Page 1

MAGAZINE-704

Ernie Button--Todd Bradley--Janez Vlachy--Urizen Freaza--Sarah Abramson--Pierre Pellegrini--Jean Fabien--Sandrine Hermand Grisel--Charlotte Zobel--Leander Varekamp


Daniel

704

Ernie Button Todd Bradley Janez Vlachy Urizen Freaza Sarah Abramson Pierre Pellegrini Jean Fabien Sandrine Hermand Grisel Charlotte Zobel Leander Varekamp

04 12 21 32 44 52 62 71 80 89

The images published in this magazine are copyrighted to their respective creators.


Editorial

Times, they are a changin’ This could be the last issue of Square Magazine produced in Great Britain. Because of Brexit, I am off back to France, in a property in the Creuse region, right in the middle of nowhere. There is scope in this new place for a Square gallery and Square photography workshops (it’s a dream I’ve been having for a while now, a gallery fit for the marvellous collection made of artists donations we’ve been building over the years). I am also thinking of developing the residency project we’ve been doing for a few years now, and try and find a way to invite artists over for some square creativity. So, watch this space :)

Ceci pourrait bien être le dernier numéro produit en Grande Bretagne. Le Brexit me pousse à me rapatrier en France, dans un coin paumé de la Creuse. La nouvelle maison est assez grande pour réaliser des stages photo (carrée) et aussi une galerie (carrée elle aussi, forcement) : c’est un rêve que j’ai depuis longtemps. Depuis quelques années les artistes nous donnent des oeuvres et nous souhaitons les exposer, pour qu’un grand nombre de personnes les voient. Je suis en train de voir aussi pour que le projet de résidences d’artistes puisse se faire in situ. Je vous tiendrai informé dans un futur proche.

Christophe Dillinger, December 2016.


Ernie Button

0 4 The Vanishing Spirits phenomenon Whisky is a time-honored drink, finely-crafted and enjoyed for centuries. I am a fan of observing my world and the things that are happening around me; noticing the smaller details that may be ignored or overlooked. The idea for this project occurred while putting a used Scotch glass into the dishwasher. I noted a film on the bottom of a glass and when I inspected closer, I noted these fine, lacy lines filling the bottom. What I found through some experimentation is that these patterns and images that are seen can be created with the small amount of Single-Malt Scotch whisky left in a glass after most of it has been consumed. The alcohol dries and leaves the sediment in various patterns. It’s a little like snowflakes in that every time the Scotch dries, the glass yields slightly different patterns and results. Different color lights have been used to illuminate the bottom of the glass, creating the illusion of landscape, terrestrial or extraterrestrial. Some of the images reference the celestial, as if the image was taken of space; something that the Hubble telescope may have taken.

Le whisky est une boisson traditionnelle, finement élaboré et apprécié depuis des siècles. J’aime observer le monde et ce qui se passe autour de moi, notant les petits détails qui sont parfois ignorés ou négligés. L’idée de ce projet m’est venue en mettant un verre de Scotch vide dans le lavevaisselle. J’ai positionné un film sur le fond du verre et quand je l’ai inspecté plus près, j’ai vu de fines lignes de dentelle. Je me suis rendu compte, après quelques essais, que ces images et traces provenaient d’une petite quantité de Single-Malt Scotch whisky. L’alcool sèche et laisse des sédiments. C’est un peu comme des flocons de neige: il n’y a pas deux effets qui se ressemblent. Des spots de couleurs différentes ont été utilisés pour éclairer le fond du verre, créant l’illusion de paysages terrestres ou inconnus. Certaines images font référence au céleste, comme si elle avait été prises depuis l’espace, comme avec le télescope Hubble.

www.erniebutton.com


Todd Bradley

1 2 Fables immobiles

Todd Bradley is a contemporary photographer currently residing in San Diego, and Palm Springs California. His work concentrates on nature, and urban decay, and often has quirkiness to them. Todd’s photographs focus on the detailed features, showing new perspectives to ordinary objects by demonstrating the importance of that item in still time.

Todd Bradley est un photographe contemporain résidant actuellement à San Diego et à Palm Springs, en Californie. Son travail se concentre sur la nature et la décomposition urbaine, et peut souvent sembler étrange. Les photographies de Todd se focalisent sur les caractéristiques détaillées d’objets ordinaires, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives visuelles et en démontrant leur importance dans le moment présent.

www.toddbradleyphotography.com


Janez Vlachy

2 1 Dangling Conversation

I stop interesting faces on the street, ask them to come to my studio... and some actually do. If the person is enthusiastic, there can be great energy and a real inspiration in the session. We usually start with a coffee downtown first to define the concept. Anything goes, you can do anything you want -it is a hard choice. Sometimes a hair dresser helps me, styling is what a model has or can borrow from friends. We want to make things simple, or we try to add something that doesn’t belong. The most important is the person’s character, the inner peace. It’s a very intuitive process, full of improvisation. I want to show that small movement that we usually miss in real life; stuff that I have in mind when I’m daydreaming, it never works out with a professional model.

J’aborde des gens aux visages intéressants dans la rue, je leur demande de venir dans mon studio... et parfois ils le font. Si la personne est enthousiaste, il peut y avoir une grande énergie et une véritable inspiration pendant la session. Nous commençons généralement par un café au centre-ville, pour définir le concept. Tout est permis, vous pouvez faire ce que vous voulez – et c’est déjà un choix difficile. Parfois, un coiffeur vient m’aider, le style c’est ce que l’on a sous la main ou ce que l’on peut emprunter à des amis. Ils veulent rendre les choses simples, ou ils essaient d’ajouter quelque chose qui jure. Le plus important c’est le caractère de la personne, leur paix intérieure. C’est un processus très intuitif, plein d’improvisation. Je veux montrer ce petit mouvement que nous manquons habituellement dans la vraie vie; ces choses que j’ai à l’esprit quand il vagabonde. Ça ne marche jamais vraiment avec des modèles professionnels ceci dit.

www.vlachy.com


Urizen Freaza

324 Layers

To say that an image consists of many layers sounds obvious. But fact is that instant photography has an extra layer: the physical one. Even more than film, Polaroid shots are objects that you can hold. When you see a Polaroid image, you know the photographer, and most likely everyone appearing on it, touched it. They passed it around and looked at it and reacted to it. Right there, as part of the process. It’s a fetish in the animistic sense of the word. The power of instant photography lays in the delivery of a full object where all layers are crushed together: the subject photographed, the emotional state and associations of the photographer when setting that framing, the light hitting on its sensitive surface, the chemical layers crystalizing and reacting to conform the image, the emotional state and emotional baggage of the viewer... All together crushed into one entity, that is so true, so real that you’re actually holding it. The goal would be to blend all those realities, to intervene all of those layers at the same time and as much as possible, to describe the truth.

Dire qu’une image se compose de plusieurs couches semble évident. Mais le fait est que la photographie instantanée a une strate supplémentaire: la strate physique. Encore plus que les images argentiques, les clichés Polaroid sont des objets que l’on peut tenir entre ses doigts. Lorsque vous voyez une image Polaroid, vous savez que le photographe, et probablement tous ceux que l’on voit sur la photo, l’ont touchée. Ils se la sont passée et l’ont regardée et y ont réagi. Ça fait partie du processus même, c’est un fétiche dans le sens animiste du mot. Le pouvoir de la photographie instantanée réside dans la restitution physique d’un objet entier où toutes les couches sont écrasées ensemble: le sujet, l’état émotionnel et les associations du photographe lors du cadrage, la lumière frappant la surface sensible, les produits chimiques qui réagissent afin de dévoiler l’image, l’état et le bagage émotionnels du spectateur... Tout ça écrasé en une entité, si vraie, si réelle que vous pouvez réellement la tenir dans votre main. Le but serait de mélanger toutes ces réalités, de faire intervenir toutes ces strates en même temps et autant que possible, pour décrire la vérité toute entière.

www.urizen.es


Vous êtes, ou vous connaissez quelqu’un qui est un pauvre photographe qui se débat avec le rectangle et qui aimerait essayer le format carré et être publié dans le magazine ? Le tout nouveau programme de résidence d’artistes peut vous aider. C’est gratuit, ça dure de 3 à 6 mois et c’est ouvert à tous, quelque soit votre âge, votre sexe ou votre nationalité. Ce qu’il nous faut : Rassemblez des extraits de vos travaux et quelques info sur vous-même. Mettez sur pied une proposition, mettant en lumière votre projet visuel et les raisons pour lesquelles vous pensez que le format carré serait approprié. Envoyez le tout à editor@squaremag.org Ce que vous pouvez espérer de nous : Une évaluation et un retour sur votre projet d’un des membres de l’équipe de Square Magazine (mail, téléphone ou Skype). Une aide académique si nécessaire (par exemple en histoire de l’art ou en études contextuelles). Un article dans le magazine à la fin de la résidence. La promotion de votre travail via les réseaux sociaux et notre site web.


44

Sarah Abramson Déjà vu en general

Déjà Vu in General is a Polaroid series I have been unknowingly working on for the last decade. It started as simply a fun thing to do- a gratifying toy to play with and a way to document my friends and my life. After some years it morphed into a legitimate medium that enabled me to capture the things I needed to preserve. Several months ago I moved, which meant I had to pack up all my photo equipment compiling all the various shoeboxes and notebooks containing my Polaroids. I knew I had a lot but it took seeing them all together for me to fully comprehend that I had literally thousands of them. I was completely astonished at the sheer volume and seeing them stacked in slightly askew towers of memory atop memory was akin to seeing millions of dollar bills arranged in one of those fancy metal briefcases like in the movies. Suddenly the neurotic artist in me surfaced and I began curating them right then and there, placing the stronger ones to my left and the weaker to my right. All at once, I had a series. I took the next five months to fill in the gaps. I did several more photo shoots to ensure that some of what I wanted to show fully came to fruition and completed the body of work. Déjà Vu en Général est une série de Polaroid sur laquelle j’ai travaillée sans le savoir depuis une dizaine d’années. C’était au tout début tout simplement quelque chose de sympa à faire, sans plus. Un moyen ludique de documenter mes amis et ma vie. Après quelques années, cela s’est transformé en un moyen légitime qui m’a permis de capturer certaines choses que je voulais préserver. Il y a plusieurs mois, j’ai déménagé, et j’ai dû emballer tout mon équipement photo, et ranger toutes mes boîtes à chaussures et autres cahiers contenant mes Polaroids. Je savais que j’en avais beaucoup, mais il m’a fallu les voir tous ensemble pour que je comprenne que j’avais littéralement des milliers J’étais sidérée et en les voyant ainsi empilés en tours bringuebalantes, pareilles à ces millions de dollars dans les valises des films de gangsters. Soudain, l’artiste névrotique en moi a refait surface et j’ai commencé à les structurer, en plaçant les plus forts clichés à ma gauche et les plus faibles à ma droite. Et me voilà tout à coup avec une série. Il m’a fallu cinq mois afin de tout organiser. J’ai monté plusieurs autres séances de photos, afin de m’assurer que certaines des choses que je désirais montrer l’était de façon mature, et afin de compléter le corpus en son entier.

sarahelisephotography.com


Pierre Pellegrini

5 2 Aller sur l’Evre

Nature offers so many possibilities for compositions. The difficult thing is to choose the composition which is new in an extraordinary way. This series is an aesthetic and graphic research of nature, where everything seems to have found its right place, where the sense of order seems so well balanced and proportioned that it becomes difficult to distinguish the boundary (if there is one) where human intervention is happening. Like the choreography of a ballet or a musical composition, everything seems in harmony and gives us a deep feeling of peace and quietness. The order and the balance of nature, mixed with the imperfection and the unpredictability of the recording media give us the gift of a picture that grows away from reality. Sometimes, I can’t even explain to myself what are the mechanisms I use to choose one subject over than another. I feel that I have to stop to immortalize what my eyes see. In a first moment, this is a very personal value, where the picture is the expression of what I feel. A kind of inner landscape. A magical moment that I wish to hold in my memory and in my thoughts, but at the same time I want to share through an image.

La nature nous offre tant de possibilités de compositions. La difficulté est de choisir la composition qui est extraordinairement nouvelle. Cette série est une recherche esthétique et graphique de la nature, où tout semble avoir trouvé sa juste place, où le sens de l’ordre semble si bien équilibré et proportionné qu’il devient difficile de distinguer la limite (s’il y en a une) de l’intervention humaine. Tout comme la chorégraphie d’un ballet ou d’une composition musicale, tout semble en harmonie et nous donne une profonde sensation de paix et de tranquillité. L’ordre et l’équilibre de la nature, mêlés à l’imperfection et à l’imprévisibilité des supports photographiques, nous font le don d’un tableau qui s’éloigne de la réalité. Parfois, je ne peux même pas m’expliquer quels sont les mécanismes que j’utilise pour choisir un sujet plutot qu’un autre. Je sens que je dois m’arrêter pour immortaliser ce que mes yeux voient. Dans un premier temps, c’est la transcription d’une certaine valeur très personnelle, où l’image est l’expression de ce que je ressens. Une sorte de paysage intérieur. Un moment magique que je souhaite retenir dans ma mémoire et dans mes pensées, mais en même temps que je veux partager à travers une image.

ww.pierrepellegrini.ch


Are you, or do you know a poor rectangular photographer who would like to try their hand at the square format and be published in the magazine? If so, the Square Residencies programme is just what you need. It is free, it lasts three to six months and is open to all, regardless of age, gender or nationality (or photographic gear). Here’s what you need to do: Gather some of your work and some info about yourself. Put together a proposal, highlighting your visual project and why you think the square format would fit. Email the lot to editor@squaremag.org What you’ll get: On-going assessment and feedback on your project from members of the Square Magazine team (via email, phone and Skype). Academic help if needed (for instance art history and contextual studies). A slot in the magazine at the end of the residency. Promotion of the project via social networks and the magazine’s website.


Jean Fabien

6 2 Good morning Montreuil Un portrait “façon puzzle ” de Montreuil, dans lequel chaque détail finit par constituer une pièce de l’identité de la ville. On y découvre un univers foisonnant, où la multitude d’images nourrit une vision d’une ville riche de ses habitants. Montreuil est l’une des rares banlieues où la mixité et l’interculturalisme sont érigés en art de vivre, loin des clichés des banlieues habituels de la région parisienne. On croise des figures locales pittoresques, où le rock’n’roll côtoie la musette, le punk et le street art.

A «puzzle-like» portrait of Montreuil, in which every detail constitutes a piece of the identity of the city. This series shows an abundant universe where the multitude of images nourishes a vision of a city rich in the diversity of its inhabitants. Montreuil is one of the few places where mixing and inter-culturalism are commonplace, far from the clichés of the usual suburbs of the Paris region. We meet local picturesque figures, where rock’n’roll cohabits with accordion ditties, punk and street art.

medium.com


Hermand Grisel 7 1 Sandrine Sea sketches Since I was a little girl my parents insisted that my brother and I accompany them almost every weekend to visit an exhibition, a museum or an historic house. What was excruciating at first slowly became a real pleasure. Thanks to them, I had the privilege to see incredible exhibitions both in Paris and London where I grew up. Depending on my age and moods at the time, I favoured a particular century, art movement or painter. It was love at first sight when I discovered Wanderer above the Sea of Fog by Caspar David Friedrich. In the foreground, a young man stands upon a rocky precipice with his back to the viewer. He overlooks a landscape covered in a thick sea of fog. I was overwhelmed by the beauty of nature, the subtle colours and the calmness and yet also the movement that came from the wind. I perceived the character as content and in harmony with nature and I wondered if one day I would find my perfect place... and many years later, I did. On the west coast of Florida lies Anna Maria, a quaint barrier island nestled in the Gulf of Mexico. With the romantic painters Turner and Friedrich in mind, I captured a glimpse of Ana Maria, its light, its beaches, its movement, its unleashed elements. Quand j’étais petite, mes parents insistaient pour que mon frère et moi les accompagnions presque chaque week-end pour visiter une exposition, un musée ou une demeure historique. Ce qui était pénible au début est devenu, lentement mais sûrement, un véritable plaisir. Grâce à eux, j’ai donc eu le privilège de voir des expositions incroyables à Paris et à Londres où j’ai grandi. Au fils du temps, de ma maturité, ou tout simplement de mes humeurs, j’ai eu la chance de découvrir et d’apprécier une multitude de mouvements artistiques, de techniques, d’artistes... Ce fut le coup de foudre quand je découvris Wanderer above the Sea of Fog de Caspar David Friedrich. Au premier plan, un jeune homme se tient debout au bord d’un precipice et tourne le dos au spectateur, dominant un paysage couvert d’une épaisse mer de brouillard. Je fus bouleversée par la beauté de la nature, les couleurs subtiles, le calme et le mouvement du vent. J’ai perçu ce jeune homme comme étant heureux et en totale harmonie avec la nature et me suis demandée si un jour je trouverais, moi aussi, mon petit coin de paradis... et beaucoup d’années plus tard, je l’ai trouvé. Sur la côte ouest de la Floride se trouve Anna Maria, une île pittoresque nichée dans le golfe du Mexique. Avec les peintres romantiques Turner et Friedrich présents à l’esprit, j’ai souhaité peindre moi aussi mon petit paradis, Anna Maria, avec sa lumière, ses plages et ses éléments déchaînés.

www.hermandgrisel.com


Zobel 8 0 Charlotte Dans mon silence Il y a dans ce travail une tentative de fissurer un bloc, de retrouver le mouvement, de réinventer un espace, face à l’écrasante évidence de la perte de ma soeur. On se heurte à la mort, on piétine, impuissant et on se cogne contre ce quelque chose qui ne cesse de résister. Alors, il faudrait pleurer. Mais on s’enfonce vers le silence. Il faut échapper à l’envie du vide et accepter de perdre ce qui a été perdu. Cette période revient sous forme d’images fixes qui ont gardé les traces du renoncement, des doutes et des contradictions. La vie dans son désordre donne un récit marqué par une narration poétique des souvenirs de sa maladie ponctués par les sensations de notre relation. Je me suis attaché à garder une douceur et une pudeur, loin des clichés habituels, ou l’absence s’inscrit en creux dans la série, ou la violence tumultueuse du deuil et le chaos intérieur rejaillit.

There is in this work an attempt to split a block, to regain movement, to reinvent a space, in the face of the overwhelming evidence of the loss of my sister. We meet death, we trample about, helpless, and we bump against this something that never stops resisting. We should cry, but instead we sink into silence. One has to escape the desire for emptiness and just accept to lose what has been lost. This period comes back in the form of still images which have kept the traces of renunciation, doubts and contradictions. Life in its disorder proposes a narrative marked by poetic memories of her illness, all the while punctuated by the sensations of our relationship. I have endeavoured to keep a certain softness and modesty in these images. It’s a series where absence is inscribed deep, where the tumultuous violence of mourning and the inner chaos rears its head again.

www.charlottezobel.com


Varekamp 8 9 Leander Netherlands Photography is for me surprise and wonder. I often think first in my head what I want to do, and if it does comes together in a photo, it’s fantastic. I imagine, I make contact, I process and lo and behold it’s what I wanted it to be. That mechanism comes together in my contact with people and with their own environment. I use my camera as an interview tool, searching for the inner personality of the people I portray. My approach is often simple. I use few resources. I look for facial expressions and body posture that reflects best the encounter interaction for me. As a photographer, I look at the context in which I want to make the portrait, a context that will strengthen the shot. I’m looking at what emotions I can reflect. Quite often, the shot is not about the person in front of the lens but rather who I am as a photographer.

La photographie pour moi équivaut à surprise et merveille. Je pense souvent d’abord à ce que je veux faire, et si cela forme une photo réussie à la fin, c’est fantastique. J’imagine, j’entre en contact, je procède et ce qui est produit c’est ce que j’avais imaginé. Ce mécanisme se retrouve dans mon contact avec les gens et leur environnement. J’utilise mon appareil photo comme un outil d’entrevue, à la recherche de la personnalité intérieure des gens que je dépeins. Mon approche est souvent simple. J’utilise peu de ressources. Je cherche des expressions faciales et une posture corporelle qui reflète le mieux l’interaction entre le sujet et moi-même. En tant que photographe, je réfléchie au contexte du portrait, un contexte qui va renforcer l’image. Je considère quelles émotions réfléchir. Très souvent, le cliché n’est pas à propos de la personne qui se trouve devant l’objectif, mais plutôt à propos de qui je suis en tant que photographe.

www.leanderfotografie.com


Rédacteur en chef : Christophe Dillinger Direction artistique : Yves Bigot Relecture : Gwenael le Pennec Layout: Alice Milner

contribute@squaremag.org We are always on the lookout for new talents. If you wish your work to be considered for publication, please send us a coherent series of 10 images maximum, 1000x1000@72dpi, plus a short intoductory text. Nous sommes toujours à la recherche de nouveaux talents. Si vous voulez nous présenter vos travaux, envoyez-nous une série cohérente de 10 images maximum, 1000x1000@72 dpi, avec un court texte explicatif.

www.squaremag.org

704-JAN 17

Square Magazine is published by squaremag (uk).cic, registered at Companies House, Cardiff, UK, number 8933748. This is a non profit, Community Interest Ccompany.

Profile for Yves  Bigot

Square Magazine issue 704  

Featuring work by Ernie Button--Todd Bradley--Janez Vlachy--Urizen Freaza--Sarah Abramson--Pierre Pellegrini--Jean Fabien--Sandrine Hermand...

Square Magazine issue 704  

Featuring work by Ernie Button--Todd Bradley--Janez Vlachy--Urizen Freaza--Sarah Abramson--Pierre Pellegrini--Jean Fabien--Sandrine Hermand...

Advertisement