Zut Lorraine #26

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Le guide de la Lorraine

№ 26 Été — Automne 2021


s e c n a d n e T laires So

2021 sera bel et bien l’année des lunettes, et pas n’importe lesquelles : des montures vintage, épaisses et résolument pop. L’été sera dominé par des lunettes de soleil oversize. Qu’il s’agisse de formes carrées, rondes ou plus futuristes : plus c’est grand, mieux c’est !

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édito Le sens des choses

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Par Cécile Becker

À Strasbourg aussi notre magazine affiche à son fronton « Le sens des choses ». Parce qu’après huit mois d’arrêt de nos publications régulières, nous avons souhaité questionner l’étrange marche du monde. On nous avait promis un monde d’après, celui que nous retrouvons ressemble à s’y méprendre à l’autre, que nous avons quitté en nous isolant chez nous, orphelins de lien social, de culture et d’échappatoires. L’activité a peu à peu repris et a repris fort, de plus belle, comme si, après l’arrêt, il fallait fuir vers l’avant, forcer le trait d’une vie effrénée, gesticuler en tout sens pour rattraper le temps perdu, s’essouffler à rattraper le train d’une économie fuyante. La sensation d’un monde qui court vite et dont le sens, qu’on avait pourtant questionné, nous échappe. Pourtant, pour nombre d’entre nous, les envies et intentions sont claires : plus de valeurs, moins de surplus ; plus d’humain, moins de fioritures. Si les contours sont encore flous et les pistes alternatives difficiles à dégager, il nous appartenait d’incarner et de refléter ces réflexions autant que de donner corps aux initiatives qui visent à construire ce nouveau monde qui nous attire. Vous l’aurez aussi noté, Zut Lorraine change de formule et adopte un ton et une structure plus semblables au guide. Car il nous semblait pertinent de traiter indépendamment les villes et zones qui nous préoccupent pour plus de clarté, sans pour autant renoncer aux pas de côté. Bonne lecture.

Zut magazine

2021—2022 Prochaines parutions

Hors-série RCSA Une saison dans le vide septembre

Strasbourg n°47 octobre

zut-magazine.com

Lorraine n°27 octobre


COMMUNIQUÉ

VOSGES DU SUD

Oubliez les bouchons et les transats à gogo, c’est sous le soleil des Vosges du Sud que vous avez rendez-vous cet été.

Belle et rebelle, industrielle et artistique, sereine et survoltée, elle nous fait de l’œil. Pour la conquérir, il faut grimper en direction de la Citadelle et saluer le Lion. Avec ses mensurations exceptionnelles - 22 m de long et 11 m de haut, - la sculpture signée Bartholdi impressionne autant qu’elle fascine. Le félin et son inséparable Citadelle ont d’ailleurs été élus « Monument préféré des Français 2020 ». Réputée imprenable, elle dévoile aujourd’hui un grand souterrain qui pouvait abriter jusqu’à 1000 hommes lors des grandes batailles. Tourné vers l’ouest, le Lion de Bartholdi regarde dans la direction de sa cousine d’outre-Atlantique, cadeau de la France pour le centenaire de l’Indépendance : la statue de la Liberté. Vous pourrez même revivre les grandes heures de la Citadelle en réalité augmentée sur votre smartphone. Mais rassurezvous, Belfort sait aussi rugir au son des musiques anciennes et actuelles. De juin à août, vivez « un été sous les murailles » à la Citadelle de Belfort… un programme composé d’une série d’événements musicaux, de théâtre, de danse, mais aussi de visites guidées ou théâtralisées, et d’activités sportives en plein air.

Jour 2 - Ronchamp, complètement perché

« J’ai voulu créer un lieu de silence, de prière, de paix, de joie intérieure ». Aujourd’hui encore, les mots de Le Corbusier, célèbre architecte franco-suisse, résonnent au sommet de la colline de Ronchamp. Sous un épais panache forestier, on découvre «  sa  » Chapelle, l’une des rares réalisations cultuelles de ce génie des temps modernes. De son dédale de béton aux généreuses courbes blanches se dégage une étonnante harmonie : le bâtiment, tel qu’il l’a imaginé n’est pas dans le paysage, il est le paysage. À l’intérieur, les vitraux dessinent un hypnotique jeu de cache-cache avec la lumière naturelle. Édice religieux emblématique du Mouvement Moderne, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, la colline Notre-Dame du Haut à Ronchamp est sans conteste un des trésors des Vosges du Sud.

Texte : Emilie Chapuillot - Crédits photos : Alain Doire / BFC Tourisme - G. Engel / AONDH / ADAGP - Ikona / OT Luxeuil-les-Bains - Laurent Cheviet / BFC Tourisme - C. Vasselet / BFC Tourisme.

72 h DANS LES

Jour 1 - Belfort fait fort !


Jour 3 - L’&cclesia, la pépite archéologique

# CARNET D’ADRESSES

À taaaaaable !

À Luxeuil-les-Bains, des archéologues ont fouillé pendant plus de 10 ans les vestiges de l’une des abbayes les plus importantes d’Europe au MoyenÂge. Sous leurs pieds, en plein cœur de la ville thermale, un site funéraire unique au monde a ressurgi du passé : les vestiges de l’église Saint-Martin et d’une ancienne villa romaine du IIe siècle, des édices cultuels de la période mérovingienne à la n du Moyen-Âge, une crypte mais aussi et surtout, une nécropole de 150 sarcophages (la plus grande concentration en Europe). Pour faire toute la lumière sur cette pépite archéologique et retracer 2000 ans d’histoire insoupçonnée, un centre d’interprétation et d’animation baptisé « &cclesia » vient d’ouvrir ses portes. Bâtiment ultra contemporain et muséographie léchée vous mettront dans d’excellentes conditions pour continuer votre escapade dans les rues de Luxeuil. Il vous sufra de suivre « le sentier du patrimoine » pour admirer les 17 pépites de la ville comme la Tour des Echevins, la basilique Saint-Pierre, les thermes…

LES VOSGES DU SUD INCOGNITO À Belfort, entre galerie et musée, la donation Jardot porte un regard singulier sur l’art moderne. Collectionnées pendant près de 40 ans par Maurice Jardot, marchand d’art passionné, les toiles et sculptures présentées nous font voyager entre cubisme et surréalisme, de Georges Braque à Pablo Picasso en passant par Fernand Léger. ◆ musees.belfort.fr

Pousser la porte de la plus ancienne verrerie d’art de France, ça vous branche ? Alors direction Passavant-la-Rochère pour découvrir le savoir-faire millénaire des maîtres verriers. Cueillir, maillocher, soufer et façonner le verre n’aura bientôt plus de secret pour vous. ◆ www.larochere.com

- LA PETITE CHARRUE // Vauthiermont On adore cette ambiance d’auberge au charme suranné, le fournil au feu de bois toujours aussi réconfortant, la planche de lard paysan qui fait du bien, la tête de veau et les fondues (même en été !). Tél. 03 84 23 89 14 - http://la-petite-charrue.fr - LE RHIEN // Ronchamp Avec sa cuisine généreuse à l’accent comtois bien prononcé, le Rhien nous prouve que le terroir n’a pas dit son dernier mot. Au programme : l’incontournable truite au vin du Jura, la croustade de morilles sauvages, la friture de carpe sans oublier la petite Forêt-noire pour finir en beauté. Tél. 03 84 20 62 32 - www.ronchamp.com/restaurant-le-rhienronchamp-haute-saone

Les rendez-vous incontournables Le Festival Musique et Mémoire met à l’honneur la scène baroque du 16 juillet au 1er août dans plusieurs lieux cultes des Vosges du Sud comme à la basilique Saint-Pierre de Luxeuil-les-Bains ou encore la cathédrale Saint-Christophe à Belfort. ◆ musetmemoire.com

Protez d’une diversité musicale avec la 34ème édition du Festival International de Musique Universitaire (FIMU) qui se déroulera exceptionnellement cette année du 9 au 12 septembre 2021, c’est gratuit et c’est à Belfort ! ◆ www.fimu.com

Voyage dans le temps. Un son et lumière historique en 14 tableaux à Brebotte au sud de Belfort le 22, 23 et le 24 juillet. ◆ www.museebrebotte.fr

OÙ POSER SES VALISES ? Hôtel les Capucins // Belfort Une adresse en plein cœur de Belfort, idéale pour découvrir la cité à pied. Petite anecdote : l’hôtel est installé dans les locaux de l’ancienne brasserie Wagner qui confectionnait la célèbre bière du Lion. ◆ www.capucins-hotel.fr Hôtel le Beau Site // Luxeuil-les-Bains C’est le point de chute idéal pour proter du SPA de l’établissement ainsi que des thermes de la ville. Pensez à réserver votre moment bien-être (massage, soin du visage, jaccuzzi…) avant d’aller tenter votre chance au Casino de Luxeuil-lesBains. ◆ www.beau-site-luxeuil.com

◆ Plus d’infos sur : www.massif-des-vosges.fr/le-massif-des-vosges/les-vosges-du-sud/


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Zut team

Contri— buteurs

contact@chicmedias.com ou prenom.nom@chicmedias.com www.zut-magazine.com Directeur de la publication & de la rédaction Bruno Chibane Administratrice et gestionnaire Gwenaëlle Lecointe assistée par Solène Lauth Rédactrice en chef Cécile Becker Directeur artistique Hugues François — Brokism Designer graphique Mickaël Dard Coordinatrice Mode & Design Charlotte Médot

Commercialisation & développement Bruno Chibane +33 (0)6 08 07 99 45 Magali Murano +33 (0)6 70 70 55 74 Philippe Schweyer +33 (0)6 22 44 68 67

Rédacteurs Cécile Becker, Benjamin Bottemer, Sylvia Dubost, Charlotte Médot, Emma Schneider, Philippe Schweyer, Aurélie Vautrin, Fabrice Voné Photographes Romain Gamba, William Henrion, Grégory Massat, Arno Paul, Alice Petit Relectures Fabrice Voné Léonor Anstett Stylisme Charlotte Médot Stagiaires Agnès Benoit Julie Hagenbach Zina Kemouche

Ce magazine trimestriel est édité par chicmedias

37, rue du Fossé des Treize

67000 Strasbourg +33 (0)3 67 08 20 87 www.chicmedias.com

S.à.R.L. au capital de 47 057 euros Tirage : 7500 exemplaires Dépôt légal : juillet 2021 SIRET : 509 169 280 00047 ISSN : 2609-4320

Impression Ott imprimeurs Parc d’activités « Les Pins » 67319 Wasselonne Cedex Diffusion Zut Team Abonnements abonnement@chicmedias.com

Crédits couverture Au Jardin des Tanneurs à Metz Photo : Romain Gamba


Photo : Flavien Carlod, Baptiste Le Quiniou, non contractuelle.

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10 Chronique Besoin de vacances, par Philippe Schweyer 12 Interview Après les confinements successifs, Cascadeur, le musicien casqué, s’interroge sur le monde qui l’entoure et sur sa propre pratique. 17 Tourisme On quitte la ville pour des havres de paix et de nature, direction Foulcrey et les gîtes Robin’son, Siersthal vers La Grange d’Hélène et Rhodes et le parc animalier de Sainte-Croix. 22 Actu À Metz et Nancy, Mamie rebranchée fait peu à peu son comeback.

Metz

Nancy

26 Metz vu par Gregory Wagenheim Jin Sun Son et Pierre Funes Valentine Compe

46 Nancy vu par Elena Legros Yohann Antignac Clément Grethen

30 Culture – Théâtre Nouvelle équipe, nouveaux lieux : le festival Passages consacré aux théâtres du monde invite le Brésil à envahir Metz.

50 Culture – Portrait Julia Vidit, nouvelle directrice de La Manufacture – CDN Nancy, veut désacraliser le théâtre et le faire sortir de ses gonds.

32 Artisanat – Portrait Carlos Pavicich est un fabricant artisanal de cordes de guitare. Ses trucs ? La patience et la qualité. Les groupes Trust, The Exploited et Dagoba font partie de ses clients.

52 Culture – Tiers-lieux Le Memô et La Benne idée, deux lieux culturels qui misent sur des valeurs fortes.

34 City tour – Adresses Les nouveaux QG : Nera, librairie La Pensée Sauvage, P’tit dessert Café. 36 City tour – Hors les murs Les terrasses : Irish Pub, Theatris Bar, Le Restaurant du Parc, La Jehanne. 38 Culture La sélection de la rédaction

54 City tour – Hors les murs Un petit tour des guinguettes qui pullulent à Nancy. 56 City tour – Adresses Les nouveaux QG : Thé Citron, Quokka, Esther’, UTY. 58 Culture La sélection de la rédaction 62 Mode – La tendance Les fripes et concepts vintages, un moyen d’échapper à la fast fashion et de dénoter avec des pièces qui claquent. 64 Mode/design – La saison Un été tout bleu et tout en rondeur… 66 Nouvelle tête Valentin Pierrot, artiste strasbourgeois issu de l’Esal de Metz, expose au Luxembourg.


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Chronique.

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Besoin de vacances par Philippe Schweyer

Il était cinq heures du mat et j’étais en train de charger ma voiture à la fraîche. Encore trois valises de fringues, deux sacs de boîtes de conserve, une caisse de bières pour l’apéro et ça serait bon. Alors que je venais de me bloquer le dos en soulevant un carton de bouquins pour la plage, mon téléphone a sonné : « Phil, on n’attend plus que toi ! - Hein ? - Toute l’équipe est encore au bureau. Il ne manque que ta chronique pour partir à l’impression. - Mince, j’ai oublié. - Dépêche-toi. - Je suis en train de charger ma voiture… - Tu pars sans dire au revoir ? - J’ai besoin de faire un break. - Je te donne une heure pour pondre un truc. - Je ne sais plus dans quel sac j’ai mis mon ordinateur. - Les lecteurs en ont marre de tes problèmes. - Je vais me retrouver dans les bouchons en plein cagnard si je ne pars pas tout de suite... - Arrête de gémir. Ce soir tu seras au bord de la mer. - Je n’ai plus rien à raconter. - C’est un bon début. - Je me suis bloqué le dos. - C’est plus original que le virus, ton mal de dos ! - Oui, mais ça fait mal. - Parle de tes vacances. Fais-nous rêver ! - Je n’ai pas envie de te faire rêver avec ma vie privée. Ma vie privée ne regarde que moi.

- Et ton dos bloqué, c’est pas privé ? - Si, mais ça me fait du bien d’en parler. Ça me soulage. - Tu vas où à la mer ? - J’en sais rien. - J’aurais pu venir avec toi… - Je t’ai dit que je voulais faire un break. - J’ai rien réservé cette année. Avec le confinement… - Mince, je n’ai plus de batterie » Il était temps que je raccroche. Mon ordinateur était quelque part au fond du coffre entre les serviettes de bains et mon stock de t-shirts. Je n’avais aucune envie de le chercher. Une fois sur l’autoroute, j’ai allumé la radio. Un type chantait dans un vocoder sans se douter qu’il y a cent ans les militaires s’en servaient déjà pour coder et convertir en signal analogique des messages vocaux. J’aurais pu m’arrêter pour écrire un édito sur les méfaits de la technologie, mais j’étais en vacances et plus rien ne pouvait m’arrêter. Il était temps que je pense à moi. Tant pis pour les autres.


Hors-série Zut

Philippe Schweyer

Tomi Ungerer 22 € Derniers exemplaires (édition 2011)

La mélancolie du danseur de slow 19€

Magazine grand format trilingue, 292 pages dont 180 visuels et illustrations. Réalisé pour et avec Tomi Ungerer à l’occasion de ses 80 ans.

Sélection des éditos de Philippe Schweyer écrits pour Zut et Novo entre 2009 et 2020, des fictions décalées et mélancoliques.

chicmedias éditions

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La Vitrine chicmedias 14, rue Sainte-Hélène — Strasbourg shop.chicmedias.com

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INTERVIEW

Par Aurélie Vautrin

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Deuxième étoile à gauche Non essentiel. Le contraire d’indispensable, de nécessaire, de capital, de fondamental, de primordial. De vital. Un virus incontrôlable, et en quelques jours, ce fut plié : la Culture avec un grand C était reléguée au fond du tiroir, catégorie « superflu ». Entre blessure et asphyxie, comment faire de cette étiquette clouée au burin sur le front une force viscérale pour continuer à créer ? Il fallait bien un artiste à part pour répondre à cette question si délicate… Nous avons choisi Cascadeur pour nous montrer le sens des choses.

Des lieux culturels fermés pendant des mois, plus de concerts, de spectacles, d’expos, de ciné… Comment as-tu vécu cette dernière année ? Disons que ce sont des moments révélateurs d’une certaine forme de priorité. Tout à coup, tu es rangé dans la catégorie du « non essentiel »… Et tu ne peux pas t’empêcher de trouver « étonnant » qu’on laisse ouvert des lieux vachement plus dangereux que des salles de concerts, pour pouvoir maintenir une forme d’économie et de marche du quotidien. Mais au final, c’est la réalité du statut de l’artiste. Je faisais le lien avec le corps enseignant et le monde hospitalier, qui subissent un traitement similaire. Tu es décrié, dénigré, et puis d’un coup, à cause d’une crise ou autre, on a besoin de toi et tu deviens presque intouchable. Et dans le cas de l’artiste, lorsqu’il y a réussite, tu es vénéré, presque sanctifié, sans aucune demi-mesure. Mais il ne faut pas oublier que la grande majorité des artistes

se trouvait déjà dans une grande difficulté avant la pandémie, et que cette difficulté est considérablement accrue par la situation. Finalement, ces crises sont aussi riches d’enseignements : elles remettent en situation la valeur accordée aux activités humaines.

pas arrêter de travailler sinon son monde implose, parce qu’il y a des dettes à payer, que la Terre doit continuer de tourner… Le confinement c’est un luxe finalement. Peut-être que dans quelques années, on se rendra compte que ce fut aussi une pandémie sociale.

Tu veux dire que l’art ferait finalement partie de la catégorie « essentielle » ? [Rires]. On sait que l’art est complètement indispensable, même pour la santé mentale de notre société. Comme on dit, « laissons faire les fous pour que les autres ne le soient pas » ! Et là finalement c’est le contraire, on enferme tout le monde. L’effet rebond c’est que les déséquilibres humains ressurgissent encore plus fort. La crise révèle nos fragilités, les inégalités sociales, la misère humaine – la population la plus exposée c’est celle qui n’a pas le choix, celle qui ne peut pas se confiner, qui ne peut

Une pandémie qui a obligé le monde entier à porter un masque… Mais totalement ! Il y a 10-15 ans, je prenais cette décision lourde de sens de « me cacher », et quand j’arrivais en concert on me disait « oh, tu es déguisé »… Et aujourd’hui il est où le déguisement ? Je pense qu’il y aura pas mal de choses à dire dans les années à venir, sur l’invisibilité, l’hyper paranoïa, sur cette société de surveillance que j’évoquais dans Camera, un monde où l’on est d’autant plus démuni que l’on filme notre propre dénuement…


« Ces crises sont aussi riches d’enseignements : elles remettent en situation la valeur accordée aux activités humaines. »

Est-ce que cette situation a changé quelque chose dans ta façon de créer ? À l’origine, Cascadeur c’était aussi une interrogation sur le monde, donc quand tu vis un truc comme ça, forcément ça amplifie. En vérité, quand j’ai commencé l’écriture du quatrième album, bien avant le début de tout ça, je vivais déjà une période étrange. J’étais arrivé à la fin d’un cycle, fin d’un triptyque, fin de contrat, et je me trouvais démuni, sans garantie de l’existence d’un autre disque. Il fallait reconstruire. Et puis comme autour de Cascadeur, il y a toujours eu cette idée de cowboy solitaire à la Clint Eastwood. J’ai commencé à travailler sur le come-back – une notion elle-même liée à l’histoire de la musique, de la vedette pop, du has been… Finalement dans Walker et dans Ghost Surfer déjà, je parlais de gens dans une forme d’errance, qui déambulent – et déambuler quand tu es confiné, ça te donne encore plus soif ! Souviens-toi l’année dernière, au début du premier confinement, on était dans la peste noire, tout à coup sortir une poubelle ça devenait un truc héroïque, dément. Donc j’ai construit mon album autour de tout ça, avec la sen-

sation très bizarre d’avoir comme pressenti certains trucs, avec des morceaux « annonciateurs » alors qu’ils dataient déjà d’il y a 2-3 ans. Certaines choses ont été résolues depuis, mais à un moment, j’ai eu cette sensation de devoir recommencer. De devoir renaître. Justement, alors que le monde de la culture était à l’arrêt, ta popularité a explosé grâce à la série Lupin, où l’on peut entendre une nouvelle version de Meaning, titre issu de ton premier album. Encore un paradoxe ? C’est vrai que l’on vit dans une société qui a besoin de visibilité, alors que moi je travaille justement sur l’invisibilité, donc oui c’est complètement paradoxal… D’autant que c’est effectivement un titre qui a dix ans – qui lui aussi, renaît. C’est ça qui est très bizarre : je commence à écrire autour de ma thématique sur la renaissance… Et je vis ce que j’écris. Un peu comme pour le masque… Là, tu travailles sur le thème du come-back, et par le biais d’une série mondialisée, tu vis un come-back aussi. On te donne les moyens de le vivre, alors que toi


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tu l’anticipais sans savoir vraiment ce qui allait se passer… D’autant que Meaning, c’est un morceau fantôme, pas référencé sur l’album, que je rajoute à la dernière minute, qu’on enregistre à l’arrache avec rien du tout – et c’est ce morceau-là qui me sauve la vie plusieurs fois. C’est un peu grandiloquent mais artistiquement en tout cas c’est vraiment le cas. Comme un étendard un peu magique, parce qu’il ne devait pas être là, parce c’est un morceau miraculé, un prématuré qui tout d’un coup devient plus résistant que les autres. J’y pense beaucoup, souvent… Certains diront que j’ai de la chance, d’autres que j’ai une bonne étoile – c’est drôle, elle est sur mon casque. Sans ce morceau, plein de choses auraient été différentes. Et en même temps, il ne faudrait pas que ce soit un enfermement – si Cascadeur c’est seulement Meaning, bon, pourquoi pas, mais… Ça me fait penser à Patrick Hernandez : toute sa vie résumée à un titre alors qu’il en a fait plein d’autres, enfin sûrement, enfin je ne sais pas… Cela montre surtout que tout change selon les moyens que l’on donne à un titre précis ; si tout d’un coup, il est démultiplié, il va plaire à plus de monde, c’est logique. Ce n’est pas qu’il est deux millions de fois meilleur, c’est simplement qu’il a plus d’audience. Donc ça pose aussi des questions, est-ce que les tubes on ne les fabrique pas un peu… Je sais, c’est un peu démago, mais cela montre bien que le travail de certains décideurs peut faire renaître ou non un artiste. Foncièrement, tu es quelqu’un d’optimiste ? Oui… Mais pas aveugle. On est tous dans l’urgence, alors on va réitérer ce que l’on fait tout le temps, puisque notre souci premier c’est de réintégrer au plus vite notre système, de retrouver « la vie d’avant ». On est une fabrique à dealers, et au lieu de s’attaquer aux causes, on met en cage certaines personnes. Cette pandémie, on en est responsable, on est tellement voraces, tellement assoiffés, de gains, de profits, de bénéfices… Pour moi, c’est la résultante du fait que l’on soit des prédateurs. Et comme tout prédateur, on s’autodévore.

Ah oui, c’est très optimiste, tout ça, en effet ! [Rires] C’est vraiment ce que je pense en plus… L’homme est anthropophage, et sera responsable de sa propre destruction. Alors, il accusera sûrement le pangolin ou la chauve-souris, mais la vérité c’est qu’à force de coloniser la nature, de piller les forêts, de forcer les animaux à se rapprocher des villes… En retour, il y a forcément des attentats de ce genre. Mais le pire dans toute cette histoire, c’est qu’on va continuer à se comporter de la même manière. Parce que l’on vit dans un monde du basculement accéléré, de traites, d’emprunts, de crédits, où la nécessité de repenser le système a beau être impérieuse, au final c’est presque un luxe, car la grande majorité des gens est suspendue aux limites du quotidien. Regarde les intermittents du spectacle, et le prolongement de l’année blanche jusqu’en décembre 2021, cela montre bien que l’on est toujours dans une bulle artificielle de survie, que rien n’est résolu. On va continuer à sous-payer les infirmiers, continuer à penser que les enseignants sont des fainéants et les musiciens des drogués, que « les artistes sont là pour nous divertir », alors que le divertissement est plutôt dans ces médias en continu qui mettent en avant des gens qui tuent d’autres gens lorsque les chiffres du Covid sont moins alarmants… Mais malgré tout, je suis confiant. Il y a plein de gens qui s’interrogent, qui se risquent à repenser nos modes de vie, et je trouve ça rassurant. Comme quand on te dit « l’industrie de la musique, c’est mort » alors que le monde entier continue d’écouter de la musique, de lire des livres, d’avoir cette soif de vivre – alors est-ce que vivre c’est se ruer au McDo, ça c’est un autre débat… Mais, quoi qu’il en soit, oui, je suis et reste optimiste ! L’être humain est capable de tellement de choses incroyables, il sait être monstrueux autant qu’angélique. Espérons seulement qu’il puisse enfin un jour véritablement envisager le monde autrement. The Human Octopus, Ghost Surfer, Camera Cascadeur

« Cette pandémie, c’est la résultante du fait que l’on soit des prédateurs. Et comme tous prédateurs, on s’autodévore. »


Anne-Sophie Tschiegg

1 artiste, 3 livres

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TOURISME

Par Emma Schneider Photos Grégory Massat

Des échappées belles Pourquoi partir loin lorsqu’on peut être dépaysés juste à côté ? L’évasion est à portée de main ! Passer une nuit sous la voûte céleste, se réveiller au cœur d’une meute de loups, ou dormir sur pilotis… Autant d’expériences possibles à quelques enjambées des centres urbains.

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Les gîtes Robin’son Si Robinson Crusoé relatait la construction d’un héros confronté à l’épreuve du naufrage et de la solitude, trois siècles plus tard, les gîtes éponymes situés à Foulcrey en Lorraine, offrent une parenthèse en marge du quotidien. Aux gîtes Robinson, Laure et Robin élèvent des ânesses, s’occupent de la traite et fabriquent des produits cosmétiques dans leur propre savonnerie avant de les vendre dans la boutique située sur le site mais aussi sur les foires, marchés et internet. Le bout du monde, ils l’ont ramené chez eux en installant sur leurs huit hectares d’étangs, quatre cabanons sur pilotis en pleine nature. Retour à la contemplation Au beau milieu de ce cadre entre terre et eau, le temps s’est arrêté. L’endroit dégage une atmosphère apaisante, qui nous rappelle l’existence de nos cinq sens. Dès notre arrivée aux gîtes, nous percevons le bêlement lointain de moutons paissant dans les champs alentours, le croassement guttural de grenouilles bondissant d’entre les roseaux, tandis que les poissons frétillants viennent troubler la surface calme des étangs du bout de leurs nageoires. Un chemin forestier mène aux

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TOURISME

différents cabanons, le soleil filtre entre les feuilles, la Cabane Au Ponton apparaît. On y accède via un vaste ponton serpentant gracieusement à travers l’étang et au bout duquel une terrasse où trônent des transats et une grande table nous invite à la farniente. À l’horizon, le cabanon les Naufragés semble perdu sur un îlot sauvage, ce dernier a la spécificité de n’être accessible qu’en barque, ce qui lui apporte une touche d’autant plus attrayante. L’aventure à la Robinson Une baie vitrée donne sur notre intérieur, tout en bois et rondins, simple mais cosy, confortable et chaleureux. Le coup de cœur est immédiat. Pour vivre l’aventure nature à son paroxysme, le gîte possède l’électricité mais pas l’eau courante : toilettes sèches et petite réserve d’eau suffiront. Des lampes frontales nous ont été confiées pour nos déplacements nocturnes. Pour les douches, les toilettes traditionnelles et la cuisine il faut se rendre à la Source, un lieu de rencontre commun, aménagé avec tout le nécessaire de vaisselle, frigo, canapés et jeux de société... qui se trouve non loin de là en bordure de grands champs. Un barbecue est également à disposition. Au fil de la journée, les couleurs flamboyantes viennent nous chatouiller les yeux, et c’est depuis notre terrasse installée sur l’eau

que nous savourons un coucher de soleil sublime dont les contrastes se reflètent sur la surface miroitante de l’étang. Du bon et du bio Au petit matin, après une nuit apaisée, nous profitons de la douceur des premiers rayons du jour. Le petit-déjeuner compris dans le prix de la nuitée a été déposé sur le ponton dans une corbeille en osier qui nous rappelle les pique-niques de notre enfance. À l’intérieur, du jus de pomme artisanal, des pains au chocolat, des mirabelles du coin, des nectarines, du pain de campagne frais et des confitures aux multiples saveurs ainsi que du miel. Le tout fait maison. Laure et Robin tiennent à cocooner leurs hôtes, et à mettre en avant les produits artisanaux du coin. Bientôt il nous faudra retrouver notre quotidien, mais pour l’instant rien ne presse, nous prenons le temps, et profitons de cette parenthèse relaxante. À moins d’une heure de chez nous, les gîtes Robin’son ont réussi le pari de nous reconnecter à l’essentiel. Domaine de Haussonville à Foulcrey gites-robinson.fr

À voir, à faire aux environs... Le village de Saint-Quirin

Labellisé plus beau village de France, SaintQuirin se situe dans un écrin de verdure bucolique entouré de collines vosgiennes et dispose d’un riche patrimoine historique remontant à l’époque galloromaine, comme en témoigne le site archéologique de La Croix-Guillaume. Ses charmantes ruelles pavées mènent à une église prieurale aux trois clochers à bulbe, dont la construction d’origine remonte au XIIe siècle, tandis qu’à l’écart du village, la chapelle des Verriers arbore de magnifiques vitraux d’art populaire. Au cœur du hameau, on trouve la fontaine miraculeuse à laquelle on attribuait des pouvoirs de guérison, faisant de SaintQuirin un lieu de pèlerinage et de culte depuis de nombreux siècles. saintquirin.fr


La Grange d’Hélène Située à Siersthal en Moselle, la Grange d’Hélène est d’abord une histoire de famille. En restaurant cette bâtisse du XVIIIe siècle qui appartenait à ses grandsparents, et en la gratifiant du nom de son aïeule, Patricia, la propriétaire, offre de nouveaux souvenirs à un lieu dans lequel elle a passé une bonne partie de son enfance. Près de 20 ans ont été nécessaires pour transformer l’ancienne ferme en une maison d’hôtes chaleureuse et pleine de vie dans laquelle la famille Schneider accueille désormais des visiteurs du monde entier. Quelques années plus tard, deux bulles transparentes et une chambre de verre sont venues agrémenter d’une touche insolite le vaste terrain autour de la maison. L’occasion d’offrir aux adeptes d’inattendu, une nuit à la belle étoile dans un cadre cosy, en osmose avec la nature. La maison du bonheur À la Grange d’Hélène, hôtes et propriétaires cohabitent dans un joyeux brouhaha. Un vaste salon dans lequel trône une cheminée et de confortables fauteuils investis par une flopée de félins, confère au lieu l’atmosphère conviviale de maison du bonheur. Chaque matin, les hôtes se retrouvent autour d’une grande tablée et

d’un copieux petit-déjeuner préparé avec soin par la maîtresse des lieux, pour un réveil doux et chaleureux. Dans l’ancienne étable, un magnifique spa a été installé afin d’offrir aux hôtes une parenthèse de détente et de bien-être, tandis qu’à l’extérieur une piscine et un jaccuzzi permettent de profiter du cadre idyllique en toutes saisons. Il n’est guère étonnant que Le Figaro ait élu La Grange d’Hélène parmi les 150 plus belles maisons d’hôtes de France ! Installées non loin de la maison d’hôtes, les bulles transparentes et la chambre de verre invitent au calme. On y profite d’une vue imprenable sur la vallée en contrebas. Si le panorama est insolite en journée, dès la nuit tombée, loin de toute pollution lumineuse, l’expérience est intense. Confortablement allongés sous la couette, un spectacle féerique s’offre à nous. Le silence est total, la nuit noire scintille. 15, rue de Volmunster à Siersthal lagrange-dhelene.com

À voir, à faire aux environs... La Grande Place Musée du Cristal de Saint-Louis

Au cœur de la plus ancienne cristallerie française, se situe un musée à l’architecture épurée et sa collection unique au monde. On découvre 2 000 pièces issues de l’incroyable étendue de savoir-faire qui font la réputation légendaire de la cristallerie Saint Louis. Une fenêtre surplombant la halle offre l’opportunité aux visiteurs de contempler la précision et l’habileté des maîtres-verriers lors du façonnage à chaud du cristal. Passage obligé pour les amoureux des métiers d’art, la découverte de ce musée peut être enrichie d’une visite guidée de la manufacture Saint-Louis. Rue Coëtlosquet à Saint-Louis-lès-Bitche 03 87 06 64 70

L’étang de Hasselfurth

Situé dans un écrin de nature préservé, l’étang est un havre de paix où l’on prend plaisir à venir se ressourcer. Traversé par de nombreux sentiers de randonnées, le superbe site invite à de belles balades à vélo, à pied ou encore à cheval. Dans la forêt environnante, le parc TEPACAP propose tout un panel d’activités insolites pour un large public, tandis que l’auberge du lac semble idéale pour une pause rafraîchissante. Allée Jean Goss à Bitche tourisme-paysdebitche.fr


TOURISME


Parc animalier de Sainte-Croix Dans ce parc animalier de 120 hectares, évoluent en semi-liberté des animaux issus de la faune européenne parmi lesquels quatre meutes de loups. À pas feutrés, je m’engouffre au cœur de la forêt sur l’un des sentiers du parc agrémenté d’outils pédagogiques et de tableaux explicatifs. Lynx, hiboux et renards me lancent un regard circonspect, le mythe n’est plus loin, mon impatience est palpable. Petit à petit, le feuillage se fait moins dense, le sentier débouche sur une clairière et sous mes yeux émerveillés apparaissent treize loups gris d’Europe, majestueux et fascinants. L’amphithéâtre niché parmi les conifères permet aux visiteurs de s’installer afin d’observer la meute et d’assister à différentes animations éducatives destinées à enrichir notre connaissance du loup. Au fil de quatre parcours sillonnant le vaste territoire sauvage, nous découvrons les qualités d’un animal injustement ostracisé. En éliminant les individus les plus faibles d’un troupeau, les loups blancs pratiquent une chasse dite sanitaire qui leur vaut le surnom de docteur des caribous. Quant aux loups noirs de l’Ouest canadien, leur réintroduction à Yellowstone a permis à l’écosystème de retrouver son équilibre.

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TOURISME

Dors avec les loups

À voir, à faire aux environs …

Au cœur du parc animalier de SainteCroix, les écrits de Jack London prennent tout leur sens. Fascinés par la nature sauvage qui nous entoure, nous continuons l’immersion en testant l’un des nombreux lodges installés sur le site. Secrètement nichés au milieu de la forêt et à l’abri des regards, la Tanière, la Cabane du Trappeur, le Yellowstone et le Jack London, ainsi que le Hameau des loups invitent à une nuit auprès des meutes de loups dans des hébergements alliant éléments naturels et accueil hautde-gamme. Durant cette nuit féerique en face à face avec l’animal mythique, le hurlement des loups me berce, me captive, et les mots d’Hélène Grimaud me reviennent : « Comme le firent nos ancêtres il y a deux millions d’années, regardons les loups. Contemplons-les. Haïs parfois, traqués hélas, ils continuent, dans l’absolue liberté de leurs courses et de leurs amours, à nous apprendre ce sens qui se dérobe à nous, qui nous échappe, qui nous effraie et que nous entendons pourtant, certaines nuits de lune, quand ils hurlent sous le ciel : le paradis est ici, là où ils sont. » Oui, le paradis est ici.

Le rocher de Dabo

Route de Sainte-Croix, 57810 Rhodes parcsaintecroix.com

L’un des sites les plus emblématiques du Pays de Sarrebourg. Promontoire rocheux de 50 000 m3 taillé dans le grès rose, il s’est formé il y a plus de 200 millions d’années et émerge de l’immense forêt vosgienne à 664 mètres d’altitude. Son sommet offre un panorama exceptionnel à 360° laissant apparaître d’immenses forêts de résineux, le pays des étangs, les villages, les vallées, les rivières : contraste merveilleux de paysages verdoyants et de roches à l’aspect rosé. RD 45 Carrefour du Rocher à Dabo paysdephalsbourg.com

Le château de Lutzelbourg

Situé sur un promontoire rocheux à 320 mètres d’altitude, le château de Lutzelbourg offre une vue imprenable sur la vallée de la Zorn et le canal de la Marne au Rhin qui sillonne paisiblement en contrebas. Accessibles en voiture ou par un petit sentier escarpé au départ du village, les ruines du château s’étendent sur près de 90 hectares de terrain à l’abri d’arbres centenaires, dans un cadre pittoresque et hors du temps. Classé monument historique, l’édifice conserve de beaux vestiges, tels qu’une grande tour carrée datant du XIIe siècle et une maison néo-romane construite lors de sa restauration au XXe siècle. paysdephalsbourg.com


ACTU

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Mamie est (re)branchée ! Entre Nancy et Metz, Mamie Branchée n’a pas choisi. Peu à peu, on revient à la fête.

Photo : Romain Gamba

Après de longs mois de silence contraint et forcé, le fameux temple des 80’s a rouvert ses portes du côté de Metz : c’est le grand retour des nuits magiques où tu chantes, chantes, chantes ce refrain qui te plaît tout en profitant des atouts gourmands de ce bar-brunchrestaurant-dancing érigé à la gloire du vintage. Téléphone à cadran, paillettes et rubik’s cube, coupe mulet, disquettes et bandanas, orange sur les murs et papier peint plus rétro tu meurs, non, non, rien n’a changé ! L’ambiance est toujours aussi joyeusement régressive et la terrasse aménagée pour accueillir soirées endiablées et brunchs dominicaux. À Nancy en revanche il faudra patienter encore un peu, les gérants croisent les doigts pour une possible réouverture à la rentrée, les conditions sanitaires actuelles empêchant toujours tout collé-serré sur le dancefloor. On croise les doigts avec eux. (A.V.) Mamie Branchée Promenade de l’Esplanade à Metz 5, rue Maurice Barrès à Nancy


La saison est ouverte

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Die Spielzeit ist eröffnet für alle

2.10.2021 Fête d’ouverture de saison Speilzeiteröffnung

Belleville 2021 © Christophe Urbain

à tout le monde

Conception : brokism

Abonnez-vous ! citemusicale-metz.fr Réservations—Karten +33(0)3 87 84 64 34 www.carreau-forbach.com


Un seul amour et pour toujours

Hors-série Zut

1 magazine, 11 couvertures UN SEUL AMOUR ET POUR TOUJOURS

UN SEUL AMOUR ET POUR TOUJOURS

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Illustration Mickaël Dard

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Illustration Timothée Ostermann

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Artwork Mathieu Wernert

chicmedias éditions

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Photo Alexis Delon — Preview

Hors-série inédit consacré à 40 ans de passion autour du Racing Club de Strasbourg 252 photos 65 illustrations 113 entretiens 15 reportages 436 pages – 47 €

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Collage Nadia Diz Grana

La Vitrine chicmedias 14, rue Sainte-Hélène — Strasbourg shop.chicmedias.com


M E

T

Z

Dans les environs de Metz, cet été, on parle de la mue du festival Passages, du travail fait main avec Carlos Pavicich, de terrasses et de verres au soleil et de nouvelles adresses. L’agenda culture fait quelques embardées du côté de Forbach, de Meisenthal et même de la Belgique.


METZ

Gregory Wagenheim 38 ans Graphiste, motion designer et musicien

VU PAR

Où ? Jardin Marsha P. Johnson et Sylvia Rivera

« J’aime l’espace dans sa globalité. En haut, derrière Saint-Pierre-auxNonnains, on trouve un côté un peu fourre-tout, il y a des colonnes, une église, un bâtiment plus moderne, des pierres qui ressemblent à des sarcophages alors que si on descend au niveau du jardin, c’est un coin plus calme et plus caché. C’est un lieu très beau qui n’est pourtant pas beaucoup investi par les gens. J’aime bien m’isoler et cet endroit est parfait pour ça. »

Réalisation et textes Charlotte Médot Photos Alice Petit

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Actu Réalisation de clips animés pour différents artistes comme Chapelier Fou ou le groupe malgache Kristel. Des nouvelles dates de concerts avec Chapelier Fou Ensemble. gregorywagenheim.com Veste, t-shirt et pantalon Carhartt chez Contrebande


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Jin Sun Son et Pierre Funes 37 ans et 33 ans Fondateurs de la Galerie PJ

Où ? Le Jardin d’Amour « On s’y rend tous les dimanches matin, c’est calme, on peut observer tous les beaux bâtiments autour de nous et on en profite pour discuter de plein de choses, notamment des projets pour la galerie. C’est aussi un endroit qui nous rappelle beaucoup Paris, la ville où l’on s’est rencontrés. »

Actu Exposition Canopées par Dominique Funes jusqu’au 31 juillet. Vernissage, le 4 septembre, d’une nouvelle exposition de l’artiste américain James HD Brown. Jin sun : T-shirt et combi-pantalon Pierre : Veste, t-shirt et jean, le tout chez American Vintage


METZ

Valentine Compe 30 ans Cheffe et coach holistique

VU PAR

Où ? Rue de la Fontaine « C’est ici que j’ai ouvert mon restaurant Chez Valentine en 2018 et c’est grâce à ce lieu que j’en suis là aujourd’hui. J’avais choisi cette rue car elle est très vivante et il y a beaucoup de passage. C’était le point de départ d’une belle aventure. »

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Actu Service traiteur pour de nombreux événements. Coaching et développement de son espace membre où l’on retrouve des recettes, informations et conseils en lien avec, entre autres, la naturopathie ou la nutrition. Préparation d’événements autour du bien-être. @valentine_headway Robe chez la Kitscherie Vintage


BONGA • SÉBASTIEN TELLIER • MAGENTA • YSEULT • LUJIPEKA • DA UZI • THE NOTWIST • LILLY WOOD & THE PRICK • SVINKELS • YELLE • DELUXE • J.E. SUNDE • LETO • SHANNON WRIGHT • LAST TRAIN • LUBOMYR MELNYK • GENERAL ELEKTRIKS • PETER HOOK & THE LIGHT • DANAKIL • MANSFIELD.TYA • MORCHEEBA • KALASH • GROUNDATION • SUZANE • HEILUNG • FEU! CHATTERTON • HOOVERPHONIC • LES NÉGRESSES VERTES • SAN SALVADOR

Tomi Ungerer Hallali – Scènes de chasses 30 €

Livre inédit de 39 dessins réalisés lors des séjours réguliers de Tomi au Romantik Hôtel Spielweg en Forêt Noire.

chicmedias éditions La Vitrine chicmedias 14, rue Sainte-Hélène — Strasbourg shop.chicmedias.com

BAM TRINITAIRES citemusicale-metz.fr

Belleville 2021

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CULTURE

THÉÂTRE

Réouverture des lignes

Par Benjamin Bottemer Photo Romain Gamba

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Le festival Passages, consacré aux théâtres du monde, devient Passages Transfestival et invite le Brésil à envahir la ville de Metz. Nouvelle équipe, nouveaux lieux et un air de retrouvailles pour cet événement plus que jamais sous le signe de la transformation et du croisement. Des comédiens débarquant d’avions venus des quatre coins de la planète, des spectateurs au coude-à-coude sous des chapiteaux surchauffés, sur une place où l’on s’attablait pour déguster un plat ou bavarder autour d’un livre... Le festival Passages symbolisait tout ce dont le monde, plus particulièrement celui du spectacle vivant, a été privé pendant près d’un an et demi. Redécouvrir ses propositions métissées, présentées mi-juin à la presse, avait des airs de victoire. Pour sa vingt-cinquième édition, la dixième à Metz, le désormais nommé Passages Transfestival a fait le choix du Brésil, après un crochet par l’Afrique à l’occasion de Kuya Kwetu, une semaine début juillet consacrée à l’Afrique contemporaine. « On veut redevenir un événement annuel, avec plusieurs rendez-vous », confiait Benoît Bradel, le nouveau directeur de l’événement, qui annonçait d’autres changements sur la forme, assez peu sur le fond ; le festival veut toujours mettre en lumière des artistes internationaux et célébrer « leur entrée en résistance ». Des voix protéiformes Benoît Bradel est arrivé à la tête de Passages fin 2019 avec le Brésil dans ses bagages : tout son projet tournait autour de ce pays-continent vibrant d’histoire et de cultures. « C’est une scène que je suis depuis longtemps, explique le metteur en scène, fondateur de la compagnie Zabraka et du festival Parcours tout court en Bretagne. L’articulation entre art et politique propre à Passages, né pour s’ouvrir aux artistes d’Europe de l’Est après la chute du Mur de Berlin, et le contexte actuel au Brésil, politique et environnemental notamment, a donné encore plus de sens à cette envie. » Revenu d’un voyage sur place juste avant le premier confinement, le directeur a aussi à cœur de mettre en avant une transdisciplinarité très présente au Brésil. Passages Transfestival croisera plus que jamais le théâtre, la danse, la musique et les arts visuels. « Au Brésil, il n’y a pas de hiérarchie entre ces formes-là, note Benoît Bradel. Elles sont autant de moyens de raconter cinq siècles d’histoire, au même titre que le corps, extrêmement présent. Il y a une liberté, une générosité de ces artistes que j’ai voulu montrer. »


31 Lavagem, d’Alice Ripoll et la compagnie REC, le 8 septembre à 20h à l’Arsenal. Photo : Renato Mangolin

Un autre village mondial Passages Transfestival proposera en tout une vingtaine de spectacles, « entre 3 minutes et 3h30, de 3 à 850 spectateurs ». Fini les chapiteaux place de la République, Passages se déroulera principalement en salles, entre la Cité Musicale (Arsenal, Trinitaires, BAM et Saint-Pierre-aux-Nonnains), l’Espace Koltès, le Centre Pompidou-Metz et l’Opéra-théâtre. L’aspect pratique est évoqué : des chapiteaux chers, pas toujours confortables ni bien conçus pour l’accueil des artistes, des questions de sécurité, et peut-être aussi un choix dicté par de possibles restrictions sanitaires. « On aura des lieux plus intimes, sans barrières, dans lesquels le public découvrira des artistes dans les meilleures conditions », assure Benoît Bradel. Passages aura tout de même son village, lieu dédié à la convivialité, aux rencontres, projections et petites formes : le Coração, un « cœur » qui s’étendra entre l’Esplanade et l’Arsenal. L’ambition d’un « nouveau souffle » pour un événement culturel emblématique de la cité messine ; et que Benoît Bradel souhaite développer par des créations, des partenariats, une présence et une visibilité renforcées pour un festival toujours marqué par l’ouverture. « Nous voulons que Passages Transfestival encourage le spectateur à voir le plus de propositions différentes possibles : un festival doit être une concentration, une ébullition : on veut faire tourner les têtes ! » Passages Transfestival Du 2 au 12 septembre, à Metz passages-transfestival.fr

O Vento Une traversée de l’histoire musicale brésilienne du XIXe siècle à nos jours par les chorégraphes Morena Nascimento et Lucas Resende avec le ballet de l’Opérathéâtre de Metz Métropole. Charnel, sonore, politique, hybride, O Vento est aussi contemporain qu’ancré dans les racines africaines du Brésil. Le 2 septembre à 21h à l’Arsenal Saudades do Brasil Le mandoliniste et compositeur Hamilton de Holanda, figure de la scène brésilienne, s’associe à l’Orchestre National de Metz pour un concert croisant Darius Milhaud, le compositeur Heitor Villa-Lobos et la Symphonie Monumentale, une composition en hommage à sa ville Brasilia. Le 4 septembre à 20h à l’Arsenal Altamira 2042 À partir de sons, de chants, de témoignages, de sculptures vivantes et d’images, Gabriela Carneiro Da Cunha rassemble les voix les plus diverses de l’Amazonie en une installation évoquant la construction du barrage de Belo Monte, risque majeur pour la nature et les peuples autochtones. Du 7 au 11 septembre à 18h30 à Saint-Pierre-auxNonnains Sem Palavras Au sein de la nouvelle création de l’auteur et metteur en scène Marcio Abreu, des corps en mouvement se confrontent, montrant la coexistence des différences, dans l’art comme dans la vie, au sein d’un appartement vide où se jouent les rencontres, les déplacements et les transitions. Les 10 et 11 septembre à l’Espace Koltès


ARTISANAT

PORTRAIT

Par Benjamin Bottemer Photo Romain Gamba

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Vibrations maison C’est dans un petit village mosellan que se cache le seul fabricant artisanal de cordes de guitare en France : Carlos Pavicich y a développé des procédés personnalisés pour faire résonner la musique de guitaristes du monde entier.

L’atelier de Tolito Musique se situe au fond d’une impasse à Novéant-surMoselle, à quelques kilomètres de Metz, dans un pavillon réaménagé où travaillent Angela, Ramon, Helmut, Goethe et quelques autres. En cette chaude journée de juin, ils tournent à plein régime, dans un bourdonnement constant, au milieu des étagères contenant d’innombrables bobines de différents alliages. Derrière ces prénoms se cachent les machines de haute précision servant à concevoir des cordes pour tous types de guitares, oud, ukulélé et banjo compris, sous les noms Skull Strings et Philippe Bosset, les deux marques créées par Carlos Pavicich. « Helmut et Goethe sont des machines allemandes à commande numérique, Ramon sert à fabriquer des cordes selon un procédé manuel, bien moins rapide mais beaucoup plus précis », explique le maître des lieux. Secondé par Michaël et par sa fille Gwendy, celui-ci est en train d’honorer une commande en provenance d’Arabie Saoudite et du sultanat d’Oman. Non sans fierté, il souligne que son travail est également très apprécié aux États-Unis, le royaume de la corde de guitare. Lorsqu’il s’est lancé dans l’aventure en 2003, Carlos faisait d’ailleurs fabriquer ses cordes làbas, avant de rapatrier sa production chez lui quelques années plus tard afin d’en améliorer la qualité. Depuis, il a su se distinguer par son expérience, son savoirfaire et un certain sens du marketing. Supplément d’âme On apprend les bases : c’est la tension qui fait toute la qualité d’une corde, en plus des matières premières utilisées. Devant nous, sur la machine, 72 fils de cuivre plaqué argent s’enroulent à grande vitesse autour d’un cœur de nylon : « l’âme » de la corde, qui peut aussi être en nickel ou en acier. « Nous sommes restés sur une forme

assez traditionnelle et artisanale de ce métier : on apporte un soin particulier, sans faire tourner les machines trop vite pour que les cordes soient les plus homogènes possible. On est plus chers que les Chinois, mais ils viennent nous voir pour avoir de la qualité », décrit Carlos, qui a la guitare dans le sang depuis toujours. Né en Argentine, il est bassiste dans de nombreuses formations avant de s’envoler pour les États-Unis puis l’Europe, jouant au Royaume-Uni en pleine période punk, puis en Scandinavie, en Suisse et enfin en France, où il s’installe à Metz. Il y fonde son premier magasin de musique au Port Saint-Marcel en 1986 : Le Burin deviendra une référence pour les musiciens de la région. Trois autres magasins suivront avant que Carlos ne se consacre à un tout autre projet en créant un studio de création web et d’animation. « Comme je vendais des guitares, je pensais pouvoir vendre n’importe quoi ! sourit-il. Mais ça n’a pas fonctionné. » Retour aux fondamentaux : à force de voir passer dans ses magasins des guitaristes, constaté leurs façons spécifiques de s’accorder, de jouer et de rechercher le son qui leur correspond, Carlos décide de lancer sa propre marque. « Étant moi-même musicien, j’ai un avantage par rapport à un ingénieur : quand on me demande un son plus chaud, je comprends. Et pour la guitare classique, le punk ou le jazz, ça ne veut pas dire la même chose. » Un son sur-mesure Tolito Musique décline ses produits via la marque Skull Strings pour le rock et le metal, Philippe Bosset pour la guitare classique et le jazz notamment. « On a pris une adresse à Paris pour pouvoir ajouter le nom de la capitale à Philippe Bosset ; à l’international, ça joue énormément », précise Carlos. Parmi ses clients, les groupes Trust, The Exploited, Dagoba et des dizaines d’autres


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formations de musiques extrêmes ; les procédés spécifiques développés par Skull Strings ont fait la notoriété de la marque. Le bassiste de Phil Collins, Leland Skalar, et nombre de guitaristes manouche établis entre la Lorraine et la Belgique font également appel aux cordes made in Novéant, dont le fabricant crée aussi des packs personnalisés sous l’appellation Carlos Pavicich Custom Strings. « J’adapte l’alliage, le ratio âme/filage, le nombre de couches pour atteindre le son qui convient à chaque musicien, le tout avec un packaging soigné, à leur image ; on est peut-être les seuls au monde à faire cela, indique Carlos. Ils sont fiers de les montrer sur les réseaux, les vendent pendant leurs concerts...» Au cours de notre visite, Carlos accueille un musicien local venu faire découvrir les lieux à un guitariste polonais de passage... qui ne soupçonnait pas qu’au milieu des géraniums des voisins, des objets délivrant des millions de décibels dans le monde entier sortaient chaque jour de l’atelier de Carlos Pavicich. « Aujourd’hui on ne démarche plus, on vient nous voir, le bouche-à-oreille a fonctionné, note ce dernier. Notre savoir-faire, c’est une combinaison d’exigence, de la connaissance des différentes cultures des guitaristes à travers le monde, associées à un certain sens du feeling. » skullstrings.com philippebosset.com carlospavicich.com


CITY TOUR

ADRESSES

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Les nouveaux QG

Photo Romain Gamba

Nera La qualité d’abord ! Pourquoi s’offrir un sandwich devrait-il être synonyme de repas vite avalé et vite oublié ? C’est la même question que se sont posés Emmanuel et Raphaël avant d’ouvrir en octobre dernier cette sandwicherie « de qualitééé » où on retrouve l’amour des bons produits et la générosité du casse-croûte qu’on se fait à la maison. Des sandwichs généreux La carte fait tourner les têtes : le Médicis et sa mortadelle à la truffe, mozzarella, caviar d’aubergines et crème balsamique, le Brooklyn, pastrami, cornichons et « yellow mustard » accompagné de cheddar, ou encore le Coin-coin et son confit de canard apte à réchauffer tous les cœurs... On peut aussi y composer sa propre œuvre d’art entre deux tranches de pain (baguette ou foccacia). Le futur Cette petite adresse (uniquement à emporter) tenue par des « épicuriens » va se déployer en fin d’année au centre commercial Muse sur 150 m2 avec des planches variées, de la bière à la pression... et toujours le sens de l’accueil et de la charcuterie finement tranchée. (B.B.) 5, rue Taison, à Metz 09 81 01 03 76


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Photo Romain Gamba

P’tit Dessert café

Librairie La Pensée Sauvage

Le concept Jusque-là spécialisé dans la préparation de tiramisus pour la restauration rapide, P’tit Dessert ouvre aujourd’hui un joli café où l’on peut profiter sur le pouce d’une cuisine simple et colorée.

Sur le trottoir, devant l’échoppe, des mots écrits à la craie. De la poésie simple, universelle, qui interpelle, qui étonne, qui émeut aussi parfois. Des mots que la pluie efface, que l’homme remplace. Lui, c’est Xavier Wacogne, un habitué du monde du livre et de l’édition qui, durant le premier confinement, a décidé qu’il était temps pour lui de créer sa propre librairie – comme un espace de liberté, d’échanges et de partages. Romans pour tous les âges, livres jeunesse, bandes dessinées, poésie, best-sellers et pépites à découvrir se côtoient au milieu des plantes et des meubles chinés. « Cette librairie, c’est un peu comme une pharmacie, explique le maître des lieux. Les conseils sont des pommades, les livres des médicaments qui soulagent ou répondent à un questionnement. J’avais besoin d’avoir tout un assortiment d’accessoires pour répondre à des problématiques bien particulières, et ainsi prendre soin des gens. » Tout un poème ! (A.V.)

On mange quoi ? Des desserts évidemment. Mais pas que ! Avant un tiramisu, une panna cotta, un brownie et un cookie maison, on peut déguster un avocado toast, des œufs cocottes mouillettes ou une planche fromages et fruits, tout en sirotant un jus d’oranges pressées. Le tout home made avec des produits frais et dispo tout au long de la journée, sur place ou en take away dans des bocaux en verre réutilisables. Les petits plus Un café de spécialité façon grand cru ! Décliné sous plusieurs formes (filtres, latte, frappé ) notamment grâce à une machine à café italienne des 60’s. À découvrir également, la version cold brew avec extraction à froid, ou encore la nitro cold brew, qui vous sort un café mousseux façon bière pression. (A.V.) 9, rue du Lancieu, à Metz 06 43 49 41 28

23, avenue de Nancy, à Metz 09 73 20 37 25


CITY TOUR

HORS LES MURS

Photos Romain Gamba

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Un tour en terrasse

Theatris bar

Irish pub

Il a un air de café des artistes, dissimulé sous les arcades juste à côté de l’entrée de l’Opéra-théâtre, le plus ancien encore en activité en France. Sa décoration aux airs de décor de théâtre et ses expositions en font un lieu à part, un peu confidentiel du centreville messin. En extérieur, on apprécie sa terrasse sur la lumineuse place de la Comédie, surplombée par la cathédrale, à quelques mètres du Temple protestant chevauchant la Moselle. À l’écart du tumulte des rues piétonnes, il fait bon siroter un verre au soleil sur cette grande place plutôt minérale, mais qui profite tout l’été de la présence d’un grand jardin éphémère ajoutant un peu de vert au panorama. (B.B.)

Le véritable pub irlandais de Metz a sa terrasse pendant tout l’été ! On profite d’une ambiance guinguette conviviale sur l’espace piétonnier de la rue des Piques, avec ces grandes tablées nichées entre les murs de cette artère messine datant du XVe siècle. En plus d’une Guinness ou d’une craft beer à la pression, le lieu propose sans doute la plus belle carte de whiskies de la ville : Islay, Speyside, whiskies irlandais ou japonais, bourbons... Et en cas de petite faim, les pizzas pâte fine du pizzaiolo voisin sont aussi d’un grand réconfort. Pour les palais plus fins, le restaurant La Fleur de Ly ou le Cantino, situés à quelques mètres, peuvent vous permettre de prolonger la soirée de la plus agréable des manières. (B.B.)

2, place de la Comédie à Metz 03 87 20 27 94

3, place de Chambre à Metz FB : @irish.pubmetz


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Le Restaurant du Parc

La Jehanne

Cette fois, on sort du centre-ville et on enfourche son vélo (en dix minutes, l’affaire est dans le sac !) pour rejoindre Montigny-lès-Metz et le très agréable parc du château de Courcelles, à deux pas du jardin botanique. Derrière le château est niché le Restaurant du Parc tenu par la chaleureuse et accueillante famille Vion et sa terrasse verdoyante, ouverte sur le parc. Un cadre unique en son genre pour accompagner la cuisine qui, cet été, reste fidèle aux classiques avec une belle embarquée du côté de la mer (la carte de juillet accueille une tartelette de homard en entrée, puis du rouget et de la dorade) et notamment, un carpaccio de bœuf lorrain et son pesto maison (en entrée ou en plat, probablement LE plat de l’été), l’indétrônable burger du Parc et la volaille locale de la ferme du Grand Pré de Lorry-Mardigny. Les produits sont sourcés au plus proche – les fruits et légumes de Vincent Neveux fleurent bon le terroir ! –, et on rappelle, pour celles et ceux qui l’ignoraient encore qu’ici, tout est fait maison : des jus, jusqu’aux frites. De quoi passer un bon moment, les pieds dans l’herbe. (C.B.)

Au classement des terrasses les plus agréables de Metz, la Jehanne possède de nombreux atouts. Sur la colline Sainte-Croix, cœur historique de Metz, on boit un verre sous les arbres (une rareté dans le centre-ville) avec en fond sonore le doux clapotis de la fontaine face à l’Église Sainte-Ségolène, dont le portail très décoré rappelle celui de la Cathédrale Saint-Étienne dans le style gothique du XIXe siècle, période à laquelle les édifices ont été tous deux rénovés. L’Église des Trinitaires et la salle de concert du même nom sont situées de l’autre côté de la placette. Longtemps réputé pour ses concerts en caveau, repris en 2016 par de nouveaux propriétaires, la Jehanne organise chaque dimanche estival de 16h à 18h des concerts où se croiseront musique folk, big band de jazz, musiques du monde... (B.B.)

73, rue de Pont-à-Mousson à Montigny-lès-Metz restaurantduparceuropa.fr

2 bis, place Jeanne d’Arc à Metz 06 50 89 62 14


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ACTU

La sélection de la rédaction

K2-18B, installation de Jésus s. Baptista et NIID © Jésus s. Baptista

D’autres galaxies Les Constellations de Metz souvent, nous saisissent : en plein dans la ville et pour toute la durée de l’été, ces installations artistiques à la croisée des arts numériques, plastiques et urbains, proposent un vrai point de vue sur la création d’aujourd’hui. Près d’une centaine d’artistes internationaux, nationaux et locaux se partagent trois parcours : Pierres numériques, Street art et Art & Jardins. Parmi la programmation, on note l’installation interactive Cloud de Caitlind r.c. Brown et Wayne Garrett, nuage de lumières composé de 6 000 ampoules recyclées à activer par interrupteurs à tirette (terrasse de l’Opéra-Théâtre de Metz Métropole), Mars, de Luke Jerram, (Hôtel de ville) qui a récemment subjugué Strasbourg en installant sa Lune à l’intérieur de la cathédrale, Far Away du studio de design Chevalvert imitant les robots d’exploration en une chorégraphie envoûtante (Jardin Fabert), ou encore K2-18B

installation de Jésus s. Baptista (photographe pour Zut) monolithe comme un autel lumineux rendant hommage à une exoplanète mis en musique par NIID (Hôtel de Région). Des propositions augmentées de mappings (Morphosis 2, place Jean-Paul II par exemple), de cinéma en plein air, d’ateliers en tout genre et de concerts. Un été complètement cosmique ! (C.B.) Constellations de Metz, festival international d’arts numériques Jusqu’au 4 septembre constellations-metz.fr


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Soufflette, de François Chaignaud

Jamais sur le carreau Ouf ! Les saisons reprennent – sauf mauvaise surprise – et celle du Carreau à Forbach s’annonce rafraîchissante. Pour commencer, une Soufflette vivifiante de François Chaignaud, artiste protéiforme dont les performances et spectacles ne laissent jamais de marbre. Quatorze interprètes sont ici vêtus de costumes improbables prenant la forme de tableaux vivants et parfois, même, de supports à musique, tout en entonnant des chants polyphoniques des XIIe et XIIIe siècle. L’image scénique, magnifique de clair-obscur, vient relever cette pièce tout en rituels et en étrangetés. On poursuivra avec une pièce de théâtre sous casque, dispositif immersif pensé par Jean Bellorini autour de Onéguine : cinq comédiens disent le texte de Pouchkine, entourés de bruits et de musiques revus et corrigés. Fin octobre (avant la grande plongée avec le festival jeune public franco-allemand Loostik), Aurélie Gandit présentera entre

danse et arts visuels, son Étude pour le cantique des cantiques, texte biblique troublant d’érotisme, de passion et de sensualité mis en mots et en musiques par Rodolphe Burger, Chloé Mons et Alain Bashung. Plus tard, il sera temps de retrouver le metteur en scène anglais Peter Brook et son Tempest Project, adaptation totale et ultime autour de la dernière pièce de Shakespeare la Tempête. Une saison, tout en mouvement, en corps et en libertés. (C.B.) Saison 21/22 du Carreau, à Forbach carreau-forbach.com


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ACTU

Photo Guy Rebmeister

Un été à Meisenthal Pour beaucoup de lieux culturels, l’arrivée de l’été sonne aussi l’heure des retrouvailles avec le public. C’est le cas pour le Site verrier de Meisenthal, qui met les petits plats dans les grands. Sa réouverture coïncide cette saison avec l’achèvement d’une partie des travaux qui verra sa transformation à l’horizon 2022. On avait déjà pu découvrir les nouveaux ateliers des maîtres-verriers, on peut désormais accéder à l’accueil-boutique. On trouvera les pièces réalisées par le Centre International d’Art Verrier de Meisenthal sous la vague de béton imaginée par l’agence new-yorkaise SO-IL et les Parisiens de Freaks Architecture pour réunir visuellement les différents espaces du site : CIAV, Musée du verre et Halle verrière. Cette dernière est investie cette année par l’artiste belge Michel François. Plasticien à l’approche sensuelle de la matière, dont les recherches s’organisent autour des notions de résistance et de fragilité, il a tout naturellement collaboré à des maintes reprises

avec les maîtres verriers du CIAV. Avec eux, il a imaginé Panoptique, une exposition-installation qui fait écho à l’immensité de l’espace et à la délicatesse du matériau, toujours au bord de la rupture. Au programme aussi cet été, démonstration des souffleurs, jeu de piste et ateliers : toutes les infos sur le site ! (S.D.) Un été à Meisenthal, jusqu’au 19 septembre site-verrier-meisenthal.fr


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American Dream L’une est aussi à l’aise sur du Mozart, du Liszt ou de l’électro. L’autre n’a pas son pareil pour sortir des sentiers battus. Et c’est ici-même, au cœur d’un Arsenal à l’acoustique parfaite, qu’ils sont venus enregistrer leur album, courant 2020, juste après le premier confinement… Vanessa Wagner et Wilhem Latchoumia sont de retour pour une représentation en live de leur concert à deux pianos, This is America… Un récital qui, comme son nom l’indique, nous fait traverser l’Atlantique pour un voyage au pays de l’Oncle Sam et de Joe Biden, afin d’y découvrir un versant méconnu – et souvent mal-aimé – du rêve musical américain : le minimalisme, apparu au milieu des années 1960 aux États-Unis, via des compositeurs comme Leonard Bernstein, Steve Reich, Philip Glass ou encore John Adams. Un mouvement auquel le duo compte bien rendre ses lettres de noblesse grâce à une harmonie parfaite des touches et des sens. Défi relevé haut la main. (A.V.) Vanessa Wagner, Wilhem Latchoumia, This is America Le 21 septembre à l’Arsenal, à Metz citemusicale-metz.fr

La perfection au féminin Bouleversante. Envoûtante. Ensorcelante. Dans l’air, l’émotion est immense, quasi palpable – à tel point qu’on pourrait presque la voir faire trembler nos mains. Pour son dernier album en date, Providence, Shannon Wright troque une nouvelle fois sa guitare fétiche pour s’accompagner d’un piano à queue, et le résultat est au-delà des mots. Déroutant, évidemment, quand on connaît l’univers de l’ex-Crowsdell, mais surtout fascinant, tant l’interprétation est à la fois intense et habitée, ténébreuse et sans artifice. Une vérité et une beauté nue, originelle, taillée dans la roche brute façon perle surnaturelle. Moment suspendu dans l’immensité de l’infini, qui prouve une nouvelle fois tout le talent d’une autrice-compositrice parfaitement accomplie. Car cet album, c’est tout autant la pudeur que la révélation de l’intime, c’est une poésie écorchée, une folk torturée, une voix déchirante à vous mettre le cœur en miettes tout en le faisant battre comme jamais auparavant. Admirable. (A.V.) Shannon Wright Le 20 novembre à la BAM, à Metz citemusicale-metz.fr


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ACTU

Game Theory, de Joshua Monten, quatre danseurs pour exprimer la liberté.

Château de cartes

Battre la pierre

Un spectacle jeune public, à partir de cartes postales découpées ou de photos pliées, qui raconte l’histoire d’une cité en piochant dans les archives locales ? C’est le pari fou de Villes de papier, projet tout aussi fou de la compagnie des joyeux lurons de La Bande Passante. Chaque spectacle est ainsi consacré à une ville en particulier : Bruxelles, Rennes, Pontivy, Oloron-SainteMarie… Et ici, c’est justement Metz que Benoit Faivre et Tommy Laszlo ont choisi de mettre en volume, décrivant ainsi, avec plus ou moins de fantaisie, l’évolution de la cité, de la version Moyen Âge à celle que l’on connaît aujourd’hui. Notez bien qu’il a fallu plus de 6 000 cartes postales (!), dénichées au cœur du Musée de la Cour d’or, pour donner vie à cette ville de papier façon stop-motion, animée par la lumière, la vidéo, le son, le texte… Un spectacle étonnant et débordant de poésie, à compléter avec la visite de l’exposition Le Jardin de papier du côté de l’ancienne basilique Saint-Pierre-aux-Nonnains. (A.V.)

C’est en Belgique, certes, mais pas bien loin et dans l’un des plus beaux villages de Wallonie, Chassepierre. C’est ici que fascinent des galeries préhistoriques, mais aussi l’annuel festival dédié aux Arts de la rue dont nous verrons la 47e édition, vent debout. Cette année, pour charrier la pandémie et repartir plein de bonnes énergies l’octogone a été choisi pour symbole, venant représenter le passage d’un monde à un autre. Le village a été découpé en trois zones (qu’il vous faudra choisir) afin de faciliter l’organisation sous contraintes sanitaires, 6 spectacles y auront lieu, les mêmes durant les deux journées du festival. Dans la zone verte, on croisera les acrobates de La Burrasca ou les danseursfunambules de la compagnie La Migration. La zone bleue, placée sous le signe de l’humour et de la verticalité, avec notamment Joe Sature et Ses Joyeux Osselets et Les Chaussons Rouges. Enfin, le fragment mauve laissera place à des jeux de cirque (Tripotes la compagnie), à de drôles de jongleries (Scratch), à la chorale féminine Frituur et à la danse comme un jeu avec Joshua Monten. Top. (C.B.)

Ville de papier, Compagnie La Bande Passante Les 29 et 30 octobre aux Trinitaires, à Metz + exposition Le Jardin de papier, du 23 octobre au 7 novembre, Saint-Pierre-aux-Nonnains, Metz www.citemusicale-metz.fr

Chassepierre, festival international des arts de la rue Les 21 et 22 août à Chassepierre (Belgique) chassepierre.be


Boutique vintage et de seconde main Mixte / du 34 au 52 et abordable Des années 70 à nos jours 91 rue Mazelle à Metz ou en ligne @lakitscherie_vintage lakitscherievintage.com

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Salle Europa — 73, rue de Pont-à-Mousson 57950 Montigny-lès-Metz — 03 87 78 35 38 restaurantduparceuropa.fr


Ailleurs

Sublime

www.mediapop-editions.fr


N A N C

Y

Que se passe-t-il à Nancy ? À part l’arrivée en cette saison de Julia Vidit à la tête de La Manufacture CDN Nancy ? Une flopée de guinguettes en ville, deux lieux alternatifs où il est question de croisements et quelques spectacles ou expositions à déguster, ici ou là, et de l’autre côté de la frontière.


NANCY

VU PAR

Elena Legros

Où ? Quartier Saurupt

32 ans Fondatrice de la boutique d’échange de vêtements Elanavriin

« C’est mon quartier favori, celui où je vis et où je promène mon chien tous les jours. Je le trouve calme, rassurant mais surtout magnifique car on y trouve des demeures somptueuses à l’architecture Art nouveau. »

Réalisation et textes Charlotte Médot

Actu Organisation et mise en place d’un programme d’été dans la boutique Elanavriin avec des événements comme « Échange ta déco » et « Échange tes bouquins ». Défi mamie blouse : les clientes remettent au goût du jour la mythique blouse de grand-mère. Elanavriin 5bis, avenue Foch elanavriin.fr Tailleur vintage rose vichy chez Elanavriin

Photo : William Henrion

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Yohann Antignac alias Rorschart 38 ans Tatoueur et gérant de l’atelier Montauk Tattoo

Où ? Autour de l’école d’aviron « C’est un espace où je reviens toujours depuis que je vis à Nancy. À l’époque, je jouais mes premiers concerts juste à côté, à L’Austrasique ou à L’Autre Canal et je faisais des soirées au bord de l’eau. Maintenant, je viens courir sur les rives mais surtout skater, autour de l’école, avec mon surfskate. »

Actu Développement de l’atelier Montauk Tattoo avec la venue de nombreux invités français et internationaux. Préparation pour des conventions de tatouages à l’étranger. Montauk Tattoo Rendez-vous sur demande montauk.tattoo.ncy@gmail.com @rorschart.ttt Ensemble chemisette et short Wemoto chez Turnover

Photo : Arno Paul


NANCY

Clément Grethen 27 ans Musicien, chanteur et membre du groupe IPPON

VU PAR

Où ? Les Rives de Meurthe, site Alstom

« C’est mon espace de liberté dans Nancy. Je viens m’y balader, faire du vélo et ça m’a beaucoup aidé pendant les confinements. J’aime ce côté mi-nature, mi-industriel même si ce n’est pas super exotique. C’est devenu mon lieu de passage et de mouvement quotidien. »

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Actu Plusieurs concerts avec IPPON durant tout l’été et préparation d’un album qui sortira l’année prochaine. En solo, participation à une création pluridisciplinaire avec le label strasbourgeois October Tone, pour la rentrée. @crement.gluten @ipponmusic Chemisette Portuguese Flannel et jean Selected chez Boulet

Photo : Arno Paul


Brace for Impact © Kolja Huneck

29.07. – 01.08.2021

Deu ts Fes ch-fran tiva l fra zösisc nco hes ww Saa - allem Festiv rb a a w. f e s t i rücken nd des l der Bü val / M arts hne os d n – pe rsp elle e la scènkunst ect e

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OPÉRA NATIONAL DE LORRAINE

s . de

LE PALAIS ENCHANTÉ Luigi Rossi

L. García Alarcón / F. Murgia

LA FLÛTE ENCHANTÉE Wolfgang Amadeus Mozart B. Wiegers / A. Bernreitner

ARIANE ET BARBE-BLEUE Paul Dukas J.-M. Zeitouni / M. Serre

JULIE

Philippe Boesmans E. Pomarico / S. Costa

FORTUNIO André Messager

M. Gardolińska / D. Podalydès

TOSCA

Giacomo Puccini A. Allemandi / S. Paoli opera-national-lorraine.fr


CULTURE

PORTRAIT

Par Aurélie Vautrin Photo Arno Paul

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Julia Vidit, une artiste-directrice à La Manufacture Réfléchir collectivement pour faire les choses autrement. Tel pourrait être le mantra de Julia Vidit, nouvelle directrice du CDN Nancy depuis le 1er janvier de cette étrange année. Rencontre avec une comédienne-metteuse-en-scène-fondatrice-de-la-compagnie-JavaVérité, qui déborde d’énergie et de projets pour « dédramatiser le centre dramatique ». Depuis vos débuts sur les planches, vous mettez en avant les productions publiques. Pourquoi un tel rapport avec le théâtre ? Parce que c’est primordial pour moi. Adolescente, j’ai découvert le théâtre grâce à un partenariat entre mon collège et le Centre Dramatique National de Thionville, et si cet échange n’avait pas été mis en place, je ne ferai peut-être pas ce métier-là ! Je suis fondamentalement persuadée que le théâtre est un outil universel, nécessaire, qu’il faut démocratiser – le mot est galvaudé, mais il a toujours un sens. Et ce notamment parce que le théâtre propose une utopie réalisable. Qu’il permet de trouver sa place : voir des acteurs jouer des rôles pose forcément à celui qui regarde la question de son propre rôle. Suis-je ou non acteur du monde ? De nos jours on parle tout le temps de dystopies… Rappeler qu’il existe des utopies, c’est important aussi. Votre compagnie s’appelle Java Vérité. Est-ce parce que le théâtre est pour vous un exercice de vérité ? Complètement. Pour moi, c’est un lieu d’émancipation essentiel pour que l’on puisse se regarder nous-mêmes, individuellement et collectivement. Comme si l’espace de la scène permettait – alors que c’est une illusion – de toucher quelque chose de vrai en ce qui concerne l’humanité et le rapport entre les humains. Alors que dans la vie réelle, tout peut sembler faux. Cette capacité à créer des communautés originales, singulières, éphémères, toujours

redistribuées, à rassembler autour d’une œuvre vivante, c’est une vraie force pour le vivre ensemble. Le théâtre m’a fait également prendre la mesure de l’importance de la parole : c’était une vraie libération de pouvoir parler dans un espace fictif où l’on pouvait tout dire. Encore aujourd’hui, je pense que le dialogue peut beaucoup de choses entre les Hommes. Vous aimeriez « dédramatiser le centre dramatique ». Qu’entendez-vous par là ? Disons que le travail a commencé avant moi, et qu’il continuera après moi. Car même si le théâtre continue aujourd’hui d’être un bastion, un endroit où il y a du silence, du vivant, un endroit rare où les uns écoutent les autres, si vous arrêtez quelqu’un dans la rue, il écoute forcément de la musique mais la plupart du temps ne va pas au théâtre. Dédramatiser le centre dramatique, c’est surtout aller vers les publics. C’est pour cette raison que j’ai mis en place pour La Manufacture une itinérance artistique, afin d’amener le théâtre dans les zones rurales, loin des centres culturels. Pas simplement pour présenter un spectacle et puis on s’en va, non, l’idée c’est vraiment de partir à la rencontre des habitants, de créer avec eux, autour d’eux, de les inclure dans l’aventure. Il est également primordial selon moi de faire des propositions aux familles, pour alimenter le plaisir d’être ensemble, d’où la programmation de cinq pièces jeune public – par ailleurs aussi passionnantes pour les adultes. On

retombe sur l’idée de partage.Parce qu’aller au théâtre, ça reste un acte fort dans les contraintes du monde dans lequel on vit, ça demande un effort de sortir de chez soi – c’est beaucoup plus simple d’aller sur Deezer ou de lancer Netflix. Faire la démarche, c’est déjà un acte en soi. Comme faire un gâteau. Ou faire pousser quelque chose dans son jardin. C’est participer à l’idée que l’on ne se sédentarise pas et comment tout ne vient pas à nous, comment on fait quelque chose vers l’autre. Et puis cet art a le mérite et le devoir de faire avancer les représentations que l’on a du monde, des hommes, des femmes, des rapports humains. Quand vous ne représentez pas les communautés qui existent, il n’y a aucune raison qu’elles viennent. Je parle du fait de faire exclusivement du théâtre blanc, de ne représenter que des catégories sociales élevées, d’être dans des histoires bourgeoises. Pourquoi les séries ont autant de succès ? C’est justement parce qu’elles représentent bien la totalité de la population, et parfois elles le font très très bien, du coup c’est normal que les gens suivent, puisqu’ils se sentent représentés. C’est donc aussi comme cela que l’on popularisera encore plus le théâtre : en représentant tous les gens. theatre-manufacture.fr


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Une saison 2021-2022 haute en couleurs Avec une vingtaine de pièces programmées en deux actes distincts entre septembre et juin 2022, Julia Vidit nous offre une première saison en tant que directrice de la Manufacture résolument à son image : moderne et engagée. Audacieuse également – d’ailleurs on a déjà très envie de voir (de manière totalement subjective) Carte noire nommée désir, création in situ de Rébecca

Chaillon où se mêleront féminisme et mixité à travers la parole de neuf performeuses afro-descendantes, Pinocchio (live) #2 par Alice Laloy, adaptation hallucinante du célèbre conte par ailleurs présentée à Avignon IN, ou encore C’est comme ça si vous voulez, mise en scène par Julia Vidit d’après Luigi Pirandello, où la recherche de la vérité pousse à l’impudeur totale de façon

drôle, tragique et violente à la fois. Sans oublier Uneo uplusi eurstragé dies d’après Sophocle, un marathon de cinq heures de théâtre qui sera joué au lever du jour dans le jardin du Goethe-Institut, ou encore Dark Circus, performance illuminée autour de la mort destinée au jeune public. En bref, une programmation qui n’a pas fini de susciter notre curiosité !


CULTURE

TIERS-LIEUX

Par Aurélie Vautrin

Sens non interdit Ils ont ceci en commun d’offrir un autre point de vue sur le monde : Le MEMÔ et La Benne Idée font partie de ces tiers-lieux pour qui partage, transmission et insertion font résonner le faire et le vivre ensemble. Petite présentation.

Au Memô. Photo : Baptiste Cozzupoli

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Le Memô

La Benne Idée

« C’est une énorme boîte à outils qui nous sert collectivement à monter des projets qui font sens pour nous. » C’est avec ces mots qu’Eva Piotrkowski résume le Memô… Son nom vous dit quelque chose ? C’est normal, vous avez sûrement dû déjà la croiser à Michtô, temps fort du cirque dans le Grand Est – un festival qu’elle a mis en place avec son collectif il y a plus de 10 ans maintenant. Désormais, la demoiselle et ses acolytes font également vivre cette structure hors norme, hors cadre, sans cahier des charges, portée par l’énergie des gens qui l’utilise. « C’est un espace de liberté en développement perpétuel, qui ne rentre dans aucune case, où l’on fait ce qui nous semble important et nécessaire au moment où on le fait. Ce n’est pas facile tous les jours, c’est sûr, mais c’est notre ciment... » À l’origine évidemment, il y a le cirque et le spectacle vivant. La majorité des projets construits et assemblés ici ont trait à l’art – mais pas que, au grand bonheur d’Eva : « Il y a aussi tout un panel de personnes qui viennent chercher du brassage, de la co-construction, de la mixité, des gens qui font de la cuisine, des architectes, des enseignants… » Un lieu de fabrique que l’on peut faire évoluer, transformer, modeler au gré des envies, auquel participent des vieux de la vieille et des toutes jeunes recrues, des gens du coin et des compagnies de passage, pour un mois ou pour 10 ans. « Aussi étonnant que ça puisse paraître, on a toujours réussi à prendre nos décisions en collectif, s’amuse encore Eva. Chacun fait confiance à l’autre dans son domaine de prédilection. » De là est née l’envie de proposer, en plus du festival annuel, une programmation de saison qui évolue au fil de l’eau, des concerts, des performances, des sorties de résidence, des animations, des ateliers, là encore sans obligation ni contrainte de régularités. Sans oublier l’ouverture en septembre dernier d’une école de cirque pour enfants-ados-adultes, dont le succès est tel qu’elle fait déjà partie des incontournables du site. « C’est intéressant de constater ce qu’une nouvelle activité peut engendrer comme nouveaux brassages, comme nouvelles énergies Surtout pour nous qui croyons énormément à l’intelligence collective. Finalement le plus compliqué, c’est de faire comprendre aux institutions et collectivités ce que l’on fait. » On ne peut que vous conseiller d’aller sur place pour le découvrir par vous-même…

Ouvrir une recyclerie dans un monde gangrené par la surconsommation, c’est le pari fou de trois passionnés avides de changement façon tsunami – changement de vie, de travail, de sens. Deux ingénieurs agronomes et géologues, Chloé Geiss et Antoine Plantier, et un ébéniste-menuisier spécialisé dans le luxe, Thomas Henry, ont en effet quitté le secteur privé pour s’engager dans un projet non lucratif en phase avec leurs valeurs. « Nous avions besoin de vent frais, explique Antoine Plantier. D’oublier les notions de profit qui dirigeaient nos jobs jusqu’alors, de faire un projet nous-mêmes, où aller travailler aurait une autre saveur, quelque chose d’hors cadre, de social, de solidaire, en lien avec la transition écologique et le zéro déchet. L’idée de la recyclerie s’est imposée d’ellemême. » Ainsi, à La Benne Idée, on collecte les objets home & déco dont les gens ne veulent plus, on les nettoie, on les retape, et parfois même on les détourne de manière artistique pour les revendre à des prix défiants toute concurrence. « Pourquoi choisir de faire du design d’objet ? Pour que ce soit plus fun ! répond-il le sourire dans la voix. Et prouver, s’il le fallait encore, qu’une chose considérée comme un déchet pour les uns peut faire le bonheur des autres, avec un peu de talent et beaucoup d’huile de coude (ou inversement). Et que tout le monde, a droit à une seconde chance. « Un projet comme La Benne Idée, c’est évidemment très long à monter, puisque pas du tout rentable – en termes de moyens financiers comme humains, ça coûte 10 fois moins cher de produire à la chaîne un meuble chez Ikea que de passer du temps à donner une seconde vie à du mobilier. Mais on y est (presque) arrivés. » Un gigantesque local trouvé du côté de Jarville, un partenariat avec l’école de design de Nancy, un agrément pour employer des personnes en réinsertion, le trio a quasiment tout en poche pour espérer un véritable lancement d’activité d’ici la fin de l’année – même si, au final, l’aventure a déjà bel et bien commencé depuis quelques mois côté collecte et home staging. « Nous n’en avions pas spécialement conscience quand nous bossions dans le privé, mais il y a plein de gens qui sont d’accord avec l’idée de se contenter du nécessaire, et de mettre leur argent et leur énergie dans leur projet. Dans ces moments-là, je me dis que ça vaut le coup. Cette entraide entre les structures, ça fait vraiment au chaud au cœur. » Dès l’ouverture du site, le trio prévoit également d’organiser des ateliers autour du réemploi et de la rénovation, mais également des cours de sensibilisation au développement durable et à l’économie circulaire. Parce qu’il n’y a pas de Planète B, ni de petites actions, comme on dit.

Lieu de fabrique artistique

Le Memô Rue des Solidarités, à Maxéville le-memo.com

Une recyclerie créative

La Benne Idée 47, rue Henri Bazin, à Nancy labenneidee.fr


CITY TOUR

HORS LES MURS

Par Aurélie Vautrin

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Nancy en goguette

1 Photo : Lily W

Fini le temps où guinguette estivale rimait avec boums pour mamies : cet été, plus d’une dizaine de guinguettes version 2.0 s’installent un peu partout dans la ville, sous l’appétissante bannière chill-apéros-animationsconcerts. Voici notre petite sélection des spots in Nancy qui vont donner un sacré coup (de jeune) au bal musette du dimanche après-midi.

2 Photo : Mathilde Dieudonné

Si vous êtes branchés Belle Époque…

Si vous avez envie de vous enjailler, la culture en plus

Direction Terroirs Guinguette 1+3 , élégamment nichée au cœur du jardin du musée de l’École de Nancy. Le cadre est bucolique à souhait, avec petits bassins, fleurs colorées et monuments Art nouveau, et l’ambiance assurée par les voisins de Terroirs Table et Cave, resto bien connu pour sa fine sélection de vins bios et son service de plats homemade. Ici, c’est détente et molky, douceur et pétanque, transats installés dans l’herbe et lumières colorées sur les barnums. Sans oublier bien sûr une scène ouverte à qui veut la prendre, des concerts ultra variés (variété française, rock, folk ) et des cours de danse pour apprendre à maîtriser le swing comme jaja. À la bonne franquette, quoi.

Prenez vos aises Au Jardin2, jolie guinguette installée dans l’espace vert du Musée des Beaux-arts, caché derrière la fontaine de Neptune. Dans un décor boisé ultra design, vous pourrez y retrouver une partie de la programmation de RUN Rencontres Urbaines de Nancy, ou encore de chouettes concerts d’artistes locaux, comme un DJ set du collectif la Zintrie ou la release party de Lobo El & Cotchei. Le tout sous la houlette de la fameuse bande de copains de La Fine Équipe, dont l’objectif est ici de promouvoir la culture et les produits locaux nancéiens dans une ambiance chaleureuse post-confinement, en collab’ avec des piliers du milieu, comme L’Échanson, Vindiou ou Le Grand Sérieux. La classe dans tous les sens du terme.

Jusqu’au 19 septembre Jardin du musée de l’École de Nancy Ouverture du jeudi au dimanche, 10h-19h30

Jusqu’au 19 septembre Jardin du Musée des Beaux-arts Jeudi, vendredi, samedi 11h-22h, dimanche 11h - 20h


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3 Photo : Lily W

Si vous voulez être fidèles aux pères fondateurs…

Si vous êtes plutôt Anarchie vaincra…

Rendez-vous à Alstom ! La naissance du chill en Vieille Ville, c’était eux : durant l’été 2019, l’association La Terrasse installait un bar éphémère porte de la Craffe et lançait, sans le savoir, la mode des guinguettes estivales à Nancy. Aujourd’hui, après une édition à la Cure d’Air puis une autre sous le Marronnier de la Manuf, la Terrasse se cale sur l’ex-site Alstom, devenu désormais le haut lieu d’échanges multiculturels que l’on connaît. L’assoc’ promet de très nombreuses animations dans la cour de l’ancienne usine réaménagée pour l’occasion : concerts, théâtre et DJ set, mais aussi terrains de pétanque, de beach volley et de mini-golf, des ateliers participatifs allant de la fabrication de bijoux à la pratique du yoga en passant par la dégustation de produits bios locaux. Le tout dans une ambiance carrément bon enfant façon enfant façon lieu de vie, d’échanges et de partages.

Bienvenue à la Guinguette du monde libre ! Alors là, tout est dans le titre. Installée du côté du Square Chopin – derrière la MJC Desforges –, c’est le spot tenu par les gars du Royal Royal, en collab’ avec les délurés du Centre Culturel Georges Pomp It Up, de Music Live et les chefs de La Cantoche, resto-bar associatif foncièrement engagé. Autant dire que ça va envoyer du bois sévère, avec des animations musicales prévues tout l’été : concert rock et DJ sets, mais aussi jazz, flamenco et musique indé, sans oublier la nouvelle édition du Fufu, le festival universitaire du film underground, à savourer une pinte à la main et des plats de saison dans l’assiette. De là à en faire le futur coin favori de la contre-culture nancéienne cet été, il n’y a qu’un pas qu’on franchit allègrement.

Jusqu’au 21 août Ancien site Alstom, 50, rue Oberlin Du jeudi au samedi de 14h à 22h, dimanche de 12h à 20h

Jusqu’au 3 octobre Square Chopin, Nancy Vendredi 17h-22h, samedi 12h-22h, dimanche 12h-20h


CITY TOUR

ADRESSES

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Les nouveaux QG

Thé Citron

Quokka

Sucré, acidulé C’est la nouvelle adresse qui vient ajouter un zeste de modernité à nos traditionnels tea time. Ici, on déguste des pâtisseries aux saveurs innovantes dans un décor unique et verdoyant. Carrelages à motifs, murs végétaux, luminaires duveteux mais surtout une vitrine garnie d’une ribambelle de desserts gourmands. Tout donne envie de s’attabler pour une pause sucrée.

Aussie Vibes De la plage de Bondi aux rues de Nancy, il n’y a qu’un pas. Dans ce coffee shop, on mixe des éléments du lifestyle australien avec l’ambiance rétro d’un bistrot bien franchouillard. Un combo inédit qui nous fait rêver de session surf alors qu’on est tranquillement accoudé au zinc en train de siroter notre macchiato.

C’est qui ? À la tête de ce salon, on retrouve le duo Nicolas Kieffer et Anaïs Brinsi. Un couple dont la réputation n’est plus à faire puisqu’il officie depuis des années chez Sucré, Salé, la boulangerie, pâtisserie mais également chocolaterie, située au faubourg des Trois-maisons. On aime L’accueil chaleureux où l’on ressent la passion. Le fameux citron, la pâtisserie signature que l’on déguste avec attention pour ne pas louper une miette de la merveilleuse association entre le chocolat blanc et le yuzu. (C.M.) 15, rue Stanislas, à Nancy @the_citron_nancy

À la carte On craque pour cette cuisine sur le pouce fraîche et savoureuse à la présentation étudiée. On se laisse tenter par le bacon egg roll, un muffin toasté agrémenté de bacon, œuf et cheddar fondant. Pour le dessert : cookie, brownie, carrot cake ou lamington, un gâteau traditionnel australien, le plus dur sera de choisir ! Les + Un menu destiné à tout le monde avec des plats véganes et végétariens. Une grande variété de cafés et boissons chaudes. Mais surtout un coin épicerie qui nous permet d’emporter à la maison des grains d’exception torréfiés à Pont-à-Mousson. (C.M.) 1, rue Saint Nicolas, à Nancy @____quokkacafenancy____


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Esther’

Uty

Le concept Esther, comme le prénom de la grand-mère du maître des lieux, à qui il doit bon nombre de recettes de famille ! Un bistrot qui fleure bon le soleil et la mer, avec une cuisine chill et entièrement home made : du pain de shabbat aux sandwichs en passant par la babka proposée en dessert.

Le concept UTY pour Up To You, tout à la fois coffee shop, néobistrot et bar tendance en fonction de l’heure à laquelle vous arrivez, le tout dans une ambiance végétale et branchée, avec DJ-sets tous les week-ends, quelque part entre le Season à Paris et le Short Stories à New York.

On mange quoi ? Le midi, des sandwichs façon marocaine et israélienne, à base de falafels, poulet, pastrami ou poulpe. Le soir, une cuisine de partage, avec mezze, houmous, tchoutchouka, burratta, et les indispensables moutarde au miel, sauce cheddar, chou rouge et pickles de cornichons… Le tout servi, entre autre, avec un verre de vin italien ou portugais que le patron prend un plaisir certain à nous faire découvrir.

On mange quoi ? Une cuisine saine et décomplexée. En semaine, avocado et bowls colorés débordant de fruits et légumes façon chic et healthy food, le soir des planches avec fêta ou halloumi grillés avec cocktails home made, et le week-end, c’est brunch ultra complet avec gourmandises sucrées-salées et jus de fruits pressés.

Les + L’ambiance chaleureuse des concerts du vendredi soir, sans oublier celle des soirées electro-chill menée par le boss lui-même, également DJ depuis plus de quinze ans. (A.V.) 1, rue Isabey, à Nancy 06 33 93 82 28

Les + Des produits faits maison en take away, un très bon café de chez Mokxa à déguster sur place, sans oublier le Granola home made, le Mojito-romarin, et de nombreuses animations à venir, comme des sessions de yoga-brunch le dimanche, ou encore des journées friperie et des soirées vins. UTY, le nouveau lieu à la mode à Nancy ? Assurément ! (A.V.) 8, Grande Rue, à Nancy 03 83 26 93 66


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ACTU

La sélection de la rédaction

Altin Gün © Sanja Marusic

(Très) Bon Moment à passer En mai 2019, L’Autre Canal lançait Bon Moment, un festival convivial et à taille humaine qui mariait découvertes musicales et bonheur des papilles, grâce à une programmation pointue et à la participation de chefs restaurateurs du coin. S’il a bien fallu s’en passer au printemps dernier – force majeure oblige – Bon Moment renaît cette année dans une version estivale, avec trois semaines de concerts en plein air prévus sur le site de la Plage des 2 rives transformé pour l’été en spot de baignage-guinguette-bamboche avec 40 000 m2 d’espaces naturels à deux pas de L’Autre Canal. Dix-sept soirées pour trente-cinq concerts aussi éclectiques qu’appétissants ; on citera pêle-mêle et sans objectivité la pop urbaine-psyché turque d’Altin Gün, la techno-electroacoustique-sondelanature de Makoto San, la transe chamanisme de Laake, la pop solaire-lunaire des foufous de Catastrophe, le

spleen enivrant de Silly Boy Blue, la géniale nonchalance du DJ Myd et sa loose assumée, l’indie rock de Lewsberg venu tout droit de Rotterdam, le rap urbain de Lala &ce, le broken jazz du trio Emile Londonien, le rock stoner en ciré jaune de Chester Remington Un sacré métissage des cultures et des genres pour une fantastique mise à l’honneur des musiques émergentes, le tout ponctué d’ateliers œno-gastronomiques animés par des chefs, producteurs et artisans locaux, partenaires de l’événement et tous portés par une démarche écolo et respectueuse de la planète. On n’aime pas : on adore. (A.V.) Festival Bon Moment Jusqu’au 25 juillet, Plage des 2 Rives, à Nancy lautrecanalnancy.fr


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Leurs enfants après eux © Jean-Louis Fernandez

Manon Nicolay, Correspondance, 2021 © XXX

Nineties forever

(No ?) Futur

Leurs enfants après eux, c’est d’abord un livre signé Nicolas Mathieu, auteur engagé et enragé originaire des Vosges. Une fresque sociale au vitriol sur la jeunesse des 90’s, l’histoire de gamins à peine sortis de l’enfance confrontés à la réalité d’un monde empoisonné par le chômage et la désindustrialisation. Un roman bouleversant, couronné du Prix Goncourt en 2018, traduit en vingt langues et écoulé à plus de 530 000 exemplaires. C’est désormais aussi une pièce de théâtre, adaptée et mise en scène par Simon Delétang, le directeur du fameux Théâtre du Peuple de Bussang, qui a choisi de confier la distribution aux jeunes diplômés de l’École Nationale Supérieure des Arts et Techniques dont il est le parrain. En d’autres termes, un écrin magnifique pour un diamant brut. (A.V.)

On ne va pas trop se mouiller en affirmant que ces derniers mois n’ont pas été les plus funky des dernières décennies… Crises sociales, climatiques, politiques, morales, pandémie mondiale. Lieux culturels fermés, création confinée et impossibilité d’exposer. C’est dans ce contexte singulier que le Musée des Beaux-arts s’est associé à l’ENSAD, l’École Nationale Supérieure d’Art et de Design, pour proposer à une vingtaine de jeunes diplômés fraîchement catapultés dans un monde du travail à l’arrêt, de s’interroger sur la notion de jours meilleurs – entre fol espoir, profond optimisme et désenchantement assumé. Le tout, bien sûr, en référence explicite à la Maison des jours meilleurs de Jean Prouvé, conçue par l’artiste dans les 50’s en réponse à l’appel de l’Abbé Pierre pour résorber le mal-logement. L’occasion pour ces ex-étudiants de se questionner sur le sens des choses, la situation de la société, le chemin à suivre, sur ce que l’art, le design et la création peuvent apporter à un monde comme le nôtre. Des réponses à découvrir à la Galerie Poirel durant tout l’été et même un peu plus. (A.V.)

Leurs Enfants Après Eux Du 12 août au 4 septembre Théâtre du Peuple, à Bussang theatredupeuple.com

Les Jours Meilleurs Jusqu’au 30 septembre Galerie Poirel, à Nancy poirel.nancy.fr


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ACTU

Le Palais enchanté © Gilles Abegg - Opéra de Dijon

Ersatz – Collectif Aïe Aïe Aïe © Laurent Guizard

Issue de secours

Mixité générale

« Comment sortir de nos labyrinthes ? », c’est la question au cœur de la prochaine saison de l’Opéra National de Lorraine, après une année de silence et d’obscurité. Sortir de l’enfermement physique évidemment, mais aussi mental, social, économique, géographique… Ce fameux joli cocktail offert par notre société actuelle. Pour ce faire, Matthieu Dussouillez et son équipe ont choisi de programmer des œuvres extrêmement diversifiées, à la fois dans leurs thématiques, leurs répertoires, leurs émotions, du Palais enchanté de Luigi Rossi à Ariane et Barbe-Bleue de Paul Dukas, en passant par La Flute enchantée de Mozart ou encore Julie de Philippe Boesmans. Une saison comme une « épreuve cathartique » pour reprendre les mots du directeur de l’établissement, avec pléthore de clés pour nous aider à trouver la.es sortie.s. (A.V.)

Depuis plus de quarante ans, le festival franco-allemand Perspectives fait s’envoler frontières géographiques et frontières des genres. Cette année, après un temps fort au mois de mai avec des performances pensées pour le digital, rendez-vous en présentiel dans plus de dix sites de part et d’autres de la frontière. Théâtre, cirque, musique, marionnettes, danse… On citera pêle mêle Au milieu d’un lac de perles de David Rolland, un audiowalk philosophique au milieu des pierres tombales, un concert de la délurée Léopoldine HH, ou encore Dad is dead de Mathieu Ma Fille Foundation, duo sur vélo acrobatique un peu bavard… Sans oublier Ersatz, du collectif Aïe Aïe Aïe et sa vision perchée d’un futur déjà en cours. Autant de thématiques que de spectacles, autant de shows que d’émotions. Chouette ! (A.V.)

Saison 2021-2022 Opéra National de Lorraine, à Nancy opera-national-lorraine.fr

Festival Perspectives Du 29 juillet au 1er août, à Sarrebruck festival-perspectives.de


Traiteur & cheffe végétale Coach en nutrition et bien-être holistique (Naturopathie, Réflexologie, Access Consciousness) valentine.headway@gmail.com Valentine Headway valentine_headway

Marques exclusives de créateurs Fabrication artisanale 81 Grande Rue à Nancy — 03 83 36 90 72 — la-lunetterie.fr

Maison européenne de l’architecture – Rhin supérieur Europäisches Architekturhaus – Oberrhein

Alternatives ? Architecture ! Alternativen? Architektur!

SEPT 2 — 12

24.09 ,31.10 2021 Alsace – Baden-Württemberg – Basel www.m-ea.eu

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Par Charlotte Médot

MODE

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HauteFripure Pour se démarquer tout en achetant responsable, on mise désormais sur des nouveaux concepts vintage à la sélection mode ou déco ultra désirable. Originaux, innovants et pointus, focus sur ces lieux qui dépoussièrent les idées reçues sur la seconde main.

Maison Messine

Ouvert en mai dernier, le magasin Maison Messine est le nouveau chapitre de l’histoire d’un jeune couple mordu de chine et de vintage, depuis des années. Dans ce lieu, tout est aménagé et pensé pour qu’on se sente transporté dans une autre époque grâce à une jolie sélection de produits datant des années 30 aux années 90. On retrouve des vêtements, des objets de décoration, comme de la vaisselle ou des miroirs, mais aussi des meubles originaux ou remis à neuf par le duo de passionnés. Un espace vivant qui donne rapidement envie de se projeter et d’envisager une de ces pièces d’exception dans un intérieur. 5, place des Charrons, à Metz @maison.messine

Frip’n Kicks

À quelques mètres de la Re-cyclerie, se trouve le temple du sportswear : Frip’n Kicks. La force de cette boutique est de coupler articles de seconde main et produits neufs d’exception. Des sneakers, la spécialité de la maison, et des vêtements que des milliers d’internautes s’arrachent généralement sur internet. Coté frip’, la team n’est pas en reste et développe actuellement sa gamme autour d’un nouveau concept, la Friperie Générale. Le principe est de proposer des ventes en ligne et de permettre aux clients de venir directement retirer leur commande dans un tout nouveau local, près d’Artem. 21, rue des 4 Églises, à Nancy @fripnkicks @friperiegenerale Mais aussi : Elanavriin, la première boutique d’échange de vêtements et JosetteVintage, un compte instagram où l’on retrouve une sélection de pièces chinées avec amour par la blogueuse nancéienne Marinechtl.


photos : Alice Petit

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La Re-cyclerie

C’est dans cet espace animé et convivial que l’on découvre l’univers d’Aurélie. Après l’aventure Vintage Show Room, elle propose un lieu inédit où l’on trouve à boire et à chiner. Idéal pour dénicher une pièce exclusive entre deux gorgées de café glacé. Le plus : le prix de nos achats varie en fonction de leur poids. Un concept économique de friperie au kilo que l’on retrouve généralement dans les grandes villes comme Paris ou Bruxelles. La gérante permet aussi à de nombreux artistes locaux de venir exposer et vendre leurs créations comme, par exemple, la styliste Bambi. 11, rue des 4 Églises, à Nancy @larecycleriecafe

La Kitscherie Vintage

(Les deux photos ci-contre) Après avoir lancé sa friperie en ligne en 2019, Eva a décidé d’ouvrir sa première boutique physique au cœur de Metz. Le but : proposer une belle sélection de vêtements et accessoires vintage accessibles à tous. Pari réussi, ici on retrouve des pièces uniques, datant principalement des années 80-90, à des prix abordables. On peut donc craquer, sans culpabiliser, pour un jean Levi’s, une robe imprimée ou encore un foulard en soie. Le tout, dans un espace accueillant et coloré où tous les éléments de décoration sont des objets chinés, bien évidemment ! 91, rue Mazelle, à Metz @lakitscherie_vintage

Mais aussi : l’iconique Moules Fripes, La Bréa et Brendy Concept Store, un lieu qui mixe friperie, brocante ainsi qu’un espace « idées cadeaux » avec des produits neufs mais responsables.


MODE / DESIGN

Bain de soleil La saison la plus attendue de l’année a peiné à s’imposer mais on y est : c’est officiellement l’été ! Pour l’occasion, on craque sur des pièces aux couleurs bleutées qui donnent envie de s’y plonger.

Sortez couverts !

Le soleil c’est bien mais protéger ses yeux, c’est encore mieux ! On adopte donc LA paire oversize signée Maison Dior dont les écailles révèlent un magnifique camaïeu de bleu. Idéale pour parfaire une silhouette estivale ou masquer les conséquences d’une soirée en terrasse qui aurait trop duré. Be tired but make it fashion ! Dior chez Optique Moise, à Metz 54, rue Serpenoise optiquemoise.fr

L’uniforme des beaux jours

Le maillot est sans conteste notre meilleur allié face à la montée du thermomètre. Ici, on se laisse charmer par un bleu tout doux rehaussé de touches de rouge qui représentent le monogramme de la marque Daily Paper. Une griffe hollandaise à l’identité forte, moderne et terriblement attrayante. Daily Paper chez Boulet 51, Grande Rue, à Nancy @bouletstore

Par Charlotte Médot

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Dans mon jardin d’été

Le célèbre canapé composable Mah Jong se met au vert. Cet objet de désir dessiné par le designer Hans Hopfer se décline désormais en version extérieure et nous permet de lézarder au soleil dans un écrin de confort. Pour l’occasion, la maison Roche Bobois s’est associée à la griffe italienne Missoni Home pour des imprimés rayés aux couleurs éclaboussantes. Roche Bobois 12-14 boulevard de Trèves, à Metz roche-bobois.com

« Un océan dans les yeux »

S’il y a bien une saison où il faut oser, c’est en été. Alors on opte pour des lunettes aux couleurs pop et acidulées, comme le modèle Saucy de chez Thierry Lasry. Le lunetier français, qui a conquis le monde, propose une monture turquoise toute en transparence qui rappelle les eaux limpides des Caraïbes. Alerte au grand splash ! Thierry Lasry chez La Lunetterie 79-81, Grande Rue, à Nancy la-lunetterie.fr

Jeux de raquettes, jeux d’athlètes

Rien de plus régressif et de plus divertissant qu’un jeu de raquettes. Cet été, on révise nos classiques et on embarque dans nos valises l’iconique Jokari de la marque Jauq. Une pépite française qui fait rayonner le Grand Est puisque ses socles en béton sont réalisés, chez nos voisins, en Alsace. Un bon moyen de s’amuser tout en consommant local ! Jauq chez Le Repère 27, rue de la Visitation, à Nancy @lerepere.nancy


NOUVELLE TÊTE

Par Cécile Becker Photo Christophe Urbain

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Valentin Pierrot C’est qui ? Valentin Pierrot, un artiste installé à Strasbourg issu de l’École supérieure d’art de Lorraine dont la pratique artistique tourne autour de la « sculpture du bois par le feu ». Un souvenir « C’est durant mes études en Lorraine que j’ai développé ma réflexion autour du feu. J’avais alors une souche en forme de buste qui trainait chez mes parents que j’ai sculptée au chalumeau. » Sa pratique Préoccupé par la déconstruction et la reconstruction du monde, il travaille autour du temps (généralement long) et des limites du corps mis en confrontation avec la matière. À la poursuite des incendies, il récupère souvent des charpentes usées par les flammes qu’il vient sculpter en hauteur pour retrouver le végétal. Le dessin du feu et les cicatrices noircies, côtoient ainsi le bois mis à nu. Les charpentes, il les déplace, seul, un effort régulièrement filmé et montré sur sa page Instagram. En passant par la Lorraine Dans le cadre des Ateliers du Grand Est en partenariat avec l’association Accélérateur de Particules, la Ville de Metz, Parcours d’artistes et la galerie Octave Cowbell, Valentin Pierrot a cette année été en résidence dans l’église des Trinitaires à Metz. L’artiste a notamment présenté une installation construite autour de branches et branchages modifiées par le feu. Une exposition Dans le cadre de la Triennale Jeune Création présentée au Casino Luxembourg (une trentaine d’artistes) intitulée Brave New World Order, il présente quelques traces de sa résidence de huit mois aux Jardins de la Montagne Verte à Strasbourg dont l’ancienne menuiserie avait été ravagée par les flammes. Il a trié et mis en scène les ruines et les restes : une manière de réinsuffler de la vie là où elle avait disparu. Être artiste aujourd’hui « C’est essayer de survivre en étant le plus malin possible, en ayant une logistique légère et en étant en capacité de s’adapter. C’est faire preuve de souplesse. On se rend bien compte que tout est éphémère et j’aime cette idée de reconstruction. Ce moment qu’on traverse nous pousse à l’honnêteté. Si tout explose, d’autres choses peuvent naître, il faut travailler à son échelle à sauvegarder les trésors qui restent et à transformer, essayer de transcender son environnement proche. Percuter et amener d’autres réflexions. » Triennale Jeune Création 2021, Brave New World Order Jusqu’au 29 août au Casino Luxembourg www.casino-luxembourg.lu


Photo Alexis Delon / Preview

CHIC


SCHLEP × JEAN-FRANÇOIS CHEVALIER

2021 2022 Sébastien Tellier Anika Magenta Gaël Faye J.E Sunde Feu! Chatterton La Femme


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