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LES JUIFS ETRANGERS DANS LA PREMIERE 1914 – 1918 ET LA SECONDE 1939 – 1945 GUERRE MONDIALE A l’aube de la première guerre mondiale, 40 000 Juifs étrangers vivent en France. Ils s’y sont établis dès les années 1880, lorsqu’ils ont dû fuir les pogroms d’Europe centrale et orientale. A la déclaration de guerre en août 1914, 8 500 d’entre eux, en âge de porter les armes, se précipitent dans les bureaux d’engagement. Diverses motivations les animent. La plus importante est de défendre la patrie d’adoption qui a su leur garantir sécurité et liberté. Plus du tiers d’entre eux est mort pour la France. En 1939, les Juifs étrangers sont désormais 160 000. A l’image de leurs aînés, la quasi-totalité des hommes s’engage contre l’Allemagne nazie. En 1940, ils sont près de 25 000 recrues dont les deux tiers participent aux combats héroïques de Narvik, de la Somme, de l’Aisne ou encore des Ardennes. Bien que rien ne les prédestine à tenir un fusil, ils le font cependant avec bravoure. Des milliers d’entre eux meurent tandis que de nombreux autres, épuisés ou blessés, partent pour l’Allemagne dans les stalags. Ceux qui évitent la captivité et restent en France sont impitoyablement persécutés. Ils sont d’abord dépouillés systématiquement de leurs biens avant d’être internés dans les camps de France, livrés aux nazis et déportés dans les camps de concentration et d’extermination. Les rescapés de cette féroce répression rejoignent les rangs de la Résistance Intérieure ou de la France Libre. Ils combattent aussi bien en Afrique du nord qu’en Italie mais également en France, lors des débarquements de Normandie et de Provence. Loin de l’idée selon laquelle les Juifs étrangers ont été des victimes passives ayant accepté leur sort avec fatalité, leur engagement volontaire prouve au contraire leur rôle actif dans le combat mené contre le nazisme et pour la libération de la France. Exposition réalisée par l’Union des Engagés Volontaires Anciens Combattants Juifs 39-45 leurs Enfants et Amis, avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah Conception François Szulman Mise en page Stéphane Dupont Sources Service Historique de l’Armée de Terre Archives de la Légion Etrangère Archives de la Résistance Intérieure Mémorial de la Shoah


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1914 – 1918 LA GRANDE GUERRE Entre 1880 et 1914, fuyant les pogroms de Russie, de Pologne et de Roumanie, près de 1 500 000 de Juifs quittent ces pays, en majorité pour les Etats-Unis. 40 000 s’établissent en France, principalement à Paris.

La famille Gribinski devant leur café en 1892 © MDS / MJDP

AOUT 1914 L’ENGAGEMENT VOLONTAIRE La France démocratique et républicaine représente un idéal, une sécurité pour ces étrangers qui ont fui le despotisme et la misère. Les Juifs s’empressent de défendre la France, leur patrie d’adoption, en créant des comités d’enrôlement.

Défilé de volontaires juifs place de la Bastille, Paris © ACJ 14-18

Dans tous les quartiers de Paris des comités sont créés afin d’enregistrer les volontaires. Les listes d’engagés sont ensuite transmises au bureau de recrutement du ministère de la Guerre.

LES COMITES JUIFS

Léon Wechsler, un des premiers engagés © ACJ 14-18

Maurice Vanikoff, président de l’Association des Anciens Combattants Juifs © ACJ 14-18

Comité Jacques Flax 10 rue des Messageries, Paris 600 Volontaires Comité Jacques Schapiro 8 rue de Jarente, Paris 3 000 Volontaires Comité Manuel Leibovici 25 rue Custine, Paris 600 Volontaires Comité Michel Gorsd 88 rue Marcadet, Paris 800 Volontaires Comité Sébastien Opresco 4 rue Lamartine, Paris 400 Volontaires Comité Beck Kuntzman rue de la Clef, Paris 400 Volontaires Comités de provinces Nancy, Bordeaux, Marseille, Lyon 1 500 Volontaires

8 500 Juifs étrangers rejoignent la Légion Etrangère.


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AOUT 1914 AVRIL 1915 L’INCORPORATION 51 nationalités 32 000 étrangers enrôlés dont 8 500 Juifs Ils rejoignent les dépôts d’instruction de la Légion Etrangère de Toulouse, Montélimar, Paris, Nîmes, Lyon, Avignon, Bayonne, Orléans.

Les volontaires devant la gare Saint-Lazare à Paris © Paul A. Rockwell

En novembre 1914, 719 Juifs russes sont regroupés au dépôt d’Orléans pour former un contingent de Légionnaires. Ils deviennent la cible privilégiée des cadres et des vétérans qui les accusent d’avoir été recrutés dans tous les guettos de Pologne et de n’être venus que pour la gamelle. Ils les jugent indignes de porter le nom de Légionnaire.

Ils les désignent du surnom “Le royal youpin” Jacob Michalovitch, engagé volontaire, gazé en 1917, assassiné à Auschwitz en 1942 © MDS / MJDP

QUATRE REGIMENTS SONT FORMES 2e Régiment de Marche du 1er Etranger 3e Régiment de Marche du 1er Etranger 4e Régiment de Marche du 1er Etranger Groupe de volontaires juifs © MDS / MJDP

2e Régiment de Marche du 2e Etranger


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NOV. 1914 NOV. 1915 LE BAPTEME DU FEU

Assaut du 3ème Régiment de Marche © SHAT

2RM 1E

3RM 1E RMLE

RMLE

4RM 1E

2RM 2E RMLE RMLE

2e Régiment de Marche du 1er Etranger 3 800 hommes – 2 000 Juifs Créé fin 1914, le régiment est engagé en Artois. Du 9 mai au 16 juin 1915, il attaque à Souchez et Carency. Au total, 900 Juifs ont perdu la vie dans cette bataille meutrière. 3e Régiment de Marche du 1er Etranger 2 800 hommes – 1 400 Juifs Unité parisienne formée dès septembre 1914, le régiment est engagé dans la Somme de décembre 1914 à mai 1915. Totalement anéanti, le régiment est dissout en juillet 1915. 4e Régiment de marche du 1er etranger 2 200 hommes Unité entièrement composée d’Italiens commandée par le Lieutenant Colonel Peppino Garibaldi, créée le 5 novembre 1914, dissoute le 5 mars 1915 après avoir combattu en Argonne au Bois de Bolante. 566 Légionnaires hors de combat. 2e Régiment de Marche du 2e Etranger 2 800 hommes – 1 400 Juifs Engagé en Champagne en septembre 1915, il perd 1 400 Légionnaires. Dissout en novembre 1915

La capote témoigne de la violence des combats © MDS / MJDP

Un volontaire secourt son camarade blessé © DR


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LE REGIMENT DE MARCHE DE LA LEGION ETRANGERE En juin 1915, face à l’hécatombe du mois de mai et aux brimades antisémites, le 2e Régiment de Marche du 1er Etranger se mutine. 150 Juifs russes sont mis aux arrêts. 7 sont fusillés comme rebelles, 70 sont renvoyés en Russie, le reste est dispersé dans les unités régulières.

Le 11 novembre 1915, création du Régiment de Marche de la Légion étrangère, composé des rescapés des différentes unités dissoutes. 71 officiers et 3 315 volontaires. Insigne du RMLE

LES BATAILLES 1916 – 1918 1916 4 juillet Engagement dans la Somme. Attaque de Belloy-en-Santerre, pris le 6 au matin. 25 officiers et 844 volontaires tués.

1917 Légionnaires se préparant à sortir des tranchées, à Belloy-en-Santerre, le 4 juillet 1916 © SHAT

17 au 21 avril Bataille d’Auberive. Violents combats. 750 tués. 20 et 21 août Verdun, contre-attaque du Régiment. Le front est enfoncé. 53 tués, 271 blessés. 27 septembre Le drapeau du régiment est décoré de la Légion d’Honneur.

1918 Une compagnie de mitrailleurs de la Légion progressant près de Verdun, le 20 août 1917 © SHAT

Le drapeau de régiment avec sa garde d’honneur © SHAT

26 avril au 6 mai Bataille du bois de Hangard (Amiens). 820 Légionnaires hors de combat. 30 mai au 12 juin Bataille de Soissons. Résistances acharnées autour de Saint-Bandry et Ambleny. 158 tués, 313 blessés. 18 au 20 juillet Seconde bataille de la Marne. Contre-offensive de Villers-Cotterêts. 780 Légionnaires hors de combat. Les Volontaires tombés au cours des batailles sont remplacés par de nouveaux engagés. Entièrement anéanti, le régiment est reconstitué en août avec des effectifs provenant du dépôt de La Valbonne (Lyon). 48 officiers, 2 540 volontaires dont 700 Juifs. 1er au14 septembre Percée de la ligne Hindenburg, près de Soissons. 25 officiers et 1 393 Légionnaires hors de combat.

Le Régiment de Marche de la Légion étrangère est l’unité la plus décorée de l’Armée française. 31 000 Légionnaires sur 44 150 ont perdu la vie au cours de la première guerre mondiale.


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11 NOV. 1918 LA PAIX 3 600 Juifs étrangers ont donné leur vie pour la défense de la France

Monument aux Français, Alliés et Volontaires Juifs Etrangers morts pour la France, inauguré à Douaumont le 19 juin 1938 © architecte Géo Stern, sculpteur Renaux

1919 – 1938 DEUXIEME IMMIGRATION JUIVE EN PROVENANCE DE L’EUROPE DE L’EST Avec l’antisémitisme et la crise économique, des centaines de milliers de Juifs quittent leurs pays d’origine. 160 000 s’établissent en France, principalement à Paris.

La rue des Rosiers à Paris (Le Pletzl), dans les années 1930 © MDS / MJDP

1933 LA MONTEE DES PERILS Montée en puissance des dangers nazi et fasciste.

Hitler © DR

1933 - affiche proclamant : “Allemands ! Défendez-vous ! N’achetez pas chez les Juifs !” © DR

1936 LE FRONT POPULAIRE

Atelier de confection pour dames Pesakowitch, Paris, années 1930 © MDS / MJDP

Après l’émeute fasciste du 6 février 1934, les partis de gauche – Parti communiste français (PCF), Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO) et Parti Radical (PR) – s’allient et remportent les élections législatives de mai 1936. Léon Blum devient chef du gouvernement. Des grèves avec occupation d’usine se développent. Les ouvriers juifs, regroupés dans les sections yiddish des syndicats CGTU et CGT, y participent. Un an plus tard, la coalition se défait face aux difficultés intérieures et aux divisions sur la question de la possible intervention dans la guerre d’Espagne.


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1936 – 1939 LA GUERRE D’ESPAGNE 18 juillet 1936 en Espagne : coup d’état du général Franco contre le gouvernement de la République. Début de la guerre civile. Le gouvernement français du Front populaire se déchire sur la question d’une possible intervention et prône finalement la neutralité. Plus de 7 000 Juifs de toutes nationalités s’engagent dans les Brigades internationales pour combattre aux côté des Républicains espagnols.

Franco et Hitler © DR

1 043 volontaires juifs étrangers de France sont dispersés dans les différentes brigades internationales. Beaucoup sont affectés à la 12e Brigade Polonaise Dombrowski.

YASK (Yiddisher Arbeiter Sport Klub) au Olympiades républicaines de Barcelone en juillet 1936 © MDS / MJDP

Brigadistes au combat © DR

LA COMPAGNIE BOTVINE Unité juive de diverses nationalités mise sur pied en décembre 1937, issue de la 12e Brigade Polonaise Dombrowski, Bataillon Palafox, qui prend le nom de Naftali Botvine, jeune ouvrier, juif polonais, condamné à mort pour avoir abattu le traître Cechnowski, dénonciateur de militants communistes, à Varsovie.

Affiche de la compagnie, avec le portrait de Naftali Botvine

Le journal de la compagnie Botvine © MDS / MJDP

© MDS / UEVACJ

Commandants successifs : Karol Gutman (tué au combat) Mua Sapir (grièvement blessé) Léon Rubinstein (grièvement blessé) Alter Szerman (grièvement blessé) Israël Halbersberg (tué au combat) Emmanuel Mink (grièvement blessé)

Monuments des combattants juifs, élevé sur le Mont Juic, près de Barcelone, 1990 © DR

Les brigadistes juifs de France sont rapatriés après avoir perdu la moitié de leur effectif. Ils sont parmi les premiers à s’engager dans l’armée française pour combattre l’Allemagne nazie.


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SEPTEMBRE 1939 LA GUERRE L’ENGAGEMENT VOLONTAIRE 83 000 étrangers dont environ 25 000 juifs s’engagent dans la Légion Etrangère. Les bureaux de recrutement sont submergés. Afin d’absorber tous les volontaires, des bureaux annexes d’engagement sont ouverts dans les locaux des associations juives.

La file d’attente devant le ministère de la guerre, rue St Dominique à Paris ©MDS / UEVACJ

Bureau annexe d’engagement au théâtre yiddish, rue de Lancry à Paris © MDS / UEVACJ

Inscription provisoire d’Arthur Korwill © MDS / UEVACJ

Avis de convocation de Jacques Silberfeld © MDS / UEVACJ


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SEPT. 1939 A MAI 1940 L’INCORPORATION Au 9 mai 1940, sur les rôles de la Légion Etrangère, 48 924 engagés volontaires ont été incorporés. 33% de Juifs 28% de Républicains espagnols 17% d’Allemands et d’Autrichiens anti-nazis et d’Italiens antifascistes. Insigne du dépôt L.E.

Au total, 47 nationalités.

Fort de Vencia Camps de Sathonay et de la Valbonne Dépôt commun des régiments étrangers. Entre novembre 1939 et février 1940, trois unités sont formées. Les 11e et 12e Régiments Etrangers d’Infanterie et la 13e demi-brigade de la Légion Etrangère. 10 000 volontaires, 40% de Juifs. Après la montée au front de ces trois unités, une quatrième est constituée, chargée de défendre Lyon. Elle sera au contact de l’ennemi le 19 juin 1940.

Groupe de volontaires au camp de la Valbonne © MDS / UEVACJ

Le camp du Barcarès Ce camp est construit en février 1939 par les réfugiés de la Guerre d’Espagne, embrigadés dans les Compagnies de Travailleurs Etrangers (CTE). Après l’évacuation des 13 000 Espagnols hébergés dans ce camp, il devient en septembre 1939 le dépôt commun des Régiments de Marche de Volontaires Etrangers (RMVE). 10 000 hommes y forment les 21e, 22e et 23e RMVE, ainsi qu’un Bataillon destiné à combattre au Levant. Dans ces régiments, 30% sont des Républicains espagnols, 40% des Juifs étrangers et le reste de toutes nationalités.

Baraque de volontaires juifs du 21e RMVE © MDS / UEVACJ


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SEPT. 1939 A MAI 1940 L’INCORPORATION Le camp de Jude à Septfonds Après l’évacuation des Républicains espagnols le 29 février 1940, le camp devient également dépôt des Régiments de Marche des Volontaires Etrangers, chargé de former des bataillons de pionniers. 9 000 engagés, 50% Juifs, 50% Républicains espagnols. Malgré la défaite qui s’annonce, les incorporations se poursuivent jusqu’à la mi-juin 1940. Confronté à l’arrivée massive des volontaires juifs, le commandement s’inquiète. Il décide de les disperser entre de multiples unités en Afrique du Nord et en Indochine.

Volontaires pionniers en marche © MDS / UEVACJ

1er Régiment Etranger d’Infanterie (REI) Plus vieux régiment de la Légion Etrangère, stationné à Sidi-Bel-Abbès (Algérie). Le 24 mars 1940, un bataillon quitte son casernement pour le front métropolitain. 2e régiment Etranger d’Infanterie (REI) Il fusionne début 1940, avec le 4e Régiment Etranger d’Infanterie implanté à Marrakech (Maroc), il contribue à la formation des différentes unités de Volontaires. 3e Régiment Etranger d’Infanterie (REI) Stationné au Maroc, il est intégré début 1943 dans la 5e Division Blindée (DB). Il participe à la Libération de la France en 1944. 5e Régiment Etranger d’Infanterie (REI) Stationné en Indochine, il participe au Tonkin à la lutte contre l’Armée japonaise. Totalement anéanti, il est dissout le 1er juillet 1945. 6e Régiment Etranger d’Infanterie (REI) Stationné à Homs en Syrie, il reste fidèle au régime de Vichy. Il s’oppose aux gaullistes de la 13e Demi-Brigade de la Légion étrangère dans une lutte fratricide, du 8 juin au 24 juillet 1941. 1er Régiment Etranger de Cavalerie (REC) En garnison à Sousse en Tunisie, il devient le 97e groupe de Reconnaissance de Division d’Infanterie. Engagé dans la Bataille de la Somme en France, mai-juin 1940. 2e Régiment Etranger de Cavalerie (REC) Créé le 1er juillet 1939, stationne au Maroc. Il est dissout le 15 novembre 1940.


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1940 AU COMBAT 19 AVRIL – LA BATAILLE DE NARVIK 7 JUIN 1940 (NORVEGE) Afin de contrer l’invasion de la Norvège par les troupes nazies en avril 1940, l’Etat-major allié décide de débarquer une force composée d’une brigade britannique, d’une demi-brigade polonaise (1re Brigade de chasseurs de Podhale formée en France) et de trois demi-brigades françaises, 6e et 27e demi-brigades de chasseurs alpins, et 13e demi-brigade de la Légion Etrangère. Avec le soutien de deux brigades norvégiennes.

Légionnaires après la prise de Narvik © ECPAD

13e Demi-brigade de la Légion étrangère

Insigne de la 13e DBLE

Créée le 1er mars 1940 au camp de La Valbonne 2 000 volontaires, 25% de Juifs. 13 mai 1940 Débarquement à Bjernik, à 15 km de Narvik. Après cinq heures de durs combats, les Allemands abandonnent le village. 28 mai 1940 Prise de Narvik, après une bataille féroce. Les Légionnaires exploitent leur victoire et s’avancent jusqu’à 10 km de la frontière suédoise. 7 juin 1940 Opération suspendue, et réembarquement pour l’Angleterre. 6 officiers et 73 volontaires sont tués. L’unité est citée à l’ordre de l’armée.

10 MAI – 22 JUIN 1940 LA BATAILLE DE FRANCE 97e Groupe de Reconnaissance de Division d’Infanterie

Insigne du 97e GRDI

Side-car armé d’un fusil mitrailleur 24/29 © DR

Décembre 1939 Création du 97e GRDI issu du 1er Régiment Etranger de Cavalerie de Sousse (Tunisie). 650 volontaires, 25% de Juifs. 21 mars 1940 Arrivée à Marseille 19 mai - 10 juin 1940 Combats sur la Somme et l’Avre, Peronne, Guerbigny, Chaulnes et Belloy-en-Senterre. 11 juin - 22 juin 1940 Défense du Cher et de l’Indre. Combats à Rosnay et à Luchant. 30 septembre 1940 L’unité est dissoute. 400 Légionnaires hors de combat. L’unité est citée à l’ordre de l’armée.


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10 MAI – 25 JUIN 1940 LA BATAILLE DE FRANCE

97 GRDI 22 RMVE

12 REI

11 REI

23 RMVE 21 RMVE

11e Régiment Etranger d’Infanterie

Insigne de la 11e REI

6 novembre 1939 Création au camp de la Valbonne. 3 015 Légionnaires, 30% de Juifs. 16 décembre 1939 Prend position sur la Ligne Maginot. 10 mai 1940 Prend position dans le bois d’Inor (Ardennes). 27 - 28 mai 1940 Résiste à toutes les attaques. 11 juin - 22 juin 1940 Encerclement à Saint-Germain-sur-Meuse. 23 juin 1940 Entièrement décimé. 800 survivants sont fait prisonniers. 30 juin 1940 Dissolution. Cité à l’ordre de l’armée.

Canon de 25 mm en batterie au bois d’Inor © ECPAD

Le colonel Maire passe le 11e REI en revue à La Valbonne, en 1939 © ECPAD


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10 MAI – 25 JUIN 1940 LA BATAILLE DE FRANCE LES REGIMENTS FICELLES Les unités de volontaires étaient sous-équipées, à tel point que de nombreux soldats devaient attacher leur “barda” avec de la ficelle. Raison pour laquelle les Allemands les surnommèrent les “Régiments ficelle”. 12e Régiment Etranger d’Infanterie

Insigne du 12e REI

24 février 1940 Création au camp de Sathonay-la Valbonne. 3 000 volontaires, 40% de Juifs. 24 mai 1940 Affecté à la défense de Soissons. 1er juin 1940 Début de l’attaque allemande. 5 juin 1940 Violents bombardements de la ville. 6 juin 1940 Les Allemands traversent l’Aisne. 7–8 juin 1940 Les points d’appui cèdent les uns après les autres. 22 juin 1940 Armistice, dissolution du régiment. 2 700 hommes hors de combat. Cité à l’ordre de l’armée.

Fanion du 2e bataillon

Plaque d’identité du légionnaire Szmul Rozenberg, 1939 © MDS / UEVACJ

Le 12e, remise du fanion © MDS / UEVACJ

Insigne du 21e RMVE

Légionnaires du 21e en ordre de marche © MDS / UEVACJ

21e Régiment de Marche de Volontaires Etrangers 29 septembre 1939 Création au camp du Barcarès. 2 800 volontaires, 40% de Juifs. 30 avril 1940 Rejoint l’Alsace. 24 mai 1940 Prend position le long du canal de la Meuse au Rhin. 30 mai 1940 Résistance acharnée à Buzancy. 2 - 9 juin 1940 Bombardements intensifs. Tient les positions entre Lechesne et Les Petites-Armoises. 10 juin 1940 Ordre de repli 15 juin 1940 Arrivée sur la Meuse, chargé de tenir une tête de pont afin de permettre la retraite de l’armée. 15 - 22 juin 1940 Derniers combats à Colombes-les-Belles et à Noirval (Ardennes). Les survivants déposent les armes près de Nancy, 1 850 volontaires hors de combat. Juillet 1940 Dissolution.


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10 MAI – 25 JUIN 1940 LA BATAILLE DE FRANCE LES REGIMENTS FICELLES 22e Régiment de Marche de Volontaires Etrangers

Insigne du 22e RMVE

Fanion du 22e RMVE

24 octobre 1939 Création au camp du Barcarès 2 800 volontaires, 40% de Juifs. 6–18 mai 1940 Séjour en Alsace. 22 mai 1940 Prend position au sud de Peronne (Somme). 23–29 mai 1940 Offensive sur Berny-en-Santerre et Villers-Carbonel. 29 mai–4 juin 1940 Consolidation des points d’appui Fresnes-Mazancourt, Misery et Marchelepot. 5, 6, 7 juin 1940 Encerclé, bombardé, il résiste à toutes les attaques. Les combats se terminent au corps à corps. 2 000 hommes hors de combat, les survivants sont fait prisonniers. Cité à l’ordre de l’armée pour avoir stoppé l’avance allemande sur Paris pendant 15 jours.

Mitrailleurs au combat © MDS / UEVACJ

23e Régiment de Marche de Volontaires Etrangers

Joseph Krancenblum, infirmier du 23e RMVE, engagé volontaire © MDS / MJDP

Casque modèle Adrian, 1926 © MDS / UEVACJ

10 mai 1940 Création au camp du Barcarès. 2 800 volontaires, 60% de Juifs. 6, 7 et 8 juin 1940 Engagé dans la défense de Soissons. Violents combats à Juvigny, Missy-aux-Bois et à Ploisy. 9 juin 1940 Repli sur le canal de l’Ourcq. 10 juin 1940 Défense de Villers-Cotterêts. 15–16 juin 1940 Ralentit l’avance allemande à Pont-sur-Yonne, et tue le seul général ennemi tombé pendant la Bataille de France, le général Hermann Ritter von Speck, commandant la 33e Division d’Infanterie de la Wehrmacht. 25 juin 1940 700 survivants se regroupent entre la Châtre et Château-Ponsac. L’unité est dissoute en juillet 1940.

Bidon, gamelle et quart © MDS / UEVACJ


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25 JUIN 1940 L’ARMISTICE LE PRIX D’UNE BATAILLE En 47 jours de combats, 100 000 soldats français sont tombés pour la défense de leur patrie, dont 3 200 Juifs étrangers. 80 000 soldats allemands ont été tués au cours de la Bataille de France.

Monument aux morts du cimetière parisien de Bagneux © MDS / UEVACJ

Monument aux morts à Narvik (Norvège) © DR

Monument aux morts du 11e REI au Bois d’Inor © ECPAD

Monument aux morts de la 12e REI à Villeneuve-Saint-Germain (Aisne) © MDS / UEVACJ Monument aux morts du 21e RMVE à Noirval (Ardennes) © MDS / UEVACJ

Monument aux morts du 22e RMVE à Marchélepot (Somme) © MDS / UEVACJ

Monument aux morts du 23e RMVE à Missy-aux-Bois (Aisne) © MDS / UEVACJ


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1940 – 1945 APRES LA DEFAITE LA CAPTIVITE Un million et demi de soldats français faits prisonniers se retrouvent en captivité dans les stalags, en Allemagne. Les prisonniers de guerre juifs sont souvent séparés de leurs camarades non Juifs. Dans la quasi-totalité des cas, les Juifs n’ont pas à porter l’étoile jaune, protégés par la Convention de Genève que la Wehrmacht applique. Les prisonniers juifs ont ainsi échappé à l’extermination.

Lettre de M. Szulman adressée à son épouse en 1942

Entrée du Stalag 4B à Mülhberg (Allemagne) © MDS / UEVACJ

LA PERSECUTION Lettre de Szlama Szulman à sa femme, prisonnier de guerre au Stalag 1B en Prusse orientale © MDS / UEVACJ

Leur engagement pour la défense de la France ne les ayant nullement protégés, les anciens combattants Juifs qui n’ont pas été faits prisonniers sont comme tous les autres Juifs, recherchés, internés et finalement livrés aux bourreaux nazis.

Camp d’internement à Pithiviers (Loiret), baraque d’anciens combattants avant leur déportation à Auschwitz © MDS / UEVACJ

Victor Faynzylber, engagé volontaire en 1939 au 22e RMVE, grand mutilé de guerre, se retrouve seul avec ses deux jeunes enfants après l’arrestation de sa femme le 16 juillet 1942 (Rafle du Vel d’Hiv). Il écrit au Maréchal Pétain et joint cette photo pour demander au Héros de Verdun la libération de son épouse. Pour toute réponse, la police vient l’arrêter. Il est exterminé à Auschwitz. Miraculeusement, ses deux enfants sont cachés et sauvés.

Victor Faynzylber et ses deux enfants © MDS / MJDP


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LES FORCES FRANCAISES LIBRES Après l’Appel du général De Gaulle du 18 juin 1940, une Force Française Libre voit le jour en Angleterre, en juillet 1940. Elle est composée d’à peine 1 300 hommes, dont 900 Légionnaires de la 13e DBLE. De juillet 1940 à juillet 1943, 73 000 hommes ont rallié les FFL. Parmi eux, quelque 5 000 étrangers rejoints par des Juifs qui ont fui les rafles de 1942.

14 juillet 1940 : le Général De Gaulle passe en revue la 13e DBLE, 900 Légionnaires, 25% de Juifs © ECPAD

LES FORCES TERRESTRES LIBRES

Maurice Grobmann(en bas à droite), chasseur au 501e Régiment de chars de combat, 2e Division blindée (DB), tué à Chatel (Vosges) à 23 ans le 19 septembre 1944 © Coll. famille Grobman

Après le débarquement allié en Afrique du Nord en novembre 1942, et la formation du Comité français de Libération Nationale (CFLN), les FFL fusionnent avec l’Armée d’Afrique et forment les Forces Terrestres Libres. D’un côté, la 1ère Armée Française participe aux campagnes d’Italie, débarque en Provence et contribue à la libération du territoire national. D’un autre côté, la 2e Division Blindée du général Leclerc, composée de 14 000 hommes, dont 10% sont juifs, débarque en Normandie, libère Paris puis l’Alsace. Le 4 mai 1945, elle prend Berchtesgaden, le “Nid d’aigle” d’Hitler.

LES FORCES AERIENNES LIBRES Joseph Dymentsztajn (dit Dimet), engagé à 16 ans, plus jeune parachutiste français, incorporé au 3e SAS © MDS / MJDP

Trois groupes de chasse : Alsace, Ile-de-France, et Normandie-Niemen engagé sur le front russe. Un groupe de bombardement : Bretagne. Deux groupes de surveillance : Artois et Picardie. Le 4e régiment du Spécial Air Service Britannique, 450 hommes, devient le 2e Régiment de Chasseurs Parachutistes. Parachuté en Bretagne le 6 juin 1944. Le 3e régiment du Spécial Air Service Britannique, 450 hommes, devient le 3e régiment de chasseurs parachutistes. Parachuté en juin 1944 dans de nombreuses régions de France afin de désorganiser les arrières ennemies.

Max Szwiczarczyk (dit Sarcey), engagé à 17 ans, parachustiste incorporé au 3e SAS © MDS / MJDP

LES FORCES NAVALES LIBRES Un croiseur, deux cuirassés, trois torpilleurs, deux contre-torpilleurs, deux destroyers, dix-sept dragueurs de mines, six frégates, neuf corvettes, huit patrouilleurs, onze chasseurs de sous-marins et sept sous-marins. Jacques Szwiczarczyk (dit Schweitzer), engagé à 19 ans, quartier maître radio de 2e classe sur l’aviso-patrouilleur “La Moqueuse” © MDS / MJDP


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LA RESISTANCE INTERIEURE De nombreux engagés volontaires juifs de 1939 qui échappent à la captivité et à la persécution rejoignent la Résistance intérieure. Joseph Epstein, alias colonel Gilles (1911-1943), volontaire des Brigades internationales en Espagne, engagé en septembre 1939 et incorporé au 12e Régiment Etranger d’Infanterie. En juin 1940, il échappe à la captivité et rejoint la Résistance. Commande l’ensemble des Francs Tireurs et Partisans Français (FTPF) de la région parisienne. Arrêté le 13 novembre 1943, fusillé au Mont-Valérien le 11 avril 1944.

Joseph Epstein© MDS / MJDP

Boris Holban (Brhuman)

Boris Holban (1908-2004), engagé volontaire en septembre 1939, incorporé au 21e RMVE. Echappe à la captivité et entre en résistance. Prend le commandement des Francs-Tireurs et Partisans Main d’Œuvre Immigrée (FTP-MOI) de Paris, de juin 1942 à juillet 1943. Remplacé par Missak Manouchian. A la Libération, il prend le commandement de la Compagnie Marcel Rayman du 151e Régiment d’Infanterie de Paris.

Missak Manouchian prend le commandement des FTP-MOI en juillet 1943. Son groupe, composé de 23 résistants dont 12 Juifs, mène des actions armées jusqu’à son démantèlement en novembre 1943. Ils sont tous fusillés au Mont-Valérien le 21 février 1944.

© MDS / MJDP

L’Affiche Rouge a été placardée dans toutes les stations du métro parisien. Elle représente les photos de Manouchian, Fontano, Alfonso, et des juifs Rayman, Boczov, Grzywacz, Elek, Wajsbrot, Witchitz et Fingerweig.

Marcel Langer (1903-1943), volontaire des Brigades internationales en Espagne, engagé en septembre 1939 et incorporé au 12e Régiment Etranger d’Infanterie. En 1940, il échappe à la captivité et entre en résistance. Fonde et commande la 35e Brigade des Francs-Tireurs et Partisans Main d’Œuvre Immigrée de Toulouse. Il est arrêté, torturé et guillotiné le 23 juilllet 1943.

Marcel (Mendel) Langer © MDS / MJDP

Joseph Kutin (1910-1995), engagé volontaire en septembre 1939, incorporé au 21e RMVE. Echappe à la captivité en juin 1940. En juin 1942 il fonde les bataillons “Carmagnole” à Lyon et “Liberté” à Grenoble. Le bataillon “Carmagnole” est commandé par Michel Fey, tué le 21 juillet 1944. Le bataillon “Liberté” est commandé par Léon Gaist, tué en juillet 1943 et remplacé par Nathan Saks. Après de nombreuses actions armées, les deux bataillons rejoints par des éléments de l’Union des Juifs pour la Résistance et l’Entraide (UJRE) participe à la libération de Villeurbanne le 25 août 1944.

Les officiers du Bataillon “Carmagnole” à Lyon © MDS / MJDP


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LA RESISTANCE INTERIEURE L’Armée juive de combat est créée en janvier 1942 par Abraham Polonski et Aron Lublin, militants sionistes. Des maquis sont implantés dans la Haute-Loire et dans le Tarn. En 1944, l’Armée Juive de Combat devient l’Organisation Juive de Combat (OJC).

Maquis de Vabre (Tarn) Les Eclaireurs Israélites de France (EIF) forment deux unités en 1943, qui deviennent en 1944 la Compagnie “Marc Haguenau” en hommage à ce Résistant tué. Elle est commandée par Robert Gamzon (alias Castor soucieux) 1905-1961.

Robert Gamzon © DR

Elle mène des actions militaires spectaculaires et libèrent les villes de Mazamet et Castres.

Maquis de la Montagne Noire (Tarn) Créé en hiver 1943, commandé par Jacques Lazarus (alias Jacquel) 1916-nc. S’installe en avril 1944 à l’Espinassier et harcèle les forces allemandes. Il participe à la libération des départements de Haute-Loire et du Tarn.

Henri Broder (à droite) au Maquis de la montagne noire, 1944 © DR

Maquis du Plateau Vivarais-Lignon (Haute-Loire) Constitué au cours de l’hiver 1943-1944 sous le commandement de Joseph Bass (alias capitaine André) 1908-nc. Prend part aux combats de la libération de la Haute-Loire et libère Le Puy-en-Velay en août 1944.

Maquisards du plateau Vivaret-Lignon © DR

Tombe de Fred Leizer au Vercors © MDS / UEVACJ

Les maquis de France ont été rejoints par de nombreux Juifs au Plateau des Glières, au Vercors… Tombe de Bernard Zelkowitch, au Plateau des Glières © MDS / UEVACJ


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HONNEUR AUX COMBATTANTS VOLONTAIRES JUIFS Gloire aux milliers qui versèrent leur sang pour notre liberté et notre dignité

Soixante-six combattants volontaires juifs choisis symboliquement parmi des milliers d'autres reposent sous ce monument érigé au cimetière parisien de Bagneux.

En hommage solennel à tous ces héros, une cérémonie commémorative a lieu chaque année.

L'Engagement des Juifs étrangers  

Les Juifs étrangers dans la Première 1914 - 1918 et la Second 1939 - 1945 Guerre mondiale