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« Aller à l’idéal et comprendre le réel » (Jean Jaurès)

depuis 1987

La famille Duboc

ALAIN JUPPÉ AVEC LES JEUNES À MONTMARTRE

DOSSIER SPÉCIAL : LA MASCOTTE MICHOU ET THIERRY CAMPION

les patates de greg

Argent

N°13.102 1er trimestre 2016 ISSN 11 53-0618

NICK MALLEN

LE FUNICULAIRE BIENTÔT RÉNOVÉ

Art Roger Feuilly

LES OUBLIÉS DU XVIIIe

Geneviève De Fontenay

Artistes


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Pour une société heureuse Jour après jour, certains medias poursuivent leur œuvre avec jubilation; toujours prêts (au starting-block) pour la course de vitesse aux alertes-infos, aux scoops et aux nouvelles sombres, catastrophiques et déprimantes, plombant ainsi le climat social dans le pays et faisant régner la peur, la suspicion et les clivages de toutes sortes. Résultat : une société en souffrance, moralement sinistrée, accablée, toujours à la recherche du bouc émissaire idéal du moment – comme on le sait bien, c’est toujours la faute de « l’autre » : celle de la gauche pour la droite, du riche pour le pauvre, du blanc pour le noir, du juif pour le musulman, de Bruxelles pour les européens, et celle de l’immigré pour tout le monde... et vice-versa, bien entendu. Certains commentateursspécialistes en catastrophes, politiciens, essayistes ou philosophes faiseurs d’opinions, prétendument défenseurs de la démocratie et des libertés, sont quand même – soit dit entre nous – de sacrés dealers-diffuseurs de mauvaises nouvelles (accidents, explosions, incendies, affrontements divers, guerre, etc.). Ne serait-il pas possible d’informer mieux et autrement ? Par exemple en prenant aussi en compte ce

édito

qui va bien, le bonheur, la réussite et la cohésion sociale, ce qui peut nous rendre heureux, ce qui nous donne de l’espoir et l’envie de vivre ensemble et d’avancer, d’échanger, ne serait-ce qu’un sourire ou un regard bienveillant. Crions tous en chœur un grand « non » à l’ambiance morose et à l’anxiété qui nous tétanise. Ce n’est pas parce que les accidents de la route sont une réalité qu’on s’interdit d’utiliser notre voiture ; il arrive aussi que des avions s’écrasent mais on n’arrête pas pour autant de voyager et d’apprécier ce mode incontournable de transport – et même les effets secondaires des médicaments ne nous empêchent pas de courir chez le pharmacien au moindre petit bobo… Alors assez de cette course aux mauvaises nouvelles et aux alertes-infos incessantes qui nous divisent et dont le but recherché par et pour certains est d’instaurer la peur en méthode de gouvernement. Assez aussi des interdictions qui ne cessent de gagner sur nos libertés, instaurant ainsi un système pervers qui, par une prétendue volonté de protection, finit par nous étouffer et nous fragiliser chaque jour un peu plus. Il faut néanmoins saluer les bonnes idées, d’où qu’elles viennent, comme autant d’anti-

dotes à l’accablement collectif. À Paris, la mairie vient de lancer une Carte Citoyen (lire page 12) : c’est une chance à saisir pour participer pleinement à la vie de la cité. A l’heure des floraisons printanières, la mairie annonce également d’autres initiatives : - La première Nuit du débat démocratique, le 2 avril, invitant les Parisiens à la rencontre et à l’échange - Un grand prix automobile 100 % électrique au centre ville - L’avenue des Champs-Elysées réservée à la flânerie un dimanche par mois. Les lieux culturels pluridisciplinaires sont également à l’honneur, l’art investit l’espace urbain, nous explique la mairie. « En ce printemps 2016, Paris voit dans la fête de l’art, de la culture et du débat une occasion de donner à tous la chance de la liberté », proclame Mme Hidalgo. Incontestablement, il s’agit là des fondamentaux de nos valeurs qu’il ne faut pas laisser s’éteindre à force de replis, de morosité et d’abdication. On aimerait tant que cet élan ouvre des portes, des débouchés sur une société apaisée et heureuse, et que le ciel se dégage et s’éclaircisse pour tous. Il est toujours permis de rêver… Il reste qu’il faut préserver l’espoir envers et contre tout. On dit que le bonheur est dans le pré, mais on peut aussi le rencontrer dans la ville et ailleurs ; il suffit de lui accorder une petite place parmi nous, et le monde sera meilleur et comblé. Midani

Découvrez le Moulin de la Galette Carte de saison réalisée exclusivement à base de produits frais Service convivial / Belle carte de vin (150 références) Service voiturier / Terrasse chauffée Menu Déjeuner du Marché : 16 € (plat), 22 € (2 plats), 28 € (3 plats) Ouvert du mardi au samedi de 12h00 à 14h30 et de 19h00 à 22h30 Et le dimanhce de 12h00 à 14h30

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sommaire

« Aller à l’idéal et comprendre le réel » (Jean Jaurès)

DEPUIS 1987

LA FAMILLE DUBOC

ALAIN JUPPÉ AVEC LES JEUNES À MONTMARTRE

DOSSIER SPÉCIAL : LA MASCOTTE MICHOU ET THIERRY CAMPION

6 16

LA VIE DU VILLAGE VALENTINE AUPETIT Dresseuse de bêtes de scène

DENIS DUGAS des marionnettes plein la tête ! 20

22

Geneviève De Fontenay

25

ALAIN JUPPÉ AVEC LES JEUNES À MONTMARTRE

32

Art, Argent, Artistes

Michelin 2016 un guide un brin frigide pour un quartier bien oublié, le 18e

34

À la Mascotte bat le cœur des Abbesses

36

44

50

LA LEGENDE DORÉE D’UNE FAMILLE D’ARTISTES NICK MALLEN STAR DE «THE VOICE» ET POULBOT PUR JUS

Chers amis de Paris-Montmartre, Gardons le soleil dans nos cœurs sans sombrer dans la peur, la haine. Résistons pour que la culture survive. Tania Lesaffre

Trouvez

LE FUNICULAIRE BIENTÔT RÉNOVÉ

LES PATATES DE GREG

Argent

NICK MALLEN

N°13.102 1er trimestre 2016 ISSN 11 53-0618

Paris-Montmartre 1 er trimestre, mars 2016

Art ROGER FEUILLY

LES OUBLIÉS DU XVIIIe

Artistes

GENEVIÈVE DE FONTENAY

REGISTRE DU COMMERCE Paris B 420 740 045 RÉDACTION ET PUBLICITÉ 13, place du Tertre, 75018 Paris Tél. 01 42 59 19 99 DIRECTEUR DE LA PUBLICATION Midani M’Barki midani1@free.fr

DIRECTEUR ADJOINT ET RÉDACTEUR EN CHEF Jean-Manuel Gabert gabert.jeanmanuel@neuf.fr

RÉGIE PHOTO Jacques Habas, Tél. 06 17 55 57 37 RÉDACTEUR-CORRECTEUR Michel-A. Daguet RÉDACTION Jean-Paul Bardet, Alexandra Cerdan, Catherine Charrière, Michèle Clary, Marie-France Coquard, Michel-A. Daguet, Roger Feuilly, Jacques Habas, Alain Haimovici, Grégoire Lacroix, Sophia Mezières, Jean-Jacques Sacquet, Jean-Marc Tarrit. PHOTOGRAPHIES Jacques Habas, Yves Praturlon. ILLUSTRATION Eric Boldron, Janbrun. DÉPÔT LÉGAL 1er trimestre – mars 2016 RéGIE PUBLICITAIRE Michèle Dura 06 43 57 74 94 email : pmparismontmartre02@gmx.fr

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chez nos partenaires :

Le Moulin Rouge, Terrass Hôtel Paris [p. 2] • Le Moulin de la Galette [p. 3] • Le Sabot Rouge [p. 5] Eurobat Design [p. 9] • La Maison des Tapis [p. 11] • Fusart, Coquelicot, Le Cadet de Gascogne [p. 18] Gestion Immopolis [p. 24] • Clichy-Montmartre [p. 30] • La Bonne Franquette [p. 31] • Xavier Castex MMA [p. 43] Le Chant des Oliviers [p. 47] • Chez ma Cousine [p. 53] • Miroir [p. 55] • Wepler, La Mascotte, L’Écaille, Le Brio, Durand Traiteur, Le Bœuf Gros Sel [p. 60] • La Plomberie du Ruisseau [p. 65] • Michou [p. 67] Immopolis [4e de couverture] • Au Syndicat d’initiative de Montmartre, 21 place du Tertre, et dans certaines boulangeries du XVIIIe.


Le dessin du trimestre par Janbrun

Le Sabot Rouge

vous accueille tous les jours de la semaine dans l’ambiance bohème des artistes de Montmartre

• Petit déjeuner complet servi jusqu’à 12 heures • Plat du jour • Salades diverses

Le Sabot Rouge 13, place du Tertre 75018 Paris


La Vie du Village

PM 13-102

Bon anniversaire Roger !

Naissance :

C

’est l’une de ces grandes figures qui font aimer Montmartre, qui le personnalisent d’un mot souriant, d’une attitude chaleureuse, d’un trait d’humour sous lequel on sent que se camoufle avec pudeur « un cœur gros comme ça ». Roger Dangueuger, maître cabaretier et pilier du syndicat d’initiative, ne reste jamais longtemps éloigné de son village parisien malgré une retraite au soleil du sud de la France. Ses amis (disponibles, les autres étaient présents en pensée) lui ont réservé une surprise, une grande soirée en son honneur au Cadet de Gascogne à l’occasion de son anniversaire – événement organisé de main de maître par une autre grande figure de la Butte, son ami Frédéric Loup dit « Petit Loup », maître apothicaire au sommet. Un de ces jolis moments d’amitié et d’harmonie dont Montmartre, malgré certain penchant «clauchemerlesque», a (heureusement) gardé le secret…

La RATP a fait son choix :

c’est MND, une société savoyarde qui restaurera le funiculaire

C

en 1900, le funiculaire de Montmartre, bien que rénové en 2000 et passé à l’ère électronique, avait grand besoin de « remise à niveau » : on se souvient que lors de la dernière grande révision, en décembre 2006, l’une des deux cabines en phase d’essais s’était décrochée… Cabine que l’on voyait bien souvent à l’arrêt depuis… C’est une société de Montmélian (Savoie), Montagne & Neige réé

Développement (MND), qui a emporté le marché avec un chantier de restauration qui a en charge la rénovation totale des deux machineries et l’inspection générale des deux cabines. Spécialisée dans les remontées mécaniques sur les domaines skiables, MND devra relever le défis de restaurer ce « remonte pente » parisien qu’utilisent près de quatre millions de passagers par an (c’est la ligne de funiculaire la plus utilisée au monde)

pendant une période d’intervention très réduite – entre la fin de la fête des vendanges de Montmartre en octobre et les vacances sco-

La BANDA de PARIS Montmartre Ce nouvel orchestre festif souhaite organiser des manifestations musicales au cœur de Montmartre, et participer pleinement aux grands rendez-vous tels que les Vendanges et à la Vachalcade. Dans le but d’animer notre « Commune libre », le président Daniel Neveu développe deux beaux projets adaptés au site des arènes de Montmartre : la Fête de la Musique, le 21 juin 2016, et une création autour de la Fête de la Sainte Cécile, patronne des musiciens, le 25 novembre 2016. La Banda de Paris Montmartre est ouverte à toutes propositions et attend vos suggestions et sollicitations ! Qu’on se le dise ! Renseignements : 06 03 74 46 87

laires de fin d‘année. Avec pour obligation de maintenir le service pendant la durée des travaux. Le funiculaire de Mont-

martre en chiffres : 108 m de long, 36 m de dénivelé, usagers : 2 000 personnes par heure.


La Vie du Village

PM 13-102

Michou a accueilli Madame de Fontenay les bras ouverts, dans son fief montmartrois

C

’était à l’occasion de l’élection Ile de France de Miss Prestige National, à la Bonne Franquette. Peu de temps auparavant, Geneviève avait été intronisée par la République de Montmartre au titre de « Citoyenne d’Honneur ». Depuis, elle a mis fin à son activité, mais sûrement pas à sa liberté de parole (rencontre et interview page 22).

Cérémonie des vœux de la

République de Montmartre à la mairie

L

e 28 janvier, en présence de la municipalité réunie autour de son Maire Eric Lejoindre, des parlementaires Daniel Vaillant et Christophe Caresche, de Pierre-Yves Bournazel réélu à la Région où il est en charge de la candidature pour les Jeux Olympiques de 2024, de nombreux élus

et responsables associatifs ont répondu à l’invitation de la République de Montmartre à l’occasion de la nouvelle année. Avec un souhait commun : que 2016 permette de retrouver la paix, unis par la volonté de faire vivre l’esprit de liberté et les valeurs de la France.

En cette année 2016, la République de Montmartre célèbrera son 95ème anniversaire et honorera la mémoire et l’œuvre de son fondateur Francisque Poulbot, disparu il y a 70 ans le 16 septembre 1946. De jolis rendez-vous en perspective…

Pascal Danel

a fêté ses 50 ans de carrière à la Nouvelle Eve

E

n

décembre 2015, Pascal Danel célébrait ses

50 ans de carrière à la Nouvelle Eve, avec deux représentations exceptionnelles. C’est dans ce

magnifique écrin de Pigalle qu’il souhaitait présenter un

Photo : Marc Leclerc

spectacle acoustique, différent de celui du Casino de Paris

Après le spectacle de Pascal Danel à la Nouvelle Eve : la chanteuse Pattika, le parolier Claude Lemesle (Joe Dassin, Serge Reggiani, Alice Dona…), Pascal Danel, la comédienne Françoise Deldick, Alain Turban, Fred transformiste chez Michou (Aznavour, Zizi Jeanmaire…) et Alexander Son.

où, en janvier 2015, il avait rendu un hommage à Gilbert Bécaud. Pascal a magnifiquement habité la salle de la rue Fontaine, devant un public enthousiaste. Un grand moment de talent, d’humour, d’émotion et de chaleur humaine.


La Vie du Village

PM 13-102

L’AMOMF a organisé son congrès français à Montmartre

L

’Amicale des Médecins d’Origine Maghrébine de France (AMOMF) a été créée en 1997 par un groupe de médecins originaires de l’Afrique du Nord. L’association, qui se veut un lien supplémentaire entre ses différents membres et la communauté médicale du Maghreb,

regroupe actuellement quelques milliers d’adhérents. Depuis sa création elle organise chaque année un congrès médical dans un des pays du Maghreb et en France. Son dernier congrès en France a eu lieu le 15 janvier à la Bonne Franquette, à Montmartre : la soirée a été

dédiée à son président Salem Kacet disparu le 31 octobre 2015. Quelques 150 amis ont assisté à cette soirée en présence de la famille de Salem mais aussi de Madame Tokia Saifi, ancien Ministre et Député Européenne, des Sénatrices de Paris Bariza Khiari et Léila Aich, de l’ancien président de la société française de cardiologie le professeur Robert Haiat et du Professeur Nadir Saoudi. L’ambiance a été festive et très conviviale comme l’aurait voulu Salem. Le Docteur Hakim Benameur a présenté l’Amicale en insistant sur son

coté social et humanitaire – aide aux victimes des inondations de Bab El oued et du tremblement de terre de Boumerdès en Algérie, mais aussi aux Irakiens, aux Palestiniens et aux Tunisiens lors de la révolution… Le prochain congrès Euromed Cardio sera organisé à Oran de 4 au 6 mai et portera le nom des Premières journées cardiologiques Salem Kacet – les 2èmes journées seront organisées au Maroc, ensuite en Tunisie. Chaque manifestation fera revivre l’esprit de Salem Kacet. Professeur Mohamed Ghannem Secrétaire Général de l’Amicale des Médecins d’Origine Maghrébine de France (AMOMF), le professeur Ghannem est une figure du XVIIIe arrondissement.

De gauche à droite, 1er rang : Saber Omrani, Kim Saifi, Mohamed Ghannem, Tokia Saifi, Nadine Ghannem, Hella Neffati . 2ème rang : Abdelhamid Moustaghfir, Hakim Benamer et Midani M’barki.

Le stade Championnet sera inscrit en Zone Urbaine Verte

L

mobilisation de l’association « Pas touche le stade » qui combat depuis plusieurs mois pour sauvegarder le stade Championnet, bel espace vert du XVIIIe, sur lequel plane un curieux et ambigu projet municipal de restructuration, avec constructions de logements et diminution des espaces verts, n’a jamais faibli. Elle a recueilli de nombreux soutiens. Un vœu, présenté par Pierre-Yves Bournazel et Christian Honoré (LR) au conseil d’arrondissement du XVIIIe a

du 1er février pour demander le classement en Zone Urbaine Verte du stade Championnet, n’a pas obtenu la majorité, malgré le vote favorable des Verts. Présenté cette fois au conseil de Paris du 15 février, la majorité a retenu le principe du vœu et l’a intégré au sien. En mai, ce classement devrait être intégré au Plan Local d’Urbanisme. Une belle avancée. Pour en savoir plus : www.pas-touche-le-stade.paris

La République de Montmartre à la Grande Parade sur les Champs Elysées

L

e 1er janvier, pour la troisième année, la République de Montmartre et les P’tits Poulbots ont défilé de la Concorde à l’avenue Georges V… et retour. Cette parade 2016 qui rassemblait des artistes de cirque, de music hall, des orchestres venus du monde entier, rendait un hommage aux victimes de la barbarie aveugle et affirmait le refus de céder face à ces barbares. Comme toujours Montmartre et Paris restent debout.


La Vie du Village

PM 13-102

La Saint-Vincent

fêtée de Montmartre à Saint-Ouen

L

23 janvier 2016, Saint Vincent a été doublement célébré à Montmartre : la Commanderie du Clos Montmartre, qui, depuis 2005, a redonné une nouvelle vie à cette antique tradition parisienne, s’était réunie en l’église Saint-Jeande-Montmartre, pour une messe célébrée par le père Alexis Bacquet, et animée par la remarquable Chorale des Abbesses. Cette année, le saint Patron des vignerons, privé de défilé, n’aura pas pu saluer au passage ses nombreuses chapelles des Abbesses, comme il en avait l’habitude une fois l’an. Mais les Bretons d’Erquy et des côtes d’Armor animaient pendant le week-end un mini stand de coquillages devant la Mascotte, et tous se retrouvèrent pour les festivités du soir au restaurant Le Sanglier Bleu, 102, boulevard de Clichy, où l’on sait que l’humour et la gastronomie font un heureux ménage. e

Pendant ce temps, sur la Butte, la République de Montmartre fêtait pour la première fois le saint préféré des autochtones en compagnie des vignerons du Bugey, région viticole située au Sud-Est du département de l’Ain, au cœur du triangle Lyon Grenoble - Genève.

C’est à l’occasion de son jumelage avec Culoz que la République de Montmartre a tissé des liens étroits avec le Bugey et les pays de l’Ain. (photo Frédéric Loup)

Après une cérémonie symbolique de taille de la vigne dans le Clos Montmartre, une dégustation des meilleurs crus s’est déroulée à la Bonne Franquette, précédant un dîner festif préparé avec les excellents produits de Bresse et de Dombes. A cette occasion, Patrick Fracheboud et Jean-Luc Jamrozik, Président de l’Association des Sommeliers de Paris, ont été intronisés dans l’Ordre des Commandeurs du Bugey. Dans la plaine proche, à Saint Ouen, où il y a maintenant une vigne et aussi depuis quelques mois une Confrérie (la Confrérie des Arts audoniens, les Chevaliers de l’Etoile), la fête était placée sous l’égide de COCORICO, le Comité de Coordination des Confréries d’Ile de France, qui réunissait près de 20 Confréries. Les petits Poulbots de Montmartre les ont rejointes, ainsi que Miss Montmartre et miss Internet. Un défilé haut en couleurs de 150 participants a surpris les Audoniennes et Audoniens – la saint Vincent n’ayant jamais été fêtée à Saint Ouen – avant la messe accompagnée par la chorale Arc en Ciel. A la sortie de l’église, la confrérie des Talmeniers (ancien nom des artisans boulangers) distribuait les petits pains.

Saint-Ouen a accueilli son confrère saint Vincent dans une belle ambiance festive. (photo Guy Caron)

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Fait Maison : les artisans de Montmartre

PM 13-102

Artisans, créateurs, restaurateurs, commerçants de proximité, c’est leur énergie qui fait vivre l’esprit Montmartre. Voisins, habitants, visiteurs, allons tous à leur rencontre, pour l’amour du Montmartre authentique, dernier vrai village de Paris !

A vos tabliers ! Après presque trente ans à fabriquer de belles robes de princesse dans son atelier boutique bien connu de la rue d’Orsel, notre fée couturière Zélia, Cendrillon des temps modernes, loin de rendre son tablier après tant d’années de

bon et loyaux services aux futures mariées, se met au contraire à en fabriquer… des tabliers ! C’est sous une nouvelle griffe que la couturière lance ses nouvelles collections qui seront vendues chez elle mais aussi sur le web et en diffusion.   Le 17 avril, sur la place Charles Dullin, venez célébrer le lancement officiel de «  Zézette Les nouveaux tabliers «Zézette By Montmartre» aux ambiances rustiques, champêtres, romantiques et colorées. by Montmartre », en partenariat avec le Entre 11 h 30 et 15 heures,   Théâtre de l’Atelier Zélia, Sur La Terre et son nouveau dirigeant des défilés de 15 mn seront Comme au Ciel entrecoupés de lectures par des Didier Long ! Créatrice de Robes de Rêve Plusieurs personnalités du comédiens. www.zelia.net monde de la musique, du Bureau de presse et Atelier cinéma, de la télévision, des Un rendez-vous familial, amical Uniquement sur rendez-vous sports et de la gastronomie sous le signe de la bonne humeur 47 ter, rue d’Orsel 75018 Paris bien évidemment  porteront et de l’arrivée du printemps, rue 01 46 06 96 51 pour un joli défilé un de ses d’Orsel, et pour que ce printemps tabliers, tous uniques et cou- sur notre beau village dure longtemps... sus de ses propres mains.  

A découvrir et déguster

Les « Douceurs en mignardises » de Brooke

C

délicieuses pâtisseries en forme de lune, mariage du macaron et de la corne de gazelle, rendent un hommage à Brooke, la grand-mère de la créatrice, dont la « petite entreprise » est nichée dans le XVIIIe. Fabriquées de façon totalement artisanale, à partir de matières premières biologiques de haute qualité, d’origine exclusivement végétale, les « Douceurs en mignardises » sont allégées en sucre et peuvent donc s’apprécier sans remords... On leur découvre un goût savoureux naturellement fruité, à la fois fin et prononcé. Versions nature, pistache, fraise et citron. es

Boîtes assortiment de 12, 24 ou 36 pièces A commander sur le site www.brooke-paris.fr


PM 13-102

Fait Maison : les artisans de Montmartre

Le Bistrot du Maquis :

un grand classique, André Le Letty

A

ndré Le Letty, le voilà enfin couronné par le Guide Michelin alors qu’il s’est installé en ce Bistrot du Maquis en 2013, lui qui a quelques années

kin). C’est aujourd’hui le retour d’André Le Letty, avec Shukin, dans un endroit historique de Montmartre rebaptisé « Le Bistrot du Maquis ». Un maquis qui était un village de baraques en bois à la fin du XIXe siècle, entre les rues Caulaincourt, Girardon et Lepic. La Butte ici garde en héritage son environnement pittoresque et son air de village. Un seul vestige du Maquis a été préservé, classé et protégé en 1991 : cette parcelle inviolée se trouve au 65, rue Lepic. Mais revenons à notre André Le Letty avec des Sparassis de France cuisinier : pas (Morille des pins) médiatique pour un sou, il a choisi la voie de la disd’université gourmande derrière crétion et de la modestie, ne failui. On l’a d’abord connu à La sant pas sonner les trompettes Tour d’Argent, en second de de la renommée. Ce technicien cuisine et spécialiste du canard hors-pair qui connaît la musique au sang, puis boulevard Saint- ne manque pas de savoir-faire : Marcel à L’Anacréon (il est cité il choisit ses produits emprunpar Michelin dès 1996), puis tés au marché saisonnier avec rue Malar à « L’Agassin » (où il un soin d’orfèvre et les transapparaît au Michelin en 2008 forme sans superfétatoires avec son épouse chinoise Shu- falbalas. Ainsi en va-t-il de son

amusante composition autour de la betterave – très goûteuse - et le hareng que rehausse une crème aigre délicieuse, d’une blanquette de veau faite dans les règles de l’art (mais pourquoi ne pas y ajouter un peu de tendron ?) avec champignons de Paris, oignons et légumes, le tout cuit à la perfection, avant un riz au lait au caramel au beurre salé très digne. Mais on pourra tout aussi bien tâter au fil du temps d’une terrine de lapin, de cassolette d’escargots, de rognon de veau à la moutarde, de jarret d’agneau au citron, d’échine de cochon en cocotte et de clafoutis aux pruneaux. Mais aussi du fameux canard au sang et, dès le premier coup de fusil tiré, des produits de la chasse (magnifique lièvre à la royale). Et là vous pourrez humer la clientèle, le service en douceur séduisante. Tout en sirotant quelque quille sélectionnée par Jean-Christophe PiquetBoisson le bien nommé qui, ici, a concocté une carte des vins superbe, faite de ces vins de vignerons que nous aimons, qui sont faits avec du raisin, du chenin et du cabernet-franc (saumur-champigny) de Chancelle servis au verre ou du Clos des Capucins de Fiona Beeston, du côte-rôtie de Barge, du château Meylet en saint-émilion, du château Sainte-Anne en bandol,

les vins bourguignons du co-gérant du DRC (le Domaine de la Romanée-Conti), Henry-Frédéric Roch (Domaine Prieuré-Roch), mais aussi du beaujolais de Pacalet comme du vin de pays de Caume de Ray-Jane, ou du côtes-du-Rhône issu du Domaine de la Vieille Julienne. Il y a là un bistrot attendrissant, plein d’authenticité, sans esbroufe ni chiqué. Voilà, n’en doutons pas une adresse extra, presque candide, qui mérite le voyage, le détour et la halte. Roger Feuilly « Le Bistrot du Maquis » 69, rue Caulaincourt (Paris 75018). Tél. : 01 46 06 06 64. Fermé mardi, mercredi au déjeuner.

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ma déclaration

PM 13-102

Merci à Montmartre…

U

Avec plaisir mon pote, et tout le respect que n nom qui me fait rêver, me donne encore et toujours le désir de re- je te dois. monter une fois de plus la rue des Salut fraternel à Caussimon. Il lève le poing Saules, jusqu’à la place du Tertre… en assurant que « la Commune est en Les restaurants réduisent à l’extrême l’es- marche » et que « bientôt nous vaincrons ». pace dévolu aux peintres, véritable peau Vous êtes partis trop tôt, mes frères d’utode chagrin. Les rues qui la bordent sont pie, mais vous avez semé le bon grain. comme une fourmilière où se croisent, se Ils sont bien d’autres par ici à jouer les bousculent touristes et garçons de café. « Passe Muraille »… Rose qui « sentait bon J’en fais le tour pour saluer un ou deux la fleur nouvelle » gagne la rue Saint Vincent amis. Mais le Montmartre qui m’attire, celui par la rue des Saules. Je croise Bruant, Fréque j’aime, n’est pas là. dé, Nougaro, Lagoya, devant le Lapin Agile. Souvenirs… J’y ai fêté Quelques pas dans la mes 73 ans il y a quelques rue Saint-Rustique et, années. à l’extrémité, apparaît soudain, majestueux, Fin d’après-midi. Je retrouve Une bière enfin, au le Sacré Cœur. Il n’y a la place du Tertre ou la rue personne. C’est pourSabot Rouge. Je du Mont-Cenis. C’est selon tant l’un des plus beaux l’humeur du moment. Un suis fatigué, mais endroits de Montmartre ! petit signe discret à Jeantellement heureux… François Balmer croisé vers En me fiant au hasard, la rue Cortot. Un bonjour je m’abandonne à une à Michou, au hasard d’une errance sur la côte Nord, table en terrasse. guettant les ombres de ceux qui ont laissé Une bière enfin, au Sabot leur empreinte en moi. Gen Paul est à sa Rouge. Je suis fatigué, mais tellement heufenêtre, posant sur les passants et le reux… monde un regard désabusé. Utrillo noie son mal de vivre. Carco est monté à Paris Midani, Paul sont là, ou pas, ça dépend. pour s’imprégner d’esprit canaille. « Jésus Je laisse mon regard filer sur le flot des toula Caille » fut dans mon adolescence un de ristes. Que retiendront-ils de Montmartre ? mes livres préférés. Ses poèmes, ses chan- Après une nuit dans un hôtel de la rue Causons avaient rejoint les textes de Mac Orlan. laincourt, je repartirai demain, à l’assaut Souvenirs… de la Butte. Petit arrêt au cimetière SaintVincent. La tombe de Gen Paul m’impresBernard Dimey n’est pas loin. sionne toujours. Celles d’Utrillo, d’André « Si tu me paies un verre… » Roussard sont des étapes de ce pèlerinage.

Un petit crachin fait briller les pavés de la rue St Vincent. La pente est rude. Montmartre se mérite. A travers l’espace et le temps, merci à celles et ceux qui ont fait de ce village un lieu où la liberté se respire. Merci à celles et ceux qui entretiennent cet esprit, ce ton, et résistent, pacifiquement, sans se décourager, aux entreprises de démolition. Petit arrêt sur le banc du Lapin Agile, pour souffler un peu. Je n’ai plus vingt ans… Merci Montmartre ! Jean-Pierre Ziegler

La Carte Citoyenne-Citoyen de Paris

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Carte Citoyenne-Citoyen de Paris se veut un « pass » destiné faire vivre les principes de la République, de Paris et du service public.  a

« Elle prolonge les expériences menées avec succès dans d’autres villes-monde, comme New York et San Francisco. Tous les habitants de Paris, âgés de 7 ans ou plus, peuvent en bénéficier, sans distinction de nationalité ou de statut » a expliqué Anne Hidalgo, maire de Paris. À quoi sert-elle ? S’appuyant sur une offre civique, culturelle et associative, la carte ouvre les portes du Conseil de Paris, de l’Hôtel de Ville, ou de lieux insolites ; elle permet également de se former aux gestes

citoyens, de mieux comprendre le fonctionnement de la ville et de participer à de nombreuses animations. Chaque mois, de nouveaux événements réservés seront ouverts aux inscriptions, avec une offre qui s’enrichira et se développera en prenant en compte l’avis et les attentes des Parisiens, affirme-t-on à l’Hôtel de Ville. Comment l’obtenir ? La Carte Citoyenne-Citoyen de Paris est ouverte à toutes les Parisiennes et tous les Parisiens sans condition d’âge ou de nationalité. Gratuite et sans engagement, elle est aussi proposée automatiquement à toutes les écolières et tous les écoliers.  A commander sur le site : www.paris.fr/cartecitoyenne


L’art et la manière

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L’ENTRETIEN ET LA SAUVEGARDE DE VOS TAPIS

A

ujourd’hui, le parquet retrouve toute sa place dans les appartements contemporains, en cohabitation harmonieuse avec les tapis de qualité. Mais comment nettoyer, sauvegarder, voire réparer un beau tapis ? Quelles sont les erreurs à ne pas commettre ? Nous avons rencontré Said Soleymani, un artisan spécialiste du tapis installé dans le XVIIIe arrondissement, qui garantit et coordonne toute la chaîne des services liés à l’entretien et la préservation de cet acteur majeur de la décoration intérieure.

Oui, un tapis authentique est un objet d’art, une valeur sûre dont le partenariat esthétique avec un parquet ou un dallage apporte chaleur et beauté au décor d’une pièce. Et non, un ta-

pis ne s’entretient pas comme une moquette : inutile et même nuisible d’utiliser brosse, savon et huile de coude, qui ne font qu’incruster poussières et saletés. Quant aux tentatives côté pressing, elles se soldent toujours par une mauvaise expérience, qui fait comprendre à quel point s’impose, pour tapis et tapisseries, un nettoyage réalisé dans les règles de l’art. L’un des meilleurs experts parisien en la matière s’appelle Said Soleymani. Il garantit un service de qualité optimale, réalisé par une chaîne professionnelle d’excellence dont il assure le suivi et la coordination. De quoi s’agit-il précisément ? Le nettoyage

Recoloration

Le nettoyage au sol sous le regard de M. Soleymani

Afin d’éviter l’usure prématurée, il est impératif de pratiquer un traitement spécifique des tapis. Il s’agit d’un nettoyage traditionnel, entièrement effectué à la main. Un double traitement, antiallergène (pour éliminer tous les acariens) et antibactérien (pour éliminer tous les micro-organismes), a lieu avant le nettoyage, qui est réalisé au sol (voir photo jointe). Ce nettoyage garantit un respect total des couleurs et de la qualité du tapis, qui passe ensuite rapidement dans la chambre de

séchage, avant d’être brossé et repassé. Restauration des tapis et tapisseries La restauration courante est celle qui consiste à réparer les lisières (les deux grands cotés du tapis) ou des extrémités qui se détissent. Ces lisières sont en quelque sorte le gardien du tapis, c’est pourquoi il est très important de les faire restaurer dès les premiers signes d’usure. En cas de trous ou de parties abîmées (animaux/mites), toutes les restaurations des tapis et tapisseries sont réalisées par des professionnels. Le retissage des trous et des déchirures se fait dans le respect des procédés de tissage et de teinture de la laine et la soie à l’identique du pays d’origine. Au programme, relainage des motifs, réalisation des points d’arrêt, doublage du tapis et tapisserie avec toile de Coton cousu à la main. Le détachage Il concerne toutes les taches, mêmes les plus difficiles, vins,

café, bougies, huile, urines animal – ce travail de précision est assuré par un technicien spécialiste. La coloration En cas de décoloration suite aux effets du soleil ou d’un dégât des eaux, le principe consiste aussi bien à décolorer les parties sur lesquelles une couleur voisine s’est dégorgée, qu’à recolorer à l’identique les parcelles éclaircies avec des teintures spécifiques, durables et fixantes. Pour la beauté et la pérennité de vos tapis : un artisan au service du tapis depuis trois générations, c’est la garantie d’un service d’exception. JMG

La maison des tapis  ›  154, Rue Ordener 75018 Paris Métro : Jules Joffrin Tel. : 01 53 28 01 27 Mobile : 06 12 73 14 02


À vos neurones !

2016

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Des lettres et des chiffres

Le millésime de la nouvelle année et les nombres premiers

Joie et bonheur en sept vers ! « Voici la nouvelle année, Souriante et enrubannée, Qui pour notre destinée, Par le ciel nous est donnée : C’est à minuit qu’elle est née. Les ans naissent à minuit, L’un arrive, l’autre fuit.

Des chiffres L’année 2016 est une année bissextile, heureux ou malheureux sont ceux qui sont nés le 29 février. La décomposition en facteurs premiers du millésime 2016, est une opération, un travail plus ou moins pénible, qui rappellera peut être à certains de nous de mauvais souvenirs scolaires – elle a pour expression : 2016 = 25 x 32 x 7 Dans cette décomposition, sont réunis, parmi les facteurs et les puissances présents, les quatre premiers nombres premiers : 2, 3, 5, et 7 : 2 est le plus petit, pair, et le nombre premier 7, s’il est le plus grand de la liste, est aussi la marque de nombreux symboles. Si l’on fait référence, « en premier ! », si j’ose dire, aux spécialistes des nombres premiers, 7 peut être successivement qualifié de premier jumeau avec 5, dont il diffère de deux unités, de premier cousin avec 3 et 11, dont il diffère de plus ou moins quatre unités et de premier sexy avec 13, dont il diffère de six unités. Lorsque l’on demande à une personne de choisir un nombre au hasard, compris entre 0 et 9, statistiquement, on constate que ce

choix se porte, dans plus de 30 % des cas, sur le nombre 7, c’est donc celui qui est le plus souvent donné. Ce résultat serait-il relié à l’importance que joue ce nombre 7 dans la symbolique ou la religion ? C’est ce que nous allons tenter de découvrir au cours de ce qui suit, de façon peut être non exhaustive, mais le lecteur me pardonnera et pourra, s’il le souhaite, compléter cette liste, afin de mesurer combien ce chiffre est présent dans notre environnement culturel.

républicain fut supprimé par Napoléon le 1er janvier 1806. - Le candélabre à sept branches, est le symbole de la religion judaïque. - Les sept pêchés capitaux : L’orgueil, l’avarice, la luxure, l’envie, la gourmandise, la colère et la paresse. Si vous le souhaitez, vous pouvez en modifier l’ordre !

En voici plusieurs exemples : - Dans les religions chrétienne et juive, il est dit que : « Dieu aurait créé le monde en six jours et qu’il se serait reposé le septième ! », alors que les musulmans eux, considèrent que Dieu ne fut pas fatigué après avoir réalisé la Création :

- Les sept merveilles du monde, expression qui qualifie les sept ouvrages les plus remarquables de l’Antiquité : Les pyramides d’Égypte, les jardins suspendus de Sémiramis à Babylone, la statue en or et ivoire de Zeus olympien par Phidias, le temple d’Artémis à Éphèse, le mausolée d’Halicarnasse, le colosse de Rhodes et le phare d’Alexandrie.

« Nous avons créé les cieux, la terre et le reste en six jours, sans être affecté par la fatigue »,

- Le cinéma est qualifié de “septième art”.

mais ce sont toujours sept journées qui sont concernées !

- Le jeu des sept familles, le jeu des sept erreurs, Blanche Neige et les sept nains.

- La semaine du calendrier grégorien des chrétiens comporte sept jours, tout comme la semaine du calendrier judaïque ou musulman, contrairement aux décades du calendrier républicain qui voulait rompre avec l’aspect religieux. Imaginé par les mathématiciens Romme et Monge, le choix du nom des mois du nouveau calendrier fut l’œuvre des poètes André Chénier et Fabre d’Églantine. Instauré par la Convention Nationale le 24 octobre 1793, l’usage du calendrier

- Les sept étoiles de la grande et de la petite Ourse ou Septentrion.

- Être au septième ciel…

- La marque des Templiers, ou Chevaliers du Temple, dont les édifices comportaient sept piliers. Les Templiers composaient un ordre militaire et religieux, fondé à Jérusalem et chargé de la protection des pèlerins. Au cours du concile de Vienne (1311-1312), sur l’instigation du roi de France, Philippe IV Le bel, le pape Clément V finira par prononcer (bulle


À vos neurones !

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papale Ad. Providam) l’abolition de l’Ordre des Templiers sur tout le territoire de la chrétienté. Philippe IV Le bel, débiteur de l’ordre des Templiers, désireux de s’approprier leurs richesses, ordonna à son garde des sceaux, Guillaume de Nogaret, de mener le combat, avec l’objectif de conduire à la dissolution de l’ordre. Le 13 octobre 1307, Jacques de Molay et 140 chevaliers sont arrêtés à l’Hôtel de Temple. Le procès durera sept ans. Durant ces années, un à un, sous la torture, les chevaliers finirent par avouer leurs crimes. Ceux qui maintiendront leurs aveux seront libérés, les relaps seront exécutés. Le 18 mars 1314, le grand maître Jacques de Molay est conduit devant la cathédrale Notre-Dame pour connaître le verdict. Le lendemain, il est exécuté, en compagnie du maître de Normandie Geoffroy de Charnay, à la pointe ouest de l’île de la Cité, l’île aux juifs ! Sur le bûcher, déjà la proie des flammes, Jacques de Molay s’écria : « Pape Clément, Roi Philippe, je vous cite à comparaître au tribunal de Dieu pour y recevoir votre juste châtiment. Toi Clément, dans les quarante jours.

Toi Philippe avant la fin de l’année. Tous maudits jusqu’à la treizième génération de vos races. » Une malédiction qui s’avèrera exacte. Souvenez- vous de la série Les rois maudits. - L’heptagone régulier, ou polygone régulier à sept côtés est, parmi les polygones réguliers non constructibles à la règle et au compas, celui qui possède le minimum de côtés.

suisse Leonhard Euler. Le problème avait été ainsi formulé par Leonhard Euler : La ville étant construite autour de deux îles, reliées entre elles par un pont et six ponts la reliant au continent à l’une ou l’autre des deux îles, existe-t-il ou non une promenade permettant, à partir d’un point de départ au choix, de passer une et une seule fois par chaque pont et de revenir à son point de départ ? »

- Pour les amateurs d’ésotérisme, la somme des sept nombres premiers consécutifs en partant du nombre premier 7 est égale à sept fois le septième nombre premier ! Faites les calculs. 7 + 11 + 13 + 17 + 19 + 23 + 29 = 119 = 17 x 7 - Le fameux problème des sept ponts de Königsberg (aujourd’hui Kaliningrad, ville située sur la Baltique, au sein d’une enclave russe située entre la Lituanie et la Pologne). Ce problème posé par le mathématicien

A ce problème Euler répondit par la négative. Ce problème sera à l’origine d’une branche des mathématiques, la théorie des graphes. ►- Enfin, en conclusion, comment ne pas évoquer les “sept problèmes du Millénaire”, problèmes qui ont été sélectionnés, puis proposés, à l’occasion du nouveau millénaire, par une réunion de mathématiciens de premier plan, en majorité titulaires de la médaille Fields qui, contrairement à ce que beaucoup pensent, ne se compare pas au rôle joué par le prix Nobel ! La résolution de chacun de ces problèmes devrait être récompensée d’un prix d’un million de dollars. Parmi ces problèmes citons en exemples : L’hypothèse de Riemann – La conjecture de Henri Poincaré – La conjecture de Hodge – La résolution des équations de Navier Stokes. J. P. Bardet

Le mathématicien suisse Leonhard Euler.


LES MONTMARTROIS SONT LÀ

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VALENTINE AUPETIT Dresseuse de bêtes de scène

Par CATHERINE CHARRIÈRE

S

repaire, c’est le Rêve. J’ai rendez-vous dans ce café authentique de Montmartre avec Valentine Aupetit. Ici tout le monde la connaît : Mathieu, le gérant, Aldo qui dit d’elle que c’est la plus belle femme du monde. Il est vrai que cette jolie Montmartroise, simple et naturelle, dégage une belle énergie. En 1986, Valentine s’installe sur la Butte où elle créé sa propre agence intitulée « Animaux Aupetit ». Sur sa carte de visite, un lutin juché sur une minuscule selle chevauche un lièvre géant dont il tient les rênes. C’est tout dire… L’homme, comme le patronyme de Valentine, se fait tout petit pour s’effacer devant la bête, tout en la dirigeant d’une main souple mais ferme. Alors, ne lui parlez pas de dressage… Valentine Aupetit préfère apprivoiser. « Réussir à communiquer avec un animal sauvage est une grande force », dit-elle. « Cela nécessite de la modestie, de la patience et de l’écoute ». Seule dresseuse d’animaux sur la place de Paris, Valentine est aussi agent animalier. Elle travaille pour la publicité, le cinéma, le théâtre et l’Opéra. Mais son dada, c’est l’événementiel. Pour sa première commande, une marche pour SOS Racisme en 1983, elle défile avec un dromadaire entre Nation et Bastille. Depuis, elle a fait du chemin... jusqu’à la place Vendôme. Pour un joaillier de renom, elle fait virevolter des papillons au-dessus de bagues serties de diamants. Résultat : une publicité féérique pour des magazines haut de gamme. Mais pourquoi les animaux sont-ils tant demandés ? « Un animal, ça rassure », dit Valentine. « Ils sont toujours vrais et équilibrants. Même les animaux sauvages ». En décembre dernier, on a pu la voir enfourcher son scooter avec ses cages à lapins et colombes. Direction l’Opéra Garnier pour le « Château de BarbeBleue » de Béla Bartók. L’Opéra où elle orchestrera, on

A Montmartre, on trouve des artistes de tout poil : des chiens qui tournent pour le cinéma, des papillons qui volent pour Van Cleef & Arpels et des colombes qui roucoulent à l’Opéra Garnier…

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Valentine avec Tiby

en avril prochain, un vol de colombes pour une chorégraphie signée Roland Petit. Des animaux, elle-même n’en possède pas. Trop souvent appelée sur des tournages, Valentine Aupetit accueille ponctuellement chez elle tout un zoo qu’elle apprivoise pour le grand jour. Alors si dans le quartier, vous apercevez un joli brin de femme se promener avec deux coqs en laisse, ne vous inquiétez pas, ce n’est pas une hallucination, mais sans doute Valentine qui prépare ces drôles de volatiles pour un nouveau rôle.


LES MONTMARTROIS SONT LÀ

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INTERVIEW Valentine Aupetit entraîne des animaux pour la publicité, la mode et le cinéma. De la coccinelle à l’éléphant en passant par le teckel, son job, c’est de préparer les animaux… tout en douceur. Comment se nomme votre métier ? Dresseur d’animaux. Mais il s’agit moins de les dresser que de les apprivoiser. On se met à la place de l’animal. On lui apprend des choses, on le rassure. Il faut que ce soit un jeu pour lui.

Quelles sont les demandes les plus fréquentes ? Les magazines de mode, le théâtre, l’opéra, les tournages de films, mais aussi l’événementiel. Je dois préparer un événement pour le Pavillon Gabriel. C’est pour une grande soirée avec 1 200 personnes. Ils m’ont demandé un Saint-Bernard avec un

pigeons devaient s’envoler et ensuite, se poser. J’ai répété trois mois avec quatre couples de pigeons. J’avais demandé qu’on me donne l’aile d’Astérix sur laquelle devait se poser les pigeons. Je cachais la femelle à l’intérieur de l’aile avant de lancer le mâle. Et ça a bien marché. Mes oiseaux étaient hyper rodés.

Comment devient-on dresseur d’animaux, existe-t-il une formation ? Ça s’apprend sur le tas. J’ai appris le métier avec mon mari parce qu’il était déjà dresseur et travaillait au cirque. Il n’y a pas d’école. Quelles sont les qualités requises ? Il faut être humble. Parce que la vedette, c’est l’animal, pas vous. Il faut être patient, psychologue, savoir déceler un animal qui a plus de capacités que d’autres. Ne jamais stresser. L’animal doit prendre confiance en vous. Et puis, il faut aimer les animaux et aimer les gens. On sert de lien entre le réalisateur et l’animal. On est leur porte-parole en quelque sorte.

Valentine avec Inès

Vous travaillez avec des animaux domestiques… Oui, mais à une époque, mon mari et moi avions une grande ferme avec des félins, des dromadaires, des chimpanzés, des kangourous. Après son décès, j’ai placé mes animaux chez des dresseurs. Et je suis venue à Paris où j’ai monté une agence de dressage animalier.

Doberman bleu

petit tonneau. Le chien va se promener pendant le cocktail et distribuer des petits verres d’alcool aux invités. Comment trouvez-vous les animaux ? Pour les chiens, je commence par faire un grand casting dans mon quartier. Et si je ne trouve pas, je m’adresse à des éleveurs. Pour l’opéra « Le château de Barbe-Bleue », j’ai trouvé les lapins sur le Bon Coin. Et pour les animaux plus gros, je travaille avec des dresseurs de fauves, d’éléphants, de rapaces… Comment préparez-vous les animaux ? Pour le film « Astérix et Cléopâtre » d’Alain Chabat, des

Et si l’animal est récalcitrant ? On s’en rend compte très vite. Soit on remplace l’animal soit on prévoit une doublure. Ce qu’on demande aux animaux semble parfois contre-nature… C’est un deal entre l’animal et l’homme : « je t’ai mis en captivité, je te demande un travail. En échange, je te donne la paix, le confort et la distraction ». Parce que le drame des animaux en captivité, c’est la non-distraction, l’indifférence. Je sais quand les animaux sont heureux ou non. Une colombe qui a peur va essayer de s’envoler. Le bien-être de l’animal passe avant tout et


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Exposition permanente des œuvres de

Viola Schiviz et

Midani M’Barki Sur rendez-vous 59 bis, rue du Mont-Cenis 75018 Paris Tél. : 06 78 78 90 84

surtout, avant l’argent. On les respecte. Ce sont nos associés. Qu’est-ce qu’on vous demande habituellement ? En général, le client ne connaît rien aux animaux. C’est un problème. Parfois, on m’appelle : « Allô, c’est combien un tigre ? » Je leur dis : « Attendez. Que doit faire le tigre ? C’est à l’intérieur, à l’extérieur ? C’est pour un film ? Et plus je demande de détails, plus

le client se dit que ça va lui coûter cher. Parfois, je perds le client à cause de ça. Un rêve qu’il vous reste à réaliser ? J’aurais adoré faire de la comédie musicale, être danseuse ou alors, travailler dans un cirque itinérant. Je crois que je suis une véritable nomade. Mais j’aime mon travail et j’adore Montmartre.

Opéra de Paris :

un Barbe-Bleue qui a plus d’un tour dans son sac ! Tous les soirs, dans les coulisses de l’Opéra, c’est le même rituel. Lapins et colombes passent de main en main. De la dresseuse à l’illusionniste, de l’illusionniste au chanteur.

4, place du Tertre - 75018 Paris Tél. : 01 46 06 71 73 www.cadet-de-gascogne.com

Cadet de Gascogne

Un exercice qui n’est pas sans risque. Valentine a habitué deux lapereaux à rester cachés dans les poches du chanteur. Seul hic, les représentations s’étalent sur trois semaines et les lapins grandissent à vue d’œil… Quant aux poches de l’illusionniste, le moindre accroc peut être fatal. Ce soir, une couture s’est défaite et l’habilleur a dû intervenir d’urgence. Sur scène, c’est une autre musique… Avec sa voix caverneuse à faire trembler les murs, le chanteur canadien John Relyea a le physique de l’emploi. Ce soir, il est BarbeBleue. Sous la houlette du metteur en scène Krzysztof Warlikowski, il endosse l’habit d’un prestidigitateur. A peine entré en scène, le

baryton-basse extirpe de son col une colombe, puis à l’aide d’un tour de passepasse, fait jaillir un lapin nain d’un nuage de foulards. En réalité, il y en a deux : Lily et Rose. Deux ? Parce qu’il faut toujours une doublure. Ce qui n’a l’air de rien exige pourLe baryton John Relyea sur scène

tant un travail de précision. Tous les soirs, avant le lever de rideau, le baryton répète trois fois ses tours de magie avec l’illusionniste Abdoul. Trois, comme les trois coups au théâtre.


POUR LA VIE

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Le Rotary Club Paris Montmartre

« La vie, on a ça dans le sang ! »

C

ette phrase toute simple, inscrite dans le dos des bénévoles de l’Établissement Français du Sang, marque l’union, depuis 20 ans, du Rotary et de l’EFS autour de l’opération « Mon Sang Pour Les Autres » (MSPLA), action où le don de soi est le mieux mis en pratique. Le 17 février dernier, à l’initiative des membres du Rotary Club Paris Montmartre, l’EFS a retrouvé la très belle salle des fêtes de la Mairie du XVIIIe pour une nouvelle collecte de sang très conviviale avec une collation haut de gamme offerte par Thierry Campion, patron de La Mascotte, qui (comme son nom l’indique) a porté chance aux organisateurs : en effet, le nombre de donneurs a doublé depuis la dernière collecte effectuée il y a un an et demi. Ainsi l’EFS mesure bien l’aide efficace du Rotary Paris Mont-

martre qui a bénéficié de la solidarité locale au niveau de la communication. En se rendant le matin même dans les cuisines de la Mascotte, rue des Abbesses, pour récupérer vingt cartons de mets faitsmaison, Nicole Capoulade, la responsable de cette action pour le Rotary, a eu la surprise d’y trouver Nicolas Horlait, caméra au poing, et Nivin Potros, à la prise de son, tous deux élèves en journalisme du CELSA Paris Sorbonne. Leur film, très dynamique, met en exergue Yannick, un des cuisiniers de La Mascotte qui révèle les recettes des tortillas au thon et persil, des quiches aux poireaux, des pizzas « 3 fromages » (chèvre, bleu d’Auvergne et Mozzarella), des cakes au cantal et jambon de pays, des muffins au chocolat et cakes à la pistache qui ont été les préférés des donneurs. En leur offrant un buffet signé par un grand chef, le Rotary Club Paris Montmartre a permis aux donneurs d’éviter le malaise et de recouvrer très agréablement leurs forces... Pour cette première, Julien, illusionniste rémois de passage à Paris, a offert quelques tours de magie aux étudiants de l’école de photographie internationale Spéos, venus pour certains donner leur sang, sous l’objec-

tif avisé de leurs camarades photographes, trop contents d’avoir surmonté leur appréhension et très heureux de faire partie des 14 nouveaux donneurs. Cette collecte de sang fut également l’occasion de rencontrer d’autres bénévoles et d’échanger avec l’Association pour le Don Bénévole de Sang à Paris (ADBS). Voici les résultats : Personnes présentées 78, personnes prélevées 63. Le besoin en produits sanguins augmente. Il faut continuer !

Mairie du 18e, collation améliorée, muffins au chocolat et cakes à la pistache. Photo de Jie CHEN


À LA RENCONTRE

DENIS DUGAS

des marionnettes plein la tête !

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L

e petit personnage jaune Gribouille, dans « l’île aux enfants » il en est le créateur. Brok et Chnok dans « les visiteurs du mercredi » il en est aussi le créateur. En passant par Isidore le lapin dans « Croques vancances » et sa copine Clémentine, la lapine. Sans oublier « 1 rue Sésanne » Plocus, le dinosaure. Denis Dugas a réalisé plus de 60 marionnettes. Originaire de Lyon, Denis est dessinateur, marionnettiste, comédien et scénariste. En 1959, il est reçu au Concours de l’école nationale supérieure des arts décoratifs. Denis Dugas, travailla avec le sculpteur César, en 1966 sur ses célèbres « expensions ». Deux ans plus tard, il intègre le club Med, comme animateur et décorateur et dans la même année, Denis enseigne le dessin aux élèves de 6ème à la terminale. La presse découvre ses œuvres, elles seront publiées dans différentes revues en France mais aussi en Angleterre et aux Etats-Unis. Rapidement, il travaille pour la télévision en qualité de créateur. Denis Dugas, fera parti du service de la recherche de l’ORTF de Pierre Schaeffer. Dans l’émission pour enfant « Les visiteurs du mercredi » de Christophe Izard, d’une durée de plus de 5h non stop, en 1975. Denis, incarne l’un des deux extraterrestres marionnettes vertes, Brok & Chnok, il sera Brok. C’est en 1976 que la marionnette Gribouille, arrive sur le petit écran. Une voix douce demande à Gribouille, dans chaque épisode, un dessin différent. Les enfants en sont fous ! Gribouille, devient une figure marquante de l’île aux enfants, au même titre que Casimir.

Alexandra Cerdan Site web :

www.osibo-news.com

Carte postale Yvon de Brok et Chnok les visiteurs du mercredi

Denis Dugas (à droite) entouré de Isidore et Clémentine Brok, Chnok et le shépiok Pile et Glou Gribouille....

Écran du nouveau générique


À LA RENCONTRE

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I N TER V IE W

Alexandra Cerdan : Comment vous est venu l’idée de créer Gribouille ? Denis Dugas : Tout a été très rapide. En 1976, Nicole Pichon, une des productrices des séquences de L’île aux enfants, souhaitait une nouvelle série courte avec une marionnette. Je lui ai donc fait un rapide croquis dans son bureau d’un personnage tout rond, sans bouche avec des yeux expressifs, qui permet d’apprendre aux enfants à dessiner facilement à l’aide de formes simples : triangles, cercles, carrés... L’idée l’a séduite et je me suis concentré sur la fabrication, la manipulation de la marionnette et le tournage des épisodes. A.C : Combien faut-il de personne pour animer une de vos marionnettes ? D.D : Tout dépend de la marionnette. La marionnette dite habitée (Casimir) n’a besoin que d’une seule personne. Pour une marionnette dite à gaine (comme Brok et Chnok), il faut deux comédiens : un pour la bouche/yeux et la main droite, un autre pour la main gauche et/ou les pieds. Malgré la complexité de Gribouille ou d’Isidore et Clémentine, les lapins de Croque vacances, qui ont des mécanismes assez sophistiqués, une seule personne est nécessaire pour animer les personnages (yeux, bouche, paupières...). A.C : Parmi toutes vos marionnettes, laquelle préférez-vous ? D.D : J’ai une affection pour toutes les créations que je mets au monde. Ils sont comme mes enfants, ils ont chacun leur personnalité. Il est vrai que j’ai quand même une affection toute particulière pour Gribouille, car je suis dessinateur à la base, il est un peu une extension de moi-même. A.C : Toutes vos personnages ont une particularité, ils sont attachants. Dans la création d’une marionnette, quelle étape est la plus délicate pour la rendre attractive ? D.D : Mes personnages sont souvent jugés attachants car ils sont en grande majorité dans la rondeur. Ils rappellent l’enfance, la période orale, et j’ai souvent choisi des couleurs très vives qui séduisent beaucoup les enfants. Dans

la création, l’étape la plus délicate est celle de transposer l’idée de départ de dessin en volume sculpté. En effet, il y a toujours une interprétation et il faut que la version finale, la marionnette, soit proche de celle que j’ai imaginée sur papier. Une fois mise en volume, ce qui la rendra attractive, c’est l’envie qu’auront les gens de la prendre dans leurs bras pour lui faire des câlins !

peur et se réfugient dans les personnages de leur enfance pour souffler un peu, ça été le cas pour Gribouille, d’où le succès de son retour à la télévision. Je reste cependant persuadé qu’en regardant du bon côté, on peut percevoir les belles couleurs de la vie, alors qu’en regardant tous du côté dirigé par une psychose globale, on ne perçoit que de la noirceur.

A.C : Pensez-vous que vos marionnettes sont uniquement destinées pour la télévision ? D.D : Imaginer, créer et fabriquer une marionnette, c’est avant tout donner naissance à un personnage crédible, que

A.C : Quels sont projets, peut-être le retour de Gribouille sur grand écran ? D.D : J’ai eu la chance de rencontrer il y a quelques années l’équipe d’Osibo Productions qui est spécialisée dans la réactivation des personnages de la télé des années 70/80/90. Nous avons fait ensemble un travail conséquent pour faire revenir Gribouille à la télévision, en conservant ce qui avait fait son succès à l’époque de L’île aux enfants, tout en enrichissant le concept avec les techniques les plus modernes, le tout réalisé en France. Ainsi, depuis février 2015, sont diffusés sur Canal + Family, les 52 épisodes de 5 minutes des nouvelles aventures de Gribouille avec Minimine le feutre et Bulle le poisson rose. Aujourd’hui, les projets sont nombreux autour de Gribouille. Le lancement de la deuxième saison démarre dans quelques semaines. Une gamme de produits dérivés qualitative et fabriquée en France sera également proposée par Osibo - La Sucrerie. Un petit livre sur l’histoire de la naissance et du succès de Gribouille est prévu d’ici la fin de l’année. Actuellement, je travaille avec Lorenzo, Arnaud, Pierre-Alek d’Osibo Productions pour imaginer toutes sortes de projets autour de Brok et Chnok des Visiteurs du mercredi, Isidore et Clémentine de Croque vacances, mais également sur une pastille vidéo qui mettra en scène un de mes personnages de la télévision, issu de l’émission Eh bien raconte, appelé Zigomar. Il raconte des blagues. Et rire est devenu indispensable aujourd’hui.

Gribouille le dessinateur de l’Ile aux enfants

ce soit pour la télé, pour le spectacle vivant, pour la publicité, pour l’événementiel. Quand je travaille un personnage pour la télé, je dois prendre en compte son esthétique, comment il va prendre la lumière et réagir à la caméra. Pour la publicité, je vais en revanche répondre à un cahier des charges beaucoup plus strictes. Je dois donc respecter une charte graphique déjà établie, un code couleur de la marque, etc. Pour le spectacle, la marionnette va être plus volumineuse, je dois exagérer les traits pour qu’elle puisse interagir avec le public. A.C : Que vous inspire l’actualité en général ? D.D : A mon âge, je constate effectivement que la société est de plus en plus anxiogène, les gens ont de plus en plus


PERSONNALITÉ

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Geneviève De Fontenay A

Photo Frédéric Loup

près 60 ans de règne et une popularité toujours au zénith, la Reine des Miss vient de faire ses adieux à l’occasion de l’élection de Miss Prestige national, en Alsace – on se souvient que ce concours dissident des Miss France avait été créé en 2010 suite au conflit qui avait opposé Geneviève de Fontenay à la société de production Endemol, à qui elle avait cédé l’élection Miss France. Finalement, en 2013, les deux parties avaient choisi le cessez-le-feu et l’abandon des procédures judiciaires. Peu de temps avant l’annonce de son retrait, Mme de Fontenay avait La beauté n’a pas été intronisée Cide norme, pas toyenne d’Honneur de code, c’est par la République de Montmartre, une indéfinissable la cérémonie menée à beauté. C’est ce la bonne franquette qui se dégage de dans l’auberge du quelqu’un. même nom, dans un esprit montmartrois qui convient à merveille à notre Geneviève nationale. Car si cette vraie figure populaire est toujours appréciée du grand public, ce n’est pas un hasard : allergique à la vulgarité du temps et aux injustices, la Dame au chapeau est une authentique rebelle, au bagout digne des meilleurs titis de Paname, qui balance avec maestria sur tout ce qui bouge, tout ce qui nous énerve : le politiquement correct ne passera par elle… Nous l’avons interrogée pour vous, attention, ça décoiffe !

Intronisation de Geneviève de Fontenay, citoyenne d’Honneur de la République de Montmartre, par le président Alain Coquard.

I N TER V IE W Michèle Clary : Geneviève nous avons eu la joie de recevoir votre visite à Montmartre, très récemment ! Geneviève de Fontenay : Oui je suis venue là-haut, à la Bonne Franquette, car la République de Montmartre m’a décernée la médaille de citoyenne d’Honneur. C’était vraiment très sympathique ! Nous avons fait également, peu de temps après, une émission de Prestige Paris Ile de France dans le même lieu, en compagnie de Michou. Le 16 janvier dernier, vous avez tourné la grande page du Comité des Miss, pourquoi ? Parce que ça commence à bien faire ! La société dans laquelle nous sommes n’est plus du tout celle que j’ai connue. Maintenant, c’est : dépoitraillées, déshabillées et stars ! La fille de Villepin en couverture de Lui, la poitrine à l’air et une guitare entre les jambes, et Rihanna, l’égérie de Dior, les fesses à l’air et qui se drogue… Dior, il doit se retourner dans son suaire ! Zhaia, elle est tout le temps toute nue ! Tout part en vrille. Il n’y a plus aucune dignité. Qu’éprouvez-vous suite à votre départ, après 62 ans de vie au Comité des Miss ? Je tourne la page très facilement. Mon départ me booste ! J’éprouve quand même une certaine fierté de ce que j’ai fait. Après tout, je n’ai pas fait de mal à l’humanité. J’ai donné de la dignité, Miss France a été respectée et respectable. Maintenant, je ne me sens plus à ma place. C’est la décadence, avec Nabila et sa poitrine farcie ! On n’est pas habitué à voir des Miss France sexy ; coté glamour, les deux précédentes Miss avaient des robes

magnifiques et de la tenue. Alors on se demande : « Que va dire Geneviève De Fontenay ? » Tout de suite ! Dès qu’il y a quelque chose comme ça, on pense tout de suite à Geneviève ! Il n’y a que moi pour protester ! Votre définition de la beauté ? La beauté n’a pas de norme, pas de code, c’est indéfinissable la beauté. C’est ce qui se dégage de quelqu’un. Quelle est la note du bon goût ? C’est de ne pas mettre des blues jeans avec des trous. La mode, on vous ferait mettre n’importe quoi ! Ce sont les pauvres qui ont des trous. Quel est votre secret de jeunesse ? Il n’y a pas de secret, c’est le reflet de l’intérieur ! Vous qui suivez de près l’actualité, que pensez-vous de ceux qui gouvernent notre pays ? Tous incapables de gouverner ! Ils sont dans leur bulle, ils ne voient pas qu’il y a de la misère en France. Et ce sont toujours les mêmes qui reviennent, il faudrait changer carrément : allez, du balai, du balai ! Toujours les Enarques… Mais quel foutoir ! La folie, même en politique ! Lui, Hollande, tout ce qu’il veut, c’est être réélu. J’espère pour tout le monde qu’il ne le sera pas ! Quand on voit ce qu’il a fait pendant son quinquennat… C’est une catastrophe ! Nicolas Hulot n’est pas un imbécile, il a refusé d’entrer dans le gouvernement. Il n’allait pas se mettre dans cette galère à quelques mois des élections ! J’ai trouvé ça très bien. Citez nous le nom de quelqu’un qui, selon vous, a un privilège aberrant ? Giscard D’Estaing ! Il nous coûte 2 millions ½, comme s’il avait encore besoin qu’on lui verse de l’argent ! Franche-


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« J’ai appris la dignité en toute circonstance, le respect de soi et le respect des autres »

Qui verriez-vous capable de changer cette situation à la tête de l’état ? Personne pour le moment ! Ségolène Royale, elle aurait pu l’être au moment où elle s’était présentée. C’est dommage ! Elle avait en plus de l’allure, de la prestance ! C’était préférable à Sarkozy, ça c’est sûr ! Maintenant, je ne la reconnais plus ! Elle est toujours mal habillée, mal coiffée, elle a perdu cette distinction qu’elle avait avant… Mais Sarkozy peut-il revenir au pouvoir ? Oh là, là, surtout pas ! Non, pas lui ! Je ne peux pas le supporter ! On lui a offert sur un plateau une émission de deux heures avec Pujadas. Vous vous rendez compte, de la pub pour vendre son livre ? Et ça coûte cher une pub ! Il fait des conférences à 100 000, il ne peut pas la payer, sa pub ? Dès qu’il fait un pet de travers, comme on dit, il est à la télé ! Les Juppé, les Fillon, ils n’ont pas ça, eux, et ils ont fait des livres aussi ! Sarkozy est obsédé par le titre de Président, il est né Président, il veut être Président il veut mourir Président. Il s’agite comme un pantin ! Il réussit même à aller sur

le perron de l’Elysée, c’est incroyable. Il dit n’importe quoi ! Il ne sait pas quoi inventer ! Enfin, heureusement, 70% des français n’en veulent plus ! Et vous êtes près du peuple… Les salariés de Goodyear qui ont été condamnés à 9 mois de prison, qu’en pensez-vous ? Un salarié qui se voit jeté sur le carreau sans plus de travail, avec sa femme et ses enfants… Ils ont enfermé un dirigeant une journée, et alors ? Quoi, ils ne lui ont rien fait de mal ! On n’a jamais vu un salarié qui fasse 9 mois de prison pour un truc pareil ! Non, ça ne justifie pas la prison, quand même… En parallèle, ceux du CAC 40, ils sont bien à l’aise eux ! Ils ont distribué 50 milliards à leurs actionnaires. Des entreprises aux gros bénéfices veulent gagner plus, elles vont en Chine et dégagent les salariés comme des pions. C’est insupportable ! Pouvez-vous citer le nom d’une personne que vous n’aimez pas du tout ? Pierre Gattaz du Medef, je ne peux pas le voir, celui-là ! Lui, ce qu’il voudrait, c’est choisir ses salariés, les payer comme il veut et les débarquer quand il en a envie ! Voilà le programme ! Si on ne résiste pas, nous reviendrons à 1789. Les gens seront dans la rue et ce ne sera pas pour chanter « Viens poupoule ! », croyez-moi ! C’est grave, quand même, d’en arriver là…

Photo : Jacques Habas

ment, ce sont des gens qui ont tous de l’argent, avec des retraites de Ministres, de Président… Les sénateurs, avec leur retraite, bien sûr, ils ne veulent pas bouger ! Comment se peut-il que nous en soyons encore à des situations comme ça ? En Hollande (sans jeu de mots), ils ont un autre système. Mais ici, c’est la grande vie, ça dépense de l’argent, ça fait des cocktails à l’Elysée pour un oui ou pour un non !

Votre dernière colère ? Pendant l’émission d’Hanouna. Au moment où je suis arrivée, ils discutaient de Manuel Valls. Et là j’ai dit : « Attendez, j’ai quelque chose à dire sur Valls et l’Arabie Saoudite, avec les barbares qui décapitent. » Hanouna, ça lui a scié les pattes ! Il a d’habitude des invités obéissants. Il ne s’y attendait pas, il voulait que je parle des Miss. Alors, ils se sont vengés avec une photo montage de moi et d’un corps dénudé. Hanouna, je lui ai dit : « Je pourrais être ta grand-mère ! » Il a répondu : «Mais non, c’était une blague… Je t’aime vraiment, mon amour !» Alors, moi : «Ta blague, je n’apprécie pas du tout et si c’est ça, ton amour ? Terminé ! » C’est vrai, il me dit toujours « Je t’adore, Geneviève ! » Mais je ne suis pas prête d’y retourner dans son émission… Compte tenu de mon âge, c’est une injure ! Evidement, dans ces émissions là, on ne parle pas de l’Arabie

saoudite ! Ailleurs non plus, du reste… Racontez-nous un épisode où votre verve a fait rire tout le monde ? Pour une émission, j’étais l’invitée surprise, cachée derrière le rideau. Un chroniqueur dit : « Comment se fait-il que nous n’ayons pas de nouvelles de l’Elysée ? » J’ai répondu : « Hollande est en train de remettre la Légion d’Honneur à Jean-Pierre Coffe. Qu’est-ce qu’il a fait, celui là, pour la nation ? Rien ! Il bouffe gratuitement toute l’année ! » Alors, évidemment, ça a fait rire tout le monde. Mais c’est une réalité : accrocher le ruban à Coffe, ou à d’autres du même genre, non mais, vous vous rendez compte ? Enfin, ça ne tient pas debout… La légion d’honneur n’a plus aucun sens maintenant, c’est comme une médaille en chocolat. Le monde va à l’envers. Moi, je l’ai refusée.


PERSONNALITÉ

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Ou : « Geneviève a un punch ! Une jeunesse ! Il Quels sont vos projets aujourd’hui ? J’ai accepté une proposition dans « La nou- faudrait qu’elle soit au gouvernement, ça metvelle édition » de Canal plus, une intervention trait de l’ambiance au Conseil des Ministres ! » par semaine sur l’actualité. C’est Daphné C’est certain ! Si votre vie était à refaire ? Bürky qui présente l’émission. C’est ça que j’aime. J’ai besoin de parler, de Je ne changerai rien ! dire ce que je pense, et de Comment se complus en plus ! portent les gens dans la D’ailleurs, à l’émission de rue quand ils vous renBourdin, j’ai dit ce que contrent ? j’avais envie de dire, il Les gens me disent : n’avait même pas le temps « Vous êtes comme à la de souffler que j’enchaîtélé ! » Ils sont toujours nais. Les gens ont envoyé Geneviève de Fontenay agréables avec moi. C’est une explosion de meset Michèle Clary réconfortant. Je ne sors sages… Il n’en reçoit pas jamais de chez moi ébouautant avec les hommes politiques ! Bourdin ne s’attendait pas du tout riffée. Car les vedettes sortent souvent mal coiffées, mal fringuées, et on ne les reconnaît à ça ! Par exemple : « Monsieur, je n’écoutais plus trop RMC en rai- pas ! La dame au chapeau, c’est comme le son de la tiédeur des invités du politiquement panache d’Henri IV ! correct. Quel coup de fouet avec Mme De Un clochard, à la gare de Lyon, me lance : « Je peux faire une photo ? » Mais oui, comme ça Fontenay ! Donnez-lui une rubrique ! »

vous la vendrez et vous aurez des sous ! Les éboueurs : « Eh, Geneviève ! » C’est unique ! Moi, j’ai le même look depuis toujours, alors c’est ancré dans la tête des gens. Les touristes chinois aussi m’interpellent ! Quel enseignement tirez-vous de votre si beau parcours ? Je suis issue d’une famille de dix enfants où j’ai appris la dignité en toute circonstance, le respect de soi et le respect des autres. Mes frères, mes sœurs et moi avons suivi ces préceptes. Maintenant, je suis très occupée, dire ce que je pense, c’est ça qui m’intéresse ! Pas de retraite. Je suis heureuse parmi les gens, j’aime les gens et je veux être parmi eux… C’est ma nourriture, ça remplace les médicaments et ça ne ruine pas la Sécu ! Propos recueillis par Michèle Clary

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Présidentielles 2017

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ALAIN JUPPÉ

avec les jeunes À Montmartre Il y eut des accents Shakespeariens, comme une déclaration d’amour, faite par PierreYves Bournazel, l’élu du XVIIIe, invitant, mordicus à plaider en faveur du grand homme d’Etat. Place à l’émotion, à l’entre-soi, face à un homme dont personne ne peut mettre en doute l’intégrité. On ne va pas lui reprocher son caractère indépendant, son esprit mordant, sans concessions, sa liberté de ton, et son courage qui le porte à assumer des valeurs que d’autres n’osent plus affirmer en public sous peine de tomber sous le couperet de la police de la pensée et des idéologies en faillites promues par des intellectuels attardés. Alain Juppé a écrit de belles pages

Photo Jacques Habas

« J

président ! Juppé président ! », scandait la jeunesse de France et de Navarre venue l’accueillir au pied du SacréCœur de Montmartre, une jeunesse toute acquise à la promesse du messie, qui applaudit à tout rompre, à la moindre parole, au plus petit geste, saisie dans l’ivresse des panoramas et de la colline inspirée. C’est ainsi qu’est apparu Alain Juppé, chemise à carreaux tendance jeune décontracté, plongé jusqu’au cou dans un bain de jouvence, porté par une vague puissante qui l’entraina jusqu’au podium où il put enfin savourer cette fraîcheur venue de toute la France pour lui apporter son soutien aux primaires. Le uppé

clarté rare, où il aborde tous les sujets politiques avec l’intelligence qu’on lui connaît. Enfin « Juppé président » se livre un peu dans cet ouvrage passionnant, oui !

lieu choisi ne manquait pas de piquant, le Corcoran’s Sacrécœur Irish Pub*, au milieu de la rue-escalier Foyatier.

Par Jacques Habas

sur l’identité dans l’introduction de son dernier livre intitulé « Pour un Etat Fort », un livre de plus de 260 pages, d’une

*Le Corcoran’s Sacré-Cœur Irish Pub est installé sur deux étages, avec deux bars et dance-floor, ce superbe lieu peut contenir 400 personnes. Il est situé dans l’imposant édifice en rotonde aux allures de river-boats à aubes qui abrita pendant l’exposition universelle de 1900, le « Panorama

« Juppé président ! », affectionne l’harmonie, qu’il souhaite à tous sous forme de vœux, et cite Montaigne : « C’est une belle harmonie quand le dire et le faire vont ensemble ». Doiton comprendre qu’il va faire tout ce qu’il dit ! Le premier ministre qui a vainement tenté

de Jérusalem ». Le rez-dechaussée de cette nef enfouie fut pendant un demi-siècle, à partir de 1929, l’atelier de gravure et d’impression en taille douce de Roger Lacourière, une vraie légende. Ici ont travaillé avec les éditeurs Skira et Vollard, Picasso, Miro, Chagall, Derain, Matisse, Masson, de

de réformer le pays en 1995, l’homme du « oui » à Maastricht, le brillant ministre des affaires étrangères qu’il fut, le grand diplomate qui a profondément marqué le Quai d’Orsay est salué par l’assistance pour son sens inné de l’écoute, sa puissance de travail, son besoin d’aller vers les autres : tous ici sont convaincus de sa grande capacité à diriger la France en ces temps tourmentés. Jacques Habas

l’établi à la presse, ils ont suivi et écouté les meilleurs artisans-taille-douciers du monde. Le Corcoran’s Sacré-Cœur Irish Pub 11, rue Foyatier 01 72 34 83 43 ouvert de 11h à 2h du matin.


Jeanne

historique

par jean-paul bardet

Hommage à

Jeanne Bohec Une grande Résistante

Jeanne Bohec et Joël Le Tac lors d’une cérémonie à la mairie du XVIIIe arrondissement

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I

l y a soixante-dix ans, le 31 août 1945, la grande résistante que fut Jeanne Bohec était démobilisée. C’est pour moi, qui l’ai plusieurs fois rencontrée et pour Paris-Montmartre, l’occasion de rendre un nouvel hommage à celle qui fut aussi maire adjoint de notre arrondissement. Ce nouvel hommage, je souhaite l’illustrer de plusieurs extraits de son ouvrage, La plastiqueuse à bicyclette, qu’elle m’avait offert et dédicacé lors de notre première rencontre. Dans ce livre, sont rassemblés nombre de ses expériences, de ses exploits, de ses souvenirs. L’ouvrage est en outre précédé d’une préface de Jacques Chaban Delmas. Jeanne Bohec est bretonne, fille et petite fille de bretons. Elle est née en 1919 à Plestin les Grèves, comme sa mère, dans cette région située à la limite du Léon et du Trégor, qui relie Morlaix à Lannion. Son père lui, est originaire de Lanmeur, Dans son livre, elle nous précise et insiste sur le fait que : « Fille de marin, si le sort l’avait dotée de chromosomes XY, nul doute que ce serait vers la mer qu’elle aurait orienté ses activités, dans la Marine nationale, mais je suis née trop tôt ! » Jusqu’à l’age de dix ans, Jeanne Bohec suivra ses parents partout, de port en port, de Cherbourg à Brest, de Brest à Toulon, avouant avec humour : «  Que son père, comme tout marin, possédait une femme dans chaque port, la sienne ! ». Parmi les différents souvenirs qu’elle a conservés de ses plus jeunes années, les plus présents dans sa mémoire sont ceux qu’elle a gardés de leur passage à Brest, lorsqu’elle demeurait avec ses parents à Recouvrance, dans une maison située face à un dépôt des Équipages de la Flotte. Avant même de savoir lire, la petite Jeanne était attirée par « la chose imprimée ». Ce n’est pas étonnant de la voir très tôt se passionner pour les images, en particulier les images d’Épinal. Regarder les images ne lui suffisant pas, Jeanne Bohec apprend très vite à lire. Elle maîtrisa si bien la lecture que son institutrice lui confiera, dès l’age de six ans, une charge de monitorat auprès de ses camarades de classe, un monitorat qui ne sera sans doute pas étranger à sa future et longue carrière qu’elle occupera au service de l’Education Nationale. Sa carrière d’enseignante, si l’on peut dire, aurait donc commencé à l’age de six ans, quelle précocité ! Après avoir obtenu, en 1937, son premier baccalauréat (à l’époque, le baccalauréat comportait deux parties, une première partie à la fin

B


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de la classe de 1ère, la seconde après la terminale), Jeanne Bohec, fort douée en mathématiques et surtout débarrassée du latin, quitte le collège Joachim du Bellay d’Angers pour rejoindre une classe de Mathématiques élémentaires, « Math-Elem », au lycée David d’Angers, accompagnée de son amie Madeleine Roy. Reçue l’année suivante à la seconde partie du baccalauréat, elle rejoint la faculté catholique d’Angers, pour débuter des études universitaires en préparant le certificat de Mathématiques générales, puis celui de Calcul intégral et différentiel auquel elle échouera, alors que se présente l’été 1939, un été de tous les risques où se profilent les prémices de la guerre ! Plusieurs mois seront passés lorsque Jeanne Bohec Le Moulin Rouge libéré apprend, fin mars 1940, Photos de Roger Schall (tous nos remerciements à Jean-Frédéric Schall) par l’un de ses anciens professeurs, qu’une place elle se rend à Brest et se présente au d’aide chimiste est disponible à la poudrerie du Moulin Blanc, à directeur de la poudrerie. Après un entreBrest. C’est, pour Jeanne Bohec, l’occa- tien des plus satisfaisants, elle se retrouve sion de se rendre utile. Immédiatement, agréée auprès d’un laboratoire chargé de la vérification du taux de nitrate dans le coton-poudre. Dans le cadre tranquille de ce laboratoire, Jeanne Bohec découvre, à la lecture des journaux, ce qui sera appelé la « drôle de guerre », et particulièrement la position défensive adoptée par l’étatmajor français, qu’elle ne comprend pas et qu’elle n’accepte pas. Fidèle à son hostilité à la politique de Munich, Jeanne Bohec s’apprête à quitter la France pour l’Angleterre, ce qu’elle n’hésita pas à Plestin Les Grèves où naquit Jeanne Bohec faire, dès l’arrivée des allemands. Le 18 juin, elle quitte donc Brest, à bord du remorqueur l’Abeille 4, sans même avoir entendu ni même eu connaissance de l’appel de Londres. Arrivée au large de Plymouth, en compagnie d’une centaine de soldats polonais qui portait l’uniforme français, quelle fut son immense surprise : il fallut attendre trois jours avant que le débarquement soit autorisé par le gouvernement britannique le 21 juin. Enfin débarqués, Jeanne Bohec et les hommes

historique

Bohec La Tour d’Auvergne à Quimper où enseigna Jeanne Bohec

sont d’abord dirigés vers une sorte de « centre de triage », pour y être interrogés. Alors que les polonais sont amenés à prendre une autre direction, Jeanne Bohec, accompagnée de quelques autres, est à nouveau le sujet d’enquêtes complémentaires. Interrogée, en français, par un officier britannique, elle lui répondit entre autre : «  Je travaillais dans une poudrerie à Brest, je ne voulais pas rester avec les allemands, et je veux continuer à participer à la guerre selon mes moyens ». Mon interrogatoire se conclut par ces simples mots : « C’est bon, je vous remercie ». Les interrogatoires terminés, nous sommes dirigés vers Londres, plus exactement dans sa banlieue. Dans son livre, elle ne manque pas de rendre hommage à l’accueil que leur réservèrent les anglais et tout particulièrement à leur organisation. À Londres, on lui proposa d’être placée, comme aux autres, dans une famille anglaise à laquelle le gouvernement allouait dix shillings par semaine pour l’entretien des “réfugiés”. Pour subvenir à


historique artisan

ses propres besoins, Jeanne Bohec devient dame de compagnie dans une famille britannique, la famille Ems, une situation qui se révèlera bientôt peu confortable. Monsieur Ems était ingénieur. Chaque soir, au salon, elle écoute les nouvelles de la BBC, ce qui lui permet de parfaire son anglais appris au lycée. Un soir, à l’écoute de la BBC, elle entend parler, pour la première fois, du général De Gaulle et des

Occupation Cabaret Le Néant et la foire aux croñtes

Forces Françaises Libres qui sont en train de se constituer. Aussitôt elle se renseigne, tente de prendre contact, mais surprise, elle découvre que les Forces Françaises Libres n’acceptent pas encore les femmes dans leurs rangs, alors que les anglaises sont admises et mobilisées au sein des ATS (Auxiliary Territorial Service) de l’armée de terre, des WAAF (Women’s Auxiliary Air Force) de l’aviation ou bien des WNRS (Women’s Royal Naval Service) de la Marine, dont les uniformes sont différents : * kaki avec une casquette pour les ATS, un uniforme peu élégant qu’elle porterait bientôt, * bleu royal Air Force pour les WAAF, * tailleur croisé bleu marine avec un ravissant tricorne pour les WNRS. Au moment de son engagement, le

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groupe des « Volontaires Français » ou « FFL » ne comptait qu’une vingtaine de femmes. D’origines diverses, logées dans une grande maison du centre de Londres, elles seront plus de deux cents, lorsque Jeanne Bohec quittera le centre en 1943. Parmi les FFL, se trouvaient plusieurs hommes et femmes, d’origine bretonne, comme elle, qui se rassembleront au sein d’une association : « Sao Breiz ».

le petit doigt sur la couture du pantalon, mais à la hauteur de la jarretière arrière ! Reçue à l’examen, elle ne se vit accorder qu’un seul galon, mais sachant que les 1ères classes et les maréchaux français n’en portaient qu’un, elle se consola très vite ! Au printemps 1942, alors qu’elle est employée comme secrétaire, elle découvre qu’il a été décidé de créer un labo-

Cabaret Le Néant à la Libération

Lorsqu’on leur proposa de donner de leurs nouvelles, par une simple phrase transmise par la BBC, vous imaginez combien Jeanne Bohec s’empressa, comme les autres, de le faire. Lorsque ses parents accusèrent réception de son message en disant : « Avons reçu nouvelles de Jeanne par Philippe », il lui fut facile de traduire le contenu du message par : «  Nous avons reçu de tes nouvelles par notre poste de TSF Philips. » Si, comme dans toute armée, il est possible de monter en grade, elle se souvient du jour où, après l’appel matinal quotidien, un des adjudants s’adressa à elle en ces mots : « Il est prévu un avancement pour les Volontaires capables. Vous pouvez vous inscrire si vous le désirez ». C’est là qu’elle apprit que, pour les femmes, le garde à vous ne se faisait pas

ratoire de recherches “assez spéciales” dirigé par un certain Mr. Guéron, qui sera nommé, à la fin de la guerre, Directeur au Commissariat à l’Energie Atomique. Dans ce laboratoire, qui dépendait du Service Technique et de l’Armement, les travaux et les recherches menés avaient deux objectifs : D’une part, rechercher les meilleures techniques de fabrication d’engins de sabotage qu’il serait possible de fabriquer au moyen de produits aisément disponibles en droguerie et/ou en pharmacie. L’approvisionnement du laboratoire devait, bien sûr, être le plus discret possible, afin de ne pas ne pas éveiller les soupçons du voisinage. D’autre part, communiquer et enseigner l‘ensemble de ces techniques à la Résistance qui s’organise et grandit chaque jour sur le sol national. A Londres,


historique

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les matières premières étant nécessairement fournies par les services britanniques de l’Intelligence Service, le laboratoire exigeait que l’on tienne à sa disposition tout ce qui pouvait lui permettre de mettre au point les techniques de fabrication d’engins incendiaires, d’explosifs et de détonateurs, et surtout celles

vous donne des détails trop précis sur nos expériences, nos formules pourraient encore servir et je ne tiens pas à ce qu’elles tombent dans le domaine public ». Au même moment, arrive enfin la convocation tant attendue auprès du responsable, le commandant Saint-Jacques

faire la même chose, appliquer moi-même ces recettes au cours d’opérations de sabotage sur le sol national ». S.J « Hum ! Vous savez ce que vous risquez ? Vous sentez-vous capable de tenir le coup ? » J.B «  Oui, mon commandant » répondit Jeanne. Le lendemain, Jeanne accepta volontiers l’invitation à dîner que lui proposa le commandant afin de mieux étudier la question. Le dîner achevé, dans un bon restaurant du quartier de Soho, Jeanne quitte

traverser un étang et revenir, dans un radeau à demi immergé, d’une instabilité extrême, accompagné d’un passager, en une heure chrono ! Suivront les passages à l’école de sabotage et pour terminer à celle de parachutage, la plus dure de mes épreuves, confie-t-elle. Le stage final de sécurité terminé, il fallait songer au départ. Ayant satisfait à tout, Jeanne Bohec est acceptée et parachutée le 29 février 1944, près d’Alençon. Jeanne Bohec est donc l’une des premières, sinon la première femme à être parachutée en France !

Bombardement rue Chevalier de la Barre

des dispositifs de mise à feu à retardement, enfin tout ce dont un futur saboteur peut avoir besoin. Grâce à ses connaissances en chimie, lorsqu’elle quitte le centre, fin août 1943, Jeanne Bohec est admise au BCRA de Londres, au sein d’un autre laboratoire affecté aux recherches spéciales déjà citées. Ce laboratoire était installé dans la salle de travaux pratiques de chimie du lycée français de Londres. Les travaux conduits étaient répartis selon trois spécialités : engins incendiaires, explosifs, dispositifs à retardement. Cependant, dans son livre, Jeanne Bohec précise : «  N’attendez pas que je

(S.J). Durant cette rencontre, Jeanne Bohec (J.B) lui expose ses désirs. Voici brièvement résumés quelques passages de son entretien, tels qu’elle nous les confie : S.J. « Alors, il parait que vous voulez rejoindre la France ? » J.B. « Oui mon commandant. » S.J «  Racontez moi ce que vous avez fait jusqu’ici et pourquoi voulez-vous partir ? ». J.B « Mon commandant, j’ai eu l’occasion, au cours de mon travail au laboratoire, d’enseigner nos petites recettes à des garçons en instance de départ. Je voudrais

Un cabaret de Pigalle sous l’occupation

le commandant avec la solide impression que c’était gagné ! Ce sera le début d’une longue préparation où elle sera soumise à divers stages et tests : tests psychologiques, tests physiques, culture de l’esprit d’équipe… Jeanne se souvient tout particulièrement du « test du radeau » qui consistait à

Dès son arrivée, elle prend contact avec la capitale, qu’elle rejoint, très étonnée de voir si peu de circulation sur les routes. Par sécurité, ceux qui sont chargés de la conduire, la déposent à Versailles, d’où elle terminera son voyage en chemin de fer, car les entrées de la capitale


historique

sont très surveillées. Après divers contacts et rencontres, Jeanne apprend qu’elle doit rejoindre la Bretagne sous une huitaine de jours, pour commencer l’instruction des saboteurs. Le 6 mars, après avoir réservé

Cachet de la mairie portant la francisque

une place pour Vannes, dans le Paris Quimper de 22 heures, elle quitte Paris de la gare Montparnasse, accompagnée d’un certain Marchand. Par précaution, ils quitteront le train à Questemberg, la station avant Vannes. Promue « instructeur » (la féminisation n’était pas d’actualité !) à l’école de sabotage, dans les départements bretons du Morbihan, des Côtes du Nord et du sud Finistère, elle formera une cinquantaine de jeunes gens à l’art du sabotage, se dépla-

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çant chaque fois, pour passer inaperçue, à bicyclette, un moyen de locomotion qui lui est cher, elle le fera d’ailleurs figurer dans le titre de son « roman autobiographique », paru aux Editions du Mercure de France : « La plastiqueuse à bicyclette » (1975). Réédité en 1999 dans la collection «  Résistance – Liberté – Mémoire  » par les éditions du Félin, l’ouvrage a été récompensé du prix « d’Histoire et Sociologie » décerné par l’Académie française (voir le commentaire de Jeanne Bohec ci-dessous : « Trois heures sous la coupole » (30 novembre 2000). Lors d’une rencontre chez elle, avenue Junot, elle m’en a gentiment dédicacé et offert un exemplaire. Depuis juin 1940, les bretons sont parmi tous les français, ceux dont la proportion d’hommes et de femmes qui ont refusé la défaite est la plus forte (l’exode de l’île de Sein en est le plus bel exemple). En particulier, le Morbihan a compté un

nombre très élevé de FFI et d’hommes capables et prêts à multiplier les actions de sabotage. C’est pourquoi, dès Noël 1941, le général De Gaulle rendait hommage à la Bretagne, déclarant que : «  Parmi les bons et purs français, marins, soldats, aviateurs qui combattent toujours pour la France, un sur trois est breton ». Chaque soir, elle était à la T.S.F à l’écoute de Londres, prêtant surtout l’oreille aux “communiqués” de la BBC au cours de l’émission « Les Français parlent aux Français ». L’un d’eux n’annoncerait-il pas un nouveau parachutage d’armes et de munitions ? On attendait aussi à l’annonce du débarquement ! Mais, bien que nombreuse et bien organisée, la Résistance française n’avait pas aux yeux des alliés, surtout ceux des américains, la confiance et l’efficacité attendues. Le BCRA de Londres désirant lui confier, au jour «  J » du débarquement qui s’approche, le sabotage de toutes les voies ferrées, les alliés exigent des preuves de l’efficacité des réseaux de la résistance intérieure. En réponse, il est décidé, puis organisé, le sabotage de toutes les voies ferrées d’un département choisi à l’avance, les coupures devant être maintenues durant huit jours au moins. Ce travail, confié à Jeanne Bohec, elle le diri-

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historique

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Libération de la Mairie

gera de sa personne, en sabotant la voie ferrée Vannes - Saint Brieuc, le Morbihan ayant été le département “élu” pour ce test dans le cadre de l’opération « Plan Vert ». Fin mai 1944, Jeanne Bohec est de retour à Quimper, et enseigne à nouveau, au lycée La Tour d’Auvergne, sous le nom de professeur Rateau, dans l’amphithéâtre de chimie, des cours de sabotage devant l’assemblée des professeurs réunis derrière le proviseur. La ligne Quimper – Paris se trouvant provisoirement rétablie, Jeanne Bohec rejoint le maquis “Saint Marcel” avec lequel elle organisera la préparation de plusieurs parachutages, une partie du trafic radio, le chiffrage et le déchiffrage des télégrammesradio de Londres. Enfin, Jeanne Bohec prendra une part très active aux combats de Libération de la ville de Quimper. Démobilisée le 31 août 1944, Jeanne Bohec se marie en février 1945. Son fils Jean-Pierre naît le 19 juin 1946. Pour son immense courage, Jeanne Bohec sera récompensée de nombreuses décorations : La Croix de guerre avec palme (30 mai 1945),

La Médaille de la Résistance (31 mars 1947), La Croix de Chevalier de la Légion d’Honneur (20 mai 1947), sans oublier le diplôme de « brave conduite », N0 589, décerné par le quartier général des Forces Expéditionnaires Alliées, sous la signature du général Eisenhower. De retour à la vie civile, elle ne reprendra pas ses études interrompues en juin 1940, mais entrera dans l’enseignement, par “la petite porte”, comme elle dit. Travailleuse infatigable, elle parviendra à surmonter beaucoup de difficultés pour enfin réaliser son rêve : « Devenir professeur de Mathématiques  ». Nommée dans divers établissements de notre arrondissement, elle sera aussi, du 24 juin 1974 au 25 mars 1977, Maire adjoint du XVIIIe. Dans sa fonction de Maire adjoint, elle célébrait les mariages le mercredi, jour de congé, demeurant, ce jour là, dans sa permanence, à la disposition, de ceux qui pensaient désirer quelque chose d’inhabituel. Nommée officier municipal, par le nouveau maire de Paris, Jacques Chirac, elle avait les mêmes fonctions que les anciens maires adjoints, mais avec davantage de responsabilités, tout en animant de sa présence de nombreuses asso-

ciations. Parmi ces associations, il faut citer la Société d’Histoire et d’Archéologie « Le Vieux Montmartre », dont elle sera secrétaire générale, une société centenaire à laquelle tous les montmartrois devraient appartenir  ! En 1987, Jeanne Bohec est promue au grade d’Officier de La Légion d’Honneur. Jeanne Bohec, qui s’était acquis de nombreux titres de reconnaissance de la Nation, nous a quittés le 11 janvier 2010, après avoir passé une retraite bien méritée à Montmartre, avenue Junot. Pour terminer cet hommage, un court extrait de la postface de « La plastiqueuse à bicyclette » : « Pour moi, le destin ! Je pense en réalité qu’il a pour nom la Providence. Tout au long de ma vie, j’ai constaté que le hasard, ou plutôt Dieu, m’a permis de faire certaines choses ou d’en éviter d’autres, sans que j’y sois pour rien. J’ai en la chance de m’en sortir sans mal. J’ai été toujours patiente et ainsi, j’ai toujours fini par atteindre mon but. Les Bretons sont têtus. Je pense que quand on désire quelque chose, il suffit pour l’obtenir de le vouloir assez fort et assez longtemps. »

J.P. Bardet


Par Jacques Habas

Argent

SOCIÉTÉ

Art « La plus grande maison de marchandises qui ait été au monde », les Médicis, gouvernent le monde avec leur or, c’est le règne des capitalistes et des armateurs.

Artistes

« La Peseuse D’or » de Jean Van Hemessen

L

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’Argent, le nerf de la guerre, résume toute l’humanité depuis son origine. Son économie, ses richesses, le temps, le travail, l’épargne, l’agriculture, l’industrie et le commerce. Les marchands ont inventé l’écriture, les Babyloniens les chèques d’argile et le compte courant. L’Asie Mineure invente les pièces de monnaie. Au royaume de Crésus, le Temple de Delphe devient la plus grande banque de l’Hellade. En Grèce, les banquiers inventent « les trapézistes », un commerce qui se pratique sur une table à trois pieds : la table deviendra banc et l’institution « banque ». Rome invente le droit et Junon la conseillère (Moneta) qui allait donner le mot monnaie. C’est la grande époque de l’Islam de Bagdad à Cordoue, chaque ville a son « bâzar », ses banquiers (sayrafis), pratiquent le billet à ordre et le sakk qui a donné le mot « chèque ». Charlemagne bat monnaie, puis viendra le temps des cathédrales et celui des foires. Du sein de l’église est sortie la puissance financière des Templiers, fondée à Jérusalem en 1118, par Hugues Payns, dont la vocation est de protéger les pèlerins contre les bandits et les Sarrazins. L’ordre gère tous les biens

« Le Changeur et sa Femme » de Quantin Metsys

de l’église jusqu’en 1311, date à laquelle Philippe Le Bel s’empara de leur richesse. « La plus grande maison de marchandises qui ait été au monde », les Médicis, gouvernent le monde avec leur or, c’est le règne des capitalistes et des armateurs. En France, Jacques Cœur devient le grand argentier de Charles VII. Henri le navigateur, prince portugais, découvre en 1415 les côtes occidentales africaines. « Les artistes ont toujours aimé l’argent », c’est le titre provocateur d’un livre écrit par Judith Benhamou-Huet. Un ouvrage qui analyse treize cas d’artistes du passé, tout aussi préoccupés par l’appât du gain que le sont aujourd’hui les Jeff Koons et autres Damien Hirts. Dans les siècles passés, le pouvoir acceptait d’entretenir certains artistes qui se conformaient à l’exigence des canons esthétiques de l’antiquité, le beau, « le Grand Beau ». Pour Philostrate l’ancien, « le Grand Beau, c’était l’Olympe, le Graal, l’Empyrée » (Maurice Rheims). Jusqu’au début du XVIIIe siècle, la notion du respect coutumier devait être aussi la règle pour les thèmes religieux, Dieu le père, son Fils, le Saint Esprit et les saints, doivent être présentés dans

un ordre précis. Michel-Ange fut alors souvent réprimandé par son protecteur le pape Jules II pour avoir transgressé la règle. Tintoret fut menacé de croupir dans une geôle pour les mêmes faits. Sous le règne de Louis XIV, les artistes ont pu signer leurs œuvres, sinon l’artiste devait abandonner son sort entre les mains de son protecteur qui lui assurait le toit et la sécurité, et l’exonérait des impôts – si le Prince était d’église il pouvait offrir l’éternité dans l’au-delà. Les Médicis paient à Dieu leur tribu en offrant cathédrales, chapelles et couvents et font, la veille de leur mort, don de leur fortune, cause du recul capitaliste (J. Le Goff). La révolution française, en supprimant les jurys des salons, a aggravé la situation des artistes : tout le monde peut concourir même les plus fortunés, les femmes s’y mettent, on enseigne les beaux-arts à tous les coins de rue, il y a trop de peintres, peu de clients, Balzac dénonce la situation misérable des artistes. La bourgeoisie naissante, en célébrant l’esthétique et l’argent roi, puis les Pompiers et les Salonniers, a changé la situation : on veut plaire à Monsieur Prudhomme et


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« Le Percepteur » de Marinus Roejmerswaelen

César Birotteau court au salon se pâmer devant la médiocrité entretenue par la critique la plus niaise. Quelques peintres soutenus par Baudelaire refuseront les médailles et la notoriété. Les impressionnistes et les naturalistes deviennent des ennemis de classe, des « peintres maudits ». Gauguin refusera de mendier auprès de l’Etat et affirmera qu’à soixante francs pièce, ses toiles ne sont pas chères. La vente Doucet, avant 1914, sauva les impressionnistes… L’artiste le plus souvent cité dans ses rapports avec l’argent n’est autre que Picasso qui vécut dans une extrême pauvreté au Bateau-Lavoir à Montmartre, comme le souligne Judith Benhamou-Huet. C’est « le père Soulier », marchand de bric-à-brac et grand buveur, qui empêchait les artistes du quartier de mourir de faim. Les « sauveurs », on le sait bien, furent dès 1905 Léo et Gertrude Stein qui achetèrent d’un coup pour 800 francs de tableaux. La planche à billets attire de nombreux artistes tels Marcel Duchamp qui, en 1919, dessine… un chèque. Picasso et Andy Warhol battent monnaie en dessinant des billets de banque. Pablo entre dans une

« époque duchesse », déclare Max Jacob, et mène, en vacances sur la côte basque, un train de vie de grand bourgeois dans la villa de la milliardaire chilienne Eugenia Errâzuriz. L’ancien pauvre deviendra un maniaque de l’argent qu’il transportait partout dans une malle Hermès, des millions qu’il comptait sans cesse, écrivait sa compagne Françoise Gilot en 1964. La très grande force de Picasso était de séduire tous ceux qui pouvaient augmenter sa notoriété – les collectionneurs, les marchands, les critiques et les commissaires d’expositions. L’or comme relique barbare (Keynes), l’or des Egyptiens qui est la chair même du roi. Chez les Hébreux, Abraham est couvert d’or, Moïse construit l’Arche et la couvre d’or pur. En Orient, c’est dans un palais d’or que Kay Us règne sur le monde. En Inde, le monde est né d’un œuf d’or, et Bouddha descend sur terre par une échelle d’or. Chez les grecs, le dieu des dieux se métamorphose en pluie d’or, l’axe de l’univers est un arbre d’or chez les Turco-Mongols. Pour les Germains, Sigmund s’empare de l’or des Nibelungen, dont Wagner fera l’Or du Rhin. Au pays

des Incas, Bochica fend de sa baguette d’or la cordillère pour que les eaux puissent s’écouler. En Chine, les tombes de Sing-Tcheng et les royaumes combattants sont recouverts d’or. Le métal jaune est associé à l’idéal d’élévation (« un cœur d’or », une famille en or », tandis que Freud en fait notre première monnaie d’échange, notre digestion, faisant de l’analité et de l’excrément le premier cadeau de l’enfant à la mère. Alfred Jarry préfère dire « merdre » et « croc à phynances ». La littérature adore ce thème, entre autres Molière, L’Avare ; Dostoievski, Le Joueur ; Zola, L’Argent ; Shakespeare, Le Marchand de Venise, etc. Les alchimistes y ont vu le « sel » fondamental, le principe de la substance des choses. Pas de doute, l’or, le change et la banque ont inspiré les peintres de toutes les époques – loin du cliché de l’artiste bohème, Marcel Duchamp, « marchand du sel », a montré le chemin de la liberté financière, et peut-être achevé un système pictural qui condamne l’époque à ne plus découvrir d’artistes de premier plan. Jacques Habas


À VOS PAPILLES

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Michelin 2016

un guide un brin frigide pour un quartier bien oublié, le 18e

Roger Feuilly est journaliste, chroniqueur de la gastronomie et du vin depuis trois décades. Il a collaboré à L’Evénement du Jeudi, l’AFP (Agence France Presse), GaultMillau, Slow, Cuisine et Vins de France, et est l’auteur de plusieurs livres et guides, «Vin, Vin, Vin», «In Francia con l’Italia», «Poissons, coquillages et crustacés», «Guide des vins du Monde», «Guide des Routes du Vin», «Le Morane, Guide annuel du cigare», «Le Petit Rabelais», «Le Feuilly» et «A boire et à manger» (co-dirigé avec Périco Légasse). Il est aussi l’un des fondateurs du mouvement international «Slow Food» à Paris en décembre 1989. Un grand nom de l’art de la table pour signer cette nouvelle rubrique gastronomique de Paris-Montmartre. Aujourd’hui, Roger s’en paie une tranche et se farcit le Guide Michelin… un mordant bien dans l’esprit de la Butte.

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et lumières d’un Guide Michelin qui s’essouffle à chaque parution un peu plus. Le 18e arrondissement dans le Guide Michelin 2016 ? 11 restaurants cités - dont 4 nouveaux - pour plus de 200.000 habitants ! Autant annoncer la couleur de suite : c’est un Michelin 2016 un brin frigide qui laisse le quartier dans l’ombre. Voilà donc, de millésime en millésime, depuis une bonne décade, le Guide Michelin qui ne change guère, si ce n’est cette année, souligne le Michelin avec culot, « un classement repensé, une meilleure lisibilité, un look nouveau », c’està-dire l’apparition d’un symbole qui ne veut à peu près rien dire, voire même créant une confusion entre macaron (l’étoile, de une à trois) et assiette (une cuisine de qualité). L’an dernier, il clamait avec forfanterie : « Tous nos terroirs à l’avant-garde ». D’évidence, c’est la première tromperie institutionnelle du Michelin qui a plutôt choisi le camp du marketing et des paillettes, de la communication et de la starisation (une grande manifestation a, aujourd’hui comme l’an passé, réunit les chefs étoilés dans un barnum médiatique savamment organisé) au détriment du patrimoine culinaire de la France. En 2015, dans un texte - d’ailleurs non signé -, nous lisions : « Voilà bien ce que nous constatons en arpentant les routes de France en ces années 2010 : nul divorce entre la jeunesse et le passé, entre les recettes d’ici et d’ailleurs (que de métissages culinaires ! Que de talents étrangers dans nos cuisines !). Point de contradictions, donc, mais un dialogue infiniment fécond entre un héritage remarquable, une soif de renouvellement intense et une diversité rare au cœur de nos métropoles comme dans l’ensemble de nos terroirs. » Observons juste que pour le guide Michelin 2016, avec une sélection de 4.350 restaurants, il est encore heureux d’avoir un peu de tout, partout, sans même définir une ligne éditoriale. mbres

Et si le Michelin pense utile de préciser que sa sélection n’est pas un inventaire à la Prévert mais, au fil des pages, « une palette d’authentiques bistrots et brasseries, d’adresses

modeuses, de tables iodées, d’autres plus carnées » ajoutant in fine « Ambiances d’ici, mais aussi d’ailleurs : avec un simple ticket de métro, le Guide vous emmène pour quelques savoureux voyages autour du monde. » Mais la cruauté - qui m’est coutumière, constateront les édiles du Guide - m’oblige à souligner l’erreur d’un Michelin qui affirme que « Toutes les informations pratiques, tous les classements et distinctions sont revus et mis à jour chaque année afin d’offrir l’information la plus fiable. » Cela pourrait être un gage de sérieux. La réalité est tout autre : avec un nombre d’inspecteurs qui varie entre dix - estimation basse - et quinze haute - (le Michelin se refuse à communiquer sur le sujet), il est impossible d’atteindre l’objectif de visite de tous les restaurants présents dans le Guide. D’autant que, de l’aveu même de la direction du Michelin, un inspecteur visite à peu près 260 restaurants par an et 160 hôtels. Faites le compte, en sachant que tous les restaurants étoilés (600 en 2016 contre 609 en 2015) sont visités une fois par an (voire même plus, et par un inspecteur différent), l’arithmétique n’est guère favorable. Et Michelin parle même «d’itinéraires de visite», ce qui laisse, de manière sous-jacente, présupposer que les inspecteurs ne visitent pas tous les restaurants et hôtels chaque année. D’autant qu’il faut aussi renouveler le contenu du Guide avec les nouveaux restaurants. Cette année, Michelin en annonce 380 (470 avec les hôtels) sur toute la France ! Avec quatre nouveaux restaurants dans le 18e seulement, suggérons-donc aux inspecteurs du Michelin de se munir de tickets de métro pour visiter ceux qu’ils ont oubliés...

Un 18e dans l’ombre Même s’il faut louer un petit effort dans l’arrondissement (plus de 200.000 habitants quand même), Michelin oublie quelques tables de qualité. L’an dernier, sa sélection recensait huit tables : Chamarré Montmartre, La Table d’Eugène (1 étoile), Le Coq Rico, Jeanne B, Bistro Poulbot, La Rallonge (l’annexe de La Table


d’Eugène), Miroir (Bib Gourmand) bistrot post-industriel (avec cave et La Cantine de la Cigale. Cette vitrée sous le plancher). Non loin, année, il y en onze, les sept pré- s’il ne devait y avoir qu’une seule citées, mais Miroir perd son Bib pizzeria dans le Guide, ce serait Gourmand, quatre nouvelles et celle de Il Brigante (14, rue du une table supprimée (La Cantine Ruisseau, 01 42 51 04 78) avec de la Cigale, boulevard de Roche- le Calabrais Salvatore. Il cuisine chouart). Les petits nouveaux à fourneaux ouverts dans une sont L’Esquisse (Bib Gourmand, ambiance au coude-à-coude qui 151bis, rue Marcadet, 01 53 41 n’a pas besoin de confort et de 63 04) où la jeune cuisinière Lae- décor (tant pis pour le Michelin titia Bret - une ancienne du Bistral !). Mais, il y a là une incompa(17e) d’Alexandre Mathieu - qui, rable variété de pizze cuites à la avec Thomas Meunier en salle, perfection et magnifiées par de offre une cuisine du marché bons produits. De l’autre côté pleine d’esprit, notamment une de la Butte, Seb’On (62, rue andouillette d’exception en direct d’Orsel, 01 42 59 74 32) chez du Haut-Var, celle de Patrick Au- Sébastien Héloin et Dorota Okutran, charcutier à Callian ; Chez liez-Korazyn, dans un bistrot de Frezet (181, rue Ordener, 01 46 poche et de charme qui aligne 06 64 20), une brasserie datée chaque semaine une cuisine à 1946 récemment reprise par un l’ardoise (bouillon de crevettes professionnel du genre, Pascal et tomates, confit d’échalotes, Mousset (qui dirige également le croustillant de volaille au chorizo restaurant du Sénat et les Au Pe- et tartelette chocolat, traou mad tit Marguery ici ou là dans la capi- cacao et crème à la menthe sortale) ; Nomos bet chocolat). (15, rue AndréLes Tantes del-Sarte, 06 Jeanne (42, 95 84 75 97), rue Véron, 01 en lieu et place 83 76 08 26) ...il est impossible du défunt Chéri d’Octaï Nasad’atteindre l’objectif Bibi que l’on ne kolu et Laetitia de visite de tous regrettera pas, Rioult, avec les restaurants avec Guillaume son ambiance Sanchez, de village présents dans le ancien pâtismontmartrois Guide. sier reconnu, et sa cuisine Compagnon du dans laquelle Devoir, dans un la viande a sa lieu au décor chic popu, bobo bonne part (carpaccio de wagyu brut, fluide et zen juste ce qu’il et mozzarella, entrecôte Black faut, avec chaises et tables en Angus, côte de veau sauce bois Charles Eames et une cui- marjolaine) sans oublier que l’on sine à l’ardoise autour de cinq sé- sait aussi y cuisiner la mer (filet quences et Le Bistrot du Maquis de bar de ligne au jus de crus(69, rue Caulaincourt, 01 46 06 tacés). Autre opportunité gour06 64) avec André Le Letty (voir mande autour des Abbesses, page 42). Mais que d’oubliés Ma Biche (16, rue Véron, tél. 01 quand même ! 42 58 22 20), dans un bistrot au kitsch d’hier où deux jeunes patrons se relaient pour une Les « oubliés » cuisine léchée aux accents du Chaque année, le Guide Michelin terroir sudiste. Les vins sont de offre un joli choix de bistrots et vignerons, juste produit avec du restaurants « oubliés ». Le 18e raisin. Le service féminin comn’échappe pas à la règle. Allez pétent autant que de charme ne les petits inspecteurs, au bou- gâche rien. Aux Abbesses aussi, lot et au goulot ! Jugez-en avec dans la même famille depuis 50 L’Atelier Ramey (23, rue Ramey, ans, La Mascotte (52, rue des 01 42 51 04 78) où Nicolas Abbesses, 01 46 06 28 15), la Boissière (ex-Ribouldingue, 5e) table de Thierry Campion tient le et Dani Naïni s’attachent à une haut du pavé 365 jours sur 365 cuisine du marché et aux vins de de 7 heures du matin à minuit, vignerons dans un joli décor de pour une cuisine qui recherche

© RESTAURANT LE TAGINE CUISINE DU MAROC - LJV

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le bon produit régionaliste, sait mettre en valeur les produits de la mer, offre un banc de coquillages, crustacés et fruits de mer d’une fraîcheur irréfragable, une sélection de vins hors-pair et joue à toute heure son rôle de brasserie ouverte à la vie. Et, si Michou est là midi et soir pour le champagne apéritif, vous, vous êtes au bar d’accueil, festoyant avec les gens d’ici et d’ailleurs. Et la Butte ne serait pas la Butte sans prendre le chemin de ses hauteurs, là où, s’il fallait primer un lieu, ce serait La Bonne Franquette (2, rue des Saules, 01 42 52 02 42) pour sa carte des vins joliment consituée au fil du temps offrant 150 références, de Drappier et Caron parmi 18 autres champagnes, Vacheron à Sancerre, le Clos des Capucins à Chinon, le château de Villeneuve à Saumur, Beaucastel à Châteuneuf-du-Pape, Château Bas en coteaux-d’Aix-en-Provence, Ramonet, Trapet et Les Comtes Lafon en Bourgogne, Domaine DLC en Bordelais, une douzaine de beaujolais, Macle en Jura, Leccia en Corse, les eaux-de-vie de Metté, Brana et Cazottes comme la chartreuse VEP) et sa cuisine vouée au produit (anchois de Collioure de Desclaux, sardines Perle des Dieux, harengs (fumés et Baltique) de David à Boulogne, soupe de poisson La Belle Îloise, boudin de Christian Parra, andouillette AAAAA de Troyes, charcuteries de Colette Sibilia et

sorbets et glaces bio de Terre adélice en Ardèche. On le voit, le 18e, avec son histoire, ses traditions villageoises, sa Butte qui est un phare, a une place éloquente dans le monde de la gastronomie. Les boutiques de bouche sont d’ailleurs de plus en plus nombreuses, les torréfacteurs font florès, les bars à vins pas moins comme les cavistes, les boulangers ont une place particulière puisque l’arrondissement a été plusieurs fois récompensé avec La Meilleure Baguette de Paris, entrant ainsi pendant toute l’année à l’Elysée. Le Guide Michelin, lui, continue de faire la sourde oreille pour le 18e comme ailleurs, faisant de la transparence de ses choix et jugements aujourd’hui, dans le secret du bunker de Boulogne, et hier de celui de l’avenue de Breteuil à Paris - une idée à ranger dans ses placards poussiéreux. La sortie du Guide Michelin est désormais un moment événementiel, médiatique et commercial. Nous, ce que nous préférons, ce sont les assiettes qui offrent des produits avec le goût de ce qu’ils sont. Alors, bon appétit et... large soif ! Roger Feuilly www.toutnestquelitresetratures.com


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À la Mascotte bat le Par MARIE-FRANCE COQUARD

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Mascotte, c’est un lieu exceptionnel, une institution de 127 ans au cœur du mythique quartier des Abbesses, l’assurance de la qualité constante des produits, de leur fraîcheur extrême, d’un service traditionnel sans affectation. La Mascotte, c’est une enseigne dont le nom évoque quelque chose de gai et de magique. Tout a commencé en 1889 à Montmartre, dans ce quartier populaire et commerçant, par un modeste hôtel de deux étages, niché dans la rue des Abbesses. Un grand comptoir occupe tout le rez-dechaussée de cet hôtel intitulé « Le Pompéa ». a

La Mascotte hier Dans les années 1930, le Père Teissier, son propriétaire, décide de surélever la bâtisse de trois étages pour créer un

second hôtel, « l’Antinéa ». Le but est très louable : établir chacun de ses deux fils. Certes, les hôtels ont la réputation d’abriter des rendez vous galants…. Edith Piaf

y séjourna avec son pianiste. Les deux hôtels disposent chacun d’une entrée séparée. Celle du 52 pour « l’Antinéa » et une autre à droite pour «  le Pompéa ». L’un des frères décède, laissant les deux établissements au survivant qui fait condamner la deuxième porte. Il ne reste que celle

que nous connaissons aujourd’hui. Mais, à l’emplacement de l’escalier supprimé se trouve une opportune enclave, celle qui servira dès 1956 à la vente d’escargots. Au rez-de-chaussée, messieurs Laurent et Méria tiennent le café avec ses quatre billards dans l’arrière salle. Originaire de Fleurie dans le Beaujolais, Monsieur Laurent est très apprécié dans le quartier pour la qualité de son vin nouveau fort abordable. Il attire une clientèle de commerçants, d’artisans et d’artistes tels Toppa, Gen Paul, Lecomte et d’autres. La famille Conte lui succède jusqu’au 15 septembre 1965, date à laquelle Irène et Maurice Campion achètent la Mascotte. Irène et Maurice sont tombés amoureux de Montmartre, de sa vie de village populaire, ses petits métiers artisanaux, ses marchandes de quatre saisons, ses vitriers et affuteurs de ciseaux. La Mascotte est alors un café avec un comptoir situé au même endroit qu’aujourd’hui. Dans l’arrière salle, quatre billards. Un club très actif y multiplie concours et compétitions.

Irène et Maurice aux commandes la saga Campion va se mettre en place Irène et Maurice travaillent sans relâche à développer ce simple bistrot où l’on ne sert que des sandwichs. Thierry se souvient d’une énorme machine à couper le jambon dans un recoin sous l’escalier, avec les cannes de billard des clients dans des caisses de gitanes et de gauloises. Facade de la Mascotte en 1934 avec les deux entrées d’hôtel


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Mais déjà, devant le café, dans un petit coin de 90 cm de largeur sur 1 mètre de long, il y a ce banc d’escargots à emporter. L’étal est tenu par Jacqueline et Claude Marchal, famille renommée à Montmartre qui a fondé l’Escargot de la Butte, rue Joseph de Maistre. Les escargots y sont préparés et livrés chaque jour devant la Mascotte. Cela sera déterminant pour l’avenir de l’établissement. L’autorisation de la vente a été accordée en 1956, exclusivement pour la vente d’escargots. Il faudra attendre les années 60 pour qu’elle s’étende aux huîtres. Peu à peu, les habitudes changent,

les bistrots commencent à proposer à manger. Irène et Maurice offrent alors à la clientèle hot dogs et autres omelettes. Puis on passe à un plat du jour suivi d’un clafoutis aux cerises et aux poires. C’est la spécialité d’Irène… Inimitable, selon Annie Fratellini et Pierre Etaix qui viennent régulièrement en voisins déguster une cuisine familiale, faite avec amour. On aura aussi l’idée de servir les escargots en salle. C’est un tournant qui marquera l’avenir de la Mascotte. En 1975, Irène et Maurice agrandissent le bar : on passe de

Photo Habas

cœur des Abbesses


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Marc Moine

Le très montmartrois Directeur du Restaurant

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la Mascotte, tout le monde connait Marc Moine et l’apprécie. Discret mais omni présent, le regard et le geste affutés du vrai professionnel qui connait Montmartre et ses montmartrois comme sa poche… Quel chemin parcouru depuis sa naissance à Auxerre en terre bourguignonne ! Tout jeune, Il acquiert à l’école hôtelière d’Auxerre une formation généraliste en hôtellerie, la cuisine, la salle en passant par la pâtisserie, la sommellerie et le repassage…. S’en suivent des stages qui passionnent sa soif d’apprendre chez

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quatre à deux billards pour créer une vraie salle de restaurant. Avec la spécificité unique de la Mascotte à Montmartre, d’abord les escargots puis l’assiette de fruits de mer, le tout étant encore géré par Jacqueline et Claude Marchal. Avec émotion, Thierry confie : « J’ai vu pendant des années ma mère faire toute seule deux services de 40 couverts chaque midi. Le soir, des habitués du quartier aimaient à se retrouver en toute simplicité autour d’une bonne cuisine authentique. » Le succès est au rendez- vous. Beaucoup d’entreprises du quartier des Abbesses s’attablent chaque jour dans ce restaurant de quartier qui n’a pas d’autres prétentions que de satisfaire sa fidèle clientèle . Et pendant ce temps- là que devient Thierry ? A pied, il va à l’école Saint-Jean-deMontmartre, puis à Saint-Michel, avenue de Saint Ouen ; il a pour camarade Catherine Moureau dont les parents tiennent la Pomponnette, rue Lepic. Le soir, il rentre dans le deux pièces au premier étage de la Mascotte où toute la famille vit très heureuse. Aujourd‘hui, c’est devenu une fort belle salle du restaurant. Lycée Fénelon, rue de Naples, études classiques ; mais en terminale Thierry décide de choisir une orientation plus proche des valeurs de la terre qui sont déjà les siennes. Ce sera le bac agricole au lycée de Sablé sur Sarthe, option productions animales et végétales. Une formation qui correspond à son goût pour les richesses de l’agriculture, de l’élevage, de la vie des campagnes. Depuis toujours, son bonheur est de passer ses vacances à Cayrols en participant aux travaux agricoles. Après le bac, il intègre l’Ecole Supérieure de Commerce l’IDRAC, alors rue de la Chapelle dans le XVIIIe et en sort diplômé en Commerce International et Gestion d’Entreprises. Il enchaine avec le

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Maxime à Auxerre, La Côte Saint Jacques à Joigny, La Boule d’Or à Versailles, etc. En 1981, le jeune Marc décide de monter à Paris. Sa tante et la sœur d’Edouard Carlier sont amies et ont travaillé ensemble dans la restauration. Une chance qui lui permet d’être embauché comme commis dans le déjà très célèbre Beauvilliers du 52, rue Lamarck, cette étonnante bonbonnière Napoléon III. Il habite Montmartre qu’il ne quittera plus. « Le Beauvilliers est un restaurant étoilé qui a régulièrement les honneurs de la presse. Le patron, également chroniqueur de TV est le charismatique Edouard Carlier dit Doudou qui se désigne Officier de Bouche en Mont-Martre. C’est aux côtés de

cet autodidacte, ancien directeur artistique et publicitaire (il avait créé la fleur Yoplait et la rose Lancôme) que je vais acquérir une expérience inoubliable. Au cours de 23 années, je gravirai tous les échelons et deviendrai le directeur de l’établissement. Malheureusement, Edouard décède brutalement en juillet 2003.» Après la fermeture de cette enseigne, un an après la mort d’Edouard, Marc va travailler dans trois autres restaurants mais il ne retrouve plus l’ambiance familiale, les joies qu’il avait connues auprès de clients devenus, pour certains de bons amis. Des personnalités du Tout Paris, du monde médical, du sport, du show-biz, de grands artistes et également un habitué, Maire de Paris qui deviendra Président de la République ! Il y côtoyait des grands Chefs, des sommeliers, des couturiers. A leur contact, il réalise combien sommellerie et couture utilisent des qualificatifs semblables : la robe, la soie, la jambe, le velours… Et puis des souvenirs insolites et drôles remontent : cette soirée de Saint Valentin où Madame quitte la table en jetant son verre au visage de Monsieur, ou bien quand brusquement cet huissier accompagné d’un photographe surgit dans la salle, se dirigeant sans hésiter vers une table pour dresser un constat d’adultère. Ou encore, un soir de Réveillon Russe, une dame âgée handicapée qui oublie sa canne en partant tant champagne et vodka l’avaient, pour un moment, remise sur pieds… L’étincelle éteinte va se rallumer quand, en janvier 2013, Marc retrouve le feu sacré en intégrant la Mascotte, tout juste entièrement rénovée, comme Directeur du Restaurant et Sommelier de cette véritable institution. Une très belle clientèle dont il apprécie la gentillesse, la simplicité et la courtoisie. D’anciens clients du Beauvilliers viennent le retrouver avec une chaleureuse fidélité. Sa passion du travail bien fait avec rigueur s’y épanouit pleinement aux côtés d’une équipe soudée. Avec joie, Marc fait vivre chaque jour ce qui compte le plus pour lui, l’amour de sa belle profession et le bonheur de satisfaire les clients, des habitués comme des étrangers ravis de découvrir une vraie brasserie montmartroise.


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service militaire dans les Chasseurs Alpins à Bourg Saint Maurice. «J’ai adoré cette période de ma vie, qui a affirmé et forgé mon caractère». Mariage avec Ghislaine à Mur de Barrez le 23 août 1985, puis premier boulot, le 15 octobre dès le retour à la vie civile : il entre chez Ricard comme commercial pour le démarchage des bistrots des 9-10-18èmes arrondissements. Thierry découvre, avec

Bar Mascotte 1945

Thierry et ses parents

bonheur, la nécessaire diversité de l’offre dans une ambiance familiale, un incomparable esprit d’entreprise mais il découvre également…. le goût pour le célèbre produit ! Maurice, son père, le met gentiment en garde. A bon entendeur, salut ! Au bout d’un an, changement sur un cap diamétralement opposé. Thierry intègre le Groupe des eaux Perrier ! Pendant quatre ans, il va vivre une expérience inoubliable et combien formatrice. Commercial, il visite des distributeurs, du fast food aux étoilés comme Robuchon. Un éventail aussi large lui permet d’acquérir ce coup d’œil rapide, précis, celui qui le caractérise aujourd’hui. Mais, en 1988, Thierry perd son papa âgé de 60 ans. Irène, bouleversée de chagrin, se retire des affaires. Il faut mettre la Mascotte en gérance. Puis, brutalement, le 1er avril 1992, ce n’est pas une blague mais un déclic : avec Ghislaine, Thierry décide de reprendre la Mascotte ! Ghislaine accepte ce challenge, ce défi. Un juste retour des choses et pourtant notre perfectionniste n’est pas totalement satisfait. Modeste, Thierry exprime son regret de ne pas avoir fait d’école hôtelière. Et de confier avec une humilité peut-être un peu excessive : «  Mon personnel m’a appris à dresser une table et à servir les clients. » Il a 29 ans et il commence cette belle aventure. Main dans la main avec

Le bar au temps d’Irène et Maurice Campion

Aujourd’hui, à l’heure de l’apéro chantant


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Thierry Campion

« Je suis un MontmartroAveyronnais et fier de l’être »

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ourtant ce Montmartro -Aveyronnais est né à Neuilly sur Seine et a vécu les deux premières années de sa vie au café PMU de ses parents Irène et Maurice Campion « la Comète » à Asnières dans la fumée des cigarettes au milieu des flippers, juke boxes et baby foot. Mais l’Aveyron et le Cantal, dans un petit rayon de 80 kms environ où tout

le monde connait tout le monde, ont toujours fait partie de ses racines, de sa vie. En effet, son grand-père maternel est menuisier à Cayrols, petit village de 241 habitants du Cantal. Le grand-père paternel est maraicher à Pons riche de ses 153 habitants dans l’Aveyron à quelques kms de là. C’est pourtant à Paris, en 1958, qu’Irène et Maurice se rencontrent chez Gaby Campion, le frère de Maurice, qui tient un bistrot « le Martignac », rue de Grenelle. Irène y est serveuse. Maurice, lui est serveur au Rapide à Montparnasse.

On ne dira jamais assez combien l’Aveyron a fourni de restaurateurs, cafetiers, patrons de brasseries à Paris. Pourquoi un tel creuset? Tout simplement car ce sont des femmes et des hommes travailleurs, courageux qui n’hésitent pas, en dépit de leur amour indéfectible pour leur pays, à monter chercher du travail à la Capitale. Et ils savent s’entraider, se serrer les coudes, se battre. Beaucoup vont réussir par leur pugnacité, leur honnêteté tout en gardant leurs racines intactes. C’est le cas d’Irène et Maurice comme celui de leur fils Thierry et de Ghislaine, l’épouse de Thierry. Aveyronnaise également elle est native du village historique, Mur de Barrez, connu des amateurs d’architecture médiévale. Ghislaine sortira diplômée de l’Ecole de Commerce de Clermont Ferrand. Bien souvent, Thierry fera la route Paris- Mur de Barrez pour la retrouver jusqu’à leur mariage dans ce même Mur de Barrez. Une belle fête qui rassemble la famille, les amis du pays. Il a 23 ans, c’est le 23 août 1985. Deux fils naitront : Alexandre en 1987 et Guillaume en 1994. La relève pour la 3ème génération est-elle là ? Pour la famille, il n’y a pas de vacances, même si elles sont très courtes, sans se retrouver à Cayrols et à Mur de Barrez, pour s’y ressourcer, savourer ce qui est vrai. On y est loin du tourbillon parisien. La superbe carte de la Mascotte n’a jamais oublié d’afficher les origines de leurs propriétaires avec l’alligot, la charcuterie d’Auvergne, le bœuf de l’Aubrac, le Roquefort et le Cantal…

Ghislaine depuis maintenant quasiment 25 ans. Mais à quel prix ! Travailleur infatigable, chaque jour Thierry ouvre et ferme lui-même sa Mascotte et ce 7 jours sur 7. Il élargit sans cesse les horaires de service en se donnant comme objectif le développement de la restauration sans toutefois négliger ce bar qu’adorent les habitués, les artistes, les « people ».

LA MASCOTTE AUJOURD’HUI Certes, le quartier a changé, il n’est plus aussi populaire, il est devenu plus chic, mais toujours très commerçant, vivant et animé. Très agréable, on n’y sent pas la pression du tourisme de la Butte, on a plutôt l’impression d’être dans un joli coin de province bien française. Chaque dimanche jusqu’à 15 heures et plus… des animations, des chansons, de l’accordéon dans une ambiance montmartroise musette bon enfant, chaleureuse , conviviale. Tout cela, vous vous en doutez, attire un monde fou, détendu et gai. Plus de places ni au bar ni en terrasse, alors on trinque, on discute, on blague sur le trottoir. Le 3 décembre 2012, après sept

Salle de réception au premier étage

mois de grands travaux, la Mascotte rouvrait ses portes. Une capacité d’accueil augmentée, des volumes plus harmonieux, des cuisines d’avant-garde. Un cadre Art Nouveau à la fois chic et sobre


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avec ses couleurs flatteuses, ses miroirs et ses marqueteries de prix. Aucune ostentation. La recherche de l’authenticité, du vrai, du beau guident Ghislaine et Thierry.

Des produits sélectionnés Ils sont choisis avec le soin rigoureux et intransigeant que Thierry apporte à tout ce qu’il fait pour offrir une carte superbe où tout est fait maison. Les meilleurs fruits de la mer et de nos terroirs de France. Le porc et la charcuterie viennent des fermes du Cantal. On trouve aussi la charcuterie Sibilia de Lyon. Le bœuf arrive de l’Aubrac et l’entrecôte est un régal pour les papilles. Des glaces Berthillon et un délicieux mille feuilles qu’il est prudent de commander en début de repas. La carte des vins est impressionnante. Tous ont été choisis par Thierry et Marc, qu’ils viennent de l’Aveyron, du Cantal, de Corrèze, d’ Alsace, du Beaujolais, de Bourgogne, du Bordelais, de Champagne, de Corse, du Languedoc, de Provence, du Jura, de Savoie, du Sud Ouest, de la Loire, de la vallée du Rhône. Toutes nos belles régions de France sont à l’honneur sans oublier des vins de Grèce, d’Espagne ou d’Italie.

Les valeurs de Thierry Campion : La tradition et la modernité au service du client • Tout d’abord, une vraie brasserie montmartroise dans la tradition mais aussi la modernité. On a donc réalisé des cuisines de 100 m2 et adopté des méthodes ergonomiques de pointe. 100 couverts mais chaque client est confortablement installé et à son aise. Un service continu, une climatisation, des nappes et serviettes immaculées, la wifi.

Des Escargots

à L’Écaille

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’Ecaille voit le jour en décembre 2011 après 3 mois de travaux non stop. Thierry a su saisir l’opportunité du rachat d’un local tout en longueur dans le même immeuble que son restaurant. C’était alors la petite papeterie «  Le Trait ». Avant elle, Thierry avait connu une parfumerie, un bazar mais surtout le souvenir de la superbe pâtisserie de son enfance avec ses splendides faïences : « La Brioche de la Butte ». Un clin d’œil un peu moqueur, c’était le surnom que l’on donnait à son père Maurice en raison de son léger embonpoint ! Des objectifs précis ont présidé à la création d’un emplacement exclusivement consacré aux produits de la mer. Auparavant, depuis 1956, les escargots puis les huitres étaient présentés sur un banc devant la façade de la Mascotte. On n’imaginait pas à l’époque que ce seraient les fruits de

mer qui contribueraient largement à donner à la Mascotte sa renommée et sa spécificité à Montmartre. Cette fois c’est : • Un long banc de fruits de mer parfaitement réfrigéré, suffisamment important pour offrir 7

variétés d’huitres de différentes tailles et développer un grand choix de crustacés et coquillages. • La découverte des produits, une dégustation sur place plus rapide, plus facile qu’au restaurant. • La création de « l’épicerie de la mer » issus de producteurs et de produits très sélectionnés. Anchois

de Collioure, Atelier du Poissonnier à Coutainville en Normandie pour les rillettes et soupes de poisson, sardines et thon de Saint Jean de Luz au Pays Basque, la Perle des Dieux en Vendée pour les sardines, les poissons fumés de la maison Safa qui a inventé la fumaison à froid... … Le succès de l’Ecaille est tel que s’ouvre un atelier d’écailler. Vous pouvez y apprendre les secrets de l’ostréiculture et comment ouvrir correctement une huitre. Cela n’a rien d’évident… C’est un métier ! Force est de reconnaitre combien la création de l’Ecaille permet cette belle unité actuelle qui réunit les deux locaux mis en valeur par une Marquise copie à l’identique de celle de naguère. Cela libère la terrasse préalablement occupée par le banc sur la façade, en offrant un lieu d’exception pour la dégustation et la vente.


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• La dégustation des fruits de mer en direct des côtes bretonnes ou atlantiques d’une inégalable fraicheur sur table dans la brasserie, au comptoir à l’Ecaille ou à emporter chez soi. C’est l’amour des bons produits et le respect du travail des hommes qui guident sa démarche. • Le charme d’une délicieuse terrasse de 30 places qui ne désemplit pas été comme hiver. • Une salle privatisable de 40 places au premier étage disposant des technologies de pointe écrans, wifi. Pour des séminaires, des repas d’affaires mais aussi de belles fêtes telles baptêmes et anniversaires. S’y réunissent le Rotary Club Paris Montmartre, le Lyons Club, la Confrérie des Francs Mâchons, les Compagnons du Beaujolais, les petits déjeuners BNI, et autres clubs d’entrepreneurs. A la Mascotte, se tient le siège de la prestigieuse Académie Rabelais dans la salle Jean Herbert – le fondateur du théâtre des Deux Anes. En 1999, l’Académie Rabelais décerne à Thierry La coupe du meilleur Pot pour sa recherche de l’excellence dans ses choix de vins de producteurs. Régulièrement sollicité pour devenir membre de ces belles associations,

Thierry accueille les récompenses avec autant de discrétion que de modestie. En 2014, ce sont les Trophées CRAMIF pour la prévention des risques au travail. Un clin d’œil : en 2014, on y inaugure le

La Mascotte 52, rue des Abbesses Paris 75018 7/7 jours de 7 à 23h30 www.la-mascotte-montmartre.com 01 46 06 28 15

banc « La Hurlette et Carmen ». En souvenir de Jeanne Sourza, Carmen et Raymond Souplex, La Hurlett. Personne n’a oublié «  Sur le banc » l’émission quotidienne des années 50 adorée de la France entière. Perrette Souplex est là, Michou, Galabru ainsi que de nombreuses personnalités montmartroises. Merci Thierry pour ce beau moment émouvant et chaleureux. Parti du petit bistrot populaire de ses parents, Thierry a su le conduire au plus haut. Aujourd’hui, c’est à un établissement de grande qualité que ParisMontmartre est heureux de rendre un hommage mérité, à une équipe d’un professionnalisme impeccable, à Ghislaine pilier solide, à Thierry, toujours attentif à tout et tous, rigoureux, infatigable, à la générosité discrète. Derrière sa modestie, sa réserve sachez que rien n’échappe à son regard. Sans relâche, ce perfectionniste, ce passionné est à la recherche du meilleur, de l’excellence, d’améliorations constantes pour le plaisir d’une clientèle montmartroise ou internationale traitée avec élégance et chaleur dans le respect de la pure tradition de la cuisine française. Marie-France COQUARD


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Mon premier café pour

Michou Par thierry campion

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’ai 8 ans, je vais à l’école Saint-Jean-deMontmartre. Quand je rentre à la Mascotte, j’aime bien aller au bar et me retrouver dans son ambiance vivante et gaie. Curieux, je me lance sur

le percolateur. Je profite que je suis seul pour grimper sur un escabeau, les bras en l’air, je manœuvre et… Victoire ! J’arrive à faire une tasse ! Triomphant, je me retourne, mon trophée à la main.

Devant moi, Michou, lui-même ! Toute blonde, toute bleue, la star est devant moi, me sourit, me remercie et boit… mon premier café. Inoubliable souvenir. Je ne pouvais pas imaginer qu’un jour je serai le patron… 45 ans ont passé. Michou est toujours là. Chaque jour, dimanche compris, un véritable rituel se déroule. Il arrive à 18 heures, s’assoit à sa table réservée, à l’entrée, sur son coussin bleu brodé Michou. Entouré d’innombrables amis, d’admirateurs, il déguste, c’est bien connu, sa boisson favorite, le champagne Gosset. Il blague tout en se prêtant bien volontiers, sourire charmeur, aux photos et autographes. Immuablement, à 20 heures, Michou quitte la Mascotte. A quelques mètres de là, son cabaret mythique l’attend pour ouvrir une soirée de rêve.

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Dynasties montmartroises

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LA LÉGENDE DORÉE D’UNE FAMILLE D’ARTISTES Par Jacques Habas

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’est au nom du père, de la mère et du fils, que l’esprit de cette famille de médecins bien nés, bien élevés, s’est manifestée à nous sous le ciel montmartrois, comme quelque chose que l’on appelle pompeusement « une hiérophanie », c’est à dire que tout ce que font ces gens est sacré, extraordinaire, dans des domaines aussi riches que variés, comme la peinture, la musique, la recherche, la littérature et le théâtre… Le sang bleu ne coule pas dans leurs veines, mais ils sont extraordinaires dans leur simplicité, leur générosité, extraordinaires d’humanité avec leurs semblables, ainsi que dans leur manière de vivre, aux antipodes des sauveurs, ces héros de la série des « Hommes en blanc » (une série datée d’A. Soubiran). Ils sont extraordinaires comme on se doit de l’être à Montmartre, comme des gens de légende, attachés à leur village et aux valeurs de leurs ancêtres, telles que la foi en l’éducation, la vertu du savoir et de la culture. L’histoire de cette « famille en or », s’inscrit dans une lignée de personnages titrés dans le plus noble des arts, celui de la médecine et de la sculpture du côté paternel, en donnant au mot « médecine » son sens premier, qui vient d’une racine indo-européenne « med » qui exprime la pensée, la réflexion. Tandis que du côté maternel, l’album de famille permet d’apprécier le bain culturel musical dans lequel les ancêtres ont baigné. Il suffit de citer un seul nom, celui de Germaine Devèze, pour donner

la mesure et rester en admiration devant le palmarès de cette grande dame du piano français. Gardons le cap et revenons vers la famille Duboc qui nous intéresse pour cet article : Denis, le père, Brigitte, la mère, le cadet de leurs enfants Jean-Baptiste est docteur en médecine et psychiatre comme son épouse, tandis qu’Henri, l’aîné, est docteur en médecine, marié à une gastro-entérologue, comme lui. Il est aussi docteur en neurosciences, chercheur et écrivain ! Tout le monde aujourd’hui peut avoir accès, sur le net, à des informations sur les travaux du professeur Denis Duboc, cardiologue, et de son équipe, chercheur principal de l’hôpital Cochin, des travaux qui portent sur le dysfonctionnement du ventricule gauche, (insuffisance cardiaque) chez les enfants atteints de dystrophie musculaire de Duchenne. Une maladie portée au grand public par l’AMF (Association française contre les myopathies) qui organise la collecte de dons lors d’un gala de charité annuel national télévisé. C’est un honneur pour les Montmartrois d’avoir dans leur commune une telle sommité scientifique, un homme toujours accessible, qui cherche et tente d’arracher des milliers d’enfants à un destin tragique. Denis Duboc passe pour un épicurien qui fait divinement la cuisine, c’est son jardin secret, mais il sait retrouver de temps en temps ses amis, dans une célèbre cantine perchée au sommet de la Butte qu’il connaît comme sa poche… Né à Bretonneau, Il a passé son enfance à Montmartre et a parcouru

Brigitte Duboc dans ses œuvres, reproduisant une scène de chasse d’un tableau du XVIIIème


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Brigitte, Denis et Henri Duboc


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en culottes courtes tous les sentiers battus son de Plaisance du Gers, passée comme et les labyrinthiques ruelles garnies de gly- un éclair de remémoration. Elle ne jure maincines odorantes. Denis Duboc a vécu rue tenant que pour la Mayenne, dont elle est Custine, une rue où justement Jules Romains tombée amoureuse. Elle a fréquenté l’école situa un épisode des « Hommes de bonne Saint-Louis de la rue de Clichy, à Paris, une volonté », pure coïncidence ! Car Denis Du- école privée, tenue par des religieuses. boc n’a eu pour bagage que son intelligence, Issue d’une famille de musiciens, où ses sa mémoire et sa volonté sœurs et sa tante ont raflé pour se hisser parmi les la plupart des premiers prix sommités scientifiques. Il de conservatoire et joué n’a pour seule préoccupadans les plus prestigieux Le sang bleu ne tion que son travail, sa faorchestres symphoniques. mille, et il a toujours veillé On s’attendait à ce qu’elle coule pas dans à ce que, parmi les siens, suive la pente naturelle des leurs veines, mais ils aïeux, mais c’est la fibre «personne ne se prenne sont extraordinaires pour quelqu’un», comme il médicale qui l’a emporté : le dit avec sagesse ! elle est devenue médecin dans leur simplicité, stomatologue, une spécialeur générosité, lité qui demande beaucoup Brigitte Duboc, l’épouse extraordinaires d’adresse manuelle. Elle a de Denis, raconte à d’humanité avec rencontré son futur mari, qui veut bien l’entendre Denis Duboc, en première qu’étant toute petite, elle leurs semblables année à l’Hôpital Cochin, le était paresseuse à l’école nec plus ultra pour obtenir – on veut bien la croire, un bon diplôme de médepuisque tout cela est dit cin. Elle a du longtemps sur un ton très naturel, une confidence glissée dans la conversation par veiller sur son fils ainé Henri, un enfant à une jolie maman qui ne fait pas du tout son la santé fragile, et a exercé sa spécialité âge : c’est une parisienne élégante, blonde auprès d’enfants atteints d’handicaps. Ses aux yeux bleus, comme chantait Mistinguett, loisirs, elle les a passés dans les musées, pleine de charme, très active, une femme en compagnie de ses enfants, afin de satisdynamique et souriante. Ses parents et faire une passion secrète pour l’histoire de grands-parents ont toujours vécu à Paris, France. L’Italie, les boutiques d’antiquaires, tout en gardant un pied sur les racines où ont les galeries parisiennes, sont autant d’ocvécu toute la famille et leurs ancêtres, à côté casions de découvrir des marionnettes, de Bagnères-de-Bigorre. Une ville thermale comme cette poupée de Sicile (les pupi taillée dans le marbre, avec vue imprenable palermitains), richement vêtue dont elle me sur les hautes Pyrénées, sans oublier la mai- parle et qui a déclenché chez elle une pas-

Le mireur d’urine de Gerrit Dow vu par Brigitte Duboc

sion. Elle réalisa sa propre marionnette en trois mois, un chat botté magnifique… Puis, de fil en aiguille, et encouragée par l’admiration de son entourage, elle exécuta décors, costumes et accessoires d’époque. Une « folie » bien maîtrisée qui l’amena à créer plus de cent cinquante personnages ! Brigitte Duboc a le don de donner vie à toutes sortes de créatures, en s’inspirant des chefs d’œuvre de la peinture, réalisant des reconstitutions de tableaux de grands maîtres, en trois dimensions, où rien ne manque, pas même l’esprit d’époque, le détail, l’ombre et la lumière, un cachet, un parfum. Des centaines d’heures à sculpter, poncer meubles, fauteuils, accessoires, des nuits entières à peindre les décors en trompe l’œil, à coudre cuir, satins, velours, dentelles et plumes, à modeler la terre et la résine ! Il semblerait, en voyant ses créations, qu’une main invisible ait agi en médium pour la pousser à mener cette entreprise titanesque. Sa première exposition a eu lieu en 1981 à Taverny, dans le Val-d’Oise, «Marionnettes au fil du temps» : quarante personnages historiques, du moyen âge à la révolution française. Sa passion pour Marie Antoinette lui a fait rencontrer l’historien André Castelot qui est devenu son ami et son pygmalion. Lors du festival Ibéro Andalou de Tarbes en 1990, le public a pu admirer ses œuvres dans «Variations sur la peinture espagnole au siècle d’or». Exposition des extraits des planches de l’encyclopédie de Diderot à la Mairie du XVIIIe en 1991, exposition à la Conciergerie du Palais de la Cité des portraits de Marie Antoinette, en 1997, puis Marie Antoinette racontée aux enfants à Versailles, en 1998.

Repas de noce de Brueghel l’ancien vu par Brigitte Duboc


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pour la nuit des temps, et ne cache pas non que ce monde disparaisse. L’auteur aborde plus ses sympathies pour le Bon Dieu, qui des sujets sensibles, complexes comme occupe une place centrale dans son roman. la montée en puissance des extrémismes, Rompu à la culture et au langage numérique, le romancier prend le dessus pour nous raconter les pérégrinations de Monseigneur Vérinas, charismatique évêque de la capitale, d’Oranne la papesse, de Yosa le surdoué et d’Hattam le savant fou. Ils ont pour héros Gabriel, le croque-mort numérique qui dirige un cimetière universel où l’on conserve les Le Déjeuner de chasse de Jean-François de Troy vu par Brigitte Duboc Composition de Brigitte Duboc d’après Arcimboldo souvenirs sonores et visuels des trépasArcimboldo/Sénat. Elle a aussi exposé ses sés, et un hacker venu lui annoncer que le tout numérique, la place de Dieu et des œuvres au Manoir de Couesme, dans le Haut la civilisation est à deux doigts de verser religions. Le bien, le mal, vu parfois du Maine, en 2008. dans l’obscurantisme. Le pèlerinage dans bout de l’Amérique. Ce roman où l’on ne Brigitte Duboc a été primée au concours le temple de la science, qui n’est autre s’ennuie jamais se situe à mi-chemin entre « Les Doigts d’or » organisé par le Figaro que l’accélérateur de particules qui a per- le visionnaire Georges Orwell et la poétique Magazine, lors du salon international de la mis la découverte du boson de Higgs, sur- de l’œuvre ouverte d’Umberto Eco, qui met Maquette de 1993, à Paris. nommé la particule de Dieu, ne manque en valeur l’activité et l’effort que le lecteur C’est dans le Colombier médiéval du splen- pas de piquant ! On y trouve également doit fournir. La série noire continue, nous dide château de Breteuil que l’on peut des informations vérifiables sur l’évolution attendons la suite. admirer les douze de la science informatique, quelques mots Jacques Habas reconstitutions de valises, des acronymes, des jeux de mots Brigitte Duboc, qui ponctuent le discours sans que jamais créées spéciale- l’on ne se perde dans l’imaginaire et la peur ment pour le lieu, nouvellement mis en lumière, autour de l’art de vivre et des manières de table, d’après les chefs d’œuvre de Breughel l’ancien, le Nain, Greuze, Chardin, Renoir, etc... D’autres « maquettes » consacrées à Marie Antoinette sont visibles au Musée de Varennes en Argonne, tandis que le Château de Chantilly a exposé ses reconstitutions de deux tableaux célèbres du Musée Condé de Chantilly. La boutique du Musée du Luxembourg lui a commandé deux bustes d’après des toiles d’Arcimboldo, en 2007, pour l’expo

On ne saurait évoquer cette fratrie marquée par le sceau de la réussite sans parler du dernier livre d’Henri Duboc, publié aux éditions Lajouanie : «DIEU 2.0 ». C’est le titre de ce roman d’anticipation qui devrait pouvoir se lire d’un trait, tellement il est passionnant. Ce roman aborde sur un ton drôle et humoristique des sujets de société qui, si l’on n’y prend pas garde, sont en passe de nous transformer en citrouilles broyées dans les réseaux numériques. L’auteur est un scientifique, qui a tout appris à l’Institut Pasteur : il reconnaît vouer un culte au personnage, disons qu’il est « pasteurisé »

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Voix d’or

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ESPOIR

CHRISTOPHER SON

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e jeune espoir du chant et de la scène ne manque ni d’originalité ni d’atouts : Christopher Son a 23 ans. Né au Brésil, il a grandi dans une famille française et est arrivé à Paris en 2012. Amoureux de la scène et du spectacle, il a fait partie de la promotion 2013 du cours Florent, et a suivi un an de cours à Acting International. Il poursuit actuellement ses études au conservatoire du XVIe arrondissement, en master class chant lyrique, car ce jeune homme possède une particularité vocale qui lui permet d’aborder des registres très variés. En effet, Christopher est contre-ténor : la difficulté vocale de cette tessiture assigne le contre-ténor à un travail quotidien ne dépassant pas deux heures. Il a chanté dans ce registre un air d’Haen-

del destiné au célèbre Farinelli, prestation remarquée, pour la célébration des 40 ans de la mort de Joséphine Baker à l’église Saint-Roch, l’église des artistes. Il maîtrise ainsi de nombreux airs lyriques et d’opéra qui lui vaudront une participation aux moments musicaux de « Violon sur le sable », le festival d’été annuel de musique classique sur la plage à Royan, en Charente-Maritime. Mais ce jeune nouveau Farinelli interprète aussi bien comédies musicales et chansons de variété. Pop, rock, chansons françaises – Aznavour, Sanson, Balavoine, etc. – il adore se mettre au service de ces répertoires « populaires » avec lesquels il se sent beaucoup d’affinités.

Ce registre éclectique lui permet d’enchaîner les prestations les plus variées, participation à la semaine italienne (chant lyrique, voix piano), mais aussi passage au Réservoir (XIe arrondissement) en variétés pop rock, français et anglais, ou à L’Etage (Xe arrondissement). On l’a vu chanter pour le festival Handi’days, pour le téléthon, avec Maria de Rossi et Alain Turban en soirées privées, à la Fête à Neu-Neu ou sur le Champ de Mars… Christopher sait que talent et travail vont de pair, il possède la passion et l’enthousiasme, l’amour du chant et de la scène : voilà qui augure du meilleur… On le voit, ce jeune homme plein de promesses artistiques devrait faire parler de lui. A suivre… JMG

MINI FESTIVAL VIVALDI DU XVIIIe l’orgue et clavier, sous la direction de Mathieu Sempéré. Au programme : Credo, Magnificat, Gloria (extraits), des arias d’Antonio Vivaldi avec Ariane, soprano, et Mathieu Sempéré, ténor.   Photo Laurent Bugnet

Par la Compagnie CHANTHEATRE et MATHIEU SEMPÉRÉ   Le 21 mai à 20h45 : « Choral » avec  la Chorale des Abbesses et le quatuor Les Miroirs ainsi que Jeyran Ghiaee à

Le 22 mai à 17h : « Concert instrumental » par le  « Quatuor Les Miroirs ». Au programme : « Les quatre Saisons » et un florilège d’œuvres de musique de chambre d’Antonio Vivaldi.   Paroisse Saint Denys de la Chapelle 16, rue de la Chapelle – 75018 – M° Max Dormoy.   Prix des places : 8€ (réduit : habitants du quartier, <18 ans, étudiants, demandeurs d’emploi) - 10€ (prévente) - 13€ (sur place - tarif unique) - Gratuité pour les enfants de <12 ans.   PASS pour 2 concerts : 14€ (réduit) 16€ (prévente) - 20€ (sur place) - Gratuité pour les enfants de <12 ans. Vente : sur place, BilletRéduc, billeterie électronique  www.choraledesabbesses.fr


diva

PM 13-102

ARIANE-OLYMPE GIRARD

SOPRANO

mantique, passionnée, joueuse comme une actrice née. La soprano est reconnaissable entre mille par son phrasé souple qui supporte facilement toutes les variations et les tessitures, une artiste capable de se glisser dans le moule de tous les classiques. Après des études musicales brillantes, elle a participé à des master class lyrique auprès de Montserrat Caballé, la « reine du bel canto » (qui avait osé se lancer dans le « crossover », en enregistrant avec Freddie Mercurie un CD vendu dans le monde entier). Toujours majestueuse

prestigieux ténor Mathieu Sempéré. On espère revoir ce vaudeville à la folie, imaginé par

les disciplines musicales les plus exigeantes, de donner dans la dérision avec classe.

Photo Habas

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fut un tonnerre d’applaudissements sous la nef de l’ancien couvent de Bernardines, du 106, rue de Grenelle, au cri de « Passion Opéra », pour saluer l’Ensemble Artéfonia, la Chorale des Abbesses, les chœurs et l’orchestre, au service d’un programme riche, rare et plein de surprises. Glück, Mozart, Bizet, Verdi, un opéra peu connu de Rossini, « Moïse en Egypte », le génial Purcell et sa composition majeure « Didon et Enée », puis le chef d’oeuvre tragique de Donizetti « Lucie de Lammermoor ». Enfin une petite merveille du jeune inspiré, Mascagni et son « Cavalléria Rusticana », truffé d’intrigues amoureuses, force mélodique extrême, tragédies, tensions brèves, font de ce livret un bijou. On ne se lassera jamais de Nabucco et de sa bouleversante mélodie portée par les cœurs de Verdi, sur les bords de l’Euphrate, les Hébreux chantent des psaumes en mémoire de leur patrie perdue. Ce fut un moment d’une intense émotion et d’une grâce divine lorsque les deux chorales et la musique ne firent qu’un chœur de Nabucco sous la nef porteuse de vibrations acoustiques exceptionnelles, et de la baguette magique du très grand chef d’orchestre, Jérôme Boudin-Clauzel. Dans ce jardin fleuri adorable, la belle Ariane-Olympe GIRARD est venue raviver les couleurs avec son timbre pur, ni trop cristallin, ni trop métallique, un son unique dans les aigus, bien soutenu dans les vibrations et les variations en y mettant un peu de chaleur. Elle incarne à la perfection une Carmen de caractère, sait être rêveuse, poétique, roe

UN TRESOR VOCAL À DÉCOUVRIR DE TOUTE URGENCE ! dans ses tenues de scène, Ariane-Olympe en impose par sa forte personnalité et ses expressions qui en font un théâtre à elle seule. Dans le genre, elle a fait une Master Class de comédie musicale auprès d’Américain Musical Théâtre, et fut en 2013, une Edith Piaf bouleversante dans un spectacle à sa mémoire à l’Orangerie de Sceaux. Ceux qui ont eu la chance de la voir sur la scène du petit Théâtre Trévise ont pu se faire une idée de l’étendue de son répertoire. Mutine en diable, sexy, énergique dans Carmen à Tout Prix, magnifique diva drapée dans une robe Belle Epoque, elle fait corps avec la troupe d’acteurs et de musiciens complètements déjantés qui se sont donné corps et âme, sans oublier le

l’auteur Sophie Sara et mis en scène par Manon Savary. Imaginez Rocco Siffredi à la retraite en tenue de toréador avec un collant moulant qui laisse deviner dans le détail l’étendue de son anatomie, je vous rassure, les beaux yeux et la pudeur de notre Carmen ont été voilés. Des scènes drôles, il en pleut dans cette géniale version de Carmen, il suffit de repenser après coup à cette comédie hilarante, pour rire tout seul de bonheur. C’est tout à l’honneur de ces artistes réputés, rompus à toutes

Ariane-Olympe GIRARD sait rester simple, humble et sans vouloir lui coller d’étiquette, nous attendons avec impatience qu’elle nous enveloppe encore et encore de sa voix pulpeuse, spirituellement éthérée, fine, qui nous fait frémir de plaisir – elle figure vocalement parmi les plus grandes sopranos d’Europe. Jacques Habas


jeune talent

par Jacques Habas

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as de panique à bord, la terre de Montmartre donne encore de bons fruits et de belles plantes qui font l’école buissonnière entre les vieux pavés aux reflets mouillés. Disons que Nick Mallen est une plante, haute de presque deux mètres, qui a bien profité de la lumière et du soleil de la Butte ! Il a fait les «400 coups» de son enfance dans la célèbre rue Tholozé, où il est né il y a vingt-deux ans, en plein mois de juillet, une enfance bercée par un papa et une maman artistes, des parents

fiers de leur progéniture. À la maison, c’est bohème tous les jours, avec parfois des ambiances de boîte à musique indienne qu’affectionne la maman, dans un décor où traînent la guitare et le luth, tendus de cordes usées par toute la famille. À la belle saison, papa Mallen grimpe la rue Tholozé, pentue et raide, une rue qui autrefois sentait bon la galette et les fleurs des champs, il se dirige vers le pire et le meilleur des mondes, et découvre au sommet le fameux carré magique qui se signale par des odeurs de pinard, le son de l’accordéon et la noce à chaque station. C’est la Place du Tertre aux allures de cirque, ceinturée par une armada de chevalets, de toiles et de parapluies de toutes les couleurs. Voilà depuis quarante ans le quotidien de papa Mallen qui dessine des portraits pour touristes du monde entier. Sûr que le plus beau portrait de sa carrière, celui dont il est le plus fier, c’est celui de son fiston,

un portrait en chair et en os, une vrai belle gueule de mec, que l’on verrait bien sur les affiches des grandes marques de parfums pour hommes, chemise débraillée pour que l’on puisse également admirer ses pectoraux comme on en voit dans les magazines. Mais la mode, ça n’a pas l’air d’être son truc à ce grand gaillard sportif, touche à tout, qui ne quitte jamais sa planche à roulettes et sa guitare. À vingt-deux ans, il a déjà sillonné l’Amérique en stop et fait la manche en chansons pour survivre. Taillée pour le rock et la house, sa voix, prenante, rocailleuse, généreuse, chaleureuse, toute en émotion, donne le ton et la couleur d’une vie vécue à la dure. Une voix que l’on n’oublie pas, et qui n’a pas eu besoin de l’herbe du diable et de la petite fumée pour atteindre le nirvana. On devine que son charisme, sa bonne étoile et sa générosité folle l’ont protégé dans son parcours truffé de séries noires et de mille vies violentes et romanesques. Ce goût pour l’aventure et les voyages ne lui est pas venu des lectures des auteurs Beat, tels que Jack Kerouac ou Allen Ginsberg, ni d’une fascination pour la culture « hippy », tout ça c’est de l’histoire ancienne. C’est tout simplement son appétit de vivre des trucs chouettes, flippants, qui l’a poussé à l’aventure vers le grand large. Nick Mallen vient de signer avec la Warner Music France, après la sélection et la victoire dans «The Voice », c’est un événement qui fait beaucoup de bruit dans Montmartre. Je vais lui demander comment cette aventure a commencé, en priant son adorable et très touchant papa, taillé comme une armoire à glace, de ne pas répondre à sa place à tout bout de champ. Nick n’est plus un enfant, monsieur le portraitiste !

NICK PM 13-102

STAR DE «THE VOICE» ET POULBOT PUR JUS


MALLEN PM 13-102

jeune talent

I N TER V IE W JH : Cette aventure musicale, à quelle époque a-t-elle débuté ? Nick : L’aventure a commencé il y a trois ans. Après m’être lancé dans la musique, j’ai essayé de voyager avec la guitare, j’ai commencé à faire des pays, sans argent, je disais à mon père que j’allais visiter quelqu’un à telle adresse, puis je me débrouillais, je gagnais de l’argent en chantant dans la rue avec ma guitare.

Photo Habas

JH : Que voulais-tu faire quand tu étais adolescent ? Nick : Je voulais être dessinateur, puis j’ai touché une guitare au lycée, je connaissais un accord, j’ai appris tout à l’oreille : au début, c’était pour draguer les filles… J’étais sportif, je faisais du basket, la guitare, ça m’a un peu adouci. JH : comment es-tu rentré en contact avec « The Voice » ? Nick : En fait, c’est venu à moi, ils m’ont repéré sur une vidéo que j’avais faite aux Etats-Unis. J’étais à Los Angeles où je faisais de la musique et dès que je suis revenu à Paris, il y a sept mois, j’ai reçu un coup de téléphone : on m’a proposé de faire l’émission et j’ai dit ok. Tout s’est enchaîné et après j’ai signé avec une maison de disques.

JH : Ta vie a basculé après cette émission vue par des millions de téléspectateurs ? Nick : Cela m’a donné un encadrement, étant donné que, dans ma tête, je suis toujours un peu vagabond avec ma guitare. Depuis ces sept mois j’ai écrit beaucoup de chansons en anglais, en français, j’ai aussi travaillé sur ma voix. Dans « The Voice », ils me donnent beaucoup de conseils pour économiser mon souffle, c’est aussi du travail sur moi-même, sur mon timbre de voix et plein de choses qui vont avec. JH : Quels sont tes projets pour cette année ? Nick : Je prépare un disque, en souhaitant que le public m’apprécie pour ce que je suis, sans que l’on dise tout le temps que c’est grâce à « The Voice » que je fais une carrière de chanteur. L’émission donne certes un coup de pousse, c’est un tremplin fantastique aujourd’hui. JH : As-tu eu des parutions dans la presse ? Nick : Pas en France, c’est ma première interview, mais j’ai eu droit à des parutions dans le Vogue américain et Cosmopolitan alors que je chantais à Miami dans un café.

JH : Quelles sont tes autres passions ? Nick : J’aime sortir du cadre musical, pour dessiner des portraits comme mon père ; j’adore le basket, j’ai joué dans l’équipe de Paris-Levallois, j’ai failli passer pro quand j’avais 17 ans mais comme je me suis blessé au genou, tout a été remis en question. En fait, j’aime bien toucher à tout, cela me permet de rester zen et de trouver un équilibre. JH : Que fais-tu en ce moment ? Nick : je termine une chanson que j’ai écrite en français, avec pour titre : « Je vis, Je cours », qui sera enregistrée dans les studios Warner du XVIe arrondissement. Ensuite, j’aimerais parcourir toute l’Europe avec des musiciens et mes chansons pour me faire connaître, en espérant que le succès vienne. Nous le souhaitons aussi, Nick  ! Texte et photos : Jacques Habas


Panorama culturel

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Élaine Kibaro «RETOUR À LA GOULETTE»

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n présence de Claudia Cardinale, Ambassadrice de Bonne volonté de l’UNESCO, la projection de « Retour à la Goulette» de Florence Matton, film retraçant le parcours exceptionnel d’Elaine Kibaro, chanteuse, réalisatrice et créatrice de Bonneheure.tv, la chaine de l’éducation à la Paix, s’est déroulée le jeudi 21 Janvier dernier à la Maison de La Tunisie. Elaine y était entourée de Désirée Bellaïche (Vice-Présidente AFJET, Tribune Plus Tunisie, Présidente Association NEAPOLIS), Azdine Ben Yacoub (Soutien humanitaire aux jeunes Tunisiens, président du Ring de Fontenay et de l’Association Carthage) et Jean-Claude Baudry (Président exécutif de la Ligue Universelle du Bien Public).

Un témoignage filmé de Claudia Cardinale sur ses souvenirs de La Goulette introduisait le film, un documentaire émouvant évoquant la suite du parcours d’Elaine Ki-

baro pour la Paix et pour un monde meilleur, depuis son enfance à La Goulette jusqu’aux grandes scènes parisiennes. Rappelons que depuis 2006, Elaine a été désignée pour créer les évènements annuels dans le cadre de la Semaine Mondiale pour le Désarmement parrainée par l’ONU et multi diffusés sur la chaine Télif.

La musique «live» est au cœur des échanges entre le public et les artistes à travers des conférences musicales, des concerts, des ateliers. Programmation établie en partenariat avec le Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris et le Conservatoire Municipal du XVIIIe arrondissement. Programme Les événements se déroulent à la mairie du XVIIIe, en salle des mariages et salle des fêtes, excepté le concert des 24 et 25 mars qui se déroule à l’auberge de jeunesse Yves Robert (esplanade Nathalie Sarraute, halle Pajol).

L’Université Populaire de la Musique de la mairie du XVIIIe a pour ambition de faire découvrir la musique classique et contemporaine à tous, dans un cadre pédagogique et interactif. Réalisée en collaboration avec l’Association «Musique Jeune Public», elle met la Voix à l’honneur, cet instrument que tout le monde possède mais dont la maitrise reste un mystère pour chacun.

et autres fables cruelles et modernes

«C

Université Populaire de la Musique : 2e édition ! L’Université Populaire de la Musique revient pour la deuxième année, du 9 mars au 6 avril 2016. Cette nouvelle édition sera consacrée à la voix dans tous ses états.

Benjamin Bin

Concerts tous publics jeudi 24 et vendredi 25 mars - 19h30 / Opéra brundibar mercredi 6 avril - 19h / Ouvrez les voix ! Conférences musicales mardi 29 mars - 19h / Ouvrez la voix ! jeudi 31 mars - 19h / La voix des origines mardi 5 avril - 19h / Autour de l’accordéon

e livre-là, c’est du remue-méninges ! Mais pas n’importe lequel : celui qui booste pour surdimensionner le cadastre de l’imaginaire et acquérir les meilleures dispositions pour rire intelligemment… » écrit joliment Janick Marquès. Cinq fables cruelles, modernes et drôles pour faire le portrait de notre société médiatique et politique, et cerner les difficultés et travers de notre pauvre humanité dans ce monde sans pitié… A travers la cocasserie des situations, c’est une formidable galerie de portraits, terrible et irrésistible… L’auteur, JeanMarie Audignon, manie à merveille l’ironie et la causticité, avec un art du conteur consommé : il parait qu’il fut instituteur, contrôleur des impôts, vendeur de bonbons des Vosges, guide d’aveugles, électricien… entre autres. Puis relecteur, correcteur, il a participé à « La minute nécessaire de Monsieur Cyclopède » de Pierre Desproges et Jean-Louis Fournier, et a écrit des sketchs pour l’émission « Merci Bernard » réalisée par Jean-Michel Ribes, ce qui ne nous étonne pas… Une chose est sûre : ça décape à chaque page, et, même si le cadre choisi est celui du grand sud-ouest, avec même en cadeau les dessous d’une élection municipale qui ressemble dit-on à un épisode bien réel de la vie girondine, ça aurait pu se passer ailleurs, du côté de chez Marcel Aymé, et finalement chacun y reconnaîtra les siens…

J.-M. Gabert Benjamin Bin et autres fables modernes et cruelles par Jean-Marie Audignon, est publié dans la collection « Sous la cape » : on peut commander le livre version papier ou numérique sur internet : www.souslacape.fr


Panorama culturel

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Linda Bastide et Midani

amènent Montmartre en Californie

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es « 13 Pas sur les Pavés bleus de Montmartre », en forme de poèmes verticaux, et les 13 tableaux de Midani qui les accompagnent, vont marcher d’un même rythme jusqu’en Californie. Ce nouveau recueil, qui juxtapose poèmes et parcelles de tableau dans un format vertical original, est un bijou « made in Montmartre » qui portera les couleurs du village outre-atlantique…

Il s’agit d’une édition bilingue, bien entendu : les deux traductrices, Gisèle Kapuscinski, titulaire d’un Doctorat en linguistique, Professeur émérite, et Pascale Richards-Deliens sont deux des amies que Linda a rencontrées, il y a deux ans, lors de son invitation au Festival Art et Films organisé par Clint Eastwood. A noter : Pascale RichardsDeliens, Administrateur de l’Alliance Française de la Péninsule Monterey, Professeur de

français langue étrangère, est une Montmartroise, émigrée depuis son mariage avec un américain. LINDA BASTIDE

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Steps On The Blue Cobblestone Of Montmartre

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pas sur les pavés bleus de Montmartre

« … Do not hesitate to follow Linda Bastide in hermeandering, where dawn takes the tint of dusk. There you will breathe to its very heart the subtle air of Montmartre, that carries in the same wisteria fragrance the dance of folly’s children and the endless melancholyof cherries in brandy. Seemingly oblivious, the author, in passing, picks out for you some invisible, hard-to-find small items that make up the essence of real voyages. » J-M Gabert

Deux anecdotes au passage : quand elle revient en vacances sur sa Butte natale, elle achète ses chaussures dans la même boutique de la Place de Abbesses que Linda ! Et une toile de la rue Saint

Concert Mozart

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à Saint-Pierre-deMontmartre

e jeudi 7 avril, à 20 heures, un grand concert Mozart, sous la direction du chef Michel Schouman, sera donné à StPierre-de-Montmartre, au profit des œuvres du Rotary Club. Entrée : 15€.

Concert Mozart Sous la direction de Michel Schouman

En l’église Saint -Pierre de Montmartre Quartet à cordes K. 421 Quintet pour clarinette et cordes K. 581 Jeudi 7 avril 2016 à 20h00 Concert donné au profit des œuvres du Rotary Club Paris Montmartre www.Rotaryparismontmartre.com

Entrée 15 €

Rustique, la même qui figure en couverture sur le « Montmartre raconté par 36 poètes d’aujourd’hui » vous accueille dès l’entrée de son cottage de Monterey… De toute façon, il ne faut s’étonner de rien : Midani nous avait caché qu’il est Citoyen d’Honneur de Memphis ! En projet, une invitation à l’alliance Française la plus grande des Etats Unis : Silicone Walley, où l’on examine le dossier de Linda transmis par Pascale et Gisèle… « Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous » disait Paul Eluard : c’est la citation préférée de Linda, dont l’agenda semble bien rempli, ces temps-ci. J.-M. Gabert « 31 pas sur les pavés bleus de Montmartre » est paru aux éditions FLAM dans sa version bilingue français-anglais. Illustrations de Midani.

Exposition Photo

ATMOSPHÈRES De Gabrielle Bürgel À La Mascotte Du Vendredi 15 avril au dimanche 17 mai 2016 L’artiste sera présente samedi 16 avril et dimanche 17 mai 16 - 20 h. www.gabrielarosa-photopoetry.com http://yoga-ma-danza.com


Entre cour et jardin

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DO RÉ MI FASHION Éloge du rossignol

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e magasin de Mode ferme définitivement, les trois employées découvrent des vêtements et accessoires incongrus dissimulés aux quatre coins du local, parfois dans des cartons, un bric-à-brac auquel elles n’avaient

pas prêté la moindre attention et communément appelé : « ROSSIGNOLS ». Ce fouillis leur donne prétexte à toutes sortes de facéties… et puis c’est le dernier Jour : on peut tout se permettre… et l’on se permet tout ! Le ROSSIGNOL est aussi un passe-partout, crochet dont se servent les serruriers et les cambrioleurs pour forcer les portes, ce que font allègrement nos trois vendeuses en nous faisant pénétrer dans leur univers déjanté avec un humour décapant. Les situations burlesques s’enchaînent, les toilettes improvisées inspirent des chansons de toutes époques dans un ordre aussi hétéroclite que leur inventaire : les chevaux sont lâchés, rien ni personne n’arrêtera leur course ! « Nous retrouvons des chansons de tous styles en toute complicité avec, entre autres, les textes et les musiques de Ferré et Caussimon, Félix Leclerc, Francis Lopez, Ricet Barrier, Début de soirée, Marie-Paule Belle, Gioacchino Rossini, Claude Nougaro, Jean-Baptiste Clément et Le temps des cerises, ainsi que l’inoubliable chef d’œuvre d’Isa Fleur : Moi j’plais tout’nue (2012). Impossible de citer tous les titres proposés car tout se succède, s’entremêle, se bouscule. Ce que nous expliquent les co-auteurs : « Toutes les chansons de notre petite boutique jaillissent du bric-à-brac et sont autant de tranches de vie, le brassage musical des styles est sans limite car, pour nous, la musique fait sens. Les styles musicaux s’entrechoquent, entraînant les spectateurs dans des univers tour à tour grinçants, farfelus, voire fantasmagoriques… DO RE MI FASHION prend des

allures diverses entre réminiscence de musichall, pastiche d’opéra rock ou ode à la chanson réaliste. » J’ajouterai du slow, du swing, du rock… et du folklore breton revisité (vous comprendrez si vous avez le bonheur d’assister au spectacle). Le corbeau croasse, la pie jacasse, le pigeon roucoule, le cri (on ne peut pas dire le chant) du macareux moine ressemble à une flatulence, mais le ROSSIGNOL mâle chante ! C’est même, selon le Larousse, un chanteur remarquable, ce qui est aussi le cas de nos oiselles : Marion Lepine, Aurore Bouston et Isa Fleur qui, avec la collaboration artistique d’Hervé Devolder, nous ont proposé leur efficace concept d’humour musical dans le cadre du Théâtre Essaïon*, nous faisant apprécier leurs voix de ROSSIGNOLS. Aurore BOUSTON (comédienne, chanteuse.) Admise à l’âge de 10 ans à la maîtrise de Radio France, cela lui donnera pendant toutes ses études l’opportunité de chanter sous la direction de Seiji Osawa, Pierre Boulez, Charles Dutoit… Puis elle s’aventure dans le monde de la comédie musicale, du jazz vocal et de l’opérette avec Sexe, Mensonges et Opérette qui tiendra l’affiche en 2008 au Tambour Royal et au Théâtre de l’Ile Saint Louis. En 2005, son admission aux « Cris de Paris » que dirige Charles Jourdain, lui a permis de se produire dans de multiples créations : Lalala Opéra en chansons, Cachafaz tragédie barbare (d’après Copi) et Karaoké histoire d’amour musicale à écouter et à chanter, ces trois spectacles mis en scène par Benjamin Lazar. En Juin 2015, elle s’est produit à l’Opera Comique avec « les Cris de Paris » pour l’opérette Les Mousquetaires au couvent de Louis Varney mise en scène par Jerôme Deschamps et dirigée par Laurent Campellone. Marion LEPINE (Comédienne, chanteuse) Première approche de la scène et du chant à la Maîtrise de l’Opéra d’Avignon dans Divers registres, études universitaires et théâtrales à Lyon puis Paris au Conservatoire du IXème où elle obtient son certificat de

Fin d’Etudes Musicales après quoi elle jouera dans différents spectacles et opérettes : Coup de foudre, Vienne chante et danse, L’Auberge du Cheval Blanc, Dédé, Princesse Czardas… faisant partie pour certains de ces spectacles de l’équipe de création. Puis Chansons d’amour traficotées, premier spectacle des «Divalala» trio féminin a cappella, toujours en tournée actuellement. Elle fait aussi partie de la troupe de La Vie Parisienne d’Offenbach, adaptation et mise en scène d’Alain Sachs (400 représentations à Paris et en tournée entre 2009 et 2012 avec une nomination aux Molières en 2010.) Rappelée en 2013 par le même metteur en scène pour Tout Offenbach…ou presque au Théâtre de Paris. Elle écrit aussi pour le Théâtre Piacothèque, lecture dans un Festival pour les jeunes acteurs au Théâtre National de l’Odéon. ISA FLEUR (Pianiste, Chanteuse, Comédienne) Etudes musicales au Conservatoire National de Région de St-Maur où elle obtiendra six médailles d’or : piano, clavecin, solfège, musique de chambre, chant et art lyrique. Accompagnatrice de Mady Mesplé, elle sera également son assistante et se produira sur les principales scènes lyriques francophones : Avignon, Limoges, Charleroi, Liège, Montréal, Reims, Québec, ainsi que dans différentes opérettes et comédies musicales. Avec les «Musicomédiens», elle crée le rôle de Margot dans Sissi de Francis Lopez au Théâtre de l’Eldorado à Paris puis au Canada. On la retrouve, avec la «Compagnie Fracasse» dans Le Capitaine Fracasse et Le tour du Monde en 80 jours. Depuis 1996, elle chante avec la Compagnie Roger Louret : Les Années Zazou, La fièvre des Années 80 aux Folies Bergères, La Vie Parisienne à BERCY, Les cancans de la Butte, Les Années tubes sur TF1 et La Java des mémoires. En 1999 elle a remporté le Premier Prix d’Opérette, « catégorie Fantaisiste ». En 2015, elle a joué un « seule en scène » intitulé La Cantatrice chaude à l’Essaïon. J.J. Sacquet

Durée du spectacle : 1h10 Les Lundis et Mardis à 21h30 Au Théâtre Essaïon 6, rue Pierre au Lard 75004 PARIS Métro Rambuteau ou Hôtel de Ville Location et renseignements : 01 42 78 46 42 Et sur www.essaion.com


Entre cour et jardin

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FLANNAN OBÉ Je ne suis pas une Libellule

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’est toute la question qui se pose au cours de ce spectacle : «Etre ou ne pas être une libellule? ». Nous aurons la réponse dans 1h10, à la fin du show. Dès le Lycée, Flannan a un très fort penchant pour les activités des filles de son âge, une attirance magnétique pour le chant, la danse, voire le travestissement. Les marques de virilité des garçons le laissent indifférent, les glissades dans la boue que certains effectuent au foot ou au rugby, les affrontements de la boxe anglaise et autres sports belliqueux, très peu pour lui ! Flannan est un rêveur, un imaginatif, il aime les jeux élégants et pacifiques et ne cherche pas à affirmer une mâle ardeur qui ne le satisferait pas. Il est, par ailleurs, très bien accueilli dans l’univers de ces demoiselles qui l’acceptent comme « un des leurs ».

spectacles musicaux, tenant le rôle titre dans La nuit d’Elliot Fall de Vincent Daenen, mise en scène de Jean-Luc Revol, nommé Meilleur spectacle musical aux Molières 2011. Il partagera l’affiche avec Florence Andrieu dans L’envers du décor qui triomphera au Théâtre du Ranelagh ainsi qu’en tournée pendant plusieurs années. Il sera également metteur en scène et auteur de spectacles musicaux : l’envers du décor, Elle était une fois pour Anne Baquet, puis Les Swinging Poules, Jazz Club et Talons Aiguilles… Le spectacle Je ne suis pas une Libellule se tient dans le cadre du Sentier des Halles, je vous en livre le synopsis : « Comment se confronter à un rêve d’enfant trop grand ? A une histoire d’amour qui rate ? A un short beaucoup trop court ? Et puis comment devient-on un garçon… qui chante en plus ! Autant de questions futiles mais essentielles auxquelles notre héros tente de trouver des réponses : entre pépites oubliées et créations récentes, entre rires (beaucoup) et larmes (un peu), il partage, au gré de sa fantaisie, chansons, textes drôles, tendres et émouvants, il nous raconte souvenirs, rêves grandioses et cuisantes déceptions qui ont marqué son passionnant parcours dans ce show à l’américaine jubilatoire, revisité par ce chanteur danseur comédien…français ! »

Un beau jour, la maîtresse d’école demande un volontaire pour effacer le tableau, il se précipite mais sa petite taille l’empêche d’atteindre le haut de la surface noire : alors, juché sur un tabouret, le voila qui mime un faux déséquilibre, faisant mine de tomber, battant des bras pour le plus grand plaisir des autres élèves de la classe qui s’amusent de ses facéties. La maîtresse met fin à ce désordre par cette phrase péremptoire : « Descendez, Monsieur Obé ! Vous n’êtes pas une Libellule ! » L’ordre est tombé, Flannan s’exécute mais cette injonction a répondu à sa question : et s’il était une libellule ? Lui et les élèves y ont cru, il est donc capable d’incarner n’importe quel personnage : il a Yves Meiermans en a composé ou artrouvé sa vocation !... rangé les différentes chansons, donné la réplique et accompagné au piano Flannan Dés le lycée, il suivra en parallèle des études Obé. Jean-Marc Hoolbecq, qui enseigne de comédie et de chant et ces spectacles lui la danse et la chorégraphie au Conseil procureront le plus grand bonheur. Le temps National Supérieur d’Art Dramatique, a passant, il sera choisi pour de nombreux rencontré Flannan lors d’une création de rôles au cinéma, à la télévision et au théâtre. la Compagnie des Brigands : une compliDurant sept ans, il sera Gaston dans le trio cité s’est créée, ils ont monté un specLucienne et les garçons (Prix de la SPEDIDAM tacle avec Yves Meiermans sur la mélodie lors de la Cérémonie des Molières 2006). et la chanson française des XIXe et XXe siècles ayant pour titre : Tout fout l’camp. En 2007, sa voix de baryton lui permettra d’intégrer la Compagnie « Les Brigands » Je ne suis pas une libellule est le deuavec laquelle il interprètera Marcel Lattes, xième opus de ce trio. Léo Delibes, Claude Terrasse et, très souvent, Jacques Offenbach. J.J. Sacquet Nous le retrouverons dans de nombreux

Jusqu’à fin Mars au Sentier des Halles 50, rue d’Aboukir 75002 PARIS Réservations : 01 42 61 89 95 www.lesentierdeshalles.fr Du 7 au 30 juillet Avignon - Théâtre Le Petit Chien (04 90 85 13 08) à 14h.


Entre cour et jardin

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LE CLAN DES CHANSONNIERS

se réunit à la Bonne Franquette

L

es chansonniers reviennent aux sources.

Ces éternels humoristes, toujours à l’affût des farces et des bourdes politiciennes gravissent tous les vendredis soirs la Butte Montmartre pour un Diner-spectacle délirant à La BONNE FRANQUETTE. Pour le meilleur, pour le rire ! De Hollande à Sar-

kozy... De Ribéry à Nabilla... Toute l’actualité est passée au crible du rire, afin de transformer les sanglots de l’actualité en larmes de rire. C’est sur l’idée du Président de la République de Montmartre, Alain Coquard, que Paul Dureau, le jeune et nouveau leader des chansonniers, digne héritier de Thierry Le Luron et de Jean Amadou, avait une première fois réuni à La Bonne Franquette la fine fleur de l’humour et de l’esprit, à l’occasion du Gala d’automne de la République.   Le spectacle est donc chapeauté et présenté par Paul Dureau. Avec lui, les excellents Pierre Douglas, Jean-Jacques De Launay, Serge Llado, Olivier Lejeune, Pierre Passot, France Fannell et Mathieu.   « Devant la raréfaction des cabarets et la quasi extinction de l’esprit chansonnier, nous avons décidé de refaire une grande soirée de rire et de gastronomie, comme elles se faisaient il y a encore quelques années à Montmartre. Dès lors, «La Bonne Franquette» était tout indiquée. Nous proposons

là un grand spectacle de chansonniers d’un humour irrévérencieux et piquant en complicité avec le public dans la tradition du cabaret et du music hall. Devant la diversité des sujets traités (la politique, le sport, les people, internet...) toutes les générations de spectateurs y trouvent leur compte. » Voilà comment les membres du Clan décrivent eux-mêmes leur spectacle. Un spectacle également dans l’assiette avec des mets savoureux et une cuisine bien française. 2 formules diner spectacles à 55€ ou 75€ et une formule spectacle seul à 35€ sont disponibles.   Le Clan des Chansonniers,  

Tous les vendredis à 20 heures

à LA BONNE FRANQUETTE, 18 rue Saint Rustique à Montmartre    Réservations au 01 42 52 02 42 ou sur  http://billetreduc.com/156690/ evt.html

ISABEAU

TOUTE FÉLINE

E

règne sans partage dans son salon de l’agriculture de poche, au Petit Théâtre du Bonheur de la rue Drevet, parmi les vaches et les cochons, et porte depuis des siècles un masque bien connu des montmartrois, un masque de clown tout sourire, porté large et pointu, un petit front habillé de cheveux en bataille et quelques mèches qui s’accrochent aux cils de ses paupières. Elle par en croisade pour protéger les animaux de la planète en se nourrissant de l’ironie de Montmartre, en chantant les textes des écrivains animaliers comme R. Desnos, J.Renard, mai aussi lle

ses propres textes. Ce bestiaire enchanté risque, comme dans la mythologie, de transformer Isabeau en animal, c’est ce qui est arrivé à la Déesse Isis, qui s’est transformée en vache. Dans ce cas, je ne donnerai pas cher de ma peau, si Isabeau devenait la Déesse Isa. On entend dans la mini-salle de spectacle le grouillement de grenouilles et de vermines, qui s’éteint au moindre toussotement. Dans le bruit de fond de la vague poétique qui chatouille l’animal qui est en nous, on sourit comme Isabeau, avec toutes nos dents dehors, en jurant de ne plus manger de viande ! C’est chose faite en ces

temps de Carême. C’est un spectacle plein de tendresse, d’humour, de fantaisie. C’est promis, juré, nous suivrons les prochaines Vachalcades du Petit Théâtre, pour fêter le couronnement de la muse de Montmartre ! Jacques Habas

Au Petit Théâtre du Bonheur 6, rue Drevet 75018 Paris Réservations : 09 54 48 44 83 Le dimanche 17 avril à 18 heures


Entre cour et jardin

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D

« Artiste intemporelle dans son Paris d’hier et d’aujourd’hui, Pattika, sylphide de la scène ou de la Seine, vous entraîne dans

Pattika,

au Ze Artist’s, avec « Chansons de Paris »

Photo Habas

ans le cadre chaleureux du « Ze Artist’s », Pattika fait renaître avec talent l’esprit cabaret, avec son récital « Chansons de Paris », accompagnée par le pianiste François Debaecker. Dans la continuité des grandes interprètes (formule piano voix) chaque mot est décortiqué. Une diseuse avec un supplément de gouaille, et même de swing. Des mots de Barbara, Ferré, Piaf... mais aussi les siens. Une écriture qui s’intègre très bien avec tous ces grands noms. Dans ce café théâtre de 40 places, on se retrouve transportés à la grande époque des cabarets de St Germain. A la première, on a remarqué le parolier Claude Lemesle et le comédien Jean-François Balmer, venus applaudir Pattika. Eric Durand

son univers constellé de personnages fantasques ou bien réels. Que ce soit pour ses propres créations ou ses reprises, Pattika vit chaque mot, chaque syllabe qu’elle théâtralise même parfois sacralise. Artiste pas du tout

préformatée, personnalité affirmée, Pattika vous tiendra en haleine jusqu’à sa déshydratation. Pour une dizaine d’euros, vous n’avez rien à perdre et sans doute à y gagner... en originalité ! » Marie-Claude Nedan Pattika dans « Chansons de Paris » Prochaine représentation dimanche 27 mars 15h au « Ze Artist’s », 8 rue Pradier – 75019 M° Pyrénées ou Buttes Chaumont

- ZE Artists Cette charmante salle, rénovée en théâtre de poche, est dirigée par Gérard Bena, comédien de formation, en collaboration avec Stéphane Yves, dans un esprit artistique et familial. Y sont privilégiés les one-manshows d’humoristes, pièces de boulevard, stand up. On y trouve aussi des ateliers de comédie. Et aujourd’hui, avec Pattika, une ouverture à la chanson...

Réservation indispensable http://zeartists.mapado.com Tél : 07 50 99 87 38 www.billetreduc.com

Claude Lemesle, Pattika, Jean-François Balmer et François Debaecker

« OLD TIMES » au Théâtre de l’Atelier

D

ans leur maison à la campagne, Deeley et Kate attendent Anna, l’amie de jeunesse de Kate qu’elle n’a pas revue depuis 20 ans. Kate tente de retrouver les rares souvenirs qu’elle en a. Deeley prétend ne pas la connaître. Mais une femme silencieuse est dans la pièce, assistant à cette conversation. Est-ce Anna ou son fantôme ? Lorsqu’elle prend la parole, elle, se souvient de tout ! L’inquiétante étrangeté et la

tension dramatique dominent la scène et les personnages de cette pièce à trois voix d’Harold Pinter, Old Times, créée en 1971, qui met en jeu dramatique la mémoire et la présence fantomatique du passé. Texte de Harold Pinter Texte français de Séverine Magois Mise en scène de Benoit Giros Avec Marianne Denicourt, Adèle Haenel et Emmanuel Salinger

A PARTIR DU 29 MARS 2016 Du mardi au samedi à 21h00 Matinée le dimanche à 15h00

Théâtre de l’Atelier 1 place Charles Dullin 75018 Paris Réservation Tél. 01 46 06 49 24


Les Patates de Greg

par grégoire lacroix

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Les CHAMPS GRÉGORIENS Printemps 2016

Des patates qui parlent, on en connait tous... mais reconnaissez que celles-ci ont bien plus d’esprit ! Rubrique signée par Grégoire Lacroix, de l’académie Alphonse Allais.

Les Saints et Saintes du Printemps 30 mars

C’est un fidèle ami qui s’appelle Amédée Serviable comme un scout ; toujours à mes côtés. > Moralité

Il est toujours prêt Amédée. 5 avril Il a suffi d’Irène un mot Pour que ce séducteur macho Se traîne à ses pieds, tout penaud. > Moralité

On ne résiste pas au chant des Irènes. 19 avril « Emma c’est moi » a dit Gustave Et cette accusation est grave Car si l’on croit cette nouvelle Notre héroïne est bisexuelle. > Moralité

C’est une Emmaphrodite. 19 mai Yves a un gros défaut, il boit plus que son compte Et quand il a trop bu il en a toujours honte. > Moralité

Yves ? Remords… 1er juin Même s’il est très amoureux Justin n’est pas très vigoureux Il honore sa demoiselle Mais jamais ne se renouvelle. > Moralité

Justin coup c’est peu.


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Les Patates de Greg

• Du fond de mon hamac, je regarde et surtout je plains, ces milliers d’abeilles laborieuses à qui personne n’a dit qu’aujourd’hui c’est dimanche. • Le papillon bat des ailes comme pour applaudir le printemps. • Le chêne de mon jardin m’est si familier que je l’appelle par son prénom. • Au restaurant de la vie c’est le menu du jour qui m’intéresse, pas celui du lendemain et encore moins celui de la veille. • C’est quand elles n’ont besoin de rien que le shopping des femmes coûte le plus cher. • Quand, par erreur, le printemps arrive trop tôt, les bourgeons éclatent…de rire !


Brasserie depuis 1889 52 rue des Abbesses 01 46 06 28 15

Durand Dégustation, vente et livraison de fruits de mer 01 46 06 06 56

Ouvert 7 jours sur sept

— Le Bœuf Gros Sel—

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1 rue Damrémont 75018 Paris Tél : 01 42 58 80 76 Ouvert de7h00 à 2h00 ——————— Service Salle : du lundi au jeudi 11h30/15h00 et 18h30/23h00 Vendredi, Samedi et Dimanche Service continu jusqu’à minuit

Restaurant - Bar - Terasse

——————— www.leboeufgrossel.com Facebook : Le Boeuf Gros Sel


hommages

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Salem Kacet

homme de cœur et brillant professeur de cardiologie

«E

de Kabylie, arrivé à l’âge de huit ans en région parisienne, Salem Kacet fut un éminent professeur de Cardiologie, chef du pôle cardiovasculaire et pulmonaire du CHRU, vice doyen de la faculté de médecine de Lille. Unanimement reconnu et respecté, il a publié de nombreux articles dans le domaine de la rythmologie, notamment sur les thèmes des infections des sujets implantés, la resynchronisation, la défibrillation et la télémédecine.

Photo Philippe Pauchet

nfant

En parallèle à sa carrière médicale et universitaire, il a mené une carrière politique engagée, axée sur la défense de la citoyenneté. Volontaire, chaleureux et drôle, et tellement attachant, il laisse l’image d’un homme de conviction, un bâtisseur au parcours exceptionnel.» Olivier Piot, Nicolas Sadoul, Didier Klug (Groupe de Rythmologie et de Stimulation de la Société Française de Cardiologie)

« J’ai rencontré Salem lors d’une de ses conférences dans une salle au palais des Congrès. Salem était un maitre, il dominait aussi bien la salle que son sujet. J’ai réussi à me frayer un chemin vers lui : « Qu’est ce

Jean-Claude Douis, le flic-écrivain de Montmartre

L

vie de ce flic pas comme les autres fut une histoire d’amour pour Montmartre, sa patrie d’adoption, et pour son métier. Officier de Police, Jean-Claude Douis était un homme plein de chaleur, franc et direct; cultivé, policier chevronné maintes fois récompensé, il avait su tisser au fil des ans des liens solides avec la population et les quartiers du XVIIIe. Animateur de clubs de foot avec les jeunes de a

Montmartre, il était aussi très apprécié des artistes du Carré de la place du Tertre, où il comptait beaucoup d’amis, défendant toujours leur rôle d’animateurs culturels sur la Butte. Ce policier humain était aussi un écrivain de « polars » au style flamboyant, maîtrisé, fleuri, riche en couleurs et en expressions populaires. Son argot savant, ses calembours aux coins des phrases, disaient assez

ses références littéraires, auxquelles s’ajoutaient une authentique expérience de terrain mêlée à la fiction. On relira ses ouvrages édités par Publibook avec le plaisir de retrouver un copain de la Butte, une de ces ombres familières qui donnent à son pavé une couleur inimitable. Adieu l’Ami…

que je peux faire pour vous, cher ami ? » Je lui ai répondu : « Pas que pour moi mais pour toute l’Afrique du nord. On peut commencer par la Tunisie…» et il a tout de suite adhéré. Nous avons alors fondé l’association franco-tunisienne de cardiologie et organisé le 1er congrès en juin 1993, ce fut un énorme succès. Puis nous avons fondé les associations franco-algérienne et franco-marocaine, et pour finir l’Amicale des médecins d’origine maghrébine de France. Salem était non seulement le président de toutes ces associations mais aussi la locomotive : toujours disponible, il s’invertissait, il apportait son expertise, et il trouvait les moyens pour réaliser nos manifestations. Salem a fait école, de part et d’autre de la méditerranée, ses élèves sont très nombreux, aujourd’hui ils se sentent orphelins. Désormais, chacune de nos manifestations le fera revivre en perpétuant son esprit. » Mohamed Ghannem


Rubrique chansonnière

ENCORE UN DRAME !

Il serait question de supprimer, toute affaire cessante, une perle du patrimoine, un élément que le monde entier nous envie et dont notre culture pourrait pâtir si cette supposition s’avérait exacte : nous devrions être contraints de nous passer définitivement de ce fleuron incontesté de la littérature française et dont la première conséquence sera de contrarier Monsieur l’Abbé lorsqu’il décidera, pour le Carême, de se faire un petit jeûne ! Nous voyons déjà naître une grande inquiétude, il paraîtrait que la décision est imminente et malheureusement irrémédiable : la réforme pour la simplification de l’orthographe, votée en 1990 et dûment approuvée par l’Académie française, à l’unanimité, pour faire face au déclin de la langue de Molière au niveau international, doit être appliquée derechef ! Cependant, si les nouvelles règles restent recommandées par la susdite Académie, et sont d’ores et déjà entrées en vigueur, les anciennes ne seront pas considérées comme fautives : voilà qui est clair ! La simplification devrait donc compliquer un tant soit peu les choses, mais nous en avons l’habitude…

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Nos chères têtes blondes feront-t-elles moins de fautes après l’application de cette indispensable réforme ? Bien malin qui pourrait le dire. Je sens que vous brûlez d’envie de savoir de quoi il s’agit : tout simplement de la suppression pure et simple de l’accent circonflexe ! Ce problème est tellement urgent qu’il devrait faire oublier tous les autres… Question : combien d’accents circonflexes dans ce petit article ? Le journal attend vos réponses.

SURREALISME

Sur le cadran des montres molles Les aiguilles battent des records Le temps, implacable, s’affole, S’essouffle à courir vers la mort Une Licorne squelettique Tente de respirer encore, Mais les aiguilles prophétiques La ramènent à son triste sort Sous un hennin brodé d’étoiles, La Muse du Divin Marquis Promène, dans les plis de son voile Une nuée de colibris Un accent circonflexe sombre Plane sur ces lieux imprécis, Ne craignez rien, ce n’est que l’ombre De la moustache de Dali !

ique Rubsronnière n Cha

par Jean-Jacques Sacquet

FANFAN monte puis redescend dans les sondages; le Capitaine de pédalo est devenu « ESCALATOR ». En France la tradition n’est pas hospitalière : On adore les migrants… quand ils restent chez eux. Le bruit court que l’aigre Nadine serait la fille putative de Jean-Marie Le Pen. En y regardant bien, il y a une certaine ressemblance avec sa sœur et sa nièce supposées. Compter sur la chimie Pour égayer la vie, Sur la pharmacopée Pour tenter de planer En toutes circonstances Faire confiance à la Science

HOMMAGE à Robert KOCH (1843/1910) Découvreur prestigieux du célèbre bacille Qui finit à l’asile Où il mourut cinoque …Mais pas tuberculeux !

PAS’D’VŒUX

Comme tu sais, je ne fais pas d’vœux N’ayant pas l’oreille du Bon Dieu Qui est seul, peut-on le penser Capable de les exaucer… Jean-Jacques Sacquet

Restons dans l’humour médical.

LE TRIENNAT : Une solution à l’immobilisme Il aura fallu des années pour que les électeurs français se rendent compte que le septennat n’était pas une bonne formule… surtout quand ce mandat était renouvelé ! (François Mitterand, Jacques Chirac). Dans le cas de ces quatorze ans de règne, les résultats ne furent pas plus brillants dans la seconde partie de la mandature que dans la première, bien que cette durée excessive ait laissé aux présidents le temps de démontrer leur incapacité à améliorer radicalement le bien-être de leurs citoyens.

Les électeurs ont donc accueilli favorablement le passage au quinquennat : les résultats effectifs ne furent pas meilleurs ! Pour quelles raisons ? La période de mise en place de la « nouvelle politique » devait effacer les errements de l’ancienne, il n’en fut rien, confrontée aux réalités, la nouvelle majorité passa plus de temps à critiquer la gestion de la précédente qu’à prendre les problèmes à bras le corps, de sorte que les deux premières années ne servirent absolument à rien, si ce n’est à se dédouaner d’être la cause du mauvais

état général du pays. Les trois dernières années virent apparaître un léger frémissement qui s’accentua modestement à l’approche de la période fatidique de la réélection ! Très peu de réformes du programme annoncé avaient été tenues, un vent de panique soufflait sur l’Elysée et les dirigeants clamaient : « Cinq ans, c’est trop court ! » Les électeurs pensaient eux, avec raison, que « cinq ans, c’est trop long ! » Et qu’aux vues de tels résultats, un triennat serait plus que suffisant.


les nouvelles du ciel

Voici vos Nouvelles du ciel pour le Printemps 2016 C’est sous un climat extrêmement instable que le printemps s’installe. L’opposition Soleil/ Jupiter, particulièrement active, risque d’occasionner des conflits avec l’autorité (crise patronale, sociale et judiciaire). C’est dans un véritable chaos que notre gouvernement actuel devra se réorganiser. Je rappelle que j’ai été la première Astrologue à avoir annoncé à la radio l’exode des émigrés en 2015. Dans ce monde instable restons positif, car croire en ses rêves permet de vaincre les défis ! Sophia Mézières www.sophia-mezières.fr

a Bélier du 21 mars au 20 avril

Ce mois de Mars rencontrera bien des turbulences et vous devrez faire face à de nombreuses contrariétés, qu’il faudra gérer. Sentimentalement, ce sera une période confuse. Il sera indispensable de se souvenir des valeurs qui forgent votre vie de couple. Heureusement, dès les premières semaines d’Avril, le climat sera rayonnant de bonheur et de créativité, notamment grâce à la présence de la planète Vénus dans votre signe. Evitez le rouge, préférez les noirs glamour et les bleus pétroles.

b

Taureau du 21 avril au 21 mai

A l’Equinoxe du printemps, votre planète Vénus au carré de Saturne apportera des dysfonctionnements dans votre vie amoureuse. Les sentiments contraires vous donneront bien des maux de tête. Mais, rassurez-vous, cela ne sera que de courte durée, puisque dès le 15/05, le trio Soleil/Vénus/Mercure séjournera dans votre signe et formera un très beau Trigone de terre, ce qui sera pour vous super exaltant dans tous les domaines. Alors, à vous de semer des bonnes petites graines, récolte prévue pour la fin du printemps ! Portez du vert émeraude.

c

Gémeaux du 22 mai au 21 juin

Vous aurez tendance à vous laisser voguer au gré des vents. Mais aussi contre vents et marées, qui vous rappelleront très vite vos impératifs professionnels et sentimentaux. Un poète sommeillera en vous et vous ne demanderez qu’à laisser fleurir vos fleurs de vie. C’est un printemps en mode romantique qui s’annoncera pour vous, pourvu qu’il soit magique. A ce titre, ce sera plutôt sur Avril et sur Mai que se dérouleront les grands projets. Le Trigone Mercure/Jupiter vous donnera le don d’exploiter vos talents. Mettez une touche de mauve ou de gris dans votre vie !

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d

i

Sagittaire du 22 novembre au 21 décembre

e

j

Capricorne du 22 décembre au 20 janvier

Cancer du 22 juin au 22 juillet

Rien de très exaltant pour cette fin d’Hiver. En outre, vous serez dans l’obligation de prendre position au sein de votre famille concernant de vieux litiges ou d’anciennes rancœurs. Côté professionnel, c’est auprès de vos collègues que vous aurez à mettre certains points sur les i. Notamment début Mars, où une pagaille administrative pourra semer le désordre dans vos affaires. Soyez davantage méticuleux et tout se passera bien. Pour vous, c’est sans doute dès les premiers jours d’été, que des décisions prises pourront enfin germer. Portez des mauves Améthystes.

Lion 23 juillet au 22 août 

Dès le 25/03, votre astre solaire formera un très joli Trigone à la planète Mars, ce qui vous apportera de quoi réaliser certains projets. C’est une période où il faudra vous réaffirmer en vue d’une meilleure reconstruction, affective et sociale. Vous devrez parfois taper du poing sur la table pour mettre en avant vos idées et vos valeurs. Vous gagnerez la plupart de vos combats grâce à votre force intérieure et à votre charisme. Gardez en vous l’harmonie des couleurs en usant des verts pomme et des jaunes citron.

f

Vierge du 23 août au 22 septembre

A partir du mois d’Avril, vous allez vibrer au son cosmique de Mars et de Saturne. Cela donnera de l’extase dans vos histoires de cœur. Mais, pour le mois de Mars, il est possible que vous traversiez des épreuves sentimentales ou professionnelles. Mi-Avril, de lourdes responsabilités seront à attendre dans votre job. On pourrait bien vous faire une intéressante proposition. Votre pouvoir d’action sera renforcé par le Trigone Mars/Uranus qui rendra audacieuses vos décisions. Agrémentez vos tenues de rouge, mauve et noir.

Bercé par le magnifique Trigone Mercure/Jupiter/Pluton du 16/04, vos échanges seront doux et chaleureux en amour et particulièrement bénéfiques dans votre travail. Doué dans les négociations et dans la création, car vous saurez tirer le meilleur parti des choses et des êtres. Vos idées seront nourries par des convictions profondes, sincères et franches. Cette configuration astrale vous confèrera un don, celui d’une facilité d’élocution exemplaire. Avec vous, plus de complexes, vous saurez mettre les gens à l’aise. Portez du bleu et gris.

k

Verseau du 20 janvier au 18 février

Les reconnaissances professionnelles seront présentes ce printemps et, grâce à la présence de Jupiter en Vierge, vous saurez tirer parti du sens de la méthode et de la patience. Vos sacrifices donneront de bonnes récompenses. Cependant, c’est en restant dans l’action que vous parviendrez à abattre les derniers remparts qui vous empêcheront de voir plus loin. Le Trigone Mercure/Mars vous rendra combatif, surtout dès qu’il s’agira de défendre une cause. Portez du gris et du rouge à foison pour doper vos énergies.

Vous allez jouer au cerf-volant avec vos histoires de cœur, à condition qu’il y ait du vent, sinon, c’est du sur-place que vous risquez de faire. Eh oui, ami Verseau, la tendance du ciel sera plutôt nuageuse et il faudra faire avec les caprices planétaires, en vous mettant à l’abri en cas de tempête. Côté travail, c’est courageusement que vous mènerez vos défis, hors des frontières du temps. Sachez consolider vos acquis, car durant le mois de Mai, le Soleil viendra mettre en lumière vos actions. Portez du vert, marron, et orange.

g

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Balance du 23 septembre au 22 octobre

Vous devrez absolument être vigilant durant cette phase printanière. Mieux vaudra rester au chaud et ne prendre aucun risque, car l’aspect très délicat en Sesqui Carré Mars/Uranus rendra vos amours compulsifs. Votre impulsivité ne sera pas vraiment le bon moyen de réagir. Avec cette contrariété planétaire, ce sera l’effet boule de neige ! Au travail, même traitement de faveur, pas d’emballement précipité. La période la plus enrichissante sera aux alentours du 15/04. Portez des rouges coquelicots et des gris anthracite.

h

Poissons du 19 février au 20 mars

Avec un quatuor planétaire dans votre signe, notamment le Soleil jusqu’au 21/03, mais aussi Mercure, Vénus et Neptune, on peut dire que vous n’allez pas vous ennuyer. Que d’agitations et de mouvements dans votre vie. Côté cœur, c’est un printemps placé sous une vague de romantisme et d’inspiration créative et artistique qui vous comblera de bonheur. Tout cela passera à la vitesse de l’éclair, alors sachez saisir vos chances au vol. Au travail, vous aurez à déployer vos ressources pour gravir les marches du succès. Portez du gris, du rose et du blanc !

Scorpion du 23 octobre au 22 novembre

Arrêtez de vous prendre la tête pour de petits détails qui vous empoisonnent l’existence. Saturne et Mars auront tendance à vous rendre un peu masochiste. Vous analyserez tout et trop. Soyez plus souple et plus détendu, vous verrez ainsi votre complicité amoureuse au top de sa forme, surtout à partir d’Avril où Mars viendra embellir votre ciel. Côté job, de belles promesses seront à attendre de ce printemps. Pour vivre en harmonie avec vos énergies intérieures, portez des couleurs aux nuances chaudes, tel que les noirs de Judée et les rouges intense.

Cet horoscope est rédigé par Sophia MEZIERES, Astrologue Conseil. Pour toute étude astrale, vous pouvez me joindre sur mon site internet www.sophia-mezieres.fr


Coups de cœur d’Alain

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Coup de cœur BD

Le retour d’Astérix avec Le Papyrus de César (Editions Albert René)

Cette nouvelle aventure est à la fois originale et drôle, et il est difficile de croire qu’Uderzo n’est plus aux commandes... Et comment résister au bonheur de retrouver ce village d’irréductibles gaulois qui résiste encore et toujours à l’envahisseur, un village qui nous rappelle en quelque sorte Montmartre et ses habitants hauts en couleur et ses vignes, nées selon la légende à l’ère gallo-romaine... A offrir ou à s’offrir sans hésiter !

Copyright couverture et planches : Editions Albert René

L

e deuxième album signé Jean-Yves Ferri et Didier Conrad (deux ans seulement après le précédent) tient ses promesses. Cette fois-ci, César raconte sa conquête de la Gaule dans un livre, devenu un best-seller. Sur les conseils de son éditeur, il n’a pas mentionné son échec face à Astérix et son village. Cependant, grâce à un jeune fan de nos héros, nommé Doublepolémix, le secret va être révélé et de nouvelles aventures mouvementées vont commencer pour nos amis gaulois.

Alain Haimovici

Coup de cœur cinéma

SKY

E Crédit photo : Haut et Court.

n vacances avec son mari dans l’Ouest américain, Romy décide de mettre fin à cette relation toxique et de reprendre sa vie en main. De Las Vegas aux plaines du Nevada, la route sera jalonnée de rencontres improbables, intenses et toutes porteuses d’un nouvel espoir… Le nouveau film de Fabienne Berthaud (remarquée pour Pieds Nus

sur les Limaces en 2010), tourné aux Etats-Unis, réunit un casting étonnant : Diane Kruger, Gilles Lellouche, Norman Reedus... au service d’un scénario à la fois surprenant, émouvant et superbement filmé. L’histoire d’une femme libre, qui vit l’instant et suit son instinct. Un road movie séduisant à découvrir en salles à partir du 16 mars 2016.

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« Aller à l’idéal et

Fête de Parution P

réel » comprendre le

(Jean Jaurès)

DEPUIS 1987

PARIS SERA TOUJOURS

MICHOU !

DOSSIER :

Montmartre a fait date lors de la parution de son précédent numéro, autour d’une grande soirée orientale à la Bonne Franquette, suite à l’intronisation à la République de Montmartre (Citoyenne d’Honneur) de la talentueuse artiste Shalemar. Après un succulent couscous, le spectacle fut exceptionnel, d’un très haut niveau musical et artistique, pour le pur bonheur du public époustouflé. Ce concert haut de gamme était animé par le violoniste solo Farhat, virtuose d’origine tunisienne, maîtrisant tous les genres – classique, oriental, flamenco, tzigane, etc., qui a accompagné entre autres Sting, Johnny, Bruel, les frères Nakache. Il était entouré par les excellents Chaker au clavier, Wanis (l’un des meil-

UETTE LA BONNEDFRANQ PÈRE ET FILS LES FRACHEBOU

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leurs percussionnistes sur darbouka) et Emek à la contrebasse. Les grandes voix étaient bien sûr de la partie, avec la célèbre chanteuse algérienne Amina Karadja, au répertoire musical arabo andalou, Claudia Meyer en variété française, et Pattika la Montmartroise (à racine maternelle berbère) qui a offert une version orientalisée poignante de Mon amie la rose accompagnée par Farhat « et sa bande ». Sans oublier un chaleureux moment de danse avec la Maroco-Algérienne Zina, de l’école de danse orientale à Paris. Du grand art musical, avec esprit cabaret, à Montmartre, on en redemande !

Shalemar intronisée à la République de Montmartre Danse ventrale avec la belle Zina : comme on le voit, Alain Coquard, malgré le bénéfice dû à son rang d’une vue exceptionnelle, n’a rien perdu de sa stature présidentielle.

La danseuse Zina

Amina Karadja

Farhat et compagnie

Pattika avec un pantalon peint créé par Shalimar

Bulletin d’abonnement à Paris-Montmartre « Aller à l’idéal et comprendre le réel » (Jean Jaurès)

DEPUIS 1987

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Abonnement : 20 e, (30 e hors CEE) et abonnement de soutien à partir de 50 e. Chèque à l’ordre de Paris-Montmartre. Bulletin à remplir en lettres majuscules et à retourner à Paris-Montmartre 13, place du Tertre, 75018 Paris Nom : Prénom :

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Paris Montmartre mars 2016  
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