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www.jamespx.com Image de couverture : Jaya Suberg - James Perroux

A comme Amour Poèmes Recueil 2

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A comme Amour Poèmes recueil 2 2009-2013


Préfaces Cerner à quel genre poétique appartient l'univers de James Px., le rattacher à une école qui serait peut-être proche du surréalisme serait être réducteur et injuste. Le talent poétique de James est de nous amener à la frontière de l'invisible, dont il est un explorateur enivré, « D'un monde étrange dans lequel il se sent bien. » (dixit l'auteur). Le poème café est un remarquable exemple de cette dérive de mots dans un imaginaire fastueux, où les métaphores défilent, paysages fous où le feu côtoie la neige, les océans les nuages et l'ivresse nait sous nos yeux, inoubliable alcool de mots qui pénètre dans nos corps, par l'incantation voluptueuse de tous nos sens. Il y a cependant un fil conducteur entre tous ces poèmes, une trame où l'on retrouve sans cesse abordés les thèmes de l'amour, de l'imaginaire, de l'enfance et cette indestructible neige qui hante ses poèmes et jalonne les voyages de sa propre vie. Ne passez pas à côté de cet univers si riche qui nourrira votre imaginaire au point de vous donner l'envie de devenir l'artiste de votre propre œuvre. Élisabeth Mesner

Lectrice assidue de ses textes, je n’hésite pas à le qualifier d’auteur aérien tant il embrasse tous les thèmes. Un paysage, un regard, un parfum, un mot…. Tout devient prétexte à l’écriture et la banalité se trouve transfigurée sous sa plume car James fait se juxtaposer des réalités même diamétralement opposées. Pour le lecteur c’est la naissance d’images plus que surprenantes et on se laisse aisément emporter par son style. Nadine Tabère


À propos de ma poésie La poésie est dans mon corps Né quelque part en Savoie et j’habite désormais dans le Var. Ces espaces de liberté comme la montagne et la mer, les éléments naturels, la neige et le sable, le soleil et le vent, le froid et la chaleur, les couleurs et la lumière m’ont nourri abondement les yeux et le cœur. J’ai fini par attraper un virus, celui de dessiner et d'écrire partout et n'importe où pendant mes heures perdues et trouvées. Lecteur, je vais vous faire une confidence, comme j'ai du mal à gérer ma ponctuation lorsque j’écris de la poésie, je n'en mets pas. Je me dis souvent à l’oreille, qu’un texte c’est comme une peinture, je ne dois pas le figer dans un cadre mais lui offrir une dimension expressionniste voir surréaliste ; où vous, lecteur, vous vous sentirez presque à la maison et son interprétation évoluerait selon votre nature psychique et sentimentale du moment. Je crois que le son, l'harmonie, le rythme et le sens du texte doivent être libres d’interprétation ! Il y a aussi pour moi le côté esthétique du texte qui est primordial et la ponctuation ne lui va pas ! Je parle pour mes poésies et non pas de ma prose et de mes nouvelles. C'est comme pour les rimes, souvent je reste dans un état de grâce, de transe et je me laisse emporter… J’oublie volontairement la mécanique comme seul pouvoir ; ce pouvoir « d’école classique » me coupe souvent l’herbe sous le pied et me fait perdre l’équilibre ! Et c'est dans mon équilibre musical et de sincérité brute que j'essaie de transcrire mon âme en conciliant l’intellect et la sensibilité, l’intuition et le calcul, la métaphore et le figuratif. Bien que j’aie une grande compassion à l’égard de l'homme, je ne perds pas de dévoiler mes confidences personnelles. Je suis un homme avec ses passions, ses désillusions, ses amours, ses rêves et ses peines. Et voilà le résultat, je vous l’offre !


« Une poésie n’est-elle pas le seul endroit au monde où deux âmes étrangères peuvent se croiser intimement. »


3 heures 44 minutes Sous un ciel bleu c’est le temps de la séduction Face à la mer assis sur cette plage de galets blancs J’attends Pour le grand plongeon Celui d’aimer l’abysse extravagante d'une beauté Par-delà la raison sage de mes pensées Cet amour sera un va et vient Et je partirai voguer sur ce grand vaisseau sanguin Parcourir au gré du vent ce sentier rouge carmin Sous l'ourlet brûlant du soleil en compagnie de la lune Espérant m’arrimer à ses saints assez longtemps pour m’éviter la faim Espérant l’aimer assez longtemps pour ne pas mourir dans une fosse commune Resterait-elle de glace si elle me voyait sur cette croix Lécher son reflet jusqu’à l’orgasme de mes larmes sur sa cornée M’accompagnerait-elle Ô belle ingénue bâillonnée En plein désert fertile jusqu’au lit sacré de mon choix Sous un ciel rouge c’est le temps de la fusion Face à la mer assis sur cette plage de galets noirs J’arrive sans contre temps dans cet entonnoir Pour le grand tourbillon Celui de m’ouvrir la cage thoracique sous l'écorce -7-


M’arracher le cœur et le lancer sans trop de force Espérant que l'étoile derrière moi la recevra en plein visage Espérant qu’elle s’en étourdira sans dommages Qu’un lambeau en tombe au sol et le garde bien serré contre elle Jusqu’à ce qu’elle me rejoigne jusqu'au ciel Pour mon opération à cœur ouvert Sera-t-elle avec moi à découvert Resterais-je raide et immobile sur mon lit de mort Pendant qu'elle me chevauchera éperdument le mors Aux dents pour ne pas avaler sa langue Etouffée de salive par l’ouragan de sa fougue Sous un ciel noir c’est le temps de l’illusion Face à la mer assis sur cette plage de galets se consume un cierge J'use le temps Ô sacrilège Pour le grand pardon

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L’ombre de l’iceberg Prends-moi par la main Pour être là encore demain Ombre imprévisible Ombre ductile Face au vent elle affale la grande voile Là où les montagnes naissent noyées dans la brume Là où l'eau et le ciel nourrissent de glace l’agrume Là où ensemble anges et démons se dévoilent Tout s'unit dans un brouillard à la texture franche Et avec légèreté elle déambule en mariée blanche Traversant le fjord comme une image silencieuse Flirtant la luxure vers toutes ces îles mystérieuses Prends-moi par la main Pour ne pas mourir sans témoin Ombre de lumière Ombre de terre Le temps a façonné ses âmes en un paradis Un pays raisonné désertant la folie Les fruits sont rouges violets amers sucrés Tout est plénitude dans un silence naturel de beauté Et comme un torrent l’ombre de la banquise S’échoue sur une nouvelle terre promise Au milieu de ce désert de vie en vain Prends-moi par la main -9-


Et l’ombre se meurt comme éprise Et l’ombre erre le long des côtes Admirant ces paysages semés d’anecdotes Là-bas sans surprise Finira-t-elle par prendre ma main

« Savoir observer c'est savoir vivre savoir contempler c'est savoir aimer savoir écrire c'est savoir partager. »

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J'aimerais renaître au lever du jour pour vous J'aimerais renaître Au milieu d'un champ fertile couronné d'une brume flottante À l’abri des assauts de la vie en toute dilettante Pour ne pas disparaître Dans l’ivresse houleuse d’une mer agitée Dans une immersion d'épreuves vagues et enchaînées J'aimerais renaître Au cœur d'une clairière le regard penché par une fenêtre Grisé de vertiges matinaux de pensées pures Sensible pour me fondre à votre parure Pour connaître à nouveau l'amour Et me mêler à votre sein nourricier à votre cœur de velours J'aimerais renaître Pour devenir votre serviteur et maître Sans être l'esclave du temps qui s’empêtre Dans les lacets de nos vies Délivrez-moi une nouvelle envie d'écrire une lettre Dans laquelle je vous rejoindrai le temps d'un oubli J'aimerais renaître Aux confins d'un paysage magique et champêtre Au milieu d'une page rosée et vivante pour raviver mon encre sèche Et ignorer à jamais ce temps qui me hante et me dessèche Écrire jusqu'à en perdre la raison Pour laisser une trace indélébile sur notre infini horizon - 11 -


Aujourd’hui aurais-je dit à la lune que je l’aimais toujours Sous un habit subtil et translucide habitent mes rêves de reconquêtes Me voileraient-ils la face verticale de mon ascension Je sais il y a ceux qui voyagent et ceux qui restent Serais-je condamné à vous aimer dans l'ombre de mes odyssées et pérégrinations Je me plais sur ce fil dessinant une ligne courbe tendue entre deux montagnes Comme l’oiseau de paradis chantant avant le grand départ vers un grand bleu ciel Comme un drap humide attendant les rayons du soleil pour sentir l’air frais de la campagne Comme un funambule en allégeance perché sur son fil d’eau sous un arc-en-ciel Danserons-nous au retour de cette escapade nocturne où le jour est roi Sous le fluide de notre premier amour à l’abri d’une pluie fine sans voix Ou viendrons-nous nous dire ici que c'est fini à l’orée gâchée du petit bois Où nous étions heureux comme des innocents avant le déluge d’un sang-froid Marchons la tête haute sans nous retourner et regardons devant nous Hier le champ nous le contemplions vert et tendre - 12 -


Aujourd’hui la paille jaune rayonne pour nous laisser sur place sans nous entendre Sauvons alors cette terre brûlée d’ocre rouge pour eux pour nous Ceux qui voyagent laissent des traces et ceux qui restent les ramassent Qui a tort qui a raison au cœur de cette menace Respectons-nous Et les Dieux du stade de la cité perdue sauront compenser nos efforts les plus fous Arrêtons de nous plaindre car nous avons encore la liberté de croire De bouger de vivre d’aimer de voir Offrons-nous encore ce rêve et à tous ceux qui ne le peuvent pas Qui ne le peuvent plus ici là-bas Aujourd’hui aurais-je dit à la lune que je l’aimais toujours Peu importe la destination du jour Et de la lumière de nos vies Je resterai à l’attendre sous la pluie jusqu’à la nuit

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Sang et or À travers le passé ma mémoire t’embrasse Parmi les fleurs les plus tenaces Tu es la seule à repartir avec disgrâce Fanée et pourtant sans être venue sur place Fêlure extrême de tes arabesques Où je suis suspendu Où je me suis perdu Peindrais-je ton fantôme sur ma prochaine fresque Les limites indiscrètes de ta vie Où je suis seulement ivre d’envie Où à mon habitude je m’efface Porterais-je toujours cette même carapace Prends ce train aux sièges sang et or Et je verrai alors se maquiller ce visage d’ombre et de lumière Sous les étincelles de mes réverbères Au cœur de mon champ d’amour mirliflore L’heure s’achève Alors qu’elle n’a pas démarré Ici comme un mauvais rêve Au bord de mon oreiller Le temps a fui Irrémédiablement avec impatience Guidant nos vies sans en avoir conscience Et j’oublie

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C'est dans l'air du vent L’eau de l’étendard flotte ce soir en un clapotis révérencieux Sous la mousson d’un vent au port floconneux Sanguine est l'horizon courbe de ce corps voluptueux Pleure et mon soupir séchera tes yeux Je garderai au sein de mes entrailles ton visage Tu illumineras la pénombre orageuse de mes outrages Ton âme reflétera mon cœur en esclavage Et je viendrai t’aimer le temps d’un songe par-delà les nuages Serais-je ta partition perdue tant recherchée Bat le tambour la corde le vent et soufflera l’harmonie La valse ambrée unira notre symphonie Ta fragilité insoupçonnée sur un air oublié Où ton esprit s’essaime au creux de mon silence Finirais-je par perdre sans arrêt la voix de ton absence

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Immuable vérité Ma lumière aurait-elle déjà noirci mon arbre de vie Comme une feuille fraîche dévorée par un ver épris D'elle et mon ombre se serait-elle évaporée dans mon sang Comme une flaque d'eau sous un soleil de plomb brûlant Mon cœur fougueux ne viendrait-il plus respirer ton souffle Sur mon cou et mes mots cesseront-ils un jour de fleurir sur la lune Mes yeux ne pourront-ils plus se livrer à la foule De nos passions et mes oreilles entendre tes messages d'amour ma fortune Je vais partir par-delà les flots voilés d'un horizon bleu infini Avec mon dernier regard sur un souvenir ou un oubli Avec ma dernière idée et sage parole Mon cœur vers l'unisson éternel de l'acropole aurait-il pris son envol Alors je l’abandonnerais sur le tien Ô mon amour Pour toujours ou le temps d'un contre-jour Quand l'heure de partir annoncera la fin Immuable vérité D'être né pour t'aimer De vivre pour t'aimer De mourir pour l'éternité à tes côtés

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Et quand nos corps parlaient avec les cigales Et quand ta peau glissait sur la mienne Tes mains me retenaient sans peine Sur la colline de nos rêves d'adolescents Là-bas pendant ce temps Nous étions heureux Timides et fougueux Nos mains s'accordaient Et se réconfortaient Et quand ta langue dansait sur la mienne Tes idées folles me retenaient avec haleine Sur la plage sous les étoiles Là-bas au bord du littoral Nous étions heureux Fiers et talentueux Nos langues chantaient Et vocalisaient le chant des cigales à chaque couplet Et quant à la fin de l’été nous nous sommes séparés Nos âmes se sont décousues Sur le fil de cette passion interrompue Là-bas vers le champ des cigales des amours sublimés Nous étions heureux Insouciants et éperdument amoureux Mon cœur m'évoquera toujours ces belles échappées Et je songe encore à ses folles journées Et quand mes yeux te regardent aujourd'hui Mes pensées encore engourdies - 17 -


Sur mes souvenirs lointains Ici chaque matin Nous sommes toujours heureux Beaux et vertueux Mon être entier t'accompagnera sans déserter Et je songe déjà à notre éternité

L'art c'est du vent pour être léger Mes nuits sont plus belles que mes jours Et au détour D'un songe Comme toujours Parti au bout de mes rêves les plus fous Assis couché allongé recroquevillé je suis parti sans vous Je dérive je plane je rampe je plonge serais-je devenu fou Là-bas sur les berges du fleuve magique du garde-fou Assis sur un banc de poissons survolant l'écume rouge de la mer noire

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Je dérive au milieu d'un désert de sable rose dans une tour d'ivoire Couché au cœur d'un essaim d'abeilles chantant sur un air aigu Je plane au-dessus d'une montagne bleue couverte de glaces fondues Allongé sur une mousse verte épaisse recouverte d'une rosée vierge Je rampe corps figé sur un sol humide d'une forêt habitée de mille cierges Recroquevillé sur ma pensée cueillant cette fleur de belle facture Je plonge nez honoré à l'odorat les paupières closes sur ma couverture Et soudainement perdu Mon île est apparue Seule dans la nuit Chaude et toujours en vie Drapée d'une soierie envoûtante Transparente Je vois battre son cœur au feu rouge écarlate Elle pose ses pieds nus sur ce méandre de pierres plates Légère Sous un souffle d'air pur Elle me rejoint au sein de cette atmosphère Et commence un doux murmure

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Et danse maintenant Danserons-nous en ces jours flamboyant d'automne vers notre Royaume-Uni Sur les feuilles jaunies de ce champ d'amour sous une douce pluie Prendrais-je encore une fois tes mains dans les miennes Ici le temps défile et je m’ennuie à m'ouvrir les veines À peine es-tu partie au bout de mes songes Que je songe Déjà à ton retour Même si je crève l'écran mon amour Mes bras sont trop courts pour te rejoindre là-bas Et pourtant je focalise toute mon énergie Vers toi ma muse ma diva Bientôt je te découvrirai sous le ciel d'un nouveau monde toi ma jolie La pollution m'aveugle en m'offrant une multitude de mirages Aussi laids difformes et gris qu'un vieux pelage d'un renard mort de rage Ô beau visage Vais-je finir par perdre le contour de tes merveilleux rivages Ce soir je sens une forte brise marine remonter les saintes gorges Serpentant et s'échouant sur ma voie qui s'interroge Mais où ai-je commis l'erreur pour m'affliger une telle - 20 -


souffrance Moi innocent et coupable finirais-je cette fois sur la balance Penchera-t-elle du côté obscur Pour m'écraser l'âme contre un mur Où penchera-t-elle du côté de la raison Pour m'envoyer purger mes belles intentions J'entends au loin à l'entrée du village la forge Celle de mon ami qui à la sueur de son front s'interroge Lui aussi sur la raison de mon vagabondage Vais-je m'agripper rejoindre ma perle rare au premier passage d'un nuage

Quand l'hippopotame baille c'est qu'il a envie de faire l'amour J'aimerais t'inspirer une comédie Sur le quai des brumes de l'étang gris À force d'espérer la lune s'est voilée Près de ma source ma barque restera amarrée J'aimerais t'immerger à ma villégiature Serais-tu prête à prendre le large sans armure Ne sachant pas la douleur de ce cœur conquis La charmeuse d'air flirte avec l'insoumis - 21 -


J'aimerais t'ingérer des poésies Tu choisiras nos histoires sans fin Je choisirai nos soirs avec faim nous les lirons au lit toi et moi à l'infini J'aimerais t'exposer sur ma peinture J'esquisserai en filigrane nos cœurs comme dénominateur commun Tu me dédieras ta couleur comme destin Et nos âmes seront ma signature J'aimerais caresser ta sculpture de soie À la veine précieuse aux délicates parois Avec tes mains à la taille douce féline Seras-tu un jour ma muse ou mon orpheline J'aimerais faire l'amour avec toi Quand tu seras chaude sous les draps Un jour avant mon désarroi Ici ou là-bas J'aimerais mourir dans tes bras Quand tu le voudras Tu emprunteras l'éternité de la fonte pour nos plaisirs Pour renaître sans jamais vraiment repartir

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Le chant du signe Affalé au milieu du pré fleuri à l'ombre du vieil olivier À l’heure où le soleil disparait éperdument je promène Mon regard sur la colline de mes songes boisés Chantant en chœur au pied de cette scène Les oiseaux s’envolent dans un silence azuréen Planent et s'enfoncent en un lointain bleu prussien Et là mon île immobile étend ses formes arborescentes Sous l'étoile du soir où se lève une brise légère et caressante Mais sous ce beau tableau se cache un vide itinérant Je parcours l'immense champ de coquelicots de l'aurore au couchant De fleur en fleur je pose comme un papillon mon âme Et je me dis qu'ailleurs le bonheur effacera mon vague à l'âme L'île au loin perdue à l'épicentre de cette verdure disparue Pleure l’absence de mon cœur sur ces rives étendues C'est l'heure où le jour se recouvre d'une clarté sombre et noire Je ne demande rien un seul être me manque ce soir Quand je pourrais suivre cette étoile aux confins de l'univers Je m'aspergerais avant le départ une dernière fois les yeux De mes souvenirs heureux de ces lieux Île attends-moi Ô source inspiratrice je suis à l'embarcadère

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Virtuellement vôtre Hier encore Je ne pouvais te le dire Sur mon livre d'or Aujourd'hui je vais te l'écrire D’un simple clic À fleur d’un Blues frénétique Tomber d’une falaise Dites-lui pourquoi il est aussi mal à l’aise Tomber amoureux d’une étoile sans ciel Dites-lui ce qu’il doit faire dans une situation pareille Ô belle virtuelle Serais-tu vraiment réelle Son cœur a répondu Qu'il était nu Alors à quoi bon de blesser Leurs ailes Bleutées Sans lui sans elle Avancer vers le noir Vers l’illusion ou le désespoir Même si la porte est grande ouverte Ils sont là en pleine découverte Flirtant sur les courants d'air Claquant des pieds comme Fred Astaire C’est la danse amoureuse d'une utopie D'un destin du sans souci Reviendront-ils avec raison Sur le champ de la passion - 24 -


Avec le même verbe Vont-ils quitter le plancher sans laisser d’herbe Aux ruminants de la passion des poèmes Qu'ils aiment Et vogue le navire Vers le pays d’Alice aux chimériques délires

L'amour à deux visages Une langue fleuve flamboyante à l'embouchure sinueuse Aux méandres arabesques À la sublimissime couture pulpeuse Serait-ce le charme d'une note exubérante ethnique Une écorce brûlée sur le scintillement d'un regard profond Inanimé éteint quelque part sans raison Suspendu magnifiquement à la courbure de ses sourcils noirs Serait-ce un éphémère oubli virtuel de sa propre mémoire Des cheveux auburn mi-longs aux reflets d'oranger enivrant Se déposent sur une épaule frêle à l'aide d'un vent léger caressant Une forme rebelle pour un appel au front vers un grand frisson Serait-ce l'annonce d'une approche d'un nouvel horizon

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Un nez à la symétrie noble abrupt et rieur Harmonise deux pommettes hautes pleines de douceur S'élevant au-dessus d'un sourire ravageur en équilibre Serait-ce le vacillement déferlant une folie douce et libre Je rêve alors d'un voyage arrimé à son cou De caresses anoblies Et tout à coup Serait-ce son corps qui s'évanouit Ou le mien dans cette impasse Son visage disparait À jamais Mais mon cœur en garde quelques traces

Au bord de tes lèvres À l'orée de ton embouchure intime Seras-tu ma prochaine victime Ô jolies lèvres légitimes De mes pensées corruptibles Seras-tu ce soir ma saveur comestible Ô jolies lèvres irrésistibles D'une esquisse insolente Sauras-tu refroidir ma veine brûlante Ô jolies lèvres cinglantes - 26 -


La pluie porteuse de lumière Sous une pluie torrentielle Se dessine un arc-en-ciel Perdu dans le noir En plein jour ce soir J'aperçois un corps en faïence Une résonance de mon enfance Je m'avance Serait-ce mon jour de chance Il pleut des cordes Miséricorde Au bout d'un fil Se tient debout une ombre indélébile Serait-ce un malheur habile Ou un bonheur fertile Au bout de mes doigts Se tient de sang-froid Un homme immobile Ou une femme subtile Serait-ce un mirage Une image Ou un nuage qui passe Une étoile filante venant de l'espace Et le fil se casse L'ombre s'efface Sur les flots pugnaces Serait-elle ma préface Laissant un corps une âme une étincelle une grâce Serait-elle la porteuse de lumière Ma prière - 27 -


Prendre le temps Prendre le temps Prendre le temps de temps en temps Prendre le temps d'aimer Prendre le temps de rêver Prendre le temps d'observer Prendre le temps d'écouter Prendre le temps de te protéger Prendre le temps de te dévorer Prendre le temps de te séduire Prendre le temps de t'embellir Prendre tes mains dans les miennes Et de déposer ta bouche sur la mienne Sous le soleil ou la pluie Ici La vie est belle C'est le temps des cerises Le temps du renouveau et des surprises La vie est plurielle À la chair ferme rouge et blanche Mûrissant tardivement entre lac et montagne Planté sur la pente escarpée du pré aux vaches Cerisier de mon enfance en juillet à la campagne Je me rappelle de toi En contrebas du chemin de croix À chaque saison Ô bigarreau mon bel horizon Tu es une suspension sur mon palais Une image sans arrêt - 28 -


Un délice Parfois un supplice Une parabole succulente Où le temps s'arrête Le temps où l'on songe aux plus belles des bêtises Le temps des cerises

Le bouquet Un cœur 7 roses 7 jours 7 raisons d'aimer ... Et puis l'adresse part en fumée Vers mon île Mon cœur se pique de son absence Au nom de la rose Perdu au bout du fil Elle flirte avec ma fibre Va-t-elle me rejoindre L'unique rose de mon cœur

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Volte-face Un jeune papillon blanc cassé survole mes cils De profil Ressemblerait-il à ma presqu'île Perdu je regarde alors mon nombril Et je l'aperçois assise devant d'éphémères images Les yeux humides pour un long voyage Je regarde à nouveau le ciel le lac noir Pourtant sans nuages sans vagues ce soir Tout est plénitude Même en altitude Je songe à la dentelle de ses montagnes Quand l'ombre dénudera son pagne Elle se déshabille De face et de profil Mon île Serait-elle le papillonnage de mes cils Une illusion une confusion un songe Tournant au mensonge Ô nombril de mon cœur bleuté Montagne blanche à la chair arrosée De mes assauts émeraude Tu me taraudes L'esprit Mon corps vieillit Et si tu n'étais pas ombre mais lumière Je serais aux anges pour finir en enfer

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La beauté supplanterait-elle la sagesse Au Sud il est une Cybèle si belle Que lorsque je suis avec elle Triste je suis Lorsqu’elle s’enfuit Un jour viendra où au bord de la rivière je prendrai congé d'elle Je le sais mes larmes sont sans trésors et s’échoueront sur ses berges Nues je fermerai la porte au soleil qui se lève sous cette vierge Et m’immergerai voguant sur l’or de sa coupelle Alors je contemplerai amoureux les bois jonchant sous la brume Les rivages de ses ombres gracieuses d’un jour nouveau qui s’achèvera Et je rêverai d’elle sous une pluie d'un émotif alléluia D’une immense campagne où le ciel s'abaissera au creux de mon amertume Au Sud il est une Cybèle si belle Que lorsque je suis avec elle Triste je suis Lorsqu’elle s’enfuit Limpide serait-elle cette rivière d’argent Où la lune finissant sa vie s'inviterait en elle Sous le reflet de son miroir flamboyant

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Je m’aiguillerai sous ses racines pour conquérir son cœur inertiel D'un regard elle jette mes peurs à terre D'un second regard mon amour royaume en elle se dresse Mes peurs enfouies mon amour révélé s'inclineront-ils fiers Sous le souffle indélébile de cette grande déesse Au Sud il est une Cybèle si belle Que lorsque je suis avec elle Triste je suis Lorsqu’elle s’enfuit

« L’amour se niche partout si l'on veut prendre le temps de l’apprivoiser... Et ce n'est pas un luxe de pouvoir le dénicher, c’est juste une histoire de souffle au cœur. »

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A l'amour à la vie Si proche peu importe la distance Mon cœur ne peut pas battre sans toi Rien d’autre n’a d’importance Si mon trésor ne vit pas sous mon toit Seule ma fleur resplendit sous ta limpide fraîcheur Les jours et les nuits s’enchaînent en abondance Alors que chaque matin mon âme à l’arrêt contemple ta bonne humeur Je songe à nous sur le coton blanc de ma conscience Légèreté je ressens à ce moment là Libre purifié et réanimé je reviens à moi sous les draps Je ne fermerai plus seul la porte au soleil qui se couche Et si tu le veux je t'aimerai sans esprit farouche Je goûterai sans cesse ta nature engorgée de saveurs précieuses Et ma langue alourdie par l’idée non censurée Parcourra tes formes sinueuses et lumineuses Sans retenue sans oubli assouvie et immaculée Quand tu le souhaiteras de plus près je t'aimerai Et à l'heure de tes doutes derrière toi je serai À l'heure de tes envies avec toi je serai À l'heure des moments difficiles à tes côtés je serai

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Le jardin et la fontaine de jouvence C'est un après-midi de printemps Le soleil qui brille annoncerait-il une semaine de beau temps Est-ce cela le bonheur d'être avec ses enfants D'être sous les platanes assis sur un banc Serais-je heureux ce jour au pays Catalan De vivre à cet instant Simplement En regardant jouer mes enfants Courir Bondir Sauter Grimper Restons cette nuit Restons éveillés sous cette pluie d'étincelles Ne pars pas sans lui Ne pars pas sans elle Mon amour la route est sans arrêt Parmi les précipices de la vie N’écoute pas l’appel de la forêt N’écoute pas l’appel du bruit Le mur au fond du jardin est blanc même la nuit Et le murmure de tes doutes lui aussi Ne perds pas espoir déesse Dans ta main écris alors mon adresse - 34 -


Derrière le voile de l’orage Avec la poussière que laissent tes anges Une fois retenue Souffle et lave-la avec l’eau froide de cette fontaine de jouvence perdue Sous le feuillage Qui s’étend au pied du rivage Passons la brume de l’aube Enveloppée sous ta robe Appuyée sur mon épaule Nous arriverons au pays des saules Ne pleure plus cette terre verte et ronde Là-bas sera pour toi ma belle féconde Je veillerai tes rêves fourbus Je chasserai toutes ces nuits interrompues Je te laisserai soleil et sueur Sous le regard de mon cœur De l’autre côté de la colline Il y aura de petites vagues coquines Muettes s’accrochant à la plage ce soir Jumelant leur musique à notre histoire

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Le grain de beauté s'est envolé Il ne pleut plus dehors Mais un air humide m'envahit comme un mauvais sort Je l'aime et pourtant elle est partie Aujourd'hui Alors que le jour se lève Je rêve D'elle il mio amore Toujours d'elle encore Elle est nue Je suis ému Couchée sur le ventre sous un ciel rose Sans ailes mon regard s'envole et se dépose Là sur la mouche aux creux de sa renaissance Elle dort en silence Mes mains glissent le long de son corps Sans son accord Elle finit par ouvrir la porte Je l'emporte Mes yeux roulent sur le satin de sa chair Et ma langue accompagne cette surenchère Tourne autour de cette chose Au-dessus de cette ombre brune éclose Pour un long voyage Et me renvoie un doux message C'est un moment merveilleux Voluptueux Au même instant une lumière intense traverse les volets rougis Par les rayons qui soulèvent mes paupières engourdies - 36 -


Soleil s'il vous plaît Je vous dirai Non pas maintenant Et c'est dans un courant tiède enivrant Que mes yeux grands ouverts voient décoller la mouche Un grain de beauté peu farouche En train de planer Et finissant son périple sous mes cils au coin de l'oreiller Réveillé Je rampe comme un escargot assoiffé Vers la douche Seul et sans la mouche

« A partir du moment où tu crées quelque chose tu provoques chez l’autre des sentiments. »

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Et quand l'harmonica s'en alla Mon amie Mon amie la nostalgie Mon harmonie Mon harmonica Es-tu toujours là En train de souffler la note qui me transporterait Proche de ma bien aimée laissant son reflet En songe À la frontière de tes mensonges Recouvrant notre vie Laquant les sous faces de mes soucis Pourtant j'ai encore rêvé D'elle la tête perdue sous l'oreiller Comme le jour de son retour Je l'aperçus debout dans la cour Les bras le long du corps Immobile au cœur de mon château-fort Elle s'enfuyait Là-bas vers les sommets Qui s’évaporent seule dans la nuit En douce symphonie L'air à la fois sublime et tragique Serait-ce la panique D'affronter le jour - 38 -


Mon harmonica en contre-jour Arrêtez le temps coupez les téléphones Bâillonnez la musique qu’un son étouffé ne résonne Fermez les portes des églises et l'amour grinçant Des dents et que dans le ciel s'inscrivent à l'aide d'avions gémissants Ce message fort Il est mort Mon amie Mon amie la nostalgie Mon harmonie Mon harmonica Que l'on torde le cou des tourterelles Des hiboux et des hirondelles Il était mon Sud mon Nord mon Est et mon Ouest Toujours rangé dans ma veste Ma vie mes joies mes peines mais aussi Mon midi mon minuit Ma parole et mon chant Je croyais qu’on s'aimait pour toujours sur ce champ Vertige en notes blanches et noires j'avais tort Est-il mort

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Mon amie Mon amie la nostalgie Mon harmonie Mon harmonica Qu'importe le vent, la lumière et les étoiles oubliez-les Allez décrocher la lune brûlez le soleil et les ailes de nos libertés Polluez les rivières détruisez les forêts Égorgez les moutons Et les esturgeons Serais-je mort à mon tour Croirais-je encore à quelque chose seul dans cette tour En ce mois de mai Désormais Sans doute à la résurrection de mon harmonica Ad'Mi Ré Si Ad'Mi Ré le ad'Mi Ré La Mi Sol Si Ré Fa Fa La Do Mi c'est mon harmonica Mon amie Mon amie la nostalgie Mon harmonie Mon harmonica Ad'Mi Ré Si Ad'Mi Ré le ad'Mi Ré La

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La forêt entre nous C'était une bulle au-dessus de la mêlée Nous avons beaucoup aimé chacun de nos moments partagés Et nous aimerions en vivre d'autres ainsi Ici Je me souviens d'elle De l'épicéa au tronc séculaire Debout planté là résistant au poids de l'hiver Enrobé d'une barbe de lichens À l'écorce terre de sienne Balayé par le vent Et patiné par le temps Son fût mélancolique s'élève sans fin Et heureuses sont ses pommes de pins Voyant voltiger l'écureuil Écoutant siffler le bouvreuil Comment est-il né Par le Joran par l'oiseau Une graine envolée S'est déposée à côté du bouleau Sous la mousse et les airelles Avec chance et rituel Elle germa Et poussa Je me souviens d'elle De ses couleurs Ses odeurs Ses fruits Ses bruits - 41 -


Ses efflorescences De toutes ses arborescences Je me souviens d'elle De ses champignons Ses vallons Ses insectes Ses dialectes Ses nuances De toutes ses abondances Je me souviens d'elle De ses lumières Ses chimères Ses ombres Ses pénombres Ses fréquences De toutes ses luminescences Je me souviens d'elle De ses images Ses nuages Ses peurs Ses fleurs Ses affluences De toutes ses réminiscences Je me souviens d'elle De ses sentiers Ses fossés Ses clairières Ses lisières Ses traces De toutes ses dédicaces Je me souviens d'elle - 42 -


De ses marécages Ses abattages Ses cris Ses folies Ses silences De toutes ses exubérances Chaque année je reviens vers toi Pas à pas Je ne pourrais t'oublier et vivre sans toi Forêt Ô forêt ne me quitte pas Il est vrai que c'était magique Énigmatique Irréel léger et tendre à la fois Mais parfois Il faut être disponible dans sa tête et son corps Pour pouvoir apprécier ces moments forts Nous ne nous sentions plus ouverts en ce moment Mais nous n'oublierons rien de nos instants Gardant au fond de nous chaque geste chaque regard chaque caresse Nous repartons chacun en allégresse Comme de vieux amants Tranquille sur un pas nonchalant Elle vers son chevalet Moi vers ma forêt Attendant une nouvelle saison Un nouvel amour à foison

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Cri et jalousie Je crierai ton nom Lors du bal des vampires Au théâtre des martyrs Et irai boire leur sang en ton nom Je crierai ton nom Au milieu de la nuit Sur les toits endormis Et irai les harceler en ton nom Je crierai ton nom Aux portes de l'enfer Sur les traces de mes vers Et irai les brûler en ton nom Je crierai ton nom Sur la place de grève Exécutant mes mauvais rêves Et irai décapiter le bien en ton nom Je crierai ton nom Par-dessus les montagnes À travers la campagne Et irai semer la terreur en ton nom Je crierai ton nom Aux quatre vents Sur les cinq continents Et irai éteindre la flamme en ton nom Je crierai ton nom À tout l’univers Voyageant comme Gulliver Et irai faire la guerre en ton nom

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Je finirai en prison en ton nom A en perdre la raison Mais dans le fond Je t'aime comme un con

Le printemps d'une balançoire Allongé plume à la main sur la balançoire J'observe un ciel clair dans le noir Et la silhouette au loin d'une passante à la peau caramel Je l'interpelle Ces paupières me projettent une ombre chinoise Qui se lie à ma page blanche pour une proposition courtoise Belle imagination de cette phalange dégourdie Me dessinerait-elle une idylle j'en meurs d'envie Elle ouvre ses yeux fixant mon ciel étoilé Je n'en crois pas mes yeux Et heureux Je tends les bras vers cette céleste animée Son regard dans mon regard est un fleuve d’eau pure Murmurant des secrets dans son flux abondant Elle sublime à mon être une clé sans serrure Qui ouvre par bonheur la voie aux sentiments - 45 -


Aubépine piquera-t-elle mon cœur Cette nuit je ne te verrai pas Cette nuit je verrai tout le monde Mais je ne te verrai pas Au point du jour de ce nouveau monde L'hiver s'achève Le printemps sort du lit Comme une déesse dans mes rêves Revit sous le soleil de mes envies Aubépine mon amour flamboyant et cruel Immobile toute chancelante devant la porte Aurais-tu peur de quitter ton nid d'hirondelles Pour t'envoler dans les sillons de mon eau-forte Aubépine à la fois rude et combative Prude et gustative Verdoyante et éclatante Parfumée et bienfaisante J'ai traversé le crépuscule Comme le vent soufflant ses derniers mots de misère Dans le couchant j’embrasserai ce tronc solitaire Épineux saurais-je percer sa mystérieuse bulle Éclair éphémère d'Aubépine Sous tes seins j’attendrai l’aube Ô maîtresse Petit joli fruit d’Aubépine Sur le divan rouge de la grande déesse Il coule mes mains d'esclave Dans le soir qui s’éteint cavaleur Aubépine libère ce dernier fruit rouge sous ton enclave Ouvre moi la porte de ton cœur

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Promenade un dimanche à la campagne Perché sur la colline à l’arbre de vie Je m’ennuie à observer les nuages passer Un deux trois et puis s’en vont vers l’oubli Et d’elle à la prairie miel au regard doré Perdu au pied de la vigne en sommeil Je m'enivre de ce ciel gris perle en éveil Allongé sur l’herbe jaunie par le temps Et d’elle à la peau d'une saveur d'antan Coincé entre deux branches d’un vieil olivier Je me nourris de son brillant vert argenté Adossé contre son tronc aux racines millénaires Et d’elle à la générosité d’une bonne mère Marchant sur ce chemin sinueux du sans soucis Je déambule dans cette clairière du bois joli À la terre précieuse aux terroirs multicolores Vers elle pour éterniser ce film en technicolor Ce dimanche matin à la lueur du premier rayon Je déploie mes paupières sur son parfum Mes sens m'embaument aux multiples senteurs Et je me perds en elle au plus profond de mon cœur

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Le passage Ce matin sur la vigne vierge de la pergola La pluie ruisselle corps et âme À l'abri du temps un cierge brûle en vendetta Pour assécher l'ambiant vague à l'âme La vigne fredonne Ce paysage est un fluide glacial et je pleure L'immense blessure enracinée dans mon cœur Elle le résonne Il frisonne Quand l'orage s'éloignera Nous repartirons là-bas Elle lui pardonne Quand le soleil réapparaîtra Comme le bon samaritain Il redeviendra son nouvel ange gardien Alléluia

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Label blanc Blanc serais-tu dans l'atmosphère la somme de nos couleurs vitales Un arc-en-ciel en irisation Le passage de nos nuits horizontales Ou la page de nos jours sans imagination La blancheur de ton sourire Vient se poser sur ma bouche À chaque fou rire À chaque fois que l'on se touche Blanc serais-tu un secret en correspondance à notre lumière intérieure Un mariage d'une beauté tout en douceur Une représentation de la sagesse Où un antonyme sacrifice tout en finesse Alors mes bras d'ivoire plongent sur ma bien-aimée Vers ce corps cotonneux immaculé Où mes pensées rejoignent cette divinité Aux pentes innocentes et aux formes chahutées Blanc serais-tu le cycle nycthéméral de notre vie par défaut Une blanche silhouette aux parois enneigées En passant du matin à la matité de sa peau Au soir à la brillance de sa pureté Avec toi je vois le noir en blanc Les nuages en transparence - 49 -


Où la lune flirte avec le ciel et ses nuances Sous ton regard bienveillant Blanc serais-tu notre amour éthéré Au-delà de tout raisonnement Notre invisible échiquier Où l'archange annoncerait notre fusion éternellement Blanc neutralité de mon for intérieur Tu es mon porte bonheur Alors continue à me délivrer une âme candide Pour vivre encore longtemps sur cette Atlantide

« Il n'y a pas mieux que le regard et le toucher pour savoir où nous sommes. »

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Label bleu Bleu couleur froide à l'horizon de mes artères Violettes joues aux premiers frimas de l'hiver Invite au calme et à la détente Serais-tu une Tibétaine à la sagesse transcendante Bleu sensation d'éloignement et d'immatérialité Ciel clair mélancolique et rêve glacé de ta féminité Procure une sensation d'introspection et de foi Serais-tu une déesse aux forces vitales détenues par l'esprit du Roi Bleu symbolique de tendresse et d'idéal à foison Turquoise caressant notre sensibilité en émotion Purifie nos âmes capricieuses en transparences Serais-tu demi-dieu en équilibre sous notre correspondance Bleu portant le voile céleste dans le ciel Azur heureux révélant nos énergies irréelles Calme et fuyant tu ne bloques pas mon regard Saurais-tu me laisser me perdre en elle sans crier gare Bleu drap teinté froissé vestige d'une nuit amniotique Parure qui révèle l'éclat de ta sensualité analgésique Vague perlée de saphirs amoureux Bleu reflet pur et limpide je te veux

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Label rouge Rouge couleur chaude par excellence Carmin dévoilant tes lèvres en turbulence Sensation de proximité Capteur de ton attention survoltée Rouge éclair sanglant de nos nuits Rose dentelle dévoilant ton corps nu épanoui Étoffe légère soulignant tes fesses rondes Surprend et invite à la fronde Rouge vibration intense et dominante Jaune passion et joie de vivre virevoltante Silence de colère sur ton expression tout entière Chaleur de tes mains au cœur de nos ébats aurifères Rouge omniprésent dans le feuillage automnal Auburn cheveux sur tes épaules apétales Vin d'un cépage d'une bonne terre Couleur d'ivresse de tes artères Rouge en déclinaison Camaïeu de mes pulsions En hiver le rouge te va si bien Du soir au matin

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Fiat lux pour un vernissage Cette lumière descendue de nulle part Illumine et ambre ton visage Comme un bas-relief assyrien lors d'un vernissage Il resplendit sous mon regard Cette fleur cueillie d'une prairie enchantée Tapisse et décore ta chevelure Comme les floralies me parfume le nez Elle magnifie ton encolure Ce reflet éclaboussure d'arc-en-ciel Idéalise et élève ta beauté Comme la terre vue du ciel Elle enchante ma sensibilité Cet amour venu en coup de vent Gonfle et sublime chaque jour nos cœurs Comme la lave en fusion d'un volcan Il explose et coule sur nos sueurs

« Il épluchera la peau de ton silence car il possède la voix d’un ange et la virtuosité du diable. »

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Voyage au bout d'une nuit d'hiver Je te caresse comme la plume d’oie Caresse et berce nos envolées sauvages sous la soie En naviguant au-dessus de tes hanches J'amerrirai sur ta fluide porcelaine blanche Je tremble d’un désir lyrique Tremble et me confonds à ton corps académique En me nourrissant de tes notes érogènes Je respirerai par tes pores ton oxygène Je survole tes montagnes neigeuses oniriques Survole et plane en symphonie fantastique En tourbillonnant chaque instant au son de ton plaisir Je valserai sur nos floconneux souvenirs Je te sublime à travers mes cils Sublime et plonge vers ton delta du Nil En immergeant mon vaisseau audacieux Je me ramifierai à ton cœur sulfureux J'équilibre nos pensées intimes Équilibre et harmonise la rencontre de l'ultime En choyant ma belle-de-jour Je voyagerai au bout de la nuit jusqu'au petit jour

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En cinq actes Je t’écoute Et vole tes mots en déroute Pour les déployer en vapeurs de souvenirs En les oubliant pour ne pas souffrir Je peins Et image ta peau de lin Pour la colorer de pigments d’ors En l’entoilant sur mon corps Je sculpte Et taille le grain de tes maux cultes Pour perdre ce que tu hais En lissant tes contours les plus laids J’écris Et arrose tes feuilles sèches et noircies Pour les exfolier à ta démesure En t’encrant une vive larme d’écriture Je plonge Et verse mon vert regard en songe Pour me noyer de tes odeurs En déposant mon sourire sur ton cœur

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Ce soir de pleine lune tu étais Cybèle Les fleurs du jardin sont fanées Leurs parfums épuisés Les insectes se sont éparpillés Et les feuilles changent de tonalité Alors que ma tête bourdonne La rosée matinale annonce l’automne Le mistral siffle sur l'eau et fredonne Des airs sur nos chairs qui frissonnent Soulevant légèrement sa robe de soie Elle embarque dans le youyou et met les voiles sans moi Sous un frimas clapotis Elle s'enfuit Est-ce que les cumulonimbus accompagneraient un message envoyé de loin Quand les cigognes blanches retourneront en rang Nous irons admirer ensemble la lune en coin Sous la tonnelle d'été au bord de l’étang Les reflets s’en vont emportés par le courant Nous sommes séparés par la distance et souffrants Partageant notre regret réciproque Sans être équivoque Comment puis-je éliminer ma pensée pour toi mon doux exil Qui vient juste de t'échapper de mes cils Mais occupe déjà mon cœur J'en ai bien peur

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Une kyrielle d'elles nommée désir Si elle était musicale Elle serait pour sa virtuosité sensorielle Un violoncelle Ou le boléro de Ravel Pour être la Ritournelle Si elle était un animal Elle serait pour son agilité exceptionnelle Une gazelle Ou une sauterelle Pour son côté sexuel Si elle était un parfum Elle serait intemporelle N°5 de Chanel Ou Mademoiselle Pour être une olfactive immortelle Si elle était un jardin Elle serait pour sa dentelle Le parc de Bagatelle Ou celui du jardin d’Elle Pour sa variété visuelle Si elle était une peinture Elle serait une aquarelle Une scène existentielle Ou un Jean–Paul Riopelle Pour sa gracieuse gestuelle - 57 -


Si elle était une architecture Elle serait une marche sensuelle Une passerelle Ou la tour Eiffel Pour m’élever vers l'éternel Si elle était une lumière Elle serait une étincelle Une flamme qui m’ensorcelle Ou un arc-en-ciel Pour être sensationnelle Si elle était une matière Elle serait un tissu pastel De la flanelle Ou une plume d’hirondelle Pour s'envoler vers l'essentiel Si elle était un moment de désir Elle serait une ombre charnelle Une jarretelle Ou un objet virtuel Pour souligner mon regard pixel Si elle était un plaisir Elle serait pour être fou d'elle Une caresse émotionnelle Ou un doux caramel Pour fondre sous mon ombrelle

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Si elle était une fleur Elle serait une vivace mortelle Une pimprenelle Ou une verveine citronnelle Pour m'infuser une formule de Russel Si elle était haute en couleur Elle serait une femme universelle Une Tendancielle Ou la reine du miel Pour revitaliser mon mémoriel Si elle était une béatitude Elle serait par sa bonté intellectuelle Une réserve naturelle Ou un hôpital en plein Sahel Pour distribuer une pluie d'amour annuelle Si elle était une attitude Elle serait une posture solennelle Une fidèle Ou une statue originelle Pour vivifier mon insurrectionnel Si elle était une épicurienne Elle serait un instant passionnel Une saveur culturelle Ou un esprit comme Marc-Aurèle Pour sa sagesse immatérielle

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Si elle était une logicienne Elle serait pour son équilibre intentionnel Un triangle isocèle Ou une molécule informelle Pour son comportement parfois rebelle Si elle était mon ange gardien Elle serait finement révérencielle Une sentinelle Ou une femme maternelle Pour me conserver tel quel

Nuances Aime-t-on aimer ce que l'on désire Désire-t-on aimer ce que l'on aime Aime-t-on aimer ce que l'on aime Désire-t-on aimer ce que l'on désire Aime-t-on désirer ce que l'on désire Désire-t-on désirer ce que l'on aime Aime-t-on désirer ce que l'on aime Désire-t-on désirer ce que l'on désir

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Parfume moi et tout sera amour vertige et beauté À la seconde où tu ne seras plus là Je me vaporiserai harmonieusement de tes parfums Je te ressentirai entre mes mains Et t'enverrai une note de tête Éléments légers et volatils en fête Citron bergamote et nérolis volés Ils ne dureront que le temps d'un baiser À la minute où tu ne seras plus là Je m'abreuverai en dansant de tes parfums Je te promènerai à travers moi comme venin Et t'expédierai une note de cœur Thème le plus puissant de mon chantepleure Muguet jasmin chèvrefeuille violette rose magnolia Il ne durera que le temps d'un alléluia Les heures où tu ne seras plus là Je me volatiliserai en chantant avec tes parfums Je te sublimerai à travers mes pensées sans fin Et t'ordonnerai une note de fond Élixir récepteur de mes éphémères infusions Mousse de chêne opopanax musc santal Il ne durera que le temps de ton retour inaugural Les jours où tu es là Je m'enivre de ton parfum Je me confonds à ton corps alcalin En m'imprégnant de tes notes indélébiles D'amour de vertige et de beauté ductiles - 61 -


Odeurs aphrodisiaques terrestres tu es mon paradis Tu es la femme de ma vie

Qu'aimerions nous être l'un pour l'autre J'aimerais être toi Un élément essentiel à la couleur pure Une lumière libre Un paysage enivrant Une impression soleil levant Un impressionniste Tu aimerais être moi Une rigueur de la touche Un Munch Une couleur insolite Une expression lyrique abstraite Une expressionniste - 62 -


J'aimerais être toi Une déclaration explicite sentimentale Une parabole Un Klimt allégorique Une émotion symbolique Un symboliste Tu aimerais être moi Un Duchamp comme provocation Un Man Ray en dérision Un mouvement de révolte Un Dada désinvolte Une Dadaïste Nous aimerions être l'un pour l'autre Une sculpture monumentale Une peinture viscérale Une exposition exaltante Une poésie flamboyante Une œuvre réaliste

« Chaque histoire a une fin qui nourrit le poète. » - 63 -


Itinéraire sanguin d'un homme amoureux Je serpenterai sous ta peau Pour m'immerger à travers ta chair en vipéreau Me laisser couler lentement dans tes veines Taquiner ton cœur du bout de ma langue rifaine Je rêverai que nos os se calcifient Se soudent se pacifient Que nos tendons s’entremêlent Et que nos deux esprits fusionnent dans l'atemporel Je voguerai dans l’onde amoureuse de ton sang Pour Boire la vie pulsante de ton jus enivrant Me regarder avec tes yeux hors-la-loi Pour comprendre ce que tu vois en moi Je ressentirai l’effet que produit en toi la violence de mes mots courroucés La piqûre âcre de mes sarcasmes ébouriffés La force souveraine de ma colère La joie terrible de mes aveux amphotères J'allaiterai mon humour de l’intérieur avec plaisir Pour ressourcer la cascade cristalline de ton sourire M’émouvoir quand tu me demandes de te serrer dans mes bras M’aimer quand tu me demandes de te rejoindre sous les draps

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Lettre enluminée pour le paradis Chaque jour la folie de mes ardeurs M'élance vers son champ lumineux majeur Je respire le parfum de son cœur Au-dessus du monde comme une pure liqueur Enivré mon esprit vient récolter ses vapeurs Ouvrir les portes de sa ferveur Loin de ma solitude en être songeur Je délivre mon âme sous sa tutelle sans peur En me penchant vers son univers absorbeur Elle me dévore avec fureur Sans retenue je me confonds sans aigreur Et plonge avec elle vers l'apesanteur Au paradis sous le pli de l'enlumineur Je signe sa lettre sans dogmatiseur Elle sera la muse vedette de mon encreur Une féerie sans fin ni écrivailleur

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De feu et de glace Je suis comme le roi soleil dans un pays enneigé Le silence s'intensifie sous le bruit de nos pas La ouate blanche recouvre nos corps entrelacs Je suis comme un flocon fondu sur un corps échaudé Je suis comme un volcan dans une nuit glacée Le magma s'amasse à la frontière de mes appâts L'aurore cendrée décore nos silhouettes de haut en bas Je suis comme un nuage poudreux dans un océan déchaîné Notre amour se thésaurise pour traverser le temps C'est la flamme caressant nos sens C'est la glace figeant nos absences Notre intrigue se scelle pour s'ouvrir au bon temps Notre aventure se réfugie pour souder la paire unique C'est le mercure retrouvant l'abyssale C'est la lune croissant matinal Notre idylle s'émancipe pour échapper au petit roman bucolique

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L'amour Quand la nuit s’approche tes mots me dévore Je viens à toi pour déserter mon corps Tu es mon sacré cœur mon asile Alors je deviendrais sage et viril Quand l’aube survient tes envies exhalent le silence Je ne ressens que ta présence Tu es mon désir ma douceur Alors je me réveillerais serein et de bonne humeur Quand le soleil de midi éclaire ton âme en écritoire Je reste immergé dans ton ombre pour la boire Tu es mon esprit ma source Alors je me nourrirais de ta lumière et de ton essence Quand le crépuscule trace notre amour entre ciel et terre Je ne suis plus moi en clair Tu es mon ange mon alliance Alors je volerais vers toi pour t’emporter en haute fréquence

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La statue de la fausse Liberté Souviens-toi du moment où tout a commencé Momifiés étions-nous devant ces images chimériques À la recherche de la perle rare émincée Mythe de confondre la rareté À notre pensée unique Souviens-toi du moment où tout a commencé Embaumés étions-nous devant ce monde mystique À la recherche de l’absolu divine beauté Histoire d'attiser la fierté À notre émoi impudique Souviens-toi du moment où tout a commencé Crucifiés étions-nous devant cet événement tragique À la recherche du calice et de son saint graal échappé Chronologie d'une éternité assurée À notre corps évangélique Souviens-toi du moment où tout a commencé Canonisés étions-nous devant notre destinée empirique À la recherche de l’apôtre éclairé Légende d’animer la croisée À notre rencontre fantastique Souviens-toi du moment où tout a commencé Statufiés étions-nous devant cette assemblée cosmique À la recherche du conquistador expérimenté Récit d’immortaliser la réalité À notre illusion idyllique - 68 -


Souviens-toi du moment où tout s'est terminé Enchaînés étions-nous de ce carcan diabolique À la recherche du vaisseau expatrié Mésaventure d'accéder à la liberté À notre paradis fantasmagorique

Au fil des saisons l'amour défilerait-il Pourtant un beau matin Dès qu'elle est partie j'ai perdu sa main J'ai tout oublié sauf son toucher Et les traces de son passage sur mon corps échaudé Belle tenue au bout de cet interminable poignet Tendre et câline Longue et fine Hiver Gantée et blanche couverture Pourtant un beau matin Dès qu'elle est partie j'ai perdu sa main J'ai tout oublié sauf sa volupté sur mon corps épuisé Et sa folie émotive sur mon oreiller Belle augure tenait-elle entre ses mains et ses pieds Palpait en me frôlant les articulations Dorlotait en me massant ma tentation Printemps - 69 -


Heureux et amoureuse capture Pourtant un beau matin Dès qu'elle est partie j'ai perdu sa main J'ai tout oublié sauf sa dextérité Et ses douceurs affectueuses sur mon lit harnaché Belle muse aux doigts de fée Féline et soignée Souple et ongulée Été Bronzée et conventionnelle rupture Pourtant un beau matin Dès qu'elle est partie j'ai perdu sa main J'ai tout oublié sauf sa révérence soulignée Et ses plaisirs insensés partagés sur mon canapé Belle vertu à la délicate destinée Baguée et élégante Précieuse et étincelante Automne Mélancolique et souvenir sans blessure

« L'âme est l'organe du bonheur comme l'œil est celui de la lumière. » - 70 -


Tout passe par le regard Ta cornée transparente protège ton œil de ces assauts percutants Ton iris donne la couleur à ton esprit verdoyant Ta pupille s'ouvre et se referme selon l'intensité de sa lumière Le cristallin règle la netteté de ta vision à la fois éternelle et éphémère Ta rétine reçoit son image et la renvoie au nerf optique sans sourciller Tout cela pour te dire de ne pas rester dans l'ombre de tes pensées Ouvre tes yeux pour voir le jour Qui se lève au coin de ses yeux Ouvre tes yeux pour voir le soleil Qui brille dans ses beaux yeux Ouvre tes yeux pour voir l'intelligence Qui sommeille derrière ses yeux Ouvre tes yeux pour voir l'amour Qui t'attend à travers la douceur de ses yeux Ouvre tes yeux pour proclamer ta flamme Qui brûle la rétine de ses yeux Ouvre tes yeux pour recevoir ce cadeau Qui s'offre sous tes yeux Ouvre tes yeux et ton cœur Qui s'uniront sous le regard de vos yeux

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Ô Dora N'aimez-vous pas mon nez Qui se retrousse sans rechigner Lorsqu'il respire foule de passions Et succombe à la tentation N'aimez-vous pas mon nez Qui sent le plaisir m'amener Vers votre intensité sous pression Sans trahir mon imagination N'aimez-vous pas mon nez Qui se réfugie au coin de la cheminée Dès qu'il se refroidit Pour ne pas perdre mon dernier ressenti N'aimez-vous pas mon nez Qui reste souvent en apnée Pour ne pas oublier que vous n'êtes plus là Mais que vous existez sur mes draps N'aimez-vous pas mon nez Qui s'éternise vers ce nouveau-né Berceau d'un amour éperdu Pour se rappeler de ces odeurs confondues N'aimez-vous pas mon nez Qui ose même si vous apprenez Que soudain vous n'êtes plus la seule À être attirée par cette belle gueule N'aimez-vous plus mon nez Même si votre parfum continue à m'étonner Tant qu'il n'y aura pas Loin de moi Ô dora

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Un instant une éternité Viens m’écrire un poème pour que je te désire un instant Viens te blottir dans ma mémoire pour lire dans mes pensées un instant Viens me rejoindre à la maison pour que je t’ouvre la porte un instant Viens me chuchoter des mots tendres pour que je fonde un instant Viens te glisser sous mes draps pour vibrer un instant Viens toucher mon corps animé pour ouvrir le tiroir de mon cœur un instant Viens conjuguer des choses douces pour m’exprimer un instant Viens arroser mon jardin secret pour que fleurisse ma fleur d'amour un instant Viens prendre une douche pour que notre sève s’apprivoise un instant Repars vite pour revenir un instant

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Un voyage un recommencement Il y a des moments où la jalousie détruit Tout ce qu’elle a créé En plein jour en pleine nuit Serais-je capable d’approuver cette idée Folle ou calculée Peu importe le côté manichéen ou enfantin De toute façon construire du neuf sur le passé C’est bâtir du vide sur du rien Et si je repartais en voyage Pour voir défiler à nouveau l’avenir En technicolor à bord d'un nuage Comme dans le reste de la vie Le plaisir Paierait-il ma nouvelle énergie Et ne tuons pas les nuances Car nous tuons en même temps Notre liberté L'appétit de créer d'aimer Un voyage un recommencement Avec amour et reconnaissance

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C’est l’heure de faire demi-tour C’est l’heure de faire demi-tour Car j’aimerais bien refaire l’amour Je voudrais naître sur la lune Sur la face visible de cette belle brune Je voudrais être cet extra-terrestre Qui viendrait lui rendre visite à la Saint-Sylvestre Pour vampiriser mes défauts dans son boudoir Pour mieux la dévorer chaque soir C’est l’heure de faire demi-tour Car j’aimerais bien refaire un tour Sur un manège heureux et beau Je voudrais être au sommet à nouveau Pour passer les frontières dans les nuages Et sans manteau ni maillot ni plumage Un soir d'hiver ou une nuit d’été Pour proclamer cet amour parafé C’est l’heure de faire demi-tour Car j'aimerais avoir vingt ans en ce jour Etre inconscient et perdre mon temps À regarder les fleurs et les passants J'aimerais traîner mes illusions Dans le décor d’une aile de papillon Aimer toutes les choses sans exception Comme si j’étais un fou en révolution

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C’est l’heure de faire demi-tour Car J'aimerais revoir toutes ces belles-de-jour Celles qui m'ont trahi sans dire adieu Pour les regarder droit dans les yeux Et revivre ces moments conducteurs D'espérance et de désespoir Ces nuits blanches et ces jours noirs Pour mon seul vrai bonheur C’est l’heure de faire demi-tour Car j'aimerais réentendre le bruit du tambour Je ne veux pas raviver mes états d'âme Juste flirter le son d'un baiser d'une réclame D'une jolie fleur qui pianote Je voudrais qu'elle ne manque pas une note Une larme un sentiment une déchirure Au revers de mes aventures C’est l’heure de faire demi-tour Je suivrai le même chemin au retour Je manquerai les mêmes trains Je chanterai les mêmes refrains Je voudrais ne rien effacer De mes joies de mes difficultés Qu'on n'oublie pas une virgule À mon passé caché derrière la pendule

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Et ce soir je ne serai pas en retard Non je ne flirterai plus jamais Sur cette vague noire désormais Et ce soir je ne serai pas en retard Même si certains chantent à nous les dollars Moi je m'en fous je ne ferais pas demi-tour Au coin de la rue tant qu'il y aura l'amour J'écrirai pour ne plus disparaître Mon cœur insufflera de belles rencontres J'aimerai l'autre nuit et jour Et je m'occuperai de mes amours Je rattraperai le temps perdu Pour courir le long des plages défendues J'étais aux portes du désert Où le Fennec m'observait encore hier Dans une rigole sans larmes L'oreille sur l'oreiller en alarme Non je ne flirterai plus jamais Sur cette vague noire désormais Et ce soir je ne serai pas en retard Même si certains chantent à nous les dollars Moi je m'en fous je ne ferais pas demi-tour Au coin de la rue tant qu'il y aura l'amour J'écrirai comme c'est écrit Devant mes yeux sous le parapluie Il ne pleut plus dans mon cou Mais je rêverai encore de vous - 77 -


Serait-ce le propre de l’artiste De voler l'embrun de l'anarchiste De ne pas avoir de règles J’observerai la vraie vie pour ne pas finir aveugle Et je continuerai sur cette voie sinueuse Tant que je vous rendrai heureuse Non je ne flirterai plus jamais Sur cette vague noire désormais Et ce soir je ne serai pas en retard Même si certains chantent à nous les dollars Moi je m'en fous je ne ferais pas demi-tour Au coin de la rue tant qu'il y aura l'amour J'écrirai pour continuer à exister Il n’y a rien de plus terrible que d’être oublié Et l’été va bientôt s’achever Le soleil ne traverse plus mon atelier Serait-ce le retour de la nuit Ces ombres infernales de l’ennui Qui nous recouvre d’une nouvelle robe L’angoisse de ne plus voir nos pieds sur le globe J’allumerai à nouveau l’ampoule incandescente Pour contempler à travers le hublot la fée itinérante Non je ne flirterai plus jamais Sur cette vague noire désormais Et ce soir je ne serai pas en retard Même si certains chantent à nous les dollars Moi je m'en fous je ne ferais pas demi-tour Au coin de la rue tant qu'il y aura l'amour - 78 -


L'ange noir et la belle Et tombe de nulle part L’ange noir Avec sa longue chevelure sur le sol Dans un tremblement déchirant la terre Sa voix gronde comme le tonnerre Ses yeux brillent comme l’éclair Et son souffle s’apparente au vent rugissant Serait-ce la fin du monde D’un amour Et accourt La belle Avec ses florissantes pensées légères Une crinière d’or survolant un visage ambré Le corps recouvert d’un sari blanc Des yeux d’une criante curiosité La dirigent vers ce rendez-vous Soudain Le crissement étrange d'une lueur apparaît Surprise Elle freine sa marche nocturne Toute innocente sur le bord du chemin Assise sur une balance en apesanteur Serait-ce la sagesse ou la démence Une sagesse lyrique nourrissant le rêve Une démence désaccordée détruisant le moi Vêtue d’une robe translucide blanchâtre Derrière laquelle la belle devine finalement l’éclat La sagesse chante quelques mots Des mots l'incitant à rompre cet élan - 79 -


L’ange noir symboliserait-il la mort Ou jubilerait-il l’amour La belle tremblerait-elle d’épouvante Ou exalterait-elle la perspicacité Et là devant cette incompréhension Une force une voix intérieure Une âme inconsciente s’inspirent de la belle Et les ailes de l’ange noir s'effacent Serait-ce une renaissance une incarnation L’aube s’approche La belle est aux anges Un cœur neuf se comprime sous sa poitrine Et L’homme s’éclipse dans son flux lumineux

Entre Burj Khalifa et la baie des anges Je suis aux cent soixantième étage Pour rencontrer les anges Du haut de cette tour de 828m Chaque soir Enfant dans ma tête Je tutoyais un ange Je l'appelais Cassandra Il me protégeait Avec ses pouvoirs magiques Il symbolisait la connaissance - 80 -


Le voyage Et une grotte ténébreuse Dans mon rêve Au terme d'un long voyage Mon maître imaginaire Me demande d'aller chercher une lampe Avec un objet magique sans valeur Je préfère conserver la lampe pour moi Mon maître m'abandonne Dans les ténèbres de la grotte où gisait la lampe J'ai froid j'ai peur mais je reste courageux La lampe est hantée par un grand génie Je parviens à maîtriser ses pouvoirs Mais mon maître n'est pas d'accord Il utilise Cassandra pour me persuader Et je finis par profaner un symbole Un œuf Fabergé mythique Ayant appartenu à une grande souveraine Réveillant ainsi l'oiseau aux plumes de fer Cet oiseau est le véritable maître de la lampe Mais je me réveillais toujours Avant la fin de l'aventure Je suis aux cent soixantième étage Pour rencontrer l'oiseau de fer Du haut de cette tour de 828m Aujourd’hui Je ne vois rien Au sommet Les humains sont devenus des puces - 81 -


Et leurs cris ressemblent à des miaulements Perdus dans la hantise des nuits Dans un désert sans fin Où le parfum Fabergé s'est évaporé À jamais aux cent soixantième étage Le monde est trop petit Étriqué me semble-t-il Enfant je croyais Qu'il y avait des forêts Des prairies à perte de vue Des lacs limpides enchantés transparents Dans lesquels des rivières d'argent coulaient à flots Avec des monstres gentils Des villes vertes et dorées Scintillant l'amour la grâce la volupté et l'espérance Et que les anges Nous faisaient la courte échelle jusqu'aux étoiles Je suis aux cent soixantième étage Pour rencontrer l'amour Du haut de cette tour de 828m Je suis l'homme aux cent soixantième étage Mais tout le monde s'en fout Elle s'appelait Cassandra Elle ressemblait à une fée Se serait-elle noyée dans la baie des anges

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Le collectionneur et la statue vivante Acheteur Consommateur Il n'est jamais content Il cherche tout le temps Maniaque insatisfait Acquéreur d'objets Obsédé par la découverte Il doute Il amasse Il entasse Il accumule à toute heure C'est le collectionneur Phase d’euphorie et d’allégresse Phase de tension et de détresse Frustration Passion Culpabilité Sa famille est oubliée Ses amis Aussi Il amasse Il entasse Il accumule à toute heure C'est le collectionneur

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L'attribution d'un pouvoir d'une valeur Aux objets sans erreur Parce que leur présence et leur possession Lui offrent une fonction Réparatrice Protectrice Face à l’anxiété à l'incertitude Par habitude Il amasse Il entasse Il accumule à toute heure C'est le collectionneur Et comme tous les jours en ce moment Il parle assis sur un banc seul à tous les temps Comme beaucoup dans ce jardin de banlieue Et tout bascule en un instant entre midi et deux Il regarde quelque chose inhabituelle c'est flagrant Un objet une statue un personnage de rue vivant Et voici que la chose tend ses mains Et les dépose sur ses épaules comme un câlin Effrayé par la chose Il recule et s'oppose Comme un toréador avant la mise à mort Et son cœur crie si fort Est-elle assise impassible à l'abri sous ce saule Précaire à même le sol Depuis longtemps Sous une pluie glaciale et contre le vent - 84 -


Est-ce des gouttes de pluie qui ruissellent le long de ces cils Où pleure-t-elle perdue au cœur de son péril Ô jolie chose Un objet si différent qui lui sourit en prenant la pose À chaque heure ses indéfinissables soucis mortels Creusent davantage son visage statufié d'ingénue éternelle Et ses mains à la fois fortes et légères Parlent le langage des signes chantent une prière Regardez là-bas ce qui se passe Et vous reviendrez vite reprendre votre place Pour la première fois depuis longtemps le collectionneur Pleure Parce qu'il a osé observer la vie Parce qu'il a découvert la vraie nature des choses Et ils repartent main dans la main sous la pluie Avec beaucoup de choses ... Et la fin le suppose

De la muse à la joie itinéraires confondus Quand j'incarne la joie dans les mots M'échapperait-elle Vivrait-elle sa propre vie Pour tous ceux qui veulent bien la rencontrer Elle est quelque part ma muse - 85 -


Elle grandit Elle meurt Et de plus en plus loin de moi Elle part Parfois je la retrouve Hésiterais-je à la voir Comme elle a mûri A changé Muse d'un instant Tu ne m'appartiens plus maintenant Je n'ai plus ce que je t'ai donné Lorsque je te devinais follement Dans la sphère aux mille facettes Rien que dans une goutte de rosée Ce monde y tenait Pour qui sait voir et faire voir C'est grâce à vous quelque part De la périphérie externe au centre intérieur Du centre à la périphérie Des autres à moi Et de moi aux autres Tel est le retournement éternel de la poésie De la Muse Elle est à la périphérie et au centre En moi et dans les autres Elle est partout toujours Toujours partout Être de beauté L'essence du poète

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Seule Et seule Toute seule Elle coltine son ennui Partout même dans son lit Et seule Toute seule Esseulée Humiliée Elle tente de bâtir Sa véritable identité En bouffer l’âpreté En ressasser l'avenir En traverser l'étrangeté En casser l'écran En oublier tous ses mauvais romans Un sentiment sans gestes futiles Réanimera son cœur Des fleurs sans gestes inutiles Lui offriront des couleurs Des couleurs qui parsèmeront ses roses Et effaceront ses heures moroses Couleurs qui joncheront et sans délai forgeront Ses rêves les plus fous vers un nouvel horizon

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Duo de votre plume Le silence de ses mots Engendrerait-il le bruit d’un sanglot Ruisselant sur ses joues sans cesse Ô déesse L'apparence de ses maux Déguiserait-elle l’ombre d’un noir manteau Descendant jusqu’à ses chevilles Ô jolie fille Sa mélancolie aussi bien à midi Où à minuit Sonne Le long de son cœur qui frissonne Sous le vent de ses frontières Visibles ou imaginaires Sous le chapeau de quelques oronges Son âme songe À ses sentiments profonds À la libération D'un je t'aime Toi et moi-même

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Un été Un été habile a sonné son arrivée sur un ton cantabile Sous mes cils j'entrevois une nuée de papillons de nuit graciles Et ce soir mes pieds déambulent sur une terre encore chaude Où les bruits nocturnes s'installent aguichant mes envies de maraude La nature s'est transformée en un camaïeu de vert cru et tendre Où les insectes mangent et s'accouplent dans un climat anhydre Le ruisseau ne coule plus ses galets polis revivent à la surface Et leur couleur claire illumine les berges de mes audaces Et toi tu es assise sur le flanc Impassible lisant Comme bien souvent ces derniers temps Sous la haie de chêne blanc J'entendais encore hier tes mots entrecoupés qui s'évaporaient dans un air Frais et dans un long voyage nos âmes s'envolèrent Depuis cet hiver Pour un autre univers Et soudain la vie a changé de tonalité Depuis qu'une tiédeur s'est déposée sur mon cœur Souffrant et martyrisé toute une année Il ne m'a pas abandonné cet été mon bel enjôleur

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Un point c'est tout Mon chef d'œuvre N'est pas ici En marchant ce matin à travers champs Ne serais-je pas nez à nez avec une couleuvre Et la surprise me réveilla l'esprit À l'aube du soleil Accompagné du chant rampant à mes oreilles Fais attention le malin n'est pas loin Dès lors j'ai repris corps et âme à mon coup Effrayés étaient-ils De penser encore à mon île Un point c'est tout Le jour passe Le champ s'est endormi Et la couleuvre aussi Quelque part en face De l'autre côté de la lune Brune L'île solde ses derniers rivages Au plus offrant lecteur Facteur Prends ton cheval mon message Et délivre-la de ses chaînes Sans peine Alors elle s'envolera vers moi Sans serpenter Juste un cerf-volant à côté de toi Pour se déposer Sur mon oreiller Ô belle destinée - 90 -


C’est bientôt l’heure de l’été C’est bientôt l’heure de l’été Alors que je rêve de toi de nous Là-bas couchés sous un olivier Serais-je devenu fou J’entends le goutte à goutte Un souffle à nouveau sur mon cou Tu me manques terriblement Tremblant Je guette l’horizon Ton apparition Sur la colline des mes envies À l’ombre de ton ombre je survis C’est bientôt l’heure de l’été Alors que je rêve de toi de nous Là-bas couchés sous un olivier Serais-je devenu fou Je guette l'amour désormais au bord de ma route Qui m'aspergerait le cœur brutalement Comme un jet d'eau fulgurant Sans aucun doute J’entends les dernières gouttes Un second souffle perle sur mes joues Tu m’accapares l’esprit Désaxé je suis - 91 -


C’est bientôt l’heure de l’été Alors que je rêve de toi de nous Là-bas couchés sous un olivier Serais-je devenu fou Je guette la floraison La passion Sur mes feuilles de papier Qui finissent à la corbeille déchirées Je n'entends plus la source couler Se serait-elle épuisée Là sous mes pauvres songes inanimés Tristes et abandonnés Serait-ce déjà la fin de l’été Mon idéal s'est-il envolé Sans que tu aies reçu mon message Vais-je redevenir plus sage

« Allier la force à la plume et l'oiseau se supportera davantage. » - 92 -


C’est bientôt la fin de l’été C’est bientôt la fin de l’été De folles images ressuscitent nos pupilles Comme un chocolat noir sur la langue exalte nos papilles Et des souvenirs épicés s’impriment sur nos cœurs pour ne plus nous quitter Prends ton envol je me collerai sous tes ailes Rêver encore sous ton arc-en-ciel Accroché à toi ne me lâche pas Tiendrais-je à toi ne le sais-tu pas Comme l’abeille je survole ton nectar Et butine ton grain de peau miel sous ton phare Éclaire moi encore avant que le jour s’affaisse Et que l’obscurité déambule encore en liesse Les nuits s’allongent vertige illuminé d’un amour qui s’épuise Et je ferme les fenêtres au courant d’air volant ton odeur Le ciel s’abaisse derrière les chênes verts chaque jour un peu plus La lune s’approche d’elle chaque soir un peu plus C’est bientôt la fin de l’été L’heure de songer à rentrer Et je m'invite une dernière fois sous la lumière de ses prunelles De la tête au pied bronzée elle est si belle

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Le comment du pourquoi Quand j’apporte à tes mains avides mon miel je comprends pourquoi la fleur sauvage détient au sein de son pistil une senteur sucrée amoureuse et douce Quand j’embrasse ton visage pour te rendre encore plus belle je comprends l’allégresse que porte le ciel bleu avec la lumière du matin et la délicate brise qui se déposent sur mon être Quand je déverse mes gracieuses pensées sur ton corps je comprends la vapeur de la source chaude qui se libère du ventre de la terre Quand je regarde tout simplement nos enfants je comprends pourquoi je les ai engendrés avec toi

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Et je ne dis pas tout Si je devais ouvrir un jour mes yeux Après un doux et joli rêve Cela serait sur vous À cet instant même loin de vous Mon être vous touche Et pourtant si farouche Je resterais endormi à côté de vous À ce jour même près de vous Mon regard espiègle vous escarmouche Et pourtant si louche Je resterais accroché à votre cou Et si je devais fermer un jour mes yeux Après une vie de bonheur même brève Cela serait auprès de vous

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Ma perruche ondulée a retrouvé sa liberté En pleine nuit dans un silence essoufflé Mon bel oiseau à l'orée du bois s'est échappé Une plume en souvenir laissée en cage Est venue me caresser une dernière fois mon roi mage Angoissé pour elle car jamais elle n'a vécu seule Comment allait-elle se nourrir Ou allait-elle dormir Figé et pensif j'ai pleuré tout seul Sa candeur me manque tellement Et ses vocalises ne m'enchantent plus Ai-je perdu mon âme au firmament Avec mes rêves vers une nouvelle inconnue Sa chaleur baignait l'espace Son cœur pour moi battait la chamade Et soudain le vide s'installe et prend place Comme l'automne après l'été en dérobade Après la tempête l'aurore me dévoile une ombre blanche battant de l'aile Gravissait-elle à nouveau ma tour de Babel Ou s'agissait-il d'un désertique mirage Ou de ma volatile blessure revenant au cœur de mon aréopage L'ombre de ses ailes blanches se métamorphose Un ange apparaît s'approche comme un virtuose Et me dit d'une voix à la fois fluide et candide Ce matin ta perruche ondulée est désormais au paradis

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La vigile verte Accrochée sur l'aubépine Non loin du ruisseau où coule l'eau en hiver Un soir de pleine lune Insouciante et vigilante Nul ne sait D'où elle vient Ce qu'elle fait Pas un geste juste un sursaut Lorsqu'une brise légère passe à travers le feuillage épineux Elle reste impassible Attendant la rosée matinale Et s'installe le silence de la nature En plein règne s'endormirait-il avec elle Sur la branche mature En cette nuit blanche À son tour elle guette l'entrée de la maison Comme un carillon Sous un vent capricieux Heureuse de retrouver son abri À l'aube de l'été Ici Sous la fraicheur de l'aubépine Elle c'est la reinette verte

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Allergie Court-elle Vers le jardin des joies promises La chanson murmure S'élève Comme un nuage bondissant Derrière l'étang des cols verts Où leurs plumes dessinent des ronds dans l'eau Au-dessus de la forêt de bouleaux Où leurs pollens tracent des arcs dans le ciel Au-delà de la colline aux cyprès Où le retour du beau temps apparaît à chaque note Et moi doucement cajolé Le cœur déjà comblé J'hésite En cette pause du temps À m'allonger Car les pollens envoient à mes narines le signal D'éternuer M'a ensorcelé La mauvaise note De voir revenir le mauvais temps Et de voir partir la chanson douce Me pend au nez

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En attendant la neige Jouerait-elle à la souris Planquée derrière son écran Sans voir passer un chat noir ou gris Déroulerait-elle son ruban Passant du Q.E. jusqu'au Q.I. C'est une fille à la panoplie Quand même bien remplie Suspendue au téléphone Le matin et toutes les nuits Entre là-bas et personne Qu’elle s’envoie sans un faux pli Son petit doigt et nana Allongé dans son lit Avec un morceau de chocolat Et quand le jour se lève Perdu dans son studio Mais où est donc passé Roméo C’est la douche qui la relève Sur ses talons aiguilles Ses dessous vichy d’anguille Sa vie son travail la maquillent Pour exorciser l’oubli Elle écrit de la poésie De la passion comme fantaisie En fumant une blonde Cette belle brune - 99 -


N’aime pas la pleine lune Et l’herbe de Cunégonde Et quand le soleil s'éteint Ses rêves d’amour la relancent Piétinerait-elle d'impatience Une petite voix qui vient Annoncer toujours le même refrain Encore combien de jours de silence Sous la même fréquence

« La poésie est un papier de vers pour arrondir les angles. »

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L'armoire secrète En fouillant l’armoire J’ai traversé le temps Des souvenirs s’impriment Une lettre au fond d’une boîte Respire et m’invite Je la vois avec son sourire timide L’amitié serait-elle mortelle Tu joues avec la vie Tu joues avec moi De peur que je ne te connaisse mieux Tu m’hypnotises de tes rires insaisissables Pour dissimuler tes larmes Je referme l’armoire La nuit retombe sur nous Je l’ai rencontrée à la ferme Dans une basse-cour psychiatrique Où nous parlions de nos soucis Où nous écrivions des poésies Pour exorciser le mal être Nous en sommes sortis Un jour de pluie Sans savoir pourquoi Et à ce moment-là Nous nous sommes réunis Pour apprécier à nouveau la vie Nous avons eu des crises Nous avons eu des instants fous - 101 -


Nous les avons modérés avec le temps Il est vrai qu’aujourd’hui Nous sommes différents J’écris des banalités Pour refaire jaillir notre passé Je la vois avec son sourire timide L’amour serait-il mortel Loin la jalousie la bagarre Au début nous nous aimions Ce plaisir n’est plus quotidien Parce qu’il a épuisé nos mains Nos rêves nos lèvres Ainsi que tous nos lendemains Et les mauvaises habitudes se sont installées Nous nous disons des banalités Pour refaire jaillir notre passé Fréquemment évoqué Je t’ennuie avec l’écriture Mais c’est le seul chemin de retour Pour apprécier à nouveau la vie Croyons à l’amour Même si c’est une source de douleur Ne refermons pas l’armoire Le cœur n’est pas fait pour juste donner une larme

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Hiver cruel L’hiver glacial congèle l’auxine Ses tristes feuilles mortes dévoilent ses épines Réchauffent la désespérance Ressuscitent les incohérences Sous la neige le silence est l’acmé du roi Une parodie sourde sans nom ni voix Exhume l’endorphine Une symphonie pastorale d’une orpheline Éveille les sentiments Démoralise la léthargie des exposants Éduque la conscience malheureuse Restaure l’ordre de la nature précieuse Et à la lueur d’une bougie dans une catacombe Devons-nous dévorer nos jambes Pour obtenir l'énergie de marcher Devons-nous dormir à la belle étoile Pour déloger les esprits à briller L’hiver deux mille douze est cruel L’hiver glacial congèle l’auxine Ses tristes feuilles mortes dévoilent ses épines Enluminent la nuit et le jour L’hiver deviendrait-il aveugle à l’amour Cristallise la nuit le vide en drame Tourmente le jour le cœur des Hommes Après être devenu sans pitié ni secours Nu de confort l’hiver souffle le manque Montre des cris sous l’abat-jour - 103 -


Vit sans états d’âme ni billets de banque La glace a-t-elle une extinction de voix Car la neige rend l'ignominie esthétique sans toit Et à la lueur d’une bougie dans une catacombe Devons-nous dévorer nos jambes Pour obtenir l'énergie de marcher Devons-nous dormir à la belle étoile Pour déloger les esprits à briller L’hiver deux mille douze est cruel

Fenêtre sur cour La fenêtre de ma chambre est bien fermée Accablé et anéanti sans ma Cassiopée Il y a longtemps que je m’en passe Depuis qu’elle est partie vers cet infini espace Ce soir le plafond veut me dévorer Avec en fond un filigrane de Céphée Ce soir tout est plus que coutume J'ai mal à la tête de ces cornes de brume Qui sonnent minuit et grondent dans mes tympans Me rappelant d’avoir laisser passer le temps Sans profiter suffisamment de notre attirail D’avoir aussi éteint le feu de mes entrailles - 104 -


Mon repaire est froid et sans passion Il lui manque la chaleur de ma constellation Toute la chambre cherche sa douce présence Il me reproche la fuite de son existence Mais cette nuit elle est réapparue dans ma conscience Et je ressens bien le mal de son absence La fenêtre de ma chambre est bien fermée Désabusé et désenchanté sans ma Cassiopée Il y a longtemps que je m’en passe Depuis qu’elle est partie vers cet infini espace Cette nuit ma chambre je l’ai bien dévorée Avec l'aide d'une colonie de céphe pygmée Ce soir tout est plus que coutume J'ai le cœur plus léger qu'une plume Qui détonne et vole dans mes pensées turbulentes Me rappelant d’avoir abandonné nos envies truculentes Sans avoir apporté la vie à notre union D'avoir su dire je t'aime sans raison Mon repaire est froid et sans passion Il lui manque le parfum de ma constellation Toute la chambre a perdu sa substance Il me reproche la fuite de son excellence Mais cette nuit polaire est la dernière Et je sens mes veines couler vers un nouvel enfer

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Écho d'une métaphore cruelle Effleurant cette surface amère avec méfiance A-t-il vraiment découvert sur ce sable blanc Une amphore safran vide remplie de sang D'un amour perdu en pleine souffrance Enjôlée par des vagues hautes et déchaînées Dupée à travers une écume aoûtée et brune Un vent ailé chaud Saharien fît s’échouer La belle abandonnée au bord de ses grandes dunes A-t-il oublié tous ses maux d'amour en mots L'obligeant de se taire Ô désir muet S'est-elle noyée sans hurler dans ses sanglots Pour damner à jamais ses lourds secrets Entendit-il un bruit sourd au loin d'une sirène Un chant mélodieusement cruel qui lui rappelle Cette âme isolée à la chair asséchée sans veine Pour qu'il hante sa pensée en un souvenir immortel

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Onze octobre amer et des poussières Jeune barque échouée à la coque désorientée Violentée par l'encre de marées successives et noires Je te vois et t'entends crier ton désespoir Remontée descendue au gré du vent passé Ton profil esquissé comme un mirage sous-marin Tes complaintes déchirantes d'un cétacé blessé Ton corps sage accolé sur ton corail rouge insoupçonné Réunissent mes sens invisibles à tes chagrins Lorsque ta silhouette sombre au couchant se fond Se détache derrière un soleil fuyant hivernal Ne voit-on pas sortir de l'onde un animal D'une cage étrange là-bas vers l'île de la tentation Et moi je te regrette et souffre de te voir Couler à la dérive dans un vase amer masculin Serais-tu l’abysse intime d’un banc de dauphins Une drague à guichet fermé une simple lueur d'un soir

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Le rêve libérateur d’M. Elle errait sans destination Sur un long plaisir inachevé Parcourant des milliers de comètes Seins et pieds nus Noirs désirs Le rêve Se métamorphose en ascenseur Dans des allées et venues confuses La chose lui prend la main Elle reconquiert l’air d’un amour pur Et respire son odeur La musique grave qui lui faisait peur Et la terrifiait s’échappe Elle s'éveille plein de voix Dans le silence de la nuit Elle est retournée en rêve Dans les profondeurs de ses cinq ans Tout était blanc Un fantôme dans une pièce Recouvrait une page illisible Elle vient de deviner Qui est l’auteur de son errance

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Songe oligotrophe Ô Verlaine sous le coquard de ta lune blanche Devant la porte gardée par ce colosse Cerbère Ce lac oligotrophe transfère dans le noir neigeux Mes sédiments d’algues vives mes blessures d'humus Dans le langage des cygnes aux plumes aphteuses Ces substrats piqués de clartés écrites Envahissent une colonie de nymphéas tubéreux Cet épais muselage gélatineux et gluant Enveloppe mes rêves affreux en parties submergées Alors qu’une lumière frissonne à travers la gelée Ces feuilles elliptiques fendues me transpercent Et mon âme à mains nues à tâtons les effleure Découvre un hymne d’une brillante solitude Et le redoux s’inscrit à l’embouchure violette De mes yeux aveuglés de cet amour perdu Mes larmes déchirent ces feuilles flottantes Dans la vase de mon cœur Sous le regard d’une Nixe dévoilée J’engloutis tous ces sentiments Alors que l'aube me les efface Au fur et à mesure Je replonge dans l'abîme Rejoindre les racines de mon nénuphar Attendre le doux parfum de sa fleur blanche

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1 2 3 Soleil Printemps serais-je assis Attendant la pleine lune Sentirais-je mon âme Parlant à la terre Sentirais-je l'énergie Dans ce tourbillon de folie Essayant de m'aider À nettoyer le désordre Autour de moi J’écris de la poésie Des feuilles volent Cette infanterie légère Balle et occupe le terrain Printemps serais-je allongé Cloué au sol Les bras en croix Commençant à voir des images Des images De mes images passées De mon présent Des images de mon avenir Autour de moi J’écris de la poésie Des feuilles volent Cette infanterie légère Balle et occupe le terrain

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Printemps serais-je endormi Les yeux ouverts Lisant des questions Sur le sang qui coule J'ai reçu les réponses Permettant à mon fardeau de se dissiper Je vois la dissipation la duperie Remplacées par l'amour Éclairer la paix l'honnêteté J’écris de la poésie Des feuilles volent Cette infanterie légère Balle et occupe le terrain

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Il y a des jours après la nuit Il y a des jours Qui ne devraient pas se vivre La vie Je viens de l’apprendre Dans l’abyssale stupeur Où coagule une atmosphère cruelle Qui englouti sans prévenir Corps et âmes Coincées dans une brume Glaciale d’outre-tombe Il se murmure sans crier Des plaintes d'animaux sauvages Où rodent l'horreur La désolation L'impuissance Chercherions-nous un coupable Dieu a vomi son cancer Sur une mer sans vagues À l’écume bénie des dieux Et a tué son inconscience Au seuil de l’imaginaire Et l'inadmissible Déshabille son être Au contact d’espoirs glacés Ses cheveux d'anges ont disparu Ses mains violettes s’engourdissent Caressent la chaleur d’une prière Le fond de teint de son miroir Cherche encore son visage - 112 -


Un clair-obscur Pour refléter sur le gel Le plus bel air À la lueur d’une flamme Parfumée au sel D'un amour éternel Derrière son écorce diaphane Son cœur saigne sans rougir À l’ombre des regards perçants Où nos yeux rouges voilent le bleu De ses derniers souvenirs « Encore un songe une dernière fois Je ne me vois pas bien… » Il y a des jours Qui ne devraient pas se vivre La vie Je viens de l’apprendre Est une loterie mortelle On ne peut pas la dominer Comme on ne peut replier Son doigt d’honneur Face la création Quittera-t-elle son corps L’âme consciente Sur le seuil de l’imaginaire Là-haut dans le jardin de la lune À tout de suite Là où l'amour se cultive Là où seul l'amour gagne Là-bas où il y a des jours après la nuit

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Entre ciel et terre Frangée de cil et nue Elle est apparue comme par magie Sur une voile blanche À travers un ciel irisé L'intention semble limpide Douce et pure Au premier souffle Le miracle est aisé Un hommage du créateur Au célèbre passage Entre la vie et la mort Immobile et bras ouvert Il peut alors être vu Comme la représentation divine Doublée de celle de l'amour Omniscient Omniprésent Rien ne lui échappe Les bonnes actions Comme les mauvaises Au second souffle La tumeur se complique Dans les brumes émouvantes De l'inconscient Son message se brouille Interprétation et projection Regardons la scène Semble implorer le passage Comme si ses yeux - 114 -


Nous attendaient Encore et toujours Comme s'il sous entendait Que du temps de l'abondance heureuse Il ne restait plus que des rescapés D'on ne sait de quel naufrage Sémantique à la portée douteuse Inavouable Sur la bienveillance divine Le voyage souffre L'ironie du créateur Préparer ses vêtements Pour la dévêtir Et l'ensevelir

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Moïra Écoute le chant des oiseaux Il t’accompagne Dans le vent de ta nouvelle liberté Tu es une femme À l’infinie richesse intérieure Où tes murs sont translucides Et tes frontières invisibles Singulière comme une couche de neige Sur le versant d'une montagne Qui s'élancerait à toute allure Sur la piste aux étoiles Au cœur de la forêt Icône de la modestie Par ton intelligence à t'y tenir Vestale offrant ta grâce Tes idées pures et sincères Casanières et militantes Tu cours comme tu marches Sans trébucher Pour ne pas subir Comme un cheval au galop Le déferlement de la marée Tu es le reflet d'une femme Qui aime les uns et les autres Qui continue de rêver D'un monde meilleur Utopiste - 116 -


Non Car pour toi Le sens de la vie est d'évoluer Et là Sur le bord de la berge Pieds nus Sur le seuil de ta nouvelle demeure Improvisant de ta voix de rossignol Tu déclares à ton hôte « Tu peux me tuer Mais tu ne tueras pas mon rêve. » Ne t'inquiète pas Nous t'aimons Et t'aimerons toujours Comme une rivière de joies À travers les feux de la nuit Les nuages de la vie Désormais tu rêves au futur Pour oublier le passé De sorte que tu ne vis Ni dans le futur Ni dans le passé Mais avec nous Écoute le chant des oiseaux Il t’accompagne Dans le vent de ta nouvelle liberté À Élisabeth S. - 117 -


À l'heure où j'écris ses lignes Je me réveille au son strident De l’alarme de mon mal être L’unique son qui m’extirpe De ce gouffre nocturne Au plafond touchant le sol Les murs mes oreilles À l'heure où j'écris ses lignes Les yeux encore gorgés de larmes Je suis en tête à tête Entre nuages et source Avec le monde du vide Tous les oiseaux ont quitté le ciel Les poissons la rivière À l'heure où j'écris ses lignes Nous sommes tous des jouets de la vie Il faut que j'aille au fond de l'inconnu Pour déchiffrer un nouveau sens Une nouvelle dimension À la vie à nos vies à la mienne Pour préserver le lien À l'heure où j'écris ses lignes Pour sauver son âme Sans oublier celles des autres Il faut espérer le meilleur Pour ne pas s'en rendre compte Et prendre ce qui vient - 118 -


C'est sans doute ça le bonheur À l'heure où j'écris ses lignes Le vide est une substance illicite Vide que l'on redoute tous Qu’isole le processeur humain Toutes ses choses simples Qui nous font tenir debout Qui nous font rire et pleurer À l'heure où j'écris ses lignes J'ai hâte de lui peindre Le noir en rose Le gris en bleu La mort en aventure Je dois me libérer Pour m'affranchir du vide À l'heure où j'écris ses lignes De l'émotion négative Ce mouvement n'est pas d'effacer D'effacer l'autre ou la souffrance Mais juste de la traverser De lui parler la caresser À l'heure où j'écris ses lignes Elle vient de nous quitter À Élisabeth S.

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Titre des poèmes recueil 2 (Période 2009- 2013)

Page 7 - 3 heures 44 minutes Page 9 - L’ombre de l’iceberg Page 11 - J'aimerais renaître au lever du jour pour vous Page 12 - Aujourd’hui aurais-je dit à la lune que je l’aimais toujours Page 14 - Sang et or Page 15 - C'est dans l'air du vent Page 16 - Immuable vérité Page 17 - Et quand nos corps parlaient avec les cigales Page 18 - L'art c'est du vent pour être léger Page 20 - Et danse maintenant Page 21 - Quand l'hippopotame baille c'est qu'il a envie de faire l'amour Page 23 - Le chant du signe Page 24 - Virtuellement vôtre Page 25 - L'amour à deux visages Page 26 - Au bord de tes lèvres Page 27 - La pluie porteuse de lumière Page 28 - Prendre le temps Page 29 - Le bouquet Page 30 - Volte-face Page 31 - La beauté supplanterait-elle la sagesse Page 33 - À l'amour à la vie Page 34 - Le jardin et la fontaine de jouvence Page 36 - Le grain de beauté s'est envolé Page 38 - Et quand l'harmonica s'en alla Page 41 - La forêt entre nous Page 44 - Cri et jalousie Page 45 - Le printemps d'une balançoire Page 46 - Aubépine piquera-t-elle mon cœur Page 47 - Promenade un dimanche à la campagne Page 48 - Le passage Page 49 - Label blanc Page 51 - Label bleu Page 52 - Label rouge Page 53 - Fiat lux pour un vernissage Page 54 - Voyage au bout d'une nuit d'hiver Page 55 - En cinq actes Page 56 - Ce soir de pleine lune tu étais Cybèle Page 57 - Une kyrielle d'elles nommée désir Page 60 - Nuances Page 61 - Parfume moi et tout sera amour vertige et beauté Page 62 - Qu'aimerions nous être l'un pour l'autre Page 64 - Itinéraire sanguin d'un homme amoureux

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Page 65 - Lettre enluminée pour le paradis Page 66 - De feu et de glace Page 67 - L'amour Page 68 - La statue de la fausse Liberté Page 69 - Au fil des saisons l'amour défilerait-il Page 71 - Tout passe par le regard Page 72 - Ô Dora Page 73 - Un instant une éternité Page 74 - Un voyage un recommencement Page 75 - C’est l’heure de faire demi-tour Page 77 - Et ce soir je ne serai pas en retard Page 79 - L'ange noir et la belle Page 80 - Entre Burj Khalifa et la baie des anges Page 83 - Le collectionneur et la statue vivante Page 85 - De la muse à la joie itinéraires confondus Page 87 - Seule Page 88 - Duo de votre plume Page 89 - Un été Page 90 - Un point c'est tout Page 91 - C’est bientôt l’heure de l’été Page 93 - C’est bientôt la fin de l’été Page 94 - Le comment du pourquoi Page 95 - Et je ne dis pas tout Page 96 - Ma perruche ondulée a retrouvé sa liberté Page 97 - La vigile verte Page 98 - Allergie Page 99 - En attendant la neige Page 101 - L’armoire secrète Page 103 - Hiver cruel Page 104 - Fenêtre sur cour Page 106 - Écho d'une métaphore cruelle Page 107 - Onze octobre amer et des poussières Page 108 - Le rêve libérateur d’M Page 109 - Songe oligotrophe Page 110 - 123 soleil Page 112 - Il y a des jours après la nuit Page 114 - Entre ciel et terre Page 116 - Moïra Page 118 - À l'heure où j'écris ses lignes

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Remerciements Je tiens à remercier en particulier ma famille, ma généreuse correctrice Nadine Tabère et Elisabeth Mesner pour sa préface.

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www.jamespx.com Image de couverture : Jaya Suberg - James Perroux

A comme Amour Poèmes Recueil 2

Copyright numéro 00051199-1 Tous droits réservés Reproduction interdite sans autorisation de l’auteur

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A comme amour recueil 2 james perroux 25 11 2013  
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