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ZU Culture Tendances Lifestyle City magazine Gratuit

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Lorraine | Luxembourg Automne-Hiver 2018

T


ZU T CHANGE DE LOO KÂ ! www.zut-magazine.com

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Haguenau & Alsace du Nord LE JOURNAL Nov. 2018

Oberrhein Nov. 2018

Strasbourg NUMÉRO SPÉCIAL 10e ANNIVERSAIRE Déc. 2018

Lorraine/Lux.

Réalisation : Myriam Commot-Delon — Photo : Alexis Delon / Preview

Avril. 2019

Prochaines parutions Zut 3


LES


Zut ! team

Contri— buteurs

contact@chicmedias.com ou prenom.nom@chicmedias.com

Rédacteurs

Directeur de la publication & de la rédaction Bruno Chibane Administration et gestion Gwenaëlle Lecointe Rédaction en chef Cécile Becker Directeur artistique Hugues François Design graphique Hugues François Clémence Viardot Directrice artistique mode et tendances Myriam Commot-Delon

Commercialisation & développement Bruno Chibane +33 (0)6 08 07 99 45 Magali Murano +33 (0)6 70 70 55 74 Caroline Lévy +33 (0)6 24 70 62 94 Philippe Schweyer +33 (0)6 22 44 68 67

Cécile Becker Benjamin Bottemer Myriam Commot-Delon Sylvia Dubost Marie Germain Caroline Lévy Philippe Schweyer Aurélie Vautrin Styliste Myriam Commot-Delon

Ce magazine trimestriel est édité par chicmedias 12, rue des Poules 67000 Strasbourg 03 67 08 20 87 S.à.R.L. au capital de 37 024 euros Tirage : 7500 exemplaires Dépôt légal : novembre 2018 SIRET : 50916928000013 ISSN : 1969-0789

Photographes Alexis Delon / Preview Audrey Krommenacker Benjamin Mathia Arno Paul Illustrateurs Laetitia Gorsy Retouche numérique

Impression Ott imprimeurs Parc d’activités « Les Pins » 67319 Wasselonne Cedex Diffusion LD Diffusion 32, rue d’Oelleville 88500 Totainville Abonnements abonnement@chicmedias.com

Emmanuel Van Hecke / Preview

Relectures Sylvia Dubost

Mannequin

Crédits couverture

Chargé de projets, développement Léonor Anstett

Nais | www.upmodels.fr Coiffure

Manteau en cachemire double face et pantalon droit en lainage Prince de Galles Ipsae (Strasbourg). Bottines en cuir noir Jil Sander Navy et gants en peau lainée.

Responsable promotion et partenariats Caroline Lévy Magali Murano

Alexandre Lesmes / Avila Make-up et manucure Maili Nguyen / Avila

Photographe Alexis Delon / Preview www.preview.fr Réalisation Myriam Commot-Delon Mannequin Nais www.upmodels.fr Coiffeur Alexandre Lesmes / Avila www.avila-coiffure.com Maquillage et manucure Maili Nguyen / Avila Post-prod Emmanuel Van Hecke www.preview-tm.fr Studio photo Preview 28, rue du Général de Gaulle 67205 Oberhausbergen www.preview.fr

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63 — Lifestyle 64 D ESIGN

Toutes nos envies de saison

25 — Culture 26 L ITTÉRATURE 10 É DITORIAL 12 M ETZ VU PAR

La Cour des Hommes Jean Dib Ndour Laurence Lang Lise Thouan

18 N ANCY VU PAR Lucie Collot Kogaone Patrick Fréchin Repier

Interview de Nicolas Mathieu, auteur de Leurs enfants après eux.

68 B USINESS

Paul Ajamian Cuir.

70 D ESIGN

Design City, biennale du design au Luxembourg : l’occasion de faire un état des lieux et des talents.

74 Z UT À TABLE

Les nouvelles tables

28 C RÉATION

Deux collectifs : Spray Lab à Nancy, et Château 404 à Metz.

32 N EUE VAGUE

— Lee Fou Messica, directrice de l’Espace Bernard-Marie Koltès à Metz — David Reiland, directeur musical et artistique de l’Orchestre national de Metz

34 I NSTANT FLASH

Clara Luciani, Isild Le Besco, Vincent Dedienne

38 S ÉLECTIONS

Les sélections de la rédaction

43 — Tendances 44 L A SÉRIE MODE Sur-soi

54 U P TO DATE 56 S HOPPING Les mots doux

58 S ÉLECTIONS

Les sélections de la rédaction

8

— Ô Sœurs Saveurs (Metz), Le Majeur (Nancy), Les Puces (Nancy).

77 L  a rédaction aime Le Pampre (Metz).

78 L  ’actu

— Les soirées fromage de La Cloche.

— Les ateliers cuisine (et plus) Chez Valentine.

80 F  ranck Fresson : fort en chocolat. 82 L  ’équipe

Les Vedettes en vedettes.

86 S ÉLECTIONS

Les sélections de la rédaction

90 A U BON PARFUM

Vol de nuit, Jacques Guerlain


SCÈNES DE VIOLENCES CONJUGALES 15 > 17 jan Gérard Watkins Cie Perdita Ensemble

L’AVARE 5 > 7 fév Molière / Fred Cacheux Cie Facteurs Communs

JAMAIS SEUL 26 fév Mohamed Rouabhi Patrick Pineau

J’AI BIEN FAIT ? 19 > 21 mars Pauline Sales

FESTIVAL SEMAINE EXTRA 30 mars > 3 avril

LA NOSTALGIE DU FUTUR 14, 15 mai Pasolini, Guillaume Le Blanc Catherine Marnas

RÊVES D’OCCIDENT 27 mai > 4 juin Jean-Marie Piemme Jean Boillot

qu’ est-ce que le rien ? L’ABSOLU 23 avril > 4 mai Boris Gibé Cie Les Choses de Rien

nest-theatre.fr

+33(0)3 82 82 14 92 NEST– CDN transfrontalier de Thionville-Grand Est direction Jean Boillot est subventionné par le Ministère de la Culture et de la Communication – DRAC Grand Est, la Ville de Thionville et la Région Grand Est

ici c’est l’autre théâtre

centre dramatique national de Thionville-Grand Est

atelier graphique malte martin

DÉSIRER TANT 5 > 9 déc Charlotte Lagrange Cie La Chair du Monde


Z UT Édito

Résistance Par Philippe Schweyer

C’était la fin de la journée et j’étais en train de lire le nouveau roman de Nicolas Mathieu quand le patron a déboulé dans mon bureau sans prévenir. — Je croyais que tu étais débordé ? Je te rappelle qu’on attend ton édito pour imprimer ! — Faut juste que je trouve une idée. — Je ne te paye pas pour bouquiner. — Je sais… — C’est pas comme ça que tu va nous pondre un truc qui déchire. — Je cherche l’inspiration… — On aura tout entendu. Quand Zut se sera fait racheter par un cost killer tchèque, t’iras lui raconter ça ? — Pour ce que je coûte à la boîte… — Tu veux prendre ma place ? C’était toujours ainsi. Dès qu’on émettait la moindre critique, le patron proposait qu’on prenne sa place. — Non merci. — Ben alors, dépêche-toi de nous pondre un truc bien senti.

Je n’avais qu’une envie, me replonger dans le bouquin de Nicolas Mathieu. Le patron a lu dans mes pensées. C’était sa spécialité. — Il est bien ce bouquin ? — Ça se passe dans un coin qui ressemble à s’y méprendre à la Lorraine. — La Lorraine, ça ne me fait pas rêver… À force de partir en week-end avec son expert-comptable, le patron ne rêvait plus que de chiffre d’affaires, de business plan et de dividendes. — Les Lorrains sont sympas. — Si tu trouves que les Lorrains sont sympas, t’as qu’à l’écrire. — Les Luxembourgeois aussi sont sympas. — Ben voilà, t’as trouvé un angle pour ton édito : tout le monde est sympa ! Caresser le lecteur dans le sens du poil était le grand dada du patron. Il fallait être positif, bienveillant et optimiste. — Tout le monde est sympa, c’est un peu court… Le patron s’est emparé du bouquin de Nicolas Mathieu et l’a ouvert au hasard page 230. On se serait cru à la ComédieFrançaise : —«   Le manche de pioche siffla, décrivant une course parfaite qui lui emporta le bas du visage dans un craquement minéral ». Apparemment c’était suffisant. — Tu pourras me le prêter ? Je détestais prêter mes livres au patron. Il ne les rendait jamais.

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— Je te l’emprunte cinq minutes, le temps que tu finisses ton texte. J’avais une grosse envie de lui fracasser le crâne avec un manche de pioche, mais même si j’en avais eu un sous la main, j’en étais bien incapable. J’étais un homme civilisé, un humaniste, un adepte de l’amour élevé dans le culte du Mahatma Gandhi, de Martin Luther King et de Nelson Mandela. — Tu me diras ce que t’en penses… Il est en lice pour le Goncourt. — On s’en fiche du Goncourt ! Au boulot ! Deux heures plus tard, en quittant le bureau, j’ai vu le cabriolet du patron garé sur le trottoir. Alors que je m’approchais pour admirer l’intérieur cuir, j’ai reconnu mon exemplaire de Leurs enfants après eux abandonné sur le tableau de bord. Il faisait nuit noire et il n’y avait pas de caméra aux alentours. J’ai ramassé un gros pavé et l’ai balancé juste assez fort pour que le parebrise se brise en mille morceaux. Il ne me restait qu’à tendre le bras pour récupérer mon livre. J’étais un homme civilisé, un humaniste, un adepte de l’amour, mais il ne fallait pas me piquer mes livres. Face aux abus du patronat, j’étais enfin mûr pour faire un peu de résistance.


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Ils vivent, travaillent, créent et sortent à Metz. Les hommes et les femmes qui font vibrer la ville nous font découvrir leur lieu préféré et jouent au modèle. Textes Aurélie Vautrin Photos Benjamin Mathia

Metz vu par Domenico Toscano, Nicolas Marsicano, Julien Michel Équipe de La Cour des Hommes 42, 50 et 28 ans

OÙ ?

Actu

Les Trinitaires Lun 22.10

« Parce que cette salle symbolise le croisement des parcours de trois personnes, désormais associés, aux domaines de compétences différentes, mais pour qui la scène, le show, le spectacle sont le dénominateur commun. »  Domenico : sweat Massinon et veste River des créateurs messins Blotter Atelier, bottines Fischeri Juch Nicolas : veste Arcachon Blotter Atelier, sweat Maple Leaf French Disorder, basket Taranta Juch Julien : chemise Lakeview et veste Across Blotter Atelier, Lunettes Izipizi, baskets Taranta Juch Le tout disponible à La Cour des Hommes.

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Gamme de parfums mixte Sous le Manteau, disponible en exclusivité à La Cour des Hommes, à Metz. Coffrets cadeaux personnalisables. La Cour des Hommes Concept store 11, rue des Clercs lacourdeshommes.com


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Jean Dib Ndour

OÙ ?

« J’adore cette place, avec les arcades, le carrousel, les grandes terrasses des cafés… À la fois parce que c’est un lieu de passage, de rencontres, mais aussi pour son coté médiéval. Comme si le temps y suspendait son vol… Et puis, le nom me rappelle aussi celui d’une grande ville dans mon pays d’origine, le Sénégal. »

Place Saint-Louis Jeu.18.10

Gérant du café littéraire Le M-Tiss 42 ans

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Actu

De nombreuses rencontres littéraires prévues au M-Tiss, mais aussi des concerts, du théâtre d’improvisation… M-Tiss 16, rue de la Fontaine www.m-tiss.fr


Laurence Lang

OÙ ?

« J’y viens régulièrement pour acheter des légumes. Les produits sont bios, locaux, proviennent de la ferme ou de petits producteurs des alentours de Metz… Et puis j’adore l’idée qu’en pleine ville, on puisse profiter d’une sortie à la campagne. Se balader entre les parcelles, aller voir les animaux, même y faire un pique-nique. Le concept me plaît énormément. »

Ferme de Borny Ven. 19.10

Secrétaire générale du Carreau 41 ans

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Actu

Loostik, festival jeune public franco-allemand, du 8 au 14 novembre au Carreau : théâtre, danse, cirque, marionnettes. En février 2019, « le » grand moment de la saison : Tous des Oiseaux de Wajdi Mouawad. www.carreau-forbach.com


Lise Thouan Responsable de Aloha Beauté & SPA 35 ans

OÙ ?

« Je suis arrivée à Metz il y a quatre ans, je ne suis pas de la région donc ce fût une vraie découverte. J’ai tout de suite adoré le quartier du plan d’eau, son côté à la fois bucolique et chargé d’histoire.s. Et puis il y a l’architecture si particulière du Temple Neuf, que je trouve à la fois belle et authentique. »

Plan d’eau / Temple Neuf Jeu.18.10

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Actu

Début des offres de fêtes de fin d’année, avec de nombreuses réductions et autres coffrets cadeaux pour se chouchouter. Aloha Beauté & SPA à Jouy aux Arches www.alohabeautespa.fr


Ils vivent, travaillent, créent et sortent à Nancy. Les hommes et les femmes qui font vibrer la ville nous font découvrir leur lieu préféré et jouent au modèle. Textes Aurélie Vautrin Photos Arno Paul

Nancy vu par Lucie Collot Fondatrice des Visites de Lucie 29 ans

OÙ ?

Actu

3, rue Bassompierre Mer. 24.10

« J’adore cette façade 1900, si caractéristique de l’École de Nancy… Le mélange de matériaux, le bleu et le vert qui s’harmonisent avec le rose de la pierre. Le fait de la découvrir comme ça, au détour d’une rue, donne envie de sortir du centre-ville pour découvrir les belles architectures aux alentours. »

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Visites guidées privées, personnalisées à la découverte des témoignages architecturaux de style École de Nancy. Sur réservation. lesvisitesdelucie.com


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Matthieu Antignac aka Kogaone

OÙ ?

« C’est là que je venais faire du graff il y a une bonne dizaine d’années, avec les copains du Moulin Crew… On dessinait sur les murs à proximité – aujourd’hui détruits. Et je me souviens, quand on avait l’autorisation de graffer sur les murs de Bazin, les “officiels”, ça nous faisait quelque chose, ça devenait sérieux. »

Les murs de la MJC Bazin Mer. 24.10

Artiste 33 ans

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Actu

Exposition à la Galerie Artefact de Metz en novembre. Participation à une exposition collective en Australie à la fin de l’année. Fresque dans le cadre d’ADN - Art dans Nancy, à découvrir au 108, boulevard Lobau. kogaone.com


Patrick Fréchin

OÙ ?

« C’est la rue qui mène à la fameuse place Stanislas, le symbole de Nancy… Une rue piétonne, très passante, très vivante, en passe de devenir la deuxième “rue gourmande” de la ville, avec désormais vingt établissements de restauration en tout genre. Et ce n’est pas fini ! »

Rue Stanislas Mer. 24.10

Chef du restaurant Transparence (1 étoile) 53 ans

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Actu

En novembre : menu « Tout truffe » (de l’entrée au dessert), en collaboration avec un trufficulteur de Saint-Mihiel. restaurant-transparence.fr


Pierre Bourlart aka Repier

OÙ ?

« J’aime beaucoup ce shop. Le lieu est cool, la déco, l’état d’esprit aussi… Et puis les fringues sont super originales, je sais qu’ici, je vais trouver des choses que j’ai vues nulle part ailleurs. En plus, l’accueil est super, et Olivier, le responsable, est vraiment à l’écoute du client. »

Sneakers Bar Mer. 24.10

Producteur d’événements 30 ans

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Actu

Co-producteur de la soirée Alkpote à L’Envers Club le 16 novembre via L2H, l’association avec laquelle il organisa notamment le Chill Up Festival. Soirées privées à venir, avec découvertes d’artistes ou d’ambiances à prix abordables.


Accélérateur de particules: HEAR – La Chaufferie + Shadok, Strasbourg (F) Ausstellungsraum Klingental/Rank, Basel (CH) Cargo Bar, Basel (CH) CEAAC, Strasbourg (F) E-WERK – Galerie für Gegenwartskunst, Freiburg (D) FABRIKculture, Hégenheim (F) HeK (Haus der elektronischen Künste Basel), (CH) Kunsthalle Basel (CH) Kunsthalle Palazzo, Liestal (CH) Kunsthaus Baselland, Muttenz (CH) Kunsthaus L6, Freiburg (D) Kunst Raum Riehen (CH) Kunstverein Freiburg (D) La Filature, Scène nationale – Mulhouse (F) La Kunsthalle Mulhouse (F) Projektraum M54, Basel (CH) Satellit M54 – Nord Théâtre, Cité Danzas, Saint-Louis (F) Städtische Galerie Stapflehus, Weil a. R. (D) T66 Kulturwerk, Freiburg (D)

e an g n r é ou rh sb n tria r C io St AA 18 a rég , E 0 2.2 e l es k, C 1.1 ain d ticul ado 0 h r u ar ir d mpo de p rie, S t r a r te fe À p con ateu hauf t r Ar célé  La C Ac AR – HE

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Cahier Culture

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Z UT Culture Littérature

BÊTE DE GONCOURT Par Aurélie Vautrin Photo Arno Paul

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Grâce à Aux animaux la guerre, ce jeune quadra originaire des Vosges s’était taillé une solide réputation d’auteur à suivre de (très) près. Avec Leurs enfants après eux, Nicolas Mathieu confirme sa jolie place sous le soleil noir charbon de la littérature frenchie. Une fresque sociale bouleversante qui raconte la jeunesse des 90’s, nommée pour les plus grands prix, Goncourt en tête.

On dit parfois que le plus difficile à écrire, ce n’est pas le premier livre mais le deuxième. Ça a été le cas pour vous ? Plus difficile, je ne sais pas, mais ça l’a été tout autant. Aussi parce que le précédent avait été apprécié… C’est angoissant de se remettre à écrire, on a l’impression que chaque phrase va entamer ce capital sympathie. J’avais fait un burn out, j’étais dans un état d’épuisement très fort… Ça m’a pris du temps pour « retrouver mes sensations » comme disait Henri Leconte. Et puis j’ai travaillé sur l’adaptation en série d’Aux animaux la guerre avec Alain Tasma, ça m’a redonné confiance.

valeurs. Ce qui importe, c’est d’écrire des livres qui parlent du monde, alors ménager sa famille, c’est secondaire.

Aux animaux la guerre était un roman noir au sens strict, celui-ci est noir dans l’écriture. Aviez-vous besoin de passer au genre « populaire » avant de vous autoriser une fresque sociale ? En fait, l’écart n’est pas de mon fait, je n’ai pas décidé d’arrêter d’écrire des romans noirs. C’est juste que pour celui-là, j’avais tellement l’obsession du réalisme que, finalement, j’ai moins respecté les codes… J’étais focalisé sur la restitution. Mais le roman noir avait un certain confort que je regrette : personne ne me faisait chier en me disant que c’était pessimiste ce que je faisais – le genre nous dédouane un peu, « c’est noir mais c’est normal c’est dans le code » – alors que là, on n’arrête pas de me le reprocher !

À quel moment vous êtes-vous dit : « je veux être écrivain » ? J’étais en CE1, notre instit’ nous avait donné une histoire à écrire, ça devait être en décembre parce que c’était sur SaintNicolas… J’avais eu la meilleure note. À partir de là, c’était parti. Quand je fais des ateliers dans les bahuts, je cite souvent une phrase d’un ancien boxeur poids lourd. Joe Louis, à qui on a demandé quel regard il portait sur sa carrière, a répondu : « J’ai fait du mieux que je pouvais avec ce que j’avais. » Ce qui compte c’est « ce que j’avais ». Longtemps, j’ai écrit avec ce qu’avaient les autres, des histoires qui n’étaient pas les miennes, je voulais refaire les livres que j’aimais. J’ai mis un bout de temps à trouver mes sujets, mon tempo.

Il y a une certaine mise à nu dans votre façon de conter l’intimité. Comment faites-vous pour ne pas vous autocensurer ? Alors ça, c’est une question que j’ai réglée depuis très longtemps : c’est simple, je m’en fous, c’est la littérature qui compte. C’est une question de hiérarchie de

Vous avez un parcours très éclectique, une enfance proche de celle de vos personnages : est-ce une revanche d’avoir la reconnaissance de vos pairs ? Pas du tout, c’est un soulagement. Arrivé à 35 ans, j’avais employé beaucoup de temps à écrire. Du temps que l’on ne consacre pas à ses hobbies, ses amours,

Le côté transgénérationnel de Leurs enfants après eux était-il conscient ? Oui, je savais que ça allait se passer comme ça. Parce que même si l’on parle des 90’s, tout ce qui vous tourmente aujourd’hui va ressortir d’une manière ou d’une autre. C’est pour cela qu’il ne faut jamais écrire sur ce qui vous tient à cœur, mais sur des personnages et des histoires. Votre avis sur le monde, l’actualité, le fonctionnement du social, etc. ça va sourdre de soi-même.

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à gagner du fric, j’avais tout misé là-dessus. C’était mon truc, je le savais, mais j’avais peur de m’être fourvoyé, d’être un raté dans ce domaine-là. Le jour où un éditeur m’a dit « On voit tout de suite que vous êtes un écrivain », j’étais guéri. Être sur la short list d’un prix comme le Goncourt, ça change un homme ? Non, parce que je pars vaincu d’avance, alors si éventuellement j’obtiens quoi que ce soit ce sera une bonne surprise. Ce que ça change, en revanche, c’est que le livre est mis sous les spots, et c’est super important pour qu’il trouve son lectorat. Il y a des milliers de bons livres qui n’ont jamais trouvé de lecteurs. Personnellement, ça me donne une espèce de légitimité, les gens se montrent plus respectueux – ça fait le jeu du social. Tout est politique, comme vous dites souvent… Ah, ça c’est sûr ! Ça fait partie du jeu. Et vous auriez voulu en faire, de la politique ? [Rires] Non. De part ma situation de transfuge, je ne me sens d’aucun camp. Je me sens davantage porté à défendre les dominés que les dominants, c’est évident, mais c’est un peu comme Flaubert dans sa correspondance, qui trouve des raisons et de la bêtise partout. Mon boulot, c’est la restitution, à la limite la critique, mais je n’ai pas de programme. Je n’ai même pas l’idée que le monde puisse être amélioré. Ah, ça, c’est pessimiste en revanche, non ? Non, dans le sens où le monde me convient parce qu’il favorise le plus de possibles… Mais bon, là on rentre dans un autre débat ! Nicolas Mathieu, Leurs enfants après eux, Actes Sud. www.actes-sud.fr


Z UT Culture Création

TOUJOURS EN CHANTIER Par Benjamin Bottemer

En Lorraine, deux lieux partagés par des artistes nés dans le bouillon de cultures alternatif ont investi le paysage culturel. Spraylab, l’expérimenté, existe depuis 25 ans à Nancy et poursuit sur sa lancée tandis qu'à Metz le Château 404 se construit après une année d'activité.

— Spraylab

D

errière une entrée d’immeuble anonyme à quelques minutes de la gare de Nancy, dans une ancienne fabrique de luminaires, se niche le repaire de l’association Spraylab. Autour d’un espace d’exposition modulable, The Hub, s’articulent des espaces de travail encombrés et biscornus où le work in progress tient lieu de design d’intérieur : sérigraphie et gravure, studio d’enregistrement, studio photo et atelier de peinture sont tous habités par une créativité en mouvement. Une vingtaine d’artistes y travaillent toute l’année ; tous s’investissent également dans la vie de l’association. « On est tous des enfants de Spraylab », clament les membres d’une structure née il y a vingtcinq ans et alors plutôt tournée vers les cultures urbaines. Pas un seul des membres actuels n’était présent à sa création. Elle doit sa longévité à sa capacité à se renouveler, à créer l’émulation et à une « énergie pure » qui a amené toutes les évolutions. « Ici on peut tout faire et tout apprendre en même temps », remarque Léa, dernière arrivée dans l’association dès sa sortie des Beaux-arts de Nancy. Afin de mettre en lumière le travail des artistes, et de leur offrir des espaces pour travailler, Spraylab a ouvert ses ateliers pour devenir le Centre culturel Georges Pomp it up en 2010.

Espaces alternatifs Le jour de notre visite, c’est Nabila Halim qui a investi le Hub avec Mektoub, exposition qui mêle photo, vidéo et installations autour d’un travail autobiographique et poétique dédié au corps souffrant et à la condition de la femme au Moyen-orient. « On ne voulait pas d’un lieu où tu viens juste accrocher des œuvres, on voulait qu’il y ait à chaque fois une scénographie, précisent les membres. Tu peux venir dans le Hub et tout déglinguer, puis reconstruire. Ça change tous les mois. » Les artistes en résidence sont logés dans la chambrette perchée au-dessus du Hub et systématiquement rémunérés, un principe incontournable pour Spraylab et même « une mission politique au sens noble ». À chaque exposition, une édition est spécialement réalisée sur place et ira ensuite vivre sa vie dans les circuits de la micro-édition. Spraylab est d’ailleurs à l’origine d’un festival dédié à cet univers : l’Enfer festival, créé en 2015 et qui se tient en marge du Livre sur la place. « C’était à un moment où la sérigraphie prenait de plus en plus de place chez nous, on voulait montrer un autre visage du livre. C’est le même état d’esprit qui nous amène aujourd’hui à lancer le festival Locomotion, dédié à la photo et à la vidéo (voir encadré). »

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Mener l’expérience L’association continue à se construire au sein de l’éco-système artistique, associatif et institutionnel nancéien. En marge du travail d’accueil et de valorisation du Centre culturel Georges Pomp it up, les artistes au travail à Spraylab développent des projets personnels un peu partout : aussi bien dans les rues (comme les entresorts/photo de Salle de Shoot) qu’à l’Autre Canal (l’électro sous influence orientale de Taxi Kebab), pendant les Fêtes de la Saint-Nicolas à Nancy ou les soirées RAS à l’Envers club tout proche, dans les réseaux de la micro-édition et des collectifs d’artistes en Lorraine et au-delà. Cherchant les alternatives, pratiquant le do It yourself par conviction et par nécessité malgré un soutien des institutions, Spraylab préfère se définir, par défaut, comme « indépendant ». Expérimental, aussi ? « C’est un terme confisqué par l’art contemporain que l’on peut très bien se réapproprier. C’est ce que font les artistes dès lors qu’une pratique à la marge est récupérée : ici, on propose un lieu que tu peux t’approprier librement, donc par définition expérimental. » Centre culturel Georges Pomp it up 115, rue Gabriel Mouilleron | Nancy www.spraylab.fr


Spraylab, photo : Arno Paul

L’Autre image Pour la première édition du festival Locomotion, dédié à la photographie et à la vidéo expérimentales, Spraylab s’est associé à la MJC Lillebonne et aux galeries My Monkey, La Factorine et Ergastule. « On voulait un festival nomade dans la ville et fédérer des gens qui font des choses très différentes mais toujours liées. » Le Centre culturel Georges Pomp it up accueillera une soirée de projections, One Shot !, avec le collectif Jeune cinéma et le réali29

sateur Fabien Rennet ainsi que l’exposition Géorama, où les photographes de Spraylab se sont réappropriés des clichés pris par des habitants dans le cadre de ce projet participatif. Les photographes Pierre Villemin, Aurélie Sorriaux, Véronique L’Hoste et Delphine Gatinois investiront les quatre autres sites de Locomotion, tandis que Zines of the Zone, bibliothèque mobile de micro-édition, fera une halte à Nancy à cette occasion. Une soirée de clôture dont le programme reste à dévoiler marquera la fin de cette première

expérience. « On proposera des choses drôles et moins drôles, on injectera un esprit festif, sexy et de découverte à Locomotion, toujours avec cette envie de ne pas se limiter à accrocher des œuvres sur des murs blancs. » Festival Locomotion, jusqu’au 30 novembre à Nancy www.locomotionfestival.fr


Z UT Culture Création

Château 404, photo : Audrey Krommenacker

—— Château 404

À

la marge mais les portes grandes ouvertes : on pourrait résumer ainsi le projet de Château 404, au propre comme au figuré. Dans ce hangar de 900 m 2 situé aux abords du centre-ville de Metz, tandis que les premières ombres d’un soir d’automne tombent sur l’A31 toute proche, la soirée de lancement de la seconde saison du Château s’apprête à débuter. Ça s’active dans tous les coins autour des ateliers et dans le dôme géodésique permettant projections à 360° et spatialisation du son. La quinzaine de musiciens invités, dont le célèbre électro-génie Chapelier Fou, va s’y

produire toute la soirée. La saison passée, les châtelains ont bossé dur pour aménager un ancien dépôt de bus en lieu de travail et de diffusion, et il y a encore un peu de boulot mais beaucoup de choses ont pris forme : un atelier de sérigraphie partagé, une salle de répétition, un atelier couture et un autre investi par l’auteur de bande-dessinées Nicolas Moog, ou encore un espace dédié au Crâne chauve, qui travaille le bois et le métal. Chacun prend du temps sur son activité artistique pour faire vivre cette aventure associative. « À la différence de beaucoup de tiers-lieux en France, ce sont les gens qui travaillent au Château 404 qui créent une dynamique et prennent les décisions », nous explique-t-on. Voyage en famille Parmi les fondateurs du Château 404,

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on retrouve Paul alias Charles-Henry de la Fensch, sérigraphiste, et le collectif Paradigme, vidéastes qui ont fait leurs preuves dans de nombreux festivals internationaux. Il y a encore un peu plus d’un an, ils occupaient la Grande serre de TCRM-Blida, dont ils sont depuis repartis en quête de plus d’indépendance et d’auto-gestion. Ils ne se reconnaissaient plus dans l’esprit du tiers-lieu messin, qui s’est selon eux détourné des artistes pour développer les entreprises du numérique après la labellisation French Tech. « Attention, nous sommes ouverts à tout, préviennent-ils. On continue à échanger avec TCRM-Blida et avec d’autres institutions à Metz, comme la Cité Musicale ou le Centre Pompidou, pour continuer à avancer. » Si ce sont d’abord les concerts qui ont attiré au Château 404, le lieu commence à se faire une réputation. Les artistes ici présents


revendiquent « une chance » : celle d’une d’expérience solide dans les milieux culturels, et surtout des projets qui riment toujours avec collectif. « Dans le milieu alternatif, il existe un réseau très vaste et très actif, remarque Cédric alias Diez du collectif Paradigme. Il y a un brassage, un esprit de famille qui ouvre plein de possibilités. » Façon coopérative Les habitants du Château se revendiquent comme le chaînon manquant pour la diffusion des artistes en matière de musique comme d’arts visuels : les dessins de Minh-Do exposés sur l’une des parois laisseront bientôt place au collectif Salle de Shoot et à un vidéaste, tandis que la programmation de cette saison prend forme (voir encadré). « Culturellement, esthétiquement, il y a plein de projets différents qui cohabitent : ils influencent l’identité du lieu, explique Paul. Et des croisements finissent toujours par se faire. » Les futures « après-midi Château » où chacun vient mettre la main à la pâte devraient donner naissance à une base de vie avec terrasse, des bureaux à louer et à l’avenir un espace de co-working. Créer un emploi permettrait de libérer un peu de temps aux artistes au travail pour porter le projet. « On insiste toujours sur le fait que le Château est lié à une économie, à des emplois, poursuit Paul, soucieux de souligner le sérieux de l’entreprise. Ensemble, on peut créer un système bien à nous, comme les coopératives où tout fonctionne en collectif, où rien ne doit venir polluer notre dynamique de travail... dans une atmosphère qui nous correspond. » Sur la grande porte du hangar, en-dessous du logo C404, référence à la page introuvable sur le Web, s’affiche le terme « Loading... please wait » et une barre de chargement remplie au tiers... Les châtelains promettent de rapidement la compléter. 8, rue Périgot | Metz www.chateau404.com

Bientôt : — 17 novembre Soirée avec Namek Sound System

— 1er décembre Release party Le Singe blanc

— 30 novembre Soirée-spectacle « avec de l’amour, du flou et des performances »

— 22 et 23 décembre La Grande escroquerie de Noël, marché d’artistes à Saint-Pierre-aux-Nonnains à Metz, en partenariat avec La Cité Musicale

DU LIVE POUR LES LECTEURS DE ZUT !

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Z UT Culture News

NEUE VAGUE Par Benjamin Bottemer Portraits Audrey Krommenacker

Lee Fou Messica Directrice de l’Espace BernardMarie Koltès à Metz Que vouliez-vous être quand vous étiez petite et pourquoi avez-vous renoncé ? Dentiste. Et je me suis rendu compte que c’était un peu gore alors j’ai préféré le théâtre ! Avez-vous un credo professionnel ? Une citation de l’écrivain Jacques Copeau :  « L’art et le métier ne sont pas deux choses séparées. Invention et génie ne peuvent se passer ni de savoir, ni de méthode. » Et personnel ? Maria Montessori dit : « Il faut imaginer que sur le front de chaque enfant il y a écrit “aide-moi à faire seul”. » Accompagner, transmettre est indispensable.

À quoi dites-vous toujours oui ? À tout ! Je suis quelqu'un d’enthousiaste à la base, ensuite vient le temps de la construction. À quoi dites-vous toujours non ? À la connerie, à la méchanceté, à la violence. Quel est pour vous le plus beau des compliments ? Si je parle d'un spectacle à quelqu'un, que cela lui donne envie et qu’en sortant, il est heureux. Que représente Metz pour vous ? Je me sens Lorraine depuis que je suis arrivée. Metz est une ville accueillante, belle, que je suis très heureuse d’habiter. Pourquoi faites-vous tout ça ? Parce que j’y crois. À partir du moment où l'on a conscience des choses, on n’a pas le droit de rester passif. J’essaye de faire les choses bien, à mon niveau : partager la culture, le théâtre. S’il y a bien un endroit où l’on peut être égaux, c’est celui-ci. 32

Quels livres se retrouvent régulièrement sur votre table de chevet ? En ce moment La Pensée, la poésie et la politique, dialogue avec Jack Ralite de Karelle Ménine, La Médiocratie d’Alain Deneault, Avec toutes mes sympathies d’Olivia de Lamberterie. Le disque qui tourne en boucle en ce moment J’écoute depuis vingt ans De vers en vers d’Yves Jamet. L’œuvre d’art qui ne cesse de vous fasciner Les peintures de Buffet et les sculptures de Giacometti.

— www.univ-lorraine.fr/ culture/espacebmk


David Reiland Directeur musical et artistique de l’Orchestre National de Metz Que vouliez-vous être quand vous étiez petit et pourquoi avez-vous renoncé ? Je suis assez fier de pouvoir dire que je n’ai pas renoncé ! Avez-vous un credo professionnel ? Vivre chaque concert comme si c’était le dernier ; c’est presque une question de vie ou de mort pour moi. Et personnel ? Dans mes relations, je suis très entier, et j’aime vivre de façon très intense. À quoi dites-vous toujours oui ? On va manger ?

À quoi dites-vous toujours non ? Je ne suis pas quelqu’un qui sait dire non ; d’ailleurs je dois apprendre. Ça fait très Belge mais j’assume !

Quels livres se retrouvent régulièrement sur votre table de chevet ? Des livres scientifiques, de la poésie symboliste, des écrivains comme René Char, Maupassant... des livres d’art aussi.

Que représente Metz pour vous ? La ville d’un nouveau départ.

Le disque qui tourne en boucle en ce moment ? Il est dans ma tête ! Je n’ai plus le temps d’écouter de la musique par plaisir, j’écoute pour le travail. Mais jamais sur ce que je suis en train de travailler, pour rester vierge.

Si vous deviez changer de ville et/ou de pays, où habiteriez-vous ? Il faudrait que je crée ma ville : un mélange de Paris, Berlin et New York. Si vous pouviez être quelqu’un d’autre pendant une journée, qui seriez-vous et que feriez-vous ? J’aimerais être l’ami d’un grand compositeur que j’adore, comme Emanuel Schikaneder, proche de Mozart, pour converser avec lui. Comment vous détendez-vous ? Par la lecture. J’aime aussi beaucoup l’eau : piscine, hammams, saunas... Pourquoi faites-vous tout ça ? Car j’ai besoin de m’exprimer de cette façon-là, d’être en contact avec la musique, c’est physique !

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L’œuvre d’art qui ne cesse de vous fasciner ? Une statue de Pietà à Salzbourg, en Autriche. Elle est revêtue d’un large manteau à capuche, vide, sans visage ni pieds. Elle dit : ce contour, c’est ce qui restera de nous, ce que l’on a montré, transmis. — www.citemusicale-metz.fr


LES MAUX BLEUS

ISILD LE BESCO Par Aurélie Vautrin | Photo Arno Paul

D’abord, il y a cette beauté picturale, la finesse des traits, la douceur froide du regard perdu dans un ailleurs. La pâleur de la peau. Puis il y a cette voix, calme, gracieuse. Envoûtante. Déterminée. Les réponses sont concises. Directes. Les mots éclatent, bulles de douceur. La demoiselle sait ce qu’elle veut, sage ou sauvage jusqu’au bout de ses longs cheveux, on ne sait plus très bien, on la laisse faire, l’enfant de la balle. Autour d’elle, une aura qui force le silence. Et puis il y a la bienveillance du sourire, la porte qui s’entrouvre. Animal sauvage jamais apprivoisé mais qui se laisse, pour un temps, approcher.

À 36 ans, Isild le Besco a déjà vécu mille vies. On la connaît comédienne prodige (se) jouant d’un cinéma exigeant. Scénariste, réalisatrice, fille de, sœur de. Peintre, illustratrice. Écorchée. Et auteure, aussi, qui, après Sang d’encre publié il y a déjà dix ans, a sorti cette année un recueil de nouvelles, S’aimer quand même, aux éditions Grasset. « Ce livre est l’histoire de ma rupture avec ma vie d’avant, mes liens d’avant. Les liens du père, de la mère, les liens des frères et sœurs. » Ainsi, après Maïwenn, c’est au tour d’Isild de rouvrir les plaies du passé pour se créer un futur. De crier l’amour qui frappe et qui fait mal, l’amour de soi, des autres, malgré eux, malgré tout. Ajoutant à ses souvenirs 34

des récits imaginaires, des dessins personnels, des dialogues bruts rapportés comme ils ont été dits ou pensés, qui s’enchaînent encore et encore et claquent comme dans un match de boxe, elle raconte, finalement, la construction d’une identité. Malgré tout. Avec Lolita Chammah et Élodie Bouchez, Isild le Besco en fait une pièce, hybride, changeante, mouvante, mêlant théâtre, lecture et danse, comme autant de tableaux abstraits, qu’elles adaptent à l’esprit du lieu dans lequel elles vont jouer. Comme pour toujours, au fond, garder leur liberté. Propos recueillis le 8 septembre chez Glorieuses, dans le cadre du Livre sur la Place.


L’IDOLE DES JEUNES

VINCENT DEDIENNE Par Aurélie Vautrin | Photo Arno Paul

Ce mec-là, c’est de l’or avec une moustache. Le talent et l’humilité incarnés par un petit brun aux cheveux foufous qui rêvait de théâtre dans sa chambre à Mâcon. Et qui, à trente ans et quelques poils, se retrouve à côtoyer les Grands d’un monde qu’il idolâtrait gamin, propulsé par le petit écran, adopté par le grand, par les planches, les micros, le public et tout le reste. Au phrasé cruellement caustique mais à la bienveillance rare. Cultivé mais accessible. Qu’on pourrait prendre pour notre meilleur pote si on s’y laissait prendre. Alors, forcément, quand à l’époque on le croise à Nancy, lors de la tournée promo de son tout premier film en tant que comédien, La Fête des Mères

de Marie-Castille Mention-Schaar, sorti en mai dernier chez UGC, on a le cœur qui crépite façon dubstep. « Les acteurs, les actrices surtout, m’ont toujours fait rêver. Le cinéma, moins – mon truc, ça a toujours été le théâtre. Du coup, ce rôle, c’était aussi pour moi l’occasion de voir si ça me plaisait. » Pas de « Premier Rôle » au sens strict, mais l’une des partitions d’un film choral au casting très féminin – et nouvelle pierre pour Vincent à l’édifice Dedienne, qui se joue des codes pour adapter les règles à son propre jeu. Qui cite Depardieu comme Jean-Pierre Bacri, Catherine Deneuve comme Muriel Robin. Qui pensait jouer une autre sorte de couple avec Nicole Garcia au cinéma – dans 35

La Fête des mères, il incarne son fiston-poule. « Résultat ? Eh bien je vais continuer à faire des films – mais je crois que pour moi, rien n’égalera jamais la puissance de jouer au théâtre… » D’ici peu, il sera à l’affiche de Premières vacances, au casting de la série Vingt-Cinq, en tournée avec deux pièces et bientôt sur scène dans un conte musical. Bref, on n’a pas fini de le voir, et c’est tant mieux. Propos recueillis le 5 mai 2018 au restaurant Les Pissenlits, dans le cadre de la présentation de La Fête des Mères à l’UGC


Z UT Culture Instant Flash

LA FEMME

CLARA LUCIANI Par Caroline Lévy | Photo Arno Paul

Alors que les NJP vivent leurs derniers émois, Clara Luciani patiente dans les loges. Ce soir, c’est elle qui ouvre le bal. Dans 30 minutes. Recroquevillée sur le canapé, trousse de maquillage en main, l’artiste s’excuse de devoir se farder tout en honorant notre rendez-vous : « Il faut que je ressemble à quelque chose », s’excuse t-elle. Sait-elle seulement qu’aucun artifice ne semble nécessaire ? L’allure est sublime, même en coulisses. De sa frange épaisse et structurée, à ses compositions, ses influences 70’s – Nico et Françoise Hardy en tête – exhalent : « Je n’ai jamais voulu que ma musique soit un pastiche ! J’avais envie qu’on entende un disque de 2018, en

cela l’intervention de Yuksek a été précieuse, commente-elle. J’aime les chanteuses qui ne s’écoutent pas chanter, qui ont des voix comme des flèches, sincères dans leur interprétation. Il y a quelque chose de l’ordre de la nudité qui me touche dans ces voix-là. Des cris. De l’instinctif. » La sienne, grave et capiteuse, a été repérée par le groupe La Femme alors qu’elle a 19 ans : « Ils ont été les premiers à trouver ma voix intéressante. » Devenue depuis une signature, qu’elle accorde divinement à sa guitare, elle captive autant pour ses propres textes que pour ses reprises pop, faisant oublier les versions originales de Lana Del Rey ou Metronomy : « L’exercice est difficile. Une bonne reprise doit respecter la 36

chanson d’origine et la personnalité du nouvel interprète. Bowie reprenant Brel avec The Port of Amsterdam est pour moi la reprise parfaite, parce qu’elle est dans une autre langue. Ce qui est fou, c’est que c’est par Bowie que j’ai découvert l’univers de Jacques Brel. » Sur scène, son univers se révèle enfin. Sa voix exulte. On est conquis. Propos recueillis le 16 octobre à l’occasion de Nancy Jazz Pulsations


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Sélections Culture

OPÉRA

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EXPOSITION

Opéra ! 9.11 > 24.02.19 Galerie Poirel | Nancy www.poirel.nancy.fr

Si l’Opéra de Nancy fête cette année ces 100 ans, l’art lyrique (et le spectacle en général) a connu d’autres maisons avant lui. C’est cette histoire de 3 siècles en 3 actes et 3 lieux qu’une exposition invite aujourd’hui à revisiter. Elle nous transporte à travers les coulisses du premier opéra, construit en 1709 par l’architecte italien Francesco Galli da Bibiena et considéré comme une des plus belles salles d’Europe. À travers celles de l’opéra de la place Royale (future Stanislas), qui remplace dès 1e mitan du 18e la salle vite devenue trop exigüe : un lieu plusieurs fois rénové et fort fréquenté, où Sarah Bernhardt joua à guichets fermés, et détruit par un incendie en 1906. Et enfin, à travers la construction et les créations de l’opéra actuel, nouveau phare de la vie artistique de Nancy depuis un siècle. (S.D.)

Visuel : Francisco Galli da Bibiena, Décor pour l'Opéra de Nancy sous le duc Léopold, colonnades torses et perspective, 1er quart du XVIIIe siècle © Nancy, Palais des ducs de Lorraine – Musée lorrain - Photo : J.Y. Lacôte

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Andreï Tarkovski, Solaris

WATCH THE STARS Photo : Arno Paul

LYRIQUES’ N’ROLL Après une première date à L’Autre Canal à Nancy début 2018, Feu ! Chatterton repasse par la Lorraine son dernier album sous le bras. L’Oiseleur « c’est une photographie de nous cinq sur un an. On est devenus des petits grands, plus apaisés », nous confiaient-ils. Ainsi, les guitares énervées ont laissé place aux machines et à plus de douceur pour un lien renforcé, plus intime, avec l’auditeur. Parle-t-on de mélancolie ? Notre journaliste lorraine, ayant assisté au concert nancéien décrira plutôt leur live de « lunaire ». Lumineux et doux. (C.B.)

Après une première édition, l’association Adrien et les Muses remet le couvert. Son Dream Factory Video Festival, petite usine à rêves, projections et réflexions invite les spectateurs à s’immerger dans la création audiovisuelle contemporaine, sous toutes ses formes. Cette année, on se laissera plonger dans l’infiniment grand et l’infiniment petit avec une édition sous-titrée Sous les étoiles. Au programme : Solaris d’Andreï Tarkovski, la projection de films de jeunes réalisateurs : Guillaume Lenel, Stéphane Privat et Scott Barley, mais aussi, un mapping vidéo dans la cathédrale Saint Étienne, des astrophotographies signées Adrien Mauduit, le tout entre le Klub et le Musée de la Cour d’Or-Metz Métropole. (C.B.) FESTIVAL

Dream Factory Video Festival 10 → 18.11 | Metz www.dreamfactoryartvideo.com

CONCERT

SOMBRITUDE Quand un artiste du coin s’y expose, on s’en réjouit toujours. Surtout quand on adore son travail. Le dessinateur de bande dessinée meurthe-et-mosellan Vincent Vanoli trace depuis une trentaine d’années un sillon singulier. Et déploie dans sa large bibliographie un univers nocturne et étrange, souvent inquiétant, baigné du cinéma expressionniste dont il revendique l’influence. L’exposition que lui consacre le CCAM, si joliment intitulée Pour qui sonne le gris, invite à un parcours dans une œuvre en noir et blanc qui navigue à la lisière du réel (et de la bande dessinée). (S.D.) EXPOSITION

Feu ! Chatterton 12.01.19 BAM | Metz www.citemusicale-metz.fr

Pour qui sonne le gris 9.03.19 → 5.04.19 CCAM | Vandœuvre-lès-Nancy www.centremalraux.com 39


Sélections Culture

GRANDIR Claude Monet, Leicester Square, la nuit, 1900-1901

VISIONS NOCTURNES

FESTIVAL

Semaine Extra 30.03.19 > 3.04.19 NEST | Thionville nest-theatre.fr

Terrain d’expériences et source d'inspiration inépuisable, le thème de la nuit dans la peinture moderne et contemporaine est mis à l’honneur par le Centre Pompidou-Metz au sein d’une vaste exposition. Via sa scénographie comme à travers les différents « vertiges », celui des sens, celui de l’inconscient et celui du cosmique, Peindre la Nuit fait appel à nos sensations et excite l'imaginaire. Incursions dans la ville, personnages mystérieux et fêtards, rêveries, cauchemars, aperçus de vie fugitifs se dévoilent sur deux galeries, un voyage de l'ombre à la lumière peuplé par Kandinsky, Klee, Monet, Mondrian, Max Ernst, Munch, Bacon, Bourgeois et une centaine d’autres artistes. (B.B.) EXPO

Peindre la nuit → 15.04 Centre Pompidou-Metz www.centrepompidou-metz.fr centrepompidou-metz.com

Depuis cinq ans, le NEST persiste dans son excellente idée d’un festival dédié aux ados (mais pas que), dont on sait qu’ils constituent le non-public le plus difficile à atteindre. Les deux artistes associés du théâtre, Isabelle Ronayette et Régis Laroche, ont choisi pour cette édition le thème de la norme, ou plutôt, « que faire quand on se sent à côté ? À la marge. Pas normal. Pas normé. Jugé. Discriminé. Avec pour seul référent son for intérieur…  » Huit spectacles, des ateliers et une scène ouverte pour un programme taillé sur-mesure, où l’on parle de révolte, d’autisme, de genre, du rapport à l’autorité, avec finesse, tendresse et humour. Autant de sujets qui résonnent forcément avec les interrogations du public visé, et des spectacles qui l’invitent à les transcender. (S.D.) Visuel : Change me, un spectacle de Camille Bernon et Simon Bourgade, les 2 et 3.04 au Théâtre en bois – Photo : Benjamin Poirée

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Sa danse, d’une beauté à couper le souffle, a fait de la chorégraphe berlinoise Sasha Waltz l’une des artistes contemporaines les plus importantes. Elle aborde son art en plasticienne, sculptant à la fois le corps et l’espace. Sa pièce Körper (2000, présentée au Grand Théâtre en 2016), où les corps des danseurs glissent derrière une vitre, a marqué un jalon dans l’histoire de la danse. Avec 14 danseuses et danseurs, elle interroge dans Kreatur les possibilités d’exister dans une société déchirée entre puissance et impuissance, domination et faiblesse, liberté et contrôle, collectivité et solitude. Pour l’occasion, elle collabore avec la créatrice belge Iris van Herpen. Forcément sublime. (S.D.) DANSE

Kreatur 12 + 13.12 Grand Théâtre | Luxembourg www.theatres.lu

The Pirouettes

CORPS À CORPS

ORIGINE FRANCE C’est un fait : la chanson française revit depuis quelques années un âge d’or, poussée par une nouvelle génération d’artistes plus encline à se révéler entièrement et à assumer des références ultra pop. Pour un avoir un goût de ce que la pop made in France produit de mieux, coup d’œil sur la programmation de L’Autre Canal. Le 16.11 Vendredi sur mer, imprégnée de la mode des années 90 et de l’ambiance pop électronique posée notamment par Étienne Daho, produite par l’excellent Lewis OfMan, côtoiera la mélancolie de Chaton scandée en punchlines autotunées. Le 05.12, ce sera au tour du duo The Pirouettes. Originaires d’Annecy et largement influencé par France Gall, ils cultivent un côté franchement naïf, voire kitsch en chantant de leurs voix fluettes sur des beats technoïdes. Après leur premier

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album Carrément Carrément, les deux petits choux présenteront leur second album Monopolis. Avant d’entamer gaiement la nouvelle année, L’Autre Canal propose sa 6e édition de leur super Party de Noël les 14 et 15.12 : ambiance dévergondée, déco olé olé, concerts colorés (Usé, Hassan K, Abschaum, Human Fly), le tout conceptualisé par le collectif What comes around goes around, qui décidément nous a prouvé avoir le sens de la fête ! Dès le 31.01, ce sera au tour du rock français avec The Limiñanas, qui, depuis l’année dernière cartonne avec leur 5e album Shadow People. Enfin le 02.03, le requin Bertrand Belin viendra présenter son nouvel album. Son rock biberonné au blues, ses textes d’une intelligence rare et sa classe naturelle finiront comme toujours par nous faire fondre… Le tout formant un excellent panorama de la musique hexagonale. Parfait. (C.B.) CONCERTS

L’Autre Canal | Nancy www.lautrecanalnancy.fr


pré-production — prises de vues — photo post-production — vidéo numérique — 03 90 20 59 59 —


Set design Myriam Commot-Delon Photographe Alexis Delon / Preview www.preview.fr Vase Jeanne & Cie (issu d’une série de 3 vases de tailles et formes différentes) en verre noir soufflé, design Régis Mayot (2015), édition CIAV / Meisenthal

Cahier Tendances

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SUR—

Photographe Alexis Delon / Preview www.preview.fr Réalisation Myriam Commot-Delon

Mannequin Nais | www.upmodels.fr Coiffure Alexandre Lesmes / Avila www.avila-coiffure.com Maquillage et manucure Maili Nguyen / Avila Post-prod Emmanuel Van Hecke / Preview www.preview.fr

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—— SOI

À gauche Étole en cachemire imprimé Nicaea Civitas Ipsae. À droite Pull en laine mérinos et jupe à taille haute, zippée devant, Ipsae. Bague en or jaune et citrines Éric Humbert.

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Manteau et bottines en cuir bordeaux Jil Sander Navy, jogging en velours Max Mara Leisure.

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Pull à col rond en cachemire et empiècements mohair et formes à chapeau (collection personnelle). Sac banane en crocodile, fabrication main (existe en plusieurs couleurs et finitions), Revenge Hom.

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Veste réversible en peau lainée Werner Christ, gilet ceinturé en maille cachemire Maison Montagut. Bague en or jaune et citrines Éric Humbert.

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Sac en cuir texturĂŠ Numero10.

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Veste et jupe en lainage tartan drapÊ longueur midi (disponible aussi en longueur mini), ligne Alcoholic, Vivienne Westwood. Bague Éric Humbert. Bottines Liu Jo.

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Manteau peignoir, pull et écharpe en mohair et alpaga, pantalon 7/8 en lainage, bottines en daim à détail volanté, le tout Liu Jo.

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Manteau à double boutonnage en lainage prince de Galles Tagliatore, derbies en cuir imprimé et semelle Goodyear Vivienne Westwood.

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ZU T Tendances Shopping

UP

BON GENRE

Par Caroline Lévy

La vague street continue de déferler avec la griffe unisexe Avnier du rappeur Orelsan et son acolyte, le designer suisse Sébastien Strappazzon. La contraction d’« avant-dernier » pour un look au top ! ——— Boulet Store

51, Grande rue à Nancy www.boulet-store.com

DATE HAPPY VIEW

Une monture carrée pour se protéger des rayons de l’hiver ? Cette nouvelle collection de solaires signée Chanel nous en met plein la vue ! ——— Lunettes Carrées Chanel

Monture acétate et verres or rose 18 carats En exclusivité chez Optique Moïse 54, rue Serpenoise à Metz www.optiquemoise.fr

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HOLA ! Féminine et irrévérencieuse, la femme Bimba y Lola est empreinte d’une folie singulière et élégante. Arrivée aux Galeries Lafayette Metz il y a quelques mois, la marque espagnole des sœurs Dominguez (et nièces d’Adolfo) joue des imprimés, (dé)structure les lignes et s’amuse à marquer ses accessoires iconiques d’un logo XXL. Muy bien ! ——— Galeries Lafayette

4, rue Winston Churchill à Metz www.galerieslafayette.com

TO Montre Oyster Perpetual, Rolex

WANTED

TOMBOY

L’Oyster Perpetual de Rolex est l’un de ces garde-temps qui corse l’allure. Sa belle simplicité easy wear ? Son cadran de couleur Red Grape, idéale pour relever la profondeur de l’anthracite, du kaki ou des rouges profonds de cette saison.

Dans la collection Isabel Marant x L’Oréal, je veux… tout. L’embellisseur de teint crème, le gloss rose bonne mine universel à poser aussi en fard à joues, le  mascara transparent pour dompter les sourcils et des vrais rouges qui claquent.

——— Bijouterie Nora

——— À l’espace beauté

14, rue Saint-Georges à Nancy www.bijouterie-nora.fr www.rolex.com

des Galeries Lafayette à Metz www.galerieslafayette.com

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Mots doux Par Caroline Lévy

Cette saison, l’Amour est dans le prêt-à-porter et les déclarations ont la cote. Les messages tendres s’affichent et contaminent nos dressings. Haut les cœurs.

CŒUR À PRENDRE

——— T-shirt brodé Keur Paris chez Atypic 15, rue Gustave Simon à Nancy

ACCROCHE-CŒUR

——— Écussons Macon & Lesquoy chez Sally & Jane 14, rue Taison à Metz

AMOUR BESTIAL

——— T-shirt à inscription Sandro aux Galeries Lafayette Metz 4, rue Winston Churchill à Metz

POUR LA VIE

——— Bague « Oui » fait main en plaqué or 18 carats chez Mother & Daughter 22, place de Chambre à Metz 56

POUR SE LOVER

——— Sweat brodé French Disorder chez Héroïne, 11, rue du Palais à Metz


PRIVATISATION SPA SOINS CORPS VISAGE MODELAGE CORPS ÉPILATION LPG MANUCURE SEMI PERMANENT POSE DE GELS

NOS MARQUES PARTENAIRES

Lundi Jeudi |10h-19h Vendredi | 10h-20h Samedi | 9h-19h

13, allée des tilleuls 57130 Jouy-aux-Arches 03 87 30 81 51

Aloha Beauté & Spa www.alohabeautespa.fr


Sélections Tendances

SHOPPING

Hyper activité

Honey\Mustard, le QG mode luxembourgeois aux labels scandinaves bien en phase avec les goûts des millennials, ouvrira le 15 novembre prochain un concept store de 400 m2 au City Concorde. Pour patienter, on file sur son tout nouvel e-shop… à nous les armures moumoutées de Stand (photo), les trenchs en satin rose de Won Hundred et Stine Goya et les « sacs pour dames » aux jolies anses tournicotées de foulards de soie de Baum und Pferdgarten ! New in shop ? La griffe Danni et son vestiaire rétro pointu. (M.C.D) Honey\Mustard 11, rue du Marché-aux-Herbes Luxembourg www.honeymustard.eu

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BIJOUX

Pour toujours Cette saison, la maille se pare d’une jolie médaille à personnaliser. En rasdu-cou, sautoir ou en chevalière, on choisit le message et la typo et pour la gravure, c’est l’artisanbijoutier messin Pierre Lorin qui opère. À prix doux, cette collection signée Mother & Daughter s’annonce comme l’indispensable de cette fin d’année, à (s’) offrir sans sourcilier ! (C.L.) Mother & Daughter 22, place de Chambre | Metz www.mother-daughter.fr

NEW

Très trésor L’échoppe de bijoux Sally & Jane de la rue Taison se paie une nouvelle adresse à quelques numéros. Dans ce nouvel écrin, on découvre de petits trésors en tout genre soigneusement sélectionnés par leurs hôtes Morgane et Mimi Lee.

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En vrac : des illustrations américaines, les sacs de la créatrice Ana Ibanez, les broches et broderies Maquon & Lesquoy et les peignoirs-kimono de la griffe néerlandaise Anna + Nina. Deux boutiques pour multiplier par deux vos envies ! (C.L.) Sally & Jane 7 et 14 rue Taison | Metz


Sélections Tendances

VINTAGE

Joyeuse chine On vous avait présenté les créatrices de la marque de bijoux Les Josette. C’était sans compter la créativité débordante de ce sémillant trio de Nancéiennes revenant avec un concept inédit autour du vintage. Amal, Lucie et Alicia se présentent comme des personal chineuses écumant friperies, boutiques d’occasions en France, Luxembourg et même en Belgique, pour présenter une sélection de pièces iconiques de seconde main sur leur plateforme online Stibidik. Un nom d’inspiration berbère

VINTAGE

Velvet Inspirés par la danse classique, les souliers de l’Opéra National de Paris sont faits main et fabriqués en France près de Limoges. Cap sur la nouvelle collection de ballerines ornées d’un ruban de velours : des chaussons de ville qui feront sensation sur le pavé messin ! (C.L.) Froufrouthé 2, rue Ambroise Thomas | Metz Facebook : Froufrouthé

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hérité de la maman d’Amal signifiant « choisi avec les mains ». Pour toucher ces atours d’époque, un showroom vient d’ouvrir à Nancy et sur rendez-vous ! On note aussi dans son agenda la 6e édition de la Friperie Ephémère, à mi-chemin entre le vide-dressing et la boutique de mode. Merci. (C.L.) Show-room Stibidik sur rendez-vous 125, rue de Mon Désert | Nancy Friperie éphémère, le 9 décembre à l’Envers Club 1, rue du Général Hoche | Nancy www.stibidik.fr


exposition Galerie Poirel 9 nov. 2018 > 24 fév. 2019

QG

Sweet Hommes Après Chez Cerise et Gustave, on attendait la naissance du petit frère avec impatience. C’est finalement au printemps dernier qu’il a pris place, rue Gustave Simon dans un lieu « atypic » : un concept-store faisant cohabiter un vestiaire pour hommes, de la déco, une épicerie fine et un bar. On y découvre une sélection racée de jolies marques comme AMI, Barbour, Kenzo, Officine Générale, Commune de Paris et des griffes françaises qui montent comme Keur Paris, Club Pétanque ou encore Cuisse de grenouille. À l’instar des collections, la déco elle aussi évolue au fil des saisons. On aime.

Opéra ! Trois siècles de création à Nancy

Atypic concept-store 15, rue Gustave Simon | Nancy Ouvert du mercredi au samedi de 10h à 20h Facebook : Atypic Nancy

lab • leblond • tytgat

(C.L.)


presse — édition — communication

Réalisation Myriam Commot-Delon — Photos Alexis Delon / Preview

chicmedias.com


Set design Myriam Commot-Delon Photographe Alexis Delon / Preview www.preview.fr Vase Jeanne & Cie (issu d’une série de 3 vases de tailles et formes différentes) en verre noir soufflé, design Régis Mayot (2015), édition CIAV / Meisenthal, en vente à La Vitrine Zut / chicmedias.

Cahier Lifestyle

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ZU T Lifestyle Design

decorum Par Myriam Commot-Delon

Panorama bohème Dans son showroom Bleu Jasmin, la décoratrice Myriam Mazur infuse avec délicatesse son goût pour les matières brutes et raffinées. Un détonateur à émotions et aux propositions plurielles où l’on se rend cette saison pour participer à des ateliers de béton ciré, voyager avec des trouvailles artisanales en provenance du Maroc ou d’ailleurs et retourner en enfance en découvrant le nouvel espace kids, peuplé des créations craquantes de Petit Pan ou d’Anne-Claire Petit. —— Bleu Jasmin 31, rue de Pont-à-Mousson Montigny-lès-Metz +33 (0)9 63 20 24 63

Miroir Diva en lin brodé, boutis et coussins en soie, velours ou lin, collection Elitis chez Bleu Jasmin. ——

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— Bougies danoises fabriquées main, ne coulent pas et peuvent être posées sans support, Ester & Erik chez Bleu Jasmin.

— Coussin en lin à motif fougère, design Amanda du Plessis, Evolution Product chez Bleu Jasmin.

Festivités hivernales Joli programme… chez Pampilles Concept, pour vous aider à (très bien) passer l’hiver, Hélène Boulic vous propose de fleurir chaque semaine le Vase d’Avril de Tsé-Tsé Associées, de vous jeter dans les poufs informels de Fatboy, de sauter à pieds joint sur les tapis trompe-l’œil de Beijaflore et de vous lover contre les coussins baroques de Ligne 29. Des conseils avisés et une adresse hautement recommandable pour les fêtes de fin d’année !

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1— Coussin à motif Adam & Éve, Ligne 29.

Pampilles Concept 4, rue de la Pierre Hardie | Metz +33 (0)3 87 69 13 14

2— Luminaire Here Come the Sun, design Bertrand Balas, DCW Éditions. 3— Lampe Fleur de Givre, à tiges flexibles et cinq couronnes à LEDs en polycarbonate, Tsé Tsé associées, le tout chez Pampilles Concept.

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1—Guéridon Tip Top couleur olive, design Philippe Starck, modèle rhabillé par La Double J pour Kartell. Kartell 35, rue Saint-Nicolas | Nancy +33 (0)3 83 20 98 33 www.kartell.com

2— Suspension Eos en plumes, Umage. Nouvelle adresse déco où dénicher les marques Räder, Eva Solo, Bloomingville, etc. + Ateliers déco, arts graphiques et floraux. Ver’Autre chose 14, rue du Pont Mouja Nancy +33 (0)3 83 52 00 35

3— Boite « Œil » en céramique Doiy Design chez Hidden Shop, nouvelle adresse messine (à shopper également sur les Internets) pour ouvrir son regard sur une sélection d’éditeurs design dans l’air du temps. Hidden Shop | Metz Facebook : Hidden Shop

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4— Sofa Paipaï, design Lucidi e Pevere, Cinna. Cinna 13, rue Abel Gance Thionville | +33 (0)3 82 52 43 31 31, rue St Nicolas | Nancy +33 (0)3 54 51 71 10


Suspension Z11 en Bambou, soie et cachemire de chez AY Illuminate

Sally & Jane Bijoux Argent & Trésors en tous genres

B O U T I Q U E D E D É C O R AT I O N E T C O R N E R E N FA N T

Papier-peint | peinture | béton ciré

31, rue de Pont-à-Mousson | 57950 Montigny-lès-Metz 06 62 29 41 66 www.bleujasmin.fr

DESIGN - LIFESTYLE

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DÉCORATION

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Caroline Najman · BY BOE · Hanka ïn · HARPO Macon & Lesquoy · Marie Laure Chamorel · Hannah Wallmark 5 octobre · Anna+Nina · Daphné Dasque · Stalactite 14, rue Taison - Metz - 03 57 28 84 73

MOBILIER - LUMINAIRES

DEAR CHARLOTTE — FABIEN AJZENBERG — VIRGINIE BERMAN MYABAY — UNE À UNE — POGGI — BE MAAD...

4, RUE DE L A PIERRE HARDIEE | METZ | 03 87 69 13 14

22, place de Chambre | Metz 03 87 32 79 48 www.mother-daughter.fr


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L’art et la matière Par Marie Germain Photos Benjamin Mathia

Aux côtés des grands noms du cuir comme Redskins ou Daytona, Paul Ajamian Cuir a su se faire une jolie place dans le dressing des amateurs de peaux tannées.

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Le milieu du cuir, Paul Ajamian le connaît bien. Plus jeune, il était en contact direct avec la matière, comme coupeur de cuir tout prêt de Lyon. Plus tard, il est devenu agent commercial, toujours dans le cuir, voyageant un peu partout pour vanter les mérites d’autres créateurs. À l’époque, déjà, il connaissait les filières, les différents types de peaux, il rencontre de futurs partenaires, se met doucement à la création. Il aime l’idée d’apporter sa touche, la petite nouveauté qui va transformer le produit fini. Il y a vingt-huit ans, il reprend les locaux de Sofacuir, à Metz, tout près de Magny. D’abord pour faire de la revente. Puis, l’envie lui vient de s’installer à son compte, pour dessiner ses propres modèles – et y apposer son nom : la marque Paul Ajamian était née. Des vestes, des blousons, des parkas, des perfectos, blazers, et autres vestons, des peaux lainées de qualité, plus tard des robes, jupes ou pantalons. La maroquinerie,


« Aujourd’hui, la plupart des tanneries sont en Chine, en Inde ou en Turquie, il a fallu s’adapter. » ça ne l’a jamais botté – son truc à lui, c’est l’habillement. « Aujourd’hui, la plupart des tanneries sont en Chine, en Inde ou en Turquie, il a fallu s’adapter. » Du coup, il voyage toujours beaucoup, pour s’assurer du bon déroulement des opérations, choisir la matière première, créer sur place les prototypes des nouveautés, lancer la production si le résultat lui plaît. « Je fais deux collections par an, mais celle du printemps est assez réduite, avec des matières plus légères. Le gros de l’activité se passe en hiver. » L’idée, pour lui, a toujours été de pouvoir également proposer des vêtements de haute qualité en dehors des traditionnels 36/42, pour sortir des standards et satisfaire l’ensemble du public. « Le cuir se travaille d’une certaine manière, il faut y penser lorsque l’on dessine les modèles de la collection suivante : au final, les coupes sont assez similaires, alors il faut penser à rajouter ce petit quelque chose en plus, qui va tout changer – un bouton, une découpe, un effet delavé, fait à la main, une impression de couleurs, ou une imitation croco ou lézard. » En quarante ans de carrière, Paul Ajamian a vu le milieu du cuir changer, évoluer, s’adapter. Les attentes ne sont plus les mêmes, en terme de style comme d’attention portée à l’écologie. « Avant même que ce soit devenu une norme, je tenais à ce qu’il n’y ait pas de chrome dans la fabrication de ma ligne de vêtements. C’était même noté sur l’étiquette ! De même, toutes les peaux utilisées ici proviennent de l’industrie de la viande. » D’ici peu, son fils prendra la relève. La marque a encore de beaux jours devant elle. Paul Ajamian Cuir / Sofacuir 5, rue du Moulin | Metz Facebook : Sofacuir

14, rue du Pont Mouja 54000 Nancy

03.83.52.00.35 www.verautrechose.fr

PRÊT À PORTER BARBARA LANG ▪ MES DEMOISELLES PARIS ▪ EWA I WALLA ▪ GRIZAS ▪ MASAI ▪ ECHAPPÉES BELLES ▪ TRIGRAMME ▪ RUNDHOLZ BLACK

une histoire de femmes un bruissement d’étoffes une idée conviviale du commerce

LABEL ▪ HANA SAN ACCESSOIRES ▪ CATHERINE PARRA ▪ JULIE SION (BIJOUX) ▪ OPERA NATIONAL DE PARIS ▪ LOFINA

2, rue Ambroise Thomas — Metz — 03 87 75 17 49

UN SALON DE THÉ ET PAS QUE… LARGE CHOIX DE PÂTISSERIES PETITS DÉJEUNERS, TARTES SALÉES ET SOUPE DU JOUR LE MIDI BRUNCH DE 11H À 15H LE DIMANCHE (SAUF LE DERNIER DU MOIS)

Mar. > sam. | 7h30 - 18h30

19, rue Taison — Metz — 03 87 78 43 55


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Tandis que Design City, biennale du design au Luxembourg, bat son plein, nous avons voulu aborder plusieurs facettes de cette activité protéiforme au Grand-duché. Des créateurs aux musées en passant par les associations, un monde dynamique à la recherche de visibilité.

Dessin intelligent Par Benjamin Bottemer

Mudam café, © Andres Lejona

Design city 2018, Collection Villa Les M © Andres Lejona

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Designers produits et industriels, designers graphiques, architectes d’intérieur, expérimentateurs aux œuvres présentées dans les musées ou même couturiers et producteurs de musique... le terme design englobe une large gamme d’activités, loin de se limiter à la création de mobilier ou d’objets industriels, pratiques les plus connues du grand public. « Quel que soit le domaine, au départ chacun est devant une page blanche, rappelle Anna Loporcaro, curatrice de Design City, biennale du design au Luxembourg créée en 2010. Au Luxembourg, ces professions ont connu une évolution incroyable cette dernière décennie. C’est un pays de melting-pot enrichi par différentes cultures, c’est également vrai en design. » Si le design graphique est une tradition locale depuis les années 60, la scène se diversifie en permanence. « Le design présente un ensemble de compétences dont le monde de l’entreprise a besoin : il y a eu une prise de conscience plutôt récente de cela », explique Laurent Graas, président de l’association professionnelle Design Luxembourg, fondée en 1995 et qui compte aujourd’hui une cinquantaine de membres. Avec l’association Design Friends, Design Luxembourg organise les Porfolio Nights, qui permettent aux étudiants et aux professionnels de présenter leurs travaux, ou encore les Design Awards. « La fonction première de l’association est de créer un réseau entre professionnels et de montrer au monde politique que ce sont des métiers d’avenir, mais sensibiliser le public est tout aussi important. »

Donner à voir Ce dernier point est la raison d’être de l’association Design Friends, qui fête cette année ses dix ans avec une belle édition retraçant une décennie de rencontres avec des designers de tous horizons. Design Friends organise des conférences, des expositions, publie des catalogues ainsi que DEE Magazine, état des lieux de l’actualité de l’association et support d’expression pour les designers luxembourgeois. « Il manquait à Luxembourg un travail de documentation que nous nous sommes proposé de faire, explique Nadine Clemens, la présidente. Faire venir des designers internationaux est très inspirant et crée un engouement du public. » De l’aveu de tous, Marie-Christine Beaud, première directrice du Musée d’art moderne (Mudam) du Luxembourg et passionnée de design, a largement contribué à le mettre en lumière en intégrant des designers aux collections et en faisant appel à eux pour réaliser le mobilier du musée. L’organisation de Design City est d’ailleurs pilotée par le Mudam, en lien avec la Ville de Luxembourg. Anna Loporcaro, curatrice de l’événement, est également responsable de la programmation des événements culturels et artistiques du lieu. « Il y a des festivals du design partout, chacun a sa recette : Design City montre tous les volets du design entre le monde de l’art et celui de l’entreprise. La frontière est floue et on se plaît à l’explorer. » L’exposition Beyond the new, actuellement au Mudam, interroge justement le regard qui est porté sur le design dans un contexte muséal et dans la vie quotidienne.

Design city 2012, Marché des créateurs au Mudam

Une nouvelle façon de le percevoir et de l’apprécier également portée par le Casino, Forum d’art contemporain à Luxembourg. « Un musée a la liberté de mettre en exergue les problématiques voire les critiques émises par le design, et aussi tout ce qui est innovant et qui contribue à écrire son histoire », précise Anna Loporcaro. Trouver l’endroit Le design au Luxembourg voyage des studios vers le monde de l’entreprise et de la culture, vers le grand public et les musées, mais le domaine de la formation y est encore peu développé, mis à part en design graphique au Lycée des arts et métiers. Ce qui incite les jeunes à se tourner vers l’étranger. « Une contrainte bénéfique », selon Nadine Clemens, qui souligne la richesse que cela apporte à la production locale. Laurent Graas évoque la capacité d’exportation que cela confère aux designers luxembourgeois, « essentielle pour notre survie ». La plate-forme en ligne Creative Cluster, pensée pour mettre en relation les industries créatives, constitue un outil que les designers se sont approprié. En matière de développement, c’est plutôt la création d’un lieu dédié qui fait l’unanimité chez nos interlocuteurs : Design Friends se prend à rêver d’un Musée du design, Anna Loporcaro évoque un Centre du design qui réunirait diffusion, formation et documentation tandis que Laurent Graas imagine en plus un lieu de travail qui privilégierait les échanges à l’image de tiers-lieux comme TCRM-Blida à Metz. En tout cas, tous s’accordent sur un même cap : associer entrepreneurs, politiques et monde de l’art pour donner plus de visibilité aux designers locaux. —— Design City, jusqu’au 18 novembre à Luxembourg www.designcity.lu Beyond the new, exposition jusqu’au 13 janvier au Mudam www.mudam.lu www.designluxembourg.lu www.creativecluster.lu www.designfriends.lu

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Max Steffen L’esprit et la matière Né au Luxembourg en 1982, Max Steffen a suivi des études de design industriel à la Hochschule de Pforzheim en Allemagne avant de travailler une année au studio parisien du designer Ora-ïto, qui se fait connaître au début des années 90 en imaginant des objets frappés du logo de grandes marques qui deviendront ses clientes. « Ora-ïto faisait davantage confiance aux idées et à l’implication qu’à l’expérience, raconte Max. À ses cotés, j’ai appris à créer des visuels, à manipuler des images et à concrétiser ces visions. C’est ce parcours de l’idée à l’objet qui m’a toujours attiré dans le design. » En 2013, Max Steffen installe son propre studio à Bruxelles et travaille pour des marques comme Vodafone, Bosch, Dior ou Paco Rabanne, qui le sollicitent pour imaginer des projets novateurs tel ce casque de réalité virtuelle baptisé « Dior eyes ». « Mon langage, je le construis en parallèle à la marque et à ses demandes avant tout. Sans être minimaliste, mon style se concentre sur l’essentiel. » On retrouve cette sobriété tout en élégance dans cette mallette pour ordinateur portable déclinée chez Côte&Ciel et Thule, un projet pour lequel il a suivi la production en Chine ; une implication dans la chaîne de production qui le passionne. Depuis le mois d’août, Max s’est installé près de San Francisco où il travaille pour The North Face, marque

spécialisée dans les vêtements de sport. Il y dirige une équipe de huit designers autour de la création de sacs, sacs de couchage et tentes. Un domaine où l’attention se porte particulièrement sur les matériaux : pour la collection automne 2020, son défi est d’utiliser au maximum les matériaux recyclés. « C’est un bon exemple pour montrer que le design ne consiste pas qu’à trouver les formes, mais à aussi à penser aux matériaux et à la fabrication. » Depuis la Californie, Max mène actuellement un projet personnel au Luxembourg : un banc qu’il souhaite 100% local dans sa fabrication, du matériau composite Corian aux pièces métalliques fabriquées chez Lux Forge. La menuiserie Modulor se chargera de l’assemblage en vue d’une petite production. On peut en admirer les premiers exemplaires place du Théâtre à Luxembourg, présentés à l’occasion de Design City, la biennale du design. Un nouveau produit exploré par Max Steffen, à ajouter à un catalogue d’idées déjà très diversifié. « Pas besoin de voyager à l’autre bout du monde pour avoir des idées : le plus souvent, ce sont des gens, des artistes, qui m’inspirent. Il faut juste savoir écouter et regarder. » www.maxsteffen.com

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Julie Conrad, Collection Carryme

Julie Conrad —— Sensible à la combinaison entre approche artisanale et industrielle, Julie Conrad développe dans son studio des créations aussi bien en graphisme qu’en design produit ou d’espace. Sa collection Carryme en DuPont Tyvek, un polyéthylène haute densité dont la fragilité n’est qu’apparente, se décline en étuis pour ordinateurs, sacs ou carnets colorés. Elle s’est investie au sein du projet luxembourgeois DONO, qui récupère des bâches pour leur donner une nouvelle vie : Julie Conrad a ainsi développé une première collection avec sacs à main, abat-jours et sacs pour vélo. www.julieconrad.lu


Les M Studio, Collection Villa design, édition Tabisso

Polenta

Les M studio —— Diplômées de l’École des Beaux-arts de Rennes, Céline Merhand et Anaïs Morel fondent Les M studio en 2007. Implantées dans la capitale bretonne et au Luxembourg, elles s’inspirent des rituels de la vie quotidienne pour créer un mobilier entre technicité et confort, dans les formes comme dans les matériaux utilisés. Elles travaillent fréquemment pour des institutions muséales comme avec les tapis Pillow pour le Centre Pompidou-Metz. Au Luxembourg, elles imaginent pour le Mudam, Sensorium, installation éveillant les cinq sens ou la collection Villa, composée de chaises, tables, bancs et portemanteaux pour l’exposition Le Cours de la vie à la Villa Vauban. www.lesm-designstudio.com

Menuiserie Modulor

Modulor menuiserie —— Épure et qualité sont les mamelles de Modulor, fondé par le maître-menuisier Kai Hengen en 2010. Modulor crée des meubles de la conception à la réalisation avec son studio et son atelier de menuiserie basés à Mersch, au nord de Luxembourg, utilisant bois (dont certaines essences locales) mais aussi métal, verre, Corian, béton, textiles et mousse. Parmi ses réalisations emblématiques, on aime Turn & Hide, meuble malin composé de cinq éléments empilés ou le bar de l’hôtel Trail-Inn à Berdorf. www.modulor.lu

Olaf Recht, fauteuil Pebble et lampe Ardoise →

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—— Ce studio de design graphique fondé en 2013 par Annick Kieffer et Rick Tonizzo a mis son nez dans l’identité graphique de pas mal de lieux et événements culturels au Luxembourg depuis sa création en 2013 : les Rotondes, le Cercle Cité, la Philharmonie, la Kulturfabrik, le Centre National de l’Audiovisuel, le festival Rock-a-field... avec de jolis concepts et de beaux catalogues. Cette année, ils ont notamment signé l’identité visuelle du festival Atlântico à la Philharmonie du Luxembourg. new.studiopolenta.com

Olaf Recht —— Après des études en Suisse et en Californie, Olaf Recht s’investit aussi bien dans le design d’intérieur pour de grands hôtels ou des sièges d’entreprises, telles que BNP Paribas, que dans le design de produits, notamment dans le domaine médical. Il crée aussi des luminaires, dont plusieurs modèles pour la marque BoConcept. Sa chaise lounge Pebble, après avoir été présentée au sein d’une exposition au Casino Luxembourg en 2017, a été produite localement en petite série pour rejoindre le mobilier du Château de Bourglinster et du Château de Bourscheid à Luxembourg. www.olafrecht.com


Zut à table.

Les nouvelles tables Par Cécile Becker, Caroline Lévy et Aurélie Vautrin

19, rue Taison | Metz +33 (0)3 87 78 43 55 Facebook : Ô Sœurs Saveurs Mardi au samedi de 7h30 à 18h30

Les deux Sœurs Saveurs, Typhaine et Juliette, bichonnent pâtisseries, biscuits et petite restauration, le tout avec une sensibilité accrue pour les bons produits. Un salon de thé ++. Les débuts Avant de s’associer, les deux sœurs ont longtemps tourné autour du pot. Typhaine avait créé A Cake Idea, sa société de cake design ,et Juliette, spécialisée en management dans le milieu de l’hôtellerie, cherchait un poste à Paris. Patatras : il aura fallu qu’elles tombent sur cette échoppe rue Taison pour tout plaquer, retrouver le QG familial lorrain et créer leur propre salon de thé. Elles sont aujourd’hui entourées de 4 salariées (« on reste entre femmes ! ») et épaulées par une famille en or, dont leur grand-mère, 80 ans, qui les a aidées le jour de l’ouverture !

Un cocon « On trouvait qu’un salon de thé un peu atypique manquait à Metz, on a eu envie de tenter l’expérience en créant un lieu où l’on se sente comme à la maison : chaleureux et convivial. » L’avantage, c’est qu’un laboratoire a pu être installé au sous-sol et permet aux trois pâtissières d’inventer, créer et cuisiner tout au long de la journée, de nouveaux délices. 74

Le goûter Toute la journée, on trouve de délicieux cheesecakes, cookies choco banane ou autres noix du Brésil (mais pas que, en matière de cookies Typhaine et Juliette en connaissent un rayon !), tartes au citron meringuée, madeleines divines, carrot cake ou encore scones fruits secs. Le tout arrosé de boissons bien sourcées, le plus possible produites localement : boissons fermentées Kyo Kombucha (fabriquées à Strasbourg), thés Greenma, jus de fruits Saveurs Fruitières d’Antan (Saizerais), bières des Trois MousseQuetaires.

Les + — Un petit corner épicerie bien fourni. — Pour le déjeuner, des tartes, soupes faites maison, un pâté lorrain véritable (coupé au couteau par leur papa !) et l’inévitable quiche lorraine. — La possibilité de commander des pâtisseries et gâteaux, et notamment pour les fêtes, des bûches de Noël, cookies géants et, pour plus tard, des galettes des rois. — Un brunch le dimanche (sauf le dernier dimanche du mois). (C.B.)

Photo : Benjamin Mathia

Ô Sœurs Saveurs


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Zut à table.

Le Majeur

Les Puces

13, rue du Grand Rabbin Haguenauer Nancy | +33 (0)9 51 13 53 94 Facebook : Le Majeur Nancy

31, Grande rue Nancy | +33 (0)3 83 23 08 40 www.restaurant-les-puces.fr

Qui ? Le tout premier resto en tant que proprio de Laure et Matthieu, à la fois jeunes parents et jeunes patrons.

Quoi ? Une nouvelle adresse nancéienne pour faire

son marché ! C’est en vieille ville que le restaurant aux inspirations vintage a ouvert ses portes. On y mange (très bien) et on peut même y acheter la déco rétro et le mobilier !

On y va Parce que c’est super sympa ! Ambiance bistrot de quartier à la cool, une déco travaillée et un rapport qualité-prix appréciable.

Aux manettes Le chef Mehdi Kefif qui a fait ses armes

dans plusieurs établissements à Nancy (il a notamment été formé par Patrick Fréchin) mais également chez un étoilé de l’Isle-sur-la-Sorge, haut lieu du vintage qui a d’ailleurs inspiré ce resto-show room d’un genre nouveau.

Le brunch Le dimanche, c’est brunch pour tout le monde : 20 € pour les adultes, 10 € pour les enfants. Une partie sucrée, qui fait la part belle aux desserts créatifs (miam le granola maison), et une partie salée avec les incontournables œufs brouillés, mais aussi d’autres bouchées délicieuses régulièrement mises à jour.

Dans l’assiette Ici on travaille les produits du marché et à l’ardoise ! Le circuit court est privilégié, pour une cuisine de bistrot authentique. La tête de veau sauce gribiche est déjà un best-seller !

On y déguste Une cuisine saine, simple et bonne, basée sur les recettes de maman, avec une touche résolument moderne en prime. Chaque semaine, un nouveau menu : 2 entrées, 2 plats, 1 plat du jour, 1 plat végétarien et desserts. La salle n’est pas très grande, alors on réserve !

La déco Orchestrée par le décorateur et archi d’intérieur messin Olivier d’Alessandro. Le créateur de mobilier Quentin Chevalier a imaginé et fabriqué les pièces métalliques du restaurant (miroirs et ciel de bar) ! (C.L.)

Photo : Arno Paul

(A.V.)

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Le Pampre

31, place de Chambre | Metz +33 (0)3 87 50 16 20 www.lepampre.fr Menus à partir de 31€ Fermé le lundi midi, le mardi et le mercredi midi.

Jours de fête

La rédaction aime Par Cécile Becker

Photo Audrey Krommenacker

Des bons produits, pour l’essentiel locaux, un travail très technique qui ne manque pas de créativité, une cuisine qui se revendique militante.

Une bouffée d’air frais, à Metz et en général. Le discours du chef Alexis Baudin fait mouche : « Vu l’état du monde et le réchauffement climatique, la vraie alternative c’est de changer nos manières d’acheter et de consommer. J’ai choisi de ne travailler qu’avec les petits. » Point barre. Ainsi dès la première page du menu, la démarche est claire : les produits d’exception du Pampre sont ultra-sourcés et notre chef militant visite régulièrement les producteurs du coin – qu’il sélectionne avec soin – en ne cessant jamais de cherche le meilleur. Depuis peu, il travaille ainsi en direct avec la Bretagne pour se fournir en poissons et fruits de mer, connaît ses volailles élevées à la Ferme du Grand Pré à Lorry Mardigny, ne tarit pas

d’éloges sur les œufs des Paniers de Flo (Ferme du Champblé à Mardigny) et cultive autant que possible son propre jardin de 35 ares. « Il faut respecter le produit, mais aussi le client. Je sais ce que j’achète, je n’ai rien à cacher. Je suis cuisinier, je ne suis pas un cuisto. J’ai une vision de la cuisine. » Et sa vision pourrait être résumée en une expression : prendre le temps. De trouver le meilleur, de s’organiser pour optimiser le travail que les produits frais requièrent et de cuisiner. Ici, tout est cuit à basse température, la viande se repose ensuite puis est poêlée à nouveau, pour concentrer les saveurs ; les sauces, elles, sont exécutées exclusivement en réduction. Fond de viandes et agents texturants ? Out. Tout est clair et le goût droit et net : de la

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Pour les fêtes de fin d’année (Le Pampre sera ouvert les 24 et 31 décembre au soir), Alexis Baudin prévoie Saint-Jacques, chapon, bûche (maison, ça va de soi) et pour marquer le coup, un bel arrivage de produits plus exotiques : coquillages bleus nacrés de la Nouvelle-Zélande, poissons des grands fonds australiens, etc. Hop, on réserve !

gastronomie de haut vol avec, en plus, un vrai menu végétarien déclinable en version vegan. « Je pars d’un produit et je joue sur les textures et les formes. » Ce jour-là, nous serons agréablement surpris par les amusebouches, trio aérien mêlant saumon, panais et concombre, par la quiche lorraine en cappuccino, ravis par la cuisson parfaite de la volaille sublimée par des sauces pralinée et cacahuète et déroutés par la poire (mousse, poire confite) en trompe-l’œil en dessert. Ici, c’est clair : on ne badine pas avec la cuisine.


Zut à table.

Lʼactu

Les soirées fromage de

La Cloche Par Cécile Becker

Photo DR

Les ateliers cuisine

Chez Valentine Par Cécile Becker

Photo DR

Depuis son ouverture au printemps dernier, Chez Valentine n’en finit plus d’abreuver Metz en (très) bonnes idées healthy, qu’elles soient à croquer dans son restaurant, à emporter ou à approfondir lors de ses ateliers cuisine. Ainsi, Valentine, notre naturopathe propose cette saison un nouveau plat chaud chaque semaine (on aura profité par exemple de ses gnocchis de chou fleur violets et patates douces au pesto basilic), un brunch (25 ou 30 €) à emporter tous les derniers dimanches de chaque mois et des ateliers cuisine thématiques de deux heures mêlant théorie et pratique, dont la liste est à retrouver sur le site du restaurant. Comment utiliser les herbes aromatiques ? Comment les associer ? Ou apprendre à préparer un beurre végétal ? Tout est possible. En plus de ces ateliers, depuis peu, Valentine prodigue régulièrement ses conseils naturo et santé sur sa page Facebook. Autant dire qu’ils sont précieux en cette période où le froid menace nos défenses immunitaires. Dernière nouveauté ? Une ouverture étendue chaque jour jusqu’à 17h30 pour profiter de ses nombreux healthy bowls à l’heure du du goûter. On aime !

12, rue de La Fontaine | Metz | +33 (0)3 87 76 23 79 www.chezvalentinemetz.com Ouvert du mardi au samedi de 11h à 17h30

Simplicité et convivialité sont les maîtres-mots de cette adresse où se croisent travailleurs en goguette à l’heure du déjeuner et tablées d’amis ou familles cherchant un lieu chaleureux pour dîner. Pourquoi La Cloche ? Pour sa cuisine faite maison, son cadre sympathique, pour son bon rapport qualité-prix et sa carte renouvelée chaque saison. Cet automne, on retrouve les incontournables quiche lorraine ou terrine mirabelle en entrée, le burger lorrain – régulièrement cité par les gourmands –, le risotto tantôt agrémenté de gambas, tantôt de Saint-Jacques chorizo et une belle carte de desserts. Ici, on se sent comme à la maison et les soirées fromage, de retour en cette fraîche saison y contribuent. Attifées de caquelons rouges, les tables de La Cloche accueillent ainsi les fameuses fondues mais aussi autres tartiflettes et camemberts rôtis. De quoi réchauffer nos corps et affronter la morosité de cet automne-hiver : faire nos réserves tout en passant un bon moment, bonne idée non ?

37, place de Chambre | Metz | +33 (0)3 87 36 04 23 Facebook : La Cloche Ouvert du mardi au samedi de 11h45 à 14h et de 19h à 22h

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Photos : DR

Zut à table.

La pâtisserie

Meilleur ouvrier de France en 2014, à nouveau classé parmi les 12 meilleurs chocolatiers français par les experts du Club des Croqueurs de Chocolat en 2018, Franck Fresson, chocolatier et pâtissier, bien connu sur la place, reste d’une intransigeance rare. Seul objectif : « faire plaisir ».

Par Cécile Becker

Fresson, chocolatier et pâtissier Boutique et salon de thé 17, rue du Grand Cerf | Metz +33 (0)3 87 36 28 17

Boutique 37, rue Jean Jaurès | Jarny +33 (0)3 82 33 18 79 www.fresson-chocolatier-patissier.fr

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chocolat. En bouche, c’est effectivement le jeu des textures qui nous emporte. C’est un fait, la maison Fresson aligne les réussites et les best-sellers : certains loueront ses macarons et leurs coques croquantes à souhait, l’entremet Caraïbe au chocolat, les cakes de voyage (cake ultra moelleux à la taille optimale pour un goûter à emporter ou à déguster à l’étage, dans leur cosy et confortable salon de thé), le Paris-Metz, création mêlant macaron tricolore crème aux éclats de bonbons arlequin et framboises fraîches adoubée par un autre fleuron de la pâtisserie française, Christophe Michalak, ou ses chocolats. Son travail autour du chocolat témoigne de l’intransigeance qu’il s’applique avant tout à lui-même. C’est pour « faire plaisir » à son père, lui-même pâtissier, qu’il a choisi cette voie et qu’il a sans doute conservé ses laboratoires à Jarny. Et c’est encore ce père qui l’a poussé à ajouter une corde à son arc en apprenant le travail du chocolat : « Le chocolat ne m’attirait pas vraiment mais de la même manière que le plaisir et l’amour de mon métier sont venus par l’apprentissage, tout le savoir et toutes les techniques autour du chocolat ont fini par me passionner. J’adore apprendre et je suis persuadé de ne jamais avoir fini d’apprendre. » Alors Franck Fresson a travaillé dur, encore et toujours, pour développer toute une gamme de chocolats, ganaches parfumées à souhait et praliné à la texture, il faut le dire : parfaite. S’il est ici impossible de rendre justice à l’étendue et l’excellence de toutes les merveilles choco-

latées alignées en vitrine, nous en choisirons trois. Le Fleur bleue : ganache à la menthe et à la bergamote, le Cœur d’Italie pour constater l’excellent travail du praliné et les délicats Minerais lorrains (modèle déposé, créé par le grand-père de Franck Fresson) incarnations de la gourmandise, ces petites douceurs vous laissent sur les doigts une poudre chocolatée dont vous ne voudrez perdre une miette ! Avant notre entretien, passant justement devant sa vitrine et revenant sur son award décerné par le Club des Croqueurs de Chocolat (et renouvelé cette année), il s’exclame avec humour : « Pas mal pour des paysans de Jarny ! » Comme pour chercher à attirer le regard vers cette famille, vers ce père, qui l’a poussé à devenir cet homme intransigeant et talentueux qu’il restera.

À shopper, déguster et/ou offrir ! • L es minerais lorrains • L es marrons glacés • L e calendrier de l’Avent • L es coffrets chocolats (personnalisables) • L e kit de secours réunissant un assortiment de bouchées • L e Mont-blanc (entremet) • L es bûches de Noël aux saveurs variées

Photo : Audrey Krommenacker

Si l’on s’était contenté de nous fier à notre première impression, nous aurions probablement décrit Franck Fresson comme un homme farouche. Alors que nous avions prévu de publier un portrait photo, il refuse net, malgré notre insistance et celle de sa femme, Chrystèle Fresson, son bras droit. Pour expliquer sa décision, il se lance dans une longue plaidoirie du métier de pâtissier-chocolatier et dénonce les dérives ouvertes par la télé-réalité et les réseaux sociaux (« Instagram, je ne comprends pas et je ne comprendrai jamais, moi, des pâtisseries parfaites qui ressemblent à des bouts de plastiques, désolé mais je ne trouve pas ça gourmand ! »). Il faudra lire entre les lignes pour comprendre son refus de se mettre en avant : le produit et le goût avant tout, l’acharnement au travail pour arriver au meilleur comme seule preuve de sa réussite (auréolée par sa réussite au concours du Meilleur ouvrier de France en 2014 qu’il décrira comme une « renaissance ») et enfin, l’œuvre de toute une équipe – Fresson compte une trentaine de salariés – qui chaque jour, donne le meilleur pour « faire plaisir au client ». Le reste n’est que littérature. Alors certes, Franck Fresson a ce petit côté sauvage, mais il est avant tout intransigeant : « Je ne fais aucune concession, quand j’entame quelque chose, je vais jusqu’au bout. » Pour preuve, alors que beaucoup de pâtissiers sidérés par le prix exorbitant de la vanille en gousse (son prix a été multiplié par 10 en 4 ans…) ont abandonné son usage pour se tourner vers les extraits et autres arômes, Franck Fresson lui, paie le prix fort pour une matière première de qualité. Et ça fait toute la différence : elle se fera délicate et aérienne au côté de la puissance d’un caramel dans son Suprême de Crillon, dessert dont nous nous régalerons goulûment à la petite cuillère. Recherche-til alors la perfection ? « La perfection ne veut rien dire, il faut que ce soit harmonieux à l’œil et paisible en bouche. Beaucoup de gens parlent de goût, pour moi ce sont les textures qui conditionnent le goût. Il y a 1000 façons de faire un mille-feuilles par exemple, celui qui sortira du lot c’est celui qui aura réussi à conjuguer les textures. » En cette fraîche saison, c’est la star de la vitrine qui finira par nous convaincre : le Mont-blanc Fresson adjoint une chantilly légère, une crème de marrons très équilibrée et une meringue croustillante enrobée de

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Zut à table.

L’équipe Par Cécile Becker

Aurore « Chacun de nous avons des goûts musicaux différents. Surtout entre celles et ceux qui travaillent le jour et celles et ceux qui travaillent le soir. Pour la journée, ce serait plutôt une playlist rock, rockabilly, jazz, très années 50. Et pour le soir, de la musique actuelle, house ou électronique. Il n’y a pas de musique qui nous mette d’accord, c’est plus le choc des générations. »

Photo Benjamin Mathia

Boyan « Les clients, on a l’impression qu’ils sont tous devenus des amis, ils font vibrer cet endroit. Ce sont des gens avec qui on mange, avec qui on prend un café le matin, un thé le dimanche… On parle du temps, du monde, de tout et de rien. Et puis on fait la fête ensemble le soir ! Tous des amis, même ceux qu’on ne connaît pas encore ! »

À Metz, on a 1000 raisons d’aller aux Vedettes : la déco, l’atmosphère, la boisson, la petite cuisine fournie en tartines, mais surtout l’équipe. Car c’est elle, menée de mains de maîtresse par Rachel Burgy, qui fait tout l’esprit du lieu et qui en parle le mieux.

Isabelle « La Vedette des Vedettes, c’est la tartine raclette ! »

De gauche à droite : Aurore, Boyan, Isabelle, Laetitia, Rachel, Natacha, Léna, Dimitri

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Laetitia « Ingénieure reconvertie en restauratrice dans l’air du temps, Rachel [la patronne, ndlr] est exigeante envers les autres comme envers elle-même ! Endurante et motivée, elle est appréciée pour sa rigueur, sa franchise et son attention. Belle, intelligente et drôle, elle chante aussi très bien. Girl power ! »

Natacha « Ce qui m’a le plus marquée à mon arrivée aux Vedettes, c’est l’ambiance les soirs de week-end. Le bar se transforme en discothèque, on pousse les tables, on installe des boules à facettes et les gens dansent partout, même sur le bar ! C’est impressionnant les premières fois. »

Rachel « Plus qu’une équipe, je dirais que c’est une tribu. C’est important pour moi que tout le monde se sente heureux de venir travailler. On essaye vraiment de mettre l’humain au centre et ça se retrouve forcément dans le service. Tout le monde est impliqué dans la vie du bar, comme si c’était le leur. J’ai beaucoup de chance d’être entourée de ces gens-là ! »

Dimitri « Une journée aux Vedettes, c’est avant tout des moments de partage et d’humanité : des moments où l’on prend le temps de discuter, entre nous ou avec la clientèle. Il est intéressant de voir qu’ici, on se sent tous en famille. L’ouverture d’esprit et le dialogue sont de mises et le service en est d’autant plus humain. C’est important et enrichissant. C’est un métier, mais c’est avant tout un plaisir. »

Andréa (Absente sur la photo) « Les Vedettes, c’est un endroit convivial qui s’adresse à une clientèle de tous les âges : que ce soit en famille ou entre amis, on se sent ici comme chez soi. »

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Léna « L’équipe des Vedettes est un beau mélange de goûts différents, ce qui donne parfois des situations cocasses ! Mais on sait rester dans la cohésion car on est armé de bonne volonté et on navigue tous dans la même direction. On participe tous du bon environnement de travail et ça nous donne envie d’y rester tard le soir ! » Les Vedettes 24, place du Quarteau | Metz +33 (0)3 87 62 56 84 Facebook : Les Vedettes – Metz Ouvert tous les jours


Zut à table.

La recette Texte Aurélie Vautrin

Tout le monde le sait, Nour est LA bonne adresse à Metz pour déguster de savoureuses pâtisseries orientales… Mais outre les succulents msemen et autres cornes de gazelle, la maîtresse de maison, Safia Amiti, propose également le midi de bons petits plats qui réchauffent comme un joli soleil d’été. On aime !

Photo Benjamin Mathia

Ta jine de poulet aux olives — Pour 5 personnes

Ingrédients • 5 cuisses de poulet • 1 c.à c. de sel fin • 1 c.à c. de poivre • 1 c.à c. de gingembre en poudre • 1 c.à s. d’huile d’olive • 10 cl de solution de safran (ou safran en fil) • 125 g d’olives vertes dénoyautées • 1 citron confit • 50 g de beurre • 3 c.à s. d’huile de tournesol • 2 oignons coupés en fines lamelles • 3 gousses d’ail • 50 cl d’eau • Un petit bouquet coriandre-persil lié avec une ficelle alimentaire

Pâtisserie Nour 3, rue Paul Bezanson | Metz +33 (0)3 87 74 38 22 Ouvert du mardi au samedi

— Mélanger le sel, le poivre et le gingembre avec l’huile d’olive.

— Dans une cocotte ou un plat à tajine adapté, faire chauffer l’huile de tournesol et le beurre. Faire revenir les oignons. Dès qu’ils deviennent tendres, ajouter l’ail, le safran et le poulet. Bien remuer, rectifier l’assaisonnement avec sel, poivre et gingembre. Ajouter 50 cl d eau – ou plus si nécessaire – il ne faut pas laisser la cocotte s’assécher. Couvrir et laisser laisser cuire 30 mn après ébullition.

— Badigeonner les cuisses de poulet avec le mélange obtenu. Réserver. — Faire blanchir les olives en les plongeant dans l’eau bouillante puis les rafraîchir sous l’eau froide. Réserver dans une passoire. — Retirer l’intérieur du citron confit, le couper en lamelles en conservant la peau. Réserver.

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— En fin de cuisson, ajouter les olives, le citron confit, le petit bouquet de persil-coriandre. Laisser cuire encore 5 mn. — Accompagner de semoule de couscous ou d’un riz basmati parsemé d’un peu de coriandre ciselée.


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Photos : © Ville de Nancy

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FÊTE

MERCI PATRON !

Les Fêtes de Saint-Nicolas Du 23 novembre 2018 au 6 janvier 2019 | Nancy Week-end de Saint Nicolas : les 1er et 2 décembre www.saint-nicolas.nancy.fr

C’est un fait et c’est une grande fête : le patron des Lorrains, ce cher Saint-Nicolas, se voit célébré comme il se doit durant Les Fêtes de Saint-Nicolas à Nancy, un événement qui monte en puissance depuis la première édition en 2014. La preuve en chiffres ? Près de 300 000 visiteurs s’y pressent durant 40 jours d’une programmation foisonnante : projections vidéo et mapping chaque soir, installation d’une patinoire et d’une grande roue, spectacles et diverses mises en lumière offerte au pays invité d’honneur : le Japon, un marché fermier, une programmation exclusive dans les musées, des ateliers, etc. 200 000 personnes s’y donnent rendez-vous pour le temps fort : le week-end de Saint Nicolas les 1er et 2 décembre. Histoire de vous donner l’eau à la bouche, petite preview (non-exhaustive)… Durant 2 jours qui s’annoncent riches en émotion, 60 compagnies du monde entier se croisent pour dynamiser les places du centre-ville. 75 spectacles dont des déambulations (le grand défilé de 86

la Saint-Nicolas aura lieu le 1er décembre et partira de la Place Carnot) sont programmés. Les moments attendus ? La fanfare des Enfants du bouchers, toute déguisée en tablier blanc, installée aux fenêtres de l’Opéra national de Lorraine – qui vient de fêter ses 100 ans ! –, orchestre participatif réunissant une centaine de musiciens de 6 à 70 ans, professionnels ou amateurs ou le flash mob de la compagnie Anesstram-gram place Stanislas. Notre coup de cœur ? Le village de la marmaille installé place de la Carrière, avec manèges et autres curiosités fabriqués avec passion par les compagnies invitées. On pourra notamment y éplucher des légumes tous ensemble pour cuisiner une soupe géante. Attention ! Cette année, la ville souhaite inscrire ces Fêtes au Patrimoine culturel et immatériel de l’Unesco : à soutenir ! (C.B.)


FOOD

ESPRIT DE FÊTE

À 25 ans, la jeune Mareva Georges ne manque pas d’idées pour dynamiser Cultur Cuisine, son restaurant racheté il y a environ deux ans. Outre une carte tradi changeant tous les trois mois (carpaccio de bœuf, andouillette, burger, risotto forestier ou onglet de veau), elle propose des incursions exotiques, notamment son nouveau hit : salade de la mer façon poke ball (ceviche de dorade, fèves de soja, algues, etc.), ou un cheesecake relevé de fèves tonka et biscuits oreo. Mareva Georges souhaite gratifier sa clientèle de découvertes et plaisirs simples, et propose également des cours d’œnologie 2 vendredis par mois : une belle idée de cadeau à (s’)offrir. Une initiation, parfois thématique (on n’échappera pas au champagne en cette fin d’année), animée par un professeur du lycée hôtelier. 2 heures de cours prodiguées dans son caveau aménagé, augmentées de finger food. En décembre arriveront également tournedos Rossini, cuisses de grenouille et autre foie gras. (M.G.)

Cours d’œnologie à Cultur Cuisine 50 € / 1 pers. 95 € / 2 pers.

BAR

(2 cours ou en couple)

Réservation Programme 23, place de Chambre | Metz +33 (0)9 81 35 23 56 culturcuisine@gmail.com www.culturcuisine.fr

PARTY PEOPLE

À Metz, on ne présente plus l’Opéra Café, repaire des branchés du coin qui y trouvent une ambiance chic et décontractée, une carte de cocktails bien travaillés et une programmation festive et sexy. À l’Opéra Café, le week-end commence le jeudi les jeudredis olé-olé parfois thématisés (Mouton Cadet ou Lillet), où l’on se trémousse sur des hits 80’s. On enchaîne le vendredi avec les Belles soirées (DJ Bristol) pour terminer en beauté le lendemain avec la Saturday Night Fever. Le + ? Un salon type boudoir cosy à privatiser, qui peut recevoir jusqu’à 40 personnes. Ici, vous serez chouchoutés : soirées conçues sur-mesure et service personnalisé. La grande classe. (M.G.) Opéra Café 39, place de Chambre | Metz +33 (0)3 87 36 80 26 Facebook : Opéra café Metz

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VINTAGE

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Glorieuses 18, rue du Pont Cézard | Nancy Mardi au samedi 10h → 19h30 Dimanche et lundi 14h → 19h30 Facebook : Glorieuses Nancy

Ces dix-là se sont rassemblés pour mieux voler de leurs propres ailes – ils s’appellent entre autres VcommeVintage, La Pagaille de Lulu, Broc’n Vintage, Léon de la Brocante, Titix Vintage Création ou encore Chine du Jour. Ils ont entre 20 et 45 ans, des looks sur-mesure et une passion commune pour tout ce qui brille, qui pulse, qui rocke et respire le rétro-vintage-chicetchoc. Avec chacun leur domaine de prédilection – la fripe, la hi-fi, la déco, le mobilier, les vinyles, le design, la brocante… Ici, tous les objets sont chinés, retapés, détournés, et parfois même crées par leurs petits mains. L’accueil

est super chaleureux, les couleurs dépotent, les matières se mélangent. C’est Retour vers le Futur dès la grande porte en métal poussée. Les murs eux-mêmes ont une histoire : autrefois, ce fût une biscuiterie, une imprimerie, une boulangerie – et même, déjà, un bazar de trouvailles en tout genre juste après-guerre. Aujourd’hui, les 300m2 regorgent à nouveau de mille trésors qui n’attendent plus qu’à être adoptés… On adore s’y perdre pour s’y retrouver ! (A.V.)

Photo : Arno Paul

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Chronique

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Au bon parfum LES PARFUMS CULTES VOL DE NUIT, JACQUES GUERLAIN, 1933 Par Sylvia Dubost Illustration Laetitia Gorsy

Huit ans après Shalimar, Jacques Guerlain signe un nouveau chef-d’œuvre. De tous ceux qui peuplent le catalogue de la maison, c’est sans doute le plus singulier. Un oriental avec l’esprit d’un chypré et la retenue d’une cologne. Le nom évoque évidemment le livre d’Antoine de Saint-Exupéry, dont Jacques Guerlain était l’ami. Ç’aurait pu être celui d’un parfum d’homme, mais Guerlain décide que le goût du risque et de l’aventure, l’audace, le panache et la folie siéent tout aussi bien à une femme.

Le galbanum, racine d’une plante herbacée caractéristique des accords chyprés, sonne un départ très vert et aromatique, voire épicé. Apparaissent ensuite le jasmin, profond mais étonnamment mesuré, et la très rare et étonnante jonquille, dont l’odeur mêle fleurs blanches et biscuit. En fond, la chaleur de la vanille et des notes ambrées, et en filigrane, une note animale discrète, diffuse mais bien réelle. Une extraordinaire évolution, une explosion rêche et piquante qui s’apaise et s’adoucit, comme 90

un voyage ou plutôt la traversée d’une vie. Vol de nuit est un parfum complexe, vibrant et vivant, qui, à chaque bouffée semble différent. À certains, ses notes poudrées et poussiéreuses peuvent apparaître un peu vieillottes. Et ce n’est pas totalement faux. Mais c’est surtout une composition étrange, masculine par sa verdeur et son âpreté, féminine par sa douceur, et étonnamment discrète, quand l’époque privilégie des accords opulents (voir Joy et Shalimar dans les numéros précédents). De toute évidence, la passagère de ce Vol de nuit est résolument à part. Une femme en pantalon, certes, résolue et peut-être un peu frondeuse. Mais pas une de ces garçonnes à la mode des années folles, au cheveu court et au verbe haut. Plutôt une aventurière déterminée, discrète parce que sûre d’elle, qui tient tête aux hommes sans nécessité de briller, et dont l’élégance vient de la présence plutôt que de la parure. Audace, panache et grain de folie, disaiton. Comme elle, ce parfum ne ressemble à aucun autre, ni avant ni après lui.


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Zut Lorraine / Luxembourg 22  

Zut Lorraine / Luxembourg 22  

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