des légumes de chaleur tels les tomates, les minipoivrons et les laitues. M. Cappiello s’est également découvert une passion pour la production de cerises de terre. Le kale, le navet, les carottes, les radis, les bok choi et l’ail sont aussi à l’honneur comme plusieurs autres légumes et fruits.

GTA

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Jérémie Cappiello a l’agriculture inscrite dans son ADN la plus profonde! Avec sa mère, Deborah Lindsay, qui lançait la Ferme À l’accueil chaleureux en 1997, le jeune homme a grandi avec de fortes valeurs environnementales et le travail rigoureux à l’avant-plan. La ferme maraîchère est certifiée biologique en 2000, avec tous les défis que cela comportait au début de cette décennie. « Lorsque ma mère a acquis les 12 hectares de terres à Saint-Philippe, tout était en friche, il y avait beaucoup à faire. Comme il s’agit d’un sol de type loam argileux, le drainage est un point majeur et nous devions augmenter la matière organique dans notre sol », explique Jérémie Cappiello, diplômé de l’ITA en production maraîchère en 2011 et titulaire d’un baccalauréat en agronomie de l’Université Laval, profil végétal. « Lorsque j’ai terminé mes études, l’entreprise n’était pas encore prête à m’accueillir et j’ai voulu me perfectionner. J’ai travaillé en production fraisière sur une exploitation de l’Île d’Orléans, à la Coop de Napierville en service-conseil et au CÉROM, à Saint-Mathieu-de-Beloeil. Tout ce que j’ai pu acquérir comme connaissances et techniques, je tente aujourd’hui de l’appliquer à la ferme le plus possible. » C’est en 2018 que le jeune homme commence la production de ses propres légumes de A à Z, légumes qu’il destine à

Prendre sa place

Jérémie Cappiello pose ici avec sa mère, Deborah Lindsay, dans l’un des marchés estivaux que fréquente la Ferme À l’accueil chaleureux. Photos gracieuseté

des grossistes et distributeurs. Sa mère, elle, se concentre alors à la confection de paniers de légumes biologiques.

Paniers bio ou part de récolte? Avec l’aide de sa conjointe, Alicia Patry, conseillère à l’UPA de la Montérégie, Jérémie Cappiello a également commencé depuis l’an passé la vente de légumes dans des marchés publics, question de

diversifier quelque peu les revenus. « Les gens peuvent s’inscrire pour un panier biologique qu’ils reçoivent chaque semaine l’été par le biais de notre kiosque à Candiac, ou encore, ils peuvent se procurer une carte prépayée qui leur donne une part de récolte qu’ils dépensent comme bon leur semble au cours de la saison. Ils peuvent alors venir à un de nos kiosques, que ce soit à Candiac ou directement à la ferme. »

Vice-président de l’Association de la relève agricole de la Montérégie-Ouest (ARAMO), Jérémie Cappiello voit dans ce genre d’implication une manière de sociabiliser et d’échanger avec d’autres jeunes de la relève, mais également d’aider et d’accompagner, des valeurs qui lui ont toujours tenu à cœur. « L’ARAMO, c’est toujours de l’inspiration et le désir de se dépasser avec l’aide et l’expérience des autres agriculteurs. C’est aussi une manière de prendre notre place comme citoyen. L’ARAMO a, par exemple, fortement plaidé pour la conservation des terres agricoles dans le projet de nouvel hôpital à Vaudreuil-Soulanges. » Situé à l’intersection des autoroutes 30, 40 ainsi que de la route 340, le projet d’hôpital a cependant été approuvé malgré les préoccupations de l’association. « En 2019, nous avions rencontré dans ce dossier la ministre de la Santé Danielle McCann qui est également la députée de Sanguinet. Nous avons aussi abordé avec elle les enjeux relevant de la santé psychologique des agriculteurs et des enjeux que vit la relève agricole de la région. »


Se réinventer en temps de COVID Pour l’heure, Jérémie Cappiello et sa ferme doivent s’adapter aux bouleversements que la COVID-19 apporte. « Habituellement, nous avons cinq Québécois qui travaillent avec nous l’été, ce qui est maintenu. Nous souhaitions dix travailleurs étrangers, mais pour l’instant, je n’en attends que deux pour juin. Comme nous faisons beaucoup de production en serre, nous devons prendre les mesures adéquates pour protéger nos employés. Mais c’est surtout dans nos marchés publics que les choses risquent d’être compliquées. Notre marché de l’Île des Sœurs est pour l’instant relocalisé et celui du Quartier Dix30 est annulé. Naturellement, nous oublions les dégustations de produits que les gens apprécient beaucoup. » À la vitesse de l’éclair, la Ferme À l’accueil chaleureux a mis en ligne un site Internet renouvelé (fermeac.com) question de rester encore plus en contact avec sa clientèle. « Nous n’avons pas le choix de nous adapter à la situation, aux champs comme dans les marchés. C’est plus de travail pour moi comme gestionnaire, car je dois aussi procéder à toutes les démarches pour que les employés aient droit à la prime de travail en agriculture également », conclut-il.

Jérémie Cappiello dans un de ses champs maraîchers.

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COFFRET DU PETIT BONHEUR - SAINT-JUDE

Une boîte pour découvrir des artisans agroalimentaires d’ici Véronique LEMONDE

leur sens, des incontournables à avoir dans son garde-manger. C’est le cas des cafés Wiltor, torréfiés à Saint-Ours par Écluse no. 10, des chocolats de l’Arbre à Sucre d’une chocolaterie d’Ulverton et des produits Croque Cerise (confiture, cerises séchés, jus de griottes...) de l’entreprise Unifruits (SaintPaul d’Abbotsford), pour ne nommer que ceux-ci. Pour le mois de juin, les personnes intéressées peuvent encore commander un coffret qui sera sous le thème de la fête. Les commandes peuvent se faire par le biais de la boutique Etsy du Coffret du petit bonheur ou en visitant le www. coffretdupetitbonheur.com.

GTA

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Depuis un an, Kym Desmarais et sa mère Suzanne St-Louis prennent plaisir à dénicher des produits gourmands du Québec et à les faire découvrir à leur clientèle par le biais d’un coffret mensuel, Le Coffret du petit bonheur. Mettant de l’avant des artisans de l’agroalimentaire, le duo complice ne pouvait mieux tomber à l’heure où l’achat local et de proximité connaît un engouement avec la pandémie de la COVID-19. « J’ai une garderie à la maison et j’ai toujours été un peu grano sur les bords. Et j’aime beaucoup les produits du Québec. À un de mes anniversaires, ma mère avait donc décidé de m’offrir un coffret mensuel gourmand. Je m’étais déjà abonnée quelques fois à des boîtes mensuelles de ce genre et, chaque fois, j’étais un peu déçue. J’avais toujours l’impression qu’il y manquait quelque chose. Mais là, la boîte à laquelle m’avait abonnée ma mère était juste parfaite, jusqu’à ce que je découvre que c’est elle en fait qui la créait ellemême chaque mois! C’est de là qu’est partie l’idée de lancer notre propre boîte mensuelle », explique Kym Desmarais. Selon une thématique différente chaque mois, les abonnés, pour 48 $ incluant la livraison, reçoivent une boîte cadeau vers le 15 contenant entre quatre et six produits agroalimentaires québécois. En avril, par exemple, le coffret avait pour thème Pasta et contenait, entre autres, une farine biologique

Kym Desmarais (à droite) et sa mère Suzanne St-Louis prennent plaisir à dénicher des produits du Québec pour confectionner un coffret mensuel gourmand. Photos Facebook

(Folle farine de Lanoraie), de l’huile de caméline (Signé caméline) et des sauces originales du Kitchen Lab (Montréal). C’est avec le bouche-à-oreille que Le Coffret du petit bonheur a connu du succès au fil des mois, un succès maintenant amplifié par la COVID-19. « Pour le mois de mai, notre coffret Arc-en-ciel s’est très vite vendu. Les gens veulent vraiment acheter local présentement et

c’est tout à notre avantage. Notre clientèle est très satisfaite et nous avons un bel engagement de leur part », ajoute Mme Desmarais.

Produits chouchous En faisant des recherches pour créer les plus succulents coffrets chaque mois, le duo mère-fille ne tarit pas d’éloges pour certains produits québécois devenus, à


FERME D’HIVER - BROSSARD

Un concept innovateur favorisant l’autonomie agricole québécoise à grande échelle Ferme d’hiver réinvente l’agriculture grâce à un nouveau concept de production verticale à échelle industrielle, un modèle agricole qui utilise l’intelligence artificielle et une ingénierie de pointe pour recréer les conditions climatiques optimales à la culture maraîchère, et cela, dans un écosystème intérieur entièrement contrôlé. Cette innovation ouvre la voie à une agriculture à grande échelle en plus de fournir une réponse aux défis climatiques, agroalimentaires et économiques. L’eau, la lumière, l’air et la température sont contrôlés pour tirer le plein potentiel de l’agriculture dans le respect des principes de lutte biologique. Aussi appelée agriculture de précision, la technologie de Ferme d’hiver se met au service de la terre dans un bâtiment pouvant s’intégrer

en complémentarité aux opérations agricoles de serre et de champ. Le bâtiment peut atteindre jusqu’à huit mètres de haut, permettant une production en 3D et une plus forte densité de culture au mètre carré jusqu’à 15 fois celle d’une serre et 45 fois celle d’une production en champ.

Une fraise d’hiver au goût d’été Les locaux actuels de Brossard, sur la rive sud de Montréal, ne sont que le laboratoire de développement de la solution complète. Par l’entremise de ses partenaires maraîchers, l’objectif est de remplacer 10 % des importations d’ici cinq ans et ainsi créer une agriculture d’hiver au Québec. « Nous avons choisi la fraise pour tester notre technologie parce que tout le

monde aime les fraises du Québec en été. Or, le reste de l’année, nous devons nous tourner vers des produits importés qui souvent n’auront pas le bon goût de fraîcheur des fruits d’ici, sans compter l’usage de pesticides et l’impact relié au transport des aliments sur la qualité des produits et l’empreinte écologique, explique Yves Daoust, président-fondateur de Ferme d’hiver. Nous proposons une solution complémentaire aux maraîchers qui peuvent ainsi cultiver à l’année des aliments à prix abordable pour les consommateurs. La production de la fraise est parmi les cultures les plus complexes à maîtriser. Avec cette première preuve de concept, Ferme d’hiver peut ainsi démontrer le potentiel de son approche, ce qui permet d’imaginer la production d’une multitude d’autres fruits et légumes. »

Québécois et présentent un fort potentiel d’exportation », a déclaré Pierre Fitzgibbon, ministre de l’Économie et de l’Innovation. « L’initiative de Ferme d’hiver favorisera l’autosuffisance alimentaire du Québec en plus de fournir des produits sains et cultivés sans antibiotique, hormone ou pesticides. Le modèle agricole de l’entreprise qui est actuellement testé sur des fraises, servira à produire localement de nombreuses variétés de fruits et légumes tout au long de l’année. Par ailleurs, les installations imaginées par Ferme d’hiver pourront être érigées à proximité des marchés de livraison de manière à réduire l’empreinte écologique liée au transport des aliments », a pour sa part affirmé André Lamontagne, ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation.

Soutien d’Investissement Québec

Entente avec Sobeys/IGA

Déjà, Ferme d’hiver compte sur un appui important de partenaires et d’investisseurs, dont Investissement Québec, le principal levier de développement économique du gouvernement du Québec. « La pandémie liée à la COVID-19 aura fait prendre conscience aux Québécois qu’il est essentiel d’accroître notre autonomie agricole et surtout, de soutenir nos producteurs locaux. Cette initiative s’inscrit donc parfaitement dans la volonté de notre gouvernement d’encourager les entreprises innovantes développant des solutions qui répondent aux besoins des

Pour l’instant, l’entreprise se concentre sur la production de la Fraise d’hiver et compte déjà sur une entente avec les marchands IGA afin de rendre le produit accessible à un plus grand nombre de Québécois. La Fraise d’hiver sera bientôt disponible dans quelques supermarchés IGA de la grande région de Montréal, la bannière s’est d’ailleurs engagée à acheter la totalité de la production de Ferme d’hiver. Pour en savoir plus sur la solution innovatrice de Ferme d’hiver, consultez le site https://fermedhiver.ca/.

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Pesticides : baisse substantielle GUYLAINE MARTIN, AGR. Répondante en formation agricole Collectif en formation agricole Centre-du-Québec

Le bilan 2018 des ventes de pesticides au Québec affiche une baisse substantielle de près de 28 % par rapport à l’année 2017. Cette baisse est principalement due à une diminution importante des ventes de glyphosate (-39 %) et d’atrazine (-59 %). Chapeau aux producteurs agricoles! Depuis 2004, il faut avoir réussi un examen sur l’utilisation des pesticides en milieu agricole pour pouvoir acheter et

utiliser des pesticides. La relève agricole, qui a réussi un examen dans le cadre de sa formation, a ce qu’il faut pour demander son certificat au ministère de l’Environnement. Au moins une personne sur l’entreprise doit détenir ce certificat : propriétaire, actionnaire, relève ou employé. La formation reconnue est aussi disponible à distance et en ligne. Le Centre de formation agricole de Saint-Anselme offrira une formation en ligne du 25 au 29 mai, de 9 h à 12 h. Il sera également possible de passer l’examen en ligne. Pour sa part, la Société de formation à distance des commissions scolaires du Québec (SOFAD) offre la formation à distance selon deux formules : autodidacte ou avec tuteur. Pour plus d’information, consultez www. uplus.upa.qc.ca

Photo Pixabay

FADQ

Des mesures de soutien supplémentaires déployées pour les producteurs agricoles Dans le contexte actuel, La Financière agricole du Québec (FADQ) s’est engagée à démontrer un maximum de flexibilité dans la gestion de ses programmes de financement, d’assurances et de protection du revenu. Elle annonçait récemment le déploiement de mesures de soutien supplémentaires pour les producteurs agricoles.

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En matière de financement Prêt pouvant atteindre 50 000 $ afin de soutenir le fonds de roulement. Afin de contribuer à la poursuite des activités des entreprises agricoles et agroalimentaires, une garantie de prêt pouvant atteindre 50 000 $, sans prise de garantie mobilière ou immobilière, peut être rapidement accordée par la FADQ. Cette mesure est accessible à l’ensemble de la clientèle en financement de la FADQ connaissant des problèmes de liquidités temporaires en lien avec le contexte de la pandémie de la COVID-19. En plus de bénéficier d’une durée de remboursement de 10 ans et d’un congé de versements de capital de 12 mois, les clients profiteront du taux d’intérêt avantageux de la FADQ. Pour en faire la demande, ces derniers doivent s’adresser à leur conseiller en financement de la FADQ.

Devancement des paiements de subventions à l’investissement Les paiements de subventions à l’investissement prévus le 1er juin sont devancés au 1er mai. Ces paiements représentent un montant de près de 7 M$ et s’inscrivent dans les programmes suivants : Programme d’appui à la diversification et au développement régional (PDDR), Programme d’appui au développement

des entreprises agricoles du Québec (PADEAQ) et Programme de soutien au financement des investissements en matière de bien-être animal et d’efficacité énergétique (PSFI).

En matière d’assurance et de protection du revenu Agri-stabilité : paiement provisoire passant de 50 % à 75 % des bénéfices du programme Les paiements provisoires permettent d’obtenir plus rapidement un pourcentage des bénéfices du programme. Pour en faire la demande, les producteurs doivent s’adresser à l’équipe de la collecte et du traitement des données financières. « Le secteur agricole est touché par la situation actuelle. Pour cette raison, des mesures supplémentaires sont déployées par La Financière agricole. Celles-ci sauront répondre aux besoins exprimés par les producteurs agricoles et s’ajoutent à celles mises en place récemment, dont le moratoire sur le remboursement des prêts et le report des dates de semis à l’assurance récolte », indique André Lamontagne, ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation


IQDHO

Les taupes, peut-être myopes, mais travaillantes!

MARC LÉGARÉ, DTA Conseiller en pépinière IQDHO

Des dommages importants ont été observés aux pelouses ce printemps dans différentes régions du Québec. On peut voir sur de nombreux gazons des monticules de terre et des trous laissant présager la présence de galeries souterraines. Vous avez peut-être observé ces dégâts sur les pelouses des particuliers, parcs, cimetières ou terrains de golf. Qui est coupable? La taupe!

Description La taupe est un petit mammifère insectivore aux yeux minuscules au pelage gris foncé ou brun. Elle a de larges pattes avant munies de longues griffes, qui lui permettent de creuser facilement. La taupe adulte mesure entre 12 et 20 cm de long. La forme du corps est cylindrique, son museau est conique et l’orifice de l’ouïe est caché dans son pelage. Ses oreilles sont invisibles.

Biologie Contrairement à la croyance populaire, les taupes ne sont pas aveugles, mais leur vision est très élémentaire. Elles se déplacent principalement en utilisant l’odorat, l’ouïe et surtout le toucher. Les taupes sont plutôt solitaires et sont actives autant le jour que la nuit, et ce, pendant toute l’année. L’hiver, elles peuvent chercher de la nourriture bien en dessous de la zone de gel. Au printemps et en été, elles creusent leurs tunnels juste en dessous de la surface de la pelouse en créant de longs renflements sur le terrain. Les dommages causés à la pelouse ne sont généralement dus qu’à une ou deux taupes seulement. La femelle met bas au printemps d’une portée comptant environ 3 à 4 petits. Les jeunes deviennent matures 4 à 8 semaines plus tard et iront alors s’installer dans un territoire bien à eux.

Dégâts aux pelouses

Dépistage Pour identifier les galeries qui sont fréquentées : • Rechercher les galeries qui semblent reliées directement à deux monticules ou plus. Elles sont souvent parallèles à des clôtures, sentiers bétonnés, lignées d’arbres, etc. • Enfoncer légèrement avec le pied une petite section de plusieurs galeries de façon à les endommager sans qu’elles ne s’effondrent. Marquer ces endroits, et après quelques jours, vérifier si ces sections ont repris leur forme.

Interventions recommandées Certaines méthodes de lutte existent, mais leurs efficacités restent à vérifier : • Découragez les taupes en gardant un animal domestique (chat, chien) sur le site. • L’utilisation de sondes à ultrasons récemment testées serait très efficace pour lutter contre les taupes. Ces sondes sont piquées dans le sol près des terriers. • Les vibrations ou les bruits perturbent les taupes. Utilisez un petit moulin à vent près de l’entrée du terrier (vibrations) ou installez une bouteille en plastique en laissant dépasser le goulot dans la direction des vents dominants (sons). Plantez dans la galerie une tige métallique (aluminium, fer) et y insérer le goulot d’une bouteille de plastique de façon à ce qu’elle frappe la tige au moindre coup de vent. • Inonder les galeries en insérant un boyau d’arrosage et laisser couler l’eau 20 minutes. • Utilisez un piège à taupe (ex : EasySet) dans les galeries. Creusez dans le sol afin d’y insérer le piège vis-à-vis une galerie pour prendre au piège les taupes dès qu’elles pénétreront dans le trou. Le meilleur moment pour les piéger est au printemps ou l’automne. Il est possible aussi de louer des pièges chez les compagnies d’extermination ou certaines coopératives agricoles.

Conclusion Vous en savez davantage sur ce petit mammifère poilu insectivore. La prochaine fois que vous observerez des monticules de terre, des trous et des tunnels sur une pelouse, vous saurez que ces dégâts sont causés par une ou deux taupes. Les taupes sont peut-être myopes, mais avouons que ces petites travaillantes savent creuser!

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Les taupes ne s’attaquent pas aux végétaux ni aux racines de gazon. Toutefois, en recherchant de la nourriture (vers de terre, larves de hanneton, etc.), les taupes creusent un réseau de galeries dans le sol. Une taupe peut creuser 15 mètres de galerie par jour. En creusant ces galeries, celles-ci créent plusieurs petits monticules de terre à la surface du sol, qui ressemblent à des bouches d’aération pour des galeries souterraines. Les galeries creusées sont aussi utilisées par d’autres ravageurs plus nuisibles (mulots, campagnols), qui eux se nourrissent des racines des plantes.

Il existe deux types de galeries creusées par les taupes : • Les tunnels de chasse creusés au hasard. Ils ne sont pas droits et se situent entre 12 et 20 cm sous la surface du sol. Ils forment de longs renflements sur le terrain et ne sont utilisés que pour l’alimentation (1 à 2 fois). Ils sont abandonnés par la suite. • Les tunnels permanents plus droits servant quotidiennement. Les galeries sont plus profondes et descendent presque à la verticale dans le sol. Ce sont ces dernières qui forment des monticules de terre à l’entrée du tunnel. Elles sont souvent parallèles à des structures permanentes (clôture, sentier bétonné, etc.). Cette galerie sert principalement de gîte à l’animal pendant l’hiver. La galerie la mieux protégée servira de « nid ».


La composition des mélanges pour couvert végétal : plus il y a d’espèces, mieux c’est? … mais pas pour l’azote

LOUIS ROBERT AGRONOME Direction régionale de la Montérégie-Est MAPAQ

Selon une croyance populaire, plus une culture de couverture a une biomasse imposante, mieux c’est. Pourtant, une collection considérable de travaux de recherche tempère maintenant passablement cette opinion. Selon ce que les chercheurs appellent les services écosystémiques (maîtrise des mauvaises herbes, prévention des maladies, recyclage des éléments nutritifs, contrôle de l’érosion ou amélioration de la qualité du sol), l’effet de la biomasse n’est pas toujours significatif ni même positif.

Diversité et biomasse C’est pour favoriser la formation d’une forte biomasse que certains producteurs préfèrent semer des mélanges à plusieurs espèces. Sur ce point, la recherche leur donne raison. En mettant à profit une complémentarité spatiale (canopée multiniveau, systèmes racinaires exploitant des volumes de sol exclusifs) ou temporelle (croissance des espèces annuelles à l’automne, relais des espèces rustiques au printemps), les mélanges composés d’au moins deux espèces apportent généralement plus de matière sèche que ne le feraient les mêmes espèces en semis pur (outyielding). Dans une étude récente, on a mis en évidence une augmentation de 533 kg de matière sèche pour chaque espèce supplémentaire ajoutée, jusqu’à un maximum de 8 espèces. Il arrive même que les mélanges complexes donnent un meilleur rendement que l’espèce la plus productive du mélange lorsque celle-ci est semée seule (transgressive outyielding). Selon une autre expérience, les risques d’échec diminuent avec l’augmentation du nombre d’espèces (Szumigalski et Van Acker, 2006).

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D’accord pour la maîtrise des mauvaises herbes… L’efficacité d’une végétation luxuriante dans la lutte contre les mauvaises herbes est bien établie. Bon nombre d’études ont fait état de l’effet proportionnel de la biomasse fournie par le couvert végétal sur la répression des mauvaises herbes. Selon Finney et al. (2016), on arrive à la répression maximale (95 %) à 4625 kg de matière sèche par hectare, point audelà duquel on n’obtiendrait pas de gain supplémentaire. Ce rendement n’est évidemment pas toujours atteint par les couverts végétaux sous nos conditions, mais la présence du seigle d’automne dans le mélange maximise certainement les chances. Loin d’être négligeable, le seigle neutralise les mauvaises herbes en raison d’une variété d’autres mécanismes. Les crucifères (moutarde, radis, etc.) connaissent également une forte croissance si elles sont semées assez tôt à la fin de l’été.

Plus il y a de croissance pour une espèce donnée, moins il y a aura de nitrates résiduels dans le sol à l’automne et plus il y aura d’azote contenu dans les tissus de la culture de couverture. C’est le principe des cultures « pièges à nitrates » que sont, par exemple, le ray-grass intercalaire dans la culture du maïs ou le seigle semé après un maïs hâtif. Cependant, les chercheurs n’ont vu aucune relation entre ces mesures et la réduction possible de la fertilisation azotée de la culture de maïs suivante. Plusieurs raisons expliquent ce phénomène. D’abord, une culture de couverture que l’on aura laissé croître longtemps absorbera plus d’azote, mais sera en même temps plus fibreuse (rapport carbone-azote plus élevé). Ensuite, l’azote disponible et accessible au maïs ne viendra que dans une très faible proportion de la biomasse du couvert précédent et sera davantage issu de la minéralisation de l’azote et des microorganismes déjà présents dans le sol, minéralisation stimulée par le carbone labile du couvert végétal. Enfin, la présence de légumineuses dans le mélange fera en sorte que la biomasse sera moindre, mais

le « crédit » d’azote augmentera, non pas directement en raison du recyclage de l’azote contenu dans les tissus, mais plutôt par un effet extrêmement positif de la légumineuse sur les transformations de l’azote organique du sol.

Effets recherchés : instantanés ou pour la rotation? Que ce soit au chapitre de la maîtrise des mauvaises herbes et des maladies qu’en matière de réduction de la fertilisation, le recours aux couverts végétaux doit être envisagé dans l’optique des effets favorables pour l’ensemble de la rotation (à commencer par la culture suivante), au lieu des effets immédiats sur la culture courante. Si on laisse de côté l’improvisation et que l’on conçoit plutôt l’adoption de cette pratique dans un système de rotation de cultures, les chances de réussite ainsi que les bénéfices potentiels seront considérablement plus importants. Il est très difficile d’accroître la diversité spatiale ou temporelle des espèces dans des monocultures de maïs ou de soya. Semer des intercalaires à travers le maïs est une excellente initiative, mais cela comporte plusieurs inconvénients : difficulté du

semis (un semoir adapté est nécessaire), peu d’espèces tolérant les conditions de croissance, risque de perte de rendement, rareté des herbicides compatibles, peu d’effets positifs sur le maïs cultivé et encore peu d’effets sur la culture de maïs ou de soya suivante. Toutefois, la rotation maïs-soya-céréales (blé d’automne) ouvre toutes sortes de possibilités et permet surtout de maximiser la réduction des besoins du maïs en azote par l’introduction d’une légumineuse dans le mélange d’espèces semées dans une culture de blé au printemps ou en dérobée. C’est aussi vrai pour les autres services recherchés : on aura beaucoup plus de chances de réduire le risque de maladies, d’améliorer la qualité du sol ou de prévenir une infestation de mauvaises herbes. Dans la composition des mélanges destinés à la formation de couverts végétaux, le choix devrait porter sur la complémentarité de quelques espèces plutôt que sur le nombre d’espèces. On ne devrait pas accorder autant d’importance à la quantité de biomasse produite. Il faut s’attarder davantage aux traits des espèces qui vont remplir un rôle dans les services écosystémiques recherchés. Références FINNEY, D.M., C.M. WHITE et J.P. KAYE (2016). « Biomass Production and Carbon/ Nitrogen Ratio Influence Ecosystem Services from Cover Crop Mixtures », Agronomy Journal, vol. 108, no 1, 14 janvier 2016, p. 39-52. SZUMIGALSKI, A.R., et R.C. VAN ACKER (2006). « The agronomic value of annual plant diversity in crop-weed systems », Canadian Journal of Plant Science, vol. 86, no 3, p. 865-874.

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Le perceur de la courge, nouvel ennemi des cucurbitacées Des chenilles bien cachées… et voraces!

ISABELLE COUTURE Agronome Direction régionale de la Montérégie-Est MAPAQ

Que vous soyez producteur biologique ou jardinier amateur, si vous cultivez des citrouilles, des courges ou des courgettes, vous pourriez faire face, dans les prochaines années, à un défi additionnel : le perceur de la courge.

Un si joli papillon… Le perceur de la courge est un papillon au corps noir et orange, aux ailes transparentes et aux pattes orangées, frangées de longues soies noires. On peut notamment observer cet insecte, qui est actif pendant la journée, en train de s’alimenter de nectar. Les femelles vivent en moyenne cinq jours et les mâles, trois jours. Malgré sa courte vie, la femelle peut pondre entre 150 et 200 œufs. Ceux-ci sont déposés individuellement, près du sol, sur la tige principale des plants de zucchini, de courge ou de citrouille. Plusieurs œufs peuvent être pondus sur un seul plant. Les œufs commencent à éclore environ 14 jours après la ponte.

Dès l’éclosion, les nouvelles larves s’enfoncent à l’intérieur des tiges, où elles se nourrissent des tissus végétaux. Les dommages passent longtemps inaperçus, tout comme le trou d’entrée à la base du plant. Ce n’est qu’au bout de quelques semaines, lorsque les chenilles sont grosses et que les excréments se sont accumulés passablement dans les tissus vasculaires, que l’apparence des plants attire l’attention. Ils sont alors jaunâtres, ils s’effondrent et meurent en quelques jours. Cette période correspond souvent à la fin du développement larvaire, qui dure de quatre à six semaines.

Des dommages signalés dans le sud du Québec Le perceur de la courge est présent depuis de nombreuses années dans les États de la côte est américaine. Au Québec, ce n’est qu’en 2018 que les premiers dommages ont été signalés et que l’insecte a été identifié par le Laboratoire d’expertise et de diagnostic en phytoprotection du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ). Les trois premiers cas provenaient d’entreprises du sud de la Montérégie-Ouest et de l’île de Montréal. En 2019, le MAPAQ, en collaboration avec le Club Bio-Action, a mis sur pied un premier réseau de surveillance du

papillon dans six champs de cucurbitacées en Montérégie. Six pièges, munis d’une phéromone spécifique au perceur de la courge, ont été installés à la mi-juin dans ces champs de grandeur variée et majoritairement en culture biologique. Grâce au suivi qui a été fait, on a constaté que le plus grand nombre de captures hebdomadaires était obtenu autour du 20 juillet. Dans tous les sites, des papillons ont été capturés dans les pièges. Les pics de captures ont toutefois été faibles, se situant entre deux et dix papillons capturés en une semaine. Des dommages ont été observés sur trois des six emplacements.

Une seule génération présente au Québec Au Québec, une seule génération du perceur de la courge est présente. En Montérégie, le pic de l’émergence des adultes, selon le suivi de 2019, pourrait se situer autour du 20 juillet. Le vol des papillons peut cependant s’étaler sur près d’un mois. Par conséquent, il arrive que l’on puisse constater des dommages sur les fruits à ce moment. En effet, si les derniers papillons émergent vers la miaoût, les femelles pourraient préférer pondre sur des fruits en développement plutôt que sur des plants vieillissants. Des régions plus au nord pourraient avoir un pic d’émergence des papillons décalé par rapport à la Montérégie et enregistrer davantage de dommages sur les fruits.

Perceur de la courge adulte (Melittia cucurbitae [Harris]).

Peu de moyens de lutte contre le perceur de la courge

RAP – Réseau cucurbitacées : une surveillance étendue dès cette saison Grâce à ses collaborateurs, le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) pourra assurer cette année la surveillance de plus de 25 pièges installés dans huit régions du Québec. Les données serviront à mieux connaître l’insecte, son étendue, ainsi que la gravité des dommages qu’il provoque. Il sera ensuite plus facile de se pencher sur des stratégies de contrôle.

Références Piège de type Héliothis comportant une phéromone attractive pour piéger le perceur de la courge adulte.

IRIIS phytoprotection Laboratoire d’expertise et de diagnostic en phytoprotection

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Bonne nouvelle : même si la courge est l’hôte de prédilection, celle de type Butternut semble épargnée par l’insecte. Pour les autres courges, citrouilles et courgettes, cependant, les champs les plus à risque semblent ceux en régie biologique. De plus, le papillon semble préférer pondre sur les plants qui sont situés en bordure de petites parcelles. Qu’il s’agisse de lutte biologique ou de lutte traditionnelle, il n’y a actuellement aucun insecticide homologué au Canada contre le perceur de la courge. Par ailleurs, même si un tel produit était disponible, la fenêtre d’intervention serait très courte et nécessiterait des pulvérisations répétées visant la base du plant, puisque la larve pénètre la tige immédiatement après son éclosion. Par conséquent, pour la saison 2020, il est important de vérifier si les cucurbitacées sont endommagées par le perceur de la courge. Au mois d’août, si des plants matures jaunissent subitement et meurent, il est possible que ce soit à cause de l’insecte. Regardez à la base du plant s’il y a des trous d’entrée. À l’aide d’un couteau, ouvrez la tige sur la longueur. Vous verrez peut-être de petites larves dodues à l’intérieur. À la récolte, vous pourriez aussi découvrir des galeries créées par la larve à la surface du fruit. Si vous désirez confirmer le diagnostic, envoyez un plant contenant des larves au Laboratoire d’expertise et de diagnostic en phytoprotection du MAPAQ.


LA MONTÉRÉGIE, LE GARDE-MANGER DU QUÉBEC

Une carte interactive pour favoriser l’achat local

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C’est dans le but de permettre à la population de localiser facilement les entreprises agroalimentaires de la Montérégie qui, pendant cette période de pandémie, maintiennent leur offre de service que la carte d’achat local a été produite par l’équipe de « La Montérégie, le Garde-Manger du Québec ». L’objectif est d’inciter les résidents de la Montérégie à prioriser les produits locaux en encourageant les entreprises agroalimentaires de leur communauté, maintenant et après la crise que nous traversons. En cette période de confinement et de distanciation sociale en raison de la COVID-19, les producteurs, transformateurs, restaurateurs et autres entreprises de l’industrie agroalimentaire sont plus que jamais essentiels pour nourrir la population. Avec la carte d’achat local, il devient encore plus facile pour les Montérégiens de trouver efficacement les entreprises qui produisent, transforment ou servent des produits de la région. Producteurs maraîchers, fromageries, boulangeries, petits fruits et autres, la Montérégie regorge de produits d’un terroir riche qui offre une diversité aux consommateurs pour s’approvisionner en aliments frais et de qualité. Privilégier l’achat local, c’est poser un geste solidaire pour soutenir sa communauté et diminuer son empreinte environnementale. L’industrie agroalimentaire se mobilise et plusieurs initiatives voient le jour dans les entreprises qui savent rapidement adapter leur offre de service aux réalités. « En plein cœur de la tempête, les produc-

teurs se sont adaptés et ont innové dans la mise en marché de leurs produits pour répondre à la demande croissante des consommateurs qui veulent acheter localement. Que ce soit les paniers de fruits et légumes frais, les repas prêt-à-manger, les vins, les bières artisanales ou encore les fromages d’ici, nos artisans locaux offrent des produits extraordinaires et, plus que jamais, il est important de les soutenir », mentionne Sébastien Dion, directeur général de La Ferme Guyon à Chambly et membre complice de la campagne régionale La Montérégie, le Garde-Manger du Québec.

Des centaines d’entreprises agroalimentaires et de restaurants répertoriés Facilement accessible sur le site web gardemangerduquebec.ca, dans l’onglet Achat local, la carte interactive présente une carte complète du territoire de la Montérégie positionnant les nombreuses entreprises qui continuent d’offrir des produits et services alimentaires, devenant ainsi LA référence régionale pour les Montérégiens qui souhaitent s’approvisionner auprès des producteurs locaux. Une sélection est disponible pour connaître les entreprises agroalimentaires et/ou les restaurants et il suffit de cliquer sur la puce d’une entreprise pour obtenir les coordonnées complètes ainsi que le site web et les directions pour s’y rendre. La carte d’achat local est mise à jour régulièrement en fonction de l’évolution de la situation, mais il est recommandé de

La nouvelle carte interactive pour promouvoir l’achat local de La Montérégie, le GardeManger du Québec permet d’identifier rapidement tous les producteurs, transformateurs et restaurateurs de la région. Photo capture d’écran

communiquer directement avec les entreprises avant de se déplacer.

À l’œuvre pour un objectif commun L’implication des municipalités régionales de comtés (MRC) de la Montérégie, des Chambres de commerce et autres partenaires régionaux est indispensable et a permis de répertorier rapidement le plus grand nombre d’entreprises qui demeurent en opération pour répondre aux besoins d’approvisionnement de la population sur tout le territoire de la Montérégie. Ainsi, toutes les entreprises agroalimentaires de la Montérégie, membres complices ou non, ont l’opportunité d’être positionnées sur la carte tout à fait gratuitement. Les entreprises qui souhaiteraient apparaître sur la carte peuvent communiquer directement avec l’équipe du Garde-Manger du Québec ou avec les

représentants de leur MRC ou autre intervenant local d’aide aux entreprises. Cette initiative de carte d’achat local vient bonifier les efforts de la campagne régionale La Montérégie, le Garde-Manger du Québec qui œuvre à la promotion de l’achat de proximité par la mise en valeur des producteurs derrière les produits alimentaires régionaux. « Nous utilisons ainsi notre plateforme, qui bénéficie d’une notoriété établie, pour mettre en place une nouvelle initiative agroalimentaire régionale et ainsi pouvoir offrir une visibilité additionnelle aux entreprises. C’est le temps plus que jamais de découvrir les produits de la Montérégie et d’encourager nos producteurs afin d’assurer, ensemble, une pérennité pour l’économie locale de notre région », soutient Isabelle Bittar, directrice générale d’Expansion PME qui chapeaute la campagne régionale La Montérégie, le Garde-Manger du Québec.


AGENCE FORESTIÈRE DE LA MONTÉRÉGIE

Tirage au sort de permis de cerf sans bois! nombre de mâles, la population de cerfs continue d’augmenter tant que naissent plus de femelles qu’il n’en meure. En effet, ce sont ces dernières qui engendrent les naissances, donc qui ont la possibilité de faire augmenter la population de cerfs, alors qu’un mâle peut féconder plusieurs femelles. Or, dans nos zones du sud du Québec, où les hivers trop doux causent peu de mortalité naturelle, la chasse doit compenser.

MARIANNE CUSSON, BIOLOGISTE Agence forestière de la Montérégie

Votre propriété forestière ou agricole subit des dommages causés par le cerf de Virginie (communément appelé chevreuil)? Savez-vous que vous pouvez obtenir des permis spéciaux de chasse au cerf sans bois pour des chasseurs que vous accueillez sur votre propriété? Pour les obtenir, le propriétaire ou le chasseur doit s’inscrire au tirage au sort de permis de chasse au cerf sans bois organisé par la SÉPAQ au cours du mois de mai. Un tirage distinct est même organisé pour les propriétaires fonciers, leur allouant une part de ces permis spéciaux, même s’ils ne sont pas chasseurs! Les deux permis obtenus par les propriétaires gagnants sont attribués aux chasseurs de leur choix.

Accueillir davantage de chasseurs?

Pourquoi un permis de cerf sans bois? Depuis les années 1970 a été instaurée au Québec la loi du mâle, en ce qui a trait à la chasse aux cerfs de Virginie. C’est-àdire que l’achat d’un permis de chasse au cerf donne a priori au chasseur le droit de récolter un mâle adulte. Beaucoup de nuances ont été instaurées depuis et la récolte de femelles et de jeunes est permise dans certaines zones, durant certaines périodes et certains engins. Mais pendant la saison à l’arme à feu, celle durant laquelle culmine la récolte, il faut avoir obtenu un permis spécial pour

Photo Pierre Bernier, MFFP

avoir le droit de chasser une femelle. Les zones de chasse situées en Montérégie connaitront de nouvelles modalités de chasse cet automne. Parmi les principales, notons l’ajout d’une période où l’utilisation de l’arme à feu est permise pour les zones 8 nord et 8 est, la possibilité de récolter deux cerfs par chasseur par année selon certaines conditions, le permis de premier abattage remplacé par

un permis de cerf sans bois, etc. Pour plus d’informations à propos des nouvelles modalités de chasse aux cerfs de Virginie consultez le https://mffp.gouv.qc.ca/lafaune/plans-de-gestion/cerf/.

Pourquoi chasser des femelles? La récolte de cerfs femelles est centrale dans le contrôle de la population de cerfs de Virginie. Malgré qu’on chasse un grand

Si vous accueillez déjà un chasseur, peutêtre préfère-t-il avoir accès à l’ensemble de votre lot et durant l’ensemble des saisons de chasse? C’est compréhensible. Peut-être attend-il depuis des années le passage du « gros buck » de ses rêves? Ce n’est pas rare non plus. Peutêtre que votre chasseur n’a pas compris que vous souhaiteriez qu’il contribue au contrôle du niveau de population de cerfs et des dommages qu’il peut causer à votre forêt ou vos cultures? Pour favoriser la récolte de femelles, peut-être devriez-vous multiplier le nombre de chasseurs (en subdivisant le territoire ou en accueillant un chasseur par saison de chasse) et leur fournir un permis spécial pour la récolte de cerf sans bois? Ne manquez pas l’occasion! C’est maintenant la saison pour s’inscrire au tirage au sort des permis de cerfs sans bois. Faites-le auprès de la SÉPAQ, à https://www. sepaq.com/tirages/index.dot entre le 14 mai et le 10 juin.

Gestion et Technologie Agricoles - Jeudi 14 mai 2020 - 21


FINANCEMENT AGRICOLE CANADA

Assurer la sécurité des enfants à la ferme pendant la COVID-19 RICHARD KAMCHEN Financement agricole Canada

La fermeture des écoles et des garderies pour freiner la propagation de la COVID-19 a confiné à la maison des milliers d’enfants partout au pays, y compris ceux qui vivent dans les fermes. Dans la plupart des exploitations agricoles, le travail à proximité d’enfants n’est pas inhabituel. Or, le printemps, qui est une période de l’année occupée sur la ferme, est arrivé. Des mesures de sécurité accrues pourraient donc être nécessaires pour protéger les jeunes enfants qui vivent à proximité des installations. Robin Anderson, coordonnatrice des communications à l’Association canadienne de sécurité agricole (ACSA), affirme que les familles agricoles en auto-isolement pourraient envisager de demander à un proche en santé de vivre avec elles afin de les aider à s’occuper des enfants. Elles pourraient également partager les tâches avec les voisins afin qu’un parent soit disponible pour garder les enfants. « Chaque exploitation présente des besoins et des risques particuliers associés à la garde d’enfants », explique Mme Anderson.

Prévention des blessures

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Mme Anderson ajoute qu’il est essentiel de créer des aires de jeu sécuritaires et d’assurer une supervision afin d’éviter que les enfants ne se blessent en milieu agricole. Si vous prévoyez demander à vos enfants d’âge scolaire de vous donner

un coup de pouce à la ferme, mais que vous n’êtes pas certain qu’une tâche soit adaptée à l’âge de votre enfant, l’ACSA fournit un cadre décisionnel pour dix des tâches qui sont les plus fréquemment associées aux blessures chez les enfants. Lorsque les enfants sont assez âgés pour prêter main-forte, l’ACSA demande aux familles de suivre ses Directives de travail pour les jeunes en agriculture. La pression prévue exercée par la COVID-19 sur le secteur de la santé risque de limiter les ressources médicales qui sont habituellement disponibles. L’ACSA recommande de faire un effort concerté pour assurer la sécurité à la ferme. « Prévenir les blessures et rester en bonne santé et en sécurité est une chose que nous pouvons faire non seulement pour nous-mêmes, mais aussi pour nos familles, nos fermes et nos communautés », déclare Mme Anderson.

Parlez-en Il est également important d’aider les enfants et les adolescents à prendre soin de leur santé mentale en cette période de grande incertitude. Mme Anderson encourage les parents à parler à leurs enfants de la COVID-19. Le Center for Disease Control (CDC) souligne que, si tout le monde est différent, des réactions comme le retour à des comportements plus jeunes, l’adoption de mauvaises habitudes en matière d’alimentation ou de sommeil ou l’évitement d’activités qu’ils aimaient auparavant peuvent être de signes de stress.

Le CDC recommande également aux parents de discuter avec leurs enfants et de leur communiquer des renseignements provenant de sources fiables, telles que Santé Canada, afin de les aider à dissiper leurs inquiétudes. Elaine Froese, agricultrice et planificatrice en transition

de fermes familiales, indique qu’avec la pandémie de COVID-19, il est nécessaire de créer un sentiment d’espoir et de communauté entre les familles agricoles et les Canadiens. Elle recommande de demeurer en contact, que ce soit par téléphone ou par vidéo.


Un maillage fructueux avec l’aide de l’Arterre! L’entreprise Fou d’ail a vu le jour au début de l’année 2020 et sa propriétaire, Valérie Genest, a bénéficié du service L’Arterre grâce à l’agente de maillage Maryse Bernier, dont le travail s’étend notamment sur le territoire de la MRC des Maskoutains. Mme Genest a d’abord eu recours au service pour valider la possibilité d’exercer le métier d’agricultrice dans sa région et pour vérifier la disponibilité des terres agricoles. Passionnée de jardinage et intéressée par l’élevage de la volaille, l’aspirante-agricultrice n’est pas issue d’une famille d’agriculteurs. L’agente de maillage a présenté à Mme Genest différentes options de location et elle a favorisé le premier contact entre elle et un propriétaire foncier, Richard Bélanger, qui avait une terre à louer, à Saint-Louis-de-Richelieu. Elle les a ensuite guidés dans les différentes procédures : négociation, rédaction du bail agricole, etc. Le service L’Arterre a aussi permis à la jeune entrepreneure de découvrir différentes opportunités : aide pour l’élaboration du plan d’affaires grâce à la formation; lancement d’une entreprise agricole; soutien au démarrage et informations pertinentes sur les sources de financement offertes pour son secteur d’activités. Plusieurs raisons ont motivé son choix de rester dans la région, dont l’offre de produits maraîchers plutôt faible sur le territoire et le soutien du producteur agricole qui lui a loué une terre où elle profite des installations nécessaires pour bien démarrer son projet d’affaires. De plus, la

qualité des sols, la proximité des services et la possibilité de développement en transformation agroalimentaire pour ses produits maraîchers ont penché dans la balance. La MRC des Maskoutains soutient les cultures en émergence depuis plusieurs années par le biais de la Bourse agricole et elle valorise les produits locaux générant une empreinte écologique plus faible comme ce sera le cas pour ceux de l’entreprise Fou d’ail. Le service L’Arterre aide à optimiser l’utilisation de terres agricoles de moindres superficies qui ont un réel potentiel de rentabilité. Le territoire de la MRC est caractérisé par une offre diversifiée de produits de niche, dont la transformation locale apporte une valeur ajoutée, ainsi que par la valorisation du savoir-faire des producteurs artisans de la région. Vous souhaitez connaître les différents modes d’établissement en agriculture qui s’offrent à vous? Vous n’avez pas de relève identifiée? Vous souhaitez louer ou vendre votre ferme? Veuillez communiquer avec Maryse Bernier, agente de maillage de la MRC des Maskoutains, au 450 888-5199 ou inscrivez-vous sur le site Internet de L’Arterre. www.arterre.ca

Valérie Genest a réussi à démarrer son entreprise agricole à Saint-Louisde-Richelieu grâce aux services offerts par L’Arterre. Photo gracieuseté

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COVID-19

Annonces du fédéral

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Le mardi 5 mai, le premier ministre Justin Trudeau a annoncé d’importantes mesures dans le cadre des programmes agricoles. Il a également annoncé un investissement de plus de 252 M$ pour soutenir les agriculteurs, les entreprises alimentaires et les transformateurs d’aliments qui fournissent chaque jour des services essentiels aux Canadiens en assurant un approvisionnement alimentaire sûr et fiable. De plus, il a annoncé que le gouvernement compte proposer l’ajout de 200 M$ à la capacité d’emprunt du secteur. Le gouvernement fédéral apportera une aide ciblée aux agriculteurs, aux éleveurs, aux producteurs agricoles et aux transformateurs d’aliments grâce aux mesures suivantes : • La création d’un fonds de traitement d’urgence de 77,5 M$ pour aider les producteurs d’aliments à accéder à davantage d’équipements de protection individuelle (EPI), à s’adapter aux protocoles sanitaires, ainsi qu’à automatiser ou à moderniser leurs installations, leurs processus et leurs opérations. • Le lancement d’une initiative nationale sous Agri-relance. Cette initiative est dotée d’un financement pouvant atteindre 125 M$ pour aider les producteurs confrontés aux coûts supplémentaires engendrés par la COVID-19. Cela comprend des fonds mis de côté pour des programmes de gestion des bovins et des porcs afin de gérer le bétail en réserve dans les

fermes, en raison de la fermeture temporaire des usines de transformation des aliments. Ces nouveaux fonds du gouvernement fédéral aideront les producteurs et les transformateurs de bœuf et de porc à s’adapter au marché en évolution et aideront les agriculteurs et les éleveurs à garder leurs animaux plus longtemps avant de les mettre sur le marché. L’annonce de l’intention d’augmenter le plafond d’emprunt de la Commission canadienne du lait de 200 M$. Cela servirait à soutenir les coûts liés à l’entreposage temporaire du fromage et du beurre pour éviter le gaspillage alimentaire. Le lancement du tout premier programme d’achat des aliments excédentaires avec un fonds initial de 50 M$. Ce fonds sera conçu pour aider à redistribuer les aliments existants et invendus qui pourraient inclure des produits tels les pommes de terre et la volaille, aux organisations alimentaires locales qui aident les Canadiens vulnérables. Une collaboration avec les provinces pour faire passer les paiements provisoires de 50 % à 75 % grâce à Agri-stabilité. Une collaboration avec les provincespour explorer des possibilités d’élargir le programme Agri-protection afin d’inclure la pénurie de maind’œuvre comme risque admissible pour l’industrie horticole.

CERESCO

Briller en temps de pandémie! Pour Ceresco, un semencier dédié à la culture et à l’exportation de soya sans OGM, pas question de travailler en silo durant cette crise sans précédent! Leur équipe continue à accompagner dans leurs défis de tous les jours les producteurs et les agriculteurs d’ici. C’est pourquoi, en signe de solidarité, en cette période de la COVID-19,

l’entreprise située à Saint-UrbainPremier, dans la région de Salaberryde-Valleyfield, égaie les gens du secteur avec les couleurs arc-en-ciel de leurs silos illuminés. Le tout, afin de supporter le mouvement #cavabienaller. Ceresco travaille avec 450 producteurs du Québec et de l’Ontario et exporte dans plus de 40 pays.

Les silos de Ceresco illuminés aux couleurs de l’arc-en-ciel « Ça va bien aller ». Photo gracieuseté


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La FAC augmente sa capacité de prêt de 5 G$ pour atténuer les difficultés financières de l’industrie

26 - Jeudi 14 mai 2020 - Gestion et Technologie Agricoles

L’assise financière de la Financement agricole Canada (FAC) a été bonifiée pour permettre une capacité de prêt supplémentaire de 5 milliards de dollars, a annoncé la ministre d’Agriculture et Agroalimentaire Canada, Marie-Claude Bibeau. L’annonce de la ministre Bibeau a fait suite à celle du premier ministre Justin Trudeau où il a donné plus de détails sur le plan du gouvernement du Canada visant à soutenir l’économie durant la pandémie de la COVID-19. Dans cette annonce, le gouvernement a pris un engagement ferme envers l’industrie agricole et agroalimentaire afin de veiller à ce que les producteurs, les agroentrepreneurs et les transformateurs de produits alimentaires continuent d’avoir accès au capital nécessaire en cette période éprouvante. « Les agriculteurs et les producteurs travaillent fort pour mettre de la nourriture sur les tables des familles partout au pays. Ils ne devraient pas avoir à craindre de ne pas pouvoir rembourser leurs prêts ou de ne pas avoir assez d’argent pour subvenir aux besoins de leur propre famille, a déclaré le premier ministre. Nous prenons des mesures dès maintenant pour leur donner plus de souplesse et leur permettre de relever les défis qui se présenteront à eux. » « Comme beaucoup de Canadiens, je suis vraiment reconnaissante envers les agriculteurs et les propriétaires et employés des entreprises de produits alimentaires qui continuent à travailler dur pour que nous ayons tous des aliments

de qualité sur les étagères de nos épiceries et dans nos assiettes. Leur travail soutenu est essentiel à notre plan de gestion de la COVID-19, a déclaré la ministre Bibeau. Les mesures annoncées offriront aux agriculteurs et aux producteurs d’aliments de tout le pays une importante souplesse financière dont ils auront besoin en cette période difficile. » « Les producteurs qui craignent de ne pas avoir les flux de trésorerie nécessaires pour effectuer leurs semis ou les transformateurs de produits alimentaires qui subissent les contrecoups de ventes perdues en raison du ralentissement économique peuvent compter sur l’aide de FAC en cette période d’incertitude économique, déclare Michael Hoffort, président-directeur général de FAC. Des

périodes comme celle-ci nous rappellent l’importance des producteurs et des transformateurs d’aliments canadiens pour notre pays et pour nourrir la planète. » M. Hoffort ajoute que FAC exploitera ses ressources pour trouver les solutions les plus susceptibles de favoriser le rétablissement de l’industrie, pour qu’elle se relève encore plus forte. Au départ, la priorité sera d’aider l’industrie à surmonter les difficultés de trésorerie afin que les entreprises puissent rester concentrées sur les fonctions commerciales essentielles sans avoir à se soucier de l’accès aux fonds nécessaires pour poursuivre leurs activités durant cette période difficile. « Le soutien à l’industrie reposera aussi sur une collaboration étroite entre les banques, les caisses populaires, FAC

et d’autres institutions financières. FAC est un partenaire solide et stable de l’industrie depuis plus de 60 ans, et il n’en va pas autrement dans la situation actuelle. Nous travaillerons en partenariat avec d’autres fournisseurs de services financiers pour offrir les solutions qui permettront à l’industrie agricole et agroalimentaire de surmonter les défis qui l’attendent », a ajouté M. Hoffort. Comme autre mesure de soutien, FAC demande à ses clients actuels qui sont préoccupés par leurs flux de trésorerie ou par d’autres questions financières de communiquer avec elle pour discuter de solutions de rechange, comme les reports de paiements et les produits disponibles pour répondre à leurs besoins de trésorerie. « Chaque entreprise a une situation financière unique, et par conséquent, il peut être opportun d’envisager un éventail d’options, fait valoir M. Hoffort. L’essentiel, c’est que FAC bénéficie du soutien de son actionnaire pour jouer un rôle accru en vue d’assurer la réussite de l’industrie agricole et agroalimentaire d’un bout à l’autre du pays. Plus tôt nous nous attaquons aux difficultés éventuelles, plus nous disposons de moyens. » Les clients qui subissent des pressions financières sont invités à communiquer avec leur directeur des relations d’affaires ou avec le Centre de service à la clientèle de FAC au 1 888 332-3301 pour discuter de leur situation et des options qui s’offrent à eux.


La relève agricole : la petite histoire de la ferme La Chatouilleuse

SAM CHAUVETTE Agronome Direction régionale du Centre-du-Québec MAPAQ

PATRICIA LADOUCEUR Conseillère en communication Direction régionale du Centre-du-Québec MAPAQ

Photo Arnaud Le Chatelier

2020, les champs ont reçu l’automne dernier la plantation d’une tonne d’ail de variété Music et d’une tonne de variété Messidor. Aussi, pour s’adapter à la sensibilité de l’hiver des variétés françaises tel que Messidor, une partie importante de la culture, soit 1,5 tonne, sera implantée au printemps prochain. Comme il n’y a pas encore beaucoup de documentation et d’expérience en matière de production d’ail mécanisée au Québec, les défis rencontrés par les entrepreneurs restent importants. Fin connaisseur de la machinerie agricole, Jean-Michel parle avec intérêt des nouveaux équipements qu’ils utilisent et essayent, de la plantation à la conservation, en passant par la récolte. En 2019, les entrepreneurs ont développé un séchoir à ail et un entrepôt à atmosphère contrôlée pour pouvoir stabiliser l’ail en vue d’une bonne conservation. L’ail doit être rapidement et soigneusement séché, afin de prévenir toute détérioration, notamment par les maladies fongiques. Cette méthode de conservation leur permettra de vendre leurs produits sur une plus longue période, c’est-à-dire jusqu’au printemps. Du côté de la mise en marché, ils n’ont pas privilégié un modèle de vente directe. En effet, les trois producteurs destinent plutôt leurs récoltes aux semi-grossistes, qui les revendront principalement aux épiceries. Ils ont tout de même participé en 2019 à la Balade Gourmande pour faire connaître leurs produits. Les trois associés de La Chatouilleuse expliquent leur succès, à cause de plusieurs conditions gagnantes qui étaient au rendez-vous : la famille, l’expertise, les talents complémentaires des actionnaires et la machinerie disponible grâce à l’autre entreprise de Jean-Michel comptent parmi elles. Certes, l’entourage familial est l’un des secrets de la réussite du démarrage d’entreprise agricole, mais il ne faut pas négliger l’importance d’utiliser les services et programmes des professionnels des organisations. La Financière agricole du Québec, le CETAB+ et le MAPAQ peuvent en effet vous aider à réaliser votre rêve. Le Centre-du-Québec compte de nombreux professionnels en établissement et en relève agricole, n’hésitez pas à les contacter. Pour en savoir davantage sur la Ferme maraîchère La Chatouilleuse, visitez le https://lachatouilleuse.com/.

Photo Patricia Ladouceur, MAPAQ

Gestion et Technologie Agricoles - Jeudi 14 mai 2020 - 27

Il y a trois façons de s’établir en agriculture : par un transfert familial, par un transfert non apparenté et par le démarrage d’une nouvelle entreprise. Ce dernier mode d’établissement est en progression. En effet, en 2006, un peu plus du quart (27 %) des établissements se faisaient par le démarrage d’une nouvelle entreprise, comparativement à plus d’un tiers (35 %) en 2016. C’est d’ailleurs le mode privilégié par les trois entrepreneurs derrière la ferme La Chatouilleuse. C’est un cas intéressant, qui allie la relève et le démarrage d’entreprise, le tout dans un esprit familial. Les trois actionnaires de la ferme La Chatouilleuse, située à Ste-Sophie d’Halifax et dédiée à la production d’ail biologique, sont cousins et frères. JeanMichel Baril partage son temps entre son rôle de producteur d’ail à la ferme La Chatouilleuse et celui de producteur laitier en tant que relève à la Ferme Baril et frères. Arnaud Le Chatelier, ancien procureur de la Couronne, se consacre désormais à la ferme et sur des projets de plantations d’arbres avec Arbre-Évolution. Son frère, Jérôme Le Chatelier, diplômé dans le domaine de l’informatique, a décidé de s’investir lui aussi dans le projet à temps partiel. C’est lorsque Arnaud nous explique pourquoi ils ont nommé leur entreprise La Chatouilleuse que l’on comprend l’importance de la famille pour les trois hommes : « La Chatouilleuse est le nom d’une chanson amusante que notre grand-père aimait bien chanter dans des occasions spéciales. Notre logo est quant à lui basé sur la calligraphie de ma mère et a été créé par un cousin ». Lorsqu’on demande aux trois actionnaires pourquoi avoir choisi l’ail comme type de production, ils mentionnent qu’ils voulaient travailler avec une culture végétale. La demande grandissante pour les produits régionaux et l’émergence de l’ail du Québec ont été des facteurs importants dans leur décision. Mentionnons au passage qu’on estime que moins de 20 % de l’ail consommé au Québec est produit dans la province. L’entreprise est membre de l’Association des producteurs d’ail du Québec et, depuis peu, offre des produits certifiés biologiques. En activité depuis maintenant trois ans, La Chatouilleuse est en perpétuelle évolution, avec l’essai de nouveaux équipements ou de méthodes différentes à chaque saison. En prévision de la saison


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Le Courrier de Saint-Hyacinthe - Édition du 14 mai 2020

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