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v 2 2 • n 0 1 • A 2 0 16

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r e v u e l i t t é r a i r e d e l’ u q a m


traces


tab le des m ati èr es 7  ˚ su i vre à la t rac e ˚ 10

Bertrand Gervais 1 1  ˚ sans t i tre ˚ 14

Elliott Jean 1 5  ˚ pardonne le dél ai ˚ 17

Sarah Turner 1 9  ˚ le m u r ˚ 23

Amélie Langlois 2 5  ˚ sans ti t re ˚27

Florence Dancause 2 9  ˚ ré conci li ati on ˚ 31

3 3  ˚ e y e swi deslut ˚ 35

Tasia Bachir 3 7  ˚ Ca m den Tow n ˚ 40

Gabrielle Lebeau 4 1  ˚ ‘Meta-f i cti onnal humo r ’’ i n t h e OC ˚ 43

Jean-Guy Forget 4 5  ˚ s’ou b li er ˚ 47

Andréanne Dufour 4 9  ˚ dag-dag ˚ 52

Rosalie Asselin 5 3  ˚ m on f i l d’at t en te ˚ 56

Évelyne Ménard 5 7  ˚ of f -li f e ˚ 61

Emmanuel Deraps

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Raphael Nunez


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S u iv r e Ă la trace Bertrand Gervais


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Quand je finissais mon bac en études littéraires à l’UQAM au début des années 1980, nous jouions avec quelques amis à un jeu ridicule qui consistait à « déjouer nos biographes ». Ce n’est pas qu’on croyait devenir célèbres, mais on s’amusait à inventer de fausses pistes qui viendraient, a posteriori, embêter un auteur qui aurait le mandat, pour on ne sait quelle raison, de rendre compte de nos vies. Le biographe était l’équivalent littéraire de l’œil de Dieu. En voyage, on s’envoyait des cartes postales à soi-même, à la fois destinateur et destinataire. On décalait les évènements, multipliait les invraisemblances. En fait, on créait des fictions à même nos vies. La performance était privée, mais elle nous amusait grandement. Pour faire durer le plaisir, nous avions même inventé une agence de détectives privés, l’agence Adaube (une contraction d’Alfred Dallaire et d’Urgel Bourgie, célèbres maisons funéraires). Les deux détectives avaient reçu le mandat de retrouver HC, un triste personnage en fuite. Je jouais le rôle à la fois du client et du pourchassé. Comme j’étais passé à Toronto, puis à Santa Cruz en Californie, dans le cadre de mes études supérieures, et que je participais régulièrement à des congrès sur le continent nord-américain, ce double rôle m’allait comme un gant. J’écrivais pour donner des ordres ou me plaindre du manque de progression de l’enquête et, en tant qu’HC, je laissais des indices de mes pérégrinations suspectes, tout en me raillant de l’incompétence des détectives. Vous ne pourrez jamais m’attraper… Et ceux-ci répondaient avec leurs propres moqueries et élucubrations épistolaires.

Nous nous amusions à vivre dans le cadre d’une société de l’enquête. Une micro-communauté, évidemment, qui reposait sur une fictionnalisation de nos vies. Or maintenant, et c’est la raison pour laquelle j’en parle, nous sommes entrés de plain-pied dans une société de la requête. Le préfixe a changé (en/re), et avec lui une gestion complète de notre rapport au monde, où toute forme d’anonymat est d’emblée supprimée. Ces traces que nous laissions dans le cadre d’une fiction en acte, ces pistes que nous multipliions ne sont plus un jeu, mais notre réalité de tous les instants. Ainsi sur Internet, nous avons tous un biographe qui note nos faits et gestes. C’est le système. Chacune de nos interrogations sur les moteurs de recherche – sur Google en l’occurrence, car la compagnie traite plus de 75% des requêtes mondiales – est inscrite dans un registre. Nos gouts, désirs et intérêts du moment, nos explorations et nos indiscrétions sont ainsi catalogués et servent de base à des publicités ciblées, mais aussi et surtout à l’établissement de portraits détaillés. Nous sommes en quelque sorte fichés, qu’on le veuille ou non. * albertine meunier (Catherine Ramus de son vrai nom) a fait de cette situation la base d’un projet artistique pour le moins pertinent. Dans My Google Search History, Jan 07, 2011 - Nov 06, 2006, elle exploite ce rapport ambigu aux traces que nous laissons au moment de nos recherches. Comme on peut le lire sur la quatrième de couverture du livre : De plus en plus, nos vies, distillées sur les réseaux numériques, laissent des traces. Chaque moment passé sur internet est guidé par des sites d’information mais surtout par des moteurs de recherche, et laisse sur le réseau une petite trace invisible, comme un geste inutile. Jour après jour, notre pratique se répète, les mêmes gestes, les mêmes réflexes, les mêmes habitudes. De ces répétitions un sillon invisible se creuse qui trace le chemin numérique de chacun. […]

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Cette correspondance a duré de nombreuses années. Les pièces ont été réunies récemment, et le paquet fait plus de cinq centimètres d’épaisseur. Il comprend des lettres délirantes, des cartes postales détournées, des collages dadaïstes, des textes de fiction brochés et des plans sur lesquels des parcours ont été portés, des cassettes audios, des National Geographic parasités (j’avais découvert dans une maison louée une collection complète de la revue, abandonnée et prête à être charcutée).


En 2006, Google lance le service Search History et stocke les recherches des internautes. Depuis ce premier jour, albertine meunier compile scrupuleusement ses recherches et les donne à voir au public . 1

Le livre est composé de listes de ses requêtes, réparties sur cinq ans. Le projet se présente comme l’œuvre d’un petit Poucet nous permettant de suivre à la trace les pérégrinations d’albertine meunier dans les méandres du réseau. Chaque terme est une requête, l’activation possible d’un hyperlien et, ultimement, l’exploration d’une page web. Si Sophie Calle avait pu dans les années 1980 concevoir des projets artistiques fondés sur la filature, notamment Filature où elle demande à sa mère d’embaucher un détective privé afin de la faire suivre elle, sa propre fille, albertine meunier transpose au XXIe siècle ce jeu de piste sur le Web. La surveillance n’est plus auto-imposée ou mise en scène sur un mode dérisoire, comme avec l’agence Adaube, elle est systémique. Elle n’est plus un témoignage indirect ou second, mais l’inscription automatique et immédiate de nos requêtes. Le résultat n’a plus rien de visuel, mais il est beaucoup plus insidieux. Si l’on peut croire en surface que la situation est valorisante – nous sommes tous des sujets dignes d’être suivis à la trace –, dans les faits, on comprend que nous sommes fichés, que nos requêtes même les plus folichonnes sont dument consignées. * Nous vivons maintenant, nous dit Geert Lovink, dans une société de la requête, une société fondée sur une mainmise des moteurs de recherche sur de nombreuses sphères de notre existence, qu’elle soit en ligne ou non. Pour le dire simplement, « la requête est devenue la façon dont nous vivons aujourd’hui .  » Si l’enquête impliquait un processus long et ardu de découverte, une activité qui pouvait s’étendre sur des mois, voire des années, une lente interrogation de pistes et de traces, la requête se fait presque spontanément et sans effort. Les logiciels de saisie semi-automatique accélèrent même le processus, la requête pouvant être lancée avant même la rédaction complète de la question! Et les traces que nous laissons sont déjà codées, déjà formatées. 2

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Dans une telle logique, il ne sert plus à rien de déjouer d’imaginaires biographes ou d’improbables détectives, il convient plutôt d’apprendre à déjouer les algorithmes et leur capacité à anticiper nos faits et gestes. D’apprendre à vivre à l’ombre des traces que nous laissons.

1 albertine meunier, My Google Search History, Jan 07, 2011 - Nov 06, 2006, Paris, éditions L’air de rien, 2011, 4e de couverture. — 2 Geert Lovink, « La société de la requête et la Googlisation de nos vies », internetactu.net, dossier Une société de la requête, 2009. http://www.internetactu.net/2009/12/15/une-societe-de-la-requete-14-de-la-googlisation-de-nos-vies/ consulté le 1 février 2017.


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s a ns t itre Elliott Jean


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Roland Barthes, dans son séminaire sur le Vivre ensemble, aborde, à sa manière, le mode de vie de moines bouddhistes. Il se caractérise, nous dit Barthes, selon un refus : ils se refusent à avoir une présence physique dans le monde. Refus de laisser une seule trace, et qui prend corps dans un refus de la nourriture. En trois temps : d’abord, refus de la gagner, de la posséder; ensuite, refus de la demander, de l’avoir pour due; finalement, refus de la regarder, de la reconnaitre. Pour satisfaire à ce triple refus, les moines sortent de leur monastère une fois par jour avec des bols et errent dans le village le plus près. Les villageois déposent dans leur bol des fruits, des légumes, des aliments préparés. Les moines s’interdisant la pratique de la cuisine, les villageois ne leur donnent que ce qui peut se manger tel quel. Tout se déroule sans remerciement, sans même un échange de regard; il ne faut pas, même inconsciemment, demander. ******** Dans une séance du cours donné en 1981 à Vincennes, Gilles Deleuze évoque un entretien avec le peintre Francis Bacon. Dans cet entretien, Bacon aborde le problème de la toile, de toutes les choses invisibles qui s’y trouvent avant qu’on s’y installe pour peindre. Peindre, comme écrire ou comme parler, c’est avoir à faire avec toutes les choses qu’il ne faut pas repeindre, toutes les choses qu’il faut tasser pour laisser la place à l’œuvre. Le prétendu syndrome de la page blanche, si l’on en croit Deleuze, est en fait un syndrome de la page noire. Créer n’est pas créer ex nihilo, mais effacer ; se défaire d’un excès de traces. Pour atteindre la singularité de l’œuvre, il faut effacer tout ce qui n’est pas singulier, tout ce qui n’est pas encore l’œuvre mais qui pourtant s’y est, préalablement, accumulé. Pour faire – pour arriver à ce qu’on peut et doit faire –, il faut arracher aux traces la possibilité de le faire. 1

******* Karl Marx, en bon moderne, plaçait en l’Histoire l’origine des pratiques humaines. S’il n’y a rien, ni dieu ni magie, s’il n’y a pas d’extériorité, il faut bien que les choses ne viennent que d’ellesmêmes. Ou, du moins, de ce qu’elles ont été avant. Autrement, pas d’humanité, pas de mouvement, pas d’économie ou de politique possible. Marx plaçait au centre de l’Histoire, voyait comme moteur de l’Histoire, la production de la subsistance – la reproduction de la vie – et la production des moyens de cette subsistance. Les moyens entrainent d’autres moyens, et vice versa. Et à l’autre bout, après la subsistance : l’organisation socioéconomique, les systèmes politiques, l’ordre et les places, les choses; tout. Autrement dit, pas d’Histoire sans économie, et inversement pas d’économie (donc de politique) sans Histoire. Pour Marx, et beaucoup de marxistes, comprendre l’Histoire, c’est comprendre d’où viennent les choses, d’où vient l’ordre, et surtout, comment en venir à bout. Lire l’Histoire derrière toutes les traces, c’est chercher la possibilité de les renverser toutes, de bouleverser l’ordre des traces, indélébilement. ******** Les questions sont : comment continuer? Comment être encore en vie? Ou même, d’autres interrogations: quelle trace faut-il laisser derrière? Quel héritage? Ces questions sont, peut-être, les mêmes. Selon Marx, la vie sans traces est la vie sans vie. Impossible de vivre sans subsister, impossible de subsister sans laisser de traces. Les moines bouddhistes de Barthes – peut-être est-ce malhonnête de le dire ainsi – ne pouvaient qu’échouer : même en refusant jusqu’à la nourriture, ils n’ont pas pu empêcher leurs traces, aussi infimes soient-elles, de se rendre jusqu’à vous et moi. Un long fil ténu, disparaissant sans doute ici mais pour obstinément réapparaitre là, un long fil malgré tout continu, les mène jusqu’à nous.

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Seance du 31 mars. La retranscription de la seance est disponible en ligne : http://www2.univ-paris8.fr/deleuze/article.php3?id_article=45


Pour Deleuze, le bouleversement de l’Histoire et la révolution sont fantasmes. Les traces sont là, ne peuvent pas ne pas y être. Bien sûr qu’on les transforme, qu’on les bouscule, qu’on les inverse, qu’on en change l’arrangement, peut-être même qu’on en efface complètement certaines. Mais pour bouleverser les traces, pour faire de la place sur la page noire, il faut quelque chose comme une catastrophe, quelque chose qui bouleverse le sujet. La catastrophe, ce n’est pas la libération. Ni l’effacement des contradictions ou la restauration d’un ordre secret qui serait celui du monde enfin accompli. On ne prend pas l’Histoire entre ses mains comme on prend sa vie en main. La catastrophe, la transformation des traces, le choix de celles qu’on laissera, tout ça ne peut être, au fond, que tout petit, mineur. Comme l’infinie quantité de traces invisibles qu’on efface pour pouvoir enfin peinturer. Impossible de ne pas laisser de traces. La vie sans conséquences, l’idiorrythmie des moines – qu’ils soient grecs orthodoxes, bouddhistes, ou même laïcs n’y change rien – n’est que fantasme. Pour Barthes, l’idiorrythmie était un fantasme pour des raisons méthodologiques, et ce fantasme, peut-être, avait pour fonction de cacher, en le redoublant, le fantasme d’un vivre ensemble parfait. Impossible, aussi, de bouleverser d’un coup l’immense amas de traces qui recouvrent le monde. La révolution n’est que fantasme. L’Histoire ne peut être saisie pour être changée radicalement. Il y a une histoire des révolutions qui n’est pas celle de ses transformations profondes de la marche de l’histoire. Mais qui est à coup sûr l’histoire de l’effacement de certains rapports politiques au profit d’autres.

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Parce qu’entre ces deux fantasmes – entre l’effacement de l’existence sans l’effacement de la vie et la révolution totale et définitive – il y a des questions. Depuis quand le monde est-il plein? Quoi faire de toutes ces choses qui existaient avant nous et qui nous font, à notre tour, exister? Quelles traces laisser, à qui, pourquoi? À travers ces questions de traces apparaissent les questions nécessaires de notre manière de vivre, de notre rapport immédiat aux autres. Peut-être que la question des traces, la question éthique et politique des traces, pourra être celle qui permettra de repenser les rapports de pouvoir et de les joindre. Car il y a, après tout, au milieu des traces, la question du sujet, celle des traces dont il hérite ainsi que celles qu’il lèguera.


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pa r d o n ne le dĂŠlai Sarah Turner


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qui la contraint à transparaitre creuse sur tous ses fronts afin qu’elle s’y sème en banshee en magicienne qui fausse sa chair

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À cette foule talonnée par une fillette dilettante bleu poudre


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AmĂŠlie Langlois

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le mu r


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Mes mamelons durcissent encore une fois au contact du sol froid. Un frisson parcourt mon sexe. Je ferme les yeux. Suivant mes envies, mes hanches valsent contre le plancher de chêne. Seuls les longs poils bruns caressant mon ventre me rattachent au moment présent. Avec eux, je me sens en sécurité, comme si j’avais la tête dans le ventre. Je peux m’évader : Toupie veille sur moi. J’en reviendrai intacte malgré les sorcières qui, dans mes fantasmes, m’attachent à une planche de bois avant de me déshabiller de force. Je me demande ce que ma mère écoute. La voix de mon frère perce le plafond du sous-sol et résonne dans la pièce. La télévision joue en arrière-plan. Ma sœur, enfermée dans sa chambre aussi, joue du piano pour enterrer les cris. Ma mère s’époumone dans le salon. Les notes deviennent de plus en plus rapides et stridentes. * Mon frère me chuchote vomis en silence à l’oreille. J’enfonce mon visage dans la poubelle en plastique transparent. Au fond, un trou. J’échappe un sourire, du vomi aux commissures des lèvres. *

* Dans mes fantasmes, un marteau frappe un meuble. Je ne me vois pas tenir le marteau. L’important est que le meuble se fasse détruire. Quand je suis en colère, je m’imagine parfois démolir le mur avec le même outil. Si je vais bien, je suis enfant, et je gratte le mur avec des ciseaux. J’y vais lentement, avec obstination. Je pousse tout mon poids contre le mur. * Je l’observe entre les pattes de la chaise. Mon frère ronge les pieds et les mains de mes poupées, une par une. Je n’ose pas bouger. Plus tard, je le surprends à sourire alors qu’il me regarde jouer avec mes poupées-troncs. * J’avais l’habitude de me coucher nue sur le plancher et, comme le ferait une larve qui se débat, de me tortiller contre le bois frais. Je caressais ainsi mon clitoris chaque jour, parfois même pendant la sieste à la maternelle. Je m’agitais contre le visage euphorique de Winnie l’Ourson. C’était avant que je sache que j’avais un trou là où se trouve mon vagin. Je l’ai découvert à dix ans, les doigts tachés du sang que je venais de trouver au fond de ma petite culotte. * Ma sœur pleure dans sa chambre et ma mère la réconforte. Je voudrais me joindre à elles. J’écoute, l’oreille collée au mur : Il pissait sur moi. Il a sorti son pénis de son pantalon et a commencé à pisser sur moi, dans la cour, devant son ami. Je lui criais d’arrêter, mais il riait, et son ami aussi. Je le fuyais et il me poursuivait avec son jet.

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Je fouillais dans son journal intime, même si je ne savais pas lire. Ma sœur avait fortement appuyé des doigts en dessinant. L’image me revient souvent en tête. Mon frère est là, en morceaux de crayon de plomb écrasés sur la page noircie. Ça ne peut pas être quelqu’un d’autre. Les traits de son visage gris, la courbe de ses cheveux, même ses vêtements sont parfaitement reproduits, sauf que des couteaux les traversent pour atteindre l’abdomen et le cœur. Le sang, à l’encre rouge, coule contre son torse.


* Je porte un polar bleu poudre avec la fermeture éclair à la poitrine. Pointus, mes seins commencent à pousser, mais je ne m’en suis pas encore aperçue. J’ai les dents écartées, la raie dans le milieu et les cheveux courts. Nous sommes à la cabane à sucre en famille. J’ai de la tire plein le visage. C’est l’heure de rentrer. J’avance en retrait, trainant les pieds. Mon frère ouvre les bras et me regarde. Au coin de ses yeux tremble la peau tirée de ses joues. J’hésite un instant, persuadée qu’il se moque de moi et que je risque le vide. Je fonce, il rit, m’attrape et me soulève. * Le projectile va s’écraser derrière ma sœur. Les morceaux de verre brisé se répandent autour d’elle qui fond en larmes. Je pense à la prendre dans mes bras et à la caresser, mais elle accourt dans les toilettes. Ma mère la suit, se heurte à la porte barrée. J’observe, impuissante, la veine qui s’excite sur le front de mon frère. J’ai pas fait exprès! * Il devient de plus en plus nerveux en ma présence. Je dépose deux de ses pattes sur le rebord de la chaise. Il ne s’agrippe jamais bien longtemps et tombe. Son dos heurte un ou deux barreaux. Je retire une certaine satisfaction à le voir s’agiter dans tous les sens. Un soir, son sexe se met à saigner. J’arrête de jouer avec lui. 22

Ma mère a pris en charge de tuer notre hamster lorsqu’elle l’a vu ramper les fesses au sol, avec les intestins qui trainaient derrière lui. Elle l’a noyé dans un sac Ziploc, sous mes yeux à la fois fascinés et apeurés. Ma sœur n’a pas cillé. * Le miroir encadre mon visage comme une photographie. Il n’y a aucune porte de sortie. Je suis figée dans ce rectangle qui fait la moitié du mur de la salle de bain. Dans le même cauchemar, mes deux parents, ma sœur et moi sommes réunis dans le salon quand du plancher surgit une scie. J’aperçois le front de mon frère poindre dans le bois troué et je tremble à la pensée que je vais tomber auprès de lui dans le sous-sol.


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Sa ns t itre Florence Dancause


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la nuit j’avale la jouissance du vide les filles se tordent en échos sur ton ordi

je couds une constellation peaux mortes revenantes le vin déboule nos gorges tu t’assommes nos ecchymoses sur la peau en rosée on s’effondre arc-en-ciel dans nos flaques on est belles tu nous haïs

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on s’arrache


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R ĂŠ c o nc iliati on Raphael Nunez


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Tout se transforme en jouets, révélés en dangers ou en idoles, dans un chaos de bruits inimitables. Tu y cherches le cassé de ton accent pour reconnaitre ta voix et devenir une archive. Tu souhaites étouffer la tête des gens dans ton rêve, cet univers coincé sous ton oreiller lumineux. *

* Tu cherches des ennemis qui te feraient rajeunir, nostalgie des épées en plastique, des fusils à eau, mais toujours avec cette impression de manquer quelque chose. Tu t’inquiètes moins du spectacle sous tes yeux que de ton absence à un autre évènement de la Nuit blanche. * L’été te fait tout oublier, bercé par l’autopsie des époques. Tu te retrouves au fond d’une boite d’albums photo, pleins de poussières, un sourire avec un trou d’une dent tombée, une coupe de skater et deux doigts en signe de paix, et c’est moins spécial que ce que tu t’imaginais.

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Chaque occasion qui se présente tu ouvres la porte tu coures dans les rues du quartier tu cries tu cries en reprenant le moins possible ton souffle comme pour éviter une mauvaise odeur tu cries à t’étourdir tu crois que cette souffrance te rendra célèbre mais tu es somnambule.


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e y e s w id e slu t Tasia Bachir


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j’aurais calé le robinet pour me souvenir de tes mains mis en feu les maisons jamais construites crissé le camp dans la lune de ton cou sans politesse tu dis les filles sont plus laides lorsqu’elles disent la vérité je n’ai pas envie d’être belle je ne suis pas une bande-annonce i’m a fucking crime scene

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le matin n’arrive plus le voisin m’en veut ma nuit bleue noyée fait des fuck you aux taxis dans mes yeux désir sold out


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Ca md e n town Gabrielle Lebeau


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Elle a vécu ses dernières années à Camden Town, son quartier préféré. Celui où, disait-elle à son père neuf jours avant son décès, elle sentait qu’elle pouvait tout faire. Son « terrain de jeu », j’ai lu sur les pages humides d’un quotidien médiocre. Elle était peut-être avec moi lors de ma première fois à Camden, accompagnant mes regards ébahis. C’était plus de deux mois avant qu’elle ne pousse son dernier souffle. J’avais déambulé cet après-midi-là au Stables Market, une ancienne étable, marché-labyrinthe devenu le repaire du vintage. On y vendait de délicates porcelaines anglaises, des vinyles, des Levis délavés, des livres anglais aux pages jaunies et poussiéreuses. En cette journée ensoleillée, je parcourais les trottoirs, ne me doutant pas qu’hier elle y avait posé ses talons épuisés, que demain elle foulerait ce même béton, à quelques pas de chez elle, avec aux bras des sacs pesants d’emplettes. À vrai dire, je ne soupçonnais même pas son existence, alors qu’à travers la planète on l’aimait par millions. C’était probablement en quittant Stables Market, juste avant de passer sous le viaduc ferroviaire du London Overground, celui qui lie Richmond dans l’Ouest à Stratford dans l’Est londonien, que j’avais remarqué son pub favori, là où surement elle avait pris le verre fatal. Avec sa façade symétriquement séparée en six pans de mur rouge sang et cinq larges fenêtres noires, The Hawley Arms, comme la plupart des commerces de Camden, ne passait pas inaperçu. Aujourd’hui, devant le pub, on a installé une pancarte : Back to Black. Retour à la noirceur, à ses dépendances, à l’avant, à l’après Blake – Blake qui l’a abandonnée, laissée à elle-même, à ses troubles qu’il partageait trop bien. Au retour, j’avais erré le long de Chalk Farm Road. L’avenue était bondée de gothiques et de jeunes punks de tous âges aux membres couverts de tatouages, aux cartilages et aux chairs troués, aux cheveux verts, roses et violets. C’est certainement dans quelques-uns des ateliers de piercings et tatouages de Chalk Farm Road qu’Amy avait fait graver ses innombrables marques.

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Une semaine s’est écoulée depuis l’annonce de sa mort. Ces sept jours, je les ai épuisés à écouter en boucle ses mots qui me prenaient aux tripes. J’ai tenté une fois de plus de rattraper les années perdues dans l’ignorance, à l’écart du monde qu’à travers sa voix elle me faisait découvrir : un univers d’amour déchirant. J’ai souhaité analyser les moindres détails de son existence, comparer nos enfances et nos débauches, savoir si comme elle un jour j’aimerais, je souffrirais, je créerais. Je l’ai admirée. J’ai eu pitié. J’ai fouillé l’Internet, intriguée par cette intimité qu’en chantant elle crachait, vibrante, tremblante sur scène. Cela ne m’a pas suffi : j’ai décidé de me rendre chez elle.


Camden était LA place : inspirante de liberté, délicieusement excessive. C’est ici qu’elle est décédée. Durant mes journées de congé, ne sachant plus où aller pour échapper à ma solitude, je venais ici, flâner le long du canal, toujours bouillonnant, même les lundis. Je prenais mon diner tardif à l’un des kiosques – indien, mexicain ou asiatique – qui offraient en fin de journée les restes de nourriture à prix réduit. Mon plat de styromousse blanc entre les mains, je m’asseyais sur la bande de béton, entre les punks et les rastafaris. Un jour où je m’étais rendue de Camden Town à Regent’s Park, empruntant à pied Parkway direction sud-ouest, j’étais passée devant le Dublin Castle. Ancienne taverne construite pour les ouvriers irlandais, le Dublin Castle était devenu, grâce au flair du propriétaire, un lieu privilégié de l’industrie musicale dans les années 90. Amy y avait fait ses premières performances et elle avait continué à le fréquenter jusqu’à sa mort. Au haut de l’édifice, on peut lire en lettres dorées « DUBLIN CASTLE TAVERN ». La façade du rez-de-chaussée est rouge sang, étrangement le même rouge, sinon plus luisant, que celui du Hawley Arms. 30, Camden Square. Sa maison. Immense, toute de brique beige, des moulures blanches, de grandes fenêtres. Une maison de trois étages pour une femme seule. Devant la grille qui clôture la maison, deux policiers et un ruban, Police – do not cross, bloquent l’accès à plus de cent personnes qui, encore aujourd’hui, continuent de visiter Amy. Devant la grille, sont laissés en guise d’offrande des cigarettes, des canettes de bière vides, des bouteilles et des verres de vin. Les articles qui ont été posés devant la grille ne montrent pas la Amy que traquaient les paparazzis la nuit : ils rappellent celle qui était souriante, avec son bandeau bleu, ses yeux verts pétillants et sa bouche généreuse. Un peu partout, sont déposés des fleurs, des oursons en peluche, des portraits. Des bougies.

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Je me souviens des soirs d’hiver dans la maison froide et vide, du lainage de maman qui me réconfortait et des bougies que si souvent j’avais allumées pour y trouver un peu de courage. Une flamme pour bruler les mauvaises pensées qui me submergeaient, pour m’éclairer. Où était-elle ces soirs-là? Était-elle seule, comme moi, aux prises avec ce vide qui nous rongeait? Face à la grille, la plupart des gens sont assis, pensifs. Certains pleurent. Un silence pesant et résigné semble avoir envahi tout Camden, toujours si bruyant, toujours si puant. Soudain, une mélodie vient percer la lourdeur de l’air. Love is a losing game. Elle n’y a pas survécu.


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‘’M e ta - f ict io n na l h um or’’ i n t h e OC Jean-Guy Forget


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“Meta-fictional humor” in The OC – Wikipedia, the free encyclopedia la fin traine quelque part dans ce poème un enfant se retrouve arguing with les trous de cobain le last call qu’on aurait voulu au secondaire vécu en retard de dix ans sans mot du médecin on se voit belle prémonition made in 2003 saison 1 épisode 6 ensemble au moins tu m’as enseigné la nostalgie waiting for my man dans le corridor mes dépendances en retenue dégrisent l’asphalte étirent mes attentes à la longueur d’octobre I ain’t scared of the fall l’automne roulé sous le col près des élastiques plein les veines mon combiné en sueur in this town I have no language que des clôtures et des cordes pour encabaner mes verbes d’emprunt je te compose de mémoire line was busy et ne sais si le reflet sous mon souffle prend la shape exacte de tes absences autoplay en loop la sirène http://www.youtube.com/watch?v=iT4puVVFp4U&t=1m15s

un accident nous a laissés sans voix outre

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spoiler alert décalé notre saison finit sidewalk sale rose gyrophare une danse parfaite vers le fossé on s’est permis la dérape suivant les lignes s’est chuchoté la troisième finale la nuit fentanyl

références utilisées Outrenuit et Nous serons sans voix par Benoit Jutras, Gyrophare de danse parfaite par Daniel Leblanc-Poirier, « The Girlfriend » épisode 6, saison 1 et « The Graduates » épisode 25, saison 3 de The OC, I Wanted to Be the Knife par Sara Sutterlin, « I’m Waiting For The Man » par The Velvet Underground, « The Fall » par The Weeknd


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s ’ o u b lier Andréanne Dufour


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J’ai laissé des lettres d’amour derrière moi, written in smiles and deep breaths, découpées en confettis. Je les ai échappées au vent avec tout ce que j’étais entre deux sapins du parc des Laurentides, dans des ravins de voies ferrées, between two skyscrapers. Mes empreintes sont tragiquement insignifiantes.

J’ai avalé mes non-dits avec des bouffées de joints partagés, des puffs goudronneuses qui brulent les poumons, des gorgées de vin bues au goulot. Tellement de gens ne sauront jamais comment j’aurais pu les aimer. Everything has the taste of lust and dust quand on existe dans une cité confuse par ses contradictions. Parfois c’est tout ce que je suis, les espaces qui m’ont vue. J’ai jeté mes mégots tachés de rouge à lèvres, salés par mes larmes. Je les ai écrasés et piétinés par-dessus ceux des autres. Colonialisme de cendrier, poèmes enfouis dans des fonds de tabac. Tant de mots ont été changés en fumée, en bouteilles à la mer saveur cancer. Les fibres des filtres ne diront rien, je leur fais confiance. Mes mots débordent de partout, ils hurlent et je chuchote. I guess I learned to keep quiet now.

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Des fuck you gravés sur une table de bar, des bouts de peau d’écorchages de fin de soirée oubliés sur l’asphalte neuve. Des regards ébahis posés sur un château from my uneventful shore, les marées sales retiennent encore les cris de ma mère et j’en ai laissé quelques-uns à mon tour.


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Dag-dag Rosalie Asselin


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I. Mon ongle s’enfonçait dans les reliefs de la tapisserie de la chambre de ma mère. Au fil des années, j’y gravais des demi-lunes blanches. J’ai signé mes initiales sous la cage d’escalier, laissé les rubans de ma piñata sur les poutres du sous-sol. Je voulais être partout sur les fondations, sur les murs, sous les planchers. Un jour ma mère a décidé d’arracher la tapisserie, toutes les tapisseries de la maison, toutes les moulures, de couvrir toutes les poutres de tous les plafonds. Tous mes murs sont devenus beiges. Beige Home Staging, beige Canal Vie, beige Remax. L’agent d’immeuble a trouvé ça beau. Les voisins ont trouvé ça beau, beau à en faire pleurer une participante à Décore ta vie, mais elles pleurent tout le temps celles-là, de toute façon. Mon chat a pissé sur un pinceau imbibé de beige un matin.

Mon chat feulait en regardant mon ciel tapisserie de demi-lunes qui s’empilait dans la poubelle. II. Au dernier souper avant de quitter la maison, on a commandé de la pizza. J’ai caché le reçu dans mon journal intime en minou mauve. C’était une medium all dressed, achetée à la pizzéria Francesco, à Bois-des-Filion. Ça avait couté 18$. Je goute encore l’amertume du poivron vert sous ma langue. Après avoir terminé ma pointe, j’ai placé mon tabouret au milieu du patio, je me suis assise et j’ai inscrit toutes les choses que je ne voulais jamais oublier. Ne pas écrire quelque chose de déprimant ce soir, écrire pour me souvenir. Ça a pris une heure, peut-être deux. Tous mes souvenirs enterrés dans un filtreur acheté à rabais chez Club Piscine Super Fitness. Je souhaite à mon journal une mort rapide dans sa sépulture d’eau chlorée. III. https://www.youtube.com/watch?v=YOjytlQteCk (2:25 - 4:43)

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J’ai souri pour la première fois depuis des semaines. Ma mère n’a pas ri. Mon père ne riait plus depuis longtemps.


IV. J’ai rebâti ma maison brique par brique. J’ai trouvé une tapisserie pratiquement identique dans la base de données. C’était dans les Sims, la troisième édition. Dans le sous-sol de notre nouveau bungalow, je passais des heures à Sunset Valley, que je préférais de loin à ma banlieue. J’ai construit une mini-moi, une avatar tout ce qu’il y a de plus réaliste. Je l’ai coiffée de lulus, lui ai mis une robe couverte de roses, des freckles jusqu’aux épaules et un air un peu triste. Surtout un air un peu triste. Je lui ai promis une enfance heureuse et je la lui ai donnée. À l’adolescence, je l’ai installée dans la piscine et j’ai supprimé l’échelle. Dag dag. 50

V. Michael Jackson est devenu mon nouveau meilleur ami. Sa mort m’a davantage marquée que le 11 septembre. Je me souviens des vêtements que je portais, de ce que j’avais mangé, de la température à l’extérieur. Il faisait chaud et humide, on avait commandé de la pizza. Encore ce même gout de poivron vert sous ma langue. Les documentaires sur la vie de Michael Jackson se sont mis à envahir toutes les plages horaires de jour de Musimax. Je les ai tous écoutés. Dear Micheal, I wrote to you just a few minutes ago but I’m still sad. La dépression s’est installée tranquillement, au rythme de You Are Not Alone en loop. People were right on Youtube, you were an angel. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à prendre des bains, seuls moments de solitude qui valent la peine dans une maison de banlieue. J’ai ensuite appris qu’il avait été accusé de pédophilie. Mes seins d’enfants flottaient à la surface de l’eau et je ne lui ai plus jamais écrit. Heal the world we live in, save it for our children.


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mo n f il d ’attent e Évelyne Ménard


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J’assemble des brindilles trouvées au sol. Avec quatre d’entre elles, je fabrique une fenêtre ; j’espère voir le passé à travers elles. Un regard, un cliché. Je plie sans craquer et attends la détonation du polaroid. Des cordes à linge d’images décorent ma forêt, pour illustrer la perte de ma voix. Ma fuite s’étale en photos et je me perds entre ses marges.


sur le fil électrique elle épingle le vide son corps se libère

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recharge en silence au rythme des rancunes lancées dans la cour du voisin voleur d’images découpées les bordures la forêt a ses limites (une muette ne s’obstine pas) visiter la ville sans s’y retrouver chacune de ses photos se décolore dès sa sortie à l’orée des rues fantômes les arbres l’ont entendue et ont décroché son absence


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o f f - life Emmanuel Deraps


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26 juillet 2016 — montréal

c’était à l’île noire si ma mémoire est bonne sans doute un énième lancement ce à quoi l’été nous avait habitués le rythme effréné le vin gratuit à ne plus savoir les revues les livres rapaillés ici et là entre les micro-ouverts et le choc des pintes levées à la démesure

ça m’a marqué cette nuit-là à quel point arsenault trouvait toujours le mot juste pour inspirer

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ça avait fini en taxi en tour de l’ile à un de plus que le nombre de bancs serrés tight jusque dans nos rêves où il neigeait pour dix et personne ne nous avait dit qu’on jouait dans la nuit de ses quarante ans pas même mathieu le concerné comme pour se fêter en cachette comme pour nous faire une surprise qui nous avait simplement dit aimer habiter la vingtaine des autres


20 juillet 2016 — coin de rue

je pouvais même plus dire depuis combien de temps mon cell était mort (c’est drôle à quel point on est pris au dépourvu sans cellulaire) genre au mieux je pouvais dire : la lune a fait des progrès quelque chose comme deux ou trois centimètres dans un ciel trop gris pour la nuit comme un présage et je t’attendais encore sur le bord de la ruelle à borduas entre le cinko et le mcdonald (borduas se retournerait dans sa tombe s’il savait la place qu’on lui a réservée)

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et je savais même pas si t’étais en retard ou si moi j’étais en avance (ça m’étonnerait j’ai des habitudes et une certaine posture à entretenir) mais tant qu’à pas pouvoir scroller down la vie des autres aussi bien attendre et faire défiler la sienne aussi vite que possible pour que la fin arrive question de rebrancher mon cell et recommencer


8 octobre 2016 — chez dostie

finir le samedi soir tout le ritalin de maude nue parce qu’elle est vraie qu’elle avait de lousse pour le reste de la fin de semaine en cinq lignes (ça avait pas rapport et je ne me rappelle pas qui avait décidé de plonger dans le party avec nous) sur la belle table de bois à dostie sorry pour les traces laissées dans les creux de rien pour le souvenir le sourire offert sans le savoir ni le vouloir et sans même y penser quand tu t’es réveillé le lendemain à côté de nous sur la corde à linge

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au départ je comptais clore ce poème par quelque chose comme et c’est pour l’instant ce que j’ai fait de plus littéraire mais je cherche encore ma fin et c’est bien vrai demain arrive


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Av is à to u-te-s

Les qualités requises pour ce poste sont, il va sans dire, une excellente maitrise de la langue française, une très bonne assiduité dans le suivi des courriels et un désir de participer au projet « Main blanche ». Le poste est entièrement bénévole. Pour toutes questions ou pour envoyer votre curriculum vitae, veuillez écrire à notre réviseur en chef à l’adresse suivante : revision.mainblanche@gmail.com Au plaisir de vous compter parmi nous, L’équipe de Main blanche

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La revue littéraire Main blanche est à la recherche de collaborateurs et de collaboratrices pour constituer son équipe de réviseur-e-s.


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é qu i p e et collab or ateur s Équ i p e de rédactio n

Rosalie Asselin Emmanuel Deraps Virginie Lessard Brière Marie-Hélène Racine Com i té de le ctur e

Sophie Mathieu Ré vi seu r en chef

Anthony Morin-Hébert Équ i p e de révi s io n

Illu strati on

Couverture Jeremy Pilote Byrne Grap h i sm e

Shed espace créatif Logo

Jeik Dion contact

Revue littéraire Main Blanche 405, rue Sainte-Catherine Est Pavillon Judith-Jasmin, J-1080, Montréal (Québec) H3C 3P8 514.987.3000 (3905) mainblanche@gmail.com mainblanche.uqam.ca

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Marie Hébert Meggie Deschambeault


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SOUMISSION DE TEXTES

Processu s de séle cti on et de r évisio n

À la suite de la période d’appel de textes, les membres de l’équipe de rédaction se réuniront afin d’effectuer une sélection. Une réponse sera ensuite fournie par courriel à tous ceux et à toutes celles qui auront soumis un texte. Les textes sélectionnés feront l’objet d’un travail de réécriture collaboratif entre éditeur.e.s et auteur.e.s. Afin d’encourager l’émergence de nouvelles écritures et de contribuer à la réflexion des auteur.e.s de l’UQAM, l’équipe acceptera de répondre aux questions des auteur.e.s quant au refus de leur texte. Nous attendons les textes à l’adresse courriel suivante : mainblanche@gmail.com

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La revue Main Blanche accepte poèmes – en prose ou en vers -, nouvelles, micro-récits, fragments, essais, etc. Pour un même appel, il est possible de soumettre un maximum de 2 textes ou suites poétiques – ou de fragments. Chacun des textes soumis peut contenir jusqu’à 10 000 caractères. Pour faciliter le processus de collaboration entre auteur.e et éditeur.e.s, ainsi que le travail de réécriture qui en découle, ce critère devra impérativement être respecté. Le texte doit être de format .doc ou .rtf. Vous devez nommer le fichier comme suit : nom, prénom - titre.


Tirage 200 copies. Dépôt légal à la bibliothèques et archives nationales du Québec. Main Blanche est la revue des étudiants et étudiantes en études littéraires de l’UQAM. Son contenu ne peut être reproduit, en tout ou en partie, sans une autorisation écrite. Chaque auteur est responsable des propos tenus dans son texte. Cette revue, financée par l’AEMEL-UQAM, l’AFÉA-UQAM et le Service à la vie étudiante, offre un espace d’écriture libre aux étudiants et se veut un organe de communication privilégié pour ceux-ci.


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traces

v 2 2 • n 0 1 • A 2 0 16

mainbl anche .uq am.ca

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Vol 22 No 1 : Traces  

Automne 2016, thème : traces.

Vol 22 No 1 : Traces  

Automne 2016, thème : traces.

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