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DEBAT

La fiscalité en 2012 ANALYSE

La planification successorale REPORTAGE

Des soins médicaux pour les plus petits mobilite

Une Jaguar 220 V Les lEgendes du tennis

Nouveau succès pour l’Optima Open

capital13

DES BELGES QUI ONT UN PLAN

Xavier Damman, notre homme dans la Silicon Valley

ANNEE IV

novembre 2011

jerome d’ambrosio – Premier belge en F1 –

Un nouveau venu dans le cirque de la F1.

optima magazine


e d it o

capital13

L’ambition d’Optima Financial Planners est d’élaborer le meilleur plan possible, adapté à chaque client. Pour ce faire, Optima propose à ses clients une gamme très complète de solutions sur mesure. Dans ce contexte, j’ai le plaisir de vous annoncer qu’avec la reprise d’Ethias Banque, Optima Financial Planners prépare une offre de services bancaires visant à développer encore mieux ses services de planification financière. Il s’agit là sans aucun doute d’une étape importante dans les vingt années d’histoire de notre société. Nous avons déjà les statuts de courtier en assurances, d’agent immobilier et de courtier de crédits et une offre bancaire nous permet de garantir à nos clients des services à 360°. Qu’est-ce que cela signifie concrètement pour nos clients ? Optima est toujours et

avant tout un planificateur financier. Tous les services – y compris la future offre bancaire – sont proposés dans le cadre du plan financier personnel du client. Un plan que nous élaborons sur base d’un audit approfondi de la situation

SINCeRES SALUTATIONS, Jeroen Piqueur CEO Optima

EDITEUR RESPONSABLE : Jeroen Piqueur, Keizer Karelstraat 75, 9000 Gand. Redacteur en chef : Jeroen Lissens, jeroen.lissens@optima.be,09/225.25.71. COORDINATION : Lara Van Ginderdeuren. Redaction : Kiki Feremans. conception et mise en page : Veerle Verbrugge, veerle@eastvillage.be. ADRESSE DE LA ReDACTION : Capital p/a Optima SA Keizer Karelstraat 75, 9000 Gent. ONT COLLABORe a CE NUMeRO : Hendrik Braet, Saskia Broeckx, Philippe Buissin, Luk Coupé, Ingmar Criel, Ethel Desmasures, Lieven Dirkcx, Iris De Feijter, Lies De Mol, Jan De Paepe, David De Vleeschauwer, Valerie Du Pré, Sven Everaert, Hugo Hannon, Jan Gillis, Peter Goossens, Brigitte Hendrickx, Marc Holthof,

Cert no. CU-COC-809718-DJ

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Nous ne changeons pas de cap et sommes toujours fidèles à la philosophie qui a été la nôtre dès la première heure et que nous appliquons avec succès depuis vingt ans : seule une connaissance approfondie du client offre une base solide pour des services financiers adéquats. Aujourd’hui, demain et plus encore après-demain.

Sven Hubrecht, Guy Kokken, Bart Lenaerts, Debbie Pappyn, Stijn Paredis, Jeroen Peeters, Xavier Piqueur, Ivan Put, Geoffrey Rinchon, Bram Vaes, Saskia Vanderstichele, Nick Vermoere, Lieven Van Assche, William Wright. Copyrights :  Tous droits réservés. Aucun extrait de ce magazine ne peut être repris ni reproduit d’une quelconque manière sans l’autorisation expresse du rédacteur en chef et de l’éditeur respon­s able. TRADUCTION : Brigitte Hendrickx. IMPRESSION :  Stevens Print NV. Ce magazine a été imprimé sur Arctic Paper avec certification FSC. Couverture : Jérôme D’Ambrosio – Photo : Ivan Put. Indien U in de toekomst liever de Nederlandse editie ontvangt, gelieve zich te wenden tot info@optima.be

Cert no. CU-COC-809718-DJ

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et des attentes de chaque client : revenus, patrimoine, pension et succession. Nous ne sommes pas non plus restés inactifs en termes de connaissances et d’exper­ tise. Nos Audit Center de Gand et de Waterloo ne cessent de prendre de l’ampleur et la récente collaboration avec la Vlerick Leuven Gent Management School constitue un bel exemple de la façon dont nous appliquons et intégrons les nouvelles idées. Le financial planning, cela consiste aussi à suivre la situation de très près, au bénéfice du client.


SOMMAIRE

15 D’une importance capitale 3 professionnels à propos de leur passion. Le préparateur de motos Fred Krugger, les tailleurs : Angélique, Saskia et Bruno Van Gils, Laurent Mercier : le roi des produits frais.

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entreprendre

reportage

Un manuel de gestion moderne vieux de 15 siècles.

Bernard Claeys. Un Flamand à Las Vegas.

des belges qui ont un plan Xavier Damman. Notre homme dans la Silicon Valley.

68 

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nice to know, nice to have 

62 Mobilite

Gone with the wind. L’E-Type de l’entreprise allemande Classic eCars.

Art et cognac.

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MoN PLAN

Eric Carnoy (le CEO de Samtech).

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il fait parler de lui Jérôme D’Ambrosio. Premier belge en F1.

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reportage Des soins médicaux pour les plus petits. Belgian Kids’ Fund.

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SOMMAIRE

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actua

Les services bancaires, un nouvel atout pour les clients Optima.

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Les legendes du tennis Knokke-Heist, une fois encore the place to be pour l’Optima Open.

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Le point sur la situation L’assurance groupe fait-elle partie de la communauté conjugale ? / Immobilier : la vision du financial planner.

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ANALYSE Clause de maison mortuaire :  Un pas en avant, deux pas en arrière.

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events Optima Rallye, Optima Golf Cup, Players’ Dinner, Equestrian Clinic Day.

research

La Chaire Optima :  Financial Planning Practice.

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Opinion

Loisirs

Les bonnes résolutions.

Les délices de la vie.

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li f e st y l e

n i c e t o k n o w, n i c e t o h av e

Art et cognac Quoi de plus agréable, lorsque les journées raccourcissent et que l’époque des pique-niques est passée, que d’admirer des oeuvres d’art tout en profitant des bonnes choses de la vie ? Installez-vous confortablement dans votre fauteuil favori, n’oubliez ni votre pipe ni vos lunettes, et jetez un oeil critique sur nos collections artistiques, réalisées par de jeunes talents, ou sur des pièces intemporelles et de grande valeur. TEXTE valerie du pre

matière et Savoir-faire 2

Dais y V e r h e y d e n www.vermandere-verheyden.be

La créatrice de bijoux Daisy Verheyden fête ses 40 ans cette année et pour l’occasion, elle dialogue avec quatre artistes qui lui sont source d’inspiration  :  le peintre Piet Raemdonck, l’artiste et joaillier Peter Vermandere, l’artiste Jean Decoster et la créatrice de textiles Hilde Metz. Le résultat du croisement de ces talents : une collector’s box en série limitée, avec cinq broches uniques et l’exposition Materie & Meesterschap qui présente les œuvres de ses quatre sources d’inspiration.

bauhaus en format poche 1

B a u h a u s ba g s www.baggubag.com

Pour sa récente collection de sacs, la designer Caitlin Mociun s’est inspirée de l’école du Bauhaus. Vous avez quelques courses à faire, que ce soit au supermarché ou dans une épicerie de luxe ? Oubliez les Big Shoppers, bien peu élégants. Avec leurs coloris éclatants, leurs motifs modernistes et leurs textures écologiques, les sacs de Caitlin sont les véritables it-bags de la saison.

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li f e st y l e

S aatc h i O n li n e www.saatchionline.com

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Il n’est plus indispensable de pousser la porte d’un atelier ou d’une galerie pour découvrir de nouveaux talents artistiques. Via Saatchi Online – une initiative de la Saatchi Gallery de Londres – vous pouvez dorénavant acheter depuis votre fauteuil des tableaux originaux et des art prints de la main d’artistes prometteurs dans plus de 100 pays. Il suffit de consulter le site du plus grand marché de l’art au monde pour admirer dès aujourd’hui sur vos murs les œuvres des artistes cotés de demain. 5

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Un marche de l’art en ligne

Quand un rien vous h abille … 

Pauline van Dongen est une styliste hollandaise prometteuse, dont la vision artistique est unique et particulière. Pour sa collection S/S 2012 ‘Kinetic Landscapes’, Pauline van Dongen s’est inspirée des abstractions qu’elle découvre dans une nature érodée. Elle traduit cette vision en lignes fluides, avec des designs architectoniques, une palette de coloris tout à fait unique et des graphismes et des drapés qui emballent les corps. Des débuts plus que prometteurs … 

K A W S H e n n e ss y V S b o ttl e www.hennessy.com

cognac en serie limitee

Si le New-Yorkais KAWS a débuté comme artiste des rues, le graffeur est aujourd’hui l’hôte des galeries d’art les plus réputées. Kaws a récemment signé une limited edition vs pour le compte du luxueux label Hennessy. Chacune des bouteilles de cognac est numérotée et d’un goût exquis, tant au niveau du contenu que du contenant. Si le cœur vous en dit, il faudra vous hâter car les 420 000 flacons KAWS Hennessy – lancés sur le marché depuis le mois de septembre – se vendent comme des petits pains, pardon, comme du cognac. Cheers !

DOttli n g C o ll e ct o r R o o ms www.doettling.com

Photos : Peter Stigter

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Pa u li n e va n D o n g e n www.paulinevandongen.com

des chambres A collections

Qu’il s’agisse de bijoux, de tableaux ou de bagues de cigares, quels que soient les trésors que vous collectionnez, ils seront à l’abri dans les ‘Collector Rooms’ de Döttling. Vous avez le choix entre une chambre entièrement sécurisée, avec un code d’accès sophistiqué, ou une chambre libre d’accès, mais équipée de coffres parfaitement intégrés. Fini le temps des caches derrière de poussiéreux tableaux :  ces chambres à collection allient sécurité, travail sur mesure et matériaux de qualité, le tout dans un cadre sublime.

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li f e st y l e

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E u r o p e a n A rt T o u r Info : +352 26 26 86

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European Art Tour – en abrégé E.Art.T – c’est le compas artistique idéal pour tous les collectionneurs, amateurs d’art ou touristes férus de culture en quête de lieux bruissants de vie, à Bruxelles ou dans une autre capitale culturelle européenne. Cette application smartphone vous permet de retrouver en un rien de temps l’adresse, le numéro de téléphone, le site web et l’itinéraire de tous les spots artistiques à Bruxelles et dans les environs. A télécharger gratuitement sur votre smartphone ET dispo­ nible avec un module VIP pour la modique somme de 40 euros. Smart !

du Café avec un grand C 7

A st o ria D u al Espr e ss o www.hammacher.com

Préparer un bon café, c’est tout un art. Heureusement, vous n’êtes pas obligé de vous exercer des mois durant, à l’instar du barista traditionnel, puisque l’appareil Dual Espresso d’Astoria vous sert la parfaite tasse de café en quelques minutes. L’appareil, fabriqué à la main en Italie, allie un design classique aux fonctions les plus modernes. Un professionnel vient l’installer personnellement à votre domicile. Moulu et approuvé.

10 Un interieur inspire Marina Yee – artiste, bohémienne, créatrice et membre du fameux ‘groupe des six d’Anvers’– a en commun avec le fabricant belge de tissus Aristide la passion de la couleur, des textures et de la qualité. Ensemble, ils font entrer l’Art et la classe dans votre intérieur, avec ‘Marina Yee for aristide’, une nouvelle ligne de tissus d’ameublement et d’idées basée sur quatre traits de caractère de Marina : ‘Indigo’ (rebelle), ‘White light’ (élégante), ‘Alice’ (romantique) et ‘Manhattan’ (aventurière). Aujourd’hui sous forme d’un livre d’art, demain dans votre salon ?

ceci n’est pas une pipe 9

L’art au bout du doigt

L a pip e P o rsc h e P ’ 3 6 14 www.porsche-design.com

Ne dites jamais pipe en parlant d’une P’3614. Ce chef-d’œuvre de la Porsche Design Smoking Collection laisse bouche bée les connaisseurs comme les ­collectionneurs. Porsche a utilisé les technologies les plus pointues pour créer la première pipe entièrement courbe, avec embout inaltérable, filtre 9 mm et bois de bruyère pour un maximum d’arôme. Chic & artistique.

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M ari n a Y e e f o r aristi d e www.aristide.be


MoN PL AN

F usion d’en t r epr ises

Le reve technologique devient realite Il y a tout juste 25 ans, Eric Carnoy lançait Samtech, une spin-off de l’université de Liège spécialisée dans les logiciels de simulation 3D pour les industries aéronautiques et spatiales. Aujourd’hui, cette entreprise wallonne emploie 200 personnes et possède des filiales dans 9 pays. LMS, une société high tech implantée à Leuven, a repris Samtech fin août 2011. texte Iris De Feijter

Samtech fabrique des logiciels de simulation. De quoi s’agit-il precisement ? « Pour simplifier, je dirais que nous réalisons des prototypes virtuels. Une entreprise qui souhaite lancer un nouveau produit sur le marché doit réaliser au préalable un grand nombre de tests. On fabrique donc généralement un modèle d’essai, nous opérons une simu­ l ation complète sur ordinateur, ce qui nous permet de modeler et d’optimaliser simultanément le concept – au niveau des matériaux, du poids, de la forme … . D’où notre devise : Dream your model and model your dream. » Qu’est-ce qui a change pour votre societe depuis la reprise ? « La PME Samtech était surtout active en Europe, en Chine et au Japon. Des modifications étaient indispensables sur le plan organisationnel, dans une optique de croissance et afin de renforcer notre position en Amérique. Grâce à LMS, cette étape sera amorcée avec une élégance et une efficacité accrues. Nous avons trouvé le partenaire idéal. »

virtuels tandis que LMS réalise surtout des tests physiques. Enfin, cela fait quelques années que LMS se spécialise dans la simulation en 1D, spécifiquement axée sur les systèmes intelligents, le logiciel étant en interaction avec la mécanique et vice-versa. »

Eric Carnoy

Qu’est-ce qui fait de LMS le partenaire de vos reves ? « Il s’agit d’une spin-off de l’université, tout comme nous. Nos cultures d’entreprise sont de ce fait largement comparables et nous sommes en outre complé­ mentaires : LMS est actif dans le secteur automobile, comme nous le sommes dans l’aéronautique et l’aérospatial. Nous sommes spécialisés dans les prototypes

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Que represente l’argent a vos yeux ? « L’argent est nécessaire pour conserver une entreprise en bonne santé, pour la développer et l’étendre. Pas d’innovation possible sans moyens financiers. Mais l’argent ne peut pas être un but en soi, c’est la récompense du travail effectué. » S’il fallait vous qualifier ? « Je suis un optimiste né. Et je sais écouter, ce qui est indispensable pour mettre en adéquation les capacités de mon équipe et les souhaits des clients. Je gère ma société avec passion et patience. Je suis très impliqué dans ce que je fais, mais je sais parfaitement que Rome ne s’est pas fait en un jour, et ma société non plus. Samtech a mis 25 ans à arriver où nous en sommes aujourd’hui, mais nous existons toujours, et j’en suis fier. »


act u a

L a r e p r i s e d ’ E t h i a s B a n q u e pa r O p t i m a

Les services bancaires, un nouvel atout pour les clients Optima Le 9 novembre dernier, la Banque Nationale de Belgique validait la reprise d’Ethias Banque par Optima. Optima réalise, de la sorte, la première phase de ses ambitions bancaires – une étape importante dans les vingt années d’histoire de l’entreprise. L’offre bancaire vient logiquement compléter la gamme de services existante proposée par Optima, qui reste fidèle à sa vocation de financial planner :  le suivi du client vers des solutions concrètes se fait et continuera à se faire sur base d’un audit approfondi de sa situation unique et de ses attentes personnelles. Capital résume les ambitions bancaires d’Optima en 6 questions et réponses. texte jeroen lissens | PHoto Lieven dirckx

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act u a

1. Comment expliquer qu’Optima s’intéresse à une offre bancaire ? Cela fait longtemps qu’Optima est intéressé par une offre de services bancaires. Cela n’a d’ailleurs rien d’étonnant : les clients sont en effet nombreux à réclamer un accompagnement pratique sur base de leur plan financier. Tout au long de cette phase, Optima recherche avec eux des solutions concrètes à la mesure de leur vie. Optima assure depuis longtemps le suivi de ses clients en sa qualité de courtier en assurances, d’agent immobilier et de courtier de crédits. Grâce à ce portefeuille mixte d’assurances (patrimoniales), de solutions immobilières et de crédits, l’offre d’Optima est impressionnante et unique de par sa diversité. Mais Optima veut aller encore plus loin dans l’offre individuelle proposée au client. L’étape des services bancaires complète à merveille l’offre existante proposée par l’entreprise dans le cadre du suivi clients. Avec des assurances, de l’immobilier, des crédits et des services bancaires et de placements, les services d’Optima reposent sur quatre piliers pour un patrimoine privé stable et durable. Les services d’Optima s’articulent sur 360° et deux niveaux : tout d’abord l’audit et le plan financier, uniques parce qu’ils prennent en compte toutes les questions du client (revenus, patrimoine, pension et

“Que le client Optima se rassure : notre activité principale consiste toujours à élaborer

des plans sur mesure.”

succession) et ensuite l’accompagnement pratique (assurances, immobilier, crédits et services bancaires), avec une fois de plus une offre tellement étendue qu’elle ne connaît pas sa pareille en Belgique. La combinaison du financial planning et d’une offre bancaire représente une véritable première sur le marché belge des services financiers.

2. Optima sera-t-elle dorénavant une banque dans le sens classique du terme ? Soyons clairs  :  nous sommes des financial planners et restons fidèles à la philosophie qui était la nôtre dès la première heure. La pierre angulaire de notre

“La banque d’Optima ne commercialisera pas ses propres produits. Par contre, la licence bancaire fraîchement obtenue et une plate-forme performante seront utilisées pour élaborer une offre au client dans le cadre de son plan financier personnel.”

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offre est toujours l’élaboration d’un plan sur base d’un audit détaillé de la situa­ tion et des attentes financières et fiscales de chaque client. C’est ce qui fait depuis 20 ans le moteur de notre croissance et ce n’est pas près de changer. Seule une con­ naissance appronfondie du client (par le biais de l’audit) offre une base solide pour des services financiers adéquats. Il est d’ailleurs de plus en plus important de connaître le client. Avec l’arrivée de la crise financière, nous avons hélas constaté que tout le monde n’investissait pas dans les produits financiers les plus adéquats compte tenu de leur situation personnelle. Dans un tel contexte, un conseiller qui connaît ses clients à fond – par exemple parce qu’il a réalisé un audit de leur situation et de leurs attentes – représente plus une nécessité qu’un luxe. Cette méthode est d’ailleurs dans les objectifs de la directive européenne MiFID (Markets in Financial Instruments Directive) qui oblige les fournisseurs de services financiers à mieux s’informer sur leurs clients. A l’avenir également, Optima appliquera son modèle de services en sa qualité de financial planner : audit>planning> accompagnement vers des solutions concrètes.

3. En ma qualité de client Optima, quand aurai-je accès à ces services ? Lorsqu’il est question de protection durable de votre patrimoine, il est évident que nous ne nous décidons pas sur un coup de tête. Nous préparons soigneuse­ ment chaque étape éventuelle menant à des services encore plus complets. Tant en interne avec les experts en la matière qu’en externe, avec les instances de contrôle. Dès que l’offre est complètement au point, nous informons nos clients en temps voulu des nouvelles possibilités à la mesure de leur plan financier.


act u a

4. Y aura-t-il une banque avec des produits Optima ? La banque d’Optima ne commercialisera pas ses propres produits. Par contre, la licence bancaire fraîchement obtenue et une plate-forme performante seront utilisées pour élaborer une offre au client dans le cadre de son plan financier personnel. Concrètement, cela équivaut à une offre de produits de placement bancaires – notamment des fonds et des comptes d’épargne. L’accent portera à chaque fois sur une bonne gestion des risques, et dans le cas des fonds, l’avantage d’une architecture ouverte jouera pleinement : des produits A LA MESURE du client, proposés par des fournisseurs externes spécialisés (internationaux) qui ne sont jusqu’ici pas accessibles directement pour les particuliers fortunés en Belgique. Nous ne vendons pas nos propres produits mais recherchons pour nos clients ceux qui leur conviendront le mieux.

5. Pourquoi cette reprise a-t-elle tant tardé ? Lorsque Ethias Banque a été mis en vente, Optima réalisait depuis quelque temps déjà des exercices stratégiques visant l’offre bancaire. Nous avons pensé pendant un certain temps au statut de courtier en banque ; le conseil d’administration a accueilli des person­n alités ayant l’expérience de la banque (Rik Donckels, ex CEO et ancien président de KBC Ancora, Philip De Hulsters ex CEO d’Ethias Banque). L’opportunité qui nous a été donnée avec Ethias Banque, mise en vente par le groupe Ethias en réponse à l’exigence européenne de se défaire d’un certain nombre d’actifs, a constitué pour nous une chance unique de mettre nos ambitions en pratique. Il fallait pour cela qu’Optima surmonte quelques obstacles, tant organisationnels

“Seule une

connaissance approfondie du client (par le biais de l’audit) offre une base solide pour des services financiers adéquats.”

que techniques. Et tout d’abord cette constellation peu banale  :  une ‘non banque’ qui reprend une banque, un scénario rarissime dans le secteur financier. Des réponses adéquates devaient être données à un certain nombre de questions cruciales, et ce en étroite concertation avec les organes de contrôle – d’abord la CBFA (aujourd’hui FSMA) et plus tard avec la Banque Nationale. Le principal souci de toutes les parties engagées portait sur la stabilité et la durabilité – pour les clients comme pour le personnel d’Optima et d’Ethias. Un processus long et compliqué, rendu encore plus complexe du fait de la crise financière qui a éclaté dans la même période. Une crise qui a tellement modifié la donne que de nouvelles discussions se sont imposées, avec les organes de contrôle comme avec Ethias, ce qui a retardé les choses. Et le 9 novembre dernier, la Banque Nationale de Belgique a enfin approuvé l’opération.

6. Les clients Optima ont donc droit à un service supplémentaire. Et les clients d’Ethias Banque ? Ethias Banque compte actuellement quelque 30 000 clients. Nous utiliserons

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au maximum les synergies entre les deux sociétés, en mettant l’accent sur la stabilité et la continuité pour tous les clients, ceux d’Optima et ceux d’Ethias Banque. Les clients d’Ethias Banque bénéficieront eux aussi de services durables : crédits d’habitation, comptes d’épargne, comptes à vue. L’interface existante – pas un réseau d’agences, mais via Internet – est également reprise dans son intégralité, et rien ne change donc pour le client Ethias existant. Que le client Optima se rassure : notre activité principale consiste toujours à élaborer des plans SUR MESURE. C’est ce que nous ferons dorénavant de a à z, aidés en cela par une plate-forme bancaire unique, complémentaire de notre offre existante.

“Une ‘non banque’ qui reprend une banque : 

un scénario rarissime dans le secteur financier.”


L E P O I N T S U R L A S I T U AT I ON

L’ASSURANCE G ROUPE

L’assurance groupe fait-elle partie de la communautE conjugale ? La Cour constitutionnelle a récemment rendu un arrêt important sur les assurances groupes et, par extension, sur la totalité du deuxième pilier de pension (e.a. assurance EIP, PLCI, contrats de pension sous seing privé, etc.). Selon la Cour, l’assurance groupe fait partie de la communauté conjugale pour les conjoints mariés sous le régime de la communauté des biens. En cas de divorce, il doit dès lors y avoir un ‘décompte’ et l’ex-conjoint de l’assuré a droit, d’une manière ou d’une autre, à la moitié des droits à une pension ou du moins à une ‘compensation’. Cet arrêt a-t-il également des conséquences successorales si le mariage est dissous suite au décès du conjoint ? teXTE Xavier Piqueur, Tax Advisor

Une vieille blessure … La discussion existait déjà à propos des assurances dites ‘assurances d’investissement’ (branches 21 et 23). Supposons que Monsieur Dupont verse de l’argent commun sur une assurance-vie souscrite à son nom et que la police soit à vie. Si un divorce ou le décès de Madame dissout le mariage, la police ne sera pas payée car Monsieur est toujours en vie en tant qu’assuré. La valeur de rachat faitelle partie de la communauté conjugale ? Pour les autorités fiscales, c’est bien le cas. Si le mariage est dissous suite au décès de Madame, Monsieur Dupont est redevable des droits de succession sur la moitié de la valeur de rachat. Pourtant, la commission de ruling avait retenu une interprétation différente en 2009.

… encore ouverte :  la dissolution du mariage par le divorce

Xavier Piqueur

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L’ensemble du débat sur le caractère commun ou individuel a été rouvert. Il concerne cette fois une assurance groupe toujours ‘en cours’ au moment d’un divorce. Selon l’arrêt de la Cour constitutionnelle, l’assurance groupe ne donne pas droit en première instance à une pension complémentaire ‘propre’ différée, mais elle est plutôt considérée comme une ‘opération d’épargne’. L’allocation d’une telle assurance groupe équivaut à des revenus ‘communs’ issus d’une activité professionnelle. En d’autres termes, la dimension de pension d’une assurance groupe est complètement niée par la Cour. Bien qu’une assurance


L E P O I N T S U R L A S I T U AT I ON

“Que faire si une assurance groupe a été financée en partie avant le mariage ? Comment compenser et quel sera au final l’impôt imputé ?”

groupe soit considérée par le droit social et fiscal comme une ‘pension’ (complémentaire) ce n’est apparemment pas le cas en droit de la propriété matrimoniale. Peut-être cette vision de la Cour peutelle être étendue à d’autres systèmes de pension du deuxième pilier (EIP, PLCI, …). S’il est vrai qu’une assurance groupe appartenant à la communauté conjugale doit être ‘compensée’ en cas de divorce, on peut néanmoins se poser certaines questions fiscales et pratiques : Que faire si une assurance groupe a été financée en partie avant le mariage ? Comment compenser et quel sera au final l’impôt imputé ? Que faire si une avance sur l’assurance groupe a déjà été utilisée dans le cadre d’un investissement immobilier ? La police d’assurance peut-t-elle être scindée entre les ex-partenaires et existe-t-il un cadre juridique à cet effet ? La compagnie d’assurances et/ou l’employeur doiventils proposer de l’aide à l’ex-conjoint pour des calculs assez complexes ?

Que se passe-t-il en cas de dissolution du mariage suite A un dEcEs ? La Cour a jugé que la valeur de rachat en cas de divorce faisait partie de la communauté conjugale. Cette vision peut-elle être élargie au cas où le mariage est dissous suite à un décès ? Contrairement à un divorce, nous sommes en outre, en cas de décès, confrontés à la problématique de la succession. Si le titulaire du régime de retraite complémentaire décède, cela pose peu de problèmes au niveau

successoral. Les bénéficiaires du capital en cas de décès, le plus souvent le conjoint ou les enfants, sont taxés sur le montant net des droits de succession. Sous réserve de deux exceptions :  • Si le capital en cas de décès échoit à l’époux/se avec qui le défunt était marié sous le régime de la communauté de biens, le conjoint survivant paie en principe des droits de succession sur la moitié seulement. • S’il s’agit d’un régime de retraite collectif et que le défunt était employé (lire :  personnel bénéficiaire d’une assurance groupe), le conjoint survivant et/ou les enfants de moins de 21 ans (quel que soit le régime matrimonial) ne paie/nt aucun droit de succession. Que se passe-t-il si ce n’est pas le titulaire du régime de retraite lui-même qui décède, mais son époux/se et qu’ils étaient mariés sous le régime de la communauté de biens ? En partant de la vision de la Cour constitutionnelle, l’assuré, au moment

du décès de son époux/se, paierait des droits de succession sur la moitié de la valeur de sa propre assurance groupe ! En outre, l’assurance groupe, au décès de l’époux/se, ne serait pas versée et continuerait à courir jusqu’à la retraite. Il faut noter par ailleurs que la plupart des droits à pension ne peuvent être rachetés contractuellement ou légalement avant 60 ans. Enfin, on ne sait pas si une taxe finale (para)fiscale (et si oui laquelle ?) peut être déduite de l’actif taxable en matière de droits de succession et dans quelle mesure on pourrait prendre en compte une indemnité (virtuelle) de frais de rachat, imputée par l’assureur. Cet arrêt essentiellement axé sur le droit matrimonial a potentiellement des implications fiscales importantes, en particulier dans le domaine des droits de succession. Quant à savoir la tournure que cela prendra en pratique, ce n’est évidemment pas encore clair au stade actuel. Souhaitons que cet arrêt de la Cour soit une invitation au législateur d’établir un cadre juridique clair et équilibré autour du statut légal de propriété matrimoniale des assurance-vie et des véhicules de pension du deuxième pilier. En attendant, on peut essayer de prendre en compte ces foyers potentiels de différends de manière contractuelle en prenant au préalable les dispositions nécessaires via le contrat de mariage ou en dehors de celui-ci.

“En attendant, on peut essayer de prendre en compte

ces foyers potentiels de différends de manière contractuelle en prenant au préalable les dispositions nécessaires via le contrat de mariage ou en dehors de celui-ci.” [ CAPITAL 13 ]

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C LAU S

A. F R O H

bulthaup

Qualité et longévité. Les surprenantes nouveautés bulthaup sont les plus beaux investissements de demain. C’est le cas par exemple du système universel bulthaup b3. Il offre tout ce que l’on est en droit d’attendre aujourd’hui d’une ”grande ” cuisine. Découvrez sa perfection, sa pérennité, la solidité de ses matériaux et le soin apporté à ses finitions ainsi que les divers avantages offerts par une solution d’aménagement intérieur modulable et unique en son genre. www.bulthaup.be


D ’ UNE I M P O R TA N C E C A P I TA L E

3 p r o f e s s i o n n e l s a p r o p o s d e l e u r pa s s i o n

D’UNE

IMPORTANCE

CAPITALE A n g e li q u e , S askia e T br u n o va n g ils

Fr e d K r u g g e r

L a u r e n t M e rci e r

Fred Krugger, Angélique, Saskia et Bruno Van Gils, et Laurent Mercier à propos de ce qui les passionne. Ce à quoi ils accordent une importance capitale et attribuent leur succès. Après tout, l’argent ne fait pas le bonheur. TEXTE Iris De Feijter | PHOTOS guy kokken

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D ’ UNE I M P O R TA N C E C A P I TA L E

Le preparateur de motos

fred krugger « Fred Krugger, c’est mon nom depuis 2002. Je m’appelle en fait Frédéric Bertrand, mais je voulais un pseudo plus adapté pour créer ma société. Il faut dire que les noms à consonnance allemande – pensez à Porsche ! – font plus sérieux et sont synonymes de qualité. Krugger, c’est le nom d’un mécanicien allemand émigré en Amérique en 1905 et impliqué dans la création de Harley Davidson avant de disparaître sans laisser de traces. Je ne suis pas très connu en Europe, mais aux Etats-Unis, on me traite en vedette. »

“ Neuf fois sur dix, mes clients me donnent carte blanche.”

« Le marché des motos préparées sur mesure y est bien plus important. Les Américains sont mes meilleurs clients. Il y a quatre ans, j’ai notamment préparé une moto pour une grande vedette de Hollywood. Non, je ne peux pas donner de noms. Je travaille pour des particuliers, pour des professionnels et pour des entreprises. J’ai préparé ma plus récente moto – avec laquelle j’ai remporté le championnat du monde de custom bike building – à la demande d’une société norvégienne. C’est la première chopper au monde qu’il est possible de transformer en moto de course d’une simple pression sur un bouton. »

des pièces uniques.

« Toutes mes motos sont des pièces uniques, réalisées entièrement sur mesure pour le client. Je fais tout moi-même :  la conception, l’étude, le développement et la fabrication. Il m’arrive de travailler huit mois sur une seule moto. Mes clients potentiels connaissent déjà mon travail et neuf fois sur dix, ils me donnent carte blanche. Mais je porte aussi beaucoup d’attention à leurs goûts, leurs souhaits et leur budget. » « Les prix démarrent à partir de 45 000 euro. Pour certains clients, il s’agit d’un simple objet décoratif, même si tous mes modèles sont faits pour être pilotés. Mes concepts sont innovants et suivent la mode. Deux ans après le lancement de ma première moto – un modèle très sobre avec une touche hightech – j’ai vu arriver des modèles similaires de type bobber. Et la tendance vintage années ’70 que j’ai lancée il y a quelques années domine à présent sur les routes. » « Les motos sont toute ma vie : à cinq ans, j’ai reçu une Honda CR50 et dès mes sept ans, je suis devenu un fana de motocross. Plus tard, je suis passé au rallye automobile. J’étais actif dans l’automobile à cette époque, mais j’en avais assez de travailler pour un patron. A la même époque, nous avions deux jeunes enfants et je tenais à passer plus de temps avec ma famille. Dans l’ancienne ferme où nous habitions (entre Liège et Francorchamps), il y avait suffisamment de place pour mon atelier de transformation. Je gagnerais certainement plus d’argent en lançant la production de mes concepts, mais je n’ai pas l’étoffe d’un chef d’entreprise. J’aime la vie qui est la mienne aujourd’hui : je suis dans la création chaque jour que Dieu fait, je gagne suffisamment d’argent pour vivre confortablement et je vois grandir mes enfants. Tous deux sont fous d’automobile et de moto. Nous participons tous ensemble à des compétitions d’auto trial : une sorte de parcours d’obstacles, ce qui se défend mieux que la course pédagogiquement parlant. »

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Après une belle carrière de moto-cross, de course automobile et comme restaurateur de voitures de collection, Frédéric Bertrand (41 ans) a créé sa propre entreprise. Depuis 2002, la marque Fred Krugger prépare des motos sur mesure pour des clients du monde entier.


D ’ UNE I M P O R TA N C E C A P I TA L E

tailleurs

angelique, saskia et bruno

van gils

“Dans notre famille,

la confiance règne sans réserve.”

« Il y a cinq ans, nous étions tous dans la même situation : même si nous avions tous trois un emploi, nous recherchions un nouveau défi. C’est le moment qu’a choisi Bruno pour lancer l’idée de Café Costume :  des costumes sur mesure, branchés et proposés à un prix démocratique. Dès le début, nous nous sommes entendus à merveille dans le travail.. Nous étions d’ailleurs à bonne école, puisque nos trois pères avaient jadis repris la marque de vêtements pour hommes de leur propre père (Van Gils). Après la faillite de Van Gils il y a vingt ans, ils ont créé The Makers, qui réalise des costumes pour le compte de grandes marques. Nous les avons toujours vu rire ensemble, se disputer aussi, mais surtout travailler ensemble, et ce, même quand les temps étaient durs. Dans notre famille, la confiance règne sans réserve. »

la confiance. « Les cinq premières années, nous avons vécu Café Costume comme un véritable périple : les premières discussions, les premiers gains, les premiers salariés …  Aujourd’hui, soit 13 salariés et 3 points de vente plus tard, nous abordons la phase suivante, celle des ambitions internationales. Il y aura bientôt une implantation à l’étranger, mais où et quand, nous l’ignorons encore. »

La troisième génération de la dynastie textile Van Gils – Angélique (39 ans), Saskia (34 ans) et Bruno (32 ans) – a lancé Café Costume il y a cinq ans. Grâce à leur concept abordable de tailoring à la carte, le costume sur mesure séduit à nouveau un public jeune. Café Costume possède des points de vente à Anvers, à Bruxelles et à Gand, mais le trio anversois pense sérieusement à de nouvelles implantations, en Belgique et à l’étranger.

« Qui dit costume dit bureau, et pourtant, nos meilleurs clients ne sont pas seulement des hommes d’affaires, mais aussi des jeunes mariés. Lors du grand jour, la tenue des mariés fait l’objet de nombreux commentaires, ce qui constitue le bouche à oreille idéal. Nous habillons également de nombreux artistes, depuis les musiciens de l’Orchestre Philharmonique de Bruxelles à Soulwax, Triggerfinger et Baloij – autant de merveilleux ambassadeurs. » « Nous tenions absolument à réaliser des costumes de très bonne qualité. Mais nous voulons aussi proposer un costume pour seulement 450 euros, afin d’attirer une clientèle jeune. Nous nous sommes donc contentés de marges plus faibles. » « La collaboration avec nos pères se déroule sans problèmes. Grâce à Café Costume, ils ont compris que The Makers devait rajeunir. C’est merveilleux de voir nos pères évoluer avec leur époque, une flexibilité qu’ils ont héritée de notre grand-père, hyper-moderne malgré ses 87 ans :  il n’arrête pas de manipuler son iPad et s’habille en … Café Costume. Chaque semaine, nous lui envoyons les chiffres par mail et il nous appelle aussitôt pour nous proposer de dîner ensemble, afin de fêter les bons résultats. C’est super, évidemment, mais le temps nous manque hélas. »

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­ D ’ UNE I M P O R TA N C E C A P I TA L E

Le roi des produits frais

Laurent Mercier « StarMeal est né de mes propres frustrations : pendant des années, mon déjeuner en semaine s’est résumé à un sandwich jambon beurre ou son équivalent. J’ai donc pris l’initiative de livrer aux cantines de sociétés des plats à réchauffer et des salades. Après quelque temps, les repas chauds ont disparu de la gamme et j’ai investi dans une entreprise de préparation de salades variées. Cette société, propriété de la famille Vanlommel depuis quatre générations, vendait ses salades aux chaînes de supermarché qui les distribuaient sous leur propre label. Le cadet, Lieven, a lancé le label, sous le nom de ma marque, StarMeal. Le premier test du nouveau label a été Rock Werchter. Lorsqu’il a vu des ados fous de musique rock qui délaissaient les baraques à frites pour StarMeal, il a su que l’affaire était gagnée. Deux ans plus tard, je suis revenu dans l’affaire comme investisseur. »

“Sous la pression, j’ai fini par vendre Frisk.”

« Aujourd’hui, des supermarchés hollandais, allemands et français distribuent également StarMeal. Nous ouvrons ce mois-ci un nouveau flagship store à Amsterdam, où tout l’éventail de produits est présenté sur de ‘vraies’ assiettes. La gamme StarMeal ne cesse de s’étendre : nous proposons depuis peu des repas chauds suivant les recettes de Sonja Kimpen et de Jeroen Meus, ce qui nous permet de compenser le blues financier de la mauvaise saison. »

un serial entrepreneur. « Je rêvais d’une carrière commerciale internationale , il fallait donc que j’étudie à l’étranger. C’est pourquoi je me suis inscrit à la très renommée Thunderbird School of Global Management aux Etats-Unis. J’ai ensuite intégré l’entreprise de mon père, Frisk. Je n’avais que 23 ans, mais j’ai totalement réorganisé la firme, avec succès d’ailleurs, car Frisk a connu une extraordinaire croissance. Au point que mon père se faisait du souci pour moi, compte tenu de mon inexpérience. J’ai ensuite revendu Frisk et quitté la firme en 2001. Des années plus tard – j’étais déjà actif avec StarMeal à l’époque – je me suis retrouvé par hasard dans le commerce des pastilles mentholées, l’ancien fabricant de Frisk recherchant un nouveau concept. Ce fût One Second : des mini-pastilles à avaler en grande quantité. A l’origine, je pensais m’en occuper ‘en plus du reste’, mais très vite, nous avons livré dans huit pays et il m’était impossible de combiner cette activité avec StarMeal. J’ai donc revenu One Second. » « Du sang de confiseur coule dans mes veines. Mon grand-père était l’un des propriétaires de Continental Foods (Devos-Lemmens et Imperial entre autres), et mon père le président de Continental Sweets (notamment Lutti et Leo). De toute manière, le commerce international, je suis tombé dedans quand j’étais petit. Je commercialise depuis peu les luxueux hors-bord VanDutch. L’idée de ma nouvelle société à la Costa del Sol m’est venue de mon amour des bateaux. Faire de ma passion un métier, c’est ce qui m’a toujours motivé. »

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Laurent Mercier (41ans) est un entrepreneur né. Après avoir lancé les pastilles Frisk et le gel en tube One Second, il nous propose aujourd’hui des repas frais et sains. StarMeal est en vente dans les supermarchés et les stationsservice en Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne et en France.


‘De Ark’, Gand

“L’immobilier représente l’essence même d’une saine répartition du patrimoine en valeurs mobilières et immobilières.”


L E P O I N T S U R L A S I T U AT I ON

I m mobi l ier

Immobilier : la vision du financial planner De l’avis de Stijn Paredis, manager valeurs immobilières chez Optima Financial Planners, l’immobilier représente plus que jamais un élément patrimonial stable et fiable. « Dans les années à venir, la demande de logements bien situés et à un prix raisonnable ne fera que croître, compte tenu de facteurs structurels tels que le vieillissement de la population et l’augmentation du nombre de familles monoparentales. » texte JEROEN LISSENS

De nombreux clients Optima investissent dans l’immobilier dans le cadre de leur plan financier personnel, une décision qui semble logique dans l’optique d’une saine répartition du capital entre les valeurs mobilières et immobilières. Le département immobilier d’Optima sélectionne pour ses clients désireux d’investir dans la pierre des projets qui leur sont spécialement réservés. Optima se base pour ce faire sur vingt années d’expertise immobilière et sur une équipe d’ingénieurs et de spécialistes immobiliers chevronnés. Bon an mal an, environ 16% des nouveaux clients d’Optima optent pour un investissement immobilier par le biais d’Optima, un pourcentage que la récente volatilité des marchés financiers a fait évoluer vers les 20% ces deux dernières années.

“L’immobilier, un refuge dans la tempête.” stijn paredis

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Etant donné le rendement dans le passé et la croissance structurelle sur ce marché, Optima tire résolument la carte des ­ appartements neufs. Plus de 2 500 appartements de ce type ont entre temps été ­ réceptionnés et loués, tandis qu’un millier d’autres sont actuellement en phase de projet ou de construction. Etant ­donné la visibilité de ces projets, le pilier ‘ immobilier’ est probablement l’activité ­ d ’Optima la mieux connue du grand ­ public. Optima s’est d’abord lancé dans la promotion immobilière à Gand, où est situé le siège de la société, mais d’importants projets sont en cours à Bruxelles, suivis d’autres à Anvers et Namur.

Un refuge dans la tempete ‘Pourquoi dois-je absolument investir dans l’immobilier alors que je pourrais aussi bien opter au sein de la bourse


L E P O I N T S U R L A S I T U AT I ON

pour des ‘valeurs conservatrices’ ? Ou me tourner vers des valeurs refuges comme l’or ou le franc suisse ? STIJN PAREDIS  : « Il est hélas apparu ces dernières années que ‘l’action de bon père de famille’ n’existe plus en bourse. L’indice Bel20 est aujourd’hui inférieur à ce qu’il était il y a dix ans. Au cours de cette même période, nous avons constaté d’année en année une belle progression sur le marché immobilier, jusqu’à dépasser parfois les 10% par an. D’après des chiffres récents publiés par le think-tank Itinera Institute, les prix des maisons et des appartements ont augmenté d’un tiers entre 2005 et aujourd’hui. » « En ce qui concerne ces autres ‘valeurs refuges’ que sont l’or ou le franc suisse : elles marchent très bien, mais seulement quand la bourse va mal. Elles accusent même souvent un recul au premier signe de rétablissement du climat boursier, un phénomène notamment observé fin août 2011. »

“Dans un scénario idéal, le client profite de trois types de rendements.”

Ne risque-t-on pas un excès de l’offre immobilière, qui entraînerait une chute des prix ? Dans des pays comme l’Espagne, la bulle immobilière a volé en éclats en 2008 … STIJN PAREDIS : « La demande augmente plus rapidement que l’offre de logements. Je cite cette fois encore l’Itinera Institute, qui observe un déficit annuel de 20 000 à 24  000 nouveaux logements pour répondre à une demande sans cesse croissante. Comment expliquer une telle accélération de la demande ? Du fait du vieillissement de la population et du

nombre croissant de foyers monoparentaux, on observe un nombre relativement supérieur de familles de plus en plus nucléaires. Ces familles recherchent dès lors de plus petites unités d’habitations ou d’appartements. Entre 1990 et 2007, le nombre de foyers belges a augmenté de 15,4%. Au cours de la période 20082010, le nombre de foyers belges a augmenté chaque année de 45 000 à 50 000 unités. Il est donc clair que l’offre est encore bien insuffisante et qu’il n’est absolument pas question d’excès, ni même d’une offre suffisante. Dans les années à venir, la demande de logements bien situés et à un prix raisonnable ne fera que croître, compte tenu de facteurs structurels tels que le vieillissement de la population et l’augmentation du nombre de familles monoparentales. »

La plus-value « Avec notre offre, nous ciblons le marché croissant des seniors et des jeunes qui viennent vivre en ville ou à la périphérie des villes, en quête d’une offre abordable mais de qualité. Non seulement les logements sont rares, mais on observe également un manque au niveau de la qualité : plus de la moitié des habitations belges date de plus de 50 ans. Nous sélectionnons donc explicitement des projets de constructions nouvelles et de qualité, à proximité de gros employeurs, d’écoles et de transports en commun, sans oublier les espaces verts et les lieux de détente …  » Faut-il préciser que les clients Optima achètent de l’immobilier pour le louer ? STIJN PAREDIS : « En effet. Notre quête d’emplacements de premier plan et le fait que nous utilisons des matériaux de qualité nous rendent intéressants pour le marché de la location. Notre positionnement est idéal pour profiter des plus-values offertes à long terme par l’immobilier. Notre client type revend son appartement après une période de 10 à 15 ans, un délai qui offre statistiquement parlant les plus belles plus-values à la vente, alors que le temps des grosses dépenses n’est pas encore venu pour le bâtiment. »

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Le rendement Un investissement immobilier réussi offre donc deux types de rendements :  des revenus locatifs et la plus-value à la vente ? STIJN PAREDIS : « Mieux encore : dans un scénario idéal, le client profite de trois types de rendements. D’abord les revenus locatifs, automatiquement indexés, ce qui protège notre client de l’inflation. La plusvalue représente le deuxième rendement.

“Il n’est absolument pas question d’excès

de l’offre, ni même d’une offre suffisante.”

Compte tenu de la rareté, mais aussi de l’augmentation des coûts de la construction et d’une législation plus sévère, la majorité des experts s’attendent à ce que les prix de l’immobilier continuent à grimper dans les années à venir. En comparaison avec ce que l’on observe à l’étranger, l’immobilier est encore très bon marché dans les villes belges. Compte tenu d’une croissance continue et durable, nous n’avons pas connu les excès observés notamment sur la côte espagnole. Le risque d’éclatement d’une bulle immobilière est donc quasiment exclu en Belgique. Intervient enfin le troisième type de rendement, fiscal celui-ci : un client qui emprunte en vue d’une acquisition immobilière est en mesure d’optimiser sa situation fiscale. Il profite en outre de taux d’intérêt historiquement bas. Emprunter n’a jamais été aussi bon marché depuis la Seconde Guerre Mondiale. Et dans un monde où l’inflation menace, emprunter est d’autant plus intéressant : la valeur de l’immobilier se maintient, tandis que la valeur réelle de la dette diminue. »


L E P O I N T S U R L A S I T U AT I ON

Vous vous chargez de la sélection des projets immobiliers sur le marché et le client acquiert l’immobilier dans le cadre de son plan financier personnel. Qui loue l’appartement ? STIJN PAREDIS : « Le modèle immobilier d’Optima suppose une approche ‘fullservice’ : pour notre client, l’immobilier est un investissement purement financier, visant un maximum de bénéfices. Notre client n’est pas à la recherche d’un investissement plus ou moins ‘bricolé’ à deux pas de chez lui, un phénomène qui donne d’ailleurs souvent lieu à des déconvenues, l’immobilier étant après coup moins idéalement situé que ce que l’investisseur pensait de prime abord et la location entraînant bien des problèmes. Notre approche est professionnelle : nous nous chargeons de sélectionner les projets ainsi que du suivi – juridique,

Les Jardins d’Artemis, Bruxelles

technique, financier, fiscal et notarial – et aussi de la gestion – le tout dans une structure de coûts transparente. Le client peut dès lors dormir sur ses deux oreilles  :  son investissement travaille pour lui. »

Financial Planning Puis-je m’adresser à Optima si je veux investir uniquement dans l’immobilier ? STIJN PAREDIS : « Il n’est jamais sensé de placer tous ses oeufs dans le même panier. Chez Optima, nous considérons que l’immobilier représente l’essence même de la répartition du patrimoine en valeurs mobilières et immobilières. A nos yeux, un investissement immobilier doit donc s’intégrer à la situation patrimoniale globale de notre client, et être corrigé si besoin est au niveau fiscal et successoral. Pour préparer un investissement immo-

Chablis, Bruxelles

bilier adéquat, nous établissons pour chaque client un calcul de rendement très complet. Ce calcul est à son tour intégré dans le plan financier global à la mesure du client, de sa situation financière et de ses attentes en termes de revenus, de patrimoine, de pension et de succession. Nous ne nous contentons pas de vendre des appartements, car l’immobilier ne peut pas représenter le bon choix pour tous et à tout moment. Nous réalisons d’abord une radiographie à 360° de la situation du client. Ensuite seulement vient le moment de prendre des décisions d’investissements, toujours dans l’optique du meilleur résultat pour le client. Une parfaite connaissance de la situation du client est indispensable pour réaliser l’investissement adéquat. C’est là pour nous l’essence même de la planification financière. »

Davis House, Bruxelles

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r e p o rta g e

B e r n a r d Cl a e y s

f LAS un

lamand A

VEGAS

Pour faire partie de l’élite gastronomique, point n’est besoin de passer tout son temps derrière les fourneaux. Ainsi, Bernard Claeys ne collectionne pas les étoiles Michelin avec ses créations culinaires, mais il est le general manager du nr 1 des restaurants de Las Vegas (et même des Etats-Unis). Il y accueille la crème de la crème de Las Vegas, avec tous les égards et une remarquable aisance. TEXTE Debbie Pappyn PHOTOS David De Vleeschauwer

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Bernard Claeys


r e p o rta g e

“Nous avons accueilli récemment un

milliardaire chinois qui venait de perdre plus d’un million de dollars au jeu.”

Nous passons la nuit à l’hôtel Wynn, un établissement réputé à Las Vegas. Des dizaines de voitures toutes plus rutilantes les unes que les autres se pressent devant l’hôtel  :  limousines enjolivées, Corvettes rouge vif et toutes sortes d’Américaines parfaitement étonnantes. Bright lights, big city et les voitures sont encore plus big. Soudain, une Mercedes anonyme et neutre arrive devant l’hôtel. Un homme très élégant, vêtu d’un costume strict, en descend. A son bras une belle nipponne qui semble droit sortie d’un défilé de mode. Le public s’interroge. Qui est-ce, une célébrité ? Lorsque Bernard nous aperçoit, il se fend d’un grand sourire. « Hey, welkom in Vegas! », en néerlandais dans le texte avec un amusant mélange d’accents anglais et west-flandrien. Il nous fait monter à bord et la Mercedes s’engage sur le Strip. Une parfaite illustration de la vie qui est celle de Bernard Claeys, qui est né et a grandi à Furnes, non loin de la côte belge. Alors qu’il travaille depuis toujours pour les meilleurs restaurants, personne ou presque ne le connaît en Belgique. Ce sont pourtant des gens comme Bernard qui font en sorte qu’un restaurant conserve ses étoiles. En effet, les inspecteurs du fameux guide ne se contentent pas de goûter ce qu’il y a dans leur ­assiette, ils observent la salle, les serveurs, la manière d’accueillir les clients, l’ambiance générale. Toutes

choses qui doivent être gérées par une personne, et ce ne peut pas être le chef derrière ses fourneaux. Ce dernier a besoin d’un bon ‘partner in crime’. De quelqu’un qui interprète les créations du maître, par le biais d’un accueil personnalisé et exceptionnel et d’une convivialité sans bornes. C’est là tout l’art de Bernard Claeys, et qui l’a mené jusqu’aux plus hautes marches du podium, mais toujours low profile.

JAPON VERSUS VEGAS Nous avions rencontré pour la première fois Bernard Claeys à Tokyo. Une charmante chargée de relations publiques nous y avait présentés au seul Belge qui travaillait pour le très luxueux Mandarin Oriental Hotel dans la capitale nipponne. Pendant quatre ans, Bernard y a été le maître d’hôtel du restaurant Signature, une étoile au Michelin. Apprenant que nous avions quitté la Belgique depuis deux mois, il avait demandé à l’un des chefs de nous préparer les plus délicieuses frites de notre vie. « Faire plaisir au client, prévenir ses souhaits, anticiper les situations :  c’est la clé de mon métier. En qualité de maître d’hôtel, on fait parfois office de psychologue et on n’a pas besoin de longues explications pour voir clair dans une situation », nous confiait-il alors. Aujourd’hui, il travaille à Las Vegas. « C’est vrai ; c’est un tout autre monde. Je suis arrivé ici il y a deux ans et demi environ, et je m’y sens bien. Pas de rues bondées, pas de métros surpeuplés. Avec en prime le climat agréable de l’Arizona. La nature de mon travail

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diffère aussi considérablement : à Tokyo, mon équipe était essentiellement japonaise, alors qu’ici, j’ai affaire à une troupe tout ce qu’il y a d’international. » « Mais le Japon nous manque. Mon épouse Kazumi est japonaise et j’ai moi-même vécu dix-sept ans dans ce pays. J’y ai été très heureux, je parle couramment la langue et je m’y sens chez moi. Au Japon, tout est affaire de valeurs, de service et de convivialité, dans le secteur hôtelier particulièrement, tandis qu’à Las Vegas, on privilégie les notions de plaisir, de satisfaction immédiate et passagère. Mais bon, nous étions avertis. »

Du cognac a 1600 dollars le verre Le lendemain, nous retrouvons Bernard, cette fois sur son terrain : Joël Robuchon at The Mansion au MGM Grand Hotel. Mais d’abord, il nous faut découvrir l’univers des casinos : des rangées et des rangées de machines à sous, d’innombrables bars et restaurants où les joueurs se sustentent à bon marché et à toute vitesse. Heureusement, le tapis vert, spongieux et de très mauvais goût s’arrête aux portes (très chic, les portes !) du restaurant Joël Robuchon. Une fois ces portes passées, Las Vegas est vite oublié et nous pénétrons dans ce qui ressemble à un hôtel particulier à Paris. Ici, les joueurs vêtus de bermudas et de chemises hawaïennes à fleurs sont interdits de séjour. Le restaurant ouvre dans quelques heures et la brigade de Bernard (17 personnes) est déjà au


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travail. Le décor fait penser à un boudoir à Versailles, avec quelques touches asiatiques ici et là. Du noir, du doré, du pourpre, de riches étoffes … le calme et la volupté des lieux offrent un étonnant contraste avec l’animation extérieure. Bernard Claeys : « Ce soir, le restaurant est pratiquement complet, et la tension monte évidemment. Il y a dix ans, Las Vegas ne signifiait rien du tout sur le plan culinaire : rien que d’énormes buffets auxquels les casinos invitaient les joueurs. Depuis, nous avons vu arriver quelques noms connus  :  Jean-Georges Vongerichten, Wolfgang Puck, Alain Ducasse … Ces hommes n’ont pas ouvert ici de restaurants trois étoiles, mais une version abordable de leur temple de la gastronomie, sous forme d’un bistrot ou d’un steakhouse. Bref, des lieux plus adaptés au goût du public de Las Vegas. »

“Les Belges ont l’avantage de parler plusieurs langues et de communiquer ainsi plus facilement.” Bernard nous confie qu’à l’origine, Joël Robuchon ne songeait pas à traverser l’Atlantique. Mais Gamal Aziz, le directeur du MGM Grand Hotel & Casino, a réussi à le convaincre en lui donnant carte blanche. Le résultat est un restaurant intime de 75 places seulement, où l’on sert sans trop de chichis des menus allant de 80 à 250 euros (sans les vins et les pourboires). « Certains de nos clients américains viennent spécialement à Las Vegas pour manger chez nous. Ce sont surtout les habitants de la côte (Est et Ouest) qui placent notre restaurant en tête de leur liste des must taste. Nous accueillons aussi beaucoup de couples qui ont quelque chose à fêter, ainsi bien sûr que des touristes venus du monde entier et des clients du casino. La limousine du MFM Grand va chercher les personnes qui ont réservé une table et les ramène ensuite à leur hôtel. De plus, nos clients ne doivent pas se mêler à la foule du casino : ils sont déposés devant l’entrée de l’aile privée et très exclusive du MGM Grand, The Mansion. La location d’une villa y coûte environ 14 000 euros pour une nuit. Il y a même des tables de jeu privées. » Tandis qu’il nous parle, Bernard surveille son personnel du coin de l’oeil. « Il arrive que la direction nous appelle pour nous dire qu’un groupe d’invités est en route pour le restaurant et que l’on nous demande de leur donner tout

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ce qu’ils désirent. Nous avons ainsi vu arriver récemment un milliardaire chinois qui venait de perdre plus d’un million de dollars au jeu. S’il semblait abattu ? pas vraiment. Il a vite oublié ce petit contretemps à l’aide de quelques ballons de cognac Rémy Martin de la réserve spéciale Robuchon, à raison de 1 600 dollars le verre. Only in Vegas! »

KOBE, LE CHOC Bernard connaît fort bien l’univers de Joël Robuchon. Avant d’être maître d’hôtel du Mandarin Oriental, il a en effet travaillé pendant neuf ans au ‘Château’ de Joël Robuchon à Tokyo. « Pendant des années, ce restaurant a représenté le top du top dans l’univers culinaire nippon, du moins en ce qui concerne la cuisine française. Lorsque j’ai eu l’occasion de travailler à nouveau avec ce grand chef après quelques années d’interruption, j’ai sauté sur l’occasion. Malgré ses 25 étoiles Michelin, Robuchon reste toujours modeste. » Bernard nous confie que le chef, accompagné d’une équipe française, vient à Las Vegas trois ou quatre fois par an, pour composer les nouveaux menus et vérifier que tout se passe bien. « Robuchon fait toute l’année la navette entre ses restaurants de Londres, Paris, Monte Carlo, New York, Tokyo, Hongkong et Macao. Il ne s’arrête que quelques semaines en été, lorsqu’il prend un peu de repos dans sa villa de Calpe en Espagne. » Bernard entre aisément dans l’univers mental des exigeants chefs français. Après avoir débuté sa carrière chez Alain Chapel à Lyon, on lui a proposé de travailler à Kobe dans le restaurant de Chapel. Il a donc quitté le vieux continent, sans retour jusqu’ici. « J’ai dû m’habituer au Japon :  la langue, le système de travail extrêmement hiérarchisé, le manque d’amis au début, l’éloignement de la famille. » Mais le creux de la vague a été atteint en 1995, lorsque Kobe a été touché par un terrible tremblement de terre. Il s’en souvient comme si c’était hier. « Je me suis réveillé à six heures moins treize, croyant que la fin du monde était arrivée. Lorsque je suis allé voir l’étendue des dégâts en ville, que j’ai observé l’état misérable des gens, mais aussi du restaurant, situé au plus haut étage d’une tour, j’ai su que je resterais au Japon, mais certainement pas à Kobe. » Bernard est donc parti peu après pour Osaka, où il a travaillé quelque temps au Ritz Carlton. L’étape suivante a été Tokyo, évidemment. Bernard a donc répondu à l’appel de la grande ville et d’une scène culinaire nippone en pleine ascension.

DES POURBOIRES DE 500 DOLLARS

“Les candidats à un poste sont nombreux, dans l’endroit le plus prisé de Las Vegas.”

Pendant l’entretien, Bernard ne tient pas en place : de nouvelles réservations arrivent, les plans de table pour le

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r e p o rta g e

prochain service doivent être mis au point et le salon privé sera probablement réservé pour un grand groupe. Il faut dire qu’ici, il y a quelque chose à fêter pratiquement chaque soir et que les attentions et les présents sont donc monnaie courante. « Je prends les commandes de chaque table, et ce tous les soirs. Je parle aux clients des différentes formules, j’écoute attentivement leurs souhaits et leurs désirs. Il ­arrive assez souvent que les clients me demandent de choisir pour eux, et qu’ils me fassent entière confiance. Les Belges ont l’avantage de parler plusieurs langues et de communiquer ainsi plus facilement. » L’équipe de Bernard est composée de sept ‘runners’, des serveurs qui apportent les plats et qui desservent, de sept chefs de rang et de trois sommeliers. N’y a-t-il pas trop de rotation du personnel ? Bernard Claeys sourit : « absolument pas. Les candidats sont nombreux, car The Mansion est l’un des endroits les plus prisés à Las Vegas. Je pense parfois que c’est un peu comme sur la côte chez nous, où l’on se refile les postes moyennant une certaine somme. Pourquoi ? Pour les pourboires, évidemment. Le personnel gagne très bien sa vie, tout simplement parce que certains pourboires sont royaux. Lors du réveillon de noël de l’année dernière, le personnel en salle a gagné en moyenne 500 dollars de pourboires chacun. Et pourtant, le salaire de base est tout à fait correct. Aux Etats-Unis, le salaire horaire minimum est fixé à 7 dollars dans le secteur horeca, alors que chez nous ils gagnent au minimum 12 dollars, avec en prime au minimum 15% du montant de la note …  » « Même si la salle est généralement comble et que les prix sont élevés pour des normes américaines, il faut savoir que ce restaurant parvient à peine à atteindre le seuil de rentabilité, année après année. Mais il s’agit du fleuron du MGM Grand, l’orgueil de la maison, qui ne doit pas nécessairement générer de gros bénéfices. Vous mangez chez nous ce soir, évidemment ?  », demande soudain Bernard. « je vous ai réservé une jolie table dans le jardin d’hiver. » Avec en sourdine les échos du nouveau spectacle du Cirque du Soleil, nous dégustons donc un menu inoubliable, depuis les amuse-bouche au caviar jusqu’aux exquises m ­ ignardises qui accompagnent le café. Tandis qu’il ­accueille les clients, qu’il prend leurs commandes et qu’il en accompagne d’autres vers la sortie, Bernard vient fréquemment vérifier que tout se passe comme nous le ­souhaitons. Au terme d’un dîner exquis chez Joël Robuchon, nous retrouvons la chaude nuit de Las Vegas et nous réalisons qu’un grand ­restaurant, c’est bien plus qu’un grand chef en cuisine. Pour que chaque client ait véritablement l’impression d’être un VIP, il faut des personnages tels que Bernard Claeys. Et ce, même à Las Vegas.

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“A Las Vegas, on privilégie les notions de plaisir, de satisfaction immédiate et passagère.”


I L F A I T PA R L E R D E L U I

J e r o m e D ’A m b r o s i o, p r e m i e r b e lg e e n F 1

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mettre toute la gomme pour réaliser mes ambitions

Cela fait dix-huit ans qu’on n’avait plus vu un Belge sur la ligne de départ d’une course de Formule 1. Dix-huit ans, c’est aussi le temps qu’il a fallu à Jérôme D’Ambrosio pour passer du volant d’un gocart à celui d’une voiture de F1. Une histoire qui parle d’ambition, d’argent, de vitesse et d’un plan pour réaliser tout cela. TEXTE jeroen lissens PHOTOS Ivan Put eT Marussia Virgin


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“Je ne suis certes pas un saint, mais j’estime que je dois donner

l’exemple aux jeunes conducteurs. Vous ne me surprendrez jamais passant à vive allure dans une agglomération. Les seules contraventions que j’ai jamais eues étaient des amendes pour stationnement non réglementaire.”

Une matinée pluvieuse comme il y en a eu beaucoup au mois d’août. Dans les forêts qui bordent le circuit de Spa-Francorchamps, les hurlements sont de plus en plus assourdissants. Non, ce ne sont pas des sirènes d’ambulances, non plus qu’une attaque de missiles, ce sont tout simplement les premiers essais pour le Grand Prix de Belgique de Formule 1 prévu pour le dimanche suivant. Un bolide rouge et noir surgit d’un virage et passe devant nous à une allure d’enfer. Au moment où le pilote rétrograde avant le virage suivant, c’est comme si le pot d’échappement claquait dans nos oreilles, malgré les boules Quies. A condition de tourner la tête aussi vite que le vent, on remarque qu’il s’agit d’un bolide de la nouvelle écurie Marussia Virgin Racing Team. Au volant, sous l’imposant casque aux couleurs des sponsors, je devine plus que je ne vois Jérôme d’ Ambrosio, 25 ans et 62 kilos d’ambition. C’est une édition spéciale du Grand Prix de Belgique et l’effet D’Ambrosio incite les Belges à se rendre en masse ce dimanche 28 août – et les jours précédents – dans les Ardennes pour admirer les prouesses de ‘leur’ champion sur ‘leur’ circuit. L’année précédente, moins d’un quart des billets du GP avaient été achetés par des Belges, pourcentage qui a grimpé à plus d’un tiers cette année.

Une affaire de gros sous Huit mois par an, ce grand cirque qu’est la Formule 1 parcourt le monde. Chaque week-end de courses attire plus de cent mille spectateurs et l’année dernière, les chaînes de télé y ont consacré quelque 16 000 heures dans 187 pays. Plus de 500 millions de téléspectateurs suivent une course, pas seulement pour admirer Jérôme D’Ambrosio bien sûr, même si le Belge y a gagné une énorme célébrité. Reconnu à l’étranger, connu comme le loup blanc dans son pays, véritable Dieu à Francorchamps …  Ici, dans les Ardennes, tout le monde est supporter de Jérôme D’Ambrosio. Il suffit de faire un tour dans les rues de la petite ville qui a donné son nom au circuit pour se rendre compte à quel point

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cette région et l’économie locale tout entière sont étroitement liées à – et dépendantes du – sport automobile. C’est même touchant par moments. La route provinciale qui mène à Francorchamps est notamment bordée d’innombrables baraques à frites qui arborent des fanions et d’autres références au circuit. L’hôtel situé au coeur de Francorchamps s’appelle …  l’Hôtel du Circuit, le coin presse est baptisé The Circuit Shop. De braves mères de famille gesticulent dans la rue afin de diriger le flot des voitures vers des parkings improvisés sur leur pelouse. Dans l’une des prairies pleine de bosses et de trous, un gamin en gilet fluo vous vend un ticket de parking pour 5 euros. C’est aussi cela Francorchamps …  Sur le circuit lui-même : asphalte, vitesse, essence et adrénaline sont les mots-clé. Ce dimanche 28 août 2011, le taux d’adrénaline des spectateurs atteint des sommets pas possibles lorsque la course est engagée. Au terme d’une compétition acharnée, l’allemand Sebastian Vettel remporte le premier prix. Au volant de sa Marussia Virgin, Jérôme D’Ambrosio n’a sans doute pas rêvé d’une place sur le podium, mais avec une honorable 17ème place, le nouveau venu n’a pas à avoir honte devant son propre public. Il a d’ailleurs fait mieux que son équipier, qui est aussi sa principale référence : l’allemand Timo Glock. Mission accomplie donc, pour Jérôme D’Ambrosio à Spa. Mais il y a encore beaucoup de chemin à faire … 

Chez papa et maman Quelques mois plus tard, à l’automne, nous revoyons Jérôme D’Ambrosio à l’occasion d’un de ses rares séjours au pays. Sa première visite est pour ses parents à Grez-Doiceau, il ira ensuite voir sa grand-mère à Uccle et entre temps, il répondra aux questions de Capital. Jérôme D’Ambrosio vit toute l’année au Royaume-Uni, où son écurie est d’ailleurs implantée. Et son agenda est chargé, très chargé. De plus, il ne cesse de prendre l’avion pour se rendre partout où on l’attend pour piloter son bolide. ‘Une vie à cent à l’heure’ (ce serait plutôt à 300 à l’heure quand il s’agit d’un pilote de F1 … ) Sa place en F1, Jérôme D’Ambrosio ne l’a pas reçue en cadeau. Le contraste est étonnant, entre le jeune gars tout simple en t-shirt gris qui nous serre la main et l’univers bruyant et clinquant de la F1. Jérôme D’Ambrosio a les deux pieds bien plantés sur terre. Sans faire de chichis, sans se prendre pour le nombril du monde, il s’excuse poliment de nous avoir fait attendre dix minutes et de ne pas pouvoir nous consacrer toute l’après-midi : bonne-maman n’aime pas que son petit-fils arrive chez elle en retard. Etonnant, de tels mots dans la bouche d’un type dont le quotidien consiste à filer à 340 km/h sur les circuits … 

“Après la coupe du monde de football et les jeux olympiques, la Formule 1 représente l’événement sportif le plus regardé au monde. Et contrairement aux deux autres événements, la F1 se dispute toutes les deux semaines.

On est donc toute l’année sous les feux des projecteurs.” Du bon sens

Un solide bon sens et qui ne lui est pas venu par hasard. Le mythe de la F1 veut qu’il soit impossible de participer au circuit sans parents richissimes, or Jérôme D’Ambrosio est la preuve vivante du contraire. Son père, Henri, ancien concessionnaire Saab, travaille aujourd’hui pour une concession Renault. Bon, c’est vrai, un homme passionné par l’automobile, mais certainement pas un riche et puissant homme d’affaires. C’est d’ailleurs sa mère qui lui a donné le virus de la vitesse, en lui offrant un tour de circuit en kart lors d’un séjour en Espagne, en 1994. C’était précisément l’année où Thierry Boutsen avait

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mis fin à sa carrière en F1 après le Grand Prix de Francorchamps et où les Belges s’étaient vus forcés de remiser définitivement leurs illusions dans ce domaine.

Skype C’est précisément Thierry Boutsen qui verra Jérôme D’Ambrosio à l’œuvre et qui introduira ce jeune très prometteur dans le petit monde de la compétition automobile. Pas à pas – avec parfois un pas en arrière – le jeune coureur parcourt toutes les étapes, à savoir une longue liste de compétitions. 2007 est pour lui l’année de la Longue Marche en Avant, lorsque les dirigeants de Gravity Sport Management remarquent à l’occasion d’un dîner ce Belge si posé, mais aussi si motivé et si travailleur. Gravity, c’est la société créée par le magnat luxembourgeois de l’immobilier Flavio Becca avec les deux investisseurs qui se cachent derrière Skype : Eric Lux et Gerard Lopez, deux autres luxembourgeois. Ils se lancent donc, forts de l’argent des Luxembourgeois et du potentiel du pilote D’Ambrosio. Jérôme sera d’abord pilote d’essai chez Lotus-Renault, avant d’intégrer comme pilote de F1 la nouvelle écurie Marussia-Virgin. Jérôme D’Ambrosio a d’ailleurs soufflé la place, notamment au Hollandais Giedo Van der Garde, qui avait pourtant le soutien de McGregor et de son riche beau-père, l’investisseur Marcel Boekhoorn.

“La F1 n’est certainement pas un sport réservé aux pilotes des grands pays, avec beaucoup de moyens, qui représentent donc un potentiel commercial accru. Il suffit d’observer le grand nombre de Finlandais ou de Suisses sur la ligne de départ. Et inversement, l’absence de Chinois.”

Les Chinois Pourquoi Marussia Virgin a porté son dévolu sur un Belge ? « Après tout, je suis peut-être un bon pilote ? », sourit Jérôme D’Ambrosio. « La F1 n’est certainement pas un sport réservé aux pilotes des grands pays, avec beaucoup de moyens, qui représentent donc un potentiel commercial accru. Il suffit d’observer le grand nombre de Finlandais ou de Suisses sur la ligne de départ. Et inversement, l’absence de Chinois. Non, l’aspect sportif compte encore bel et bien. » C’était sans doute ce que pensaient les propriétaires de l’écurie (le patron de Virgin Richard Branson et le milliardaire russe – et constructeur de voitures de sport – Nikolai Fomenko de Marussia). Deux hommes d’affaires de premier plan et qui doivent moins que les autres mendier auprès de commanditaires, grâce à leur solide tirelire.

Sous les feux des projecteurs D’Ambrosio a pleinement conscience du fait que le potentiel commercial du pilote et de son sport est exploité : « après la coupe du monde de football et les jeux olympiques, la Formule 1 représente l’événement sportif le plus regardé au monde. Et contrairement aux deux autres événements, la F1 se dispute toutes les deux semaines. On est donc toute l’année sous les feux des projecteurs. » L’entourage est tout aussi impressionnant. La responsabilité est énorme face à l’équipe. La mienne compte 150 personnes, et certaines écuries emploient même jusqu’à 700 personnes ! Dans la F3, une équipe ne comptait au maximum que 20 personnes. Mes amis n’en croyaient pas leurs yeux à Spa, à la vue du véritable cirque médiatique qui suit la F1. Moi, je m’y suis habitué : les photographes et les journalistes ne font que leur travail, après tout. »

Des amendes pour stationnement non réglementaire Pour compenser cette exposition continue et cette vie trépidante, Jérôme D’Ambrosio aime découvrir la nature à vélo. Sans oublier bien sûr les quatre heures d’entraînement sportif quotidien et les exercices de relaxation et de concentration.

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“Après tout, je suis peut-être un bon pilote ?”


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La vie d’un pilote de course est-elle dure ? « C’est un rêve éveillé », affirme Jérôme D’Ambrosio. Et après quelques secondes de réflexion : « Si je n’avais pas opté pour ce métier, je serais peut-être devenu pilote d’avion ou j’aurais travaillé dans l’aéronautique. Tout petit déjà, j’étais fasciné par tout ce qui vole, et qui va vite. » Mais pas sur la voie publique. Jérôme D’Ambrosio : « Je suis un conducteur très sage, à bord d’une voiture tout ce qu’il y a de banal, une diesel d’ailleurs ! C’est une expérience bien différente que celle des 330 ou 340 km/h sur un circuit. Je ne suis certes pas un saint, mais j’estime que je dois donner l’exemple aux jeunes conducteurs. Vous ne me surprendrez jamais passant à vive allure dans une agglomération. Les seules contraventions que j’ai jamais eues étaient des amendes pour stationnement non réglementaire. »

La peur Et sur le circuit ? Comment fait-il pour supporter le stress à bord d’une sorte de fusée sur roues, au service d’une écurie qui représente des sommes folles ? Jérôme D’Ambrosio : « Au volant, je ne pense à rien. Je n’en ai d’ailleurs pas le temps : les procédures sont si complexes qu’on doit toujours faire un tas de choses simultanément. Donc : pas le temps d’avoir peur. » « Je n’ai jamais eu peur. Si cela avait été le cas, j’aurais dû changer de métier. Le pire, ce sont les problèmes techniques – comme lors du Grand Prix d’Italie, lorsque j’ai été forcé d’abandonner après un tour : dans ces cas-là, je l’ai mauvaise. »

“Au volant, je ne pense à rien. Je n’en ai d’ailleurs pas le temps : les procédures sont si complexes qu’on doit toujours faire un tas de choses simultanément. Donc : pas le temps d’avoir peur.”

L’argent Tout ou presque est question d’argent dans la Formule 1 : un véhicule adapté permet d’augmenter les chances de gagner. Si Jérôme D’Ambrosio fait partie du club très sélect des pilotes de cette discipline royale, la fête ne durera peut-être pas éternellement. Les montants en jeu dans la F1 sont tout simplement astronomiques. D’après les chiffres publiés par Formula Money, qui observe les chiffres d’affaires de cette catégorie automobile, le CA global des équipes s’élevait en 2009 à 1,9 milliard de dollars. Le CA du cirque tout entier, y compris les recettes télé, la vente d’entrées etc, se serait même élevé à … 4,7 milliards de dollars. D’après les magazines spécialisés, le budget de Marussia Virgin, l’équipe de Jérôme D’Ambrosio, serait de 50 millions d’euros par an.

Ambassadeur Outre du talent et de l’argent, le premier pilote belge depuis 18 ans a aussi besoin d’une bonne dose de charisme pour remplir comme il se doit sa fonction d’ambassadeur. Un rôle bien nécessaire pour trouver de nouveaux sponsors : Gravity a en effet annoncé son intention de couper les fonds après cette année. La ‘marque’ D’Ambrosio doit attirer ses propres sponsors par paquets de 50 000 à 200 000 euros. Il semblerait que cela marche d’ailleurs : depuis peu, son véhicule arbore le logo Soleco (une société limbourgeoise de panneaux solaires) ainsi que ceux des hamburgers Quick et du fabricant d’amortisseurs Monroe. Cela ne suffira sans doute pas, mais c’est un bon début. Jérôme D’Ambrosio conserve un calme olympien : « Mes performances, c’est au volant que je les réalise. C’est là que l’on m’attend au tournant. Si je fais mon possible, le reste suivra. »

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Le calendrier de la Formule 1 Automne 2011 - printemps 2012 13 novembre 27 novembre 18 mars 25 mars 15 avril 22 avril 13 mai 27 mai 10 juin 24 juin

2011 2011 2012 2012 2012 2012 2012 2012 2012 2012

Abu Dhabi BrĂŠsil Australie Malaisie Chine Bahrein Espagne Monaco Canada Europe


Anne-Britt Johansson


R e p o rta g e

b e lg i a n k i d s f o u n da t i o n

Des soins médicaux pour les tout petits L’association scientifique The Belgian Kids’ Fund contribue à optimiser les soins médicaux pour les jeunes enfants en finançant la recherche à l’hôpital. Capital s’est rendu dans le plus grand hôpital pour enfants de Bruxelles afin d’y recueillir le témoignage poignant du docteur Anne-Britt Johansson, chef du service de néonatologie de l’Hôpital Universitaire des Enfants Reine Fabiola (HUDERF). TEXTE JEROEN LISSENS PHOTOS Saskia Vanderstichele

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R e p o rta g e

C’est une journée comme les autres dans l’unité de néonatologie de l’HUDERF. On y distingue les bips et les alarmes des instruments et des machines, entrecoupés de pleurs des tout petits, minuscules dans leur cocon, parfois aidés d’un respirateur, ou reliés à toutes sortes de fils et de câbles. Ils sont sous monitoring, ils attendent une opération ou viennent d’en subir une …  Nulle part ailleurs on n’a autant conscience de l’incroyable fragilité des nouveauxnés. Jour et nuit, en semaine comme pendant le week-end, on opère ici des bébés, on les soigne, on les suit de – très – près. Il faut dire que les moments d’émotion sont nombreux et intenses : lorsque les parents doivent laisser partir leur tout petit vers la salle d’opération, lorsque les petits patients doivent subir des soins pénibles … 

“Nous sommes ici dans

un hôpital public, et donc souvent forcés

de nous

débrouiller avec les moyens du bord.”

Malgré tout, les collaborateurs du service, dirigés par le docteur Anne-Britt Johansson, ne perdent jamais courage. L’HUDERF, un organisme public, est en effet réputé pour la qualité et le niveau des soins qui y sont prodigués. Avec 11 000 admissions par an (pour tous les services), il s’agit en outre du plus grand hôpital pour enfants du pays.

De l’energie « Le niveau de qualité élevé de nos soins est dû en partie au Belgian Kids’ Fund, qui finance la recherche pour les jeunes médecins prometteurs », affirme le docteur Johansson. « Cela les incite à rester en Belgique sans être attirés par les sirènes de l’étranger, où les salaires sont plus élevés, de même que les budgets consacrés à la recherche. Nous sommes ici dans un hôpital public, et les soins médicaux sont extrêmement coûteux. Nous sommes donc souvent forcés de ne compter que sur notre énergie et de nous débrouiller avec les moyens du bord. » « Il arrive parfois que nos budgets ne soient pas suffisants pour permettre de faire de la recherche, ce qui est regrettable, surtout pour un hôpital d’un tel niveau en matière d’oncologie, de néphrologie, de pneumologie et de soins intensifs en néonatalogie et en pédiatrie. »

Action ! C’est précisément là qu’intervient The Belgian Kids’ Fund, qui finance les salaires de plusieurs chercheurs pendant toute la durée de leurs recherches dans les domaines précités. « C’est la seule façon pour nous de nous maintenir au plus haut niveau et de faire en sorte que la néonatologie attire par

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exemple de jeunes médecins », explique le docteur Johansson. « Car nous manquons cruellement de spécialistes en néonatologie en Belgique. Et c’est bien dommage, car il s’agit sans doute de l’une des disciplines médicales les plus complètes. Prenez la relation mère-enfant, le lien avec l’obstétrique, l’aspect humain, l’observation et la compréhension d’un bébé qui n’est pas encore capable de s’exprimer oralement, etc. » S’il s’agit d’une forme très complète de la médecine, c’est également une des plus complexes et souvent des plus dures. « Le décès d’un bébé est terrible à vivre, et ce à chaque fois », avoue le docteur Johansson. « Mais il y a aussi la joie d’avoir pu aider un enfant qui rentre chez lui après une intervention réussie. Voilà qui nous donne de l’énergie pour poursuivre notre engagement. »

De l’aide Un peu d’aide du monde extérieur est la bien­venue. « Nous accueillons avec joie toute aide visant à améliorer la qualité de nos soins », déclare le docteur Johansson. « Je ne pense pas seulement ici à l’argent pour la recherche, mais aussi à tout ce qui est susceptible d’humaniser le cadre hospitalier : des jouets pour les enfants, un lieu agréable pour accueillir les familles, des décorations murales adaptées aux tout petits, etc., toutes choses qui ne sont pas prévues de série. Certes, on est ici dans un hôpital, mais nos petits patients restent des enfants. » Pour cette ‘humanisation’, le plus grand hôpital pour enfants du pays s’appuie sur un groupe de bénévoles, les Amis de l’HUDE, qui coopère étroitement avec The Belgian Kids’ Fund. Ensemble, ils collectent les fonds nécessaires à maintenir à niveau les soins médicaux destinés aux enfants d’un quartier populaire de Laeken. « C’est essentiel pour notre hôpital, surtout dans le contexte économique difficile d’aujourd’hui », affirme le docteur Johansson.

Optima Dans l’optique d’un entreprenariat socialement responsable, Optima soutient depuis peu l’ HUDERF. Le leader du marché de la planification financière a notamment reversé à The Belgian Kids’ Fund une partie des revenus du tournoi de tennis Optima Open, tout comme l’année dernière d’ailleurs. Vous trouverez tous les renseignements portant sur le fonctionnement de The Belgian Kids’ Fund sur www.belgiankidsfund.be. ­­


e n trepre n dre

U n m a n u el de gest ion moder n e

un manuel de

Rik Donckels, administrateur d’Optima, s’est inspiré de Saint-Benoît (480-547) pour distiller l’essence même de la bonne gestion des PME. TEXTE Jeroen Lissens photo Hendrik Braet

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e n tr e pr e n d r e

Compte tenu d’un climat d’entreprise volatile, toutes sortes de théories de management ont fait long feu ces dernières années. Les visions nouvelles des uns et des autres se succèdent à un rythme de plus en plus rapide. C’est dans un tel contexte que l’administrateur d’Optima – et spécialiste des PME – Rik Donckels publie un ouvrage destiné aux entrepreneurs, dont la source d’inspiration remonte à Saint-Benoît et à sa fameuse Règle, soit quelque 1500 ans en arrière.

« Cela fait à peu près dix ans que Saint-Benoît m’a ‘accroché’ », le professeur émérite Rik Donckels nous parle de l’étrange fascination qu’il éprouve pour le père de la vie monastique. « A l’occasion d’une journée d’étude à l’université, on m’a prié de commenter – en ma qualité d’économiste – un passage de la Règle de Saint-Benoît. J’ai immédiatement été impressionné par sa pertinence et par le fait qu’elle pouvait être appliquée à ma spécialité : les PME. Plus je creusais la matière, et plus j’étais convaincu du caractère moderne et actuel de cette Règle. Au moment de rédiger mes mémoires après 50 ans d’étude des PME, la voix de Saint-Benoît s’est fait entendre de plus en plus nettement. D’où le titre de cet ouvrage : De Regel Van Benedictus En Kmo’s : Wat Kmo’ers En Monniken Van Elkaar Kunnen Leren. (La règle de Saint-Benoît et les PME. Ce que les PME peuvent apprendre des moines et inversement). » Depuis toujours ou presque, l’ex-doyen de la Faculté d’Economie de la KUB est fasciné par la vie monastique. Il est depuis peu le président du Comité protecteur créé dans le cadre de la reconstruction partielle de l’abbaye de Westvleteren. Optima a également soutenu ce projet de reconstruction d’une abbaye menaçant ruine. La direction d’une entreprise qui privilégie les connaissances et l’information a en effet estimé qu’il était important d’appuyer durablement la mémoire physique de l’abbaye : sa bibliothèque. « A première vue, la vie d’une entreprise de planification financière et celle d’une abbaye n’ont rien en commun. Pourtant, nous considérons que notre soutien représente le point de contact entre ces deux mondes, dans le plus grand respect mutuel », c’est en ces termes que la direction d’Optima motivait ses efforts à l’époque. Le livre de Rik Donckels démontre que ces deux univers ne sont pas aussi éloignés qu’on ne le pense.

« La Règle est une sorte de vade-mecum pour la vie communautaire dans une abbaye. Le père abbé est en plusieurs points comparable à l’entrepreneur : tous deux dirigent leur abbaye/entreprise familiale en relation avec la communauté/société élargie qui les entoure », précise Rik Donckels. « J’ai mesuré la Règle de Saint-Benoît à l’aune de l’analyse des PME, ce qui m’a permis de distinguer un grand nombre de points communs. » Les exemples sont légion, d’après Rik Donckels :  « Il suffit d’observer le rôle du personnage central, le père abbé. Saint-Benoît propose un fil conducteur pour la gestion des conflits. Bien entendu, un entrepreneur moderne ne doit pas reprendre ces conseils à la lettre, mais cela peut être le point de départ d’une autre réflexion. La Règle peut et doit être adaptée aux situations spécifiques. Un autre point commun ? Le personnage central doit être disposé à accepter ses propres limites, à s’entourer des meilleurs managers, d’un conseil d’administration, etc. Les parallèles sont légion et tous donnent matière à réflexion. »

Rik Donckels

“Plus je creusais la matière, et

plus j’étais convaincu du caractère moderne et actuel de cette Règle.”

Les chefs d’entreprise ont-ils inversement quelque chose à apprendre aux quelque 35 000 moines qui appliquent encore aujourd’hui la Règle de SaintBenoît ? « Certainement », rétorque Rik Donckels. « Je vous donne un exemple : dans leurs contacts avec le monde extérieur (notamment les medias), les entreprises peuvent servir d’exemple aux communautés monastiques. Il arrive même que des

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e n tr e pr e n d r e

entreprises familiales et des abbayes se retrouvent sur ce point. Je connais personnellement une famille d’entrepreneurs belges chargée du ‘coaching’ d’une abbaye britannique. Ce sont des choses qui arrivent dans le monde de l’entreprise. »

“J’ai même lu un article dans une revue médicale suisse, qui portait sur la manière dont la Règle de Saint-Benoît était appliquée pour

affiner les règles du jeu dans un hôpital :  l’approche, la mise en oeuvre des moyens et des hommes, etc.”

« Pas seulement là d’ailleurs », conclut Rik Donckels. « J’ai même lu un article dans une revue médicale suisse, qui portait sur la manière dont la Règle de Saint-Benoît était appliquée pour affiner les règles du jeu dans un hôpital : l’approche, la mise en oeuvre des moyens et des hommes, etc. C’est parfait, car la Règle est particulièrement apte à rendre les gens meilleurs à court terme. N’est-ce pas là ce que souhaite chaque entrepreneur, chaque médecin ?  »

La bibliotheque de Westvleteren L’abbaye de Westvleteren conserve précieusement sa bibliothèque, qui remonte aux débuts de la fondation (en 1831). De nombreux ouvrages sont d’ailleurs bien plus anciens. Westvleteren a notamment servi de refuge pour des ouvrages précieux issus de couvents disparus avec la révolution française. Des ouvrages du ‘vieux’ couvent situé à 800 mètres de l’abbaye actuelle (un couvent de Brigittines, dont l’histoire remonte au treizième siècle, et qui a été

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confisqué en 1784 sous Joseph II) ont également échoué à Westvleteren. La bibliothèque s’enrichit encore aujourd’hui d’ouvrages traitant de spiritualité, d’histoire, de théologie et de la doctrine des pères de l’église. Le moine qui entre à l’abbaye de Westvleteren intègre littéralement une tradition vieille de huit siècles. Pendant des générations et des générations, les moines ont recherché la même chose dans ces ouvrages. Grâce à la nouvelle bibliothèque de l’Abbaye de Westvleteren, les générations suivantes pourront elles aussi poursuivre cette quête. La bibliothèque sera installée avec les archives du couvent à l’étage de la vieille église, construite entre 1840 et 1842. Compte tenu de l’importance d’un certain nombre d’ouvrages historiques, les moines devraient à terme en faciliter l’accès aux chercheurs étrangers à l’abbaye. Des spécialistes du monde entier s’intéressent d’ores et déjà à cette collection unique. www.sintsixtus.be Rik Donckels : « De Regel Van Benedictus En Kmo’s :  Wat Kmo’ers En Monniken Van Elkaar Kunnen Leren », Roularta Books décembre 2011


e v e n ts

n et wor k i ng

Que vaut une planification financière optimale si on ne peut en profiter et échanger ses idées avec ses semblables ? Voilà pourquoi Optima organise régulièrement des événements pour ses relations, afin de créer des contacts et de discuter librement de questions financières et autres. PHOTOS Jeroen Peeters, Hugo Hannon, Geoffrey Rinchon et Philippe Buissin

Optima Rallye De classiques 4 roues

Le nom d’Optima est une valeur sûre, dans l’univers des voitures de collection également. Ainsi, nous sponsorisons depuis quelques années le très sympathique Beerens Rally, et cet été, nous avons choisi d’organiser notre propre événement dans ce domaine : la première édition de l’Optima Rallye ! Le samedi 27 août dernier, une très belle sélection de voitures classiques a donc pris le départ en face du concessionnaire Porsche de Latem, Carrera Motors, pour un périple sillonnant petites routes et sentiers verdoyants et méconnus dans une campagne flamande bucolique. Pour cet événement, organisé en collaboration avec le Club Porsche belge, ‘Het Patijntje’ a été choisi comme point de chute pour quelques rafraîchissements tandis que l’apéritif et le dîner ont été servis dans un établissement de Sint-Laureins, ‘Het Godshuis’. Le champagne n’a pas été oublié puisque le vainqueur a eu droit à une bouteille de Dom Ruinart, assortie d’une visite plus dégustation offertes par le domaine Ruinart à Reims. A la vôtre !

27 AOUT 2011

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e v e n ts

optima cup

Golf et planification financière, un beau mariage

A droite : Frank Vincent

10 JUILLET 2011

satisfaits. C’était particulièrement le cas des vainqueurs, qui ont reçu leur prix des mains de Frank Vincent, CFO d’Optima. Mais les autres participants semblaient eux aussi contents de leur journée. N’étaient-ce pas leurs voiturettes de golf qui étaient garées devant l’entrée de l’Optima Open un bon mois plus tard ?

Après des tournois réussis en 2007, c’était la première fois qu’Optima était à nouveau activement impliqué dans le golf. Le samedi 10 juillet dernier, nous avons en effet invité quel­ques adeptes de ce sport pour un très beau tournoi organisé sur les terrains du magnifique Royal Zoute Golf Club. Il va sans dire que les participants sont rentrés chez eux

Bruxelles a cheval… Equestrian clinic day

A 5 minutes de l’Avenue Louise, à proximité de la Forêt de Soignes, découvrez ce qui est probablement le plus beau manège de Bruxelles : Le Royal Etrier Belge. Ce complexe datant de 1930, classé aux monuments historiques, abrite tout ce dont rêvent les bruxellois passionnés d’équitation et de chevaux. C’est donc l’endroit idéal pour des activités hippiques au plus haut niveau. Le samedi 24 septembre dernier, tout ce petit monde avait rendez-vous pour l’Equestrian Clinic Day, une demi-journée de démonstrations pour cavaliers ambitieux.

L’hôte du jour n’était autre que Nelson Pessoa (75 ans), sans doute le cavalier le plus chargé de lauriers, avec cinq participations aux Jeux Olympiques et neuf championnats du monde à son actif. Entre les différentes sessions, très instructives et organisées sous l’œil attentif du grand maître brésilien, les participants ont eu le temps et l’occasion d’une rencontre informelle avec Optima, principal sponsor de l’événement. Ou comment faire trotter côte à côte planification financière et sport équestre …

24 SEPTEMBRE 2011

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e v e n ts

Players’ Dinner

A table avec les légendes du tennis

Le samedi 20 août 2011, à la veille de la finale, les sept joueurs de l’Optima Open se sont retrouvés avec John McEnroe au Royal Zoute Golf Club pour le ‘Players’ Dinner’, une soirée exclusive en compagnie des invités d’honneur du tournoi. Se retrouver à la même table que McEnroe, Borg ou l’une des autres légendes du tennis : un rêve devenu réalité pour les amateurs de bonnes histoires et d’anecdotes portant sur le tennis de haut niveau ! Le bourgmestre de Knokke-Heist, le Comte Léopold Lippens, s’est lui aussi révélé un hôte parfait. Après que le CEO d’Optima, Monsieur Jeroen Piqueur, ait loué l’excellente collaboration avec le conseil communal, le bourgmestre a exprimé sa joie et sa fierté d’accueillir un tel événement :  «  L’Optima Open remet à l’honneur le tennis à Knokke-Heist ». Et qui sommesnous pour oser le contredire ?

20 AOUT 2011

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a n aly s e

L a pl a n i f ic at ion s ucc e s sor a l e

Un pas en avant, deux pas en arriere La ‘clause de résidence mortuaire’ : une appellation quelque peu morbide pour une technique intéressante et susceptible de permettre de sérieuses économies sur les droits de succession. Une fois de plus, le fisc a récemment démontré qu’il n’était pas partisan d’une telle clause. La technique est-elle toujours valable ? Ou vaut-il mieux se tourner vers une alternative ? TEXTE Sven Hubrecht, responsible audit center PHOTO Lieven Van Assche

la communauté est considéré par le fisc comme s’il l’avait reçu par héritage plutôt que par le biais du contrat de mariage (art. 5 Code des droits de Succession). Autrement dit : ce que le conjoint acquiert par le biais de la clause de survie stipulée dans le contrat de mariage est passible pour moitié de droits de succession.

Ce que vous héritez et le montant des droits de succession à payer au décès de votre conjoint dépendent du régime matrimonial pour lequel vous avez opté. Vous êtes mariés sous le régime de la communauté des biens ? Dans ce cas, vous avez la possibilité d’ajouter une clause de survie dans votre contrat de mariage, plus connue dans le langage courant sous l’appellation ‘au dernier vivant tous les biens’. Au décès de l’un des conjoints, le patrimoine commun ira alors en pleine propriété au dernier vivant.

Une echappatoire En principe, vous ne devez pas payer de droits de succession sur ce que vous obtenez par le biais d’un contrat de mariage. Ayant vite compris le sens de cette échappatoire, le législateur est intervenu en stipulant ce qui suit : ce que le dernier vivant acquiert au-delà de la moitié de

“Le fisc n’apprécie pas

vraiment cette forme de planification successorale.” sven hubrecht

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Un exemple : les conjoints possèdent un patrimoine commun constitué d’un portefeuille de placements d’une valeur de 750 000 euros et d’un bien immobilier en location d’une valeur de 500 000 euros. Un des conjoints décède. Dans ce cas, le dernier vivant paie les droits de succession suivants, en fonction de la région : 

Flandre

72 750 euros

Wallonie

123 750 euros

Bruxelles

122 800 euros


a n aly s e

Lit de mort Les planificateurs successoraux ont à leur tour découvert une échappatoire : la clause dite de la maison mortuaire. Il existe un certain nombre de conditions légales pour que la clause ‘au dernier vivant tous les biens’ soit imposable pour la moitié. L’une d’entre elles est que la clause soit faite sous condition de survie. Autrement dit, la clause en question doit stipuler que le bénéficiaire est le conjoint survivant. Cette condition d’application n’est pas remplie dans le cas d’une clause mortuaire, ce qui vous permet d’éviter les droits de succession. La clause mentionne par exemple que tout le patrimoine commun est destiné au conjoint désigné nominativement (‘Jean Dubois’) et ce, quel que soit le mode de dissolution du patrimoine commun (décès ou divorce). De fait, il est clair que la communauté va au conjoint survivant. Mais la clause d’attribution de communauté ne renferme pas de condition de survie. Grâce à la clause de résidence mortuaire, le conjoint dernier vivant ne paie donc aucun droit de succession, ce que le fisc a confirmé par quelques décisions administratives. D’où vient ce terme de ‘clause de résidence mortuaire’ ? Dans la pratique, cette technique est surtout utilisée dans les dernières semaines ou les derniers jours précédant un décès. Il faut en effet être absolument certain que le conjoint en phase terminale décédera en premier. Au cas où l’autre conjoint viendrait malgré tout à décéder en premier, par exemple dans un accident, le conjoint survivant devrait payer des droits de succession sur l’ensemble du patrimoine commun, plutôt que sur la moitié du patrimoine lorsqu’il n’y a pas de clause de résidence mortuaire. Que signifie la clause de résidence mortuaire dans l’exemple précité ? En fonction de la région compétente, l’économie est de :

Flandre

72 750 euros

Wallonie

123 750 euros

Bruxelles

122 800 euros

Une clause de résidence mortuaire est introduite devant notaire, et coûte environ 350 euros.

A bridge too far Il y a mieux encore, à savoir la clause de maison mortuaire étendue. Supposons que le conjoint en phase terminale possède des biens propres, qui ne font donc pas partie du patrimoine matrimonial. Il pourrait modifier son contrat de mariage avant son décès en introduisant ces biens dans la communauté. Après sa mort, le conjoint survivant acquiert dès lors aussi ces biens par le biais de la clause mortuaire. Pour le fisc, c’était aller trop loin. Selon lui, l’attribution de ce surplus devait être soumise à des droits de succession. Plus précisément, le fisc y voyait une ‘institution contractuelle’, une donation entre époux de biens futurs, passible de droits de succession. La Cour de Cassation lui a donné tort dans son arrêt du 10 décembre 2010. La Cour a jugé que la clause ne pouvait être considérée comme une institution contractuelle et n’était par conséquent pas imposable en vertu de l’article 2 du Code des droits de succession. Les juristes n’ont pas caché leur enthousiasme : la clause de résidence mortuaire était enfin sûre juridiquement parlant ! Mais l’euphorie a été de courte durée.

Un pas en avant, deux pas en arriEre Dans une décision administrative du 15 juillet 2011, l’administration a en effet changé d’avis. Le fisc fait un habile usage d’une certaine tendance en matière de jurisprudence et manie d’autres arguments pour imposer toutes les clauses mortuaires, sans exception. Aujourd’hui donc, le fisc applique le raisonnement suivant : l’attribution par le biais d’une clause de résidence mortuaire est toujours une ‘libéralité’ (ou une donation), ce qui est imposable sur base de l’article 5 du Code des droits de succession. Comment faire pour éviter la qualification de libéralité aux yeux de l’administration ? L’attribution doit dépendre d’une condition de survie. Mais si vous ajoutez une con­

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dition de survie à une clause mortuaire, vous vous retrouvez tout simplement avec une clause ‘au dernier vivant tous les biens’. Ce qui est imposable, comme expliqué plus haut. Pourtant, une majorité de juristes estime que la condition de survie n’est pas nécessaire pour un avantage matrimonial à titre onéreux. On ignore encore si le fisc appliquera également sa nouvelle position aux décès antérieurs au 15 juillet 2011, pour lesquels la déclaration de succession a été déposée après cette date. Ou ne vaudra-telle que pour les décès survenus après le 15 juillet 2011 ?

Alors, Exit les clauses de rEsidence mortuaire ? Actuellement, le fisc impose donc toute attribution de plus de la moitié par le biais d’une clause mortuaire. Je pense toutefois que si vous vous rendez au tribunal avec un tel dossier sous le bras, le juge risque de vous donner raison. Evidemment, la plupart des gens préfèrent éviter de longues procédures et recherchent dès lors d’autres formules. Il arrive aujourd’hui que la clause mortuaire soit rendue optionnelle. L’avantage, c’est que si le conjoint en bonne santé venait contre toute attente à décéder en premier, le survivant pourrait ne pas lever cette option et éviter ainsi l’application de la clause de résidence mortuaire. Les juristes estiment, à raison selon moi, que l’administration ne pourra imposer le non exercice de l’option. Même si le conjoint malade décède en premier, le conjoint survivant peut – dans le cas d’une clause de résidence mortuaire optionnelle – décider d’invoquer ou non cette clause. Il tiendra alors compte des données concrètes du dossier et de la situation en matière de législation, de doctrine et de jurisprudence. Nous ne serions effectivement pas étonnés si le fisc imposait son point de vue en faisant adapter la loi. Conclusion ? Si vous souhaitez adoucir la pilule fiscale et éviter des procédures juridiques, vous avez intérêt, aujourd’hui plus que jamais, à vérifier toutes les alternatives possibles.


r e s e arc h

L a C h a i r e O p t i m a  :  F i n a n c i a l Pl a n n i n g P r a c t i c e

Une recherche de pointe pour un service superieur

Optima, pionnier et leader du marché en planification financière personnelle, finance depuis novembre une nouvelle chaire académique à la Vlerick Leuven Gent Management School, l’un des instituts de recherche les plus réputés au monde. La chaire Optima soutient la recherche au sein du Centre pour les services financiers, situé à un jet de pierre du siège gantois de notre entreprise. Ou comment des voisins se rapprochent encore un peu plus. texte Saskia Broeckx PHotos Sven Everaert

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r e s e arc h

“Nous avons

un faible pour les révolutionnaires et les entrepreneurs.” le doyen Philippe Haspeslagh

La prestation de services financiers est un thème plus actuel que jamais, explique le professeur Philippe Haspeslagh (doyen de la Vlerick Leuven Gent Management School) : « Malgré la crise financière, la Belgique reste un pays prospère avec un taux d’épargne personnel élevé. En termes d’actifs, le secteur financier belge représente 3,5 fois le PIB belge. Toutefois, les choses changent. La crédibilité du secteur a fortement pâti de la crise financière. En outre, nous observons des modifications majeures dans la législation. Le secteur a besoin de nouveaux talents, de formation et d’éducation. »

Un faible pour… La chaire entend identifier les lacunes dans la connaissance de la planification financière, avant de les supprimer. En outre, nous étudions comment les gens établissent un choix parmi le large éventail de produits et de services financiers, et comment ils prennent des décisions dans un environnement incertain. Le marché financier repose sur la confiance, une confiance qui s’est quelque peu érodée. Notre chaire étudie comment la restaurer. Et le professeur Haspeslagh de poursuivre : « Il s’agit d’une opportunité unique pour la recherche académique sur le plan de la stratégie, du marketing, du processus décisionnel, etc. Cette chaire donne une dimension supplémentaire aux programmes de notre Centre, qui en deviennent bien plus pertinents. Nous sommes particulièrement heureux qu’Optima soit l’une des premières entreprises à nous offrir un soutien financier. Elle est en effet l’un des acteurs les plus novateurs et les plus dynamiques dans le secteur des services financiers. » Le sourire aux lèvres, il s’empresse d’ajouter : « Et à la Vlerick, nous avons un faible pour les révolutionnaires et les entrepreneurs. »

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Un apport precieux Jeroen Piqueur, CEO d’Optima, confirme que le paysage financier évolue. Il s’attend à ce que peu à peu, les banquiers personnels et privés ne laissent leur place à la planification financière personnelle. La recherche de la chaire ne revêt dès lors pas uniquement une importance académique. « La gestion des compétences et des connaissances est ancrée dans notre stratégie et notre culture. Les conclusions de cette recherche seront très précieuses pour l’élargissement de notre offre. Nous serons alors en mesure de mieux répondre aux besoins de nos clients au sein de cet environnement changeant qu’est le nôtre. Si atteindre le sommet est déjà un défi, y rester est encore plus difficile. Alors, existe-t-il une meilleure façon d’élargir vos connaissances et de rester au fait des nouvelles techniques de gestion que de collaborer avec l’une des meilleures écoles de commerce au monde ? » En tant que leader du marché, Optima s’efforce d’attirer les meilleurs talents, dont l’envie est de faire carrière dans le secteur. « Ce partenariat nous met en contact avec des étudiants et des experts talentueux et compétents. De tels talents sont généralement durs à recruter. »

Un chevauchement de groupes cibles La chaire offre à Optima une meilleure visibilité au sein de la communauté Vlerick. Optima cible les entrepreneurs et les prestataires de services indépendants. Avec 12 000 diplômés en Belgique uniquement, la communauté d’entrepreneurs et de futurs entrepreneurs de la Vlerick représente une foule de nouvelles opportunités.

“Les conclusions de cette recherche seront

très précieuses pour l’élargissement de notre offre.” jeroen piqueur (ceo d’optima)


r e s e arc h

L a C h a i r e O p t i m a  :  F i n a n c i a l Pl a n n i n g P r a c t i c e

Vers une planification financiere optimale Si de nombreuses entreprises vous conseillent en matière fiscale, le leader du marché Optima va plus loin. Optima vous propose un plan. Philip De Hulsters, administrateur chez Optima, et les professeurs de la Vlerick Leuven Gent Managementschool Marion Debruyne et Frank Goedertier nous parlent du nouveau partenariat et de la recherche au sein de l’Optima Chair in Financial Planning Practice. texte William Wright | PHOTOs Sven Everaert

Philip De Hulsters : « Pourquoi une nouvelle chaire à la Vlerick ? Parce que nous avons beaucoup de choses en commun. Tout d’abord, Optima, à l’instar de la Vlerick, croit dur comme fer en la combinaison formée par les visions académiques, les techniques de gestion et la réalité de l’entreprise. La clé d’un bon plan financier et fiscal réside dans la fusion des connaissances du client et de la législation. Nous pouvons ainsi proposer à chaque client un audit global de sa situation personnelle et lui faire part de nos prévisions au sein de cet environnement fiscal particulièrement complexe qu’est le système belge. Ce service requiert une approche académique rigoureuse. »

Un plan par etapes pour un ‘consumer-decision journey’ Professeur Marion Debruyne : « Dans les grandes lignes, notre projet de recherche se concentre sur la question de savoir comment le client prend des décisions relatives à ses finances. Pourquoi choisit-il une entreprise comme Optima ? Nous soumettons nos constatations à la réalité pratique et évaluons comment Optima peut utiliser ces visions pour la gestion d’entreprise. » « La législation fiscale et la planification financière sont des matières rationnelles.

Frank Goedertier, Marion Debruyne et Philip De Hulsters

Pour le client toutefois, l’argent a aussi une valeur émotionnelle. Il peut être confronté à de nombreuses incertitudes quant à la meilleure manière de gérer ses finances. C’est pourquoi nous souhaitons comprendre les processus psychologiques qui influencent les décisions financières. » « Nous voulons en outre en savoir plus sur ce que nous appelons le « consumer-decision journey ». Il s’agit des étapes franchies par un client lorsqu’il choisit un partenaire financier. Quels critères respectet-il à chaque étape ? Et comment pouvons-nous le guider de manière adéquate au travers de ce processus, afin qu’il reçoive en temps voulu l’information exacte répondant à un besoin spécifique ? »

Surmonter la surabondance d’informations Frank Goedertier, professeur-assistant Marketing  :  «  Dans un premier temps,

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notre projet de recherche se compose de trois phases. D’abord, nous analysons en interne comment Optima structure et présente ses produits. Vient ensuite la perspective externe, soit le chemin suivi par le client, comme l’a mentionné le professeur Debruyne. Enfin, nous ajoutons du contexte à l’entreprise et au client. » « A l’époque du numérique, la surabondance d’informations constitue un facteur critique. Quelle influence exerce-telle sur les mécanismes psychologiques ? Dans quelle mesure est-elle susceptible d’entraîner une paralysie décisionnelle ? Nous pouvons aussi élargir le contexte et utiliser les bonnes idées émanant des autres secteurs. »

Un dialogue dynamique Philip De Hulsters : « A plus long terme, nous souhaitons davantage professionnaliser la gestion et stimuler l’esprit d’entreprise d’Optima en instaurant un échange permanent de connaissances et de visions. Nous voulons aussi savoir comment les con­ naissances dont nous disposons peuvent être utilisées de manière optimale, et comment continuer à évoluer. Partager nos connaissances et notre expérience avec la Vlerick va renforcer les visions stratégiques d’Optima et permettra à la Vlerick d’innover sur le plan de la recherche. »


L e s l e g e n d e s d u t e n n is

K n o k k e - H e i s t, u n e f o i s e n c o r e T h e p l a c e t o b e p o u r l’ O p t i m a O p e n

tennis, champagne et réseaux au plus haut

C’est sous un beau ciel bleu que le Royal Zoute Tennis Club de Knokke-Heist accueillait une fois de plus cette année l’Optima Open, la deuxième édition de la manche belge du tournoi ATP, réservée aux joueurs âgés de 35 ans ou plus. Entre le 19 et le 21 août derniers, non moins de 8 000 visiteurs venus de tout le pays ont eu le plaisir d’admirer les plus grandes légendes du tennis qui s’affrontaient dans une compétition de haut niveau. TEXTE Jeroen Lissens PHOTOS Bram Vaes et Philippe Buissin


L e s l e g e n d e s d u t e n n is

 Exqi Sport : les cameramen

La liste des participants avait de quoi impressionner. Des noms tels que Björn Borg, Mats Wilander, Henri Leconte, Richard Krajicek, Carlos Moya et Guy Forget ont de quoi attirer à Knokke-Heist les amateurs de tennis. Mais l’Optima Open, c’est bien plus que du tennis, c’est aussi le plaisir de goûter à des mets exquis arrosés d’une délicieuse coupe de champagne, en compagnie d’amis et de relations d’affaires. Pendant les derniers week-ends de l’été, à la veille de la rentrée, Knokke-Heist est plus que jamais the place to be pour des entrepreneurs et des indépendants de tout le pays. Ajoutez-y le cadre idyllique du Royal Zoute Tennis Club, niché dans une luxuriante verdure, et vous serez d’accord avec ce que s’est exclamé l’un des spectateurs, après un coup d’œil sur la tribune réservée aux VIP : « La Belgique entreprenante vous salue. »

Le village VIP Logique dès lors qu’ Optima ait tenu une fois de plus à être de la partie en qualité de principal sponsor et propriétaire de ce prestigieux tournoi. L’Optima Open est bien plus qu’un grand événement sportif, c’est aussi l’occasion idéale d’un contact direct et informel avec vos clients et vos relations d’affaires. Avouez que parler de choses et d’autres, une coupe de champagne à la main, dans le cadre estival d’une station balnéaire très chic, c’est autre chose qu’un rendez-vous au bureau ?

 Henri Leconte

Nombre de nos clients et relations sont d’ailleurs des passionnés de tennis, ils appartiennent aussi souvent à la même génération que les joueurs que nous avons attirés à Knokke-Heist pour l’ Optima Open. En coulisses, nous avons travaillé dur pour faire de l’édition 2011 une version encore améliorée par rapport à celle de 2010. Notamment grâce à l’extension du village VIP, dans un souci de confort encore accru, ainsi qu’à toutes sortes d’autres modifications mineures.

La competition Mais avant tout, il y avait le tennis, une fois de plus d’un haut, voire d’un très haut niveau. L’Optima Open n’est pas un tournoi d’exhibition, puisqu’il fait partie de l’ATP Champions Tour (www.atpchampionstour.com), soit une série de tournois internationaux réservé aux légendes vivan­ tes du tennis, ayant quitté le circuit professionnel depuis au moins 2 ans et âgés de 35 ans ou plus. Gagner importait donc bel et bien pour des joueurs soucieux d’assurer leur place au palmarès. Même si le facteur ‘ambiance’ comptait aussi beaucoup.

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Ce qui a été particulièrement clair le samedi, lorsque les deux français, Leconte et Forget, se sont affrontés en attendant le matche des scandinaves – Borg versus Wilander. Avec ses pitreries, Henri Leconte a une fois de plus assuré le spectacle, pour le plus grand plaisir d’un public super-enthousiaste.

Un evenement majeur La seule fausse note de tout le tournoi a été la blessure subie par John McEnroe une semaine avant l’événement, ce qui l’a empêché de jouer à KnokkeHeist. La légende du tennis américain a pourtant été présente à Knokke-Heist, même si elle a dû se contenter d’admirer depuis les gradins les prouesses de ses copains. Il a même alterné avec le sourire les séances de photo et d’autographes. John McEnroe a également visité pour Optima une clinique bruxelloise pour enfants, et ce dans le cadre d’une action avec le Belgian Kids’ Fund, liée au tournoi de tennis (voir l’article dans cette édition de Capital).

“En deux ans, l’Optima Open est devenu un grand classique sur la côte belge.” Un des principaux avantages d’un événement tel que l’Optima Open, c’est de permettre un contact direct entre les sponsors et les joueurs : à l’issue du match, ces derniers se rendent à l’espace VIP pour discuter avec le public et pour une séance d’autographes.

Et en 2012 ? En deux ans, l’Optima Open est devenu un grand classique sur la côte belge. Une prochaine édition s’impose donc, et ce n’est pas seulement l’avis d’Optima : nos sponsors sont eux aussi séduits par la classe et la qualité de cet événement. Nous remercions pour cela le conseil communal et le Royal Zoute Tennis Club, qui nous ont comme chaque fois chaleureusement accueillis. Pour terminer, un conseil pour les amateurs de tennis : réservez vos billets en temps voulu pour l’édition 2012, car les billets d’entrée pour l’édition de cette année étaient épuisés en un rien de temps. www.optimaopen.be


 Le Comte Léopold Lippens, Eric Drossart, le Comte Jean-Pierre de Launoit

 John McEnroe  Un chèque pour Belgian Kids’ Fund

 Carlos Moya remporte la deuxième édition de l’Optima Open


m o bilit e

L a con du ite electriqu e

gone with the

Si les voitures électriques sont le sujet à la mode, elles sont aussi bien ennuyeuses et il semblerait même qu’elles soient moins écologiques que ce qui est communément admis par le monde politique. La superbe – et hyper-rapide – E-Type de la firme allemande Classic eCars est l’exception qui confirme cette règle. TEXTE Bart Lenaerts PHOTOS Lies De Mol

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Les modèles électriques, on ne fait pas plus tendance à Hollywood. En Europe, hommes politiques, chasseurs de tendances et consommateurs branchés se pressent au portillon pour défendre et adopter cette promesse écologique à une époque bien sombre. Pourtant, on ne remarque sur nos routes que fort peu d’exemples de véhicules alternatifs. Il faut dire que les véhicules électriques sont chers, très chers. Il faut bien admettre également que leur autonomie ne satisfait pas l’automobiliste européen lambda, grand avaleur de kilomètres. Surtout, les rares exemples présentés dans les showrooms sont d’un ennui rare et pire encore, ils sont tout simplement  … moches. Un reproche que l’on ne peut faire aux éblouissantes créations d’Uwe Koenzen (Classic eCars, Düsseldorf).

Une vision d’avenir … nostalgique L’idée d’Uwe Koenzen était aussi simple que géniale : pourquoi ne pas combiner le meilleur de deux mondes, en intégrant une technologie moderne, mais quelque peu stérile, dans une carrosserie classique et de caractère ? Sur le plan technique, cela n’a rien de bien difficile, c’est ce qu’il a découvert il y a quinze ans déjà, pendant son voyage de noce en Californie. « J’ai rencontré à cette occasion un ingénieur de Solar Architecture, qui avait équipé une vieille Porsche d’un moteur électrique. Pour la recharger, rien de plus simple ni de moins coûteux : il utilisait tout simplement des panneaux solaires installés dans son jardin. Du coup, j’ai su que faire de la vieille Porsche qui prenait la poussière depuis des années dans mon garage et dont le moteur était mort …  »

Depuis, Uwe Koenzen et son partenaire technique Jens Broedersdorff ont compris qu’un mariage mixte – carrosserie vintage et technologie de pointe – est en fait prédestiné : « la transformation est relativement simple, car les anciens modèles ne sont pas truffés d’électronique. Le poids total – le talon d’Achille des voitures électriques – est limité, car les lourdes batteries équipent une carrosserie relativement légère », affirme Uwe Koenzen, qui répond par là aux besoins d’un marché niche, quoique très limité :  « Ces dernières années, nous avons transformé une fort jolie Coccinelle, une Porsche 912 pour notre propre usage, ainsi que quelques autres voitures de collection. Nous avons par ailleurs vendu de nombreux kits de transformation à monter soi-même. »


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“L’époque des

réactions les plus virulentes est derrière nous.”

Classic eCars ne réalise évidemment pas de mirobolants chiffres d’affaires. Il faut dire que l’addition est corsée : « au minimum 20 000 euros, car les batteries et les moteurs électriques sont hyper-coûteux et tout est fait à la main », commente Uwe Koenzen. Et il ne faut pas songer à récupérer cet investissement par des économies à la pompe : même si l’entretien d’une voiture électrique est très bon marché, les coûteuses batteries n’ont hélas pas la vie éternelle. Uwe Koenzen est très clair sur la question : une classic car électrique est hyper-fiable et offre des tonnes de plaisir à la conduite, mais elle n’est pas économique.

Les temps ont change Cet entrepreneur obstiné est pourtant très fier de sa vision d’avenir empreinte de nostalgie : « La voiture électrique, toute l’industrie automobile ne parle que de cela depuis des années, mais concrètement, rien ne bouge ou presque. A notre propre niveau – minuscule j’en conviens – nous démontrons que la chose est réellement possible et que

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ce n’est pas très compliqué. » Uwe Koenzen n’a pourtant rien de l’écolo pur et dur, ni de l’homme d’affaires opportuniste. C’est tout simplement une personnalité complexe, aux nombreuses particularités. Complexe et particulier, comme ses créations, et comme ses réponses à la question de la mobilité. Pour gagner sa vie, cet ingénieur, spécialisé en ce qui concerne l’environnement, gère un bureauconseil qui traite de l’assainissement des rivières polluées et des zones inondées. Une spécialité qui lui a fait comprendre que toute tentative destinée à rendre notre terre un peu plus verte doit être à priori rentable sur le plan financier. Et pour oublier le stress de la vie active, il joue au pilote de course de voitures de collection pendant le week-end. C’est dans ces milieux-là qu’il a pris conscience que la mobilité écologique doit avant tout être passionnante. Cet homme n’hésite donc pas à sortir des sentiers battus, et c’est précisément ce qui le rend fiable, maintenant que tout le monde se perd en discus-


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sions stériles où la raison fait souvent défaut. Les apôtres de l’écologie proposent des alternatives aussi austères qu’économiques, qui ne donnent pas vraiment la pêche. Quant aux passionnés d’automobile, ils font tout ce qu’ils peuvent pour ignorer les problèmes. C’est la raison pour laquelle la presse n’a pas jusqu’ici accordé beaucoup d’attention à Uwe Koenzen. Sur les salons automobiles, personne ne semble s’intéresser à ces originaux qui osent – ô sacrilège ! – castrer une Porsche et échanger la mélodieuse et si caractéristique musique du moteur boxer contre la stérilité d’un moteur électrique. Mais Uwe Koenzen apporte une nuance à ce qui précède : « l’époque des réactions les plus virulentes est derrière nous ». Il aimerait passer à la vitesse supérieure : « Le moment est venu. C’est maintenant que nous devons agir. » Avec cette merveilleuse E-Type par exemple.

E-lectrique type Uwe Koenzen en rêvait depuis longtemps, de cette E-Type électrique. Parce que ce modèle l’a toujours inspiré, et parce que l’ultime symbole des glowing sixties a fêté cette année son cinquantième anniversaire. Mais aussi et surtout à cause de son nom, qui est fantastique. « Aujourd’hui, tous les gourous du marketing ajoutent un e- ou un i- au nom de leur pro-

“L’écologie ne doit pas nécessairement être une discipline ennuyeuse,

sévère et pingre.”

duit, le plus souvent pour des raisons commerciales et opportunistes. Mais une Jaguar eE-Type, il fallait bien que ce soit inventé un jour », précise Uwe Koenzen. Son rêve a pris une forme bien concrète l’année dernière, lorsqu’il a rencontré Willi Balz à l’occasion d’une course de voitures de collection. Pendant le week-end, Willi Balz dépense avec ses Maserati de collection l’argent qu’il gagne pendant la semaine avec Windreich, une société qui alimente plus d’un million d’Allemands en électricité verte générée par des parcs d’éoliennes. Willi Balz en connaît un bout sur les voitures de collection, et plus encore sur l’énergie durable et sur la manière de faire des affaires au 21ème siècle. Willi Balz a immédiatement compris comment cette E-Type pourrait l’aider à faire passer son message complexe au grand public. En effet, un mode de transport écologique n’a de sens qu’à partir du moment où l’électricité qui l’alimente est géné-

rée sur un mode durable. Lisez l’énergie solaire ou éolienne, puisque nous ne disposons pas vraiment d’autres alternatives dans nos contrées. Et c’est là qu’interviennent Willi Balz et sa société Windreich.

Un animal mythique C’est comme si on avait baissé le son au moment où cette singulière Jaguar passe devant nous à vive allure. Même si sa nature et son apparence laissent supposer que cette merveille gris métallique provoquera une belle pétarade, elle est en réalité aussi silencieuse qu’une rame de métro. Malgré cela, l’E-Type colle littéralement à la route, elle est aussi sereine qu’un moine bouddhiste et aussi rapide que ne l’indique sa carrosserie. Le moteur électrique développe environ 200 ch et suffisamment de couple pour en étonner plus d’un. Conduire cette espèce de bombe électrique, cela ressemble assez à faire un tour en montagnes russes. Ses accélérations sont fulgurantes et semblent


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“Il faut arrêter de vouloir

accorder aux voitures électriques les mêmes caractéristiques qu’aux voitures équipées d’un moteur à combustion.”

hyper-aisées. Il suffit de donner les gaz (façon de parler) et c’est parti … un véritable jeu d’enfant. Evidemment, on n’éprouve pas le petit frisson d’un véritable moteur à combustion qui s’anime en toussotant, qui grimpe dans les tours et qui a du caractère, mais cela est bien vite compensé par de toutes nouvelles sensations. Le moteur électrique présente notamment un tel couple à tous les régimes que les changements de vitesses sont superflus. Si Uwe Koenzen a néanmoins prévu une boîte à deux vitesses, c’est uniquement pour donner un peu de caractère à la chaîne cinématique. En première, la mécanique est silencieuse à souhait, tandis qu’en seconde, un profond grondement mécanique lui donne un certain panache. Hélas, cette voiture électrique ne présente elle aussi qu’une autonomie limitée. Malgré les coûteuses batteries lithium-ion, hautement technologiques, l’E-Type ne parcourt au maximum que 200 kilomètres sans recharge (de huit heures environ). Il est possible de limiter cette durée à une demiheure à condition de ne recharger les batteries qu’à moitié. Uwe Koenzen estime toutefois que toute les discussions portant sur l’autonomie limitée sont oiseuses : « Il faut arrêter. Arrêter de vouloir accorder aux voitures électriques les mêmes caractéristiques

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qu’aux voitures équipées d’un moteur à combustion, ce qui relève de l’utopie. En Allemand, on parle dans ce contexte d’un Eierlegende Wollmilchsau, soit un porc qui donnerait du lait et de la laine et qui pondrait des oeufs. Un animal mythique et qui n’existe évidemment pas. Sauf en matière de circulation, puisque nous estimons que nos voitures modernes doivent être parfaites en ville tout en étant idéales pour des vacances au ski avec toute la famille. C’est sans doute la raison pour laquelle nous sommes si nombreux à piloter d’énormes engins qui mettent la pression sur l’environnement ». D’après Uwe Koenzen, dans un monde idéal nous achèterions nos voitures comme nous le faisons déjà de nos paires de chaussures ou de nos vestes : une pour chaque occasion. Une théorie bien éloignée de la pratique et Uwe Koenzen en a parfaitement conscience. Mais au moins, il agit.

early adopters Combien coûte finalement une classic car électrique ? Cela dépend des goûts du client. ‘Notre’ Jag coûte plusieurs centaines de milliers d’euros, car elle est fabriquée entièrement à la main et sur mesure pour un client exigeant, et qui souhaite toutes les technologies de pointe pour sa vitrine ambulante. Auparavant, d’autres projets ont coûté beaucoup moins cher – sans qu’il soit pour autant permis de parler de soldes ! Il faut compter au minimum quelques dizaines de milliers d’euros pour rendre le monde un peu meilleur, même en optant pour un progiciel plus simple et pour une carrosserie qui fait moins rêver que celle-ci. Actuellement, Uwe Koenzen et son équipe travaillent dur sur une Citroën DS – encore un joli mix entre la nostalgie et une vision d’avenir – tandis

qu’une petite Fiat 500 serait aussi la bienvenue. Uwe Koenzen rêve même tout haut d’une petite série de Porsche. En effet, ce compromis idéal entre une apparence cool et un prix raisonnable constituerait la parfaite alternative pour tous les early adopters de Londres ou de Berlin, soucieux de contourner avec élégance les lois environnementales et les congestion zones dans leur ville. Cette E-Type ne va pas sauver le monde, Uwe Koenzen le sait bien. Et même, la voiture pose autant de questions qu’elle n’en résout. Mais elle représente au moins une solution concrète et affirme qu’il faut penser large , surtout quand il s’agit d’environnement. L’écologie ne doit pas nécessairement être une discipline ennuyeuse, sévère et pingre. Cette Jaguar est la preuve qu’on peut être vert, avec un petit côté bling bling.


DE S B E L GE S QU I ON T UN P L A N

x av i e r da m m a n

Notre homme dans la Silicon Valley

Xavier Damman ou le

Rêve

Vous rêvez de faire carrière sur la toile ? Pour vous, nous ne voyons qu’une seule adresse : la Silicon Valley ou le paradis du web, non loin de San Francisco. Ce rêve, c’était aussi celui de Xavier Damman, un jeune ingénieur originaire de Nivelles. Deux ans après son lancement, son site – Storify, un moteur de recherche pour médias sociaux – compte parmi ses adeptes la Maison Blanche, The New York Times et les Nations-Unies. TEXTE Iris De Feijter

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DE S B E L GE S QU I ON T UN P L A N

“Nous leur proposons l’équivalent pour le

21ème siècle de la machine à écrire, ce qui

ne garantit en rien qu’ils deviendront les Shakespeare du 21ème siècle.”

« Le tsunami au Japon, une tornade à New York, le Printemps Arabe : quoi qu’il arrive dans le monde, il y a toujours quelqu’un quelque part pour prendre des photos à l’aide du gsm, twitter, envoyer un sms …  Ce content est essentiel pour informer le monde entier », affirme Xavier Damman. Cet entrepreneur du web a lancé l’application internet Storify, destinée à composer des récits cohérents sur base des flux incessants de messages Twitter, de Facebook-posts, de films sur You Tube et de photos Flickr. Ce service cible les sites d’information soucieux d’intégrer les médias sociaux dans leurs infos. « Lorsque la révolution a éclaté en Egypte, la chaîne Al Jazeera a programmé ‘The Stream’ : un talkshow qui utilisait Storify pour présenter en temps réel les informations issues de médias sociaux. Logique évidemment, car il y a bien plus d’utilisateurs de médias sociaux que de reporters. » Le site est disponible pour le grand public depuis avril 2011 et a remporté depuis plusieurs prix, dont le Knight Batten Award pour la meilleure innovation journalistique. Storify a également gagné le concours SxSW Startup et le magazine Time l’a classé parmi les 50 meilleures pages internet de 2011. Un beau coup de pouce pour notre compatriote, qui vit dans la Silicon Valley depuis deux ans et qui a bataillé dur pour créer sa start-up.

Quand est née l’idée de Storify ? XAVIER DAMMAN : « Depuis toujours, les ordina-

teurs, les médias et l’entreprenariat me passionnent. A dix ans déjà, je lançais mon propre magazine, Tribal. Au début, je le découpais dans un journal de mon père et je le vendais 20 francs à la famille et aux voisins. Plus tard, j’ai commencé à écrire des articles et j’ai utilisé l’ordinateur pour soigner la mise en page. Lorsque j’avais 16 ans, Tribal avait déjà son propre site et le tirage s’élevait à 30 000 exemplaires. J’ai arrêté lorsque j’ai commencé mes études d’ingénieur civil à Louvain-la-Neuve. »

“En échange d’un café chez

Starbucks, je pouvais demander conseil au patron de Twitter !

Vous imaginez la même chose avec le CEO de Belgacom … ?” « L’idée véhiculée par Tribal – donner aux jeunes l’occasion de s’exprimer par le biais d’un magazine – n’est pas très éloignée de celle de Storify. Seul le support a changé. Il faut dire que j’adore les médias sociaux. Il y a trois ans, j’ai lancé Tweetag : un moteur de recherche pour Twitter. Bien pratique, mais pour gagner de l’argent, je suis passé à Publitweet, qui permet de rechercher et de publier dans la foulée des messages Twitter (des Tweets). Storify est en fait la version étendue de ce qui précède. »

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DE S B E L GE S QU I ON T UN P L A N

Etiez-vous obligé de partir en Amérique dans ce but ? XAVIER DAMMAN : « J’ai d’abord tenté de trouver en Belgique et à Paris l’argent nécessaire à lancer Publitweet. Mais les investisseurs potentiels me réclamaient un businessplan et me demandaient quelle stratégie j’allais suivre pour gagner de l’argent. Il y a deux ans, les médias sociaux étaient encore relativement nouveaux en Belgique. Les investisseurs avaient du mal à réaliser qu’un marché existait bel et bien. Dans la Silicon Valley, il en allait tout autrement. En Amérique, on privilégie une bonne idée plutôt qu’un businessplan. Les investisseurs américains pensent : ‘Si le produit est bon, la demande suivra – et donc les bénéfices’. » « Je veux évidemment gagner de l’argent avec Storify, mais je ne suis nullement intéressé par le low-hanging fruit. Avant tout, je vise un maximum d’utilisateurs. De grands noms comme Twitter et YouTube n’ont pas non plus monnayé leur idée de prime abord. » Concrètement, quels étaient vos projets lorsque vous avez quitté la Belgique ? XAVIER DAMMAN : « Je pensais rester quelques années aux Etats-Unis. Pourtant, lorsque je suis parti à l’été 2009, j’avais prévu un billet de retour pour noël. J’envisageais de rentrer définitivement au pays si je ne réussissais pas en six mois – le

« Dans la Silicon Valley, on observe un puissant mécanisme baptisé forward payback : des entrepreneurs brillants et établis aident les débutants sans rien demander en échange. C’est logique, puisque l’un des deux n’a pas d’argent et que l’autre en a. Mais dès que le débutant est lui-même devenu un gros poisson, il soutient à son tour un starter, par des conseils et en lui fournissant les contacts nécessaires. Je n’avais aucune idée de cette mentalité généreuse lorsque je suis arrivé ici, c’était une chose impensable en Belgique. En échange d’un café chez Starbucks, je pouvais demander conseil au patron de Twitter ! Vous imaginez la même chose avec le CEO de Belgacom … ? » Vous avez lancé Storify avec Burt Herman ? XAVIER DAMMAN : « Pendant six mois, j’ai tout payé avec mes économies. Au moment de rentrer en Belgique, un businessangel m’a donné 10 000 dollars. Deux jours plus tard, j’ai reçu un mail du San Francisco Chronicle – un excellent site d’information de la Valley – qui souhaitait utiliser Publitweet. J’étais fou de joie, mais en même temps, j’en avais marre de toujours tout faire tout seul. J’ai donc cherché un co-founder américain, ce qui allait également m’aider à trouver un investisseur. » « J’ai rapidement rencontré Burt Herman. Comme moi, il explorait les liens entre le journalisme et la technologie, et il a aussitôt sauté sur l’idée

“Si on a peur de ne pas réussir, on ne démarre jamais rien.

Pour moi, un échec représente une occasion unique d’apprendre. Mais jusqu’ici, tout va bien pour Storify.”

délai que me laissait mon visa de touriste – à être sur les rails. J’avais déjà quelques clients belges et français pour Publitweet, notamment Le Soir et Le Monde. Aux Etats-Unis, j’ai tenté d’étendre ce groupe d’utilisateurs, ce qui n’a pas été simple. A l’occasion d’une soirée de réseau comme il y en a tant là-bas, j’ai rencontré un entrepreneur français qui vivait dans la vallée depuis trois ans et qui m’a servi de guide. Or là-bas, un guide ce n’est pas un must, mais c’est certainement un shortcut. »

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d’intégrer Publitweet. Nous sommes rapidement passés à Storify. En février – nous opérions encore avec la version bêta – le fonds Khosla Ventures a investi pas moins de 2 millions de dollars dans notre affaire. Entre temps, nous employons sept personnes et 18 sites d’information sur 20 parmi les plus grands utilisent Storify. » « J’ai donc atteint mes objectifs, mais aujourd’hui, de nouveaux défis s’imposent à nous : notre équipe


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ne cesse de grandir et nous devons développer nos serveurs si nous voulons continuer à traiter toutes les données. » La plupart des start-ups se cassent la figure. Est-ce que cela vous fait peur ? XAVIER DAMMAN : « Si on a peur de ne pas réussir, on ne démarre jamais rien. Pour moi, un échec représente une occasion unique d’apprendre. Mais jusqu’ici, tout va bien pour Storify. Notre but ultime est de développer un tout nouveau système d’information. Actuellement, nous sommes tous liés par le biais des réseaux sociaux, mais il nous faut un philtre pour nous y retrouver dans ce flux incessant de données. C’est précisément là qu’intervient Storify. » « Notre réussite dépend entièrement de nos utilisateurs. Nous leur proposons l’équivalent pour le 21ème siècle de la machine à écrire, ce qui ne garantit en rien qu’ils deviendront les Shakespeare du 21ème siècle. Heureusement pour nous, nos utilisateurs sont fantastiques et les histoires qu’ils écrivent sont très belles. » Tout semble vous réussir. N’avez-vous connu aucun échec ? XAVIER DAMMAN : « Ma demande de visa a été un véritable parcours du combattant. Je pensais qu’en ma qualité d’ingénieur, je serais reçu à bras ouverts. Mais cela m’a coûté d’innombrables efforts, et 5 000 dollars. Au lieu d’investir des sommes folles dans une copie européenne de la Silicon Valley – qui n’égalera de toute manière jamais l’original américain – les pouvoirs publics feraient mieux de financer un programme d’échanges bien huilé, à l’instar du programme Erasme pour les étudiants. »

XAVIER DAMMAN : « Quand ils entendent le mot

‘hacker’ les gens pensent avant tout à un individu mal intentionné qui pirate le système d’un tiers, mais ce n’est pas la réalité : un hacker est en fait un scientifique informaticien qui utilise cette technologie pour créer de nouvelles applications. Le slogan de notre collectif, c’est ’innovations for more democracy’. Concrètement, nous visons la collaboration des fonctionnaires et des hackers. » « Nous sommes à la veille d’une révolution : les données numériques remplacent de plus en plus les données papier. Les médias papier ne sont pas seulement coûteux et nuisibles pour l’environnement, ils sont aussi trop uniformes. Il est impossible de les adapter à notre personnalité individuelle. Les temps

nouveaux doivent être définis par des individus qui maîtrisent cette nouvelle technologie : les Hackers. » Avez-vous toujours été un hacker dans le secret de vos pensées ? XAVIER DAMMAN : « Je devais avoir à peu près dix ans lorsqu’un de mes voisins m’a offert son vieil ordinateur Apple. Cela a été mon premier contact avec l’informatique, que j’ai aussitôt adorée. Un peu plus tard, j’ai surfé sur internet pour la toute première fois. Quelle aventure : cela devait se faire après 19 heures, il fallait composer un numéro de téléphone et le modem était hyper-lent. Mon oncle m’a fait découvrir les sites du Soir et de Paris Match. Aujourd’hui, soit 15 ans plus tard, Le Soir utilise Storify et la boucle est bouclée. »

“En Amérique, on privilégie une

bonne idée plutôt qu’un businessplan. Les investisseurs

américains pensent : ‘Si le produit est bon, la demande suivra – et donc les bénéfices’.”

« Il y a quelques générations à peine, les gens quittaient les campagnes pour gagner leur vie et faire des affaires en ville. Nous faisons de même aujourd’hui, mais à l’échelle mondiale. Lorsque des jeunes développent leur potentiel d’une façon optimale, tout le monde s’en porte mieux. Prenez mon exemple : pour moi, la Silicon Valley est le meilleur endroit pour apprendre, mais dans 3, 5 ou 10 ans, je rentrerai au pays et j’utiliserai mes connaissances et mon expérience pour améliorer les choses en Belgique, ce qui profitera à la communauté. » L’année dernière, vous avez créé le collectif HackDemocracy. Qu’y a-t-il de démocratique à pirater l’ordinateur d’autrui ?

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iPHONE & iPAD:

« Trends-Tendances » où et quand vous le voulez L’application « Trends-Tendances » Dès aujourd’hui, vous pouvez lire Trends-Tendances sur votre iPhone, iPad ou iPod Touch, où que vous soyez, grâce à cette application gratuite disponible sur l’App Store d’Apple. En tant qu’abonné, cette application vous donnera accès gratuitement à la totalité de TrendsTendances et de MoneyTalk chaque mercredi dès 21 heures. Si vous n’êtes pas abonné mais que vous voulez acheter un numéro, ce service ne vous coûtera que 4,99 euros. N’hésitez plus et téléchargez cette application qui vous permettra également de consulter gratuitement tous les articles en ligne de Trends.be et Moneytalk.be. De cette manière, vous pourrez suivre l’actualité 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24.

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LOISIRS

nos e x pert s on t c hoisi pou r vous

les

délices de la v o ya g e s

g astr o n o mi e

c u lt u r e

Il semblerait que le Belge épargne dans de nombreux domaines, mais pas dans celui des loisirs. C’est la raison pour laquelle Capital a recueilli des conseils auprès de quatre épicuriens pour l’automne. Découvrez les petites merveilles qui n’attendent plus que vous. Car il faut bien dire que le bien-être – qu’il s’agisse de voyages, de gastronomie ou de culture – vaut aussi son pesant d’or !

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voyages L ES C o n s e i l s d e d e bbi e papp y n , j o u r n a l i s t e v o y a g e s

 www.atlasreizen.be

L a Tanz anie

Dr Livingstone, I presume? Parc National Mahale Mountain, non loin du lac Tanganyika. Ces chimpanzés vivent dans les montagnes entourant le camp et pour les découvrir, il suffit d’emprunter les sentiers qui serpentent dans la forêt. Les voyageurs qui souhaitent observer les mœurs et les gestes de ces animaux peuvent y passer des heures. A flanc de colline, il leur arrivera même d’apercevoir des léopards, des guibs harnachés (sortes d’antilopes) et bien d’autres animaux sauvages. Le lac, deuxième au monde en termes de profondeur, est l’habitat de 250 espèces de poissons tropicaux. Vous logerez au camp Greystoke Mahale sur des plages de sable blond en bordure du lac. Il n’est pas question ici de chambres d’hôtel standard, mais de bandas en bois, soit des cabanons grand luxe. Un séjour dans un tel endroit est à classer dans la catégorie barefoot luxury, puisque depuis votre véranda privée, vous n’avez que deux pas à faire pour vous retrouver sur la plage. Prix sur demande et en fonction de vos souhaits individuels.

Une nouveauté cette année : les ‘bush safaris’ organisés dans une réserve naturelle quasi inconnue : Selous Game Reserve en Tanzanie. Tout le monde connaît le légendaire parc Serengeti, mais à en croire les connaisseurs, Selous serait aujourd’hui le nouvel endroit à la mode, c’est là que tout se passe. Découvrez en compagnie d’un guide chevronné et de cinq autres voyageurs maximum ce parc naturel et ses animaux sauvages, le tout … à pied ! Vous passerez la nuit dans de confortables fly-camps en pleine brousse. A Ujiji, sur les rives du lac Tanganyika (à l’ouest de la Tanzanie), n’hésitez pas à visiter le musée, minuscule mais qui en vaut la peine, consacré à la rencontre légendaire entre les explorateurs Henry Morton Stanley et Dr David Livingstone. Le spécialiste belge des voyages en Afrique, Atlas, prévoit un périple spécial vers ces lieux d’exception, combiné ou non avec une visite aux chimpanzés du

 mona.net.au, www.aussietours.be et www.etihad.com

tasm anie

Un Belge au Musée MONA Les experts affirment que ce musée aura un effet Bilbao (le musée Guggenheim conçu par Frank Gehry a mis la ville de Bilbao sur la carte, en faisant un pôle d’attraction touristique). Il faut dire que la situation du Mona est unique : près de Hobart, capitale de la Tasmanie – le bout du monde en quelque sorte. Le Museum of Old and Modern Art, qui a ouvert ses portes récemment, abrite une des plus grandes collections privées d’Australie. Le musée est la propriété de David Walsh, un collectionneur tasmanien qui a notamment acheté à l’artiste belge Wim Delvoye le « Cloaca no 10 professionnal » (la « machine à faire des cacas ») spécialement construit pour lui. David Walsh a gagné sa fortune au jeu, aidé en cela par sa bosse des maths et sa passion pour les chiffres et les formules. Ce personnage excentrique a réussi à attirer dans ses filets un célèbre curateur de Sotheby’s, il n’a cessé de compléter son énorme collection d’antiquités et d’art, australien et international et il a chargé un architecte d’ériger un imposant musée (9 500 m², dont 6 000 m² de surfaces d’exposition). Coût de l’ensemble : 60 millions d’euros, valeur des oeuvres : 70 millions d’euros. Le musée renferme des œuvres d’artistes renommés, notamment Damien Hirst, Sidney Nolan, Kandinsky, Botero, … , L’entrée est gratuite et une brasserie et un domaine viticole jouxtent le MONA. Des œuvres d’art très spéciales et parfois uniques ornent les pavillons où il est possible de passer la nuit. Une villa pour deux est proposée à partir de 245 euros la nuit. Hobart est aisément accessible depuis Sydney (2 heures de vol) et Melbourne (1 heure de vol). Le spécialiste de l’Océanie Aussie Tours organise des voyages sur mesure en Tasmanie. Vols depuis Bruxelles vers Melbourne ou Sydney à partir de 1249 euros, taxes comprises, avec Etihad Airways.

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LOISIRS

 www.incento.nl

L’Inde

Une croisière à bord du Maharajas’ Express Découvrez l’Inde à bord du nouveau train privé Maharajas’ Express, le plus luxueux sur les voies ferrées indiennes. Que diriezvous de compter parmi les 88 passagers répartis dans quatre types de cabines : Deluxe, Junior Suite, Suite et Presidential Suite ? Chaque compartiment présente de grandes vitres panoramiques, une climatisation individuelle et toutes les commodités telles qu’un téléviseur avec lecteur dvd ou une liaison internet. Les hôtes sont évidemment très bien accueillis : le train compte deux wagons-restaurants, chacun pouvant accueillir 42 passagers. Tous les repas sont compris dans le prix, de même que les vins, la bière et les sodas à l’heure des repas. Pour les moments de détente et pour profiter de la vue, le bar propose des sélections de vins, de bières et de cocktails, ainsi que des en-cas, également compris dans le prix. Mais le nec plus ultra, c’est le wagon d’observation avec son bar, des sièges confortables et une boutique de souvenirs. Le Maharajas’ Express parcourt trois circuits de sept jours chacun, qui tous sont aptes à vous faire rêver. Le circuit ‘L’Inde princière’ vous mène de Mumbai à Delhi, le circuit ‘L’Inde Royale’ part de Delhi pour finir à Mumbai et enfin ‘L’Inde classique’ débute et se termine à Delhi. Pendant le voyage, vous pourrez également participer à des excursions avec guide. Les passagers en compartiments Deluxe et Junior Suites partent en autocar de tourisme visiter tous les endroits intéressants sur la route. Des limousines sont à la disposition des passagers des Suites et de la Presidential Suite, qui auront évidemment droit aux explications d’un guide privé. Un détail qui peut avoir son importance :  à chaque départ, il y a un médecin à bord. Ce train permet de vivre une sorte de ‘croisière dans les terres’ grand style. A partir de 4 500 euros, tout compris, sauf les vols.

bresil

 www.singaporeair.com

Grece

Golf et remise en forme Que diriez-vous d’un nouveau terrain de golf, avec vue sur la baie de Messine en Grèce ? Le terrain de golf Dunes a ouvert récemment et un autre terrain, le Bay Course, devrait ouvrir d’ici à la fin de l’année. Ce golf 18 trous a été conçu par le capitaine du Ryder Cup (et deux fois vainqueur de l’US Masters Champion) Bernhard Langer, en collaboration avec Golf Design. L’ensemble a été réalisé avec le plus grand respect pour l’environnement et la vue sur mer. Le Dunes Course fait 6 200 mètres de long, les fairways sont larges et les greens immenses, pour le plus grand plaisir des joueurs. Autre point fort de Costa Navarino : le spa Anazoe, qui ne couvre pas moins de 4 000 m². De quoi profiter pleinement de l’oléothérapie à base d’huile d’olive vierge, ainsi que des traitements inspirés des thérapies traditionnelles de la Grèce antique, susceptibles d’apaiser le corps et l’esprit. Costa Navarino compte deux resorts, l’hôtel Westin et The Romanos, une option un peu plus luxueuse, avec de spacieuses villas. Les deux resorts proposent régulièrement des promotions spéciales (par ex. 660 euros pour trois nuits au Romanos). Green fee à partir de 50 euros hors saison.

Le confort transatlantique Le Brésil se prépare fébrilement à vivre la Coupe du Monde 2012 et les Jeux Olympiques de 2016. De ce fait, ce pays compte parmi les destinations les plus prisées d’Amérique latine, tant pour les voyages d’affaires que de tourisme. Jusqu’à tout récemment, le choix n’était pas très étendu pour se rendre dans ce pays, surtout en termes de confort et de style. Mais les choses ont changé, puisque dorénavant, vous embarquez pour São Paulo depuis l’Europe d’une manière impensable jusque là. Singapore Airlines lance en effet à partir de cette année une liaison nonstop depuis Barcelone. Brussels Airlines assure une excellente liaison depuis Bruxelles, ce qui vous évitera de passer trop de temps en transit. La nouvelle ligne fonctionne trois fois par semaine avec un Boeing 777-300 ER en configuration 3 classes. Les voyageurs business profiteront au maximum du nouveau produit de Singapore Airlines, grâce aux spacieux sièges d’un cuir très tendre, qui se transforment en lits douillets. Avec le fameux service de Singapore Airlines en prime, évidemment. A partir de 4 023 euros, taxes comprises, en classe Affaires.

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 www.romanoscostanavarino.com et www.costanavarino.com


gastronomie L ES C o n s e i l s d e P E T E R G O O S S E N S , HO F VAN C L EVE

 www.tzilte.be

’t Zilte M AS A n v ers

La cuisine au neuvième ciel La gastronomie est-elle un art ? Le sujet a déjà fait couler beaucoup d’encre et fourni matière à mainte discussion. Si la question n’est toujours pas réglée, une chose est certaine : l’art et la gastronomie vont très bien ensemble. La preuve ? Au tout nouveau musée MAS à Anvers, vous pouvez depuis le mois de mars goûter la cuisine de Viki Geunes, Chef de l’Année 2008. Le chef a quitté les fourneaux de son restaurant ’t Zilte à Mol en Campine, pour venir s’installer dans un des endroits les plus branchés de la Métropole. La qualité et le service n’ont pas bougé, mais le cadre est encore plus impressionnant. Viki Geunes a été l’un des pionniers de la cuisine moléculaire en Belgique et il poursuit au MAS sur la voie des fantaisies moléculaires et de la gastronomie expérimentale. Le résultat ? Une expérience globale, la rencontre de l’art et de la gastronomie.

 www.epices-roellinger.com

Epices Roellinger Paris

Un laboratoire d’herbes et d’épices En 2010, des ennuis de santé ont mené le chef breton Olivier Roellinger à dire adieu à son restaurant étoilé. Désireux de ne pas cesser entièrement ses activités dans le food biz, Roellinger a ouvert depuis une épicerie fine à Cancale en Bretagne. S’y ajoute aujourd’hui Epices Roellinger Paris, soit le résultat de 30 années d’expériences avec les herbes et les épices. On y vend des centaines de variétés d’herbes, fraîches ou séchées, des sels marins, de la fleur de sel, des poivres de toutes sortes …  Ce n’est pas toujours simple : comment faire son choix face à 20 espèces de vanille ? N’hésitez surtout pas à aller y faire un tour, ne fut-ce que pour humer tous ces arômes … 

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LOISIRS

Le Christopher – Saint Barthelem y

 www.hotelchristopher.com

Du pain et des idees

Dîner dans l’un des plus beaux coins de France St Barths est parfois qualifié de ‘plus beau coin de France’. Cette île des Caraïbes, d’une superficie de 25 km2 à peine, est un paradis pour touristes avides de luxe, de calme et de volupté. L’hôtel Le Christopher, l’un des meilleurs de l’île, compte deux restaurants : le Taino et le Lounge. Le premier est un espace entièrement ouvert, avec vue sur la mer. L’on y sert une cuisine créative, à base de produits frais, sélectionnés avec soin chez les producteurs du coin. L’endroit idéal pour un dîner en amoureux, en admirant le coucher de soleil.

The Ledbury LondRES

Le meilleur boulanger de Paris Christophe Vasseur est boulanger, mais son ambition va plus loin : il veut être LE boulanger. Et il semblerait qu’il y parvienne : en 2008, il a été élu meilleur Boulanger de Paris par le guide Gault Millau. Après avoir été sales executive dans l’univers de la mode jusqu’à trente ans, Christophe Vasseur s’est débarrassé de son costume trois pièces et de son attaché- case pour endosser la tenue du parfait boulanger. En 2002, il s’est installé dans l’une des dernières boulangeries authentiques de Paris. L’authenticité, c’est le mot-clé de cet artisan qui fait son pain sur le mode traditionnel, avec un savoir-faire qui est hélas en voie de disparaître. Ce faisant, il n’accepte aucun compromis : la qualité ou rien. Il affirme que le plus beau cadeau que l’on puisse faire à quelqu’un, c’est un morceau de pain, mais du bon pain.

 www.theledbury.com

Le top du top à Londres La meilleure expérience gastronomique de Londres – c’est le titre prestigieux accordé récemment à The Ledbury par le Harden’s Restaurant Guide. Pour l’anecdote : quelques semaines plus tôt, au cours des émeutes à Londres, le personnel de ce restaurant 2 étoiles situé dans le quartier de Notting Hill avait chassé des casseurs en brandissant des rouleaux à pâtisserie ! Le chef du Ledbury est un Australien, Brett Graham.

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 www.dupainetdesidées.com


culture L e s c o n s e i l s d e Marc Holt h o f, j o u r n a l i s t e s p e c i a l i s t e d e l a c u lt u r e

 www.europalia.be

EUROPA LI A BResil

Le Brésil en Belgique Pour son 23ème festival, Europalia vous fait découvrir la grande diversité des identités et des cultures brésiliennes dans plus de 200 temples belges de la culture. Au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, ‘Europalia.Brasil’ présente jusqu’au 15 janvier 2012 les différentes facettes de l’art brésilien – peintures et sculptures des grands maîtres et trésors archéologiques et anthropologiques. Mais le Brésil s’exprime aussi et surtout par la musique. A l’occasion d’Europalia, le guitariste Egberto Gismonti sera accompagné par un orchestre de jeunes talents qui joueront des oeuvres de compositeurs brésiliens (du 18 au 22 novembre en différents lieux). Théâtre, danse, cinéma, littérature et cirque, tout est au programme d’Europalia Brésil.

A ntica Na mur

 www.antica.be

Authenticité avant tout Le Salon Antica Namur, au coeur de la vieille ville, est sans doute le plus important du genre. Du 11 au 20 novembre 2011, Antica Namur sera le lieu de rencontre des amateurs d’art, des décorateurs et des collectionneurs à la recherche de belles pièces. Cette année, le thème du salon est le parfum, un sujet qui n’est pas seulement illustré avec des esquisses, des gravures, des tableaux, des sculptures ou des tapisseries, mais aussi et surtout avec des bijoux, des parures et des accessoires.

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LOISIRS

national gallery

Un génie milanais dans les brumes de Londres  www.cineart.be

Wim W enders filme la danse

Pina Bausch en trois dimensions ‘Pina’ de Wim Wenders est un film en 3D consacré à la danse, et plus particulièrement à cet art si particulier de la grande chorégraphe et danseuse allemande Pina Bausch, décédée à l’été 2009. Pina Bausch a complètement modifié le langage de la danse. Wim Wenders, cinéaste allemand renommé, a réalisé avec ‘Pina’ un film parlant de et à Pina Bausch. Il entraîne son public dans un périple sensuel et fascinant. Wim Wenders a tourné sur la scène du légendaire Ensemble des Tanztheater Wuppertal, mais également dans les rues de la ville et aux environs. Vous pourrez admirer son œuvre à partir du 7 novembre sur dvd – et même en 3D grâce à blu-ray.

A partir du 9 novembre 2011, la National Gallery de Londres programme une exposition unique : ‘Leonardo da Vinci : Painter at the Court of Milan’. A l’aide d’une soixantaine de dessins et de toiles, l’exposition illustre la carrière de Léonard de Vinci en tant que peintre à la cour de Milan dans les années 1480-1490. L’exposition vise à donner une image la plus complète possible de cette période importante dans la vie de l’artiste.

 www.mac-s.be

Michel François au M AC’s

Affiches à emporter L’exposition d’automne du Musée des Arts Contemporains du Grand-Hornu – MAC’s – est consacrée à Michel François, artiste majeur présenté aujourd’hui dans le monde entier. La manifestation est consacrée aux affiches grands formats qu’il réalise à partir de ses photographies. En effet, depuis 1994, à chaque nouvelle exposition une affiche est produite et offerte au public. Pour la première fois en Belgique, le musée a choisi de les rééditer dans leur ensemble. Fidèle à la philosophie de l’artiste de permettre au public d’emporter avec lui des multiples de ses affiches, le MAC’s les mettra à la disposition des visiteurs durant toute l’exposition. Jusqu’au 29 janvier.

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 www.nationalgallery.org.uk


O P I N I ON

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Les bonnes resolutions

Dans quelques mois à peine, ce sera à nouveau l’époque des fêtes de fin d’année, et la promesse d’une année nouvelle. Le moment idéal de faire un retour en arrière et de prendre de bonnes résolu­tions. Ce sont souvent les mêmes qui reviennent : arrêter de fumer, faire du sport, passer plus de temps avec les siens, … Tout aussi classique, le fait que ces bonnes résolutions ne survivent généralement pas au mois de janvier. Ce n’est d’ailleurs pas étonnant, car au lendemain des fêtes on se retrouve vite happé par le rythme haletant de la vie quotidienne. Un rythme qui ne laisse pas vraiment la place pour d’autres préoccupations. On s’empresse dès lors de remiser les bonnes résolutions dans un coin de son cerveau, jusqu’à l’année suivante. Et au 1er janvier suivant, le même processus se répète.

“L’épargne a évolué jusqu’à devenir un domaine à part.” executive manager client services department Optima Financial Planners

Un exemple de ces bonnes résolutions qui reviennent ainsi d’année en année : beaucoup de gens décident de prendre enfin le temps d’étudier de près leur propre situation financière. D’aucuns diront que jadis, tout cela n’était pas nécessaire. Il suffisait alors de travailler dur, et le reste suivait. Inutile de se soucier de fiscalité et les taux d’intérêts étaient si élevés que l’épargne semblait attrayante. Travailler dur était alors une garantie de sécurité financière.

Est-ce toujours le cas aujourd’hui ? Dans le climat économique actuel, avec tous ces doutes sur la solvabilité des états et la stabilité des organismes financiers qui est remise en cause de jour en jour ? Il ne suffit plus de travailler dur. La fiscalité pèse de plus en plus sur les revenus et le patrimoine. L’épargne a évolué jusqu’à devenir un domaine à part, que pratiquement personne n’ose encore aborder. Conséquence : de plus en plus de personnes abandonnent cette dernière résolution et adoptent une attitude résignée, attendant que ça passe, attendant l’année nouvelle. C’est à de tels moments que l’on a surtout besoin de quelqu’un. De quelqu’un qui ose remettre sur table la question des bonnes résolutions. Quelqu’un qui focalise sur cette question. En effet, c’est aujourd’hui que nous devons prendre le temps de nous pencher sur notre situation financière personnelle. Aujourd’hui, sans attendre à demain. Parlons franchement, pourquoi atten­ dre jusqu’en 2012 pour vous soucier des personnes qui vous sont chères, alors que vous pourriez le faire dès 2011 ? Je vous souhaite d’ores et déjà une bonne année.

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DES APPARTEMENTS EN CENTRE VILLE, AU COEUR DE L’EUROPE RÉSIDENCE ESPLANADE 64 En plein coeur du quartier européen, non loin du parc Léopold et du Berlaymont, la Résidence Esplanade 64 est une réalisation ‘Urban Style’ signée Montois Partners, un bureau d’architectes réputé. Les meilleurs matériaux durables ont été utilisés pour la construction de soixante appartements compacts, tous avec terrasse et entièrement équipés de tout le confort moderne. Le meilleur emplacement et la meilleure finition pour les fonctionnaires européens qui travaillent à deux pas de là. Le parking souterrain, les vastes terrasses et l’esplanade garantissent la mobilité, la sensation d’espace et d’intimité des occupants.

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Tout commence par une idée, mais n’aboutit qu’avec un plan. Optima Financial Planners

Plus vos ambitions sont grandes, plus importants sont vos besoins de conseils en matière fiscale et de placements. C’est pourquoi Optima prend vraiment le temps de vous écouter. Ce n’est que lorsque nous avons compris d’où vous venez et où vous voulez aller que nous pouvons vous proposer un plan sérieux. Un plan qui vous donne une vision claire de tous les aspects de votre situation.

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Nous commençons par étudier comment optimaliser vos revenus et vos moyens disponibles, tout en réfléchissant déjà à la façon de répondre à vos attentes à plus long terme, comme votre pension et votre héritage. Ne vous contentez plus de conseils épars, exigez un plan ! Pour votre vie, pour aujourd’hui et pour demain.

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