Paperjam mars 2024

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Business zu Lëtzebuerg

Bien

Le

85 FEMALE FOUNDERS

NUMÉRO 243 MARS 2024
ENJEUX
transmettre
son entreprise
business event
en plein boom
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Édito #Politique

Sortons !

La colère des paysans est une calamité pour l’Europe. À quelques mois des élections européennes, elle porte, à coup de slogans aussi assassins que réducteurs et de routes bloquées, de fruits et de légumes jetés sur le trottoir ou de fumier déversé sur différents lieux symboliques, la genèse d’un mal européen souvent évoqué (réel ?) par l’homme de la rue : l’Europe ne me défend pas. Même si la classe moyenne et silencieuse ne veut pas ou, plus souvent, ne peut pas payer le prix de leur production, elle reconnaît avec bienveillance que ces forçats du travail sont aussi cette main qui les nourrit. Pas de télétravail, pas d’indexation automatique des salaires, pas de semaine de 40 heures, pas ou peu de vacances, ces hommes et ces femmes travaillent sans relâche et souvent avec la conviction intime qu’ils jouent aussi un rôle actif dans la gestion du patrimoine naturel au rythme des saisons. Plus actifs que ceux qui continuent à rouler au diesel, à chauffer avec les fenêtres ouvertes ou à jeter deux kilos de déchets par jour (la moyenne luxembourgeoise par personne).

Le paradoxe est né d’une rupture, il y a quasiment 30 ans. À la fin de l’année 1994, les Européens abandonnent la « préférence communautaire » au cours des difficiles négociations du Gatt, qui préfigurent la création de l’Organisation mondiale du commerce. Avec la conviction qui n’est pourtant partagée ni par les Français ni par les Britanniques que la Vieille Europe a plus à y gagner qu’à y perdre.

Car l’Europe, le plus formidable projet politique au monde, ne s’est pas seulement construite sur les difficultés de l’acier et du

charbon au cœur de l’Europe, dans cette zone entre Allemagne, Belgique, France et Luxembourg. Non. Les peuples crevaient de faim. Voir Belges et Français commencer à s’approvisionner en bœuf argentin, pays alors protégé par la préférence impériale britannique, eut pour conséquence d’alimenter un soutien financier massif à une production intensive et une chère modernisation des outils agricoles en Europe.

Aujourd’hui, la Politique agricole commune (Pac) engloutit 40 % du budget européen, mais les Européens sont de plus en plus nombreux à ne pas réussir à manger correctement. Les extrêmes droites et autres populistes ne demandaient pas un tel boulevard…

Un boulevard aussi vide de courageux pour en reprendre le contrôle que les rues étaient désertes pendant le confinement. Sortons !

Parlons-nous sur Linkedin

MARS 2024 3

POLITIQUE ET INSTITUTIONS

10 DIANE ADEHM

« Un budget n’est pas une science exacte »

24 PAUL PHILIPP

« On restera toujours un petit,

mais... »

ENTREPRISES

12 TOBIAS STÜBER

« Je n’ai pas de personnel, j’ai des experts »

PLACE FINANCIÈRE

14 LAURENCE PLANCQ

« Garder

le contrôle de l’outsourcing est une priorité »

18 LOUIS DE LOOZ-CORSWAREM

« Se questionner, écouter et développer nos compétences en interne »

18

Les défis ne manquent pas pour le DRH de BGL BNP Paribas, premier employeur du secteur financier, Louis de Looz-Corswarem

30

Rencontre de deux univers, deux expériences: Erna Hecey, galeriste, et Anne Knepper, cheffe cuisinière.

28 85 FEMALE FOUNDERS

30 ERNA HECEY ET ANNE KNEPPER

« Il

faut oser, surtout les jeunes ! »

40 LISTING

De A à Z

62 PORTFOLIO

« Business superwomen »

Photos Matic Zorman et Guy Wolff
MARS 2024 5 Sommaire Mars 2024
une nourriture délicieuse, des gens formidables et une atmosphère détendue

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The ASH Luxembourg

10 Av. du Rock‘n‘Roll

4361 Esch-Belval Esch-sur-Alzette

SUR
the-ash.com/LU SUIVEZ-NOUS

78 ENJEUX

Business events : une ambition, deux locomotives

80 Lex Delles : « Le touriste ne s’arrête plus aux frontières »

90 ENJEUX

Les RH à un tournant

92 HRCommunity.lu :

« Un urgent besoin de simplification »

96 Changer pour un mieux

100 Fr2s : « Inscrire les politiques d’inclusion dans l’ADN de l’entreprise »

116 CLUBLETTER

FOODZILLA

122 NEWS

Marc Bernardi, la cuisine comme une ode à la joie

124 LISTE DU MOIS

Contre la faim des couche-tard

126 AFTERWORK Jusqu’au bout de la nuit

128 MA RECETTE

Les cookies d’Anne

130 CULTURE

Les immanquables du mois

132 STYLE

Dans le vestiaire d’Anicet Pham

134 MONTRES

L’année du dragon

136 MOBILIER

Les coups de cœur de Lynn Ansay

138 DRIVE

150 #Under50

Sommaire

82 Morgan Gromy : « Nous sommes un site de rencontres »

84 Le business event par les chiffres

86 Sigma, la salle du futur

88 Patrick Hoffnung : « Le Luxembourg est sur la carte »

104 Une équation attractivité, bien-être et productivité

108 Philippe Schmit : « Les entreprises sont particulièrement attentives à leur image »

112 Télétravail : pour une démarche collective auprès de la CCSS

Les 200 partenaires du Luxembourg Convention Bureau. 84

Divers 8 Agences événementielles 18

Services événementiels 44 Logements et salles 61

Transport 3

Sites et Emplacements 80

92

HRCommunity.lu alerte sur l’urgent besoin de simplification.

136

La chaise Wishbone de 1949, dans les coups de cœur de Lynn Ansay

L’influence des années 1970 dans les looks d’Anicet Pham.

132

ADVERTORIAUX

26 Laboratoires réunis Incarner le futur de la médecine préventive

76 Atenor Faire d’une crise une opportunité

Photos Matic Zorman
et Guy Wolff
MARS 2024 7
Mars 2024

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Thursday | 14 March 2024

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Meet our star-studded cast of financial experts from journalists and best-selling authors to founders and leading asset management firms.

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Linda Yueh Economist, writer and broadcaster Tim Harford Senior columnist @ Financial Times Author of million-selling The Undercover Economist Candi Carrera Founder @ 36 Square Capital Andrew Hallam Personal finance journalist and author Shlomo Benartzi Behavioural economist and professor Vincent Denoiseux Head of Investment Strategy @ AmundiETF
Swissquote.lu
Olivier Pauwels Director, Head of Wealth @ Blackrock

« Un budget n’est pas une science exacte »

Un rapporteur guide les députés lors de l’examen d’un texte. Un rôle technique, mais aussi politique, car s’il éclaire les débats, il peut aussi influencer le vote.

Cette année, c’est Diane Adehm (CSV) qui sera rapporteur du budget.

Comment devient-on rapporteur du budget ?

Le président de la fraction m’a proposé le rôle. Étant présidente de la commission des finances, cela faisait sens.

Comment abordez-vous votre tâche ?

Un rapporteur détaille les grands équilibres d’un texte de loi. Pour ce qui est de la loi des finances, les grands agrégats. La particularité au Luxem bourg, c’est qu’outre cela, le rapporteur choisit librement chaque année un thème et rédige un chapitre particulier dans le cadre de son rapport.

Quel sujet avez-vous choisi ?

La place financière, que j’aborderai sous deux angles : son poids réel pour les finances de l’État et pour l’économie en général, et les défis sociétaux qui y sont liés via les questions de la formation des professionnels et de l’éducation financière des clients, mais aussi à l’école.

Comment travaille un rapporteur ?

Librement. Pour élaborer son rapport, il voit les différentes administrations et associations qui analysent le budget : l’Administration des contributions directes, de l’enregistrement, des douanes et accises, le Conseil national des finances publiques, le Statec, la Cour des comptes. Toutes viennent devant la commission des finances avec des données et soulignent différents aspects sur lesquels le rapporteur peut se baser. Sans oublier les chambres professionnelles qui analysent éga lement de manière très approfondie les budgets. En tant que rapporteur, vous pouvez avoir diffé rentes entrevues avec des interlocuteurs que vous choisissez vous-même pour affiner encore l’analyse. Et pour vous aider, vous pouvez comp ter sur tous les collaborateurs de la fraction.

La Cour des comptes pointe le fait que, depuis des années, les recettes sont systématiquement sous-estimées. À quoi cela est-il dû ?

Un projet de budget se base sur différents modèles statistiques qui posent des hypothèses et extrapolent ensuite l’évolution des recettes. Ce n’est que la fin de l’exercice, au moment où se prépare le compte général, que vous pouvez voir ce qui a effectivement été reçu et dépensé. Un budget n’est pas une science exacte. Le rapporteur l’analyse avant que l’année budgétaire ne commence. Et l’avis porte sur le fait de savoir si ce qu’il y a dans le budget est en ligne avec l’accord de coalition. C’est dans le compte général que l’on jugera de la pertinence des hypothèses. D’ailleurs, le rapporteur du compte général est membre de la commission du contrôle de l’exécution budgétaire.

Quels sont les grands défis pour faire un budget au Luxembourg ?

ATTRIBUTION DU RÔLE

Diane Adehm sera la rapporteur du projet de budget déposé ce 6 mars à la Chambre et qui portera sur la période du 1er mai au 31 décembre. En octobre, un nouveau rapporteur sera nommé pour le prochain budget. Comme le veut la tradition, ce sera un député DP.

Il faut faire en sorte que les recettes et les dépenses convergent afin que l’on n’ait pas à recourir à l’emprunt pour avoir un budget équilibré. Et puis vous avez un accord de coalition qui a prévu certaines politiques. Et le budget est là pour soutenir cette politique. Le ministre des Finances doit faire en sorte que les moyens nécessaires se trouvent dans le budget. De même, il faut qu’il y ait de l’argent pour payer les salaires des fonctionnaires. À lui de joindre les deux bouts.

MARC FASSONE GUY WOLFF
10 MARS 2024
Ristretto #Politique

« Je n’ai pas de personnel, j’ai des experts »

À la barre de Flibco.com et sélectionné comme représentant du Luxembourg à l’European Young Leaders, Tobias Stüber prône un leadership flexible et centré sur les résultats pour diriger l’entreprise de transport aéroportuaire personnalisé.

Qu’est-ce que Flibco Travel International ? Flibco.com offre un transport aéroportuaire personnalisé. Nous regroupons les passagers et adaptons les horaires entre villes et aéroports selon le vol et l’heure d’arrivée requise, tout cela dans le confort et la ponctualité.

Comment a évolué Flibco sous votre direction ?

Depuis mon arrivée à la direction, nous avons transformé Flibco d’une simple ligne de bus en une plateforme numérique. Nous sommes passés de 1,4 million de passagers par an avant le Covid à presque 3 millions en 2023. Nous avons lancé le « Door2Gate » pour des trajets personnalisés de la maison à l’aéroport.

Comment Flibco établit-il son horaire ?

Notre horaire s’aligne sur l’horaire de vol du client, nous analysons quand le bus doit arriver à l’aéro port depuis sa ville. Nous utilisons les données de l’aéroport, y compris sur le trafic, les taux d’occupa tion des vols, les destinations, et bien plus encore.

Comment êtes-vous devenu le CEO de Flibco ?

J’ai rejoint Flibco il y a plus de cinq ans, motivé par le défi de transformer une entreprise de bus traditionnelle en une plateforme numérique.

Comment définiriez-vous votre style de leadership ?

Mon leadership, flexible et orienté résultats, ne se fixe pas sur le « comment » ou le « quand », tant que les délais et processus sont respectés. Je valorise la communication, l’esprit d’équipe, une culture de feedback ouvert et une approche axée sur les données.

Quelles sont certaines des stratégies que vous avez adoptées pour mettre en œuvre cet état d’esprit ? Nous avons établi des lignes directrices claires, des règles et un cadre structuré. Nous adoptons une approche de travail flexible et mettons en place une structure de gestion axée sur des objectifs et des résultats clés. Nous avons aussi instauré une semaine

de quatre jours, tout en maintenant l’efficacité et la productivité.

Comment avez-vous réagi à votre nomination au programme European Young Leaders, et quel impact aura-t-elle sur Flibco ?

J’ai été profondément honoré par cette nomination. Elle représente une opportunité de réseautage et de collaboration sur d’importants sujets européens.

Quels sont quelques-uns de vos accomplissements qui ont contribué à votre nomination ?

Je pense que la flexibilité de mon approche et mon succès dans la numérisation ont été déterminants. Mon expérience en Allemagne, où j’ai géré et aidé à développer la carrière de politiciens, a également joué un rôle.

Quelle image du Luxembourg souhaitez-vous transmettre ?

Le Luxembourg est souvent vu comme un centre financier ou un paradis fiscal. Je veux changer cette perception et montrer le Luxembourg comme un lieu de recherche et d’innovation, où l’on trouve de jeunes leaders intelligents. C’est un modèle d’excellence européenne, mélangeant diverses cultures et langues.

PARCOURS

Tobias Stüber est le CEO de Flibco.com depuis octobre 2018. Avant cela, il occupait un double poste en tant que head of IT et head of operations, services & events au sein de Max Planck Institute Foundation Luxembourg. Il est titulaire d’un master en environnement et gestion d’entreprise de la Hochschule Trier.

Vos employés sont-ils activement impliqués dans votre participation à l’European Young Leaders ?

Mes employés participent activement en proposant des idées et innovations. Nous partageons régulièrement des informations et stratégies pour maximiser l’impact de cette opportunité.

Interview REBECA SUAY Photo GUY WOLFF
12 MARS 2024 Ristretto #Entreprises

Ali B. a écrit un avis (21 fév.)

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Celebrations and Banquets

« Garder le contrôle de l’outsourcing est une priorité »

Laurence Plancq est directrice générale chez Swissquote Bank Europe depuis le 1er février. Dirigeante rompue à la gestion de crise, elle partage son approche pour conduire la croissance de la banque digitale dans la stabilité.

Quelles sont vos principales responsabilités chez Swissquote Bank Europe ?

Je suis en charge en particulier du département finance, de la gestion des risques et de l’IT. Je reporte directement au CEO Dave Sparvell, aux côtés du COO John Ehlers.

Quelle a été votre motivation à rejoindre la banque?

J’y vois la continuité de ma trajectoire, qui a pour fil rouge la comptabilité, la gestion des risques et la trésorerie. J’ai travaillé dans le secteur bancaire, puis dans une société de consulting informatique à Luxembourg pendant 10 ans. J’ai eu envie de revenir « sur le terrain », en mettant à profit ce que j’ai implémenté chez mes clients en tant que consultante. Tout en découvrant l’univers de la banque digitale, un modèle différent de ceux que j’ai connus.

Un temps fort dans votre carrière ?

Entre 2008 et 2013, j’ai travaillé à Singapour, chez Dexia Bil, dans la gestion des risques. À peine arrivée, j’ai été confrontée à la crise des subprimes et au sauvetage de Dexia. Vivre cette crise de l’intérieur a été une expérience marquante, difficile mais formatrice. Tous les concepts de risque, on peut dire que je les ai éprouvés en direct !

En quoi la mentalité est-elle différente à Singapour ?

J’affectionne une communication directe, franche et ouverte, et je n’ai pas peur des frictions. Dans la culture asiatique, cet état d’esprit a été parfois mis à rude épreuve !

Qu’est-ce qui vous tient à cœur en tant que dirigeante ?

La communication, précisément, et les relations interpersonnelles. Je suis sensible au discours de l’ancien avocat et conférencier Thomas d’Ansembourg sur la gestion de l’émotionnel dans les relations de travail.

Swissquote Bank Europe a connu un développement commercial important, que ce soit au niveau des produits, des segments de marché ou de l’acquisition de Keytrade. Nous entrons dans une phase de stabilisation, où il s’agit d’optimiser nos processus tout en continuant à assurer et à consolider notre croissance. Garder le contrôle fait partie des priorités, en particulier

En quoi votre vision peut-elle différer de celle de vos prédécesseurs ?

Étant issue du monde de la compliance et de la gestion des risques, j’ai particulièrement à cœur d’asseoir le cadre et de le stabiliser

Comment comptez-vous contribuer au développement de la banque ?

FAN DE COURSE À PIED

Belge née à Liège, Laurence Plancq, 48 ans, est mère de trois garçons. Cette fan de course à pied affectionne aussi les balades en forêt avec son chien. Grande lectrice, elle vient de terminer Connemara, de Nicolas Mathieu.

Swissquote Bank Europe veut développer fortement sa gamme de produits, en particulier dans le B2B. Cela exige un certain niveau d’efficience opération–nelle. Ma contribution sera de sécuriser le cadre et d’apporter au management et aux équipes commerciales les indicateurs et tableaux de bord pertinents. Je souhaite fournir des outils d’aide à la décision utiles, ainsi que renforcer le dialogue entre le commercial et les entités de support. Il s’agira d’augmenter le niveau de compréhension vis-à-vis des contrôles. Je ne veux pas être perçue uniquement comme ‘Madame Contrôle’ !

14 MARS 2024 Ristretto #PlaceFinancière

Tuesday 26 March

Luxembourg’s competitiveness: are we still in the race?

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2024

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« Se questionner, écouter et développer nos compétences en interne »

Chez BGL BNP Paribas, premier employeur du secteur financier avec près de 4.000 collaborateurs, les défis RH ne manquent pas.

Le directeur des ressources humaines, Louis de Looz-Corswarem, les aborde avec enthousiasme, entouré de ses équipes très engagées et aussi pleines d’énergie que lui.

Portrait MATIC ZORMAN Interview SÉBASTIEN LAMBOTTE
18 MARS 2024 Conversation Louis de Looz-Corswarem

Pour Louis de Looz-Corswarem :

« Il s’agit de se projeter, d’identifier les postes de demain et de construire des programmes de montée en compétences »

Conversation Louis de Looz-Corswarem

En tant que premier employeur du secteur financier au Luxembourg, quels sont les principaux challenges RH auxquels vous êtes confrontés ?

Ils sont nombreux. Nous évoluons encore dans une période post-Covid. À la suite de la crise sanitaire que nous avons traversée, notre manière de travailler et, plus fondamentalement, notre rapport au travail ont profondément changé. Au cours de cette période, le champ des possibles s’est élargi et les frontières entre espace de travail et sphère personnelle sont devenues plus floues. Les collaborateurs aspirent désormais à travailler depuis leur domicile, à pouvoir mieux équilibrer leurs différents temps de vie et aussi à trouver davantage de sens dans leur travail au quotidien. Les repères ont été bousculés et nous sommes encore au milieu d’une grande révolution. Nous avançons progressivement, en cherchant à mettre en place les solutions les plus appropriées, et surtout en étant particulièrement à l’écoute de nos collaborateurs, pour bien comprendre leurs attentes.

Dans ce contexte de transformation, quel est le rôle des gestionnaires des ressources humaines ?

Nous avons un rôle majeur à jouer pour accompagner ce changement, pour mettre en œuvre et garantir un cadre de travail dynamisant et bienveillant, répondant aux besoins et aspirations de chacun. Dans ce contexte, les solutions que nous apportons visent à être plus individualisées. Avant, on pouvait mettre en place des programmes en fonction de groupes cibles plus ou moins importants. Aujourd’hui, c’est au niveau de l’individu que nous devons agir. L’autre défi, dans ce monde hybride, est de parvenir à fédérer les équipes autour d’un projet d’entreprise qui soit clair, partagé et porteur de sens. Il est par ailleurs important de développer les compétences et la culture agiles des collaborateurs et de faciliter l’adoption de nouveaux outils et technologies. Il est aussi essentiel de renforcer nos initiatives dans le domaine de la RSE, dans le développement de produits durables, car c’est, entre autres, autour de ces sujets que les collaborateurs peuvent avoir un impact positif et puiser du sens au niveau de leur travail.

On parle beaucoup des difficultés à attirer les talents et de la nécessité de faire évoluer les compétences. Comment appréhendez-vous ces défis ? Nous devons en effet aborder cette transformation tout en répondant à ces défis structurels. En l’occurrence, il s’agit d’attirer des talents dans un monde où ils ne sont pas si faciles à dénicher et dans lequel nous sommes en concurrence avec de nouveaux acteurs, comme les start-up, très séduisantes. Il est tout aussi nécessaire de fidéliser l’ensemble des collaborateurs qui évoluent au sein de la banque et de leur permettre de continuer à se développer. Le monde change, les compétences évoluent, les produits s’adaptent aux nouvelles attentes des clients et nous devons guider ces mutations. Il faut aussi encourager et accompagner l’adoption de nouvelles manières de travailler – avec la mise en œuvre du smart working, du flex office ou encore le recours à des sites satellites aux frontières belges et françaises – sans jamais perdre de vue l’importance d’offrir un cadre de travail stimulant et épanouissant, et en veillant au bien-être de chacun.

Quels leviers activez-vous pour mettre en œuvre ce cadre de travail stimulant et épanouissant ?

Il faut partir du principe que chaque collaborateur nourrit des attentes différentes

BIO EXPRESS

Louis de Looz-Corswarem a intégré le comité de direction de BGL BNP Paribas en novembre 2018, assumant la fonction de directeur des ressources humaines pour le Groupe BNP Paribas au Luxembourg (accompagné sur la photo par une partie de son équipe). Ayant la double nationalité belge et française, cet homme enthousiaste, âgé de 56 ans, a eu une carrière internationale principalement dans le domaine bancaire au sein du Groupe BNP Paribas, en France et en Espagne, avant de rejoindre le Luxembourg. Il a toujours considéré que la gestion positive était un levier essentiel pour obtenir l’engagement des équipes. D’un point de vue plus personnel, il pratique le tennis et le golf et est très attentif aux enjeux RSE.

20 MARS 2024

et qu’elles-mêmes peuvent varier au cours de la vie d’un individu. Tout le monde n’est pas prêt et ne souhaite pas travailler en permanence seul de chez lui. Certains ont besoin de partager un moment de convivialité autour d’un café avec leur collègue le matin. D’autres souhaitent pouvoir profiter d’un bon repas à la cantine au moment du déjeuner. Il y a une dimension sociale liée au travail qu’il faut absolument préserver, entretenir et développer. En la matière, nous avons entrepris de nombreuses initiatives, avec la création de centres amicaux et sportifs – 25 à ce jour – facilitant les rencontres et permettant le partage d’activités entre collègues. Nous avons aussi créé des communautés autour de thématiques diverses, comme Ascent, qui facilite l’intégration des nouveaux arrivants au sein de la banque, MixCity, qui œuvre en faveur de la mixité et de l’égalité des chances, ou notre communauté de coachs. Au-delà de ces aspects, garantir un espace de travail épanouissant implique aussi des échanges réguliers avec les équipes. Il faut être à l’écoute, pouvoir dialoguer humblement avec chacun, afin de parvenir à trouver ensemble les meilleures solutions pour aujourd’hui et demain.

Attirer des talents semble plus difficile que par le passé. Si la problématique de pénurie est ressentie partout en Europe, les difficultés ne sont-elles pas davantage accentuées au Luxembourg ? Le Luxembourg fait face à la même problématique que ses voisins. Les difficultés à recruter sont ressenties de la même manière en France, en Belgique, en Allemagne. En raison de sa taille et de la dynamique économique qui anime le Luxembourg, il est nécessaire de recruter au-delà des frontières. Nous sommes extrêmement dépendants des régions voisines. Aujourd’hui, toutefois, un collaborateur résidant à Metz, qui se serait auparavant naturellement tourné vers le Luxembourg, peut plus facilement envisager une opportunité à Paris, profitant de la possibilité offerte de télétravailler. À l’inverse, Paris, qui connaît les mêmes problèmes de recrutement, s’intéresse aussi au vivier d’emplois de régions plus éloignées. Autrement dit, le marché de l’emploi a tendance à se globaliser. Il faut aller chercher plus loin et, à

ce titre, pouvoir proposer une offre attrayante, intégrant des opportunités intéressantes de développement et de carrière, de la flexibilité, du sens et de l’éthique dans le travail.

Aujourd’hui, parvenez-vous à pourvoir facilement les postes que vous ouvrez ? Oui, nous y parvenons, mais avec plus d’efforts que par le passé. Nous recrutons chaque année énormément de nouveaux collaborateurs. Mais le premier chemin, afin de pourvoir les postes qui s’ouvrent au sein de la banque, c’est de rechercher les compétences en interne. En tant que responsable RH, avec l’équipe qui m’accompagne sur ces sujets, nous avons fait de la mobilité interne notre priorité. Chaque poste créé est d’abord proposé à nos collaborateurs en interne, avec, si besoin, la proposition d’un plan de montée en compétences adapté. Évidemment, nous avons aussi des besoins très spécifiques, pour lesquels nous n’avons pas l’expertise en interne, notamment au niveau des fonctions IT ou encore de compliance. Nous devons donc recruter à l’extérieur, notamment en développant des collaborations avec les écoles, en allant très tôt à la rencontre des futurs diplômés. Nous privilégions une approche où nous recrutons des talents en début de carrière dans l’optique de les faire grandir au sein de la banque.

« Nous devons nous nourrir des idées qui remontent du terrain, de la nouvelle génération.»

Comment, lorsque l’on est RH, parvenir à concilier réponses à des aspirations individuelles et enjeux communs ? À ce niveau, la question du sens que l’on parvient à mettre ou à remettre dans le travail est un élément-clé. Faire entrer en résonance besoins individuels et projet collectif est un défi complexe et passionnant. À l’échelle d’une banque, ce n’est pas toujours évident. Il y a des métiers, au sein d’une structure comme la nôtre, autour de l’accompagnement des clients, du développement de produits, pour lesquels le

MARS 2024 21

Conversation Louis de Looz-Corswarem

sens et l’utilité finale s’expriment de manière évidente. Toutefois, le monde s’est complexifié. Le régulateur a beaucoup d’attentes vis-à-vis des acteurs du secteur financier, sur des sujets qui sont parfois très éloignés du métier premier de banquier, comme le reporting ou la compliance, où la finalité est moins évidente à appréhender. Pour redonner plus de sens aux métiers bancaires, notre groupe a récemment lancé une campagne intitulée « Unexpected Jobs », invitant nos collaborateurs à rebaptiser leur fonction en considérant leur contribution concrète au développement de l’entreprise ou au service apporté aux clients (voir encadré). Au-delà de la clarté des missions, c’est aussi en donnant de l’autonomie aux collaborateurs, en leur faisant confiance que l’on peut redonner du sens. Faire confiance ne veut cependant pas dire que l’on permet tout. En tant que premier employeur du secteur financier, avec près de 4.000 personnes, nous avons une responsabilité importante. Il faut donc trouver le juste équilibre à ce niveau.

Au-delà de cette quête de sens, comment parvient-on à répondre à la multitude des aspirations exprimées par les collaborateurs ?

La digitalisation nous aide beaucoup à cela. Le recours à de nouveaux outils a permis à nos collaborateurs d’être plus performants, de libérer du temps. Au-delà, il faut être particulièrement à l’écoute. Nous sondons régulièrement nos équipes sur leur expérience collaborateur ou sur les enjeux d’éthique et de diversité à l’échelle de l’organisation. Permettre à chacun d’exprimer sa singularité et cultiver la diversité sont des dimensions qui nous sont très chères. Réunir des collaborateurs issus d’horizons divers nous permet véritablement de croiser les points de vue, d’enrichir le dialogue et de refléter la pluralité de la société au sein de laquelle nous œuvrons.

L’émergence de l’intelligence artificielle se présente comme une autre révolution majeure du monde du travail. On sait que des métiers vont disparaître, que d’autres vont se créer. Comment appréhendez-vous ces enjeux ?

Avez-vous une vue des compétences dont vous aurez besoin dans cinq ans ? On y travaille activement. Nous avançons sur ces sujets de skilling et de reskilling en considérant un horizon un peu plus proche, à deux ou trois ans. L’idée est de se questionner, de se préparer aux diverses évolutions que l’on anticipe. Autour des enjeux de Strategic Workforce Planning, nous avons mis en place une équipe dédiée. Nous avons d’abord cherché à identifier les compétences transversales dont nous avons besoin pour bien évoluer, autour du digital, de la donnée, de l’agilité, de la RSE. À partir de 2024, nous analyserons métier par métier les besoins à venir. Demain, nous aurons par exemple besoin de comptables spécialisés dans les domaines de la RSE, pour rendre compte des impacts sociaux et environnementaux liés à un produit ou une activité. Il s’agit de se projeter, d’identifier les postes de demain et de construire des programmes de montée en compétences et des plans de relève au niveau des métiers et fonctions de la banque, tout en considérant aussi les appétences de chacun. D’ici deux à trois ans, la banque que l’on connaît aujourd’hui aura sans doute considérablement changé.

Pour en revenir à l’intelligence artificielle, comment appréhendez-vous son impact sur les métiers de la banque ? C’est un sujet dont on parle beaucoup. Cette technologie a un potentiel disruptif important. Aussi, nous nous y intéressons sérieusement. Au-delà de la hype, des inquiétudes liées à l’émergence de cette technologie, il faut pouvoir la considérer en fonction de nos besoins actuels et futurs. On sait que cela va changer beaucoup de choses, mais il faut étudier concrètement les cas d’usage possibles et la mettre en œuvre en ayant une direction claire, en évitant d’entretenir la peur, de renforcer la morosité déjà très présente dans nos sociétés pour toute une série de raisons. Il faut surtout avoir confiance dans la capacité colossale de l’humain à se réinventer, à tirer parti de la technologie pour évoluer. C’est l’humain qui doit rester au cœur des entreprises et être le moteur de leur développement. Pour cela, le leadership, la capacité à fédérer les équipes, doivent rester au cœur des préoccupations.

UNEXPECTED JOBS

Pour redonner plus de sens aux métiers de la banque, BNP Paribas a récemment lancé une campagne intitulée « Unexpected Jobs », invitant ses collaborateurs à rebaptiser leur fonction en considérant leur contribution concrète au développement de l’entreprise ou au service apporté aux clients. Par exemple, Guillaume, responsable de la cybersécurité en charge de la protection des données bancaires des clients au quotidien, a rebaptisé sa fonction en recourant aux termes « digital bodyguard ». Face à l’intensification des cyber-risques, il a pour rôle d’anticiper les menaces potentielles et de réagir rapidement en cas d’anomalie. Nélia, scrum master crédits immobiliers, spécialisée dans les questions de rénovation énergétique, a choisi de se présenter comme « chasseuse de courants d’air ». Sa fonction, en effet, est d’accompagner nos clients dans toutes les étapes de leurs travaux de rénovation, de la pose d’un diagnostic de performance énergétique à la mise en œuvre de solutions de financement, en passant notamment par la recherche d’aides financières.

22 MARS 2024
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« On restera toujours un petit, mais…  »

La présence de l’équipe nationale au prochain Championnat d’Europe de football, cet été en Allemagne, boosterait la croissance du Luxembourg, comme l’explique le président de la première fédération sportive du pays, Paul Philipp.

Où serez-vous le 14 juin ?

Pour le match d’ouverture du championnat d’Europe ? Je serai en Allemagne. l’instance européenne du football, ) organise une réunion de travail, après quoi les présidents de fédération sont invités au stade. J’espère ensuite rester longtemps sur place. On peut rêver !

Si vous restez, cela signifiera que le Luxembourg aura obtenu sa qualification. Or, le pays ne s’est jamais hissé en phase finale d’une coupe du monde ni d’un championnat d’Europe. Pourquoi cela changerait-il cette année ?

Nous disposons de joueurs évoluant dans des championnats professionnels à l’étranger. Tous ne sont pas titulaires, mais la plupart oui. Forcément, la qualité a énormément augmenté. Rien à voir avec l’époque où l’on avait deux ou trois éléments en Belgique, en France ou en Allemagne. Les progrès sont physiques, tactiques, visibles à tout point de vue. Ces joueurs sont allés chercher la difficulté, ils ont un mode de vie professionnel. Le haut de la pyramide s’est beaucoup élargi. Cela s’est fait graduellement, grâce à notre tra-

vail de formation, grâce à l’intégration. Aujourd’hui, le Luxembourg existe sur la carte du football. On restera toujours un petit. Mais le regard que l’on porte sur nous a changé.

L’UEFA a prévu de verser 9,25 millions à chacune des 24 nations présentes à l’Euro. Est-ce que cette manne changerait quelque chose ?

9,25 millions, c’est du brut. Pas du net. Car il y aura tous les frais liés au stage de préparation avant l’Euro ou à l’hébergement sur place, entre autres. Un tiers de la somme, je présume. Mais dans la mesure où notre budget annuel est d’environ 9 millions d’euros, ce serait un beau coup de pouce. La majorité de cet argent, comme toujours, on le transférera vers les clubs. Avec des objectifs à atteindre au niveau de la formation des jeunes. Et on continuera à investir dans l’école de football de Mondercange, l’encadrement, les infrastructures. Le foot féminin est en train de grandir, il nous faut construire. On dispose de trois terrains d’entraînement, plus une aire de jeu couverte. Deux terrains supplémentaires sont en projet. Ce sera fini d’ici deux ans.

Au quotidien, qu’est-ce qui fait vivre la fédération sportive n°1 au Grand-Duché et ses 43.000 licenciés ?

Le sponsoring pèse pour 16 % du budget. On parle de 15 sponsors principaux, auxquels s’ajoutent des partenaires avec qui il s’agit surtout d’échange de services. La même part du budget, à peu près, est octroyée par les droits télé. Les 55 nations qui composent l’UEFA ont un contrat global en ce sens. Mais le gros morceau, ce sont les programmes [d’aide aux fédérations] de la Fifa (l’organe qui régit le football mondial, ndlr) et de l’UEFA. À peu près la moitié de notre budget. La part restante provient des licences et des subventions du ministère et du comité olympique.

Vous évoquiez les droits télé. Des sommes folles circulent chez les voisins pour la retransmission des matchs, tandis que la fédération luxembourgeoise, elle, finance depuis plusieurs années un magazine hebdomadaire sur RTL… On a besoin de cette vitrine pour notre football. Donc oui, il faut investir.

Il coûte cher, ce programme ?

C’est du 50-50 avec notre partenaire, la CMCM. 70.000 euros chacun par saison. Le prix de notre visibilité.

Revenons à la sélection nationale. Elle a terminé l’année 2023 à la 83e place du classement Fifa, un rang qu’elle n’avait jamais atteint jusque-là. Un produit qui performe, c’est un produit qui se vend mieux ?

Avec les sponsors, on ne raisonne pas sur le court terme. La prime est donnée à la fidélité. C’est donc surtout intéressant pour le merchandising. Sur les 9.000 spectateurs qui assistent à un match, ils sont 3.000 ou 4.000 à porter un maillot du Luxembourg aujourd’hui. Je me frotte les yeux. Cela constitue une rentrée d’argent, bien entendu, mais ce n’est pas énorme. Et pas le principal. Le principal, c’est l’aspect symbolique.

Les joueurs de l’équipe sont déjà venus frapper à votre porte pour négocier leurs primes en cas de qualification à l’Euro ? Même s’ils étaient déjà venus, je ne vous donnerais pas le chiffre. Mais ils vont bien-

tôt venir, c’est normal. On doit régler ces paramètres pour avoir l’esprit clair. Les primes sont logiques. N’oublions pas que les joueurs appelés prennent un risque visà-vis de leurs clubs. Vous savez, un joueur de la sélection ne s’enrichit pas grâce à elle. Une sélection, cela ne se négocie pas.

Le sélectionneur Luc Holtz est en poste depuis 2010. Une prolongation de contrat a été signée en décembre dernier. Qui a convaincu l’autre ?

On aurait dû se parler plus tôt, mais il y a eu ce fameux « caramel » au Portugal (une défaite 9-0, l’une des pires de l’histoire de la sélection, en septembre 2023, ndlr), ce n’était pas le meilleur moment. Son intention était de rester.

« 9,25 millions, ce serait un beau coup de pouce. »

Je suppose que, même si j’insiste, vous n’allez pas me dévoiler l’effort salarial que vous avez consenti compte tenu des bons résultats qu’il est en train d’obtenir… Hormis les personnes dont c’est le rôle de contrôler les finances, même en interne, la somme n’est pas divulguée. Il y a déjà eu dans le passé des positions plus inconfortables que celle de Luc Holtz pour discuter d’un contrat, mais il n’en a pas profité. Il connaît la maison. Il sait aussi qu’avec moi, ça ne va pas passer du simple au double.

En France, le salaire du sélectionneur Didier Deschamps est de l’ordre de 3,8 millions d’euros par an… Eh bien, Didier Deschamps, je ne crois pas qu’il viendrait passer ne serait-ce qu’une semaine au Luxembourg !

Une quinzaine d’années enei tant que joueur de l’équipe nationale, 15 autres au poste de sélectionneur, avant la célébration, en février, du 20e anniversaire de votre présidence de la FLF. À 73 ans, quelle image espérez-vous renvoyer ? Celle de quelqu’un n’ayant jamais rien fait pour son propre compte. Je n’ai jamais eu de plan de carrière, vers la politique par exemple. Je n’ai rien à négocier puisque c’est bénévole. Je ne cherche pas non plus à m’accrocher à un poste. Seulement à construire.

À DEUX VICTOIRES

D’ÉCRIRE L’HISTOIRE

Troisième de son groupe de qualification à l’Euro derrière le Portugal et la Slovaquie, avec tout de même cinq succès au compteur et la bagatelle de 17 points en 10 matchs, le Luxembourg n’est pas parvenu pour autant à arracher un billet direct pour le tournoi, prévu du 14 juin au 14 juillet en Allemagne. Frustrant, car le même total de points s’est avéré suffisant dans six des dix poules de qualification. Pour toucher au rêve d’une première participation à une phase finale, les Roud Léiwen devront donc passer par les barrages. La règle est simple : il faudra gagner deux fois. La première en Géorgie, le 21 mars. La seconde, cinq jours plus tard, contre le vainqueur de l’autre match de barrage, entre la Grèce et le Kazakhstan. Là, les hommes de Luc Holtz auront l’avantage d’évoluer devant leur public, au stade de Luxembourg. Ce serait une véritable finale. Déjà sold-out.

MARS 2024 25

Incarner le futur de la médecine préventive

Face aux défis rencontrés, il est plus que jamais nécessaire, pour les acteurs de la santé, de se réinventer mais aussi de contribuer à faire évoluer et à moderniser la médecine.

Dans le secteur médical, les challenges sont nombreux et poussent les laboratoires d’analyses médicales à déployer une stratégie ambitieuse pour le futur. Une démarche que Laboratoires Réunis a mise en place via son plan de transformation. « Notre objectif est, d’une part, de fournir des analyses médicales précises, fiables et de haute qualité en mettant l’accent sur une expertise médicale approfondie. Notre réseau compte plus de 55 centres de prélèvement dont la moitié sont intégrés dans des centres médicaux all-in ou centres de diagnostic. Nous cherchons à nous rapprocher des médecins », explique le Dr Stéphane Tholl, CEO. La digitalisation des processus internes et de l’expérience patient avec notamment un nouveau portail digital pour les patients et l’e-prescription constituent

aussi des objectifs-clé. Cette dernière permettra au médecin d’encoder son ordonnance avec un code QR, au patient de se rendre dans le centre de son choix et au laboratoire d’accéder directement aux analyses. « Enfin, nous aspirons à nous diversifier pour devenir un acteur majeur de la médecine préventive et personnalisée à l’échelle nationale et internationale en collaborant avec les médecins et scientifiques pour développer de nouveaux produits comme nous l’avons fait avec les marqueurs génétiques », indique Stéphane Tholl.

La médecine préventive, de plus en plus cruciale Cette médecine préventive et personnalisée revêt une importance croissante pour plusieurs raisons.

PLAN DE TRANSFORMATION

HORIZON 2026

2021

Lancement du plan de transformation, avec notamment un changement de culture passant par une communication transversale, une attention particulière au bien-être au travail et des mesures favorisant l’attraction et la rétention des talents.

Nous aspirons à nous diversifier pour devenir un acteur majeur de la médecine préventive. »
Dr Stéphane Tholl CEO, Laboratoires Réunis

2022

L’accent est également mis sur l’expérience patient pour proposer une médecine plus personnalisée et répondre aux besoins des patients toujours plus intéressés par leur santé.

2023

Un rebranding est progressivement dévoilé au grand public pour traduire vers l’extérieur la dynamique d’amélioration continue des processus internes.

Moderne)
Photos Eva Krins (Maison
Contenu sponsorisé par
Santé
«
BRAND VOICE 26 MARS 2024
Dr Stéphane Tholl, CEO de Laboratoires Réunis, présente le plan de transformation de l’entreprise jusqu’en 2026.

La pandémie de COVID-19 a, par exemple, montré que les personnes présentant des maladies préexistantes ont un risque plus élevé de développer une évolution sévère de cette maladie.

« Les patients sont toujours plus engagés dans l’amélioration de leur qualité de vie et deviennent des acteurs de leur propre santé. La personnalisation et l’expérience patient sont donc essentielles pour répondre à ces besoins et passent par la formation continue des médecins et par un changement de mentalité des patients », précise le CEO de Laboratoires Réunis.

Améliorer les processus en interne

En quoi consiste concrètement le plan Horizon 2026 de Laboratoires Réunis, initié dès 2021 ?

2024

L’innovation est poussée dans la digitalisation des prescriptions mais aussi dans la logistique, et plus particulièrement le transport des échantillons par drone, par exemple.

2025

Un premier axe concerne la mise en œuvre en interne autour de trois piliers. « Le premier est le changement de culture avec le renforcement de cette dernière, déclare Stéphane Tholl. Nous encourageons un leadership inclusif, avec communication transversale, transparente et respectueuse pour fonctionner en chaîne de valeur, avec une attention particulière au bien-être au travail. Les priorités incluent l’attraction et la rétention des talents, la différenciation sur le marché, l’engagement des employés, l’adaptabilité, etc. »

Vient ensuite l’innovation qui se manifeste par la création d’un logiciel générant des rapports médicaux clairs et modernes réunissant toutes les données du patient pour aider les médecins dans leur prise de décision,

2026

Pour faire face à la pénurie d’infirmiers et de techniciens de laboratoire qualifiés, une adaptation de leurs profils sera impérative. La formation continue des médecins sera aussi cruciale pour répondre à la complexité croissante des produits médicaux.

UN « REBRANDING » TOUT EN DOUCEUR

Les changements apportés en interne s’accompagnent d’un rebranding réalisé tout en douceur et visant à montrer la dynamique d’amélioration de ces processus. Le logo a été remanié, le site web vient tout juste d’être lancé pour améliorer l’expérience patient et une touche de légèreté sera apportée via un univers graphique moderne et des campagnes décalées sur les réseaux sociaux à destination d’un public jeune. Les services seront également proposés en minimum trois langues.

avec une version IA dans quelques années. « Le nerf de la guerre concerne la logistique pour garantir un transport rapide et fiable, indique le CEO. Nous étudions les possibilités d’un transport par drone. À cet effet nous avons uni nos forces avec Luxembourg Air Ambulance SA, Post Luxembourg et Santé Services dans le cadre d’un projet pilote qui prévoit des vols de test pour le deuxième trimistre 2024. »

Cette mise en œuvre s’accompagne de défis. À commencer par le manque d’infirmiers et de techniciens de laboratoire qualifiés pour les centres de prélèvement. « Nous devons nous préparer à des pénuries. L’adaptation de leurs profils est nécessaire. Nous pouvons nous inspirer de l’Allemagne où les prélèvements sont réalisés par des secrétaires médicaux. À ce défi s’ajoute celui de l’intégration de la génétique dans la médecine préventive. Il y aurait lieu de ré-évaluer le monopole des analyses génétiques. », conclut le Dr Stéphane Tholl.

Le développement de logiciels visant à améliorer la génération de rapports médicaux clairs et modernes pour aider les médecins dans leur prise de décision devraient aller encore plus loin en intégrant l’intelligence artificielle.

POUR EN SAVOIR PLUS, VISITEZ WWW.LABO.LU.

MARS 2024 27

85 female founders

28 MARS 2024
Coordination et rédaction LÉNA FERNANDES ET REBECA SUAY

founders

Depuis plusieurs années

déjà, Paperjam consacre son édition de mars à la mise en avant de femmes qui comptent dans le monde des affaires au Luxembourg. Du fait de leur carrière, de leur projet ou simplement de leur façon de faire, elles font bouger les choses et évoluer les mentalités dans un milieu où les femmes doivent encore parfois jouer des coudes pour se faire une place.

Après les CEO et les membres de conseils d’administration, cette édition spéciale est dédiée aux fondatrices d’entreprises et d’organisations. À travers une liste – non exhaustive – et un portfolio, Paperjam a répertorié 85 d’entre elles, donnant un panorama de la diversité des profils qui composent l’écosystème luxembourgeois de l’entrepreneuriat féminin.

MARS 2024 29
« Il faut oser, surtout les jeunes ! »

Erna Hecey est galeriste, pionnière de l’art contemporain au Luxembourg. Anne Knepper est la cheffe cuisinière du restaurant Public House. Toutes deux fondatrices de leur entreprise, elles discutent de leur expérience de l’entrepreneuriat en tant que femmes.

Portrait GUY WOLFF Journalistes LÉNA FERNANDES ET CÉLINE COUBRAY
30 MARS 2024
Erna
Knepper
Conversation
Hecey et Anne
Erna Hecey et Anne Knepper, deux expériences de l’entreprise.

Conversation Erna Hecey et Anne Knepper

Pouvez-vous revenir sur vos débuts, la manière dont vous en êtes arrivées à fonder votre entreprise ?

Anne Knepper (A. K.) J’ai fait un bachelor en économie, mais au cours de mes études, je me suis rendu compte que ce n’était pas ce que je voulais faire. Je cuisinais de plus en plus à la maison et j’ai découvert la passion de travailler avec mes mains. J’ai travaillé comme étudiante dans un restaurant et c’est à ce moment-là que j’ai eu le déclic : je voulais travailler en cuisine. J’ai eu la chance de pouvoir rentrer dans des cuisines sans être diplômée et j’ai appris en faisant. Cela a confirmé ma décision de choisir cette voie et je n’ai jamais eu aucun regret. C’est aussi ce pour quoi je suis douée, travailler avec mes mains m’est venu beaucoup plus naturellement qu’étudier à l’université.

Erna Hecey (E. H.) D’une certaine manière, j’ai le même parcours qu’Anne. J’ai également suivi des études d’économie que j’ai interrompues pour me diriger vers les langues et l’histoire de l’art. J’ai toujours été très attirée par toutes les

dimensions de la culture, surtout les arts visuels. À l’époque, il y avait peu de choses à Luxembourg, seulement quelques galeries privées, dont celle de Jean Aulner, avec qui je me suis mariée. J’ai travaillé avec lui dans sa galerie pendant plusieurs années. Mais nous ne partagions pas les mêmes goûts artistiques, ce qui m’a poussée à ouvrir ma propre galerie au début des années 1990. C’est comme cela que j’ai pu montrer à Luxembourg des artistes conceptuels, des figures aussi importantes que Nan Goldin, Andres Serrano ou Niele Toroni… Les débuts n’ont pas été faciles, car l’audience au Luxembourg n’était pas mûre pour ce type d’art.

Vous avez toutes les deux commencé jeunes. Comment avez-vous appris à créer puis gérer votre entreprise ?

E. H. J’ai travaillé et appris avec Jean Aulner, et j’ai eu d’autres mentors dans plusieurs galeries aujourd’hui bien établies, la plupart à l’international. Pour fonder son entreprise, il faut la volonté d’accomplir quelque chose, une vision.

Ensuite, il faut réfléchir à comment la réaliser, ce qui demande de la discipline et du travail. Il y a évidemment beaucoup d’obstacles sur ce chemin et il faut s’entourer de personnes très compétentes. A. K. À l’université, j’ai appris la théorie. La pratique est totalement différente. Je suis d’accord avec Erna pour dire qu’il faut avoir une vision, mais en gardant une certaine naïveté. Si j’avais su tous les obstacles et les challenges qui m’attendaient, je ne sais pas si je l’aurais fait ! J’ai participé à l’ouverture d’un restaurant quand je travaillais à Copenhague, ce qui m’a beaucoup aidée. En stage, j’ai appris que j’avais la capacité physique de travailler pendant 15 h, voire 18 h par jour pendant quelques mois. Ce n’est pas durable sur le long terme, mais si c’est nécessaire, je sais que j’en suis capable. C’est ce qu’il se passe en ce moment, mais « after the rain comes the sun ». Je le fais pour moi et c’est gratifiant. En ce moment, il y a un obstacle qui est le personnel. Beaucoup moins de personnes ont envie de travailler dans la restauration depuis le Covid. Ce n’est pas facile de trou-

PARCOURS CROISÉS

Erna et Anne représentent deux générations de fondatrices.

Erna Hecey

Naissance à Budapest

Création de la Fondation Musée d’art moderne

Grand-Duc Jean en prévision du Mudam

Ouverture de la Galerie de Luxembourg

Ouverture de Galerie Erna Hecey Luxembourg

Ouverture du Casino Luxembourg, première participation de Luxembourg à l’année européenne de la Culture

Anne Knepper

Naissance à Luxembourg

Première participation de Galerie

Erna Hecey Luxembourg à ArtBasel

Ouverture de la galerie à Bruxelles

Ouverture du Mudam

Photos Erna Hecey et Anne Knepper
32 MARS 2024 1948 1981 1989 1995 1996 1999 2006 2005

ver des gens motivés et passionnés. J’ai heureusement une bonne équipe autour de moi, mais il faut avoir les épaules solides.

Il faut croire en soi pour prendre cette position de meneur d’équipe ?

A. K. Surtout dans le monde de la gastronomie, qui est toujours majoritairement masculin. Je me retrouve face à des hommes plus âgés que moi qui doivent accepter que c’est moi qui aurais le dernier mot. J’ai toujours eu ça en moi, mais je ne suis pas un leader strict. J’essaie de faire en sorte que tout le monde soit content, je suis un peu la maman [rires]. E. H. Je suis intraitable sur la programmation, car c’est le cœur même de la galerie et ce qui permet de toucher l’audience. Je n’ai jamais fait de concessions là-dessus. En ce qui concerne l’équipe, chacun a son rôle à accomplir, c’est donc beaucoup de coordination et de décisions à prendre. J’ai toujours essayé de trouver un consensus avec mes collaborateurs, pour que l’on prenne les décisions ensemble. Mais j’ai toujours eu besoin d’un collaborateur principal, qui est

comme un miroir me permettant de vérifier si je ne me suis pas laissé emporter par mon élan et ma passion.

Comment réagissez-vous face à la concurrence ?

E. H. Lorsque Stéphane Ackermann, qui était mon premier assistant, a choisi d’ouvrir sa propre galerie, cela a été difficile, car c’était à un moment où la scène était fragile et le marché au Luxembourg encore petit. Il est devenu un véritable concurrent, mais je ne lui reproche pas de s’être servi de ma galerie comme un tremplin, il était jeune et avait envie de faire des choses. C’est pour cela que c’est très important d’avoir un excellent réseau, des artistes de très bon niveau et des relations fidèles avec les collectionneurs. C’est la base de notre travail de galeriste.

A. K. C’est important d’avoir de la concurrence, c’est une source de motivation. J’ai des amis qui travaillent à l’étranger et qui pensent revenir au Luxembourg. Je le vois comme une opportunité de devenir meilleure. En tant que jeune, on peut faire

évoluer la scène en amenant de nouveaux projets. C’est ce que nous essayons de faire avec mes deux associés de Bonne Nouvelle.

Au cours de votre carrière, avez-vous eu l’opportunité de recevoir de l’aide d’organismes institutionnels ou d’associations professionnelles pour le développement de votre entreprise ?

E. H. Je n’ai jamais reçu de soutien institutionnel particulier, mais les différents directeurs du Mudam ont toujours été attentifs à ma galerie et ses artistes. Ils appréciaient ma ligne artistique et il y avait un vrai dialogue, voire parfois un débat, notamment avec Marie-Claude Beaud. Je me souviens quand même avoir fait une fois une demande d’aide au ministère de la Culture pour participer à Art Basel, et j’avais reçu une somme tout à fait dérisoire par rapport aux frais que cette participation représentait. J’ai aussi été nommée Chevalier de l’Ordre du Mérite en 2020, une distinction dont je suis fière, car c’est la reconnaissance du travail de toute une vie. Mais c’est dans

Retour à Luxembourg et réouverture de la galerie au Limpertsberg

Erasmus à Munich et premier job en restauration

Night à Bonne Nouvelle

Ouverture de Public House au Casino

Luxembourg

Signature d’un bail de trois ans avec le Casino Luxembourg

Chef’s Études d’économie à HEC Lausanne Galerie pop-up au Royal-Hamilius Stage au Geranium à Copenhague
MARS 2024 33 2016 2023 2024 2022 10/2020 2018 2021
Formation à l’EHTL à Diekirch

Conversation Erna Hecey et Anne Knepper

les moments difficiles que j’aurais davantage apprécié une aide, y compris financière. Comme après le Covid, quand mon entreprise est devenue fragile et que j’ai connu des moments très difficiles.

A. K. Je n’ai pas non plus reçu de soutien particulier de la part des institutions, mais nous avons eu la chance unique de nous installer au Casino Luxembourg, un lieu exceptionnel. Au début, le bail était celui d’un pop-up de neuf mois. Désormais, nous avons un contrat pour trois ans. Le grand avantage de ce lieu est qu’il était déjà équipé, avec le mobilier de salle et les installations en cuisine. Nous n’avons pas eu à faire de gros investissements, ce qui nous a permis de nous lancer avec peu d’argent et de commencer petit.

Vous avez toutes les deux choisi de partir du Luxembourg pour votre vie professionnelle, puis d’y revenir. Pourquoi ?

E. H. Quand j’ai commencé, une femme avait beaucoup de difficultés à faire accepter et reconnaître son savoir-faire et ses compétences au Luxembourg. On était « la femme de », notre travail n’était pas pris au sérieux. Ce n’est que depuis quelques années que j’ai le sentiment d’être reconnue professionnellement au Luxembourg. À l’international, cela a été beaucoup plus rapide, quasi immédiat. À peine neuf mois après l’ouverture de ma galerie, j’étais déjà invitée à la Fiac. À partir de là, toutes les portes se sont ouvertes. En 2011, j’ai décidé d’ouvrir ma galerie à Bruxelles, avec un projet très ambitieux, un programme intense, des éditions, des productions, une équipe de plus de 10 personnes… J’ai reçu beaucoup d’attention grâce à cela, mais économiquement, ce n’était pas tenable. J’ai donc dû faire le choix de revoir la structure économique de la galerie. En parallèle, des événements sont arrivés dans ma vie privée et m’ont poussée à revenir au Luxembourg, qui reste ma base, là où je me sens chez moi.

A. K. C’est un peu pareil de mon côté, le Luxembourg a toujours été ma maison, même si c’était important pour moi de partir, aussi afin d’apprécier ce qu’on a au Luxembourg. J’adore Copenhague, la ville, la culture, le mode et la qualité de vie, mais j’ai toujours dit que le jour où j’aurais envie d’ouvrir quelque chose, je serais fière de le

faire au Luxembourg, pour montrer ce que j’ai appris.

Le fait que ce soit un petit pays peut être négatif, mais il y a aussi des aspects très positifs. Quand on a grandi au Luxembourg, on connaît beaucoup de personnes et c’est plus facile de se lancer. On reçoit du soutien, des conseils et de l’aide de la part de ses connaissances. Je suis très contente d’être de retour.

Est-ce que vous avez reçu un bon accueil en revenant au Luxembourg ?

« Je me retrouve face à des hommes plus âgés que moi qui doivent accepter que j’aurai le dernier mot. »

A. K. Oui, parce qu’entre mes étapes à l’étranger, je suis revenue pour faire plusieurs pop-up et un certain enthousiasme s’est créé autour de ma cuisine. Les réseaux sociaux ont aussi joué leur rôle, j’avais déjà une audience avant de revenir au Luxembourg.

Le marketing de soi peut en effet jouer un rôle important pour une fondatrice. Quel rapport avez-vous avec votre image ?

A. K. Aujourd’hui, c’est important pour un commerce d’avoir un bon storytelling, et il faut qu’il y ait une image qui s’attache au projet. Dans mon cas, cela peut être à travers les producteurs avec lesquels je travaille, moi-même en cuisine ou mes plats. Tout cela raconte une histoire et c’est ce qui rend les gens curieux. Ma cuisine, c’est moi, ma vie, ma passion, et ma personnalité vient avec. Je réfléchis beaucoup à ce que je crée parce que j’adore ça et les gens le voient dans les plats.

E. H. La question de l’image se pose différemment pour moi, car l’accent est toujours mis sur la programmation de la galerie et les artistes. Là où je rejoins Anne, c’est que, pour moi aussi, la galerie c’est ma vie, et cela inclut tout mon espace mental, ma créativité. Certains galeristes sont plus sur le devant de la scène. Cela dépend de l’audience que l’on souhaite attirer vers la galerie, et c’est aussi une question de personnalité. Personnellement, j’ai essayé de faire ça assez discrètement, ce qui ne m’a pas empêchée d’acquérir une certaine renommée qui m’a

ANNE KNEPPER

Anne Knepper est née au Luxembourg. Elle entame des études d’économie en Suisse en 2016, mais au cours d’un Erasmus à Munich, et à la faveur d’un job étudiant, elle découvre que sa place est en cuisine et décide de changer d’orientation. En 2020, elle s’engage dans une formation accélérée à l’École d’hôtellerie et de tourisme du Luxembourg (EHTL) et fait son stage de fin d’études au restaurant Geranium à Copenhague, un des meilleurs du monde. Elle poursuit avec un stage en Italie dans un autre trois étoiles, revient à Copenhague pour participer à l’ouverture d’un restaurant italien, puis passe chez Admiralgade, un végétarien raffiné. En juin 2022, Anne est contactée par Davide Sorvillo et Mathias Hameeuw de Bonne Nouvelle, qui l’invitent pour une « Chef’s Night » à Luxembourg. Ils lui proposent ensuite de les rejoindre pour l’ouverture de Public House au Casino Luxembourg, dont elle prend la direction de la cuisine en 2023.

ANNE KNEPPER
34 MARS 2024
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ERNA HECEY

Originaire de Hongrie, Erna Hecey s’installe au Luxembourg en 1970. En 1978, elle fait avec son époux, Jean Aulner, un voyage aux États-Unis et est introduite auprès d’artistes tels que Roy Lichtenstein ou James Rosenquist. Elle ouvre la Galerie de Luxembourg, avec Jean Aulner, qui existera jusqu’en 1996. Un an plus tard, elle ouvre une galerie à son nom dans un ancien garage au fond d’une cour, puis s’installe à Bruxelles en 2005. Erna Hecey revient ensuite à Luxembourg et rouvre une galerie dans son appartement réaménagé par Marc Gubbini. Elle crée ensuite une galerie pop-up dans le projet Royal-Hamilius avec l’aide du bureau Polaris Architects. Aujourd’hui, Erna Hecey n’a plus de lieu d’exposition, mais continue son activité de conseil et d’accompagnement de projet avec les artistes.

Artistes phares de la galerie : Eleanor Antin, Marcel Broodthaers, Lili Dujourie, Peter Friedl, Jef Geys, Jugnet + Clairet, Suzanne Lafont, Little Warsaw, Nedko Solakov, Caecilia Tripp, Bert Theis, Jeff Weber, Lawrence Weiner…

Conversation Erna Hecey et Anne Knepper

permis de travailler avec des artistes exceptionnels.

Quel rapport avez-vous à l’argent ? Comment avez-vous appris à le gérer ?

E. H. Dans mon domaine, il y a une première phase d’investissement et les retours viennent avec le temps. Pour les jeunes artistes, le retour sur investissement – si tout va bien – se fait au bout de trois, quatre ou cinq ans. La programmation doit donc aussi se créer autour d’artistes reconnus et établis, qui permettent des rentrées d’argent plus importantes et plus rapides. C’est une réflexion globale. Il faut de la patience et de la persévérance pour s’y retrouver économiquement et l’équilibre entre l’exigence de qualité, la ligne artistique, les coûts et les revenus escomptés est difficile à tenir. Il y a des hauts et des bas. Pendant les bas, il faut avoir une structure autour de soi, des alliés, des solutions pour pallier ces moments… et après on redémarre. A. K. Ce n’est pas toujours facile de mettre en place quelque chose qui fonctionne, surtout au début. Mais j’ai ma vision et je n’irai jamais vers une logique de production. Je reste un peu extrême sur ce point. Je dis toujours que si le concept que je suis en train de développer autour de la transparence ne fonctionne pas, alors je ne veux pas continuer dans ce métier. Bien sûr, tout le monde doit gagner de l’argent pour mener sa vie, et je ne suis peut-être pas assez une « businesswomen » en ce sens. Mes deux associés m’aident à garder les enjeux monétaires en tête et, depuis l’ouverture, je les intègre de plus en plus dans ma réflexion. Pour moi, être fière et satisfaite de mon travail à la fin de la journée, c’est le plus important !

Il est vrai, Anne, qu’à la différence d’Erna, vous avez des associés dans votre société et donc à vos côtés pour vous aider aussi dans les moments plus difficiles. A. K. J’ai toujours su que je ne voulais pas ouvrir un restaurant seule. C’est un bagage trop lourd, surtout si je suis déjà en cuisine. Avec Davide Sorvillo et Mathias Hameeuw, nous nous sommes divisé les tâches : je suis responsable de la

cuisine et de sa gestion, Mathias s’occupe de la salle et de l’administratif, et Davide fait ce tout ce qui est relatif aux réseaux sociaux et aux événements. Je suis très contente de cette organisation, car je suis tellement occupée en cuisine que je n’ai pas le temps de m’occuper d’autres choses, alors que je passe déjà mes lundis et mardis – quand le restaurant est fermé –devant mon ordinateur pour faire tous les papiers relatifs à la cuisine.

Dans les moments difficiles, avoir des associés est rassurant. Quand il y a des challenges, on peut en discuter et réfléchir à trois. Mais je prends toujours les échecs assez personnellement, parce que dans un restaurant, c’est souvent la cuisine qui est critiquée, et la cuisine, c’est moi.

E. H. Pour moi, face à un échec, ce sont toujours l’audience et les collectionneurs qui comptent. Mais ce ne sont pas des associés. J’ai toujours porté toute la responsabilité moi-même, c’est un défi constant. Toutefois, les collectionneurs fidèles sont un immense soutien. Je dois dire que j’ai eu aussi un partenaire pour la gestion économique de la galerie, mais ça n’a duré que quelques années.

Quelles sont les qualités nécessaires pour être une femme fondatrice ?

E. H. Il faut avoir une vision, de la persévérance et arriver à générer une énergie formidable qui porte les personnes qui travaillent avec nous. La réussite ne vient pas seulement du patron, mais aussi de tous ceux qui s’engagent dans sa vision, c’est ce qui porte l’entreprise. Il faut aussi avoir une certaine capacité à prendre des risques.

A. K. Une vision oui, de la passion, mais aussi du courage et de l’endurance.

Quel est le meilleur conseil qu’on vous ait donné ?

E. H. S’entourer, trouver des alliés, avoir un groupe de base qui croit en vous et qui vous porte à travers tout le processus.

A. K. Que ce n’est pas un sprint, il faut penser à long terme et installer quelque chose qui tient. Il faut aussi se dire qu’on n’y arrivera pas seul(e), il faut partager pour faire ça ensemble.

Et le conseil que vous pouvez donner ?

A. K. Il faut oser, surtout les jeunes. J’ai

36 MARS 2024

envie de voir plus de jeunes motivés à entreprendre dans le milieu.

E. H. Oser, je suis d’accord, il faut avoir du courage. Développer une vision et la défendre, avec engagement, tout en restant vigilant, en veillant à tous les détails. Exploiter son propre potentiel, qui est différent pour chacun, et le mettre au service de l’entreprise.

Ces conseils sont particulièrement pertinents pour les femmes, qui ont peut-être plus de mal à se lancer.

A. K. En tant que femme, on est capable de beaucoup, et le fait d’être dans un domaine majoritairement masculin n’est qu’un argument de plus pour oser et se lancer. En le faisant, on devient un modèle pour les autres. Je me souviens qu’au tout début du restaurant, une étudiante nous aidait pour les services du week-end. Lors de son premier jour, elle s’est rendu compte qu’il y avait une femme cheffe de cuisine et a dit que cela ne se voyait pas beaucoup. Je suis fière d’être ici et de pouvoir être un exemple pour d’autres jeunes femmes.

E. H. Il faut que l’on arrive à une égalité entre hommes et femmes. C’est encore un sujet aujourd’hui, on est toujours reléguées, remises en question, plus facilement jugées. Il y a toujours eu une différence de reconnaissance, même si je pense que ça s’est amélioré avec les nouvelles générations. Je pense aussi qu’il est encore très difficile pour les femmes de concilier une vie de famille et une vie professionnelle pointue. Là, il faut un couple incroyable, où chacun s’investit pour la communauté. Je ne sais pas comment les jeunes femmes vivent cela aujourd’hui, j’ai l’impression, à travers mes belles-filles, que les choses ont changé et que les femmes se sont affirmées. Mais il y a encore du travail à faire.

Anne, est-ce que vous vous posez cette question de l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle ?

A. K. Oui, beaucoup. Dans la restauration, c’est soit ton restaurant, soit ta famille, c’est une réalité. Trouver un équilibre est difficile, mais il y a des solutions. J’aimerais avoir une équipe tournante au restaurant. J’ai travaillé avec ce système à

Copenhague, on était ouverts six jours et on faisait des rotations, ce qui permettait d’avoir une vie privée, d’avoir des weekends. Mais pour faire ça, il faut du personnel de confiance qui maintient la qualité.

Est-ce que travailler avec des femmes est important pour vous ?

A. K. Oui, j’adore travailler avec des femmes, c’est plus calme. En revanche, l’argument de l’égalité ne fonctionne pas chez nous, on est trois femmes et un homme en cuisine [rires].

E. H. Quand j’étais jeune, j’ai toujours travaillé avec des hommes, puis ça a changé au fur et à mesure. C’est très intéressant de travailler entre femmes, je crois que la différence se fait dans la manière de traiter les choses et les processus, et la communication est différente. Il y a peut-être plus de respect.

A. K. C’est exactement ça ! J’ai toujours voulu travailler avec des femmes, même si la priorité est toujours de prendre des personnes qualifiées, peu importe qu’il s’agisse d’un homme ou d’une femme. Mais c’est ce que je trouve actuellement en cuisine, un environnement où tout le monde se sent à l’aise, ce qui est très important pour moi.

« Je pense qu’il est encore très difficile pour les femmes de concilier une vie de famille et une vie professionnelle pointue. »
38 MARS 2024
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MARINA ANDRIEU ET MARIE-ADÉLAÏDE

LECLERCQ-OLHAGARAY

Managing director et chairwoman

Women in Digital Empowerment (WIDE) et Wide Andco

Impact social, numérique Lorsqu’elles se sont rencontrées il y a 10 ans, Marina Andrieu et Marie-Adélaïde Leclercq-Olhagaray anticipaient déjà « un déficit de profils qualifiés dans le numérique ». C’était, pour elles, le moment de « commencer à agir » afin de « combler un énorme manque quant à l’accompagnement de milliers de profils laissés de côté dans ce domaine ».

En 2014, elles décident de s’associer « plutôt que d’avancer seules » et fondent l’association Wide dans le but d’« utiliser le numérique pour innover et pour créer de l’impact en contribuant à créer un changement positif pour des milliers de personnes, en particulier les femmes ». Puis, au début de l’année 2022, « nous sommes devenues une société d’impact sociétal, Wide Andco, avec l’agrément SIS ». Pour elles, « pragmatisme, persévérance et capacité à gérer l’incertitude » sont les qualités nécessaires à toute fondatrice, avec « la sincérité, seule garante de la pérennité d’une démarche à impact ». Leur seul regret dans leur parcours ? « Ne pas avoir commencé l’aventure encore plus tôt. »

DJÉMAIA

BADJI

CEO

BDA Global Services Consulting

Après seulement deux ans d’existence, l’entreprise de Djémaia Badji compte déjà 65 employés. Une croissance dans laquelle elle a « trouvé une grande satisfaction personnelle », mais qui lui a aussi appris beaucoup. Décisions stratégiques et opérationnelles, gestion des risques et du temps, relations professionnelles ou encore innovation : la fondatrice est sur tous les fronts. Et ce n’est pas tout, car elle est aussi membre du conseil d’administration de la Fédération des femmes cheffes d’entreprise du Luxembourg. Une mission qui lui tient à cœur car « les femmes peuvent parfois être confrontées à des préjugés et à des stéréotypes de genre dans le monde des affaires » et « rencontrer des obstacles supplémentaires pour accéder aux bons réseaux professionnels, en particulier dans des industries traditionnellement masculines ». Il est cependant important pour Djémaia Badji de « noter que de nombreuses fondatrices réussissent à surmonter ces défis et à bâtir des entreprises prospères. Les expériences individuelles varient et de nombreuses femmes entrepreneures font preuve de résilience, de détermination et de succès dans leur parcours entrepreneurial. » Une détermination qui transparaît dans son ambition d’« ouvrir des structures BDA Global Services dans d’autres pays », son entreprise étant aujourd’hui présente au Luxembourg, à Paris et à Bruxelles.

JIL BENTZ

Directrice

Studio Jil Bentz

Architecture

« Créer une entreprise n’est pas une fin en soi. Le point de départ est une vocation et, en la poursuivant, on saisit ou on provoque l’opportunité de créer son entreprise. »

Une opportunité que Jil Bentz a saisie en 2019 lorsqu’elle a fondé son bureau d’architecture : « Il était clair, dès le départ, que, quel que soit le domaine dans lequel je m’exprimerai, je le ferai en mon nom. » Elle est cependant bien consciente que le talent ne suffit pas pour réussir dans le monde des affaires : « Le business a sa propre langue qui dépasse celle de nos domaines de spécialisation respectifs, et elle doit être apprise. Le contexte luxembourgeois, comme tout autre, à ses codes qu’il faut apprendre à maîtriser afin de prospérer. » Mais la croissance n’est pas forcément synonyme de réussite pour Jil Bentz : « J’essaie de comprendre jusqu’où croître sans remettre en cause la qualité et la personnalité des projets que nous concevons. »

40 MARS 2024 85 female founders

ANGELIKA BOCIANJAWORSKA

CEO

Äerd Lab

Fabrication 3D

2023 a été une année charnière pour Äerd Lab : victoire au Circular by Design Challenge, intégration dans l’accélérateur Fit 4 Start et premier groupe d’investisseurs providentiels. Une reconnaissance pour le travail d’Angelika Bocian-Jaworska qui, face « aux débats interminables sur les crises du climat et du logement qui n’apportent pas de solutions tangibles », s’est « sentie tenue de chercher une solution intelligente pour permettre une construction durable ».

Si « la persistance des préjugés sexistes dans le secteur de la construction soulève des défis spécifiques pour les femmes, comme des opportunités et une reconnaissance limitées » et que « l’obstacle à l’accès au financement est particulièrement notable », la fondatrice reste pleine d’ambitions.

« Mon objectif est de créer une usine permettant d’imprimer en 3D une ville en argile, de la décoration intérieure et du mobilier aux intérieurs et éléments de construction structurels. »

NADINE CAMBONIE

Associée

Omilia Avocats

Juridique

En tant que fondatrice, Nadine Cambonie conseille à ses pairs de « ne pas s’autolimiter et [de] ne pas rester dans [leur] zone de confort ». Et c’est ce qu’elle a fait lorsque qu’elle a choisi la voie de l’entrepreneuriat, d’abord en co-créant DCL Avocats en 2019, puis Omilia Avocats en 2022. Elle explique : « Le fait d’être une femme a limité les perspectives d’évolution dans mes postes précédents ce qui a entraîné l’envie de fonder une structure indépendante. »

VANESSA DEFOURNIER

Gérante

Inner Latitude

Coaching exécutif

Avec son esprit entrepreneurial, son expérience de plus de 15 ans et une « énorme soif de liberté », Vanessa Defournier lance Inner Latitude en 2016. En devenant fondatrice, elle a appris que « tout est possible lorsqu’on a la vision et la détermination nécessaires. Il faut juste accepter que tout n’arrivera pas en même temps et que le chemin parcouru et celui à parcourir sont tout aussi excitants que les résultats obtenus. »

CE QUE PRÉVOIT

L’ACCORD DE COALITION 1

Coopération au développement

« Une attention particulière sera apportée à la réalisation de l’objectif de développement durable numéro cinq pour parvenir à l’égalité des sexes et à l’autonomisation de toutes les femmes et des filles. »

2

Famille et solidarité

Le gouvernement reverra les modalités du congé de maternité afin de donner plus de flexibilité aux femmes enceintes. Ainsi, les femmes auront la liberté de convertir jusqu’à six semaines de leur congé prénatal en congé postnatal en fonction de leur situation personnelle et en accord avec leur médecin et leur employeur.

3

Promotion de l’entrepreneuriat et création d’entreprise

« Le gouvernement mettra en place des mesures de soutien pour l’entrepreneuriat inclusif auprès des populations sous-représentées dans l’écosystème de la création d’entreprises, comme les femmes, les jeunes ou les immigrés. »

4

Égalité des chances

« Le gouvernement actualisera, après analyse approfondie, le plan d’action national pour une égalité entre les femmes et les hommes en adaptant ses mesures et ses actions, notamment afin de tenir compte des engagements pris par le Luxembourg dans le cadre de la ratification de la convention CEDAW (Convention on the Elimination of all forms of Discrimination Against Women) des Nations unies. »

MARS 2024 41

NATHALIE DELEBOIS ET SINÉAD O’DONNELL

Directrices et gérantes

DO Recruitment Advisors

Recrutement et sélection de personnel Après avoir travaillé plusieurs années ensemble au sein d’un cabinet de conseil en ressources humaines, Nathalie Delebois et Sinéad O’Donnell ont ressenti le besoin de créer leur propre entreprise. Une volonté qui « découle peut-être du fait [qu’elles sont] toutes deux filles d’entrepreneurs », considère la première. C’est ainsi que DO Recruitment Advisors débute son activité le 15 janvier 2008, « une date qui nous tient à cœur car nous avons vu l’entreprise grandir de plus en plus chaque année, célébrant désormais ses 16 ans d’existence », explique Sinéad O’Donnell. Mener ce beau projet n’aura cependant pas été de tout repos pour les deux fondatrices, puisque « le défi principal a été de gérer l’entreprise tout en conciliant vie professionnelle et vie personnelle, surtout parce [qu’elles sont] toutes deux devenues mamans au début de cette aventure ».

Leur cabinet de recrutement a, depuis, reçu plusieurs distinctions. « En 2016, nous sommes devenus membres fondateurs de la Federation for Recruitment, Search & Selection (fr2s). » Pour l’avenir, l’objectif des deux femmes est clair : « Continuer à prendre du plaisir dans notre travail et maintenir le professionnalisme, la réputation et les excellents résultats de l’entreprise », avec toujours l’humain, « qui a été notre préoccupation principale dès le début », au centre de leur réflexion.

«  En tant que femmes, notre expérience a été impactée positivement par la perspective unique, la créativité et la résilience propres à notre genre.
Nathalie Delebois

ILANA DEVILLERS

L’écoresponsabilité est au cœur des projets d’Ilana Devillers. Avec Food4All – devenue Swoople après un rebranding –elle veut « avoir un impact positif sur notre écosystème » en met-

tant sa « créativité au service de l’environnement ». Elle a aussi participé à la création de Startups.lu et, en 2023, elle co-fonde Eco Prisme Distribution dans le secteur de la chimie verte. « J’ai d’autres projets écoresponsables en cours, ainsi qu’une association caritative. Je souhaite que toutes mes sociétés et associations deviennent un groupe international vert », annonce la fondatrice.

42 MARS 2024 85 female founders
»
CEO Swoople GreenTech

Table ronde

Petites entreprises, grands défis

Selon un rapport récent de la Banque mondiale, les PME représentent 90 % des entreprises et plus de 50 % de l’emploi mondial. Petites entreprises, grands défis, mais aussi grandes opportunités... Comment attirer les talents, accéder aux financements, faire face au défi climatique, maîtriser les coûts ? Leur agilité, leur capacité à offrir du « sur-mesure » et à servir des niches ainsi que leur culture et leur esprit entrepreneurial leur permettent de transformer ces défis en

opportunités, puis en succès. Quelles sont leurs stratégies gagnantes ? Un partage d’expériences et de bonnes pratiques !

Avec la participation de Daniel Eischen (Interact), Marie Lucas (M3 Architectes) et Alexandra Kieffer (Légère Hôtel Luxembourg).

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DIANA L.A. DIELS

Luxembourg for Family Office

Présidente

Gestion de patrimoine

Avec Luxembourg for Family Office, Diana Diels n’en est pas à son coup d’essai. En 1994, elle a cofondé Iris Securities « pour mettre à disposition [ses] connaissance pour la qualité de vie des générations futures en mettant un premier model d’une gestion de patrimoine globale au sein d’un gérant de fortune ». Et même lorsqu’elle travaille ensuite pour le groupe Fuchs, elle n’abandonne pas pour autant ses ambitions et fonde parallèlement Wealth@work, une plateforme innovante destinée aux family offices et aux gestionnaires de fortune. « Nous sommes très importantes pour l’écosystème dont nous constituons une épine dorsale. Les PME sont les plus importantes créatrices d’emplois et de croissance », estime la fondatrice. C’est en 2010 qu’elle cofonde l’association Luxembourg for Family Office dont elle est la présidente, et la Luxembourg Association of Family Offices, dont les objectifs sont notamment de contribuer au développement et à la promotion des activités de family office au Luxembourg et à l’international. Au fil des années, Diana Diels a ainsi appliqué le meilleur conseil qu’elle puisse donner : « Ne jamais perdre confiance, rester intègre, garder un très haut niveau d’énergie et rester loyal à ses projets. »

«  Nous sommes véritablement passionnées par notre travail, mais nous savons aussi fixer des limites et des priorités.
»
Runa Egilsdottir

LINDA BOS ET RUNA EGILSDOTTIR

Managing partners

A Designers’ Collective Communication et design Après avoir toutes les deux fondé et dirigé d’autres « entreprises créatives », les deux fondatrices ont vu leurs chemins se croiser il y a une dizaine d’années. « Nous nous sommes vite rendu compte que non seulement nous étions sur la même longueur d’onde, mais aussi que nous avions des types de clients similaires et que nous étions parfaitement complémentaires en termes

de compétences. Mais par-dessus tout, nous aimions l’éthique de travail, l’honnêteté et l’humour de chacun. » Aujourd’hui, elles attribuent leur réussite au fait qu’elles sont « véritablement passionnées par [leur] travail, mais [qu’elles sont] également douées pour fixer des limites et des priorités ».

Car celles qui se qualifient de « geeks du design » estiment que « même s’il est important que le travail acharné soit récompensé financièrement, il vaut bien plus de pouvoir tracer son propre chemin et être capable de créer un équilibre parfait entre vie professionnelle et vie privée ».

44 MARS 2024 85 female founders

LAURE ELSEN

Directrice

Accentaigu

TATIANA

FABECK

Associé gérant

Agence de communication et événementiel Motivée par une passion profonde pour la communication et l’événementiel, Laure Elsen a fondé son entreprise avec l’ambition de marquer le secteur par son approche novatrice. Celle qui est issue d’une famille d’entrepreneurs a « toujours eu l’envie de créer [sa] propre entreprise et d’être indépendante. »

Au cours de son aventure entrepreneuriale, elle a appris que « les émotions ont rarement leur place dans le business mais que l’intuition (féminine) est souvent [sa] meilleure alliée pour les prises de décisions, en particulier dans le recrutement ». Et si elle a constaté que « les relations professionnelles entre hommes sont souvent plus rapidement amicales, alors que les femmes doivent d’abord prouver leurs capacités et leur professionnalisme », elle est convaincue que « ce n’est pas le genre qui façonne une carrière, mais un charisme et une personnalité. »

Laure Elsen a aussi repris avec sa sœur la société familiale, le Groupe CK SA. Pour l’avenir, elle souhaite rester « alignée avec les nouveaux critères tels que les exigences RSE ou les besoins de notre monde en constante évolution ». « Pour l’entreprise familiale CK SA, l’objectif est de rester dans la continuité de cette belle opportunité tout en donnant ma touche personnelle avant de transmettre à la prochaine génération », déclare-t-elle.

Fabeck Architectes sàrl Architecture et urbanisme

Créer sa propre entreprise a été un choix logique pour Tatiana Fabeck, qui voulait exercer son métier d’architecte « de la façon la plus concrète, responsable, structurée, autonome et indépendante possible ». Avec 150 projets et des dizaines de distinctions à son actif, le bureau a su s’adapter aux challenges rencontrés ces dernières années :

« La période Covid et la crise actuelle de la construction ont poussé chaque entreprise qui travaille directement ou indirectement dans ce secteur à repenser son organisation, sa manière de travailler ainsi qu’à programmer ses activités à court et moyen terme. » Un succès que l’architecte attribue au travail de ses équipes. Pour elle, « on ne réalise rien seul, et ce n’est qu’en s’entourant de personnes compétentes, partageant une même éthique et motivation, qu’on est capable de progresser dans un univers très concurrentiel ». Loin de se reposer sur ses lauriers, Tatiana Fabeck reste en phase avec les problématiques de l’époque. Elle se prépare notamment à « l’arrivée imminente de l’intelligence artificielle dans [son] métier, qui réservera certainement autant de surprises que de défis à relever dans un avenir très proche. Affaire à suivre… »

ELLES

SONT AUSSI FONDATRICES

Agriculture

Sophie Pixius, Terra

Architecture

Sahar Azari, Saharchitects

Türkan Dagli, Atelier d’architecture Dagli + Amandine Maroteaux, Atelier Compostelle

Anouck Pesch, Anouck Pesch Architecte Patricia Streber, XXA Architecture

Communication

Juliette Feitler, Boom ! Events

Valérie Sayrignac, Valérie Sayrignac

Communications

Conseil et services

Nicole Avez-Nana, AB-Lux Relocation Services

Kerstin Becker, Business Pilotage Consulting

Céline Campi, Eivilux

Adélaïde Dubucq, Relooking & Queen

Sylvie Hansen, Mauced

Rita Knott, Coaching Mentoring Consulting

Caroline Lamboley, Lamboley Executive Search

Aude Lemogne, Link Management

Création

Fabienne Belnou, Joaillerie

Fabienne Belnou Créations

Eva Ferranti, L’Atelier d’Eva Ruth Lorang, Ruth.atelier

Restauration

Aline Bourscheid, Hostellerie du Grünewald

MARS 2024 45

ALEXANDRA FERNÁNDEZ RAMOS

Chief product officer et membre du conseil d’administration

Travelsify

Travel Tech

« Passion, persévérance et résilience » : ce sont les trois qualités qu’Alexandra Fernández Ramos cite sans hésiter comme étant celles nécessaires à toute fondatrice. Ayant toujours travaillé dans des industries majoritairement masculines, elle a « sans doute été plus sensible à la diversité des profils ou des personnalités » dans son recrutement. « Sans jamais appliquer de discrimination positive, 44 % de l’équipe sont des femmes, et nous avons sept différentes nationalités représentées. »

DORETTA FIORENTIN

Gérante  et propriétaire

Le Parfum de Fiore

Parfumerie

Après avoir fondé l’agence immobilière Fiore Immo en 2014, Doretta Fiorentin a allié sa passion pour les parfums avec son expertise en matière d’entrepreneuriat pour lancer Le Parfum de Fiore. « J’ai décidé de créer une ligne pour nos

«  Sans passion, il me semble plus difficile de motiver ses équipes, de convaincre les clients ou de rester toute la nuit éveillée si cela est nécessaire.  »
Alexandra Fernández Ramos

clients, amis et connaissances, afin de ne jamais faire oublier notre nom. Le parfum est unique, avec brevet déposé, et produit par une société à Grasse, dans le sud de la France. » Si être une femme a beaucoup influencé son expérience lorsqu’elle a créé son agence immobilière « car ce monde est très masculin », pour Le Parfum de Fiore, elle considère qu’« être femme est fondamental ». Son meilleur conseil est qu’il « n’est pas important gagner rapidement beaucoup d’argent, l’important est faire les choses

bien avec professionnalisme pour durer dans le temps. » Ainsi, pour la fondatrice, « le courage, la patience, la force et le professionnalisme à la fin gagnent sur tout et sur tous ».

Après des années 2022 et 2023 très difficiles pour Fiore Immo, elle a pour objectif de stabiliser la situation. Une fois cela fait, « j’ai un dernier projet plutôt personnel, toujours dans le nom de ‘Fiore’, mais, pour l’instant, il reste secret », chuchote Doretta Fiorentin.

46 MARS 2024
female founders
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LUDIVINE

FUCHS-DIDELOT

CEO

Privilege Services Services aux entreprises et aux particuliers Lorsqu’elle avait 26 ans, ce sont « le dynamisme du pays et la facilité des démarches pour la création d’entreprise au Luxembourg » qui ont permis à Ludivine Fuchs-Didelot de fonder son entreprise. Une belle preuve de sa persévérance : « Dès l’âge de 15 ans, j’ai su que je souhaiterais créer ma propre entreprise », raconte la fondatrice. L’impact de son identité de femme dans un domaine où « les femmes sont sur-représentées » lui a permis de comprendre les problématiques de mes collaboratrices, auxquelles elle a elle-même été confrontée.

« J’ai aussi découvert que nous, entrepreneurs, avons une grande responsabilité auprès de nos salariés dont je mesure chaque jour l’importance de respecter, valoriser et accompagner », déclare la CEO de Privilege Services. Cela a défini sa vision du leadership : « Nos clients sont rois ; mais c’est grâce à nos équipes que nous pouvons les servir dignement. » Le tout en suivant une règle : « Ne transige jamais avec ton exigence. »

Année de fondation

ALINA

GOLOVKOVA

Directrice

Alina Golovkova Public Relations Agency  Relations publiques

Après avoir géré les relations publiques d’une entreprise de la Place pendant plusieurs années, Alina Golovkova s’est sentie « prête à relever de nouveaux défis » en ouvrant sa propre agence. Entourée « de personnes passionnées et ambitieuses qui se tirent vers le haut », elle apprécie tout de même être « seul maître à bord ». Désormais, la fondatrice se dit chaque matin: « Aujourd’hui sera le meilleur jour de ma vie, et il l’est ! »

STÉPHANIE

GREVEDON GERMANI

Gérante

My Concert at Home  Événementiel et musique

Stéphanie Grevedon-Germani s’est donné pour mission de rendre la musique classique accessible en permettant « aux entreprises et particuliers du pays d’avoir les meilleurs musiciens chez eux ». Dans le monde de l’entrepreneuriat qui « va droit au but », elle se sent à sa place : « J’y trouve liberté, responsabilité, ouverture d’esprit, simplicité des relations, efficacité... et un retour immédiat en termes de reconnaissance. »

MARS 2024 47
Nombre d’entreprises et d’organisations fondées 1986 1993 1995 1996 1998 2000 2001 2003 2004 2005 2006 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 0 1 2 3 4 5 6 7 8 1 1 1 1 1 1 1 3 2 3 2 2 3 5 3 7 3 1 5 6 4 1 7 4 8 3 1

CLAUDIE

GRISIUS

Designer et CEO Vol(t)age

Mode et habillement

Claudie Grisius a fondé Vol(t)age en 2011 avec une vision claire : « Créer des vêtements et des accessoires de mode qui nous donnent de l’assurance et révèlent la meilleure version de nousmême. » La passionnée de mode a ainsi fait du power dressing son état d’esprit en considérant qu’« un look réussi et inspirant est l’intersection de l’affirmation de soi, de la confiance et de ce qui correspond à notre humeur. » En tant que femme, elle dit « comprendre les envies, les besoins et les habitudes vestimentaires de toute une génération de femmes, ce qui établit naturellement un lien étroit avec [ses] clientes ».

En se lançant dans l’entrepreneuriat, Claudie Grisius a compris que « l’intention est le secret de la mise en mouvement de l’énergie mais également de la réussite de tout ce que l’on entreprend ». Les pieds sur terre, elle rappelle que « le rêve (derrière le business) doit être très intense et marquant pour survivre à son implantation dans la vraie vie ».

ELENA GROMOVA

Fashion Business Mentor

Fashion Business Lab

Conseil aux entreprises de mode Ayant elle-même fait face aux problèmes rencontrés par une start-up dans la mode, Elena Gromova a voulu « aider les autres à réaliser leurs rêves et à lancer leurs marques ». Avec son Fashion Business Lab, la fondatrice a plusieurs objectifs : « Développer l’industrie de la mode au Luxembourg en offrant la possibilité de lancer une marque durable et produite localement », « ouvrir un laboratoire de couture expérimental » et « introduire plus de programmes d’upcycling ».

ANNE HARLES

Gérante

Alavita

Commerce d’alimentation « Just do it », c’est la devise d’Anne Harles, qui conseille de « ne pas attendre le moment parfait, car il ne viendra peut-être jamais ». Dans son cas, c’est en 2018 qu’elle s’est lancée en créant Alavita, une épicerie bio, locale et durable. La fondatrice était alors motivée par « la passion du produit de qualité, l’envie de ramener du nouveau dans le monde de la distribution alimentaire – qui est aujourd’hui principalement mené par de grandes enseignes – et une envie inconsciente de vouloir gérer ma propre entreprise ». Mais en devenant entrepreneure, elle a rapidement dû faire preuve de lucidité : « C’est beaucoup plus difficile que ce que l’on pense. Le Luxembourg apporte beaucoup d’opportunités dans le monde du business, mais en même temps limite l’entrepreneuriat avec des lois et des règles très strictes et protectrices. » Ce qui n’a pas empêché la passionnée de nutrition d’ouvrir tour à tour quatre magasins.

La fermeture d’Alavita Kitchen, son restaurant à Bonnevoie, a en revanche été un choix difficile et elle a dû admettre que « peu importe la solution que j’apporterais, le business plan ne fonctionnerait pas. J’ai beaucoup appris de cet ‘échec’. » Pour l’avenir, les ambitions d’Anne Harles sont simples : « Continuer à croître et créer de la valeur pour mon entreprise, toujours en m’épanouissant dans ma vie professionnelle. »

48 MARS 2024 85 female founders
«  Le fait d’être femme m’a très rarement porté défaut, et si c’était le cas, je me suis promis que j’allais revenir trois fois plus forte.  »

ERNA HECEY

Directrice

Erna Hecey Gallery Luxembourg

Art et culture

La culture, et en particulier les arts visuels, est un des domaines de prédilection d’Erna Hecey. Après avoir ouvert une première galerie à Luxembourg en 1996, puis une suivante à Bruxelles en 2005, elle est revenue au pays en 2018 pour lancer un nouveau projet. Sa première participation à la foire d’art contemporain Art Basel en 1999 reste l’un des moments forts de sa carrière : « La sélection était très exigeante, être acceptée était un témoignage important de la reconnaissance internationale. »

Face à la « lourdeur bureaucratique, aux contraintes financières, ainsi qu’à certaines formes de concurrence déloyale » dans le monde du business, le meilleur conseil qu’elle ait reçu est de s’entourer d’alliés. Erna Hecey aspire aujourd’hui à « transmettre mes actifs : l’expérience, nos relations dans le monde et l’organisation des archives. Mais j’aimerais encore projeter l’entreprise dans l’avenir en ouvrant une petite galerie ou un bureau à New York. »

DIANE HEIREND

Administratrice déléguée, architecte et urbaniste Diane Heirend Architecture & Urbanisme Architecture et urbanisme

Fonder son entreprise était pour Diane Heirend « la seule option possible pour pouvoir faire au quotidien tout ce qui m’intéressait : l’architecture, l’urbanisme,

le paysagisme, la scénographie, la création de meubles ». Depuis l’ouverture de son bureau en 1995, elle a pris conscience « que ce n’est que le labeur quotidien, au fil des décennies, qui permet de revendiquer le titre de son diplôme ». Car pour la fondatrice, « l’architecture et l’urbanisme sont un sport d’endurance ».

MARS 2024 49

GIULIA IANNUCCI

KnowThyBrand Women est une entreprise à impact social qui vise à « soutenir l’égalité des sexes en utilisant le branding comme sauce secrète ». Un objectif qui est, pour sa fondatrice, Giulia Iannucci, une « étoile polaire dans les bons et les mauvais moments. Pivoter est souvent une nécessité en entreprise. Avoir un but clair nous aide à trouver de nouvelles solutions qui nous rapprochent de nos objectifs, même si nous le faisons de différentes manières. » Elle recommande aussi de « trouver des personnes avec qui réfléchir, partager ses doutes et ses inquiétudes », ce qui peut être bénéfique pour les entrepreneurs, qui ont parfois un parcours solitaire. La businesswoman considère aussi qu’externaliser une partie de son travail « n’est pas une dépense, mais un investissement dans l’avenir de son entreprise ».

En plus d’être une fondatrice, une entraîneuse de rugby certifiée pour le Rugby Club Luxembourg et une animatrice de podcast, Giulia Iannucci prévoit « d’écrire un livre pour les enfants et les adolescents afin de lutter contre la discrimination sexuelle dès les années de formation et les aider à devenir des adultes confiants ».

NATHALIE JACOBY

Associée-gérante

NJOY Architecture Inside

Architecture d’intérieur et scénographie Nathalie Jacoby a créé son entreprise en 2004, à une époque où « la discipline de l’architecture d’intérieur était peu reconnue auprès des bureaux d’architectes. Il me semblait donc évident de me mettre à mon compte pour proposer cette plus-value à ma façon. » Depuis, le moment le plus marquant pour elle a été de recevoir le Prix d’architecture (catégorie espaces de travail) en 2007, en collaboration avec STDM Architectes Urbanistes. Dans le futur, la fondatrice souhaite « développer des produits durables au sein de nos réalisations sur mesure ».

SALOMÉ JEKO

Gérante

Nota Bene – Bureau éditorial

Création de contenus éditoriaux

Après la pandémie, Salomé Jeko a « ressenti le besoin de ‘faire à ma façon’, d’exprimer ma créativité, et surtout de gagner en liberté à tous les niveaux ». Elle a donc lancé son bureau éditorial en 2021, comme « l’évolution logique » de sa carrière. Elle prend aussi plaisir à transmettre ses connaissances en tant qu’enseignante au sein du BTS Media Writing de Diekirch et trouve « très vivifiant d’échanger avec les étudiants, qui m’apprennent plein de choses en retour ».

ANNE

KNEPPER

Cheffe de cuisine

Mad Pub sàrl, restaurant Public House

Restauration

Après plusieurs années passées à l’étranger, Anne Knepper voulait réaliser son rêve d’avoir son propre restaurant et « voir comment le concept de durabilité fonctionne dans le secteur au Luxembourg ». Elle a ainsi « découvert un monde professionnel exigeant, avec des responsabilités étendues, des décisions risquées, un apprentissage continu, des réseaux cruciaux, une flexibilité nécessaire et un impact personnel important ». Mais la cheffe trouve une satisfaction immense dans la concrétisation de sa vision et l’impact positif qu’elle a sur le marché : « Chaque jour, le bonheur des clients à la fin du dîner comble mon cœur, rendant ce voyage extrêmement gratifiant. » Pourtant déjà très occupée avec son restaurant, elle aimerait « développer un projet autour de mon pain au levain », car « peu importe le projet, il restera toujours centré sur ce que j’aime le plus : manger ».

50 MARS 2024
85 female founders

STEFFENTRAITEUR.LU

AMELIE

KUYLENSTIERNA ET TULSI

Copropriétaires

Yogaloft Luxembourg

Yoga, méditation et bien-être

« Nous avions une passion pour le yoga qui est devenue si forte que nous avons voulu la partager avec d’autres et en faire notre travail à temps plein », expliquent les fondatrices de Yogaloft. Si Amelie Kuylenstierna et Tulsi disposent désormais de cinq emplacements pour dispenser leurs cours dans le pays, la construction et l’ouverture de leur deuxième site au Kirchberg reste marquant : « C’est à ce moment-là que nous avons commencé à prendre plus de risques et que nous avons pu en faire notre emploi à temps plein sans autre travail pour le soutenir. »

SANDRINE LAPOINTECOMPAIN

COO

LuxRelo

Immigration et relocalisation Sandrine Lapointe-Compain a fondé LuxRelo avec son mari à la suite du licenciement de ce dernier en 2016 : « Nous étions tous les deux dans ce secteur d’activité, moi en tant que consultante free-lance avec une bonne connaissance de l’opérationnel et du terrain, lui en tant que dirigeant de sociétés de déménagement international et de relocalisation depuis 25 ans. Après plusieurs mois de réflexion, réunir nos forces pour créer notre propre société est devenu une évidence. » Dans leur cas, être un duo femmehomme leur permet d’avoir « des approches différentes » et d’être « très complémentaires ».

Dans son approche du business, la fondatrice oscille entre rigueur et légèreté : « Il faut être assez joueur et positif dans l’âme, mais ne pas se prendre trop au sérieux, tout en travaillant très consciencieusement. Alors tout est possible. C’est comme un puzzle, il faut prendre les choses dans l’ordre, être attentif, et tout se met en place. » Aujourd’hui, sa plus grande satisfaction « est de pouvoir donner du travail à d’autres personnes. Je n’en reviens pas d’avoir réussi à faire tout ça. »

SANDRINE LINGOM

Manager

Ô2Continents Catering / Restauration Ayant lancé son entreprise de catering en 2019, Sandrine Lingom affirme que « la mission m’a choisie, pas l’inverse ». La fondatrice explique que pour entreprendre, il faut être doté « de la capacité d’être réel et soi-même, de la volonté d’apporter un plus dans la vie des autres sur le long terme, du choix conscient de voir les autres et de ne pas juste les regarder, de leadership, de persévérance, de patience et d’audace ». Pour Sandrine Lingom, chaque petit progrès compte, comme la sortie d’une newsletter ou le développement de son équipe. Sa devise, « ne pas prendre la vie au sérieux », reflète son approche. La fondatrice reconnaît que l’entrepreneuriat n’est pas une simple question de « désirs », mais plutôt un appel ou une mission de vie. Avec Ô2Continents, elle vise à encourager la diversité culinaire en mettant en lumière les talents de « chef(fe)s noirs(es) dans le monde entier », apportant une contribution à l’enrichissement culturel de la scène gastronomique.

52 MARS 2024 85 female founders
«
L’entrepreneuriat n’est pas une question de désirs ou de souhaits, c’est un appel, une mission de vie.
Sandrine Lingom

RAJAA MEKOUAR

Managing partner

Calista Direct Investors

Finance

Avec 20 ans d’expérience auprès d’entrepreneurs et de family offices, Rajaa Mekouar a observé l’évolution de cette classe d’actifs depuis son arrivée au Luxembourg en 2016, ce qui l’a amenée à identifier un besoin d’analyse, de due diligence professionnelle et d’alignement avec les family offices. C’est dans ce contexte qu’elle a fondé une entreprise visant à professionnaliser l’investissement privé, pour soutenir diverses initiatives dans le private equity, notamment des start-up et des PME familiales.

CAROLE MILTGEN

CEO et présidente du CA

Prisma

Agence de communication financière (fonds d’investissement)

Pour Rajaa Mekouar, fonder une entreprise exige « une vision claire », une discipline « extrême » et savoir gérer « une capacité de travail énorme, tout en préservant un équilibre personnel ». Selon la fondatrice, « pour réussir, il faut être capable de laver la voiture et être le président ». Une devise qui traduit l’état d’esprit qu’elle entretient au sein de son entreprise, caractérisé par une « hiérarchie plutôt flat » où chacun peut « s’exprimer ouvertement tout en se montrant respectueux et solidaire de ses collègues, quel que soit leur rôle ». Dans le futur, Rajaa Mekouar souhaite que Calista « puisse contribuer au rayonnement du Luxembourg comme place financière pour l’investissement en private equity à l’échelle internationale ».

Arrivée à un point de sa vie « où rien n’allait plus », Carole Miltgen a voulu prendre son destin en main et « contrôler ma propre vie, mais aussi avoir la flexibilité de pouvoir travailler à mon rythme ». C’est ainsi qu’elle décide, en 2006, de créer « une société pour laquelle j’aurais aimé travailler quand j’étais employée » : Prisma. Forte de cette expérience, elle estime que pour se lancer dans un tel projet, il faut savoir « prendre un risque, même si on a peur, faire preuve d’endurance, de consistance, mais aussi de lâcher prise ». Et lorsqu’on demande à cette travailleuse acharnée quelle est sa devise, elle cite Estée Lauder : « I never dreamed about success. I worked for it. » La fondatrice a aussi appris à avoir confiance en sa vision et explique qu’il « ne faut pas baisser les bras trop vite et laisser le temps de faire ce qui est à faire. Si on effectue son travail cons–tamment correctement et comme il faut, cela finira par porter ses fruits. Il faut être patient de temps en temps », même si elle reconnaît que cela n’est pas facile pour une impatiente comme elle. Carole Miltgen est aussi associée dans une société de food trucks (dans lesquels elle vend parfois des burgers lors de festivals), mentor pour entrepreneurs dans le cadre du Business Mentoring de la Chambre de commerce et pour l’association Brave Youth.

MARS 2024 53
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BADY MINCK

CEO

Amour Fou

Cinéma

Motivée par sa passion pour le cinéma, Bady Minck réalise des films internationaux depuis 1996. Sa devise, « aimez votre travail et vous n’aurez jamais à travailler de nouveau », guide ses projets. Pour elle, fonder une entreprise requiert « amour fou, passion, énergie, courage, curiosité et confiance ». Convaincue que « ensemble, on réussit plus que la somme de chacun », avec Amour Fou, elle vise à produire des films « avec substance » ayant un impact positif.

DANIELA CLARA MORARU

Directrice

Languages.lu

Formation, traduction, édition

Daniela Clara Moraru a fondé Languages.lu à une époque où « personne sur le marché de la formation ne s’intéressait aux besoins de la communauté anglophone ou ne proposait des cours en ligne ». Au début de son parcours, elle recevait « souvent des commentaires concernant l’utilisation par les jeunes femmes de leur apparence pour obtenir des contrats », ce qui ne l’a pas empêchée de « créer quatre entreprises dans trois pays différents » et dans divers secteurs. Elle a maintenant pour ambition « de pouvoir transmettre Languages.lu à quelqu’un d’aussi passionné que moi par l’éducation ».

LOU PHILIPPS

Directrice

YLA asbl (Young Luxembourgish Artists) Arts visuels et culture

Directrice de la Valerius Gallery depuis 2019, Lou Philipps a cofondé YLA en 2021 après avoir « ressenti le besoin de donner une plateforme aux jeunes artistes luxembourgeois puisqu’il est difficile de lancer sa carrière en tant que jeune artiste juste après ses études. Nous souhaitions utiliser notre expertise et notre réseau pour donner de la visibilité aux jeunes artistes ainsi qu’un soutien financier par la vente de tableaux à nos collectionneurs. » Elle a ainsi continué de suivre sa devise : « Trouve la chose que tu aimes, qui te passionne, et fais-en ton travail. »

Âge de nos fondatrices

Par tranche d’âge, sur 86 femmes.

La fondatrice passionnée et engagée a enrichi ses compétences grâce à cette expérience : « Lorsqu’on est une petite équipe, les tâches à accomplir sont nombreuses et variées, ce qui permet d’apprendre beaucoup de choses très rapidement. J’ai découvert comment fonctionne l’écosystème du monde de l’art et comment y naviguer, comment interagir avec la concurrence et tous les autres acteurs du secteur. Chaque jour est unique et présente de nouveaux défis. » Pour le futur, elle annonce « de superbes projets » encore secrets, « une grande expo YLA – Vol. 4 avec une dizaine de nouveaux artistes » et vise un développement à l’international.

54 MARS 2024 85 female founders
40-49 ANS 26,74 % 50-59 ANS 33,72 % 30-39 ANS 30,23 % 20-29 ANS 3,49 % 70+ ANS 1,16 % 60-69 ANS 4,65 % ÂGE MOYEN 45,5 ANS

ALISON ET HÉLOÏSE PIERRE

Directrice adjointe et directrice financière / CEO

Aura Groupe

Petite enfance

Portées par une « conviction et une ambition de contribuer à la société », les sœurs Héloïse et Alison Pierre, cofondatrices d’Aura, adoptent une approche de leadership féminin empreinte de dynamisme et d’innovation. Aura se concentre sur l’amélioration de l’éducation et du bien-être dans la petite enfance. Héloïse a adopté la philosophie « je ne perds jamais, soit je gagne, soit j’apprends », illustrant sa capacité à faire face aux défis. Elle prône l’importance d’être « une personne à solutions » et de trouver un équilibre entre « caractère et sensibilité » dans la direction d’une entreprise.

Alison Pierre, elle, valorise « la rigueur, la patience, l’organisation et la confiance », des qualités qu’elle estime nécessaires pour fonder une entreprise. Elle suit la devise « quand quelqu’un vous dit que quelque chose est impossible, rappelez-vous qu’il parle de ses propres limites et pas des vôtres », une perspective qui illustre sa capacité à relever les défis.

«  Avant, je pensais qu’être dirigeant conférait toutes les libertés et maintenant je dois reconnaître que je pense le contraire.
Alison Pierre

MARIA PIETRANGELI

CEO et rédactrice en chef

Alinéa Éditions & Communication Presse

Avec Femmes Magazine, Maria Pietrangeli a créé en 2001 le magazine qu’elle

avait envie de lire à une époque où « les femmes étaient bien évidemment les oubliées d’une presse majoritairement germanophone ». Elle est aussi l’un des membres fondateurs de la Fédération des femmes cheffes d’entreprise, dans laquelle elle a « découvert une véritable sororité », et considère qu’« être entouré est une première clé du succès ».

56 MARS 2024 85 female founders
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SANDRINE PINGEON

Chef d’entreprise

Les Paniers de Sandrine Agriculture, maraichage et vente à la ferme

Les débuts de l’entreprise qu’elle venait de fonder ont été quelque peu décevants pour Sandrine Pingeon. Lorsqu’elle revient sur la première vente issue de son jardin en juillet 2012, elle explique avoir « été déçue par des gens qui me paraissaient convaincus par ce qui allait naître, mais qui n’ont pas été présents ». Mais « heureusement, tout a bien évolué grâce aux autres, grâce à des inconnus devenus fidèles au fil des ans ». On comprend donc pourquoi la fondatrice considère que pour se lancer dans l’entrepreneuriat, « il faut être passionné, car les conditions sont parfois très difficiles. Il faut être multitâche et curieux. Nous devons être proches de notre clientèle variée, communiquer en permanence sur notre mode de fonctionnement et sur le climat actuel, qui ne nous facilite guère la tâche. » Elle estime aussi qu’étant une femme, « rester entêtée et rigoureuse dans ma volonté de poursuivre cette activité du mieux que je puisse, malgré les embuches, a facilité les contacts et me donne de la crédibilité ».

Si elle souhaite « installer une nouvelle serre au printemps », Sandrine Pingeon a tout de même dû revoir ses ambitions à la baisse, « car il est difficile de trouver du personnel compétent et intéressé depuis le Covid et les charges salariales sont très importantes pour ma petite structure ».

CAROLE PLATZ

Managing director

Emotion Event Management

Communication événementielle Carole Platz réalise l’un de ses rêves lorsqu’elle crée son agence de communication événementielle en 2003. Aujourd’hui également associée dans une entreprise dans la construction et l’immobilier, membre actif de l’advisory board du Luxembourg Convention Bureau et membre de la Markcom, elle pense au passage de relais : « La continuité et la reprise d’Emotion Event Management me tiennent beaucoup à cœur. Transférer son entreprise est une étape importante pour un entrepreneur, avec un impact sur lui-même et son entreprise. »

ANNE REUTER

Managing partner

New Immo

Agence immobilière

« Dans les années 2000, les femmes cheffes d’entreprise étaient peu nombreuses au Luxembourg », se souvient Anne Reuter. C’est lorsqu’elle rencontre son associé que cette passionnée de bâtiments, d’architecture d‘intérieur et de décoration décide de franchir le pas et de cofonder une agence immobilière. Et les débuts n’ont pas été simples : « En tant que femme, j’ai dû travailler dur et démontrer mes compétences et ma détermination pour réussir à m’imposer et à me faire respecter dans un univers majoritairement masculin. » La fondatrice nous rassure quand même, constatant que « ces 10-15 dernières années, les choses ont heureusement beaucoup évolué ».

Face aux crises qui s’enchaînent depuis 2020, il lui « tient à cœur de garantir la pérennité de New Immo, tout en conservant notre équipe soudée ». Pour cela, il lui faudra des qualités qu’elle estime nécessaires à toute fondatrice d’entreprise : « Ne pas avoir peur des défis, ne pas hésiter à prendre certains risques et savoir gérer le stress et encaisser des échecs. La réussite dépendra ensuite notamment de la persévérance et de la faculté à s’adapter aux changements dans un monde en constante évolution. »

MARS 2024 57

JULIE REUTER

Propriétaire et directrice artistique

Reuter Bausch Art Gallery

Art

« L’ouverture de notre galerie en décembre 2021 a été un événement significatif qui a laissé une marque indélébile pour nous », raconte Julie Reuter, cofondatrice de la Reuter Bausch Art Gallery. Dans un marché de l’art « en perpétuel mouvement et évolution », elle considère qu’« il est nécessaire d’avoir une connexion authentique avec son travail » afin que « cette passion se communique naturellement aux collectionneurs et aux amateurs d’art ».

ISABELLA SARDO

Présidente

Degustatori Italiani Lussemburgo asbl Œnologie

« Tout comme une bouteille de bon vin, qui doit toujours être partagée avec quelqu’un de spécial, l’amour pour le vin doit aussi être partagé. » Isabella Sardo a fait de cette conviction le cœur de son entreprise. Avec « détermination, intelligence et un brin de créativité », elle navigue dans un secteur initialement « machiste », illustrant que les barrières peuvent être levées. La fondatrice explique que les femmes ont « des potentialités olfactives plus pointues que les hommes ».

Les dégustations en ligne, nées de la crise de 2020, témoignent de sa capacité à innover. « Il faut avoir toujours faim » : cette devise témoigne de sa capacité à transformer les défis en victoires, « puisque quand on a vraiment faim, on est prêt à tout faire pour se rassasier ».

Interrogée sur les femmes entrepreneures dans le monde du business, Isabella Sardo répond : « C’est probablement à ça que pensait Jésus quand il parlait de ‘brebis au milieu des loups’. »

DEBORAH ET ESTELLE SIDONI

Copropriétaires

SARL JFK, restaurant La Maison Lefèvre

Restauration

En salle, c’est Deborah qui manage l’équipe et qui s’occupe aussi du calendrier éditorial de l’image du restaurant. En cuisine, on retrouve plutôt Estelle, qui occupe aussi le poste de gestionnaire. Pour les deux sœurs, l’entrepreneuriat n’a jamais été vraiment un choix : « On est tombées dedans quand on était petites ! » Avec un père qui était « dans le commerce de détail », c’est pourtant dans la restauration que les fondatrices ont décidé de se lancer, malgré le fait qu’elles n’aient pas de formation hôtelière : « Les erreurs sont, selon nous, quelque chose de positif, elles nous apprennent beaucoup, elles sont une source d’évolution. Surtout pour des profils comme les nôtres, puisque nous nous sommes reconverties et nous apprenons sur le tas. » Elles ont donc dû faire leurs preuves « plus que les autres, travailler plus, puiser de la force. Et sur ce point, nous sommes chanceuses ! Notre relation de sœurs en est une source sûre et inépuisable. » Deborah et Estelle Sidoni n’ont pas vraiment le sentiment « d’appartenir à ce monde du business ». Elles disent simplement « faire leur chemin en s’efforçant de faire perdurer l’entreprise familiale en alliant finance et éthique ». Leurs ambitions ? « Continuer comme ça encore 10 ans ! »

58 MARS 2024 85 female founders

CARINE SMETS

Administrateur

Smets (Color Center)

Distribution dans le domaine du luxe Carine Smets a ouvert sa première boutique tant comme « une réponse à un besoin du marché » que comme « une quête personnelle de réalisation et de reconnaissance ». C’était pour elle « une sorte de besoin vital, un moteur pour mon développement personnel et professionnel ». Un moteur qui l’a aujourd’hui menée à la tête d’une entreprise de 100 personnes devenue « une véritable entreprise familiale ». Son mari l’a rejointe en premier, suivi par leurs trois enfants, qui ont intégré l’entreprise chacun leur tour. « Cette dynamique familiale apporte une dimension unique et précieuse à notre entreprise, renforçant son identité et sa pérennité. »

Forte de son expérience, Carine Smets a aujourd’hui « l’envie profonde de partager et de transmettre » et « souhaite conseiller et guider, toujours dans une approche humble et réaliste, en reconnaissant les défis et les opportunités du monde entrepreneurial ». Dans le futur, elle souhaite aussi « accompagner et encourager les enfants à se diversifier dans leurs projets professionnels. Plusieurs projets sont à l’étude depuis 2020 : une enseigne à Anvers, une aventure dans le domaine cosmétique, ainsi que divers projets immobiliers. »

FABIENNE STANITZ

CEO

FabstWines

Hospitalité

Née dans une famille entrepreneuriale, Fabienne Stanitz a toujours aspiré à créer sa propre entreprise. « Ayant vécu dans des cultures diverses, le secteur de l’hôtellerie et de la restauration est devenu une constante », dit-elle.

La complexité de choisir le bon vin a allumé l’étincelle pour créer FabstWines, qui vise à « simplifier la sélection de vin ». Fabienne Stanitz souligne que l’exécution transforme les idées en entreprises. « Beaucoup ont de grandes idées ; la différence réside dans l’action. » Pour elle, commettre des erreurs est une étape d’apprentissage vitale. Sa vision embrasse l’importance d’avoir une équipe solide, « comme une fondation sur laquelle l’entreprise s’appuie pour croître ».

Être une jeune femme entrepreneure en Europe lui a posé des défis uniques, nécessitant de « se prouver constamment ». Cependant, elle croit que « tout est possible » avec une mentalité ouverte et une croyance dans ses objectifs : simplifier la vie des consommateurs et des producteurs.

KARINE TOUATI

Managing director

Kosmo Communication

Communication

« Ne laisse personne te dire que tu n’en es pas capable », c’est la phrase-clé du grand-père de Karine Touati, militaire de carrière, « qui a guidé et guide encore mes pas aujourd’hui ». C’est donc avec sa créativité, sa résilience et « de solides épaules pour parer l’imprévu » qu’elle fonde son agence de communication en 2006, « avec cette envie de conquête, le frisson de la nouveauté et l’envie de bien faire : les deux premiers se sont assagis avec le temps, le dernier est toujours présent ! »

LOREDANA TRICCA

Directeur général

Concierge Taylor Made

Coffrets de produits italiens et voyages, événements, traiteur, cours de cuisine

« Concierge Taylor Made est né de l’idée d’un directeur d’hôtel qui a imaginé faire sortir des murs de l’hôtel les services d’un concierge efficace », explique sa fondatrice, Loredana Tricca. Elle donne son meilleur conseil : « La dimension monétaire de l’achat ne doit jamais éclipser l’importance intrinsèque de chaque interaction. Chaque euro dépensé est un vote de confiance, une déclaration de lien avec notre marque. »

MARS 2024 59

HEIDI

VAN DYCK

Heidi Van Dyck a toujours eu une idée en tête : « Créer un jour ma propre entreprise technologique. » Passionnée par l’industrie de la mode, elle fonde une entreprise à la frontière des deux secteurs en 2023 avec Athena Studio. D’après son expérience, « l’entrepreneuriat se caractérise par de nombreux hauts et bas ». Parmi les hauts, la fondatrice relève qu’« en septembre 2023, nous avons été invités à présenter

Athena Studio à l’événement Fashinnovation à New York, qui est le plus grand événement de mode et d’innovation au monde. Cela a considérablement élargi notre réseau aux États-Unis et a conduit à des discussions continues et prometteuses pour des collaborations basées aux États-Unis en 2024. »

Cela lui aura appris que « les cycles de vente avec les grandes entreprises internationales sont longs. On me l’a déjà dit, mais j’ai sous-estimé le temps qui s’écoule entre une conversation initiale, une offre, la signature d’un contrat et le lancement d’un projet. »

Parce qu’avec Athena Studio, la fondatrice vise « les grandes entreprises, plus bureaucratiques, mais disposant de budgets plus importants ». Des partenariats avec de telles structures lui permettront peut-être d’atteindre son grand objectif : « Développer Athena Studio pour devenir LE fournisseur de solutions pour l’industrie de la mode qui aide les marques à atteindre leur plein potentiel en utilisant les données ! »

SOLÈNE WHISKIN

Responsable communication

Dandy Craft Skincare (Chapuce sàrl-s)

Cosmétiques

Solène Whiskin et son mari ont créé leur marque de cosmétiques visant à offrir une alternative « naturelle et de bon sens » face « aux fausses promesses » de l’industrie. Fatiguée des allégations trompeuses, la fondatrice s’engage pour une production transparente, soulignant l’intégrité et la qualité pour ses consommateurs.

La passion, la persévérance et la résilience, ainsi que l’audace de prendre des risques, sont essentielles pour elle. Convaincue que « tout commence le jour où on apprend à vivre pour soi et avec passion », Solène Whiskin valorise le réseau, affirmant qu’il est « indispensable de se construire un réseau de qualité » dans l’entrepreneuriat. La fondatrice constate que, « dans le milieu de l’entrepreneuriat au féminin, le désir de réalisation et l’envie de créer une activité qui fait sens avec ses convictions et ses aspirations est unanime. ». Elle explique qu’il est important de « s’entourer de personnes partageant les mêmes valeurs ».

KATHLYN

CLAIRE WOHL

Gérante

Infiiorata

Design et conseil botanique

Kathlyn Wohl a « toujours voulu être mon propre maître, choisir librement mes projets et mes partenaires ». Elle a fondé Infiiorata pour allier son expertise en design botanique à sa passion pour l’art floral. Une passion qui attire « les bons interlocuteurs » et qui la pousse à « innover dans l’interaction avec la nature ». Kathlyn Claire Wohl affirme que « c’est la qualité de mon travail et mon dévouement qui font la différence ».

SÉVERINE ZIMMER

Manager

Services for Creatives (nom d’usage de SZCM sàrl)

Industries créatives

Aspirant à la liberté d’action, Séverine Zimmer combine « une vision claire, beaucoup d’énergie et un peu de folie » avec son expertise culturelle.

« On récolte ce que l’on sème » est le mantra qui guide son approche entrepreneuriale, affrontant les défis avec la devise « ne jamais céder à la peur », pour convertir les obstacles en victoires. En tant que fondatrice, elle constate « un manque de considération pour les responsabilités supportées », tout en célébrant « la grande liberté créatrice » que son rôle lui apporte.

60 MARS 2024 85 female founders

Business superwomen

Au Luxembourg, les femmes entreprennent et s’imposent dans des secteurs très variés. Certaines deviennent même des actrices incontournables. Devant l’objectif, ces fondatrices passionnées posent dans leurs environnements de travail, tous aussi différents que leurs activités respectives.

Portfolio
Photos GUY WOLFF
62 MARS 2024

CLAUDINE AREND A+T

ARCHITECTURE, ARCHITECTURE

Claudine Arend fonde A+T Architecture en 2003 et le bureau obtient dès 2004 une mention au Prix d’architecture. Animée par la passion et la curiosité, la fondatrice défend la complémentarité des genres dans la gestion et insiste sur l’importance de « rester fidèle à sa propre vérité ». Sa démarche, centrée sur l’impact sociétal et l’innovation, lui permet de « faire bouger les choses ». Elle aspire à « participer activement au façonnement de l’avenir sociétal avec des projets innovants et inspirants ».

MARS 2024 63

FANNY BERVARD

ROMANTICO ROMANTICO, MODE ET ACCESSOIRES

Inspirée par d’anciennes perles de sa grand-mère, Fanny Bervard lance sa marque de bijoux Romantico Romantico en 2019. Ayant dû jongler avec maternité et entrepreneuriat, elle explique que cela « a tout changé » dans la gestion de son temps et de son travail. La fondatrice retient pour l’instant deux moments forts dans son parcours : lorsqu’elle a « représenté le Luxembourg lors de l’Exposition universelle de Dubaï » et « la publication dans le Vogue allemand qui a désigné Romantico Romantico comme marque favorite ».

64 MARS 2024

GENNA ELVIN

TADAWEB, TECHNOLOGIE

En fondant Tadaweb, Genna Elvin voulait « changer le statu quo » et devenir « une pionnière de la scène technologique en créant quelque chose qui n’avait jamais été vu auparavant ». La jeune fondatrice n’était pourtant « pas issue d’un milieu », mais « j’étais ambitieuse et j’ai refusé de laisser mes différences être un handicap pour notre réussite ». Constatant que « les opportunités sont nombreuses pour les femmes fondatrices », elle affirme qu’il « suffit d’avoir le courage et les moyens de les saisir ».

66 MARS 2024

ISABELLE THILL

EXHALE YOGA LUXEMBOURG, BIEN-ÊTRE

D’abord professeure de yoga indépendante, Isabelle Thill a créé son studio en 2008. Son objectif était de proposer un « environnement zen » à ses clients, mais aussi de « créer une communauté autour du yoga ». Son mantra ? « Be yourself », qui est aussi le slogan de Exhale Yoga. Aussi initiatrice de la Yoga Conference Luxembourg (YCL), la fondatrice assure que « la pratique du yoga est plus importante que jamais pour garder un équilibre entre état de santé physique et mental ».

MARS 2024 67

LOLA VALERIUS

VALERIUS CHOCOLATIER, CHOCOLATERIE

Lola Valerius a créé son entreprise en 2020 et ouvert sa chocolaterie en 2021.

Six personnes travaillent aujourd’hui pour la CEO et chef de production.

La fondatrice constate que « nous vivons dans une société où certaines personnes peinent encore à accepter des femmes à des postes de direction »

Ce qui ne l’a pas empêchée de dédier « un engagement total, où les heures de travail ne comptent pas », à son entreprise. Pour l’avenir, elle « envisage l’ouverture d’une deuxième boutique »

68 MARS 2024

STÉPHANIE JAUQUET

UM PLATEAU, COCOTTES, LA BARAQUE, G.A.N.G., SPECTO, RESTAURATION Serial entrepreneuse depuis 2008, Stéphanie Jauquet n’a « jamais estimé que le fait d’être une femme était un problème ». « Nous avons exactement les mêmes atouts, qualités et compétences que les hommes pour faire tous les métiers que nous voulons » Ses entreprises réunissant 400 employés, il lui faut « être une vraie cheffe d’orchestre pour gérer ses équipes et ce dans chaque épreuve ». Ce qui ne l’empêche pas de vivre selon un principe simple : « Carpe diem »

70 MARS 2024

MARIE-CHRISTINE MARIANI

MCM STEEL, INDUSTRIE SIDÉRURGIQUE

Amatrice de défis, « créer mon entreprise dans un secteur très masculin a été un réel challenge » pour Marie-Christine Mariani. La fondatrice avance avec deux devises en tête : « Agissez comme s’il était impossible d’échouer », de Winston Churchill, et « Seuls ceux qui osent s’accordent le droit de réussir », de Jacques Audiberti. Après la création d’un pôle de services en 2012 qui « a marqué un virage dans le développement de l’entreprise », elle souhaite « continuer à développer MCM, aussi bien la partie services et production que la partie commerciale ».

MARS 2024 71

CATHERINE POGORZELSKI

DLA PIPER LUXEMBOURG, CABINET D’AVOCATS

En fondant DLA Piper Luxembourg, Catherine Pogorzelski a fait le choix stratégique « de ne pas me lancer seule, mais plutôt de rechercher une synergie avec un partenaire doté d’une empreinte globale ». Si les grands cabinets d’affaires internationaux sont majoritairement dirigés par des hommes, « être une femme dans ce rôle apporte des défis, mais aussi des opportunités uniques », estime la fondatrice. Pour elle, le projet qui incarne la progression de son cabinet est « le déménagement, le 31 mars 2024, vers notre nouveau siège sur la place de l’Étoile ».

72 MARS 2024

GOSIA KRAMER

THE OFFICE, IMMOBILIER COMMERCIAL  Gosia Kramer a « toujours aimé travailler », mais « la seule chose que je n’appréciais pas était mon environnement et mes horaires ». En 2016, elle crée donc un bureau pouvant être « un endroit accueillant pour tous ». En tant que fondatrice, elle tient à favoriser « une atmosphère professionnelle qui mêle les énergies masculines et féminines ». Un concept qu’elle souhaite étendre à d’autres secteurs, notamment celui du médical, « qui semble s’aligner sur mes valeurs globales et qui pourrait se prêter à la création d’espaces novateurs et avant-gardistes ».

74 MARS 2024

LAURE GOEDERT

GLOW, RESTAURATION   L’entrepreneuriat a « une longue histoire » dans la famille de Laure Goedert, et lorsqu’elle a trouvé l’endroit parfait pour accueillir sa cantine heathly , elle n’a pas hésité : « Je me suis dit que c’était maintenant ou jamais » Avec Glow, elle a fait de son projet un vrai « style de vie », et en devenant fondatrice, elle a découvert qu’elle était « capable de beaucoup plus » que ce qu’elle avait imaginé. Au-delà de développer la marque Glow, Laure Goedert souhaite « guider et supporter d’autres jeunes femmes dans leur quête d’indépendance ».

MARS 2024 75

En tant que Country Director, Quentin Verschoren souhaite renforcer l’image d’Atenor et identifier les opportunités d’investissement à saisir.

Faire d’une crise une opportunité

L’année 2023, marquée par une importante instabilité, a impacté les acteurs du secteur immobilier. Certains groupes comme Atenor, présent dans 10 pays, ont misé sur une stratégie forte, le développement de nouvelles compétences et une politique de durabilité ambitieuse pour faire face aux incertitudes et rassurer le marché. Une démarche qui permet d’envisager la suite plus sereinement.

Le marché immobilier connaît d’importants soubresauts depuis plus de 18 mois, accentués notamment par une hausse brutale des taux d’intérêt, le durcissement des conditions d’octroi des financements externes et l’augmentation des coûts de construction. La morosité ambiante frappant actuellement le secteur immobilier, l’incertitude des marchés et le manque de visibilité impactent négativement la perception des investisseurs. Le resserrement de la politique monétaire de la BCEE a marqué la fin de la financiarisation et un retour aux fondamentaux du marché.

Cette instabilité a également touché Atenor, ses pairs et, de manière générale, l’ensemble des acteurs du secteur immobilier, se traduisant par une baisse record des transactions et des prises à bail, une fragilisation de certains acteurs, ponctuée récemment par la déclaration du Gouvernement de mettre le secteur « en crise ».

« L’année 2023 a été complexe pour notre Groupe, marqué par la

76 MARS 2024
Photos Eva Krins (Maison Moderne), Atenor Contenu sponsorisé par ATENOR Immobilier

chute significative du cours de bourse, alors que notre stratégie, nos fondamentaux et notre valeur intrinsèque sont solides. En témoignent le soutien de nos actionnaires historiques et l’arrivée de nouveaux dans le cadre de l’opération de recapitalisation de 178M€ opérée en novembre 2023 », explique Quentin Verschoren, Country Director

Envoyer un signal positif au marché « La levée de capital est un signal positif qui montre l’engagement et l’optimisme des actionnaires dans notre stratégie. Elle nous permet de renforcer notre position sur le marché et de stimuler notre croissance. »

Cette augmentation de capital permet de diminuer le niveau d’endettement du Groupe et d’aborder plus sereinement les défis auxquels Atenor, en qualité de promoteur-développeur, est confronté : ralentissement dans l’obtention des permis, extension de la durée et des coûts de portage des projets, indécision des investisseurs dans leur stratégie et frilosité des preneurs dans la prise à bail .

En effet, la complexité de la situation économique actuelle a étendu le cycle économique de promotion-développement, engendrant, entre autres, une rotation faible des actifs, une augmentation des stocks, un report du positionnement acheteur des investisseurs et, in fine, un accroissement de l’endettement et un risque sur la solvabilité. Récemment, l’entreprise a engagé Sidney Penning en qualité de Business Developer Résidentiel.

Son rôle est de renforcer le pôle Business Development en identifiant les opportunités d’investissement et en développant la croissance de ce segment par l’intermédiaire de son encrage luxembourgeois. Nouveau venu également, Quentin Verschoren souhaite quant à lui insuffler une nouvelle dynamique opérationnelle et organisationnelle, renforcer l’image du Groupe auprès des partenaires et du marché en général, et identifier les opportunités d’investissement pour aborder les futurs défis sereinement.

Construire des projets durables Inscrit dans l’objectif de neutralité carbone, Atenor a mis en place une politique de durabilité forte et volontaire avec des objectifs à court, moyen et long terme. « Atenor dispose d’Archilab, son département de Recherche et Développement, un laboratoire d’idées et d’actions pour anticiper les mutations architecturales et sociétales. De plus, tous les projets en développement d’Atenor visent l’alignement à la taxonomie européenne et, pour les projets de bureaux, les certifications BREEAM et WELL. » Quelles perspectives pour la suite ? Si l’année 2023 a été difficile, Quentin Verschoren se veut d’un optimisme réaliste pour le futur. Les politiques monétaires de la BCEE devraient se stabiliser. Nous nous dirigeons vers une inflation contrôlée et une décélération des prix de la construction.

«

Je souhaite construire des partenariats avec des familles ou promoteurs sur du résidentiel. »

Certains investisseurs majeurs initient leur retour sur le marché immobilier paneuropéen en se positionnant sur des transactions de référence, espérant le même effet pour le Luxembourg dans les prochains mois. La stabilisation à venir du marché devrait permettre de recréer de la valeur dans l’immobilier. « Les mesures annoncées récemment par le Gouvernement pour stimuler le marché immobilier sont un signal positif. En espérant qu’elles soient ponctuées par des mesures structurelles, efficientes et pérennes dépassant le contexte actuel afin de restaurer la confiance chez l’ensemble des acteurs. »

POUR EN SAVOIR PLUS, RENDEZVOUS SUR WWW.ATENOR.EU/FR/.

XX XXXXXXX

LES PROJETS MAJEURS D’ATENOR

PwC Campus

Ce projet de bureau de 34.000 m2, situé à la Cloche d’Or, a été entièrement conçu pour PwC.

Au cœur de Belval, ce projet se distingue par son architecture qui rappelle le passé sidérurgique, tout en étant orienté vers le futur. Avec ses sept étages et un rez-de-chaussée commercial, ce projet comprend 20.587 m2 de bureaux et 839 m2 de commerces.

Kyklos Belval

Situé au Central Square à Belval, ce projet comprend 7.513 m2 de bureaux et un rez-de-chaussée commercial de 283 m2

TITRE INTERVENANTS
MARS 2024 77
Square 42
BRAND VOICE

Enjeux

Business events Une ambition, deux locomotives

80 « LE TOURISTE NE S’ARRÊTE PLUS AUX FRONTIÈRES »

Les enjeux du business event avec le ministre du Tourisme, Lex Delles.

82 « NOUS SOMMES UN CLUB DE RENCONTRES »

Le CEO de Luxexpo

The Box, Morgan Gromy, et sa nouvelle mission.

84 LE BUSINESS EVENT PAR LES CHIFFRES

La 50e place mondiale et ses répercussions locales.

86 SIGMA, LA SALLE IMMERSIVE

Un an après sa présentation, la nouvelle salle immersive unique en son genre doit encore trouver son public.

88 « IL FALLAIT QU’ON TENDE LA MAIN À NOS CLIENTS ! »

Les bons résultats de l’ECCL ne doivent rien au hasard, explique son CEO, Patrick Hoffnung.

78 MARS 2024

ambition, locomotives

Tant Luxexpo The Box que l’European Convention Center Luxembourg ont retrouvé des niveaux supérieurs à l’année de référence 2019, aussi bien en termes de nombre d’événements que de fréquentation. Un an après la présentation de la stratégie Business Events 2030 du ministre du Tourisme, Lex Delles, il faudra attendre le mois de mai pour savoir si l’ambition de figurer dans le top 50

mondial des pays de congrès de l’Icca (International Congress and Convention Association) est déjà réalisée, ce qui ne semble pas si compliqué. Les retombées économiques de l’activité de « business events » – la nouvelle appellation du Mice – invitent à aller bien au-delà de ce seul classement. Le point avec les trois acteurs principaux du secteur.

MARS 2024 79

Enjeux Business events

« Le touriste ne s’arrête plus aux frontières »

Ministre du Tourisme, mais aussi co-actionnaire au nom de l’État, avec la Ville de Luxembourg, du Luxembourg Convention Bureau, Lex Delles entend placer le pays le plus haut possible dans le classement de l’Icca. Mais pas que…

Neuf mois après la présentation de votre stratégie sur les Business Events, où en est-on ?

La stratégie vit. J’aime bien les stratégies qui vivent, sans qu’on passe son temps à prédire ce qui arrivera dans 10 ans… Il y a une organisation autour de quatre grands axes : fédérer, mesurer, organiser et développer. Nous avons mis en place des projets concrets, comme les très bons échanges avec l’International Congress and Convention Association (Icca) pour le développement des IccaSkills. Le premier, qui est au Luxembourg, permettra de développer les compétences des acteurs et d’avoir une reconnaissance de ceux qui y participent. Nous avons aussi l’idée des Green Business Events, une certification à partir d’une analyse pour qu’un congrès devienne plus durable, ou encore les Intellectual Leaders, qui sont des ambassadeurs dans différentes organisations, que ce soit des ONG ou des entreprises dans ces domaines.

Comment mesure-t-on l’intérêt de cette stratégie ?

Il y a deux mesures : le classement de l’Icca, qui est neutre et identique pour

tous les pays ; et une mesure du développement des secteurs prioritaires, que ce soit l’espace, l’ICT ou la santé. Si nous faisons un congrès, nous voyons qu’au Luxembourg, il se passe des choses dans ce domaine. Prenez, par exemple, The Meniscus, un très grand congrès sur le ménisque, qui s’est tenu au Luxembourg en juillet 2022. Le Luxembourg Convention Bureau (LCB), joint­venture à 50­50 de l’État et de la Ville de Luxembourg, a pour rôle d’aider à remplir des cahiers des charges. Il regroupe les offres et retourne voir l’organisateur. Il doit aussi chercher des congrès pour les inviter à venir au Luxembourg et profiter des infrastructures. Aujourd’hui, 200 partenaires proposent des services.

C’est beaucoup ?

Deux cents, il faut mettre cela en relation avec le secteur. Ce sont des acteurs spécialisés qui veulent travailler davantage dans ce segment. Un touriste d’affaires dépense en moyenne 594 euros par jour, trois fois plus qu’un touriste « normal ». Le LCB travaille aussi sur les principaux axes de développement pour co­créer des congrès – un autre avantage.

Pourquoi est-ce qu’un congrès est organisé à Luxembourg, et pas ailleurs ?

Le Luxembourg est un pays fiable, au cœur de l’Europe, multiculturel, et nous avons une diversité que nous vivons chaque jour. Le transport public gratuit – on l’oublie –est une chose importante pour attirer des congrès. Ceux qui viennent organiser un congrès au Luxembourg pourraient aussi aller ailleurs qu’à Luxembourg-ville. Le LCB doit permettre de diversifier et d’aider d’autres régions à se développer. Évidemment, Luxembourg-ville est le point de départ, il y a l’aéroport, il y a la gare… D’autres organisations vont à Mersch, à Vianden ou à Esch. Vous cherchez un endroit où il n’y a pas de grève des transports, pas de blocage sur les routes…

Les plus grosses destinations sont les États-Unis, l’Espagne et l’Italie… Regardez la taille de ces trois pays et quelles sortes de congrès ont lieu, par exemple, en Italie, comme l’agriculture. Chez nous, c’est le healthcare, l’ICT, l’espace, la logistique… Quand on parle de tourisme d’affaires, on parle d’une destination de congrès, mais aussi de « bleisure » – business et leisure – pour garder les gens plus longtemps. Sur un congrès de trois jours, vous rallongez de deux ou trois jours. Avec le transport gratuit, vous pouvez aller dans le Nord, ou dans le Sud ou l’Est, vous êtes tout de suite en France, en Belgique ou en Allemagne. Les personnes qui viennent au Luxembourg aiment voir cela.

Quelles autres stratégies déploierezvous, vous qui avez le Tourisme dans vos portefeuilles ?

Il y a un an et demi, nous avons présenté une nouvelle stratégie du tourisme de loisir. Nous jouerons sur différentes cartes, comme le cyclotourisme. Nous avons fait d’énormes progrès sur la signalisation. Nous voulons être rattachés et reliés avec les pays limitrophes et avec les pistes cyclables européennes, comme la Vennbahn (125 kilomètres d’Aix-la-Chapelle dans l’ouest de l’Allemagne jusqu’à Troisvierges en passant par la Belgique, ndlr), qu’on veut tirer jusqu’à Luxembourg-centre pour pouvoir la rediriger vers les autres régions. Ensuite, nous avons le tourisme de mémoire avec trois piliers : l’industria-

lisation du Luxembourg (avec le musée de l’ardoise ou à Belval, au Minett, etc.)… Le touriste ne s’arrête plus aux frontières luxembourgeoises. Quand on assure la promotion du Luxembourg, on essaie aussi de les amener du côté allemand de la Moselle, du côté français. Tout cela est un ensemble. Une personne qui vient au Luxembourg veut aussi voir l’Allemagne, la France ou la Belgique… et on peut les garder plus longtemps au Grand-Duché. Nous avons des projets communs avec la Wallonie, les Ardennes, nous avons des partenariats sur l’œnotourisme avec l’Allemagne et la France. Deuxième pilier, le tourisme de mémoire sur la Seconde Guerre mondiale, et là encore des collaborations comme avec Bastogne, le cimetière américain de Hamm ou le musée militaire de Diekirch.

« Un touriste d’affaires dépense 594 euros par jour, trois fois plus qu’un touriste ‘normal’. »

C’est quelque chose qui dépasse le pays ?

Le Luxembourg ne fait plus sa promotion en Italie, en Espagne ou en Belgique. Il est très facile de se mettre sur des foires avec de belles photos, de la mer, de la montagne et de dire « venez nous rendre visite »… Les gens vont venir une fois, mais ils diront que ce n’est pas du tout ce à quoi ils s’attendaient. Nous ciblons les personnes qui ont un intérêt particulier, qui peuvent trouver au Luxembourg ce qu’elles cherchent. Comme les nature-loving actives , qui aiment bien la nature et être actifs, la randonnée ou le cyclisme… Pour la Seconde Guerre mondiale, par exemple, on va aussi aux États-Unis ou au Canada, pour ceux qui ont eu de la famille qui a joué un rôle ici en Europe…

Et le troisième pilier ?

Il y a des groupes spécialisés autour de la construction de l’Union européenne. C’est tout à fait normal, pour nous, d’aller nous promener ici ou là. Pour les touristes, c’est spécial. Notre stratégie ne s’intéresse pas au tourisme de masse. Le bus qui s’arrête pour une demi-heure près de la Gëlle Fra et qui repart directement n’est pas dans la cible du Luxembourg.

LES TIERMCHEN ET LES REGROUPEMENTS

Face aux limites des capacités hôtelières, le ministre espère que les communes et autres groupements autour du tourisme se saisiront des « Tiermchen », ces cabanes made in Luxembourg qui pourraient fleurir du nord au sud et d’est en ouest pour offrir de nouvelles possibilités d’hébergement insolite « très à la mode », dit Lex Delles, tout en affirmant l’identité luxembourgeoise. Autre piste : le regroupement de plusieurs hôtels familiaux a fait l’objet d’une étude avec l’Office régional du tourisme de la Région Mullerthal pour imaginer que les hôteliers proposent des services en commun. Si un ferme son restaurant un jour, les clients pourraient aller déjeuner chez le voisin.

MARS 2024 81

« Nous sommes un site de rencontres »

Le Covid a eu un impact sur Luxexpo The Box : l’infrastructure et ses équipes dirigées par Morgan Gromy se sont donné une mission et œuvrent activement en faveur de la transition environnementale. Des congrès et des confex, oui, mais de plus en plus « propres ».

500.000 à 600.000 personnes par an

Avec plus d’une centaine d’événements de différents genres, des congrès aux confex en passant par des expositions plus « traditionnelles », Luxexpo The Box voit passer plus d’un demi-million de personnes par an. Avec une tendance : les conférences-expositions, événements plus hybrides.

Est-ce que l’image du congrès médical d’il y a 20 ans existe toujours ?

L’événement ne se suffit plus à lui-même. Luxexpo The Box n’est pas une finalité. Autrefois, on y allait pour y être. Aujourd’hui, c’est un moyen de faire autre chose. Dans la médecine, dans l’éducation ou dans la défense, c’est un moyen de régler des dysfonctionnements externes pour avoir un impact. La perspective était déjà observée, mais le Covid a obligé à agir contre l’inertie. Il faut expliquer la transformation du monde pour embarquer les gens, pour les rassurer et leur donner de nouvelles clés de lecture. L’événement doit avoir un impact, et pas seulement économique.

Parvenez-vous à apporter ces réponses, souvent complexes ?

Nous y travaillons. Nous avons fait évoluer la mission dans nos statuts. Nous prenons une autre forme d’engagement. Nous sommes un site de rencontres inoubliables. Quand on vient, il faut qu’on s’en souvienne, qu’on ait une mémoire de ce qui s’est passé. L’engagement à respecter un équilibre entre l’économique, le social et l’environnemental. Notre gouvernance

acte que nous devons être exemplaires et ainsi nous positionner. Donc aider les autres à se transformer.

Ça veut dire que vous devez refuser certains salons ?

Nous mettons des niveaux d’exigence différents.

Ça les décourage ?

Ça les aide à prendre des décisions. Certains gros acteurs avaient des doutes. Quand je leur ai présenté les impacts, ils ont compris et accepté que cela les accompagne dans leur propre transformation. La discussion s’engage autrement, sur le fond.

Vous n’êtes pas forcément en capacité de comprendre à chaque fois exactement où ils veulent aller ?

Non, bien sûr que non. Notre équipe commerciale n’est pas organisée par type d’événement mais par secteur d’activité. Nous partons du principe que pour créer du lien, il faut connaître tout l’écosystème d’un client potentiel. C’est un très gros travail. Il nous permet aussi d’avoir une cohérence globale avec les enjeux nationaux.

Business
Enjeux
events
82 MARS 2024

Vous avez un rôle à jouer dans ces dynamiques ?

Nous avons identifié une trentaine de valeurs autour desquelles nous devons nous structurer. Il n’y en a qu’une qui est liée au fait de faire des ventes. Une autre veut connecter. Une troisième veut avoir un rapport au passé. Nous ne faisons pas un shopping de la valeur, mais nous essayons de guider la réflexion vers un top 4-5 pour un événement réussi.

Vous n’êtes pas un prestataire de services ?

Non, pas du tout. Nous avons une mission, des piliers sur lesquels nous nous appuyons. Nous avons une infrastructure, des ressources humaines, des méthodologies... À 100 événements par an, il faut de la méthode et des processus. Le premier niveau est celui dans lequel nous prenons le risque d’organiser. Le métier de demain, c’est d’être un coorganisateur, s’entendre sur le partage de risques. Quelle fonction remplit l’espace et comment cela va-t-il se faire au mieux ? C’est cela la question à se poser pour organiser le reste.

Comment le Luxembourg peut-il concurrencer les autres ?

Nos clients ont de moins en moins de temps. Ils n’ont pas de temps parce que les changements s’enchaînent. Plus rapidement et nécessitent des ressources. Nous devons très vite trouver une solution innovante dans sa forme, parce que le client attend pour amplifier son message.

Cette part un peu intellectualisée, que représente-t-elle par rapport à ces salons des vins de Bourgogne ou du vintage? 100 % de nos approches veulent encourager la transformation, mais ce n’est pas 100 % des résultats. L’axe environnemental est une partie complète du processus commercial. Nous n’approchons plus un client sans l’inciter fortement à avoir au moins une forme de green business attitude. En lui disant que parfois, il est à un millimètre, pas forcément financier... Certains sont radicaux et veulent avoir le green label directement. D’autres font des paris sur la durée et commencent quelque part. Nous ne voulons pas être dans l’overdose financière.

L’INÉVITABLE RÉNOVATION DE LUXEXPO THE BOX

LA NAISSANCE D’UN LIEU DE FOIRES

Il y a 70 ans qu’a été créée, le 12 janvier, la Société des foires internationales de Luxembourg, sous l’impulsion de la Chambre de commerce, de la Chambre des métiers, de la Ville de Luxembourg, de la Chambre des fonctionnaires et employés publics, de la Chambre de travail et des principales banques de la Place.

LA NAISSANCE DU SERPENT DE MER

Le samedi de l’inauguration de la Foire d’automne, en octobre 2012, le ministre de l’Économie, Étienne Schneider, annonçait qu’après avoir fait le tour de la question, l’infrastructure… resterait au Kirchberg et bénéficierait d’un plan de rénovation estimé alors à 5 millions d’euros.

2020, LE COVID

Badaboum : la pandémie mondiale de Covid voit l’activité de l’infrastructure réduite à peu de choses. À peu de choses en termes de congrès. Parce que c’est là qu’est déployé le premier centre de lutte contre le Covid du pays par la ministre de la Santé, Paulette Lenert. Une organisation militaire en attendant l’hôpital militaire de Strassen, prêté par l’agence logistique de l’Otan.

LA DOUBLE AUGMENTATION DE CAPITAL

Face à l’urgence, les actionnaires décident de remettre la main à la poche. 1,764 million d’euros en deux fois. Dès la fin décembre 2020, la Chambre de commerce prend sa part, un million. La Ville de Luxembourg, la Spuerkeess, la Chambre des métiers et BGL BNP Paribas s’arrêteront à 552.000 euros. C’est notamment cette augmentation de capital qui a permis d’acquérir le matériel de la salle Sigma, qui replace l’infrastructure luxembourgeoise dans la compétition internationale.

LA PROMESSE RENOUVELÉE

Le CEO de Luxexpo The Box, Morgan Gromy, a une nouvelle fois, dit-il,

décortiqué l’accord de coalition pour savoir « comment aider le gouvernement à atteindre ses objectifs de développement économique ». Page 172, le dernier paragraphe sur le tourisme dit : « Le futur complexe du parc de congrès et d’expositions sera réalisé sur son actuel site au Kirchberg en tant qu’immeuble à fonctions mixtes, dont le programme de construction prévoit des halls d’exposition, des salles de conférence, plusieurs commerces et restaurants, des espaces de coworking, une salle de concert, ainsi qu’un hôtel. »

2022, L’ANNÉE DU REBOND

Avec 9,1 millions d’euros de revenus liés à l’activité de congrès (100 événements) et 3,69 millions au parking, Luxexpo The Box a « explosé les compteurs ». En 2019, elle avait atteint 7,5 millions d’euros pour les congrès, avec une fréquentation triplée par rapport à 2018 avec 457.000 visiteurs. Pour autant, elle traîne des pertes reportées de près de 8 millions d’euros, chiffre qui souligne l’importance d’agir.

LA TOUR PANORAMIQUE…

OU PAS

Le CEO de Luxexpo The Box rêve d’une salle panoramique, tout en haut de la future tour, pour embrasser l’Europe des trois frontières. Il n’existe qu’une autre salle de ce type à Hong Kong. Le ministre du Tourisme, Lex Delles, paraît quant à lui moins emballé par l’idée, histoire de ménager le tourisme européen… qui aime vraiment aller à Schengen, par exemple.

LES PROCHAINES ÉTAPES

« C’est un projet qui ne se fera pas du jour au lendemain », dit encore Lex Delles. Pour lui, il faut mener une étude de faisabilité et d’intérêt pour revitaliser toute la zone. Et y dépenser beaucoup plus qu’une centaine de millions d’euros, ajoutet-il, reléguant l’estimation de l’ancien ministre, il y a plus de 10 ans, très loin derrière. À quel horizon ? 2030, disent les experts, considérant que le bail qui s’achève en 2028 n’est qu’un cap totalement artificiel.

MARS 2024 83

Le business event par les chiffres

Il faudra attendre fin mai et le classement de l’International Congress and Convention Association (Icca) pour savoir si le Luxembourg a réussi le premier pari de sa stratégie 2030 : intégrer le top 50 mondial. Une place qui ne dépend pas que des bons résultats de Luxexpo The Box ou de l’European Convention Center Luxembourg.

CLASSEMENT 2022 DE L’ICCA

PAYS NOMBRE D’ÉVÉNEMENTS

Évolution du classement luxembourgeois

Origines des organisateurs de Business Events au Luxembourg suivi par le LCB

Comment les événements internationaux sont retenus pour le classement

1. L’organisateur doit être actif dans au moins trois pays.

2. Il doit y avoir au moins 50 personnes.

3. L’événement doit avoir une récurrence (tous les ans, deux fois par an, tous les trois ans).

4. La liste ne peut pas comporter 20 % d’événements en plus que l’année précédente.

5. Les premières éditions d’un événement ne seront acceptées que si des contrats pour les 2e et 3e éditions ont déjà été signés. Un meeting n’est plus pris en compte s’il est tenu trois fois de suite dans le même pays sauf si le bureau de congrès prouve qu’il a ensuite été tenu dans un autre lieu.

Nombre d’événements selon le nombre de participants

Partenaires du Luxembourg Convention Bureau

de nuitées Business Events en 2022 : 431.000

• Nombre de voyageurs Business Events par an en 2022 : 154.000

• Nombre de manifestations suivies par le LCB en 2023 :

Enjeux Business events
RETENUS 1 États-Unis 690 2 Espagne 528 3 Italie 522 4 Allemagne 484 5 France 472 6 Royaume-Uni 449 7 Portugal 294 8 Pays-Bas 253 9 Belgique 234 10 Canada 233 47 Lituanie 40 48 Chypre 37 49 Uruguay 36 50 Équateur 33 51 Panama 32 52 Malte 31 53 Israël, Maroc, Vietnam 30 56 Luxembourg, Nouvelle-Zélande 28 PARTICIPANTS NOMBRE D’ÉVÉNEMENTS Moins de 50 29 51 - 250 63 251 - 500 27 Plus de 501 28 Total 147
Nombre
147 0 20 40 60 80 35 30 25 20 15 10 5 0 56 64 54 72 2018 BE FR DE LU NL UK EU 2019 2021 2022 31 20 19 18 11 12 13 Sites et emplacements 80 Transport 3 Divers 8 Agences événementielles 18 Services événementiels 44 Logements et salles 61 84 MARS 2024
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Enjeux Business events

Sigma, la salle du futur

Présentée il y a un an, la salle immersive de Luxexpo The Box doit encore être comprise par ceux qui pourraient l’utiliser. Plongée… dans un espace d’immersion unique.

Les feuilles mortes ne se ramassent pas à la pelle. La probabilité de déranger ces biches que l’on aperçoit le matin au bord des routes à Eischen est faible. Mais le panorama est spectaculaire : la forêt donne envie de redresser les épaules et de respirer à pleins poumons. «  Je pourrais ajouter des bruits et les odeurs », glisse avec malice le CEO de Luxexpo The Box, Morgan Gromy, au moment où de premiers zombies errent dans les rues de New York, avec leur Apple Vision Pro sur le nez.

Tout est (encore) neuf et tout est sauvage, dans Sigma, la salle immersive quasiment unique au monde inaugurée il y a un an. « Ça me gêne de le dire, mais c’est comme ça : nous avons eu une vision. Si on prend des études sur l’élément numéro 1 du choix pour un congrès ou une conférence, aujourd’hui, c’est l’immersion. Mais nous, nous avons construit la salle il y a trois ans. Tout le monde ne pensait qu’au Covid, j’étais sûr que la nature humaine reprendrait le dessus et que les gens auraient à nouveau envie de se rencontrer », se souvient-il, assis sur un petit banc particulier : tout le mobilier a été construit avec des matériaux qui viennent de moins de 80 kilomètres avec un jeune designer luxembourgeois, Olaf Recht, spécialisé dans les interactions, en collaboration avec la menuiserie de Luxexpo. L’écran 12k incurvé semi-panoramique de 22,5 mètres de long sur 3,5 mètres de

haut « n’a qu’une limite : la créativité de ceux qui voudraient l’utiliser », dit M. Gromy. Il n’est pas si difficile d’imaginer un concert privé de Taylor Swift pour 200 clients ou employés au maximum, la diffusion d’un film de Noël de Disney pour une fête des enfants du personnel ou encore un grand raout d’une société pharmaceutique sur les vertus de son dernier produit. Mais ce n’est pas de cette manière que Luxexpo The Box a imaginé les usages.

Neuf scénarios d’utilisation

« Nous avons défini neuf scénarios qui vont de celui dans lequel on met le plus de monde pour ‘galvaniser’ à celui qui réunit le moins de monde pour ‘impressionner’. Neuf scénarios pour commencer à discuter à partir d’un objectif du C-Level. Le 10e scénario est simplement de ne pas vouloir faire comme tout le monde. Mais on réalise aussi le 10e ! Et on peut même imaginer un contexte à un moment, et un autre à un autre moment. Imaginez : on peut projeter le coucher du soleil en live, ajouter du son et l’odeur du monoï ! C’est là pour soutenir une intention : la mauvaise nouvelle de 15 h ne va pas se transformer en soirée festive... Mais elle peut être accompagnée pour rassurer, le soir, dans un autre contexte... », détaille le spécialiste de la veille technologique et des courants de sociétés. L’exemple le plus bluffant est peut-être même celui

qu’il lâche quelques instants plus tard. Parce qu’il a décortiqué le programme de coalition avec la précision de l’horloger suisse. « Prenez les voyages économiques. Pourquoi emmener tout le Luxembourg vers une destination ? Nous pourrions avoir un voyage avec le Grand-Duc, les institutionnels et les entreprises qui peuvent suivre le déplacement, avec des hotspots et un réseautage à la fois réel et virtuel pour des PME, ici, avec des personnes qui sont là pour recréer le lien. Un duplex et une table ronde. » La salle laisse rêveur. Ce doit être le shoot de sylvothérapie…

« Imaginez : on peut projeter le coucher du soleil en live, ajouter du son et l’odeur du monoï ! »
Photo
(archives)
Mike Zenari
86 MARS 2024

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Enjeux Business events

« Le Luxembourg est sur la carte »

L’European Convention Center Luxembourg (ECCL) a « profité » du Covid pour pousser ses pions sur la scène internationale. Avec des retours positifs depuis deux ans, assure son directeur général, Patrick Hoffnung.

Comment rendez-vous le Luxembourg sexy dans la compétition internationale ? Nous sommes extrêmement bien placés, compte tenu de la taille du pays. Nous faisons partie des palais des congrès moyens, par opposition aux très grands palais, comme celui de Paris Expo Porte de Versailles, qui accueille des congrès de 10.000 personnes. Nous ne sommes pas non plus dans la cour des petits, mais à la porte de la cour des grands. Un des premiers atouts est la situation géographique du Luxembourg, au centre de l’Europe et très bien connecté avec l’aéroport international, le système ferroviaire et les autoroutes, mais aussi les hubs étrangers qui nous permettent d’atteindre les longs courriers, comme Francfort, Paris, Londres ou Amsterdam. Un autre atout, souvent plus surprenant, c’est le rapport qualité-prix.

Le Luxembourg fait partie d’une des capitales les moins chères d’Europe, contrairement à l’image que nous pouvons en avoir. Ici, à l’European Convention Center Luxembourg, nous avons une politique tarifaire très poussée. Nous ne vendons pas

seulement un espace mais des forfaits dans lesquels sont vendus de nombreux services. C’est pratiquement du «prêt-à-congrès», le easy event package. L’organisateur, que ce soit une association, une grande société ou un intermédiaire, compare cela avec le seul prix de la location dans les autres capitales ou grandes villes.

Quand on parle de services inclus, on parle de quoi ?

De sécurité, de nettoyage, de Wi-Fi, d’équipements techniques, des foyers pour la restauration, des cabines d’interprétation. Certains prospects nous rappellent parfois pour nous demander si nous ne nous sommes pas trompés dans le prix. Ensuite, nous avons beaucoup de choses accessibles à pied, 785 chambres d’hôtel, dans cinq hôtels de différentes catégories. Nous sommes un des seuls en Europe à avoir cela. Nous allons jusqu’à 1.200 ou 1.500 congressistes en même temps, ou 800 pour les conférences. On s’y retrouve bien. L’ensemble des attractions touristiques sont soit accessibles à pied, soit via des transports gratuits, un peu unique au monde. Le tram va arriver à l’aéroport en

fin d’année. En termes de CO2 et au niveau financier, vous réduisez les coûts de navette et de transport. Également, nous sommes petits mais nous avons une belle diversité à offrir, on peut même dépasser les frontières pour cela. Un autre atout parmi les plus importants est le haut niveau de gastronomie. Faites un congrès où on mange mal et quand vous rentrez, ce que vous retenez c’est que vous avez mal mangé même si le congrès est intéressant.

Avec qui travaillez-vous sur cet aspect ?

Nous avons une exclusivité avec un seul restaurateur, Sodexo, qui gère tous nos restaurants et toutes nos prestations. Nous faisons systématiquement des enquêtes de satisfaction. Tout cela nourrit aussi une image de plus en plus dynamique du Luxembourg, plus contemporain, qui se voit quand on arrive ici avec notre architecture. Certains sont prêts à revenir après cette première expérience. La destination est décalée de l’image que certains peuvent en avoir. Malheureusement pour le climat, nous avons de plus en plus de soleil ici aussi.

Du coup, les chiffres doivent être bons... Nous avons réalisé 161 événements en 2023 – largement le nombre d’événements de notre année de référence, 2019, en augmentation par rapport à 2022. Dans les événements internationaux, nous ne comptons pas les sommets européens. Nous avons, avant les autres, retrouvé une activité supérieure à l’année d’avant-crise. Nous sommes à +10,4 % en nombre d’événements – +36,6 % par rapport à 2019. Nous sommes à +22 % pour le nombre de participants. Le chiffre d’affaires est en nette hausse, nous avons retrouvé l’équilibre budgétaire depuis deux ans.

Qu’est-ce que vous avez fait pour en arriver là ?

Nous avons mis en place le plan de reprise et de relance de l’activité dès 2020 avec trois phases. Nous avons fait un balance recovery package, en modifiant nos tarifs et la structure de nos packages pour être au plus près des organisateurs et le plus flexible possible. Nous avons changé nos approches avec les clients, les partenaires, les prestataires. Il fallait qu’on tende la

main à nos clients. Nous avons accepté des annulations d’événements sans frais. Nos clients sont restés fidèles et le bouche-àoreille fonctionne.

Cette infrastructure a été élue plus beau palais des congrès d’Europe en 2017...

Ça date, mais j’aime bien le ressortir ! J’en suis fier. Les Luxembourgeois y sont habitués, ils sont même plutôt critiques. Mais pas les étrangers, qui remarquent la qualité architecturale, la lumière... Nous craignions la création de palais des congrès dans la Grande Région, mais ce qui est construit aujourd’hui est très basique.

Cette année, vous ajoutez une terrasse !

« Nous avons un positionnement qui est d’être LE palais des congrès du Luxembourg. »

Alors ça, c’est important ! Nous avons toujours eu une demande, surtout pendant la belle saison, d’avoir un accès à l’extérieur. Le Covid a renforcé cela! Cette terrasse de 150 à 180 places permettra d’étendre les événements sur l’extérieur.

La green attitude, c’est aussi un atout pour attirer des clients ?

Nous sommes en phase d’obtenir le label Green Key. Nous sommes membres d’IMS, nous avons le label Eurowelcome, pas dans le domaine green mais dans le domaine RSE. « A green venue for a sustainable event », ça regroupe tout ça, et cela va très loin.

Avant que vous puissiez atteindre l’organisateur, il y a toujours un travail très important à mener.

C’est tout le travail de Luxembourg for Tourism, du Luxembourg City Tourist Office, du Luxembourg Convention Bureau. Quand on arrive sur des salons, on est cinq ou six représentants du Grand-Duché. En 10 ans, on a placé la destination Luxembourg sur la carte mondiale des congrès. Il y aussi beaucoup de clients potentiels qui ne veulent plus prendre de longs courriers ou qui veulent éviter l’avion. Nous ne sommes qu’à 2 h 20 de Paris en TGV. Entre faire un congrès à Versailles ou à Chantilly, c’est beaucoup plus exotique de le faire à Luxembourg !

UN « CONVENTION PARK » MALIN

Non content de proposer du clé en main, l’ECCL a développé un convention park, il y a quelques années, à coups de partenariats avec des acteurs potentiels du business event qui sont dans un rayon accessible à pied. Aujourd’hui, il réunit, autour de la place de l’Europe, les chambres d’hôtel, 14 restaurants et bars dont le food court d’Infinity, 67 espaces de réunions, deux espaces de culture, la Philharmonie et le Mudam, qui peuvent aussi accueillir des soirées de gala. « Nous avons mis en place une VIP card : chaque participant à un congrès a accès à tout cela, avec un certain nombre de réductions ou d’offres, qu’il soit organisateur ou participant. Nous l’offrons sans aucune restriction. Nous avons eu cette idée au sortir de la crise pour offrir des avantages », explique Patrick Hoffnung.

MARS 2024 89

Des enjeux complexes Les à un

Le Covid, les tensions sur le marché du logement et les transports, que ce soit au Luxembourg ou pour venir travailler au Grand-Duché, bouleversent les équilibres sur le marché du travail et ceux entre la vie professionnelle et la vie personnelle : les talents sont plus rares, plus courtisés, plus soucieux de leur bienêtre, quelquefois même avant de penser à leurs responsabilités d’employés, les employeurs doivent revoir leurs dynamiques venues parfois de très loin. Tout rend les rapports plus compliqués dans un pays qui a besoin de gagner en productivité pour retrouver davantage de compétitivité. Dans un écosystème en pleine(s) mutation(s) et en quête de sens, certains acteurs ont pris de l’avance, parfois en tâtonnant, parfois en prenant le risque de se tromper ; d’autres attendent que le cadre réglementaire évolue. Il faudra probablement patienter un peu avant de voir émerger de nouveaux paradigmes.

Enjeux
90 MARS 2024

RH un tournant

92 « UN URGENT BESOIN DE SIMPLIFICATION »

Les challenges identifiés par HRCommunity.lu –

96 CHANGER POUR UN MIEUX

L’entreprise doit se préparer au changement, assure Caroline Lamboley

100 « LES POLITIQUES D’INCLUSION DOIVENT S’INSCRIRE DANS L’ADN DE L’ENTREPRISE »

Gwladys Costant et Nicolas Hurlin (fr2s) s’arrêtent sur un enjeu de plus

104 UNE ÉQUATION À TROIS BANDES Naviguer entre attractivité, bien-être et productivité est devenu central –

108 « LES ENTREPRISES VEILLENT À LEUR IMAGE »

Le point avec Philippe Schmit (Arendt) –

112 TÉLÉTRAVAIL : POUR UNE DÉMARCHE COLLECTIVE AUPRÈS DE LA CCSS

Comment le mille-feuille administratif complique le télétravail

MARS 2024 91
« Un urgent besoin de simplification »
92 MARS 2024
De gauche à droite : Magali Maillot, Josette Meyssonnier, Lise Roda, François Bade et Julie Noirhomme.
La communauté des professionnels des ressources humaines, s’est penchée sur l’avenir de l’emploi au Luxembourg.

Enjeux RH

Fin novembre 2023, HRCommunity.lu a convié ses membres à la présentation d’un livre blanc sur l’avenir du travail au Luxembourg. Ce document, aboutissement d’une étroite collaboration avec un groupe de travail de professionnels des ressources humaines du secteur bancaire, détaille les grands challenges auxquels est confronté le pays en matière d’emploi. Rencontre avec Julie Noirhomme (Neurolead) et Magali Maillot (Allen & Overy), membres du conseil d’administration de HRCommunity.lu, accompagnées de Lise Roda (Pictet & Cie (Europe) AG), Josette Meyssonnier (Banque Julius Baer Europe) et François Bade (Deloitte Luxembourg, en charge de la coordination et de la synthèse des avis récoltés auprès des professionnels). Ensemble, ils se font, à l’unisson, les porte-parole de toute une profession désireuse de faire davantage entendre sa voix et ses préoccupations, afin de soutenir l’attractivité du pays, en bonne entente avec toutes les parties prenantes.

Quel est l’objectif de ce livre blanc sur l’avenir du travail au Luxembourg ? En tant que professionnels des ressources humaines, nous sommes convaincus que le Luxembourg est un pays qui dispose de très nombreux atouts (opportunités professionnelles, environnement multiculturel, qualité de vie, niveau de salaires…). En parallèle, nous sommes aussi pleinement conscients que le pays doit aujourd’hui faire face à une multitude de challenges, notamment en matière d’attractivité et de rétention des talents, mais aussi dans la prise en compte des nouvelles façons de travailler ou des obligations légales.

Chaque jour, nous sommes au contact de nos employés et nous entendons les difficultés et les frustrations qu’ils rencontrent. Ces sujets reviennent également sur la table lors des discussions entre employeurs, dans de nombreuses assemblées. Notre volonté est d’apporter notre pierre à l’édifice pour que le Luxembourg conserve la place privilégiée qui est la sienne en Europe, pour ne pas subir les évolutions en cours, mais être force de proposition, aux côtés de toutes les forces vives du pays, pour trouver des solutions pratiques et pragmatiques à ces enjeux de nature sociétale.

Le premier challenge identifié concerne l’attractivité des talents. Comment peut-on relever ce défi commun à tous les secteurs d’activité ? Nous pensons qu’il faut travailler à la promotion du Luxembourg comme une destination de choix pour les meilleurs talents en Europe et au niveau global. Beaucoup de personnes, à l’étranger, ont une idée biaisée de ce qu’est le Luxembourg. Nous devons mettre davantage l’accent sur la diversité des métiers, l’environnement multiculturel et véritablement inclusif, l’offre d’enseignement internationale, les langues... C’est aussi un pays où la méritocratie occupe une grande place et où les opportunités d’évolution de carrière sont nombreuses. Il faut absolument montrer au monde entier les atouts qui sont les nôtres, de manière coordonnée, avec le support du gouvernement, en utilisant tous les réseaux à notre disposition.

Cette attractivité passe aussi par le développement de politiques spécifiques en matière d’immigration. Nous devons faciliter la venue des non-Européens. Mettre en place un processus plus rapide et plus simple pour des profils très demandés est un sujet très important à nos yeux. On peut souligner les efforts menés par l’Adem au cours de l’année écoulée à ce niveau, mais les procédures auprès du ministère des Affaires étrangères ont des délais qui, raccourcis, constitueraient un vrai avantage compétitif. Un autre sujet touche à la reconnaissance des diplômes de ces non-Européens. Dans le secteur financier, mais aussi dans celui de la santé, ou dans la tech, le pays se prive d’une main-d’œuvre importante parce que leurs compétences ne sont pas reconnues. Nous gagnerions à poursuivre le travail initié afin que le Luxembourg se positionne comme le pays de l’inclusion, au cœur de l’Europe, un endroit où il est facile de s’installer, de s’intégrer et s’épanouir.

Après avoir attiré les bons profils, il faut les conserver. Comment s’assurer que le Luxembourg puisse développer et retenir les talents nécessaires et en quantité suffisante ?

Là encore, le pays dispose déjà de nombreux atouts, à commencer par son offre en matière de formation professionnelle

MARS 2024 93

continue, tous secteurs confondus. Le seul point à améliorer concerne sans doute la formation des dirigeants et l’offre en matière de cursus universitaires. Le pays a déjà développé des parcours de formation dans les domaines du droit, de la médecine ou encore des nouvelles technologies. Cependant, la majorité des étudiants doit encore partir à l’étranger pour se former, avec le risque qu’ils construisent leur vie à l’étranger.

La question de la rétention des talents passe aussi par l’identification des métiers de demain. Le Luxembourg, comme tous les pays européens d’ailleurs, va devoir se préparer rapidement pour s’assurer que les compétences s’adaptent aux nouvelles évolutions techniques, technologiques ou environnementales. Comment passer d’un monde dans lequel on recrutait des compétences et de l’expérience à un monde dans lequel on va rechercher avant tout une attitude et une capacité d’adaptation. Le changement est conséquent, d’autant que la nouvelle génération développe de nouvelles attentes vis-à-vis du travail. La chance du Luxembourg réside dans la proximité entre les entreprises et le gouvernement. C’est un avantage compétitif qu’il faut mettre à profit pour dégager rapidement des schémas plus agiles et imaginer de nouvelles façons de travailler.

Comment, justement, encourager ces nouvelles façons de travailler ?

Il faut offrir davantage de flexibilité, et cela passe par une revue du Code du travail. Aujourd’hui, nous n’avons pas la possibilité d’adapter notre organisation parce que le cadre légal, souvent, ne le permet pas. Mais la toute première priorité est d’établir une « sphère de sécurité » pour permettre le télétravail à domicile pour les frontaliers jusqu’à deux jours par semaine. Il serait par exemple très utile de disposer d’un guide précis sur le sujet du télétravail des frontaliers, tant pour les employés que pour les employeurs. Peut-on ouvrir ses mails le matin à son domicile avant de partir travailler ? Peut-on rallumer son PC le soir pour terminer un dossier ? Personne n’a de réponse claire et celle-ci peut varier d’un pays de résidence à l’autre… Le Luxembourg ne cesse de perdre du terrain par rapport aux pays voisins, qui offrent

Enjeux RH

cette flexibilité à leurs travailleurs résidents. Aujourd’hui, il n’est plus rare de voir des collaborateurs nous quitter, s’installer à Metz ou n’importe où en France, pour travailler en présentiel un jour par semaine à Paris et gagner le même salaire qu’au Luxembourg. Il est urgent d’arrêter l’hémorragie. C’est un point très crispant pour tout le monde.

« L’accord-cadre sur la sécurité sociale est quasiment inapplicable dans la pratique. »

La crise du Covid a changé la manière dont les employés perçoivent leur façon de travailler en Europe et dans le monde, sauf au Luxembourg, où les contraintes et les limites pour nos 216.000 frontaliers travaillant au Luxembourg sont énormes. Au-delà du fait qu’il est de plus en plus difficile d’attirer des talents, nous sommes en train de créer des situations d’inégalités de traitement et un sentiment d’injustice entre les résidents et les non-résidents. En tant que DRH, nous sommes obligés de traiter différemment nos salariés en fonction du lieu où ils résident alors que nous vivons tous au sein de l’Union européenne. C’est un véritable problème de fond, qui touche aux valeurs de notre société.

Comment résoudre ces problèmes liés à l’impact de la fiscalité, mais aussi de la sécurité sociale ?

En matière fiscale, le système doit être plus simple, si possible harmonisé et automatique.

Concernant la sécurité sociale, le Luxembourg a signé, le 5 juin 2023, l’accord-cadre européen prévoyant le passage du seuil de télétravail de 25 % à 49,9 %. Mais cette mesure est quasiment inapplicable dans la pratique. Pour donner un exemple très simple, si j’habite à Arlon et que je dois me rendre à une journée de formation à Bruxelles, je ne rentre plus dans le cadre de cet accord parce qu’il ne concerne que le télétravail à domicile. Les commerciaux et beaucoup d’autres fonctions en sont automatiquement exclus.

Dans le secteur bancaire, environ trois quarts des employés, du fait de leurs fonctions, n’y ont pas droit non plus. Au final, la très grande majorité des employeurs ne permettent pas à leurs salariés d’augmen-

APPROCHE CORESPONSABLE

Le baromètre de l’emploi indique clairement que le coût de la main-d’œuvre, la pénurie des talents et la fiscalité sont les trois principaux facteurs qui freinent les perspectives d’investissement des entreprises au Luxembourg.

La complexité des procédures administratives et la situation économique accentuent cette situation.

Les responsables RH du pays tirent la sonnette d’alarme. Forts de leur connaissance du terrain, et de l’application des règles, ils veulent soutenir les initiatives du gouvernement, dans une approche coresponsable.

94 MARS 2024

CROISSANCE MOINS DYNAMIQUE POUR LES SALARIÉS FRONTALIERS

D’après le rapport travail et cohésion sociale du statec

ter les jours de télétravail, à la fois pour éviter d’accroître les inégalités, mais aussi pour ne pas s’exposer inutilement à de nouveaux risques. Nous avons un besoin urgent de clarification, d’harmonisation et de simplification des règles en vigueur. Cela serait possible notamment grâce à un suivi et un reporting digital proposés par les autorités gouvernementales pour les employeurs et les employés. Une harmonisation par une solution sûre et digitalisée permettrait à toutes les entreprises d’implémenter le cadre en place en toute sécurité.

Un dernier challenge révélé dans votre livre blanc concerne le développement d’un cadre de travail propice et adéquat. Quelles sont les problématiques en jeu ?

Tout le monde connaît les problèmes du Luxembourg en matière de logement ou de mobilité et nous sommes témoins, au quotidien, des difficultés rencontrées par

nos employés pour trouver un logement, peu importe leur âge d’ailleurs.

Nous ne sommes pas des experts de l’immobilier, mais nous voyons que certains employeurs n’hésitent pas à prendre en charge la garantie locative d’un collaborateur par exemple. D’autres louent euxmêmes des appartements pour les mettre à disposition de leurs salariés à un prix moindre, ce qui est considéré comme un avantage en nature. Ce ne sont que des initiatives éparses. Cette situation est toutefois intenable sur le long terme.

Aujourd’hui, un couple avec deux salaires corrects n’est plus en mesure d’accéder à la propriété au Luxembourg et il s’agit d’un frein important à la rétention des talents. Dans de nombreux cas, ce couple va préférer retourner n’importe où en France, travailler pour un employeur à Paris et profiter pleinement du télétravail. Les déplacements sont évidemment un

AGENDA

5 juillet 2023

Le contenu du livre blanc sur l’avenir du travail au Luxembourg est présenté aux candidats aux élections législatives à l’occasion d’une première table ronde. 30 novembre 2023

Le livre blanc est dévoilé à l’ensemble de la communauté des professionnels des ressources humaines lors d’une soirée dans les locaux d’Allen & Overy.

14 mars 2024

Avec l’arrivée du nouveau gouvernement, HRCommunity.lu se propose de lui faire découvrir son travail, en lui manifestant son soutien et son implication dans les nombreux projets à conduire.

autre problème. Au final, tous ces éléments sont intimement liés. Une plus grande flexibilité du temps de travail, en octroyant par exemple la possibilité de commencer sa journée au domicile avant de prendre la route, permettrait de réduire le trafic aux heures de pointe, et peut-être de réduire sensiblement la pression sur le logement… Au regard de ces nombreux challenges, notre volonté est de prendre part aux débats, de travailler concrètement sur ces sujets avec le nouveau gouvernement, que nous inviterons à notre prochain événement dédié, de manière pragmatique, pour faire bouger les lignes. Les employeurs ont besoin de simplification, c’est une évidence. Ce n’est qu’à ce prix qu’ils pourront se concentrer sur les véritables challenges que constituent l’attraction et la rétention des talents dont le pays aura besoin dans les années à venir.

2022 2023 VARIATION EN % SUR UN TRIMESTRE* T2 T3 T4 T1 T2 Emploi salarié intérieur 0.8 0.8 0.7 0.5 0.5 Pays de résidence et nationalité Résidents au Luxembourg 0.6 0.6 0.6 0.5 0.4 Luxembourgeois 0.2 0.5 0.5 0.3 0.5 Communautaires (UE-27 + UK) 0.1 0.1 0.1 -0.1 -0.3 Non communautaires 4.3 4.2 4.1 3.7 2.2 Frontaliers 1.2 0.7 0.9 0.6 0.6 Belgique 0.9 0.4 0.7 0.3 0.1 Allemagne 0.8 0.4 0.3 0.4 0.5 France 1.4 1.0 1.2 0.9 0.8 Sexe Hommes 0.7 0.6 0.6 0.4 0.3 Femmes 0.9 0.9 0.9 0.7 0.6
Source
StatecComptes nationaux
MARS 2024 95

Changer pour un mieux

Dans un monde en perpétuelle mutation, les entreprises ont l’obligation de s’adapter beaucoup plus rapidement. Elles doivent développer une culture de l’innovation et veiller à embarquer l’ensemble de leurs collaborateurs dans leurs projets de transformation, recommande Caroline Lamboley, CEO de Lamboley Executive Search.

Le changement est inhérent à la vie et au développement d’une entreprise. Voulu ou subi, il peut susciter des frustrations et des crispations autant que de l’enthousiasme au niveau des équipes. Il reste cependant nécessaire. Dès lors, l’enjeu, pour les dirigeants, est de s’assurer qu’elles soient bien accompagnées et que l’organisation, dans sa globalité, puisse en tirer avantage. « Une entreprise évolue sans cesse. Certains événements, comme le Covid, ont conduit à des changements majeurs, contraignant les organisations à s’adapter dans des délais très brefs afin de pouvoir maintenir l’activité. Au-delà, si l’on considère ces 25 dernières années, les organisations luxembourgeoises ont considérablement évolué. L’adoption de nouvelles technologies, l’entrée en vigueur de réglementations, la nécessité de réduire les coûts et d’améliorer la productivité, le besoin d’attirer des talents sont autant de raisons qui ont conduit à des changements organisationnels majeurs, explique Caroline Lamboley, CEO de Lamboley Executive Search, cabinet de chasseurs de têtes spécialisé dans le recrutement par approche directe à Luxembourg. Au Luxembourg, les entreprises ont toujours su s’adapter pour répondre efficacement aux nouveaux défis qui se présentaient à elles. »

Se préparer au changement

Il faut distinguer les structures qui subissent le changement, par manque d’anticipation, de celles qui ont appris à naviguer dans la tempête. La différence tient essentiellement à la culture d’entreprise. « Se préparer au changement implique de soutenir le développement d’une culture d’innovation, qui favorise la prise d’initiative, qui encourage la collaboration entre les personnes et les différents départements, poursuit Caroline Lamboley. L’enjeu, face à l’imprévu, est de s’assurer que tout le monde rame dans la même direction. » C’est au leadership, en l’occurrence, qu’il appartient de définir le cap, en établissant une vision claire. Il est aussi important que celle-ci puisse être communiquée à travers toute l’organisation, de veiller à ce qu’elle soit entendue et comprise par chacun. «  Pour initier et accompagner un changement, le principal levier à considérer est la communication, poursuit Caroline Lamboley, qui a longtemps occupé la fonction de DRH dans de grands groupes au Luxembourg. Il faut pouvoir évoquer les raisons du changement, les avantages qu’il doit procurer pour l’entreprise et pour celles et ceux qui y travaillent. Les nouveaux processus doivent pouvoir être expliqués clairement. »

Enjeux RH
Photo Lamboley Executive Search
96 MARS 2024
Auteur SÉBASTIEN LAMBOTTE

Pour tirer avantage du changement, il est recommandé de l’aborder en connaissance de cause. La préparation est donc un élément-clé de la réussite d’un projet de transformation. Afin de poursuivre un objectif clairement établi, il faut pouvoir se doter d’un plan d’action. Celui-ci doit notamment inclure les démarches de communication, la manière dont on va impliquer les équipes dans la transformation à opérer, la mise en œuvre de plans de formation ou encore les mesures permettant d’accompagner chacun et de gérer les diverses formes de résistance au changement. « Les HR business partners ont un rôle-clé à jouer en la matière , ajoute Caroline Lamboley. Vis-à-vis de toute décision, ils peuvent apporter un conseil aux dirigeants, contribuer à la mise en place d’un plan d’accompagnement et de formation qui tient compte des objectifs à atteindre. Cela ne se fait pas en deux heures. Il est important de considérer l’ensemble des impacts qu’un changement peut avoir sur les équipes, de réfléchir à la manière de les appréhender. En impliquant les ressources humaines dès le début du processus, les dirigeants peuvent mettre toutes les chances de réussite de leur côté. »

Soutenir chacun

Il faut avoir conscience que le changement ne peut s’opérer sans l’implication des équipes. Sur le terrain, les collaborateurs doivent comprendre pourquoi l’organisation doit s’adapter, en raison d’une contrainte ou d’une opportunité. Chacun doit prendre la mesure de l’intérêt d’opérer une transformation. « À travers la communication mise en place, les RH peuvent rendre compte de la manière avec laquelle un projet est perçu, faire remonter les feedback, positifs comme négatifs , précise Caroline Lamboley. Ces éléments sont importants et contribuent à la réussite du projet. Les retours du terrain permettent d’identifier les freins et, le cas échéant, permettront d’adapter la stratégie. » Si la communication autour des enjeux de changement est un élément-clé, celle-ci doit s’opérer en considérant la multiplicité des canaux à disposition. « On peut envisager des communications à l’échelle de l’entreprise, au niveau des équipes. On peut aussi décliner les messages en vidéos

« Il faut que les personnes impliquées dans cet accompagnement disposent d’aptitudes d’écoute et de compréhension. »
CAROLINE LAMBOLEY CEO Lamboley Executive Search

explicatives, en sessions de groupe ou par e-mail. Il y a de nombreux moyens de faire passer des messages. Nous avons tous des sensibilités différentes selon les canaux , poursuit l’experte. Au-delà, il ne faut pas négliger les entretiens en one to one, aussi bien avec les personnes les plus impliquées qu’avec les plus réfractaires. »

Dans ces périodes de changement, les responsables RH comme les managers doivent se montrer plus disponibles que jamais, pratiquer la politique de la porte ouverte. Il faut être présent pour écouter, rassurer, informer, pouvoir apporter un soutien individuel. La résistance au changement est une attitude naturelle. Elle est induite par la peur de l’inconnu. À l’échelle d’une entreprise, cela traduit une crainte pour son emploi. « Selon la taille de l’entreprise, il faut aussi penser à mettre en place des relais, des personnes qui pourront soutenir le changement, accompagner les équipes dans le processus de transformation, poursuit Caroline Lamboley. On peut penser aussi à la création de groupes de soutien ou à l’instauration de programmes de mentoring. Ces relais, toutefois, devront être bien formés. Il faut que

MARS 2024 97
« Les retours du terrain permettent d’identifier les freins et, le cas échéant, permettront d’adapter la stratégie. »

les personnes impliquées dans cet accompagnement disposent d’aptitudes d’écoute et de compréhension, qu’elles soient aptes à répondre aux craintes formulées. »

S’appuyer sur des ambassadeurs

Face à l’inconnu, il faut donc rassurer. « Mais s’il est nécessaire de passer beaucoup de temps auprès de celles et ceux qui se montrent réfractaires au changement, il faut en consacrer au moins autant à ceux qui sont favorables à la transformation , ajoute Caroline Lamboley. Ces derniers, en effet, seront les premiers ambassadeurs du changement. Ce sont eux qui vont entraîner les équipes dans le projet, qui vont faire la promotion des avantages que cela induit. » Si le projet se révèle pertinent, s’il apporte un réel bénéfice pour les collaborateurs, cette résistance doit progressivement s’estomper. Même les plus réfractaires, ceux qui ne souhaitent pas changer par principe, comprendront vite qu’il est dans leur intérêt de le faire. « Si un collègue, suite à l’adoption d’un nouveau processus ou d’une nouvelle solution technologique, parvient à réaliser en cinq minutes ce qu’il faisait par le passé en quatre heures, il sera le meilleur ambassadeur de ce changement », poursuit la chasseuse de têtes. Caroline Lamboley insiste sur l’importance d’embarquer tout le monde dans la transformation à opérer. « Bien évidemment, il y aura des personnes

qui ne se retrouveront pas dans la nouvelle organisation. Au terme du projet, quand on a exploré toutes les solutions, il est possible d’arriver à la conclusion que certaines personnes ne se retrouvent pas dans le nouveau modèle mis en place. Pour elles comme pour l’entreprise, il est peut-être envisageable de mettre un terme à la collaboration. L’idée n’est pas qu’un collaborateur vienne travailler avec la boule au ventre tous les matins », explique-t-elle.

Évaluer les impacts

Si l’on décide de faire évoluer son organisation, c’est pour un mieux. Cependant, tout changement ne conduit pas forcément à un résultat positif. Il est donc important d’évaluer l’impact d’une transformation. « En parallèle du feed-back des collaborateurs, qui doit permettre d’ajuster la stratégie au fil du temps, il est important d’établir un ensemble d’indicateurs dès l’entame du projet, afin d’en mesurer les bénéfices, ajoute encore Caroline Lamboley. Ils peuvent être de différentes natures. D’un point de vue RH, le suivi du turnover au niveau des équipes est un élément-clé à suivre. D’autres indicateurs, selon le projet mené, peuvent être pertinents : le taux d’adoption de la nouvelle procédure, la satisfaction des utilisateurs ou encore des clients, l’engagement des équipes, la qualité des livrables, l’évolution des coûts… Les HR business partners, en l’occurrence, sont bien positionnés pour évaluer cela, à l’occasion d’entretiens ou en menant des enquêtes ponctuelles. » Ces indicateurs, en outre, doivent permettre de rendre compte de l’impact des transformations organisationnelles menées et contribuer au développement d’une culture d’entreprise de l’innovation.

QUATRE TENDANCES MAJEURES

BESOIN D’ÉQUILIBRE

Ces deux dernières années, c’est la mise en place d’un mode de travail hybride, qui a considérablement occupé les entreprises. Le Covid a imposé le travail à domicile, les employeurs n’ayant pas d’autres choix que d’y recourir pour maintenir l’activité. Aujourd’hui, c’est principalement pour répondre à des attentes des collaborateurs en matière de flexibilité que les entreprises le maintiennent. Face aux difficultés à recruter, considérant le temps que chacun peut perdre sur le trajet du bureau, le cadre de travail se transforme. Cependant, maintenir une dynamique d’équipe à distance et veiller à la productivité de l’entreprise implique d’adapter l’encadrement des collaborateurs. « Il faut en effet changer d’approche et, notamment, appliquer un management qui s’appuie sur la confiance », commente Caroline Lamboley. La « freelancisation » du travail est un autre phénomène qui va impacter les organisations. « Pour de nombreuses raisons, comme le souhait de bénéficier d’une plus grande flexibilité, de pouvoir choisir ses missions et ses projets, un nombre croissant de professionnels ne veulent plus être en CDI », explique Caroline Lamboley. Si cette tendance s’exprime principalement dans certains secteurs, comme l’IT, le marketing et la communication ou encore les RH, elle devrait s’étendre dans les années à venir.

TRANSFORMATION

Si l’on regarde vers l’avenir, les entreprises doivent se préparer à d’autres changements d’envergure. « L’émergence de l’intelligence artificielle et son intégration au cœur des processus de l’entreprise vont considérablement transformer les organisations. Des métiers vont disparaître, d’autres vont se créer, commente Caroline Lamboley. L’adoption de ces nouveaux outils va exiger d’importants efforts de formation, pour permettre à chacun d’en tirer avantage ou de développer de nouvelles compétences utiles dans un contexte nouveau. » L’adoption d’un modèle de développement durable à l’échelle des organisations va aussi exiger de procéder à d’importants changements. La RSE, impacte toutes les strates de l’entreprise et nécessite de mettre en œuvre de nouvelles procédures, d’adapter les processus, en vue d’améliorer l’empreinte sociale et environnementale de l’activité.

Enjeux RH
98 MARS 2024

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« Les politiques d’inclusion doivent s’inscrire dans l’ADN de l’entreprise »
100 MARS 2024
Gwladys Costant et Nicolas Hurlin, de la Federation for Recruitment, Search & Selection (fr2s) évoquent les enjeux de la diversité et de l’inclusion.

Interview SÉBASTIEN LAMBOTTE

Portrait MATIC ZORMAN

Enjeux RH

La population professionnelle apparaît comme fortement diversifiée. Le pays est considéré comme cosmopolite. Les entreprises peuvent-elles pour autant être considérées comme de bonnes élèves sur les enjeux de diversité et d’inclusion ?

NICOLAS HURLIN (N. H.) Le Grand-Duché est un pays bien plus multiculturel que d’autres en raison de sa taille, mais aussi de la dynamique économique qui l’anime. 50 % de la population résidente n’est pas luxembourgeoise. Près de la moitié des personnes actives sont des travailleurs frontaliers. Ce n’est pas une situation nouvelle. Si, effectivement, on trouve au Luxembourg des personnes venant de divers horizons, les questions de diversité et d’inclusion constituent toujours un enjeu fort pour les entreprises. Il est beaucoup plus prégnant aujourd’hui qu’il y a quelques années.

Or, on constate que, dans beaucoup d’entreprises, la culture est empreinte de l’origine de ses dirigeants. Dans une entreprise italienne, par exemple, il est rare de trouver des dirigeants qui émanent d’un autre pays. De telles situations peuvent être constatées à bien des égards, pas uniquement sur des critères linguistiques.

GWLADYS COSTANT (G. C.) Au premier abord, on pourrait, en effet, penser que le Luxembourg est un bon élève. Cependant, le fait de travailler avec différentes nationalités ne signifie pas que l’entreprise mène une politique affirmée d’intégration et d’inclusion culturelle correspondant aux attentes aujourd’hui exprimées par la nouvelle génération de travailleurs. La diversité, c’est d’être invité à la fête. L’inclusion, c’est d’être invité à danser à la fête.

Pourquoi ces sujets sont-ils devenus plus importants pour les entreprises ?

N. H. D’abord, une bonne appréhension de ces enjeux à l’échelle de l’entreprise constitue une des réponses à la pénurie de talents à laquelle la plupart des acteurs font actuellement face. D’une part, il est nécessaire d’aller chercher ces talents au-delà des viviers habituels et donc d’aller à la rencontre de populations plus diversifiées. Dès lors, il devient nécessaire de mettre en place des politiques d’inclusion et d’intégration garantissant la cohésion des équipes.

G. C. Celles-ci, pour fonctionner, doivent s’inscrire au cœur de l’ADN de l’entreprise. Il faut un alignement entre le discours que l’on porte à ce sujet et les engagements effectivement pris en la matière. On voit d’ailleurs que les acteurs sont désormais évalués, tant au niveau interne qu’externe, par les clients, par exemple, sur ces sujets.

Ces enjeux de diversité et d’inclusion ont aussi beaucoup avancé ces dernières années en réponse aux directives européennes luttant contre la discrimination dans les milieux professionnels. Les cadres et les pratiques évoluent. À titre d’exemple, 7.800 hommes ont pris leur congé parental en 2023 à Luxembourg contre 5.400 femmes.

Comment les entreprises évaluent-elles leur performance en matière de diversité et d’inclusion ?

N. H. Les entreprises ne peuvent avancer dans cette voie que si elles développent une connaissance en interne de la situation à l’échelle de leur organisation. Elles doivent pouvoir évaluer comment ces enjeux de diversité et d’inclusion sont vécus, l’image que leur politique en la matière renvoie à leurs collaborateurs. Il est donc nécessaire de pouvoir établir des tableaux de bord relatifs à ces sujets, de mesurer leur diversité, qu’elle soit culturelle, religieuse, sexuelle ou autre. Bien que ces données relatives soient sensibles, les acteurs économiques les collectent de manière anonyme afin de pouvoir agir sur ces sujets.

Parmi les leviers permettant de renforcer la diversité, le recrutement est un enjeu majeur. En tant que recruteurs, de quelle manière êtes-vous mobilisés vis-à-vis de ces enjeux ?

N. H. L’entreprise qui souhaite féminiser ou masculiniser (cela va dans les deux sens) une fonction ou un département aura en effet tendance à solliciter son recruteur, lui demandant d’intégrer ces critères au cœur de sa recherche. Si le recrutement est un levier de diversification, il faut rester vigilant. Bien que partant d’une bonne intention, une telle démarche peut aussi conduire à des formes de discrimination si elle est poussée à l’extrême.

MARS 2024 101

Pour certaines fonctions, il y a des limites héritées du système éducatif dont il faut tenir compte. Les profils RH ou dans le domaine de la communication seront davantage féminins. Ceux actifs dans l’IT auront plus tendance à être masculins. G. C. Cela dépend souvent du niveau de la maturité des entreprises vis-à-vis de ces sujets. Les grands groupes internationaux, qui travaillent sur ces questions depuis près de dix ans, vont, par exemple, nous demander que la short list des candidats présentés soit équilibrée, notamment au niveau des genres. C’est d’ailleurs essentiellement sur ce critère que les demandes portent.

On constate que les entreprises moins matures sur ces sujets, de plus petite taille, ont tendance à continuer à chercher des profils qui leur ressemblent, pour la simple et bonne raison que cela fonctionne mieux. Cela dure jusqu’à un certain moment. Dans un environnement dynamique, qui exige une grande adaptabilité, une entreprise qui n’est pas assez diversifiée perd en compétitivité, peine à retenir et attirer des talents.

Au-delà du recrutement, quels sont les autres leviers stratégiques permettant de renforcer la diversité et l’inclusion au niveau de l’entreprise ?

G. C. Le recrutement est loin d’être le seul levier. Travailler sur l’inclusion, c’est mettre en place une politique globale. Cela implique de travailler sur divers critères, comme l’évaluation inclusive en interne, la promotion, la rémunération et le recrutement. C’est toute la chaîne de valeur RH qui doit être mobilisée vis-àvis de ces enjeux. Il ne faut, en outre, pas limiter cela uniquement à la gestion des ressources humaines.

C’est une problématique corporate qui, comme on l’a dit, doit être portée par la direction, se traduire dans les engagements de l’entreprise. Et il faut pouvoir en rendre compte de manière transparente.

N. H. C’est effectivement sur le recrutement que l’on va observer de manière tangible la volonté d’une structure de renforcer sa diversité. Sur les pratiques de recrutement, l’employeur ne peut pas se cacher. En l’occurrence, il faut veiller à un recrutement inclusif, autrement dit un processus qui va donner à chaque candidat la même chance

« La plus importante discrimination vécue au Luxembourg concerne les travailleurs seniors. »

d’être sélectionné par l’entreprise.

Le sujet de la mobilité, toutefois, est aussi important. Une politique d’inclusion doit également permettre aux collaborateurs d’avoir plusieurs vies, plusieurs métiers au sein de l’entreprise. À ce niveau aussi, on voit une différence relativement grande entre les petites structures et les multinationales, ces dernières étant souvent plus matures sur ces questions. Elles ont souvent plus de possibilités de proposer de nouvelles opportunités à des collaborateurs désireux d’évoluer ou ne se sentant plus à leur place.

Quels sont les obstacles à l’inclusion dans le milieu du travail ?

G. C. Le principal obstacle à l’inclusion, c’est souvent nous. On constate, au Luxembourg, que le sujet a fortement évolué. Que la diversité n’est plus la même qu’il y a dix ans, avec notamment des bassins de personnes étrangères, venues de contrées situées au-delà des frontières de l’Europe, de plus en plus importants. Là où ça coince encore, c’est dans les biais cognitifs dont nous pouvons être victimes. En l’occurrence, il existe différents types de biais. Par exemple, on va naturellement émettre un jugement, faisant une généralité au départ d’un détail ou au regard d’une habitude qui nous est propre, conduisant à des conclusions hâtives.

Comment lutter contre ces biais ?

N. H. Si l’on revient sur le recrutement inclusif, on peut évoquer cinq éléments. Premièrement, il s’agit de rédiger une offre d’emploi qui soit inclusive. Il faut être le plus neutre possible afin d’assurer l’égalité

7.800

En 2023, 7.800 hommes ont pris leur congé parental à Luxembourg contre 5.400 femmes.

102 MARS 2024
GWLADYS COSTANT
Enjeux RH

INTERCULTURALITY FOR IMPACT

En décembre 2023, IMS Luxembourg – Inspiring More Sustainability a présenté Interculturality for Impact, une toolkit à destination des professionnel·les actif·ves dans les domaines de l’interculturalité, de l’inclusion et de la non-discrimination. Cette boîte à outils offre des contenus théoriques et des activités pédagogiques et pratiques favorisant l’inclusion et la citoyenneté active, tout en valorisant la diversité culturelle dans la société luxembourgeoise.

à chaque candidat ou à chaque personne qui aurait envie de postuler. Préciser « jeune et dynamique » ou encore « diplômé d’une grande école » dans l’offre d’emploi crée de la discrimination.

Deuxièmement, il faut veiller à évaluer les candidats uniquement sur les compétences requises pour le poste. Troisièmement, il faut diversifier les sources, éviter d’aller toujours chercher les candidats dans les mêmes milieux. Quatrièmement, il faut assurer l’égalité de traitement de tous les candidats. Enfin, pour lutter contre les biais, ces jugements qui s’imposent à nous sans le vouloir, contre lesquels il est difficile de lutter, il est essentiel de former les équipes à la non-discrimination.

G. C. Il est nécessaire d’éviter que la politique de diversité et d’inclusion s’affiche comme un phénomène de mode sans être vécue. Il faut éviter cette tendance à utiliser, par exemple, la présence d’une femme dans un comité de direction comme faire-valoir de la diversité au sein de l’entreprise ou comme une forme de totem.

Le fait qu’une femme accède à des responsabilités, ce rôle-modèle, ne constitue-t-il pas un levier de développement pour la diversité ?

fonctionne pas. C’est un enjeu culturel, des considérations qui doivent grandir dans l’entreprise, s’intégrer dans les processus. C’est pour cela que la formation est un levier-clé.

Il y a donc encore du chemin à parcourir… G. C. Si l’on considère les chiffres du Centre pour l’égalité de traitement en 2021, la principale discrimination restait l’origine

« Si le recrutement est un levier de diversification, il faut rester vigilant. »
NICOLAS HURLIN

G. C. C’est tout à fait vrai. Je dis qu’il ne faut pas y recourir sous la forme d’un prétexte pour justifier une politique de diversité et d’inclusion qui ne soit pas vécue. On parle de diversité quand ces spécificités représentent 30 % de l’effectif.

Si cette réalité n’est pas effective, on ne peut pas parler de diversité et la personne utilisée pour afficher cette prétendue diversité, qu’il s’agisse d’une femme, d’une personne d’origine étrangère, d’une personne handicapée ou LGBT+, sert avant tout de caution. C’est cela qui est contre-productif. N. H. C’est pour cela que ces politiques doivent être vécues à travers toute l’entreprise. Il est nécessaire qu’elles soient portées par le top management et se déclinent à tous les niveaux. La diversité et l’inclusion ne doivent pas être imposées. Cela ne

ethnique. Cela représentait 31 % des cas de discrimination. En tant que recruteurs, nous sommes encore confrontés à cette problématique, avec des employeurs qui n’ont pas conscience de cette réalité du marché du travail luxembourgeois avec de nombreux candidats qui sont des ressortissants non européens.

Cependant, je pense que la plus importante discrimination vécue concerne les travailleurs seniors. Il est rare qu’un de nos clients demande de recruter un profil ayant plus de 25 ans d’expérience. Or, les plus de 50 ans représentent un cinquième de la population active. Cela veut dire que si l’on ne développe pas des politiques de diversité et d’inclusion plus cohérentes, tenant compte de cette population, la problématique des talents devrait être encore plus criante dans les années à venir.

MARS 2024 103

Une équation attractivité, bien-être et productivité

La possibilité de télétravailler est un levier incontournable d’attraction des talents… dont le Luxembourg ne peut profiter pleinement en raison de limites sociales et fiscales s’imposant aux travailleurs frontaliers. Pour autant, télétravail rime-t-il toujours avec bien-être et gain de productivité ?

Au Luxembourg, la pérennisation de la pratique du télétravail est encore récente. Pour rappel, la levée des moratoires fiscaux qui permettent un recours sans limites au télétravail pour les frontaliers ne remonte qu’au début de l’été 2022. Depuis lors, les entreprises cherchent à établir un cadre sécurisé pour avoir recours au travail à distance équilibré, garantissant à la fois l’épanouissement des collaborateurs et leur productivité.

Selon les chiffres du Statec, au deuxième trimestre de l’année 2023, le télétravail était une réalité pour 32 % des résidents employés au Luxembourg. Si elles sont tenues de garantir une égalité de traitement entre collaborateurs dans les pratiques qu’elles mettent en œuvre, les organisations sont toutefois confrontées à des limites, fiscales et sociales, concernant le recours au télétravail pour les frontaliers. Un important effort d’harmonisation permet désormais aux salariés luxembourgeois qui résident dans les pays limitrophes de prester jusqu’à 34 jours en dehors du territoire grand-ducal sans avoir à craindre des réclamations de l’administration fiscale de leur pays de

résidence. Au niveau de la sécurité sociale, l’Union européenne a aussi assoupli le cadre. Un salarié frontalier peut prester jusqu’à 49,9 % (et non plus 25 %) de son temps de travail à son domicile. Au-delà, il devra dépendre de la sécurité sociale de son pays de résidence. Il perdrait alors l’accès aux avantages sociaux luxembourgeois (pension, allocations familiales, bourses…).

Le dernier Rapport travail et cohésion sociale du Statec précise encore que le travail à distance est plus courant parmi les cols blancs qualifiés, ceux qui exercent des tâches d’envergure cognitives et autonomes. Il concerne 57 % des cadres et des professions intellectuelles et scientifiques, et 25 % des professions intermédiaires. En revanche, seuls 11 % des cols blancs peu qualifiés, et de 1 % à 3 % des cols bleus, qui effectuent plutôt des tâches manuelles, peuvent pratiquer le télétravail. Parmi les secteurs d’activité, les branches qui ont enregistré les taux de télétravail les plus élevés comprennent les activités extraterritoriales (80 %), les activités financières et d’assurances (72 %), les technologies de l’information et de la communication (68

Enjeux RH
104 MARS 2024
Auteur SÉBASTIEN LAMBOTTE

LE SUIVI À DISTANCE

%), ainsi que les activités scientifiques et techniques (58 %).

Répondre aux attentes

Si les employeurs ont largement assoupli leur cadre organisationnel, maintenant la pratique du télétravail au-delà de la crise sanitaire, c’est avant tout pour préserver leurs équipes et retenir leurs collaborateurs. Dans un environnement où les employeurs ont de plus en plus de difficultés à attirer des talents, chacun rivalise pour répondre aux aspirations de leurs salariés et des candidats, parmi lesquelles la flexibilité horaire et la possibilité de télétravailler figurent tout en haut de la liste.

Selon une étude réalisée par Morgan Philips en novembre 2023, 62 % des employeurs luxembourgeois déclarent éprouver des difficultés à recruter. 76 % des sondés estiment qu’il est plus difficile de recruter actuellement qu’avant la crise du Covid. Dans les résultats de son étude, la société spécialisée dans le recrutement précise que des questions relatives au nombre de jours de télétravail proposé, à la possibilité de les répartir librement ou encore à l’obligation de prester depuis son domicile sont « désormais quasi systématiques ». « Elles illustrent les nouvelles préoccupations d’un grand nombre de candidats qui tiennent à conserver une flexibilité forte », peut-on y lire. En l’occurrence, il apparaît

de plus en plus complexe d’attirer de la main-d’œuvre étrangère au Luxembourg à partir du moment où celle-ci a « pour habitude de travailler au moins deux jours par semaine depuis son domicile, voire depuis d’autres lieux ». « Le faible seuil de 34 jours de télétravail sans impact fiscal avec les pays frontaliers du Luxembourg complique fortement la donne en raison de la difficulté croissante à trouver un logement abordable au Grand-Duché », commente encore l’étude Morgan Philips, corroborant un constat déjà partagé par le Conseil économique et social luxembourgeois. Dans son avis annuel 2022, celui-ci disait qu’« il devient plus facile pour un jeune talent qui habite Metz de chercher un emploi sur Paris avec trois jours de télétravail et deux jours de trajets en TGV que de s’arranger avec les conditions luxembourgeoises ».

Bien-être et productivité

4e

Selon Eurostat en 2022, le Luxembourg se classe au 4e rang du travail à domicile en comparaison européenne, avec la Finlande et la Suisse, après les Pays-Bas, la Suède et Norvège avec 18 % des employés travaillant régulièrement à la maison.

Au-delà des limites fiscales et sociales, le travail à distance soulève d’autres questions cruciales dans le chef des dirigeants d’entreprise et des professionnels de la gestion des ressources humaines. En quelques années, l’entreprise est devenue hybride. La généralisation du recours au télétravail implique de repenser l’organisation du travail, des équipes, en veillant au bien-être des collaborateurs… ainsi qu’à la productivité individuelle et collective. En la matière, les études se sont multipliées ces derniers mois, mettant en exergue des résultats souvent contradictoires. Certaines études concluent, par exemple, que l’adoption du télétravail contribue à l’amélioration de la productivité des entreprises grâce, notamment, à une meilleure satisfaction et une plus grande concentration des salariés. Pour d’autres, les flux de connaissances au sein de l’entreprise – nécessaires au maintien de la collaboration créative, de l’innovation et de la croissance de la productivité à long terme – pourraient être entravés par la diminution des interactions interpersonnelles fortuites ou improvisées, en particulier entre différentes équipes. Le débat est complexe pour la simple et bonne raison que, selon les métiers, les secteurs, les entreprises, les organisations, la mise en pratique du télétravail peut considérablement varier.

« La confiance n’exclut pas le contrôle. » Si les dirigeants ont compris que le télétravail impliquait de devoir faire confiance à leurs collaborateurs, beaucoup ont aussi veillé à mettre en place des outils de suivi à distance.

DES OBJECTIFS

La recommandation la plus communément partagée réside dans la mise en place d’un management et d’un suivi par objectif. Il s’agit de fixer clairement avec le collaborateur travaillant à distance ce qui est attendu de lui suivant des échéances bien déterminées et de contrôler ce résultat. Cette approche de gestion, cependant, ne satisfait pas toujours les dirigeants. Beaucoup ont aussi mis en place des dispositifs informatiques permettant de garder un œil sur leurs équipes à distance. En la matière, si certaines pratiques peuvent être envisagées, tout n’est pas permis. Loin de là.

LES LIMITES LÉGALES

Les dirigeants doivent avoir conscience des limites légales qui s’imposent. Le droit européen, à travers le RGPD, fixe un cadre clair. Au niveau du Luxembourg, le législateur a usé de la possibilité qui lui était offerte pour aller plus loin et renforcer le droit à la vie privée des salariés. C’est au niveau de l’article L. 261-1 du Code du travail que sont fixées les dispositions légales spécifiques concernant les traitements de données à des fins de surveillance dans le cadre des relations de travail. Ce texte garantit le principe du respect de la vie privée en toutes circonstances, et ce compris dans les horaires de travail et quel que soit le lieu où la personne exerce. Si un contrôle visuel ou informatique est possible, l’employeur est tenu d’en délimiter les finalités et d’en informer clairement les salariés. Un employeur peut donc, en veillant à garantir l’égalité de traitement entre tous, installer un système de logging ou de pointeuse électronique. Au-delà, la CNPD précise encore que l’employeur n’a pas le droit de contrôler l’usage des outils informatiques de manière continue, sauf exception légale. La mise en place de logiciels « espions » (permettant, par exemple, d’enregistrer les frappes sur les claviers ou d’effectuer des captures d’écran aléatoires) est à exclure. La surveillance, si elle s’opère, doit toujours être graduée.

MARS 2024 105

Jusqu’à deux ou trois jours

Le Forum mondial de l’OCDE sur la productivité, cherchant à apporter de la nuance vis-à-vis de ces enjeux, a mené une enquête en ligne auprès de dirigeants et d’employés de 25 pays sur leur expérience et leurs attentes en matière de télétravail, en mettant en particulier l’accent sur la productivité et le bien-être. Les résultats révèlent que les répondants ont une opinion globalement positive sur le télétravail, tant du point de vue de la performance de l’entreprise que de celui du bien-être individuel, et souhaitent que la part des télétravailleurs augmente par rapport aux niveaux d’avant la crise. En moyenne, ils estiment le volume idéal de télétravail à 2 ou 3 jours par semaine, ce qui est cohérent avec l’idée que les avantages (moins de déplacements domicile-travail, moins de distractions, etc.) et les inconvénients (détérioration de la communication, moindres échanges de connaissances, etc.) s’équi librent à un niveau intermédiaire d’intensité de télétravail. Au regard des limites qui s’imposent aux frontaliers, le Luxembourg est encore loin de cet idéal.

Adapter le cadre

Si l’on parle de bien-être et de productivité, cependant, le nombre de jours accordé n’est qu’un élément de l’équation. Le cadre organisationnel et les pratiques de management doivent aussi évoluer. Selon l’étude de l’OCDE, près de la moitié des personnes interrogées (les employés plus que les dirigeants) soulignent « la nécessité de mettre en œuvre des change ments supplémentaires en matière de mana gement afin de tirer pleinement parti du télétravail, comme la coordination des emplois du temps entre employés, la forma tion au management, ou encore des inves tissements supplémentaires en technologies de l’information et de la communication (TIC) et en compétences numériques ».

L’étude pointe que la productivité dépend essentiellement de l’engagement des collaborateurs et de la satisfaction de ceux-ci. Si le télétravail permet aux salariés de bénéficier d’une plus grande autonomie, ce qui peut contribuer à réduire leur niveau de stress, leur satisfaction pourrait diminuer dans le cas d’une forte intensité de télétravail, car ils pourraient

PROPORTION DU TRAVAIL À TEMPS PARTIEL DES 15-64 ANS AU LUXEMBOURG, EN %

D’après le Statec

se sentir plus isolés, craindre de moindres possibilités d’évolution de carrière, travailler dans un environnement inapproprié, ou encore ne plus être en mesure de séparer vie professionnelle et vie privée. «  L’équilibre entre ces avantages et ces inconvénients dépend donc des circons tances et des préférences personnelles, ainsi que de la nature volontaire et de l’intensité du télétravail, précise l’étude. Cela explique pourquoi il est difficile de déterminer si le télétravail est en général plutôt positif ou plutôt négatif pour la santé mentale et le bien‑être physique. »

Il y a dès lors lieu de considérer le télétravail comme un levier parmi d’autres, permettant de renforcer la productivité de l’entreprise, à condition de l’utiliser de manière équilibrée. Si les organisations sont effectivement de plus en plus hybrides, le renforcement de la cohésion des équipes et de dynamiques collectives, la mise en place d’un management favorisant l’autonomie et la confiance, davantage basé sur des objectifs à atteindre à court, moyen et long termes, une accentuation de l’attention portée au bien-être des employés sur site ou à distance sont des leviers tout aussi importants pour soutenir l’épanouissement des collaborateurs et, in fine, la productivité de chacun.

Enjeux RH
Total Hommes Femmes 2012 18.5 4.7 36.1 2013 18.7 5.1 35.9 2014 18.5 4.7 35.6 2015 18.5 5.6 34.2 2016 19.2 6.2 35.1 2017 19.6 6.1 35.3 2018 17.8 5.8 31.8 2019 17.0 5.6 30.4 2020 18.1 6.8 31.0 2021 18.1 7.0 30.9 2022 18.3 7.1 30.9
106 MARS 2024

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« Les entreprises sont particulièrement attentives à leur image »

Avec la volonté de garantir le bien-être des salariés, le droit du travail s’est considérablement renforcé, obligeant les employeurs à se poser de nouvelles questions et, pour certains, à initier un changement culturel majeur. Explications avec Philippe Schmit, partner au sein d’Arendt, spécialiste en droit du travail.

Le droit du travail ne cesse d’évoluer et de s’élargir. Au fil de ces derniers mois, les dirigeants et responsables des ressources humaines ont été confrontés à de nombreux nouveaux sujets. Au-delà de la nécessité de mieux encadrer le télétravail qui a vu le jour dans l’ère post-Covid, de nouveaux textes ont été récemment adoptés, relatifs par exemple à la protection des lanceurs d’alerte, au harcèlement moral ou encore au droit à la déconnexion (voir encadré). « Ces nouvelles législations, qui touchent directement au Code du travail, découlent pour la plupart de textes européens. Il s’agit notamment de directives communautaires qui doivent être transposées dans le droit national et qui visent à garantir le bien-être au travail des salariés, commente Philippe Schmit, partner au sein d’Arendt, spécialiste en droit du travail. Beaucoup de ces sujets sont depuis longtemps encadrés dans les pays anglosaxons. En Europe, et plus particulièrement au Luxembourg, leur prise en compte relève d’un changement culturel assez récent, garantissant une meilleure protection aux salariés, permettant notamment de libérer la parole des victimes de

harcèlement ou des salariés constatant des actes répréhensibles, en leur offrant un cadre clair pour s’exprimer. »

Nouvelles obligations Cependant, pour les responsables RH comme pour les dirigeants d’entreprise, ces évolutions du cadre législatif s’accompagnent de nouvelles obligations. Les nouveaux risques auxquels ils s’exposent doivent être bien identifiés. Si l’on considère les principaux textes entrés en application l’année dernière, celui sur la protection des lanceurs d’alerte ainsi que celui sur les mesures visant à lutter contre le harcèlement moral s’accompagnent d’amendes administratives dissuasives en cas de manquement, mais aussi de sanctions pénales dans certaines circonstances. «  Sur ces sujets, nous sommes de plus en plus souvent interpellés par les équipes ‘risque’. Cela témoigne d’une prise de conscience des enjeux qui nous occupent. Le non-respect de la loi entraîne en effet des risques financiers, pénaux, ainsi que réputationnels. Or, dans un marché du travail où les compétences sont de plus en plus difficiles à attirer, les entreprises sont

Enjeux RH
108 MARS 2024
Auteur SÉBASTIEN LAMBOTTE
« Ces derniers mois, on a vu le nombre de dossiers relatifs à des cas de harcèlement sensiblement augmenter. »

particulièrement attentives à leur image », poursuit Philippe Schmit. Avant l’adoption d’un nouveau cadre, les problématiques de harcèlement étaient souvent tues ou gérées de manière discrète. Désormais, les salariés ont moins de scrupules à évoquer le sujet, à en parler sans se cacher. « Ces derniers mois, on a vu le nombre de dossiers relatifs à des cas de harcèlement sensiblement augmenter », précise l’avocat, dont les équipes sont régulièrement invitées à mener une investigation neutre lorsque la situation se présente.

Plus de transparence

Si les organisations ont donc dû se positionner vis-à-vis de ces nouvelles obligations, chacune l’a fait à sa manière. « Derrière ces évolutions, il s’agit de renforcer la transparence vis-à-vis des conditions de travail, de détailler plus précisément les droits et obligations qui incombent aux employeurs comme aux salariés », ajoute Philippe Schmit. Pour ce spécialiste du

droit du travail, cette évolution remonte à la mise en œuvre du règlement général sur la protection des données, qui précise les obligations des employeurs vis-à-vis de l’utilisation des données de leurs salariés, les contraignant à préciser les usages qui en étaient effectivement faits. Avec l’émergence du télétravail, ensuite, les entreprises ont dû repenser leur organisation et adapter le cadre en fonction des nouvelles pratiques adoptées, en tenant compte des contraintes sociales et fiscales qui s’imposent. «  Les acteurs travaillent encore beaucoup sur ces sujets. De nouveaux dispositifs légaux, en outre, sont envisagés. Il faut en tenir compte. L’un des sujets que l’on voit émerger a trait au droit à la déconnexion, qui suscite encore beaucoup de questions. Le texte de loi, assez vague, laisse le soin aux entreprises d’établir les règles, en concertation avec les partenaires sociaux ou la représentation des salariés dépendant du cas de figure », ajoute Philippe Schmit.

Au-delà des exigences légales

D’un point de vue formel, pour de nombreuses évolutions du cadre légal ou encore pour préciser par exemple les conditions dans lesquelles s’opère le télétravail, les employeurs doivent mettre en place un ensemble de procédures pour répondre aux nouvelles obligations. Chaque structure dispose donc d’une latitude plus ou moins importante dans ce qu’elle met en œuvre. « Certains vont se conformer à ce qui est prescrit par la loi, se contentant de mettre en place un dispositif a minima. D’autres vont profiter de l’occasion pour montrer vers l’extérieur qu’elles se soucient effectivement du bien-être des salariés. Elles vont alors souvent mettre en œuvre un dispositif plus avancé et profiter de ces évolutions législatives pour opérer une transformation culturelle à l’échelle de l’entreprise », explique l’avocat.

De nombreuses procédures, mais aussi les droits et devoirs de chacun, devront être détaillées au sein d’une charte. Si l’on parle de harcèlement, celle-ci précisera notamment quelles sont les personnes à contacter selon les cas de figure qui se présentent, les canaux de communication à utiliser pour ce faire, les délais de réponse, les mesures prises pour garantir

LES ÉVOLUTIONS QUI ONT MARQUÉ 2023

EN THÉORIE

Au printemps 2023, le législateur a adopté successivement deux nouveaux textes modifiant l’arsenal législatif en droit du travail. Le premier concernait le harcèlement moral. Le second fixait des règles devant garantir la protection des lanceurs d’alerte. Si le premier s’applique à toutes les organisations, les obligeant à prendre un ensemble de mesures pour prévenir et gérer les cas de harcèlement en veillant à protéger les victimes, le second ne s’applique, à certains égards, qu’aux entreprises comptant plus de 50 collaborateurs. Ces deux textes exigent notamment la mise en place de dispositifs qui permettent de réceptionner toute plainte ou alerte, d’assurer le traitement de l’acte souligné tout en garantissant la protection des plaignants ou des lanceurs d’alerte, de mener des investigations rapides et impartiales ou encore d’informer, de former et de sensibiliser les salariés vis-à-vis de ces enjeux.

EN PRATIQUE

Comment établir les faits ou un faisceau de preuves suite à une plainte ? Comment traiter les problèmes ? Comment communiquer auprès des collaborateurs ? Toutes ces questions doivent être abordées pour mettre en place un dispositif ad hoc. La loi du 28 juin 2023, pour sa part, a modifié le Code du travail en vue d’introduire un dispositif relatif au droit à la déconnexion en dehors du temps de travail. Le texte, s’il introduit le concept de droit à la déconnexion, est cependant moins précis. Il impose notamment le respect des règles protectrices du salarié en matière de durée du travail et une obligation générale d’assurer la sécurité et la santé de l’ensemble des salariés. Au-delà, le droit à la déconnexion est ajouté à la liste des sujets sur lesquels les négociations collectives devront obligatoirement porter. Les sanctions liées à un défaut de conformité par rapport aux obligations découlant de ce texte ne sont fixées qu’en 2026, laissant le temps de la négociation et de la mise en œuvre des mesures garantissant les droits établis.

Photo Arendt
MARS 2024 109
« Prendre le temps d’expliquer aux collaborateurs la philosophie de la charte, de partager les valeurs de l’entreprise vis-à-vis de ces sujets. »

la protection de la victime ou du harceleur présumés, ainsi que des collègues en lien direct avec eux. Certaines entreprises, par exemple, reprendront la définition du harcèlement moral qu’établit la loi. D’autres iront davantage dans le détail, précisant au niveau de la charte des exemples de cas concrets, s’assurant que chacun comprenne ce qui relève du harcèlement, élargissant la définition légale au regard des valeurs prônées par l’entreprise. « Ces nouvelles lois obligent les employeurs à mettre les choses par écrit et donc à se questionner sur ces sujets, à prendre position. Cela force à la réflexion et à considérer les implications qui peuvent découler d’un cas de harcèlement, précise Philippe Schmit. Cela peut être extrêmement bénéfique pour l’entreprise et ses salariés. » Une bonne appréhension de ces enjeux nouveaux, liés au bien-être et à la protection des salariés, s’inscrit directement au niveau de la politique de responsabilité sociétale des entreprises. Les procédures mises en œuvre participent aux efforts entrepris en la matière et peuvent contribuer à renforcer l’attractivité d’un employeur sur le marché.

Former et communiquer

En l’occurrence, la volonté du législateur n’est pas seulement de garantir une protection aux personnes directement concernées par un cas ou de définir une procédure précisant comment régler un conflit. Il s’agit aussi de soutenir la mise en place d’outils de prévention. Il s’agit d’éviter que des cas de relation conflictuelle ne surviennent à l’échelle de l’entreprise. C’est notamment pourquoi, au-delà de la mise en place des procédures, de l’établissement d’une charte sur les divers sujets évoqués, il est important (et même obligatoire dans certains cas) de former les équipes. « L’accompagnement est un enjeu-clé, confirme l’associé du cabinet Arendt, qui propose des programmes de formation sur ces sujets. Il s’agit de prendre le temps d’expliquer aux collaborateurs la philosophie de la charte, de partager les valeurs de l’entreprise vis-à-vis de ces sujets. Les formations et la communication associées à ces thématiques dépendront de la politique de l’entreprise. C’est un effort permanent qu’il faut consentir. Il contribue cependant à la culture de

l’entreprise et révèle son engagement vis-àvis du bien-être de ces employés. »

Si l’on regarde l’agenda réglementaire et législatif, les entreprises ne devraient pas être confrontées à des chantiers aussi importants que ceux qui découlent des textes adoptés en 2023. Cependant, ces sujets étant nouveaux, ils risquent d’occuper de nombreux professionnels de la gestion des ressources humaines dans les mois à venir. À plus long terme, la réglementation devrait continuer à se renforcer suivant cette tendance qui vise à garantir le bien-être de chacun. D’autres sujets, liés à l’inclusion et à la diversité, au droit à la déconnexion, à la préservation de la santé mentale des collaborateurs, pourraient faire l’objet de nouvelles obligations. Il est important pour les gestionnaires RH d’opérer une veille juridique sur ces sujets, afin de bien les identifier et, idéalement, soutenir le développement d’une culture d’entreprise qui tienne compte de ces divers aspects.

110 MARS 2024
Enjeux RH

Je souhaite développer les compétences de mon équipe.

Et vous ?

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Enjeux RH

Télétravail : pour une démarche collective auprès de la CCSS

Parfois fastidieux, le mille­feuille administratif pourrait devenir un peu plus léger si une procédure collective remplaçait la méthode individuelle lors des démarches entreprises par les sociétés auprès de la Sécurité sociale.

1SD Worx pour démêler l’écheveau

Le volet fiscal et le pan social sont les deux mamelles qui concernent le travailleur non résident désireux de pratiquer le télétravail, une façon de procéder devenue un enjeu fondamental depuis la crise sanitaire. Les résidents, eux, doivent se soumettre aux règles fixées par l’entreprise en la matière. De nombreuses sociétés implantées dans le pays font appel à SD Worx pour se frayer un chemin dans un dédale administratif parfois lourd à digérer. La maison mère de ce prestataire de services liés aux ressources humaines est située en Belgique. Présente au Luxembourg depuis plus de 25 ans, la société fournit une palette complète de services relatifs au calcul et à l’administration des salaires, au droit du travail et à la fiscalité, ainsi qu’à l’administration des ressources humaines. Mariana Petrova, tax & legal senior consultant, rappelle le cadre fixé au Luxembourg et plaide pour une démarche collective auprès de la CCSS.

2Le Luxembourg plus intéressant

Le 1er juillet 2023 est entré en vigueur l’accord­cadre européen en matière de sécurité sociale permettant, sous certaines conditions et moyennant certaines formalités, aux salariés frontaliers des entreprises luxembourgeoises télétravaillant moins de 50 % de leur temps de travail dans leur pays de résidence de rester affiliés à la Sécurité sociale luxembourgeoise. Le dépassement de ce seuil impliquera une double déclaration. SD Worx accompagne alors les sociétés qui souhaitent un soutien administratif. « À la demande de l’employeur, SD Worx peut élargir son champ d’action et opérer auprès de l’institution de sécurité sociale du pays de résidence de l’employé afin que celle-ci se prononce sur la législation applicable », explique Mariana Petrova. Certains employeurs pourraient octroyer des largesses à des collaborateurs dans un environnement concurrentiel. « Néanmoins, en termes de taux de cotisations sociales, le Luxembourg reste, vis-à-vis de ses pays frontaliers, le plus intéressant.

112 MARS 2024

C’est, en pourcentage, le seuil de télétravail à ne pas dépasser pour rester affilié à la Sécurité sociale luxembourgeoise.

3

Possibilité d’une démarche collective

SD Worx joue pleinement son rôle de facilitateur au cœur d’un système administratif parfois difficile à apprivoiser. « Depuis juillet dernier, le système administratif s’est complexifié, car il s’opère sur base individuelle (par salarié). Dorénavant, chaque non-résident en télétravail à l’étranger doit être déclaré. S’il s’agit de 20 personnes, la procédure reste gérable. En revanche, s’il s’agit de 2.000 personnes, c’est plus fastidieux. Le CCSS travaille sur la possibilité d’une démarche collective, poursuit Mariana Petrova. Au départ, ces nouveautés ont suscité beaucoup de questionnements au sein des entreprises. Ça s’est un peu calmé depuis grâce, entre autres, à la période transitoire jusqu’au 30 juin 2024 qui a été mise en place et qui permet de procéder à des déclarations rétroactives. »

4Ne pas négliger le volet fiscal

Le volet fiscal est régi par des accords bilatéraux entre deux pays. Le seuil est fixé à 34 jours pour les frontaliers. À partir du moment où un travailleur ne dépasse pas ce quota au cours d’une année, il sera donc imposé à 100 % au Luxembourg. En cas de zèle, il sera soumis au régime de son pays de résidence pour le dépassement. « Fiscalement, c’est le salarié qui est responsable de ses impôts. S’il dépasse le seuil de tolérance, c’est à lui de faire une déclaration fiscale dans son pays de résidence. Néanmoins, il y a des formalités administratives en plus du côté de l’employeur luxembourgeois pour les résidents français. En effet, ce dernier devra déclarer le revenu imposable français de l’année N auprès de l’administration française durant l’année N+1 », explique Mariana Petrova, aux premières loges puisque SD Worx propose également un accompagnement à cet effet.

5

L’intérêt de respecter le cadre

Le cadre fixé n’empêchera jamais quelques aménagements. Et même si le jeu n’en vaut pas la chandelle, tout est permis. Si l’employeur donne carte blanche à son salarié et en assume les conséquences, il y a fort à parier que cela ne deviendra pas la tendance ces prochains mois. « Les employeurs évitent que les seuils sociaux et fiscaux soient dépassés, car en plus des charges fiscales et sociales plus importantes, il y a également d’autres coûts supplémentaires à prendre en considération par les employeurs luxembourgeois (à titre d’exemple, des coûts liés à une administration salariale à l’étranger, à une gestion correcte de ces dispositions légales, etc.) », ponctue Mariana Petrova. Le cadre ne devrait guère évoluer ces prochains mois, même si ça n’empêche pas la Sécurité sociale luxembourgeoise de plancher sur des solutions pour rendre ces démarches encore plus facilement assimilables.

50
MARS 2024 113

Grand Dossier Technologies Contenus sponsorisés

Digitalisation  : Evolution & Impact

ARMACELL INTERNATIONAL

«Le numérique soutient la prise de décision à tous les niveaux»

Laurent Couturier

LUXEMBOURG INSTITUTE OF SCIENCE AND TECHNOLOGY (LIST)

Vers une IA ouverte

Francesco Ferrero

LUXTRUST

La souveraineté des données dans l’entreprise, un enjeu crucial

Pierre Grasset WEALINS

Wealth Insurance: humaniser l’innovation

Eric Sandström

CODIT LUXEMBOURG Intégrer l’IA au cœur de l’entreprise pas à pas

Eva Gram AXA INVESTMENT MANAGERS

L’IA: les investisseurs face au chant des sirènes

Chris Iggo

Ne manquez pas le dernier grand dossier

Blockchain, Crypto Assets, Metaverse

114 MARS 2024
Ne restez pas sur votre faim !

Plus que de simples avantages pour vos employés

Lunch 9.41 Wallet

Bienvenue au Club !

Chers membres,

Découvrez nos prochains rendez-vous :

• Le 19 mars, ne manquez pas le BIG Récap des tendances 2024 de l’IA générative, avec Emmanuel Vivier, expert européen en IA et figure de proue de l’innovation numérique ;

• Le 26 mars, le 10x6 Leading CIOs’ Challenges 2024 rassemblera un panel de CIO inspirants qui partageront leurs challenges de cette année ;

• Le 18 avril, notre Table ronde :

Petites entreprises, grands défis réunira Daniel Eischen (Interact), Alexandra Kieffer (Légère Hôtel Luxembourg), Marie Lucas (M3 Architectes) et Laurent Saeul (Minusines) pour une discussion sur les enjeux économiques et les opportunités des petites entreprises.

Découvrez aussi les nouvelles offres de l’Academy, notamment celles relatives au Scaling Up. Conduites par Jean-Marc Fandel, expert de la stratégie d’entreprise, vous y trouverez les moyens pour assurer la croissance de votre entreprise et développer vos succès.

Dans l’attente de vous revoir lors de ces événements.

Vos derniers rendez-vous

en images

« Appartenir, agir et s’épanouir. »

Ann de Jonghe Sodexo

1 Hans Ghyssaert (A’Venue International), Indira Collet (Folie Royale) et Justin Renzaho (The Car’tell).

2 Claudine Posty (Amazon).

3 Paul Loutsch (CKCharles Kieffer Group) à droite.

4 Marco Etienne (POST Luxembourg), Pierre-Yves Lanneau Saint Léger (Paperjam+Delano Business Club), Thomas Gibon (List) et Gerry

116 MARS 2024 2
« Une culture d’entreprise axée sur l’humain. »
Géraldine Hassler KPMG

Devenez membre

Le Paperjam+Delano Business Club est ouvert à toutes les entreprises et institutions luxembourgeoises ou en rapport avec le Luxembourg, quels que soient leur secteur d’activité et leur taille.

MARS 2024 117
4
1 3

Programme

TALKS, SHOWS & AWARDS

Le BIG Récap des tendances 2024 de l’IA générative (Emmanuel Vivier)

Mardi 19 mars 2024 - de 18:30 à 21:30 Kinepolis Kirchberg

Découvrez les principes, les opportunités, les solutions et les risques derrière l’IA générative pour les cols blancs. Avec la participation de Emmanuel Vivier, cofondateur de Vanksen et du Hub Institute, et conseiller des plus grandes marques pour leur stratégie digitale.

General partners : chloé - Sogeti

10×6 Leading CIOs’ Challenges 2024

Mardi 26 mars 2024 - de 18:30 à 22:30 Kinepolis Kirchberg

Avec la participation de Olivier Beaujean (Cargolux Airlines), Laurent Couturier (Armacell), Márton Fülöp (PM-International), André Meyer (Encevo), Sabika Ishaq (Grant Thornton Luxembourg), Olivier Ramlot (Bil), Christine von Reichenbach (Adem) et Yannick Kirschhoffer (LNS Luxembourg).

General partner : Telindus

Table ronde : Petites entreprises, grands défis

Jeudi 18 avril 2024 - de 18:30 à 21:30 Degroof Petercam

Avec la participation de Daniel Eischen (Interact), Marie Lucas (M3 Architectes), Alexandra Kieffer (Légère Hôtel Luxembourg) et Laurent Saeul (Minusines).

SOCIAL

01.03

Thank-God-It’s-Friday: Under 50 Lunch

07.03 Delano turns 13, Anniversary Party

08.03 Thank-God-It’s-Friday: Leadership Lunch

15.03 Déjeuner Carrousel

Thank-God-It’s-Friday: HR Lunch

21.03 Let’s Taste: Lëtz GIN ultimate tasting experience

22.03 Thank-God-It’s-Friday: Marketing Lunch

29.03 Thank-God-It’s-Friday: Under 50 Lunch

ACADEMY

12.03 Off the record: Marcom

13.03 Scale Up: Bootcamp

13.03 Webinar:

Comment mettre en place une démarche RSE

20.03 Formation avancée :

• Booster son middle management (3/6)

• Développer et conduire une stratégie RH

• Développer sa stratégie commerciale (3/4)

• Devenir un recruteur efficace et engager ses collaborateurs (2/3)

• Réussir la digitalisation de votre entreprise (2/3)

Webinar: Scale up : ne confondez pas stratégie et exécution

25.03 Webinar: Stratégies marque employeur en période de pénurie de talents

27.03 Webinar: Why, how & when does change management get you moving?

28.03 Journée de workshops

Consultez notre programme

SOLD OUT 118 MARS 2024

TEMPS DE PRÉSENCE • PLANNING DU PERSONNEL

GESTION D’ABSENCES • SUIVI DU TÉLÉTRAVAIL

www.dsk.lu

92, route d’Arlon | L-8311 Capellen +352 4938 72-1 | info@dsk.lu

Ready, set, go!

Étudiez à LUNEX

LUNEX University, à Differdange, vous prépare à une carrière dans les domaines du sport, du bien-être et du management. Profitez de l’expertise de nos professeurs et d’un soutien personnalisé.

Découvrez nos programmes en anglais : Management du Sport Santé et Qualité de Vie au Travail Nutrition, Fitness et Santé Sciences du Sport et de l’Exercice Kinésithérapie

We care, you succeed, join the LUNEX experience!

Au cœur d’un groupe en pleine expansion

Dans une entrevue avec Tanguy Deschamps, responsable, nous plongeons au cœur de cette entreprise qui, depuis son établissement au Luxembourg, connaît une croissance constante.

Cette société, implantée aux quatre coins de la Belgique et au Luxembourg, se concentre sur la conception d’expériences singulières et inoubliables depuis 1997.

Au cœur de leur mission se trouve l’art d’imaginer des activités et des team buildings originaux, de proposer des lieux exceptionnels à la location et de cuisiner des délices à base de produits locaux, majoritairement cultivés dans leur propre ferme.

Ces expériences sont conçues pour revitaliser et renforcer les liens, offrant une évasion bienvenue du quotidien. Fusionnant les forces de Tero, People First et Knokke Out, cette entreprise compte désormais une équipe de 125 personnes dévouées, prêtes à créer des moments hors du commun pour vous et vos collaborateurs. Bienvenue dans l’univers authentique de Tero !

DES ESPACES ÉVÉNEMENTIELS À LUXEMBOURG-VILLE Tero, avec ses deux lieux événementiels phares à Luxembourg-ville — le Tero River House et le Tero House 17 —, s’engage à offrir des espaces polyvalents et adaptés à diverses occasions. Le River House, doté de vastes espaces, convient parfaitement aux grands événements d’entreprise, aux soirées de gala et aux rassemblements de grande envergure, tandis que le House 17 offre une atmosphère plus intimiste, idéale pour des réunions stratégiques, des séminaires ou des événements plus restreints.

La philosophie « FROM THE GROUND UP » du groupe garantit une expérience sans faille, avec une équipe dédiée prenant en charge chaque aspect de l’organisation, de la plani-

PARTNER CONTENT Crédit Tero

fication à l’exécution, en passant par la restauration et les activités de team building.

LANCEMENT DU BISTRO 17 : UNE CUISINE AUTHENTIQUE ET RESPONSABLE

Le Bistro 17, adjacent au House 17 et ouvert au grand public, incarne l’essence de la gastronomie authentique, offrant à ses convives une expérience culinaire « de la ferme à vos assiettes ». En mettant l’accent sur les produits locaux et de saison, provenant directement des fermes du groupe, ce restaurant propose une cuisine raffinée et savoureuse, où chaque plat raconte une histoire de tradition et d’authenticité. Les convives peuvent ainsi savourer des mets frais et de qualité, préparés avec passion et créativité par une équipe de chefs talentueux, dans un cadre élégant et chaleureux. Le bistro peut accueillir jusqu’à 70 convives à midi. Il est également disponible en soirée à la location complète ou partielle pour des événements privés ou professionnels.

LODGE

HERBEUMONT, UN GÎTE D’EXCEPTION EN BORD DE SEMOIS

Dans les pittoresques Ardennes belges, au bord de la paisible Semois, se dévoile le Tero Lodge Herbeumont, une nouvelle pépite signée Tero qui promet une escapade mémorable au nord du Luxembourg. Cet élégant gîte, ouvert au public en 2023, séduit par son charme authentique et son ambiance chaleureuse. Doté de 25 chambres et d’une spacieuse salle polyvalente, cet havre de paix offre un cadre idéal pour des événements d’entreprise ou des retrouvailles en famille. Niché dans un domaine de 16 hectares, le lodge propose également une gamme de services haut de gamme, de la restauration sur demande aux activités de loisirs, pour une expérience inoubliable au cœur de la nature belge.

ACQUISITION DU TENNIS CLUB DE GARISART

Le groupe continue de s’étendre, particulièrement dans le secteur des clubs de sport. Après l’inauguration du premier Tero Padel Club en Belgique, il a récemment acquis le célèbre club de tennis de Garisart Arlon, ajoutant ainsi un nouvel emplacement à seulement 20 minutes du centre de Luxembourg. Tero offrira une gamme d’activités comprenant le Padel, le Tennis, ainsi qu’une variété d’activités en intérieur et en extérieur. Cette expansion consolidera leur position dans le domaine des loisirs actifs, en proposant des programmes pour les entreprises axés sur le sport, le bien-être et la nutrition.

PROCHAINE INNOVATION : TERO GO

En quête perpétuelle d’innovation, le groupe Tero prépare le lancement de Tero Go, une application novatrice visant à promouvoir le bien-être et la cohésion au sein des entreprises. Cette application propose une multitude d’activités de team building com -

«
La mission première de tero c’est de partager une expérience authentique dans nos lieux ressourçants. »

TANGUY DESCHAMPS

Responsable commercial plémentaires, allant de l’exercice physique à la relaxation, en passant par la cuisine et le jardinage. Grâce à sa plateforme interactive et ludique, Tero Go encourage les employés à adopter un mode de vie sain et

équilibré, tout en renforçant les liens et la collaboration au sein de l’équipe. De plus, les utilisateurs auront la possibilité de convertir leurs efforts en actions philanthropiques, contribuant ainsi à des initiatives environnementales et sociales importantes.

Depuis son arrivée en 2017, Tero a tracé un chemin remarquable. Offrant des expériences singulières et mémorables, Tero s’est imposé comme un leader dans le domaine de l’événementiel au Grand-Duché et en Belgique. À travers une croissance constante et une quête perpétuelle d’innovation, l’entreprise a su évoluer, élargissant son offre avec des lieux emblématiques, une cuisine authentique et un gîte d’exception.

Avec le lancement prochain de Tero Go, Tero renforce son engagement envers le bien-être et la collaboration au sein des entreprises, tout en contribuant à des initiatives sociales et environnementales. Avec son expansion dynamique et ses innovations continues, Tero redéfinit les normes de l’événementiel, tout en conservant son engagement envers l’authenticité et le bienêtre. Cette success story témoigne d’une entreprise résolument tournée vers l’avenir, prête à créer des moments marquants pour sa clientèle, au Luxembourg et au-delà.

EN SAVOIR PLUS Tanguy Deschamps tanguy.d@tero.lu +352 20 10 17 00 www.tero.lu
Tanguy Deschamps, responsable commercial chez Tero

Adepte de la cuisson au feu de bois, le chef du Lucilin, Marc Bernardi, compte bien partager cette passion dans ses plats.

Marc Bernardi, la cuisine comme une ode à la joie

« La cuisine, chez nous, c’est une histoire de famille ! », affirme Marc Bernardi. Nous sommes vendredi, le chef du Lucilin vient de finir son service et papote avec les derniers clients. Il respire la bonne humeur et le timbre de sa voix est chantant.

Marc Bernardi est né dans le Sud-Tyrol italien. À l’époque, sa grand-mère y est propriétaire d’un hôtel, auquel elle a consacré 67 années de sa vie. On comprend qu’il soit immédiatement tombé dedans.

« J’ai toujours voulu faire ce métier, depuis tout petit, j’ai toujours baigné dans cette atmosphère, l’hôtellerie, les salles de restaurant, la relation avec les clients. » Toujours dans un coin, il observe et nourrit, sans le savoir, sa culture gastronomique. Ses études le mènent en Lombardie, près du lac de Garde, où il étudie la gastronomie et ses rudiments. Une fois son diplôme en poche, il revient sur sa terre natale faire ses armes dans les cuisines des établissements familiaux. Avide d’apprendre toujours plus, il multiplie les stages – dans des étoilés notamment – à Milan ou Turin. « Je voulais être au fait de toutes les techniques, tous les savoir-faire ! » De quelle saveur de son enfance a-t-il hérité ? Du ragù de sa nonna, répond-il du tac au tac. « J’ai essayé maintes fois, maintes

recettes pour retrouver le goût de ce plat. Hélas, je n’y suis jamais parvenu ! » Il s’en amuse et confesse que s’il devait avoir un « plat signature », ce serait la viande grillée au barbecue. Il se réjouit d’ailleurs : la cuisine du Lucilin, où il exerce en tant que chef depuis quelques mois, est équipée d’un four à charbon. Il a ainsi tout le loisir de s’adonner à sa passion pour la cuisson au feu de bois. Il aime aussi particulièrement les risotti. Marc Bernardi est enthousiaste quant à ce nouveau poste, lui qui avait rencontré la famille Wagner au Gusto Naturale, à Schifflange. « Je suis Italien, mais c’est une cuisine du monde que nous faisons ici. En cuisine, on trouve cinq nationalités différentes et je tiens à ce que chacun mette un peu de lui, de ses influences, dans notre carte. Nous la changeons régulièrement, pour suivre les saisons bien sûr, mais surtout pour surprendre les clients ! » Marc Bernardi est un chef heureux.

Lucilin 27-29, rue Notre-Dame, Luxembourg

Journaliste
Photos 122 MARS 2024
Matic Zorman, Maison Moderne, Biotikos, Guo Cha Club, The Ash, A-Biss’, Rico et Laurent Antonelli PAPERJAM Welcome to

UNE AUTRE IDÉE DE L’ASIE BAO8

Les iconiques brioches à la vapeur asiatiques s’offrent un nouvel écrin élégant et intimiste, quartier de la gare, avec Bao8. À la carte, le mets phare de la street food asiatique se décline en plat ou à partager, aux côtés d’une carte de tapas courte et bien sentie, avec quelques classiques revisités, comme la « Salad No Caesar ». Une adresse qui change, idéale pour l’afterwork.

8, rue Joseph Junck, Luxembourg

LA PAUSE CHIC ET GOURMANDE

A-BISS’

Avec le retour des beaux jours, on va se presser à nouveau au A-Biss’, le bien joli café culinaire de Bissen, avec sa carte courte, tradi, avec mention comfort food À souligner surtout, sa position stratégique sur la piste cyclable de l’Attert, qui en fait une escale bobo chic comme on aime !

17A, rue Michel Stoffel, Bissen

Lesbonnes nouvelles

SIMPLE ET HEALTHY BIOTIKOS

Vous adorez bruncher ? Direction Biotikos, une nouvelle cantine healthy (et kids friendly) qui surfe sur la vague du bien manger avec une carte de spécialités « brunch et petits-déjeuners » plutôt green et orientée santé. Les assiettes sont colorées et généreuses, il y en a pour tous les goûts et tous les régimes (no-glu, végé, etc.). Simple et efficace, franchement bon.

19, rue des Capucins, Luxembourg

UN VENT D’AIR MARIN SOUFFLE

RICO

En manque d’iode ? Direction Rico – place du poisson, qui a pris le parti (audacieux ?) de faire des produits de la mer la star de sa carte. Poissons et fruits de mer s’y côtoient, en toute simplicité pour les puristes ou dans des mets plus travaillés. Un soin particulier est apporté au choix des ingrédients, à l’instar du sel : on y trouve 16 variétés différentes. Un lieu de curiosité à tester.

15, rue Louvigny, Luxembourg

UNE BOISSON, 25 POSSIBILITÉS

GUO CHA CLUB

Encore une tendance food tout droit venue d’Asie : la folie du bubble tea se décline dans un nouveau salon de thé dans la capitale. Son credo ? Des ingrédients de premier choix –fruits, perles de tapioca – pour des boissons vraiment savoureuses, un tantinet moins sucrées que ce que l’on trouve sur le marché. Bien vu !

30, rue Beaumont, Luxembourg

L’EMBARRAS DU CHOIX

THE ASH

Premier restaurant de la chaîne allemande, The Ash Belval vous séduira par sa carte gargantuesque qui emprunte à toutes les gastronomies du monde (ou presque) ses best-sellers. Avec ses plats plutôt bien exécutés, à déguster dans un cadre indus’ et chic (très) convivial, The Ash a la recette du succès.

10, avenue du Rock’n’Roll, Esch-Belval

VERS DES AVENTURES PÉRENNES

BONNE NOUVELLE

Le pop-up dédié aux vins nature avait pris ses quartiers dans l’ancien Charly’s Gare pour une aventure éphémère. Face à l’engouement suscité par Bonne Nouvelle, la Ville de Luxembourg n’a eu d’autre choix que de prolonger l’aventure pour trois années supplémentaires, pour le plus grand plaisir de sa fidèle clientèle.

Avenue Emile Reuter, Luxembourg

UNE NOUVELLE VIE

CHÂTEAU DU PONT D’OYE

Ancienne propriété de la famille Nothomb, le Château du Pont d’Oye s’apprête à écrire un nouveau chapitre de son existence sous l’impulsion de Vincent Gouverneur, qui, avec l’aide de l’architecte d’intérieur Diane Matgen, l’a rénové pour en faire un hébergement de standing premium et confidentiel (12 chambres et un gîte de 6 chambres), propice aux événements.

1, rue du Pont d’Oye, Habay (Belgique)

MARS 2024 123 #FoodzillaGuide

Laliste du mois

Contre la faim des couche-tard

Compilation des meilleures adresses pour sustenter une faim impromptue et tardive. Que vous soyez plutôt ciné tranquille ou club, nous avons la solution.

Chiche !

La cantine libanaise solidaire fait partie de ces bonnes adresses où la nuit peut se prolonger… Avec un dernier service à 22 h 15, le restaurant de la rue Pasteur sera parfait pour combler une petite faim à la sortie d’une séance à l’Utopia. D’ailleurs, pendant toute la durée du Lux Film Fest jusqu’au 10 mars, il est fort possible d’y croiser les équipes, quelques personnalités et les membres du jury.

20, avenue Pasteur, Luxembourg

Brasserie Guillaume

Incontournable des résidents comme des touristes, la Brasserie Guillaume est de ces adresses où l’on se rend les yeux fermés. Carte de brasserie irréprochable, et notamment un des meilleurs endroits pour déguster plateaux

de fruits de mer et autres produits de la marée. Surtout : on vous y accueille avec le sourire, quelle que soit l’heure !

12, place Guillaume II, Luxembourg

Saumur Crystal Club

Une envie subite de burgers en rentrant de soirée, vers 4 h ? Une seule adresse, le Saumur Crystal Club, dont la cuisine est ouverte jusqu’au bout de la nuit. Une halte dans un lieu incontournable de la capitale en matière de nightlife pour une pause estampillée comfort food, vraiment revigorante. Ou comment finir la nuit en beauté !

13, rue Dicks, Luxembourg

Stazione

Si une envie tardive d’une assiette ensoleillée se fait sentir, direction Stazione et sa carte méditerranéenne. Pizzas, pâtes et autres spécialités italiennes tiennent le haut du pavé de la carte, aux côtés de planches et autres tapas à partager – parfait pour un petit creux nocturne.

1, rue d’Anvers, Luxembourg

Déjà Vu

À mi-chemin entre bar à cocktails et restaurant, Déjà Vu est de ces lieux hybrides où l’on se retrouve en soirée pour passer un chouette moment autour d’une bonne assiette. Les inspirations sont variées et les plats toujours très réussis, avec un beau supplément d’audace. Une adresse maintes fois validée par l’intelligentsia food du pays : allez-y les yeux fermés.

60, Grand-Rue, Luxembourg

Paname

Ouvert sept jours sur sept, all day and all night long, le Paname s’est imposé, depuis son ouverture, comme un repaire dès l’afterwork jusque tard dans la nuit, DJ sets obligent. La carte oscille entre salades healthy et croques roboratifs : tout est goûtu et accompagne à merveille la (belle) carte de cocktails.

50, rue Sainte-Zithe, Luxembourg

Photos Matic Zorman, Brasserie Guillaume, Saumur, Paname, Maison Moderne et Stazione
124 MARS 2024

Shaping the future of a progressive Luxembourg

Manager
Business Club (m/f)
& Spécialiste IA (m/f)
en Chef Paperjam Suppléments (m/f)
Moderne recrute
Programming
Paperjam+Delano
Journaliste
Rédacteur
Maison

Jusqu’au bout de la nuit

Culture, jazz, techno et bons cocktails : sélection des sorties à ne pas louper dans les prochaines semaines.

Dîner jazzy au Bovary

Le BlueBird Jazz House bat son plein au Café littéraire Le Bovary : en mars, les aficionados de jazz ne manqueront pas l’appel du traditionnel dîner-concert. Sur scène, Sascha Ley, Laurent Payfert & Murat Özturk égaieront la soirée avec leurs notes jazzy, tandis que les convives attablés profiteront d’un dîner dans un cadre intimiste et charmant.

Café littéraire Le Bovary, 1, rue Laroche, Weimerskirch (le mardi 5 mars, à partir de 20 h 30)

Till Ten au Mudam

Accordez-vous une pause culturelle en plein cœur de la semaine avec Till Ten, l’afterwork du Mudam. Au programme, accès libre aux expositions en cours (visite guidée en anglais à 19 h), halte gourmande au Mudam Café x Glow et DJ set assuré par DJ Lowic. Que demander de mieux ?

Mudam, 3, Park Dräi Eechelen, Luxembourg (le mercredi 6 mars, de 18 h à 22 h)

Soirée de clôture du 14e Lux Film Fest

Au terme d’un marathon cinématographique de 15 jours, le Lux Film Fest tirera sa révérence à l’occasion de sa grande soirée de clôture qui, cette année, se tiendra au Mesa Verde, en présence de la crème du cinéma et des équipes du festival. Les festivaliers détenteurs d’un pass seront également les bienvenus.

Mesa Verde, 11, rue du Saint-Esprit, Luxembourg, (le samedi 9 mars)

La tradition de l’aperitivo au Lucilin

Depuis fin février, tous les jeudis, le restaurant Lucilin est à la fête avec des afterworks qui fleurent bon le soleil et la douceur de l’aperitivo.

Au programme : cocktails, planches à grignoter ou tapas du chef. Une ambiance musicale est également assurée avec des sessions live ou des DJ sets.

Lucilin, 14, rue de la Fonderie, Luxembourg (à partir de 18 h, tous les jeudis)

Luxembourg Nightlife Awards : soirée Discovery

La grand-messe de la « nightlife » revient en 2024 pour célébrer les lieux et les gens qui font la nuit avec une troisième soirée Discovery au Come à la Maison. Sept barmen sont en lice pour décrocher leur place en finale en septembre : il leur incombera de réaliser un cocktail à partir d’un ingrédient mystère… Une soirée pleine de surprises en perspective.

Come à la Maison, 1, rue Nicolas van Werveke, Luxembourg (le lundi 25 mars, à partir de 18 h 30)

Fernanda Martins @ Lenox

La DJ brésilienne qui a fait vibrer les clubs du monde entier posera ses vinyles au Lenox pour une soirée techno d’anthologie. Connue pour son charisme, son talent et sa connexion avec la foule, Fernanda Martins fera transpirer le dance floor jusqu’au petit matin.

Lenox, 58, rue du Fort Neipperg, Luxembourg (le samedi 2 mars, à partir de 23 h)

Thursday Afterwork @Maya

Le bar à cocktails aux accents amérindiens réchauffe vos sorties de bureau les jeudis avec un afterwork Special Cocktail Testing. Une bonne occasion pour se délecter de leurs breuvages caliente et originaux à base de mezcal et pisco.

Maya, 34, place Guillaume II, Luxembourg (le jeudi 29 février, de 17 h à 23 h)

littéraire
Bovary,
Matic
Lucilin, LNA, Lenox et Maya
Photos Café
Le
Mudam,
Zorman,
126 MARS 2024 Afterwork

IT’S ALL ABOUT GOOD TASTE

Ma recette

Les cookies d’Anne

Une recette simple et gourmande pour réaliser des cookies par Anne Leick. Avec en bonus une astuce pour ne pas louper la forme ronde distinctive de ces gâteaux.

Anne Leick

Directrice marketing et commerciale au Casino

2000 à Mondorf, Anne Leick est aussi l’autrice du blog culinaire Carnet de Saveurs. Elle partage ici sa recette de cookies.

Ingrédients

Pour 25 cookies

• 500 g de farine type 55

• 170 g de sucre semoule

• 170 g de vergeoise brune

• 125 g de beurre pommade

• 30 g de beurre de cacahuète

• 2 gros œufs à température ambiante (125 g)

• 8 g de sel fin (1 cuillère à café)

• 8 g de bicarbonate (1 cuillère à café) ou de levure chimique, ou rien si vous utilisez de la farine avec levure incorporée

• 4 g d’extrait de vanille liquide (1 cuillère à café)

• 340 g de bâtons de chocolat coupés en gros morceaux, ou de grosses pépites

TIPS

Vous pouvez, une fois façonnés, les congeler et vous n’aurez plus qu’à les décongeler et les cuire le jour venu.

TIPS

Pour des cookies plus réguliers, vous pouvez, quand la pâte est prête, en faire un boudin de 7-8 cm de diamètre que vous enveloppez dans un film alimentaire. Laissez durcir 30 min au congélateur, puis faites des tranches de 1,5 cm d’épaisseur. Laissez décongeler et enfournez.

1

Préchauffez le four à 170 °C chaleur tournante. Dans la cuve du robot munie de la feuille, fouettez 170 g de sucre en poudre, 170 g de vergeoise brune, 125 g de beurre pommade, 125 g d’œuf (2 gros œufs), 30 g de beurre de cacahuète, 8 g de sel et 4 g de vanille liquide, pendant quelques minutes à petite vitesse. Le mélange obtenu doit être bien homogène.

2

Ajoutez 500 g de farine tamisée avec le bicarbonate. Quand le mélange est homogène, incorporer les pépites de chocolat.

3

Si vous avez une cuillère à glace, utilisez-la pour avoir des cookies bien calibrés. Sinon façonnez des boules de 50 g, que vous étalez légèrement sur une plaque recouverte de papier sulfurisé. Enfournez et faites cuire 12 min. Laissez refroidir et déguster.

Photos Guy Wolff
Journaliste CÉLINE COUBRAY
BESOIN D’IDÉES DE RECETTES ?
128 MARS 2024

Maximisez votre performance grâce à l’IA avec Chloé

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Wébinaire 45’

Présentation et démo suivies de questions-réponses

Par Loïc Collin, expert en marketing digital

Mardi 5 mars 11:30

Mardi 12 mars 11:30

Mardi 19 mars 11:30

Mardi 26 mars 11:30

Intéressé(e) ?

Les immanquables du mois

Tous les

mois,

Paperjam sélectionne les événements de la scène culturelle au Luxembourg à ne pas rater.

Un marathon de Molière

Molière fait partie de l’ADN du Théâtre du Centaure, où ses pièces ont été montées à plusieurs reprises. Aussi, deux créations à partir des personnages de Poquelin sont réalisées par Myriam Muller à l’occasion des 50 ans du théâtre célébrés cette année. Elles sont présentées à la suite dans une séance marathon, avec (quand même) 25 minutes de pause et des collations au bar.

Intégrale : Arnolphe / Don Juan et Alceste / Tartuffe, les 2, 3, 9, 10, 16 et 17 mars au Théâtre du Centaure

Shake me, baby!

L’agence Snask est invitée pour une conférence par Design Friends à présenter son approche pas comme les autres du marché : audacieuse, perturbante, anticonformiste, désobéissante, engagée, empathique… sont autant de qualificatifs qui pourraient la définir. Mais le mieux est de venir écouter.

Dansons avant la fin du monde

Snask, le 27 mars à 18 h 30 au Mudam

Trompette jazzy

Le brillant trompettiste allemand Till Brönner sera de passage au Luxembourg pour une soirée très jazzy. Ce musicien, plusieurs fois récompensé par des Grammy Awards, sait comme nul autre faire vibrer son instrument en mélangeant jazz, musique classique ou encore musique pop.

Till Brönner, le 10 mars à la Philharmonie

Vienne, début du 20e siècle, la haute société. On est avant la guerre, juste avant le gouffre. Julien Gosselin s’empare des textes de Thomas Bernhard et Arthur Schnitzler, dont les chroniques relatent la vie d’une société au bord de l’effondrement. En mélangeant DJ set, dispositif vidéo total et théâtre de parole radical, il bouscule les spectateurs dans une proposition hors norme.

Extinction, les 23 et 24 mars au Grand Théâtre

Acrobatique et propre à la réflexion

Que signifie être humain de nos jours ? C’est cette question que s’est posée le chorégraphe Yaron Lifschitz, qui a imaginé pour la compagnie Circa une réponse acrobatique, aux limites de l’équilibre. Un spectacle qui promet d’être intense et porteur d’espoir en même temps.

Humans 2.0, le 9 mars au Kinneksbond

Journaliste CÉLINE COUBRAY Photos Simon Gosselin, Damien Bredberg, Bohumil Kostohryz, Snask et Patrice Brylla
130 MARS 2024
PLUS DE CULTURE SUR Culture

Impressionnez vos prospects, valorisez vos clients fidèles et récompensez vos meilleurs employés en leur offrant une expérience VIP exclusive et inoubliable dans l’un des lieux les plus prestigieux d’Europe.

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« J’ai élaboré cette tenue autour de cette jupe Manoush, qui est l’une de mes marques favorites. J’aime sa coupe plutôt classique, qui est contrebalancée par cet imprimé militaire gai et coloré. Un chemisier lilas et des accessoires audacieux, comme ce collier doré avec des perles – une masterpiece –, et me voilà prête pour aller au bureau. Quand j’enfile cette tenue, je me sens sûre de moi. »

Collier vintage, jupe Manoush, chemise Mexx (vintage), sandales Mellow Yellow et sac Versace Couture

#SPORT

« Je ne suis pas une grande sportive ! Mais quand je m’y adonne (ou plutôt quand j’ai envie de chiller dans une tenue confortable), j’opte pour un ensemble de jogging Juicy Couture rose avec strass, ambiance kitsch, Paris Hilton et années 2000. Dans mon dressing, vous ne trouverez qu’un seul modèle de baskets, des Requins. Je trouve vraiment cool le décalage entre ces deux pièces fortes. »

#PARTY

« Je reste dans l’esprit années 70 avec ce jeans pattes d’éph’. Je lui associe un haut rouge à volants du styliste indien Manish Arora, que j’aime beaucoup : ce top est juste parfait pour danser ! Côté accessoires, je mise sur un foulard cravate Gucci monogrammé et, aux pieds, des mocassins Carel à plateforme et à carreaux rouges. »

Jeans H&M, top Manish Arora, sandales Carel, foulard Gucci et sac Coach

Dans le vestiaire d’Anicet

Jogging Juicy Couture et baskets Nike
132 MARS 2024
#WORK Mon style

#AFTERWORK

« Mon inspi pour ce look, c’est clairement Vera, de la bande à Scooby-Doo, et son esprit seventies : pull à col cheminée violet, mini-jupe orange et sac doudou en fourrure mauve. Aux pieds, je poursuis dans l’influence des années 70 – une période que j’adore – avec ces bottes Chloé en python. Dernier accessoire, ce collier à fleurs ultra coloré, délicieusement rétro. »

Jupe COS, pull In April 1986, bottes Chloé, sac Jayley et collier Make My Lemonade

Anicet Pham

« Quand j’imagine une tenue pour une soirée, je pense forcément à la Sainte Trinité : long, chic et sexy. Cette robe répond aux trois critères sans tomber dans l’écueil de la robe noire, un peu ennuyeuse. J’ai choisi celle-ci pour son motif fleuri ultra coloré et le jeu de découpes. Je lui associe une pochette avec strass qui s’ouvre en forme de papillon : encore une référence aux années 2000. Dernier détail, je porte toujours mes sandales ouvertes avec des petites chaussettes ajourées, comme ici : je les ai choisies lilas pour rappeler les couleurs de la robe. »

Robe Mirae, chaussettes Dior, sandales Buffalo et sac Renaud Pellegrino (vintage)

d’Anicet Pham

#GALA

Community manager pour Luxair, créatrice de la marque Chaud Marais MARS 2024 133

Montres

L’année du dragon

Le Nouvel An chinois inspire toujours les maîtres-horlogers. Petit florilège des créations marquant l’entrée, le 10 février, dans l’année de la seule créature mythologique du zodiaque chinois.

Reverso Tribute Enamel « Dragon »

Après un tigre en 2023, Jaeger-LeCoultre grave au verso de son modèle emblématique un dragon. Un dragon en or rose, comme le boîtier, avec un fond en émail grand feu noir opaque. Côté mécanique, la montre se repose sur le calibre mécanique JLC 822 à remontage manuel, d’une réserve de marche de 42 heures. Elle se porte sur un bracelet en alligator noir.

120.000 euros

Hamilton Ventura Elvis80 Skeleton Dragon

La montre d’Elvis Presley et des Men in Black se pare d’un cadran squeletté « dragon » qui laisse apparaître, grâce au mouvement automatique maison H-10-S, la créature mythique. Ce modèle se décline en deux versions : boîtier en acier inoxydable avec revêtement en PVD or rose pour la première et revêtement en PVD noir pour la seconde, toutes deux montées sur un bracelet en caoutchouc, avec un motif écailles de dragon.

2.175 euros

Métiers d’art –La légende du zodiaque chinois

La collection Métiers d’art – La légende du zodiaque chinois, lancée par Vacheron Constantin en 2012, s’enrichit de deux éditions limitées de 25 pièces chacune, une en or rose et l’autre en platine. Le boîtier en platine accueille un cadran en émail grand feu bleu profond tandis que la version en or rose se pare d’un cadran brun en émail grand feu.

135.000 euros pour le modèle en or rose

IWC Portugieser Chronographe

Year of the Dragon

IWC Schaffhausen célèbre le Nouvel An lunaire chinois en offrant à un des classiques de son catalogue un cadran bourgogne rehaussé par des aiguilles et des appliques plaquées or. Au cœur de cette pièce se trouve le mouvement IWC 69355, offrant une réserve de marche de 46 heures. Série limitée à 1.000 pièces.

9.950 euros

Streamliner

Tourbillon

Wyoming Jade

D’abord, il n’y a pas de dragon, mais il y a du jade… H. Moser & Cie décline sa Streamliner Tourbillon en or rouge et cadran en jade du Wyoming naturel. Sans logo et avec trois index seulement, le cadran s’ouvre à 6 heures sur le tourbillon volant. Le calibre manufacture à remontage automatique HMC 804 offre une autonomie de trois jours. Série limitée à 100 exemplaires.

109.000 CHF (environ 117.000 euros)

Journaliste MARC FASSONE
Photos Jaeger-LeCoultre, Vacheron Constantin, IWC, Hamilton, Swatch et H. Moser & Cie
134 MARS 2024

Delano turns

Get ready for the biggest birthday party in Luxembourg! Delano, the publication for Luxembourg’s financial and expat communities, invites you to celebrate its 13th anniversary! Meet expats and locals, have a drink and just have fun! Prizes for the best costume!

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Foodzilla Mobilier

Les coups de cœur de Lynn Ansay

« L’imperfection du matériau minéral et la forme organique font l’esthé tique unique de cette table, produite artisanalement. »

Pigalle Table (2023)

Par Cathy Poppe et Gert Hellebau Armand & Francine

Brasilia Lounge Chair (2020)

Par Anderssen & Voll Audo

« Ce lounge chair, dans lequel le modernisme brésilien et l’esthétique scandinave se rencontrent, suggère une expérience enveloppante grâce à la peau de mouton et me fait rêver de moments cosy. »

« Parfait exemple de design durable, cette chaise créée en 1949 demeure toujours aussi intemporelle aujourd’hui. »

CH24 Wishbone Chair (1949)

Par Hans J. Wegner

Carl Hansen & Søn

« Ma devise pour les accessoires est ‘mix & match’. Un mix de coussins de teintes vives et aux motifs différents fait vivre chaque intérieur. »

Stripes & Checks Cushions (2023)

Fest Atelier Fest Amsterdam

Soft Serve Lamp (2022)

Atelier

« Soft Serve est le fruit d’une production respectueuse de l’environnement par impression 3D, sans génération de déchets. Chaque lampe est exclusivement produite sur mesure et à la demande, pour éviter la production de masse. Le résultat est en plus extrêmement esthétique, donnant une lumière magique et chaleureuse. »

Lynn Ansay

Elle est architecte d’intérieur et partenaire du bureau Jim Clemes Associates. Après ses études à l’École nationale supérieure des arts visuels de La Cambre, à Bruxelles, elle travaille trois ans chez Unicum puis rejoint le bureau d’architecture de Jim Clemes en 2009.

136 MARS 2024
Photos Jim Clemes Associates, Armand & Francine, Carl Hansen & Søn, Audo, Crème Atelier et Fest

Bingo.lu, feel more home than at Home

Bingo.lu

La nouvelle plateforme immobilière qui place vos désirs au premier plan.

La mobilité tout schuss… et électrique

Le « mystère »

Renault Symbioz

Renault a communiqué avec la volonté de teaser son nouveau SUV, lancé à partir du printemps et produit à partir de l’automne, sans lever le voile sur autre chose que sa ligne et son habitabilité renforcée, alors que de nombreuses questions se posent : le grand frère du Captur devra trouver sa place face à l’Austral (4,51 m) et l’Arkana (4,56 m), et cela pourrait passer par un prix inférieur à 30.000 euros.

Enfin la nouvelle MG supermini

MG a présenté à l’ouverture du Salon de Genève, le 26 février, sa MG3 Hybrid Plus. Pas rechargeable mais vraiment hybride (un quatre cylindres 1.5 essence atmosphérique de 109 ch et un moteur électrique de 95 ch), cette nouvelle itération, 13 ans après le lancement de la MG3, pourrait s’accompagner d’un spectaculaire positionnement en termes de prix, sur un marché déjà très concurrentiel. Les premiers échos parlaient de moins de 20.000 euros (autour de 17.000 euros).

Un 100e Salon de Genève boudé

Skwheel, le ski quatre saisons

« Chaque jour est un jour idéal pour skier, pas besoin de neige. » La punchline des Français de Skwheel dit tout : après la trottinette, la trottinette électrique, le vélo, l’hoverboard ou la gyroroue, la start­up a lancé la commercialisation de ses skis urbains et électriques, capables d’aller à 80 km/h dans n’importe quel environnement – mais bridés à

25 km/h pour respecter la réglementation – et dotés d’un double système de freinage souple ou d’urgence. Avec 30 km d’autonomie et une recharge rapide en moins de deux heures, les systèmes brevetés de l’engin reproduisent exactement les sensations de ski. Les précommandes sont parties à 1.700 euros pour un prix public à 2.400 euros.

Polestar 4, plus rapide et plus verte

L’aérodynamisme d’un coupé, l’espace d’un SUV : la Polestar 4 est désormais commercialisée au Luxembourg depuis fin janvier pour des livraisons à partir du début de l’été. La Polestar la plus rapide à ce jour (de 0 à 100 km/h en 3,8 secondes) est aussi celle qui a l’empreinte carbone la plus faible de toutes les voitures de la marque au moment de son lancement, à la faveur de l’utilisation d’aluminium à faible teneur en carbone, par exemple, ou d’une production dans l’usine de Geely Holding dans la baie de Hangzhou, en Chine, qui combine de l’hydroélectricité et de l’électricité photovoltaïque produite sur le toit de l’usine. Côté performance, elle est vendue dans deux versions à un ou deux moteurs synchrones à aimant permanent – la puissance maximale est de 400 kW (544 CV), les deux versions sont équipées d’une batterie de 100 kWh (soit plus qu’une Tesla 3 du millésime 2023). Elles possèdent toutes deux un système de recharge allant jusqu’à 200 kW CC et 22 kW CA.

Pour sa 100e édition, après quatre ans d’absence, le Salon de Genève, qui se termine le 3 mars, restera dans les annales… pour l’absence de très nombreux constructeurs. Renault, Dacia, BYD (arrivée récemment au Luxembourg) ou MG sont bien de la partie, mais c’est à peu près tout. Pas de quoi désarçonner les organisateurs, qui ont déjà programmé l’édition 2025.

Photos Skwheel, Renault, Polestar et MG
138 MARS 2024 Drive

Keynote d’Emmanuel Vivier

Le BIG Récap des tendances 2024 de l’IA Générative

Alors que l’intelligence artificielle générative est en passe de révolutionner l’ensemble des métiers du marketing et de la communication notamment, le Paperjam+Delano Business Club vous propose cette keynote par un des meilleurs experts européens du sujet.

Entrepreneur bien connu au Grand-Duché, Emmanuel Vivier a co-fondé Vanksen, le Hub Institute, et conseille les plus grandes marques pour leur stratégie digitale.

Inscription sur paperjam.lu/club General Partners ��:��-2�:�� | Kinepolis Kirchberg MARDI�9 MARS����

Nos coups de cœur Bingo.lu

La plateforme immobilière Bingo.lu offre un vaste choix de biens en vente ou en location au Luxembourg. Découvrez notre sélection d’offres préférées disponibles en ce moment.

Maison de maître à Altwies

Située dans le village d’Altwies, Mondorf, cette belle maison de maître de 300 m² possède un charmant jardin et des intérieurs luxueux après une rénovation minutieuse.

300 m2 4 1.795.000 €

Photos Bingo.lu
140 MARS 2024 Immobilier

Contenu sponsorisé

Maisons à vendre

Maison à Lellig

Magnifique maison individuelle bien entretenue à Lellig, offrant un design écoénergétique mariant béton et bois pour une architecture moderne et lumineuse.

250 m2

3 1.290.000 €

Maison à Niederanven

Maison élégante sur plusieurs niveaux, offrant des espaces de vie lumineux, un jardin soigné et des installations modernes.

236 m²

5

1.850.000 €

Maison à LuxembourgWeimerskirch

Cette élégante maison à Luxembourg-Weimerskirch offre 4 chambres, un lumineux salonséjour avec accès à une terrasse, une cuisine équipée individuelle et une vaste cave au sous-sol, équipée d’une chaudière à gaz à condensation et d’un système solaire pour l’eau chaude.

120 m2 4

975.000 €

Maison en bande à Luxembourg

Magnifique maison mitoyenne, entièrement rénovée avec goût au fil des ans, d’environ 250 m², idéalement située au cœur de Luxembourg.

250 m2

5

1.690.000 €

Maison jumelée à Pulvermühl

À deux pas de Luxembourg-ville, cette belle maison jumelée rénovée à LuxembourgPulvermuhlen offre un cadre bucolique et contemporain, proche de toutes commodités.

190 m2

4

1.560.000 €

Maison à Merl

Belle maison de ville libre sur trois côtés à Merl, datant de 1934 et rénovée entièrement en 2023.

198 m2

4

1.399.000 €

Maison à Bettembourg

Avec sa proximité avec les transports en commun, les commerces et les accès rapides vers Gasperich et le centre-ville, cette propriété est un véritable coup de cœur pour ceux en quête d’une vie paisible et pratique.

172 m2 3

1.065.000 €

Maison à Itzig

Fermette rénovée de +/- 350 m2 sur 8,90 ares, construite vers 1911, offrant un grand salon avec cheminée, une cuisine spacieuse, un jardin, 4 chambres, des salles d’eau, une salle de jeux, des caves et un grand garage.

350 m2 4

Prix sur demande

MARS 2024 141

Immobilier

Appartements à vendre

Duplex à Luxembourg-Centre

Cet appartement en duplex, élégamment meublé, offre un espace de vie moderne, une cuisine entièrement équipée, une chambre spacieuse et un bureau sophistiqué.

75 m2 1

860.000 €

Penthouse à Luxembourg-Gare

Ce penthouse rénové et situé au dernier étage offre un espace de vie baigné de lumière, une terrasse ensoleillée de 16 m2 et une touche moderne irrésistible.

42 m2 1

495.000 €

Appartement à LuxembourgCentre

Ce superbe appartement idéalement situé à LuxembourgCentre offre des finitions haut de gamme, un espace de vie lumineux, une cuisine équipée, une terrasse, une chambre et une salle de douche.

50 m2 1

850.000 €

Appartement à Rollingergrund

Appartement de 105 m² au rezde-chaussée de la résidence Korner Valley à Rollingergrund. Hall d’entrée, buanderie, pièce de vie avec cuisine ouverte, terrasse et jardin, salle d’eau, salle de bain, trois chambres. Cave et parking inclus.

105 m2 3

1.174.759 €

Duplex à Luxembourg-Centre

Beau duplex sur le boulevard de la Pétrusse, offrant une vue sur la passerelle et la ville de Luxembourg. Salon, cuisine équipée, deux chambres avec balcon, salles de bain et deux caves incluses.

114 m2

2

1.449.000 €

Penthouse à Kehlen

La résidence Calisson & Cannelle à Kehlen, entre Mersch et Luxembourg-ville, offre un cadre naturel central, à proximité des écoles, de l’autoroute, des commerces et des transports en commun, avec une construction durable et des logements à coût modéré.

121,4 m²

3

1.162.170 €

Penthouse à Luxembourg-Centre

Lumineux penthouse de luxe d’une surface de +/- 70 m² au cœur de Luxembourg-Centre, offrant le parfait mélange de confort et de commodité urbaine.

70 m2 2

770.000 €

Appartement à vendre à Dudelange

Cet appartement de 103 m² offre une cuisine ouverte, un séjour lumineux avec bar, une chambre parentale avec salle de douche attenante et un grenier aménagé en 3 chambres avec salle de douche. Cave, garage et place de parking inclus.

103 m² 4

670.000 €

142 MARS 2024

Appartement à Luxembourg-Centre

Appartement spacieux de 4 chambres avec garage box fermé, 2 balcons, cuisine équipée, 2 salles de bains, idéalement situé près du centreville, adapté pour une famille ou un bureau.

137 m2

4 1.450.000 €

Appartement à Bonnevoie

Bel appartement moderne et lumineux, idéalement situé au cœur du quartier de Bonnevoie, au 1er étage d’une petite résidence de 2015 en très bon état.

79.3 m2 2

770.000 €

Penthouse à Luxembourg

Ce penthouse de luxe, construit en 2018, au 5e étage, offre une vue imprenable sur la ville et Gasperich, avec 2 chambres, cuisine équipée, salon lumineux, parking et cave inclus.

90 m² 2

1.120.000 €

Appartement à Belair

Bel appartement situé au 2e étage d’une luxueuse résidence du quartier de Belair. Construite en 2018, la résidence bénéficie d’un service de conciergerie et dispose d’un espace wellness avec piscine intérieure, jacuzzi, sauna et salle de sport.

128 m2

2

1.475.000 €

Appartement à Eich

Appartement de +/-54 m² situé au premier étage d’une petite copropriété comprenant uniquement trois unités. Érigée au sein d’une rue paisible et plaisante à Luxembourg-Eich, cette résidence a été intégralement restaurée en 2017, offrant ainsi un cadre de vie contemporain et soigné.

53,5 m2 1

599.000 €

Appartement à Belair

Situé à quelques pas du centreville, cet appartement meublé de 66 m2 au 5e étage offre une vue imprenable depuis sa terrasse ensoleillée. Proche des commerces et du parc de Merl, avec cave et parking.

66 m2 1

695.000 €

Appartement à Esch-sur-Alzette

Appartement idéalement situé, à proximité des commodités, offrant 75 m² de confort avec un salon spacieux, une cuisine équipée, une salle à manger lumineuse, deux grandes chambres, une salle de bain fonctionnelle, un WC séparé, ainsi qu’un emplacement de parking intérieur, et une cave privative et une terrasse ensoleillée.

75 m2 2

499.000 €

Appartement à Luxembourg

Cet appartement unique est situé au sein du Cloître de SaintFrançois, en plein cœur de la Vieille Ville de Luxembourg, et comprend de très nombreux placards sur mesure, de superbes parquets en chevrons, de belles moulures et des équipements haut de gamme.

248 m2

3

6.500.000 €

MARS 2024 143
Contenu sponsorisé

160 Résidence Serenity

87-117 m2

Sanem 3

768.519 €-998.122 €

An der Uecht 220-255 m2

Bettange-sur-Mess 8

1.572.200 €-1.909.400 €

Bei der Bamschoul

77,67-145,05 m2 Mertert, Wasserbillig 3

676.200 €-1.058.518 €

Belvallée –Résidences

77,06-134,74 m2

Sanem, Belvaux 12

607.448 €-830.240 €

Maisons Lots 29-31

147-173,14 m2

Bertrange 3

1.606.267 €-1.695.196 €

Columbus

129,73-130,48 m2

Kirchberg 5

1.599.435 €-1.663.885 €

Appartements 59-61

68,27-115 m2

Bertrange 17

760.000 €-1.655.000 €

Bourscheid

135-237 m2

Bourscheid

5

1.005.635 €-1.640.956 €

Photos Bingo.lu
144 MARS 2024
Immobilier
VEFA
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Immobilier

Bureau à vendre à Luxembourg

Bureau idéalement situé à Luxembourg-Gare, offre 244 m² d’espace moderne, 15 bureaux meublés, connexion internet, sécurité, et rentabilité garantie.

244 m²

Gare

1.680.000 €

Bureaux

Bureau à vendre à Capellen

Bureau au 1er étage d’une résidence de 2017. Hall, pièce centrale avec terrasse, 2 salles séparées avec kitchenette, salle de douche, 3 places de parking.

63,24 m²

Capellen

545.000 €

Espace bureau à vendre à Belval

Bureau moderne dans le quartier dynamique de Belval. Nouvelle construction offrant 48,12 m² au 1er étage, personnalisable, avec performance énergétique et triple vitrage pour un environnement de travail optimal.

48.12 m²

Esch-sur-Alzette, Belval

365.392 €

Bureau à louer à Limpertsberg

Bureau de 101 m² situé au rez-de-chaussée d’un bel immeuble dans l’avenue du Bois du quartier du Limpertsberg.

101 m²

LuxembourgLimpertsberg

3.500 € / mois

Bureau à vendre à Strassen

Bel espace de bureau situé au 2e étage d’une résidence à Strassen, offrant une surface de 78 m² (surface totale au sol de 114 m²).

78 m²

Strassen

690.000 €

Bureau à louer à Grass

Bureaux de +/- 150 m² à louer à Grass (Steinfort), à la frontière belgo-luxembourgeoise. Rez-dechaussée avec cuisine, salle de réunion, bureaux et terrasse ; 1er étage avec bureaux et salle de bain. Informatique incluse, 9 parkings extérieurs.

150 m²

Steinfort, Grass

5 000 € / mois

Bureau à louer à Marnach

Bureau de 100 m² à louer au 1er étage d’un nouveau bâtiment dans la zone artisanale de Marnach. Aménagement flexible, emplacements extérieurs, accessible via N7.

100 m²

Marnach

1.950 € / mois

Bureau à louer à Hollerich

3 bureaux de 28 à 54 m2 à louer au dernier étage d’un immeuble administratif situé route d’Esch, directement à hauteur de la Porte de Hollerich.

33 m²

Hollerich

1 500 € / mois

146 MARS 2024

10×6 Leading CIOs’ Challenges 2024

Dix CIO évoquent leurs principaux défis. Hiérarchiser les priorités dans une économie incertaine, renforcer la cybersécurité, améliorer l’expérience-client , intégrer des modèles d’ IA générative dans leurs opérations, faire face aux problèmes de la chaîne d’approvisionnement et à la hausse des coûts, gérer la transition vers une économie à faible émission de carbone, améliorer l’ interopérabilité... et bien d’autres encore.

Avec la participation, entre autres, d’ Olivier Beaujean (Cargolux Airlines), Laurent Couturier (Armacell), Márton Fülöp (PM-International), Sabika Ishaq (Grant Thornton Luxembourg), Olivier Ramlot (BIL) et Christine von Reichenbach (Adem).

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BUREAUX

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10, avenue de la Liberté, Luxembourg-Gare

ÉDITION MARS 2024

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Mike Koedinger

RÉDACTEUR EN CHEF

Thierry Labro

COUVERTURE

Serge Ricco (direction artistique) et Guy Wolff (photographie)

Brand Studio

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Florence Christmann

ASSISTANTE COMMERCIALE

Céline Bayle (-303)

CONSEILLERS MÉDIA

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Aline Puget (-323)

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STUDIO MANAGER

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MISE EN PAGE

Juliette Noblot (coordination), Marielle Voisin, Louna Simon (Clubletter)

Éditeur

www.maisonmoderne.com

Téléphone 20 70 70

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PRÉSIDENT

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FONDATEUR, CEO ET DIRECTEUR PUBLISHING HOUSE

Mike Koedinger

COO

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DIRECTOR BUSINESS DEVELOPMENT

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DIRECTOR BUSINESS CLUB

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HEAD OF IT

Antonello Di Pinto

DRH

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RESPONSABLE ADMINISTRATIVE

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RESPONSABLE DIFFUSION

Quentin Marenic

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PAR
FONDÉEN2000
MIKEKOEDINGER
148 MARS 2024

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Publication semestrielle reprenant une sélection de projets architecturaux.

NOUVELLE ÉDITION DISPONIBLE DEPUIS LE : 6 DÉCEMBRE 2023

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NOUVELLE ÉDITION DISPONIBLE DEPUIS LE : 9 FÉVRIER 2024

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MARS 2024 149
Business zu Lëtzebuerg ENJEUX transmettre business 85 FEMALE FOUNDERS

R-Metal Color, la passion de la peinture, en famille

À Niederkorn, Redwane Baitiche et son père, Hafidi, ont choisi d’entreprendre ensemble. Leur entreprise R-Metal Color, créée en 2022, propose des travaux de peinture et de restauration, aussi bien chez des particuliers que sur de grands chantiers de promoteurs privés.

Une entreprise familiale ne se transmet pas toujours d’une génération à l’autre. Parfois, elle est le fruit du travail de plusieurs générations, ensemble. C’est d’ailleurs le cas de bon nombre de PME, dont R-Metal Color, créée par un fils et son père.

À quel âge avez-vous su que la peinture serait, comme pour votre père, votre métier ? Petit, je voyais mon père rentrer du travail avec ses outils qu’il chérissait tant. J’aimais sa créativité, sa façon de transformer les espaces, les matériaux. Adolescent, je l’accompagnais sur des chantiers pour l’aider et apprendre ses techniques. Plus les années passaient, plus l’envie de construire cette entreprise ensemble était forte.

Votre quotidien ressemble-t-il à ce à quoi vous vous attendiez ?

Je dois gérer les tâches administratives, mais aussi intervenir sur les chantiers. J’occupe donc plusieurs fonctions, et c’est ce qui me plaît dans l’entrepreneuriat.

Travailler en famille, est-ce une force ou une faiblesse ?

La proximité familiale est une base solide de confiance et de compréhension. Cela me pousse à me surpasser chaque

jour, car l’expertise de plus de 30 ans de mon père justifie ses exigences envers mon travail. La passion commune est une source d’inspiration constante. Il est parfois difficile d’allier nos deux façons de travailler. Mais nous mettons toujours l’intérêt de la société et la qualité de la relation père-fils au premier plan.

Ressentez-vous les effets de la crise de la construction ? Non, en tant que petit acteur, nous avons la chance de continuer à être sollicités. Nous intervenons sur des chantiers portés par des promoteurs de la Place, des banques et des institutions, des particuliers. Et ces derniers ont toujours des rénovations à faire chez eux.

Comment voyez-vous votre entreprise dans cinq ans ? J’aimerais qu’elle puisse intervenir dans toute la Grande Région. Nous souhaitons, à court et moyen terme, augmenter le nombre de collaborateurs et former des jeunes.

Quel est votre message pour les décideurs politiques ? D’aider les jeunes entrepreneurs à se former pour exceller dans leur domaine.

« L’intérêt de la société et la relation père-fils au premier plan. »

R-METAL COLOR

Fondateurs et actionnaires  Redwane et Hafidi Baitiche

Collaborateurs 3

R-Metal Color a été créée en janvier 2022. L’entreprise propose des travaux de peinture, selon un procédé particulier similaire à celui pratiqué par les carrossiers dans l’automobile, et qui permet la restauration de profils de châssis de fenêtres, de portes, de tablettes, sur des matériaux tels que l’aluminium, l’acier, le PVC ou le bois.

#Under50 150 MARS 2024

VOUS ACCOMPAGNER C’EST PRENDRE LE TEMPS DE VOUS ÉCOUTER, VRAIMENT.

Tout commence par la promesse d’un conseiller unique, à votre écoute pendant de nombreuses années. Penser et agir à long terme, c’est notre vision d’un accompagnement pérenne et de qualité. Notre attention est la meilleure alliée de la gestion de votre patrimoine, depuis plus de 100 ans.

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