Mur des pionnières - Hommage à vingt femmes ayant créé des précédents dans le milieu juridique

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Mur des pionnières Hommage à vingt femmes ayant créé des précédents dans le milieu juridique


Sommaire Le mot de la doyenne

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Le mur des pionnières

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Portées par l’engagement

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Vingt grandes pionnières

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Cinq diplômées honorées

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Le mot de la doyenne Chères pionnières, Audacieuses et déterminées, vous avez pavé la voie à des générations futures par vos parcours exceptionnels et hautement inspirants. Je suis très fière et honorée de vous rendre hommage. Chacune à votre façon, vous avez brisé des barrières. Votre leadership, votre engagement et votre vision ont déjà inspiré de nombreuses femmes à embrasser la carrière juridique et continueront de le faire par ce Mur des pionnières. Vos empreintes brilleront toujours et resteront à jamais gravées dans nos cœurs et mémoires. Sans l’apport inestimable des professeurs Julie Biron et Jean Hétu, ce Mur n’aurait pas vu le jour. Je les remercie chaleureusement pour leur travail remarquable. Fièrement vôtre,

France Houle 4

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Hommage à vingt femmes ayant créé des précédents dans le milieu juridique

«Mur des pionnières», une installation inaugurée le 5 mai 2022 au 2e étage du pavillon Maximilien-Caron de l’Université de Montréal

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Mur des pionnières


Portées par l’engagement

Université Laval à Montréal, 1900

La Faculté de droit de l’Université de Montréal a été fondée en 1878, mais il fallut attendre cinquante ans avant qu’une première femme en devienne diplômée. Il s’agit de Juliette Gauthier, licenciée en droit en 1928. Par la suite, de plus en plus de femmes se sont inscrites en droit et elles constituent maintenant environ les deux tiers de la communauté étudiante de la Faculté. La professeure Julie Biron et le professeur Jean Hétu, avec l’appui de la doyenne France Houle, ont voulu rendre hommage à une vingtaine de diplômées qui sont des pionnières du milieu juridique en exposant leurs portraits sur un mur de la Faculté. Ces femmes ont créé des précédents dont peuvent profiter les étudiantes d’aujourd’hui dans la poursuite de leur carrière juridique.

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Première femme diplômée de la Faculté de droit en 1928

Vingt grandes pionnières 10

Mur des pionnières

Première femme à travailler comme avocate au ministère de la Justice du Canada en 1939

Juliette Gauthier

Henriette Bourque

(LL. L. 1928)

(LL. L. 1933, avec grande distinction)

Marie Léocadie Juliette Gauthier, née à Montréal le 10 septembre 1903, est la fille de Georges Gustave Gauthier et de Parmélie Parent. Inscrite à la Faculté de droit le 10 septembre 1925, elle obtient une licence en droit le 24 mai 1928. Elle épouse Richard Fleming, originaire de Carlton en Australie, le 28 août 1936 à l’église de la paroisse de La Présentation-dela-Sainte-Vierge dans la Cité de Dorval. En réponse à la question portant sur l’occupation de la mariée, le certificat de mariage mentionne « à la maison ». En effet, Juliette Gauthier ne pratique pas le droit puisqu’une femme ne peut à l’époque être admise ni au Barreau du Québec ni à la Chambre des notaires. Néanmoins, elle travaille pendant une année dans un cabinet d’avocats. Elle décède le 25 mai 1960 à l’âge de 56 ans et est inhumée dans le cimetière Notre-Dame-des-Neiges à Montréal. De son mariage sont nés quatre fils entre 1938 et 1944.

Henriette Bourque est la deuxième et la seule femme inscrite à la Faculté de droit en 1931. Elle est licenciée en droit avec grande distinction en 1933 et première de sa promotion. Elle obtient de nombreux prix au cours de ses études : prix Berthelot, prix Sir Lomer-Gouin, prix Mailhot, prix Joël-Leduc, prix Jetté-Campbell, prix Larue et Médaille du lieutenant-gouverneur pour son excellence. Elle est la première femme à travailler comme avocate au ministère de la Justice du Canada en 1939, poste qu’elle va occuper jusqu’en 1949. Une plaque installée sur la rue Wellington à Ottawa, près de l’édifice du ministère de la Justice, le rappelle. Née en 1903, elle décède en 1997.

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Une des quatre premières femmes admises au Barreau du Québec en 1942

Une des quatre premières femmes admises au Barreau du Québec en 1942

Première femme d’origine canadienne à obtenir un doctorat en droit de la Sorbonne de Paris en 1949

Première femme directrice du Centre de recherche en droit public (CRDP) de l’Université de Montréal en 1976

Marcelle Hémond

Suzanne Raymond

Pauline Cazelais

Andrée Lajoie

(LL. B. 1936)

(LL. L. 1939, avec distinction)

(LL. L. 1945, avec grande distinction)

(LL. L. 1956, avec grande distinction)

Le 12 janvier 1934, Marcelle Hémond, aussi connue sous le nom de Marcelle Hémond-Lacoste en raison de son mariage en 1944 avec Me Roger Lacoste, est la troisième femme admise à la Faculté de droit. Elle obtient son baccalauréat en droit le 19 décembre 1936. Elle doit attendre cinq ans avant de pouvoir être admise comme avocate au Barreau du Québec le 15 janvier 1942. Elle est aussi la première présidente de l’Association des femmes avocates de la province de Québec (1954-1955) et la première femme nommée au titre de conseil de la reine (c.r.) en 1956. La salle Marcelle-Lacoste du CHU Sainte-Justine, dont elle a présidé le conseil d’administration, honore sa mémoire.

Inscrite le 12 septembre 1936 à la Faculté de droit, Suzanne Raymond, connue aussi sous le nom de Suzanne Raymond-Fillion, obtient une licence en droit avec distinction le 26 mai 1939 et se classe parmi les meilleurs étudiants de sa promotion. Elle est la quatrième femme diplômée de la Faculté de droit. Elle fait partie du groupe des quatre premières femmes admises au Barreau du Québec le 15 janvier 1942. Elle ne pratique pas le droit.

Licenciée en droit avec grande distinction en 1945, Pauline Cazelais poursuit ses études en droit aux universités de Columbia (New York), Paris et Oxford. Elle est la première Canadienne à obtenir un doctorat en droit de la Sorbonne de Paris en 1949. Avocate, elle fonde en 1952 l’Association des avocates de la province de Québec. Elle est aussi cofondatrice de la Société des femmes universitaires de Montréal (1949). Elle décède le 8 septembre 2019 à l’âge de 96 ans.

Admise à la Faculté de droit le 8 septembre 1953, Andrée Lajoie obtient une licence en droit avec grande distinction le 23 mai 1956. Elle fait partie, avec Robert Bourassa, des quatre meilleurs étudiants de sa promotion. Elle poursuit des études à l’Université Oxford (M.A. 1963). À partir de 1962, elle est engagée par l’Institut de recherche en droit public de la Faculté de droit qui va devenir le Centre de recherche en droit public de l’Université de Montréal (CRDP). Nommée professeure agrégée à la Faculté de droit en 1968, elle est promue professeure titulaire en 1972. Auteure de plusieurs ouvrages, elle est en 1976 la première femme nommée directrice du Centre de recherche en droit public. Elle est probablement la première femme à occuper la fonction de chercheur de carrière en droit, ce qui lui a mérité de nombreux prix. Son nom apparaît sur la liste des professeurs émérites de la Faculté de droit.

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Première femme à pratiquer le notariat au Québec en 1960

Première femme juge en chef de la Cour supérieure en 1996

Première femme nommée à la Cour d’appel du Québec à Montréal en 1987

Première juge-présidente du Tribunal des droits de la personne du Québec en 1990

Bérengère Gaudet

Lyse Lemieux

Louise Mailhot

Michèle Rivet

(LL. L. 1959)

(LL. L. 1961)

(LL. L. 1964)

(LL. L. 1964, avec distinction)

Admise à la Faculté le 8 septembre 1956, Bérengère Gaudet est licenciée en droit au mois de mai 1959. Assermentée le 11 octobre 1960 comme notaire, elle est la première femme à exercer au Québec cette profession pourtant pratiquée depuis l’époque de la Nouvelle-France. En 1963, deux autres diplômées de la Faculté suivent ses traces, soit Paule MacKay (LL. L. 1962) et Rita Legault (LL. B. 1962). Bérengère Gaudet est aussi, en 1988, la première femme secrétaire générale de l’Université Concordia.

Admise à la Faculté en septembre 1958, l’honorable Lyse Lemieux obtient une licence en droit en octobre 1961. Elle est la première sous-ministre associée, affaires civiles et pénales, au ministère de la Justice du Québec en 1975. Juge de la Cour supérieure pendant 26 ans, elle est la première femme à occuper le poste de juge en chef pendant huit ans, soit de 1996 jusqu’au 30 septembre 2004.

Admise à la Faculté en septembre 1961, l’honorable Louise Mailhot, C.M., O.Q., Ad. E., obtient une licence en droit en mai 1964. Elle est la première avocate élue, en 1974, au conseil d’administration du Barreau du Québec. Elle est aussi la première plaideuse en droit du travail. Nommée juge à la Cour supérieure du Québec en 1980, elle est la première avocate du Barreau de Montréal nommée à la Cour d’appel du Québec à Montréal en 1987. De 1996 à 2004, elle est vice-présidente de l’Union internationale des magistrats et, depuis 2005, représentante de cette ONG auprès de l’ONU. Revenue à la pratique du droit, elle est nommée avocate émérite du Barreau du Québec en 2007.

Admise à la Faculté en septembre 1961, l’honorable Michèle Rivet, C.M., Ad. E., obtient une licence en droit avec distinction au mois de mai 1964. Elle est d’abord juge de la Cour du Québec (1987-1990) avant de participer en 1990 à la fondation du Tribunal des droits de la personne du Québec dont elle est la première juge-présidente jusqu’en 2010. Revenue à la pratique du droit, elle est nommée avocate émérite du Barreau du Québec en 2015.

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Première femme juge en chef de la Cour du Québec en 1996

Première femme à occuper le poste de bâtonnière du Barreau de Montréal en 1992

Première femme doyenne de la Faculté de droit de l’Université de Montréal en 1988

Première femme présidente de l’Assemblée nationale du Québec en 2002

Huguette St-Louis

Pierrette Rayle

Hélène Dumont

Louise Harel

(LL. L. 1968)

(LL. L. 1969, avec grande distinction)

(LL. L. 1970)

(LL. L. 1977)

Admise à la Faculté de droit en septembre 1965, l’honorable Huguette St-Louis obtient une licence en droit en mai 1968. En 1988, lors de la création de la Cour du Québec, elle est la première juge de nomination provinciale à occuper un poste administratif dans une cour de justice québécoise quand elle est nommée juge en chef adjointe, chambre civile. Elle occupe ce poste de 1988 jusqu’au 28 août 1996 alors qu’elle devient la première femme juge en chef de la Cour du Québec et présidente du Conseil de la magistrature (1996-2003).

Admise à la Faculté en septembre 1966, l’honorable Pierrette Rayle obtient une licence en droit en 1969 avec grande distinction. Elle se classe première de sa promotion et reçoit la Médaille du gouverneur général du Canada. Avocate, elle est la première femme associée dans le cabinet Fasken Martineau. En mai 1992, elle est la première femme élue au poste de bâtonnière du Barreau de Montréal après 143 années d’existence. Elle est aussi la première femme présidente de l’Hôpital de Montréal pour enfants. Nommée juge à la Cour supérieure en 1995, elle devient le 1er octobre 2002 juge de la Cour d’appel jusqu’à sa retraite le 1er décembre 2008. Elle crée la Bourse d’excellence Pierrette Rayle pour les étudiantes et étudiants de la Montérégie désireux de poursuivre leurs études en droit à l’Université de Montréal.

Admise à la Faculté en septembre 1967, Hélène Dumont obtient une licence en droit en juin 1970 alors qu’elle se classe 9e parmi les 203 étudiants de sa promotion. Professeure de droit pénal à la Faculté, elle devient en 1988 la première femme à occuper le poste de doyenne de la Faculté de droit depuis sa fondation en 1878. Elle est alors la deuxième doyenne dans l’histoire du Québec, après Thérèse Rousseau-Houle nommée doyenne de la Faculté de droit de l’Université Laval en 1985, un précédent au Canada. Hélène Dumont est professeure émérite de la Faculté de droit.

Admise à la Faculté en septembre 1974, Louise Harel obtient une licence en droit le 15 juin 1977. Femme politique, elle est notamment la première femme à occuper en 1998 les fonctions de ministre des Affaires municipales depuis la création de ce ministère en 1918. Elle est aussi la première femme présidente de l’Assemblée nationale du Québec du 12 mars 2002 au 4 juin 2003.

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Première femme à occuper le poste de directrice des poursuites criminelles et pénales (DPCP) en 2015

Première femme noire nommée juge à la Cour supérieure du Québec en 2007

Première femme présidente de l’Association des étudiantes et étudiants en droit (AED) en 1983

Première diplômée de la Faculté nommée ministre de la Justice du Québec en 2018

Annick Murphy

Guylène Beaugé

Éliane B. Perreault

Sonia LeBel

(LL. L. 1979)

(LL. B. 1984)

(LL. B. 1984)

(LL. B. 1990)

Admise à la Faculté en septembre 1976, Annick Murphy, Ad. E., obtient une licence en droit le 14 juin 1979. Elle fait carrière comme procureure aux poursuites criminelles et pénales. Elle devient le 14 janvier 2015 la première femme à occuper, jusqu’au 2 février 2021, la fonction de directrice des poursuites criminelles et pénales (DPCP). Elle est avocate émérite du Barreau du Québec depuis 2014.

Admise à la Faculté en septembre 1981, l’honorable Guylène Beaugé obtient un baccalauréat en droit le 7 juin 1984. Avocate d’origine haïtienne, elle est la première femme noire à être assermentée comme juge de la Cour supérieure du Québec en 2007.

Admise à la Faculté en septembre 1981, l’honorable Éliane B. Perreault obtient un baccalauréat en droit le 7 juin 1984. Elle est la première étudiante à devenir présidente de l’Association des étudiantes et étudiants en droit (AED) de l’Université de Montréal en 1983-1984. Procureure de la Couronne à Montréal, elle est assermentée comme juge de la Cour supérieure en décembre 2013.

Sonia LeBel obtient un baccalauréat en droit de la Faculté en 1990. Procureure en chef de la Commis­sion Charbonneau sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction, elle est par la suite élue députée aux élections générales du Québec de 2018. Elle est la première diplômée de la Faculté à devenir le 18 octobre 2018 ministre de la Justice du Québec, poste qu’elle occupe jusqu’au 22 juin 2020 alors qu’elle se voit confier d’autres responsabilités ministérielles.

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Première femme juge-avocat général des Forces armées canadiennes en 2017

Première femme noire à devenir ministre du gouvernement du Québec en 2007

Geneviève Bernatchez

Yolande James

(LL. B. 1991)

(LL. B. 2000)

Inscrite à la Faculté en septembre 1988, le commodore Geneviève Bernatchez, OMM, CD, obtient un baccalauréat en droit le 11 juin 1991. Elle est la première femme nommée au poste de juge-avocat général des Forces armées canadiennes en juin 2017.

Yolande James obtient un baccalauréat en droit de la Faculté en 2000. Femme politique, elle est ministre du gouvernement libéral présidé par Jean Charest de 2007 à 2012. Elle est ainsi la première femme noire à faire partie du Conseil des ministres du gouvernement du Québec le 18 avril 2007. Une bourse d’admission créée en 2021 pour une personne de couleur noire porte son nom.

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Cinq diplômées honorées Le rappel des noms de ces anciennes diplômées complète la liste d’autres pionnières dont le portrait a été affiché depuis quelques années au mur d’honneur d’un autre couloir de la Faculté. Nous vous présentons également de brefs portraits de ces autres précurseures.

Louise Arbour

Alice Desjardins

(LL. L. 1970, avec distinction), C.C., G.O.Q., première diplômée nommée juge à la Cour suprême du Canada (1999-2004); haut-commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme (2004-2008); lauréate du prix interna­tional Tang 2016 dans la catégorie « État de droit ».

(LL. L. 1957, avec distinction), première femme nommée professeure à temps plein d’une faculté de droit au Canada en 1961; première femme nommée juge à la Cour d’appel fédérale (1987-2009).

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Cinq diplômées honorées

Pour contribuer au Fonds Les Pionnières

Pour nous joindre France Houle Doyenne Faculté de droit Tél. : 514 343-2429 france.houle@umontreal.ca

Nicole Duval Hesler

Réjane Laberge Colas

(LL. L. 1967, avec distinction), première femme nommée juge en chef de la Cour d’appel du Québec en 2011.

(LL. L. 1951, avec distinction), présidente fondatrice de la Fédération des femmes du Québec en 1966; première femme nommée juge à une cour supérieure au Canada en 1969.

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Juanita Westmoreland-Traoré (LL. L. 1966, avec distinction), première diplômée en droit de la communauté noire et première professeure noire de la Faculté en 1972; première personne noire à accéder à la magistrature au Québec, soit à la Cour du Québec, en 1999.

Josée St-Martin Conseillère en développement philanthropique Tél. : 514 343-7850 josee.st-martin@umontreal.ca

Virginie Mesguich Conseillère aux relations avec les diplômés Tél. : 514 343-6111, poste 34803 virginie.mesguich@umontreal.ca

En collaboration avec


Pavillon Maximilien-Caron Université de Montréal 3101, chemin de la Tour Montréal (Québec) H3T 1J7 droit.umontreal.ca

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