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Journal participatif, local et de solutions

Nº 14 MAI 2019

GRATUIT

HORS-SÉRIE Avenir et sécurité alimentaire

SÉCURITÉ ALIMENTAIRE & ENJEUX AGRICOLES

Le projet de sécurité alimentaire des Dialogues en humanité PAGE 3

Dominique Picard, Autonomie & sécurité alimentaire PAGE 4

Les avis de Fatou NDoye, Siddharta, Fernando Rosero et Isabelle Duquesne PAGES 6 À 8

Ils agissent à Lyon PAGES 10 & 11

Hors-série réalisé en partenariat avec Les dialogues en humanité Journal associatif et sans publicité déposé au dépot légal de la Bnf. Achevé d’imprimer juin 2019 par la Métropole de Lyon Directrice de la publication : Laurianne Ploix - Ne pas jeter sur la voie publique - Numéro ISSN : 2495 - 9847


Le Tout Va Bien Le TVB est l’un des principaux outils de l’association Tout Va Bien qui a pour objet social la diffusion de solutions à impact positif sur l’environnement, l’individu, la société et le vivre-ensemble. Inspiré du journalisme de solutions, TVB a créé en 2016 le principe de l’initiative au kilomètre. En relayant les démarches inspirantes d’acteurs locaux, l’association espère stimuler les envies d’agir proches de chez soi.

SOMMAIRE

Le journal est avant tout un outil citoyen de réflexion collective puisque tout le monde a le droit d’écrire dans ses pages après une courte formation à l’écriture journalistique et la signature de notre charte éditoriale. En passant ensemble en mode solutions, nous espérons voir naître plein d’idées pour réinventer demain.

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Le projet de sécurité alimentaire des Dialogues en humanité 2019

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Infographie et ODD

Les solutions globales

Les Dialogues en humanité Imaginés en 2002 à Johannesburg lors du deuxième sommet de la Terre, les Dialogues en humanité voient le jour à Lyon en 2003, dans l’idée de créer un événement international autour de la question humaine en tant que telle. Son but est de réunir les savoirs de tous peuples pour proposer des voies inspirantes à notre humanité et essayer de répondre collégialement à 7 questions, 7 défis pour construire un autre monde : La paix : face à la logique de guerre construisons des logiques de paix ; La solidarité : face à la misère et à la pauvreté établissons des logiques de solidarité ; La démocratie : face au déficit démocratique créons une haute qualité démocratique ; La rencontre des cultures : face au choc des civilisations envisageons le dialogue des cultures ; L’humanisation de l’humain : face à notre propre inhumanité apprenons à grandir en humanité ; La révolution du vivant : face à une technique sans conscience, comment responsabiliser et donner du sens à la science ? L’écologie : face au défi écologique construisons un nouvel art de vivre.

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Dominique Picard, les pistes vers une meilleure sécurité alimentaire

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Marc Dufumier, les enjeux alimentaires du Nord et ceux du Sud

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Devinder Sharma, l’agriculture dynamique et salaires minimums

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CAFOLIS, les savoirs ancestraux en Equateur

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Isabelle Duquesne, l’agriculture familiale en Afrique de l’Ouest

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Fatou NDoye et Siddhartha, membres du projet Femmes, sécurité alimentaire et changement climatique des Dialogues en humanité

Les solutions locales 10

VRAC, Soline, Brasserie Jaurès, le label Lyon ville équitable et durable

NOS FORMULES D’ABONNEMENT RDV sur toutvabienlejournal.org

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Tout Va Bien, le journal qui réinvente demain Association loi 1901 Siège social : 56 route de Genas 69003 Lyon contact@toutvabienlejournal.org Directrice de Publication Laurianne Ploix Plus d’infos sur : Http://toutvabienlejournal.org

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SÉCURITÉ ALIMENTAIRE

Projet et réflexions sur la sécurité alimentaire

C

omment nourrir 7 milliards d’humains dans le monde face aux enjeux des changements climatiques ? C’est à cette question que souhaiterait répondre le réseau international de Dialogues en humanité. A partir de ce réseau international, 3 ONG partenaires (Pipal Tree en Inde, Enda Graf Sahel au Sénégal et Cafolis en Equateur) se sont réunis avec l’association Dialogues en humanité, basée à Lyon, pour lancer un projet autour de cette question. TVB relaie et partage avec ses lecteurs les réflexions autour de ce projet et de ce sujet vital.

Le projet de sécurité alimentaire des Dialogues en humanité abordera les sujets suivants (et notre horssérie les suivra) : - La résilience au changement climatique - La sécurité alimentaire - L’autonomisation des femmes et renforcement des capacités L’accent du projet sera mis sur les agricultrices, la famille, les ménages en tant que contributeurs importants à la sécurité alimentaire. Des études montrent que les femmes sont plus enclines à comprendre le contexte du changement climatique, de la résilience et des pratiques agricoles durables. Les femmes assument également plus de responsabilités au sein du ménage. Malgré cela, les nombres de suicides des agriculteurs sont en augmentation et sont beaucoup plus fréquents que ceux des agricultrices. Ce phénomène très complexe donne une nouvelle perspective qui n’a pas été examinée et qui pourrait être un moteur pour le projet. Pipal Tree propose de travailler avec 10 villages en Inde, mais pourrait s’étendre au travail dans des districts ou par des ménages individuels. Au Sénégal, Enda Graf Sahel propose de travailler dans une commune appelée Fattick, qui compte environ 16 villages, où ils travailleront en contact étroit avec les agricultrices pour la production de millet. En Équateur, Cafolis vise à travailler dans deux régions à Cañar pour renforcer la biodiversité agricole et promouvoir les bonnes pratiques post-récolte, la transformation et la commercialisation des produits alimentaires et la gastronomie locale.

Présentation

terre agricole devient de plus en plus aride. Maintenant, il y a moins de variétés de produits agricoles résistants aux effets du changement climatique et il faut se concentrer sur les semences plus résilientes et durables. Le millet est une culture vivrière majeure dans de nombreuses régions du monde car il prospère très bien.

Promouvoir la culture alimentaire et agricole à base de millet La production à base de millet présente de nombreux avantages. Elle utilise des cultures mixtes et des cultures intercalaires qui sont toutes deux encouragées à améliorer la qualité du sol. Le millet est une culture rustique et peut être cultivé de manière biologique. Il n’a pas besoins de pesticides ni d’engrais, ce qui le rend écologique. Il offre plus de nutrition que le riz et le blé et ne nécessite pas autant d’eau. Les femmes ne dépendent que de l’eau de pluie pour la production de millet. Il est polyvalent et fournit à la fois de la nourriture pour les animaux et pour les humains. Cependant, comme dans de nombreux pays du monde, le riz est considéré comme un aliment de base. Le millet est considéré comme l’aliment local des pauvres ou des classes inférieures. Cette initiative est aussi un moyen d’autonomiser les femmes plus sensibles aux questions relatives aux bonnes pratiques agricoles, au changement climatique et à la sécurité alimentaire. Les femmes comprennent l’importance de créer une production de millet durable, tout en préservant les pratiques agricoles traditionnelles telles que le compostage, en créant de l’humus et son impact sur la qualité des sols, la rétention d’eau et la biodiversité. Par exemple, Pipal tree intervient pour aider les femmes à cultiver leur propre millet par le biais de leurs programmes d’autonomisation des femmes. Ils ont aidé à créer un réseau de 15 femmes qui font partie du groupe Millet Sisters Support et sont prêtes à ne cultiver que le millet sur 10 acres de terre. Cela sera aussi le cas au Sénégal et en Equateur. Les Dialogues en humanité accompagneront ces phases de test et de réflexions.

Evaezi Otuorimuo pour l’association et le réseau des Dialogues en humanité

LA SOLUTION

Développer des cultures agricoles durables, résistantes au changement climatique et nourissantes, comme le millet.

Légende photo : Evaezi Otuorimuo, Shabin Paul et Fatou NDoye, les trois porteuses du projet de sécurité alimentaire des Dialogues en humanité lors de leur rencontre en Inde. ©Dialogues en humanité

Défis rencontrés par les agriculteurs Le changement climatique et la diminution de la biodiversité ont entraîné la disparition des abeilles mellifères, le taux de précipitation a diminué et la HS TVB #11 - P.3


Zoom sur la sécurité alimentaire

L’infographie par Laura Doucet

« La sécurité alimentaire existe lorsque tous les êtres humains ont, à tout moment, un accès physique et économique à une nourriture suffisante, saine et nutritive [...] » Source : Programme CE-FAO « Sécurité alimentaire l’information pour l’action », 2008

ÉTAPES VERS UNE BONNE SITUATION NUTRITIONNELLE POUR TOUS Mettre à disposition

une alimentation suffisante

Permettre l’accès individuel

à une alimentation suffisante et adéquate

Acquérir individuellement

LE DROIT À L’ALIMENTATION

une alimentation suffisante et adéquate

La Déclaration de Rome sur la sécurité alimentaire mondiale, de 1996 stipule que chaque être humain a le droit « d’avoir accès à une nourriture saine et nutritive conformément au droit à une nourriture adéquate et au droit fondamental de chacun d’être à l’abri de la faim »

Consommer individuellement

une alimentation suffisante et adéquate

Digérer

l’alimentation consommée. Source : Programme FAO- Approvisionnement et distribution alimentaires des villes

769 millions de personnes souffrent d’insécurité alimentaire grave dans le monde en 2017 et n’ont pas accès à des aliments pendant un jour ou plus. Nombre de personnes sous-alimentées dans le monde de 2005 à 2018 Millions

L’ALIMENTATION DANS LES OBJECTIFS DU DÉVELOPPEMENT DURABLE (ODD) Les ODD sont des objectifs fixés à l’échelle internationale d’ici à 2030. Selon la FAO, mettre fin à la malnutrition, l’ODD n°2 “faim zéro”, aiderait à la réalisation d’un certain nombre d’ODD RÉDUIRE LA PAUVRETÉ

« Une bonne nutrition se traduit par une productivité de la maind’œuvre plus élevée »

LA RÉALISATION D’UNE VIE SAINE

AIDER À ASSURER UNE ÉDUCATION DE QUALITÉ Une alimentation suffisante accentue la capcité de concentration

Provenance du nombre de personnes souffrant d’insécurité alimentaire grave en 2017

STIMULER LA CROISSANCE ÉCONOMIQUE

Une bonne nutrition permet une plus grande productivité au travail et moins de coûts des soins de santé

Afrique Asie

RÉDUIRE LES INÉGALITÉS

Amérique centrale

«La réduction des inégalités nutritionnelles actuelles atténuera les inégalités de revenus.»

Amérique du sud Amérique du Nord et Europe

0

100

200

Sources : Cf source - ci contre

300

400 Millions

Sources : FAO, FIDA, OMS, PAM et UNICEF. 2018. L’État de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde 2018. Renforcer la résilience face aux changements climatiques pour la sécurité alimentaire et la nutrition. Rome, FAO.


SÉCURITÉ ALIMENTAIRE

Des pistes pour aller vers une sécurité alimentaire

Les solutions globales

J

e suis actuellement chargée, dans le cadre du Labo de l’ESS, de co-animer une réflexion autour des enjeux de l’agriculture et de l’alimentation durables. Cette année, le labo lance une recherche action sur le sujet de la lutte contre la précarité alimentaire en favorisant l’accès pour tous à une alimentation de qualité à partir des dynamiques de coopération et de solidarité dans les territoires.

La précarité alimentaire renvoie aux conditions économiques des personnes qui , pour des raisons de contraintes budgétaires et de faibles revenus, n’arrivent pas à s’alimenter de manière suffisante et correcte tous les jours. Elle touche plusieurs millions de personnes en France qui se trouvent obligées de faire appel à l’aide alimentaire, réponse sans doute nécessaire dans des situations d’urgence mais totalement insatisfaisante pour plusieurs raisons : elle ne remet pas en cause le fondement même des inégalités sociales producteur de cette précarité , elle permet à l’industrie agroalimentaire de liquider ses surplus à moindre frais sans se soucier de la qualité des aliments distribués, elle maintient les populations les plus fragiles en situation de dépendance et sans possibilité de choix.

Autonomie, répartition et qualité Pour combattre cette précarité et insécurité alimentaires, plusieurs pistes sont d’ores et déjà explorées mais gagneraient à être amplifiées, notamment du côté de l’autonomisation des personnes. Il serait important de redonner du pouvoir économique sous une forme ou sous une autre, de ma-

nière non stigmatisante mais qui serait fléchée vers les produits de qualité : par exemple, attribution d’aide financière ou octroi d’un revenu garanti sous forme de monnaie locale utilisable chez des producteurs de proximité ou des distributeurs garantissant la qualité mais aussi les conditions de rémunération des producteurs. Autre exemple : Ingénieurs sans frontières préconise de son côté la mise en place d’une sécurité sociale alimentaire à partir d’un budget mensuel attribué à tout individu qui pourrait acheter des produits alimentaires à des professionnels conventionnés selon des critères décidés collectivement. La sécurité alimentaire passe par la reprise en main par chacun de son pouvoir de décision et de son autonomie. Ce qui est vrai pour les individus est également vrai pour les pays. Seul un projet de souveraineté alimentaire répond aux enjeux de la faim dans le monde qui sont avant tout des enjeux politiques d’accès des populations à l’alimentation produite : nous produisons suffisamment de quoi nourrir 12 milliards d’humains et actuellement 1 milliard de personnes sont en situation de sous nutrition dans le monde dont 700 millions de paysans, alors que nous ne sommes que 7 milliards. Encore faut-il que la production de cette alimentation soit le fruit de choix souverains de chaque peuple de décider et de produire par lui-même en redonnant toute leur importance aux paysans aujourd’hui soumis à des concurrences internationales insoutenables et déloyales. Assurer sa propre fonction nourricière est une question de reconnaissance légitime, de dignité rendue aux populations. Et c’est répondre à la fois aux enjeux économique, social, sanitaire, démocratique, culturel et environnemental au niveau mondial.

LA SOLUTION

Autonomiser les peuples pour une production agricole souveraine et sécurisée.

Dominique Picard

HS TVB #11 - P.5


SÉCURITÉ ALIMENTAIRE

Marc Dufumier, enjeux sécuritaires de l’alimentation

Les solutions globales

M

arc Dufumier, ingénieur agronome, est professeur honoraire à AgroParisTech et membre du comité scientifique de la Fondation pour la Nature et l’Homme créée par Nicolas Hulot. Auteur notamment de Famine au sud, malbouffe au nord : comment le bio peut nous sauver chez Nil éditions (2012) il prône l’agroécologie et a développé de nombreuses missions d’expertise dans les pays en développement.

LA SOLUTION Développer l’agroécologie pour garantir une agriculture saine, autonome et en suffisance.

TVB : Le réchauffement climatique influera-t-il l’agriculture ? MD : Selon les pays, nous utilisons des techniques différentes mais l’agriculture, dans tous les cas, va devoir s’adapter au réchauffement climatique et aux dérégulations qu’il entraînera. Cependant, l’agriculture peut aussi contribuer à atténuer ce réchauffement climatique. C’est l’une des clés d’action comme le transport, le logement, l’industrie, etc. A l’échelle mondiale, l’agriculture est

responsable d’un quart environ des émissions à effet de serre, notamment du fait de la déforestation ou de la pollution des sols.

TVB : Quels sont les enjeux sécuritaires liés à l’alimentation, au Nord comme au Sud ? MD : Dans les pays du sud dits du tiers monde, on manque de calories, de protéines, il existe des carences nutritionnelles et donc énergétiques considérables. Leurs enjeux reposent sur leur propre production alimentaire afin de faire en sorte qu’ils ne soient pas dépendants des importations de produits bas de gamme des pays du Nord. Dans les pays du Nord, on souffre plutôt d’obésité, de maladies cardio-vasculaires, de diabètes, de perturbateurs endocriniens et d’antiobio-résistance. L’enjeu de ces pays est plus de l’ordre sanitaire. L’enjeu commun est de faire en sorte que nous puissions passer, partout, d’une agriculture chimique ou insuffisante à l’agroécologie pour garantir santé et intensification des rendements autonomes. En faisant cela, on peut multiplier la production de nourriture et l’équilibrer en la rendant qualitative et accessible à tous. Laurianne Ploix

Devinder Sharma prône l’agriculture dynamique

T LA SOLUTION Imposer un revenu minimum décent pour les agriculteurs.

HS TVB #14 - P.6

VB a interrogé Devinder Sharma, écrivain, auteur et analyste des politiques alimentaires. Ancien journaliste pour l’Indian express, il se focalise aujourd’hui sur les questions politiques concernant l’agriculture durable, l’environnement et le développement, la sécurité alimentaire et la pauvreté. Il concentre notre attention sur les solutions possibles pour une meilleure sécurité alimentaire en Inde.

TVB : Quel est votre opinion concernant la sécurité alimentaire en Inde ? DS : L’agriculture en Inde traverse une terrible crise. Entre 1995 et 2015, 321 407 agriculteurs se sont suicidés (selon le National Crime Records Bureau), preuves démontrant la gravité de la persistance de cette crise. Ce constat s’explique principalement par le refus de mettre en place un revenu minimum pour les agriculteurs. Afin d’as-

surer le maintien des prix bas des produits alimentaires ainsi que la garantie de matières premières moins chères à l’industrie, le secteur agricole a été appauvri. En l’absence d’un revenu acceptable, les agriculteurs continuent de s’endetter, empruntant toujours plus pour survivre. Cette réalité n’est pas uniquement propre à l’Inde, elle relève d’un phénomène global. Le changement climatique ne fait qu’aggraver la situation pour les agriculteurs. L’enjeu est donc de sortir ces derniers du piège de la dette.

TVB : Quelle solution proposez-vous pour un meilleur accès à une alimentation saine et suffisante pour tous ? DS : Durant ces années, j’ai essentiellement concentré mes efforts sur l’obtention d’un salaire minimum pour les agriculteurs auquel il faut ajouter une implication d’investissements du secteur public dans l’agriculture. N’oublions pas que seule une agriculture dynamique peut apporter une réponse à la sécurité alimentaire, au chômage, à la réduction de l’exode rural, au changement climatique et à la durababilité.


Savoirs ancestraux & alimentation en Equateur

C

AFOLIS Équateur, est un programme de la Fondation Groupe Soutien (Fundacion Grupo Apoyo) depuis 2003. L’objectif ? Encourager les techniques de productions rurales et indigènes afin de favoriser la souveraineté alimentaire. Fernando Rosero, membre du programme nous en dit plus sur la sécurité alimentaire équatorienne et les solutions apportées.

TVB : Comment le concept de sécurité alimentaire est-il développé en Équateur ? FR : La souveraineté alimentaire est une construction sociale de longue date dans notre pays. Depuis les années 1990, les organisations paysannes et indigènes insistent sur la nécessité de répondre à la demande alimentaire avec la production interne, principalement des familles d’agriculteurs, afin d’assurer la viabilité économique et culturelle et de construir l’autonomie du pays. Ces réponses se sont transformées en politiques publiques quand l’Assemblée Nationale Constituante de 2008 reconnue le droit « à une alimentation saine, suffisante et nutritive ; de préférence de produits locaux et en accord avec la diversité et les traditions culturelles » dans son article 13.

TVB : L’objectif est donc d’allier ressources naturelles locales et traditions culturelles au concept de souveraineté alimentaire ? FR : Il s’agit d’une vision systémique de la souveraineté alimentaire dans laquelle s’intègrent les différents moments de la production post-récolte, transformation et consommation des aliments des

territoires ruraux et urbains pour l’ensemble de la population, et plus particulièrement les enfants de moins de cinq ans et ceux en âge d’être scolarisés, ainsi que pour les adultes de plus de 65 ans. Cette vision intègre à la fois les dimensions environnementales, économiques, sociales, culturelles et politiques. Dans ce contexte, les exploitations ando-amazoniennes sont particulièrement importantes car elles représentent des formes de production et de vie dans lesquelles les connaissances relatives au climat, aux sols, aux semences, à l’irrigation, aux cycles agricoles et aux fêtes sont reproduites de manière créative. Les fermes ando-amazoniennes sont des espaces complexes dans lesquels la nature et l’être humain sont liés, les membres de la famille, les membres de la communauté et les dieux tutélaires ou apukuna.

TVB : Quelle réponse apporte CAFOLIS ? FR : Le projet sur la souveraineté alimentaire en Équateur (dirigé par le Centre andin pour la formation des dirigeants sociaux, CAFOLIS, et le Conseil de la politique communautaire, MCPP) vise à renforcer les connaissances ancestrales, la biodiversité agricole et les bonnes pratiques de récolte, transformation et commercialisation des produits alimentaires et de la gastronomie locale. 270 producteurs de 7 paroisses rurales des provinces andines de Cañar, Chimborazo, Bolívar, Tungurahua, Pichincha et de la province amazonienne de Pastaza travaillent ensemble.

LA SOLUTION Se servir des cultures ancestrales pour penser une alimentation sociale, culturelle, saine et satisfaisante.

Marie Pouchol HS TVB #14 - P.9


SÉCURITÉ ALIMENTAIRE

Les solutions globales

Soutenir l’agriculture familiale en Afrique

7

0% de l’alimentation consommée dans le monde est produite par de petits producteurs familiaux. Isabelle Duquesne, ingénieure en agriculture, pilote le programme Pafao, « Promotion de l’agriculture familiale en Afrique de l’ouest », lancé en 2009 par l’ONG CFSI et la Fondation de France pour lutter contre la faim en soutenant des échanges agricoles de produits alimentaires de qualité et au juste prix entre producteurs et consommateurs.

TVB : En quoi le Pafao œuvre-t-il à la sécurité alimentaire en Afrique de l’ouest ?

Isabelle Duquesne travaille au CFSI pour piloter un programme d’agriculture familiale en Afrique de l’Ouest. ©CFSI

LA SOLUTION Encourager une agriculture familiale pour une rémunération juste et équitable et un accès à une alimentation saine et locale.

HS TVB #14 - P.8

ID : En 2008, des émeutes de la faim dans des dizaines de pays en Afrique, Asie et Amérique Latine ont révélé la dépendance des grandes villes par rapport aux importations de denrées alimentaires de base. Voir réapparaître la faim a secoué les ONG qui se consacraient à l’aide au développement. Avoir agi depuis une cinquantaine d’années pour en arriver là ! Le CFSI où je travaille a alors fait alliance avec la Fondation de France sur la question de la faim. Avec un constat, 70% de l’alimentation consommée dans le monde est produite par de petits producteurs familiaux qui n’utilisent que 30% des ressources consacrées à l’agriculture. La production agricole industrielle est dans le rapport inverse, 30/70 ! Nous avons décidé de soutenir cette agriculture familiale en agissant non sur le levier augmentation de la production, mais sur celui de la connexion entre producteurs et consommateurs. D’une part, pour mieux rémunérer paysannes, paysans et tous les petits métiers liés à l’agriculture, et répartir équitablement la valeur ajoutée créée. D’autre part, pour permettre à tous les consommateurs, quels que soient leurs moyens, l’accès à une alimentation saine à base de produits locaux. Nos projets travaillent sur plusieurs axes, la qualité des produits agricoles, leur transformation en produits plus élaborés correspondant à la demande des consommateurs, l’accès des producteurs aux emprunts car il n’y a pas de crédit agricole digne de ce nom en Afrique, le renforcement des structures agricoles et d’appui-conseil, et enfin les circuits commerciaux. Mais tout ça ne sert à rien si l’agriculture familiale n’est pas soutenue par les politiques, qui continuent à préférer le modèle industriel fondé sur des partenariats public-privé et une production industrielle destinée à des marchés occidentaux, ce qui induit un accaparement des terres, en chassant les paysans. Les habitants du Sahel appellent cela le « déguerpis-

sement ». Il y a donc besoin d’un espace de plaidoyer auprès des décideurs nationaux et internationaux pour aider cette agriculture familiale.

TVB : Pouvez-vous nous donner des exemples de projets que vous soutenez ? ID : Au Bénin, Hortitechs a mis en place la première Amap à Cotonou, initialement sur un modèle français. 10 ans après, ils sont 400 producteurs, avec des kiosques dans 5 villes, alimentant des dizaines de milliers de consommateurs de couches sociales variées en qualité et à des prix rémunérateurs. Ils sont maintenant capables de répondre à des grosses commandes institutionnelles. Leur travail sur l’organisation et la qualité leur permet de remporter d’autres marchés. L’association sénégalaise Enda Prodat travaille quant à elle sur un mix entre marchés de niche pour les classes aisées et marchés de masse. Ceci en s’introduisant dans les grands marchés de Dakar, haut de gamme dans les quartiers aisés ou municipaux et très populaires, comme en s’appuyant sur les bana-bana, à la mauvaise réputation pour leur âpreté au gain, mais présents partout, jusque dans les villages les plus reculés. Ceux-ci y trouvent leur intérêt car les produits non industriels, de meilleure qualité, se conservent plus longtemps et se transportent mieux.

TVB : Quelle est la place des femmes ? ID : Fondamentale. Elles sont la moitié des paysans et omniprésentes dans la transformation des produits. Leurs consœurs des villes n’ont plus le temps de consacrer des heures aux préparations de base de la cuisine traditionnelle, elles ont besoin de produits intermédiaires prêts à l’emploi. Là aussi se joue la valeur ajoutée. Avec de la traçabilité, une présentation de qualité pour être à niveau des produits importés alors qu’il n’y a pas d’usine d’emballage sur place. Les femmes sont aussi restauratrices de rue dans ces pays où les gens mangent majoritairement dehors.

TVB : Finalement, y a-t-il eu des progrès sur la faim depuis 2008 ? ID : Les problèmes de faim n’ont pas disparu, hélas. L’environnement économique des petits producteurs a continué de se dégrader en absence de politiques agricoles qui leur soient favorables. La clef doit être dans les mains des paysans, mais dans le même temps, il faut faire évoluer le contexte. Quelques signes encourageants apparaissent. La FAO a inscrit l’agroécologie paysanne dans ses recommandations. Le Burkina Faso a émis un décret incitant les administrations à se fournir en produits locaux, etc. Gilles Bertin


SÉCURITÉ ALIMENTAIRE

Fatou Ndoye, Femmes, sécurité alimentaire et changement climatique

Les solutions globales

L

a pauvreté et l’insécurité alimentaires sont des problèmes récurrents dans plusieurs pays africains qui doivent aussi faire face à une démographie galopante. L’accès à une alimentation en quantité et qualité suffisantes se pose aussi bien en milieu rural qu’en milieu urbain.

Les effets du changement climatique caractérisés par une baisse de la biodiversité et une réduction des terres cultivables accentuent le problème de l’insécurité alimentaire. Les populations au sud du Sahara sont largement victimes des effets du changement climatique, et plus particulièrement les femmes présentes dans tous les maillons de la chaîne de valeur (production, transformation, distribution). Au Sénégal, les stratégies d’adaptation ont porté sur la revalorisation des cultures traditionnelles (millet, haricot local), la reconstitution des écosystèmes dégradés (reforestation), le développement de l’agroécologie, la diversification des activités dans le but de réduire la pression sur les ressources.

Ces initiatives de valorisation des produits locaux portées par les femmes ont plusieurs conséquences : • amélioration de la qualité nutritionnelle surtout chez les enfants ; • valorisation des connaissances traditionnelles ; • substitution des produits importés au profit des produits locaux. Ce rôle déterminant dans la sécurité alimentaire et l’adaptation au changement climatique est peu soutenu par l’Etat et les collectivités locales. C’est tout le combat qu’Enda Graf Sahel mène afin que leurs initiatives soient visibles et reconnues par les politiques publiques. Au plan international, pour que les actions menées dans le domaine de la sécurité alimentaire soient viables et durables, il faudra : • concilier la question de la sécurité alimentaire et l’adaptation climatique qui, aujourd’hui, sont deux questions intimement liées ; • soutenir l’agriculture familiale et promouvoir l’agroécologie ; • Intégrer l’approche genre dans toutes les démarches afin que les initiatives des femmes soient prises en compte.

Fatou Ndoye de l’ONG sénégalaise Enda Graf Sahel qui aide au développement des populations les plus démunies, milite pour le droit des femmes et la sécurité alimentaire, notamment grâce aux céréales. Elle est missionnée par le réseau des Dialogues pour être la responsable du projet de sécurité alimentaire et nutritionnelle, autonomisation des femmes et solutions sud-sud. ©Dialogues en humanité

Fatou Ndoye

Pipal Tree et les solutions développées en Inde

L

e millet est trois à cinq fois plus nutritif que le riz ou le blé et donc une solution pour les marginalisés qui pourtant le rejettent. En plus de fournir une meilleure nutrition, le millet est très important dans le contexte du changement climatique, lorsque l’eau devient plus rare. Un kilo de riz nécessite environ 5 000 litres d’eau pour pousser, alors que le millet, comme le ragi, n’en nécessite que 400 litres !

Le millet est donc une culture résiliente au changement climatique. Chez Pipal Tree-Fireflies, nous travaillons avec les agriculteurs, les ONG et le gouvernement pour promouvoir le mil. Nous avons joué un rôle clé dans l’intégration du millet dans le

système public de distribution (PDS), où chaque famille recevait environ 30 kilos de riz et de blé pour seulement 2 ou 3 roupies (environ 75 roupies pour un euro). À la suite de notre intervention, le millet a également été inclus dans le PDS et le gouvernement achète du millet aux agriculteurs. Environ 2 millions d’agriculteurs en bénéficient ainsi grâce au PDS.

Shabin Paul et Siddharta du projet Pipal Tree Firelies qui agit en Inde pour une meilleure sécurité alimentaire et avec les Dialogues en humanité sur ce projet international. ©Pipal Tree Firelies

Chez Pipal Tree, nous faisons partie du programme The Millet Sisters, dans lequel nous encourageons les femmes à jouer un rôle plus actif dans l’agriculture, qui reste encore largement contrôlée par les hommes. A la suite de ce programme, de plus en plus de femmes participent activement à la culture du millet. Nous défendons avec l’association des Dialogues en humanité ce projet de sécurité alimentaire et nutritionnelle combiné à l’autonomisation des femmes et au changement climatique. Shabin Paul et Siddharta HS TVB #14 - P.9


SÉCURITÉ ALIMENTAIRE

Les solutions locales

Ils agissent C’ette initiative permet également d’inscrire les habitants des quartiers populaires dans une consommation responsable et durable, et de proposer un autre rapport aux dépenses quotidiennes, à la santé par l‘alimentation et à l’image de soi à travers les produits alimentaires que l’on s’autorise. Laurianne Ploix

VRAC, acheter groupé pour mieux manger

V

RAC pour Vers un Réseau d’Achat en Commun est une association lyonnaise qui réalise des achats groupés de produits bio, chez les producteurs locaux, pour les proposer à des prix réduits dans les quartiers populaires.

Le projet lancé par le bailleur Est-Métropole Habitat (EMH) et la fondation Abbé Pierre, puis relayé par Boris Tavernier, a vu le jour dans les quartiers des Minguettes à Vénissieux, la Duchère à Lyon et les Noirettes à Vaulx-en-Velin. En ayant l’idée de regrouper les commandes de divers partenaires, bailleurs et centres sociaux, MJC, centres scolaires, collectivités locales et autres associations, ils souhaitaient ainsi faciliter l’accès au plus grand nombre à des produits de qualité et à des prix raisonnables. Pour cela, ils suppriment à la fois les intermédiaires, en favorisant les circuits courts et allant se fournir directement chez les producteurs locaux, et le coût des emballages superflus en préférant la vente en vrac.

Des produits bio à bas prix dans les quartiers populaires Aujourd’hui installés également au Grand Vire (à Vaulx-enVelin), à Villeurbanne (aux Buers), à Oullins, à Saint-Priest, à St Fons et à Rilleux, l’association compte une dizaine de lieux gérés en collaboration avec des collectifs d’habitants, des associations ou des bailleurs. Depuis le soutien de la France s’egage, VRAC s’est également développé dans d’autres villes de France.

Soline, utiliser ce que la nature nous offre

F

ace à la nécessité de retrouver une meilleure hygiène de vie, le restaurant et traiteur Soline, propose une alimentation végétarienne, voulu variée et de qualité. Sensible au respect de l’environnement, ce lieu propose une alternative alimentaire saine et nutritive aux Lyonnais·e·s.

Fondé en 2006 par Matthieu (photo) et Sophie, actuellement co-gérant·e du lieu, Soline s’inscrit dans le concept de cuisine responsable exploitant les richesses de notre environnement et utilisant « tout ce que la nature nous offre en variété et richesse ». A l’aide de plats végétariens, d’assiettes crues, végétaliennes et sans gluten, Soline veut faire découvrir aux consommateurs différents apports en protéines, vitamines et minéraux. Avec la volonté de proposer des plats végétariens de qualité, Soline utilise des produits frais, issus d’une agriculture, de préférence locale et respectueuse de l’environnement, qui suit le cahier des charges de l’association Nature & progrès. Celui-ci, favorise les circuits courts et une agriculture paysanne respectant les équilibres naturels. Couvrant à la fois les activités de restaurants et traiteurs, Soline propose également des ateliers de cuisines ludiques

HS TVB #14 - P.10


SÉCURITÉ ALIMENTAIRE

à Lyon

Les solutions locales

pour permettre à chacun·e d’apprendre à cuisiner, avec facilité, une nourriture saine. Les thématiques de ces ateliers vont de la cuisine ayurvédique, l’art de préparer des plats revitalisants en fonction de sa propre constitution, jusqu’aux ateliers sur les protéines végétales et sur la pâtisserie. Soline offre également la possibilité aux Lyonnais·e·s qui utilisent la monnaie locale citoyenne de régler et échanger ses euros en Gonnette. Laura Doucet

sur la qualité de nos produits. Pour les aliments que l’on ne récupère pas localement, nous nous efforcerons de choisir ceux garantis par un label.

TVB : Votre carte assure également des plats issus de produits frais et faits maison ? AV : Effectivement, nous choisissons de ne travailler qu’avec des produits frais, il n’y a pas de conditionnements. Par exemple, nous recevons chaque jour un approvisionnement de poissons qui sera cuisiné pour le jour même. Notre gage d’une sécurité alimentaire c’est la diversité de nos plats, bien qu’il y ait peu de choix (2 entrées, 2 plats, 1 suggestion et 3 desserts), que nous modifions tous les jours.

TVB : Comment améliorer la sécurité alimentaire selon vous ? AV : Aujourd’hui, il existe beaucoup trop de règles d’hygiène parfois contraignantes qui ont tendance à pousser les restaurateurs à avoir recours à des plats tout faits ou des produits en boîte ce qui ne favorise pas toujours la sécurité sanitaire alimentaire mais le gaspillage alimentaire. Marie Pouchol Kotch Saritag (à gauche), cofondateur de la Brasserie Jaures (et anciennement le Vol Terre) avec Alba Levasseur et Valentin Luiggi (à droite), un ami cuisinier responsable.

Produits frais à la Brasserie Jaurès

L

a brasserie Jaurès porte une attention particulière à la qualité de son alimentation. Saveurs et éthique se mélangent dans ce restaurant lyonnais. TVB est allé à la rencontre d’Alba Vasseur, gérante de l’établissement.

TVB : Comment introduisez-vous le concept de “sécurité alimentaire” dans votre restaurant ? AV : Faire attention à mon alimentation, à la provenance de mes produits et la manière dont ils sont conçus est à la base une éthique de vie que je souhaitais avec mon mari (ndlr Kotch, confondateur) reproduire au sein de la brasserie Jaurès. Nous faisons donc attention et cela à différents niveaux. Tout d’abord, nous prêtons particulièrement attention à notre approvisionnement, c’est-à-dire à l’origine de la marchandise. Nous travaillons essentiellement avec des producteurs locaux, bio et équitables. Cela permet de favoriser les circuits-courts et donc d’assurer une confiance

LVED, le label lyonnais écoresponsable Afin de trouver des producteurs locaux ou des commerçants responsables et respectueux de la santé et de l’environnement, vous pouvez consulter la liste des labellisés Lyon Ville Equitable et Durable (LVED). Ce label décerné par la ville de Lyon vise à promouvoir l’économie sociale et solidaire dans la capitale des Gaules et répondre aux enjeux du développement durable à travers une consommation responsable. Vous y trouverez donc des acteurs lyonnais de la sécurité alimentaire, mais pas que. Retrouvez les quelques 240 labellisés sur le site web LVED de la ville de Lyon où vous pourrez également trouvez une carte interactive. HS TVB #14 - P.11


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Plus d’infos : http://dialoguesenhumanite.org/ L’association et le réseau des Dialogues en humanité continue ce projet de travail et réflexions sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle, l’autonomisation des femmes et la résilience climatique pour trouver des solutions sud-sud et faciliter la réciprocité des savoirs. Si vous voulez en savoir, vous pouvez leur écrire à asso@dialoguesenhumanite.org

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Hors-série TVB 14 Sécurité alimentaire et enjeux agricoles  

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