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*ouverture prochaine evidence est la nouvelle donne

OPENING SOON


Zut magazine

prochain numéro sortie juillet 2014

Zut numéro 2 Été 2014

Mélanie Duprat Développement commercial 06 34 62 08 73 melanie@friendly-agence.com

Pierre Murard Développement commercial pierre.murard@gmail.com 06 11 69 42 28

Adrien Navarro Développement commercial adriennavarro@outlook.com 06 35 40 95 93

Emmanuel Abela Rédacteur en chef eabela@chicmedias.com 06 86 17 20 40

brokism Directeur artistique hello@brokism.com 06 22 76 58 32

Bruno Chibane Direction de la rédaction & commercialisation bchibane@chicmedias.com 06 08 07 99 45

Myriam Commot-Delon Directrice artistique mode et tendances myriamdelon@noos.fr 06 14 72 00 67


4 Zut ! Ours

contributeurs zut! team Directeur de la publication & de la rédaction Bruno Chibane Rédacteur en chef Emmanuel Abela Directeur artistique brokism Directrice artistique mode et tendances Myriam Commot-Delon Responsable d’édition Sylvia Dubost

Rédacteurs Emmanuel Abela, Cécile Becker, Myriam Commot-Delon, Sylvia Dubost, Lise Gallitre, Pierre Murard, Adrien Navarro, Valentine Schroeter, Philippe Schweyer, Nathalie Vallez-Lacaze Design graphique brokism, Adrien Visano Styliste Myriam Commot-Delon Photographes Alexis Delon / Preview, Cecile Lhermitte Perrinet, Stéphane Louis, Julie Rey Illustrateurs Laetitia Gorsy Retouche numérique Emmanuel Van Hecke et Camille Vogeleisen / Preview Mannequin Christelle Y / Up Models Coiffure Alexandre Lesmes / Avila Make-up Jacques Uzzardi

Crédits couverture Photographe Alexis Delon / Preview Réalisation Myriam Commot-Delon Mannequin Christelle Y / Up Models Coiffeur Alexandre Lesmes Make-up Jacques Uzzardi avec les produits MAC Top jaune STELLA MCCARTNEY, pantalon CELINE, boucles d’oreilles Givre ERIC HUMBERT. Studio photo / Preview 28, rue du Général de Gaulle 67205 Oberhausbergen 03 90 20 59 59 www.preview-tm.fr

Diffusion Zut ! Team Commercialisation & développement Bruno Chibane, Mélanie Duprat, Pierre Murard, Adrien Navarro

Ce trimestriel est édité par Chic Médias 12, rue des Poules 67000 Strasbourg S.à.R.L. au capital de 25 000 euros Direction : Bruno Chibane Administration, gestion : Charles Combanaire Impression : Ott imprimeurs Parc d’activités « Les Pins » 67319 Wasselonne Cedex Tirage : 7500 exemplaires Dépôt légal : avril 2014 SIRET : 50916928000021 ISSN : 1969-0789

Chic Médias Atlantique (société en création) zut.bordeaux@gmail.com Pierre Murard 159, rue Antonic 33320 Le Taillan Médoc pierre.murard@gmail.com Adrien Navarro 5, rue Delandre 33200 Bordeaux adriennavarro@outlook.com

www.zut-magazine.com

Mélanie Duprat 28, route de Toulouse 33800 Bordeaux melanie@friendly-agence.com


B O R D E A U X - G R A N D S H O M M E S - W W W. O P T I K A - B O R D E A U X . F R


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Zut ! Sommaire

Lifestyle 76 SKATE Bordeaux, cité skate ? Zut ! mène l’enquête sur ce qui fait de la ville une des places fortes du milieu.

8 éditorial

10 courrier des lecteurs

12 au bon parfum Jus de lune

14 Bordeaux vu par Gwenaëlle Towse-Vallet, Marie-Laure Hubert Nasser, Eric Imbault, Eric Limouzin, Gregory Pecastain, Mélanie Desplat.

23 Culture 24 THÉÂTRE L’Estba Incursion dans l’école du Théâtre National de Bordeaux en Aquitaine et rencontre avec la nouvelle directrice, Catherine Marnas.

32 MUSIQUES Cheveu Avec son troisième album, le trio d’origine bordelaise vagabonde entre garage et pop, et coiffe tout le monde au poteau. 34 MUSIQUES Christophe Entretien avec un étrange animal nocturne en état d’alerte permanent, qui s’arrête à Bordeaux avec l’Intime Tour, entamé en solo. 36 MUSIQUES Earth, Wind & Fire Al McCay, guitariste historique, ravive la flamme d’un groupe qui a fait les beaux jours des discothèques du monde entier. 38 CULTURE ZUT ! Les sélections de la rédaction

30 MUSIQUES Fránçois & The Atlas Mountains Rencontre avec le Bordelais François Marry à l’occasion de la sortie de son nouvel opus, le troublant Piano Ombre.

45 Tendances 46 MODE Manège Série mode femme 56 BIJOUX Brillez, et puis Zut ! Ce printemps, on préfère les bijoux gipsy chic. 58 SHOPPING Coup de filet La tendance est à la performation : la preuve en chaussures, en mode et en design. 60 FLASH MOOD Up to date Nos envies de saison : des fringues, des accessoires, tout et rien.

84 DESIGN Hekla Gros plan sur un jeune studio bordelais de design global. 88 DÉCO Floril(i)ège Zut ! fait son best of des tabourets qui ont le plus de « Cork » ! 90 SERVICES Le Bel étage Rencontre avec deux audacieuses concierges d’un genre nouveau. 92 RESTOS Zut ! à table Little Bangkok, Grand Hôtel de Bordeaux, Breadstorming, Bistrot des Grands Hommes, Totto. 94 LIFESTYLE ZUT ! Les sélections de la rédaction.

62 SHOPPING Dress code Amérindien / Brésilien : le mariage mixte le plus cool du printemps. 64 MODE Mâles écolos Gamme verte pour jardinier du week-end. 66 SHOPPING News Kids Des robes, des chats, des chaises et du papier peint…

édition Bordeaux

68 URBAN STYLE La fashion dans les streets de Bordeaux. 70 TENDANCES ZUT ! Les sélections de la rédaction

printemps 2014


BOUTIQUES HESCHUNG 8, RUE DU MARCHÉ SAINT HONORÉ 75001 PARIS | [33] 01 40 20 48 18 18, RUE DU VIEUX COLOMBIER 75006 PARIS | [33] 01 44 39 17 30 11, RUE DE SÉVIGNÉ 75004 PARIS | [33] 01 42 71 33 68 7, RUE GASPARIN 69002 LYON | [33] 04 78 38 15 95 7 BIS, RUE DE LA GLACIÈRE 13100 AIX EN PROVENCE [33] 04 42 27 18 24 30 RUE DE L’HÔPITAL 76000 ROUEN [33] 02 35 98 14 11

14, PLACE DES GRANDS HOMMES 33000 BORDEAUX | [33] 05 56 43 66 00

BOUTIQUE EN LIGNE

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8 Zut ! édito

La deuxième gorgée de bière PAR PHILIPPE SCHWEYER

Marcelo Mastroianni dans 8

1/2

de Fellini

Le soleil cognait et je n’avais qu’une seule envie : m’installer à l’ombre d’un parasol pour savourer une bonne bière. Malheureusement, toutes les terrasses étaient pleines à craquer. J’étais décidé à me précipiter vers la première table qui se libérerait, mais personne ne semblait vouloir se lever. En tout et pour tout, il restait une chaise de libre à la table d’une lectrice solitaire. J’ai attendu cinq bonnes minutes qu’une autre table se libère, mais personne ne semblait vouloir laisser sa place. La lectrice ne levait pas les yeux de son exemplaire de poche de Femmes, un gros roman de Philippe Sollers publié au début des années quatre-vingt. J’aurais dû me méfier, mais j’avais tellement soif et j’étais si fatigué que j’ai fini par lui demander la permission de m’asseoir à sa table. Elle m’a autorisé à m’installer tout en trempant brièvement ses lèvres dans sa bière avant de se replonger dans sa lecture. Tandis qu’elle lisait, je ne pouvais m’empêcher de contempler son verre de bière avec envie. Si elle attendait trop longtemps, sa bière ne tarderait pas à s’éventer. Je détestais l’idée de regarder sans rien faire une bière en train de tiédir.

J’ai encore attendu quelques minutes, puis j’ai tendu discrètement la main vers son verre. En caressant du bout des doigts la fine couche de condensation, je me suis rendu compte qu’il n’y avait plus une minute à perdre avant que sa bière perde toute sa fraîcheur. Alors qu’elle venait de tourner une page, j’ai approché doucement son verre de ma bouche et je me suis dépêché de boire une gorgée. Je n’avais jamais rien bu d’aussi bon. J’ai attendu un peu pour m’assurer que la femme n’avait rien remarqué. Elle semblait toujours absorbée par sa lecture. Quelques instants plus tard, j’ai voulu reprendre une gorgée, mais elle a été plus rapide que moi. Cette fois encore, elle n’a fait que tremper ses lèvres. J’ai attendu tout en me demandant ce que cette femme cherchait dans le bouquin de Sollers. Il n’y avait toujours pas le moindre serveur à l’horizon et il me fallait absolument une deuxième gorgée de bière. Après quelques minutes, j’ai approché lentement ma main du verre, mais là encore, elle a été plus rapide que moi. Cette fois, au lieu de se contenter de tremper ses lèvres, elle a vidé son verre d’un trait. Pendant que je passais

commande au serveur qui venait d’apparaître, elle s’est levée brutalement. Le temps que je réagisse, elle était déjà loin. En revenant quelques minutes plus tard, le serveur m’a demandé de payer ma bière et aussi celle de la femme qui s’était enfuie sans payer. En ouvrant au hasard le bouquin qu’elle avait oublié sur la table, je suis tombé sur cette phrase : « Le monde appartient aux femmes, il n’y a que des femmes, et depuis toujours elles le savent et elles ne le savent pas, elles ne peuvent pas le savoir vraiment, elles le sentent, elles le pressentent, ça s’organise comme ça. » Une autre femme s’est approchée pour me demander la permission de s’asseoir à ma table. Je lui ai fait signe de s’installer tout en trempant délicatement mes lèvres dans ma bière. Il était temps de lire Sollers.


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LE sAuT DE L’AnGE HommAGE à DAniEL DArC

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LE sAuT DE L’AnGE HommAGE à DAniEL DArC

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L’ouvrage hommage à Daniel Darc, Le Saut de l’Ange, sous la direction d’Emmanuel Abela et de Bruno Chibane paraîtra le 5 juin, un peu plus d’un an après la disparition du chanteur de Taxi Girl.

SUBLime n°10

Pour recevoir Le saut de l’ange – Hommage à Daniel Darc avant sa sortie en librairie en juin 2014, rendez-vous sur :

www.mediapop-editions.fr


10 Zut ! Chronique

Par Philippe Schweyer

Courrier des lecteurs

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GAVÉ DINGO DÉGUEU !

Zéro

Dingo Nino, C’est une très bonne idée de nous proposer une collaboration. Le mieux est de nous contacter directement par mail ou par téléphone pour nous montrer votre book… Attention, ce n’est pas parce qu’on ne répond pas tout de suite que l’on n’est pas intéressé !

RANDS HOMMES - BORDEAUX

Bordeaux - hiver 2013

Hiver 2013

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Bordeaux Numéro zéro / Gratuit

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Les mots qu’on dit avec les yeux Une lectrice qui attendait l’édition bordelaise de son magazine préféré depuis des lustres, un lecteur fan de vinyle chromé en manque de promo, un autre qui se demande quel parfum adopter pour ressembler à Belmondo période Godard… Une fois de plus, nos lecteurs réagissent et se dévoilent ! Gavé Zut !, Après avoir flashé sur Zut ! chez ma cousine alsacienne, j’attendais avec impatience une édition bordelaise de votre magazine. Pourquoi nous avoir fait attendre si longtemps alors que les Bordelais sont gavés grave et que les Strasbourgeois sont des gros ploucs ? — Cécile 45 ans Gavé Cécile, Je ne sais pas si les Strasbourgeois sont des gros ploucs, mais en matière de magazines hyper hype, ils ont une longueur d’avance sur les Bordelais… Heureusement, l’arrivée de Zut ! va permettre de remettre votre ville à niveau. Encore quelques mois et tout Bordeaux voudra être dans Zut !. Dingo Zut !, J’ai découvert Zut ! chez un ami ostéopathe pour chiens. Comme je fais pas mal de photos et que j’adore la mode, je me demandais si c’était possible de vous proposer une collaboration ? J’ai des tonnes d’idées et toutes mes copines me disent que j’ai un talent fou. — Nino, 25 ans.

Les mots bleus Zut !, Très chouette votre numéro zéro ! Un seul regret : vous n’avez pas dit un seul mot doux sur les Mots Bleus, une librairie qui propose pourtant de délicieux gâteaux et dans laquelle on peut passer des heures à bouquiner, à boire du thé ou à refaire le monde entre amis. — Christophe, 68 ans. Les mots bleus Christophe, Je vous dirai les mots bleus, les mots qu’on dit avec les yeux, parler me semble ridicule, je m’élance et puis je recule, devant une phrase inutile, qui briserait l’instant fragile, d’une rencontre, d’une rencontre… Alors, ça vous va comme réponse ? Zut Zut !, Votre “éditorialiste” ne s’est pas vraiment foulé dans le numéro zéro ! C’est facile de dire zut à plein de monde quand on est planqué bien au chaud dans son bureau. Au fait, c’est qui ce Thierry Bareille coincé entre Bertrand Cantat et Iggy Pop ? — Zazie, 26 ans. Zut Zazie, Vous n’êtes pas la seule à nous avoir écrit pour avoir des infos sur Thierry Bareille, leader charismatique du groupe Bleat, connu pour ses envolées lyriques et son jeu de guitare frénétique. N’ayant pas vocation à pomper les scoops de votre magazine people préféré, nous n’en diront pas plus. Super Zut !, J’ai ouvert un super magasin super cool avec plein de fringues super bien taillées et super pas chères. Qu’est-ce que je peux faire pour avoir un super article dans votre super mag ? Par ailleurs, j’aimerais acheter une super pub pas chère dans votre prochain super numéro… C’est possible ? — Man, 37 ans.

Super Man, C’est vraiment super de recevoir des super courriers comme le vôtre. Tout est possible, Man ! Surtout si votre magasin est aussi super que vous le prétendez… N’hésitez surtout pas à contacter nos commerciaux pour une offre sur mesure. En espérant vous retrouver dans le prochain numéro ! Hi-fi Zut !, Très chouette votre article sur le disquaire Total Heaven. Dommage que Babouche et Martial n’aient pas profité de l’occase pour faire la promo du vinyle flambant neuf de Singe Chromés… Sans doute le meilleur disque français de l’année ! — Fifi Hi-fi Fifi, Vous ne trouvez pas qu’il y a déjà eu assez de promo pour Singe Chromés ? Deux pages de Bayon dans Libé du 15 mars et un papier de Stéphane Deschamps dans Les Inrocks du 16 avril ça ne vous suffit pas ? Et pourquoi pas une chronique dans TGV Magazine tant que vous y êtes ? Dégueulasse Zut !, J’ai acheté Méchant Loup, le parfum conseillé par votre spécialiste maison aux hommes qui se prennent pour Jean-Paul Belmondo époque Godard. Malheureusement, ça n’a rien changé du tout à ma vie qui ressemble davantage à un mauvais Woody Allen qu’à un bon Godard. — Pierrot, 27 ans. Dégueulasse Pierrot, Depuis quand un homme se réclamant de Belmondo période Godard devraitil suivre les conseils de Zut !? Le seul parfum digne d’un homme de votre trempe, c’est votre phénoménale odeur corporelle ! Vous verrez que les femmes vous regarderont d’un autre œil, le jour où vous oserez rester naturel. Écrire au courrier des lecteurs : ps@mediapop.fr


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12 Zut ! Chronique

Par Sylvia Dubost Illustration Lætitia Gorsy

au bon parfum

2

JUS DE LUNE

C’est peut-être la matière la plus noble de toute la parfumerie. Et comme tout aristocrate, elle se livre avec retenue. La recueillir demande patience et délicatesse. L’iris sait se faire désirer. Il faut attendre trois ans avant de pouvoir en déterrer le rhizome et le laisser se dessécher, pendant encore trois années. Six ans, au minimum, pour que cette racine toute rabougrie et dure comme de la pierre, et non la fleur altière, soit prête à être broyée et distillée. C’est long, dans l’industrie… D’autant plus que le procédé d’extraction est complexe et le rendement médiocre, que la culture sur des terrains caillouteux et escarpés rend la mécanisation de la récolte impossible. L’absolue d’Iris Pallida florentin, l’espèce la plus raffinée, atteint ainsi aisément les 60 000€ le kilo… Si l’on s’assujettit ainsi à ses caprices, c’est que l’imaginaire que véhicule cette matière est unique. Froide et métallique, humide et pierreuse, légèrement boisée et délicatement poudrée : elle a l’odeur du clair de lune. Rappelant aussi la violette et la carotte (l’effet racine), l’iris est presque toujours mélancolique. Soit parce qu’il est froid comme la nuit et la mort, soit parce qu’il rappelle les cosmétiques d’antan, parfumés aux rhizomes d’iris pilés. Sa plus belle interprétation est sans aucun doute celle de Serge Lutens, orchestrée par le parfumeur Maurice Roucel. Iris Silver

Mist (1994) évoque un brouillard argenté dans de sombres sous-bois. Tellement froid qu’il me fait monter les larmes aux yeux et me le rend impossible à porter. Un iris total, sublime et mortuaire. Dans le même registre sylvestre et nocturne, Bois d’argent (Dior, 2004) joue lui aussi l’épure tout en se faisant plus chaleureux et portable. Mais le plus touchant dans cet esprit reste pour moi Après l’ondée (Guerlain, 1906) : cette lisière humide et nostalgique est d’une poésie inégalée. Sans conteste l’un des plus beaux parfums de tous les temps. La froideur intrinsèque de l’iris le garde toujours quelque peu à distance. Même travaillé loin de cet imaginaire féérique, sa séduction est toujours cérébrale, jamais sensuelle. Il aura ainsi inspiré à Henri Robert l’un des chefs d’œuvre de Chanel : le vert et nerveux n°19, parfum d’une femme de tête. Et lorsque l’iris se fait doux, lorsque sa poudre délicate nous enveloppe comme un cocon et dévoile une facette rétro, la féminité qu’il évoque est tout en retenue. Toujours en raffinement et en délicatesse, jamais il ne s’impose, jamais il ne laisse un sillage derrière celui qui le porte. Timide comme la lune, fugace comme la rosée, c’est un parfum pour soi qui ne se dévoile que dans l’intimité. Avant de disparaître, noblesse oblige, sur la pointe des pieds mais dans un infini regret.

Mes iris préférés Après l’ondée, Guerlain (Jacques Guerlain, 1906) : une prairie à l’aurore, trempée de rosée ; de la mélancolie en flacon. Dior homme, Christian Dior (Olivier Polge, 2005) : cet iris chocolaté est la preuve que le mainstream est capable de chefs d’œuvre. Evitez les versions intense et sport, qui ont perdu toute élégance. N°19, Chanel (Henri Robert, 1971) : s’il n’est pas en vedette, l’iris donne à cet composition la froideur hiératique qui convient à une séductrice plus en verve qu’en courbes. Iris, Santa Maria Novella (1901) : un iris-violette délicat, frais et innocent. Une merveille de douceur étonnante de modernité. Iris poudre, Frédéric Malle (Pierre Bourdon, 2000) : délicieusement désuet, un aldéhydé qui ne garde de la racine que l’effet cosmétique.


14

Bordeaux vu par PAR PIERRE MURARD et ADRIEN NAVARRO

Ils vivent, travaillent, créent et sortent à Bordeaux. Les hommes et les femmes qui font vibrer la ville nous font découvrir leur lieu préféré.

Photo : Julie Rey

О


15

Gwenaëlle Towse-Vallet 33 ans

Où ? Responsable du service presse de l’Office de Tourisme de Bordeaux

Jardin public C’est le poumon de Bordeaux. Mes origines à moitié britanniques me font apprécier cette disposition à l’anglaise. Règne ici une atmosphère exotique et bucolique, dans laquelle j’aime me retrouver et me ressourcer ; elle me rappelle Les Jardins du Luxembourg à Paris, où j’ai passé une partie de ma jeunesse.

Actu !

Site urbain d’exception classé par l’UNESCO, Bordeaux vient d’ouvrir un lieu dédié à son patrimoine et à son avenir, avec la présentation des grands projets d’aménagement. Entrée libre tous les jours de 10h à 19h. 2-8, place de la Bourse. Robe Petite Mendigote, veste Muuba, collier Marji Darika chez Alphonse Alphonsine


16 Architecte, co-président du club de rugby du CABBG, président de Novart

Eric Limouzin 49 ans

Photo : Cécile Lhermitte Perrinet

Où ?

Actu !

Le quartier a bien changé mais ce lien social, si particulier, est toujours le même ! Mon premier appartement rue Permentade, ma fille née juste à côté quelques années plus tard… tant de souvenirs ! Pourquoi les Capus ? C’est mon rendez-vous du samedi, entre les étals je retrouve des commerçants et des amis et toutes les occasions sont bonnes pour aller prendre l’apéro !

Chemise et blouson Tom Edwards chez a.Copola

Marché des Capucins

Réalisation par l’agence d’architecture Baudin-Limouzin du collège Aliénor d’Aquitaine et de son gymnase, livraison avant la rentrée des classes. Organisation du festival Novart en novembre.


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Mélanie Desplat 30 ans

Créatrice de Margi Darika

Photo : Cécile Lhermitte Perrinet

Où ?

Rue du Cancera C’est là que tout a commencé pour moi. J’ai toujours aimé créer des bijoux et cette passion s’est concrétisée lors de mes voyages en Amérique du Sud… Mon retour en France influencée par cette culture a marqué les prémices de ce qui deviendra plus tard Margi Darika... Fanny, la responsable de Frip’confit a toujours cru en moi et c’est elle qui m’a poussée à créer ma propre marque... C’est grâce à elle si j’en suis là !

Actu !

Lancement de la première collection P/E 14 BELEZA, disponible sur le e-shop www.margidarika.com Short et haut Surface to Air chez Edith, bijoux Margi Darika


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Eric Imbault 54 ans

Réalisateur et artiste plasticien

Photo : Julie Rey

Où ?

Les Vivres de l’Art Les rencontres y sont belles ! Musique, sculptures, extravagance et bric-à-brac d’objets chargés d’histoire donnent une âme à ce lieu plein de vie.

Actu !

Qu4tre germinomorphies, opéra musical live avec vidéo projetée. Planche Botanique digitale, étude macrologique d’éléments cueillis au cours de déambulations urbaines et rurales. Projet d’une série TV « comédie musicale ». Chemise Paul&Joe et veste Gant Rugger chez a.Copola


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Marie-Laure Hubert Nasser Directrice de la communication de la Mairie de Bordeaux

Photo : Cécile Lhermitte Perrinet

Où ?

Rue Ferrère, devant le CAPC Dans mon ouvrage La carapace de la tortue paru aux Editions Passiflore, Clotilde, l’héroïne, se reconstruit au rez-de-chaussée d’un immeuble cossu appartenant à sa tante, après avoir fui la région parisienne. Elle n’a alors que la rue à traverser pour travailler au Musée d’Art Contemporain de Bordeaux, le lieu de sa renaissance.

Actu !

Préparation, en collaboration avec Eloïse Vene – fondatrice de l’association Ivoire – de MAGIs 2 (Matière Artistique Génétiquement Intense Saison 2), second numéro de l’art book semestriel dédié à l’art sous toutes ses formes et à la mise en lumière de jeunes talents. Au programme : portraits, photos et dialogues. http ://allezbordelaises.fr Top Innamorato, veste Masscob, sac Jerôme Dreyfuss, collier Polder chez Pantelis


20

Directeur du Musée du vin et du négoce, négociant au Bois dit Vin

Gregory Pecastain 37 ans

Photo : Julie Rey

Où ?

Place Picard Située au cœur du quartier, cette statue est chargée d’histoire. Elle a été offerte en 1881 par Frédéric Auguste Bartholdi, qui a fait ses débuts à Bordeaux. Aujourd’hui, je souhaite faire vivre ce quartier en partageant mon amour du patrimoine bordelais aux travers du Musée du vin et du négoce et en offrant un cadre convivial et abordable à l’angle de la rue Borie et la rue Notre Dame avec Le Bois dit Vin.

Actu !

Soirées Vigneronnes toutes les semaines et découverte culinaire avec le chef Maxime Thomas au Bois dit Vin. Initiation à la dégustation tous les jours de 10h à 18h, dégustation offerte et visite du musée du vin gratuite pour les enfants. Chemise Dolce & Gabbana, nœud papillon, pull et veste Lanvin, le tout chez Lothaire


je peux écrire mon histoire Itinéraire d’un jeune Afghan, de Kaboul à Mulhouse

Abdulmalik Faizi Frédérique Meichler Bearboz

des livres sublimes à lire ailleurs mediapop-editions.fr & r-diffusion.org


— Sur l’écran radar rock, une onde new-wave en direct de la planète Alsace. — BAYON – Libération

— Un disque derviche à écouter en boucle. — Stéphane Deschamps Les Inrockuptibles


Photo Bentz + Brokism

23

Culture


24 Zut ! Culture Théâtre

Atelier Platonov de Tchekhov dirigé par Sandrine Hutinet avec les élèves de la promotion 2010-2013 Photo : Maitetxu Etcheverria


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LA TRANSMISSION TOUJOURS

On l’oublie parfois, mais le Théâtre National de Bordeaux c’est aussi une école, l’Estba. Deux entités sous le même toit, dirigées depuis le 1er janvier dernier par la metteur en scène Catherine Marnas. Une mission idoine pour cette artiste attachée au répertoire contemporain et à la transmission, qui met la notion de troupe au cœur de son travail.

Comment se sont passés ces débuts bordelais ? J’ai été très bien accueillie par l’équipe mais aussi par les gens que je rencontre ici ou là ou par les directeurs d’autres structures culturelles. Avec les élèves aussi, la rencontre a eu lieu et j’en suis ravie. Je suis là tous les jours, et ils le savent. C’est important pour moi de ne pas simplement les croiser de temps en temps mais de savoir qui ils sont, comment ils fonctionnent et s’ils se sentent bien dans cette promotion. Pour moi, la notion de groupe est essentielle au théâtre et une formation de trois ans ne peut se faire sereinement que s’il existe et fonctionne. Pouvez-vous nous rappeler quelques étapes de votre parcours théâtral avant cette nomination bordelaise ? Après des études de lettres et de sémiologie théâtrale, je me suis orientée vers la mise en scène. J’avais alors un vrai désir de collectif stable et c’est comme ça qu’est née la Compagnie Parnas, basée à Marseille. Avec le temps, elle a permis aux comédiens – ils sont cinq permanents aujourd’hui – de se transmettre leurs savoirs et leurs richesses. Outre mon activité au sein de la compagnie, j’ai consacré beaucoup de temps à la forma-

PAR LISE GALLITRE

tion d’acteurs, un rôle qui m’est très cher. J’ai enseigné quatre ans au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris mais aussi de nombreuses années à l’ERAC, entre Cannes et Marseille et au Théâtre National de Strasbourg. J’ai aussi exercé à l’étranger, au Mexique, au Cambodge et à Pékin [Catherine Marnas a été nommée Professeur Honoraire de l’Académie Centrale de Pékin en 2006]. J’aime confronter mon travail, mon enseignement et les projets montés avec ma compagnie, à d’autres cultures : c’est essentiel pour moi d’ouvrir le théâtre vers l’extérieur, vers l’autre. Cette nouvelle fonction à la tête du TnBA et de l’Estba est inédite pour moi : c’est la première fois que je dirige un Centre Dramatique National. Le travail de transmission continue ! Comment envisagez-vous votre rôle auprès des 14 élèves de la promotion ? La transmission, encore et toujours ! Auprès des élèves, ma mission est autant pédagogique qu’esthétique. Pour l’instant, mon travail auprès d’eux se fait surtout par des relais, et c’est très important pour moi. Par exemple, le premier atelier pratique de l’année, 5 semaines autour du travail choral, a été mené par deux comédiens de ma compagnie, Bénédicte Simon et Franck Manzoni. Ils sont ce que j’appelle les « grands frères » et les « grandes sœurs ». Ce ne sont pas seulement des acteurs fidèles et complices, ce sont aussi des relais. Quand on voit des comédiens apprendre à de plus jeunes ce qu’on leur a soi-même enseigné, c’est que ce travail de transmission a marché. C’est très important de commencer sa for-

mation par un travail autour du chœur : cela permet aux élèves de prendre conscience qu’être sur un plateau, c’est ne pas penser qu’à soi, c’est être responsable d’un groupe entier. Avoir cela en tête les soulage du narcissisme et c’est très bien ! La notion de troupe éclaire toutes les autres notions, et le stage final que je mènerai avec eux cette année va me permettre de passer à la pratique et d’insister sur ces points qui me semblent essentiels. Comment va se dérouler ce stage final ? Depuis le début de l’année, les élèves ont des ateliers pratiques proposés par des artistes venus d’univers différents. Depuis septembre, ils ont également travaillé sur Le Misanthrope avec Nadia Fabrizio ou, plus récemment, sur le masque avec Christophe Patty. Ces stages, d’une durée de 4 à 6 semaines, leur permettent une vraie immersion dans le monde d’un comédien ou d’un metteur en scène, l’objectif étant de mettre en pratique les notions acquises au fil de l’année et de les mettre au service d’une esthétique. J’interviendrai quant à moi en fin d’année sur Tristesse Animal noir de la dramaturge allemande Anja Hilling. Pendant plus d’un mois, je vais m’employer à mêler pédagogie et esthétique, à confronter sur le plateau un texte et un groupe. À l’inverse des autres ateliers pratiques effectués depuis le début de l’année, la restitution de celui-ci sera ouverte au public, qui pourra découvrir ces 14 comédiens. J’aime l’idée d’une petite pépinière d’acteurs qui naît et évolue à Bordeaux, et j’aimerais que le public les voit avancer et se dise : ces acteurs sont les nôtres.


26 Zut ! Culture Théâtre

Photo : Stéphane Louis

Catherine Marnas, un parcours

Quelle est, pour les années à venir, l’orientation que vous souhaitez donner à l’école ? Effectivement, il faut savoir se projeter, installer son esthétique, sa vision du théâtre et de la formation d’acteurs au sein d’un lieu, d’une équipe en place. Je souhaite que l’attention et le temps accordés au corps dans la formation perdure et ne fléchisse pas. C’est un cursus où le corps prend beaucoup de place et j’en suis ravie ! Les nombreuses heures de danse ou de sport sont nécessaires à la formation d’acteur : le théâtre est l’art du mouvement et il faut connaître, maîtriser et savoir se servir de son corps. Cette absence de frontières entre les différentes disciplines doit être maintenue. Dans un autre domaine, j’aimerais ouvrir davantage l’école à l’international. Ayant beaucoup enseigné à l’étranger, j’ai vu combien la confrontation à d’autres cultures est essentielle. Rencontrer des metteurs en scène et des comédiens étrangers est forcément bénéfique et nous allons œuvrer dans ce sens : j’y tiens.

Entre direction du TnBA et de l’Estba, qu’en est-il de votre travail de mise en scène ? Quand on est nommé à la tête d’un CDN et d’une école, la question se pose forcément. Il faut se réorganiser et trouver du temps pour tout. Mais mon travail de mise en scène n’est jamais très loin, heureusement ! Au-delà du stage avec les élèves, le premier acte de la saison prochaine au TnBA sera une présentation de mon travail sur Lignes de faille, le texte de Nancy Huston sur lequel j’ai déjà travaillé. C’est un texte et un travail que j’aime et me présenter à Bordeaux avec ce spectacle est une idée qui me plaît. Pour le reste de la programmation 2014-2015, je n’en dirai pas plus, c’est top secret ! Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine Place Renaudel, Square Jean Wauthier www.tnba.org Compagnie dramatique Parnas www.parnas.fr

Après s’être formée auprès de maîtres illustres Antoine Vitez ou de Georges Lavaudant, Catherine Marnas fonde la Compagnie Dramatique Parnas en 1986 et se consacre essentiellement au répertoire contemporain (Copi, BernardMarie Koltès, Rémi de Vos, Nancy Huston…). En 1999, elle obtient le Grand Prix National du Ministère de la Culture, catégorie « jeune talent » des Arts du Spectacle Vivant. Parallèlement à son activité de mise en scène, elle s’attache à la formation d’acteurs, enseignant depuis de nombreuses années dans des écoles supérieures en France ou à l’étranger, dispensant notamment des cours d’interprétation au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris. En janvier dernier, elle succède à Dominique Pitoiset (en place depuis 2004) à la tête du TnBA et est la troisième femme nommée à la tête d’une grande maison, après Julie Brochen au Théâtre National de Strasbourg et Macha Makeïeff à La Criée, Centre Dramatique National de Marseille. Catherine Marnas revendique un théâtre « populaire et généreux, où la représentation théâtrale se conçoit comme un acte de la pensée et source de plaisir ».

Quelques sigles TnBA : Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine CDN : Centre Dramatique National. Financés par l’État et les collectivités territoriales, ils ont une « mission de création théâtrale dramatique d’intérêt public ». Estba : École Supérieure de Théâtre de Bordeaux Aquitaine. Elle forme exclusivement des comédiens.


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Une vie de théâtre Plongée dans l’Estba, qui accueille sa 3e promotion d’élèves-comédiens. Aux côtés de la directrice Catherine Marnas, Gérard Laurent, responsable pédagogique, et Agnès Boukri, coordinatrice, encadrent 14 élèves à l’aube de trois ans de formation intense. Portrait de groupe.

Stage de jeu masqué dirigé par Christophe Patty avec les élèves de la promotion 2010-2013 – photo : Maitetxu Etcheverria

L’Estba. Au cœur du TnBA, cette école créée en 2007 est relativement récente dans le monde des écoles supérieures en France. Aujourd’hui, ce sont 14 élèves-comédiens, 7 filles et 7 garçons âgés de 18 à 26 ans, qui y suivent un enseignement aussi riche que rigoureux. Depuis sept mois maintenant, Jérémy, Clémentine, Ji Su, Malou et les autres jouent, lisent, dansent et chantent quotidiennement, du matin au soir. Ici, le mot « théâtre » se décline en plusieurs disciplines, formant à la scène leur tête et leur corps. Et en juin 2016, ils sortiront de l’Estba comédiens de la tête aux pieds. D’ici là, le moins qu’on puisse dire, c’est

que les 14 agendas sont pleins, et bien pleins. Le matin, cours techniques sur les fondamentaux dispensés par des professeurs permanents : chant, danse, histoire du théâtre, lecture ou anglais… ; l’aprèsmidi, ateliers d’interprétation menés par des metteurs en scène ou acteurs invités, le responsable pédagogique ou la directrice. Sans compter cours théoriques à l’Université Michel de Montaigne, où les élèves préparent le Diplôme National Supérieur Professionnel de Comédien, rencontres avec auteurs, metteurs en scène et comédiens invités tout au long de l’année et, le soir, spectacle. Les élèves assistent à tous ceux programmés au TnBA, où ils

travaillent également régulièrement comme ouvreurs. « Un rôle qui leur permet un rapport direct avec le public, proximité essentielle dès les premières années de formation », précise Catherine Marnas. En faire, en voir, en parler, y travailler… le théâtre, à l’Estba, c’est H24. 14 élèves. C’est relativement peu pour une école supérieure. Alors se côtoyer du lundi matin au vendredi soir, et parfois le samedi en fonction de l’emploi du temps, ça crée des liens, forcément. Assez rapidement, ces 7 filles et ces 7 garçons sont devenus un groupe. À les voir se retrouver le matin, avant le cours de chant d’André


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Atelier Sophocle dirigé par Bénédicte Simon et Franck Manzoni, octobre 2013 – photo : Maitetxu Etcheverria

Litolff, déjeuner ensemble avant le cours de danse d’Hamid Ben Mahi ou profiter d’une pause entre deux répétitions d’un atelier pour célébrer un anniversaire à la lueur de quelques bougies éclairant des mines cernées mais souriantes, on devine assez rapidement que ce groupe fonctionne bien. Pour Gérard Laurent, responsable pédagogique, « un petit nombre d’élèves comme ça, qu’on voit tous les jours, qu’on encadre, qu’on accompagne, qu’on voit évoluer, grandir, c’est formidable, ça donne à l’école une dimension quasi familiale. L’école restant l’école, cette proximité ne nous empêche bien sûr pas d’être attentifs et exigeants quant à l’assiduité et au respect des règles inhérentes à l’école ! »

Gérard Laurent. Parallèlement à son rôle de responsable pédagogique (il choisit notamment avec Catherine Marnas les intervenants participant aux stages pratiques), il est en charge des cours de lecture. Depuis septembre, il leur fait lire des textes en relation avec la programmation du TnBA, des Nouvelles de Tchekhov à La Vie de Marianne de Marivaux en passant par les écrits antisémites et pamphlets de Céline. L’objectif est de leur faire découvrir ou redécouvrir des œuvres qui interrogent, émeuvent ou secouent. « Travailler avec eux sur des textes aussi divers que ceux de Marivaux et ceux, odieux, qu’a pu écrire Céline dans les années 30, permet d’observer leur manière de recevoir les textes, de rendre compte de mots, de passages parfois violents, ce qui est finalement un exercice très théâtral. » Ce cours donne alors lieu à des lectures publiques données au bar du TnBA les samedis après-midis.

Agnès Boukri. Coordinatrice de l’école, elle est arrivée dans les valises de Catherine Marnas, ou presque, en janvier dernier. « J’étais chargée de communication à l’école du Théâtre National de Strasbourg et Catherine, que je connaissais par ailleurs, m’a appelée en 2013 pour me proposer de vivre cette nouvelle aventure bordelaise avec elle. J’ai accepté tout de suite et je ne regrette pas ! » Dans son bureau, tout près des salles de cours, Agnès – par ailleurs responsable du mécénat pour développer l’école à l’international – gère la coordination des études, les inscriptions à l’université, la vie scolaire, le suivi administratif mais aussi les soucis des élèves, leurs craintes, leurs doutes. À la pause, certains viennent s’asseoir quelques minutes dans le douillet fauteuil situé en face de son bureau, histoire de faire une petite pause et, parfois, de se faire chouchouter par celle qui se qualifie elle-même de maman


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Gérard Laurent, Class Enemy, mise en scène de Nuno Cardoso – photo : Frédéric Desmesure

des élèves. « Cette relation de confiance qui s’est instaurée avec les élèves est très gratifiante. Ils savent que je suis là, qu’ils peuvent venir se confier quand ils ne vont pas bien. Les semaines peuvent être éprouvantes pour eux et il ne faut, malgré tout, pas oublier qu’ils sont jeunes et qu’il leur arrive de fléchir, c’est humain ! » En juillet prochain, on imagine aisément que ça ira pour eux puisque, pendant une semaine, ils partent au Festival d’Avignon voir de nombreux spectacles. Un « voyage de classe » où Clémentine, Raphaël, Julie, Pierre et les autres seront accompagnés de Gérard Laurent et d’Agnès Boukri. L’école pendant les vacances, il y a pire en fait…

Tristesse animal noir, présentation de l’atelier mené par Catherine Marnas, du 16 au 20 juin dans le studio de création du TnBA


30 Zut ! Culture Musiques

VERS LA CLAIRIÈRE PAR EMMANUEL ABELA

Il a pris l’habitude de surfer contre la vague, au sens propre comme au figuré. François Marry, le leader des Atlas Mountains, est certes aujourd’hui sous les feux des médias – la couverture de Magic!, Tsugi, des articles dithyrambiques dans toute la presse d’ici, un passage au Grand Journal de Canal+ –, mais le trentenaire garde la tête sur les épaules. Il sait que le chemin a été long, il sait également qu’à trente ans il revient de loin, après une période récente de doute aussi bien artistique qu’existentielle. Sans revêtir pour lui la moindre vocation thérapeutique, la musique lui permet d’évoluer, selon ses propres mots, dans « une zone » hors de ce qu’il subit, une zone dans laquelle il se sent en capacité de voyager mentalement. Il sourit à l’évocation de cette « zone », et surtout s’amuse du fait qu’on puisse l’interroger sur ce qu’il peut lui associer. « Tout le plaisir de cette zone justement, c’est de ne pas l’intellectualiser et surtout de ne lui associer aucun mot. Elle correspond à ce moment où le cerveau ne se situe plus dans le contrôle, mais où il se retrouve dans la dégustation de la vie et de l’instant. » Cet instant de dégustation passe par le déplacement, lequel favorise le cheminement intellectuel. Son retour à Bordeaux, après un passage par Bristol et à Glasgow, s’explique en partie par la présence d’un environnement naturel apaisant. François se faufile et cherche, lui l’adepte des marches en forêt, « son chemin vers la clairière », comme le formulait si joliment Marcel Duchamp – en référence au « chemin vers la forêt » de Kafka, qui sait ? –, sans pour autant attribuer un sens précis à sa démarche. Il est musicien mais il est


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Photo : Mathieu Demy

Le Bordelais François Marry du groupe Fránçois & The Atlas Mountains le sait depuis ses premières notes de piano : la musique lui tient compagnie. Après, une période de doute inscrite dans son nouvel opus, le troublant Piano Ombre, il sait qu’il peut s’appuyer sur elle pour continuer à cheminer.

aussi peintre, et passe d’une pratique à l’autre, en quête de refuge : « L’une me repose de l’autre. Quand je fais trop de musique, ça me fait du bien de peindre ; de même, quand je dessine trop, j’aime me replonger la musique avec une nouvelle fraicheur d’esprit. » Est-ce justement parce qu’il est peintre qu’il donne cette tonalité subtilement colorée à tout ce qu’il fait ? Il y a des chances, mais ça serait résumer de manière presque simpliste la complexité d’un groupe qui a su séduire les Anglais au point que c’est le sémillant label Domino Records (Franz Ferdinand, Anna Calvi, Robert Wyatt, etc.) qui se charge de publier désormais ses albums. Non, la consécration vient d’ailleurs : elle vient sans doute de cette manière de concilier pop, électronique et avant-garde, en toute humilité. Chez lui, Dominique A croise les sonorités free-jazz de Pharoah Sanders – « Ça me fait plaisir que vous me disiez cela ! » nous avoue-t-il non sans une petite pointe de fierté –, dans une musique qui contient sa part de magie. De Charente Maritime – donc pas si éloigné que ça de l’Atlas ! –, François libère cette lumière qu’on trouve dans les musiques du monde, comme s’il cherchait à reconnecter la terre au ciel. Quand on lui cite les Talking Heads de la période du chef d’œuvre Remain in Light, il acquiesce, et se reconnaît complètement dans une démarche artistique qui part de la pop vers d’autres univers, y compris et surtout dans la manière de livrer des paroles à haute teneur poétique. La pop lui semblerait-elle trop étriquée par rapport à ce qu’il souhaite exprimer ? « J’ai été touché par la pop indie que j’ai découverte sur le tard. J’aimais beaucoup cette simplicité, cette fragilité et même l’humilité qu’elle manifestait chez des groupes comme les Pastels [le groupe qui l’a recommandé auprès de Domino, ndlr], Sebadoh ou Yo La Tengo, qui se situaient à mi-chemin entre la pop bricolée à la maison et des standards du genre. Malheureusement, depuis, le format est devenu un objet en soi, et

je m’en suis détaché. » Il poursuit : « Les mots qui me venaient en bouche et les rythmes qui me venaient en tête en appelaient à des formes de musique qui soient plus proches de mes rythmes corporels. » Il puise donc à d’autres sources, et vante les mérites de ces artistes qu’il a pu croiser lors de ces voyages en Afrique, Alèmu Aga par exemple, ce joueur de harpe éthiopien rencontré à Addis-Abeba. Quand il nous parle du pianiste berlinois Nils Frahm pour qui il a eu un coup de cœur, on le sent tendre vers d’autres formats : ceux plus amples de la musique instrumentale, voire orchestrale. « C’est mon rêve, nous confie-t-il. La pièce musicale dont je suis le plus fier reste la série de compositions instrumentales qui se trouve sur l’album Plaine inondable [sorti en 2009 sur le label bordelais Talitres, ndlr] enregistrées avec la formation polyphonique basque Bost Gehio. Je serais très fier si je me montrais en capacité de composer une œuvre orchestrale qui tienne la route, mais comme je n’ai pas de formation classique, il m’est difficile de transposer ces idées-là à de grands ensembles. Il faudrait donc je prenne le temps et que je m’entoure bien. » La tentation est là, mais la démarche n’est pas simple pour cet autodidacte, encore adepte du Do It Yourself et des tentatives plus spontanées. « L’urgence pour l’instant, c’est de raconter mes histoires au sein d’un groupe pop », nuance-t-il, avec la mesure, mais aussi la conviction, de celui qui sait clairement où il va. Fránçois & The Atlas Mountains, Piano Ombre, Domino


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TIRÉS PAR LE CHEVEU PAR CÉCILE BECKER

On l’a aimé hirsute, Cheveu. On l’aime aussi plus lisse, attifé de quelques boucles noires et épis rebelles qu’un clodo (Bum) ébouriffe de sa voix bitumée de whisky. Avec son troisième album, le trio d’origine bordelaise vagabonde entre garage et pop, et coiffe tout le monde au poteau.

Photo : Nuel & Audouin

Zut ! Culture Musiques


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“La pop c’est pas le truc le plus sexy à faire dans la vie.” Sur l’album Bum, votre son est moins garage. Ce qui a surpris, c’est qu’il est plus travaillé, presque à la limite de la pop. Comment vivez-vous cet accueil ? David Lemoine : Il faut voir si ça représente un tournant radical. Sur ce disque, globalement, le tempo s’est un peu ralenti, mais nos concerts restent toujours aussi speed qu’avant, voire plus... Olivier Demeaux : C’est moins punk et moins excité, mais ça n’est plus pop pour autant. D.L. : Non, ce n’est pas plus pop, mais ça a été accueilli par beaucoup de gens comme une espèce de surprise : les sons ont gagné en netteté, ils sont plus clean et nous avons fait un effort quant à la structure des morceaux... Pour la première fois, et c’est fondamental, on a eu un pool d’ingénieurs du son à nos côtés, qui nous a suivi dès le début et continue de nous suivre sur le live. Du coup, sur scène, on soigne le truc : Olivier et Etienne se sont mis à faire les chœurs, on s’amuse avec les voix, on improvise, on tire les morceaux en longueur. Ça semble quand même vous énerver qu’on dise que vous êtes pop ? O.D. : Ouais, David ça l’énerve vachement, mais j’aimerais bien savoir pourquoi… D.L. : Non, je trouve ça assez marrant. Pour moi, la pop c’est pas le truc le plus sexy à faire dans la vie. Par contre, je trouve assez cool que le groupe brouille un peu les pistes, que son image évolue et qu’il se passe toujours un nouveau truc chez nous. Vous aviez peur de sortir ce disque ? O.D. : Avant, on plaçait beaucoup de réverb’, de saturation, mais là ce disquelà est dépouillé de tout artifice, il est à nu ! Pour nous, c’est un moment de vérité, ça fait donc un peu peur. C’est comme si nous passions le Brevet… [Rires] Et

puis, on sait que la séduction n’est pas immédiate. Il faut être motivé pour rentrer dedans. D.L : La tonalité générale des compositions est assez “dark”. Au fil des interviews, on tire des plans sur la comète en disant que c’est un truc d’époque. On cherche des explications liées à la décadence de l’Europe, des choses comme cela. On l’admet : l’album est un peu dur, il a un truc pas trop sympa… Derrière la qualité du son, quelle place pour les accidents ? D.L. : Ce disque-là, on l’a construit comme le font généralement les groupes : nous avons enregistré des démos, puis nous avons affiné les structures avant de passer en studio. Donc, la part de hasards miraculeux existe peu. O.D. : Si, le chant ! Je n’avais pas bien saisi le rapport entre les paroles en français et la musique. C’est un truc hyper bien dans ce disque, très surprenant. Beaucoup d’artistes parlent du français comme une langue difficile à chanter, qui impose des limites. À l’inverse, on sent que ça vous ouvre un nouvel univers. D.L. : Je suis assez d’accord. Dans notre cas, les choses s’affinent. Dans Polonia, le phrasé mi-parlé mi-chanté mêlé à de gros chœurs, c’est génial ! Le français, c’est même hyper jouissif en concert, c’est très direct ! Justement, dans Polonia, pourquoi ce passage de Buffet Froid de Bertrand Blier ? D.L. : Michel Serrault, tout ça, c’est la France qui me fait vraiment marrer. Je ne suis pas rétro, mais je trouve tellement bien senti ce style hyper flamboyant, cette espèce de froid, de cynisme et de jeu sur la langue… Tout est absurde ! Ça reste fun tout en posant des questions sur la vie. Ce

ton correspond à Cheveu : on ne se prend pas au sérieux en terme de paroles. On ne sent ni politique ni poétique, mais mine de rien, il faut trouver le juste milieu. Vous venez de Bordeaux, où la scène garage reste très vivante… O.D. : C’est plus hard-rock que garage, je crois. Une ambiance « gros sons ». D.L. : De toute façon, la scène garage elle est un peu flinguée maintenant... O.D. : Même si c’est une musique qui existera encore dans 200 ans, il y a eu un effet de mode, mais c’est redescendu... D.L. : Mais nous, on est toujours là ! [Rires] On garde un grand respect pour les anciens, comme les Magnetix, encore en activité ; ils incarnent un peu l’esprit garage bordelais. Par ailleurs, le tourneur U-Turn, avec Jérôme Busutill que les gens surnomment Buzz, fait un gros travail de fond en faisant tourner les artistes comme Ty Segall en France et en Europe. Il est basé à Bordeaux et ça n’est pas un hasard. C’est le cas également avec l’association Allez les filles, dirigée par un mec emblématique de la scène locale : Francis Vidal. Enfin, il y a surtout toutes ces caves sous les maisons : on raconte que c’est ce qui a fait naître et alimente la scène bordelaise… Dernier album : Bum, Born Bad www.bornbadrecords.net


34 Zut ! Culture Musiques

O SOLE MIO PAR EMMANUEL ABELA PHOTOS OLIVIER ROLLER

En France, il est l’un des seuls à faire le lien entre chanson, rock et musique électronique. Inutile de chercher à maintenir Christophe en place : cet étrange animal nocturne évolue en état d’alerte permanent à l’affût d’expériences nouvelles, comme l’Intime Tour qu’il a entamé en solo et qui s'arrête à Bordeaux.

Depuis le début de l’année 2013, vous vous produisez en solo à la guitare, au piano et au synthé dans le cadre de l’Intime Tour. On imagine une préparation particulière. Oui, ça me fait travailler davantage. Pour cette tournée, je transporte sur la scène tout le travail que je mène chez moi en studio. Je progresse au piano et me sens de mieux en mieux par rapport aux premiers concerts. Le plaisir que ce confort me procure me semble très favorable à la création ; il me permet de me sentir libre dans l’improvisation. C’est important pour quelqu’un comme moi qui cherche à éviter tout formatage.

On vous sait plus attaché au « son » qu’au chant, et pourtant cette configuration en solo vous expose davantage au niveau de la voix. Oui, c’est vrai, ce qui m’importe c’est effectivement le son. C’est bien pour cela que je travaille le traitement sur la voix. Mis à part des gens comme Brassens, j’ai horreur de ces voix qui ne ressemblent qu’à des voix. Je travaille sur les échos et les ambiances, aussi bien chez moi qu’en studio d’enregistrement. Sur scène, c’est plus difficile, mais c’est

pourtant ce qui m’intéresse. Depuis le début de la tournée, j’ai apporté quelques modifications techniques qui me permettent d’accéder à un nouveau confort, même si ma démarche reste expérimentale. Là, je dispose d’un système autonome près du piano qui me permet d’utiliser des effets au moment où je le souhaite, sans attendre. Après, je suis bien obligé d’admettre qu’il y a toujours un décalage entre ce que je tente sur scène et ce que le public reçoit.


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Briser l’instant fragile

Justement, je suppose qu’en solo vous interagissez avec le public. Absolument, je fais évoluer la set-list en fonction de la salle – aussi bien la jauge que sa configuration, une salle de concert, un théâtre, etc. –, mais aussi en fonction de l’âge des spectateurs. Pour moi, le public joue un rôle précieux : je suis à l’écoute des silences, mais aussi des murmures. Pour moi, le public constitue un son en lui-même, et sa présence déclenche ce feeling dont j’ai besoin.

Christophe en concert le 30 mai, au Casino Théâtre Barrière www.casino-bordeaux.com

Il est assez singulier de constater que Christophe affirme son besoin d’intimité, alors que cette intimité il l’a installée lui-même depuis des années. On le sait en connexion totale avec son public, il intègre jusqu’au bruissement même de sa présence lorsqu’il se produit sur scène. Mais comme il aime cultiver le paradoxe, c’est justement en l’absence de tout public qu’il tente de restituer le lien qu’il a établi, en évoluant live à la maison. Ce retour en studio contient sa part de logique quand on sait que c’est exactement le son de ce studio qu’il tente de créer lors de ces concerts. Ce qui semble étrange – et tellement lui correspondre –, c’est que c’est précisément dans sa manière de susurrer aussi bien ses propres succès que certains titres choisis dans sa discographie foisonnante qu’il parvient à nous livrer l’essence de lui-même. Le fait de réécouter des classiques comme Les Mots Bleus, Dolcevita et même Aline offre un éclairage nouveau cette fragilité extrême qui, loin de l’empêcher, lui permet d’avancer vers des territoires toujours vierges. (E.A.) Intime, Universal


36 Zut ! Culture Musiques

LET’S GROOVE (AGAIN) PAR EMMANUEL ABELA

Au sein de la grande famille du funk, Earth Wind & Fire s’est distingué par son incroyable sens de la mise en scène. Aujourd’hui, son guitariste historique, Al McCay, ravive la flamme d’un groupe qui a fait les beaux jours des discothèques du monde entier.

C’est l’histoire d’un petit môme qui cire ses chaussures rouges, et vérifie que la semelle n’offre aucune aspérité – il faut qu’elle glisse bien sur la piste de danse ! La chemise qu’il entrouvre aux deux tiers de la poitrine arbore quelques étoiles luminescentes dans l’obscurité d’une chambre qu’éclairent deux ou trois spots de couleur. La scène a été montrée au cinéma, dans une variante certes, mais avec la même émotion : comme son idole Travolta, il vit sa propre fièvre du samedi soir. Ses étoiles à lui s’appellent Bee Gees, Kool & The Gang, et bien sûr Earth Wind & Fire. Visiblement, il aime le disco, mais chez EW&F, il apprécie les ambiances cuivrées qui rappellent le meilleur du funk, celui du grand James Brown bien sûr, mais aussi des Temptations période Ball of Confusion et de KC & The Sunshine Band. En parfait connaisseur de la musique – il n’est pas seulement le meilleur danseur de la planète ! –, il sait que ce groupe fondé dès 1969 par Maurice

White a mis du temps à se faire connaître auprès du grand public : les premières tentatives étaient louables à un moment où la soul virait au funk, et avant que les strass du disco n’envahissent le continent nord-américain, mais c’est contre toute attente avec le déclin du disco que la formation a fini par exploser au grand jour. À la fin des années 70, le public a reconnu en elle ce groove qui renouait avec une tradition plus ouvertement afro-américaine, quelque chose d’intègre qui a pu paraître risible en temps réel – à ce propos, il serait presque dommage de ne retenir que la dimension kitsch, alors que ce kitsch s’inscrivait dans l’ère du temps. Notre ami danseur, lui, n’en a cure : dès, les premières mesures electro-funk de Let’s Groove ou de Boogie Wonderland, parmi les tubes éternels qui ont installé Earth Wind & Fire au firmament, son corps se met en branle ; il tournoie sur lui-même comme ça a été le cas pour de tous ces jeunes gens qui, avant lui,

se sont tous essayés à la passe ultime, dans le plus pur Earth Wind & Fire style. Ce qu’il sait aussi, c’est que rien ne vaut l’intensité du groove vécu dans sa version live ! Remercions pour cela la belle initiative de l’un des guitaristes mythiques du groupe, Al McCay, qui a réuni les meilleurs musiciens, parmi lesquels des sidemen émérites des Rolling Stones ou de Stevie Wonder, pour nous faire vivre sur scène l’expérience ultime d’Earth Wind & Fire ! Earth Wind & Fire experience featuring Al McCay, le 28 juin, place des Quinconces dans le cadre de Bordeaux fête le vin, en partenariat avec le Casino Théâtre Barrière


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38 SÉLECTIONS culture

ARTS

Un jour nouveau

Il faut savoir se réinventer. Le CAPC l’a bien compris, qui met régulièrement sa collection d’art contemporain entre les mains d’invités, à qui il donne une entière liberté pour choisir les œuvres et concevoir une exposition. Et surtout, pour user d’une parfaite subjectivité pour établir entre les pièces de nouvelles connexions et révéler, au sein de la collection, de nouvelles lignes de force. Il a cette fois confié cette mission à Julie Maroh, auteur de la bande dessinée Le bleu est une couleur chaude (adaptée par Abdellatif Kechiche dans La Vie d’Adèle), qui a elle-même convié l’illustratrice Maya Mihindou. À quatre mains, elles ont imaginé un parcours visuel qui aborde la question politique du conflit sous l’angle de la tension et de la cohabitation. Un parcours en cinq stations – état des lieux, soumission, exil, confrontation, métissage – dans un espace qu’elles ont parfois rhabillé, faisant cohabiter les œuvres de

la collection avec leurs propres créations (dessinées à même le mur), qui en deviennent le support et les éclairent d’un jour singulier. S’y esquissent de féconds et sensibles dialogues avec des œuvres de Jannis Kounelis, Robert Combas, Annette Messager, Fabrice Hybert, Pierre Molinier… (S.D.) Procession, jusqu’au 16 novembre au CAPC www.capc-bordeaux.fr Visuel : Vue de l’exposition avec : Chohreh Feyzdjou, (Sans titre), 1995 - Robert Combas, Seigneur de Montaigne, 1984 - Julie Maroh, dessin mural, 2014 - Photo : Arthur Péquin


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BAROQUE

FESTIVAL

Un printemps rococo

À la rue

Un contre-ténor croate accompagné d’un ensemble grec pour un hommage à un compositeur allemand : association peu commune qui sonne pourtant comme la combinaison gagnante des concerts de printemps à l’Opéra de Bordeaux. Le sopraniste Max Emanuel Cencic s’entoure d’Armonia Atenea, compagnie grecque guidée par le chef de renommée internationale George Petrou, pour explorer l’univers exubérant du Rococo. De Jommeli à l’illustre Hasse, le lauréat du prix Echo Klassik 2012 parcourt avec subtilité et élégance quelques grands moments de l’opera seria et assoit ainsi sa suprématie vocale et dramatique. Avec une incroyable aisance, Max Emanuel Cencic nous transporte dans une autre époque, soutenu par de magistraux musiciens qui jonglent entre instruments modernes et anciens. Le contre-ténor et son ensemble profitent également de ce voyage entre baroque et classique pour rendre hommage au compositeur Christoph Willibald Gluck dont l’année 2014 marque le tricentenaire de la naissance. Un événement singulier tant sur le fond que sur la forme ! (V.S.)

22 ans et toutes ses dents ! Au fil de sa désormais longue histoire, le festival Échappée belle a réussi un tour de force : grandir, mûrir, jusqu’à devenir une véritable institution, sans jamais perdre la fougue et l’envie de la jeunesse. Il est resté un rendez-vous festif et convivial, destiné aux adultes comme aux enfants, aux aficionados du spectacle vivant comme au grand public, aux professionnels (qui viennent ici faire leurs courses) comme aux amateurs. Il investit à nouveaux les parcs de Blanquefort pour marquer le début de l’été, durant 5 jours et avec, cette année, 28 compagnies et 39 spectacles (balancer quelques chiffres ça le fait toujours), de danse, de théâtre, de cirque, de poésie. On ne citera ici que quelques immanquables : de la danse avec Nathalie Pernette – qui présente Les Commandeaux, ballet semi-aquatique contemporain et La Collection, illustration dansée des sentiments humains –, de la marionnette avec l’excellent Tof Théâtre, de la philosophie pour le jeune public avec Petit Z de Bérangère Jannelle et une soirée festive et dansée avec El Selector Andaluz. Pour le reste, la vaste programmation est renseignée sur leur site. Vive l’été ! (S.D.)

Rokoko, hommage à Gluck, le 15 mai à l’Opéra National de Bordeaux www.opera-bordeaux.com Visuel : Max Emanuel Cencic - Photo : Julian Laidig

Échappée belle, du 3 au 8 juin à Blanquefort www.festival-echappeebelle.fr (en ligne le 7 mai) Visuel : La Colère, compagnie Nathalie Pernette Photo : Sébastien Laurent


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ARTS

Sur le zinc

Connu dans le paysage bordelais, Antoine Dorotte a réalisé la commande publique Les Fées pour la station de tram Carbon Blanc mais a aussi surpris le public avec ses installations au Palais de Tokyo dans le cadre de l’exposition Dynasty en 2010. Illusionniste, il mélange dessin, sculpture, cinéma, film d’animation et installations et croise réalités et imaginaires, cultures savantes et populaires. Dans son œuvre, les éléments se transforment en matières artistiques étranges et poétiques. Pour le FRAC, il réalise une sculpture aérienne créée en réponse à l’espace du bâtiment : un cirque de zinc kaléidoscopique dans lequel le spectateur peut entrer. Au-delà de cette œuvre impressionnante, il explore le combat entre les Sharks et les Jets de l’illustre West Side Story sur 256 feuilles

de zinc, et met en scène en vidéos son personnage, Miranda, affrontant les vagues, un ours blanc et une tempête. Différents médiums pour une exposition centrée sur les sens. (C.B.) magmas & plasmas, du 23 mai au 21 septembre au FRAC Aquitaine www.frac-aquitaine.net Visuel : Antoine Dorotte, Sur un coup d’surin, gravure sur papier


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MUSIQUES

Spationotes

2014 semble être une odyssée propice à la chanson française : Bum de Cheveu, Magnum de Philippe Katerine et Bambi Galaxy de Florent Marchet nous dessinent une voie lactée hexagonale enfin étoilée de millions de possibles. Mieux, ce dernier nous fait croire en une pop parcourue de nappes synthétiques autre que celle de Jean-Michel Jarre ! Une chanson toujours sensible, toujours française mais venant d’ailleurs : d’une quatrième dimension inatteignable. Habitués des albums concept/territoires, Florent Marchet nous balladait déjà dans une province aux allures de western avec son excellent Rio Baril. Cette fois, son inspiration élit domicile dans un au-dessus où l’on vivrait tous nus, égaux, loin de l’apocalyptique Terre. Construit comme un opéra spatial, joué sur scène entre vaisseau cosmique et

costumes intergalactiques, Bambi Galaxy nous plonge dans une atmosphère douce, électronique, où l’on se déplacerait tous en apesanteur et en harmonie. Il nous le confiait déjà en 2010 : « Le starter, dans l’écriture de la chanson, en général, c’est une atmosphère à retranscrire. » Nouvel exil, nouvelle atmosphère, que vous auriez tout intérêt à apprécier en live. (C.B.) Florent Marchet, le 24 mai au Rocher de Palmer à Cenon lerocherdepalmer.fr Photo : Arno Paul


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MUSIQUES

Nouvel air La musique est-elle plus belle dans la douleur ? Peut-elle évoluer sans un leader charismatique et torturé (trop) ? Telles sont les questions que nous nous sommes posés à la sortie du nouvel album du groupe texan Midlake : Antiphon. Tim Smith, voix géniale toujours en proie à la tristesse, avait transporté l’album The Trials of Van Occupanther vers des sommets de beauté rarement touchés. Il a désormais quitté Midlake pour une carrière solo, laissant son groupe évoluer sans plaies. Oui, mais. On se demandait. On a eu peur, même. Pourtant, Eric Pulido, le nouveau leader, donne une nouvelle impulsion au son Midlake en tournant ses chansons vers les musiciens, en poussant leur rock progressif british vers le psychédélisme américain. Un album construit comme un défi, soulagé de l’omniprésence d’un leader que l’on continue d’adorer, sans pour autant déroger à leur sophistication. Une musique qui continue de nous transporter et de nous faire rêver à des paysages infinis. (C.B.) Midlake, le 2 juin à la Rock School Barbey www.rockschool-barbey.com

MUSIQUES

Chat perché Cat Power fait partie de ces chanteuses qui ont bercé nos chagrins et grâces. Elle n’est pas étrangère à ces hauts, surtout, à ces bas, avec sa façon à elle de se laisser happer par une lame de fond de tristesse infinie dont on pensait qu’elle ne sortirait jamais. Avec Sun, son dernier album, on la retrouve sortie des vagues, abandonnée au soleil et à une joie inédite. Chan Marshall a fini par abandonner cette boule de poils coincée au fond de sa gorge, caractéristique de sa voix, pour se laisser imprégner d’énergie et de sentiments heureux. Toujours aussi perchée, la diva déchue renaît de ses cendres à 40 ans. Après être sortie des griffes du grunge des années 90, nous avoir attrapé dans sa folk salvatrice, elle nous prend à rebrousse-poil, avec une pop décomplexée, traversée par le r’n’b et les musiques électroniques. Certes, elle n’est plus la même, elle a troqué sa frange et son brun contre une coupe garçonne et un sourire franc, mais c’est avec un plaisir non dissimulé qu’on se rattache à elle, comme à une époque révolue. (C.B.) Cat Power, le 27 mai au Krakatoa à Mérignac krakatoa.org Photo : Camille Garmendia


1244au 18 mai 2014

BNP PARIBAS PRIMROSE BORDEAUX Tournoi International de Tennis Masculin

Qui va lui succéder ?

INFOS ET BILLETTERIE SUR www.atp-primrosebordeaux.com

QUALIFICATIONS LES 10 ET 11 MAI

ENTREE GRATUITE WEARETENNIS.COM


Photo Bentz + Brokism

TENDANCES

Tendances


Mannequin Christelle Y / Up Models Coiffeur Alexandre Lesmes

Make-up artist Jacques Uzzardi www.jacquesuzzardi.com Maquillage réalisé avec les produits M.A.C Cosmetics Galeries Lafayette / www.maccosmetics.fr

Post-prod Studio photo Preview

Robe en cuir safran Dsquared2. Sautoir et bracelet collection Diamants Légers et bague La Pétillante collection Paris Nouvelle Vague, or rose, diamants et saphirs roses Cartier. Escarpins Sergio Rossi.

Réalisation Myriam Commot-Delon

M AN È G E

Photographe Alexis Delon / Preview


Manteau zippĂŠ Herno. Sandales en cuir verni fluo Jimmy Choo. Bagues et bracelet Safari collection Spirit of Africa Frey Wille. Lunettes solaires Chanel.


Robe en soie imprimĂŠe et drapĂŠe Tsumori Chisato. Bague Givre en or et topaze Eric Humbert.


Robe en lin imprimé et escarpins Dolce & Gabbana. Bracelet en résine noire Angela Caputi. Lunettes solaires Thierry Lasry chez l’opticien Un Autre Regard - www.unautreregard.com.


Robe longue en tissu lamé Paul Smith. Boucle d’oreille Givre, à fermeture clip et portée sur le cartilage, Eric Humbert.


Manteau en patchwork de lin et toile imprimĂŠe JC de Castelbajac.


Top jaune Stella McCartney, pantalon et sac Céline, foulard en soie Pierre-Louis Mascia. Escarpins croco or Isabel Marant. Boucles d’oreilles Givre Éric Humbert.


56 Zut ! Tendances § News Bijoux

Brillez, et puis zut ! PAR MYRIAM COMMOT-DELON

Oui, ce printemps, on préfère des bijoux gipsy chic.

Photo issue du livre de Julia Chaplin, Gypset Travel aux éditions Assouline.

Prem’s ! Chez Poiray, je demande la mini montre Ma Première. Féminine et slim avec son cadran aux lignes Art déco, elle est plus que jamais dans le vent avec ses bracelets interchangeables. Cette saison, on la twistera avec une lanière pleine de peps en veau vernis fluo ou on lui apportera un brin de folie perlée avec un bracelet Hipanema, une des coolab chic de cet été. Montre Ma Première, modèle mini en acier, 1050 €, bracelets en veau vernis fluo, Poiray, en vente à la joaillerie Prévôt 8, rue Franklin 05 56 48 29 87 Bracelet Hipanema x Poiray, en vente dans les boutiques Poiray et sur l’e-shop www.hipanema.com


57 Été Indien

Indé

Version précieuse et or, les boucles d’oreilles composables Pandora ne manquent pas de « charms ». On compose ses pendants d’oreilles comme leurs célèbres bracelets et on se crée des boucles comme on choisit ses vacances. Jaipur en été serait la destination rêvée pour cet ensemble en or 14 carats, bohème et hautement désirable, qui mixe fermoir en forme de spirale + larme torsadée + charm orné de perles de culture d’eau douce et de petits diamants noirs.

Avant d’être créatrice de bijoux, Mélanie Desplat était coiffeuse studio pour la presse féminine et bookeuse dans une agence de mannequins… Quelques voyages lointains plus tard, dont un au Brésil qui l’a particulièrement marqué, notre globetrotteuse décide de lancer sa propre marque : Margi Darika (« Vierge voyageuse » en langue Navajo). Le ton est donné, l’inspiration bohème assumée et ses bijoux pile dans la tendance hippie chic. Des fantaisies gypsy à prix friendly, à mixer librement avec de l’or 24 carats. Bracelet en laiton doré et fils tressés, Margi Darika chez Alphonse Alphonsine 8, rue du Temple 05 56 06 76 29

Pandora Corner aux Galeries Lafayette Bordeaux www.galerieslafayette.com Pandora Store 74, rue de la Porte Dijeaux 05 56 52 40 26

Festive Un vent de démesure souffle sur la nouvelle ligne Paris Nouvelle Vague de Cartier. Sept bagues pour incarner sept parisiennes : espiègle, glamour, impertinente, pétillante, affranchie, délicate et voluptueuse. Une collection qui ne manque pas d’impertinence et de chic à la française ! Un volume afro, une esthétique libre et volubile : La Pétillante et ses réminiscences seventies nous font tourner la tête, avec des petites sphères articulées qui peuvent également être serties de diamants blancs et de saphirs roses. Bague La Pétillante, collection Paris Nouvelle Vague en or rose 18 carats Cartier, 44, cours Georges Clemenceau 05 56 48 16 16 12 www.cartier.fr

Fine fleur Ce printemps, préparez-vous à une déferlante botanique. Décoration, mode et bijoux se piquent de fleurs et de végétaux, tandis que les compositions florales s’imposent dans les magazines les plus pointus. Un trop plein de pétales et de couleurs éclatantes qui nous donne des envies d’écouter Devendra Banhart et de se balader pieds nus, les bras cliquetants d’un amoncellement de bangles colorés. De très bonnes dispositions pour fondre pour ce large bracelet manchette couvert d’un émail floral. Frey Wille, collection Floral Symphony, bracelet doré à l’or fin 24 carats 11, cours de l’Intendance 05 56 01 14 34


58 Zut ! Tendances § Accessoires

Coup de filet

Déferlante de trous de première classe et attrait graphique de la résille, qui attise cette saison tous les désirs.

Collection femme P-É 2014, modèle Maiko, Heschung. www.heschung.com Photo Christophe Urbain.

PAR MYRIAM COMMOT-DELON


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Top cropped en résille Gérard Darel aux Galeries Lafayette. 1, rue Sainte-Catherine - 05 56 90 92 71 www.galerieslafayette.com

Chaise A perforée, design Normal Studio, Tolix chez Docks Design / Cinna. 
 4-7, quai Richelieu - 05 56 44 54 62 www.docks-design.com

Plus qu’un geste graphique fort, la perforation habille et déshabille, permet d’alléger la matière et d’instaurer un élégant jeu de cachecache. Une démarche expérimentale qu’on retrouve cette saison dans les cuirs perforés de la collection femme Heschung.

Robe en résille polyamide Maje aux Galeries Lafayette. 1, rue Sainte-Catherine - 05 56 90 92 71 www.galerieslafayette.com

Lampe de table Pedrera de Barba Corsini et Juan Francisco, Gubi chez RKR Intérieurs contemporains. 73, rue Notre-Dame - 05 56 79 35 73 www.rkr-international.com

Chaise Nagasaki, design Xavier Matégot, Gubi chez RKR Intérieurs contemporains. 73, rue Notre-Dame - 05 56 79 35 73 www.rkr-international.com

Derby Verbier Heschung (disponible aussi en cognac et noir). 14, place des Grands Hommes 05 56 43 66 00 - www.heschung.com

Perforation couture

Perforation architecturale

Elle était de tous les défilés : exubérante en maxi-jupon chez Jean-Paul Gaultier Haute Couture, ultra-sexy sur Rihanna lors de la dernière after party de Balmain, sporty chez Raf Simons pour Dior, immaculée chez Céline, rock chez Saint Laurent Paris et Antony Vaccarello, sage chez Carven, sur du néoprène chez Véronique Leroy, à damier chez Louis Vuitton…

L’acier des « panneaux à hublots » ou des poteaux perforés de Jean Prouvé ou le béton/maille de Rudy Ricciotti pour le Mucem à Marseille.

Perforation design Xavier Matégot et son « rigitulle », une tôle finement perforée typiquement 50’ qui continue d’inspirer les designers contemporains (Normal Studio pour Tolix, Antonio Citterio pour Vitra, etc.).


60 Zut ! Tendances § Flash Mood

Up to date PAR MYRIAM COMMOT-DELON

Beaucoup d’envies, en vrac et dans tous les sens.

Papillon Oncle Pape est le label d’Hugues et Alexandre, deux jeunes hommes dont les créations 100 % françaises, handmade et unisexes ne vous laisseront pas de bois. Où ? Chez Edith 6, place Fernand Lafargue 09 83 77 65 76

Greffes Photos de femmes rebrodées / voilées de cheveux, trophées plumés, sculptures filaires… Les matériaux et formes organiques sont au centre du travail de la plasticienne Zoé Rumeau. Où ? Un talent multi-facettes à découvrir sur son site. www.zoerumeau.com

Chainette

À suivre Ces décorations textiles et arty avec leur flèche en acier graphique. Qui ? All Roads, le studio créatif de Robert Dougherty et Janelle Pietrzak, une ex de chez Anthropologie.

Tricoter des étoiles, une jolie idée pleine de poésie pour booster la chambre de nos kids. Bonus ? Ça marche aussi avec des nuages, des mots, des ballons, les Bordelais du Petit Florilège étudiant également les demandes particulières ! Où ? www.lepetitflorilege.com

Où ? Sur leur site www.allroadsdesign. com et leur shop Etsy.

Bleu La turquoise est la pierre de l’été, mais attention, en 2014, on l’aime sobre et mariée à l’or jaune, comme sur cette bague de Cécile Pic. www.cecilepic.com Où ? À Bordeaux chez Bye Bye Bandit, 26, rue de la Devise. www.byebyebandit.com

Nordisk On fond pour les corbeilles en tissu à l’imprimé délicat de la collection Norr, nées de la collaboration entre Caroline Gomez et Tove Johansson. Où ? Dans l’e-shop de Caroline Gomez. www.carolinegomez.bigcartel.com


Vestiaire contemporain pour hommes Angle Pas St Georges / Alsace Lorraine - BDX T / 05 57 83 69 10

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Lanvin Givenchy Moncler Dsquared Kenzo Lacroix Ralph Lauren

6, Rue du Temple 33000 Bordeaux CRÉATEURS MARQUES RESPECTABLES CHINERIES

26 RUE DE LA DEVISE 33000 BORDEAUX WWW.BYEBYEBANDIT.FR


62 Zut ! Tendances § Shopping

Dress Code PAR MYRIAM COMMOT-DELON

Amérindien / Brésilien : le mariage mixte le plus cool du printemps.

Sac seau en tissu péruvien et cuir Delphine Delafon x Muzungu Sisters, modèle 1 www.muzungusisters.com

Tee-shirt sérigraphié d’un Ganesh plumé Step Art chez Alphonse Alphonsine 8, rue du Temple - 05 56 06 76 29 Lunettes solaires, modèle Daria, Oliver Peoples chez Optika - 14, galerie des Grands Hommes 05 56 52 30 15

Bandeau tressé Adeli Paris chez Les Filles au Balcon, Général Store - 29, rue de Cheverus 09 83 75 42 53

Collier en perles et turquoises By Polder chez Pantelis 18, rue du Temple – 05 56 44 59 88

Sac seau frangé en cuir et lin, modèle Vertigo, Mohekann chez Alphonse Alphonsine 8, rue du Temple - 05 56 06 76 29 Écharpes avec franges en métal Maje aux Galeries Lafayette.

Collection capsule Ba&Sh x Hipanema composée d’un kaftan, d’un maillot de bain deux pièces et d’un bracelet – www.ba-sh.com

Pull à manches courtes, motif ethnique Denim & Supply Ralph Lauren aux Galeries Lafayette.

Tennis Sk8 Mid Chimayo Vans x Taka Hayashi. www.vans.fr

Veste en coton matelassé (existe aussi avec manches, en bronze) By Polder chez Pantelis 18, rue du Temple – 05 56 44 59 88


BACHELOR Styliste ModĂŠliste Marketing de Mode

SupMode 89 quai des Chartrons 33300 BORDEAUX - www.sup-mode.fr e-mouat@formasup-campus.com Tel. 06.70.72.70.41

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64 Zut ! Tendances § Mode Homme

Mâles écolos PAR MYRIAM COMMOT-DELON

Gamme verte pour jardiniers du week-end.

Armoire composée de malles en cuir, design Maarten De Ceulaer pour Casamania, en vente chez Ipsum - 17, cours du Chapeau Rouge 09 80 92 03 70 - www.ipsum-bordeaux.fr


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1) Baskets en toile Melinda Gloss X Spring Court chez a.Copola 61, cours d’Alsace-et-Lorraine - 05 57 83 69 10 - www.a-copola.fr

6) Boxer de bain imprimé camo Moncler chez Lothaire 6, rue du Temple - 05 56 38 16 19 - www.lothaire.fr

2) Sweat-shirt en coton Bérangère Claire chez Le Rayon Frais 31/33, rue Saint-James - 05 33 51 10 55 e-shop : www.lerayonfrais.fr

7) Surchemise en coton Ripstop Norse Projects chez Le Rayon Frais 31/33, rue Saint-James - 05 33 51 10 55 e-shop : www.lerayonfrais.fr

3) Sneakers montantes en cuir blanc et vert effet vieilli Philippe Model chez a.Copola 61, cours d’Alsace-et-Lorraine - 05 57 83 69 10 - www.a-copola.fr

8) Casquette en seersucker Larose Paris chez Le Rayon Frais 31/33, rue Saint-James - 05 33 51 10 55 e-shop : www.lerayonfrais.fr

4) Boxer de bain Polo Ralph Lauren chez Lothaire 6, rue du Temple - 05 56 38 16 19 - www.lothaire.fr

9) T-shirt en coton mélangé Libertine Libertine chez Le Rayon Frais 31/33, rue Saint-James - 05 33 51 10 55 e-shop : www.lerayonfrais.fr

5) Baskets Gel Kayano, édition limitée « 20e anniversaire » Asics chez Le Rayon Frais - 31/33, rue Saint-James 05 33 51 10 55 - e-shop : www.lerayonfrais.fr


66 Zut ! Tendances § News Kids

Trop pas ! PAR MYRIAM COMMOT-DELON

À Bordeaux, les chaises ont des chaussettes et les pandas du groove, on mange la vaisselle et on porte des poissons, Bonton se marie avec A.P.C, les blouses se tiennent à carreaux et les caleçons font des bisous.

Ouh la menteuse euh, elle est amoureuse, euh ! Collection capsule A.P.C. x Bonton, chez Bonton. 9 bis, rue Guillaume Brochon 05 56 30 29 05 e-shop : www.bonton.fr


67 Qui va à la chasse, perd sa place !

Qu’est-ce t’as, tu veux ma photo ?

Chaise haute évolutive en bois de hêtre Flexa chez Fly 19, avenue Jean Perrin à Mérignac 05 56 55 98 73

Blouse Samarcande, en natté de coton et lin Lou La Belle Boutique-atelier 39, rue de Cheverus 05 57 81 89 01 – www.loulabelle.fr

Ça déchire ! T-shirt Panda en coton (du 2 au 6 ans) Soft Gallery chez Perlin Paon Paon 45, rue des Remparts - 05 56 69 14 37 e-shop : www.perlinpaonpaon.com

Na na na na nère ! Combishort Poisson en jersey de coton bio (du 3 mois au 18 mois) Minizabi, marque éco-responsable bordelaise 09 50 06 71 49 e-shop : www.minizabi.com

Prem’s ! Deuz ! Troiz ! Tabouret en hêtre (hauteur 32 cm) Rose in April chez Perlin Paon Paon 45, rue des Remparts - 05 56 69 14 37 e-shop : www.perlinpaonpaon.com

J’te cause pu ! T’es pu ma copine ! Leggings en coton bio Made in France Diapers and Milk chez Little Fabrik - 17, rue de Fondaudège - 05 57 83 70 30 e-shop : www.littlefabrik.fr

C’est trop bon ! Même pas en rêve ! Assiette et coquetier en céramique Eat Me Miss Étoile chez Le petit Souk 27, rue du Pas-Saint-Georges 05 56 90 83 01 e-shop : www.lepetitsouk.fr

Elasti-serviette Oiseaux en coton doublé, Rouge Nasham chez Fille à Papa 18, rue des Remparts à Bordeaux 05 56 44 82 13 - www.fille-a-papa.com. e-shop : www.rougenahsam.bigcartel.com


68 Zut ! Tendances § Street

Urban Styles TEXTES ADRIEN NAVARRO PHOTOS RAPHAËL DARRACQ

Chloé 22 ans, créatrice du blog Chloé Insight Ta marque préférée ? 3.1 Philip Lim. Ses sacs tendances et décalés me font craquer... Et puis les formes géométriques, j’adore ça ! Une boutique ? Vintage Paradise. Mon chapeau et mes lunettes viennent de cette friperie, on y est super bien reçu et en chinant un peu on y trouve de petits trésors ! Ton fashion faux pas ? Robe trapèze fleurie, je suis petite et je ne fais pas mon âge... Quand j’en mets je ressemble à une petite fille !


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Raphaël

Adelina

Oscar

20 ans, étudiant en école de mode

24 ans, styliste photo

37 ans, créateur de bijoux, musicien

Ta marque préférée ? Givenchy, sans aucune hésitation ! Une boutique ? COS : belle présentation, coupes sympa, on peut bien s’habiller sans se ruiner ! Ton fashion faux pas ? Je me suis teint en roux, ce n’était pas très cool, mais niveau vestimentaire ça l’a toujours fait !

Ta marque préférée ? J’adore Bohemique Demi Couture, fusion parfaite entre le côté urbain cool d’un sweat-shirt et la beauté vintage et féminine des broderies.  Un bar ? L’Alchimiste, pour la déco, les cocktails et leur dessert Dai, dai. Miam !  Ton fashion faux pas ? Le total look cuir, on aurait dit Catwoman…

Ta marque préférée ? Oscar Galea, c’est ma marque de bijoux ! Je n’ai pas vraiment de marque préférée, j’essaie de construire mon style en chinant ce que j’aime à droite à gauche ! Un bar ? Le Wonder bar, c’est une ambiance rock qui me ressemble ! Ton fashion faux pas ? J’avais des dreadlocks quand j’étais petit, j’ai aussi eu ma période punk, avec les crêtes et tout l’accoutrement... Mais je ne regrette rien, au contraire, maintenant j’en ris !


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SÉLECTIONS tendances

CONCEPT-STORE

L’art et la mode

DODA : De l’Ordre et De l’Absurde. Sous une raison sociale quelque peu énigmatique se cache ici un nouveau concept-store, unique à Bordeaux. Lise est styliste-modéliste-costumière, Thibaut plasticien-enseignant des lettres-photographe. Ils se connaissent depuis une quinzaine d’années et ont décidé de réunir leurs univers en un lieu à leur image, plein de fantaisie. Dans une ambiance cosy et intimiste, nos deux chineurs proposent, à prix très doux, un sélection hétéroclite d’objets à l’esprit vintage. De la mode, avec des collections de vêtements transformés et de créations originales ; de l’art, avec un choix d’œuvres contemporaines, déjà cotées ou pas encore ; de la déco avec des pièces

très brocante-chic. En poussant la porte de cette belle boutique, on entre dans un grenier ordonné où chaque objet nous plonge dans de nostalgiques souvenirs. (P.M.) DODA 72, rue Judaïque www.doda-bordeaux.com Le 15 mai de 15h à 21h, vernissage de la collection de vêtements et d’accessoires, dessinée par Lise et deux amies créatrices Visuel : Lessivée de Irving S.T. Garp


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BOUTIQUE

À tomber Les plus beaux trophées de la boutique Pantélis ? Jacques, Alain, Bob, Johan, Nicolas, Valdimir, Yves, Yvon, Carlos, Igor… et Billy, star incontestée du « bag bang » de Jérôme Dreyfuss ! Billy (voir visuel) nous charme toujours autant, avec ses formes plus que parfaites, et se nimbe cette saison d’un beau bleu malachite. C’est l’une des nombreuses tentations qui jalonnent la sélection pointue de ce charmant QG pour fashionistas bohèmes fuyant les logos. Saisons après saisons, Pantelis déploie avec justesse un vestiaire délicat jalonné de griffes raffinées et singulières : Masscob, Semi-Couture, Polder, Les Prairies de Paris, les jeans J.Brand et MiH, Ralph Lauren ou les si délicats bijoux Vanryck en or et diamants… Une adresse précieuse. (M.C.D) Pantelis – 18, rue du Temple 05 56 44 59 88

OPTIQUE

Italian chic BOUTIQUE

Les griffes de l’homme Avec ses 400m2, Lothaire est le rendez-vous des hommes qui veulent maîtriser leur allure. Installée en 1947, cette boutique chaleureuse à l’esprit loft déploie un déluge de marques qui affoleront les clients exigeants avec un vestiaire à la fois élégant et décontracté. Moncler, Rick Owens, Dsquared2, Polo Ralph Lauren, Burberry, Corneliani, For All 7 Mankind, Kenzo, Dolce & Gabbana, Lanvin, Givenchy… Adeptes de l’easy chic, ne cherchez plus, vous êtes arrivés ! (S.D.) Lothaire – 6, rue du Temple – www.lothaire.fr

Chic et discrétion, avec une touche de délicatesse : les création de la maison Marni savent allier charme et luxe de façon unique. Leurs lunettes sont à l’image des collections et on en redemande chaque saison ! Fabriquées à la main, elles sont disponibles en exclusivité à Bordeaux chez Optika, l’un des 50 points de vente français. Les ambassadrices Optika seront à votre disposition les week-ends du mois de mai pour vous aider à choisir l’indispensable accessoire made in Italy. (P.M.) Lunettes Marni, disponibles chez Optika,galerie des Grands Hommes www.optika-bordeaux.fr


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MODE

L’heure bleue Aux commandes de la maison Carven depuis 2009, Guillaume Henri dessine un vestiaire masculin spontané et limpide. Ses icônes ? Monsieur Hulot, Nicolas de Staël… Des références hors mode, celles d’un jeune homme cultivé à l’élégance nonchalante. Mais le créateur, chouchou des rédactrices de mode, est aussi un obsessionnel de l’image et un faiseur d’imprimés hors pair, comme le prouve le crayonné bleu de cette chemise qui n’est pas sans faire référence au Bic Art de Jan Fabre. À porter dépareillé ou avec le pantalon assorti pour une allure estivale arty. (M.C.D) Collection Carven homme chez a.Copola 61, cours d’Alsace-et-Lorraine – 05 57 83 69 10 e-shop : www.a-copola.fr

KIDS

Girly Nouvellement arrivée dans les collections enfant des Galeries Lafayette, Billie Blush va ravir les petites filles espiègles, poétiques et pétillantes. Les heureux parents de ces princesses modernes vont adorer les détails raffinés, volants dentelles et touches fluo du vestiaire ludique et enchanté de cette jolie marque à découvrir de toute urgence. (M.C.D)

ACCESSOIRES

Corner Billieblush aux Galeries Lafayette Bordeaux www.galerieslafayette.com

Samba No Pé Ça capsule aux Galeries Lafayette, qui vont nous faire danser tout l’été avec cette collection réalisée avec Havaianas, le label brésilien aux tongs incontournables. Le Brésil est bien évidemment à l’honneur de cette association qui nous donne envie de filer dare-dare à Rio pour la Coupe du monde de football 2014 ! (M.C.D) Collection capsule Havainas x Galeries Lafayette Tongs, pochettes et brosses à cheveux autour de deux thèmes : ananas et perroquet - www.galerieslafayette.com


Le Château Chasse-Spleen participe à l’événement «Rendez-Vous au Jardin», organisé en partenariat avec la DRAC les 30, 31 mai et 1er juin.

Vous pourrez découvrir le parc et participer gratuitement aux animations sur le thème de l’enfance au jardin. •

Italian kitchen



Possibilité de visite et dégustation.



10 place du Parlement BORDEAUX - Historic district - Lovely terrace -

Open everyday Reservations

05 56 44 06 37


Lifestyle

Photo Bentz + Brokism


76 Zut ! Lifestyle × Skate

Le skater Ben Garcia sur le pont Chaban Delmas © David Manaud


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Bordeaux, cité skate ? PAR CÉCILE BECKER DOSSIER COORDONNÉ PAR ÉRIC ANTOINE

De nombreux skaters, des acteurs dynamiques, des infrastructures réservées à la pratique du skateboard, une municipalité favorable… Bordeaux a su s’imposer comme une place forte du skateboard jusqu’à réussir à attirer les marques et même SuGaR magazine, référence dans le milieu. Zut ! mène l’enquête sur les raisons d’un succès.

Depuis les années 70, Bordeaux s’inscrit dans l’histoire de la culture skate. Une implication qui s’est développée notamment grâce à la proximité de Biarritz et Lacanau, où les surfers pullulent et cherchent par temps froid la glisse en dehors des vagues. À Bordeaux, de jeunes gens passionnés commencent à s’intéresser au phénomène et investissent les terrasses du Front du Médoc à Mériadeck. Dans ce quartier alors en rénovation, le bois nécessaire aux chantiers s’amoncelle et permet la construction de modules de fortune, sur lesquels les skaters s’essayent aux figures. Gil Delapointe, figure emblématique du skate bordelais aujourd’hui installé en Californie, Jim Lalondrelle ou encore Fabrice Le Mao font partie de la bande et usent de débrouille pour installer la culture skate à Bordeaux. Certains se rappellent

encore la rampe peinte en rose, en référence au skatepark Winchester en Californie, qui trônait fièrement au stade Malleret. À l’époque, en France, deux boutiques se partagent les clients en recherche de matériel de skateboard dont l’une, l’Atlantique Surf Shop, à Bordeaux. L’implication du milieu associatif, notamment de l’association du skateboard du Sud Ouest fondée par Jim Lalondrelle, n’est pas étrangère à l’intérêt que la municipalité bordelaise finit par porter au skateboard. En 1989 a lieu le premier trophée de Bordeaux : une franche réussite qui attirera de nombreux skaters pro du monde entier comme Tony Hawk ou Steve Caballero. Impossible de faire machine arrière : l’implantation de marques comme Magenta, du magazine de référence SuGaR, le réaménagement de la ville et la construction d’infrastruc-

tures dédiées au skate ont fini par asseoir définitivement la réputation de Bordeaux comme une capitale du skate. Pour Charley Pascal, rédacteur en chef de SuGaR, « le climat, l’architecture, la motivation des locaux, la tolérance des riverains… Tous ces facteurs ont contribué à une scène anormalement développée pour une ville de cette taille. Il y a toujours eu de très bons skaters à Bordeaux, ce qui lui permet de progresser et de grossir. » Après l’installation du skatepark sur les quais de Chartrons en 2005, le projet Darwin [pôle d’activités éco-créatives installé sur les ruines de la Caserne Niel en 2012, ndlr] inclut un hangar dédié au skate où l’on retrouve une méga et une mini rampe et la skate house créée par Etnies avec… Gil Delapointe. Même le musée d’Art moderne de la ville s’y met en installant en 2012 if


78 Zut ! Lifestyle × Skate

If you are dead, so it is de Michel Majerus, peinture-rampe installée au CAPC de Bordeaux en 2012, avec Sam Partaix © David Manaud

you are dead, so it is de Michel Majerus, une peinture skatable (!) dans la nef du CAPC. Une scène active, donc, que la municipalité décide de mettre en avant la même année en organisant Bordeaux cité skate, projet digital et communautaire autour de la discipline avec expositions, installations éphémères et démonstrations auquel sont associées les grandes figures de la scène, notamment Sébastien Daurel, professionnel de skate très impliqué dans la promotion du skateboard à Bordeaux. L’effervescence autour de l’événement est indéniable, mais après ? « Après quelques réunions et une fois l’exposition finie, plus rien n’a changé, déplore Manuel Schenck, skater et photographe. Depuis quelques mois, c’est même devenu bien pire : la police arrête les skaters en plein centre ville, certains se font verbaliser. Le jeu du chat et de la souris a repris comme si rien ne s’était passé. » Au-delà des infrastructures réservées, la municipalité ne tolère

que peu les skaters dans la ville, alors que « l’essentiel de la pratique du skateboard se déroule dans la rue », rappelle Charley Pascal. Mais même si « la police municipale de Bordeaux est la plus agressive de France, selon Vivien Feil, l’un des fondateurs de la marque Magenta, Bordeaux est devenu l’endroit idéal pour faire du skate : la ville est en marbre, magnifique, il y a des infrastructures pour les gamins, la caserne, on peut exploiter cette ville de plein de façons. » Une école de skate a même été créée par l’association Board’O, qui forme plus de 150 enfants à l’année ! À ce rythme, les skateparks et rues de Bordeaux ne risquent pas de désemplir, et les événements d’attirer encore et encore les skaters de France, et d’ailleurs.


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Le regard de SuGaR Créé à la fin des années 90, SuGaR est le plus vieux magazine de skateboard en France et s’est rapidement imposé comme une référence. Sa rédaction s’est installée à Bordeaux il y a deux ans et demi et ce n’est certainement pas un hasard. Questions à Charley Pascal, rédacteur en chef.

Vous avez déménagé de Paris à Bordeaux, quelle a été votre motivation ? La rédaction était installée à Paris depuis toujours, on a eu envie de changer d’air et par la même occasion de bénéficier d’un climat un peu moins rude. Notre éditeur nous a donné le feu vert, on a commencé à plancher sur les différentes possibilités qui s’offraient à nous, et Bordeaux s’est rapidement imposée. Avec Paris et Lyon, c’est l’une des villes où la scène skate est la plus développée et dynamique. On connaissait pas mal de monde aussi, ce qui a forcément fait pencher la balance puis facilité notre intégration. Selon vous, comment le skateboard a-t-il évolué à Bordeaux ces dernières années ? Déjà, sur un plan architectural, la ville se prête parfaitement à la pratique du skate. Et puis les spots sont très nombreux et variés et relativement proches les uns des autres. La plupart du temps, les gens perçoivent plutôt le côté positif du skate et se montrent relativement tolérants. Nous ne sommes ici que depuis deux ans et demi, donc on n’a pas suffisamment de recul pour juger d’une quelconque évolution. On constate juste que les choses se déroulent de manière positive. Est-il possible de passer une journée à Bordeaux sans croiser un skater ? Ça paraît difficile... Même un jour de pluie, vous en croiserez toujours un à la recherche un endroit abrité. Les gens qui ont marqué le skate bordelais ? Il y en a des dizaines… Dans le désordre : Serge de Freitas, Guillaume Dulout, Léo Valls, JP Trioulier, Sergio Cadaré, Morgan Fabvre, Alex Richard, Yoan Taillandier, Ben Chadourne, Sébastien Daurel… et encore plein d’autres, toutes générations confondues.

La PAS House, skate house par Etnies et Gil Delapointe, skatée par Sébastien Daurel © Charley Pascal

Les marques que les skaters de Bordeaux arborent le plus ? Plutôt des marques indépendantes. Magenta, forcément, surtout depuis que la marque s’est installée ici. On croise pas mal de planches Polar aussi, le distributeur étant également Bordelais.

Où est le point de rendez vous quand on skate a Bordeaux ? Le skatepark ou le skateshop Riot, juste en face.

Le principal inconvénient pour la pratique du skate a Bordeaux ? La météo, qui peut radicalement changer en quelques minutes.

www.sugarskatemag.com

Les skaters à suivre à Bordeaux ? Le premier que vous croiserez !


80 Zut ! Lifestyle × Skate

Le beau geste Des skaters en mouvement, des portraits où les regards règnent en maître, une lumière franche : les photographies de Manuel Schenck s’inscrivent dans la ville et dans l’instant. Un photographe, skater avant tout, qui préfère le geste à la performance.

Il a le regard dur et son cou manifeste sans ambages sa philosophie : « Vivre vite », entre autres inscriptions ornant son corps. Derrière cette affirmation qui peut sembler brutale se cache en fait un discours simple et une générosité évidente. Manuel Schenck, 27 ans, est un passionné, skater de longue date et photographe depuis six ans. Né à Bordeaux, il a découvert le skate comme nombre de ses adeptes : avec ses amis, avant de bourlinguer et de s’installer pour un an à Marrakech. Là-bas, il se confronte aux différences culturelles qui développent en lui un goût de la découverte et une envie irrépressible d’en garder la trace. Peu de temps après son retour à Bordeaux, un ami lui lègue un Minolta. Il commence par photographier ses amis, « des moments de vie, des photos d’ambiance autour du skateboard », et développe au fur et à mesure une esthétique, toujours en construction, qui se démarque par sa spontanéité : quand Julie Depardieu s’égare avec « honneur », quand il saisit ce je-ne-sais-quoi dans un regard ou se lance à la poursuite des skaters. Une approche souvent frontale et immédiate privilégiant la lumière naturelle, que l’on retrouve dans le travail des photographes qu’il admire : Sem Rubio et ses images ancrées dans leur environnement, Fred Mortagne, surnommé FrenchFred, vidéaste passé à la photographie et adepte du noir et blanc. Ses photographies de skate, il les entraîne dans les sillons de sa propre manière de rouler : « La pratique se fait dans la ville, pas dans un skatepark, même si c’est parfois agréable de s’y arrêter un peu. La

vraie attraction du skate est de découvrir des spots dans la ville, affirme t-il. Je ne suis pas dans la performance, peut-être dans quelque chose de plus esthétique. De moins en moins de gens s’intéressent à la prouesse technique, mais plus à un truc très street, plus original peut-être. » Les meilleurs moments sont ceux qu’il partage avec sa bande de potes, sans prétention ni ambition particulière. C’est elle, d’ailleurs, qu’il préfère photographier : « Je cherche surtout l’attitude. C’est pour ça que je shoote mes amis ou des gens que je respecte. J’ai besoin d’admirer la personne pour pouvoir la mettre en valeur. » Manuel Schenck a les pieds sur terre, en tout cas sur la planche, et le regard tourné vers une pratique respectueuse du skateboard, passant par les traditions et les rencontres mais surtout empreinte d’humilité. Un geste authentique, avec des tricks [figures, ndlr] à l’ancienne qui reviennent sur le devant de la scène skate. Hors de tout effet de mode, il préfère l’expérimentation et s’interroge : « L’industrie de la mode s’est emparée du skate, lui vole même des créations… Certains skaters posent pour de grandes marques et selon moi, tout cela enlève quelque chose à l’essence de cette pratique. Est-ce vraiment bien pour nous ? Je ne crois pas. Une fois la mode passée, ils passeront à autre chose... Au roller j’espère. » [sic] manuelschenck.com


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“La pratique se fait dans la ville, pas dans un skatepark”

Paul Grund © Manuel Schenck


82 Zut ! Lifestyle × Skate

Vivre sa ville Créée en 2010 par Soy Panday, Vivien et Jean Feil entre Paris et Strasbourg, Magenta n’est pas seulement une marque de skate. Parlons plutôt d’un mouvement soutenu par des produits de qualité. Avec un bureau à Bordeaux, Magenta délivre sa philosophie aux skaters de la ville : ouverture et rencontre. Léo Valls, sponsorisé par Magenta, dans le centre ville de Bordeaux © Jean Feil

« On n’a pas créé cette marque pour gagner de l’argent », déclare Vivien Feil. Distribuée dans 24 pays et représentée par 10 personnes à travers le monde, Magenta vend des séries de planches originales et des vêtements liés au skateboard, mais s’organise comme un mouvement. « Nous, on vend des produits pour faire la promotion du skateboard et une certaine manière de le penser », poursuit Vivien Feil. Une pensée qui se place loin des principes énoncés par la vague californienne présentant le skater comme un être à part, doué de facultés physiques exceptionnelles, membre d’une communauté aux idéaux propres, donc forcément en dehors de la société. Magenta envisage le skateboard comme un outil d’expérience personnelle : « Plutôt que de partir dans la performance, on met en avant une manière d’expérimenter la ville, explique Vivien Feil. Il faut se promener dans toute la ville. Quand tu es dans la rue et que tu fais du skate,

les gens s’y intéressent, le dialogue est extrêmement facile. Il faut profiter de cet intérêt, ne pas se mettre à l’écart. » De fait, Magenta prône un retour aux fondamentaux : le skate comme un moyen de déplacement alors qu’il est perçu par le grand public, influencé par l’image que véhicule l’industrie, comme un outil de compétition. C’est donc un rapport à la ville que la marque questionne : « Est-ce qu’on doit circuler juste pour aller faire ses couses ou au travail ? On se rend compte que la ville est organisée autour du prévu, mais comment la société gère-t-elle l’imprévu ? » Au même titre, Vivien Feil s’interroge sur le bien-fondé des skateparks : sont-ils utiles à l’apprentissage de la discipline ? « Ils sont littéralement construits pour parquer les skaters. Quand on va dans ce genre d’endroit, on sait qui on va voir et ce qui va se passer, alors que la rue est tellement plus vivante ! » Magenta revendique une pratique libre, tournée vers le vivre ensemble,

qui se manifeste dans ses produits par une esthétique qui relaie le message. Avec une nouvelle série de planches tous les trois mois et des vêtements qui marchent bien, cette philosophie trouve chaque jour de nouveaux adeptes, dont une grosse part se trouve, bien sûr, à Bordeaux. www.magentaskateboards.com


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Do It Yourself ! Photographe et skater depuis 27 ans, Éric Antoine – collaborateur de Zut ! –, explore depuis toujours le côté créatif de ces milieux, s’éloignant radicalement des tendances. Dans son livre Port Land, il utilise la technique du collodion pour photographier l’univers de ce skatepark en béton, construit à Bâle par une bande de passionnés emmenée par Oli Buergin.

D’abord, qu’est-ce que le collodion ? Le collodion humide est un procédé que j’utilise beaucoup dans mon activité artistique. C’est un procédé ancien, totalement artisanal, sur verre, assez contraignant mais qui assure une finesse et un rendu inégalable. Ce n’est pas l’idéal pour du documentaire, donc assez éloigné de ma démarche habituelle mais j’ai pris ça comme un challenge. Pendant 20 ans, j’ai photographié des skaters en mouvement, avec 6 flashes autour d’eux, dans de véritables studios improvisés en pleine rue, le but étant de les figer absolument. Je me suis toujours adapté à leur mouvement. Pour Port Land, j’ai fait le choix de prendre le temps, je les ai forcés à s’adapter à moi pour un moment, c’est une sorte de vengeance. Tu dis envisager Port Land comme un ensemble de sculptures, est-ce important pour toi de souligner cet l’aspect artistique du skateboard ? Bien entendu, la démarche artistique est sous-jacente dans le skateboard. À la base, ce n’est pas une discipline où compte uniquement la performance : le style vestimentaire, la démarche, le style des mouvements, le choix des lieux et des figures, tout est important. La construction d’une telle structure dans une masse de béton aussi importante, façonnée à la main, est une véritable sculpture ! En quoi Port Land est-il unique à tes yeux ? Port Land est unique parce qu’il a été fait à la main, c’est un lieu de totale liberté dessiné à la volée pendant la construction, selon les envies et les idées de ses concepteurs. Ce projet Do It Yourself s’oppose à des pratiques régies par des

Oli Buergin, concepteur de Port Land © Éric Antoine

autorités devenues ultra-protectrices, qui imposent des courbes lentes, glissantes, des barrières de sécurité partout, pas de barbecue, un casque, et surtout le mélange des pratiques. Le skateboard est une activité complexe, il faut laisser ses pratiquants les plus expérimentés prendre les décisions et diriger les constructions. Port Land, c’est ce refus de rouler sur des structures planifiées par des institutions qui ne comprennent pas les besoins spécifiques de cette communauté. Cette démarche ressemble à la photographie que je pratique : je fabrique tout moi-même et refuse d’utiliser du matériel manufacturé. On fabrique nos propres jouets, nos propres outils. On n’est jamais mieux servi que par soi même, non ?

Éric Antoine, Port Land, éditions 19/80, 56p., 38 € www.1980editions.com www.ericantoinephoto.com


84 Zut ! Lifestyle × Design

L’éclate ! PAR CÉCILE BECKER


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Tout jeune studio global et bordelais créé en avril 2013, Hekla développe des projets clé en main. De l’architecture à l’aménagement intérieur, du mobilier au graphisme, il offre aux clients une cohérence esthétique. Derrière ce nom, quatre jeunes gens, quatre personnalités, quatre spécialités pour une démarche dynamique autour du minimalisme et des formes graphiques.

Ils ne l’avaient pas encore réalisé, trop occupés aux projets qui s’enchaînent, mais ce mois d’avril signe le premier anniversaire du tout jeune studio global Hekla. Basé à Bordeaux, avec une antenne parisienne, il réunit quatre copains passionnés par le design sous toutes ses formes, avec chacun sa spécialité. Antoine Gervais, le plus barbu, est architecte ; Thomas Pujol, le Parisien, est architecte d’intérieur ; Johan Luciano pense le design produit et Kevin Auger élabore graphismes et sites Internet. Ce studio global a été pensé dès leur rencontre sur les bancs de l’école. « On s’est rencontré sur un workshop entre design d’espaces et design mobilier, raconte Antoine. On devait créer une assise, ça s’est concrétisé par un banc. C’est comme ça qu’on a appris à travailler ensemble. » Après avoir chacun vécu leurs expériences, ils dessinent les contours d’Hekla en créant un collectif. Quelques mois plus tard, le studio global est né, conçu comme une boîte à outils complète qui permet une perméabilité entre les talents et à leurs clients de penser une identité visuelle, du logo au mobilier unique et sur-mesure. « On essaye toujours de mettre nos quatre personnalités dans un projet, qu’il soit global ou non, explique Johan Luciano. C’est comme ça qu’on avance. Quand on fait appel à Hekla sur un projet de graphisme, tout le monde donne son avis. » Des projets émane ainsi une vraie cohérence esthétique : les dessins, meubles, aménagements font la part belle à des lignes graphiques, dominées par la typographie. « On arrive naturellement à des formes qui paraissent simples et géométriques, qu’on peut également retrouver dans l’architecture, analyse Kevin Auger. Malgré nous, on voit dominer des coupes franches et un certain minimalisme. C’est devenu notre marque de fabrique. » Le geste n’est

cependant jamais gratuit : une conception estampillée Hekla sera toujours le résultat d’une équation sensible entre fonction et esthétique avec le matériau comme dénominateur commun. C’est dans les projets réunissant leurs quatre expertises que leur symbiose est la plus palpable. Avec le restaurant street food O’Petit en’K, ils ont illustré les nombreux avantages de cette démarche globale : Hekla s’immerge, s’amuse, essaye, propose, résout les contraintes liées à l’espace en temps réel, ce qui permet un gain de temps et, surtout, une image maîtrisée dans ses moindres détails. Depuis que leur lampe Magneto a été récompensée par le prix révélateur de talents Cinna, le rythme s’accélère : ils travaillent en ce moment même sur un cuvier, la refonte de l’identité visuelle du bar emblématique bordelais Le Régent et sur les dessins d’un lit et d’une commode pour un client tenu secret, en n’oubliant jamais de noircir leurs carnets de dessins d’idées folles et de gribouillages délicieusement ridicules. Hekla, c’est aussi l’éclate. www.studiohekla.com


86 Zut ! Lifestyle × Design

La lampe Magneto « C’est un projet qui a été fait sans but au départ. C’est une expérimentation autour d’Oxymore et donc, de la magnétisation : le défi était de dissimuler l’aimant dans le bois. Le nom est une référence à X-Men, comme une blague. Lorsqu’on a envoyé le projet à Thomas, il n’a pas compris. Du coup, dans la précipitation de l’envoi du dossier pour le concours Cinna, le nom est resté. On a eu de la chance, car pour la remise de prix, personne ne nous a pas posé question. »

L’enfilade Mirage « On a beau faire le plus beau meuble, quand le livreur le livre mal... C’est frustrant. L’enfilade est partie de chez l’ébéniste à Montreuil dans un parfait état, deux jour après, le meuble est arrivé embouti par la transpalette. »

La table de chevet Victoria « À la base, c’est une table dessinée pour un particulier : une personne de 80 ans avec un intérieur assez vieillot. On est sorti de cette ambiance avec un meuble contemporain aux lignes légères. »


87 Le coin détente

“ Le projet idéal, c’est surtout un client qui nous fait confiance”

Le restaurant O’petit en’K « On a signé mi-juillet, le chantier a commencé mi-août, on avait donc deux semaines pour penser le projet. Un temps record… Et au final, on n’est pas revenu sur les plans, le client a tout de suite aimé. Comme quoi, la première intuition était la bonne. On a su cibler les intentions du client rapidement et il nous a fait confiance. Du coup, on a pu s’amuser avec un budget assez réduit. On est tous les quatre très contents du résultat. »

Le studio global Hekla, c’est avant tout une histoire de copains. Moyenne d’âge : 28 ans. Au bureau, entre dessins, projets et études, le sérieux laisse souvent place à la bonne humeur. La preuve avec cette interview en 5 questions, où le gimmick éditorial [Rires] n’est pas vraiment utile pour comprendre où l’humour se cache. Pourquoi la barbe ? Johan Luciano : La barbe, c’est surtout Antoine, qui est devenu notre mascotte. Ça a un côté utile parce que les clients ne l’oublient pas, donc on ne nous oublie pas. Antoine Gervais : Ça représente une certaine philosophie du montagnard, comme si on montait, toujours vers le haut. Et puis, j’essaye de remettre au goût du jour le côté « roux ». Votre running gag ? Kevin Auger : Dans notre bureau, on a un community manager, Laurent, qui est un grand blagueur. C’est une machine à blagues. C’est lui le running gag. Laurent : J’arrive à 9h30 au bureau. Je travaille jusqu’à 9h45, ça me laisse beaucoup de temps pour leur faire des blagues. La dernière dispute ? J.L. : Il y a deux jours, on a reçu les nouveaux bureaux qu’on a dessiné nousmêmes. Il y a eu des petites frictions... A.G. : Sinon, un truc extra-scolaire : vendredi dernier à Paris, on ne voulait pas aller dans le même bar. Combien de cafés par jour ? A.G. : À nous quatre, on totalise huit cafés par jour. On devrait plutôt compter en bouteilles d’eau : trois par jour. Et attention, nous buvons de la Source des Pins, c’est la moins chère et elle est bien de chez nous. Le projet idéal ? A.G. : Ce serait bien sûr, un projet de design global. Quand on bosse tous ensemble, c’est cool. K.A. : Le projet idéal, c’est surtout un client qui nous fait confiance. Personnellement, c’est de pouvoir graphiquement faire ce que j’aime. Dans chacune de nos disciplines, on est très porté sur le matériau. Pour nous, c’est très important : le type de bois, de papier, d’encre, la finition. Ce sont des choses qui coûtent cher, et quand on peut le faire, c’est assez jouissif.


88 Zut ! Lifestyle × Déco

Flori­l(i)ège

Matériau naturel et millénaire, il inspire les designers avec sa « green attitude ». Ce printemps, le liège s’expose au musée et ZUT ! vous a sélectionné son best of des tabourets ayant le plus de « Cork » !

PAR MYRIAM COMMOT-DELON

Scolaire

© Rodet, design Fred Rieffel, photo : Alexis Delon / Preview

Tabouret Max en liège et tubulaire laqué orange, design Fred Rieffel pour Rodet D’autres modèles de cette collection menée par Fred Rieffel et V8 designers (Pierre Bindreiff & Sébastien Geissert) sont à découvrir sur le site Internet de Rodet. www.rodet-home.net

À voir Exposition Design & liège, innovation et création contemporaine, du 17 mai au 21 septembre au Musée du Liège de Mézin. Inauguration le 17 mai à 19h, en présence des designers, à l’occasion de la 10e Nuit européenne des musées. Musée du liège et du bouchon, rue du puits Saint Côme, 47170 Mézin - 05 53 65 68 16 - www.ville-mezin.fr/musee.html


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Equilibré

Scandinave

Tabouret Cork&Craft, design Antoine Phelouzat chez Gallery S.Bensimon www.gallerybensimon.com

Tabouret Drifted, pieds en frêne massif laqué (plusieurs coloris et une version haute), design Lars Beller Fjetland pour Discipline e-shop : www.discipline.eu

Tapageur

Bouchonné Tabouret ou ottoman Corks en liège aggloméré, design Jasper Morrison pour Moooi - e-shop : www.nostraforma.com

Tabouret Tembo en bois, métal et liège (version haute ou basse et deux coloris), design Note Design Studio pour La Chance, en vente chez Ipsum 17, cours du Château Rouge 09 80 92 03 70 www.ipsum-bordeaux.fr www.lachance.fr

Gourmand Tabouret Macaron en liège et mousse (2 tailles disponibles), design Toni Grilo pour Haymann www.silvera-eshop.com

Iconique Pétillant Tabouret Bouchon, en liège et acier tubulaire laqué (plusieurs coloris et deux hauteurs), design Andrea Radice & Folco Orlandini pour Domitalia - www.domitalia.it

Tabouret Cork Family en liège, design Jasper Morrison (2004) pour Vitra, en vente chez Agora Mobilier 17, cours Georges Clemenceau 05 56 06 05 86 - www.agoramobilier.fr

Punaisé Table et tabouret Pushpin, design Kenyon Yeh pour Esaila www.esaila.com


90 Zut ! Lifestyle × Services


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Le Bel Étage PAR NATHALIE VALLEZ-LACAZE PHOTO JULIE REY

Une bonne humeur contagieuse et un dynamisme à toute épreuve. Rencontre avec les deux audacieuses concierges du Bel Étage !

Le Bel Étage, c’est celui de l’appartement noble, avec salles de réception et balcons. Un nom que Bérangère et Caroline, créatrices de la conciergerie éponyme, ont choisi en référence aux concierges du XVIIIe à Paris qui désignaient ainsi le 2e étage : « Celui où on organisait des réceptions… c’est là que les choses se passaient ! » Ce nom évoque aussi leur histoire : « Bérangère était ma voisine, commente Caroline, nous nous sommes de suite très bien entendues. Comme je travaillais chez moi, on a passé beaucoup de temps ensemble, et on s’est vite rendu compte qu’on avait plein de points communs : une même envie d’aider les autres, de mettre à profit nos réseaux respectifs. » Et l’idée émerge vite : pourquoi ne pas monter une conciergerie au service des autres ? Installées à Bordeaux depuis une dizaine d’années, Bérangère et Caroline avaient des vies personnelles et professionnelles bien remplies. Caroline, déjà super maman, tient l’agence de mannequins MayJune depuis 13 ans : « J’arrive à concilier mes deux activités au prix de quelques sacrifices, s’amuse-t-elle, mes soirées ressemblent plus à des journées de travail qu’à des plateaux télé ! » « Je l’appelle l’ouvre-boîte, plaisante de son côté Bérangère, qui se montre compréhensive. On arrive à bien s’organiser ! » Elle-même ancienne chargée de communication, elle a profité de l’arrivée de sa fille, pour s’investir dans des associations d’art graphique et de photos, et travailler ainsi son réseau. Leur rencontre a été un déclic. L’idée de la conciergerie les a séduites car elle mêle une partie événementiel (voyages, mariages…) avec un service du quotidien :

des petites mains pour aller chercher la voiture au garage, le pressing, etc. ! Car une des spécificités du Bel Étage est de ne pas se cantonner à la conciergerie de luxe. « Trouver une nounou, une femme de ménage, organiser un anniversaire, ce n’est pas ce qui rapporte le plus, mais ça fait partie du job », même si quelques demandes particulières valent bien l’anecdote ! « Nous avons organisé le shopping privé d’un couple de Chinois aux Galeries Lafayettes Haussman : il a fallu trouver quelqu’un qui parlait mandarin, qui a pu les recevoir, les conduire sur les stands retenus, sans qu’ils attendent aux caisses, et que tout soit livré ensuite à l’hôtel. » Pour l’instant, les demandes n’ont été ni folles, ni irréalisables, mais il faut s’habituer à travailler dans l’urgence. « Les choses incroyables, on s’y attend, on y est préparées. » Elles ne s’économisent pas et n’ont pas peur de rester connectées 24h/24. « Lorsqu’un joueur de foot nous a appelées à 0h30 pour aller à Disney le lendemain matin, on a passé la nuit sur notre ordinateur, il a fallu trouver la direction de la comm’ et à 8h30 ses places VIP l’attendaient à l’accueil ! » Leurs clients sont à 65% des entreprises et à 35% des particuliers. « C’est plus facile de se faire connaître par les réseaux professionnels », soulignent-elles. Et il est arrivé que des salariés fassent ensuite fait appel à elles en tant que particuliers : « Le bouche à oreille fonctionne bien, nous misons tout sur notre belle réputation ! » Moment fort de leur activité : l’été sur le Bassin. Là encore, il faut être réactif : « Si on nous demande un coach sportif dans les 2 heures, à nous d’assurer… surtout qu’un people satisfait c’est 10 people derrière ! »

Le carnet d’adresses regroupant tout un panel de prestataires qualifiés est bien sûr leur plus gros atout. Si elles délèguent et font régulièrement appel à des nounous, chefs à domicile, coaches sportifs, esthéticiennes, masseurs ou chauffeurs privés, elles prennent aussi un maximum de tâches en charge. « Notre travail ne consiste pas seulement à de la mise en relation, on gère tout de A à Z », soulignent-elles. Bien souvent, les clients leur font confiance et leur donnent carte blanche. Toute leur communication repose sur leur duo et leur savoir-faire, car la clé de leur réussite reste leur incroyable complicité : « À l’inverse de ce qu’on peut penser, on fait tout ensemble, précise Caroline, des choses qui nous ressemblent à toutes les deux. » Si Bérangère est décrite comme la plus créative, celle qui a 100 idées à la minute, Caroline, la chef d’entreprise, est quant à elle très pointilleuse : « C’est moi qui fais les factures », rit-elle… Un humour commun « qui peut parfois fatiguer les autres ! » et une même volonté de répondre à tous les chalenges : « Rien ne nous fait peur. » « Il n’y a aucune rivalité entre nous, continue Caroline, notre amitié se construit via le boulot, c’est très sain, on se dit les choses ! » Ce mélange de force et d’esprit leur ont permis de pousser les portes des clubs d’entreprises et événements sportifs : « On navigue dans un monde d’hommes, c’est notre atout, il faut être couillues pour s’imposer face à eux ! » www.lebeletage.com


92 Zut ! Lifestyle × Restos

Zut à table !

Bread Storming C’est l’alliance de produits frais, du 100% fait maison, d’un accueil enthousiaste et d’un lieu propice à une sereine dégustation, entre ambiance scandinave et esprit brut très Brooklyn. Focus sur les créations de Fabien et Marion, deux virtuoses du casse-croûte… Il y a les classiques comme L’indémodable ou le Caesar, et l’on retient le premier pour son rôti de bœuf, le second pour sa mayonnaise à l’estragon ! Pour le peps, on opte pour le Décalé à base de saumon avec son avocat et sa pomme granny… Et pour finir en beauté, Marion vous concocte le Banofee, un crumble de Petit Lu sur lit de caramel de lait, banane et crème fouettée ! Une fois par mois, participez au jeu concours de la meilleure recette sur la page facebook de Bread Storming : le gagnant verra son sandwich à l’affiche… jusqu’au mois suivant ! (A.N.) 27, rue Notre Dame aux Chartrons 05 33 05 57 06

Bistrot des grands hommes Après un an d’existence, le succès de cette table gourmande ne s’est pas démenti. La raison ? Une cuisine maison, avec juste ce qu’il faut d’originalité et d’inventivité, préparée à partir de produits frais. Une carte qui change chaque jour (la petite cuisine ne peut pas accueillir de congélateur), selon l’humeur du Chef Gilbert Okoin qui a fait ses classes comme Chef de partie chez Jean Ramet et Michel Trama, respectivement * et ** au Michelin. Excusez du peu ! Il suffit de goûter le ris d’agneau délicatement poêlé et accompagné de son étonnante pulpe de petits pois ou encore les légumes oubliés servis avec un jaune d’œuf confit (cuisson à 64° pendant 12 mn) pour comprendre pourquoi ce restaurant de quartier est envahi chaque jour par des habitués. Côté vins, il faut faire confiance à l’expérience de négociant et de caviste du patron, Richard Suteau. Sa carte, avec des prix qui ont la sagesse de rester raisonnables, fait bien entendu la part belle aux Bordeaux avec une sélection qui va d’un subtil Côte de Franc (Château Le Puy) à un envoûtant Saint Émilion Grand Cru (Château Garcia). Chaque mois, Richard ouvre sa cave à l’occasion de soirées dégustation. (P.M.) 10, place des Grands Hommes 05 57 83 60 26

Totto bistro e cucina Dans ce restaurant de spécialités italiennes situé au cœur du centre historique de Bordeaux, on profite de la terrasse en toute saison ! Petit secret : elle est couverte et chauffée si besoin. L’intérieur ? Une ambiance ristorante italien et une déco vintage donnent à la pièce principale chaleur et convivialité. Le Chef propose une carte savoureuse et variée où chaque plat chante l’Italie : Rimini, Arancini, Parmigiana entre autres ! Les pizzas fraîches sont faites maison et élaborées à partir des farines de blé italiennes Caputo. Quant aux pâtes, elles proviennent des meilleurs mélanges de semoule : des blés durs de première qualité. Ainsi les qualités gustatives et nutritives sont préservées au maximum. Vous prendrez bien un dessert ? Oh oui, on a envie du célèbre tiramisu, de babas limoncello ou du mythique TOTTO profiterole géant ! Les amateurs de vins italiens ne seront pas en reste, avec une carte dédiée. Et avec ceci ? Un café per favore ! (M.D.) 10, place du Parlement 05 56 44 06 37


© Alain Caboche

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Brasserie Le Bordeaux En attendant l’arrivée prochaine d’un nouveau Chef étoilé pour son restaurant gastronomique Le Pressoir d’argent, c’est à la Brasserie Le Bordeaux que le Grand Hôtel de Bordeaux & Spa accueille depuis le début de l’année un autre chef de renom : Stéphane Carrade. Après avoir décroché deux étoiles pour son restaurant chez Ruffet à Jurançon pendant trois années consécutives, puis un passage à la Guérinière sur le Bassin d’Arcachon, ce Béarnais rejoint l’établissement 5 étoiles en qualité de Chef des Cuisines. La cuisine, il est tombé dedans tout petit ! Dès 5 ans, sa grand-mère l’initie en lui communiquant l’amour des produits simples de la ferme et en lui confiant ses secrets, qu’il n’aura de cesse, alors, de réinterpréter. Après une expérience londonienne, Jean Bardet à Tours puis Alain Ducasse repèrent ce Chef formé à Talence et lui donnent l’occasion d’exprimer son talent généreux dans leurs établissements. Au Grand Hôtel de Bordeaux & Spa, il sera merveilleusement secondé par Olivier Garnier, un ancien du restaurant Les Ambassadeurs à l’hôtel Crillon, formé à l’Institut Paul Bocuse et que nombre de Bordelais ont connu lorsqu’il officiait dans son Bistrot’Nomik. Il suffit de goûter à son Œuf coque sans coquille, avec son Jimboura de boudin noir (divin !) et ses Chipirons crus-cuits au pimenton de la Vera (étonnant !) pour saisir toute l’invention gourmande de ce Chef. Attention, pluie d’étoiles attendue sur la place de la Comédie ! (P.M.) Grand Hôtel de Bordeaux & Spa 2-5, place de la Comédie 05 57 30 43 46

Little Bangkok C’est l’étonnante association de deux hommes, deux enfants du quartier qui veulent offrir un lieu différent à Saint Michel, qu’ils se plaisent à qualifier de « carrefour culinaire ». Avec leur Asian soul food, Phonexay, fondateur du regretté Melly Melow place Fernand Lafargue, et Mohamed ont manifesté leur envie commune « d’expression gastronomique ». Asian soul food ? C’est comme un label officieux qui garantit l’héritage culinaire. Sur une base asiatique fusionnent des épices du monde pour concocter, au wok ou à la plancha, des mets aux senteurs incomparables. Phonexay prend un malin plaisir à créer ses propres plats, comme le Red ou le Brown Rice, déclinables, comme tous les plats de la carte, pour les végétariens et les végétaliens ! Tous les produits sont frais, Phonexay et Mohamed s’approvisionnent quotidiennement chez les commerçants de la rue pour nous soumettre des assiettes généreuses dans un lieu authentique, à l’image des propriétaires ! Sur un fond musical « rare groove », on peut admirer la danse des chefs entre les flammes et les lames affûtées. Parfait pour faire un break en milieu de journée. Ne prévoyez pas de rendez-vous trop tôt, car à coup sûr vous ne voudrez plus partir ! (A.N.) 89, rue des Faures 06 46 31 94 96


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SÉLECTIONS lifestyle

DÉCO

Multiformes

La force du design italien ? Une fabrication industrielle de qualité, attachée à une véritable tradition artisanale. Poliform l’incarne à la perfection : l’usine familiale, née en 1942, s’est transformée en 1970, puis en 1996, a racheté le cuisiniste Varenna pour finir par développer en 2006 des collections affûtées de fauteuils et de canapés. Et dans le détail ? Des systèmes et des compléments d’ameublement conçus pour toute la maison, des bibliothèques aux armoires, en passant par les lits… Un concept global et une « maison Poliform » en très grande forme ! Les designers stars ? Jean-Marie Massaud, Marcel Wanders, Carlo Colombo, Vincent Van Duysen, Paolo Piva, Paola Navone, Studio Kairos… Que rajoutez ? Qu’il suffira désor-

mais de se rendre chez Ipsum, pour découvrir l’univers innovant et contemporain de Poliform, ravi de déployer ses ailes dans ce lumineux showroom installé au cœur de Bordeaux. (M.C.D) Poliform chez Ipsum 17, cours du Chapeau Rouge 09 80 92 03 70


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VISITE Photo : Christophe Urbain

Les Anges d’Aquitaine CUISINE

Master Chef Une cuisine Bulthaup, c’est beau, mais quand on sait s’en servir, c’est encore mieux ! Plusieurs fois par mois, le showroom bordelais est investi par des passionnés et des débutants que le chef Anne Fahmy initie à de subtiles saveurs, à préparer et déguster ensemble. Au menu des ateliers FoodAvenue : ravioles de langoustines sur embeurrée de choux, œuf parfait et fèves fraîches cuisson vapeur, risotto vert aux Saint-Jacques, charlotte inversée aux framboises… Un moment gourmand, dont on fera profiter famille et amis ! (P.M.) Bulthaup, 34 place des Martyrs de la Résistance Infos et inscription aux ateliers : annefahmy@foodavenue.fr

50 ans de jumelage ! Los Angeles sera l’invitée d’honneur de cette 9e édition de Bordeaux Fête le Vin, premier évènement œnotouristique au monde. Une route des vins rectiligne et longeant la Garonne sur 2 km permettra la dégustation, avec modération évidemment, des 80 appellations de Bordeaux et d’Aquitaine, alors que dans la ville se dérouleront moult animations culturelles, ludiques, gourmande et que résonneront les décibels musicals et pyrotechniques. Bordeaux fera la part belle aux Anges ! (P.M.) Bordeaux Fête le Vin, du 26 au 29 juin 05 56 00 66 00 www.bordeaux-fete-le-vin.com

VISITE

Un jardin extraordinaire Un joyau à redécouvrir… Le parc du Château Chasse-Spleen – Cru bourgeois exceptionnel du Médoc – abrite sur 1,8 ha arbres d’ornement, allées sinueuses, pièce d’eau et œuvres d’art contemporain. Une merveille à visiter lors de la 12e édition des Rendezvous aux jardins. Sur le thème de “L’enfant au jardin”, il proposera en sus des visites guidées du parc et des chais une série d’animations éducatives : sensibilisation aux abeilles, fabrication de nids, démonstrations d’art topiaire… Et pour les plus grands, des dégustations. (P.M.) Rendez-vous au jardin, du 30 mai au 1er juin www.rendezvousauxjardins.culture.fr Château Chasse-Spleen à Moulis-enMédoc - www.chasse-spleen.com


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VISITE ÉVÉNEMENT

Ab’ FIB La Foire de Bordeaux célèbre Big Apple et met le paquet ! 5000m2 d’exposition consacrée à la ville de tous les fantasmes et de tous les possibles : de quoi vivre l’American Way of Life, le vol transatlantique en moins. La FIB fait ainsi le point sur les mythes et réalités, d’hier et d’aujourd’hui, au fil de quartiers emblématiques fidèlement reconstitués et d’animations sportives et culturelles : street basket et line dance, pompiers new-yorkais et cheerleaders, voitures anciennes et Harley-Davidson… Absolument fabuleux !

M’as-tu vu ? Entre bar lounge à l’esprit scandinave et laboratoire aux arômes surprenants, MAT ! ne passe pas inaperçu dans le paysage des cigarettes électroniques. Concept store inclassable, on peut s’y arrêter vapoter et s’enivrer d’une multitude de parfums (exotiques ou classiques), sans nuire à sa santé. À ce propos, MAT ! organisera le 17 mai un rendez-vous avec une professionnelle de la santé, l’occasion de découvrir ce monde aux volutes bleus qui vous veulent du bien ! (A.N.) 10, rue Georges Bonnac – 05 56 23 22 42 - www.matroom-bordeaux.com

Foire Internationale de Bordeaux, du 24 mai au 1er juin au Parc des Expositions www.foiredebordeaux.com

VISITE

Golf’n’Girls Golfeuses chevronnées ou débutantes, réservez votre 1er juillet pour participer à la 1re édition du Trophée de la Bordelaise ! Dans le cadre magnifique du Golf du Médoc, EventGolf vous invite à driver, pitcher, putter et profiter des animations, soins, conseils, ainsi que des prestations haut de gamme de ce resort 4 étoiles. Non seulement vous vous ferez plaisir, mais vous participerez aussi à une opération caritative, puisqu’une partie des frais d’inscription sera reversée à la Fondation Bergonié, engagée dans la lutte contre le cancer. (P.M.) Trophée de la Bordelaise, le 1er juillet au Golf du Médoc http://tropheedelabordelaise.fr

VISITE

Grand Central 7e édition du Tournoi International de Tennis de Bordeaux –BNP Paribas Primrose – qui rassemble un plateau relevé rassemblant de nombreux joueurs du TOP 100 mondial. L’an passé, c’est Gaël Monfils qui avait remporté la finale face à Michael Llodra. Cette année, les joueurs s’affronteront sur un court central habillé d’une nouvelle couleur (Bordeaux, bien sûr !) et les spectateurs, en plus des matches, pourront participer à une série d’animations : colloques, journées des dames, des enfants, du tennis handisport… Primrose, du sport et bien plus encore. (P.M.) Tournoi BNP Paribas Primrose, du 12 au 18 mai à la Villa Primrose www.atp-primrosebordeaux.com


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