Mayotte Hebdo n°1006

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TOUTE L’ACTUALITÉ DE MAYOTTE AU QUOTIDIEN

Lu par près de 20.000 personnes chaque semaine (enquête Ipsos juillet 2009), ce quotidien vous permet de suivre l’actualité mahoraise (politique, société, culture, sport, économie, etc.) et vous offre également un aperçu de l’actualité de l’Océan Indien et des Outremers.

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FI n°3839 Lundi 7 mars 2016 St Félicie

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FI n°3822 Jeudi 11 février 2016 Ste Héloïse

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RENSEIGNEMENTS Tél : 0639 67 04 07 | Mail : contact@mayotte-e-velos.yt

FI n°3818 Vendredi 5 février 2016 Ste Agathe

marine le Pen

environnement

Port de Longoni

ConSeil départeMental

Quel accueil se prépare pour la présiDente Du Fn ?

Le Lagon au patrimoine mondiaL de L'unesCo ?

la dsP sur la sEllEttE

pas de changement sUr l’octroi de mer

© Jonny CHADULI

Grève à Panima

TéléThon 2016

Des propositions mais toujours pas D'issue

DemanDez le programme

première parution : juillet 1999 - siret 02406197000018 - édition somapresse - n° Cppap : 0921 y 93207 - dir. publication : Laurent Canavate - red. chef : Gauthier dupraz - http://flash-infos.somapresse.com

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FI n°3997 mercredi 30 novembre 2016 St André

© CR: Gauthier Bouchet

Diffusé du lundi au vendredi, Flash Infos a été créé en 1999 et s’est depuis hissé au rang de 1er quotidien de l’île.

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Économie

SÉcuritÉ

Les appeLs à projets de L'europe

Couvre-feu pour Les mineurs

Première parution : juillet 1999 - Siret 02406197000018 - APE 5813Z - Édité par la Somapresse - Directeur de publication : Laurent Canavate - http://flash-infos.somapresse.com

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Musique

Faits divers

Edmond BéBé nous a quitté

ViolEncE En cascadE

Première parution : juillet 1999 - Siret 02406197000018 - APE 5813Z - Édité par la Somapresse - Directeur de publication : Laurent Canavate - http://flash-infos.somapresse.com

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MCG VS SMart

ViCe-reCtorat

UltimatUm oU véritable main tendUe ?

l’institUtion répond aUx critiqUes

Première parution : juillet 1999 - Siret 02406197000018 - APE 5813Z - Édité par la Somapresse - Directeur de publication : Laurent Canavate - http://flash-infos.somapresse.com

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LE MOT DE LA RÉDACTION

UNITÉ FORTE Le moment était historique. Première femme présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet s’est fendue d’un discours grandiose lors de son élection, mardi dernier. Après une nécessaire tirade sur les droits des femmes, dangereusement remis en question de l’autre côté de l’Atlantique, l’éphémère ministre des Outre-mer est revenue de manière vibrante sur les territoires français ultramarins. De quoi susciter un espoir – un de plus, diront les plus pessimistes – chez les habitants de ces derniers, et notamment de Mayotte, représentés par Mansour Kamardine et Estelle Youssouffa au Palais Bourbon. La nouvelle figure du perchoir aura fort à faire dans un hémicycle morcelé, où seule la détermination des bonnes volontés fera avancer les choses. À moindre échelle, c’est également le cas au sein du Conseil départemental, dont la mandature actuelle fête sa première année aujourd’hui. Qu’il s’agisse de Ben Issa Ousseni ou d’Ali Omar dans la majorité, d’Hélène Pollozec ou de Daniel Zaïdani dans l’opposition, ils veulent tous développer Mayotte, et vous le prouvent cette semaine dans nos pages. Des individualités compétentes au service d’une unité forte, tel est ce que permet la République française pour toutes et tous. Sur l’île au lagon, l’égalité des chances est assurée par l’une de ces individualités essentielles, présente depuis trois ans. Il s’agit de Gilles Halbout, recteur de Mayotte, dont la population pourra regretter l’hyperactivité lors de son départ. Nous le mettons lui aussi en lumière cette semaine, en espérant éclairer les dissensions pouvant assombrir l’horizon de l’unité. Bonne lecture à toutes et à tous.

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Axel Nodinot

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tchaks 20 C’est le nombre d’années d’existence de l’association Mlezi Maoré, qui a fêté son anniversaire ce mardi 28 juin, lors d’une matinée spéciale organisée sur le site de Mtsangabeach. Si l’organisme en lui-même n’a vu le jour qu’en 2016, il est le résultat de la fusion de deux associations, Tama, créée en 2003, et Toioussi, fondée en 2002, ce qui justifie ses 20 ans de présence sur le territoire mahorais. À vocation fortement sociale, Mlezi compte plus de 650 salariés et a aidé plus de 34 000 personnes en 2021. Cette matinée d’anniversaire a en outre permis une rétrospective de l’histoire et des actions de l’association. De nombreuses personnes ont également pris la parole lors de discours, avant de profiter de l’occasion pour souhaiter bon vent au directeur général de Mlezi Maoré, Dahalani M’houmadi, qui quitte l’organisation après de bons et loyaux services.

« À terme, j’aimerais pouvoir créer un clavier physique » Telle est l’ambition de Rachid Abdou Moussa, développeur de l’application Maoclav, un clavier adapté au shimaoré et au kibushi, les deux langues régionales de Mayotte. Disponible sur le Play Store d’Android, l’app est vouée à être transposée sur l’App Store. Concrètement, le jeune entrepreneur s’est « appuyé sur la délibération du Conseil départemental de 2020 qui fixe l’orthographe des langues régionales » pour proposer un clavier virtuel adapté pour ces deux langues. Ainsi, trois lettres de la langue française en ont été supprimées : le Q, le C et le X, non usitées en shimaoré et kibushi. Trois autres lettres typiques de ces langues régionales ont été ajoutées au clavier, qui sera donc peut-être décliné un jour en version physique…

ET LES VAINQUEURS DES TROPHÉES MAHORAIS DE L’ENTREPRISE SONT… La Somapresse organisait samedi dernier au 5/5 les 8èmes Trophées mahorais de l’entreprise, récompensant les entrepreneurs de l’île au lagon après deux années d’absence dues à la crise sanitaire. Lors de cette soirée particulièrement réussie, neuf personnes ont ainsi été récompensées :

- Entreprise citoyenne : Ampire Production - Entreprise innovante : FBI Mayotte - Bâtisseur de l’année : Etic Services pour l’ITH Datacenter - Formation et compétences : Dagoni services - Jeune entreprise : Omar Soulaimana Madi - Entreprise dynamique : Samani Concept - Managers de l’année : Bourahima Ali Ousseni et Marcel Rinaldy - Prix spécial du jury : Sanya Youssouf

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LU DANS LA PRESSE

Chaque semaine, découvrez le regard porté sur l’actualité locale à travers la presse nationale ou régionale

LES ADOLESCENTS SANS PAPIER DE MAYOTTE VUS PAR LAURA HENNO Le 23 juin 2022, par Sylvie Rantrua pour Le Point.

Photographe et réalisatrice, Laura Henno part à la rencontre des autres. Au fil du temps, elle compose une œuvre qui met en lumière des mondes en marge, souvent marqués par des phénomènes de déplacement ou de migration. Lauréate du prix SAM pour l’art contemporain 2019, Laura Henno expose au Palais de Tokyo, du 15 avril au 4 septembre 2022, son travail sur l’archipel des Comores. Anatomie d'un territoire contrasté On découvre un travail au long cours qu’elle a mené depuis 2013. Entre photos, films et installations vidéos et documentaires fictionnels, Laura Henno s’est attachée à parcourir l’archipel des Comores. Tout a commencé à la Réunion, en 2009, à l’occasion d’une résidence d’artiste. Elle rencontre de jeunes immigrés comoriens. En remontant le fil, elle découvre un autre monde, d’autres territoires, fissurés par l’héritage colonial et les politiques migratoires. Son travail s’appuie sur des rencontres, des personnages qu’elle suit au fil des ans. À travers eux, elle interroge la migration, l’adolescence, la transmission, la marginalité et la résistance. Difficile de ne pas être touché par le regard soucieux de Patron, enfant de 12 ans qui apprend le métier de passeur à bord d’une embarcation à moteur, un kwassa-kwassa, sous les indications de Ben, son oncle et père adoptif. Elle le met en scène dans un long plan séquence. Ceux qui organisent le trafic font appel à des mineurs qui ne risquent pas la prison, mais Ben est aussi soucieux d’apporter une certaine sécurité, les bateaux de clandestins ne sont pas surchargés de passagers et il tente de le former le mieux possible.

Laura Henno va ainsi se rendre régulièrement dans l’archipel, passer du temps avec Ben, voir grandir Patron, suivre une bande de garçons sans papiers qui vivent avec une meute de chiens à Mayotte. Avec leur complicité, elle réalise des portraits et des films, dévoilant en partie leurs vies clandestines sur les rivages de l’île à la lisière de la société. Au-delà de la migration, des parcours de vie Dans le film Djo, on se laisse envoûter par la nuit dans la forêt qui résonne de l’appel de Smogi, un jeune homme, à Djo, son chien berger des mangroves. Le jeune homme et le chien sont unis par un lien indéfectible depuis qu’il l’a soigné et sauvé. Chacun est reparti de son côté. Ils se retrouvent, à l’occasion, au son d’une incantation qui s’élève dans la nuit : « Djo, c’est ton père qui t’appelle. » Laura Henno suit aussi la bande de jeunes « Boucheman » sur les rives de Mayotte. Dans un film sous forme de triptyque, Ge ouryao ! Pourquoi t’as peur ! une interjection courante à Mayotte, elle suit les vagabondages de cette bande de jeunes Comoriens, clandestins ou sans identité avec sa meute de chiens. Elle questionne ces phénomènes de migration qui mènent aujourd’hui tout un territoire au bord de la rupture. Laura dévoile des espaces peu connus, à la lisière de la société, ou des enfants et des adolescents livrés à eux-mêmes occupent le seul espace qui leur est laissé, le rivage. Son travail a été de nombreuses fois primé depuis qu’elle a reçu en 2007 le prix Découverte des Rencontres internationales de la photographie d’Arles. Elle a engagé un autre travail au long cours sur un camp de marginaux dans le désert californien. Il évoque celui de la photographe américaine Dorothea Lange. Toujours sensible.

Photographie, Laura Henno, Courtesy Galerie Nathalie Obadia

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PORTRAIT Raïnat Aliloiffa

GILLES HALBOUT UN RECTEUR ENGAGÉ POUR MAYOTTE

Recteur de Mayotte depuis trois ans, Gilles Halbout s’est réellement attaché à l’île aux parfums. Depuis 2019, il mène le combat de l’éducation pour tous à Mayotte. Un engagement qui n’est pas de tout repos, mais qui le motive à déplacer des montagnes pour mener à bien sa mission. Quel bilan fait-il de ces trois dernières années à Mayotte ? Qui est l’homme qui se cache derrière le recteur ? Réponses dans ce portrait en toute intimité.

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PORTRAIT « SI JAMAIS JE DEVAIS PARTIR DE MAYOTTE, JE FERAI TOUT POUR Y REVENIR UN JOUR » Arrivé sur l’île le 1er juillet 2019, Gilles Halbout est indéniablement un recteur qui marquera l’histoire de l’académie de Mayotte. Le vice-rectorat est devenu un rectorat de plein exercice peu de temps après sa prise de fonction, mais ce qui le caractérise est son amour et son engagement pour le 101ème département de France. « L’avantage ici c’est que l’on voit les choses avancer. Si jamais je devais partir de Mayotte, je ferai tout pour y revenir un jour. Ici on a l’impression de tout le temps faire avancer les choses. Il y a tant à faire ! On a l’impression que l’on déplace des cailloux mais petit à petit on déplace des montagnes et c’est exaltant », souligne Gilles Halbout le sourire aux lèvres. Sa plus grande fierté ? Avoir fait en sorte qu’il y ait moins de jeunes qui décrochent après la troisième ou la seconde. « On leur a permis de continuer leurs études notamment sur la voie professionnelle. J’ai contribué au développement de celle-ci et j’en suis fier. » Le représentant de l’éducation nationale à Mayotte se félicite également d’avoir relancé le programme des constructions scolaires, même s’il reste encore beaucoup à faire. Ces trois dernières années ont été semées d’embûches pour le recteur : crise sanitaire, périodes cycloniques, violences

dans certains établissements scolaires… Malgré tout cela, le climat avec les syndicats et les familles est plus apaisé selon lui. « Je trouve qu’il y a beaucoup moins de blocages qu’avant. C’est dû au respect mutuel et au dialogue riche et établi avec les familles, les organisations syndicales et les élus. Tout le monde a compris que ce n’est pas la peine de bloquer pour nous alerter », explique-t-il.

UN PARCOURS EXEMPLAIRE Avant d’être recteur de Mayotte, Gilles Halbout est avant tout professeur des universités spécialisé en mathématiques. Son parcours n’a rien d’ordinaire. Né à Douai, ayant grandi dans la banlieue de Toulouse, sa mère enseignante l’élève seule. Inspiré par la profession de celle-ci, mais également motivé par l’envie d’enseigner, il s’engage dans l’éducation nationale pour « contribuer à résoudre les inégalités », indiquet-il. Après avoir fait une classe préparatoire aux grandes écoles à Toulouse, il intègre l’École normale supérieure à Paris. À l’issue de ses études supérieures, il devient maître de conférences à Strasbourg, puis professeur des universités à Montpellier. Il prend progressivement des responsabilités,

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gravit les échelons, pour finir président de l’université de Montpellier. Quant à l’île de Mayotte, elle entre dans sa vie bien avant 2019. « Lorsque j’étais doyen de la faculté des sciences à Montpellier, on est venu me chercher parce que l’on créait le centre universitaire de Dembéni, c’était au début de la départementalisation. J’ai accepté immédiatement et j’ai mobilisé des équipes pour accompagner le CUFR », raconte Gilles Halbout.

recteur. Sa prochaine grande mission ? Le dispositif « Dire, lire, écrire ». « On va déployer ce plan car nous devons travailler sur les problèmes de français à travers l’expression orale, écrite, et la compréhension. Nous avons trop d’élèves qui sont en grande difficulté », reconnait Gilles Halbout. Un combat qu’il mène depuis son arrivée à Mayotte et qu’il continuera à mener jusqu’à la fin.

« PARFOIS C’EST DUR » MAYOTTE, COMME UNE ÉVIDENCE Lorsqu’il arrive au bout du cycle de la présidence de la communauté d’université en 2019, il envisage spontanément d’apporter sa pierre à l’édifice pour ce territoire qu’il a connu quelques années plus tôt. « J’ai dit à un ami que, s’il y a bien quelque chose que j’aimerais, c’est être recteur de Mayotte. Le lendemain on m’a appelé pour me proposer le poste », affirme-t-il. Tout s’enchaîne, il découvre ce nouveau métier dans un territoire où il y a tout à faire. Sa persévérance est sans failles, et il multiplie les grands et petits travaux pour l’éducation nationale à Mayotte. « Je suis content pour ces trois premières années d’avoir vu un certain nombre de transformations : le passage de vice-rectorat à rectorat, on a travaillé sur la scolarisation, sur les filières d’excellence, sur la mobilité des personnels statutaires, on a fait avancer les situations de beaucoup de contractuels », détaille le

UN PROVERBE QUI M’INSPIRE C’est le proverbe mahorais « Wamo tabou outso vona ». Cela veut dire qu’on sème ce qu’on récolte, que ce soit du bon ou du mauvais. Et puis si on ne sème rien on n’aura rien. J’aime bien aussi les fables de Jean de La Fontaine et celle qui m’inspire le plus est « le laboureur et ses enfants » parce que les enfants découvrent à la mort du laboureur que le plus grand des trésors, c’est le travail.

UN OBJET QUI ME DÉFINIT

Un ballon de rugby, parce qu’il y a toujours une part d’incertitude quand il rebondit et ça va vite. Et puis il ne faut pas le tenir trop longtemps.

Le métier de recteur n’est pas de tout repos, particulièrement lorsqu’il s’agit de Mayotte. « On est toujours sur le fil et en tension, c’est à dire qu’on ne peut pas se relâcher. Ce que je trouve difficile c’est de toujours devoir s’attendre à un imprévu. Et en même temps il faut garder une hauteur suffisante et voir un peu plus loin », argumente-t-il. Aujourd’hui, il semble avoir trouvé le parfait équilibre, mais il ne cache pas que « parfois c’est dur de supporter cette pression sans la famille. » Sa femme et ses trois filles sont restées dans l’hexagone, mais il se dit chanceux d’être entouré de « collaborateurs formidables et de quelques amis. » Ceci étant dit, il reconnait que lorsqu’on est recteur, on a très peu d’amis… Malgré tout cela, son amour et son envie de bien faire pour Mayotte n’en sont pas ébranlés, preuve de son engagement pour cette île qu’il a définitivement adopté. n

UN LIEU QUE J’AFFECTIONNE

J’aime bien le village où s’est établie ma mère, un petit village dans l’Ariège. L’Ariège est une terre difficile, c’est rude, les conditions sont difficiles mais il y a beaucoup de solidarité, comme à Mayotte. J’ai aussi découvert des endroits touchants à Mayotte.

UNE PERSONNE QUE J’ADMIRE

Jean Zay, parce qu’il a été ministre de l’éducation nationale et est allé jusqu’au bout de ses convictions. Pendant la guerre, il a lutté contre le régime de Vichy, il a été assassiné. C’est quelqu’un qui a toujours vu l’éducation de manière large et c’est un vrai républicain qui portait des idées de laïcité et de fraternité, de belles valeurs.

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CONSEIL DÉPARTEMENTAL

UNE ANNÉE PRODUCTIVE Ce vendredi 1er juillet 2021 marque les 365 premiers jours de la nouvelle mandature du Conseil départemental, qui courra jusqu’en 2028. Si une année est bien trop courte pour mener à bien les grands projets que mérite le territoire de Mayotte, elle suffit à tirer un premier portrait de cette assemblée, menée par la majorité du président Ben Issa Ousseni. Quant à Younoussa Bamana, dont le portrait trône au-dessus de l’hémicycle du CD, pourra-t-il voir un chantier structurant pour Mayotte d’ici la fin du mandat ?

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DOSSIER

Axel Nodinot

ANALYSE

MANDATURE 2021, SAISON 1

ÉLUS IL Y A TRÈS PRÉCISÉMENT UN AN AU TERME D’UN « TROISIÈME TOUR » MOUVEMENTÉ, LES 26 CONSEILLERS DÉPARTEMENTAUX DE MAYOTTE S’ÉCHINENT DEPUIS À METTRE LES GRANDS PROJETS DE MAYOTTE SUR LES RAILS. LARGEMENT MIS EN AVANT DANS LE PLAN DE MANDATURE 2021-2028, LES TRANSPORTS SONT L’UN DES DOMAINES LES PLUS URGENTS À TRAITER POUR LE QUOTIDIEN DE LA POPULATION MAHORAISE, ET L’OPPOSITION CRAINT QUE LA MAJORITÉ NE S’ISOLE FACE AUX INITIATIVES À VENIR.

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Crédit photo : Franco di Sangro

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Binômes scindés, absence de l’opposition, cris de joie ou d’orfraie, incertitude sur le ou la gagnant.e jusqu’à l’ultime moment… Le 1er juillet 2021, lors de l’élection du président du Conseil départemental, l’hémicycle Younoussa Bamana fut le théâtre de scènes pour le moins captivantes. Un an plus tard, le président Ben Issa Ousseni, sa majorité et le groupe d’opposition constructive « Unis pour Mayotte » semblent bien installés à la tête du territoire. « Je compte bien donner de la force à vos espérances », avait déclaré le conseiller de Tsingoni quelques jours après son élection, défendant une « vision en 3D de Mayotte », vouée à devenir un « territoire attractif », ainsi que « l’identité mahoraise ». S’il est logiquement trop tôt pour juger cette mandature, qui restera encore six ans aux commandes, certaines mesures ont été prises durant cette première année.

partenarial sur les transports scolaires. Les transports, justement, apparaissent comme la clé de voûte de ce mandat, « celui d’une avancée sans précédent ». Son plan pluriannuel prévoit en effet de réduire les embouteillages, de mettre en place le boulevard urbain de contournement par les hauts de Mamoudzou, d’augmenter les lignes de bus, de poursuivre les études sur le « train bleu » et de mettre à quai les navettes maritimes reliant Iloni, Mamoudzou et Longoni.

UN TÉLÉPHÉRIQUE COMBANI – MAMOUDZOU – DEMBÉNI ? Comme prévu dans le plan de mandature, plusieurs visites cantonales ont été menées afin de rencontrer les élus locaux. Au début de l’année, les locaux de la PMI de Bandrélé accueillaient le premier lieu d’accueil enfants-parents (LAEP) de Mayotte, inauguré par Madi Moussa Velou, 7ème vice-président chargé des solidarités, de l’action sociale et de la santé. Le soutien du CD au Caribus de la Cadema est en outre entériné, de même que le protocole d’accord

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pourrait même voir le jour : « Ce serait une possibilité supplémentaire, entre Mamoudzou et Dembéni et entre Mamoudzou et Combani via Passamainty ». Sur cette idée pour le moins novatrice, le CD travaille avec la société Poma, leader du transport par câble.

PAS DE DGS DEPUIS UN AN

« J’ai engagé pas mal de travaux, notamment au niveau du STM, où nous allons réaménager les jetées des quais Ballou et Issoufali en Petite Terre, mais aussi construire deux gares maritimes, dont une à Dzaoudzi, du côté où accoste le Maria Galanta, énumère Ali Omar, 3ème vice-président chargé de l’administration générale, du transport et de la transition écologique. Le transport de marchandises Longoni – Petite Terre permettra également de désengager les routes. » Quant à la gratuité de la barge pour les piétons, qui semble aisée à mettre en œuvre, le conseiller de Dzaoudzi-Labattoir préfère « sécuriser les entrées des véhicules et des passagers » dans un premier temps. Les navettes maritimes sont prévues pour « 2024, 2025 au plus tard », et un projet de téléphérique

« De manière générale, je pense que le bilan est positif, se félicite Ali Omar, malgré le fait que nous n’ayons pas pu mettre en place tous les changements nécessaires au niveau de l’administration, qui est liée au déploiement de notre stratégie politique et de notre plan de mandature. » Le 3ème vice-président souligne ici un point sensible de la première année de mandature : l’absence de directeur général des services (DGS). Daniel Zaïdani, conseiller départemental de Pamandzi et ancien président de l’institution, s’engouffre dans la brèche : « Je pense qu’au bout d’un an, on peut parler sans trop d’ambiguïté de continuité, puisqu’il n’y a pas eu de chamboulements importants au niveau de l’organisation. Par contre, nous n’avons qu’un DGS par intérim depuis avril 2021, plus d’un an, et notre administration n’est donc pas percutante, n’a pas d’orientation claire, ni d’impulsion nouvelle. Le poste numéro 1 de l’administration mahoraise n’est pas occupée, et le DGA aménagement est parti ». À titre d’information, le nouveau directeur général devrait arriver dans moins d’un mois. Intarissable, le conseiller départemental de Pamandzi souhaite axer son propos sur la jeunesse, base essentielle sur laquelle construire les futurs Jeux des Îles, prévus en 2027, soit un an avant la fin de la mandature actuelle. « Il est impératif que le rendezvous ne soit pas manqué par le Conseil départemental, prévient-il. Il faut le meilleur accompagnement possible pour la jeunesse, celle qui est encore au lycée, voire au collège.

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Le CD est aussi attendu au rendez-vous des constructions. Il y a un nombre important de projets, mais il est clair que personne ne veut revoir la séquence du stade de Cavani. » Ce dernier, en travaux depuis février 2016, est en effet le nuage noir planant autour des futures infrastructures sportives, que ce soit la piscine olympique de Kawéni, la salle d’arts martiaux de Koungou ou le centre de formation de sportifs de haut niveau, sur la commune de Chirongui.

« À LA FIN DU MANDAT, CE SERA SON BILAN » « Un intervalle de cinq-six ans me paraît raisonnable pour sortir de terre un projet, continue Daniel Zaïdani. Si le rendez-vous est

raté parce que le Conseil départemental n’a pas été à la hauteur, ce sera un drame. Il faut former les jeunes, U15 voire U13, pour qu’ils puissent participer, et pas seulement au foot, au basket et au tennis. » Si elle ne permet que peu de liberté de mouvement, l’opposition offre néanmoins une position confortable, et les conseillers départementaux l’ont bien compris, mettant la pression à Ben Issa Ousseni. « Quoi qu’il arrive, à la fin du mandat, ce sera son bilan, tance le Pamandzien. Je plaide, comme mes collègues de l’opposition constructive, que le président ait le courage politique de décloisonner les groupes. Nous sommes aujourd’hui 26 conseillers départementaux, tout le monde reconnaît qu’il n’y en a pas assez et, lorsqu’on se prive de 9 conseillers, il y a une trop forte concentration de responsabilités autour d’eux. » Il est vrai que les élus cumulent bien souvent de nombreuses prérogatives, même si ce cumul n’est pas dommageable quand les projets sont menés à bien. « Le plan de mandature donne de belles perspectives, qui ne doivent pas rester que de simples mots sur un papier blanc », conclut Daniel Zaïdani, qui veut que les promesses soient concrétisées, ce qui ne fut pas le cas sous l’ancienne mandature (2015-2021). C’est tout ce que l’on souhaite au « développement de l’écotourisme et de l’agrotourisme », au « pacte collectif pour la sécurité », à « l’accès au numérique pour tous », à la « future cité administrative régionale, vitrine de Mayotte », ou à « l’université de plein exercice […] avec un campus universitaire et un CROUS » qu’annonce le plan de mandature. n

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MROALÉ SE CONSTRUIT En 2025, les Archives départementales et le futur Centre régional de recherche et de documentation scientifique doivent s’installer à Mroalé, dans la commune de Tsingoni. Il comptera une centrale solaire, 12 magasins d’archives aux normes, de vastes espaces pour le traitement et la consultation des documents, des studios pour les chercheurs, une salle d’exposition, un auditorium et une salle pour les ateliers pédagogiques. Ce projet ambitieux, futur lieu incontournable pour les chercheurs, les scolaires et les passionnés de patrimoine, sera largement ouvert à la population.

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DOSSIER

Propos recueillis par Axel Nodinot

ENTRETIEN

BEN ISSA OUSSENI GARDE LE CAP DÉJÀ PRÉSENT AU SEIN DE LA PRÉCÉDENTE MANDATURE, BEN ISSA OUSSENI EST, DEPUIS UN AN, LE NOUVEAU PRÉSIDENT DU DÉPARTEMENT DE MAYOTTE. CONSCIENT DU CARACTÈRE DE PLUS EN PLUS URGENT DES PROJETS À MENER POUR LA POPULATION DU 101ÈME DÉPARTEMENT FRANÇAIS, LE CONSEILLER DÉPARTEMENTAL DE TSINGONI GARDE LA TÊTE FROIDE, LES PIEDS SUR TERRE, ET LA MAIN BESOGNEUSE.

Mayotte Hebdo : Voilà un an que la nouvelle mandature a été élue au sein du Conseil départemental. Quel bilan tirezvous de cette première année passée à sa présidence ? Ben Issa Ousseni : Je crois pouvoir dire que nous n’avons pas chômé. Refonte des délégations, des commissions thématiques, protocole d’accord partenarial sur les transports, mise en place de visites cantonales, création du premier lieu d’accueil enfant-parent… Ce sont quelques-unes des premières mesures que nous avons prises. Nous avons adopté à l’unanimité notre projet pour Mayotte avec plusieurs mesures phares qui vont de la gratuité de la barge piétonne que nous mettrons en place, d’une aide aux communes pérennisée et renforcée au développement significatif des modes de transports. Nous voulons également porter

à 20 % du territoire la place de la forêt et des zones naturelles préservées. M.H. : La mandature précédente (20152021), emmenée par Soibahadine Ibrahim Ramadani, n’a pas su mener à bien de nombreux « grands projets » considérés comme essentiels pour la vie quotidienne des Mahoraises et Mahorais, certains d’entre eux datant de plusieurs décennies. Quelles premières pierres de ces chantiers la majorité a-t-elle déjà posé, ou s’apprête-t-elle à poser ? B.I.O. : Je suis moi-même issu de la majorité précédente et, même si nous incarnons un large renouvellement, je ne critiquerai pas le travail considérable qui a été accompli sous la mandature précédente et auquel j’ai contribué dans le domaine économique. Pour autant, nous comptons essayer de mener à bien des chantiers emblématiques

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comme le bassin olympique de Kawéni, le centre de formation des sportifs de haut niveau à Chirongui, pour n’en citer que quelques-uns pour les Jeux des Îles 2027, mais aussi et surtout pour la pratique du sport au quotidien. Nous aurons bien sûr besoin d’un signal fort du gouvernement et de l’Etat pour y parvenir. En termes de méthode, comme nous le faisons pour le stade de Cavani, nous multiplions les réunions avec les entreprises et les acteurs du chantier pour créer les conditions d’y parvenir dans les délais. M.H. : Lors de la campagne pour les élections législatives, de nombreux candidats ont réclamé

le statut de Département – Région pour Mayotte. Est-ce l’un de vos souhaits, et comment comptezvous vous y prendre pour gagner ce nouveau statut ? B.I.O. : Bien sûr, il figure clairement dans notre projet de mandature. Cet objectif vise à réellement hisser notre collectivité à son niveau réel de responsabilité pour la construction de notre territoire en infrastructures et équipements indispensables à son plein essor. Il y aura incontestablement du lobbying à opérer auprès du nouveau gouvernement pour atteindre cet objectif qui nous mette à niveau pour demain.

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DOSSIER

Les différents présidents du Conseil général, puis départemental, de Mayotte.

1977

1991

1977-1991 Younoussa Bamana

1991-2004 Younoussa Bamana 1991-1991 Hamissi Hassane

Crédits photos : Conseil départemental de Mayotte.

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a

2004

2008 2011

2004-2008 Saïd Omar Oili

2015

2011-2015 Daniel Zaïdani

2008-2011 Ahamed Attoumani Douchina

M.H. : On observe justement, après les campagnes présidentielle et législative, une défiance de la population de l’île vis-à-vis de la majorité et des élus locaux. Comment, à votre échelle, pouvez-vous ramener de la confiance chez ces Mahoraises et Mahorais ? B.I.O. : Cette défiance n’est pas propre à Mayotte, loin s’en faut, même si sur notre île, les élections locales passionnent la population. La confiance repose, à mon avis, sur deux facteurs clés : être capable de dire ce que nous ferons, et surtout de faire ce que nous disons. Tenir nos engagements dans la mesure de nos moyens. Et parler, à l’échelle des élus de Mayotte, d’une seule et même voix. C’est une attente forte de nos concitoyens au-delà des appartenances politiques. Agir ensemble pour Mayotte. M.H. : Pour agir ensemble, il faut compter sur les élus de l’opposition. Comment jugez-vous leur travail au sein des assemblées ? B.I.O. : Notre projet pour Mayotte a été, je le disais, adopté à l’unanimité. C’est l’illustration que, lorsqu’on parle d’un plan d’action, d’un programme pour la population, nous sommes capables de nous rassembler. Parce qu’il en va de l’intérêt général pour Mayotte

2021

Depuis 2021 Ben Issa Ousseni

2015-2021 Soibahadine Ibrahim Ramadani

et sa population. Je pense qu’il est sain, dans une démocratie, qu’il y ait une majorité et une opposition. Mais personne ne se plaindra que nous travaillions en bonne intelligence sur des projets qui vont, me semble-t-il, dans le bon sens. M.H. : Il vous reste six ans à la tête du Département. Quelles sont les lignes directrices de la majorité pour la suite de ce mandat ? B.I.O. : Nos orientations sont claires : réduire progressivement les embouteillages en combinant des mesures immédiates, de moyen et de long terme, pouvoir s’appuyer sur le futur schéma d’aménagement régional pour en faire un outil partagé de développement du territoire, contribuer à la coproduction de sécurité pour tous en proposant un véritable pacte collectif, entre l’Etat, les collectivités, la justice et l’éducation, avec des engagements réciproques, ou encore simplifier le parcours de l’usager, faire de l’économie bleue un levier solide de la croissance économique de notre territoire. Nous souhaitons aussi renforcer la culture de la connaissance : publications, archives départementales, salons et manifestations figurent également parmi nos engagements clés pour la population. n

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DOSSIER

Propos recueillis par Raïnat Aliloiffa

ENTRETIEN

HÉLÈNE POLLOZEC : « ON PERD DU TEMPS À CAUSE DE TENSIONS INUTILES » ILS SONT OFFICIELLEMENT NEUF. NEUF ÉLUS FONT PARTIE DE L’OPPOSITION AU CONSEIL DÉPARTEMENTAL, CONTRE DIX-SEPT DE LA MAJORITÉ. PARFOIS POINTÉS DU DOIGT À CAUSE DE LEUR ABSENCE SUR LA SCÈNE MÉDIATIQUE, LES MEMBRES DE L’OPPOSITION MÈNENT LES COMBATS DE MAYOTTE DANS L’OMBRE. LEUR REPRÉSENTANTE, HÉLÈNE POLLOZEC, NOUS RÉVÈLE LES COULISSES DE CETTE PREMIÈRE ANNÉE DE MANDATURE RYTHMÉE PAR LES TENSIONS INTERNES QUI RALENTISSENT LE DÉVELOPPEMENT DES PROJETS ESSENTIELS AU 101ÈME DÉPARTEMENT FRANÇAIS. Mayotte Hebdo : Comment se passe la collaboration avec la majorité ? Hélène Pollozec : Je ne vais pas vous dire que c’est facile, ça serait mentir. C’est assez compliqué. Au début on se méfiait un peu de tout le monde, c’est normal on ne se connaissait pas. Mais c’est triste qu’un an après, des collègues de la majorité tiennent à ce clivage et font en sorte pour que l’on ait du mal à avancer. Il y a quelques décisions prises qui sont assez drôles. Par exemple, vous ne verrez que très rarement les membres de l’opposition sur la page Facebook du département parce qu’il y a un choix qui a été fait de ne pas nous afficher… C’est pour cela qu’on ne nous voit pas beaucoup. Les gens disent qu’on ne travaille pas alors que c’est faux ! Nous travaillons même plus dur, parce que nous n’avons pas accès à tous les outils, mais cela ne nous empêche pas de mener à bien nos missions. Et puis on a créé notre propre page pour pouvoir communiquer aussi. Ce

sont ces petits détails qui maintiennent le clivage et qui font que l’on n’arrive pas forcément à travailler ensemble. M.H. : Effectivement, on ne vous voit ni ne vous entend pas beaucoup. Qu’a fait l’opposition pendant un an ? H.P. : L’opposition travaille, contrairement à l’image que l’on cherche à nous donner. Au début, on essayait d’être à toutes les représentations mais on s’est rendu compte que ce n’est pas forcément ce qui fait avancer les dossiers. Être sur une photo c’est bien, faire avancer des dossiers c’est mieux. Nous nous sommes donc concentrés sur le travail. À chaque fois qu’il y a eu des évènements phares, je prends l’exemple du projet de loi Mayotte, l’opposition a travaillé dessus et on a fait des propositions solides. Mais c’est dommage car elles n’ont pas été retenues en complément de ce qui a été fait par la majorité. Ils n’ont rien pris. La même chose s’est passée pour le projet

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de mandature. On s’est concertés, on a travaillé sur l’avenir de Mayotte dans le cadre de nos compétences et pourtant aucune de nos propositions n’apparait dans le livret du projet de mandature sorti il y a quelques mois. Ceci étant dit, on a la chance dans l’opposition de pouvoir travailler malgré la majorité parce que certains sont élus ailleurs et ils peuvent faire passer les projets qu’ils souhaiteraient voir pour Mayotte, à travers les intercommunalités ou les communes. Et pour moi, qui suis élue seulement au Conseil départemental, je passe directement par les ministères et je vais voir le gouvernement.

M.H. : Quel projet avez-vous défendu auprès du gouvernement ? H.P. : Le projet Zena est un parfait exemple. Le département bloque et ne veut pas mettre le dossier sur la table, alors je suis allée directement avec les frères Novou [à l’origine du projet, NDLR] à Paris dans les différents ministères. Il y a eu un moment de pause avec les élections et la période de réserve mais c’est en bonne voie et on va reprendre. Nous nous sommes donnés l’objectif de décoller cette année et on décollera cette année.

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DOSSIER

« L’OPPOSITION TRAVAILLE CONTRAIREMENT À L’IMAGE QUE L’ON CHERCHE À NOUS DONNER » M.H. : Quelles propositions avez-vous faites durant cette année de mandature ? H.P. : Je pense à toutes les motions que l’on a proposées à la majorité. On en a soumis cinq et une seule est passée, celle du blocage du prix de l’eau. Mais on avait aussi proposé une motion sur la santé mentale, une sur l’université de plein exercice à Mayotte, une autre sur la sécurité. Concernant les dossiers, dans l’opposition on s’est répartis les commissions en fonction des compétences des uns et des autres. Maymounati Moussa Ahamadi est dans les finances et l’Europe avec Daniel Zaïdani, Elyassir Manroufou s’occupe de la santé, pour ma part je suis chargée des questions concernant l’éducation et la formation.

M.H. : Dans les prochaines années, selon vous quels sont les projets phares que le Département doit mettre en place ? H.P. : Le plus important et le plus urgent est de trouver une solution aux embouteillages. Lors de mon deuxième déplacement dans l’hexagone, j’étais allée voir le hautcommissaire au plan et je lui avais parlé de ce problème d’embouteillages, je lui ai dit qu’il faut trouver une solution rapide. Pour moi c’est le dossier qu’il fallait mettre sur la table dès le début de la mandature parce qu’aujourd’hui on arrive à un point de saturation et cela affecte tout, particulièrement la vie des gens. M.H. : Lors de votre campagne électorale l’année dernière, vous aviez parlé du téléphérique. Est-ce la solution rapide contre les embouteillages ? H.P. : Le téléphérique fait partie des solutions que l’on peut rapidement mettre en place. On voit que ça marche déjà à La Réunion, à Toulouse et dans d’autres

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Alain Sarment, Laïni Abdallah Boina, Elyassir Manroufou, Hélène Pollozec, Daniel Zaïdani et Maymounati Moussa Ahamadi

villes. Il y a aussi le transport maritime. Le premier vice-président commence à s’en occuper mais ça ne devrait pas durer des années, même pas un an car les études sont déjà faites et il existe des infrastructures historiques, il suffit de les réhabiliter. Il y a aussi le Caribus, mais ce n’est que sur la Cadema, donc ça ne suffit pas et puis ça prendra à peu près cinq ans. Maintenant on parle de route de contournement de Mamoudzou, c’est bien mais le premier vice-président Salime Mdéré a accepté un début des travaux fin 2024… C’est dans deux ans, donc cela veut dire que l’on aura la route peut-être dans six ans ! C’est inacceptable. M.H. : Cela fait un an vous êtes élus, et pourtant l’opposition et la majorité ne s’entendent toujours pas. Comment allez-vous faire pour tenir jusqu’à la fin de la mandature ? H.P. : On fait avancer les dossiers à travers des canaux différents. Et puis nous avons la chance que le président Emmanuel Macron soit réélu, parce que la plupart des membres de l’opposition ont des affinités dans la majorité présidentielle, donc on arrive à toujours être reçus pour faire avancer certaines choses. Maintenant, je l’ai déjà dit à nos collègues

de la majorité, ils peuvent s’appuyer sur nous. Si on veut faire passer un message, que ce soit par Ben Issa Ousseni ou Hélène Pollozec, le plus important c’est que le message passe. Mais c’est dommage de ne pas pouvoir avancer plus vite. On perd du temps à cause de tensions inutiles. Je ressens cela comme de la frustration. On a cette envie de bien faire comme tout le monde mais quand on se met au travail on ne nous laisse pas faire, c’est frustrant. Il nous manque ce travail collégial avec la majorité pour faire avancer plus vite nos dossiers qui sont tout simplement les demandes de la population. M.H. : Vous arrive-t-il de penser que vous seriez mieux dans la majorité, car les dossiers avanceraient plus vite ? H.P. : Absolument pas ! L’avantage d’être dans l’opposition c’est que l’on est très libre, on peut dire et faire ce que l’on veut. Et on arrive quand même à faire avancer. Être dans une majorité pour faire des « massamas » [pour applaudir, NDLR] ce n’est pas très intéressant. On est dans une opposition constructive, on veut travailler ensemble. Maintenant, même si de l’autre côté ils ne veulent pas, ce n’est pas grave, on travaillera quand même. n

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N.G

FUTURE MAORE REEFS, POUR MIEUX COMPRENDRE LES RÉCIFS CORALLIENS À l’occasion de la journée de sensibilisation aux enjeux liés aux récifs coralliens, les enfants liés au projet de sciences participatives Future Maore Reefs ont accueilli le grand public sur la place de la République. Ils ont également présenté les avancées de ce projet initié par l’institut de recherche pour le développement (IRD) avec la collaboration du rectorat, du centre universitaire, du Parc marin et de quelques structures privées. Mieux comprendre la dynamique des récifs coralliens pour mieux les protéger et apprendre à les restaurer le plus efficacement possible : tel est l’enjeu de Future Maore Reefs. Un projet de sciences participatives débuté en octobre 2021 avec deux classes de l’école Pamandzi 2 et deux classes de Bondy en banlieue parisienne. « Il était important d’avoir ce regard croisé afin de faire comprendre aux enfants qu’ils habitent la même planète et que chacun a un rôle à jouer dans la préservation de l’environnement », déclare Aline Tribollet, directrice de recherche à l’institut de recherche pour le développement (IRD) et coordinatrice du projet avec François Guilhaumon. Tous deux spécialisés dans l’écologie des récifs coralliens, ils conçoivent et mettent en œuvre Future Maore Reefs afin de mieux sensibiliser les enfants à cette thématique. « À l’échelle mondiale, la perte de surface récifale est de près de 50% en l’espace de quelques décennies et les choses ne vont pas s’améliorer si rien ne change », assurent les deux scientifiques. Les

récifs de l’île aux parfums sont d’autant plus importants qu’ils comportent 150 espèces de coraux sur les 800 existantes. « Mayotte est un point chaud de biodiversité corallienne, d’où l’importance de sensibiliser rapidement la population à cette thématique », poursuivent-ils.

Des récifs artificiels réalisés par les élèves À l’heure actuelle, lorsqu’un récif est endommagé, des « mesures de compensation » sont mises en place pour pallier le problème. Loin d’être épargné par ces destructions, dues principalement au réchauffement climatique et donc aux activités humaines, Mayotte doit par conséquent réaliser des structures artificielles… L’originalité du projet Future Maore Reefs est d’y faire participer des classes. Une activité immersive qui enthousiasme les élèves et leur fait d’autant mieux comprendre l’urgence qu’il y a à protéger leur environnement.

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Après la réalisation d’un certain nombre de boutures de coraux par les enfants en milieu protégé (Parc naturel marin) et par ceux de Bondy en milieu contrôlé (Aquarium tropical du palais de la porte dorée à Paris), le début de la création des récifs artificiels doit débuter au mois de septembre sous réserve de l’obtention des autorisations à cette date. Préparés à ce grand projet toute l’année avec les scientifiques venus leur apprendre la technique au sein même de leurs écoles, les élèves ont hâte d’en découdre et de rentrer dans le vif du sujet. « L’enjeu était de trouver ensemble la meilleure combinaison de bouture pour que les récifs créés soient les plus naturels et les plus résilients possible », confie Aline Tribollet. « Pour cela, il a fallu étudier et comprendre le

fonctionnement des différents types de coraux présents à Mayotte, mais aussi moduler leur résistance aux impacts hydrodynamiques, entre autres. » Ce projet multidisciplinaire implique donc également la recherche fondamentale et il est d’autant plus important que les récifs coralliens seront automatiquement impactés par le développement de Mayotte. À l’instar de ceux près de l’aéroport avec le projet de piste longue, mais aussi ceux de l’île Blanche situés à proximité du port de Longoni. En revanche, ceux de la Passe de M’Tsamboro se montrent particulièrement résilients. « Notre but est de comprendre pourquoi », dévoile encore Aline Tribollet. n

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LITTÉRATURE

LISEZ MAYOTTE

THÉÂTRE MACABRE

AGRÉGÉ DE LETTRES MODERNES ET DOCTEUR EN LITTÉRATURES FRANCOPHONES, CHRISTOPHE COSKER EST L’AUTEUR DE NOMBREUX OUVRAGES DE RÉFÉRENCE SUR LA LITTÉRATURE DE L’ÎLE AUX PARFUMS, NOTAMMENT UNE PETITE HISTOIRE DES LETTRES FRANCOPHONES À MAYOTTE (2015) DONT IL REPREND, APPROFONDIT ET ACTUALISE, DANS CETTE CHRONIQUE LITTÉRAIRE, LA MATIÈRE. Nassur Attoumani, Interview d’un macchabée, éditions L’Harmattan, 2001, et Autopsie d’un macchabée, éditions L’Harmattan, 2009.

En 2000, Nassur Attoumani projette une trilogie sur le thème de la mort. Elle portera le nom de Macchabée. La première pièce s’intitule Interview d’un Macchabée et la seconde, parue en 2009, Autopsie d’un Macchabée. La troisième pièce n’est pas encore parue à ce jour et le cycle est resté incomplet. Que cherche à faire Nassur Attoumani en se servant du tabou de la mort ? Interview d’un Macchabée paraît donc chez L’Harmattan, en 2001, dans la collection « Théâtre des cinq continents ». Au début de la pièce, le personnage éponyme, terrifié, découvre qu’il est mort. Dès lors conformément à la culture musulmane, deux anges interrogateurs arrivent pour faire le bilan de la vie du personnage. Et ce bilan n’est pas glorieux : « Moun’kar : Nous sommes ici pour te juger. Macchabée : Alors pourquoi, m’interrogezvous ? Moun’kar : Parce que, toute ton existence, tu buvais du gandia [vin en vrac de très mauvaise qualité] (Le glas retentit.) Nakir : L’abus d’alcool peut endommager ta santé. La publicité t’avait mis en garde et tu n’y as jamais cru. Pourquoi ? (Le glas retentit) Macchabée : Je buvais avec modération … Moun’kar : Tu buvais avec qui ? Nakir : Il buvait avec Modération … Moun’kar : Modération ! Hum… (brutalement) Tu buvais donc avec Modération ! (calmement) On s’occupera

de ton complice, le moment venu. (brutalement) Pour l’instant, c’est toi et seulement toi qui nous intéresse. » (Acte II, scène 3, p. 56-57) En outre, la pièce, préfacée par le Directeur Territorial des Affaires culturelles de Mayotte, Ali Saïd Attoumani, révèle les tensions qui traversent la société mahoraise et sont passées sous silence : « Dans ces conditions, Nassur Attoumani a choisi de mettre en scène le Mahorais (le macchabée), balloté entre trois tabous contradictoires, à savoir : ses traditions africaines, sa religion musulmane chaféite et son projet francophile. Pour résoudre ce tiraillement séculaire, l’auteur fait venir du royaume des morts Sheytwani, satan [sic] ou le malin, sur le rythme de la Marseillaise. Tout un symbole que celui de l’esprit de liberté. » (p. 11) Un important personnel religieux est là, non seulement Mounkar et Nakir, mais l’archange Djibril – qui parle avec Dieu au téléphone – et l’ange déchu Sheytwani. Et tout ce beau monde d’adopter une parlure burlesque qui détonne par rapport à la dignité des personnages. Autopsie d’un Macchabée est publiée, huit ans plus tard, dans la même collection. L’histoire n’est pas la même mais le constat est sans appel : l’autopsie a remplacé l’interview. On ne parle plus ; on étudie un cadavre. Pourtant, à nouveau, un personnage refuse de mourir. Il a été retrouvé dans la mangrove, les yeux crevés.

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Il est le symbole de l’immigration entre les autres îles de l’archipel des Comores, en particulier la plus proche, Anjouan, et Mayotte. La découverte de ce corps est d’abord l’occasion d’un débat entre un Mahorais, Mahossa, qui veut enterrer la dépouille conformément aux rites musulmans et d’un médecin métropolitain au nom de maladie, le Dr Chikungunya, qui exige une autopsie avant l’inhumation. Mais une fois réveillé, le mort raconte son histoire, une histoire insoutenable que les deux personnages refusent d’entendre, raison pour laquelle ils s’entendent pour bâillonner le personnage : « Dr Chikungunya : (Il lui fait une gracieuse accolade et un sourire d’ange) Mon cher collègue ! Maintenant que vous êtes enfin dans la confidence, sachez que ce sont des capteurs que nous lui avons collé à la peau qui ont fini par révéler la vraie vérité. Celle qui se cachait dans les entrailles et qui l’a conduit à sa perte, en tentant de s'introduire sans visa dans ce pays que les siens haïssent mais convoitent, d’une manière viscérale, depuis l’époque des sultans batailleurs. Iblis : (Au public) Scientifiquement, voilà un véritable pied de nez pour tous ceux qui doutent encore de

l’autopsie. Elle crève les yeux. (Il retourne sa djellaba, remet ses Ray-Ban et fait venir ses diablotins, à ses côtés.) Mahossa : Moi aussi, je m’en réjouis puisque la vraie vérité a fini par éclater au grand jour. Scientifiquement, au nom de tous les miens, je me désolidarise de cet individu qui a, scientifiquement tourné le dos, à son peuple, d’une façon scientifiquement éhontée. » (p. 95) L’adverbe « scientifiquement », qui caractérise d’abord la parlure du médecin métropolitain, contamine le discours de Mahossa qui se met à en user et abuser. À la fin de la pièce, Mayotte tourne le dos aux Comores à l’indépendance malheureuse pour se solidariser avec la France. L’autopsie est donc autant regard sur les morts que sur les vivants et, étymologiquement, sur soi-même. Nous signalons enfin un essai qui reprend ce terme, à savoir un essai d’’Ahmed Wadaane Mahamoud intitulé Autopsie des Comores : coups d’État, mercenaires, assassinats (1995).

Christophe Cosker

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SPORT

Calendriers - classements - résultats

FOOTBALL

Equipe

Pts

J

G

N

P

Dif

1

Jumeaux de Mzouazia

12

4

4

0

0

+9

4

0

0

+6

3

0

1

+6

0

1

+3

Régional 1 Journée 4

2

ASC Kawéni

12

4

Diables noirs de Combani 0–0 AS Bandraboua Bandrélé FC 0–0 Tchanga SC USCP Anteou 0–1 Jumeaux de Mzouazia ASC Abeilles de Mtsamboro 1–2 AJ Kani Kéli AS Sada 0–1 ASC Kawéni AS Rosador de Passamainty 0–3 FC Mtsapéré

3

FC Mtsapéré

9

4

4

AJ Kani Kéli

9

4

5

Diables noirs de Combani

8

4

2

2

0

+3

6

AS Bandraboua

7

4

2

1

1

-2

Journée 5 – Samedi 2 juillet à 15 heures

7

Tchanga SC

4

4

1

1

2

+2

8

USCP Anteou

4

4

1

1

2

+1

9

Bandrélé FC

4

4

1

1

2

-1

10

AS Rosador de Passamainty

0

4

0

0

4

-6

11

AS Sada

0

4

0

0

4

-8

12

ASC Abeilles de Mtsamboro

0

4

0

0

4

-13

Equipe

Pts

J

G

N

P

Dif

1

AJ Mtsahara

10

4

3

1

0

+5

AS Bandraboua – Bandrélé FC Jumeaux de Mzouazia – Diables Noirs de Combani Tchanga SC – ASC Abeilles de Mtsamboro ASC Kawéni – USCP Anteou AJ Kani Kéli – AS Rosador de Passamainty FC Mtsapéré – AS Sada

FOOTBALL Régional 2

3

2

Foudre 2000

9

3

3

0

0

+4

Journée 4

3

UCS de Sada

7

4

2

1

1

+3

FC Chiconi 2–1 FC Majicavo ASJ Moinatrindri 2–3 Foudre 2000 AJ Mtsahara 3–0 FC Dembéni USCJ Koungou 2–1 AS Neige de Malamani UCS de Sada 3–1 Olympique Miréréni US Kavani 2–0 FC Kani Bé

4

US Kavani

7

4

2

1

1

5

AS Neige de Malamani

6

4

2

0

2

+1

6

FC Chiconi

6

4

2

0

2

0

7

FC Kani Bé

6

4

2

0

2

-1

Journée 5 – Samedi 2 juillet à 15 heures

8

FC Dembéni

5

4

1

2

1

-1

9

ASJ Moinatrindri

3

4

1

0

3

-1

10

Olympique Miréréni

3

4

1

0

3

-3

11

USCJ Koungou

3

4

1

0

3

-5

12

FC Majicavo

1

3

0

1

2

-3

FC Majicavo – ASJ Moinatrindri FC Dembéni – FC Chiconi Foudre 2000 – USCJ Koungou Olympique Miréréni – AJ Mtsahara AS Neige de Malamani – US Kavani FC Kani Bé – UCS de Sada

30•

+1

M ay o t t e H e b d o • N ° 1 0 0 6 • 0 1 / 0 7 / 2 0 2 2


FOOTBALL

Equipe

Régional 1 féminines Journée 3 ASO Espoir Chiconi 0–5 AS Jumelles de Mzouazia USC Labattoir 0–0 Devils Pamandzi Olympique de Sada 2–2 ASJ Handréma Entente Miréréni / Tsingoni – FC Mtsapéré US Kavani 0–7 Club Unicornis Exemptées : Wahadi ASC

Journée 4 – Dimanche 3 juillet à 15h30 USC Labattoir – ASO Espoir Chiconi Wahadi ASC – AS Jumelles de Mzouazia Devils Pamandzi – Olympique de Sada ASJ Handréma – US Kavani Club Unicornis – Entente Miréréni / Tsingoni Exemptées : FC Mtsapéré

Pts

J

G

N

P

Dif

1

Devils Pamandzi

7

3

2

1

0

+5

2

Club Unicornis

6

2

2

0

0

+11

3

FC Mtsapéré

6

2

2

0

0

+6

4

Wahadi ASC

6

2

2

0

0

+6

5

ASJ Handréma

4

3

1

1

1

+2

6

AS Jumelles de Mzouazia

3

1

1

0

0

+5

7

USC Labattoir

1

2

0

1

1

-3

8

Olympique de Sada

1

3

0

1

2

-5

9

Entente Miréréni / Tsingoni

0

1

0

0

1

-2

10

ASO Espoir de Chiconi

0

2

0

0

2

-9

11

US Kavani

0

3

0

0

3

-16

31

• M ay o t t e H e b d o • N ° 1 0 0 6 • 0 1 / 0 7 / 2 0 2 2


MAGAZINE D’INFORMATION NUMÉRIQUE HEBDOMADAIRE Edité par la SARL Somapresse au capital de 20 000 euros 7, rue Salamani Cavani M’tsapéré BP 60 - 97600 Mamoudzou Tél. : 0269 61 20 04 contact@mayottehebdo.com Directeur de la publication Laurent Canavate canavate.laurent@somapresse.com Directeur de la rédaction Mohamed El Mounir dit “Soldat” 0639 69 13 38 soldat@mayottehebdo.com Rédacteur en chef Axel Nodinot

# 1006

Couverture :

Une année productive

Journalistes Axel Nodinot Romain Guille Raïnat Aliloiffa Lise Gaeta Alexis Duclos Lhaimy Zoubert Ravoay Direction artistique Franco di Sangro Graphistes/Maquettistes Olivier Baron, Franco di Sangro Commerciaux Cédric Denaud, Murielle Turlan Comptabilité Catherine Chiggiato comptabilite@somapresse.com Première parution Vendredi 31 mars 2000 ISSN : 1288 - 1716 RCS : n° 9757/2000 N° de Siret : 024 061 970 000 18 N°CPPAP : 0121 I 92960 Site internet www.mayottehebdo.com