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ÉDITO

Le son et l’image

JEAN-M I CHEL G AUDRON Journaliste senior associé @jmgaudron

A

lors que certains se battent pour faire davantage entendre et reconnaître le son luxembourgeois, voilà que le pays a enfin « son » image. Plus de deux ans de réflexions, d’échanges, de partages, de réunions et de démarches participatives ont abouti à la présentation, le 10 octobre dernier, de la nouvelle identité visuelle du Luxembourg. Hasard du calendrier : 75 ans plus tôt, jour pour jour, le 10 octobre 1941, la population luxembourgeoise, occupée, fut consultée dans le cadre d’un recensement général décidé par le Gauleiter Gustav Simon. Ce Personenstandsaufnahme fut complété par un document d’une dizaine de questions parmi lesquelles trois, en particulier, concernaient la langue maternelle, l’origine ethnique et l’appartenance nationale des citoyens du pays. Suivant le mot d’ordre lancé par la résistance, les Luxembourgeois ont, à ces trois questions, répondu massivement par trois fois « Lëtzebuergesch ». Un acte citoyen fort reconnu comme étant l’une des premières manifestations clairement identifiées de l’identité nationale, au cœur d’un pays créé quasi artificiellement 126 ans plus tôt par le

truchement de jeux et d’enjeux politiques. L’expression de cette identité nationale au travers de la langue est donc relativement récente dans un pays qui ne l’est pas moins. Mais le contexte sociologique du pays au milieu du 20e siècle (qui plus est en temps de guerre) n’a évidemment rien à voir avec celui d’aujourd’hui. La population était deux fois moins importante et, surtout, le « poids » des résidents non luxembourgeois était anecdotique. Aujourd’hui, la base de l’identité nationale du Grand-Duché se retrouve, assurément, dans le trilinguisme franco-germano-luxembourgeois tel qu’instauré dans la loi de 1984 sur le régime des langues. Avec le luxembourgeois comme langue nationale (mais pas officielle), le français comme langue juridique et le trio, indifféremment, en tant que langue administrative. Une savante combinaison à l’image d’un Luxembourg qui a toujours su puiser sa force dans l’addition des atouts de chacun. Pour « accroître la notoriété du Luxembourg et renforcer son rayonnement économique, culturel, touristique et politique dans le monde », qui constitue l’objectif premier de toute la démarche de nation branding menée par le(s) gouvernement(s) depuis quelques années, c’est la langue… anglaise qui a été choisie pour soutenir le logo du Luxembourg. « Let’s make it happen ». Un choix logique, d’un côté,

compte tenu de la cible principale visée, mais un peu déroutant au regard du souci de la « communication authentique, crédible et convaincante » visée par le comité nation branding. Ce « X » tricolore, devant symboliser l’ouverture, le dynamisme et la fiabilité du pays, et sur lequel s’appuie le nom du pays, a déjà été – et sera encore pour quelque temps sans doute – l’objet de commentaires (élogieux ou critiques) et de détournements (plus ou moins bienveillants). Mais il est aussi destiné à ce que tout un chacun s’en empare et se fasse, à son échelle, l’ambassadeur de la cause nationale. Que ce soit à l’étranger, mais aussi à l’intérieur du pays. Or, on peut légitimement émettre des doutes quant à l’adhésion d’une partie de la population, qui ne se reconnaîtra pas forcément dans cette image véhiculée et encore moins dans le message qui l’accompagne. La promotion du Luxembourg avait certes besoin d’une image unifiée, d’un référent, mais elle ne devra pas non plus ne viser que les intérêts économiques et financiers. La fiabilité des mécanismes sociaux, le dynamisme interculturel et, surtout, l’ouverture d’esprit devront être autant choyés et servir dans un même souci de promotion du pays, vu de l’intérieur. Il n’y a plus qu’à faire en sorte que cela arrive… Novembre 2016 —

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SOMMAIRE

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COVERSTORY

COVERSTORY

GRAND ENTRETIEN

024 Novembre 2016 —

Place aux jeunes !

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14/10/16 17:12

Les partis politiques fourbissent déjà leurs armes pour les prochains scrutins. Et comptent bien sur les jeunes actifs dans leurs rangs pour remporter les batailles de 2017, 2018 et 2019.

REPORTAGE

« Il faut que la politique prenne ses responsabilités » Nicolas Schmit est en partance pour la Cour des comptes de l’UE. En attendant le feu vert, le futur ex-ministre du Travail revient sur 12 années au gouvernement. Un grand entretien suivi d’un portrait de l’élu LSAP. BAVARDAGES

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Un jour, une vie

Robes noires à l’épreuve du temps

Patrick Galbats a suivi Christiane Wickler, directrice générale du Pall Center, durant une journée. Immersion dans la vie d’un chef d’entreprise en prise directe avec ses équipes.

Les responsables du Barreau sont confrontés à une actualité qui les concerne au premier plan. Échange entre deux générations à la tête de l’organe de tutelle des avocats.

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SOMMAIRE

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NATION BR ANDING

040 La croix et la manière INDUSTRIE

044 Des investissements à la chaîne L’ E N G A G E M E N T D E B E N FAY O T H O N O R É

046 Un autre regard sur l’Histoire CONVENTION DU CSV

047 Wiseler adoubé FORMATION ICT

048 De l’importance des « soft skills » PL AN HOSPITALIER

050 Perfusions multiples INCLUSION SOCIALE

052 Ouvrir l’entreprise aux réfugiés PROTECTION DES DONNÉES

055 Défense à l’européenne

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TELINDUS E T TANGO MAIN DANS LA MAIN

062 Purple sun TELECOM LUXEMBOURG

066 Le lion a failli mourir ce soir NOUVE AUX CONTR AT S, NOUVEAUX PRODUITS...

068 Déploiements pour SES PHILANTHROPIE

070 Solidarité privée à développer HOUSE OF ENTREPRENEURSHIP

072 « L’incubateur est le service après notre service » SAMSA FILM

074 30 ans de métamorphoses HÔTELLERIE

076 Rester en éveil ING SOLIDARIT Y AWARDS

078 La solidarité associative

FINANCEMENT CLIMATIQUE

088 Luxembourg, Place verte FA M I LY O F F I C E

092 La banquière change de cap STR ATÉGIE

093 Poussée de croissance pour SGG MISSION FINANCIÈRE

094 Nos amis les Chinois CRÉDIT IMMOBILIER

096 Très cher remboursement anticipé

CULT URE FIN A N CIÈRE

098 La quatrième langue de Luxembourg  ?

CONVENTION COLLECTIVE

100 Un optimisme prudent RÉ SULTAT S A NNUEL S

102 Deloitte se laisse du champ

récompensée

SMART BUILDING

080 Microsoft connecte le bien-être MIREILLE ET ROLAND MEYERS

082 Au nom du père

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SOMMAIRE

LIFESTYLE

PAPERJAM CLUB

L’ A R T A U B O A R D

152 Les Gardiennes du regard ART CONTEMPORAIN

150 Luxembourg Art Week :

une semaine de passion À BOIRE

153 Nouveautés houblonnées

GASTRONOMIE

154 Et les gagnants sont…

AGENDA

119 Les événements à venir LA VIE DU CLUB

122 Retour en images

DOSSIER DIGITAL

012 À suivre 104 Flash-back en images 112 Carrières 116 Paperjam.jobs 156 Paperjam.lu 160 Ours 162 Tableau de bord

PRIVATE BANKING

108 Ajouter de la valeur BI & CYBERSÉCURITÉ

110 Une intelligence à protéger Novembre 2016 —

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PAPERJAM ADVERTORIAL

BUREAU MODERNE

Des espaces pour bien vivre et mieux travailler Des solutions d’aménagement pour répondre à la complexité des demandes

Depuis 1962, Bureau Moderne propose aux professionnels la conception et la réalisation de leurs espaces de travail. Acoustique, éclairage, multimédia, mobilier, fabrication sur mesure et suivi personnalisé, le groupe gère tout l’aménagement de A à Z. C’est ce qui a séduit Arendt & Medernach lors du déménagement du siège du cabinet d’avocats au Kirchberg en 2015. Grâce à Febrü, le groupe Bureau Moderne avait su répondre aux exigences d’Arendt House. En 2007, Bureau Moderne décide de s’adresser aussi aux particuliers et ouvre Reed&Simon, son show-room de décoration et d’ameublement spécialisé dans les marques scandinaves, qui connaît déjà une belle notoriété. Aujourd’hui, le groupe poursuit sa croissance soutenue par les possibilités offertes par Febrü et via la distribution de références design comme Vitra, Hay, Louis Poulsen ou encore Dedon, marque allemande haut de gamme qui lui permet de se positionner sur le mobilier outdoor.

« Une étroite collaboration avec les équipes de Bureau Moderne a permis la réalisation d’un mobilier exclusif et esthétique répondant parfaitement à nos demandes spécifiques.» Sophie Cuny Head of Communications Arendt & Medernach

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— Novembre 2016

La table du « Boardroom » est le fruit d’un travail esthétique minutieux. Elle est spécialement conçue pour accueillir tous les équipements multimédia nécessaires.


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Grâce à sa marque Febrü, Bureau Moderne a produit les 400 bureaux multicoques d’Arendt House. Ces bureaux conciliant design et ergonomie sont le fruit de la complémentarité entre les trois marques du groupe Bureau Moderne.

Family Day

Bureau Moderne organise chaque année un Family day sous l’égide de Reed&Simon. Dans une ambiance chic et décontractée, les invités, partenaires, architectes, fournisseurs, clients et amis sont invités à partager un samedi avec les collaborateurs de Bureau Moderne. Au programme : food trucks et cocktails, jeux pour enfants, rencontre avec des artisans, concours et cadeaux qui font du bien comme ce Panama pour profiter du soleil quand il est là. Découvrez la selection photos de l'événement sur reedandsimon.com.

UNE COMMUNICATION À 360° Fort de sa croissance interne et externe, le groupe luxembourgeois Bureau Moderne repense son positionnement, déploie de nouvelles ambitions marketing et lance une nouvelle communication pour 2017.

P H OTOS : AR E N D T & ME D E R NAC H

Pour répondre aux besoins des clients, le groupe optimise son site internet et ses réseaux sociaux. Modernité dans le respect de son histoire : Bureau Moderne actualise son logo, y intègre Home-Office-Factory et installe le jaune historique dans son ADN, comme symbole de convivialité et de dynamisme.

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L’opérateur de satellites SES présen28/10 tera ses résultats pour les neuf premiers mois de l’année. À la fin du 1er semestre, la société affichait un chiffre d’affaires de 956,8 millions d’euros, en recul de 4,2 % par rapport à 2015, et un Ebitda de 956,8 millions (-5,4 %). Mais le carnet de commandes s’affichait stable à 7,3 milliards d’euros.

Aperam moins endettée ?

Les modestes résultats semestriels 07/11 (-13 % de chiffre d’affaires, -18,5 % pour l’Ebitda et -5,5 % pour le résultat net) avaient été compensés par l’annonce de la réduction de près de 40 % de l’endettement net, passé de 454 à 280 millions de dollars. « Il est prévu que la dette nette continue à diminuer au 3e trimestre 2016 », a indiqué le groupe dans son dernier rapport trimestriel. 012 ­—

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Le mariage homosexuel en débat

La pétition 343 demandant l’abandon 09/11 des projets de loi ouvrant le mariage, l’adoption et la PMA aux couples de même sexe avait atteint – de justesse – le seuil des 4.500 signatures. Un débat public sera donc organisé sur la question, l’alternative proposée par les pétitionnaires étant la tenue d’un référendum populaire.

ArcelorMittal : un optimisme à confirmer « Prudemment optimiste » : c’est l’état 09/11 d’esprit affiché par Lakshmi Mittal au moment d’aborder le second semestre 2016, après six premiers mois marqués par un rebond ayant permis un bénéfice opérationnel quasiment doublé comparé au 1er  semestre 2015. Le 3e trimestre devrait donner de bons indicateurs quant à la justification de cet optimisme.

RTL Group sur sa lancée ?

Le leader européen du divertissement audiovisuel avait annoncé, cet été, un Ebita record de 580 millions d’euros pour le compte du 1er semestre et des perspectives de croissance annuelle du chiffre d’affaires compris entre 2,5 et 5 %. Premiers éléments de réponse avec les résultats au 3e  trimestre. 10/11

Rifkin au rapport

Un an après avoir annoncé le lancement de ses travaux d’adaptation de son modèle de 3e révolution industrielle pour le Luxembourg, l’économiste américain Jeremy Rifkin dévoilera ses très attendues conclusions à l’occasion du 5e Sustainability Forum organisé par IMS Luxembourg. 14/11

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— Novembre 2016


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« Il faut que la politique prenne ses responsabilités » CA M I L L E F R AT I |

GA Ë L L E S U R E

L’heure du bilan est venue pour le ministre LSAP après deux législatures et demie au gouvernement. Ces 12 années ne lui ont pas fait oublier ses premières amours : les questions européennes, qu’il aspire à retrouver avec un poste à la Cour des comptes européenne.

Novembre 2016 —

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GRAND ENTRETIEN

V

ous avez eu une longue carrière aux Affaires étrangères et à la représentation du Luxembourg auprès de l’UE. Quel souvenir en gardez-vous ? n i c o l a s s c h m i t Dans la vie, il y a des choses que vous faites vous-même et il y a des choses que vous faites parce que vous avez la chance d’être là. J’ai pu aller à Bruxelles à un moment où l’Union européenne était en plein développement positif. Le moment fort a été le traité de Maastricht. J’ai ensuite participé à la négociation d’autres traités, j’ai été membre de la Convention européenne sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing. C’étaient des moments forts où l’on pensait que l’UE ne pouvait connaître que des avancées en direction d’une Union de plus en plus étroite. Aujourd’hui, on a un peu déchanté. On fait face à des crises répétées. La première grande crise – en quelque sorte annonciatrice – a été quand les Danois ont rejeté le traité de Maastricht. Ça a été le premier coup de semonce. Après, il y a eu le référendum en France sur la Constitution européenne, puis aux Pays-Bas. Soudain ce qu’on avait pensé irréversible a commencé à chanceler.

doutent de plus en plus que l’Europe leur apporte des solutions. On leur vend qu’il faut libéraliser le commerce, mais à la fin les gens voient que les emplois disparaissent, que leurs enfants ont de plus en plus de mal à retrouver un emploi décent. L’Europe est identifiée à ce discours ultralibéral. Et ça, c’est le plus grand danger qui nous guette. Il faut présenter des alternatives crédibles, et elles ne doivent pas se limiter à quelques beaux discours sur les droits sociaux. Revenons à vos 12 années au gouvernement. Vous y êtes entré par hasard en 2004. Je n’étais pas candidat à un poste de ministre. J’ai eu la chance qu’on soit venu me chercher. À l’époque, je n’étais pas enthousiasmé par cette idée, notamment pour des raisons familiales. J’aimais beaucoup mon poste d’ambassadeur à Bruxelles auprès de l’UE, je préparais la présidence luxembourgeoise de 2005. Finalement, j’ai cédé. Vous avez reçu le portefeuille de délégué des Affaires étrangères et de l’Immigration, puis, cinq ans après, celui du Travail. Était-ce un choix de votre part ? Non. C’est un ministère qu’on m’a plus ou moins proposé, en me disant « il y a des réformes à mettre en œuvre ». J’ai accepté et je dois dire que je ne le regrette pas. C’étaient des années parfois difficiles, mais globalement passionnantes et je crois qu’on a fait un peu avancer les choses. Je ne l’ai pas fait seul, il faut quand même des gens qui aident, parfois d’ailleurs il faut changer les gens qui sont là pour pouvoir arriver à ce que vous voulez faire. Ce que je n’ai pas hésité à faire. Et puis, pour un socialiste, quel honneur d’être ministre du Travail.

Et en votant « oui » au Brexit, le RoyaumeUni montre qu’il est possible de quitter l’UE. Le Royaume-Uni a toujours été un membre un peu à part. C’est quand même le pays où l’ultralibéralisme a été poussé très loin sous le régime de Thatcher, où finalement les questions sociales ont été largement escamotées, même sous les gouvernements travaillistes. Beaucoup de gens ont l’impression d’être les perdants de toutes ces évolutions. Il y a une assimilation entre l’Europe et ces politiques, ce qui n’est pas à 100 % juste, bien que l’Europe soit idenQuand vous avez tifiée à un marché et à la « concurrence libre et non beaucoup d’argent faussée ».

Quelle était votre mission en arrivant rue SainteZithe ? à distribuer, il est C’était en 2009, on était en Pensez-vous que l’UE a assez facile d’avoir pleine crise, elle commenencore quelques années difçait à se faire sentir aussi au la paix sociale. Luxembourg. Le chômage ficiles à vivre ? commençait à monter. Oui, je le crois. L’affaire n’est pas gagnée. Elle n’est pas C’est peut-être pour cela perdue non plus, il ne faut pas être absoluque M.  Juncker a donné le ministère du Trament pessimiste. Certes, les institutions sont vail aux socialistes, parce qu’on aime bien très éloignées des citoyens et des problèmes garder le ministère du Travail quand tout réels des Européens, du moins c’est perçu va bien, mais quand le chômage se dévecomme cela, même si ce n’est pas toujours loppe, ce n’est pas le ministère le plus facile. le cas. Il y a un travail formidable qui devrait être fait au niveau des politiques, mais aussi Vous deviez aussi réformer l’Adem. de la transparence. Prenez Ceta et TTIP, Est-ce la crise qui a révélé des dysfonctionindépendamment du contenu, la méthode nements existant depuis longtemps ? ne passe plus. Je crois que c’est largement cela. Le chôSi on regarde un peu les sondages et les mage avant la crise était à des niveaux relatiélections dans les différents pays où les popuvement bas, même s’il y avait une tendance constante à l’augmentation. Mais on ne lismes, surtout de droite, connaissent des succès, on voit que ce sont les salariés, les gens s’occupait pas, en fin de compte, des instrumodestes, les employés qui sont tentés par ments ni des structures – on croyait d’ailleurs qu’on pouvait tout résoudre le discours anti-européen. Ces personnes 016 ­—

— Novembre 2016

BIO EXPRESS

EUROPÉEN AVANT TOUT 1953 Nicolas Schmit voit le jour le 10 décembre à Differdange. 1982 Cumulant un diplôme de l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence, une maîtrise de lettres et un DEA de relations internationales, il achève ses études par un doctorat en sciences économiques. 1979 Il devient attaché aux questions économiques de la présidence du gouvernement luxembourgeois. 1983-2004 Nicolas Schmit alterne les postes au ministère des Affaires étrangères et à la représentation permanente du Luxem­ bourg auprès de l’Union européenne. Il est ambassadeur du Luxembourg auprès de l’UE de 1998 à 2004. 2004-2009 Il est rappelé à Luxembourg pour seconder Jean Asselborn aux Affaires étrangères et à l’Immigration. 2009 Nicolas Schmit représente la circonscription de l’Est au gouvernement. Il hérite du portefeuille du Travail et de l’Immigration. 2013 Il voit le poste de commissaire européen lui passer sous le nez, Jean-Claude Juncker étant élu président de la Commission. Il reprend le ministère du Travail et découvre celui de l’Économie solidaire. 2016 Il marque sa volonté de prendre la succession d’Henri Grethen, membre luxembourgeois de la Cour des comptes. Il devrait être remplacé rue Sainte-Zithe par la députée LSAP Tess Burton. Un jeu de chaises musicales qui dépend maintenant de l’aval de la BCE quant au parachutage d’Henri Grethen à la présidence de la BCEE.


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GRAND ENTRETIEN

principalement avec des subsides et des aides sans trop s’interroger sur leur efficacité. L’idée était : « Si on n’a pas les meilleurs chômeurs, au moins si on donne plus d’argent aux employeurs, ils vont préférer ces chômeurslà à d’autres. » Je résume de manière un peu simpliste, mais globalement c’était cela. L’accompagnement et surtout la formation étaient négligés. Finalement, l’Adem gérait le chômage au lieu de promouvoir l’emploi. Il fallait casser cette mentalité, mettre en place des systèmes nouveaux. L’informatique était dans un état déplorable, comme la plupart des agences. Les « placeurs » ne bénéficiaient quasiment d’aucune formation et leur nombre était absolument insuffisant. Cela n’a pas été très facile, mais finalement, quand je regarde six ans après, on a quand même fait un chemin considérable. Je ne l’ai pas fait seul, mais avec les gens qui m’ont aidé, qui m’ont appuyé à l’Adem. C’est aussi leur mérite.

La grande idée de la tripartite a subi des revers, ça n’a pas fonctionné comme ça avait pu fonctionner auparavant – même s’il y avait eu des crises, des grèves dans les années 80. Il ne faut donc pas non plus penser que tout était toujours parfait. Aujourd’hui, le contexte social est complexe et le consensus très difficile à trouver. Pour ma part, j’ai toujours essayé de jouer la carte du dialogue social. J’ai d’ailleurs fait adopter une législation nouvelle sur le dialogue social en entreprise. Les patrons m’ont beaucoup critiqué, et après ils s’y sont référés pour dire qu’il fallait résoudre tous les problèmes au sein des entreprises en se basant sur cette loi. Pourtant je ne suis pas complètement pessimiste, même si le dialogue est plus compliqué parce que les problèmes sont devenus compliqués. Malgré tout, on a préservé le dialogue social. Et à la fin, il faut que la politique prenne ses responsabilités. C’est ce que j’ai fait pour la fameuse loi sur l’organisation du temps de travail. Il y a eu quelques critiques véhémentes d’un côté, tout le monde n’est pas parfaitement heureux ni satisfait, mais globalement je crois qu’on a fait un compromis et qu’on a proposé des solutions qui tiennent tout à fait la route.

Vous vous êtes ensuite attaqué à une autre réforme de fond, celle de l’Inspection du travail et des mines. J’ai entrepris cette réforme il y a deux ans – un peu plus tard parce que je ne pouvais pas gérer deux grands chantiers en même temps et il fallait que je trouve les gens capables de mener ces changements-là. Si vous avez à la Que répondez-vous à ceux qui vous tête d’une administration des gens qui vous reprochent d’être trop proche des disent « tout va bien, il n’y a rien à changer », syndicats ? le ministre est assez impuissant. Je crois que Un ministre du Travail est par définition maintenant on est parti pour adapter l’ITM toujours un peu plus proche des salariés, aux nouveaux défis du monde du travail, c’est comme ça. Cela ne veut pas dire que comme on l’a fait pour l’Adem concernant je donne toujours raison aux syndicats. le marché de l’emploi. J’ai essayé de comprendre J’ai toujours vu mon rôle aussi le point de vue des comme un chef d’équipe qui, employeurs. Mais il est clair d’une part, donnait les qu’en tant que ministre du À mon âge, grandes orientations, et Travail, votre mission c’est je trouve qu’il d’autre part, s’impliquait quand même aussi – c’est aussi dans leur mise en ma vision de social-démofaut savoir tirer œuvre. J’ai parfois l’imprescrate – de veiller à ce que le un trait, laisser monde du travail soit dans sion qu’auparavant on ne une situation où les protecdonnait pas toujours les la place à orientations, et surtout qu’on tions ne sont pas supprides jeunes. ne voulait pas s’impliquer mées, même s’il faut faire dans le travail journalier. Un évoluer les choses. Si on ne ministre n’est pas uniquepeut pas simplement gérer des statu quo, la flexibilisation à outrance ment un personnage qui circule, qui fait de beaux discours. C’est aussi quelqu’un qui du monde du travail n’est pas une option pour moi. Rien ne prouve d’ailleurs que doit s’impliquer dans la gestion de ses départements. Un ministre, ce n’est pas quelqu’un c’est plus efficace. Le défi majeur qu’il faut qui gère avant tout sa propre carrière ou son relever, c’est l’impact de la révolution numéimage. À mon avis, il faut également veiller rique sur le monde du travail. Nous devons très vite nous concentrer sur cette tâche. au bon fonctionnement des services. Vos sept années au ministère du Travail vous ont placé aux premières loges d’un dialogue social qui s’est singulièrement tendu. Êtes-vous pessimiste pour l’avenir ? Quand vous avez beaucoup d’argent, il est assez facile d’avoir la paix sociale, de gérer cela de façon à peu près consensuelle. Avec la crise, avec des changements profonds dans l’économie, des pratiques et des cultures économiques... tout cela est devenu bien plus compliqué. 018 ­—

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Vous êtes connu comme celui qui a fait échouer la tripartite de 2010 en refusant les mesures d’austérité présentées par le ministre des Finances de l’époque, Luc Frieden (CSV). Est-ce l’interprétation qu’il faut retenir ? Je n’ai pas fait échouer la tripartite, elle a échoué toute seule. Je n’étais pas d’accord avec les propositions du ministre des Finances qui n’étaient pas celles de tout le gouvernement. Je reste persuadé que

VERBATIM

Précoce « Je suis entré au LSAP à 17 ans – j’étais encore au lycée. Il est clair que la politique m’a toujours passionné et tenté. »

Choc (affaire de la police) « Il y a eu cette blessure. Je suis franchement tombé des nues parce que je ne croyais pas des gens capables de faire ça. C’est aussi un apprentissage de la vie et de la vie politique. C’est comme ça. »

Réussite « J’ai l’impression d’avoir fait mon travail, de l’avoir fait avec passion. Il y a des gens qui me disent que les choses ont changé. Notre vocation d’homme ou de femme politique, et surtout de socialiste je crois, c’est de ne pas se satisfaire du statu quo, d’améliorer les choses, d’aller de l’avant. »

Argent « Durant les années fastes au Luxembourg où finalement l’argent rentrait et où on pouvait dépenser sans trop y regarder, on croyait qu’on pouvait résoudre tous les problèmes avec de l’argent. »


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DOCUMENT RÉSERVÉ AUX PROFESSIONNELS DE L’INVESTISSEMENT Le présent document est publié par Capital International Limited (société agréée et régie au Royaume-Uni par la Financial Conduct Authority), filiale de Capital Group Companies, Inc. (Capital Group). Il s’adresse exclusivement aux professionnels de l’investissement et non aux investisseurs particuliers, dont les décisions ne peuvent être fondées sur ces informations. La société Capital Group s’efforce d’obtenir des informations de sources réputées fiables. Toutefois, elle ne peut certifier ni garantir leur exactitude, leur fiabilité ou encore leur caractère exhaustif. Le présent document n’a pas vocation à être complet ni à fournir un conseil d’investissement, fiscal ou autre. © 2016 Capital Group. Tous droits réservés.


GRAND ENTRETIEN

l’austérité n’est pas une bonne politique. Elle a pratiquement échoué partout où elle a été mise en œuvre. Ensuite, la manière dont M. Frieden a proposé son paquet était simplement inacceptable. Son approche était : « J’ai décidé de prendre telle ou telle mesure pour des raisons budgétaires, c’est à prendre ou à laisser. » Aujourd’hui, on sait que c’était absolument exagéré. Mais c’est surtout la manière dont cela a été fait, absolument cavalière et pas sérieuse, qui n’était pas acceptable. Je pensais qu’il revenait aux socialistes de le dire clairement. Cet épisode vous a propulsé porte-parole de l’aile gauche du LSAP. Je n’aime pas trop cette distinction droite et gauche socialiste qui revient de temps en temps. Pour moi, ce qui était sur la table n’était pas acceptable pour un parti socialdémocrate, parce que c’était un paquet complètement déséquilibré, non réaliste et économiquement pernicieux. Monsieur Frieden à l’époque voulait pratiquement une rupture dans le système de protection sociale. Il était adepte d’une pensée « néolibérale » qui nous a d’ailleurs plongés dans une crise majeure à l’échelle internationale. Or, il faut quand même s’interroger sur les conséquences économiques, sociales d’une telle « réforme ». D’ailleurs, je n’ai jamais eu une note sur ce paquet et son impact. Si on propose de telles ruptures, il faut les motiver, les expliquer et peser les conséquences. Globalement, la démarche était une mauvaise politique qui aurait provoqué une vraie fracture dans notre pays. Je considérais que quelqu’un devait le dire et je l’ai dit. Et j’ai payé le prix fort pour ça quelques mois après. Vous faites allusion à l’épisode concernant votre fils (Nicolas Schmit avait été accusé d’avoir fait pression sur les policiers qui avaient convoqué son fils en décembre 2010) ? Entre-temps j’ai su que c’était un coup monté contre moi, un complot organisé par quelques personnes, une véritable mise en scène. Une certaine presse a relayé cette histoire sans s’interroger ou sans vouloir s’interroger. Quand vous voulez abattre quelqu’un, il faut mettre le paquet, au Luxembourg ou ailleurs. C’est un des risques du métier, mais c’est aussi le côté sombre de la politique qui finalement contribue à son discrédit. Quel regard portez-vous sur l’évolution de la vie politique luxembourgeoise depuis votre entrée au gouvernement ? Il y a un peu de simplification – mais ce n’est pas propre au Luxembourg, on le voit dans tous les pays. C’est paradoxal : plus les choses deviennent compliquées, plus vous avez l’impression que certains choisissent la voie de la simplification. Quand on voit le débat en Allemagne autour des réfugiés, la situation très décourageante de la poli020 ­—

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tique en France, c’est la même chose. Je ne dirais pas que le Luxembourg connaisse à tous les égards une évolution similaire, mais nous subissons aussi le contrecoup de ces pratiques-là. La politique a toujours été un métier dur, ressemblant à un match de boxe avec peu de règles. Que retirez-vous de l’échec du référendum ? J’étais contre le référendum. Non pas parce que j’étais contre la question soumise aux électeurs, mais parce que j’étais convaincu que si on se lançait dans une telle entreprise, un peu à l’improviste, sans préparer le terrain, sans un énorme effort d’explication, l’échec était inéluctable. Vous ne pouvez pas laisser ça au hasard, parce que les populistes ne laissent pas passer ces occasions. Je crois qu’on a été un peu naïfs. Un processus a été lancé, regardez cette pétition sur la langue luxembourgeoise. On essaie de créer de nouveaux clivages en ignorant délibérément les réalités. La langue luxembourgeoise n’est nullement menacée. Certains se complaisent simplement à faire peur, comme avec ce slogan d’un Luxembourg ayant plus d’un million d’habitants. N’est-ce pas aussi révélateur d’une société luxembourgeoise dépassée par ses propres mutations ? Regardez ce qui se passe en Allemagne, en France, au Royaume-Uni avec le Brexit : toutes nos sociétés sont un peu dépassées par les évolutions des dernières années. Y compris la société luxembourgeoise où les choses vont plutôt bien d’un point de vue matériel. Mais on n’a pas suffisamment cultivé le dialogue avec les citoyens. Je crois qu’il faut prendre au sérieux les soucis, les conservatismes, les opportunismes aussi. La pratique du référendum s’avère dangereuse, surtout quand celui-ci est mal préparé. Je ne l’ai pas dit en public parce que je ne voulais pas apparaître comme quelqu’un qui n’était pas solidaire. Ce sera très difficile de revenir dans un avenir proche sur les questions dont l’actualité reste entière. Hélas, les populistes ont accaparé ces questions et je le regrette profondément. N’avez-vous pas l’impression que le référendum a décomplexé une certaine partie de la population, qui revendique maintenant que le luxembourgeois soit consacré première langue administrative, d’après la pétition 698 ? Le grand problème aujourd’hui, c’est que les gens ont l’impression que la globalisation est en train de détruire leur environnement, leur identité. C’est d’ailleurs le sujet actuellement dans la campagne présidentielle en France. Tout tourne autour de cette idée : qui sommes-nous ? Il y a un travail en profondeur à faire. Bien sûr que nous sommes une société d’immigration. Si on ne l’était pas, que serait-on ? Il ne faut pas croire qu’on serait entre nous, prospères et heu-

reux. Non, on serait insignifiants. Il faut le dire. Notre économie, notre société, notre culture ont été enrichies grâce à l’ouverture. Il faut faire des efforts pour que les gens n’aient pas l’impression que tout ce qui se passe les dépasse. Là, il y a un travail de discussion, de dialogue avec la société qui n’est plus suffisamment mené, y compris par la politique. Je salue l’initiative de s’engager dans un tel dialogue sur l’avenir de notre pays. Rappelez-vous, pour le référendum il y avait quand même les Églises, les syndicats, tout le monde disait « on est pour » – sauf ceux qui, par opportunisme, ne disaient rien comme le CSV. Arithmétiquement, on aurait dû avoir un autre résultat. Mais les gens avaient l’impression que ceux qui leur disaient ce qu’ils devaient penser n’avaient pas à penser pour eux. C’est un des grands défis, parce que le problème, c’est qu’il y a malgré tout une forme de repli qui existe un peu partout. Le référendum sur l’Europe en 2005 avait déjà donné l’alerte. C’était un tort de l’ignorer. Qu’est-ce qui vous pousse à tourner la page aujourd’hui ? Quand ce gouvernement a été mis en place, on m’avait proposé de devenir commissaire européen et j’avais accepté. Les choses se sont passées autrement (Jean-Claude Juncker a été élu président de la Commission, privant tout autre Luxembourgeois d’un siège à la table, ndlr). C’est comme ça. J’ai fait deux ans de plus, j’ai l’impression qu’il est temps pour moi de faire autre chose, de revenir vers les questions européennes sous un autre angle. Et aussi en politique, il faut savoir se retirer. À mon âge, je trouve qu’il faut savoir tirer un trait, laisser la place à des jeunes. Quand j’ai débarqué dans la circonscription Est en 2004, j’ai mis en place une équipe de jeunes pour m’accompagner. Aujourd’hui, certains sont maires, échevins, députés… Il est temps de leur passer entièrement le relais. Qu’attendez-vous de votre nouvelle vie à la Cour des comptes ? Une nouvelle expérience et aussi un moyen d’apporter une petite pierre pour améliorer le fonctionnement de l’Europe. C’est une autre approche, une autre mission qui n’est pas moins importante. Réfléchir sur les politiques européennes, essayer de les améliorer, veiller à ce que l’argent de l’Europe soit bien ou mieux investi, c’est aussi un rôle qu’il ne faut pas sous-estimer, surtout dans le contexte actuel. EN RÉSUMÉ

Promis à une carrière internationale, Nicolas Schmit a longtemps arpenté les couloirs de la diplomatie luxembourgeoise au Grand-Duché et à Bruxelles avant d’entrer au gouvernement. Douze ans après, au moment de retourner à ses premières amours européennes, il laisse deux réformes solidement menées – l’Adem et l’ITM, en cours – et un dialogue social tenu à bout de bras. Retrouvez l’intégralité de ce grand entretien sur www.paperjam.lu.


PUBLIREPORTAGE

Michel Reckinger, Président de la Fédération des Artisans (à droite) et Romain Schmit, Secrétaire général de la Fédération des Artisans (à gauche)

111E ANNIVERSAIRE DE LA FÉDÉRATION DES ARTISANS

La BIL tend la main aux artisans Le 27 octobre 2016, le 111e anniversaire de la Fédération des Artisans rassemblera plus de 1.500 chefs d’entreprise du secteur. L’occasion pour la BIL, partenaire de l’événement, de réaffirmer son soutien à l’artisanat luxembourgeois. Rencontre avec le Président Michel Reckinger et son Secrétaire général Romain Schmit.

Que représente la Fédération des Artisans ? MR « En réalité, c’est une confédération qui regroupe une cinquantaine de fédérations professionnelles individuelles dans l’artisanat. Nous rassemblons ainsi les métiers de la construction, de l’alimentation, de la mécanique, des médias et de la communication, et aussi le secteur mode, santé et hygiène. Ensemble, ces fédérations ont plus de force pour défendre leurs intérêts communs. Nous sommes en quelque sorte le syndicat des « petits patrons », bien que certains artisans soient devenus de grands chefs d’entreprise. Près de 4.000 entreprises ont choisi d’être membres de la Fédération des Artisans. Des sociétés de toute taille, employant de 1 à 3.000 collaborateurs. »

« Certains artisans deviennent de grands chefs d’entreprise. » Quelle est sa mission principale ? RS « Nous faisons entendre la voix des artisans dans les grands débats politiques, économiques et sociaux comme récemment au sujet de l’organisation du temps de travail. Alors que chaque fédération sectorielle s’occupe de son propre métier, la Fédération des Artisans se charge des dossiers « horizontaux ». Par ailleurs, au quotidien, notre secrétariat est à disposition des artisans. Nous les conseillons, les guidons, et pouvons leur apporter des solutions aux problèmes qu’ils rencontrent dans leur vie d’entrepreneur, dans tous les domaines. » Avez-vous des « chantiers » prioritaires ? MR « Notre principale problématique est la pénurie de main-d’œuvre qualifiée. Il y a un constat d’échec du système de formation professionnelle initiale qui

Soutenir les PME À l’heure où la Fédération des Artisans célèbre 111 années d’efforts pour la défense de l’artisanat luxembourgeois, la BIL a souhaité rappeler son engagement profond auprès des chefs d’entreprise qui chaque jour tissent, construisent et consolident l’économie du pays.

80.000

fait qu’aujourd’hui, beaucoup s’engagent dans cette voie par défaut (suite à des échecs scolaires successifs), et non par choix. D’une part, nous voulons réformer ce système pour créer de vraies vocations pour les métiers techniques et manuels. D’autre part, nous avons mis en place des centres de compétences pour la formation professionnelle continue qui nous permettent de former des techniciens et autres collaborateurs à la hauteur des attentes des entreprises et de leurs clients. Ces centres de compétences concernent les métiers de la construction. Notre ambition est de développer dans un proche avenir de nouveaux centres de formation pour les autres secteurs qui le souhaitent. » Accompagnez-vous les artisans sur le plan financier ? RS « Nous ne finançons pas directement les artisans, mais nous les accompagnons dans leurs recherches de financement. Nos rapports privilégiés avec certaines banques du pays nous permettent de servir de cautionnement dans tous les types d’investissements, et notamment lorsqu’il s’agit de financer la reprise d’une entreprise artisanale existante. Des sociétés souvent valorisées à plusieurs millions d’euros, pas toujours faciles à financer par de jeunes repreneurs. »

Avec 80.000 emplois, l’artisanat est le premier employeur du pays.

« À l’image de la Fédération des Artisans, la BIL met tout en œuvre pour apporter les meilleures solutions aux chefs d’entreprise. Avec un responsable de relation dédié à chaque entrepreneur, nous les accompagnons personnellement de la création à la transmission de leur entreprise. Ils profitent ainsi du conseil et de services adaptés à leurs besoins professionnels, mais également privés. » Tom Lessel Head of Corporate & Real Estate – BIL

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octobre 2016


GRAND ENTRETIEN

PORTRAIT

 PORTRAIT

Efficace malgré lui CA M I L L E F R AT I |

GA Ë L L E S U R E

Travailleur et persévérant, Nicolas Schmit a su s’imposer au gouver­ nement, même si les postes qu’il espérait lui ont souvent échappé. Le LSAP perd un fin connaisseur de ses dossiers, mais pas un grand rapporteur de voix.

É

tudiant brillant, Nicolas Schmit était parti pour une carrière dans une organisation internationale. Mais sa fibre politique l’a rapidement rappelé au bercail et il a trouvé sa voie dans les couloirs du ministère des Affaires étrangères et surtout à Bruxelles, où il vit sa passion pour les questions européennes. Ambassadeur du Luxembourg et organisateur de la présidence luxembourgeoise de l’UE de 2005, il est loin de la politique grand-ducale lorsque le L SAP vient le chercher pour rejoindre le gouvernement. Une proposition qu’il ne refuse pas, même s’il s’agit d’épauler Jean Asselborn, alors propulsé ministre des Affaires étrangères. Pour sûr, le ministre délégué aux Affaires étrangères et à l’Immigration rêve d’embrasser le portefeuille entier. Mais cela ne se produira pas. « Il a réformé la législation sur l’immigration, qui datait de 1972, dans le sens d’un accès facilité au marché du travail pour les personnes dont les entreprises avaient besoin », se souvient tout de même Pierre Bley, secrétaire général puis directeur de l’Union des entreprises luxembourgeoises de 2001 à 2013. En 2009, lors de la reconduction de la coalition CSV-LSAP, c’est le ministère du Travail qui est proposé à l’ancien ambassadeur – un cadeau empoisonné des chrétiens-sociaux au moment où le chômage grimpait en flèche. « Il s’est vraiment engagé pour lutter contre le chômage des jeunes et pour l’emploi en général », estime Jean-Claude Reding, président de la Chambre des salariés et ancien président de l’OGBL. Alors qu’à l’époque, certains voyaient du dumping social dans les mesures pour l’emploi des jeunes (CIE, etc.). Il faut dire que le diplomate n’a pas hésité à ruer dans les brancards, évinçant sans ménagement la directrice de l’Adem depuis 12  ans, Mariette Scholtus, 022 ­—

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jugée « incapable » de mener la réforme en profondeur dont a besoin l’administration de l’emploi – et pour laquelle elle avait explicitement été nommée en 2000 par François Biltgen (CSV). « C’était une chose ardue, mais importante à faire, salue Pierre Bley. J’ai vraiment eu l’impression qu’il apportait une énergie, un souffle nouveau très bienvenu pour venir à bout du chômage. » Six ans après, le succès est incontestable. Chantier suivant : celui de la réforme de l’Inspection du travail et des mines, vierge de toute mutation depuis un quart de siècle. Le directeur Robert Huberty est poussé vers une retraite anticipée, faisant place à Marco Boly, transfuge du privé, occupé depuis à dépoussiérer une institution victime de ses dysfonctionnements, non sans résistance.

Ombres et éloges

D’autres réformes ne sont pas passées inaperçues, comme celle de la représentation du personnel entrée en vigueur début 2016 ou, plus récemment, la loi sur l’organisation du temps de travail débattue depuis une quinzaine d’années entre les partenaires sociaux. « Nicolas Schmit s’est à plusieurs niveaux engagé pour le maintien des droits des travailleurs, même s’il n’a pas réussi à réaliser tout ce qu’il voulait », reconnaît volontiers Jean-Claude Reding. Le LCGB n’a pas souhaité commenter le bilan du futur ex-ministre. Ce dernier aura en tout cas connu les années les plus tendues en matière de relations sociales, à commencer par l’échec de la tripartite de 2010 que d’aucuns lui attribuent. Encore récemment, les représentants du patronat voyaient la main de l’OGBL dans la décision finale du ministre sur l’organisation du temps de travail. « C’était un interlocuteur très responsable, qui tenait compte de tous les points de vue », se souvient au contraire Pierre Bley. « En trois ans, nous avons fait de grandes choses ensemble, témoigne également Corinne Cahen, ministre DP de

« Nicolas est quelqu’un de rigoureux, qui travaille pour les gens et pour le pays, pas pour lui. » Corinne Cahen Ministre de la Famille et de l’Intégration F ER M ETÉ Le profil de diplomate de Nicolas Schmit ne l’a pas empêché de mener certaines réformes avec autorité.

la Famille et de l’Intégration, avec la réforme sur les congés spéciaux, pour raison familiale et allaitement. Et nous sommes en train de finaliser la loi sur le revenu minimum garanti – c’est la première fois que deux ministères travaillent aussi étroitement ensemble. » Et la présidente du DP ne tarit pas d’éloges sur son collègue du gouvernement. « Il est un des meilleurs ministres que je connaisse (…). Il lit beaucoup, il connaît ses dossiers et il a le courage de faire, or c’est ce qui manque le plus en politique. Souvent, les politiques ont peur de ne pas plaire et ne font pas grand-chose. Nicolas est quelqu’un de rigoureux, qui travaille pour les gens et pour le pays, pas pour lui. » D’aucuns le trouvent arrogant, rappellent ses pressions sur la police lors d’une convocation de son fils fin 2010. Nicolas Schmit évoque aujourd’hui un coup monté. Une chose est sûre : c’est un poids lourd du LSAP qui quitte le gouvernement et la politique nationale pour retrouver ses amours européennes, après son rendez-vous manqué avec la Commission en 2014. Un ministre jugé compétent, connaisseur de ses dossiers, mais qui n’était pas le champion des urnes. L’engagement politique est parfois soldé par des résultats paradoxaux. EN RÉSUMÉ

Appelé à rejoindre la Cour des comptes européenne, Nicolas Schmit aura laissé une empreinte mémorable de par son action gouvernementale.


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NS O I T LEC

E C A PL S E N U E J AUX É

rmettre ctorales pourraient pe éle s ce an hé éc es in l. ha Les proc ysage politique nationa pa le ns da r ge er m d’é « anciens » à de nouvelles têtes s dossiers propres aux de ce an ss ai nn co la et balance. Entre l’expérience nes, le cœur des partis jeu us pl s de ue ug fo la et

F R É D É R I C A N T ZO R N , CA M I L L E F R AT I , J E A N - M I C H E L GAU D R O N , J E A N - M I C H E L H E N N E B E R T E T T H I E R RY R A I Z E R

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COVERSTORY

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ctobre 2017, octobre 2018, mai 2019… La vie politique de ces deux prochaines années va être particulièrement rythmée, alors que se profile un triptyque pour le moins inédit dans le calendrier électoral : élections communales, puis législatives, puis européennes. Au moins le hasard – et surtout les péripéties ayant mené la précédente coalition à écourter la dernière législature – a-t-il permis une chronologie un tant soit peu « logique » dans l’enchaînement de ces scrutins. Une configuration calendaire qui ne sera pas sans conséquence lors de l’élaboration et de la mise en place des différentes listes électorales au sein de chacun des partis. Si les ténors politiques voudront évidemment se positionner pour l’un ou l’autre scrutin – certains l’ayant d’ailleurs déjà fait –, quelle place sera faite aux jeunes, dans un contexte électoral qui, en l’espace de quelques mois, a beaucoup changé ? Parfois par conviction et parfois par obligation, les réflexions sont lancées pour chacune des formations politiques, lancées dans les préparatifs de ces trois échéances majeures.

Nouvelle donne

Le dernier rendez-vous des citoyens luxembourgeois avec les isoloirs a laissé, quoi que certains hommes politiques puissent en dire, des traces très profondes dans les esprits. Le référendum du 7 juin 2015 a, en premier lieu, donné une cinglante gifle à l’exécutif, avec un très large désaveu pour un « oui » grandement soutenu par la coalition tricolore. Les résultats d’un référendum ont, historiquement, toujours largement dépassé le cadre des questions posées, et c’est généralement l’ensemble d’une politique qui se retrouve ainsi jugé. Dans le cas présent, outre la défiance exprimée par les électeurs, ce référendum a aussi (r)ouvert des débats autour de la nationalité et de la participation des résidents non luxembourgeois à la vie politique du pays. Jamais, sans doute, un contexte pré-électoral – et aussi post-électoral, comme en témoigne la très suivie pétition 698 (plus de 14.500 signatures, un record) demandant la reconnaissance du luxembourgeois en tant que langue officielle dans le pays – n’aura semblé aussi agité et riche, même si cela tient davantage à la nature même des questions posées, en particulier celle concernant justement le droit de vote des résidents non luxembourgeois. Configuration inédite également, à l’échelle nationale, pour 2018, avec un parti chrétien­social qui est toujours le « premier » parti du pays (avec plus de 33 % des suffrages exprimés lors des dernières élections législatives d’octobre 2013), mais qui se battra dans les rangs de l’op026 ­—

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position pour la première fois depuis près de 40 Gréng qui a renversé le parti chrétien-social un ans, à l’occasion du deuxième scrutin à venir. soir d’octobre 2013. Cela s’est immédiatement Un an plus tôt, les élections communales traduit, dans les faits, par un certain rajeunisseseront passées par là. Même si les enjeux locaux ment des membres de l’exécutif : la moyenne ne sont généralement pas ceux qui occupent d’âge de l’équipe de Bettel dépassait à peine 50 les joutes nationales, il est évident que les résul- ans lors de son intronisation (et est même pastats de l’échéance d’octobre 2017 seront, d’une sée en dessous lorsque Marc Hansen a succédé façon ou d’une autre, décortiqués bien au-delà à André Bauler au bout de quatre mois, avant des frontières de chaque commune. De là à par- que l’arrivée de Guy Arendt, en décembre derler de test grandeur nature pour le gouverne- nier, ait fait repasser le curseur au-delà des 50 ment, il n’y a qu’un pas que d’aucuns ne ans), alors que l’équipe mise en place par Jeanmanqueront pas de franchir lorsqu’il s’agira de Claude Juncker au lendemain des élections de faire le décompte. 2009 affichait une moyenne de 53 ans. En intronisant dès le 8 octobre son SpitzenkanLa question de la relève politique est essendidat en la personne de Claude Wiseler (avec 488 tielle dans le chef de chaque parti même si, comme voix sur 496, soit plus de 98 % des suffrages…), le le montrent les pages qui suivent, l’approche n’est parti chrétien-social a été le premier à dégainer pas la même. Loin de là. Inscrite dans les gènes dans cette course en trois étapes qui se profile. À chez certains, comme Déi Lénk, elle prend des 56 ans, il se présente comme formes beaucoup moins forétant le prochain Premier melles chez les autres. PRÉCOCITÉ ministre du pays si le CSV parC’est pourtant clairement ET LONGÉVITÉ vient à gagner suffisamment de dans la « jeune génération » 28, 31, 40… nouveaux sièges (il en compte d’aujourd’hui que se trouvent pour l’heure 23 sur 60) pour les futurs dirigeants du pays, En matière de rajeunissement contrer toute velléité de coaliquand bien même le paysage des cadres en politique, le cas de Jean-Claude Juncker est tion à trois (lire aussi en p. 47). politique aura évidemment particulièrement symbolique. Lui devant et tous derrière. profondément changé dans 15 Propulsé par le parti chrétien­Les chrétiens-sociaux ont ou 20 ans. Ils sont 15 députés social sous l’ère Pierre bien l’intention de rebondir – soit un quart de la Chambre Werner, l’actuel président de la Commission européenne avait après cinq années de purga– à avoir moins de 45 ans et placé la barre très haut en intétoire et signer un nouveau huit à avoir moins de 40 ans. grant pour la première fois un bail à l’Hôtel de Bourgogne. À l’opposé, ils sont encore 16 gouvernement à l’âge de 28 ans. Mais après les retraits de la à avoir plus de 60 ans et cinq Il fut en effet nommé en décembre 1982 secrétaire vie politique nationale de à avoir plus de 65 ans. Rien ne d’État au Travail et à la Sécurité Jean-Claude Juncker, François dit qu’ils seront tous encore sociale. La voie royale était Biltgen ou encore Luc Friesur les rangs dans deux ans. tracée et lorsque Jacques den, qui tenaient (presque) à La volonté de faire souffler Santer, devenu entre-temps eux seuls le parti au début de un vent nouveau sur le paysage Premier ministre, quitta Luxembourg pour prendre la ce siècle, l’heure est aussi au politique avait aussi transpiré présidence de la Commission renouvellement des cadres. dans l’une des trois questions européenne, son dauphin fut Si la probabilité est très posées lors du référendum du investi à l’Hôtel de Bourgogne forte de voir Viviane Reding 7 juin 2015. Il s’agissait de proen janvier 1995. Il venait tout juste de souffler ses 40 occuper un siège de ministre poser la limitation des foncbougies. – les Affaires étrangères lui tions de ministre à deux Mais cette précocité a eu mandats consécutifs afin de semblent taillées sur mesure comme effet miroir une longéaprès plus d’un quart de siècle faciliter le renouvellement des vité qui fut bien souvent remise passé sur des bancs européens cadres. Avec 70 % de « non », en question sur la fin. Enchaînant les mandats et les (le Parlement à Strasbourg cette proposition a fait long cotes de popularité stratosentre 1989 et 1999, puis la feu, exprimant par là même phériques, Jean-Claude Commission à Bruxelles une version moderne de la Juncker a, au final, cumulé un jusqu’en 2014 avant de retourquadrature du cercle : parvenir total de 31 années au sein du ner au Parlement) –, on ne à assurer un renouvellement gouvernement, jusqu’à sa « chute » en décembre 2013. peut pas dire que, du haut de continu des figures politiques, Sans « l’affaire » du Srel qui a ses 65 ans (et donc 67 si on se tout en conservant suffisamprécipité son départ, il y a de projette en 2018), elle incarne ment d’expérience et de « boufortes chances qu’il aurait été l’archétype du renouveau politeille » (notamment sur les encore en poste aujourd’hui. tique du pays. dossiers internationaux) pour Plus de trois décennies au gouvernement : M. Juncker trinquer au banquet des devance de quelques mois un Jeunesse, grands de ce monde. autre « dinosaure » noir, mais expérience Pendant ce temps-là, les Fernand Boden, entré au gou« Le gouvernement est porté par jeunes poussent… tour d’hovernement de Pierre Werner à l’ambition d’incarner le renourizon des stratégies des partis l’âge de 36 ans en tant que ministre de l’Éducation natioveau politique auquel aspirent en matière de renouvellement nale, et ministre du Tourisme nos concitoyens. » Voilà justede troupes et présentation lors du retour du CSV au pounon exhaustive de figures ment la toute première phrase voir en juillet 1979, et qui n’en introduisant le programme montantes et autres visages sortit que 30 ans plus tard lorsque fut constituée l’équipe gouvernemental 2013-2018 de connus. Leur point commun ? Juncker / Asselborn II. la coalition DP-LSAP-Déi Ils ont moins de 45 ans.


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LE RENOUVEAU INTERNE DU CSV

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assé dans l’opposition, le CSV a été contraint de se remettre en question. C’est ainsi qu’a pris racine une nouvelle stratégie, établie dès 2014 dans un rapport baptisé Perspectives, et qui commence à se faire de plus en plus visible. Par la nomination d’un nouveau chef de file, mais aussi par une refonte totale du mode de fonctionnement du parti, forcément assimilé jusqu’alors à la politique gouvernementale. Cette redéfinition passe néanmoins par la poursuite d’une tradition : mettre le pied à l’étrier de potentiels leaders. Tout comme Jacques Santer (ministre à 35 ans et Premier à 47) fut soutenu par Pierre Werner puis Jean-Claude Juncker par Jacques Santer, le CSV entend miser sur le renouvellement de son personnel politique. Une dynamique plus que jamais à l’ordre du jour avec le départ de certains « grands formats » : François Biltgen à la Cour de Justice de l’UE, Luc Frieden vers le privé et JeanClaude Juncker pour Bruxelles. C’est suite à la nomination de ce dernier que Laurent Zeimet était entré à la Chambre. À 42 ans, celui qui est aussi secrétaire général du parti et bourgmestre de Bettembourg a pris sa place parmi les cadres.

Douze nouveaux candidats par an

« Depuis 2014, nous avons créé un programme spécial pour les jeunes qui vise à former 12 candidats – six hommes et six femmes – tous les ans, annonce Marc Spautz, président du CSV. Nous avons donc beaucoup de diamants bruts qu’il reste encore à polir. » Un apprentissage dont sont issues notamment Élisabeth Margue, présidente du CSJ (la section jeunes du parti), ou Stéphanie Weydert, secrétaire

STÉPHANIE WEYDERT

32 ans Avocate Secrétaire générale adjointe du CSV, conseillère communale à Mompach Quelle est votre vision de la politique de demain ? Il faut mener une politique de durabilité focalisée sur la Place, principale source de richesse du pays, et le secteur social. Ces deux aspects doivent être abordés ensemble car protéger l’un sans protéger l’autre n’a pas de sens. J’aimerais être un leader dans la mise en place de ces propositions car je possède une certaine expertise dans une partie de ces questions. Si vous entrez au gouvernement, quelle sera votre première décision ? C’est une question que je ne me suis jamais posée… Mais je me verrais bien dans le ministère des Classes moyennes, pour gérer les questions relatives aux affaires, mais aussi défendre les PME et les aider à tenir le coup face aux grands.

générale adjointe du CSV. D’ici à 2019, ce sont donc 60 candidats qui devraient être formés. Soit autant que de sièges à la Chambre des députés… C’est aux élections communales que les espoirs du CSV devront se faire les dents. Bien que le chiffre de 100 nouvelles têtes pour ce scrutin avait été avancé lors du congrès national du CSJ en 2015, leur nombre effectif devrait être moins important. Les meilleurs d’entre eux ne le regretteront pas : « Si les candidats qui sortent déjà du lot obtiennent les résultats auxquels je pense en 2017, ils se retrouveront également sur les listes des législatives », assure Marc Spautz. Par « jeune », les statuts du CSJ prévoient un âge maximum de 32 ans et de 40 ans pour ceux inscrits sur les listes des législatives. Toutefois, le profil des nouvelles têtes devrait rester le même : des personnes soit issues de la fonction publique, soit ayant le statut d’indépendant. Loin donc d’une représentativité exhaustive de la population. Pour tenter de changer la donne, certaines voix plaident non seulement pour une plus grande mixité dans les profils des candidats, mais également pour l’émergence de nouvelles idées à intégrer dans le programme politique, y compris concernant le fonctionnement même du parti. « Le renouveau passe aussi par le programme et la manière dont les discussions sont menées et les décisions en interne sont prises, estime Marc Glesener, conseiller politique du CSV. C’est la même chose en ce qui concerne les nominations, qu’il s’agisse d’un poste de député ou de ministre. Seules les personnes défendant un projet, quel que soit leur âge ou leur parcours, seront légitimes, car si les candidatures ne sont motivées que par le fait de redevenir ce que certains ont été, cela n’ira pas dans le bon sens. »

CHRISTOPHE HANSEN

34 ans Attaché économique et commercial à l’ambassade de Luxembourg à Bruxelles et conseiller en affaires européennes à la Chambre de commerce Conseiller communal à Winseler @CHansenEU Quelle est votre vision de la politique de demain ? Le monde politique devrait être nettement plus compliqué, car la communication devrait encore plus prendre le pas sur la politique. Il faudrait que les hommes politiques cessent les petites phrases, que les discours soient plus constructifs et moins accrocheurs. Si vous entrez au gouvernement, quelle sera votre première décision ? Ce qui est important, c’est de faire de la politique pour l’ensemble des citoyens, afin de retrouver la cohésion sociale qui manque un peu ces temps-ci. Ça pourrait passer par le retour à la méritocratie, notamment dans la fonction publique. Au niveau européen, il faut voir la crise actuelle comme une chance de créer une Europe plus soudée qui respecterait les intérêts nationaux.

ÉLISABETH MARGUE

SERGE WILMES

34 ans Historien indépendant Député @SergeWilmes Quelle est votre vision de la politique de demain ? Il faudra marier démocratie représentative et démocratie directe car elles sont complémentaires. Pour de grands projets, mêler davantage les citoyens afin de trouver des compromis viables. C’est un défi, au même titre que le besoin de cohésion sociale qui existe, mais qui devra être renforcé vu la hausse du nombre de non-Luxembourgeois qu’il faudra savoir intégrer. Dans ce contexte, j’aimerais être un acteur de ce changement pour le rendre possible. Si vous entrez au gouvernement, quelle sera votre première décision ? C’est une question compliquée, car tout dépend du portefeuille que j’obtiendrais, savoir s’il s’agit d’un ministère régalien ou non. Ce qui est certain, c’est que je ne veux pas devenir ministre pour être ministre.

26 ans Avocate Présidente du CSJ

Quelle est votre vision de la politique de demain ? Le rôle de la politique est de préparer l’avenir avec tous les défis que cela comporte. Les jeunes doivent s’informer et s’engager pour faire bouger les choses. Il s'agit d’être actif et proactif. Je suis prête à m’engager et à motiver d’autres personnes, notamment des femmes, car la politique reste encore un monde largement masculin. Si vous entrez au gouvernement, quelle sera votre première décision ? C’est une hypothèse encore très éloignée pour le moment. Spontanément, je changerais les choses dans le domaine juridique, notamment dans la procédure civile, afin d’accélérer les choses. Sinon, je changerais également notre système social pour assurer à notre génération une vie décente dans un contexte de vieillissement de la population.

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COUP DE JEUNE AU DP

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omment combler le départ de cadres du parti devenus ministres ? La question se pose logiquement au DP, à l’instar de ses partenaires de coalition au gouvernement. Et la première étape du processus consistera, d’abord, à conserver la mairie de Luxembourg-ville en 2017. Si le bastion DP ne devrait pas trembler, encore faudra-t-il composer une liste ambitieuse aux côtés de celle qui ne s’est pas encore déclarée, mais qui, en coulisses, est déjà prête : la bourgmestre en fonction Lydie Polfer. Ellemême était devenue bourgmestre pour la première fois à 30 ans. Mais le DP ne veut pas se focaliser sur l’âge des troupes engagées. « Il est important pour notre parti que toutes les tranches d’âge soient représentées, indique la présidente Corinne Cahen. Il faut tenir compte des expériences et des compétences de chacun pour obtenir la liste la plus équilibrée possible. » Au niveau de sa structure dirigeante, le DP a entamé un sérieux rajeunissement de ses cadres. Il compte d’ailleurs quatre ministres « quadras » (Xavier Bettel, Claude Meisch, Marc Hansen et Corinne Cahen). Ses clés ont été confiées à la ministre Corinne Cahen (43 ans), qui a aussi misé sur la carte jeune pour une garde rapprochée pourtant déjà rompue à l’exercice du pouvoir législatif et exécutif et assurant, de surcroît, un maillage territorial cohérent. Le premier viceprésident, Max Hahn (35 ans) se positionne au Sud ; Mac Hansen (45 ans) aimerait marcher, dans le Nord, sur les traces de l’eurodéputé et ancien ministre Charles Goerens, et Lex Delles (32 ans) s’est fait un nom à l’Est, dans la ville de Mondorf où Maggy Nagel régnait avant sa chute. Il y a même devancé de 268 voix le ministre LSAP du Travail Nicolas Schmit, lors des dernières élections législatives. Au Centre, enfin, la députée Joëlle Elvinger (36 ans) apparaît de plus en plus sur différents dossiers-clés, le dernier en date étant la réforme fiscale en tant que rapporteuse du projet de loi. La thématique des jeunes semble donc prise comme une opportunité pour le DP, qui mise résolument sur l’avenir et thésaurise par le retour au pouvoir national. Sur le plan communal, pas de noms avancés, à ce stade, en prévision des joutes d’octobre 2017 dans la capitale. Mais on imagine d’ores et déjà un rôle important à jouer pour l’échevin Patrick Goldschmidt (46 ans), compétent pour maîtriser les dossiers de la Ville et, pourquoi pas, reprendre une écharpe mayorale en cours de mandat. Reste à celui qui est aussi trésorier du DP à affiner sa communication, sans pour autant sonner faux. L’actuel secrétaire général du parti, Marc Ruppert (32 ans), fait aussi partie indéniablement des figures montantes. L’enseignant que Xavier Bettel est allé chercher pour figurer sur la liste de 2013 a pris une place centrale dans le parti, en lien avec toutes les fédérations, et dispose d’un capital sympathie auprès d’une partie de la jeunesse de la capitale. Il sera alors temps pour le DP d’aller trouver les ressources suffisantes en termes de voix pour pouvoir, un an plus tard, peser suffisamment pour espérer garder une place dans une future coalition.

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MARC RUPPERT

32 ans Professeur d’histoire à Luxembourg-ville Secrétaire général du DP @RuppertMarc

CLAUDE SCHOMMER

24 ans Instituteur à Luxembourg-ville Président de la Jeunesse démocrate et libérale @ClaudeSchommer Quelle est votre vision de la politique de demain ? La prévoyance reste cruciale si l’on veut maintenir un équilibre économique, sociétal et culturel. Une politique visionnaire s’adapte aux réalités, aux évolutions démographiques et respecte les libertés de chacune et chacun. De plus, j’estime très importante la participation active des citoyens au bon fonctionnement de la démocratie. Quelle serait votre première mesure en cas d’arrivée au gouvernement ? En tant que jeune adulte, il est évident que l’envie de mettre en place des mesures nouvelles et innovantes reste grande. Or, il ne s’agit pas de se précipiter sur une idée que l’on estime importante et qu’on veut appliquer du jour au lendemain. Personnellement, je m’intéresse beaucoup aux institutions culturelles et scolaires ; deux domaines qu’il faudrait solliciter davantage.

Quelle est votre vision de la politique de demain ? Grâce au nouvel instrument des pétitions, le Luxembourg a modernisé sa démocratie. C’est un bon début, mais il faut poursuivre les efforts afin que le Luxembourg devienne une démocratie encore plus directe. Le modèle de référence est pour moi la Suisse. Malgré ses faiblesses, c’est un système qui promeut la stabilité politique et incite les citoyens à s’intéresser à la politique. Renforcer la démocratie directe peut être un moyen pour combattre la lassitude politique qui s’empare de nombreux citoyens. Quelle serait votre première mesure en cas d’arrivée au gouvernement ? Malgré les efforts du gouvernement, le trafic routier reste un dossier extrêmement délicat. Personnellement, j’aimerais introduire la gratuité des transports publics. Sachant qu’il faudra continuer à réaliser les projets déjà entamés pour améliorer la situation sur nos routes, elle pourra inciter davantage les gens à utiliser les moyens de transport en commun.

FRANÇOIS MEISCH

40 ans Fonctionnaire communal Président de la section locale du DP à Differdange

CLAUDIA MONTI

40 ans Avocate Présidente du Comité participatif des personnes à besoins spécifiques, membre de différentes commissions de la Ville, présidente de la section Cessange/ Gasperich du DP @claudiamonti Quelle est votre vision de la politique de demain ? La politique ne doit pas être réservée à une minorité élitaire. Elle nous concerne tous et doit donc être inclusive, donnant une voix à TOUT citoyen. Si vous entrez au gouvernement, quelle sera votre première décision ? Participer à la réforme de la justice pour favoriser la médiation et assurer un traitement plus rapide des dossiers, dans le cadre de mon engagement pour la défense des droits de l'Homme.

Quelle est votre vision de la politique de demain ? Au niveau communal, surtout au sud du pays, il s’avère essentiel d’accélérer le changement structurel pour faire face aux défis de notre société. Une ségrégation sociale peut conduire au développement de sous-cultures fermées, caractérisées par des comportements fondamentalement hostiles. Une ville durable doit posséder des espaces publics ouverts et attrayants et promouvoir une mobilité durable, inclusive et saine. Ceci, en combinaison avec une approche globale des problèmes environnementaux et énergétiques. Si vous entrez au gouvernement, quelle sera votre première décision ? Dans une première phase, il est incontournable de réconcilier divers acteurs avant de poser les jalons pour les prochaines étapes et pour que la Ville de Differdange puisse jouer dans un futur proche un rôle essentiel en tant que moteur de l’économie, lieu de connectivité, de créativité et d’innovation, tout en respectant son passé et sa diversité socioculturelle.


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LSAP : UNE RELÈVE MAÎTRISÉE

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our le LSAP, la relève est déjà partiellement en place après le coup de balai de 2013. Alex Bodry a cédé la présidence à Claude Haagen, les trentenaires Yves Cruchten et Christine Schweich ont été promus secrétaire et trésorière, et sept députés sur treize sont de nouvelles têtes. Pour les nouvelles recrues, tout commence officiellement au niveau communal. « Il est essentiel pour le parti de repérer, à l’aide des élections communales, des jeunes proches de la population pour les attirer vers la politique, explique Claude Haagen, président du parti. Et nous puisons dans ce vivier pour déterminer les candidats aux élections nationales, voire européennes. » Les jeunes reçoivent une formation sur le fonctionnement d’une commune, le budget communal ou encore sur comment parler en public ou aux médias. Le parti est particulièrement fier de ses « jeunes et dynamiques » bourgmestres comme Dan Biancalana à Dudelange, Christine Schweich à Mondercange et Tom Jungen à Roeser, sans oublier les échevins Ben Scheuer à Echternach, Carlo Feieresen à Schifflange ou encore Bob Steichen à Ettelbruck. Un engagement local suffisant pour certains. Et la prochaine étape pour d’autres comme Pierre Hobscheit, président de la section de Differdange. Pour ceux qui rêvent d’un avenir national, que ce soit à la Chambre ou au gouvernement, le chemin n’est pas tout tracé. Les Jeunes socialistes ne constituent pas un tremplin naturel et affirmé vers le parti ou la Chambre, même si plusieurs y sont passés comme Taina Bofferding. Entre think tank et électron libre, la jeunesse sociale-démocrate n’hésite pas à contredire le parti, que ce soit à propos de la burqa ou du traité Ceta. « L’avantage et

CHRISTINE SCHWEICH

33 ans Juriste auprès du ministère de la Santé Échevin de Mondercange de 2011 à 2013 et bourgmestre depuis 2013 @MCM_CHRISTINE Quelle est votre vision de la politique de demain ? La politique est quelque chose qui doit s’adapter à la société, aux conditions environnementales, etc. Il est primordial de continuer à garder et développer davantage les relations avec les autres pays, nous ne pouvons qu’en tirer des bénéfices au niveau de l’économie et de l’emploi. Je suis prête à assumer mes responsabilités et à prendre les bonnes décisions pour garder et améliorer le niveau de vie dont nous bénéficions tous d’ores et déjà. Si vous entrez au gouvernement, quelle sera votre première décision ? Créer un logement accessible pour toutes les personnes et avoir un réseau de transport public cohérent pour tout le pays.

CÁTIA GONÇALVES

PIERRE HOBSCHEIT

32 ans Employé de l’État auprès du ministère de la Fonction publique Conseiller communal de la Ville de Differdange depuis le 22 janvier 2014 @PHobscheit Quelle est votre vision de la politique de demain ? La politique de demain doit se rapprocher des citoyens pour mieux comprendre leurs vrais soucis. Le moment venu, j’aimerais m’engager au niveau national pour une politique qui ne se limite pas aux différends idéologiques entre partis, mais qui résout les vrais problèmes comme la situation inacceptable sur le marché immobilier. Si vous entrez au gouvernement, quelle sera votre première décision ? J’aimerais bien instaurer un plan national des transports publics qui permettrait une utilisation plus efficace des différents moyens de transport, car en réglant les problèmes de transport (stress, embouteillages, accidents, pollution, etc.), on améliore la qualité de vie de chacun dans le pays.

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31 ans
 Attachée de légation 
 Présidente des Femmes socialistes, ancienne conseillère communale de Pétange @catigoncalves Quelle est votre vision de la politique de demain ? La politique d’aujourd’hui compte très peu d’hommes et de femmes politiques avec carrure, prestance et convictions claires. La course pour les sondages, la popularité et les slogans faciles contribuent au discrédit du politique. La politique de demain se devra d’être plus authentique, plus pragmatique et moins soucieuse de sa réélection. Si vous entrez au gouvernement, quelle sera votre première décision ? Préparer le pays à la 4e révolution industrielle et soutenir les visionnaires et esprits critiques d’aujourd’hui et entrepreneurs de demain. 

JIMMY SKENDEROVIC

30 ans Employé au ministère du Développement durable et des Infrastructures Président des Jeunes socialistes @jimmyskend Quelle est votre vision de la politique de demain ? La politique de demain doit être moderne, progressiste et avec une participation active de la société civile. Par ailleurs, il faut avoir des idées révolutionnaires mais réalistes. On ne peut pas limiter toutes les politiques au seul financement du système des pensions. Le Luxembourg doit être un modèle pour les autres. J’espère pouvoir jouer un rôle actif dans la mise en œuvre de mes idées en continuant à m’engager politiquement. Si vous entrez au gouvernement, quelle sera votre première décision ? Réorganiser l’ensemble du système de gouvernance ministérielle avant d’élaborer un plan de lutte contre les inégalités de toute sorte.

le désavantage des Jeunes socialistes, c’est qu’ils s’exposent au niveau du parti », résume Claude Haagen. Mais Jimmy Skenderovic, le président actuel des Jeunes socialistes, et son acolyte Fabio Spirinelli, n’ont pas dit leur dernier mot.

Des verrous à faire sauter

En attendant, le système électoral par liste favorise la mainmise du parti sur les jeunes qui seront éligibles ou pas, ne serait-ce que par leur place sur la liste. Il s’agit alors de se ménager des soutiens au sein du comité directeur. Chose facile pour Taina Bofferding, issue du monde syndical, ou Tess Burton, cornaquée par Nicolas Schmit dans l’Est. Catia Gonçalves, présidente des Femmes socialistes, vient de démissionner du conseil communal de Pétange pour se concentrer sur sa carrière diplomatique. Mais il y a fort à parier qu’elle reviendra à la politique avec l’ambition de jouer les premiers rôles. Christophe Schiltz, membre du Conseil d’État depuis 2013, se réserve aussi un retour dans quelques années. D’autres ont choisi l’indépendance. Claudia Dall’Agnol, députée depuis 2004, soigne son ancrage local à Dudelange. Quant à Franz Fayot, révélation de la législature 2013-2018, il a s’est fait un nom en privilégiant les dossiers dont il est expert, comme la loi sur la modernisation des sociétés. Absent de l’organigramme officiel du parti, le député reste néanmoins attaché à sa section locale, même si Marc Angel est pressenti pour mener la prochaine liste aux communales. Le précurseur en la matière n’est autre qu’Étienne Schneider, qui a dynamité la logique de parti pour s’imposer comme ministre de l’Économie puis vice-Premier ministre aux manettes de la coalition Gambie. Le parti a tenu le choc, mais ses mutations sont irréversibles, et la relève ne demande qu’à s’exprimer. « C’est aussi une question de personnalité et une décision par rapport à sa vie familiale », souligne Claude Haagen. Aux jeunes de s’imposer, comme les discrets Yves Cruchten et Christine Schweich, peut-être trop occupés par leurs fonctions pour soigner leur carrière nationale.


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UNE SUCCESSION AU NATUREL CHEZ DÉI GRÉNG

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hez Déi Gréng, les grands cadres du parti ont, pour ainsi dire, de la bouteille. Et la question de savoir qui seront ceux appelés dans un avenir plus ou moins proche à prendre la relève des Viviane Loschetter, Henri Kox, Camille Gira et autres François Bausch, se pose évidemment. « Le rôle de nos jeunes adhérents est très important et il est donc pris très au sérieux », affirme Christian Kmiotek, co-président du parti, soulignant d’emblée que chez les écologistes, la relève s’effectue à partir de la section Jeunes (Déi Jonk Gréng), qui vient de fêter ses 20 ans d’existence. « Nous sommes un parti très participatif », ajoute-t-il, indiquant que ces jeunes pousses sont invitées « aussi souvent que possible » à participer aux travaux ou aux discussions que mènent leurs aînés. Le « recrutement » des futurs cadres du parti se fait via Déi Jonk Gréng, notamment au niveau des communes. « Mais trouver des jeunes qui souhaitent véritablement s’engager n’est pas simple », constate Françoise Folmer, la co-présidente du parti, notant que si les jeunes sont plus intéressés à la politique aujourd’hui que par le passé, « il n’est pas évident de les faire rentrer dans des structures fixes ».

« Il n’y a pas de hiérarchie chez nous »

« Par contre, une fois intégrés, cela devient plus aisé, ajoutet-elle, car il n’existe pas chez nous de hiérarchie comme c’est le cas ailleurs. » Les statuts du parti font aussi que les deux porte-parole des Jonk Gréng – Catia Fernandes et Bob Picard aujourd’hui, après Gina Arvai et Paul Matzet – sont également membres du comité exécutif de Déi Gréng et, en outre, participent – et parfois dirigent – de nombreux autres groupes de travail. C’est grâce à cette organisation que devraient émerger les futurs cadres du parti – et ses futurs élus – affirme Françoise Folmer, « à l’image d’un parcours qu’a connu avant eux Sam Tanson ». L’ancienne présidente des Jonk Gréng, puis de Déi Gréng, est aujourd’hui première échevine de la capitale et membre du Conseil d’État. Elle a pris le rôle de leader du parti dans la capitale après le départ de François Bausch au gouvernement et s’est déjà posée en candidate – en ticket avec François Benoy – pour mener la liste aux prochaines communales. On peut aussi citer le parcours de Carole Dieschbourg, nommée ministre de l’Environnement à 36 ans à peine. Aux noms de ces porte-parole passés et présents, l’eurodéputé Claude Turmes en ajoute trois autres, à commencer justement par celui de François Benoy, conseiller communal à Luxembourg-ville. « L’expérience d’un scrutin est un bon apprentissage qui permet à la fois d’être plus connu et d’apprendre à être plus performant », affirme M. Turmes, qui cite également le nom de son chef de bureau au Parlement européen à Bruxelles et à Strasbourg, Meris Sehovic. « C’est quelqu’un de prometteur, d’autant qu’il a le privilège de travailler à deux niveaux : européen et national, en tant que membre du comité exécutif des Jonk Gréng ». Et de désigner encore un autre espoir en devenir : une jeune fille « à l’énorme potentiel, elle aussi », Karma Catena, une jeune pousse âgée de… 14 ans à peine. « À eux de continuer à apprendre et à faire leurs preuves », conclut-il, réfutant l’expression « gravir les échelons » utilisée dans d’autres formations. « Nous sommes un parti moins institutionnel, dit-il. Et on n’est surtout plus à l’ère des jeunesses communistes. »

PAUL MATZET

MERIS SEHOVIC

29 ans Ancien chef de circulation auprès des CFL Membre du comité exécutif de Déi Jonk Gréng @MatZetPaul

25 ans Chef de bureau du député européen Claude Turmes Membre du comité exécutif de Déi Jonk Gréng depuis 2012 @MerisSehovic

Quelle est votre vision de la politique de demain ? La politique est un moyen pour s’exprimer, pour faire entendre et mettre en œuvre ses revendications dans notre démocratie. 

Quelle est votre vision de la politique de demain ? Faire de la politique, c’est remonter ses manches et travailler chaque jour avec énergie et conviction pour des améliorations concrètes.

Si vous entrez au gouvernement, quelle sera votre première décision ? Je mettrais tout en œuvre pour que le gouvernement du Luxembourg ne signe pas d’accord de libre-échange qui donne plus de droits aux investisseurs qu’aux institutions démocratiques, qui menace nos normes environnementales, alimentaires et de santé et qui ouvre la porte à la privatisation du secteur public.

Si vous entrez au gouvernement, quelle sera votre première décision ? Je proposerais un plan d’action pour une transition graduelle vers une agriculture 100 % bio. Le plan d’action du gouvernement danois pour réaliser cet objectif, pour le moment unique en Europe, montre qu’il s’agit d’un objectif tout à fait réaliste et le Luxembourg dispose de conditions préalables optimales. La crise actuelle de l’agriculture européenne n’est pas qu’une crise économique. Il s’agit d’une crise liée à un modèle économique dépassé, aussi d’un point de vue sociétal et environnemental. Nous devons nous concentrer sur notre propre demande et une production de qualité au lieu de privilégier des exportations à bas prix. C’est bon pour la qualité de l’air et de l’eau. C’est bon pour les agriculteurs. C’est bon pour notre santé.

CATIA FERNANDES

28 ans Coordinatrice de la Charte de la diversité Lëtzebuerg chez IMS Luxembourg Porte-parole Déi Jonk Gréng et membre du conseil d’administration de l’Office social commun Roeser, Frisange, Bettembourg @catia__sofia Quelle est votre vision de la politique de demain ? La politique est pour moi la possibilité d’analyser et de comprendre les défis sociaux, économiques et environnementaux d’aujourd’hui et de proposer des solutions concrètes tout en contribuant, avec une vision à long terme, à la construction de la société luxembourgeoise.  Si vous entrez au gouvernement, quelle sera votre première décision ? Il y a un bon nombre de chantiers que j’aurais envie d’entamer, ce n’est pas facile de choisir, d’autant plus que je préfère prendre des décisions à tête reposée… Mais je pense que si je devais rentrer demain au gouvernement, je m’attaquerais aux prix faramineux des logements, qui ne sont pas tenables à long terme, en proposant de faciliter le développement de coopératives d’habitation sur le territoire luxembourgeois, une réelle alternative abordable, qui devrait être davantage exploitée et soutenue politiquement, d’autant plus qu’elle fédère la cohésion sociale et la diversité.

FRANÇOIS BENOY

31 ans Coordinateur et chargé de communication et de campagnes chez natur&ëmwelt asbl (ONG de protection de la nature) Président de Déi Gréng Stad Lëtzebuerg, membre du comité exécutif de Déi Gréng, conseiller communal à Luxembourg-ville @fbenoy Quelle est votre vision de la politique de demain ? Je m’engage pour une société plus juste, plus écologique et plus humaniste. Au Luxembourg, cela avance, mais nous sommes encore loin du compte. Si vous entrez au gouvernement, quelle sera votre première décision ? Je lancerais la transition vers une agriculture 100 % biologique au Luxembourg. Ce serait au profit de tous : des agriculteurs, des consommateurs, de la nature et de l’économie. Ainsi, le Luxembourg se positionnerait en tant que précurseur européen.

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COVERSTORY

DÉI LÉNK ET ADR AU DIAPASON GARY DIDERICH

34 ans Diplômé en philosophie à l’Université du Luxembourg Conseiller communal à Differdange et porte-parole Déi Lénk @garydiderich Quelle est votre vision de la politique de demain ? La politique est le design de la cité, voire de la société dans laquelle nous vivons et travaillons ensemble. Je m’y considère comme un relais des personnes qui veulent une transition sociale et écologique vers un monde plus juste et responsable. Si vous entrez au gouvernement, quelle sera votre première décision ? Une loi « contre la précarité du logement » qui prévoit notamment de taxer les logements laissés vides, les louer ou les acheter, les assainir de façon écologique ; en construire de la même manière 2.000 nouveaux par an pour les louer à des prix abordables ou encore créer une agence immobilière publique pour assurer le respect de la loi du contrat de bail.

A

u sein d’une Chambre des députés où ils occupent, à eux deux, cinq sièges, la question de la relève se pose davantage à l’ADR, dont les trois députés ont 51 (Roy Reding), 57 (Fernand Kartheiser) et 66 ans (Gast Gibéryen), alors que les deux représentants de la gauche ont moins de 40 ans : 38 pour Marc Baum et 37 pour David Wagner. « Nous sommes tous les trois ouverts à laisser la place à des plus jeunes et nous les démarchons activement, explique Roy Reding, par ailleurs vice-président du parti. Nous sommes du reste extrêmement présents auprès de la jeune population : d’après le rapport de l’Université du Luxembourg sur les dernières élections, nous avons une clientèle de base de 18 % chez les primo-votants. Nous sommes le deuxième parti sur le segment des jeunes et très jeunes. Et certains jeunes du CSV réfléchissent à nous rejoindre. » Lors des élections européennes de 2009 et 2014, l’ADR s’est régulièrement vanté d’avoir inscrit, sur ses listes, de jeunes candidats, « voire les plus jeunes », note M. Reding, qui indique que le tiers des participants à la dernière journée parlementaire du parti, début octobre, avait moins de 30 ans. « Au prochain conseil communal à Luxembourg-ville, je suis persuadé que quelqu’un de moins de 30 ans de l’ADR siégera. »  Pas moins de six délégués de l’ADR ont fait le déplacement, fin septembre-début octobre, à Porto, pour le sommet des Jeunes conservateurs européens.

Le contenu prime

CAROLE THOMA

26 ans Étudiante en maîtrise de génie civil à Kaiserslautern Porte-parole Déi Lénk Quelle est votre vision de la politique de demain ? Il faut que les élu(e)s recommencent à représenter leurs électeurs, alors que beaucoup de politiciens ignorent encore les intérêts des gens et préfèrent représenter les grands capitaux. J’espère participer au rapport des forces, c’est-à-dire me battre pour la majorité des gens face à quelques personnes super riches et/ou les grandes entreprises. Si vous entrez au gouvernement, quelle sera votre première décision ? La proclamation de l’état d’urgence sociale, dans un pays qui est l’un des plus riches au monde, mais où 20 % de la population risquent de tomber dans la pauvreté et 25 % des enfants sont touchés par ce risque. On a besoin d’actions concrètes, notamment d’une augmentation du salaire social minimum qui est pour le moment en dessous du seuil de pauvreté.

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À l’autre extrémité de l’échiquier politique, les jeunes de Déi Lénk sont déjà dans la place. « Le sujet a été d’emblée traité dès la création du parti et intégré dans les statuts, rappelle Gary Diderich, un des deux porte-parole du parti de gauche. Nous avons la conviction que la politique ne doit pas être uniquement faite par des experts et des personnes qui se construisent une carrière personnifiée. Elle doit être partagée au plus large et il doit donc y avoir un renouveau permanent en termes de personnes, davantage qu’en termes de programme. » Pas de cumul de responsabilités (entre député et échevin par exemple) ou encore changement d’élu à la moitié d’un mandat font partie des bases du fonctionnement de Déi Lénk. « Nous faisons en sorte en permanence d’impliquer les jeunes dans les groupes de travail au niveau de la coordination nationale. La moyenne d’âge y est d’environ 35 ans », complète Carole Thoma, l’autre porte-parole de la gauche. C’est dans le Sud, région aux racines ouvrières traditionnellement plus marquées à gauche, que Déi Lénk ambitionne de gagner un siège supplémentaire lors des prochaines élections législatives. « Ce n’est pas un hasard si les deux porte-parole viennent de cette circonscription », indique M. Diderich. Auparavant, les élections communales donneront l’occasion au parti de se poser la question de la mise en avant de ses valeurs sûres et montantes. « Nous n’avons pas encore de culture de la tête de liste, explique M. Diderich. Nos listes sont établies par ordre alphabétique. Pour nous, c’est d’abord le contenu qui prime. Mais il est vrai qu’avec notre système de rotation à mi-mandat, ça ferait du sens d’annoncer dès le début qui est concerné. » Verdict au printemps prochain.

GILLES ALEXANDRE CARLIZZI

22 ans Étudiant de bachelor en sciences économiques et de gestion à Luxembourg Secrétaire général de la section Jeunes de l’ADR (ADRenalin) ; membre du comité national et vice-président de la section de Differdange. Quelle est votre vision de la politique de demain ? Contribuer à promouvoir les valeurs du conservatisme au niveau communal et national, et représenter cette philosophie au quotidien au Luxembourg ou au travers de l’Acre, notre famille politique au niveau européen. Je me vois comme un team player, travaillant en premier lieu pour l’achèvement des objectifs du parti. Si vous entrez au gouvernement, quelle sera votre première décision ? D’abord on ira fêter ce succès phénoménal ! Blague à part, je n’ai pas de réponse, car cela dépendra de l’état de la Nation et des thèmes les plus importants qu’il s’agira de déterminer avec le consentement de l’ensemble du parti et avec le(s) partenaire(s) de la coalition.

FELIX REDING

19 ans Étudiant à la London School of Economics and Political Science Membre ADR du Jugendparlament et du Parlement européen des jeunes Quelle est votre vision de la politique de demain ? J’ai une affinité pour les traditions sociales établies, les valeurs partagées en tant que nation, le respect de notre monarchie. Je suis aussi très favorable à ce qu’un gouvernement, en termes économiques, soit le moins interventionniste possible. Je souhaite implémenter cette vision à travers un mandat communal, national ou européen et j’entends être candidat aux élections communales à Luxembourg-ville. Si vous entrez au gouvernement, quelle sera votre première décision ? Mettre en œuvre une véritable simplification administrative et, par exemple, remettre en cause l’autorisation de commerce / d’établissement. Pour moi, la liberté de faire du commerce est un droit fondamental, un véritable « droit de l’Homme ». Un contrôle étatique à ce sujet m’est simplement insupportable.


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BRÈVES

MIKE ZENARI

LES INVESTISSEMENTS PUBLICS CHOYÉS « Qualité, solidarité, compétitivité ». C’est le triptyque qui caractérise, selon le ministre des Finances Pierre Gramegna, le projet de budget 2017. Le gouvernement a souhaité défendre une approche qualitative, rimant avec des investissements en faveur du climat, solidaire – avec une augmentation des dépenses sociales – et compétitive en remontant encore la barre du niveau des investissements publics, portés à 2,3 milliards d’euros. Au final, ce sont 14,02 milliards d’euros de dépenses contre 13,24 milliards de recettes, soit un déficit de 987 millions (-1,7 % du PIB) justifié par les allègements compris dans la réforme fiscale, « ainsi que le maintien des investissements à un niveau élevé ». Les objectifs du gouvernement tablent sur un déficit ramené à 571 millions d’euros (-0,8 % du PIB) en 2020. Dans le même temps le taux d’endettement est prévu d’être stabilisé autour de 23,6 % du PIB, « soit largement en-dessous de l’objectif de 30 % fixé par le gouvernement », a insisté M. Gramegna. C’est le socialiste Claude Haagen qui est le rapporteur de ce budget 2017.

« Les mesures qui s’imposent seront mises en œuvre. » Étienne Schneider, ministre de l’Économie Dans une réponse parlementaire, le ministre indique que l’heure n’est pas venue de réglementer la location à court terme de logements par les particuliers. Autrement dit, aucune loi « Airbnb » n’est en prépa­ ration, même si le ministre assure vouloir observer de près l’évolution de la situation dans les pays voisins afin de servir « de source précieuse de comparaison et d’inspiration ».

ÉCONOMIE & POLITIQUE

INQUIÉTUDES POUR LES FRONTALIERS L’entrée en vigueur début 2017 de la réforme fiscale impacterait également les non-résidents, notamment les salariés percevant de bas salaires et travaillant à temps partiel. Selon l’OGBL et le LCGB, le principe d’équité fiscale voulu par le gouvernement risque de leur faire perdre « plusieurs milliers d’euros » annuellement. Face à l’« extrême complexité » du sujet, liée à l’absence de législation harmonisée entre les pays limitro­phes, un groupe de travail mixte doit analyser la situation et rendre ses conclusions dans les prochaines semaines. Novembre 2016 —

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BRÈVES

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LE TRAM EN EXPANSION

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« L’espace est un business dans lequel le pays est bien positionné. » Étienne Schneider, ministre de l’Économie Interrogé à l’occasion des débats organisés par l’Agence spatiale européenne, le ministre a vanté le savoir-faire spatial luxembourgeois et détaillé ses ambitions liées à l’initiative Spaceresources.lu.

CL AUDE BINGEN NOMMÉ Validé en conseil de gouvernement le 15 septembre, le nouveau directeur de la police judiciaire est âgé de 55 ans. Économiste de formation ayant débuté sa carrière dans le secteur privé en 1994, Claude Bingen succède à Jeff Neuens, prié de quitter ses fonctions en juillet 2015. Auparavant, le nouveau chef de la PJ occupait le poste de directeur régional de la police à Mersch depuis 2011. Précédemment, il était à la tête de l’École de police.

12/12 SORTIE PEU DIPLOMATIQUE Les propos tenus et réaffirmés par Jean Asselborn, ministre des Affaires étrangères, plaidant pour une sortie « temporaire ou définitive » de la Hongrie pour non-respect des valeurs européennes, ont fait couler beaucoup d’encre. Au Luxembourg, mais aussi en Europe. D’autant que la réaction de Budapest n’a pas tardé, le ministre hongrois des Affaires étrangères parlant de son homologue comme d’un politicien « condescendant, suffisant et frustré ». Les autres acteurs européens ont pris leurs distances par rapport au chef de la diplomatie luxembourgeoise. Le Premier ministre, Xavier Bettel, a assuré, lui, « comprendre le fond de la pensée » de son ministre, et considère que « l’incident est clos ». 036 ­—

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C’est la date annoncée pour le début du second procès LuxLeaks devant la justice luxembourgeoise. Trois audiences ont d’ores et déjà été fixées jusqu’au 21 décembre, avec possibilité d’étendre la durée des débats « probablement pour le mois de janvier 2017  », selon le calendrier prévu par l’administration judiciaire. Lors du premier procès, Antoine Deltour et Raphaël Halet, anciens du cabinet PwC, avaient respectivement écopé de 12 et 9 mois de prison avec sursis et de 1.500 et 1.000 euros d’amende. Le journaliste Édouard Perrin avait été acquitté.

D’ici « 2022 à 2025 », le tracé de la future épine dorsale des transports en commun de Luxembourg-ville devrait s’étendre en direction de Leudelange et de Bertrange, selon François Bausch, ministre du Développement durable et des Infrastructures. Bien qu’encore au stade de « réflexion envisagée », l’idée vise à permettre la desserte de zones densément peuplées, en périphérie immédiate de la capitale. Le premier tronçon entre le Pont Rouge et Luxexpo doit entrer en service au second semestre 2017. La totalité de la ligne entre le Findel et la Cloche d’Or, à l’horizon 2020-2021.

TRÈS CHERS RAPPELS Le ministère du Développement durable et des Infrastructures réfléchit au doublement du montant de la contravention issue d’un radar fixe, dans les prochains mois, pour les contre­venants n’ayant pas payé après la réception de la première lettre recommandée. Soit 20 % des conducteurs surpris en excès de vitesse par les 20 appareils installés le long des routes du pays. De 49 euros actuellement, l’amende pourrait s’élever à 98 euros en cas de changement effectif de la loi.

L A COP21 RATIFIÉE En décalage par rapport à certains de ses voisins, le Luxembourg a adopté lors de la rentrée parlementaire l’accord de Paris, trouvé en décembre 2015. Premier accord universel sur le climat juridiquement contraignant destiné à maintenir le réchauffement climatique mondial sous la barre des 2 degrés d’ici à 2100, le texte a recueilli l’unanimité lors de la rentrée parlementaire. Concrètement, ce vote va se traduire par une réorientation des investissements publics, désormais tournés vers les transports en commun et la mobilité douce ou la mise en place d’une banque climatique.

C H R I S TO P H E O L I N G E R (A R C H I V E S) , L I C E N C E C C

ÉCONOMIE & POLITIQUE


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CONGÉ PARENTAL PLUS FLEXIBLE Le CSV a déposé un amendement devant la commission de la famille, afin d’introduire à la fois un système à la carte à destination des jeunes familles et un retour à l’allocation unique. Bien que rejetée par les députés de la coalition gouvernementale, la proposition avait toutefois été positivement accueillie pour sa volonté d’offrir une plus grande flexibilité par rapport au projet de loi actuel. Ce dernier a été voté à la Chambre le 10 octobre, avec les voix de la majorité – le CSV s’est finalement abstenu.

« IL Y A EU DES RÉACTIONS DE PART ET D’AUTRE QUI N’ONT PAS ÉTÉ TRÈS FAIR-PLAY. » Dan Kersch, ministre de l’Intérieur Au cœur d’une polémique dans le cadre de la réforme des fabriques d’église, Dan Kersch maintient le cap. Malgré les vives critiques émises par le syndicat des fabriques d’église, le ministre de l’Intérieur défend un texte qu’il estime aller au-delà de la convention signée entre l’Église catholique et l’État en 2015.

23 C’est le nombre de questions parlementaires déposées par les députés CSV Diane Adehm et Gilles Roth au cours de l’été sur les répercussions concrètes du paquet d’avenir du gouvernement. Dans ses réponses, le ministre des Finances, Pierre Gramegna, a affirmé qu’en 2015, les 258 mesures appliquées « ont permis de récolter 183 millions d’euros, contre 172,5 millions attendus  ».

RENCONTRE AU SOMMET  ?

L I C E N C E C C , S I P (C H A R L E S CA R AT I N I) , D R

PARTICIPATION CITOYENNE ET FISCALITÉ

Interrogé, à l’initiative de PwC, sur ses attentes liées à la fiscalité des entreprises, un panel de citoyens a plaidé pour une transparence accrue tout en faisant part d’un certain réalisme quant à la nécessité de préserver l’attractivité du pays. Dévoilé lors de la conférence « Future of Tax », le résultat de la participation citoyenne a été qualifié de « pragmatique » par Charles Margue, directeur de TNS Ilres.

Lors de sa visite en Israël – une première pour un Premier ministre luxembourgeois –, Xavier Bettel a officiellement invité Israéliens et Pale­stiniens à se réunir au Grand-Duché pour relancer le processus de paix au Proche-Orient. Intervenue quelques jours après une proposition identique faite par le président russe Vladimir Poutine, l’initiative diplomatique luxembourgeoise ne viserait cependant pas à mettre sur pied une nouvelle approche de résolution du conflit, mais correspondrait à la volonté du pays « d’être toujours prêt à aider ».

TROIS ENSEIGNANTES DEVANT LES JUGES Soupçonnées d’avoir organisé la fuite des sujets des épreuves communes du cycle 4.2 en mars 2015, une professeur d’allemand et deux de français se sont retrouvées, fin septembre, sur le banc des accusés du tribunal correctionnel de Luxem­ bourg. Suspendu en raison de l’absence de témoins cités par la défense, le procès reprendra début janvier. Les débats porteront sur la succession de dysfonctionnements qui ont permis la diffusion des sujets et de leurs corrigés. Dans ce cadre, le ministre de l’Éducation nationale, Claude Meisch, a été cité comme témoin.

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BRÈVES

WIFI EN TEST DANS LES TRAINS Dans le courant 2017, une expérimentation se déroulera sur plusieurs mois dans les nouvelles rames Kiss que recevront les CFL à partir de janvier 2017. Équipés d’une connexion sans fil et de répétiteurs 3G et 4G, ces trains serviront à déterminer si la généralisation du système devra se faire ou non. Pour le réseau RGTR, l’implémentation ne devrait pas avoir lieu avant 2018, date de fin des contrats en vigueur. Selon François Bausch, ministre du Développement durable et des Infrastructures, « une installation systématique est susceptible d’être prévue dans les nouveaux contrats ».

RÉFLEXIONS CULTURELLES EN COURS La feuille de route pour Objectif : recueillir les opil’évaluation et le suivi des nions des principaux Assises culturelles a été concernés afin de faire présentée. remonter leurs remarques Elle devrait s’étaler sur une à destination des politiques. année où des concertations Ces derniers devraient bénéficier, d’ici l’automne avec l’ensemble des acteurs prochain, d’un document de la scène culturelle sont stratégique qui servira de prévues. Des ateliers hebdobase au plan de développemadaires et thématiques se dérouleront à huis clos. ment culturel.

« LA CGFP S’OPPOSE À L’IDÉE DE PLUS EN PLUS RÉPANDUE QUE LES FINANCES PUBLIQUES SONT DÉGRADÉES. » Quelques jours après la présentation des chiffres du compte général 2015 qui fait état d’un excédent de 796 millions d’euros, le syndicat de la fonction publique est monté au créneau pour dénoncer une nouvelle fois le gel des salaires dans le service public mais aussi plaider pour que les ménages privés « bénéficient de cette évolution avantageuse ».

PLUS POUR LES ENFANTS ET LES ANIMAUX

Les travaux sur la nouvelle Constitution se poursuivent et prévoient officiellement d’intégrer de nouveaux objectifs envers les mineurs et les animaux de compagnie. Le projet de loi indiquera ainsi que l’État devra veiller « à ce que chaque enfant bénéficie de la protection, des mesures et des soins nécessaires à son bien-être et à son développement » en leur accordant « le droit d’exprimer librement leur opinion sur toute question qui les concerne en fonction de leur âge et de leur discernement ». Les animaux, eux, bénéficieront de la qualification « d’êtres vivants » dotés « d’une sensibilité ».

STABILITÉ JUGÉE RISQUÉE Pour la deuxième année consécutive, le Luxembourg s’est classé en 20e position du Global Competitiveness Report publié par le World Economic Forum, sur 140 pays étudiés. Pour la Chambre de commerce, qui coordonne l’étude pour le Grand-Duché, ce résultat n’est « pas entièrement satisfaisant », notamment en ce qui concerne les domaines de la santé et de l’éducation. La tête du classement, elle, est toujours occupée par la Suisse, Singapour et les États-Unis.

74,5 C’est, en pourcentage, le nombre de femmes enseignant dans le fondamental au Grand-Duché. Un taux parmi les plus « faibles » en Europe, selon les données d’Eurostat, puisqu’elles sont en moyenne 85 % dans les 27 autres pays. Même décalage dans le secondaire, où les femmes représentent 52,7 % des enseignants, contre 64 % au niveau européen. Le Luxembourg tire donc son épingle du jeu en matière de déséquilibre hommes / femmes. 038 ­—

LIST CHERCHE CEO Le Luxembourg Institute of Science and Technology n’a plus de CEO depuis le 11 octobre. Un très laconique communiqué a annoncé le départ de Gabriel Crean un an et demi après son arrivée, en mai 2015. En attendant de lui trouver un successeur, c’est Fernand Reinig, l’actuel chief human resources officer de l’établissement public, qui assure l’intérim.

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ESCH BOUDÉE PAR LE TOUR

Malgré plusieurs visites des organisateurs de la Grande Boucle 2017, la capitale des Terres Rouges ne sera pas ville de départ de la troisième étape. Pourtant annoncée comme quasi-officielle au cours de l’été, la décision a été justifiée par « l’impossibilité d’une arrivée en côte à Esch-sur-Alzette », selon le courrier envoyé aux autorités communales par Amaury Sport Organisation. Un critère qui n’aurait cependant « jamais été thématisé par les organisateurs », à en croire les responsables communaux. Le dernier passage du Tour de France à Esch remonte à 2006.

TOPSTAR SUCCÈDE À RADIO ARA l’Alia, le dossier a été retenu L’ancien réseau opéré par en raison « de l’emploi de l’alRadio Ara sera finalement confié à la radio basée en lemand comme langue véhicu­ Rhénanie-Palatinat, diffulaire à l’antenne, sa couleur musicale et son expérience ». sant de la musique pop. Validé par l’Autorité luxem- Outre la société Nanocomp, les actionnaires de TopStar bourgeoise indépendante sont composés du duo de l’audiovisuel, ce choix René Porwoll et Wilfried vise officiellement à « con­ Eckel, deux personnalités tribuer à enrichir l’offre actives dans le milieu radiophonique au Luxem­ depuis plus de deux bourg ». Selon Thierry décennies. Hoscheit, président de

MAISON MODERNE, LICENCE CC

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LE SPÉCIALISTE DU PNEU Pneu Pirelli de Formule 1 posé sur l’étagère du bureau, horloge pneu-Michelin accrochée au mur: pas de doute, ici, le pneu est roi. Delta-Pneus comptabilise 20 000 pneus hivers neufs de stock pour les véhicules de tourisme, les 4x4 et les camionnettes, répartis sur ses deux sites de Luxembourg et Leudelange. Reconnu en tant que Centre Certifié Michelin et Performance Center Pirelli, un gage de qualité, l’enseigne collabore essentiellement avec les plus grandes marques et les plus grands manufacturiers du monde: Michelin, Pirelli, Goodyear, Dunlop, Bridgestone et Continental, mais aussi avec les marques comme Kleber, Fulda, Firestone, Uniroyal, Hankook et Vredestein. De quoi largement trouver son bonheur. Avec respectivement 8 et 15 ponts de montage, l’enseigne peut ainsi compter sur une forte capacité d’absorption de volume. Tout est prévu pour réduire l’attente au maximum. C’est d’ailleurs l’une de ses particularités: la maison travaille sans rendez-vous. Le personnel se charge de changer vos pneus et de contrôler la géométrie de votre voiture et le parallélisme des roues: un vrai atout lorsqu’il s’agit de chausser votre véhicule de pneus hiver rapidement. Et pendant ce temps-là,

vous pouvez soit vous absenter, soit patienter dans la salle d’attente climatisée où l’on vous offre le café et où vous pouvez profiter du WiFi gratuit. Votre véhicule est entre de bonnes mains: son personnel dispose d’une formation solide et d’une longue expérience au sein de l’entreprise, qui fêtera son 30e anniversaire dans deux ans. Si Delta-Pneus a les moyens de se montrer très réactif, mieux vaut toutefois ne pas attendre la dernière minute pour passer des pneus été aux pneus hiver, comme l’explique Miguel Santos, Administrateur Délégué: «En dessous de 7 degrés, la gomme des pneus été durcit et l’adhérence n’est plus du tout idéale. Des tests ont prouvé très clairement que ceux-ci ne s’usent pas plus rapidement à température modérée que les pneus été. Le mieux est donc d’anticiper la période hivernale et chausser ses pneus hiver tôt.» Si vous avez un doute quant à l’état de vos pneus, le plus simple est de venir les faire contrôler sur place: vous saurez rapidement s’il convient de les remplacer ou pas. Delta-Pneus propose un service de gardiennage de vos pneus, ceux-ci sont stockés dans les meilleurs conditions. Cela vous évite de les transporter lorsqu’il s’agira de les monter à nouveau sur votre véhicule. L’enseigne se distingue également par un service pick-up, inédit au Luxembourg mis en place il y a plus de 10 ans. Pas besoin de vous déplacer, un employé vient chercher votre véhicule et vous le rend une fois ses nouveaux pneus montés. C’est la marque de fabrique de Delta-Pneus: en avril/mai et en octobre/novembre, l’enseigne effectue un grand nombre de pick-up par jour. Pour le moment, ce service est disponible uniquement à destination des professionnels, mais il sera proposé très prochainement aux particuliers, sous certaines conditions. Pour pouvoir en bénéficier, rien de plus simple: tout se passe sur le site internet de l’enseigne où vous devez remplir un formulaire. Pour plus d’informations, n’hésitez pas à contacter Delta-Pneus. Delta-Pneus, faites confiance à votre spécialiste!

www.delta-pneus.lu DELTA PNEUS SA

Delta-Pneus Luxembourg 494 route de Longwy L-1940 Luxembourg Tél. : 45 57 50-1 info@delta-pneus.lu Lundi - Vendredi : 8h00 - 18h00 Samedi : 8h - 12h

Delta-Pneus Leudelange 10 rue Jean Fischbach L-3372 Leudelange Tél. : 45 57 50-1 info@delta-pneus.lu Lundi - Vendredi : 8h00 - 18h00 Samedi : 8h - 12h (Avril/Mai & Octobre/Novembre)


ÉCONOMIE & POLITIQUE

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ÉCONOMIE & POLITIQUE

NATION BR ANDING

La croix et la manière J E A N - M I C H E L GAU D R O N (AV E C F R A N C E C L A R I N VA L) |

SV E N B E C K E R

La nouvelle identité visuelle du pays a été révélée, fruit d’un travail collaboratif de plus de deux années. Symbolisant l’ouverture, le dynamisme et la fiabilité, la marque doit désormais être déclinée sous toutes ses formes et être portée par tout un chacun, comme autant d’ambassadeurs d’un pays qui a envie, autant que besoin, de se faire voir. Autrement.

L’

Histoire retiendra que c’est à 19 h 27, le lundi 10 octobre 2016, dans la chaleur des Rotondes de Bonnevoie, que la signature du Luxembourg a été dévoilée devant quelques centaines d’invités – parmi lesquels manquaient notamment les cadres du CSV –, impatients de voir le résultat de plus de deux années de réflexions, consultations et autres séances d’échanges collectifs, dans le cadre du projet « nation branding » mené par le gouvernement. Ce « X » tricolore soutenu au cœur d’un Luxembourg en typo Verlag (la même que celle du Musée Guggenheim à New York et du logo de... Paperjam) ne va pas manquer de faire couler beaucoup d’encre. Entre ceux qui sont déjà prêts à se l’approprier pour aller porter la bonne parole – et la bonne image – par-delà les frontières et les océans et ceux qui s’interrogent de savoir si les valeurs d’ouverture, de dynamisme et de fiabilité qu’elle représente caractérisent effectivement un pays qui se cherche encore parfois au carrefour de toutes ses cultures et de toutes ses langues. Certains ont même vu, aux Rotondes, un moulin hollandais. Il n’est pas dit que Lucien Welter, l’auteur de la désormais célèbre pétition 698 réclamant l’instauration du luxembourgeois comme langue officielle du pays, se reconnaisse forcément dans cette déclinaison graphique développée par les agences de communication Binsfeld et Vidale-Gloesener. Mais il ne constitue certainement pas le cœur de cible de la démarche telle que concrètement développée depuis mars 2013,

date de la création du comité nation branding, mais qui remonte à quelques années plus loin encore pour ce qui est des premières réflexions sur la question. « Si nous voulons faire avancer le pays, il faut attirer l’attention, a expliqué la secrétaire d’État à l’Économie, Francine Closener, au moment de présenter cette nouvelle identité visuelle. Nous souhaitons attirer des talents, des investisseurs, des créatifs, des chercheurs, des artistes, mais aussi des touristes. Et nous ne sommes pas les seuls à vouloir les attirer ! Nous devons donc dire qui nous sommes et nous présenter comme nous sommes. Nous ne devons rien inventer, ne pas mentir aux autres et surtout ne pas nous mentir à nous-mêmes. Non, ce n’est pas de la propagande d’État, c’est de la promotion. Mais nous transmettons notre réalité. »

Croisement et effet multiplicateur

En 2011, lors de la campagne de communication menée par le Statec (avec l’agence Moskito) en marge du recensement de la population, des bâtonnets de couleur bleu et rouge s’alignaient, prolongeant presque à l’infini le « 11 » de l’année de référence. Cinq ans plus tard, c’est donc en forme de X que se décline cette fois la composition visuelle, répondant ainsi au cahier des charges imposé aux agences. « Le X est une lettre très stable, explique Silvano Vidale, cofondateur – avec le regretté Tom Gloesener – de l’agence de design qui porte leur nom. C’est un atout d’avoir un X au milieu. Il symbolise à la fois le croisement et l’effet multiplicateur. Et le fait que ce X soit composé par quatre flèches montre très bien

ILS ONT DIT… « L’idée ‘inspiring’ ne se décrète pas. C’est le Luxembourg qui doit l’être. » Jo Kox Président, Focuna « Je pense qu’on va pouvoir montrer ça à l’étranger sans honte. » Jan Glas Designer « C’est sobre, clair et sans chichis, sans prétention. » Marc Angel Député, LSAP « La baseline est assez bateau. On aurait pu oser l’écrire en luxembourgeois pour intriguer, interpeller. » Raoul Thill Consultant en communication « Il est heureux que l’on ait résisté à la tentation d’écrire ‘Letz make it happen’. Cela n’aurait pas été compris de l’étranger. » Jean-Jacques Picard Senior communications manager, Alfi « Je me réjouis d’avance d’inclure cette image dans notre propre stratégie de communication. » Jean-Michel Collignon CEO, Luxexpo

qu’il y a du dynamisme, d’autant plus que les flèches pointent à la fois vers l’intérieur et vers l’extérieur. Et la croix blanche qui se dessine au milieu représente la notion ‘d’allié’ qui nous a aussi accompagnés dans toute notre démarche. » Des timbres-poste au fuselage des avions Luxair, ces X tricolores vont désormais pousser un peu partout comme des champignons. Dès le lundi soir de la présentation officielle de cette identité visuelle, des petites mains se sont afférées à l’aéroport et à la gare de Luxembourg pour en orner les points d’accès avec cette nouvelle décoration appelée à devenir un signe distinctif au premier coup d’œil. Et pour ceux qui aiment aussi les textes, la baseline « Let’s make it happen » est là pour appuyer davantage encore le message. Certains n’ont pas manqué de regretter, ou tout du moins de s’interroger, sur l’utilisation de la langue anglaise pour véhiculer ce message. « On aurait pu oser l’écrire en luxembourgeois pour intriguer, interpeller », commentait ainsi le consultant en communication Raoul Thill, reconnaissant par ailleurs la qualité de la réalisation dans son ensemble. « J’avais peur que le travail soit statique, cadré, froid. Mais je suis séduit par le dynamisme du résultat. C’est une aire de jeux qui permet beaucoup d’ouverture, de création, d’interprétation. »

« Une invitation lancée aux gens »

Soutenir l’identité visuelle par une identité verbale faisait partie des éléments incontournables aux yeux de Marc Binsfeld, le CEO de l’agence Binsfeld. Novembre 2016 —

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ÉCONOMIE & POLITIQUE

« Nous voulions aller plus loin et transposer les valeurs qui ont servi de base au projet. Le Luxembourg est un endroit où l’on peut venir, être actif, aller de l’avant. Il y a de multiples exemples par le passé qui illustrent cela, que ce soit dans le domaine de la culture ou de la recherche. Cette baseline représente une signature et une invitation lancée aux gens. » C’est sans doute maintenant que tout commence. Et pour soutenir cette identité visuelle, un site internet a été conçu : inspiringluxembourg.lu, pris en main par le Service information et presse du gouvernement (Sip). Mais fallait-il un site de plus, alors qu’il en existe déjà quelques-uns dédiés au Luxembourg, à commencer par luxembourg.lu, également géré par le Sip ? « Les deux sites sont complémentaires, se défend Jean-Claude Olivier, le directeur du Sip depuis le 1er mai dernier. luxembourg.lu est davantage un site de promotion sur l’histoire, la culture, l’économie et la société luxembourgeoise au sens large. L’approche est différente avec inspiringluxembourg.lu. Nous y abordons d’autres publics, avec l’ambition de leur fournir des textes, des images, des histoires, des vidéos… autrement dit, du matériel pour que chacun puisse faire cette promotion du pays de manière profession-

SASHA BAILLIE

« Tous les citoyens peuvent participer » Aux yeux de la présidente du comité nation branding, la nouvelle image de marque du Luxembourg doit non seulement servir à l’étranger, mais aussi à l’intérieur même du pays. La nouvelle image du Luxembourg s’accompagne d’une boîte à outils. De quoi s’agit-il ? « Ce qui était très important, c’est que chacun puisse prendre et utiliser ces outils de promotion pour pouvoir connaître ou faire connaître le Luxembourg. C’est pourquoi nous avons créé, avec le Service information et presse du gouvernement, cette boîte à outils sous la forme d’une plateforme internet. Elle compile des histoires, des faits, regroupés en un seul et même endroit, accessible à tous et utilisable par tous.

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nelle et sympa. Nous espérons ainsi que toute une communauté puisse se créer. »

« Un projet nécessaire »

Au-delà du logo et de son habillage, c’est donc désormais bien davantage la manière avec laquelle l’ensemble sera utilisé et exploité qui va servir de déclencheur et de catalyseur. « En ce sens, j’aime bien l’idée de la boîte à outils où les institutions pourront puiser de l’inspiration et suivre une ligne cohérente », commentait Jo Kox, président du Fonds culturel national. Le facteur temps va également entrer en ligne de compte, car l’ancrage de cette image dans les esprits et les habitudes ne va clairement pas se faire du jour au lendemain. « Il faut que chacun prenne son bâton de pèlerin, estime Laurent Schonckert, administrateur-directeur de Cactus. Cela prendra bien une ou deux générations pour mieux appréhender ce que le Luxembourg n’est ou n’est pas, dans un environnement où beaucoup estiment ‘normal’ d’avoir le niveau de vie que nous avons, alors que si l’on regarde autour de nous, non, ce n’est pas quelque chose qui doit être considéré comme inné et acquis. Il faut à la fois en être fier, mais savoir rester modeste. »

Quels genres d’histoires y trouve-t-on ? « Nous constatons que le Luxembourg n’est pas connu ou alors mal perçu. Nous sommes tous confrontés à cette situation et il est essentiel que les Luxem­ bourgeois qui vont à l’extérieur du pays puissent donner de l’inspiration aux autres, en partageant les faits et la réalité du pays. Nous avons pensé à certains sujets en se demandant ‘C’est quoi le Luxembourg ? Comment le présenter dans une autre réalité ?’. L’idée de smart nation est venue spontanément. Le Luxembourg est tout de même le pays qui a vu naître le plus grand groupe mondial de satellites. Nous anticipons la révolution technologique avec le processus Rifkin et nous nous préparons à cette troisième révolution industrielle. Nous faisons bien les choses et nous pouvons le dire et le montrer. Nous mettons aussi en avant cet environnement serein qui est le nôtre : la qualité de vie extraordinaire que nous avons, la stabilité et la sécurité. C’est une histoire que nous pouvons raconter et soutenir avec des faits, des chiffres, des benchmarks.

Le mouvement est, maintenant, lancé. Impossible de mesurer la réelle ampleur d’un chantier dont on sait juste qu’il est colossal, au regard des régulières campagnes « offensives » menées par quelques États voisins. « Le Luxembourg n’est pas une partie du problème, mais bel et bien une partie de la solution », martèle Francine Closener, persuadée que la méthode de création participative utilisée est la bonne. « Je crois en ce projet. Il est nécessaire. Nous en avons besoin. Nombreux sont les Luxembourgeois qui aiment leur pays et qui aiment l’idée qu’on ait fait un effort pour bien le présenter. Je trouve même que le terme de ‘nation branding’ est quelque peu réducteur, car il ne reflète pas entièrement ce que nous faisons vraiment. Mais c’est un terme qui est resté dans l’esprit des gens, et de manière positive. Alors, gardons-le. » EN RÉSUMÉ

Depuis le 10 octobre dernier, le Luxembourg dispose d’une identité visuelle qui lui est propre, définie au terme de deux années de travaux dans lesquels la population a été très étroitement consultée. Place désormais à la propagation et à la diffusion de cette nouvelle image sur laquelle le pays ne pouvait se permettre de faire une croix.

Mais ce n’est pas complet. Il y a certainement d’autres histoires, d’autres sujets que nous pourrons représenter et nous avons pour cela besoin de l’ensemble du pays pour les développer. Et maintenant que cette identité visuelle est dévoilée, quelle va être la suite du processus ? « Nous allons utiliser et diffuser immédiatement le film présenté aux Rotondes dans les médias sociaux afin d’atteindre le plus vaste public possible. Nous voulons créer une certaine dynamique en permettant à ce film d’être partagé par la population, liké, retweeté… Mais il y a d’autres projets en préparation et nous savons que nous avons un grand chantier devant nous. Nous avons franchi une grande étape où nous sommes passés de l’abstrait des valeurs de notre identité à une transposition concrète. Et ça continue ! L’année prochaine, nous voulons passer par les grandes chaînes de télévision pour présenter le Luxembourg avec la production d’un film un peu plus long sur le pays. Nous allons également mettre en place un mécanisme d’évaluation

afin de suivre avec précision comment toutes ces actions sont perçues et l’impact qu’elles auront. Cela prendra du temps, mais il est de notre responsabilité de regarder l’effet et d’ajuster la démarche s’il le faut. Et puis il y a l’horizon 2020 et l’exposition universelle à Dubaï, où il y aura un pavillon luxembourgeois. ‘Inspiring Luxembourg’ servira d’inspiration pour ce pavillon. Mais ce qui est important aussi, ce sont les actions qui auront lieu ici, au Luxembourg. Tous les citoyens peuvent s’inspirer de tout cela et tous peuvent participer. »


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ÉCONOMIE & POLITIQUE

LES GRANDS PROJETS EN COURS INDUSTRIE

Des investissements à la chaîne JEAN - MICHEL LALIEU

Les investissements industriels ont plu au cours de l’été sur le Luxembourg.

Avec les dévelop­ pements technolo­ giques, le continent européen redevient plus compétitif.

Au Grand-Duché, la position géographi­ que centrale et les infrastructures peuvent être des atouts.

FANUC 10 MILLIONS EUR

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séries plus courtes et d’offrir du sur-mesure au client, explique‑t-il. Si elles s’éloignaient trop pour produire, ces sociétés perdraient dès lors cet avantage de la rapidité de réponse aux besoins de leurs clients, qu’il s’agisse des consommateurs ou d’autres industriels. » Il y a eu certes quelques grandes annonces qui ont connu d’importantes répercussions dans la presse. Mais, au niveau de la Fedil, on pointe aussi les investissements significatifs dans le processus de production réalisés de manière plus discrète par certaines industries du pays. Or, ils sont une réalité, comme on l’explique dans le milieu du corporate banking. La Bil note ainsi avoir « constaté ces derniers mois une légère hausse des demandes de financement ». Beaucoup d’entre elles proviennent d’entreprises innovantes. « Elles peuvent bénéficier d’un prêt avec la garantie Innovfin, ce programme du Fonds européen d’investissement auquel nous participons et qui est destiné à les soutenir dans leur développement. » Mais, nous précise encore la banque, « cette légère hausse est aussi à replacer dans le contexte de la politique de diversification de l’économie menée par le gouvernement ».

Le leader international des systèmes d’automatisation industrielle, dont le siège européen est à Echternach, déplacera son centre européen de stockage et de distribution de robots des Pays-Bas vers le Grand-Duché. Un entrepôt logistique de 20.000 m2 sera donc établi à Contern, en 2017, dans la zone Eurohub Centre. Le groupe devrait créer entre 50 et 90 emplois pour atteindre près de 300 salariés au Luxembourg. D’autres travaux d’aménagement sont aussi prévus à Echternach.

DUPONT 270 MILLIONS EUR (ESTIMATION)

Le groupe chimique américain installera, sur son site de Contern, une deuxième ligne de production du Tyvek, un matériau plastique à l’apparence de tissu. Le site a été retenu en raison de son savoir-faire. Aucun montant officiel n’a été communiqué, mais l’investissement devrait tourner autour des 300 millions de dollars (270 millions d’euros).

Un recul à relativiser

Malgré un niveau de l’emploi stable aux alentours de 35.000 salariés, le poids de l’industrie manufacturière s’est fortement réduit dans l’économie luxembourgeoise au fil des décennies. Il est actuellement d’environ 10 %, contre encore 25 % en 1985. La raison la plus évidente à cela est l’émergence, puis la nette domination des services financiers dans la structure économique du pays, en faisant un pays largement dominé par les services. À cela s’ajoute la réduction progressive du secteur sidérurgique. « Il faut aussi tenir compte de la plus

FAYMONVILLE 15 MILLIONS EUR

Basée à Lentzweiler depuis 2003, l’entreprise Faymonville développe et produit des semi­ remorques pour les convois exceptionnels et le transport du float glass. Elle a récemment investi pour la construction d’une nouvelle usine de 10.000 m2 orientée vers la production sur mesure de remorques. Le groupe est aussi en train de concentrer son centre logistique au Luxembourg. Il a prévu un plan global d’investissement de 15 millions d’euros sur plusieurs années.

M I K E Z E N A R I (A R C H I V E S) , D R , FAY M O N V I L L E , D R

A

u cours de l’été, le ministre de l’Économie, Étienne Schneider, a quasiment maintenu en permanence les bras levés vers le ciel en signe de victoire. Coup sur coup, en effet, différentes entreprises, la plupart étrangères, ont annoncé d’importants investissements dans le pays. Le fabricant grec de yaourts, Fage, construira une nouvelle unité de production, l’américain Avery Dennison étend ses activités ou encore la firme Euro-Composites d’Echternach injectera 61 millions pour agrandir son site. Nouvelle vague porteuse ou heureux hasard ? Un peu les deux à la fois, selon l’analyse de René Winkin. Pour le directeur général de la Fedil, la Fédération des industriels luxembourgeois, « autant d’annonces en quelques semaines, c’est sans doute le fait du hasard ». Mais il confirme bien qu’on sent que des entreprises commencent à réinvestir en Europe, et donc au Luxembourg aussi. La raison est, selon lui, liée aux développements technologiques. « L’automatisation fait que le coût relatif de la main-d’œuvre, dans certains types de productions, joue un rôle moins déterminant que précédemment », observe-t-il. Ce n’est pas valable pour tout le monde, évidemment. Les activités grandes consommatrices d’énergies fossiles voient un autre désavantage dans la cherté de l’énergie et dans la politique de quotas de CO2, qui peut constituer un coût conséquent. Mais pour René Winkin, les percées de la digitalisation et la flexibilité qu’elle permet au niveau des lignes de production jouent aussi à nouveau en faveur du Vieux Continent. Avant, pour éviter trop de coupures dans la production, les lignes fonctionnaient sur de longues périodes, produisant le même produit en grande quantité. « Désormais, les progrès de la digitalisation permettent des


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BRASSERIE DE LUXEMBOURG 25 MILLIONS EUR

La Brasserie de Luxembourg Mousel-Diekirch a programmé, en octobre 2015, un investissement de 25 millions d’euros pour la construction d’une nouvelle brasserie sur son site de Diekirch. La filiale du groupe belgo-brésilien AB InBev a ainsi pu rassurer quant au maintien de la production au Grand-Duché. La nouvelle unité sera opérationnelle en 2018.

AVERY DENNISON 58 MILLIONS EUR

FAGE 100 MILLIONS EUR

Le groupe alimentaire hellénique investira massivement dans la création d’une nouvelle unité de production de yaourts. Le groupe l’a annoncé fin juillet et prévoit de l’installer sur un terrain de 15 hectares sur la zone industrielle Wolser à Dudelange. L’unité devrait produire 40.000 tonnes de yaourts pour les marchés européens et créer une centaine d’emplois.

HYDRO ALUMINIUM 15 MILLIONS EUR

Le groupe Hydro investit 15 millions d’euros dans son unité de recyclage d’aluminium de Clervaux. Le but est à la fois d’augmenter la production au-delà de 100.000 tonnes par an et de réduire la consommation énergétique. L’unité luxembourgeoise, une des sept du groupe actives dans ce domaine, emploie plus de 50 personnes.

Le producteur américain de rouleaux de papier à étiquettes pour les industries alimentaires et cosmétiques prépare une extension de 12.000  m2 sur son site de Rodange. Il veut installer une nouvelle ligne de production, un agrandissement de la capacité de stockage et de la partie expédition. La nouvelle extension, dont l’investissement est estimé à 58 millions d’euros, devrait être opérationnelle en 2018.

EURO-COMPOSITES 61 MILLIONS EUR

Installée à Echternach depuis 30 ans, Euro‑Composites continue à croire dans l’intérêt de ce site. Elle a annoncé fin juillet son intention d’injecter 61 millions d’euros pour agrandir son site de production et acquérir des nouveaux équipements de pointe. Spécialisée dans les panneaux en matériaux composites, l’entreprise veut augmenter sa capacité de production. 230 nouveaux emplois devraient venir s’ajouter aux 800 déjà existants.

RETAL NON PRÉCISÉ

Le groupe ukrainien, spécialisé dans la production de bouchons en plastique et de préformes pour bouteilles et films, s’est installé à Foetz en mai dernier. Il y a déployé une unité de production de 4.000 m2 qui abrite trois lignes de préformes et deux de fabrication de bouchons. Il veut en faire son outil pour desservir les marchés d’Europe du Nord. 25 personnes y sont employées.

grande spécialisation des tâches, note encore M. Winkin. Des services comme la recherche & développement, la logistique et l’entretien sont largement externalisés et n’interviennent donc plus dans les chiffres de l’industrie. » Par contre, il réfute l’idée d’un certain « désinvestissement industriel » dont aurait pu pâtir le pays. « J’ai vécu peu d’expériences de sociétés qui ont quitté le pays. Certaines ont dû restructurer, d’autres ont vu leurs productions technologiquement dépassées, mais ça, c’est dans la logique des choses. » Du côté des entreprises qui ont annoncé leur choix du Luxembourg, certaines l’ont justifié. Fanuc, le fabricant japonais de robots industriels, qui a annoncé, fin 2015 déjà, le déplacement d’activités des Pays-Bas vers le Luxembourg, avait commandé auprès de l’institut allemand Fraunhofer une analyse comparative afin de définir le meilleur site d’implantation. Luxembourg, en compétition avec de grands centres comme Stuttgart, Gdansk et Rotterdam, a remporté la mise. Un choix justifié par la situation géographique et le niveau des infrastructures. Pour Retal, producteur ukrainien de bouchons en plastique et préformes pour conditionnements alimentaires, c’est, entre autres, la présence du canadien Husky, un important fabricant d’équipements de moulage par injection, au Luxembourg, qui a fait pencher la balance en faveur du Grand-Duché. Comme quoi, un investissement en attire un autre et rien, donc, ne peut être négligé. EN RÉSUMÉ

Au cours de l’été, plusieurs groupes étrangers ont annoncé des investissements importants dans le développement d’outils industriels au Luxembourg. Un signe que l’Europe redevient intéressante pour les entreprises.

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ÉCONOMIE & POLITIQUE

L’ E N G A G E M E N T P O L I T I Q U E D E B E N F A Y O T H O N O R É

Un autre regard sur l’Histoire L AU R E N T M OYS E |

Ben Fayot s’est vu décerner la médaille de la reconnaissance du Consistoire israélite de Luxembourg pour ses efforts inlassables dans la mise à jour du volet luxembourgeois de la Shoah. L’ancien député fait preuve de ténacité pour rappeler à quel point il est important qu’un pays connaisse toutes les facettes de son passé.

C

SV E N B E C K E R

oordinatrice contre l’anti­sémitisme à la Commission européenne, Katharina von Schnurbein a eu une tâche agréable à accomplir lors de son déplacement à Luxembourg le 28 septembre : répondant à l’invitation du Consistoire israélite, elle a remis une médaille à Ben Fayot. Auparavant, elle a rencontré le ministre de la Justice, Félix Braz, pour évoquer les dispositions du droit luxembourgeois en matière d’incitation à la haine et à la violence. Évoquant la nécessité de « construire et reconstruire la mémoire chaque jour », Ben Fayot s’est dit surpris et ému d’être ainsi honoré. En faisant l’éloge du récipiendaire, le président du Consistoire israélite, Claude Marx, a rappelé que l’ancien député LSAP fut à l’origine de la création d’une commission spéciale dont la mission était d’établir un rapport sur la spoliation des biens ayant appartenu aux juifs résidant au Grand-Duché sous l’occupation nazie. Grâce à son engagement au service de cette cause, il a inspiré une nouvelle génération d’historiens qui, dans la foulée, se sont lancés dans des recherches déclenchant une vive discussion sur un volet longtemps ignoré de l’historiogra-

phie luxembourgeoise. Une des conséquences fut la publication du rapport Artuso, avec pour point culminant la séance parlementaire du 9 juin 2015 au cours de laquelle gouvernement et Chambre des députés ont adressé leurs excuses à la communauté juive pour l’attitude complice d’une partie de l’administration luxembourgeoise dans la persécution des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.

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Homme de conviction

Cet ancien professeur de langues à l’Athénée, qui a fait ses études à la Sorbonne et à l’Institut d’études politiques à Paris, a entamé en 1978 une seconde carrière en se lançant dans la politique. Membre du conseil communal de la Ville de Luxembourg pendant « La Shoah 30  ans, président du Interroger son temps LSAP de 1985 à 1997, Cet épisode s’inscrit dans intègre enfin député élu à quatre la volonté du gouvernele deuil ment de synthétiser les reprises au Parlement où structures éparses liées à il présida pendant deux national. » la mémoire et au souvelégislatures le groupe socialiste, il s’engagea nir de la dernière guerre Ben Fayot mondiale. aussi pour la cause euroAncien député Dans ce contexte, un péenne en siégeant penLSAP « comité pour la mémoire dant une législature à de la Deuxième Guerre Strasbourg et en particimondiale » regroupant résistants, enrô- pant à la convention chargée de rédiger lés de force et victimes juives est en train le texte constitutionnel de l’UE. d’être constitué, ce qui fait dire à Ben Même s’il affiche avec détermination Fayot que « la Shoah intègre enfin le deuil ses convictions, Ben Fayot, 79 ans, n’a national » sur cette sombre période. cessé de chercher le dialogue. « La poliLe socialiste ne s’est pas fait que des tique luxembourgeoise est aussi une poliamis en prenant fait et cause pour une tique faite de compromis », a-t-il rappelé au moment de quitter la scène parlementaire en 2013. Nommé l’an dernier ambassadeur spécial de l’année européenne pour le développement, il accomplit cette tâche avec tout le sérieux qu’on lui connaît et à la pleine satisfaction du ministre de la Coopération. La discipline historique reste au cœur de son intérêt, comme le montrent plusieurs ouvrages qu’il a rédigés, en particulier celui consacré à l’histoire du socialisme au Luxembourg, ou plus récemment à l’histoire de l’éducation des adultes. Sans oublier la fondation Robert Krieps, cercle qu’il anime dans l’esprit humaniste inspirant son engagement politique et l’amenant à combattre avec détermination la résurgence du populisme. R ECONNAI SSANCE Le 28 septembre dernier, Ben Fayot a été remercié par le Consistoire israélite de Luxembourg pour son action envers la communauté juive.

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nouvelle approche de la recherche historique. Il en a pourtant vu d’autres durant sa carrière politique, n’hésitant pas à adopter des positions tranchées sur des sujets divers et variés. Recourant volontiers à la plume pour exprimer ses idées, il fait parfois enrager son propre camp en questionnant le monopole de l’Université sur le nouvel Institut d’histoire du temps présent, en s’étonnant de l’annulation d’une exposition consacrée à la Première Guerre mondiale, en étalant les faiblesses des questions posées au référendum de 2015 ou en insistant sur la précarité des chercheurs au Luxembourg.

EN RÉSUMÉ

L’ancien député a été mis à l’honneur par la communauté juive suite à son engagement à son égard. Le retraité de la politique continue son action publique sur l'Histoire du pays.


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CONVENTION DU CSV

Wiseler adoubé

S

ans surprise, Claude Wiseler a été désigné officiellement tête de liste nationale pour les élections législatives de 2018. Soit deux ans avant la convocation des électeurs pour désigner une nouvelle coalition gouvernementale. Après avoir été choisi par le Conseil national en juillet avec 92 % des suffrages, le chef de fraction CSV a recueilli 98,34 % des suffrages des quelque 500 délégués et mandataires réunis le 8 octobre au Forum Geesseknäppchen pour la convention. Une première pour le parti en lien direct avec l’adoption, fin 2015, de nouveaux statuts. Comme le veut la tradition, le nouvel homme fort des chrétiens-sociaux a reçu le soutien officiel de son prédécesseur, installé au premier rang. Venu de Bruxelles pour l’occasion, Jean-Claude Juncker a donc assisté au sacre de son dauphin sur le plan national, aux côtés d’Isabel Wiseler-Lima, conseillère municipale dans la capitale et femme de la nouvelle tête de liste, et de Marc Spautz, président du parti. Un passage de flambeau symbolique marqué par une accolade à la descente de la tribune. Le tout sous le regard de Luc Frieden, Viviane Reding et Martine Hansen, candidats malheureux à la succession de l’actuel président de la Commission européenne à la tête du CSV.

JEAN - MICHEL HENNEBERT SA B I N O PA R E N T E

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FORMATION ICT

De l’importance des « soft skills » JEAN - MICHEL HENNEBERT

D’ici fin 2017, quelque 90 développeurs et intégrateurs web doivent arriver sur le marché du travail. Cependant, face au profil des jeunes diplômés et aux attentes des entreprises, des adaptations pour améliorer leur employabilité sont en cours.

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éclinaison d’une formation créée à Paris, WebForce3 est active au Grand-Duché depuis novembre 2015. Son objectif : former d’ici fin 2017 quelque 90 personnes – principalement issues de l’Adem – aux métiers de développeur et intégrateur web. Deux métiers techniques qui ne nécessitent pas une qualification extrêmement élevée, mais particulièrement recherchés en raison de la digitalisation progressive des entreprises. Alors que la troisième promotion poursuit son apprentissage intensif de plusieurs langages informatiques dans un délai de trois mois et demi, le bilan des embauches pour les diplômés reste encore timide. « À l’heure actuelle, une douzaine d’anciens élèves a signé un CDI et quatre ou cinq autres devraient le faire prochainement, une fois leur CDD ou leur stage achevé », estime Roger Wagner, responsable du programme Fit4coding au sein de l’Adem.

Mentoring contre les lacunes

Car même si PwC, Vanksen et Kneip, partenaires de cette formation unique en son genre au Luxembourg, encadrent les futurs diplômés, rien ne les oblige à embaucher l’un des élèves une fois leur diplôme en poche. Contrairement au marché français, où « 85 % des étudiants sortis de nos rangs sont en situation de retour à l’emploi », comme l’assurait au début de « La plupart l’année Alain Assouline, fondade la formation, les partides candidats teur cularités luxembourgeoises ont des profils influent directement sur le d’employabilité. de chômeurs de niveau Outre la maîtrise indispenlongue durée ou de sable de l’anglais, la capacité à en équipe dans un décrocheurs interagir contexte de travail multilingue scolaires. » ou l’adaptation aux codes non écrits des entreprises présentes Diane Muller-Kneip sur le marché figurent tout en Executive vice president haut de la liste des compétences Kneip à posséder. Autant de soft skills qui ont fait défaut à bon nombre des candidats issus des deux premières sessions de formation. D’où la mise en place d’un programme de mentoring, destiné à inculquer ces compétences, jugées tout aussi importantes, si ce n’est plus, que la maîtrise technique.

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PRE MIÈ RE VAG U E À l’issue de la première session de formation, les 16 participants se sont vu remettre le diplôme de développeur / intégrateur web le 31 mai 2016. À cette date, cinq d’entre eux avaient déjà signé un contrat.

« Nous avons mis à disposition des personnes qui ont de l’expérience afin d’aider les élèves à réfléchir sur la manière de réaliser des choses dans une situation très concrète », résume Diane Muller-Kneip, executive vice president de Kneip. Ces mentors ont ainsi pour objectif de « faire connaître les codes comportementaux qui régissent la vie d’une entreprise pour mettre les nouveaux arrivants à l’aise », estime-t-elle. Appliqué à WebForce3, cet aspect de la formation peut se traduire aussi bien par la mise à niveau des CV, le suivi au fil des mois des démarches de recherche d’emploi que par l’octroi de conseils sur le comportement à adopter au sein de la structure que les jeunes diplômés souhaitent intégrer. « Car il ne faut pas oublier que la plupart des candidats ont des profils de chômeurs de longue durée ou de décrocheurs scolaires et donc, a priori, il leur manque les clés de cette communication non verbale, ce qui les empêche, dans certains cas, de franchir la première étape qui consiste à envoyer un CV », note la responsable RH de la société de services aux fonds d’investissement. Face à ce constat, le comité de pilotage du programme – composé de l’Adem et des trois partenaires privés – a d’ores et déjà adapté le contenu de sa formation pour renforcer le soutien aux élèves. Objectif : faire davantage appel au mentoring pour mieux faire correspondre les jeunes diplômés aux attentes des entreprises. Et donc, améliorer leur employabilité via l’élargissement du nombre de mentors et de partenaires privés.

Pour y parvenir, une réunion de présentation du bilan de WebForce3 a été organisée le 12 octobre dernier. En plus de chercher à mobiliser les acteurs luxembourgeois, cette initiative s’est inscrite dans une réflexion plus globale sur les besoins futurs des entreprises. Selon les estimations de Bruxelles, pas moins de 100 millions de personnes devront en effet bénéficier d’une procédure de « reformation » au sein de l’UE dans les cinq prochaines années, afin de répondre aux nouvelles exigences liées directement à la digitalisation de la société. « Dans ce contexte, l’initiative WebForce3 est une goutte d’eau dans l’océan, mais qui a pour vocation de permettre au gouvernement et aux différents acteurs de voir la manière de mettre en place une telle démarche afin que ça fonctionne », estime Laurent Probst, partner chez PwC et impliqué dans le programme. Au Luxembourg, des discussions sont d’ailleurs « actuellement en cours » pour une éventuelle prolongation de cette formation au-delà de 2017, selon l’Adem. Cette dernière aimerait arriver à « une situation où les employeurs seraient impliqués en amont et prendraient l’initiative d’engager plus de diplômés ». EN RÉSUMÉ

Initiée fin 2015, la formation WebForce3 doit répondre à une partie de la demande en personnel ICT. L’employabilité des jeunes diplômés bloque pour le moment non sur leurs compétences techniques, mais sur leur capacité à intégrer une société en raison de leur méconnaissance des règles informelles qui régissent les différentes sociétés actives au Luxembourg.

M I K E Z E N A R I (A R C H I V E S)

Lancée pour répondre à la pénurie dans le domaine ICT, la formation WebForce3 vise à réorienter des chômeurs de longue durée et des décrocheurs scolaires.


Un nouveau nom pour une vision commune Dans le cadre de son développement stratégique, la holding Enovos International est devenue « Encevo » le 3 octobre 2016. L’objectif de cette nouvelle dénomination est de distinguer plus nettement la société-mère de ses filiales, à savoir le fournisseur d’énergie Enovos et le gestionnaire de réseaux Creos. Ce changement permet de clarifier la gouvernance du groupe et de le positionner en tant que leader régional de l’énergie résolument tourné vers le futur et concentré sur l’innovation. encevo.eu


ÉCONOMIE & POLITIQUE

PL AN HOSPITALIER

Perfusions multiples CA M I L L E F R AT I |

SV E N B E C K E R

Le projet de loi sur la planification hospitalière aborde sa dernière ligne droite avant adoption par la Chambre. Une dernière ronde d’avis se profile, laissant apparaître des intérêts parfois contradictoires.

L

a ligne d’arrivée se rapproche pour le plan hospitalier après 18 mois de réflexions et de consultations. Pour rappel, le projet de règlement grand-ducal déposé en février 2015 par la ministre de la Santé Lydia Mutsch avait été retoqué par le conseil d’État, les Sages réclamant une véritable loi pour décider de la planification des infrastructures hospitalières du pays. Lydia Mutsch a déposé le projet de loi début septembre après une première ronde de consultations. « Par cette loi, notre intention est de mener une politique de santé qui soit orientée vers le patient », déclarait la ministre devant la presse au moment de présenter son texte. Un concept simple en apparence, mais plus complexe selon le point de vue. « Beaucoup de parties sont intéressées à trouver une solution dans leur direction », souligne René Pizzaferri, président de l’association de défense des patients « Patiente Vertriedung ». Ne serait-ce qu’au niveau de la gouvernance : le projet de loi prévoit la présence du commissaire des Hôpitaux

dans les conseils d’administration des différents établissements. Mais les médecins veulent aussi avoir voix au chapitre, l’Association des médecins et médecins-dentistes (AMMD) allant jusqu’à réclamer un droit de veto concernant l’engagement des médecins. La Patiente Vertriedung estime aussi que les patients devraient être représentés. Hautement intéressée car principale financeuse des hôpitaux, la Caisse nationale de santé regarde aussi de très près l’orientation de la loi présentée par la ministre de la Santé. « Elle prépare l’avenir dans le sens où elle est plus flexible, notamment au niveau du nombre de lits qui est moins encadré, mais le corollaire, c’est une prévisibilité moindre, ce qui rend la planification plus complexe », relaie Caroline De Hoog, chef du département Communication de la CNS.

Les médecins dans le viseur

C’est le cas par exemple du fameux virage ambulatoire mis en avant par la ministre et dont l’élan semble confirmé par la mise à jour de la carte sanitaire par le Luxembourg Institute of Health (LIH) :

« La chirurgie ambulatoire ne peut pas uniquement servir à libérer des lits pour faire gagner de l’argent aux chirurgiens ! » René Pizzaferri Président Patiente Vertriedung

les hospitalisations de jour ont progressé de 8,3 % par an entre 2010 et 2014. Si tous s’accordent pour dire que la prise en charge ambulatoire est dans l’absolu bénéfique aux patients comme aux hôpitaux, ses modalités pratiques déçoivent. « C’est dommage car la loi est une chance de prévoir une structure de chirurgie ambulatoire à part dans chaque hôpital, soupire Alain Schmit, président de l’AMMD. Il faut que le patient entre et sorte facilement, qu’il n’ait pas l’impression d’être dans un hôpital de 1.000 pièces. » Même réserve du côté de la Patient­e Vertriedung. « Il faut créer un environnement propice, souligne René Pizzaferri. Nous avons eu le cas d’une personne âgée qui s’était cassé les deux poignets. Opérée le vendredi, elle était dehors le lundi et s’est retrouvée seule chez elle. Il a fallu d’urgence organiser sa prise en charge, mais par des organismes privés. La chirurgie ambulatoire ne peut pas uniquement servir à libérer des lits pour faire gagner de l’argent aux chirurgiens ! » Les médecins libéraux intervenant en milieu hospitalier se trouvent en effet au cœur des tractations et des revendications des uns et des autres. Pour la CNS, la documentation hospitalière – visant à établir des statistiques fiables de l’activité réelle des établissements – n’est autre que la « transcription de l’accord entre la CNS et l’AMMD ». « C’est un problème que les directeurs d’hôpitaux ne sachent pas exactement ce que font les médecins », ajoute René Pizzaferri. La Patiente Vertriedung suggère d’ailleurs que les services d’IRM soient ouverts 24 h /24. « Les gens attendent 5 à 6 mois alors que le pays est équipé comme aucun autre au monde. Ce n’est pas très rentable de créer d’autres services IRM fonctionnant 10 heures par jour, pourquoi pas les ouvrir la nuit, quitte à embaucher des radiologues supplémentaires ? » Les intérêts divergent aussi par rapport aux réseaux de compétences voulus par la ministre, entre ceux qui veulent préserver les services de tous les hôpitaux et ceux qui, comme René Pizzaferri, estiment que pour certains actes très rares au Luxembourg, comme des opérations chirurgicales très pointues, le patient devrait d’office être envoyé dans un établissement de la Grande Région offrant une meilleure prise en charge. La loi hospitalière n’a donc pas fini de déchaîner passions et accrocs. Persévérante, la ministre de la Santé vise toujours un vote à la Chambre d’ici à la fin de l’année pour une entrée en vigueur début 2017. EN RÉSUMÉ

Les débats passionnés et parfois virulents se poursuivent autour du projet de loi sur la planification hospitalière présenté mi-septembre par la ministre de la Santé.

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ÉCONOMIE & POLITIQUE

INCLUSION SOCIALE

Ouvrir l’entreprise aux réfugiés F LO R E N C E T H I BAU T |

Les demandeurs de protection internationale attendent tous de longs mois, parfois des années, pour décrocher leur précieux statut. Pour occuper cette période de flou, l’Asti a conçu « Connections », afin de préparer leur intégration. Le programme pilote les forme avant de les inviter en entreprise pour un stage de deux à six semaines.

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MIKE ZENARI

D’

après des recherches menées en Allemagne par le Berlin Institute for Population and Development, les pays qui investissent dans la formation des réfugiés et la sensibilisation à la culture locale sont ceux qui ont le moins de problèmes d’intégration par la suite. Si les dons ont afflué et la vague de solidarité a été importante suite à la crise migratoire, les entreprises ont été plus discrètes sur le terrain de l’emploi, ce que déplore, au Luxembourg, l’Association de soutien aux travailleurs immigrés (Asti), même si certaines initiatives ont timidement vu le jour ces dernières semaines. Ainsi la Fedil s’est-elle récemment manifestée pour proposer à l’Adem l’aide d’une vingtaine de ses membres pour répertorier les compétences des demandeurs de protection internationale et effectuer des entretiens. « Le gouvernement a concentré ses efforts sur l’accueil et le logement, souligne Laura Zuccoli, présidente de l’Asti. L’intégration a été laissée aux acteurs de la société civile. Les entreprises et fédérations ont été assez lentes à réagir. » Sans attendre de soutien institutionnel, l’Asti a choisi de mettre sur pied le projet « Connections », un parcours de préparation à l’emploi, qui vient en renfort de ses cours de langue et d’alphabétisation. « On s’est rendu compte que beaucoup d’initiatives existaient pour assurer les besoins de première nécessité, mais peu pour accompagner une entrée future sur le marché du travail », embraie Michelle Moses, en charge du projet pour l’Asti. Financé par l’Œuvre nationale de secours Grande-Duchesse Charlotte durant trois ans et pour un montant glo-

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bal de 300.000 euros, le pilote lancé en mars ne sera un succès qu’avec le concours des employeurs du pays. Étalé sur six mois, « Connections » combine formations, workshops et stages en entreprise, d’une durée légale maximale de six semaines.

Combler l’attente

La participation au programme est ouverte à tous les déplacés, y compris ceux qui n’ont pas la chance d’avoir décroché le statut, à condition, bien sûr, d’avoir un certain niveau de langue, en français ou en anglais. « Certains réfugiés reconnus ne veulent pas affronter le marché du travail seuls. Plusieurs n’ont, par exemple, jamais passé d’entretien d’embauche. Nous leur donnons toutes les informations dont ils auront besoin pour travailler au Luxembourg. » L’approche se veut globale. Dans sa première phase, le projet se divise en 12 sessions de deux à trois heures chacune. Différents éléments y sont abordés, de la connaissance du pays et de son histoire à sa culture, en passant par le fonctionnement de ses institutions publiques. Et Michelle Moses de poursuivre : « Lors d’une série de six workshops interactifs, nous passons ensuite en revue la manière dont se passent les relations de travail ici, comment faire un CV, comment se présenter dans l’entreprise... Le but est qu’ils soient prêts pour la vie active. » Pour la partie « stage », un premier pool d’une trentaine de candidats a été constitué cet été. Certains sont ingénieurs, d’autres journalistes, infirmiers, traducteurs ou encore juristes. Parmi eux, 22 stagiaires ont déjà pu découvrir le quotidien d’organisations aussi diver-

sifiées que The Barber Shop, Luxembourg for Finance, Deloitte Luxembourg, Telecom Luxembourg Private Operator ou encore l’incubateur Nyuko. « Un système de classification de fonctions de l’Adem, les fiches ‘Rome’, nous permet d’équilibrer leurs compétences par rapport aux stages proposés. Le matching est forcément décisif », complète la responsable de « Connections », qui bénéficie du coup de pouce de Zina Menhal, coordinatrice et elle-même réfugiée. Les entreprises intéressées n’ont rien à débourser, puisque les stagiaires ne peuvent légalement pas être rémunérés. Assimilés à des résidents, les réfugiés reconnus sont assurés et couverts par l’assurance-accident. Les autres, en attente de statut, sont assimilés à des étudiants adultes, grâce à un accord passé avec le ministère de l’Enseignement supérieur. « Après ces quelques semaines, les participants ont une expérience de travail à faire valoir au Luxembourg. Nous leur ferons également un portfolio avec des éléments à montrer. C’est important pour la suite », ajoute Laura Zuccoli.

Plongée en entreprise

En accueillant un stagiaire dans leurs équipes, les entreprises contribuent à donner du sens à une attente de statut qui dure de longs mois, voire des années pour les plus malchanceux. Pour Mohamad Al-Aajeb, volontaire à l’Asti et participant à « Connections » depuis mai, c’est une étape supplémentaire vers un emploi, une fois le sésame obtenu. Pour son deuxième stage, il a eu l’occasion de passer quatre semaines au sein du cabinet Arendt & Medernach en octobre, après avoir passé deux semaines dans une autre étude.


ÉCONOMIE & POLITIQUE

R ECONNAI SSANCE Pour Mohamad Al-Aajeb, stagiaire chez Arendt & Medernach, « c’est une manière de rendre quelque chose à la communauté et de devenir un membre actif de la société luxembourgeoise ».

Diplômé en droit et spécialisé dans les droits de l’Homme, il a effectué un stage en immersion dans le département des fonds d’investissement. « Dès le départ, je voulais travailler et être utile, explique-t-il. C’est une manière pour moi de rendre quelque chose à la communauté et de devenir un membre actif de la société luxembourgeoise. Ici, j’ai pu apprendre comment fonctionnent les fonds, les véhicules régulés, non régulés, etc. C’était mon premier contact avec cette industrie. » Son bon niveau d’anglais lui a permis de trouver des stages assez facilement, ce qui est loin d’être le cas pour tous les réfugiés. « C’est un stagiaire comme un autre, même si son parcours de vie est différent, note Anne-Contreras Muller, sa responsable de stage, of counsel pour le cabinet. Nous l’avons mis au travail directement pour maximiser sa présence chez nous. Ce stage a passé très vite, c’est une frustration des deux côtés. » En tant qu’employeur, c’est l’occasion de s’engager sur la voie de l’inclusion sociale. « Quand les premiers réfugiés sont arrivés, nous avons eu envie de nous mobiliser sans savoir comment faire, se rappelle Jean-Marc Ueberecken, managing partner d’Arendt & Medernach. Accueillir un avocat s’est rapidement imposé, même si nous aimerions faire plus. Quatre semaines, c’est très court. Nos stagiaires restent en moyenne six mois. » Originaire de Bagdad en Irak, Mohamad Al-Aajeb est arrivé au Luxembourg le 14 novembre 2015. Après quelques mois comme bénévole pour Amnesty et des cours de luxembourgeois, il a sauté sur l’occasion de pouvoir enfin travailler. En attente d’une reconnaissance de son statut, probablement d’ici la fin de l’année, il envisage de trouver un emploi dans le secteur financier et pourquoi pas au sein du cabinet par la suite. « Les premiers retours sont extrêmement positifs à tous les niveaux. C’est un projet qui donne du sens à de longs mois d’inactivité forcée. Il offre aux participants une raison de se lever le matin », partage encore Michelle Moses. La deuxième édition du projet va bientôt débuter. Les prochains workshops auront lieu tout au long du mois de novembre. 57 participants sont déjà inscrits. Une fois dupliqué, le projet pourrait être repris par un acteur du public pour le diffuser à plus grande échelle. « Nos projets sont toujours des pilotes, rappelle Laura Zuccoli. Une fois éprouvés, notre objectif reste de les transmettre. Dans ce cas-ci, l’Adem serait tout indiquée. » EN RÉSUMÉ

Lancé avant l’été, le projet pilote « Connections » porté par l’Asti a pour vocation de préparer l’insertion professionnelle des réfugiés, qui n’ont pas le droit de travailler. Formations et stages en entreprise dopent leur employabilité et les préparent au marché du travail local.

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OXFORD DEBATE*

LUXEMBOURG FINANCE IN A WORLD OF TRANSPARENCY WEDNESDAY 9 NOVEMBER

The rising tide of transparency is upon us and Luxembourg is indeed taking action. The challenge? Riding that wave of change without compromising the country’s economic model, despite the strong weight of the financial sector in that model. The question then arises: is a new financial services sector necessary? G: SUA SIVE. *WARNIN C AN B E VERY PER S . R E LY T E A T B DE IB ER A OTE DEL PLE A SE V

MAN DAT O RY R EG I S TR ATI O N AT PA P E R JA M .C L U B

LOCATION BIL 69, route d’Esch Luxembourg

PARKING On-site

AGENDA 18:30 Welcome cocktail 19:00 First debates

TE A M

YES

TE A M

NO

ALFRED STEINHERR

TOM THEOBALD

SHU

Luxembourg for Finance

JEAN-SÉBASTIEN ZIPPERT

PHILIPP VON RESTORFF

Etika

ABBL

GOLD SPONSOR

SILVER SPONSORS


ÉCONOMIE & POLITIQUE

PROTECTION DES DONNÉES

Défense à l’européenne F LO R E N C E T H I BAU T |

MAISON MODERNE

Le groupe dit de l’« article 29 » rassemble les organes de protection des données à l’échelle de l’UE. La CNPD, ambassadrice pour le Luxembourg, fait en sorte d’être présente dans ses sept groupes de travail. La veille du privacy shield et le nouveau règlement européen font partie des dossiers brûlants.

N

ée en 2002, la Commission nationale pour la protection des données (CNPD) est chargée d’assurer le respect de la vie privée et des informations à caractère personnel. Si ses principales missions ont peu évolué au fil du temps, sa manière de travailler va radicalement changer avec le nouveau règlement européen, finalisé sous la récente présidence luxembourgeoise du Conseil. D’une approche essentiellement administrative, a priori, elle va en effet mettre en place un système de contrôle a posteriori et investir le terrain de la sensibilisation des citoyens. « Nous serons amenés à davantage aller sur le terrain, à la rencontre des entreprises, introduit Tine A. Larsen, la présidente depuis deux ans. Pour les responsables de traitement de données, un changement de mentalité sera nécessaire. Ils n’auront d’autre choix que d’adopter une posture de privacy by design, soit dès la conception de tout produit ou service. » Un constat s’impose : l’activité continue de croître sur le plan national. En 2015, son équipe a traité pas moins de 2.361 demandes d’informations (le chiffre le plus élevé depuis sa création) et participé à quelque 252 réunions. Installée avenue du Rock ’n’ Roll, à B elval, la C ommi ssion emploie aujourd’hui 22 collaborateurs, dont la moitié de juristes, un chiffre plutôt modeste en comparaison avec les effec-

tifs de ses homologues des pays voisins. En France, la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil), moteur dans la défense des droits et libertés des citoyens européens, en compte 200, par exemple. L’autorité du Land voisin de Rhénanie-Palatinat en emploie une vingtaine. À la lumière du fameux nouveau règlement, mais aussi de l’arrêt « Schrems » du 6 octobre 2015 de la Cour de justice de l’UE, des ajustements devront se faire à l’échelle européenne comme nationale. Pour Tine A. Larsen, « un organe de surveillance fort est indispensable à un Luxembourg digital. Notre gouvernement en est bien conscient. » Une réorganisation interne dans les mois à venir va lui permettre de faire face au changement de paradigme à venir. « Nous sommes en train de répertorier les nouvelles tâches à effectuer. Sur cette base, nous pourrons planifier nos besoins en matière de locaux, de logiciels ou de collaborateurs. Des auditeurs, éducateurs, ou encore enquêteurs devront nous rejoindre. »

Expertise en réseau

Dotées de modes de fonctionnement, de traditions sécuritaires et de tailles d’effectifs variables, les 28 autorités de surveillance de l’UE collaborent depuis des années au sein du groupe de travail de l’« article 29 », un corps consultatif institué par la directive 95/46/CE du 24

octobre 1995. C’est la Française Isabelle Falque-Pierrotin (présidente de la Cnil), élue en 2014 pour un mandat de deux ans renouvelable une fois, qui le préside. « Nous protégeons tous les données personnelles. C’est la directive qui cadre nos missions, même s’il y a une certaine marge de manœuvre nationale. Certains, par exemple l’ICO (Information Commissioner’s Office), sont également actifs sur le terrain des libertés d’expression, d’autres encore sur le volet policier et de justice pénale. » Lui-même divisé en sept sous-groupes, des fintech à l’e-gouvernement, le groupe se réunit en moyenne tous les deux mois en plénière. « On ne peut pas se permettre de ne pas être présents dans les sousgroupes, même si cela demande du temps et des ressources. Y défendre la position luxembourgeoise est indispensable », confirme Tine A. Larsen. Les membres produisent nombre de documents et d’avis concertés, sur des sujets allant de la collaboration intra-UE au rôle du gestionnaire de données. « Développer des positions communes cohérentes et lisibles hors des frontières de l’UE est absolument crucial. »  Fréquemment consulté par la Commission européenne, le groupe a eu une actualité chargée ces derniers mois avec la révocation du safe harbor, la mise en place du privacy shield ou encore la réforme induite par le règlement effectif à l’horizon 2018.  Privilégiant le consensus, puisque ses avis ne sont pas contraignants, l’ombrelle favorise les coopérations entre pays et l’échange de bonnes pratiques. Plutôt bien vu par ses pairs, le Luxembourg est souvent sollicité pour réviser des propositions de documents. « Je pense pouvoir dire que nous sommes perçus comme rapides et efficaces. » Proche de la Commission vie privée belge et de la Cnil, la CNPD collabore également fréquemment avec l’ICO, son homologue britannique. « Le Luxembourg est trop petit pour avoir déjà développé une expertise sur tous les domaines. On ne peut pas réinventer la roue à chaque fois. En travaillant en réseau, on a accès à une expertise bien plus large. » Si 2015 et 2016 ont été intenses, 2017 s’annonce aussi comme une année riche pour la protection des données. « Les mois à venir vont être passionnants. De nombreuses questions doivent encore être résolues. Il nous faudra, comme les autres instances de contrôle, trouver un équilibre entre sécurité nationale sous la pression terroriste et protection de la vie privée », conclut Tine A. Larsen. EN RÉSUMÉ

Rassemblant des acteurs nationaux de la protection des données, le groupe de l’« article 29 » se réunit tous les deux mois pour forger des avis communs à l’échelle de l’UE. Malgré sa petite taille, la CNPD met un point d’honneur à être représentée dans tous les groupes de travail.

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T N IO H S T A LI D SL G N EN IDE A V R O T O IN PR

10×6 ICT

DIX GRANDS PROJETS IT MERCREDI 16 NOVEMBRE

Que seraient les entreprises, aujourd’hui, sans les outils numériques? Infrastructure, sécurité, applications, processus… Les éléments constitutifs des systèmes d’information des entreprises sont en perpétuel renouvellement. Dix responsables informatique viendront exposer leurs grands projets qui vont significativement changer la situation de leur entreprise en 2017 et au-delà.

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JEAN-FRANÇOIS BELFLAMME

ERIC CHINCHON

RICHARD DEUSCHLE

PATRICK HOUTSCH

ERIC LIPPERT

Deloitte

ME Business Solutions

Groupe Landewyck

Centre des Technologies de l’Information de l’Etat (CTIE)

OneLife

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PATRICK NJIWOUA

HUBERT SCHUMACHER

BERNARD SIMON

ABDELHAY TOUDMA

CHRISTOPHE TREFOIS

Ketterthill

Luxaviation

Bourse de Luxembourg

Arendt & Medernach

LCSB

LIEU Centre Culturel Tramsschap Luxembourg-Limpertsberg PARKING 72-74, avenue Pasteur Luxembourg-Limpertsberg

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AGENDA 18:30 Welcome cocktail 19:00 Mot de bienvenue 19:15 10 interventions 20:25 Walking & networking cocktail

PARTENAIRE

INS CRI VO U V E ZS SU PA P R ER J AM. CLU B


BRÈVES

ENTREPRISES

M A R I O N D E S SA R D

CHANTIER EN COURS Débuté en févier 2014, le plus important chantier du GrandDuché suit son cours. D’une surface totale de 33 hectares, le futur terminal multimodal de Bettembourg / Dudelange doit permettre de multiplier par quatre la capacité de gestion des flux pour CFL Multimodal. Ambitieux, le projet logistique prévoit la construction d’un parking de 840 places pour semi-remorques, une capacité de stockage de 3.500 conteneurs et la création de centaines de nouveaux emplois à moyen terme. Le début des activités est prévu d’ici la fin de l’année.

« La House of Automobile sera une plateforme de discussion et de coordination. » Ernest Pirsch, membre du conseil d’administration de la Fegarlux Lors d’une présentation officielle, Ernest Pirsch a dévoilé les contours d’une nouvelle structure commune qui regroupe les quatre principales fédé­ rations du secteur : l’Adal, la Fegarlux, Mobiz et la Febiac.

ENOVOS DEVIENT ENCEVO Enovos International change de nom pour prendre celui d’Encevo. Le but de cette nouvelle identité est de distinguer plus nettement la société mère de ses filiales, à savoir le fournisseur d’énergie Enovos et le gestionnaire de réseaux Creos. Dans un premier temps, la mission d’Encevo sera de définir la stratégie, la gouvernance et le financement du groupe et d’assurer le développement de toutes ses entités opérationnelles. La nouvelle dénomination ne devrait pas affecter l’actionnariat de la holding, ni les contrats de travail de ses collaborateurs. Novembre 2016 —

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ENTREPRISES

BRÈVES

BRÈVES

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IKEA ENTRE AU LUXEMBOURG

« Il faut du courage dans sa vie professionnelle, prendre les bonnes décisions et savoir saisir les opportunités qui se présentent. »

Ikea se lance dans l’e-commerce. Grâce à des partenariats avec des logisticiens, le géant suédois entend se rapprocher de sa clientèle locale. C’est une opportunité pour le groupe de pénétrer au Luxembourg sans y détenir de point de vente. Selon le Wort, la chaîne d’ameublement teste, dans son magasin d’Anderlecht (Bruxelles), un concept de « click and collect ». Il doit permettre aux clients de commander en ligne et de récupérer leurs achats dans un point de collecte hors du magasin ou chez un partenaire.

Nicolas Schmit, ministre du Travail et de l’Emploi Nicolas Schmit a inauguré la 3e édition du recrutement junior Unicareers.lu le 23 septembre.

HOP! VERS LYON : ÇA MARCHE Lancée en février dernier, la liaison aérienne LuxembourgLyon opérée par la compagnie Hop! Air France affiche un taux de remplissage moyen des vols de 56 %, selon les chiffres communiqués par la direction qui juge ces résultats « encourageants ». Entre fin février et fin septembre 2016, plus de 23.000 passagers ont volé à bord des ATR 42 de 48 sièges, les deux tiers poursuivant leur voyage au-delà de la capitale des Gaules.

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+ 17 % C’est la progression du lectorat du magazine City mesurée par TNS Ilres lors de la 2e vague de l’étude Plurimedia (de mars à juin). Le magazine d’information gratuit de la Ville de Luxembourg est lu par 44.300 lecteurs résidents.

VU DU CIEL

Six mois après la pause de la première pierre, Opkorn, le futur centre commercial de Differdange, prend peu à peu forme. Une vidéo publiée début octobre dévoile l’avancée des travaux, au travers notamment d’images aériennes, réalisées via l’utilisation d’un drone. Développé par Ikodomos Holding sur un concept de Moreno Architecture, le projet doit permettre la création de 33.000 m² de commerces, dont un centre commercial sous bannière Auchan. 270 emplois devraient être créés, dont 150 pour la seule grande surface. Ouverture prévue fin 2017.

MAISON MODERNE (1) La maison d’édition de Paperjam fait désormais partie du groupe des éditeurs au Conseil de presse, l’instance de contrôle de la profession de journaliste au Luxembourg. Trois nouveaux membres ont été nommés : Emmanuel Fleig, directeur d’Edita (la société d’édition du quotidien gratuit L’essentiel), Mike Koedinger, CEO et fondateur de Maison Moderne, et Frank Rosch, associé et co-directeur de Free Lens TV.

M A I S O N M O D E R N E (A R C H I V E S) , R M S L U X

RYANAIR À MADRID ET LISBONNE La compagnie irlandaise à bas coûts Ryanair a récemment annoncé l’ajout de deux nouvelles destinations pour ses avions au départ de Luxembourg au printemps prochain : Madrid et Lisbonne. Les deux villes seront desservies quatre fois par semaine. Au départ du Findel, le géant irlandais sera la quatrième compagnie à desservir la capitale portugaise aux côtés de Luxair, Tap et Easyjet.


BRÈVES

ENTREPRISES

DES MOULINS DANS LE VENT En une décennie, les Moulins de Kleinbettingen ont triplé de taille et développé des produits vers les consommateurs. L’an prochain, le meunier luxembourgeois franchira une nouvelle étape en proposant de la farine bio. Depuis 2005, l’entreprise familiale créée en 1894 a triplé son chiffre d’affaires (de 16 millions d’euros à 47,5 millions en 2015) et ses volumes (de 40.000 à 125.000 tonnes de farine). Une évolution liée à la construction d’un second moulin en 2007 qui a permis de développer le réseau de clientèle.

L E S M O U L I N S D E K L E I N B E T T I N G E N , VO LVO B U S , M A I S O N M O D E R N E

DU NOUVEAU CHEZ RENAULT Depuis le 1er septembre, Michel Perin est à la tête de Renault Luxembourg. Il succède ainsi à Frédéric Maillard. Entré en janvier 2004 au sein de la multinationale française, il a d’abord travaillé en tant que directeur commercial en Belgique avant de prendre le poste de directeur des ventes entreprises au sein de Renault Belux. Pendant près de 10 ans, il a également enseigné l’économie à l’IFAPME, un centre de formation en région wallonne.

MAISON MODERNE (2) Maison Moderne a réorganisé la coordination de ses rédactions en s’entourant d’un directeur éditorial en la personne du Berlinois Sven Ehmann. Cet hyperactif de l’édition encadrera un groupe de réflexion dans une optique d’évolution qualitative des différents titres. Au sein de la rédaction de Paperjam, l’ensemble des journalistes print et digital sont désormais placés sous la rédaction en chef unique de Thierry Raizer, jusqu’alors rédacteur en chef de Paperjam.lu. Pour soutenir l’évolution éditoriale du magazine, Maison Moderne a choisi de développer les grands sujets et les grands entretiens et a nommé Jean-Michel Gaudron au poste de journaliste senior associé. Fort de son réseau et de ses connaissances approfondies du tissu économique luxembourgeois, il accompagnera Sven Ehmann dans le groupe de réflexion et conseillera Thierry Raizer.

30.000 C’est l’effectif global du cabinet immobilier Savills, qui souhaite doper sa présence et ses activités au Luxembourg.

SHOW-ROOM DU BUS ÉLECTRIQUE Volvo Bus lance son premier centre de compétences pour la mobilité électrique. Il a choisi le Grand-Duché comme base pour ses essais. Dirigé par Laurent Bravetti, l’« E-Bus Competence Center », basé à Livange, aura pour objectif de développer des solutions intelligentes pour les villes souhaitant réduire leur impact sur l’environnement, mais aussi leurs nuisances sonores. Il travaillera étroitement avec des partenaires privés et publics comme les universités, les ministères et les opérateurs de transport public aussi bien au Luxembourg qu’en Europe.

PAUL CONTINUE SA PROGRESSION L’enseigne de boulangerie française Paul s’apprête à ouvrir son cinquième point de vente local, cette fois dans le sud du pays, à Foetz. En attendant la future galerie Auchan de Differdange et après la gare de Luxembourgville, la galerie du centre commercial AuchanKirchberg, la place d’Armes et la Cloche d’Or, il s’établit dans la zone d’activité du Brill. La volonté du groupe est ainsi de s’étendre au-delà du centre-ville, déjà bien exploité. Présent dans 36 pays, le boulanger-traiteur est représenté au Luxembourg depuis 2012.

DANS LES COULISSES DES ENTREPRISES Les 17 et 18 septembre, une cinquantaine d’entreprises du pays dispersées sur 38 sites ont participé aux 11e Journées portes ouvertes. Année record, 29.700 visiteurs sont venus leur rendre visite et découvrir leur contexte de travail, de l’alimentation aux services en passant par l’ameublement ou les transports. Pour cette édition, l’économie circulaire était à l’honneur avec 13 sociétés participantes actives dans le secteur, dont KouniToys, un service de location en ligne de jouets d’éveil et éducatifs, Neobuild à Bettembourg ou encore le producteur de cidre Ramborn.

UPGRADE : CAROLINE BERNIER RÉCOMPENSÉE La deuxième édition du concours Upgrade, lancé par les Rotary Clubs de la Province et du Grand-Duché de Luxembourg, a récompensé Caroline Bernier de la société C.Concept (outils de marketing mutualisés pour PME), installée à Habay-la-Neuve (Belgique) et Koerich. L’initiative rotarienne s’adressant aux entrepreneurs de la région Belux est soutenue par d’importants acteurs luxembourgeois et apporte au lauréat un soutien financier, un réseau de contacts et un accompagnement durant un an.

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BRÈVES

ALD PENSE AUX DEUX-ROUES Souhaitant contribuer à une mobilité qui évolue, ALD Automotive, spécialiste du leasing auto, se lance dans le leasing vélo avec deux solutions bien ciblées à destination des entreprises et de leurs salariés : Company Bike, un avantage individuel, et Pool Bike, une flotte de bicyclettes partagées. En amont de la Semaine de la mobilité, elle a ainsi décidé d’introduire la petite reine dans ses contrats comme moyen de locomotion complémentaire à la voiture. Le leaser estime que la demande devrait représenter une centaine de vélos au cours des 12 prochains mois.

« LEUR SAVOIR-FAIRE ET LEUR EXPÉRIENCE PROFESSIONNELLE SONT UN ENRICHISSEMENT POUR NOUS. » Fraenz Benoy, administrateur délégué de CFL Multimodal C’est ce qu’a déclaré Fraenz Benoy lors de la reprise des activités et de l’ensemble des salariés des Transports Fischbach. Cette acquisition permettra au groupe de renforcer ses compétences dans le transport routier.

OUNI À L A GARE Après une recherche de plusieurs mois, l’épicerie Ouni ouvrira ses portes en novembre rue Glesener dans le quartier de la gare. Lauréat du Prix de l’innovation 2016 lors de l’Oekofoire, le projet de commerce sans emballage s’est concrétisé grâce à la participation de plus

de 500 coopérateurs lors d’une opération de crowdfunding ayant permis de récolter 180.000 euros. Durable et engagé, Ouni mettra en avant les produits locaux et ceux respectueux de l’environnement. À l’ouverture, son équipe sera composée de trois salariés.

UN CAMPUS QUI ROULE Annoncé en mars dernier, le futur centre de R & D et de tests automobiles grandeur nature est entré dans sa première phase, avec la destruction des anciens bâtiments de la Wire Plant de Goodyear. D’ici à l’été 2018, les 14 hectares localisés à Roost et appartenant au manufacturier accueilleront le Luxembourg Automotive Campus. Un lieu pensé pour accueillir et regrouper différents acteurs du secteur, dans le cadre d’un partenariat public-privé. Une enveloppe publique de quelque 30 millions d’euros a été prévue pour la viabilisation du terrain et l’installation des infrastructures. LUXCONNECT VISE LONDRES Le spécialiste de la fibre optique LuxConnect et Volta Data Centres, son homologue anglais à Londres, ont choisi de s’allier afin de relier leurs deux capitales, parmi les deux plus importants centres de communication stratégiques du continent. Les deux fournisseurs de connectivité nouvellement partenaires entendent capitaliser sur leurs points forts et ainsi aider les entreprises à relever différents défis technologiques, dont les fluctuations de la capacité et des besoins toujours plus importants.

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CL AP DE FIN POUR FIT4START Le jeudi 29 septembre marquait la fin du programme de coaching public. Evvos, Klap, Connected Rope, Visual Scaffolding – devenue entretemps Yotako – et Nomoko ont toutes transformé l’essai et obtenu leurs diplômes. De mi-octobre à février, cinq nouvelles pépites s’inscriront dans leurs traces : Passbolt, Aiva Technologies, Adapti.me, Yôllty et Starwear. Dans le jury, amené à changer à chaque édition, on trouvera notamment Laurent Kratz, serial entrepreneur, et Xavier Buck, fondateur d’EuroDNS, des parrains de bon augure.

DIEKIRCH, PART D’UN NOUVEAU GÉANT Les assemblées générales des géants de la bière AB Inbev et SABMiller ont entériné la reprise du numéro deux mondial par le numéro un. La Brasserie de Luxembourg (Diekirch et Mousel), intégrée au sein d’AB Inbev depuis 2002, fait donc désormais partie d’un ensemble au chiffre d’affaires de 55 milliards de dollars, devenu le cinquième groupe mondial de biens de consommation. Pas de transfert en vue, c’est seulement suite au rachat par sa maison mère, AB Inbev, du groupe britannique SABMiller que le classement a été bouleversé.

ENCADRER LA FIN DU ROAMING

La fin des frais d’itinérance, sans limite de temps, a été annoncée mercredi par la Commission européenne. Mais face aux bouleversements à venir sur les marchés, l’exécutif européen a prévu des mesures pour limiter les abus. Annoncée pour le 15 juin 2017, après 10 ans de discussions, la fin du roaming s’accompagnera de nouvelles règles. Car la suppression des frais d’itinérance risque de créer d’importantes distorsions de marché, en poussant les clients à chercher les opérateurs les plus compétitifs au sein de l’UE.

FRANÇOIS BROUXEL, MP CHEZ WILDGEN Changement de managing partner au sein du cabinet d’avocats Wildgen avec François Brouxel qui prend le relais de Pierre Metzler, en poste depuis 2012 et ayant accepté le poste de senior partner. Jusqu’ici à la tête du département Droit des sociétés, François Brouxel a rejoint le cabinet en 1992. Sa nouvelle mission l’amènera à se concentrer désormais sur l’orientation et la stratégie du cabinet, pour en devenir « le gestionnaire et porte-parole ». NYUKO ACCÉLÈRE LE MOUVEMENT Neuf mois pour passer d’une idée à un produit ou service fini à diffuser sur le marché. Telle est la promesse du nouveau programme d’accélération de Nyuko. Elles seront une quinzaine de jeunes pousses à bénéficier de coaching, formations dédiées ou ateliers de prototypage. Les jeunes pousses – 15 maximum par session – devront pour ce faire débourser 360 euros.

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TELINDUS E T TANGO MAIN DANS L A MAIN

Purple sun J E A N - M I C H E L GAU D R O N |

SA B I N O PA R E N T E

L’intégrateur ICT Telindus et l’opérateur de téléphonie Tango, tous deux filiales du groupe belge Proximus, mettent en place leur stratégie commerciale complémentaire. En attendant d’être réunies sur un site unique, les deux sociétés vont se partager leurs marchés résidentiel et professionnel, avec les PME en ligne de mire.

C’

est une relation d’un temps et sans arrogance aucune, notre portenouveau : pas vraiment un feuille de services est sans doute plus mariage, faute de noces, mais avancé que celui de la concurrence, avec tout de même bien plus qu’un des produits plus avant-gardistes. » simple partenariat entre deux sociétés En attendant l’étape ultime du proque l’on peut qualifier de sœurs, compte cessus : le regroupement de tous les tenu de leur généalogie actuelle… Sous effectifs (hors boutiques de Tango) sur le regard bienveillant de leur actionnaire un seul et même site à Bourmicht, dans belge Proximus, Telindus et Tango par- un bâtiment dont les travaux de tagent désormais leurs activités à desti- construction viennent de démarrer. Si nation des clientèles résidentielle et Tango n’est, actuellement, localisé que professionnelle. dans son seul bâtiment historique de Dévoilée en mai dernier, la « nou- Bertrange, Telindus, pour sa part, velle » organisation s’est ainsi mise en occupe trois sites : son siège à Strassen, place au 1er octobre. son institut de formaAvec, d’un côté, les tion professionnelle à équipes commerciales Esch et des bureaux à « entreprises », désorBertrange. « La valeur réside mais actives sous la « Nous souhaitons bien évidemment marque « Telindus, aussi créer une véri­ t able communauté powered by Tango » et dans la com­ s’adressant au marché d’employés, indique plémentarité. » professionnel (grands Jean-François Willame, comptes et entreprises le CEO de Tango. Faire Gérard Hoffmann de plus de 10 peren sorte qu’au-delà des CEO sonnes) et, de l’autre, frontières des entités juriTelindus les activités télécoms / diques et des brandings production regroupées différents, nous soyons chez Tango, en charge tous dans une même des toutes petites entreprises (moins de entité globale. C’est important aussi pour 10 salariés) et des particuliers. assurer une certaine mobilité entre les deux Dans les faits, une dizaine de salariés entreprises. » des deux entreprises se croiseront pour Pas question, en effet, d’envisager rejoindre l’autre entité. « Cela va simpli- une fusion pure et simple des deux sociéfier notre organisation et la rendre plus tés, pour la principale bonne raison que efficace et plus claire, affirme Gérard Telindus, en tant que professionnel du Hoff­mann, le CEO de Telindus. Et le client secteur financier (opérateur de systèmes aura alors un interlocuteur unique. » L’in- informatiques primaires et secondaires térêt est aussi purement matériel, et de réseaux de communication), est puisque Tango et Telindus partagent placé sous le contrôle de la Commission désormais le même réseau télécom. de surveillance du secteur financier Il s’agit là, en quelque sorte, d’une (CSSF), alors que Tango, en tant qu’opépremière étape, prélude au déploiement rateur téléphonique, dépend de l’Institut de nouvelles offres commerciales uni- luxembourgeois de régulation (ILR). fiées qui devraient être effectives pour Au-dessus de ces deux sociétés plane le début de 2017. « Grâce à cette synergie, Proximus Luxembourg, succursale du 062 ­—

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groupe belge créée en 2002 (sous la bannière Belgacom, devenue entre-temps Proximus), qui occupe une trentaine de salariés en charge notamment des différentes fonctions support et du suivi des investissements. L’histoire de Telindus remonte à bien plus loin, puisque c’est en 1969 que la société voit le jour en Belgique. Son fondateur et tout premier directeur, John Cordier, s’affiche au fil des années comme une des grandes figures managériales belges, et il le reste jusqu’à son décès en 2002. Luxembourg est la première implantation du groupe hors de la Belgique. Elle démarre ses activités en 1979, avec comme premier objectif de mieux répondre aux besoins de ses premiers clients internationaux que sont les communautés européennes et l’opérateur bancaire Swift. Mais les premiers pas se font également avec un partenaire financier de poids : l’Arbed, alors à la tête de 35,3 % du capital de Telindus Luxembourg. Il s’agit alors pour le groupe sidérurgique, encore convalescent de la crise du milieu des années 70, de diversifier ses activités et d’interconnecter les centres informatiques de ses différents sites. D’ailleurs, Telindus sàrl devient, dans un premier temps, en 1990, Telinfo, après son absorption par Info-Arbed, puis évolue en une « vraie » société anonyme sous le nom de Telindus en 1993, toujours avec l’Arbed dans les rangs de ses actionnaires. Rapidement, l’antenne luxembourgeoise du groupe affiche des résultats plus que probants. En 2003, par exemple, la société pèse à elle seule 11 % des résultats du groupe et un quart de celui de la région Benelux. En 2005, Telindus se positionne spécifiquement auprès du secteur financier, en créant un PSF sous le régime d’opé-

TANGO EN BREF • 130 employés • Opérateur de téléphonie fixe et mobile, fondé en 1998 • Membre du groupe Proximus depuis 2008 • 281.000 clients mobiles • CA (2015) : 129,9 millions d’euros • Résultats (2015) : -8,16 millions d’euros • CEO : Jean-François Willame, 51 ans (en fonction depuis 2014, après sept années passées en tant que vice-président des ventes et des supports chez Belgacom)

TELINDUS EN BREF • 470 employés • Intégrateur ICT, fondé en 1979 • Membre du groupe Proximus depuis 2006 • 1.600 clients ICT • CA (2015) : 121,4 millions d’euros • Résultats (2015) : 1,3 million d’euros • CEO : Gérard Hoffmann, 53 ans (en fonction depuis 2001)


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rateur de systèmes informatiques et de réseaux de communication du secteur financier, via sa filiale CF6 rebaptisée alors Telindus PSF. L’année 2006 marque un tournant, avec la finalisation de la prise de contrôle du groupe (qui emploie alors 2.600 personnes dans 13 pays) par Belgacom, résultat d’une OPA pour le moins mouvementée lancée quelques mois plus tôt et qui avait vu, sur la fin, France Telecom se positionner également pour empocher la mise. En fin de compte, même sous le giron de l’opérateur historique belge, Telindus conserve son identité et sa culture d’entreprise. Au Luxembourg, l’attelage avec ce qui devient entre-temps ArcelorMittal continue par ailleurs de bien fonctionner. Cette participation un peu exotique dans le chef du géant sidérurgique perdure jusqu’en… décembre 2015, lorsqu’ArcelorMittal décide de se séparer de cet actif non stratégique. Entre-temps, Belgacom trouve une autre porte d’entrée sur le marché luxembourgeois via l’opérateur de téléphonie mobile Tango. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il fait preuve, en la circonstance, d’une certaine persévérance. L’Histoire aurait d’ailleurs pu lui offrir un premier raccourci, puisqu’en 1997, le groupe belge Telinfo (et sa filiale Telindus, donc) fut candidat à l’obtention de la deuxième licence GSM du pays, au moment de la libéralisation du marché. Partie prenante du consortium Letzgo, aux côtés de France Telecom, BGL et Arbed, il dut cependant baisser pavillon devant le groupe suédois Kinnevik, porteur du projet Tango via la filiale luxembourgeoise de Millicom International Cellular, alors à la tête (seul ou en co­-entreprise avec d’autres partenaires) de plus de 30 réseaux cellulaires dans plus de 20 pays couvrant en totalité plus de 415 millions d’habitants. Lorsqu’en 2007, le troisième réseau luxembourgeois Voxmobile (lancé en 2004 par Jean-Claude Bintz et Pascal Koster, qui furent aussi les fondateurs de… Tango) décide d’étudier l’ouverture de son capital, voire l’adossement à un partenaire stratégique, Belgacom se met évidemment sur les rangs. Mais c’est Mobistar (groupe Orange / France Telecom) qui remporte finalement le morceau. Un an plus tard, le second essai est le bon. Cette fois, c’est le groupe suédois Tele2 qui décide de se séparer de sa filiale Tango pour se consacrer davantage aux marchés de l’Est. La voie étant pour le moins dégagée, Belgacom rafle la mise pour un peu plus de 200 millions d’euros (les 90 % du capital disponible de Voxmobile avaient, eux, été cédés pour 80 millions). Depuis plus de huit ans, donc, Tango et Telindus cohabitent sur le marché. Mais les deux sociétés ont dû Novembre 2016 —

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attendre qu’ArcelorMittal sorte du capital de Telindus pour pouvoir développer davantage ces synergies, basées sur deux marques fortes déjà bien implantées sur le marché, et portées par un contexte pour le moins favorable. « Nous vivons une période extraordinaire, avec un niveau de croissance de l’utilisation des solutions télécoms et IT que je n’ai pas connu depuis 15 ans que je suis dans le métier, se réjouit Gérard Hoffmann. Nous sommes évidemment conscients que ça ira sans doute moins bien un prochain jour, et c’est pourquoi nous devons profiter à fond de cette phase de croissance. Le moment pour un rapprochement entre nos deux sociétés était donc idéal. Pouvoir le faire dans un climat de croissance est évidemment d’autant plus simple, plutôt que dans un contexte de consolidation. » « Il n’y a aucun souci pour continuer de la sorte, complète Jean-François Willame. Telindus et Tango représentent les déclinaisons luxembourgeoises de Proximus. Nous ne sommes pas dans une logique d’un groupe international où toutes les entités dans chaque pays doivent avoir le même nom et la même approche visuelle. Ici, on est davantage dans un contexte de groupe régional, où chaque marque a sa raison d’être. » À eux deux, Tango et Telindus « pèsent » quelque 600 employés et ont affiché un chiffre d’affaires global au 31 décembre 2015 de 251 millions d’euros, quasiment réalisé à parité (voir encadrés p.62). Et du côté de Telindus, les recrutements se font quasiment en continu. Une centaine de nouveaux collaborateurs devraient, pour l’ensemble de l’année 2016, avoir été recrutés, soit une augmentation « nette » des effectifs (en tenant compte des départs) d’une cinquantaine d’unités. Car c’est évidemment dans le volet IT de l’activité que l’on trouve les principaux leviers de croissance, avec le développement des activités d’externalisation, de cybersécurité et tout ce qui a trait au cloud. « Même s’il y a beaucoup de synergies possibles entre nous, nos logiques opérationnelles sont différentes, souligne Gérard Hoffmann. La valeur réside bien évidemment dans la complémentarité. » Historiquement, Telindus s’est développé en touchant le marché des grandes entreprises. Tango, pour sa part, a davantage ciblé les particuliers et les plus petites structures. Reste donc une « zone blanche » : les PME. « C’est clairement sur ce créneau que nous pouvons développer des synergies commerciales et opérationnelles », indique M. Hoffmann. Nom de code du plan stratégique mis en place : « Purple », qui reprend à la fois les couleurs de Proximus, mais aussi le mélange des couleurs (rouge) de Telindus et (bleu) de Tango. Ce qui ne veut évidemment 064 ­—

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BINÔM E Jean-François Willame et Gérard Hoffmann codirigent la structure faîtière Proximus Luxembourg.

pas dire que ce segment des petites et d’envergure internationale… Car si nous moyennes entreprises sera le seul por- développons une technique, il sera ensuite teur de croissance. « Nous avons déjà possible de la commercialiser ailleurs. Les une part de marché conséquente, en tant fintech sont un domaine où les télécoms que deuxième opérateur mobile du pays, peuvent jouer un rôle. Il y a d’ailleurs des mais dans le domaine du fixe, nous avons opérateurs télécoms qui, désormais, lancent pas mal de possibilités de croissance, des banques (comme l’a fait Orange avec prévient M. Willame. En 2017, nous com- son application Orange Cash, un service mercialiserons de nouvelles offres s’ap- de paiement sans contact, présenté au puyant sur la fibre optique. Nous début de l’année, ndlr). Nous travaillons investissons déjà dans le réseau pour aussi sur ce sujet en étroite collaboration aller au plus près des clients. » avec les acteurs de la recherche publique, Le marché luxembourgeois, de sur- l’Université, ou encore le List. » croît, est dans une santé bien meilleure On notera par ailleurs que Proximus que celle de ses plus proches voisins. Et fait partie des sept partenaires privés certaines annonces ne ayant apporté leur soumanquent pas de boostien au Digital Tech Fund lancé ce printer encore davantage les énergies, comme « Nous souhaitons temps, sur initiative du celle concernant le rôle ministère de l’Éconoaussi créer une de leader pris par le mie dans le cadre du Grand-Duché dans le programme Digital véritable cadre du projet euroLëtzebuerg. Ce fonds, communauté péen de supercal­ constitué avec un preculateur (HPC, high mier apport de 20 mild’employés. » performance compulions d’euros, vise ting) et les perspectives notamment des invesJean-François Willame de création de plutissements de type priCEO sieurs dizaines d’emvate equity dans des Tango domaines tels que la plois. « Dans la foulée, il y aura des opportunités cybersécurité, les finpour les sociétés de services », prévoit M. tech, le big data, le digital health ou Hoffmann. encore l’internet des objets. De quoi, donc, se montrer raisonnaAutant de domaines sur lesquels blement optimiste quant aux développe- Telindus et Tango gardent un œil forcéments immédiats. Le domaine des fintech ment intéressé. constitue, du reste, un axe de développeEN RÉSUMÉ ment suivi de très près. « Nous regardons Tous deux filiales à 100 % du groupe Proximus, comment investir de manière plus conséTelindus et Tango franchissent une étape supquente en R & D dans ce domaine, explique plémentaire en activant une stratégie commerM. Hoffmann. C’est un axe à long terme que ciale complémentaire, se partageant les marchés le groupe nous a confié, avec une approche des grandes entreprises et des particuliers.


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TELECOM LUXEMBOURG

Le lion a failli mourir ce soir J E A N - M I C H E L GAU D R O N |

Placé en gestion contrôlée, l’opé­ rateur alternatif pourrait tout de même trouver un repreneur crédible. Sur le marché, il y aura clairement un « avant » et un « après », la défail­lance d’un acteur-clé se révélant toujours possible...

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MAISON MODERNE

ls sont 11 à avoir voulu se partager la bête. Le 10 octobre dernier s’est arrêtée la période de dépôt des offres de reprise – intégrale ou par morceaux – de Telecom Luxembourg Private Operator (TLPO), société placée sous le régime de la gestion contrôlée à la mi-septembre. Un dossier a finalement été transmis au juge Jean-Paul Hoffmann qui, à l’heure où nous clôturions cette édition de Paperjam, n’avait pas encore pris sa décision. Si, régulièrement, les rumeurs et les bruits les plus divers et variés ont circulé au sujet de TLPO, l’heure est désormais à sauver ce qui peut l’être, alors que la société est en proie à des difficultés financières qui se sont accumulées au fil des années. Très régulièrement, il a ainsi été fait appel à l’article 100 de la loi sur les sociétés commerciales, permettant de poursuivre une activité en dépit de pertes supérieures à la moitié du capital social… sachant qu’elles ont parfois été supérieures à l’entièreté du capital. Ce sont surtout les frais de développement, les charges d’intérêt et les charges d’amortissement élevés qui ont régulièrement plombé les comptes, alors

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que le chiffre d’affaires s’est généralement maintenu à un niveau supérieur à 10 millions d’euros. Un premier plan de restructuration mis en place entre décembre 2012 et mars 2013, et qui avait touché une demi-douzaine de salariés, avait déjà servi à assainir, provisoi­ rement, la situation économique de l’entreprise. Mais cette mesure n’était certainement pas non plus le remède absolu aux maux de TLPO, dont les pertes cumulées au 31 décembre 2015 ont atteint 12,1  millions d’euros et un passif circulant qui excédait l’actif circulant de 3,8  millions d’euros. Longtemps, le navire a été maintenu à flot par l’intervention de l’actionnaire principal, BIP, qui a régulièrement injecté des millions d’euros de capitaux frais (ou de renoncement à des créances). Mais le changement de stratégie de la société de private equity, qui a décidé, dans un délai de quatre à six ans, de liquider ses participations pour redémarrer une autre activité, sous le giron de la banque d’affaires Goldman Sachs, a scellé le sort de l’opérateur qui revendiquait une position de premier opérateur alternatif pour le Luxembourg.

Intégrateur ICT devenu opérateur télécom en 2009, Telecom Luxembourg a lourdement investi toutes ces dernières années (largement plus de 10 millions d’euros) pour la mise en place d’un réseau de fibre optique et l’interconnexion des liens constitutifs de ce réseau. En se structurant de la sorte, la société devenait aussi une cible de choix pour tout groupe international désireux de se développer au Grand-Duché. TLPO avait notamment procédé récemment au rachat de la plateforme et des clients voicecloud d’Unify et, surtout, du réseau international de fibres optiques développé par Luxconnect. Plus récemment, la société avait également conclu un partenariat avec Orange Luxembourg pour le déploiement de connexions mobiles à très haut débit (4G et 4G+) pour compléter la connectivité des réseaux, de la fibre et des data centers. Ces dernières années, plusieurs dossiers concrets de reprise avaient atterri sur le bureau du conseil d’administration. Belgacom ou Numericable furent parmi les plus avancés dans les discussions, mais jamais rien n’aboutit, de sorte que la société s’est retrouvée, cet été, dans l’incapacité de poursuivre ses activités de façon pérenne. C’est ainsi que début août, ce même conseil d’administration, présidé par le fondateur de la société, Jérôme Grandidier, avait ni plus ni moins reconnu l’état de cessation de paiement de TLPO, tout en étudiant d’autres solutions alternatives. Ces « études » sont sans doute sur le point de payer, l’espoir de voir la société poursuivre ses activités étant bien réel, ce qui est rarement le cas dans des situations de gestion contrôlée (la dernière en date, Espirito Santo, s’est soldée par une faillite pure et simple). Mais l’enjeu va bien au-delà de la seule existence de Telecom Luxembourg, tant il est clair qu’une disparition brutale de l’opérateur aurait pu (ou pourrait…) avoir des conséquences apocalyptiques pour l’ensemble de l’activité de la Place, sachant que très peu de clients disposent de deux prestataires télécoms afin de garantir une redondance technologique et une continuité des services en cas de défaillance de l’un des prestataires. Peut-être les malheurs de TLPO serviront-ils au moins à modifier la donne dans ce domaine et à généraliser des pratiques qui semblent frappées au coin du bon sens. EN RÉSUMÉ

Telecom Luxembourg Private Operator est en sursis. Placé en régime de gestion contrôlée, l’opérateur attend désormais que le tribunal administratif valide une offre de reprise. Une disparition pure et simple de la société pourrait avoir des conséquences très néfastes pour bon nombre d’acteurs économiques.


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NOUVE AUX CONTR AT S, NOUVE AUX PRODUIT S…

Déploiements tous azimuts pour SES J E A N - M I C H E L GAU D R O N |

18/08 Fournisseur de capacité pour les Jeux Olympiques depuis 2000, SES annonce, pour les JO de Rio, une utilisation record de sa capacité satellitaire par rapport aux précédentes éditions de la compétition. Pas moins de 23.000 heures de capacité ont ainsi été réservées sur quatre satellites pour servir les télédiffuseurs d’Amérique, d’Europe, d’Asie et d’Afrique.

MAISON MODERNE

L’opérateur de satellites de Betzdorf a multiplié les annonces ces dernières semaines. Au 30 juin 2016, SES a affiché un résultat net part du groupe de 227,3 millions d’euros (-17,5 % par rapport au 1er semestre 2015) et un carnet de commandes stable à 7,3 milliards d’euros.

10/08 La plateforme paneuropéenne de télévision payante Bobbles.tv annonce la signature d’un contrat pour des capacités et des services en vue de lancer une nouvelle plateforme de télévision mondiale pour les expatriés en Europe.

29/09 SES Government Solutions décroche un contrat auprès du département américain de la Défense, pour le déploiement du réseau O3b Networks.

01/08 06/07 Fusion de RR Media, premier fournisseur de services mondiaux de médias numériques, avec SES Platform Services. L’acquisition de la société s’est faite à une valeur de 242,2 millions de dollars US. La nouvelle entité opère désormais sous le nom de MX1.

Finalisation de l’acquisition, pour 730 millions de dollars, de 100 % du capital de l’opérateur de satellites de communication O3b Networks, dont le siège social se trouve à Jersey, mais dont les opérations au sol et le développement technique sont gérés depuis Englewood (Colorado, États-Unis).

13/09 14/09 Lancement du service Maritime+ permettant une connectivité à haut débit pour les navires traversant les océans.

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Signature d’un contrat avec Arqiva, l’un des plus importants fournisseurs d’infrastructures de communications et de services médias, pour la distribution de contenus sportifs premium en Amérique latine et dans les Caraïbes.

30/09 Annonce d’un accord avec SpaceX pour le lancement, au 4e trimestre, du satellite SES-10 sur un lanceur Falcon ayant déjà fait ses preuves en vol. Ce satellite sera le premier de la flotte SES à être entièrement dédié à l’Amérique latine.


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08/09

Le télédiffuseur allemand de chaînes payantes Sky Deutschland annonce le lancement, pour cet automne, de deux chaînes exclusives en ultra-HD via la principale position orbitale de SES (19,2° Est). La chaîne retransmettra ainsi des matchs du championnat de football allemand et de la Ligue des champions de l’UEFA avec une résolution vidéo quatre fois supérieure à la HD classique.

Annonce de l’élargissement des opérations satellitaires par la construction, pour 2017, d’un nouveau téléport doté de plusieurs stations terrestres sur l’île de Man.

09-13/09 Présentation à l’occasion du salon IBC de Rotterdam, d’un projet révolutionnaire de R&D développé avec le Fraunhofer Heinrich Hertz Institute de Berlin pour la transmission d’un signal vidéo panoramique par satellite vers de multiples appareils, y compris des dispositifs de réalité virtuelle portés à la tête.

14/07 Signature d’un accord à long terme avec Japan Broadcasting Inc., le distributeur officiel de NHK World TV, en vue de diffuser à travers l’Europe et en haute définition cette chaîne d’information en continu et en anglais en clair du télédiffuseur public japonais NHK.

08/09 Renouvellement du contrat à long terme avec le fournisseur mondial de solutions médias Globecast, pour acheminer principalement des chaînes en clair ciblant les marchés d’Afrique subsaharienne.

19/09 Lancement à Abuja d’un programme de formation pour l’installation de paraboles avec Cable Channels Nigeria.

21/07 Retransmission, en direct et en haute définition, de Tomorrowland, le plus grand festival de dance music au monde, en multiplex à partir de Boom (Belgique) sur sept autres sites à travers le monde (Mexique, Inde, Japon, Colombie, Allemagne, Afrique du Sud et Israël).

22/07 Lancement, aux Philippines, de la plateforme satellitaire d’e-santé Satmed, développée en partenariat avec le ministère luxembourgeois des Affaires étrangères et européennes et l’ONG German Doctors. Satmed permet d’améliorer les soins de santé et propose des services d’e-santé accessibles aux communautés vivant dans des lieux isolés.

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PHILANTHROPIE

Solidarité privée à développer F LO R E N C E T H I BAU T

Encore émergente, la philanthropie a pris de l’ampleur depuis la création de la Fondation de Luxembourg.

Si le point de départ est d’agir pour le bien commun, les domaines couverts vont de l’écologie à l’éducation.

P

lus implantée dans les pays anglo-saxons, la tradition philanthropique a mis plus de temps à se structurer au Luxembourg. Bien présent, le mécénat a longtemps été une pratique discrète. Toujours encadré par une loi de 1928 révisée en 1994, le mouvement philanthrope a bénéficié d’un coup de fouet avec la naissance de la Fondation de Luxembourg en décembre 2008, une structure abritant aujourd’hui 62 fondations, dont l’écrasante majorité (88 %) est initiée par des familles ou des particuliers isolés. Quatre fondations créées par des employeurs privés forment l’exception. Le déclencheur est souvent l’envie d’agir sur le bien-être de sa communauté. « Chaque fondation est une histoire différente. Chacune suit une démarche et une philosophie qui lui sont propres. C’est ce qui fait la richesse de la philanthropie », introduit Tonika Hirdman, directrice générale de la Fondation de Luxembourg. Un point commun entre ces mécènes privés : ils utilisent leurs outils et leurs compétences au service des causes choisies. Leur niveau d’exigence par rapport aux projets sélectionnés est le même que pour leur business. « Très souvent, les entreprises choisissent un champ d’action proche de leurs domaines d’activité. Elles veillent au transfert de savoirs et de compétences. Les sociétés sont nombreuses à mettre à disposition des fonds, mais aussi du temps et de l’expertise. Leur suivi est très précis. Certaines ont recours à des auditeurs externes, d’autres s’en chargent elles-mêmes. » 070 ­—

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Conçue comme projet d’entreprise, une fondation mobilise l’ensemble des collaborateurs et donne un sens différent à leur travail, puisqu’ils peuvent très souvent proposer des associations à soutenir. « Créer une fondation permet d’inscrire des dons dans une démarche globale et réfléchie. D’autant plus que les décisions stratégiques sont en majorité prises par le conseil d’administration de la firme. » Parmi la palette de thèmes, l’éducation, le développement durable, l’environnement et l’énergie se taillent la part du lion. La durée d’engagement varie entre trois ans et cinq ans pour les projets. La durée est de trois ans pour la fondation elle-même. Pour les entreprises abritées, qui allouent en moyenne 250.000 euros à leur fondation, l’encadrement de la Fondation de Luxembourg, facturé 7.500 euros/an, représente à la fois un gain de temps et de professionnalisme. « Nous leur assurons transparence, crédibilité et neutralité », affirme Tonika Hirdman. Dotée d’un réseau de plus en plus impressionnant, elle favorise également la rencontre entre fondations et le cofinancement de projets, permettant d’en multiplier l’impact. « Nous sommes des facilitateurs. La philanthropie progresse au Luxembourg, même si d’autres marchés sont bien plus avancés. » EN RÉSUMÉ

Multiple et évolutive, la philanthropie est aussi prisée par les entreprises qui souhaitent avoir un impact sur leur communauté. Elles sont quatre à être abritées par la Fondation de Luxembourg.

FO N DAT I O N ATOZ , FO N DAT I O N A K U O , FO N DAT I O N E N OVO S , F R I E N D S H I P L U X E M B O U R G P O U R L A FO N DAT I O N M A N G R OV E

L’ombrelle abrite aujourd’hui 62 fondations, dont seulement quatre portées par des entreprises.

ÉNERGIE ET COHÉSION SOCIALE

FONDATION ENOVOS

Créée en 2010 par le numéro un de l’énergie, la fondation s’est choisi la recherche de durabilité et l’efficience énergétique comme cadre de son action. Sous la présidence de Marc Solvi, elle s’engage notamment en faveur du progrès scientifique et des nouvelles technologies. « Des thèmes comme les énergies renouvelables et l’innovation sont des enjeux qui façonneront nos sociétés demain. Ce sont également deux piliers de la stratégie de Rifkin. On en a besoin pour que le Luxembourg soit dans le peloton de tête de la troisième révolution industrielle, note Jean Lucius, CEO d’Enovos International. Quand on pense à Enovos, on pense sécurité énergétique et savoirfaire technique. J’aimerais que quand on réfléchit à la fondation, on ait la recherche de durabilité et de développement durable en tête. » La sensibilisation s’inscrit au cœur de l’approche de la fondation, qui travaille avec tout un réseau d’universités, de chercheurs, instituts et autres start-up. Mi-septembre, elle dévoilait « Secure », un projet d’efficacité énergétique mené par le List s’inscrivant dans la mouvance des smart cities. Financé à hauteur de 300.000 euros, il va bientôt permettre aux villes de mesurer et optimiser leur consommation d’énergie grâce à une plateforme logicielle. Un pilote à Esch a débuté début octobre. Dans les autres initiatives soutenues, on retrouve différentes recherches en matière d’énergie photovoltaïque, ainsi qu’un concours doté d’un prix d’excellence pour les étudiants ingénieurs.


ENTREPRISES

ÉDUC ATION UNI V ER SEL L E

BIODIVERSITÉ ET ENVIRONNEMENT

La première étape de la réflexion sociétale du cabinet de conseil fiscal Atoz a été de financer une chaire en fiscalité à l’Université du Luxembourg. « Créer une fondation nous a permis de cadrer nos actions en RSE sous un seul véhicule, introduit Fatah Boudjelida, managing partner Operations chez Atoz. Être profitable sur un marché donne une responsabilité. » Choisir l’appui de la Fondation de Luxembourg était un choix naturel. « Son support nous donne une discipline, de la sérénité et du professionnalisme. La philanthropie est un métier qui ne s’improvise pas. » Environ 50 % des projets soutenus sont menés à l’étranger, du Pérou au Maroc en passant par le Cambodge. « Nous n’avons pas de frontières définies. » Une bonne moitié est proposée par la fondation abritante. L’autre provient des collaborateurs eux-mêmes. « Cette fondation est un ciment entre les gens. À chaque événement, nous ressentons un vrai engouement. Nos équipes sont encore plus fières d’appartenir au cabinet. Oui, nous sommes une entreprise dont le but est de faire du profit, mais nous agissons aussi pour le bien-être des populations. » L’éducation est le maître mot de la fondation. « C’est un des piliers de notre société. L’accès à la connaissance est un moteur de développement. Nous sommes convaincus que l’éducation passe d’abord par les jeunes filles. » En moyenne, chaque projet dure trois ans. C’est aussi la durée de vie de la fondation, qui reçoit d’Atoz 1 million d’euros à chaque renouvellement. « Nous voulons aider à la détection d’un besoin. Il faut que la fondation puisse se retirer ensuite et agir ailleurs. »

Seul acteur des quatre à ne pas être basé au Luxembourg, Akuo Energy est un producteur indépendant d’énergies renouvelables. Séduit par le dynamisme et la taille humaine de la Fondation de Luxembourg, le groupe français a choisi d’y abriter sa fondation, active dans la biodiversité, le changement climatique et l’éducation. Éric Scotto, CEO d’Akuo Energy et membre du comité de gestion d’Akuo Foundation, explique : « Nous avons créé une fondation dans un souci de transparence. C’est un modèle qui rassure et donne confiance à des donateurs potentiels. La Fondation de Luxembourg nous challenge. C’est à la fois un regard extérieur et un garde-fou. Bénéficier de l’appui de quelqu’un dont c’est le métier est plus qu’utile quand on débute. » Née en juin 2011, la fondation Akuo entreprend et soutient des projets de développement durable, sociaux et écologiques répartis dans ses différents lieux d’implantation. « Nous choisissons de soutenir un nombre limité de projets, dans l’idée de développer des partenariats à long terme, basés sur le dialogue et l’échange d’expertises. Nous ne souhaitons surtout pas entretenir une logique d’assistanat, mais agir pour l’autonomisation des populations concernées. » Ainsi, les KPI sont coconstruits avec les porteurs de projet. Les 250 membres du groupe sont tous impliqués de près ou de loin dans la fondation. « Certains choisissent de lever des fonds, d’autres installent des panneaux solaires dans des écoles, d’autres encore mesurent la réalisation des projets sur le terrain. »

FONDATION ATOZ

FONDATION AKUO

DÉVELOPPEMENT SOCIAL ET DUR ABLE

FONDATION MANGROVE

Première fondation d’entreprise à avoir choisi la supervision de l’ombrelle, la Fondation Mangrove, portée par les associés de Mangrove Capital Partners, se bat pour la préservation de la planète. « Nous avions réalisé que nous supportions les uns et les autres différentes causes sociétales et environnementales. Nous partagions le constat qu’il était urgent d’agir, maintenant et pour les générations futures », se remémore David Waroquier, associé du VC luxembourgeois et impliqué dans la gestion de la fondation aux côtés de Michael Rabinowicz et Mark Tluszcz. Dans ses actions menées dans le monde entier, la fondation s’attaque à deux enjeux-clés : la surpopulation et la protection de l’environnement. « Ces problématiques sont étroitement liées. Dans certaines zones du monde, l’activité humaine engendre de la déforestation, une raréfaction de l’eau potable, une surexploitation des ressources... » Les fondateurs appliquent leur regard d’investisseur sur les projets et leurs instigateurs. « Nous appliquons les mêmes techniques que pour choisir des sociétés innovantes. La différence est que le ROI se mesure à l’aune de l’impact sociétal. Un projet réussi crée un effet d’entraînement sur les collectivités locales. Nous veillons à ce que les projets puissent être répliqués et qu’ils soient durables. » Le soutien proposé n’est pas exclusivement financier, mais vise un partage de compétences. « Il est très important pour nous de nouer une collaboration soutenue avec les porteurs de projets. Cela nous amène souvent à nous impliquer personnellement et à aller sur le terrain. »

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ENTREPRISES

poser toutes les informations nécessaires sur place, ce qui est déjà un défi. La plus-value à court terme sera l’échange entre tous les conseillers présents dans nos murs. Nous allons d’ailleurs organiser des sessions de workshops et de formation entre nous pour améliorer le conseil et le service – qui sera gratuit – à nos visiteurs. Comment envisagez-vous le lien avec les incubateurs ? L’incubateur est le service après notre service. L’idée est de dire aux start-up de prendre rendez-vous avec nous et d’analyser ensuite les disponibilités auprès du Technoport par exemple. Nous nous arrêtons là où un incubateur commence, d’où notre volonté de mettre aussi en place des synergies avec ces secteurs.

T O M B A U M E R T, C E O D E L A H O U S E O F E N T R E P R E N E U R S H I P

« L’incubateur est le service après notre service » T H I E R RY R A I Z E R |

MAISON MODERNE

La House of Entrepreneur­ ship accueille les premiers porteurs de projets d’entreprise après son inauguration le 6 octobre.

M

onsieur Baumert, qui êtesvous ? t o m b a u m e r t J’ai 31 ans, je suis Luxembourgeois, détenteur d’un master de la Solvay Brussels School of Economics and Management. Au sortir de mes études, j’ai travaillé pendant deux ans auprès de la BCEE, avant de rejoindre la Chambre de commerce en 2014 pour y intégrer l’Espace entreprises. Je m’occupais particulièrement de transmissions d’entreprises. J’ai été amené à prendre en charge la coordination du déménagement de l’Espace entreprises dans ce qui allait devenir la House of Entrepreneurship. Ce projet est allé au-delà du démé­ nagement… Il y avait des aspects immobiliers, de gestion de flux, d’amélioration de notre service puis nous nous sommes rendu compte qu’il serait préférable pour les porteurs de projets de s’allier à des par072 ­—

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Ce carrefour des organismes chargés de délivrer les autorisations d’activité entend fonctionner comme une start-up.

20

C’est le nombre de personnes employées par la House of Entrepreneurship, fondée sur les bases de l’ancien Espace entreprises de la Chambre de commerce et à laquelle viennent se greffer différents partenaires publics et privés.

«  Notre vision est de délivrer en un jour les autorisations nécessaires  », indique son CEO, Tom Baumert.

tenaires, au premier titre les ministères concernés, d’autant qu’il nous est impossible de répondre à toutes les questions. Cette démarche de regroupement, de « one-stop shop », vise aussi à augmenter la communication entre les parties prenantes pour réaliser, si possible et nécessaire, ce que l’on peut appeler des petits changements, mais qui peuvent faciliter la vie des entrepreneurs. Je pense notamment à la traduction d’un formulaire en anglais… La première fonction de la House of Entrepreneurship est donc de faciliter les échanges. Les contacts existaient bien évidemment, mais ils dépendaient toujours des personnes impliquées pour fonder son entreprise. Notre vision est d’avoir un lieu où l’on peut disposer de toutes les autorisations en un jour. Ceci mettra encore un peu de temps à se réaliser, mais notre premier objectif est de pro-

Comment s’effectuera l’évaluation de vos performances ? Nous nous baserons sur les mesures existantes, dont le nombre de visites que nous pourrons enregistrer. Le ministère de l’Économie va fermer son guichet du boulevard Royal, ce qui devrait nous amener déjà 20 à 30 visites chaque matin. Les candidats entrepreneurs qui se dirigeaient vers la Chambre des métiers peuvent venir aussi, bien qu’elle conserve son guichet en son siège. Sur le plan du fonctionnement, nous voulons agir comme une start-up, avec agilité pour réagir à la demande et se positionner par exemple lors de la sortie d’une nouvelle loi. Nous allons aussi investir prochainement dans un CRM qui nous permettra d’exploiter plus finement les informations relatives à nos clients et à leurs visites. Une « soft landing platform » doit aussi voir le jour prochainement. Quelle sera sa fonction ? L’idée est d’accueillir des clients investisseurs en dehors de l’Union européenne, alors que le « one-stop shop » sera plus orienté vers les demandes locales ou de la Grande Région. L’idée est de prendre par la main les candidats investisseurs et de leur montrer l’offre de valeur du Luxembourg, de leur proposer une première vue sur le pays en répondant à leurs questions. À l’instar de nos actions locales, cela s’effectuera en étroite collaboration avec le ministère de l’Économie, celui-ci s’occupant des aspects techniques et nous des aspects pratiques. EN RÉSUMÉ

Tom Baumert a pris les commandes de la House of Entrepreneurship. Il envisage ce carrefour des demandes d’établissement comme une start-up. Avec un prolongement vers l’international. House of Entrepreneurship 14, rue Erasme, 1468 Luxembourg www.houseofentrepreneurship.lu


74 m

72 m

ascenseur 2.5 m/sec. VITESSE

30 sec. TRAJET

8.500 kg CABINE

7,6 t. MOTEUR DE

L’ASCENSEUR

16 m MUR DE SOUTÈNEMENT

72

TIRANTS PERMANENTS

10 x

PIÉTONS

5x

+

CYCLISTES

« Liaison verticale entre le Pfaffenthal et la Ville-Haute » - travaux exécutés en tant qu’entreprise générale


ENTREPRISES

SAM SA F I LM D ANS LES ANNÉES 9 0 De gauche à droite : Frank Feitler, Paul Kieffer, Paul Thiltges, Jani Thiltges et Claude Waringo. Depuis 1986, Samsa Film démontre la diversité de sa filmographie.

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ENTREPRISES

30 ANS DE FILMS

LONGS MÉTRAGES (EXTRAITS)

SAMSA FILM

30 ans de métamorphoses

F R A N C E C L A R I N VA L

Pionnier de la production cinéma­tographique au Luxembourg, Samsa Film fête ce mois-ci ses 30 ans. L’occasion de revenir sur ses grands moments avec Claude Waringo, un des associés d’origine.

C

omment tout cela a-t-il commencé ? c l a u d e w a r i n g o Au milieu des années 80, on était une bande assez contestataire et engagée autour du Theater GmbH et de la Kulturfabrik, avec l’envie de faire du cinéma notre métier. Samsa était d’abord une asbl, avec Frank Feitler, Paul Kieffer, Paul et Jani Thiltges, Christian Kmiotek et moi. Cela correspond à une génération disons « pré-1995 », avec des gens comme Steve Karier ou Frank Hoffmann, pour qui la culture devait exister, pouvait être un métier. On ne s’est pas posé la question de savoir si on allait pouvoir en vivre – sinon on n’aurait pas essayé. On s’est lancés pour concrétiser un rêve.

aux célébrations du 150e anniversaire de l’indépendance du Luxembourg. Tout ce qui est venu ensuite s’est concentré dans ce film-là. C’est de là aussi que les mécanismes d’aide sont nés, au Luxembourg, mais aussi en Europe. Nous sommes devenus des partenaires de coproduction pour de plus en plus de films. On a par exemple coproduit les premiers films des frères Dardenne (Je pense à vous et La Promesse), ce qui nous a amenés dans des festivals et a forgé des rencontres. De là date aussi le travail avec des sociétés sœurs dans plusieurs pays (Belgique, Portugal, France…). Les projets que l’on mène aujourd’hui, les succès que l’on a pu connaître ont été forgés dans le moule de nos débuts.

Le nom vient du personnage de Gregor Samsa dans La Métamorphose de Kafka. Pourquoi ce nom ? Un des premiers projets était une adaptation de Kafka que voulaient faire Frank Hoffmann et Paul Kieffer. Le film n’a jamais vu le jour. Le nom est resté.

Quelles sont les spécificités de Samsa Film ? Elles découlent de ce que je viens de dire : nous produisons des films européens de qualité tout en veillant toujours à valoriser et encadrer les talents luxembourgeois. Je n’oublie pas que nos racines sont dans les films luxembourgeois, comme Pont Rouge ou Gwyncilla.

Quelles grandes étapes ont marqué votre histoire ? Je crois qu’on peut dire qu’on a produit le vrai premier film professionnel au Luxembourg, avec des moyens – ridicules, certes : Schacko Klak, en 1990. Frank Hoffmann et Paul Kieffer avaient remporté un concours de scénarios doté de 15 millions de francs luxembourgeois (372.000 €, ndlr) d’aide à la production, comme con­tribution cinématographique

Quelle est votre plus grande fierté ? D’être encore là, d’avoir survécu à tout cela en gardant la santé. Il y a eu des moments très difficiles, mais nous avons tenu bon. Dans l’équipe, il y en a qui sont là depuis plus de 20 ans. En outre, ma fierté est d’avoir fait travailler plusieurs centaines de comédiens et techniciens du Luxembourg.

2016 Tout de suite maintenant de Pascal Bonitzer Préjudice d’Antoine Cuypers 2015 Eng Nei Zäit de Christophe Wagner 2014 Wiplala de Tim Oliehoek Melody de Bernard Bellefroid L’Enquête de Vincent Garenq 2013 Avant l’hiver de Philippe Claudel Vijay and I de Sam Garbarski Möbius d’Éric Rochant 2012 Tango libre de Frédéric Fonteyne Doudege Wénkel de Christophe Wagner À perdre la raison de Joachim Lafosse 2011 Fils unique de Miel Van Hoogenbemt Hot Hot Hot de Beryl Koltz Les géants de Bouli Lanners 2010 Quartier lointain de Sam Garbarski La Régate de Bernard Bellefroid 2009 Ne te retourne pas de Marina de Van Diamant 13 de Gilles Béat 2008 Bride Flight de Ben Sombogaart JCVD de Mabrouk El Mechri 2007 Nuits d’Arabie de Paul Kieffer Irina Palm de Sam Garbarski 2006 Comme t’y es belle de Lisa Azuelos 2005 Miss Montigny de Miel Van Hoogenbemt Der Henker de Simon Aeby 2004 Bye Bye Blackbird de Robinson Savary La femme de Gilles de Frédéric Fonteyne Madame Édouard de Nadine Monfils Fado Blues de Luis Galvão Teles

2003 J’ai toujours voulu être une sainte de Geneviève Mersch Le Tango des Rashevski de Sam Garbarski 2002 Le Ventre de Juliette de Martin Provost Un Honnête commerçant de Philippe Blasband Nha Fala de Flora Gomes 2001 Maigret et le fou de SainteClotilde de Claudio Tonetti 2000 Du Poil sous les roses d’Agnès Obadia et Jean-Julien Chervier 1999 Jaime d’AntonioPedro Vasconcelos Une Liaison porno­gra­phique de Frédéric Fonteyne 1998 L’École de la chair de Benoît Jacquot Le Plaisir et ses petits tracas de Nicolas Boukhrief 1997 Max et Bobo de Frédéric Fonteyne 1996 Elles de Luis Galvão Teles La Promesse de Luc et Jean-Pierre Dardenne 1995 Black Dju de Pol Cruchten Edward J. Steichen, documentaire de Claude Waringo 1993 Three Shake-a-Leg Steps to Heaven d’Andy Bausch L’ordre du jour de Michel Khleifi 1992 Les Sept péchés capitaux (collectif) Je pense à vous de Luc et Jean-Pierre Dardenne 1991 Retrato de Família de Luis Galvão Teles 1990 Schacko Klak de Frank Hoffmann et Paul Kieffer 1987 Die Reise das Land de Frank Hoffmann et Paul Kieffer 1986 Gwyncilla, Legend of Dark Ages d’Andy Bausch

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ENTREPRISES

1981

459 7.826

2000

Rester en éveil

ÉVOLUTION DU NOMBRE D’HÔTELS ET DE CHAMBRES 367 8.409

2015

HÔTELLERIE

233 7.601

JEAN - MICHEL LALIEU

Hôtels Chambres

L’hôtellerie luxem­bourgeoise profite de l’attrait de la capitale. La crise a été dure pour certains, mais dans l’ensemble le secteur s’en tire bien. De nouveaux projets posent la question d’une suroffre éventuelle.

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2015 a poussé les congressistes à concentrer les événements de janvier à juin, dopant le chiffre d’affaires. Mais, de manière générale, le secteur se porte bien, estime le représentant des hôteliers. Le taux d’occupation dans le secteur des grands hôtels est d’environ 73 %, un chiffre que beaucoup de pays européens épient avec des yeux envieux. Et si, en août, la baisse enregistrée par rapport à 2015 a été de 3 % – après une hausse de 6,6 % sur le premier semestre –, elle n’a rien à voir avec ce qu’ont connu les pays proches : 13 % de baisse en France sur le même mois, 20,2 % en Belgique et 20,4 % en Suisse. Météo ou crainte des attentats ? « Il faut aussi souligner le travail effectué ces dernières années au niveau du gouvernement et des organismes de promotion du tourisme pour mettre en avant la destination Luxembourg », insiste Carlo Cravat. Un sentiment partagé par Franck Leloup, directeur général de l’hôtel de luxe Le Place d’Armes, ouvert depuis 6 ans sur la place éponyme au cœur de la capitale. « Notre croissance est continue année après année, note-t-il. Et si notre clientèle de base reste composée d’hommes d’affaires, nos chiffres sont désormais intéressants le week-end aussi, preuve que la destination est de plus en plus appréciée par les touristes. » Le secteur n’a donc pas trop à se plaindre. D’autant que, comme l’indique François Koepp, le revenu par chambre continue d’augmenter. Mais, ici comme ailleurs, la mondialisation est en marche et les chaînes internationales s’imposent alors que le tourisme rural ne parvient plus à suivre. « Sur

les dernières années, une centaine de petits établissements ont fermé, soit 1.500 chambres de moins », calcule le secrétaire général de l’Horesca. En 1981, on comptait 459 hôtels pour 233 aujourd’hui. Le nombre de chambres est plus stable : 7.826 en 1981 pour 7.601 en 2015, malgré des pointes au-delà de 8.400 lits au cours de la décennie 2000. Mais, aujourd’hui, sur la ville de Luxembourg, on annonce trois nouveaux projets. Deux au Kirchberg – un près du futur QG d’ArcelorMittal, un autre à proximité de l’hôpital Kirchberg – et un sur le Ban de Gasperich. Danger de suroffre ? « Si ce sont des projets qui font monter la destination au niveau des prix, ça ne pose pas de problème, le vrai risque c’est que ça provoque un phénomène de dumping », analyse Franck Leloup. Mais, selon lui, une fois les travaux terminés, Luxembourg aura tous les atouts pour attirer plus de congrès et de touristes. Pour Carlo Cravat, il faut éviter de donner les clés à des projets de 50 à 100 chambres « qui n’apporteront rien. Ce qu’il nous faut, ce sont des grands hôtels de plus de 200 chambres pour attirer les grands événements. » Et, pour lui, pas de problème s’ils accaparent ces touristes d’affaires. Les hôtels comme le sien seront là pour les touristes individuels qui ne trouveront plus de chambres chez eux. Comme cela s’est passé au cours de la présidence. EN RÉSUMÉ

Le secteur hôtelier a bien digéré la crise, mais doit consentir plus d’efforts aujourd’hui pour attirer le client. De nouveaux projets sont attendus pour la capitale, mais sans véritable appréhension. La destination attire de plus en plus.

S H U T T E R S TO C K

C

arlo Cravat est enfin rassuré. Huit ans après la crise financière qui a fait revenir les prix dix ans en arrière, le patron de l’hôtel qui porte le nom de la famille estime que les choses sont enfin rentrées dans l’ordre. « Le taux d’occupation est de 75 % et les prix moyens sont revenus à des niveaux corrects. L’année 2015 a été très bonne et le premier semestre de 2016 a été dans la même veine. » Établissement familial réputé au cœur de la ville de Luxembourg, l’Hôtel Cravat a pourtant tremblé sur ses bases. En 2010, une première restructuration a fait passer le personnel de 60 à 45 personnes et, en 2014, son responsable a fait le choix difficile de se séparer de l’activité de restauration pour placer toute l’énergie dans l’hôtellerie. « La situation est bonne, nous sommes rentables, mais désormais il faut quand même consacrer deux fois plus de temps à attirer le client pour le même résultat », observe-t-il. En 2015, le secteur de l’hébergement a profité de la présidence européenne, que le pays a assurée de juillet à décembre 2015. Un événement que certains qualifient de « neutre » au niveau de l’activité, mais qui a eu des effets bénéfiques en dehors de la période elle-même. « Sur l’ensemble de la présidence, l’activité n’a augmenté que d’environ 1 %, estime François Koepp, secrétaire général de la fédération Horesca. Mais elle a entraîné une forte activité avant. » C’est d’ailleurs ainsi que le secteur explique la chute de 1,7 % du tourisme d’affaires au cours des six premiers mois de cette année. La présidence dans la deuxième moitié de l’année


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ENTREPRISES

ING SOLIDARIT Y AWARDS

La solidarité associative récompensée F R É D É R I C A N T ZO R N

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Au-delà de la visibilité, ces awards constituent également un coup de pouce financier permettant de mener à bien des projets solidaires.

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usqu’au 8 novembre, les votes en ligne sont possibles pour l’édition 2016 des ING Solidarity Awards. Ce concours destiné au milieu associatif vivra son gala final le 15 novem­bre prochain au Forum Geesseknäppchen à Luxembourg. Ce sera la cinquième édition depuis la création de l’initiative, en 2012, sous l’impulsion de Rik Vandenberghe, CEO d’ING Luxembourg à l’époque. « C’est dans le cadre des très nombreuses demandes d’aide adressées à la banque – notamment par le milieu associatif –, que l’idée d’organiser ce concours est née, explique Stéphanie Deitz-Moulin, en charge de la responsabilité sociétale et de la diversité au sein d’ING Luxembourg. Il était apparu comme nécessaire de mettre au point une stratégie. Car qui étions-nous en effet pour décider d’aider une association plutôt qu’une autre ? » L’idée fut alors de lancer un concours à destination de l’ensemble du secteur associatif, pour permettre à tous ses acteurs – associations ou fondations – de revendiquer une aide financière et de bénéficier de davantage de visibilité. Seuls impératifs : être luxembourgeoise, avoir au minimum un an d’activité, et être reprise au Mémorial. Selon une formule aujourd’hui bien rodée, ce concours s’articule en deux phases. La première, dite de voting, s’adresse à l’ensemble des associations ou fondations qui souhaitent postuler à un chèque de 1.000 euros par simple inscription au concours, directement via le site d’ING Luxembourg. « Sans qu’il y ait de véritable analyse de fond sur leurs activités, c’est la solidarité interne aux postulantes ou celle de leur entourage qui feront qu’elles seront élues ou non, précise Stéphanie Deitz-Moulin. Les 40 premières associations qui sont récompensées le sont donc simplement en fonction de leur aptitude à mobiliser les internautes. » Dans une seconde phase parallèle, les associations ou fondations ont aussi la possibilité de déposer une candidature pour le financement d’un projet particulier. Quatre catégories sont proposées : les associations 100 % bénévoles et celles partiellement bénévoles, soutenant un projet à portée nationale ou internationale.

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PHOTO 130 mm x 180 mm

COUP D E POUCE Lauréate l’an dernier, la Fondation du Tricentenaire a mis à profit son prix pour financer l’achat d’un tricycle spécialement équipé pour les besoins de ses pensionnaires.

L’ensemble des projets déposés est ensuite soumis à un jury composé de sept membres (trois d’ING et quatre extérieurs à la banque). « Cette fois, au-delà de l’association ou de la fondation, c’est son projet qui est récompensé sur base de sa valeur, de son impact, de son originalité ou encore de son mode de réalisation », indique Mme Deitz-Moulin. Le jury, à qui est soumis une moyenne de 80 projets selon les années, doit en désigner huit au total. Pour chaque catégorie, deux sont récompensés, avec des prix de 3.000 et 6.000 euros. Depuis 2012, les ING Solidarity Awards ont ainsi donné de la visibilité et surtout soutenu à raison d’un total de près de 150.000 euros des projets émanant d’une trentaine d’associations ou de fondations. Parmi celles-ci, certaines sont connues du grand public comme la Fondatioun Kriibskrank Kanner ou l’association Luxembourg Alzheimer, quand

d’autres sont plus confidentielles à l’instar de Eng Breck mat Lateinamerika ou de Luxembourg Resuscitation Council. Parmi les lauréats de l’an dernier, la Fondation du Tricentenaire – qui encadre des personnes handicapées et leur familles – en était à sa quatrième participation en autant d’éditions. Elle a vu son projet de financement d’un tricycle spécialement développé pour les personnes en grande dépendance récompensé. « Les 3.000 euros qui nous ont été attribués ont été une aide précieuse, souligne Christiane Ronkar, chef de projet au Tricentenaire. Bien que conventionnés, il ne nous est pas toujours possible de couvrir par nous-mêmes les besoins des familles et des personnes que nous aidons. » EN RÉSUMÉ

Associations et fondations luxembourgeoises seront une nouvelle fois à l’honneur à la mi-novembre à l’occasion de la 5e édition des ING Solidarity Awards. L’occasion d’un coup de projecteur, mais aussi d’un coup de pouce financier souvent bienvenu.

FO N DAT I O N D U T R I C E N T E N A I R E

Pour la 5e fois, associations ou fondations sont mises en lumière au travers de l’initiative de la banque ING.


ENTREPRISES

SMART BUILDING

Microsoft connecte le bien-être

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irant parti de l’IoT et du meilleur de ses propres solutions, l’éditeur Microsoft a entièrement repensé ses locaux de Clausen. Évoluant dès à présent dans un cadre de travail intelligent et connecté, ses 70 collaborateurs devraient voir grimper leur bien-être au travail. Ainsi, grâce à Chorus, une plateforme conçue par son partenaire vyzVoice qui collecte toute sorte de données via des capteurs, de la qualité de l’air à l’éclairage en passant par les émissions sonores et la température, l’environnement du bâtiment se veut plus agréable et sain. Ces données agrégées sont disponibles pour les employés en temps réel afin qu’ils puissent observer l’impact de leur comportement, les encourageant de la sorte à adopter des habitudes durables. En démarrant ce qui constitue une première phase vers un immeuble « 4.0 », Microsoft espère bien inspirer d’autres entreprises et les aider à avancer dans leur transformation numérique.

MICROSOF T LUXEMBOURG

F LO R E N C E T H I BAU T

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Conférences

Stands

Evénements

Service clé en main et organisation

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ENTREPRISES

MIREILLE ET ROLAND MEYERS

Au nom du père JEAN - MICHEL LALIEU |

MIKE ZENARI

Dans la famille Meyers, on lave les bureaux sales en famille. Mais pas seulement. Enfants d’Édouard, Mireille et Roland Meyers dirigent Nettoservice, un des plus gros employeurs du pays. Alors que la troisième génération fait ses premiers pas, l’ambition reste de préserver le caractère familial.

I

ls sont frère et sœur et gèrent depuis 30 ans le patrimoine familial. Un héritage fait de brosses, de shampouineuses, de nacelles pour nettoyer les vitres et, surtout, d’une armée de salariés qui se met en branle quand les autres travailleurs sont au repos : tôt le matin et tard le soir. Mireille et Roland Meyers sont les enfants d’Édouard Meyers, le fondateur du plus grand groupe luxembourgeois de nettoyage, Nettoservice. Ils ont grandi avec l’entreprise, de même que celle-ci s’est étendue avec la prise en importance de la place financière. « Nettoservice a commencé ses activités en 1974 au moment où l’activité bancaire s’est développée dans le pays, nous avons donc grandi avec nos clients », observent-ils. Mais les débuts ne sont pas là. Or, il faut y revenir pour bien comprendre la place de chacun. Parce qu’il ne faudra pas oublier Fernand, le frère aîné, qui travaille plus ou moins en solo. Partis de rien, Édouard et Fernande Meyers rachètent un magasin en 1964 et décident de se lancer dans la vente de machines et produits de nettoyage. Meyers & Cie est née ainsi. « À force de faire des démonstrations dans des entreprises, des clients ont fini par demander à notre père s’il ne pouvait pas assurer le nettoyage lui-même », explique Roland. Un nouveau déclic : en 1974 naît ainsi la société Nettoservice qui se consacre au nettoyage de bureaux, supermarchés, bâtiments publics. Mais sa première spécialité, alors que le Luxembourg financier émergeait, a été dans le nettoyage initial des bâtiments après les travaux de construction. Ce qui n’a pas manqué à l’époque. Dans les années 1970, se lancer dans la sous-traitance reste un pari. De nom082 ­—

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breuses entreprises ont encore leur propre personnel d’entretien. Mais la tendance va vers l’externalisation et l’activité s’étend. En 1983, Mireille et Roland intègrent l’entreprise dans laquelle ils ont l’impression d’avoir toujours vécu. Elle a 19 ans, lui trois de moins. « J’étais prête à me lancer dans des études, mais nous avions besoin de quelqu’un pour assurer la comptabilité. Et comme j’envisageais de toute manière de rejoindre l’entreprise familiale, j’ai plongé », raconte l’unique fille d’Édouard. La formation se fait donc sur le tas ainsi que par le biais de cours du soir. Pour Roland, la mise au bain est aussi directe. Après une longue formation en tant que magasinier-vendeur chez Meyers, il rejoint les équipes de nettoyage pour peaufiner un apprentissage de plusieurs années. Ensuite, il obtient des responsabilités opérationnelles, notamment le contact avec la clientèle.

Passage de témoin

Mais revenons brièvement à l’histoire de la société. En 1990, Édouard Meyers est à nouveau face à un client qui, cette fois, veut une solution pour la destruction de ses documents papier confidentiels. La famille relève le nouveau défi et crée Netto-recycling, aujourd’hui spécialisée dans la destruction de documents sous toutes formes (papier, disquettes, cassettes, etc.). En contact étroit avec les acteurs financiers, elle obtient d’ailleurs, en 2006, un statut de prestataire de services financiers (PSF). C’est la dernière grande création du patriarche. Cinq ans plus tard, il cède les commandes et se concentre sur les travaux entamés à Senningerberg pour réunir les différentes entités. Aujourd’hui, 20 ans plus tard, le duo Mireille-Roland

CH A R TE FA MILIA LE

PARCOURS DU COMBATTANT

Dans la famille Meyers, les enfants du fondateur sont allés au charbon pour apprendre le métier et maîtriser les rouages de l’entreprise. Pas question donc de voir leurs propres enfants rejoindre le groupe sans réelles ambitions ni sans bagage. Une charte familiale a donc été instaurée. S’il entre dans l’entreprise, un membre de la famille doit disposer d’un diplôme ou d’un solide apprentissage dans les métiers pratiqués. Il devra aussi accepter d’être formé à prendre sa place dans un poste à responsabilités. Mais avant cela, il devra faire lui-même l’apprentissage des métiers du nettoyage. Il suivra donc un parcours du combattant dans les fonctions de base « afin de savoir de quoi il parle quand il devra prendre des décisions », justifient Mireille et Roland. « Aujourd’hui, je reste capable de montrer à mes employés comment on lave des vitres, assure Roland Meyers. Et face à un client, je suis capable de juger assez rapidement de l’ampleur de la tâche et du matériel qui devra être utilisé. »

est parfaitement rôdé. « Nous nous voyons tous les jours et ça n’a jamais posé de problème », insiste Mireille. Ils organisent aussi une importante réunion de famille une fois par mois où les rejoint Fernand, qui gère de son côté Meyers, la société historique. « Nous y débattons de tout ce qui concerne les trois entreprises », confirment-ils. Tous trois ont le statut de gérant et sous leur responsabilité une large équipe qui compte désormais 1.400 personnes, avec la particularité que chez Nettoservice, neuf employés sur dix sont des femmes.

La famille, la priorité

Entre Muriel et Roland, le partage des tâches est parfaitement défini. Le volet administration (comptabilité, ressources humaines) des trois sociétés pour la sœur, l’opérationnel de Nettoservice et Netto-recycling pour le plus jeune frère. Et s’il y a bien une chose sur laquelle ils sont très clairs, c’est sur leur volonté de préserver le caractère purement familial de l’entreprise. « À la mort de notre père, en 2000, on nous a souvent posé la question de savoir ce que nous allions faire de l’entreprise. Pour nous, c’était évident et nous avons rapidement informé notre personnel de notre souhait de maintenir le contrôle familial. » Même si ce n’est pas toujours aisé dans un secteur monopolisé par de grands groupes internationaux. « C’est vrai que de notre côté, nous ne pouvons jamais réclamer du soutien à une maison mère située dans une grande capitale, argumente Roland Meyers. Mais ça nous offre aussi une plus grande flexibilité. » Dans le même ordre d’idées, ils se fixent aussi des limites quant au développement de Nettoservice. Ils veulent rester personnellement joignables pour leurs clients, garder un contact direct.


ENTREPRISES

F R ÈR E ET SŒU R Roland (47 ans) et Mireille Meyers (51 ans) travaillent ensemble, depuis plus de 30 ans, dans l’entreprise familiale.

Et puis, comment ne pas garder l’esprit familial alors que la troisième génération vient de faire son entrée dans l’entreprise ? Depuis un an, les deux enfants de Mireille ont fait leurs premiers pas chez Nettoservice. Steve, 26 ans, est actif dans le département administratif, tandis que Chris, 23 ans, fait son apprentissage dans l’opérationnel. « Il travaille à mes côtés », précise Roland. Quant à sa fille à lui, elle n’a que 10 ans. « Le samedi, elle aime bien m’accompagner, s’intéresse aux machines, aux véhicules, pour elle c’est un grand terrain de jeu », sourit-il. C’est qu’il y a des choses à découvrir, l’air de rien, dans la société. Des shampouineuses aux tracteurs de déneigement, l’entreprise a toujours développé ses activités en tentant de répondre aux besoins de ses clients. Au niveau des valeurs, Mireille et Roland Meyers ont toujours accordé beaucoup d’importance au respect de l’environnement. Un enjeu important dans une firme qui utilise quotidiennement de grands volumes de produits d’entretien et a besoin de nombreux véhicules. Aujourd’hui, Nettoservice répond aux normes environnementales ISO 14001 et ses responsables en sont fiers : « Depuis 10 ans, nous ne travaillons qu’avec des produits Écolabel et nous recherchons, autant que possible, les véhicules qui émettent le moins de CO2. » Un exemple pour une société qui fait figure de leader national dans son secteur et compte parmi les plus grands employeurs du pays. EN RÉSUMÉ

Mireille et Roland Meyers gèrent en duo l’activité de Nettoservice, la plus grande société de nettoyage au Luxembourg. Ils y sont rentrés très jeunes et ont appris le métier sur le terrain. Depuis, il ont aussi fortement diversifié l’entreprise.

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BRÈVES

À 20 ANS, EFA VOIT PLUS GRAND Thomas Seale (CEO) et Rafik Fischer (président du conseil d’administration) ont fêté les 20 ans de la European Fund Administration le 6 octobre. Loin d’être un acteur économique mineur au Luxembourg, avec 528 employés de 17 nationalités différentes et plus de 123 milliards d’euros d’actifs sous gestion répartis sur plus de 2.400 portefeuilles de 200 clients, EFA se déclare plus que jamais tournée vers l’avenir. Sa stratégie s’appuie sur quatre principaux piliers, au premier rang desquels figure le développement international. En ligne de mire : des projets en Suède, en Allemagne, en Belgique et en Andorre. (Voir aussi en p. 105)

« SI LE RÉGIME DU GAP VENAIT À TOMBER, TOUS LES GROUPES BANCAIRES ET D’ASSURANCE QUI ONT FAIT UN USAGE IMPORTANT DU RÉGIME DEVRONT RÉVISER LEURS STRUCTURES ET POTENTIELLEMENT LES DÉMANTELER. »

E FA

Erwan Loquet, tax partner chez BDO Luxembourg L’avocat général de la Cour de justice de l’Union européenne, Juliane Kokott, a rendu le 6 octobre ses conclusions dans l’affaire C-274/15 qui oppose la Commission européenne au gouvernement luxembourgeois. Au cœur du litige entre les deux parties : les modalités de traitement de la TVA au sein des groupements autonomes de personnes (Gap). Le règlement grand-ducal et la circulaire ad hoc qui précisent les exonérations de TVA possibles au sein et via un Gap font dire à la Commission « qu’il y a violation du droit de l’UE de la part des dispositions luxembourgeoises ». Affaire à suivre.

PLACE FINANCIÈRE

LES ADMINISTRATEURS SOUMIS À L A T VA L’Administration de l’enregistrement et des domaines (AED) a émis une circulaire le 30 septembre portant sur l’activité d’administrateur de sociétés. Il y est précisé que cette activité, consistant en la fourniture de services, confère la qualité d’assujetti à la TVA. La date d’entrée en vigueur de la mesure est fixée au 1er janvier 2017. Les administrateurs de sociétés seront donc assujettis au taux normal applicable de 17 %. Une mesure face à laquelle l’Institut luxem­bourgeois des administrateurs n’a pas caché son incompréhension. Novembre 2016 —

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PLACE FINANCIÈRE

BRÈVES

BRÈVES

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TRIPLE A CHEZ S&P

L’agence de notation Standard & Poor’s a réitéré sa note triple A en faveur du Luxembourg, anticipant une croissance supérieure à la moyenne de la zone euro. Le Luxembourg continue donc de bénéficier de la plus haute notation auprès des trois agences principales. Parmi les risques pointés par S&P, pointons l’évolution de la fiscalité au niveau international, et surtout le financement à long terme des retraites.

« La mobilité intelligente, une évolution qui aura une grande influence sur le business. » Marc Hengen, administrateur délégué de l’Association des compagnies d’assurances et de réassurances Le gouvernement entend faire du pays « un lieu idéal pour tester les véhicules autonomes » et multiplie les déclarations dans ce sens. Derrière cette approche se cache également la volonté de créer un nouveau modèle d’assurances de portée mondiale. La gestion assistée des véhicules interpelle en effet les assureurs : la baisse attendue du nombre d’accidents devra les pousser à modifier leurs modèles d’assurances.

UN L ABEL CHANGEMENT CLIMATIQUE LuxFlag, l’agence chargée de décerner des labels aux fonds d’investissement, a développé un nouveau label « financement climatique » destiné à certifier les fonds qui investissent dans des activités qui ont un impact positif dans la lutte contre le réchauffement. Quatre gestionnaires de fonds ont déjà rentré un dossier pour l’obtenir. Il s’agit en fait d’un quatrième outil de labellisation pour LuxFlag. Ses trois premiers labels concernent la microfinance, l’environnement et la responsabilité sociétale (ESG) (lire aussi en pages 88-90).

En juillet dernier, le taux fixe pour les crédits immobiliers est, pour la première fois, passé sous le taux variable. À 1,64 %, soit deux points de base de moins qu’un mois plus tôt, il glisse sous le taux variable de 1,67 %. Il s’agit clairement d’une conséquence de la politique des taux bas décidée par la Banque centrale européenne.

LE BARREAU S’INSURGE CONTRE L’ACD Le Barreau, représenté par Me François Prum, a vivement réagi face aux tentatives répétées de l’Administration des contributions directes de récupérer des informations dans les cabinets d’avocats luxembourgeois sur la base des Panama Papers. En avril dernier, l’ACD était partie à la pêche aux informations en ciblant les avocats identifiés comme ayant domicilié des sociétés panaméennes. L’ACD requérait de ces avocats les noms des sociétés concernées, ceux de leurs bénéficiaires économiques et des personnes habilitées à effectuer des transactions pour le compte de ces sociétés. (Lire aussi notre « Bavardages » en p. 142)

DSK REFUSE DE RÉGLER LES IMPÔTS DE LSK Dominique Strauss-Kahn conteste la réclamation par l’Administration des contributions directes des arriérés d’impôts de LSK. Une affaire qui remonte à 2014, lorsque l’ACD avait exigé des arriérés d’impôts aux administrateurs et ex-administrateurs, deux semaines après la faillite. Pour Me Lutgen, le défenseur de DSK, celui-ci ne peut être tenu responsable des arriérés d’impôts sur le revenu accumulé par la société. « M. Strauss-Kahn n’a jamais été directeur effectif ou exercé de rôle de direction effective », souligne-t-il.

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1,64 %

A X A WEALTH EUROPE Le groupe français Axa a choisi le Luxembourg pour baser sa nouvelle société, Axa Wealth Europe. Pour l’assureur, cette entité offrira une réponse en libre prestation de services pour une clientèle internationale fortunée, de plus en plus mobile et qui recherche des produits d’épargne sur mesure et des solutions de gestion patrimoniale. La nouvelle entité est basée dans les bureaux d’Axa Luxembourg et profitera des synergies possibles avec les équipes déjà présentes.

KPMG Luxembourg a reconfiguré sa direction et son comité exécutif au début du mois d’octobre. Georges Bock est remplacé au poste de managing partner, qu’il a exercé pendant 4 ans, par Philippe Meyer. Il n’occupe désorplus « que » le rôle de head of tax. Pascal Denis, head of advisory, Emmanuel Dollé, head of audit, et Fabrice Leonardi, COO, complètent le comité exécutif. (Voir aussi en p. 112)

KPMG LUXEMBOURG

KPMG CHANGE DE TÊTE


BRÈVES

UNE BOURSE VERTE La Bourse de Luxembourg a lancé, le 27 septembre, le Luxembourg Green Exchange (LGX), une bourse entièrement dédiée aux investissements destinés à lutter contre le réchauffement climatique. Une première mondiale, initiée dans le cadre du combat contre le réchauffement climatique. Les obligations vertes déjà émises y seront automatiquement transférées. Pour les nouvelles émissions, il faudra respecter des critères stricts. (Lire aussi en pages 88-90)

« Nous nous réjouissons d’accueillir les clients et les employés de The Roberts Partnership au sein de notre groupe paneuropéen. » Yves Stein, group CEO KBL epb La banque privée luxembourgeoise KBL epb a annoncé, le 12 octobre, sa quatrième acquisition en deux ans. Sa filiale britannique Brown Shipley a signé un accord avec la société de gestion The Roberts Partnership qui vaut 500 millions d’actifs.

M A R I O N D E S SA R D (A R C H I V E S) , B L I T Z (A R C H I V E S)

ING LUXEMBOURG ÉPARGNÉE L’annonce, le 3 octobre, d’un vaste plan de restructuration chez ING Belgique (3.500 équivalents temps plein appelés à disparaître d’ici 2021) n’aura aucun impact au Luxembourg, s’est empressée de confirmer la direction menée par Colette Dierick, ici aux côtés de Rik Vandenberghe, ancien CEO d’ING Luxembourg et désormais CEO d’ING Belgique. Ce dernier a la lourde tâche de mener désormais ce vaste plan, par lequel la banque affirme vouloir assainir ses structures et se renforcer pour l’avenir. En Belgique, c’est surtout le nombre d’agences qui est visé. ENGIE VISÉ AU LUXEMBOURG La Commission européenne a annoncé, le 19 septembre, l’ouverture d’une investigation sur « le traitement fiscal » accordé par les autorités luxembourgeoises au groupe énergétique français GDF Suez, rebaptisé depuis Engie. Cette enquête approfondie concerne deux transactions financières réalisées par différentes sociétés du groupe GDF Suez, en 2009 et 2011, et qui auraient bénéficié de « décisions fiscales anticipatives » de la part des autorités luxembourgeoises qui lui auraient permis d’éluder l’impôt. Pour la directrice générale d’Engie, Isabelle Kocher, « c’est à l’État du Luxembourg que la Commission européenne demande des comptes ».

7 La Shangai Pudong Development Bank a manifesté officiellement son intention d’installer un quartier général européen au Luxembourg au cours d’un conseil d’administration. Aucune précision n’a été donnée quant à son calendrier, mais elle pourrait bien devenir la septième banque chinoise à faire le choix de Luxembourg comme tête de pont vers l’Europe. (Lire aussi en page 94)

AMBROISIEN, FUSIBLE DU SCANDALE 1MDB ? L’ancien dirigeant de la filiale luxembourgeoise de la banque Edmond de Rothschild s’est exprimé mi-septembre dans le cadre de son implication dans l’enquête de corruption présumée liée au fonds souverain malaisien 1MDB. Marc Ambroisien nie toute responsabilité dans cette affaire. Dans les colonnes du Wort, il a déclaré se considérer « être un bouc émissaire, voire un fusible » et « rejette toutes les accusations qui sont portées contre [lui] ».

PLACE FINANCIÈRE

L’APRÈS-BREXIT A DÉMARRÉ Selon le Financial Times, M & G, la branche de l’assureur anglais Prudential dédiée à la gestion d’actifs, songe concrètement à établir une structure au Luxem­bourg. Cette réflexion intervient dans le contexte du Brexit et de la crainte des acteurs de la finance de perdre le passeport pour accéder au marché européen. M & G effectuerait les démarches nécessaires auprès du régulateur luxembourgeois, la Commission de surveillance du secteur financier (CSSF), pour ouvrir une nouvelle gamme de fonds à Luxembourg.

L A PL ACE PRIMÉE À LONDRES La Place luxembourgeoise, et en particulier l’industrie des fonds d’investissement, a été récompensée pour son management de fonds lors d’une cérémonie organisée par le magazine Investment Week au cœur de Londres. Dans le cadre des Fund Services Awards 2016, la Place a reçu le prix de « Best centre for fund administration ».

BIP DISPARAÎT DES RADARS La société d’investissement BIP est sur le point de tirer définitivement sa révérence, trois ans après s’être déjà en partie effacée en se retirant de la cotation en Bourse de Luxembourg. Une disparition liée à l’étroitesse du marché financier « local ». Elle laissera la place à un nouveau fonds dans le giron de Goldman Sachs. Créée en 2000 au sein de la Banque générale du Luxembourg, BIP avait l’ambition de dynamiser l’entrepreneuriat au Luxem­ bourg et dans la Grande Région. Mais l’éventail des sociétés « nationales » ne s’est guère élargi, rendant utopique un déploiement aussi large que celui voulu initialement.

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PLACE FINANCIÈRE

FINANCEMENT CLIMATIQUE

Luxembourg, Place verte JEAN - MICHEL LALIEU

Le Luxembourg veut se battre avec ses moyens contre le réchauffement climatique. La place financière aura donc un rôle important à jouer pour financer les besoins mondiaux en technologies vertes. Coup sur coup, Luxflag et le Luxembourg Stock Exchange ont lancé leur propre solution pour convaincre les investisseurs.

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Le 23 septembre dernier, Luxflag, l’agence chargée de décerner des labels aux fonds d’investissement, a lancé son nouveau label « climate change ». Une certification qui pourra être décernée, après une enquête approfondie, aux fonds dont 75 % au moins des investissements concernent des activités destinées à atténuer ou à s’adapter au changement climatique. « Ce label est un grand pas par rapport à la volonté du pays de s’impliquer vis-à-vis des objectifs définis lors de la COP21 de Paris », commentait alors Annemarie Arens, directrice générale de Luxflag.

Donner des garanties

L’objectif de ce label est de rassurer les investisseurs quant à la destination de leur investissement. On ne parle pas ici d’une touche verte cosmétique, mais bien d’un processus de fond qui devra se mériter. Un outil qui devrait convaincre l’industrie concernée : Denise Voss, la présidente de l’Alfi, insiste en effet régulièrement sur l’opportunité que représentent les besoins de financement du changement climatique pour le secteur. « C’est un processus extrêmement sérieux, nous avons avant toute chose dû répondre à un questionnaire de 100 pages par rapport au fonds que nous souhaitons certifier », explique Olivier Rouget, founding partner de Nevastar Finance. Avec trois autres sociétés, elle fait partie des pionniers qui revendiquent déjà l’obtention du nouveau label. « En 2007, nous étions un des tout premiers au monde à avoir fait le pari de la finance climatique avec ce fonds, pointe le responsable de

LICENCE CC

P

as moins de 1.000 milliards de dollars. C’est, selon l’Agence internationale de l’énergie, la somme qu’il faudra investir chaque année dans les technologies bas carbone pour espérer limiter le réchauffement de la planète à 2 °C d’ici 2050. Des investissements gigantesques, donc, qui devront peutêtre encore être revus à la hausse. La conférence de Paris sur le climat a en effet abouti pour la première fois à un accord contraignant, en décembre 2015, et s’est montrée encore plus ambitieuse en parlant d’efforts à réaliser pour ne pas dépasser une hausse de 1,5 °C. Des montants de cette taille devront pouvoir être répartis entre les États et les entreprises privées. Pour ces dernières, ces défis représentent d’ailleurs une réelle opportunité de développer de nouveaux secteurs d’activité à l’avenir prometteur. Encore faut-il pouvoir les aider à réunir les fonds pour lancer ces nouveaux développements, qui feront appel, bien souvent, à des technologies inédites. C’est là que le Luxembourg peut avoir un rôle important à jouer, en créant des voies pour faire transiter plus facilement l’argent des investisseurs vers les concepteurs de projet. « Nous voulons faire de Luxembourg une place financière verte », a ainsi répété à plusieurs reprises, en septembre, le ministre des Finances, Pierre Gramegna. Plusieurs outils viennent d’ailleurs d’être mis en place tout récemment, au niveau de la Bourse de Luxembourg et de l’industrie des fonds d’investissement, pour concrétiser cette ambition.


PLACE FINANCIÈRE

GR OS B UD GET Les investissements pour réduire les émissions de gaz à effet de serre seront colossaux.

Nevastar. Nous n’avons d’ailleurs guère dû faire d’adaptations pour lui permettre de rentrer dans les critères de Luxflag. » Dans un premier temps, il juge que ce rôle d’avant-gardiste permettra d’utiliser ce label comme un outil marketing pour se différencier des fonds classiques. Mais il sait que ça ne durera pas et que, un jour, c’est ne pas pouvoir faire valoir ce genre de label qui sera négativement discriminant. « Après la phase scientifique, le secteur climatique entre clairement dans la phase du financement, insiste Olivier Rouget. Et on voit que les investisseurs montrent un intérêt toujours croissant. » Ce label, en rassurant les investisseurs, devrait donc donner de nouveaux moyens aux sociétés qui cherchent des solutions dans les énergies renouvelables, l’efficience énergétique, voire des technologies que personne n’imagine encore actuellement. Au cours de l’automne, probablement dans le contexte de la COP22 de Marrakech, entre le 7 et le 18 novembre, la Banque européenne d’investissement et le gouvernement luxembourgeois devraient annoncer la mise en place d’une « plateforme commune sur la finance climatique ». Peu de détails ont filtré sur cette initiative. Son objectif serait de financer des projets innovants, à fort impact dans la lutte contre le réchauffement, en y associant des partenaires privés. Basée à Luxembourg, la BEI a d’ailleurs joué un rôle important pour faire du pays un acteur important de la finance verte. En juin 2007, c’est déjà elle qui a lancé la première obligation verte – au monde ! – au départ de la

LUXFL AG CLIMATE FINANCE

UN LABEL EXIGEANT Après avoir lancé un label pour la microfinance, un pour l’environnement et un pour les investissements responsables, Luxflag lance donc son quatrième outil de certification pour distinguer les fonds qui promettent d’investir en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique. Pour y avoir accès, ils devront prouver que 75 % minimum de leur portefeuille d’investissement est bien composé d’actifs orientés sur la lutte climatique. Mais, même pour les 25 autres pour cent, il existe aussi des critères d’exclusion. Pas question, par exemple, de prendre des actions de sociétés pétrolières qui ne seraient pas convaincues des preuves scientifiques de réchauffement. Le candidat devra aussi décrire précisément ses objectifs, mettre en place un système de mesure et publier un reporting détaillé sur une base annuelle. Le gestionnaire doit enfin prouver une approche éthique selon les critères ESG (environnement – social – gouvernance) et viser un retour sur investissement. Son dossier passera entre les mains d’un comité d’éligibilité indépendant.

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PLACE FINANCIÈRE

N OM BRE D E S O BL IG AT IO N S VERT ES C O T É E S A U LU X EM B O U R G S TO C K EXC H A N GE Total : 45 milliards de dollars (septembre 2016)

M ONTANTS ÉM I S AU NI VEAU M OND I AL D ANS D ES OB LI GATI ONS VER TES (EN M I LLI AR D S USD ) * Calcul arrêté début octobre

54,4 *

50

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42,2

18

40 37

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27 30

114 20

33

2013

11

2012

6

2010

15

11 10 LUXEMBOURG GREEN EXCHANGE

3,9

Bourse de Luxembourg. Ces green bonds, dédiés aux investissements en faveur de l’environnement, se sont depuis popularisés, mais l’institution boursière grand-ducale reste toujours solidement leader en la matière avec un chiffre de 114 obligations vertes émises actuellement pour un total de 45 milliards de dollars.

Une première mondiale

Mettant à profit son rôle de défricheur, le Luxembourg Stock Exchange a pris de court les acteurs de la finance internationale, en lançant, le 27 septembre dernier, le Luxembourg Green Exchange (LGX). De quoi s’agit-il ? De la première bourse verte au monde. Une plateforme sur laquelle ne seront admis que les projets 100 % verts. « La COP21 a changé beaucoup de choses au niveau de la sensibilisation des États, observe Robert Scharfe, le CEO de la Bourse de Luxembourg. Dans sa préparation et à la suite des résultats obtenus. » Il observe ainsi que c’est surtout au cours des deux dernières années que 090 ­—

— Novembre 2016

0,806

0,414

0,909

2007

2008

2009

DES PREUVES À FOURNIR

3,1 1,2

2010

2011

les green bonds se sont multipliés au niveau international. D’après les statistiques du Climate Bonds Initiative, le total collecté à travers cet outil a véritablement décollé en 2014. L’an dernier, il a battu un nouveau record à 42 milliards de dollars, déjà effacé cette année avec un total atteint début octobre de 54,4 milliards. Et ce n’est sans doute pas fini. Toujours selon le Climate Bonds Initiative, la récolte en 2016 devrait dépasser 100 milliards de dollars. On reste évidemment loin des besoins recensés. Actuellement, si on regarde au niveau de la bourse grand-ducale, on constate que ce sont surtout les banques nationales ou internationales de développement qui restent les principaux émetteurs. « Il faut désormais convaincre les émetteurs privés (banques et entreprises) de l’intérêt de ces outils verts de financement », insiste Julie Becker, membre du comité exécutif de la Bourse de Luxembourg. Aujourd’hui, ils se montrent encore peureux, craignant que les exigences environnementales leur créent des coûts supplémentaires.

2012

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Quant aux investisseurs, ils craignent à la fois que les investissements verts soient moins rentables et, surtout, qu’ils ne soient verts qu’en façade. C’est un des objectifs du Luxembourg Green Exchange, les rassurer sur la qualité des papiers émis à travers des exigences de reportings très contraignants. « Nous avons érigé les meilleures pratiques du marché en critères obligatoires », précise Julie Becker, qui insiste sur la transparence dont bénéficie désormais l’investisseur. C’était une étape nécessaire pour un développement plus rapide de la finance verte, qui séduit, mais doit encore convaincre. La place financière grand-ducale vient en tout cas de poser de solides pierres pour consolider l’édifice. EN RÉSUMÉ

La lutte en faveur du climat nécessite des moyens colossaux, notamment pour permettre aux entreprises privées de développer des technologies innovantes. À travers Luxflag et le Luxembourg Stock Exchange, la place financière grand-ducale vient de lancer deux outils qui devraient s’avérer très efficaces.

La nouvelle plateforme dédiée aux investissements verts lancée par la Bourse de Luxembourg a pour premier objectif de rassurer les investisseurs quant au côté réellement environnemental de leurs placements. Elle a donc placé la barre très haut au niveau des critères d’éligibilité. Premièrement, il est exigé d’eux que les fonds soient exclusivement utilisés pour le financement ou le refinancement de projets 100 % verts. L’émetteur devra aussi fournir une analyse préalable à l’émission réalisée par un tiers indépendant ainsi que des rapports « ex-post », sur base annuelle, à partir de la cotation pour détailler l’utilisation des moyens obtenus. Des critères d’exclusion pour les projets ont aussi été fixés. Ils ne peuvent pas concerner l’énergie nucléaire, les énergies fossiles, le charbon propre, avoir recours à des tests sur les animaux ni mettre en danger les espèces menacées.

S O U R C E S  : L U X E M B O U R G S TO C K E XC H A N G E | C L I M AT E B O N D S I N I T IAT I V E

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PLACE FINANCIÈRE

FA M I LY O F F I C E

La banquière change de carrière JEAN - MICHEL LALIEU |

M A R I O N D E S SA R D

Venetia Lean a quitté la Banque Havilland pour créer son propre family office.

V

enetia Lean a de nouveaux projets. L’ex-COO de Banque Havilland a choisi de voler de ses propres ailes pour créer le multi-family office Fordham, déménageant du même coup ses bureaux de la banque vers l’immeuble voisin. Un choix qu’elle explique par le besoin de « voir plus large que le travail effectué dans une institution bancaire ». À à peine 45 ans, elle repart donc à zéro. Enfin, pas tout à fait. « Dans la mesure où je viens moi-même d’une grande famille fortunée, je connais assez bien les problèmes auxquels elles peuvent être confrontées de nos jours », expliquet-elle, confortablement installée dans ses nouveaux locaux de l’avenue Kennedy, au Kirchberg. Venetia Lean est au Luxembourg depuis 2009. Elle y est venue lorsque son père, David Rowland, un homme d’affaires britannique bien connu, a fait le pari de développer une banque

Fordham veut pouvoir aider les familles fortunées de la manière la plus large possible.

RACINES

FORDHAM A DÉJÀ UNE HISTOIRE Pour lancer sa nouvelle activité, Venetia Lean n’a pas choisi le nom de Fordham par hasard. En fait, c’était déjà celui choisi par son père, David Rowland, pour la société qui lui a fait connaître ses premiers succès au début des années 1970. Un nom qui tirait ses racines dans sa famille. « Je voulais une marque en rapport avec la famille, précise-t-elle. J’espère qu’elle me portera chance, comme elle l’a fait pour mon père. » Mais, ajoute-t-elle, cela rappelle aussi que Fordham est un business qui tourne autour des familles et qui entend les aider à gérer et protéger tout ce qui leur importe.

Les familles dispersées à l’international sont sa cible privilégiée.

privée lors de la déconfiture de l’islandaise Kaupthing. En plein cœur de la crise financière, la filiale luxembourgeoise fut scindée en deux : une banque privée et une « bad bank ». Nommée chief operating officer de la nouvelle Banque Havilland, Venetia Lean a pris ses quartiers au Grand­Duché et ne les a plus quittés depuis. « C’était un projet d’envergure de restructurer la banque et de la remettre sur de bons rails. Avec les autres membres de ma famille, nous avons travaillé très dur au cours des cinq premières années pour amener la banque là où nous voulions la voir », explique-t-elle. Il y a deux ans, ce premier objectif atteint, elle a voulu prendre du recul et laisser la place à des professionnels du secteur. Elle a alors pris ses fonctions au sein du conseil d’administration. L’idée de créer un multi-family office, Venetia Lean l’a peaufinée au cours de l’année 2015. « C’était à la fois le bon NOUVEAU D ÉF I Venetia Lean connaît bien les enjeux des familles fortunées éparpillées aux quatre coins de la planète.

moment pour moi de me lancer dans un autre projet, mais aussi le bon moment pour développer une structure de ce type à Luxembourg. » Une activité qu’elle envisage de la manière la plus large possible. « Un family office, c’est un coordinateur d’activités pour les familles internationales fortunées », résume-telle. Une responsabilité qui peut couvrir tous les aspects professionnels et privés : gestion globale du patrimoine familial, planification successorale, acquisition et gestion de biens familiaux (biens immobiliers, œuvres d’art, etc.), mais aussi relocalisation dans un autre pays, inscription des enfants dans des établissements scolaires, réservation de voyages, etc. Mais selon la businesswoman anglaise, l’activité de multi-family office telle que l’envisage Fordham est assez neuve au Luxembourg, voire en Europe. « Par le passé, on a souvent entendu des asset managers déclarer qu’ils offraient des services de family office, mais leur envergure était beaucoup moins large. » Et ils étaient parfois moins indépendants, ajoute Venetia Lean, insistant sur le fait qu’elle est l’unique actionnaire de Fordham et qu’elle est entièrement indépendante de la Banque Havilland. « C’est important pour moi, nous devons pouvoir travailler avec toutes les banques de la place financière. » Si elle a jugé le moment opportun pour lancer une activité de ce type, c’est parce qu’aujourd’hui les familles fortunées sont éparpillées aux quatre coins de la planète. « Ces grandes familles internationales sont notre cœur de cible. » Quant au Luxembourg, « il offre un florilège de talents au niveau des enjeux internationaux et bénéficie d’une excellente réputation comme place financière », note encore la directrice générale. Fordham emploie pour l’heure trois personnes. Mais met en place un réseau international de compétences. « Nous ne devrons pas être spécialement nombreux au siège, observe sa fondatrice. Notre volonté, c’est de faire du ‘cousu main’, et donc de faire appel aux meilleurs experts selon les cas qui se présentent. » Un métier basé sur du relationnel qui l’éloigne enfin des impératifs de régulation qui pèsent sur les banques. EN RÉSUMÉ

Après avoir porté le projet de la Banque Havilland depuis 2009, Venetia Lean lance son propre family office, indépendant de la banque familiale. C’était le bon moment pour elle et par rapport au développement de l’activité au Luxembourg.

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— Novembre 2016


PLACE FINANCIÈRE

STR ATÉGIE

Poussée de croissance pour SGG CA M I L L E F R AT I |

SER GE KRANCENB LUM CEO de SGG depuis 1998

SV E N B E C K E R

Fort d’un nouvel actionnaire, Astorg Partners, le prestataire de services fiduciaires aligne les recrutements de haut niveau. Objectif : doubler la taille de l’entreprise d’ici quatre ans.

C’

est une nouvelle année charnière qui s’achève pour SGG. Passée dans le giron du belge Cobepa en 2010 avec maintien du management en place, la société spécialisée dans les services financiers a accueilli en début d’année un nouvel actionnaire majoritaire, Astorg Partners, une société de capital­-investissement française indépendante qui investit dans des entreprises européennes industrielles ou de services, souvent familiales, et à fort potentiel de croissance. Un changement d’actionnaire justement pensé pour poursuivre à une autre échelle l’internationalisation déjà bien lancée depuis 2010. SGG a développé un deuxième pilier aux Pays-Bas et une vingtaine de plateformes, dont les principales se situent en Asie et dans les Caraïbes, ces dernières étant destinées à gérer le marché des fonds de l’ensemble du continent américain. « Nous continuons la consolidation, indique Serge Krancenblum, CEO depuis 1998. Nous nous développons de manière organique et nous agissons comme un consolidateur local en acquérant de nouveaux talents. » L’idée étant non pas de gagner du poids rapidement, mais de s’adjoindre « de nouvelles capacités dans les différentes facettes du métier, d’attirer des talents qui vont réinvestir le prix de cession de l’entreprise ».

SGG compte aujourd’hui 600 salariés dans le monde, dont environ la moitié au Luxembourg. La société a engagé une centaine de personnes sur les 12 derniers mois et plusieurs pointures du paysage luxembourgeois sont d’ailleurs venues renforcer les troupes depuis le début de l’année. « Nous étions plusieurs à avoir une double ou triple casquette, les managers du groupe devant gérer également les activités au Luxembourg, explique Serge Krancenblum. Nous avons pris la décision de nous attacher les services d’un vrai patron à Luxembourg. » L’heureux élu n’est autre que Jean-Marie Bettinger, ex-patron d’Experta Corporate and Trust Services. Ce spécialiste du droit fiscal international, de la finance d’entreprise, des fonds d’investissement ainsi que du secteur des services d’administration avait réorganisé la filiale de la Bil durant deux ans. Il est secondé par Renaud Oury, autre recrue de poids, qui compte 20 années d’expérience dans les fonds et l’industrie de la finance au Luxembourg, de Cetrel (aujourd’hui Six Payment Services) à Kneip. Troisième figure recrutée cette année : Pascal Rapallino, précédemment associé en charge de la clientèle privée et du family office chez Deloitte. « Nous croyons beaucoup dans la clientèle privée

JEAN-M AR I E B ETTI NGER Managing director de SGG Luxembourg depuis juin 2016

R ENAUD OUR Y Deputy managing director & market leader de SGG Luxembourg depuis août 2016

très haut de gamme », précise Serge Krancenblum. Cette nouvelle recrue est d’ailleurs chargée de développer ce métier au Luxembourg, mais aussi à l’international. La consolidation du groupe et le renforcement des équipes servent un seul objectif : « Avoir des plateformes d’une certaine taille pour offrir aux fonds, aux multinationales et à la clientèle privée la même qualité de services qu’aux Pays-Bas ou qu’au Luxembourg », souligne le CEO. Certaines plateformes doivent encore être renforcées, principalement en Asie, dans les îles anglo-normandes et aux États-Unis. « L’objectif est de doubler la taille de l’entreprise tous les quatre ans, pas pour être plus gros, mais pour être plus présent et répondre aux besoins d’une clientèle de plus en plus internationale. » Tributaire de l’évolution de la clientèle et de ses besoins, SGG l’est aussi, comme toute l’industrie des prestataires de services fiduciaires, de l’environnement propre à chaque plateforme. « La création et l’administration de véhicules juridiques sont de plus en plus chères aux Pays-Bas et au Luxembourg », avertit Serge Krancenblum. En cause : des salaires élevés, mais aussi des impôts en nette augmentation – celui sur les soparfis, introduit en 2011 au montant de 1.500 euros et porté en 2015 à 3.000 euros, a encore été augmenté à 4.500 euros dans le projet de réforme fiscale avancé pour 2017. « Les soparfis ne votent pas, donc on peut penser augmenter leurs impôts sans conséquences, mais un fonds va plutôt aller créer un véhicule ailleurs si l’avantage global n’est plus là pour lui. Heureusement que la flexibilité de notre droit des sociétés et la qualité des prestataires locaux font encore pencher la balance en faveur du Grand-Duché. » Un argument que Serge Krancenblum n’a pas manqué de faire remonter au gouvernement en tant que président de la Limsa, l’association des prestataires de services aux entreprises du secteur. D’autant que les investisseurs peuvent facilement trouver des places financières plus accueillantes, comme Malte, Chypre et, à un degré moindre (dans la perspective du Brexit), le Royaume-Uni. EN RÉSUMÉ

PASCAL RAPALLI NO Group family office leader de SGG depuis septembre 2016

Le groupe SGG poursuit une internationalisation dynamique, propulsé par un nouvel actionnaire et par les besoins croissants des fonds, des multinationales et des clients privés. Il renforce aussi sa base luxembourgeoise avec trois recrutements de poids cette année.

Novembre 2016 —

— 093


VI SI TE ÉCLAI R Les hôtes luxembourgeois visiteront la Bourse de Shenzhen, considérée comme le Nasdaq chinois pour son rôle vis-à-vis des valeurs technologiques.

MISSION FINANCIÈRE

Nos amis les Chinois JEAN - MICHEL LALIEU

L

Luxembourg for Finance sera en Chine cette fin octobre avec une cinquantaine d’acteurs du monde financier. Les relations sont très bonnes entre les deux pays, mais pour les maintenir, le rythme d’une mission annuelle est devenu la norme.

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e Luxembourg est en train de créer une véritable ligne prioritaire avec la République populaire de Chine. Après une mission économique au début du mois de mai, c’est cette fois Luxembourg for Finance qui en a concocté une autre, du 24 au 28 octobre prochains, orientée vers les acteurs financiers. Un voyage qui devient tout aussi habituel, le dernier ayant eu lieu pas plus tard qu’en septembre 2015. Comme l’an dernier, une cinquantaine d’acteurs du secteur seront du voyage, de même que le ministre des Finances, Pierre Gramegna – retenu l’an dernier au pays pour cause de présidence européenne – ainsi que le GrandDuc héritier Guillaume. « Nous sommes sans doute moins connus que d’autres places financières, il est donc nécessaire pour nous de faire le déplacement vers la Chine une fois par an avec des missions de ce format », estime Nicolas Mackel,

— Novembre 2016

le CEO de Luxembourg for Finance (LFF). Cette mission ne visera pas d’objectif bien défini, si ce n’est de toujours mieux positionner le Luxembourg en tant que porte d’entrée européenne pour les acteurs chinois. « Nous viserons essentiellement l’industrie chinoise des fonds d’investissement, poursuit le responsable de LFF. Au cours de différents séminaires, nous mettrons en exergue la manière dont l’infrastructure de la Place peut servir les investisseurs chinois. » L’idée d’un véritable partenariat entre les deux pays peut paraître illusoire, ne serait-ce que parce que la Chine est plus de 2.000 fois plus grande que le Grand-Duché en termes de population. Et pourtant… « L’intérêt pour le Luxembourg et les structures et solutions luxembourgeoises de la part des sociétés, investisseurs et acteurs chinois n’a cessé de croître ces dernières années. Il y a de plus en plus de demandes d’informations, de structures mises en place », observe

Katia Panichi, partner au sein du cabinet d’avocats Elvinger Hoss Prussen et responsable du bureau asiatique à Hong Kong entre 2012 et fin 2015. Au niveau des cibles plus précises, des tête-à-tête avec des responsables du monde bancaire sont prévues. Des représentants des six banques déjà en place au Grand-Duché, ou de celles qui envisagent de venir. Comme Shanghai Pudong Development Bank, dont on annonce la venue depuis début 2015 ; le conseil d’administration a cette fois pris la décision en septembre dernier. « Nous aimerions aider ces banques à encore développer leurs activités à partir du Luxembourg, admet Nicolas Mackel. Lorsqu’elles ont fait le pas pour venir chez nous, c’était avant tout pour soutenir le développement des acteurs chinois en Europe. Désormais, Bank of China et ICBC utilisent notre écosystème pour leurs activités dans les fonds d’investissement. C’est quelque chose qu’il faudra approfondir avec les autres banques, de même que nous aimerions les voir utiliser la Bourse de Luxembourg pour leurs activités dans les marchés des capitaux. » La visite se fera en trois étapes : Pékin, où les grandes banques ont installé leur siège, Shanghai, cœur de la finance chinoise, et Shenzhen, une ville qui monte au rythme du succès obtenu par les nouveaux acteurs de la finance. La délégation fera d’ailleurs le détour par la Bourse de Shenzhen, appelée aussi « Nasdaq chinois » en référence à la Bourse américaine des valeurs technologiques. C’est qu’une des idées derrière cette mission est aussi de commencer à présenter le Luxembourg aux acteurs fintech chinois, dont certains pensent aujourd’hui à développer leurs activités hors du pays. « Il est essentiel de continuer à montrer qu’au Luxembourg, nous essayons toujours de trouver des solutions aux problématiques qui peuvent se poser dans le monde des affaires », poursuit Katia Panichi. Et que le pays tente de se placer à la pointe de l’innovation dans de nombreux domaines. Dans celui de la finance, c’est le thème de la finance climatique qui sera mis en avant, dans la foulée des nouveaux outils développés par la Place (voir aussi l’article en pages 88-90). « La Chine s’intéresse de très près à tout ce qui concerne le financement climatique », appuie Nicolas Mackel, rappelant que, cette année, Bank of China est déjà passée par la Bourse de Luxembourg pour lancer la première obligation verte d’une institution chinoise en Europe. EN RÉSUMÉ

Luxembourg for Finance mène une nouvelle mission en Chine pour convaincre de nouveaux acteurs du géant asiatique de l’intérêt de travailler avec le Luxembourg. Ce genre de missions se déroule désormais à un rythme annuel.

S H U T T E R S TO C K

PLACE FINANCIÈRE


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ET SI LA BANQUE DE LUXEMBOURG ÉTAIT AUSSI UNE BANQUE POUR MOI ?


PLACE FINANCIÈRE

CRÉDIT IMMOBILIER

Très cher remboursement anticipé CA M I L L E F R AT I |

Les indemnités de remboursement anticipé d’un crédit hypothécaire sont devenues exorbitantes en raison de la baisse vertigineuse des taux. Le Luxembourg, en retard dans la transposition d’une directive européenne, semble vouloir légiférer a minima en encadrant de loin les indemnités fixées par les banques.

C

SV E N B E C K E R

as pratique. Monsieur X, salarié d’une banque luxembourgeoise, a contracté un emprunt de 233.000 euros en 2012 afin d’acquérir une maison en Belgique. La Spuerkeess lui propose à l’époque un taux de 2,8 %. Fixe, car selon son conseiller financier, « les taux sont au plus bas et vont remonter rapidement ». Voyant que les taux, au contraire, continuent de baisser, M. X recontacte son conseiller en 2015 afin d’évoquer une renégociation du taux, quitte à s’acquitter des frais de rachat de crédit. Réponse de la BCEE : les indemnités de remboursement anticipé s’élèvent à 34.000 euros… Sachant qu’il reste à M. X environ 200.000 euros de capital à rembourser, il lui faudrait donc reverser une somme plus importante que celle empruntée au départ. « Cela me met hors de moi », témoigne le trentenaire. Car le contrat qu’il a signé indiquait simplement que l’indemnité de remboursement anticipé était « calculée sur le montant remboursé ainsi que sur la durée restante pour compenser la banque du coût de refinancement à investir », sans autre précision. « Lors d’une acquisition précédente en Belgique, j’avais effectué un remboursement anticipé moyennant 3 mois d’intérêts comme indemnité sur le même type de crédit à taux fixe. »

M. X se sent donc pris au piège, condamné à rester dans la même banque durant plus de 20 ans. Il n’est malheureusement pas le seul dans cette situation. L’Union luxembourgeoise des consommateurs est régu­ lièrement contactée par d’autres propriétaires confrontés à la même impasse. « Nous recevons entre trois et dix plaintes écrites par an, sans compter les appels qui ne sont pas comptabilisés, indique Aline Rosenbaum, juriste au sein du service Contentieux de l’ULC. Le problème s’est posé de manière plus aiguë depuis la chute des taux d’intérêt. Beaucoup de personnes ont commencé à vouloir rembourser leur prêt contracté à un taux fixe très élevé, s’exposant à des indemnités colossales alors qu’elles étaient plus raisonnables avant. » Il est toutefois quasiment impossible d’obtenir gain de cause. Les propriétaires peuvent saisir la Commission de surveillance du secteur financier (CSSF) – 4 % de ses réclamations concernent ce sujet. « Selon les retours que nous en avons, la CSSF a tendance à dire que la clause n’est pas illicite en soi, mais que si le montant paraît exagéré au client, il doit saisir le tribunal civil, et souvent les gens n’ont pas envie d’investir dans une procédure judiciaire », conclut Aline Rosenbaum. R ÉTR OACTI VI TÉ Si la loi devait être adoptée telle quelle, elle s’appliquerait avec effet rétroactif au 21 mars 2016. De quoi hérisser l’ABBL.

Aucune loi ne régit pour l’heure le calcul de l’indemnité de remboursement anticipé. Libre aux banques d’en décider. « Quand une banque octroie un crédit, elle doit se refinancer sur le marché et planifie sur la longueur du contrat, ce qui implique des coûts » lors d’un remboursement anticipé, explique Catherine Bourin, membre du comité de direction de l’Association des banques et banquiers de Luxembourg (ABBL).

Plafonnement à la française

Mais cette liberté pourrait bientôt être réduite à la faveur de la transposition de la directive européenne de 2014 sur les contrats de crédit aux consommateurs relatifs aux biens immobiliers à usage résidentiel. Pensée comme un dispositif de protection du consommateur, la directive prévoit de limiter l’indemnité de remboursement anticipé. Le législateur luxembourgeois a choisi de s’aligner sur la législation française qui plafonne l’indemnité à six mois d’intérêts sur le capital, et seulement si l’emprunteur occupe le logement durant au moins deux ans. « Le plafonnement ne s’applique pas pour le crédit à l’achat d’un terrain et l’encadrement est beaucoup moins strict qu’en France ou en Belgique, où aucune indemnité ne peut être demandée si l’emprunteur est forcé de déménager à cause d’un décès dans sa famille ou d’une perte d’emploi », souligne Bob Schmitz, conseiller juridique de l’ULC pour les questions européennes. Toutefois ce plafonnement, qui disparaît à partir de 450.000 euros de remboursements, est vigoureusement dénoncé par la Chambre de commerce dans son avis, en ce qu’il « ne permettra plus aux établissements bancaires d’obtenir une indemnisation juste et équitable de la perte subie, aboutissant en pratique à une perte financière à la charge du prêteur ». La conséquence directe pourrait être un report de ce coût sur l’emprunteur. « Si le seuil imposé par l’État ne correspond pas à la réalité des coûts, cela pourrait induire une répercussion sur le coût du crédit en général », avertit Catherine Bourin. Pourtant, la réalité semble tout autre en France ou en Belgique. Si les réserves de la Chambre de commerce devaient être prises en compte, la loi serait vidée de son sens d’après l’ULC. Qui note avec amertume que le projet de loi a été confié non pas à la commission de l’économie, habituellement chargée de la protection des consommateurs, mais à celle des finances. EN RÉSUMÉ

Le projet de loi sur le crédit immobilier vise à limiter le montant des indemnités de remboursement anticipé, au grand dam du milieu bancaire.

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— Novembre 2016


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PLACE FINANCIÈRE

LE S DE G RÉ S D’ É DU C ATION F IN AN C IÈ RE DAN S LE MON DE

CULT URE FIN A N CIÈRE

55 - 75 % 35 - 54 % 0 - 34 % données inconnues

La quatrième langue de Luxembourg ? MAISON MODERNE

Place financière de renom, le Luxembourg pourrait être un pays où l’éducation financière est plus développée qu’ailleurs. L’équation n’est pas si simple. Les résidents se montrent plutôt à l’aise avec les concepts financiers d’après l’enquête sur le comportement financier et la consommation des ménages au Luxembourg menée par la Banque centrale de Luxembourg et le Liser, dont les résultats ont été publiés mi-2016. Pour autant, le Grand-Duché s’affiche loin des pays les plus avertis en matière de connaissances financières, d’après l’étude S&P Global FinLit 2015 (voir carte). Un constat dont la population est consciente : d’après l’enquête ING International Survey 2013, 77 % des résidents sont favorables à l’introduction de l’éducation financière dans le programme scolaire, alors que seulement 21 % disent en avoir eux-mêmes bénéficié. 098 ­—

— Novembre 2016

7 %

12 %

18 %

8 %

La différence entre un taux fixe et un taux variable

L’inflation

70 %

85 %

« S AV EZ-VO U S C E Q U ’ES T... » 14 %

17 %

20 %

Le risque financier

La diversification de portefeuille 63 %

41 %

45 %

réponses correctes réponses incorrectes ne sait pas / sans opinion

SOURCES: BCL ET LISER

CA M I L L E F R AT I |


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PLACE FINANCIÈRE

CONVENTION COLLECTIVE

Un optimisme prudent JEAN - MICHEL HENNEBERT |

MAISON MODERNE

Face à la situation du secteur bancaire, les syndicats revendiquent une hausse salariale et l’amélioration des conditions sociales.

le même argument lorsqu’il s’agit d’évoquer « la nécessité de mettre en place de meilleures conditions sociales pour les salariés ». Dans ce contexte, les discussions à venir ne pourront donc faire l’impasse sur une réflexion autour de la question des congés pour raisons familiales ou celle du burn-out. Deux thématiques qui ont, selon le syndicaliste, « un impact direct sur l’économie nationale ».

Mais avant de rencontrer l’ABBL, l’Aleba, le LCGB et l’OGBL devront s’accorder sur un catalogue commun de revendications, malgré leurs approches différentes. GI LLES STEI CHEN (ALEB A) « Mettre en place de meilleures conditions sociales pour les salariés. »

M

ercredi 7 décembre 2016. C’est à cette date que les représentants des syndicats Aleba, OGBL/SBA et LCGBSESF, d’un côté, et mandataires de l’Association des banques et banquiers, Luxembourg (ABBL) de l’autre se retrouveront pour la première fois autour de la table dans le cadre des négociations de la future convention collective du secteur bancaire. Cela fera au total une vingtaine de personnes qui auront la charge d’établir le cadre légal de référence pour quelque 20.000 salariés concernés à partir de 2017. L’exercice ne devrait cependant pas ressembler aux derniers rounds de négociations, en raison d’une conjoncture beaucoup plus favorable. Avec des prévisions de croissance de l’ordre de 3,1 % pour 2016 et 4,6 % pour 2017, selon les données du Statec, les syndicats ne cachent pas leurs ambitions d’obtenir une nouvelle convention collective plus favorable. « Nous nous trouvons dans un autre état d’esprit que lors des dernières négociations où notre principal objectif avait été de maintenir les emplois », rappelle Véronique Eischen, membre du bureau exécutif de l’OGBL, qui note que « la situation générale actuelle des banques est bonne, les résultats sont bons et il y a des dividendes qui sont versés ». Malgré l’annonce récente de plans sociaux au sein d’UBS et de JP Morgan, les trois syndicats entendent bien faire avancer leur liste de revendications, qu’ils affirment tous vouloir commune avant le début décembre. 100 ­—

— Novembre 2016

Sans réelle surprise, c’est la question de la revalorisation salariale qui figure en première place. Après un gel de plusieurs années des émoluments en lien direct avec la crise financière de 2008, le sujet devrait être l’un des principaux points d’achoppement entre syndicats et représentants du patronat.

Volonté de « dépoussiérage »

« Cette thématique concerne non seulement les salaires, mais aussi les rémun é ra t i o n s e t l e s a u t o m a t i s m e s , c’est-à-dire les mécanismes prévus pour l’avancement au sein d’une carrière », explique Vincent Jacquet, secrétaire général adjoint du LCGB. Selon lui, les discussions devront non seulement porter sur « une remise en route du dynamisme des carrières », mais également sur l’instauration « d’un système plus juste en ce qui concerne le mérite ». Autrement dit, une remise en question directe du système des évaluations, vu par le syndicat chrétien-social « plus comme un outil de sanction que comme un outil de promotion ». Autre sujet qui sera immanquablement évoqué avec l’ABBL : la modernisation des groupes de fonction. Présentée par les syndicats comme un « dépoussiérage », la suppression des anachronismes de l’actuelle convention collective est surtout vue comme un chantier « colossal », mais « indispensable » afin de rendre le cadre légal plus lisible. Et ce « dans l’intérêt de tout le monde », estime Gilles Steichen, vice-président de l’Aleba, qui avance

VI NCENT J ACQUET (LCGB ) « Pour un système plus juste en ce qui concerne le mérite. »

Mutisme de l’ABBL

Pour le moment, et jusqu’au début du mois de février, les trois syndicats représentés dans les banques de la Place se concertent au rythme d’une rencontre hebdomadaire afin de mettre au point « un catalogue commun de revendications » à défendre face à l’ABBL. Une stratégie d’unité perçue comme la seule valable « dans l’intérêt des salariés », même si les différences d’approche entre Aleba, LCGB-SESF et OGBL/SBA ne sont un secret pour personne. « Nous sommes toujours prudents quand nous commençons des discussions avant d’affirmer que nous aboutirons à un accord commun », estime Véronique Eischen, qui annonce toutefois « espérer » la poursuite du front syndical. Même chose du côté de Vincent Jacquet, qui entend « faire avancer » ses revendications dans le cadre des négociations intersyndicales, mais assure « défendre les positions communes une fois qu’elles auront été trouvées ». L’ABBL, sollicitée à plusieurs reprises sur ce sujet, n’a pas souhaité s’exprimer avant le début des négociations officielles. Au vu de l’ampleur des chantiers que les syndicats souhaitent ouvrir, les échanges entre partenaires sociaux devraient s’étaler sur une durée plus longue que lors des dernières négociations. En 2014, l’accord final avait été signé en mai par l’ensemble des acteurs présents autour de la table. EN RÉSUMÉ

VÉR ONI QUE EI SCHEN (OGB L) « Nous nous trouvons dans un autre état d’esprit que lors des dernières négociations. »

Dans un contexte de reprise économique, les syndicats des salariés de la Place revendiquent une hausse salariale et une amélioration des conditions sociales. Prévue pour le 7 décembre, la première réunion avec l’ABBL est précédée d’une série de rencontres intersyndicales pour établir un catalogue commun de revendications, jugé indispensable.


PLACE FINANCIÈRE

RÉ SULTAT S A NNUEL S

Deloitte se laisse du champ T H I E R RY R A I Z E R

L

a réglementation est-elle source de contraintes ou d’opportunités ? La question peut être abordée de deux manières par les spécialistes de la Place. Pour Deloitte Luxembourg, il est ainsi question de développements suite à la nouvelle loi encadrant le métier de l’audit et qui devrait apporter une certaine dynamique dans ce marché mature. Elle rend en effet obligatoire un appel d’offres après 10 ans de mandat et une rotation après 20 ans. « Notre ambition est avant tout d’effectuer des audits de qualité, déclare Yves Francis, managing partner de Deloitte Luxembourg. Nous ne voulons pas faire de course au chiffre d’affaires, mais la nouvelle législation nous offre certainement des possibilités de gains de parts de marché. » Le cabinet a justement publié, fin septembre, ses résultats pour l’année fiscale 2015-2016 (clôturée au 31 mai dernier), avec une croissance à deux chiffres dans les trois piliers : audit, conseil et tax. L’exercice a été qualifié de « challenging » par le management de la firme qui emploie 2.000 102 ­—

— Novembre 2016

Le cabinet entrevoit de nouvelles opportunités issues de la rotation obligatoire des mandats d’auditeurs et des missions menées en dehors des frontières. personnes. Elle enregistre donc avec satisfaction une hausse de 14 % de son chiffre d’affaires (les cabinets éditent tous des chiffres bruts dans leur rapport de transparence), à 274 millions d’euros. La réglementation, sur un autre plan, introduit aussi de nouveaux débouchés dans la branche Tax. On parle moins de structuration fiscale que d’assistance du client en reporting. Et de valeur ajoutée issue de ces rapports. Combinées et exploitées via de nouvelles plateformes digitales, les données permettent de déployer de nouveaux services de mesures au client dans le domaine du conseil fiscal.

Des missions qui attirent

Positionné justement dans le champ du conseil digital, Deloitte entend poursuivre en ce sens. Et dépasser les frontières avec certaines missions. « Nous voulons exporter nos compétences, ajoute Yves Francis. Le savoir-faire que nous avons développé dans le secteur financier nous permet de conduire des missions en dehors de l’Union européenne. Ceci vaut aussi dans d’autres créneaux. La

mobilité des équipes est d’ailleurs un facteur de recrutement auprès des jeunes qui sont demandeurs d’expériences à l’international. »  Car pour maintenir sa croissance, Deloitte Luxembourg doit s’assurer d’attirer des jeunes talents pour combler le turnover naturel – estimé à 22 % pour l’exercice 2015 – et apporter des visions nouvelles. Yves Francis note que « certains acteurs du monde bancaire doivent faire face à des défis importants à l’heure de la digitalisation. Mais ils n’introduisent que peu de sang neuf parmi leurs troupes et ne s’ouvrent guère à la culture du changement. Nous entendons donc nous positionner pour les aider en la matière. » Deloitte Luxembourg a accueilli 180 new joiners à la rentrée de septembre et s’apprête à faire de même avec 80 professionnels expérimentés en octobre. EN RÉSUMÉ

Deloitte Luxembourg confirme son statut de 2e cabinet le plus important des Big Four, derrière PwC, avec un chiffre d’affaires en hausse de 14 % pour l’année fiscale 2015. Il atteint 274 millions d’euros.

B L I T Z (A R C H I V E S)

Deloitte Luxembourg a présenté une croissance à deux chiffres, dans chacun de ses métiers.

YVE S F RAN C IS Le managing partner de Deloitte Luxembourg depuis le 1er juin 2010 met en avant l’aspect qualitatif suivi par Deloitte dans son activité d’audit.


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26.09.2016

BIL STARTUPPERS NIGHT A N N A K AT I N A 1 9 P H OTO S S U R PA P E R JA M . L U

L’événement de la Bil, organisé en partenariat avec le Technoport, a rassemblé 200 personnes qui ont pu apprécier l’ambiance festive aux côtés des cosplayers et découvrir une sélection de start-up venues exposer le fruit de leurs travaux.

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PICTURE REPORT

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30.09.2016 – LUXEXPO

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L E S 17 5 A NS DE LA CHAMBRE DE COMMERCE ERIC CHENAL 1 5 2 P H OTO S S U R PA P E R JA M . L U

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06.10.2016 – CERCLE CITÉ

LES 20 ANS D’EFA

1 S.A.R. la Grande-Duchesse María Teresa 2 Erna Hennicot-Schoepges 3 Michel Wurth et Carlo Thelen (Chambre de commerce) 4 Guy Harles (Arendt & Medernach) 5 Lydie Polfer (bourgmestre de la Ville de Luxembourg) et Robert Dennewald (Chaux de Contern) 6 Christian Thiry (Karp-Kneip) et Serge Allegrezza (Statec) 7 Claude Frisoni 8 Bertrand Piccard (Solar Impulse) 9 Marc Hemmerling (ABBL) 10 Mars Di Bartolomeo (président de la Chambre des députés), Isabelle Schlesser (Adem) et Nicolas Schmit (ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Économie sociale et solidaire) 11 Jessica Domingues Mouro (Interprete.lu), Jean-Michel Gaudron (Paperjam) et Anne-Claire Delval (Hoani) 12 Yves Elsen (Hitec) et Nicolas Buck (Fedil)

E FA 1 9 P H OTO S S U R PA P E R JA M . L U

1 Thomas Seale (EFA) 2 Marie-Jeanne Chèvremont (MJC Conseil) et Jean-Jacques Rommes (UEL) 3 Victor Rod et Françoise Thoma (BCEE) 4 Luc Frieden (ancien ministre des Finances) et Hugues Delcourt (Bil) 5 Thomas Seale et Rafik Fischer (EFA), S.A.R. le Grand-Duc héritier Guillaume, Françoise Thoma (BCEE) et Xavier Bettel (Premier ministre) 12

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PICTURE REPORT

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20-21.09.2016 – CENTRE DE CONFÉRENCES KIRCHBERG

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25E ALFI GLOBAL DISTRIBUTION CONFERENCE M A R I O N D E S SA R D 1 5 5 P H OTO S S U R PA P E R JA M . L U

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1 Pierre Gramegna (ministre des Finances) 2 John Marshall (Embassy of the United Kingdom to Luxembourg) et Denise Voss (Alfi) 3 Thomas Seale (EFA, ancien président de l’Alfi) 4 Claude Marx (CSSF) 5 Patrick Zurstrassen (ancien président de l’Alfi) 6 Corinne Audin (Marsh & McLennan) et Frank Van Eylen (Degroof Petercam Asset Services) 7 Alexander Monica et Bruce Brown (Phoenix Systems Inc) 8 Anna Prihodova (Alfi) et Frédéric Becker (Luxembourg for Finance) 9 Enrico Turchi (Pioneer Asset Management), Nils Kruse, Steve Kieffer et Ewald Hamlescher (Gam) 10 Pierre Saudeau et Jérôme Castagne (Degroof Petercam)

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10.10.2016 – ROTONDES

PRÉSENTATION DE L A NOUVELLE IDENTITÉ DU PAYS SV E N B E C K E R 8 3 P H OTO S S U R PA P E R JA M . L U

1 Francine Closener (secrétaire d’État à l’Économie) et Désirée Nosbusch (présentatrice) 2 Thierry Wunsch (Comed) 3 Romain Poulles (ProGroup) 4 Mars Di Bartolomeo (président de la Chambre des députés) 5 Jan Glas (consultant en design management & strategy) 6 David Goldrake (illusionniste professionnel) 7 Charles Margue (TNS Ilres) 8 Cécile Lorenzini (Vanksen)

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— Novembre 2016


DIGITAL

és invit rts : e/3 tiqu d’expe a m 1 thé éponses sr et de

PLACE FINANCIÈRE

 : itaux g i d iers Doss nouvelle une nce sur ie expér .lu/

rjam s pape -edition s r e i s dos

P R I VAT E B A N K I N G

Ajouter de la valeur La banque privée luxembourgeoise poursuit sa mutation entre réglementation, recherche d’une nouvelle clientèle et outils digitaux. Les acteurs du secteur restent confiants dans l’avenir du secteur grâce à son ADN transfrontalier.

Se dirige-t-on vers la fin des relations humaines dans le private banking ? Si les plateformes en ligne et autres fintech grappillent des parts de marché sur les acteurs traditionnels, ceux-ci ont tout intérêt à s’en rapprocher dans un contexte de transparence accrue et d’évolution de la clientèle.

Big data pour mieux connaître son client, procédures de KYC, automatisation de certains processus… le technique viendrait avant tout en support de l’humain dans un secteur de la banque privée qui n’est pas hermétique aux évolutions. Loin de là.

PIERRE ETIENNE

OLIVIER MARÉCHAL

Président

Partner, financial services, advisory leader

JULIAN PRESBER

EY Luxembourg

Luxembourg School of Finance

Managing director

Private Banking Group de l'ABBL

Q Quels sont les points réglementaires à mettre à son agenda ? « 2016/2020, une moitié de décennie à l’agenda chargé » DIDIER VAN KRIEKINGE Group head of legal and compliance Banque Havilland

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Les professionnels savaient que l’agenda de réformes issu de la crise de 2007/2008 s’étendrait sur une très longue période allant jusqu’à 2020, voire au-delà. Il est vrai que cette crise résultait en assez grande partie d’un niveau de régulation insuffisant.

—Novembre 2016

« Le changement d’échelle de la supervision bancaire » GASTON HILBERT Directeur commercial Invoke Luxembourg

En quelques années, la réglementation bancaire est passée d’une supervision purement nationale à des obligations prudentielles et financières paneuropéennes. Ce changement d’échelle s’accompagne d’une augmentation du volume de reporting à produire et d’une accélération des obligations réglementaires.


DIGITAL

Q Comment tirer profit de la technologie pour améliorer la relation client et conquérir de nouveaux marchés ? « Le digital pour toucher une génération connectée » JULIEN HUGO Chief operation officer Nerea

Les banquiers privés, les gestionnaires d’actifs et les spécialistes en assurance-vie sont-ils en passe d’être remplacés par des robots ou des programmes perfectionnés ? Non, puisque le contact humain demeure essentiel pour établir une relation de confiance. Mais les professionnels de la finance doivent réaliser leur mutation digitale afin de répondre aux besoins de la génération connectée.

« La technologie, accélérateur de développement » GILLES MONAT Responsable Saxo Markets Europe de l’Ouest Saxo Markets

La technologie est une composante importante dans la création de valeur par les banques privées. Elle est aujourd’hui essentielle dans certaines fonctions telles que l’accès aux marchés financiers et les outils de gestion de portefeuille, mais elle peut aussi être étendue à d’autres fonctions afin d’automatiser des processes, diminuer des coûts opérationnels et moderniser la relation client.

« Le conseil banque privée à l’heure du digital » Complexification des réglementations, réduction des marges d’intérêt, contexte concurrentiel élargi au-delà des frontières Associate partner – Management consulting géographiques, essor des fintech et plus particulièrement des robo-advisors ; la KPMG Luxembourg pression se renforce sur les banques privées de la Place, les contraignant à revoir en profondeur leur modèle de gestion traditionnel. JÉRÔME BERNARD

Q Quelles sont les grandes tendances du private banking dans une nouvelle Europe ? «Private banking : silencieux tumulte » OLIVIER CARRÉ Associé et banking leader PwC Luxembourg

Qu’ils soient issus de la nouvelle génération ou déjà existants, les clients de banques privées se posent de plus en plus de questions à propos de la gestion de leur patrimoine. Leurs besoins ne se résument plus simplement à faire fructifier leurs avoirs.

« Retour aux fondamentaux » Le banquier privé partage le défi de tout prestataire de services : répondre aux attentes de ses clients en leur offrant un LUC RODESCH service de qualité dans le strict respect du Responsable Banque pri- cadre législatif et réglementaire en vée, membre du comité vigueur. Cet objectif a priori simple est de direction devenu aujourd’hui un véritable casseBanque de Luxembourg tête pour une activité dont l’ensemble des paramètres évolue simultanément.

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DIGITAL

s vité  : / 4 in ts ique d’exper t a m 1 thé éponses sr et de

 : itaux g i d iers Doss nouvelle une nce sur ie expér u/

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TECHNOLOGIES

BI & CYBERSÉCURITÉ

Une intelligence à protéger

Les outils de business intelligence permettent d’aller de plus en plus loin dans la connaissance des clients et la prévision des activités. En perpétuelle expansion, ils nécessitent un traitement de l’information à la fois minutieux et extrêmement sécurisé, quelle que soit la façon dont est « consommé » ce big data.

Gros consommateurs de données, les outils nés de la business intelligence permettent d’affiner toujours plus le ciblage des clients et la prévision des activités. Sous différentes formes, ces outils,

Q Les solutions de business intelligence, passeports vers de nouveaux marchés ?

copilotés par l’IT et le business, réclament un traitement de l’information sensible à la fois minutieux et sécurisé. Comme souvent en IT, la plus grande source de risques provient de l’utilisateur.

Q Business intelligence : quelles solutions pour les PME ?

« Prédire le futur grâce à l’analytique avancée » TOMMY LEHNERT Sales account manager SAS Institute

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Après l’économie en réseau, nous entrons dans l’ère de l’économie d’expérience avec des consommateurs bien informés, connectés en continu et des attentes aiguës en matière d’expérience client.

—Novembre 2016

« PME, voyages d’affaires et exploitation des données » GARY COPPERS Commercial & operational manager Luxembourg BCD Travel

Quelle société pourrait se permettre aujourd’hui d’ignorer l’intérêt de collecter et analyser ses données ? Les bénéfices sont multiples, quelle que soit la taille de l’entreprise. Cela vaut également pour le programme de voyages : même avec un budget limité, en observant vos dépenses, vous pouvez très vite tirer des conclusions utiles.


DIGITAL

OLIVIER DEBEHOGNE

RADU STATE

Head of retail & digital banking

Responsable de l’unité de recherche Sedan

Bil

PASCAL STEICHEN Vice-président

SNT

Clusil

GUY KERGER Associé et fondateur Mindforest

Q Cybersécurité : quels bénéfices peut-on retirer d’une démarche outsourcing ? « Externaliser, OK, mais qui ? Quoi ? Pourquoi ? »

« Notre métier : protéger votre business »

De nos jours, la majorité des organisaMICHAEL HOFMANN tions et entreprises interagissent avec Gérant KPMG Services (PSF) KPMG Luxembourg

l’extérieur via le cyberespace. En utilisant et en développant des services web, elles procurent une réelle valeur ajoutée à leurs clients et à leurs partenaires, échangent de l’information à divers endroits ou, dans un esprit marketing, mettent en valeur leur entreprise et leur activité.

CÉDRIC MAUNY Department manager of security audits & governance services Telindus

Dans un monde où les technologies prennent une place toujours plus grande, la qualité et la sécurité des infrastructures de communication sont vitales. L’externalisation d’un aspect comme la cybersécurité présente de nombreux bénéfices et avantages pour les sociétés.

« Externaliser pour un plus haut niveau d’expertise » VINCENT LAURENS Cybersecurity practice executive, vice-président et membre du comité exécutif

Question fondamentale au sein de nombreuses entreprises, la stratégie cybersécurité est aujourd’hui une priorité pour la plupart des responsables informatique. Peut-on tout faire en interne ou doit-on choisir d’externaliser ?

Sogeti Luxembourg

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Lou Weis, 36 ans, a rejoint Apollo Strategists au poste de manager, Strategic communications. Il a été technical consultant au sein de RTL Group et a travaillé chez Mercedes-Benz Luxembourg.

Janin Heniqui, 44 ans, a rejoint Datacenter Luxembourg en tant que product manager. Il a notamment travaillé au sein de CTTL, Mega et LuxCloud. ICT

Management Communication & marketing

Catherine Martougin, 43 ans, a rejoint Baker & McKenzie en tant que partner de l’équipe Funds & Asset Management. Elle a travaillé chez Willkie Farr & Gallagher LLP, Arendt & Medernach et Jones Day.

Eduard Koster a rejoint Dentons en tant que counsel au sein de la pratique Fonds d’investissement. Il a travaillé au sein de l’étude King & Wood Mallesons, RBC Investor Services Bank, FWU ou encore la Bil. Business administration, finance & legal

Business administration, finance & legal

Alain Bastin, 51 ans, a été promu chief executive officer de Bil Manage Invest (BMI). Il a rejoint le groupe Bil en 2001. Auparavant, il a travaillé chez ING Luxembourg. Il est également membre fondateur de l’Alrim (Association luxembourgeoise des risk managers) dont il a été le président de 2000 à 2005. Fonds d’investissement et services aux fonds

L’ancienne directrice générale de Legitech, Laurence Raphaël, 42 ans, est à présent human resources director chez Bonn Steichen & Partners. Elle a travaillé au sein d’Infotechnique, Arendt & Medernach, à l’Imprimerie Centrale et chez DSM Di Stefano Moyse. Business administration, finance & legal

Hakim Bendriss a été nommé director for business development au sein de FundRock Management Company. Il a travaillé notamment chez Barep Asset Management (Paris) et MAN Investments (Suisse et Luxembourg). Management

Cornelius Bechtel, 48 ans, a rejoint le cabinet HRT Group comme partner dans le département Corporate services. Il a travaillé pour KPMG Financial Engineering, Fortis Intertrust Luxembourg et United International Management. Business administration, finance & legal

Anthony Simcic, 39 ans, a été nommé head of private banking Luxembourg au sein de HSBC Private Bank. Il a travaillé chez Kneip et Dexia Asset Management (Candriam Investors Group) avant de rejoindre HSBC en 2005.

Nouveau comité exécutif pour KPMG Luxembourg Business administration, finance & legal Fonds d’investissement et services aux fonds

Philippe Meyer, 49 ans, ancien responsable du service Quality & risk management, a été nommé managing partner le 1er octobre 2016. Diplômé de l’École supérieure de commerce de Reims, il a intégré la firme en 1990. Georges Bock devient head of tax après avoir endossé le rôle de managing partner pendant quatre ans. Pascal Denis, arrivé en 2014 en tant que partner, est maintenant head of advisory. Emmanuel Dollé a été promu head of audit. Diplômé de ISC à Paris, il a débuté sa carrière chez KPMG. Fabrice Leonardi, ancien head of commerce and industry, a pris le rôle de COO.

Banques

Pascale Belot, 41 ans, a rejoint Cardif Lux Vie en tant que responsable de département Marketing stratégique. Elle a travaillé chez RBC Dexia, à la Bil ainsi que chez Sogelife.

Kevin Casoli, 41 ans, a rejoint Iris (Canon Group) en tant que country director. Il a notamment travaillé au sein de Business & Decision et Systemat Luxembourg. ICT

Assurances

Frauke Oddone endosse le rôle de head of markets chez KPMG Luxembourg après avoir travaillé chez KPMG Audit Germany durant 5 ans puis KPMG Brazil. Business administration, finance & legal Fonds d’investissement et services aux fonds

Patrick Wallerand a rejoint Jiway en tant que senior consultant. Il a travaillé à l’ATTF ainsi qu’auprès de l’European Banking Company, la Bil, la BCEE et Clearstream Banking.

Hélène Dechamps, 27 ans, a rejoint CCD Partners en tant que manager ESG/CSR. Elle a travaillé au sein du groupe Sanofi, à Paris et en Amérique du Nord. Management ICT

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Thierry Ravasio est promu head of people chez KPMG Luxem­ bourg après avoir été head of private equity puis head of markets. Business administration, finance & legal Fonds d’investissement et services aux fonds


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14/11/2016

L’excellence de l’accueil-client dans le secteur bancaire 27/10/2016 The C-Suite’s Course to Getting engaged with Social Media 07/11/2016 Essentials of Financial Products 08/11/2016 Become an AIFMD Risk Manager Focus on Real Estate 15/11/2016 Administration and Management of Private Equity Funds

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Du mouvement chez PwC Luxembourg

Stephen Nye est le nouveau quality and risk management partner chez KPMG Luxembourg où il est actif depuis 23 ans. Business administration, finance & legal Fonds d’investissement et services aux fonds

Business administration, finance & legal

Senior private equity specialist, Rodrigo Delcourt, 41 ans, a rejoint King & Wood Mallesons en tant que partner. Il a travaillé pour Linklaters et Clifford Chance.

Fonds d’investissement et services aux fonds

Fonds d’investissement et services aux fonds

En provenance de PwC Argentine, Christian Albarracin, 40 ans, a été nommé associé Audit.

Business administration, finance & legal

Anissa Bali, 38 ans, a rejoint le département Droit du travail de l’étude Kleyr Grasso en tant que senior associate. Elle a travaillé en tant qu’avocate à la Cour au sein des cabinets Castegnaro et Duro & Lorang. Business administration, finance & legal

Marie-Laure Carat, 39 ans, a été promue counsel au sein de l’étude Kleyr Grasso. Elle a été admise au Barreau de Luxembourg en 2005 et a précédemment travaillé au sein de Bonn  & Schmitt et Loyens & Loeff.

Business administration, finance & legal

Maxime Bertomeu-Savalle, 30 ans, a été promu managing associate au sein de Linklaters Luxem­ bourg. Il a précédemment travaillé pour Enda Diapol au Sénégal. Business administration, finance & legal

Maurice Goetschy, 35 ans, a rejoint Luther en tant que senior associate. Auparavant, il a travaillé au sein d’Arendt & Medernach. Business administration, finance & legal

Thierry Salagnac, 45 ans, a été nommé associé Audit, après une longue expérience chez PwC. À 40 ans, Patrice Witz a été nommé associé Advisory. Il a travaillé au sein d’Accenture. Chez PwC, il prend la tête de l’équipe « Technology » pour les acteurs du secteur financier. Jacques Hirtt, 33 ans, a rejoint Muller & Associés en tant que directeur. Il a notamment travaillé au sein de Carrosserie Comes & Cie, Hitec Luxembourg et Bétons Feidt. Il est aussi président de la Fédération des jeunes dirigeants d’entreprise.

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Régis Luttmann, 39 ans, dirige désormais le bureau luxembourgeois de Savills en tant que managing director. Il a travaillé chez DTZ, RealCorp Luxembourg et BNP Paribas à Nancy (France). Conseil

Delphine Persouyre, 41 ans, a été nommée directeur général de Total Luxembourg. Elle travaillait jusqu’alors au sein de Total Exploration & Production Canada. Elle a rejoint le groupe en 2002 après une 1re expérience au sein du cabinet d’avocats Archibald Andersen. Énergies

Management

Françoise Bonesire a été nommée nouveau directeur financier chez Orange Luxembourg et entre ainsi dans l’équipe de direction. Elle a rejoint Orange Belgique en 2000.

Recherche & développement

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Chiara Nocerini, 43 ans, a rejoint Pandomus en tant que director. Elle a travaillé pour EY Luxembourg ainsi que pour HRT Group et AMMC Law. PSF

Stéphane Rinkin, âgé de 40 ans, a été promu associé Tax. Il a notamment travaillé chez PwC Suisse et chez EY China.

Georges Schaaf, 52 ans, l’ancien directeur de Skycom et Domaines Vinsmoselle, a rejoint Luxinnovation en tant que business developer. Administration étatique

Jason Cardron, 24 ans, a rejoint Pandomus en tant qu’accountant. Avant de rejoindre l’entreprise, il a travaillé chez Alter Domus à Luxembourg. PSF

Chris Edge, 57 ans, a été nommé managing director. Auparavant, il a occupé le même poste chez HSBC Luxembourg et JP Morgan Bank Luxembourg.

Business administration, finance & legal

Nicolas Chély, 38 ans, a été promu counsel au sein de l’étude Kleyr Grasso. Il a rejoint l’étude en 2007 en tant qu’associate.

Abed Khaldi, 38 ans, a rejoint Pancura en tant que directeur et conducting officer. Il a travaillé au sein de BNP Paribas Real Estate Investment Management, Brown Brothers Harriman Luxembourg et Millicom International Cellular.

ICT

Marc-Oliver Scharwath, 38 ans, a été nommé directeur général au sein de UniversalInvestment Luxembourg. Il a travaillé pour Hauck & Aufhäuser Luxembourg. Fonds d’investissement et services aux fonds


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BIENVENUE

CLUB

SAVOIR SE METTRE AU VERT, c’est aussi ça, le Club 118 ­—

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LES ÉVÉNEMENTS DES SEMAINES À VENIR

CLUB

JEUDI 03.11.2016

MERCREDI 16.11.2016

JEUDI 24.11.2016

Let’s taste : Les grands vins de Tokaj

10×6 : 10 grands projets IT

14 workshops sur une journée

MERCREDI 09.11.2016

Oxford Debate: Luxembourg finance in a world of transparency

J E U D I 2 7. 1 0 . 2 0 1 6

14 workshops sur une journée

MARDI 22.11.2016

Déjeuner Carrousel

MERCREDI 16.11.2016

10×6 : 10 grands projets IT Les systèmes d’information des entreprises sont en perpétuelle transformation. Ce 10�6 permettra à 10 CIO de présenter des projets stratégiques. Que ces derniers soient en cours Jean-François Belflamme

de déploiement, de développement ou de conception, ils sont au centre de la stratégie de l’entreprise et répondent à des besoins opérationnels critiques. 

Eric Chinchon

Richard Deuschle

Patrick Houtsch

Eric Lippert

ME Business Solutions

Groupe Landewyck

CTIE

OneLife

Deloitte Luxembourg fait partie des leaders sur le marché en offrant une gamme complète de services dans les domaines de l’audit, la fiscalité, le conseil financier et le consulting.

ME Business Solutions fournit à ses clients des idées objectives et stratégiques, en vue d’améliorer leur efficacité opérationnelle en assurant la conformité de leurs opérations.

L’objectif principal du groupe est de développer les partenariats locaux avec des entreprises familiales à l’étranger. L’innovation, une flexibilité maximale et l’élaboration de nouveaux produits avec du tabac de qualité sont l’un des atouts majeurs du groupe.

Pour mieux relever le défi de la société de l’information et appuyer la généra­ lisation des échanges électroni­ques au sein des administrations publi­ques, le gouvernement luxembourgeois a décidé de procéder à la création d’un Centre des technologies de l’information de l’État (CTIE).

OneLife, spécialiste de l’assurance-vie, développe des solutions de planification financière transfrontalières pour ses clients à travers l’Europe.

Patrick Njiwoua

Bernard Simon

Huber t Schumacher

A b d e l h a y To u d m a

C h r i s t o p h e Tr e f o i s

Ketterthill

Bourse de Luxembourg

Luxaviation

Arendt & Medernach

LCSB

Créés en 1946, et forts d’une expérience de plus de 65 ans sur le territoire luxembourgeois, les Laboratoires Ketterthill constituent le partenaire santé privilégié pour les analyses de biologie médicale au Grand-Duché de Luxembourg.

Depuis sa fondation en 1928, la Bourse de Luxembourg a développé son expérience dans le domaine de la cotation et de la négociation de valeurs mobilières de nature et d’origine géographique très variées.

Luxaviation est un taxi aérien proposant des vols charter, de la gestion d’avions, de la copropriété et du partenariat d’avions, de l’achat et vente d’avions et d’hélicoptères et des pièces de rechange.

Arendt & Medernach est le premier cabinet d’avocats d’affaires indépendant à Luxembourg.

Le LSCB étudie les mécanismes des systèmes biologiques complexes ainsi que des processus pathologiques, afin de permettre la recherche de nouveaux traitements et prévenir les maladies humaines.

Deloitte

GOLD SPONSORS

INFOS

Lieu : Tramsschapp (Luxembourg-Limpertsberg) Accueil à partir de 18:30. Inscription obligatoire sur www.paperjam.club.

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LES ÉVÉNEMENTS DES SEMAINES À VENIR

CLUB

MERCREDI 09.11.2016

Oxford Debate: Luxembourg finance in a world of transparency

T

he topic for our Oxford Debate this season will highlight the financial services sector. With transparency requirements increasingly being strengthened, are current and future initiatives sufficient to maintain the country’s economic well-being? Luxembourg’s financial sector has seen massive upheavals in recent years with revelations by whistleblowers resulting in a high number of financial scandals, including Birkenfeld (2008), LuxLeaks (2014) and the Panama Papers (2016), among others. Under pressure from public opinion, political leaders have taken action and international regulations are currently being implemented. We appear to be heading towards greater transparency with information exchanges by

tax authorities becoming more widespread. Beyond regulatory changes and the disappearance of old practices, speakers will be asked to deliberate on the financial sector’s future. Will it be the same once all of these changes will have been implemented? Or should it reinvent and reposition itself? In other words, can one say: “A new financial services sector is necessary”? Pro: Alfred Steinherr (SHU), Jean-Sébastien Zippert (Etika). Contra: Tom Theobald (Luxembourg for Finance), Philipp von Restorff (ABBL).

Lieu : Bil (Luxembourg-Hollerich). Accueil à partir de 18 h 30. Inscription obligatoire sur www.paperjam.club.

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JEUDI 03.11.2016

Les grands vins de Tokaj Women-Only Pour la Saison 9 du Paperjam Club, 5 des 10 dégustations proposées seront destinées à des cibles spécifiquement définies.  Pour cette troisième dégustation, notre partenaire Alimpex proposera aux femmes membres du Club de découvrir les vins de Tokaj. Le tokaj, proclamé par Louis XIV « vin des rois, roi des vins », est un vin d’origine hongroise qui doit son nom à la ville de Tokaj au nord-est de Lieu : SGG (Luxembourg-Gasperich). Accueil à partir de 18 h 30. Inscription obligatoire sur www.paperjam.club.

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la Hongrie, à environ 200 kilomètres à l’est de Budapest, non loin de la frontière slovaque. Toutefois, la région viticole historique de Tokaj s’étend au-delà des frontières actuelles de la Hongrie, en particulier en Slovaquie, en vertu d’un accord signé en 2004. À l’occasion de cette soirée, découvrez les saveurs que ces vins réputés peuvent vous proposer.

GOLD SPONSOR


LES 14 WORKSHOPS DU JEUDI 24 NOVEMBRE 2016

COMMUNICATION, MARKETING  & SALES

09:30 12:30 14:00 17:15 09:30 12:30

Claude Muller Comed

Mike Sergonne Nvision

Benoît Maréchal et Alberto Morpurgo Collin Maréchal

CLUB

Comment construire une marque forte ? Repenser la relation client au travers du mobile Le statut des travailleurs frontaliers au Luxembourg

FINANCE & LEGAL 14:00 17:15 09:30 12:30

Olivier Hance Hance Law

Norman Fisch INDR

Droit international des affaires DRH : comment devenir leader de la démarche RSE 

HUMAN RESOURCES 14:00 17:15

INFORMATION MANAGEMENT  & ENTERPRISE 2.0

LEADERSHIP  & MANAGEMENT

PERSONAL DEVELOPMENT

STRATEGY  & OPERATIONS

09:30 12:30 14:00 17:15 09:30 12:30 14:00 17:15 09:30 12:30 14:00 17:15 09:30 12:30 14:00 17:15

François Leclercq Takeoff Coaching

Koen Wijnen Bmatix

Grace Kongo et Andrei Domuta Q-Leap

Sonia Rucquoy Alcor Executive

Sébastien Marie Ethis consulting & formation

Preben Rügge fts global

Olivier Treinen Coach

Edith Malhiere Lecomte & Partners

Axel Pierard (photo) et Mohammed Chouiter Kozalys

Young talents management : le pari gagnant Self-learning automated trading

Join the face book of software defects Développez votre employabilité et celle de vos collaborateurs Optimiser son énergie dans le management Conflict resolution

Create change with Lego® Serious Play®

La marque : une protection utile ? 5 règles pour passer le cap des 5 premières années Novembre 2016 —

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LA VIE DU CLUB

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MERCREDI 28.09.2016

10×6 Communication : Un art à manier avec tact MAISON MODERNE

La communication prend des formes très différentes, qu’il s’agisse de parler aux citoyens, à des clients potentiels ou des journalistes. Les professionnels doivent tantôt convaincre, rétablir la vérité, séduire ou simplement raconter des histoires. Mais dans tous les cas, il s’agit pour eux de faire preuve de doigté et d’originalité en ne négligeant aucun canal de diffusion du message. C’est en tout cas celui qu’ont voulu faire passer les orateurs du 10�6 Communication aux nombreux invités.

Retrouvez toutes ces présentations en vidéo et les photos de cet événement sur www.paperjam.lu.

« Nous avons pu développer un capital sympathie autour de produits temporaires. » Michèle Andres Fischer

« Nous tentons de rentrer en contact avec les citoyens qui ne suivent plus les médias traditionnels. »

« Notre recette est de créer une offre accessible en restant proche de nos émotions. »

Jean-Claude Olivier Service Information et presse du gouvernement

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Johannes Kadar Philharmonie

« La communication publicitaire ne marche que si elle nous parle de nous. »

« Dans un an ou deux, il faudra à nouveau tout remettre en question. »

Michaël Mertens Bil

Astrid Agustsson Ville de Luxembourg


LA VIE DU CLUB

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« Arrêtez de demander aux communicateurs de réaliser ce qu’ils vous proposent pour le tiers du prix. » Michèle Vallenthini Fedil

« On dit souvent qu’on est noyé par les infor­ mations sur les clients, alors que bien souvent on n’en dispose pas. »

« Il faut se battre à armes égales. » Victor Reuter Police grand-ducale

Johan Putseys Initiative

« Copier des campagnes, c’est tromper pas mal de monde, depuis son directeur de création jusqu’au client qui attend une campagne innovante. » Joe la Pompe Copycat hunter

« Nous avons tout repris depuis le début, nous avons imaginé 300 noms pour revenir à Post tellement ce nom était fort. »

GOLD SPONSORS

Luc Welter Post Luxembourg

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MARDI 11 OCTOBRE 2016

Luxembourg, ville tentaculaire ? MAISON MODERNE

En l’espace de 10 ans, la capitale a vu sa population bondir de 30 %. Si elle n’occupe que 2 % du territoire national, qui compte 50 % d’espaces verts, elle joue et jouera encore un rôle central en matière de mobilité et d’urbanisme à l’échelle du pays. Ses habitants devraient passer la barre du million d’ici 2060. Cette croissance folle aura des impacts sur les localités périphériques, de Strassen à

Munsbach, et des retombées tant économiques que sociales. Une table ronde organisée pour célébrer la parution du nouveau numéro d’Archiduc a tenté de sonder cet épineux sujet doté de ramifications multiples. Coanimée par Céline Coubray et JeanMichel Gaudron, elle a confronté figures politiques, académiques et professionnels de l’immobilier.

Retrouvez toutes ces présentations en vidéo et les photos de cet événement sur www.paperjam.lu.

« Les propriétaires ont un devoir envers les citoyens et ne peuvent se contenter de maximiser leurs revenus. » Christine Muller Dewey & Muller Architectes

« En matière d’aménagement du territoire, il faut penser à tous les besoins de l’être humain. » Lydie Polfer Ville de Luxembourg

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« The economic reality is rather harsh for the cities in terms of development pressure. » Markus Hesse Université du Luxembourg

« Les autorités doivent être conscientes du revers de la médaille de la place financière. » Vincent Bechet LuxReal

« Le problème majeur dans la capitale est l’accès à des logements à prix raisonnables. »

GOLD SPONSOR

François Bausch Ministère du Développement durable et des Infrastructures

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MARDI 20.09.2016

JOURNÉE DE WORKSHOPS MAISON MODERNE 8 6 P H OTO S S U R PA P E R JA M . L U 5

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1 Jacqueline Coghlan (Dentons) et Tim Driscoll (Evatraining) 2 Elisa Jensen (Pwc) et Johny Goerend (Lightbulb) 3 Marc Gloesener (KYC Marketing) 4 Jean-François Théâtre (Topaze Holding), Mylène Tondu (MCD Team) et Patrick Ittah (UP CRM) 5 Rafika Khouil (Human Vision) 6 Gérald Claessens (Knewledge) 7 Norma Bello Cortes ( JES’tudio) et Joseph Stevens (Arcad) 8 Hervé Collignon (E-Tic Consulting), Gia Surply (Quantis) et Emmanuelle Tarrieu (CSC Computer Sciences)

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JEUDI 22.09.2016 – VINOTECA

LET’S TASTE : S U R P R I S E S V I N I C OL E S ( C E O - O NLY ) MAISON MODERNE 6 2 P H OTO S S U R PA P E R JA M . L U

1 Christophe Chudy (MCD Team) et Sara Buzzerio (Transperfect) 2 Mario Willems (CoachDynamix) et Bénédicte Bauer (Bauer & Partners) 3 Yasen Sarelakos (Composil) 4 Thibault de Barsy (Keytrade Bank) 5 Thomas Steiger (VP Bank) et Gwladys Costant (GoToFreedom) 6 Jocelyne Franssen (Hoani) et Catherine Kotsis (Epimelia Consulting)

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SAMEDI 24.09.2016

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GOLF & LEADERSHIP AU FÉMININ MAISON MODERNE 51 P H OTO S S U R PA P E R JA M . L U

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1 Sandie Woelffel (Paperjam Club) et Catherine Baflast (MNKS) 2 Myriam Faber (Faber Digital Solutions), Sandra Vogel (CRH-Lux), Jessica Claudel (Morgan Philips), Gila Paris (Cultureinside Gallery), Norma Bello Cortes ( JES’tudio), Nathalie Jeanson (Le Grand Club), Magali Larese (Paperjam Club) et Sandie Woelffel (Paperjam Club) 3 Myriam Faber (Faber Digital Solutions) et Jessica Henriot (B&F Avocats) 4 Catherine Baflast (MNKS) 5 Séverine Barbette (Qualia), Jessica Henriot (B&F Avocats), Yasmina Bekouassa (Hoche Partners Trust Services) et Norma Bello Cortes ( JES’tudio) 6 Sandra Vogel (CRH-Lux), Laurence Michel (Saturne Technology), Gila Paris (Cultureinside Gallery) et Nathalie Jeanson (Le Grand Club) 7 Christine Marchal (Manability) 8 Laurence Michel (Saturne Technology) 9 Jessica Claudel (Morgan Philips)

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JEUDI 06.10.2016

TE A TASTING MAISON MODERNE 4 3 P H OTO S S U R PA P E R JA M . L U

1 Isabelle Ferlin (IF Conseil et Coaching) 2 Virginie Bobb (Advisory Key) 3 Carrie Heiners (Villeroy et Boch) 4 Aurélien Bourdaa et Pol Bouratsis (MyAgency) 5 Carrie Heiners et Steve Federspiel (Villeroy et Boch) 6 Anne-Claire Delval (Hoani) et Éric Plasson (Randstad Professionals) 7 Constance Collette (Headstart), Aurélie Zambeaux (SGG Group) et Didier Hermant (IT Perform)

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MARDI 11.10.2016

T A B L E R O N D E A R C H I T E C T U R E  : L U X E M B O U R G , V I L L E T E N T A C U L A I R E  ? MAISON MODERNE 6 2 P H OTO S S U R PA P E R JA M . L U

1 Stéphane Gutfrind (Atelier d’architecture du centre) et Roby Eischen (Goblet Lavandier & Associés ingénieurs-conseils) 2 Didi Liu et Ugur Eroglu (étudiantes) 3 Françoise Bruck (Bruck + Weckerle Architekten), Sala Makumbundu (Christian Bauer & Associés architectes) et Lisi Teisen (Teisen-Giesler Architectes) 4 Jérôme Krier (Ministère du Logement) 5 Luc Wagner (WW+), Jan Kayser (CMCC), Jacques Wolter (Cabinet Jacques Wolter Avocats) et Alex Hornung (Bil) 6 Marc Lemmer (Bridging Gaps), Paul Fabeck (Bricks Solutions) et Claude Muller (Comed) 7 Denis Lecanu (Betic) et Aaron Grunwald (Delano) 8 François Bausch (Ministère du Développement durable et des Infrastructures) et Myriam Baur (MediaBat) 9 Irina Chireu (Romain Schmiz Architectes et Urbanistes) et Elena Lalueza (Arend+Thill)

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MERCREDI 28.09.2016

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10×6 COMMUNICAT ION : LESSONS LEARNED, LESSONS SHARED MAISON MODERNE 6 5 P H OTO S S U R PA P E R JA M . L U

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1 Joe La Pompe (copycat hunter) 2 Catherine Hegin (BGL BNP Paribas), Camille Groff (Mikado) et Sabine Deligny (BGL BNP Paribas) 3 Michèle Vallenthini (Fedil) 4 David Gavroy (Noosphere), Kristof Della Siega (Plan K) et Marc Haas (Binsfeld) 5 Joe La Pompe (copycat hunter), Laurent Goffin (Maison Moderne) et Johan Putseys (Initiative) 6 Fadoua Gebli (Adem) et Vinciane Istace (PwC) 7 Mike Koedinger (Maison Moderne), Charles Nadler (Ludwig) et Julien Becker (Skill Lab) 8 Naouelle Tir-van Overtfeld ( Jamendo), Sebastian Van Overtfeld (Tribes) et Mathieu Bomans ( Jamendo) 9 Stefan De Vriese (Autodis), Olivier Sciales (Chevalier & Sciales) et Johan Bierebeeck (Editus) 10 Sofia Lezcano, Martin Guerber et Camille Fabre ( Jamendo), Sebastian Van Overtfeldt (Tribes) et Liviu Iorgulescu ( Jamendo) 11 Lucie Delsalle (Kinneksbond), Noémie Comelli (Groupe GET) et Olivier Laidebeur (Office Freylinger) 12 Patrick Njiwoua (Ketterthill) 13 Keimpe Reitsma (Totalserve Management) et François Henryon (CRHLux) 14 Thibault Gregoire (TCOLondon) et Clément Huber (Ludwig) 15 Stéphane Di Carlo (EGB Hornung et Associés) et Monique Etienne (Klein Muller)

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NOUVEAUX MEMBRES

Bienvenue au Club ! Advisory Key Afil AMS Systems PSF Atalian Global Services Luxembourg Bamolux Bespoke Management CPV Bizzdev Catalis Compétence Géotechnique Luxembourg EF Education First Elliot Agence Immobilière Elvinger & Latini Assurances Étude Chevalier & Sciales Govsat Green Power International Groupe Atrium Immo future Jamendo Lights Technics Europ Luxidentity Mabilux Multiservices Express Delivery Musty Architectes Nos Terres OFE Qualia Consulting Rubicon Services SGI Ingénierie Tertia Conseil Willemen International Wordbee MEMBERSHIP

Rejoignez le Club ! LEARN INSPIRE NETWORK

Avec plus de 650 entreprises membres, le Paperjam Club est le plus grand business club du pays, avec 180 événements organisés par an.

NICOLAS POUILLEUX nicolas.pouilleux@maisonmoderne.com

SPONSORSHIP

Associez votre marque ! BU I LD YO U R BR AN D !

Chaque événement du Paperjam Club est un excellent moyen d’augmenter sa visibilité auprès d’une cible qualifiée captive.

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OLIVIER SCHWEIZER olivier.schweizer@maisonmoderne.com


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REPORTAGE

Un jour, une vie Le quotidien des chefs d’entreprise est souvent très dense, riche en rendez-vous, réunions et autres prises de décision. Illustration par l’exemple, avec Christiane Wickler, la directrice générale de Pall Center, que le photographe Patrick Galbats a suivie tout au long d’une journée.

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REPORTAGE

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REPORTAGE

DISCUSSION DU JOUR Parmi les aménagements en cours au sein de l’entreprise familiale, celui de La Brasserie du premier étage du Pall Center d’Oberpallen, qui change de visage à partir de décembre. C’est un café lifestyle qui doit voir le jour, où hamacs et cheminée (ou terrasse selon les saisons) accompagneront une offre en librairie-papeterie, une boutique Senteurs, une épicerie fine, une boutique du thé, ainsi qu’une sélection de décorations scandinaves et petits mobiliers.

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REPORTAGE

VENDREDI, 9H30 Christiane Wickler fait le point, comme chaque semaine, sur les chantiers en cours avec Nicolas Blum, responsable Merchandising, Fabrice Michaux, directeur Horesca, et Dorothée Motir, brand manager.

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REPORTAGE

9H26, 10H23... Petit coup d’œil sur les différentes boutiques et le supermarché entre deux réunions. Pour rester efficace, la directrice générale a son propre rituel : jus pressé orange-gingembre pour démarrer, et thé à la menthe fraîche tout au long de la journée.

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REPORTAGE

10H Autre point hebdomadaire, la mise à jour de la stratégie d’achat et d’assortiment food, vers une offre toujours plus organic, local, lifestyle et fair. Présentation des nouveautés avec Yannick Marting, directeur des achats, et Dorothée Motir.

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REPORTAGE

12H Le temps d’un lunch professionnel, l’administrateur délégué du Pall Center discute avec Valérie Dubois-Chahmérian, sa partenaire dans le groupement d’intérêt économique Lëtzebuerg Design – Luxembourg House Concept Store de la capitale. Le tout accompagné, bien sûr, d’un thé à la menthe.

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REPORTAGE

14H Valérie Dubois-Chahmérian et Christiane Wickler se rendent à l’hôtel de ville de Remich pour un partage d’idées et de bonnes pratiques concernant le développement et le rayonnement des produits du terroir luxembourgeois, avec l’échevin Pierre Singer. Pall Center a des accords avec une cinquantaine de fournisseurs luxembourgeois. Viande, charcuterie, bières et alcools, chocolat, produits laitiers… le local est privilégié dans les rayons.

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REPORTAGE

15H30 Dernier meeting de ce vendredi à la Luxembourg House, au cœur de la capitale. Elle y rencontre notamment Ronnie Stiefer, ambassadeur Luxembourg House Concept Store, pour une réunion collaborative au sujet de l’implantation des nouveautés. La journée de cette cheffe d’entreprise se terminera à l’issue de cette réunion, pour laisser place à son rôle de mère de famille.

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BAVARDAGES

EN BONNE INTELLIGENCE Plutôt incisif il y a quelques années, le Jeune Barreau, mené par Henry De Ron (au milieu) et Cédric Bellwald (à gauche), compte sur une collaboration fructueuse avec le bâtonnier François Prum.

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BAVARDAGES

 DEUX GÉNÉR ATIONS FACE À FACE

Robes noires à l’épreuve du temps CA M I L L E F R AT I |

PAT R I C K GA L BAT S

 De nouvelles têtes sont apparues à la rentrée au Barreau, avec Me François Prum, bâtonnier pour deux ans, et Me Henry De Ron, président de la Conférence du Jeune Barreau pour un an, auquel succédera Me Cédric Bellwald, vice-président.

 Outre les réformes en cours et

à venir, deux générations sont confrontées à une actualité qui les concerne tout particulièrement.

A

u Barreau comme au Jeune Barreau, la continuité fait loi avec un triumvirat réunissant l’ancien bâtonnier ou président, l’actuel et le prochain. Cette année, Me Rosario Grasso a cédé sa place à Me François Prum, même éloquence élégante, au bâtonnat, tandis que Me Benjamin Bodig a passé la main à Me Henry De Ron, plus policé mais non moins précis, assisté de son vice-président Cédric Bellwald. Deux générations pour faire face aux mutations de la société et à l’actualité, qui touchent leur profession de plein fouet. Paperjam les a réunies autour d’une discussion aussi informelle qu’elle peut l’être entre trois avocats. Au printemps dernier, le Barreau a mis sur le tapis la problématique des langues requises pour devenir avocat... f r a n ç o i s p r u m Nous sentons depuis un certain temps qu’il y a un besoin d’avocats sur la Place et nous sommes conscients que tous ces avocats ne doivent pas nécessairement être en mesure de s’exprimer correctement ou de lire et écrire l’allemand et le luxembourgeois. C’est sur base de cette réalité que nous avons décidé, au sein du conseil de l’Ordre l’année dernière, de créer une certaine ouverture et d’encourager le ministère de la Justice à changer la législation pour permettre un accès un petit peu plus large à ces candidats d’origine francophone.

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BAVARDAGES

Je trouve que c’est regrettable que de jeunes juristes, qui sont prêts à faire l’effort parfois difficile de venir à Luxembourg, de s’intégrer, de suivre les cours complémentaires en droit luxembourgeois (CCDL) et qui réussissent leur examen, restent simples juristes parce qu’ils ne parlent pas luxembourgeois et allemand. Ce n’est plus de notre temps. Notre droit se pratique en français, sinon en anglais. Après, on peut bien évidemment par d’autres règles veiller à ce que les avocats qui ne pratiquent pas ces deux langues ne travaillent pas dans les dossiers où elles sont nécessaires. h e n r y d e r o n La problématique des langues est une réalité à laquelle ne sont pas uniquement confrontés les avocats, mais également beaucoup d’autres professions. La profession d’avocat est définie par une interaction souvent très présente avec des justiciables qui ont besoin de conseils, qui ont besoin d’un relais pour communiquer en leur nom avec les autorités et dans certains cas, il peut s’avérer utile et important de maîtriser les langues. Ce n’est pas le cas dans toutes les branches du droit. Et j’estime à titre personnel qu’il ne faut pas créer de barrières. c é d r i c b e l l w a l d Le fait d’imposer des conditions de langues plus contraignantes que celles qu’on peut avoir dans le cadre de l’accès à la nationalité luxembourgeoise n’est plus dans l’air du temps. J’ai pu constater que de nombreux juristes de qualité n’ont pas pu avoir accès à notre profession tout simplement parce qu’ils ne parlaient pas l’allemand et le luxembourgeois, ce qui est vraiment dommage pour notre Barreau. f . p . Finalement, ce qui nous motive à vouloir changer tout cela, c’est que quelque part le système est pervers. La liste IV, la liste « home title », permet aux avocats de l’Union européenne de s’inscrire ici sans qu’on puisse leur demander une quelconque connaissance en luxembourgeois ou en allemand parce que ce sont tout simplement les règles européennes. Au bout de trois ans, ils accèdent tout naturellement à la liste I (avocat à la Cour). Ça mène vers un système totalement discriminatoire.

Quelle est votre proposition concrète pour dissiper cette injustice ? f . p . L’idée est d’ouvrir un accès plus large à la profession à ceux qui ne maîtrisent actuellement que le français, de leur faire passer le CCDL, qu’ils soient inscrits à la liste II et au cours de leur stage, ils verront bien s’ils ont vraiment besoin d’une autre langue. S’ils en ont besoin, ils feront l’effort. Quant aux autres, on les responsabiliserait, comme on le fait pour ceux de la liste IV qui accèdent à la liste I : on leur ferait signer une attestation par laquelle ils s’engageraient à ne pas travailler dans des dossiers dans lesquels des langues autres que celles qu’ils maîtrisent sont utilisées. Tout comme il est sous-entendu de ne pas traiter des dossiers dans des matières qu’on ne maîtrise pas. Si jamais, par après, il s’avère qu’ils ont néanmoins accepté une cause sans en maîtriser la langue, c’est la sanction disciplinaire qui les attend. h . d . r . Est-ce qu’il est nécessaire pour un avocat de connaître toutes les langues à la perfection ? J’estime que non. La seule chose qui devrait être plus encouragée serait d’avoir des formations offertes à prix abordables et par des 144 ­—

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« Si vous voulez vous payer le meilleur jeune avocat, ne vous attendez pas à ce qu’il vous facture le prix de l’assistance judiciaire. » Henry De Ron Président Conférence du Jeune Barreau

instituts qui bénéficient des agréments nécessaires dans le cadre du système européen des critères de compétences de langues. Ce n’est pas une problématique qui peut se résumer au Barreau ou à la justice. C’est une question d’ordre politique. Mine de rien, le Barreau, c’est 2.500 personnes et autant d’expériences personnelles. Le Barreau pourrait probablement contribuer à proposer des pistes de solutions. Que pensez-vous de la pétition 698 qui veut consacrer le luxembourgeois langue administrative ? h . d . r . Je trouve personnellement que c’est une question intéressante qui doit être soumise au débat public. c . b . Je vois plutôt les problèmes pratiques qui en résulteraient. Comment s’imaginer qu’on soit obligés de rédiger nos actes dans la langue luxembourgeoise alors que la grande majorité des Luxembourgeois n’écrivent pas forcément un luxembourgeois grammaticalement correct ! Par ailleurs, la langue luxembourgeoise ne permet pas aux praticiens de s’exprimer adéquatement dans leur jargon juridique dans la mesure où de nombreux termes juridiques n’existent tout simplement pas dans cette langue. h . d . r . À ma connaissance, il existe deux ou trois actes d’asbl rédigés en langue luxembourgeoise. Ils sont plus difficilement compréhensibles. D’expérience, il n’est pas évident non plus d’écrire une lettre juridique en luxembourgeois. f . p . … et on n’est pas sûr non plus d’être bien compris. Je me réjouis de la réaction de Me Vogel (auteur d’une lettre ouverte, ndlr), qui dit que c’est d’un ridicule mortel, sachant que d’un autre côté, il est absolument d’avis que tous les avocats plaideurs doivent nécessairement comprendre les langues du procès. On peut plaider en fait en droit pénal ou devant la justice de paix, mais dès que cela devient

CV EXPRESS

HENRY DE RON 1982 Naissance à Luxembourg 2006 Maîtrise en droit privé (Université Paul Cézanne, Aix-enProvence, et University College, Londres) 2006 Diplôme universitaire en criminologie (Institut des sciences pénales et de criminologie, Aix-en-Provence) 2007 Master of Laws, Cornell Law School, État de New York 2008 Admis aux Barreaux de Luxembourg et de New York 2007-2009 Étudiant juriste puis avocat stagiaire chez Allen & Overy, Luxembourg Depuis 2009 Avocat stagiaire puis avocat à la Cour, Kleyr Grasso Associés 2011 Admis au Barreau de Paris 2016-2017 Président de la Conférence du Jeune Barreau de Luxembourg


BAVARDAGES

complexe, la langue luxembourgeoise ne s’y prête pas. J’ai l’impression que des mouvements un peu populistes resurgissent alors que la langue a de nouveau le dessus, les jeunes envoient leurs textos en luxembourgeois, et les gens sont encouragés à l’apprendre. Mais de là à en faire la langue officielle de référence, c’est nier d’où on vient. h . d . r . La solution de 1984, avec une langue nationale et deux langues administratives, était intéressante. Depuis, on a ouvert la possibilité de saisir l’administration par écrit en luxembourgeois et de se voir répondre dans cette langue. Le débat étant : jusqu’où doit aller la flexibilité et comment l’adapter au contexte actuel ? Le Jeune Barreau revendique depuis deux ans une rémunération décente des jeunes avocats. Où en est ce dossier ? h . d . r . C’est effectivement la première revendication que nous avions émise, mais par la suite nous nous sommes rendu compte qu’il fallait replacer cela dans le contexte du bien-être des avocats. C’est la raison pour laquelle le Jeune Barreau est en train de finaliser un questionnaire qui va être destiné à l’ensemble des avocats, sous réserve de l’approbation du bâtonnier. Le questionnaire sera évidemment couvert par l’anonymat. Il permettra de retirer quelques informations, de savoir quels problèmes se posent et de les aborder. Nous allons relayer ces informations à l’Ordre. f . p . Il ne faudrait surtout pas que les patrons abusent d’une main-d’œuvre considérée comme bon marché. Les jeunes avocats sont tous à bac +5, la grande majorité à +6 ou +7. Il est tout simplement inconcevable qu’ils gagnent le salaire minimum qualifié, et parfois moins. Il en va de la dignité et de l’honorabilité de ceux qui les emploient. c.b. Monsieur le bâtonnier, si jamais sur base du sondage que nous venons d’évoquer, il s’avérait qu’il y ait des problèmes au niveau de la rémunération d’un avocat, serait-il envisageable que des directives soient émises et distribuées aux confrères, ou interviendrez-vous au cas par cas pour vérifier la situation du confrère en cause ? f.p. Si un jeune avocat avait été effectivement rémunéré en-deçà du minimum légal, l’Ordre serait amené à prendre des sanctions disciplinaires. Les jeunes avocats ont-ils des besoins particuliers par rapport à leurs aînés ? h . d . r . On nous a fait le reproche – mais c’est une réalité – que le Jeune Barreau crée des événements pour pouvoir permettre aux plus jeunes de se rencontrer, de se fréquenter dans un contexte qui est hors de leur profession stricte. Il s’agit de passer du temps ensemble, de faire connaissance avec la possibilité pour les moins jeunes d’être aussi présents et de rencontrer des jeunes avocats. Il est important que nous soyons comme une grande famille, car être avocat c’est aussi être soumis à des règles déontologiques communes. Le Jeune Barreau est aussi compétent dans l’organisation de la formation continue. Nous offrons également d’autres formations à prix abordables, notamment sur ce qu’il faut faire lorsqu’on souhaite s’installer, parce qu’un avocat n’est pas forcément un gestionnaire-né. 146 ­—

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« On peut plaider en fait en droit pénal ou devant la justice de paix, mais dès que cela devient complexe, la langue luxembourgeoise ne s’y prête pas. » François Prum Bâtonnier Barreau de Luxembourg

CV EXPRESS

FRANÇOIS PRUM 1962 Naissance à Luxembourg 1987 Maîtrise en droit privé de l’Université de Montpellier 1988 Admis au Barreau de Luxembourg 1988-1990 Avocat stagiaire chez Charles Turk Depuis 1990 Associé fondateur de l’étude Turk & Prum 2000 Entrée au conseil de l’Ordre des avocats 2016-2018 Bâtonnier de l’Ordre des avocats du Barreau de Luxembourg Autres fonctions ➥ Médiateur agréé au Centre

de médiation du Barreau de Luxembourg ➥ Ancien vice-président du Conseil disciplinaire et administratif des avocats du Grand-Duché de Luxembourg ➥ Ancien membre de la Commission de Grâce du Luxembourg ➥ Membre du jury d’examen de fin de stage judiciaire ➥ Membre de l’Union internationale des avocats

Qu’attendez-vous de la réforme de l’assistance judiciaire que le ministère de la Justice prépare depuis 2013 ? h . d . r . Pour le jeune avocat, l’assistance judiciaire est une source de revenus intéressante et qui permet d’entamer certaines pratiques comme la permanence, où l’avocat est requis pour assurer la défense du justiciable. Maintenant, le métier d’avocat est un certain business. Il faut composer sa clientèle entre ceux qui bénéficient de l’assistance judiciaire et les autres, pour créer une étude qui a les reins solides, parce que les rentrées de l’avocat fluctuent. Une fois que le projet du ministre de la Justice sera sur la table, il faudra voir s’il répond aux besoins des avocats qui vivent en partie de l’assistance judiciaire et s’il y a des solutions alternatives. Le Jeune Barreau souhaite entamer une collaboration avec le Barreau et soumettre ses idées ou celles de jeunes avocats au conseil de l’Ordre qui sera notre relais vers le ministre. c . b . Il y a aussi de graves problèmes par rapport à l’éligibilité du justiciable à l’assistance judiciaire. On retrouve souvent le cas de personnes qui gagnent légèrement plus que le seuil, mais qui en fin de compte ne peuvent pas se payer un avocat. L’assistance judiciaire a besoin d’une mise à jour complète. Faut-il aussi redorer l’image de l’avocat, qui est souvent présenté comme onéreux ? h . d . r . Chaque avocat a son prix. C’est une discussion entre le justiciable et son conseil juridique. Si vous voulez vous payer le meilleur jeune avocat, ne vous attendez pas à ce qu’il vous facture le prix de l’assistance judiciaire. L’avocat a des frais, des dépenses, une structure à gérer, une secrétaire…


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Où allez-vous manger aujourd’hui ?


BAVARDAGES

On peut se poser la question de savoir si les honoraires ne devraient pas être affichés officiellement, comme cela se pratique dans certains de nos pays voisins. C’est un débat qu’il faudra éventuellement mener. Le Jeune Barreau et le Barreau ne sont cependant pas là pour imposer des solutions toutes faites. f.p. Je tiens à souligner que nous sommes et resterons une profession libérale et indépendante. Tout ce que nous demandons à nos membres, c’est d’être extrêmement transparents avec leurs mandants respectifs quand il s’agit d’arrêter le coût de chaque prestation. Rares sont les confrères qui se retrouvent avec un problème d’honoraires taxés en fin de dossier s’ils ont suffisamment abordé cette question avec leur client. Si jamais les honoraires sont contestés par un mandant parce qu’il est d’avis que l’avocat a été trop gourmand, le conseil de l’Ordre va regarder le dossier de très près pour voir si les honoraires sont appropriés ou exagérés. Une taxation du conseil de l’Ordre s’impose à l’avocat qui ne pourra pas réclamer plus à son mandant que ce que le conseil de l’Ordre a arrêté. L’ancien procureur général d’État, Robert Biever, évoquait dans ses pistes de réflexion sur la modernisation de la justice des délais trop longs, dont les avocats étaient en partie responsables. Les avocats ont-ils une marge de manœuvre pour contribuer à la réduction des délais ? f . p . L’ancien procureur général d’État donne quelques bonnes pistes pour désengorger la justice. Maintenant, notre justice est-elle vraiment trop lente ? Pour l’avoir vécue 26 ans, quelque part on s’y fait. Cette justice ne fonctionne pas si mal que ça en termes de rapidité, comparé aux pays voisins. Je ne pense pas que ce soit nécessairement le nombre ou l’initiative des avocats qui soient à l’origine d’un ralentissement. Quand je pense à la procédure civile de mise en état, il faudrait déjà que les juridictions appliquent une procédure unique pour que ce soit pareil d’une chambre à l’autre. Le juge peut exiger des avocats de respecter les délais, mais il faudrait surtout qu’il étudie les conclusions avant que la procédure soit clôturée. Je suis très content de lire que notre nouveau président de la Cour supérieure de justice (Jean-Claude Wiwinius, ndlr) s’intéresse de près à l’efficacité de la justice (voir Paperjam de septembre-octobre). Je pense que cette attitude aura de bonnes répercussions sur tous les concernés. h . d . r . C’est parfois la volonté des parties, parfois aussi l’enjeu qui font qu’un dossier dure plus longtemps. Et puis les parties ont encore le droit de discuter entre elles. c . b . Quand on rencontre des retards, il y a toujours une raison. Ce n’est pas toujours la justice, mais les parties ou un avocat qui traîne. Cependant, ce dernier se fait généralement très rapidement rappeler à l’ordre dans le cadre de l’injonction de conclure par exemple en présence d’une procédure civile. h . d . r . Dans la procédure civile, on pourrait éventuellement mettre sur la table de réflexion 148 ­—

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« L’assistance judiciaire a besoin d’une mise à jour complète. » Cédric Bellwald Vice-président Conférence du Jeune Barreau

la question du seuil. Il faut introduire une procédure civile écrite laborieuse pour toutes les affaires au-delà de 10.000 euros. Mais si on parle de 15.000 euros aujourd’hui, est-ce le même montant qu’il y a 10 ans ou 20 ans ? Je pense que non. Ne pourrait-on pas augmenter le seuil de compétences des juges de paix pour être plus expéditifs dans certaines procédures en pouvant bénéficier de l’oralité des débats ? Au printemps, les Panama Papers ont exposé les noms d’avocats et de cabinets luxembourgeois ayant domicilié des sociétés via le Panama. C’est un nouveau coup porté à l’image du pays... f . p . Bien évidemment, le Luxembourg souffre un peu de ces révélations. Je ne pense pas qu’on ait été plus visé que ça. Par contre, à la suite des Panama Papers, l’Administration des contributions directes s’est adressée à deux reprises aux avocats qui pratiquent la domiciliation en leur demandant de fournir des informations sur leurs clients. L’Ordre des avocats a réagi par deux courriers très circonstanciés à la prédite administration. C’est très important pour notre profession et la protection de nos mandants de préserver le secret. h . d . r . C’était avant mon temps. Les jeunes avocats ne sont pas vraiment concernés par ces affaires-là. Nous nous plions aux règles de blanchiment et nous essayons de développer nos affaires en adéquation avec les règles en vigueur. Laissons la justice faire son travail.  EN RÉSUMÉ

Réforme de la justice, de l’assistance judiciaire ou des tests de langues : le Barreau et le Jeune Barreau prévoient de renforcer leur collaboration afin de répondre au mieux aux besoins des avocats, qu’ils soient jeunes ou moins jeunes. 

CV EXPRESS

CÉDRIC BELLWALD 1982 Naissance à Luxembourg 2007 Maîtrise en droit et études européennes – mention droit privé, Université Robert Schuman, Strasbourg 2008 Master 2 en droit et études européennes – sciences criminelles – prévention des fraudes et du blanchiment, Université Robert Schuman, Strasbourg 2009 Cours complémentaires en droit luxembourgeois 2008-2014 Avocat à la Cour chez Elvinger Hoss Prussen 2014-2015 Avocat à la Cour, Étude Bellwald Depuis 2015 Counsel chez Di Stefano Moyse 2016-2017 Vice-président de la Conférence du Jeune Barreau de Luxembourg


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LIFESTYLE

ALEX REDING Coordinateur de la Luxembourg Art Week qui se tient à la Halle Victor Hugo.

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LIFESTYLE

ART CONTEMPORAIN

Luxembourg Art Week : une semaine de passion Du 9 au 13 novembre se déroule pour la seconde fois Luxembourg Art Week, une foire d’art contemporain organisée à la Halle Victor Hugo à Luxembourg. Nous avons rencontré Alex Reding, son coordinateur. C É L I N E C O U B R AY |

MIKE ZENARI

P

ouvez-vous nous repréciser le contexte de création de Luxembourg Art Week ? a l e x r e d i n g La première édition de Luxembourg Art Week a été réalisée en 2015 pour plusieurs raisons. D’abord, Luxembourg est la seule ville à 200 km à la ronde qui a un marché de l’art qui fonctionne vraiment. Nancy et Metz n’en ont pas, Sarrebruck et Trèves n’en ont pas, Liège et Namur non plus. On commence seulement à en avoir un petit peu à Strasbourg. Les autres marchés les plus proches sont à Cologne et Bruxelles. D’autre part, Luxembourg, grâce à sa position de plateforme internationale, a la chance d’accueillir plusieurs grandes fortunes et des sociétés qui constituent des collections d’art contemporain. Nous avons également sur notre territoire plusieurs amateurs et collectionneurs d’art contemporain. Nous avions donc un terreau fertile pour organiser une foire d’art contemporain, à la hauteur de nos ambitions nationales et internationales. La foire évolue pour cette seconde édition. Pouvez-vous nous préciser ces changements ? Il y a des éléments qui évoluent et d’autres qui sont les mêmes. Pour ce qui ne change pas, c’est la section Positions qui se déroule dans la Halle Victor Hugo et accueille les galeries luxembourgeoises et une sélection de galeries internationales. Cette année, il y aura 23 galeries de renom venues de six pays – Luxembourg, Allemagne, France, Belgique, Italie et Autriche. Elles exposeront un large spectre de la création contemporaine, aussi bien dans la diversité des styles que des pratiques artistiques. Ce qui ne change pas non plus, c’est l’organisation, en parallèle de Positions, du salon annuel du Cercle artistique de Luxembourg. Sur plus de 800 m2, cette exposition permettra d’avoir un bon aperçu de la scène artistique du pays, à travers une sélection d’artistes établis et émergents. Chaque artiste pourra exposer trois œuvres qui sont également en vente. Par contre, parmi les grandes nouveautés, il y a la nouvelle section Take Off, un pavillon spécialement aménagé sur le parvis pour accueillir des exposants issus des scènes locales et régionales qui présentent des œuvres d’art à prix abordables, c’est-à-dire moins de 3.000 euros.

Cette section a été voulue par le Premier ministre et ministre de la Culture Xavier Bettel et est soutenue par le gouvernement. Qui sont les participants à cette nouvelle section Take Off ? On trouve des galeries en ligne, une galerie nomade, des collectifs d’artistes, des jeunes galeries, etc. C’est une accessibilité à double niveau : à la fois pour les collectionneurs qui n’ont pas des moyens importants, et pour les jeunes structures qui ne peuvent se permettre de payer de stands dans une foire. Et parmi les participants à Positions ? On retrouve bien entendu toutes les galeries qui comptent à Luxembourg et une sélection de galeries internationales, dont certaines représentent le travail d’artistes luxembourgeois. Comment sont sélectionnées ces galeries ? Elles participent à l’événement sur invitation. Je veille à maintenir un bon équilibre entre les pays de provenance, le type d’art qu’elles exposent, les médiums présentés et la gamme de prix des œuvres. Pourquoi cette ouverture vers des pays plus lointains que la Grande Région ? Par intérêt pour les galeries et parce qu’en augmentant le nombre de galeries présentes, on peut élargir le périmètre de provenance. Cela nous permet d’avoir une plus grande ouverture sur l’Europe avec des galeries en provenance de Dresde, Vienne, Milan. Mais sans jamais inclure les marchands… Effectivement, il s’agit toujours de galeries qui ont une véritable politique d’exposition, qui défendent les artistes vivants. Je ne souhaite pas donner la place aux marchands ou aux personnes qui ne reçoivent que sur rendez-vous dans leur appartement. Ça, c’est vraiment un autre métier. Avoir une galerie, j’estime que c’est aussi avoir un rôle à jouer dans la société, dans une ville, participer au vivre ensemble. Acheter et vendre des tableaux, ce n’est pas promouvoir l’art dans une ville ni même accompagner les artistes dans leur dévelop­ pement professionnel.

Luxembourg Art Week, n’est-ce pas encore une foire en plus sur un marché qui est déjà très saturé ? Luxembourg Art Week, avant d’être une énième foire, est surtout un rendez-vous con­ vivial autour de l’art. Nous ne sommes pas une grande ville, nous devons rester modestes, à notre échelle. Il est important de nous appuyer sur la scène existante, de fédérer les acteurs locaux et leurs clients réguliers, tout en essayant d’en capter de nouveaux. Il y a d’un côté les très grands rendez-vous internationaux comme la Fiac ou Art Basel, mais il est possible d’organiser également des événements à plus petite échelle qui sont con­ viviaux et de qualité. C’est le cas par exemple à Monte-Carlo, Genève, Salzbourg ou encore Munich. Ce ne sont pas des foires qui espèrent une clientèle internationale, mais qui se con­centrent sur la clientèle locale et qui visent à consolider la cohésion des acteurs locaux. Quels sont les événements parallèles auxquels il sera possible de participer pendant la foire ? Il y a une série de conférences que nous organisons en partenariat avec les institutions culturelles locales et de la Grande Région : la Villa Vauban, le Mudam, le Casino, Private Art Kirchberg, le Centre Pompidou-Metz. La radio 100,7 nous aide pour la retransmission de ces rencontres et la modération. Nous apporterons des sujets comme les collections d’entreprises, comment penser notre frontière géographique comme un trait d’union culturel ou le statut de l’art luxembourgeois. Également dans la Halle, le Casino Luxembourg – Forum d’art contemporain délocalise son info-lab le temps de l’événement pour proposer un espace de documentation spécialisé en art contemporain. Luxembourg Art Week est aussi un moment intéressant pour les entreprises. C’est l’occasion pour elles de participer à un événement de prestige, d’inviter leurs clients, de faire découvrir Luxembourg sous un autre jour, de réaliser des circuits « art » dans nos différentes institutions et galeries en ville. Il y a donc de nombreux événements corporate qui sont organisés. Justement, pour répondre aux besoins des collections d’entreprises, vous avez créé un club lié à Luxembourg Art Week. De quoi s’agit-il ? Ce club est une plateforme spécialisée pour les besoins des collectionneurs. Il permet une mise en relation entre les collectionneurs ou entreprises qui possèdent des œuvres d’art et des prestataires de services spécialisés et indépendants dont nous connaissons la qualité du travail. C’est une aide à la gestion des collections. C’est une manière de ressentir les bénéfices de Luxembourg Art Week tout au long de l’année.  WWW.LUXEMBOURGARTWEEK.LU

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LIFESTYLE

L’ A R T A U B O A R D

Les Gardiennes du regard Les salles des conseils d’administration des grandes entreprises sont des lieux de pouvoir assez secrets. Beaucoup y exposent des œuvres d’art, issues de leur collection. Première étape pour percer le mystère chez Arendt & Medernach, qui vient d’installer une œuvre de Marie-Jo Lafontaine dans sa boardroom. F R A N C E C L A R I N VA L |

S

i le cabinet d’avocats collectionne l’art, et la photo en particulier, depuis longtemps, passer une commande spécifique pour une salle particulière est une nouveauté née avec la construction de son bâtiment. Après Beat Streuli dans l’auditorium et Julian Opie côté rue, c’est à Marie-Jo Lafontaine que la commande a été passée pour orner les murs de la salle de conseil. L’artiste belge livre avec Les Gardiennes du regard une œuvre forte qui ne laissera pas les administrateurs indifférents. Cinq portraits de femmes semblent en effet (sur)veiller la salle et ce qu’il s’y passe. Marie-Jo Lafontaine a le sens du dispositif et de l’intégration de ses œuvres dans 152 ­—

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ERIC CHENAL

l’espace. La collusion entre une œuvre et l’architecture du lieu est rarement aussi maîtrisée. La maîtrise peut d’ailleurs être vue comme un fil rouge dans les portraits de Marie-Jo Lafontaine, car elle travaille longuement avec ses modèles pour qu’ils prennent conscience d’eux-mêmes. « Aux comédiennes avec lesquelles j’ai travaillé ici, j’ai demandé de se concentrer d’abord sur leur assise, leur dos, de prendre conscience de la position de chaque vertèbre. Puis de réfléchir à leur bouche, leurs lèvres, le rythme de leur respiration », détaille l’artiste. Elle ne fait pas autrement quand elle travaille avec des enfants (Kinder der Ruhr), des adolescents (Liquid Crystals, Babylone Babies) ou dans

d’autres contextes (Les Baigneuses). Derrière la pose classique et la rigueur de la composition, ces jeunes figures féminines ne sont plus vraiment des portraits car elles évacuent toute dimension psychologique personnelle pour inviter le spectateur à prendre conscience de lui-même. À côté de chaque image en noir et blanc, un aplat de couleur monochrome, sourde et foncée constitue la deuxième partie de chaque photo. Selon Marie-Jo Lafontaine, « c’est une zone de liberté pour le spectateur, une zone de voyage ». De fait, le monochrome offre un répit pour notre propre regard, une surface de projection, miroir de notre propre conscience. 


À BOIRE !

Nouveautés houblonnées

LIFESTYLE

Si elle est une boisson populaire et bon marché, de plus en plus de bières de niche se développent, avec de nouveaux arômes, des recettes plus pointues et des packagings audacieux. Trois exemples qui viennent d’arriver sur le marché. F R A N C E C L A R I N VA L |

MAISON MODERNE

Simon IPA Simon est la première brasserie luxembourgeoise à se lancer dans la IPA. L’Indian Pale Ale est une bière de fermentation haute. Des malts spéciaux sont utilisés pour lui donner sa couleur orangée et un goût malté. L’idée est de faire ressortir l’arôme des houblons plutôt que leur amertume. Cinq houblons différents entrent dans la recette, dont un en « dry hopping » – houblonnage à froid, la bière est infusée avec un houblon durant sa fermentation. Ce houblon donne également une note d’agrumes. La bière titre environ 5 % d’alcool, ce qui est assez léger pour ce type de bière. Après avoir été lancée à la pression dans quelques bars de la capitale, Simon propose désormais sa IPA en bouteille. WWW.BRASSERIESIMON.LU

Réserve Royale

Fox Beer Après un régime sans sucre nécessaire pour perdre du poids, Pierre Beck a eu une idée : réaliser une bière low carb, sans sucres résiduels. Il développe la recette en Allemagne, à la Forschungsbrauerei Weihenstephan. Cinq essais plus tard, avec les produits classiques de la bière et sans adjonction d’autre chose, voilà la Fox Beer avec 30 % de calories et 70 % de glucides en moins qu’une bière classique, mais alcoolisée normalement (4,7 %). La technique et la recette sont évidemment secrètes, tout juste sait-on que le brassage est deux fois plus long (5 à 6 semaines) que pour une pils classique. La Fox Beer est brassée en Belgique, chez Belgo Sapiens Brewers. On conseille de la boire bien froide, directement à la bouteille.

Parce qu’ils rêvaient de créer une bière d’exception, le Luxembourgeois Roy de Marco et le Belge François-Xavier Delahaut se sont mis en quête d’ingrédients de premier plan, uniquement produits en Belgique. La Réserve Royale Blonde a vu le jour après deux ans de recherches. Elle est brassée à partir d’un assemblage de houblons aromatiques produits par de petites exploitations, dans le nord de la Belgique. Contrairement aux bières industrielles produites en fermentation basse, celle-ci fait l’objet d’une fermentation haute : une fois mise en bouteille, la bière est refermentée pendant 20 jours dans une pièce sombre et humide chauffée à 25 °C. Les bouteilles reposent ensuite 2 à 3 mois au frais pour terminer le processus de maturation. C’est une bière légère, avec des bulles fines, qui plaira à un public féminin. L’originalité réside dans la bouteille, inspirée du champagne et en verre transparent. Une bouteille à partager, dans les bars chics de la capitale. WWW.RESERVEROYALE.COM

WWW.FOXBEER.LU

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LIFESTYLE

GASTRONOMIE

Et les gagnants sont… À l’occasion de la sortie de la 22e édition du guide Explorator, Paperjam présente une partie des résultats des Prix de la Presse 2017. Douze journalistes spécialisés dans la gastronomie au Luxembourg ont élu les meilleurs restaurants du pays. F R A N C E C L A R I N VA L

MEILLEUR NOUVE AU RESTAUR ANT

MEILLEUR RE S TAUR A NT G A S TRONOMIQUE

MEILLEUR RESTAUR ANT FR ANÇAIS

Thomas Murer, demi-finaliste de Top Chef, a investi l’ancienne école du village très bien restaurée pour y servir une cuisine plus simple que ce que le petit écran nous avait montré, mais avec beaucoup de talent derrière les envois. La qualité du service s’ajoute à celle de l’assiette, où les produits du terroir sont valorisés.

Le chef René Mathieu délivre une cuisine con­ temporaine généreuse et vivante. Il travaille des produits locaux et bio et utilise des morceaux oubliés pour valoriser la viande. Ses envois en mettent plein la vue dans leur composition, leur originalité et leur goût. Il manie les fleurs et les légumes comme personne.

Le chef sert une cuisine française précise et goûteuse. Il s’amuse de notes d’agrumes dans plusieurs plats, petits clins d’œil au nom du restaurant et apporte des techniques actuelles pour magnifier le goût des produits. Rien que des produits de saison, préparés de manière contemporaine. Le service est attentionné et professionnel.

33A, GRAND-RUE À HOBSCHEID

8, RUE DU CHÂTEAU À BOURGLINSTER

2, PLACE DE NANCY À LUXEMBOURG (HOLLERICH)

MEILLEUR RESTAUR ANT ITALIEN

MEILLEUR RESTAUR ANT ASIATIQUE

MEILLEUR SERVICE

C’est une vraie osteria à l’italienne où l’équipe, autour de Daniel Pupita, sait faire une cuisine authentique et généreuse. La carte regorge de plats traditionnels italiens mais aussi de suggestions plus originales, comme le thon à la sorentine, les pâtes aux légumes vapeur, ou le risotto aux fruits de mer. Jolie carte des vins également.

Hajime, le patron, est un parfait ambassadeur de la cuisine de son pays qu’il explique et détaille avec soin. En cela, il est bien aidé par Akira, chef plusieurs fois récompensé, qui officie en cuisine. Le tout avec un service impeccablement tenu. C’est un voyage et une découverte de chaque instant, que ce soit avec de simples sushis ou des plats cuisinés.

C’est non seulement un des meilleurs restaurants du pays, mais aussi l’endroit où le service ne fait jamais défaut. Edwige, la femme du chef, accueille les clients avec sourire et savoir-faire. Le maître d’hôtel, Didier Le Hersan, prend le relais avec ce qu’il faut d’humour et un professionnalisme sans faille. Son équipe poursuit avec le même talent et la juste distance avec la clientèle.

71, RUE DE MERL À LUXEMBOURG (MERL)

4, RUE MUNSTER À LUXEMBOURG (GRUND)

9, PLACE CLAIREFONTAINE À LUXEMBOURG (VIEILLE VILLE)

DUE GALLI

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LA DISTILLERIE

KAMAKURA

LA BERGAMOTE

CLAIREFONTAINE

E X P LO R ATO R (A R C H I V E S)

AAL SCHOUL


Discover one of the most amazing venues in Luxembourg

NIGHT BAR • RESTAURANT • STRIP BAR UNDER ONE SINGLE ROOF

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EN LIGNE

Chaque jour, retrouvez toute l’actualité business et accédez à de nombreux services en ligne sur paperjam.lu. Plus de 25.000 lectrices et lecteurs sont déjà abonnés à la newsletter biquotidienne, et vous ?

FACT CHECKING Évolution de la population résidente au Luxembourg

CITATION ■ Luxembourgeois ■ Étrangers

« La place financière a un rôle fondamental à jouer dans la lutte contre le réchauffement climatique. » Pierre Gramegna Le ministre des Finances a salué l’initiative de Luxflag qui a lancé le 23 septembre un label «financement climatique» destiné à certifier les fonds qui investissent dans des activités à impact positif dans la lutte contre le réchauffement. http://paperjam.lu/citations

46 % de la population résidente ne possède pas la nationalité luxembourgeoise, mais seuls 14 % sont issus de pays hors UE. Chaque lundi sur paperjam.lu/fact-checking

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CHIFFRE

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405.600 Il s’agit du nombre total d’emplois qui ont été comptabilisés au Luxembourg au 31 décembre dernier, dont 380.800 emplois salariés et 24.800 non salariés. Ces chiffres sont extraits de la brochure Luxembourg en chiffres 2016 publiée par le Statec.

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QUIZ

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Le plus grand parking de Luxembourg dispose de 2.442 places. Duquel s’agit-il ?

Les points à vérifier avant d’envoyer vos communiqués de presse :

a) Bouillon b) Glacis c) Kockelscheuer

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Sur paperjam.lu, vous pouvez vérifier en temps réel la disponibilité des 26 parkings de la capitale. La bonne réponse : a) Le P+R Bouillon

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Un titre de 50 signes max. Un contenu en français (si possible) Une photo de bonne qualité Et bien sûr… une info pertinente Envoyez vos actualités d’entreprise à press@paperjam.lu


EN LIGNE

TOP 3

PHOTO DU MOIS

Articles les plus lus du 20 septembre au 10 octobre sur paperjam.lu 1. UN NOUVEL I NCI D ENT À C ATTE N OM FAI T CRAI ND R E LE PI RE (2 7 /0 9 /1 6 )

L’annonce d’une évacuation partielle de la centrale nucléaire française a poussé deux députés Déi Gréng à poser une question urgente à la ministre de l’Environnement et à celle de la Santé, en raison d’un manque de communication d’EDF.

2. UNE BOMBE TVA À RETARDEMENT SUR LA PLACE (07/10/16)

L’avocat général de la Cour de justice de l’Union européenne a tranché en faveur de la Commission européenne en rendant ses conclusions dans une affaire concernant l’État luxembourgeois. Elle concerne l’exonération de TVA sur l’échange de services intragroupe.

3. OUNI S’INSTALLERA DANS LE QUARTIER DE LA GARE (26/09/16)

La Chambre des députés a accueilli environ 2.200 visiteurs lors de la Journée portes ouvertes des institutions le 25 septembre. Son président, Mars Di Bartolomeo, était présent et a simulé plusieurs séances publiques avec les visiteurs.

Ouni, le projet d’épicerie sans emballage, ouvrira ses portes en novembre, rue Glesener, dans le quartier de la gare. Le projet a obtenu le Prix de l’innovation 2016 lors de l’Oekofoire.

AUTOMOBILE

CULTURE

TRAFIC

« Aller titiller BMW, puis Volkswagen »

Et vous, vous faites quoi ce week-end ?

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L’ambition de Michel Perrin, à la tête de Renault Luxembourg.

Chaque vendredi, une idée de sortie pour le week-end sur paperjam.lu/ ne-pas-rater-ce-week-end

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145 € et 2 points C’est le montant de l’amende pour un automobiliste flashé entre 65 km/h et 75 km/h au lieu des 50 km/h autorisés en agglomération. Restez vigilants, et pensez à contrôler l’état du trafic sur paperjam.lu/cita-trafic

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Le jeudi 29 septembre, le bureau Polaris Architects a fêté ses 10 ans dans ses locaux en compagnie de ses clients et de ses partenaires. (Photos : Eric Chenal) Découvrez toutes les photos de l’événement et bien d’autres sur paperjam.lu/picture-report

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INDEX

A Aal Schoul 154 ABBL 96, 100, 105 Aca 86 Accenture 114 Acre 32 Adal 57 Adem 14, 22, 48, 52, 105 Adhem Diane 37 Administration de l’enregistrement et des domaines 85 Administration des contributions directes 86 ADR 32 Agence internationale de l’énergie 88 Agence spatiale européenne 36 Agustsson Astrid 122 Ahlborn Pierre 105 Airbnb 35 Akuo Energy 70 Al-Aajeb Mohamad 52 Albarracin Christian 114 ALD Automotive 60 Aleba 100 Alfi 88, 106 Alia 38 Allegrezza Serge 105 Alrim 112 Alter Domus 114 Amaury Sport Organisation 38 Ambroisien Marc 87 AMMC Law 114 AMMD 50 Andersen Archibald 114 Andres Michèle 122 Angel Marc 40 Aperam 12 Apollo Strategists 112 Arbed 62 ArcelorMittal 12, 62 Arendt & Medernach 52, 105, 112, 114, 152 Arendt Guy 24 Arens Annemarie 88 Arqiva 68 ART3F 8 Arvai Gina 30 Asselborn Jean 22, 24, 36 Asti 52 Atoz 4, 70 ATTF 112 Auchan 58, 59 Audin Corinne 106 Autolux 51 Avery Dennison 44 Axa Luxembourg 86 Axa Wealth Europe 86

B Baflast Catherine 127 Baillie Sasha 40 Baker & McKenzie 112 Bali Anissa 114 Bank of China 94 Banque centrale européenne 86 Banque de Luxembourg 95, 97, 105, 108 Banque Havilland 92, 108 Barbette Séverine 127 Barep Asset Management 112 Barreau de Luxembourg 86, 142 Bastin Alain 112 Bauer Bénédicte 126 Bauler André 24 Baumert Tom 72 Baur Myriam 128 Bausch François 36, 38, 128 BCD Travel 110 BCEE 72, 96, 112 BDO Luxembourg 85 Bechtel Cornelius 112 Becker Frédéric 106 Becker Julie 88 BEI 88 Bekouassa Yasmina 127 Belflamme Jean-François 119 Belgacom 62, 66 Bello Cortes Norma 126, 127 Bellwald Cédric 142 Belot Pascale 112 Bendriss Hakim 112 Benoy Fraenz 60 Benoy François 30 Bergamotte (La) 154 Berlin Institute for Population and Development 52 Bernard Jérôme 108 Bernier Caroline 59 Bertomeu-Savalle Maxime 114 Besix Red 6 Bétons Feidt 114 Bettel Xavier 24, 28, 36, 37, 105 BGL BNP Paribas 91 Biancalana Dan 30 Bil 23, 44, 104, 105, 112 Bil Manage Invest 112

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Bingen Claude 36 Binsfeld 40 Binsfeld Marc 40 Bintz Jean-Claude 62 BIP 66, 87 Bley Pierre 22 BNP Paribas 59 BNP Paribas Real Estate Investment Management 114 Bobb Virginie 127 Bock Georges 86, 112 Boden Fernand 24 Bodig Benjamin 142 Bodry Alex 30 Bofferding Taina 30 Boly Marco 22 Bonesire Françoise 114 Bonn & Schmit 114 Bonn Steichen & Partners 112 Boudjelida Fatah 70 Bouratsis Pol 127 Bourdaa Aurélien 127 Bourin Catherine 96 Bourse de Luxembourg 87, 94 Brasserie de Luxembourg 44 Brasserie Simon 153 Bravetti Laurent 59 Braz Félix 46 Brouxel François 60 Brown Brothers Harriman Luxembourg 114 Brown Bruce 106 Brown Shipley 87 Bruck Françoise 128 Buck Nicolas 105 Bureau Moderne 10, 11 Burton Tess 30 Business & Decision 112 Buzzerio Sara 126

C-D C.Concept 59 Cable Channels Nigeria 68 Cahen Corinne 22, 28, 37 Caludel Jessica 127 Capital Group 19 Carat Marie-Laure 114 Cardif Lux Vie 112 Cardron Jason 114 Carlizzi Gilles-Alexandre 32 Carré Olivier 108 Carrosserie Comes & Cie 114 Casoli Kevin 112 Castagne Jérôme 106 Castegnaro 114 Catena Karma 30 CCD Partners 112 CDCL 73 CF6 62 CFL 38 CFL Multimodal 57, 60 CGFP 38 Chambre de commerce 38, 72, 105 Chambre des députés 32, 46, 105, 106 Chambre des métiers 72 Chaux de Contern 105 Chély Nicolas 114 Chèvremont Marie-Jeanne 105 Chinchon Eric 119 Chireu Irina 128 Chouiter Mohammed 121 Chudy Christophe 126 CJUE 85 Claessens Gérald 126 Clairefontaine 154 Claudel Jessica 127 Clearstream Banking 112 Clifford Chance 114 Climate Bonds Initiative 88 CLK Constructions 56 Closener Francine 40, 106 Cnil 55 CNPD 55 CNS 50 Codex 81 Coghlan Jacqueline 126 Collette Constance 127 Collignon Hervé 126 Collignon Jean-Michel 40 Comelli Noémie 129 Comité nation branding 40 Commission européenne 14, 22, 46, 47, 55, 60, 85, 87 Company Bike 60 Conférence du Jeune Barreau 142 Consistoire israélite de Luxembourg 46 Contreras-Muller Anne 52 Coppers Gary 110 Cordier John 62 Costant Gwladys 126 Cour de justice de l’Union européenne 55 Cour des comptes européenne 14 Cravat Carlo 76 Crean Gabriel 38 Crèche La Luciole 147 Creos 57 Cruchten Yves 30

CSSF 22, 24, 26, 28, 32, 37, 40, 62, 78, 92 CTTL 112 Dall’Agnol Claudia 30 Datacenter Luxembourg 112 de Barsy Thibault 126 De Hoog Caroline 50 De Ron Henry 142 Dechamps Hélène 112 Degroof Petercam 106 Déi Gréng 24, 30 Déi Jonk Gréng 30 Déi Lénk 24, 32 Deitz-Moulin Stéphanie 77 Delcourt Hugues 105 Delcourt Rodrigo 114 Deligny Sabine 129 Della Siega Kristof 129 Delles Lex 28 Deloitte Luxembourg 52, 102 Delsalle Lucie 129 Delta Pneus 39 Deltour Antoine 36 Delval Anne-Claire 105, 127 Denis Pascal 86, 112 Dennewald Christian 105 Dennewald Robert 105 Dentons 112 Deuschle Richard 119 Dexia Asset Management 112 Di Bartolomeo Mars 105, 106 Di Carlo Stéphane 129 Diderich Gary 32 Dierick Colette 87 Dieschbourg Carole 30 Distillerie (La) 154 Dollé Emmanuel 86, 112 Domaines Vinsmoselle 114 Domingues Mouro Jessica 105 Domuta Andrei 121 DP 24, 28 Driscoll Tim 126 DSM Di Stefano Moyse 112 DTZ RealCorp Luxembourg 114 Due Galli 154 DuPont 44 Duro & Lorang 114

E-F Easyjet 58 Eckel Wilfried 38 École de police 36 École supérieure de commerce de Reims 112 Edge Chris 114 Edita 58 Edmond de Rothschild 87 EFA 67, 85, 105 Ehmann Sven 59 Eischen Roby 128 Eischen Véronique 100 Elsen Yves 105 Elvinger Hoss Prussen 94 Elvinger Joëlle 28 Embassy of the United Kingdom to Luxembourg 106 Encevo 49, 57 Enda Diapol 114 Eng Breck mat Lateinamerika 77 Engie 87 Enovos International 57, 70 Espirito Santo 66 Ethenea 33 Étienne Monique 129 Étienne Pierre 108 Euro-Composites 44 European Banking Company 112 EY 43 EY China 114 EY Luxembourg 65, 108, 114 Fabeck Paul 128 Faber Myriam 127 Fabre Camille 129 Fage 44 Falque-Pierrotin Isabelle 55 Fanuc 44 Faymonville 44 Fayot Ben 46 Fayot Franz 30 Febiac 57 Fédération des jeunes dirigeants d’entreprise 114 Federspiel Steve 127 Fedil 44, 52, 105 Fegarlux 57 Feiereisen Carlo 30 Feitler Frank 74 Ferlin Isabelle 127 Fernandes Catia 30 Financial Times 87 Fischer Rafik 85, 105 Fleig Emmanuel 58 Folmer Françoise 30 Fondation Akuo 70 Fondation Atoz 70 Fondation de Luxembourg 70 Fondation Enovos 70 Fondation Kribskrank Kanner 77

Fondation Mangrove 70 Fondation Robert Krieps 46 Fondation du Tricentenaire 78 Fonds culturel national 40 Fonds européen d’investissement 44 Ford 13 Fordham 92 Fortis Intertrust Luxembourg 112 Fox Beer 153 France Telecom 62 Francis Yves 102 Franssen Jocelyne 126 Fraunhofer Heinrich Hertz Institute 68 Free Lens TV 58 Frieden Luc 14, 47, 105 Frisoni Claude 105 FundRock Management Company 112 Funds & Asset Management 112 FWU 112

G-H Gam 106 Garage Intini 29 Gaudron Jean-Michel 59, 105 Gebli Fadoua 129 German Doctors 68 Gibéryen Gast 32 Glas Jan 40, 106 Glesener Marc 26 Globecast 68 Gloesener Marc 126 Gloesener Tom 40 Goerend Johny 126 Goerens Charles 28 Goetschy Maurice 114 Goldman Sachs 87 Goldrake David 106 Goldschmidt Patrick 28 Gonçalves Catia 30 Goodyear 60 Gramegna Pierre 35, 88, 94, 106 Grandidier Jérôme 66 Grasso Rosario 142 Gravoy David 129 Gregoire Thibault 129 Groff Camille 129 Groupement autonome de personnes 85 Guerber Martin 129 Gutfrind Stéphane 128 Haagen Claude 30, 35 Haas Marc 129 Hahn Max 28 Halet Raphaël 36 Hamelescher Ewald 106 Hance Olivier 121 Hansen Christophe 26 Hansen Marc 24, 28 Hansen Martine 47 Harles Guy 105 Hegin Catherine 129 Heiners Carrie 127 Hemmerling Marc 105 Hengen Marc 86 Heniqui Janin 112 Hennicot-Schoepges Erna 105 Henriot Jessica 127 Hermant Didier 127 Hilbert Gaston 108 Hirdman Tonika 70 Hirtt Jacques 114 Hitec Luxembourg 105, 114 Hoani 105 Hobscheit Pierre 30 Hoffmann Frank 74 Hoffmann Gérard 62 Hofmann Michael 110 Hop! 58 Horesca 76 Hornung Alex 128 Hoscheit Thierry 38 Hôtel Cravat 76 Hôtel Le Place d’Armes 76 House of Entrepreneurship 72 Houtsch Patrick 119 HRT Group 112, 114 HSBC Luxembourg 114 HSBC Private Bank 112 Huber Clément 129 Huberty Robert 22 Hugo Julien 108 Hydro Aluminium 44

I-J-K ICBC 94 ICO 55 IFAPME 59 Ikea 58 Ikodomos Holding 58 ILR 62 Imprimerie Centrale 112 IMS Luxembourg 12 Info-Arbed 62 ING Belgique 87


Dans cet index sont reprises les entreprises, les personnalités et les publicités apparaissant dans ce magazine. ING Luxembourg 77, 87, 112 Institut d’études politiques 46 Institut luxembourgeois des administrateurs 85 Interprete.lu 105 Invoke Luxembourg 108 Iorgulescu Liviu 129 Iris 112 Istace Vinciane 129 ITM 14, 22 Ittah Patrick 126 Iwi 23 Jacquet Vincent 100 Japan Broadcasting 68 Jeanson Nathalie 127 Jensen Elisa 126 Jeunes socialistes 30 Jiway 112 Joe la Pompe 123, 129 Jones Day 112 JP Morgan Bank Luxembourg 114 Jugendparlament 32 Juncker Jean-Claude 14, 24, 26, 47 Jungen Tom 30 Kadar Johannes 122 Kamakura 154 Karier Steve 74 Karp-Kneip 105 Kartheiser Fernand 32 Kaupthing 92 Kayser Jean 128 KBL epb 87 Kersch Dan 37 Khaldi Abed 114 Khouil Rafika 126 Kieffer Paul 74 Kieffer Steve 106 King & Wood Mallesons 112, 114 Kinnevik 62 Kleyr Grasso 114 Kmiotek Christian 30, 74 Kneip 48, 112 Kocher Isabelle 87 Koedinger Mike 58, 129 Koepp François 76 Kokott Juliane 85 Kongo Grace 121 Koster Eduard 112 Koster Pascal 62 Kotsis Catherine 126 KouniToys 59 Kox Jo 40 KPMG Audit Germany 112 KPMG Brazil 112 KPMG Financial Engineering 112 KPMG Luxembourg 2, 86, 108, 110, 112, 114 Krier Jérôme 128 Kruse Nils 106

L-M Lafontaine Marie-Jo 152 Laidebeur Olivier 129 Lalueza Elena 128 Larese Magali 127 Larsen Tine 55 Laurens Vincent 110 LCGB 22, 35, 100 Lean Venetia 92 Lecanu Denis 128 Leclercq François 121 Legitech 112 Lehnert Tommy 110 Leloup Frank 76 Lemmer Marc 128 Leonardi Fabrice 86, 112 Les Moulins de Kleinbettingen 59 Letzgo 62 Lezcano Sofia 129 Linklaters 114, 163 Lippert Eric 119 List 38 London School of Economics and Political Science 32 Loquet Erwan 85 Lorenzini Cécile 106 Loyens & Loeff 114 LSAP 22, 24, 28, 30, 40, 46 LSK 86 Lucius Jean 70 Luther 114 Luttmann Régis 114 Luxair 40, 58, 61 Luxcloud 112 Luxconnect 66 Luxembourg Alzheimer 77 Luxembourg for Finance 52, 94, 106 Luxembourg Resuscitation Council 77 Luxembourg School of Finance 99, 108 Luxembourg Stock Exchange 88 Luxexpo 36, 40 Luxfit 131 Luxflag 86, 88 Luxinnovation 114 M&G 87 Mackel Nicolas 94 Maillard Frédéric 59

Maison Moderne 58, 59, 105 Makumbundu Sala 128 Malhiere Edith 121 MAN Investments 112 Mangrove Capital Partners 70 Marchel Christine 127 Maréchal Benoît 121 Maréchal Olivier 108 Margue Charles 106 Margue Elisabeth 26 Marque Charles 37 Marsh & McLennan 106 Marshall John 106 Martougin Catherine 112 Marx Claude 46, 106 Matzet Paul 30 Mauny Cédric 110 ME Business Solutions 79 Mega 112 Meisch Claude 28, 37 Mercedes-Bentz Luxembourg 112 Mertens Michaël 122 Meyer Philippe 86, 112 Meyers 82 Meyers Chris 82 Meyers Édouard 82 Meyers Fernand 82 Meyers Fernande 82 Meyers Mireille 82 Meyers Roland 82 Meyers Steve 82 Michel Laurence 127 Microsoft Luxembourg 80 Millicom International Cellular 62, 114 Ministère de l’Économie 72 Ministère de la Justice 142 Ministère des Affaires étrangères et européennes 22, 68 Ministère du Développement durable et des Infrastructures 36 Ministère du Travail 22 Mittal Lakshmi 12 MJC Conseil 105 Mobistar 62 Mobiz 57 Monat Gilles 108 Monica Alexander 106 Monti Claudia 28 Moovijob 58, 115 Moreno Architecture 58 Morpurgo Alberto 121 Moses Michelle 52 Moskito 40 Muller & Associés 114 Muller Claude 121, 128 Muller-Kneip Diane 48 Musée Guggenheim 40 Mutsch Lydia 50 MX1 68

N-O-P Nadler Charles 129 Nagel Maggy 28 NanoComp 38 Naturata 145 Neobuild 59 Nerea 108 Netto-recycling 82 Nettoservice 82 Neuens Jeff 36 Nevastar Finance 88 NHK 68 Njiwoua Patrick 119 NN Investment Partners 101 Nocerini Chiara 114 Nosbusch Désirée 106 Numericable 66 Nye Stephen 114 Nyuko 52 O3b Networks 68 OGBL 35 OGBL/SBA 100 Olivier Jean-Claude 40, 122 Orange Luxembourg 62, 112, 114 Ouni 60 Pancura 114 Pandomus 114 Panichi Katia 94 Paris Gila 127 Parlement européen des jeunes 32 Patientevertriedung 50 Paul 59 Perin Michel 59 Perrin Édouard 36 Persouyre Delphine 114 Peugeot 17 Phoenix Systems Inc 106 Picard Bob 30 Picard Jean-Jacques 40 Piccard Bertrand 105 Pierard Axel 121 Pioneer Asset Management 106 Pirsch Ernest 57 Pizzaferri René 50 Plasson Eric 127

Polfer Lydie 28, 105 Pool Bike 60 Porwoll René 38 Post 77 Poulles Romain 106 Poutine Vladimir 37 Presber Julian 108 Prihodova Anna 106 Private Banking Group de l’ABBL 108 Probst Laurent 48 ProGroup 106 Proximus 62 Prudential 87 Prum François 86, 142 Putseys Johan 123 PwC Luxembourg 36, 48, 108, 113, 114 PwC Suisse 114

Q-R-S Rabinowicz Michael 70 Radio Ara 38 Raizer Thierry 59 Ramborn 59 Raphaël Laurence 112 Ravasio Thierry 112 RBC Dexia 112 RBC Investor Services Bank 112 Reding Alex 150 Reding Felix 32 Reding Jean-Claude 22 Reding Roy 32 Reding Viviane 24, 47 Reinig Fernand 38 Renault Luxembourg 59 Réserve Royale (La) 153 Retal 44 Reuter Victor 123 Rifkin Jérémy 12 Rinkin Stéphanie 114 Rod Victor 105 Rodesch Luc 108 Rommes Jean-Jacques 105 Ronkar Christiane 77 Rosck Frank 58 Rosenbaum Aline 96 Rotary 59 Roth Gilles 37 Rotondes de Bonnevoie 40 Rouget Olivier 88 Rowland David 92 RR Media 68 RTL Group 12, 112 Rucquoy Sonia 121 Rügge Preben 121 Ryanair 58 S.A.R. la Grande-Duchesse María Teresa 105 S.A.R. le Grand-Duc héritier Guillaume 105 Salagnac Thierry 114 Samsa Film 74 Sanofi 112 Santer Jacques 24, 26 Sarelakos Yasen 126 SAS Institute 110 Saudeau Pierre 106 Saumur 155 Savills 59, 114 Saxo Markets 108 Schaaf Georges 114 Scharfe Robert 88 Scharwath Marc-Olivier 114 Scheuer Ben 30 Schlesser Isabelle 22, 105 Schmit Nicolas 14, 22, 28, 30, 58, 105 Schmitz Bob 96 Schneider Étienne 35, 36, 62 Scholtus Mariette 22 Schommer Claude 28 Schonckert Laurent 40 Schumacher Hubert 119 Schweich Christine 30 Scotto Eric 70 Seale Thomas 85, 105, 106 Sehovic Meris 30 Sergonne Mike 121 Service information et presse du gouvernement 40 SES 12, 68 SES Government Solutions 68 SES Platform Services 68 Shanghai Pudong Development Bank 87, 94 Simsic Anthony 112 Skenderovic Jimmy 30 Sky Deutschland 68 Skycom 114 Sodexo 107 Sogelife 112 Sogeti Luxembourg 110 Solar Impulse 105 Solvay Business School 72 Solvi Marc 70 Sorbonne 46 Spaceresources.lu 36 SpaceX 68 Spautz Marc 26, 47 Spirinelli Fabio 30

INDEX Standard & Poors 86 Statec 40, 105 Steichen Bob 30 Steichen Gilles 100 Steiger Thomas 126 Stein Yves 87 Steinherr Alfred 120 Stevens Joseph 126 Strauss-Kahn Dominique 86 Surply Gia 126 Swift 62 Systemat Luxembourg 112

T-U-V Tageblatt 34 Tango 62, 164 Tanson Sam 30 Tap 58 Tarrieu Emmanuelle 126 Technoport 72 Teisen Lisi 128 Telecom Luxembourg Private Operator 52, 66 Telindus 62, 110 Telinfo 62 The Barber Shop 52 The Roberts Partnership 87 Théâtre Jean-François 126 Thelen Carlo 105 Theobald Tom 120 Thill Raoul 40 Thiltges Jani 74 Thiltges Paul 74 Thoma Carole 32 Thoma Françoise 105 TNS Ilres 37, 58, 106 Tondu Mylène 126 TopStar 38 Total Exploration & Production Canada 114 Total Luxembourg 114 Toudma Abdelhay 119 Traiteur Niessen 103 Transports Fischbach 60 Trefois Christophe 119 Treinen Olivier 121 Tribunal correctionnel de Luxembourg 37 Turchi Enrico 106 Turmes Claude 30 Ueberecken Jean-Marc 52 UEL 22, 105 ULC 96 Unify 66 Union européenne 22 United International Management 112 Universal Investment Luxembourg 114 Université du Luxembourg 32, 46 Vallenthini Michèle 123, 129 Van Eylen Frank 106 Van Kriekinge Didier 108 Van Overtfeldt Sébastian 129 Vandenberghe Rik 77, 87 Vanksen 48, 106 Vidale Silvano 40 Vidale-Gloesener 40 Ville de Luxembourg 46, 58 Vogel Sandra 127 von Restorff Philippe 120 von Schnurbein Katharina 46 Voss Denise 88, 106 vyzVoice 80

W-X-Y-Z Wagner Luc 128 Wagner Roger 48 Wallerand Patrick 112 Waringo Claude 74 Waroquier David 70 Weis Lou 112 Welter Lucien 40 Werner Pierre 24, 26 Weydert Stéphanie 26 Wijnen Koen 121 Wildgen 60 Willame Jean-François 62 Willems Mario 126 Willkie Farr & Gallagher LLP 112 Wilmes Serge 26 Winkin René 44 Wiseler Claude 24, 47 Wiseler-Lima Isabel 47 Witz Patrick 114 Woelffel Sandie 127 Wolter Jacques 128 World Economic Forum 38 Wunsch Thierry 106 Wurth Michel 105 Zambeaux Aurélie 127 Zippert Jean-Sébastien 120 Zuccoli Laura 52 Zurstrassen Patrick 106

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Novembre 2016 Parution le 20 octobre 2016

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Marie-Astrid Heyde rédacteur

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ISSN 2354-4619

Guido Kröger directeur de l a création

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Laurent Moyse directeur associé

Thierry Raizer (T. R.) Rédacteur en chef thierry.raizer@maisonmoderne.com @traizer1 Jean-Michel Gaudron (J.-M. G.) Journaliste senior associé jean-michel.gaudron@maisonmoderne.com @jmgaudron Frédéric Antzorn (F. A.) frederic.antzorn@maisonmoderne.com @FredAntzorn Anne-Sophie Bedel (A.-S. B.) anne-sophie.bedel@maisonmoderne.com

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Stéphane Cognioul (coordination), Monique Bernard, José Carsi, Jan Hanrion, Tae Eun Kim, Nathalie Petit, Patricia Pitsch, Olga Silva, Sascha Timplan

Céline Bayle (-303) administration

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Imprimerie Centrale

Céline Coubray (C. C.) celine.coubray@maisonmoderne.com @celinecoubray

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ÉDITEUR

Marie-Astrid Heyde (M.-A. H.) marie-astrid.heyde@maisonmoderne.com Jean-Michel Lalieu (J.-M. L.) jean-michel.lalieu@maisonmoderne.com Aurélie Sondag (A.S.) aurelie.sondag@maisonmoderne.com Florence Thibaut (F. T.) florence.thibaut@maisonmoderne.com

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— Novembre 2016

fondateur et ceo

Mike Koedinger

directeur administratif et financier

Maison Moderne ™ www.maisonmoderne.com Téléphone (+352) 20 70 70 E-mail publishing@maisonmoderne.com Courrier BP 728, L-2017 Luxembourg Bureaux 10, rue des Gaulois, Luxembourg-Bonnevoie

Etienne Velasti

Maison Moderne est un partenariat de Francis Gasparotto, Jean-Michel Gaudron, Mike Koedinger, Guido Kröger, Rudy Lafontaine et Etienne Velasti. Conseil d’administration : Jean-Claude Bintz (président), Francis Gasparotto, Mike Koedinger, Guido Kröger, Daniel Schneider et Etienne Velasti (membres).

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3

2.000

2 1 42,69  % 178.002 travailleurs frontaliers

1.000

0

0

-0,8 2012

162 ­—

— Novembre 2016

A oû t Se 15 pt .1 O 5 ct .1 N 5 ov .1 D 5 éc .1 Ja 5 n. 16 Fé v. M 16 ar s1 A 6 vr il 1 6 M ai 1 Ju 6 in Ju 16 ill et A 16 oû t1 Se 6 pt .16

-1

2.636

EMPLOI TOTAL INTÉRIEUR

4.000

2013

2014

2015

2016

S O U R C E S  : S TAT E C , C S S F, BA R R E AU . L U

(évolution en %)

3.568

PIB EN VOLUME

416.986


Naturally different.

PHOTO / CHÂTEAU D’EAU D’HIVANGE / BUREAU GEORGES REUTER ARCHITECTES

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