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www.jamespx.com Image de couverture : Jaya Suberg - James Perroux

A comme Amour Poèmes Recueil 1

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A comme Amour Poèmes recueil 1 2009-2013


Préfaces Cerner à quel genre poétique appartient l'univers de James Px., le rattacher à une école qui serait peut-être proche du surréalisme serait être réducteur et injuste. Le talent poétique de James est de nous amener à la frontière de l'invisible, dont il est un explorateur enivré, « D'un monde étrange dans lequel il se sent bien. » (dixit l'auteur). Le poème café est un remarquable exemple de cette dérive de mots dans un imaginaire fastueux, où les métaphores défilent, paysages fous où le feu côtoie la neige, les océans les nuages et l'ivresse nait sous nos yeux, inoubliable alcool de mots qui pénètre dans nos corps, par l'incantation voluptueuse de tous nos sens. Il y a cependant un fil conducteur entre tous ces poèmes, une trame où l'on retrouve sans cesse abordés les thèmes de l'amour, de l'imaginaire, de l'enfance et cette indestructible neige qui hante ses poèmes et jalonne les voyages de sa propre vie. Ne passez pas à côté de cet univers si riche qui nourrira votre imaginaire au point de vous donner l'envie de devenir l'artiste de votre propre œuvre. Élisabeth Mesner

Lectrice assidue de ses textes, je n’hésite pas à le qualifier d’auteur aérien tant il embrasse tous les thèmes. Un paysage, un regard, un parfum, un mot…. Tout devient prétexte à l’écriture et la banalité se trouve transfigurée sous sa plume car James fait se juxtaposer des réalités même diamétralement opposées. Pour le lecteur c’est la naissance d’images plus que surprenantes et on se laisse aisément emporter par son style. Nadine Tabère


À propos de ma poésie La poésie est dans mon corps Né quelque part en Savoie et j’habite désormais dans le Var. Ces espaces de liberté comme la montagne et la mer, les éléments naturels, la neige et le sable, le soleil et le vent, le froid et la chaleur, les couleurs et la lumière m’ont nourri abondement les yeux et le cœur. J’ai fini par attraper un virus, celui de dessiner et d'écrire partout et n'importe où pendant mes heures perdues et trouvées. Lecteur, je vais vous faire une confidence, comme j'ai du mal à gérer ma ponctuation lorsque j’écris de la poésie, je n'en mets pas. Je me dis souvent à l’oreille, qu’un texte c’est comme une peinture, je ne dois pas le figer dans un cadre mais lui offrir une dimension expressionniste voir surréaliste ; où vous, lecteur, vous vous sentirez presque à la maison et son interprétation évoluerait selon votre nature psychique et sentimentale du moment. Je crois que le son, l'harmonie, le rythme et le sens du texte doivent être libres d’interprétation ! Il y a aussi pour moi le côté esthétique du texte qui est primordial et la ponctuation ne lui va pas ! Je parle pour mes poésies et non pas de ma prose et de mes nouvelles. C'est comme pour les rimes, souvent je reste dans un état de grâce, de transe et je me laisse emporter… J’oublie volontairement la mécanique comme seul pouvoir ; ce pouvoir « d’école classique » me coupe souvent l’herbe sous le pied et me fait perdre l’équilibre ! Et c'est dans mon équilibre musical et de sincérité brute que j'essaie de transcrire mon âme en conciliant l’intellect et la sensibilité, l’intuition et le calcul, la métaphore et le figuratif. Bien que j’aie une grande compassion à l’égard de l'homme, je ne perds pas de dévoiler mes confidences personnelles. Je suis un homme avec ses passions, ses désillusions, ses amours, ses rêves et ses peines. Et voilà le résultat, je vous l’offre !


« Une poésie n’est-elle pas le seul endroit au monde où deux âmes étrangères peuvent se croiser intimement. »


En attendant l'été Il y a des jours monotones Où l'humeur pluvieuse fredonne Des chansons d'hier et d'aujourd'hui Ma voûte solaire retrouvera-t-elle l'ouïe Sur la berceuse d'une rivière joyeuse Où la force cisèle ses traits d'amoureuse Elle ressent le printemps ruisseler l'exil Et ses yeux se déverser sur un amour encore fragile Son regard effacera-t-il ce ciel gris Pour déposer ses rêves sur un champ fleuri Alors verrais-je l'été jouir à travers ses cils En plein cœur de la vie l'air tranquille Toujours le visage humide creusé dans une fleur Vais-je la rencontrer sans attendre mon heure

La pluie sème-t-elle l'amour Ce matin il pleut Et le scintillement d’une goutte d’eau m’éblouit Du miel de fleurs sauvages recouvre mes tranches de pain Le ruisseau de ma vie brille à nouveau -7-


Au son de tous tes murmures Le sentier de mes rêves Dans les aubes de tes arabesques Dessine notre destin La pluie est un chant d'amour

Ombrelle et parapluie D'un reste de fange Un homme une femme Et sans eux que serait la terre Mettant les mains dans la glaise du monde Certes ils ne sont pas tous les jours de bons élèves Mais ils en ont tiré les atomes Divisé le chaud du froid Le soir du matin Et même l'esprit de la matière Ils ont exprimé la fange Les mers étincelantes et les eaux pures -8-


Exondant l'amour Entre les femmes et les hommes Et il y a ce château De la belle au bois dormant Sur ce piton imprenable Et de ce pays qui me vît naître Je ne l'ai vraiment compris qu'homme mûr Et par vagues Les souvenirs affluent Et il y a cette femme Nue comme au premier jour Sur ce lit à baldaquin Et de ce belvédère D'où je contemple ce monde féminin Depuis longtemps sur toutes ses routes Inscrivant sa vie sur mes lacets Je ne l'ai pas assez aimée Et j'ai surtout compris Emporté par le vent D'une machine à écrire Regardant cette femme Comme d'en haut Dieu la regarde La place éminente prise dans mon cœur J'ai pris conscience De la force de la profondeur De son empreinte Ainsi passant de l'analyse à la synthèse J'ai franchi l'étape décisive Celle de l'aimer à jamais -9-


Sculpteur d'avenir Mon ciel broie du noir pour s'échapper Des griffes d'une pluie annoncée Et dans le berceau bleu de mes vœux De l'eau de la vie coulent à flot Et au son d’une mélodie d'amour Au crépuscule bavard de ma salive Une étoile illumine mon jardin d'hiver Mon ciel se farde d'un horizon orangé Rêve d'une azalée de vers tendres De reflets cristallins comme ils viennent Sur le lac d'eau vive de mon espérance Alors éclairez-moi cette nouvelle année Ce nouveau jour tant attendu Éclairons-nous l’un et l’autre À cette seconde pour toujours Et si le sculpteur n’est pas un apôtre Ne fabrique pas une sculpture Il enlève ce qui la cachait Et si l’amour n’est pas en nous C'est un peu le même destin Il nous faudra découvrir l'autre monde À travers nos voyages nos ombrages Nos victoires nos défaites Car toute conviction sincère mérite le respect Et notre conscience d’homme N’est-elle pas un sanctuaire sacré Pour l’amour porté à son prochain Un asile où l’âme pure transcendée Seule a le droit de pénétrer - 10 -


Perdu Je ne suis pas un papillon éclair Même si ma foudre caresse l’air Je ne suis pas un orage Alors qu’il pleut sans cesse sur mes pages Je ne suis pas un moulin Mais j’égruge mes paroles Pour aimer à nouveau chaque matin Et aujourd’hui plus rien ne m’affole Pourtant ma muse je l’ai perdue Même si je la vois toujours nue Dans mes plus lointains souvenirs J’ai perdu sa chaleur et son rire Comme ses nuits dévorantes Et ses aurores époustouflantes Je ne suis qu’un homme libre Cherchant son propre équilibre

Renouveau Aujourd’hui Je me présente Je m’appelle Agapanthe - 11 -


Mai mélancolie Je ne suis pas une fleur Ni même un cœur Juste une plante vivace En état de grâce Mai dis-moi Dis-moi pourquoi Dis-moi pourquoi tu m’aimes Et je serais en mode thème Sans artifices ni haine L’heure est pleine Un plaisant stratagème C’est pour ça que tu m’aimes À la folie Jour et nuit T’aimes la solitude La luxure la plénitude Les rires le sable La rime les fables Mais lorsque ma fleur aura fleuri Je perdrais alors la vie Tu conserveras mes graines Nos joies souterraines Elles iront rejoindre un nouveau poème C’est pour ça que tu m’aimes À la folie Jour et nuit Mai mélancolie Je m’appelle Agapanthe Je me présente Aujourd’hui - 12 -


A l'air du belvédère Il y a des jours irrespirables Même sous le grand érable Enraciné là depuis des lustres Au sein de ce jardin illustre Ses feuilles vertes se dessèchent Sous le regard sec de la brèche La source de nos amours tarit Loin de nos doux charivaris L’oiseau bleu sur la branche Ne chante plus même le dimanche L’écureuil de feu prépare l’hiver Est-ce l'annonce dévorante du désert Distante de moi cette idée folle Attendons la pluie qu’elle rigole Avec les yeux et le cœur révolver Pour tuer les mauvais courants d’air

« Aimer et créer sans cesse car l'amour n'a pas de frontières et l’art de prison. » - 13 -


En attendant l'autre D'un mois à l'autre S'élèvent mes vers Si avril est derrière Juillet sera le nôtre Et mon cœur respire Peu importe l'exploit Peu importe l'endroit Ses idées m'attirent D'un jour à l'autre S'affirment mes désirs Hier était l'heure de fuir Aujourd'hui elle se vautre Et ses mains m'accompagnent Peu importe le carrefour Peu importe le détour Ses rêves me gagnent D'une minute à l'autre S'inscrit l'amour Apparait la belle-de-jour Et ma joie s'offre à l'autre Mes blessures sont parties Peu importe le temps Compte le présent Nos cœurs sont réunis

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Contre-jour Mes pensées s’enchaînent Mes mains tremblent Mon regard se fane Et mon cœur se fend J’aimerais tant partir Rejoindre l'autre jour Je sais la vie est unique Et courte Le temps passant un ennemi Et parfois un ami J’aimerais tant partir Rejoindre l'autre jour Mon sang se fige Ma chair survit L’ennui m’envahit Et le ciel m'engloutit J’aimerais tant partir Rejoindre l'autre jour Je sais la mort est unique Et longue Le temps passant un ami Et parfois un ennemi J’aimerais tant partir Rejoindre l'autre jour

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Jour bleu Lever 05h48 Ce jour oubliera-t-il cet amour nocturne Aucune précipitation matinale Un ciel bleu Klein naît par-delà mes cils Et l'unique ivresse cotonneuse Se confond à une main perdue Mes pensées cohérentes S’essaiment parmi le jardin Une brise de silence sur mes feuilles Où elles se mêlent au sable spiralé Et se dispersent sur le lit à baldaquin Mes lèvres gercées Murmurent des mots incohérents Qui arrosent le granit blanc Bercent les galets noirs Protègent le bonzaï battu par le vent Et invitent le chant d'un oiseau bleu À déposer son air cobalt En lignes courbes sur le papier de mes rêves Et cette main perdue désormais m'enlace À la fleur de ce jour qui s'achève Me délaissera-t-il une conception inspirée Une poésie zen Au pied de l'olivier centenaire Coucher 21h58 - 16 -


L'échographie d'un cheveu blanc Au cœur d'un son canonial Viendra l'heure de l'évanescence L'instant d'une renaissance Éphémère d'un papillon astral Tatoué sur le creuset rénal D'une peau blanche cérébrale Et mes cheveux poivre et sel Migreront avec cette hirondelle Au sommet d’un pain de glace Glisser dans ses traces Aux confins de la mer Egée S’allonger sur un sable étoilé En lisière d'une forêt équatoriale Danser avec sa sève impériale Au bord d’une rivière S’enrouler sur des galets verts Et mes cheveux poivre et sel Migreront avec cette hirondelle Au milieu d’un champ mirliflore Cueillir un bouquet multicolore Auprès d'une vague de fond M'étaler l'écume sur mon front À l'encolure d'une terre de sienne Me réchauffer l'âme sœur en peine À l'épicentre d’un ouragan imprévu M’envoler à nouveau vers l’inconnu

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Et c’est l’heure du réveil Des cheveux blancs Enfouis sous une neige de printemps Est-il mort le soleil Me questionne l'échographie Voudrait-elle oublier ses soucis M'emmener chez elle Dans son repaire d'hirondelles Voir de plus haut encore Ses magnifiques décors Sur le clapotis de son étang Voir briller nos reflets d’argent Mêler le vert avec le bleu D'une eau gorgée de vœux Effacer le gris du ciel Dessiner un arc-en-ciel Sous la pluie et le soleil Et c’est l’heure du réveil De l' échographie d'un cheveu blanc D'une réflexion face au temps Car il y a encore une beauté de la nature Suspendue sur cet amour si pur

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A des songes de neige Serait-ce l’œuvre d’un geste Entre la toile et le pinceau Ou le point de contact Une explosion de flocons Cette chute de soie Recouvre mon front L’hiver s’impose Il est un vêtement pour moi Comme je suis un vêtement pour toi C’est le maquillage flou Mon visage s’absente Dans l’infusion des choses Pour tout doucement dégager Un parfum d'herbe mouillée Le goût d’hier dans ma bouche D’un amour peu farouche La dernière feuille brune De ce tableau nu et furtif Tire sa révérence à la lumière Et mon regard capture l’ange Mes mains ses ailes Et l’ensevelissent dans mon cœur C’est la fin d’un ciel noir Comme je suis un vêtement pour toi Et dans l'or du brouillard Je m’assoupis dans ses pensées Promesse d’une musique éloquente D’une langueur riche d’air pur - 19 -


D’une rencontre secrète Entre une statue intérieure Et mon exhumation intime Qui enduit d’huile neigeuse Ses amples tissus L’hiver s’impose Il est un vêtement pour moi

À l'adret d'un songe Élevant le regard de la feuille Dont les cils bruns mêlent les lettres La voyageuse hivernale la découvre Imprimée sur la montagne Neige écrite Dans un langage universel Merveilleusement lisible Et À l'adret d'un songe À l'abri du temps Fondent au bout de sa langue Des mots d’amour - 20 -


La course contre les étoiles Fontaine scellée par le gel Chemins effacés par les flocons L’alpe de mes rêves est dorénavant Un royaume de soleil et de silence Ouvert aux seules courses du vent Et du lièvre blanc Vous souhaite une merveilleuse année La course contre les étoiles Est annoncée Celle où le cœur insufflera Juste l'amour

Convalescence Sous l'aubépine Les insectes ne chantent plus Place au cercle d'hiver D'un mortel combat De la crête du nuage s'écoule Un sein blanc Le frimas d'une chair Où une cenelle rouge danse Sous la caresse pulpeuse D'une douce escarmouche frivole L'amour fleurit - 21 -


Fragilité amoureuse Chaque nuit nous nous envolons Et nous chutons dans le lit Ai-je perdu la tête Chaque nuit nous nous perdons Et nous atterrissons sur le tapis Vous m’embrassez pour m’endormir L’enfant chercherait-il l’avenir Toutes ces choses somnolentes Me disent de ne pas partir Jusqu’au jour suivant Trouverais-je ce que nous avons fait Ce que nous avons dit Chaque nuit vous me murmurez Étions-nous tous les deux dans ma tête Chaque nuit vous me réchauffez la peau Chaque nuit je vous caresse les cheveux Mais vous n’êtes pas vraiment là Mais l’amour enveloppé dans nos bras Il me semble Lui seul sait qu’il grandira

Au cœur du peuplier Ma peinture sur les murs Amplifierait-elle mes murmures Et si elle ne danse pas - 22 -


C’est parce qu’elle chante Et si elle ne meurt pas C’est parce qu’elle me hante Le bois de peuplier supporte la douleur La joie les rires et les pleurs Le plâtre en mouvement le recouvre Témoigne de la rage et me découvre La figure du pinceau sculpte les mots Les cris abstraits des animaux Une nature morte en pleine prière Et soulage le noir par sa lumière Comme l’huile protège le tournesol Et l’aventurier sa boussole Ma peinture sur les murs Sans artifices ni armures Sous la grâce d’une jolie fleur Allie la beauté à la laideur La profondeur de ses couleurs Exalte l’amour et les cœurs Exhume les mauvais temps Délivre un instant l'innocent Emprisonné entre quatre murs Et amplifie ses murmures Ma peinture sur les murs Répondrait-elle à nos murmures Et si elle ne répond pas C’est parce qu’elle questionne Et si elle ne réfléchit pas C’est parce qu’elle rayonne - 23 -


À l'arête de mon être Un fil de neige étiré contre le ciel À une altitude moyenne Entre l’aiguille de minuit et de midi Gouffres d’ombres et de lumières solides Les pentes plongent De part et d’autre de l’arête De mon cœur pèlerin Au Nord comme au Sud Glisse vers la combe de la belle Au pied de mon joli jardin d’hiver Planté dans le flanc Au-dessus de la vallée Tout au bout de l’avenue de brumes bouillonnantes Reine et maîtresse de mes nuits Pôle inévitable de mes panoramas Ouverts désormais aux foules innombrables De mes envies dominantes hivernales Dôme de lumière éclatante Arrondi contre la voûte du ciel Môle de glace lubrique vient battre tempête À ma source inspiratrice Fleuve figé et pourtant vivant Alcôve bleue à l'éternelle beauté Où flotte encore la vapeur de l'encens De nos dernières tentations Aiguille déchiquetée paroi verticale Satellite méridional Découvrirais-je un jour sans nuit La fameuse coupole sommitale - 24 -


Intersection Pour tracer une ligne dans le vide Ne faut-il pas deux points peu importe le sens Sous la passerelle des Invalides Ne coule-t-il plus l’innocence Et la lune s’habille et brille Le long de ses bas résille Dans son fourre-tout Rien n’est clair tout est flou Et vient la nuit éclate l'heure Les jours s'envolent je demeure Et cherche l’amour en rond Assis debout comme un électron À la fois elle s’entête Et chante l’absence à tue-tête Suis-je devenu à bout Ou serais-je devenu fou Tout s’en mêle Bien qu’elle se démêle La main dans la main Restons face à face ce matin Pour tracer une ligne dans le vide Ne faut-il pas deux points peu importe le sens Sous la passerelle des Invalides Ne coule-t-il plus l’innocence Et ses cheveux noirs aux reflets roux Dansent dans l’ombre jusqu’à ses genoux - 25 -


Elle me sourit tout à coup Et je tremble de partout Une idée filtre le long de son cou Et son parfum m'enivre de bon goût Pour tracer une ligne entre elle et moi J’en veux encore intense et surmoi Il a fallu plusieurs ronds-points Pour trouver l'amour juste à point Du sang sur les lèvres Qu’en pensez-vous Aurais-je attrapé la fièvre Suis-je vraiment fou Pour tracer une ligne dans le vide Il faut deux points peu importe le sens Sous la passerelle des Invalides Il ne coule plus l’innocence

Soufflerait-il un vent d'amour Le vent a poussé les nuages gris L’ombre de la pluie a couvert le plafond De la chambre bleue D’un bout à l’autre La neige a tapissé le parquet - 26 -


D’un cristal noir Et si le ciel orageux crie encore Juste pour sentir le goût du vent J’irais souffler alors mon amour pour vous Jusqu’à la pointe du raz Par le sentier des lutins À la porte vous m’attendrez Le regard éveillé Les yeux écarquillés Et le pied fragile sur l’ardoise L’humide vent d’ouest se met en marche S’insurge à travers la maison Pour jouer de la cornemuse Avec les rideaux de mes pensées Personne ne sait d’où il vient Il mène de folles danses Dans le couloir du temps qui s’écoule Où les feuilles des murs frémissent Sous son souffle furieux Il s’invite et repart sans rien demander Le moment est venu de nous abandonner Car le vent a le goût de l’amour Un pur courant d’air De chairs et de caresses Sur lequel nous nous échouerons

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Le lit à baldaquin Adossé au montant en bois sculpté orné de dorure rococo de mon lit Je sors les griffes et caresse l'inconnue à la peau d'une Vénus évanouie Cette bute à l'arase parfaite accrochée juste au dessus de ma cible C'est le printemps les bourgeons éclosent c'est la fête redeviendrais-je sensible Je sens une douceur humide serpenter autour de mon bâton de pèlerin Et dans le même temps une envie de nous voir courir nus dans les près ce matin Sur l'herbe grasse pour en jouir toi et moi Réchauffés par un soleil radieux et voluptueux sous le son d’un hautbois Je vis un grand moment d’émotion qui me ravit d'être à deux pour s'aimer Je sens mes mains se perdre dans tes cheveux d'ébène et se noyer Ma bouche s'ouvrir à ma langue cette grande paresseuse hivernale Lécher sucer délecter susurrer aspirer titiller mordiller cette beauté fatale Mon inconnue perdant subitement sa vraie forme Devenant un arc sans ciel juste un abandon

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Où je la vois avec son sourire se déposer sur mon haut-deforme Et son regard s’éloignant se rapprochant comme le tic tac d'une pendule en contrition Le temps s'efface pour laisser émerger une plaine en abondance Une tige verdoyante prête à être cueillie comme une fleur au printemps S'offrant à la grotte aux fées cette miraculée de la sentence Clairière et roche volcanique serais-tu la soufrière ma mine de diamants J'aime quand tes yeux se posent sur moi sur ma péninsule remontant dans les miens Sous nos langoureuses caresses visuelles où elles s'unissent pour un envol clitoridien J’aime quand tes mains accompagnées de ta bouche M’accueillent et font mouche J'aime te les attacher comme propriété délicatement Ressentant la fièvre s'évaporer d'angoisse de ce plaisir bestial de tes pores frémissants J'aime ta rivière qui coule de ton sang bouillant dans un silence hurlant Contemplant ce temple jusqu'au firmament J'aime ce dialogue mêlant nos parfums qui se démêle Idéalisant sous nos souffles le bercement de nos cœurs qui sang mêlent

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Funérailles C’est l’apothéose du dernier exercice Sans peeling ni laser Ni feu d’artifice Sur un fil de lumière Défile en équilibre En ce mois de novembre Entre sapins et bouleaux Une éclatante peau Un teint uni de jeune fille Un esprit ascensionnel Une force de la nature Un cœur en devanture On n’est pas un saint Sans qu’un grand bonheur S’en soit mêlé le jour de la Toussaint Et il est l’heure De l’ascension De la plus grave erreur de la création De la dernière bataille Quelque chose de très proche De nos funérailles C’est l’appel de l’amour Et de l'ombre sans détour À l’abri-sous-roche Où l’on coupe le cordon ombilical Où la lumière cautérise le mal Nous essuierons toutes larmes De nos yeux sous son charme - 30 -


Nous resterons accrochés à ses bras Dans tout ce qu’il souhaitera Et de mort il n'y en aura plus Car l'ancien monde s'en est allé Pour retrouver l'éternité À travers ses eaux du lac éperdues À travers ses montagnes enchantées À travers ses champs fleuris et verts Et à travers ces derniers vers Hommage à mon Grand Père Maternel (1916-2011)

Vivre à tout prix Passe un nuage Devant ma tombe Un message De toi Ma destinée Pour mon enterrement Il y a aura des larmes de fleurs Remplies de pollens de souvenirs Une femme chrysanthème Et un ange chutera du clocher Pour recueillir mon âme Et vivre à nouveau Sur un nuage Hommage à mon Grand Père Maternel (1916-2011)

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Ma bibliothèque maternelle En ce jour ensoleillé d'automne Sur le rebord de notre monde Se mêlent le vide et le plein Le présent et le passé L'absence et la présence Les yeux ruissellent et s'illuminent Les cœurs balancent et battent Les mains se crispent et caressent Les jambes tremblent et marchent Les ventres se tordent et ronflent Les bouches pleurent et sourient Les paroles bégaient et brûlent Les mots s'égrènent et se soudent Et Sur le bord du lac Ma bibliothèque maternelle Celle de mes souvenirs heureux De mes rires De mes joies De mes apprentissages De mes valeurs A quitté le plancher des vaches Pour rejoindre celui des anges Sur le rebord de l’autre monde En ce jour ensoleillé d'automne Je laisse couler mes larmes Egoïstement Hommage à mon Grand Père Maternel (1916-2011)

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Danse à cœur ouvert Noyée dans une nuit profonde Une troublante mèche cuivrée Danse à cœur ouvert Une lueur ventrue et ténébreuse Derrière cette paroi enflammée Sous la magie diffuse d’une bougie Se cacherait-il l’amour Et face à cette flamme tournoyante Il y a toi Et trois façons de te conquérir Quels cheminements choisir Celui de la bravoure En sautant par-dessus Comme la clarté du jour Perçant le gris nuage Obscur et foudroyant Celui de l’opportunité En le contournant Comme le silence Battant le pouls de Dieu Invisible et présent Celui du pragmatisme En empruntant une échelle Comme ce conte De Jack et le Haricot magique - 33 -


Chanceux et clairvoyant Dans ce trop plein d’idées reçues De légendes amères et cavalières Entretenues par des rêves dissolus À travers tous ces raccourcis D’ombres et de lumières L’amour n’est pas une illusion Juste une rencontre de deux cœurs Et il suffit d’un geste pour l’animer Celui de les ouvrir sans contrefaçon Réveillée par un soleil radieux Danse à cœur ouvert Une fleur épanouie et heureuse Devant toi L’amour s'est consumé

« Entre rêve et réalité il n'y a qu'un pas il suffit de connaître sa pointure. » - 34 -


Quand le téléphone sonnera il n’y aura plus personne Si un jour vous ne me voyez plus publier C’est que quelque chose m’aura assassiné Ou que je suis mort d’une mort naturelle Comment exprimer l’amour à un cœur virtuel Virtuelle providence des cieux de la « technophobie » Mon insuline lunaire née en 1900 et des poussières De toutes ses gammes à consommer avec une folle envie D’iPad d’iPhone loin est le menu de son violon de vers De sa flûte enchantée tapissant l’orée du bois Soulignant la robe vertueuse de cette nature Loin de son verger planté de pommes si pures Si loin du monde réel qui se meurt sans toi ni moi Et le téléphone sonne une chanson synthétique S’il y a 10 ans le luxe était d’être à tout prix joignable Aujourd’hui le luxe ne serait-il pas plus poétique Serait-il d’être partout et nulle part joignable

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Un billet aller-retour Un cœur bohème Une plume un poème Une voix une émotion Une fleur une chanson Il respire son souffle Ecrit des vers Sur ses yeux saphir Colle des mots partout Efface ses heures folles Envoie des milliers de texto Et déchire le jour Rejoindre l’amour Un cœur bohème Une plume un poème Une voix une émotion Une fleur une chanson Elle s’épanouit à sa lumière Chante des sentiments À l’orée de ses tempes Décolle ses mots doux Caresse ses cheveux Crie l’espoir par milliers Et danse la nuit Attendre l’amour

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Un cœur bohème Une plume un poème Une voix une émotion Une fleur une chanson Il envoie un dernier SMS Elle reçoit un dernier SOS Elle pose ses doigts dessus Dans un état de stress À fleur de peau Il revient par le même chemin Ils s’offrent entièrement Pour un nouveau départ Un cœur bohème Un gars un poème Une voix une émotion Une fille une chanson

« L'avenir de la rose n'est pas dans sa fleur mais dans ses racines... Et le plus dur est de passer de l'un à l'autre à travers ses épines. »

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Diaphragme Sur l’accord du silence Un cliché Caresse nos absences Figées Dans l’écoulement presque noir D’un jour de pluie Une dentelle d’écume ivoire Recouvre la table basse où gisent Bourbon et pistache Et en spirale Se détache Une idée fragile Porteuse d'amour Du velours De tes yeux Et heureux L'iris s'oxyde Sur le cuivre De ta peau ivre Bercée sous l'abside

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Effluves amoureux Sur la fuite du jour Croquerais-je la nymphe Cette argile sauvage Sous l’orchestre de chambre Bercé dans sa sonatine En aurore et ruisseau À fleur d’allégresse À fleur d’écho Sur les vapeurs de l’eau Le nymphéa arctique Aime le renouveau Le coulis d'opale Croquerai-je la nymphe Ranimer l’âme du lit Humecter l'ombre du fleuve Avant que la belle soulagée Ne chante son hymne sensuel Dans les palmes du vent M’engouffrerais-je encore Dans le siphon infernal Signification puissante Je ne rêve pas

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Le rideau est tombé Comment dansait-elle Elle ne pouvait pas choisir Le choix ne vient jamais Tout ce qui est visible Sous la lumière qu'elle a laissée Ce sont ses plantes de pieds Exténuées Une fumée creuse un voyage à travers celles-ci Espère-t-elle qu'une forme grave Profondément gravée S'élèvera de là Pour ne pas être oubliée Elle ne fait plus rêver Ce soir son visage son corps Toute sa vie s'est déversée à ses pieds Tel le fruit envolé d’acéracée Son aura d'automne s'est fripée Sur ses lèvres à peine rosées fines et sèches Sa neige de cygne a quitté cette étoile aux pieds nus Et danse dans les nuages Pour attendre la pluie Mythe de noyer ses rides D'étouffer ce nouveau vide Son ombre n’éblouira plus la nuit Ne recouvrira plus le feu Sous les applaudissements Elle ne montera plus sur les planches Avec son arbre fétiche L’érable du japon - 40 -


Elle voit dans sa sueur Sa dernière apparition L'esquisse D’une caresse déridant le sablier renversé D’un sable figé sur son passé De la poudre de riz Sur son front son cou Le rimmel sur ses joues Le cheveu blanc clairsemé Elle s’incline Sur les empreintes de ses premiers pas Et d’un geste lent l’étoffe écrue ajourée Entre le verrou et la clé Revient à l’appel Pour briller à nouveau Et le rideau tombe

Hallux Valgus danseuse aux pieds nus Galop de l’antonyme fée Carabosse Danseuse étoilée dans le ciel d’un ballet russe De l’oiseau de feu À papillon le Dieu bleu Ô spectre de la rose et drame Amphore de ses larmes Ô spiritueux alcool raisin de la terre Prolongement aquatique en enfer Marche forcée et dévers - 41 -


À contrecourant en pleine mer Une nuit sur le Mont Chauve Dans le train bleu avec les fauves Par-delà le Cap Horn et l’Etna De Patagonie et d’Ushuaia Terre de feu en pointe et sentinelle De ses vœux en voyage éternel Cœur liquide d'un cactus Serait-ce l'Eden d'Hallus Valgus L’épine océane dorsale D’un pied pointant le parquet magistral D’un pied nickelé d’argent et d'argile Grandiose destin sous la coupole À l’orteil droit en Si bémol À l’orteil gauche en Fa dièse De la pizza à la Bolognaise Ballet audacieux à la Scala D’une sirène d’une raie Manta Jeux d'osselets et corrida Seins doux et castagnettes Tambours et baguettes Cendrillon dans l’arène d’un rêve Soulier de vair d'Adam et d'Eve Naissance d'un amour chair D'un Hallux Valgus en vers La fée du logis sans théâtre opère Sans manière ni contre façon La botte secrète d'un étalon Et le pied beau d’une écuyère Serait-ce la fin d’une carrière L’heure d’une dernière prière - 42 -


La coulée d'encre Lorsque l’encre de mes yeux a découvert Le lit tortueux et décharné de tes maux Ma feuille de papier amoureusement a recouvert Ce corps d'argile devenu perméable à mes mots Les méandres de nos ruissellements tumultueux Canaliseront cette crue passagère d'esprits nuageux Et pour ne pas délaver les traces de ma plume Je sècherais en profondeur l'air maussade de cette brume Le fil tendu indélébile qui s'imprime sur notre route Je l'emprunterais sans rejet ni amertume ni doute En essayant de ne pas franchir la ligne blanche continue Et devançant toute conduite vers le désastre absolu Malgré l'automne qui pointe le bout de son nez Les feuilles comprendront qu'il ne faut pas renoncer

Flocons d'un rêve À la fois loin Et si proche de moi Un nuage de soie - 43 -


S’approche à grands pas Un hiver comme horizon Et des flocons Tombent sur mon front Sur les cils de mes vœux Suis-je comme eux Sur l’accord du silence L’heure glisse Dans l’écoulement Presque blanc Quelle est cette façon de manier le jour Lorsque la nuit nous entoure Et silencieuse L’heure tourne Son ombre sur son axe Déroule le tapis Et je regarde bien cette captive Marquée par des lignes singulières Une douce intimité frôle mon visage Des mains innocentes Nues de toute ambiguïté Tourbillonnent sur elles-mêmes Car minuit va s’accomplir Sur tout mon corps Douze frémissements Et ses pas Dont je perçois le galop Déjà lointain est son silence

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Le murmure d'un amour Ici sur la plage Mauve et grise Orange et bleue Le mistral est frais Et il s'enroule À un amour fou Sur la jetée d'un rêve Où ton âme A ses arcanes Comme ta vie A ses inconnus Il n'y a pas de secret Peu importe le vent qui court Quand l'amour entre deux êtres Eteint le soleil Eclaire la nuit Car rien n'égale l'amour Ce présent restera toujours Accroché en nous Un amour éternel Un moment cousu de dentelle Si le malheur est sans espoir C'est parce que j'ai dû le tuer Et personne ne le saura Moi-même j'ai fini par le croire Toujours à tes côtés

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Pourtant solitaire Je viens de dépasser la frontière Sans jamais rien demander Pour avoir tant reçu Doux et tendre Déterminé et aphone C'est le murmure de l'amour Qui s'élève sur nos pas Rentrons Il fait froid

Doux amer Dans la mer Il y a les sirènes Les monstres marins Et l'Atlantide Sur terre Il y a la vie La mort Et la poussière Dans le ciel Il y a le vide L'espace Et l'éternité - 46 -


La danseuse s'est-elle trompée de jour Je me rappelle qu'il se perdait souvent en réflexions De n'être jamais sûr de son amour de son bel horizon De ne pas être pris au sérieux D'être traité comme un enfant capricieux Ce sentiment pénible le baladait hors des sentiers battus habituels Croisant pavillon la fleur au vent comme une bartavelle Partant vers le soleil en mobylette sous ses rayons pluriels Il se sentait aspiré et pousser des ailes Et voltigeant dans le ciel il se reposa sous le marbre La danseuse était si innocente au milieu de ce champ macabre Était-elle devenue par hasard Une délicate intention mais n'était-il pas trop tard Pour cet homme jeune flirtant la vague et la lame Dans le fond sans avoir connu l'amour d'une femme Et c'est avec un serrement au cœur aux éclats sombres Qu'il a quitté le jour pour rejoindre la nuit mi-septembre

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Un voyage sans retour par amour Du mont Aigoual aux gorges du Verdon La fille des eaux lagon en évaporation Dans le crépuscule énigmatique de ces collines Navigue en apnée bleue marine De la passion des poèmes La fille des airs arides en crème Dans le crépuscule fantasmagorique de ses pensées Vol en stratosphère blanche cérusée Du mont Toubkal aux gorges du Dadès Le garçon des roses sacrées en espèces Dans l’œil allégorique de ces vers Cueille en buvant son thé vert De la passion des poèmes Le garçon des terres brûlées en bohème Dans l’œil emblématique du plaisir Joue en sifflant noir désir Dans nos mémoires deux êtres de chair Ivoire et ébène Simulent la croisée de deux anges égaux Dans la vie deux êtres complémentaires Roi et reine S’envolent en cœurs illégaux

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Je l'aime à mourir Serais-je une enveloppe au bout d’une corde Sans adresse ni destination Sans timbre de voix en balade Une simple lettre écrite au jus de citron Serais-je une ombre au bout d’un chemin Sans traces ni flambeaux à nos pas Sans signal de détresse enfin Un ver luisant comme seul repas Serais-je une stèle au bout d’une scène Sans décor ni sujet d’adaptation Sans lumière à l’ombre obscène Une statue démembrée en perdition Serais-je une mèche au bout d’un fumigène Sans amour ni trait d'union Sans fluide pour nourrir mes veines Un cerveau asséché en irrigation Serais-je une carpe au bout du fleuve Sans oxygène ni hameçon polymère Sans mots immergés à mes épreuves Une langue endormie sous une surface amère Et puis le coup de tonnerre la femme tant désirée Née pour m'aimer à tort ou à perdre la raison Née pour cultiver jour et nuit une destinée Née pour vivre et mourir ensemble une passion - 49 -


J'oblitère la flamme de son sceau d'espoir La foudre joyeuse cautérise mon âme écorchée L'adresse s'inscrit sur mon miroir L’écriture apparaît sous le feu de cette illuminée Elle a des yeux merveilleusement remplis d'humanité Deux astres radieux étincellent ma pénombre Théâtre sublime d'un cœur réanimé Éblouit mes poèmes épicés de décembre La bonté qu’elle envoie m’irradie Je ne vois plus qu’elle en fermant les yeux Déesse limpide à la pureté infinie Corps de sagesse providence des cieux Elle guide ma pensée sous sa bonne étoile M'aperçoit rêver imaginer jubiler Se rapproche cachée derrière mon voile Et sème mes cendres fertiles en gaieté Je reprends le souffle à nouveau Réinvente le sel de la vie Surfe sur les flots à nouveau Revis et vive la vie

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Déclaration tardive J’aimerais moudre le grain de ta peau Pour caresser ton arôme en lambeaux Une silhouette échaudée sans blessures De sang-froid j’agirais sans armure J’aimerais goûter au champ de ton sourire Pour cultiver ta salive en plaisir Un fruit mûr sans pépins Mâchoire acidulée je t’éplucherais sans faim J’aimerais boire au creux de tes reins Pour ressourcer ton ver solitaire pèlerin Une eau douce sans amertume Bouche ouverte je t’ingérerais sans brumes J'aimerais apercevoir la vue de ta pupille Pour découvrir ton iris en famille Un monde ouvert sans barrières L'œil éveillé je m'ouvrirais sans frontières Dans le ciel sur l’océan de notre vie Naviguant sans safran en dérive Je perds la rose des vents de ma vie Sur la terre dans l’univers de notre vie Cheminant à corps perdu en expéditive Je perds l'étoile de ma vie

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AAA +

De l’Amour propre à l’Amour sale à l’Amour tout court

Tumultueux calme flottant et enivrant Entre deux amours post-formés Je ne peux pas quitter ma contemplation Et toute la nuit je la regarde Vivant et frémissant Sous mes pensées et mes rêves Elle m'ouvre le mystère Dehors la nature est calme Le ciel est constellé d’étoiles de mer bariolées Les vagues sinueuses murmurent aux nuages Des mots aux consonances étranges Et pendant que mon silence leur répond « L’amour propre Ce sentiment légitime Indispensable Qui attache l’homme À l’arbre de son existence Où son amour bis suit les saisons Avec passion En hiver Il cherche son bien-être Et se love sous la couette Au printemps Il cherche un nouvel air Et chante l’hymne à la joie En été Il cherche la chaleur Et un joli cœur En automne - 52 -


Il contemple les feuilles Et écrit de la poésie L’amour sale Ce sentiment illégitime Indésirable Qui enracine l’homme A l’arbre de son inconsistance Où son amour gris détruit la raison Avec déflagration En hiver Il laisse pousser le poil Et s’érige sous la couette Au printemps Il lui fait enfin prendre l’air Et écrase les fleurs En été Il cherche l’ombre Et suinte de crème solaire En automne Il urine sur les feuilles Et les envoie aux impôts » Et si un jour j’ai retenu l’envie de paraître D’être ou de disparaître De chanter ou de hurler Aujourd’hui Je me libère Et m’envole Par amour pour elle Vers l'amour Tout court

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L'amour serait-il plus fort que le présent L'amour serait-il plus fort que le présent Que le temps qui s'use à l'abri du vent Du tonnerre et de la pluie Oui l'amour est mon présent ma survie Hier les graines s'éparpillaient Sans savoir où elles s'en allaient Sans doute par-delà les rivières Sans doute par-delà les mers Et demain Elles germeront sur cette nouvelle terre Enfin Quelque part sur une île hospitalière L'amour serait-il plus fort que le présent Que le temps qui s'use à l'abri du vent Du tonnerre et de la pluie Oui l'amour est mon présent ma survie Aujourd'hui c'est l'heure de l'arrosage C'est la vie qui nous rend hommage Sans doute par-delà nos espérances Sans doute par-delà nos croyances Alors qu'hier Elle se noyait dans nos pleurs En pleine lumière Quelque part sur nos cœurs

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L'amour serait-il plus fort que le présent Que le temps qui s'use à l'abri du vent Du tonnerre et de la pluie Oui l'amour est mon présent ma survie Demain les fruits seront mûrs C'est l'amour qui poursuivra l'aventure Sûrement par-delà nos peines Sûrement par-delà la haine Et ce bel esprit Vrombira sans plus jamais souffrir En pleine nuit Là-bas enfin pour s'épanouir L'amour serait-il plus fort que le présent Que le temps qui s'use à l'abri du vent Du tonnerre et de la pluie Oui l'amour est mon présent ma survie

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Ainsi soit-il Sur un nu coton arrosé D’une moiteur tropicale La fille en soie ensorcelait l'aube Douce perle voilée et embrassée d’embruns Gracieusement étendue Dans l'ambre d'une volupté automnale Et tel un dernier pollen D'une légèreté auréolée Au milieu d’un champ soluble Elle s’exhale en son cœur Laissant une infusion Sur les fils d'une pluie d’octobre Et un ruisseau de sang bleuté Pénètre l'offrande sous l'astre D'un ange bienveillant Et l'amour à nouveau fleurit

« La vie est une fermeture Eclair… parfois elle coince. »

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L'alcôve amoureuse Un songe délicat Une douce intimité Une ambiance surnaturelle Enlacent l'alcôve Et je me cogne à mon délire L'œil métallique Doucement ensorcelé Une fraicheur océane Une saveur orientale Un parfum de roses Aspirent mes sens vers l'écho intime Et je frôle son visage Les mains légères Délibérément libre Une lente procession Une ronde fidèle Une extrême joie Demeurent captives sans désir d'évasion Et j'ouvre mon âme Le cœur envoûté Allégrement serein L'ombre danse sur la corde raide Les ailes vacantes tendrement désinvoltes Le cheminement ondule en ruades féminines La course des sens respire l'air d'Eden Et je respire cette ivresse Le corps frémissant Invisiblement éclair

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Je t'aimerais même Je t'aimerais même N'importe où n'importe comment Je ne peux pas faire autrement Je t'aimerais même Je t'aimerais même Avec des larmes au milieu des rires Pour noyer mes envies sur tes soupirs Je t'aimerais même Avec le corps nu à l'envers Coincé dans ton rocking-chair Je t'aimerais même Avec des plumes dans les cheveux Pour m'envoler dans l'enfer du feu Je t'aimerais même Je t'aimerais même N'importe où n'importe comment Je ne peux pas faire autrement Je t'aimerais même Je t'aimerais même Avec mes pensées de fin carnassier Toujours trop mais jamais assez Je t'aimerais même Avec les yeux fermés face à ta lumière Pour te caresser le cœur les yeux ouverts Je t'aimerais même

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Dansant sous une pluie tropicale Les jambes paralysées loin du carnaval Je t'aimerais même Je t'aimerais même N'importe où n'importe comment Je ne peux pas faire autrement Je t'aimerais même Je t'aimerais même Les jours de grand mauvais temps A en devenir laid pour longtemps Je t'aimerais même Les genoux écorchés à vif et à terre Alors que je ne fais jamais ma prière Je t'aimerais même L'air de rien les mains dans la boue Pour t'écrire mon amour jusqu'au bout Je t'aimerais même Je t'aimerais même N'importe où n'importe comment Je ne peux pas faire autrement Je t'aimerais même

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aiMe Mai dis-moi oui Mai dis-moi non Mais où es-tu parti Mai joli mois de mai Mai dis-moi oui Mai dis-moi non Mets le son je t'accompagnerai en chanson Mai joli mois désormais Métaphysique d'hier à aujourd'hui Mélancolie soudaine d'un képi Maigrir pour ne pas grossir Méditer pour ne pas réfléchir Mèche d'un chauve illusionniste Mélodie sourde d'un pianiste Mai dis-moi oui Mai dis-moi non Mélange des sangs cœurs Méditerranée à l'honneur Médaille et revers

Mécontent et pervers Métamorphose en cirrhose Maison ouverte ou clause Méprise des corps Mailing en désaccord Mémoire fragile Mégabit mercantile Mercurochrome par ici Mégalomane sans patrie Mai dis-moi oui Mai dis-moi non Mégaphone branché Mea culpa embrayé Mécréant compétent Méchant dans le vent Merveilleux ou disgracieux Mais où est passé Dieu Mais où es-tu parti Mai joli mois de mai Mai dis-moi oui Mai dis-moi non Mets le son je t'accompagnerai en chanson Mai triste mois désormais Mai dis-moi oui Mai dis-moi non - 60 -


L'arme pour larmes L’arme de ton cœur Hier comme ce matin Saigne dans le mien Et nulle part ailleurs L’arme dans tes mains Doux gracieux épiderme câlin Façonne l’or du commun Et signe notre voyage en abyssin L’arme de ton corps Tue volontiers nos désaccords L'ombre sombre en chemin Et digère notre chérubin L’arme dans tes yeux Velours cautérise mon âme Et mes larmes d’homme Sèchent sous mes yeux

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J'ai encore rêvé au pluriel J’ai rêvé que le monde riait J’ai rêvé que le monde pleurait J’ai rêvé que l’amour naissait J'ai rêvé à l'impossible jamais Je suis au milieu de trois milliards d’elles Je ne me suis pas perdu En m’attachant à elle Pour ne pas perdre ce que je n’ai plus J'ai rêvé que le feu gelait J'ai rêvé que l'eau brûlait J’ai rêvé que le monde riait J’ai rêvé que le monde pleurait Je suis parti en croisade sur la piste Aux étoiles sans faire le clown blanc ou l’auguste Juste en étant moi en m’accrochant à elle Pour ne pas dissoudre ma passion plurielle J’ai rêvé que l’amour naissait J'ai rêvé à l'impossible jamais J’ai rêvé que l’amour hurlait J'ai rêvé que tu m'aimais Je me suis réveillé Le monde n’a pas changé Me serais-je égaré Elle n’est plus sur mon oreiller - 62 -


Quand le mistral s’élève jusqu'aux étoiles La nuit tout d’un coup se réduit Onduleux et sourd un clapotis Frise sur l’étang Le mistral s’élève Une éclisse de lune lèche Caresse la berge Et l’éclisse se prolonge D’un élan convaincu Sur un lotus blanc Un bois flotté Chante à flots perdus jusqu’au ponton Le mistral s’élève Un roseau enfante un signe d’existence Au milieu d'une clairière Un roseau rebelle dont le cœur Comme des mains légères Guide le chemin des étoiles

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Songe quotidien Belle de nuit panachée Odorante et fruitée Traverse le jardin Sur le pré de mes sentiments Une fleur est comme votre ombre Précipitez-vous vers elle Et de jour elle vous évitera Quittez-la Et la nuit elle s’évanouira sur vous Et de curieux silences résonnent À l’orée du bois joli Sous une lune opalescente Une lune de bagatelle Éclaboussure lumineuse Et son port s’épanouit Et berce le poète aux herbes folles Mais La fleur referme ses pétales Son pistil rejoint la nuit Et le délicat pédoncule S’empare de l’aurore Et meurt de mélancolie Songeant à la rosée Prochaine - 64 -


S'il suffisait de dire je t'aime Je devine derrière l’eau de tes yeux Des reflets d'instants tristes et heureux Je ressens ton vague à l’âme un palais une langue Une saveur fertile de salive qui tangue J’aime les amandes le Touron Catalan Même si cela colle sous les dents Et les voyages de temps en temps La neige la forêt l’océan et le vent La vie est si simple par moments Que l’on cherche à la compliquer Moi je suis mort depuis longtemps Serait-ce cela ma vraie liberté Personne ne vient m’embêter Puisque je n'existe pas Je suis libre comme le vent de semer Le bien ou le mal ici ou là Tristement heureusement Dieu Peu importent les morphèmes Je devine derrière l’eau de tes yeux Encore ces deux mots je t’aime

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Belle de nuit belle de jour Au cœur d’une nuit sans lune Avec la bouche capricieuse d’un vampire J’aspirerais tes veines les plus offertes Et caresserais ta chevelure noire Jusqu’à la racine de mes songes Les plus secrets Suivra un jour sans soleil Sur l’avide et pleine mémoire De souvenirs alléchants Je moulerai ton beau sourire Sans oublier d’effleurer tes lèvres Avec ma cire d’abeille Qui s'échouera sur la toile de fond De cette mise en scène fermée au public Une trace de mon appétit Un étalage de corps noueux Avant de danser les pieds emmêlés De m'envoler planer avec elle Vers l’objet identifié de ma convoitise Ce désir d'aimer profondément

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L'éternel masculin Serais-je un homme si différent Qu’il me semble souvent De perdre pour vous la raison Oublions-nous sans contre façon Serais-je comme tout le monde Que me parvienne cette idée féconde De vous retrouver nue sur l’édredon Aimons-nous à profusion Serais-je un homme si différent Qu’il me semble souvent De noyer pour vous mon bel horizon Oublions-nous sans intention Serais-je comme tout le monde Que me parvienne cette idée féconde De vous remercier de toute cette émotion Aimons-nous à foison Et si vous me disiez tout Ne serais-je pas ce matin Comme vous Un être humain Entre le bien et le mal Ne serais-je pas votre animal Entre ciel et terre Ne serais-je pas votre nouvelle ère Et d’une compagnie sans limites Jusqu’à notre mort subite Je serai votre roi mage Inséré à votre paysage

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Soleil et alibi J'attends la lumière à la source de mes rêves De curieux et doux rêves Et je m’abreuve d’une soif solaire Pour assécher mes nuits polaires Et je m’habille de cette chaleur à corps perdu Étendu encore nu Sous un parfum de lavande Sous la fraîcheur d'une offrande Dans une joie extrême Ô comme je l'aime Et je lui tends la main vers l’écho de ces mille reflets Qui dansent sur les herbes de mon poignet Et de cet état je reste captif sans désir d’évasion Soleil serais-tu mon irisation

« Suivre avec amour les nuages pour attendre la pluie mythe de noyer nos rides. »

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Bijou caillou chou genou hibou joujou et pou prennentun X au pluriel C'est la nuit du hibou Entendrais-je pas loin gémir le caribou Moi le minuscule jeune pou J'avoue J'ai recommencé et vous J'avouerais aussi que vous me plaisiez beaucoup Hier quand vous étiez sur mes genoux Aujourd'hui loin de vous Je sens encore sur ma langue le goût De votre joli cou Tout doux Lorsque vous reviendrez me voir je sauterai à votre cou Comme un kangourou Et coup à coup Dans votre poche comme un bambou Vous sentirez mon petit joujou Et vous Mon petit bijou Je vous prendrais alors comme un gros matou Je vous enfermerais ensuite sous verrou Au Chabichou Et je vous attacherais sur le lit en acajou Serais-je votre grand manitou Mon joli froufrou Ma Mandchou Rit et j’aime votre miaou-miaou Serais-je votre petit gourou - 69 -


Gentil comme tout D’accord j’ai du bagou Comme un Andalou Je ne vous jetterais pas de cailloux Mais la pierre à votre cou Passe-partout Vous êtes chou J’aime beaucoup Serait-ce un grigri vaudou Mais vous ne voudriez pas me transformer en loup-garou Sans moi sans nous Que feriez-vous Vous le beau minou Et moi le voyou

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Rencontre éphémère Le cœur Est une sculpture De nuage Et De vent L'amour Est une fumée De vapeurs Et De soupirs Le tout Est une collision De sang Et De chair

Le temps Le passé Est un lien De tout Et De Rien Le présent Est une œuvre D'intuition Et De calculs Le futur Est une projection De rêves Et De désirs

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L’étendage d’un nouvel amour Proche de l'étang Aubépine Flirte avec une pluie fine et câline Dans un tourbillon elle s’enroule Et sur la rigole de l’eau elle coule La volupté est au fond de l’eau Avec le ciel la terre tout est à l’envers Et moi le corps plombé au cordeau Pousserais-je le cri d’un amour découvert Je regarde apparaître au fond une étoile J’y dépose ton visage Et moi en attente sur la toile Décompterais-je les jours pour le grand voyage Alors que mon cœur s'est libéré De cette terre abattue et brûlée Viendrais-tu te noyer sans placébo Sur mes algues porteuses de mots Et je perlerais mes mots d’amour Sur le collier de ton sourire Le suspense battra le silence du tambour Ô vibrations comme je vous désire

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Un pas deux pas et je demeure Accueillerais-je son sourire au coup des demeures Où les alcôves surveilleraient le pas de nos tendres amours Et la merveille qui me dévoile son visage du jour Dépose des pieds délicats sur le fil de nos heures Ses mains étirent les cloisons de cristal et de velours Avant que la contrition du soleil ne nous leurre Et même si un souffle du silence m'effleure Le flot de son sang ne dévie pas de cours Une ambiance intemporelle s'accouple sous la fenêtre De natures mortes et d'astéries à naître Avec des soupirs d'anges sur des vagues déchaînées La cavalerie même du temps endosse notre vie Et quand l'ombre est soudain par l'étincelle réjouie Découvrirais-je les yeux que les siens auraient cachés

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Emanation amoureuse sous un lustre solaire Des rayons printaniers se tréfilent dans l'aurore Et il s'imprime une filière à la chevelure d'or Si clinquante qu'elle émerge de l'obscurité Ô tentation du temps serais-je médusé À l'épicentre d'un luxurieux alunissage Improbable Serait-ce l'apparition d'un ectoplasme sous le colombage Insaisissable Une silhouette translucide effilée et floue Indescriptible Serait-ce la naissance d'un désir fou Irrésistible Et debout je m'assieds À même le sol sur le parquet Et tendu j'attends Contemplant ce bel élan Son étrange regard plongeant m'intimide Et d'en bas de cette calcaire pyramide Mon cœur effervescent la contemple Mon âme la chérit au centuple Le soleil se lève Et ces deux corps se soulèvent Impétueux Ténébreux - 74 -


Ses courbes filiformes s'abandonnent sur moi J'ose caresser cette chair lisse et tendre avec émoi L'enveloppe s'illumine par petites touches Colorées captivantes et l'amour se couche Et dans l'éclat lumineux la nuit s'approche Alors que nous étions si proches S'éclipserait-elle ô antonyme ingénue À nouveau sous la lune pieds nus

Ma raison d’être Seriez-vous le reflet de ce miroir La clarté jouissive de ce jour noir L’écho intrusif de cette pluie d’été Un hybride d’air et de chair affrété Seriez-vous le cœur de cet arpège Le battement insolite de ce florilège Le flamboiement amoureux de ce ciel Un cercle d’ombre et de lumière essentielle N’êtes-vous pas l’ensorceleuse de ma haie d’hêtre La bonté divine de cet éclat de vers L’enluminure de mon jardin secret d’hiver Et je contemplerai jusqu’aux dernières nèfles Cette sculpture nu-pieds au milieu du trèfle Ce bousculement irraisonnable de mon être

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L’étreinte amoureuse Serait-ce l’ouverture des cœurs À l’épicentre d’un parterre de fleurs Têtes penchées Mains enlacées Une femme À la chevelure colorée Un homme À la carrure élancée Une femme agenouillée Se donne les yeux fermés Un homme sublimé Se laisse envahir par la passion Volubiles sensations Ô monde d’harmonie Sentiments éblouis Ignorent-ils le monde réel A cet instant de plaisir et de joie spirituelle Ô puissance amoureuse éternelle Idéale Beauté Parcours sensoriel Serais-tu le baiser sacré

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Et closerie sur un nouvel air La fleur fraîche écume ses journées Joyeuse levure sous le jasmin émancipé Ô douce révolution printanière Laissez flatteuses vos courbes singulières Offrez-nous une parure d'amour Issue d'un sentiment profond D'une liberté de chaque jour Pour vivre mille émotions Serait-ce un nouvel air à l'abri du soleil Le long d'une allée d'azalées Aux parfums légers et ombragés Une closerie où les cœurs s'éveillent L'aubépine a quitté sa robe blanche Dévoilant son port généreux Prête pour un périple audacieux Avec ses plus belles branches Ô printemps né d'un monde curieux Avez-vous encore le pouvoir de cette nature Ô sauvageonne pour transformer le pire furieux En un homme sage à votre démesure

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L'amour n'a d'horizon qu'une âme sœur Seraient-ils deux pour un seul cœur Leurs yeux sont leur voix Leurs jambes sont leur porte-bonheur Courraient-ils pour vaincre le grand tournoi Suivraient-ils le plus bel itinéraire Où chaque jour ils sèment un héritage Où chaque jour ils s'aiment davantage Et demain bien plus qu'hier Seraient-ils deux pour un seul esprit Leurs lumières sont leur jour Leurs ombres sont leur nuit Débattraient-ils l'amour sous d'immenses abat-jours Suivraient-ils les nuages d'ores et déjà Où chaque pierre précieuse les éblouit Où chaque parcelle de terre les ensevelit Et les éternise pour atteindre l'au-delà Seraient-ils deux pour un seul corps Leur sang est leur transfusion Leurs moelles épinières sont leur émotion Voyageraient-ils avec les mêmes accords Suivraient-ils ce chemin Où l'avenir tourmente Où le passé désoriente Et où le présent s'échappe jusqu'au lendemain - 78 -


La vie serait-elle un songe La vie serait-elle un songe Pourquoi nous torturer à tort Nos esprits s'enivrent de remords Nos corps titubent et plongent M'endormirais-je au milieu de nulle part À mon réveil la Bergeronnette printanière Chante parmi les fleurs de nénuphars Je lui demande êtes-vous en croisière Elle me répond comme tous les printemps Serais-je alors atteint d'un étrange sentiment À la saison où l'oiseau chante en compagnie D'une nouvelle nature effervescente d'envie Serais-je éveillé pour me confier sans détours Où vais-je me renverser un dernier verre Une couverture amère chantée depuis cet hiver N'aurais-je plus conscience de ce qui m'entoure Jusqu'à ce que la lune apparaisse Mes vocalises flirteront en silence Jusqu'à ce que le soleil disparaisse Ma vie redeviendra une efflorescence

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Mon premier amour est mort Il est mort il est mort mon amour Je ne sais plus pourquoi ni comment Et je ne sais plus quand Est parti mon amour Nous étions si bien là-bas Je me rappelle dans tes bras Tu chantais On s’aimait Aujourd’hui c’est un jour de pluie Un jour d’hiver où je m’ennuie Et je pense à toi Seul et sans toi L'horizon est bouché Sur le vieux port et le marché Et je n'oublie pas tout ce temps passé À nous aimer Il est mort mon amour Je ne sais plus pourquoi ni comment Et je ne sais plus quand Est parti mon amour J’étais un petit garçon Sage et polisson Devenu adolescent Et dans le vent Tu voulais que je te dise mon amour Que je t’aime Même sous la tempête - 80 -


Et à tue-tête Jusqu'au jour Mon amour Où tu m'as quitté pour toujours Et sans détours Il est mort mon amour Je ne sais plus pourquoi ni comment Et je ne sais plus quand Est parti mon amour J'imagine cet enfant Qui te ressemble Il me regarde en souriant Et je pleure je tremble Nous courions tous les deux Dans la forêt Nous étions heureux Et on s'aimait sans arrêt Nous avions des projets Des raisons Des passions Et tout disparaît Il est mort mon amour Je ne sais plus pourquoi ni comment Et je ne sais plus quand Est parti mon amour

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Tout est fini C'est une nouvelle vie Par ici Et pour toi le paradis Jusqu'au jour Mon amour Tu me reverras pour toujours Et mon amour Je serai de nouveau à toi Dans tes bras Tout contre toi Et on chantera Il revit mon amour Je ne sais plus pourquoi ni comment Et je ne sais plus quand Est revenu mon amour

« Tout s'éteint sauf la veilleuse du cœur. »

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L'orage rajeunirait-il les fleurs Une disgrâce a desséché magistralement un cœur Celui d'un homme venant s'exclamer sans heurts Mon lotus blanc s'est évaporé en songe dans l'étang Sous un terrible orage noir et sec de printemps L'herbe basse jaunissait sous ses pieds Dès qu'elle rêvait en douce de s'échapper Vers la flamme orange de son tirailleur Cette fleur poussait face au vent sans peur Le soc de ses envies dessinait des sillons Calcinés comme un morceau de charbon La chaleur du temps avait tissé une toile Où s'accrochaient des araignées d'étoiles Serait-elle une météorite qui n'a pas survécu À la traversée de son univers convexe Serait-il un extra-terrestre reconnu Un récolteur d'étoiles filantes sans complexe Serait-il une essence de matière brute Et l'amour une fusion éternelle sans disputes Où la passion brûlerait l'homme sans ailes S'illuminera-t-il au retour de cette étincelle La grâce saura-t-elle réhydrater un cœur perméable Celui d'un homme revenant d'un désert de sable Où le lotus blanc s'était exilé sans racines Au milieu d'un champ de pierres abyssines

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Ô rhésus à l'auréole Un goutte à goutte perle une infusion tilleul Ces corps en crue imprègnent le linceul Baigneraient-ils dans un limon d'amour Où le pourpre ruisselle sur leurs contours Sur le versant rosé à la feuille de bouleau Une gorge profonde caressée par le pinceau Trouble et une sinueuse ligne de fond S'enrichit d'une nuit blanche au rouge profond Ecarlate fard carmin Au bout de ses seins Où flottent des sangs alcoolisés Des clichés instantanés Couleurs de feu sur un nuage Où la fièvre colorise les anges À la frontière du vide Pour une jouissance apatride

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Sous le vent je redoute l'aurore Quand le vent du sud au couchant soulève votre robe Ressembleriez-vous à l'envolée d'une palombe La magie éternelle de votre plume finira-t-elle Juste à l'orée de vos fantasmagoriques décibels Quand vous flânez les fleurs de l'Aubépine vous respirent Fleuririez-vous aussi vite le temps d'un soupir L'amour en toutes saisons comme par pur plaisir Juste là à la naissance d'un premier baiser d'élixir Quand vous emportez des lavandes que vous avez cueillies Trembleriez-vous de joie à l'odeur de cette eau de vie Votre pudeur creuset infantile s'effacera-t-elle Au contact habile d'une main à la douceur plurielle Quand vous me parlez pour éviter sans doute mon oubli Entendrais-je la musique du vent de votre pays Quand vous me regardez étreindre vos cheveux à vive allure Verrais-je couler notre rivière d'argent sur votre chevelure Et quand la nuit rosée de vos joues se reflète au contact de l'oreiller Dans les perles immenses de votre collier Je vois des pépites d'or étincelantes dans vos cheveux Je sens des pattes d'oie se dessiner au coin de mes yeux L'amour serait-il une fleur que le vent couche Nous n'aimerions pas croire que c'est déjà l'aurore Et que la tempête s'arrête sans qu'elle nous retouche Encore et encore même si Eole n'est plus d'accord

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Jardin amoureux Continuerais-je à jongler avec le vide Pour vous envoyer des poèmes d'amour Proviendraient-ils d'un désert avide Moi qui ne suis ni jardinier ni troubadour De mes métaphoriques miroirs illustrés De mes toiles expressionnistes insoupçonnées Prenez délicatement sous le chèvrefeuille Sur mon versant oriental mes plus belles feuilles Et au lever du soleil remplissez mon orgueil D'eau de neige pour diluer mon plus beau recueil Laissez-le jusqu'à ce que l'eau commence à frémir Et recouvrez-le d'un morceau de soie blanche sans réfléchir Placez ces feuilles humides sur un feu de brindilles Du saule pleureur de mon jardin d'hiver en guenilles Ecrites sur de la mousse très ancienne Mon esprit n'a plus envie que je les retienne Attendez alors que se répande dans votre cœur délicieux Un parfum comparable à celui de mon jardin Portez ce recueil à vos lèvres fermez vos yeux Et vous serez dans mon paradis avec moi demain

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Songe étoilé sous une nuit d'hiver À l'ombre infinie de la voûte céleste Deux émeraudes conquérantes manifestent Et cueillent à la belle étoile Cassandra Allongée dormirait-elle encore nue sous ses draps Le cœur conquis à la couche rouge et velours S'endormirait-il au lit profond creusé par l'amour Par les eaux vierges d'une source nouvelle Par l'acte authentique d'insatiables rituels Et lorsque l'aurore pleurera ses derniers flocons Le cristal chantera à jamais d'éternelles prières Quel jour sera-t-il sur cette frontière Avant qu'ils s'en retournent avec raison Peu importe le sens du vent d'hiver Ce n'est pas un moment funéraire Juste un moment entre deux êtres aux mensonges Blottis dans une chapelle ardente le temps d'un songe

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Sous le soleil j'ai saisi la lune Comme sortie des rêves de mon cœur Son sourire s'embellissait comme une fleur Et dès son premier délicat baiser courtois J'ai senti mon cœur bourgeonner en moi Je ne m'imagine pas encore à cette heure Courir à présent à la rencontre du bonheur Et je n'ai pas la moindre idée de ce qui m'attend M'a-t-elle vivement effacé le mauvais temps Quel secret dans lequel mon âme discerne tous ses appels Est enclos en elle Et endormi sous un soleil de plomb andalou Je me réveille la tête reposant sur ses genoux Et naît un sentiment à la fois maternel et charnel Me brûlerait-il les yeux Lorsque je la regarde fiévreux Délicieuses sont ces heures passées avec elle Où la valeur et le sens de ma vie que je saisis Là au vol sans réfléchir Pour m'accomplir Serait-il déjà l'heure de repartir d'ici Et avant que la nuit tombe en équilibre Dans un dernier élan Je lui prends la main courageusement Pour disparaître avec elle dans la pénombre

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Un hiver sous morphine Ce matin en pleine lumière bleue marine Si blanche est la neige sur ton corps Ô belle rouquine Qu'il se confond à un lac gelé d'ondine Alors que la nuit tombe sur mes paupières mutines Ô je te vois encore belle clandestine Tu es là nue sous ta mousseline Allongée au creux de tes collines Immobile sous le doux son d'une mandoline Et je te dessine Avec la plus noire des encres de chine Je détourne tes formes les plus coquines Et sculpte ta dentelle byzantine Comme une roche cristalline Tu brilles même dans l'ombre féline De tes gestes qui rayonnent et j'imagine Mon sang nourri par ton insuline Sur la toile à moitié froissée mon indiscipline Resurgit en une grandiose étamine Ô n'aie pas peur de cette gourgandine Elle se figera là sans bouger car tu n'es qu'une lutine

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À l'ombre d'une passerelle Il y a une heure Perdue dans le labyrinthe de ses pensées incongrues Essaierait-elle de trouver une nouvelle issue Eut-elle été capable de se rendre compte par bonheur De ce qui la mettait dans un si indicible état de lassitude De tension mortelle comme une mauvaise habitude De son âme qui lui laissait la tête hors-jeu Et les yeux en feu Après un effort violent et abrupt Renouvelé à chaque minute Échouant à chaque minute Pour oublier l'ombre de la passerelle glissante Elle dut enjamber le sombre ruisseau En plein cœur de ses nuits blanches En plein jour dans un jeu de cache-cache Sans perdre le sens de sa vie au fil de l'eau Rêverait-elle encore d'un monde pur Où les anges lui donneraient la plus belle des floraisons Où la peur serait coïncidence et science-fiction Où l'amour s'écoulerait sans fin le long de sa parure Et le temps d'un soupir derrière son épaule L'ombre disparait au profit d'une lumière intense Où un être filiforme s'approche et la caresse Et l'amour étrangement franchit la passerelle

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Sur le sentier fleuri de ton jardin d'hiver Partirais-je en pleine nuit vers un nouveau festin Un festin à l'odeur d'une peau lisse et cuivrée Un festin à l'orée des reins où rigole le malin Un festin à l'embouchure au goût salé et sucré Me croirais-tu si je te disais je ne veux que ton bien Prendrais-je au sérieux alors enfin Chaque intonation de ta voix chacun de tes gestes Chacun de tes sourires chacun de tes manifestes Mais tes idées les prendrais-je au sérieux juste ciel Ou prendrais-je en toi finalement Uniquement Ce qu'il me semble comme essentiel Et sous cette nuit froide où la lune est blonde Naviguant doucement entre tes hanches fécondes Chercherais-je encore ton ciel étincelant Où nos nuages en sueur flirtent l'indécent Ne connaîtrais-je plus ni de toit ni de loi Uniquement la lumière de ton regard sur moi Uniquement la passion de l'appel de ta voix Uniquement le frisson de ton corps en émoi Et à travers les eaux de nos amours si tendres Viendrais-tu jusqu'à moi déposer ton doux visage T'offrirais-je alors en hommage Un beau tournesol en fleur pour te reprendre - 91 -


Cheminement vers une nouvelle lumière J'aimerais être une larme édulcorée Pour m'imprégner de l'émotion coulant de tes yeux Et quand les jours où mon regard est embrumé Te chercherais-je inconsciemment avec mon cœur J'aimerais être un globule rouge oxygéné Pour respirer l'air heureux de ton sang Et quand les jours où mon âme est harassée Te chercherais-je assurément dans mon présent Alors que la nuit pénètre l'espace à travers nos vies Serions-nous devenus inconditionnellement aveugles Ne faudrait-il pas chasser la monotonie même dans les angles Et là en pleine lumière tournons-nous en rond comme une toupie Attendant l'arrêt sur image de l'un ou de l'autre bras en croix À l'embrasure de la nouvelle année vais-je m'ouvrir de nouveau à toi

« Les voyages dénudent nos pieds pour habiller d'images nos pensées. » - 92 -


Mon dernier vers des sens est bleu ciel Le visage face au miroir sans apparaître Ce matin la nature intime de mon être Emporté par mon image me traverse l'esprit Et mes mots décollent vers de nouvelles envies Comme le pollen d'un champ d'honneur J'erre vivant dans l'air par miracle Et je me dépose à l'épicentre de ce cénacle Pour découvrir un monde nouveau au grand cœur Libérer les âmes qui m’aiment ou me détestent Peu importe la racine mon leitmotiv est céleste Et d'un trait affûté d'une plume j'efface la misère L'inégalité la vanité le mépris et la colère Ma vague philanthrope journalière achevée Même à marée haute je traverse l'estuaire Ouvrir mon être pour t’accueillir à bras ouverts Revenu sur terre j’insiste je vais te parler D'amour en ce jour Où désormais le soleil se couche tôt Où la lumière peine à percer la brume comme toujours M’importe si nous restons dans l'ombre du lanterneau Mon corps s'illumine pour rejoindre le bleu ciel Où mes vers s'enrichiront de l'essentiel Où ma vie éclaboussera le temps Où mon cœur effacera le mauvais temps - 93 -


Quand la neige s’arrête mon amour fond Ai-je seul pleuré Le soir de ton départ Sous ce porche inondé Flottant l’esprit sombre et hagard Ai-je seul crié Au nom d’un certain Dieu Sous tes mots injurieux Refusant par compassion ma dévote pitié Ai-je seul joué Cette comédie brillante vivement écorchée Sous tes yeux noirs Ce meurtre impudique de notre histoire Ai-je seul déchiré Ton cœur de soie blanche Sur ton carnet autographié Etouffant mon recueil dans cette avalanche Et ce matin je rêve sous le savon Dans la douche j’embrasse mon androïde Brûlant les derniers mensonges de mon astéroïde La voie lactée en lambeaux au milieu du salon Et quand la neige s’arrête de tomber Mon amour fond en larmes Le soleil perce le plafond étoilé sans armes Et une cendre grise rayonne pour l'éternité - 94 -


Mais sache que mon âme reste purifiée Belle de la tête aux pieds Et ne sois pas trop pressée De me voir revenir t'aimer J’épie tes gestes d’or Et déjà tes doutes et remords Je les envoie au pôle nord Alors qu’au sud il neige encore

A l’aube d'un nouvel hiver la vie reprend Ai-je le sang glacé Sous la clarté De ton absence J’en frissonne l’aberrance Ai-je les yeux fermés Sous l’avidité De ton choix J’en oublie ma voix - 95 -


Ai-je les lèvres gercées Sous l’ombre zébrée De tes souffrances J’en brûle la repentance Ai-je le cœur cicatrisé Dégrisé De ton esprit J’en dévore l’ennui Et en cette nuit glaciale étoilée À l’abri des montagnes enneigées À la lueur de la bougie Je relis ta poésie Et d’un geste Je referme la dernière page D’un mépris funeste Le livre de cet aréopage Et j'imagine au petit matin Fuir cette histoire sans fin Vers de nouvelles pages blanches En ce beau jour de dimanche Comme la neige recouvre la colline Le temps d'une saison Je m’accorde à raison Une nouvelle perfusion sanguine

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Une vague écumera un jour sa solitude S’échappera-t-elle un jour de sa cellule grise et sauvage Sentir l’appel des vagues de l’océan s’émousser sur ses rivages Ô cure de jouvence libère lui une nouvelle armure parfaite Avant qu’un déluge l’anéantisse en une île sèche et déserte Quand la brise naîtra du grand large et la submergera D’un amour fécond une pureté insoupçonnée l’inondera Et du haut de la falaise elle s’éternisera sans voix Face à tant de beauté elle se livrera corps et âme sous son « toi » Au sein de cet asile depuis trop longtemps Une réminiscence enduit d'un mal itinérant Cingle l'orée de ses ailes salines Est-elle devenue une amertume bleue marine Une marée inconnue à chaque pleine lune empoisonne son sang D'où s’écoulent des blessures bleuâtres affectives sous un vent chromatisant Mais dans l'azur jouent ses contours aux délices ultimes et élégants Où il s’écume sur des flots vert émeraude un angelot blanc Il dessine sans contre façon son cœur sur le sable chaud À ces doux bruissements de plume se mêle son bel oiseau Et quand à nouveau la brise du grand large l’accostera Tout ce beau monde passionnément caressera l'au-delà - 97 -


Le long d'un lit d'une rivière sèche Te souviens-tu de ces fleurs qui reposaient secrètement dans notre jardin Sous les battements de nos cœurs qui résonnaient frénétiquement dans nos mains Le chant mélodieux des deux colombes sur le rebord de la grande fenêtre Un mélange de nostalgie aux maux d'amour inondait nos êtres Et souvent je me rappelle de toi en essayant à l'aide de ce paysage de me souvenir Je ne sais pas pourquoi pendant tout ce temps j'avais envie de t'écrire Mes pensées ont tant de choses à te dire que je ne sais pas par où commencer Mon cœur a tant de choses à débattre que je ne sais plus comment respirer Je vais t'exclamer sans le croire que pour moi tout va bien Je vais t'exprimer sans le croire que pour moi tu n'es plus mon chagrin Je cherche encore tes mains sur mes yeux qui sans cesse pleurent Reviendrais-je demain si par hasard c'était déjà l'heure J'essaie de me consoler de toi en t'imaginant dans mes bras J'ai appris à frémir seul sans toi sous mes draps Souvent quand le soir tombe je me parle de toi Et je m'endors avec ton plus beau sourire en pensant à toi - 98 -


Sous l'étincelle d’un corset d’un cœur chaud Quand doucement tombe la nuit Et que l’étincelle surgit Ma pensée se perd dans les plis de ce lit Du crépuscule à l'agonie Mon toucher atteint ce fil incandescent Se brûle les ailes jusqu’au firmament L’étincelle est un joyau que je peux à nouveau aimer L’étincelle est un flambeau qui éclaire mon ennui L’obscurité n’est plus ma fatalité Elle est là pour m’illuminer le temps d’un oubli Alors éblouissez-moi Vers où elle se compose Je la sculpterai Et peindrai Ô comme je la perçois Sans pause Quand doucement tombe la nuit Et que l’étincelle surgit Ma pensée se perd dans les plis de ce lit Du crépuscule à l'agonie Le sculpteur prend le temps d’observer cette ingénue Comme le peintre devant sa toile tendue Tenant compte des reflets de la matière laide ou belle Avec la nature seul compte l'émotionnel Et mon corps se liquéfie au contact de cette lueur C’est l’heure où s’embrase mon cœur Alors éclaboussez-moi avant de repartir - 99 -


Vers où elle s’infiltre Je la tamiserai Et parfumerai Ô comme je la respire Sans filtre Quand doucement tombe la nuit Et que l’étincelle surgit Ma pensée se perd dans les plis de ce lit Du crépuscule à l'agonie Resterait-elle après l'orgie S’agirait-il d’être en osmose avec cette folie De tenir compte de l’existence de ses essences De l’ombre de ses lumières de ses absences L’étincelle serait-elle un noyau amer un agrume L’étincelle serait-elle un oiseau de paradis sans plumes Alors propulsez-moi avant de la voir s'évanouir Vers où elle s'enfuit Je la survolerai Et rattraperai Ô comme je la languis Sans mentir

« L'amour fleurit toute l'année seul son parfum change d'arôme. » - 100 -


Adore-t-il le soleil levant Adore-t-il l’eau de ton parfum qui éclabousse ses plus intimes surprises L’eau de tes yeux lorsque tes mots les plus doux le séduisent L’eau de ton amour sur laquelle son âme aime s’alanguir L’eau de ton bain lorsque son corps s’enduit de ton suc à chérir Adore-t-il l’émotion unique de tes bouquets acidulés L’émotion luxuriante de tes fantasmes habités L’émotion absolue de tes légendaires pensées d'orchidées L’émotion matinale de ta nuque sur l’oreiller Adore-t-il ton regard prune de Damas l'orientale Ton sourire alcalin d'une quiétude sentimentale Ta peau fleur de Champaca douce et onduleuse Tes cheveux en bois d’Amarante aux couettes amoureuses Il adore le silence de tes nuits et le désordre de tes jours La force de tes contours et la fragilité de ton regard velours La légèreté de tes fantaisies et l'équilibre de ta vie Ta passion cachée charnelle sous les douze coups de minuit

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La mélodie du bonheur Un homme Né d'une terre glaise baise le sol pétri d'insouciance Une femme Tombée d'une falaise baise le ciel béni d'une clairvoyance Sur les rivages de nos cœurs en esclavage Battront-ils encore la chamade sous une pluie d'accolades Ainsi va la vie Bercée par l'esprit du sans-souci Ô mystère De sens interdits Laisserais-tu faire Ces réunions jusqu'au paradis Harmonieux duel Ephémère tempête Que le ciel ne nous tombe pas sur la tête Ô vie cruelle

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Le sacre d’une fleur de lotus La nuit se promène rarement seule La céleste étendue sur l'étang gondole Ingénu pétale blanc rosé Vivace gracieuse à la tige ramifiée Protégée par de longs pédoncules Elle murmure ses songes incrédules Serait-ce l'heure de vérité Celle d'aimer Ta pollinisation génère sur mes sèches rivières La dépose de graines millénaires Un parfum doux aux saveurs sucrées et amères Un merveilleux gâteau de lune sans frontières Ô rhizome de tes profondeurs Accroche-toi au fond de mon ardeur Tes akènes germeront sur mon cœur Et demain matin fleurira la plus délicieuse des fleurs

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La voix du silence m'entraîne J’entends une voix éclairée à l’ouïe de mes pensées Le soir venu sous la lumière diffuse de la lune détendue Mes bras ankylosés s’inclinent après une longue journée La fatigue émue m’étreint m’appellerais-tu Je t’ai toujours offert mes jours Voudrais-tu aussi me voler mes nuits La solitude même velours perdure sans amour Pourquoi d'ailleurs cette musique embrasse-t-elle mon cœur Les dernières fleurs de mes jardinières Esquissent septembre leurs dernières ombres Perdant leurs vers sous les étoiles de mon univers Sur la voie macabre de mon silence d'octobre Vais-je aigri quitter mes rêveries Sombrer sur l'archipel ou accourir à ton appel Cette nuit peu importe l'envie Ô maîtresse cruelle m'offrirais-tu la danse d'une bagatelle

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Prémisses au coin de ses yeux Au coin de ses yeux l'aride déchante Un désir profond de vivre heureux Des notes nostalgiques s’inscrivent sur ses sillons malheureux S’estomperont-ils face aux nuages transis d'idées exaltantes Au bord de la rivière naissante d'un récent automne L’esprit échappe l’air chaud d'une chevelure de gorgone Le serpent marche court et trébuche comme un fantôme Renaîtra-t-il de cette pierre un nouvel arôme À l'abri d’un cours d’eau et de ses méandres Sous l'orage d'une pluie vertigineuse d'une bourrasque de neige silencieuse Où les traces de l’écho ressusciteront une voix ambitieuse Renaîtra-t-il sur la bonne voie de ses cendres Au cœur de cette forêt s’essaime le mystère L'esprit nouveau à la fois translucide et transparent reflète un air Fragile cristal de Bohème à l’heure d'ouvrir ses audacieuses branches L'homme aura-t-il l’œil printanier pour s’éblouir d’une nouvelle pervenche

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L'amour serait-il un oiseau rebelle Son amour serait-il un lancinant choix cornélien Aux lendemains difficiles Ses hésitations cérébrales sont de cruels vertiges volubiles Défiant le fil comme un funambule Caucasien Son amour serait-il un persécutant tragédien Aux nuits sanguines habiles Ses illustrations musicales sont des cris indélébiles Orchestrant ses notes comme un virtuose musicien L'amour serait-il un oiseau rebelle Et face aux violons Ses paupières se sont fardées de décibels Ébranlant profondément ses terres en émotion Délivrant une symphonie à travers son regard lyrique Où ses deux tentatrices plus que jamais espiègles Explosent en feux d'artifices à l’approche de son nid d’aigle Et brille cette nuit onirique plus que sa flamme diabolique La terre exaltée attend sur elle qu'il se couche Comme sur l'oiseau rebelle c’est le secret des jours Il conservera cet amour au fond d'un précipice pour toujours Et une nuit passionnée s’engouffre dans leurs bouches Libérant ses grands yeux dans un ciel immensément bleu Ne la quittez pas bel oiseau où sous chaque fréquence Votre envol majestueux lui procure de l'espérance - 106 -


De croire à l’amour fou pour cette terre de feu Et pourtant à l'approche du jardin d’hiver Le bel oiseau rejoindra son nid éternellement atterré Désormais elle s’endormira seule sur le cercueil De ses rêves chantonnant le son à nouveau de ses pas sur le seuil

Pourquoi la fleur s'est-elle fanée ? Parce que je la pressais trop fort contre mon cœur avec amour et inquiétude, voilà pourquoi la fleur s'est fanée.

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La jeune femme et la clé des champs Ces mots fleurissent de l’aube au crépuscule sur le ciel d’automne Nid éphémère d’étoiles filantes sur les pages de la passion des poèmes Son cœur se partage sur la rive d’une légère bohème Sa fraîcheur impudique susciterait-elle la jalousie des madones Serait-elle par sa beauté devenue l’égérie d’un poète autonome Voluptueuse fresque triptyque d’un être à la parure svelte pulpeuse et rebelle Seule abîmée d’un passé douloureux où l’amour d’un homme N’a pas enchanté la jeunesse délicate de cette douce airelle Vent ailé à la peau cendrée migrera-t-elle un jour comme la grue Par-delà les montagnes brumeuses et les plaines marécageuses Pour se réfugier dans les bras d’un corsaire à la pensée congrue Et s’émouvoir de la grâce gravée sur cette pierre précieuse Tous ces vertiges asséchés par tant de si bémol S’effaceront à travers la poussière de ses anciens mirages Elle renaîtra à l’épicentre d’un champ de tournesols Un beau matin comme toutes les fleurs du monde sur le sol d'un mariage - 108 -


Et la jeune femme s’emparera de la clé des champs Pour mourir d'un plaisir partagé au bord de l'étang Où l'horloge du temps absent sonnera le glas Nu-pieds elle marchera sur la bonne voie vers l'au-delà

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Titre des poèmes recueil 1 (Période 2009- 2013)

Page 7 - En attendant l'été Page 7 - La pluie sème-t-elle l'amour Page 8 - Ombrelle et parapluie Page 10 - Sculpteur d’avenir Page 11 - Perdu Page 11 - Renouveau Page 13 - À l'air du belvédère Page 14 - En attendant l’autre Page 15 - Contre -jour Page 16 - Jour bleu Page 17 - L’échographie d’un cheveu blanc Page 19 - À des songes de neige Page 20 - À l’adret d’un songe Page 21 - La course contre les étoiles Page 21 - Convalescence Page 22 - Fragilité amoureuse Page 22 - Au cœur du peuplier Page 24 - À l’arête de mon être Page 25 - Intersection Page 26 - Soufflerait-il un vent d’amour Page 28 - Le lit à baldaquin Page 30 - Funérailles Page 31 - Vivre à tout prix Page 32 - Ma bibliothèque maternelle Page 33 - Danse à cœur ouvert Page 35 - Quand le téléphone sonnera il n’y aura plus personne Page 36 - Un billet aller-retour Page 38 - Diaphragme Page 39 - Effluves amoureux Page 40 - Le rideau est tombé Page 41 - Hallux Valgus danseuse aux pieds nus Page 43 - La coulée d'encre Page 43 - Flocons d'un rêve Page 45 - Le murmure d'un amour Page 46 - Doux amer Page 47 - La danseuse s'est-elle trompée de jour Page 48 - Un voyage sans retour par amour Page 49 - Je l'aime à mourir Page 51 - Déclaration tardive Page 52 - AAA+ Page 54 - L'amour serait-il plus fort que le présent Page 56 - Ainsi soit-il

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Page 57 - L'alcôve amoureuse Page 58 - Je t'aimerais même Page 60 - Aime Page 61 - L'arme pour larmes Page 62 - J'ai encore rêvé au pluriel Page 63 - Quand le mistral s’élève jusqu'aux étoiles Page 64 - Songe quotidien Page 65 - S'il suffisait de dire je t'aime Page 66 - Belle de nuit belle de jour Page 67 - L'éternel masculin Page 68 - Soleil et alibi Page 69 - Bijou caillou chou… et pou prennent un X au pluriel Page 71 - Rencontre éphémère Page 71 - Le temps Page 72 - L’étendage d’un nouvel amour Page 73 - Un pas deux pas et je demeure Page 74 - Emanation amoureuse sous un lustre solaire Page 75 - Ma raison d’être Page 76 - L’étreinte amoureuse Page 77 - Et closerie sur un nouvel air Page 78 - L'amour n'a d'horizon qu'une âme sœur Page 79 - La vie serait-elle un songe Page 80 - Mon premier amour est mort Page 83 - L'orage rajeunirait-il les fleurs Page 84 - Ô rhésus à l'auréole Page 85 - Sous le vent je redoute l'aurore Page 86 - Jardin amoureux Page 87 - Songe étoilé sous une nuit d'hiver Page 88 - Sous le soleil j'ai saisi la lune Page 89 - Un hiver sous morphine Page 90 - À l’ombre d’une passerelle Page 91 - Sur le sentier fleuri de ton jardin d'hiver Page 92 - Cheminement vers une nouvelle lumière Page 93 - Mon dernier vers des sens est bleu ciel Page 94 - Quand la neige s’arrête mon amour fond Page 95 - À l’aube d'un nouvel hiver la vie reprend Page 97 - Une vague écumera un jour sa solitude Page 98 - Le long d'un lit d'une rivière sèche Page 99 - Sous l'étincelle d’un corset d’un cœur chaud Page 101 - Adore-t-il le soleil levant Page 102 - La mélodie du bonheur Page 103 - Le sacre d’une fleur de lotus Page 104 - La voix du silence m'entraîne Page 105 - Prémisses au coin de ses yeux Page 106 - L'amour serait-il un oiseau rebelle Page 108 - La jeune femme et la clé des champs

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Remerciements Je tiens à remercier en particulier ma famille, ma généreuse correctrice Nadine Tabère et Élisabeth Mesner pour sa préface.

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www.jamespx.com Image de couverture : Jaya Suberg - James Perroux

A comme Amour Poèmes Recueil 1

Copyright numéro 00051199-1 Tous droits réservés Reproduction interdite sans autorisation de l’auteur

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A comme amour recueil 1 james perroux 25 11 2013  
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