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Hiver 2013

culture tendances lifestyle

Bordeaux NumĂŠro zĂŠro / Gratuit


1 4 , P L A C E D ES G R A N D S H O M M ES

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BORDEAUX

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T. 0 5 5 6 4 3 6 6 0 0

B O U T I Q U E E N L I G N E : W W W . H ES C H U N G . C O M


Zut tous azimuts ! Avec une expérience éditoriale de plus de 20 ans dans le domaine de la presse indépendante, la Zut Team développe à partir de Strasbourg pas moins de quatre éditions – dont une en Allemagne. Le hasard des rencontres et l’envie d’adapter son concept éditorial à d’autres villes la conduit aujourd’hui à créer l’édition Zut ! Bordeaux : un magazine gratuit qui se veut à la fois élégant et exigeant. L’équipe pose un regard aiguisé sur la ville, de manière décalée et avec un brin de causticité quand il s’agit de faire le grand écart entre rock’n’roll et luxe, avec des sujets aussi bien sur les personnalités, les marques et les boutiques. Zut ! part à la rencontre des habitants de la ville : dans Bordeaux vu par, l’une des rubriques phares, ce sont eux qui choisissent un lieu et deviennent modèles à leur tour l’espace d’une séance ; dans Urban Styles, autre rubrique récurrente, ils révèlent leur propre look de manière souriante et décalée. Une manière de confirmer le nouvel ancrage du magazine dans la ville et sa région, avec l’appui des rédacteurs et photographes qui rejoignent Zut ! sur place. Ces choix éditoriaux renforcés par une approche graphique audacieuse et des sélections mode, déco et design ciblées dans les boutiques de la ville, situent la tonalité particulière du magazine. Les trois cahiers Culture, Tendances et Lifestyle se déclinent de manière rythmée sous des formes diverses : éditoriaux, chroniques personnelles, dossiers complets, sujets de fond, interviews, portraits, reportages photo, shootings mode, micro-trottoirs, brèves incisives et décalées ; ces trois rubriques permettent à la Zut Team d’exprimer de vrais points de vue sur la ville, tout en favorisant une lecture de proximité. Aujourd’hui, celle-ci s’engage avec enthousiasme dans cette nouvelle aventure ; elle exprime sa volonté d’asseoir la nouvelle fréquence saisonnière de son édition bordelaise, tous les trois mois, et ce dès le numéro 1 en mars. Vivement le printemps ! Bruno Chibane


Zut magazine

sortie en mars

Printemps 2014

Pierre Murard Développement commercial pierre.murard@gmail.com 06 11 69 42 28

Adrien Navarro

Zut numéro 1

prochain numéro

Développement commercial adriennavarro@outlook.com 06 35 40 95 93

Emmanuel Abela Rédacteur en chef eabela@chicmedias.com 06 86 17 20 40

Bruno Chibane Direction de la rédaction & commercialisation bchibane@chicmedias.com 06 08 07 99 45

brokism Directeur artistique hello@brokism.com 06 22 76 58 32

Myriam Commot-Delon Directrice artistique mode et tendances myriamdelon@noos.fr 06 14 72 00 67


6 Zut ! Ours

contributeurs zut! team Directeur de la publication & de la rédaction Bruno Chibane Rédacteur en chef Emmanuel Abela Directeur artistique brokism Directrice artistique mode et tendances Myriam Commot-Delon Responsable d’édition Sylvia Dubost

Rédacteurs Emmanuel Abela, Cécile Becker, Myriam Commot-Delon, Sylvia Dubost, Bérangère Erouart, Nicolas Léger, Caroline Lévy, Pierre Murard, Adrien Navarro, Mathieu Parklife, Julien Pleis, Valentine Schroeter, Philippe Schweyer, Claire Tourdot, Fabrice Voné Design graphique brokism Styliste Myriam Commot-Delon Photographes Alexis Delon / Preview, bentz + brokism, Julie Rey, Nico Pulcrano, Patrick Durand Illustrateurs Isaac Bonan, Laetitia Gorsy Stagiaire communication et développement Valentine Schroeter Retouche numérique Emmanuel Van Hecke et Camille Vogeleisen / Preview Mannequin Judith / Up Models Coiffure Alexandre Lesmes / Avila Make-up Jacques Uzzardi avec les produits MAC Cosmetics

Crédits couverture Photographe Alexis Delon / Preview Réalisation Myriam Commot-Delon Mannequin Judith / Up Models Coiffeur Alexandre Lesmes Make-up artist Jacques Uzzardi Chemisier en soie RED VALENTINO Bague et bracelets Le Clou en or rose, or blanc et diamants CARTIER. Studio Photo / Preview 28, rue du Général de Gaulle 67205 Oberhausbergen 03 90 20 59 59 www.preview-tm.fr

Diffusion Zut ! Team Commercialisation & developpement Bruno Chibane, Pierre Murard, Adrien Navarro

Ce trimestriel est édité par Chic Médias 12, rue des Poules 67000 Strasbourg S.à.R.L. au capital de 25 000 euros Direction : Bruno Chibane Administration, gestion : Charles Combanaire Impression : Ott imprimeurs Parc d’activités « Les Pins » 67319 Wasselonne Cedex Tirage : 7500 exemplaires Dépôt légal : décembre 2013 SIRET : 50916928000021 ISSN : 1969-0789

Chic Médias Atlantique (société en création) zut.bordeaux@gmail.com Pierre Murard 159, rue Antonic 33320 Le Taillan Médoc pierre.murard@gmail.com Adrien Navarro 5, rue Delandre 33200 Bordeaux adriennavarro@outlook.com

www.zut-magazine.com


JEAN-PAUL GOUDE POUR AUBERTSTORCH. 44 GL 552 116 329 RCS PARIS. HUT: PHILIP TREACY.

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GALERIES LAFAYETTE BORDEAUX Magasin Principal - 11-19 rue Ste Catherine Magasin Homme - 12 rue Porte Dijeaux Du lundi au samedi de 9h30 à 20h 05 56 90 92 71

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8 Zut ! Sommaire

10 éditorial

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Lifestyle

au bon parfum L’heure fauve

14 Bordeaux vu par Audrey Léger, Marion et Fabien Morichon, Emmanuel Trioné, Phonexay Xay Mong Khol, Jean-François Ley.

Tendances 38 MODE Promesses Série mode

Culture 22 MUSIQUE Le rock à Bordeaux Plongée au cœur du rock avec deux groupes, Strasbourg et JC Satan, et le disquaire Total Heaven 28 CULTURE Les sélections de la rédaction

78 BUSINESS Laurent Balmier Entretien sur fond de non-dits avec le directeur du Casino de Bordeaux

46 JOAILLERIE Ligne Panthère de Cartier Une ligne hommage à l’épouse du joaillier 48 LINGERIE Les regrets aussi Un ensemble élégant et sensuel

20

74 GASTRONOMIE Johan Micoud Rencontre dans le restaurant de l’ancien footballeur : l’Aparté

36

50 HORLOGERIE Timewalker de Montblanc Un petit précis d’horlogerie où matériaux et techniques de pointe rivalisent d’élégance et de virilité. 52 MODE Diesel Reboot Diesel entre dans une nouvelle ère ! 56 SHOPPING Carte grise Une sélection ultra grisante, nette et rigoureuse pour affronter les frimas avec droiture.

58 MODE Graduate Bruno, Johan et Clément, passionnés par le vêtement, veulent apporter une offre alternative à celle des boutiques traditionnelles. 60 ACCESSOIRES Optika Tour d’horizon des marques phares et de quelques exclus.

82 DESIGN IN-EI Issey Miyake Des luminaires poétiques et innovants. 84 DESIGN Collector Design for kids 86 LIFESTYLE Les sélections de la rédaction

62 PARFUMS Une sélection de parfums à offrir, à soi avant tout, pour parfaire son allure. 66 FLASH MOOD Up to date Des envies, en vrac : des shoes, des fringues, du design, tout et rien. 68 URBAN STYLES La fashion dans les streets de Bordeaux 70 TENDANCES Les sélections de la rédaction.

édition Bordeaux

hiver 2013


Tout change, rien ne change

LA BRASSERIE DU GRAND HÔTEL DE BORDEAUX & SPA est devenue en un siècle et demi un lieu mythique et chargé d’histoire avec une cuisine traditionnelle de terroirs. Le Bordeaux vous invite à la dégustation de produits frais et de saison marqués par une riche culture culinaire. Crevettes Impériales de chez David Hervé, Girolles du Médoc ou Veau Bio Morlot-Manseau 100% de Race Bazadaise vous seront proposés pour des instants de plaisir et de convivialité.

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Grand Hôtel de Bordeaux & Spa 2-5 Place de la Comédie, 33000 Bordeaux www.ghbordeaux.com


10 Zut ! édito

oh et puis zut ! PAR

PHILIPPE SCHWEYER

Zut à Dominique A. Zut à Agnès b. Zut à Cécile B. Zut au Point G. Zut à Adèle H. Zut à Catherine M. Zut à Joseph K. Zut à Monsieur Propre. Zut à Madame Claude. Zut à Monsieur Meuble. Zut à Madame Figaro. Zut à Monsieur Bricolage. Zut à Madame Bovary. Zut à Monsieur Cinéma. Zut à la mère Michel. Zut au Père Noël. Zut à la mère Denis. Zut aux zombies. Zut à la zumba. Zut à Zoubida. Zut à Zorro. Zut à Zazie. Zut à Zizou. Zut à Zara. Zut à la folie ordinaire. Zut à la crise de nerfs. Zut à la menace nucléaire. Zut à la calotte glaciaire. Zut à la culotte de cheval. Zut à Elle. Zut à Lui. Zut à Nous Deux. Zut aux briseurs de rêves. Zut aux lunettes noires. Zut aux nuits blanches. Zut aux dentistes. Zut à la musique d’ambiance. Zut à la panne de croissance. Zut au cauchemar climatisé. Zut aux puissances des ténèbres. Zut au voleur de bicyclette. Zut aux idées noires. Zut au voleur d’amphores. Zut à la foule sentimentale. Zut aux filles pas sentimentales. Zut à la femme objet. Zut au mannequin derrière

la vitrine. Zut à la femme d’à côté. Zut à la sirène du Mississipi. Zut à la femme du boulanger. Zut aux abstentionnistes. Zut aux sondages. Zut aux racistes. Zut à la gueule de bois. Zut au découvert non autorisé. Zut à la lettre recommandée. Zut à l’huissier assermenté. Zut à la longue maladie. Zut au tapage nocturne. Zut à l’embouteillage du matin. Zut aux voisins du dessus. Zut à la dépression de saison. Zut à la langue de bois. Zut au plafond de verre. Zut à Bertrand Cantat. Zut à Thierry Bareille. Zut à Iggy Pop. Zut à l’extension du domaine de la lutte. Zut à la révolution. Zut au coup de blues. Zut au burn-out. Zut au démon de midi. Zut à Wong Kar-wai. Zut au K-Way. Zut aux K-7. Zut à Zingaro. Zut à Zapata. Zut à Zappa. Zut à Zlatan. Zut aux mangeurs de pastèques. Zut à l’embouteillage du soir. Zut aux vrais durs. Zut aux faux culs. Zut aux paradis fiscaux. Zut aux maquereaux. Zut aux marchands de sommeil. Zut aux machos. Zut aux danseurs de tango. Zut aux tatoués. Zut aux pneus

crevés. Zut aux yaourts périmés. Zut aux matelas fatigués. Zut aux voyages organisés. Zut à la mort à crédit. Zut à la ville à la campagne. Zut à la presse déprimée. Zut aux chaussettes trouées. Zut aux passeports périmés. Zut aux ouvriers lessivés. Zut aux usines délocalisées. Zut aux familles décomposées. Zut aux parachutes dorés. Zut à la prudence. Zut au manque d’imagination. Zut à la nostalgie. Zut à la vie d’Adèle. Zut à la vie des autres. Zut à la vie devant soi. Zut à la bonne année. Zut à ce numéro zéro et merde à Zut !


12 Zut ! Chronique

Par Sylvia Dubost Illustration Lætitia Gorsy

au bon parfum

1

L’HEURE FAUVE

Le musc est l’une des matières les plus fascinantes de la parfumerie, chargée de fantasmes, d’histoire et d’interdits. Complexe, ambiguë, sale et innocente, animale à faire rougir les plus prudes et bondir les hygiénistes, elle m’a toujours évoqué la figure de l’odalisque, cette esclave vierge des harems ottomans qui a tant inspiré l’occident pictural du XIXe siècle. Un corps blanc et rond alangui sur une fourrure sombre. L’odeur d’un chaton ou d’un fauve, d’une peau chaude légèrement imprégnée de sueur. D’un bouc mal lavé, diront ceux qui ne peuvent s’en accommoder… Le musc est sexuel, excrémentiel, suave, lumineux, voire légèrement fleuri. Si l’aspect animal m’a toujours, et de loin, plus intéressé que le côté propret, force est de constater qu’entre parfums dit « musqués », c’est parfois le grand écart… Mais alors, qu’est-ce que le musc ? Même s’il en existe différentes espèces aux qualités variables, une rose reste une rose. Or, il existe aujourd’hui des muscs, fruits de l’évolution parallèle de l’histoire de la parfumerie et de notre civilisation qui après moult va-et-vient, ont fini par créer le « musc propre ». Une aberration… Il n’en existait à l’origine qu’un seul, produit en période de rut par le chevrotin mâle des montagnes d’Asie. L’Occident en a longtemps raffolé, comme d’ailleurs d’autres odeurs

d’origine animale, et les exhortations de Saint Jérôme à la fin du 4e siècle n’y ont rien changé. Vers le milieu du XVIIIe, assimilées à des substances putrides, les matières animales font l’objet d’un anathème médical. Par ailleurs entaché d’immoralité, on lui préfère alors les senteurs végétales et délicates des eaux de Cologne. Le XIXe, plus libertin que ne le laissent imaginer ses dehors corsetés, le dissimule au fond des parfums, qu’il réchauffe tout en accentuant leur ténacité et leur sillage. Ainsi caché, il devient un élément indispensable de la parfumerie moderne, survivant à l’obsession de propreté d’un XXe siècle qui nie l’animalité du corps et développe ce qu’on appelle les muscs blancs, dont il charge les lessives mais qui au contact du corps exhalent cependant une sensualité certaine et clandestine. Interdit notamment par souci de protéger le bouc porte-musc, le musc animal est synthétisé depuis la fin du XIXe siècle. Depuis une vingtaine d’années, certaines marques de niche lui font à nouveau jouer le premier rôle dans des créations à ne pas mettre entre toutes les narines… Éclairante histoire en tout cas que celle de cette matière symbolisant le combat entre pulsion et raison, fantasmes et codes sociaux. Dès lors, porter du musc ne peut plus être un acte anodin.

Les plus beaux muscs

(liste non exhaustive et parfaitement subjective)

Muscs Koublaï Khan, Serge Lutens (1998) : le plus animal et violent, qui finit, au fil d’une évolution magistrale, par ronronner comme un chat. Musc ravageur, Maurice Roucel aux éd. Frédéric Malle (2000) : à la fois bestial et gourmand, un musc beignet-cannelle bien beurré. Original Musk, Kiehl’s (1963): plus fleuri que le Lutens, une animalité rare dans la parfumerie américaine. Bois et Muscs, Serge Lutens (2005) : déclinaison de Féminité du bois, le musc enveloppe le cèdre de douceur et de suavité. Fleur poudrée de musc, Les Néréides : un petit côté rétro pour un musc des plus puissants. Clair de musc, Serge Lutens (2003) : très beau musc blanc, propre et fleuri mais à l’évolution charnelle. White Musk, The Body Shop (1981) : une construction très similaire au précédent pour un prix bien plus modique. Préférer la version huile de parfum, sublime. Muschio oro, Santa Maria Novella : un musc blanc lumineux, doux, propre, un peu gourmand… un bonheur.


Un projet CAPC Archives municipales de Bordeaux INA

SIGMA SIGMA SIGMA SIGMA SIGMA

14. 11. 2013 – 02. 03. 2014

CAPC musée d’art contemporain Entrepôt Lainé, 7 rue Ferrère capc-bordeaux.fr

Partenaires Les Amis du CAPC. Air France, Fondation Daniel et Nina Carasso, Lyonnaise des Eaux, Château Chasse-Spleen, Fondation d’entreprise Hermès, Lacoste Traiteur, Farrow & Ball, Château Haut Selve, Hôtel La Cour Carrée. Radio Nova, Libération, Mouvement.


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Bordeaux vu par PAR PIERRE MURARD et ADRIEN NAVARRO PHOTOS JULIE REY

Ils vivent, travaillent, créent et sortent à Bordeaux. Les hommes et les femmes qui font vibrer la ville nous font découvrir leur lieu préféré.

О


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Audrey Léger 40 ans

Directrice commerciale du JSA Bordeaux Basket et responsable de son Wine Club

Où ?

Château Labottière Institut culturel Bernard Magrez « Bordeaux s’enrichit d’un mécène tel que Bernard Magrez, qui sait si bien marier excellence des vignobles, tradition bordelaise des Hôtels particuliers du XVIIe siècle et modernité d’un art contemporain sans compromis. »

Actu !

Accompagne le projet de doter Bordeaux d’un grand club de Basket : une mission confiée par Boris Diaw, président du JSA Bordeaux Basket. En janvier 2015, entrée du club dans un Palais des Sports entièrement rénové. www.jsabordeauxbasket.fr  Manteau et chemisier A.P.C., bonnet Mesdemoiselles chez Sun

Ven 22 nov


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Restaurateurs

Lun 25 nov

Marion et Fabien Morichon 35 et 28 ans

Où ?

Place Saint-Pierre « On aime ce quartier « trentenaire », ses bars chaleureux, ses boutiques décalées, avant-gardistes et cette proximité humaine si particulière. C’est un véritable village dans la ville, nous y dînons, nous y sortons, nous y flânons, nous y sommes bien, tout simplement ! »

Actu !

Sandwichs et salades préparés avec les produits frais de petits producteurs chartronnais et nouvelle création chaque semaine. Concours sur la page facebook : www.facebook.com/ breadstorming Bread Storming, 27, rue Notre Dame aux Chartrons Pour elle : robe en laine Mesdemoiselles chez Sun Pour lui : parka et pull A.P.C. chez Graduate


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Ven 22 nov

Emmanuel Trioné dit “Nouch Be Trash” 33 ans

Où ?

Place Camille Jullian « Située au cœur de Bordeaux, où l’aventure humaine du Collectif est née il y a 10 ans. Cette petite place, toujours animée, symbolise l’amitié et la solidarité que Booty Ben, Jon Duff et moi-même nous portons depuis tant d’années. »

Actu !

Be Trash (Dirty Electro – tendance Ghetto Bass) performe régulièrement au BT59 à Bègles et fête ses dix ans en 2014 avec un concert auquel seront conviés des artistes du monde entier. www.bt59.com facebook.com/betrashofficial Mac court A.P.C., sweat à capuche A.P.C. collab Carhartt, chemise FUCT SSDD chez Graduate

Membre du Collectif Be Trash


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Phonexay Xay Mong Khol 35 ans

Lun 25 nov

Restaurateur et DA chez Watts FM

Où ?

Croisement de la rue des Ayres et de la rue Ravez « C’est le quartier de ma vie, de mes projets. Entre la place Fernand Lafargue et la rue Ravez, je travaille, je sors et je mange ! Je l’ai vu changer et s’embellir, il y a les piliers comme l’Apollo ou la Vie moderne qui sont là depuis longtemps, mais aussi tous ceux qui naissent et participent à la vie créative et dynamique de ce quartier atypique. »

Actu !

Conférences musicales organisées à L’épicerie bordelaise par Phonexay et divers artistes. L’épicerie bordelaise, 14 rue Ravez. Lancement d’une nouvelle radio, Watts FM, à retrouver sur facebook et bientôt sur www.wattsfm.com Chemise Oliver Spencer, pull Commune de Paris, manteau Hentsch Man, le tout chez Graduate


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Jean-François Ley 49 ans

Directeur des programmes du Bordeaux International Wine Institute - BIWI (Groupe INSEEC)

Ven 22 nov

Où ?

Terrasse du Hangar 18 « Cette terrasse est le lieu de détente des 1 300 étudiants du campus, qui profitent chaque jour de cette vue imprenable sur les quais de la Garonne et le pont-levant Jacques ChabanDelmas, inauguré en mars dernier. L’INSEEC se devait d’être située au cœur de cette renaissance des quais. »

Actu !

Le BIWI, avec 500 diplômés de 20 nationalités, propose l’un des meilleurs cursus en marketing & management du vin et des spiritueux. Les cours, dispensés en anglais, s’articulent entre théorie, pratique et dégustation. www.wine-institute.com Manteau A.P.C. chez Graduate


Culture

(Ă gauche) Photo Alexis Delon / Preview - (Ă  droite) Photo bentz + brokism


22 Zut ! Culture Musique

LA CARESSE & LA MITRAILLE On le sait bien, l’histoire du rock à Bordeaux ne se résume pas à l’astre Noir Désir. La destinée de Bertrand Cantat and co ne doit pas occulter l’étonnante vitalité d’une ville qui se manifeste dans la diversité des groupes, des labels et des lieux. Première plongée au cœur du rock à Bordeaux avec deux groupes, Strasbourg et JC Satàn, et le disquaire Total Heaven.

Comme dans toute ville française, les soubresauts rock à Bordeaux ont été liés à ce qui se passait outre-Manche et bien sûr outre-Atlantique. Bordeaux a connu des groupes phares à chaque instant majeur de l’histoire, dès les années 60 avec les Blousons Noirs de Tony March, à l’époque du punk avec Strychnine, qui a participé à la seconde édition du festival Mont-deMarsan – des archives de l’INA attestent d’un passage remarqué sur la scène qui accueillit le fleuron de la nouvelle vague : The Clash, The Damned et The Police. Malgré une audience nationale, le groupe s’est séparé au bout de quatre années, mais il reste lié à l’histoire des deux autres groupes phares de la ville : Gamine, par la présence ponctuelle de Jean-Claude “Boubou” Bourchemin à la batterie, et même de Noir Désir, un groupe qu’il a invité dans sa version initiale – encore sous le nom de Noirs Désirs au pluriel – à assurer ses premières parties. Par la suite, les succès de Gamine et de Noir Désir inscrivent définitivement la ville sur la carte du rock en France ; ils ont pour effet presque malheureux de focaliser toute l’attention au point d’occulter le reste. Il faudra attendre la parenthèse de

The Film pour resituer un projet d’envergure nationale et internationale. Que les deux membres soient originaires de Reims – la ville où ils sont retournés former The Shoes avec le succès que l’on sait – n’y change rien. Formé à Bordeaux, The Film a ouvert la ville à des sons plus pop ou electro. Le duo Kap Bambino, et plus récemment le groupe Pendentif, leur emboîtent le pas dans une mouvance électro qui n’oublie pas ses racines rock. Avec l’implantation de labels comme Talitres, créé par Sean Bouchard, qui impose une très belle ligne éditoriale indépendante avec des réseaux à travers toute l’Europe, ou de Vicious Circle, initié il y a 20 ans par les fondateurs du fanzine Abus Dangereux – excellents relais d’un rock exigeant –, et enfin de Platinum Records, ex-Aliénor et Cornflakes Zoo, dans un style carrément glamour, Bordeaux rayonne ! En phase avec son temps et loin de tout diktat, la ville impose sa propre marque de fabrique avec un esprit de liberté. Forte de son passé, elle a su, en très peu de temps, se recréer un avenir musical. (E.A.)


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Amen PAR CÉCILE BECKER

Trois Bordelais et deux Turinoises décident un beau jour de former JC Satàn « sur une blague ». Un nom pourtant pris au sérieux et qui influence tout un vocable diabolique. Pas de gimmicks cependant : du plaisir et des sons bruts et saturés.

À première vue, JC Satàn prône une violence diabolique en même temps qu’un amour christique. Mais oubliez la religion, il s’agit surtout d’une blague. JC Satàn pourrait tout aussi bien signifier JeanChristophe Satàn. Mais à lire la littérature parue sur le groupe bordelais, on s’attend à rencontrer l’engeance du diable. Et à ce que leurs concerts ressemblent à des messes satanistes où les cinq membres égorgent un bélier sur scène en faisant gicler le sang sur les spectateurs… Partons tout de suite du bon pied avec Arthur, guitariste et chanteur : « Quand

elle parle de nous, la presse emploie toujours un vocabulaire lié aux ténèbres. Ça nous fait beaucoup rire. Mais tout ce qu’on veut, c’est faire danser les gens, et pas forcément jusqu’à ce que mort s’ensuive. » Alors, oui, c’est vrai, leurs pochettes – souvent dessinées par Paula, chanteuse et bassiste – exhibent quelques motifs sacrés, certaines chansons portent des titres maléfiques et le nom du groupe pourrait porter à confusion. Il n’en est rien. Tout n’est que « Trop cool », comme ces huit lettres tatouées sur les phalanges d’Arthur. Paula confirme : « On trouve

le diable assez cool. Le côté malsain de la religion m’a toujours fascinée, et puis c’est une belle esthétique. Je m’inspire de choses sacrées pour dessiner, mais parfois aussi pour écrire les paroles d’une chanson. Mais en ce qui concerne les chansons, je peux aussi m’inspirer de la Motown, d’univers fantastiques ou de rêves que je fais. » Dans JC Satàn, on croise des dragons, du pouvoir, des filles qui tombent amoureuses de garçons qu’elles ne pourront jamais avoir. On croise tout et rien, pourvu qu’on s’amuse. Paula écrit, Arthur compose, le groupe enrobe le tout. Il suffit d'une impulsion. C’est d’ailleurs comme ça que tout a commencé. En tournée avec l’un de ses nombreux groupes à Turin, Arthur rencontre Paula, bien intégrée à la scène rock. Ils commencent à écrire pour le fun et ne s’arrêtent plus. Elle déménage à Bordeaux, emmène avec elle sa basse et sa pote Alice. En un claquement de doigts, le groupe compte cinq membres : « Le groupe a commencé sur une blague, et on a continué comme ça », nous dit Arthur. Une urgence qui se sent et qui pourrait, encore une fois, nous faire croire qu’ils sont affiliés à la scène garage. Faux. Arthur explique : « On s’entend bien avec quelques groupes dits garage. Mais je ne crois pas qu’on fasse du garage. JC Satàn est le résultat d’une tonne d’inspirations. D’ailleurs, mon groupe préféré c’est les Beatles. Faire du garage aujourd’hui, ça ne veut plus rien dire. Ce qui est garage, c’est surtout une attitude, ça transcende les genres. Si ça signifie faire preuve d’énergie sur scène, alors oui. Mais au-delà de ça, on fait du lo-fi, parfois du punk, du bruit. En fait, je crois que je dirais qu’on fait de la pop. » On l’aura compris, l’habit ne fait pas le moine, mais surtout pas le diable. www.jcsatan.com


24 Musique Rock à Bordeaux

Haute fidélité PAR MATHIEU PARKLIFE PHOTOS NICO PULCRANO

La bonne santé culturelle d’une ville se juge aussi à la présence d’un bon disquaire. Voilà plus de 10 ans que Babouche et Martial ont repris la boutique spécialisée Total Heaven avec la volonté d’instaurer de prodiguer de bons conseils, en toute convivialité.

Certains magasins de disques ont un rôle important dans la vie d’une cité. Total Heaven est-il un épicentre culturel ? Martial : Tout à fait ! La boutique existe depuis 17 ans et, forcément, les musiciens du cru y ont leurs habitudes – ils nous laissent leurs disques en dépôt. Mais ils ne sont pas les seuls. Grâce à nos showcases et à nos expositions, les tourneurs, les membres des associations et les responsables de labels nous connaissent également. Ils gravitent autour de la boutique, ce qui crée une dynamique. Nous sommes en quelque sorte des relais d’informations pour les groupes d’ici. Quelle est la situation actuelle par rapport à la scène historique d’il y a une vingtaine d’années ? M : La scène musicale a évolué dans tous les sens. Bordeaux avait cette image de

scène rock, grâce aux « gros groupes » qui ont marqué la musique française, comme Noir Désir et Gamine. Au même moment, il existait aussi une grosse scène dub ou reggae. L’émergence de clubs s’ouvrant à différents styles musicaux a également contribué à cette évolution, je pense au Jimmy ou au Zoo Bizarre [Le Plug / Heretic Club aujourd’hui, ndlr] qui dans les années 90 ont programmé du punk hardcore, de la noise et du hip hop. Bien que la scène rock reste extrêmement vivace, cela a forcément créé des vocations. Parmi les groupes en vogue, on trouve JC Satan et Kap Bambino. M : Oui, on parle énormément de JC Satan, un groupe qui rassemble des musiciens bordelais et italiens venant de la scène garage. Aujourd’hui, il séduit un public de plus en plus large avec un propos univer-


25

“ Nous sommes contents de voir les clients au magasin, d’échanger avec eux et de boire un café. Nous maintenons le lieu vivant. ”

sel. Effectivement, on peut aussi parler de Kap Bambino, plus électro ; ils ont signé sur le label Because et ont tourné aussi bien en Amérique du sud, aux USA qu’au Japon. Dans un registre plus rock, signalons aussi les Magnetix ou Pendentif en version française et pop. Bordeaux a l’avantage de compter de nombreux labels. M : Même si la situation actuelle n’est pas facile pour les labels indépendants, on compte effectivement des labels reconnus. Vicious Circle, dont le catalogue comprend la chanteuse Shannon Wright, existe depuis longtemps. Platinum Records, plus orienté électro avec notamment Rubin Steiner, avait débuté sous le nom d'Aliénor et bosse aussi actuellement dans l’édition musicale du répertoire des groupes. Enfin, le dernier label en

date, Talitres, travaille davantage dans la pop indépendante avec des artistes sous licence – ce qui présente l’avantage d’être plus économique – comme le groupe russe Motorama ou l’artiste folk Emily Jane White. On trouve aussi une myriade de micro labels comme Animal Factory ou Banzai Lab, qui touchent des styles musicaux plus spécialisés où le do it yourself est de rigueur. Et cette scène underground foisonne car Bordeaux est une ville étudiante qui fournit sans cesse du sang neuf.   Comment en es-tu arrivé à reprendre Total Heaven avec ton acolyte Babouche ? M : En 1996, Luc Magnant a créé un premier magasin de disques à Saintes sous le nom de Rock Virus. À coté, il gérait le label Total Heaven qui sortait les disques de groupes comme les Sleepeers,

Improvisators Dub ou TV Killers. Comme le magasin ne marchait pas à Saintes, il a décidé de venir s’installer à Bordeaux. Ça a bien marché dès le début, car il proposait en plus du rock indépendant du rhythm’n’blues, du reggae, de la soul, du punk et des disques sixties... Son premier vendeur a été Babouche. Au même moment, je bossais à la Fnac et comme je commençais à en avoir assez, Luc m’a proposé de bosser dans sa boutique à mi-temps. J’ai accepté et j’ai pu développer les rayons électro, indé ou le hip hop. Très vite, nous sommes devenus les plus généralistes des spécialistes et inversement. Puis en 2001, Babouche et moi avons racheté le magasin. Aujourd’hui, nous nous complétons parfaitement : nous embrassons tous les styles de musique à l’exception du classique.


26 Musique Rock à Bordeaux

Total Heaven 6, rue de Candale à Bordeaux 05 56 31 31 03

On dit souvent qu’un bon disquaire se doit d’avoir un bon passé musical… M : J’ai l’habitude de dire que nous avons toujours acheté des disques en plus d’être musiciens tous les deux. Babouche était le batteur des TV Killers, un des premiers groupes punk garage à signer sur bon nombre de labels américains et il joue maintenant dans les Heartbeeps, qui ont sorti un album sur le label américain Deadbeat. Quant à moi, j’ai joué avec Julien Pras du groupe Calc dans Victoria Hall, et il m’arrive d’accompagner Lispector à la batterie. À coté de ça, on passe souvent de la musique dans un bar se nommant le Wunderbar, l’occasion pour nous de révéler les nouveautés.

Total Heaven, Internet et la crise du disque ? M : Nous n’avons jamais voulu avoir un site vendeur, même si nous faisons de la VPC à l’ancienne, ni perdre le contact avec le client. Actuellement, nous sommes présents sur Facebook, ce qui nous permet de nous montrer réactifs par rapport à la demande. Par contre, je pense que le fait de ne pas avoir de site au nom de Total Heaven nous est bénéfique car tous ceux qui se sont lancés dans la vente sur Internet ont fini par abandonner leur local afin de réduire les charges ; ils se retrouvent seuls chez eux avec leur stock, du matin au soir sur leur ordi. C’est tout l’inverse de ce que nous voulons. Nous sommes contents de voir les clients au magasin, d’échanger avec eux, de boire un café. Nous maintenons le lieu vivant tout en ayant une présence sur la toile à travers les réseaux sociaux.


27

We Meet In Strasbourg PAR NICOLAS LÉGER

Ça ne s’invente pas, le groupe cold wave Strasbourg vient de Bordeaux. Il était invité dans la ville qui lui donne son nom : retour aux sources ou hasard de tournée ?

Bordeaux Underground Parcours rock avec l’intarissable Jonathan alias Llcool Jo, clavier du groupe et illustrateur. Les lieux rock ? Total Heaven est de loin le meilleur disquaire toutes catégories confondues. Baboosh et Martial, maîtres des lieux, ont une culture incroyable ; adorables et passionnés, ils expriment l’envie de faire découvrir toutes les perles de chaque style. En plus, ils organisent de chouettes show-cases ou expos. Le Wunderbar est LE bar de Bordeaux : Pierre et Elise sont eux aussi adorables et passionnés ! Beaucoup de bons groupes y jouent, il y a des Dj-sets en tout genre et toujours de la bonne musique ! La Mauvaise Réputation est sans aucun doute la meilleure librairie de Bordeaux, la plus fournie, la plus intéressante. De plus, les expos y sont de grande qualité. Le Café Pompier est le haut lieu de la fête de notre ville : c’est la « cantine » des Beaux-arts, qui se transforme souvent en salle de concert.

Il faut croire que Strasbourg inspire les groupes. On se souvient que le groupe anglais The Rakes avaient titré d’après elle l’une de ses chansons ; ils avaient avoué à l’époque ne pas bien savoir où elle se trouvait et qu’ils avaient été séduits par un nom romantique qui leur rappelait les ambiances des disques berlinois de Bowie – ce qu’indiquaient les paroles de ce hit punk, « Strasbourg, wir sind die Helden ». Aujourd’hui, c’est au tour d’un groupe de Bordeaux de se nommer ainsi. Strasbourg a donc joué à Strasbourg, une heureuse coïncidence qui n’a pas manqué de susciter la curiosité des autochtones. Le mystère devait être élucidé : fascination du groupe bordelais pour la ville du grand Est ? Origines alsaciennes revendiquées ? Private joke après une soirée knack-bière ayant dégénéré ? Au final, il s’agit tout simplement d’un hommage à la scène musicale de la ville, plus particulièrement aux groupes The Dreams et Scorpion Violente, à leurs sons

obsédants et à leurs paroles dignes d’une novlangue surgie de l’apocalypse. Des références qui rassemblent les quatre membres de groupe, venus d’horizons différents comme le rap ou la noise. Avec Strasbourg, ils livrent, en français parce que « ça rend mieux comme ça », une electropop froide qui dégage le malaise à pleine puissance. Le chant pose les mots comme des slogans parfois envoûtants, amusants souvent –  « La chanson française, je la prends, je la baise ! ». Ce soir-là, l’espace de brique et de métal de la friche industrielle qui les accueille à Strasbourg – une ancienne usine Junkers des années 40 renommée Avila Factory et habité pour l’occasion d’écrans et d’installations – semblait fait pour Strasbourg. EPs Kill, Cécile et Gooropa 88 disponibles sur http://strasbourg.bandcamp.com

Les groupes de la scène locale à ne pas manquer ? Pour les plus vieux, je dirais Opstand, un groupe culte de hardcore ultra violent des années 90, qui a pas mal fait parler de lui à l’époque. Ensuite Kap Bambino : en plus d’être de bons amis, je ne me suis jamais lassé de leur musique et je n’ai encore jamais vu un groupe aussi efficace en live ! N’oublions pas Les Meatards. Mais il y a eu et il y a encore une tonne de bons groupes de garage dans le coin : Magnetix, JC Satan, Weakends, Hello Sunshine, Kiss Kiss Karaté Passion, Strange Hands, Chocolat Billy, Polar Strong… Les Bordelais ont toujours été les plus sauvages à mes yeux !


28 SÉLECTIONS culture

ART URBAIN

In the City

« On se rejoint à côté du Lion, place Stalingrad ? » Ces œuvres font partie de notre quotidien, pourtant nous sommes souvent incapables de dire ce qu’elles représentent, ni qui en sont leurs auteurs. Concernant ce lion bleu à la plastique géométrique, sachez que Xavier Veilhan, l’artiste, compose un bestiaire magistral depuis les années 90. En voilà une info ! Et il y en a d’autres, nombreuses, au sujet de l’étonnante Maison aux personnages des Kabakov, du compteur à affichage digital de Claude Closky ou encore de la dernière en date : Les Fées d’Antoine Dorotte, une silhouette de pylône électrique installée comme une gardienne ! Cette série de commandes publiques installées depuis

2003 et portées par la Communauté urbaine de Bordeaux, a été conçue comme un parcours artistique dans la ville, dont le Frac Aquitaine chapeaute les visites guidées. En tram ou à vélo, comblez vos lacunes en matière d’art contemporain urbain et découvrez votre ville autrement ! (C.B.) L’art dans la ville, parcours en tram ou à vélo avec le Frac Aquitaine, jusqu’au 28 juin Inscriptions : cp@aquitaine-aquitaine.net 05 56 24 90 85 - www.frac-aquitaine.net www.lacub.fr Visuel : Antoine Dorotte, Les Fées, station de tramway La Gardette Bassens Carbon-Blanc © A. Leroy


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FESTIVAL

Bêtes de scène

CONCERT

Piano Préparé Les sœurs Labèque, as du piano, continuent l’exploration de la musique en long, en large et en travers. Après s’être baladées dans tous les répertoires – classique, baroque, jazz ou musique expérimentale – elles s’attaquent désormais au minimalisme. De cette nouvelle exploration est issu un triple album qui n’a pas pour ambition de retracer le riche parcours de ce courant mais plutôt de réinterpréter ses classiques et de toucher du doigt l’héritage laissé au rock et aux musiques électroniques. Sorti sous le nom Minimalist Dream House, en hommage à la série de concerts donnés par La Monte Young dans le loft de Yoko Ono, l’album, salué par la critique, donne lieu à une suite de trois concerts. À Bordeaux, vous entendrez ainsi Rock’n’Rollers, des œuvres de John Cage, Steve Reich, Radiohead, Brian Eno ou encore Sonic Youth. Les sœurs Labèque partent d’Erik Satie, précurseur du mouvement, jusqu’à chercher ce qui reste du minimalisme aujourd’hui. Et autant dire qu’il en reste beaucoup ! (C.B.) Katia et Marielle Labèque, le 10 janvier à l’Opéra National de Bordeaux 05 56 00 85 95 www.opera-bordeaux.com Photo : Umberto Nicoletti

ROCK

Fuck Forever L’histoire du rock est jalonnée de ces figures en quête de salut, qu’on jette en pâture, avant de constater qu’elles ont façonné nos vies. À l’égal des plus grands, Pete Doherty peut se targuer de faire partie de ce cercle très restreint, non pas tant par ses frasques qui ne finissent par intéresser que ceux qui tentent de les relayer, mais par l’étonnante charge qui se dégage de la moindre des compositions qu’il couche sur le papier. Avec un sens incomparable de la démesure, il continue de progresser dans une quête de filiation qui lui permet de tutoyer la maestria mélodique des Kinks et des Jam, et ce dans la plus pure tradition britannique. Naturellement, l’incertitude est parfois liée à la dimension légendaire de la star et la liste de ses faux bonds, on le sait, est longue – certains se souviennent de l’annulation d’un concert des Libertines à La Laiterie. Mais quand il a décidé d’être là, la récompense est généralement à la hauteur des fébriles espérances de ses fans. (E.A.) Babyshambles, en concert le 14 février au Krakatoa à Mérignac www.krakatoa.org

Avec sa 7e édition, le festival Des Souris, Des Hommes confirme son succès et sa pertinence. La manifestation bordelaise défend l’audace et la remise en question des codes de la représentation, en invitant des artistes de toutes nationalités, qui empruntent des voies inédites pour raconter leurs histoire et le monde, questionnant le rapport au public et proposant des forme originales d’écriture. Pendant 15 jours, la poésie voisine ainsi avec l’absurdité comique, à travers 12 propositions décalées et inventives. On y retrouve la performeuse suisse Eugenie Rebetez, qui dégomme dans l’acerbe Encore, one-woman-show (en) chanté, la starification à tout prix. On ne manquera pas non plus Les Chiens de Navarre, dont le théâtre mordant et la dernière production, Quand je pense qu’on va vieillir ensemble, ne manqueront pas de secouer les spectateurs. En cultivant la diversité, le festival évite l’hermétisme arty et défend un spectacle vivant moderne et intelligent. (J.P.) Des Souris, Des Hommes # 7, du 16 janvier au 1er février dans divers lieux de la CUB www.lecarre-lescolonnes.fr Visuel : Quand je pense qu’on va vieillir ensemble par Les Chiens de Navarre – Photo : Ph. Lebruman


30

MUSIQUES

Le roi Higelin

À l’image de ses concerts, Higelin est un personnage-fleuve : imprévisible et insatiable, il libère des torrents d’amour, de sensualité et de générosité. Bref, d’humanité. Rien d’étonnant au fait que Léo Ferré ait qualifié ce trublion de la chanson française de « prince » – une idée largement reprise par Barbara. Celui que d’aucuns n’hésitent pas à désigner comme le tout dernier parmi les très grands surprend aujourd’hui encore par sa capacité à mener le combat des mots. En libérateur des consciences, il va au front avec vigueur parfois – et même une petite dose de mauvaise foi –, mais aussi avec la grande sagesse de ceux que la vie a heurtés. Depuis quelques années, il a

retrouvé la candeur de ses débuts, celle qui lui permet d’exprimer sur scène des sentiments purs, de manière entière et sans concessions. En cela, un concert d’Higelin se vit comme un moment unique qui laisse une trace indélébile. (E.A.) Jacques Higelin, le 7 mars au Casino Théâtre Barrière 05 56 69 49 00 www.lucienbarriere.com


32

MUSIQUES

MUSIQUES

Comment ça se danse ? Figure singulière du paysage musical français, Bertrand Belin s’immisce dans l’intervalle des mots et nous livre sa perception très personnelle du monde. Ses chansons se méritent ; on s’attache à une mélodie, à un bel arrangement et puis finalement au texte. Les mots, obscurs dans un premier temps, font sens rapidement ; ils donnent à la chanson une dimension charnelle dans un cadre folk qui s’émancipe de ses filiations anglosaxonnes. Les véritables influences restent peu évidentes à identifier, Boris Vian peut-être, Serge Gainsbourg de manière éloignée ou, plus proches de nous, Dominique A ou Pierre Bondu. Tout cela à la fois et bien d’autres, ou rien du tout. Cet artiste ne se dévoile guère, il soigne sa singularité tout simplement avec une grande classe rock et une capacité de séduction comme on en rencontre peu. La sècheresse dans le ton et ce cynisme qui ne veut pas dire son nom le rendent spontanément très attachant. (E.A.) Bertrand Belin, le 23 janvier à la Rock School Barbey 08 99 18 99 06 www.rockschool-barbey.com Photo : Christophe Urbain

La grande aventure De Béla Bartók à Kraftwerk, nulle frontière musicale pour le Balanescu Quartet, la célèbre formation qui fête 25 ans d’une carrière à succès. Le Roumain Alexander Balanescu, violoniste émérite qui a évolué aux côtés de Michael Nyman et de Gavin Bryars, puis au sein du Quatuor Arditti, s’est lancé dans l’aventure de son propre quatuor en 1987, avec une vision élargie de la musique et de nombreuses passerelles du côté du jazz et de la pop. En 25 ans, les commandes ont été nombreuses avec des figures aussi prestigieuses et surtout aussi différentes que John Lurie, David Byrne, Carla Bley, Rabih Abou Khalil et même les Pet Shop Boys. Les reprises de thèmes signés Kraftwerk ou Björk ont fini d’asseoir par le passé la réputation du quatuor, aussi bien aux Etats-Unis qu’en Europe. La nouvelle tournée qui s’engage a une vocation rétrospective, elle se construit sur la base d’une sélection de ses interprétations les plus remarquables. (E.A.) Balanescu Quartet, le 11 janvier au Rocher de Palmer 05 56 74 80 00 www.lerocherdepalmer.fr www.balanescu.com

THÉÂTRE

Confessions africaines Le sujet peut paraître austère : un missionnaire vieillissant revient sur ses années passées dans l’est du Congo. Mais David van Reybrouck, universitaire, auteur de théâtre et journaliste – il a notamment publié le récent et très remarqué Congo : une histoire – joint comme personne la rigueur de la recherche au talent narratif. En s’appuyant sur des entretiens menés en RDC avec des missionnaires, Mission raconte de manière fragmentée, à la fois incisive et drôle, le parcours de cet homme mû par le sincère désir d’améliorer le sort des habitants. Il côtoiera l’horreur, qui le bouscule jusque dans ses certitudes spirituelles. Dans la mise en scène de Raven Ruëll, Bruno Vanden Broecke, seul en scène derrière un pupitre, est magistral. La simplicité du dispositif et la force du comédien servent à merveille ce texte brillant, terrible, poignant mais plein d’humour. Un moment de théâtre précieux. (S.D.) Mission, du 21 au 25 janvier au Théâtre National de Bordeaux 05 56 33 36 80 www.tnba.org Photo : Koen Broos


16 jan 1er fév 2014

FESTIVAL INTERNATIONAL

ARTS DE LA SCèNE

DES SOURIS, DES HOMMES #7 13 spectacles, 8 pays, 7 LIEUX-partenaires communauté urbaine de bordeaux

Magma de cultures « Je n’ai pas fait Sigma pour faire la révolution. Je l’ai fait parce que je croyais avoir perçu de nouvelles sensibilités, des attitudes différentes, des fêlures dans le discours artistique et que je me disais que ce n’était pas possible que Bordeaux passe à côté de ça. » Ainsi parle Robert Lafosse, créateur du festival Sigma. Sigma, c’est 30 ans d’exploration d’arts expérimentaux, de 1965 à 1996, 30 ans de théâtre, danse, musique et arts visuels. Bordeaux retrace aujourd’hui l’histoire de ce festival transgenres et avant-gardiste qui a marqué son histoire culturelle. Construite en partenariat avec le festival, les archives municipales et l’INA, l’exposition du CAPC redonne vie aux 10 000 clichés, 300 affiches et flyers, une quarantaine de publications, des coupures de presse et de trop rares moments filmés qui racontent l’aventure Sigma et rendent hommage à l’esprit libre et défricheur du festival. Retours extatiques sur des happenings, improvisations, pièces novatrices, où l’on croise Miles Davis, Klaus Nomi, Keith Jarrett, Soft Machine ou Pink Floyd ! (C.B.) Sigma, exposition jusqu’au 2 mars au CAPC et à l’entrepôt Lainé, 7, rue Ferrère www.capc-bordeaux.fr Visuel : Sun Ra et le groupe Intergalactic Research Arkestra, en concert au Palais des sports en 1971 © D.R. Archives municipales de Bordeaux, fonds Sigma

Le Carré / Les Colonnes / TnBA / Le Cuvier / Molière Scène d’Aquitaine / Iboat / Utopia

Scènes internationales

french touch

Argentine Mariano Pensotti

Quand je pense qu’on va vieillir ensemble Thomas VDB chante Daft Punk

El pasado es un animal grotesco Suisse – Eugénie Rebetez

Encore

Suisse – Pamina de Coulon

Si j’apprends à pêcher, je mangerai toute ma vie Portugal Sofia Dias & Vitor Roriz

Fora de qualquer presente Allemagne Eva Meyer Keller

DEATH IS CERTAIN

Les Chiens de Navarre

Philippe Quesne

Swamp Club

Renaud Cojo / Ouvre Le Chien

oeuvre / Orgueil

from aquitaine Intérieur Nuit

L’Ensemble Nuit La création en marche !

La Plateforme 2014

en famille 10 +

Croatie/France Ivana Müller

Positions

Espagne – Nats Nus Mondes en famille 5 + Italie Societas Raffaello Sanzio Buchettino en famille 8 +

PACKS 2 =18 2 spectacles pour 18 € voir offre en ligne

informations 05 57 93 18 93 / 05 56 95 49 00

lecarre-lescolonnes.fr +

@carrecolonnes

atelier poste 4

EXPO


“ On like, on share, Zut! le top du lol ” Nikos Aliagas août 2013

www.zut-magazine.com


des livres sublimes Ă lire ailleurs

mediapop-editions.fr & r-diffusion.org


Tendances

(Ă gauche) Photo Alexis Delon / Preview - (Ă  droite) Photo bentz + brokism


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Top CELINE chez Espaces Clemenceau. Bague et boucles d'oreilles Trinity trois ors CARTIER. Mise en beauté Jacques Uzzardi pour MAC Cosmetics : fond de teint Face and Body C1, blush Dollymix, fard à paupières Satin Taupe, crayon à sourcils Stud, mascara Extended Play Gigablack, gloss Lustreglass Instant Gold. Manucure réalisée avec le vernis Essie couleur First Timer.


Promesses Photographe Alexis Delon / Preview Réalisation Myriam Commot-Delon

Mannequin Judith / Up Models Coiffeur Alexandre Lesmes / Avila www.avilacoiffure.fr Make-up artist Jacques Uzzardi www.jacquesuzzardi.com Maquillage réalisé avec les produits M.A.C Cosmetics 14, cours Georges Clemenceau www.maccosmetics.fr Post-prod Emmanuel Van Hecke et Camille Vogeleisen / Preview Assistante stylisme Valentine Schroeter Assistante maquillage Audrey Beaurain Assistants photo Lucas Horenburg et Margot Breteau / Preview


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Cape, jupe et chemisier en soie RED VALENTINO. Ballerines VALENTINO GARAVANI chez Parenthèse. Bague et bracelets Le Clou, en or rose, or blanc et diamants, CARTIER.


Top bustier et pantalon DOLCE & GABBANA. Pendentif Essentiel en or blanc, brillant et perle de Tahiti et bague en or jaune, brillant et perle de Tahiti, ERIC HUMBERT.


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Robe DSQUARED2, manteau noué à la taille DOLCE & GABBANA et escarpins GIANVITO ROSSI chez Parenthèse. Pendentif ERIC HUMBERT. Mise en beauté Jacques Uzzardi pour MAC Cosmetics : fond de teint Face and Body C1, rouge à lèvres Russian Red lipglass. Manucure réalisée avec le vernis Essie, couleur First Timer. Stickers de peau Inès de Castilho (www.ines-de-castilho.com).


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nero Photos Alexis Delon / Preview Réalisation Myriam Commot-Delon

Dramatique et envoûtante, une eau laquée et d’encre. Ecrin mystérieux pour des bijoux sauvages et primitifs

Bague Panthère en or jaune 18 carats, sertie de grenat, tsavorite, onyx et laque noire Cartier


47 La ligne Panthère de Cartier Jeanne Toussaint, femme à la beauté dévastatrice et au caractère indomptable incarnait la séduction extrême. L’hommage de Louis Cartier à son épouse et collaboratrice ne pouvait que porter le surnom de l’envoûtante muse : La panthère. Un thème intemporel pour des bijoux immortels, rares et précieux, à l’image de leur couple et de leurs créations, du bestiaire flamboyant de la collection Tutti Frutti à la montre Tank ou Santos… 44, cours Georges Clemenceau à Bordeaux - www.cartier.fr Exposition Cartier, le Style et l’Histoire, jusqu’au 16 janvier au Grand Palais à Paris.

Pendentif Panthère en or jaune, tsavorite et laque noire, cordon en passementerie et or Cartier


48 Zut ! Tendances § Lingerie

les regrets aussi Photographe Alexis Delon / Preview Réalisation Myriam Commot-Delon Mannequin Ksenia / Studio KLRP Make-up artist Jacques Uzzardi / www.jacquesuzzardi.com Maquillage M.A.C Cosmetics / www.maccosmetics.fr


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Triangle et culotte haute en dentelle LISE CHARMEL chez Orcanta, gilet en laine OSCALITO chez Roumégoux & Gilles Manchette PP FROM LONGWY - www.ppfromlongwy.com. Tapis en lin Le Baiser (1956), 170 x 240 cm, Pierre Didier by Secrets of Linen. Édition originale et série limitée. www.pierredidier.com


50 Zut ! Tendances § Horlogerie

Garde-temps Photos Alexis Delon / Preview Réalisation Myriam Commot-Delon

Résolument moderne, précise et ultra contemporaine, la ligne Montblanc Timewalker est un modèle étoilé, un petit précis d’horlogerie où matériaux et techniques de pointe rivalisent d’élégance et de virilité.

Montre Chronographe automatique Montblanc Timewalker, acier Titanium, 42 mm, bracelet noir piqué sellier bleu électrique.

Boutique Montblanc 26, cours Georges Clemenceau 05 56 48 67 40


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(Ă gauche) Montre Chronographe automatique Montblanc Timewalker, acier Titanium, 42 mm, bracelet en Titanium. (Ă  droite) Montre Chronographe automatique Montblanc Timewalker, acier, 43 mm, flyback et bracelet en alligator. Lampes Field, design Arnaud Lapierre chez Petite Friture.


52 Zut ! Tendances § Mode

Fresh Start PAR CLAIRE TOURDOT

Avec l’arrivée de Nicola Formichetti au poste de directeur artistique, Diesel entre dans une nouvelle ère ! La marque experte dans l’art du denim s’offre les services d’une tête brûlée de la mode, aussi imprévisible qu’excentrique. Premier pas vers la différence : le projet Diesel Reboot, ou comment démolir pour reconstruire.

Campagne Diesel, photo : Inez van Lamsweerde & Vinoodh Matadin


53 “ Nous voulons rappeler aux gens le pouvoir de la mode. Ce que nous portons nous donne le pouvoir de communiquer nos idées, de nous exprimer, et projette notre originalité dans le monde ” Nicola Formichetti

Si le nom de Nicola Formichetti ne vous évoque rien, son travail de styliste ne vous est en revanche sûrement pas inconnu. Rappelez-vous de la robe en viande portée par Lady Gaga en 2010 lors des MTV Video Awards et du look délirant de la diva dans le clip de Bad Romance : des exemples forts d’un travail inventif et sans limites imaginé par le créateur italo-japonais. Après deux années fructueuses à la tête de la maison Thierry Mugler, Nicola Formichetti use depuis le printemps dernier de son talent pour redynamiser la marque italienne Diesel. Il devient l’héritier du célèbre fondateur Renzo Rosso – qui le juge « aussi fou que lui » –, apportant un nouveau souffle au groupe. L’opportunité pour le styliste de voir ses créations portées en dehors des tapis rouges et évoluer dans la rue. Depuis sa création en 1978 et sa fulgurante ascension dans les années 90, Diesel défend une image non-élitiste. S’adressant à une société créative, ses valeurs sont celles du courage et de la liberté : porter un vêtement de la marque équivaudrait à une prise de position, un moyen pour chacun d’affirmer sa personnalité. « Tout le monde devrait avoir la liberté d’être qui il veut et de s’habiller comme il souhaite », confie Formichetti. Alors que la patte Renzo Rosso était largement marquée par le vintage, le nouveau directeur artistique prend, lui, le parti d’une mode ouverte sur le futur, révélatrice de temps nouveaux et capable de refléter l’esprit d’une génération en devenir. De cette vision de la mode à échelle globale est née l’idée d’une communauté elle aussi globale. En intégrant la « brave army » Diesel, Nicola Formichetti pose les premières pierres d’une nouvelle ère où tout est à réimaginer. Derrière le projet Diesel Reboot se cache le gigantesque

plan de reconstruction d’une image de marque déjà légendaire. Reboot, ou « redémarrer» en français, signifie l’ADN Diesel – matériaux nobles (denim, cuir, soie), coupes parfaites, finitions travaillées – repensé à la sauce Formichetti. En somme, une réinvention complète de la marque tout en respectant l’héritage et les codes à l’origine de son succès. Un challenge accepté et relevé haut la main par le jeune créateur, qui confirme une fois encore son inventivité. Avec la création du Tumblr dieselreboot. tumblr.com, Formichetti fait entrer la griffe dans l'ère des réseaux sociaux, s’adressant directement à la génération Internet. Le projet prend l’allure d’un vaste forum rassemblant une communauté internationale, créative et audacieuse. Chaque internaute peut poster librement une œuvre, illustration ou image de son choix et alimenter le Tumblr de la marque à la façon d’un pêle-mêle d’inspirations. Le nouveau directeur artistique montre ainsi son soutien aux jeunes talents et artistes émergents, puisant dans ses sources brutes une inspiration précieuse pour ses collections futures. « Nous sommes très enthousiastes à l’idée de construire une communauté créatrice qui aura une voix et pourra véritablement collaborer avec Diesel. La chose sympa avec Tumblr c’est que les personnes créatives ont accès à un espace d’échanges alors qu’ils n’en avaient peut-être pas la possibilité auparavant. Ce qui ne changera jamais avec Diesel, c’est cet esprit de collaboration et ce sens de l’aventure. Vraiment, il n’y a pas de limite », explique Formichetti qui régulièrement lance des défis à ses collaborateurs virtuels. La quatrième et dernière mission est certainement la plus parlante : « Show me your artwork » a

permis à une centaine d’artistes sélectionnés via Tumblr d’exposer leurs travaux aux Galeries Lafayette Haussmann. Parallèlement à ce projet collectif se dessine un second volet. Celui d’une campagne publicitaire imaginée sous la forme d’un manifeste, comme une nouvelle ligne de conduite à suivre pour le consommateur moderne. « I resurrected the destructed », « Art is a guarantee of sanity », « I write my own story », « I am not what I appear to be »… autant de formules significatives d’un état d’esprit libérateur. Les photographes Inez van Lamsweerde & Vinoodh Matadin mettent en scène sur fonds acidulés 18 héros de cette nouvelle génération, de l’étoile montante japonaise Kiko Mizuhara à l’artiste new-yorkais Ben Ackerman, en passant par le DJ italien Bob Rifo, moitié du duo électro The Bloody Beetroots. Le regard de ces ambassadeurs hors norme exprime sans détours le pouvoir détenu par une diversité à l’intérieur la globalité. Avec Diesel Reboot, Nicola Formichetti n’en finit pas de composer l’aventure Diesel, lui conférant d’ores et déjà, une dimension planétaire. Diesel 26, cours de l'Intendance dieselreboot.tumblr.com


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Sean Gabriel Ellul, The Mirror, acrylique et crayons sur papier, 2013

§ Mode Diesel Reboot

Le projet Diesel Reboot débarque sur la plateforme Tumblr et invite les artistes à proposer leurs inspirations du moment. Sélection Zut ! des images qui vont peut-être transformer la marque. Nicola et Riccardo

fondateurs de Melancolie (mit Monstern), Italie « On a voulu faire partie de l’aventure Diesel Reboot pour son côté fun et innovant. Diesel exprime véritablement l’esprit du bon goût italien tenace et créatif, avec son approche élégante et animée. » melancholiemitmonstern. tumblr.com Colophon, papiers sur canevas

Sean Gabriel Ellul artiste-peintre, Malte

Pourquoi avoir participé au projet Diesel Reboot ? « J’ai entendu parlé du projet sur Facebook et Tumblr, en plus d’être un fidèle de Diesel depuis longtemps. Je suis curieux de voir le travail de Nicola Formichetti pour la marque… J’aime aussi ce que Diesel représente, on peut définir cela comme une liberté d’état d’esprit. J’ai pensé que participer à Diesel Reboot serait une excellente opportunité pour gagner en visibilité grâce aux médias sociaux. Du fait de sa notoriété, Diesel est une marque suivie par beaucoup de monde et permet à mon travail de toucher une plus large audience. »

Comment conjuguer art et mode ? « La mode et l’art devrait travailler ensemble, s’enrichir mutuellement. Le monde ne fonctionne pas seulement de façon globalisée mais aussi de manière internationalisée. Tout est connecté, même à un niveau superficiel. » seangabrielellul.tumblr.com

Photo Ricardo Rivera


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David Kohlver

Photographe et illustrateur, New York « Je connaissais la marque Diesel assez vaguement, pour être honnête. J’ai entendu parler du projet Diesel Reboot grâce à Nicola Formichetti que je suis depuis qu’il travaille pour Mugler : j’adore sa vision des choses. » davidkohlver.tumblr.com

“ La créativité de Diesel Reboot vient de la rue et de vraies personnalités. Nous voulons montrer que Diesel n’a pas pour but de vendre une image mais de célébrer ce que les gens sont déjà ” Nicola Formichetti

David Kohlver, Pink Flamingo, photographie

Nicola Formichetti par Karim Sadli

Diesel en quelques dates… - 1978 : création de la marque par Renzo Rosso et Adriano Goldschmied - 1982 : naissance du logo à tête de Mohican et du slogan Only the brave - 1991 : polémique autour de la première campagne publicitaire Diesel - 1995 : précurseur des nouvelles technologies, Diesel crée son site www.diesel.com - 2009 : lancement d’une ligne de parfums (Fuel for Life, Only the Brave et Loverdose) - 2013 : Nicola Formichetti est nommé directeur artistique

… et chiffres - 5000 points de vente dont 300 boutiques dans le monde - 3000 employés dans 80 pays - 1,2 milliards de chiffre d’affaire en 2010 - 40% des ventes réalisées sont des jeans Campagne Diesel, photos : Inez van Lamsweerde & Vinoodh Matadin Tous les autres visuels proviennent de dieselreboot.tumblr.com


56 Zut ! Tendances § Shopping

Carte grise PAR MYRIAM COMMOT-DELON

Votre certificat d’immatriculation pour circuler sans encombre cet hiver ? Cette sélection ultra grisante, nette et rigoureuse, pour affronter les frimas avec droiture. 

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01) Panier en feutre Restore, Muuto chez R.K.R 02) Protection pour iPad mini en feutre et cuir, Bleu de Chauffe chez Graduate 03) Chapeau Sesam Black en feutrine et intérieur cuir, Etudes chez Graduate 04) Tables Ankara 2009, design Constance Guisset, Matière Grise chez Ipsum 05) Suspension Jeeves & Wooster, design Jake Phipps, Innermost chez Made in Design 06) Table basse Float en acier (plusieurs finitions et couleurs) design Luca Nichetto, La Chance chez Ipsum

Heschung 14, place des Grands Hommes 05 56 43 66 00 www.heschung.com Graduate 63, rue du Pas Saint Georges 05 56 58 12 83 www.graduatestore.fr Ipsum 17, cours du Chapeau Rouge 09 80 92 03 70 www.ipsum-bordeaux.fr R.K.R 73, rue Notre-Dame 05 56 79 35 73 www.rkr-rkr.com Made in design www.madeindesign.com

07) Bottes Igor Suportlo, bi-matière, cousu norvégien et doublure laine, Heschung 08) Papier peint Century 19, design Paolo Badesco, Wall&Decò chez Ipsum 09) Sac de voyage Boston en cuir naturel Cavallo et feutre, Heschung 10) Pull marin noir en pure laine vierge mérinos et poche en laine Arpin, modèle issu de la collection capsule De Bonne Facture pour Ateliers Heschung, une édition limitée, en exclusivité dans l’e-shop Heschung et à Paris dans la nouvelle boutique du 18, rue du Vieux Colombier. Au sol, chaussures Cypres Yucatan, bi-matière, cousu norvégien et semelle Vibram, Ateliers Heschung.


58 Zut ! Tendances § Mode

Les lauréats PAR ADRIEN NAVARRO

Inscrite dans le top 10 des QG masculins frenchy qui comptent, la boutique Graduate dessine une silhouette masterclass qui mérite sa mention TB. Adeptes du bon mix, Bruno, Johan et Clément, les instigateurs des lieux, maitrisent leur sujet.

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Quel est l’ADN de Graduate ? On propose des produits en cohérence avec l’esprit de la boutique : authenticité, qualité et exclusivité. Nous travaillons plus d’une soixantaine de marques, aussi bien les classiques de garderobe avec Clarks ou Redwings par exemple mais également Common Projects, Kenzo, en passant par le streetwear avec Stussy ou FUCT. Les accessoires sont eux aussi à l’honneur : montres, cravates, maroquinerie [dont Bleu de Chauffe qui nous vient tout droit de Strasbourg ou Roberu, des accessoires à tomber en cuir made in Japan, ndlr] ou cette saison les chapeaux straight de chez Etudes, le studio des artistes français Aurélien Arbet & Jérémie Egry.

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Racontez-nous la vidéo Graduate x 18-55 ? Elle a été réalisée entre la côte atlantique et les Pyrénées. On a eu la chance de pouvoir tourner dans des endroits magnifiques en toute liberté, sauf dans les Pyrénées où Mike [un des réalisateurs, ndlr] s’est fait agressé par des moutons… Nous voulions faire une vidéo présentant notre univers et les marques du shop, ça fait aussi du buzz pour notre site de vente en ligne (www. graduatestore.fr). La musique, c’est David Cabanne aka the Walk, un mec de Bordeaux lui aussi. www.davidcabanne.com www.18-55.fr

Comment upgrader son look cet hiver ? Cette année, on aime mélanger les styles et casser les codes, associer le classique à l’exclusif. Pour le bas, les Jack Purcell de Converse au bon look affirmé avec un jean selvedge, le denim A.P.C. En haut, la chemise Flannel de Gitman vintage, une marque américaine qui se démarque par ses tissus. La cravate sera une The Hill Side à bout carré et, pour être sûr de se protéger du froid sans sacrifier son look, on complètera avec une belle veste matelassée de la marque Universal works et un bonnet Oliver Spencer.

Graduate 63, rue du Pas Saint Georges 05 56 58 12 83 www.graduatestore.fr 1. Tennis Jack Purcell, Converse. 2. Jean Petit Standard, A.P.C. 3. Veste Universal Works 4. Chemise Gitman Bros 5. Bonnet Oliver Spencer 6. Vidéo Graduate x 18-55


Le Bistrot des Grands Hommes

PLACE DES GRANDS HOMMES - BORDEAUX -

PARTAGEONS L E S

B O N S

MOMENTS www.bistrotdesgrandshommes.fr

05 57 83 60 26 contact@bistrotdesgrandshommes.fr

Vins et Plus Cave à vins // 10 place des grands hommes // Bordeaux // +33(0)5.57.87.58.63 //vinetplus.fr *la consommation d’alcool est dangereuse pour la santé


60 Zut ! Tendances § Accessoires

Plein la vue

PAR VALENTINE SCHROETER

Qu’elles soient tradi ou trendy, les lunettes constituent un accessoire mode indispensable : chez Optika, tour d’horizon des marques phares et de quelques exclus.

Andy Wolf La marque d’optique Andy Wolf fait naître des créations home-made pures et raffinées. Des produits exclusifs de qualité.

5028, lunettes de vue papillon en acétate noire

Origin Eyes Origin Eyes sonne comme un retour aux sources : avec ses montures en corne ou en bois, la marque cultive un esprit nature et moderne.

Concorde, lunettes de vue en corne véritable, branche métal or

Götti

Pierre

Götti ou l’élégance épurée de montures suisses qu’on s’approprie comme de véritables objets personnels.

Le créateur des lunettes Pierre joue sur la frontière entre objet et fonction en imaginant des montures design et ergonomiques.

Barnie, lunettes de vue en corne véritable et bois

Dans l'espace de son Concept-Store, Optika table sur des montures tantôt chic, tantôt originales, toutes issues de cuvées très spéciales de prestigieuses marques d’optique. De la petite paire ultra lookée aux modèles design épurés en bois, or ou titane, Optika sélectionne ses lunettes avec soin : regard sublimé, effet assuré !

Carole, lunettes de vue avec branche façon bois

Optika 14, Galerie des Grands Hommes 05 56 52 30 15 www.optika.fr


plus de 50 spectacles 213 PRODUCTIONS

présente

18 JANVIER 2014

25 JANVIER 2014

DE PALMAS

GALA D’ETOILES

7 FÉVRIER 2014

MADELEINE PEYROUX 16 MAI 2014

9 FÉVRIER 2014

LIC. 1032079 / Photo : Jeremiah / Designppk’013!

ZIDANI

AXEL BAUER

CHRISTOPHE

30 MAI 2014

vendredi 10 janvier 2014

nouvel an russe SPECTACLE DIMITRI SAMAROV & DÎNER DANSANT

59,00€

N° licence spectacle : 101 2704 – 101 2705 – 101 2706

TOUT COMPRIS

RÉSERVATIONS SUR WWW.CASINO-BORDEAUX.COM OU 05 56 69 49 00 (appel non surtaxé, tarif selon opérateur). FNAC - CARREFOUR - GEANT - MAGASINS U 0 892 68 36 22 (0,34€ TTC/min) www.fnac.com

www.facebook.fr/TheatreCasinoBordeaux

www.francebillet.com Ticketnet, Carrefour, Géant, Magasins U www.ticketnet.net


62 Zut ! Tendances § Parfum

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Parfums icônes PAR SYLVIA DUBOST ILLUSTRATION ISAAC BONAN

Rares et emblématiques de maison d’exception, ces jus iconiques aiguisent notre imaginaire. Une sélection de parfums à offrir, à soi avant tout, pour parfaire son allure.

Muscs koublaï khän Serge Lutens (1998)

Un fauve au repos, à la fois sauvage et ronronnant. Le plus beau musc de la parfumerie, sensuel en diable. On l’imagine sur : Benicio del Toro — www.sergelutens.com


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Heure Exquise

Lily of the Valley Penhaligon's (1976)

Méchant Loup

Annick Goutal (1984)

Une rose enveloppée de santal. Une merveille de nostalgie poudrée, douce comme un cachemire. On l’imagine sur : Grace Kelly dans High Society

Un muguet délicat et légèrement vert, naturaliste et primesautier, qui dégage un charme fou et sans artifices, et qu’on se garde pour le printemps. On l’imagine sur : Audrey Hepburn dans Funny Face

Une noisette un peu verte et balsamique, habillée de bois blonds. Complexe et unique, et plus chaleureuse qu’il n’y paraît. On l’imagine sur : Jean-Paul Belmondo époque Godard

— Aux Galeries Lafayette et chez Asmara

— Aux Galeries Lafayette et chez Elysées Parfums

Colonia

Boutonnière n°7

Vétiver fatal

Arquiste (2012)

Atelier Cologne (2012)

Une cologne limpide et intemporelle, magnifiquement travaillée : la quintessence du chic décontracté. On l’imagine sur : Steve McQueen

Chaud, alcoolisé et aromatique, fumé : un luxe addictif qui évoque les riches heures des tsars. On l’imagine sur : Marlene Dietrich dans L’Impératrice rouge

Racé et surprenant, lumineux et sans chichis, l’âcreté boisée si caractéristique ce déploie sur le tard. Le vétiver à son apogée. On l’imagine sur : Robert Redford dans son ranch de Sundance

— À la Parfumerie de l’Opéra et chez Elysées Parfums

Acqua di Parma (1916)

— Aux Galeries Lafayette et à la Parfumerie de l’Opéra

— Chez Asmara

L'artisan Parfumeur (1997)

— Aux Galeries Lafayette


64 Zut ! Tendances § Parfum

Lipstick rose

Frédéric Malle (2000) Poudre de riz et bâton de rouge, un parfum cosmétique et gai, délicieusement rétro et über-féminin. On l’imagine sur : Louise Brooks — À la Parfumerie de l’Opéra

L'Eau

Diptyque (1968) Une potion aromatique unique, mystérieuse et étonnante. Un philtre d’apothicaire parfaitement unisexe. On l’imagine sur : Katherine Hepburn — Chez Asmara

Bal d'Afrique Byredo (2009)

Une harmonie d’herbes et des fleurs tropicales légèrement salées sur fond d’ambre, de musc et de cèdre : la terre d’Afrique après une chaude journée. On l’imagine sur : Karen Blixen — Chez Asmara

L'Air de rien

Melograno

Robert Piguet (1948)

Miller Harris (2006)

Santa Maria Novella

La tubéreuse dans toute sa splendeur : solaire et envoutante. Un parfum de femme fatale drapée de soie noire. On l’imagine sur : Gloria Swanson à son heure de gloire

Un musc à la fois fleuri et androgyne, à porter avec jeans et converse, comme celle pour qui il a été créé ! On l’imagine sur : Jane Birkin, évidemment

Une douceur acidulée, rencontre merveilleuse entre la grenade et le talc. Une clarté poudrée rare, sophistiqué et discrète. On l’imagine sur : Marylin Monroe vue par Milton Greene

Fracas

— À la Parfumerie de l’Opéra

— Chez Asmara

— À la Parfumerie de l’Opéra


Offrez du rêve et de l’émotion

Billets cadeaux, Pass Jeunes Auditorium, articles de La Boutique ... Photographie : © Antoine Guilhem-Ducléon - Graphisme : Maryse Piva - Opéra National de Bordeaux - No de licence : DOS201137810 - Novembre 2013

à choisir et à retirer au Grand-Théâtre ou sur notre site Internet

05 56 00 85 95 opera-bordeaux.com Directeur Général Thierry Fouquet


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UP to date PAR MYRIAM COMMOT-DELON

Zut ! Tendances § Flash Mood

Des envies, en vrac : des fringues, des shoes, du design, tout et rien.

Mickael Print Panthères, zèbres, léopards, serpents, pffff… Laissez filer la savane et passez à l’imprimé bambi de la maison Carven. Où ? À Bordeaux chez Natacha, 1 rue Franklin 05 56 52 36 96 www.carven.fr

1er flocon Vite, une paire de moonboots ras la malléole ! Pour qui ? Les kids qui vont sauter à pieds joints dans les Mini Kiss de la coolab Les Prairies de Paris x Bonton. Où ? Chez Bonton - www.bonton.fr

Rituel Néo Tie-Dye Jacquard a dit, passez au dégradé ! Si possible en laine d’agneau et de couleur bleue comme ce pull Levis Made and Crafted. Où ? Chez Graduate, 63, rue du Pas Saint Georges à Bordeaux – 05 56 58 12 83 www.graduatestore.fr

Home kids Indispensable pour hipstériser le corner jouet du salon. Un pochon en coton sérigraphié avec 6 petites maisons en cèdre de l’Atlas non traité pour du 100 % handmade. Où ? Dans le shop du très joli blog By spielplatz. www.byspielplatz.com

Cet hiver, Tsé & Tsé signe une édition éphémère de trois bougies avec le parfumeur Diptyque. Et ? C’est tout Jaipur, Bombay et Barbès qui s’invitent à la maison : Orange Chaya, Écorce de Pin et Encens des Indes + un mystérieux alphabet en forme de lustre doré qui éclaire le verre. Quand ? À Noël ou jamais. Où ? Chez Asmara, 17, rue du Temple 05 56 81 14 56


Mainmilitary L’ongle 2013-14 est kaki. On file donc fissa se faire camoufler écolo en adoptant la good nail philosophy des vernis Kure Bazaar. Lequel ? Réf : Khaki Où ? Chez Hair de Luxe, 4-6, cour de l'Intendance à Bordeaux. www.hairdeluxe.fr

Hairbrush Bonne année Oui, mais sans mails et seulement avec de la papeterie fine 100 % Michoucas. C’est qui ? Le studio de création bordelais de Carole Biro. Combien ? 10 € le set de 4 cartes de vœux, livré avec les enveloppes en craft. Où ? Chez www.michoucas. bigcartel.com et le 14-15 décembre à Darwin au Christmasmarket, le marché de Noël alternatif et éco-responsable des créateurs régionaux.

Historiques et adulées par les happy few, donc indispensables à tout vanity qui se respecte. Quoi ? Les brosses à cheveux Mason Pearson, en vente aux Galeries Lafayette Bordeaux.

Lynchez, mangez Dressez votre table sur un scénario de David Lynch ! Bernardaud fête ses 150 ans avec la crème des artistes contemporains et 12 services d’un luxe accessible et créatif. Où ? Chez Bernardaud, 5, cour de l’Intendance à Bordeaux 05 56 52 02 80

Toi mon toit La Corée, nouveau vivier de designers ultra doués. Qui ? Seung-Yong Song et ses relectures d’objets standard de notre quotidien. Quoi ? Object-E, la version chaise-séchoir et son amoncellement de vêtements qui nous rappelle nos chambres d’ados si bien rangées. Régressif. Où ? www.seungyongsong.com

Du corps Remarque est une marque qui questionne le statut du langage dans un monde numérisé. Qui ? Caroline Brami, agrégée de lettres et l’écrivain Ariel Kenig. Pourquoi ? Parce que porter des mots pour relire le monde est un acte politique. Où ? www.remarquestore.com


68 Zut ! Tendances § Street

Urban Styles PHOTOS ET TEXTES ADRIEN NAVARRO

Gwen 25 ans, jeune diplômé en architecture Ta marque préférée ? La Gourgandine… Parce que j’aime bien ça ! Un bar ? La vie moderne (72, cour AlsaceLorraine), c’est mon QG ! Ton fashion faux-pas ? Il y a quelques années de ça, j’étais assez fier de ma houpette… Avec du gel bleu métallisé...

Martin 23 ans, étudiant Ta marque préférée ? Carhartt. Pas besoin d’en dire plus ! Une boutique ? Edgar (30, rue Saint-James). J’adore leurs produits. Ton fashion faux-pas ? La fausse ceinture Burberry sur le survet’ Sergio Tacchini… La belle époque, il fallait assumer pour ne pas se faire taper !

Louis 24 ans, travaille chez Mollas Ta marque préférée ? Sixpac pour l’originalité et les graphismes carrément chouettes ! Pour leurs collaborations avec des artistes aussi. Un bar ? La vie moderne, pour les copains et le comptoir ! Ton fashion faux-pas ? Un style Ricain, baggy + Nike Air Force One, sans oublier le sweat Comet !


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Margot

Alexis

Emma

20 ans, étudiante en communication

18 ans, barman

21 ans, étudiante en droit

Ta marque préférée ? Je n’ai pas tellement de marque préférée, j’achète la plupart de mes fringues sur asos.fr Une bar ? Le Café Cito (place Saint Pierre) Ton fashion faux-pas ? Des talons jaunes achetés en friperie à Berlin, une horreur...

Ta marque préférée ? Bonobo, c’est fun et original ! Un bar ? Wato Sita (8, rue des Piliers de Tutelle) pour la musique latino ! Je danse beaucoup, notamment la salsa et le tango ! Ton fashion faux-pas ? Mon masque pour Halloween ! Non, sinon j’assume à peu près tout ce que je porte... Sauf peut-être... Hum... Non, rien !

Ta marque préférée ? Chloé, mais je m’achète beaucoup de fringues en friperie ! Une boutique ? Steack fripes ! Ton fashion faux-pas ? Legging camouflage... Quelle honte !


70 SÉLECTIONS tendances

ACCESSOIRE

Le quart d’heure bordelais Benjamin et Maxime, deux designers bordelais de l’agence You&me, évoluent dans un autre espace-temps : celui de Vasco Watches, où ils réinventent cet accessoire intemporel. Plus d’aiguilles, le cadran tourne sur lui-même. 24 heures pour faire un tour, comme notre chère planète bleue, autrefois explorée à l’aide d’outils de navigation qui ont inspiré le nom de la marque et le design unique de cette montre. Pour en savoir plus et participer au crowdfunding de cette marque locale, rendez-vous sur : www.vasco-watches.com


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ACCESSOIRE

I’m cycling in the rain COIFFURE

Luxe et volupté Quand un coiffeur de stars décide de s’associer à un spécialiste du service haut de gamme, cela donne naissance à un concept novateur. Au 1er étage d’un luxueux immeuble est né un lieu unique de bien-être, où chacun pourra, le temps d’une coupe ou d’un soin, vivre un moment privilégié. Élégamment meublé, le salon procure un sentiment d’intimité et de bien-être, propice à une relaxation intense qui vous ferra oublier stress et turpitudes du monde extérieur. (P.M.) Upper Style 61, cours Clemenceau - 05 56 23 43 14 - www.upperstyle.fr

Arriver au boulot à vélo un jour de pluie et complètement sec relève du miracle… Impossible n’est pas Popins, qui tombe du ciel avec son porte parapluie adapté à tous les cycles et tous les parapluies (ou presque). Que les fous de vitesse se rassurent : il résiste à un vent de 30km/h ! Le parapluie Popins est désormais disponible en plusieurs couleurs. Et pour un style vélistique parfait, Popins distribue aussi les cycles Angot, qui nous arrivent tout droit de chez nos amis Strasbourgeois ! (A.N.) Popins 23, rue Saint-James 09 52 93 42 25 - popins.fr

BIJOUX

Un bijou d'atelier MODE

Made in pas trop loin Chez We Are Nothing, on se bouge pour la planète en sublimant le recyclage. Au milieu de ce bric à brac d’objets et d’accessoires, vous retrouverez votre vieille chambre à air… Ah non pardon, c’est désormais un sac à main décalé ! L’argenterie de votre grand-mère ? Eh bien non, ce sont de beaux bijoux fantaisies… Côté actu, hormis l’expo dans la galerie en sous-sol, W.A.N vient d’ouvrir à Bordeaux les ateliers de leur marque KREJCI (www.krejci.fr) et a reçu l’étoile du commerce et de l’artisanat de la responsabilité sociale et environnementale de la ville de Bordeaux. Rien que ça ! (A.N) We Are Nothing - 1, rue des Lauriers - 05 56 48 15 41 - www.wanweb.fr

Quand Juliette (la brune) et Céline (la blonde) se rencontrent, elles décident rapidement d’unir leurs savoir-faire en joaillerie et stylisme pour ouvrir, il y a 10 ans, une charmante boutique à deux pas de la Cathédrale. Un lieu entre atelier et boudoir, qui recèle une multitude de créations originales : sautoirs, boucles d’oreilles, broches, bagues sont toutes traitées à l’argent ou à l’or fin et s’ornent de mille couleurs. Au fond de cette grotte aux trésors, le petit atelier permet d’admirer la dextérité et la créativité de ces deux copines. Pour le quotidien ou le plus beau jour d’une vie, chacune trouvera ici son bijou. Line & Lune 65, rue des Remparts - www.linelune.com


Lifestyle

(Ă gauche) Photo Alexis Delon / Preview - (Ă  droite) Photo bentz + brokism


74 Zut ! Lifestyle × Portrait

Du terrain au terroir PAR FABRICE VONÉ PHOTOS JULIE REY


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À 40 ans, l’ancien footballeur des Girondins de Bordeaux s’est mis en quête de nouveaux plaisirs simples : le vin, la cuisine et le rock. Johan Micoud a refermé une parenthèse pour ouvrir L’Aparté. La trajectoire à de quoi surprendre, surtout lorsqu’il s’agit de Johan Micoud, dont la marque de fabrique était jusque-là de servir le ballon dans les pieds. Se déjouant de tout marquage, c’est loin du stade Chaban-Delmas, où il a remisé ses crampons en 2008, et de la place de la Victoire, où se consument la vie étudiante et les rares victoires des Girondins, que l’ancien milieu de terrain a rebondi. Militant ainsi pour un sens aigu du collectif comme seul trait d’union avec sa première vie lorsqu’il arborait le n°14 dans le dos. Au cœur de la place Ravezies, épicentre d’un néo-quartier fait de bureaux, c’est là que Johan Micoud a ouvert L’Aparté au début de l’été. « J’ai côtoyé beaucoup de restaurateurs à Bordeaux, explique-t-il. C’est devenu évident à partir du moment où on a découvert le local. J’aimais le lieu avec son côté brut, ça fait un peu usine, atelier. Mélanger le côté brasserie avec un aspect moderne, cela me convenait très bien et c’est une autre philosophie que le centre ville ». L’Aparté est donc un lieu moderne, lumineux et dépouillé. Aux murs, les œuvres du graffeur Zarb confortent la touche urbaine du restaurant, accentuant le décalage avec la cuisine de Pascal Bataillé, à base de produits frais et de saison en provenance du marché. « L’idée est de travailler des produits du matin. Quand le chef parle de sa cuisine, on a les papilles qui commencent à se développer et la salive qui arrive », raconte Johan après avoir ingurgité un expresso « bien serré ». Le défi qu’il s’est fixé avec sa nouvelle équipe est de faire évoluer l’endroit dans la division des bistrots de

quartier. « On est entouré de bureaux. C’est presque froid comme décor. C’est pour cela qu’on a appelé le restaurant L’Aparté, qui doit ressembler à une mi-temps pour une clientèle qui travaille toute la journée. » Du terrain au terroir, il n’y a finalement qu’un pas que le champion d’Europe, avec les Bleus en 2000, a d’abord franchi en achetant il y a cinq ans une parcelle de vignes dans le Pomerol avec Mathieu Chalmé, un de ses anciens coéquipiers, et le vigneron Alexandre de Malet Roquefort. « J’aime bien les produits nobles. On a dû créer le nom – Château La Connivence –, fabriquer une étiquette, etc. Tout cela me plaît énormément. Que ce soit dans la vigne ou avec le restaurant, cela reste un travail d’équipe et ça ressemble à ce que j’ai toujours fait dans le football », confie-t-il. Mais le parallèle avec le ballon rond s’arrête là. Si ce n’est la présence d’un exemplaire de L’Équipe du jour figurant sur le comptoir – « obligé, c’est un objet du bar », se défend-il – et au futur grand stade de Bordeaux qui verra le jour, dans le cadre de l’Euro 2016, à une poignée de stations de tramway de la place Ravezies. « Je ne renie pas le football, j’adore toujours regarder des matchs et jouer avec des potes, mais c’est deux choses complètement différentes. J’ai envie que les gens viennent ici pour le plaisir de manger. Je ne veux pas que ce soit le football qui les attire. Comme dans le vin, je n’ai pas mis de ballon de foot sur l’étiquette », souligne Johan Micoud.


76 × Portrait Johan Micoud

“ Que ce soit dans la vigne ou avec le restaurant, cela reste un travail d’équipe et ça ressemble à ce que j’ai toujours fait dans le football ” Le choix de se poser définitivement à Bordeaux fut une autre évidence pour celui qui a grandi à Vallauris, entre Cannes et Antibes. « Quand je suis revenu jouer aux Girondins [en 2006 après deux expériences remarquées à Parme et à Brême, ndlr], les choses étaient claires. On avait beaucoup bougé avec ma femme et mes filles. Elles étaient prêtes à s’installer ici, dans une ville et une région qui nous plaisaient », révèle-t-il. S’il leur arrive parfois de regretter le climat azuréen et l’absence de la mer « à cinq minutes à pied », le « bon vivre » girondin l’a emporté. « C’est une ville plus sûre que dans le Sud-Est. Depuis dix ans, Bordeaux évolue dans le bon sens. Le travail qui a été fait est fantastique, beaucoup de projets voient le jour. Ce n’est plus la “Belle endormie”. » De quoi accélérer sa propre mutation. « Le fait d’arrêter le football m’a permis de voir autre chose, de côtoyer d’autres personnes. Quand on est dans le foot, on évolue dans un monde parallèle. Ces rencontres et ces opportunités ont fait que j’ai pu monter ces projets », enchaîne-t-il. L’un d’eux l’a naturellement amené vers la scène rock de Bordeaux. Jusqu’à monter le label Virage Tracks en 2009 en compagnie de Laurent Dory, actuel chanteur de Robert & Mitchum. Après la sortie de plusieurs disques dont la compilation Pop’n’Foot, regroupant des inédits, entre autres, de Dionysos, Miossec, Mickey 3D, l’aventure s’est arrêté l’an dernier, d’un commun accord. « On arrivait à la croisée des chemins, se souvient-il. C’était parfois compliqué lorsque tu réalises que les gros labels ont le monopole du truc. On n’était pas à découvert mais soit on remettait de l’argent en prenant plus de risques, soit on arrêtait. D’autant que les deux autres personnes qui travaillaient pour le label

avaient des métiers à côté et des décisions à prendre. C’était un virage pour tout le monde, ce qui renvoyait au nom du label. Je pense qu’on a le fait le bon choix. On a quand même vécu trois années super, comme ce tournoi de foot avec les artistes de la compil’. Et grâce à “Lolo”, j’ai rencontré tous ces personnages de la scène rock des années 80 et 90. Des gens adorables et hyper simples, fêtards dans le bon sens du terme. » Cette parenthèse enchantée est loin d’être refermée. Il suffit d’entendre son excitation à l’idée d’aller voir Vampire Weekend en concert à Paris, le cadeau d’anniversaire que lui ont fait ses deux filles. À Bordeaux, Johan Micoud continue d’acheter des disques. Essentiellement des vinyles. « J’ai retrouvé le plaisir d’entrer chez les disquaires où je peux rester une heure à regarder les pochettes », confie ce client de Total Heaven. La musique conserve chez lui une grande part d’inassouvi. « J’ai baigné dedans quand j’étais petit, reconnaît Johan. Mon grand-frère écoutait Zappa en boucle. Je me rêvais alors plus guitariste que joueur de foot. J’ai quelques guitares chez moi. Des fois, je les sors mais je joue tellement mal que ça me décourage vite. Je suis quelqu’un d’impatient, je voudrais savoir rapidement tout jouer et très bien. Il faudrait que je me prépare dans la tête à trimer pour faire quelque chose. Peut-être que ça viendra un jour. »

Bordeaux, la triste endormie « J’aime bien ce club mais ça me fait du mal de voir comment ça se passe. » Aujourd’hui, Johan Micoud a rejoint le rang des supporteurs déçus des Girondins, au point de ne plus se rendre au stade Chaban-Delmas. Champion de France en 1999 avec Bordeaux, l’ancien milieu de terrain déplore le manque de spectacle proposé par les hommes du président Triaud ces dernières saisons. « Pour faire venir les gens au stade, il faut du spectacle, sinon ils ne viennent plus », regrette-t-il. À ce niveau, le milieu de terrain aux 17 sélections avec les Bleus ressent une certaine amertume. Surtout par rapport à son expérience en Bundesliga sous le maillot du Werder de Brême, entre 2002 et 2006. « En Allemagne, n’importe quelle équipe va jouer et les stades sont pleins : ils ont tout compris. Cela rejaillit aujourd’hui sur leur équipe nationale. Quoiqu’il arrive, il y a toujours des équipes qui descendent en fin de saison, donc autant voir autre chose que des matches de merde sans occasions. C’est pour ça que je suis si critique avec les Girondins. »


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78 Zut ! Lifestyle × Portrait

Ligne gagnante PAR BÉRANGÈRE EROUART PHOTOS PATRICK DURAND

Ils sont à peine 200 en France à exercer le même métier que lui. C’est dire si, à l’âge où les garçons sont tous pompiers ou policiers dans l’âme, Laurent Balmier avait statistiquement peu de chances de fantasmer sur la fonction qu’il occupe aujourd’hui à la tête du Casino Théâtre de Bordeaux – 3e du groupe Lucien Barrière, sur une échelle de 37 succursales. Cet amusant calcul de probabilité (sûrement encouragé par le cliquetis et les jingles des machines à sous qui s’évertuent à mettre au défi les lois du hasard) nous fait patienter une quinzaine de minutes dans le hall, tout de rouge moquetté : ambiance lounge, immense sapin de Noël pourpre, éclairage tamisé. Il est 17h15, la nuit a déjà recouvert les rives du lac de Bordeaux au centre du quartier d’affaires et, hormis une allée de palmiers visibles par la porte à tambour, l’architecture rectangulaire de ces 7000 m² de verre acier et béton tranche avec le cliché romanesque des vieux palaces de Normandie ou de la Riviera. De la prestance, une touche de dandysme qui ne tient pas au seul costume-cravate : l’homme qui vient de descendre de son 1er étage a la poignée de main souriante, et un mot aimable pour chacun de ses

collaborateurs croisés en salle tandis qu’il nous ouvre la route parmi les 300 machines à sous : « le moteur de notre triple activité “jeu-restauration-spectacle”, 70 % du volume d’affaires. » Des machines dernière génération, qui puisent dans les thématiques sûres (Michael Jackson, Shrek, Superman...) ou offrent un compromis intéressant à la concurrence des jeux en ligne (roulette électronique, vidéo poker) que le Casino de Bordeaux teste en pilote. Et un nouvel espace de jeu aménagé pour les fumeurs, frappés par l’interdiction de 2008 : « Une partie des mesures qui nous ont permis de maintenir un bon niveau d’activité. » Taquiné sur l’univers foisonnant et un brin déroutant qui défile à grands renforts d’effets visuels sur les rouleaux des machines, le patron se révèle incollable, capable d’égrener en détail les modalités de chaque appareil. Direction le 1er étage et l’ambiance plus cotonneuse des tables de jeux, propice, se dit-on, aux confidences sur l’envers du décor, voire sur les coulisses d’un parcours personnel qui jusque-là n’a pas laissé filtrer le moindre indice. À cette heure, l’endroit est totalement désert : « Notre clientèle de l’après-midi, plus féminine et plus âgée, se concentre autour


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Laurent Balmier avoue un faible pour les grands architectes : « Ils construisent le monde et ponctuent l’Histoire. » Aujourd’hui à la tête du Casino de Bordeaux, classé 5e de France, son propre cheminement traduit un art certain de l’élévation. À condition de savoir lire entre les lignes (de fuite)… Entretien sur fond de non-dits.


80 × Portrait Laurent Balmier

“ On naît joueur, comme on naît rouquin ou rancunier ” Françoise Sagan

des machines à sous. Ici, autour des tables de jeu, c’est une clientèle du soir, plus masculine et plus jeune. » Exit le brouhaha du rez-de-chaussée… La voix a repris sa tonalité naturelle. Feutrée, parfois à la limite du perceptible pour le dictaphone qui espère maintenant un recentrage sur le cœur du sujet : par quel tour de passepasse devient-on directeur de casino ? « Oh, un peu par hasard, je dirais. » Retour aux sources Aîné d’une famille de trois enfants, Laurent Balmier ne vise « aucun avenir particulier ». En cherchant bien, il cite un penchant pour la gastronomie, nourri par un père fin cuisinier, par ailleurs acheteur en matériaux de construction. Mère : directrice d’école. Mais cette carrière, ce n’est tout de même pas un accident ? « Bon, j’ai eu assez tôt cette conviction de ne pas vouloir me limiter à être derrière un fourneau, ou même à diriger un restaurant… » Ce « ou même à diriger un restaurant », où pointe enfin le nez d’une ambition certaine, est dit sur ce même ton, toujours étrangement détaché. On pense une seconde que la promiscuité des tables de jeux lui a instillé l’art de ne rien laisser paraître quand on tient en mains un carré d’as. Mais l’absence de prétention évidente, cette forme de timidité qui confine à l’excuse, oriente vers une piste autrement plus « banale ». « On naît joueur, comme on naît rouquin ou rancunier », disait Sagan. « On naît entrepreneur », semble dire le parcours de Laurent Balmier, même si rien, chez cet homme au regard bleu et tranquille, ne trahit la rage de l’escalade, qui coule paisiblement dans ses veines… On relèvera néanmoins un peu plus tard, au détour d’une question anodine, que dans son panthéon personnel, « rien ne vaut une journée de marche en montagne ». Mais revenons à la fin des années 80, au moment où la partie ne fait que commen-

cer. Après des rêves de tour du monde qui le voient à deux doigts de s’engager sur le Jeanne d’Arc, ce sera finalement une école hôtelière à Strasbourg, la ville où il a grandi et vu le jour en 1969 (excellent millésime pour les vins d’Alsace). À l’IAE (école d’administration des entreprises), il découvre ensuite les ficelles du management, de la finance, et du marketing. La machine est lancée : contrôleur de gestion à Paris dans le groupe d’hôtellerie/restauration/clubbing détenu par la chanteuse Régine – qui compte notamment le restaurant Ledoyen sur les Champs-Elysées et le Jimmy’s où Sagan (tiens, tiens) passa jadis toutes ses soirées pendant 10 ans –, il côtoie du beau linge, des grands chefs (Philippe Dorange, Thierry Marx) et les nuits à paillettes. Il a quoi… 22, 25 ans ? Et ça ne lui a jamais tourné la tête ? Laurent Balmier ricane gentiment, un peu gêné, comme on tousse pour gagner trois secondes face à une question qu’on n’est certainement ni les premiers ni les derniers à lui poser, mais qu’il n’a pas fini de résoudre. « Oui bien sûr, je sortais un peu, voilà, on est jeunes, mais bon, j’ai évolué vers des postes de direction adjointe. » Un coup à jouer Le succès fulgurant des premières machines à sous au tout début des années 90 génère des profits en cascade, faisant trembler les structures des casinos – traditionnellement familiales –, soudain convoitées par les géants de l’économie. La profession s’industrialise. À 27 ans, Laurent Balmier sent qu’il y a là un coup à jouer. Et le voilà propulsé, via le groupe ACCOR – premier opérateur hôtelier mondial, qui vient de développer une filiale dans le jeu –, à la tête du Casino de Perros-Guirec dans les Côtes d’Armor. Un établissement « de taille moyenne, une centaine de machines, une soixantaine de collaborateurs ». Est-ce la température de

l’eau, qui même au cœur de l’été, incite plus au jeu qu’à la nage ? Le coup d’essai ressemble en tout cas à un coup de maître puisque 3 ans plus tard, le jeune manager est parachuté à Niederbronn-les-Bains, à 50 km de sa ville natale. 140 collaborateurs, et presque autant de machines. Sans compter « une grosse partie restauration, la gestion de l’hôtellerie, que je n’avais pas connue en Bretagne, l’afflux de clientèle de l’Allemagne frontalière... ». Une performance, à cet âge ? « Un moment fort de ma carrière ». On insiste : « Vous avez en quelque sorte grillé les étapes ? » Il concède : « À Niederbronn, la plupart de mes employés avaient mon âge… en années d’ancienneté ». En moins de 7 ans, Laurent Balmier dépoussière et hisse cette organisation familiale « aux normes d’un groupe comme ACCOR ». Des moments d’effroi ? « Il y a eu pas mal de travaux, beaucoup de choses à faire, mais je pense avoir répondu à la demande. » Et il n’est manifestement pas le seul à le croire, puisque la maison-mère le catapulte à Bordeaux (« J’avais fait le tour de ma mission, je cherchais une autre aventure »), fin 2007, au moment où les débuts de notre fameuse « crise » font tanguer l’équilibre mondial. A-t-il (enfin) douté, au cœur de la tempête ? « C’est justement dans ces périodes de doute que l’on se réinvente. » Et c’est ce qu’il fait, en développant des partenariats avec les grands événements festifs et culturels locaux (Fête du Fleuve, Fête du Vin, Opéra de Bordeaux, etc.), et en procédant à des innovations internes. Aux traditionnels black jack, stud poker, poker Texas Hold’em, roulette anglaise et jeu de boule, il ajoute La Bataille, inspiré du jeu de cartes le plus populaire de France, avec des mises minimales. Bilan d’étape. Au seuil de ses sept « années Balmier », le Casino de Bordeaux est aujourd’hui classé 5e de France : pratiquement une place raflée chaque année. Alors quelle suite logique pour son directeur ? Père de 3 enfants âgés de 7 à 15 ans, Laurent Balmier dit avoir trouvé à Bordeaux « une vraie qualité de vie familiale, une ville d’un dynamisme inouï, avec une vision et des projets à long terme… et des Pessac blancs insoupçonnés », même s’il rêve toujours « d’une flammekueche avec un riesling minéral, des odeurs de vin chaud et d’épices du marché de Noël, ou des escargots à l’alsacienne de Chez Yvonne ». Il est aussi vice-président du


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Les bonnes adresses de Laurent Balmier — Balades En ville Les alentours de Tourny, le quai des Sports avec les enfants, la brocante Saint-Michel, le miroir d’eau et sa perspective : « Les façades des quais, la place de la Bourse, le flux de passants, le cours de la Garonne, les jardins paysagés : une vraie source d’inspiration. » — Aux alentours

Club des Entreprises de Bordeaux, impliqué de longue date dans Insertion et alternatives, réseau dédié à la resocialisation par le travail, et ne désespère pas de tâter un jour de la musique. Celui qui appellerait Laurent Balmier à l’échelon supérieur, « comme directeur régional par exemple », aurait donc statistiquement peu de chances de mal miser. D’autant que l’univers du jeu a tout l’avenir devant lui : le couple qui, l’été dernier « a réalisé un exploit équivalent à la qualification de l’équipe de France pour le Mondial au Brésil » (Monsieur ayant décroché 81 000 € aux machines à sous le 19 juillet, et Madame, 183 000 € le 15 août), continue chaque semaine de venir titiller la chance… Tandis que lui, Laurent Balmier, n’a règlementairement aucun droit d’introduire la moindre pièce dans une de ces machines. Le dictaphone indique 2h37 de conversation, et un taux d’épanchement personnel cruellement bas – la hantise du journaliste, l’équivalent du drapeau rouge pour les candidats à la baignade. Mais le lendemain matin, dans un mail posté spontanément, Laurent Balmier révèle ce sixième sens aigu que l’on sentait poindre à quelques centimètres de la surface : « On me dit souvent impénétrable, même si je n’ai rien à cacher. À l’instar des Stoïciens, j’exploite mon champ de liberté en ne

m’occupant que de ce qui dépend de moi. Et en laissant de côté les contraintes sur lesquelles je n’ai aucune influence. » Un dernier échange de mails, où l’on prendra soin de glisser opportunément une série de questions lapidaires appelant des réponses lapidaires – semblant de questionnaire de Proust –, nous apprendra qu’il « aime cuisiner les produits de saison », que son « chiffre fétiche est le 7 », et qu’« étant porté sur l’hémisphère gauche, c’est la raison qui a guidé [ma] vie », mais qu’« avec l’âge, cela tend nettement à s’équilibrer ».

Suivre la route du Médoc et découvrir grandeur nature vignobles et châteaux, mettre des images sur les étiquettes des bouteilles qui font rêver : Saint-Estèphe, Margaux, Pauillac. Aller en famille à la pointe du Ferret, sur le bassin, manger des huîtres face à la dune du Pyla. — Restauration Le Septième péché, « pas parce que le jeune Chef est allemand ! Mais l’association des mets y est exceptionnelle ». Un verre de blanc au marché des Capucins le dimanche. Le Bistrot Gabriel, « pour son panorama incomparable, et pour le chef : j’y ai découvert l’association des huîtres et de la tricandille ». Et en dehors des étoilés de la CUB, tous testés, les institutions bordelaises telles que La Tupina, la Brasserie Bordelaise, Peponne avec les enfants, Villa Tourny, Chez Greg…


Zut ! Lifestyle × design

PAR MYRIAM COMMOT-DELON

Plié / allumé En japonais, IN-EI signifie « ombre, obscurité, nuance ». IN-EI ISSEY MIYAKE est le nom d’une collection poétique, dessinée par Issey Miyake et éditée par Artemide, qui cisèle la lumière dans un tout nouveau matériau inédit.

Issey Miyake ? Ce couturier est un chercheur. Ses deux best seller sont Pleats Please, une étoffe plissée magique qui a fêté ses 20 ans l’an passé et A-POC (acronyme de « a piece of cloth »), autre concept vestimentaire à base de grands rouleaux de tissus stretch à découper à vif pour créer une garde-robe sans coutures. Le reality lab ? Le studio de création d’Issey Miyake, un groupe de huit personnes, animés par la même approche novatrice en matière de design et de matériaux, entièrement tournés vers les besoins de l’homme. Son actualité ? Le Reality Lab s’est penché sur un nouveau processus, utilisant un programme mathématique, mis au point à partir des principes de géométrie tridimensionnelle du mathématicien Jun Mitani, pour créer un nouveau tissu.

132 5. issey miyake ? C’est le petit nom intrigant (voir encadré) de cette méthode extrêmement ingénieuse qui ouvre un champ inédit aux recherches en technologies textiles, d’abord appliquée à la création de vêtements puis aux luminaires. Le concept ? Une pièce de tissu unique, livrée et pliée à plat, à redéployer pour la matérialiser en suspensions, lampes de table ou de sol. La matière première ? Les leds et une fibre régénérée à partir de bouteilles de PET qui présente une capacité de diffusion unique de la lumière et produite via de nouveaux processus permettant une réduction de 40 % de la consommation d’énergie et d’émission de CO2. Pour qui ? Pour les matheux fans de design, les éco-responsables, les voyageurs esthètes, les techno addicts et les contemplatifs.

DÉCRYPTAGE NUMÉROLOGIQUE DU PROJET 132 5. ISSEY MIYAKE 1. chaque produit se compose d’une pièce unique de tissu 3. évoque la 3D de son déploiement dans l’espace 2. indique le pliage initial en 2D 5. précédé d’un espace vide, se réfère à la métamorphose de ces formes destinées à se transformer en vêtements ou en objets. Ce chiffre représente à la fois l’imagination et l’avenir de l’homme devenu responsable face à l’environnement. Artemide et In-ei Issey Miyake sont distribués : Voltex 49, cours Georges Clemenceau Luminaire Saint-Rémi 44, rue Saint Rémi


- LE 101 / 101 RUE NOTRE DAME / 33000 BORDEAUX / 05 57 22 99 64

6 place Fernand Lafargue mar. - sam. 10:30 - 19:30 33000 Bordeaux lun. 13:00 - 19:30

> Conseils d’Architecture d’intérieur. > Projets en design d’espace et création de mobilier. +33 9 83 77 65 76 / contact@edithstore.fr


84 Zut ! Lifestyle × Design

Collector PAR MYRIAM COMMOT-DELON

Avant que vos kids ne sortent du nid, offrez-leur du mobilier qui grandira avec eux, et prenez le risque qu’ils ne veuillent pas s’en séparer.

Moduler Véritable must-have, les systèmes d’aménagement USM savent aussi s’adapter à l’évolution et aux besoins des enfants et des ados. Vous pourrez les compléter et les déplacer à l’envi, ils évolueront pour le bien-être de leurs jeunes utilisateurs. Un design et une durabilité à faire naitre des vocations d’architectes et designers !

Meuble mixte composé de 3 rangements à portes abattantes et de 3 rangements ouverts, caisson roulant à 3 tiroirs (14 couleurs disponibles) USM Haller, 33, cours de Verdun à Bordeaux 05 56 44 35 48 www.usm.com


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Jouer

Transgresser

Découvrir

Lampe volant de Godefroy de Virieu pour L’Atelier d’exercices. Orientable grâce à un système de culbuto intégré, éclairage LED. www.atelierdexercices.com

Patère Handjob Hooks, modèle Rock On d’Yve Thelermont et David Hupton. www.thelermonthupton.com

Monographie de Fredun Shapur, Playing with design par Mira Shapur et Amy F. Ogata, éditions Piqpoq. www.piqpoq.fr

S’asseoir

Photos : Gulli Mar

Chaise Chair One B de Konstantin Grcic pour Magis. Assise en fonte d’aluminium et base en béton, nouvelle version jaune disponible en exclusivité chez www.madeindesign.com

Ranger

Grandir The Baby Seal et The Sealpelt, gigoteuses en laine pour enfant et adulte par le collectif islandais Vík Prjónsdóttir. www.vikprjonsdottir.com

Porte-manteau Hang It All de Charles et Ray Eames, édité chez Vitra. chez AGORA Mobilier à Bordeaux 17, cours Georges Clemenceau 05 56 06 05 86


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SÉLECTIONS lifestyle

DESIGN

Danish origami

Quand le design scandinave rencontre l’art ancestral japonais de l’origami, cela donne naissance à Hamilton, le dernier-né de la maison danoise Bo Concept. Ce modèle de fauteuil hybride à l’allure racée et aux lignes sculpturales se pare de cuir ou de tissu aux couleurs acidulées. Un coussin amovible et un repose-pied assorti invitent au plus grand confort, pour se lover avec élégance même à la maison. Déballé, c’est plié ! (C.L.)

BoConcept Bordeaux Hangar 16, quai Bacalan 05 57 87 23 23 bordeaux@boconcept.fr BoConcept Bordeaux Mérignac 61, avenue de la Somme 05 56 12 00 99 merignac@boconcept.fr


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BISTROT

Pour les grands et les autres… Comptoir en marbre, bois et laiton, vieux miroirs, moulures, mobilier… tout concourt à redonner à cette institution, réouverte en avril dernier, une véritable ambiance de bistrot chic mais sans chichis. Les petits plats gourmands sont à arroser d’une belle sélection de vins. Logique, le chef a fait ses classes dans les plus belles tables de Bordeaux et la patron possède la cave Vin +, située à côté. (P.M.) Le Bistrot des Grands Hommes 10, place des Grands Hommes 05 57 83 60 26

BAR

LIEU

That’s alright Mama ! Après Paris, Marseille, Lyon et Istanbul, l’hôtel le plus branché de France (et de Turquie) s’installe à Bordeaux. Signé Serge Trigano et fils, Philippe Starck et Alain Senderens (pour la carte), le Mama Shelter est un lieu-concept qui a fait du design décalé et de la world cuisine sa marque de fabrique. À la fois hôtel, restaurant, bar et pizzeria, on aime son décor cool et ses menus « multiculturels ». On y loge sa belle-famille pour les fêtes (avec un package nuit-champagne pour Noël), on sirote un délicieux cocktail accoudé à l’Island Bar et on se repaît d’une bonne bavette d’Angus. Au cœur du vieux Bordeaux, dans une ancienne usine à gaz, le Mama Shelter est désormais l’un des endroits les plus étonnants et les plus colorés de la ville. Mama Shelter 19, rue Poquelin Molière - 05 57 30 45 45
- www.mamashelter.com

Anti des pressions Chez Fred, c’est bien plus qu’un bar : c’est un lieu de vie. On vient gratuitement s’y faire tailler la barbe, une fois par mois, par l’un des barbiers les plus réputés de Bordeaux. On peut venir avec ses enfants pour envoyer une lettre au Père Noël. Chez Fred, on vient boire l’apéro, rire et partager de bons moments dans une ambiance chaleureuse. Venir Chez Fred, c’est également être solidaire en participant aux cafés suspendus. Chez Zut !, on aime Chez Fred ! (A.N.) Chez Fred 19, place du Palais facebook.com/barchezfred


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BOUTIQUE

Comme à la maison

Deux personnalités, deux passions et une amitié pour un seul lieu. Au départ, pour Alexandra et Morgan, Edith n’était qu’une simple idée « utopique et décousue ». Avec le temps, elle s’est transformée en challenge : il s’agissait de concevoir un espace de création et d’expression, un « cabinet de curiosité » ! Alexandra et Morgan ont imaginé un espace différent où s’entremêlent design, mode et expositions. Les jeunes amies y proposent une sélection des pièces uniques chez Little Bacon ou atelier Auguste (bagagerie), qui croisent des nœuds pap’ Laurent Desgrange. Edith privilégie le « made in France » et les petites séries, comme les chaussons Lasso et les objets design PCM que l’on peut apercevoir en vitrine. Jeune architecte d’intérieur, Alexandra vous

conseillera également sur votre intérieur, et peut même se déplacer chez vous pour vous accompagner dans un relooking complet de votre cocon. Agencement, création de mobilier… tout est possible ! En rendant ce service accessible, cette passionnée qui regorge d’idées veut décomplexer le rapport entre le client et l’architecte. (A.N.) Edith 6, place Fernand Lafargue 09 83 77 65 76


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BD BAR

B.A.

Jour de fête Pour que les enfants hospitalisés puissent eux aussi bénéficier d’un vrai repas de fête, le Grand Hôtel de Bordeaux propose un goûter de Noël caritatif, dont le prix d’entrée sera intégralement reversé à l’association SOS Gourmandises. Parce que le chemin de la guérison passe aussi par de petits joies quotidiennes, et donc un plaisir de manger retrouvé, l’association œuvre en ce sens depuis deux ans à l’hôpital des Enfants de Bordeaux (CHU Pellegrin). Au programme de cette après-midi festive pour enfants et parents : un goûter gourmand, des ateliers cuisine et une distribution de cadeaux à tous les petits participants par les magasins de jouets L’Ecole buissonnière et Paulin Pauline. Et cet instant solidaire se transforme ainsi moment de plaisir pour tous. (S.D.)

Dans sa bulle Bd Fugue est une librairie spécialisée dans la BD et le manga. Ce temple du 9e art ravira amateurs comme néophytes grâce à un choix varié, qui rassemble les titres les plus classiques aux opus les plus rares. Ce qui fait la particularité de ce lieu, c’est le bar au fond de la boutique où l’on peut se restaurer ou tout simplement siroter en lisant tranquillement l’objet rare déniché dans les étagères débordantes de cette librairie. (A.N.) BD Fugue - 10, rue de la Merci 05 56 52 16 60 - bdfugue-bordeaux.com

Goûter de Noël solidaire, le 21 décembre de 15h30 à 18h à la brasserie Le Bordeaux, au grand Hôtel de Bordeaux 2-5, place de la Comédie - 05 57 30 44 44 www.sos-gourmandises.org

RESTO

From Paris to Bordeaux

Vingt-six salariés et une dizaine de bénévoles font vivre ce lieu unique à Bordeaux sous une charpente centenaire. Atelier mécanique mais également scène culturelle alternative, ce garage aux multiples visages se veut avant tout un lieu de partage : « Sous le bleu de travail, tout le monde est égal ; c’est par cette égalité que naît le dialogue », nous rapporte Béatrice, l’une des fondatrices. Accompagné par des professionnels, on y vient se salir les mains dans le cambouis de la mécanique auto, moto et cycle tout en faisant des économies. Le Garage accueille également des concerts, pièces de théâtre et expositions… Un bon moyen pour se détendre après le dur labeur. (A.N.)

Tombés amoureux de Bordeaux et lassés de la vie francilienne, Marion et Fabien ont tout quitté pour offrir à la rue Notre Dame un lieu culinaire où la qualité ne découle pas du prix et où le « fait maison » est vraiment fait maison. Leurs sandwichs et salades marient à la perfection les produits frais des petits producteurs Chartronnais et les pains qui arrivent tous les matins du fameux boulanger Laurent Lachenal. La carte est en constante évolution car, chaque semaine, le jeune couple propose une nouvelle création. Tels des chimistes à la recherche de la formule parfaite ! (A.N)

Le Garage moderne 1, rue des Étrangers - 05 56 50 91 33

Bread Storming - 27, rue Notre Dame aux Chartrons - 05 33 05 57 06

LIEU

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