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pri nte m p s NUMERO 34 | AVRIL ’19 | trimestriel

© Fréd Rothen

Entre ombre et lumière !


L’invitée Mali Wiget

« Je suis venue pour la première fois en Anniviers en 1962, faire un camp à Zinal avec la jeunesse rurale catholique. Pendant le camp, on a fait des tas de balades et on allait en cabane, c’était sensationnel. Je suis vraiment tombée amoureuse de la cabane du Grand Mountet. J’avais 14 ans, et j’ai demandé au gardien du Grand Mountet : « est-ce que vous embauchez des Françaises ? ». Il a rigolé et puis il m’a dit que oui. Quand je suis rentrée chez moi, j’ai dit à mes parents : « l’année prochaine, je vais travailler en Suisse dans un refuge » et ils m’ont dit : « ah non ! Tu ne vas pas être toute seule en Suisse ! ». Alors je suis partie avec ma cousine… On est restées quasiment tout l’été, on a bien rigolé, c’était super. Un été, on a même fait une grève au Grand Mountet ! Cette année-là, j’étais aide-gardienne et il y avait à la cabane une enfant de 5 ans, parente du gardien. Elle n’arrêtait pas de nous critiquer et de nous commander. Pour protester, avec les autres aidesgardiennes, on a décidé de ne plus travailler. Pendant presque une semaine, on est restées assises toute la journée sur un grand caillou à côté de la cabane, on refusait de bouger de là, c’était la grève ! Des alpinistes nous apportaient à manger. Le gardien était tout seul, il avait trop de travail, alors il a fini par céder. En 1969, j’ai rencontré mon mari à la cabane du Grand Mountet. Il était alpiniste. A l’époque, quand les alpinistes montaient dans une cabane, ce n’était pas pour faire seulement une course. Ils restaient une semaine, ils apportaient leur bouffe et faisaient toutes les courses des environs. Mon futur mari, Urs, était venu avec un copain. Ils ont fait la face Nord de l’Obergabel-

horn. Pendant la descente, son copain a perdu ses lunettes. Il ne voyait plus rien, il avait une ophtalmie des neiges. Il avait mal, il avait comme du sable dans les yeux. Pendant trois jours, il est resté à la cabane avec les yeux bandés, à attendre que ça se calme. A l’époque, on n’appelait pas les hélicos pour ça. On n’utilisait les hélicos que pour les très grosses urgences. Alors Urs nous a emmenées faire des tours avec les autres aides-gardiennes. C’est comme ça que je l’ai connu. J’avais 21 ans. » Puis Urs et Mali Wiget sont devenus les premiers médecins à s’installer durable-

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ment en Anniviers. A l’époque, il n’y avait ni médecin permanent, ni physiothérapeute, ni pharmacie dans la vallée. Il fallait descendre à Sierre pour se faire soigner. Les habitants de la vallée avaient des connaissances extraordinaires en botanique locale et remèdes divers. Mali faisait beaucoup de visites à domicile et elle a appris la médecine traditionnelle anniviarde en observant comment les gens se soignaient avec ce qu’ils avaient autour d’eux. A ce momentlà, on ne consommait pas de la médecine comme maintenant. Il y avait plusieurs petites caisses maladies très locales et indépendantes. Les gens mettaient leur argent


en commun pour aider ceux qui devaient se faire soigner, ils faisaient attention à ne pas trop dépenser cette caisse collective et avaient un esprit de mutualité. La cotisation était très bon marché. Urs et Mali ont en plus trouvé le temps de voyager ! Un tour en vélo d’un an à travers l’Europe avec leurs quatre enfants, six mois au Ladakh pour travailler dans un camp d’accueil de femmes tibétaines et découvrir les villages de l’Himalaya… Mali a arrêté la médecine en 1996. La même année, elle a lancé le gîte de St- Jean et la formation d’accompagnateur en moyenne montagne. « Le gîte de St-Jean a été le premier gîte d’étape de Suisse. L’idée était d’avoir un lieu pour loger les élèves et de pouvoir aussi accueillir des randonneurs quand il n’y avait pas de formation. » « Et puis il y a eu l’accident de notre fils. A 27 ans, il a eu un accident d’escalade et il est resté trois mois dans le coma, il

avait cassé plein de trucs. J’ai mis pas mal d’énergie là-dedans ». Cette expérience a convaincu Mali de créer la formation itinéraire-santé. Ce qu’elle y affectionne le plus, c’est l’accompagnement individuel par la parole et la promenade ; l’objectif est d’apprendre à trouver les ressources en soimême et autour de soi, pour traverser les périodes difficiles de la vie. « Les maladies viennent en sourdine, quand on a des difficultés et qu’on ne parvient pas à les exprimer. Souvent les gens n’expriment pas les choses de la vie qui ne leur conviennent pas, leurs souffrances, par exemple parce qu’ils ont perdu un proche ou un travail, ou parce que ça ne marche pas à la maison, alors au bout d’un moment ça s’exprime par des maladies. Les symptômes mettent du temps à se déclarer. Il me semble qu’on pourrait prendre les choses par le commencement, avant que ça ne devienne une maladie. Je ne dis pas qu’on est responsable de tout, parce qu’il y a aussi l’environnement familial, social ou naturel qui agit sur

soi. A l’itinéraire-santé, les gens viennent pour un changement dans leur vie. On définit ensemble des objectifs, on signe un petit contrat et je donne des tâches. La personne doit réfléchir sur comment elle fonctionne, comment elle aurait pu faire différemment, et changer. On y arrive ou pas. La fois d’après, on regarde ce qui a été fait pendant les trois semaines écoulées. A partir du moment où les gens commencent la démarche, ça veut dire qu’ils sont en chemin. » Propos recueillis par Pauline Archambault

tél. 027 475 26 22 / bouchvallee@bluewin.ch 3961 Vissoie

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Sommaire 2 L’invitée 5 Sommaire 6

Poésie de la nuit, magie du jour

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Trésors et momies glaciaires

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HC Anniviers

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Edelweiss

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Aventures en terrasses

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Récentes études sur le bourg de Vissoie

à la fin du Moyen Âge

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Anniv’info

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D’Ayer à Varallo

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Anniviers Tourisme

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Le couvert de Niouc

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Interviews parallèles

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Opération géranium

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Ski-Team Anniviers

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Que reste-t-il du monde surnaturel ?

44 Enviedebouger.com 46

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Notre histoire.ch


portrait

Poésie de la nuit magie du jour

A

urait-il raison celui qui dit que «c’est la nuit qu’on passe les plus beaux jours» ? A observer les photos de Fréd Rothen, on s’en laisse persuader. Les nuances de notre lanterne commune à tous, la lune, subtilement mêlées aux éclairages modernes apportent cette touche de poésie à l’environnement extraordinaire dans lequel nous avons l’immense privilège de vivre. La trajectoire Fréd est né à Bevaix sur les rivages du lac de Neuchâtel. Son nom, Rothen est originaire du Haut-Valais et fait référence au Rhône, un retour à une de ses sources peut-être, bien que sa famille ait des origines multiples. Petit, Fréd venait en vacances à Vercorin, séjour le plus attendu de l’année pour lui. Après un apprentissage de mécanicien, il a postulé aux Remontées Mécaniques de StLuc - Chandolin et, depuis septembre 2009, posé son bagage en Anniviers où une solitude de choix, le calme, le tra-

vail en extérieur lui sont nécessaires et ressourçants. Quant à la photo, il a baigné dedans depuis toujours car sa mère fait beaucoup de dias et Fréd a eu la chance d’avoir un appareil dans les mains très tôt, sa passion était née. Ici, il peut lier cette passion à une partie de son travail. En effet, désigné à la bonne marche des canons à neige entre autres, c’est pendant la nuit qu’il exerce le gros de cette activité. Et là, durant ces longues heures où nous autres sommeillons dans les bras de Morphée, la faune s’active sur les hauteurs plongées dans le silence. Seule la neige de culture agite l’air froid de la montagne. Alors Fréd peut s’adonner à ses longues observations et préparer ses appareils qui, avec les nouvelles technologies, permettent d’obtenir des résultats fabuleux. C’est beau la nuit là-haut Une fois plongé dans ce monde, l’esprit s’imprègne de la féérie : les paysages, les lumières, l’ambiance, le ressenti, tout est

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particulier la nuit. Fréd profite des opportunités, le travail de nuit, les sorties entre copains, tout est prétexte à prendre son matériel photo avec lui, ainsi quand les conditions sont réunies, il ne perd pas une occasion de perpétuer l’instant magique. Mais pour atteindre ces résultats, que de réglages, de longues attentes, pour ne pas rater LE bon moment. La photo de nuit est un banc d’essai très particulier, dans une belle et relative solitude. Et le jour alors ? C’est pas mal non plus, le jour qui s’en va quand le flash solaire se perd derrière les montagnes ; et le matin, quand il réapparaît autour du Toûno ou au-dessus des Pointes de Nava. L’atmosphère évolue, les teintes tamisées par le brouillard, les gouttes de pluie ou les scintillements de la neige reflètent l’espace. Surpris par un gypaète en plein vol, ou par l’aigle, notre photographe amateur délaisse alors ses appareils et se perd dans le charme de cette grâce et de cette liberté


qui dansent au-dessus de nos têtes. Puis, baissant les yeux, les traces du loup, du lièvre variable, de l’hermine l’inciteraient à s’embarquer vers des petits coins secrets… mais non, il faut laisser cet espace à ceux qui l’habitent et juste observer pour les photographier peut-être le moment venu, tout doucement, sans déranger.

Mais tout ne peut pas se dire, le mieux c’est d’aller voir les photos de Fréd accrochées de-ci, de-là du côté de St-Luc, chez Sport 4000, à l’arrivée du funi, à la Cohà, ou présentées dans un album chez Marie. Fréd rêve aussi d’approcher la haute montagne, de gravir le Weisshorn, bientôt peut-être.

Chacun de nous, au bord de sa fenêtre, sur son balcon, ou bien calfeutré dans une clairière peut voler un peu de temps au sommeil et caresser du regard les trésors de la nuit. Ou alors, de jour, trouver un petit coin à l’écart, s’asseoir tranquillement pour écouter et admirer cette vie voisine de la nôtre, si discrète. Simone Salamin - photos Fréd Rothen

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société

Trésors

et momies glaciaires En Sibérie, des chercheurs ont trouvé deux minuscules vers congelés Ils étaient prisonniers du permafrost, le sol éternellement gelé du grand Nord russe. D’après leur datation au carbone 14, ces deux vers étaient âgés de 32’000 et 41’700 années. Les scientifiques les ont réchauffés et... ils se sont réveillés! Ils ont bougé. Ils se sont nourris. Des animaux peuvent donc « renaître » après plusieurs dizaines de milliers d’années de congélation 1. L’idée est étourdissante. Voudriez-vous mettre votre vie sur pause et pouvoir programmer la date et l’heure de votre renaissance ? Suspendre le cours de votre existence et le reprendre dans mille ans ? Aux Etats-Unis, le Cryonics Institute, l’une des sociétés pionnières de la cryogénisation, a déjà congelé 170 personnes déclarées mortes. En Russie, KriosRus propose à ses clients d’être congelés vivants… Ce petit rêve d’immortalité se vend au prix minimum de 24’000 euros. Délire, arnaque, quête insensée, science-fiction ? Pourtant, lors de la fécondation in vitro, on fige les soixante-quatre cellules de l’embryon à -196°C et on les stocke dans de l’azote liquide… En 2016, une Américaine de 25 ans a ainsi donné naissance à une fille dont l’embryon avait été congelé 24 ans plus tôt ! D’un certain point de vue, on pourrait dire que la mère, née en 1991, n’avait qu’un an de plus que sa fille, dont l’embryon avait été conçu en 1992 2. Dans la glace, le temps se plie, se tord, s’enroule en spirale. Comme les trous noirs, les glaciers ont le pouvoir magique de briser les lignes du passé et du futur. En passant par eux, on peut s’extraire du présent et

Ötzi

voyager dans le temps. On peut être avalé par le glacier, puis réapparaître des milliers d’années plus tard, indemne, immobile, intact, peut-être juste un peu noirci, plissé ou fragmenté.

hache, vraisemblablement abattu d’une flèche dans le dos. Son corps momifié par les glaces a été découvert par des randonneurs à plus de 3200 mètres d’altitude à la frontière entre l’Autriche et l’Italie.

Les glaciers des Alpes fondent et recrachent des morceaux de notre passé

Parfois, les glaciers gardent leurs secrets, ne daignant postillonner du passé qu’un objet isolé. Comme cette raquette à neige en bois de bouleau, vieille de 5800 ans, découverte en 2003 dans les Alpes italiennes, ou cette mystérieuse chaussure en fourrure

En 1991, le glacier de Hauslabjoch a rendu au monde Ötzi, un homme vieux de plus de 5000 ans, armé d’un arc et d’une

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du Néolithique, datant de 2800 avant Jésus-Christ, conservée dans un boîte sans oxygène au musée de Sion 3. A qui appartenait cette chaussure? A un homme? A une femme? Quels étaient ses espoirs, sa nourriture? Avait-il peur? A quoi ressemblaient ses journées? A quoi rêvait-il la nuit? Où dormait-il? Comment est-il mort? Pourquoi a-t-il quitté le nid douillet des plaines pour se retrouver dans cet endroit isolé, si loin de tout? Son corps sera-t-il un jour libéré de son sarcophage de glace? Nul n’a de réponse à ces questions. Depuis la fin du Néolithique, des aventuriers sont allés au-delà des forêts en quête d’herbe pour leurs vaches, leurs chèvres ou leurs moutons. D’autres courageux ont gravi des montagnes inconnues pour chasser marmottes, chamois et bouquetins. Des explorateurs ont franchi des cols vierges à la recherche hasardeuse de cristal de roche, de pierre ollaire, de cuivre ou de fer. Un site d’extraction de cristal de roche situé à 2830 mètres d’altitude a été récemment libéré des glaces. Il était exploité par des chasseurs-cueilleurs 6000 ans avant notre ère! 4

Par le passé, les voyageurs utilisaient comme routes des cols aujourd’hui difficiles à franchir. Le glacier du Théodule, à 3000 mètres, était un passage pour les marchands qui souhaitaient relier la Suisse et l’Italie. En 1984, durant une leçon, une prof de ski y découvrit un os. Sa cliente, une médecin, comprit rapidement qu’il s’agissait d’un fémur humain. La prof de ski retourna chaque année sur le lieu de la découverte et petit à petit de nouveaux objets apparurent : une épée, un crâne, 184 pièces de monnaie, un vieux pistolet, des fragments de vêtement en laine, un rasoir, une dague… Tous ces objets étaient les effets personnels d’un homme âgé de 20 à 30 ans, tombé dans une crevasse vers 1600. Ce voyageur portait des galons de soie. Sa barbe était taillée au rasoir. Il était riche. Il n’avait jamais réussi à franchir le col du Théodule. « La fonte des glaciers provoque de plus en plus régulièrement des rejets de corps de personnes disparues depuis plusieurs dizaines d’années » 5 Le 15 août 1942, au beau milieu de la guerre, Marcelin Dumoulin, un cordon-

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nier de 40 ans, et Francine Dumoulin, sa femme, une institutrice de 37 ans, partent à pied du village de Chandolin-Savièse pour nourrir leur bétail dans un alpage situé sur l’autre versant de la montagne. Leurs filles racontent : «Ils allaient nourrir leur bétail comme toujours. C’était par ailleurs la première fois que ma mère accompagnait mon père pour une telle excursion. Elle avait toujours été enceinte auparavant et ne pouvait pas effectuer des déplacements dans des conditions météorologiques aussi dures que celles du glacier. » 6 - « La dernière fois que j’ai vu mon papa et ma maman, c’est le matin du 15 août 1941 quand ils sont partis et qu’ils m’ont donné la tâche de m’occuper de mes jeunes frères et sœurs. Et puis, ma foi, ils sont partis dans la vallée à pied. Il faisait grand beau ce jour-là, un ciel bleu à n’en plus finir, et mon papa et ma maman sont partis en chantant. »7 Le couple doit rentrer le soir-même. Nulle trace d’eux. Pendant deux mois et demi, tout le village les recherche sans succès. On place leurs sept enfants orphelins en famille d’accueil. En juillet 2017, un employé des remontées mécaniques de Glacier 3000 trouve leurs deux corps préservés par la glace. Ils gisent l’un près de l’autre. Leurs affaires sont intactes : une bouteille de vin, un parapluie, un exemplaire du Livre des Cantiques en bon état, un peigne, un porte-monnaie, un tonnelet en bois, une broche pour foulard, un chapelet, une lampe de poche, un canif, un sac à dos en cuir épais. On retrouve même un bouquet de fleurs, sèches et noircies mais à peine défraîchies, que Francine avait cueillies en chemin. Le corps de Francine, momifié par la glace, porte des bas noirs, un costume d’époque et des souliers cloutés. Des comparaisons d’ADN permettent d’identifier les deux dépouilles prisonnières des glaces depuis 75 ans. On rend les époux Dumoulin à leur fille âgée de 79 ans pour qu’elle puisse enfin donner une sépulture à ses parents et trouver la paix. Elle avait 4 ans lors de leur disparition.


C’est une sorte de chasse au trésor dont le compte à rebours a déjà commencé Depuis 1850, la température augmente de plus en plus rapidement dans les Alpes et les glaciers reculent de plus en plus vite. Ils libèrent des cols oubliés, longtemps fréquentés, que les glaces avaient progressivement obstrués puis recouverts à partir du XIVème siècle. Selon Ralph Lugon, géographe, 30% de la surface des glaciers qui séparent la Suisse de l’Italie aura disparu d’ici 20 ans. Le processus est si rapide que nous n’avons que quelques décennies pour explorer cette fabuleuse résurgence du passé. Ensuite, tout sera perdu à jamais... Sur certains cols, il est déjà trop tard. «Le temps où les glaciers crachent leurs trésors sera court et unique .»8 La glace permet la conservation des matières organiques, mais sa fonte conduit à une destruction rapide des vestiges. Les tissus se désagrègent sous l’effet de la chaleur et de l’humidité. Les animaux dispersent les os. Aussitôt recrachés par les glaciers qui les rendaient éternels, les objets se détériorent très rapidement car ils sont souvent en laine ou en bois. Des informations irremplaçables et éphémères disparaissent. « Nous vivons une période faste de l’archéologie.»9 Malheureusement, les archéologues disposent de très peu de moyens pour découvrir toutes ces merveilles qui affleurent sous la glace. Ils prospectent les anciens lieux de passage aujourd’hui recouverts par les glaciers, pour dénicher des objets millénaires et collectionner les traces de l’histoire de sociétés disparues. Ralph Lugon et Philippe Curdy10 ont identifié treize sites situés entre 3000 et 3500 mètres d’altitude qui correspondent aux trajectoires humaines les plus probables, sur la base des archives historiques disponibles. Ils inspectent ces sites à la fonte des neiges, chaque début d’automne. La prospection n’est possible que quelques semaines par an. Ils doivent souvent traîner un lourd matériel de recherche pendant plusieurs heures de marche avant d’atteindre le glacier. Avant 2080, la glace aura totalement disparu de certains sites identifiés. Quelquefois, des alpinistes ou des employés des remontées mécaniques devancent les archéologues. Mais les skieurs et les randonneurs prêtent souvent peu d’attention à ces vestiges multimillénaires. Ils les prennent même pour des déchets… Alors, que faire en cas de découverte ? Ouvrez l’œil ! Pauline Archambault

Notes 1. Source : Science et vie junior, octobre 2018 2. Source : ça m’intéresse, novembre 2018 3. Musée du Pénitencier de Sion, exposition temporaire « Mémoire de glace » 4. Site de Fuorcia da Strem Sut à Silenen, UR 5. Source : ats du 19.07.2017 6. Citation de Marceline Dumoulin, fille de Francine et de Marcelin 7. Citation de Monique Dumoulin, fille de Francine et de Marcelin 8. Citation de Ralph Lugon 9. Citation de Philippe Curdy 10. Philippe Curdy est archéologue

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HC Anniviers Chris McSorley en Anniviers

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e HC Anniviers a eu l’honneur de recevoir l’entraîneur emblématique du HC Genève Servette, Chris McSorley, lors de son match de gala contre le HC Sierre. Cette rencontre s’est déroulée le vendredi 28 décembre 2018 à la patinoire de Vissoie devant plus de 550 spectateurs. Le coach David Viret a partagé le banc avec Chris McSorley et nul doute que nos joueurs ont pu savourer ces instants de coaching inédit. Je tiens à remercier les bénévoles, le HC Sierre, les personnes présentes autour de la patinoire et tout particulièrement M. Chris McSorley pour sa simplicité et sa grande classe. Pour l’anecdote, le HC Sierre a battu le HC Anniviers (renforcé entre autres par Didier Massy et quelques joueurs du HC Sierre) sur le score de 6 à 5 après prolongations. Frédéric Pellat, Président du HC Anniviers

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sport


événement

Edelweiss

D

epuis quelques mois, un avion, portant le joli nom de Sorebois, survole ce vaste monde, menant ses passagers dans les plus belles destinations qui soient. Cet Airbus A320 appartient à la compagnie Edelweiss. En 2016, la compagnie d’aviation s’est lancée à la recherche d’un concept pour décider du nom à donner à chacun de ses avions. Elle souhaitait mettre l’accent sur son origine suisse par le biais des noms de sa flotte. Les grandes lignes du concept retenu L’edelweiss est un symbole de notre pays. Les avions d’Edelweiss sont nommés d’après différents endroits de Suisse où pousse cette jolie fleur de montagne. L’idée est d’attirer l’attention, pas uniquement sur la beauté des destinations lointaines que dessert la compagnie, mais aussi sur celle des lieux en Suisse où l’edelweiss est chez lui. Ainsi, chaque avion emmène avec lui la région qu’il représente, un petit bout de Suisse, et la fait découvrir loin à la ronde. Pour pousser plus loin le partenariat qui lie la compagnie aux régions choisies, des bancs Edelweiss, prenant bien évidemment la forme de sièges d’avion, sont installés dans chaque région. Ils sont placés à des endroits où la vue est magnifique et accompagnés de poteaux indicateurs originaux, qui portent le nom de certaines destinations desservies par la compagnie suisse. Le choix de Sorebois Pour être retenue, une candidature se doit de répondre à certaines exigences : le nom proposé doit correspondre à un lieu précis

Concert avant le baptême

où pousse l’edelweiss, un lieu qui propose un panorama particulièrement intéressant et qui soit accessible en remontées mécaniques aussi en été. L’an dernier, la compagnie cherchait une région en Valais romand. Anniviers Tourisme et Sierre Anniviers Marketing lui ont donc soumis deux propositions pour notre vallée et c’est Sorebois qui a été retenu. Le baptême à Zurich Le 5 décembre, une délégation anniviarde s’est rendue à l’aéroport de Zurich pour participer au baptême du nouvel avion. Elle comprenait des représentants des différents partenaires, dont la commune d’Anniviers, les Remontées mécaniques, Anniviers Tourisme, Sierre Anniviers

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Marketing et l’alpage de Sorebois. La partie officielle s’est déroulée sur le tarmac de l’aéroport et a été couverte par quelques média. L’animation musicale a été assurée par le trio anniviard de cors des Alpes. À cette occasion a été jouée, entre autres, la pièce composée expressément pour le festival valaisan des cors des Alpes qui s’est déroulé l’an dernier à Zinal. Cette pièce a, elle aussi, reçu le nom de Sorebois. Peu après, l’A320 fraîchement baptisé s’est envolé pour la Sicile. Un banc à Sorebois C’est probablement en juin prochain que le banc Edelweiss sera installé au lieu choisi sur les hauts de Zinal. Un moment festif réunira des représentants


de la compagnie et d’Anniviers. Un espace Edelweiss, au restaurant d’altitude, rappelle déjà à tous le partenariat existant. Avantages Avoir été choisi pour parrainer un avion de cette compagnie est une chance. Cela permet d’être associé à diverses campagnes publicitaires assurées par Edelweiss, à la fois dans des média nationaux, régionaux et sur les réseaux sociaux. Leur concept intitulé Les plus belles vues de Suisse est détaillé sur leur site internet ; il est aussi expliqué dans leur magazine de bord. Chaque région y est présentée, autour du banc qui y a été installé. Il faudra donc attendre encore un peu pour pouvoir y découvrir Sorebois, à côté de Corvatsch (Grisons), Braunwald (Glaris), Bosco Gurin (Tessin) et quelques autres. La publicité assurée par cette action se fait à moindre coût et ne peut qu’être favorable à l’ensemble de la vallée. Texte de Janine Barmaz Photos de Romain Daniel, Sierre-Anniviers Marketing

Partition du morceau composé par Léon Barmaz

Rassemblés pour la photo

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évasion

Aventure en terrasses C

’est à un voyage sur la rive droite de la Navizence juste en-dessous des étoiles que je vous convie. Elles nous paraissent bien petites ces étoiles, mais le matin venu, c’est la plus imposante d’entre elles, l’astre de feu qui prend toute la place. Et comme on l’apprécie ce soleil, vagabondant d’une terrasse d’altitude à l’autre. Début du périple Il faut décoller de Chandolin, à pied c’est pas sorcier, à peaux de phoque c’est top, à skis ça demande un petit détour bien sympathique pour atteindre la Cabane de l’Illhorn où Marjorie et son compagnon orchestrent le bal des visiteurs. Mais je vous préviens, attention à la chouette ambiance qui prévaut dans ce lieu. La proximité du village avec la cabane représente un avantage certain pour l’hiver car même par météo maussade, des courageux tentent de comptabiliser les dix mille pas recommandés pour la santé en se rendant là-haut. Par contre, en été, les randonneurs préfèrent des altitudes plus marquées. Ainsi Marjorie va proposer au Club Alpin, propriétaire de la cabane, des projets destinés tout spécialement à valoriser la belle saison. Durant les grandes journées, on y sert environ deux cents couverts et lors des petites, « on a jamais vécu zéro » dit Marjorie. Une petite Luv-Dakini âgée de huit mois et demi est venue égayer et renforcer l’équipe au service de cette jolie terrasse de la cabane de pierre.

Le Restaurant du Tsapé A la Cabane Illhorn

la paisible terrasse on observe les couloirs des Ombrintzes très empruntés par les freeriders et le Phare de Griolet bien planté sur le Rothorn de la Bella-Tola veille. En face, les pointes d’Orzival et les Crêts du Midi lancent des clins d’œil et sur la droite, la plaine du Rhône, les villages du coteau et les stations de Crans-Montana, d’Anzère et d’Ovronnaz tissent des liens entre nos deux rives. Jonathan est responsable du Tsapé, il s’agit d’occuper le personnel aussi harmonieusement que possible entre les pics d’environ quatre cents couverts et les creux d’une vingtaine de visiteurs par jour quand la météo se fâche ou que la période n’incite pas aux vacances. L’ambiance se nourrit de la nature, du paysage, les habitués représentent environ la moitié des hôtes, ils ont besoin de ces références et de reconnaître le personnel venu de France et du Portugal

Passage à l’étage supérieur Qui aime le dénivelé régulier et doux sera servi. Voyant poindre le restaurant du Tsapé un peu plus haut, marcheurs et randonneurs imaginent un rocher parfaitement installé dans son environnement. De

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Sur le chemin ...

de la Cabane Bella-Tola

essentiellement. Tous ont à cœur de proposer le meilleur pour que ces moments passés là-haut s’inscrivent du côté heureux de notre mémoire.

est organisé pour manager les groupes qui séjournent plusieurs jours sur place.

Un peu plus loin Voilà qu’il s’agit de passer de l’autre côté de la crête, soit en empruntant le télésiège de liaison pour les skieurs soit, en été, en parcourant le très joli chemin à flanc de coteau pour approcher la Cabane Bella-Tola. En hiver marcheurs et randonneurs devront prendre le funiculaire à St-Luc ou emprunter le trajet Mars du Rando Parc. La souriante équipe d’Alex pratique un accueil «comme à la maison». Pour sa sixième saison, Alex collabore avec une bonne équipe dont plusieurs fidèles : Manu, Célia la cheffe de cuisine, mais aussi tous les autres. L’ambiance excellente, les liens amicaux avec une clientèle très familiale, beaucoup d’habitués, tout cela marque les saisons d’une joyeuse empreinte. Les remarques diverses sont écoutées, les explications permettent de calmer certaines situations plus tendues quand il faut envoyer quatre cents plats par jour durant les grosses semaines ou gérer les quarante visiteurs à d’autres moments. La marchandise est majoritairement locale et correspond aux critères actuels qui favorisent cette façon de cuisiner. Ici, le personnel est originaire du Portugal et prioritairement de France : Bretagne, Lozère, Normandie. Un tournus

Le personnel accède à la cabane en funi et à ski ou en quad, certains dorment là-haut ; les livraisons sont assurées par les dameuses qui repartent avec les poubelles pour éviter les déplacements à vide. Chacun a un poste bien précis et s’y tient. Il arrive que les tables en terrasse soient bien préparées, et voilà que le vent se lève, il faut se dépêcher de tout enlever avant qu’Eole s’amuse à éparpiller tout cela aux alentours, les hôtes se précipitent à l’intérieur… aïe ça chauffe, surtout tenter de rester calme. Les projets ne manquent pas, des animations restent à inventer. Mais le maître mot demeure l’accueil, et le paysage extraordinaire avec les six montagnes de plus de 4000 m. en toile de fond, le Toûno et la Bella-Tola en premier plan ne laisse aucune place à la lassitude. Que ce soit sur un transat ou attablé en devisant avec des inconnus, on passe des instants privilégiés à la Cabane Bella-Tola. Et encore un petit effort Quoique, à pied l’effort est très relatif car on s’engage sur une petite traversée à plat pour rejoindre la Tsigère la Cohà où s’activent Pierre-Yves et son team. Toutefois,

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soyez très prudents et attentifs pour ne pas heurter ou vous faire bousculer par les skieurs qui dévalent les deux pistes à franchir pour atteindre la buvette. A skis c’est tout simple, un seul téleski nous y emmène dès l’arrivée du funi; si on souhaite transpirer un peu, alors il faut parcourir Neptune sur le Rando Parc, mais quelle récompense tout au long du trajet. La Cohà, lieu à part, petit écrin au pied du téleski du Col des Ombrintzes. On dirait que Pierre-Yves est né là, tellement à l’aise quand il interpelle une bonne partie de ses clients par leur prénom. Convivialité et décontraction règnent sur ce lieu en effervescence, on y reprend souffle et joie de vivre. Le service oscille entre trois cents couverts au plus et cinquante au moins, parfois la tempête oblige à fermer, cela s’est passé durant 4 jours cet hiver quand-même. Pierre-Yves se plaît dans cet endroit. Les réflexions prennent une tournure concrète pour renoncer progressivement à l’utilisation de vaisselle jetable par exemple et essayer de marier l’expérience (Pierre-Yves a œuvré 10 ans à la Cabane de l’Illhorn et 16 ans au Prilet) à l’originalité du lieu. Ici le personnel est suisse ou en Suisse depuis longtemps.


Pierre-Yves en pleine action

Au Restaurant de Tignousa

Le jour de ma visite, c’était la St-Valentin et Pierre-Yves distribuait une rose « à glisser dans le décolleté » à toutes les dames. Unique je vous dis !

garder un œil affûté et de veiller à la coordination de l’ensemble des éléments. Pour Mathieu, le challenge consiste à écouter, observer, garder une main de fer dans un gant de velours, tenter des nouveautés sachant que la révolution n’est pas vraiment concevable, composer avec ce qui existe et qui fonctionne déjà bien. La structure à disposition est bien étudiée, mais ça n’a pas été facile de passer de la restauration individuelle à une manière plus « militaire » et composer avec un ensemble de décideurs. L’approche est totalement différente, il a fallu s’habituer à ce nouveau mode de faire qui finalement lui convient, même si le pari était risqué. Mathieu est bien entouré par une équipe efficace et sympathique.

L’atterrissage se profile Allez, on rechausse une dernière fois les skis et on ligne sur Tignousa ou alors on suit les indications du chemin raquette. Là-bas on est reçu par Mathieu qui fait sa deuxième saison et qui est responsable de la restauration sur tout le domaine skiable de StLuc – Chandolin. Il travaille dans un esprit de responsabilisation de chacun, laissant ainsi place à la motivation. Déléguer est important quand il faut assurer huit cents à mille couverts journaliers au plus fort de la saison et cinquante à cent au plus bas. Chacun, qu’il soit Portugais, Français ou Suisse a un rôle bien déterminé, il s’agit de

Voilà, le voyage touche à sa fin, l’atterrissage s’est réalisé tout doucement, sur la terrasse de Tignousa. Le soleil faiblit un peu mais on n’a pas vraiment envie de quitter cet endroit tant la vue s’attarde et musarde sur ces couronnes au fond du val. Pourtant le soir approche, les ombres s’allongent. Allez, se laisser séduire par une dernière tentation et déguster une préparation maison que tous ont à cœur de proposer là-haut. Ce travail est complexe, le défi permanent, les employés font au mieux, à nous d’apprécier cette belle énergie lors d’un prochain voyage en terrasse, ici ou sur l’autre rive de la Navizence. Et l’hôtel Weisshorn, oublié ? Impossible, il fera l’objet d’un autre périple, c’est sûr. Simone Salamin

1989 - 2019

30 ans

IMPA.... IMPRIMERIE D’ANNIVIERS VISSOIE 027 475 32 70 I impa@impa.ch - 19 -


Récentes études

sur le bourg de Vissoie à la fin du Moyen Âge

L

La première mention de Vissoie en tant que chef-lieu de la vallée date de 1235. À cette époque, l’évêque Landri de Mont inféode à Guillaume d’Anniviers plusieurs maisons en pierre et une maison en bois sises dans le castrum (bourg) afin de s’assurer les services d’un puissant seigneur et de marquer son autorité. Vallée stratégique, elle fournissait aux seigneurs un grand nombre de sujets assurant une stabilité financière et un contingent important d’hommes en cas de guerre. Dans les sources médiévales, Vissoie est divisé en deux parties: La villa de Vissoy, qui correspond au bourg et ses alentours directs, et le territorium de Vissoy, le territoire de Vissoie, qui correspond à sa campagne. La villa est composée de quatre lieux qui sont décrits selon la formule explicite in villa de Vissoy: Le bourg, la place située au nord devant l’église, la Crête et la Terraz. Il s’agit donc d’une agglomération de lieux habités autour d’un noyau central qu’est le bourg. À l’intérieur de ce dernier, des maisons s’alignaient, formant une sorte de rempart, avec des jardins et de petites places qui servaient parfois à l’installation d’un four à pain. Ces maisons en pierre et en bois étaient constituées de deux étages

Fond de carte: Swisstopo

’association pour la recherche archéologique dans le val d’Anniviers (ARAVA) poursuit actuellement ses recherches dans la vallée. Elle s’est intéressée ces derniers mois au bourg de Vissoie, centre administratif et religieux de la seigneurie d’Anniviers au Moyen Âge avec pour but d’étudier l’organisation du territoire, le bourg, la population et son statut dans la vallée.

Reconstitution du territoire de Vissoie sur la base des informations obtenues dans les sources écrites

avec une pièce à vivre chauffée par un pierre ollaire, plusieurs chambres et une cave. À côté de ces maisons, on trouve des bâtiments seigneuriaux importants, comme la tour de l’évêque ou la maison Monnier. La position de cette dernière à l’extrémité ouest pourrait suggérer que cet édifice faisait partie d’un dispositif d’entrée. De plus, des poutres encore insérées dans les maçonneries ont fait l’objet de prélèvements en vue d’une étude dendrochronologique qui a fourni une datation entre 1448 et 1449. Cette tour ne date donc pas de la construction originelle du bourg et, malheureusement, son absence dans les sources écrites ne nous permet pas de savoir par qui et pour quoi elle a été construite. Est-ce une initiative seigneuriale ou celle d’un riche Anniviard ?

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En ce qui concerne la campagne de Vissoie, elle comprend tous les lieuxdits mentionnés dans les sources comme étant in territorio de Vissoy. L’utilisation du sol est bien segmentée selon les types d’activités économiques. Dans un premier cercle autour du bourg, on trouve un grand nombre de lieux-dits dédiés aux prés avec des granges-écuries. Dans un second cercle, qui s’étend jusqu’aux confins du territoire de Vissoie, on trouve des zones de champs accompagnées de raccards. Qui habitait Vissoie ? Nos recherches ont permis de repérer 140 familles qui fréquentaient Vissoie entre le XIIIe siècle et le XVIe siècle. Passons-en quelques-unes en revue. Les Blondar sont une famille paysanne très présente dans les sources à partir de 1298. En 1373, un certain Anthonetus Blondar apparaît avec un


CH AEV, Anniviers, 20. Exemple de source écrite exploitée pour ce travail. Dans cet acte de 1286, Pierre Thome dou Liglisier vend à la Confrérie du Saint-Esprit d’Anniviers un moulin sur le torrent de Vissoie

domaine foncier développé, entre Vissoie, la Comba, Zinal, l’alpage de Tracuit et Miège où il possède des vignes. Cette famille a probablement profité de la place laissée par les morts de la peste en 1349 pour développer l’élevage bovin, leur permettant de s’enrichir considérablement. À côté des paysans, on trouve quelques forgerons, notamment la famille Fabri qui tire son nom de son métier ; des cordonniers, comme la famille Sutor de Vissoie ; des meuniers, comme la famille dou Croux et des foulonniers comme les Caloz et les Aystzo. Quelques habitants de Vissoie sont devenus clerc, comme Jacodus de Aula qui lève des actes entre 1266 et 1295 ou Pierre de Torrenté d’Ayer vers 1430. D’autres viennent de l’extérieur comme Anthonius de Aula de Sierre qui s’installe à Vissoie à partir de 1379. Notre étude, qui en est à ses débuts, a déjà permis de mieux cerner l’organisation de Vissoie et de sa campagne. L’utilisation de ce territoire est en premier lieu économique et, suite à l’installation du bourg, devient progressivement le centre

administratif et religieux. Les seigneurs venaient y rendre justice ; les notaires y levaient les actes; les paroissiens venaient à l’église Sainte-Euphémie pour célébrer la messe et s’y faire enterrer ; les différentes communautés de la vallée se retrouvaient pour prendre des décisions au cimetière, etc. Nous vous rappelons que vous pouvez soutenir l’association pour la recherche archéologique dans le val d’Anniviers à l’adresse internet suivante : archeologie-anniviers.ch. Nous profitons de ces pages pour vous annoncer une conférence tenue par Lambert Zufferey qui va présenter ses recherches sur les lieux-dits du val d’Anniviers le 4 mai à 18h00 à la Tour d’Anniviers à Vissoie: «Utilisation historique du territoire d’Anniviers Toponymes: trait d’union entre écrits et terrain».

Oliver Rendu

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Bibliographie - CRAMATTE, Cédric, GILLIOZ, Mattia, RUBELI, Louise, «Le hameau médiéval de Fang/Tiébagette (Val d’Anniviers, Valais)», Mittelalter. Zeitschrift des Schweizerischen Burgenvereins, 20, 2015, pp. 4352. - CRAMATTE, Cédric, et al., Fang, Tiébagette (Val d’Anniviers, VS). Recherches archéologiques 2014-2015, Lausanne: Université de Lausanne, 2016. - RENDU, Oliver, «Une chapelle médiévale à Fang, Tiébagette ? (Val d’Anniviers, VS) : Regards croisés entre archéologie et histoire», Revue des Amis de l’Abbaye de Montheron, 2018. http:// www.langages.ch/blog/associations/ revue-montheron/ - RENDU, Oliver, «Le territoire de Fang (val d’Anniviers) du XIVe au XVe siècle: entre histoire et archéologie», Annales valaisannes 2018, Société d’histoire du Valais romand, 2018, pp. 71-105.


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Les brèves Nouveautés à la bibliothèque Comme promis, un rayon «livres audio, livres à écouter» est à votre disposition. Vous trouverez : • près d’une centaine de titres, «texte original et intégral», lus par des acteurs et comédiens professionnels, parfois même par les auteurs eux-mêmes, avec souvent en sus de très chouettes bandes sons et musiques. • beaucoup de romans très récents : par exemple, «Réparer les vivants» de Maylis de Kérangal, Amélie Nothomb, Giordano, Signol, Omaldé, Lemaître, Bivald, Gaudé, Foenkinos etc. • mais aussi de splendides classiques comme Giono, London ou Duras. • quelques documentaires, témoignages, philosophie. Bref, il y en a pour tous les goûts. Pourquoi ne pas «écouter lire» tout en tricotant, conduisant, voyageant, marchant, cuisinant, travaillant à l’établi ou je ne sais quoi encore qui sollicite la vue, les mains, les jambes, mais laisse les oreilles libres !

Ça repose, et pas seulement les yeux ! Ça nourrit la tête, stimule l’ouïe et l’imagination, gave de culture sans prise de poids, fait rêver, grandir, s’évader, élargit l’horizon. Un plaisir à expérimenter, une manière nouvelle de découvrir des œuvres et des auteurs. FILMS DVD : outre 500 titres constituant le fonds permanent de films à votre disposition, la bibliothèque offre une centaine de titres supplémentaires renouvelés chaque trois mois, grâce à un échange interbibliothèques. Et bien sûr… LES LIVRES, l’actualité littéraire, chaque mois, pour les petits, les jeunes et les adultes. Sans oublier UN RAYON BD qui prend le large et de l’ampleur, toujours en quête de pépites. Ouverture : Mercredi 13h00 - 17h00 Mardi et vendredi 15h00 - 19h00 A bientôt !

à

r e t o n

Grimentz, bureau communal de proximité Dès le 1er mai 2019, le bureau sera ouvert le JEUDI de 14h00 à 18h00. La Municipalité d’Anniviers vous prie de prendre note du changement du jour d’ouverture et vous remercie pour votre compréhension.

Chères familles, Le canton du Valais cherche à promouvoir l’apprentissage des langues en permettant aux jeunes du Secondaire I d’effectuer une année linguistique dans l’autre partie du canton. Les élèves ont le choix entre être pendulaires (faire les trajets tous les jours), ce qui n’est pas toujours possible, ou aller dans une famille d’accueil, solution idéale tant au niveau de l’apprentissage de la langue que de l’encadrement. Afin de permettre à un maximum de jeunes de vivre cette expérience enrichissante – culturellement et linguistiquement parlant – les cycles d’orientation sont à la recherche de familles d’accueil – rémunérées par les parents – prêtes à s’investir pendant une année. Des renseignements sur les inscriptions pour l’année scolaire 2019-2020 et/ou suivantes peuvent être obtenus auprès de la direction du centre scolaire d’Anniviers. En vous remerciant de votre collaboration, recevez, Madame, Monsieur, nos meilleures salutations. Frédéric Zuber, Directeur / directeur@ecoleanniviers.ch / 027 476 15 16

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Sous les sapins la piscine

T

Plongée en sous-sol Simon Melly est responsable du fonctionnement de la partie technique de la piscine et de son spa. Chaque matin à 7h il se rend dans les locaux situés en sous-sol du jacuzzi, du hammam et de la sauna où sont placés tous les éléments qui contribuent au bon fonctionnement de l’ensemble. Ce travail occupe Simon durant environ 1h La grande chaudière à copeaux distribue la chaleur pour l’eau de la piscine et pour l’ancien tunnel qui mène aux logements d’Intersoc. Deux boilers assurent la réserve d’eau chaude, un grâce à la chaudière, l’autre par des panneaux solaires, un système électrique vient compléter le tout. La température doit être adaptée, selon qu’il s’agit de l’air du spa, de celui de la piscine ou des vestiaires, de l’eau du jacuzzi ou de la vapeur du hammam. De même pour le chlorage, les degrés sont autres pour le grand bassin ou la pataugeoire. La piscine est à débordement, c’est-à-dire que chaque fois qu’une personne entre dans l’eau ou que des mouvements l’agitent, le liquide en surplus coule dans un bac de rétention, ensuite un vase tampon le renvoie dans le bassin quand le ou les nageurs ressortent. La quantité est ainsi constante. Chaque jour, un nouveau filtre à gravier est utilisé pour nettoyer l’eau ; un liquide

Gaëtan Salamin de St-Luc

ôt, il faut se lever tôt pour retrouver Simon qui œuvre dans les coulisses techniques de la piscine à Zinal. On y découvre un monde complexe, un lieu de chaleur, de bruits étranges, de machinerie moderne et étonnante, d’écrans de contrôle sur lesquels défilent chiffres et signes connus seulement des techniciens.

appelé floculant sert à assembler les petits déchets de peaux, maquillages, pommades, cheveux entre autres, et l’acide chlorhydrique neutralise le reste. Ces produits ne doivent en aucun cas se mélanger pour éviter un accident grave au technicien. Les sondes informatiques sont surveillées de près car elles n’apprécient pas l’humidité et il faut les changer régulièrement. Tous les lundis les installations sont fermées afin de permettre un entretien complet de la machinerie et s’assurer que toutes les précautions soient prises pour empêcher au maximum tout incident. Ce processus occupe une demi-journée, sans oublier la surveillance des machines à projeter les bulles d’air et d’eau dans le jacuzzi après qu’il ait été vidé et remis en fonction, ni négliger les générateurs à vapeur pour le hammam auxquels on ajoute de l’essence d’eucalyptus.

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Le tout est délicat et exige une attention sans faille. Une fois par mois et sans préavis, le laboratoire cantonal procède à des prélèvements et au moindre doute, la fermeture de la piscine est exigée afin de régler l’éventuel problème. Le ramoneur vient examiner la chaudière deux fois par an, le constructeur une fois, Simon, quant à lui, la nettoie à fond chaque deux semaines, comme le meunier qui écoute tourner son moulin, il reconnaît au bruit si la chaudière fonctionne correctement. Les eaux usées sont récoltées dans une fosse située plus bas que le réseau correspondant, il faut ensuite les pomper pour rejoindre la conduite qui est reliée directement à la STEP. Simon remplit un rapport journalier sur ce travail qui représente un complément professionnel intéressant pour lui, ayant


Simon

Jérémy

Gaëtan Salamin de St-Luc

fois chancelantes qui ressortent du spa, elles ne se sont peut-être pas suffisamment hydratées. Le couloir de natation dans le grand bassin a été installé pour préserver un espace aux vrais nageurs. Au moindre problème décelé, la réaction doit être immédiate, les pics de fréquentation ont lieu en juillet et août, la terrasse extérieure constitue un véritable avantage. Jérémy entend que des hôtes choisissent expressément Zinal grâce à la piscine et au spa. Plus de vingt mille visiteurs annuels fréquentent ce lieu, c’est dire s’il répond à un besoin. participé au projet de la nouvelle piscine depuis le début en 2013. Il est heureux de constater qu’il est possible d’utiliser de l’énergie fournie par le bois local, ce qui demande la livraison de 1 camion de 10 m3 par semaine. Chaque fin de saison, en mai et en novembre, ces deux mois de fermeture permettent la vidange et le nettoyage complet de la piscine. Remplie à nouveau, il faudra quatre jours pour chauffer tout ce volume. Et comme cette eau arrive directement du glacier, il faut encore la minéraliser, sinon elle reste trop acide et ne permet pas la lecture des informations par les appareils de contrôle! Immersion en eaux douillettes Pour apprécier les effets de la technique, il faut monter d’un étage, pousser la porte de la piscine et bénéficier de l’hospitalité de Jérémy, le garde-bain français arrivé d’Antibes. Aurait-il troqué son goût de l’eau de mer pour celui de l’eau du glacier? Après cinq ans comme moniteur de ski à Zinal en hiver et gardien de plage au sud Jacqueline

en été, Jérémy se consacre désormais définitivement à son coup de cœur pour Zinal, ayant saisi l’opportunité de s’installer à l’année ici. Lui aussi fait partie de l’histoire de la nouvelle piscine depuis le début en décembre 2013. La mer ne lui manque pas trop, il pratique le vélo, la randonnée, le ski bien sûr et le travail à la piscine. Dès 8h le matin, il faut s’occuper de la mise en route, faire un tour complet pour nettoyer ce qui n’a pas pu être terminé la veille. Car RacheI et Isabelle s’activent chaque jour ouvrable dès 16h pour tenir en bon état les WC, l’entrée, les vestiaires. Mais en fonction de la fréquentation, le travail devient plus intense, l’hygiène doit être impeccable et suivie dès l’ouverture au public à 10h et jusqu’à la fermeture à 20h par les garde-bains aussi. Jérémy, quant à lui, s’occupe essentiellement de la surveillance et de la sécurité, comme sa collègue garde-bain Caroline. Lorsque des groupes se présentent, un briefing d’explications est organisé à l’entrée avec les accompagnants et les enfants. Tout le monde y gagne, le respect chemine avec chacun et cela évite de trop jouer au policier. Il faut veiller aux personnes par-

Caroline, Rachel, Sonia

Dès 11h un/e des caissiers/ères–réceptionnistes prend son poste, ils sont plusieurs à se succéder : Jacqueline, Sonia, Agatha et Paolo, les deux derniers peuvent également officier comme garde-bain remplaçant. Au total, deux garde-bains, quatre caissiers/ères, deux nettoyeuses et un technicien se donnent de la peine l’année durant pour assurer un déroulement harmonieux du fonctionnement de la piscine et du spa. De plus, en été, la commune met à disposition la piscine extérieure de Vissoie dont l’eau est chauffée par panneaux solaires et au mazout. Là, deux garde-bains se relaient à tour de rôle, une semaine chacun. Luxe et privilège de l’immersion en eaux douillettes ont un prix. Ne pas l’oublier lorsqu’on a la chance de profiter de ce merveilleux cocon ici, tout près de chez soi avec des employés rassurants, souriants et sympathiques ! Sous les sapins, les yeux rivés sur les pentes abruptes du Besso et de la Pointe de Zinal, le corps immergé bien au chaud dans l’eau du glacier, que demander de plus ?

Agatha

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Simone Salamin

Paolo


histoire

D’Ayer à Varallo V

En effet, un lien historique a été retrouvé et l’ancienne commune d’Ayer a participé en 1986 au 500ème anniversaire du Sanctuaire du Sacro Monte érigé à Varallo, Valsesia en Italie, sachant que le pèlerinage d’Ayer à Varallo a été pratiqué dès le 18ème siècle. Pour fêter dignement cet anniversaire, six valeureux Anniviards et huit Italiens courageux ont parcouru la distance ensemble. Le Journal de Sierre du 22.08.1986 rend compte de cette équipée. Pourquoi d’Ayer à Varallo ? Nos anciens savaient que les liens entre hautes vallées se réalisaient aussi par-delà les cols. Les rencontres fortuites de bergers d’un côté et de l’autre du col de la Forcletta ont peut-être participé à la connaissance de l’existence du Sacro Monte pour les gens d’Ayer. De plus, Varallo représente un lieu de pèlerinage important dans la chrétienté. En ce temps-là, les échanges de savoirs à tous niveaux permettaient parfois de faciliter un peu le quotidien et faisaient naître le besoin de mériter des indulgences grâce aux efforts fournis pour

AYER - Parcours historiques Anniviers

oici une proposition alléchante pour une semaine de marche ayant valeur de pèlerinage. Voyage à portée spirituelle pour nos ancêtres, précurseurs de la recherche d’un mieux-être après le rude effort du cheminement montagnard.

atteindre un lieu sacré après plusieurs jours de marche. Suivre les traces Manu Zufferey propose une semaine de randonnée sur les traces historiques de ce périple d’Ayer à Varallo du 22 au 29 septembre prochain. Le gîte et le couvert se prendront dans de petits hôtels locaux, les bagages seront transportés par un minibus qui pourrait, en cas de grosse fatigue ou blessure, charger un participant pour l’une ou l’autre étape. Certains trajets peuvent paraître impressionnants mais les escales prévues permettent de reprendre force et de poursuivre le parcours. A portée de tout bon marcheur S’habituer à randonner dès la fin de la saison d’hiver, amadouer les dénivelés en admirant les panoramas incroyables d’ici ou d’ailleurs représentent une bonne pré-

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paration qui permettra d’aborder cette traversée sereinement. Et au bout, la récompense, spirituelle pour certains, physique et/ou mentale pour d’autres et gourmande pour tous ! L’accompagnement est assuré par notre technicien de la marche, Manu, qui s’occupe aussi de la sécurité. Un religieux accueillera chaque soir les participants désirant vivre un moment particulier. Cette semaine-là laissera une belle trace de liberté offerte par l’environnement et le groupe, des liens inoubliables s’imprimeront dans les cœurs et un gros clin d’œil sera adressé au groupe de Mali Wiget ayant accompli ce tour en 2012. En 2016, Gianluigi Avondo, membre du Club Alpin Italien et un ami se sont aventurés sur le trajet inverse, de Varallo à Ayer pour, dit-il, « inviter symboliquement les Valaisans à reprendre cette ancienne tra-


Le Sacro Monte de Varallo

dition et à renouer des liens d’amitié qui unissaient nos ancêtres ». Ainsi fut fait du 6 septembre « aux premières lueurs de l’aube » au 10 septembre 2016 et l’article rapportant l’épopée est paru dans le journal « Corriere Valsesiano » du 30 septembre sous le titre « Da Ayer a Varallo : antico pellegrinaggio dal Vallese al Sacro Monte ».

www.annitrek.ch info@annitrek.ch ou 079 361 08 24 « Pèlerinage Ayer – Varallo » article de Mali Wiget paru dans le no 9 du 4 Saisons d’Anniviers en janvier 2013 Journal de Sierre du 22.08.1986 « Ayer – Italie à travers les Alpes Sur les traces des anciens pèlerins »

Toutes les informations se trouvent sur le lien internet cité ci-dessous, le coût se monte à environ Fr. 1’000.-. Manu, l’accompagnateur spirituel et le chauffeur du minibus seront simplement défrayés, le but de ce parcours étant la transmission d’une tradition ancestrale qui ne doit pas mourir. Le délai d’inscription est fixé au 1er août prochain, Manu se tient à disposition pour tout renseignement et il souhaite vivement recevoir suffisamment d’inscriptions pour, enfin, renouer avec l’intemporel. Simone Salamin

Joël Bonnard

conseiller en assurances 079 690 51 34

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Hé!

Hé!

éTAT De LA SITUATION

CONCERNaNT CERTaINES aCTIONS TOURISTIQUES DeS SéJOURS MENÉES DaNS NOS STaTIONS «CLÉ EN MaIN» EN aNNIVIERS Petit tour d’horizon de certaines actions concrètes travaillées par Anniviers Tourisme en fin d’année 2018.

LES ACTIVITéS OUTDOOR

L’ACCUeIL eT SeRVICeS

• Rando Parc Anniviers

• Panneaux d’entrées des

stations Plusieurs parcours, de différents niveaux, créés pour pratiquer le ski de Des panneaux mettant en valeur le vilLeS ACTIONS randonnée en sécurité et en piste, lage à l’entrée de chaque station. Illusdirectement Lehors DéBUT DIGITIaL Des forfaits de ski remis Début 2019, le Val d’Anniviers avec possibilité de descendre sur pistes trés par les atouts du lieu en compléà l’hôtel, à l’orientation sur le choix D’UNe LONGUe SéRIe ? a eu la chance d’accueillir deux mentarité avec les autres stations. • Site internet damées. des en passant par le menu groupes de visiteurs pour quelques Un nouveau site,activités, plus interactif et foncLieu et date de lancement : Lieu et date de lancement : tionnel, favorisant la communication. L’accueil etGrimentz, la prise enSt-Luc charge de ces défini à l’avance : tout asecteur été pensé pour hiver jours sur ses terres. Coordinateur Zinal, et Chandolin St-Luc/Chandolin 18/19 Lieu et date de lancement : secteur Grimentz/Zinal hiver 19/20 Printemps 2019 faciliter le séjour et en faire une sorte de deux groupes réjouit les instances de l’organisation du séjour, site d’Anniviers Tourisme 29 avril 2019

qui voient ainsi une Anniviers Tourisme a pu concocter « séjour clé en main ». • Trail Hot Spot Annivierstouristiques, • Ouverture des hôtels et • « Info Live » sur l’état des structures Plusieurs parcours pour laopportunité de se montrer présents et restaurants pratique du un programme sur mesure pour touristiques hivernales du fonctionnement du Trail avec des tronçons de difficultés actifs sur leAmélioration marché des groupes. ces deux entités aux attentes bien Patinoires, pistes de luge et de ski de variées. tournus permettant de maintenir ouLA CHINe fond, piscine, rando-parc et sentiers radifférentes… vert au minimum un hôtel et un restauàsiST-LUC quettes. EnS’INVITE plus de savoir l’infrastruc- Lieu et date de lancement : Et ce n’est rant durant les saisons creuses. qu’un début, puisque

UNe SORTIe D’eNTRePRISe aU VaL D’aNNIVIERS

ture est ouverte ou fermée, ce tableau Région St-Luc/Chandolin Printemps 2018d’Anniviers Lieu et date deTourisme lancement : planche l’équipe permet de connaître ème le jour et l’heure Région Zinalau Printemps 2019 Grimentz, Zinal, St-Luc et Chandolin Le 2 groupe en visite Val du dernier entretien. déjà Région Grimentz Printemps 2020sur le programme Printemps 2019 qui sera proposé Lieu et dated’Anniviers de lancement : cet hiver est arrivé tout droit

de Chine, avec pour Site de la Commune et d’Anniviers Tou- objectif principal romande risme leur apprentissage du Hiver 2018de pour leparfaire tableau sa sortie Automne 2019 pour la carte interactive français. Au programme de la journée

Cette grande fiduciaire avait flashé sur St-Luc pour d’entreprise. Pour remercier sa 70aine de collaborateurs, elle voulait un weekend récréatif adapté à une équipe jeune et dynamique.

Une fois le menu du samedi soir affiné et les invités répartis dans 3 hôtels de St-Luc, il ne restait plus qu’à ponctuer la journée du samedi d’activités « sports et détente » : luge, ski, randonnée, spa, etc.

: cours de français le matin, et aprèsmidi sportivo-culturel. Et c’est pour cette partie-là du programme quotidien qu’Anniviers Tourisme a été sollicité. En plus des traditionnels après-midis ski ou raquettes, les participants ont pu être aiguillés vers des activités plus axées « cultures et tradition » : dégustation de BIeNVeNUe. vin et de raclette,eXPLOReZ fabrication de pain de DeS SOMMeTS D’éMOTIONS. seigle, visite du village de Grimentz, etc.

Hé!

au prochain groupe septembre prochain.

annoncé,

en

Quant aux Chinois de St-Luc, ils se sont Exemples dede projets et dequelques dossiers dits si enchantés leurs en cours de réalisation sur la table jours en terre anniviarde qu’ils ont d’Anniviers Tourisme : d’ores et déjà planifié leur prochaine • Centre culturel Anniviers • Musée visite, en 2020 ! de l’alpinisme dans les différentes cabanes d’Anniviers • Expériences gustatives adaptées selon la période de l’année • Indoor Parc Anniviers à Grimentz • Spécificités et complémen tarités des villages d’Anniviers

Vincent Theytaz, Conseiller communal en charge du tourisme

VALDANNIVIERS.CH

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Hé!

éTAT De LA SITUATION

CERTaINES aCTIONS TOURISTIQUES POINT DeCONCERNaNT SITUATION SUR LeS MENÉES DaNS NOS STaTIONS aNIMaTIONS ET ÉVÉNEMENTS Petit tour d’horizon de certaines actions concrètes travaillées par Anniviers Tourisme en fin d’année 2018. LeS ACTIONS

DIGITIaL Le printemps pointant le bout de son nez, il est déjà temps• Site deinternet jeter un œil sur la saison écoulée Un nouveau site, plus interactif et fonctionnel, favorisant la communication. et anticiper la préparation de la Lieu et date de lancement : saison à venir. site d’Anniviers Tourisme 29 avril 2019 • « Info Live » sur l’état des structures Une nouvelle activité pour les enfants, touristiques hivernales organisée en alternance dans les 4 Patinoires, pistes de luge et de ski de stations de la vallée, a vu le jourfond, cetpiscine, rando-parc et sentiers raquettes. En plus de savoir si l’infrastruchiver : une chasse au trésor, s’inspirant ture est ouverte ou fermée, ce tableau des concepts de Fort Boyard et permet Koh de connaître le jour et l’heure du dernier entretien. Lanta. Cette animation a permis de Lieu et date de lancement : sensibiliser les jeunes aux dangers des Site de la Commune et d’Anniviers Touavalanches et à l’utilisation d’un DVA. risme

LES ACTIVITéS OUTDOOR

L’ACCUeIL eT SeRVICeS

• Rando Parc Anniviers

• Panneaux d’entrées des stations

Plusieurs parcours, de différents niveaux, créés pour pratiquer le ski de randonnée en sécurité et en hors piste, avec possibilité de descendre sur pistes damées.

Des panneaux mettant en valeur le village à l’entrée de chaque station. Illustrés par les atouts du lieu en complémentarité avec les autres stations.

Lieu et date de lancement :

Lieu et date de lancement :

secteur St-Luc/Chandolin hiver 18/19 secteur Grimentz/Zinal hiver 19/20

Grimentz, Zinal, St-Luc et Chandolin

• Trail Hot Spot Anniviers

• Ouverture des hôtels et restaurants

Plusieurs parcours pour la pratique du Trail avec des tronçons de difficultés variées. Lieu et date de lancement : Région St-Luc/Chandolin Printemps 2018 Région Zinal Printemps 2019 Région Grimentz Printemps 2020

Printemps 2019

Amélioration du fonctionnement du tournus permettant de maintenir ouvert au minimum un hôtel et un restaurant durant les saisons creuses. Lieu et date de lancement : Grimentz, Zinal, St-Luc et Chandolin Printemps 2019

Hiver 2018 pour le tableau Automne 2019 pour la carte interactive

Autre animation phare de la vallée : la fabrication du pain de seigle. Cette activité, qui mêle authenticité, histoire et expérience, connaît un réel engouement. Du côté des événements : •

Les Féeries de Grimentz ont fêté en grande pompe leur 15ème anniversaire La Fête des Rois a connu un franc succès pour sa 60ème édition

Hé!

En Anniviers, tous nos hôtes peuvent y trouver leurs comptes et nos collaborateurs sont là pour les aiguiller vers l’activité qui rendra leur séjour inoubliable. BIeNVeNUe. eXPLOReZ DeS SOMMeTS D’éMOTIONS.

L’eXPéRIeNCe aU CENTRE DE NOS PRÉOCCUPaTIONS

VALDANNIVIERS.CH

« Luges en Folie » a ravi petits et grands lors d’une compétition où fair play et amusement sont les maîtres mots de la journée Pour les amateurs de sensations fortes, le Giant X Tour a fait étape à Grimentz. Quant au First-Track Freeride, étape qualificative pour le Freeride World Tour, il a pris ses quartiers sur la face du Rotzé à Chandolin.

Au moment où nous rédigeons ces quelques lignes, Anniviers Tourisme prépare déjà l’été qui arrive à grands pas. Aujourd’hui, les hôtes ne veulent plus se cantonner uniquement dans un rôle de simple spectateur. Ce qu’ils veulent avant tout, c’est vivre des expériences au contact des locaux, être acteurs de leur séjour et se créer des souvenirs qu’ils emporteront dans leurs bagages. Un hôte qui aura pris du plaisir lors de ses vacances en Anniviers sera le meilleur ambassadeur qui soit pour la vallée.

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Exemples de projets et de dossiers en cours de réalisation sur la table d’Anniviers Tourisme :

HeP!

• Centre culturel Anniviers • Musée de l’alpinisme dans les différentes cabanes d’Anniviers • Expériences gustatives adaptées Chaque semaine, retrouvez le selon la période de l’année • Indoor Parc Anniviers à: Grimentz programme des animations • Spécificités et complémen tarités des Activités du terroir villages d’Anniviers

fabrication du pain de seigle, découverte de la faune avec un chasseur, découverte d’un alpage Vincent Theytaz,

Conseiller communal en charge du tourisme

Visites guidées des villages, des moulins, des mines, du barrage Activités de bien-être et sportives yoga, concerts, manifestations à ne pas manquer, marchés d’été, manifestations sportives Liste complète des manifestations et programme détaillé des animations disponibles dans les Offices du Tourisme ou sur annibook :


Boulangerie Alcide Epiney SA Rue du Manège 26 - Zone industrielle des Iles Falcon - 3960 Sierre Tél 027 475 17 20 - Fax 027 475 32 20 - www.lepain-dalcide.ch

Alain Zuber

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chauffage sanitaire couverture ferblanterie Rue d’Ehala 36 3976 Noës Alain Zuber

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société

Le couvert de Niouc plus que jamais, le cadre idéal pour vos fêtes

La localité de Niouc, «Amicale» depuis 35 ans Premier village de la vallée pour qui emprunte la route sinueuse menant de la plaine aux sommets enneigés, Niouc ou, plutôt, ses habitants ont à cœur de créer des liens. Il faut dire que les Nioucatis forment une communauté unique dans le paysage anniviard puisque, au début du XXème siècle, ce sont tant les ouvriers de l’usine de Chippis que les Luquérands d’origine qui s’établissent sur ce plateau ensoleillé. C’est toutefois plus tard, en janvier 1984, qu’est constituée l’association initialement baptisée « Société de développement et Amicale de Niouc », l’idée ayant germé lors d’une sortie de la cagnotte quelques mois auparavant. Depuis 35 ans, l’association s’appuie sur les temps de Pâques et de Saint-Nicolas en plus de la fête du village pour ponctuer l’année civile et permettre aux villageois de se retrouver. Ses membres sont également conviés à une journée de travail annuelle et œuvrent pour le bien commun avec pioche, pic et pelle. Après la réfection de plusieurs chemins de promenade, on s’attelle à des chantiers de plus grande envergure, comme la place de jeux du village. 15 ans du couvert, 10ème combat de génissons C’est en 2004 que l’existence de la société connaît un véritable tournant. On construit alors, de façon totalement bénévole, un magnifique couvert pour 180 personnes à la sortie de Niouc, en pleine nature. Ce cadre bucolique est régulièrement le théâtre de sorties en tous genres, de la traditionnelle fête du village au mariage champêtre en passant par une journée médiévale. Eloigné de la route cantonale,

il offre à ses hôtes bien plus qu’un climat très agréable : une parenthèse à l’abri des regards. Après la fusion des communes anniviardes, l’Amicale de Niouc resserre les liens amicaux tout en s’ouvrant sur la vallée et la plaine. En octobre 2010, elle se lance dans l’organisation d’un Grand Combat des Génissons – événement devenu tradition puisque le 12 octobre prochain aura lieu la dixième édition ! Six ans plus tard, elle équipe le terrain attenant d’une attrayante place de jeux. Enfin, dernière nouveauté – et non des moindres : le couvert est désormais relié au réseau électrique. Rien de tel pour faciliter grandement les préparatifs de fêtes. Les comités successifs ont manifestement su rester fidèles à la devise « Union et progrès » de la première heure.

Ambiance électrique pour soirées festives Afin de fêter dignement les 15 ans du couvert, les 35 ans de l’Amicale de Niouc et d’inaugurer la version 2.0 du couvert de Niouc, il fallait sortir de l’ordinaire. C’est donc pour vous que l’Amicale a mis sur pied un repas-spectacle décalé, renversant et extraordinaire animé par l’humoriste valaisanne Sandrine Viglino. L’Amicale de Niouc vous attend nombreux pour profiter des rayons du soleil couchant le vendredi 7 juin 2019. Les billets de cette soirée sont en vente au prix de Fr. 69.- au 078 718 63 88 ou sur amicaledeniouc@gmail.com Philippe Amacker Pour l’Amicale de Niouc

Pour devenir membre de l’Amicale de Niouc ou louer le couvert: www.niouc.ch

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portraits

Interviews parallèles

D

epuis plus de 15 ans, une journée est consacrée à la promotion des métiers atypiques auprès des élèves de 8H. Au départ, cette journée était destinée aux filles, afin de leur donner l’occasion d’ouvrir leur horizon professionnel et de dépasser les préjugés. Elle s’est ensuite étendue aux deux sexes, pour permettre à chacun de réfléchir au choix d’une carrière professionnelle sans idée préconçue.

Album personnel

J’ai rencontré deux jeunes adultes de la vallée, qui ont fait le choix de s’engager dans un métier traditionnellement dévolu au sexe opposé. Ils ont bien voulu témoigner de leur expérience. Les joies de l’hiver

Biographie express Gabriel Aase, né en 1993, est d’origine brésilienne. Il est le fils adoptif d’un papa norvégien et d’une maman française. Venant de Genève, il s’est installé en Anniviers en 2005, au moment de commencer sa sixième primaire. Ses parents ont une maison à Ayer. Gaby est un fidèle joueur du FC Anniviers. Gaby Aase est en deuxième année de formation d’assistant socio-éducatif, orientation accompagnement des enfants. Il effectue sa formation pratique à la crèche de Vissoie et suit les cours théoriques deux jours par semaine, à l’école professionnelle en service communautaire, à Châteauneuf. Pourquoi ce choix ? À la fin de la scolarité obligatoire, j’ai fait un apprentissage de menuisier à Ayer. Ce métier me plaisait, mais la diminution des constructions m’a fait connaître le chômage durant l’hiver 2016 et j’ai détesté ça.

J’ai profité de cette période inactive pour faire un stage à l’ORIPH. Je pensais que la profession de maître socio-professionnel me plairait, parce qu’elle permet de lier le métier qu’on a appris à une activité avec des jeunes en situation de handicap. En fait, cela ne m’a pas convenu. Je n’y ai pas découvert le lien d’accompagnement que je cherchais. Alors j’ai entrepris un autre stage, d’une semaine, à la crèche de Vissoie. Cette expérience m’a convaincu que c’était dans cette voie que je devais m’engager. Qu’as-tu fait ensuite ? J’ai travaillé à la menuiserie jusqu’à la fin 2016. Puis, en janvier 2017, j’ai commencé un stage à la crèche. Il a duré jusqu’en août, moment où j’ai pu commencer mon apprentissage au même endroit. Qu’est-ce qui te plaît particulièrement dans ce métier ? Ce qui me plaît le plus, c’est l’accompagnement des enfants. Passer beaucoup de

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temps avec eux permet de tisser des liens et de leur transmettre des choses. En retour, j’apprends aussi. Comment t’es-tu intégré dans ce nouvel environnement ? Passer d’un milieu de travail un peu macho, où nous n’étions que des hommes, à une crèche demande de faire un travail sur soi-même. Il m’a fallu faire attention à certaines choses. J’ai ainsi dû adapter le ton de ma voix, mon vocabulaire et ma façon de m’exprimer. Je me sens bien dans l’équipe. Jamais je ne me suis senti infantilisé ou exclu. Je pense aussi que j’ai le bon âge pour faire ce métier. À 16 ans j’aurais été trop jeune. D’ailleurs, beaucoup d’apprentis de deuxième année ont plus de 18 ans. C’est le cas de tous les garçons, nous sommes une douzaine sur un total d’environ cinquante. Pour la plupart d’entre nous, il s’agit d’une deuxième formation.


Album personnel

tionner des problèmes. On pose une question pour trouver une réponse. Derrière il y a une recherche théorique qui est faite.

Hôtel à insectes

Un œil masculin peut être intéressant dans un milieu essentiellement féminin. Pour les enfants, je pense qu’il est important d’avoir une figure masculine à laquelle ils peuvent se référer. Comment se déroule ta formation ? Je travaille généralement à l’UAPE (Unité d’Accueil Pour Ecoliers) et cela me convient particulièrement bien. J’ai aussi passé quatre mois dans le groupe des

préscolaires pour acquérir diverses compétences concernant le change, la sieste, la «relax» et l’accueil des petits. Je suis suivi hebdomadairement par une formatrice. J’ai une grande liberté dans le choix des activités, on peut amener beaucoup de projets. On travaille aussi par séquences que l’on analyse. On observe des moments précis avec un ou plusieurs enfants, ce qui permet de faire des réajustements en vue de solu-

ne manquez pas de visiter notre vinothèque

st-luc@13etoilespamvalais.ch www.achelli.ch

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Comment te sens-tu dans ce travail ? Je suis ravi, surpris de mon plaisir. Même si je savais que j’avais de la facilité pour établir un lien avec les enfants et pour communiquer avec eux. Au début, j’étais très fatigué par le bruit et l’agitation. La fatigue était mentale, pas physique comme après une journée de travail de menuisier. Maintenant je me suis habitué. Les parents trouvent généralement que c’est super qu’il y ait un homme dans l’équipe. Cela permet aux garçons de se mesurer dans une sorte de rapport de force. Ayant constaté que certains clichés sur la différence homme-femme ont la vie dure, j’essaie de casser ces codes. Et comment ce changement de voie professionnelle a-t-il été accueilli par ton entourage ? J’ai bien essuyé quelques remarques pour charrier de la part de copains ou ex-collègues. Mais rien de bien méchant. Mes parents, quant à eux, sont très heureux pour moi et m’ont encouragé dans cette nouvelle voie. Quel regard est généralement posé sur le métier d’assistant socio-éducatif ? La plupart des gens ne se rendent pas vraiment compte en quoi il consiste. Ils ignorent tout de la réflexion et de la recherche qu’il y a derrière ce travail. Ils se bornent à l’idée que ce n’est que de la surveillance. En Valais, il n’y a pas de convention sociale, les salaires sont très bas. Le métier est mal reconnu. Le mot de la fin ? Je trouve vraiment chouette de pouvoir amener mon expérience du travail du bois dans certaines activités. Les enfants aiment le côté concret des choses : voir ce qu’ils ont fait leur apporte beaucoup de plaisir. Dans le cadre d’un projet ayant pour thème la nature, nous avons réalisé un hôtel à insectes, qui nous permettra, le printemps venu, d’observer ces petites bêtes.


Biographie express

Tu travailles dans la police. Peux-tu nous expliquer, en quelques phrases, quelle est ta fonction ? Depuis le 1er avril 2018, je travaille à la Police cantonale valaisanne avec le grade de gendarme. J’ai été affectée au sein d’une unité opérationnelle de la gendarmerie, dans le Valais central. Il s’agit de l’unité mobile, qui est basée au centre d’entretien de l’autoroute, à Noës. Notre mission est d’intervenir, sur appel, pour des motifs aussi divers que des accidents de circulation, des incendies, des violences domestiques ou des alarmes… Nous intervenons en premier, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, dans tout l’arrondissement y compris les routes nationales. Je fais partie d’un groupe de sept personnes, qui travaillent toujours ensemble, selon un tournus. Nous suivons un cycle de sept jours de travail et trois jours de congé. Le cycle de travail se compose de deux matins, deux aprèsmidi, deux nuits et de deux demi-journées consacrées à du travail administratif. Un service dure 8h30. En plus des interventions, nous remplissons diverses missions, que le chef de groupe nous donne quotidiennement, en fonction de la tendance des infractions. Il peut s’agir par exemple de contrôles de la circulation, de patrouilles pédestres ou en civil. Quelle est la formation que tu as suivie pour accéder à cette fonction ? J’ai dû attendre que la police cantonale valaisanne recrute. J’ai alors présenté ma candidature et ai été sélectionnée pour effectuer différents examens écrits et physiques, que j’ai réussis. Au final, j’ai fait partie des 12 aspirants engagés par la police cantonale valaisanne cette année-là. J’ai débuté ma formation en avril 2017, à

© Roger Epinay

Lara Burgun-Vianin est née en 1991. Elle est la fille de Jacky et Danielle Vianin. Mariée à Mathieu, elle habite aux Morands. Elle a fait un apprentissage de commerce, puis travaillé à l’administration communale d’Anniviers. Elle est aujourd’hui policière.

Lara, entourée de sa famille, lors de son assermentation

l’académie de police de Savatan, avec 134 aspirants provenant des cantons du Valais, Vaud et Genève. En mars 2018, j’ai obtenu mon brevet fédéral de policière. A cette époque, la formation ne durait qu’une année contre deux ans maintenant. Qu’est-ce qui t’a poussée à suivre cette voie ? Je travaillais comme employée à l’administration communale d’Anniviers. Le contact et le service à la population m’intéressaient particulièrement. J’ai ressenti le besoin d’être plus concrètement au service de la collectivité. Je me suis renseignée et le métier de policière réunissait tous les critères que je recherchais. Mon travail dans l’administration a été une bonne manière d’entrer dans la vie active. Aujourd’hui, ce que j’y ai appris m’aide dans les tâches administratives et organisationnelles. Aucun frein n’est venu réprimer ton envie? Non. J’étais très déterminée. Même si l’école n’a pas été toujours facile, je n’ai ressenti de l’appréhension que le premier jour, me demandant pendant un moment ce que je faisais là. Dès le lendemain, ce fut bon. Je n’ai plus eu de doute.

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Dans ce métier majoritairement masculin, quelles sont les principales difficultés que rencontre une femme ? Il est évident qu’en tant que femme, il ne faut pas se laisser marcher sur les pieds et qu’il faut connaître le second degré. La principale frustration que je ressens, c’est la différence de force physique entre mes collègues masculins et moi. Mais lors d’interventions, nous sommes bien équipés et nous travaillons toujours à deux, ce qui permet une sorte de partage des tâches. Fort heureusement, l’utilisation de la force physique n’est pas le quotidien du policier. Et les avantages ? Lorsque nous intervenons auprès de femmes ou d’enfants, le dialogue est plus facile avec une policière. Ma présence féminine et empathique peut également être rassurante dans certains cas. Dans mon groupe, je suis la dernière arrivée, je travaille avec des gens très expérimentés. Je suis un peu le «gâtchyon» du groupe, mais je fais en sorte de me débrouiller par moi-même. Comment te sens-tu dans ce travail ? J’y suis à l’aise, même si les débuts sont intenses. Il faut s’habituer au changement de rythme et assimiler les différentes procédures. Je remercie mes collègues, qui


Y a-t-il une place pour la peur dans ton travail ? Quand tu n’as plus peur, c’est là que ça devient dangereux, comme partout où il y a des risques. Mais, par rapport à ce que je ressens lors des interventions, je parlerais plus d’adrénaline que de peur. Ma formation et mon équipement diminuent les risques. Nous avons ce que nous appelons des moyens de contrainte. À la taille, nous portons une ceinture d’environ 4 kilos, comprenant des menottes, une arme de poing, un bâton tactique, une radio, un spray au poivre, des gants et deux chargeurs supplémentaires. Les voitures sont aussi très bien équipées. Les renforts ne sont jamais très loin. Tout cela permet de limiter le stress et les risques. Que dirais-tu à quelqu’un intéressé par ce métier ? C’est un métier exigeant, mais varié et tellement enrichissant. Alors je lui dirais : si tu as la détermination, tente ta chance ! Album personnel

Propos recueillis par Janine Barmaz

sont formateurs et patients. J’ai encore énormément à apprendre, car il n’y a pas deux situations identiques. Ma motivation à me rendre au travail n’a jamais faibli. J’aime aller vers l’inconnu et c’est un plaisir que de pouvoir répondre aux appels à l’aide. Quand on intervient, c’est que quelqu’un a appelé, qu’il y a un besoin. Protéger et servir sont un devoir pour tous les policiers, même si pour cela nous devons dénoncer et sanctionner. La répression est là pour empêcher des choses graves, mais elle peut aussi faire réfléchir une personne et lui donner l’élan pour repartir dans la bonne direction. La plupart du temps, je rentre à la maison avec le sentiment du devoir accompli. Il arrive quelquefois que je ressente un peu de frustration, c’est normal.

Et comment ce changement de voie professionnelle a-t-il été accueilli par ton entourage ? Toute ma famille, au sens large, m’a encouragée. Au départ, mon père m’a exposé certaines difficultés que j’allais rencontrer, mais il a été très vite emporté par ma conviction. Mon mari, aussi, m’a toujours soutenue. Je sens parfois son inquiétude, mais il ne m’a jamais reproché mon choix, au contraire. Je crois qu’ils sont fiers de moi. Mes contraintes professionnelles m’ont obligée à restreindre ma vie sociale. Je faisais partie de plusieurs sociétés et j’ai dû m’en retirer quelque peu. Ainsi, je suis fille d’honneur des Fifres et Tambours de StJean et je ne peux plus participer à toutes les sorties.

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patrimoine

Opération géranium

A

Grimentz, sauvegarder le patrimoine local est un contrat entre les générations je vous emmène «Dans les coulisses de l’opération géranium» Origine de la tradition Les anciens sont, on le sait bien, nos mémoires vivantes, c’est Lucien Epiney, né en 1930, qui m’a confié que l’origine de la tradition des géraniums à Grimentz date vraisemblablement du début des années 1900 et même bien avant… A l’époque le village de Grimentz faisait partie de la paroisse de Vissoie et le 16 août, jour de la saint Théodule, fête patronale, la messe était célébrée exceptionnellement dans l’église du village. Pour ce grand jour, les dames se paraient de leurs plus beaux costumes et décoraient les fenêtres de l’église avec des géraniums. Ceux-ci étaient réquisitionnés, mendiés, me dit-il, pour l’occasion auprès des paroissiennes du village, car à l’époque ce sont les dames qui étaient en charge de l’arrosage et des soins. La tradition perdure puisque Simone met toujours à disposition quelques bacs pour décorer l’église le jour de la patronale. Pour la petite anecdote, cette année, ce sont ces fleurs qui ont été prêtées pour orner une fenêtre du village. En effet, parfois, même avec beaucoup d’amour et de soins, un bac de géranium « se meurt ». Un bâtiment au centre du village est l’emblème de l’opération géranium. Une photo, fleurie, de ce bâtiment a été découverte dans la vitrine d’une chocolaterie de Punta Arenas (Chili), pour vanter la qualité des chocolats suisses. Mais depuis quelques étés l’entier du bâtiment était nu alors que cette année il est flamboyant. Lors du passage de la télévision romande pour «Couleurs locales», il était impensable de laisser filmer notre bâtiment emblématique avec ce bac rempli

de fleurs « moribondes », c’est alors que les fleurs normalement mises à disposition de l’église par Simone, pour un jour vinrent orner le bâtiment du village ! mais chut … Le concours des balcons fleuris et le marché du géranium Revenons à Lucien, il me confie encore qu’en 1930 un groupe de visionnaires fonde la société de développement et organise « le Concours des Balcons fleuris » qui perdure encore aujourd’hui. Ils avaient déjà perçu à l’époque que les fleurs étaient une partie du potentiel touristique du village de Grimentz. En 2018 le concours a enregistré 182 participants soit 56 de plus que l’année précédente. Il valorise et encourage les initiatives de fleurissement par les habitants, les commerçants et à titre collectif les copropriétés d’immeuble, la société du village et la commune d’Anniviers. Les prix sont symboliques mais les habitants sont attachés à la tradition. Fête qui depuis 2011 a lieu le 15 août pour des

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raisons pratiques. Selon Lucien toujours, au début tout le monde mettait des fleurs avec plaisir, mais au fil des ans on dut «tirer les oreilles de certains…». C’est alors dans les années 70, lorsqu’il est président de la SD, qu’il organise pour la première fois l’achat groupé de géraniums, afin d’en abaisser légèrement le coût, ceux-ci sont livrés au village à qui a préalablement rempli une feuille de commande distribuée à chacun des habitants. Ancêtre de notre marché du géranium, inauguré pour la première fois en juin 2018 et qui aura lieu à nouveau le 1er juin 2019. Il sera ouvert à toute la vallée. Vous pourrez non seulement y acheter des fleurs, les mettre en terre mais aussi vous sustenter et vous désaltérer à profusion. Le problème de l’arrosage, organisation d’un team Depuis longtemps l’arrosage est un problème, en effet au fil des ans les autochtones désertent le vieux village pour construire des chalets sur les hauteurs. La


SD a tenté de motiver les habitants et les propriétaires à plusieurs reprises. Lucien me raconte qu’une année des propriétaires de résidences secondaires ont même suspendu des boîtes de conserves accrochées avec des ficelles pour montrer leur mécontentement, ils demandaient des subventions pour payer leurs fleurs et les arroseurs. Plus récemment, la SD a adres-sé un courrier à tous les propriétaires pour les inciter à mettre des fleurs mais sans succès. Certains croyant bien faire ont même mis des « géraniums 4 saisons », ceux qui fleurissent éternellement mais n’ont pas d’odeur ! Dès la première année l’opération géranium a mis en avant le contact personnalisé avec les propriétaires et locataires et a réussi à recruter plus de 30 arroseurs bénévoles, sans lesquels le projet n’aurait jamais pu être réalisé. Un propriétaire, un arroseur, tel est la philosophie du team, afin de favoriser le sentiment de sécurité, en effet il n’est certainement pas facile de confier les clés de son appartement à une personne étrangère. Nous tenons vraiment à remercier tous les propriétaires qui ont joué le jeu et ont été d’accord non seulement de fleurir leurs balcons mais également d’établir un lien de confiance avec leur arroseur. En octobre une soirée raclette a été organisée, soirée à laquelle étaient conviés tous les arroseurs bénévoles pour favoriser l’échange sur les soins et l’art de parler aux fleurs. Un jardinier professionnel était invité à la fête afin de partager son savoir sous la forme d’une petite conférence.

Premiers balbutiements de l’opération géranium Début janvier un comité formé d’ habitants du village est créé, l’équipe se mobilise pour partager son enthousiasme. Le constat est sévère, le village perd chaque année des balcons fleuris, Il faut donc identifier le problème et y remédier. Notre but est d’avoir un géranium devant chaque fenêtre en 2020. L’objectif général est d’embellir le village, de le rendre plus coloré et attrayant, d’accroître au sein de la population la notion de concilier le respect du patrimoine culturel et environnemental avec les besoins de développement touristique, ceci pour le plus grand plaisir de nos hôtes. Cette démarche fait écho à une longue tradition, en 1984 pour la première participation au concours européen de l’entente florale, la ville de Berne et le village de Grimentz sont récompensés. Le village de Grimentz reçoit le « Grand prix d’Honneur » des villages les mieux fleuris d’Europe. En 2016 Grimentz adhère à l’association des plus beaux villages de Suisse. Pour être digne de cette appellation nous nous devons de progresser encore. Merci à vous tous qui avez mis de l’énergie dans ce projet et permis un résultat

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au-delà de nos espérances premières. Les membres de l’opération géranium vous invitent désormais à promouvoir autour de vous la destination géranium. Merci aux membres du comité, Carole, Marie-Paule, Miriam, Paul et Pierre Marie.

Pour plus d’infos, retrouvez les articles du Nouvelliste, du Matin Dimanche, de Regards, et visionnez couleur locale. Vous trouverez tous les liens sur: www.valdanniviers.ch/tourisme/operation-geranium.html Pour en savoir plus sur les géraniums vous pouvez consulter le numéro d’automne 2018 des 4 saisons Christine Torche Mercier


sport

Ski-Team Anniviers

P

our cette saison 2018-2019 le Team Anniviers s’est réinventé en une nouvelle structure composée de 3 groupes dont les jeunes sont répartis selon l’âge et le niveau. Nous avons aussi un nouvel entraîneur originaire de notre belle Vallée qui est formé et coaché par Patrice Morisod. Afin de mieux connaître ce jeune entraîneur, je l’ai convié à venir participer à un petit exercice de style façon Konbini : une question composée de deux mots que la personne doit choisir et/ou commenter. Je lui ai aussi demandé de venir avec un athlète et ce sont donc les portraits ludiques et atypiques de Maël Bürgi et Damien Revey que vous allez découvrir.

Nom : Bürgi Prénom : Maël Né le 26.05.1999 Domicile : Zinal

Révèle-moi une particularité te concernant ... Damien répond à sa place : il ne s’énerve jamais. Maël c’est la force tranquille Zermatt ou Saas-Fee ? Saas-Fee Fart ou Diamant ? Diamant Neige à Canon ou Neige Fraîche ? Neige fraîche ... pour la poudreuse Adieu ou Adjeuh ? Adjeuuuuuhhhhh !!!!!

Quel est ton meilleur souvenir sur les skis ? L’ouverture de la Coupe du Monde à CransMontana en 2017

Gants ou Moufles ? Moufles

Völkl ou Rossignol ? Salomon .... Mais je préfère Rossignol

Christian Constantin ou Collombin Roland Collombin, c’est un skieur

Planté du bâton ou extension ? Planté du DOUBLE bâton

Soleil ou neige Euhhhhh Soleil

Stan ou Rodger ? Rodger ... Le maître

De quoi as-tu un peu honte ? - Rire...- A chaque fois que je trace c’est Ski Romand qui gagne ...

Jay-Z ou Beyoncé ? Beyoncé ! C’est une fille De quoi es-tu le plus fier ? De l’esprit d’équipe du Team Anniviers et de l’ambiance des groupes que j’entraîne Préparer ou Improviser ? Préparer

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Roland

Crèpe au sucre ou vin chaud ? Vin chaud ! Action ou vérité ? .... aaaahhh.... Action Slalom ou Géant ou Super-G ou Descente ? Descente ça fait peur..... je préfère le Slalom. - Rire -


Ecouteurs ou Silence ? Ecouteurs

French Kiss ou French Fries ? French Kiss

Plaschy ou Morisod Ah... Les deux sont biens... mais plus Morisod

Crème solaire ou Crème au chocolat ? Crème solaire

Chando ou Verco ? ... sssshhhh ... Grimentz ... Quel est ton meilleur souvenir sur les skis ? Quand j’avais 9 ou 10 ans au ski-club Grimentz... Avec Manu.... Les corniches Se dépasser ou dépasser les autres ? Se dépasser Snowblade ou Mono-ski Snowblade. J’ai déjà essayé, c’est pour ça.

De quoi as-tu un peu honte ? Quand je suis deuxième et que sur le podium celui qui est premier, donc plus haut, fait la même taille que moi.... Matin ou soir ? Soir Math ou français ? Math Poudreuse ou piste ? Poudreuse Slalom ou Géant ou Super-G ou Descente ? Descente j’ai jamais fait...... mais.... Slalom ! Audrey Follonier, Secrétaire du Ski-Team

Atomic ou Salomon ? Je suis sur Völkl .... Alors aucun des deux Sushis ou burgers ? Burger

Nom : Revey Prénom : Damien Né le 14.4.2003 Domicile : Mayoux

Révèle-moi une particularité te concernant ... - Rire - Je fais mes entraînements de renforcement (abdos, dorsaux...) en utilisant une application gratuite sur mon smartphone.

De quoi es-tu le plus fier ? De ma famille et de leur soutien

Pokemon ou bisounours ? Rire ! Pokemon

Bonnet ou bandeau ? Bonnet

Lindsey Vonn ou Lara Gut ? Lindsey Vonn !

Ricola ou Rivella ? Rivella

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Le comité du Ski-Team Anniviers félicite Damien Revey pour ses deux titres de Champion Valaisan de Géant et Slalom ainsi que sa troisième place lors du Super-G. Nous lui souhaitons tout le meilleur pour la suite de sa carrière entre les mains du NLZ Ouest de Brig. Merci et bravo à Maël pour son engagement et la qualité de son travail pour sa première année en tant qu’entraineur !


société

Que reste-t-il du monde surnaturel ?

L

’aube frémit. Cassandre se réveille dans la forêt. Autour d’elle, des lutins alourdis de sommeil se frottent les yeux. Des fées volètent sans un bruissement. Plus loin, dans la poussière d’une cave oubliée, entre une meule de fromage racornie et un vieux pichet, un vampire blême et cruel dort dans son cercueil fissuré. Près d’un lac, les chamois s’élancent, effrayés par le réveil de la Vouivre. Adossé à un gros rocher rond, le diable songe à ses méfaits. Cassandre s’étonne : « cette vallée est très peuplée, voyez ces innombrables créatures qui s’ébrouent et s’affairent dès le réveil. Pourtant, elles sont comme invisibles. Tous les humains les heurtent, les frôlent, les côtoient et les traversent sans même les remarquer. Les habitants d’ici savent-ils que ces créatures existent ? Croient-ils seulement en elles ? Je vais parcourir la vallée et aller le leur demander.» Cassandre sort de la forêt. Un homme barbu fauche son pré : « Je ne crois pas à des êtres surnaturels comme les fées ou les lutins, mais je pense que les esprits errants existent, même si ce n’est pas une certitude. Les gens qui meurent ne disparaissent pas totalement. Il reste leur âme sur terre, qui veille sur leurs enfants et leurs petits-enfants. C’est une mémoire des ancêtres qui peut apporter des conseils et donner une orientation. Je n’ai pas peur des esprits errants, ils n’interfèrent pas dans ma vie. Ils ne sont que vapeur. » Cassandre continue son chemin vers l’alpage et croise un garçon qui court en bas de la montagne, l’air très pressé, sa besace en bandoulière. Il est déjà loin. Elle crie :

«Où vas-tu ? Crois-tu en quelque chose ?» - et il s’époumone : « Je crois en moi, mais ça ne fonctionne pas toujours ! » Cassandre voit un mayen à l’air habité. Le toit hérissé de vieux bardeaux va bientôt s’effondrer. Des nids de guêpe s’accrochent aux madriers. Un gros chat blanc roucoule devant l’entrée. Cassandre frappe au carreau de la fenêtre. Une femme douce entrebaille la lourde porte. Elle porte une robe de tulle bleutée, propose à Cassandre de s’asseoir sur un tapis de fourrure moelleux et lui verse une tasse de thé bouillant. Le feu crépite. Dans l’air flotte une odeur de miel : « Je crois dans les esprits de la nature. Ce sont des forces. Ils ne sont ni bons ni mauvais. Quelquefois ils sont bienveillants et quelquefois malveillants. Chaque esprit est lié aux autres. Ils sont en connexion et toutes ces interactions forment un tout. J’adore la forêt. La poix des mélèzes... il y a tellement de lumière là-dedans. Il y a un esprit dans la poix. Et nous, on fait partie

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de tout ça, mais on l’a oublié, on n’écoute plus ces esprits de la nature, on a même oublié qu’on avait oublié. On ne sait plus regarder un arbre, écouter un arbre. Ca fait du bruit un arbre. On ne comprend pas le langage de ces esprits. Il y a de la magie dans la nature. Les éléments ont un pouvoir. En faisant du bien à la nature, on se fait du bien à soi-même. Mais maintenant, on vend tout. Quand tu es gosse, tu te dis que la nature va te donner ce dont tu as besoin, qu’elle va t’aider à trouver de la nourriture, que tu ne mourras pas. C’est un sentiment de confiance, tu n’as plus peur. Il y a des gens qui voient d’autres choses, qui ont plus de connexions que d’autres. Je pense qu’il y a des créatures qu’on ne voit pas. Je ne les vois pas, mais je les ressens. Si je suis dans la forêt, je les sens par la peau, j’ai des frissons. Ou un frisson particulier. Ca me dit que là, il y a quelque chose. C’est peut-être juste une biche qui est passée il n’y a pas longtemps et qui a laissé sa trace invisible… J’espère


qu’il y a des fées. Je les imagine avec un joli petit museau. On les représente toujours petites mais peut-être qu’il en existe aussi des immenses ! » Cassandre salue la femme aérienne, la remercie et quitte la chaleur protectrice du mayen. Elle suit un sentier, hume l’air, cherche le passage d’une biche et essaie de frissonner. Plus loin, une femme aux yeux d’acier récolte des bourgeons de sapin. L’air agacé, elle répond sèchement aux questions de Cassandre : « Ce que tu vois, ce n’est pas ce qui est vraiment là, c’est seulement ce que tu perçois. Ton œil est comme une lunette déformante. Cette fleur est bleue pour toi, mais elle porte peut-être des centaines de couleurs que ton œil ne voit pas. Le chat ne voit pas le rouge. Peux-tu imaginer tout ce que tu ne vois pas ? Et regarde ce chien là-bas qui court, effrayé par un ultrason que tu n’entends pas. Tu ne pourrais pas écouter ce que le dauphin dit à la baleine. Leurs mots sont silencieux pour l’oreille humaine. Le monde a bien des mélodies secrètes. Il est plus vaste que les misérables limites de nos sens. Dans cette partie de la réalité que nous ne percevons pas, il peut y avoir toutes sortes de choses, plein de créatures que nous n’imaginons même pas… Comment savoir ? On ne peut que croire et rêver. » Cassandre part en songeant : « cette femme voit loin et pourtant, que de rage dans son cœur ! Elle doit être en colère de ne pouvoir comprendre les baleines. » Le crépuscule envahit doucement le sous-bois. Une énorme lune blême glisse son disque parfait entre les branches. La lumière vibrante, surnaturelle et glacée se déverse sur le sol, découpant des ombres fantastiques. Une mélodie s’élève. Un enfant arrive en sautillant sur les troncs : «J’ai peur des loups-garous. Pourtant, je ne crois pas vraiment qu’ils existent. C’est bizarre, mais ils me font quand même peur. Surtout les nuits de pleine lune.»

Cassandre s’assied sur une souche et soupire. Pauline Archambault

Les personnages ci-dessus sont des habitants d’Anniviers qui ont eu l’amabilité de bien vouloir répondre à mes questions. Les citations sont le plus fidèle possible à leurs paroles. La troisième et dernière récolte de paroles en Anniviers aura pour thème la peur de la mort. Vous pouvez envoyer vos réflexions à Pauline Archambault, case postale 169, 3961 Ayer ou à: paulinearchambault02@gmail.com

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enviedebouger.com Dans le coeur du Caire

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i Le Caire a de multiples visages, au regard de la diversité incroyable qu’offre cette ville tentaculaire et fascinante, elle a surtout une âme unique, ancrée au plus profond d’elle même. Cette âme, vous la trouverez au cœur du Vieux Caire, quelques rues, un quartier, coincé entre les grandes artères encombrées du centre ville. Une ville à apprivoiser Atterrir au Caire, ville de près de 20 millions d’habitants, surpeuplée et polluée, peut s’avérer une expérience déplaisante pour qui ne saurait dépasser sa première impression. Pour apprécier Le Caire, il faut passer par-dessus ses défauts. Le Caire se mérite, la ville de Saladin ne se donne pas facilement au visiteur mais quand celui-ci fait l’effort de l’apprivoiser, la récompense est largement à la hauteur de la peine ! Passée la première impression, donc, le voyageur sera en mesure de voir la véritable nature de cette ville et d’en apprécier la beauté. Pour approcher son âme, ressentir le souffle vibrant de son histoire, il lui faudra faire un dernier effort et s’enfoncer dans les entrailles de cette cité millénaire jusqu’à approcher son coeur. Un patrimoine unique Le coeur du Caire se situe autour d’une rue centrale qui traverse la vieille ville d’une porte à l’autre. Cette rue, classée au patrimoine mondial de l’Unesco, regroupe à elle seule la plus grande concentration de chefs-d’oeuvre architecturaux du monde islamique. Sur un peu plus d’un kilomètre, plus de soixante bâtiments et mosquées, construits entre 980 et 1850, rivalisent de splendeur. Autour de cette rue, l’une des plus vieilles du Caire, se trouvent plusieurs sites touristiques emblématiques, notam-

ment le fameux Khan el Khalili, bazar médiéval dont il faudra pourtant s’éloigner pour découvrir les véritables merveilles que cette zone a à offrir. Cette rue porte le nom du quatrième calife de la dynastie des Fatimides qui ont régné sur l’Egypte entre 969 et 1171, il s’agit de la rue El Moez Eldin Allah. Elle s’étend de la Beb Al-Futuh , au Nord, à la Beb Zuweila au Sud. Ces deux portes d’entrée du Vieux Caire témoignent de l’importance des fortifications de la ville médiévale. A mi-distance entre les portes, la célèbre mosquée El Azhar, construite en 980, se dresse, sobre et majestueuse. Elle fait face au Khan el Khalili, qui constitue la partie la plus touristique de cette zone dans laquelle vendeurs de souvenirs et tenanciers de cafés se disputent les visiteurs. Si la visite du Khan est un must pour la majorité des guides, elle n’est de loin pas la partie la plus intéressante, comme c’est souvent le cas, il convient de s’écarter au plus vite de ces zones d’attraction pour touristes en mal de selfies et, en parcourant quelques dizaines de mètres supplémentaires, on

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retrouve vite, non le calme car rien n’est calme au Caire, mais l’ambiance magique de la Rue El Moez. Une ambiance particulière Cet article est un hommage à une seule rue mais une rue, qui, à elle seule, justifie la traversée de la Méditerranée, le CO2 dégagé par le vol en avion, l’air pollué, le bruit et tous les inconvénients que l’on pourrait opposer à un tel voyage. Rien ne résiste à l’ambiance unique de cette rue. La beauté architecturale des bâtiments, véritable guide chronologique de l’architecture islamique, suffirait déjà à convaincre que le déplacement en vaut la chandelle. Nul besoin donc d’évoquer l’ambiance générale que l’on trouve dans cette rue. Les ambiances devrais-je dire pour être précis, car il convient de s’y rendre à différents moments de la journée. Nul besoin de les évoquer, et pourtant, je ne peux m’en empêcher. Décrire une ambiance est totalement subjectif et un exercice délicat. Vous commencerez sans doute par visiter la Rue


L’entrée du Khan el Khalili

El Moezz de jour, avant 15h de préférence, heure de fermeture des sites. Il vous faudra une grosse demi-journée pour profiter de tous ces joyaux. Le soleil et la chaleur ne laissent dehors que les commerçants et les visiteurs. Vous pourrez donc apprécier l’architecture à loisir et profiter de la fraîcheur et du calme des mosquées pour assimiler les merveilles que vous venez d’admirer. Cependant, ce serait une erreur de s’arrêter à cette visite diurne. Bien sûr, épuisés et poussiéreux, repus de savoirs et de découvertes, le calme de la chambre d’hôtel agira sur vous tel un aimant sur une pièce de monnaie. C’est pourquoi il faut plusieurs jours au Caire pour l’apprécier. Revenez Rue El Moezz avant la fin de votre séjour. Mais revenez-y après le coucher du soleil, quand l’appel à la prière d’Isha, la dernière du jour, du Muezzin d’El Azhar résonne dans les rues du Vieux Caire. C’est à ce moment-là que le coeur du Caire commence à battre. La Rue El Moezz est, surtout depuis la révolution de 2011 et le départ des touristes étrangers, le lieu de rencontre des jeunes cairotes et un haut lieu culturel et artistique. Les monuments, remarquablement mis en

Senteurs d’Orient

valeur par un éclairage indirect, sont alors pris d’assaut par des familles venus assister à des spectacles gratuits, des amoureux qui profitent de l’obscurité pour se chuchoter des mots doux en se tenant la main ou des artistes en quête d’un public. C’est aussi un endroit prisé par la jeunesse cultivée qui voit dans ces lieux au passé glorieux, un moyen de s’évader d’un quotidien toujours plus difficile à supporter.

C’est dans cette rue mythique que bat le coeur du Caire. Ici, le passé ne côtoie pas le présent, il le façonne. Ce quartier est un vestige mais un vestige vivant. Ne ratez pas ce joyau lors de votre prochain voyage en Egypte ! texte et photos Yanis Chauvel

La Mosquée El Azhar

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patrimoine

Notre histoire.ch par Michel Savioz de Vissoie Vissoie 1910 Rue principale de Vissoie en 1910. Le pré de la Cure allait encore jusqu’au Café des Alpes. À gauche, on devine la maison de Frédéric Kittel, papa de Jean, Georgy et Urbain. Les deux dames sont probablement des touristes?! Collection Michel Savioz

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Comité de rédaction : Christiane Favre (Conseillère communale) Valentin Crettaz (Président Ski-Team Anniviers) Christian Caloz (Président FC Anniviers) Frédéric Pellat (Président HC Anniviers) Martin Hannart (Président Montagne-Club Anniviers) Paolo Marandola (Imprimerie d’Anniviers sàrl) Rédaction : Janine Barmaz, Simone Salamin, Pauline Archambault Correctrice : Ursula Surber Impression : Imprimerie d’Anniviers sàrl, Vissoie Remerciements : Commune d’Anniviers et tous les annonceurs Mode de parution : trimestrielle Tirage : 2’100 exemplaires

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