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MAGAZINE-804

Adeline Spengler Sarah Brooks Arnaud Perrel Jean-Paul Bourdier Lotta van Droom Keith Taylor Bree Lamb Patricia Van De Camp Alan Marcheselli Soledad Manrique


Daniel

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Adeline Spengler Sarah Brooks Arnaud Perrel Jean-Paul Bourdier Lotta van Droom Keith Taylor Bree Lamb Patricia van de Camp Alan Marcheselli Soledad Manrique

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The images published in this magazine are copyrighted to their respective creators.


Editorial Our predictions for 2018: Avocados are out, artichokes are in. Flying cars still fail to materialise. Anti-vaxers provoke a massive deadly outbreak of cholera in the Northern hemisphere. Trump nukes North Korea, WW3 starts. Hipsters fall in love with miniature pet kangaroos. Red is ugly, green is beautiful. A sex robot is named person of the year. “Back to the Blade Runner of the Star Avengers” is released. Facebook sells your soul to Amazon. The number of square shooters is multiplied a hundredfold worldwide.

Nos prédictions pour 2018 : L’avocat est out, l’artichaut est in. Les voitures qui volent ne sont toujours pas là. Les anti-vaccins provoquent une épidémie mortelle de choléra dans l’hémisphère nord. Trump atomise la Corée du Nord, la troisième guerre mondiale commence. Les bobos tombent tous amoureux de kangourous miniatures domestiques. Le rouge c’est moche, vive le vert. Un sex-robot devient Personne de l’Année. “Back to the Blade Runner of the Star Avengers” sort dans les salles de cinéma. Facebook vend votre âme à Amazon. Le nombre de photographes carrés dans le monde est multiplié par cent.

Christophe Dillinger, January 2018.


Adeline Spengler

0 4 Sunakemuri

The Sunakemuri photographic series is a visual evocation of a haiku. A haiku is a short Japanese poem celebrating the evanescence of things. This series highlights a here and now sensation as well as the emotion of a unique and ephemeral moment. It glorifies the fleeting beauty of the present time. Sunakemuri means a cloud of ash in Japanese.

La série Sunakemuri est une évocation visuelle du Haïku. Le Haiku est un court poème japonais célébrant l’évanescence des choses. Cette série met en avant la sensation d’un maintenant et d’un ici, l’émotion d’un moment unique et éphémère. Elle glorifie la beauté transitoire du présent. Sunakemuri signifie “nuage de cendres” en japonais.

adelinespengler.format.com









Sarah Brooks

1 2 Sightless

The beginnings of this series captured my apprehension and fear of the unknown and the future. After graduating from college, I was moving to an unfamiliar place with no life set up for myself. I could not see clearly what lay ahead and feared I would become someone I did not want to be. Revisiting this series, I now embrace that I will never know what is coming. I have let go of the fear of who I will become, and have let myself grow in the direction that happens. Instead of representing fears and flaws in myself, these figures now represent the endless possibility of who I can become.

Cette série tente de capturer mes appréhensions, ma peur du futur et de l’inconnu. Après mes années de lycée, je me suis retrouvé dans un monde étranger, sans vraiment avoir de chemin de vie bien tracé. Je ne pouvais pas voir où la vie allait me mener et j’avais peur de devenir quelqu’un que je ne voulais pas être. En revenant sur cette série, je me rends maintenant compte que j’embrasse cet inconnu. Je n’ai plus peur de ce que je pourrais devenir, je laisse la vie me mener là où elle veut. Plutôt que de représenter mes angoisses, ces figures symbolisent maintenant tous les chemins potentiels que je peux suivre.

www.sarahcbrooks.com










Arnò

2 1 La solitude des champs de béton Si la solitude est à la fois l’état d’une personne seule et le caractère d’un lieu isolé… Qui isole qui ? Qui s’isole de quoi ? Et s’il y a plusieurs seuls… Peuvent-ils encore être seuls ? Cet endroit est-il encore isolé ? Ces solitudes font-elles ou défont-elles la solitude ?

If solitude is both the state of a lonely person and the characteristic of an isolated place... Who is isolating whom? Who is isolating themselves from what? And if there is more than one lonely soul gathered together, Is this place still isolated? These multiple solitudes, are they making or unmaking solitude?

arnò.com












Jean-Paul Bourdier 324 Body Unbound However elusive they may appear, fundamental and interrelated questions around our existence are at the source of this work. Who are we? What is all this? What is mind? Three overlapping themes, ancestors, trees and dreams, particularly resonate with these questions. They embody the interdependence between the visible and the invisible, the past, the immediate present and future, the self and no-self. Interrelation is seen differently by everyone. Scientists name it the “butterfly effect� in which the flapping of the wings of a butterfly may affect the pattern of a hurricane several weeks later. The nature of our cultural and physical ancestors may not solely point to ideals or myths to be emulated, but may offer lenses to see into the vastness of being vulnerable humans. Trees intimately linked to the elements of earth, water, air and light actualize the nature of being part of an intangible whole. And how does this human who loves to forget that ideas can quickly lead us into the land of dreams manifest?

www.jeanpaulbourdier.com





Jean-Paul Bourdier 364 Body Unbound Quoiqu’elles puissent paraitre élusives, ce sont bien des questions fondamentales et reliées entre elles qui forment la base de ce travail. Qui sommes-nous ? Ça rime à quoi tout ça ? Qu’est-ce que l’esprit ? Trois thèmes qui se chevauchent, nos ancêtres, les arbres et les rêves, résonnent particulièrement. Ces thèmes incarnent l’interdépendance entre le visible et l’invisible, le passé et le futur immédiat, l’être et le non-être. Chacun perçoit cette relation à sa propre manière. Les scientifiques appellent cela « l’effet papillon » : le fait qu’un battement d’ailes d’un papillon puisse créer un ouragan. La nature de nos ancêtres physiques et culturels non seulement désignent des idéaux ou des mythes à atteindre, mais sont aussi une sorte le lentille au travers de laquelle nous contemplons l’immense vulnérabilité de notre condition humaine. Les arbres sont intimement liés aux éléments : la terre, l’eau et l’air, et la lumière nous actualise en tant que partie d’un tout intangible. Et comment ce concept, que l’être humain aime à oublier que ces idéaux peuvent si promptement nous mener vers l’univers des rêves, se manifeste-t-il ?

www.jeanpaulbourdier.com









Vous êtes, vous connaissez quelqu’un qui est un pauvre photographe qui se débat avec le rectangle et qui aimerait essayer le format carré et être publié dans le magazine ? Le tout nouveau programme de résidences d’artistes peut vous aider. C’est gratuit, ça dure de 3 à 6 mois et c’est ouvert à tous, quels que soient votre âge, votre sexe ou votre nationalité. Ce qu’il nous faut : Rassemblez des extraits de vos travaux et quelques infos sur vous-même. Mettez sur pied une proposition, mettant en lumière votre projet visuel et les raisons pour lesquelles vous pensez que le format carré serait approprié. Envoyez le tout à editor@squaremag.org Ce que vous pouvez attendre de nous : Une évaluation et un retour sur votre projet d’un des membres de l’équipe de Square Magazine (mail, téléphone ou Skype). Une aide académique si nécessaire (par exemple en histoire de l’art ou en études contextuelles). Un article dans le magazine à la fin de la résidence. La promotion de votre travail via les réseaux sociaux et notre site web.


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Lotta van Droom Portraits

The ideas for my works take shape in my head a long time before I pull the trigger. I let myself be inspired by many things around me. This could be music, books, conversations or simply people. Often I’m drifting into daydreams in which my perceptions take on a life of their own and constantly supply me with new ideas. This world is built on my moods, thoughts and feelings and in this way, they are reflected in my photos. In summary, you can say that I look for the extraordinary in my photos. I put people on pedestals, I transform them and they become performers in my dream world.

Les concepts de mes images prennent forme dans ma tête bien avant que j’appuie sur le déclencheur. Je m’inspire de tout ce qui se passe autour de moi, la musique, les conversations, les livres ou tout simplement les gens que je côtoie. Souvent je me mets à rêver, et ce que je perçois prend vie et m’inspire de nouvelles idées et directions. Le monde se construit autour de mes états d’âmes, mes pensées, mes idées et se reflète dans mes photos, En somme, on peut dire que je recherche l’extraordinaire au travers de mon travail. Je mets les gens sur une scène et ils deviennent les acteurs de mes rêves éveillés.

www.lotta-van-droom.com










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Keith Taylor Otherworld

«Otherworld» uses photographs taken in the upper Midwest of the United States to render possible models of the Earth-like planets currently being sought by NASA’s Kepler mission, and it also references the mythologies of many cultures that establish a land that is home to spiritual beings or the dead. These mythical other worlds of hope or doom often share characteristics with our familiar earthly landscapes, and I am using photographs of real places to suggest realms that may or may not exist. My preliminary images use barren terrains to suggest the earthlike landscapes photographed by rovers and other missions in space. As an immigrant, the landscapes of the upper Midwest continue to surprise me. This adds a personal layer to my depictions of territories that appear familiar yet remain unknowable.

La série Otherworld est composée de photos prises dans le Midwest américain, et s’éfforcent de présenter des modelés de planètes similaires à la Terre, comme celles recherchées en ce moment par la mission Kepler de la NASA. Elle fait aussi référence à la mythologie de plusieurs cultures qui voient cette terre comme le pays des morts. Ces autres mondes, mondes d’espoir ou de terreur partagent souvent certaines caractéristiques avec nos paysages familiers, et j’utilise ces images afin de suggérer des domaines qui existent, ou non. Ces images furent prises dans des terrains désertiques, qui pourraient ressembler aux paysages photographiés par des missions spatiales. En tant qu’immigrant, cette région du Midwest n’a de cesse de me surprendre, ce qui ajoute une perspective humaine et personnelle à cette vision de terres qui semblent à la fois familières et incompréhensibles.

www.keithtaylorphoto.com











Bree Lamb

6 5 A House, a Home

In the series «A House, A Home», I isolate ubiquitous household objects as a way to begin to investigate traditions of domestic American life. My observations are rooted in my own personal indulgences, expectations, and questions, as well as how I see myself existing within this larger system. I’m interested in revealing some of the complex layers of this shared cultural vernacular through pairing the familiar with the unexpected and creating anticipation that is never quite resolved. The interventions and style of capture re-contextualize the objects as a way to challenge traditional domesticity and to pose questions about convention, consumption, and convenience as staples of American popular culture.

Dans cette série, j’isole des objets que l’on trouve partout dans nos foyers afin d’enquêter sur les traditions domestiques en Amérique. Mes observations trouvent leurs origines dans mes propres indulgences, mes désirs et mes questionnements, ainsi que dans la vision que j’ai de moi-même vivant dans un contexte plus large. J’essaie de mettre au jour une partie de ces complexes couches de culture vernaculaire en peignant le familier aux teintes de l’inattendu, créant un besoin qui n’est jamais vraiment satisfait. Ces interventions et le style utilisé re-contextualisent ces objets, me forçant à analyser le concept de domesticité traditionnelle et de questionner les principes de convention sociale, de consumérisme et de commodité en Amérique.

www.breelamb.com












Are you, do you know, a poor rectangular photographer who would like to try their hands at the square format and be published in the magazine? If so, the Square Residencies programme is just what you need. It is free, it lasts three to six months and is open to all, regardless of age, gender or nationality (or photographic gear). Here’s what you need to do: Gather some of your work and some info about yourself. Put together a proposal, highlighting your visual project and why you think the square format would fit. Email the lot to editor@squaremag.org What you’ll get: Ongoing assessment and feedback on your project from members of the Square Magazine team (via email, phone and Skype). Academic help if needed (for instance art history and contextual studies). A slot in the magazine at the end of the residency. Promotion of the project via social networks and the magazine’s website.


Van De Camp 7 7 Patricia Portraits in fragments “With portraits it is about recognizing the people that are portrayed. Or rather, the faces of those people. The series “Portraits in fragments” is about the process of this recognition. The ‘scanning’ of the faces. Seeing a nose, eyes, mouth, all those features that make a person. In doing this scanning you see different forms, detached from the face they can interact in peculiar ways. How far can one go and still recognise the person on the portrait?“ Marc Heesterbeek

« Le but du portrait est de pouvoir reconnaître les personnes photographiées. Ou plutôt leurs visages. La série « Portraits in fragments » s’interroge sur le processus de reconnaissance. Sur la façon dont nous avons de « scanner » les visages. Nous voyons un nez, des yeux, une bouche, tous ces éléments qui forment une personne. Quand nous « scannons », nous voyons des formes différentes, détachées du visage avec lequel elles interagissent de manière imprévisible. A quel point un portrait n’en est plus un ? » Marc Heesterbeek

www.patriciavandecamp.nl











Alan Marcheselli

8 7 Get out of my head

I’m just kidding, that’s the first thing I want to say about this portfolio, it’s nothing more than a joke to keep me busy during my sleepless nights and sometimes boring days. My son and I are waiting with fear for the new Star Wars movie (we do not like Disney’s new direction), in the evening we have long walks with our dog and our topic is always this movie, therefore I started this portfolio which is, I think, my 6th about star wars. As I said before, it’s a joke, a mix of watercolour layers shot with paper models of famous star wars ships.

Je m’amuse. C’est la première chose que je voudrais dire à propos de cette série. Elle n’est rien de plus qu’une blague qui m’aide à tolérer mes nuits d’insomnie et mes journées où je m’ennuie. Mon garçon et moi attendons avec appréhension le nouveau Star Wars (nous n’aimons pas trop la direction prise par les studios Disney). Le soir nous partons faire de longues promenades avec le chien et ce sujet revient toujours sur le tapis. C’est pourquoi j’ai commencé cette série, qui est, je crois, la sixième que je fais sur le thème de Star Wars. Ces images sont un mélange de couches d’aquarelles et de modèles réduits en papier.

www.alanmarcheselli.com











Soledad Manrique

9 7 Militantes

When I was 18, in 2001, a huge social and economic crisis broke out, what we call the Argentinazo. The people went out in the streets, blocked roads and the president escaped by helicopter. Everything changed and we never went back to being the same. At that time I discovered by chance that the picture I remembered from my childhood, was a very famous painting: Sin pan y sin trabajo (Without bread or work) of Ernesto de la Cárcova. That’s when I began to take photographs. Photos of my family, my friends, roadblocks, demonstrations. All mixed. In 2006 I returned to activism. This time in the Partido Obrero, left party. Trotskyism and revolution. I take pictures with the hope to catch the movement in all of its forms. Alive, concrete and unstoppable.

A l’âge de 18 ans, en 2001, une crise sociale et économique éclata, que nous appelons Argentinazo. Les foules envahirent et bloquèrent les rues, et le président dut s’échapper par hélicoptère. Tout changea et nous ne sommes pas revenus en arrière. Au même moment, je découvrais qu’une image que j’avais vue enfant et dont je me souvenais était en fait une peinture très célèbre d’Ernesto de la Cárcova, intitulée « Sin pan y y sin trabajo » ( « Sans pain ni travail » ). C’est à ce moment-là que j’ai commencé la photographie. Avec des clichés de ma famille, de mes amis, des images de barricades, de manifestations. En 2006, je redevins une activiste, cette fois-ci avec le parti de gauche Partido Obrero. Trotskisme et révolution. Je prends des photos en espérant pouvoir capturer ce mouvement dans toutes ses formes. Vivant, concret et irrésistible.

cargocollective.com/soledadmanrique










Rédacteur en chef : Christophe Dillinger Direction artistique : Yves Bigot Relecture : Gwenaël Skeudenner & Demir Sideronymus Berisha Layout: Alice Milner

contribute@squaremag.org We are always on the lookout for new talents. If you wish your work to be considered for publication, please send us a coherent series of 10 images maximum, 1000x1000@72dpi, plus a short introductory text. Nous sommes toujours à la recherche de nouveaux talents. Si vous voulez nous présenter vos travaux, envoyez-nous une série cohérente de 10 images maximum, 1000x1000@72dpi, avec un court texte explicatif.

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