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Automne / Hiver 2014

Haut-Rhin NumĂŠro 4 / Gratuit


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– Imprimé en UE 10/14 –

NOUVELLE SPÉCIALITÉ ALSACIENNE

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Zut ! numéro 05

Pull court en jacquard intersia et bordures effilochées sur pantalon large en lainage Acne Studios, bombardier en cuir patiné Isabel Marant Étoile, le tout chez Maria Luisa au Printemps. Santiags courtes en cuir Giuseppe Zanotti chez Ultima. Bracelet et bagues collection Love Cartier. Photo Alexis Delon / Preview

sortie mai 2015

Bruno Chibane

Myriam Commot-Delon

Céline Loriotti

Direction de la rédaction & commercialisation bchibane@chicmedias.com 06 08 07 99 45

Directrice artistique mode myriamdelon@noos.fr 06 14 72 00 67

Développement commercial cloriotti@chicmedias.com 06 64 22 49 57

Emmanuel Abela

Caroline Lévy

Philippe Schweyer

Rédacteur en chef eabela@chicmedias.com 06 86 17 20 40

Développement commercial levy_caroline@hotmail.com 06 24 70 62 94

Développement commercial ps@mediapop.fr 06 22 44 68 67


4 Zut ! Ours

contributeurs zut! team Directeur de la publication & de la rédaction Bruno Chibane Rédacteur en chef Emmanuel Abela Directeur artistique brokism Directrice artistique mode et tendances Myriam Commot-Delon Responsable d’édition Sylvia Dubost

Rédacteurs Emmanuel Abela, Florence Andoka, Cécile Becker, Myriam Commot-Delon, Sylvia Dubost, Chloé Gaborit, Caroline Lévy, Marie Marchal, Julien Pleis, Philippe Schweyer, Claire Tourdot, Fabrice Voné Design graphique brokism, Adrien Visano Stylistes Myriam Commot-Delon, Caroline Lévy Photographes Alexis Delon / Preview, David Rodrigues, Dorian Rollin, Christophe Urbain Illustrateurs Laurence Bentz, Laurène Boglio, Laetitia Gorsy, Johanna Tagada Retouche numérique Emmanuel Van Hecke et Camille Vogeleisen / Preview Mannequins Sara / Up Models Aya et Sacha Coiffure Alexandre Lesmes / Avila Make-up Jacques Uzzardi

Crédits couverture Photographe Alexis Delon / Preview Réalisation Myriam Commot-Delon Mannequin Sara / Up Models Coiffeur Alexandre Lesmes Make-up Jacques Uzzardi avec les produits MAC Manteau kimono en coton matelassé Christian Wijnants. Top, caleçon en viscose, bottines zippées MM6 by Maison Martin Margiela. Pochette bleu nuit Isaac Reina. Le tout chez K.Collections à Colmar. Bague Pandora. Studio Photo / Preview 28, rue du Général de Gaulle 67205 Oberhausbergen 03 90 20 59 59 www.preview-tm.fr

Diffusion Urban Vélo Service / Colmar Bike In the City / Mulhouse Commercialisation & développement Bruno Chibane, Caroline Lévy, Céline Loriotti, Philippe Schweyer Développement Allemagne et Suisse Roland Anstett

Ce semestriel est édité par Chic Médias 12, rue des Poules 67000 Strasbourg S.à.R.L. au capital de 25 000 euros Direction : Bruno Chibane Administration, gestion : Charles Combanaire Impression : Ott imprimeurs Parc d’activités « Les Pins » 67319 Wasselonne Cedex Tirage : 5000 exemplaires Dépôt légal : novembre 2014 SIRET : 50916928000013 ISSN : 1969-0789


Superdry Fashion Party Rendez-vous le Mardi 25 novembre pour la Superdry Party! PrĂŠsentation de la collection Embellisment, DJ & drinks! Adresse du store: 5 A rue des marchands, Colmar


6 Zut ! Sommaire

57

8 éditorial

Tendances

10

58 MODE Starter À moto ou sur en escalator, la mode démarre au quart de tour.

courrier des lecteurs

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12

Culture

au bon parfum Le vétiver impossible

16 Colmar vu par Emmanuel Lenys, Karine Goldschmidt, Emanouela Todorov, Tamara Oberlé, Jean-Marie Lutz

24 Mulhouse vu par Christelle Patricia Vest, Luc Georges et Bernard Jacqué, Sophie Julien, Christelle Juville-Di Giuseppantonio, Dominique Bannwarth

36 DANSE Ballet de l’Opéra national du Rhin Portrait de groupe d’un corps de Ballet, en pleine répétition dans ses murs mulhousiens. 40 ARTS Art contemporain à Colmar Incursion dans l’Espace d’Art Contemporain André Malraux et l’Atelier de Formation aux Arts Plastiques de Colmar, qui soutiennent la création contemporaine. 44 ÉDITION Salon du livre À l’occasion de l’événement à Colmar, séquence autopromo 46 ARTS City Lights Orchestra Avec cette œuvre numérique collaborative, Antoine Schmitt allume les fenêtres du quartier des Coteaux à Mulhouse. 48 JEUNE PUBLIC Momix Aider à grandir en ouvrant à l’art : c’est l’ambition ce festival destiné aux petits et aux plus grands. 50 INSTANT FLASH Mathieu Amalric et Miossec 52 CULTURE Les sélections de la rédaction.

www.zut-magazine.com

68 MODE & BIJOUX Corrélations Relations automnales entre peintres flamands, mode, objets et joaillerie. 72 FLASH MOOD Up to date Beaucoup d’envies et de collections capsules, trendy et abordables. 74 NEWS BIJOUX Brillez, et puis Zut ! Du nouveau dans les boutiques de la région. 76 BOUTIQUE Melissa Bis Gros plan sur une boutique colmarienne qui imprime un style urbain aiguisé. 78 TENDANCES Les sélections de la rédaction.

85 Lifestyle 86 BEAUTÉ/SANTÉ Weleda Pionnière dans le domaine des cosmétiques bio, la marque installée à Huningue n’a pas pris une ride en 90 ans ! Sa stratégie et des produits qui collent plus que jamais à l’époque. 90 DESIGN No Name Kitchen Manufacture Installée à Wettolsheim, cette non-marque a créé une nouvelle façon de penser la cuisine haut de gamme. Pour chacun. 94 DÉCO Lisème / AP déco À Mulhouse, ce nouvel espace consacré à l’architecture d’intérieur célèbre les intérieurs chaleureux et intemporels. 96 DÉCO Mention très bien La sélection de l’automne pour habiller vos intérieurs. 98 SPORT Sylvain Dufour Le champion alsacien de snowboard alpin est désormais l’unique représentant de sa discipline au sein de l’équipe de France olympique. Une situation singulière. 102 LIFESTYLE Les sélections de la rédaction.


8 Zut ! édito

Toujours moins Par Philippe Schweyer

Vol au-dessus d’un nid de coucou de Miloš Forman

Cela faisait des mois que je ne sortais plus. Pas une goutte d’alcool. Pas une clope. Pas une soirée entre amis au Gambrinus. Pas de festival Supersounds. Pas de spectacle à La Filature. Pas d’expo au Lézard. Pas de concert au Noumatrouff. Je n’écoutais même pas la radio Mulhouse Net Expérience sur la FM (107,5). Petit à petit, le sevrage commençait à fonctionner. Encore quelques semaines et je pourrais me passer des expositions de la Kunsthalle et du musée des Beaux-arts, des concerts de l’Orchestre Symphonique de Mulhouse, des spectacles de la Comédie de l’Est et des danseurs du Ballet du Rhin. J’étais étrangement calme. C’est même avec un certain plaisir que je me sentais devenir de plus en plus mou. Pendant des mois, je n’avais pas pu résister à la tentation. J’étais allé voir en cachette deux ou trois expos, notamment au Crac à Altkirch, à la fondation Fernet-Branca à Saint-Louis, à l’Espace Malraux à Colmar et à la Fondation François Schneider à Wattwiller. J’avais même passé du temps à Bâle à l’occasion d’une soirée organisée par le festival Météo. Mais depuis quelques semaines, plus rien ne me faisait envie. À force de rester enfermé chez moi, je n’avais plus

goût à rien. Les artistes pouvaient faire ce qu’ils voulaient à Motoco ou ailleurs, je n’en avais plus rien à faire. Bien sûr, il m’avait fallu passer des nuits entières à lire au lit pour réussir à décrocher. Surtout au début, quand c’était encore au-dessus de mes forces de rester des heures devant la télévision. Mais la lecture avait fini par me lasser. En quoi les livres étaient-ils supérieurs aux séries télé ? Plus le temps passait, plus je me rendais compte que rien n’avait d’importance. Pourquoi lire Schopenhauer au lieu de regarder Téléfoot ? À l’échelle de l’univers, tout cela était ridicule. Alors que je me sentais déjà beaucoup mieux, j’ai reçu un coup de fil d’un représentant de l’État. Il voulait savoir comment ça se passait depuis que j’avais choisi de me priver de culture. J’ai hésité à lui répondre puisque presque tous mes amis bossaient dans le milieu et que certains étaient même intermittents du spectacle. Mais c’était plus fort que moi, il fallait que je fasse éclater la vérité. Il ne fallait surtout pas hésiter à continuer à sabrer dans les budgets des associations et des structures culturelles. Cesser brutalement de soutenir la création, les festivals et les biennales ne posait aucun souci.

Depuis que j’avais cessé de fréquenter les bibliothèques, les médiathèques, les discothèques, les DRAC, les SMAC, les FRAC et les CRAC, ma vie était beaucoup plus tranquille. Je n’avais plus aucune envie de voter, de pétitionner, de m’engager ou de me rebeller. D’ailleurs, je ne lisais plus le journal. Qu’importe ce qui se passait en dehors de chez moi ! Que chacun reste chez soi ! Que les gens arrêtent de réfléchir ! Depuis que j’avais entrepris de me sevrer de culture, j’avais enfin cessé de me poser des questions inutiles. Ma vie était nettement plus simple. Mon cœur s’était refroidi. Ma tête était complètement vide. Je n’attendais plus rien. Le représentant de l’État voulait savoir si j’étais prêt à témoigner. Grâce à mon expérience, il espérait pouvoir convaincre le Président qu’il était possible de faire encore plus d’économies. J’étais ravi. Faire des économies était un programme tellement plus excitant que de s’embêter à essayer de démocratiser l’accès à la culture ! À force de faire des économies, on allait enfin pouvoir revenir au bon vieux temps. J’avais hâte d’y être. C’était si rassurant d’imaginer l’avenir en noir et blanc…


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DRAC Alsace


10 Zut ! Chronique

Par Philippe Schweyer

Courrier des lecteurs

16

LIBERTÉ, EGALITÉ, RADIOACTIVITÉ

Liberté Anne-Marie, Quoi que vous pensiez, votre mari est tout à fait normal. Une étude récente a d’ailleurs montré que 26 % des hommes lisent Zut ! en cachette parce qu’ils ont du mal à dévoiler à leur compagne la part de glamour qui sommeille en eux. Bref, rien de grave !

3

Haut-Rhin - Printemps /été 2014

printemps / été 2014

culture tendances lifestyle Haut-Rhin Numéro 3 / Gratuit

Un lecteur qui monte à Paris tous les mardis, un autre qui se cache aux toilettes pour dévorer son magazine préféré, une lectrice qui n’hésite pas à sécher les cours et à chiper Zut ! dans un salon de thé… Une fois de plus, nos lecteurs réagissent et se dévoilent ! Coup de pub Zut !, Depuis que j’ai découvert Zut !, j’en ai toujours un exemplaire sur moi quand je monte à Paris pour ma réunion du mardi. Même la femme de Nicolas n’a jamais posé dans un magazine aussi classe. Dommage qu’à la mairie on n’ait pas le budget pour se payer une page de pub dans le prochain numéro ! — Jean, 47 ans. Coup de pub Jean, On dirait que Zut ! a du succès bien au-delà du 68. Pour la pub, rassurezvous, nos tarifs sont nettement plus abordables que ceux de Libé… Liberté Zut !, Il y a quelques jours, j’ai surpris mon mari en train de lire Zut ! en cachette aux toilettes. Depuis, je me pose des questions sur la solidité de notre couple… Que puis-je faire pour lui faire comprendre qu’il n’a pas besoin de se cacher pour lire Zut ! ? — Anne-Marie, 54 ans

Marxer Zut !, J’ai acheté l’album vinyle de Marxer qui vient de sortir sur le label mulhousien Médiapop Records. À chaque fois que je l’écoute, je ne peux m’empêcher de pleurer comme une madeleine. Ça devrait être interdit de faire des disques aussi beaux. — Karl, 48 ans. Marxer Karl, C’est vrai que cet album est beau à tomber et que l’écouter en vinyle est une expérience encore plus troublante que de l’écouter bêtement sur le site www.mediapop-records.fr. Jac’Thé Zut !, Avec ma copine Aline, on a chipé un exemplaire de Zut ! chez Jac’Thé, notre salon de thé préféré pour papoter et bouquiner pendant des heures au lieu d’aller au bahut. C’est vraiment un chouette magazine quand on aime le design et les fringues sympas. — Léa, 16 ans. Jac’Thé Léa, Bleuter ça n’est pas bien grave, mais voler Zut ! ce n’est pas très fair-play ! Ce qui est sûr, c’est que c’est presque un miracle qu’il existe un magazine d’une aussi grande tenue dans le Haut-Rhin. Comme dirait le poète Edouard Leclerc : « Nos régions ont du talent ! » Égalité Zut !, Pourquoi y a-t-il davantage de jolies femmes que de vieux beaux dans Zut ! ? Et surtout, à quand un homme en couverture ? Ce serait un grand pas pour l’égalité entre les hommes et les femmes, vous ne trouvez pas ? — Cléo, 57 ans.

Égalité Cléo, Votre combat est perdu d’avance. Le directeur marketing et la directrice artistique du magazine sont convaincus qu’une femme en couverture, c’est plus sexy pour les lecteurs et plus rassurant pour les annonceurs. Il faudrait beaucoup de courriers comme le vôtre pour faire bouger les lignes… Unterlinden Zut !, Depuis que j’ai découvert le chantier d’agrandissement du musée Unterlinden grâce à votre magazine, je rêve de venir à Colmar pour le voir de mes propres yeux. Merci de me donner la date de l’inauguration afin que je puisse prendre mes dispositions. — Matthias, 540 ans. Unterlinden Matthias, L’équipe de Zut ! est ravie d’apprendre que vous allez enfin revenir à Colmar en 2015. Pour connaître la date exacte de l’inauguration du nouveau musée, mieux vaut vous adresser directement à Gilbert Meyer, le maire omniscient de Colmar. Radioactivité Zut !, En visitant l’exposition La radioactivité de Homer à Oppenheimer au musée Electropolis, j’ai appris qu’en me baladant dans les Vosges je m’expose à de la radioactivité naturelle. N’empêche qu’il est nettement plus urgent de démanteler Fessenheim que d’interdire l’accès au Grand Ballon ! — Momo, 14 ans. Radioactivité Momo, L’exposition est très intéressante pour comprendre ce qu’est la radioactivité, mais comme dirait ce bon vieux Bernard Lavilliers : Où veux-tu que je vive dans la radioactive ? Comment veux-tu que je meure, d’un bel accord mineur ?


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12 Par Sylvia Dubost Illustration Lætitia Gorsy

au bon parfum

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LE VÉTIVER IMPOSSIBLE

Quand on aime, le parfum comme le reste, on veut tout connaître et tout comprendre. On met au point un protocole pour tout sentir et tout décrypter : on procède par maison, par matière, par nez. On analyse et on compare, les constructions, les associations, les histoires, les époques, les signatures. On avance de façon méthodique et on ne renonce pas quand une œuvre ou une matière nous résiste. Et l’on découvre qu’on se met à aimer ce que l’on comprend. Pourtant, certains objets de notre attention refusent de se laisser approcher. On a beau reconnaître le travail, admirer la qualité des matières, apprécier l’originalité de la composition, comprendre le projet, on ne parvient pas à les apprécier. Pour comprendre et aimer le vétiver, j’ai pourtant fait ce qu’il fallait. Le vétiver, c’est cette graminée tropicale – dont on distille les racines – à l’odeur verte et piquante, un peu citronnée, que l’on sent très fort dans la parfumerie masculine bon marché. Pour moi, elle y reste définitivement associée. Je n’ai jamais compris qu’on la puisse la classer dans les boisées, une famille que j’affectionne tout particulièrement. Elle n’a

rien de la chaleur du bois, et tout de l’Adidas Power Ball. À la limite, elle me rappelle cette odeur qui imprégnait mes mains lorsque, enfant, j’avais passé la journée à jouer dans la forêt, et dont je cherchais, à grand peine, à me débarrasser. Pour apprendre et, je l’espérais, apprendre à aimer, j’ai mis du cœur à l’ouvrage. J’ai rassemblé quelques jus qui, pensais-je, pourraient infléchir mon opinion tranchée. Et j’ai bien compris cette image d’über mâle avec laquelle joue le très vivace et impressionnant Turtle Vetiver de Les Nez (Isabelle Doyen, 2009) ; j’ai apprécié la finesse des matières premières de Le Vétiver de Lubin (2008) et le raffinement de la construction de Sycomore de Chanel (Jacques Polge, Christopher Sheldrake, 2008). J’ai même réussi à porter l’intriguant Sel de Vétiver de The Different Company (Jean-Claude Ellena, 2006). Mais comme tous les autres, je n’ai pas réussi à l’aimer. Même le Vétiver oriental de Lutens (Christopher Sheldrake, 2002), sur lequel je fondais pourtant tous mes espoirs, n’a pas réussi à se faire apprécier. J’imaginais pourtant que le grand Serge, habitué à habiller les matières jusqu’à les

rendre presque méconnaissables, aurait masqué ce piquant qui m’est tellement désagréable lorsqu’il joue les premiers rôles dans une composition (je le préfère nettement en figurant épicé). Je crois les avoir compris, ces jus. Pourtant, je n’ai pas réussi à les aimer. Les préjugés et les souvenirs sont restés plus forts. Et surtout, ils ne provoquent chez moi aucune émotion, ne suscitent aucune image, ne racontent aucune histoire. À la rigueur, ils peuvent me rendre agressive : je ne comprends pas qu’on puisse les aimer. J’aurais aimé aborder le vétiver avec le recul critique de rigueur, celui qui rend capable de juger sans sentiments. Je peux simplement afficher la tempérance (légèrement hypocrite) du spectateur d’un concert de musique contemporaine : « Oui… C’est intéressant… ». À moins que ce ne soit la même chose…


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collections

de

jusqu’à


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Colmar vu par Ils vivent, travaillent, créent et sortent à Colmar. Les hommes et les femmes qui font vibrer la ville nous font découvrir leur lieu préféré.

О Photo : Dorian Rollin

Réalisation Caroline Lévy et Myriam Commot-Delon


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Emmanuel Lenys 62 ans

Où ?

Jeu 30 oct

Place Rapp Un hommage à Auguste Bartholdi. L’un des premiers à ma connaissance à avoir eu le sens du business… Borderline aussi, avec toujours un petit coup d’avance.

Actu !

Réhabilitation d’un immeuble à Bruxelles avec création de lofts et de commerces, villa particulière à l’île de Ré, éco-quartier Europe avec 60 logements à Colmar. architecte

Manteau Florentino et chemise Seidensticker chez Bloch Gensburger.


18

Emanouela Todorov 25 ans Mar 28 oct

animatrice du réseau des Ambassadeurs d'Alsace et de l'Office de Tourisme

Photo : Christophe Urbain

Où ?

Place de l’Ancienne Douane Cette place me replonge des années en arrière, quand adolescente j’accompagnais mes parents sur le Marché de Noël pour y vendre leurs poteries ! Depuis, je suis devenue Strasbourgeoise, mais mes nouvelles activités professionnelles m’ont fait revenir aux sources. Une redécouverte de la ville !

Actu !

Animations des Ambassadeurs d’Alsace, prochains événements sur ambassadeurs-alsace.com Création du blog Col’miam : Bien manger sans se ruiner à Colmar (petit frère de Stras’miam) – colmiam.wordpress.com Ambassadrice de la Fashion Party, jeudi 25 novembre à partir de 18h à la boutique Superdy Colmar. Blouson en cuir, chemise à carreaux, jean et bonnet, le tout Superdry Colmar.


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Jean-Marie Lutz 54 ans

Mar 28 oct

commerçant

Photo : Christophe Urbain

Où ?

Quai de la Poissonnerie Cette ville a une véritable âme, qui repose sur l’histoire mais reste portée sur l’avenir. Ce quai bordant l’eau si chère à Colmar mène à son marché couvert : un lieu symbolique d’un point de vue social, regroupant des artisans amoureux de leur métier dans une halle pleine de vie !

Actu !

L’ouverture à Colmar d’une nouvelle boutique en partenariat avec Jacques Bockel, chocolatier. Stand pour la 8e année consécutive au Marché de Noël en collaboration avec l’Office de Tourisme de Colmar. www.planet-chocolate.com Jacques Bockel 15, rue des Serruriers à Colmar 03 89 23 06 75 Pull col roulé Esthème Cashemere et veste matelassée Florentino chez Bloch-Gensburger à Colmar.


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Karine Goldschmidt 50 ans Jeu 30 oct

commerçante et hypnopraticienne

Photo : Dorian Rollin

Où ?

Cour Waldner Stephan, devant l’arbre de Judée J’ai toujours eu l’impression que cet arbre protégeait la boutique. Il symbolise le lien entre Orient et Occident, et je ne compte plus le nombre de fois où les gens sont rentrés dans la boutique pour me demander des renseignements sur cet arbre. Le plus vieux de la ville, planté en 1791… un cadeau !

Actu !

Clap de fin pour la boutique multimarques K.Collections et ouverture d’un cabinet d’hypnothérapie à Colmar (sur RDV) – 1, rue Berthe Molly 06 17 90 67 14 Veste en fourrure Max&Moi, top Ilaria Nistri et sarouel Tsumori Chisato, le tout chez K.Collections.


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Tamara Oberlé 33 ans

gérante de la boutique Dress Code

Mar 28 oct

Photo : Christophe Urbain

Où ?

Restaurant le 3 C’est un lieu totalement atypique où j’ai mes habitudes. J’y organise notamment les soirées Level, où défilent les collections en vente dans ma boutique située à quelques pas d’ici. Un rendezvous colmarien dans un lieu hautement affectif !

Actu !

La boutique a fait peau neuve pour son 6e anniversaire. Nouveauté : sélection de pièces de la marque Eleven Paris. Dress Code 5, rue Mangold à Colmar 03 89 24 58 67 Pantalon, pull et écharpe Sessùn chez Dress Code


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Mulhouse vu par Réalisation Caroline Lévy

О

Photo : Christophe Urbain

Ils vivent, travaillent, créent et sortent à Mulhouse. Les hommes et les femmes qui font vibrer la ville nous font découvrir leur lieu préféré.


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co-fondatrice de l’association Les Mulhousiennes

Christelle Juville-Di Giuseppantonio 45 ans

Jeu 30 oct

Où ?

Stade de l'Ill Il est le point de départ et d’arrivée de la première édition de la course féminine et caritative Les Mulhousiennes, qui s’est déroulée fin septembre. Le stade était incontestablement le lieu le plus adapté à un tel événement. Un succès !

Actu !

1500 coureuses pour la première édition Les Mulhousiennes. Remise d’un chèque de 20 000 € à la Ligue contre le Cancer. Inscriptions ouvertes dès avril 2015. www.lesmulhousiennes.fr Robe Valentine Gauthier et gilet American Vintage chez Imagine à Mulhouse.


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Sophie Julien 32 ans

animatrice des Vitrines de Mulhouse Jeu 30 oct

Photo : Christophe Urbain

Où ? Place de la Réunion Cette place représente beaucoup, puisqu’à ma prise de fonction au sein de l’association, j’y ai croisé les premiers adhérents qui ont décidé de me faire confiance. C’est aussi ici que j’ai organisé mon premier événement pour enfants, déguisée en pirate !

Actu !

Chèque-cadeau valable dans 220 boutiques mulhousiennes, classé en tête des ventes sur l’ensemble des Vitrines de France. www.vitrinesdemulhouse.com Robe et manteau zippé Swildens bonnet, le tout chez Imagine à Mulhouse.


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Mar 22 oct

Luc Georges 72 ans

historien

Bernard Jacqué

auteur-photographe

67 ans Photo : David Rodrigues

Où ?

Place de la Bourse Mulhouse est une ville multiple et composite. Place de la Réunion on se croirait en Suisse, alors qu’ici on se projette volontiers à Turin ! De forme triangulaire – symbole de la maçonnerie –, elle fait écho à notre livre sur la cité ouvrière, puisqu’elle fut créée par des industriels du XIXe siècle.

Actu !

Sortie mi-novembre de DiverCités (éd. Médiapop), livre de photos et d’histoire sur la cité ouvrière de Mulhouse et 21 familles qui y vivent. Luc : doudoune Dsquared2 Bernard : gilet croisé en maille et écharpe Gucci Le tout chez United Legend à Mulhouse.


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Patricia Vest 66 ans

Mar 22 oct

commerçante

Photo : David Rodrigues

Où ?

Rue Henriette En plus d’y avoir installé ma boutique il y a 30 ans, il s’agit pour moi du lieu où le cœur de la ville bat le plus fort ! Idéalement située, cette rue marque le trait d’union entre la place de la Réunion, la place de la Paix et la place de la Concorde. Tout un symbole !

Actu !

30e anniversaire de la boutique Imagine. Participation au Salon MAPIC à Cannes en tant qu’élue à la Chambre de Commerce de Mulhouse, pour faire rayonner la ville et recruter de nouvelles enseignes. 16, rue Henriette 03 89 56 12 11 www.imagine-mulhouse.com Pantalon chino Reiko, gilet Blue denim Lodge, sweat Swildens, le tout chez Imagine à Mulhouse.


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journaliste à L’Alsace

Jeu 30 oct

Dominique Bannwarth 57 ans

Photo : Christophe Urbain

Où ?

La Fonderie Je me souviens qu’enfant, depuis l’école Kléber voisine, je voyais les ouvriers arriver à l’usine à vélo. Aujourd’hui, elle abrite un centre d’art et l’Université de Haute-Alsace. Avec sa belle architecture de 1924, elle fait la synthèse entre histoire industrielle et esprit de modernité, et contribue à l’avenir de Mulhouse.

Actu !

Avec l’Association Mulhouse Art contemporain, dont il est président, inauguration de deux parcours d’œuvres d’Art contemporain dans l’espace public, dans le cadre des Journées de l’Architecture. Kunstapéros en partenariat avec la Kunsthalle tous les 1ers jeudis du mois. / www.mulhouse-artcontemporain.fr Pull et chemise Ralph Lauren chez United Legend à Mulhouse.


SOUSCRIPTION Pour recevoir le livre avant sa sortie en librairie fin f茅vrier

Sous la direction de Bruno Chibane

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Culture Coconing

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par Johanna Tagada


36 Zut ! Culture Danse

CORPS DE BALLET PAR CÉCILE BECKER PHOTOS DORIAN ROLLIN


37 En pleines répétitions de Nó de la Brésilienne Déborah Colker, et déjà en préparation pour le programme Silk, présenté au printemps, le Ballet de l’Opéra national du Rhin n’a plus une seconde à perdre. Ce qui ne l’empêche pas de nous ouvrir les portes de son Centre Chorégraphique, à Mulhouse, pour un portrait de groupe.

C’est une après-midi comme les autres. À l’entrée de la salle de danse, le tableau d’affichage – repère indispensable pour la compagnie – fait état de la semaine à venir, des mails reçus par des chorégraphes adressant leurs remerciements, des distributions provisoires ou définitives des spectacles en préparation. Tout y est, même une fiche d’inscription à des séances de massage, seuls instants de répit pour ces corps constamment sollicités. Cet après-midi-là, ils ne s’arrêteront qu’à 15h pour une petite demiheure, le temps d’avaler une collation sur le pouce. Et si certains ne dansent pas, ils ne sont jamais vraiment à l’arrêt, reproduisant les gestes de leurs collègues pour mieux apprendre et ne jamais se relâcher. Deux fois, quatre fois, cinq fois, dix fois, ils répètent les mêmes mouvements, les mêmes déplacements, ici sous la direction de l’assistant d’Aszure Barton, Jonathan Emmanuel Alsberry, qui construit la chorégraphie d’Untouched – au programme de Silk en juin, avec les chorégraphies de Benjamin Millepied et Glen Tetley. Il corrige tous les détails : un regard qui doit suivre la trajectoire de la main, une tension dans la jambe, des passages et croisements. Deux fois, quatre fois, cinq fois, dix fois, ce sera sur la même musique que les danseurs se caleront. Comme si l’écoute ne passait plus par l’oreille mais par le corps. C’est comme ça pour Untouched, ce sera autrement pour Nó, inspirée des danses du Brésil, sur laquelle les danseurs travaillent depuis des semaines, inlassablement, parfois jusqu’à

l’épuisement. Parfois jusqu’à la fracture de fatigue, blessure typique de danseur, qui s’installe insidieusement sur un os fragilisé qui finit par rompre. C’est ce qui vient d’arriver à Hamilton Nieh, danseur clef de la pièce, qui devra être remplacé cet après-midi, à une semaine de la première, sans toutefois que la panique ne gagne la répétition. La concentration reste le maître mot. C’est une chorégraphie difficile, inhabituelle par les cages et cordes avec lesquels les danseurs doivent composer. Jacqueline Motta, assistante de Deborah Colker, continue d’ailleurs de s’étonner. « C’est une compagnie qui travaille des répertoires très différents tous les jours. Les danseurs ont cette faculté d’adaptation que d’autres n’ont pas forcément. Il arrive qu’ils oublient certains gestes, ce qui est normal au vu de tout ce qu’ils doivent apprendre, mais je n’ai qu’à dire un mot pour que tout revienne. Je suis très contente du travail que je fais ici ! », s’exclame-t-elle dans un français qu’elle fait l’effort de parler avec malice. Aux premiers instants de la répétition, certains sont effectivement un peu perdus, dans les gestes et dans l’espace – des collisions intempestives arrivent, suivies de rires. Mais chacun s’entraide, chacun se guide, jusqu’à ce que la musique soit lancée et que surgisse la beauté. Didier Merle, l’un des maîtres de ballet, veille d’ailleurs au grain, enregistre, prend des notes, rectifie pour que la chorégraphie finisse par être assimilée. Gardien du style et de l’esprit de la compagnie, ce fin et passionné pédagogue se voit comme le

maillon d’une transmission à construire entre un chorégraphe et la compagnie, mais aussi de l’histoire de la compagnie depuis 40 ans. Une compagnie qui s’est toujours évertuée à traverser l’histoire de la danse, du classique au contemporain, avec une aisance qui lui est propre. Avec Ivan Cavallari, son actuel directeur artistique, « les choses seront amenées à bouger un peu ». Avec notamment une volonté de rapprochement avec le public mulhousien, à travers l’ouverture du studio de danse au public lors des répétitions. Un souhait du directeur pour que les habitants saisissent les danseurs dans leur singularité. « C’est d’ailleurs notre richesse, continue Didier Merle. C’est une compagnie où les danseurs ont de vraies personnalités, très différentes, et ça apporte beaucoup. Notre force c’est qu’on arrive à un tout homogène sans oublier ces personnalités alors que souvent, on cherche à en faire des clones. Je n’ai jamais connu le Ballet autrement que comme ça. » Une richesse qui contribue à l’attachement des danseurs et de toute l’équipe à la compagnie. Alors que Didier Merle pourrait partir à la retraite, il lance : « Je crois que je vais rester encore un petit peu ». Avec ce ballet qui forme un véritable corps. Nó, du 20 au 24 novembre à l’Opéra de Strasbourg, les 29 et 30 au théâtre municipal de Colmar www.operanationaldurhin.eu


38 Zut ! Danse Ballet de l'OnR

Ninon Fehrenbach — 20 ans Après avoir étudié la danse au Conservatoire national de Musique et de Danse de Paris, où elle intègre le Junior Ballet et danse notamment dans Plainspoken de Benjamin Millepied, Ninon Fehrenbach commence sa carrière au Ballet de l’OnR en tant que stagiaire, pendant la saison 2013-2014. Elle est désormais titularisée. Comment avez-vous commencé la danse ? Toute petite, en activité extra-scolaire. À l’âge de 9 ans, j’ai ensuite choisi de pratiquer en horaires aménagés. L’idée de ne pas passer toute ma journée sur les bancs de l’école – étudier le matin et danser l’après-midi pendant que les autres continuaient de plancher – était vraiment attirante. Tout s’est ensuite enchaîné naturellement jusqu’au bac, où je suivais ma quatrième année au Conservatoire. L’année suivante, j’ai intégré le Junior Ballet et j’ai arrêté les études pour la danse. Commencer sa carrière ici, est-ce un bon début ? C’est difficile à dire parce que je ne savais pas où j’allais, je ne connaissais aucune compagnie. Ce qui est sûr, c’est que l’esprit est très bon : il y a beaucoup d’entraide. C’est rare. Ce qui compte de toute façon, ce sont les spectacles. Pour le reste, je me laisserai guider, je ne sais pas encore si je vais aller vers le classique ou le moderne.


39

Dane Holland — 23 ans

Boyd Lau — 41 ans Danseur chevronné et déjà à la retraite, Boyd Lau a intégré le Ballet de l’OnR en 1995. Il y a enchaîné les rôles-titres (Roméo et Juliette, Farnace, Apollon musagète, etc.) avant de devenir régisseur plateau, sur une proposition d’Ivan Cavallari, le directeur artistique du Ballet. Votre parcours est-il le signe de votre attachement à la compagnie ? C’est aussi un concours de circonstance. J’ai eu un enfant, et quand j’ai enchaîné deux blessures en début de saison dernière, j’ai été forcé de me demander ce que j’allais faire. Ivan m’a alors proposé d’apprendre le métier de régisseur plateau et d’assister Bernard Gihr qui avait beaucoup de travail. Ceci dit, on peut dire que j’ai passé toute ma vie ici, je connais la maison et j’y suis fidèle. Je n’ai pas eu envie de partir.

Petit nouveau de la compagnie, le Néo-Zélandais a fait ses armes au West Australian Ballet aux côtés d’Ivan Cavallari, avec ses adaptations de Pinocchio et Casse-Noisette. Arrivé le 22 septembre dernier, il a dû rapidement se faire une place dans le groupe, sans connaître un mot de français. Vous avez également vu Mulhouse changer, quel regard portez-vous sur la ville ? Ça s’est amélioré, visuellement ! (Rires) Il y a eu beaucoup de travaux ces dernières années, c’est beaucoup plus joli maintenant. Mais pour moi, ça reste une petite ville tranquille. Les premières années, je sortais souvent et je trouvais que ce n’était pas très vivant le soir, maintenant je ne sors plus beaucoup. Quelles sont les spécificités de cette compagnie ? Elle a une belle réputation concernant l’ambiance entre les danseurs : c’est très convivial, comme une grande famille. Les danseurs s’entraident, se corrigent, ce qui n’est pas le cas dans d’autres compagnies où ils se mettent en concurrence. Je pense que ça tient aussi du fait que les distributions tournent constamment : tout le monde sait qu’il va danser sur scène. Et lorsqu’on ne danse pas, on est content d’apprendre, de regarder, de donner des conseils : c’est un travail d’équipe qui est très agréable.

Peut-on dire que vous avez suivi Ivan Cavallari ? Oui. Je connaissais très bien son travail, alors lorsqu’il m’a offert un contrat pour intégrer le Ballet de l’OnR, ça été très naturel pour moi de le suivre. Personnellement, j’avais aussi besoin de changement et de me frotter à l’Europe. Pour autant, la manière d’enseigner, de faire répéter est la même qu’ailleurs. Je n’ai pas l’impression que les fonctionnements soient réellement différents. Comment se passe l’intégration ? Je m’intègre doucement mais j’ai eu le plaisir de retrouver trois danseurs avec lesquels j’avais déjà travaillé en Australie. Mais on passe toutes nos journées ensemble et finalement, on arrive très vite à faire connaissance.


40 Zut ! Culture Arts

Exposition de Mitsuo Shiraishi à l'Espace d’Art Contemporain André Malraux


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SUSCITER LE DÉSIR PAR FLORENCE ANDOKA PHOTOS DORIAN ROLLIN

« Tous les hommes ont par nature le désir de connaître », écrit Aristote dans La Métaphysique. L’Espace d’Art Contemporain André Malraux et l’Atelier de Formation aux Arts Plastiques de Colmar alimentent ce désir. Animés par une équipe dynamique, ils soutiennent la création contemporaine dans la cité colmarienne.

La ville de Colmar a abrité pendant longtemps un lieu important de l’art contemporain : la galerie Jade, tenue par Edouard Jaeglé. À résonance internationale, elle participe à la foire de Bâle dès 1977 mais ferme ses portes en 1995, peu de temps après la disparition de son créateur. Pour offrir une nouvelle visibilité à l’art contemporain dans la ville, la municipalité de Colmar donne naissance en 1996 à l’Espace André Malraux. Cette ancienne choucrouterie, située au 4, rue Rapp, abrite une vaste salle modulable avec mezzanine, dans l’esprit immaculé cher à l’art contemporain. Dans les pièces attenantes survivent les vestiges de l’ancienne fonction du lieu. Les cuves autrefois destinées à la fermentation du chou ont inspiré les artistes, notamment Georges Rousse qui y réalise, à l’aube du nouveau siècle, son Rêve, une anamorphose qui s’inscrit pleinement dans la réflexion qu’il développe sur les liens entre le patrimoine architectural et l’intervention picturale. La salle s’ouvre également sur une cour intérieure pavée, où des bâtisses aux façades rouille sont susceptibles d’être investie par les œuvres. L’Espace André Malraux se positionne donc en faveur de l’art contemporain, avec une programmation qui se veut éclectique. Thomas Perraudin, qui le dirige depuis deux ans, à la suite d’Anne Thiellement, fondatrice du lieu, considère qu’il n’est pas question d’exposer seulement ce qui correspond à son goût en matière d’art. Le choix des œuvres est une affaire collective, l’équipe offre un espace à l’art actuel et se laisse aussi guider par le fil des rencontres. En presque vingt ans d’activité, la structure a ainsi accueilli les œuvres proches du Land Art de Nils Udo, tout comme les

peintures traversées de figures spectrales de Piero Pizzi Cannella ou encore les installations d’Anne et Patrick Poirier. Sans se limiter à un genre ou à un medium, la programmation se joue également de la frontière entre le local et le global, invitant des artistes au rayonnement régional comme international. L’Espace Malraux, où l’entrée est gratuite, demeure à l’abri des affres du marché de l’art et poursuit sa mission d’exposition et de diffusion de la création. La structure participe également à l’édition de catalogues sur la production des artistes exposés. L’équipe croit en son projet et tient à renouveler souvent les expositions afin de stimuler les Colmariens. Les cimaises changent de visage tous les deux mois et dévoilent actuellement l’œuvre d’un artiste vivant à Mulhouse, Mitsuo Shiraishi. L’exposition présente des peintures et des gravures d’une grande cohérence plastique. Les images livrent des paysages désolés, où la vie végétale semble se poursuivre sans l’activité des hommes. La présence humaine n’a pas entièrement disparu, elle semble suspendue dans la vivacité de ses chairs, seuls des objets courants témoignent de la vie passée. L’œuvre de Shiraishi pourrait être une élucubration apocalyptique angoissée et rageuse, pourtant l’ambiguïté demeure : le paysage est calme mais suscite le malaise. Comme dans un arrêt sur image étrange et inquiétant, le passé et le futur se contractent et invitent à la rêverie.


42 Zut ! Arts Art contemporain à Colmar

Exposition de Mitsuo Shiraishi à l'Espace d’Art Contemporain André Malraux

Deux structures en synergie À l’entrée de la salle d’exposition, un feuillet destiné aux visiteurs rappelle les ambitions de la structure qui allie un lieu de diffusion à une école. Ainsi, on est convié à la lecture d’un texte critique du poète et universitaire Jean-Paul Gavard-Perret sur l’œuvre de Shiraishi. Au dos de la feuille se trouvent quelques définitions de procédés techniques, comme l’aquatinte ou la tempera à l’œuf, destinées à accompagner chacun dans sa déambulation. L’Espace d’Art Contemporain André Malraux existe en lien avec l’Atelier de Formation aux Arts Plastiques de Colmar. Thomas Perraudin souligne la fécondité du lien entre ces deux pôles. L’homme est animé par le désir de transmettre. Artiste pratiquant la céramique et le verre, il considère que les élèves de l’école profitent au mieux de l’existence d’un espace d’exposition : « Ils sont en contact avec la production actuelle, peuvent s’en inspirer, en saisir toute la diversité. Ils rencontrent les artistes et participent même aux accrochages des œuvres, ce qui leur permet

Atelier de Formation aux Arts Plastiques de Colmar


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de prendre conscience de l’importance de la mise en espace d’une pièce et de s’approprier ce geste dans leur travail personnel. » L’Atelier de Formation aux Arts Plastiques se destine à tous les publics, proposant des cours pour les enfants, les adolescents et les adultes. Il se démarque des autres offres municipales en proposant également une classe préparatoire aux concours des Écoles supérieurs d’art. Les étudiants disposent ainsi d’une année pour développer leur pratique artistique et constituer le dossier plastique qui leur permettra d’intégrer une école des Beaux-arts, de photographie, d’architecture, de cinéma ou d’arts appliqués. Cette formation intense, où les élèves se voient dispenser 35 heures de cours par semaine allant du graphisme à l’histoire de l’art, s’avère un temps précieux. Il n’y a pas de connaissances techniques particulières à avoir pour intégrer cette année propédeutique, mais la motivation est essentielle. « Certains confirment leurs désirs de création et intègrent l’école de leur choix, d’autres ne veulent pas remettre leurs méthodes en question et prennent conscience qu’ils ne souhaitent pas poursuivre dans cette voie », affirme avec bienveillance Timothée Sitter, chargé des relations entre éducation et culture. Tous les élèves ont la possibilité d’exposer pour la première fois dans le bel Espace André Malraux qui accueille aussi, à l’occasion, le travail d’anciens élèves devenus artistes confirmés.

Quiétude inquiétante, exposition de Mitsuo Shiraishi, jusqu’au 21 décembre à l’Espace d’Art Contemporain André Malraux 4, rue Rapp à Colmar Atelier de Formation aux Arts Plastiques 6, route d’Ingersheim à Colmar www.colmar.fr


44 Zut ! Culture Édition

PETITS MEURTRES ENTRE AMIS PAR MARIE MARCHAL

Comme on le sait, la Vierge au buisson de roses de Martin Schongauer conservée aux Dominicains, à Colmar, emprunte au Jardin des Délices de la poétesse et encyclopédiste Herrade de Landsberg. C’est donc tout naturellement que le salon du Colmar, pour sa 25e édition, s’est placé sous le signe du délice. Une manière de signifier implicitement l’universalité de la culture et des plaisirs qu’on peut lui associer. Écrivains, illustrateurs, conteurs, éditeurs et bouquinistes seront présents, pour un peu plus de 1000 instants de rencontres et autres rendez-vous possibles. Parmi ceux-ci, on signale la présence de la collaboratrice de Zut !, l’illustratrice Laurence Bentz. Elle présente le deuxième volume des aventures de Suzel et Liesel, où l’on suit cette Anna et Guschti dans la préparation d’un Noël pas comme les autres. De circonstance donc, tout comme Le Roi des scarabées, la nouvelle BD d’Anne-Caroline Pandolfo et Terkel Risbjerg : un triangle amoureux sublimé par la finesse narrative de l’auteure strasbourgeoise et le trait incisif du dessinateur danois. Nous disions délices ? Salon du livre de Colmar, les 22 et 23 novembre au Parc des Expositions www.salon-du-livre-colmar.com

25e édition du salon de livre de Colmar, autour de la thématique du délice. L’occasion pour les équipes de Chic médias, la société éditrice de Zut !, et de Médiapop de présenter leur ouvrage hommage à Daniel Darc et de se réjouir de la présence de leurs amis, qui débarquent avec de nouvelles publications. Séquence auto-promo !

À lire : Anne-Caroline Pandolfo et Terkel Risbjerg, Le Roi des scarabées, Sarbacane Emmanuelle Riss & Laurence Bentz, Suzel et Liesel, la magie de Noël, Feuilles de menthe / coll. Le thé aux histoires


45 Questions à Emmanuel Abela et Bruno Chibane à propos du Saut de l’Ange, l’ouvrage polyphonique en hommage à Daniel Darc qu’ils ont dirigé. Pourquoi avoir opté pour un ouvrage collectif, des contributions multiples ? L’idée d’un ouvrage choral, sous la forme d’un hommage pluriel, a été formulée d’emblée. Le tout premier instant du projet a été la rédaction d’une liste de contributeurs possibles – Miossec, Dominique A, Bertrand Burgalat, Rodolphe Burger, Christophe, Bill Pritchard etc. –, qui a été rapidement augmentée en fonction des premières réponses favorables. On ne le soupçonnait guère au départ mais c’est bien l’addition de ces diverses contributions qui fait que le portrait qu’on dresse de Daniel nous semble aujourd’hui si proche de ce qu’il était pour nous. L’autre parti pris de l’ouvrage est de ne pas avoir fait appel qu’à des personnalités ou des artistes. Oui, nous souhaitions donner la parole à tous ceux qui estimaient avoir établi une forme de relation intime à l’artiste et à son œuvre. Ainsi, un comptable, un juriste, une architecte ou une psychologue nous parlent avec la même ferveur de Daniel que certains musiciens, personnalités du monde du spectacle ou journalistes qui l’ont croisé. Nous n’avons pas souhaité établir de hiérarchie entre ces différentes interventions : elles vivent donc côte à côte, avec des enchainements qui fonctionnent comme des associations libres. Les formes, elles aussi, varient. Quelle était la liberté accordée à chacun des contributeurs ? Elle était totale ! Au préalable, nous ne donnions aucune orientation : chacun était libre d’opter pour la forme qu’il souhaitait et de s’accorder le volume nécessaire. Très vite, nous avons constaté avec bonheur la diversité qui naissait des premiers envois : des récits plus ou moins longs, des fragments, des formes poétiques, mais aussi des entretiens, etc. Certains des contributeurs ont préféré se livrer sous la forme de l’entretien, Abd al Malik par exemple. Oui, il ne leur semblait pas évident de pouvoir mettre sur papier ce qu’ils ressentaient ; ils ont préféré répondre à des ques-

Daniel Darc circa 1988, photo issue de la collection de Marc Dufaud, réalisateur et critique rock

tions. Ça n’était pas forcément évident, le poids de la douleur les conduisant parfois à une certaine retenue. Il en résulte parfois des propos saisissants, qui participent à la belle émotion qui se dégage de l’ensemble. Après, nous n’avons pas cherché à sombrer dans le pathos, c’était en tout cas loin d’être le but ! Ça peut surprendre, mais Daniel Darc parle dans l’ouvrage qui lui est consacré. Cette volonté a été exprimée très tôt elle aussi. L’ouvrage évoque une quête – et quelques rendez-vous manqués ; cette quête a abouti, nous avons rencontré Daniel à maintes reprises et nous avons donc souhaité republier un certain nombre d’entretiens que nous avions faits depuis son retour en 2004. Ça peut brouiller les pistes d’un point de vue temporel, avec des allers-retours entre passé et présent, mais ça présente l’avantage non seulement de se plonger dans une pensée lumineuse, mais aussi de maintenir sa voix vivante. Ça n’est pas tant que nous soyons dans le déni par rapport à sa disparition, mais cela témoigne de la relation que nous souhaitons entretenir à cette artiste qui nous touche tant !

Le Saut de l’Ange (Hommage à Daniel Darc), sous la direction d’Emmanuel Abela et Bruno Chibane, Chic Médias / Médiapop Éditions Rencontre autour de Daniel Darc au Salon du livre de Colmar le 23 novembre à 14h30


46 Zut ! Culture Arts

FENÊTRES SUR LA VILLE PROPOS RECUEILLIS PAR SYLVIA DUBOST

En collaboration avec La Filature, Antoine Schmitt transporte City Lights Orchestra dans le quartier des Coteaux à Mulhouse. Une œuvre d’art numérique collaborative, une symphonie lumineuse pour fenêtres à laquelle tous les habitants peuvent participer et qui révèle les liens à l’œuvre dans la ville. Comment ça marche ? Les participants doivent aller sur le site avec leur ordinateur, leur écran se met à clignoter et joue la symphonie. Chacun a une partition différente (générée par un algorithme) mais tous sont en rythme : c’est une symphonie lumineuse, avec des mouvements lents, d’autres plus rythmiques, parfois synchrones, parfois asynchrones. Chaque fenêtre devient alors un grand pixel, et dès que deux fenêtres clignotent sur le même rythme, cela produit déjà pour le passant un effet d’étrangeté : ces deux-là sont connectés.

Comment avez-vous choisi le quartier ? Avec La Filature, selon des critères architecturaux et sociaux. J’aime les grands HLM que je trouve très beaux, ce sont de grands Mondrian qui offrent en plus de grandes façades de fenêtre. Le côté plastique est important : cela ne marche pas avec des maisons individuelles ou des architectures basses. De plus, ces quartiers sont intéressants car il y a beaucoup de réseaux citoyens sur lesquels on peut s’appuyer pour amener les gens à participer. Au centre-ville et dans les quartiers bourgeois, c’est très difficile… Donc, cela nous renvoie toujours au même type

de quartier : résidentiels et socialement mixtes, où les habitants n’ont pas forcément accès à l’art mais avec qui on peut en parler très facilement. Cela ajoute aux projets des enjeux auxquels je n’avais pas forcément pensé… Comment les habitants réagissent-ils ? C’est très variable. Ils sont intrigués, souvent positifs. Les gardiens de square, les présidents d’association, etc. sur lesquels on s’appuie, sont enthousiastes car il y a un lien avec leur problématiques : comment créer plus de rapports transversaux entre les gens, au delà des communautés ? Pour les participants, il y a toujours de la joie. On déclenche l’ordinateur et on descend dans la rue, où il y a un pot ou un événement. On redécouvre son quartier et ses voisins. Quels sont pour vous les enjeux de ce travail ? J’ai déjà créé plusieurs pièces qui impliquent le spectateur, mais le côté collectif est une première. Mon centre d’intérêt est le mouvement et ses causes, et ce projet est né de l’idée de la ville comme système dynamique, auquel tous participent. City Lights Orchestra part de cette idée d’éléments qui font partie d’un grand tout. City Lights Orchestra, le 21 novembre dans le quartier des Coteaux à Mulhouse Pour participer, connectez-vous à www.citylightsorchestra.net


24 e FESTIVAL INTERNATIONAL JEUNE PUBLIC

www.momix.org 03 89 50 68 50

Ouverture de la billetterie le 1er décembre

C É R A M I Q U I E AC S La promotion 2014 expose aux Dominicains de Haute-Alsace 13 au 17 décembre 2014 Entrée Libre 14h à 17h

Vernissage - concert avec le Duo Amithys Samedi 13 à 11h 34 rue des Dominicains 68500 Guebwiller Renseignements : 03 89 74 12 09

KINGERSHEIM DU 29 JANVIER AU 8 FÉVRIER 2015 CRÉA, scène conventionnée jeune public www.salon-du-livre-colmar.com

Salon du livre de Colmar

Navettes Gratuites


48 Zut ! Culture Jeune public

DEVENIR GRAND

Aider à grandir en ouvrant à l'art, et au théâtre : c’est l’ambition que poursuit Philippe Schlienger, directeur du Créa de Kingersheim et programmateur de Momix, festival jeune public… mais pas que.

PROPOS RECUEILLIS PAR SYLVIA DUBOST

Quelle est la couleur de cette édition ? On peut y déceler des lignes de force. J’essaye d’amener l’idée que le jeune public dépasse l’enfant : c’est une idée qui s’affirme dans le domaine du spectacle vivant. Le spectacle jeune public est très singulier, avec des approches plus sensorielles, plus émotionnelles. Plus on avance en âge, plus on travaille les écritures scéniques. Il y a des propositions qui s’adressent aussi aux ados, soit parce que spectacle leur est destiné, soit parce qu’il est suffisamment riche pour leur parler. Il s’agit de sortir du ghetto et de se placer dans une démarche intergénérationnelle.

Et pour les tous petits ? Enchanté(s) par exemple, la nouvelle création d’Eve Ledig : un travail musical et sensoriel. C’est important de les confronter à cette ouverture artistique : les enfants sont aussi avides d’art dès le plus jeune âge, et il faut nourrir ça. Le rôle des adultes est très important.

Affiche de À la renverse, spectacle du Théâtre du rivage

Avec les ados, que faut-il aller voir ? À la renverse, écrit par Karine Serres, raconte l’histoire entre deux ados, dans un espace intemporel, qui réinventent leur avenir et leur relation. C’est un texte poétique, porté par un travail musical, qui rejoint la réalité des questions que se posent les jeunes. Ali 74 [de Nicolas Bonnaud, ndlr] revient sur le combat du siècle entre Mohammed Ali et George Foreman, que les ados n’ont pas connu mais qui recèle une logique liée au racisme et une tension entre pouvoir américain et réalité africaine qui peut les nourrir. Hold on de Le Laabo leur fait découvrir le monde du travail.

Momix, du 29 janvier au 8 février à Kingersheim et alentour www.momix.org

Je viens sans enfants, je vais voir quoi ? Tous les spectacles ne sont pas forcément dans réseau jeune public : Léon, qui fait la clôture du festival ; De passage, un travail du CDN de Montluçon, avec une écriture très particulière, peut vraiment intéresser les adultes. Et puis Opéra pour sèche cheveux de Blizzard concept, un spectacle de magie nouvelle, n’est vraiment pas que pour les enfants !

Après 24 éditions, certains spectateurs ont sans doute grandi avec Momix… Il y a en effet de jeunes parents, anciens spectateurs, qui reviennent avec leurs enfants. On a passé ce cap d’une nouvelle génération il y a quelques années. On creuse l’idée que les enfants, dans leur parcours de vie, aient eu la possibilité de s’ouvrir au monde à travers le spectacle, que le festival puisse forger des petites prises de conscience.


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des livres sublimes

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Le hasard des rencontres

Mathieu Amalric Christophe Miossec PAR PHILIPPE SCHWEYER ILLUSTRATION LAURÈNE BOGLIO

L’avant-veille, on avait salué brièvement Mathieu Amalric au bar de La Filature, au sortir d’une représentation du Moral des Ménages, la pièce riche en gratin de courgettes mise en scène par sa compagne Stéphanie Cléau d’après le roman d’Éric Reinhardt, auteur en vogue et bien coiffé. La veille, on avait fini la soirée en bavardant avec Christophe Miossec dans les loges du Noumatrouff après un concert épatant. Couché au petit matin vendredi, on se fait réveiller en plein brouillard quelques heures plus tard par un appel de Mathieu Amalric qui répond enfin à notre message laissé la veille sur son répondeur. Au téléphone, Mathieu fait son Amalric en commençant par nous expliquer qu’il en a marre de raconter les mêmes choses, de faire la promo, de parler de son dernier film La Chambre bleue et du Moral des ménages, la pièce dans laquelle il joue toute la semaine à La Filature… Un poil las, on est prêt à jeter l’éponge, mais l’acteur-réalisateur-comédien fait volte-face en décidant finalement qu’avec nous c’est différent… Bref, rendez-vous est pris pour midi dans le hall de l’hôtel Bristol. Sur place à l’heure dite, alors que Mathieu Amalric se fait un peu attendre, on croise les musiciens et le manager de Christophe Miossec qui n’attendent plus que le chanteur pour quitter Mulhouse. Quelques minutes plus tard lorsque l’ascenseur s’entrouvre, alors que l’on guette l’arrivée d’Amalric, c’est Miossec qui sort de la boîte comme par magie. Alors qu’il s’étonne de nous retrouver là, on lui résume la situation. Le temps de nous déclarer sa flamme pour Amalric, il file rejoindre sa bande pour un dernier café avant de prendre la route. Cinq minutes plus tard, Mathieu Amalric sort à son tour de l’ascenseur, les yeux fiévreux et les cheveux mouillés… À peine lui a-t-on signalé la présence de Christophe Miossec à l’autre bout du hall, qu’il se précipite vers lui pour le saluer.

Mathieu Amalric : Qu’est-ce que tu fais là ? Christophe Miossec : J’ai joué hier soir… Mathieu Amalric : Moi aussi ! C’est le métier ! Tu t’en vas ? Christophe Miossec : On joue à Strasbourg… Mathieu Amalric : En plus hier on n’a pas joué tard, c’était à dix-neuf heures… On aurait pu venir si on avait su ! Christophe Miossec : On se recroisera peut-être ailleurs… Mathieu Amalric : Mulhouse déjà c’est drôle… J’avais un pote qui travaillait avec toi quand tu travaillais à TF1, Marcello… Christophe Miossec : Ah oui ! Mathieu Amalric : Il a un bar qui s’appelle la Barricade… Christophe Miossec : Il s’en est bien sorti. Mathieu Amalric : Le hasard… Christophe Miossec : Le hasard des rencontres… Propos recueillis le 10 octobre à l’hôtel Bristol à Mulhouse


52 SÉLECTIONS culture

FESTIVAL

Oh yeah !

Chaque année, c’est la même excitation. Chaque année, l’on pourrait copier-coller les mêmes mots sur l’excitant et itinérant festival Supersounds, qui nous emmène sur les traces du rock d’hier et d’aujourd’hui mu par un esprit frondeur. Il faut quelque chose de l’ordre de l’insubordination pour organiser des concerts à la fois inattendus et espérés dans un contexte économiquement toujours plus difficile, pour les associations et, en général, pour les musiques actuelles. Une oreille aiguisée aussi, et c’est bien ce qui caractérise Hiéro Colmar qui, chaque année, revient avec une programmation léchée gravitant autour du rock et de ses diverses tentacules. Cette année, à Strasbourg, Colmar, Mulhouse et Fribourg se croiseront les enfants du post-punk, de la new wave, de

la synth pop mais aussi de l’électronique pour une réunion réjouissante. On y croisera l’anti-folk de Schwervon !, le rock déglingo de The Intelligence, la synth pop hypnotique de The Dictaphone et nos chouchous du coin : Marxer. Comme le diraient les jeunes : c’est yes ! (C.B.) Supersounds, jusqu’au 28 novembre à Strasbourg, Colmar, Mulhouse et Fribourg-en-Brisgau www.hiero.fr Visuel : The Intelligence


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THÉÂTRE

PERFORMANCE

Lost in Nowhere Exposition universelle En choisissant de mettre en scène Don Juan revient de guerre d’Ödön von Horváth, Guy Pierre Couleau nous renvoie, en plein Centenaire de la Première Guerre mondiale, à cette période d’après-guerre où le monde et les individus qui le composent doivent se reconstruire petit à petit. C’est un Don Juan traumatisé, rescapé, que l’on retrouve, cherchant la femme qu’il aime, morte de chagrin sans qu’il le sache. Dans cette quête insatiable, il devient le représentant des hommes perdus de la société d’après-guerre, tentant de se retrouver dans un monde en perte de valeurs. Mais il cède de nouveau aux affres de la séduction – on est Don Juan ou on ne l’est pas. En effet, la pièce offre également une réflexion sur la ténacité de l’être face à la catastrophe collective et sa capacité à prendre le dessus, malgré tout… (C.G.) Don Juan revient de guerre, du 18 au 29 novembre à la Comédie de l’Est à Colmar comedie-est.com Photo : André Muller

Il n’est pas si loin qu’on voudrait le croire, le temps des Freakshows. Pas plus tard (ou tôt) qu’il y a 50 ans, on exhibait des êtres comme des attractions dans les cirques et les foires, où le public se pressait pour les voir. Pour Ceci n’est pas, l’artiste néerlandais Dries Verhoeven installe une boîte en verre en plein centre de Fribourgen-Brisgau, boîte habitée chaque jour par un performeur différent (entendre : il change tous les jours et il est un peu étrange). Ces tableaux vivants, tour à tour loufoques et dérangeants, interpellent les spectateurs comme les simples passants pour les confronter à leur propre regard. Une performance dérangeante qui questionner le voyeurisme et la normalité, proposée dans le cadre du festival Politik im freien Theater. (S.D.) Ceci n’est pas, du 20 au 27 novembre de 15h à 20h devant le Bertoldsbrunnen à Fribourg-en-Brisgau www.politikimfreientheater.de Photo : Willem Populier

EXPO

Tournez les assiettes L’expression « allier l’utile à l’agréable » prend tout son sens cet hiver à Guebwiller. Alors que la ville se pare de ses plus beaux atours pour fêter la 6e édition de son Noël Bleu, le musée Théodore Deck invite seize artistes internationaux à décliner un objet incontournable de notre quotidien : l’assiette. Qui n’a jamais gouté au plaisir de découvrir progressivement le motif caché sous le contenu de son écuelle ? Au creux de ces Délires d’assiettes, un nouveau monde fait de gré, porcelaine et céramique se dessine. Certains s’inspirent du monde animal, d’autres entament un retour au primitif usant de matières organiques, tandis que la couleur en aplat s’impose pour allier tradition et modernité. Pour prolonger l’expérience visuelle, toutes les créations sont en vente sur place. De quoi dénicher quelques bonnes idées de cadeaux pour les fêtes ! (C.T.) Délire d’assiettes, du 29 novembre au 1er février au musée Théodore Deck à Guebwiller www.ville-guebwiller.fr


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DISQUE

Destins croisés Les aventures des Strasbourgeois Original Folks et Marxer sont intimement liées. Jacques Speyser, leader des Folks, et Franck Marxer partagent tous deux la même vision d’une pop indépendante, l’un jouant avec l’autre et vice versa – Franck fait partie des Folks, Jacques n’hésite pas de temps en temps à apporter sa contribution sur scène à Marxer… Cependant, ils explorent chacun leur univers propre, avec une orchestration plus abondante chez les Folks, plus intimiste pour Marxer. Les Folks racontent ces allers-retours entre l’Europe et les États-Unis, avec toujours cette Alsace au cœur ; la retenue contenue dans les chansons de Marxer révèle la force d’une belle pudeur. Tous deux sortent un disque, un second album pour les Folks, un premier EP pour Marxer ; ils le font sur le nouveau label Rival Colonia avec de belles éditions vinyles en co-édition avec le label mulhousien Médiapop Records. De bonnes nouvelles qui nous amènent à cette conclusion ultime : la musique est éternelle, mais elle se vit dans l’instant. (E.A.) Original Folks, We’re all set, Rival Colonia / Médiapop Records Marxer, But the vision soon faded, Rival Colonia / Médiapop Records www.rivalcolonia.com www.mediapop-records.fr

ARTS

ARTS

La chair en mouvement

L’art en circuit

Depuis quelques temps, Gustave Courbet s’impose à nous ! Juste revanche pour celui dont on a longtemps été incapable de reconnaître l’importance véritable. Et pourtant, l’actualité de son regard est troublante. Pour détourner Jacques Lacan qui s’exclamait « Vous n’avez qu’à aller regarder à Rome la statue du Bernin pour comprendre tout de suite qu’elle jouit, Sainte Thérèse, ça ne fait pas de doute », nous aurions envie de dire de cette môme dans L’Origine du Monde qu’elle bouge avec la conscience de l’abîme qu’elle ouvre devant nous. Elle le fait tout autant que les figures qui habitent toutes les œuvres de ce peintre d’exception. Lequel a réalisé un autoportrait fascinant de violence plastique, Le Fou de peur ou le Désespéré. La grande exposition à la Fondation Beyeler nous révèle tout cela, tout en s’attardant sur des œuvres de jeunesse que d’aucuns rapprocheront aisément de ses préoccupations plus charnelles. (E.A.) Gustave Courbet, jusqu’au 18 janvier à la Fondation Beyeler à Riehen/Bâle www.fondationbeyeler.ch Visuel : Gustave Courbet, Le Fou de peur (portrait de l’artiste), 1844/45. Huile sur papier sur toile, Nasjonalmuseet for kunst, arkitektur og design, Oslo

15e édition pour Regionale, la plus grande manifestation d’art contemporain dans la région. 15 centres d’art entre Bâle, Mulhouse, Fribourg et Strasbourg exposent 230 artistes, tous installés dans la région. Un véritable événement transfrontalier (malgré la situation géographique de notre région, ils ne sont en réalité pas si fréquents) qui démontre la vitalité d’un territoire. S’il y a là un enjeu politique, Regionale demeure avant tout un projet artistique qui propose une multiplicité de regards et de formes. La Kunsthalle Basel invite ainsi des artistes qui travaillent sur la question de la forme et de la texture, la Kunsthalle Palazzo à Liestal interroge le dessin et le trait, la Kunsthalle de Mulhouse regarde le Rhin et les artistes invités au E-Werk Freiburg se demandent quelles stratégies on développe pour se maintenir en vie. Comme à son habitude, Regionale propose de nombreux circuits en bus au départ de Bâle, Strasbourg et Fribourg et un méga-vernissage-marathon, cette fois avec Opening Party dans la toute nouvelle Haus für elektronische Künste à Bâle. Toll ! (S.D.) Regionale 15, du 27 novembre au 4 janvier dans la région tri-rhénane Vernissage le 29 novembre www.regionale.org Visuel : Antal Thoma, Hot Squat, 2009 (exposition au E-werk Freiburg)


La culture n'a pas de prix

www.novomag.fr


Tendances Coconing

www.bonjourjohanna.com

par Johanna Tagada


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Pull en mohair et soie mélangés moucheté de peinture blanche Fendi disponible chez Ultima à Strasbourg. Bague dentelle en argent Pandora.


Photographe Alexis Delon / Preview Réalisation Myriam Commot-Delon

ST ART ER. Mannequin Sara / Up Models Coiffeur Alexandre Lesmes / Avila www.avilacoiffure.fr Make-up artist Jacques Uzzardi www.jacquesuzzardi.com Maquillage réalisé avec les produits M.A.C Cosmetics / Galeries Lafayette Strasbourg www.maccosmetics.fr Post-prod Emmanuel Van Hecke et Camille Vogeleisen / Preview Assistante photo Claire / Preview


Haut en soie imprimée fleurs et clés sur pantalon en Prince de Galles à boutons strassés Dolce & Gabbana, veste sans manches en fourrure écologique et bottines Prada, le tout disponible chez Ultima à Strasbourg. Sac unisexe et oversize en cuir bordeaux, fermeture zippée et bandoulière, Numero 10 disponible chez Revenge Hom à Strasbourg.


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Top en soie imprimée, jupe bouffante et veste kimono Christian Wijnants, bottines élastiquées en veau chocolat Free Lance, le tout chez K.Collections à Colmar. Porte-bouteille de vin en liège et cuir Biwine disponible chez Revenge Hom à Strasbourg.


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Top en soie imprimée et jupe bouffante Christian Wijnants chez K.Collections à Colmar. Lunettes Thierry Lasry disponibles chez Maurice Frères à Strasbourg.


Pull en mohair et soie mélangés moucheté de peinture blanche Fendi, jupe en crêpe évasée et zippée Balenciaga, les deux disponibles chez Ultima à Strasbourg. Bague dentelle en argent Pandora. Bottines en cuir et élastique Heschung.


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Robe en soie à manches bouffantes imprimé « Bird Patch T » Tsumori Chisato, caleçon MM6 by Maison Martin Margiela, le tout chez K.Collections à Colmar. Bagues Pandora.


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CORRÉLATIONS Photographe Alexis Delon / Preview Réalisation Myriam Commot-Delon Mannequins Aya & Sacha Coiffeur Florian Motsch / Avila Maquillage Audrey Beaurain Post-prod Camille Vogeleisen / Preview Assistante photo Claire / Preview Fleurs / Bernard Deutsch – 20, rue Gutenberg à Strasbourg Tailleur en drap de laine à col de cuir blanc Dsquared2 et boucles d’oreilles en or et diamants noirs Catherine Michiels. Vernis à ongles Khaki Kure Bazaar. Le tout disponible chez Algorithme La Loggia à Strasbourg. Pochette en serpent à articulation doigts Alexander McQueen disponible chez Revenge Hom à Strasbourg.


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“ Tout, mais terriblement. ” Yves Saint Laurent

De haut en bas et de gauche à droite : Ballerines en lamé argent Saint Laurent Paris disponible chez Ultima2 à Strasbourg. Piquetées sur les fleurs de Physalis, puces d’oreilles Coupole en or blanc et brillants. Bague en onyx et saphir jaune, bague Givre en or blanc, opale et brillants et collier Carré blanc sur fond manquant en or blanc et brillants, le tout Eric Humbert. Boîte en bois et cuivre faisant partie d’une boîte à maquillage, Balsabox personal, Éditions Nomess disponible chez Curieux? à Strasbourg. Bracelets jonc en argent et charms porte-bonheur en argent, micro oxydes de zirconium et or rose, Pandora. Peinture : Michaël Borremans, The Ear, 2011.


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“ I really like how people contain their time, in their faces. ” Elisabeth Peyton

De haut en bas et de gauche à droite : Bague Le Clou, bracelet Love et montre Tank Louis Cartier en or jaune et bracelet cuir, le tout Cartier. Horlogerie Cartier disponible à Mulhouse chez Bollwerk joailliers. 8, rue de Metz à Mulhouse - 03 89 45 65 90 - www.bollwerk-joailliers.com Lunettes Götti disponible chez Maurice Frères à Strasbourg. Peinture : Michaël Borremans, Hornet, 2008.


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Chemise en popeline à plastron imprimé et col et poignets en cuir craquelé or Vivienne Westwood disponible chez Revenge Hom à Strasbourg.


72 Zut ! Tendances § Flash Mood

Up to date PAR MYRIAM COMMOT-DELON

Beaucoup d’envies et de collections capsules, trendy et abordables

Alexander Wang x H&M

Quand le nouveau D.A au visage d’ange de Balenciaga dit : « sport ! », on sort illico nos stilettos. Son mood ? Un streetswear 2050 à la sauce NYC. Moderne et sexy. www2.hm.com

Rodolphe Ménudier x Éram Combler les femmes qui veulent séduire : une gageure ? Boucle-la, Chaîne on you, Hard Runneuse ou Power Rangers, voici les petits noms de quelques-unes des 20 pièces qui vont nous faire danser tout l’hiver. www.eram.fr

Lykke Li x & Other Stories

Eugène Riconneaus x Minelli

Heimstone x Monoprix

3e album pour la chanteuse suédoise qui s’est essayée à un job de styliste pour la marque pointue du géant H&M. Résultat ? Une collection glam & rock, très noire, très or et très désirable. www.stories.com

Eugène Riconneaus ? Un gosse baigné de culture underground, de skate, de Larry Clark et Harmony Korine. Nourri de ces codes rassasiants, il livre la quintessence de son travail chez Minelli, à prix d’ami. Merci. www.minelli.fr

La griffe française pointue s’inspire de New York, où vit sa créatrice Alix Petit, pour cette collection femme et kids. De quoi combler la modeuse en manque et ravir la jeune maman bohème. www.monoprix.fr


BLOCH-GENSBURGER

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HOMME / FEMME

100 ANS DE MODE ET D’ ÉLÉGANCE Add ~ Basler ~ Caroline Biss ~ Cinzia Rocca ~ Esthème Cachemire ~ Flo & Clo ~ Fuchs Schmitt Isabel de Pedro ~ Majestic ~ Nydj ~ Pôles ~ Weill ~ Benvenuto ~ Cerruti accessoires ~ Florentino Gardeur ~ Olymp ~ Saint James ~ Seidensticker ~ Van Laack

3 et 5 rue des Boulangers 68000 Colmar / 03 89 41 26 47

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74 Zut ! Tendances § News Bijoux

Brillez, et puis zut ! PAR MYRIAM COMMOT-DELON

Cet hiver, les bijoux sont inspirés par les éléments.

L’essence du temps Chez Rolex, la montre parfaite se nomme Cellini Time. D’une élégance ultra-moderne, son cadran d’une simplicité limpide magnifie les codes intemporels du classicisme horloger. En forme de glaives et ornées de facettes, les aiguilles égrènent chaque seconde, chaque minute et chaque heure avec la précision du mouvement Chronomètre automatique. Un classique ? Non, un intemporel. Montre Cellini Time, Rolex, en vente chez Bollwerk joailliers 8, rue de Metz à Mulhouse 03 89 45 65 90 www.bollwerk-joailliers.com

Main thing

Énergie

Chez Pandora, la collection Essence se compose de fins bracelets et de charms délicatement finis à la main, chacun symbolisant une valeur essentielle ou des signes astrologiques. Ces charms, conçus pour n’être portés que sur les bracelets de la collection Essence, sont maintenus par une bague en silicone souple placée à l’intérieur du cœur en argent de chaque charms. Et à l’extérieur ? Des pierres colorées comme le lapis-lazuli, l’aventurine, le quartz, l’agate et de l’or ciselé pour les plus précieux.

Pour Eric Humbert, en joaillerie comme ailleurs, tout est une question d’équilibre. Le Yin et le Yang sont deux parties d’un seul tout et cette bague graphique aux allures de chevalière exprime cette dualité. Un bijou qui réunit la physique et la métaphysique, l’ombre et la lumière et qui saura parfaitement accessoiriser l’austérité vestimentaire et les volumes exagérés de cette saison. Un manteau XXL, un pantalon masculin et juste cette bague.

Pandora 64, rue du Sauvage à Mulhouse 03 89 42 03 50

Bague Yin & Yang, or jaune 18 carats, diamants blancs et noirs, nacre et onyx, Éric Humbert 46, rue des Hallebardes à Strasbourg 03 88 32 43 05 www.eric-humbert.com


5 rue Mangold 68000 Colmar 03 89 24 58 67 acebook.com/dresscodeshop.colmar dress.code.shop@orange.fr

prêt-à-porter et accessoires féminins ELEVEN PARIS . SESSUN . NÛMPH

DRESS CODE SHOP.

Marc Cain Collections Marc Cain Sport Armani Jeans C-studio Liu-Jo Joyce & Girls

Espace du Rempart 68000 Colmar 03 89 23 37 23 Odette BISSESSUR


76 Zut ! Tendances § Boutique

Easy chic

PAR MYRIAM COMMOT-DELON PORTRAIT DORIAN ROLLIN

À Colmar, la boutique Mélissa bis imprime son style urbain aiguisé. Décodage.

Armani Jeans, collection A/H 2014-15

Marc Cain, collection A/H 2014-15

Depuis l’ouverture de sa boutique en 1995, Odette Bissessur injecte à Colmar sa vision sport-chic du vestiaire féminin. Cette jeune femme dynamique assume les choix qu’elle fait pour ses clientes : le jour de son portrait pour Zut !, elle portait un pull à message Marc Cain et un jean slim en coton huilé Armani Jeans. Un très bon baromètre pour capter l’ambiance mode des lieux… Alors si vous n’avez pas le courage d’écumer les boutiques pour renouveler votre garde-robe et recherchez une boutique multimarques résolument moderne et proche de vos envies, l’adresse est validée ! N’y cherchez pas de figures imposées et laissez vous guider, les conseils y sont avisés et une mue vestimentaire tout à fait recommandée. Ses marques phares ? Marc Cain, leader dans le prêt-à-porter féminin haut de gamme en Allemagne, et Armani Sport, incontournable sportwear italien aux denims

sophistiqués. Odette Bissessur, qui aime plus que tout « décaler » ses tenues, apprécie particulièrement ces griffes aux belles matières qui lui permettent de mixer pièces élégantes et décontractées. On n’oublie pas les vestes et doudounes, pièces indispensables du dressing hivernal : celles de la marque italienne C.Studio dévoilent une belle palette de tons sourds et d’imprimés sauvages. Et pour le printemps ? De nouvelles signatures feront leur entrée… patience ! Melissa Bis Espace du Rempart à Colmar 03 89 23 37 23 Odette Bissessur


Purisme. Sensualité. Intelligence. Pour en savoir plus sur la fascination qu’exerce la cuisine bulthaup, contactez votre revendeur bulthaup Intérior Diffusion.

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IMAGINE

WOMEN COLLECTION

16, rue Henriette, Mulhouse 03 89 56 12 11 www.imagine-mulhouse.com Imagine Mulhouse


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SÉLECTIONS tendances

Photos : Oriane Blandel

CRÉATEUR

Japonisant

Photos : Charlotte Aleman

L’évasion se porte autour du cou avec Juliette Vergne ! Au regard de l’exposition Impressions du Soleil Levant consacrée au textile japonais, l’artiste alsacienne a imaginé une écharpe en exclusivité pour le Musée de l’Impression sur Étoffes de Mulhouse. Les 37 pièces, uniques de par leur procédé de fabrication artisanal, ont été confectionnées à partir d’étoffes de soie teintées à l’indigo naturel et ornées de motifs végétaux. Un bijou de douceur made in Alsace. (C.T.)

Écharpe création Juliette Vergne, disponible au Musée de l’Impression sur Étoffes de Mulhouse www.cargocollective.com/juliettevergne www.musee-impression.com


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HOTTE

Enfants terribles Laure Savary est la fée clochette de la rue des Fleurs. Nouvellement ouverte, sa boutique Mom Pop est le QG des enfants heureux et mamans comblées. Des tipis Nobodinoz, des doudous Ferm Living, des lapins ailés, des nuages arc-en-ciel, les poussettes Bugaboo ou Babyzen, le vestiaire d’Arsène et les Pipelettes et celui d’Imps & Elfs…. de très jolies marques qui vont enchanter Noël. Les petits astronautes inscriront sans aucun doute sur leur liste la cabane fusée en carton recyclé de Studio Roof. (M.C.D) Mom Pop 12, rue des Fleurs à Mulhouse 03 89 45 34 03 - www.mompop.fr

MODE

Happy End Plus de 19 ans au service de la mode et des femmes… Karine Goldschmidt, dénicheuse de créateurs hors pair, quitte sa boutique K.Collections pour se consacrer à sa seconde passion, l’hypnothérapie. Impossible ne pas profiter de la liquidation de son vestiaire hors-normes, et de ne pas évoquer le travail de Christian Wijnants, dernier créateur belge à avoir rejoint sa sélection affûtée. Des kimonos surdoués, des teintes délicates, des superpositions et des volumes, un travail empreint de délicatesse et d’histoires. Comme celles vécues lors de nos nombreuses collaborations. Merci Karine ! (M.C.D) K.Collections, liquidation du 12 novembre au 07 janvier 5, rue de Marchands à Colmar - 03 89 23 07 06 Visuel : Christian Wijnants


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MODE

Une LTB sculpturale Incontournable, une « Little Black Dress » à trois trous est hautement recommandée dans un vestiaire féminin. Elle revient cet hiver dans une version bi-matière, en lainage ponctué de cuir et petits mancherons graphiques. Un less is more aux lignes parfaites, sélectionné chez la griffe allemande Basler. (M.C.D) Basler, chez Bloch Gensburger 3 et 5, rue des Boulangers à Colmar 03 89 41 26 47 www.bloch-gensburger.fr

MODE

Joyeux anniversaire Cet automne, la boutique mulhousienne Imagine fête ses 30 ans. Bel âge pour ce QG frais et trendy qui nous enthousiasme et correspond (ça tombe bien !) aux trentenaires à l’affût de pièces féminines avec un je-ne-sais-quoi en plus. Patricia Vest, reine du mix, profite de l’occasion pour lancer sa collection de gants intitulée « Alsacienne jusqu’au bout des doigts ». Côté griffes ? Nice-Things, Marie-Sixtine, American Vintage, By Armor Lux, FrenchCook, GKero, Craie, Stella Forest, Reiko et Swildens. Une garde-robe pleine de good vibes ! (M.C.D) Imagine 16, rue Henriette à Mulhouse 03 89 56 12 11 Swildens

GKero


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Sac Stéphanie Césaire

Bottines Heschung

ACCESSOIRES EVENT

Fashion chaud Pour fêter l’arriver du froid et nos envies de cocooning intensif, la griffe sportswear à l’accent british se la joue hype. Superdry organise dans sa boutique colmarienne sa 1re Fashion Party, rythmée aux beats d’un DJ de la région. Pour l’occasion, la marque a choisi la sémillante et active Emanouela Todorov comme ambassadrice girly et connectée. À ne pas rater. (C.L.) Fashion Party Superdry le 25 novembre à partir de 18h 5a, rue des Marchands à Colmar www.superdry.fr

Hot spot Frédéric Llauro, propriétaire de Fred Boutique, aime par dessus tout les belles marques françaises. On trouve chez lui Flamingos, Michel Vivien, Avril Gau ou Heschung, coupable d’un délit de hauteur en déclinant son bestseller April version 10 cm. Et aussi les irrésistibles bourses en python Petit Papier de Stéphanie Césaire. Inspirées par les shopping bag en papier créés dans les années 1870 par Margaret Knight, la première femme à déposer un brevet, elles sont déclarées it-bag Zut ! de la saison ! (M.C.D) Fred 49, rue de Mulhouse à Riedisheim 03 89 44 15 94


Derbies Alberto Fermani

82

MODE

ACCESSOIRES

Du duvet glam

Time to shoes

Le combo de base pour affronter le froid ? Jean + pull + doudoune. Mais de préférence celles Made in Italy de Flo & Clo, douillettement doublées de plumes d’oie et suffisamment glamour pour vamper l’allure. Des vestes cocon et anti-froid, en cuir et (ou) microfibre imperméable aux doublures et capuches amovibles bordées de fourrure. Le blizzard peut souffler, nous sommes parées. (M.C.D)

Chez Stanley, on ne considère la chaussure que selon deux critères, à savoir : qualité et durabilité ! Emmanuelle Voinson, gérante de la boutique, a rigoureusement choisi les manufacturiers pour la justesse de leur travail. Sont ainsi représentés en magasin, des marques zéro faute comme Now, Bobbies, l’Italien Alberto Fermani ou encore Robert Clergerie, dont les créations sont encore et toujours fabriquées en France. (J.P.)

Flo & Co, chez Bloch Gensburger 3 et 5, rue des Boulangers à Colmar 03 89 41 26 47 www.bloch-gensburger.fr

Stanley 6, rue de Reiset à Colmar 03 89 41 73 88 MODE

Easy ! Maison Scotch est la version féminine de la marque Scotch and Soda. La marque réinterprète des looks vintages et classiques aux influences de voyages du monde entier. Un mood bohème et facile à porter, des matières naturelles et les bons imprimés font de cette griffe une des préférées des filles stylées ne s’en laissant pas raconter. (M.C.D) Collection Maison Scotch, chez The Store, Collections d’Envies 10, rue des Marchands à Colmar 03 89 23 62 32


photo : julienetlydie.com

BOUGEPASPOUPÉE.COM Le blog mariage vu par Carole Birling Créatrice de robes uniques Il y a votre rêve, il y a votre personnalité, il y a votre histoire qui s’écrit au présent et au futur. Nous allons échanger, comprendre, dessiner, choisir et fabriquer la robe rêvée. Créer c’est révéler la personnalité, oser des matières fortes et des détails inattendus, trouver toutes les fantaisies pour la pièce unique qui sublimera votre féminité. Créer c’est imaginer ensemble votre robe de mariée.

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VIDÉO NUMÉRIQUE


Lifestyle Coconing

www.bonjourjohanna.com

par Johanna Tagada


86 Zut ! Lifestyle × Beauté / Santé

Le nouveau site de Weleda à Huningue, inauguré en 2011, mise sur des lignes organiques qui renvoient aux matières premières utilisées par la marque et à son logo, dessiné par Rudolf Steiner. Le mur végétal à l’entrée est entretenu de manière éco-responsable.


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BIO-graphie d’une marque PAR CAROLINE LÉVY PHOTOS DORIAN ROLLIN

L’authentique n’a jamais été aussi tendance. Aussi, avec ses packaging minimalistes et rétro, ses produits à base de plantes fabriqués au cœur de l’Alsace transfrontalière avec une stratégie éco-responsable, diffusés essentiellement dans l’espace rassurant de la pharmacie, la marque suisse Weleda n’a jamais été aussi désirable. Ses produits sont toujours restés fidèles aux préceptes qui lui ont donné naissance : ceux de Rudolf Steiner, fondateur de l’anthroposophie et de la médecine anthroposophique, qui envisage l’être humain dans ses dimensions à la fois physiques, psychiques et personnelles. Une philosophie qui pose également les bases de l’agriculture biodynamique, conduit à la fondation des écoles Waldorf-Steiner et véhicule des valeurs vers lesquelles on se tourne à nouveau aujourd’hui. « Rudolf Steiner était certes un philosophe, mais il avait un sens pratique très aiguisé !, explique Peter Braendle, président du Directoire France depuis 2012. Il a amené beaucoup d’idées concrètes que nous utilisons encore dans nos produits, mais aussi dans un management très axé sur le dialogue. » Et la marque entend bien conserver ces valeurs fondamentales. La consomm-actrice universelle Née en 1921, Weleda installe ses laboratoires à Arlesheim en Suisse (à une dizaine de kilomètres de Bâle) et à Schwäbisch-Gmünd en Allemagne puis, dès 1924, à Saint-Louis en Alsace, à quelques kilomètres de son site actuel. Elle développe des produits pharmaceutiques, utilisés en complément de traitements médicaux, ainsi que des cosmétiques. Très vite, la marque s’exporte aux quatre coins du monde et doit s’adapter aux marchés locaux, favorisant l’autonomie des 17 filiales qui distribuent ses produits dans plus de 50 pays. Ces dernières années, Weleda se recentre ainsi sur un marketing destiné à une consommatrice informée et ultra mobile. « Aujourd’hui, nous avons plusieurs types de clientes, explique

Pionnière dans le domaine des cosmétiques naturels et bio, Weleda n’a pas pris une ride. Née il y a 90 ans et installée à Huningue, elle est toujours restée fidèle à ses principes et à son image, qui correspondent aujourd’hui parfaitement à une époque avide d’authentique et de développement durable. Portrait d’une marque dans l’air du temps.

Peter Braendle. Celles qui recherchent le bio à tout prix et ne tombent pas dans le piège du greenwashing, et celles qui ne sont intéressées que par l’efficacité du produit, en fermant les yeux sur le détail de sa composition. Notre défi est de rester fidèle à notre philosophie en jouant le jeu du marché. » Dans sa conquête d’une clientèle diversifiée, Weleda a même réussi à investir les coulisses des Fashion Weeks internationales, en y proposant des ateliers de massage post-défilés pour les mannequins aux pieds encore endoloris par le show. Victoria Beckham serait d’ailleurs l’une des adeptes de la Skin Food, la crème multi-usages réparatrice qu’elle emporte partout avec elle ! Naturellement bio La force du groupe Weleda réside notamment dans l’étendue de sa gamme qui offre des solutions et des soins pour tous les âges. Les soins bébé et maternité sont largement recommandés par les sagesfemmes, et tous les cosmétiques (visage, corps, capillaire, hygiène, etc.) répondent à une Charte qualité bénéficiant de la garantie du label Natrue – True Friends of Natural and Organic Cosmetics. La Nature demeure l’élément fondateur de Weleda, et les formules sont parfois les mêmes depuis 90 ans, comme celle de l’huile de

massage à l’Arnica, lancée en 1926, dont la plante provient du massif des Vosges. « Nous portons une grande attention à la qualité des produits, clame Peter Braendle, et pour l’atteindre au mieux, nous avons créé nos propres jardins afin de travailler avec les plantes les plus fraîches possibles, en Alsace, Allemagne, Angleterre et dans le Bénélux. » Et de surenchérir : « Chez Weleda, nous préférons capitaliser sur les produits « avec » plutôt que sur les « sans » (sans parabènes, sans parfum, etc., ndlr) en recherchant les actifs et formules les plus efficaces. » En véritable précurseur, faisant aujourd’hui écho à la folie locavore, Weleda s’appuie sur son territoire en en utilisant au mieux les précieuses ressources et en le valorisant. En témoigne son rapprochement avec l’association la Petite Camargue Alsacienne – première réserve naturelle d’Alsace, située à 4 km du site Weleda –, qu’elle mécène afin de promouvoir la biodiversité dans la région. Design écolo-chic Répondant à une politique cohérente au niveau du groupe et à une réglementation stricte, le site français produit la quasitotalité de ses médicaments. L’évolution du cadre règlementaire a conduit les laboratoires pharmaceutiques et


88 Beauté / Santé × Weleda

Les laboratoires Weleda fabriquent des préparations pharmaceutiques, diététiques et des produits cosmétiques « naturels » distribués dans le monde entier. Les matières premières proviennent de ses jardins bio-dynamiques mais aussi du commerce équitable.

“ Chez Weleda, nous préférons parler de produits “avec” plutôt que de produits “sans” ! ”

cosmétiques à adapter leurs outils de production et à devoir repenser toute la structure du bâtiment. Le projet de refonte totale du site a été porté en association avec l’architecte-paysagiste parisienne Maryam Ashford-Brown et l’architecte alsacien Richard Lang. Après deux années de travaux et 700 000 € d’investissement, le site Weleda a fait peau neuve en décembre 2011. Un écrin contemporain et résolument écologique sur une surface doublée. « L’idée de nature est omniprésente dans le nouveau bâtiment, de l’architecture aux lignes arrondies et organiques jusqu’au mur végétal de 70 m2 conçu par Pierre Blanc », explique Jean-Michel Libion, directeur technique et un des deux chefs de projet Weleda. Un cadre de travail exceptionnel où la lumière naturelle prime, où les couleurs « vives » des sites de production ont été choisies en concertation avec les salariés, dans une démarche collaborative très actuelle. L’ergonomie a été optimisée sur l’ensemble du bâtiment, dans un souci environnemental constant, afin de rester cohérent avec la devise de la marque et les préceptes de Rudolf Steiner : être en accord avec l’être humain et la nature. www.weleda.fr

Weleda en chiffres — Leader sur le marché de la cosmétique bio et 3e acteur sur le marché de la cosmétique naturelle et bio. — Chiffre d’affaires de 60 millions d’euros en France en 2013. — 24 millions d’euros pour les produits pharmaceutiques et 36 millions pour les produits cosmétiques. — 1300 références de produits pharmaceutiques, dont la grande majorité sur prescription. 3 à 4 ans de recherches avant le lancement d’un nouveau produit, garanti 100% naturel et bio, avec un packaging respectueux de l’environnement (contre en moyenne 12 mois dans l’industrie cosmétique). — 50% des ventes Weleda se font en pharmacie, 25% en para-pharmacie et 25% dans les magasins bios. — La France est le 2e marché après l’Allemagne.


89 Produits de saison

Crème aux plantes médicinales Skin Food

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produit : à utiliser pur ou dilué, » Spécial « shopping fêtesLeil stimule de fin d’année les processus d’élimination Le produit : un riche concentré de plantes médicinales aux vertus réparatrices pour les peaux abîmées, à utiliser sur le visage, les mains, les pieds, les lèvres.

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Belle et scène ! Dans une démarche de dynamisation de son image, la marque a lancé cette année les Weleda Bioty Tour dans toute la France, avec la chanteuse française Joyce Jonathan comme égérie. Le concept : un tour de France du bien-être avec de soirées filles organisées dans 11 villes en collaboration avec les Apéros Beauté, orchestré par la mulhousienne Fanny Boltz – dont le top départ fût donné à Strasbourg et se terminera à Mulhouse le 21 novembre prochain. Un concert privé de la chanteuse se tiendra le 2 décembre à Paris, pour clôturer l’événement en beauté ! www.weledabiotytour.fr


90 Zut ! Lifestyle × Design


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Soul Kitchen PAR JULIEN PLEIS PHOTOS DORIAN ROLLIN

Une marque qui n’en est pas une, un patron passionné, des prestations à la carte : bienvenue chez No Name Kitchen Manufacture. Roland Szélé a créé une nouvelle façon de penser la cuisine haut de gamme. Pour chacun.

Petit récapitulatif : Roland Szélé commence son chemin parmi les cuisines en 1975. À 25 ans, il est le premier à importer la marque allemande Bulthaup, désormais mondialement connue. Il démarre petit, dans un simple studio colmarien, pour devenir au fil des années Directeur général France du groupe, créer un véritable réseau de distribution et hisser la marque parmi les leaders mondiaux des fabricants de cuisine « très haut de gamme ». Cette fidélité à Bulthaup et sa persévérance lui permettent d’acquérir une connaissance et une maitrise sans faille du métier et l’amènent à collaborer avec des sommités de la gastronomie. D’ailleurs, quelle meilleure école que le travail aux côtés de grands chefs ? Chez Anne Sophie Le Pic, Olivier Roellinger et consorts, l’amateurisme n’existe pas. Et en ce qui concerne l’agencement et l’optimisation de leur espace de travail, l’exigence est totale. Une série de défis que Roland relèvera, dans une quête constante de qualité et avec perfectionnisme. 36 ans plus tard, en 2012, lassé par un rythme de travail effréné et un business de plus en plus déshumanisé, Roland sent poindre l’envie d’autre chose : s’approcher à nouveau de ce qu’il appelle « les belles valeurs ». Il quitte donc l’entreprise mère, tout en restant distributeur de la marque, et réfléchit à ses options d’avenir. La retraite ? Très peu pour lui. Il veut rester actif et a encore des choses à montrer. Rejoindre la concurrence ? Ce serait pure hérésie, trop attaché qu’il est aux trois décennies passées chez Bulthaup. Que faire alors ? C’est à ce moment qu’il se décide à monter sont propre studio de création. Pas une marque, plutôt un label,

à taille humaine, emprunt des valeurs qui lui manquent tant et qui exprimera tout son savoir faire ainsi que celui des artisans avec qui il travaille. Il cherche alors un nom qui soit évocateur de cette « non-marque ». Ce sera No Name, tout simplement, auquel il joint tout de même Kitchen pour rappeler le domaine de compétence. Mais quelque chose manque encore : un terme qui marquerait l'aspect artisanal du projet et ses rapports privilégiés avec collaborateurs et clients. Il penche alors pour Manufacture. No Name Kitchen Manufacture est né. Son travail tourne autour d’une idée majeure, presque une obsession, qu’il formule ainsi : « Remettre l’individu au centre du processus créatif. » Chacune de ses créations est unique, prenant en compte au maximum les attentes, les spécificités et les goûts de chaque client. Fini les cuisines certes luxueuses et suréquipées, mais standardisées. Fini les modules normalisés, les couleurs issues de nuanciers et les catalogues de références simplement déclinées. Désormais, Roland travaille le sur-mesure, du corps de meuble à la profondeur des tiroirs en passant par les finitions, brossées, vernies ou mattes. Une personne, un univers, une cuisine. Mais pour arriver à ce résultat, il repense la manière d’élaborer cet espace de vie. Une cuisine, qu’est-ce que c’est ? C’est un véritable espace de convivialité, pas un musée, et plus que tout, c’est un espace où l’on cuisine ! Cela parait évident, mais au fil de sa carrière Roland s’est rendu compte que pour beaucoup (clients ou professionnels) l’esthétique passe avant la fonctionnalité… Chez No Name Kitchen


92 Design × No Name Kitchen Manufacture Manufacture, l’ergonomie et le design ne font qu’un, sans jamais prendre le pas l’un sur l’autre, atteignant un parfait équilibre. Pour y parvenir, il faut commencer dès la phase de recherche et d’études, explorer le spectre des contraintes. Tout débute par une série de questions élémentaires mais souvent ignorées par les cuisinistes, même dans le milieu restreint des prestations haut de gamme. Par exemple, un fondamental, trop rarement abordé lors de la phase de conception : « Êtes-vous droitier ou gaucher ? » De même, « les personnes qui utilisent la cuisine sontelles grandes ou petites ? » À partir de là, les paramètres sont à affiner pour permettre à chaque usager de profiter au mieux de sa cuisine, d’un point de vue pratique et esthétique. Une fois cette étape bouclée, vient le temps des goûts et des couleurs, qui feront véritablement l’identité de la cuisine et sa singularité. Matières, couleurs, formes, rien n’est laissé au hasard, et surtout aucune demande ne s’entend répondre « non ». Une cuisine entièrement noire, c’est possible. Une cuisine quasi invisible sans poignées ni accessoires apparents, c’est possible. Une cuisine composée de chêne blanc et d’inox massif, c’est possible. Les seules limites seront techniques ou spatiales, pour le reste, encastrable, modulable, motorisé, manuel, c’est à la convenance du client. Enfin, Roland Szélé a réussi un tour de force : se soustraire aux sirènes dévorantes du branding. Aucun de ses meubles, aucune de ses cuisines ne sont estampillés No Name Kitchen Manufacture. La discrétion fait partie des valeurs qu’il défend, et à l’humilité répond la place à la qualité du travail. No Name Kitchen Manufacture 1, rue des Peupliers Les Erlen à Wettolsheim 03 89 41 02 43 www.nn-kitchenmanufacture.com


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94 Zut ! Lifestyle × Déco


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Cocon déco PAR FLORENCE ANDOKA PHOTO CHRISTOPHE URBAIN

Les décorateurs Pierre Legaye, Frédérique Andres Durm et Chantal Romon s’associent pour créer à Mulhouse un nouvel espace consacré à l’architecture d’intérieur. Unissant la boutique Lisème à l’agence AP déco, il célèbre les intérieurs chaleureux et intemporels.

L’obscurité gagne les jours, Mulhouse est progressivement conquise par le froid. Battant l’asphalte de l’avenue Salengro, le regard s’accroche aux façades ornées de calmes pavillons aux abords du centre ville. Au numéro 46, les arbres dénudés invitent à s’enfoncer dans le parc jusqu’à un lieu chaleureux et épargné par les fureurs urbaines. La boutique qui réunit Lisème et AP déco est conçue comme un appartement. On flâne ainsi d’une pièce à l’autre, profitant de la quiétude lumineuse offerte par la baie vitrée. Le regard caresse les surfaces sensuelles de bois et de cuir, puis s’égare dans le reflet métallique d’un luminaire aux formes précieuses. La chaleur d’une étoffe posée nonchalamment sur l’accoudoir beige d’un fauteuil rappelle la couleur crayeuse des murs. On découvre l’intimité d’un intérieur habité, la présence de bibelots de verre ou de bois, quelques images encadrées, un coupe-papier ouvragé sur un bureau. Cette douce illusion relève d’un savoirfaire éclairé, celui de Pierre Legaye, Frédérique Andres Durm et Chantal Romon qui ont mis en espace ce show-room. Pierre Legaye a créé Lisème à Strasbourg il y a onze ans ; aujourd’hui, aux côtés de Frédérique Andres Durm, il développe son activité à Mulhouse en s’associant à Chantal Romon, créatrice d’AP déco. Le showroom qu’ils ont créé ensemble permet à la fois de dénicher des objets et d’élaborer un grand projet d’architecture d’intérieur, qu’il s’agisse de la réfection d’un local professionnel, médical ou hôtelier ou plus communément de l’aménagement d’une demeure. Pierre Legaye évoque son métier avec enthousiasme et précision. À l’écoute des désirs de son client, il l’accompagne dans l’élaboration de ce qu’il nomme avec élégance « un scénario de couleurs et de matières ». L’homme dévoile alors quelques fiches d’un cahier de tendances, recouvertes d’échantillons de peintures

et de tissus, susceptibles de devenir un support au dialogue. Les riches et délicats nuanciers de peinture de la marque Flamant y épousent les papiers peints du créateur Pierre Frey. Tant d’étoffes et de matières pourraient perdre le non-initié. Lisème et AP déco ont ainsi créé un espace qui possède une identité, une cohérence susceptible d’être comprise. Les marques sont choisies avec soin. Pierre Legaye apporte à l’équipe ses origines bruxelloises, soutient la production belge, et notamment les marques Flamant, XVL, Vincent Sheppard ou encore Marie’s corner. La collection de luminaires de la marque italienne Flos s’inscrit dans l’histoire du design en proposant des pièces emblématiques comme le lampadaire Arco signé Achille Castiglioni (1962) ou le spectaculaire lampadaire Superarchimoon de Philippe Starck. C’est parce qu’elle connaît bien elle aussi l’histoire du design et des techniques de fabrication que Chantal Romon propose un service de restauration de fauteuils et de canapés. Le corps saisi par la fragrance ambrée d’une bougie, le regard s’alanguit vers le dehors. Les arbres du parc enlacent timidement le mobilier de la terrasse oubliée pour l’hiver. Les sièges de résine tressée, signés Gloster, marquent la fugacité d’un été disparu et renouvellent la promesse d’un printemps à venir. Alors, quand la chaude saison reviendra, ce nouveau temple mulhousien de la décoration, cet habitat fictif aux charmes tenaces, aura renouvelé encore son visage. Lisème / AP déco 46, avenue Roger Salengro à Mulhouse 03 89 36 78 65 www.deco.liseme.com www.ap-deco.com


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Mention. Très bien

Zut ! Lifestyle × Déco

PAR MYRIAM COMMOT-DELON

+ La preuve par 3

Bridge LAG, design Fred Rieffel et table de repas Jane, design Christophe Delcourt / Roche Bobois

Mi-applique, mi-suspension, la potence est la lampe en vogue.


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1 1— Son prénom Grande lampe Tournebrille Son éditeur Tsé Tsé Associées Les designers Catherine Lévy et Sigolène Prébois

+ L e bolide en vue

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2 Farniente à 200 km/h Ce fauteuil en cuir haut de gamme De Sede est l’œuvre du designer suisse Alfredo Häberli. Il réinterprète les formes de la construction automobile avec sa position « prêt au départ » et ses accoudoirs allongés comme les ailes d’une Bugatti.

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Le + À compléter d’un guéridon minimaliste où poser un verre ou son journal. Fauteuil et guéridon DS-110, De Sede. Où ? Chez decoburo 4, le Schlossberg à Zellenberg 03 89 21 72 00


98 Zut ! Lifestyle × Sport


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Encore un tour PAR FABRICE VONÉ PHOTOS DORIAN ROLLIN

Premier Alsacien à ramener un petit globe de cristal en snowboard alpin, Sylvain Dufour est désormais l’unique représentant de sa discipline au sein de l’équipe de France olympique. Une situation singulière, qui le motive à rester en piste jusqu’aux JO 2018.

« À une époque, j’étais le plus jeune et maintenant je suis le dernier. Il y a des chances que je meure avec mon sport ». À 32 ans et avec deux olympiades au compteur (Vancouver en 2010 et Sotchi cette année), Sylvain Dufour a cependant décidé de repousser cette symbolique échéance. Au moins jusqu’aux prochains Jeux Olympiques d’hiver, à Pyeongchang en 2018. En Corée du Sud, l’Alsacien visera « une breloque » qui pourrait éviter à sa discipline, le snowboard alpin, de définitivement quitter le cirque blanc.  « Sans se voiler la face, la Fédération Française de Ski ne veut plus pousser ce sport, les clubs non plus, et tous les jeunes se retrouvent dirigés vers le snowboardcross. Pour faire de l’alpin, il faut vraiment se battre. Encore plus qu’avant, explique le désormais unique représentant en équipe de France. Les pays de l’Est, la Russie, l’Allemagne et l’Autriche ont encore des coupes d’Europe où il y a plus de 250 participants. En France, on n’a même plus de compétition, on n’inspire personne. C’est dommage car je trouve que c’est un sport magnifique. Même si c’est moins rapide que le ski, on a pas mal de sensations car on a le nez pas loin de la neige. »

« Ils ont préféré nous squeezer » Avec le temps, le rider s’est fait une raison. « Le calcul est assez simple. En boardercross, on va pouvoir faire des podiums à 22-23 ans, c’est vachement rentable. Par contre, c’est beaucoup plus cassant : tu te bats dans les airs et le risque de blessure est plus grand. En snowboard alpin, il faut garder des mecs parfois jusqu’à 30 ans sans être surs qu’ils deviennent performants. Ils ont préféré nous squeezer », poursuit-il sans trop d’amertume. D’ailleurs, le garçon est un adepte de la patience et de la persévérance. Outre une médaille olympique, il aimerait également étoffer son palmarès d’un titre de champion du monde. « J’ai commencé le snowboard à l’âge de huit ans. Avec mes potes, on voulait faire un truc différent du ski. Comme on n’avait pas assez de neige pour avoir des bosses et un snowpark, on faisait des virages en tournant autour des piquets. J’ai vadrouillé sur tout le massif vosgien, j’ai fait l’Alsace en long, en large et en travers pour trouver tous les téléskis qu’il y avait », se remémore Sylvain. La discipline explose aux Jeux de Nagano lorsque Karine Ruby devient, en 1998, la première médaillée d’or en slalom géant.

Aujourd’hui, le « snow » compte cinq épreuves au programme olympique, dont le slalom parallèle qui a fait son apparition à Sotchi. L’hiver dernier, dans le sud du Caucase, Sylvain Dufour ne parvient pas à s’approprier un tracé glacé et qui va « trop droit ». L’Alsacien se classe 11e du slalom et seulement 16e du géant alors qu’il était arrivé en Russie avec l’étiquette de favori. « Je gagne la dernière Coupe du monde avant les Jeux, cela m’a peut-être donné un excès de confiance. J’étais forcément déçu et ça m’a prouvé que rien n’était acquis », raconte-t-il. La déception est passagère et Sotchi le seul point noir d’une saison loin d’être blanche, puisque Sylvain Dufour décroche le classement final de la Coupe du Monde de slalom parallèle. « C’est le premier globe de cristal qui rentre en Alsace. Cela reste une belle saison, je ne peux pas trop me plaindre, et je suis papa depuis deux mois », relativise celui qui est toujours licencié dans son club de Sainte-Marieaux-Mines.


100 Sport × Sylvain Dufour

Un job d’itinérant Soutenu par la station du Lac Blanc, Sylvain Dufour retrouve les pistes qui l’ont vu grandir durant les fêtes de fin d’année. « Je n’ai pas de base fixe car je recherche en permanence la bonne neige là où elle se trouve, souligne-t-il. On reste itinérant, c’est une belle partie de notre job ». Après les Deux-Alpes en juin, la Suisse en octobre, il mettra le cap vers les Etats-Unis où sa saison débutera à Cooper Mountain, les 5 et 7 décembre.  « Il me reste encore de belles années. Comme pour le ski alpin, c’est très difficile de percer avant 25 ans dans notre sport

où, même si on reste en permanence sur le plancher des vaches, l’expérience est primordiale », explique l’élève de Christophe Guinamard, technicien atypique originaire de Corse. Le tandem dénote dans un milieu dont le centre névralgique est situé au cœur des Alpes. Un contrat d’insertion professionnelle signé avec la SNCF facilite également le quotidien à Sylvain Dufour. « Avant d’être cheminot, j’étais moniteur de ski et je bossais pour me payer mon billet d’avion la semaine suivante. C’était à couteaux tirés. J’ai plein de potes qui font des sports non olympiques. Pour eux, c’est de

l’amateurisme pur et simple », précise-t-il.  À côté du snowboard, l’Alsacien se partage entre des sorties à VTT, avec le Vélo club du Val d’Argent, et le golf, très en vogue chez les skieurs, avec son père. « Les réunions de famille se déroulent sur le green, s’amuse-t-il. Plus sérieusement, cela me permet de travailler ma concentration car si je veux gagner une course, j’ai une dizaine de passages à effectuer », souligne ce touche-à-tout, option autodidacte. « Je suis un bricoleur. J’ai acheté une vieille ferme à La Vancelle [à une dizaine de kilomètres de Sélestat, ndlr] que j’ai refaite tout seul de A à Z. J’ai tout appris sur le tas. Il faut juste ne pas avoir peur, prendre son temps, être motivé et ça passe ». Comme entre les piquets.

Sylvain Dufour en bref Né le 19 novembre 1982 à Saint-Dié Discipline : snowboard alpin Club : SNCF Sainte-Marie-auxMines

Palmarès Jeux Olympiques 2010 : 10e du géant parallèle à Vancouver 2014 : 11e du slalom parallèle et 16e du géant parallèle à Sotchi Championnats du monde : 2014 : Médaillé d’argent en géant et en slalom à Gangwon Coupe du monde : 2009 : Vainqueur en géant à Valmalenco 2014 : Vainqueur du classement final de slalom, vainqueur en géant de l’étape de Sudelfeld, vainqueur en slalom à Carezza Cinq podiums depuis 2009 Championnats de France Six titres depuis 2007.


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102 SÉLECTIONS lifestyle

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CHOCO

Mon beau sapin… Les artisans chocolatiers de Daniel Stoffel préparent les fêtes de fin d’année avec soin. Pour preuve, leurs nouveautés de Noël : les Christmas Trees. On retrouve dans ces compositions inédites du pralin, des amandes sablées, du chocolat noir savoureux et des gaufrettes enrobés de chocolat au lait. En outre, du vin chaud et des dégustations seront offerts tout le mois de décembre dans les chocolateries d’Haguenau et Ribeauvillé, pour régaler les plus gourmands. (J.P.) Chocolaterie Daniel Stoffel Route de Guémar à Ribeauvillé 03 89 71 20 20

AUTO

Route 68 L’année 2015 s’annonce pleine de rebondissements pour le groupe JMS Automobiles, puisque ses deux concessions de Colmar et Mulhouse feront bientôt peau neuve. Des espaces totalement repensés pour accueillir les véhicules BMW et MINI avec un nouvel accueil connecté, grâce à une configuration via tablettes numériques. L’occasion aussi de découvrir la 5 portes de MINI, la petite dernière du constructeur britannique à l’allure élégante et compacte. (C.L.) JMS Automobiles - MINI et BMW 156, avenue d’Alsace à Colmar 03 89 21 60 00 25, route départementale 201 à Sausheim 03 89 61 76 56


104 ANTI-ÂGE

Laser quest Si la fontaine de jouvence reste pure utopie, préserver la fraicheur et la jeunesse à long terme devient aujourd’hui réalité. En effet, grâce à la technologie laser, il est désormais possible de lutter contre les effets du temps. Avec l’âge viennent parfois des signes de vieillissement cutané, qui se traduisent par les rides, les taches ou l’hyperpilosité. Signes que l’équipe du centre dermatologique de Mulhouse s’emploie à combattre au moyen d’un large éventail d’appareils spécialisés. Le but n’étant pas tant de rendre aux patients le visage de leurs 20 ans que de leur redonner une apparence plus en adéquation avec leur personnalité. (J.P.) Centre Laser Dermatologique de Mulhouse 1, rue du Couvent 03 89 45 37 05 www.laserdermato68.org Illustration : Laurence Bentz

Laser quest Si la fontaine de jouvence reste pure utopie, préserver la fraicheur et la jeunesse à long terme devient aujourd’hui réalité. En effet, grâce à la technoSHOPPING logie laser, il est désormais possible de lutter contre les effets du temps. Avec l’âge viennent parfois des signes de vieillissement cutané, qui se traduisent par les rides, les taches ou l’hyperpilosité. Signes que l’équipe du decoburo, en plus de son showroom à Zellenberg centre dermatologique de Mulhouse s’emploie à combattre au moyen d’un consacré à l’univers du bureau, possède désormais un large éventail d’appareils spécialisés. but n’étant pas tant de faire retrousite de vente ligne entièrement dédié à la marqueLe USM. ver aux patients le visage de leurs 20 ansfort mais plutôt de leur redonner une Ce classique incontournable du mobilier système, de ses presque plus 50 ans qui leur joue personnalité. la apparence end’expérience adéquationetavec (J.P.)

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Le zen pour tous Avec B’Yoga, Nadine Lang et Cathy Jault Girard ont enfin remédié à un manque cruel : elles ont ouvert le premier studio du Haut-Rhin entièrement consacré à cette discipline millénaire. Pas de raison en effet que le département continue d’échapper à la vogue et la vague yoga, qui déferle depuis une dizaine d’années sur un occident toujours plus avide d’allier forme et spiritualité. Diplômées du centre de formation YogaWorks, les deux professeurs proposent différents styles (Hatha Yoga, Vinyasa Yoga, Yin Yoga, Yoga Nidra…) et s’adressent à tous les publics, avec des cours spécialement dédiés aux séniors et aux enfants. Et vous invitent à répandre vous aussi la bonne parole yoga en offrant, pour les fêtes ou pas, des bons cadeaux. Tous au Zen ! B’Yoga Studio 6, rue de Ribeauvillé à Horbourg-Wihr www.byoga-studio.fr

Tél. 03 89 23 06 75

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Chic Médias & Médiapop Éditeurs de magazines

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Automne / Hiver 2014

culture tendances lifestyle

Bordeaux

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Strasbourg N° 23

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Haut-Rhin - Automne / Hiver 2014

La culture n'a pas de prix

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Haut-Rhin N° 4

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12 —> 01.2015

32


Bienvenue aux amateurs de douceurs dans l’ ambiance magique de nos chocolateries…

�N oë l 2014� ColleCtion

C ’ est du

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www.daniel-stoffel.fr Chocolaterie du Vignoble - Route de Guémar - 68150 RIBEAUVILLÉ - Tel. 03 89 71 20 20 - Du lundi au samedi de 10h à 19h en non-stop Chocolaterie Daniel STOFFEL - 50, route de Bitche - 67500 HAGUENAU - Tel. 03 88 63 95 95 - Du lundi au samedi de 9h à 18h30 en non-stop


Zut04 haut rhin  

Zut! Magazine édition Haut-Rhin numéro 04

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