L’Archipel d’Entraide, organisme à but non lucratif, vient en aide à des personnes qui, à un moment donné de leur existence, sont exclues du marché du travail ou vivent en marge de la société. Ces laissés pour compte cumulent différentes problématiques : santé mentale, itinérance, toxicomanie, pauvreté, etc. Dans la foulée des moyens mis en place pour améliorer le sort des plus défavorisés, l’Archipel d’Entraide lance, en 1995, le magazine de rue La Quête. Par définition, un journal de rue est destiné à la vente - sur la rue ! - par des personnes en difficulté, notamment des sans-abri. La Quête permet ainsi aux camelots de reprendre confiance en leurs capacités, de réaliser qu’à titre de travailleurs autonomes ils peuvent assumer des responsabilités, améliorer leur quotidien, socialiser, bref, reprendre un certain pouvoir sur leur vie.
L’Archipel d’Entraide, composée d’une équipe d’intervenants expérimentés, offre également des services d’accompagnement communautaire et d’hébergement de dépannage et de soutien dans la recherche d’un logement par le biais de son service Accroche-Toit.
Depuis sa création, La Quête a redonné l’espoir à quelques centaines de camelots.
SUIVEZ-NOUS SUR
Envie de faire connaître votre opinion, de partager vos poésies, de témoigner de votre vécu ? Nos pages vous sont grandes ouvertes. Envoyez-nous vos textes par courriel, par la poste ou même, venez nous les dicter directement à nos bureaux.
Faites-nous parvenir votre texte (500 mots maximum) avant le 1er du mois pour parution dans l’édition suivante. La thématique de février : Famille
FAIRE DES SOUS EN DEVENANT CAMELOT
Les camelots font 2 $ de profit sur chaque exemplaire vendu. Autonomes, ils travaillent selon leur propre horaire et dans leur quartier.
Pour plus d’informations, communiquez avec Francine Chatigny au 418 649-9145 poste 31
Nous vous encourageons fortement à acheter La Quête directement à un camelot. Toutefois, si aucun d’eux ne dessert votre quartier, vous pouvez vous abonner et ainsi nous aider à maintenir la publication de l’unique magazine de rue de Québec.
COUPON D’ABONNEMENT 10 PARUTIONS PAR ANNÉE
Nom :
Adresse : Ville :
Code postal :
Date :
PAGE COUVERTURE
Photo : Archipel d'Entraide
Conception graphique : Megan Martel
ÉDITEUR
Archipel d’Entraide
ÉDITEUR PARRAIN
Claude Cossette
RÉDACTRICE EN CHEF
Francine Chatigny
DIRECTRICE DE L’INFORMATION
Valérie Gaudreau
SECRÉTAIRE DE RÉDACTION
Isabelle Noël
CHRONIQUEUR.SE.S
Philippe Bouchard, Maurane Bourgouing, Martine Corrivault, Claude Cossette, Isabelle Noël et Marc Émile Vigneault
AUTEUR.E.S
Bernard Bégin, Francine Chatigny, Bertrand Cyr, Gaétan Duval, François Gagnon, Pascal Grenier, Lisa Goyette, Martine Lacroix, Stéphanie LamondePrévost, Mélodie Langevin, MAD Âme M, Nicole Moreau, Renée Perron, Hélène Plamondon, Bernard St-Onge, Claude Tremblay et Christiane Voyer
AUTEUR DU JEU
Jacques Carl Morin
ILLUSTRATRICE
Bherg
PHOTOGRAPHES
Claudia Hausburg et Alexis Roberge
RÉVISEUR
Benoit Arsenault
INFOGRAPHISTE
Megan Martel
IMPRIMEUR
Imprimerie STAMPA inc. (418) 681-0284
COPYLEFT
La Quête, Québec, Canada, 2014
Ce document est mis à votre disposition sous un droit d’auteur Creative Commons « PaternitéPas d’Utilisation commerciale - Pas de Modification 2.5 – Canada » qui, si ce n’est pas commercial, permet de l’utiliser et de le diffuser tout en protégeant l’intégralité de l’original et en mentionnant le nom des auteurs.
Abonnement régulier
65 $
Abonnement de soutien 80 $
Abonnement institutionnel 90 $
Téléphone :
La Quête est appuyée financièrement par :
Stratégie des partenariats de lutte contre l’itinérance (SPLI)
Financé par le gouvernement du Canada
Journal La Quête
190, rue St-Joseph Est Québec (Québec) G1K 3A7
Téléphone : 649-9145
Télécopieur : 649-7770
Courriel : laquetejournal@yahoo.ca
Plutôt que de choisir un thème, Claude avait suggéré lors de notre remue-méninges annuel de donner la parole aux gens qui l’encouragent et à la grande famille solidaire de La Quête. Entre-temps, sa vie a changé (voir encadré) et il n’a pas eu l’occasion de demander à ses clients d’écrire dans ce numéro. Mais la piste était bonne : alors on a décidé de l’exploiter en un NOUS élargi à tout ce qui rayonne autour de ce magazine de rue.
À l'origine
NOUS, c’est aussi l’Archipel d’Entraide, l’organisme communautaire qui a créé La Quête et la chapeaute depuis. À l’aube de ses 35 ans, L’Archipel se paie une cure de jeunesse et revampe son image. Le 13 octobre dernier, il a dévoilé son nouveau logo : un grand «A» coloré pour Archipel — mais entre nous,
Je m’en vais… j’ai changé
Chers clients et chères clientes, je prends un moment pour vous dire merci !
Merci de m’avoir encouragé depuis plusieurs années. Oui ! merci pour les sourires, les chocolats, les crèmes glacées, les folies, les câlins, les 100 $ dollars.
Grâce à vous, je vais réaliser mon rêve : avoir une petite entreprise à moi ! Oui oui, grâce à vous, j’ai mon vélo à hot dog et en plus, j’ai décroché un contrat avec l’agora de Québec. Ma réussite est assurée grâce à ce contrat.
Donc, il est temps pour moi de laisser ma place. Ce sera mon dernier hiver de vente du magazine de rue La Quête. Mon dernier Noël à la Place d’Youville.
Merci à tout le monde. Je vous aime. Vous allez me manquer… mais si vous vous ennuyez trop, vous pouvez toujours venir me voir à l’agora l’été prochain.
Dans ce numéro, vous lirez donc plusieurs mots de camelots et un charmant témoignage d’une cliente. Plusieurs collaborateurs et collaboratrices ont profité de l’occasion pour exprimer leur motivation à faire équipe avec La Quête. Notre flyé, lui, a opté pour un historique pas banal du tout, des camelots à travers le temps…
Bonne lecture !
c’est aussi beaucoup pour Amour — dont les cinq îlots symbolisent les services offerts : intervention, répit, relocalisation, participation au Porte-Clés et La Quête
Et c’est avec les acteurs de notre quotidien (dont vous pouvez voir un petit échantillon sur la couverture) qu’on a fait le dévoilement autour d’une bonne soupe, à la mode de chez nous !
Fait que, ben oui je m’en vais, parce que j’ai changé ! lollll
Je vous aime tous, merci encore (cœur !)
CLAUDE
Ex-camelot !!!
FRANCINE CHATIGNY
Courtoisie:Claude
Cossette
LES CAMELOTS DE LA SURVIE
La signification du mot « camelot » a évolué au cours des siècles. Au Moyen-Âge, le mot faisait référence à de nobles chevaliers. Aujourd’hui, c’est l’appellation que l’on donne à d’humbles diffuseurs d’information qui déambulent sur la place publique.
PRÉCURSEURS DE DIFFUSION
« Camelot » est le nom du château du légendaire Roi Arthur. À l’époque, le mot désignait les apprentis chevaliers, jeunes et inexpérimentés, qui étaient chargés de menues besognes lors des fêtes et tournois.
Au 19e siècle en France, le mot a pris une nouvelle signification dans l’expression Camelots du Roi, un groupement de jeunes antidémocratiques qui s’activaient à diffuser de la propagande royaliste.
Vers 1900, le terme est devenu synonyme de colporteur. Un camelot était un vendeur ambulant qui parcourait les rues en promouvant ses produits à la criée. Dans les années 1950 encore, des marchands maraîchers parcouraient les ruelles de Québec en voitures à cheval, gueulant : « Oh ! des légumes ! Des patates, des carottes, des navets… Oh ! Les beaux légUUUUUmes ! ».
Ces années-là, les citadins se déplaçaient à pied ou en tramway. Une grande partie de l’activité industrio-commerciale se déroulant dans le quartier Saint-Roch ; le « carré Jacques-Cartier » grouillait de populace alors que les bourgeois déambulaient Place d’Youville. À ces deux endroits, une horde de garçons de 10 à 16 ans s’époumonaient à stimuler la vente des journaux en hurlant : « Soleil, L’Action, édition de cinq heures ! ». Les quotidiens assuraient une bonne partie de leur diffusion par ces jeunes… camelots.
Les camelots les plus connus étaient « Les Petits vendeurs de journaux ». Cette appellation faisait référence à l’œuvre religieuse et sociale des religieux de Saint-Vincent de Paul qui rassemblaient les jeunes des îlots les plus pauvres de la basse-ville, leur fournissait un espace de jeu et leur offrait une éducation adaptée à leur disponibilité de camelots gagne-pain.
LE BESOIN D’INFORMATION
Au cours des dernières années, l’industrie des médias a subi d’importants changements en raison de la transition vers le numérique, mais le besoin d’une information sur papier reste important pour une frange de la société. Le plaisir de feuilleter ces beaux journaux et magazines reste présent. Aussi existe-t-il encore dans les villes des « kiosques à journaux » bien fournis.
Mais de nombreux lecteurs préfèrent consulter leur information écrite en ligne plutôt que de payer une information imprimée. Cette évolution produit un impact désastreux sur la vente des imprimés et par conséquent sur la nécessité de camelots et de livreurs de journaux.
Dans les prochaines années, le mot camelot désignera peut-être un autre métier. Peut-être que les lecteurs trop occupés pour se déplacer commanderont-ils leurs imprimés préférés pour les recevoir des mains de camelots rapidos. Peut-être que ces camelots livreront les livres réservés par les abonnés à leur bibliothèque — un genre de UberEats de la documentation-information.
Peut-être… mais je pense plutôt que le papier laissera toute la place au numérique. Les tablettes permettent déjà de feuilleter nos magazines préférés sans gaspiller la précieuse pâte à papier, et les liseuses, de lire les livres numériques empruntés à la bibliothèque à partir de chez soi. Pratique quand on est une personne âgée ou impotente. D’autant plus que l’on peut emporter dans une simple liseuse ou sur son téléphone, plusieurs dizaines de livres. Et passer d’un roman à un essai en un clic ou par une simple commande vocale.
Et cela, avec des avantages que le papier ne peut pas offrir. La liseuse permet en effet de souligner les passages à retenir, d’obtenir la définition des mots que l’on ne connaît pas, de texter des passages à ses amis, de noter des réflexions. On peut demander de définir ou traduire certains mots, choisir sa typo préférée, lire au grand soleil ou même la nuit sans éclairage ambiant. Et on n’a pas besoin de prévoir une surface de plancher pour entreposer tous ces livres que l’on empile depuis des années.
Les camelots de La Quête, eux, continueront de servir.
Peut-être deviendront-ils des crieurs de nouvelles pour les chalands comme on le faisait sur le parvis des églises au 19e siècle. Peut-être en viendront-ils à offrir d’autres produits, une autre forme d’information, d’autres messages en misant sur la force des relations impromptues. Répondront-ils à des besoins qui sont insoupçonnés pour le moment ? Peut-être. En tout cas, demeurera toujours le besoin que se tissent des liens entre les personnes en situation de fragilité et les passants pressés. Comme aujourd’hui, les relations humaines resteront nécessaires. Les « camelots-nouveaux » le seront également.
CLAUDE COSSETTE
MON CAMELOT IDÉAL
Bonjour,
J’ai le plaisir de vous présenter mon sympathique camelot que je décrirais ainsi…
Avec sa belle chevelure frisée et ses yeux bleus, il rappelle certaines images du Christ dont les traits sont idéalisés… mais lui c’est du réel ! La première fois que je l’ai croisé à Limoilou près de la Boîte à pain, c’est d’abord son jovial « Bonjour Ma… moiselle » qui m’a interpellée. À mon âge, plus personne ne me salue sur le bord de la rue et encore moins m’appelle Mademoiselle.
Son grand sourire, son air engageant et respectueux m’ont d’emblée assurée que j’avais affaire à un « bon gars ». Beau temps, mauvais temps, il garde le sourire et il est toujours prêt à rendre la monnaie même s’il sait très bien que j’arrondis le compte. Chaque fois que je l’ai croisé, il a fait la différence dans ma journée par sa joie rayonnante et son optimiste.
Salut à toi… dont j’ignore encore le nom, tu es le camelot idéal !
JACQUELINE
La Mademoiselle de Limoilou
MA « JOB » DE CAMELOT
Manquer de rien : tu parles d’un trip !
Même si je suis seule, je me sens si bien, si heureuse, ENFIN !
Et je ne suis pas si seule, car les gens rencontrés demeurent dans ma mémoire, leurs gestes d’humanité, leurs paroles…
Mes préjugés sur les riches — je travaille coin Cartier et René-Lévesque — tombent en ruines. À mon retour du travail, je suis si fière que j’ai une bonne fatigue, avec la satisfaction du travail accompli. J’ai eu un bain de foule valorisant.
On me récompense pour mon courage, mes efforts. On me paye le café.
C’est d’une telle bienveillance ! On m’a déjà offert un sac de clémentines et, à l’été indien, une crème glacée, WOW !!!
Les gens du quartier se connaissent et j’ai de plus en plus l’impression que je fais partie de la communauté.
On m’aime, on m’apprécie comme je suis, même si je suis d’une tout autre classe, j’arrive à l’oublier. Et toutes ces petites jasettes avec des inconnus, J’ADORE !! Ils sont foncièrement bons.
J’apprends à ne jamais me décourager, rester de bonne humeur, gentille et polie malgré les temps morts. Rester positive sans cesse, ça se sent, j’en suis certaine et c’est même payant (semblable à quand j’étais serveuse à 17 ans).
Même mon rapport avec l’argent change tranquillement, pour le mieux. Je budgète, je calcule et je
l’apprécie plus. Je me sens indépendante et bien des peurs se dissipent. Ce travail a vraiment changé ma vie et pas seulement du côté monétaire. J’ai une vie sociale maintenant et mon estime de moi ne fait que grandir.
HÉLÈNE PLAMONDON
Photo de Carole-Anne Beaulieu
Hélène et Carole-Anne Beaulieu, intervenante à La Quête et au Porte-Clés
Éric, camelot intersection 3e Avenue et 4e Rue
NOUS, LES GENS DE LA RUE
Je fais ici référence autant à ceux qui y sont toujours, qu’à toute personne l’ayant été dans le passé, serait-ce même il y a plusieurs années. Car une fois qu’on a été dans la rue, on pourrait rester à jamais « quelqu’un qui a été dans la rue », un(e) ex-itinérant(e). Tout dépend de comment on choisit de vivre cette expérience.
Mélodie, 30 ans, en logement, confortable financièrement, journaliste bénévole à La Quête depuis le printemps dernier et emplie de motivation et de projets.
autre, externe à mon être actuel, j’accepte les événements antérieurs sans plus me définir par la douleur.
Premier pas
« On ne choisit pas le milieu familial dans lequel on naît. On y est, on y vit, on y grandit, c’est tout. »
~Mélodie
10 ans plus tôt, maigre, blême, sans domicile fixe et prête à commettre des actes ignobles pour payer mes amphétamines (speed).
DE JEUNE DE LA RUE À JOURNALISTE BÉNÉVOLE POUR LA QUÊTE
Les débuts
On ne choisit pas le milieu familial dans lequel on naît. On y est, on y vit, on y grandit, c’est tout. Père absent, mère avec certains problèmes physiques et psychologiques, j’ai eu affaire aux centres jeunesse de la DPJ à la fin de l’adolescence, convaincue que j’étais une vilaine adolescente ingérable. Mes 18 ans atteints, les portes de la DPJ se sont fermées, et celles de la rue se sont ouvertes. La drogue est entrée dans ma vie, tout comme cet homme qui m’a tout pris et dont j’ai cru devoir me venger durant des années afin d’être apaisée.
La rue
Il ne me reste aujourd’hui que des bribes de cauchemars, des souvenirs flous de violence, d’abus, de peur, de vulnérabilité. N’ayant pas oublié, je ne vois tout de même pas l’intérêt de regarder le passé. Voyant cette vie comme lointaine,
Lire La Quête me rappelle que les gens en difficulté ne sont pas laissés seuls. Un organisme similaire à Montréal, L’Itinéraire, a été la première étape pour me sortir de la rue. Ils offraient à l’époque un programme de réinsertion en production cinématographique pour les jeunes de 18 à 35 ans. Nous étions huit participants. Cela m’a tout d’abord aidé à me familiariser avec un horaire de travail de 35 heures par semaine de 9 h à 17 h. Le fait d’apprendre de nouvelles notions, puis de les maîtriser m’a aidé à entamer les premiers pas pour reprendre confiance en moi et en mes compétences. La
« Mes 18 ans atteints, les portes de la DPJ se sont fermées, et celles de la rue se sont ouvertes. »
~Mélodie
finalité du programme a été de réaliser un court-métrage d’une cinquantaine de minutes en groupe. Je n’oublierai jamais la soirée de présentation du film et la fierté ressentie face à l’aboutissement et l’accomplissement d’un tel projet.
La suite
La transition a été longue et s’est faite à petits pas. Je ne pouvais pas m’empêcher malgré tout de me voir comme un rebut de la société, vouée à une vie misérable et n’ayant pas droit au bonheur. Je trouvais tout de même la force de me « bouger le cul » pour me tenir occupée et toujours être, soit aux études à terminer mon secondaire, puis faire un DEP en secrétariat, soit à l’emploi, ou les deux en même temps. Cherchant un sens, un but, je me démenais à l’école et au travail, y voyant la
Courtoisie Mélodie Langevin
seule façon de me sentir exister. C’est ce que j’avais à faire, ce que les gens normaux font. Travailler. Produire.
Je suis partie de rien, de tout en bas, et j’ai réussi à monter les échelons. Studieuse et performante académiquement (mon parcours scolaire ayant plutôt été troublé par des problèmes familiaux), j’ai du moins été épargnée de ce défi supplémentaire. M’immisçant parmi les gens aux parcours plus ordinaires, j’avais toutefois toujours l’impression d’être une impostrice, m’incluant dans un monde ne semblant pas mien.
L’envol
Aujourd’hui, après une carrière florissante de sept ans dans le secteur administratif qui, je n’ai
pu me l’avouer que récemment, ne me convenait pas, je repars de zéro. M’étant autorisé un temps de pause pour réapprendre à me connaître, m’écoutant et me souciant de mon bien-être, je renoue avec mon rêve d’enfance d’être auteure.
« Longtemps, j’ai vu mon passage dans la rue d’un œil négatif, mais, aujourd’hui, ma perception a changé. »
~Mélodie
Longtemps, j’ai vu mon passage dans la rue d’un œil négatif, mais, aujourd’hui, ma perception a changé. J’aurais beau regretter certaines actions et me victimiser, je ne peux pas changer ce que j’ai traversé. Tout ce que je peux faire, en regardant en arrière, c’est observer mon évolution. Observer que j’ai su grandir et apprendre, par ce parcours tumultueux. Je
VIVRE AVEC LE DIABÈTE
Vivre avec le diabète c’est pas drôle. Ça change toute une vie. D’abord, il faut prendre la mesure de sa glycémie deux fois chaque jour. Comme je déménage souvent et que je fais beaucoup d’aller-retour entre Québec et Montréal, ma machine à diabète ne suit pas toujours. Alors, je n’ai pas toujours la mesure exacte.
Il faut contrôler ce que l’on mange. Mais ça, c’est difficile quand on mange dans les soupes populaires. Les assiettes sont quand même équilibrées et la nourriture est bonne, mais reste que je n’ai pas
le contrôle total sur mon alimentation.
Si j’aimais cuisiner, ça aiderait, mais j’aime pas ça. C’est l’fun quand je cuisine avec les autres chambreurs, mais seule je préfère aller au Café Rencontre centreville pour dîner et à Lauberivière pour souper !
Pour contrôler la glycémie, il faut se piquer deux fois par jour. Il faut pas manger de sucre. Ça, c’est dur parce que je suis une bibitte à sucre. J’ai coupé la moitié de mon sucre. Je suis une personne responsable.
suis une femme forte, valable, méritant le meilleur que je souhaite accomplir. Je ne serais peut-être pas cette personne si mon chemin de vie avait été autre. La rue est une école à la dure, mais une école qui, si on prend le temps de bien étudier, nous apprend cruellement l’existence. J’ai appris, je continue d’apprendre et je poursuis mon ascension vers le meilleur de moimême.
Il y a toujours de l’espoir, toujours du bonheur, il faut seulement savoir ouvrir assez grand les yeux et son esprit pour le voir.
MÉLODIE LANGEVIN
J’aimerais quand même ça avoir un suivi au CLSC. Ce serait moins inquiétant.
LISA GOYETTE Camelot
LE PARCOURS DANS LA COMMUNAUTÉ
La Clinique communautaire de santé et d’enseignement SPOT (Santé pour tous) organise ponctuellement un parcours pour les nouveaux membres de son équipe, mais aussi pour les étudiants universitaires en médecine, soins infirmiers, etc. Le 25 août dernier, La Quête a fait le parcours en compagnie d’un infirmier communautaire fraîchement embauché et de deux nouveaux pairs aidants. Pendant qu’on sillonne les rues de la basse-ville, Maxime Robert, administrateur et pair aidant à SPOT présente les organismes communautaires qu’on croise et indique ceux où SPOT s’arrête pour offrir des soins. Évidemment, il est impossible de lister ici, toute la gamme de services offerts par chacun des organismes… mais on espère que cette petite incursion dans l’univers du communautaire vous donnera le goût de fouiller pour en savoir davantage. Suivez-nous !
Rues des Oblats
Projet Intervention Prostitution Québec (PIPQ)
Intervention auprès des travailleuses et travailleurs du sexe (TDS), milieu de vie, banque alimentaire, popote collective occasionnelle, distribution de matériel de consommation, service infirmier sur rendez-vous, vêtements, accompagnement dans les démarches. L’équipe des Cat Women se rend dans les lieux de travail des TDS : bars de danseuses, salons de massage, etc.
Intersection Saint-Vallier et Père-Grenier
Maison Revivre
Hébergement pour hommes, soupe populaire tous les midis sauf le dimanche, banque alimentaire pour tous une fois par mois. Mis à part la direction, ce sont principalement des bénévoles, soit des personnes qui ont bénéficié ou qui bénéficient du service, qui y œuvrent.
Pignon bleu
Favorise la sécurité alimentaire des enfants et des familles.
Atout-lire
Groupe populaire d’alphabétisation qui donne aussi des formations sur l’utilisation des ordinateurs.
Intersection St-Joseph et Hermine
Soeurs bleues
Soupe populaire à 11 h et pains disponibles toute la journée.
Intersection boulevard Charest et Langelier
Centre Jacques-Cartier Logement pour les 18-35 ans, ateliers et projets favorisant la réinsertion sociale. S’y trouve aussi Le Dôme, une grande salle où se déroulent différentes activités communautaires et spectacles.
Rue Notre-Dame-des-Anges, à la même porte
Centre communautaire de l'Amitié
Déjeuners à faible coût, activités à l’extérieur (plein air inclus) dépannage alimentaire pour les membres, cuisine collective à l’occasion.
Projet L.U.N.E
Drop-in (hébergement de nuit) pour les femmes et les personnes qui s’identifient comme femme. Fonctionne sur le principe de première arrivée, première servie.
Intersection Notre-Dame-des-Anges et Saint-Anselme
SQUAT Basse-Ville
Accueille les jeunes fugueurs. Hébergement et nourriture. Confidentialité.
Intersection Charest et Saint-Anselme
Pech - Sherpa
Hébergement (gère aussi la maison Saint-Luc et le Camp de base), intervention et équipe de crise.
Activités culturelles favorisant la mixité sociale
De l'autre côté de la rue, dans le même immeuble que la pharmacie Familiprix
Interzone (accès par la rue Saint-Vallier)
Centre de consommation supervisée pour les personnes utilisatrices de drogues par injection et inhalation. Service de vérification des substances (ex. détection fentanyl).
Présence d’une infirmière en tout temps. Dépistage de ITSS soin des plaies, etc.
Intersection St-Joseph et Caron
Archipel d'Entraide
Intervention, Répit de jour, Magazine de rue La Quête, Accroche-Toit (recherche chambre et chambres et pension)
Devant la porte, cette journée-là : Unité mobile de SABSA — Distribution de matériel de consommation sécuritaire et naloxone, service de vérification de substances (spectrométrie, colorimétrie, bandelettes de détection), prévention, dépistage et traitement des ITSS, entre autres.
Rue de la Couronne
Clinique Sabsa
Service d’infirmières praticiennes spécialisées en première ligne (IPSPL).
Psychiatre. Dessert la population de Saint-Roch et de Saint-Sauveur.
Parvis Saint-Roch
Parvis
Lieu de rassemblement citoyen et frigo partage !
Dans l'église Saint-Roch
Engrenage Table de quartier
Beaucoup de projet citoyen et de concertation entre la Ville, les commerçants et les citoyens.
Intersection Saint-Joseph et rue
Mgr Gauvreau
Café Rencontre
Soupe populaire (déjeuner et dîner pour 0, 75 $), friperie, aide aux devoirs, coiffure le mardi.
Rue Dupont
YMCA
Activités physiques et santé. Tarif préférentiel pour les personnes défavorisées.
Lauberivière
Hébergement (style refuge et aussi appartement pour ceux qui ont un projet de vie), milieu de vie, soupe populaire le soir, dégrisement, drop-in sous forme de loterie, aussi place pour dormir un 8 heures de jour, formation L’Aube de l’emploi.
Maxime conclut ce parcours, qui a duré un peu plus de 2 h sous un soleil de plomb en précisant qu’en plus de faire connaître les organismes, l’exercice démontre l’étendue du territoire que doivent parcourir les gens qui recourent aux différents services. « Ça en fait du millage dans une journée, c’est très énergivore et plusieurs se retrouvent avec les pieds blessés. Ça démontre aussi qu’être pauvre, c’est une job à temps plein. »
Photos : Claudia Hausburg
Corrivault
LES SÉRAPHINS DE L'ÈRE MODERNE
Regarder en arrière : quel exercice périlleux, mais parfois nécessaire pour découvrir les origines d’un phénomène, d’une réalité, l’histoire des gens ou même la sienne.
Ainsi, on n’a jamais autant parlé de l’itinérance et des personnes qui se retrouvent à la rue pour diverses raisons, bien identifiables et identifiées. On est à la rue parce qu’on n’a pas de logement et qu’on ne dispose pas de ressources ou de revenu permettant d’en avoir un et d’y vivre dans des conditions acceptables. Et le problème dénoncé reste à trouver des solutions efficaces et durables pour éviter que la situation ne s’aggrave. Là, les obstacles se multiplient.
Rapidement, on a accusé les autorités d’avoir négligé de construire suffisamment de logements sociaux au fil des ans, mais le remède impose aussi qu’on en vérifie l’application et surtout, l’efficacité, en toutes circonstances.
Notre société fonctionne comme si elle croyait vraiment à l’égalité des chances pour tous. Or, il suffit de regarder autour de soi pour constater que c’est là un des plus gros mensonges jamais racontés à des populations qui ne demandaient qu’à y croire. Non, nous ne naissons pas tous égaux, en bonne santé physique et mentale, entourés de bons parents et capables d’assimiler une éducation et une formation efficaces !
Et ça commence dès la naissance pour plusieurs qui devront surmonter toute une gamme de handicaps, physiques ou intellectuels, parfois sans le soutien adéquat d’une famille, d’un entourage et même des institutions sociales. S’il existe ce qu’on appelle des « filets sociaux » pour permettre aux moins chanceux de s’en tirer, il leur faut d’abord avoir survécu dans un milieu favorable à un développement à peu près normal et porteur de valeurs où le respect, l’entraide et l’autonomie existent. Sinon, la joute démarre avec un déficit quasi insurmontable.
Il ne suffit plus de répéter que le monde évolue, que la société change, que la porte est ouverte à tout le monde pour que, par magie, tous les problèmes sociaux disparaissent. Les dernières décennies ont per-
mis de mieux comprendre les origines des difficultés, mais les intérêts particuliers des uns dressent toujours des forteresses d’obstacles devant les solutions envisagées pour aider les autres. Et on sait que l’accès à un logement sain n’est malheureusement pas… à l’abri du mal.
De plus, la multiplication des sources de dépendances de toutes origines et cela, de plus en plus tôt dans le « meilleur des mondes », donne l’impression que l’on semble plus pressé de les encourager que d’en couper les sources. Les drogues s’insinuent dans l’univers de la jeunesse et leurs promoteurs utilisent souvent les dépendances socioaffectives pour arriver à leurs fins. Et il ne faudrait pas se surprendre de voir les symptômes évoluer vers la maladie mortelle ?
Les gouvernements peuvent bien adopter toutes les lois qu’ils voudront, s’ils n’y ajoutent pas les moyens et les ressources pour les appliquer rigoureusement, et à tous les niveaux, leurs agitations resteront des coups d’épée dans l’eau. Des relations publiques pour soigner leur image. Ou des occasions de discours stériles sans les gestes nécessaires. Quand un ministre en arrive à demander aux représentants du peuple de « baisser le ton », il y a lieu de s’interroger ou de lui demander de s’ajuster à la réalité.
Désormais, l’itinérance glisse doucement hors des limites des grandes agglomérations urbaines parce que celles-ci ne peuvent pas satisfaire les attentes de ceux qui ont naïvement cru régler leurs problèmes en désertant leur région. Et la solution au problème ne se trouve pas dans un retour à l’ère des « quêteux » errants de villes en villages, comme le Jambe de Bois que décrivait M. Claude-Henri Grignon dans son roman qui a inspiré la télésérie Séraphin
Les institutions d’antan ont peut-être momentanément pu éluder la question, mais aujourd’hui, nous faisons face à un véritable problème de justice sociale. Il faut rapidement relever un défi qui n’a rien de romantique ou de folklorique.
MARTINE CORRIVAULT
SOLUTIONS SIMPLES À LA CRISE DU LOGEMENT
On parle beaucoup de ce temps-ci, de la crise du logement, mais les solutions efficaces et à court terme sont rares. Je n’ai pas entendu l’option d’une meilleure utilisation des habitations surdimensionnées comme avenue possible à la pénurie de logements. Or personnellement, je connais des gens vivants dans des quartiers datant de 30 à 60 ans qui demeurent seuls ou en couples dans la maison où ils ont élevé leurs enfants. Ils se perdent dans ces grands espaces et souvent ce n’est que des liens sentimentaux qui les y retiennent. Après avoir remboursé l’hypothèque pendant 25 ans, la maison est payée. Toutefois, ceci ne justifie en rien le fait d’y demeurer si elle est surdimensionnée pour leurs besoins. Ils pourraient vendre avec avantage à une nouvelle famille avec enfants. S’ils ne veulent absolument pas s’en départir, ils pourraient faire aménager un appartement au sous-sol ou à l’étage supérieur. Une autre solution serait de louer une ou des chambres.
En plus d’apporter une amélioration à un problème social grave de pénurie de logements, ces solutions simples contribueraient à réduire la consommation d’espace et d’énergie, ce qui serait super sur le plan environnemental. Ça irait aussi dans le sens de la densification du bâti, sans nécessiter de grandes transformations.
De plus, ça apporterait des gains financiers non négligeables aux propriétaires tout en réduisant les surfaces à entretenir. Finalement, ça pourrait réduire les cas d’isolement social qui sont fréquents chez les aînés ou simplement apporter une agréable compagnie tout en fournissant des bras pour aider, entre autres au déneigement en hiver.
PASCAL GRENIER
Simplicitaire
Photo Freepik
JE RÉCIDIVE 4
Jeudi, 27 avril 2023. La psychiatre me donne rendez-vous le lundi 1er mai suivant à 11 h. Je porte à son attention que j’ai un conflit d’horaire puisque je livre des repas aux personnes âgées de mon quartier. C’est mon stage de travail du programme PAAS de l’aide sociale pour lequel je gagne 120 $ par mois à raison de 5 heures 3 fois par semaine. Qu’à cela ne tienne, elle me signe sur le champ un billet médical de congé maladie jusqu’au 29 mai. « Pfioouu! Alléluia ! » Ça m’a soulagé.
J’aurai du temps pour déambuler en ville, jaser avec les humains, Québécois de souche, touristes ou immigrants, qui comme moi, sortent d’hibernation, se prélassent sur les terrasses une lueur dans les yeux. J’aurai du temps pour profiter du réveil de la nature printanière, de la lumière et de la chaleur du soleil, du parfum des lilas, pour observer et écouter les volées d’outardes qui migrent vers le Nord, les corneilles et les corbeaux qui croassent perchés sur les lampadaires ou les arbres et aussi entre autres, les écureuils qui sautent de branche en branche en pensant à mon grandpère paternel qui leur donnait des cacahuètes sur le terrain de notre maison familiale à Bordeaux Montréal où j’ai grandi et surtout en pensant à ma mère, une grande contemplative devant l’éternelle. J’aurai du temps pour travailler sur mes projets d’écriture et aussi pour passer du bon temps avec tous mes amis qui eux aussi sortent d’hibernation et à qui je suggérerai d’écouter Émilie de Joe Dassin, le chanteur français des années 1970 pour comprendre la morsure de l’hiver et la libération
du printemps, ou lire Tant attendus du poète Roland Giguère ou encore faire jouer L’hymne au printemps de Félix Leclerc.
Et je recommence un autre voyage intérieur. Et comme tout le monde en voyage, même si je demeure dans les limites de la belle ville de Québec, je me paye de bons restaurants comme Le Hobbit, les Brûleries ou Au Bonnet d’Âne.
J’ai rapidement reconnu les symptômes et me suis présenté de mon plein gré à l’hôpital. Parce que ça fait 38 ans que je bourlingue avec mon diagnostic de schizoaffectif bipolaire parfois narcissique (mais quel artiste ne l’est pas ?). J’ai appris. Et comme plusieurs de mes amis Facebook légitimement inquiets m’ont conseillé de prendre soin de moi suite à la lecture de mon partage de dimanche soir (23 avril 2023)1 , je prends les moyens pour prendre soin de moi. Et votre soutien fait partie de mon rétablissement. Merci. Love.
MERCREDI 26 AVRIL 2023
Deux gentilles infirmières sont venues chez moi à 21 h hier soir. Bon contact. J’ai raconté une partie de mes vies encore une fois et j’ai pris le temps de les écouter et de faire le focus sur leurs questions, d’écouter leurs conseils.
Elles sont reparties vers 22 h, avec quelques bouteilles de médicaments que j’avais accumulées. Puis elles ont exigé que je prenne ma dose du coucher devant elles (ce qu’elles exigeront pour les trois prochaines semaines) et conseillé de reprendre ma routine du coucher et ma douche comme d’habitude sauf que moi, d’habitude, je prenais ma douche avant les médicaments. Mais il faut s’adapter. Je suis quand même chanceux de les avoir et de vivre comme une hospitalisation, mais à la maison. (à suivre ?)
BERNARD ST-ONGE
Photo : Wiki commons
SAINT-ROCH
CHEZ MCDO
Toi et moi en quête…Mais en quête de quoi ?
En quête d’amour !
De « l’amour crisse » comme l’avait scandé Louise Latraverse comme le désire un peu tout le monde. Non ? Fantasme de devenir un diamant dans le cœur d’un autre être humain…
Je te ressemble un peu, toi qui offre La Quête
Si tu as une niche elle est probablement aussi petite que la mienne plus petite que la plus petite toilette du beau gros château photographié 1000 fois par jour.
Lorsqu’on survit grâce à un revenu modeste, on nous regarde parfois de haut tels les touristes qui toisent la populace locale au second étage des autobus rouge sang marqués Québec Tours.
Lorsque tu déambules, pas loin du Parlement, supposément NOTRE MAISON CITOYENNE, ne trouves-tu pas que la classe politico-cynique ne se soucie pas beaucoup des gens comme nous, sauf bien sûr en période électorale.
D’après toi, elles se retrouvent où toutes leurs promesses ?
Dans le bac bleu ?
Dans le bac brun ?
Dans le bac noir ?
Cela te donne-t-il le Tourny, oups le tournis, à toi aussi ?
Et la tête de Gandhi ?
Sur Grande Allée !!!!!
Un pacifique le monsieur indien…
Moi aussi…
Mais j’avoue que me prend parfois l’envie de répondre aux injustices sociales par la « bouche de mes canons ».
Parole de Frontenac !
Saint-Jean dans la Haute-chasse gardée des riches
Saint-Joseph dans la Basse-enclos des autres.
Mais vlà-t’y pas que la Basse se métamorphose, elle commence à se prendre pour la Haute…
Les sans-beaucoup-de-sous vont aller où pour respirer ?
On essaie de monter une côte, encore une… pis on dégringole !
On se retrouve sur le cul au pied de la pente douce, on se sent alors ridicule comme un Bonhomme Carnaval en plein été…
Et si on en finissait…
Si on plongeait en bas de la chute Montmorency… ou encore de la terrasse Dufferin… le bassin Louise ferait aussi l’affaire…
Ça va bien aller…
Quand ?
Tiens, pourquoi ne pas prier saint Roch ?
Qui sait, il nous donnera peut-être une colonie d’ondes positives susceptibles de nous rendre invincibles comme un Champlain débarquant en Amérique…
Écoute, on entend La Quête de Brel…
C’est quoi ton « inaccessible étoile » ?
Tu me le diras si on se croise chez McDo, une sorte de citadelle, la malbouffe n’est pas trop chère en prime il y a WIFI
c’est vachement pratique pour soumettre un texte à Francine
la madone de la rédaction de La Quête
MARTINE LACROIX
Illustration de Martine Lacroix
Dans ce fameux « Nous », je me suis impliqué depuis déjà plusieurs années. Ayant commencé comme auteur, après quelque temps, on m’a classé dans les chroniqueurs, car j’aime mieux développer sur le thème que la revue se donne chaque mois. Mon but, en changeant de genre d’articles, était tout simplement de donner l’occasion à mes neurones de travailler un peu plus et ainsi de les garder dans une meilleure forme. Être sans but est un peu, voire beaucoup, s’enlever des chances de réussir son existence. Enfin ! j’ai mes idées là-dessus tout en respectant les idées des autres.
Ce « Nous » discret sans en avoir l’air comprend beaucoup de monde. Il y a, ainsi, semblable à une armée, un groupe de personnes qui s’impliquent de différentes façons dans le magazine La Quête que vous tenez entre vos mains et qui lui ont donné jour. Il y a le groupe des journalistes, des auteurs et de l’équipe éditoriale qui déterminent les sujets à traiter chaque mois. Il y a des personnes pour superviser le tout. Les annonceurs qui supportent ce journal. Un imprimeur pour réaliser la revue et un artiste pour la couverture. Un correcteur pour superviser les écrits et apporter les correctifs. Des personnes qui harmonisent les titres. Quelqu’un qui pense au montage, et bien entendu des camelots qui le distri-
ÉCRIRE : UN BAUME !
buent sur la rue et des clients qui l’achètent et qui le lisent. Je ne veux pas oublier non plus les annonceurs et les illustrateurs qui ont aussi un rôle à jouer dans cette énumération. Le choix de la couverture qui doit être un reflet du sujet traité. Assurer des points de vente territoriaux pour la distribution est une nécessité pour un résultat positif. Et pour couronner le tout, quelqu’un (une) qui dirige le tout comme un (une) chef d’orchestre. Le magazine de rue La Quête, c’est un peu tout ça et parfois plus encore. Car, chers clients, sans vous qui l’achetez et le lisez, ce magazine n’aurait aucune raison d’exister. Ceci est pour vous mentionner combien vous êtes importants pour nous. Dans les circonstances, il ne me reste qu’à vous souhaiter « Bonne lecture. » Avec tout le respect que je dois aux lecteurs de ce magazine, Sincèrement,
Mes premiers mots sont pour remercier tous les gens qui contribuent à la création de ce magnifique journal qui me permet d’écrire mes réflexions par le biais du projet Point de vue. Jamais de ma vie je n’aurais imaginé que je pourrais faire une telle chose. Je tiens à remercier les personnes qui font la correction de mes écrits, car je crois que j’augmente le volume de votre travail : je suis désolé, c’est le prix à payer pour un bon journal. Il est précieux pour tous ceux qui sont à l’origine de sa création. Depuis, le journal a grandi dans le cœur des gens et c’est tant mieux. Il est le reflet de la pensée de bien des gens et je suis heureux d’en faire partie. Je remercie Pech Sherpa et Marc Émile Vigneault de m’avoir donné la chance d’écrire pour Point de vue. C’est un baume dans ma vie et ça me stimule à rester actif… C’est ma quête pour 2023-2024.
Vigneault et Bertrand Cyr
Chaque texte publié donne un sens à ma vie et je suis reconnaissant à ce magazine de me donner la liberté d’écrire mes réalités. Tout être devrait avoir l’occasion d’être écouté. Et La Quête favorise ces échanges entre toutes les classes sociales qui ont tant à apprendre l’une de l’autre. Je termine en disant bravo aux gens de La Quête, soyez heureux et fiers de vous !
BERTRAND CYR
C
ourtoisie:Philippe Bouchard
PHILIPPE BOUCHARD
Photo : La Quête
Marc-Émile
VERS LA DISPARITION PROGRESSIVE DE L'EMPATHIE ?
L’empathie me paraît être une qualité humaine essentielle dans une société qui se dit préoccupée par les droits de la personne et qui estime être fondée sur l’humanisme.
L’empathie, si on examine ce que Google a inscrit dans son moteur de recherche, c’est « la capacité de comprendre et de partager les émotions d’autrui. Elle nous permet de voir les choses du point de vue d’autrui, plutôt que du nôtre. C’est une qualité essentielle qui favorise les relations sociales et professionnelles, développe la conscience de soi et contribue à un monde plus juste ». Si on souhaite vivre dans une société qui se préoccupe des différents groupes qui la composent, des individus qui y sont regroupés, dans une société marquée par la coopération davantage que par la compétition, dans une société dont les dirigeants essaient d’atténuer les tensions sociales, l’empathie doit être valorisée.
Une société vue comme humaniste suppose un engagement de toutes les parties à cette fin.
Mais, est-ce que nous nous dirigeons vers là, vers une société qui valorise l’empathie ? J’avoue que je ne le crois pas et je trouve ça profondément triste. Au contraire, on vit de plus en plus dans une société profondément individualiste, où chacun se préoccupe de son propre sort, de ses avantages
sans réellement penser au sort de ses proches, de ses voisins, etc.
Plus on « oublie » l’empathie, plus on se dirige vers une société marquée par de l’insensibilité, de la froideur. Les personnes qui manqueraient d’empathie éprouvent de la difficulté à se mettre à la place des autres et même envisageraient uniquement une fonction utilitaire à leurs relations avec les autres.
Des événements récents, comme la crise sanitaire, ont profondément marqué les relations hu-
maines dans nos sociétés, les règles mises en place rendant difficiles, voire impossibles de réelles relations, même souvent avec les proches.
J’espérerais que nous léguions une société empathique à la génération qui nous suit plutôt qu’une société individualiste, qui ne se préoccupe pas vraiment du sort des autres.
À mes yeux, l’empathie est un + à la fois pour les personnes, mais aussi pour la société.
NICOLE MOREAU
L’ESPOIR AU CUBE
MOI, EUX, NOUS !
« Le succès ne vient pas de la reconnaissance d’autrui : il résulte de ce que l’on a planté avec amour. » Paulo Coelho, Le manuscrit retrouvé, 2012
J’ai commencé à écrire pour le magazine de rue de Québec La Quête au moment où j’ai pris ma retraite. J’avais comme objectif premier de devenir un semeur d’espoir, de présenter la vision de ceux qui vivent une expérience de l’intérieur avec la maladie mentale. Je voulais sensibiliser le lecteur à la réalité du long chemin de la résilience. Je suis finalement devenu collaborateur régulier avec la chronique « L’espoir au cube ». Bien sûr, j’ai souvent parlé de mon propre parcours, mais moult gens ont partagé leur expérience avec moi et m’ont permis d’écrire un chapitre de leur histoire. Des témoignages sensibles, vécus avec courage, aboutissant toujours sur une note d’espoir pour la suite, car, oui, il y a toujours une suite à la dépression ou à la psychose. Et c’est de cette suite que me vient mon désir d’écrire depuis ma propre psychose.
Dédramatiser, faire tomber le préjugé, normaliser, donner mon point de vue de l’intérieur, c’est exactement ce que La Quête me permet de faire depuis les sept dernières années.
Au cours des deux dernières années, j’ai développé le projet subventionné nommé « Point de vue » qui offre à des artistes la possibilité de soumettre une œuvre pour illustrer la page couverture d’un numéro. Ce projet donne également l’occasion à des auteurs inconnus de se faire connaître en publiant des textes ou des poèmes contre une petite rémunération.
Je tiens à remercier tous ceux qui participent à ce projet depuis le début et je vous invite, vous lecteurs de La Quête, à écrire et à dessiner vos propositions. Je n’ai aucun doute que vous débordez de créativité et d’inspiration. Comme il est dommage de cacher vos petits trésors au fonds de vos tiroirs. Osez ! Envoyez-nous vos propositions. Elles seront lues et regardées avec attention et qui sait ? Vous serez peutêtre publiés.
UN CHEMIN QUI CHEMINE
Depuis que j’écris la chronique « L’espoir au Cube », j’ai beaucoup cheminé sur le plan de l’écriture. Aujourd’hui, la gêne du début a fait place à la fierté. Oui, je me suis beaucoup dévoilé au travers de mes textes, mais oh!, combien de valorisation et de reconnaissance j’ai reçues de la part de l’équipe de La Quête et des lecteurs qui apprécient ma façon d’écrire.
Ce que je prenais au début pour une tâche, un devoir, est devenu un plaisir, un défi qui se répète de numéro en numéro. Le moment de m’asseoir devant mon clavier pour pondre un nouveau texte est un plaisir que j’anticipe avec joie. Dès que j’appuie sur la première touche, ça coule comme on pourrait dire. Je me laisse porter par un thème et j’écris, simplement. Je suis toujours un peu timide lorsque je soumets mon texte à la coordonnatrice éditoriale. Je n’ai pas atteint le stade de l’assurance dans mon écriture, mais jusqu’à maintenant, mon honnêteté, mon intégrité et mon lâcher-prise m’ont bien servi. Je ne suis pas un romancier, je n’invente rien. Je me contente de laisser aller mon inspiration sur le clavier et de saisir l’émotion du moment.
Merci au magazine de rue de Québec, La Quête, de m’avoir ouvert votre porte en m’offrant l’opportunité non seulement d’écrire, mais de collaborer à ma façon, avec mon style et mes idées, à ces merveilleux numéros que je vois défiler depuis toutes ces années. Plusieurs de mes dessins, poèmes et textes ont trouvé chez-vous, visibilité et fierté. Vous faites vraiment une différence dans le milieu avec votre mission d’entraide pour les camelots, mais sachez bien que pour les auteurs qui, comme moi, prennent un risque à chaque numéro, vous êtes aussi une voix. Puisque vous m’en donnez l’occasion dans ce numéro, recevez toute ma reconnaissance.
Simplement,
MARC ÉMILE VIGNEAULT
LA QUÊTE DES MOTS
PAR JACQUES CARL MORIN CE JEU CONSISTE À REMPLIR LES RANGÉES HORIZONTALES AINSI QUE LES COLONNES 1 ET 20 À L’AIDE DES DÉFINITIONS, INDICES OU LETTRES MÉLANGÉES OU DÉJÀ INSCRITES. CHAQUE CASE GRISE REPRÉSENTE UNE LETTRE QUI EST À LA FOIS LA DERNIÈRE LETTRE D’UN MOT ET LA PREMIÈRE LETTRE DU SUIVANT…
5- Nacré. Purge (ITRAPUENO). Habitant d'un pays africain dont la capitale est Niamey.
6- Reine d'Égypte. Originales (STIEDINE). Canari.
7- Outrées. Maladie ayant affecté l'équipage de Jacques-Cartier. Cessez-le-feu.
8- Tressées. Paludier (RUINESA). Passer à la poêle.
9- Triste sonnerie. Période de l'année où l'on sème (LALIMESES). Utilisation excessive d'une ressource (PLUMESIRO).
10- Dégoûter De la même famille que le wasabi (ORRTIFA). Tourmenté (EDRATAU). Réponses au jeu p.29
L'indiscernable tumultueuse présomption !
La raison en résonance
Se résorbe pour se résoudre
Quelque peu
Quelquefois
Quelque part
J’étais perdue
Sans issue
Sans aucun but
Entre autres choses
Ce qui fait partie de moi
Est en concordance avec la délivrance
Étroite étreinte d’appartenance à la renaissance
Parmi ceux j’étais celle
Et puis…
Ceci n’était pas si cela
Lorsqu’on ne voit pas nos pas
Passer de l’autre côté de l’au-delà
Avec un délai
Déléguée à retourner
Vivre un flambeau derrière un hublot
Flouée par les mauvais temps
Photo de Ivica Dzambo sur Pexels
La gratitude
Le 2 octobre, je suis allée déjeuner au restaurant
Normandin sur la rue Marie-de-l’Incarnation à Vanier. J’en ai profité pour lire Le Journal de Québec. Quand j’ai voulu payer ma facture, qu’elle n’a pas été ma surprise d’apprendre qu’un couple avait payé pour moi ainsi qu’à d’autres clients. J’ai voulu les remercier pour leur geste généreux, mais l’homme et la femme avaient déjà quitté le restaurant. J’ai ressenti beaucoup de gratitude envers eux et envers la Vie qui nous a fait rencontrer de bonnes personnes généreuses. Ces personnes me stimulent et me motivent à suivre leur exemple. Le goût d’offrir au suivant, de donner, moi aussi, selon mes capacités. Même si nous ne sommes pas riches sur le plan financier, nous pouvons tellement aider de différentes façons.
Je prends conscience, chaque jour, que nous avons de belles surprises, petites ou grandes. Il faut peutêtre prendre du temps pour le remarquer, l’observer : écrire ce qui est arrivé permet d’en être pleinement
conscient et reconnaissant, et nous emplit de gratitude.
Il en est de même dans les moments plus difficiles, quand il y a des problèmes à régler et que soudain, nous trouvons les réponses, les solutions ou l’aide dont nous avons besoin. Je ne me lasse jamais de dire et d’écrire que nous ne sommes jamais seuls, car nous sommes interreliés et nous avons besoin les uns des autres.
Bien sûr, il y a des peurs, des blessures affectives, des manques de confiance qui peuvent faire obstacle à l’expérience de la gratitude, et qui peuvent être estompés par des moments de prise de conscience, des genres de réveils sur le plan spirituel. Par exemple, j’aime dire le matin, quand je me lève : « Merci la Vie, j’ai eu une bonne nuit de sommeil réparateur ! Merci aussi de me donner la richesse d’avoir deux bons yeux pour voir tes merveilles ! ».
CHRISTIANE VOYER
Photo sur Pixabay
Tout bas
J’ai dit tout bas à la rivière
Cours en moi
Comme une vagabonde
Écumeuse de mémoires
Depuis le premier jour
De sa griffe
Il a signé mon cœur
De tourments
Maintenant que le fleuve
Se languit de te boire
Coule en moi la vie
Essouffle mon souffle
Des effluves perdus
Il n’est plus temps de mendier
Aux souvenances de ces amours.
J’ai cambré la terre
À coup de ventre
À coup d’entrailles
De rides
De morsures d’ongles
J’ai évidé un grand trou
Pour y semer des lilas à ciel ouvert
Promesse du jour le 7 août à titre provisoire
Seule avec la foule dans mon être nous
étions
Les spectateurs du silence
J’ai trouvé un bois
J’ai sculpté une chaise pour m’asseoir
L’enfant est revenu
Il m’a souri
De ses yeux
De ses mains
Il m’a dit : dessine-moi une maison
J’ai alors brisé mon refuge
N’étant désormais
Ni fille de, ni femme de.
PERRON
Illustration de Bherg
RENÉE
L'origine du monde
Diptyque
Je paraphrase
Il faut être doux
Envers ceux qui le sont moins
Est-ce que Sénèque
Pensait à Néron en écrivant cela ?
Selon Nietzsche
Il faut être dur
Envers ceux qu’on aime
L’autorité est parfois nécessaire
Mais jamais l’abus de pouvoir
FRANÇOIS GAGNON
Sentir ton corps
Trembler
Tressaillir
Trépider
Je n’arrive plus À savoir
Où vont tes pensées
Lentement
Je continue à lire ta peau
J’aime
Ce qui se rapproche du divin
Le goût de ta vulve
Encore
Dans ma bouche
FRANÇOIS GAGNON
Photo de Alp Ar Tunga Jabbarlia sur Pexels
Les amants
La nuit, avec de langoureux mouvements
Se prouvent mutuellement
Leur amour sincère et flamboyant
Les deux jeunes amants.
Le jour, en plein soleil
Les deux amis, comme de dodues abeilles
Qui bourdonnent de joie à nos oreilles
Comme deux amis écureuils
Qui des noisettes de bonheur la beauté cueillent.
Les deux amis s’émerveillent
Leurs doux sentiments en éveil
C’est presque sans pareil !
Demain, si loin leur semble,
Ils devineront qu’ils seront encore ensemble
Si aujourd’hui se reproduit
Maintenant et ici
Presque à l’infini.
Illustration de Bherg
GAÉTAN DUVAL
Je suis mieux qu'elle
Exotisme de la passion
De la patience
Et de la névrose
Je suis mieux qu’elle
Exotisme de la joie
Ma peau s’adoucit
Et s’achève
Mais je suis mieux qu’elle
Exotisme de la honte
Mon cœur saigne et
Nos trahisons
Rêves et peurs
Exotisme de la colère
C’est elle la jugée
Et jamais la première
Je suis mieux qu’elle
Exotisme du feu
Grandeur de la foi
C’est moi la reine
À chaque monde
Exotisme de l’eau
Propreté de l’ego
Gens de lumière
Elle ne sera jamais mieux que moi
Exotisme de la bravoure
Chance des billets
Exaucée
À chaque monde
Elle ne sera jamais mieux que moi
STÉPHANIE LAMONDE-PRÉVOST
Photo de John Ray Ebora sur Pexels
Les rêves prémonitoires
J’appelle cela des songes. C’est différent des rêves qui ne sont qu’un divertissement de notre esprit. Ces derniers nous aident à mieux relaxer ou nous changer les idées dans notre quotidien qui bien souvent est ordinaire ou monotone. Les rêves prémonitoires, eux, n’arrivent qu’à l’occasion. Ce sont des rêves plus précis dans les détails, plus nets et plus lumineux. Quand cela arrive, on est toujours un peu étonné. Ce sont des informations sur notre avenir. Presque tous font des rêves prémonitoires au moins une fois dans leur vie. Beaucoup n’y attachent pas d’importance, car souvent, ce ne sont pas des rêves dramatiques.
MES EXPÉRIENCES
J’ai rêvé que je parlais avec mon petit frère François et il montrait sa belle automobile sport et me disait « regarde j’ai détruit mon bolide, mais cela ne se voit pas ». Dans ce rêve, je ne voyais pas ce qu’il y avait de brisé. Peu de temps après, il sauta une chaîne de
trottoir et le dessous de son automobile s’arracha sur toute la longueur.
Dans le deuxième rêve que j’ai fait, je voyais un poteau avec un soluté jaune dans une chambre d’hôpital de Lévis. Dans le lit, il y avait un de mes frères. J’apercevais seulement ce soluté avec le tuyau qui descendait vers lui. Dans la vie réelle, ma belle-sœur Hélène vint me voir un soir et me dit « viens-tu avec moi à l’hôpital pour voir Denis ». On arrive à l’hôpital et là je vois mon frère dans le lit avec ce fameux soluté jaune qui lui entrait dans la veine du bras gauche, exactement comme dans le songe que j’avais fait plus tôt.
Portons attention à ces rêves, sans trop nous inquiéter de leur contenu. Ils peuvent contenir de l’information pouvant nous aider à tout prendre avec un grain de sel.
BERNARD BÉGIN
Photo de Mo Eid sur Pexels
Cobaye
Prisonnière des dédales de l’esprit
Je ne peux poursuivre mes illusions
Au bout de l’impasse
C’est sans espoir, sans issue
Quand le caillou me heurta la conscience
M’ouvrant une brèche dans le crâne
Les délires fuyant comme l’eau du robinet
Ma vision du monde tordue
Par le filtre de ma stupeur
Ils sont venus m’arracher
À mon monde de licorne
Et à tout ce que je possédais
Perdant tout laissé derrière
N’ayant plus que la peau sur les os
Alors que je marchais presque nue
Dans mes sentiers en friche
Ces jours, cloisonnés dans le lit blanc
Les murs se referment sur moi
Je m’échappe par la fenêtre
La seule ouverture
Pour en finir avec ce monde au-dedans
Si je pouvais fuir
Si je pouvais fuir les agents des quatre murs
Ils n’ont rien d’amical
Même s’ils m’apportent ma gamelle
Ils dictent en roi et maître
J’abdique, j’abdique
Je n’ai pas d’autres options
Ils m’ont mis sous la loupe
À l’écoute de la moindre riposte
À l’écoute de rien d’autre
Ne suis-je pas la seule concernée par mes sentiments
Je réagis comme un fauve en cage
C’est normal il ne manque que les barreaux
Je ne mordrai pourtant personne
Moi, qui ne suis qu’une pauvre bête inoffensive
À moins que l’on m’emmène encore
À bras le corps, au bout des bras
Que d’avaler leurs doses toxiques quotidiennes
Ils me veulent
Ils me veulent sage et soumise
Contre mon gré, dans la chambre forte
JUDY MILLER
Photo de Alexis Roberge
Références communautaires
Service d’information et de référence qui vous dirige vers les ressources des régions de la Capitale-Nationale, de la Chaudière-Appalaches
Tél. : 2-1-1
Aide sociale
ADDS
Association pour la défense des droits sociaux
301, rue Carillon, Québec
Tél. : 418 525-4983
Aide aux femmes
Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC) Formé pour vous épauler ! 418 648-2190 ou le 1 888-881-7192
Centre femmes aux trois A Pour la réorganisation sociale
270, 5e Rue, Québec
Tél. : 418 529-2066 www.cf3a.ca
Centre femmes d’aujourd’hui
Améliorer les conditions de vie des femmes 1008, rue Mainguy, Québec
Regroupement des femmes sans emploi 418 622-2620 www.rosedunord.org
Support familial Flocons d’espoir Écoute et aide pour les femmes enceintes 340, rue de Montmartre, sous-sol, porte 4 Tél. : 418 683-8799 ou 418 558-2939 flocons.espoir@videotron.ca
Hébergement temporaire pour les 12 à 17 ans 97, rue Notre-Dame-des-Anges, Québec Tél. : 418 521-4483 coordo@squatbv.com www.squatbv.com
Gîte Jeunesse
Hébergement temporaire garçons 12 à 17 ans
Résidence de Beauport 2706, av. Pierre Roy, Québec Tél. : 418 666-3225
Résidence de Sainte-Foy 3364, rue Rochambau, Québec Tél. : 418 652-9990
YWCA
Hébergement et programme de prévention de l’itinérance et de réinsertion sociale pour femmes Tél. : 418 683-2155 info@ywcaquebec.qc.ca www.ywcaquebec.qc.ca
Réinsertion sociale
Carrefour d’animation et de participation à un monde ouvert (CAPMO) 435, rue du Roi, Québec
Tél. : 418 525-6187 poste 221 carrefour@capmo.org www.campo.org
Fraternité de l’Épi
Aide aux personnes vivant de l’exclusion par la création d’un lien d’appartenance 575, rue Saint-François Est, Québec
Tél. : 418 523-1731
La Dauphine
Pour les jeunes de 12 à 35 ans 31, rue D’Auteuil, Québec
Tél. : 418 694-9616
courrier@ladauphine.org www.ladauphine.org
Insertion professionnelle
À l’aube de l’emploi (Lauberivière)
Formation en entretien ménager commercial/buanderie
485, rue du Pont, Québec 418 694-9316 poste 248 alaubedelemploi@lauberiviere.org
Recyclage Vanier
Emploi et formation (manutentionnaire, aidecamionneur, préposé à l’entretien) 1095, rue Vincent-Massey, Québec tél.. : 418 527-8050 poste 234 www.recyclagevanier.com
Prostitution
La Maison de Marthe 75, boul. Charest Est, CP 55004 Tél. : 418 523-1798 info@maisondemarthe.com www.maisondemarthe.com
P.I.P.Q.
Projet intervention prostitution Québec 535, av. Des Oblats, Québec Tél. : 418 641.0168 pipq@qc.aira.com www.pipq.org
Soupe populaire
Café rencontre Centre-Ville 796, rue Saint-Joseph Est, Québec (Déjeuner et dîner) Tél. : 418 640-0915
Maison de Lauberivière (Souper) 485, rue du Pont, Québec Tél. : 418 694-9316
Soupe populaire Maison Mère Mallet (Dîner) 945, rue des Sœurs-de-la-Charité
Tél. : 418 692-1762
Santé mentale
Centre Social de la Croix Blanche 960, rue Dessane, Québec Tél. : 418 683-3677 centresocialdelacroixblanche.org info@centresocialdelacroixblanche.org
La Boussole
Aide aux proches d’une personne atteinte de maladie mentale 302, 3e Avenue, Québec Tél. : 418 523-1502 laboussole@bellnet.ca www.laboussole.ca
Centre Communautaire l’Amitié Milieu de vie 59, rue Notre-Dame-des-Anges, Québec Tél. : 418 522-5719 info@centrecommunautairelamitie.com www.centrecommunautairelamitie.com
Centre d’Entraide Émotions
3360, de La Pérade, suite 200, Québec Tél. : 418 682-6070 emotions@qc.aira.com www.entraide-emotions.org
La Maison l’Éclaircie
Troubles alimentaires
2860, rue Montreuil, Québec Tél. : 418 650-1076 info@maisoneclaircie.qc.ca www.maisoneclaircie.qc.ca
Le Pavois
2380, avenue du Mont-Thabor, Québec
Tél. : 418 627-9779
Téléc. : 418 627-2157
Le Verger 943, av. Chanoine-Scott, Québec Tél. : 418-657-2227 www.leverger.ca
Ocean
Intervention en milieu Tél. : 418 522-3352
Intervention téléphonique Tél. : 418 522-3283
Parents-Espoir
363, de la Couronne, bureau 410, Québec Tél. : 418-522-7167
Service d’Entraide l’Espoir 125, rue Racine, Québec Tél. : 418 842-9344 seei@videotron.ca www.service-dentraide-espoir.org
Relais La Chaumine 850, 3e Avenue, Québec Tél. : 418 529-4064 chaumine@bellnet.ca relaislachaumine.org
Amicale Alfa de Québec 75, rue des Épinettes, Québec Tél. : 418 647-1673 alphadequebecinc@videotron.ca
Point de Repères 225, rue Dorchester, Québec Tél. : 418 648-8042 www.pointdereperes.com
VIH-Sida
MIELS-Québec
Information et entraide dans la lutte contre le VIH-sida
625, avenue Chouinard, Québec
Tél. : 418 649-1720
Ligne Sida aide : 418 649-0788 miels@miels.org www.miels.org
TOUS NOS PRÉCIEUX
PARTENAIRES !
PARTENAIRES OR
• Centraide
PARTENAIRES ARGENT
• CKRL FM 89,1
• Les Impressions Stampa
• Spa des neiges
• Québec Solidaire
PARTENAIRES BRONZE
• Audiothèque
• Centre femmes aux 3A
• Intermarché St-Jean
• Services Harmonia
• Syndicat canadien de la fonction publique
PARTENAIRES INCONDITIONNELS
• Bal du Lézard
• Maison Revivre
PARTENAIRES AD VITAM AETERNAM
• Claude Gallichan, chiropraticien
• Yves Boissinot
RÉPONSES LA QUÊTE DES MOTS
QUOI DE NEUF LA NATURE ?
HRONIQUE
UN MILIEU UNIQUE : LES ESTUAIRES D'EAU DOUCE
Les estuaires d’eau douce sont des écosystèmes très particuliers qui hébergent une foule de plantes rares et uniques au monde. Bonne nouvelle, le plus gros écosystème de ce genre en Amérique se trouve au Québec ! Il s’agit de l’estuaire d’eau douce du SaintLaurent qui débute un peu après Trois-Rivières et qui se termine sur la rive nord à Cap-Tourmente et au sud à Saint-Jean-Port-Joli.
Par écosystème, on désigne un ensemble spécifique d’organismes vivants qui interagissent entre eux et avec un habitat spécifique. L’estuaire d’eau douce est un écosystème puisqu’il regroupe un ensemble d’organismes qui lui est particulier et qu’il possède un habitat distinct d’un autre habitat présent sur le territoire. Ainsi, dans le cas de l’estuaire d’eau douce, l’habitat correspond au littoral, soit la zone très restreinte qui est inondée et asséchée deux fois par jour dû à la marée. À marée basse, cette zone se trouve entre le fleuve, là où il y a de l’eau en permanence, et la rive, qui est soit la forêt, un champ ou même un remblai.
La grande particularité de cet écosystème est la présence d’une marée d’eau douce. Ce milieu subit les effets de la marée, mais avec cette particularité qu’il s’agit d’eau douce, contrairement au milieu côtier marin où l’eau est salée. Dans les estuaires d’eau douce, il y a une très forte sédimentation, soit le dépôt au sol de la matière organique en suspension dans l’eau. La sédimentation enrichit fortement le sol et contribue à la richesse floristique qu’on y trouve. Toutefois, cette sédimentation s’accumule également sur les plantes. À marée basse, elle s’assèche et forme des croûtes épaisses et denses sur le feuillage. Cela affecte la photosynthèse, soit la production de nourriture chez les plantes, puisque la lumière, essentielle à ce processus, est bloquée.
Les plantes du bas littoral, c’est-à-dire plus près du fleuve, sont couvertes d’eau plus longtemps et subissent une accumulation de sédiments plus importante. Les plantes dans le haut du littoral, quant à elles, sont moins longtemps sous l’eau, voire très peu, puisque certaines seront inondées seulement lors des marées extrêmes. Cette différence s’explique par la faible pente du littoral. Les parties les plus basses qui correspondent aux sections les plus éloignées de la rive sont donc inondées plus longtemps. Cette pente a également un effet sur la taille des sédiments : en haut de pente, les dépôts sont souvent plus grossiers comme le sable et le gravier alors qu’en bas littoral, l’accumulation de sédiments très fins est plus fréquente.
Tous ces facteurs ont contribué à la formation d’une communauté de plantes très spécialisées et rares. Il faut effectivement être « spécialisé » pour être capable de vivre dans un milieu inondé et asséché deux fois par jour, pour tolérer d’être couvert de sédiment et pouvoir rester sur place même avec l’effet des vagues et des gros glaciers qui éraflent le sol. On trouve donc des espèces uniques à l’estuaire d’eau douce du Saint-Laurent qui ne se trouvent nulle part ailleurs au monde ! Ce sont des espèces que l’on dit endémiques du Saint-Laurent.
Certaines sont endémiques des estuaires, ce qui veut dire qu’elles sont présentes dans d’autres estuaires, mais qu’elles se trouvent uniquement dans ce type d’habitat. Il s’agit donc bien souvent d’espèces rares. L’estuaire d’eau douce du Saint-Laurent, avec toute cette flore endémique et rare, est considéré comme une des zones de biodiversité les plus importantes au Québec.
Le littoral de l’estuaire d’eau douce du Saint-Laurent ne forme pas une ligne constante le long du fleuve, mais est plutôt formé de petites pochettes qui correspondent, pour la plupart, à des baies. La diversité floristique, le nombre et le type d’espèce que l’on retrouve dans chacune de ces pochettes diffèrent d’un endroit à l’autre. Cela est le résultat des différences de substrat propre à chaque endroit. En effet, par endroit, on ne trouve que des sédiments fins alors que d’autres milieux ont plus de gravier ou d’affleurement rocheux ou un mélange de ces trois substrats.
Il est ainsi très important de bien connaître ces milieux afin d’assurer leur protection, car il s’agit de milieux très fragiles, menacés par les changements climatiques, l’érosion, l’étalement urbain, la décharge de fertilisant, de produit chimique industriel et de déchets humains.
BOURGOING
MAURANE
Votre présence est discrète, votre impact est concret.