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Le quotidien du Montreux Jazz Festival The Montreux Jazz Festival daily newspaper

n°7

Jeudi, 11 juillet 2013 Thursday, July 11th 2013

MONTREUX JAZZ 2013

CHRONICLE GUITAR HEROES ZZ TOP | AUDITORIUM STRAVINSKI | 10.07

tOniGHt

Ben Harper & CHarlie MusselwHite F | Ou le choc heureux de deux titans du Blues ! Penché sur sa Weissenborn, Ben Harper a explosé dans les années 90, libérant une Folk aux influences métissées. Adepte de collaborations de haut vol, Harper se frotte cette fois à l’harmonica fou de Charlie Musslewhite, génie bluesman d’une autre génération. « Memphis Charlie » porte en lui la musicalité terreuse du Mississippi. Les deux hommes rêvaient d’un projet commun depuis dix ans. C’est chose faite avec cette sortie de l’album Get Up ! Les âmes de leurs ancêtres Cherokee jubilent outretombe… et nous avec ! E | Come and see two Blues titans duke it out on stage! Bent over his Weissenborn, Ben Harper exploded in the 90s with a folk sound drawing on influences both far and wide.  Harper is a fan of creative collaborative projects. This time he’s dueling with the hyperactive harmonica of Charlie

Musselwhite, a brilliantly talented bluesman from another generation. “Memphis Charlie” emblematizes the deep-rooted musicality of Mississippi. After dreaming of working together for the past ten years, they have just released a collaborative album entitled Get Up ! Their Cherokee ancestors must be rejoicing in the afterlife—just like we are, here in Montreux!

Ben Harper & Charlie Musselwhite Auditorium Stravinski | 20:00 | 8:00pm

ZOOM

what a fest! : the sources of Jazz interview : avishai Cohen Best of : la fête des poils Hairy Fiesta

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Jeudi, 11 juillet 2013

Montreux Jazz Chronicle

15 mars – 17 novembre 2013 Musée d’Histoire de Berne

L‘événement culturel 2013 – maintenant à Berne Qin – L’empereur éternel et ses guerriers de terre cuite www.qin.ch

13_0025_Qin_210x197_Montreux_Jazz_Chronicle.indd iMpressuM

Published by Fondation du Festival de Jazz de Montreux Creative Content 2M2C Grand-Rue 95 - 1820 Montreux - Suisse www.montreuxjazz.com Contact chronicle@mjf.ch Head of publishing Marine Dumas & Isabel Sánchez Editor-in-chief Charlotte Terrapon Project Coordinator Fumi Gomez Printed by ImprimExpress Sàrl

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Contributing Editors Antoine Bal, Sophia Bischoff, Camille Guignet, Salomé Kiner, Laurent Küng, Laura Leishman, Garance Zarn Short Story Association des jeunes auteurs romands (AJAR) www.jeunesauteurs.ch Chronicle’s sketch Dora Formica - www.doraformica.com Translators Emilie Jane Armstrong, Manuelle Beurdeley, Julie Da Silva, Melissa DunLany, Wendy Savin, James Tarpley

04.06.13 08:19

Designed by eikonEMF Route Wilhelm Kaiser 13 1705 Fribourg - Suisse www.eikon.emf.ch/anthracite Art director Joackim Devaud Graphic designer Margaux Bielmann Layout composers Margaux Bielmann, Rebecca Bühler, Sara Hernandez

Photographers - FFJM : Daniel Balmat, Vincent Bailly, ArnaudDERIB, Cerise de Carvalho, Marc Ducrest, Lionel Flusin, Damien Richard - EMI, Musikvertrieb, Sony, Universal Music, Warner

Printed in Villeneuve 5’000 exemplaires on FSC paper. F | Le chronicle est plus beau dans les mains d’un lecteur plutôt qu’au sol. E | The chronicle looks better in a reader’s hand than on the floor.


Thursday, July 11th 2013

Montreux Jazz Chronicle

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wHat a Fest !

aux sOurCes du JaZZ F | Un liseré en néon bleu court sur le bord de la scène, réminiscence symbolique des volutes de fumée qui tamisaient jadis l’air des clubs de Jazz. Pour le reste, tout y est : les tables rondes, la proximité des artistes, l’ambiance feutrée sertie de lourds rideaux de velours rouge... Bienvenue au Montreux Jazz Club, cocon racé de 350 places.

« Cette salle redonne au Festival les moyens de ses premières amours. » Imaginée, comme le reste, du vivant de Claude Nobs, cette salle redonne au Festival les moyens de ses premières amours. « Cette configuration nous permet de programmer des groupes qui ne rempliraient pas encore les grandes salles. Surtout, c’est un retour aux sources du Jazz. Dans ce cadre plus confidentiel, le public peut assister à la création de la musique, et la ressentir de manière plus intense. Quant aux musiciens, c’est certes un exercice plus difficile, mais c’est une occasion rare d’avoir un retour direct sur leur impact musical, » résume Michaela Maiterth, Programmatrice. Un challenge qu’ils acceptent volontiers, et qui réveille une spontanéité souvent perdue. La faute à l’institu-

tionnalisation d’un genre pourtant né dans les rues, et que le Club entend bien contrarier : « On y vient pour savourer les nuances de la musique. » Ainsi de George Benson, qui s’y produira en acoustique au lendemain de son concert au Stravinski. Une dégustation auditive orchestrée par José Gaudin, ingénieur du son. Pour détourner les contraintes de cette salle, profonde et basse de plafond, il a imaginé une installation sonore découpée en 9 zones stéréos : « Du point de vue psycho-acoustique, le public entend partout comme s’il était très proche des musiciens. » Une atmosphère très intimiste qui n’a pas empêché l’interminable sourire d’Oleta Adams de s’épanouir pleinement, ni sa voix de traverser l’Atlantique et retour en moins d’une mesure. Lundi, le temps d’une leçon de bonheur conjugal, elle chantait « Let’s Stay Here ». Titre de son album éponyme, cette chanson d’amour, écrite pour son mari, pourrait tout aussi bien servir d’hymne au Club... A la fin des concerts « officiels », le Club, comme le Lab, ouvre gratuitement ses portes au public. La petite scène devient l’autel quotidien de jam sessions improvisées. On a pu voir Patrick Watson ou Joe Sample frayer avec des musiciens de Music in the Park. Car au Club comme en Jazz, c’est la mixité qui fait foi. Salomé Kiner

tHe sOurCes OF JaZZ E | A neon blue border skirts the edge of the stage, a symbolic reminder of the Jazz clubs of yore, draped in hazy sheets of smoke. As for the rest, everything’s there: round tables, intimate seating near the artists, a hushed

“ This venue takes the Festival back to its first love.” atmosphere and heavy red velvet curtains... Welcome to Montreux Jazz Club, classy cocoon with 350 seats. Dreamed up, like the rest, during Claude Nob’s lifetime, the Jazz Club takes the Festival back to its first love. “This configuration allows us to book groups that wouldn’t yet be able to fill up the big venues. But most of all, it’s a return to the sources of Jazz. In such a private setting, the audience can witness the creation of the music, and experience it more intensely. As for the musicians, it’s certainly a more challenging exercise, but also a rare occasion to get direct feedback on their music’s impact,” said Programmer Michaela Maiterth. It’s a challenge the artists eagerly accept, and one that awakens a certain spontaneity often absent from Jazz performances today. The fault lies with the institutionalisation of a genre that was nonetheless born

in the streets, a fault the Club helps to redress: “People come to savour the nuances of the music,” said Maiterth. The same goes for George Benson, who will give an acoustic performance the day after his concert in the Stravinski. A dégustation for the ears orchestrated by José Gaudin, sound engineer. To optimize the acoustics in the Club, which is low-ceilinged, long and narrow, he designed a sound installation divided into 9 stereo zones: “From a psycho-acoustic point-of-view, no matter where the audience members are sitting, they hear as if they were up close to the musicians.” It’s the type of intimate atmosphere that couldn’t stop Oleta Adams’ unending smile, beaming from ear to ear, nor her voice that crossed the Atlantic and came back in less than a measure. On Monday, she gave us a lesson in marital happiness, singing “Let’s Stay Here,” a track from her album of the same name. This love song, written for her husband, would be a fitting anthem for the Club. At the end of the “official” concerts, the Club, like the Lab, opens its doors to the public, free of charge. On the small stage, which transforms into a daily altar of improvised jam sessions, we saw Patrick Watson and Joe Sample, just to name a few, hanging out with musicians from Music in the Park. In the Club as with Jazz, mixing it up is what matters.

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preneZ une pHOtO au Festival via instaGraM et aJOuteZ #mjChroniCLe13 toutes les photos prises au montreux jazz Festival 2013 puis taguées sont susceptibles d’être sélectionnées et publiées. Vous êtes responsables du contenu de chacune de vos photos partagées via le hashtag ci-dessus. la meilleure photo publiée dans un des numéros du montreux jazz Chronicle parmi les 15 sélectionnées sera récompensée par un appareil photo leica compact series D-lux ou V-lux. les 5 suivantes recevront un exemplaire du livre de photos «99 years leica. * *Aucune correspondance ne sera échangée à propos du règlement, de l’organisation ou du résultat de ce concours. Tout recours juridique est exclu. Le prix ne pourra pas être converti en espèces. Le gagnant sera avisé personnellement par e-mail.

instaGraM COntest! YOur piCture On tHe 3rd paGe OF tHe MOntreux JaZZ CHrOniCle!...

take a piCture On site via YOur instaGraM aCCOunt and taG it witH #mjChroniCLe13 any image taken at the montreux jazz Festival 2013 then tagged is eligible to be selected and printed in the Chronicle. You are responsible of the content of any picture you share via the above hashtag. the best picture among the 15 published in the montreux jazz Chronicle will win a camera leica compact series D-lux or V-lux. the following 5 will be granted with the high value «99 years leica» table book. * *No correspondence will be entered on the regulation, organization or the outcome of this contest. Any legal action is excluded. The prize can not be converted into cash. The winner will be notified personally by e-mail.

Main partners

saschel


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Jeudi, 11 juillet 2013

Montreux Jazz Chronicle

prOGraMMe / prOGraM

aujourd’hui / TodaY 11.07.13 auditOriuM stravinski

paYant / Gratuit

MOntreux JaZZ CreatiOns CHateau de CHillOn JaZZ Meets ClassiC

21:00

MOntreux JaZZ CluB

14:00 16:15 18:30 21:00 23:30

tHe rOCk Cave HatHoRs nanu - Dj set

zuMBa session

GRupo uniCo Dj juan CuBa

MusiC in tHe park

Bonnie Raitt Dès 20:00 Ben HaRpeR anD CHaRlie MusselwHite

Bar el MundO 14:00 - 17:00

GreetinGs FrOM santO dOMinGO

last spRinG - GRieG in tHe sKy

DenVeR jazz CluB youtH all-staRs BRiGHton ColleGe swinG BanD saMia tawil aliCe FRanCis eRiC saRDinas & BiG MotoR

paYinG / Free

Dès 22:30

MOntreux JaZZ wOrksHOps petit palais GwilyM siMCoCK & yuRi GolouBeV GRaCe Kelly ConFeRenCe : DaViD lynCH MusiC MaGiC

13:00 15:00 17:00

aFtersHOws montreux jazz lab solanGe la FRanGe - Dj set paRa one

tHe studiO

20:00

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aFtersHOws montreux jazz Club Vijay iyeR tRio GRaCe Kelly Quintet

F | Dès la Fin Des ConCeRts : jaM sessions iMpRoVisées et touRneuRs De DisQues | E | open wHen ConCeRts enD!

Dès 20:00

Be as One

MOntreux JaZZ laB

Dès 23:00

iMpRoViseD jaM sessions anD Djs

Masaya sHloMi aBeR Gel aBRil

CHalet d’en Bas alex HepBuRn jaMes MoRRison

Dès 20:30

CHieF - Dj set

18:00

demain / Tomorrow 12.07.13 auditOriuM stravinski tulipa Ruiz Gal Costa ClauDia leitte

MusiC in tHe park Dès 20:00

MOntreux JaZZ CluB suGaR Blue sHeMeKia CopelanD

KaRaoKe FRoM Hell MR. BooGaloo - Dj set

CHateau de CHillOn JaZZ Meets ClassiC

sCs

jazz ReVeRies aRounD BaCH

21:00

Dès 22:30

Dès 23:00

14:00 - 17:00

HareM FOlia sessiOns janaina Mello sHe Dj liVia De BaHia

20:00

aFtersHOws montreux jazz lab 0:00

aFtersHOws montreux jazz Club F | Dès la Fin Des ConCeRts : jaM sessions iMpRoVisées et touRneuRs De DisQues | E | open wHen ConCeRts enD!

Djazz ultRasone eMilie nana

iMpRoViseD jaM sessions anD Djs

CHalet d’en Bas tHe lp ColleCtion & FauVe - ConFeRenCe DisCoteCaRio DoCa - Dj set

zuMBa session

inDiepenDanCe (aBaRt-züRiCH)

tHe studiO

Dès 20:30

MOntreux JaZZ CreatiOns

14:00 16:15 18:30 21:00 23:30

tHe rOCk Cave

Dès 20:00

MOntreux JaZZ laB DauGHteR Ben HowaRD

BRiGHton ColleGe swinG BanD HaRMCoRe jazz BanD HeMu jazz oRCHestRa oRtHoDox Celts MaGiC wineRy oRKestRa

Bar el MundO

17:00 18:00


Thursday, July 11th 2013

Montreux Jazz Chronicle

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HiGHliGHts le transformer en slide, le musicien sert un Blues passionné, énergétique et importé directement d’un lieu et d’une époque où ce genre était marqué au fer rouge sur chaque tête de bétail. Sophia Bischoff

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FREE 10 0

E | How about prolonging your evening with a detour to the Lab? Once the concerts are over, this newly renamed venue offers a free aftershow boasting a seductive line-up. Yet another freebie! The hyperactive Para One is one of the featured guest artists. He manages to wear the three hats of Hip Hop and Electro music producer, director of the Parisian label Marble – alongside Surkin and Bobmo – and film director. He has already made a name for himself. Let’s not forget his collaboration with the French Hip Hop group TTC in the 2000s, or his remixes, most notably for Daft Punk, Justice or Ellen Allien. After a spell of very digital music, up until his first album, Epiphanie, in 2006, he has now switched to warmer, livelier compositions, with “real” instruments such as the Minimoog or other vintage synthesisers, and the desire to no longer be glued to a computer. His last solo album, Passion, released in 2012 under Marble, is considered by many to be the eclectic artist’s most complete and emblematic album to date. It includes touches of Funk, Hip Hop samples and electronic tones, the whole thing infused with a melodic pop aestetic. His performances are renowned for their explosive impact. In short, they are not to be missed! The locals from Vevey, Solange la Frange, will set the dance floor alight with a wild and sweaty electro DJ set.

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para One F | Que diriez-vous de prolonger votre soirée par un détour au Lab? Dès la fin des concerts, ce lieu fraichement rebaptisé propose un aftershow gratuit au line-up très aguicheur. Un de plus ! En guest, l’hyperactif Para One, producteur de Hip-hop et d’Electro, patron du label parisien Marble aux côtés de Surkin et Bobmo, ou encore réalisateur de films. Sa réputation n’est plus à faire, souvenons-nous de son travail avec le groupe de Hip-hop français TTC dans les années 2000, et de ses remixes notamment de Daft Punk, Justice ou Ellen Allien. Après une période très digitale, jusqu’à son premier album, Epiphanie, en 2006, il revient à des créations plus chaudes, plus vivantes, en utilisant de « vrais » instruments comme le Minimoog ou d’autres synthétiseurs, avec la volonté de ne plus être en permanence connecté à un ordinateur. Son dernier album solo sorti en 2012 sur Marble, Passion, est pour beaucoup le plus abouti et le plus représentatif de la carrière de cet artiste éclectique puisque l’on y retrouve à la fois des touches de Funk, des boucles de Hip-hop et des sonorités électroniques, le tout teinté d’un esprit pop et mélodique. Ses performances ont la réputation d’être explosives et percutantes. Bref, impossible de passer à côté ! Les Veveysans Solange La Frange se chargeront de chauffer le dancefloor avec un DJ set d’électro sauvage et transpirante. Garance Zarn

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F | Sortez votre chapeau de cow-boy et votre plus beau lasso ! Music in the Park troque aujourd’hui sa pelouse émeraude pour le désert poussiéreux américain. Préparez-vous à être transportés à l’autre bout de la planète, là où les gammes pentatonique blues sont servies matin, midi et soir par une voix éraillée par l’excès de whisky clandestin du saloon du coin. N’ayez crainte, vous ne tomberez pas nez à nez avec un cheval assoiffé ou au milieu d’une traque au truand orchestrée par le chasseur de

prime local. Vous ne risquerez pas non plus d’être kidnappés par des indigènes en quête de monnaie d’échange. Le voyage que vous allez entreprendre sera imaginaire mais pas moins divin. Gare aux hallucinations ! L’image d’une sardine géante jouant un blues endiablé sur une moto vient de s’imprimer sur votre rétine ? Ce n’est qu’un mirage provoqué par la chaleur incroyable émanant de la scène du parc qui frétille déjà à l’idée d’accueillir le Blues passionné de Eric Sardinas & Big Motor. Derrière ce mirage se cache un guitariste originaire de Floride à l’attitude définitivement Rock’n’roll. Troquant parfois le maintien classique de son instrument pour

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eriC sardinas & BiG MOtOr

Eric Sardinas Music in the Park |23:30 | 11:30am

E | Time to take out your cowboy hat and your finest lasso! Today, Music in the Park swaps its bright green lawn for the dusty American desert. Prepare to be transported to the other side of the world – a place where bluesy pentatonic scales are served morning, noon and night by a hoarse voice, worn out by too much clandestine whisky from the nearby saloon. Have no fear, you won’t find yourself eye-to-eye with a thirsty horse, or caught in the middle of a bounty hunter’s chase for a wanted man. There’s also little chance of being kidnapped by the natives in search of ransom. The journey you’re setting out on will be imaginary but no less divine. Beware of hallucinations! Has the image of a giant sardine playing devilish Blues on a motorbike just sprung to mind? It was only a mirage, caused by the stifling heat emanating from Music in the Park’s stage, already itching at the thought of welcoming Eric Sardinas & Big Motor’s passionate Blues. Behind this mirage lies a guitar-player from Florida with an undeniably Rock ‘n’ Roll attitude. Abandoning at times the traditional grip of his instrument to play slide guitar, Sardinas produces Blues both hectic and energetic, imported directly from a time and place where this music was branded on every head of cattle. 00%

Para one Aftershows - Montreux Jazz Lab | 00:00 | 12am


10.07.2013

PORTfOliO

ZZ TOp WiTH LAURA LEiSHMAN pATRiciA vONNE the parktard dans la nuit Laura m’en a trouvé deux très cool! » F| « J’ai fais la «chasse» auxMusic barbus in aujourd’hui,

ArnaudDERIB / Montreux Jazz Chronicle Photographer

E| “Went hunting for long-bearded men today, later in the night, Laura found a couple of amazing ones!”

OF MONSTERS AND MEN Montreux Jazz Lab

Music in the park

DENvER JAZZ cLUB YOUTH ALL-STARS Music in the park JAKE BUGG Montreux Jazz Lab

GEORGE THOROGOOD A Auditorium Stravinski


BEN MiLLER BAND Auditorium Stravinski

MiSJA FiTZGERALD MicHEL Montreux Jazz club

AND THE DESTROYERS

AviSHAi cOHEN QUARTET Montreux Jazz club

ZZ TOp FAN


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Montreux Jazz Chronicle

Jeudi, 11 juillet 2013

IntERvIEW

AvIshAI CohEn F | MJC : Votre dernier album, «Duende» est sorti l’année dernière, pourquoi avoir choisi ce titre ? Je trouve que le mot duende sonne bien. Cela vient de la culture espagnole, ou peut-être plus particulièrement du folklore argentin. Il s’agit d’une sorte de lutin, une petite créature qui vit dans les maisons des gens. Ce mot évoque beaucoup de choses mais, en Espagne, on l’utilise pour désigner un musicien « qui a le feu ». Dans le Flamenco, quand on dit duende, ça veut dire : tu assures ! Pour plusieurs raisons, j’ai trouvé que c’était un nom sympa dont j’aime surtout la consonance. MJC : Pour vous la surprise est un élément crucial de la vie et de l’élan créatif. Comment faites-vous pour étonner constamment votre public ? En me surprenant moi-même. Je joue toujours comme si c’était la première fois et cherche sans cesse la nouveauté. La présence du public m’encourage à sortir des sentiers battus. J’adore jouer. Ce qu’il y a de plus beau dans le Jazz, c’est justement cet élément de surprise contenu dans la musique et la capacité à prendre des risques, qui ne sont pas aussi présents dans les autres genres. Le Jazz est précurseur à ce niveau-là.

« Ce qu’il y a de plus beau dans le Jazz, c’est cet élément de surprise contenu dans la musique » MJC : J’ai entendu dire que vous préfériez composer au clavier plutôt qu’à la contrebasse, pourquoi ? J’ai été élevé dans la musique. Enfant, le piano faisait partie de mon éducation musicale, c’était mon premier instrument. Et pour composer il n’y a rien de mieux que le piano parce que c’est comme un orchestre. On peut jouer plusieurs notes en même temps et entendre le timbre, alors qu’avec la contrebasse c’est différent, on ne peut jouer qu’une ou deux notes à la fois. MJC : Qu’aimeriez-vous dire aux amateurs de Jazz qui vivront dans 200 ans ? Je ne pense pas que le monde existera encore dans 200 ans. Vous êtes très optimiste ! E | MJC : Your latest album “Duende” came out last year, why did you choose this title? I like the ring of the word duende. It comes from the Spanish culture, or maybe specifically from Argentinian folklore. It’s a little dwarf, or a little creature that lives in people’s houses. It has many different connotations, but in Spain, the term duende became something meaning “a musician

with fire.” In Flamenco, when you say duende, it means “you got it!” For a few reasons I thought it was a cool name, but mostly I like how it sounds.

“The greatest thing about Jazz is the element of surprise contained in the music” MJC : You consider surprise to be a crucial element of life and creative flair, how do you manage to startle your audience? By being surprised myself, by keeping it fresh, as if it were always the first time. Having the audience there is what encourages me to walk more on the edge. I love playing. The greatest thing about Jazz is the element of surprise contained in the music, and the ability to take risks, which you have less

of in other types of music. Jazz is the leading force when it comes to that. MJC : I heard that you usually compose your songs on the keyboard instead of on the double bass, why? I was brought up as a musician, with the piano as much as anything else. The piano is my first instrument and it’s the best for composing because it’s like an orchestra. You can play many notes at the same time and you can hear the timbre, whereas with the bass you can’t, you can only play one or two notes at the same time. MJC : What would you like to say to Jazz fans living in the future, 200 years from now? I don’t think the world will still be here in 200 years. You’re very optimistic! Camille Guignet

MontREux JAzz tv

enus sur: Retrouvez cette interview ainsi que nos autres cont Find this interview and all our content on: montreuxjazzlive.com

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Thursday, July 11th 2013

Montreux Jazz Chronicle

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BEst oF

LA FêtE DEs PoILs F | Il y a des soirées black and white dans les clubs de goûts douteux, des soirées fluo dans les fêtes populaires du Gros de Vaud ; à Montreux, on organise des fêtes des poils. C’est du moins l’impression qu’on pourra avoir durant cette soirée où jouaient, presque simultanément, les ZZ Top et The Ben Miller Band à l’Auditorium Stravinski et Uncle Acid and the Deadbeats à la Rock Cave. La barbe est à la mode et ce n’est pas ces derniers qui me contrediront. Leur iconographie est satanique, les références vont de Black Sabbath à Led Zeppelin et ils vouent un culte à Charles Manson, le tueur en série qui a inspiré le plus de musiciens. Pourquoi lui ? Aucune idée. Peut-être parce qu’il portait également la barbe avec beaucoup d’élégance. La musique des Anglais se situe à l’époque où le Hard Rock commençait à se métamorphoser en Metal et que les Hippies, dans une gueule de bois colossale, transformaient leurs idéaux communautaires en quelques sectes de plus en plus obscures. Le son est brut. Aucune pédale d’effets sur les guitares, aucune réverbération sur les voix, on assiste là à une musique d’un autre âge. Et pourtant, elle séduit. Les refrains chantés en chœur et à la tierce sonnent comme des chants de supporters mélomanes, les riffs pentatoniques sont mémorables. La recette des

Uncle Acid & the Deadbeats - The Rock Cave

lasagnes n’a pas changé depuis des décennies pourtant elles restent toujours aussi délicieuses. Cette musique est vieille, peut-être même qu’elle est morte. Peu importe, ils sont certainement nécrophiles. Laurent Küng

hAIRy FIEstA E | There are Black and White parties in shady clubs, fluorescent parties at public festivals in Gros de Vaud – and here in Montreux, we organise hairy fiestas. Well, at least, that’s the impression you might have had last evening when several groups played almost simultaneously: ZZ Top and The Ben Miller Band at the Auditorium Stravinski, and Uncle Acid and the Deadbeats at the Rock Cave. Growing a beard is fashionable, these artists won’t say otherwise. They embrace

the iconography of Satanism, their references go from Black Sabbath to Led Zeppelin and they worship Charles Manson, the serial killer who inspired masses of musicians. Why Manson? Absolutely no idea. Maybe the reason lies within the beard he used to wear with such elegance. British music is situated in an era when Hard Rock was starting to morph into Metal, and when Hippies, colossally hung-over, were diffusing their communitarian ideals into several obscure sects. The sound is raw. There are no effects pedals on the guitars, no voice reverberation—what we have here is music from another age. And still, the music seduces. The choruses sung in unison in the third key sound like music-lovers singing, and the pentatonic riffs are unforgettable. Lasagne recipes haven’t changed for years; however, it remains as good as ever. This music is old, perhaps even dead. It doesn’t really matter, these guys are necrophiles anyway.

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TGV Lyria au rythme du Montreux Jazz Festival.

Lyria SAS, capital de 80 000€, RCS Paris B 428 678 627 – 25 rue Titon , 75011 Paris, France.

Paris, jusqu’à 20 A/R quotidiens au départ de Bâle, Berne, Genève, Interlaken, Lausanne, Neuchâtel, Vallorbe ou Zurich.

Le Sud de la France, jusqu’à 3 A/R quotidiens au départ de Genève.


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Montreux Jazz Chronicle

Jeudi, 11 juillet 2013

shoRt stoRy

WAItInG on An AnGEL F | Les studios presse sont des pièces vides, murs blancs, bureaux gris, écrans géants et muets. Je ne me souviens plus du numéro de la salle où je suis censée la rencontrer. Je suis en avance, si je ne m’arrête pas, personne ne verra que je ne sais pas où aller. Je croise des t-shirt noirs et des baskets Converse, des mini-shorts sur des jambes blanches, des épaules brûlées par le soleil, un torse nu. Fourmilière tranquille, les concerts n’ont pas encore commencé, à travers une porte derrière les camions de la télévision, le soleil fait une entrée remarquée dans les grands entrepôts. Les couloirs ne sont pas musicaux. Pas encore. Ils semblent se tordre à mesure que je m’enfonce au cœur de la technique, habitée par des hommes, en grande majorité, concentrés sur leur rôle de l’ombre. Ici, je ne peux que m’arrêter. Des dizaines de boîtes noires ou brunes, leur forme caractéristique est reconnaissable même pour la novice que je suis. Etrange silence qui pèse sur cette armée d’instruments inanimés, en attente de résonance. C’est la centrale, me dit un homme qui s’est approché, ils arrivent tous là pour être stockés ou renvoyés ailleurs. Son air amusé de me voir ainsi fascinée, il s’excuse et s’en va, s’enfonce entre les boites secrètes et disparaît. Peut-être est-il maintenant l’heure de mon rendez-vous. Mes questions préparées dans ma tête en anglais, qui ne veulent plus rien dire à force de les avoir trop répétées. Le studio numéro 2 pourrait être le bon, c’est le seul dont la porte est entrouverte. J’installe deux chaises autour d’une petite table ronde, au milieu de cette pièce efficace et neutre, mon matériel d’enregistrement ressemble à un jouet pour enfants. J’imagine sa voix qui me parle, elle qui semble ne pouvoir que chanter. J’imagine la façon dont elle se tiendra face à moi, solaire et droite. J’imagine que cette interview pourrait tout changer. Je pense à des mots qui ressemblent à la reconnaissance.

E | Press studios are empty rooms with white walls, gray desks and giant, mute screens. I can’t remember the number of the room where I’m supposed to meet her. I’m early – if I don’t stop, no one will know I don’t know where to go. I pass by black t-shirts and Converse, hot pants on pasty legs, shoulders burned from the sun, a shirtless chest. A quiet hive of activity before the concerts start. Through a door behind the TV vans, the sun strikes through the vast depot. The hallways aren’t musical. Not yet. They seem to twist and turn as I go deeper into the heart of the tech area, mostly inhabited by men, intent on their role as shadows. I can’t help but stop here. Dozens of black and brown boxes, their characteristic shape recognizable even by me, novice that I am. A strange silence weighs on this army of inanimate instruments, sounds waiting to be heard. “This is the central processing point,” a man comes up and says to me. “They all arrive here to be stocked or sent away.” He looks amused, seeing me so fascinated. He says goodbye and goes away, is swallowed up amongst the secret boxes and disappears. It’s probably time for my interview now. I’ve gone over the questions in my head in French so many times, they no longer make sense. Studio 2 could be the right one, it’s the only one whose door is ajar. I place two chairs around a small round table. In the middle of this pragmatic, bland room, my recording equipment looks like children’s toys. I imagine her voice talking to me, this woman who gives the impression she’s only capable of singing. I imagine how she’ll position her body opposite mine, radiant and upright. I imagine that this interview could change everything. I think up synonyms for gratitude. People pass by in the hallway without seeing me. There’s a group of young volunteers touring the studio; a woman in a hurry, cell phone swinging to and

Les gens passent dans le couloir sans me voir, un groupe de jeunes bénévoles qui visitent, une femme pressée, son téléphone se balance dans sa main crispée, un homme aux cheveux blancs, tranquillement rieur derrière ses lunettes rectangulaires. Celle que j’attends n’a pas de réalité pour l’instant. Je change de chaise, dispose différemment mes affaires sur la table, note trois mots qui n’existent pas dans mon carnet, ferme les yeux, croise les jambes, regarde derrière moi, le mur est blanc et fugitif. Inconsistant. Décor fragile d’une rencontre à laquelle je ne parviens toujours pas à croire. Groupie ou apôtre, je ne sais pas ce que je suis. Imposteur sûrement, dans cette lumière froide que je dois me résigner à trouver artificielle. Mais le son est suspendu, comme à la dernière seconde précédant le début d’un concert et quand elle arrive enfin, j’entends au fin fond de moi des applaudissements assourdissants. Ils redoublent d’intensité à sa poignée de main vibrante, ils se surpassent au sourire rouge pétant, ils explosent, encore et encore, à chaque réponse sincère à mes minables questions. Je la regarde s’éloigner, rejoindre un autre studio, d’autres petits journalistes effrayés, je ne devrais pas le dire mais la lumière a changé, accordez-moi au moins cette illusion-là. Je laisse les applaudissements s’apaiser, je ferme les yeux, je croise les jambes, je regarde le mur, blanc, ardent. Décor élégant d’une rencontre qui s’emmêle, entre chimère et vivant. Mon enregistreur est étonnamment froid, je le soulève prudemment et l’enclenche, avide d’entendre cette voix encore une fois, qui, dans cette boite noire, m’appartient. Mais sur la bande virtuelle, mes questions restent sans réponses. Silence laiteux, pas même une respiration. Au fin fond de moi, les applaudissements s’éteignent complètement. Fanny Wobmann Inspiré par «Waiting On An Angel » de Ben Harper, tiré de son abum Welcome to the Cruel World (1994)

fro in her gripped hand; a white-haired man looking calmly cheerful behind rectangular glasses. The woman I’m waiting for has no reality for the moment. I switch chairs, rearrange my things on the table, jot down three words that don’t exist in my notebook, close my eyes, cross my legs, look behind me, the wall is white and elusive. Unsound. The fragile décor of a meeting I still can’t believe is real. Groupie or disciple, I don’t know what I am. An impostor, for sure, in this cold light that I reluctantly admit seems artificial. The sound is suspended, like the last second before the beginning of a concert, and when she finally arrives, I hear a deafening applause coming from the deepest part of me. It doubles in intensity with her vibrant handshake, becomes even louder at her explosive red smile, and erupts, over and over, at each sincere answer to my pathetic questions. I watch her leave and move onto another studio, with other frightened amateur journalists. I shouldn’t say it but the light has changed, at least grant me this illusion. I let the applause die down, I close my eyes, I look at the wall, white, ardent. The elegant décor of a meeting caught between illusion and reality. My recorder feels surprisingly cold. I pick it up carefully and push ‘play,’ eager to hear her voice once more, in this black box that belongs to me. But on the virtual tape, there are no answers to my questions. Only a cloudy silence, not even a breath. Deep inside of me, the applause abruptly switches off.

Inspired by “Waiting On An Angel” by Ben Harper, from the album Welcome to the Cruel World (1994)

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Montreux Jazz Chronicle 2013 - N°7