Ouvert en novembre 2018, lâĂ©picerie Coopalim est pensĂ©e, organisĂ©e et financĂ©e par ses adhĂ©rentsâ: des habitants qui se sont regroupĂ©s pour consommer autrement et au plus proche. Par DĂ©borah Liss / Photos Christoph de Barry La TableâLe focus
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Coopérer pour mieux consommer
Imaginez, vous allez faire vos courses, et les produits proposĂ©s en rayon correspondent pile Ă vos valeurs. «âLocal, circuit court, agriculture bio ou raisonnĂ©e, prix justes, et un peu de vrac⊠On coche toutes les casesâ», sourit Amandine Deguin, bĂ©nĂ©vole du groupe communication de lâassociation Coopalim. Quand le souhait de quelques motivĂ©s qui voulaient reprendre la main sur leur alimentation devient rĂ©alité⊠Au rayon fruits et lĂ©gumes, des bĂ©nĂ©voles sâoccupent de la p  esĂ©e. Ă la caisse aussi, des volontaires. Câest le principe de cette coopĂ©rativeâ: on cotise 10â⏠par an et on donne de son temps pour avoir accĂšs Ă des produits de qualitĂ©. «âCâest seulement 3h par mois, prĂ©cise Amandine. Il y a les tĂąches magasin, caisse, rayonnage, livraison⊠et les tĂąches en cou lisses.â» Car il faut bien gĂ©rer cette petite entreâ prise qui nâen est pas uneâ: comptabilitĂ©, communication, catalogue. Câest un groupe dĂ©diĂ© qui sĂ©lectionne les produits en fonction dâune charte Ă©laborĂ©e de maniĂšre collĂ©giale. Le choix sâest portĂ© sur une soixantaine de producteurs et fournisseurs locaux (comme lâĂlot de la Meinau ou la Chocolaterie du PrĂ©). Mais tout le monde peut continuer Ă suggĂ©rer des produits et accorder des points aux fournisseurs selon des critĂšres comme le prix, lâemballage, lâorigine, les labels⊠Ce qui guide les choix de la petite Ă©quipĂ©e.
Lâassociation propose des prix abordables, tout en Ă©tant Ă©quitable pour les producteurs. «âOn ne vise aucun profit, on a une marge fixe sur tous les produitsâ», prĂ©cise Amandine. ArrivĂ©e il y a un an et demi, elle est tout simplement ravieâ: «âCâest su per. Bosser en magasin câest sympa, on nâest jamais seule. Et, comme le dit lâun de nos slogans, on fait «âles courses, pas la courseâ».â» Elle constate aussi que sâengager dans une coopĂ©rative alimentaire lâa fait davantage prendre conscience des rĂ©alitĂ©s de lâalimentationâ: «âNotre productrice de fromages de chĂšvres nous a expliquĂ© que câĂ©tait la pĂ©riode de reproduction et quâelles nâauraient donc pas de lait â et nous pas de fromage â) pendant plu sieurs mois. Câest comme pour les fruits et lĂ©gumes, on ne trouve pas tout, tout le temps.â» Lâobjectif est dâatteindre lâĂ©quilibre financier, alors que lâassociation compte un peu plus de 300 membres et ne touchera bientĂŽt plus de subventionsâ: «âLâidĂ©al serait 500 adhĂ©rents, cela crĂ©erait un cercle vertueuxâ: nous pourrions ouvrir sur de plus larges tranches horaires et vendre plus de choses.â» Coopalim 7, rue Kageneck coopalimstrasbourg.com