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Design Thinking

en architecture

Une fenêt re sur l ’apprentissag e Sébastien Billiet Mémoire de fin d’année 2016-2017, sous la direction de Mme. Geneviève Martin Faculté d’Architecture Lacambre Horta, ULB


Design Thinking en architecture

Une fenêt re sur l ’apprentissag e


Design Thinking en architecture

Une fenêt re sur l ’apprentissag e

Sébastien Billiet

Mémoire de fin d’année 2016-2017, sous la direction de Mme. Geneviève Martin Faculté d’Architecture Lacambre Horta, ULB


REMERCIEMENTS J’aimerais tout d’abord remercier ma promotrice, Geneviève Martin, pour son enthousiasme et sa confiance, mais aussi pour toutes ses suggestions et ses commentaires qui m’ont permis de réaliser ce mémoire. Nos rencontres ont toujours été une source d’inspiration et d’énergie. J’aimerais également remercier la famille Leytens de m’avoir accueilli et soutenu tout le long de l’écriture de ce mémoire. Un grand merci à Alexandre, François, Natacha, Sylvie et Phuc pour vos relectures ainsi que vos encouragements et vos conseils, mais surtout pour m’avoir soutenu dans les périodes les plus sombres de ce travail. Je suis reconnaissant envers toutes les personnes qui ont répondu avec sincérité à mon questionnaire, me permettant de récolter des informations précieuses. Merci à ma famille pour leur support et leur soutien durant toutes ces années d’études, surtout lors des moments les plus difficiles. Pour finir, j’aimerais aussi rendre hommage à Madame Christel Van Bourgogne (1976-2003) sans qui je n’aurais pas poursuivi des études d’architecture. vi


AVANT-PROPOS Avant de débuter ce mémoire, j’aimerais vous faire part d’une anecdote qui est à l’origine de ce travail. Il y a de cela cinq ans, j’ai débuté mes études à la faculté d’architecture Lacambre Horta. À l’époque, je ne pouvais pas croire qu’un jour je serais aussi proche du diplôme qu’aujourd’hui. Mais ne vendons pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué car il reste, effectivement, encore une étape importante avant son obtention. Je parle bien sûr du mémoire de fin d’année. Ainsi, comme beaucoup d’autres collègues, cette étape me semble complexe. Ceci, non pas parce qu’elle nous empêche d’acquérir le diplôme, mais bel et bien parce qu’elle nous offre la chance d’explorer un sujet qui est susceptible de nous servir dans la vie active. La tâche n’est cependant pas plus simple, il s’en suit un long questionnement sur le thème et les raisons qui nous motivent à aborder tel ou tel sujet. Comme beaucoup d’autres de mes camarades, je ne suis pas certain de vouloir devenir architecte. Même si au bout de cinq ans d’études, j’ai pu peser le pour et le contre, faire le tour de la question plusieurs fois, la réponse reste cependant très vague. Le semestre passé, l’atelier d’art, paysage et architecture (APA), sous la direction de Patrice Nericks, a permis aux étudiants en dernière année de se questionner sur le type d’architecte qu’ils aspiraient à devenir. C’est sous la forme d’un manifeste intitulé « voyage à LacambreHorta : un manifeste rétroactif d’un étudiant en architecture » que j’ai pu pour la première fois résumer mon parcours estudiantin. Cet exercice m’a permis d’élaborer une esquisse de ce qui me semblait être la formation d’architecte. Ma question était simple : si je ne deviens pas architecte, quelles sont les outils qui m’ont été offerte par cette formation et comment peuvent-ils me servir par la suite ? Il me fallait dans un premier temps analyser la profession, en second lieu comparer ces résultats avec la formation, pour enfin en déduire les outils qui m’ont été enseignés pour devenir architecte. De cette constatation, il me serait alors possible d’apercevoir quelles compétences peuvent m’être utiles dans d’autres professions. Ce qui m’avait alors frappé durant la rédaction, c’était la difficulté à relier les études à la profession d’architecte. C’est durant nos stages dans des bureaux d’architecture que nombreux d’entre nous ont pris conscience que nous n’étions pas réellement formés à la profession. Ce constat confirme non seulement l’idée d’incertitude qui plane sur bon nombre d’étudiants à vouloir devenir architecte, mais aussi l’utilité de partir à la recherche de ces outils indispensables qu’offre la formation. La question évolue donc comme suit : à quoi les études d’architecture nous forment-elles réellement, si ce n’est pas au métier à proprement parler ? L’intention du manifeste s’est transformé d’une part, en une envie de rassurer les personnes qui entament les études d’architecture ou qui en sortent, et d’autre part, en une sorte d’outil permettant aux futurs diplômés de mieux appréhender la suite de leur formation. Le manifeste m’a donc permis d’élaborer une ébauche sur l’apprentissage de l’architecture. Selon mon expérience, il se pourrait que les études nous forment principalement à une pensée, c’est-à-dire une manière de questionner les choses, qui serait propre à chacun. Le projet d’architecture serait alors, selon moi, l’endroit où ce raisonnement est stimulé et perfectionné au fil des années. La clé de lecture de la formation de la pensée serait la prise de décision durant l’élaboration d’un projet. L’apprentissage et la perfection de ce processus complexe, qui prend en compte différentes situations, comprenant divers vii


paramètres et intervenants, serait l’atout principal d’un architecte. L’ensemble de ces décisions constitue une manière de pensée basée sur des principes de conviction propres à chacun. Ainsi, l’entraînement assidu de cette compétence à la réflexion pourrait former les étudiants à une certaine adaptabilité pour la suite de leur parcours. Cette hypothèse pourrait démontrer pourquoi les études ne nous forment pas nécessairement au métier à proprement parler, mais se concentrent principalement sur la formation de la pensée qui, par la suite, offre à ses futurs étudiants la capacité de s’adapter à des situations plus complexes. J’aimerais donc profiter du mémoire de fin d’année pour prolonger ce raisonnement personnel sur la formation de l’architecture, ceci sous un angle plus scientifique et j’espère, ainsi, découvrir si ce que j’avance pourrait s’avérer vrai.

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SOMMAIRE AVANT-PROPOS...............................................................................vii INTRODUCTION................................................................................ 1 PARTIE I : L’ANGLE DE VUE ...........................................................5 L’évolution des écoles d’architecture............................................. 5 Constatations....................................................................................... 7 L’apparition du terme « design ».....................................................8

Résumé............................................................................................... 10

PARTIE II : DESIGN PROCESS.......................................................11 Définition des termes « design » et « process »............................ 11 Le design process et l’achitecture..................................................12

Le design comme troisième culture .............................................13 Design process : Analyse, Synthèse, Évaluation.........................15 Le générateur primaire................................................................... 18 Un modèle de la problématique...................................................20 Résumé............................................................................................... 25

PARTIE III : DESIGN THINKING..................................................26 Les théories de la pensée................................................................ 26 La pensée-solution................................................................................... 28

La pensée des architectes ............................................................... 29

Le processus créatif...........................................................................31 L’apprentissage par l’échec............................................................34 Les guides de processus................................................................... 35

Résumé............................................................................................... 37

PARTIE IV : DESIGN KNOWLEDGE.............................................39 Les types de représentation graphique ...................................... 39 Dialogue avec le dessin....................................................................44 D’autres moyens d’expression .....................................................46 Le fonctionnement du réservoir de connaissances...................48 Le contenu du réservoir de connaissances.................................49

Le processus d’apprentissage .........................................................51 Résumé............................................................................................... 55

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PARTIE V : UNE FENÊTRE SUR L’APPRENTISSAGE.............57 L’interprétation du questionnaire................................................ 57 La motivation intrinsèque et l’apprentissage............................. 63 Limites de la recherche et futurs développements...................66 Synthèse et conclusion.................................................................... 67

ÉPILOGUE.......................................................................................... 71 BIBLIOGRAPHIE...............................................................................73 ICONOGRAPHIE...............................................................................79 ANNEXES............................................................................................83

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INTRODUCTION D’après une enquête menée par l’Ordre des Architectes de Belgique, il aurait un monde de différences entre la formation et la profession des architectes. Suivant les sondages, beaucoup de jeunes diplômés ainsi que des maîtres architectes estiment que l’éducation propagerait une vison erronée de la profession.1 Il existerait aujourd’hui un décalage entre ce qui est enseigné à l’école et la réalité du terrain. Ainsi, la plupart des jeunes diplômés ont le sentiment d’être mal préparés à l’exercice de la profession. Les maîtres architectes confirment ce phénomène ; d’après eux les jeunes architectes manqueraient de rigueur et de réalisme.2 Par ailleurs, notons qu’un nombre non négligeable des architectes diplômés décident de ne pas exercer la profession, certains s’y résolvent à la fin de leurs études tandis que d’autres attendent la fin de la période de stage. 3 L’objet de ce travail de fin d’étude est de s’interroger sur les compétences acquises par l’étudiant durant sa formation. Qu’elles soient génériques ou spécifiques au métier d’architecte, ces compétences sont-elles utiles à l’étudiant, quel que soit son orientation professionnelle ? Il est difficile de croire qu’après cinq ans d’études un étudiant semble ne rien avoir appris d’utile. De plus, le changement de professions ne devrait pas être vu comme un abandon des outils acquis à l’école. Au contraire, nous pouvons supposer que la formation contient des éléments indispensables qui peuvent servir dans différents domaines. Une des hypothèses serait que la formation d’architecture permettrait aux étudiants de développer une certaine méthode de pensée. Il est donc intéressant de partir à la recherche de ces éléments. Cependant, il est difficile de définir concrètement ce qu’un architecte apprend ou fait. En général, quand on demande à quelqu’un de définir ce que fait un architecte, il répond souvent qu’il s’agit d’une personne qui dessine des plans, qui sait comment construire ou encore que c’est quelqu’un qui fait des bâtiments, etc. Quand on analyse de plus près la définition de l’Ordre des Architecte, le constat est similaire :

1. L’ORDRE DES ARCHITECTES, l’Architecture n’est plus une sinécure, [en ligne], http:// www.ordredesarchitectes.be/ files/7113/9030/2018/Larchitecture_ nest_plus_une_sinecure.pdf, (consulté le 3/07/17) 2. ibidem 3. HAVELANGE, Nathalie, Diplômé Architecte et après ? évolution du statut de l’architecte, de l’exercice de la profession et du contexte belge dans lequel il s’inscrit. Mémoire de Master en Architecture sous la direction de Mme Geneviève Martin, Faculté d’architecture La Cambre Horta de L’université libre de Bruxelles, 2016, pg.38 4. L’ORDRE DES ARCHITECTES, Que fait l’architecte ?, [en ligne], http://www. ordredesarchitectes.be/fr-be/unarchitecte-pour-mon-projet/qui, (consulté le 3/07/2017)

« L’architecte : un concepteur et vérificateur. Avant de concevoir un projet, l’architecte identifie le plus précisément possible vos besoins. Dès vos premières réflexions, l’architecte peut vous aiguiller sur le choix du terrain, la conception, les démarches administratives, les appels d’offres, etc. L’architecte deviendra votre guide et votre conseiller pour donner vie à votre projet. Votre architecte est responsable de la conception (établissement des plans de votre projet) et du contrôle de l’exécution des travaux (réalisés par l’entrepreneur) »4 Cette définition du métier d’architecte est principalement axée sur ses obligations envers le client. En réalité ce sont des descriptions de ses devoirs d’architecte, mais ceci nous informe très peu sur ce qu’il fait réellement. Notons par ailleurs que dans la formation des architectes seules les phases de réflexion et d’établissement des plans sont présentes. Les démarches administratives, les appels d’offres ou bien la phase d’exécution sont des éléments peu abordés durant le cursus universitaire. Il est donc difficile pour les architectes ou pour la société de définir réellement ce qu’un architecte fait. La plupart du temps les descriptions concernent sa production mais elles n’abordent pas réellement sa méthode de travail ou son processus de réflexion. Il serait intéressant d’aborder cette problématique en trois étapes successives. Tout d’abord nous devons définir concrètement ce qu’un architecte fait. Par la suite nous analyserons si ces informations font partie du processus d’apprentissage en architecture. Enfin, nous serons en mesure d’établir une liste d’outils que possèdent l’étudiant pour poursuivre dans la vie professionnelle. 1


Ce mémoire traitera du processus d’apprentissage des architectes et plus précisément du processus de conception. Afin d’aborder concrètement ce sujet nous analyserons les recherches menées sur le design process. Ce domaine d’étude aborde précisément la manière dont les designers et les architectes fonctionnent durant leur processus de conception. Les études du design ont vu le jour aux alentours des années 1960 et connaissent aujourd’hui une réelle avancée dans les théories sur la conception. Ces recherches sont relativement jeunes et ont été développées principalement en Amérique. Globalement nous verrons comment les découvertes faites par des chercheurs comme Nigel Cross ou Bryan Lawson peuvent nous aider à définir l’apprentissage en architecture. Notons qu’ils sont eux-mêmes architectes et ont publié plusieurs ouvrages concernant la méthode de conception des designers. De manière générale ces chercheurs observent les designers durant leur pratique et se reposent sur des théories venant d’autres domaines comme la psychologie, les neurosciences et les sciences cognitives pour décrire leur processus de conception. En d’autres mots, ils analysent principalement la pensée des designers qui se forme par la pratique de la conception : ce qu’ils nomment le design thinking. Nous verrons ainsi comment la pensée des concepteurs peut constituer une bonne base pour décrire le processus d’apprentissage en l’architecture. Le mémoire sera composé de cinq parties. Dans la première partie, nous analyserons tout d’abord l’évolution des écoles d’architecture. Ceci nous permettra d’aborder les raisons historiques qui menèrent à la formation des facultés d’architecture. Ces constatations seront mises en parallèle avec l’apparition du terme design. Le lien entre les deux évènements nous permettra de définir pourquoi les recherches sur le design constituent un angle de vue intéressant pour aborder notre problématique. La deuxième partie sera consacrée au design process. La plupart de ces études sont publiées en anglais et sont de ce fait peu abordées en français. Par conséquent, il serait intéressant de définir ce qu’on entend par « design » et « process ». Par la suite nous aborderons le processus de conception dans ses grandes lignes. Ainsi, nous auront une première description de son fonctionnement. Nous verrons qu’il s’agit principalement d’un mécanisme de la pensée. C’est pourquoi nous aborderons dans la troisième partie le design thinking. Ce terme regroupe les types de pensée développés par les concepteurs. Ainsi, nous verrons dans un premier temps quelles sont les pensées qu’utilisent les architectes. Par la suite, nous expliquerons comment elles se développent et si elles peuvent être acquises. Dans un troisième temps nous aborderons l’influence qu’ont ces mécanismes de la pensée sur le processus de conception des architectes. A partir de ce moment nous posséderons suffisamment d’informations concernant le processus de conception pour aborder le processus d’apprentissage en architecture. La quatrième partie sera donc consacrée aux types de connaissances que possèdent les architectes. Le design knowledge regroupe l’ensemble des connaissances que les designers acquièrent au fil d’années d’expériences. Nous verrons ainsi comment ces savoirs se traduisent dans la pratique de l’architecture. Ceci nous permettra d’établir des notions nécessaires pour l’apprentissage de l’architecture. Enfin, le dernier chapitre sera consacré à la mise en parallèle de l’ensemble de ses données avec certains cas de figures issus de ma propre expérience en tant qu’élève assistant et d’un questionnaire distribué aux étudiants de différentes années. Ainsi, nous verrons comment les théories du design thinking constituent une fenêtre sur l’apprentissage. Pour conclure, nous serons en mesure d’établir l’ensemble des compétences qu’offre la formation d’architecte à ses étudiants, nous pourrons dès lors définir quelles sont les notions qu’un jeune diplômé a acquises et comment celles-ci peuvent se traduire dans d’autres professions.

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Notons qu’au vu du titre de ce mémoire, « Le Design Thinking en Architecture : une fenêtre sur l’apprentissage », il en va de soit que ce travail de fin d’étude contienne quelques parallèles avec l’éducation en architecture. Cependant pour éviter toutes confusions, il serait intéressant de cadrer le point de vue à ce sujet. D’une part, il ne s’agit pas d’un travail traitant de la formation scolaire de l’architecture nous aborderons au contraire l’apprentissage de l’architecture comme un processus infini, et d’autre part, il ne s’agit pas non plus de démontrer un protocole d’apprentissage ou d’initiation à l’architecture. En réalité, ce mémoire peut être lu comme un guide permettant aux adeptes de l’architecture, que cela soit des professionnels, des étudiants ou des passionnées, de clarifier les tenants et aboutissants du processus de conception ; en d’autres mots, ce mémoire tentera de décrire le processus complexe de la création qui, par la même occasion, offrira un nouveau regard sur l’apprentissage de l’architecture.

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PARTIE I : L’ANGLE DE VUE Pour débuter ce travail, nous allons tout d’abord analyser l’évolution des écoles d’architecture. Ce voyage dans le temps nous permettra de découvrir, en premier lieu, ce qui a transformé l’éducation de l’architecture. En deuxième lieu, cela permettra d’apercevoir les caractéristiques qu’englobe la formation aujourd’hui. Le constat de cette évolution laissera place à une série de questions sur l’enseignement de l’architecture. L’idée est de trouver le lien entre la formation et la profession des architectes. C’est pourquoi la recherche se concentrera principalement sur l’apprentissage de l’architecture qui se fait, comme nous le verrons, essentiellement à travers l’atelier d’architecture. C’est donc vers des études concernant le design process que nous allons essayer de définir cet apprentissage. Ce domaine de recherches s’intéresse principalement au processus de conception des designers et des architectes. Mais avant de s’attaquer à ses tenants et aboutissants, il serait plus judicieux d’aborder l’apparition de ce champ d’études, afin d’une part de le situer dans l’histoire et, d’autre part, de comprendre l’importance que peuvent avoir ces recherches dans le domaine de l’architecture. 5. ROBINSON, Julia Williams, The forme and structure of architectural knowledge, In: The Discipline of Architecture, Minneapolis, University of Minnesota Press, 2001 pg. 61-82 6. GERBINO, Anthony, François Blondel: Architecture, Erudition, and the Scientific Revolution, Londres/ New York, Routledge, 2010, p. 41-70. 7. GERBINO Anthony, Blondel, Colbert et l’origine de l’Académie royale d’architecture, In : Architecture et théorie. L’héritage de la Renaissance (« Actes de colloques »), [En ligne] http://inha.revues. org/3394, (consulté le 12/07/2017) 8. ibidem 9. ibidem 10. Jusqu’au moyen âge le métier se transmettait directement par un maitre. Ainsi, la profession s’apprenait principalement sur chantier. Notons, cependant, qu’il fallait se former un réseau pour accéder à la profession. 11. Traduit de l’anglais ‘architectural knowledge’, PEREZ-GOMEZ, Alberto, Architecture and the crisis of modern science, Cambridge, MIT Press, 1983, p.3 12. ibidem 13. BROADBENT, Geoffrey, Architectural education. In: educating Architects, edited by Martin Peace and Maggie Toy, London, Academy Editions, 1995 14. ibidem 15. DREXLER, Arthur, The Architecture of the École des BeauxArts, Museum of Modern Art, New York, 1977, p.9-19

L’évolution des écoles d’architecture C’est dans un essai intitulé « The forme and structure of architectural knowledge » dédié à la pratique de l’architecture que Julia Williams Robinson épingle de manière chronologique l’évolution des écoles d’architecture.5 L’histoire de l’apprentissage de l’architecture connait un vrai tournant en 1671 avec la fondation de l’Académie Royale d’Architecture, sous la direction de François Blondel. (Fig.1.1) L’école offre la possibilité aux étudiants architectes de se réunir deux fois par semaine afin de suivre des cours de mathématiques et des lectures théoriques sur l’architecture.6 L’académie fut fondée à une époque où la profession était menacée autant d’un point de vue moral qu’esthétique.7 À l’époque, il était difficile de différencier entrepreneurs et architectes, ce qui laissait la place à certaines personnes de se prétendre bâtisseur. Cette pratique avait pour conséquence d’innombrables fraudes et ne garantissait plus le respect de la profession.8 L’inauguration de l’école permettrait donc d’une part, de requalifier le statut de l’architecte, et d’autre part, d’obtenir une réforme de l’architecture française d’un point de vue esthétique et stylistique.9 Cet évènement marque selon Pérez-Gomez le début d’une éducation formelle de l’architecture. Ce qui était auparavant entièrement transmis par un maître praticien10 va progressivement se transformer en une formation standardisée, composée de cours théoriques et de cours de dessins. Pour Pérez-Gomez, l’apparition des écoles d’architectures s’est fait dans l’idée d’assurer la sauvegarde du « savoir architectural ».11 Au début du XIXème siècle, la mutation des écoles va se poursuivre en France avec l’apparition de deux styles académiques différents. La première est l’Ecole Polytechnique où on voit apparaître des matières scientifiques issues de la construction.12 La deuxième apparition est l’école des Beaux-Arts, qui se situe dans le prolongement de l’Académie royale d’architecture. L’une des activités principales sera le studio d’architecture qui se trouve sur le lieu de travail du maître architecte.13 Les lectures théoriques sur les matières comme les mathématiques, l’histoire et la théorie, restent cependant enseignées à l’école.14 Une autre particularité des Beaux-Arts était la rigueur portée sur le dessin d’architecture.15 L’éducation était principalement basée sur la composition en architecture, demandant ainsi à leurs étudiants de maîtriser l’outil de dessin à la perfection. (Fig.1.2) 5


Fig.1.1 Médaille commémorative de la fondation de l’Académie royale d’architecture 1671 Fig.1.2 Pierre-Henri,Mayeux, Un palais pour l’exposition des beaux-arts. (1867) Crayon, encre de chine et aquarelle sur papier.

Ces deux courants académiques sont aujourd’hui toujours visibles ; la première encourage une démarche scientifique axée sur l’aspect technique de l’architecture, contrairement à l’autre qui favorise une approche plus artistique, mettant ainsi en avant le style architectural.16 L’apparition de l’école polytechnique marque le début de la séparation entre architecte et ingénieurs. Vers le début du XXème siècle, on voit apparaître l’école du BAUHAUS à Weimar où le studio d’architecture connaît une véritable innovation. La pratique ne s’enseigne plus dans l’office d’un maître architecte mais celui-ci va se déplacer à l’école-même et ainsi former des ateliers.17 L’école propose un cursus plus approfondi sur l’artisanat ainsi que d’autres branches artistiques comme le design, la photographie ou la danse, accompagnées de cours théoriques. Le BAUHAUS avait pour but d’assurer à des étudiants artistiquement doués une formation de créateur industriel, d’artisan d’art, de sculpteur, de peintre et d’architecte.18 L’idée principale de l’école était de former ses étudiants à la maîtrise des arts enseignés principalement par des praticiens, mélangeant ainsi la théorie à la pratique. (Fig.1.3) Ceci contrairement aux écoles de l’époque qui avaient tendance à dissocier les théoriciens des praticiens.19 L’éducation proposée par le BAUHAUS remplace petit à petit celle de l’école des Beaux-Arts.

Fig.1.3 Plan de cours du Bauhaus proposé par Walter Gropius

16. ROBINSON, Julia Williams, loc. cit. 17. ibidem 18. HERZOGENRATH, Wulf, BAUHAUS 1919-1969, Musée National d’Art Moderne, Paris, 1974, p.15 19. ibidem

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20. En Belgique on parlera de La loi du 20/02/1939 sur la protection du titre et de la profession d’architecte. Avant, le diplôme avait plus une valeur artistique ou morale, on ne devait pas posséder un diplôme pour exercer le métier. 21. HAVELANGE, Nathalie, op. cit. p.12-14 22. ibidem 23. ROBINSON, Julia Williams, loc. cit. 24. RAPOPORT, Amos, Statement for the ACSA 75th Anniversary Jubilee Issue of JAE. In: Journal of Architectural Education 40, n°2, 1987. pp. 65-67. 25. GUTMAN, Robert, Education and the World of Practice. In: Journal of Architectural Education 40, n°2, 1987. pp. 24-25. 26. CUFF, Dana, The Optional Academy. In: Journal of Architectural Education 40, n°2, 1987. pp. 13-14. 27. ELLIOT, Philip, The Sociology of the Professions, Macmillan Press, London, 1972, pp.14-57 28. Équivalent de l’Ordre des Architectes en Belgique 29. LAWSON, Bryan, How Designers Thinks, 4th edition, Architectural Press, London, 2005, p.25 30. En Belgique l’Ordre des Architecte est fondée en 1963

Cependant, Julia Williams Robinson remarque que vers le milieu du XXème siècle, l’enseignement académique va prendre le dessus sur l’apprentissage de l’architecture. Ce phénomène s’explique par la reconnaissance du titre d’architecte qui a lieu partout dans le monde vers la fin du XIXème et début du XXème siècle.20 Les évolutions technologiques encouragées par la révolution industrielle vont complexifier les méthodes de constructions. Le statut d’architecte se voit alors menacé par l’arrivée de nouveaux acteurs dans la construction, notamment les ingénieurs. Cette situation va inciter les architectes à vouloir protéger leur statut.21 Cet évènement va provoquer un grand changement dans l’éducation, puisque l’accès au statut d’architecte ne s’acquière qu’après l’obtention d’un diplôme.22 L’importance de la formation d’architecture aura pour conséquence une régularisation de son cursus, dont, de manière générale, on retrouve aujourd’hui quatre branches. La première concerne les notions d’ingénierie avec des cours de structure et de mathématiques. La deuxième, les notions d’histoire et théorie comme l’art, l’histoire, la philosophie et les sciences sociales. La troisième, des notions de communication qui sont l’atelier d’art, le dessin et l’infographie et enfin la quatrième concerne l’urbanisme qui se concentre sur la planification des villes.23 Pour Julia W. Robinson, ce mouvement de l’éducation académique vers un système de plus en plus universitaire crée une tension entre praticiens et théoriciens. D’une part, on retrouve les enseignants architectes qui transmettent leur savoir pratique à travers l’atelier d’architecture. D’autre part, il y a les enseignants académiques qui transmettent des théories sur l’architecture. Trois auteurs, Amos Rapoport, Robert Gutman et Dana Cuff, décrivent les possibles conséquences de cette dualité entre praticiens et académiciens, dans une situation qu’on pourrait décrire comme actuelle. Pour Rapoport, le système universitaire enrichit la recherche sur l’architecture et peut améliorer de ce fait l’éducation.24 Pour Gutman, l’approfondissement de la recherche diminue la pratique architecturale.25 On pourrait l’interpréter comme tel, l’augmentation des cours théoriques dans le cursus d’un architecte aurait pour effet de réduire l’efficacité de l’étudiant dans son projet d’architecture. À l’inverse, Cuff constate une diminution de l’éducation intellectuelle au profit de la pratique architecturale.26 En d’autres mots, il se pourrait que la pratique intense de l’atelier d’architecture réduise la performance des étudiants en ce qui concerne les matières théoriques.

Constatations Le premier constat que nous révèle l’histoire est que l’émergence des écoles d’architecture s’est principalement faite dans l’idée de protéger la profession des tensions socio-économiques des époques. Dans son ouvrage « The sociology of profession », Philip Elliot constate que la majorité des professions en Angleterre, telles qu’on les connait maintenant, ont été formées dans les alentours du XIème siècle.27 Bryan Lawson compare cette constatation avec l’évolution de l’Institute of British Architects (RIBA).28 Ainsi, il remarque effectivement qu’en 1791, la profession connaissait des «  Architects club ». Par la suite, ils évolueront en « Architectural Societies » et très vite, ils se transformeront en 1834 en Institute of British Architects. Cette apparition coïncide avec le processus de professionnalisation de l’époque. Ainsi, le RIBA va vouloir protéger le statut de l’architecte afin de lui donner un caractère plus élitiste, mais surtout d’acquérir un contrôle sur la profession.29 Ces évènements vont se dérouler un peu partout dans le monde.30 Une des conséquences de cette professionnalisation est la mise à distance complète entre l’architecte et la construction. Le deuxième constat que nous révèle Julie W. Robinson est que le 7


passage vers un cursus universitaire provoque une tension entre théoriciens et praticiens. Ceci pourrait s’expliquer par la multiplication de la discipline qui a lieu au courant du XXème siècle. Dans son ouvrage « L’impossible autonomie de l’architecte : sociologie de la production architecturale », Christian De Montlibert décrit qu’à cette époque, la profession évolue et englobe de nouvelles notions comme par exemple l’urbanisme ou le paysagisme,31 ce qui aurait pour effet d’agrandir le champ de connaissance des architectes. Ces deux constations expliqueraient partiellement la fracture qui existe entre la formation et la profession. Non seulement l’étudiant est mis à distance de la conception, mais se voit aussi contraint à suivre le mouvement des nouvelles technologies, alourdissant de plus en plus son cursus. Malgré cela, ces constats ne révèlent en rien la qualité de l’enseignement et n’en disent pas plus sur l’apprentissage de l’architecture. L’idée ici n’est pas de chercher comment résoudre la fracture entre la formation et la profession, ni de mettre en évidence comment elle a eu lieu, mais bel et bien de trouver ce qui pourrait les relier. De cet angle de vue, nous remarquons que la présence de l’atelier d’architecture reste l’élément principal dans l’apprentissage. L’historique des écoles nous informe surtout sur les domaines d’études qu’englobe la formation d’architectes. Cependant, elle ne nous permet pas d’analyser le contenu, ni la méthode de cet apprentissage. Pour cela, il nous faudra faire un tour dans le domaine du design Process. Les études du design se concentrent principalement sur la relation entre le projet d’architecture et l’architecte. Ces résultats nous permettrons d’établir un lien entre le projet d’architecture scolaire et le projet pratiqué dans la profession.

L’apparition du terme « design » Le design est loin d’être un phénomène nouveau, il a toujours existé et chacun de nous le pratique quotidiennement. Pour le théoricien, architecte et designer industriel Nigel Cross, planifier quelque chose dans le but de provoquer un évènement nouveau est un acte de design.31 Les phénomènes comme arranger sa chambre, organiser ses vacances et écrire un livre sont des exemples de design. D’après lui, chaque personne est capable de designer, c’est une caractéristique essentielle de l’être humain.33 Cependant, le terme « designer » n’a vu le jour que très récemment dans l’histoire et n’évoque aujourd’hui qu’une catégorie de personnes reliées à des métiers spécifiques. Avant la révolution industrielle, la plupart des objets usuels provenait de l’artisanat. Le circuit qui existait entre le concepteur, les fabricants et les consommateurs était court.34 Avec l’arrivée des machines, la distance entre le concepteur et sa création s’est agrandie. La production s’est transférée à un exécutant, un groupe de personnes ou une machine travaillant à la chaîne. Ce système de mise à distance oblige le concepteur à introduire ses dessins de conceptions en amont, afin d’enclencher une phase de recherches et de prototypage, pour, en aval, répéter l’objet en série.35 Vers le début du XXème siècle, l’évolution de ces méthodes de production va bouleverser tout le système économique. En architecture, l’apparition de nouvelles technologies complexifie de plus en plus la construction et un processus de professionnalisation s’enclenche afin de régulariser l’apprentissage et le contrôle de la profession.36 Pour le chercheur Christopher Alexander, ces évènements sont significatifs pour l’étude du design process  ; l’isolation du designer de la conception lui offre la possibilité d’être au centre de l’attention : « The artist’s self-conscious recognition of his individuality has a deep effect on the process of form-making. Each form is now seen as the work of a single man, and its success is his achievement only. »37 8

31. MONTLIBERT, Christian, L’impossible autonomie de l’architecte : sociologie de la production architecturale, Presses Universitaire, Strasbourg, 1995, p.19 32. CROSS, Nigel, Design Thinking, Berg, Oxford, 2011, p.3 33. ibidem 34. HELD, Marc, Qu’est-ce que le design ? In: Communication et langages, n°5, 1970. pp. 51-59. 35. ibidem 36. LAWSON, Bryan, op. cit., p.24 37. Citation d’ALEXANDER, Christopher, ibidem


Pour Nigel Cross, deux périodes de l’histoire moderne sont à prendre en compte concernant la relation entre le design et les sciences. Premièrement, dans les années ’20, la recherche scientifique va avant tout s’axer sur les productions des designers.38 L’esprit nouveau dominant cette époque s’oppose contre la spontanéité animale et la domination de la nature.39 Ainsi, Cross cite par exemple le Corbusier qui décrit la maison de manière objective et rationnelle : « La machine à habiter ; L’utilisation de la maison consiste en une séquence régulière de fonctions définies. La séquence régulière de ces fonctions est un phénomène de trafic. Rendre l’effort économique et rapide est la clé de la science architecturale moderne. » 40

Fig.1.4 La machine Enigma, inventée en 1919 par Arthur Scherbius et Ritter Richard

38. CROSS, Nigel, Designerly ways of knowing: design discipline versus design science. In : Design Issues, 17(3), 2001, pp. 49–55. 39. ibidem 40. CIAM (The International Congress for Modern Architecture), Analysis of the fundamental elements of the problem of “the minimum house”, 2nd Congress, Frankfurt, September 1929 41. CROSS, Nigel, loc. cit. 42. ZEITOUN, Charline, Un génie au destin brisé, In : CNRS le journal : L’héritage d’Alan Turing, Hors série, 2012, pp. 4-8 43. DELBECQ, Denis, Les prémices de l’ordinateur, ibidem, pp. 9-12 44. GEFFROY, Laurianne, Sur la piste de l’intelligence Artificielle, ibidem, pp. 13-17 45. Science numérique qui à l’aide de programme avancée basée sur des méthode de calcul d’algorithme permettent de résoudre des problèmes complexes. 46. CROSS, Nigel, loc. cit. 47. BALDWIN, James, Bucky Works: Buckminster Fuller’s Ideas for Today, Wiley, New York, 1996 48. SIMON, Herbert A, The Sciences of the Artificial, MIT Press, Cambridge, Mass, 1969 49. SIMONTON, Dean Keith, The Psychology of Creativity : A Historical Perspective, University of California, USA, 2001, pp.1-32. 50. CROSS, Nigel, loc. cit.

Cet exemple illustre la tendance du Mouvement Moderne à vouloir rationaliser la production,41 c’est-à-dire donner un sens logique aux objets qu’il conçoit. Cette envie de rationaliser sa production provoque indirectement une tendance à la rationalisation de la méthode de conception. Durant la Deuxième Guerre Mondiale, des technologies informatiques de décryptages ont été élaborées afin de pouvoir déjouer les stratégies des Allemands. On retiendra ainsi le scientifique Alan Turing pour sa contribution au décryptage de la machine Enigma42 (Fig. 1.4). Il s’agit d’un dispositif utilisé par les Nazis durant la guerre pour envoyer des messages codés. Les découvertes de Turing ont contribué à l’avancement du domaine informatique. D’ailleurs, certaines de ces théories établies en 1936 forment les prémices de l’ordinateur d’aujourd’hui. Après la guerre, Turing poursuivra ses recherches dans l’idée de donner une intelligence aux machines.43 C’est la raison pour laquelle il est considéré comme un précurseur des sciences cognitives et il se concentrera dans les années ‘50 sur l’élaboration de l’intelligence artificielle.44 La deuxième période qui marque le design process se situe donc vers les années ’60. L’émergence des nouvelles technologies comme le computational science45 et les publications concernant la Deuxième Guerre Mondiale pousse les chercheurs à développer des branches d’opérations focalisées sur le management et les techniques de prise de décision.46 Une description de Buckminster Fuller nous en révèle plus sur l’atmosphère de l’époque. Selon lui, seules les sciences basées sur la technologie et le rationalisme peuvent surpasser les problèmes de l’homme et de son environnement, contrairement à la politique et l’économie qui seraient, d’après lui, inefficaces.47 C’est dans ce climat que le livre d’Herbert Simon intitulé « The Science of the Artificial » paru en 1969, dans lequel l’auteur tente de rationaliser de manière scientifique les créations de l’homme, voit le jour.48 Cet ouvrage va inciter un bon nombre de chercheurs à définir une méthode de conception rationnelle (design methods). Le processus de création des designers est donc au centre de tous les débats. Pour revenir aux années ’50, on remarque l’émergence d’un nouveau domaine d’étude qui est la psychologie cognitive. Ce domaine de recherches va s’allier avec d’autres disciplines comme la neuroscience et l’informatique pour former ce qu’on appelle les sciences cognitives.49 Une des branches dans laquelle ces études sont le plus actif est le développement de l’intelligence artificielle basé sur les recherches préalables d’Alan Turing. Les découvertes faites dans les sciences cognitives vont permettre aux chercheurs du design process de mieux appréhender le processus de conception. Il s’agit donc principalement de comprendre ce que le designer a en tête lors de la création. L’idée principale du domaine du design était de développer une méthode rationnelle pour la conception. Cependant, ces tentatives n’ont pas marché. Aujourd’hui, les chercheurs comme Nigel Cross ou Bryan Lawson auraient plutôt tendance à vouloir décrire le processus pour permettre aux designers de mieux appréhender la conception. C’est pourquoi il ne s’agit pas d’un domaine scientifique, ni d’une section artistique.50 Les résultats du design process servent principalement dans des domaines comme l’ingénierie, le design industriel, 9


ainsi que l’architecture.51 Ces recherches offrent non seulement une meilleure compréhension du processus de création, mais permettent aussi d’améliorer et de concevoir des technologies d’aide à la conception, comme par exemple les logiciels de Computer Aided Design (CAD). Enfin, l’étude du processus de conception a permis de définir la notion de « design thinking »,52 qui est la pensée utilisée par les designers. La compréhension du fonctionnement de cette pensée dite « créative » permet l’élaboration de tactiques d’entraînement de la créativité. L’un des exemples les plus connus est le brainstorming,53 qui consiste à étaler des idées en groupes dans le but de faire émerger collectivement un concept créatif. Nous aborderons plus en détails par la suite le fonctionnement de cette pensée.

Résumé Maintenant que nous avons abordé l’apparition du terme « design  », nous pouvons établir quelques connections avec l’évolution des écoles d’architecture. Tout d’abord, nous remarquons que le début du XXème siècle est marqué par le Mouvement Moderne. Les nouvelles technologies de construction issues de la révolution industrielle poussent les architectes à revoir la discipline. A la même époque, on voit apparaître l’école du BAUHAUS, fondée par Walter Gropius54, lui-même partisan de ce mouvement. L’architecture de cette époque sera caractérisée par une rationalisation de la production, comme nous avons pu le constater avec Le Corbusier et ses descriptions de la « machine à habiter ». Cette idée de rationalisation de l’œuvre va indirectement pousser les concepteurs à vouloir rationaliser leur processus de conception. De plus, nous remarquons que le milieu du XXème siècle est marqué par la Deuxième Guerre Mondiale qui va non seulement contribuer à une avancée majeure dans les technologies informatiques, mais aussi pousser le développement des sciences cognitives. Nous pouvons donc supposer que la fin du XXème siècle est caractérisé par une tendance à vouloir déchiffrer les mécanismes de la pensée humaine. Ceci afin d’une part d’éviter toute autre guerre mené par l’homme, comme nous avons pu le constater dans le commentaire de Buckminster Fuller, et d’autre part, d’inventer des nouvelles technologies comme les ordinateurs ou l’intelligence artificielle qui soutiendraient l’homme dans son développement. Dans la même période, on voit apparaître le phénomène de professionnalisation. La formation en architecture devient désormais obligatoire. L’architecte doit passer par l’école avant de pouvoir construire. Cette distance entre le concepteur et la construction lui permet d’être au centre du processus de conception. Il s’en suit alors une période d’introspection et de rationalisation de sa pensée. L’émergence des sciences cognitives, l’évolution des technologies et l’isolation du concepteur forment un terrain adéquat pour le développement de la recherche sur le design process. Ce domaine d’étude qui se concentre essentiellement sur la description du processus mental des concepteurs nous offrira donc un angle d’attaque idéal pour l’apprentissage de l’architecture. 51. ibidem 52. BROWN, Tim, design thinking, [en ligne], https://designthinking. ideo.com/ (consulté le 10/07/2017) 53. ZHAO, Hank, Brainstorming, [en ligne ], http:// designresearchtechniques.com/ casestudies/brainstorming/ (consulté le 10/07/2017) 54. HERZOGENRATH, Wulf, op.cit, p.14

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PARTIE II : DESIGN PROCESS Les recherches sur le design process sont essentiellement publiées en anglais, c’est pourquoi le début de cette deuxième partie se concentrera sur la définition de ce qu’on entend par « design » et « process ». Par la suite, nous aborderons le lien qui existe entre l’architecture et ce domaine d’études. L’approche qu’ont les chercheurs du design process nous offrira, non seulement une vision efficace de la conception, mais aussi une meilleure compréhension de la discipline de l’architecture. Nous verrons ainsi comment le processus de création peut être perçu et défini dans des modèles concrets. Ces modélisations de la conception seront décrites et analysées de manière à constituer une vue d’ensemble des mécanismes qui rentrent en jeu durant l’élaboration d’un projet. Ainsi, nous verrons non seulement les intervenants et les types de contraintes qui peuvent influencer la conception, mais aussi comment les architectes peuvent se placer parmi toutes ces données.

Définition des termes « design » et « process »

Fig.2.1 Juicy Salif, presse agrume réalisé par Philippe Starck en 1998

Le terme design process peut porter à confusion au vu de son emprunt à l’anglais. Vu que ce mémoire est rédigé en français, il serait plus judicieux de cadrer ce que l’on entend par « design » et « process ». Tout d’abord, commençons par définir le mot « design ». En français, ce terme ferait principalement allusion à la conception d’un objet. 55 Pourtant, il évoque aujourd’hui plus la finalité du produit que son processus de conception. Le terme peut ainsi faire allusion à des objets à caractère futuriste, comme les réalisations de Philippe Starck (Fig.2.1) ou de Zaha Hadid (Fig.2.2) . Globalement, le terme design en français ferait principalement référence à des objets hautde-gamme qui se situent entre la technique et l’art et qui ont pour objectif de se vendre au grand public.56 En anglais, par contre, le mot design contient automatiquement la double signification, car il s’utilise comme un nom ou un verbe. L’expression peut alors évoquer l’objet final ainsi que son processus de conception.57 Dans le cadre de ce mémoire, l’emploi du mot design sera

Fig.2.2 Photo de l’intérieur du projet Pierresvives, Montpellier. (2002-2012) 55. HELD, Marc, Qu’est-ce que le design ? In: Communication et langages, n°5, 1970. pp. 51-59. 56. MONNIER, Gérard, Design, miroir du siècle, In: Vingtième Siècle, revue d’histoire, n°40, 1993, pp. 126-132 57. LAWSON, Bryan, How Designers Thinks, 4th edition, Architectural Press, London, 2005, p.3

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principalement axé sur le processus de création de l’objet. L’architecte sera vu comme un designer ou un concepteur. Le « process  » peut se traduire littéralement comme «  processus  ». Cependant, il faudra noter quelques différences concernant sa définition en français. Dans le dictionnaire Larousse58 on aperçoit ceci : « Un enchaînement ordonné de faits ou de phénomènes, répondant à un certain schéma et aboutissant à quelque chose. » ou « Suite continue d’opérations, d’actions constituant la manière de faire, de fabriquer quelque chose ». Nous remarquons que le terme « processus » évoque principalement une série d’actions ordonnées dans un schéma linéaire et qui peut être interprété comme protocole ou méthode de conduite. Or, la première différence à prendre en compte est que le processus de création n’est pas linéaire. Nous verrons par la suite qu’il devra être vu comme un univers tridimensionnel dans lequel les étapes de réflexions gravitent. La deuxième remarque concerne la notion de protocole qu’évoque le terme processus. Le design process est loin d’être une méthode de travail ou une liste d’étapes à suivre. Au contraire, il s’agit d’une description du processus de conception. Le design process sera interprété dans le cadre de ces recherches comme un guide nous permettant de mieux saisir les tenants et aboutissants de la conception. Notons aussi que pour les chercheurs du design, la capacité de créer est vu comme une compétence et non pas comme un don inné de la nature.59

Le design process et l’achitecture

Fig.2.3 La relation entre l’architecture et d’autres domaines d’études

De manière générale, la discipline de l’architecture se situe entre les sciences et les arts.60 Comme on peut le constater sur le schéma de Julia W. Robinson (Fig.2.3), le domaine de l’architecture touche directement ou indirectement une multitude d’autres disciplines. Ce constat rend l’analyse du domaine d’étude très complexe, mais confirme son importance dans la société. Car, audelà de l’aspect esthétique ou technique des ouvrages, l’architecture contribue principalement à la structuration de l’espace urbain,61 ce qui lui procure une 12

58. LAROUSSE, processus, [en ligne], http://www.larousse. fr/dictionnaires/francais/ processus/64066?q=processus, (consulté le 6/07/2017) 59. Interprétation de ‘Design as skill’, LAWSON, Bryan, op. cit. p.14 60. SAMAI-BOUADJADJA, Assia, Histoire d’une discipline : L’ARCHITECTURE, In : Revue sciences humaines, n°21, 2004, pp.53-67. 61. ibidem


dimension sociale. En effet, l’histoire nous démontre que l’architecture a toujours joué un rôle primordial dans le maintien de l’ordre dominant d’une époque. Ainsi, l’architecture peut participer à la modification d’un pouvoir soit en le perpétuant ou bien en le renversant.62 Ces constatations sont des éléments intéressants pour les recherches sur le design process car, contrairement à d’autres formes de design, l’architecte semble prendre en compte un nombre plus complexe de données durant le processus de conception. Il serait intéressant de comparer quelques définitions d’architectes sur la discipline avec la vision de la conception qu’ont les chercheurs du design. Cette mise en parallèle pourrait peut-être contribuer à une meilleure définition de l’architecture et nous éclaircir sur son apprentissage. D’après Vitruve, « L’architecture est une science, elle s’acquiert par la théorie et la pratique. »63 On peut supposer que, selon lui, l’apprentissage de l’architecture repose essentiellement sur des règles logiques qui peuvent être appliquées une fois apprises, contrairement à Viollet le Duc  qui dit  : «  L’architecture est un art comprenant théorie et pratique.  »64 On aperçoit ici l’apprentissage comme une formule plus abstraite, correspondant au domaine de l’art dont les connaissances théoriques et pratiques pourraient contribuer à son expression. Du côté des chercheurs, on assiste à une définition plus précise de la conception : « The natural sciences are concerned with how things are…design, on the other hand, is concerned with how things ought to be. »65 Herbert Simon « Scientists try to identify the components of existing structures, designers try to shape the components of new structures. »66 Christopher Alexander

62. PICON, Antoine, « ARCHITECTURE (Thèmesgénéraux) – Architecture et société », EncyclopaediaUniversalis, [en ligne] http://www.universalis. fr/encyclopedie/architecturethemes-generaux-architecture-etsociete/,(Consulté le 6/07/2017) 63. VITRUVE, Les dix livres d’architecture, P. Mardaga, Bruxelles, 1979, p : 2. 64. Citation de Viollet le duc, Eugène, In: BOUDON Philippe, Sur l’espace architectural: Essai d’épistémologie de l’architecture, Parenthèse, Paris, 1971 65. SIMON, Herbert A, The Sciences of the Artificial, MIT Press, Cambridge, Mass, 1969, p.114 66. ALEXANDER, Christopher, Notes on the Synthesis of Form, Harvard Univeristy Press, Cambridge,Mass, 1964, p.130 67. Traduit de l’anglais « Third Culture », CROSS, Nigel, Designerly ways of knowing, In: Design Studies, 3 (4), 1982, pp. 221–227. 68. ibidem 69. ibidem

Ces descriptions témoignent de la difficulté à classer la conception entre art et science. D’une part, elle ne se situe pas dans le domaine des sciences parce qu’il s’agit principalement de créer un objet dont la finalité ne découlerait pas de suites logiques. D’autre part, elle ne se situe pas non plus dans le domaine des arts, car le processus de conception se base essentiellement sur la recomposition de structures existantes dans l’idée d’en créer des nouvelles. C’est pourquoi l’apprentissage de l’architecture est difficile à comprendre car d’une part, il faut des connaissances théoriques, et d’autres part des connaissances abstraites. Les deux se mélangent durant la pratique. Nous expliquerons par la suite pourquoi le design, tout comme l’architecture, se situe entre art et science et ne peut pas correspondre entièrement à l’un ou à l’autre, mais s’impose bel est bien à la croisée des deux.

Le design comme troisième culture Pour simplifier l’apprentissage dans les domaines du design, Nigel Cross a établi une situation d’entre deux, qu’il appelle la « troisième culture ».67 Pour lui, le savoir humain est composé de trois « cultures » qui sont, « the sciences » (les sciences exactes) , « the humanities » (les sciences humaines) et « the design ».68 Dans un premier temps, il définit trois aspects nécessaires pour l’éducation d’une culture69 : La transmission du savoir concernant le sujet de l’étude Un entraînement approprié des méthodes de l’enquête Une initiation aux systèmes de croyance et de valeur de la culture 13


Dans un second temps, il oppose chaque culture en mettant en parallèle leurs aspects, afin d’en déduire la particularité du design70 : Sujet de l’étude est : Pour les sciences exactes : le monde naturel Pour les sciences humaines : l’expérience humaine Pour le design : le monde artificiel Les méthodes appropriées de l’enquête sont : Pour les sciences exactes : vérification, expérimentation, classification, analyse Pour les sciences humaines  : analogie, métaphore, criticisme, évaluation Pour le design : modélisation, prototypage, synthèse Le système de croyance et de valeur : Pour les sciences exactes  : objectivité, rationalité, neutralité et une préoccupation pour une « vérité » Pour les sciences humaines : subjectivité, imagination, engagement et une préoccupation pour une « justice » Pour le design  : aspect pratique, ingéniosité, empathie et une préoccupation pour une « convenance » La définition de la troisième culture proposée par Nigel Cross nous offre un lexique indispensable pour la compréhension de l’architecture. Les designers travaillent essentiellement dans le monde artificiel. Ce que Cross entend par là, c’est que les conceptions des designers se situent essentiellement dans le futur et traitent des données qui ne sont pas prévisibles à l’avance. Les architectes devront donc passer par des phases de prototypage, de modélisation et de synthèse pour vérifier la convenance de leurs propos. Il s’agit donc d’un processus mental plus abstrait, contrairement aux sciences exactes qui travaillent avec le monde réel et dont les vérifications peuvent s’obtenir de manière rationnelle sur base de données concrètes. On peut supposer que leur processus mental est plus analytique. Ce schéma permet ainsi à Cross de constater pourquoi il est plus facile de distinguer les sciences exactes des sciences humaines. Il s’agit d’opposer par exemple objectivité et subjectivité, ce qui devient plus complexe pour le design. D’après l’auteur, il s’agirait d’une pauvreté dans le langage et les concepts de la « troisième culture ».71 De plus, Nigel Cross précise par la suite qu’il serait plus judicieux d’appeler la troisième culture « Technology » car, selon lui, la technologie implique la synthétisation du savoir et des compétences issues des sciences exactes et des sciences humaines.72 La troisième culture est donc une situation qui empreinte des données issues des deux autres. Notons que le schéma de Nigel Cross pourrait questionner la méthode d’évaluation dans les écoles d’architecture. Ne devrions-nous pas, par exemple, juger la pertinence d’un projet d’architecture de par sa convenance, contrairement à sa justesse ou la vérité de son propos  ? Encore faut-il savoir distinguer les trois. Bien sûr, cette question ne concerne pas le sujet de ce mémoire. Néanmoins, cette classification pourrait amener à se questionner sur l’apprentissage de l’architecture dans les écoles. Pour le moment, il nous permet de mieux appréhender ce qu’on entend par la conception et de situer le domaine de l’architecture. 14

70. ibidem 71. ibidem 72. ibidem


Design process : Analyse, Synthèse, Évaluation Pour Nigel Cross, tout ce qui nous entoure qui ne serait pas une création pure de la nature a été designé par quelqu’un. Selon lui, ces créations verraient le jour parce que l’homme y voit une utilité afin d’améliorer sa condition de vie.73 La définition d’Herbert Simon décrite dans son ouvrages « The Art of the Artificial » nous éclaire plus sur les états du processus de design : « Everyone designs who devises courses of action aimed at changing existing situations into preferred ones. »74

Fig.2.4 Un modèle de design process suivant les 12 étapes du «plan of work» du RIBA

De manière générale, l’acte de création partirait d’un état initial qui tend à vouloir changer vers une situation d’amélioration. Nous pouvons donc supposer que dans l’architecture, cette situation de base se voit bousculée par une problématique composée sous la forme d’un énoncé75 dont le résultat final est une proposition architecturale. Le design process est une description des étapes qui se situent entre la problématique et la solution. Nous verrons ainsi qu’il n’est pas toujours facile de décrire ce qui se passe exactement entre ces deux états. Dans son ouvrage « How Designers Think  », Bryan Lawson analyse comment la Royal Institute of British Architects (RIBA)76 a tenté de décrire les étapes du processus dans leur manuel intitulé « RIBA architectural practice and management handbook ».77 Sur le schéma ci-contre (Fig.2.4 ), Lawson constate que ce « plan de travail »78 composé de 12 étapes décrit une suite logique d’actions.79 De plus, le manuel offre une version simplifiée décrivant les séquences par phases (Fig.2.5).

Fig.2.5 Les phases de conception suivant le «plan of work» du RIBA

La conception

Le client

Le contrôle de l’exécution des travaux

73. ibidem 74. SIMON, Herbert A, op. cit., p.111 75. Traduit de l’anglais ‘The Brief’ 76. L’équivalent de l’Ordre des Architectes en Belgique 77. LAWSON, Bryan, Route maps of design process, In: How Designers Thinks, 4th edition, Architectural Press, London, 2005, p.31-50 78. Traduit de l’anglais “plan of work”, ibidem 79. ibidem 80. L’ORDRE DES ARCHITECTES, Quelles sont les étapes de mon projet ?[en ligne], http://www.ordredesarchitectes. be/fr-be/un-architecte-pourmon-projet/quelles-seront-lesetapes-de-mon-projet, (consulté le 3/07/2017) 81. LAWSON, Bryan, loc. cit.

Ces descriptions des étapes par phases de conception sont similaires à ce qu’on retrouve sur le site de l’Ordre des Architectes en Belgique, notamment dans la rubrique « Quelles sont les étapes de mon projet ? »80 (Fig.2.6). Cependant, comme le souligne Bryan Lawson dans son analyse, les représentations et leurs descriptions contenues dans «  le plan de travail  » ne révèlent en aucun cas comment un architecte opère dans son processus.81 En d’autres mots, il constate que ces

Mission légale

Fig.2.6 Schéma simplifié de la mission légale de l’architecte suivant l’Ordre des Architectes de Belgique

Projet Contrat

L’architecte

L’esquisse

Avant Projet Sommaire (APS) Avant Projet Détaillé (APD) Le permis d’urbanisme Le dossier d’exécution

Le choix des entrepreneurs Le Suivi de chantier La réception provisoire

La commune

La réception définitive La responsabilité décennale

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descriptions exposent principalement les produits du processus plus que le processus en soi. Ils ne décrivent pas comment les architectes travaillent mais ce qu’ils produisent en terme de documents, comme par exemple les croquis ou les plans d’exécutions et coupes, qui servent avant tout à obtenir l’accord du client et les informations nécessaire pour passer à la phase de construction.82 Pour Lawson, ces schémas aident à établir une meilleure communication entre les clients et les architectes. Il poursuit en expliquant que dans l’histoire, cette liste établie par le RIBA fut principalement utile lors de l’élaboration du contrat, permettant aux clients et aux architectes, ainsi que tous les intervenants d’un projet, d’être conscients de leurs obligations mutuelles, pouvant ainsi structurer l’organisation de la construction d’un ouvrage.83 Pour définir au mieux le design process, nous devons donc analyser ce que les chercheurs du domaine proposent comme représentation du processus. Thomas Marker84 et Thomas Maver85 proposent le schéma ci-dessous (Fig.2.7). Dans celui-ci, ils expliquent que la méthode la plus complète du design process requiert « une séquence de décision  » et «  une séquence de design  ».86 On constate qu’il faudra passer par une séquence de décision, composée d’une

Fig.2.7 Un modèle du design process proposé par Markus et Maver

phase d’analyse, de synthèse, d’appréciation et de décision, avant de pouvoir passer à des étapes plus détaillées du processus.87 En règle générale, tous les manuels sur les méthodes de design comportent ces trois phases qui sont l’analyse, la synthèse et l’évaluation. De ce fait, Bryan Lawson propose de décrire tout d’abord ce que chaque phase comporte88 : L’analyse est une phase dans laquelle l’architecte recherche les relations qui pourraient exister entre les informations à disposition et les objectifs à atteindre. En d’autres mots, l’analyse est une phase de structuration du problème. La synthèse est une phase où l’architecte tente de réinterpréter la problématique en proposant des solutions. L’évaluation (appraisal) quant à elle est une phase dans laquelle l’architecte critique les propositions émises en les comparant à ses objectifs énoncés dans la phase d’analyse. Nous verrons dans les chapitres suivants comment un architecte traduit ces phases en actions. Afin de simplifier la compréhension du schéma, Bryan Lawson propose de comparer ces étapes avec un joueur d’échec en action.89 L’analyse concerne la situation du jeu, le joueur d’échec prend en compte 16

82. ibidem 83. ibidem 84. MARKUS, Thomas, The role of building performance measurement and appraisal in design method, In: Architect’s Journal, 1967 85. MAVER, Thomas. W. Appraisal in the building design process. In: Emerging Methods in Environmental Design and Planning. Cambridge Mass, MIT Press, 1970 86. MARKUS, Thomas, MARVER, Thomas, loc. cit. 87. LAWSON, Bryan, loc. cit. 88. ibidem 89. ibidem


les informations nécessaires afin d’élaborer un plan d’attaque ou de défense. La synthèse de ces données lui permet de prévoir le prochain mouvement à effectuer, ceci en prenant compte des pièces qu’il voudrait défendre d’une menace possible ou des pièces susceptibles de provoquer une attaque. Enfin, avant de bouger son pion, le joueur vérifie si ce qu’il va mettre en place peut atteindre les objectifs qu’il s’était fixés auparavant. Comme on peut l’apercevoir dans le schéma de Markus et Maver, il existe un retour possible entre la phase d’évaluation à la phase de synthèse. Ces sauts de la pensée sont communément appelés « loops » (boucles) ou « leaps » (sauts) en anglais.90 Pour en revenir aux échecs, ces loops interviennent quand l’idée du mouvement ne correspond plus aux objectifs que le joueur voulait atteindre. Il s’en suit alors une phase de réévaluation. Cependant, Bryan Lawson note que dans la proposition de Markus et Marver, ces loops signifient que le joueur d’échec change d’idée et entame le processus à nouveau. Or, il est difficile de croire que le processus de conception soit aussi linéaire, permettant la vérification et la modification d’une idée à la fois.91 Lawson démontre que même pour le joueur d’échec, il s’agit d’un mouvement qui a pour conséquences de créer de nouveaux cas de figures, ce qui provoque de nouvelles possibilités. Un loop rétroactif serait trop réducteur pour la compréhension du processus. La description du design process faite par John Page nous dévoile un peu plus sur l’apparition de ces loops : « In the majority of practical design situations, by the time you have produced this and found out that and made a synthesis, you realise you have forgotten to analyse something else here, and you have to go around the cycle and produce a modified synthesis, and so on. » 92

Fig.2.8 Un modèle de design process avec les loops entre les phases d’analyse, synthèse et évaluation

On remarque donc qu’il est possible que les loops ne reviennent pas seulement à la synthèse mais aussi au niveau de l’analyse. Globalement, il est probable que ces loops interviennent dans différentes phases et sauteraient non seulement de la vérification à l’analyse mais aussi de la synthèse à l’analyse etc. En règle générale, nous pouvons donc simplifier le processus de telle manière à promouvoir des loops entre les trois phases. (Fig.2.8) Dans une autre étude plus approfondie93, Bryan Lawson remarque une deuxième erreur dans le schéma de Markus et Maver qui se situerait au niveau du déroulement du processus. Il démontre par les témoignages de deux architectes que le processus ne se fait pas par séquence prédéfinie. Le premier commentaire vient de Robert Venturi, célèbre architecte Américain : « We have a rule that says sometimes the detail wags the dog. You don’t necessarily go from the general to the particular, but rather often you do detailing at the beginning very much to inform. » 94 Le deuxième commentaire provient d’Eva Jiricna, célèbre architecte d’intérieur Tchècque :

90. ibidem 91. ibidem 92. PAGE, John. K. Review of the papers presented at the conference. Conference on Design Methods. Oxford, Pergamon, 1963 93. LAWSON, Bryan, Design in Mind, Oxford, Butterworth Architecture, 1994 94. ibidem 95. ibidem

« In our office we usually start with full-size detail… if we have, for exemple, some ideas of what we are going to create with different junctions, then we can create a layout which would be good because certain materials only join in a certain way comfortably. » 95 A l’aide de ces deux témoignages, Lawson s’apercevoir qu’effectivement, le processus que proposent Markus et Maver ne semble pas correspondre. Il serait possible que la phase par laquelle un projet débute se situe parfois directement au niveau du détail technique et non pas dans une vue intégrale du projet. 17


Fig.2.9 Un modèle tridimensionnel du design process , le processus est vu comme une négociation entre la problématique et la solution passant par trois activités ; l’analyse, la synthèse et l’évaluation

La figure finale (Fig.2.9) que Lawson propose alors, est une représentation tridimensionnelle du processus. Ici, l’auteur supprime volontairement la représentation des loops, laissant libre l’interprétation du diagramme. Les sauts entre les étapes d’analyse, synthèse et évaluation peuvent partir de n’importe où. De plus, cette représentation permet de situer le problème vis-à-vis de la solution. De manière générale, il n’existerait pas de séquence prédéfinie. Cependant, la relation entre le problème et la solution, dans n’importe quelle étape de conceptions, passerait principalement par ces trois phases d’analyse, synthèse et évaluation. L’ordre reste néanmoins inconnu. Nous verrons par la suite qu’il est très difficile de situer quand un problème a été repéré et quand la solution est effectivement la plus adéquate. L’écart entre la problématique et la solution est souvent très étroit et se résout en général simultanément.

Le générateur primaire Pour clarifier davantage la relation entre les problèmes et les solutions du design, Jane Darke analyse une série d’architectes en action. Durant sa recherche, elle finit par apercevoir un élément particulier dans le processus de travail de ces architectes, qu’elle a nommé « the primary generator » 96. Ce que Darke remarque lors de la conception est que la plupart des architectes débutent leur projet par une idée ou un concept principal qui leur permettrait d’évacuer une série de problèmes afin de se focaliser sur quelques données en particulier. Elle analyse par exemple un architecte qui doit concevoir une terrasse. Partant de cette problématique, l’architecte propose un accès agréable et facile à la terrasse depuis l’espace principal (générateur primaire). De ce point de vue, il commence à générer une série de propositions dans l’optique de créer une transition fluide entre intérieur et extérieur.97 Pour Darke, l’introduction d’un principe de base est à l’origine de l’enclenchement du processus. Ainsi, on peut rectifier le schéma en introduisant un générateur primaire (Fig.2.10). Fig.2.10 Introduction d’un générateur primaire au début du processus de conception 96. DARKE, Jane, The primary generator and the design process, In: Original Research Article Design Studies, Vol.1, n°1, 1979, P.36-44 97. ibidem

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Fig.2.11 Jorn Utzon remporte le concours pour l’Opéra de Sydney en 1957

Peter Rowe constate un phénomène similaire dans son ouvrage « Design Thinking ». L’auteur note ainsi que les designers introduisent dans la plupart des cas des principes de bases ayant souvent un effet primordial tout au long de leur processus de conception. En analysant une série de croquis, il note qu’il s’agirait avant tout d’une idée synthétique et/ou formelle qui n’aurait aucun rapport avec l’analyse de la problématique.98 Au contraire, Rowe constate qu’il est question ici d’une envie personnelle, qu’on pourrait qualifier d’intention, émanant de l’architecte pour générer des solutions. Ce générateur permet en quelque sorte d’attaquer la problématique sous un certain angle. Rowe note toutefois que le générateur aurait tendance à provoquer une série de nouveaux problèmes extérieurs à l’énoncé. Malgré ces constats, l’auteur précise qu’il est parfois très difficile pour un architecte de remettre cette idée génératrice en question, surtout quand celle-ci ne fonctionnerait pas sur le plan technique. Toutefois, Lawson précise que les intentions qui parviennent à franchir l’étape de conception, en ne perdant pas leur caractère de base, sont souvent vues comme des actes de grande originalité.99 Il cite comme exemple l’Opéra de Sydney (Fig.2.11) de Jorn Utzon qui, à l’époque, a éprouvé d’énormes difficultés à réconcilier sa forme organique avec la phase d’exécution. Un autre exemple est celui du Rolex learning center de SANAA (Fig.2.12) qui avait gagné le concours EPFL principalement pour ses intentions fortes et son caractère innovateur. L’idée du bureau d’architecture Japonais était de créer une bibliothèque dont la continuité ne serait pas perturbée par un mur ou un étage, tout en offrant la possibilité aux utilisateurs de s’approprier plusieurs espaces variés.100 Cependant, après avoir gagné le concours, ni les architectes, ni les ingénieurs ne savaient exactement comment l’édifice allait tenir.101 Après d’innombrables négociations et analyses, les architectes et les ingénieurs ont pu construire le centre sans trop perdre la qualité de leur proposition.

Fig.2.12 Rolex Learning Center de SANAA (2010)

98. ROWE, Peter G., Design Thinking, 3th edition, The MIT Press, London, 1991, p.171-175 99. LAWSON, Bryan, Route maps of design process, In: How Designers Thinks, 4th edition, Architectural Press, London, 2005, p.31-50 100. DELLA, Francesco DELLA, Eugène, Rolex learning center, EPFL Press, Lausanne, 2010, p.104-111 101. ibidem

Cette notion de générateur primaire est très intéressante d’un point de vue de l’apprentissage. Il n’est pas rare qu’un étudiant se bloque volontairement dans ses idées ou intentions de bases car celles-ci provoquent plus de problèmes que de solutions. La suite de ce mémoire tentera d’expliquer l’origine de ces générateurs primaires et leur rôle dans l’apprentissage de l’architecture. 19


Un modèle de la problématique Maintenant que nous avons une représentation tridimensionnelle du design process, il serait intéressant d’approfondir le fonctionnement de la problématique et de la solution. Tout d’abord, précisons qu’il est très difficile de savoir quand le processus commence et quand il se termine.102 A vrai dire, le processus peut se dérouler à l’infini. En règle générale, c’est à l’architecte de déterminer quand la solution générée lui satisfait. Lawson constate qu’il n’y a pas de réelle méthode pour acquérir cette notion de jugement.103 De plus, cette constatation expliquerait pourquoi les architectes ont du mal à évaluer le temps qu’il leur restent afin d’accomplir une mission. Bryan Lawson remarque ainsi que les étudiants en architecture auraient tendance à surévaluer le temps en fonction des documents à rendre, le résultat étant que les élèves n’atteignent souvent pas le degré de détails attendu par leurs professeurs.104 Un autre point à prendre en compte est l’expression de la problématique. Il est courant pour les architectes de ne pas être satisfaits par les données de l’énoncé car celles-ci ne leur permettent pas une bonne définition de la problématique.105 Nous pouvons supposer que l’introduction d’un générateur primaire faciliterait la compréhension de l’énoncé et permettrait à l’architecte de mieux entrevoir la solution. N’oublions pas que ce générateur primaire est, selon Rowe, plus une proposition de solution qu’une analyse de la problématique. Dans une recherche sur la manière dont les designers abordent une problématique, Eberhard remarque deux aptitudes possibles : l’escalade/ l’intensification ou la régression.106 L’escalade ou l’intensification d’un problème survient quand un architecte tend à agrandir le champ d’investigation de la problématique. Dans sa recherche, Eberhard illustre ce propos avec la commande d’une porte pour un bureau. L’architecte va, dans un premier temps, se questionner sur la nécessité de la porte. De ce questionnement il va commencer à revoir l’organisation de l’office, ce qui l’amène à examiner tout le système de fonctionnement de l’entreprise, etc.107 La régression d’un problème survient quand l’architecte cible sa recherche essentiellement sur un point de la problématique. Par exemple, un étudiant doit concevoir un hôpital. Il va commencer ses recherches sur la circulation entre le personnel et les visiteurs, par la suite il approfondit sa documentation en essayant de comprendre comment ce système a été mis en place dans l’évolution des hôpitaux, par après il va questionner le système d’entrée menant à cette circulation, etc. Au final, l’étudiant maîtrise plus l’histoire de la circulation des hôpitaux que comment faire un hôpital en soit, car le reste de la problématique a été négligé dans sa recherche. Pour Bryan Lawson, ces constatations sont dues au fait que l’analyse précède la synthèse, comme vu précédemment. De plus, il est difficile dans la conception de faire la différence entre les informations utiles et les informations inutiles pour la résolution de la problématique.107 Enfin, pour Lawson, les phénomènes d’intensification et de régression s’effectuent simultanément. Par exemple, l’idée d’analyser la circulation des hôpitaux peut provoquer l’hypothèse qu’une circulation ne soit plus nécessaire, ce qui a pour effet de se questionner sur comment faire fonctionner un hôpital sans circulation, il s’en suit une série de recherches sur le fonctionnement de l’hôpital dans sa globalité et vice-versa (intensification du champ). Nous pouvons supposer que ces évènements sont des exemples de loops. 20

102. LAWSON, Bryan, How an, How Designers Thinks, 4th edition, Architectural Press, London, 2005, p.55 103. ibidem 104. ibidem 105. ibidem 106. Traduit de l’anglais “Escalation and regression”, EBERHARD, J. P. We ought to know the difference. In : Emerging Methods in Environmental Design and Planning, Cambridge Mass, MIT Press, 1970, 364-5 107. LAWSON, Bryan, loc. cit. 108. ibidem


Malgré la difficulté à identifier clairement la problématique, Lawson parvient à construire un modèle de « design problems ». Ce diagramme met en parallèle les intervenants et les types de contraintes présentes lors de la conception d’un projet d’architecture. L’élaboration de ce modèle nous permet d’apercevoir l’origine d’une problématique ainsi que l’impact qu’ont certains éléments sur le processus. Le diagramme est composé comme suit :109 Verticalement, on retrouve les quatre principales sources d’une problématique c’est-à-dire  : le client, l’architecte, les utilisateurs et la législation (Fig.1.3). Ces intervenants sont classés de haut en bas du plus flexible au plus rigide.

Fig.2.13 Les générateurs de contraintes d’une problématique disposés suivant leur flexibilité

Le client : le client est dans la plupart des cas celui qui énonce une problématique. De manière générale, il est souvent incapable d’élucider le problème par lui-même et a recours à un architecte. Le client peut être une personne individuelle, une personne qui agit pour le compte d’une autre personne ou une organisation. Suite à une analyse, Lawson note que le client ne doit pas être vu comme la source de la problématique mais plutôt comme un partenaire créatif dans l’élaboration d’un projet d’architecture.110 L’architecte : l’architecte est celui qui va concevoir l’édifice. Au vu de son caractère engagé dans le projet, il est souvent amené à donner une touche personnelle à l’ouvrage. Ceci peut être perçu comme une envie créative. Cependant, cet engagement personnel peut provoquer de nouveaux problèmes en dehors du champ de l’énoncé. L’utilisateur  : de nos jours, il est possible que les utilisateurs d’un bâtiment ne soient pas le client de la commande. C’est le cas, par exemple, des commandes publiques en architecture (écoles, hôpitaux, logements, etc.). La communication entre les utilisateurs et l’architecte se fait souvent par l’intermédiaire des pouvoirs administratifs ou politiques (sous forme de client). Cette mise à distance pourrait expliquer pourquoi un bâtiment peut être mal réceptionné par l’utilisateur.111 En général, il existe très peu de collaboration avec les utilisateurs qui sont souvent mis à l’écart du projet.

109. LAWSON, Bryan, A model of design problems, In: How Designers Thinks, 4th edition, Architectural Press, London, 2005, p.83-111 110. ibidem 111. ibidem

La législation : la législation n’intervient pas dans les négociations entre client et les designers. Cependant, elle fait partie intégrante de la problématique. Globalement, la législation contrôle si le projet proposé correspond à une série de normes standardisés, comme par exemple les normes de sécurité d’incendie, la performance énergétique, etc. La validation de ces normes est indispensable pour l’obtention d’un permis de bâtir. 21


Flexibilité et rigidité : dans le diagramme proposé par Lawson, on retrouve en terme de négociation, vers le haut, les éléments les plus flexible et vers le bas, les éléments les plus rigides. Ainsi, la première personne avec qui le projet peut être facilement modifié est l’architecte. En deuxième lieu, nous retrouvons le client avec qui le projet peut être discuté. En troisième lieu, on retrouve les utilisateurs qui interviennent rarement lors des négociations. Cependant, ils peuvent jouer un rôle primordial durant une enquête sur les usages ou d’autres formes de relevés même si ces informations restent à titre indicatif. Enfin, la législation qui est l’élément le plus rigide et contraignant pour l’architecte. Il est rare qu’un projet puisse contourner la législation. Horizontalement, on retrouve les contraintes d’une problématique qui peuvent être internes ou externes (Fig.2.14). Internes  : les contraintes internes d’une problématique concernent principalement l’architecte et le client. Ce sont essentiellement les attentes de chaque partie. Comme nous l’avons vu précédemment, un générateur primaire est un exemple de contrainte interne venant de l’architecte. Ces contraintes peuvent varier au fil des négociations entre le client et l’architecte. Elles sont donc flexibles. Externes  : les contraintes externes d’une problématique concerne principalement les utilisateurs et la législation. Elles s’expriment sous la forme de contraintes d’usages ou administratives. Cependant, nous verrons dans les types de contraintes qu’elles peuvent provenir tout simplement des lois de la nature, comme les éléments de structure, la relation entre les matériaux, le contreventement, etc. Ces éléments sont principalement rigides.

Fig.2.14 Chaque intervenant peut générer des contraintes internes et/ou externes

Enfin, en diagonal, on retrouve les types de contraintes d’une problématique qui peuvent être radicales, pratiques, formelles ou symboliques. (Fig.2.15) Radicale : Ce sont les contraintes fondamentales du projet sans lesquelles la proposition n’aurait pas de but ou d’utilité à être conçue. A priori, ces éléments sont si rudimentaires et il est facile d’en discuter avec le client.112 Par exemple, un appartement contient un salon, une cuisine, une chambre et une salle de bain. L’absence d’un de ces éléments provoque l’incompréhension du projet. 22

112. ibidem


Pratique : Ces contraintes englobent tous les aspects techniques. En d’autres mots, elles confrontent le projet à la réalité physique, comme par exemple sa stabilité, le contreventement, la résistance des matériaux, etc. Formelles  : Ces contraintes se situent entre le design et l’art. Elles concernent tout ce qui est de l’ordre de l’organisation visuelle du projet. Cela va de sa forme extérieure à la disposition des espaces, ainsi que le choix des matériaux pour créer des sensations, etc. Symbolique  : Ces contraintes concernent principalement l’expression du projet. Elles peuvent témoigner d’un style particulier d’un architecte ou correspondre à un courant de l’architecture etc.

Fig.2.15 Le «Model of design problems» de Bryan Lawson

Pour Bryan Lawson, le modèle permet d’exprimer comment chaque intervenant d’un projet contribue à la définition d’une problématique. Toutefois, tous les intervenants n’ont pas tous le même degré d’impact dans un projet. Il remarque ainsi que le client et l’utilisateur jouent un rôle primordial dans les contraintes radicales influençant partiellement la symbolique.113 L’architecte, quant à lui, génère principalement des contraintes formelles et pratiques qui influencent à leur tour l’aspect symbolique. Quelques points sont à souligner concernant la lecture de ce modèle. Premièrement, précisons que le schéma est une simplification de la problématique, c’est-à-dire qu’il nous permet de mieux visualiser les intervenants et les types de contraintes par catégories d’un projet, mais cela ne veut pas dire qu’un architecte solutionne une chose à la fois. Au contraire, les solutions générées par l’architecte contiennent simultanément des éléments de plusieurs types de contraintes. Par contre, le modèle nous permet de mieux appréhender l’origine des générateurs primaires des designers. Par exemple, pour l’architecte Santiago Calatrava, les contraintes physiques et formelles sont pour lui des éléments qui soutiennent son processus de conception. Ainsi, le mariage entre la forme et le matériau de prédilection représente pour l’architecte un enjeu primordial dans tout ses projets. (Fig.2.16, Fig. 2.17) Nous aborderons plus en détails par la suite le parallèle entre le modèle de Lawson et les générateur primaires. 113. ibidem

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Fig.2.16 Croquis ‘Bird’ de Santiago Calatrava Fig.2.17 Gare TGV Lyon SaintExupery, 1994

Le deuxième point intéressant à souligner est le lien que le diagramme nous permet d’établir entre la profession et la formation des architectes. Effectivement, le schéma nous révèle principalement les éléments à prendre en compte dans un projet réel d’architecture. Cependant, nous pouvons apercevoir l’absence de certains intervenants dans un projet scolaire. (Fig.2.18) De manière générale, l’étudiant est le seul acteur présent dans la conception. Il va devoir générer une série de contraintes tout seul, afin d’y répondre d’une manière cohérente à la fin. Nous pouvons supposer que l’enseignant ne peut pas être perçu comme un client, car il est rare qu’il génère des contraintes radicales. Son rôle sera vu comme un accompagnateur durant le design process de l’étudiant. Une série de questions se pose alors. La première est pourquoi l’étudiant est le seul intervenant dans un projet d’architecture scolaire ? La deuxième est comment un enseignant peut-il guider l’élève dans ses prises de décision ? La troisième est comment l’étudiant peut-il partir d’un générateur primaire si certaines contraintes ne sont pas présentes ? Tout d’abord, nous devons approfondir plus en détails le processus de conception avant de pouvoir répondre à ces questions. Peut-être existe-t-il une raison particulière pour laquelle l’apprentissage de l’architecture débuterait uniquement par la mise en situation de l’étudiant confronté à ses envies internes vis-à-vis des contraintes radicales, pratiques, formelles et symboliques qu’il génère.

Fig.2.18 Interprétation du modèle de Bryan Lawson pour un projet scolaire

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Résumé Il est clair que le processus de conception n’est pas simple à décrire. D’ailleurs, comme nous avons pu le constater, certaines associations comme le RIBA ou l’Ordre des Architectes de Belgique ont du mal à définir concrètement ce que les architectes font. Les descriptions qu’on retrouve sur leur site détaillent essentiellement la production des architectes. Nous pouvons supposer qu’il s’agit principalement de décrire les obligations qu’ont les architectes envers le client. C’est la raison pour laquelle les études du design process nous semblent plus intéressantes, car elles nous offrent une vision plus élaborée de la conception. Ainsi, on retiendra les deux modèles tridimensionnels de Bryan Lawson. Le premier nous permet de visualiser le processus comme étant un cheminement d’idées entre la problématique et la solution. Chaque pensée passerait par l’analyse, la synthèse et l’évaluation à l’aide de ‘loops’ ou de ‘leaps’ qui peuvent survenir à tout moment. Le prototypage, la modélisation et la synthèse sont des méthodes qui permettent à l’architecte de vérifier ses propositions et font partie intégrante du processus mental de réflexion. Cependant, nous avons pu constater que les architectes semblent démarrer une problématique en générant une intention primaire leur permettant ainsi de mieux définir un angle d’attaque. Le deuxième modèle de Lawson offre une vue d’ensemble des intervenants et des contraintes qui peuvent influencer le concepteur dans sa prise de décision. Certaines de ces données peuvent constituer une base solide pour le générateur primaire des architectes.

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PARTIE III : DESIGN THINKING Maintenant que nous avons un aperçu du design process, nous pouvons constater qu’il s’agit essentiellement d’un processus mental. Il est donc primordial de faire un saut dans les domaines de la psychologie et des sciences cognitives afin de saisir davantage son fonctionnement. Dans un premier temps, nous aborderons les théories principales de la pensée qui ont influencé la recherche sur le design. Ces données nous permettront de mieux appréhender les mécanismes de la pensée. Dans un deuxième temps, nous verrons quels types de pensée les architectes utilisent et si ceux-ci peuvent s’apprendre. Sur bases de ces informations, nous définirons la notion de créativité. Cela nous permettra dans un troisième temps de comprendre l’évolution du processus d’apprentissage des architectes. Enfin, la dernière partie de ce chapitre reprendra le modèle de problématique de Lawson pour tenter d’expliquer de manière plus approfondie l’origine des générateurs primaires abordée au chapitre précédent et comment certains architectes s’en servent pour définir leur processus de conception. Globalement, le design thinking est un terme employé pour désigner l’ensemble des pensées qu’utilisent les designers durant la conception. Les théories que nous aborderont dans cette partie forment des clefs de lecture pour la compréhension de la conception.

Les théories de la pensée Avant d’aborder plus en détails les types de pensées qu’englobe le design thinking, il serait plus approprié d’établir une série de notions concernant « la pensée ». Comme nous l’avons vu au chapitre précédent, les études du design ont vu le jour dans les alentours des années ’20, mais ont réellement pris forme durant les années ’60 jusqu’à aujourd’hui. Ces études sur la méthodologie de travail des designers s’appuient essentiellement sur des recherches dans les domaines de la psychologie et, plus récemment, des sciences cognitives. Il est donc important de préciser comment ces deux domaines ont influencé le design process du point de vue de la pensée et de l’apprentissage. Il n’est pas question ici de retracer l’histoire de la psychologie, mais de mettre en avant quelques théories qui permettent d’établir une liste de caractéristiques du design thinking. C’est avec son ouvrage « animal intelligence » paru en 1911, qu’Edward Thorndike ouvre le débat sur l’apprentissage. L’approche principale de l’auteur est de voir les réflexes des humains et des animaux comme des réponses à certains stimuli provoqués par leur environnement.114 Cette vision est l’une des caractéristiques fondamentales du behaviorisme, qui est une branche en psychologie qui étudie d’une manière systématique les comportements des humains et des animaux, vision dont Edward Thorndike est pionnier. Il suppose, dans son livre, que l’apprentissage chez l’homme, comme chez les animaux, se base essentiellement sur un processus d’associations.115 Il démontre cette hypothèse à l’aide d’une expérience menée sur des chats enfermés dans une cage. Ces derniers devaient résoudre une problématique en cherchant la sortie. Ainsi, l’auteur remarque qu’au fil des tentatives, les animaux associaient les directions avec les recoins et sortaient plus rapidement.116 Cette idée d’associations est plus élaborée dans la description que fait Berlyne.117 Pour ce psychologue, la méthode de pensée de l’homme est dictée par un lien fort entre la réponse et les stimuli. Selon lui, l’individu sélectionne la réponse la plus adéquate à un stimulus parmi une variété de réponses possibles. Il poursuit en précisant que ce lien peut s’affaiblir ou se renforcer en fonction de l’expérience vécue.118 L’approche associative d’essai/erreur est particulièrement 26

114. THORNDIKE, Edward, Animal Intelligence, Norwood Press, Massachusett, 1911, p.23, p.283 115. ibidem 116. ibidem, p.35-55 117. BARNES, Marissa, Berlyne, Daniel E., In : Encyclopedia of the History of Psychological Theories, Springer, New York, 2012, pp.115119. 118. ibidem


efficace pour démontrer l’apprentissage d’une compétence physique comme, par exemple, un instrument de musique ou l’écriture. Cependant, elle nous semble inadéquate en ce qui concerne la pensée qu’utilisent les architectes. Un nouveau regard sur la pensée se dévoile dans les écrits de Max Wertheimer, l’un des fondateurs de la Gestalt School of Psychology. Contrairement aux méthodes mécaniques du behaviorisme, Wertheimer se concentre principalement sur les processus et l’organisation de l’esprit.119 Ainsi, l’auteur décrit, dans son ouvrage « productive thinking », le système de résolution d’une problématique comme un état dans lequel l’esprit réorganise sa relation structurelle jusqu’à ce qu’il trouve une solution.120 Il poursuit en expliquant que cette restructuration mentale peut s’atteindre en appliquant des méthodes, comme par exemple l’utilisation d’analogie pour déplacer une représentation mentale de la pensée. Cette définition ressemble davantage à ce que nous avons pu constater jusqu’à présent. De plus, elle suppose qu’il existerait des mécanismes d’apprentissage pour diriger la pensée. Nous aborderons ce sujet plus en détails par la suite. Un autre domaine qui a préoccupé les psychologues de cette école, est la représentation mentale du monde extérieur. Les travaux de Bartlett nous en dit davantage sur l’apprentissage du point de vue cognitif. Selon lui, l’homme regroupe mentalement un ensemble d’expériences dans ce qu’il appelle le « schéma », qui sert principalement comme source lors de la restructuration ou la réinterprétation d’événements futurs. 121 Il existerait donc une notion de connaissances, acquise par l’expérience, qui soutiendrait la prise de décisions.

119. BRANCHINI, Erika, SAVARDI, Ugo et BIANCHI, Ivana, Productive Thinking: The Role of Perception and Perceiving Opposition, In : Gestalt Theory, Vol.5, no.1, 7-24 120. ibidem 121. BARTLETT, Fréderic, Remembering: A Study in Experimental and Social Psychology, Cambridge University Press, Cambridge, 1932, p.197 122. SIMONTON, Dean Keith, The Psychology of Creativity : A Historical Perspective, University of California, USA, 2001, p.1-32 123. ibidem 124. BERSON, Niels Olie, Cognitive Psychology, Psychology Press, Elbraum, 1989, viii 125. ibidem 126. ibidem, p.105-107 127. ibidem 128. ibidem

On retrouve une approche similaire dans le domaine de la psychologie cognitive.122 L’une des particularités de cette discipline est la mise en parallèle des mécanismes de pensée chez l’homme avec celui du développement des ordinateurs.123 Ainsi, certains chercheurs reconnaissent la présence d’une fonction exécutive au sein du cerveau, tout comme les ordinateurs. Ce qui était auparavant décrit comme un enregistrement passif de l’information est maintenant représenté comme un phénomène actif de réorganisation et restructuration de la pensée. Ce constat permet de supposer la présence d’un système au cœur du processus de contrôle.124 Selon ces chercheurs, ce système serait régularisé par des “agents”, dont le but est d’aller chercher l’information dans notre esprit, tout comme quand nous cherchons un objet en particulier.125 Un autre point intéressant venant du domaine des sciences cognitives est la recherche concernant le rapport entre la pensée et la perception. Il existerait deux processus qui s’enchaînent : un primaire et un secondaire. Le processus primaire est un état dans lequel l’individu enregistre les informations sans être réellement conscient, tout comme un ordinateur qui active une série de processus en arrière-plan.126 L’individu enregistre, par exemple, ce qu’il voit et ce qu’il entend. Par contre, lorsqu’il y prête attention, le système bascule automatiquement vers le second processus où l’information sera traitée et analysée de manière consciente.127 Le processus peut s’acquérir et se développer, cependant le système est dépendant de ce qui est déjà enregistré, ainsi que l’organisation qui s’est déroulée dans le processus primaire.128 Ce qui est intéressant à retenir dans ces recherches est qu’il serait effectivement possible d’apprendre à diriger sa pensée à travers l’information acquise. On pourrait aussi supposer qu’un leaps (saut) entre les étapes d’analyse, synthèse et évaluation, intervient lorsqu’un architecte active une information acquise lors du premier processus. Cette courte description des théories de la pensée, qui ont accompagné les recherches sur le design, n’est certainement pas représentative des études qui ont été faites durant ces cent dernières années. Cependant, elle nous permet, d’une part, de comprendre comment ces domaines d’études ont influencé les théories 27


sur le design process. D’autre part, elle nous offre quelques notions concernant la pensée, ainsi que ses mécanismes. Ces informations nous offrent un aperçu du design thinking.

La pensée-solution129 Jusqu’à présent, nous savons que le design process est un phénomène dans lequel l’architecte tend à résoudre une problématique qui a pour but de changer l’état initial d’une chose, ceci en générant des solutions qui à leur tour, alimentent la problématique et nourrissent, à nouveau, le processus de réflexion. Suite aux théories de la pensée, nous pouvons désormais supposer que les phases de croquis, recherches et prototypages sont des outils qui permettent à l’individu de diriger sa pensée vers une solution. La caractéristique du design thinking est donc cette pensée focalisée sur la résolution d’un problème, elle s’exprime par la proposition de nouvelles solutions, qui aident à redéfinir la problématique.130 Sydney Gregory nous exprime en quoi elle diffère de la méthode de résolution scientifique : « The scientific method is a pattern of problem-solving behavior employed in finding out the nature of what exists, whereas the design method is a pattern of behavior employed in inventing things of value which do not yet exist. Science is analytic; design is constructive. »131 Pour Nigel Cross, la particularité du design thinking est qu’elle prend en compte le présent et le futur d’une problématique.132 Ceci expliquerait pourquoi une phase d’expérimentation devient indispensable. Cette étape permet de vérifier simultanément plusieurs solutions alternatives contrairement à la résolution d’un problème spécifique. Dans la méthode analytique utilisée chez les scientifiques, l’ensemble des paramètres existants de la problématique est pris en compte pour en déduire la solution. Comme le précise Gregory, il s’agit de trouver ce qui existe déjà. En design, par contre, il sera question d’explorer des situation ambiguës afin de détecter des paramètres cachés, ceci en générant des solutions alternatives.133 Pour Nigel Cross, cette manière de pensée se développerait plus facilement dans les domaines de création ; 134 en d’autres mots, nous pouvons supposer que le design est une activité cérébrale, interactive dans laquelle l’architecte génère une série de solutions intermédiaires qui pourraient à leur tour alimenter ou devenir un générateur primaire, qui d’une part redéfinit la problématique initiale, et d’autre part éclaircit la solution finale. Dans une recherche empirique, Bryan Lawson tente de déceler la différence entre les architectes et les scientifiques.135 Pour ce faire, il regroupe des étudiants en dernière année d’architectures et des jeunes diplômés en sciences. Il a été demandé à chaque personne de combiner des blocs colorés (certains en rouge, d’autres en bleu) dans un ordre correspondant à des règles spécifiques. L’expérience se fait sur un ordinateur qui leur permet de valider ou refuser la combinaison de blocs qu’ils proposent. Cependant, certaines règles ne furent pas explicitement citées, laissant place à la capacité de l’individu à chercher pourquoi la proposition ne marchait pas dans certains cas. A la fin de l’expérience, Bryan Lawson note que les scientifiques avaient tendances à explorer toutes les combinaisons de blocs afin de découvrir la règle initiale, qui leur permettrait de comprendre les combinaisons possibles. A l’inverse, les architectes se lancèrent dans une série de solutions qu’ils éliminèrent au fur et à mesure des tentatives, jusqu’à ce qu’ils trouvent une solution possible. Lawson résume l’expérience ainsi: 28

129. Traduit et interpréter de l’anglais “Solution based thinking” 130. CROSS, Nigel, Design Engineering Design Methods : Strategies for product design, 3th edition,Wiley, Chichester, 2005, p.12-13 131. GREGORY, Sydney A, Design and the design method, in: The design method Butterworths, Gregory, S A (ed), London 1966, p.6 132. CROSS, Nigel, Designerly ways of knowing, In : Design Studies, 3 (4), 1982, pp. 221–227. 133. ibidem 134. ibidem 135. LAWSON, Bryan, How Designers Thinks, 4th edition, Architectural Press, London, 2005, p.41-43


« The essential difference between these two strategies is that while the scientists focused their attention on discovering the rule, the architects were obsessed with achieving the desired result. The scientists adopted a generally problem-focused strategy and the architects a solution-focused strategy. »136 Pour Nigel Cross, l’expérience de Lawson démontre que les méthodes de résolution chez les scientifiques passent principalement par l’analyse, contrairement aux architectes dont les méthodes de résolutions se font par la synthèse.137 Ce qui est intéressant au niveau de l’apprentissage de l’architecture, c’est que Lawson répète le même exercice avec des étudiants en dernière année de secondaire et des étudiants en première année d’architecture. Les résultats cette fois-ci ne correspondaient ni à la méthode des scientifiques, ni à la méthode des architectes. Ce constat prouverait donc que cette manière de pensée s’apprend et serait une conséquence de l’apprentissage.138

La pensée des architectes Globalement, le design thinking consiste à mettre en évidence les méthodes de pensées des designers afin de les aider non seulement à comprendre leur mécanisme mental, mais aussi à pouvoir contrôler dans une certaine mesure la direction de leur pensée. Ainsi, nous verrons quelles sont les opérations mentales qu’effectuent les architectes et comment ils peuvent intervenir dans ce déroulement.

136. ibidem 137. CROSS, Nigel, loc. cit. 138. ibidem 139. MURPHY, Gardner, Personality: a biosocial approach to origins and structure, Harper and Row, New York 1947, p.196-207 140. ibidem, p207-213 141. LAWSON, Bryan, op. cit., p.138 142. Traduit de l’anglais “imaginative thinking”, ibidem 143. ibidem 144. VAN BAKEL, Anton Styles of Architectural Designing: empirical research on working styles and personality dispositions, Technical University of Eindhoven, Eindhoven, 1995

D’après les recherches de Gardner Murphy, le processus mental serait bipolaire, c’est-à-dire qu’il est influencé non seulement par le monde externe, mais aussi par les besoins internes de l’individu.139 Son étude se concentre sur l’influence que peut avoir l’un des deux processus sur l’individu. Il note, ainsi, qu’une personne équilibrée ne serait pas spécialement plus concernée par l’un ou l’autre processus. Cependant, il est possible qu’un évènement active un processus en particulier, comme par exemple l’introspection qui serait un état dans lequel la personne évalue ses besoins internes.140 En architecture, il est clair que les demandes du monde extérieur sont plus importantes que les besoins internes de l’architecte. Lawson précise, ainsi, que cette notion psychologique pourrait servir à distinguer l’architecture de l’art. Selon l’auteur, l’artiste serait essentiellement concentré sur la pensée imaginative, dépendant du second processus, qui lui permet d’exprimer ses besoins internes. Ce processus de réflexion n’est pas souvent relié au monde réel.141 Cependant, on ne peut pas totalement exclure cette « pensée imaginative »142 du domaine de l’architecture, car cela reviendrait à dire que, non seulement la personnalité de l’architecte ne jouerait aucun rôle dans la conception, mais aussi que l’architecture pourrait se résoudre uniquement par la manière rationnelle. Ce constat expliquerait, d’une part, la difficulté à classer la discipline entre l’art et les sciences. D’autre part, elle renforce la particularité du design thinking, qui serait un équilibre entre la pensée imaginative et la pensée rationnelle.143 Dans une recherche effectuée sur plusieurs architectes dans le but de déceler leur méthode de travail, Van Bakel remarque deux choses144: la première est qu’il existe autant de manière de créer qu’il existerait d’architectes. La deuxième est que la création dépend, non seulement du designer, mais aussi de la nature de la demande. Malgré ces deux constatations, L’auteur parvient à faire un classement des approches personnelles qu’adoptent les architectes lors d’un projet, il appelle ces mécanismes de pensée « styles of architectural thinking ». 29


Dans un model triangulaire qu’il nomme « the space solution », on retrouve les trois principales sources qui stimulent les architectes durant le processus qui sont : le programme, le concept et le site.145 On peut ainsi supposer que la pensée imaginative rentre en jeu durant l’approche de la problématique. On notera aussi la ressemblance de ce schéma avec le modèle de design problems, proposé par Lawson, qui reprend les mêmes thématiques. Le client génère le programme, les contraintes de concept sont générées par le designer et les contraintes liées au site serait générées par les facteurs externes. Si on combine l’idée de Murphy d’un processus mental bipolaire avec les notions de «  productive thinking  » de Wertheimer, nous pouvons supposer qu’il est possible de diriger sa pensée vers l’un ou vers l’autre processus. C’est sur cette base de données que Bartlett effectue de nouvelles recherches. Il remarque, ainsi, deux modèles de pensée productive : le premier est la pensée dans un système clos, qu’il appelle « thinking in closed system » et le deuxième est une pensée dans un univers plus libre, qu’il nomme « adventurous thinking ».146 La pensée dans un système clos est limitée dans le nombre d’éléments présents ; ces unités ont une relation entre elles et peuvent être restructurées afin de générer un nombre précis de solutions. Ce système intervient principalement dans la pensée analytique car le résultat final est déterminable à l’avance.147 Dans le domaine de l’architecture, il est difficile de savoir exactement comment se termine un projet. Cependant, certaines données en architecture peuvent intervenir dans une système clos, comme par exemple régler la disposition de tables dans un restaurant.148 Le second système, comme son nom l’indique, laisse libre cours à la pensée. Le répertoire d’éléments à prendre en compte n’est pas défini et la relation entre ces unités est plus flexible. Ce système permet donc une restructuration des données, afin de créer un nouvel élément.149 Ce phénomène se confirme, en architecture, quand on analyse les projets remarquables. Il arrive bien souvent que ceux-ci échappent à la demande principale et offrent une proposition atypique et non conventionnelle, comme on a pu le constater avec l’exemple du Rolex learning center de SANAA.150 Par ailleurs, le projet fut félicité pour la prise de risques et son caractère innovant.151 Notons ici que chaque système pourrait correspondre à ce qu’Eberhard nomme : l’intensification ou la régression d’une problématique, vu dans le chapitre design process. Pour résumer la recherche sur la pensée, on peut distinguer deux processus : le premier est le «  reproductive thinking » qui se base essentiellement sur la connaissance acquise au fil de l’expérience, dont la restructuration de la pensée se fait par associations logiques et rationnelles de données.152 Le deuxième est le «  productive thinking » qui est lié à la restructuration et la création de nouvelles données.153 Dans le premier système, on parlera d’une pensée convergente (Fig.3.1) ; dans le second, d’une pensée divergente (Fig.3.2). Les deux

informations

Solution / Réponse

données

faits

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Réponse potentielle

données

informations

faits

Réponse potentielle

Réponse potentielle

Réponse potentielle

stimulus

Réponse potentielle

Réponse potentielle

Fig.3.1 Schéma de la pensée convergente ou la pensée dans un système clos Fig.3.2 Schéma de la pensée divergente ou la pensée aventureuse

145. ibidem 146. SINGLETON, W.T., The analysis of practical skills, Springer Science, London, 1978, p.301 147. ibidem 148. ibidem 149. ibidem 150. DELLA, Francesco, DELLA, Eugène, Rolex learning center, EPFL Press, Lausanne, 2010, p.104-111 151. ibidem 152. BRANCHINI, Erika, SAVARDI, Ugo et BIANCHI, Ivana, Productive Thinking: The Role of Perception and Perceiving Opposition, In : Gestalt Theory, Vol.5, no.1, 7-24 153. ibidem


concepts furent introduits par Guilford en 1956.154 Selon lui, chaque mode de pensée serait une compétence à part entière. Cependant, les chercheurs du domaine du design thinking s’accordent à voir les deux méthodes de pensées comme une seule compétence, qui serait l’outil principal des designers ;155 en d’autres mots, l’architecte serait en mesure de diriger sa pensée, d’une part vers une information précise en utilisant la pensée convergente, et d’autre part, il serait en mesure d’utiliser la pensée divergente afin de générer d’autres données utiles à la conception. Le schéma ci-dessous (Fig.3.3) nous permet de comprendre comment les deux fonctionneraient. Notons quand-même que cette représentation reste simplifiée, le processus de pensée n’étant pas aussi linéaire. Pour Bryan Lawson, ces deux modes de pensée s’effectuent simultanément.156

Fig.3.3 Représentation de la relation entre la pensée convergente et divergente suivant Guildford

Le processus créatif

Fig.3.4 Pavillon de l’Allemagne, Exposition internationale Avinguda del Marquès de Comillas, Barcelone, Espagne (1928-1929) 154. GUILFORD, J.Paul, The structure of intellect, In : Psychological Bulletin, 53, pp.267293 155. LAWSON, Bryan, op. cit., p.143 156. ibidem 157. BODEN, Margaret A., The creative mind : Myths and mechanism, 2th, Routledge, New York, 2004, p.42-43 158. H = Historical 159. ibidem 160. ZIMMERMAN, Claire Mies Van Der Rohe 1886-1969, Taschen, Köln, 2006, p.39-43 161. P= Person 162. BODEN, Margaret A., loc. cit.

Nous ne pouvons pas nier que l’architecture demande un certain degré de créativité, mais qu’est-ce qui définit concrètement un acte créatif en architecture ? Maintenant que nous comprenons mieux les méthodes de pensées des architectes, il nous sera plus facile de formuler une définition claire de la créativité, ainsi que de la pensée créative. Cette découverte pourrait nous apporter plus d’informations sur l’apprentissage de l’architecture. Margaret Boden propose deux sortes de créativité : le H-creativity et le P-creativity.157 Le H-creativity158 est globalement un acte créatif qui influence l’histoire, comme par exemple l’invention de l’ampoule de Thomas Edison. Ce genre d’événements, accompagné d’une grande ingéniosité, peut être vu comme des classiques de l’histoire et acquiert au fil des années une dimension intemporelle. La suite des améliorations de cette découverte ne sera pas vue comme des phénomènes majeurs, car ils n’auront pas le même impact sur la société.159 En architecture, on peut par exemple citer “le pavillon de Barcelone” de Mies van Der Rohe qui, en 1929, propose un plan libre dont la toiture repose sur des poteaux en acier, ce qui libère non seulement les murs de leur fonction porteuses, mais permet aussi de délimiter l’espace par des longues baies vitrées.160 (Fig.3.4) Cet évènement a permis par la suite une avancée architecturale et a ouvert la porte à de nouvelles interprétations dans le domaine de la conception. Le P-Creativity161, par contre, est un évènement moins révolutionnaire mais qui nous concerne directement car, selon Margaret Boden, la création d’une nouvelle idée dans l’esprit du créateur est un évènement de grande importance, même si elle a déjà été créée par quelqu’un d’autre.162 En d’autres mots, la créativité n’est pas forcément un acte original et révolutionnaire d’un point de vue historique, mais serait principalement la capacité d’un individu à pouvoir réorganiser des données qui contribueraient à la modification de son paradigme.

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Ce processus créatif a été schématisé en 4 phases par Graham Wallace163 en 1926 : on retrouve ainsi “préparation”, “incubation”, “illumination” et “vérification”. En 1965, George Kneller164 reprend le même schéma en rajoutant une phase préparatoire qu’il appellera “first insight”. La phase préparatoire consiste à s’imprégner de la problématique. Un architecte, par exemple, va analyser les données qui lui sont offertes afin de cibler un angle d’attaque. C’est une étape où l’architecte tente de reformuler la question. Cependant, comme nous l’avons vu précédemment, la problématique et la solution ne sont pas toujours clairement identifiables et se solutionnent simultanément. La phase de préparation est une étape dans laquelle le cerveau enregistre, trie et exploite les informations accumulées lors de la première phase. Il s’agit donc d’un stade de prototypage intense afin de générer des solutions. Contrairement à Wallace qui regroupe cette définition dans une phase de préparation, le schéma proposé par Kneller évoque des aller-retour entre la définition de la problématique et les propositions générées. La phase d’incubation est généralement vue comme une période de repos qui peut être de courte ou longue durée, laissant ainsi le temps au cerveau de restructurer les informations. La phase d’illumination est un instant ou une période, où l’idée révélatrice éclate au grand jour, mieux connue sous le nom de “l’effet Eureka” faisant référence à l’anecdote d’Archimède qui découvre la solution à sa problématique en glissant de son bain. Cette révélation semble instantanée, claire et précise. La phase finale serait alors la vérification. Il s’agit ici de tester l’idée, de l’élaborer et de la développer. Dans le cas d’un architecte, cette phase représente la production de documents clairs, net et précis, allant toujours dans le sens d’une intention claire.

first insight

formulation de la problématique

preparation

tentatvie de résolution, conscient

incubation

sans effort conscient

illumination

émergence d’une idée soudaine

verification

Développement conscient

Fig.3.5 Les cinq phases du processus créatif d’après Graham, Keller et Lawson

D’autres exemples d’illumination sont visibles dans les témoignages de Philippe Starck, célèbre designer Français. L’anecdote raconte que l’idée de son célèbre presse agrume nommé « Juicy Salif » serait apparue alors qu’il était tranquillement en train de manger dans un restaurant Italien.165 Fig.3.6 Maison Y2K, Projet nonréalisé, Rem Koolhaas, OMA 1998

Dans une interview avec Hans Ulrich Obrist, Rem Koolhaas166 décrit un phénomène similaire concernant la Casa del Musica de Porto. Le célèbre architecte travaillait, à l’époque, sur une maison pour un client Hollandais (Fig.3.6). Celui-ci n’aimait pas le désordre et n’avait pas forcément envie de 32

163. WALLAS, Graham, The Art of Thought (1929), Solis Press, England, 2014, p.37-57 164. KNELLER, George, The art and science of creativity, Holt, Renihart and Winston, New York, 1965 165. CROSS, Nigel, Design Thinking, Berg, Oxford, 2011, pg.6 166. OBRIST, Hans Ulrich , Hans Ulrich Obrist & Rem Koolhaas: The Conversation Series: Volume 4, Verlag der Buchlandhung, Köln, 2006, p.92-96


Fig.3.7 Maquettes de recherche, extrusion du plein pour créer le vide. Ceci fait partie de la phase de vérification

croiser les membres de sa famille dans la maison. De plus, il présentait une phobie pour l’an 2000.167 Partant de ces contraintes, Koolhaas se met à générer une série de propositions. La particularité de cette demande force l’architecte à revoir la composition d’une maison traditionnelle. Ainsi, il finit par recombiner les contraintes entre elles, ceci en partant d’un volume plein où il venait extruder les pièces dédiées à chaque membre de la famille. Les zones pleines restantes seraient, alors, des espace de rangement. Koolhaas décrit le résultat de la maison comme étant beau et horrible à la fois.168 Cependant, le client avait du mal à prendre des décisions claires sur ce qu’il voulait. Quelques semaines plus tard, l’architecte avait un voyage d’affaire au Lagos. Durant cette pause, il découvrit la ville et une nouvelle culture. À la même période, le bureau OMA travaillait sur le concours à Porto. C’est en revenant de cette période d’incubation, qu’il revit le client et décrit la scène comme suite : « On my return from Africa, I immediately saw from the bodylanguage of the private Dutch client that this house project could never be built. At the same time, we were three weeks away from the deadline for completing designs for a concert hall in porto. Everything came together in a blinding flash of light: I fired the client and we enlarged the house by seven times to create an entirely new design for the concert hall. »169

Fig.3.8 Plan de la maison Y2K et le plan de la Casa del Musica à porto

Cette anecdote de Rem Koolhaas correspond aux phases décrites par Wallace et Kneller. Cependant, il faudra nuancer ces témoignages romantisés : il ne suffit pas d’attendre que l’illumination arrive. En général, les deux premières phases sont composées de moments intenses de travail et d’autres de pauses. Par exemple, Philippe Starck décrit sa phase de recherches comme un moment intense de dessins afin de « capturer la violence de l’idée. »170 ; en d’autres mots, cette capacité à synthétiser l’information dans un court instant ne peut pas avoir lieu sans une phase de travail intense auparavant. Fig.3.9 Croquis de la phase d’illumination de Philippe Starck sur le set de table en papier du restaurant Italien ; Phase de vérification

167. ibidem 168. ibidem 169. ibidem 170. “Capture the violence of the idea”, LAWSON, Bryan, op. cit., pg.151

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L’apprentissage par l’échec Dans une étude empirique, Anne Roe effectue une série de tests sur 64 scientifiques dits “créatif” dans leur domaine171, Elle remarque, ainsi, que les personnalités créatives sont souvent très intelligentes, mais surtout persévérantes, autosuffisantes, confiantes et témoignent d’une motivation intrinsèque. Selon elle, l’école ne les aurait pas spécialement formés à être de bons scientifiques. Au contraire, ce serait leur motivation personnelle à vouloir satisfaire leurs besoins qui les aurait fait persévérer dans leur domaine.172 Ce constat se retrouve aussi dans les études de Nigel Cross qui étudie dans son ouvrage « Design Thinking » la méthode de travail de célèbres designers comme Gordon Murray et Kenneth Grange. Il remarque, de plus, que ces personnalités n’ont souvent pas peur d’échouer. D’ailleurs, ils avouent que chaque échec leur a appris une chose nouvelle qui leur a servi par la suite.173 En architecture, on pourrait supposer que le nombre de projets non réalisés serait bénéfique pour le bureau d’archicture. L’agence de Rem Koolhaas, par exemple, possède actuellement plus de projets non réalisés que de projet construits.174 Cependant, l’anecdote de la Casa del Musica nous confirme l’idée qu’un échec préalable pourrait servir par la suite. On peut donc supposer qu’il s’agirait plus d’une question d’expérience, qu’une question d’échec. Ce qui est intéressant ici, c’est que l’intelligence ne jouerait pas un rôle majeur dans la créativité. Comme le dit si bien Thomas Edison, “Le génie est fait d’1% d’inspiration et de 99% de transpiration”.175 Nous pouvons, désormais, supposer que les phases d’essais sont essentielles dans l’apprentissage de l’architecture, pourvu qu’on en retire des conclusions constructives. L’atelier d’architecture est donc l’endroit où l’étudiant a la possibilité d’apprendre par l’échec. Cependant, comme le souligne Kathryn Anthony176, le système des studios de design échoue souvent dans leur apprentissage, car la méthode d’évaluation se fait essentiellement sur base du produit final. Or, il est plus important de comprendre le processus qui a abouti au résultat que sa finalité en elle-même. Pour l’auteur, le studio focalise principalement l’attention de l’étudiant sur les erreurs de la proposition finale, provoquant une condamnation rétrospective de ces éléments, au lieu d’encourager l’étudiant à développer une meilleure compréhension de son processus.177 Une autre étude, établie par Laxton, propose une meilleure compréhension de l’apprentissage à l’école. Selon lui, l’étudiant est incapable de proposer une réponse créative sans posséder un « réservoir d’expériences ». Laxton développe cette idée dans un schéma représentant des valves hydrauliques. (Fig.3.10) Selon l’auteur, la capacité d’un individu à exprimer un concept ne peut se faire que si la personne possède un « réservoir de connaissances »178 dans lequel il puise ses idées.

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Fig.3.10 Modèle hydro-electric de Laxton, représentant un schéma pour l’apprentissage du design 171. ROE, Anne, The making of a scientist, Dodd, Mead & Company, New York, 1953, p.230-240 172. ibidem 173. CROSS, Nigel, op. cit., pg.68 174. OMA, Project, [en ligne], http://oma.eu/projects (consulté le 16/07/2017) 175. “Genius is one percent inspiration, ninety-nine percent perspiration”, ROSANOFF, Martin A., Edison in his laboratory, In: Happer’s Magazine, September 1923, pp.402-417 176. ANTHONY, Kathryn, Design Juries on Trial: The Renaissance of the Design Studio, In: Journal of Architectural Education, 47(2), 257, 1991 177. ibidem 178. LAXTON, M., Design education in practice. In: Attitudes in Design Education, Lund Humphries, London, 1969


La seconde compétence que l’étudiant doit acquérir est la capacité à évaluer ces idées pour, enfin, les transformer dans un contexte adéquat.179 Notons que ce concept de réservoir de connaissances confirme ce que Bartlett appelle le « schéma », que nous avons vu au début de ce chapitre, qui serait l’endroit où l’homme regroupe mentalement ses expériences. Les études de Thomas Markus révèlent un phénomène similaire. Il note ainsi que les designers ont quatre sources principales d’informations, dans lesquelles ils puisent l’information nécessaire pour effectuer des décisions : leur propre expérience, l’expérience des autres designers, les recherches existantes et l’interprétation de ces données.180 Herman Hertzberger nous résume concrètement l’utilité de ce réservoir de connaissances dans son ouvrage « Lessons for students in Architecture » : « Everything that is absorbed and registered in your mind adds to the collection of ideas stored in the memory: a sort of library that you can consult whenever a problem arises. So, essentially the more you have seen, experienced and absorbed, the more points of reference you will have to help you decide which direction to take: your frame of reference expands. »181 Keller mentionne l’importance d’apprendre par le biais d’autrui. De plus, l’originalité d’une proposition, selon lui, se situerait dans l’appropriation du processus des autres ; la reconstruction de ces idées déclencherait alors le processus de création : « One of the paradoxes of creativity is that, in order to think originally, we must familiarise ourselves with the ideas of others… these ideas can then form a springboard from which the creator’s ideas can be launched. »182  Enfin, pour Bryan Lawson, la vraie difficulté de l’éducation serait donc de trouver l’équilibre entre inciter l’étudiant à développer son réservoir de connaissances, sans pour autant lui imposer une façon de penser, qui pourrait l’empêcher de produire des idées originales.183 Nous verrons dans la partie design knowledge en quoi consiste cette connaissance et comment elle s’acquière.

Les guides de processus Nous savons désormais que la conception d’un projet ne partirait pas d’une feuille blanche. Le concepteur a besoin d’une source principale, qui est son savoir acquis au fil de ses expériences. De plus, nous avons vu que certains grands designers sont sûrs d’eux-mêmes et n’ont pas peur de prendre des risques. En architecture, ceci s’explique par le fait que l’architecte doit anticiper une multitude de paramètres susceptibles d’avoir un impact positif ou négatif dans le futur. La pertinence de ses choix est donc constamment mis en jeu. Ce constat est repris dans la description que fait Chris Jones sur le design process : « The performing of a very complicated act of faith.»184 179. ibidem 180. SINGLETON, WT, op. cit, pg.293 181. HERTZBERGER, Herman, Lessons for students in Architecture, Uitgeverij, 1991, p.45 182. KNELLER, George, op.cit., p.6 183. LAWSON, Bryan, op.cit., pg.157 184. JONES, Chris J., Design Methods, John Wiley & Sons, 1992, p.3

Il y aurait donc une certaine croyance qui motiverait ces architectes à agir d’une telle manière. Nous avons vu dans la partie design process le modèle de problèmes proposé par Bryan Lawson, qui tente de classifier l’origine et la nature des problématiques. Les générateurs de contraintes sont l’architecte, le client, l’utilisateur et la législation. Le type de contraintes sont internes et externes et peuvent être classées en quatre catégorie : radicale, pratique, formelle et symbolique. Comme nous l’avons vu, ce même modèle nous permet aussi de supposer l’origine du générateur primaire, qui serait l’idée directrice qui mène le projet vers sa finalisation. Ce schéma est plus développé par la suite 35


et permet à Lawson d’établir ce qu’il appelle les « guides de principes ».185 Selon lui, les architectes acquièrent au fil des années une certaine vision de la profession. Ce phénomène serait dû, principalement, à leur motivation à vouloir concevoir. C’est pourquoi ils développent, au bout d’un moment, une certaine croyance et une attitude envers la profession.186 Cet ensemble de valeurs détermine comment ces architectes abordent leurs projets d’architecture. Le schéma proposé par Lawson permet de classer, dans une certaine mesure, l’approche qu’ont ces architectes de la profession. On pourrait supposer que ces guides de principes représenteraient leur leitmotiv, c’est-à-dire leur générateur primaire. Pour éclaircir davantage ce concept, voici quelques exemples de prises de position d’architectes issues de la recherche de Bryan Lawson : Du point de vue du client, il cite Denise Scott Brown et Robert Venturi pour qui la participation du client est primordiale dans l’élaboration de leurs projets : « We think that architecture has to derive from collaboration and we learn a lot from the client . . . we get some of our best ideas from clients, we love collaborating with them. »188 Du point de vue des usagers, la déclaration d’Herman Hertzberger décrit sa préférence pour des projets où le nombre d’intervenants le passionnerait plus que l’élaboration d’une maison de quelques personnes : « I prefer, for instance, to make a school over making a house, because the house I feel has too much of a constraint just to follow the particularity and idiosyncrasy of just one person or couple. I prefer to have a school where you have a board, you have teachers, you have parents and you have children, and the users are all of them. »187 Du point de vue des contraintes pratiques189, on retrouve Siantiago Calatrava qui semble plus sensible au niveau de la matérialité de ses constructions : « In a way material dictates the concept . . . and materials are not inter- changeable . . . to me the material really is the starting point of the story. »190 Les contraintes radicales et formelles sont, suivant Lawson, des conséquences des autres approches et constituent rarement l’élément déclencheur. Il explique ainsi que les contraintes radicales191 sont déjà au centre du processus en vue de la nature de la demande. L’aspect formel, quant à lui, est souvent perçu comme le fruit d’un autre questionnement et n’est pas directement lié à la problématique. Enfin, les contraintes symboliques192 dépendent du style et de la philosophie de l’architecte ; elles sont indissociables de sa création. Ceci reste à nuancer, comme le dit le philosophe Wertheimer. Tous les ouvrages ne sont pas de l’architecture, mais toute architecture est une forme de glorification de quelque chose : « Architecture immortalises and glorifies something. Hence there can be no architecture where there is nothing to glorify . . . Architecture is a gesture. Not every purposive movement of the human body is a gesture. And no more is every building designed for a purpose architecture. »193 Ces guides de principes peuvent, selon Lawson, dans certains cas, sortir du cadre de la pratique architecturale et s’exprimer dans des ouvrages, lectures, articles ou conférences. Le contenu de ces guides de principes est aussi varié que le nombre d’architectes qui existe. Ce qui est certain, c’est que ces ouvrages témoignent souvent d’une prise de position envers la profession194, qu’on pourrait qualifier de philosophie architecturale.

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185. Traduit de l’anglais, “Guiding principles” LAWSON, Bryan, Guiding principle, In: How Designers Thinks, 4th edition, Architectural Press, London, 2005, pg.159-180 186. ibidem 187. ibidem 188. ibidem 189. Ces contraintes englobe tout les aspects techniques 190. ibidem 191. Ce sont les contraintes fondamentales du projet sans lesquelles la proposition n’aurait pas de but ou d’utilité à être conçu 192. Ces contraintes concernent principalement l’expression du projet 193. ibidem 194. ibidem


L’exemple le plus flagrant serait les traités de Vitruve, « de Architectura », dans lesquels on retrouve la première définition concrète de l’architecte et de la discipline.195 Mais, on peut aussi citer «  vers une architecture  » du Corbusier, dans lequel il décrit sa vision de l’Esprit Nouveau,196 ou encore « le modulor »197 dans lequel il propose un système de composition basé sur les proportions de l’homme. Bien sûr, il existe beaucoup d’autres ouvrages qui reflèteraient les guides de principes des architectes, souvent après qu’ils soient reconnus, mais il se peut aussi que l’ouvrage leur permette un début de réflexion sur l’architecture, comme le cas de Rem Koolhaas qui écrit « New York Délire »198 qui est un manifeste de Manhattan dans lequel il se questionne sur la métropole de demain. L’architecte confirme ainsi que l’écriture de son ouvrage lui a permis de savoir quel type d’architecte il voulait devenir. Ce manifeste a formé la base de la philosophie de son bureau « Office of Metropolitan Architecture »199 : « J’entendais construire en tant qu’écrivain un territoire où je puisse finalement travailler comme architecte. » Ce qui nous intéresse ici, ce n’est pas d’analyser, ni de critiquer la pertinence de ces ouvrages, mais de les voir comme des vrais « guides de principes », non pas pour mieux comprendre la philosophie de son auteur, mais bel et bien pour comprendre son processus de création. Fig.3.11 Les traités de Vitruve ont été écrit vers le 1er siècle avant J.C. et vont avoir une grande influence durant la Renaissance. Fig.3.12 « Vers une architecture » est un ouvrage paru en 1929 permet de saisir des éléments fondamentaux du Mouvement Moderne Fig.3.13 « New York délire » est un manifeste rétrospectif publié en 1978 et questionne le futur des métropole en ayant comme cas d’étude Manhattan

195. VITRUVE, Les dix livres d’architecture, P. Mardaga, Bruxelles, 1979 196. LE COBUSIER, Vers une architecture, Éditions Crès, Paris, 1923 197. LE COBUSIER, Le modulor, Éditions de l’Architecture d’Aujourd’hui, Boulogne-surSeine, 1950 198. KOOLHAAS, Rem, New York Delire, Editions Parenthèses, Marseille, 2002 199. KOOLHAAS, Rem, Why I wrote Delirious New York and other textual strategie’, entretien avec Cynthia Davidson, ANY, n°0, 1993, p. 42.

Nous pouvons donc nuancer la définition de Bryan Lawson, en proposant le terme « Guides de processus  », car effectivement, suite à ces recherches sur le design process, il est possible de lire l’ensemble de ces lectures comme une source principale de connaissances, pas seulement architecturales, mais aussi culturelles, car elles témoignent d’une philosophie propre à une époque. Cette nuance permet de ne pas réduire ces ouvrages à de simple guides de principes d’architectes, mais au contraire, confirmer leur caractère instructif. Ce sont donc des réservoirs incontournables de connaissances pour l’apprentissage de l’architecture.

Résumé Les théories de la pensée découvertes dans les domaines comme la psychologie ou les sciences cognitives ont permis aux chercheurs du design de mieux appréhender les mécanismes de la conception. Le test mené par Bryan Lawson sur des scientifiques et des architectes nous prouvent que la pensée des designers semble focalisée sur la résolution de la problématique, contrairement à celle des scientifiques qui serait plus axée sur la compréhension du problème. De plus, il probable que cette pensée s’acquière durant l’apprentissage de 37


l’architecture. Les théories de Wertheimer sur le productive thinking suppose qu’il serait possible que l’homme puisse diriger sa pensée. Ainsi, Guildfort nous propose deux mécanismes : le premier est la pensée convergente qui pourrait s’associer avec la pensée analytique des scientifiques, et le deuxième serait la pensée divergente qui correspondrait aux artistes. La combinaison de ces deux mécanismes formerait l’outil principal des designers. Selon des chercheurs comme Bryan Lawson et Nigel Cross, les designers auraient tendance à faire usage des deux types de pensée simultanément lors de la conception. C’est pourquoi on parlerait de design thinking. Notons que cette pensée peut s’acquérir par la pratique. Par la suite, nous avons analysé la notion de créativité. Nous comprenons désormais qu’il s’agit de la recombinaison de données afin d’en créer de nouvelles. Le processus de création repose donc sur une base de données, que Laxon appelle le « réservoir de connaissance » ou le « schéma » selon le psychologue Bartlett. Ce constat est primordial pour la compréhension de l’apprentissage de l’architecture. Nous pouvons dès à présent supposer que les phases de tests, d’erreurs et de prototypages permettent non seulement aux architectes d’acquérir de l’expérience mais aussi d’alimenter leur réservoir de connaissances. Enfin, selon Lawson, les architectes expérimentés développeraient au fil des années des « guides de principes » qui leur permet de débuter un projet sous un certain angle. Il arrive que certains d’entre eux finissent par traduire ces principes sous forme de livre. Toutefois, nous pouvons supposer que ces ouvrages représenteraient avant tout un témoignage de leur design process et plus particulièrement de leur design thinking.

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PARTIE IV : DESIGN KNOWLEDGE Jusqu’à présent, nous avons décrit le processus de conception dans son ensemble. D’une part, nous savons quelles sont les tenants et aboutissants du design process. D’autre part, nous comprenons à présent le fonctionnement du design thinking. Nous pouvons désormais aborder l’apprentissage de l’architecture. Comme nous l’avons vu au chapitre précédent, les architectes développeraient, selon Laxon, un « réservoir de connaissances » dans lequel ils puisent des données nécessaires pour la conception. Par ailleurs, le design knowledge est un terme qui regroupe l’ensemble des connaissances que le designer acquière par la pratique. Cette partie abordera par conséquent l’acquisition de ce savoir. Tout d’abord, nous allons analyser quels types de documents les architectes produisent et sous quelle forme ces représentations expriment la connaissance de l’architecte. Ensuite, nous aborderons plus en détails comment les architectes interagissent avec leurs documentations, en particulier avec leurs dessins à main levée. L’analyse des architectes en pleine action nous permettra d’appliquer concrètement les notions énoncées durant le design process et le design thinking. Ainsi, nous examinerons non seulement le fonctionnement du réservoir de connaissances, mais aussi son contenu. Enfin, sur base des ces données, nous serons en mesure de décrire un processus d’apprentissage de l’architecture.

Les types de représentation graphique Une première classification fut établie par Fraser et Henmi dans leur ouvrage « Envisioning Architecture : Analysis of Drawings » paru en 1994200. En analysant les documents produits par les architectes, les deux chercheurs parviennent à définir cinq type de représentation graphique, qui sont ; les dessins de référence201, les diagrammes202, les croquis203, les documents de présentations204 et les dessins abstraits.205 Cependant, la méthode de classification établie par Fraser et Henmi s’effectue essentiellement sur base des caractéristiques physique des dessins. Or, dans notre cas d’étude, il serait plus intéressant d’envisager une classification qui permettrait de mettre en évidence les types d’intentions exprimées dans chaque document. 200. FRASER, Lain, HENMI, Rod, Envisioning Architecture: An Analysis of Drawing, 4th edition, Wiley, New York, 1993, pg. 81 201. Traduit de l’anglais ‘Diagrams’, ibidem 202. Traduit de l’anglais ‘Design drawings’, ibidem 203. Traduit de l’anglais ‘Presentation drawings’, ibidem 204. Traduit de l’anglais ‘Visionary drawings’, ibidem 205. Traduit de l’anglais ‘Referential drawings’, ibidem 206. LAWSON, Bryan, Drawings and types of design knowledge, In: What Designers Know, Architectural Press, Oxford, 2007, p.31-51 207. Traduit de l’anglais ‘Presentation drawings’, ibidem 208. ibidem 209. Traduit de l’anglais ‘Instruction drawings’, ibidem

Notre regard va donc se tourner vers une autre hiérarchisation proposée par Bryan Lawson, qui réorganise la proposition de Fraser et Hemni en fonction des caractéristiques communicatives des documents ainsi que leur influence sur le design process. Lawson établit huit catégories, qui sont206 ; Les documents de présentation207 : Ces documents jouent un rôle essentiel dans la communication envers le client. Elles permettent d’acquérir des approbations, afin d’effectuer une décision. En général, ces documents représentent une ébauche finale de ce que le projet pourrait devenir. Ils sont donc composés de manière à satisfaire le spectateur. L’exemple le plus concret de ce style de représentation se retrouve dans les concours d’architecture. (Fig.4.1) L’image du projet aura tendance à vouloir impressionner le jury. En général, les qualités du projet seront mises en avant, contrairement à ses défauts qui seront masqués.208 Dans notre cas d’étude, le contenu de ces documents nous révèle peu sur le design process de l’architecte car ils font partie de la phase de post-production du projet. Cependant, notons que ces types de documents sont souvent demandés aux étudiants pour leur jury de fin d’année. Les dessins techniques209 : Ces dessins communiquent de manière unilatérale les informations envers les constructeurs ou les bureaux d’études. Ils se réalisent 39


Fig.4.1 Exemple d’une planche concours. De manière générale, elles sont composées de ; schémas d’intentions, les plans, une coupe et des vues extérieures/intérieures

principalement après que le projet soit élaboré dans ses grandes lignes, ainsi ils peuvent représenter un détail technique de l’édifice ou l’entièreté de l’ouvrage. Nous pouvons constater sur ces documents la présence d’instructions, comme par exemple les matériaux, la hauteur des murs, les épaisseurs, etc. (Fig.4.2). Ceci représente une forme de connaissance de l’architecte. Malgré cela, ces informations ne sont, en général, qu’accessibles aux spécialistes qui peuvent les interpréter210 et ne nous permettront pas d’établir plus de données sur le design knowledge. Fig.4.2 Nora House, Sendai, Japan, 2006. Coupe perspective et technique de l’Atelier Bow Wow

210. ibidem

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Les dessins de consultation211 : Ce type de document peut constituer une souscatégorie des documents de présentation212 dans le sens où ces dessins servent aussi pour la communication avec le client. Cependant, ils n’auront pas leur caractère persuasif. En général, ces documents représentent un étalement des recherches qu’ont établi les architectes jusqu’à présent. Ils montrent, ainsi, une série de propositions au client afin d’établir un angle d’attaque. Pour Lawson, ces étalements d’intentions permettraient à l’architecte d’acquérir une série d’approbations, afin de le rassurer dans ces décisions.213 Ces documents peuvent être soignés (Fig.4.3) ou présentés sous forme de croquis. Mark Gross214 qui a étudié le travail de Louis Kahn, remarque ainsi que les architecte ont tendance à travailler avec des instruments légers dans la phase d’esquisse, afin de rester vague dans leur processus. Au fur et à mesure où le projet prendrait forme, les outils utilisés par l’architecte seraient plus précis et rigoureux.215 (Fig.4.4) Ce constat est donc essentiel pour le processus de conception. Nous analyserons par la suite pourquoi cette tendance prendrait forme.

Fig.4.3 Micheal Wilford propose plusieurs alternatives pour l’implantation de la Temasek Polytechnic à Singapore (19911996)

Fig.4.4 Croquis de Carlo Scarpa pour la villa Ottolenghi en Italy (1978)

Fig.4.5 À droite une aquarelle issue du notebook de Calatrava. À gauche Le Milwaukee Art Museum (1957) 211. Traduit de l’anglais ‘Consultation drawings’, ibidem 212. ibidem 213. ibidem 214. GROSS, Mark, ACADIA (Association for Computer Aided Design in Architecture), The Cocktail Napkin, the Fat Pencil, and the Slide Library, National Conference, St Louis., 1994, pp. 103-113. 215. ibidem 216. Traduit de l’anglais ‘Experiential drawings’, LAWSON, Bryan, loc. cit. 217. ibidem

Les dessins expérimentaux216 : Cette catégorie n’est pas présente dans le modèle de Fraser et Hemni, pourtant elle constitue pour Lawson une des particularités du design knowledge. L’auteur remarque que certains architectes ont tendance à dessiner en dehors de la profession.217 Les sujets abordés dans ces croquis peuvent parfois s’écarter du domaine architectural. Ainsi, on retrouve par exemple, chez Siantiago Calatrava, une réelle passion pour les mouvements du corps humain, qu’il exprime sous forme de croquis ou d’aquarelle. Nous pouvons ressentir la même dynamique dans son architecture (Fig.4.5). Elle permettrait donc à l’architecte d’appréhender l’architecture sous un autre angle. Nous pouvons aussi prendre l’exemple du Corbusier qui aimait peindre et dont les formes peuvent rappeler son architecture (Fig.4.6 et 4.7). En général,

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Fig.4.6 Peinture du Corbusier, Nature morte à la pile d’assiettes et au livre, huile sur toile, 1920 Fig.4.7 Le Corbusier. La cité radieuse à Marseille, (1947-1957) Fig.4.8 Le Corbusier. Dessin de la Chapelle de Ronchamp

ces dessins représentent une vision abstraite du monde qui entoure l’architecte. Cette représentation est donc propre à son auteur et peut contenir des codes qui lui appartiennent.218 (Fig.4.8). Ces dessins expérimentaux sont pour Lawson des éléments essentiels qui contribuent au réservoir de connaissance des architectes.219 Les diagrammes220 : Les diagrammes, dans le sens de Lawson, sont des représentations qui n’ont pas de propriétés physiques ou visuelles correspondant à l’architecture. L’exemple le plus concret serait l’organigramme221, qui est une représentation schématique du projet. Pour Lawson, ce genre de diagramme permettrait consciemment à l’architecte d’évacuer une série de informations pour qu’il puisse, d’une part, réduire la complexité de l’énoncé et d’autre part, se focaliser essentiellement sur une partie du programme. Ainsi, l’auteur décrit les avantages et les inconvénients de ce système de représentation222 : Premièrement, elle permet à l’architecte de schématiser l’énoncé en mettant en avant les relations du programme : (Fig. 4.9) Les bulles correspondent à des espaces ou des fonctions. Les lignes, quant à elles, représentent les possibles interconnections entre les espaces, qui peuvent être soit des accès directs, comme, par exemple, des couloirs, soit des relations indirectes comme, par exemple, une double hauteur. Dans un second temps, cette simplification permet d’évaluer des données vagues du projet, comme par exemple la disposition d’un espace vis-à-vis d’un autre ou la taille d’un local en fonction de la dimension de la bulle. Cependant, elle élimine volontairement des informations nécessaires au développement du projet, comme par exemple l’aspect du plan. L’inconvénient de ce système de représentation est qu’il suggère une série de règles dans laquelle l’architecte peut se perdre. Cette constatation se retrouve, selon l’auteur, souvent chez les étudiants en architecture, qui ont tendance à réaliser les plans en fonction des règles établies dans l’organigramme223 ce qui, par conséquent, peut provoquer des blocages dans la résolution du projet d’architecture. C’est pourquoi ce genre de système aurait tendance à se modifier tout au long du processus de conception et peut s’accorder à plusieurs étapes d’élaborations. Les croquis abstraits224 : Ces dessins représentent l’équivalent de ce que Fraser et Henmi appellent « visionary drawings  ». Ce sont, selon ces auteurs, des représentations qui possèdent une dimension artistique. Nous pouvons citer comme exemple les dessins de Franck Gehry. (Fig.4.10) Ces croquis ont tendance à sublimer certaines qualités du projet, malgré le fait que ces caractéristiques ne seront pas forcément réalisées telles quelles. Par contre, ces croquis permettent à l’architectes d’exprimer sa pensée créative225, qui est, comme nous l’avons vu, un élément primordial dans le design thinking. Nous verrons par la suite comment ce genre de croquis influence le processus de conception. Les croquis de proposition226  : Ce type de dessins est le plus utilisé par les architectes. Ils apparaissent, généralement, durant toutes les étapes du processus.227 C’est pourquoi ils représentent, selon Lawson, les documents les plus intéressants à analyser en ce qui concerne le design knowledge.228 Il s’agit de 42

Fig.4.9 Exemple d’organigramme/ Bubble diagrams

Fig.4.10 Frank, Gehry, croquis de la 8 Spruce Street (2006)

218. ibidem 219. ibidem 220. Traduit de l’anglais ‘Diagrams’, ibidem 221. En anglais, ‘Bubble diagram’, ibidem 222. ibidem 223. ibidem 224. Traduit de l’anglais ‘Fabulous drawings’, ibidem 225. ibidem 226. Traduit de l’anglais ‘Proposition drawings’, ibidem 227. ibidem 228. ibidem


croquis rapides à main levée, dans lesquels l’architecte génère et évalue plusieurs possibilités à la fois. Quand une possibilité ou un détail lui semble intéressant à exploiter, l’architecte aura tendance à approfondir cet élément séparément et ainsi de suite (Fig.4.11). C’est ce que Donald Schön décrit comme étant « une conversation avec le dessin ».229 Pour Lawson, ces évènements représenteraient « le langage de la pensée »230 des architectes, ce terme utilisé par le philosophe Jerry Fodor sera abordé plus en détails par la suite.

Fig.4.11 Robert Venturi . Croquis d’élévation pour l’extension de la Galerie Nationale de Londres.

Les dessins de calcul231 : Ce dernier type de dessins contient des notions de dimensionnement. Ainsi, ils permettent à l’architecte d’établir de manière rapide les aspects techniques et les proportions du projet. (Fig.4.12) Ces croquis peuvent, par la suite, être élaborés sur des logiciel CAD afin de les rendre plus précis. La version finale de ces dessins correspond à la catégorie des dessins techniques.232

Fig.4.12 Glenn Murcutt. Croquis pour la maison Marika-Alderton.

229. Traduit de l’anglais ‘conversation with the drawing’, SCHÖN, Donald, The Reflective Practitioner : How Professionals Think in Action, Routledge, New York, 2016, pg.76 230. Traduit de l’anglais ‘Langage of Thought’, FODOR, Jerry, The language of Thought, Harvard University Press, Cambridge, 1975 231. Traduit de l’anglais ‘Calculation drawings’, LAWSON, Bryan, loc. cit 232. ibidem

Cette répartition proposée par Bryan Lawson nous permet d’apercevoir le nombre de documents que les architectes produisent, ainsi que la place que certains ont durant le processus de conception. Il a été question ici d’aborder principalement les types de dessins. Mais il existe, bien évidemment, d’autres types de recherches qui permettent à l’architecte d’avancer dans son processus de travail, tels que l’écriture, les maquettes d’études, les logiciels d’aide à la conception (CAD) et bien d’autres. Néanmoins, il est plus intéressant d’analyser l’élément central du processus qui est, comme nous l’avons vu, le dessin à main levée. Cette analyse nous permettra, dans un premier temps, de mieux cibler les éléments essentiels du processus de conception des architectes. Dans un second temps, elle nous offrira suffisamment d’informations pour brièvement aborder les autres outils de conceptions. 43


Dialogue avec le dessin L’idée que les designers semblent dialoguer avec leurs croquis a été pour la première fois exprimée concrètement dans l’ouvrage de Donald Schön, « The reflective Practitioner : how professionals think in action » paru en 1983. Dans ce livre, l’auteur suggère que les professionnels réfléchissent en pleine action, combinant ainsi une pensée critique en parallèle d’une connaissance tacite durant l’élaboration d’un projet.233 Pour Schön, ces conversations forment la rigueur de la pensée et du processus de conception. Il serait intéressant de la définir, ce que l’auteur entend par cette notion de connaissances tacites. Tout d’abord, attardons-nous sur la notion de connaissances explicites, qui sont d’une manière générale des savoirs facilement transmissibles.234 En d’autres mots, ils peuvent être exprimés de manière rationnelle et communiqués à d’autres personnes, comme par exemple les mathématiques, l’histoire ou le langage. A contrario, Les connaissances tacites sont plus difficiles à définir, elles s’acquièrent principalement par l’expérience dans un domaine et sont parfois propres à un individu.235 C’est pourquoi ce savoir est non seulement difficile à exprimer, mais aussi compliqué à transmettre. Ceci expliquerait pourquoi les architectes ont du mal à traduire ce qu’ils font. Pour en revenir à l’architecture, « l’action » décrite par Donald Schön, suggère l’acte de dessiner. Selon l’auteur, cette action possède son propre savoir, que le professionnel doit exprimer sans pensée préalable. On peut donc supposer que l’activité spontanée du dessin à main levée est une manière pour l’architecte d’exprimer ses connaissances tacites. On retrouve la même constatation chez Nelson et Stolterman, qui suggèrent que le design knowledge serait incarné dans l’action du designer, ce qui expliquerait la difficulté à définir un protocole pour le processus car, selon eux, cet acte survient intuitivement.236 Pour en revenir au croquis d’architecture, prenons l’exemple d’une phase d’esquisse : l’architecte ne sait pas encore quelle est la solution complète à la problématique. En réalité, il ne sait que très peu sur la configuration ou les caractéristiques du projet final.237 C’est pourquoi, selon Lawson, les croquis ne seraient pas une réponse directe à la problématique, mais plutôt un étalement d’éléments de ce que l’architecte pense avoir fixé pour le moment. Par ailleurs, il précise que ces hypothèses ne contiennent pas plus d’informations que ce qu’elles renferment vraiment, tout simplement parce qu’il n’est pas possible d’anticiper des problèmes qui n’ont pas encore été mentionnés. En d’autres mots, les croquis indiqueraient principalement l’état d’avancement de ce que l’architecte pense avoir précisé ou accompli au moment du dessin.238 Lawson poursuit en expliquant que les architectes n’ont aucun moyen de prévoir à l’avance quel aspect de la problématique peut être intégré à une proposition, ils auront alors tendance à utiliser le dessin comme mémoire externe.239 Au vu de la complexité des données à prendre en compte, combinée avec l’idée qu’il n’existe aucune méthode logique, ou de théories précises sur la subdivision de l’énoncé, le croquis permettrait par conséquent d’isoler quelques données temporairement. Ceci afin de se concentrer sur d’autres informations.240 Globalement, le croquis permet non seulement aux architectes de générer des hypothèses, mais aussi de les tester et de les mémoriser. C’est ce que Nigel Cross nomme l’outil « What if ». Traduit en français, cela donnerait : « Que se passeraitil si ». Selon lui, chaque dessin de proposition pourrait commencer par cette question.241 Les croquis sélectionnés et approfondis par la suite, seraient ceux qui répondraient positivement à cette question. Schön décrit ces évènements comme des « choice-points »242. 44

233. SCHÖN, Donald, op. cit., pg.76 234. BELKACEM, Serrour et SLIMANE, Djouadi, Gestion des connaissances, Université de Lyon, Lyon, p.1-5 235. ibidem 236. NELSON, Harold et STOLTERMAN, Eric. The design way: intentional change in an unpredictable world, Educational Technology Publications, Englewood Cliffs, 2003, p.44 237. LAWSON, Bryan, What Designers Know, Architectural Press, Oxford, 2007, p.53 238. ibidem 239. ibidem 240. ibidem 241. CROSS, Nigel, Design Thinking, Berg, Oxford, 2011, p.24 242. En français ‘points d’accroches’, SCHÖN, Donald, op.cit., pg.100


Le chercheur Goel parvient à définir deux types d’action dans les dessins des designers qui sont : des transformations latérales et des transformations verticales.243 (Fig.4.13) La transformation latérale244 survient quand une partie ou un ensemble de parties dans le croquis est exploré de diverses manière. Prenons comme exemple un plan d’une chambre : l’architecte peut générer une série de propositions d’aménagement, tous reliées à la superficie du plan initial. On peut supposer que cette action correspond à une pensée divergente. La transformation verticale245  survient quand une proposition évolue de manière plus spécifique. Pour reprendre l’exemple de la chambre, l’architecte approfondit une proposition en y rajoutant les portes, les fenêtre, les meubles etc. L’idée est donc intensifiée et cette action pourrait correspondre à une pensée convergente. Fig.4.13 Robert Venturi . Croquis pour l’extension de la Galerie Nationale de Londres. On remarque des transformations latérales dans les deux premier dessins à gauche ; plusieurs propositions d’organisation spatiale. Les deux dessins de droite sont des transformations verticales ; la structure prend forme. Les détails autour des dessins sont des transformation latérales et verticales.

243. GOEL, Vinod, Sketches of Thought, MIT Press, Cambridge, 1995, p.119 244. Traduit de l’anglais “lateral transformation”, ibidem 245. Traduit de l’anglais “Vertical transformation”, ibidem 246. Traduit de l’anglais “parallel of thought”, LAWSON, Bryan, Parallel Lines of Thought, In: Languages of Design, 1(4), 1993, pp.357–366. 247. LÖWGREN, Jonas, STOLTERMAN, Eric, Thoughtful interaction design: a design perspective on information technology, The MIT Press, Massachusetts, 2004, p. 21 248. Traduit de l’anglais “framing”, SCHÖN, Donald, op. cit., pg.272 249. LAWSON, Bryan, What Designers Know, Architectural Press, Oxford, 2007, p.56

Bien évidemment, nous savons à présent qu’aucun des deux phénomènes ne se produit individuellement. Au contraire, chaque croquis évoque simultanément des transformations latérales et verticales. Cette capacité que possède l’architecte à effectuer plusieurs pensées à la fois est décrit par Lawson comme étant des « lignes parallèles de pensées »246. Pour en revenir au design process, toutes ces transformations sont en réalité analysées, synthétisées et évaluées de manière constante. Par ailleurs, pour Löwgren et Stolterman, le design pourrait se résumer à un processus de la pensée : « A process of thought in the mind of the individual designer »247 Selon Schön, une autre particularité du croquis est qu’il permettrait aux designers de « cibler »248 un élément en particulier, afin de se focaliser dessus. C’est pourquoi il est courant que les architectes travaillent essentiellement sur des petits formats, comme le décrit ci-après Santio Calatrava : « I could take a big piece of paper and draw the whole thing, but I prefer to concentrate. »249 45


Durant cette concentration, l’architecte aura tendance à dialoguer avec son dessin. C’est ce que Schön appelle « conversation with the situation  »250. Ce phénomène forcerait l’architecte à penser à haute voix et verbaliser sa pensée interne.251 Le contenu de ces dessins est plus précisément étudié par les chercheurs Suwa et Tvkesky, qui décrivent que les designers ont tendance à s’attarder sur les aspects figuratifs et formels du croquis afin d’en retirer une nouvelle idée fonctionnelle.252 La répétition de cet exercice donnerait alors une « interface perceptuelle » 253 entre la forme et la fonction de l’ensemble. Cet évènement est décrit par Schön comme étant « une découverte inattendue »254 issue de la conversation. Notons que ces descriptions sont des exemples de « leaps »255 qu’on a pu analyser dans la partie design process. Ils interviennent entre l’analyse, la synthèse et l’évaluation d’une idée. Cependant, nous ne savons toujours pas d’où ils proviennent, ni comment ils se provoquent. Notre regard va donc se tourner vers les recherches de Nigel Cross qui analyse les conversations de designers en action. Durant ses relevés, l’auteur note principalement l’importance des dessins et de la parole. Les designers devaient concevoir un mécanisme qui permettrait de transporter un backpack de randonnée sur un vélo de montagne.256 Ils se lancèrent alors sur la conception d’un système qui pourrait contenir le sac à dos. Au bout d’une heure de recherche, l’un des membres de l’équipe propose de revoir le concept en énonçant, ‘peutêtre que ça serait comme un petit plateau’257. A partir de cet instant, les designers se sont mis à concevoir des dessins partant du mot « plateau ». Cette analogie de la problématique leur a permis de définir un nouvel angle d’attaque. Nous pouvons supposer que l’utilisation d’un terme plus évocateur que prescriptif a permis aux membres du groupe de générer plus librement des propositions, correspondant à la même vision du concept. Nigel Cross conclut ainsi que la narration et le dessin sont deux choses primordiales dans le processus créatif. De plus, cette combinaison offre, selon Cross, la possibilité aux designers non pas de créer des «  sauts  »258 dans la pensée, mais au contraire de former des « ponts »259 entres les idées.260 L’usage d’analogie fait partie d’une des méthodes proposées par Geoffrey Broadbent pour débloquer les designers dans le processus de conception. Cette technique consiste à générer une métaphore rendant la restructuration de la problématique possible.261 En d’autres mots, cette méthode permettrait aux architectes de changer leur perception de l’énoncé et se traduit dans leurs croquis. Nous pouvons donc supposer deux choses  : la première est qu’il est probable que ce phénomène intervienne durant le dialogue qu’a l’architecte avec son dessin, et la deuxième est qu’il se pourrait que ces « sauts » ou « ponts » qui connectent les idées entre-elles indiqueraient essentiellement une modification de la perception de l’architecte envers la problématique. Pour Bryan Lawson, l’utilisation de plusieurs analogies dans un projet d’architecture expliquerait pourquoi certains architectes finissent par « raconter une histoire ».262 Peut-être pouvons-nous interpréter ce phénomène comme une manière qu’ont les architectes d’exprimer l’aspect mental du processus de conception. Enfin, pour Lawson, cette combinaison entre la narration et le dessin d’architecture constituerait, selon lui, le « langage du design ».263

D’autres moyens d’expression Nous comprenons désormais pourquoi le dessin à main levée semble être au cœur du processus de conception. Ce moyen rapide et efficace permet aux architectes de vérifier et d’interpréter de manière spontanée leurs hypothèses. Cependant, cet outil n’est pas infaillible. Premièrement, le dessin est essentiellement réalisé en 2D et ne permet pas d’anticiper un nombre considérable de données 46

250. SCHÖN, Donald, op.cit., pg.76 251. ibidem 252. SUWA, Masaki, TVERSKY, Barbara, What do architects and students perceive in their design sketches? A protocol analysis, In: Design studies, 18, pp.385-403 253. ibidem 254. Traduit de l’anglais ‘Unexpected discovery’, SCHÖN, Donald, op.cit., pg.182 255. Des ‘sauts’ de la pensée 256. CROSS, Nigel, op.cit., p.109 257. Traduit de l’anglais “maybe it’s like a little vacuum-formed tray”, ibidem, p.106 258. Traduit de l’anglais ‘Leaps’, ibidem 259. Traduit de l’anglais ‘Brdiges’, ibidem 260. ibidem, p.129 261. LAWSON, Bryan, How Designers Thinks, 4th edition, Architectural Press, London, 2005, pg.204-205 262. Traduit de l’anglais ‘Telling a Story’, ibidem 263. Traduit de l’anglais ‘Language of Design’, LAWSON, Bryan, What Designers Know, Architectural Press, Oxford, 2007, p.88


qui apparaissent dans la réalité. Deuxièmement, les croquis d’architectes sont généralement dessinés sans échelle précise, ce qui pourrait induire en erreur la perception finale du projet. C’est pourquoi il existe d’autres outils tridimensionnels permettant non seulement de mieux visualiser le projet, mais aussi d’anticiper certains des problèmes invisibles dans le croquis. On peut citer des exemples tels que les logiciels CAD et les maquettes d’études. Aujourd’hui, les programmes informatiques sont très utilisés dans la formation des architectes. Ils offrent aux étudiants et aux architectes des moyens de conceptions rapides. Malgré cela, les chercheurs du design process constatent que ces outils n’amélioraient pas forcément l’apprentissage de l’architecture.264 Au contraire, ils auraient tendance à désapprendre l’outil principal qu’est le dessin à main levée265 et ceci, pour plusieurs raisons. La première est que ces programmes demandent une certaine maîtrise du logiciel avant de réaliser ce qu’on voudrait faire.266 Lawson constate ainsi que les utilisateurs passeraient plus de temps à comprendre la composition des objets au lieu de les dessiner.267 Prenons par exemple un cercle qui est composé d’un centre et d’un rayon ; ces composants doivent être compris avant de pouvoir dessiner un cercle sur un logiciel. Le processus n’est donc pas spontané. Deuxièmement, Les outils propres à certains logiciels réduiraient la capacité de l’étudiant à concevoir autrement, comme par exemple la présence de bibliothèques contenant une série d’éléments d’architecture prédéfinis. De plus, il arrive que le programme soit conçu pour ne pas permettre, par exemple, de placer une fenêtre avant que le mur ne soit réalisé, etc.,268 ce qui rend la conception restreinte dans ses possibilités. Enfin, le dessin sur tablette ne conviendrait pas à certains architectes car ils ne ressentent pas le côté spontané du dessin sur papier, c’est-à-dire la sensation du papier, la rapidité du trait et la pression exercée sur le crayon. Toutes ces données rendent l’information du croquis incomplète.269 Nous remarquons ainsi que ces logiciels contiennent essentiellement des lacunes au niveau du processus de conception. Cependant, ils sont avantageux pour la réalisation de documents de présentation. Nous pouvons désormais supposer deux choses : la première est que ces outils devraient intervenir de préférence dans la phase de postproduction de la conception, et la seconde est qu’il faudra d’abord maîtriser le « langage du logiciel » avant de pouvoir appliquer « le langage de la conception ». L’idée ici n’est pas de pointer du doigt les défauts des programmes informatiques, car ils comportent des avantages dans la conception d’aujourd’hui. Mais d’un point de vue de l’apprentissage de l’architecture, ces constats nous apportent des informations qui nous seront cruciales pour la suite. 264. LAWSON, Bryan, op.cit., p.65-77 265. ibidem 266. ibidem 267. ibidem 268. ibidem 269. ibidem 270. KOOLHAAS, Rem Why I wrote Delirious New York and other textual strategie’, entretien avec Cynthia Davidson, ANY, n°0, 1993, p. 42. 271. ROSSI, Aldo, L’architecture de la ville, Livre et communication, Paris, 1990 272. ROSSI, Aldo, Autobiographie Scientifiques, Editions Parenthèses, Marseille, 1981, p.53

Maintenant que nous avons une vision plus globale du fonctionnement du design process dans la pratique, nous pouvons interpréter l’utilité des maquettes d’architecture dans le sens où leur caractère tridimensionnel permettrait à l’architecte d’apercevoir l’objet sous un autre angle. De la même manière, nous pouvons supposer que l’écriture serait un moyen plus libre pour la visualisation du projet. D’ailleurs, cette pratique se retrouve, par exemple chez Rem Koolhaas, que nous avons évoqué auparavant, pour qui l’écriture fait partie intégrante de son processus de travail.270 Bien sûr, il existe d’autres architectes pour qui l’écriture est un moyen d’expression incontournable, tout comme l’architecte Italien Aldo Rossi, connu pour son ouvrage « L’architecture de la ville »271, qui témoigne lui-même de vouloir rechercher « les analogies et associations entre les choses et la situation » 272 dans toutes ses réalisations. Enfin, pour ce qui concerne les moyens d’expression comme la sculpture, la peinture, les vidéos d’architecture et bien d’autres, nous pouvons supposer qu’ils représentent, chacun, un moyen permettant d’influencer, d’une manière ou d’une autre, la perception de l’architecte. De plus, les catégories proposées 47


par Bryan Lawson nous permettent déjà de mieux classer certaines méthodes, comme par exemple la sculpture qui peut être vue comme des croquis abstraits ou des dessins expérimentaux. Bien évidemment, certaines méthodes regroupent plusieurs catégories. Il est question ici de mettre en évidence leur intention, afin de mieux comprendre leur utilité dans le processus d’apprentissage. Il est donc intéressant d’approfondir quel type de connaissances renferme ces méthodes et comment elles sont transformées dans l’architecture.

Le fonctionnement du réservoir de connaissances Avant d’aborder le contenu du réservoir de connaissances, il est important de préciser ce qu’on entend par transformation d’un savoir vers un autre. En général, les énoncés en architecture contiennent principalement une série d’exigences qui tend à satisfaire les besoins d’un client.273 En comparaison, les productions des architectes représentent les composants physiques de ces exigences, ainsi que leur interconnections et les informations nécessaires à leur construction. Pour V. Goel, les architectes passeraient du premier stade au dernier stade par une série d’étapes qui modifierait un ensemble de connaissances vers un autre.274 Ceci expliquerait la difficulté qu’ont les architectes à se satisfaire de la problématique. D’un côté, on retrouve des besoins humains retranscrits par écrit, de l’autre une réponse physique tridimensionnelle qu’est le projet. De plus, nous avons vu que l’énoncé se redéfinit au fur et à mesure de l’avancement du projet ; ce phénomène serait donc une conséquence de la transformation d’une information, allant d’un état écrit vers un état construit. Revenons à présent à la notion du ‘schéma’ de Bartlett qui est un système mental dans lequel sont stockées les expériences précédentes de l’individu. Il contient aussi des idées et des concepts abstraits.275 Selon ce psychologue, le phénomène évocateur qu’ont les mots est une fonction qui ferait partie de la mémoire à long terme. Ce système peut être vu comme une série de boîtes dans lesquelles l’individu sauvegarde les caractéristiques d’une expérience suivant son cas particulier. Prenons un exemple simple pour illustrer cette définition. Pour un enfant, il est plus facile de reconnaître un chat comme un animal ayant quatre pattes, une queue, des oreilles, etc. Il stocke ainsi cette idée dans sa mémoire. Cependant, ces caractéristiques-là ne lui permettront pas de distinguer un chat d’un chien, par exemple. Plus tard, quand son schéma sera plus développé, il pourra reconnaître des données plus complexes et distinguer les chats des chiens, par leur couleur, tailles, poils etc. C’est ce qui se passe avec l’expérience des architectes. Au fil des années, ils arrivent à sauvegarder des spécificités d’un objet ou d’un évènement suivant leur cas de figure. C’est pourquoi les architectes développeraient au bout d’un certain temps un « vocabulaire architectural » : ce lexique est en réalité une série de notions spécifiques stockées dans le système complexe du schéma.276 Une autre particularité de la mémoire à long terme est qu’elle permet aux mots de devenir métonymiques,277 c’est-à-dire qu’un mot pourrait évoquer un concept plus général. Par exemple, le mot « Noël » peut indiquer le jour de la fête, mais aussi des souvenirs des repas en famille, les cadeaux etc. Pour Minsky, chaque schéma représenterait alors une série de boîtes qui contiendraient certaines valeurs en fonction des cas particuliers.278 En d’autres mots, quand une nouvelle information nous parvient par nos sens, notre mémoire essaiera de l’associer avec nos modèles mentaux,280 ce qui nous permettrait de faire un rappel279 de l’entièreté du schéma suivant ses valeurs. Par exemple, les mots comme « terrasse », « porte-à-faux » ou « musée », peuvent représenter un cas particulier ou une image pour un individu qui n’aurait pas de notions approfondies de 48

273. LAWSON, Bryan, op. cit., p.58 274. GOEL, Vinod, Sketches of Thought, MIT Press, Cambridge, 1995, p.223 275. BARTLETT, Fréderic, Remembering: A Study in Experimental and Social Psychology, Cambridge University Press, Cambridge, 1932, p.197 276. LAWSON, Bryan, op.cit., pg.93 277. ibidem 278. MINSKY, Marvin, A Framework for representing Knowledge, Massachusetts Institue of Technology, Massachusetts, 1974, pp.3-5 279. LAWSON, Bryan, loc.cit. 280. Traduit de l’anglais ‘Recall’


l’architecture, contrairement à un architecte expérimenté pour qui ces mots évoquent une série d’exemples d’ouvrages ainsi que leurs problématiques et leurs solutions. Dans l’ouvrage « The thinking Hand » de Juhani Pallasmaa. L’auteur mentionne que l’ensemble de notre corps «  pense  » et structure la relation que nous avons avec le monde, même s’il est probable qu’on n’en soit pas conscient. Pour lui, la connaissance ne résiderait pas seulement dans les concepts qu’on peut verbaliser, mais au contraire, celle-ci serait présente dans toutes formes d’évènements pour lesquels on peut réagir.281 En d’autres mots, pour Pallasmaa, la capacité d’imaginer ne se situe pas uniquement au niveau du cerveau, mais serait présente dans l’entièreté de notre corps. C’est pourquoi il est possible de concevoir l’idée de «  la main qui pense »282. Cette notion se retrouve aussi chez les chercheurs George Lakoff et Mark Jognson, dans leur ouvrage intitulé «  Metaphors We live By  »283, dans lequel, ils suggèrent que les métaphores envahissent l’entièreté de la vie. Elles ne se situent pas seulement dans le langage mais se transmettent aussi dans les actions du corps. Selon eux, le système du langage et de l’action est essentiellement métaphorique dans la nature.284 Pour simplifier l’idée principale de ces auteurs, il serait possible que la compréhension des concepts humains serait intériorisée par l’expérience du corps, accumulé au fil du temps par ses interactions physiques avec le monde extérieur. Nous connaissons tous l’expression « c’est comme faire du vélo », ceci est un exemple de ce que ces auteurs décrivent. Il serait possible que le corps enregistre des mouvements ou des concepts abstraits qu’il pourrait reproduire sans que l’individu en soit conscient. L’apprentissage d’un instrument de musique, apprendre à conduire ou encore à dessiner sont des exemples de ce phénomène. Une fois le mécanisme appris, le corps pourra les reproduire sans que l’individu y prête attention. C’est ce que les auteurs appellent la « mémoire du corps ».285 Nous pouvons supposer que les connaissances tacites font partie de cette mémoire. Cependant, il est compliqué d’expliquer comment cette mémoire fonctionne, car les concepts qu’elle contient, sont abstraits. L’usage de métaphores devient alors nécessaire pour les décrire. Pour Lawson, l’utilisation d’analogies et de métaphores est un mécanisme crucial du système cognitif.286

Le contenu du réservoir de connaissances Nous avons donc une mémoire qui enregistre nos expériences autant physiques que mentales, d’où l’importance chez les architectes de se constituer une base de données qu’ils appellent des « références ». Cependant, il faudra subdiviser ce qu’on entend par référence en précédent et référence. 281. PALLASMAA, Juhani, The thinking hand,Wiley, Chichester, 2009, pg.17 282. ibidem, pg.13 283. LAKOFF, George, JOGNSON, Mark, Metaphors We live By, Chicago Press, Chicago, 1980, p.4 284. ibidem 285. LAWSON, Bryan, op.cit., pg.94-96 286. ibidem 287. ibidem 288. BRILLHART, Jacobs, Voyage Le Corbusier: Drawings on the road, WW Norton & Company, London, 2016, p.190

Tout d’abord, le terme « précédent » est essentiellement utilisé chez les anglophones. Il regroupe des parties ou l’entièreté des caractéristiques d’un projet que le designer a conscientisé.287 Ce sont soit des solutions qu’il a lui-même expérimenté, soit des réalisations d’autres architectes connus. Aujourd’hui, cette base de données est essentiellement alimentée par des images d’architecture qu’on retrouve sur internet ou dans des magazines et des livres. Avant l’invention de la photographie ou l’accès à internet, il était courant que les architectes fassent des voyages pour découvrir les monuments d’une époque. Nous pouvons citer, par exemple le Corbusier qui, dans les années 1910, avait effectué un tour de l’Europe.288 Durant ce voyage, il avait un carnet de bord dans lequel il redessinait ce qu’il voyait, que cela soit des parties de ville ou des monuments classiques, etc. (Fig.4.14, Fig.4.15). Cette activité est un moyen de stockage de données pour les architectes. 49


Le terme « référence », quant à lui, nuance légèrement la définition de « précédent ». La question que se posent les chercheurs du design est comment les architectes peuvent se baser sur des réalisations précédentes pour concevoir quelque chose de nouveau, sachant que ce nouvel ouvrage n’est certainement pas une duplication de ces précédents.289 Donald Schön tente d’expliquer ce phénomène en introduisant les termes « règles, types et mondes ». Selon l’auteur, les designers auraient tendance à traiter chaque situation de la conception comme un univers unique d’un tout.290 En d’autres mots, l’architecte conçoit dans son schéma des «  mondes  » qui comportent des configurations particulières, les relations entre elles et leurs qualités. Les expériences passées sont donc subdivisées par catégories spécifiques et retranscrites de cette manière dans chaque univers du projet. Selon Goldschmidt, le terme référence serait donc plus adéquat, car l’architecte n’essaie pas de faire un parallèle entre le précédent et ce qui va concevoir. Au contraire, il se servira plus spécialement du précédent comme point de départ.291

Fig.4.14 Le Corbusier. Le Pantheon, Rome 1911, Crayon, Voyage d’Orient, Carnet 4, p.151 Fig.4.15 Le Corbusier. Vue axonométrique de la basilique Sainte-Sophie, Istanbul, 1911, Crayon

Enfin, pour résumer le fonctionnement du réservoir de connaissances, nous devons approfondir le mécanisme de la mémoire. Nous sommes tous familiers avec les notions de mémoire à court terme et mémoire à long terme. La mémoire à court terme, comme son nom l’indique, aurait la capacité à retenir de l’information pour un court instant. Généralement, sa capacité de stockage est limitée et l’information disparaît très vite.292 Selon Miller, cette mémoire pourrait seulement retenir sept éléments à la fois, contrairement à la mémoire à long terme qui aurait une capacité infinie.293 Elle peut se subdiviser en deux parties : une mémoire dite « théorique » et une mémoire dite « expérimentale ». Tulving nomme ces termes comme étant respectivement la mémoire « sémantique » et la mémoire « épisodique ». La mémoire théorique ou sémantique294  : Cette mémoire peut être vue comme un grand espace de rangement pour ce qui concerne les concepts, les symboles et les mots ; globalement, il s’agit de tout ce qui pourrait se rapporter au langage. L’individu est capable de stocker, sans effort préalable, des informations dans cette mémoire. Cependant, les éléments qui y sont enregistrés sont parfois difficiles à rappeler comme par exemple, quand on cherche un mot qu’on aurait sur le bout de la langue, mais qui ne semble pas nous revenir à l’esprit. La mémoire expérimentale ou épisodique295 : Cette mémoire concerne le contexte dans lequel un mot ou un concept est enregistré. L’épisode réfère à des parties de séquences stockées dans cette mémoire. Par exemple, il arrive qu’on se souvienne du prénom d’une personne grâce à l’endroit où on l’a rencontrée. Un autre exemple est quand on essaie de se remémorer l’emplacement de notre voiture. Cette mémoire englobe aussi des notions spatiales. Les informations stockées dans cette mémoire sont plus faciles à rappeler. 50

289. GOLDSCHMIDT, Gabriela , Creative Architectural Design: Reference versus Precedence, In: Journal of Architectural and Planning Research, vol.15, no.3, 1988, pp.258-270 290. SCHÖN, Donald, op.cit., pg.160 291. GOLDSCHMIDT, Gabriela, loc. cit. 292. MILLER, George, The Magical Number Seven, Plus or Minus Two, In: Psychological Review, vol.101, no 2, 1995, pp.343352 293. TULVING, Endel, Elements of episodic memory, In: The behavioral and brain scinces, 7, 1984, pp.223-268 294. ibidem 295. ibidem


Nous pouvons donc supposer que l’expérience acquise par la pratique s’enregistre dans la mémoire épisodique. L’utilisation d’analogies ou de métaphores permettrait donc à l’architecte de rappeler non seulement les valeurs et spécificités d’un cas de figure stocké dans le schéma, mais aussi de les visualiser. En d’autres mots, la pratique tridimensionnelle, comme le dessin, la modélisation, les maquettes, l’expérience sensorielle et bien d’autres, permet à l’architecte de rappeler les concepts enregistrés dans le réservoir de connaissances plus facilement. Sur base de ces deux types de mémoire à long terme, des chercheurs comme Bryan Lawson et Nigel Cross parviennent à expliquer pourquoi les écoles d’architectures n’arriveraient pas à fusionner les parties théoriques avec la pratique de l’atelier. Pour Nigel Cross, les cours théoriques ne se donneraient tout simplement pas de manière conceptuelle, ce qui rend leur contenu incompatible avec le design. C’est ce qu’il appelle « Designerly way of knowing »296, qu’on pourrait interpréter comme «  Apprendre par la conception ».297 On peut supposer qu’il ferait référence à la mémoire épisodique. C’est ce que Bryan Lawson confirme  : le problème des écoles ne serait pas le contenu des cours théoriques, mais la manière dont ils sont enseignés car selon l’auteur, le stockage des données théoriques se fait essentiellement dans la mémoire sémantique, c’est-à-dire retenir des formules, des concepts, des dates ou des faits par cœur. Mais comme nous l’avons vu, le rappel de ces informations est plus complexe.298 Par ailleurs, le projet d’architecture est une pratique physique et cérébrale où l’étudiant teste et vérifie des hypothèses basées sur ses références. L’activité repose donc essentiellement sur la mémoire épisodique. De plus, les deux types de mémoires ne semblent pas fonctionner de la même manière, ce qui, suivant Lawson, renforcerait la distance entre la théorie et la pratique.299

Le processus d’apprentissage

296. CROSS, Nigel, Designerly ways of knowing: design discipline versus design science. In : Design Issues, 17(3), 2001, pp. 49–55. 297. Il est aussi possible de dire “Savoir par la conception” ou “Connaître par la conception”, ibidem 298. LAWSON, Bryan, op.cit., pg.105 299. ibidem 300. CROSS, Nigel, Design Thinking, Berg, Oxford, 2011, p.136 301. ibidem 302. ibidem 303. ibidem

Maintenant que nous avons une vision globale de la conception, nous pouvons tenter de définir les grandes différences qui existent entre les novices et les experts. Ceci nous offrira un aperçu du processus d’apprentissage. Pour Nigel Cross, les designers acquièrent, au fil des années, ce qu’il appelle une « intelligence du design »300. Cependant, avant de développer ce que l’auteur entend par là, il est important de préciser qu’il s’agit avant tout d’une compétence que les designers peuvent acquérir après des années de pratique et non pas d’une intelligence, car ceci peut être confondu avec des notions innées. Suite à ses recherches menées sur des designers professionnels, Cross remarque que les experts ont tendance à penser d’une manière à prendre en compte simultanément plusieurs niveaux de détails, allant des objectifs systémiques de haut niveau, aux principes physiques de bas niveau du projet.301 Selon lui, ils ne résolvent pas la problématique telle qu’elle est, mais ont tendance à élargir le contexte de l’énoncé, ceci en utilisant leur pensée imaginative pour générer des solutions qui dépassent les conflits ou les incertitudes de la problématiques de base.302 En d’autres mots, ces designers professionnels possèdent des compétences cognitives leur permettant de cibler et de structurer les données d’une problématique, qui par la suite sont réorganisées dans des modèles cohérents, leur offrant ainsi un moyen de non seulement résoudre l’énoncé, mais aussi de proposer de nouveaux concepts. Cette « intelligence du design », selon Cross, implique une interaction intense et réfléchie avec les données du problème. De plus, le designer devra posséder la capacité à se déplacer de manière efficace, entre les représentations concrètes et sa pensée abstraite, c’està-dire entre faire et penser.303 51


Pour mieux comprendre l’apprentissage de cette compétence, Hubert Dreyfus parvient à classer 5 niveaux d’expertise, qui sont : novice, débutant, compétent, expérimenté et maître.304 Il s’agit ici d’évaluer les notions de perception de chaque catégorie. Les novices sont caractérisés par une tendance à suivre les règles comme elles sont données. Il y a donc un respect rigide de l’énoncé. De plus, ils ne prendront en compte que les caractéristiques objectives de la situation. Les débutants commencent à apercevoir une vision plus large de l’énoncé. Cependant, cette perception est encore fort limitée par une situation concrète. Ils sont au courant des exceptions aux règles, mais ne parviennent pas encore à aborder simultanément les différents aspects de la problématique. Au contraire, ils auront tendance à résoudre chaque étape séparément et de manière équivalente. Les compétents parviennent à entrevoir la relation entre les propositions et leurs objectifs. La perception de l’énoncé est plus sélective. A ce niveau d’expertise, les compétents ont acquis une certaine assurance et une méthode de travail qui leur permettent d’être plus ouverts à l’idée de résoudre la problématique par l’essai et l’erreur. Cette phase est caractérisée comme étant la plus enrichissante d’un point de vue de l’apprentissage, ainsi la récolte de données et la formation des références se situe au centre de cette étape. Les expérimentés ont acquis assez d’expérience et de réflexion pour constituer une bonne base de départ. Ils reconnaissent ainsi mieux les éléments prioritaires de la problématique et génèrent des solutions plus adéquates à ceux-ci. Ils parviennent donc à dévier les notions standards afin d’expérimenter principalement des solutions qui s’adaptent à la situation donnée.

Niveau de performance

Les maîtres reconnaissent intuitivement la nature de la problématique et génèrent des solutions sans devoir justifier leurs pertinences au préalable. Ils parviennent souvent à réinterpréter les règles en leur faveur et ont la capacité à percevoir une vision globale de ce qui est possible.

Novice

Débutant

Compétent

Expert

Maître

Fig.4.16 Interprétation du classement de Dreyfus et du schéma de Nigel Cross, In : Design Thinking, Berg, Oxford, 2011, p.142

Introduction Éducation Expérience Assimilation

52

304. Traduit de l’anglais ; ‘novice, beginner, competent, expert, master’, DREYFUS, Hubert, The Five-Stage Model of Adult Skill Acquisition, In: Bulletin of Science Technology & Society, 24:177, 2004, pp.1-6


Pour Dreyfus, le passage d’un niveau d’expertise à l’autre n’est pas forcément une progression régulière. De plus, il ne s’agirait pas d’avoir plus de connaissances que le stade précédent, ni de travailler plus rapidement. Au contraire, la transition d’un niveau à l’autre se caractérise principalement par un changement de méthode de travail et se fait de manière presque inaperçue pour l’individu. Cette transformation concerne généralement le niveau d’attention qu’a la personne envers les données de la problématique. La capacité à se focaliser sur d’autres éléments du projet peut seulement être acquise par l’individu quand celui-ci parvient à intégrer inconsciemment les données fondamentales aux solutions proposées. 305 Bryan Lawson parvient, sur base de ces 5 niveaux d’expertises, à décrire d’un point de vue cognitif 306 le développement de ce que Nigel cross appelle « design intelligence ». Tout d’abord, les novices doivent développer, ce que Lawson appelle le «  schémata » qui reprend les mêmes principes que la notion de « schéma » de Bartlett ou du « réservoir de connaissances » de Laxton. Le novice doit, tout d’abord, acquérir de l’expérience afin de pouvoir constituer une base de connaissances assez développée pour l’aider par la suite. Comme nous l’avons mentionné précédemment, l’acquisition d’expériences permettrait aux architectes professionnels d’organiser de manière plus sophistiquée les cas de figures rencontrées dans leur base de données. Les novices et les débutants auraient tendance à classer les problématiques en fonction des caractéristiques superficielles qu’elles comportent ; en d’autres mots, les aspects géométriques des propositions. Par la suite, ce schéma se perfectionne. Arrivés au stade de professionnels ou experts, ils seront capables de classer chaque problématique en fonction des propositions qui se solutionnent par les mêmes principes. Le schéma se perfectionne à tel point qu’ils développeraient un lexique architectural contenant des concepts abstraits leur permettant de les rappeler plus facilement à l’aide d’analogies ou de métaphores. Le second stade de développement est donc l’acquisition de références ou de précédents, qui peut se former de deux manières. La première méthode repose sur le développement d’un large panel d’expériences regroupées dans le réservoir de connaissances. Suite à plusieurs tentatives basées sur le principe d’essai/ erreur, l’individu enregistre ces expériences dans sa mémoire expérimentale ou épisodique. N’oublions pas que les mouvements du corps y sont aussi stockés, c’est-à-dire le fait de dessiner ou de faire des maquettes. La deuxième méthode d’acquisitions repose aussi sur cette mémoire expérimentale. Lire des livres, voyager ou aller voir des expositions sont des activités où l’individu absorbe consciemment ou inconsciemment des informations nécessaires pour le développement de précédents. C’est pourquoi ces activités se retrouvent souvent dans le cursus des étudiants d’architecture. A partir de ce stade, les architectes sont, selon Lawson, considérés comme compétents.

305. ibidem 306. LAWSON, Bryan, op.cit., pg.107-117 307. ibidem

Le troisième stade d’acquisition est le développement de guides de principes. Comme nous l’avons vu précédemment, les guides de principes sont, suivant, la description de Bryan Lawson, une série d’idées, de principes et de valeurs, qui permettent à l’architecte d’aborder un projet sous un certain angle d’attaque.307 Le développement accru de ces principes pourrait même évoluer au fil des années et rendre l’entièreté d’une carrière d’architecte cohérente. On peut supposer qu’elle formerait la philosophie de l’architecte ou d’un bureau d’architecture. Ces principes ont généralement une influence considérable dans le processus de conception des architectes expérimentés. De plus, il semblerait que ces principes soient la raison pour laquelle ces professionnels trouvent une 53


certaine satisfaction dans leur travail.308 Certains architectes finissent même par écrire des ouvrages ou faire des conférences concernant leur méthode de travail. D’autres laisseraient les critiques d’arts ou les journalistes le faire à leur place. Notons que nous avons rencontré cette notion sous différentes formes. Pour Darke, il s’agirait du générateur primaire ; quant à Donald Schön c’est ce qu’il décrit comme étant la capacité de l’architecte à ‘cibler’ la problématique. Le quatrième stade d’acquisition est la capacité à reconnaître une situation. Il semblerait que les personnes dotées d’un haut niveau d’expertise dans un domaine développeraient des capacités cognitives supérieures. Dreyfus note ainsi que certains experts n’ont plus recours à la pensée analytique en début de projet.309 Leur réservoir de connaissances est tellement développé qu’ils arriveraient à reconnaître intuitivement la problématique et les solutions possibles sur base de leurs précédents. Cependant, cette caractéristique est à nuancer  : elle concerne principalement des notions que l’architecte maîtrise déjà ou partiellement. Linden Ball remarque, par exemple, que les experts semblent avoir recours à la pensée analytique dans le cas où il s’agirait d’explorer et de générer des solutions ou des concepts à des problèmes qu’ils n’auraient jamais rencontrés auparavant. Mais, contrairement aux novices, débutants ou compétents, les designers expérimentés savent plus précisément quand cette pensée analytique doit rentrer en vigueur. Cette capacité à reconnaître la situation est comparable aux constatations qu’évoque De Groot 310 en analysant des experts aux échecs. Il remarque ainsi que les professionnels des échecs ne prennent plus en compte les aspects géométriques du jeu mais voient le contenu symbolique de la disposition des pions. Ils sont en effet capables d’apercevoir à l’avance plusieurs problèmes qui peuvent surgir à chaque mouvement et ont ainsi déjà une série de propositions en tête. Chase et Simons311 vont même jusqu’à conclure que les professionnels aux échecs briseraient mentalement chaque proposition en fragments leur permettant de mieux analyser chaque mouvement. Pour Lawson, ceci expliquerait pourquoi les architectes dessinent des fragments de solutions ou certaines caractéristiques avant de passer à l’ensemble du projet. Il est important de noter que les architectes expérimentés semblent travailler sur des petits formats de papier et hors échelle. Cependant, leur maîtrise de l’architecture leur permet d’anticiper des problèmes en avance surtout quand ils passeront à une échelle plus grande, ce qui ne serait pas forcément le cas des jeunes architectes. C’est pourquoi il est important de dessiner à l’échelle afin d’enregistrer le dimensionnement et les proportions dans la mémoire épisodique. Le dernier stade d’acquisition, selon Lawson, serait la maîtrise de « manœuvres » ou « combinaisons » mentales.312 Comme vu dans le stade précédent, il serait possible que les maîtres architectes parviennent à fragmenter le processus en différentes étapes. Sur base de leur réservoir de connaissances, ils seront en mesure de restructurer rapidement leurs processus de conceptions. Cette organisation rapide reposerait sur des manœuvres acquises au fil des années d’expériences, ce qui leur permettraient d’une part d’anticiper à l’avance les problèmes qui peuvent survenir lors de la résolution de la problématique, et d’autre part, ces combinaisons leur offrent aussi la possibilité de se concentrer essentiellement sur les éléments cruciaux à résoudre en premier lieu ; le reste de la conception pourra ainsi se raffiner par la suite. Les cinq stades du développement cognitif proposés par Lawson nous donnent un aperçu concret du processus d’apprentissage en architecture. Cependant, l’auteur précise que le passage d’un stade à l’autre n’est pas forcément dû au talent. Au contraire, les recherches sur l’expertise dans des domaines spécifiques ne démontrent généralement aucune preuve concernant la notions de talent 54

308. ibidem 309. DREYFUS, Hubert, Loc.cit. 310. DE GROOT, Adriaan, Thought and choice in chess, Amsterdam University Press, Amsterdam, 2008, p.66 311. CHASE, William, SIMON, Herbert, Perception in chess, In: Cognitive Psychology, 4, 1973, pp.55-81 312. Traduit de l’anglais ‘Gambits’, LAWSON, Bryan, loc.cit.


inné.313 L’acquisition de ces modes de pensées se fait généralement après de longues heures de travail et d’expérimentation. Il est probable que l’individu ait des facilités à tirer des avantages du processus et sache mieux manipuler ses connaissances, mais comme le constate Nigel Cross, les jeunes ont des compétences ou un certain intérêt au début de leur formation. Les parents ou les professeurs devraient les encourager et les guider dans leur développement. Cependant, si l’individu ne s’entraîne pas de manière assidue, ses compétences resteront à un niveau modeste.314 Anders Ericsson fait la même conclusion après avoir analysé une série d’experts issus de domaines différents : « Superior expert performance is primarily acquired… many thousand of hours of deliberate practice and training are necessary to reach the highest levels of performance…Most international masters emphasise the role of motivation, concentration, and willingness to work hard on improving performance…The masters seem to consider inborn capacities and innate talent as relatively unimportant… »315 Enfin, pour Nigel Cross, l’expertise dans les domaines du design se ferait principalement par de longues heures de pratiques. Pour les novices, il est important, selon lui, que les professeurs soient compétents et les guident en les exposants à des exemples concrets, mais pas seulement. Les enseignants devraient apprendre aux étudiants à percevoir et retenir les éléments fondamentaux du processus de conception de ces références pour qu’ils puissent développer leur réservoir de connaissances et ainsi former leur propre guide de principes. Selon Cross, le design s’apprendrait comme une langue ; il s’agirait d’une immersion dans laquelle l’individu conscientise les différents niveaux d’acquisitions.

Résumé

313. ibidem 314. CROSS, Nigel, op. cit. p.140 315. ERICSSON, Anders, Attaining Excellence Through Deliberate Practice: Insights From the Study of Expert Performance, In: The Pursuit of Excellence Through Education, Lawrence Erlbaum associates, New Jersey, 2002, p.24

L’analyse des méthodes de travail des architectes nous a permis de mieux appréhender l’apprentissage de l’architecture. Tout d’abord, nous avons vu que les architectes développeraient deux types de connaissances qui sont les connaissances explicites et les connaissances tacites. La recombinaison de certaines données issues de leur contenu formerait le mécanisme du processus de conception. Les deux types de savoirs sont stockés dans ce que Bartlett appelle le « schéma ». Cependant, un architecte ne pourra pas élucider mentalement l’entièreté d’une problématique, car la transformation d’un énoncé écrit à une proposition architecturale est un phénomène complexe. C’est pourquoi il devra effectuer une série de croquis, de prototypages ou de modélisations afin d’extérioriser ses connaissances et de pouvoir les réévaluer par la suite. Ces phases de recherches basées sur l’essai et l’erreur alimentent à leur tour les connaissances explicites et tacites de l’architecte. Chaque étape de la conception est donc caractérisée par la résolution partielle ou fragmentée de la problématique. De plus, l’architecte semble, d’après Schön, effectuer un dialogue avec ses productions. Ces conversations caractérisées par des analogies ou des métaphores permettraient à l’architecte non seulement de changer sa perception de la problématique, mais aussi d’avancer sur sa résolution. Ce phénomène s’explique par le fait que le contenu du réservoir de connaissances s’enregistre principalement dans la mémoire à long terme et plus particulièrement dans la mémoire épisodique des architectes. Cette mémoire expérimentale permet, d’une part, le stockage de concepts abstraits organisés sur base de leurs valeurs par cas de figures, et d’autre part, elle offre une certaine flexibilité au niveau des rappels de ces concepts. Comme nous l’avons vu, les connaissances tacites semblent plus simples à décrire à l’aide d’analogies 55


et de métaphores. En parallèle, le rappel de concepts abstraits se ferait plus facilement grâce à la mémoire épisodique. Nous pouvons désormais saisir ce que Lawson entend par ‘le langage du design’ qui est la combinaison de la parole et de la pratique. Le perfectionnement de tous ces mécanismes de la pensée s’acquière par de longues heures d’entraînement. Nous pouvons donc conclure que le processus d’apprentissage de l’architecture se ferait essentiellement par l’accumulation de savoirs et d’expérimentations et tout comme l’apprentissage d’une langue, il faudra des longues heures d’immersion afin d’en maîtriser ses caractéristiques.

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PARTIE V : UNE FENÊTRE SUR L’APPRENTISSAGE Maintenant que nous possédons une vision globale des tenants et aboutissants du processus de conception, nous sommes en mesure d’interpréter le questionnaire qui fût complété par des étudiants en architecture issus de différents cycles d’études. Ainsi, nous tenterons dans ce dernier chapitre de décrypter, à l’aide du design thinking et de ma propre expérience en tant qu’élève assistant, les différentes réponses. Nous verrons comment ce domaine d’étude peut nous éclaircir sur certains phénomènes de l’apprentissage en architecture. La question de l’éducation sera brièvement abordée tout au long de ce chapitre. Dans un second temps nous mentionnerons quelques théories sur la motivation et comment celles-ci peuvent influencer le processus d’apprentissage. Nous verrons ainsi de quelle manière l’ensemble de ces données peut être réinterprété dans le système éducatif d’aujourd’hui. Enfin, nous aborderons les limites de la recherche et ses futurs développements.

L’interprétation du questionnaire Nous allons à présent analyser sur base d’un questionnaire comment le design thinking peut nous servir à mieux appréhender certaines données récoltées. Tout d’abord le formulaire fût complété par 58 étudiants de l’école d’architecture Lacambre Horta. Comme nous pouvons le remarquer sur le graphique ci-contre (Fig.5.1), la majorité des participants se situe dans le cycle du bachelier. Le questionnaire est composé de 13 questions regroupées en 3 thèmes. Les réponses se situent en annexe de ce mémoire. Cycle d’étude

Réponses

Ratio

BA1

18

BA2

17

31,0 % 29,3 %

BA3

13

22,4 %

MA1

4

6,9 %

MA2

6

10,3 %

Fig.5.1 Nombre de participants total : 58 étudiants

De 1 à 6, questions en rapport avec les études et plus particulièrement le projet d’architecture : 1. Où trouvez-vous votre inspiration pour vos projets d’architecture ? 2. Combien de temps avez-vous passé à la bibliothèque cette année ? Moins de 2 semaines Entre 2 à 3 semaines Plus de 5 semaines 3. Quel est votre premier réflexe au début d’un projet d’architecture ? 4. Lorsque vous essayez de faire évoluer votre projet, quels outils vous semblent les plus adéquats pour avancer ? (Choix multiples : Le croquis, l’écriture, les maquettes, les outils informatiques, autres) 5. Quel outil vous semble le moins efficace pour faire rebondir votre projet d’architecture ? (Choix multiples : Le croquis, l’écriture, les maquettes, les outils informatiques, autres) 6. Comment les études d’architecture influencent votre quotidien ? De 7 à 9, questions concernant la profession d’architecte : 7. Pour vous qu’est-ce que l’architecture ? 8. Pour vous quelle est la qualité principale d’un architecte ? 9. Quel est selon vous l’épanouissement dans cette profession ? De 10 à 13, questions philosophique : 10. Selon vous, qu’est-ce que l’intuition ? Intervient-elle oui ou non dans votre projet d’architecture ? 11. Selon vous, qu’est-ce que l’éthique ? 12. Pensez-vous que l’éthique joue un rôle dans l’architecture et pourquoi ? 57


Nous allons commencer par analyser la série concernant les études d’architecture. De manière générale les étudiants trouvent leur inspiration sur internet à l’aide de site comme pinterest et archdaily. De plus, très peu d’entre eux passeraient plus de 3 semaines sur une année à la bibliothèque. (Fig.5.2). Comme nous l’avons vu cette méthode d’apprentissage est essentielle pour le processus de conception. Ce réflexe leur permet de constituer leur base de données. Cependant, nous pouvons citer quelques inconvénients concernant de cette méthode de récoltes de données. Comme nous l’avons vu précédemment la mémoire épisodique fonctionne principalement sur l’expérience vécue. En d’autres mots une expérience sensorielle est plus apte à être stockée dans cette mémoire. Le fait de voir une série d’images très brièvement sur internet ne permet pas à l’étudiant de mieux appréhender le contenu de celles-ci. Contrairement à l’exemple du Corbusier qui, en plus d’aller visiter les monuments, enregistre les détails de ces bâtiments en les redessinant. Cette combinaison entre l’expérience tridimensionnelle et l’action du croquis renforce non seulement sa perception de l’architecture, mais aussi sa capacité à se rappeler des caractéristiques de ces ouvrages. Par ailleurs, notons que les images qu’on retrouve dans les magazines ou sur le net sont généralement mises en scène et ne permettent pas une appropriation de l’espace ou du bâtiment. Il s’agit principalement de mettre en valeur certaines caractéristiques de l’ouvrage, comme ses lignes de forces, l’apport de lumière, les matériaux, etc. Nous pouvons donc nous poser la question ; est-ce que l’étudiant perçoit ces caractéristiques ou s’attarde-t-il sur l’image en tant que telle ? Le fait de redessiner l’image peut, dans une certaine mesure, nous éclaircir sur ce que l’étudiant perçoit et comment il se l’approprie. De plus, il se pourrait que cet exercice augmente la probabilité de stocker ces données dans la mémoire épisodique.

Temps

Réponses

Ratio

< 2 semaines 2-3 semaines

36 14

62 % 24,1 %

> 5 semaines

8

13,8 %

Fig.5.2 Temps passer à la bibliothèque cette année

Passons à présent à la question des premiers réflexes en début de projet. De manière générale la plupart des étudiants semble vouloir analyser le site et/ ou le programme dans ses détails avant de débuter la phase d’esquisse. Il s’agit ici de deux données très intéressantes, de manière spontanée les étudiants de première et de dernière année vont systématiquement prendre en compte non seulement les données de la problématique mais aussi les caractéristiques du lieu ou ils doivent construire. Ceci afin de « trouver l’inspiration » pour démarrer le projet. Voici quelques témoignages : « Écrire toutes les idées qui me viennent en tête dans mon carnet, faire une mindmap, je me pose des questions, je m’interroge sur l’enjeu du sujet. C›est la phase que j’appellerais tout comme au théâtre, le travail sur table ! Ou, on discute du projet sans rentrer dans les détails, ou l’on aborde les différentes problématiques ! »316 « Établir clairement les enjeux et les attentes du projet. »317 « Mettre par écrits/croquis mes intentions suite à une analyse (ou parallèlement) »318 « Mon premier réflexe est de me documenter sur le sujet, regarder les autres projets qui ont déjà été faits pour mieux comprendre le programme, la problématique et partir d’une base solide. »319 En analysant les différentes réponses, on peut constater une évolution dans la manière d’appréhender un projet d’architecture suivant les années d’études. De par ma propre expérience en tant qu’élève assistant, j’ai pu apercevoir certains contrastes entre les étudiants en première année et les étudiants en troisième année. Globalement, les étudiants de première année ont tendance à attaquer directement le projet en analysant l’énoncé et en générant une série d’intentions qui s’adaptent partiellement ou complètement au site. Cependant, nous 58

316. Questionnaire 1.4 317. Questionnaire 2.14 318. Questionnaire 3.6 319. Questionnaire 4.3


savons désormais qu’ils ne possèdent pas un réservoir de connaissances assez développées que pour générer des solutions adéquates à la problématique. Rajoutons à ceci le fait que pour la première fois, ils exercent de manière régulière leurs pensées convergentes/divergentes pour trier efficacement l’information utile et inutile. De plus, ils n’ont pas encore expérimenté le processus de conception qui consiste à définir et résoudre la problématique au fur et à mesure de l’avancement du projet. A présent nous pouvons comprendre que l’étudiant doit non seulement expérimenter ses idées, mais aussi exercer sa pensée à comprendre ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. Notons qu’il est difficile de juger ce qui est bien et ce qui est mal, c’est pourquoi l’enseignant le guide dans ce processus d’apprentissage. De ce que j’ai pu constater, les débutants ont tendance à générer des propositions à une problématique, sans se renseigner auparavant sur les solutions architecturales qui existent déjà. Ils se reposent alors sur des souvenirs ou des expériences vécues précédemment. Comme nous le savons ces informations sont issues de leur schéma, même si celles-ci ne correspondent pas encore à de l’architecture à proprement parlé. De plus, j’ai pu remarquer que lorsque ces étudiants me montraient des références, il se pouvait que l’interprétation de ces données ne corresponde pas complètement aux intentions de l’élève. Il arrivait souvent que l’image devienne une intention en soit, ce qui rend l’exercice plus complexe, car l’étudiant se bloque sur des éléments de la photo qu’il aimerait reproduire sans forcément saisir les réelles intentions que l’image lui communique. Il n’est donc pas encore en mesure de saisir le processus de conception d’autres architectes afin de pouvoir se les approprier. Les études du design thinking nous permettent d’élucider ce phénomène. Ces étudiants n’ont tout simplement pas suffisamment d’expérience, dans le sens où ils n’ont pas encore vécu le processus de conception, le développement de leur schéma ainsi que leur pensée créative ne sont pas assez formés. Ils ne sont donc pas en mesure de lire correctement les informations contenues dans leurs références. Bien sûr ces compétences s’acquièrent au fil des années. Les étudiants en deuxième ou troisième année ont tendances à lister leurs intentions tout en récoltant des références qui correspondent à leurs envies. Ainsi, ils alimentent non seulement leur réservoir de connaissances, mais développent aussi une pensée qui leur permet de trier l’information nécessaire pour réaliser leurs projets. Nous avons vu que les novices semblent respecter rigoureusement les règles et n’osent généralement pas esquiver certaines données de la problématique. Plus tard ils parviendront à cibler les informations nécessaires pour mieux appréhender le projet. Toutefois, nous pouvons nous poser la question ; si l’étudiant était au courant du processus d’apprentissage, est-ce que ça ne l’aiderait pas à mieux appréhender sa méthode de travail ? A l’inverse ; Si les enseignants étaient plus sensibilisés aux mécanismes de la pensée dans la conception, pourraient-ils trouver des méthodes plus adéquates pour l’apprentissage de l’architecture ? En ce qui concerne les outils de conceptions nous remarquons que les moyens les plus rapides pour modifier un projet sont les croquis et les maquettes d’études (Fig.5.3). Les outils informatiques arrivent à la troisième place. Notons cependant que le recours aux logiciels informatiques augmente à partir de la 3ème année. Nous pouvons supposer deux explications à ce phénomène. La première est qu’à partir d’un an ou deux d’expériences, les étudiants finissent par appréhender le langage du programme ce qui leur permet de modifier le projet plus facilement. La deuxième explication serait l’augmentation du rythme de travail au fil des années. Les étudiants passent aux logiciels de conceptions afin de travailler plus rapidement sans devoir tout refaire. Cependant, comme 59


Moyen rapide

Réponses

Ratio

Croquis

44

Écriture

15

75,9 % 25,9 %

Maquettes

33

56,9 %

Outils Info

16

27,6 %

21

36,2 %

Autre/commentaire

Fig.5.3 Moyen le plus adéquat pour effectuer des changements dans le projet

Moyen lent

Réponses

Ratio

Croquis

7

Écriture

28

12,1 % 48,3 %

Maquettes

10

17,2 %

Outils Info

17

29,3 %

18

31,0 %

Autre/commentaire

nous l’avons vu précédemment certains programmes sont rigides et pourraient bloquer la créativité de l’étudiant. De par mon expérience en architecture, j’ai pu remarquer que les documents demandés à l’école sont souvent du type « documents de présentation  », ceux-ci sont en général des représentations qui mettent en valeur le projet d’architecture. Ils sont non seulement obligatoires pour le jury de fin d’année mais il se peut aussi que certains professeurs favorisent ce genre de documents durant l’atelier d’architecture. Hors, nous savons à présent que ces représentations ne permettent pas ou très peu, la lecture du processus de conception de l’étudiant. Nous pouvons donc supposer qu’à force de demander ce genre de représentation, l’étudiant passerait plus de temps à comprendre le langage du logiciel ou à produire de belles représentations au lieu d’apprendre le langage de la conception, ceci par peur de ne pas pouvoir présenter ces documents en atelier. Il m’arrive souvent de voir des étudiants trembler de honte devant leurs productions et avoir peur d’être jugés négativement sur la qualité de leur travail. Cependant, les études du design thinking nous permettent de confirmer qu’il y aurait plus d’informations concernant le processus de conception dans les croquis ou les maquettes d’études, contrairement aux documents finaux320. Ne devons-nous pas nous poser la question si certains professeurs devraient être moins sévères sur la qualité des documents en atelier et plus attentifs aux intentions enfuies dans les croquis, carnets, calques ou autres documents d’esquisses ? Bien sûr, les études du design thinking nous confirment aussi que le dessin à l’échelle permet aux étudiants d’enregistrer les proportions dans leur mémoire épisodique. Mais serait-il possible de trouver un 60

Fig.5.4 Moyen le moins efficace pour effectuer des changements dans le projet

320. J’entends par la les documents propres et soignés.


BA1

Fig.5.5 BA1, Total : 18 participants

Rapide Réponses

Ratio

Réponses

Ratio

Croquis

13

3 8

17,6 % 4,1 %

Écriture

5

76,5 % 29,4 %

Maquettes

12

70,6 %

1

5,9 %

Outils Info

2

11,8 %

7

41,2 %

6

35,5 %

3

17,6 %

Autre/commentaire

BA2

Fig.5.6 BA2, Total : 17 participants

Rapide Réponses

Ratio

Réponses

Ratio

Croquis

14

3

Écriture

6

82,4 % 35,3 %

7

17,6 % 41,2 %

Maquettes

6

35,3 %

4

23,5 %

Outils Info

4

23,5 %

6

35,3 %

6

35,3 %

6

35,3 %

Autre/commentaire

Rapide

Lent

Moyen d’expression

Réponses

Ratio

Réponses

Ratio

Croquis

8 3

61,5 % 23,1 %

1

Écriture

6

7,7 % 46,2 %

Maquettes

7

53,8 %

4

30,8 %

Outils Info

8

61,5 %

2

15,4 %

7

53,8 %

6

46,2 %

Autre/commentaire

MA1/2

Fig.5.8 MA1 et MA2, Total : 10 participants

Lent

Moyen d’expression

BA3

Fig.5.7 BA3, Total : 13 participants

Lent

Moyen d’expression

Rapide

Lent

Moyen d’expression

Réponses

Ratio

Réponses

Ratio

Croquis

8 1

72,7 % 9,1 %

0

Écriture

7

0% 63,6 %

Maquettes

7

63,6 %

1

9,1 %

Outils Info

3

27,3 %

2

18,2 %

2

18,2 %

3

27,3 %

Autre/commentaire

61


juste milieu entre l’apprentissage du processus de conception et la finalisation des documents ? Ceci nous amène à la 6ème question, comment les études d’architecture influencent votre quotidien  ? Voici quelques réponses qui résument plus au moins les types de sentiments que cette formation apporte à ses étudiants. « Les études d’architecture façonnent notre façon de penser et de voir les choses, j’ai acquis une certaine maturité émotionnelle pendant le déroulement de cette année et j’interprète différemment certaines choses et actions du quotidien »321 « Elles me prennent un temps fou, souvent je ne trouve même plus le temps d’aller au sport ou de sortir avec des amis. Le problème ce sont les projets qui prennent énormément de temps et qui empiètent sur le temps d’études des cours théoriques. »322 « Lorsque je visite des villes, bâtiments, etc. je regarde différemment qu’avant. Je comprends d’avantage le monde de la construction, je comprends et je peux donc intervenir. Mes études m›ont permis de m’ouvrir l›esprit et de penser autrement. J’ai adopté un esprit plus critique. »323 « Les études d’architecture sont chronophages, il est parfois difficile d’avoir du temps libre pour se détendre et penser à autre chose. Cela peut parfois nuire à notre santé car en phase finale de projet on dort peu, on mange peu, (parfois on ne prend pas le temps de se laver) et notre esprit est mobilisé en permanence. Tout ça peut nuire à la vie de couple, car on a le temps de rien faire à part de l’architecture et on est épuisé. »324 Nous pouvons remarquer que les réponses sont généralement paradoxales. D’une part les étudiants confirment être devenus plus ouvert et attentifs au monde qui les entoure, d’autre part ils ressentent que les études les ont confiné dans une routine affectant parfois négativement leur vie sociale. Voyons voir comment les études du design thinking peuvent nous aider à éclaircir ces deux phénomènes. Tout d’abord, nous pouvons supposer que cette curiosité qui anime les étudiants à vouloir observer le monde et le comprendre, est une conséquence de la nécessité à devoir se construire une base de données dans laquelle ils pourront s’approprier des idées. De plus, les étudiants sont alimentés par une « pensée critique », nous savons à présent qu’il s’agit du design thinking, cette pensée leur permet d’une part d’analyser et de réinterpréter les caractéristiques des informations qu’ils observent. D’autre part, elle réorganise ces données de manière plus spécifiques dans leur réservoir de connaissances, sous des concepts abstraits qui pourront être rappelés par la suite. En ce qui concerne les répercutions qu’ont ces études sur la vie sociale de certains étudiants. Seul quelques données que nous avons mentionnées auparavant pourraient décrire ce phénomène. Premièrement, le processus de conception n’a pas de fin réelle et peut se prolonger à l’infini. De manière générale l’architecte est le seul à pouvoir décider quand son projet doit s’arrêter. De plus, il n’existe pas encore de réelle méthode pour acquérir cette notion de jugement, nous pouvons supposer qu’elle se développe avec le temps. Une deuxième explication est celle qu’on a rencontrée lors du processus créatif, nous avons vu qu’il fallait parfois une période d’incubation pour que l’individu puisse laisser les informations se restructurer en arrière-plan et ce, sans être réellement en être conscient. Il faudrait peut-être mener plus d’études pour en découvrir davantage sur ce phénomène. Cependant, nous pouvons comprendre que cette formation soit chronophage, car il s’agit d’un processus constant, l’étudiant doit acquérir certains réflexes autant du point de vue de la conception que de celui de la production de documents ; en d’autres mots, les architectes apprennent non seulement le langage de la conception, mais aussi différents langages issus des logiciels à maîtriser. 62

321. Questionnaire 1.12 322. Questionnaire 2.13 323. Questionnaire 3.3 324. Questionnaire 3.11


Les réponses des questions 7 à 9 concernant le métier d’architecte peuvent se regrouper. De manière générale l’architecte est perçu par ces étudiants comme étant une personne responsable et ouverte d’esprit. Son métier consiste à concevoir de manière consciente des bâtiments agréables pour le client mais aussi respectueux envers l’environnement. Nous pouvons supposer que l’esprit ouvert fait référence au processus d’apprentissage qui est pratiquement infini. Même si l’architecte atteint les 5 stades d’acquisition vus précédemment, il restera toujours des données qu’il devra apprendre ou renouveler, comme par exemple les nouvelles technologies, les envies du client, la mutation des villes, etc. L’architecte doit donc rester actif et constamment alimenter son réservoir de connaissances. En créant le bureau AMO, Rem Koolhaas illustre bien cette envie de rester au courant de l’actualité : « Ce qui semble caractériser les nombreuses études entreprises sous les auspices de l’AMO,… C’est qu’elles tentent toutes de comprendre les fonctionnements de la culture contemporaine. A travers des graphiques, schémas et autres formes d’analyse statistique, elles explorent les facteurs qui informent et influencent la société d’aujourd’hui » 325 Stéphanie Grégoire Même si l’architecte n’intervient pas dans les recherches que l’AMO entreprend, celles-ci lui permettent néanmoins d’acquérir des informations indispensables pour alimenter ses projets d’architecture.

La motivation intrinsèque et l’apprentissage Analysons à présent comment les étudiants définissent l’intuition en architecture : « C’est selon moi l›intervention de notre inconscient sur certaines choses en fonction de nos expériences antérieures, l›intuition est une partie importante du développement d›un projet car c›est ce qui caractérise chaque être, c›est l›intuition ainsi que l›éthique qui va diriger le projet. »326 « L’intuition pour moi c›est le fait de sentir quelque chose, de partir vers un chemin auquel, on croit, qu’on a envie de développer. Bien sur que l’intuition intervient dans l’architecture car elle guide nos pensées, nos orientations architecturales. »327

325. GREGOIRE, Stéphanie, À propos de Rem Koolhaas et l’office for Metropolitan Architecture, Qu’est-ce que l’OMA ?, Edition Le Moniteur, Paris, 2004, p.91 326. Questionnaire 1.12 327. Questionnaire 2.2 328. PAQUET, Yvan CARBONNEAU, Noémie, J. VALLERAND, Robert, La théorie de l’autodétermination, De Boeck, Louvain-La-Neuve, 2016, pg.17

Nous remarquons que suivant ces définitions, l’intuition serait non seulement innée et propre à chaque individu, mais pourrait aussi s’apprendre et évoluer au fil des années d’expériences. Ainsi, l’intuition semble similaire à la définition du générateur primaire. Les architectes partiraient d’une intention principale qui leur permet non seulement de générer des propositions pour débuter la conception mais aussi de prendre des décisions en fonction de cette idée génératrice. Cette intuition est donc primordiale dans la conception. Mais d’où peut-elle provenir ? Pour en découvrir plus à ce sujet, nous allons aborder quelques notions cernant la motivation. Globalement un individu peut être influencé par deux types de motivation ; une motivation extrinsèque et/ou une motivation intrinsèque.328 La motivation extrinsèque, survient quand l’individu effectue une activité en fonction d’une raison extérieure à ses envies. En général, les motivations extrinsèques se manifestent sous forme de récompenses ou de punitions. L’individu peut par exemple être motivé par  ; la peur de raté, l’envie de reconnaissance, l’obligation de réussir, etc. 63


La motivation intrinsèque, au contraire, se manifeste chez l’individu quand celui-ci effectue une activité qui lui procure une satisfaction ou un plaisir personnel. De manière générale, les personnes qui parviennent à faire une activité sous la pulsion d’une motivation intrinsèque, ont tendance à apprendre plus vite les compétences nécessaires pour cette occupation. Ils sont caractérisés par la curiosité et la détermination à vouloir acquérir un certain niveau de performance dans le domaine qui les passionne. Teresa Amabile nous illustre ces deux types de motivation par une métaphore du labyrinthe : « Si vous avez une motivation extrinsèque, votre motif fondamental est de réaliser le but extrinsèque. Vous travaillez pour quelque chose d’extérieur au labyrinthe, vous devez remporter la récompense, gagner la compétition, obtenir la promotion ou plaire à ceux qui vous observent. Vous êtes à ce point absorbé par la poursuite de ce but que vous ne prenez pas le temps de penser au labyrinthe lui-même. Souhaitant en sortir le plus rapidement possible, il est probable que vous n’emprunterez que l’itinéraire le plus évident, le plus fréquenté. En revanche, si vous avez une motivation intrinsèque, vous vous plaisez dans le labyrinthe. Vous prenez plaisir à y jouer, fureter dans tous les coins, essayer des chemins différents, explorer, y réfléchir avant de vous lancer bille en tête. Vous ne vous concentrez vraiment sur rien d’autre que sur l’intensité du plaisir que le problème vous procure, de votre attirance pour le défi et l’énigme. »329 Nous pouvons à présent supposer que les professionnels dans les domaines du design sont pratiquement tous animés par une motivation intrinsèque. Comme nous l’avons vu précédemment les professionnels sont caractérisés par l’autodétermination et la motivation à vouloir s’entraîner de longues heures. Ceci expliquerait pourquoi ils n’auraient pas peur d’échouer, car leurs objectifs ne se situent pas entièrement dans le résultat mais plutôt dans l’expérience en elle-même. En d’autres mots, on peut supposer que le processus d’apprentissage leur procure plus de satisfaction que l’objet final. Pour Teresa Amabile la créativité se situerait à la base de la motivation intrinsèque : « Les personnes seront plus créatives si elles se sentent motivées principalement par l’intérêt, la joie, la satisfaction et le défi liés au travail lui-même, plutôt que par des pressions externes. »330 Par contre, l’introduction d’une motivation extrinsèque diminuerait les performances créatives des individus. Effectivement suivant les psychologues, les événements qui sont surveillés, évalués, jugés ou ayant tout simplement une récompense à la clef, compromettent la créativité d’une personne.331 L’individu aura tendance à faire plus attention au résultat, dans l’idée de réussir ou de ne pas rater, au lieu de se concentrer sur les raisons qui l’animent à faire cette activité. Il perd alors son intérêt personnel dans cette occupation et par conséquent sa créativité diminuera. Pour en revenir au générateur primaire en architecture. Nous pouvons supposer que cette idée génératrice anime l’individu à vouloir explorer le projet sous un angle particulier. De ce fait nous pouvons dire qu’il est motivé intrinsèquement par l’envie d’apprendre et d’explorer ce générateur primaire. Ce qui est par définition un bon signe, car l’individu va indirectement se renseigner à ce sujet et donc alimenter son réservoir de connaissances ainsi qu’exercer sa pensée créative. Par ailleurs, nous pouvons supposer que même si la personne échoue, elle y trouvera une satisfaction personnelle en ayant essayé. L’événement 64

329. GRANGÉ, Louis-Alexandre Facteurs de stimulation de la créativité et efficacité d’un processus de créativité croisée entre deux entreprises, [en ligne], http://www. memoireonline.com/12/08/1719/m_ Facteurs-de-stimulation-dela-creativite-et-efficacite-dunprocessus-de-creativite-croisee6. html, (consulté le 14/08/2017) 330. JOHNMARSHALL, Reeve, Psychologie de la motivation et des émotions, De Boeck, LouvainLa-Neuve, 2017, pg. 142 331. ibidem


devient alors une expérience. Cependant, dans le système scolaire nous pouvons remarquer un bon nombre de facteurs favorisant la motivation extrinsèque. Comme par exemple les jury d’architecture, les rendus intermédiaires, le système de cotation ou bien comme énoncé précédemment les exigences au niveau des documents de présentation en atelier. Tous ces éléments peuvent nuire à la créativité des élèves et influencer négativement l’apprentissage de l’architecture. Voici le témoignage d’un étudiant qui semble confirmer cette théorie : « L’intention est intrinsèquement liée à la créativité, celle-ci peut s’apprendre via l’enseignement mais peut également être quelque chose de naturel, propre à une personne. Il est difficile d›en avoir par ailleurs si l’enseignement nous l’enlève en nous dictant un style ou un chemin. La créativité c’est précieux, il est dommage de nous la retirer quand on devrait nous apprendre à l’exprimer. »332 De par mon expérience, j’ai pu constater des phénomènes similaires, beaucoup d’étudiants m’ont posé des questions de ce genre : « Je ne sais pas s’ils vont aimer ce que je fais ? », « Le professeur m’a dit que c’était pas bien. », « Je ne sais pas si c’est une bonne idée, personne ne fait comme ça dans notre atelier.  » etc. Maintenant nous pouvons supposer que ces élèves se focalisent principalement sur des motivations extrinsèques. Leur peur d’avoir des remarques négatives venant des professeurs est plus importante que leur envie d’expérimenter des nouvelles propositions. Par conséquent, on note que la plupart de ces étudiants produiront des documents afin de plaire à l’enseignant ou aux membres du jury. Le problème en cas d’échec, c’est qu’il y aurait de forte chance que l’événement soit perçu par l’élève comme un échec au lieu d’une expérience. De plus, il est probable qu’il en retire moins d’informations que s’il avait tenté des propositions plus risquées venant de lui-même. Une deuxième constatation que j’ai pu faire est que cette tendance à vouloir respecter les attentes des enseignants diminue au fil des années. Ce qui s’explique par le processus d’apprentissage proposé par Bryan Lawson, l’étudiant acquière une certaine vision de ce qu’il peut et ne peut pas faire, son réservoir de connaissances et son design thinking sont assez développés pour lui permettre de faire moins attention aux règles et de se focaliser sur ses envies. Cependant, il faudra attendre la quatrième ou cinquième année avant que ce phénomène soit réellement appliqué par la majorité des étudiants d’une année. Le problème se situe donc dans le premier cycle d’apprentissage. Ceci s’explique car ces étudiants sont du type novice ou débutant et n’ont pas encore assez de recul ni d’expérience pour briser certaines règles.

332. Questionnaire 5.2

Nous comprenons que l’enseignement de l’architecture est un processus délicat, d’une part il faut favoriser l’étudiant à tenter et apprendre de ses erreurs, d’une autre il faut trouver un système pour évaluer son apprentissage. Le défi étant de diminuer les motivations extrinsèques et d’augmenter la motivation intrinsèque. Par exemple, nous avons vu précédemment que le processus de conception est plus lisible dans les croquis, calques, maquettes de recherches, etc. et non pas dans les documents de présentation. Nous pouvons supposer que le premier type de documents se produit sous une motivation intrinsèque : l’étudiant cherche des solutions à son générateur primaire. Le deuxième, par contre, est principalement conçu pour des raisons extrinsèques, l’étudiant retravaille ses documents afin de les rendre présentables et lisibles pour le professeur, cela ne veut pas forcément dire qu’il estime que le projet est abouti. Notons que ce genre de phénomène augmenterait la probabilité que l’étudiant soit jugé sur la finalité de sa proposition, au lieu d’être évaluer sur son processus d’apprentissage. Encore une fois, nous pouvons supposer qu’une diminution des exigences de présentation en atelier et une favorisation des documents qui exprime le 65


processus de conception, peuvent encourager davantage l’apprentissage de l’architecture. Enfin, pour ce qui concerne les réponses sur l’éthique en architecture. Nous avons vu que les architectes expérimentés formeraient des guides de principes. A force de pratiquer de l’architecture, leur générateur primaire aurait tendance à suivre une certaine cohérence tout au long de leur carrière, ce qui caractérise leurs ouvrages. La définition de ces guides de principes peut être vu comme une forme d’éthique. C’est-à-dire un ensemble de valeur dicté par la morale de l’individu. La base de ces guides de principes est donc le générateur primaire. Nous savons aussi que celui-ci est animé principalement par de la motivation intrinsèque de l’individu. Comme nous l’avons vu dans le modèle de problématique proposé par Bryan Lawson, ce générateur peut prendre forme grâce aux intervenants et aux contraintes issus de la problématique. Or, le seul intervenant dans un projet scolaire est l’étudiant. Il devra lui-même générer des contraintes radicales, pratiques, formelles ou symboliques. La question qui fût alors posée est pourquoi les autres données sont-elles absentes de l’énoncé ? Nous pouvons désormais explorer quelques réponses. De manière générale, les étudiants en architecture commencent au stade novice ou débutant et finissent au niveau de compétent. Durant ces années d’apprentissage ils développeraient le langage de la conception, c’est-à-dire leur pensée créative et la formation d’un réservoir de connaissances. De plus, nous avons remarqué que les étudiants en dernière année finissent par mieux appréhender leur générateur primaire et parviennent à produire de l’architecture en cohérence avec leurs intentions. Nous pouvons donc imaginer que les étapes les plus difficiles dans l’apprentissage scolaire sont d’une part la formation du langage de la conception, et d’autre part, le pouvoir de l’exprimer de manière adéquate. Nigel Cross a fait le parallèle avec l’apprentissage d’une langue étrangère  : seule une immersion totale peut favoriser sa prise en main. Nous pouvons rebondir sur cette comparaison. Il est clair qu’en début d’apprentissage d’une langue étrangère personne abordera directement des sujets comme l’économie ou la politique. Tout simplement parce que le vocabulaire et la grammaire ne sont pas assez développés, il faudra attendre les bases avant de pouvoir comprendre et aborder des sujets plus complexes. En architecture, nous pouvons supposer un phénomène similaire. L’introduction d’un client, de problèmes économiques, les notions administratives ou de calculs de structure, etc. ne peuvent se faire qu’à partir du moment ou l’étudiant maîtrise la base de la conception. Nous pouvons donc conclure que le principal objectif de la formation d’architecture n’est pas de nous apprendre à construire, mais de nous offrir les outils nécessaires afin de rentrer en cohérence avec nos intentions ; en d’autres mots, on nous apprendrait à exprimer le langage de notre pensée.

Limites de la recherche et futurs développements Nous pouvons désormais apercevoir comment les études sur le design thinking nous permettent de mieux saisir les mécanismes complexes de la conception. Ainsi, nous avons pu découvrir pas à pas les tenants et aboutissants du design process. La mise en parallèle de ces informations avec le questionnaire nous a permis d’appréhender le processus d’apprentissage de certains étudiants. Cependant, précisons que ce relevé est loin d’être exhaustif et ne représente pas à lui seul assez d’informations pour nous permettre d’évaluer le système d’apprentissage d’une école. Malgré cela, nous pouvons supposer que certains éléments du design thinking peuvent constituer des informations intéressantes pour l’amélioration du système éducatif. Nous avons vu que le design est une 66


compétence qui peut s’acquérir par la pratique, par conséquent nous pouvons, par exemple, remettre en question la validité des examens d’entrée dans certaines écoles d’architecture et les bases sur lesquelles ils déterminent si un étudiant est apte à poursuivre ce cursus. Il serait à l’avenir intéressant d’analyser si la prise en compte du design thinking et de la motivation intrinsèque peut influencer l’apprentissage de l’architecture. Toutefois, notons que ces recherches ne nous dévoilent pas forcément comment concevoir d’une manière plus efficace. En réalité, elles ne traitent pas du tout ce sujet. Au contraire, le contenu de ces études nous informe essentiellement sur le fonctionnement de la conception. Dans le cadre de ce mémoire ces informations nous ont permis d’établir une vision globale du processus d’apprentissage de l’architecture. Par contre, le sujet a principalement été axé sur l’individu en tant que tel. Nous savons cependant que l’architecture ne se conçoit pas individuellement. Au contraire, il s’agit généralement d’une collaboration entre plusieurs intervenants. Il existe aujourd’hui des recherches concernant l’analyse du design thinking dans le cadre des travaux en groupe ; ce qui permet une meilleure compréhension des avantages et inconvénients qu’ont certains types de collaboration sur le processus de conception, que cela soit professionnels ou scolaire. Une autre utilité des études sur le design est l’interaction entre l’individu et les logiciels d’aide à la conception. Nous avons pu brièvement aborder quelques résultats durant ce mémoire, mais il est possible de développer concrètement les effets positifs ou négatifs qu’ont certains logiciels sur le processus d’apprentissage et/ou de conception. Enfin, notons que les études sur le design sont relativement jeunes, ce domaine a vu le jour dans les alentours des années ’60 et avait à l’époque comme objectif principal de décrire un protocole de conception. Ce n’est que dans les alentours des années ’80 avec les découvertes faites dans les branches comme la psychologie, les neurosciences ou les sciences cognitives que les chercheurs du design process ont pu établir de nouvelles théories. Aujourd’hui, soit 50 ans plus tard, nous pouvons voir concrètement les premières applications de ces théories qui sont essentiellement utilisées dans les entreprises.333 Par ailleurs, en 2005 l’Université de Stanford fût la première école d’ingénierie à introduire le design thinking comme méthode conventionnelle d’apprentissage aux Etats-Unis.334 En Europe, on retrouve l’Allemagne qui inaugure un programme de design thinking en 2008 à Potsdam.335 Notons que ces études sont principalement publiées en anglais et n’ont pas encore été traduites dans d’autres langues comme le français. Nous pouvons conclure que ces études sont d’actualité et qu’il serait intéressant d’y prêter attention dans les années à venir, afin de voir les effets qu’elles peuvent avoir sur le processus d’apprentissage dans certains domaines.

Synthèse et conclusion

333. Comme par exemple le “brainstorming” ou bien le “positif thinking” qui conciste à penser positivement et croire en soit, etc. 334. PLATTNER, Hasso, MEINEL, Christoph, LEIFER, Larry, Design thinking: understand, improve, apply., Springer, Berlin, 2011, p.xiv-xvi 335. ibidem

Ce travail de fin d’études avait pour ambition de définir les outils dont dispose un jeune diplômé en architecture, partant d’une question simple : Qu’est-ce que la formation d’architecture apporte à ses étudiants pour rentrer dans la vie active  ? Nous avons vu que la réponse était très complexe. Toutefois, l’analyse des recherches sur le design process nous a permis d’appréhender cette question, et d’aborder l’apprentissage dans ses grandes lignes. Ainsi, nous avons constaté que l’apprentissage et la conception sont deux éléments indissociables. Que cela soit à l’école ou dans la vie professionnelle, l’apprentissage est un phénomène continu qui a pour origine une volonté intrinsèque à vouloir concevoir, et qui ne connaît pas de finalité ; chaque expérience contient des éléments indispensables à l’évolution de ce processus. Ainsi, l’individu se construit un réservoir de 67


connaissances qui lui permettra de combiner l’ensemble des données récoltées afin d’en façonner de nouvelles. La créativité se manifeste alors comme étant l’élaboration de ce processus. Dans le cadre de ce mémoire, nous avons analysé ce phénomène chez les architectes. Pour commencer, nous avons démontré que la conception est un événement caractérisé par des mécanismes mentaux complexes définis. Ces concepts se regroupent sous le terme « design thinking ». Les éléments nécessaires pour la conception ou l’apprentissage sont : la pensée convergente et la pensée divergente. La première peut être qualifiée de pensée rationnelle ou analytique et caractérise les sciences. La deuxième, au contraire, est ce qu’on pourrait appeler la pensée imaginaire ou créative ; elle jouerait un rôle important dans les arts. Ces deux mécanismes de la pensée fonctionnent simultanément lors de l’élaboration d’un projet d’architecture, ce qui expliquerait pourquoi cette discipline se situerait entre l’art et les sciences. De plus, elles semblent s’acquérir par la pratique car comme nous l’avons vu, elles sont présentes chez tous les individus, mais ne semblent pas se développer sans une formation adéquate. L’expérience de la conception permettrait de perfectionner ces outils et caractérise donc la formation des architectes ; elle aurait pour objectif d’initier l’étudiant à appréhender le design thinking. Une autre notion à ne pas négliger est la mémoire épisodique qui représente l’espace de stockage des différentes expériences sensorielles vécues par l’individu. Le mécanisme qui favoriserait le rappel des concepts enregistrés dans cette partie du cerveau semble être l’usage d’analogie ou de métaphore. Dans le cas d’un architecte, on parle d’un vocabulaire architectural lui permettant de rappeler ses concepts plus facilement. Par la suite, nous avons remarqué que le processus de conception était très compliqué. Il mélange connaissances explicites et connaissances tacites. Vu la complexité de la tâche, il est impossible pour un architecte d’énumérer l’ensemble de ces données mentalement. C’est pourquoi il utilise des outils comme le dessin, le prototypage et la modélisation, afin de vérifier ses propos. Ces éléments fonctionnent comme une mémoire externe exprimant l’état d’avancement du processus de l’architecte. L’ensemble de ces phases combiné avec l’usage d’analogie ou de métaphore permet à l’architecte de modifier sa perception du projet afin de le faire évoluer. Le processus de conception est donc un processus d’apprentissage, car toutes les productions communiquent à leur tour des informations qui seront par la suite reformulées par l’architecte, et ainsi de suite. Ces évènements alimentent donc son réservoir de connaissances ; c’est ce que nous avons appelé le « design knowledge ». Enfin, l’ensemble de ces données forme le langage de la conception qui s’acquiert par de longues heures de pratiques et de tests, passant par l’essai et l’erreur. L’éducation de l’architecture nous forme principalement à appréhender ce langage par l’immersion totale au travers du projet d’architecture. Un jeune diplômé aurait non seulement accumulé une quantité de connaissances dans son réservoir, mais aussi développé les bases des mécanismes du design thinking lui permettant de réinterpréter les informations pour concevoir. Ces outils lui seront utiles dans la vie professionnelle. Le schéma ci-contre (Fig.5.9) reprend le processus d’apprentissages dans ses grandes lignes. Ainsi, nous pouvons mieux appréhender son mécanisme  : de gauche à droite, nous avons, en bas, les 5 niveaux d’expertise, et, en haut, une ligne à double sens allant du processus à la vision en passant par la méthode. Comme nous l’avons vu, un novice aura tendance à se focaliser sur les mécanismes du processus avant de pouvoir concevoir. Une fois la base maîtrisée, il sera en mesure d’appréhender la méthode de conception, ce qui lui permettra d’exprimer sa pensée. Un expert, quant à lui, a enregistré tous ces mécanismes et est capable 68


Processus

Méthode

Vision

Discipline = passion, pratique, détermination, concentration, etc. Expérience = heures de travail, essaie/erreur, tests, lectures, etc. Fig.5.9 Interprétation du Schéma de Kees Dorst et de Bryan Lawson, In: Design Expertise, Architectural Press, Oxford, 2009

336. Comme par exemple : les racourcis clavier, l’interface, les fonctionnalités, etc.

Novice

Débutant

Compétent

Expert

Maître

de les appliquer sans effort conscient ; il peut se concentrer uniquement sur la vision et l’objectif à atteindre. Cependant, nous pouvons nuancer ce schéma : « novice » ne veut pas forcément dire « apprenti » en architecture et « maître » ne désigne pas forcément « maître » architecte. Au contraire, ce schéma résume globalement le processus d’apprentissage pour n’importe quelle activité. Toute personne (maître ou élève) souhaitant développer une nouvelle compétence passe par une phase de compréhension du processus, suivie de celle du développement de la méthode et finalement, de l’application de la vision. Par exemple, nous avons parlé du langage des logiciels : un novice devra dans un premier temps comprendre les outils du logiciel avant de pouvoir s’en servir correctement336. La méthode est la phase de test, d’entraînement assidu, afin de perfectionner sa maîtrise du programme. Enfin, une fois que ces mécanismes se déroulent presque instinctivement, il est en mesure de libérer sa pensée pour se concentrer sur la vision, c’est-à-dire la chose qu’il veut concevoir. Par ailleurs, nous avons vu que lorsqu’un expert ne maîtrise pas un sujet, il aura tendance à utiliser sa pensée analytique pour appréhender la problématique. Ce phénomène peut s’expliquer  : il ne possède pas assez d’expérience en ce qui concerne le sujet, il doit tout d’abord comprendre la problématique et appréhender ces caractéristiques avant de pouvoir élaborer une solution, etc. Il est novice en la matière et doit donc reprendre le processus d’apprentissage depuis le début. Comme nous pouvons le voir sur le graphique, l’expertise dans un domaine quelconque s’acquiert par de longues heures de pratique, de tests (essai/erreur) et d’entraînement assidu  ; en d’autres mots, plus une personne essaye, plus il accumule de l’expérience et développe une certaine maîtrise de la matière concernée. Il est donc primordial d’encourager l’expérience, c’est-àdire les tentatives et les échecs car ceci nous amène au dernier sujet abordé dans ce mémoire qui est la motivation intrinsèque. Nous avons vu qu’un individu motivé intrinsèquement est apte à être plus créatif d’une part et, d’autre part, à apprendre davantage sur le sujet si celui-ci lui procure de la satisfaction. Par ailleurs, le générateur primaire est l’élément déclencheur d’un projet d’architecture, ainsi qu’une forme d’intention venant de l’architecte. En d’autres mots, ce générateur est une envie personnelle qui le pousse à vouloir aborder le sujet sous un certain angle. D’ailleurs, nous avons supposé qu’il serait primordial d’encourager ce générateur primaire durant la formation en architecture. Ainsi, l’étudiant pourrait non seulement explorer ses intentions, mais aussi apprendre davantage de ses erreurs. C’est pourquoi l’enseignant est vu comme un guide qui accompagne l’élève tout au long de son processus d’apprentissage. La 69


discipline sur le graphique représente alors la passion, la détermination et la patiente de l’individu à vouloir acquérir le niveau d’expertise souhaité dans le sujet concerné. Au fil des années, cette passion se développe et s’exprime sous forme de guide de principes que nous avons abordés et qui sont en réalité le perfectionnement du générateur primaire de l’individu. Maintenant que nous comprenons ce que les études d’architecture apportent à leurs étudiants et les mécanismes de l’apprentissage, nous pouvons répondre à la dernière question qui fut posée au début de ce mémoire : comment ces outils peuvent-ils se retranscrire dans d’autres professions ? Si nous prenons en compte que la conception partirait d’un générateur primaire, lui-même généré par l’envie intrinsèque de l’étudiant, nous pouvons supposer que le projet d’architecture ne serait qu’un moyen d’exprimer les intentions d’un individu. L’enseignement de l’architecture est alors une formation adéquate qui permettrait, non seulement le développement d’une pensée créative, mais offrirait aussi les outils nécessaires à la représentation graphique d’une pensée abstraite. Enfin, comme déjà énoncé, la conception est un phénomène que nous pratiquons tous, que cela soit pour planifier des vacances, un projet ou un plan de carrière. Le principe reste le même : chacun de nous a des envies et des objectifs qu’il voudrait accomplir. Cependant, pour parvenir à un résultat, il faut passer par le processus d’apprentissage, demandant du temps, de l’effort, ainsi que de longues périodes d’essais. La clef de lecture de cet apprentissage serait donc la motivation intrinsèque qui permet à l’individu d’acquérir du plaisir et de la satisfaction durant tout le processus, mais aussi le courage d’interpréter chaque échec comme une étape le rapprochant de l’objectif à atteindre. Un individu ayant expérimenté le processus de conception de manière régulière dispose alors d’éléments dans son réservoir de connaissances qu’il pourra toujours réutiliser dans d’autres circonstances. En conclusion, nous remarquons que les recherches effectuées sur le design thinking à travers l’exemple de l’architecture nous ont permis d’établir une fenêtre sur l’apprentissage. Par ailleurs, le domaine de l’enseignement évolue constamment, c’est pourquoi il serait intéressant de prendre ces recherches en compte pour ses futures réformes. Enfin, nous pouvons citer deux auteurs qui résument assez bien ce mémoire. Le premier est Winston Churchill337 qui évoque clairement le processus d’apprentissage et le deuxième est une citation d’Aldo Rossi338 qui aborde ce que la formation d’architecte est censée procurer à ses disciples : « Le succès c’est d’aller d’échec en échec sans perdre son enthousiasme. » Winston Churchill « The creation of a design theory is the first objective of an architectural school before all other types of research. A design theory is the most important and creative moment of every architecture, thus in an architectural school, a theory of design course should be its driving force. » Aldo Rossi

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337. CHURCHILL, Winston, citation traduit de l’anglais : ‘Success consists of going from failure to failure without loss of enthusiasm’ [en ligne], https://en.wikiquote. org/wiki/Winston_Churchill#cite_ note-20 (consulté le 10/07/2017) 338. O’REGAN, John, Aldo Rossi : Selected writings and projects, Architectural Design, London, 1983, pg.15


ÉPILOGUE Me voilà arrivé au bout de ce travail tandis que je ne sais toujours pas si ma voie se dirige vers le métier d’architecte. J’ai écrit ce mémoire pour m’éclairer sur ce que j’ai pu apprendre au cours de mon cursus à Lacambre Horta et cet exercice m’a permis de mettre des mots sur certaines incertitudes. Il est clair que le métier d’architecte et la conception sont des phénomènes difficiles à décrire. Par ailleurs, je suis certain de ne pas être le seul à avoir éprouvé du mal à expliquer pourquoi ou comment ces études (ou métier) m’ont fait découvrir le spectre de mes émotions. Que cela soit envers un proche, un client ou même entre collègues architectes, il arrive souvent qu’il règne une certaine incompréhension envers ce que l’on ressent ou fait. A présent, je suis en mesure de décrire ces mécanismes mentaux complexes en renouvellement constant. Quelque part, cette idée me rassure. De plus, ce travail m’a permis de voir la création sous un autre angle ; en plus d’être un phénomène purement humain, la création est devenue à mes yeux, un voyage introspectif où le créateur part à la découverte de quelque chose de nouveau. Il se renouvelle en quelque sorte lui-même durant ce périple. Même si la route est longue, il apprendra de plus en plus sur ce qui l’entoure, mais, par dessus tout, sur ce qui il est et ce qu’il veut atteindre. Je pense que le processus d’apprentissage ou le processus de conception sont deux phénomènes identiques, quand on apprend quelque chose de nouveau, quelque part on se reconstruit, que cela soit une bonne ou mauvaise expérience, il en restera toujours des éléments intéressants pour la suite de notre parcours. Bien évidemment, la conception est un phénomène complexe et difficilement quantifiable, contrairement à sa finalité qui, elle, est figée et mesurable. C’est pourquoi, il est plus facile de la juger. Cependant, il faut garder en tête que tout ce qui nous entoure n’est qu’un processus de conception. Nous construisons dans l’idée d’améliorer une chose que d’autres personnes considéraient comme bonnes à leur époque, et ainsi de suite. De plus, ce qui est révolutionnaire aujourd’hui, peut être obsolète demain ; l’idée est donc de suivre le mouvement du temps, de rester au courant de l’évolution de la société et de faire de son mieux pour apporter sa pierre à l’édifice. Je pense que malgré les difficultés que connait le métier d’architecte aujourd’hui, le plaisir qui anime un concepteur à créer, trouvera toujours un juste milieu pour y parvenir. En conclusion, ce voyage à travers le design thinking m’a permis d’apprécier le processus de création plus que sa finalité. Pouvoir le décrire, malgré la complexité du sujet, fût un exercice très enrichissant. Ce qui m’a animé durant ces longues journées d’écriture est l’idée de transmettre cette connaissance à autrui. L’idée n’était pas d’écrire un mémoire d’architecture, mais plus un guide de conception pour les adeptes de l’architecture ; que cela soit des étudiants, des architectes ou tout simplement des personnes curieuses qui aimeraient comprendre le métier. Ainsi, à l’aide d’exemples simples, j’espère avoir partagé cette connaissance du processus d’apprentissage et sensibilisé des lecteurs à vouloir entreprendre ce grand voyage introspectif qu’est la création. Sachant que la clef de l’apprentissage, la motivation intrinsèque, est en nous tous.

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PARTIE II : DESIGN PROCESS Fig.2.1 : STARCK, Philippe. Juicy Salif. [Photo]. In : STARCK. Disponible sur : <http://www.starck.com/fr/design/categorie/design-industriel?i=juicy-salifalessi-25eme-anniversaire> (9/08/21017). Fig.2.2 : BAAN, Iwan. Pierresvives. [Photo]. In : Zaha Hadid Architects. Disponible sur : < http://www.zaha-hadid.com/architecture/pierrevives/> (9/08/21017). Fig.2.3  : ROBINSON, Julia W., The relationship of architecture to other fields and disciplines.(2001) [Diagramme]. In: PIOTROWSKI, Andrzej et ROBINSON, Julia Williams, The Discipline of Architecture Minneapolis, University of Minnesota Press, 2001, p.70 Fig.2.4  : RIBA, A model of the design process according to the RIBA plan of work. [Diagramme]. In: LAWSON, Bryan, How Designers Thinks, 4th edition, Architectural Press, London, 2005, pg.35-36 Fig.2.5 : ibidem Fig.2.6 : BILLIET, Sébastien, Schéma de la mission légale de l’architecte suivant l’Ordre des Architectes de Belgique. (2016) [Diagramme] Fig.2.7 : MARKUS, Thomas, MARVER, Thomas, The Markus/Marver map of the design problem. [Diagramme]. In: LAWSON, Bryan, op. cit., pg.37 Fig.2.8 : LAWSON, Bryan, A more honest graphical representation of the design process. [Diagramme]. In: ibidem, pg.40 79


Fig.2.9 : LAWSON, Bryan, The design process seen as a negotiation between problem and solution through the three activities of analysis, synthesis and evaluation. [Diagramme]. In: ibidem, pg.49 Fig.2.10 : Darke, Jane, Jane Darke map of the design process. [Diagramme]. In: ibidem, pg.46 Fig.2.11 : UTZON, Jorn, L’Opéra de Sydney (1957) [Photo]. In: ARCHI-MAG, Disponible sur : <http://www.archi-mag.com/actu_111.php> (9/08/21017). Fig.2.12 : ONNIBONI, Luca, Rolex learning center by SANAA [Photo]. In: ARCHIPBJECTS, Disponible sur : <http://archiobjects.org/rolex-learningcenter-sanaa-losanna/ >(9/08/21017). Fig.2.13 : LAWSON, Bryan, The four groups of generators od design constraints stacked in order of flexibility. [Diagrmme]. In: LAWSON, Bryan, op. cit., pg.90 Fig.2.14 : LAWSON, Bryan, Each group can generate internal and external constaints. [Diagramme]. In: ibidem, pg.98 Fig.2.15 : LAWSON, Bryan, The complete model. [Diagramme]. In: ibidem, pg.106 Fig.2.16 : CALATRAVA, Siantiago, Bird. (1995), [Croquis]. In: sculpture Secret Sketchbook 1, Disponible sur : < http://www.arcspace.com/the-architectsstudio/santiago-calatrava-sketches/> (9/08/21017). Fig.2.17 : CALATRAVA, Siantiago, Lyon - France Trainstation of TGV «train grand vitesse» at the airport.. [Photo]. In: HDRCREME, Disponible sur : < http:// hdrcreme.com/photos/18894-Lyon-Saint-Exup-ry> (9/08/21017). Fig.2.18 : BILLIET, Sébastien, Interprétation du modèle de Bryan Lawson pour un projet scolaire.(2017) [Diagramme].

PARTIE III : DESIGN THINKING Fig.3.1 : BILLIET, Sébastien. Schéma de la pensée convergente. (2017) [Diagramme] Fig.3.2 : BILLIET, Sébastien. Schéma de la pensée divergente. (2017) [Diagramme] Fig.3.3 : SAFARIBOOKSONLINE. Convergent and divergent thinking. [Diagramme] In : SAFARIBOOKSONLINE. Disponible sur : < https://www. safaribooksonline.com/library/view/the-innovation-book/9781292011905/ html/chapter-029.html> (9/08/21017). Fig.3.4 : VAN DER ROHE, Mies, Vue sur le pavillon principal depuis le petit bâtiment annexe. [Photo] In  : ZIMMERMAN, Claire, Mies Van Der Rohe 1886-1969, Taschen, Köln, 2006, p.41 Fig.3.5 : BILLIET, Sébastien. Interprétation du schéma de Graham, Kneller et Lawson. (2017) [Diagramme] In : LAWSON, Bryan, How Designers Thinks, 4th edition, Architectural Press, London, 2005, pg.149 Fig.3.6 : KOOLHAAS, Rem, Y2K House, (1998) [Photo]. In: EL CROQUIS, OMAMA Rem koolhaas 1996-2007, vol 135/136, n°2, 2007, p.210 Fig.3.7 : KOOLHAAS, Rem, Casa del musica de porto, maquette de recherches, [Photo]. In: ibidem Fig.3.8 : KOOLHAAS, Rem, le plan de la maison Y2K et le plan de la casa del musica, [Plans]. In: PLEXO. Disponible sur : < http://www.fadu.edu.uy/viaje2015/ articulos-estudiantiles/casa-da-musica/> (9/08/21017).

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Fig.3.9 : STARCK, Philippe. Juicy Salif. [Photo]. In : STARCK. Disponible sur : <http://www.starck.com/fr/design/categorie/design-industriel/cuisine-artde-la-table?i=juicy-salif-alessi> (9/08/21017). Fig.3.10 : LAXTON, Laxton’s ingenious hydro-electric model of design learning. [Diagramme]. In: LAWSON, Bryan, op. cit., pg.157 Fig.3.11 : VITRUVE, Couverture de « Les dix livres de Vitruve » [Photo]. In : 148 APPS. Disponible sur : < http://media.148apps.com/screenshots/323369798/ us-iphone-1-vitruve-de-architectura.jpeg> (9/08/21017). Fig.3.11 : LE CORBUSIER, Vers une architecture (1928) [Couverture]. In : LE COBUSIER, Vers une architecture, Éditions Crès, Paris, 1923 Fig.3.12 : KOOLHAAS, Rem, New York Délire (1978) [Couverture]. In : KOOLHAAS, Rem, New York Delire, Editions Parenthèses, Marseille, 2002

PARTIE IV : DESIGN KNOWLEDGE Fig.4.1 : BILLIET, Sébastien. Projet de fin d’étude  ; tr3sensation (2017) [Planche concours] Fig.4.2 : ATELIER BOW WOW, Nora House, Sendai, Japan, (2006) [Coupe perspective], In  : DETAIL. Disponible sur  : <https://www.detail.de/artikel/ atelier-bow-wow-10160/>, (10/08/21017). Fig.4.3 : WILFORD, Michael. The generation of mant alternative for Temasek Polytechnic in Singapore. (1991-1996) [Diagramme] In : LAWSON, Bryan, How Designers Thinks, 4th edition, Architectural Press, London, 2005, pg.210 Fig.4.4 : SCARPA, Carlo, Croquis de Carlo Scarpa pour la villa Ottolenghi en Italy (1978) [Croquis], In : IMUGUR. Disponible sur : <http://imgur.com/sYpEV>, (10/08/21017). Fig.4.5 : CALATRAVA, Siantiago. A droite une aquarelle issue du notebook de Calatrava. A gauche Le Milwaukee Art Museum (1957) [Aquarelle et photo] In  : TZONIS, Alexander, Siantiago Calatrava : the complete work, Rizzoli international, New York, 2004, pg.58-59 Fig.4.6 : LE CORBUSIER, Peinture, Nature morte à la pile d’assiettes et au livre, (1920) [Peinture], In : EXPONAUTE. Disponible sur : < http://www.exponaute. com/magazine/2015/05/12/le-corbusier-est-il-un-bon-peintre/>, (10/08/21017). Fig.4.7 : LE CORBUSIER, La cité radieuse,[Photo], In : MAMO. Disponible sur : < https://mamo.fr/2017/07/ici-jean-pierre-raynaud/>, (10/08/21017). Fig.4.8 : LE CORBUSIER, Croquis de la Chapelle de Ronchamp. [Croquis] In : LAWSON, Bryan, What Designers Know, Architectural Press, Oxford, 2007, p.41 Fig.4.9 : INCONNU, Exemple d’organigramme/Bubble diagram, [Croquis], In  : ARCHABILITY. Disponible sur  : < http://blog.archability.com/?p=239>, (10/08/21017). Fig.4.10 : GEHRY, Frank, 8 Spruce Street Design, sketch and volume study, New York, (2007) [Croquis], In  : HYPERALLERGIC. Disponible sur  : < https:// hyperallergic.com/265734/the-freeform-scribbles-that-give-rise-to-frankgehrys-buildings/>, (10/08/21017).

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Fig.4.11 : VENTURI, Robert, Drawings for the extension of the National Gallery in London. [Croquis] In : LAWSON, Bryan, What Designers Know, Architectural Press, Oxford, 2007, p.54 Fig.4.12 : MURCUTT, Glenn, Croquis pour la maison Marika-Alderton. [Croquis], In  : OZ.E.TECTURE. Disponible sur  : < http://www.ozetecture.org/2012/ marika-alderton-house/#!prettyPhoto>, (10/08/21017). Fig.4.13 : VENTURI, Robert. Croquis pour l’extention de la Galerie Nationale de Londres. [Croquis] In : LAWSON, Bryan, op. cit., pg.214-215 Fig.4.14 : LE CORBUSIER, Le Pantheon, Rome 1911, Crayon, Voyage d’Orient, Carnet 4, (1911) [Croquis] In : BRILLHART, Jacobs, Voyage Le Corbusier: Drawings on the road, WW Norton & Company, London, 2016, p.179 Fig.4.15 : LE CORBUSIER, Le Corbusier. Vue axonométrique de la basilique SainteSophie, Istanbul, 1911, Crayon (1911) [Croquis] In : ibidem, p.159 Fig.4.16 : BILLIET, Sébastien, Interprétation du classement de Dreyfus et du schéma de Nigel Cross, In : Design Thinking, Berg, Oxford, 2011, p.142. (2017) [Diagramme]

PARTIE V : UNE FENÊTRE SUR L’APPRENTISSAGE Fig.5.1 : BILLIET, Sébastien. Nombre de participants total : 58 étudiants (2017) [Graphique] Fig.5.2 : BILLIET, Sébastien. Temps passer à la bibliothèque cette année (2017) [Graphique] Fig.5.3 : BILLIET, Sébastien. Moyen le plus adéquat pour effectuer des changements dans le projet (2017) [Graphique] Fig.5.4 : BILLIET, Sébastien. Moyen le moins efficace pour effectuer des changements dans le projet (2017) [Graphique] Fig.5.5 : BILLIET, Sébastien. Moyen d’expression rapide et lent, BA1 (2017) [Graphique] Fig.5.6 : BILLIET, Sébastien. Moyen d’expression rapide et lent, BA2 (2017) [Graphique] Fig.5.7 : BILLIET, Sébastien. Moyen d’expression rapide et lent, BA3 (2017) [Graphique] Fig.5.8 : BILLIET, Sébastien. Moyen d’expression rapide et lent, MA1 et MA2 (2017) [Graphique] Fig.5.9 : BILLIET, Sébastien, Interprétation du Schéma de Kees Dorst et de Bryan Lawson, In: Design Expertise, Architectural Press, Oxford, 2009 [Diagramme]

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ANNEXES Questionnaire BA1 Total : 18

Questionnaire 1.1

1. Où trouvez-vous votre inspiration pour vos projets d’architecture ?

Cela dépend , visite ancienne de bâtiment, souvenir d’Internet, pinterest, etc

2. Combien de temps avez-vous passé à la bibliothèque cette année Moins de 2 semaines

3. Quel est votre premier réflexe au début d’un projet d’architecture Analyse du contexte

4. Lorsque vous essayez de faire évoluer votre projet, quels outils vous semblent les plus adéquats pour avancer ? L’écriture et les maquettes

5. Quel outil vous semble le moins efficace pour faire rebondir votre projet d’architecture ? (de préférence un choix ou deux) Le croquis

6. Comment les études d’architecture influencent votre quotidien ?

Absence de temps libre/ vie sociale très touchée par le temps que demande un projet

7. Pour vous qu’est-ce que l’architecture ?

Un long processus qui influence le paysage et l’interaction humaine et le fonctionnement d’une vie

8. Pour vous quelle est la qualité principale d’un architecte ?

Répondre à la demande du client en mettant tout de même sa touche

9. Quel est selon vous l’épanouissement dans cette profession ? La liberté laisse a l’architecte

10. Selon vous, qu’est-ce que l’intuition ? Intervient-elle oui ou non dans votre projet d’architecture ?

Une intuition apparaît généralement lorsqu’on est totalement perdu dans son projet , plus d’idée pour l’améliorer. Des lors , il faut la suivre jusqu’au bout car souvent très bonne

11. Selon vous, qu’est-ce que l’éthique ?

Le respect vis à vis de la profession d’architecte et de ses supérieurs

12. Pensez-vous que l’éthique joue un rôle dans l’architecture et pourquoi ?

Oui et non si l’on travaille tout seule, elle est beaucoup moins ressentir toutefois on travail rarement seul . Elle est beaucoup plus ressentie en entreprise car il y a Une hiérarchie et donc un respect de cette hiérarchie

Questionnaire 1.2

1. Où trouvez-vous votre inspiration pour vos projets d’architecture ? Sur Pinterest, divisare et parfois instagramme 2. Combien de temps avez-vous passé à la bibliothèque cette année Moins de 2 semaines 3. Quel est votre premier réflexe au début d’un projet d’architecture

Trouver des idées, chercher et me faire un petit «sac» avec tout ce que je trouvé intéressant à mettre dans mon projet, puis trier.Je fais aussi bcp de croquis directement

4. Lorsque vous essayez de faire évoluer votre projet, quels outils vous semblent les plus adéquats pour avancer ? (De préférence un choix ou deux) L’écriture, les maquettes, les outils informatiques (2D/3D)

5. Quel outil vous semble le moins efficace pour faire rebondir votre projet d’architecture ? (de préférence un choix ou deux) L’écriture

6. Comment les études d’architecture influencent votre quotidien ?

Je me rends compte que je suis beaucoup plus curieuse, j’ai une vision tout à fait autre des bâtiments et des espaces autour de moi, je m’émerveille plus et me pose beaucoup plus de questions, j’essaie de comprendre, pourquoi de cette manière et pas d’une autre. Ce qui me plait j’essaie de le garder dans ma mémoire ou de faire des photos.

7. Pour vous qu’est-ce que l’architecture ?

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Pour moi l’architecture, je me suis vraiment rendue compte que ce n’était pas seulement un assemblage de brique ou de Pierre, mais c’est vraiment un assemblage d’espaces, des espaces tout plus ou moins différents qui créent ensemble l’architecture

8. Pour vous quelle est la qualité principale d’un architecte ?

Pour moi c’est la manière de percevoir les choses autour de lui qui est différente. Il essaiera de comprendre plus intensément se qui crée son entourage que quelqu’un qui ne s’y connaît pas en architecture

9. Quel est selon vous l’épanouissement dans cette profession ?

Pour moi c’est cette sensation qu’on a quand on a finit un projet et qu’on en est fier. On sait qu’on a bossé énormément pour cela et que ça paie au final. Ça c’est un véritable épanouissement, la plénitude même

10. Selon vous, qu’est-ce que l’intuition ? Intervient-elle oui ou non dans votre projet d’architecture ?

L’intuition pour moi c’est vraiment quelque chose qui vient de nous sans même qu’on y pense ou qu’on y réfléchisse, c’est juste logique dans un sens. L’intuition intervient souvent dans un projet pour un architecte, il sait ce qui doit être fait ou pas juste par son intuition sans qu’il Doive forcément y réfléchir, tout cela par ses acquis

11. Selon vous, qu’est-ce que l’éthique ?

Pour moi l’éthique est un grand mot, il regroupe tout ce qui s’approche des valeurs mais aussi de la manière de penser de quelqu’un et parfois aussi la maniere de se comporter en société.

12. Pensez-vous que l’éthique joue un rôle dans l’architecture et pourquoi ?

Pour moi elle joue évidement un rôle important car une mauvaise éthique de pourrait pas conduire à une bonne architecture. On n’a pas tous les mêmes valeurs des choses et l’éthique rentre donc en jeu dans le sens où quelqu’un trouverait qu’une certaine fonction est plus importante qu’une autre pour une raison ou une autre

Questionnaire 1.3

1. Où trouvez-vous votre inspiration pour vos projets d’architecture ?

Par les références d’architecte qui ont été illustré par nos profs de projets et aussi par mes amis qui m’ont beaucoup aidé

2. Combien de temps avez-vous passé à la bibliothèque cette année Entre de 2 à 3 semaines

3. Quel est votre premier réflexe au début d’un projet d’architecture

Quelles sont la/les émotions que j’ai envie de présenter dans mon projet, afin que les autres puissent sentir ce que je ressens au fond de moi ? et Comment les représenter.

4. Lorsque vous essayez de faire évoluer votre projet, quels outils vous semblent les plus adéquats pour avancer ? (De préférence un choix ou deux) Commentaire : En parlant de mon projet aux autres et leurs convertir ses paroles en une émotion chez eux.

5. Quel outil vous semble le moins efficace pour faire rebondir votre projet d’architecture ? (de préférence un choix ou deux) Le croquis et l’écriture

6. Comment les études d’architecture influencent votre quotidien ?

J’ai une approche des espaces beaucoup plus différentes. J’essaye de voir derrière chaque organisation tel que l’espace, l’agencement du mobilier, ... etc la réflexion de l’architecte alors parfois je rigole et ça me diverti, car bien des choses me surprend puis des valeurs, l’intimité, des principes plutôt commence à naître en moi car je ne pourrais pas faire la même chose que monsieur X. Puis il y a aussi la patience, accepter les critique pour avancé, des petites valeurs morales qui s’incruste dans notre manière de penser.

7. Pour vous qu’est-ce que l’architecture ?

Pour ce genre de question, j’aimerai répondre court. L’architecture pour moi, c’est une émotion, une image, un instant perdu dans un espace mais un espace qui créent d’autre espaces, qui lui même créent une harmonie au niveau émotionnelle de l’Homme avant un grand H. L’architecture, c’est d’abord nous !

8. Pour vous quelle est la qualité principale d’un architecte ?

Ses intentions. Le projet, c’est l’architecte lui même. Ses intentions définissent l’architecte. Un projet a qui on accorde aucun «amour», et un architecte triste. c’est ce que je pense et c’est pas une citation tirée tout droit d’internet ça vient du profond de moi même

9. Quel est selon vous l’épanouissement dans cette profession ?

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Faire des études d’architecture requiert un discipline sur soi même et une ouverture d’esprit et c’est ce que j’aime !

10. Selon vous, qu’est-ce que l’intuition ? Intervient-elle oui ou non dans votre projet d’architecture ?

Elle intervient bien évidemment mais souvent cette intuition doit être réfléchi et contrôlé mais un projet ne serait pas un, s’il n’y a pas de défense pour ses intuitions

11. Selon vous, qu’est-ce que l’éthique ? C’est la morale de l’Homme

12. Pensez-vous que l’éthique joue un rôle dans l’architecture et pourquoi ?

Certainement, comme je l’ai dis le projet, c’est l’Homme. Il faut donc satisfaire l’Homme par tout les moyens c’est alors que le projet devient de l’architecture vous voyez.

Questionnaire 1.4

1. Où trouvez-vous votre inspiration pour vos projets d’architecture ?

En moi même ! J’ai beaucoup d’imagination, mais je l’affûte en trouvant des références. Ou dans l’art en général. Je pars d’une volonté, d’un sujet abstrait puis je l’affûte, je le taille afin d’en extraire la matière la plus précieuse

2. Combien de temps avez-vous passé à la bibliothèque cette année Moins de 2 semaines

3. Quel est votre premier réflexe au début d’un projet d’architecture

Écrire toutes les idées qui me viennent en tête dans mon carnet, faire une mindmap, je me pose des questions, je m’interroge sur l’enjeu du sujet. C’est la phase que j’appellerais tout comme au théâtre, le travail sur table ! Ou, on discute du projet sans rentrer dans les détails, ou l’on aborde les diffèrente problématique !

4. Lorsque vous essayez de faire évoluer votre projet, quels outils vous semblent les plus adéquats pour avancer ? écriture et maquettes

5. Quel outil vous semble le moins efficace pour faire rebondir votre projet d’architecture ? (de préférence un choix ou deux) Les outils Informatiques (2D/3D)

6. Comment les études d’architecture influencent votre quotidien ?

Massivement ! Je mange archi, je bois archi, je côtoie archi, chacune de mes pensées sont tourné vers l’architecture !

7. Pour vous qu’est-ce que l’architecture ?

Une question profonde, elle est avant tout la vie ! Elle est fascinante, car c’est comprendre un espace, et son impact sur l’Homme. Qui est toujours placé au coeur de cet art ! Elle est aussi, avant toute chose création !

8. Pour vous quelle est la qualité principale d’un architecte ?

Comprendre, analyser et créer ! Il est tout comme l’union d’une femme et d’un homme. La produit final est un enfant, un bébé ! L’architecte est tout comme !

9. Quel est selon vous l’épanouissement dans cette profession ?

Tout comme dit précédemment, j’essaie de comprendre l’espace, et la position de l’homme dans tout cela. Je lie beaucoup l’architecture au Théâtre qui ont tout deux ( tout comme les arts de la scènes ). Il est question d’espace et surtout, on parle de l’homme. ( voir réponse précédente )

10. Selon vous, qu’est-ce que l’intuition ? Intervient-elle oui ou non dans votre projet d’architecture ?

L’intuition, elle est avant tout subjective et varie selon l’individu. Elle intervient comme une pulsion. Une force qui nous dit qu’un élément doit être comme ca et nullement d’une autre manière.

11. Selon vous, qu’est-ce que l’éthique ?

l’éthique, c’est une philosophie qui traite un ensemble ( enjeux, hypothèse, histoire... etc... )

12. Pensez-vous que l’éthique joue un rôle dans l’architecture et pourquoi ?

Bien sur ! Elle est fondatrice, il faut comprendre l’éthique d’un mur avant de pouvoir l’ériger !

Questionnaire 1.5

1. Où trouvez-vous votre inspiration pour vos projets d’architecture ?

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Dans les cours tels que Histoire de l Architecture et Théorie et Composition du projet 2. Pinterest 3. Autres projets d architecture

2. Combien de temps avez-vous passé à la bibliothèque cette année Plus de 5 semaines

3. Quel est votre premier réflexe au début d’un projet d’architecture

Remuer le contexte dans tous les sens, en recherchant l inspiration partout ( dans la nature, sur internet

4. Lorsque vous essayez de faire évoluer votre projet, quels outils vous semblent les plus adéquats pour avancer ? Le croquis

5. Quel outil vous semble le moins efficace pour faire rebondir votre projet d’architecture ? (de préférence un choix ou deux) Les outils Informatiques (2D/3D)

6. Comment les études d’architecture influencent votre quotidien ?

Je fais beaucoup plus attention aux batiments qui m entourent, je suis plus curieuse et me fascine plus sur cette attention. On apprend à savoir voir la beauté qui nous entoure, à avoir plus de sens critique quant à cette beauté.

7. Pour vous qu’est-ce que l’architecture ?

Ce serait l art de reproduire notre imagination, en la rendant rationnelle. Sinon l art de façonner la vie.

8. Pour vous quelle est la qualité principale d’un architecte ?

Le premier mot qui m est venu est l écoute. Sinon de créer des mondes.

9. Quel est selon vous l’épanouissement dans cette profession ? Laisser une trace de notre esprit dans ce monde

10. Selon vous, qu’est-ce que l’intuition ? Intervient-elle oui ou non dans votre projet d’architecture ?

L intuition est la maniere dont on saisit quelque chose d instinct et non par un processus raisonnable. Mise à part pour la forme même du projet, l intuition pourrait se resumer à la question : «Si je fais comme ça, peut etre que ça marchera, peut etre que ca ne marchera pas»

11. Selon vous, qu’est-ce que l’éthique ? C est une science à des fins morales

12. Pensez-vous que l’éthique joue un rôle dans l’architecture et pourquoi ?

Comme l ethique s appuie sur des conditions de vie heureuse, elle est partie intégrante d un projet. C est pourquoi une cellule de prison sera différente d une chambre,c est pourquoi les gens vivent moins heureux dans des endroits confinés, etc...

Questionnaire 1.6

1. Où trouvez-vous votre inspiration pour vos projets d’architecture ? Dans des livres, projets dans des expositions, internet

2. Combien de temps avez-vous passé à la bibliothèque cette année Moins de 2 semaines

3. Quel est votre premier réflexe au début d’un projet d’architecture

Lister les attentes, les paramètres du terrain etc.. chercher de l’inspiration.

4. Lorsque vous essayez de faire évoluer votre projet, quels outils vous semblent les plus adéquats pour avancer ? Le croquis et les maquettes

5. Quel outil vous semble le moins efficace pour faire rebondir votre projet d’architecture ? (de préférence un choix ou deux) L’écriture

6. Comment les études d’architecture influencent votre quotidien ?

Elles rythment mon train de vie, me prennent énormément de temps et de moyens, il faut faire de nombreux sacrifices

7. Pour vous qu’est-ce que l’architecture ?

l’art de savoir passer à travers des contraintes

8. Pour vous quelle est la qualité principale d’un architecte ? L’envie d’apprendre

9. Quel est selon vous l’épanouissement dans cette profession ? Pouvoir construire et voir ses projets devenir concrets

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10. Selon vous, qu’est-ce que l’intuition ? Intervient-elle oui ou non dans votre projet d’architecture ? L’intuition est comme un sentiment que l’on a envie de rendre matériel, l’architecture tente de le faire grâce aux maquettes/croquis etc

11. Selon vous, qu’est-ce que l’éthique ?

C’est de prendre en compte l’environnent physique, idéologie, moral et humain lors du processus de création, de discour etc ... qqch d’éthique doit pouvoir ne choquer personne

12. Pensez-vous que l’éthique joue un rôle dans l’architecture et pourquoi ? Oui car l’éthique fait partie des contraintes en début de projet.

Questionnaire 1.7

1. Où trouvez-vous votre inspiration pour vos projets d’architecture ? Pinterest ou sur le site de bureaux d’architecture

2. Combien de temps avez-vous passé à la bibliothèque cette année Moins de 2 semaines

3. Quel est votre premier réflexe au début d’un projet d’architecture

Faire une maquette d’étude pour savoir plus ou moins comment proportionner les différents éléments.

4. Lorsque vous essayez de faire évoluer votre projet, quels outils vous semblent les plus adéquats pour avancer ? Le croquis et les maquettes, commentaire : il est parfois intéressant de voir son projet dans son ensemble pour voir ce qui coince

5. Quel outil vous semble le moins efficace pour faire rebondir votre projet d’architecture ? (de préférence un choix ou deux) L’écriture commentaire : J’ai plus facile à m’imaginer une solution à partir de dessins que d’écrits

6. Comment les études d’architecture influencent votre quotidien ?

J’apprends à mieux apprécier ce qui m’entoure car je fais plus attentions à certains détails que je n’aurais pas pu remarquer en faisant d’autres études, comme par exemple essayer de comprendre comment peut tenir tel ou tel bâtiment ou pourquoi une colonne est mise à cet endroit et pas à un autre.

7. Pour vous qu’est-ce que l’architecture ? Partager sa vision de l’art aux autres

8. Pour vous quelle est la qualité principale d’un architecte ? Réussir à garder son «style» malgré les contraintes

9. Quel est selon vous l’épanouissement dans cette profession ? Le fait de pouvoir exposer ses idées aux autres.

10. Selon vous, qu’est-ce que l’intuition ? Intervient-elle oui ou non dans votre projet d’architecture ?

Je pense que l’intuition, c’est laisser aller notre instinct sans le brider. Étant donné que je ne suis qu’en 1er année, je n’ai pas encore eu l’occasion d’expérimenter

11. Selon vous, qu’est-ce que l’éthique ? Se conformer aux règles

12. Pensez-vous que l’éthique joue un rôle dans l’architecture et pourquoi ? Oui, elle est là pour être contournée.

Questionnaire 1.8

1. Où trouvez-vous votre inspiration pour vos projets d’architecture ?

généralement dans les bibliothèques, sur internet (que ça soit sur pinterest, archdaily, archicaviar, etc..), émissions de télé (style «une brique dans le ventre», archiurban etc.. ) mais aussi grâce à l’interaction avec les profs et les élèves/amis

2. Combien de temps avez-vous passé à la bibliothèque cette année Plus de 5 semaines

3. Quel est votre premier réflexe au début d’un projet d’architecture

avoir tout les renseignements possible que ça soit sur le lieu, le site, mais aussi d’un point de vue anthropologique comment vivent les gens à cet endroit etc..

4. Lorsque vous essayez de faire évoluer votre projet, quels outils vous semblent les plus adéquats pour avancer ?

Le croquis, écriture les maquettes, commentaire : je préfère ecrire mes idées puis faire des

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croquis et enfin tester la spatialité en maquette

5. Quel outil vous semble le moins efficace pour faire rebondir votre projet d’architecture ? (de préférence un choix ou deux) Le croquis, les outils informatiques (2D/3D) commentaire : je ne suis pas encore à l’aise avec les outils informatiques; je ne suis pas «très bon» en croquis

6. Comment les études d’architecture influencent votre quotidien ?

c’est un peu cliché, mais ça m’a aidé à avoir mon entourage autrement, à me poser des questions sur la relation de l’homme avec les autres, me poser des questions sur les autres cultures, avoir plus de contact avec les autres, travailler plus souvent en équipe et apprendre à écouter les autres

7. Pour vous qu’est-ce que l’architecture ?

c’est le plus beau métier qui puisse exister, on imagine/crée un espace où les autres vont vivre, je trouve ça beau l’architecture c’est comprendre le monde et ce qui nous entoure, c’est mettre en relation plusieurs choses, c’est écouter les autres, c’est apprendre à apprécier les choses ..et bien plus que ça; pour moi il n’y a pas assez de mot pour expliquer ce qu’est l’architecture.

8. Pour vous quelle est la qualité principale d’un architecte ? la créativité,

9. Quel est selon vous l’épanouissement dans cette profession ?

arriver à créer ce que le client veut et idéalement lui montrer qu’on peut aller plus loin que son idée de base

10. Selon vous, qu’est-ce que l’intuition ? Intervient-elle oui ou non dans votre projet d’architecture ?

c’est l’idée qui nous vient directement en étant face à une contrainte ou un lieu/ une situation; que ça soit pour améliorer quelque chose ou pour trouver une solution à quelque chose .. oui elle intervient dans le projet dans le sens où meme si celle ci n’est pas forcément fondée sur une expérience quelconque, c’est une logique qu’on a en nous et qu’on testera forcément pour voir si celle ci apporte qqch en plus au projet

11. Selon vous, qu’est-ce que l’éthique ?

c’est les morales et les mœurs d’une société

12. Pensez-vous que l’éthique joue un rôle dans l’architecture et pourquoi ?

oui je dirais que l’architecture met en valeur les morales ou les mœurs de la société dans laquelle on construit qqch, dans ce sens là oui l’éthique joue un rôle dans l’architecture, mais je sais pas si ça réponds à ta question donc dsl :p

Questionnaire 1.9

1. Où trouvez-vous votre inspiration pour vos projets d’architecture ? En parlant avec les gens

2. Combien de temps avez-vous passé à la bibliothèque cette année Entre 2 à 3 semaines

3. Quel est votre premier réflexe au début d’un projet d’architecture

Me renseigner au près de mes proches ceux qu ils aimeraient niveau confort ... et ensuite des recherches

4. Lorsque vous essayez de faire évoluer votre projet, quels outils vous semblent les plus adéquats pour avancer ?

Le croquis, les maquettes, commentaire : Je visualise beaucoup mieux en maquettes que en plan

5. Quel outil vous semble le moins efficace pour faire rebondir votre projet d’architecture ? (de préférence un choix ou deux) L’écriture

6. Comment les études d’architecture influencent votre quotidien ? Je ne vis que pour ça

7. Pour vous qu’est-ce que l’architecture ?

Partir de rien et se questionner en fonction des demandes pour réfléchir et créer le projet le plus adéquat

8. Pour vous quelle est la qualité principale d’un architecte ? Etre ouvert d esprit

9. Quel est selon vous l’épanouissement dans cette profession ?

Se battre pour SON projet et le défendre jusqu au bout et prouver qu on a le meilleur projet au monde

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10. Selon vous, qu’est-ce que l’intuition ? Intervient-elle oui ou non dans votre projet d’architecture ?

Oui elle intervient où doit pas seulement créer les choses on doit les sentir les vivre pour mieux les comprendre

11. Selon vous, qu’est-ce que l’éthique ?

C est le fait de réfléchir sur l’existence, sur les conditions d’une vie heureuse, sur la notion de «bien» ou sur des questions de moeurs ou de morale.

12. Pensez-vous que l’éthique joue un rôle dans l’architecture et pourquoi ?

Oui c est justement pour la raison pour laquelle on défend nos projets pour améliorer et montrer qu on s’est questionné sur toutes les éventuel problèmes pour maximiser/ améliorer le qualité de vie

Questionnaire 1.10

1. Où trouvez-vous votre inspiration pour vos projets d’architecture ?

Partout je dirais ... mes cours, mon environnement et archdaily ou encore des exemple que les prof donnent ou encore dans des livres

2. Combien de temps avez-vous passé à la bibliothèque cette année Moins de 2 semaines

3. Quel est votre premier réflexe au début d’un projet d’architecture Trouver mon intention

4. Lorsque vous essayez de faire évoluer votre projet, quels outils vous semblent les plus adéquats pour avancer ? Le croquis, l’écriture et les maquettes, commentaire : En réalité tout les manière qui m aide a me visualiser le projet

5. Quel outil vous semble le moins efficace pour faire rebondir votre projet d’architecture ? (de préférence un choix ou deux)

Les outils informatiques (2D/3D) Commentaire : Le temps que j apprenne à l utiliser j aurai perdu trop de temp

6. Comment les études d’architecture influencent votre quotidien ?

J observe toujours plus précisément mon environnement. Je deviens très observatrice et critique aussi

7. Pour vous qu’est-ce que l’architecture ?

Tout ce qui m entoure. Tout les espaces vide et plein.

8. Pour vous quelle est la qualité principale d’un architecte ?

Sa créativité je dirai. Mais aussi comment cette créativité collabore avec la structure et la réalité.

9. Quel est selon vous l’épanouissement dans cette profession ?

Je suis toujours épanoui quand je vois le résultat final d un projet

10. Selon vous, qu’est-ce que l’intuition ? Intervient-elle oui ou non dans votre projet d’architecture ? L intuition. Je ne saurai pas trop l expliquer. Mais oui je pense que ça peux aider pour former des idée mais ils faut vérifier cette intuition avec des restes. Croquis,...

11. Selon vous, qu’est-ce que l’éthique ? Bonne question

12. Pensez-vous que l’éthique joue un rôle dans l’architecture et pourquoi ? Je ne comprend pas le mot éthique du coup...

Questionnaire 1.11

1. Où trouvez-vous votre inspiration pour vos projets d’architecture ? En dessinant, je trouve l’inspiration

2. Combien de temps avez-vous passé à la bibliothèque cette année Moins de 2 semaines

3. Quel est votre premier réflexe au début d’un projet d’architecture Définir une forme

4. Lorsque vous essayez de faire évoluer votre projet, quels outils vous semblent les plus adéquats pour avancer ? Les maquettes

5. Quel outil vous semble le moins efficace pour faire rebondir votre projet d’architecture ? (de préférence un choix ou deux)

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L’écriture

6. Comment les études d’architecture influencent votre quotidien ?

On regarde autrement notre environnement, on analyse plus (+) les bâtiments, les textures etc... on commence à voir à travers l’architecture

7. Pour vous qu’est-ce que l’architecture ?

C’est un univers assez complexe, on peux faire de l’architecture en partant de n’importe quoi. L’architecture elle doit être développée par nos idées.

8. Pour vous quelle est la qualité principale d’un architecte ? L’innovation

9. Quel est selon vous l’épanouissement dans cette profession ? /

10. Selon vous, qu’est-ce que l’intuition ? Intervient-elle oui ou non dans votre projet d’architecture ?

L’intuition : mettre des choses au bon lieu sans avoir toutes les détails. Ça arrive souvent.

11. Selon vous, qu’est-ce que l’éthique ? /

12. Pensez-vous que l’éthique joue un rôle dans l’architecture et pourquoi ? /

Questionnaire 1.12

1. Où trouvez-vous votre inspiration pour vos projets d’architecture ?

La vie de tous les jours, les réflexions qui s’en echappent et l’architecture existante dans le milieu environnant

2. Combien de temps avez-vous passé à la bibliothèque cette année Moins de 2 semaines

3. Quel est votre premier réflexe au début d’un projet d’architecture Comprendre et appréhender le contexte paysager

4. Lorsque vous essayez de faire évoluer votre projet, quels outils vous semblent les plus adéquats pour avancer ? Le croquis

5. Quel outil vous semble le moins efficace pour faire rebondir votre projet d’architecture ? (de préférence un choix ou deux) Les outils informatiques (2D/3D)

6. Comment les études d’architecture influencent votre quotidien ?

Les études d’architecture façonnent notre façon de penser et de voir les choses, j’ai acquis une certaine maturité émotionnelle pendant le déroulement de cette année et j’interprète différemment certaines choses et actions du quotidien

7. Pour vous qu’est-ce que l’architecture ?

La capacité de concilier besoins humains et intégration du contexte

8. Pour vous quelle est la qualité principale d’un architecte ? voir et comprendre avec sa personnalité

9. Quel est selon vous l’épanouissement dans cette profession ?

Être conscient et avoir compris les mouvements architecturaux et la pensée de ses personnalités pour avoir une réflexion complète sur le monde et pouvoir l’interpréter à sa manière tout en respectant ce qui est existant

10. Selon vous, qu’est-ce que l’intuition ? Intervient-elle oui ou non dans votre projet d’architecture ?

Est selon moi l’intervention de notre inconscient sur certaines choses en fonction de nos expériences antérieures, l’intuition est une parie importante du développement d’un projet car c’est ce qui caractérise chaque être, c’est l’intuition ainsi que l’éthique qui va diriger le projet

11. Selon vous, qu’est-ce que l’éthique ?

La réflexion sur les valeurs et les finalités, c’est l’ensemble des réflexions qui influencent et dictent

12. Pensez-vous que l’éthique joue un rôle dans l’architecture et pourquoi ?

Oui et même en très grande partie, pour ma part c’est cette réflexion qui dirige mon projet

Questionnaire 1.13 90


1. Où trouvez-vous votre inspiration pour vos projets d’architecture ?

Généralement je trouve de l’inspiration à travers des références que je découvre via des documentaires, des livres ou mes professeurs. J’ai aussi trouvé de l’inspiration tout simplement en me baladant ou grâce à des conversations avec des amis

2. Combien de temps avez-vous passé à la bibliothèque cette année Moins de 2 semaines

3. Quel est votre premier réflexe au début d’un projet d’architecture

Comprendre le sens du type de projet qui m’est demandé puis trouver une façon de l’interpréter dans le site proposé.

4. Lorsque vous essayez de faire évoluer votre projet, quels outils vous semblent les plus adéquats pour avancer ?

Le croquis et les maquettes, commentaire: Il me semble que cela permet d’avoir une meilleur vision de que que j’essaye d’exprimer

5. Quel outil vous semble le moins efficace pour faire rebondir votre projet d’architecture ? (de préférence un choix ou deux) Les maquettes

6. Comment les études d’architecture influencent votre quotidien ?

Je ne sais plus voir quelques choses sans le relier à l’architecture via ce que j’ai appris ou en me demandant comment un architecte à pu mettre en oeuvre une «simple» maison ou un espace public. Puis je me suis curieuse de savoir comment l’architecture à évoluer d’une région à une autre. Je suis actuellement en Bretagne et je meurs d’envie de rentrée dans une maison traditionnelle juste pour le rendre compte de l’espace intérieur et comment sont mises en place les espaces.

7. Pour vous qu’est-ce que l’architecture ?

C’est la mise en oeuvre d’un sentiment ou d’un besoin en le transformant en un réalisation solide que sera temporaire dans le temps à plus ou moins longtemps

8. Pour vous quelle est la qualité principale d’un architecte ? Son investissement dans son architecture

9. Quel est selon vous l’épanouissement dans cette profession ?

Pouvoir se lever le matin matin en était heureux de travailler et avoir un effet de satisfaction de son travailler en allant se coucher. Il n’y a aucune mes yeux pas de petites architectures. Que se soit une petite maison ou un immense projet, les deux sont intéressants et enrichissant à leur manière.

10. Selon vous, qu’est-ce que l’intuition ? Intervient-elle oui ou non dans votre projet d’architecture ?

C’est un sentiment bizarre qui nous donne un défi à nous même à travers une idée insolite. Oui, c’est qui donne un coup de «punch» dans le projet. Même si au final l’idée tombe à l’eau elle permet de faire avancée le projet.

11. Selon vous, qu’est-ce que l’éthique ?

J’en n’en est pas la moindre idée de comment l’exprimer mais c’est important

12. Pensez-vous que l’éthique joue un rôle dans l’architecture et pourquoi ? Bien sûr parce que c’est important

Questionnaire 1.14

1. Où trouvez-vous votre inspiration pour vos projets d’architecture ? A travers les cours auxquels j assiste

2. Combien de temps avez-vous passé à la bibliothèque cette année Entre 2 à 3 semaines

3. Quel est votre premier réflexe au début d’un projet d’architecture

J essaye de voir ce que le projet devra avoir obligatoirement pour s intégrer dans le paysage, dans le contexte.

4. Lorsque vous essayez de faire évoluer votre projet, quels outils vous semblent les plus adéquats pour avancer ? Le croquis et les maquettes

5. Quel outil vous semble le moins efficace pour faire rebondir votre projet d’architecture ? (de préférence un choix ou deux) L’écriture

6. Comment les études d’architecture influencent votre quotidien ?

Je fais beaucoup plus attention au bâtiment que je croise dans la rue. J essaye de voir en pratique ce que jai appris

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7. Pour vous qu’est-ce que l’architecture ?

Je dirais que l architecture se crée quand on répond à une demande, un besoin dans un cadre précis à l aide d’un bâtiment, d un Agencement ou simplement d’une ambiance.

8. Pour vous quelle est la qualité principale d’un architecte ?

Un architecte arrive à traduire dès idée abstraites en concret

9. Quel est selon vous l’épanouissement dans cette profession ? /

10. Selon vous, qu’est-ce que l’intuition ? Intervient-elle oui ou non dans votre projet d’architecture ? Pour moi il s’agit de savoir etre proactifs face à une contrainte, savoir imaginer sans être forcément sur de ce que l on fait à 100%

11. Selon vous, qu’est-ce que l’éthique ? /

12. Pensez-vous que l’éthique joue un rôle dans l’architecture et pourquoi ? /

Questionnaire 1.15

1. Où trouvez-vous votre inspiration pour vos projets d’architecture ? Livres, pinterrest, en balade, région native

2. Combien de temps avez-vous passé à la bibliothèque cette année Plus de 5 semaines

3. Quel est votre premier réflexe au début d’un projet d’architecture Intégration du projet dans le téritoire et le programme

4. Lorsque vous essayez de faire évoluer votre projet, quels outils vous semblent les plus adéquats pour avancer ? Le croquis et les maquettes

5. Quel outil vous semble le moins efficace pour faire rebondir votre projet d’architecture ? (de préférence un choix ou deux) L’écriture

6. Comment les études d’architecture influencent votre quotidien ? Devenir critique et attentif à tout ce que l’on voit

7. Pour vous qu’est-ce que l’architecture ?

L’architecture est pour moi une forme d’art que l’on fait partager au monde entier les réalisations nous servent quotidiennement et laisse une trave dans la ville village ..etc

8. Pour vous quelle est la qualité principale d’un architecte ? La créativité

9. Quel est selon vous l’épanouissement dans cette profession ? La création le fait d’expimer cela sur des bâtiments

10. Selon vous, qu’est-ce que l’intuition ? Intervient-elle oui ou non dans votre projet d’architecture ?

L’intuition est ce fairz cobfiance et faire ce que l’ont imagine elle intervient donc dans nos projets

11. Selon vous, qu’est-ce que l’éthique ? /

12. Pensez-vous que l’éthique joue un rôle dans l’architecture et pourquoi ? Oui

Questionnaire 1.16

1. Où trouvez-vous votre inspiration pour vos projets d’architecture ? Dans la musique

2. Combien de temps avez-vous passé à la bibliothèque cette année Plus de 5 semaines

3. Quel est votre premier réflexe au début d’un projet d’architecture classer mes idées

4. Lorsque vous essayez de faire évoluer votre projet, quels outils vous semblent les plus adéquats pour avancer ? Le croquis et les maquettes

5. Quel outil vous semble le moins efficace pour faire rebondir votre projet d’architecture ? (de

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préférence un choix ou deux)

Les outils informatiques (2D/3D)

6. Comment les études d’architecture influencent votre quotidien ? Mon train de vie s’adapte à mes études

7. Pour vous qu’est-ce que l’architecture ?

La création d espaces et l’interaction entre c’est espaces

8. Pour vous quelle est la qualité principale d’un architecte ? La détermination

9. Quel est selon vous l’épanouissement dans cette profession ?

La possible de transmettre une idée un ressenti à travers les projets

10. Selon vous, qu’est-ce que l’intuition ? Intervient-elle oui ou non dans votre projet d’architecture ?

C’est l’instant où une idée surgit de on ne sais où, qui peux ou non intervenir dans le projet

11. Selon vous, qu’est-ce que l’éthique ?

Ne pas oublier que nous vivons en société, que nos actes peuvent toucher en bien ou en mal plus ou moins de personne exterieur

12. Pensez-vous que l’éthique joue un rôle dans l’architecture et pourquoi ? Pas d’opinion sur ce sujet pour l’instant

Questionnaire 1.17

1. Où trouvez-vous votre inspiration pour vos projets d’architecture ?

En feuilletant des livres et en fumant un petard. Aprés je vais regarder un peut pinterest et archidaily

2. Combien de temps avez-vous passé à la bibliothèque cette année Moins de 2 semaines

3. Quel est votre premier réflexe au début d’un projet d’architecture

Faire quelques croquis, un organigramme de avec tout les besoins du projet etc... Peut de temps aprés j’essaye de voir comment je vais organiser mon batiment sur le terrain, tout en étudiant le quartier, l’histoire de la ville etc ...

4. Lorsque vous essayez de faire évoluer votre projet, quels outils vous semblent les plus adéquats pour avancer ? Le croquis et les outils informatiques (2D/3D)

5. Quel outil vous semble le moins efficace pour faire rebondir votre projet d’architecture ? (de préférence un choix ou deux) L’écriture

6. Comment les études d’architecture influencent votre quotidien ?

Enormément, je pense a mes projets toute la journée parfois même a en avoir des absences. Et je ne t’apprend rien le rythmes de vie que j’ai n’est pas celui d’un étudiant lambda. Mes heures de sommeils sont raccourcis, je me couche tard ( quand je me couche ) , je mange moins car je n’ai pas forcement le temps ou l’énergie de faire à manger.

7. Pour vous qu’est-ce que l’architecture ?

C’est avant tout un art. Aussi bien du coter artistique qu’un art de vie. C’est organiser l’espaces en le vivant soit même, emboîter différentes formes pour créer un tout.

8. Pour vous quelle est la qualité principale d’un architecte ?

Sa capacité à résoudre des problèmes avec d’ingénieuses idées.

9. Quel est selon vous l’épanouissement dans cette profession ?

L’épanouissement de l’architecte est de faire partager toutes ses heures de travail sur un projet et d’avoir une réponse postive, portais l’intention au détail et que célà soit remarquer et vu a sa juste valeu

10. Selon vous, qu’est-ce que l’intuition ? Intervient-elle oui ou non dans votre projet d’architecture ?

L’intiution selon moi c’est comme avoir un flash et se dire «ça serait géniale si je faisais ça» parfois c’est payant de suivre ses intuitions mais d’autres fois il faut savoir aussi ce dire «non ca serait en trop» ou « non ca ca colle pas»

11. Selon vous, qu’est-ce que l’éthique ?

Pour moi l’ethique d’un(e) architecte c’est de suivre son projet en gardant son idée de base et sa vision de l’architecture. A partir du moment ou un prof n’aime pas mon «style d’architecture» trop moderne ou trop charger a son gout et que je vais devoir suivre absolument sa vision sans quoi je sais que j’aurais une mauvaise note, mon ethique seras

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baffouer

12. Pensez-vous que l’éthique joue un rôle dans l’architecture et pourquoi ?

Elle est essentiel, l’éthique c’est ce qui va faire qu’un architecte auras son style, son influence, sa touche. C’est sa capacité à pensais un projet avec sa vision, son architecture. C’est aussi sa capacité à respecter les besoins de son projet et a garder sa ligne conductrice

Questionnaire 1.18

1. Où trouvez-vous votre inspiration pour vos projets d’architecture ? Archidaily Dezeen AD Classics Pinterest

2. Combien de temps avez-vous passé à la bibliothèque cette année Moins de 2 semaines

3. Quel est votre premier réflexe au début d’un projet d’architecture

Faire des esquisses et faire des recherches sur des bâtiments déjà existants en lien avec le sujet donné

4. Lorsque vous essayez de faire évoluer votre projet, quels outils vous semblent les plus adéquats pour avancer ? Le croquis et l’écriture

5. Quel outil vous semble le moins efficace pour faire rebondir votre projet d’architecture ? (de préférence un choix ou deux) Les outils informatiques (2D/3D)

6. Comment les études d’architecture influencent votre quotidien ?

Cela nous apporte un regard différent lorsque l’on se promène dans les rues.

7. Pour vous qu’est-ce que l’architecture ?

L’accomplissement de la réflexion humaine sur l’envie de bâtir du beau.

8. Pour vous quelle est la qualité principale d’un architecte ? Etre amener à repenser un projet dans sa totalité.

9. Quel est selon vous l’épanouissement dans cette profession ?

Pouvoir à travers une commande d’un client, laisser sa marque de fabrique.

10. Selon vous, qu’est-ce que l’intuition ? Intervient-elle oui ou non dans votre projet d’architecture ? Pour moi l’intuition n’intervient pas dans un projet.

11. Selon vous, qu’est-ce que l’éthique ? /

12. Pensez-vous que l’éthique joue un rôle dans l’architecture et pourquoi ? /

Questionnaire BA2 Total : 17

Questionnaire 2.1

1. Où trouvez-vous votre inspiration pour vos projets d’architecture ?

Dans des projet que j’ai visité et sur des sites tels que Divisera, archdaily,... Et en bibliothèque

2. Combien de temps avez-vous passé à la bibliothèque cette année Moins de 2 semaines

3. Quel est votre premier réflexe au début d’un projet d’architecture

Je cherches des projet qui auraient eu le meme programme, ou un environnement semblable (sur internet)

4. Lorsque vous essayez de faire évoluer votre projet, quels outils vous semblent les plus adéquats pour avancer ? Le croquis et les maquettes

5. Quel outil vous semble le moins efficace pour faire rebondir votre projet d’architecture ? (de préférence un choix ou deux) l’écriture et les outils informatiques (2D/3D)

6. Comment les études d’architecture influencent votre quotidien ?

Je pense constamment a ce qui m entour dans le sens ou je me demande comment c’est connu, comment ca marche, est-ce quelque chose que j’aimerai mettre dans mon projet,...

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7. Pour vous qu’est-ce que l’architecture ?

C’est un moyen d’améliorer la vie des gens, un moyen de concevoir un environnement,...

8. Pour vous quelle est la qualité principale d’un architecte ? Observateur

9. Quel est selon vous l’épanouissement dans cette profession ?

Ce serait de pouvoir travailler sur des projet qui m’intéressent vraiment, de pouvoir choisir sur moi travailler.

10. Selon vous, qu’est-ce que l’intuition ? Intervient-elle oui ou non dans votre projet d’architecture ?

L’intuition, c’est savoir si quelque chose est une bonne idée ou non, savoir si ca va marcher ou pas.

11. Selon vous, qu’est-ce que l’éthique ? /

12. Pensez-vous que l’éthique joue un rôle dans l’architecture et pourquoi ? /

Questionnaire 2.2

1. Où trouvez-vous votre inspiration pour vos projets d’architecture ? pinterest, A+, archistorm, bibli, internet, houz

2. Combien de temps avez-vous passé à la bibliothèque cette année Entre 2 à 3 semaines

3. Quel est votre premier réflexe au début d’un projet d’architecture

regarder des références, des inspirations, faire des organigrames.

4. Lorsque vous essayez de faire évoluer votre projet, quels outils vous semblent les plus adéquats pour avancer ? L’écriture, les maquettes

5. Quel outil vous semble le moins efficace pour faire rebondir votre projet d’architecture ? (de préférence un choix ou deux) L’écriture, commentraire : A moins qu’on soit un bon écrivain il me parait tres difficile de retranscrire cela par l’ecriture.

6. Comment les études d’architecture influencent votre quotidien ?

on rêve de nos projet ! En allant voir des expos, le fait d’observer tout ce que l’on voit dans la rue, du général au détail....

7. Pour vous qu’est-ce que l’architecture ?

C’est le fait de concevoir un ou des espaces dans lequel l’homme va venir s’y installer, c’est le fait de créer un espace appropriable tant esthetique qu’hergonomique.

8. Pour vous quelle est la qualité principale d’un architecte ? l’éfficacité 9. Quel est selon vous l’épanouissement dans cette profession ?

la réalisation concrète d’un projet conçu par l’imagination d’une personne.

10. Selon vous, qu’est-ce que l’intuition ? Intervient-elle oui ou non dans votre projet d’architecture ?

L’intuition pour moi c’est le fait de sentir quelque chose, de partir vers un chemin auquel, on croit, qu’on a envie de developper. Bien sure que l’intuition intervient dans l’architecture car elle guide nos pensée, nos orientations architecturale

11. Selon vous, qu’est-ce que l’éthique ?

Il me semble que l’étique intervient comme un jugement de valeur.

12. Pensez-vous que l’éthique joue un rôle dans l’architecture et pourquoi ?

Ca peut en effet jouer un role surtout sur les appréciations du beau et du moins beau esthétique;

Questionnaire 2.3

1. Où trouvez-vous votre inspiration pour vos projets d’architecture ? Expérience Archdaily Pinterest

2. Combien de temps avez-vous passé à la bibliothèque cette année Moins de 2 semaines

3. Quel est votre premier réflexe au début d’un projet d’architecture

Analyser le contexte et le programme et en retirer des rapports Via des photos, coupes, plans, dessins, références,...

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4. Lorsque vous essayez de faire évoluer votre projet, quels outils vous semblent les plus adéquats pour avancer ? Le croquis, l’écriture et les maquettes

5. Quel outil vous semble le moins efficace pour faire rebondir votre projet d’architecture ? (de préférence un choix ou deux) Les outils informatiques (2D/3D) commentaire : prend trop de temps

6. Comment les études d’architecture influencent votre quotidien ?

On est plus attentifs au détails des bâtiments, on se pose des questions quant à la mise en oeuvre, on pose un regard plus critique sur la conception des espaces intérieurs, on devient plus exigeant lors de la recherche d’un logement....

7. Pour vous qu’est-ce que l’architecture ?

C’est beaucoup de choses. Ce n’est pas juste la réalisation d’un bâtiment mais d’un mode de vie. C est aussi l’innovation, le design. C est la classe quoi!!

8. Pour vous quelle est la qualité principale d’un architecte ? La résilience

9. Quel est selon vous l’épanouissement dans cette profession ? La liberté, la créativité, une certaine prise de contrôle

10. Selon vous, qu’est-ce que l’intuition ? Intervient-elle oui ou non dans votre projet d’architecture ?

L’intuition est certainement définie par notre expérience personnelle au niveau de l’appropriation d’un espace, donc je pense que c est un outil important à avoir pour faire un projet mais qui doit être conscientiser bien sûr.

11. Selon vous, qu’est-ce que l’éthique ?

L éthique dépend de nos valeurs et de nos principes.

12. Pensez-vous que l’éthique joue un rôle dans l’architecture et pourquoi ?

Pour moi oui. Nos valeurs déterminent généralement nos choix. En architecture c est un principe assez important étant donné que l’objectif est de créer des espaces avec une certaine qualité de vie. Cela peut toucher tant le social (conditions de vie,...) que l’environnemental (écologie,...). Ce sont des questions assez importante en architecture je pense.

Questionnaire 2.4

1. Où trouvez-vous votre inspiration pour vos projets d’architecture ?

de ma culture personnelle, de sites internet, revues, conseils de mes professeurs

2. Combien de temps avez-vous passé à la bibliothèque cette année Plus de 5 semaines

3. Quel est votre premier réflexe au début d’un projet d’architecture

faire un compte rendu des attentes du projets : besoin, programme. listing de mes intentions...

4. Lorsque vous essayez de faire évoluer votre projet, quels outils vous semblent les plus adéquats pour avancer ? Le croquis et l’écriture

5. Quel outil vous semble le moins efficace pour faire rebondir votre projet d’architecture ? (de préférence un choix ou deux) Les outils Informatiques (2D/3D)

6. Comment les études d’architecture influencent votre quotidien ?

je m’instruis sans arrêt, les livres que je lis ont souvent un rapport avec l’archi, je vois différemment les choses: j’ai un autre regard sur «la vie»

7. Pour vous qu’est-ce que l’architecture ?

pour moi l’architecture c’est la mise en place d’un espace (d’une certaine qualité) avec des moyens matériels, ou non.

8. Pour vous quelle est la qualité principale d’un architecte ? un recul nécessaire en permanence

9. Quel est selon vous l’épanouissement dans cette profession ? la liberté de création

10. Selon vous, qu’est-ce que l’intuition ? Intervient-elle oui ou non dans votre projet d’architecture ?

c’est un sentiment, quelque chose qui nous semble être évident. «J’ai l’intuition que c’est dans cet endroit ci que doivent s’implanter ces blocs.» Une prémonition qui conduit à faire un choix qui nous semble être évident. Oui forcément, consciemment ou inconsciemment

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11. Selon vous, qu’est-ce que l’éthique ?

c’est en soit la morale, les valeurs qu’à un individu. c’est ce qui nous forme: on est ce qu’on est grâce à notre ethique

12. Pensez-vous que l’éthique joue un rôle dans l’architecture et pourquoi ?

bien sûr c’est grâce à ça que toutes les architectures sont différentes. Cela vient de point central, initial: l’architecte.

Questionnaire 2.5

1. Où trouvez-vous votre inspiration pour vos projets d’architecture ?

voyage, pinteret, instagram, facebook, ou recherche google, exposition, conference

2. Combien de temps avez-vous passé à la bibliothèque cette année Moins de 2 semaines

3. Quel est votre premier réflexe au début d’un projet d’architecture

Je repère les mots clés, puis je fais un brain storming, et écris toute mes idées

4. Lorsque vous essayez de faire évoluer votre projet, quels outils vous semblent les plus adéquats pour avancer ? Le croquis, l’écriture, les maquettes

5. Quel outil vous semble le moins efficace pour faire rebondir votre projet d’architecture ? (de préférence un choix ou deux) Les outils Informatiques (2D/3D)

6. Comment les études d’architecture influencent votre quotidien ?

très négatiement, j’ai l’impression de faire que de l’architecture, d’être un mouton, et de ne pas assez m’ouvrir sur le monde, on ne fait pas assez de projet lié aux contecte actuel, on fait pour faire. Mais je n’ai pas l’impression que les cours de projet m’apporte quelque chose. Pour faire tenir une dalle, sur maquette nous avons juste à mettre de la colle et c’est fixé, mais nous n’avons aucune idée comment ca ce passe dans la réalité, on ne fait pas assez du concret, on créer des espaces, on chosisis des matériaux, pour que ce soit jolie, c’est tout, et c’est dommage.

7. Pour vous qu’est-ce que l’architecture ?

Pour moi l’architecture c’est moitié théorie moitié réalité, je reviens à l’instant d’un chantier d’un ami de la famille, et très clairement j’ai appris plus de chose en 1 journée de chantier, en posant plein de questions, qu’en 1 année de BA2. l’Architecture pour moi, c’est l’apprentissage de la construction, l’explication des méthodes anciennes, la critique avec le mode de construction moderne, le croisement entre théorie et pratique, on voit ça à l’école, mais sur le chantier ça ce passe comme ça. J’imagine Un grand hangard, ou les étudiants pourront expérimenter, ou voir des professionnels montrer des technique de constructions. Je vois étudier des cas entre relation architectes-clients architectes-entrepreneur architecte ingenieur..

8. Pour vous quelle est la qualité principale d’un architecte ?

Être social, car les architectes on tendance à être très égoïste, de ne pas assez écouter son entourage. L’architecte prend son cahier des charges, et s’enferme. Je le vois dialoguer avec, la famille (pour le cas d’une maison), aussi bien avec les enfants, pour voir un peu comment ils conçoit leurs espaces à vivre. Je le vois dialoguer avec les voisins, éventuel mise en garde sur le terrain, sur le passé etc..

9. Quel est selon vous l’épanouissement dans cette profession ?

Le fait d’être sur le terrain, le contacte avec les autres acteurs, travail tous ensemble. De voir quelques mots se transformer en construction

10. Selon vous, qu’est-ce que l’intuition ? Intervient-elle oui ou non dans votre projet d’architecture ? Pour moi l’intuition, c’est le feeling, au moment ou je lis le projet, ce qui me vient par la tête, et au fil de mes lectures, c’est la ligne directrice de mon projet, que je ne modifie pas. Oui toujours, je sais ce que je veux dès le départ

11. Selon vous, qu’est-ce que l’éthique ?

Pour moi l’éthique c’est ce qui est normal pour moi, et ce qui ne l’est pas. Par exemple j’ai un rapport à l’intimité qui est propre à moi, que d’autre non pas

12. Pensez-vous que l’éthique joue un rôle dans l’architecture et pourquoi ?

Oui énormément, prenons juste l’exemple des maisons japonnaise, qui n’ont pas le même rapport à l’intimité que les occidentaux. Ou les anciennes construction en Mésopotamie, qui n’ont pas le même rapport aux espaces que nous. Mais je pense que l’architecte, ne doit pas être égoïste, mais lorsqu’il doit construire, pour une personne, un groupe de

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personne, il doit connaitre ces coutumes, ces normes et valeurs. Je pense notamment à Glenn Murcutt, qui est allé vivre avec des indigène, et à imaginé, une habitation, qui est en accord avec leurs manière de vivre. Pour moi c’est le comportement que tout architecte devrait avoir. Si on doit construire une bibliothèque, on ne doit pas seulement écouter le financeur, mais également les utilisateur, leurs cultures etc..

Questionnaire 2.6

1. Où trouvez-vous votre inspiration pour vos projets d’architecture ? internet mon imaginaire

2. Combien de temps avez-vous passé à la bibliothèque cette année Moins de 2 semaines

3. Quel est votre premier réflexe au début d’un projet d’architecture me documenter sur le projet

4. Lorsque vous essayez de faire évoluer votre projet, quels outils vous semblent les plus adéquats pour avancer ? Commentaire : les plans

5. Quel outil vous semble le moins efficace pour faire rebondir votre projet d’architecture ? (de préférence un choix ou deux) Le croquis

6. Comment les études d’architecture influencent votre quotidien ? ca me prend énormément de temps

7. Pour vous qu’est-ce que l’architecture ?

c’est créer un environnement agréable ou l’on s’y sent a laisse ou on peut se l’approprier facilement qui répond a une demande un besoin bien précis

8. Pour vous quelle est la qualité principale d’un architecte ?

qu’il soit réaliste, certain architecte font de chose spectaculaire mais qui ne seront jamais utiliser par les utilisateurs pcq ce n’est pas pratique, pas adapte, ... je trouve qu’un bon architecte est l’équilibre entre un projet originale mais appropriable par les usagers

9. Quel est selon vous l’épanouissement dans cette profession ?

je trouve en tout ças depuis que je suis en archi que je suis beaucoup plus observatrice mais surtout ça m’a ouvert a beaucoup de chose, je m’intéresse a plein de chose et ai envie de découvrir plein chose

10. Selon vous, qu’est-ce que l’intuition ? Intervient-elle oui ou non dans votre projet d’architecture ? c’est une émotion qui n’est pas explicable qui nous guide qu’on semble avoir besoin de suivre sans vraiment savoir l’expliquer. p Pas tellement

11. Selon vous, qu’est-ce que l’éthique ? /

12. Pensez-vous que l’éthique joue un rôle dans l’architecture et pourquoi ? /

Questionnaire 2.7

1. Où trouvez-vous votre inspiration pour vos projets d’architecture ? Livres, cours

2. Combien de temps avez-vous passé à la bibliothèque cette année Moins de 2 semaines

3. Quel est votre premier réflexe au début d’un projet d’architecture Aller chercher des références

4. Lorsque vous essayez de faire évoluer votre projet, quels outils vous semblent les plus adéquats pour avancer ?

les maquettes, commentaire : Parfois certains commentaires des professeurs n’ont aucun sens

5. Quel outil vous semble le moins efficace pour faire rebondir votre projet d’architecture ? (de préférence un choix ou deux) L’écriture commentaire : J’ai plus facile à m’imaginer une solution à partir de dessins que d’écrits

6. Comment les études d’architecture influencent votre quotidien ?

Je dors plus tard à cause des remises, mais cependant quand je sors je deviens plus attentif à mon environnement (bâtiments etc.)

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7. Pour vous qu’est-ce que l’architecture ?

La composition de l’espace avec plusieurs éléments pour le rendre agréable à vivre

8. Pour vous quelle est la qualité principale d’un architecte ? Être à l’écoute, ouvert, sociable, cultivé.

9. Quel est selon vous l’épanouissement dans cette profession ?

Avoir recours à mon imagination et le contact humain quasi permanent

10. Selon vous, qu’est-ce que l’intuition ? Intervient-elle oui ou non dans votre projet d’architecture ? Oui

11. Selon vous, qu’est-ce que l’éthique ?

Des règles de conscience à respecter

12. Pensez-vous que l’éthique joue un rôle dans l’architecture et pourquoi ? Cela dépend de l’architecte et de ce qu’il recherche

Questionnaire 2.8

1. Où trouvez-vous votre inspiration pour vos projets d’architecture ? Pinterest principalement, et puis des sites d’architectes

2. Combien de temps avez-vous passé à la bibliothèque cette année Entre 2 à 3 semaines

3. Quel est votre premier réflexe au début d’un projet d’architecture

Tout d’abord stresser et se dire que c’est un boulot monstre et qu’on va jamais y arriver, puis nien voir le programme et les enjeux demandés, et puis faire un organigramme et diviser le gros projet

4. Lorsque vous essayez de faire évoluer votre projet, quels outils vous semblent les plus adéquats pour avancer ? Le croquis, les maquettes, commentaire : Pour moi c’est le.plus concrêt et le plus instantanné

5. Quel outil vous semble le moins efficace pour faire rebondir votre projet d’architecture ? (de préférence un choix ou deux) les outils informatiques (2D/3D) commentaire : trop raide

6. Comment les études d’architecture influencent votre quotidien ? Elles me rongent et effacent ma vie sociale

7. Pour vous qu’est-ce que l’architecture ?

Des études magnifiques mais une fatigue constante

8. Pour vous quelle est la qualité principale d’un architecte ? Oser

9. Quel est selon vous l’épanouissement dans cette profession ? /

10. Selon vous, qu’est-ce que l’intuition ? Intervient-elle oui ou non dans votre projet d’architecture ?

Pour moi l’intuition est plutot un don, qui intervient suement dans le.projet d’architecture

11. Selon vous, qu’est-ce que l’éthique ? /

12. Pensez-vous que l’éthique joue un rôle dans l’architecture et pourquoi ? /

Questionnaire 2.9

1. Où trouvez-vous votre inspiration pour vos projets d’architecture ?

reflexion, discussion avec les professeurs , pinterest, livres , magazines

2. Combien de temps avez-vous passé à la bibliothèque cette année Moins de 2 semaines

3. Quel est votre premier réflexe au début d’un projet d’architecture faire un récapitulatif de tous les enjeux contraintes par écrit

4. Lorsque vous essayez de faire évoluer votre projet, quels outils vous semblent les plus adéquats pour avancer ? Le croquis, l’écriture

5. Quel outil vous semble le moins efficace pour faire rebondir votre projet d’architecture ? (de préférence un choix ou deux)

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Les outils informatiques (2D/3D)

6. Comment les études d’architecture influencent votre quotidien ?

le projet est tout le temps dans la tete , il vaut mieux avoir toujours de quoi écrire

7. Pour vous qu’est-ce que l’architecture ? c’est créer

8. Pour vous quelle est la qualité principale d’un architecte ? les multiples connaissances et la qualité d’adaptation

9. Quel est selon vous l’épanouissement dans cette profession ? de pouvoir voir des choses tres différente à chaque projet

10. Selon vous, qu’est-ce que l’intuition ? Intervient-elle oui ou non dans votre projet d’architecture ? elle peut intervenir au début, dans les premières réflexions

11. Selon vous, qu’est-ce que l’éthique ?

respecter un certain nombres de règles morales

12. Pensez-vous que l’éthique joue un rôle dans l’architecture et pourquoi ?

le projet est avant tout pour un client il est donc important de comprendre l’idée et la pensée du client

Questionnaire 2.10

1. Où trouvez-vous votre inspiration pour vos projets d’architecture ? Dans les livres et sur internet parfois juste en me baladant dehors

2. Combien de temps avez-vous passé à la bibliothèque cette année Entre 2 à 3 semaines

3. Quel est votre premier réflexe au début d’un projet d’architecture Me poser la question de ce que les autres vont en penser

4. Lorsque vous essayez de faire évoluer votre projet, quels outils vous semblent les plus adéquats pour avancer ? Le croquis

5. Quel outil vous semble le moins efficace pour faire rebondir votre projet d’architecture ? (de préférence un choix ou deux) Les maquettes

6. Comment les études d’architecture influencent votre quotidien ?

Quand j’entre dans un bâtiment Je me pose toujours des questions les différentes réflexions que l’architecte aurait pu avoir , j’essaye dimaginer les plans des espaces que je visite

7. Pour vous qu’est-ce que l’architecture ?

Donner la vie , transformer , créer des espaces par le biais de matériaux.

8. Pour vous quelle est la qualité principale d’un architecte ? Avoir des réflexions rapides

9. Quel est selon vous l’épanouissement dans cette profession ? Avoir un maximum de projet réussi

10. Selon vous, qu’est-ce que l’intuition ? Intervient-elle oui ou non dans votre projet d’architecture ? L’intuition est une sorte de présentiment qu’on peut avoir en dernière minute lorsqu’on n’a plus d’idées pour faire avancer notre projet , celui ci nous guide ça peut être bon ou mauvais

11. Selon vous, qu’est-ce que l’éthique ? L’essence de quelque chose

12. Pensez-vous que l’éthique joue un rôle dans l’architecture et pourquoi ? Ca peut jouer

Questionnaire 2.11

1. Où trouvez-vous votre inspiration pour vos projets d’architecture ? Dans des livres, des revues, pinterest et surtout internet

2. Combien de temps avez-vous passé à la bibliothèque cette année Moins de 2 semaines

3. Quel est votre premier réflexe au début d’un projet d’architecture Regarder des références sur internet pour avoir de l’inspiration

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4. Lorsque vous essayez de faire évoluer votre projet, quels outils vous semblent les plus adéquats pour avancer ?

Le croquis et l’écriture, commentaire: Ca met mes idees dans l’ordre et souvent je dessine des petit plans à la main

5. Quel outil vous semble le moins efficace pour faire rebondir votre projet d’architecture ? (de préférence un choix ou deux) Le croquis: Parce que j’ai trop de mal à dessiner donc je ne sais pas comment m’y prendre...

6. Comment les études d’architecture influencent votre quotidien ?

J’y pense tout le temps, dans la rue quand je me balade je ne vois que les bâtiments, je ne peux pas m’empêcher de les analyser.

7. Pour vous qu’est-ce que l’architecture ? Concretiser le projet des gens

8. Pour vous quelle est la qualité principale d’un architecte ?

Pouvoir traduire en langage architecturale ce que les gens veulent et attende, rendre concret leurs rêves

9. Quel est selon vous l’épanouissement dans cette profession ?

Faire pleins de projet qui ne se ressemble pas, il n’y a pas de routines, tout est différent et on ne fait pas 2 fois la même chose

10. Selon vous, qu’est-ce que l’intuition ? Intervient-elle oui ou non dans votre projet d’architecture ?

C’est lorsque on sait que quelque chose se fait d’une telle manière et pas autrement, sans que qqun nous l’ai dit ou qu’on ai vu une référence. Oui, il y a quand même pas mal d’intuition dans un projet au premier jet mais après,ça se vérifie. De plus, il y a aussi pas mal de logique

11. Selon vous, qu’est-ce que l’éthique ? /

12. Pensez-vous que l’éthique joue un rôle dans l’architecture et pourquoi ? /

Questionnaire 2.12

1. Où trouvez-vous votre inspiration pour vos projets d’architecture ? Tête

2. Combien de temps avez-vous passé à la bibliothèque cette année Moins de 2 semaines

3. Quel est votre premier réflexe au début d’un projet d’architecture site, orientation, vis a vie

4. Lorsque vous essayez de faire évoluer votre projet, quels outils vous semblent les plus adéquats pour avancer ? Le croquis, les maquettes, Les outils informatiques (2D/3D)

5. Quel outil vous semble le moins efficace pour faire rebondir votre projet d’architecture ? (de préférence un choix ou deux) L’écriture

6. Comment les études d’architecture influencent votre quotidien ? decor film, rue, etc

7. Pour vous qu’est-ce que l’architecture ?

creer le reflet d’une ssociété ou s’en eloigner

8. Pour vous quelle est la qualité principale d’un architecte ? etre minutieux et a l’ecoute

9. Quel est selon vous l’épanouissement dans cette profession ? trvl de groupe, creativité, culture

10. Selon vous, qu’est-ce que l’intuition ? Intervient-elle oui ou non dans votre projet d’architecture ? oui, sinon tt les projets seraient les mm

11. Selon vous, qu’est-ce que l’éthique ? fondements de la morale

12. Pensez-vous que l’éthique joue un rôle dans l’architecture et pourquoi ? oui

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Questionnaire 2.13

1. Où trouvez-vous votre inspiration pour vos projets d’architecture ?

Archdaily, Google ... par manque de temps je ne me rends jamais à la bibliothèque pour consulter des livres.

2. Combien de temps avez-vous passé à la bibliothèque cette année Moins de 2 semaines

3. Quel est votre premier réflexe au début d’un projet d’architecture

Essayer d’agencer les «pièces» de mon projet Mais en lui donnant une forme plus au moins correct et donc je ne passe passe pas par un organigramme souvent sous forme de bulles les unes à cotés des autres.

4. Lorsque vous essayez de faire évoluer votre projet, quels outils vous semblent les plus adéquats pour avancer ? Le croquis, les outiles informatiques (2D/3D)

5. Quel outil vous semble le moins efficace pour faire rebondir votre projet d’architecture ? (de préférence un choix ou deux) L’écriture et les maquettes

6. Comment les études d’architecture influencent votre quotidien ?

Elles me prennent un temps fou, souvent je ne trouve même plus le temps d’aller au sport ou de sortir avec des amis. Le problème c’est les projets qui prennent énormément de temps et qui empiètent sur le temps d’études des cours théorique.

7. Pour vous qu’est-ce que l’architecture ?

La conception d’espaces, créer des ambiances, optimiser au mieu la future vie des utilisateurs de l’espace créer.

8. Pour vous quelle est la qualité principale d’un architecte ? La créativité

9. Quel est selon vous l’épanouissement dans cette profession ?

Avoir son propre bureau à l’étranger et bien gagner sa vie. (Je ne sais pas si j’ai bien compris le sens de la question ).

10. Selon vous, qu’est-ce que l’intuition ? Intervient-elle oui ou non dans votre projet d’architecture ? /

11. Selon vous, qu’est-ce que l’éthique ? /

12. Pensez-vous que l’éthique joue un rôle dans l’architecture et pourquoi ? /

Questionnaire 2.14

1. Où trouvez-vous votre inspiration pour vos projets d’architecture ? Pinterest

2. Combien de temps avez-vous passé à la bibliothèque cette année Moins de 2 semaines

3. Quel est votre premier réflexe au début d’un projet d’architecture Établir clairement les enjeux et les attentes du projet.

4. Lorsque vous essayez de faire évoluer votre projet, quels outils vous semblent les plus adéquats pour avancer ? Le croquis

5. Quel outil vous semble le moins efficace pour faire rebondir votre projet d’architecture ? (de préférence un choix ou deux) L’écriture

6. Comment les études d’architecture influencent votre quotidien ?

Elles l’influencent en tout ! Plus de vie sociale (car nous n’avons plus le temps bien-sûr mais aussi parce que les étudiants non-archi on du mal à comprendre nos études et l’investissement qu’elles demandent), vision totalement différente sur le monde qui nous entoure, interêts différents, énorme augmentation de notre culture générale, etc

7. Pour vous qu’est-ce que l’architecture ? /

8. Pour vous quelle est la qualité principale d’un architecte ? L’ouverture d’esprit

9. Quel est selon vous l’épanouissement dans cette profession ?

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10. Selon vous, qu’est-ce que l’intuition ? Intervient-elle oui ou non dans votre projet d’architecture ?

Elle intervient énormément ! L’intuition, moi je l’appelle le feeling ou la tchatch en fonction des cas, peux réellement sauver un projet et permettre de le mener à bien.

11. Selon vous, qu’est-ce que l’éthique ? /

12. Pensez-vous que l’éthique joue un rôle dans l’architecture et pourquoi ? /

Questionnaire 2.15

1. Où trouvez-vous votre inspiration pour vos projets d’architecture ?

le monde matériel et symbolique et le sens psychologique de l’espace quel que soit le pays ou le projet des sites d’architecture, des livres, en ville etc...

2. Combien de temps avez-vous passé à la bibliothèque cette année Entre 2 à 5 semaines

3. Quel est votre premier réflexe au début d’un projet d’architecture incertitude mais intriguée je ne sais pas comment commencer

4. Lorsque vous essayez de faire évoluer votre projet, quels outils vous semblent les plus adéquats pour avancer ?

Le croquis, l’écriture, commentraire: ce sont deux méthode plus vastes , j’ai besoin que le projet soit plus concret pour la maquette

5. Quel outil vous semble le moins efficace pour faire rebondir votre projet d’architecture ? (de préférence un choix ou deux)

Le croquis, les maquettes, commantaire : pour mieux visualiser les défauts du projet ou les potentiels (ne sachant pas utiliser outils infos)

6. Comment les études d’architecture influencent votre quotidien ?

Ma vision et mon avis concernant les espaces ont changé , il est rare qu’une marche dans un environnement urbain soit ennuyante .

7. Pour vous qu’est-ce que l’architecture ?

C’est ce qui nous entoure physiquement , mais elle englobe plusieurs sens et doit prendre en compte chaque domaine L’architecture peut apaiser notre quotidien et le rendre plus agréable à vivre Elle permet de mettre en valeur ce que l’on souhaite

8. Pour vous quelle est la qualité principale d’un architecte ?

Son imagination, sa détermination, sa curiosité il faut vraiment vouloir bien le faire, et s’intéresser au développement de l’architecture mondialement chercher à faire d’avantage sans se poser de barrières

9. Quel est selon vous l’épanouissement dans cette profession ?

le courage et l’ampleur de cette profession qui ne peut pas vraiment s’arrêter d’être explorée

10. Selon vous, qu’est-ce que l’intuition ? Intervient-elle oui ou non dans votre projet d’architecture ? faire confiance en ses choix et savoir prendre une décision plutôt qu’une autre oui elle y intervient car beaucoup d’options sont possible dans un projet , il faut savoir suivre son intuition (et la combiner à ses connaissances et sa raison)

11. Selon vous, qu’est-ce que l’éthique ?

je pense que l’éthique combine l’intérieur et l’extérieur elle permet l’ouverture des valeur et détermine des limites

12. Pensez-vous que l’éthique joue un rôle dans l’architecture et pourquoi ?

Je n’ai pas explorée la question en profondeur, mais je pense que l’éthique, ayant un rôle important pour les personnes , joue un rôle important dans l’architecture car elle est rattachée à la culture du pays / ou d’une personne . Et bien qu’il est intéressant de se détacher de certaines normes habituelles (surtout en architecture), je ne pense pas qu’il soit possible (ou agréable à vivre) de détacher, totalement, l’éthique de l’architecture

Questionnaire 2.16

1. Où trouvez-vous votre inspiration pour vos projets d’architecture ?

Dans la ville tout simplement et rarement dans des projts celebres.

2. Combien de temps avez-vous passé à la bibliothèque cette année

103


Entre 2 à 3 semaines

3. Quel est votre premier réflexe au début d’un projet d’architecture

Me demander si je vais pouvoir survivre à cette charette aussi. : ) Plus seriusement, j’essaye de trouver le plus d’informations sur l’emplacement/le site du projet .

4. Lorsque vous essayez de faire évoluer votre projet, quels outils vous semblent les plus adéquats pour avancer ?

Les outils informatiques (2D/3D), commentaire: Car j’ai besoin de visualizer pour bien comprendre et c’est assez rapide comme methode .

5. Quel outil vous semble le moins efficace pour faire rebondir votre projet d’architecture ? (de préférence un choix ou deux) L’écriture

6. Comment les études d’architecture influencent votre quotidien ? Elle n’influence pas, elle accable carrement ma vie .

7. Pour vous qu’est-ce que l’architecture ?

Comme disait un architecte celebre, un moyen de reconcillier l’homme avec la nature .

8. Pour vous quelle est la qualité principale d’un architecte ? Arriver à gerer plusieurs taches .

9. Quel est selon vous l’épanouissement dans cette profession ? /

10. Selon vous, qu’est-ce que l’intuition ? Intervient-elle oui ou non dans votre projet d’architecture ? Je dirais que oui mais, une bonne intuition vient avec une longue pratique. :)

11. Selon vous, qu’est-ce que l’éthique ?

Nos propres valeurs, notre conduite, nos influences.

12. Pensez-vous que l’éthique joue un rôle dans l’architecture et pourquoi ?

Oui, car les constructions reflectent en general les valeurs de l’architecte. Oui, bien evidament le programme et les propietaires influencent considerablement le batiment construit mais, on a deja vu des batimens tres differents par leurs aspect et leurs enjeux pourtant restectant le meme programme

Questionnaire 2.17

1. Où trouvez-vous votre inspiration pour vos projets d’architecture ?

Sur Pinterest, Archdaily, dans les magazines d’architecture tels que Domus, A+,...

2. Combien de temps avez-vous passé à la bibliothèque cette année Moins de 2 semaines

3. Quel est votre premier réflexe au début d’un projet d’architecture

Analyse du contexte et recherche de documentation quant au projet demandé.

4. Lorsque vous essayez de faire évoluer votre projet, quels outils vous semblent les plus adéquats pour avancer ? Le croquis et les outils informatiques (2D/3D)

5. Quel outil vous semble le moins efficace pour faire rebondir votre projet d’architecture ? (de préférence un choix ou deux) L’écriture

6. Comment les études d’architecture influencent votre quotidien ?

Je traine souvent sur des sites d’architecture pour recueillir des informations sur des projets, je suis beaucoup plus sensible à l’architecture qui m’entoure, dans ma vie de tous les jours ou en voyage

7. Pour vous qu’est-ce que l’architecture ?

Imaginer des espaces à vivres qui vont plus loin que le juste nécessaire.

8. Pour vous quelle est la qualité principale d’un architecte ?

Avoir une grande culture architecture et être très persévérant, porter le projet toujours plus, savoir revenir en arrière pour mieux avancer.

9. Quel est selon vous l’épanouissement dans cette profession ?

Pouvoir faire des projets de tous types, et pas seulement des villas 4 façades pour des gens riches qui n’ont pas de goût hahah

10. Selon vous, qu’est-ce que l’intuition ? Intervient-elle oui ou non dans votre projet d’architecture ?

Bien sur. L’intuition c’est sentir qu’une voie est meilleure qu’un autre pour appréhender le projet, et oui je la suis.

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11. Selon vous, qu’est-ce que l’éthique ?

Faire les choses avec un esprit juste, de respect.

12. Pensez-vous que l’éthique joue un rôle dans l’architecture et pourquoi ?

Oui, proposer des projets qui peuvent réellement être adapté à l’endroit et à la population, c’est une question d’éthique je trouve.

Questionnaire BA3 Total : 13

Questionnaire 3.1

1. Où trouvez-vous votre inspiration pour vos projets d’architecture ? Archdaily, Pinterest, Livres, Magazines, Reportages, Rue

2. Combien de temps avez-vous passé à la bibliothèque cette année Entre 2 à 3 semaines

3. Quel est votre premier réflexe au début d’un projet d’architecture Répondre à «Pour qui ? Pourquoi ? comment ?»

4. Lorsque vous essayez de faire évoluer votre projet, quels outils vous semblent les plus adéquats pour avancer ? Le croquis et l’écriture, les outils informatiques (2D/3D)

5. Quel outil vous semble le moins efficace pour faire rebondir votre projet d’architecture ? (de préférence un choix ou deux) Les maquettes

6. Comment les études d’architecture influencent votre quotidien ? Très mal.

7. Pour vous qu’est-ce que l’architecture ?

Concevoir des espaces et des ambiances de vie à echelle humaine, revoir ce qui fonctionne déjà pour l’améliorer et innover.

8. Pour vous quelle est la qualité principale d’un architecte ? la créativité

9. Quel est selon vous l’épanouissement dans cette profession ? bâtir quelque chose qui sera apprécié pour son usage.

10. Selon vous, qu’est-ce que l’intuition ? Intervient-elle oui ou non dans votre projet d’architecture ?

L’intuition est l’usage de l’experience au dessus de la théorie et recherches, elle peut intervenir dans un projet pour des composants auxquels on peut savoir à l’avance qu’ils ne fonctionneront pas ou vont engendrer des problèmes futurs.

11. Selon vous, qu’est-ce que l’éthique ?

Choisir entre l’appât du gain ou l’envie de faire les choses convenablement

12. Pensez-vous que l’éthique joue un rôle dans l’architecture et pourquoi ?

Oui, il faudra tôt ou tard arrêter de concevoir des projets abjectes qui controversent tout le monde et construire pour la société et non pour l’égo d’un homme ou d’un gouvernement.

Questionnaire 3.2

1. Où trouvez-vous votre inspiration pour vos projets d’architecture ? Le quotidien mixer avec archdaily

2. Combien de temps avez-vous passé à la bibliothèque cette année Mins de 2 semaines

3. Quel est votre premier réflexe au début d’un projet d’architecture

Apprendre plus sur les usagers, et rechercher ce qui a deja ete fais et ce qui ne marchais pas

4. Lorsque vous essayez de faire évoluer votre projet, quels outils vous semblent les plus adéquats pour avancer ?

L’écriture, les outils informatiques (2D/3D) commentaire: Je ne suis pas douer en dessin et la maquette prend trop de temps

5. Quel outil vous semble le moins efficace pour faire rebondir votre projet d’architecture ? (de préférence un choix ou deux) Le croquis

6. Comment les études d’architecture influencent votre quotidien ?

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Je vois de l’architecture partout. Et je m’intéresse plus au avis des mes amies

7. Pour vous qu’est-ce que l’architecture ?

L’architecture et le moyen de tenter d’améliorer notre quotidien et influencer le comportement des gens. L’architecture a aussi le pouvoir de rassembler les gens à un endroit et aussi les diviser au même endroit ( l’architecture ma rendu très philosophique)

8. Pour vous quelle est la qualité principale d’un architecte ?

La modestie. Car en attrapant la grosses tête on ne vois plus ses erreurs

9. Quel est selon vous l’épanouissement dans cette profession ? D’apporter quelque chose de neuf au monde

10. Selon vous, qu’est-ce que l’intuition ? Intervient-elle oui ou non dans votre projet d’architecture ? L’intuition est pour moi, une réponse qui se trouve dans notre subconscient qu’on a encore du mal a exprimer. Elle est très utiles dans nos projet car elle fais en sorte de nous rendre autocritique ou de nous frustre si on agit pas à temps

11. Selon vous, qu’est-ce que l’éthique ?

L’éthique est ce qui nous permet d’être libre tout en respectant les autres

12. Pensez-vous que l’éthique joue un rôle dans l’architecture et pourquoi ?

Oui car l’architect a le devoir de penser aux besoins des autres avant ses propre fantasmes.

Questionnaire 3.3

1. Où trouvez-vous votre inspiration pour vos projets d’architecture ? Pinterest, visites, internet, magazines (A+)

2. Combien de temps avez-vous passé à la bibliothèque cette année Moins de 2 semaines

3. Quel est votre premier réflexe au début d’un projet d’architecture

Je me focalise sur le contexte, je regarde quelle implantation pourrait être là plus intéressante donc j’effectue un plan, je dessine.

4. Lorsque vous essayez de faire évoluer votre projet, quels outils vous semblent les plus adéquats pour avancer ? Les outils informatiques (2D/3D) commentaire: Ça me permet de me projeter car par le dessin j’ai du mal à représenter le fond de ma pensée.

5. Quel outil vous semble le moins efficace pour faire rebondir votre projet d’architecture ? (de préférence un choix ou deux) L’écriture, commentaire: L’écriture permet de mettre au clair les enjeux mais pas de faire avancer le projet

6. Comment les études d’architecture influencent votre quotidien ?

Lorsque je visite des villes, bâtiments, etc je regarde différemment qu’avant. Je comprends d’avantage le monde de la construction, je comprends et je peux donc intervenir. Mes études m’ont permis de m’ouvrir l’esprit et de penser autrement. J’ai adopté un esprit plus critique.

7. Pour vous qu’est-ce que l’architecture ?

C’est une façon de s’émanciper. C’est de l’art et donc de la création, ce qui est illimité lorsqu’on a de l’imagination. L’architecture c’est une façon de mettre de l’art, de la beauté dans notre quotidien (maison,bâtiment, école, etc). L’architecture peut nous aider à nous rendre mieux (confort) qu’il soit objectif ou subjectif.

8. Pour vous quelle est la qualité principale d’un architecte ?

Aider un client à vivre mieux ou autrement dans un espace tout en respectant ses attentes.

9. Quel est selon vous l’épanouissement dans cette profession ?

Lorsque le projet est aboutit c’est à dire lorsque le défis de rendre le client plus satisfait, heureux est relevé. Mais aussi le fait de pouvoir créer sans arrêt car l’imagination n’a pas de limites ! Et de pouvoir voir ses «idées» se réaliser. Car on a la possibilité de faire de nos idées (imagination) une réalité.

10. Selon vous, qu’est-ce que l’intuition ? Intervient-elle oui ou non dans votre projet d’architecture ?

L’intuition arrive des le départ dans un projet, c’est ce que nous permet de générer des idées. Exemple: «il y aura un vide là pour que les gens puissent accéder ou là ce sera fermé mais avec une ouverture pour offrir des percées visuelles» en fait une intuition et une idée cohabitent car l’idée est la notre et l’idée vient de notre intuition c’est à dire ce qu’on pense, perçoit être le mieux. C’est compliqué à expliquer, je me perds ahaha.

106


11. Selon vous, qu’est-ce que l’éthique ?

Le fait d’être droit, le fait de respecter ses engagements.

12. Pensez-vous que l’éthique joue un rôle dans l’architecture et pourquoi ?

Bien sûre! Sinon ce ne serait pas sérieux, il est important de respecter ses engagements, ses convictions c’est ce qui fait que nos projets nous sont fidèles et propres.

Questionnaire 3.4

1. Où trouvez-vous votre inspiration pour vos projets d’architecture ?

Sur les anciens projets des étudiants en archi et sur des projets des architectes.

2. Combien de temps avez-vous passé à la bibliothèque cette année Entre 2 à 3 semaines

3. Quel est votre premier réflexe au début d’un projet d’architecture

Tout dépend du projet, j’essaye de trouver des idees et esquissé.

4. Lorsque vous essayez de faire évoluer votre projet, quels outils vous semblent les plus adéquats pour avancer ?

Le croquis et les outils informatiques (2D/3D), commentaire: Croquis me permet de facilement réalisé quelques choses.

5. Quel outil vous semble le moins efficace pour faire rebondir votre projet d’architecture ? (de préférence un choix ou deux) Les maquettes: perte de temps

6. Comment les études d’architecture influencent votre quotidien ?

Je critique beaucoup les architectures au quotidien m. J’ai l’impression que je suis jamais satisfait et qu’il y a toujours quelques choses à améliorer.

7. Pour vous qu’est-ce que l’architecture ?

La meilleure des métiers qui existe. Qui permet de lier les passion et le travail. Permet de réaliser le rêve d’une personne. L’architecture écrit l’histoire d’une personne.

8. Pour vous quelle est la qualité principale d’un architecte ?

La meilleure des métiers qui existe. Qui permet de lier les passion et le travail. Permet de réaliser le rêve d’une personne. L’architecture écrit l’histoire d’une personne.

9. Quel est selon vous l’épanouissement dans cette profession ?

L’art et les dessins. Avec cette proffession on peu accéder à tous les domaines, par exemple: en

construisant un hôpital on aprend les choses essentielles sur les questions d’hygiène. 10. Selon vous, qu’est-ce que l’intuition ? Intervient-elle oui ou non dans votre projet d’architecture ? Cette première idée qui peut parfois être la bonne voie. Il m’arrive de l’avoir.

11. Selon vous, qu’est-ce que l’éthique ? Cette coter decor de l’architecture.

12. Pensez-vous que l’éthique joue un rôle dans l’architecture et pourquoi ? Bien sur. Il transforme tous l’aspect de l’architecture.

Questionnaire 3.5

1. Où trouvez-vous votre inspiration pour vos projets d’architecture ? Thématiques actuelles Design Art Sociologie

2. Combien de temps avez-vous passé à la bibliothèque cette année Moins de 2 semaines

3. Quel est votre premier réflexe au début d’un projet d’architecture Analyser le contexte : Site, énoncé, cahier des charges, etc...

4. Lorsque vous essayez de faire évoluer votre projet, quels outils vous semblent les plus adéquats pour avancer ? Le croquis, les maquettes

5. Quel outil vous semble le moins efficace pour faire rebondir votre projet d’architecture ? (de préférence un choix ou deux) L’écriture

6. Comment les études d’architecture influencent votre quotidien ? Observation et curiosité accentué

7. Pour vous qu’est-ce que l’architecture ? Un art

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8. Pour vous quelle est la qualité principale d’un architecte ?

La capacité d’adaptation La compréhension La communication

9. Quel est selon vous l’épanouissement dans cette profession ?

Arriver à répondre à des enjeux, sociaux, environnementaux et économique. Donner a vivre l’espace de la meilleur des manière.

10. Selon vous, qu’est-ce que l’intuition ? Intervient-elle oui ou non dans votre projet d’architecture ?

C’est un sentiment qui s’impose, quelque chose qu’on sent sans origine précise. Elle intervient dans le projet, il faut après savoir si elle est bonne ou mauvais en faisant des essaies

11. Selon vous, qu’est-ce que l’éthique ?

C’est avoir un moral. Un sens du respect envers certaines choses

12. Pensez-vous que l’éthique joue un rôle dans l’architecture et pourquoi ?

Oui, elle permet de sous peser des envies et des intuitions qui pourraient mettre à mal un côté au profit d’un autre (ex : exclure une communauté dans un souci économique)

Questionnaire 3.6

1. Où trouvez-vous votre inspiration pour vos projets d’architecture ? pinterest revues d archi

2. Combien de temps avez-vous passé à la bibliothèque cette année Moins de 2 semaines

3. Quel est votre premier réflexe au début d’un projet d’architecture

Mettre par écrits/croquis mes intentions suite a une analyse ( ou parallelement)

4. Lorsque vous essayez de faire évoluer votre projet, quels outils vous semblent les plus adéquats pour avancer ? Le croquis, les maquettes Commentaire : travail manuel stimule la créativité (Livre «the thinking hand» je te le conseille!)

5. Quel outil vous semble le moins efficace pour faire rebondir votre projet d’architecture ? (de préférence un choix ou deux) Les outils informatiques (2D/3D)

6. Comment les études d’architecture influencent votre quotidien ?

L architecture c est plus que des etudes ou un cursus standard. C est une façon de voir et d approcher le monde dans lequel on vit

7. Pour vous qu’est-ce que l’architecture ?

Humilité. travailler a proposer des espaces dans lesquels on puisse s epanouir sans pour autant que les utilisateurs en prennent conscience.

8. Pour vous quelle est la qualité principale d’un architecte ? Sa capacité a etre humain

9. Quel est selon vous l’épanouissement dans cette profession ?

Satisfaction à travailler à amener un epanouissement lorsque les utilisateurs «vivent» l espace

10. Selon vous, qu’est-ce que l’intuition ? Intervient-elle oui ou non dans votre projet d’architecture ?

Depends des affinites que l on a avec le programme. Liée a experience personnelle peut etre. Intervient toujours pcq intuition liée a créativité et créativité liee a experience personnelle

11. Selon vous, qu’est-ce que l’éthique ? code moral

12. Pensez-vous que l’éthique joue un rôle dans l’architecture et pourquoi ?

Les espaces sont vécus. Profession tres humaine donc ethique joue un role important

Questionnaire 3.7

1. Où trouvez-vous votre inspiration pour vos projets d’architecture ?

principalement sur internet (archdaily, pinterest, divisare,...) et parfois dans des livres (beaucoup plus rare)

2. Combien de temps avez-vous passé à la bibliothèque cette année Moins de 2 semaines

3. Quel est votre premier réflexe au début d’un projet d’architecture

lire et relire 50 fois le programme demandé découvrir le site (avec visite si possible) rechercher ce qui existe pour un tel programme / sur des sites similaires (puis après définir les

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m2 et faire des tests de volumétrie, ... mais c’est plus vraiment le premier réflexe je pense!)

4. Lorsque vous essayez de faire évoluer votre projet, quels outils vous semblent les plus adéquats pour avancer ?

les outils informatiques (2D/3D) , commentaire : plus rapide pour visualiser/modifier, permet de faire des tests à hauteur d’homme, dans le contexte

5. Quel outil vous semble le moins efficace pour faire rebondir votre projet d’architecture ? (de préférence un choix ou deux) Les maquettes: trop lent à faire, ou alors vraiment peu détaillées (mais donc dépend du stade du projet)

6. Comment les études d’architecture influencent votre quotidien ?

pendant l’année, je pense qu’on est pratiquement 24h/24 en train de penser au projet et de manière générale, je pense qu’on regarde et qu’on vit les espaces différemment, quand j’arrive dans un nouvel endroit, j’ai envie d’aller voir dans tous les coins comment il est fait, quels sont les matériaux utilisés, comment il tient debout, comment l’espace est composé,... j’ai pas l’impression que c’était pareil avant de démarrer les études d’archi donc je suppose qu’elles ont beaucoup d’influence là dessus

7. Pour vous qu’est-ce que l’architecture ?

l’architecture c’est créer des nouveaux espaces (construits ou pas) qui vont accueillir des personnes après je pense que si un espace accueille des utilisateurs, il doit bien les accueillir et donc je pense que le rôle de l’architecture c’est de prendre en compte chacun des utilisateurs et faire en sorte qu’ils soient bien dans ces espaces

8. Pour vous quelle est la qualité principale d’un architecte ? être capable de créer des espaces où on se sent bien

9. Quel est selon vous l’épanouissement dans cette profession ? /

10. Selon vous, qu’est-ce que l’intuition ? Intervient-elle oui ou non dans votre projet d’architecture ?

l’intuition c’est ce qui permet de se dire «ça c’est la bonne solution, je le sens, même si je ne peux pas l’expliquer» je pense qu’elle se développe avec l’expérience et donc en tant qu’étudiant je ne pense pas qu’on puisse déjà avoir une intuition suffisamment bonne que pour l’utiliser dans ses projets donc non elle n’intervient pas vraiment dans mes projets (en tout cas j’essaie de ne pas me baser dessus sans y réfléchir très sérieusement

11. Selon vous, qu’est-ce que l’éthique ?

l’éthique c’est suivre des règles de bonne morale, «faire les choses correctement»

12. Pensez-vous que l’éthique joue un rôle dans l’architecture et pourquoi ?

je pense qu’elle devrait toujours jouer un rôle dans l’architecture, je pense qu’elle s’inscrit dans une réflexion bien plus large que l’architecture mais que chacun doit faire ce qu’il peut à son niveau (et donc les architectes doivent faire des choses correctes en architecture) malheureusement je trouve que ce n’est pas quelque chose qu’on aborde vraiment pendant les études (en tout cas pendant le bachelier)

Questionnaire 3.8

1. Où trouvez-vous votre inspiration pour vos projets d’architecture ? Pinterest

2. Combien de temps avez-vous passé à la bibliothèque cette année Entre 2 à 3 semaines

3. Quel est votre premier réflexe au début d’un projet d’architecture

Chercher de l’inspiration sur Pinterest et analyser le terrain + croquis

4. Lorsque vous essayez de faire évoluer votre projet, quels outils vous semblent les plus adéquats pour avancer ? Le croquis, les maquettes

5. Quel outil vous semble le moins efficace pour faire rebondir votre projet d’architecture ? (de préférence un choix ou deux) L’écriture

6. Comment les études d’architecture influencent votre quotidien ?

On ressent tout de suite un escalier qui n’est pas confortable, on pense alors a la hauteur de marche la plus confortable (généralement 18) et on se demande pourquoi la personne qui a dessiné cet escalier l’a fait ainsi.

7. Pour vous qu’est-ce que l’architecture ?

De l’art, du volume, de la texture, de la lumière et du confort

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8. Pour vous quelle est la qualité principale d’un architecte ? Etre ouvert d’esprit

9. Quel est selon vous l’épanouissement dans cette profession ? Il faut reformuler la question

10. Selon vous, qu’est-ce que l’intuition ? Intervient-elle oui ou non dans votre projet d’architecture ?

Non car on doit toujours toutbjustifier, PNA ne peux pas dire à notre professeur d’atelier que l’on à réaliser de volume car c’est notre petit doigt qui nous l’a dis. Tout doit être justifie sauf que, on ne peux pas toujours trouver de justification à nos envies.

11. Selon vous, qu’est-ce que l’éthique ? L’ouverture d’esprit

12. Pensez-vous que l’éthique joue un rôle dans l’architecture et pourquoi ?

Oui, un architecte doit savoir écouter les désirs de son client. Il doit pouvoir le comprendre. Il ne peux pas faire un type de bâtiment si il ne convient pas au client, meme si c’est dans les tout de l’architecte.

Questionnaire 3.9

1. Où trouvez-vous votre inspiration pour vos projets d’architecture ? Revue, connaissance personnelle, le site du projet

2. Combien de temps avez-vous passé à la bibliothèque cette année Moins de 2 semaines

3. Quel est votre premier réflexe au début d’un projet d’architecture Étude du site

4. Lorsque vous essayez de faire évoluer votre projet, quels outils vous semblent les plus adéquats pour avancer ? Le croquis, les maquettes

5. Quel outil vous semble le moins efficace pour faire rebondir votre projet d’architecture ? (de préférence un choix ou deux) Les outils informatiques (2D/3D)

6. Comment les études d’architecture influencent votre quotidien ? Un autre regard sur ce qui m’entour, esprit critique développé

7. Pour vous qu’est-ce que l’architecture ?

Une nécessité qui construit le quotidien de tout le monde. Un lien étroit entre l’environnement (pas seulement écologique, mais tous ce qui caractérise un lieu) et l’histoire. Les formes, matériaux, types de construction ne sont que la réalité des intentions, plus introspectives.

8. Pour vous quelle est la qualité principale d’un architecte ?

Les connaissances, qui permettent de mettre en place un lien logique entre l’existant et le futur projet.

9. Quel est selon vous l’épanouissement dans cette profession ? Richesses de chaque projet, comme un nouveau défi.

10. Selon vous, qu’est-ce que l’intuition ? Intervient-elle oui ou non dans votre projet d’architecture ?

L’expérience, l’écoute de soi par rapport à ce que l’on sait du site, des rites etc. Oui, c’est elle qui guide par la suite mes projets. Comme une logique, impossible à remettre en question. Une évidence qui se justifie simplement.

11. Selon vous, qu’est-ce que l’éthique ?

Nouveau défi pour notre génération. Encore flou à ce stade de mes études, mais une problématique qui doit être étudiée dès la ba1

12. Pensez-vous que l’éthique joue un rôle dans l’architecture et pourquoi ?

Oui mais encore là, pas assez d’expérience pour en faire un commentaire. Peut être en terme de ressources des matériaux, de’lien entre politique et intérêt personnel. Aussi, l’oublie des habitants eux même qui se fait de plus en plus sentir dans certaines régions au pouvoir trop centralisé (en France particulièrement..

Questionnaire 3.10

1. Où trouvez-vous votre inspiration pour vos projets d’architecture ?

Livres, coups de têtes, ballades, regarder autour de soi, references

2. Combien de temps avez-vous passé à la bibliothèque cette année

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Entre 2 à 3 semaines

3. Quel est votre premier réflexe au début d’un projet d’architecture

Rechercher des définitions ou des bâtiments avec des peogrammes semblables. Regarder le site ou l’historique du site

4. Lorsque vous essayez de faire évoluer votre projet, quels outils vous semblent les plus adéquats pour avancer ? Le croquis, les maquettes, commentaire: Ça dépend vraiment du projet. Des fois en maquette il y a un déclit qu’il n’y a pas sur le dessin

5. Quel outil vous semble le moins efficace pour faire rebondir votre projet d’architecture ? (de préférence un choix ou deux) L’écriture, commentaire: Ça peut aider mais ça fonctionne pas aussi bien chez moi

6. Comment les études d’architecture influencent votre quotidien ?

Je regarde tout le temps les bâtiments au lieu de regarder le sol. On a un autre rythme de vie aussi

7. Pour vous qu’est-ce que l’architecture ?

Tout et rien. Tout ce qui est bâti ou qui était bâti dont on a une trace. Un ensemble ou une maison seule.

8. Pour vous quelle est la qualité principale d’un architecte ?

La projection d’un espace. Pouvoir s’imaginer quelque chose qui n»est pas encore visible

9. Quel est selon vous l’épanouissement dans cette profession ?

De pouvoir créer des espaces différents en peu de temps. Voir ce qui a été imaginé être réellement construit.

10. Selon vous, qu’est-ce que l’intuition ? Intervient-elle oui ou non dans votre projet d’architecture ?

Souvent. On a une sorte d’idée de ce qui peut ou pas marcher. On se doute de ce qui leut bien marcher pour l»un ou l»autre projet

11. Selon vous, qu’est-ce que l’éthique ? /

12. Pensez-vous que l’éthique joue un rôle dans l’architecture et pourquoi ? Oui. Il faut toujours garder en tête pour qui et pourquoi on construit!

Questionnaire 3.11

1. Où trouvez-vous votre inspiration pour vos projets d’architecture ? Sur internet (Pinterest) et les revues d’architecture.

2. Combien de temps avez-vous passé à la bibliothèque cette année Moins de 2 semaines

3. Quel est votre premier réflexe au début d’un projet d’architecture Faire un croquis d’intention

4. Lorsque vous essayez de faire évoluer votre projet, quels outils vous semblent les plus adéquats pour avancer ?

Les maquettes et les outils informatiques (2D/3D), commentaire: Il faut passer à la 3D pour se rendre compte des volumes et les retravailler

5. Quel outil vous semble le moins efficace pour faire rebondir votre projet d’architecture ? (de préférence un choix ou deux) L’écriture, commentaire: L’écriture vient à la fin une fois que notre réfléxion est aboutie afin de présenter le projet

6. Comment les études d’architecture influencent votre quotidien ?

Les études d’architectures sont chronophages, il est parfois difficile d’avoir du temps libre pour se détendre et penser à autre chose. Cela peut parfois nuire à notre santé car en phase finale de projet on dort peu, on mange peu, (parfois on ne prend pas le temps de se laver) et notre esprit est mobilisé en permanence. Tout ça peut nuire à la vie de couple, car on a le temps de rien faire à part de l’architecture et on est épuisé. Après ça dépend des gens, certaines personnes sont très organisées, travail rapidement et prennent beaucoup d’avance mais c’est assez rare.

7. Pour vous qu’est-ce que l’architecture ?

Dans une vision idéale l’architecture est l’art de créer des espaces où l’homme peut s’épanouir et rêver, dans une vision plus pragmatique c’est l’art de concevoir des bâtiments qui répondent à nos besoins collectif et personnel. Je crois en ces deux définitions, mais surtout c’est un art, l’art de façonner le monde au service de l’homme.

8. Pour vous quelle est la qualité principale d’un architecte ?

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La qualité principale d’un architecte est de savoir répondre à une demande en combinant fonctionnalité et esthétique.

9. Quel est selon vous l’épanouissement dans cette profession ?

Faire un métier que l’on aime, un métier passion qui permet de vivre à l’abri du besoin c’est l’idéal, pour moi ce métier ça serait architecte. Avoir mon propre cabinet d’architecture, répondre à de grandes commandes publics ou privées et avoir une certaine renommée ça serait le rêve.

10. Selon vous, qu’est-ce que l’intuition ? Intervient-elle oui ou non dans votre projet d’architecture ?

Pour l’intuition ça serait un éclaire de génie, la bonne idée qui résout tous les problèmes, mais ça n’arrive pas tous le temps. Certains projets sont plus inspirants que d’autres.

11. Selon vous, qu’est-ce que l’éthique ?

Pour moi l’éthique ce sont des règles, des valeurs, des principes qui permette de concevoir des bâtiments respectueux de l’humain et de l’envirronnement. Mais aussi c’est être fidèle à notre vision de l’architecture. Par exemple je ne me voit pas créer des vulgaires «copies» d’architecture anciennes à Las Vegas pour des promoteurs avides d’argent ou des projets toujours plus démesurés à Dubaï pour répondre à la vanité de quelques émiratis. Je crois que l’architecte doit faire évoluer l’architecture dans le sens de l’humain, avec finesse. C’est une vision subjective mais qui constitue une éthique personnelle.

12. Pensez-vous que l’éthique joue un rôle dans l’architecture et pourquoi ?

Comme dit précédemment l’éthique en architecture joue un rôle dans la préservation de l’environnement et dans le bien être des usagers, car on ne peut pas se permettre de concevoir des bâtiments énergivores alors que le réchauffement climatique menace notre planète et on ne peut pas négliger le bien-être, la santé et la sécurité des usagers en concevant des bâtiments qui ne seraient pas aux normes en termes de dimensions, d’accessibilité, de salubrité, de confort et de sécurité que ce soit au niveau du bâtiment (solidité de la structure, normes incendie... ) ou des équipements.

Questionnaire 3.12

1. Où trouvez-vous votre inspiration pour vos projets d’architecture ? pinterest, instagram, archdaily et compagnie, revues d’archi

2. Combien de temps avez-vous passé à la bibliothèque cette année Moins de 2 semaines

3. Quel est votre premier réflexe au début d’un projet d’architecture écrire, faire des recherches

4. Lorsque vous essayez de faire évoluer votre projet, quels outils vous semblent les plus adéquats pour avancer ? L’écriture Les outils informatiques (2D/3D)

5. Quel outil vous semble le moins efficace pour faire rebondir votre projet d’architecture ? (de préférence un choix ou deux) les maquettes

6. Comment les études d’architecture influencent votre quotidien ?

zéro temps pour soi, toujours avoir une pensée pour ce qui va se passer après, jamais vivre dans le présent

7. Pour vous qu’est-ce que l’architecture ?

une discipline exigeante mais subjective

8. Pour vous quelle est la qualité principale d’un architecte ? Le bon sens

9. Quel est selon vous l’épanouissement dans cette profession ? /

10. Selon vous, qu’est-ce que l’intuition ? Intervient-elle oui ou non dans votre projet d’architecture ?

je ne dirais pas ça, je pense que c’est plutôt le bagage accumulé par les lectures, corrections, conférences qui fait pencher la balance. pour moi l’intuition n’a rien à voir avec l’architecture, tout est un choix basé sur un élément concret

11. Selon vous, qu’est-ce que l’éthique ?

offrir quelque chose de correct, qui ne nuit à personne (environnement, santé ...)

12. Pensez-vous que l’éthique joue un rôle dans l’architecture et pourquoi ?

OUI! chaque choix a ses conséquences, particulièrement aujourd’hui dans le contexte du réchauffement climatique

112


Questionnaire 3.13

1. Où trouvez-vous votre inspiration pour vos projets d’architecture ? Dans les livres d’architecture « el croquis»

2. Combien de temps avez-vous passé à la bibliothèque cette année Moins de 2 semaines

3. Quel est votre premier réflexe au début d’un projet d’architecture Regarder le plan de situation

4. Lorsque vous essayez de faire évoluer votre projet, quels outils vous semblent les plus adéquats pour avancer ? Le croquis, Les maquettes, les outiles informatiques (2D/3D)

5. Quel outil vous semble le moins efficace pour faire rebondir votre projet d’architecture ? (de préférence un choix ou deux) L’écriture

6. Comment les études d’architecture influencent votre quotidien ? j’analyse tout les batiments qui me semble interessant

7. Pour vous qu’est-ce que l’architecture ? /

8. Pour vous quelle est la qualité principale d’un architecte ? /

9. Quel est selon vous l’épanouissement dans cette profession ? /

10. Selon vous, qu’est-ce que l’intuition ? Intervient-elle oui ou non dans votre projet d’architecture ? /

11. Selon vous, qu’est-ce que l’éthique ? /

12. Pensez-vous que l’éthique joue un rôle dans l’architecture et pourquoi ? /

Questionnaire MA1 Total : 4

Questionnaire 4.1

1. Où trouvez-vous votre inspiration pour vos projets d’architecture ? Dans les discussions d’architecture

2. Combien de temps avez-vous passé à la bibliothèque cette année Entre 2 à 3 semaines

3. Quel est votre premier réflexe au début d’un projet d’architecture Me ballader dans le site

4. Lorsque vous essayez de faire évoluer votre projet, quels outils vous semblent les plus adéquats pour avancer ? Le croquis, les outils informatiques (2D/3D)

5. Quel outil vous semble le moins efficace pour faire rebondir votre projet d’architecture ? (de préférence un choix ou deux) /

6. Comment les études d’architecture influencent votre quotidien ?

Mal, dur dur de s’épanouir en dehors. Aparrement, le slogan, c’est «L’architecture, c’est la vie»

7. Pour vous qu’est-ce que l’architecture ? L’art de bâtir

8. Pour vous quelle est la qualité principale d’un architecte ? Le multitasking

9. Quel est selon vous l’épanouissement dans cette profession ? Les prix

10. Selon vous, qu’est-ce que l’intuition ? Intervient-elle oui ou non dans votre projet d’architecture ? Bien sûr, l’intuition, c’est le berceau de la créativité

11. Selon vous, qu’est-ce que l’éthique ?

113


L’éthique, c’est la conscience de nos actes.

12. Pensez-vous que l’éthique joue un rôle dans l’architecture et pourquoi ?

Oui, plusieurs concours ont été gagnés par manque d’éthiques entre architectes. C’est comme pour n’importe quelle profession, ficellée par des contrats entre ses différents acteurs. Faut baiser avant de se faire baiser.

Questionnaire 4.2

1. Où trouvez-vous votre inspiration pour vos projets d’architecture ?

en fonction de l’analyse historique du site+contraintes, et sur les projets novateur en cour. Parfois sur pinterest et en bibliothèque:)

2. Combien de temps avez-vous passé à la bibliothèque cette année plus de 5 semaines

3. Quel est votre premier réflexe au début d’un projet d’architecture analyse historique + visite du site

4. Lorsque vous essayez de faire évoluer votre projet, quels outils vous semblent les plus adéquats pour avancer ? L’écriture, les maquettes

5. Quel outil vous semble le moins efficace pour faire rebondir votre projet d’architecture ? (de préférence un choix ou deux) Les outils informatiques (2D/3D)

6. Comment les études d’architecture influencent votre quotidien ?

le regard porté sur l’architecture de notre quotidien. l’ouverture d’esprit+sens critique grâce a la connaissances appris en cours théorique

7. Pour vous qu’est-ce que l’architecture ?

question large... la conservation de notre patrimoine et la construction d’un projet répondant aux besoins locaux

8. Pour vous quelle est la qualité principale d’un architecte ? Créatif

9. Quel est selon vous l’épanouissement dans cette profession ?

la réponse juste entre intégration et réponse aux besoins des habitants/utilisateurs

10. Selon vous, qu’est-ce que l’intuition ? Intervient-elle oui ou non dans votre projet d’architecture ?

oui beaucoup, cela se traduit par les intentions et idées qui coulent autour d’un concept majeur au projet

11. Selon vous, qu’est-ce que l’éthique ?

l’intégrité de ses idée en fonction de ses valeurs idéologiques

12. Pensez-vous que l’éthique joue un rôle dans l’architecture et pourquoi ?

biensur il est majeur. Cela permet de faire une architecture en fonction de sa philosophie de vie et de s’orienter vers un modèle de construction/esthétique dans sa conception et de s’impliquer d’avantage auprès de la population locale.

Questionnaire 4.3

1. Où trouvez-vous votre inspiration pour vos projets d’architecture ?

Je trouve mon aspiration dans d’autres projets via la bibliothèque ou des sites internet comme pinterest ou devisare

2. Combien de temps avez-vous passé à la bibliothèque cette année entre 2 à 3 semaines

3. Quel est votre premier réflexe au début d’un projet d’architecture

Mon premier réflexe est de me documenter sur le sujet, regarder les autres projets qui ont déjà été fait pour mieux comprendre le programme, la problématique et partir d’une base solide.

4. Lorsque vous essayez de faire évoluer votre projet, quels outils vous semblent les plus adéquats pour avancer ? Le croquis, les maquettes, commentaire: Car ils permettent de spatialisé et de donne la possibilité de modifier très rapidement un détail.

5. Quel outil vous semble le moins efficace pour faire rebondir votre projet d’architecture ? (de préférence un choix ou deux)

L’écriture, commentaire: Personnellement je trouve que c’est un travail difficile de communiquer par l’écriture.

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6. Comment les études d’architecture influencent votre quotidien ?

L’architecture plus qu’un métier/ un job c’est une passion. C’est quelque chose qui prend énormément de temps et avec les études et la passions le regarde que l’ont porte sur le monde qui nous entoure est différent, on fini par comprendre que l’architecture est partout.

7. Pour vous qu’est-ce que l’architecture ?

Pour moi l’architecture est le fait de penser l’espace, c’est ce qui nous différencie de l’animal qui est seulement constructeur d’espace, l’oiseau fait son nids sans ce poser de question. Alors que lorsque l’on fait de l’architecture on pense, on se pose des questions. l’architecture est donc l’espace pensé.

8. Pour vous quelle est la qualité principale d’un architecte ?

Pour moi la qualité principal de l’architecte est le regard, autant le regard physique que métaphorique il faut regarder, comprendre le bâtiment, l’espace, l’architecture, mais aussi le monde les gens, et ca se fait principalement par l’observation.

9. Quel est selon vous l’épanouissement dans cette profession ?

Je pense que l’on est épanouis et accords avec son architecture lorsque l’on fait une architecture qui nous plaie et que l’on prend du plaisir a la travailler. Cela est surement plus facile dans les études où les contrainte son moindre.

10. Selon vous, qu’est-ce que l’intuition ? Intervient-elle oui ou non dans votre projet d’architecture ?

L’intuition est l’une des armes première de l’architecte selon moi, tout le monde a vécu les espaces et est dans certaines mesures capable de dessiner des espaces, mais ce qui fait qu’un architecte est architecte est qu’il est capable de comprendre et d’utiliser le petit truc qui fait que son projet devient le projet. l’intuition c’est premier traie de crayon, c’est écouter son moi intérieur, animal, primaire, celui qui sait. En début de projet je laisse souvent place a l’intuition, elle permet de se lancer, le tout est de la développer dans un but coherent.

11. Selon vous, qu’est-ce que l’éthique ?

L’éthique c’est le fait de penser a l’autre, de dire je ne fait pas ca parce que ca peut gêne l’une ou l’autre personne. c’est une forme d’auto censure.

12. Pensez-vous que l’éthique joue un rôle dans l’architecture et pourquoi ?

Je pense qu’elle le joue parce que nous vivons dans un monde où sans argent on ne vie pas alors quand on a un projet on ne veut pas prendre le risque de le perdre. Mais bien sur ca ne devrais pas être le cas, comme tout arts l’architecture devrais être libre de raconter ce qu’elle veut et si certain de le veulent pas qu’ils ne la regardent pas.

Questionnaire 4.4

1. Où trouvez-vous votre inspiration pour vos projets d’architecture ? Sur des magazines, revues, sites d’architecture

2. Combien de temps avez-vous passé à la bibliothèque cette année Moins de 2 semaines

3. Quel est votre premier réflexe au début d’un projet d’architecture Chercher des références

4. Lorsque vous essayez de faire évoluer votre projet, quels outils vous semblent les plus adéquats pour avancer ? Le croquis et les Maquettes

5. Quel outil vous semble le moins efficace pour faire rebondir votre projet d’architecture ? (de préférence un choix ou deux) L’écriture

6. Comment les études d’architecture influencent votre quotidien ? Ça change la perception des alentours

7. Pour vous qu’est-ce que l’architecture ?

C’est construire mais aussi innover, inventer, évoluer pour un «monde meilleur», vers une construction durable pour notre avenir. Mais aussi régaler les sens des Hommes.

8. Pour vous quelle est la qualité principale d’un architecte ? L’inventivité

9. Quel est selon vous l’épanouissement dans cette profession ? Rendre une idée réelle.

10. Selon vous, qu’est-ce que l’intuition ? Intervient-elle oui ou non dans votre projet d’architecture ?

115


l’intuition c’est penser une chose et qu’elle se réalise ou non. Non pas vraiment.

11. Selon vous, qu’est-ce que l’éthique ? C’est une valeur, morale ou autre.

12. Pensez-vous que l’éthique joue un rôle dans l’architecture et pourquoi ?

Oui parce qu’elle en donne une directive, des principes de base à savoir mais il ne faut pas forcément toujours la respecter.

Questionnaire MA2 Total : 6

Questionnaire 5.1

1. Où trouvez-vous votre inspiration pour vos projets d’architecture ? Dans la vie de tout les jours

2. Combien de temps avez-vous passé à la bibliothèque cette année Entre 2 à 3 semaines

3. Quel est votre premier réflexe au début d’un projet d’architecture Comprendre le lieux et le programme

4. Lorsque vous essayez de faire évoluer votre projet, quels outils vous semblent les plus adéquats pour avancer ? Le croquis, les maquettes

5. Quel outil vous semble le moins efficace pour faire rebondir votre projet d’architecture ? (de préférence un choix ou deux) L’écrtiure

6. Comment les études d’architecture influencent votre quotidien ? Ouverture d’esprit et sur le monde qui nous entoure

7. Pour vous qu’est-ce que l’architecture ? L’art de bâtir

8. Pour vous quelle est la qualité principale d’un architecte ? Savoir faire des compromis et le sens d’analyse

9. Quel est selon vous l’épanouissement dans cette profession ? Bien mais trop de taf

10. Selon vous, qu’est-ce que l’intuition ? Intervient-elle oui ou non dans votre projet d’architecture ? L’intuition c’est notre première idée qui parait la plus logique par rapport au différentes données qu’on a et oui elle intervient quand le choix qu’on fait est le plus logique

11. Selon vous, qu’est-ce que l’éthique ?

Le respect de ce qui nous entoure et le respect des règles de bien vivre

12. Pensez-vous que l’éthique joue un rôle dans l’architecture et pourquoi ?

Oui car on construit pour des gens mais dans un espace partagé avec tout le monde

Questionnaire 5.2

1. Où trouvez-vous votre inspiration pour vos projets d’architecture ? Pinterest Théorie de l’archi L’art La nature

2. Combien de temps avez-vous passé à la bibliothèque cette année Moins de 2 semaines

3. Quel est votre premier réflexe au début d’un projet d’architecture

Bonne connaissance du lieu Études de bâtiments exemplaires au niveau de la typologie en question

4. Lorsque vous essayez de faire évoluer votre projet, quels outils vous semblent les plus adéquats pour avancer ? Les maquettes, les outils informatiques (2D/3D)

5. Quel outil vous semble le moins efficace pour faire rebondir votre projet d’architecture ? (de préférence un choix ou deux) L’écriture

6. Comment les études d’architecture influencent votre quotidien ?

Elle change la vision de l’espace, la compréhension de phénomène socio urbains et nous aidé à avoir une attitude critique quant à la qualité d’environnement pour telle ou telle population toute en se demande comment elle agit sur la pop et comment la pop ma fait

116


dans le sens inverse évoluer

7. Pour vous qu’est-ce que l’architecture ?

Un ensemble de choix prenant en compte l’esthétique, l’environnement, les qualités spatiale à disposition et potentielles, le besoin de l’homme ou d’un espace social particulier, tout cela menant à une balance entre fonctionnalité, amélioration d’un quelconque contexte comprenant une intégration réfléchie et un soucie de durabilité à la base de la réflexion. L’architecture doit être simple pour son utilisateur, belle pour son environnement, et consciencieuse d’un impact moindre d’un point de vue écologique.

8. Pour vous quelle est la qualité principale d’un architecte ?

Arriver à satisfaire tous les point ci dessus, avoir un contact clair et à l’écoute avec son client. Savoir s’imposer quand au respect de sa discipline.

9. Quel est selon vous l’épanouissement dans cette profession ?

Accorder la fonctionnalité à l’esthétique tout en répondant clairement à un programme donné dans un contexte précis. Nous construisons le monde, c’est une fierté si nous pouvons le construire BIEN

10. Selon vous, qu’est-ce que l’intuition ? Intervient-elle oui ou non dans votre projet d’architecture ?

L’intention est intrinsequement liée à la créativité, qui celle ci peut s’apprendre via l’enseignement mais peut également être quelque chose de naturel, propre à une personne. Il est difficile d’en avoir par ailleurs si l’enseignement nous l’enlève en nous dictant un style un chemin. La créativité c’est precieux, il est dommage de nous la retirer quand on devrait nous apprendre à l’exprimer

11. Selon vous, qu’est-ce que l’éthique ?

L’éthique est pour ma part propre au métier moins à la discipline. il faut la prendre en considération mais gare à ceux qui s’y attache trop

12. Pensez-vous que l’éthique joue un rôle dans l’architecture et pourquoi ?

Oui, elle rappelle à certains de ne pas faire n’importe quoi, à d’autres de ne pas oublier de faire n’importe quoi qui puisse rester dans les limites des règles de la profession. Pensons créativité avant éthiqu

Questionnaire 5.3

1. Où trouvez-vous votre inspiration pour vos projets d’architecture ? Dans la tête, sur pinterest, dans ce que j’ai vu en cours ou autre

2. Combien de temps avez-vous passé à la bibliothèque cette année Plus de 5 semaines

3. Quel est votre premier réflexe au début d’un projet d’architecture Quel* Reflechir. Eventuellement faire un tour sur pinteres

4. Lorsque vous essayez de faire évoluer votre projet, quels outils vous semblent les plus adéquats pour avancer ? Le croquis, L’écriture

5. Quel outil vous semble le moins efficace pour faire rebondir votre projet d’architecture ? (de préférence un choix ou deux) Les outils informatiques (2D/3D)

6. Comment les études d’architecture influencent votre quotidien ?

De plein de manières.. En pensant au projet en cours tout le temps, déjà, puis en observant l’architecture dans la rue, en regardant des projets sur internet, en allant à des conférences

7. Pour vous qu’est-ce que l’architecture ? Un art, un outil social, economique, politique 8. Pour vous quelle est la qualité principale d’un architecte ? La capacité d’avoir une vision globale

9. Quel est selon vous l’épanouissement dans cette profession ? Induire des usages et un quotidien sereins

10. Selon vous, qu’est-ce que l’intuition ? Intervient-elle oui ou non dans votre projet d’architecture ? Beaucoup-

11. Selon vous, qu’est-ce que l’éthique ?

Le fait de choisir le bien-être des utilisateurs au niveau purement humain, et non pas de vouloir montrer ses prouesses par tous les moyens

12. Pensez-vous que l’éthique joue un rôle dans l’architecture et pourquoi ?

117


Elle devrait en tout cas, mais elle ne le fait pas beaucoup

Questionnaire 5.4

1. Où trouvez-vous votre inspiration pour vos projets d’architecture ? Intuitivement & références architecturales

2. Combien de temps avez-vous passé à la bibliothèque cette année entre 2 à 3 semaines

3. Quel est votre premier réflexe au début d’un projet d’architecture Analyse du contexte

4. Lorsque vous essayez de faire évoluer votre projet, quels outils vous semblent les plus adéquats pour avancer ? Le croquis et les Maquettes

5. Quel outil vous semble le moins efficace pour faire rebondir votre projet d’architecture ? (de préférence un choix ou deux) L’écriture

6. Comment les études d’architecture influencent votre quotidien ? architecture student = no life

7. Pour vous qu’est-ce que l’architecture ?

La création de la troisième peau de l’humain, après la peau et les vêtements.

8. Pour vous quelle est la qualité principale d’un architecte ?

Savoir offrir à son client un projet selon les règles de l’art tout en prenant en compte ses désirs.

9. Quel est selon vous l’épanouissement dans cette profession ? Qu’après chaque projet on a de la matière à montrer.

10. Selon vous, qu’est-ce que l’intuition ? Intervient-elle oui ou non dans votre projet d’architecture ? L’intuition est pour moi très importante et la base de tous mes projets.

11. Selon vous, qu’est-ce que l’éthique ?

Créer des projets selon les règles de l’art et éviter d’être sournois quant aus règles du permis d’urbanisme/bâtir p.ex

12. Pensez-vous que l’éthique joue un rôle dans l’architecture et pourquoi ?

ça depend de l’architecte en question. Il y en a qui travaillent de façon éthique, d’autres s’en foutent royalement....

Questionnaire 5.5

1. Où trouvez-vous votre inspiration pour vos projets d’architecture ? Sur les voyages, l’internet et dans les livres et magazines

2. Combien de temps avez-vous passé à la bibliothèque cette année entre 2 à 3 semaines

3. Quel est votre premier réflexe au début d’un projet d’architecture Dessiner des diagrammes

4. Lorsque vous essayez de faire évoluer votre projet, quels outils vous semblent les plus adéquats pour avancer ? Le croquis commentaire: rapide

5. Quel outil vous semble le moins efficace pour faire rebondir votre projet d’architecture ? (de préférence un choix ou deux) Les maquettes: beaucoup de déchets pour rien

6. Comment les études d’architecture influencent votre quotidien ? Relations sociales

7. Pour vous qu’est-ce que l’architecture ?

L’art de l’aménagement pour le bien être

8. Pour vous quelle est la qualité principale d’un architecte ? Sa polyvalence

9. Quel est selon vous l’épanouissement dans cette profession ? Pour moi est une profession qui va bientôt disparaître

10. Selon vous, qu’est-ce que l’intuition ? Intervient-elle oui ou non dans votre projet d’architecture ? Oui, tout le temps. Il est tout ce que j’acquis au long de ma vie

118


11. Selon vous, qu’est-ce que l’éthique ?

Est la empathie qui oriente et motive nos actions

12. Pensez-vous que l’éthique joue un rôle dans l’architecture et pourquoi ? oui

Questionnaire 5.6

1. Où trouvez-vous votre inspiration pour vos projets d’architecture ?

Bibliotheque, revues (A+, El Croquis, et Détail) + internet (pinterest)

2. Combien de temps avez-vous passé à la bibliothèque cette année plus de 5 semaines

3. Quel est votre premier réflexe au début d’un projet d’architecture Analyser le programme. Besoins et demandes des usagés

4. Lorsque vous essayez de faire évoluer votre projet, quels outils vous semblent les plus adéquats pour avancer ? Les maquettes

5. Quel outil vous semble le moins efficace pour faire rebondir votre projet d’architecture ? (de préférence un choix ou deux) L’écriture

6. Comment les études d’architecture influencent votre quotidien ?

Intéret pour l’art, la photo et les graphisme de livres. Parfois j’ai des sursauts de créativité qui apparaissent dans ma tete sur n’importe quel sujet et je me mets à divaguer sur comment je pourrais dévélopper un tel projet (pas forcément architectural, peut etre politique artistique ou autre)

7. Pour vous qu’est-ce que l’architecture ?

répondre au des besoins via un design matériel (construction, meuble)

8. Pour vous quelle est la qualité principale d’un architecte ?

La réponse a une demande d’un client/usager à laquelle on ajoute un plus/bonus

9. Quel est selon vous l’épanouissement dans cette profession ? Pas de demande répétitive, possibilité d’explorer

10. Selon vous, qu’est-ce que l’intuition ? Intervient-elle oui ou non dans votre projet d’architecture ?

L’intuition, je dirais que c’est un collage d’expériences vécues mais qui réussi quand-meme à nous impressioner par sa nouveauté. Oui énormémént

11. Selon vous, qu’est-ce que l’éthique ?

Respecter et prendre en compte tout les acteurs du projet, meme les plus pauvres/petits et se battre pour améliorer leurs conditions

12. Pensez-vous que l’éthique joue un rôle dans l’architecture et pourquoi ?

non, le monde est vaste. Si vous/votre client n’est pas content. Merci, au revoir, suivant

119


ABSTRACT Ce mémoire intitulé « Design Thinking en architecture : une fenêtre sur l’apprentissage » traite de la thématique de l’apprentissage à travers l’exemple de l’architecture. La problématique abordée dans ce mémoire part d’un constat effectué par l’Ordre des Architectes de Belgique. Suivant une enquête, il existerait un écart entre la profession et la formation des architectes. Ainsi, ils constatent que les jeunes diplômés en architecture ne seraient pas suffisamment formés pour ce qui leur sera demandé de faire durant leurs premières années de stage. De plus, un bon nombre de ces jeunes architectes ne poursuivent pas la profession après l’obtention de leur diplôme ou arrêtent peu après la fin de leur stage. Nous pouvons alors nous poser la question suivante : « Si les études d’architecture ne nous préparent pas au métier à proprement parler, quels seraient alors les outils qu’offre la formation à ses disciples pour poursuivre une carrière dans l’architecture ou dans d’autres professions ? » Ce travail de fin d’étude décrira l’apprentissage de l’architecture en mettant en évidence les liens qui existent entre la profession et l’éducation ayant lieu dans l’atelier d’architecture. Afin de mieux saisir les tenants et aboutissants du processus de conception, nous allons nous appuyer sur les recherches effectuées dans le domaine du design. Ces études abordent les mécanismes qui rentrent en jeu durant l’élaboration d’un projet d’architecture. Nous verrons qu’il s’agit principalement d’un processus mental. Enfin, l’analyse approfondie des mécanismes de la pensée utilisés par les architectes nous permettra, d’une part, de définir les outils dont dispose un étudiant pour débuter dans la vie active, et d’autre part, ces résultats nous offriront une vision globale du processus d’apprentissage. Nous verrons ainsi que la formation d’architecte prépare ses étudiants principalement à une maîtrise du ‘langage de la pensée’. Mots-clés : Apprentissage, Conception, Architecture, Design, Psychologie

Design Thinking en Architecture : Une fenêtre sur l'apprentissage  

Ce travail de n d’étude décrira l’apprentissage de l’architecture en mettant en évidence les liens qui existent entre la profession et l...

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