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Bulletin bois 80/2006 Exploitations agricoles Hangar agricole, Duillier Etable dans l’enceinte de l’établissement éducatif de Kalchrain, Herdern Etable pour 70 vaches, Pratteln Etable pour vaches allaitantes du couvent de Baldegg Exploitation agricole, Campo Blenio Alpage Puzzetta, Medel/Lucmagn Etable de stabulation libre, Lignières

Le nouveau hangar agricole à Duillier acceuille 20 vaches et un stock de fourrage. Maître d’ouvrage et architecte: Georges-A. Glauser, Nyon


L’étable de stabulation libre: une chance pour les agriculteurs Source: LID

Multiplication des labels depuis les années huitante Dans le domaine de l’agro-alimentaire, les labels se sont multipliés depuis leurs premières apparitions dans les années septante et huitante. Cette multiplication dénote une prise de conscience écologique de plus en plus grande des consommateurs mais également des agriculteurs. La qualité qu’ils cherchent à atteindre pour leurs produits se retrouve dans le soin qu’ils apportent à la construction de leurs nouveaux outils de travail.

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1972 1974 1976 1978 1980 1982 1984 1986 1988 1990 1992 1994 1996 1998 2000 2002 2004

Dans les campagnes suisses, depuis quelques années, les nouveaux édifices se multiplient dans le voisinage des fermes traditionnelles. Ce ‹boom› de la construction en milieu rural, surprenant au vu des difficultés actuelles rencontrées par le monde agricole, est dû à différents facteurs. D’une part, l’architecture rurale doit se soumettre à de nombreuses normes et règles en vigueur dans le domaine de l’hygiène et l’élevage des animaux. Alors que jusqu’au début des années nonante, les plans des fermes étaient organisés en fonction de l’entravement du bétail, la politique agricole actuelle a généralisé la pratique de la stabulation libre. Le fait que les animaux puissent se déplacer, se nourrir, ou se coucher à leur guise implique une organisation spatiale des ruraux souvent incompatible avec la tradition et nécessitent par conséquent la plupart du temps la construction d’un nouveau bâtiment. D’autre part, la pression sur les prix de la part des grands distributeurs et l’ouverture des marchés fragilisent les producteurs suisses qui doivent s’adapter rapidement à ces nouvelles exigences sous peine de disparaître. En comparaison européenne, la taille moyenne des exploitations est faible avec 20 ha par ferme contre 42 ha en France par exemple. Ils sont donc contraints de rationaliser leurs équipements et d’augmenter la rentabilité, grâce à une meilleure organisation de l’espace, et/ou de s’associer afin de limiter les charges de fonctionnement. Devant cette nécessité de construire en limitant les coûts, les agriculteurs se tournent vers le bois. En effet, ils possèdent souvent leur propre forêt dont ils peuvent récolter les fruits, comme dans le cas de Lignière. Ce projet démontre à merveille les possibilités d’auto-construction offertes par le bois, l’ensemble de la structure ayant été dimensionnée selon la taille des arbres disponibles dans les forêts de l’agriculteur. Ils tirent aussi parti de la rapidité de mise en œuvre que permet cette matière grâce à la préfabrication, comme à Campo Blenio, ou des géométries sans limites offertes par le lamellé-collé. L’utilisation de cette ressource fait également écho à une prise de conscience écologique de plus en plus marquée des producteurs en réponse à la demande des consommateurs. C’est ainsi que les sœurs du couvent de Baldegg, qui ont décidé de se convertir à l’agriculture biologique, avaient le souci de posséder un outil de travail en accord avec leur nouvelle orientation. Enfin, alors que l’on croirait que les variantes adoptées se limitent aux choix déjà éprouvés, l’étable de Pratteln fait appel à une mise en œuvre étonnante du bois de noisetier. En effet, ce sont de simples branches insérées dans un socle en béton qui constituent les parois et créent une ambiance intérieure féérique, inattendue dans un bâtiment utilitaire. En résumé, les différentes exploitations agricoles présentées dans ce numéro montrent des agriculteurs dynamiques qui ont pris ‹le taureau par les cornes›, et plus que leur adaptation aux multiples contraintes, c’est surtout leur sensibilité écologique et leur capacité d’innovation qui est à souligner. Des maîtres d’ouvrage soucieux de leur environnement qui ont fait naturellement le choix du bois. Roland Brunner Communication technique Lignum

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Hangar agricole, Duillier Au cœur de la Côte, région vaudoise située face au lac, s’élève une nouvelle construction agricole. Suite à un incendie survenu en 2002, il s’agissait de reconstruire un bâtiment permettant d’abriter 3000 m3 de fourrage ainsi que 20 vaches allaitantes. Par la volonté des services d’aménagement du territoire, la volumétrie devait respecter celle du bâtiment détruit. L’intervention de l’architecte s’est donc limitée au choix du matériau de la structure et des vêtures. Parmi les variantes étudiées, c’est finalement celle qui mettait en œuvre principalement du bois équarri qui a été retenue. Sensibilisé au bois lors de sa jeunesse passée dans les montagnes neuchâteloises, c’est tout naturellement que le maître d’ouvrage, dans le même temps architecte, souhaitait utiliser ce matériau pour reconstruire le bâtiment. Celui-ci se compose d’un volume principal et de deux annexes de petites tailles abritant des silos. Dans sa partie inférieure, il accueille l’étable du côté lac tandis qu’une zone à véhicules se situe du coté Jura. Ces zones sont séparées de la partie stockage du foin par des solivages et parois formant compartiment coupe-feu. Afin de limiter l’investissement, le maître d’ouvrage a souhaité renoncer à toute intervention sur la partie maçonnée du bâtiment

détruit. Les charges provenant de la nouvelle construction devaient donc être compatibles avec les fondations existantes. Le système porteur principal est constitué de cadres biarticulés de 3,4 m d’entraxe. Outre le fait qu’il permet d’intégrer au faîtage le dispositif nécessaire à la manutention des ballots de fourrage, ce système réduit la hauteur statique et assure la stabilité transversale de l’étable. De plus l’absence de tirant autorise le déplacement de la machine dans le sens longitudinal. Les membrures et diagonales des cadres sont composées de sections en bois massif de 2 x 80/180 mm. Ces éléments sont entaillés aux nœuds pour faire place à des plaques en bois feuilleté collé de 27 mm d’épaisseur, qui permettent de réaliser les liaisons des diagonales sans pièce métallique, par l’intermédiaire de simple vis, en s’affranchissant des tolérances dimensionnelles. Ainsi seules deux pièces métalliques, aux pieds de chaque cadre, assurent la liaison des éléments à la maçonnerie. L’assemblage des cadres a été réalisé sur le chantier, puis, grâce à leur faible poids, ils ont été mis en place à l’aide des moyens de levage disponibles dans l’exploitation agricole. Pour la toiture, c’est un système classique de pannes sur trois appuis alternées supportant des plaques en fibrociment qui a été adopté, tandis que les façades sont composées d’élé-

ments liés en forme de w. Constitué de simples planches, la rigidité du revêtement conférée par la disposition géométrique permet de s’affranchir d’un système porteur intermédiaire. Au final, l’emploi de bois équarri, s’il permet de remplir parfaitement le programme de ce bâtiment agricole, réduit l’énergie grise de la construction, en adéquation avec la production respectueuse de l’environnement du domaine.

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Lieu Lieu-dit ‹Le Bochet›, 1266 Duillier Maître de l’ouvrage Georges-A. Glauser, Nyon Architecte Georges-A. Glauser, Nyon Ingénieurs bois Concept Bois Technologie, Saint-Sulpice Entreprise bois Schaller & fils Menuiserie Charpente, Gingins Bois mis en œuvre Structure: bois massif 70 m3; Panneaux feuilletés-collés 190 m2; Revêtement de façade: planches en W 300 m2 Volume SIA 116 4535 m3 Coût (CFC 2) CHF 805 000.– Année de construction 2005 Photographe Corinne Cuendet, Clarens

Isométrie de la structure

Coupe

10 m

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Etable dans l’enceinte de l’établissement éducatif de Kalchrain, Herdern Dans l’établissement socio-éducatif de Kalchrain, une exploitation agricole intégrée offre des possibilités d’emploi remarquables aux jeunes pensionnaires et remplit ainsi une fonction importante de réinsertion sociale. Une nouvelle étable doit permettre à l’entreprise de se libérer des contraintes liées au manque de locaux et de s’aligner sur les nouvelles directives en vigueur afin de suivre l’évolution de l’agriculture à long terme. Le nouveau bâtiment complète le complexe agricole existant et se détache du fond constitué par les forêts environnantes. La configuration de l’étable découle de la topographie et de l’organisation spécifique d’une exploitation laitière. Le volume, ouvert sous forme de U vers le sud, présente une façade fermée aux vents dominants soufflant du nord. L’ensemble des éléments du programme sont réunis sous un double toit en bâtière abordant une découpe en son centre afin d’obtenir une cour intérieure à ciel ouvert. Cet espace, protégé du vent, fait office de plaque tournante depuis laquelle les vaches peuvent atteindre à leur gré les différentes zones du complexe : litières, espace intérieur et extérieur, salle de traite et mangeoires. Les accès ainsi que les différents locaux sont disposés sur le pourtour, ce qui facilite l’approche du camion collecteur de lait et le parcage aux abords du local de traite. L’aire de battage peut être atteinte directement depuis la route. La fosse à purin est située sous la

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cour intérieure et le local technique sous la chambre de traite. Hormis ces deux éléments, toutes les installations sont accessibles de plein pied. Le squelette de la structure bois a été monté sur la fosse à lisier, encastrée dans le remblai, et le radier. L’ossature porteuse est formée dans la direction transversale par des cadres composés de porteurs verticaux et de pannes. La stabilité est garantie dans le sens longitudinal par des contre-fiches disposées en V dans les parois périphériques. Jusqu’à une hauteur de 2m, les parois sont recouvertes d’un lambris. Au-dessus, elles sont composées de lattes verticales très légèrement espacées les unes des autres permettant une bonne circulation de l’air afin d’évacuer l’humidité produite par environ 70 vaches laitières. La toiture est de conception simple. Les pannes ont une portée pouvant varier de 8 à 10 m selon leur emplacement et reposent sur les parois et les poteaux. Les chevrons, espacés de 2 m, supportent un lambris brut de sciage de 27 mm d’épaisseur, qui fait office de contreventement. Un lattage est ensuite disposé sur le lambris et permet la fixation des plaques ondulées de la couverture. Au travers de la double inclinaison des pans de la toiture et de leur orientation, la hauteur d’exploitation nécessaire est atteinte en tout point du bâtiment, et une bonne circulation de l’air est assurée. L’apport de lumière au sein du bâtiment se fait principalement par le toit. Au dessus des espaces de travail et de l’étable, des lanter-

neaux sont intégrés dans la toiture, alors que dans la zone des logettes, ce sont les parois ajourées qui amènent une lumière tamisée.

Situation


Coupe transversale

Coupe longitudinale

Plan

22 m

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Lieu Kalchrain, Bohl, 8535 Herdern Maître de l’ouvrage Service des bâtiments du canton de Thurgovie; Direction générale: Markus Friedli; Direction du projet: Michael Hofmann Architectes Staufer & Hasler Architekten, Frauenfeld; Collaborateurs: M. Woerz, E. Basartangil Ingénieurs civils Conzett, Bronzini, Gartmann AG, Coire, et SJB.Kempter.Fitze AG, Frauenfeld Ingénieurs bois Kämpf Holzbau AG, Raperswilen Entreprise bois Kämpf Holzbau AG, Raperswilen Bois mis en œuvre Structure: Bois massif 84 m3, BLC 15 m3; Panneaux: Space-Board (lattage ajouré) autoclavé 140 m2, OSB 85 m2; Lambris autoclavé 680 m2 Coûts de construction (CFC 2) CHF 1,3 million Surface de plancher 1988 m2 Volume SIA 416 9389 m3 Durée de construction Février–octobre 2005 Photographes Heinrich Helfenstein, Zurich et Thomas Hasler, Frauenfeld


Etable pour 70 vaches, Pratteln L’exploitation agricole située au lieu dit ‹Schönenberg› dans la région sud de Pratteln a pris une nouvelle direction, et se concentre désormais sur la production de lait. Suite à cette réorientation, la planification d’une stabulation libre pour une capacité de 70 vaches devenait nécessaire. La nouvelle bâtisse est implantée au nord de la ferme familiale, entre cette dernière et l’étable existante, et forme ainsi un ensemble harmonieux. Depuis la vallée, la vue sur la ferme familiale datant de 1769 reste dégagée. Par sa forme qui se soumet à la topographie du lieu, avec deux cassures dans le plan, et sa toiture végétalisée, l’étable s’intègre de manière subtile dans le paysage environnant. L’organisation interne du bâtiment se base sur un modèle éprouvé. Les silos sont disposés dans la partie nord-est de l’ouvrage, alors que la partie centrale est réservée au bétail, avec deux travées de circulation disposées entre trois rangées de box pour les vaches. L’aile sud comprend la zone de traite ainsi que des box à veaux. Les trois corps du bâtiment, disposés en enfilade légèrement biaisée, sont reliés par un couloir intérieur longeant la paroi située coté vallée. La forme du toit en shed, dont la subtile géométrie se referme progressivement jusqu’à réunir les deux pans de la toiture sur les façades pignons, permet une bonne ventilation naturelle et amène la lumière jusqu’au cœur du bâtiment.

La structure porteuse est composée de poutres en bois lamellé-collé reposant sur des piliers métalliques galvanisés espacés de 4 m. La stabilisation du bâtiment est assurée par le contreventement de la toiture. Les pannes chevrons en bois massif de 120 x 180 mm de section sont espacées de 0,9 m. La couverture est composée de deux couches de plaques ondulées en fibrociment orthogonales. Les plaques de la première couche sont disposées perpendiculairement au faîte du toit afin de faciliter la circulation de l’air à l’intérieure du bâtiment, alors que les plaques de la deuxième couche, parallèles au faîte, assurent la tenue du substrat végétalisé. Les parois extérieures sont formées de branches de noisetiers scellées à leur base dans un socle en béton. L’espacement entre les branchages laisse la lumière naturelle pénétrer jusqu’au centre du bâtiment. Les jeux d’ombres et de lumière ainsi générés apportent une touche poétique, insoupçonnable dans un tel lieu, et créent une atmosphère paisible, semblable à celle régnant dans une forêt clairsemée. De part la forme et les matériaux choisis, la nouvelle bâtisse prend pleinement racine dans son environnement. Par contraste, les deux silos en acier chromé traversant la toiture de l’édifice soulignent le côté industriel de l’agriculture d’aujourd’hui.

Situation

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Coupe transversale

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Plan

20 m

Lieu 4133 Pratteln Maître de l’ouvrage Burgrain AG Architectes Georg Schmid et Jonas Wuest, Bâle, et Zaugg AG Rohrbach, Rohrbach Ingénieurs civils Zaugg AG Rohrbach, Rohrbach Ingénieurs bois Zaugg AG Rohrbach, Rohrbach Entreprise bois Zaugg AG Rohrbach, Rohrbach Bois mis en œuvre Structure: BLC 95 m3, bois massif 63 m3; branches de noisetier de l’Emmental 6000 pièces Coûts de construction (CFC 2) CHF 3,028 millions Surface au sol SIA 1789 m2 Volume SIA 15 940 m3 Prix/m3 SIA (CFC 2) CHF 190.– Durée de construction Juillet 2004–septembre 2005 Photographe Serge Hasenböhler, Bâle

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Etable pour vaches allaitantes, Baldegg La communauté des soeurs du couvent de Baldegg désirait que l’exploitation de son domaine agricole de 56 ha reflète son mode de vie, en développant l’agriculture biologique, un élevage orienté vers le bien être des animaux ainsi qu’un approvisionnement en énergie renouvelable. En 2003, le couvent décida donc de confier la valorisation de son domaine à un fermier afin qu’il y développe les concepts d’agriculture extensive. Une nouvelle étable a donc été construite sur le domaine, avec comme objectif prioritaire, le bien-être du bétail. La conception de cet espace a autant été guidée par le quotidien des vaches que par les contraintes d’exploitation. Dans l’axe central de l’ensemble se situe une zone couverte, praticable par des engins agricoles. De part et d’autre se trouvent un espace ouvert, un secteur d’affouragement ainsi qu‘une zone de repos couverte généreuse où les animaux trouvent une épaisse litière de paille. Ils ont donc la possibilité de se mouvoir librement et de rechercher à volonté une place au soleil ou à l’ombre. Les bâtiments latéraux comprennent deux niveaux ouverts vers la cour centrale et revêtus d’éléments translucides vers l’extérieur. Le plancher intermédiaire sert au stockage de la paille. Le système porteur primaire des deux corps de bâtiment latéraux est composé de fermes en bois équarri de 5,3 m d’entraxe. Deux béquilles inclinées soutiennent la membrure

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supérieure, tandis que deux montants verticaux, sollicités en traction, permettent de réduire la portée de la membrure inférieure. Les poteaux situés du côté de l’exploitation, non protégés des intempéries, sont en chêne. Les assemblages sont réalisés par tôles entaillées et broches, à l’exception des liaisons des solives du plancher intermédiaire, qui sont réalisées à queue d’aronde. Des panneaux dérivés du bois constituent le plancher ainsi que la couverture de la toiture, et assurent dans le même temps la stabilisation. Les efforts longitudinaux sont repris par des béquilles inclinées dans les parois extérieures du bâtiment, dont le revêtement translucide est constitué de plaques en plexiglas de 8 mm. La toiture de la zone centrale est composée de poutres prenant appui sur des pannes qui reposent à leur tour sur des tubes métalliques à paroi mince de 155 mm de diamètre, encastrés en pied. Le revêtement par des panneaux dérivés du bois assure la stabilisation dans le plan de la toiture. Une couche d’étanchéité surmontée d’un substrat végétalisé complète la couverture. Une installation photovoltaïque de 370 m2 développant 42,3 kW est installée sur la toiture orientée au sud. La production annuelle de 38 000 kWh permet de couvrir les besoins énergétiques de l’exploitation. L’intégration réussie du bâtiment et de son installation photovoltaïque dans le paysage lui ont valu d’obtenir le Prix Solaire 2006.

Isométrie de la structure


Coupe

Plan

10 m

Lieu Sonnhaldenstrasse 2, 6283 Baldegg Maître d’ouvrage Institut Baldegg Architectes Planteams AG, Sarnen Direction du projet Joe Kündig, Baldegg Concept énergétique BE Netz AG, Lucerne Construction bois Tschopp Holzbau AG, Hochdorf Bois mis en œuvre Bois de structure: BLC 10 m3, bois massif 120 m3, poteaux en chêne 5 m3; Panneaux dérivés du bois 2140 m2; Lambris de façade 335 m2 Surface utile SIA 416 2415 m2 Volume SIA 416 8664 m3 Durée de construction Août–octobre 2005 (Construction bois) Photographes Planteams AG, Sarnen, et BE Netz AG, Lucerne

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Exploitation agricole, Campo Blenio Campo Blenio, situé à 1230 m d’altitude, vit principalement de la production indigène et de l’agrotourisme. Intégrée à ce tissu, la ferme de la famille Martinelli fait partie des exploitations locales. Sa position au centre du village ne lui laissait aucune possibilité d’extension. L’idée a donc fait son chemin de construire une étable à l’extérieur de la localité, permettant de rationnaliser le travail et d’améliorer sensiblement la détention des animaux. La nouvelle étable s’élève sur un replat au pied du plateau de la Greina, et concilie les vœux du maître d’ouvrage, les exigences de la protection du paysage, et les prescriptions cantonales et fédérales sur la détention des animaux. L’exploitation se compose de deux bâtiments parallèles dont le volume dépasse 11 000 m3, orientés d’est en ouest, et séparés par un espace à ciel ouvert où le bétail peut se déplacer à sa guise. Le corps principal au nord, dont la façade est ouverte sur la cour, combrite plusieurs fonctions: un atelier, un stock de fourrage, une bergerie pour 76 moutons, et un espace de stockage pour la paille sur le plancher intermédiaire. Le bâtiment au sud offre quant à lui une stabulation libre à 35 vaches, 16 génisses et 28 veaux. Il accueille en outre une place d’affouragement, la salle de traite avec une laiterie, une fromagerie, et au-dessus, un petit logement. La fosse à lisier

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se situe entre les deux bâtiments. De bonnes expériences acquises sur d’autres projets ont conduit à un choix rapide de la matérialisation: béton pour les fondations, la fosse à lisier et la zone de traite, bois pour les superstructures. Le système statique se compose de cadres à trois articulations avec tirants. La structure du bâtiment au sud est réalisée entièrement en bois équarri, tandis que celle du bâtiment principal est réalisée en lamellé-collé avec tirants et pièces d’appui en acier, car la lourde griffe à foin est également suspendue à la toiture. L’entraxe des deux structures est limité à 4 m en raison des importantes charges de neige. La toiture est composée de tôles profilées munies d’une protection contre la condensation et reposant sur des pannes Gerber. La stabilisation est assurée par des contreventements en bois massif disposés entre les porteurs principaux. Les façades, supportées par des poteaux et des filières horizontales, sont munies dans leur plan de jambes de force de stabilisation. Elles ont été partiellement préfabriquées, ce qui réduit notablement le temps de montage. Le revêtement extérieur est composé de lambris rainé crêté en mélèze de 20 mm d’épaisseur. Disposé avant tout verticalement, il est parfois mis en place horizontalement afin de rompre l’uniformité des façades. Dans le zone du stock de foin, les parois sont doublées sur la face intérieure avec un panneau OSB, afin d’obtenir une couche étanche.

Situation


IsomĂŠtrie de la structure

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Plan

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Coupe

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Lieu 6720 Campo Blenio (TI) Maîtres d’ouvrage Gianni et Giuliano Martinelli Architectes Imperatori et Giamboni SA, Acquarossa; collaborateur: Doriano Vitali Ingénieurs Lucchini – David – Mariotta SA, Dongio Ingénieurs bois Laube SA, Biasca; Chef de projet: Martin Hügli Entreprise bois Laube SA, Biasca Bois mis en œuvre Bois de construction: BLC 64 m3, bois massif 115 m3; lambris de façade en mélèze 20 mm 500 m2 Coût (CFC 2) CHF 1,74 million Volume SIA 116 11600 m3 Prix/m3 SIA 116 (CFC 2) CHF 150.– Durée de construction Octobre 2003–novembre 2004 Photographes Laube SA, Biasca, et Doriano Vitali, Acquarossa

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Alpage Puzzetta, Medel/Lucmagn L’alpage Puzzetta, qui se trouve à l’est de Fuorns dans la vallée grisonne menant au col du Lucmanier, appartient à la commune de Medel. Une corporation de onze agriculteurs indigènes l’exploite depuis des générations pour l’élevage des chèvres. L’alpage ne pouvant accueillir que 220 bêtes, il n’offrait plus les capacités de rendement minimales fixées à 300 animaux. En plus, l’inspectorat du lait menaçant de fermer les locaux en raison d’un non respect des normes d’hygiène européennes, il devenait urgent de remplacer les bâtiments. Le nouvel alpage en bois tout de rouge vêtu, offre un instrument de travail moderne, adapté aux conditions d’aujourd’hui. Le nouveau volume qui remplace les bâtiments existants, permet d’accueillir toutes les fonctions sous un seul toit. Il est implanté au même endroit sur un replat, entre la moraine et une zone humide. Avec sa forme en escalier, il suit la déclivité du terrain. Pour réduire les coûts, le plan s’inscrit dans une trame régulière de 5 mètres. L’organisation interne du bâtiment se calque sur le fonctionnement journalier de l’alpage. Tout en haut, un espace couvert est placé devant l’écurie. De là, les bêtes accèdent à la salle de traite, d’où elles peuvent ressortir en plein air à l’autre extrémité. Le lait récolté est amené directement à travers un filtre dans le récipient qui le réfrigère. La transformation du lait se déroule ensuite dans les salles adjacentes, dont la disposition est déterminée par les normes d’hygiène européennes. A l’endroit le plus bas se trouve l’habitation

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des employés avec une cuisine et une salle de bains, deux chambres ainsi que l’escalier pour atteindre les autres étages. Au-dessus de la production et du logement, un grand galetas peut servir de dortoir. Le socle du bâtiment a été conçu de manière à limiter les travaux d’excavation, et seule la cave est enterrée afin de rester suffisamment tempérée pour le stockage des fromages. Les deux pièces à l’avant sont accessibles depuis l’extérieur et peuvent à la fois accueillir les touristes, servir de local de rangement ou stocker le fourrage. Les fondations, le radier, les parois de la cave et la dalle au-dessus de la partie excavée sont en béton, à l’exception du sol sous le couvert. Une structure poteaux-poutres en épicéa massif, débitée par la scierie locale, a été montée sur le socle. Les installations de la scierie ne permettant pas de façonner des pièces de longueur supérieure à 7 m, l’ensemble de l’ouvrage est conçu afin de respecter ce critère. Les éléments porteurs restent visibles sauf dans les locaux de production et de séjour, où les parois sont isolées et recouvertes à l'intérieur d'un lambris. Le contreventement est assuré par le revêtement des parois extérieures longitudinales et par celui des parois intérieures perpendiculaires. En fonction des exigences, ces revêtements sont constitués de lambris, de panneaux trois plis ou de panneaux contreplaqués. L'ensemble du volume en bois est recouvert par une simple peau en tôle d'aluminium rouge, économique et ne nécessitant pas d'entretien. L'apparence extérieure est ainsi en adéquation avec le fonctionnement interne et

l'image contemporaine de la nouvelle infrastructure.

Situation


Coupe longitudinale

Plan

10 m

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Composition toiture: Revêtement de toiture et parois en profilés aluminium rouge Système de fixation sur le lattage/ventilation Sous-couverture Lattage 80 x 80 mm/Isolation laine minérale Frein-vapeur Lambris 27 mm, brut de sciage Chevrons 140 x 180 mm Composition plancher: Lambris 24 mm, râboté Solivage 200 mm Lattage 24 x 50 mm Lambris 18 mm, râboté Composition parois: Revêtement de toiture et parois en profilés aluminium rouge Système de fixation sur le lambris Lambris 18 mm, brut de sciage Lattage vertical 30 x 80 mm Lattage horizontal 24 x 80 mm Pare-vent Structure 140 mm/Isolation laine minérale Lattage 24 x 50 mm Lambris 18 mm, râboté

Coupe façade

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Lieu Val Medel/Lucmagn, 7184 Curaglia Maître d’ouvrage Commune de Medel/Lucmagn, corporation de l’alpage Puzzetta, Curaglia Architectes M. Gujan + C. Pally, Architektin HTL/Techniker TS, Curaglia Ingénieur civil Conzett, Bronzini, Gartmann AG, Coire Ingénieur bois Conzett, Bronzini, Gartmann AG, Coire; Chef de projet: Rolf Bachofner Construction bois Meinrad Cadruvi, Ruschein Bois mis en œuvre Bois massif 53 m3, Lambris et lattage 27 m3, Panneaux contreplaqués et trois plis 40 m2 Coût CFC (1–9) CHF 1,084 millions Surface de plancher 213 m2 (rez-de-chaussée), 97 m2 (sous-sol) Volume SIA 116 1356 m3 Prix/m3 SIA 116 (CFC 2) CHF 610.– Durée de construction Septembre 2003–mai 2005 Photographe Ralph Feiner, Malans

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Etable de stabulation libre, Lignières Dans le domaine de l’architecture rurale, les nombreuses normes, les directives des labels d’agriculture biologique et les contraintes économiques limitent aujourd’hui singulièrement le champ de créativité des architectes mandatés. Et pourtant, faisant fi de ces contraintes, les jeunes architectes de cette étable des contreforts du Jura ont développé un projet qui s’intègre parfaitement dans le paysage et qui exploite de manière exemplaire le potentiel des réserves de bois du maître de l’ouvrage. Fruit de l’association de deux propriétaires, le nouveau bâtiment de la ferme Juan, situé sur un vaste domaine agricole au pied du Chasseral, répond à la nécessité d’offrir la stabulation libre aux troupeaux de vaches nourricières, en accord avec le label biologique des exploitations. Pour la construction de leur étable, ils ont fait appel à de jeunes architectes, avec la volonté de valoriser leur production de bois et de dépasser l’image type de l’entrepôt agricole. Destiné à accueillir une trentaine de vaches, le bâtiment devait contenir, outre des logettes où le bétail vient se reposer librement, un espace de stockage du fourrage, des box de vêlage, et des litières pour les veaux. Afin de s’intégrer au mieux dans le paysage et le complexe existant, les architectes ont procédé à une étude attentive des caractéristiques typologiques des fermes de la région. Celles-ci se répartissent traditionnellement en deux types d’implantation. Les fermes dites ‹bientournées›, disposées dans le sens de la pente et dont la façade pignon s’ouvre largement sur la vallée, ont été remplacées, avec la mécanisation de l’agriculture, par les fermes ‹mal-tour-

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nées›, implantées parallèlement aux courbes de niveaux avec le faîte suivant le sens de la vallée, car offrant une plus grande flexibilité et un meilleur potentiel d’extension. Le volume de la nouvelle étable, au langage contemporain, tire parti des avantages respectifs de ces deux configurations. Il est placé dans le prolongement de la ferme existante alors que la toiture de l’étable avec ses quatre pans irréguliers s’adapte aux différentes échelles du site. Cette implantation génère une cour, espace extérieur où le bétail peu aller à sa guise, et permet de minimiser les travaux de terrassements. La structure composée de cadres porteurs apparents fait référence à la tradition locale de la ramée, grande surface de lames de bois ajourées. Posée sur un radier en béton intégrant la fosse à purin, la charpente en bois accueille les éléments du programme regroupés dans l’espace central, sous une mezzanine sur laquelle est entreposé le fourrage. La circulation périphérique peut ainsi se dérouler sans entraves et l’apport de lumière naturelle est maximisé. En accord avec le concept général de la construc-

Situation

tion, la toiture permet en outre la récupération de l’eau de pluie pour les besoins du bétail. Pour répondre au souci d’économie des moyens et d’utilisation des ressources en bois du propriétaire, la structure est entièrement constituée de planches débitées à partir des arbres provenant de la forêt voisine. Le dimensionnement de la structure tient compte de la taille des arbres et la charpente est formée d’une succession de 39 cadres porteurs avec un entraxe d’environ 60 cm, faits de planches de sapin massif de 24 x 8 cm de section. Toujours dans un souci d’économie, les assemblages sont cloués et autorisent le maître de l’ouvrage à participer au montage de la structure. Le système est également conçu pour que l’agriculteur puisse facilement remplacer un élément défectueux en cas de besoin. Un textile coupe-vent de couleur bronze est cloué directement sur les cadres et recouvert d’une pare-close. La toiture, réalisée en tôle gris anthracite, s’accordera avec le temps avec la couleur du bois, accentuant l’unité visuelle du volume.


Plan

Coupe transversale

20 m

Coupe longitutinale

Lieu Lieu-dit ‹Le Cerisier›, 2523 Lignières Maître de l’ouvrage Daniel Juan & Fernand Cuche Architecte Localarchitecture, Lausanne Ingénieurs bois GVH, St-Blaise; Chabloz et partenaires SA, Lausanne Entreprise bois Carnal et fils SA, Lamboing Bois mis en œuvre Grumes brutes: 130 m3; Bois équarris après sciage: 60 m3 Volume SIA 116 2470 m3 Prix/m3 SIA 116 (CFC 2) 135 CHF m3/SIA Coût (CFC 1–9) CHF 337 000.– Durée de construction 2004–2005 Photographe Milo Keller, Lausanne

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Lignum Holzwirtschaft Schweiz Economie suisse du bois Economia svizzera del legno

Falkenstrasse 26 CH-8008 Zurich

En Budron H6, CP 113 CH-1052 Le Montsur-Lausanne

Tél. 044 267 47 77 Fax 044 267 47 87 info@lignum.ch www.lignum.ch

Tél. 021 652 62 22 Fax 021 652 93 41 info@cedotec.ch www.cedotec.ch

Bulletin bois, mars 2007 Editeur Lignum, Economie suisse du bois, Zurich Christoph Starck, directeur

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Rédaction Roland Brunner, Lignum, Mélanie Baschung et Denis Pflug, Lignum-Cedotec

Conception graphique BN Graphics, Zurich Impression Kalt-Zehnder-Druck AG, Zoug Administration, abonnements, expédition Andreas Hartmann, Lignum ISSN 1420-0252 Le Bulletin bois paraît quatre fois par année, en allemand et en français.

Abonnement annuel CHF 48.– Publications isolées CHF 20.– Classeur (10 numéros) CHF 100.– Classeur vide CHF 10.– Prix sous réserve de modifications. Les membres de Lignum reçoivent le Bulletin bois et le Lignatec gratuitement. Les droits pour la publication des différents objets présentés restent réservés aux architectes respectifs. Les informations publiées ont été recueillies auprès des concepteurs.

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Bulletin bois 82/2007  

Exploitations agricoles

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