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ZU Culture Tendances Lifestyle City magazine Gratuit

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Lorraine Hiver 2016

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WEDNESDAY Agency - 44 GL 552 116 329 RCS PARIS

O U V E R T U R E S E XC E P T I O N N E L L E S LES DIMANCHES 4, 11 ET 18 DÉCEMBRE GA L E R I E S L A FAY E T T E M E T Z - 4 R U E W I N ST O N C H U R C H I L L D U L U N D I AU V E N D R E D I D E 9 H 3 0 À 1 9 H 3 0 ET LE SAMEDI DE 9H30 À 20H


Chicmedias aime bien éditer des magazines

ZU Culture Tendances Lifestyle

T 12.2016 —— 01.2017

La culture n'a pas de prix

City magazine Gratuit

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Lorraine Hiver 2016

Zut Magazine Lorraine/Luxembourg, Strasbourg, Rhin Supérieur Nord et Sud www.zut-magazine.com

Novo Magazine (en co-édition avec médiapop) www.novomag.fr Prochain numéro Novo 43 Février 2017

Prochain numéro Zut Lorraine/Luxembourg 18 Avril 2017

chicmedias 12 rue des Poules 67000 Strasbourg

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Zut ! team

Contri— buteurs

contact@chicmedias.com ou prenom.nom@chicmedias.com Directeur de la publication & de la rédaction Bruno Chibane Administration et gestion Gwenaëlle Lecointe Rédacteur en chef Emmanuel Abela Directeur artistique Hugues François Design graphique Hugues François Clémence Viardot Directrice artistique mode et tendances Myriam Commot-Delon Responsable d’édition Sylvia Dubost Secrétaire de rédaction Cécile Becker

Commercialisation & développement Bruno Chibane +33 (0)6 08 07 99 45 Caroline Lévy +33 (0)6 24 70 62 94 Céline Loriotti +33 (0)6 64 22 49 57 Philippe Schweyer +33 (0)6 22 44 68 67 Alexandre Zebdi +33 (0)6 48 14 30 86

Rédacteurs Emmanuel Abela, Cécile Becker, Benjamin Bottemer, Myriam Commot-Delon, Caroline Lévy, Camille Locatelli, Séverine Manouvrier, Fanny Ménéghin, Adèle Sagan, Claire Tourdot, Philippe Schweyer

Ce magazine trimestriel est édité par chicmedias 12, rue des Poules 67000 Strasbourg 03 67 08 20 87 S.à.R.L. au capital de 37 024 euros

Stylistes Myriam Commot-Delon Caroline Lévy Adèle Sagan

Tirage : 7500 exemplaires Dépôt légal : décembre 2016 SIRET : 50916928000013 ISSN : 1969-0789

Photographes Julian Benini Alexis Delon / Preview Lucas Gerbier Arno Paul

Impression Ott imprimeurs Parc d’activités « Les Pins » 67319 Wasselonne Cedex

Illustrateurs Laetitia Gorsy Clémence Viardot Retouche numérique Emmanuel Van Hecke / Preview Modèle Leslie Dumeix Coiffure Gregory Alcudia / Avila Make-up Audrey Beaurain

Coordination générale Léonor Anstett

Diffusion LD Diffusion 32, rue d’Oelleville 88500 Totainville Abonnements abonnement@chicmedias.com

Crédits couverture Blouse et jupe Isabel Marant. Bagues Trinity et créoles Le Clou, Cartier Photographe Alexis Delon / Preview Réalisation Myriam Commot-Delon Mannequin Leslie Dumeix Coiffeur Gregory Alcudia / Avila Make-up artist Audrey Beaurain Studio Photo / Preview 28, rue du Général de Gaulle 67205 Oberhausbergen www.preview-tm.fr

Responsable promotion et partenariats Caroline Lévy

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46 rue Stanislas 54000 NANCY 03 83 36 50 25 www.lilithparis.com Lilith Nancy


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ÉDITORIAL

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AU BON PARFUM Les parfums cultes : Chanel N°5

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METZ VU PAR Josselin Dailly Alicia Hiblot Stéphane Benini

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NANCY VU PAR Camille Tourneux Ambroise Gayet Ana Ribeiro-Arold

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LUXEMBOURG VU PAR Bernard Michaux Steffy Fisch Virginie Depoorter

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Cul ture 26

EXPO Wim Delvoye au MUDAM

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EXPO Eigengrau à la Galerie Poirel

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LES SÉLECTIONS DE LA RÉDACTION

Ten dan ces 58

MODE If I was a folkstar

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DRESSING Come as you are : Chloé

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LES SÉLECTIONS DE LA RÉDACTION

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Life style 78

ARTISANAT Mathieu Schmitt : luthier

BANDE DESSINÉE Vincent Vanoli

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ZUT À TABLE La recette

RENCONTRE Julien Papelier, nouveau directeur général des éditions Dupuis

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ZUT À TABLE Les lieux WISHLIST

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MUSIQUE Manuel Etienne

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LES SÉLECTIONS DE LA RÉDACTION

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INSTANT FLASH Emily Jane White Ladylike Lily Lescop Radio Elvis

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© OLIVIER MINAIRE

VAGABOND - FILIPPA K - WHYRED - TIGER OF SWEDEN - RODEBJER - MARIA BLACK - BAUM UND PFERDGARTEN DECADENT CPH - ROYAL REPUBLIQ - L.A. BRUKET - SAMSØE SAMSØE - MODSTRÖM CORNELIA WEBB - WON HUNDRED - NORSE PROJECTS - KNOWLEDGE COTTON - NUDIE JEANS - SANDQVIST - FJÄLL RÄVEN


Z UT Édito

J’avais horreur de l’hiver, mais je détestais encore plus rester enfermé chez moi. J’ai enfilé ma veste moutonnée pour affronter le froid. À peine dans la rue, j’ai croisé un ami perdu de vue depuis des lustres. J’ai immédiatement regretté de ne pas être resté au fond de mon lit avec un bon bouquin. Mon vieil ami n’avait pas changé. Il était toujours aussi pénible, toujours en train de poser un tas de questions. - T’habites dans le quartier ? Nous étions plantés pile devant ma porte d’entrée, mais j’ai préféré rester vague. - Ma femme m’a foutu dehors. T’as pas un plan ? - Je n’ai pas de plan, mais je te le dirai si j’entends parler d’un appart… - Et chez toi ? - Quoi chez moi ? - Si ça peut te rassurer, ma femme a tout gardé sauf mes bouquins et ma guitare. - Elle n’a pas gardé tes bouquins ? - Elle avait besoin de respirer. Elle n’en pouvait plus de tout ce papier.

Un ami compliqué Par Philippe Schweyer

- C’est pour ça qu’elle t’a quitté ? - Elle prétend que je passais plus de temps à bouquiner qu’à m’occuper d’elle. - C’est pas vrai ? - N’empêche que depuis qu’elle m’a foutu à la porte, je n’arrive plus à lire une ligne. - T’aurais dû y penser avant… - Y penser avant ce n’est pas pareil que quand ça te tombe dessus pour de vrai. - Ben moi je pense que ça n’est pas une bonne idée de te ramener à la maison avec tes bouquins et ta guitare. - Même si je ne viens qu’avec ma guitare ? - Je préfère te dire non que d’essayer. - T’as changé… - Pas toi… Tu devrais écrire une chanson. - Une chanson triste ? - Une chanson sur le temps qui passe, sur les amis qui changent et sur ta femme qui t’a foutu dehors avec ta guitare et tes bouquins. Je suis sûr que ça peut marcher. - Si j’étais Leonard Cohen ça marcherait sûrement, mais il paraît que je suis un loser. - J’ai des amis qui adorent les chansons écrites par des losers inconnus. - Depuis que je suis à la rue, je n’ai plus le cœur à composer… - T’es vraiment compliqué. Tu devrais écrire une chanson là-dessus. Il y a plein de gens compliqués que ça pourrait aider… - Les gens compliqués préfèrent les chansons simples. - Alors écris une chanson simple. - Une chanson simple, c’est beaucoup trop compliqué à composer.

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- Je commence à croire qu’il vaut mieux que tu retournes chez ta femme. - Sans ma guitare et mes bouquins ? - C’est ce que tu as de mieux à faire. - Et si elle refuse de m’ouvrir ? - Écris une chanson.


Les enfants du N°5

Z UT Chronique #17

Arpège, Lanvin (Paul Vacher, 1927) Plus boisé, plus chaud, un poil plus animal aussi : un col de fourrure grège dans lequel on s’enroule.

Au bon parfum

Liù, Guerlain (Jacques Guerlain, 1929) Très proche du N°5, mais plus sombre et sec. Le côté obscur de l’aldéhyde, si tant est que cela existe…

— Les parfums cultes N°5, Chanel, 1921 Par Sylvia Dubost Illustration Lætitia Gorsy

C’est le parfum culte par excellence. Culte parmi les cultes, même. Sans doute en partie à cause de Marilyn, mais surtout à cause du jus lui-même. Le N°5, c’est l’éternel féminin, à la fois doux et ambré, propre et sensuel, avec ce soupçon de froideur qui le tient à distance et l’empêche de verser dans la mièvrerie. La légende (le parfum en véhicule un certain nombre) raconte qu’en le composant, Ernest Beaux surdosa par erreur l’aldéhyde aliphatique, composant qu’on maîtrisait encore mal à l’époque. Il est vrai qu’il y figure à 1%, concentration encore jamais sentie à l’époque. Il semblerait plutôt que le parfumeur de la maison Chanel, pour répondre à la commande de Coco de créer un parfum impossible à copier, ait augmenté les doses des ingrédients les plus chers. Les fleurs, donc : rose, ylang ylang, jasmin. Une composition somme toute pas si extravagante, mais ici

opulente et parfaitement équilibrée. Les fleurs sont en effet sublimes, la note de fond s’étire à l’infini, faisant basculer le poudré savonneux de l’aldéhyde vers un piquant chaud-froid. Le tout porté par un je-ne-sais-quoi d’un peu pincé et grande bourgeoise qui marque la signature de la maison. Depuis, le N°5 a donné naissance à une famille de parfums très nombreuse, qui compte quelques petites merveilles, y compris dans la parfumerie mainstream. Source d’inspiration inépuisable, il est surtout devenu un classique. De belles matières, des proportions justes, un travail sur l’ombre et la lumière, une recherche de simplicité : comme en architecture, la vraie modernité devient indémodable quand elle est juste et qu’elle échappe à la mode. Et quand s'y ajoute la grâce, la beauté devient éternelle.

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L’Interdit, Givenchy (Francis Fabron, 1957) Mutin, léger, frais, à l’image d’Audrey Hepburn pour qui il fut créé. Et qui d’ailleurs s’écria, quand Hubert de Givenchy annonça vouloir le commercialiser : « Mon parfum ? Mais je vous l’interdis ! » Rive Gauche, Yves Saint Laurent (Jacques Polge, 1971) On bascule dans les 70’s avec une version métallique très working girl. Calandre de Paco Rabanne est son jumeau. White Linen, Estée Lauder (Sophie Grojsman, 1978) Un linge séché au soleil de la East Coast : une version propre très américaine. Iris poudre, Éditions de parfums Frédéric Malle (Pierre Bourdon, 2000) Là où le N°5 apparaît plus solaire et en contraste, lui est immaculé : une pureté féérique.


PL AISIR DE CRÉER M AGIE D’OFFRIR

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MULHOUSE 64 RUE DU SAUVAGE COLMAR 12 RUE DES SERRURIERS - METZ 6 RUE DES CLERCS MUNDOLSHEIM GALERIE CORA 63 ROUTE NATIONALE STRASBOURG 23 RUE DU DÔME


Ils vivent, travaillent, créent et sortent à Metz. Les hommes et les femmes qui font vibrer la ville nous font découvrir leur lieu préféré et jouent au modèle.

Metz vu par Réalisation Caroline Lévy Photos Julian Benini

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Stéphane Benini Réalisateur 38 ans

OÙ ? Fight Club Metz Borny Mer. 30 | 11 Sweat Carhartt et blouson Chevignon, le tout aux Galeries Lafayette de Metz.

« C’est le club où je m’entraîne plusieurs fois par semaine ! Il y a quelque chose de différent ici : une vraie âme. J’y ai partagé de beaux moments avec des amis depuis devenus de grands champions ! »

Actu

Sortie de Brazilian Lowriders, sélectionné au London Motor Festival, catégorie meilleur documentaire. Sortie de Nobre Arte sur Five TV, documentaire sur un club de boxe dans une favela au Brésil. www.stephanebenini.com

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Alicia Hiblot Rédactrice en chef adjointe de Mirabelle TV 41 ans

OÙ ? Place de Maud’Huy Mer. 30 | 11 Doudoune capuche en fourrure Canada Goose, blouse Y3, jupe tartan Burberry, le tout chez TED.

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« Donnant sur le lycée Georges de la Tour, cette place me donne l’impression d’être dans Le cercle des poètes disparus ! J’y passe quotidiennement à vélo et ne me lasse pas de regarder cet endroit majestueux qui évolue au fil des saisons. Idéalement situé, il fait le lien entre le centre-ville et le quartier Sainte-Thérèse. »

Actu

Co-animation avec Arnaud Cael de l’émission Juste avant de zapper, du lundi au vendredi à 18h sur Mirabelle TV. www.mirabelle.tv


Josselin Dailly Humoriste et directeur artistique de la Fabrique 30 ans

OÙ ? Gare de Metz Mer. 30 | 11 Pull Tiger of Sweden et manteau Guess, le tout aux Galeries Lafayette de Metz.

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« Mon père, conducteur de train, m’a forcément contaminé ! J’ai toujours adoré ce mode transport. Ces voyages en train facilitent mon travail d’écriture. Il m’arrive aussi de venir dans le hall d’entrée de cette gare pour trouver l’inspiration ! »

Actu

Écriture du nouveau spectacle Sapiens, joué le 29 avril 2017 à la Fabrique. Festival d’improvisation, les 16, 17 et 18 décembre à la Fabrique. www.josselindailly.com www.lafabriquemetz.com


Ils vivent, travaillent, créent et sortent à Nancy. Les hommes et les femmes qui font vibrer la ville nous font découvrir leur lieu préféré et jouent au modèle.

Nancy vu par Réalisation Adèle Sagan Photos Arno Paul

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Ambroise Gayet Régisseur général pour le cinéma 36 ans

OÙ ? Le Bras Vert des Grands Moulins au Pôle nautique Mer. 30 | 11 Veste imperméable Stutterheim chez SuperHuit, à Nancy

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« Ce lieu reposant et ressourçant a une connotation de vacances que j’apprécie. »

Actu

Sortie du film Croc Blanc en motion capture pour février 2018, réalisé par Alexandre Espigares. Tournage d’une websérie 100% nancéienne début 2017.


Ana Ribeiro Arold Conservatrice restauratrice au musée de l’histoire du Fer 34 ans

OÙ ? La Grande Halle technopôle de la Renaissance Mer. 30 | 11 Manteau, tour de cou et bonnet et laine, le tout chez Lilith à Nancy.

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« J’aime l’idée de rénover un endroit ancien plutôt que de le détruire. Ces anciens abattoirs font parti du passé architectural de Nancy, j’aime son côté industriel. »

Actu

Parcours d’en fer ! : sélection de 12 objets évoquant la fabrication et l’utilisation du fer – collection permanente. Musée de l’histoire du Fer 1, avenue du Général De Gaulle Jarville-la-Malgrange www.museehistoiredufer.fr


Camille Tourneux Architecte 38 ans

OÙ ? Auditorium de la Pépinière Mer. 30 | 11 Pull On Tour, veste Carhartt et écharpe Loreak Mendian, le tout chez SuperHuit, à Nancy

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« Comme je suis également régisseur aux NJP, c’est un lieu que je fréquente beaucoup – j’aime son architecture. Ce lieu est le symbole d’une époque où l’on offrait de la musique dans les espaces publics ; cette dimension culturelle me plaît. »

Actu

Réalisation d’une cabane suspendue à la Pépinière. Livraison imminente du studio photo de My Monkey. Réalisation d’une salle de spectacles mobile de 200 personnes. Les Établissements Tourneux 3, ruelle des Sablons www.lesetablissements tourneux.fr


Ils vivent, travaillent, créent et sortent à Luxembourg. Les hommes et les femmes qui font vibrer la ville nous font découvrir leur lieu préféré et jouent au modèle.

Luxem bourg vu par Réalisation Adèle Sagan Photos Julian Benini

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Steffy Fisch Créatrice tout-terrain 36 ans

OÙ ? Site industriel à Bonnevoie Jeu. 24 | 11 Manteau et pull Samsøe Samsøe, jeans Modström, le tout chez Honey\Mustard à Luxembourg

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« Bonnevoie est un quartier qui bouge ! J’apprécie son côté diversifié, créatif, fait de contradictions et en plein mouvement. »

Actu

Conception et développement de nouveaux produits alimentaires luxembourgeois. Création et conception d’intérieurs résidentiels au sein de la société Unité d’habitation.


Bernard Michaux Producteur de films chez Samsa 33 ans

OÙ ? Les Rotondes Jeu. 24 | 11 Jeans Won Hundred, chemise Norse Project et bombers Knowledge, le tout chez Honey \ Mustard à Luxembourg

« Nostalgique de l’été, les Rotondes sont pour moi le meilleur endroit pour passer du temps en terrasse pendant les beaux jours. Ce lieu urbain change de la ville haute. J’aime son côté culturel et sa programmation, comme les projections de film par exemple. »

Actu

Tournage du documentaire sur Hugo Gernsback, le père de la science-fiction. Préparation d’un western pour 2017, tournage prévu au Luxembourg et en Espagne. Post-production du premier film luxembourgeois en réalité virtuelle. Samsa Film +352 45 19 60-1 www.samsa.lu

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Virginie Depoorter

OÙ ? Bambësch

Créatrice

Pull et robe Rodebjer chez Honey\Mustard à Luxembourg

52 ans

« C’est dans cette forêt que m’est venue l’inspiration de ma première bougie parfumée aux senteurs chêne et mousse de pin. Cet endroit tout proche de la ville permet à la fois de se ressourcer et de s’échapper le temps d’une balade. »

Jeu. 24 | 11

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Actu

Cinq nouvelles senteurs de bougies pour Noël. Sortie d’une bougie Happy New Year pour passer le cap de la nouvelle année. Bougies en ventes à la Luxembourg House et à son atelier Atelier Virginie 10 rue Mercatoris Helmsange www.facebook.com/ ateliervirginie.lu


Livre disponible en librairie 49€

Olivier Roller Regards sur 20 ans de portraits

Visage 200 portraits | 300 pages chicmedias éditions

Avec la participation de Rodolphe Burger, Jean-Claude Brisseau, Daniel Cohn-Bendit, Christophe Donner, Clara Dupont-Monod, Mike Hodges, Julia Kerninon, André S. Labarthe, Jean-Luc Nancy, Nathalie Quintane…

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mis à nu


Interview d’un créateur-savant fou Portraits d’un auteur-illustrateur marqué par ses racines et d’un musicien mutant Balade dans le noir Instants volés à une papesse folk, une fée pop, un grand rêveur et des expérimentateurs Des événements indispensables La culture façon Zut

Illustration Clémence Viardot


BOY WITH TOYS

On regarde les œuvres de l’artiste belge Wim Delvoye comme des accidents de la route : des rencontres entre deux objets puissants circulant dans des directions opposées, et dont la collision peut prendre un aspect à la fois repoussant et fascinant. Rencontre avec un artisan du choc frontal.

Par Benjamin Bottemer Photos Julian Benini

Étuit pour une mobylette, Win Delvoye

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Cloaca, Win Delvoye

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n le considère comme un génie aussi appliqué que malin ou comme un escroc absolu : il n’y a pas de place pour la demi-mesure au sujet de Wim Delvoye. Il a élevé la scatologie au rang de technologie de pointe avec ses Cloaca, machines reproduisant le système digestif, tatoué des cochons dans son Art farm chinoise, exploré des techniques ancestrales et extrêmement exigeantes pour revisiter des objets de chantier... « Il est impossible de dire si l’artiste “trivialise” les symboles ou s’il anoblit les objets », analyse Sofia Eliza Bouratsis, docteur en esthétique et auteure d’une introduction au catalogue de l’exposition rétrospective consacrée à Wim Delvoye par le Mudam de Luxembourg. De Walt Disney aux sculptures de Bustelli, de Monsieur Propre à Jésus, son œuvre est truffée de symboles « twistés ». Mais il serait réducteur de limiter son travail à cette dimension iconoclaste et provocatrice. Notre vision de l’art et du sacré, du corps, notre société capitaliste... autant d’organes internes mis à vif par les objets merveilleux de Wim.

Organiser la grande exposition que vous consacre le Mudam cette année a-t-il été l’occasion pour vous de porter un regard en arrière sur votre travail ? M’intéresser à nouveau à Cloaca, que je n’avais plus montré depuis huit ou neuf ans, m’a inspiré la réalisation des Spud guns [de rutilants pistolets à patates high tech, ndlr]. Cela m’a rendu presque nostalgique de Cloaca, on y retrouve ce côté bricolage et très « garçon » que j’aime beaucoup. Ma vie est restée un peu “kindergarten” ! Enfant, ma maîtresse d’école exposait mes dessins : ce sont les Early works également visibles dans l’exposition. Les gens s’imaginent plein de choses en les voyant, s’essayent à l’analyse (freudienne, notamment) alors que c’était totalement innocent. L’image prétentieuse que cela peut donner d’exposer ces dessins, je trouve ça drôle ! Il semble y avoir une grande espièglerie dans vos œuvres, dans la façon dont vous semblez jouer avec le regard du public, du milieu de l’art, avec les journalistes aussi ; comme des provocations malicieuses ! Ma mentalité, c’est de me dire : « On va essayer de jouer un bon tour aux gens, et si ça ne marche pas, on dira que c’est de l’art ! » Je pense que c’est un bon état d’esprit, car 27

ça évite d’être paralysé. Et j’aime bien que l’on ne puisse pas deviner ma position, par exemple : est-ce que Wim Delvoye dénonce le grand capital ? Peut-être... Vous dénoncez souvent l’argent qui circule sur le marché de l’art contemporain... C’est vrai que c’est trop cher ! Avec l’équivalent de la vente de trois ou quatre de mes dessins, j’ai pu m’acheter une sculpture de maître... Il y a quelque chose de pas correct là-dedans. Depuis combien de temps on n’a pas parlé du travail de Picasso ou de Giacometti, à part pour évoquer des ventes records ? Je ne voudrais pas coûter aussi cher. Moi au moins, j’ai la chance que l’on parle de mon travail, même si c’est pour le dénigrer : imaginez que l’on ne dise plus : « Wim Delvoye, celui qui a fait Cloaca, la machine à merde », mais « Wim Delvoye, l’artiste qui a vendu une œuvre pour un million d’euros ! » Ce serait terrible. Vous évoquez aussi le fait que les œuvres d’art sont des « trophées » pour classes supérieures. Quand je vais au Louvre ou au Metropolitan, je ne vois que des reliques d’une lutte des classes : tous ces grands tableaux que des puissants ont désiré afin d’affirmer leur position sociale.


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Culture Expo

« À 20 ans, je voulais faire de l’art, aujourd’hui je suis plus à l’aise avec ça, plus libre, je m’en fous un petit peu. »

Vos « objets » peuvent être démesurés, ils font appel à des techniques très pointues, à une minutie incroyable dans l’ornement. Pensez-vous être un peu mégalomane ? La mégalomanie est une bonne raison pour ne pas être paresseux, une bonne excuse pour rêver. Parfois mes projets n’aboutissent pas car ils sont trop grands, et la société s’en mêle. C’est très intéressant, ça montre que l’art ne peut pas rester dans une bulle, qu’il peut y avoir un conflit entre ce que veut l’artiste et ce que la société tolère. Des cochons, des jouets, des outils de chantier... vous choisissez souvent des objets assez triviaux et vous leur donnez une « enveloppe » extrêmement travaillée, utilisez des matériaux précieux. Cela dit-il quelque chose sur la superficialité, l’apparence ? J’ai toujours choisi des objets prolétariens, universels, triviaux, qui refusent de participer à un discours intellectuel. J’ai travaillé pendant dix ans sur Cloaca, on me pressait de passer à autre chose. Mais j’avais toujours envie de faire de nouvelles variations. Je ne voulais pas faire la meilleure œuvre d’art possible, je voulais qu’elle soit compétitive, qu’elle ait la meilleure « action. » [Cloaca est cotée en bourse, ndlr]. Dans tous les cas, je veux que chacun puisse avoir sa propre interprétation. Celleci peut évoluer : pour mes bonbonnes de gaz en faïences de Delft, il y avait un beau contraste entre cet objet industriel et la fragilité des faïences. Elles n’ont plus la même image depuis que des terroristes s’en sont servis pour fabriquer des bombes. De nombreux artisans et spécialistes participent à la réalisation de vos œuvres. Vous vous consacrez vousmême, le plus souvent, à un grand travail préparatoire, grâce au dessin et à l’informatique notamment. Le rapport direct à la matière ne vous intéresse pas ? Les mains sont toujours plus lentes que la tête. Après, mes dessins sont très précis, pour élever le « benchmark » de l’œuvre. Je donne beaucoup d’indications, je travaille aux côtés des artisans. Mon premier boulot, c’est de trouver des idées, ensuite, c’est de trouver des gens et de les faire travailler ensemble : j’appelle ça la phase « Pages jaunes » ! J’aime bien niveler tous les boulots, du soudeur au micro-biologiste. Un peu comme au temps des cathédrales, où toutes les corporations travaillaient ensemble et au même niveau, tournées vers un même objectif. 28

Ces gens-là vous influencent-ils dans votre approche ? Quand je pars dans un projet, je n’en connais pas la fin, il n’y a pas de scénario, le hasard peut toujours survenir. Quand j’ai réalisé les vitraux constitués de radios de corps humains, le radiologue, au bout de quelques mois, disait des choses incroyables : il a eu l’idée de faire ingérer ces petites pâtes en formes de lettres pour voir si on pourrait former des mots dans l’estomac. Ça n’a pas marché, mais c’est le geste qui compte. Quand les artisans indonésiens ont travaillé sur Concrete mixer, ils ne comprenaient rien à ce que j’essayais de faire, ils pensaient que j’étais fou. Au final, ils ont fini par mettre des charnières sur la bétonnière, comme ça j’aurais pu mettre un moteur dedans, au cas où je veuille l’utiliser ! Vous travaillez souvent à l’étranger : il y a aussi eu l’Art farm en Chine, avec ses cochons tatoués, ou vos expositions en Iran, où vous êtes en train d’essayer de créer une fondation. Votre atelier est toujours à Gand, mais vous êtes très critique vis-à-vis de la Belgique. Je suis libre et indépendant, je ne dépends pas de l’état belge, tout ce qui l’intéresse c’est de me prendre de l’argent. Mon projet d’un musée de sculptures en plein air près de Gand, un peu comme l’a fait Tony Cragg à Wuppertal, a été torpillé par des bureaucrates. Ma position me permet de dire des choses à propos de la Belgique, comme : « mieux vaut un pays de nuls que deux ! » J’habite à plusieurs endroits : en Angleterre, dans le Sud de la France, et j’ai mon atelier en Belgique. Je suis attiré par des pays éloignés qui n’ont pas un grand intérêt pour l’art contemporain : en Chine, ils veulent tous devenir médecins ou avocats, personne ne rêve de devenir artiste ! Bien sûr, ça va changer progressivement. En Iran, il y a de jeunes gens qui me disaient acheter de l’art pour choquer leurs parents. C’est une bonne raison, c’est mieux que pour décorer. Là-bas, ils évoluent dans une direction incroyable ; en Europe, on fait le chemin inverse. C’est tout de même étonnant qu’un homme qui expose des cochons et des mains de Fatma sur des tranches de jambon puisse travailler en Iran ! Je sais ! Je dois aimer chercher les problèmes ; ça m’excite. Mais je suis prêt à aller en prison : je sais tatouer, je pourrais toujours continuer à travailler de là-bas. Une journaliste m’a interrogé à ce sujet, elle voulait tourner les choses à sa façon, faire un article sensationnaliste, polémique. Elle disait :


« On vous interdit de vous exprimer là-bas, vous disiez que si vous exposiez des cochons tatoués, vous auriez des problèmes. » Oui, mais quand j’ai exposé au Louvre, on me l’a aussi interdit ! Vous avez un grand respect et une passion pour les sculptures du XVIIe siècle, les livres anciens, les techniques anciennes... Au Louvre, vous disiez être en admiration devant ces grands maîtres, mais que vous considériez leurs œuvres comme des objets comme les autres. C’est valable aussi pour les vôtres ? Complètement. On a réalisé un livre pour une exposition à la fondation Guggenheim à Venise : il faisait très chaud, je me disais que ce ne serait pas pratique à transporter pour les gens, que le livre serait abîmé, alors on a créé un sac. Pour moi c’est aussi important de penser à ça, je ne veux pas classifier, hiérarchiser les choses : il n’y a pas l’art avec un grand A, l’art avec un petit a et ce truc qui n’est pas de l’art mais un sac plastique. À 20 ans, je voulais faire de l’art, aujourd’hui je suis plus à l’aise avec ça, plus libre, je m’en fous un petit peu.

« Ma mentalité, c’est de me dire : “on va essayer de jouer un bon tour aux gens, et si ça ne marche pas, on dira que c’est de l’art”. » Dump Truck, Win Delvoye

Si je vous dis que vous êtes un artiste du détournement, un pirate, ou sa version moderne, le hacker, cela vous convient-il ? J’aime bien l’idée... Je pense quelquefois au virus, infiltré dans un corps et très efficace pour faire des dégâts. Il existe des artistes qui critiquent la société mais ne sont pas dedans, du coup ils sont de plus en plus marginalisés et leur critique n’est pas efficace. Moi je suis à l’intérieur... je peux vraiment abîmer le système. Sur quoi travaillez-vous actuellement ? Je suis en train d’arrêter les Spud guns, mais la technique va peut-être resurgir ailleurs. Je voudrais peindre mais je ne trouve jamais le bon moment. L’architecture m’intéresse : beaucoup de mégalomanie ! Il faudrait presque tout reprendre à zéro, c’est très exigeant, contraignant et je ne veux pas faire de concessions. Depuis Cloaca, une idée me travaille : créer une religion. Je pourrais en imaginer l’architecture, les vêtements, le cérémonial... je voudrais que les gens puissent y croire. Et si ce n’est pas le cas ? Tant pis, on leur dira que c’est de l’art ! WIM DELVOYE -> 08.01.17 Mudam | Luxembourg wimdelvoye.be www.mudam.lu

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Culture Expo

SOMBRES DESSEINS Par Benjamin Bottemer Photos Arno Paul

La galerie nancéienne My Monkey inaugure sa première grande exposition hors les murs. Eigengrau à la galerie Poirel évoque une obscurité qui laisse entrevoir plus qu’elle ne dissimule. Vingt-quatre œuvres, porteuses d’une poésie volontiers ésotérique, y interrogent nos perceptions, mêlant science, graphisme, photographie, design.

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Culture Expo

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y Monkey a à peine investi ses nouveaux locaux de la rue Charles III, en juin dernier, qu’elle s’y sent déjà à l’étroit : l’association change d’échelle en investissant une partie de la galerie Poirel pour sa première exposition d’envergure. Habituée aux espaces réduits, My Monkey est issue d’une culture du design graphique mais présente depuis 2003 des projets résolument pluridisciplinaires et contemporains. C’est le cas pour Eigengrau, dont le titre est inspiré par un terme germanique désignant l’obscurité relative que l’on observe en l’absence de lumière : « J’ai tout de suite été séduit par ce terme et ce qu’il sous-entendait, le fait d’ouvrir notre conscience et notre perception à des choses dissimulées, explique Morgan Fortems, membre de My Monkey et l’un des commissaires d’exposition. Dans la sélection des projets, il s’agissait de ne pas se limiter en termes de disciplines, ni de les hiérarchiser : nous avons organisé Eigengrau par thèmes. » Une exposition sur le noir ? Non : Eigengrau part du principe que le noir total n’existe pas. C’est une idée, un absolu inatteignable mais abritant une multitude de nuances et d’univers, autant d’interstices dans lesquelles se nichent les vingt-quatre œuvres qui nous sont proposées. Les Quatre éléments de Sylvie Antoine nous le démontre d’emblée : voici quatre noirs fabriqués, à partir de charbon, de goudron, de fumée et d’encre, monochromes pour lesquels il a fallu littéralement « broyer du noir », titre de la première partie d’Eigengrau. Le designer Thomas Vailly s’est également investi, via une approche à la fois viscérale et scientifique, dans cette vision : pour Reconfiguration of a tree, il décompose les matières d’un arbre pour obtenir une

nouvelle matière, une bile noire qu’il transmet à d’autres designers pour obtenir des objets contemporains. La seconde section d’Eigengrau, Les Nyctalopes, se concentre sur la perception et l’optique : on pense immédiatement à ces illusions jouant avec nos synapses. Nicolas Depoutot nous les rappelle avec les petits modules de Grazie Eigengrau !, qui nous invitent à y glisser un œil. L’installation du photographe Ahmed Debbouze et du plasticien Benoît Masson fait appel à la technologie pour distiller la poésie : un bas-relief teinté de nuances de gris est obtenu grâce à un procédé comparable à un sonar décryptant les nuances d’une photo, rayon de lumière comme Trait d’union entre les deux supports. À ses côtés, le cyclope Argès de Manuel Zenner et Muriel Issard saisit la lumière, la traduit en sons puis en images crachées par l’imprimante aux pieds des visiteurs. La notion de glitch numérique élevée au rang de langage mystérieux. Inondations de noir Vient ensuite la submersion par Marée Noire : on y trouve une Caverne où un homme (l’artiste Guillaume Lepoix ?) rebouche consciencieusement une ouverture, finissant par occulter totalement l’image projetée, tandis que l’Image-fumée de Claire Hannicq se dévoile au visiteur à travers sa propre ombre, devant un vidéo-projecteur diffusant le négatif d’une photographie de fumée issue de la combustion d’une ancienne version de celleci. Le recouvrement, procédé fétiche de Jochen Gerner, est mis en scène sur 29 août 1914, carte militaire détaillant les positions des deux armées au début de la Grande Guerre. Inondée de noir, elle suggère des termes sujets à de multiples interprétations : aveuglement, égarement, explosion... On termine par Outre-noir, l’autre côté du miroir, la destination finale d’Eigengrau. 32

Cette section dont le titre est un clin d’œil à Pierre Soulages abrite des œuvres où la lumière se glisse pour porter un regard vers une dimension cachée : les fantômes des photographies Nights d’Agnès Geoffray, I saw you last night de Morgan Fortems et Mobile home de Frédérique Bertrand, un « miroir de sorcière » prêté par le Musée lorrain offrant des angles de vue impossibles ou le Spectre de Maud Guerche, mélanges d’encres brillantes sur papier noir qui boucle l’exposition, reflètent des visions quasi-mystiques à travers ces portes ouvertes vers l’ailleurs. Située pile sur la frontière entre perceptible et imperceptible, Eigengrau nous enferme dans le miroir d’Alice, interroge la notion d’une réalité conditionnée et limitée par notre perception. Tantôt déroutante, puissamment esthétique, plus ou moins évocatrice, la première grande exposition hors les murs de la galerie My Monkey prolonge la ligne de la structure nancéienne, marquée par la liberté et l’expérimentation : « Nous proposons toujours avec Eigengrau des pistes de recherche vers des choses expérimentales, où la démarche est centrale ; ce sont surtout les moyens qui ont changé, précise Morgan Fortems. Plasticiens, designers et designers graphiques y sont réunis dans un même espace : ce n’est pas si fréquent. » A priori royaume de l’obscurité, Eigengrau frappe surtout par le télescopage des couleurs, des matières, des pratiques et des formes qui donne toute sa richesse à cette exposition, en plus de développer des imaginaires foisonnants. Eigengrau -> 05.02.17 Galerie Poirel | Nancy www.poirel.nancy.fr mymonkey.fr


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Culture Bande dessinée

TRACER SON CHEMIN

Originaire du bassin de Longwy, l’auteur de bande dessinées Vincent Vanoli met en scène des personnages déracinés, aventuriers malgré eux, au sein de mondes souvent inhospitaliers. Des histoires laissant entrevoir son propre parcours, son attachement à sa région et à ses origines.

Par Benjamin Bottemer Photo Lucas Gerbier

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ans son dernier album Rocco et la toison, Vincent Vanoli s’inspire de la légende de Saint-Roch pour imaginer le récit initiatique d’un jeune conteur rapidement en proie au doute et confronté à la dureté du monde, symbolisée par la peste qui envahit alors cette France moyenâgeuse. « Je voulais montrer que celui qui raconte n’est pas isolé du monde, ni à l’abri de celui-ci », explique-t-il. Comme dans cet hommage picaresque aux conteurs et à la peinture du Haut Moyen Âge, les héros de Vanoli basculent souvent dans des mondes aux aspects fantastiques pas franchement accueillants. Des parcours qui entrent en résonance avec celui de leur auteur, dont la pratique prend la forme d’un chemin en solitaire semé d’incertitudes et traversés par des fantômes personnels.

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Histoires de passages « Devenir artiste, quelle idée ! », commentait Vincent Vanoli, évoquant un environnement social et familial peu propice à susciter les vocations artistiques. Né à Mont-SaintMartin, petite commune adossée à Longwy, au cœur d’un bassin sidérurgique dont l’âge d’or touchait à sa fin, Vincent Vanoli entame après le baccalauréat des études d’art à Strasbourg sans l’ambition de gagner sa vie en tant qu’artiste. Enseigner lui semblait la voie la plus à même de lui faire gagner son indépendance, un choix réaliste pour ce fils d’ouvrier. « L’enseignement m’a longtemps paru être la seule voie possible, puis ma vision a évolué : je pouvais continuer à faire mes bande-dessinées dans mon coin, comme lorsque j’étais adolescent, tout en conservant ce contact avec le réel qui a un effet sur mon travail, un peu comme lorsque je suis devenu père. » Au fil des albums, qu’il publie au sein de maisons d’édition indépendantes comme Ego comme X, Futuropolis, Les Requins Marteaux et surtout L’Association, il prend


Rocco et la toison, Vincent Vanoli

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Culture Bande dessinée

conscience de l’influence de son milieu d’origine sur ses histoires. On pense au recueil Le Passage aux escaliers, où l’on trouve un parcours en vue subjective dans un MontSaint-Martin traversé par les fantômes du passé, et aussi ceux du rock’n’roll des déclassés ; voilà qui achève de faire le lien avec les albums de Baru, qui décline les mêmes thématiques dans le cadre social particulier de la Vallée de la Fensch, sœur jumelle du bassin longovicien. « Cet album évoque des choses formatrices et très personnelles, comme c’est souvent le cas dans l’espace mental intime que je me forge pour y installer mes récits, explique Vincent Vanoli. Les thèmes de la famille, de la nostalgie, du déracinement y sont récurrents. Je suis fier de mes origines d’enfant d’ouvrier et d’immigrés. Quand j’ai quitté ce cadre, mes repères ont changé. » Conscience et imaginaires Si Le Passage aux escaliers fait directement référence à cette réalité personnelle, la plupart des albums de Vincent Vanoli prennent des chemins détournés pour l’évoquer, souvent sous des aspects fantasmagoriques. Les références les plus directes sont à trouver dans L’Usine électrique, qui s’inspire de la fermeture d’une usine vosgienne, et Max et Charly, fuite en avant de deux personnages après l’annonce de leur mort, métaphore du chômage, confrontés à leurs infortunés congénères reproduisant le modèle social dominateur qui les a exclus. « Pour Max et Charly, c’était inconscient, précise l’auteur. En tout cas, j’ai toujours

« J’ai toujours besoin de l’imaginaire, de mythes liés à ces destins, ces luttes, ces abandons... »

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besoin de l’imaginaire, de mythes liés à ces destins, ces luttes, ces abandons... C’est un matériau riche. Dans L’Usine électrique, j’ai pensé à Poe, Kafka, Buzzati, et les Contes de la désolation se déroulent, sans le dire, avec les rues de Longwy en arrière-plan. La région m’influence toujours implicitement : les usines, les rues, les bâtiments, le climat... même mon trait est plutôt charbonneux : peut-être un rapport direct à “l’air”, au propre comme au figuré. » La Clinique, où le personnage principal est en route pour cet établissement de plus en plus hypothétique, ou encore l’aventure de L’Oeil de la nuit, où un père et son fils défient l’inconnu... les héros de Vincent Vanoli sont souvent lancés dans une quête qui prend la forme d’une errance, habités par le doute et la peur du vide. Mais la nécessité, ou la volonté de toujours avancer ne les quittent jamais : un cheminement qui est le fil conducteur graphique et narratif de nombre des albums de l’auteur. « Il y a souvent cette notion du départ, qui peut naître de motivations diverses, relève Vincent Vanoli. La Lorraine est une région abandonnée, mais il peut y avoir une vraie nécessité de partir, pour s’accomplir. La question est : doit-on appartenir à un endroit ? Je crois que l’on appartient aussi à des mondes imaginaires, que l’on parcoure avec un bagage réaliste. » Rocco et la Toison et Maudite ! chez l’Association. www.vincent-vanoli.fr


ailleurs egoTriP ColleCTif de Sylvain Freyburger et Christophe Schmitt —

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11 › 12 janvier 2017 Théâtre de Thionville texte Alfred de Musset mise en scène Catherine Marnas

aujourD’hui, C’esT Toujours mainTenanT ? de Pascal Bastien —

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CRÉATION 1er › 5 février 2017 Théâtre en Bois Thionville texte et mise en scène Tatjana Pessoa


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Culture Portrait

Depuis le mois de juin, les éditions Dupuis, vénérable institution de la bande dessinée franco-belge, ont un nouveau directeur général en la personne du Messin Julien Papelier. La mission de ce passionné du 9e art qui réalise « un rêve de gosse » : perpétuer et surtout renouveler le patrimoine de la maison.

ESCORTER SES HÉROS Par Benjamin Bottemer Photo Julian Benini

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’est à l’occasion de l’une de ses escales à Metz, entre Paris, Charleroi, siège de la maison-mère Dupuis et Strasbourg où il réside que nous interceptons Julien Papelier. Tous les mois environ, il fait étape dans la cité lorraine d’où il est originaire et où vit toujours sa famille. Une ville à laquelle il reste très attaché, tentant lors de ses réguliers mais courts séjours de rendre visite aux proches, aux copains, de faire un footing aux alentours du Mont Saint-Quentin, de visiter les musées avec sa fille ou de déjeuner au Bon Samaritain, rue Mazelle, qu’il fréquente depuis ses cinq ans. « J’essayais de convaincre les Parisiens de s’arrêter à Metz, ils sont souvent surpris par la beauté de la ville, raconte-t-il. J’ai toujours plaisir à retrouver les lieux où j’ai grandi. » C’est non loin de la salle de l’Abbé Risse, où Julien suivait ses entraînements de basket, que nous nous retrouvons pour évoquer sa récente nomination au poste de directeur général des éditions Dupuis. 38

Lui qui a suivi sa scolarité à Metz intégrera HEC à Paris après le BAC ; c’est à cette époque que se tissent les premiers liens avec Dupuis, où il fut stagiaire et vendeur sur les stands des festivals. « J’ai tout de suite voulu travailler dans l’édition, puis j’ai eu une offre de L’Oréal ; Claude de Saint-Vincent [directeur général de Média Participations, groupe qui détient également les éditions Dargaud ou Le Lombard, ndlr] m’a conseillé d’accepter pour m’y forger une expérience. Nous sommes restés régulièrement en contact jusqu’à aujourd’hui. » Les années L’Oréal ne seront pas une frustration pour Julien, qui explique y avoir découvert un fort esprit d’entreprise et une liberté d’action appréciable. Il travaille au sein de la division marketing en France puis à l’international, avant de devenir directeur de la division pharmacie (La Roche-Posay, Vichy, Roger & Gallet). « Je dois beaucoup à L’Oréal, qui est connue pour faire confiance à ceux qui ont des idées en leur donnant les moyens de les mettre en œuvre. » En 2014, Julien est recontacté par Dupuis qui lui propose de prendre la direction de la branche diffusion, avant d’être nommé,


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Culture Portrait

« La BD est une industrie qui n’en est pas une : c’est aussi de l’art, de l’artisanat... »

à 40 ans seulement, directeur général de la vénérable maison fondée en 1898 par Jean Dupuis et popularisée par son célèbre hebdomadaire Spirou. Julien prend la tête d’un véritable panthéon de symboles de son enfance : Buck Danny, Les Tuniques Bleues, Yoko Tsuno, les Schtroumpfs, Lucky Luke... et aussi un fameux employé de bureau maladroit, inventeur à ses heures : « J’ai une tendresse particulière pour Gaston Lagaffe. La vie de cet employé de Dupuis est quand même une formidable mise en abîme ! Je dois sans doute beaucoup à Franquin, qui donnait là un aperçu du monde de l’édition. » De nouveaux personnages Mais pas vraiment le temps pour le jeune quadra de s’émerveiller devant ses héros de jeunesse. Sa mission : s’appuyer sur ce patrimoine pour le réinventer, à une période où le monde de la bande-dessinée est en mutation et doit évoluer. Chez Dupuis, le secteur jeunesse, cœur de son identité, est tout particulièrement concerné. « On renouvelle nos héros en les confiant à de nouveaux auteurs, on doit viser de nouveaux publics en n’oubliant pas que nous sommes une maison populaire au sens le plus noble du terme, c’est-à-dire que nous souhaitons toucher tout le monde, explique Julien. Pour cela, ce qui manque un peu ce sont de nouveaux grands personnages, fédérateurs. Il y a aussi la question des supports : chez les plus jeunes particulièrement, les modes d’accès à la lecture ont changé, passent par le numérique. » Un renouvellement de supports et d’image qui passe aussi par l’animation, avec la préparation d’un long-métrage Zombillénium par son auteur Arthur de Pins, mais aussi des projets cinéma « live », après Tamara, sorti sur les écrans cet automne. Seuls, adapté de la série à succès de Fabien Vehlmann et Bruno Gazzotti est prévu sur grand écran en février 2017, à peu près au même moment que Le Petit Spirou, avec un casting de choc : Pierre Richard, Philippe Katerine, Natacha Régnier, François Damiens... « La bande-dessinée est devenue une grande source d’inspiration pour le cinéma, note Julien. Il y a une effervescence générale autour de « la franco-belge » et je pense que c’est dû à notre politique d’auteurs, à un état d’esprit d’expérimentation, que nous envient d’autres grands pays de la BD comme les Etats-Unis ou le Japon. » 40

C’est un fait : il n’y a jamais eu autant de lecteurs de bande-dessinée, laquelle a acquis une image plus respectable pour le grand public. Ni autant de sorties d’ailleurs : les librairies croulent sous les publications. Un marché arrivé à maturité, bientôt à saturation ? « Cette surproduction est à la fois une force et une faiblesse : ça offre une grande richesse éditoriale, car en BD on peut aborder tous les sujets et toutes les formes, mais fatalement les tirages baissent et ça fragilise auteurs et éditeurs. La BD est une industrie qui n’en est pas une : c’est aussi de l’art, de l’artisanat... Il n’y a pas de mécanique implacable derrière tout cela, ça ne fonctionnerait pas. Laisser la place à la liberté et à l’inattendu, c’est une garantie de diversité, et de succès aussi ! » Le nouveau directeur général a pris ses fonctions à la fin du printemps, une période charnière pour le monde du 9e art, entre la rentrée littéraire, les fêtes de fin d’année et la perspective d’Angoulême, où Dupuis effectue un retour en force après des années d’absence. Après L’Oréal, Julien s’est donc tourné vers les petits miquets : un choix du cœur exclusivement ? « Bien sûr, c’est plus facile de se donner à fond quand on est passionné, mais ce qui m’a aussi intéressé c’est d’arriver chez Dupuis à un moment où on crée de nouvelles choses. C’est un challenge euphorisant, cette idée de se réinventer... » Julien nous raconte que lorsqu’il s’est présenté aux équipes de la maison-mère à Charleroi, celles-ci avaient été marquées par le fait qu’il soit originaire de Metz : les deux villes partagent, il est vrai, une histoire comparable ; et peut-être, également, cette même volonté de se réinventer. www.dupuis.com


ARSENAL

cie pernette animale dimanche 15 janvier 16h00 danse contemporaine à partir de 3 ans

Jazz

CITÉ MUSICALE – METZ

les ombres blanches

JEU I9 JANV. 20I7

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Culture Musique

LE GARÇON CAMÉLÉON Par Benjamin Bottemer Photo Arno Paul

Harmoniques poétiques en territoire punk, son pop avec des échos de rock garage et d’influences sixties... au sein de ses projets passés comme sur son troisième album Ni Pluies ni rien, Manuel Etienne cultive une pop souterraine et mutante et refuse de choisir, préférant l’émotion à l’étiquette.

À

la question « et toi, à quoi tu joues ? », Manuel Etienne a toujours privilégié les réponses multiples et contrastées. Pour assouvir l’insatiable et éclectique appétit musical qu’il nourrit depuis toujours, ce Vosgien de naissance fonde trois groupes dès la fin de ses études à Strasbourg, à l’orée des années 2000 : The Spangles, Toxic Kiss et Lova mi amor. « Un seul groupe, c’était trop peu pour moi, raconte l’intéressé. À cette époque, j’étais hyperactif, je faisais le tourneur et l’attaché de presse en même temps que la musique, les compositions. J’écrivais une ou deux chansons par jour... J’ai toujours écouté de tout, du coup les envies se multipliaient. » Pour s’aventurer au-delà des styles musicaux (re)visités, du garage au brit-rock, celui qui se surnomme encore Manöx crée le collectif Növalis Impulse, « écurie pop mutante », famille de passionnés désireuse de piloter la pop dans les profondeurs de l’underground. « Trop punks pour être pop, trop FM pour les indépendants... On a toujours eu du mal à trouver un public », lâche Manuel Etienne. Un rejet des étiquettes qu’il perpétue en 2012, pour la première fois sous son nom, avec Détails, album construit en parallèle à un quotidien tumultueux. Ce projet très personnel fait preuve d’un nomadisme aussi bien musical que pratique : mixé par sept personnes dans autant d’endroits différents, c’est peut-être le disque le moins « solo » du Manuel Etienne, sur lequel pas moins de onze musiciens viennent lui prêter main forte ! « Je 42

suis toujours fier de ce disque où il y a un côté patchwork, bricolage, une urgence et aussi une multiplicité qui ont laissé des traces que l’on retrouve dans ce que je fais aujourd’hui. » Seul sur scène avec une boîte à rythmes et un micro, il est rapidement rejoint par David l’Huillier, le batteur de Toxic Kiss, Tom Rocton, le « Rémy Bricka » de la bande (guitare-claviers-machines-trombone) et le bassiste Fabien Pilard. Deux ans plus tard, le groupe livre Vaudémont, salué par la critique indépendante. Ce dernier mixe les influences avec davantage de maîtrise : éclats rock et bruits sourds, riffs et mélodies tranquilles, claps et mini-tubes punk... harmonie et impulsivité cohabitent, en français et en anglais. « J’écoute aussi bien Bashung, Christophe que William Sheller ou le premier album de Véronique Sanson, j’adore Roy Orbison, le double loser d’Elvis, les Kinks et les Pixies... Je ne me sens proche d’aucune chapelle en particulier. L’étiquette “chanson française” dès que tu chantes en français, ou pire, “chanson à textes”, j’ai toujours trouvé ça débile ! » En novembre dernier sortait Ni Pluies ni rien, troisième essai du groupe. Plus apaisé, plus produit et travaillé, le disque gagne en homogénéité ce qu’il perd en charme bricolé. Une exception : Béziers, qui évoque le climat délétère de la ville du triste sire Robert Ménard, mais aussi l’émerveillement qui subsiste malgré tout, dans cette cité qu’affectionne Manuel Etienne. Un titre 100% instrumental, où se côtoient colère et contemplation. « Je ne voulais pas mettre de paroles car ce qui se passe là-bas se passe de commentaires. Musicalement, je me suis inspi-


ré de The Ex et de Philip Glass ou Steve Reich, des maîtres de la musique à structure répétitive. » Sur Détails et Vaudémont, il introduisait déjà un titre instrumental : Renomeix et l’éponyme Vaudémont, clins d’œil évoquant également l’esprit de ces bourgs lorrains. En parallèle à la poésie volontiers mélancolique mais lumineuse, les musiciens bâtissent de petits mondes qui évoquent des paysages aux reliefs nombreux, installent des ambiances cinématographiques ou taillent dans le vif des titres aux rythmes

accrocheurs. Les claviers évocateurs et le trombone majestueux de Tom Rocton, les paroles glissées, scandées, criées de Manuel Etienne, les guitares jamais envahissantes, constamment protéiformes... au sein d’un même morceau parfois, les couleurs se mélangent et les sentiments se télescopent. « Sur Ni Pluies ni rien, on s’est beaucoup préparés pour pouvoir enregistrer tous ensemble dans les conditions du live, ce qui fait qu’il y a très peu de “triche”, de montage. Si nos choix sont instinctifs, on se 43

remet constamment en question. Il y avait tant de choses que je voulais dire sur ce disque, tant de détails importants à mes yeux : pour moi, chaque chose minuscule y est immense. » CONCERT Manuel Etienne -> 02.02.17 Trinitaires | Metz Ni Pluies ni rien, Les Disques de la Face cachée/Lafolie records manueletienne.com


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FOLKSTAR

EMILY JANE WHITE Par Fanny Ménéghin | Photo Arno Paul

Quelques heures avant le concert, Emily Jane White est partie faire un footing. Un rituel d’après son attachée presse. Elle prend ensuite le temps de manger avec ses musiciens puis rentre dans sa loge pour commencer l’entretien. Même si elle accepte que les questions lui soient posées en français, elle préfère répondre en anglais, sa langue maternelle, car elle a peur de trop chercher ses mots. C’est donc une interview bilingue qui commence. Le tableau doit sûrement être drôle vu de l’extérieur. C’en est presque métaphorique : l’artiste folk originaire d’Oakland, la West Coast américaine, est venue rencontrer son public de l’East Coast française. Emily

parle avec une voix très douce et très basse. Il faut d’ailleurs bien tendre l’oreille pour ne pas perdre le fil. L’interview classique se transforme alors en discussion, comme si deux copines avaient des choses très sérieuses à se confesser. Sous sa frange blonde, ses yeux pétillent quand elle explique que dans son dernier album elle a tenu à mettre en chanson des combats qui lui tiennent à cœur : luttes contre les violences faites aux femmes, contre le racisme, contre les violences policières. « En tant qu’artiste et citoyenne c’est mon rôle d’apporter, à mon niveau, un peu plus de lumière sur ces causes. J’essaye avant tout de parler de ce qui me touche et ce qui touche les 44

gens qui m’entourent ». Le concert a lieu le même jour que les élections américaines. Emily Jane White se lance alors dans une démonstration pour expliquer que la victoire de Trump serait terrible, mais que d’une certaine façon, cela lui donnerait encore plus de force pour écrire des chansons engagées. Le concert va bientôt commencer, Emily en profite pour rester au chaud dans la loge et se reposer, il est alors temps de laisser la papesse du folk américain se préparer. Propos recueillis le 8 novembre à l’occasion du concert à L’Autre Canal


La culture n'a pas de prix

TRinitaires & BAM

déc

jan

Schwab Soro Jeanne Cherhal 2.12 Melt Banana DaiKiRi Bras Mort 3.12 Lescop Mensch 7-9.12 Mevlido appelle Mevlido 8.12 Les Géminides Release Party 13.12 Arno 15.12 Dj Pone 17.12 Digitale Steine 18.12 Reprises de Volée Jeune Public 20.01 Skaferlatine 21.01 Let’s Dyke! #6 avec Féros, cahiers érotiques 25.01 Fabergosse Jeune Public 26.01 ErikM & les Percus. de Stras. 27.01-01.02 Festival Haunting The Chapel #5 1.12 2.12

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ROCK DREAMER

LESCOP

Par Fanny Ménéghin | Photo Arno Paul

La petite salle de L’Autre Canal s’est transformée en studio photo. Lescop, assis sur un tabouret rouge, prend la pose sans vraiment avoir l’air de le faire exprès, devant l’objectif d’Arno Paul. Il donne l’impression d’avoir toujours été assis là, à attendre que le concert commence. Il a les yeux fermés, son visage pourrait paraître froid, mais il est en fait détendu, patient. Le dernier flash crépite, Lescop se lève et se dirige vers la scène, près à commencer l’interview. Qu’il s’agisse de son dernier album ou de ses débuts avec Asyl, Lescop parle avec passion de sa musique. Sans en faire des tonnes avec une accumulation de superlatifs, il prend le temps, avec

pudeur, d’utiliser les mots justes. « J’essaye quotidiennement de me mettre en dehors du quotidien, et ça se ressent dans l’écriture, explique-t-il. La vie de tous les jours ne me suffit pas. » C’est en s’inspirant des rêves qu’il écrit. Lescop prend son temps pour répondre aux questions. Il cherche d’abord ses mots, commence une phrase et s’arrête en plein milieu. Il regarde le sol, se mord la lèvre, et on n’ose pas le relancer. C’est comme si, l’espace d’un instant, il avait appuyé sur le bouton OFF. Puis tout à coup, il relève la tête, se redresse, et reprend sa tirade : « Je ne veux pas être un bourgeois de la chanson française et je veux pouvoir emmener le public dans des zones 46

d’inconfort, le surprendre. » Si les critiques musicaux ont choisi de nommer son style musical « cold wave », Lescop n’est en rien froid, et c’est au contraire avec un sourire chaleureux qu’il descend de la petite scène de L’Autre Canal et se dirige vers les loges pour se détendre avant le concert. Propos recueillis le 15 novembre à l’occasion du concert à L’Autre Canal


MINIATURE POP

LADYLIKE LILY Par Fanny Ménéghin | Photo Arno Paul

Ladylike Lily était en train de faire une sieste dans sa loge de L’Autre Canal quand on a frappé à la porte. Elle ouvre timidement et nous invite à entrer. La petite pièce est plongée dans la pénombre, les ampoules du miroir éclairent la pièce d’une lumière diffuse. L’étui de sa guitare est posé contre la table, près d’un énorme sac de voyages. La jeune femme est arrivée en train depuis Paris. Au fur et à mesure de l’entretien, on peut aisément se rendre compte que Ladylike Lily est comme la lumière du miroir de la loge : douce et chaleureuse. Originaire de Rennes, elle est venue seule à Nancy, « tout au long de ma tournée solo je suis solo, je n’ai même

pas d’ingé son avec moi. C’est parfois très roots, mais j’aime beaucoup ». Ladylike Lily raconte que pour son dernier EP, La Matière, elle a décidé de chanter en français. C’est un risque que beaucoup d’artistes essayent d’éviter, mais pour elle c’est un nouveau challenge. « Je me suis aussi rendu compte que le français me faisait chanter autrement, alors c’est comme si on m’avait mis un nouvel instrument dans les mains. C’est une prise de risque de chanter en français, certes, mais l’écriture est un exutoire pour moi. J’ai commencé à écrire en anglais car j’avais besoin d’évacuer certains événements de ma vie, mais ça ne me soulageait pas beaucoup, ça sonnait 47

faux. J’ai commencé un titre en français et ça m’a beaucoup plu ». Ladylike Lily est une jeune femme très passionnée, habitée par son art. La voir parler en agitant ses mains pour mimer ses paroles, appuie la sincérité de sa démarche. Seule dans cette petite loge, assise sur le canapé noir, dans l’obscurité de la pièce, on a l’impression d’être dans la boîte à bijoux d’une petite fille, avec, au milieu, une petite figurine précieuse qui chante sur un air de folk, quand on ouvre la boîte. Propos recueillis le 8 novembre à l’occasion du concert à L’Autre Canal


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LABORANTINS DU ROCK

RADIO ELVIS Par Emmanuel Abela | Photo Arno Paul

Cessons d’associer Radio Elvis à la seule figure de Pierre Guénard, son fondateur. Aussi charismatique soit-il – et il l’est vraiment ! –, le jeune homme n’est pas seul. C’est bien à trois qu’ils se présentent en interview, Pierre donc, mais aussi Manu Ralambo, le bassiste, et Colin Russell, le batteur. Cessons également de trop confiner le trio à une approche littéraire du rock. Les textes en français ont leur importance, mais ils ne vivent pas indépendamment de la structure musicale qui les environne. « Un son, une ligne de basse, une mélodie à la guitare génère du texte, et à l’inverse un mot devient un texte qui lui-même devient un morceau. » De la chanson donc, dans ce que le terme présente de plus noble.

De la chanson qui puise à la source de modèles français trop souvent évoqués à propos de Radio Elvis, mais qui s’attache aussi au blues par l’intermédiaire de la figure de Jeffrey Lee Pierce du Gun Club, ou au rock new-yorkais façon Sonic Youth, voire à l’electro avec ces petites touches de couleur qui égayent les guitares. Pierre nous éclaire sur ce nouvel aspect : « Oui, c’est Colin qui m’a fait écouter LCD Soundsystem. Des choses se dessinent sur le premier album, et je pense que le suivant ira encore plus dans cette veine-là ! » Et tous trois d’annoncer « quelque chose d’un peu plus brut dans le parti pris global, donc un peu moins chanson. Cet aspect new-yorkais nous plaît ». Colin renchérit : « On aime se laisser surprendre. Il est vrai 48

que je connaissais LCD avant, mais que je n’imaginais pas intégrer ces éléments chez Radio Elvis. » En vrais amateurs de sons authentiques, donc analogiques, ils s’amusent comme des laborantins – « C’est inspirant de chercher un son qui va remplacer une ligne de basse par exemple. » On trouve chez eux cette candeur des débuts qui ouvre le champ des possibles. Avec le succès grandissant, on sent quelque chose en train de se passer. Chose qui se vit de manière très naturelle, en associant soif de découverte et maîtrise réelle. Propos recueillis le 10 octobre à l’occasion du concert dans le cadre de NJP


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SÉLECTIONS

culture

IMBROGLIOS ET QUIPROQUOS ! OPÉRA Il Matrimonio segreto 31.01 + 02.05 + 05.02 + 07.02 + 09.02 Opéra de Lorraine www.opera-national-lorraine.fr Il matrimonio segreto © Tanja Dorendorf

Aussi étonnant que ça puisse paraître, Domenico Cimarosa fut un temps plus célèbre que Mozart. Il a consacré sa vie entière à l’opéra – il en écrivit 70 ! –, au point d’être considéré aujourd’hui encore comme l’un des maîtres incontestés de l’opéra italien de la deuxième moitié du XVIIIe siècle. Avec Il Matrimonio segreto, il eut même l’extrême privilège, unique dans l’histoire de la musique, de voir son œuvre bissée en entier par l’Empereur Leopold II, principal destinataire de cette farce vaudevillesque. Comme le titre l’indique, Carolina et Paolino se sont mariés en secret

Photo Pierre Grosbois

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depuis deux mois, ils s’aiment sans pouvoir le montrer, ce qui provoque bien des complications dans leur entourage. La metteuse en scène Cordula Däuper déplace l’intrigue dans un univers féérique et coloré, proche de l’univers des maisons de poupées. Une manière de renouer visuellement avec la dimension extrêmement populaire d’un opéra dont Delacroix ou Stendhal se sont montrés des admirateurs éperdus. (E.A.)


En balade Voilà un Benjamin Biolay jamais plus caliente que lorsqu’il s’engouffre sur les routes, entre Palermo et Hollywood. Chansons sensuelles (comme toujours), rythmes chaloupés, spleen aérien, paysages cinématiques et Biolay, en metteur en scène parfait. (C.B.) CONCERT

Benjamin Biolay 25.01.17 Arsenal | Metz www.arsenal-metz.fr

Tchiki-boum Le platiniste et plasticien eriKm s’associe à l’ensemble nouvelle génération des Percussions de Strasbourg pour un spectacle réjouissant mêlant musiques électroniques, contemporaines et bruitistes, le tout en temps réel. (C.B.)

Photo Pierre Grosbois

Classique punk THÉÂTRE Lorenzaccio 11 + 12.01.17 NEST | Thionville www.nest-theatre.fr

CONCERT

Injouable Lorenzaccio ? C’est ce qu’on dit de cette pièce écrite par un Alfred de Musset de tout juste 23 ans, réunissant 80 personnages, 36 changements de décor, 5 actes et de nombreuses intrigues. La démesure de la chose n’a visiblement pas rebuté Catherine Marnas – directrice du Centre Dramatique National de Bordeaux – qui met en scène ce monstre du théâtre romantique. Une adaptation qui se veut grave, sombre, faisant à bien des égards écho à l’inquiétude généralisée de notre temps. (C.T.)

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Drum-Machines 26.01.17 BAM | Metz www.trinitaires-bam.fr

Sous les masques Que dit l’art ? Que se passe-t-il en coulisses ? Que portent les artistes ? Alexander Glandien, Clara Thomine, Loïc Vanderstichelen et JeanPaul Jacquet produisent un parcours non-dénué d’humour sur l’art : une mise en abyme qui s’annonce passionnante ! (C.B.) EXPO

La Commedia Dell’Arte L’art en tant que mascarade 01.02.17 > 03.04.17 Casino | Luxembourg www.casino-luxembourg.lu


Girl power Cortex est une pièce hybride créée par la Compagnie 3637, 100% féminine. Quand la danse se mêle aux mots pour fouiller les souvenirs égarés de l’enfance. À travers une mise en scène minimaliste, dépouillée de tout artifice pour exciter la mémoire, se déroulent les histoires toutes personnelles de deux femmes habitées. Les deux comédiennesdanseuses – Bénédicte Mottart et Coralie Vanderlinden –

TROP MOCHES ! L’habit ne fait pas le moine, paraîtil… Les espèces animales laides ne devraient pas être méprisées mais comprises. C’est ce qu’a décrété le Musée Aquarium de Nancy en rendant hommage à ces curiosités à travers une exposition sobrement intitulée Moches. L’idée ? Questionner l’apparence, saisir les singularités des bestioles afin de poser sur elles un regard neuf, débarrassé des préjugés, et autres peurs souvent injustifiées. Observation, manipulation, déduction, analyse … Tout est mis en œuvre pour mettre en exergue la capacité des enfants (mais pas que !) à comprendre et décoder les secrets de ces créatures bizarres, tout en apprivoisant les vastes notions de laideur et beauté avec humour. (C.LO.) EXPO Moches -> 24.09.17 Musée Aquarium | Nancy www.museumaquariumdenancy.eu

Cortex, La Compagnie 3637

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parlent, racontent, hurlent, sautent, tourbillonnent, gesticulent. Une énergie folle pour replonger dans un passé dont on sous-estime parfois la force : quels impacts ont ces souvenirs sur l’âge adulte, sur la construction de l’être ? Que deviennent les souvenirs et ce qui appartient au passé ? Un spectacle viscéral qui promet de toucher les cordes sensibles. (C.LO.)

SPECTACLE Cortex 09 + 10.02.17 Théâtre Gérard Philipe Frouard www.tgpfrouard.fr


chicmedias éditions

Collection desseins La collection desseins laisse libre cours aux artistes : photographes, plasticiens ou illustrateurs en publiant leurs carnets. Une adresse au corps, à la nudité, à la sexualité voire à la pornographie.

ASSEZ FLIRTÉ, BAISSER CULOTTE ! Anne-Sophie Tschiegg

Chic Médias éditions Collection desseins

ASSEZ FLIRTÉ, BAISSER CULOTTE

L’ÊTRE PRIORITAIRE

LA NUIT

Anne-Sophie Tschiegg

Hakim Mouhous Hélène Schwaller

MILO Songbook Nicolas Comment

chicmedias éditions Collection desseins

MILO SONGBOOK Nicolas Comment

Jérôme Mallien

À commander sur www.shop.zut-magazine.com Disponible en librairie chicmedias éditions - 12 rue des Poules - 67000 Strasbourg - 03 67 08 20 87


Suprême ! Cass McCombs serait-il le musicien suprême ? Il y a quelques années, il nous confiait : « Ce que je cherche à comprendre avant tout, c’est pourquoi un jour, une guitare a atterri entre mes mains. Ma musique trace son propre chemin, elle vit d’elle-même. Je me sens comme un messager. » Ainsi, entre folk fin et précieux (le sublime

Wit’s End), americana laconique sur Big Wheel & Others, blues-rock tonique et contemporain sur A Folk Set Apart ou pop à la lisière du jazz sur son dernier Mangy Love, Cass McCombs explore toutes les possibilités musicales. Seules constantes ? La mélodie et la perfection. (C.B.) CONCERT Cass McCombs 20.02.17 Rotondes | Luxembourg www.rotondes.lu

Descente d'un cheval dans la mine, François-Ignace Bonhommé. Collection Arts Graphiques du musée de l'Histoire du Fer.

D’enfer ! Le musée de l'histoire du Fer vient de fêter ses 50 ans en grande pompe et d’inaugurer un nouveau parcours – Parcours d’en fer – permanent parsemé de 12 œuvres traversant les époques : du Moyen Âge jusqu’à la fin du XXe siècle. Une série qui vient compléter les multiples points de vue déjà offerts sur l’évolution de fer. Du patrimoine dans le patrimoine puisque les murs du musée (il a été conçu par Claude Prouvé, Jacques et Michel André et son ingénierie a été imaginée par Jean Prouvé) offrent un écrin de choix à ces œuvres historiques et essentielles ! (C.B.) EXPO Musée de l’histoire du Fer Jarville-la-Malgrange www.museehistoiredufer.fr

Photo Ani Mijatovic

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pré-production — prises de vues — photo post-production — vidéo numérique — 03 90 20 59 59 —


Une folk star en mode survie Le dressing d’une femme en mouvement Les choses à shopper Les tendances façon Zut

Illustration Clémence Viardot


IF I WAS A FOLK STAR. Photographe Alexis Delon / Preview

Réalisation Myriam Commot-Delon

Mannequin Leslie Dumeix www.lesliedumeix.com

Coiffeur Gregory Alcudia / Avila www.avila-coiffure.com

Maquilleuse Audrey B. www.audreybmaquillage.com Post-prod Emmanuel Van Hecke www.preview-tm.fr


Robe longue en tulle macramÊ Red Valentino et bottines Sergio Rossi. Bague Casoar, or blanc et jaune 18 carats, rubellite et brillants Éric Humbert.


Veste en lainage brodé Dries Van Noten. Body à manches longues en dentelle et haut blousant Christies. Sautoir en perles des mers du sud de couleurs naturelles et bracelet jonc Trait d’union en or blanc Éric Humbert.


Blouse et jupe courte en vinyle Isabel Marant. Superposition de deux bagues Trinity en or blanc et diamants et or jaune et diamants, créoles Le Clou, portées en duo sur le même lobe, le tout Cartier.


Robe nuisette courte en soie rouge et dentelle de Calais Marjolaine. Dessous, T-shirt en coton imprimé étoile Saint Laurent Paris. Bracelet et boucles d’oreilles Le Clou en or et diamants Cartier.


Robe nuisette mi-longue, en soie bleu canard et dentelle de Calais Marjolaine. Bracelet et boucles d’oreilles Le Clou en or et diamants Cartier.


Robe longue en tulle macramÊ Red Valentino. Bague Casoar, or blanc et jaune 18 carats, rubellite et brillants Éric Humbert.


Robe poncho en crêpe frangée et sac en cuir rayé Balenciaga. Escarpins Predator en strass de Swarovski Philipp Plein.


Veste, pantalon et écharpe en fourrure écologique et sangles en coton Dries Van Noten. Étoile lumineuse à LED en fil de fer soudé Zoé Rumeau chez www.smallable.com


Pull à col bateau en maille métallisée ajourée Isabel Benenato. Bracelets jonc à charms en argent et verre de Murano facetté Pandora. Bottes en veau velours Prada.


ZU T

Tendances Dressing

Come as you are

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La douce Chloé, Messine passionnée de mode, fan de bijoux et de voyages, pose ses valises chez son amie d’enfance et nous fait découvrir son univers quelques jours avant de décoller pour l’Espagne. Passeport Mademoiselle ! Je m’appelle Chloé, j’ai 27 ans. Je déménage dans quelques jours en Espagne pour un nouveau travail en tant que personal shopper chez Lookiero, une start-up qui envoie des box de vêtements choisis en fonction du profil et des goûts de chaque cliente, et qui veut développer son concept en France. L’idée de découvrir l’Espagne et un nouveau volet de la mode me réjouit terriblement. Comment définirais-tu ton style ? Mon style est assez urbain, je crois. J’aime mélanger des pièces très simples avec des pièces fortes. J’apprécie les longs manteaux en laine, les jeans bruts, les pulls en grosse maille, les t-shirts simples, toujours mélangés à des pièces originales comme des broderies ou des imprimés… Quelles sont tes marques préférées ? Pour les marques accessibles : Zara, Cos et & Other Stories sont celles que je préfère, autant pour les vêtements et les chaussures que les accessoires. Ces enseignes sont parfaites pour des pièces minimalistes et de bons basiques. Ton tic mode ? Les bijoux ! J’aime tous les bijoux : simples, imposants, originaux… J’en achète très souvent, ils font partie de ma tenue. J’ai une préférence pour ceux en or et pour ceux qui me rappellent des choses, des personnes ou des lieux. J’ai deux bagues que je n’enlève jamais : une de ma grand-mère et une de ma mère. J’ai l’impression qu’il me manque quelque chose quand je ne les porte pas !

Ta pièce fétiche ? Mon jean brut American Vintage, taille haute, je le mets avec tout ! Il y a aussi mon sac Balenciaga. Il a bientôt dix ans mais c’est un peu comme le vin : plus il vieillit plus il se bonifie ! Tes achats pour l’hiver ? Un manteau long bleu marine en laine Zara, coupe droite comme j’aime. Comme je tricote beaucoup, je fais toujours le plein chez Phildar avant l’arrivée de l’hiver. 71

Routine beauté ? Mon indispensable : l’huile de coco pour m’hydrater, que j’applique le soir sur le visage. Pour le make-up, j’apprécie la BB cream Nars, un peu de bronzer, du blush et du mascara Avril – marque bio et non testée sur les animaux. Ah oui, je ne sors jamais sans avoir mis quelques gouttes de mon parfum Bois d’argent Dior, ainsi qu’une touche de rouge à lèvres foncé.


SÉLECTIONS

tendances

ACCESSOIRES

PEDIGREE COUTURE Le CV de Coralie Amsellem fait rêver… Diplômée d’Esmod, passée chez Givenchy et Lesage, elle a lancé à 23 ans sa marque de maroquinerie de luxe. Les bons points ? Des zip enrobés d’or ou d’argent pour souligner ses sacs et bracelets réalisés 72

dans des peausseries d’exception. Un twist rock chic qui donnera l’estocade fatale aux silhouettes néo-seventies de cet hiver. (M.C.D.) � Ted & Luxury Shop

20, rue Serpenoise 6, rue du Lancieu | Metz www.ted-metz.com www.coralie-paris.com


DRESSING

MOTS DOUX � Galeries Lafayette Metz

4, rue Winston Churchill www.galerieslafayette.com

Le lol s’affiche partout et y compris (surtout ?) sur les collections de la marque RAD, disponibles exclusivement aux Galeries Lafayette. Cet hiver, on crie son amour pour Ryan Gosling ou pour le fromage et on reste over cool ! Une ligne bien coupée et décalée ! (C.L.)

BIJOUX

SCULPTURES AUX MAINS � Honey \ Mustard

11, rue du Marché aux Herbes Luxembourg www.honeymustard.eu

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BIJOUX

VOYAGER LÉGER Inspirées des scènes de tous les jours et conçues à la main en Grèce, les créations de Mary Gaitani combinent l’or et l’argent, les pierres précieuses et les cordons colorés. Visions de couchers de soleil, de Cyclades et de bleu azur. On se laisse emporter et on porte sans modération ces pièces uniques ! (A.S.)

� Sally & Jane

14, rue Taison | Metz 03 55 80 17 54

Plus besoin de traverser la mer du Nord pour découvrir la dernière collection bijoux Cornelia Webb, tout juste arrivée chez Honey \ Mustard. La créatrice mise sur un artisanat raffiné et s’inspire de la nature pour jouer avec les lignes du corps, le tout avec un sens esthétique bien scandinave. Conquises ! (A.S.)


MODE

FOLLE SAISON � Lilith

46, rue Stanislas | Nancy www.lilithparis.com

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Figure de proue de la mode nancéienne, la maison Lilith incarne depuis 1987 la vision d’une femme libérée des diktats de la mode. Un vestiaire qui s’exporte aujourd’hui de New York à Taiwan et qui ne ressemble à aucun autre. Aux couleurs sourdes, tissus sophistiqués et volumes oversized, à l’opulence discrète et raffinée, au masculin/féminin parfaitement maîtrisé. Cet hiver, le label explore la garde-robe d’une femme des années 30, indépendante, avec une collection manifeste où l’on retrouve les fameux pois, les rayures, les satins chatoyants et les jeux de mailles représentatifs de l’ADN Lilith. Un revival à accessoiriser de jour comme de nuit de boas en plume aux teintes intenses. (M.C.D.)


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À STRASBOURG

À MEISENTHAL

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Un type qui gratte de la guitare Une recette retrouvée Une voile bien redressée Des choses à mettre sous le sapin Bref, du nouveau Le lifestyle façon Zut Illustration Clémence Viardot


L'ART DU SOLO S

Jeune luthier autodidacte, Mathieu Schmitt crée guitares, ukulélés et banjos avec le souci de la belle pièce et du bon son. Des instruments d’exception, modèles uniques à l’esthétique élégante, qui recèlent des trouvailles nées de la passion et de l’inventivité de leur créateur. Par Benjamin Bottemer Photos Julian Benini

i on ne craignait pas la formule convenue, on déclarerait, plantés au milieu du petit atelier de Mathieu Schmitt, installé au sous-sol d’un coquet pavillon près de Metz : « C’est donc là que la magie opère. » Il y a pourtant un peu de ça dans la sensation que l’on éprouve en pénétrant dans cet espace calme et bien rangé, truffé de machines et d’outils de tailles et d’aspects variables, aux fonctions mystérieuses, où flotte l’odeur du bois qui sèche. « Tout est à portée de main, et chaque chose à sa place », commente Mathieu, dont la voix et le tempérament tout en douceur correspondent bien à l’idée que l’on se fait de l’artisan minutieux et solitaire. En admirant les deux guitares exposées sur son établi, on a du mal à croire qu’elles ont été réalisées par quelqu’un qui n’a suivi aucune formation en lutherie ; tout l’apprentissage de Mathieu s’est fait en solo, à l’aide de 78

quelques vidéos, de beaucoup de recherches et d’une solide capacité à improviser et à expérimenter. Et de pas mal de patience, aussi : une pièce nécessite trois mois de travail. « Il faut être ébéniste, vernisseur, sculpteur, acousticien… en un mot polyvalent, explique le luthier autodidacte. La lutherie pour les instruments d’orchestre, comme les violons, c’est un monde à part, avec des écoles et de la musique classique en fond. Pour le rock, en lutherie c’est comme en musique : tu sais pas jouer, tu apprends tout seul, tu te débrouilles et tu te sors les tripes. » Musicien, Mathieu était déjà un toucheà-tout : multi-instrumentiste, il est aussi passé par la Musique Assistée par Ordinateur. Aujourd’hui, l’outil numérique lui sert à dessiner les plans de ses guitares, avant d’entrer dans le vif du sujet. « J’ai toujours aimé bricoler, et je voulais me lancer un défi ; ma première création a été une guitare folk assez complexe, avec une table sculptée à la main. Puis je suis passé au ukulélé avant d’essayer le banjo, la tampura… » Il gratouille


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ZU T

Lifestyle Artisanat

La ES Style Interprétation de la mythique ES 335 de Gibson, avec ouïes redessinées, table et éclisses en érable ondé, incrustations de nacre, sillet en os, elle a bénéficié d’un vernissage en deux temps : le rouge appliqué à la base est resté dans les ondes du bois après ponçage et passage de vernis bleu, ce qui laisse voir des reflets allant du bleu au violet.

« Pour le rock, en lutherie c’est comme en musique : tu sais pas jouer, tu apprends tout seul, tu te débrouilles et tu te sors les tripes. »

La Cigarbox « Un truc de luthier très répandu ». Mathieu en a poussé le concept avec une multitude de motifs gravés sur cette guitare dont la caisse de résonance est réalisée à partir d’une boîte à cigares. Une version « Deluxe » comportant une petite prouesse technique : un ampli intégré à l’étui. Les Yeux du tigre Ce ukulélé au nom inspiré par ses ouïes aux contours hypnotiques, réalisé à partir de six essences différentes, comprend une ouïe latérale renvoyant le son vers le musicien ainsi qu’une plaque vissée permettant d’accéder aux vis du manche, à une prise jack, et servant aussi de repose-cordier. « C’est un hybride, un ukulélé jazz, je pense que je suis l’un des seuls en France à faire cela. »

sous nos yeux pour nous faire éprouver la différence de son selon la forme de la table, teste un nouveau « jouet », une scie musicale, nous initie un peu aux procédés de fabrication et aux outils qui l’entourent, et qu’il a pour certains fabriqués lui-même, voire entièrement inventés, comme cette presse créée à partir d’une clé de batterie. Ses instruments, acoustiques ou électriques, nous flattent les mirettes avec leurs jolies courbes, leurs vernis aux reflets changeants et leurs incrustations de nacre, puis Mathieu nous fait un peu redescendre sur terre : « Il faut que ça ait de la gueule, mais aussi que ça sonne ! La qualité du son provient aussi de détails invisibles ayant également leur propre esthétique, qui, de mon point de vue, doit être présente partout. » Il énumère les différentes essences de bois qu’il utilise et qui ont chacune leur particularité : frêne, poirier, mirabellier, 80

érable, épicéa, noyer, qu’il choisit dans des scieries ou coupe dans les bois voisins. « On peut y faire de belles trouvailles. Ce sont les ondes naturelles du bois qui déterminent les dessins, pour habiller l’instrument. Je n’aime pas l’extravagance, je suis dans une certaine sobriété. » Passé par les Beaux-arts de Metz avant de se mettre à l’ouvrage en 2011, Mathieu possède en lui une sensibilité artistique et un talent indéniables. Mais il se sera vite détaché de ce milieu pour suivre sa propre voie. « Je fais de l’artisanat avec une partie créative, mais sans les notions conceptuelles de l’art. C’est une philosophie de vie, le plaisir charnel du travail du bois, le côté jouissif de trouver les solutions tout seul... C’est plutôt comme ça que je me sens artiste. » www.mathieuschmitt.fr


Prenez place autour d’une table moderne et épurée, en harmonie avec le Centre Pompidou-Metz. Une adresse unique, dans le nouveau quartier de l’Amphithéâtre, pour que votre visite dans ce cadre exceptionnel, soit une nouvelle expérience.

1, parvis des Droits de l’Homme - Metz - 03 87 66 66 45 lavoileblanchemetz www.voile-blanche.fr


ZUT À TABLE La recette

La brioche perdue Réalisation Séverine Manouvrier Photo Julian Benini

→ Pour 4 pers.

Caramel, brioche et Nutella : trois saveurs qui font écho aux goûters de notre enfance. Antoine Mocellin du restaurant Chez Moi nous livre sa recette de brioche perdue, chantilly mascarpone Nutella, sauce et glace au caramel, délicieusement régressif, à réaliser et déguster les yeux fermés ! Chez Moi 22, place des Charrons Metz 03 87 74 39 79

Ingrédients

Sauce caramel

Dressage

• 1 brioche au beurre • 25 cl de lait • 3 œufs • 275 g de sucre • 1 gousse de vanille de Tahiti • 80 g de beurre • 100 g de cassonade • 75 cl de crème fleurette • 50 g de mascarpone • 2 cuillères à soupe de Nutella • Glace artisanale au caramel

Dans une poêle, verser 200 g de sucre et 30 ml d’eau. Laisser le sucre se colorer. Une fois qu’il atteint une belle coloration, ajouter 30 g de beurre et 50 cl de crème fleurette et laisser réduire sans remuer.

Sur chaque assiette, réaliser un décor avec la sauce caramel (type quadrillage) à l’aide d’une pipette, d’une cuillère ou d’une fourchette. Déposer la brioche caramélisée encore chaude. Disposer une boule de glace et la chantilly dans un petit bol à part.

Crème anglaise Porter 25 cl de lait à ébullition, y infuser une gousse de vanille (préalablement fendue et grattée sur sa longueur). Blanchir les 3 œufs avec 75 g de sucre à l’aide d’un fouet. Passer le lait au chinois et le verser sur les œufs en mélangeant. Réserver au frais. Chantilly Monter 25 cl de crème fleurette à l’aide d’un fouet. Quand la crème commence à monter, ajouter le mascarpone et le Nutella en continuant de battre afin d’obtenir un mélange homogène. 82

Brioche Couper 4 belles tranches d’environ 1,5 à 2 cm d’épaisseur et les recouper en deux dans la longueur. Déposer les tranches dans la crème anglaise pendant quelques minutes afin qu’elles soient bien imbibées. Juste avant de servir, dans une poêle, verser la cassonade à sec, à feu moyen. Une fois qu’elle commence à caraméliser, ajouter 50 g de beurre. Quand le caramel est bien coloré, déposer les tranches de brioche pendant 2 minutes 30 sur chaque face, en saupoudrant de cassonade afin de bien caraméliser les 2 côtés.


Les secrets du chef — Pour la brioche

— Pour la chantilly

— Pour la sauce caramel

Vous pouvez utiliser du pain rassis pour réaliser cette recette, mais elle sera moins gourmande ! Saupoudrer un peu de cassonade sur chaque face permet de ralentir la cuisson et de refroidir l’ensemble. Vous obtiendrez une légère croûte caramélisée en surface.

Pensez à mettre le bol et le fouet au congélateur, utilisez de la crème bien froide. Pour vérifier si la crème est bien montée, elle doit former un « bec d’oiseau » au bout du fouet. Ne pas trop la fouetter avant d’ajouter le mascarpone et le Nutella, sinon elle finira tranchée.

La poêle doit être propre, sans résidus de gras. Ne pas incorporer d’ustensile, s’armer de patience, surveiller et laisser réduire sans remuer. Avant l’ajout du beurre et de la crème, le caramel doit être bien coloré. Plus il sera foncé, moins on aura la sensation de sucré. Attention à ne pas le brûler…

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ZUT À TABLE

Mer -> sam | midi & soir Dim + lun | midi

Entrées -> 15 € Plats | 16 -> 24 € Carte traiteur pour les fêtes à consulter sur le site Par Séverine Manouvrier Photo Julian Benini

La Voile Blanche

Plat du jour le midi en semaine | 14 €

La Voile Blanche 1, Parvis des Droits de l’Homme, Centre Pompidou-Metz 03 87 66 66 45 www.voile-blanche.fr

Les lieux

Après un parcours jalonné d’étoiles, le chef Éric Maire se lance un défi : redonner à La Voile Blanche, restaurant situé au cœur du Centre Pompidou-Metz, ses lettres de noblesse. Quelques mois après l’ouverture de la brasserie en juillet, puis du restaurant au deuxième étage en août, notre petit doigt nous dit que c’est plutôt bien engagé.

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n ne présente plus le chef Éric Maire tant il a marqué la gastronomie messine avec son restaurant L’Écluse, étoilé pendant dix ans, et son « atelier robuchonesque » : À Côté. À La Voile Blanche, plus de plan de cuisson au centre de la salle : le chef se « renferme dans sa cuisine » comme pour se recentrer exclusivement sur son art et magnifier le produit. « Je travaille beaucoup le poisson, mon produit de prédilection, mais je ne vais pas chercher à casser le goût d’un Saint-Pierre ou d’un rouget. Un légume vert, je veux qu’il reste vert ! Je travaille les produits le plus simplement possible, beaucoup à la plancha, les viandes, je les laisse cuire à basse température, plus on cuit à basse température, moins on altère le goût et plus on attendrit le produit », explique-t-il. Sa démarche se situe donc dans l’art de sublimer, préserver, ne pas dénaturer. Un chef que l’on pourrait qualifier d’« exhausteur de goût » à lui tout seul, sans le côté artificiel de la chose ! Le décor, très épuré et contemporain, est à la hauteur de son enveloppe conçue par les architectes Shigeru Ban et Jean De Gastines qui ont imaginé une construction traduisant « l’ouverture, le brassage des cultures et le bien-être », entre en parfaite cohérence avec sa cuisine. Éric Maire affirme « redécouvrir son métier » et s’adapte quotidiennement à une clientèle cosmopolite, parfois exigeante. « Ici, j’entends parler toutes les langues. J’ai des clients japonais, américains, indiens, donc je suis 84

obligé de passer par toutes les propositions. En ce moment, je fais un cabillaud avec du beurre au yuzu, dont raffolent les Japonais », dit-il. La côte de veau pour les Anglais, des brochettes d’agneau flambées à la vodka pour une tablée russe : on s’étonne de constater que les clients ne sont pas toujours téméraires et restent à la recherche de saveurs familières : « Les escargots, je sais que ça ne marcherait pas ! », ironise Éric Maire, tout en concédant que ce brassage est « une vraie richesse qui renforce la remise en question ». Mais si les touristes représentent 60% de la clientèle, les locaux, quant à eux, profitent de La Voile Blanche en toutes occasions : soirées piano-bar le vendredi soir, mariages, repas d’entreprise… L’endroit est idéal, clair et vaste, on y passerait volontiers le réveillon du Nouvel An avec un menu dégustation et l’orchestre Italao…


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ALLUMER LE FEU Des festivités de fin d’année Par Myriam Commot-Delon

Chandelier Open Candelabra en aluminium terre cuite, design Jens Fager Muuto, chez ReedandSimon à Luxembourg www.reedandsimon.com

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Lampe Biukowa Madam Stoltz chez Le Panier d’Églantine à Nancy www.lepanierdeglantine.com

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Luminaire 38 Boci chez FirstFloor au Luxembourg www.firstfloor.lu

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Lampe Lighbox A Little Lovely Company chez Le Petit Souk à Nancy www.lepetitsouk.fr

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Bougie Lounge Wooden Gilles Dewavrin / Hypsoé chez La boutique Déco du salon Les Coiffeurs créateurs à Metz www.lescoiffeurscreateurs.com

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Lampe lettre lumineuse Hema au CC Geric à Thionville www.hema.fr

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Applique Light Forrest &Tradition chez Carré Rouge à Luxembourg www.carrerouge.lu 87


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Lifestyle Wishlist

CHAUD DEVANT Par Adèle Sagan

Lampe en bois et laine vierge Grus Grus Sapin Brut à Metz

Toute douce et moelleuse, on s’emmitoufle dans cette sélection de cadeaux chics et boisés aux premiers frimas.

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Gourde bois Wandertea

Bracelet homme Pig & Hen chez Le Vestiaire à Metz et Nancy

Boucles d’oreilles Graduation en argent massif doré à l’or fin Marie-Laure Chamorel chez Sally & Jane à Metz

Baskets Asics Gel Lyte chez ExtraBold à Luxembourg

Bougie parfumée Skandinavisk chez Lucien Schweitzer à Luxembourg

Mascotte ours polaire aux Galeries Lafayette à Metz

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Manteau de fourrure Zakia Pablo aux Galeries Lafayette Metz

Diffuseur parfumé Rosso Nobile Dr Vranjes chez Ted à Metz

Montre Day Date Rolex à la Bijouterie Nora à Nancy


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Lifestyle Wishlist

Comic Trip

Des couleurs pop pour un Noël joyeux

Sneakers Stan Smith Adidas by Raf Simons chez Ted à Metz

Taie d’oreiller Absolument Maison aux Galeries Lafayette Metz

Sweatshirt Kenzo chez Ted à Metz

Montre Swissmade chez MCO Opticien à Metz

Fauteuil Gemma, design Daniel Libeskind, Moroso chez Formes et Couleurs à Metz et Nancy

Bagues Colpo di Fulmine Pomellato à la Bijouterie Nora à Nancy

Ballon confettis Meri Meri à la Librairie Le Préau à Metz

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Crédit photo : Grégory Massat

AUTHENTIQUEMENT CONTEMPORAINE MARILYN & ÉRIC GIRARDIN Hôtel***** / Brasserie historique / Restaurant Girardin 19 rue des Têtes / 68100 Colmar 03 89 24 43 43 maisondestetes.com


SÉLECTIONS

Lifestyle

Opening

Les Nouveaux QG

SØSTRENE GRENE De la déco scandinave pimpante et abordable ? La nouvelle boutique Søstrene Grene réunit tous nos objets de désir : déco, papeterie, jouets d’éveil et petit mobilier, dans un labyrinthe de formes et de couleurs. Tout pour twister son espace façon Pinterest, éblouir sa décoration de Noël ou remplir sa hotte…On y va ? (A.S)

� 19, rue des Clercs | Metz www.sostrenegrene.com

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OUNI Des produits alimentaires, des produits ménagers, un espace café et des ateliers sur la protection de l’environnement… cette épicerie bio va vous séduire. Ses atouts ? En plus d’être locaux et équitables, les produits de cette coopérative sont sans emballages. L’ouverture prochaine a déjà mobilisé plus de

Le Palais des Thés � 9, rue Ladoucette

Metz www.palaisdesthes.com

La Palais des thés vient d’ouvrir à Metz… On se laisse guider par ses sens et on s’infuse des 250 thés proposés en vrac ou en boîte. Grands crus rares et exclusifs, créations parfumées ou grands classiques : avis aux amateurs, experts ou néophytes – le voyage et sensoriel et gastronomique ! (A.S.)

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600 invités sur Facebook. Alors, emballés ? (A.S.) � 55, rue Glesener Luxembourg www.ouni.lu


BEAUTÉ

La Suède dans la peau � Honey \ Mustard

11, rue du Marché aux Herbes Luxembourg www.honeymustard.eu

Originaire de la côte ouest de la Suède, L:A Brucket développe une gamme de produits de soins à l’impeccable packaging, élaborée avec des produits bio, dans le plus pur respect de la nature. Des savons, lotions, crèmes ou sprays aux senteurs authentiques et aux 1 000 vertus. Impeccable pour faire peau neuve avant/pendant/ après les fêtes. (A.S.)

NEW

DÉCO AU POIL !

Les Coiffeurs Créateurs accueillent un nouvel espace fourni en objets déco ultra-pointus (Hypsoé, Fiorira un giardino, Athezza…). De quoi répondre aux demandes des clients qui s’entichaient régulièrement du mobilier, et changer régulièrement la décoration du salon. La réserve à l’arrière devient donc boutique – ouverte à tous – et présente différents créateurs, dans une gamme de prix accessible. On cède à l’achat coup de cœur après la coiffure coup d’éclat ? (C.LO.) � Les Coiffeurs Créateurs

11, rue des Clercs Metz www.lescoiffeurscreateurs.com

Photo Julian Benini

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