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Investors’ Insight Vontobel Asset Management

Multi-Asset-Class-Management 2.0 La réponse aux problèmes de placement des caisses de pension


Sommaire

Executive Summary 3 La bonne stratégie de placement, un défi pour les caisses de pension 4 - Choix de l’objectif et du risque de placement - Les années fastes des placements financiers – «Les actions battent les obligations» - Les marchés ont connu des modifications fondamentales - La nouvelle réglementation applicable à partir de 2013 influencera également l’objectif de placement et la gestion des risques La réponse est une stratégie de placement active et non passive - Les caisses de pension suisses choisissent des stratégies passives - Pourquoi la gestion «active» est-elle avantageuse et la gestion «passive» trop relative?

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Stratégie de placement active, mais comment? 8 - Extension des sources de rendement - Accent placé sur la construction de portefeuille et la gestion active des risques - Qu’est-ce que le nouvel indice de référence? L’approche de Vontobel: Multi-Asset-Class-Management 2.0 11 - Le risque en tant que gouvernail - L’indice de référence en tant que gouvernail Rapport spécial (Aon Hewitt): les défis des caisses de pension et des entreprises 14 Glossaire 18

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Executive Summary

Tous les investisseurs institutionnels et, notamment, les caisses de pension devront surmonter de sérieux obstacles ces prochaines années. Les années fastes, caractérisées par des hausses de cours régulières, font définitivement partie du passé, à tout le moins depuis la crise financière de 2007-2008. Les marchés financiers mondiaux se caractérisent désormais par une forte volatilité, de faibles taux d’intérêt et une corrélation accrue. Il sera donc de plus en plus difficile à l’avenir de diversifier le risque et d’atteindre les objectifs de placement. Dans un tel contexte, satisfaire à l'objectif de rendement constitue un véritable défi. De plus, les modifications d’ordre réglementaire exigent que l’on définisse de manière plus claire les risques actuels et futurs. Le rapport des spécialistes des caisses de pension d’Aon Hewitt, joint à la présente étude, met en évidence les obstacles que les caisses de pension et les entreprises devront éviter aujourd’hui comme à l’avenir.

ainsi qu’à une gestion active des risques. Il n’est plus de mise de se référer uniquement aux prévisions. Il s’agit là de constituer un portefeuille «robuste» offrant suffisamment de souplesse pour apporter une protection dans les situations de choc, mais permettant également de tirer parti des atouts du marché. Enfin, le choix d’un indice de référence ne doit plus porter sur la structure fixe d’un portefeuille de base mais prendre en compte les critères individuels de la caisse de pension quant à sa capacité de prise de risque et de ses besoins en matière de rendement.

«Maximiser les rendements sur la base d’un budget risque strictement défini.»

La réponse à ces défis est une stratégie de placement caractérisée par une approche active, non passive. C’est là la seule manière de bien comprendre les risques encourus, de tirer parti de manière cohérente des atouts des marchés et de réagir rapidement. De nouvelles sources de rendement sont un moyen permettant d’améliorer les caractéristiques des portefeuilles. Les obligations à haut rendement des pays émergents, les obligations d’entreprise et les matières premières sont des thèmes de premier plan en raison de leur profil risque/rendement et de leur contribution à la diversification des portefeuilles. Il convient en outre d’affecter davantage de ressources à la construction de portefeuilles «intelligents»

Vontobel est l’un des principaux gestionnaires de fortune de Suisse et il a poursuivi régulièrement le développement de son approche au cours des dernières décennies. Nous avons analysé soigneusement les crises des dernières années et en avons tiré les leçons en affinant nos méthodes en conséquence. Pour optimiser le portefeuille d’un client, nous recommandons de maximiser le rendement compte tenu d’un budget risque strictement défini.

Nous désignons cette approche sous le terme de «Outcome Driven Investments». Celle-ci exige un haut degré de souplesse dans la construction du portefeuille et le choix de catégories d’actifs liquides «robustes». Nombre de ces éléments peuvent aussi être repris dans l’approche axée sur l’indice de référence. Une compréhension approfondie des risques nous permet de mettre en œuvre, de manière plus efficace et plus rentable, des pondérations maximales et minimales. Le facteur décisif de ces deux approches est la grande expérience de nos spécialistes. Car à l’avenir également, il ne sera pas possible de prendre des décisions de placement judicieuses sans évaluation qualitative complète de la part de professionnels. Octobre 2012

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La bonne stratégie de placement, un défi pour les caisses de pension Choix de l’objectif et du risque de placement Les décisions de placement visent en général à maximiser les rendements et à minimiser les risques. L’objectif de rendement à long terme des caisses de pension est même en moyenne de 4,6% selon l’étude Swisscanto 20111. Pour atteindre cet objectif, les caisses de pension se réfèrent fréquemment à la famille d’indices LPP 2005. Celleci définit un cadre de placement et, par conséquent, de manière indirecte la mesure du risque possible. Les chiffres 25, 40 et 60 figurant dans les définitions suivantes d'indices correspondent au pourcentage de placements à risque tels que les actions, les hedge funds et le private equity pouvant figurer dans chaque portefeuille global: indice LPP-25-plus, indice LPP-40-plus et indice LPP-60-plus. En prenant pour référence l’un des indices ci-dessus, les conseils de fondation croient avoir déterminé l’ampleur de leur prise de risque. Mais, en cas de modification de l’environnement de risque de l’ensemble du marché, l’ampleur du risque ainsi défini perdra rapidement de son importance. Un portefeuille statique d'indices donne par conséquent un «sentiment de risque» (cf. graphique 1). On peut ainsi se demander si un portefeuille contenant 40% d’actions présente en tout état de cause davantage de sécurité qu’un portefeuille en contenant 60%.

La combinaison d’un objectif de placement fixe et d’indices de référence figés entraîne au fil du temps des prises de risque excessives ou insuffisantes. S’y ajoute le fait qu’en général, lors de la construction d’indices de référence, on ne tient pas compte de l’évolution du taux de couverture, qui correspond au rapport entre l’actif disponible et les engagements de prévoyance d’une caisse de pension. Cette approche est ainsi l’expression d'un jugement erroné du risque. Par conséquent, on ne s’étonnera guère de l’évolution négative des taux de couverture. Les années fastes des placements financiers – «Les actions battent les obligations» Le quart de siècle compris entre 1982 et 2007 constitue une période de prospérité économique mondiale d’une durée exceptionnelle. Cette période s’est caractérisée par un contexte de taux favorable et une tendance à la hausse régulière sur les marchés d’actions. Les stratégies «Buy and Hold» étaient couronnées de succès, et l’excellente performance des actions a été supérieure à celle, pourtant bonne, des obligations. La politique monétaire et la politique de dépense des pays développés ont favorisé une bonne conjoncture économique, tandis que les générations du baby-boom entraient dans la vie active.

Graphique 1: évolution de la volatilité d’un portefeuille «50/50» (50% d’actions MSCI World; 50% EMU Bond Index (EUR); calcul rétroactif) Volatilité (en %) 22

Volatilité annualisée d’un portefeuille «50/50» sur la base de rendements journaliers sur une période de 6 mois

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8% de volatilité moyenne 7

Le portefeuille présente un risque inférieur à celui attendu par le client. Les opportunités de rendements ne sont pas pleinement saisies.

20 11

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9 20 0

20 08

Le portefeuille présente un risque supérieur à celui attendu par le client. Le risque de perte est important.

Source: Vontobel Asset Management, Thomson Reuters Datastream 1 «Les caisses de pension suisses 2011», Swisscanto Asset Management AG, septembre 2011 4

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Graphique 2: évolution des actions et des taux au cours de diverses phases de marché Actions (Indice)

Intérêts (en %)

L’environnement des entreprises et, pour les caisses de pension, le rapport entre les cotisants et les bénéficiaires de prestations se présentaient de manière positive. L’évolution des marchés boursiers internationaux et du contexte de taux en Suisse pendant cette période figure dans la partie verte du graphique 2. Dans ce contexte de faible volatilité, de taux intéressants, de faible corrélation et de marchés boursiers attrayants, les caisses de pension suisses ont généralement satisfait à leurs obligations légales. Les marchés boursiers, dans l’ensemble bien orientés, ont même fait bénéficier les caisses de pension les moins performantes de rendements généralement suffisants pendant une vingtaine d’années. Les marchés ont connu des modifications fondamentales Depuis le début du millénaire, on observe cependant l’émergence d’une modification fondamentale de l’environnement. Cela s’explique par des transformations fondamentales des conditions de marché qui ont débuté avec l’explosion de la bulle informatique. La Bourse s’est alors rendu compte que nombre de sociétés technologiques et de start-up fortement voire très fortement cotées étaient loin de pouvoir dégager les fonds nécessaires à leur exploitation. La deuxième et plus importante bulle a éclaté en 2007, mettant en évidence une nouvelle et dramatique erreur d’allocation de capitaux: l’immobilier américain, pour le-

11 20

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Nouveau régime de marché

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Actions: MSCI World Net Return, USD – échelle de gauche Obligations d’Etat suisses (5 ans) – échelle de droite

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Années fastes

Source: Vontobel Asset Management, Thomson Reuters Datastream

quel on prévoyait une hausse régulière au fil des années, s’est effondré. Ceci s’explique par le doute quant à la capacité des débiteurs les moins aisés à faire face effectivement à leurs échéances hypothécaires. Après la faillite de la banque d’affaires américaine Lehman Brothers en 2008, les intermédiaires financiers n’ont plus été disposés à se prêter mutuellement de l’argent. Cela a alors fait imploser le paradigme existant depuis plus de 25 ans selon lequel les «actions battent les obligations». La réaction des gouvernements et des banques centrales ne s’est alors pas fait longtemps attendre. Leurs mesures de sauvetage prises à la hâte et comprenant des injections de liquidités et des achats massifs d’obligations d’Etat visaient à écarter les dommages tant économiques que politiques. Cela a certes pu paraître nécessaire, mais dans le même temps, cela empêchait l’assainissement nécessaire du marché. L’évolution de la crise de la dette au sein de l’Union économique et monétaire permet de constater que les mesures de soutien ont plutôt été facteur d’insécurité, et que les interventions d’ordre monétaire et budgétaire appelaient de nombreuses améliorations. Les conséquences de la crise actuelle sont une volatilité en hausse ainsi que des taux d’intérêt exceptionnellement faibles en raison d’un fort gonflement de la masse monétaire ainsi qu’un accroissement des corrélations. Les spécialistes voient dans cette modification fondamentale un nouveau «régime de marché» (caractérisé par la partie 5


rouge du graphique 2). Par conséquent, les investisseurs en obligations ont des difficultés à détecter les sources intéressantes de rendement et les investisseurs en actions sont confrontés à des fluctuations marquées de cours. La fiabilité des rendements dégagés par les actions et les obligations n’est plus garantie et la propension au risque des opérateurs («risk on»), qui a dominé les marchés à partir des années 1980 jusqu’en 2007, s’est transformée en une aversion au risque confinant à l’irrationnel («risk off»). Le graphique 3 présente l’évolution de la corrélation entre des catégories choisies de placement. Les faibles corrélations de 2005 sont en vert, tandis que les corrélations négatives des sept dernières années entre les actions et les matières premières et les obligations sont en bleu. La corrélation positive en nette hausse entre les actions et les matières premières en 2012 est en rouge.

Graphique 3: évolution de la corrélation de certaines catégories de placement – 2005 par rapport à 2012

2005 Actions Matières Obligations premières Actions 1.000 0.146 -0.038 Mat. prem. 0.146 1.000 0.011 Obligations -0.038 0.011 1.000 2012 Actions Matières Obligations premières Actions 1.000 0.651 -0.660 Mat. prem. 0.651 1.000 -0.409 Obligations -0.660 -0.409 1.000 vert = faible corrélation rouge = corrélation positive en nette hausse bleu = corrélation négative en nette hausse

Dans un contexte aussi difficile, selon l’étude Swisscanto 20122, entre 2006 et 2011 et selon leur taille, les caisses de pension n’ont dégagé en moyenne que -0,3 et 0,4% de rendement par an. La nouvelle réglementation applicable à partir de 2013 influencera également l’objectif de placement et la gestion des risques Le cadre réglementaire en fonction duquel les entreprises sont tenues de suivre les engagements de leur caisse de pension a connu une modification fondamentale et offre davantage de transparence. L’introduction de la nouvelle norme de présentation des comptes IAS 19 («International Accounting Standard») à partir du 1er janvier 2013 entraînera des modifications importantes pour les entreprises qui présentent leurs comptes selon les normes IAS. Jusqu’à présent, le calcul des actifs et des engagements se faisait de deux manières: le revenu attendu des placements se distinguait du taux d’intérêt retenu pour la rémunération des obligations de prestation. A partir de l’année prochaine, un taux d’intérêt unique s'appliquera pour les sociétés côtées aux deux parties du bilan. En outre, la «méthode du corridor» appliquée actuellement deviendra obsolète avec l’entrée en application de la nouvelle norme comptable. Les gains et pertes comptables des actifs des caisses de pension devront désormais figurer au bilan alors que jusqu’ici ils étaient présentés hors bilan. Une évaluation des engagements de prévoyance à des cours proches du marché et leur prise en compte dans le bilan permettront de constater chaque année l’écart effectif entre les engagements et les actifs de la prévoyance professionnelle. Dans les entreprises disposant de peu de fonds propres, le rapport existant entre fonds propres et

Source: Vontobel Asset Management, Thomson Reuters Datastream

capitaux empruntés pourrait avoir une incidence sur les contrats de crédit existants et futurs. L’adaptation des principes comptables aux normes internationales est une chose, et les évolutions aux plans politique et social en Suisse en est une autre. Les discussions politiques portant notamment sur: • une diminution du taux de conversion minimum, • une diminution du taux d’intérêt minimal ou • le relèvement de l’âge de la retraite ne résolvent pas la question de savoir quelle est la bonne stratégie de placement en matière de risque et de rendement. Ces modifications d’ordre réglementaire exigent d’améliorer sensiblement la définition des risques actuels et futurs et apportent davantage de transparence. Le thème de la gestion et de la conscience des risques devient crucial et suppose une autre approche de placement pour les catégories de placement à risque et sans risque. On peut se demander si une approche passive peut encore répondre à ces exigences du point de vue de la gestion des risques. Veuillez également vous reporter au rapport spécial d’Aon Hewitt à partir de la page 14 de cette étude.

2 «Les caisses de pension suisses 2012», Swisscanto Asset Management AG, septembre 2012 6


La réponse est une stratégie de placement active et non passive Les caisses de pension suisses choisissent des stratégies passives Au cours des années fastes, les caisses de pension ont confié la gestion de leurs actifs à des prestataires spécialisés dans la gestion active de patrimoine. Nombre de ces gérants de fortune, qui essaient de dégager un surplus de rendement par rapport à un indice de référence, n’ont obtenu que des résultats moyens voire médiocres, ce qui, dans un contexte de marché relativement favorable, s’est relativisé. L’écart entre les coûts et les services de ces prestataires est venu en point de mire lors du retournement des marchés, à partir de 2007, rappelé ci-dessus. De nombreuses caisses de pension ont alors opté pour des stratégies de placement passives en mettant l’accent sur les coûts. Est-ce là une bonne manière de parvenir à une bonne diversification et à une gestion active des risques? Pourquoi la gestion «active» est-elle avantageuse et la gestion «passive» trop relative? Le nouveau «régime de marché» se caractérise par • une volatilité élevée, • des taux très bas, • une forte corrélation et continuera, selon nous, de marquer les marchés ces prochaines années. Pour cette raison et compte tenu des futures exigences accrues en matière de gestion des risques, les placements passifs nous paraissent peu judicieux. Cela s’explique, d’une part car, dans ce domaine, les produits adossés à des indices ne dégageront que des rendements volatils ou en baisse et, d’autre part, s’agissant du type de placement lui-même, car les placements dans des produits proches des indices reviennent à renoncer à des atouts provenant d’écarts positifs relativement à l’indice de référence. Du point de vue de la gestion des risques, les placements passifs peuvent entraîner des concentrations sur certains secteurs et titres individuels qui vont à l’encontre d’une diversification efficace de portefeuille. Ainsi, l’investisseur dans des indices boursiers surpondère les actions et les secteurs dont les prix sont élevés compte tenu des fondamentaux et sous-pondère ceux qui lui paraissent bon marché. De même, il investira dans des secteurs qui ne présentent aucune perspective d’avenir. En cas d’investissement dans des indices obligataires, les investisseurs accroissent la pondération des émetteurs, lesquels augmentent leur endettement (leverage), car leur poids dans l’indice croît avec le volume de leurs créances. De nouveaux produits de placement passifs tentent cependant de pallier les défauts exposés précédemment grâce à une indexation fondamentale, mais dans ce cas, des décisions importantes et subjectives ont une influence sur la composition de l’indice. Les exemples présentés parlent donc en faveur d’une gestion de patrimoine active.

En résumé, on peut donc dire que les approches passives sont «trop relatives» et empêchent les caisses de pension d’atteindre leurs objectifs de rendement absolus avec un risque constant. Le graphique 4 donne un aperçu des avantages de l’investissement actif. Graphique 4: avantages des approches de placement actives

Pourquoi une gestion active et non passive? Miser sur des entreprises individuelles Se concentrer sur des entreprises sous-évaluées et particulièrement attrayantes. Saisir des opportunités Surpondérer et sous-pondérer des secteurs, des pays et des régions attrayants. Tirer parti des tendances globales La détection précoce de tendances fondamentales et de surévaluations structurelles («l’indice suit le momentum») permet de tirer parti de rotations sectorielles rapides. Tirer parti de la diversification Les placements indiciels supposent qu’ils évoluent comme leurs valeurs sous-jacentes et n’offrent ainsi souvent aucune diversification réelle. Etre conscient des risques et gérer activement Gestion des risques encourus et bonne compréhension des éléments de l’indice, p. ex. indices obligataires. Source: Vontobel Asset Management

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Stratégie de placement active, mais comment?

Dans les chapitres précédents, nous avons démontré qu’un nouveau «régime de marché» exigeait des solutions nouvelles en matière de gestion de portefeuilles «Balancés». Les temps sont révolus où les actions faisaient mieux que les obligations. D’un point de vue réglementaire également, il importe d’avoir une connaissance précise des risques encourus sur une année civile. La condition préalable est de recourir à des approches actives. Contrairement aux approches plutôt statiques, assorties de multiples restrictions, les approches Multi Asset Class modernes doivent surtout comporter trois éléments: • extension des sources de rendement, • meilleure construction du portefeuille et gestion active des risques et • définition du bon indice de référence (benchmark).

(cf. graphique 5) qui offraient des rendements attrayants. Les obligations d’entreprise sont tout aussi intéressantes: les bilans des grandes sociétés américaines, par exemple, sont très sains, autrement dit leurs titres présentent un profil de risque intéressant pour les investisseurs. Il y a dix ans, le contexte était totalement différent: des bilans faibles, de faibles notations et des profils risque/rendement défavorables par rapport aux obligations d’Etat. Cette appréciation s’est confirmée depuis 2009 car les obligations à rendement élevé ont bien mieux performé que les autres catégories de placement (cf. graphique 6). Graphique 5: endettement public des pays émergents et des

pays industrialisés

% du PIB 120

Extension des sources de rendement Au cours des décennies passées, les caisses de pension ont surtout effectué la distinction entre «actions suisses» et «actions étrangères» ainsi qu’entre «obligations suisses» et «obligations étrangères». Parfois de l’immobilier, des hedge funds et du private equity ont été ajoutés aux portefeuilles.

Prévision du Fonds monétaire international

100

80

60

Depuis l’explosion de la crise des marchés financiers, les 40 gérants de portefeuille se trouvent contraints de rechercher de plus en plus des placements offrant des profils risque/rendement encore attrayants. Si l’on compare la 20 2000 2005 2010 2015 période antérieure et postérieure au début de la crise, on pays industrialisés pays émergents constate que les obligations d’Etat des économies déveSource: FMI, World Economic Outlook; Les données à partir du loppées, sources les plus conventionnelles de revenus, se 01.01.2012 sont des valeurs estimatives. présentent actuellement en deux catégories. On trouve d’une part des obligations d’Etat très risquées des pays Graphique 6: performance de catégories de placement européens dits périphériques et, de l’autre, celles des éco sélectionnées – 2002 à 2012 nomies stables détentrices d’une bonne notation mais dont les obligations ne Rendement absolu (indexé sur 100) dégagent qu’un rendement très faible. 300 Quelles alternatives s’offrent à nous dans une telle situation? Trois catégories de placement, guère considérées, se trouvent au tout premier plan: • les obligations à haut rendement des pays émergents • les obligations d’entreprise et • les matières premières.

250 200 150 100 50 -

ju

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il. 02 nv .0 3 ju il. 03 ja nv .0 4 ju il. 04 ja nv .0 5 ju il. 05 ja nv .0 6 ju il. 06 ja nv .0 7 ju il. 07 ja nv .0 8 ju il. 08 ja nv .0 9 ju il. 09 ja nv .1 0 ju il. 10 ja nv .1 1 ju il. 11 ja nv .1 2

Ainsi, les obligations à haut rendement des pays émergents présentent certains Actions avantages qui caractérisaient autrefois les obligations d’Etat des pays développés: les émetteurs étaient des économies stables, modérément endettées

Obligations à haut rendement

Obligations Investment Grade

Source: Vontobel Asset Management, Bloomberg

Obligations d’Etat


Quant aux matières premières, qui par définition ne dégagent pas de rendements explicites, outre l’évolution de leurs prix, leur faible corrélation avec d’autres catégories de placement les rendent intéressantes. Selon l’étude Complementa 20123, les caisses de pension suisses n’ont en fin de compte investi que 2,0% dans les matières premières. Les caisses de pension et leurs conseils de fondation doivent envisager d’assouplir leurs directives de placement et d’étendre leurs catégories de placement afin d’améliorer la flexibilité des placements et la gestion des risques. Accent placé sur la construction de portefeuille et la gestion active des risques Par le passé, la majeure partie du temps consacré à la recherche pour les placements «Balancés» portait généralement sur des prévisions concernant des indicateurs macroéconomiques et les rendements que l’on pouvait escompter. Et ce temps manquait donc pour la construction de portefeuilles permettant de mieux protéger le patrimoine des clients contre des pertes importantes en cas de séismes sur les marchés. Car il est finalement plus important d’éviter des pertes que de viser une optimisation des rendements.

Un portefeuille de client «robuste» est le but ultime de la construction d’un portefeuille. Que signifie «robuste»? Il s’agit tout d’abord de bien comprendre les qualités à long terme des catégories de placement. Par «robustesse» on entend ici identifier, dans chaque environnement de marché, les catégories de placement qui apportent une véritable diversification et qui contribuent à l’évolution positive durable du portefeuille. On met alors en œuvre le portefeuille le plus robuste. Il est tout aussi important de déterminer et d’incorporer les éléments susceptibles de bien diversifier un portefeuille à forte proportion d’actions. Si l’on étudie, par exemple, l’évolution du marché boursier américain depuis 1980, on constate qu’il y a eu 17 phases de baisse de plus de 10% (cf. graphique 7). Les seuls rendements positifs notables enregistrés au cours de cette période ont été uniquement le fait de l’obligation du Trésor américain à 30 ans. Il peut sembler illogique d’investir dans des obligations d’Etat à long terme en période de faibles taux d’intérêt. Si l’on désire cependant lisser la performance d’un portefeuille Multi Asset Class, un placement effectué dans cette optique paraît tout à fait judicieux.

Graphique 7: diversification du risque des actions dans le régime déflationniste des années 1980 (avec des emprunts d’Etat AAA) et dans

le contexte inflationniste des années 70 (avec les matières premières)

Obligations d’Etat américaines: régime d’investissement désinflationniste Baisse de 10% et plus du S&P 500

Matières premières: régime d'investissement inflationniste Baisse de 10% et plus du S&P 500

date de perf. la plus haute

date de perf. la plus basse

amplitude de performance

rendement des obligations d’Etat US

08.02.1980 28.11.1980 07.10.1983 21.08.1987 13.07.1990 17.07.1998 16.07.1999 24.03.2000 01.09.2000 18.05.2001 04.01.2002 23.08.2003 12.10.2007 16.05.2008 02.01.2009 13.04.2010 07.07.2011

18.04.1980 06.08.1982 15.06.1984 04.12.1987 12.10.1990 09.10.1998 15.10.1999 14.04.2000 06.04.2001 21.09.2001 19.07.2002 04.10.2002 14.03.2008 21.11.2008 06.03.2009 02.07.2010 03.10.2011

-14.8% -26.2% -12.7% -33.3% -18.3% -17.1% -12.1% -11.2% -25.8% -25.2% -27.7% -14.9% -17.5% -43.9% -26.7% -16.0% -18.8%

-7.8% 16.1% -7.9% 1.5% -2.3% 5.6% -3.5% 2.7% 7.5% 5.4% 7.8% 4.7% 10.9% 13.0% -7.7% 11.9% 24.5%

date de perf. la plus haute

date de perf. la plus basse

amplitude de performance

rendement des matières premières

02.01.1970 23.04.1971 05.01.1973 12.10.1973 15.03.1974 08.11.1974 27.06.1975 31.12.1976 08.09.1978

22.05.1970 19.11.1971 06.07.1973 08.02.1974 04.10.1974 06.12.1974 12.09.1975 03.03.1978 17.11.1978

-22.3% -12.0% -15.5% -17.1% -37.2% -13.2% -12.1% -18.6% -11.6%

5.4% 10.1% 31.1% 19.1% 37.7% -5.4% 22.9% 17.9% 5.4%

Négatif, mais meilleur que le S&P 500 Positif et meilleur que le S&P 500

Négatif, mais meilleur que le S&P 500 Positif et meilleur que le S&P 500 Source: Bloomberg, obligations d’Etat américaines à 30 ans 3 «La situation actuelle des caisses de pension suisses», Complementa Investment-Controlling AG, septembre 2012 9


De même, dans les années 70, les matières premières se prêtaient à la diversification: dans huit périodes sur neuf caractérisées par des replis des marchés d’actions, elles ont permis de compenser ces reculs. Outre l’accent placé sur la construction du portefeuille, il importe désormais plus que jamais de garder en permanence un œil sur les risques présentés par les diverses catégories de placement du portefeuille. C’est là la seule manière de gérer activement le portefeuille et d’ajuster sa construction. La détention d’une proportion trop importante ou trop faible de l’une ou l’autre catégorie de placement peut avoir des conséquences négatives sur le portefeuille. Les gérants devraient avoir en permanence une connaissance exacte de la contribution au risque de chaque catégorie de placement. Il est en outre essentiel de bien interpréter les données, si bien que les investissements dans l’expertise et dans les systèmes informatiques spécialisés constituent un facteur de succès primordial. Qu’est-ce que le nouvel indice de référence? Comment se présentent les solutions dans le contexte précédemment décrit? Nous recommandons de déplacer la

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priorité: la constante ne doit plus être la structure du portefeuille («indice de référence» p. ex. le «LPP 40»), mais les critères individuels de la caisse de pension quant à sa capacité à prendre des risques et à ses besoins de rendement. Pour ce faire, les deux composants doivent être équipondérés, autrement dit le mandat de placement doit non seulement tenir compte des objectifs de rendement mais aussi des objectifs de risque. Aussi le risque devrait-il être défini comme la perte maximale admissible sur une certaine période de temps. La condition essentielle de la mise en application d’une telle approche tient à des restrictions minimales dans la construction du portefeuille. La référence ne se définit donc plus par le biais de catégories de placement mais par la propension au risque et les attentes de rendement implicitement déduites. La référence marché se transforme ainsi en une référence propre à chaque client. De même, aux clients qui préfèrent toujours gérer leurs portefeuilles en se référant à un indice de référence prédéterminé nous conseillons de recourir également aux éléments présentés précédemment en tant qu’instruments supplémentaires afin d’optimiser le rendement de leurs portefeuilles.


L’approche de Vontobel: Multi-Asset-Class-Management 2.0 Il convient d’investir dans des stratégies et des gérants qui ont mis en œuvre de manière crédible les éléments dont il a été question dans les paragraphes précédents. Cela suppose un examen soigneux. L’investisseur devra donc s’informer, évaluer et prendre des décisions. Cela dit, la culture d’entreprise du gérant et sa capacité à mettre en œuvre une certaine approche ont leur importance. Une fois ces aspects clarifiés, le risque d’un changement coûteux du gérant se trouve réduit. Trois facteurs ont une importance décisive pour le choix des gérants de patrimoine: • l’expertise et l’équipe, • la gestion active du risque et • l’historique de performance. Vontobel est parmi les meilleurs gérants de patrimoine actifs en matière de portefeuilles «Balancés» et Multi Asset Class à l’intention des clients institutionnels en Suisse. Au cours des dernières décennies, nous avons continué de développer notre approche. Nous exposons ci-après la manière dont nous gérons les portefeuilles Multi Asset Class et avons intégré dans notre approche les enseignements tirés des récentes crises. Le risque en tant que gouvernail Nous désignons l’opération d’optimisation d’un portefeuille compte tenu du profil risque/rendement du client par le terme d’approche «Outcome Driven Investments». L’accent est alors placé sur la maximisation du rendement du portefeuille compte tenu d’un budget risque qui doit être strictement respecté. Les modifications de l’environnement de marché entraînent une plus grande rigueur en matière de gestion des risques. Il en résulte alors une dynamique délibérée dans la structure de base du portefeuille, car une catégorie de placement est pondérée en fonction de sa contribution au risque global du portefeuille. Le maintien de portefeuilles fixes ne s’écartant que très légèrement de l’allocation initiale («référence») est de ce point de vue dépassé. Nous nous référons ici à la «Value at Risk» (VaR) en tant que mesure du risque et

d’indicateur. Pour être prêt à faire face à tous les scénarios de marché, nous avons fixé des fourchettes d’allocation très larges.Nous pouvons par exemple renoncer totalement à investir dans une certaine catégorie de placement. Cela nous exonère de contraintes de placement potentiellement défavorables et constitue un facteur de flexibilité considérable. Notre principe consistant à n’investir que dans des placements liquides souligne ce désir de flexibilité. En exploitant totalement les fourchettes d’investissement par catégorie de placement, nous disposons d’une multitude de portefeuilles qui se caractérisent tous par une grande «robustesse». Ce processus de placement de Vontobel comprend trois étapes (cf. graphique 8): «Définir», «Construire» et «Investir». Dans une première étape, compte tenu des besoins du client, on définit le budget risque et la période de placement, par exemple une perte maximale de 5% sur une année civile. La référence à une année civile peut être d’importance dans la mesure où cette période coïncide avec le cycle de reporting typique des caisses de pension. L’étape «Construire» comprend une optimisation qui aboutit à un «portefeuille de référence» robuste. L’étape «Investir» décrit l’observation et l’ajustement de la stratégie de placement. Il s’agit là de développer en permanence le portefeuille, de chercher de bonnes idées de placement et d’empêcher d’aboutir à de mauvais résultats. L’horizon de placement est compris entre 6 et 18 mois. Des éléments à court terme jouent néanmoins eux aussi un rôle. Ils ont une importance dans le choix du moment du placement («timing») et en période de forte volatilité. Dans ce cas-là, on recourt à une nouvelle approche qui repose sur les prévisions d’évolution du marché allant de plusieurs semaines à six mois. Pour ce faire, nous essayons de prévoir la propension au risque des opérateurs pour en tirer parti de manière rentable. En étroite coopération avec l’équipe stratégique, nos gérants de portefeuille étudient en permanence l’environnement courant des risques. Dès que nous détectons un «changement de régime», nous procédons à des ajustements de la structure de base du portefeuille.

Graphique 8: processus de placement «Outcome Driven Investments»

Définir

Construire

Investir

Identifier les besoins du client pour en déduire le budget risque

Construire un portefeuille de référence robuste correspondant à l'environnement

Gérer activement le portefeuille orienté rendement et risque

Source: Vontobel Asset Management 11


L’indice de référence en tant que gouvernail Nombre de ces éléments tels que l’importance du profil risque-rendement s’appliquent également dans le «monde relatif»; il ne s’agit pas là en priorité d’une perte maximale du client («drawdown») mais fréquemment de la surpondération ou sous-pondération maximale ou minimale de diverses catégories de placement. Pour le gérant de portefeuille, il s’agit de savoir quels placements lui permettront d’épuiser quelle partie du budget risque. L’évolution des prix relatifs et des corrélations correspondantes est également déterminante dans l’environnement axé sur l’indice de référence. Nous sommes persuadés que la connaissance parfaite des corrélations et du profil de risque de diverses positions ou catégories de placement apporte une plus-value décisive dans la gestion de portefeuilles axée sur l’indice de référence. Et ce savoir-faire nous permet de

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gérer les risques et le rendement de manière plus consciente. Les limites en matière de pondérations minimales et maximales figurant dans les directives de placement peuvent ainsi être utilisées de manière nettement plus efficace et rentable. A l’avenir non plus, les décisions de placement ne seront pas possibles sans procéder à une évaluation qualitative exhaustive. Il s’agit là de la capacité d’interpréter une évolution de marché exceptionnelle, comme une inefficience potentiellement rentable, ou de reconnaître en elle le changement de «régime» susceptible d’entraîner, le cas échéant, une large restructuration des placements. L’expérience cumulée de nos spécialistes dans l’évaluation du contexte risque/rendement fait ici toute la différence.


Les auteurs de cette publication

Christophe Bernard Stratège en chef du Groupe Vontobel et Président du Comité d'investissement de Vontobel Asset Management Christophe Bernard a rejoint Vontobel en février 2012 où il dirige la boutique Balanced-/Multi Asset Class (MAC). Il préside en outre le Comité d'investissement. Il a travaillé de 2005 à 2012 à l’Union Bancaire Privée où il était Chief Investment Officer et membre du comité de direction de la banque. De 1991 à 2005, Christophe Bernard a travaillé pour le Deutsche Asset Management (DeAM), où il a été responsable de l’Equity Portfolio Management entre 1997 et 1999. En 2000, il devient CIO de la filiale de Francfort et en 2005 CIO pour l’Europe. Christophe Bernard est diplômé de l’ESSEC à Paris dans les domaines Corporate Finance, Financial Statements et Securities Markets.

Alan Zlatar Responsable Multi Asset Class Investments Alan Zlatar a pris ses fonctions de Head of Multi Asset Class Investments et Deputy Head of Group Investment Strategy chez Vontobel Asset Management en mai 2012. Avant de travailler pour Vontobel, il a été responsable du Portfolio Management de la succursale suisse de la Deutsche Bank de 2008 à 2011. Il était alors responsable de l’équipe d’investissement qui gérait des portefeuilles Multi-Currency équilibrés, des actions, des obligations et des placements immobiliers indirects en Suisse. Il était en outre membre du Global Investment Committee de Private Wealth Management de la Deutsche Bank. Alan Zlatar était auparavant membre de la direction et CIO de la banque privée Rüd, Blass & Cie AG où il était chargé du développement et de la direction des départements Portfoliomanagement et Research. Auparavant, il a occupé différentes fonctions chez Zurich Financial Services, Julius Bär Group Ltd. et Credit Suisse Asset Management. Alan Zlatar a obtenu un Bachelor of Arts en politique économique à l’Université de Genève et a collaboré à des projets de recherche en International Economics et Economic History à l’Université d’Oxford.

Arpad Pongracz Responsable Outcome Driven Investments Arpad Pongracz a rejoint Vontobel Asset Management en mai 2012 en tant que responsable Outcome Driven Investments au sein de la boutique Multi Asset Class. Avant de rejoindre Vontobel, Arpad Pongracz a été responsable des Global Balanced Solutions chez UBP où il fut chargé de formuler la stratégie d’investissement et de gérer les portefeuilles globaux multi asset pour les clients institutionnels et privés de 2010 à 2012. Il fut également directeur adjoint du Comité d’allocation des actifs de la division Asset Management. De 2008 à 2010, Arpad Pongracz fut responsable Total Return Direct Strategies chez Credit Suisse où il a géré les fonds et portefeuilles Total Return combinant single lines, ETFs et fonds dans toutes les classes d’actifs. Avant cela, Arpad Pongracz a travaillé chez Lombard Odier & Cie et Soros Fund Management comme co-gérant du Quantum Fund. Arpad Pongracz est titulaire d’un Bachelor of Arts en économie de l’Université de Toronto. Il est également analyste financier agréé (CFA). 13


Rapport spécial (Aon Hewitt): les défis des caisses de pension et des entreprises Martin Siegrist, Pascal Renaud* Depuis plusieurs années déjà, les caisses de pension connaissent un contexte de marché des plus difficiles. La phase de taux d’intérêt bas pénalise généralement les personnes et les institutions qui détiennent de l’épargne. Les institutions de prévoyance du deuxième pilier sont tout particulièrement concernées. En outre, des dispositions légales strictes et les exigences politiques limitent de manière croissante la marge de manœuvre des caisses de pension. Enfin, le remaniement de l’IAS 19 aux termes duquel les sociétés cotées doivent faire figurer au bilan leurs engagements de prévoyance, aura également des incidences sur les régimes de prévoyance suisses. Tous ces aspects seront étudiés plus en détail dans ce chapitre.

satisfaire à leurs obligations de prestation réglementaires et assurer leur équilibre financier à long terme.

La phase de taux bas pèse sur les caisses de pension Les chiffres sont clairs: ces dix dernières années, une caisse de pension a dégagé en moyenne un rendement de 3,3% si les placements ont été effectués selon l’indice Pictet LPP 25 plus. Cet indice part de l’hypothèse qu’une caisse de pension investit 65% de son patrimoine en obligations, 20% en actions, 10% en immobilier et 2,5% en hedge funds et en private equity. Dans le cas d’une quotepart d’actions de 30%, comme dans le cas de l’hypothèse retenue dans l’indice Pictet LPP 40, le rendement moyen n’a même été que de 2,72% par an ces dix dernières années.

Si l’on se réfère au taux de couverture pour mesurer la santé d’une caisse de pension ou de tout le système, il convient de ne pas oublier que plus de 90% des caisses de pension évaluent leurs engagements liés aux rentes avec un taux d’intérêt technique de plus de 3% et que la situation financière effective des caisses dotées d’importants engagements liés aux rentes est nettement plus sombre.

Et les résultats sont encore plus médiocres si l’on considère les cinq dernières années. Au cours de cette période, le rendement annuel moyen selon l’indice Pictet LPP 25 plus a été de 1,36%, et le rendement annuel moyen selon l’indice Pictet LPP 40 plus a même été négatif (-0,55%). De nombreuses caisses de pension suisses investissent leurs actifs à raison d’une quote-part d’actions comprise entre 20% et 30%, comme l’indiquent les indices en question ci-dessus. Compte tenu de ces faibles rendements, nul ne s’étonnera que nombre d’institutions de prévoyance suisses se trouvent dans une situation critique. En effet, au cours de ces cinq à dix dernières années, la majorité de ces institutions auraient eu besoin de dégager des rendements annuels moyens d’au moins 3,5% pour

Par conséquent, le taux de couverture, qui exprime le rapport entre l’actif disponible et les engagements de prévoyance, a diminué au cours des dernières années. Selon les dernières statistiques 2010 sur les caisses de pension, au 31.12.2010 plus de 30% des caisses de pension présentaient un taux de couverture de plus de 110%, tandis que près de 20% étaient à découvert et quelque 50% se situaient entre 100% et 110%. Après une année 2011 peu performante, la situation ne devrait guère s’être modifiée depuis lors.

Le niveau du taux de couverture dépend du taux d’intérêt technique Pour dégager des taux d’intérêt techniques élevés, les institutions de prévoyance doivent encourir des risques liés aux placements. Comme les rentes en cours ne peuvent pas être réduites, le risque de placement d’une caisse de pension doit être intégralement assumé par les assurés actifs et l’employeur. Cette situation ne peut se débloquer que si les taux d’intérêt techniques peuvent être ramenés au niveau du marché et que les nouvelles prestations promises sont ajustées en proportion. Les engagements liés aux rentes en cours devraient être ramenés au niveau des rendements des placements sans risque, soit par exemple à celui des obligations à dix ans de la Confédération, qui était d’environ 0,5% à fin juillet 2012. Par rapport à une évaluation avec un taux d’intérêt technique de 3,0%, il en résulte un capital de prévoyance supérieur de quelque 28% pour les retraités. Le taux de couverture de l’institution de prévoyance se détériore en

«De nombreuses institutions de prévoyance font face à des défis de taille» 14


Tableau 1: taux de couverture en fonction du taux d’intérêt technique

Taux d’intérêt technique Fortune de prévoyance Capital d’épargne des actifs Capital de prévoyance des bénéficiaires de rente Réserves de fluctuation de valeurs /découvert Taux de couverture (A/B x 100)

3.00% 210'000000 100'000000 100'000000

2.50% 210'000'000 100'000'000 105'000'000

2.00% 210'000'000 100'000'000 110'250'000

1.50% 210'000'000 100'000'000 115'763'000

1.00% 210'000'000 100'000'000 121'551'000

0.50% 210'000'000 100'000'000 127'629'000

10'000000

5'000'000

-250'000

-5'763'000

-11'551'000

-17'629'000

105.0%

102.4%

99.9%

97.3%

94.8%

92.3%

Source: Aon Hewitt

proportion de la quote-part des bénéficiaires de rente dans le capital de prévoyance.

voyance de l’ordre de 5%, ce qui correspond sensiblement à la diminution du taux d’intérêt technique de 0,5 point.

Dans la situation actuelle, compte tenu des obligations de prestation des caisses de pension au titre du deuxième pilier, il en résulte des transferts massifs des assurés actifs vers les bénéficiaires de rente. Pour mettre fin à ces transferts, les caisses de pension devront nécessairement réduire leurs taux d’intérêt techniques ces prochaines années.

Avantages de l’évaluation des engagements de prévoyance à des niveaux proches de ceux du marché Une évaluation des engagements de prévoyance à des niveaux proches de ceux du marché et l’utilisation de tables de génération améliorent la transparence de la situation financière effective, et l’organe responsable dispose ainsi d’une meilleure information pour assumer ses tâches de gestion. Si cette méthode d’évaluation entraîne un découvert, il conviendra de mettre en œuvre les mesures prévues par la loi.

Dans quelle mesure le taux de couverture d’une institution de prévoyance varie lorsque le taux d’intérêt technique est abaissé, cela dépend de la structure des assurés. Plus la part du capital de prévoyance des retraités dans le capital de prévoyance global est importante et plus le taux de couverture diminue et, par conséquent, également la santé de la caisse de pension, lorsque le taux d’intérêt technique est réduit. Le tableau 1 montre à l’aide d’un exemple fictif et simplifié comment le taux de couverture se modifie lorsque le taux d’intérêt technique est réduit. Comme les obligations de prestation portant sur les rentes en cours ne varient pas en fonction de l’augmentation ou de la baisse du taux d’intérêt technique, la charge financière effective demeure constante. Dans un souci de simplicité, dans cet exemple, on n’a pas tenu compte des provisions techniques. Il convient également de noter que de nombreuses caisses de pension utilisent désormais des tables de période qui s’appuient sur l’espérance de vie constatée ces cinq ou dix dernières années. Les coûts des surplus de dépenses de rentes allant de pair avec l’augmentation de l’espérance de vie sont actuellement financés en majorité à partir des revenus financiers annuels. Au lieu de cela, les engagements de prévoyance pourraient aussi être évalués au moyen de tables de génération qui prennent déjà en compte l’accroissement de l’espérance de vie en recourant à un modèle mathématique. L’utilisation de tables des générations entraîne une augmentation des engagements de pré-

On comprendra aisément que les conseils de fondation responsables sont réticents à prendre des mesures d’assainissement radicales. D’une part, le refus ou la diminution de la rémunération du capital d’épargne des assurés actifs entraîne des réductions de prestations considérables pour les assurés les plus âgés, tandis que le taux d’intérêt technique pris en compte dans le capital de prévoyance des bénéficiaires de rente est «maintenu» au fil des années ou leur capital de prévoyance doit être augmenté aux dépens de la caisse de pension en cas de réduction du taux d’intérêt technique. De plus, les contributions d’assainissement pèsent pendant plusieurs années sur les résultats de l’entreprise et vont à l’encontre des mesures de réduction de coûts qui ont été décidées. Or, si ces mesures ne sont pas prises à temps, le risque existe que la situation financière de nombreuses institutions financières se détériore de manière insidieuse et que l’on manque une éventuelle occasion d’intervenir. Le risque est grand, notamment, que le principal paramètre de calcul des nouvelles rentes de vieillesse, qui est le taux de conversion, ne soit pas, ou trop lentement ou trop tardivement, ajusté aux nouvelles données et que des obligations de prestation soient conclues à un niveau trop élevé.

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Manque de volonté politique pour ajuster les taux de conversion Le taux de conversion dépend dans une large mesure du taux d’intérêt technique et de l’espérance de vie. Plus le taux d’intérêt technique est faible et l’espérance de vie élevée et plus le taux de conversion actuariel correct sera faible. Dans l’hypothèse où il existe également une rente de conjoint de 60% de la rente de vieillesse assurée, avec un taux d’intérêt technique de 2,0% et en appliquant la table de génération LPP 2010, on aboutit à un taux de conversion de l’ordre de 5,0% pour un homme né en 1947 et qui part à la retraite à 65 ans. En revanche, dans le cas d’un homme partant à la retraite à 65 ans en 2012, le taux de conversion pour bénéficier des prestations selon le minimum LPP est de 6,9%. Ce chiffre est supérieur de près de 40% au taux de conversion qui serait approprié compte tenu des conditions de marché actuelles. Si une institution de prévoyance entend fixer un taux de conversion de 5,0% à l’âge de 65 ans, tout en satisfaisant aux prestations légales minimales, le capital vieillesse réglementaire à 65 ans doit excéder d’environ 40% celui selon le minimum LPP. Le taux de conversion selon le minimum LPP va certes reculer à 6,8% jusqu’en 2014 et, en 2010, les électeurs suisses ont rejeté vigoureusement une nouvelle réduction à 6,4%. Si l’on veut éviter que les caisses de pension continuent de procéder à des transferts à grande échelle des assurés actifs vers les nouveaux retraités, le taux de conversion devra être abaissé selon le minimum LPP ou il devra être financé d’une autre manière, par exemple par le biais de cotisations supplémentaires. Le manque de volonté politique de procéder à des réformes radicales pour replacer le système de prévoyance professionnelle sur des bases solides à long terme représente un défi de taille pour les caisses de pension. L’expérience a montré que la politique est toujours à la traîne par rapport aux évolutions qui s’imposent. On peut citer comme exemple le rapport du Conseil fédéral sur l’avenir du deuxième pilier, publié en décembre 2011. Il indique ainsi à plusieurs reprises qu’un taux de conversion de 6,4% à partir de 2015 est considéré comme adéquat et, notamment, que le taux d’intérêt technique devrait être actuellement plus près de 3,5% que de 4,0%. Incidence des normes internationales de présentation des comptes Les normes internationales de présentation des comptes, notamment les IFRS et les US-GAAP, influencent de plus en plus l’évolution de la prévoyance professionnelle en Suisse. Les régimes de prévoyance suisses seront adaptés afin de réduire les engagements de prévoyance que les entreprises doivent faire figurer dans leurs comptes an16

nuels selon les IFRS et les US-GAAP. Ainsi, de plus en plus d’entreprises essaient de transférer intégralement à leurs salariés les risques de placement pour la partie de salaire des assurés actifs au-delà de 125 280 CHF. Cela signifie que les assurés devront pouvoir choisir entre diverses stratégies de placement mais, en contrepartie, ils devront entièrement prendre en charge le risque de placement. Bien souvent, ces plans de prévoyance n’assurent que des prestations en capital. L’avantage pour les entreprises réside dans le fait qu’elles peuvent alors réduire les engagements de prévoyance selon les IFRS ou les US-GAAP. Et cela est d’autant plus important que la «méthode du corridor» selon l’IAS 19 ne pourra être appliquée que jusqu’au 31.12.2012. Celle-ci permettait de faire figurer le découvert effectif résultant de l’évaluation selon l’IAS 19 uniquement dans l’annexe car les pertes actuarielles cumulées non amorties pouvaient être compensées par les découverts. A partir du 1.1.2013, selon l’IAS 19, les engagements nets effectifs devront figurer au bilan et les pertes et profits actuariels annuels provenant des variations des hypothèses et des stocks ainsi que du rendement effectif des placements seront comptabilisés chaque année dans un souscompte des capitaux propres intitulé «Other Comprehensive Income». Dans certaines entreprises, cette modification pourra avoir des incidences sur les contrats de crédit avec les banques car le taux de capitaux propres et de capitaux empruntés figurant dans leur bilan va se modifier. Une autre innovation importante consiste à retenir un taux de rendement des placements attendu égal au taux d’escompte qui est déterminant pour les calculs selon l’IAS 19. Jusqu’à présent, on calculait le rendement des actifs sur la base du rendement attendu de chaque catégorie de placement compte tenu de la stratégie de placement de l’institution de prévoyance. Selon la stratégie retenue, le rendement attendu des actifs était ainsi jusqu’ici nettement supérieur au taux d’escompte au moyen duquel on calculait les charges d’intérêts annuelles, ce qui entraînait un allègement des coûts de prévoyance selon l’IAS 19. En outre, pour le calcul des engagements de prévoyance selon l’IAS 19, on doit désormais retenir une hypothèse quant à l’évolution future de la mortalité grâce, par exemple, aux tables de génération. Il en résultera donc un accroissement de l’engagement comme des coûts de prévoyance selon l’IAS 19. On peut donc supposer qu’en raison de la modification imminente de la règlementation selon l’IAS 19, les entreprises chercheront de plus en plus à transférer à leurs sala-


riés une partie des risques de placement et des risques actuariels de leurs régimes de prévoyance. Conclusions Nombre d’institutions de prévoyance suisses devront faire face à des défis de taille pour garantir à long terme les prestations promises actuelles et futures et assurer leur équilibre financier. Plus tôt ces questions seront abordées et plus l’on disposera de possibilités d’intervention afin que les caisses de pension puissent offrir à long terme à tous leurs assurés des prestations fiables et de qualité et que les transferts entre les divers groupes de bénéficiaires n’interviennent que dans une mesure supportable et généralement acceptée. Les instances responsables ne pourront pas éviter de procéder à des modifications radicales.

* Les auteurs sont des spécialistes des caisses de pension titulaires de diplômes fédéraux travaillant chez Aon Hewitt. Aon Hewitt est un prestataire mondial de solutions de ressources humaines de premier plan. L’entreprise assiste ses clients dans la résolution de questions complexes portant sur les avantages annexes, les talents ainsi que les défis d’ordre financier que cela implique en vue d’améliorer leurs résultats commerciaux. Aon Hewitt est présente au niveau mondial dans 90 pays et dispose d’un effectif de 29’000 personnes. En Suisse, elle compte 200 employés dans ses sites de Berne, Genève, Neuchâtel, Nyon et Zurich. Vous trouverez de plus amples informations sur Aon Hewitt sur le site www.aonhewitt.ch.

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Glossaire

Apport de liquidités Cf. interventions d’ordre budgétaire et monétaire. Changement de régime Changement de la situation économique globale du marché, p. ex. en ce qui concerne l’environnement de taux et la masse monétaire, provoquant des modifications durables des volatilités et des corrélations des classes d’actifs. Corrélation La corrélation représente la mesure de la similitude des fluctuations de deux placements et peut présenter des valeurs (coefficients de corrélation) comprises entre –1 (fluctuations parfaitement contraires) et +1 (fluctuations parfaitement identiques). Coût du capital Par coût du capital on entend les coûts liés au capital mis à disposition. Le coût du capital est notamment déterminant pour l’évaluation d’entreprises, de départements et de projets.

Placement Multi Asset Class Un placement Multi Asset Class est un produit qui investit dans diverses catégories de placement telles qu’actions, obligations ou immobilier. Placements passifs Cf. produits proches d’un indice. Portefeuille de référence Structure de base à moyen et long terme du portefeuille, définie sur la base du profil risque/rendement défini, des caractéristiques des classes d’actifs et du régime actuel du marché. Les fourchettes de pondération et de configuration des classes d’actifs du portefeuille de référence sont optimisées par notre technique de placement propriétaire. Dès que nous constatons un changement du régime de marché, nous modifions le portefeuille de référence. Le portefeuille de référence réduit la probabilité de non-respect du budget risque.

Private Equity Diversification de portefeuille Capitaux propres fournis par des investisseurs privés ou instituL’effet de diversification au sein d’un portefeuille provient du cotionnels et permettant à des sociétés de participation (sociétés de efficient de corrélation (cf. corrélation). Plus la corrélation des diprivate equity) de prendre des participations dans des entreprises vers placements au sein d’un portefeuille est faible et plus l’effet pour une période limitée dans le but de dégager un rendement fide diversification sera important. nancier. Drawdown (maximal) Le drawdown (maximal) indique la perte maximale entre un plus haut et un plus bas au cours d’une période donnée. Le drawdown est généralement indiqué sous forme d’un pourcentage entre un plus haut et un plus bas. Hedge funds Les hedge funds sont des véhicules de placement qui se caractérisent par des stratégies de placement spéculatives et qui ont recours en général à des instruments financiers dérivés et à des ventes à découvert. Les hedge funds se caractérisent également par un large univers de placement car les investissements peuvent porter sur l’ensemble des catégories de placement. Indice de référence Indice de comparaison selon la définition du client.

Produits proches d’un indice Les produits proches d’un indice sont des placements financiers (portefeuille, fonds ou produit structuré) contenant des titres, en général en proportion de leur capitalisation boursière, autrement dit selon la pondération d’un indice spécifique, ou répliquant exactement l’évolution du cours. Régime de marché Phase de marché à moyen ou long terme déterminée par des facteurs tels que la volatilité, la corrélation ou le niveau des taux, qui définissent le rapport risque/rendement d’un portefeuille sur une période relativement importante. Table de génération Les tables de génération livrent, grâce à un modèle mathématique, des informations sur l’espérance de vie future.

Interventions d’ordre budgétaire et monétaire Taux de conversion Les interventions d’ordre monétaire sont des interventions de la Pourcentage fixé par le législateur et qui s’applique pour la conbanque centrale sur le marché monétaire (p. ex. injection de version de la totalité de l’avoir de vieillesse disponible en rentes liquidités). Ainsi, par ses interventions, la Banque nationale suisse des bénéficiaires de prestations. Dans le minimum LPP, celui-ci poursuit son objectif premier qui est de garantir la stabilité des est actuellement de 6,8%, autrement dit le montant de la rente prix et tient compte, par conséquent, de l’évolution conjoncturelest de CHF 6.80 pour CHF 100.– d’avoir de vieillesse. le. Les interventions d’ordre budgétaire portent sur les impôts et les dépenses publiques influencées par l’Etat et servent à équiliTaux de couverture brer les fluctuations d’ordre conjoncturel. Le taux de couverture d’une caisse de pension est le rapport entre l’actif disponible et le capital de couverture nécessaire au Masse monétaire financement des prestations. La masse monétaire banque centrale est le volume total de la monnaie créée par la banque centrale. Elle englobe l’ensemble de Taux d’intérêt minimal la circulation monétaire ainsi que les avoirs en compte de vireLe taux d’intérêt minimal est le taux d’intérêt auquel les avoirs de ment des banques d’affaires auprès de la Banque nationale. vieillesse disponibles de la caisse de pension sont rémunérés. Il est fixé par le Conseil fédéral et est réexaminé périodiquement. Mesure du risque On peut utiliser comme mesure du risque diverses mesures statisValue at Risk (VaR) tiques permettant, par exemple, de déterminer le risque d’un La Value at Risk est le montant qui peut être perdu avec une cerplacement (cf. également volatilité). taine probabilité sur une certaine période de temps. La Value at Risk mesure ainsi le potentiel de perte d’un placement. Persistance Evolution constante d’un portefeuille, c’est-à-dire évolution à la Volatilité hausse des rendements avec de faibles fluctuations de valeur Critère de mesure statistique de la fluctuation de valeur d’un dans un environnement de marché normal avec ses mécanismes placement. d’amortissement (en l’absence de mesures de couverture ciblées) pendant les phases de stress.

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