Square Magazine issue 3.1 FR-GB

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Susan Burnstine Amélie Chassary & Lucie Belarbi Justyna Ptak Polixeni Papapetrou Andrés Gálvez Ingrid Newton Kirsten Hoving Julie David de Lossy Cédric Faimali


SUSAN BURNSTNE A CHASSARY & L BELARBI

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JUSTYNA PTAK

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POLIXENI PAPAPETROU

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ANDRES GALVEZ

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INGRID NEWTON

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KIRSTEN HOVING

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JULIE DAVID DE LOSSY

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CEDRIC FAIMALI

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3.1 Square Magazine is now two years old, it is official.

Square Magazine célèbre ses deux ans, c’est officiel.

There is nothing much to say except a big thank you

Je n’ai pas grand chose à dire, si ce n’est un grand

to everyone, be they artists, helpers, readers, enthu-

merci à tout le monde : artistes, bénévoles, lecteurs,

siasts and contributors.

enthousiastes et contributeurs.

You are all wonderful people and we love you loads.

Vous êtes tous des gens fantastiques et nous vous

We decided to celebrate this birthday by being a

aimons tout plein.

bit facetious: some of the artists we feature in these

Pour ce nouveau numéro, nous avons décidé d’être un

pages are part of the wackiest contributions we’ve

peu facétieux : certains des photographes présentés

received. You’ll even witness the magical symbioses

dans ses pages font partie des contributeurs les plus

of square and circle!

dingues que l’on a reçu. Vous serez même témoins de

So thank you, and enjoy.

la symbiose magique entre carré et cercle ! Alors merci encore, et bon appétit.

Christophe Dillinger, April 2012.

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Susan Burnstine

Absence of being

A

plane disappears into the clouds. We can’t

are living in the present, but the past reminds us that

see it, hear it or touch it, but we know it’s

it is part of us, too, as is the future, and we of them.

there. Our senses can give us no tangible evi-

With this body of work as with my former series Within

dence it continues to exist. But still, we know beyond

Shadows, I captured these visions entirely in-camera

a shadow of a doubt it’s there. We suspend limitations

using a collection of hand-made film cameras and

of our senses, and believe.

lenses that are frequently unpredictable and tech-

When a person dies, do they simply cease to exist

nically challenging. The cameras are primarily made

because they no longer have a physical presence? Or

out of plastic, vintage camera parts and random

do they remain with us through the remnants of the

household objects and the single element lenses are

lives they lived? When a building is razed, is it truly

moulded out of plastic and rubber. Learning to over-

obliterated, or does its imprint remain in the collec-

come their extensive limitations has required me to

tive unconscious?

rely on instinct and intuition – the same tools that are

This ongoing series explores how the past remains

key when trusting in the unseen.

with us, if only in shadows. These images capture fleeting memories, spotted from the corner of an eye that vanish the moment we turn to really look. And yet they remain, for the imprint remains with us. We

www.susanburnstine.com

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www.phototvdd.be

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Susan Burnstine

Absence of being

U

n avion disparaît dans les nuages. Nous ne

vivons dans le présent, mais le passé nous rappelle

pouvons pas le voir, ni l’entendre ou le tou-

qu’il aussi fait partie de nous, tout comme c’est l’ave-

cher, mais nous savons qu’il est là. Nos sens

nir, et nous d’eux.

ne peuvent nous donner aucune preuve tangible qu’il

Pour cet ensemble de travaux tout comme pour la sé-

continue d’exister. Pourtant, nous savons sans l’ombre

rie précédente, intitulée Within Shadows, j’ai capturé

d’un doute qu’il est là. Nous suspendons les limites de

ces visions entièrement sans trucage, à l’aide d’une

nos sens, et nous croyons.

collection d’appareils photo fabriqués à la main et de

Quand une personne meurt, cesse-t-elle tout sim-

lentilles souvent imprévisibles et techniquement dif-

plement d’exister parce qu’elle n’a plus de présence

ficiles à utiliser. Les appareils sont en plastique, avec

physique? Ou reste-t-elle avec nous au travers des

des pièces provenant d’appareils obsolètes, d’objets

vestiges de la vie qu’elle a vécue? Quand un bâtiment

ménagers pris au hasard et ses lentilles à élément

est détruit, est-il vraiment effacé, ou son empreinte

unique moulées dans du plastique et du caoutchouc.

demeure-t-elle dans l’inconscient collectif?

Afin d’apprendre à surmonter leurs nombreuses limi-

Cette série en cours explore comment le passé sub-

tations, j’ai dû compter sur l’instinct et l’intuition -

siste, si ce n’est que sous forme d’ombre. Ces images

les mêmes outils qui sont essentiels lorsque l’on fait

capturent des souvenirs fugaces, aperçues du coin

confiance en l’invisible.

de l’œil et qui disparaissent à l’instant où nous nous retournons pour les regarder de plus près. Elles demeurent pourtant, ainsi que leurs empreintes. Nous

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www.susanburnstine.com


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Amélie Chassary et Lucie Belarbi

Huis-Clos

L

rituels et les coutumes familiales. Notre approche

T

photographique souligne le lien que chacun entre-

toms. Our photographic approach stresses the com-

tient avec les lieux qu’il occupe et les objets qu’il

mon experience we have of the places we occupy and

possède. Les personnes photographiées répètent

the objects we own. The people in the pictures repeat

des gestes propres à une intimité naturaliste dans

gestures that are specific to a naturalistic intimacy

un contexte de mise en scène. L’installation par

within a theatrical context. The installation, through

une mise en volume de l’action du personnage,

an emphasis on the character’s actions, its attitude,

de son geste, de sa tenue, de son regard, des

composure, awareness, through materials, textures

matières, des textures et de leur disposition, vise

and their visual composition, aims at describing the

à atteindre l’attachement des personnages aux

characters’ attachment to everyday acts that are oft

gestes usuels quotidiennement répétés. Volontai-

repeated. Intentionally contextualized, these volumes

rement contextualisés, les volumes subliment cet

sublimate this attachment and become new staging

attachement et deviennent de nouveaux objets de

objects themselves. They accentuate the feeling that

mise en scène. Ils accentuent le sentiment que les

the characters only reproduce transferred gestures.

personnages reproduisent des gestes transmis.

We work the range of colours as well as the volume, to

Nous travaillons la gamme de couleurs au même

isolate and accentuate the uniqueness of the charac-

titre que le volume, afin d’isoler et d’accentuer la

ters. The images bear a simple title that expresses the

singularité des personnages. Chacune des images

readability and formal link that the characters main-

est titrée simplement et exprime la lisibilité for-

tain towards the objects.

e projet Huis-Clos est une série de photographies

plasticiennes

coréalisées.

Le

Huis-Clos inscrit les personnages dans les

he project Huis-Clos is a series of collaborative photographs. The Huis-Clos (literally, «closed doors», as in the judicial procedure) places the

characters within the realm of rituals and family cus-

melle du lien que les personnages entretiennent aux objets.

www.ameliechassary.com www.luciebelarbi.carbonmade.com

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Page de droite : dfkj qùsdf ùqskjf kqjsù -------Page de droite : dfkj qùsdf ùqskjf kqjsù

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Title: Fading Light Photographer: Clay Lipsky Date of publication: November 09, 2010 Place of publication: USA Dimensions: 72 x 72 Type of binding: perfect bound Number of pages: 68 Type of paper: Matte Publisher: Blurb Price: $30 softcover / $45 hardcover / $4.99 eBook Summary: A collection of surreal Polaroid photography that takes the viewer on a journey through faded memories and distant landscapes. Photographer website: http://claylipsky.com/

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Justyna Ptak

That has been

T

brought together by Ptak, in order to present a vital

C

part of our existence, which is easily passed over:

mais qui néanmoins représentent une part essentielle

abandoned non-moments, which are core foundation

de notre existence, à coté desquelles nous passons

of our realities. Under the cover of prevalence, every

trop facilement: des «non-moments» abandonnés,

object relishes the frame like the owner’s signature,

qui sont la fondation, la base de nos réalités. Sous le

leaving the viewer looking for a story that might exist

couvert de la prévalence, chaque objet se délecte du

just outside the frame. By removing carefully chosen

cadre comme la signature du propriétaire, laissant le

frames from their realities, Ptak creates an enthral-

spectateur à sa recherche d’une histoire qui pourrait

ling conversation between aesthetic and intellectual

exister à l’extérieur du cadre. En enlevant soigneuse-

values of everybody’s commonplace.

ment les images choisies de leurs contexte, Ptak crée

his collection of photographs is part of a project undertaken to challenge day-to-day experience. Potentially banal and trivial scenes are

ette collection de photographies fait partie d’un projet entrepris afin de notre expérience du quotidien plus palpitante. Ptak réunit des

scènes potentiellement banales et insignifiantes,

une conversation passionnante entre valeurs esthétiques et valeurs intellectuelles du commun de tout un chacun.

www.justynaptak.co.uk

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www.eleonoracalvelli.com

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Helen Sear Inside the view A fFotogallery Publication

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Polixeni Papapetrou

The Dreamkeepers

I

t is the awkward evolution of adolescence

The anonymity afforded by masks separates

that informs the in-between space of The

her adolescent actors from who they really

Dreamkeepers. Polixeni Papapetrou has col-

are, and allows them to stand in for us all. In

laborated with her children and their friends for

this way, Papapetrou asks us to consider how

over a decade. As they have grown and trans-

masks, whether symbolic or literal, not only

formed, so too have the roles they perform in

conceal identity, but also expand and transform

her work and spaces they inhabit. To parallel

it. The aged masks do so in The Dreamkeepers

the cripplingly self-conscious yet powerfully

by confounding adolescence, as the characters

self-realising period of adolescence, Papape-

exude a quiet lack of self-consciousness, des-

trou engages part reality, part fantasy from

pite their disturbing appearance. They arouse

which a space of unreality emerges, the space

a gentle pathos, reminding us of our own shape

of archetype.

shifting, of time playing out on our bodies and

The characters in The Dreamkeepers, are both

minds. The abstract meeting of these two ages

young and old. Gazing out in contemplation,

may indicate the latent wisdom and self-accep-

these dream keepers look with anticipation to

tance that only realises with maturity, or the

the future, or is it with nostalgia to the past?

cyclical nature of our life spans that inevitably

The timeless backdrops of shoreline or hilltop

brings us back to the vulnerability of youth.

reflect this ambiguity, echoing through landscape the collapsing of thresholds and blurring of boundaries.

www.polixenipapapetrou.net

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Polixeni Papapetrou

The Dreamkeepers

L

a série Dreamkeepers est informée par

et leur permet de se substituer à nous tous. De

l’évolution maladroite de l’adolescence.

cette façon, Papapetrou nous demande d’exami-

Polixeni Papapetrou a collaboré avec ses

ner comment les masques, qu’ils soient symbo-

enfants et leurs amis pendant plus d’une décen-

liques ou littéraux, non seulement dissimulent

nie. A mesure qu’ils grandissaient et se transfor-

l’identité, mais aussi l’élargit et de la transforme.

maient, de même les rôles qu’ils jouaient dans

C’est ce que font les masques des Dreamkee-

son travail et les espaces qu’ils habitaient ont-

pers, qui plongent l’adolescence dans la confu-

ils changés. Afin de mimer la découverte de la

sion, alors que les personnages dégagent un

conscience de soi-même - une période de l’ado-

manque subtil de la conscience de soi, en dépit

lescence à la fois paralysante et intense. Papa-

de leur aspect parfois inquiétant. Ils suscitent

petrou engage une part de réalité partie et une

une douce pathos, nous rappelant notre propre

part de fantaisie, à partir desquelles un espace

métamorphose, et comment le temps à joué

d’irréalité se dégage, l’espace de l’archétype.

avec nos corps et nos esprits. La réunion abs-

Les personnages de la série Dreamkeepers, sont

traite de ces deux âges peut indiquer la sagesse

à la fois jeunes et vieux. Perdus en contempla-

latente et l’acceptation de soi qui

tion, ces gardiens des rêves regardent avec anti-

seulement avec la maturité, ou de la nature

cipation l’avenir, ou est-ce avec nostalgie vers le

cyclique de nos durées de vie qui nous ramène

passé? Les décors intemporels faits de rivages

inévitablement à être de nouveau vulnérables,

ou de collines reflètent cette ambiguïté, et font

comme des enfants.

écho à l’effondrement des seuils et de l’enchevêtrement des frontières. L’anonymat offert par les masques sépare ses acteurs adolescents de ce qu’ils sont vraiment,

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www.polixenipapapetrou.net

se réalise


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AndrĂŠs GĂĄlvez

Airlines

A

ir traffic sets a new definition of the lands-

This makes every single trail unique and different

cape. Each airplane leaves its own personal

to each other.

print, white lines paint and break the sky,

For the past four years, noticing how the clear blue

sometimes mingling with the clouds. The visual

sky is distorted by the presence of these white lines,

impact of the machines is manifest in the clear sky

I´ve been observing and shooting these unique

while their impact on the environment remains

trails, taking a closer look at this phenomenon.

unseen. Aircraft and their trails are already part of

Using the same composition and placing the trails

the new airscape.

in the middle of the frame, supports the idea of

Condensation trails or simply contrails, are vapour

these unique and unrepeatable lines breaking the

trails formed when condensed water vapour from

sky. This also reflects how the air polllution caused

aircrafts engines meets the cold temperatures

by the aircraft leaves behind beautiful and unique

found at high altitudes. In certain places they

forms, which sets the paradox: the visual impact,

become visible due to certain favourable atmos-

which can be delightful and aesthetic, has a limited

pheric conditions such as high humidity, mild,

life of seconds or at most a few minutes; while on

gentle winds, and the absence of low clouds. The

the other hand, the invisible environmental impact

contrails are often confused with clouds, which is

has an undetermined duration, possibly years or

understandable due to their resemblance. Howe-

even generations, and is also believed to have a

ver, their chemical composition is different because

significant impact on global warming.

gases released by jet engines, besides water vapor, also contain carbon dioxide, sulphur and nitrogen oxides, unburned fuel, soot and metallic particles.

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andresgalvez.org


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Andrés Gálvez

Airlines

L

e trafic aérien établit une nouvelle défini-

autres.

tion du paysage. Chaque avion laisse son

Ces quatre dernières années, en remarquant à quel

empreinte personnelle, des lignes blanches

point le ciel bleu est faussée par la présence de ces

peignent et brisent le ciel, et parfois se mêlent aux

lignes blanches, j’ai observé et pris en photo ces

nuages. L’impact visuel de ces machines est mani-

traces uniques, afin d’étudier de plus près ce phé-

feste dans le ciel clair alors que leur impact sur l’en-

nomène. D’utiliser la même composition et de pla-

vironnement reste invisible. Les aéronefs et leurs

cer les trainées au milieu du cadre, soutient l’idée

trainées font déjà partie du nouveau Airscape.

que ces lignes uniques et inimitables brisent le ciel.

Les traînées de condensation ou tout simplement

Cela reflète également la façon dont l’air pollué que

les traînées, sont des lignes formées lorsque la

l’avion laisse derrière lui crée des formes unique

vapeur d’eau condensée provenant des moteurs

et attrayantes, des formes qui aussi définissent un

d’avions rencontrent les températures plus froides

paradoxe : d’un coté l’impact visuel, qui peut être

des altitudes élevées. Dans certains endroits, ils de-

agréable et esthétique, a une durée de vie limité qui

viennent visibles en raison de certaines conditions

dure quelques secondes ou tout au plus quelques

atmosphériques favorables tels que l’humidité éle-

minutes; et de l’autre l’impact sur l’environnement,

vée, un vents doux et l’absence de nuages bas. Les

celui-ci invisible et à durée indéterminée (des an-

traînées de condensation sont souvent confondus

nées, voire des générations), qui est également

avec des nuages, ce qui est compréhensible. Ce-

soupçonné d’avoir un impact significatif sur le ré-

pendant, leur composition chimique est différente

chauffement climatique.

: les gaz libérés par les réacteurs, en plus de vapeur d’eau, contiennent aussi du dioxyde de carbone et de soufre, de l’oxydes d’azote, du carburant non brûlé, de la suie et des particules métalliques. Cela rend chaque piste unique et différente les unes des

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andresgalvez.org


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Ingrid Newton

Strange Country

M

ost of us have a collection of family photo-

ning after all these years. The old black and white

graphs of some sort, whether it is a beauti-

snaps were then digitally superimposed onto the new,

fully bound leather album, a stack of enve-

the joins left visible creating the effect of two worlds

lopes stuffed into a drawer or digital images stored on

separated by the years.

a computer. Our family albums are the repository of

Memories of my early childhood days are sporadic

our old selves, tangible proof of who we once were,

and hard to pin down. I had hoped that by revisiting

more substantial than fleeting memories. Yet as we

the old locations my memories would suddenly come

age, childhood photographs of ourselves take on a

flooding back to me. They proved to be maddeningly

mysterious quality. I look at myself in these pictures

elusive. I have to admit that, as Barthes* pointed out

and wonder about this tiny creature, an only child

when looking at an old picture of himself, rather than

often flanked by adults, gazing seriously out at the

resurrecting the past, the photograph only attests to

camera. It is me, and yet seems to have no connection

what has existed. The photographs have become the

with my present self.

memories, imprinted on my brain with repeated loo-

As an adult, seeing the world through a child’s eyes is

king and the retelling of family stories. The memories

difficult. These images of my old childhood haunts, ta-

themselves are locked away.

ken with my little plastic Holga camera with its blurry and brightly coloured eye, recreate the dreamlike and slightly disconnected feeling I experienced on retur-

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www.ingridnewton.co.uk


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www.malikagaudindelrieu.com

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Ingrid Newton

Strange Country

N

ous possédons presque tous une collection

vées, après toutes ces années. Les vieux clichés en noir

de photos de famille. Qu’il s’agisse d’un al-

et blanc ont ensuite été numériquement superposés

bum en cuir superbement relié, d’une pile

sur les nouvelles images, les raccords bien visibles, afin

d’enveloppes qui reposent pêle-mêle dans un tiroir

de créer l’impression de regarder deux mondes sépa-

ou bien d’images numériques stockées dans un ordi-

rés par les années.

nateur. Ces albums sont les dépositaires de ces nous-

Les souvenirs de ma petite enfance sont sporadiques

mêmes d’un autre age, ils sont la preuve tangible de

et difficiles à cerner. J’avais espéré qu’en revisitant les

ce que nous étions autrefois, plus importants que les

endroits ou j’ai passé mon enfance, la mémoire me

souvenirs fugaces que nous avons d’eux. Pourtant, à

serait soudainement revenue. En fait, et de manière

mesure que nous vieillissons, les photographies d’en-

exaspérante,

fance s’enveloppent d’une qualité mystérieuse. Je me

sables. Je dois admettre que, comme Barthes l’a souli-

regarde dans ces photos et je considère cette petite

gné, quand on regarde une vieille photo de soi-même,

créature, un enfant unique souvent flanqué par des

plutôt que de ressusciter le passé, la photographie

adultes, le regard sérieux fixant la caméra. C’est bien

atteste uniquement de ce qui a existé. Les photogra-

moi, et pourtant il ne semble pas y avoir de connexion

phies ont remplacé ces souvenirs, de les regarder sans

avec mon moi actuel.

cesse et me raconter encore et encore les histoires de

En tant qu’adulte, voir le monde à travers les yeux d’un

famille les a imprimées dans mon cerveau. Les souve-

enfant est chose difficile. Ces images de mes anciens

nirs eux-mêmes sont toujours enfermés.

ces souvenirs demeurèrent insaisis-

repaires d’enfance, prises avec mon appareil photo Holga en plastique avec son objectif aux couleurs floues et vives, recréent le sentiment onirique et un peu déconnecté que j’ai vécu quand je les ai retrou-

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www.ingridnewton.co.uk


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Kirsten Hoving

Night wanderers

N

ight Wanderers is a series of photographs

in often unexpected ways. His working method en-

featuring planets and constellations. I pho-

couraged me to take risks, to experiment, and to be

tograph objects and nineteenth-century

willing to destroy one object to create another. He

photographs frozen in or placed under disks of ice to

also taught me to appreciate the stars.

create the feeling of galactic swirls of stars, galaxies

Using ice as a still life object is always a challenging

and spiral nebulae. My goal is to use my photogra-

process. I partially thaw the ice to create transparent

phs to remind us of the beautiful, old, cold cosmos of

and translucent areas, then work quickly to photo-

which our increasingly fragile planet is a part.

graph it. While I choose objects and photographs that

For this series, I have been influenced not by the

recall earlier times (an outdated globe, old business

work of other photographers, but by the collage and

cards) to help remind us that star light is old light, the

assemblage practice of the American artist Joseph

ice that encases them underscores the elegance and

Cornell. In the course of writing an historical book on

fragility of our place in the universe.

his work, Joseph Cornell and Astronomy: A Case for the Stars, I became aware of the his deep and abiding interest in astronomy. I also came to understand his creative process, which involved juxtaposing objects

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www.kirstenhovingphotographs.com


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Kirsten Hoving

Night wanderers

N

ight Wanderers est une série de photogra-

encouragée à prendre des risques, à expérimenter,

phies mettant en exergue des planètes et

et d’être prête à détruire un objet afin d’en créer une

des constellations. Je photographie des ob-

nouveau. Il m’a aussi appris à apprécier les étoiles.

jets et des photos du XIXe siècle, figés dans ou placés

L’utilisation de la glace comme nature morte est un

sous des disques de glace, afin de créer un tourbillon

procédé très difficile, mais également très motivant.

galactique d’étoiles, de galaxies et de nébuleuses en

Je fais fondre partiellement la glace afin de créer des

spirale. Mon but est d’utiliser mes photos pour nous

zones transparentes et translucides, pour ensuite

remettre en mémoire le cosmos, beau, froid, et si an-

photographier rapidement. Je choisis des objets et

cien dont la Terre, de plus en plus fragile, fait partie.

des photographies qui rappellent le passé (un globe

Pour cette série, j’ai été influencé non pas par le travail

obsolète, de vieilles cartes de visite,...) et qui nous

d’autres photographes, mais par l’art du collage et de

aident à nous rappeler que la lumière des étoiles est

l’assemblage de l’artiste américain Joseph Cornell.

une lumière très ancienne, la glace qui les entoure

Alors que j’écrivais un ouvrage sur lui, Joseph Cornell

souligne l’élégance et la fragilité de notre place dans

and Astronomy: A Case for the Stars, j’ai découvert

l’univers.

son intérêt profond et constant pour l’astronomie. J’ai également commencé à comprendre son processus créatif, qui portait sur la juxtaposition d’objets, de façons souvent inattendues. Sa méthode de travail m’a

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www.kirstenhovingphotographs.com


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Roger Ballen

Shadow Land: Photographs by Roger Ballen 1983-2011 Friday 30 March 2012 - Sunday 13 May 2012 Manchester Art Gallery in association with

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Julie David de Lossy

Polygons

W

enduring and ongoing since then. Kazakhstan has in-

L

herited a heavy and specific one: polygons. Polygons

et spécifique: les Polygones. Les Polygones sont des

are military sites of undetermined size where the So-

sites militaires de taille indéterminée, dont l’armée

viet army tested and improved its armament: ballis-

soviétique se servait afin de tester et d’améliorer son

tic missiles, nuclear bombs, bio weapons or chemical

armement: missiles balistiques, bombes nucléaires,

ones. Semipalatinsk was a test-zone for the second

et autres armes biologiques ou chimiques. Semipala-

type of weapons. Today there are two main impacts

tinsk fut une zone d’essai pour de telles armes. Au-

of these polygons on people: those who survive on

jourd’hui, l’impacts de ces Polygones sur les habitants

scrap metal sales and those who die due to radiations

se divise en deux catégories : il y a ceux qui survivent

and a lack of prevention.

grâce à la vente de ferraille et ceux qui meurent à

hen the USSR collapsed in 1991 the past 70 years did not fade suddenly away in a snap. The Soviet legacy has been present,

orsque l’URSS s’est effondrée en 1991, les 70 dernières années ne disparurent pas d’un claquement de doigts. L’héritage soviétique per-

dure. Le Kazakhstan a sur les épaules un fardeau lourd

cause des radiations et d’un manque de prévention.

www.julieddl.be

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Cédric Faimali

Le cinéma en Palestine

J

’ai déposé une demande officielle auprès du service de presse israélien sur mon projet d’exposition consacrée au « Cinéma en Palestine ».

On m’a répondu : La Palestine n’existe pas, veuillez reformuler votre proposition en inscrivant « Le cinéma en Israël, exemple à Gaza ».

I

made a formal request to the Press service of Israel, about an exhibition project whose theme was «Cinema in Palestine».

The reply I got back said: There is no such thing as Palestine, please rephrase your request using: ‘Cinema in Israel, with examples found in Gaza’.

www.collectifargos.com

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The Square team > Rédacteur en chef : Christophe Dillinger www.cdillinger.co.uk > Direction artistique : Yves Bigot www.yvesbigot.com - www.studiobigot.fr Design Team UK: Alison Francis - www.gingercowdesign.co.uk > Aide précieuse, conseils avisés : Carine Lautier > Tête chercheuse éclairée : Audrey Lamandé > Traduction : Vanessa Coquelle - www.vanshawe.wordpress.com > Relecture : Jimmy Hublet > Assistants UK: Timothy Coultas

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photographs. We accept anything, even

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du film 24x36, du numérique recadré ou

Square is in the mind, not necessarily in

du Polaroid… Un carré, c’est dans l’œil,

the camera.

send

only

square

format

pas seulement dans l’appareil. We need a coherent series of around Nous avons besoin d’une série cohérente

15 pictures max as well as an artist

d’une quinzaine de photos maximum et

statement about your work.

d’une description de votre travail.

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