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LE MOT DE LA RÉDACTION ET VOUS, QUE RETIENDREZ-VOUS ? Pour le dernier numéro de 2020, nous avons voulu retracer la trame de l’année écoulée, à travers ses événements les plus marquants. Mais plus les mois défilaient sur nos pages, plus la question s’imposait à nous : nous, citoyens et journalistes, n’avons-nous retenu que les dates les plus sombres ? Au fil de nos mots, c’est sûrement ce que, vous aussi, vous risquerez de penser. Pourtant, loin de nous l’idée d’insécuriser les esprits, comme il nous l’a déjà été reproché. Mais cette année, ce qui, nous, nous a marqués, ce ne sont pas les réunions institutionnelles, les inaugurations en grande pompe, les rendez-vous économiques ou politiques sur la piste longue, ou encore les installations successives de dos d’âne. Ce qui nous a marqué, nous, ce sont les histoires de femmes et d’hommes. Les barrages, les violences, les mouvements sociaux, les difficultés à tous les niveaux, exacerbées par une crise sanitaire face à laquelle nous n’étions pas préparés. Autant de problèmes que l’on pourrait croire trop lourds pour que Mayotte puisse en venir à bout. Montrons, en 2021, que nous en sommes capables. Passez une belle fin d’année, prenez soin de vous et de vos proches. Et pour la dernière fois de l’année, bonne lecture.

Solène Peillard

TOUTE L’ACTUALITÉ DE MAYOTTE AU QUOTIDIEN

Lu par près de 20.000 personnes chaque semaine (enquête Ipsos juillet 2009), ce quotidien vous permet de suivre l’actualité mahoraise (politique, société, culture, sport, économie, etc.) et vous offre également un aperçu de l’actualité de l’Océan Indien et des Outremers.

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FI n°3839 Lundi 7 mars 2016 St Félicie

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BP 263 - ZI Kawéni - 97600 Mamoudzou - email : hd.mayotte@wanadoo.fr

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FI n°3822 Jeudi 11 février 2016 Ste Héloïse

à partir de

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RENSEIGNEMENTS Tél : 0639 67 04 07 | Mail : contact@mayotte-e-velos.yt

FI n°3818 Vendredi 5 février 2016 Ste Agathe

marine le Pen

environnement

Port de Longoni

ConSeil départeMental

Quel accueil se prépare pour la présiDente Du Fn ?

Le Lagon au patrimoine mondiaL de L'unesCo ?

la dsP sur la sEllEttE

pas de changement sUr l’octroi de mer

© Jonny CHADULI

Grève à Panima

TéléThon 2016

Des propositions mais toujours pas D'issue

DemanDez le programme

première parution : juillet 1999 - siret 02406197000018 - édition somapresse - n° Cppap : 0921 y 93207 - dir. publication : Laurent Canavate - red. chef : Gauthier dupraz - http://flash-infos.somapresse.com

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FI n°3997 mercredi 30 novembre 2016 St André

© CR: Gauthier Bouchet

Diffusé du lundi au vendredi, Flash Infos a été créé en 1999 et s’est depuis hissé au rang de 1er quotidien de l’île.

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Économie

SÉcuritÉ

Les appeLs à projets de L'europe

Couvre-feu pour Les mineurs

Première parution : juillet 1999 - Siret 02406197000018 - APE 5813Z - Édité par la Somapresse - Directeur de publication : Laurent Canavate - http://flash-infos.somapresse.com

OUI, je m’abonne

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Musique

Faits divers

Edmond BéBé nous a quitté

ViolEncE En cascadE

Première parution : juillet 1999 - Siret 02406197000018 - APE 5813Z - Édité par la Somapresse - Directeur de publication : Laurent Canavate - http://flash-infos.somapresse.com

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MCG VS SMart

ViCe-reCtorat

UltimatUm oU véritable main tendUe ?

l’institUtion répond aUx critiqUes

Première parution : juillet 1999 - Siret 02406197000018 - APE 5813Z - Édité par la Somapresse - Directeur de publication : Laurent Canavate - http://flash-infos.somapresse.com

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TCHAKS LE CHIFFRE 2,5 M€

C’est la somme engagée par le pacte de sauvegarde des tortues, fraîchement signé par les communautés de communes du Sud et de Petite-Terre, la préfecture, le Département et les associations Oulanga Na Nyamba et les Naturalistes. Six axes prioritaires ont été fixés pour l’année 2021, parmi lesquels le renforcement des effectifs et des moyens matériels. Ce pacte inclut également un renforcement de la protection réglementaire et la réalisation d’une étude socio-culturelle sur la consommation de viande de tortue. « Le plan ne se substitue pas à l’autorité judiciaire qui joue son rôle », a tenu à préciser le préfet.

LA PHRASE

“Les travaux pourront débuter, sauf un aléa Après deux ans exceptionnel, au tout d’absence, Corsair se début de l’année pose à nouveau 2023 !” à Mayotte

L'ACTION

Après deux ans d’absence, la compagnie aérienne Corsair International a fait son grand retour sur le ciel et le sol mahorais. Un événement qui devrait s’inscrire au moins sur les cinq prochaines années, puisque Corsair a l’ambition de devenir LA compagnie de l’Outre-mer, avec des prix qui défient la concurrence. Pour l’heure, les avions de la compagnie desserviront Mayotte deux fois par semaine. À partir du 15 juin 2021, et jusqu’au 15 septembre de la même année, Corsair doublera ses vols hebdomadaires. Une belle surprise pour les voyageurs puisqu’initialement la compagnie n’avait prévu que trois vols.

À l’issue de la deuxième réunion du comité de pilotage sur la piste longue, le préfet n’a pas caché son enthousiasme. D’abord, le profil du futur ouvrage « sera définitivement arrêté en octobre 2021 », promet le délégué du gouvernement. Le scénario de la piste convergente serait « très, très, très privilégié » à ce stade. Reste encore à déterminer la longueur de la piste et les gisements de matériaux mobilisés, ainsi que leur mode d’acheminement. Coût estimé : 250 millions d’euros, dont 80 débloqués il y a quelques semaines par le conseil départemental. Le reste des financements, auxquels pourraient participer l’Europe et l'Etat, resteront à déterminer lors d’une réunion interministérielle.

ILS FONT L’ACTU Aurélien Siri reconduit à la tête du CUFR A l’issue d’une campagne pleine de rebondissements, Aurélien Siri, directeur sortant du centre universitaire de formation et de recherche de Dembéni, a été reconduit jeudi. Sur les 20 administrateurs du CUFR, lui et son adjoint, Abal Kassim Cheik Ahamed, ont emporté 13 voix. Il est toutefois prévu que les rôles du binôme s’inversent sous deux ans. Pour mémoire, le concurrent d’Aurélien Siri, Thomas M’Saïdié, était le premier candidat mahorais à ce poste. La stratégie du binôme Siri - Cheik Ahamed repose notamment sur un projet d’extension immobilière ambitieux, le développement de la recherche et des compétences locales, notamment, pour permettre au CUFR de devenir, à terme, une université de plein exercice.

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LU DANS LA PRESSE

Chaque semaine, découvrez le regard porté sur l’actualité locale à travers la presse nationale ou régionale

MISS FRANCE 2021 : 5 CHOSES À SAVOIR SUR ANLIA CHARIFA, MISS MAYOTTE Publié dans Le Figaro, par Damien Mercereau

Passionnée par l’audiovisuel “ À l'âge de 15 ans, j'ai quitté Madagascar pour m'installer en métropole, à Lyon, pour mes études. J'étais éloignée de mes parents. J'ai eu un Master 1 en marketing digital, je suis passionnée par le monde du digital, c'est le monde d'aujourd'hui et celui du futur. Je fais actuellement un Master en création audiovisuelle pour devenir directrice de production ou réalisatrice. Je ne sais pas encore précisément vers quel métier je vais m'orienter mais une chose est sûre, je suis passionnée par le monde de l'audiovisuel. À travers mes réseaux sociaux, je fais énormément de vidéos sur le développement personnel, sur la femme... Je suis heureuse de pouvoir me lever le matin et faire des choses qui me passionnent. ”

PORTRAIT - L’étudiante de 23 ans en Master marketing digital se destine à une carrière dans le monde de l’audiovisuel. La jeune femme souhaite mettre à profit son caractère résolument positif au service des Mahorais. Un entretien téléphonique avec Anlia Charifa (1,77 m) depuis la grisaille parisienne, c'est un rayon de soleil envoyé directement depuis Mayotte jusqu'à la capitale. Il émane de cette jeune femme de 23 ans une telle aisance, une telle joie de vivre et une telle générosité que tout devient lumineux. La positive attitude “ J'ai participé à l'élection de Miss Mayotte pour Miss France en 2019 et j'ai obtenu l'écharpe de première dauphine. Au fond de moi, j'ai senti que cette aventure n'était pas terminée et que le livre ne devait pas se refermer immédiatement. J'ai retenté ma chance cette année avec beaucoup de détermination et j'ai réussi à remporter la couronne. C'est un gros challenge pour moi comme pour Mayotte d'être à ce concours Miss France, jamais aucune participante de chez nous n'a été couronnée au niveau national. Et pour moi, rien n'est impossible. Miss France est une leçon de vie. Après ma première expérience, j'ai beau-coup appris sur moi-même, je me suis rapprochée du développement personnel. J'ai lu des livres et regardé des vidéos en rapport avec ce sujet et sur la confiance en soi. J'ai fait ma propre thérapie pour parvenir à faire ressortir mon état d'esprit positif et faire en sorte que cette confiance que je ressens à l'intérieur de moi se voit à l'extérieur. ”

Un compte Instagram de conseil en développement personnel “ Je suis quelqu'un de souriante, positive, naturelle, simple et très sociable. Énormément de jeunes femmes mahoraises viennent me parler de leur parcours et me demandent des conseils pour avoir davantage confiance en elle. J'ai créé le compte Instagram des Conseils de Tata Lilas pour publier des phrases de motivation et des vidéos de coaching pour les aider. C'est quelque chose que je souhaite développer lorsque j'aurai de nouveau le temps. Une fois de retour à Mayotte, j'envisage de mettre en place des ateliers de développement personnel. ” Des blessures qui ont forgé son caractère “ Je suis issue de deux cultures différentes : ma mère est de Madagascar et mon père de Mayotte. Ils se sont séparés quand j'étais petite et j'ai vécu avec ma mère et ma grand-mère. J'ai perdu mon père il y a deux ans. Il est parti dans l'exercice de sa passion pour la pêche, en pleine mer. Il a été foudroyé. Cette tragédie m'a rappelé à quel point il faut profiter des siens au maximum et de l'instant présent. Cette année, j'ai été endeuillée par le décès d'un cousin, qui s'est suicidé, et celui d'un oncle qui a eu un accident de moto. Ces drames personnels ont forgé mon caractère. Je suis l'aînée d’une famille très soudée, j'ai une petite sœur et des petits frères, c'est important que je reste forte et que je leur donne de l'espoir. La famille Charifa, c'est le sourire et l'esprit d'entraide. Même si je n'ai pas vécu sur l'île de Mayotte pendant mon enfance, je n'ai jamais oublié d'où je venais. Le sang mahorais coule en moi, j'en suis fière et je représente cette diversité. ” Inspirée par Vaimalama Chaves “ Vaimalama Chaves m'inspire par son naturel et sa simplicité. Elle dit tout ce qu'elle pense avec beaucoup d'humour. J'ai eu la chance de la rencontrer, c'est une femme formidable avec un grand cœur. Son parcours est exemplaire, elle assume qui elle est et incite toutes les femmes à s'accepter telles qu'elles sont".

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DOSSIER

2020

LE TOUR DE MAYOTTE EN 365 JOURS Chaque fin d’année, le rituel est le même. Chacun jette un œil derrière son épaule, pour regarder le chemin parcouru, les résolutions tenues. Pourtant, cette année, ce chemin n’a ressemblé à aucun autre. Nos résolutions ? Le confinement les a souvent mises à mal. Nos projets ? Reportés pour raisons sanitaires. Alors une dernière fois, regardons les événements qui, depuis presque 365 jours, ont marqué nos vies. Et demandons nous comment chacun, à son échelle, peut faire de 2021 une année meilleure.

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DOSSIER

JANVIER

NOUVELLE ANNÉE, NOUVEAU

DÉPART Les institutions aussi, ont tenu leurs bonnes résolutions. 21 ans après sa création, le vice-rectorat devient, au 1er janvier, un rectorat de plein exercice. Désormais, l’académie ne dépend plus de celle de La Réunion et est habilitée à prendre seule les décisions qui concernent l’éducation sur le sol mahorais, comme demandé depuis plusieurs années par les syndicats d’enseignants. L’État s’engage alors à mobiliser un demi-milliard d’euros pour la construction de neuf nouveaux collèges et quatre lycées supplémentaires, pour un total de 800 classes construites ou rénovées pour 2022, ce qui devrait à terme marquer la fin du système de rotation scolaire. La transformation de Mayotte en région académique signe également l’ouverture de formations supplémentaires dans le primaire, le secondaire et même au sein du CUFR. Dans le même temps, les services de police connaissent une profonde restructuration. Les services de la police judiciaire, de

la police aux frontières, de la sécurité publique, le renseignement, le recrutement et la formation fusionnent pour mutualiser leurs hommes et leurs moyens, la direction territoriale de la police nationale est née à Mayotte, mais aussi en Guyane et en Nouvelle-Calédonie, sorte de territoires “pilotes”. Dans le 101ème département, la direction de cette nouvelle structure est confiée à Jean-Marie Cavier, épaulé par deux autres commissaires, à savoir le chef de la PAF et celui de la sécurité publique. Dès la fin du mois, l’ARS, devenue autonome elle aussi au 1er janvier, adresse ses recommandations aux personnes voyageant à destination ou en provenance de la Chine, où depuis plusieurs semaines déjà, un mystérieux virus sévit. Alors que le Covid y a tué moins de dix personnes, les voyages ne sont encore soumis à aucune restriction, le risque de contamination à Mayotte étant à ce stade, jugé faible, mais pas totalement exclu.

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FÉVRIER

APRÈS LA FÊTE, LA

DÉFAITE

Le 1er février, Christelle Dubos, secrétaire d’Etat auprès de la ministre des solidarités et de la santé arrive à Mayotte, et y amène une enveloppe de 360 000 euros pour la protection maternelle et infantile. Une bonne nouvelle, très vite chassée par de sombres faits divers. Le 7 février, un enfant d’une douzaine d’années trouve la mort, noyé, dans la retenue collinaire de Combani. Quatre jours plus tard, un garçon de neuf ans se noie à son tour dans le plan d’eau qui jouxte le remblai de M’tsapéré. Dans les deux cas, les bambins étaient venus profiter d’un bain avec leur bande de copains, et sans adulte, avant de se retrouver piégés par les eaux. S’agissant de la sécurité publique, les nouvelles ne sont pas plus réjouissantes. Arès une accalmie relative, les lycées de Tsararano et de Kahani connaissent une recrudescence des intrusions de bandes armées dans leurs enceintes, pendant que le chemin vers l’école s’avère,à Kawéni, être de plus en plus dangereux, vols et agressions d’élèves s’y multipliant. En réaction, les enseignants du second degré décident d’organiser une journée île morte le 12 février. Près de la moitié des collèges et lycées sont alors fermés. Après une réunion organisée en urgence entre les différents acteurs institutionnels, le préfet annonce une poignée de nouvelles mesures, concernant notamment les transports scolaires, afin de sécuriser les élèves. Pourtant dès la semaine suivante, Tsoundzou devient le théâtre d’un déferlement de violences. Au matin du 18 février, des élèves érigent un barrage pour réclamer des bus scolaires. La manifestation dégénère, les

forces de l’ordre interviennent. Quatre policiers et un gendarme sont blessés dans les heurts. Quelques heures plus tard, une personne sera interpellée. Le summum de la violence sera atteint le 24 février. Quelques heures plus tôt, à Kawéni, un policier abattait un homme d’une trentaine d’années, alors qu’il frappait à coup de matraque un autre homme. D’après les premiers éléments de l’enquête, l’agresseur aurait continué de frapper sa victime même après plusieurs sommations de la patrouille de la BAC qui venait de s’interposer. L’un des policiers décide alors de faire usage de son arme, touche l’homme à l’abdomen. Transporté à l’hôpital, il ne survivra pas et décédera le jour même. Immédiatement, des barrages sont érigés à Kawéni. Les automobilistes sont agressés, et rapidement, des bandes saccagent les commerces environnants. Après plusieurs heures d’intervention, les forces de l’ordre parviennent à disperser la plupart des émeutiers, mais d’autres attroupements seront observés tout au long de la nuit. Une dizaine de personnes seront interpellées.

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DOSSIER

MARS

PARFUM

UN DE COVID Alors que la bataille des municipales fait rage, le Covid menace de plus en plus la santé publique en France. Pourtant à Mayotte, c’est d’abord l’épidémie de dengue qui inquiète et touche désormais l’ensemble de l’île. Depuis le début de l’année, plus de 2 000 cas ont été recensés, pour 175 hospitalisations et cinq décès. Sur l’île intense, les premiers cas de Coronavirus sont recensés, faisant craindre son arrivée proche à Mayotte. Mais sur une île où une large partie de la population n’a pas accès à l’eau courante, le respect des gestes barrières posent question. En réaction, l’ARS fait installer plusieurs rampes d’eau, accessibles à tous, gratuitement. Le 14 mars, le premier cas insulaire est recensé. Il s’agit d’une personne ayant séjourné dans l’Oise avant de rejoindre le territoire, et qui ne présente aucun signe de gravité. Deux autres cas sont identifiés jusqu’au 17 mars, jour où l’île, à l’instar du territoire national, entre en confinement, un jour après la fermeture des écoles, ordonnée par le préfet, et celle des bars, des restaurants, et autres commerces considérées comme non essentiels. Dès le lendemain, les premières mesures sanitaires sont déployées à

l’aéroport. 10 jours plus tard, le trafic aérien est interrompu, alors que Mayotte vient de franchir la barre des 50 cas. Le 30 mars, un premier décès est enregistré. Les distributions de bons alimentaires à destination des plus démunis s’organisent, et occassionnent parfois des scènes de cohue. Parallèlement, le premier tour des élections municipales se tient le 15 mars, dans des conditions aménagées pour faire respecter les gestes barrières. Mayotte se hisse alors en tête des scores nationaux de participation. Avec 55% des voies, Saïd Omar Oili, maire sortant de DzaoudziLabattoir, est le seul candidat a être élu dès le premier tour. Alors que le second tour était initialement prévu pour la fin du mois, le gouvernement annonce son report en juin.

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AVRIL

L’ÉPIDÉMIE

SÉVIT Mayotte continue de vivre au rythme du confinement. Le 1er avril, l’île enregistre 100 cas de Covid-19. Le 8, un nouveau décès est annoncé. Déjà les premières difficultés se font sentir par le monde économique, pendant que quelques commerces subissent une recrudescence des cambriolages. Premières denrées volées : les produits alimentaires. Signe que la misère fera, en temps de Covid, encore plus de victimes. Le 4 avril, le porte-hélicoptère Mistral et des dizaines de militaires débarquent à Mamoudzou dans le cadre de l’opération Résilience, avant de reprendre la mer pour La Réunion, pour y récupérer plusieurs centaines de fret à acheminer jusqu’à Mayotte. Un pont aérien est rapidement mis en place pour approvisionner l’ile en matériel médical ou de prévention, produits pharmaceutiques ou sanguins, ainsi qu’en denrées alimentaires. À la fin avril, 354 cas de Covid-19 étaient confirmés, pour 21 hospitalisation, dont quatre en réanimation, et quatre décès.

perspectives réjouissantes, Mayotte elle, nage à contre-courant. Sous l’effet de l’arrêt des patrouilles sur les plages, les associations environnementales dénoncent une recrudescence des braconnages de tortues. Fin avril, deux braconniers sont interpellés sur la barge alors qu’ils transportent de la viande de tortue fraîche. Ils avouent rapidement avoir abattu plusieurs animaux depuis le confinement. Jugés en comparution immédiate, ils seront toutefois relaxés pour vice de procédure, avant d’être condamnés trois mois plus tard à deux ans de prison ferme en appel. Mais ayant probablement quitté le territoire entre leurs deux procès, ils sont à ce jour introuvables. La fin du mois est aussi marquée par le début du ramadan. Mais cette année, pas question de se rendre dans les mosquées, fermées pour raisons sanitaires. Comme chaque année, en revanche, le mois Saint a occasionné nombre de mourengués, dont certains ont fini en affrontements.

Alors que partout dans le monde, les bénéfices du confinement sur la nature offrent enfin des

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DOSSIER

MAI

, DÉCONFINEMENT ET SÉQUESTRATION MINISTRE

Dès le début du mois, de nouveaux affrontements sont perpétrés en marge de mourengués, notamment à Mamoudzou, en dépit des mesures de confinement. Le 4 mai, Abdourahamane Ben Omar, le grand imam de la grande mosquée de Mamoudzou et figure religieuse emblématique de l’île, décède. Le même jour, le premier Ministre Édouard Philippe annonce le report du déconfinement à Mayotte, où le virus circule encore très activement. Le lendemain, dans le plus grand secret, Annick Girardin, alors ministre des Outre-mer, atterri à Mayotte avec l’avion présidentiel venu apporter des masques, des respirateur et un automate permettant de réaliser plus de tests PCR, alors que le laboratoire privé pointait du doigt les manques de réactifs. Un déplacement décidé à la dernière minute et marqué notamment par la visite du CHM. Au programme, pas d’annonce fracassante, mais une volonté de l’État de montrer son soutien aux Mahorais. En parallèle, la caserne de Kahani, dont les pompiers dénonçaient depuis des mois l’état de délabrement menaçant leur sécurité, est attaquée par une cinquantaine d’individus. Les véhicules sont pillés, vandalisés, des groupes électrogènes volés. Quelques semaines plus tard, une personne tente de s’introduire en pleine nuit dans le dispensaire de Kahani, particulièrement exposé à l’insécurité. Son personnel décide alors de faire valoir son droit de retrait.

À la fin du mois, deux Petits-Terriens sont mis en examen et incarcérés pour des faits de violences, enlèvement et séquestration comis sur un jeune homme de 23 ans, alors encore disparu, soupçonné par les habitants de Labattoir d’actes de délinquance. Au lendemain de sa disparition sur fond d'expédition punitive, deux personnes s’étaient alors spontanément présentées à la gendarmerie, expliquant leur geste par l’inefficacité de la réponse judiciaire. Or, la décision de leur condamnation a déclenché plusieurs manifestations, parfois jusqu’aux portes du tribunal. Le procureur de la République d’alors, Camille Miansoni, est devenu la cible de critiques et injures, une partie de la population ayant jugé la détention des deux hommes être en inadéquation avec l’intérêt des Mahorais. Le 27 mai, le premier kwassa sanitaire depuis le début de la pandémie, en provenance des Comores, débarque de nuit à Bandrélé. À son bord, deux pilotes, deux jeunes adolescents et leur père, dans un état critique. L’homme de 60 ans décédera quelques minutes plus tard, devant un arrêt de bus. À ce stade, nul ne sait si sa mort est imputable au Covid, alors que l’union comorienne prétend n’avoir encore eu aucun cas sur son sol. À Mayotte, le dernier bilan du mois fait état de 1 871 cas confirmés pour 23 décès. Faute de réactifs, aucun test n’a été réalisé pendant plusieurs jours.

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JUIN

LA MER, LA MORT, LES MAIRES Dès le 2 juin, le déconfinement s’organise à Mayotte, 20 jours après sa première phase en métropole. Sous certaines conditions, bars, cafés et restaurants sont partiellement autorisés à rouvrir. Les hôtels, restés ouverts, déplorent toutefois encore l’absence totale de clients. La réouverture de l’aéroport est quant à elle repoussée. Alors que seule une quinzaine d’établissement du premier degré avaient déjà rouvert leurs portes la semaine précédente, toutes les écoles ont désormais l’obligation d’accueillir les élèves de façon progressive, si les gestes barrières peuvent y être respectés. À l’instar du territoire national, l’oral du bac de français est annulé sur l’île. Alors que les dépistages massifs de Covid-19 se poursuivent au centre pénitentiaire, les représentants du personnel dénoncent un manque d’anticipation de la direction et de l’ARS, potentiellement dangereux pour les détenues et les employés. Dans le même temps, le personnel du dispensaire de Kahani durcit son droit de retrait et décide de l’exercer totalement. Mi-juin, le corps d’une femme âgée d’une soixantaine d’années est découvert sur une plage du Sud. En réaction, le Collectif des citoyens décide d’organiser des rondes pour s’opposer à la prise en charge médicale des malades évacués en kwassa depuis les Comores. Le 14 juin, Mayotte pleure Khams, ou Kamardine Hassani, l’un de ses humoristes et comédiens les plus talentueux. La veille, l’homme avait disparu en mer lors d’une sortie en jetski. De nombreuses embarcations étaient alors parties à sa recherche. Le corps sera finalement retrouvé par des pêcheurs le lendemain matin, sous les larmes des Mahorais qui ont multiplié les hommages.

Le 16 juin, un homme de 59 ans est retrouvé mort près de son domicile à Chiconi. Rapidement, la piste de l’homicide est privilégiée. Une semaine après les faits, une première personne est placée en garde à vue puis mise hors de cause. Elle permettra toutefois de confirmer l’implication d’un autre suspect, par la suite mise en examen et placé en détention provisoire. À la fin du mois, un corps sans vie est découvert aux Badamiers, en Petite-Terre. Immédiatement, les enquêteurs pensent qu’il s’agit du jeune homme disparu et séquestré un mois plus tôt. Courant juillet, la dépouille sera formellement identifiée comme étant la sienne. En faisant état d’un corps « de race négroïde », le procureur Camille Miansoni déclenchera malgré lui une nouvelle polémique. Quelques semaines plus tôt, Mayotte apprenait la nouvelle de sa mutation à Brest. Le second tour des éléctions municipales se tient à la fin du mois. Alors que la métropole brille par son abstentionnisme, le scrutin mobilise fortement les Mahorais, puisque 72% des électeurs ont fait le déplacement jusqu’aux urnes. Sur les 16 communes candidates au second tour, sept d’entre elles ont vu les candidats se départager avec seulement 100 voix ou moins d’écart. Dans l’ensemble, les candidats centristes ont siphonné ceux de la gauche. Aucun efemme ne ressortira victorieuses de ces élections, où, à plusieurs reprise, le non respect des gestes barrières a été pointé du doigt. Au 27 juin, Mayotte enregistrait 2 540 cas de Covid-19 pour 35 décès. 34 patients étaient hospitalisés, dont cinq en réanimation.

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DOSSIER

JUILLET

LES VIOLENCES REPARTENT, LES GRÈVES AUSSI Le coronavirus fait son entrée au centre de rétention administrative, rouvert le mois précédent. Associations et syndicats de police montent alors au créneau pour dénoncer un protocole sanitaire « tardif et insuffisant » entre les murs de l’enceinte et une certaine rétention d’informations concernant les cas positifs. Dans le même temps, le gouvernement envisage de mener en Guyane et à Mayotte des essais thérapeutiques pour lutter contre la pandémie de Covid-19. Mais face à la grogne de la population, le projet est avorté. Suite à un regain de violences entre bandes rivales à Hamjago, la riposte s’est organisée en plein jour. Un événement qui, selon les habitants, aurait provoqué la crise cardiaque d’une commerçante, décédée en tentant de sauver un jeune en train de se faire agresser. Du côté des pompiers, le torchon brûle. Après avoir déposé un préavis de grève le 30 juin, les soldats du feu enclenchent leur mouvement, espérant enfin faire entendre leurs revendications à leur direction. Parmi elles, la sécurisation des casernes, notamment de celle de Kahani, et la fin de la discrimination raciale dont les pompiers mahorais s’estiment être victimes. Pour le laboratoire privé de l’île, l’heure est aussi à la grève, les employés considérant qu’un précédent protocole de fin de conflit n’avait pas été respecté. Au cœur de la grogne, les salaires, restés les mêmes, alors qu’une revalorisation avait été promise par la direction.

L’enseigne Jumbo connaît alors elle aussi un mouvement social, motivé majoritairement par des revendications salariales et des mauvais traitement répétés à l'encontre des salariés. Sur le parking du supermarché de Kawéni, les employés tiennent le piquet nuit et jour, et accusent régulièrement la direction de violences et discriminations à leur égard. La grève durera au total 71 jours, et sera marquée par le suicide de l’un des salariés. Puis, l’insécurité revient. Trévani s’embrase dans un incendie volontairement déclenché par une bande de jeunes. Aucun blessé n’est alors à déplorer, mais plusieurs domiciles ont été détruits par les flammes. Une soixantaine d’occupants ont ainsi été évacués et deux familles relogées. Un scénario similaire s’était joué à Labattoir quelques semaines plus tôt. Moins d’un mois après le meurtre d’un retraité à Chiconi, un père de famille perd la vie à M’tsapéré mi-juillet, en marge d’émeutes déclenchés par des dizaines de jeunes. Les premières auditions permettront d’identifier l’un des meneurs, un jeune majeur déjà enfermé à Majicavo pour des faits similaires. Fin juillet, l’île affiche 2 824 cas de Covid, pour 38 décès, dont trois à La Réunion, faisant suite à des évacuations sanitaires. La commune de M’tsamboro, où le virus circule particulièrement, est provisoirement reconfinée.

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AOÛT

SUR LE CHEMIN DE L’ÉCOLE Au début du mois, un restaurant de Combani se fait attaquer, en pleine nuit, par une vingtaine de jeunes, alors que l’établissement s’apprêtait à fermer ses portes. Gendarmes, pompiers et secours dépêchés sur place sont contraints de s’y barricader, laissant la voie libre aux agresseurs pour piller leurs véhicules d’intervention. Quelques jours plus tôt, un transport sanitaire avait été pris à partie à Dzoumogné. Dès lors, forces de l’ordre et services médicaux mobiles décident de travailler main dans la main pour sécuriser le transfert des malades, particulièrement sensible lorsque celui-ci fait suite à un beachage de kwassa. Alors que la pleine reprise des cours est prévue le 24 août, les transporteurs scolaires menacent de ne pas être au rendez-vous. En cause : les termes de l’appel d’offre de marché public de transport scolaire, fraîchement lancé par le conseil départemental. Jusqu’alors, la collectivité stipulait qu’en cas de changement de délégataire, le transfert des employés de Matis vers la nouvelle société serait automatique, garantissant de fait le maintien des avantages acquis depuis le début de l’exploitation de Matis, en 2010. Une clause en vigueur depuis la même année mais qui ne figure plus dans le nouvel appel d’offre, selon lequel la reprise des contrats de l’entreprise sortante demeure, certes, possible, mais plus obligatoire. Finalement, un accord sera trouvé avec le Département in extremis. Nouveau drame le 9 août : une enfant de cinq ans se noie sur la plage de Trévani, après avoir échappé à la vigilance de sa tante. Malgré de longues recherches menées notamment par les clients de l’hôtel adjacent, la marée recrachera le corps inanimée de la petite. La semaine du 15 août aura marqué les esprits, particulièrement du côté de Koungou et Mamoudzou. Des jours durant, des barrages sont érigés, des habitants agressés, une case en tôle criminellement incendiée.

Appelés sur place, les pompiers sont contraints de faire demi-tour face à la pluie de pierres qui s’abattent sur eux. En marge des affrontements, le corps d’un jeune homme est découvert à Kawéni. Quatre blessés graves sont évacués au CHM. Peu de temps après, bloqués par un barrage à Passamaïnty, des automobilistes décident de prendre les pierres à leur tour face aux jeunes émeutiers venus manifester contre le manque de bus. Une nouvelle fois, les Mahorais décident de prendre eux-mêmes les choses en main face à l’insécurité grandissante. Le 24 août, tous les élèves de l’île reprennent le chemin de l’école, dans des conditions particulières, bien que le protocole sanitaire ait été allégé en milieu scolaire. Face à l’impossibilité de faire respecter les gestes barrières, certains établissements repoussent la date de retour des élèves, pendant que les syndicats dénoncent une prise de risque généralisée à toute l’île. Autre situation qui ne tardera pas, elle aussi, à concerner l’ensemble de l’île : la pénurie d’eau qui guette. Fin août, la préfecture ordonne les premiers tours d’eau, alors nocturnes uniquement, afin de faire face au manque de remplissage des deux retenues collinaires, principales sources d’eau pour les Mahorais. Mais alors que les prévisions météorologiques concernant l’arrivée de la prochaine saison des pluies ne sont pas favorables, le préfet envisage déjà de durcir les restrictions dès les prochaines semaines. Le 23 août, Jack Passe s'éteint. De nombreux hommages sont alors rendus au père du festival de l'image sousmarine et de la course de pneus. À la fin du mois d'août, l’île comptait 3 301 cas de Covid-19, dont 82 en une semaine, pour six personnes hospitalisées et une en réanimation. Le nombre de morts s’élève désormais à 40.


DOSSIER

SEPTEMBRE

DE DRAME EN DRAME Le mois de septembre s’ouvre sur les chapeaux de roue. Dès le 1er, les quatre parlementaires, le président de l’association des maires et deux représentants du conseil départemental rencontrent pour la première fois le nouveau ministre des outre-mer, né du remaniement, Sébastien Lecornu, à Paris. Insécurité, contrôle aux frontières, compétences régionales, fonds européens... De nombreux sujets sont balayés, et les figures mahoraises estiment avoir rencontré un ministre investi et à l’écoute. Mais le climat d’insécurité ne faiblit pas pour autant. Pendant plusieurs jours, Combani et Miréréni deviennent la scène de violences inouïes. Des affrontements éclatent, une dizaine de voitures et quelques maisons sont incendiées, contraignant les habitants à s’enfermer chez eux. La situation apaisée, le préfet convoque un point presse à Combani. Mais les violences reprennent, et la réunion se tient finalement à Tsingoni. Là, JeanFrançois Colombet fera une annonce inédite : le délégué du gouvernement envisage de déchoir de leur titre de séjour les parents de jeunes condamnés pour des faits de violences sur la voie publique. « Je réunirai la Commission des titres de séjour, la loi m’y autorise, pour regarder si nous suspendons ou si nous supprimons les titres de séjour de ceux qui n’aurons pas remplir leurs devoirs à l’égard de leurs enfants », a ainsi déclaré Jean-François Colombet. Mais d’un point du vu constitutionnel, un tel dispositif apparaît rapidement comme difficile, si ce n’est impossible, à mettre en œuvre. Les jours suivants, plusieurs personnes sont arrêtés puis placées en détention provisoire ou sous contrôle judiciaire pour leur implication dans les événements de Combani. De leurs côtés, les pompiers poursuivent leur mouvement de grève sans relâche. Mais en pleine pénurie d’eau, et alors que les coupures s’intensifient à raison de 24h par semaine et par localité, les soldats du feu inondent la façade

du conseil départemental. L’image choque, au point que le préfet décide d’intervenir. Une réunion de sortie de crise est immédiatement organisée. Le 12 septembre, une protocole de fin de conflit est signé. Peu de temps après, la nouvelle tombe : le tant controversé colonel Terrien, directeur du service départemental d’incendie et de secours, quitte l’île aux parfums. Un soulagement pour ceux qui des semaines durant ont tenu le piquet de grève. Pourtant, cela n’empêchera pas les pompiers de l’aéroport de déposer un préavis de grève illimité, craignant le non renouvellement de leur contrat. Mi-septembre, l’état d’urgence sanitaire, alors encore en vigueur en Guyane et à Mayotte, jusqu’au 31 octobre, est finalement levé. Signe que l’épidémie, bien que toujours active, est en perte de vitesse sur le territoire depuis le pic du mois de mai. Mais certaines restrictions demeurent toujours de mise, notamment concernant les rassemblements. Toutefois, les voyageurs à destination de La Réunion ne sont, pour la première fois depuis des mois, plus soumis au dépistage obligatoire, pendant que la reprise progressive des vols vers Madagascar s’organise petit à petit. Aussi, après six mois de suspension, les activités sportives scolaires peuvent enfin reprendre elles aussi. Fin septembre, 3 714 cas de Covid étaient confirmés à Mayotte depuis le début de l’épidémie, pour 82 passages en réanimation et 41 décès. Le 25 septembre, un kwassa en provenance d’Anjouan chavire au nord de Mayotte. 10 des 24 passagers de l’embarcation de fortune trouvent ainsi la mort, emportés par les marée alors particulièrement fortes. Parmi eux, un enfant de sept ans. Dès le lendemain, cinq personnes sont placées en détention provisoire pour aide à l’entrée, au séjour et à la circulation d’étrangers commise en bande organisée et pour homicide involontaire.

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OCTOBRE

LES VIOLENCES CONTINUENT, L’ÉTAT D’URGENCE SANITAIRE REVIENT Le 9 octobre en plein après-midi, des bandes rivales de Doujani et Passamaïnty décident d’en découdre. Les pierres pleuvent, deux bangas sont incendiés. Au collège, le principal fait interrompre la dernière heure de classe pour évacuer quelque 1 000 élèves à la hâte. Au même moment, des individus armés de pierres et de couteaux déboulent depuis les rues de Cavani, poussant le supermarché Baobab à baisser les rideaux de fer pour mettre en sécurité les clients encore présents dans le bâtiment. Devant les yeux apeurés de quelques témoins qui ont pu filmer la scène, un jeune est alors pris à partie. La vidéo, qui a largement circulé sur les réseaux sociaux pendant le week-end, montre au moins cinq individus le mettre à terre, le rouer de coups et le laisser pour mort. Il sera évacué au CHM dans un état critique. Au total, quatre personnes seront hospitalisées, dont trois en réanimation. La nuit suivante, tous les effectifs du commissariat sont mobilisés, Entre 1h30 et 4h30 du matin, aucune ambulance, SMUR ou camion de pompiers ne peut partir en intervention, tant la situation est tendue. Aux portes du CHM, des jeunes font irruption, contraignant la police à intervenir. Une scène inédite. Moins d’un mois après avoir été levé, l’état d’urgence sanitaire fait son grand retour à Mayotte, avec toutefois moins de restrictions. Quelques semaines plus tard, alors que le gouvernement annonce un second confinement en France, l’île, où l’épidémie de Covid continue sa perte de vitesse, y échappe. Le port du masque devient toutefois obligatoire dans l’espace public. Au 28 octobre, 151 nouveaux cas de Covid étaient enregistrés à Mayotte en une semaine, portant à 4 321 le nombre de cas totaux.

Alors que la grève des employés du laboratoire privée vient à peine de se terminer afin de ne pas gêner davantage les patients, ce sont cette fois les effectifs de l’agence régionale de santé qui, en pleine crise sanitaire, décident d’entamer un mouvement illimité. Parmi les revendications, le départ du directeur de la santé publique, l’élaboration d’un organigramme et l’application de la charte des valeurs rédigée par les agents.La grève durera jusqu’au début du mois suivant. Puis, Mayotte prépare l’arrivée d’Adrien Taquet, représentant ministériel de la protection de l’enfance et des familles, en visite pour quelques jours. Il y rencontrera l’ensemble des acteurs institutionnels et associatifs impliqués dans ce volet de l’action sociale, et annoncera une enveloppe de deux millions d’euros dédiés à leur développement. Fin octobre, des centaines de demandeurs d’asile, essentiellement originaires de la région africaine des Grands Lacs, manifestent à Cavani. Ils dénoncent les inégalités de traitement qui subsistent entre Mayotte et la métropole, contraignant nombre d’hommes, femmes et enfants, à dormir chaque nuit dans la rue, sous la pluie, sans abri, argent, ou considération. Une situation exacerbée par l’arrêté municipal pris quelques semaines plus tôt à Mamoudzou, interdisant la vente à la sauvette dans le chef-lieu, source principale de revenus pour la plupart d’entre eux. Ils sont alors nombreux à avoir été mis à la porte de leurs logements, souvent vétuste, pour non paiement de loyer. En amont, les opérations de destruction de l’habitat illégal orchestrées par la préfecture se multiplient aux quatre coins de l’île.

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DOSSIER

NOVEMBRE

LE BRUIT DES VAGUES Le mois débute avec un événement inédit, demandé depuis des années par le député Mansour Kamardine : les assises de la sécurité organisée par la municipalité de Mamoudzou. À travers une série de rencotnres et d’ateliers, politiques, associations et même écoliers prennent la parole pour faire émerger les actions à mettre en œuvre. Quelques jours plus tôt, une vaste étude préalable à l’installation de l’observatoire de la violence à Mayotte était dévoilée. Sociologues et auteurs y retracent les origines du phénomène, l’impact du changement de statut de l’île et des traditions locales. Une première. Quelques jours plus tôt, une centaine de jeunes terrorisaient la commune de Koungou, pendant qu’un homme atteint de troubles psychiatriques menaçait, chumbo en main, les passants. En réponse et pour éviter tout danger, un gendarme a tiré sur l’individu au niveau de l’épaule. Il a ensuité été conduit au CHM puis placée en garde à vue. De nombreuses dégradations, agressions et incendies ont été recensés dans la nuit. Alors que Sébastien Lecornu, ministre des outre-mer, et Gérald Darmain, ministre de l’Intérieur, étaient attendus à la fin du mois pour leur première visite à Mayotte, le rendez-vous est repoussé, pour une question d’agenda, au début du mois suivant. Avant d’être une nouvelle fois annulé. Une visite d’un autre genre a toutefois bel et bien eu lieu au début du mois, celle du député européen LR François-Xavier Bellamy. Il a notamment rencontré le Grand Cadi, Hamada Mahamoud Sanda, pour échanger sur la laïcité et le projet de loi contre les séparatismes, au lendemain de l’assassinat

terroriste de Samuel Paty, professeur d’Histoire-Géographie, décapité à ConflansSainte-Honorine, après avoir donné un cours sur la liberté d’expression, illustré par des caricatures de Charlie Hebdo. Le 25 novembre, le GIGN intervient à Dzoumogné. Devant le collège et le lycée, des bandes rivales se font face depuis plusieurs heures. Mais rapidement, personnel pédagogique et élèves doivent se réfugier dans les salles de classe. La situation dégénère au point que les forces de l’ordre demandent aux commerçants de fermer boutique. Plusieurs tentatives d’évacuation des élèves par bus sont avortées. Alors que les premiers heurts ont démarré à 6 h, les derniers jeunes seront évacués à 19h30. Le lendemain, les professeurs décident d’exercer leur droit de retrait. À la fin du mois, un kwassa sanitaire dépose un homme blessé sur une plage de Bouéni. Victime d’un accident à Anjouan, il a été transféré au CHM, avant de signaler la présence de trois autres embarcations dans la zone, transportant une vingtaine de personnes au total. Quelques semaines plus tôt, un jeune étudiant en médecine dévoilait un moyen métrage amateur, dans lequel il filme la traversée qu’il a lui-même réalisé en kwassa, avec plusieurs clandestins. Un témoignage mal reçu par une partie de la population, qui s'est sentie stigmatisée. Bien que plus discrète, l’épidémie de Covid demeure bien présente. Au 30 novembre, un bilan fait état de 5 181 cas confirmés, pour 554 hospitalisations totales et 97 passages en réanimation depuis le mois de mars et 49 décès.

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DÉCEMBRE

APRÈS LA PLUIE, LE BEAU TEMPS ? Le 1er décembre, Yann Le Bris prend ses fonctions de nouveau procureur de la République et succède ainsi à Camille Miansoni. Dans le même temps, le Département inaugure le pôle d’excellence rural de Coconi, un projet vieux de 15 ans sur lequel pourront s’appuyer les quelques 200 producteurs d’ylang-ylang de l’île aux parfums. Cette bonne nouvelle n’est d’ailleurs pas la seule. Après deux ans d’absence, la compagnie Corsair se pose à nouveau à Mayotte, d’où elle opère désormais deux vols hebdomadaires, et jusqu’au double dès le mois de juin prochain. Quelques jours plus tôt, les conseillers départementaux votaient à l’unanimité une enveloppe de 80 millions d’euros pour la réalisation de la piste longue, dont le coût total de la réalisation est estimé à 250 millions. Une partie de ces fonds devraient être financés par l’État et l’Europe. Autre combat de longue haleine, une proposition de loi déposée par le sénateur mahorais Hassani Abdallah, en faveur de l’apprentissage « des langues et cultures régionales appartenant au patrimoine de la France ». En clair, le texte, encore en discussion, pourrait permettre l’apprentissage du kibushi et du shimaoré à l’école. Le 6 décembre, à l’issue d’un match de football organisé en Petite-Terre, alors que les joueurs regagnent leur bus, ils sont victimes de jets de pierres, lancées par une cinquantaine d’individus. 13 jeunes sont blessés, dont quatre dans un état grave. L’un des auteurs est interpellé et déféré. Le lendemain matin, d’autres jeunes ont pris à partie, cette fois, la barge, la contraignant à faire demi-tour. Une jeune fille qui s’apprêtait à en sortir a ainsi été blessée.

Trois jours plus tard, des émeutes éclatent à Kahani, où une cinquantaine de jeunes tentent de s’introduire dans le lycée, armés de pierres, couteaux et barres de fer. Habitants et lycéens se barricadent, en attendant l’arrivée des forces de l’ordre. Plusieurs heures plus tard, le calme reviendra dans la commune. Moins d’une semaine après, c’est cette fois Combani qui est assiégé. Ses magasins sont cambriolés, incendiés, ses habitants caillassés et agressés. Les jours suivants seront marqués par de nombreuses ripostes. Puis, samedi dernier, les habitants de Koungou se réveillent en découvrant les barrages fraîchement installés. La gendarmerie, face aux bandes de jeunes, bouclent le périmètre. Aux origine de ce nouveau chaos, l'agression mortelle de Mhamadi Mroivili, dit Raoul, bousculé par des jeunes alors qu’il roulait en scooter. Père de famille et médiateur, il était aussi un ancien élu de la commune. Dans le même temps, Mayotte fait parler d'elle dans tout le pays. Samedi soir, lors de l'élection de Miss France 2021, Anlia Charifa, candidat mahoraise, s'est classée dans le top 15 du concours, une première pour l'île depuis 2009 ! Elle terminera finalement 13ème. Aussi, à l'heure où nous bouclons ce dernier numéro de l'année, Mayotte célébrait un événement exceptionnel : pour la première fois de son Histoire, l'île vient de se qualifier pour les 32èmes finale de la coupe de France de football. Un exploit rendu possible grâce au Football Club de M'tsapéré, qui s'est imposé dimanche face aux Réunionnais de la Saint-Pierroise.

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OFFRES D'EMPLOI OFFRES DE FORMATIONS FICHES MÉTIERS TÉMOIGNAGES CONSEILS

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LE CAHIER EMPLOI & FORMATION

LE MÉTIER DE LA SEMAINE

CONDUCTEUR D'OPÉRATIONS BTP LE CONDUCTEUR D'OPÉRATIONS BTP ORGANISE ET SUIT LES DIFFÉRENTS MOYENS TECHNIQUES (MATÉRIELS, MATÉRIAUX, ETC.), HUMAINS (INTERNES ET EXTERNES DE L'ENTREPRISE) ET FINANCIERS (MODE CONSTRUCTIF, ETC.) NÉCESSAIRES À LA RÉALISATION D'UN CHANTIER DE CONSTRUCTION, DE LA PHASE PROJET JUSQU'À LA LIVRAISON SELON LES DÉLAIS ET LES RÈGLES DE SÉCURITÉ. NÉGOCIE ET CONTRACTUALISE DES PRESTATIONS AVEC LE MAÎTRE D'OUVRAGE ET/OU LE MAÎTRE D'OEUVRE. ENVIRONNEMENT DE TRAVAIL - Entreprise - Entreprise du paysage

COMPÉTENCES

- Définir les moyens humains, matériels et financiers d'un projet - Planifier les travaux - Sélectionner des fournisseurs, sous-traitants, prestataires - Présenter un dossier de chantier au chef de chantier et aux intervenants - Apporter un appui technique au chef de chantier - Organiser des réunions et des visites de chantier - Coordonner les prestataires, fournisseurs, intervenants - Organiser les emplacements d'engins - Suivre la gestion des zones de stockage - Contrôler la gestion des stocks - Planifier l'activité du personnel - Affecter le personnel sur des postes de travail - Détecter des besoins d'intervention supplémentaire avec le maître d'ouvrage - Contrôler la conformité de réalisation de fournisseurs, sous-traitants, prestataires - Rédiger des documents techniques - Réaliser la gestion administrative et financière d'un chantier

ACCÈS AU MÉTIER

Cet emploi/métier est accessible avec un diplôme de niveau Bac+2 (BTS, etc.) en gros oeuvre, second oeuvre, travaux publics et génie civil et aménagement paysager. Un diplôme d'ingénieur en construction peut être demandé.

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Publi-rédactionnel

PRESENTATION DU PACTE ULTRAMARIN D’INVESTISSEMENT DANS LES COMPETENCES La loi du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel vient transformer en profondeur le paysage de la formation professionnelle. Le Plan d’Investissement dans les Compétences, à travers les pactes régionaux, entend accompagner cette transformation et promouvoir la formation tout au long de la vie centrée sur l’individu.

1 LE PUIC DE MAYOTTE, DE QUOI S’AGIT-IL ? Du Plan d’Investissement dans les compétences (PIC)…. Le PIC est un programme pluriannuel national qui poursuit deux principaux enjeux : • Accompagner et former un million de jeunes et de demandeurs d’emploi supplémentaires d’ici la fin 2022, • Accompagner l’évolution du système de la formation professionnelle et soutenir des expérimentations innovantes, de façon que les nouvelles réponses proposées soit en phase avec les besoins réels des territoires et des entreprises.

de la Direction des Entreprises de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l’Emploi (DIECCTE), du Département représenté par la Direction de l’Apprentissage, de la Formation Professionnelle et de l’Insertion (DAFPI), de Pôle emploi, et du CARIF OREF.

…au Pacte Ultramarin d’Investissement dans les Compétences (PUIC) de Mayotte La déclinaison régionale du plan d’investissement dans les compétences se traduit au travers du PUIC de Mayotte signé le 23 avril 2019 par le Président du département, le Préfet de Mayotte, la Ministre des outre-mer et le haut-commissaire aux compétences. Le cap de transformation proposé dans le PUIC de Mayotte prend en considération l’ensemble de l’écosystème pour permettre une montée en puissance et en compétences de la formation professionnelle sur le territoire de Mayotte au bénéfice de son économie. Le pacte traduit une volonté d’innovation et de changement de paradigme. La gouvernance du PUIC est assurée par le Comité Régional de l’Emploi, de la Formation et de l’Orientation Professionnelle (CREFOP). Quant au pilotage et au suivi opérationnel, ils sont assurés respectivement par un comité de pilotage et une équipe projet interinstitutionnels composés

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Construit à partir d’un diagnostic partagé par tous les acteurs publics, économiques et sociaux, le pacte ultramarin pour Mayotte, porte les ambitions suivantes : - Développer l’approche de parcours individualisé de formation afin d’initier une démarche "intégrée" d’insertion ; - Répondre aux besoins en compétences des entreprises et contribuer au développement des filières stratégiques de l’économie du territoire ; - Concourir à la transformation et à la modernisation du système de formation professionnelle favorisant la structuration de la filière. Le PUIC est un investissement conjugué du Département et de l’Etat de 68,3M€ sur 4 ans (2019-2022).

2 FOCUS SUR LES ACTIONS DEPLOYEES • Les parcours de formation Pôle emploi Mayotte s’est vue confier une dotation financière pour développer des parcours de formation visant à consolider les compétences clés et à qualifier les demandeurs d’emploi. En 2019, ce sont 500 entrées supplémentaires qui ont été financées par le PUIC avec un taux d’insertion dans l’emploi de 30%. A travers un dispositif co-financé par la Politique de la Ville, la Caisse de la Sécurité Sociale de Mayotte, l’Agence Nationale de la Cohésion des Territoires, les communes, les Centres Communaux d’Action Sociale et l’Etat par le biais du PUIC de Mayotte, la Plateforme Partenariale de Lutte contre l’Illettrisme et l’Analphabétisme (PLIA) déploie un concept de formation permettant de proposer des formations de proximité dites "Formations Territorialisées" dans 12 communes, répondant aux besoins de la population adulte. Le dispositif prévoit de former 500 bénéficiaires au cours de l’année 2021. • Elles ont construit leur avenir professionnel grâce au PUIC de Mayotte (Témoignages) : "Je recherchais activement un travail sur Mayotte correspondant à mon handicap. Je me suis orientée sur une formation ouverte aux personnes en situation de handicap, (…) avec à la clé, l’obtention du certificat CLEA (certificat de connaissances et de compétences professionnelles). Je travaille maintenant au sein de l’entreprise Boutique Air en tant que conseillère vendeuse. Les missions sont adaptées à mon handicap et sont variées (…). J’apprécie le contact client et le service à la personne. Aujourd’hui, je continue à être suivi par 2 centres de formation (…) qui évaluent à distance mes connaissances dans le but de consolider mon expérience dans la vente". Zakia. "J’ai entendu parler de la formation "Secrétaire Assistante Médicosocial" (…). J’ai sauté le pas en suivant cette formation de 6 mois avec à la clé un certificat de

validation de compétences. J’ai intégré en parallèle le cabinet médical des Hauts Vallons en tant que stagiaire Assistante. Mes principales missions consistent à enregistrer les patients, répondre au téléphone, archiver les dossiers client. Aujourd’hui, je continue à travailler au sein de cette entreprise en gardant un contact privilégié avec ma référente de formation (…) qui me suit régulièrement." Roukaya. • Plateforme de Parcours Renforcés d’Accès à la Professionnalisation (PPRAP) Déployée depuis le 2 novembre 2020 et ce jusqu’en décembre 2022, la PPRAP est un dispositif expérimental triennal à destination des demandeurs d’emploi reconnus travailleurs handicapés (DETH) avec une priorité d’accès à ceux d’entre eux âgés de 16 à 25 ans. Le dispositif s’organise à travers un partenariat entre l’Etat, le Département de Mayotte, l'Agence Régionale de Santé, l’AGEFIPH, la Maison Départementale des Personnes Handicapées, le CARIF-OREF, Pôle Emploi et la Mission Locale de Mayotte, et compte actuellement 30 bénéficiaires. Les plus-values : • Développer une offre d’accompagnement et de formation à destination des personnes en situation de handicap, qui est quasi inexistante sur le territoire ; • Permettre à des personnes en situation de handicap d’accéder à des qualifications permettant leur insertion durable en emploi.

• QUALIOPI : en route vers la certification A compter du 1er janvier 2022, les prestataires d’actions de développement des compétences devront être certifiés par un organisme certificateur accrédité, pour prétendre aux fonds publics ou mutualisés de la formation professionnelle continue.

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Leads Performance accompagne les dispensateurs de formation mahorais à jour de leurs obligations légales et réglementaires à cette certification QUALIO-

PI, depuis avril 2020. A ce jour, 71 organismes de formation sont bénéficiaires de l’accompagnement.

Données recueillis au 30 octobre 2020 sur une base de 89 organismes de formation recensés (Leads Performance)

3 LE VIRAGE DU NUMERIQUE

nouvelles formes d’accompagnement à l’entrepreneuriat ;

• LA PLACE Imaginée et mis à disposition par le Haut commissariat aux compétences, La PLACE est une plateforme collaborative dédiée à l’ensemble des acteurs du PIC. L’espace PUIC Mayotte conjugue lieu de partage d’informations (espaces dynamiques, agenda, bibliothèque…), espaces de travail dédiés (échanges entre les différentes communautés projets) et lieu d’échange des pratiques (questionnements collectifs, d’échanges de bonnes idées, forum…).

Programme "Parcours Emploi Compétences" (PEC) : Réflexions partenariales portant sur la faisabilité du lancement d’un programme expérimental pour certains bénéficiaires des contrats PEC afin de favoriser leur insertion durable sur des emplois porteurs pour le territoire, par l’acquisition d’une qualification et sécuriser leurs parcours.

4 LES PROJETS A VENIR PORTES PAR LE PUIC Actions sectorielles : Lancement d’appels à projets pour amplifier les parcours d’insertion dans l’emploi par l’accès à la qualification, dans les secteurs du BTP et du Sanitaire et Social ; Entrepreneuriat : Lancement d’un appel à projet visant à développer de

Digitalisation de la formation professionnelle : Accompagnement à la transformation digitale des organismes de formation, lancement d’une plateforme e-learning et d’un appel à projet visant à développer l’apprentissage numérique ; Accompagnement des organismes de formation et des certains acheteurs de formations : lancement d’un plan de professionnalisation dédié. Rédaction : Equipe projet interinstitutionnelle du PUIC de Mayotte.

Direction des Entreprises de la Concurrence de la Consommation du Travail et de l’Emploi de Mayotte 3, bis rue Mahabou - BP 174 97600 Mamoudzou Standard : 02 69 61 16 57 - Fax : 02 69 61 03 37 - 976.communication@dieccte.gouv.fr Pour plus d’information site Internet de la Dieccte de Mayotte : www.mayotte.dieccte.gouv.fr 2 4 • M ay o t t e H e b d o • N ° 9 4 1 • 1 8 / 1 2 / 2 0 2 0


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MAGAZINE D’INFORMATION NUMÉRIQUE HEBDOMADAIRE Edité par la SARL Somapresse au capital de 20 000 euros 7, rue Salamani Cavani M’tsapéré BP 60 - 97600 Mamoudzou Tél. : 0269 61 20 04 contact@mayottehebdo.com Directeur de la publication Laurent Canavate canavate.laurent@mayottehebdo.com Directeur de la rédaction Mohamed El Mounir dit “Soldat” 0639 69 13 38 soldat@mayottehebdo.com Rédactrice en chef Solène Peillard

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Retour sur 2020

Journalistes Romain Guille Raïnat Aliloiffa Constance Daire Direction artistique Franco di Sangro Graphistes/Maquettistes Olivier Baron, Franco di Sangro Commerciaux Cédric Denaud, Murielle Turlan Thomas Lévy Comptabilité Catherine Chiggiato compta@mayottehebdo.com Secretariat Annabelle Mohamadi Première parution Vendredi 31 mars 2000 ISSN : 1288 - 1716 RCS : n° 9757/2000 N° de Siret : 024 061 970 000 18 N°CPPAP : 0121 I 92960 Site internet www.mayottehebdo.com

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Mayotte Hebdo n°941  

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