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édito

Magazine n°32 Mai 2021

Par Sarah Ben Abramowicz DIRECTRICE DES RÉDACTIONS

TOMBER POUR MIEUX SE RELEVER

J

e n’ai pas choisi d’arriver ici une semaine avant la guerre du Golfe, quand les missiles tombaient à quelques centaines de mètres seulement de notre centre d’intégration. Je n’ai pas choisi d’entendre des autobus exploser quand la première intifada a commencé, et quand mon pouls battait à deux cents pulsations par minute tous les matins alors que je n’avais que neuf ans. Je n’ai pas choisi de voir mes frères expulsés de Gouch Katif quand je pleurais avec eux en les voyant à travers l’écran de la télé, et souhaitais que ça aboutisse à une fin heureuse. Je n’ai pas choisi. Mais quelqu’un de bien plus avisé que moi, qui recherche mon bien, a décidé que ce serait pour moi le bien absolu. Personne ne choisit les tragédies qu’il doit côtoyer dans sa vie, mais le Juif doit toujours penser en lui-même : « Je crois d’une foi intègre que toi, mon Père qui est aux Cieux, réalise toujours les choses de la meilleure façon possible. » Et dans des moments difficiles, en période d’épreuve qui se présente sans crier gare, vous vous demandez en vous-mêmes : « Pourrais-je avec certitude affirmer que c’est supportable ? N’estce pas simplement au dessus de mes forces ? » Qu’aurions-nous fait sans la foi ? Sans elle, nous n’aurions rien pu faire, qu’il s’agisse de gagner notre vie, d’élever nos enfants, de préserver la paix de notre ménage ou encore notre santé. Le Juif a la foi. Qu’importe s’il est observant ou pas. Je discute ces derniers temps avec des centaines de gens de tout le pays et qui s’identifient à toutes les couleurs de l’arc-en-ciel judaïque. Pour finir, ils ont la foi. C’est ce qui nous a fait sortir d’Egypte. C’est ce qui nous a permis de rebâtir notre pays merveilleux et c’est ce qui nous délivrera. « Il y a toujours des miracles pour celui qui a la foi ». Si vous lisez entre les lignes l’entretien que j’ai réalisé avec le chanteur Shlomi Shabat, vous y trouverez la foi et un chemin d’amour infini qui permet d’accepter les obstacles avec bienveillance. Ainsi l’homme devient un géant car en dépit de tout, il poursuit sa route et préserve sa foi. « Uniquement par l’esprit », c’est la chanson grâce à laquelle Shlomi s’est introduit dans notre conscience à tous, et qui exprime que ce n’est qu’avec l’esprit, la foi, que nous serons vainqueurs.

Directrice de la publication Sarah Ben Sarah.bensimon3@gmail.com Rédacteur en Chef Dan Abramowicz Jonathan Doukhan 077 2038227 Directeur stratégique et commercial Dan Abramowicz 054 6457211 Création & Design 058 6305530 / 055 9742085 Traducteur Yéochoua Sultan 054 2628237 Diffusion Presse Magazine Itzhak Zenouda 054 2075913 • La rédaction de Trouver en Israël magazine décline toute responsabilité quant au contenu des publicités • Ce magazine contient des enseignements de Torah, ne pas jeter dans une poubelle • Pour toute remarque ou conseil : Tsarfatimweb@gmail.com

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INTERVIEW EXCLUSIVE

SHLOMI SHABAT « L’enfant de Yéhoud avec la guitare », comme on l’appelait.

PAR SARAH

I

l est né et a grandi à Yéhoud. Il est le fils d’Emilie et Abraham Shabat, qui sont montés en Israël de Turquie. Sa petite sœur est la chanteuse renommée Léa Shabat. Il n’avait que cinq ans lorsqu’il a commencé à jouer. Il a renoncé à une somptueuse bar-mitsva pour qu’on lui paye une guitare. C’est le chanteur incarnant l’âme d’Israël, avec des centaines de millions de vues sur Youtube. Personne n’est resté insensible à ses chants et à sa personne Il est monté sur le devant de la scène en 1989, avec le tube « Rak Biglal Arouah », et acquiert une renommée mondiale. A 66 ans il a attrapé le Corona et il

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BEN ABRAMOWICZ

ne pensait pas qu’il s’en sortirait. « J’étais sûr que je ne remonterai jamais sur scène », raconte-t-il avec émotion.

Trouver en Israël : Vous venez d’avoir un petit-fils, toutes nos félicitations ! Shlomi Shabat : Merci beaucoup.

Il a sorti dernièrement sept chansons dont le tube « Hochiya », chant de gratitude adressé au Maître du Monde pour cette période tumultueuse de sa vie, où il accède à un immense succès. Il nous a reçu chez lui, à Herzlia, très chaleureusement, comme si nous étions des amis de longue date.

T.E.I : Où étiez-vous quand vous avez appris la nouvelle ? S.S. : En réalité, j’ai reçu un message alors que j’étais à l’hôpital, avec le tuyau et tous les appareils autour. Avihou m’a informé qu’ils ont eu un fils. J’ai senti qu’on m’ouvrait tout simplement totalement l’arrivée d’oxygène.

Entretien exclusif avec le chanteur et surtout avec l’homme que nous avons couronné comme : « le roi des cœurs d’Israël ».

Nous tenons à informer les lecteurs que Shlomi avait attrapé le Corona et que sa situation était très grave. De nombreux chanteurs se sont

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mobilisés pour chanter pour lui, et tout le pays d’Israël était très inquiet pour sa santé. Aujourd’hui, il est grâce à D. rétabli, mais nous avons préféré ne pas entrer outre mesure dans le détail de ce qu’il a vécu, pour respect de sa sensibilité sur la question. T.E.I : Est-ce que des choses ont changé dans votre vie suite à l’année du Corona ? S.S. : Tout d’abord, c’est sûr que les choses ont changé. La preuve, c’est que vous êtes ici (rires). Oui absolument. Je le vois à présent par l’intermédiaire de mes spectacles, maintenant que je suis remonté sur scène. J’en perds mes mots. C’est cet amour

infini du public que je ne parviens pas à expliquer avec des mots.

parle de la foi, « Aba », parce que c’est personnel, et « Tnou Ligdol Besheket », qui m’émeut profonT.E.I : « Lekol Ehad », dément. « Aba », « Bereshit Et bien évidemment, Olam », une infinité la chanson « Bo Mes chansons de succès vertigiAbayta », qui est sorneux… Quoi qu’il en tie quand j’étais à sont des soit, à quelle chanl’hôpital, qui est chanillustrations de son êtes-vous le tée par ma sœur, ma mon chemin. plus attaché ? fille, mon fils et moi. S.S. : Y a-t-il une C’est un grand tube. femme qui soit la plus belle du monde ? Il n’y en a pas, c’est diffi- T.E.I : Pourtant, vos débuts cile de choisir. n’ont pas été très prometteurs. Mais je peux vous dire qu’il y a S.S. : Je pense que ma première trois chansons qui m’émeuvent chanson, je suis le seul à m’en particulièrement quand je les en- souvenir (rires). tonne. « Rak Biglala Arouah », qui Son titre était : « Yatsati Min

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Ahosheh », mais si on n’a pas de confiance en soi, autant changer de métier. A cette époque, deux journalistes de forte influence ont écrit à mon propos une critique acerbe. Ce qui était différent, c’est qu’à l’époque tout le pays lisait le journal. Cependant, j’ai préféré les écouter et ne pas prendre leurs propos pour une attaque personnelle. J’ai donc cherché à améliorer mes exécutions et à travailler le plus dur possible. Après coup, je peux dire aujourd’hui que je leur en suis reconnaissant.

l’année passée : allumage d’un flambeau le jour de l’Indépendance, être l’un des juges du programme The Voice, un spectacle T.E.I : D’où provient votre inspira- avec Yéhouda Poliker et j’en tion de créer et de composer de si passe. Je suis obligé de m’envoyer des belles chansons ? S.S. : Ce sont des étapes dans la fleurs, avec votre permission, vie. Cette question est particuliè- bien que ça ne fasse pas partie rement pertinente aujourd’hui, de mes habitudes, mais je suis un homme qui tracar pendant la dervaille très dur, n’est-il nière année, l’année pas juste que je me du Corona, j’ai propermette parfois de duit beaucoup de profiter du succès ? chansons qui m’ont Je continue le travail, réussi. Nous avons La musique à écrire des chansons subi un tremblement c’est ma vie. et à améliorer mes de terre mental, un spectacles sans arrêt, traumatisme, et ça a ainsi qu’à produire de eu une influence sur moi mais aussi sur d’autres ar- nouveaux arrangements musitistes. Ça m’a fait mal. L’année caux. passée est pour le bien et pour le mal. La musique, c’est ma vie. T.E.I : Qu’auriez-vous à dire Je fais passer toute mon émotion aujourd’hui au jeune Shlomi par ma guitare, que ce soit dans Shabat de l’époque ? la douleur, la joie, la tristesse ou S.S. : (Rires) Je vais vous dire la la tension. Pour moi, c’est l’an- vérité. Je n’aurais rien eu à dire née la plus folle de toutes les au jeune Shlomi Shabat, parce treize dernières années. Au fait, que j’étais sur la bonne voie. j’ai bien treize ans, n’est-ce pas ? C’était un parcours difficile, sans favoritisme et sans raccourcis. (Rires). Depuis mon plus jeune âge, je T.E.I : Quels sont les projets que me rappelle que j’ai toujours travaillé dur. vous aimeriez réaliser ? S.S. : Avant de me produire à J’ai atteint le succès si difficileCésarée, c’était mon rêve le plus ment que j’en suis épuisé, c’est grand. Je me suis dit que tout ce pour ça que ça n’a pas eu d’inqu’il y aurait ensuite serait du fluence sur moi. A l’époque c’était différent. Ce bonus, un cadeau du Ciel. Aujourd’hui, Césarée me semble n’était pas comme aujourd’hui, vraiment insignifiante à côté de quand des jeunes gens qui ce que j’ai réalisé au cours de passent à la télé deviennent cé-

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lèbres d’une façon fulgurante, en un seul jour, mais qui ne savent pas comment gérer ça. Ce qu’il se passe, c’est qu’ils en deviennent tout simplement fous. C’est le gros de mon travail à l’émission de The Voice. Je dois me concentrer sur l’âme, plus que sur toute autre chose. T.E.I : Pourriez-vous partager l’un des secrets de votre réussite à l’intention des chanteurs débutants ou pour ceux qui sont déjà dans le métier ? S.S. : J’apprends toujours à mes enfants que si on n’est pas emballé par ce qu’on fait, ça veut dire que ce métier n’est pas pour soi. Vous ne pouvez pas monter sur scène sans émotion, si vous n’avez pas le trac et ne transpirez pas à cause de l’émotion. Si ça vous laisse froid, cherchez un autre métier. Les chanteurs qui montent sur scène aujourd’hui sont très sûrs d’eux et sans émotion. Ils produisent un spectacle à leur image. T.E.I : Avez-vous un souvenir précis de votre enfance que vous aimeriez raconter à nos lecteurs? S.S. : Quand j’étais encore un tout jeune enfant, à cinq ans, il y avait un photographe nerveux qui prenait la photo de classe de fin d’année. Il nous demandait à tous de croiser les bras pour la photo. Il utilisait une cape noire en tissu. Il comptait alors jusqu’à trois, et à trois, je changeais de posture pour faire le geste de quelqu’un qui tient une guitare dans les mains. Toutes mes photos de classe me montrent dans cette position. C’est Shlomi.



T.E.I : Nous allons avoir droit aussi un spectacle à Césarée bientôt. S.S. : Pas nous, moi (rires). Je me suis produit de nombreuses fois à Césarée, mais là, ça va être très différent. Je vais vous dire la vérité, quand j’étais à l’hôpital, jamais je n’aurais osé penser que je remonterais sur scène un jour. Mon état était si grave que j’étais certain que c’était la fin de ma carrière. Je me suis dit que même en guérissant, il me serait très difficile de monter sur scène et de chanter. Rien qu’en évoquant ce spectacle, je m’émeus. Et je pense que plus la date approchera, plus je serai ému.

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T.E.I : Auriez-vous un dernier message à adresser à nos lecteurs ? S.S. : Je vous aime ! Mais je suis très inquiet pour la communauté juive de France. J’ai pleuré plus d’une fois pour les durs incidents qui les ont frappés. Je souhaite que D. les protège et qu’ils rentrent à la maison. Nous souhaitons remercier Keren son agent pour l’accueil chaleureux qui nous a été fait. Infos / Résas pour le concert de Shlomi Shabat à Césarée le O3.06.2021 : *2207 2207.kupat.co.il/show/ shlomishabat

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SHLOMI SHABAT ET SA PREMIERE GUITARE

© Rudy Nakache

T.E.I : On vous a T.E.I : Votre dernier spectacle désigné pour allumer un flams’était produit beau le jour de Mon état était si en France. Auriez-vous une l’Indépendance, et on a vu que grave que j’étais anecdote à nous certain que raconter? vous étiez très c’était la fin de S.S. : Je suis passé ému. Pourquoi ? au Zénith. 7000 S.S. : J’ai senti ma carrière billets avaient été qu’on était enfin reconnaissant pour tous vendus. Quand j’ai atterri, le travail que je fais depuis j’ai vu plein de gens qui portaient un écriteau : « Shlomi cinquante-cinq années. Enfin l’Etat d’Israël m’a dit : Shabat ». Quand je me suis approché d’eux, ils se sont « Merci ». Ça valait la peine pour moi déplacés sur le côté et n’ont de travailler dur toute ma vie pas fait attention à moi. J’ai continué jusqu’à l’hôtel. pour cet allumage. Le soir même, j’ai reçu des T.E.I : Vous êtes sur le point appels téléphoniques de de produire un cinquième gens qui me demandaient single, qui est l’artiste est où j’étais passé. Je leur ai quand est-ce qu’il doit sor- dit que j’y étais mais que tir ? lorsque je les ai approchés, S.S. : C’est une surprise sur ils se sont déplacés de côté. toute la ligne. Ce qui est cer- « Qu’est-ce qu’il fallait que je tain, c’est que les Français fasse ? » leur ai-je demandé. vont beaucoup aimer cette Que je dise : « Eh oh, je suis chanson ! Shlomi Shabat » ? Vous n’y Elle doit sortir incessam- pensez pas ? Alors j’ai pris ment sou peu. un taxi et je suis parti.

Racontez-nous la fameuse anecdote de votre première Guitare ? Je ne viens pas d’un milieu aisé. J’ai grandi dans la ville de Yéhoud, au sein d’une famille très simple. Mon rêve était d’acheter une guitare, mais je n’osais pas le demander à mes parents, afin de ne pas leur faire de la peine, car ils ne pouvaient accéder à ma demande. Par contre, nos voisins étaient riches et l’un de leurs fils avait une guitare. Mais il ne s’en servait jamais. Ça répond à l’expression qui dit : « D. a donné des noix à ceux qui n’ont pas de dents. » Ils avaient un pavillon avec une pelouse et une barrière tout autour. J’ai conclu un marché avec eux. Je leur tondrais la pelouse et eux me laisseraient utiliser la guitare pendant une demi-heure. Non pas que je sache en jouer, mais juste pour la tenir et en extraire des sons. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’avant, il n’y avait pas toutes ces machines qui permettent d’effectuer n’importe quel travail rapidement. A l’époque, pour tondre une pelouse, on utilisait un sécateur. Je me rappelle que je transpirais, m’égratignais à cause de leur barrière. Le travail était vraiment très dur. Quand je rentrais à la maison, ma mère, paix à son âme, voyait des traces d’écorchures sur mon corps, et elle me demandait d’où ça provenait. Longtemps, je m’esquivais en racontant toutes sortes d’histoires, jusqu’au jour où je lui ai dit la vérité. Je me rappelle qu’elle l’a vraiment très mal pris, et elle a dit à mon père, paix à son âme, qu’il fallait absolument m’acheter une guitare, alors que par ailleurs ils n’avaient pas d’argent, ce qui fait qu’ils ne pouvaient pas faire grand-chose. Quand j’ai atteint l’âge de la majorité religieuse, j’ai dit à mes parents que je ne voulais pas de salle, pas de photographe et pas d’orchestre. Mes parents m’ont acheté une guitare électrique, ma première guitare. J’avais compris qu’une fête est quelque chose d’éphémère dont personne ne se souvient par la suite.


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ENQUÊTE

LA CATASTROPHE DE MÉRON,

DANS LE FEU DES PRIÈRES PAR YAACOV

BEN DENOUN

F

ace à la douleur, au drame, un silence fervent vient répondre à toutes les questions posées. La tragédie de Meiron n’est pas exempte de cette exigence. Mais très vite, l’âme humaine est ainsi faite, viennent sur le devant de la scène ceux qui sont moins intéressés par le décryptage de l’évènement que par la volonté de trouver des coupables, de poser des responsabilités, de demander la nomination de commissions d’enquêtes. Quelles que soient les conclusions, quels que soient les verdicts, il n‘en reste pas moins que 45 personnes auront perdu la vie, et qu’environ 150 personnes seront à tout jamais meurtries dans leur chair ou psychologiquement impactées. Mais il faut revenir à ce qui s’est passé dans la nuit du 29 au 30 avril 021 sur la montagne de Meiron, en un lieu de sainteté, ritualisé par des intervenants innombrables. Lag BaOmer C’est le soir de Lag BaOmer, un jour de fête inscrit dans le calendrier hébraïque, que traditionnellement des feux sont allumés, et que des milliers de Juifs se rendent à Meiron, dans le nord d’Israël, auprès du tombeau

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du grand sage mystique Rabbi Shimon bar Yo’haï dont ce jour est la Hilloula (l’anniversaire de son décès). Lag BaOmer tombe toujours le 18ème jour du mois d’Iyar, qui est le 33ème jour de l’Omer, période qui commence le deuxième jour de la fête de Pessah, et s’achève le jour de la fête de Chavouot, après 49 jours. Durant cette journée de réjouissances, deux évènements sont célébrés : la fin d’un deuil, lorsque cessa l’épidémie qui causa la mort de 24.000 élèves de Rabbi Akiva, et la Hilloula de Rabbi Shimon Bar Yohaï (Rashbi) qui vécut au 2ème siècle de l’ère commune, et fut le premier à enseigner la dimension mystique de la Torah, la « Kabbalah », dont il rédigea le livre emblématique : le « Zohar ».

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La montagne de Méron Au 16ème siècle, une structure a été construite autour de la tombe de Rashbi à Meiron, et des juifs venus d’Espagne avaient pris l’habitude de s’y rendre pour rendre hommage au grand Saint. Ils ont longtemps assuré la gestion du lieu, surtout à la fin de la période ottomane. (Le site a été acheté et enregistré seulement en 1888). Au début du 20e siècle, Méron était le principal lieu de pèlerinage annuel, au pied d’une montagne, au sud de Moshav Méron, sur le territoire du Conseil régional de Méron Hagalil. La tombe est de dimension importante, est agrémentée de dômes bleu clair, et l’espace est divisé en plusieurs salles. Dans la plus grande, placée au sud, se trouve la pierre


tombale du Rabbi Shimon Bar Yohai, tandis qu’au centre se trouve la pierre tombale du rav Elazar, son fils. Plus tard, des parties supplémentaires ont été ajoutées au bâtiment (tel que le complexe de la Yeshivat Bar Yohaï), et d’autres extensions réalisées plus récemment. Structures En 1954, le ministère des religions a proposé de rénover le bâtiment, mais les propriétaires s’y sont opposés. En 1976, un accord a été signé entre la congrégation séfarade et le ministère des religions qui a assuré la direction provisoire du lieu, jusqu’en 1981. Mais durant cette période, un certain nombre d’organisations et d’organismes différents se sont associés à l’endroit, refusant d’abandonner leur place. Depuis quelques années déjà, la Hassidout de Boyan a racheté le droit d’allumage aux gardiens séfarades de Méron et Safed. Mais d’autres entités hassidiques ont pris alors l’habitude de venir le jour de Lag BaOmer, effectuer leur propre allumage, ce qui a permis de décupler la présence des fidèles en ce lieu (qui ont déjà atteint les 300.000 personnes dans le passé). En 2008, le contrôleur de l’État a publié un rapport inquiétant décrivant la situation sur le site, notamment les défauts du système de lutte contre l’incendie et des voies d’évacuation. Malgré ces faits constatés, les services compétents ont autorisé chaque année la tenue de la Hilloula le jour de Lag BaOmer. Il est devenu évident que le niveau d’entretien du bâtiment de Rashbi était insuffisant, et ne pouvait ni convenir au caractère sacré du lieu, ni au possible accueil de milliers de personnes. Mais les controverses apparues entre les parties en présence ont créé un état

Le drame La problématique de l’espace n’a jamais été prise en compte : vieilles bâtisses agrandies sans contrôle, allées étroites, voies

de circulation insuffisantes, et de l’avis de tous, il est surprenant qu’un tel drame ne se soit pas déjà produit auparavant. Si responsabilité il y a, elle sera indéniablement partagée entre les pouvoirs publics, les institutions hassidiques, les forces de police et les participants venus en grand nombre sans discernement. Sur les coups de minuit, alors que se termine l’allumage du feu traditionnellement initié en premier par la Hassidout de Boyan, il est annoncé que la congrégation de Toldot Aaron va procéder à l’allumage de son feu. Après le début des danses, des centaines de personnes quittent les lieux, en empruntant un couloir étroit, coudé dans sa partie terminale, en pente, encadré par une palissade métallique, sans rampe de soutien, qui débouche sur un escalier abrupt, fait de pierres trempées par on ne sait quel liquide. Un flot continu de personnes se déplace alors dans ce conduit étouffant. Les corps se touchent, se bousculent, s’appuient les uns aux autres. C’est alors que se produit l’irréparable. Des personnes glissent sur le sol, trébuchent, et la bousculade prend de l’ampleur. Des adultes, des enfants, sont écrasés, asphyxiés par les corps qui

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de paralysie. Le contrôleur a en outre recommandé que la gestion et l’entretien du complexe et de toutes les zones du site, soient placés sous le contrôle direct ou indirect de l’état. À la fin de 2011, le gouvernement israélien a décidé de nationaliser le site, d’exproprier toutes les associations présentes sur le terrain, et d’en transférer la gestion à l’État. Plusieurs membres des communautés ultra-orthodoxes, craignant de perdre le contrôle ont tenté de s’opposer à cette action gouvernementale. En 2014, les communautés hassidiques ont interjeté appel devant la Cour Suprême, qui a décidé de retarder la procédure d’expropriation. De 2016 à 2018, des négociations furent tenues entre les parties, et à l’automne 2018, les parties ont convenu d’une procédure de médiation, la Cour suprême confiant la direction du site à un groupement, pour une période d’essai de 3 ans, à l’issue de laquelle l’État pourrait reprendre le processus d’expropriation si les problèmes n’étaient pas résolus.


se recouvrent les uns sur les autres. Les parois s’affaissent, la vague déferle, sans contrôle. Personne ne perçoit encore l’étendue du drame. L’escalier était-il fermé par une barrière, les policiers ont-ils empêché la progression de la foule ? L’enquête devra le déterminer. Ce n’est que vers 0 :50 que la musique extrêmement sonore, répercutée par d’immenses haut-parleurs, et propageant une musique entrainante et joyeuse, est soudainement interrompue pour que soient adressés des messages appelant à laisser passer les secours. L’ancien grand-rabbin d’Israël Israël Meir Lau, présent, lance un appel au calme, et entame avec d’autres rabbins des Psaumes pour la guérison des blessés. 45 victimes sont dénombrées. Elles ne seront que progressivement identifiées à l’institut médico-légal d’Abu Kabir (à TelAviv-Yaffo) : au moins 24 étudiants de Yechiva (dont la Yechiva de Mir à Jérusalem (3) et de Brachfeld (1); un de la Yechiva de Ponevezh à Bnei Brak), de jeunes garçons. 6 victimes sont des citoyens américains, 2 sont canadiens, 1 est argentin (ce sera le dernier à être enterré à Jérusalem). La plus jeune des victimes est âgée de 12 ans. Environ 250 blessés ont été, se-

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lon le directeur-général du MDA, Eli Bin, évacués vers l’hôpital Ziv à Safed, le Centre médical Galilée à Nahariya, l’hôpital Rambam à Haïfa, l’hôpital Poriya à Tibériade, et l’hôpital Hadassah Ein Kerem à Jérusalem. 250 ambulances du Magen David Adom, étaient sur place, épaulées par des équipes d’Ezer Mitziyon, d’I’houd Hatzale et de ZAKA. 5000 policiers ont été réquisitionnés. Les comportements de toutes ces équipes seront exemplaires, La population israélienne s’est mobilisée (ainsi que certains habitants de villages arabes à proximité du lieu du sinistre) pour venir en aide aux victimes et à leurs familles, apporter de l’eau, de la nourriture, trouver des hébergements. Mains tendues, épaules secourables, la nation est en état de choc, solidaire. Une campagne de don de sang (groupe O) est lancée, dans l’urgence. De partout se sont déplacés les israéliens, et des queues se sont formées dans tous les centres de transfusion sanguine, un peu partout, parfois sous le soleil, à Tel-Aviv comme ailleurs. On dénombrera 2.208 donneurs dont le premier ministre israélien Benyamin Netanyahu. Elles

Les réactions sont nombreuses,

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et

viennent du monde entier : du président des États-Unis, Joe Biden, du président de la Russie Vladimir Poutine, du premier ministre de l’Inde, Narendra Modi, de leaders européens et de leaders arabes (dont le Bahreïn et les Émirats arabes unis qui se sont rapprochés d’Israël lors des accords d’Abraham). Le président de l’État d’Israël, Réuven Rivlin, a reçu un coup de téléphone du roi de Jordanie, Abdallah ; la reine d’Angleterre, Elizabeth II, en deuil, a envoyé un message de condoléances au président Rivlin, tout comme le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, le premier ministre britannique Boris Johnson, et le chancelier fédéral d’Autriche Sebastian Kurz. Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a appelé à la tenue d’une journée de deuil national le dimanche suivant pour rendre hommage aux victimes de la bousculade mortelle sur le Mont Meiron. Aurait-on pu éviter ce malheur ? Certains penseront que oui, d’autres prouveront que non. Le Premier ministre, le ministre de la Santé, le ministre de l’Intérieur, le ministre de la Sécurité intérieure, le ministre des Transports, le commissaire régional de la police, avaient donné leur accord, indiquant qu’il n’y aurait pas de restrictions sur le nombre de fidèles présents. Cet avis était lié à la situation sanitaire en amélioration. Les directives de la police israélienne avaient limité à 10 000 personnes les espaces éclairés. Les instances religieuses n’avaient pas lancé d’alertes. Les conditions du drame étaient en place. Le rapport de 2011, qui faisait


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suite à celui de 2008, soulignaient déjà de graves dysfonctionnements politiques constatés dans l’entretien du site et dans l’organisation de ce pèlerinage annuel. Facéties du calendrier, le 33e jour de l’Omer a eu lieu un jeudi, et les festivités qui s’étalent d’ordinaire sur une journée, ont dû se dérouler 14 heures durant seulement pour éviter de profaner le Chabbat. Les commissions d’enquête, les responsabilités Le contrôleur de l’État Matanyahou Engelman a annoncé la mise en place d’un audit destiné à examiner les circonstances la conscience de ceux que rien qui ont conduit à la catastrophe. Le procureur général Avichai n’arrête, ni les conseils de pruMandelblit a annoncé qu’une dence, ni les règles sanitaires. équipe d’enquête conjointe de Le bon sens a déserté bien des la police israélienne et du dépar- intelligences. tement des enquêtes internes Le commissaire de police Kobi Shabtai a défendu la de la police relevant gestion de la police du ministère de la présente sur le terJustice mènera des rain : « Je ne laisserai investigations pour pas la police israédéterminer les resJe ne laisserai lienne devenir le bouc ponsabilités polipas la police émissaire de la faute cières. Selon une orcommise au fil des ans donnance du ministre israélienne de la Justice, une endevenir le bouc par de nombreuses quête d’État devrait émissaire de la autorités », a-t-il dit. en outre être créée, faute commise Le commandant de la police de la région comme cela a été fait dans le passé, dirigée au fil des ans par nord, Shimon Lavi, de nombreuses a qualifié la nuit de par une commission autorités « tragique », affirprésidée par un juge mant qu’il « endossait suppléant ou à la rela responsabilité » de traite, nommé par un juge de la Cour suprême, ce qui la catastrophe. lui confère tout pouvoir, et l’indé- Le ministre israélien de la Sécurité publique, Amir Ohana, a pendance la plus totale. Mais pointer du doigt les respon- publié un message sur sa page sables ne sera pas facile. Dans Facebook : « Je suis responsable, le box des accusés ne figureront mais responsabilité ne signifie pas que des lampistes, les vrais res- culpabilité. Les célébrations ont eu ponsables seront ailleurs, dans lieu comme chaque année depuis les cénacles protégés, dans les des centaines d’années et au moantichambres des Yeshivot, dans ment du drame, il y avait même les ministères de tutelle, dans moins de gens que d’habitude.

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Ce désastre a eu lieu cette année, mais il aurait pu se produire n’importe quand », a-t-il dit. Le grand rabbin séfarade d’Israël, Yitzhak Yosef, a appelé « à la prière, et non à la culpabilité ». 10.000 personnes étaient autorisées dans l’enceinte du tombeau (cette affirmation a été contestée mais sans fondement). Mais, selon les organisateurs, plus de 650 bus avaient été affrétés dans le pays, soit au minimum 30.000 personnes. 100.000 personnes étaient en fait sur place. Il n’est pas question de jeter la pierre à qui que ce soit, simplement pour porter des accusations, mais des mesures doivent être prises pour éviter de telles catastrophes : limiter le nombre de feux, le nombre de participants, restructurer la zone, et peut-être étaler la Hilloula sur une semaine, par exemple. Pour l’heure c’est toute la nation qui souffre des conséquences de cette célébration d’ordinaire tournée vers la joie, la prière, le respect de l’autre. Que nous n’ayons pas à vivre encore de telles épreuves.


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© Jean Renardet Brand

ZVI BRANT : « MIKE ÉTAIT UN VRAI BEN ADAM ! » « Laisse-moi t’aimer » chantait Mike Brant. Au final, c’est avec son public que la légende des années 1970 a vécu le plus grand amour et a fait « le plus long et le plus beau des voyages » ! Après cinq années de gloire, 47 tubes et 33 millions de disques vendus, Moshé Brand (de son vrai prénom) décédait le 25 avril 1975, à l’âge de 28 ans, en tombant du 6e étage d’un immeuble parisien. Aujourd’hui, 46 ans après, le chanteur israélien est toujours aussi présent dans le cœur de ses fans. D’où, dernièrement, la diffusion sur France 3 du documentaire « Mike Brant, l’étoile filante », la sortie d’un coffret anthologie, d’un vinyle, d’un double best of et l’inauguration de deux places dédiées à sa mémoire ! A l’occasion de l’anniversaire de sa mort, son frère Zvi Brant a accepté de revenir sur le parcours de la star, son enfance, ses liens avec ses parents, ses traumatismes, sa disparition, ses funérailles et même ses relations avec Dieu et les femmes ! Interview exclusive.

PAR VANESSA

Le 25 avril marquait les 46 ans de la disparition de votre frère. Qu’est-ce que cela représente pour vous ? Les années passent mais il me manque toujours autant. Nous étions très proches Mike et moi. En même temps, je suis très touché de voir qu’il est toujours aussi présent dans l’esprit de ses fans. Cette reconnaissance me semble magique, même si elle est méritée. Mike fait partie du patrimoine de la chanson au-delà des frontières. C’était un personnage incroyable. Sa voix et ses chansons romantiques touchaient le cœur des gens. De plus, c’était un très beau garçon. Tout le monde était amoureux de lui ! Parlez-nous de l’avenue inaugurée en son nom en Israël en août dernier … Je suis très heureux que la Ville de Haïfa lui ait enfin décerné

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le respect qu’il mérite. Mike et moi avons grandi à Haïfa. Il était temps que la municipalité honore son fils devenu une vedette internationale ! Par ailleurs, quelques mois auparavant, une place lui a aussi été dédiée près de l’avenue Georges-Mandel dans le 16ème arr. de Paris où il a vécu. De qui Mike tenait ce don dans la chanson ? Notre mère n’avait pas du tout l’oreille musicale contrairement à notre père qui venait d’une famille très mélomane. Quand Mike a commencé à chanter dans les hôtels israéliens, c’était très important pour lui que notre père vienne le voir. Mais il n’a jamais accepté. Je me souviens qu’une fois, ma mère lui a dit « Fichel, les gens se précipitent pour écouter ton fils. Pourquoi tu ne veux pas venir au moins une fois ? » Il lui a répondu : « Bronia,

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tu veux me tuer ?!! » Notre papa avait des problèmes de cœur et il avait peur d’avoir une crise cardiaque en écoutant Mike. Du coup, il n’est jamais venu et Mike en a beaucoup souffert. Est-il vrai que Mike s’occupait de vous étant petit en raison de la santé de vos parents ? Oui c’est vrai, mes parents étant rescapés de la Shoah, ils étaient fragiles et se faisaient souvent hospitalisés. Alors Mike et moi allions souvent dormir chez les voisins avec leurs cinq enfants. Puis, les assistantes sociales ont décidé de placer Mike dans un kibboutz. Il a quitté la maison très jeune. Quel genre d’enfant était-il ? Il riait en permanence et faisait rire tout le quartier. Il avait un grand sens de l’humour et assurait tout le temps le show ! On ne s’ennuyait jamais avec lui.


Pourtant, il a été dit qu’il ne parlait pas jusqu’à l’âge de 5 ans… C’est faux. Il n’a pas parlé jusqu’à l’âge d’un an et demi. Comme quasiment tous les enfants. Il a commencé à chanter avant même de parler. Au départ, il imitait le cri des animaux puis l’école l’a mis à la chorale très tôt.

premier contrat... La suite, vous la connaissez, sa carrière a décollé à une vitesse vertigineuse !

Comment, au vu de sa notoriété, Mike se comportait avec vos parents ? Mike avait un très grand cœur. C’était un vrai Ben Adam ! Je me souviens qu’une fois, nous étions invités à un mariage et ma mère s’est rendue compte qu’elle avait perdu la montre que mon père lui avait offerte après Auschwitz Quelles anecdotes pouvez-vous pour leurs fiançailles. Elle était raconter sur les déterriblement peinée. buts de sa carrière ? Mike était alors tout Je me souviens qu’à petit. Puis les années l’âge de 16 ans, Mike ont passé. Mon père devait assurer son nous a quittés. Et un Mike chantait premier spectacle jour, alors qu’il était pour la soirée de la en pleine gloire, Mike pour oublier Saint Sylvestre à l’hôa fait une escale à l’horreur tel Zion de Haïfa. Or, il Tel-Aviv juste pour que sa mère s’est réveillé le matin remettre un paquet à avait vécue à totalement aphone. ma mère à l’aéroport. Auschwitz ! Affolé, il a demandé C’était une montre à notre père : « Mais en or blanc plaquée comment je vais faire avec des diamants ! pour chanter ce soir ? » Mon père Ma mère l’a traité de fou ! Mais lui a dit de boire du lait avec du Mike a expliqué qu’il n’avait jamiel. C’est donc ce que Mike a mais oublié le moment où elle fait alors qu’il détestait les lai- avait perdu la montre de papa ! tages. Au résultat, il n’a pas arrê- C’était aussi un moyen pour lui té de vomir mais cela lui a permis de rendre hommage à notre père de chanter pour le réveillon ! Ce qu’il adorait. D’ailleurs, un jour, soir-là, quelqu’un de l’Hôtel Dan je lui ai demandé : « Tu as réussi, l’a repéré et lui a fait signer son obtenu tout ce que tu désirais, que souhaiterais-tu aujourd’hui ? » Et il m’a répondu : « Je donnerais tout ce que j’ai pour revoir notre père juste cinq minutes ! » Et d’ajouter : « Zvi, j’ai pressé tout le jus de ce monde. Si je dois mourir demain, j’ai gouté les meilleures choses de la vie ! » Il n’avait que 22 ans ! © Jean Renard Brand

© Gundiet Brand

Il a aussi été dit que Mike était traumatisé par la Shoah… Votre maman Bronia Rosenberg, rescapée d’Auschwitz, vous parlait-elle souvent de ce qu’elle a vécu au camp ? Non, jamais. Mais on ressentait l’atmosphère de la Shoah dans la maison. C’était déprimant. Aussi, je me souviens très bien du jour qui a bouleversé Mike. J’avais six ans et lui neuf. Une femme prénommée Madame Clara a frappé à la porte de la maison et a demandé à voir Bronia. Mon père lui a dit qu’elle était à l’hôpital et là, elle s’est mise à pleurer et à raconter tout ce qui s’était passé à Auschwitz où elle avait été internée avec notre mère. Nous avons écouté toute l’histoire… Mike était sous le choc ! Depuis ce jour, il est resté traumatisé ! Nous étions loin d’imaginer tout ce que notre mère avait subi. Ensuite, mon père nous a conduits à l’hôpital. Dès qu’elles se sont vues, ma mère et Mme Clara

sont tombées dans les bras l’une de l’autre et ont éclaté en sanglots. Elles ont continué à parler des atrocités vécues dans les camps… C’était tragique et Mike a pris tout cela de manière très profonde. Aussi, je pense qu’inconsciemment, il a décidé de se réfugier dans la musique pour oublier. Car partant de ce jour, il s’est mis à chanter à chaque mariage, chaque bar-mitsvah et autre évènement familial !

Six ans après, le 25 avril 1975, il se jetait du 6e étage d’un immeuble parisien. Comment avez-vous appris la nouvelle ? Je m’en souviens comme si c’était hier ! J’étais chez ma mère en Israël. C’était un vendredi. Nous étions en train de faire la sieste après le déjeuner. J’avais décro-

Mike Brant, Grand Prix RTL

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© Brand

ché le combiné du téléphone pour que l’on ne soit pas dérangé. On dormait profondément quand un très bon ami de Mike a sonné à la porte. Il m’a demandé : « Vous dormez ? Vous n’avez pas entendu les nouvelles ? » Puis, il m’a fixé du regard et m’a balancé : « Mike est mort ! » Je ne voulais pas le croire ! J’étais sous le choc ! Il m’a alors emmené dehors pour appeler Radio Israël qui m’a confirmé l’information ! Mon cœur s’est mis à battre très fort. J’ai immédiatement pensé à me mère et comment j’allais pouvoir lui apprendre Concert au Rondo. Première du groupe The Skymasters (1964) ça ! En rentrant à la maison, j’ai vu plein de gens dans notre sa- Comment se sont passées ses une couverture en argent. Ma mère n’en revenait pas. Nous ne lon. Ma mère m’a demandé ce qui funérailles ? se passait. Je l’ai alors pris à part Quand nous avons appris la nou- connaissions rien sur Mike ! Il ne velle, nous sommes parlait ni de sa foi, ni de sa vie dans la chambre et je allés à Paris et nous sentimentale… lui ai annoncé la nouavons ramené le velle. Elle s’est mise à corps de Mike en Alors, justement, comment hurler « Non, ce n’est Israël. Il a été enter- était-il avec les femmes ? pas possible ! Ce n’est ré pas loin de notre Mike était un homme à femmes ! pas possible ! Je l’ai vu à Mike aimait les père à Haïfa. Il y Il les aimait et les femmes l’aiGenève. Il était bien ! » enfants et il avait énormément maient ! Mais il ne pouvait pas Ma mère était totalede monde à ses ob- avoir de relation sur le long m’avait confié ment dévastée après sèques. Tout de suite terme. Hormis avec Guita, une la mort de Mike. Puis, en vouloir après, ma mère a hôtesse de l’air danoise dont soudainement, elle a acheté une place au il était fou amoureux et qui lui réussi à se ressaisir. Elle a eu le sentiment qu’il était cimetière près de Mike. Elle est avait demandé de choisir entre toujours vivant et en tournée. Elle morte huit ans après et a été en- elle et son métier ! me répétait : « Dieu m’a aidé à tra- terrée à ses côtés. Vous a t-il déjà parlé de son déverser cette tragédie ! » Est-ce que Mike sir de fonder une famille ? Oui, Mike aimait les enfants et croyait en Dieu ? Enormément ! Mais il m’avait confié en vouloir. Il il n’en parlait jamais. m’avait dit : « Un jour, lorsque j’auC’était une per- rai gagné assez d’argent, je quittesonne très pudique. rai Paris pour revenir vivre en IsAprès sa mort, nous raël. Je m’installerai dans le Néguev sommes allés à Ge- avec ma famille et j’achèterai une nève avec ma mère et ferme, des poules, des cheveux, nous avons rencontré des vaches... Car c’est ça ma vie ! » Bertrand qui s’oc- Mike était quelqu’un de très bon cupait des relations et très sensible. A tel point qu’il publiques de Mike. avait la faculté de ressentir ce Il nous a remis deux qu’une personne pense ou dit de valises de vêtements. lui, sans que celle-ci soit à ses Toutes ses affaires côtés ! Il avait en quelque sorte étaient super bien un pouvoir de télépathie ! Peutpliées et en dessous, être même qu’aujourd’hui, de là nous avons trouvé où il est, il ressent que nous parMike Brant, Festival de Cannes une grosse Bible avec lons de lui…

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JUSTICE

L’HÉRITAGE DE SARAH Unité, amour et sensibilité sans limite à l’égard de son prochain PAR SARAH

BEN ABRAMOWICZ

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‘ai eu un long entretien avec Esther Halimi, la belle fille de Sarah Halimi, que D. venge son sang, et avec son fils Yonathan Halimi. J’ai tout de suite compris qu’ils représentent une famille débordante d’amour et de don sans borne pour l’autre. J’ai voulu comprendre d’autres éléments, en parallèle, qui nourrissent les conversations ces derniers jours. L’iniquité dont elle a été l’objet en France émane d’une décision inconcevable. Qui était Sarah ? Que nous aurait-elle dit aujourd’hui, si elle était encore en vie ? Et quels auraient été les éléments sur lesquels elle aurait mis l’accent ? Sarah était une femme au grand cœur. Elle aimait toute personne

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pour ce qu’elle était. Elle respectait tout un chacun et son objectif était de toujours se mettre au service de son prochain et de l’amour des hommes. Sarah était très attentive à sa façon de parler aux autres, pas seulement pour s’accorder avec tout le monde, mais au-delà de cette aspiration, pour être sensible au ressenti de chacun. Elle n’était pas seulement disponible, elle mettait l’accent sur ce que ressentaient les gens. « Elle était aimée de tous », raconte sa belle fille avec émotion. « Et peu lui importait que les gens soient religieux, laïcs, juifs ou non. Il était très important pour elle de savoir ce que les autres ressentaient, et son intérêt pour son prochain avait une grande valeur pour elle. » Comme on le sait, Sarah était médecin mais on lui avait proposé le poste de directrice de crèche municipale qu’elle a dirigé avec beaucoup d’amour et de dévouement pendant plus de trente ans. « C’était la seule crèche juive à cette époque-là », nous rapporte Esther. Bien que cette crèche fût publique et appartînt à la commune de Paris, elle s’arrangeait pour qu’il ferme plus tôt le vendredi, en l’honneur du Chabbat.

« Grâce à elle, des parents se sont mis à observer le Chabbat, car ils sentaient son amour alors qu’ils étaient différents d’elle. » Elle ajoute, que son fils Yonathan s’entretenait avec elle régulièrement, tous les dimanche, mardi et jeudi, coûte que coûte et qu’il ne renonçait jamais à parler à sa mère et de prendre de ses nouvelles, ce, pendant plus de 20 ans et même dans des temps moins pratiques. Ce qui me fait le plus frissonner, c’est qu’un an après son assassinat par ce terroriste abject, Esther et Yonathan ont eu une fille qu’ils ont nommée Sarah. Les manifestations, les photos diffusées sur les réseaux sociaux ne sont qu’une infime partie de ce que nous pouvons réellement donner à Sarah. Continuer son chemin, diffuser l’amour gratuit à chacun et chacune, accorder de l’importance à tout être humain, quel qu’il soit, tel est le véritable héritage que nous devons tous transmettre à sa mémoire. « Peu importe le type de kippa que l’on porte et si on en porte une », tel est le message de son fils Yonathan : « Nous devons être unis,

Dernièrement, ils ont décidé de construire un centre communautaire à sa mémoire : « La tente de Sarah », qui comprendra : une synagogue, une maison d’étude, des activités pour les enfants, des conférences pour les dames, tout en développant au mieux cet endroit. La campagne n’est pas encore lancée, mais elle le sera au cours de ces prochaines semaines. Que son âme repose dans le souvenir de la vie. et avancer ensemble ». Cela fait déjà quatre ans que Yonathan s’occupe de la communauté des immigrants de France à Haïfa. Il poursuit le chemin de sa mère, paix à son âme, par le don et l’amour en faveur de nombreux Français, afin de les aider à s’intégrer en Israël. « Nous leur ouvrons la porte à tous », ajoute Esther. « Nous sommes devenus une seule grande famille ». Ils se soucient d’eux sur le plan spirituel et ainsi que technique, et ils s’attachent entièrement à cette besogne. Je vous invite à rejoindre la page Facebook de Yonathan Halimi ainsi que sur le groupe E Agissons pour Sarah Halimi

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GASTRONOMIE

WEEK-END D’EXCEPTION AU DAN ACCADIA D’HERZLIYA Quand retour à la vie rime avec gastronomie…

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ourmet, raffiné, coloré, convivialité… Les adjectifs ne manquent pas pour qualifier cet étonnant évènement culinaire et musical qui s’est déroulé du 29 avril au 1er mai au luxueux hôtel Dan Accadia ! Pour célébrer le retour à la vie post Covid, la réouverture des restaurants mais aussi le début de la saison estivale, la chaîne hôtelière Dan, en coopération avec American Express, a décidé d’organiser un incroyable week-end gastronomique dans le cadre magnifique du Resort situé sur la plage spacieuse de sable fin d’Herzlia ! Le jeudi soir,

22 Mai 2021

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près de 350 personnes venues de tout le pays ont pu déguster un repas d’exception préparé par le chef étoilé au guide Michelin Assaf Granit, en collaboration avec le chef de l’hôtel Accadia Golan Israéli. Elles ont également pu siroter d’excellents cocktails et vins, le tout dans une ambiance joyeuse et chaleureuse à l’israélienne ! « Comme on ne peut pas partir à l’étranger, l’idée était de voyager au sein même de notre beau pays en exportant ici, sur la plage d’Herzilia, tout le concept du restaurant Machneyuda de Jérsualem du chef Assaf Granit. Il y avait leurs cuisiniers, leurs

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© Micha Loubaton

PAR VANESSA

barmen, leurs sommeliers, leur DJ… tout l’équipe de Machneyuda était là ! » explique David Kichka, célèbre expert gastronomique israélien qui a supervisé la soirée. Le dîner comprenait ainsi une variété de surprises culinaires aux saveurs locales et internationales : à commencer par toutes sortes d’apéritifs mêlant diverses sauces et crèmes faites à base d’épices de Jérusalem, des falafels au thon frais, un pain « Cubania » fourré d’un ragout Assado de veau… Plusieurs plats principaux ont suivi : tartare de poisson blanc à l’huile d’olive et menthe servi avec des légumes


© Micha Loubaton © Micha Loubaton

délicieux d’Assaf Granit » a confié Matan Lerner, manager de l’hôtel Dan Accadia. Et d’ajouter : « La gastronomie a ce pouvoir incroyable de rassembler les gens ! » Le lendemain, avant l’entrée du shabath, les convives ont pu aussi se rassembler dans le sublime jardin de l’hôtel pour assister, pendant le magnifique coucher de soleil, à une incroyable performance de « Hadag Nachash »,

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croquants, sashimi de poisson cru aux amandes, filet de bœuf coupé en tranches fines et cuisiné avec des légumes frais et des épices du pays, shakshuka à base de bœuf, d’agneau, de tehina, arissa, pesto… Risotto servi dans une aubergine, poulet confit au citron et à l’ail servi dans une laffa, jardinière de légumes… Et pour terminer : fruits frais, saboussa, malabi, baklava, tartelettes et mousses au chocolat… Bref une immense farandole de desserts traditionnels et spécialités du pays à en exciter les papilles ! Pour Rachèle de Petah Tikva : « L’atmosphère, les cocktails, la nourriture, tout était impeccable ! C’est la seconde fois que l’on vient à ce type d’évènement et on compte bien venir à chaque fois ! » « Le pain fourré est juste un orgasme culinaire ! » s’est exclamé Gérard de Natanya. Quant à Sarah venue spécialement de Jérusalem, elle a préféré le tartare de poisson même si tout était excellent : « Nos compliments au chef qui a su proposer des plats originaux alliant diverses textures, températures odeurs et couleurs… C’est un maitre ! » « C’est formidable de voir des gens venant de tous les coins du pays et de cultures différentes s’amuser et déguster ensemble les mets

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l’un des groupes de hip-hop israéliens les plus populaires, eux aussi originaires de Jérusalem... C’était donc toute une ambiance jérusalemienne que les clients ont pu découvrir en plein cœur du pays et à quelques mètres seulement de la mer méditerranée… Une expérience surprenante qu’ils ne sont pas prêts d’oublier !

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La vérité sur la mort de Mike Brant

Zvi, plusieurs thèses ont été évoquées concernant la mort de votre frère. Connaissez-vous la vérité ? Toute ma vie, on m’a posé la question si Mike avait été assassiné ou s’il s’était donné la mort. Je pense sincèrement qu’il s’est suicidé. Personne ne sait réellement ce qui s’est passé dans l’appartement où Mike était la nuit de sa mort. Mais ce que je peux dire, c’est qu’un mois après sa disparition, nous sommes allés à Paris rencontrer Jeanine, l’amie chez qui il était cette dernière nuit. Elle nous a expliqué que Mike dormait profondément. Elle, était dans la salle de bain lorsqu’elle a entendu le téléphone sonner et Mike décrocher. Quand elle est revenue dans la chambre, il n’était plus là. Elle s’est précipitée sur le balcon et a vu qu’il s’était défenestré… Son geste était-il lié à l’appel reçu ? A sa dépression ? Personne n’a compris d’autant que ce jour-là

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sortait son nouveau titre « Dis-lui » et que deux jours auparavant, il avait convenu avec Jean Renard de signer un nouveau contrat !

Parlez-nous de sa première tentative de suicide… C’était le 22 novembre 1974, à bout, Mike s’était jeté du cinquième étage de l’hôtel de la Paix, à Genève. Ma mère est allée le voir à l’hôpital de Genève. Elle hurlait dans sa chambre « Mon fils, que s’est-il passé ? » Mike lui a simplement répondu : « J’ai fait quelque chose de stupide maman. Je suis désolé. » Ma mère a alors discuté avec son psychiatre qui lui a assuré que Mike n’était pas malade d’un point de vue psychiatrique mais qu’il était très affaibli psychologiquement. Ma mère voulait alors le ramener en Israël pour rencontrer des psychiatres israéliens qui comprennent les traumatismes liés à la Shoah. Mais Mike a refusé. Il a confié à ma mère que sa dépres-

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PAR VANESSA

ATTALI

sion avait commencé au Canada où il était allé pour retrouver sa petite amie Guita qu’il a retrouvé dans les bras d’un autre. Que son état s’était empiré à son retour à Paris en découvrant qu’il avait été cambriolé. Il est alors parti à l’hôpital de Genève pour suivre un traitement. Et un jour, il a rejoint son producteur Simon Wajntrob à l’hôtel de la paix de Genève pour lui dire qu’il n’allait pas bien du tout et qu’il avait besoin de deux-trois mois de repos. Simon s’est énervé en lui rappelant qu’il devait honorer son contrat. Les deux hommes se sont disputés. Simon est parti prendre une douche et lorsqu’il est sorti de la salle de bain, Mike avait sauté par la fenêtre. Aussi, lorsque les médias évoquent un éventuel assassinat par son producteur, je pense que c’est parce qu’il y a eu une confusion entre ce qui s’est passé lors de sa première tentative de suicide et la nuit fatidique !


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ARMÉE/SECURITÉ

LES TIRS DE MISSILES DES ORGANISATIONS TERRORISTES SUR JÉRUSALEM SONT UNE

DÉCLARATION DE GUERRE PAR LEV

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sraël voulait éviter une nouvelle guerre à Gaza, mais le Hamas a apporté la solution à ce dilemme. Ce qui a commencé dans le quartier de Chimon Hatsadik puis s’est prolongé en passant par la porte de Schem jusqu’au Mont du Temple (sur fond d’annulation des élections de l’AP), est arrivé pour finir dans la bande de Gaza. Ce sont des jours tendus, pendant lesquels la possibilité de déboucher sur une opération militaire devient probable et réelle. Les bombardements du Hamas en direction de Jérusalem sont une déclaration de guerre, qui laisse assez peu de choix au gouvernement d’Israël. Tsahal avait prévu cette semaine de lancer un exercice nommé «un mois de guerre», qui se change actuellement en épreuve de vérité pour lui et pour le chef d’état-major Aviv Kokhavi : Tsahal est-il réellement plus prêt que jamais pour une opération dans la bande de Gaza, notamment si l’on se réfère à l’opération Tsouk Eitan il y a sept ans?

26 Mai 2021

RAM

Le principe de la séparation envisagé par Israël, ces dernières années, suppose qu’il lui est possible de servir de coupure entre ce qui se passe en Judée-Samarie et le Hamas à Gaza. Au cour de ces dernières semaines, le Hamas a identifié l’occasion de renforcer son statut à Jérusalem et en Judée-Samarie. L’annulation des élections de l’AP lui a fourni l’ultime poussée pour renforcer la pression, tout en écrasant et diminuant au passage le prestige de son concurrent Abu Mazen, perçu par des publics de plus en plus larges comme travaillant de mèche avec Israël. Nous avons été témoins de l’escalade, il y a deux semaines, suite à la fermeture des marches de la porte de Sichem, et de la déclaration enregistrée et inhabituelle du commandant de la branche armée Mahmoud Daf, dont l’objectif était moins de menacer Israël que de garantir la poursuite de l’escalade de la violence à Jérusalem-Est. Pour finir, l’exploitation du sentiment religieux n’était qu’un simple stratagème. La conception israélienne qui veut que les intérêts économiques rendraient pragmatique le dirigeant du Hamas à Gaza, Yahya Sinwar, de sorte qu’il œuvre pour le maintien du calme à Gaza sur le long terme, s’est complètement effondrée. Depuis

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Tsouk Eitan, les crises ont pu se résoudre par le biais de processus civils et économiques, comme par exemple avec l’argent du Qatar insufflé à Gaza. Pour cette dernière vague de violence, motivée par des motifs nationalistes et politiques, les impératifs économiques ou les moyens auxquels a eu recours Israël comme la fermeture du passage d’Erez ou de la zone de pêche maritime n’ont eu aucun effet. Aujourd’hui, tout cela est de l’histoire ancienne. Israël voulait éviter de lancer une opération militaire ou une guerre à Gaza, mais le Hamas a mis fin à cette éventualité. Et en dépit du prix à payer. C’est à Israël, et non pas au Hamas, qu’il revient de formuler une nouvelle équation, afin de ne pas être constamment en otage. Israël n’est pas l’auteur de la confrontation à Gaza, mais il lui faudra cette fois y mettre fin en changeant la donne. Il faudra que la distinction entre le gagnant et le perdant soit claire pour tous.


CONSEILS PRATIQUES

COMMENT ÉVITER LES ÉCUEILS LORS DE L’ACQUISITION DE VOTRE BIEN IMMOBILIER ? PAR YASMINE

TAICHER, INSPECTRICE DES TRAVAUX

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a construction d’une maison individuelle, d’un bâtiment public, d’un projet d’habitation, ou encore la mise à jour d’une construction préexistante, représentent un processus complexe, aussi bien au niveau de la planification que de l’obtention des autorisations exigées à chaque nouvelle étape, mais également au niveau financier. C’est un processus long, jalonné de démarches bureaucratiques, et qui nous place souvent dans des situations délicates. C’est la maison dont nous rêvions toute notre vie durant. Malheureusement, chaque année, ce sont des dizaines de plaintes qui sont adressées aux tribunaux pour des vices de construction, suite à la négligence des maîtres d’œuvre, qui ne font pas correctement leur travail et qui ne suivent pas à la lettre les directives des plans architecturaux et d’ingénierie. Si vous êtes sur le point de vous lancer dans un processus de travaux, ou si vous les avez déjà entamés, il serait bon que vous sachiez ce qui est nécessaire en matière de gestion et de contrôle des travaux. Il s’agit du projet de votre vie, pour lequel vous investissez de fortes sommes tout en assumant une lourde responsabilité. Pourquoi est-il si primordial d’engager un inspecteur des travaux ? Un bon inspecteur des travaux sait s’y prendre pour connaître toute innovation. Il sait être créatif, anticiper et apporter des conseils afin que notre maison

soit attractive et qu’elle le reste tout au long de la prochaine décennie. Qui engage un inspecteur des travaux ? Il existe plusieurs sortes d’inspecteurs des travaux. Certains travaillent avec des particuliers, c’està-dire qu’ils sont en contact avec des gens qui décident de construire une maison individuelle, dans un mochav, une bourgade, une ville, un village ou un kibboutz. La finalité du processus est de vous permettre de vous installer confortablement dans votre salon et de savourer votre bonheur. Pour toute question, vous êtes invité à nous contacter : Yasmine : 054-977-3821 En français, Ingrid : 052-85812-72 E ‫יסמין טייכר‬ Q yasmine_taicher

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JUDAÏSME

LA COLÈRE DU ROI DAVID PAR RAV

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lui qui cherche de toute évidence à calmer le jeu. - Je sais lire, dit le roi que la réponse de son fils semblait loin d’avoir calmé. Je te demande de me dire en quoi cette décision peut-elle les déranger ? Salomon parcourut rapidement des yeux la déclaration. - Bon, il s’agit notamment de la France, de l’Allemagne et de la Grande Bretagne. Ils rappellent que Jérusalem Est doit devenir la future capitale de la Palestine et que la décision kosovare est un obstacle à la paix, comme la poursuite du développement des colonies juives en Judée et Samarie. Rien de bien nouveau. Pas même de menaces. Bref, pas de quoi se scandaliser ! - Pas de quoi se scandaliser ?! Ils voudraient interdire à mes enfants de construire et d’habiter à Jérusalem ? À Beth-Léhem ? A Hébron ? Et je devrais trouver cela normal ? David qui était né à Beth-Léhem, avait été couronné à Hébron et avait fait de Jérusalem sa capitale, était hors de lui. - Et d’abord où est-elle cette « Jérusalem–Est » ? Je ne connais qu’une seule Jérusalem et elle n’est ni à l’est, ni à l’ouest ! Elle est où je l’ai laissée, délimitée par le mont des Oliviers et le mont Scopus avec en son sein le Mont du Temple ! - La Torah sortirait-elle de Paris et la parole de Dieu des bords du Rhin ?!, fulmina encore le Psalmiste. Rabbi Yéhouda Halévy et Nahmanide tentèrent de rassurer David en chantant les louanges de la Ville Sainte. En vain. C’est alors que le bon Rabbi Levy Itshak de Berdit-

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chev s’écria : - Majesté ! Ecoutez ! Le jardin redevint silencieux. Tous prêtaient l’oreille à la clameur qui montait des murailles Des milliers, des dizaines de milliers de juifs, venus de la place de Sion et de la rue Ben Yéhouda s’approchaient maintenant de la porte de Jaffa et de celle de Shekhem. Les chants et les danses créaient une joyeuse effervescence et les mélodies montaient jusqu’au ciel. - Nous sommes le 28 Iyar, rappela le Rav Kook, qui chaque année, célébrait le même jour l’anniversaire de sa propre Alya. C’est le Yom Yéroushalayim! L’année dernière, ils n’avaient pas pu défiler à cause du Corona. Mais cette année… Le visage de David donna enfin des signes d’apaisement. La foule qui célébrait les retrouvailles avec la Vieille Cité l’avait rassuré. Macron, Markel et les autres semblaient tout à coup bien loin et bien inoffensifs : visiblement, ils ne faisaient pas le poids. Alors, dans un sourire, David s’adressa à son ami Jonathan : - S’il te plait, Jonathan, apporte-moi ma harpe. Je vais les accompagner... © ChameleonsEye / Shutterstock.com

u Jardin d’Eden, le quartier réservé aux rois d’Israël est un quartier on ne peut plus résidentiel. Le confort y est… Paradisiaque ! Rien ne semblait devoir troubler la quiétude éternelle de l’endroit lorsque, reconnaissable entre mille, retentit la voix du roi David. Pas de doute, c’était celle des mauvais jours : - Shlomo ! Peux-tu m’expliquer ce que signifie ceci ? La sagesse de l’homme qui savait parler aux chevaux comme aux lions, était à nouveau sollicitée par son père, comme chaque fois que, sur la terre des hommes, la conduite des enfants d’Israël le mettait hors de lui. De quoi s’agit-il cette fois ? se demanda le roi Salomon qui, comme tout le monde ici, redoutait les colères de David. Contrairement au prophète Amos qui manifestait sa colère dès qu’on apprenait que les inégalités sociales s’étaient encore accrues, contrairement aussi au prophète Elie, qui lui, se manifestait dès que le chabbat était publiquement profané, l’auteur des Psaumes tonnait lorsque quelqu’un touchait à la Terre d’Israël ou osait bafouer le serment de fidélité obstinément renouvelé, de génération en génération envers sa Cité, envers Jérusalem ! C’est donc avec une certaine appréhension que Salomon tendit la main pour lire le papier que lui tendait son père. - Ah ça ? Mais c’est la déclaration publiée par l’Union Européenne suite à la décision du Kossovo de transférer leur ambassade à Jérusalem, dit le plus sage des hommes sur le ton naturel de ce-

ELIE KLING

Statue du Roi David à l’extérieur de sa tombe sur le Mont Sion à Jérusalem, Israël.


RENCONTRE AVEC

YEKOUTIEL SMADJA Paytan & Chanteur Israélo Orientale

PARCOURS Je chante depuis l’âge de 6/7 ans. A sarcelles, je chantais les chansons de Farid et Oum Kalthoum en Hébreu pendant les soirées Piyoutim de Haim Hegage a qui je dois beaucoup. Suite à cela on m’appelait pour chanter dans les Hiloulot, Bar mitsva et à des mariages. Ce qui m’a amené à faire les premières parties de Youval Taieb quand il venait en France. J’ai eu aussi le mérite d’avoir chanter au côtes de Raoul Journo. RÉPERTOIRE MUSICAL Je me suis beaucoup imprégné de la musique égyptienne et tunisienne. Mon père m’a bercé dans la paytanout à la synagogue.

Quand à chabat on chantait les chansons hassidique et oriental. Aujourd’hui B’’h nous avons un répertoire assez large mais j’ai ma petite préférence pour l’oriental !

Israéliennes comme de l’oriental et bien d’autres surprises...

NOUVEAUTÉS Je suis en train de travailler sur des nouveaux Singles. Il y auras des chansons de variétés

Suivez-moi sur Facebook et YouTube Contact : 052-2806979 ‫הכל לטובה אין עוד מלבדו‬

Mai 2021

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CULTURE

LA VIE CONTINUE... "‫"החיים נמשכים‬ PAR YAEL

SITBON

Coup de coeur pour une nouvelle chanson Après la réouverture des salles de spectacles, le port du masque à l’extérieur n’est plus obligatoire : la vie a repris son cours presque normal en Israel... Et, le 15/04 nous avons entendu sur les réseaux sociaux, une nouvelle chanson, résolument optimiste « ‫ «( » החיים נמשכים‬la vie continue »). Elle interprétée en hébreu par Yohann Melloul avec la participation d’ORLIKA. Paroles et musique par Frédéric ZEITOUN, adaptée en hébreu par Yoav Ginai qui a écrit également Diva, gagnant Eurovision 1998. À écouter sur les plateformes digitales et sur la chaîne Youtube de Music Access Project. Un projet initié par CulturAccess.

Les musicales d’Israël Après 15 ans de tournées en Israël et en France, les Musicales d’Israël seront à Herzliya le 18 mai 2021. Tsahi, Niti, Zoe, Julia, Meital : interpréteront des chansons d’hier et d’aujourd’hui en français, anglais, hébreu, espagnol, italien, portugais… Infos / Résa : www.culturaccess.com

Festival de musique d’Ein Kerem du 15 au 17 Mai à Jérusalem Trois jours de musique classique qui présenteront des œuvres de Mozart. Infos / Résa : www.tickets.bimot.co.il

30 Mai 2021

Paris Swing Magie le 5/06 à Ashdod et le 23/06 à Tel Aviv Une performance musicale mémorable et magique qui réunira trois artistes virtuoses : Uri Geller, Leonid Ptashka et Tilda Rejwan sur la même scène fusionnant la musique et le monde des illusions mystérieuses. Infos / Résa : www.culturaccess.com

Idan Raichel et le piano du 6 juin au 12 Juillet à Benyamina Il interprétera les chansons de tous ses albums telles qu’elles ont été initialement écrites au piano. Infos / Résa : www.evemtim.co.il

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RASPOUTINE ! Le danseur de ballet Sergueï Polounine sera pour la première fois en Israël, dans le spectacle Raspoutine le 21/06/2021 à Césarée. Infos / Résa : www.culturaccess.com


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