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ATLAS BIOLOGIE ANIMALE 1. Les grands plans d’organisation 3e édition

Sandrine Heusser Henri-Gabriel Dupuy


ATLAS BIOLOGIE ANIMALE 1. Les grands plans d’organisation


ATLAS BIOLOGIE ANIMALE 1. Les grands plans d’organisation

Sandrine Heusser Professeur agrégée à l’ENS de Lyon

Henri-Gabriel Dupuy Ingénieur d’études en biologie animale à l’ENS de Lyon

3e édition


DU MÊME AUTEUR Atlas de biologie animale, tome 2, Les grandes fonctions, Dunod, 2008

© Dunod, Paris, 1998, 2002, 2008 ISBN 978-2-10-053793-8


Sommaire

AVANT-PROPOS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

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1. LA CELLULE ORGANISME : LES EUCARYOTES UNICELLULAIRES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

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2. L’ACQUISITION DE L’ÉTAT PLURICELLULAIRE : LES PARAZOAIRES ET LES MÉTAZOAIRES DIPLOBLASTIQUES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Les Spongiaires (Porifères) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Les Cnidaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

15 15 21

3. LE DÉVELOPPEMENT DU MÉSODERME : LES TRIPLOBLASTIQUES CŒLOMATES PROTOSTOMIENS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Les Lophotrochozoaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Les Annélides . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Les Mollusques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Les Plathelminthes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Les Ecdysozoaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Les Arthropodes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Les Némathelminthes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

31 31 31 42 55 67 67 93

4. LE DÉVELOPPEMENT DU MÉSODERME : LES TRIPLOBLASTIQUES CŒLOMATES DEUTÉROSTOMIENS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Les Échinodermes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Les Chordés : Céphalochordés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Les Chordés : Urochordés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Les Chordés : Vertébrés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

101 101 109 113 116

BIBLIOGRAPHIE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

133

BILAN . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

134

INDEX . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

137


Avant-propos

C

ET OUVRAGE vient compléter la collection d’atlas de Biologie des Éditions Dunod (Atlas de Biologie cellulaire, Atlas de Biologie végétale, Atlas d’Embryologie des Vertébrés). Il existe de nombreux Traités, Précis et livres généraux de Biologie animale mais il apparaît indispensable de proposer également aux étudiants une illustration de ces données, associant les éléments morphologiques et anatomiques de base à des aspects physiologiques. L’objectif de cet Atlas de Biologie animale est de fournir une documentation simple, illustrant l’organisation et le fonctionnement des animaux.

Un premier tome est consacré aux grands plans d’organisation du monde animal. Il s’agit de présenter les caractères généraux des grands groupes d’organismes animaux, grâce à l’étude d’exemples précis et classiques. L’approche choisie permet d’aborder les degrés évolutifs correspondant aux êtres vivants unicellulaires, Parazoaires, Métazoaires diploblastiques, triploblastiques, protostomiens, deutérostomiens. Elle aboutit à un bilan récapitulant les traits distinctifs des formes animales. Un second tome s’intéresse à l’anatomie et l’histologie fonctionnelle. L’étude des appareils différenciés par les animaux est l’occasion d’aborder des éléments de physiologie comparée et d’évoquer la différenciation cellulaire, en relation avec la spécialisation fonctionnelle. La diversité des structures sous-tendant les fonctions de nutrition, de reproduction et de relation est mise en évidence mais, chaque fois que cela est possible, les similitudes fonctionnelles sont soulignées. Une synthèse, donnée en conclusion, récapitule les principaux aspects de la physiologie des animaux. Réalisé sous forme concise, cet ouvrage est principalement destiné aux étudiants du premier cycle scientifique des universités ainsi qu’aux élèves des classes préparatoires aux grandes écoles. Toutefois, sa conception en fait également un outil intéressant pour les étudiants de second cycle et préparant les concours de recrutement des enseignants du second degré (CAPES des sciences de la vie et de la Terre et agrégation des sciences de la vie – sciences de la Terre et de l’univers).


1 1.1. Paramécie (montage in toto), x 400. La cellule allongée a la forme d’une pantoufle, dont l’extrémité antérieure est arrondie et l’extrémité postérieure effilée. Son corps est uniformément recouvert de cils disposés en rangées régulières, les cinéties, caractéristique des Ciliés. Elle porte sur sa face ventrale une vaste dépression ciliée, qui s’élargit en un vestibule donnant accès au péristome (cavité buccale). Le cytostome s’ouvre au fond de celui-ci et débouche sur le cytopharynx. Les particules alimentaires y sont englobées au sein de vacuoles digestives qui migrent ensuite dans le cytoplasme. Durant ce transit, les aliments sont digérés. Les déchets non assimilables sont déversés dans le milieu extérieur au niveau du cytoprocte.

La cellule organisme : les eucaryotes unicellulaires

Les êtres vivants eucaryotes et unicellulaires, anciennement regroupés au sein de l’embranchement des Protistes, présentent des milieux et des modes de vie très divers : ils sont rencontrés aussi bien en milieu marin (Foraminifères) qu’en eau douce (Amibe, Paramécie) mais également dans le sol. Certains sont mobiles (Amibe, Paramécie), d’autres vivent fixés (Vorticelle) ; il existe par ailleurs des espèces parasites (Trypanosome, Plasmodium) et des espèces vivant en symbiose avec d’autres organismes (symbiotes de Termites, symbiotes de Ruminants). L’exemple de la Paramécie (Alvéolobionte, Cilié, figure 1.1) nous permettra de définir quelques-uns de leurs principaux caractères.

Avant

cils membrane plasmique vestibule macronucleus péristome micronucleus cytostome

cytoplasme

vacuole digestive

Arrière


1. La cellule organisme : les eucaryotes unicellulaires

6

1.2. Paramécie : cils et trichocystes (microscope électronique à transmission), x 5 300. [Don de Monsieur le Docteur Brugerolle, Université de Clermont-Ferrand.] Entre les cils sont disposées des vésicules, les trichocystes, interprétées comme des organes de défense ou extrusomes. Sous l’action de certains stimuli, ils sont expulsés à l’extérieur. Le corps du trichocyste se transforme alors en un long ruban (50 µm) terminé par une pointe. Des alvéoles, vésicules aplaties, sont en outre visibles sous la membrane plasmique. Elles signent l’appartenance de la Paramécie au groupe des Alvéolobiontes.

membrane plasmique alvéole corticale cil apex tête trichocyste capuchon

cinétosome

corps

cytoplasme reticulum endoplasmique mitochondrie inclusions cytoplasmiques


1. La cellule organisme : les eucaryotes unicellulaires

macronucleus

7

cytoplasme

nucléole

1.3. Paramécie : noyaux (microscope électronique à transmission), x 8 500. [Don de Monsieur le Docteur Brugerolle, Université de Clermont-Ferrand.] L’appareil nucléaire est composé de deux noyaux de tailles inégales et de fonctions complémentaires. Le macronucleus, de grande taille (35 µm x 12 µm), ovoïde, est impliqué dans la vie végétative. Le micronucleus, de petite taille (3 µm de diamètre), étroitement accolé au précédent, participe quant à lui à la vie reproductive.

bloc de chromatine micronucleus nucléoplasme hétérochromatine enveloppe nucléaire

nucléoplasme enveloppe nucléaire

vésicule

gouttelette lipidique


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1. La cellule organisme : les eucaryotes unicellulaires

vacuole pulsatile postérieure cytoplasme vacuole digestive cortex péristome cytostome

membrane plasmique macronucleus vacuole pulsatile antérieure inclusions cytoplasmiques

1.4. Paramécie : vacuoles pulsatiles (microscope à contraste de phase), x 750. [Don de Monsieur le Docteur Brugerolle, Université de Clermont-Ferrand.] Deux vacuoles pulsatiles, l’une antérieure et l’autre postérieure, sont présentes dans le cytoplasme. Des canalicules cytoplasmiques y sont reliés et y déversent leur contenu. Régulièrement et alternativement, les vacuoles pulsatiles expulsent la solution qu’elles contiennent, contribuant ainsi au contrôle de la pression osmotique de la cellule.

La Paramécie possède, comme toute cellule eucaryote, des mitochondries, un reticulum endoplasmique, un appareil de Golgi, des ribosomes et un cytosquelette bien développé.


1. La cellule organisme : les eucaryotes unicellulaires

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La Paramécie se reproduit par voie asexuée (figure 1.5) : la cellule mère se divise en deux par scission transversale et donne ainsi naissance à deux cellules filles qui lui ressemblent et possèdent le même matériel génétique. Cette division binaire est précédée par la duplication des organites de la cellule mère.

1.5. Paramécie : reproduction par division binaire

Elle est également capable de se reproduire après conjugaison (figure 1.6). Ce processus implique la participation de deux partenaires. Il comporte une phase de méiose conduisant à la production de pronuclei haploïdes, suivie d’un échange de matériel génétique et d’une caryogamie permettant le rétablissement de la diploïdie. a

e

b

f

c

g

d

h

k

i

l

j

m

a

1.6. Paramécie (P. caudatum) : conjugaison a. Accolement de deux individus de types complémentaires, établissement de connexions cytoplasmiques, x 213. b. et c. Division méiotique du micronucleus. d. Mitose de l’un des micronuclei formant des pronuclei, dégénérescence des trois autres. e. et f. Échange de pronuclei entre les deux partenaires. g. Séparation des conjuguants et caryogamie, dégénérescence du macronucleus. h. i. et j. Divisions nucléaires produisant deux micronuclei et quatre macronuclei. k. l. et m. Divisions cytoplasmiques et nucléaires formant quatre cellules.

Les organismes comme la Paramécie sont donc constitués par une cellule unique, possédant l’organisation typique de toute cellule eucaryote. Limitée par une membrane, elle est composée d’un cytoplasme structuré par un système de fibrilles, dans lequel baignent divers organites (figures 1.1, 1.2, 1.4). Le matériel génétique est contenu dans un noyau (deux dans le cas particulier étudié, figure 1.3). Cette cellule est à elle seule un organisme et réalise l’ensemble des fonctions caractéristiques de la vie. Elle présente ainsi des structures dont la différenciation est poussée, qui lui permettent de se mouvoir, de s’alimenter, d’excréter et de contrôler sa pression osmotique. En ce sens, elle ne peut être comparée directement à une cellule d’organisme pluricellulaire mais plutôt à l’organisme lui-même.


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1. La cellule organisme : les eucaryotes unicellulaires

Les eucaryotes unicellulaires sont représentés à la fois par des organismes possédant des affinités avec le règne animal, telle la Paramécie, et des organismes plus proches du règne végétal, tels Chlamydomonas et les autres algues vertes unicellulaires. Des différences d’ordre métabolique (hétérotrophie ou autotrophie) ainsi que d’organisation (absence ou présence d’une paroi cellulosique, structure du noyau, mode de division) justifient l’ancienne distinction réalisée entre Protozoaires et Protophytes. Toutefois, la limite n’est pas toujours aisée à établir. Ainsi, l’Euglène (Euglénozoaire ou Kinétoplastidé) possède habituellement des chloroplastes, mais lorsqu’elle est placée dans un milieu suffisamment riche en nourriture, la chlorophylle disparaît, ce qui pose le problème de son appartenance à l’un des deux règnes cités. En outre, de nombreux genres voisins sont dépourvus de chloroplastes. Quoi qu’il en soit, les anciens Protozoaires sont aujourd’hui subdivisés en de multiples taxons. Outre les Alvéolobiontes Ciliés (figure 1.7) envisagés avec l’exemple de la Paramécie, les Alvéolobiontes Sporozoaires (ou Apicomplexés comme Plasmodium, figure 1.8), les Discicristés (Euglénozoaires ou Kinétoplastidés comme le Trypanosome, figure 1.9), les Cercozoaires (Héliozoaires, figure 1.10, Foraminifères, figure 1.11), les Amibozoaires (Amibes, figure 1.12), ainsi que de nombreux autres composent ce groupe.

couronne ciliée externe couronne ciliée interne

péristome

macronucleus micronucleus vacuole digestive

pédoncule

fibrilles

1.7. Vorticelle (montage in toto), x 210. Alvéolobionte Cilié dulçaquicole vivant fixé par un pédoncule contractile.


1. La cellule organisme : les eucaryotes unicellulaires

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granule de pigment pseudopode trophozoïte vacuole vacuole noyau

stade en anneau

hématie

1.8. Plasmodium (frottis), x 1 500. Alvéolobionte Sporozoaire parasite dont le cycle complexe comporte la formation de spores. Chez l’Homme, il est responsable du paludisme.

blépharoblaste kinétoplaste

flagelle membrane ondulante

noyau cytoplasme hématie membrane plasmique

1.9. Trypanosome (frottis), x 840. Euglénozoaire Kinétoplastidé (le cytoplasme contient un organite qualifié de kinétoplaste) parasite du sang des Mammifères. Il présente un seul flagelle accolé au corps cellulaire et formant une membrane ondulante. Trypanosoma brucei est l’agent de la maladie du sommeil chez l’Homme.


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a

1. La cellule organisme : les eucaryotes unicellulaires

a

axopode écaille

proie

membrane cytoplasme

noyau

membrane plasmique cytoplasme

b axoplaste

b

axomène d’un pseudopode vésicule appareil de Golgi

1.10. Héliozoaire a. Microscope à contraste de phase, x 440 ; b. Microscope électronique à transmission, x 13 500. [Don de Monsieur le Docteur Brugerolle, Université de Clermont-Ferrand.] Cercozoaire possédant de fins pseudopodes appelés axopodes (prolongements cellulaires munis d’un axe constitué par un faisceau de microtubules), qui se rétractent après la capture d’une proie.


1. La cellule organisme : les eucaryotes unicellulaires

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a

b

a

1.11. Tests de Foraminifères

c

suture des loges

a. x 84 ; b. x 125 ; c. x 125. Cercozoaires munis de tests composés d’une ou plusieurs loges et percés de pores par lesquels sortent des pseudopodes (prolongements cytoplasmiques temporaires). L’accumulation de leurs coquilles peut conduire à la formation de roches sédimentaires.

b

c

loges

test pluriloculaire unisérié

test pluriloculaire trisérié

test pluriloculaire enroulé


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1. La cellule organisme : les eucaryotes unicellulaires

membrane plasmique cytoplasme noyau inclusion cytoplasmique

pseudopode

1.12. Amibe (montage in toto), x 400. Amibozoaire possédant des pseudopodes assurant son déplacement et sa nutrition.

Les êtres vivants eucaryotes et unicellulaires sont donc extrêmement diversifiés. Leur évolution a été limitée au cadre de l’état unicellulaire. Si certains d’entre eux édifient des colonies résultant de la séparation incomplète d’individus issus de la reproduction asexuée (genre Volvox, par exemple), ils n’atteignent pas l’état pluricellulaire dans lequel les cellules sont obligatoirement associées entre elles, se spécialisent et présentent des activités coordonnées. Pour ce qui concerne le règne animal, celui-ci est l’apanage des organismes Métazoaires, objets des chapitres suivants.


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L’acquisition de l’état pluricellulaire : les Parazoaires et les Métazoaires diploblastiques

Les Spongiaires (Porifères) Les Spongiaires sont des organismes aquatiques présents en milieu marin (Sycon, Grantia) et plus rarement en eau douce (Spongille). Ils vivent fixés sur un substrat. Grâce à l’étude de Sycon (figure 2.1), dégageons leurs caractères essentiels. 2.1. Sycon (vue externe), x 5,5. En forme de petite outre fixée, l’animal possède une paroi corporelle percée de pores et son extrémité libre porte un orifice large, l’oscule. Il ne possède ni symétrie, ni organe défini.

oscule

corps

région de fixation


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2. L’acquisition de l’état pluricellulaire : les Parazoaires et les Métazoaires diploblastiques

a

a

oscule

atrium

corbeilles vibratiles

nappe cellulaire interne nappe cellulaire externe mésoglée

support

b

b

atrium

2.2. Sycon (coupes longitudinale et transversale)

corbeille vibratile

a. x 20 ; b. x 40. La paroi du corps est composée d’une nappe cellulaire externe et d’une nappe cellulaire interne formant des corbeilles vibratiles. Elle délimite une vaste cavité générale, l’atrium. Une gelée abondante, la mésoglée, sépare les deux nappes cellulaires.

nappe cellulaire externe nappe cellulaire interne orifice inhalant mésoglée


2. L’acquisition de l’état pluricellulaire : les Parazoaires et les Métazoaires diploblastiques

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corbeille vibratile

a

spicule pinacocyte

a

scléroblaste collencyte mésoglée choanocyte noyau collerette

b

b

flagelle

atrium

corbeille vibratile choanocyte mésoglée amœbocyte

2.3. Sycon : types cellulaires (coupe transversale), x 890. La nappe cellulaire externe est formée de pinacocytes aplatis. La mésoglée contient les spicules (éléments de soutien minéralisés) et de nombreuses cellules : collencytes élaborant le gel de la mésoglée, scléroblastes sécrétant les spicules, amœbocytes mobiles et peu différenciés pouvant évoluer en gonocytes ou donner naissance aux autres types cellulaires. Les choanocytes, cellules caractéristiques des Spongiaires, ont une forme cylindrique et possèdent un flagelle entouré de longues microvillosités accolées. Le battement des flagelles est à l’origine d’un courant d’eau assurant la nutrition de l’animal. Les choanocytes réalisent également la phagocytose des particules nutritives qui sont ensuite transmises aux amœbocytes. Ces derniers en assurent la distribution.


2. L’acquisition de l’état pluricellulaire : les Parazoaires et les Métazoaires diploblastiques

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Les nappes cellulaires externe et interne ne reposent pas sur des lames basales et ne constituent donc pas de véritables épithéliums (figures 2.2, 2.3). De ce fait, les Spongiaires sont considérés comme des Métazoaires très simples et classés parmi les Parazoaires. Les Spongiaires se reproduisent par voie sexuée (figure 2.4).

a

b

c

d

f

e

g

2.4. Sycon : reproduction sexuée a. L’ovocyte, dérivé d’un gonocyte de la mésoglée, est accolé sous les choanocytes, le spermatozoïde issu d’une spermatogenèse classique s’engage dans le choanocyte le plus proche ; b. Une vacuole se forme autour du spermatozoïde, le choanocyte perd sa collerette, son flagelle et se transforme en cellule charriante ; c. La cellule charriante contenant le spermiokyste s’enfonce dans la mésoglée ; d. et e. L’ovocyte migre vers un canal aquifère, s’associe à deux cellules (nourricière et accessoire) aux dépens desquelles il s’accroît et subit une première division de maturation ; f. L’ovocyte rejoint la cellule charriante, le spermiokyste lui est transmis et la seconde division de maturation se produit ; g. Le noyau du spermiokyste est libéré, il se transforme en pronucleus mâle qui fusionne avec le pronucleus femelle.

Ils sont par ailleurs capables de régénérer certaines parties de leur organisme, ce qui peut être mis en relation avec l’existence fréquente d’un mode de reproduction asexuée. Il peut s’agir d’un bourgeonnement externe mais aussi d’un bourgeonnement interne. Ainsi, certaines Éponges d’eau douce comme Spongilla produisent des formes de résistance, les gemmules (figure 2.5).


2. L’acquisition de l’état pluricellulaire : les Parazoaires et les Métazoaires diploblastiques

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coque de spongine

spicule

archéocyte

2.5. Spongilla : gemmule (coupe transversale), x 145. Des groupes d’amœbocytes sont à l’origine des gemmules. Certains synthétisent la coque, d’autres élaborent les spicules et les derniers se transforment en archéocytes, cellules formant le nouvel individu. Alors que l’Éponge mère meurt en hiver, les gemmules résistent et donnent naissance à de nouveaux individus au printemps.

L’embranchement des Spongiaires est traditionnellement subdivisé en trois classes, tenant compte de la nature du squelette. Les Calcisponges, dont Sycon est un exemple, possèdent des spicules calcaires (figure 2.6) ; les Démosponges présentent un squelette de nature siliceuse, cornée, ou siliceuse et cornée (Euspongia à squelette exclusivement corné correspond aux éponges de toilette) ; les Hexactinellides sont caractérisées par des spicules siliceux à trois axes et leur organisation est de type syncytial. Des travaux récents suggèrent que les Démosponges et Hexactinellides constituent un groupe monophylétique alors que les Calcisponges sont un groupe frère des Métazoaires vrais (Eumétazoaires).

a

b

b

2.6. Calcisponges : divers types de spicules a. Spicules monactines, x 65 ; b. Spicules triactines, x 60.


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2. L’acquisition de l’état pluricellulaire : les Parazoaires et les Métazoaires diploblastiques

Selon la complexité de leur organisation, divers types de Spongiaires sont en outre distingués (figure 2.7). Le type le plus simple est qualifié d’ascon (stade juvénile), l’apparition des corbeilles vibratiles permet de définir la forme sycon des Calcisponges et la forme rhagon des Démosponges et enfin, la multiplication de ces corbeilles ainsi que leur enclavement dans un cortex caractérise le type leucon.

a

b

c

d

2.7. Spongiaires : divers types d’organisation. (D’après Beaumont et Cassier, 1998.) a. Ascon ; b. Sycon ; c. Rhagon ; d. Leucon

Les Spongiaires forment donc un groupe de Métazoaires simples ou Parazoaires, dépourvus de tissus épithéliaux vrais, de symétrie et d’organes individualisés. Malgré une organisation peu complexe, ils possèdent des cellules différenciées comme les choanocytes, qui ne sont d’ailleurs pas sans rappeler certains eucaryotes unicellulaires, les Choanoflagellés, dont l’organisation est similaire. Les Métazoaires vrais, quant à eux, sont notamment représentés par les Cnidaires.


2. L’acquisition de l’état pluricellulaire : les Parazoaires et les Métazoaires diploblastiques

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Les Cnidaires L’embranchement des Cnidaires est composé d’organismes le plus souvent marins, parfois dulçaquicoles. Ils mènent une vie fixée (Hydre) ou libre (Aurelia) et sont fréquemment coloniaux (Obelia, Physalia). Dans de nombreux cas, ces animaux vivent en association avec d’autres organismes vivants, établissant des symbioses (Madréporaires et algues unicellulaires) ou une relation d’épizoïsme (Anémone de mer et Pagure). L’exemple de l’Hydre d’eau douce (figure 2.8) nous permettra de préciser certains de leurs caractères fondamentaux.

tentacule bouche

aire péri-buccale

2.8. Hydre d’eau douce (vue externe), x 20. Le corps cylindrique de l’animal comporte une sole (fixation sur le substrat), une colonne gastrique et une aire péribuccale. Il est surmonté d’une couronne de six à dix tentacules entourant un orifice unique faisant office de bouche et d’anus. Cette forme est caractéristique des polypes de Cnidaires et présente une symétrie radiaire d’ordre pair.

colonne gastrique

sole de fixation


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2. L’acquisition de l’état pluricellulaire : les Parazoaires et les Métazoaires diploblastiques

aire péri-buccale

tentacule

cnidoblaste

ectoderme

colonne gastrique

mésoglée

endoderme cavité gastrovasculaire

sole de fixation

2.9. Hydre d’eau douce (coupe longitudinale), x 40. La paroi du corps est composée d’un feuillet externe, l’ectoderme, et d’un feuillet interne, l’endoderme, délimitant une vaste cavité gastrovasculaire ouverte sur l’extérieur par la bouche. Une gelée, la mésoglée, sépare ces deux feuillets.

La présence de tissus vrais, en l’occurrence d’épithéliums reposant sur des lames basales, fait de l’Hydre un Eumétazoaire, et leur organisation en deux feuillets justifie sa qualité de diploblastique (figure 2.9).


2. L’acquisition de l’état pluricellulaire : les Parazoaires et les Métazoaires diploblastiques

a

a

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mésoglée cellule secrétrice (enzymes)

cellule interstitielle cellule sensorielle

cellule phagocytaire vacuole digestive cellule secrétrice (mucus)

cellule urticante

cellule myoépithéliale ectoderme

endoderme

b

b

filament urticant dévaginé opercule cnidocyste

2.10. Hydre d’eau douce : types cellulaires (coupe longitudinale) a. x 390 ; b. x 1 340. L’ectoderme est constitué de cellules myoépithéliales riches en grains de sécrétion et possédant à leur base des myonèmes contractiles, de cellules sensorielles munies d’un cil apical excitable et de cnidocytes, cellules urticantes spécifiques des Cnidaires. Ceux-ci présentent un cnidocil excitable et renferment une capsule, le cnidocyste, où sont logés le liquide et le filament urticant. L’endoderme est quant à lui composé de cellules myoépithéliales riches en vacuoles digestives et portant un à cinq flagelles, de cellules glandulaires sécrétant enzymes ou mucus et de cellules sensorielles. Les deux feuillets contiennent également des cellules interstitielles assurant leur renouvellement. La mésoglée comporte des cellules nerveuses formant un réseau diffus avec les cellules sensorielles et les cnidocytes.

Chez les Cnidaires, de même que chez les Spongiaires, malgré l’organisation simple et l’absence d’organes, se développent donc des cellules spécialisées dans la réalisation de certaines fonctions (figure 2.10), phénomène caractéristique des êtres vivants pluricellulaires.


24

2. L’acquisition de l’état pluricellulaire : les Parazoaires et les Métazoaires diploblastiques

La reproduction de l’Hydre d’eau douce peut être réalisée par voie sexuée (figure 2.11).

2.11. Hydre d’eau douce : reproduction sexuée

a

a. Coupe transversale de gonophore mâle, x 110 ; b. Coupe transversale de gonophore femelle, x 85. * Des gonophores mâles (testicules) et/ou femelles (ovaires) se développent et forment des excroissances sur le corps du polype. Spermatozoïdes et œufs sont libérés par rupture du feuillet ectodermique. À l’éclosion, une larve planula, ciliée et constituée de deux feuillets est libérée. Elle se fixe au substrat et se transforme en une jeune Hydre.

ectoderme

mésoglée a

endoderme

spermatozoïdes septum

testicule


2. L’acquisition de l’état pluricellulaire : les Parazoaires et les Métazoaires diploblastiques

b

embryon

enveloppe

ovaire

b

ovocyte

endoderme

mésoglée

ectoderme

25


26

2. L’acquisition de l’état pluricellulaire : les Parazoaires et les Métazoaires diploblastiques

La reproduction asexuée, par bourgeonnement, est également possible (figure 2.12). Elle est à corréler avec l’important pouvoir de régénération que possède l’Hydre d’eau douce.

aire péri-buccale

tentacules

colonne gastrique cavité gastrovasculaire ectoderme mésoglée endoderme

bourgeon

sole de fixation

2.12. Hydre d’eau douce : reproduction asexuée (coupe longitudinale), x 53. Des bourgeons, évaginations diploblastiques, apparaissent dans le tiers inférieur du polype. Ils s’allongent, développent des tentacules puis se détachent du polype parent après que leur bouche se soit ouverte.


2. L’acquisition de l’état pluricellulaire : les Parazoaires et les Métazoaires diploblastiques

27

L’embranchement des Cnidaires, Métazoaires diploblastiques, comporte deux sous-embranchements. Les Médusozoaires sont représentés par la classe des Hydrozoaires (figures 2.13, 2.14, 2.15), dont l’Hydre d’eau douce est un exemple, et la classe des Scyphozoaires (figure 2.16) ; les Anthozoaires (figures 2.17, 2.18) correspondent au second sous-embranchement.

a tentacules gastrozoïde hydrothèque

périsarc hydrocaule

méduse gonothèque

b

2.13. Obelia, forme polype (montage in toto), a. x 22 ; b. x 97. Les polypes de cet Hydrozoaire forment des colonies : ils sont insérés sur des axes dressés (hydrocaules) portés par des structures rampantes (hydrorhizes) et recouverts d’un squelette ectodermique (périsarc). Deux types de polypes sont présents à maturité : les gastrozoïdes ou hydranthes, végétatifs, et les gonozoïdes, produisant la forme méduse par bourgeonnement.

gonozoïde


28

2. L’acquisition de l’état pluricellulaire : les Parazoaires et les Métazoaires diploblastiques

tentacule

canal circulaire canal radiaire gonade

renflement basal

cavité gastrovasculaire manubrium tentacule oral

2.14. Obelia, forme méduse (montage in toto), x 172. La méduse est constituée d’une ombrelle en forme de cloche, obturée par un diaphragme, le velum (méduse craspédote). Elle possède une saillie axiale, le manubrium, portant la bouche et de multiples tentacules, dont certains sont associés à des statocystes (organes d’équilibration). La cavité gastrovasculaire est subdivisée en un estomac central et en canaux radiaires débouchant dans un canal circulaire. Les gonades sont associées à la paroi des canaux radiaires.


2. L’acquisition de l’état pluricellulaire : les Parazoaires et les Métazoaires diploblastiques

29

b c

d

e

f reproduction sexuée

reproduction asexuée

g

a h

2.15. Cycle de développement des Hydrozoaires La forme polype alterne avec la forme méduse, mais dans certains cas l’une ou l’autre peut disparaître (méduse chez l’Hydre d’eau douce). a. Polype ; b. Colonie issue du bourgeonnement du polype ; c. et d. Méduses sexuées ; e. et f. Gamètes mâle et femelle ; g. Zygote ; h. Larve planula nageuse.

ephyra prête à être libérée

2.16. Aurelia, scyphistome

lobe ephyrien

(montage in toto), x 45. Scyphozoaire caractérisé par la prépondérance de la phase méduse. Un petit polype, le scyphistome, est issu de la fécondation et du développement. Il subit une segmentation transversale (strobilation) et donne naissance à de petites méduses (ephyra) dont la croissance conduit à des méduses adultes. De grande taille, dépourvues de velum, elles sont riches en mésoglée, ce qui leur confère un aspect vitreux.

strobilation

zone de fixation sur le substrat


2. L’acquisition de l’état pluricellulaire : les Parazoaires et les Métazoaires diploblastiques

30

bouche

tentacule

colonne gastrique

sole de fixation

2.17. Anémone de mer (vue externe), x 1,5. Anthozoaire se présentant exclusivement sous forme polype.

ectoderme septum de troisième ordre

mésoglée endoderme

exocœle gonade endocœle septum de second ordre

pharynx ectoderme

septum de premier ordre muscle rétracteur

Les Cnidaires constituent donc un embranchement d’animaux Métazoaires diploblastiques. Si leur organisation générale est relativement simple, ils possèdent des cellules différenciées organisées en tissus. Ils forment très fréquemment des colonies au sein desquelles un certain polymorphisme est observé et tendent ainsi à construire des « super-organismes », chaque individu pouvant faire office « d’organe » spécialisé. Il faut cependant attendre l’apparition d’un troisième feuillet tissulaire pour voir apparaître de véritables organes.

2.18. Anémone de mer : région antérieure (coupe transversale), x 9. Les Anthozoaires ont la particularité de développer un pharynx, qui fait suite à la bouche et aboutit dans la cavité gastrovasculaire. Cette dernière est subdivisée en six n ou huit loges périphériques du fait de la présence de cloisons endodermiques, verticales et radiaires. Souvent, un important squelette, d’origine ectodermique ou composé de spicules mésogléens, est présent (Coraux, Madréporaires).


3 3.1. Lombric (vue externe) a. Organisation générale (vue dorsale), x 1 ; b. Région antérieure (vue ventrale), x 32. Le corps vermiforme présente une annélation externe à l’origine du nom de l’embranchement. Il est divisé en une région antérieure portant la bouche, formée du prostomium (lobe pré-oral) et du péristomium (premier segment), un tronc composé de segments morphologiquement semblables à l’exception des segments 9 à 15 constituant la région génitale et des segments 32 à 37 développant le clitellum, une région postérieure portant l’anus et correspondant au pygidium (lobe anal). Chaque segment du tronc est caractérisé par la présence de quatre paires de soies. Il porte également deux pores urinaires ventraux.

b

Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

Les Lophotrochozoaires Les Annélides L’embranchement des Annélides regroupe un ensemble d’animaux de milieux et modes de vie variés : aquatiques et libres (Nereis, Sabelle, Arénicole), dulçaquicoles et parasites (Sangsues), terrestres et libres (Lombric). Considérons l’exemple du Lombric (figure 3.1, livret couleur, page I) afin de définir leurs principaux caractères.

a

a

région génitale

clitellum métamère vaisseau dorsal

Avant

Arrière

b prostomium repli labial bouche

péristomium

métamère 2


32

3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

cavité buccale ganglion cérébroïde pharynx muscles pharyngiens

œsophage

spermathèque

vaisseau dorsal cœur latéral

vésicule séminale

néphridie

jabot

gésier dissépiment

cellules chloragogènes

intestin vaisseau intestinal

3.2. Lombric : dissection (vue dorsale), x 6 (livret couleur, page I).

La dissection de la région antérieure de l’animal (figures 3.2, 3.3) montre que l’annélation externe se superpose à une segmentation interne de l’organisme : les segments ou métamères, sont séparés les uns des autres par des cloisons, les dissépiments (paroi postérieure du segment antérieur et paroi antérieure du segment postérieur).


3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

33

ganglion cérébroïde nerf prostomial collier périœsophagien ganglion sousœsophagien nerf segmentaire connectif

chaîne nerveuse ventrale

ganglions du métamère 7

3.3. Lombric : système nerveux (vue dorsale), x 16. Il est formé d’une paire dorsale et antérieure de ganglions cérébroïdes (cerveau) reliée à une chaîne nerveuse ventrale par l’intermédiaire d’un collier péri-œsophagien. La chaîne nerveuse est une chaîne ganglionnaire métamérisée, caractérisée par la présence d’une paire de ganglions par métamère, des connectifs assurant la liaison des ganglions des métamères successifs. La position ventrale, sous-intestinale, du système nerveux témoigne de l’appartenance des Annélides au groupe des Hyponeuriens.

L’anatomie du Lombric est caractérisée par la présence d’organes axiaux, s’étendant sur toute la longueur du corps de l’animal (appareil circulatoire, appareil digestif et chaîne nerveuse), d’organes métamériques pairs se répétant dans chaque segment (néphridies, cavités cœlomiques, ganglions nerveux) et d’organes à localisation stricte comme les structures génitales (testicules et vésicules séminales de l’appareil génital mâle, ovaires, oviductes et spermathèques de l’appareil femelle, l’animal est hermaphrodite). En outre, il apparaît une symétrie bilatérale nette.


3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

34

vaisseau sanguin dorsal

cuticule épiderme

thyphlosole

muscles circulaires

paroi intestinale

muscles longitudinaux lumière intestinale

néprhidie

somatopleure

cavité cœlomique

splanchnopleure cellules chloragogènes

vaisseau sanguin ventral

fibres musculaires associées aux soies

chaîne nerveuse ventrale vaisseau sous-nervien

nerf segmentaire

3.4. Lombric (coupe transversale), x 21. La paroi du corps est constituée d’un épiderme simple recouvert d’une fine cuticule anhiste. Juste en dessous se développe la musculature composée de deux tumiques concentriques de fibres musculaires. Chaque métamère est organisé autour d’une vaste cavité cœlomique, limitée par les dissépiments, la splanchnopleure accolée au tube digestif et la somatopleure située au contact de la paroi du corps. Il comprend une paire de néphridies, organes excréteurs formés d’un pavillon, le néphrostome, ouvert sur la cavité cœlomique antérieure et d’un tube, le cœlomoducte, débouchant sur l’extérieur par un néphridiopore. L’appareil circulatoire, clos, se compose de deux vaisseaux longitudinaux principaux, le vaisseau dorsal et le vaisseau ventral, associés à des vaisseaux transverses métamérisés. En absence d’appareil respiratoire spécialisé, l’animal réalise ses échanges respiratoires par voie transtégumentaire. L’intestin, rectiligne, possède un repli médio-dorsal, le typhlosole, associé à de nombreuses cellules chloragogènes à rôle excréteur.


3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

muscle pharyngien

35

dissépiment

pharynx cavité cœlomique ganglion cérébroïde cavité buccale cœur latéral œsophage

prostomium péristomium

muscles longitudinaux

ganglion sous-œsophagien

muscles circulaires épiderme

métamères

cuticule

3.5. Lombric : région antérieure (coupe longitudinale), x 18. Le prostomium, comme le pygidium, ne comporte pas de cavité cœlomique. Ce ne sont pas de véritables métamères.


3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

36

cuticule épiderme muscles circulaires muscles longitudinaux

cavité cœlomique dissépiment néphridie métamères

3.6. Lombric (coupe longitudinale latérale), x 14 (voir aussi la coupe longitudinale de Lombric, livret couleur, page I). La disposition relative de la musculature et des cavités cœlomiques permet à l’animal de disposer d’un véritable hydrosquelette, impliqué dans sa locomotion.

Les Annélides sont donc des animaux possédant des organes bien différenciés, organisés en appareils ou en systèmes, constitués par des cellules différenciées (figures 3.2, 3.3, 3.4, 3.5, 3.6). Leur plan d’organisation est plus complexe que celui des Spongiaires et des Cnidaires, mais ils ne présentent pas d’appareil respiratoire. Du fait de l’existence d’un cœlome, les Annélides sont qualifiés de Cœlomates. Le cœlome est associé à la métamérie, division du corps en métamères, véritables unités structurales et fonctionnelles autour desquelles s’organise la physiologie de l’animal (figures 3.4, 3.5, 3.6).


3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

37

L’embranchement des Annélides, Métazoaires cœlomates métamérisés, compte trois classes. Outre les Oligochètes examinés à travers l’exemple du Lombric, les Polychètes (figures 3.7, 3.8) et les Achètes (figures 3.9, 3.10) composent ce groupe. Envisageons leurs spécificités respectives.

antenne palpe prostomium péristomium

œil cirre tentaculaire paragnathe mâchoire proboscis

tronc

cæcum œsophagien tube digestif soies cirre parapode acicule

vaisseau sanguin métamères

3.7. Nereis (montage in toto), x 16. Polychète errante présentant une tête bien développée, portant des structures sensorielles (yeux, palpes, antennes). Chaque segment du tronc est muni d’une paire de parapodes latéraux. Ils se composent d’une rame dorsale ou notopode et d’une rame ventrale ou neuropode et sont munis de cirres et de nombreuses soies. Le tube digestif différencie dans sa partie antérieure une trompe musculeuse et dévaginable, le proboscis, sur laquelle sont localisés des paragnathes et des mâchoires.


3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

38

muscles longitudinaux dorsaux muscle circulaire vaisseau sanguin dorsal

muscle oblique

épiderme

muscle aciculaire

paroi intestinale

acicule notopode

lumière intestinale

parapode

cavité cœlomique

neuropode

parapode vaisseau sanguin ventral

muscles longitudinaux ventraux

chaîne nerveuse ventrale

3.8. Nereis (coupe transversale), x 26. L’anatomie des Polychètes est voisine de celle du Lombric. Ces animaux partagent une métamérie nette, un appareil circulatoire clos, un tube digestif simple, un appareil excréteur néphridien et un système nerveux composé d’un cerveau et d’une chaîne ganglionnaire ventrale. Toutefois, quelques caractères les distinguent. Ainsi, chez la Nereis des muscles obliques sont présents en association avec les muscles circulaires et longitudinaux, les gonades ne sont pas des structures permanentes, les cavités cœlomiques sont le plus souvent paires et s’affrontent dorsalement et ventralement au niveau de deux mésentères.


3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

39

ventouse antérieure œil ganglion cérébroïde

orifice génital mâle

glande salivaire œsophage

orifice génital femelle jabot spermiducte testicule sac ovarien

diverticules du jabot

intestin diverticule intestinal

néphridie rectum

anus ventouse caudale

3.9. Sangsue (montage in toto), x 13. Achète caractérisée par l’absence de soies et de parapodes. Dans la région antérieure et la région postérieure de l’organisme se différencient des ventouses à mettre en relation avec le mode de vie parasitaire de l’animal. Le corps présente une annélation superficielle qui ne correspond pas à la métamérie : il est formé de trente-trois métamères ainsi que d’un prostomium alors que le nombre d’anneaux externes est bien plus élevé. Le tube digestif est caractérisé par des différenciations buccales et pharyngiennes liées au régime alimentaire hématophage, de même que par le développement de cæca latéraux dans lesquels est réalisée la digestion.


3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

40

paroi du tube digestif

épiderme

lumière du tube digestif

derme muscles circulaires

lacune dorso-latérale

muscles longitudinaux

néphridie

muscles radiaires tissu botryoïdal

muscles dorso-ventraux mésenchyme lacune latérale

lacune ventrale

canal déférent

chaîne nerveuse ventrale

testicule

3.10. Sangsue (coupe transversale), x 28. Sous l’épiderme se développe un derme conjonctif reposant sur les muscles circulaires et longitudinaux. Des muscles obliques dorso-ventraux s’ajoutent à ce dispositif. Les cavités cœlomiques ne sont pas visibles : au cours du développement, elles se dissocient et sont comblées par la prolifération des cellules de leurs parois, qui donne naissance à un mésenchyme de remplissage. Au sein de celui-ci apparaît le tissu botryoïdal à fonction excrétrice. L’appareil circulatoire se compose d’un système de sinus, vestiges du cœlome, et d’un réseau de capillaires très fins. Seuls quelques organes conservent leur disposition répétitive et témoignent de la métamérie initiale. Il s’agit principalement de l’appareil excréteur de type néphridien (mais les néphridies sont aveugles et associées à l’appareil circulatoire) et du système nerveux. L’animal est hermaphrodite.

Les Annélides se reproduisent par voie sexuée, et sont hermaphrodites (Oligochètes, Achètes) ou gonochoriques (Polychètes). Oligochètes et Achètes possèdent un clitellum et sont regroupés au sein de l’ensemble des Clitellates. La segmentation, première phase du développement embryonnaire, se déroule selon le mode spiral (type spiralia). Lors de la gastrulation qui lui fait suite, trois feuillets se mettent en place : un endoderme interne, un ectoderme externe et un mésoderme intermédiaire. Les Annélides sont en conséquence des organismes triploblastiques. L’apparition du troisième feuillet embryonnaire s’accompagne de celle de la symétrie bilatérale. Le feuillet mésodermique contribue à la mise en place de diverses structures (musculature, néphridies) mais il est surtout à l’origine des cavités cœlomiques. Après la gastrulation, le blastopore constitue la bouche, d’où l’appartenance de ces animaux à la lignée des Protostomiens. L’éclosion de l’œuf libère, en particulier chez les Polychètes, une larve caractéristique de l’embranchement, la larve trochophore (figure 3.11).


3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

a

a

41

prototroche

touffe sincipitale

neurotroche

télotroche

b

b

prototroche

futur métamère avec branchies premiers métamères avec soies parapode télotroche

3.11. Larves des Annélides (microscope électronique à balayage) a. Trochophore, x 225 ; b. Métatrochophore, x 210. [Don de Monsieur le Docteur Bhaud, Laboratoire Arago de Banyuls-sur-Mer.] Formes larvaires caractéristiques des Annélides, elles sont observées notamment chez les Polychètes. La larve trochophore possède un faisceau apical de flagelles insérés sur une plaque sincipitale, ainsi que plusieurs couronnes et rangées de cils locomoteurs (« troches »). Son système nerveux est constitué d’un ganglion apical, relié à un anneau localisé sous la prototroche. Elle présente en outre un tube digestif recourbé et des protonéphridies excrétrices. Non métamérisée, cette larve est caractérisée par l’existence de deux massifs mésodermiques pleins situés de part et d’autre du tube digestif. Leur croissance est à l’origine de deux bandelettes mésodermiques qui se segmentent et se creusent, formant ainsi les cavités cœlomiques (processus de schizocœlie). L’apparition de la métamérie coïncide avec le passage au stade métatrochophore.

Polychètes et Oligochètes ont, parallèlement, la capacité de se reproduire par voie asexuée et corrélativement sont capables d’une importante régénération. Les Annélides correspondent donc à un embranchement de Métazoaires triploblastiques cœlomates protostomiens et hyponeuriens. La métamérie accompagne la formation du cœlome chez ces animaux. Elle évolue d’un type homonome (toutes les régions du corps sont semblables) vers un type hétéronome (spécialisation de certaines régions du corps dans la réalisation de fonctions précises) notamment grâce au processus de céphalisation. En raison de la présence d’une larve trochophore, ils appartiennent au groupe des Eutrochozoaires inclus au sein des Lophotrochozoaires, de même que les Mollusques, objets du sous-chapitre suivant.


3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

42

Les Mollusques Les Mollusques forment un embranchement dont les représentants mènent une vie libre en milieu marin (Seiche, Aplysie), en eau douce (Limnée) ou en milieu terrestre (Escargot, Limace). Certains d’entre eux présentent cependant un mode de vie fixée (Moule) ou parasite (Parenteroxenos). À l'aide des exemples de la Moule (figure 3.12, livret couleur, page II), de l’Escargot (figure 3.15, livret couleur, page II) et de la Seiche (figure 3.19), examinons leurs caractéristiques majeures.

a

3.12. Moule (vue externe) a. Animal extrait de la coquille, x 1,4 ; b. Coquille, x 1,8 * Le corps est protégé par une coquille dure formée de deux valves (droite et gauche), présentant des stries d’accroissement et formant un squelette externe. L’animal apparaît enveloppé par deux replis latéraux du tégument, les bords du manteau (pallium). Partiellement soudés, ils délimitent une boutonnière postérieure. Des muscles attachant l’animal à sa coquille sont visibles et par transparence l’hépatopancréas, l’intestin et le cœur peuvent être observés. Le caractère mou du corps est à l’origine du terme Mollusque.

a palpe labial

capuchon céphalique muscle rétracteur du byssus hépatopancréas

manteau Ventre

cœur muscle rétracteur du pied muscles rétracteurs du byssus

zone d’insertion sur la coquille muscle adducteur postérieur boutonnière

Dos


3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

43

b

b

Valve gauche (face interne)

Valve droite (face externe)

sommet sommet charnière

charnière (dos)

byssus (ventre)

muscle rétracteur du byssus

muscle rétracteur du pied muscles rétracteurs du byssus stries d’accroissement

muscle adducteur antérieur

muscle adducteur postérieur

empreinte palléale


44

3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

3.13. Moule : dissection (vue ventrale), x 1,2 (livret couleur, page II). Le manteau délimite une vaste cavité palléale dans laquelle pendent deux branchies lamellaires formées chacune de deux feuillets repliés sur eux-mêmes. Y débouchent les orifices excréteurs, génitaux et l’anus. Un pied volumineux, musculeux, est inséré dans la région moyenne de l’animal. Des muscles rétracteurs et protracteurs assurent sa mise en mouvement et à sa base, une glande byssogène réalise la sécrétion de filaments (le byssus) grâce auxquels la Moule se fixe à son substrat. La bosse de Polichinelle est essentiellement constituée par les gonades, qui peuvent s’étendre et envahir le manteau à maturité. Des gonoductes acheminent les produits génitaux vers la cavité palléale. Les quatre palpes labiaux entourant la bouche sont également visibles, ainsi que l’hépatopancréas, structure digestive, et les reins ou organes de Bojanus. Le système nerveux est représenté par trois paires de ganglions : les ganglions cérébroïdes antérieurs, les ganglions pédieux au niveau du pied et les ganglions viscéraux postérieurs. Les deux ganglions cérébroïdes d’une part et les deux ganglions viscéraux d’autre part sont réunis par des commissures, alors que des connectifs relient entre eux les ganglions cérébroïdes et les ganglions pédieux, les ganglions cérébroïdes et les ganglions viscéraux.

capuchon céphalique bouche palpe labial

pied

muscle rétracteur du byssus

hépatopancréas

glande byssognène bosse de Polichinelle

rein papille uro-génitale

branchie

connectif muscle adducteur postérieur

La Moule présente typiquement une symétrie bilatérale et des caractères de Métazoaire triploblastique cœlomate, bien que le cœlome ne soit représenté que sous forme de petites cavités. En revanche, elle n’est pas métamérisée, ce qui la distingue nettement des Annélides étudiés plus haut. Son organisation générale illustre plusieurs particularités des Mollusques (figures 3.13, 3.14) : existence d’un manteau délimitant une cavité palléale dans laquelle sont localisées les branchies et où débouchent les orifices urinaires, génitaux ainsi que l’anus, présence d’une coquille élaborée par le manteau et jouant le rôle de squelette externe, développement d’un pied musculeux et regroupement de la plupart des organes au sein d’une masse viscérale.

manteau


3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

cavité péricardique ventricule rectum tube digestif hépatopancréas muscle gonade pied

glande byssogène filaments branchiaux directs filaments branchiaux indirects byssus

cavité palléale manteau

3.14. Moule (coupe transversale), x 7. L’appareil circulatoire, de type ouvert, est constitué d’un cœur dorsal comprenant deux oreillettes et un ventricule, et enveloppé dans un péricarde. Il propulse l’hémolymphe dans deux artères (aortes antérieure et postérieure). Après avoir irrigué les organes, celle-ci est récupérée par un système de sinus dépourvus de parois propres, est filtrée par les reins puis regagne le cœur. L’appareil digestif comporte un œsophage court, un estomac globuleux, un intestin circonvolué et un rectum rectiligne qui traverse le ventricule cardiaque. L’ensemble est complété par un cæcum gastrique contenant un stylet cristallin qui joue un rôle chimique et mécanique dans la digestion, et un volumineux hépatopancréas (structure digestive) relié à l’estomac par des canalicules. Les cavités génitale, rénale et péricardique sont considérées comme des dérivés du cœlome.

45


46

3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

Toutefois, certains aspects de sa morphologie et de son anatomie sont à mettre en relation avec son mode de vie et son appartenance à la classe des Lamellibranches ou Bivalves. Il s’agit de la forme de sa coquille composée de deux valves, de l’absence de structures céphaliques, de l’organisation de ses branchies en lamelles ainsi que de la configuration de son système nerveux. L’Escargot, autre exemple de Mollusque, est un animal terrestre et mobile (figures 3.15, 3.16, 3.17, 3.18).

a

3.15. Escargot (vue externe)

b

a. Animal dans sa coquille, x 2,7 ; b. Animal extrait de sa coquille, x 2,6. Il possède une coquille enroulée en hélice autour d’un axe, la columelle, et ouverte par un péristome. Le corps sorti de sa coquille apparaît constitué de trois régions : une tête portant la bouche ventrale, deux paires de tentacules dorsaux et l’orifice génital sur son côté droit, un pied musculeux, organisé en sole de reptation et une masse viscérale enroulée en hélice. Le premier tour de spire de celle-ci correspond au poumon. Par transparence, le cœur, le rein, le rectum et l’hépatopancréas sont visibles.

a

tentacule sole pédieuse

b sole pédieuse

bourrelet palléal bourrelet palléal coquille poumon péristome

rectum

hépatopancréas

rein sommet


3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

47

3.16. Escargot : dissection (vue dorsale), x 2,3 (livret couleur, page II). L’appareil respiratoire est représenté par un poumon richement vascularisé et ouvert sur l’extérieur par un pneumostome. L’appareil digestif est formé successivement d’un bulbe buccal renfermant une radula, sorte de râpe et une mâchoire, d’un œsophage se renflant en arrière pour former un jabot volumineux. Lui font suite un estomac et un intestin enrobés dans l’hépatopancréas puis un rectum aboutissant à l’anus, sur la droite de l’animal. L’appareil circulatoire est ouvert et comporte un cœur formé d’une oreillette et d’un ventricule, logé dans un péricarde. Il assure la propulsion de l’hémolymphe dans l’artère aorte et les vaisseaux qui en sont issus. Le liquide circulant irrigue les divers organes puis est déversé dans un système de sinus et retourne au cœur par des veines après avoir subi une hématose au niveau du poumon. Le rein ou organe de Bojanus, situé à proximité du cœur dont il est cependant indépendant, assure l’excrétion. Il est drainé par un canal rénal courant parallèlement au rectum et débouchant à l’extérieur à droite de l’anus. L’appareil génital est complexe : il comporte une portion hermaphrodite (ovotestis, gonade logée près de l’apex du tortillon, canal hermaphrodite) débouchant sur un carrefour où s’ouvre la glande de l’albumine et d’où partent un spermiducte et un oviducte incomplètement séparés, une portion femelle (partie terminale de l’oviducte différenciée en vagin, glandes multifides, réceptacle séminal) qui communique avec la poche du dard et une portion mâle (extrémité du spermiducte, vésicule séminale ou flagellum mâle, pénis rétracté dans une gaine au repos). Vagin et pénis s’ouvrent dans un vestibule génital commun muni d’un seul orifice. La reproduction fait intervenir un accouplement au cours duquel sont échangés les spermatozoïdes, assurant une fécondation croisée.

bulbe buccal ganglions cérébroïdes œsophage glande salivaire jabot rectum poumon hépatopancréas rein cœur

orifice génital vagin poche du dard glandes multifides pénis oviducte spermiducte flagellum mâle canal hermaphrodite ovotestis glande de l’albumine poche copulatrice bourrelet palléal


48

3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

La localisation du jabot au niveau du pied est à l’origine du terme de Gastéropode utilisé pour désigner la classe dont fait partie l’Escargot.

3.17. Escargot : dissection du système nerveux (vue dorsale), x 6. Le système nerveux est organisé en un anneau nerveux complexe situé autour de l’œsophage. Il est constitué d’une masse ganglionnaire dorsale formée de deux ganglions cérébroïdes unis par une commissure cérébroïde et une masse ganglionnaire sous-œsophagienne ventrale comportant deux ganglions palléaux latéraux, deux ganglions pédieux ventraux, deux ganglions pariétaux et un ganglion viscéral. Ces différents ganglions sont reliés par des connectifs (connectifs cérébro-pédieux, cérébropalléaux et palléo-pédieux) et l’ensemble forme, de chaque côté du tube digestif, un triangle caractéristique bien que la forte condensation du système nerveux le rende délicat à observer. De chaque ganglion partent de multiples nerfs innervant les divers organes de l’animal.

nerf péritentaculaire bulbe buccal nerf pédieux tentacule ganglion cérébroïde œsophage masse ganglionnaire sous-œsophagienne

nerfs tentaculaire et péritentaculaire nerfs olfactif et labial connectif cérébro-pédieux connectif cérébro-palléal nerf pédieux nerfs palléaux


3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

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poumon rein cœur glandes salivaires hépatopancréas

ganglion cérébroïde tube digestif

tube digestif radula mâchoire bourrelet palléal

bouche bulbe buccal pied épiderme masse sous-œsophagienne

hémocœle musculature

3.18. Escargot (coupe longitudinale), x 5.

L’Escargot, comme la Moule, présente des caractères de Métazoaire triploblastique cœlomate mais est dépourvu de métamérie. Il partage avec elle le plan d’organisation caractéristique des Mollusques : corps protégé par une coquille élaborée par un manteau, existence d’une masse viscérale, possession d’un pied. Il est, de plus, muni d’une tête portant la bouche, la radula et les organes sensoriels. En relation avec son appartenance à la classe des Gastéropodes, il est en outre caractérisé par une organisation asymétrique. Celle-ci est due à trois phénomènes survenant au cours du développement : la flexion endogastrique qui recourbe le tube digestif en U, la torsion (rotation à 180˚ vers la droite) et la spiralisation de la masse viscérale. En conséquence, la symétrie bilatérale est perdue. Par ailleurs, l’Escargot possède des adaptations au mode de vie terrestre comme la perte des branchies, remplacées par un poumon.


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3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

La Seiche constitue un troisième exemple de Mollusque, marin et menant une vie très active (figures 3.19, 3.20, 3.21, 3.22). 3.19. Seiche (vue externe)

a

a. Vues dorsale et ventrale, x 0,4 ; b. Os (vue ventrale), x 0,7. * Le corps, aplati dorso-ventralement, est formé de deux parties. La tête porte deux yeux latéraux et la bouche ; cette dernière est entourée de dix bras (huit bras courts munis de ventouses et deux bras tentaculaires, rétractiles, présentant des ventouses à leur extrémité seulement). Les bras correspondent au pied des autres Mollusques, profondément modifié. Sa localisation est à l’origine du nom de la classe dont la Seiche est un représentant, la classe des Céphalopodes. Le corps est entièrement recouvert par le manteau et présente une nageoire continue. Il renferme la masse viscérale. Aucune coquille externe n’est visible, cette formation est présente sous forme d’un os internalisé secondairement sous un repli dorsal du tégument. L’ouverture de la cavité palléale est située ventralement, en arrière d’un entonnoir (annexe du pied).

a

Face dorsale

Face ventrale

pied

bouche bras ventouse tête

bouche

bras tentaculaire œil fente palléale

bras orifice exhalant entonnoir fente palléale

corps

bras tentaculaire

ventouse nageoire nageoire


3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

b

b

51

proostracum (face dorsale)

dernière cloison

phragmocône (cloisons calcaires)

paroi de la cavité siphonale

entonnoir boutonnière manteau muscle de l’entonnoir

hépatopancréas intestin

ganglion étoilé anus orifice de la poche du noir orifice génital orifice urinaire branchie

rein estomac poche du noir

cœur branchial spermiducte et structures annexes testicule

3.20. Seiche : dissection (vue ventrale), x 0,4. La cavité palléale contient l’appareil respiratoire formé de deux branchies pectinées. Les orifices urinaires, génital, l’anus ainsi que le canal de la poche du noir s’y ouvrent. L’appareil circulatoire est clos : il est formé d’un cœur (deux oreillettes et un ventricule) enveloppé d’un péricarde, d’où partent trois artères qui assurent l’irrigation des organes. Un ensemble de veines draine le sang et l’achemine vers des cœurs branchiaux. Hématosé au niveau des branchies, il est ramené aux oreillettes par les veines branchiales efférentes. L’appareil digestif débute par la bouche qui s’ouvre sur un bulbe buccal muni d’une radula et de deux mâchoires cornées (« bec de perroquet »), dans lequel deux paires de glandes salivaires se déversent. Lui font suite un long œsophage, un estomac broyeur en relation avec un cæcum spiral puis un intestin, terminé par le rectum. Le tube digestif est recourbé en U et de ce fait l’anus est proche de la tête. Un hépatopancréas bilobé est également présent. Deux reins (corps fongiformes) assurent l’excrétion. L’appareil génital est situé dans la partie postérieure de l’animal. Chez le mâle, il est formé d’un testicule contenu dans une cavité d’origine cœlomique et débouchant sur un spermiducte associé à de nombreuses structures annexes (vésicules séminales, glande accessoire). Chez la femelle, il se compose d’un ovaire unique, également logé dans une cavité d’origine cœlomique, et d’un oviducte gauche, unique. S’y ajoutent une glande de l’albumine ainsi que deux paires de glandes nidamentaires.


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3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

ventouse bras

épiderme derme

masse nerveuse ganglion optique cartilage

hépatopancréas os

manteau

branchie

cavité palléale

3.21. Seiche (coupe longitudinale), x 17.

La Seiche se présente comme un Métazoaire triploblastique cœlomate, non métamérisé mais à symétrie bilatérale. Plusieurs particularités de son organisation sont à mettre en relation avec son mode de vie : – la poche du noir, annexe du rectum, lui permet d’expulser un jet d’encre qui constitue un camouflage efficace ; – l’entonnoir est un dispositif assurant sa propulsion lorsque les muscles du manteau se contractent et chassent l’eau de la cavité palléale ; – les organes des sens bien développés favorisent le repérage des proies qui peuvent être capturées grâce aux tentacules préhensiles et broyées par les mâchoires en « bec de perroquet ».


3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

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3.22. Seiche : dissection du système nerveux (vue dorsale), x 1,7. Très concentré vers l’avant, le système nerveux de la Seiche est situé autour de l’œsophage et est protégé par une capsule cartilagineuse. Il est formé d’une masse sus-œsophagienne composée des ganglions cérébroïdes et d’une masse sousœsophagienne résultant de la fusion de deux ganglions pédieux, deux ganglions palléaux et deux ganglions viscéraux. Des renflements ganglionnaires se développent parallèlement sur le trajet des nerfs. Ce sont par exemple les ganglions optiques sur les nerfs optiques reliés aux ganglions cérébroïdes, les ganglions étoilés sur les nerfs palléaux associés aux ganglions palléaux. Des organes des sens très perfectionnés sont associés au système nerveux. La Seiche possède en particulier des yeux performants, des organes olfactifs situés en arrière et des statocystes à la base des ganglions pédieux.

bulbe buccal

œil ganglion buccal ganglion optique nerf optique

ganglion cérébroïde masse sous-œsophagienne (ganglion palléo-viscéral) nerf palléal nerf viscéral œsophage

L’étude comparée de la Moule, de l’Escargot et de la Seiche permet de définir précisément le plan d’organisation des Mollusques : ce sont des animaux à corps mou, constitués d’une tête à rôles sensoriel et nutritif, d’un pied musculeux à vocation locomotrice, d’une masse viscérale enveloppée dans un manteau sécrétant une coquille (parfois internalisée ou régressée). Entre masse viscérale et manteau est ménagée une cavité palléale dans laquelle sont situées les branchies et où débouchent les conduits excréteurs, génitaux et l’anus. Le cœlome est représenté par trois cavités entourant le cœur (cardiocœle), les gonades (gonocœle) et les reins (néphrocœle). L’appareil digestif de ces animaux est typiquement équipé d’une radula, et au cours de leur développement l’anus ne se met jamais en place à partir du blastopore, ce sont des Protostomiens. Leur système nerveux est formé de ganglions cérébroïdes dorsaux et de ganglions pédieux, palléaux et viscéraux ventraux. Cette disposition permet de les qualifier d’hyponeuriens. La présence de connectifs cérébro-pédieux, cérébro-palléaux et palléo-pédieux définit des triangles latéraux caractéristiques, de part et d’autre du tube digestif.


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3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

3.23. Mollusques : développement

a

(montages in toto) a. Développement embryonnaire de l’Huître, x 88 ; b. Larve véligère de Lamellibranche, x 253. La reproduction des Mollusques, qu’ils soient gonochoriques ou hermaphrodites, est principalement sexuée. L’œuf fécondé subit une segmentation spirale qui rappelle celle des Annélides (type spiralia) et, au terme du développement embryonnaire, libère une larve véligère, caractéristique de l’embranchement. Celle-ci ressemble à la larve trochophore des Annélides mais possède un velum cilié ainsi qu’une ébauche de coquille. Toutefois, en relation avec le milieu de vie, certains Mollusques présentent un développement direct : un jeune individu, semblable à l’adulte, est libéré à l’éclosion. C’est le cas de l’Escargot.

b

b velum

pied manteau ébauche de coquille bivalve

Annélides et Mollusques sont des représentants des Métazoaires triploblastiques cœlomates protostomiens et hyponeuriens. Ils appartiennent tous deux au groupe des Lophotrochozoaires (Eutrochozoaires), possédant en particulier une larve de type trochophore.


3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

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Les Plathelminthes L’embranchement des Plathelminthes est formé d’organismes vermiformes libres vivant en milieu marin (Convoluta roscoffensis) ou en eau douce (nombreuses Planaires comme Dugesia, Polycelis) et plus rarement en milieu terrestre (habitat humide, Rhynchodemus). De nombreuses espèces sont par ailleurs parasites (Grande Douve, Taenia, Echinococcus). L’étude d’une Planaire (figure 3.24) nous permettra de dégager leurs caractères principaux.

ganglion cérébroïde cordons nerveux longitudinaux intestin

diverticule intestinal

cordon nerveux transversal

pharynx

glande vitellogène

canal déférent

bouche

région de l’atrium génital

3.24. Planaire (montage in toto), x 15. Le corps vermiforme est aplati dorso-ventralement, d’où le terme de Plathelminthe (« ver plat »). Il est recouvert de cils mais ne porte pas d’appendices. Il présente une bouche antérieure ou ventrale, seul orifice du tube digestif. Une région antérieure, caractérisée par la présence d’organes sensoriels et de ganglions cérébroïdes (une céphalisation est ébauchée), et une région postérieure ou caudale peuvent être définies, de même qu’une face ventrale et une face dorsale. L’animal montre en outre une symétrie bilatérale.


3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

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pharynx épiderme lumière rhabdite épithélium

fibres musculaires

fibres musculaires

cordon nerveux

cellules glandulaires diverticule intestinal

parenchyme

3.25. Planaire (coupe transversale), x 81. Un épiderme simple constitué de cellules ciliées, de cellules glandulaires, de cellules sensorielles et de cellules à rhabdites, protège le corps. Il surmonte trois couches de fibres musculaires. Les divers organes sont entourés d’un parenchyme ou mésenchyme composé de cellules étoilées anastomosées. Elles délimitent des lacunes dans lesquelles circule un liquide interstitiel. Quelques cellules amiboïdes y sont également présentes. La disposition de ces diverses structures confère à l’animal un squelette de type hydrostatique. L’appareil digestif est constitué d’un pharynx débouchant directement dans un intestin comportant plusieurs branches. L’appareil reproducteur est composé d’organes mâles (testicules, canaux déférents, vésicules séminales, pénis) et femelles (ovaires, oviductes, utérus, glandes vitellogènes) en relation avec un atrium génital. L’appareil excréteur est représenté par des protonéphridies s’ouvrant dans deux canaux latéraux en relation avec l’extérieur par des néphridiopores. Le système nerveux est formé de ganglions cérébroïdes et de cordons longitudinaux ventraux, complété par des organes sensoriels (statocystes, ocelles). La localisation ventrale du système nerveux fait de ces animaux des hyponeuriens.


3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

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Les Planaires sont donc des animaux possédant des organes, composant des appareils et des systèmes, (figures 3.24, 3.25) elles sont cependant dépourvues d’appareils respiratoire et circulatoire. Ces organismes sont hermaphrodites mais, dans le cadre de leur reproduction sexuée, la fécondation est croisée. Les spermatozoïdes sont échangés lors de l’accouplement et après fécondation, les œufs sont émis dans le milieu, associés à quelques cellules vitellines, au sein de cocons. Le développement embryonnaire voit la mise en place des trois feuillets caractéristiques des organismes triploblastiques, en association avec la symétrie bilatérale. Le feuillet mésodermique est impliqué dans la mise en place de diverses structures, mais il est surtout à l’origine du parenchyme comblant les espaces entre les organes. À aucun moment, il ne se creuse de cavités, d’où la qualification d’acœlomates traditionnellement réservée à ces organismes. Par ailleurs, il ne se forme pas d’anus chez ces animaux qui peuvent être considérés comme des Protostomiens. Outre la reproduction asexuée, certaines Planaires sont également capables de multiplication asexuée et corrélativement, elles conservent un important pouvoir de régénération. L’embranchement des Plathelminthes est composé de trois classes principales : les Turbellariés, formes libres, correspondant aux Planaires, les Trématodes (figures 3.26, 3.27, 3.28, 3.29, 3.30, 3.31) et les Cestodes (figures 3.32, 3.33, 3.34, 3.35, 3.36, 3.37), formes parasites. Envisageons leurs caractères spécifiques.

orifice génital femelle pénis (cirre) vésicule séminale poche du cirre utérus ovaire ootype

bouche ventouse buccale pharynx intestin bifide diverticule intestinal ventouse ventrale (acetabulum)

réceptacle séminal vitelloducte glande vitellogène

testicules (2) canal déférent

3.26. Grande Douve (montage in toto), x 4,5. Trématode parasite des Vertébrés, l’animal, de forme foliacée, possède une ventouse buccale et une ventouse ventrale non perforée (acetabulum) assurant sa fixation aux tissus de l’hôte. Il ne porte pas de cil. Son appareil digestif, son appareil excréteur, son appareil génital ainsi que son système nerveux sont bâtis sur le même plan que ceux des Planaires.


3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

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8 3.27. Grande Douve (coupe d’un adulte in situ), x 51. La Grande Douve adulte vit dans les voies biliaires du Mouton ou de l’Homme.

parenchyme hépatique

Douve tégument

fibres musculaires

paroi du canal biliaire

parenchyme glande vitellogène lumière utérus diverticule intestinal

fibres musculaires

glande vitellogène

épiderme

diverticule intestinal parenchyme

testicule

3.28. Grande Douve (coupe transversale), x 14. La présence d’un parenchyme d’origine mésodermique entourant les organes atteste de l’appartenance de la Grande Douve aux Triploblastiques et justifie le qualificatif d’acœlomate employé pour la décrire.


3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens 3.29. Cycle de développement de la Grande Douve

59

Le cycle de développement de la Grande Douve est complexe : il implique des phases de vie parasitaire intéressant plusieurs hôtes et alternant avec des phases de vie libre. Il est réalisé grâce au développement de diverses formes larvaires adaptées à chaque mode de vie et à une importante reproduction asexuée larvaire. Les Trématodes présentent, par comparaison avec les Turbellariés libres, des adaptations au mode de vie parasitaire. Elles correspondent à l’apparition d’organes de fixation, la réduction des structures locomotrices et sensorielles, et également au développement important de la reproduction (émission d’un grand nombre d’œufs, multiplication des formes intermédiaires, reproduction asexuée). Celles-ci sont également adoptées par d’autres Trématodes.

a. Œuf issu de la fécondation (x 590) ; b. Larve miracidium (x 430) ciliée, fruit du développement embryonnaire, libérée en milieu aquatique et susceptible d’infester un Mollusque d’eau douce ; c. Larve sporocyste (x 46) dépourvue de structures locomotrices et sensorielles, capable de donner naissance par reproduction asexuée à une troisième forme larvaire ; d. Larve rédie (x 122) migrant vers l’hépatopancréas du Mollusque, pouvant former des rédies de seconde génération et à terme un quatrième type larvaire ; e. Larve cercaire (x 165) semblable à la Grande Douve adulte, munie d’une queue musculeuse, quittant le Mollusque et s’enkystant sur des végétaux aquatiques (f. x 40) avant d’être ingérée par un Mammifère. f

a

reproduction sexuée Mammifères

e

milieu aquatique

b

milieu aquatique

Mollusque reproduction asexuée d

c


3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

60

anse intestinale ventouse ventrale

bouche ventouse orale

Avant

Arrière pharynx

ovaire

utérus

ootype

poche de cirre

testicules

glande vitellogène

3.30. Petite Douve (montage in toto), x 26. Trématode parasite des canaux biliaires du Mouton, présentant une organisation voisine de celle de la Grande Douve.


3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

ventouse orale

Mâle

acetabulum

gouttière ventrale

Femelle

3.31. Schistosomes (montage in toto), x 48. Trématodes parasites de l’appareil circulatoire des Mammifères, responsables de la bilharziose. Les sexes sont séparés : le mâle présente une gouttière ventrale dans laquelle la femelle, plus petite, est logée.

61


62

3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

8 3.32. Taenia : région antérieure (montage in toto), x 24. Cestode dont la région antérieure, le scolex, porte l’ensemble des organes de fixation (ventouses, crochets) ainsi qu’une masse ganglionnaire nerveuse. Un court cou, le collet, lui fait suite et à ce niveau bourgeonnent les segments, les proglottis.

crochet rostellum ventouse scolex cou proglottis

canal excréteur transversal glande vitellogène canal excréteur longitudinal réceptacle séminal vagin atrium génital cirre

canal vitellin glande de Mehlis et ootype oviducte ovaire

canal déférent utérus testicule


3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

63

muscles dorso-ventraux muscles transversaux

utérus

muscles longitudinaux parenchyme

reste de testicule

cellules épidermiques expansion des cellules épidermiques fibres musculaires

3.34. Taenia : proglottis (coupe transversale), x 26. Le tégument présente une structure syncytiale et développe des microvillosités permettant d’augmenter sa surface de contact avec le contenu intestinal de l’hôte. Il délimite le corps qui ne comprend pas de cavité générale : les organes (essentiellement à vocation reproductrice) sont entourés par un abondant parenchyme d’origine mésodermique.

8 3.33. Taenia : proglottis mature (montage in toto), x 20. Le corps long et rubané, le strobile, est constitué d’une succession de proglottis. Chacun contient deux éléments excréteurs réunis par un canal transverse (appareil de type protonéphridien) ainsi que des cordons nerveux reliés à la masse ganglionnaire antérieure. L’appareil génital est très développé ; il comporte des structures mâles et femelles, les premières atteignant leur maturité avant les secondes. L’animal est dépourvu d’appareil digestif, en effet, vivant dans la lumière du tube digestif de son hôte, il absorbe ses nutriments par voie trans-tégumentaire.


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3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

a

e

reproduction sexuée Mammifère (Homme)

milieu extérieur d

b

hôte d’attente (Porc)

c

3.35. Cycle de développement du Taenia a. Les gamètes femelles sont fécondés par les gamètes mâles d’un proglottis antérieur. Les proglottis femelles remplis d’œufs embryonnés, les cucurbitains (x 12), sont alors rejetés dans le milieu extérieur par l’orifice anal de l’hôte ; b. Ingérés par un hôte intermédiaire, ils libèrent les œufs (x 275) qui à l’éclosion délivrent des embryons hexacanthes (c) ; d. Ceux-ci perforent la paroi intestinale, migrent dans les muscles et y forment des cysticerques (x 32) ; e. La consommation de viande contaminée et insuffisamment cuite peut conduire à l’infestation de l’Homme : le cysticerque se dévagine dans l’intestin (x 27), le scolex se fixe à la muqueuse intestinale et reconstitue un nouvel animal par bourgeonnement.


3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

canal excréteur longitudinal utérus vagin

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canal excréteur transversal ovaire et glande vitellogène cirre testicule ventouse rostellum crochets

Arrière

Avant

proglottis 3

proglottis 2

scolex

proglottis 1

3.36. Echinococcus granulosus (montage in toto), x 60. Cestode parasite du Chien.

Les Cestodes, de la même manière que les Trématodes, développent des adaptations au parasitisme. Celles-ci sont toutefois plus poussées, puisque la régression de l’appareil digestif est, dans leur cas, totale.


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3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

paroi

3.37. Cénure (coupe transversale), x 300. cavité

scolex bourgeonnant

Les Plathelminthes sont donc des représentants des Métazoaires triploblastiques. Leur mésoderme n’est pas creusé de cavités aussi sont ils dits acœlomates. Cependant, à la lumière des données de phylogénie moléculaire, il apparaît que l’absence de cœlome est le fruit d’un processus de régression. Ces animaux sont bien des Cœlomates protostomiens hyponeuriens, appartenant à l’ensemble des Lophotrochozoaires (Eutrochozoaires) avec lesquels ils partagent divers caractères (segmentation de type spiral, larve de Müller proche de la larve trochophore pour certaines espèces). Les Triploblastiques cœlomates protostomiens comportent un second grand groupe d’organismes, celui des Cuticulates Ecdysozoaires.

Le cycle de développement des Cestodes peut comporter une phase de reproduction asexuée à l’état larvaire : le développement des œufs donne naissance à un cénure, vésicule au sein de laquelle bourgeonnent des scolex.


3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

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Les Ecdysozoaires Les Arthropodes L’embranchement des Arthropodes est composé de nombreux animaux aux milieux et modes de vie très variés. Ils sont rencontrés dans les domaines marin (Crabe, Crevette), d’eau douce (Ecrevisse, Dytique) et terrestre (Criquet, MillePattes, Araignée) où ils mènent une vie libre ou fixée (Balane). Il existe également des espèces parasites (Sacculine). Les exemples de l’Ecrevisse (figures 3.38, 3.39, livret couleur, page III), du Criquet (figure 3.49, livret couleur, page IV) et de l’Araignée (figure 3.60) nous permettront de décrire leurs particularités.

3.38. Ecrevisse (vue externe, face dorsale), x 0,8. Une cuticule rigide et calcifiée, véritable squelette externe, recouvre le corps de l’animal et ses appendices, les mouvements étant rendus possibles grâce à des membranes articulaires. Cette particularité est à l’origine du nom de l’embranchement (Arthropodes signifiant littéralement « à pieds articulés »). Dans la région antérieure, la cuticule est d’un seul tenant, elle définit un céphalothorax ; au niveau de l’abdomen, elle est formée de six parties articulées entre elles, qui reflètent une disposition métamérique.

antenne

antennule rostre céphalothorax

œil

péréiopode 1 péréiopode 2

région gastrique

péréiopode 3

région hépatique région branchiale

abdomen

région cardiaque

péréiopode 4 péréiopode 5 membrane articulaire segment abdominal 1

segment abdominal 6 telson

uropode


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3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

3.39. Ecrevisse (vue externe, face ventrale), x 1. Le corps est divisé en trois parties : la tête (céphalon), le thorax (péréion) et l’abdomen (pléon). Il est terminé par un acron antérieur et un telson postérieur, portant l’anus. La bouche, les organes sensoriels (yeux pédonculés, antennes, antennules) et les appendices impliqués dans la prise de nourriture (mandibules, maxillules, maxilles) sont localisés au niveau de la tête. D’autres appendices masticateurs (pattes-mâchoires 1, 2 et 3) ainsi que les cinq paires de pattes locomotrices sont portés par le péréion, et cinq paires de pléopodes sont situées sur le pléon. L’Ecrevisse est gonochorique ; les orifices génitaux des femelles sont situés à la base de la troisième paire de pattes thoraciques et leur première paire de pattes abdominales est atrophiée alors que les orifices génitaux des mâles sont localisés à la base de la cinquième paire de pattes thoraciques et que leurs deux premières paires de pattes abdominales sont plus développées que les autres.

antenne antennule péréiopode 1 péréiopode 2

œil bouche

péréiopode 3 péréiopode 4

céphalothorax

péréiopode 5 pléopodes 1 et 2

orifice génital mâle

pléopode 3 pléopode 4

abdomen

pléopode 5 telson uropode

anus


3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

3.40. Ecrevisse : dissection (vue dorsale), x 1,1 (livret couleur page III). L’appareil circulatoire, ouvert, de type lacunaire, est composé d’un cœur dorsal d’où partent diverses artères (dorsales, latérales et ventrales) se capillarisant et débouchant dans des sinus, lacunes à parois plus ou moins individualisées. Le liquide circulant, l’hémolymphe, baigne les organes, gagne les branchies avant de revenir au cœur dans lequel il entre grâce à des orifices, les ostioles. L’appareil respiratoire est constitué par des branchies localisées dans des chambres branchiales thoraciques latérales. L’appareil digestif est formé d’un court œsophage, suivi d’un estomac contenant un moulinet gastrique (ensemble complexe de pièces dures à vocation broyeuse) et muni d’un cæcum dorsal. Après avoir reçu deux canaux émanant de l’hépatopancréas, structure digestive à multiples digitations, il se jette dans l’intestin rectiligne qui aboutit à l’anus. L’appareil génital est représenté par une gonade trilobée d’où partent deux canaux évacuateurs (oviductes droits chez la femelle, canaux déférents contournés chez le mâle) débouchant sur les orifices génitaux. L’excrétion est réalisée notamment par les glandes vertes, localisées à la base des antennes et formées d’un tube pelotonné associé à une petite vessie transparente.

glande verte

muscle mandibulaire estomac

branchie testicule cœur spermiductes (canaux déférents)

musculature abdominale

hépatopancréas

intestin

69


70

3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

nerf optique nerf antennaire ganglion cérébroïde collier péri-œsophagien œsophage ganglion sous-œsophagien ganglions thoraciques connectif

ganglions abdominaux

nerf périphérique

3.41. Ecrevisse : système nerveux (vue dorsale), x 1,3. [Don de Monsieur Néguesque, Université de Metz.] Dans la région antérieure, le système nerveux comprend deux ganglions cérébroïdes situés sur le tube digestif, reliés par un collier périœsophagien à deux ganglions sous-œsophagiens. Leur fait suite une chaîne nerveuse ventrale composée de deux ganglions par segment (soit cinq paires pour le thorax et six paires pour l’abdomen), associés par l’intermédiaire de connectifs. Cette disposition permet de qualifier l’Ecrevisse d’animal hyponeurien.

L’Ecrevisse possède donc un plan d’organisation de Métazoaire triploblastique cœlomate bien que les cavités cœlomiques disparaissent au cours de son développement (figures 3.40, 3.41, 3.42). Quelques vestiges sont encore identifiables, telles les glandes vertes excrétrices. Elle présente une symétrie bilatérale et son corps est subdivisé en segments, les métamères (acron et telson n’en sont pas). Toutefois, à la différence des Annélides, la métamérie de l’Ecrevisse est profondément altérée : des régions, qualifiées de tagmes (tête, péréion, pléon), se différencient, et acquièrent une spécialisation fonctionnelle. Cette métamérie hétéronome est en particulier due au processus de céphalisation qui implique la fusion des métamères céphaliques, le déplacement de la bouche vers l’arrière et la condensation du système nerveux antérieur (cérébralisation). Pour les autres régions, la disposition des appendices et l’organisation du système nerveux conservent un caractère métamérisé alors qu’il disparaît pour les organes excréteurs et une partie de la musculature.


3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

71

3.42. Ecrevisse : péréion (coupe transversale), x 7 (voir aussi la coupe transversale de céphalothorax de Crabe, livret couleur, page III). La cuticule, constituée de plusieurs couches successives, surmonte un épiderme unistratifié, l’ensemble formant la paroi du corps. Elle délimite une cavité interne, l’hémocœle, dans laquelle baignent les différents organes. Celle-ci est remplie d’hémolymphe et n’est pas homologue de la cavité cœlomique des Annélides : au cours du développement, les vésicules cœlomiques se désagrègent et fusionnent avec les lacunes et sinus hémolymphatiques, donnant ainsi naissance à l’hémocœle.

cuticule épiderme gonade cœur hémocœle

hépatopancréas

tube digestif branchie cloison chitineuse cavité branchiale chaîne nerveuse ventrale artère thoracique ventrale branchiostégite muscle (patte)


3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

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De par la présence de mandibules et d’antennes, l’Ecrevisse est classée au sein du sous-embranchement des Mandibulates ou Antennates. Animal aquatique à respiration branchiale, elle possède deux paires d’antennes, une paire de mandibules, des organes excréteurs d’origine cœlomique, une cuticule minéralisée, ce qui signe son appartenance à la classe des Crustacés. Au sein de cette classe, une grande diversité de formes est observée (figures 3.43, 3.44, 3.45, 3.46).

3.43. Gammare (montage in toto), x 15. Crustacé Malacostracé Amphipode à corps comprimé latéralement, possédant des péréiopodes préhensiles (2 à 5) et nageurs (6 à 8).

tube digestif

péréiopodes 6 à 8 œil

antennule antenne appendices buccaux patte-mâchoire gnathopodes telson péréiopodes 4 et 5

uropodes (pléopodes 4 et 5) pléopodes 1 à 3


3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

œil

carapace bivalve

antennule furca

antenne

appendices thoraciques 2 et 3

mandibule

appendice thoracique 1

maxille

3.44. Ostracode (montage in toto), x 45. Crustacé présentant une carapace bivalve, sans segmentation nette du corps.

3.45. Copépode (montage in toto), x 35. Crustacé possédant un œil nauplien, six métamères thoraciques et quatre métamères abdominaux. Les femelles portent des sacs ovigères.

abdomen

thorax

tête musculature appareil génital

œil nauplien antennules furca telson tube digestif appendice thoracique pré-génital

appendices buccaux antenne patte-mâchoire appendices thoraciques natatoires

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74

a

3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

a organe nucal cæcum hépatique

œil ocelle

ovaire

ganglion cérébroïde antennule mandibule maxillule

cœur

antenne appendice

intestin œuf de durée furca éphippium expansion abdominale

carapace

épine

b

b organe nucal cæcum hépatique muscle antenne ovaire cœur intestin glande coquillière œufs parthénogénétiques cavité incubatrice carapace

épine

3.46. Daphnie (montage in toto) a. Femelle avec œufs de durée, x 40 ; b. Femelle avec œufs parthénogénétiques, x 30. Crustacé Branchiopode à appendices foliacés, présentant une carapace bivalve et des antennes locomotrices.

œil ocelle rostre antennule ganglion cérébroïde bouche mandibule soies furca appendice


3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

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Les Crustacés se reproduisent par voie sexuée. Les sexes sont souvent séparés, comme chez l’Ecrevisse, mais il existe des espèces hermaphrodites comme les Balanes. L’œuf issu de la fécondation donne généralement naissance à une larve caractéristique du groupe, la larve nauplius (figure 3.47).

œil nauplien antennule

bouche

tube digestif antenne glande antennaire

mandibule soie

3.47. Crustacés : larve nauplius (montage in toto), x 257. Planctonique et nageuse, elle possède un corps ovoïde, non segmenté, portant de longues soies caudales et trois paires d’appendices à fonction locomotrice et masticatrice (antennules uniramées, antennes et mandibules biramées). Un œil nauplien impair et dorsal est également présent. La croissance est réalisée grâce à des mues, au cours desquelles l’animal perd sa cuticule rigide et en reforme une autre.


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3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

Le développement post-embryonnaire est constitué par une succession de formes larvaires, variables selon l’espèce (figure 3.48). Il est parfois condensé comme chez l’Ecrevisse, l’œuf libère alors un individu juvénile très semblable à l’adulte.

a

b

3.48. Crustacés : divers types de larves (montages in toto)

c

a. Phyllosome de Langouste, x 16 ; b. Zoé, x 35 ; c. Zoé de Crabe, x 36 ; d. Mégalope de Crabe, x 28.

d


3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

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Remarquons par ailleurs que certains Crustacés, comme les Daphnies, sont capables de se reproduire alternativement par parthénogenèse et par reproduction sexuée, en relation avec les conditions du milieu. À la différence des Crustacés, les Hexapodes (correspondant pour l’essentiel aux Insectes), autres Arthropodes, ont essentiellement colonisé le milieu terrestre. Le Criquet et le Grillon en sont de bons exemples (figures 3.49, 3.50, 3.51, 3.52, 3.53).

tête

thorax

abdomen

antenne œil composé appareil buccal

aile

prothorax stigmate

patte 1 mésothorax

segment abdominal

patte 2 métathorax patte 3

3.49. Criquet (vue externe latérale), x 3. Le corps est divisé en trois parties : la tête (portant les organes sensoriels, la bouche et les pièces buccales), le thorax (caractérisé par la présence de trois paires de pattes et de deux paires d’ailes) et l’abdomen. Il est entièrement recouvert d’une cuticule, la mobilité étant possible grâce à des membranes articulaires. Une segmentation externe est observable : le thorax est formé de trois métamères et l’abdomen en compte onze. La femelle et le mâle peuvent être aisément distingués grâce à leur extrémité abdominale : la femelle porte un ovipositeur constitué de trois paires de valves articulées alors que le mâle présente une plaque sous-génitale.


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3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

3.50. Criquet : dissection (vue dorsale), x 3,5 (livret couleur, page IV). L’appareil circulatoire, dorsal et ouvert, comporte un cœur abdominal, qui expulse l’hémolymphe dans des vaisseaux irriguant les organes. L’hémolymphe circule ensuite librement dans la cavité générale, l’hémocœle, puis regagne le cœur dans lequel elle pénètre grâce aux ostioles. L’appareil respiratoire correspond à un réseau complexe de trachées, tubes tapissés intérieurement d’une fine cuticule et maintenus béants grâce à des épaississements spiralés de celle-ci. Elles s’ouvrent sur le milieu extérieur au niveau des stigmates et se ramifient dans l’organisme. S’y ajoutent de volumineux sacs aériens. L’appareil digestif se compose d’un pharynx, d’un œsophage, d’un jabot musculeux, d’un gésier (formant le stomodeum) suivis d’un mésentéron dans lequel s’ouvrent six cæca gastriques. Il est terminé par un iléon, un côlon et un rectum (constituant le proctodeum) aboutissant à l’anus. Des glandes salivaires thoraciques le complètent. L’excrétion est réalisée par de multiples tubes de Malpighi, formations borgnes baignant dans la cavité générale et débouchant à la jonction entre mésentéron et iléon. L’appareil génital est représenté, chez le mâle, par deux testicules associés en une masse unique, munie de deux canaux déférents. Ceux-ci débouchent dans un canal éjaculateur, de même que les glandes accessoires (dont les vésicules séminales). Lui fait suite un sac éjaculateur dont l’extrémité est occupée par un organe d’intromission complexe. Chez la femelle, il est formé de deux ovaires volumineux et de deux oviductes se réunissant en un vagin ventral ouvert sur la chambre génitale, auxquels s’ajoutent des glandes accessoires et une spermathèque.

œsophage

jabot muscles des pattes et ailes

gésier

cæca gastriques

trachées mésentéron

testicule tubes de Malpighi cœur

iléon

côlon


3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

3.51. Criquet : système nerveux (vue dorsale), x 4. Dans la région antérieure, il est représenté par un cerveau subdivisé en trois parties (protocérébron, deutocérébron et tritocérébron). Ses prolongements postérieurs sont reliés à un ganglion sous-œsophagien par l’intermédiaire d’un collier péri-œsophagien. Il se poursuit par une chaîne nerveuse ventrale dont la disposition métamérique est altérée du fait de la fusion de certains ganglions. Elle compte ainsi trois ganglions thoraciques et cinq ganglions abdominaux. Cette organisation est caractéristique de l’état hyponeurien.

nerf optique

cerveau œsophage ganglion sousœsophagien ganglion thoracique 1 connectif ganglion thoracique 2 ganglion thoracique 3 ganglions abdominaux

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3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

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pronotum

cuticule

aile épiderme

vaisseau dorsal

muscle hémocœle stomodeum cuticule cæcum gastrique apodème

glande salivaire trachée

chaîne nerveuse ventrale

tissu adipeux patte

3.52. Criquet : thorax (coupe transversale), x 24. La paroi du corps est formée d’une cuticule présentant plusieurs couches et recouvrant un épiderme simple, qui en réalise la sécrétion. Les organes baignent dans une vaste cavité générale correspondant à l’hémocœle.


3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

81

glande salivaire

vaisseau dorsal

tissu adipeux

testicule hémocœle trachée

épiderme cuticule

iléon rectum

muscle tube de Malpighi jabot mésentéron ganglion thoracique

gésier abdomen

thorax

3.53. Grillon (coupe longitudinale), x 12. La portion antérieure du tube digestif (pharynx, œsophage, jabot et gésier) formant le stomodeum ainsi que sa portion postérieure, le proctodeum, sont tapissées de cuticule. Ces deux ensembles ont la même origine embryologique que l’épiderme (ectodermique).


3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

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Le Criquet et le Grillon, comme l’Ecrevisse, possèdent donc un plan d’organisation de Métazoaire triploblastique cœlomate. Ils présentent typiquement une symétrie bilatérale et une métamérie hétéronome, en relation avec la différenciation de tagmes (tête, thorax, abdomen) et la céphalisation. La présence de mandibules et d’antennes les place, aux côtés des Crustacés, dans le sous-embranchement des Mandibulates ou Antennates. Toutefois, il s’agit d’animaux terrestres, à respiration trachéenne, possédant une seule paire d’antennes, une paire de mandibules et trois paires d’appendices locomoteurs thoraciques, ce qui les définit comme membres du groupe des Hexapodes. La disposition de leurs pièces buccales permet de les classer au sein de la classe des Insectes. Ici encore, une grande diversité de formes est observée (figures 3.54, 3.55, 3.56). 3.54. Collembole (montage in toto), x 48. Hexapode caractérisé par l’absence d’ailes. Il présente une furca terminale dont la détente permet le saut.

thorax

abdomen

pattes (3 paires)

œil composé

furca

pièces buccales antenne

tête

tube ventral


3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

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3.55. Altise (montage in toto), x 16. Insecte Coléoptère caractérisé par la transformation de la première paire d’ailes en élytres coriaces.

antenne

tête

pièces buccales œil composé

thorax

patte 1 prothorax

mésothorax patte 2 métathorax patte 3

abdomen

élytre

aile 2 pièces génitales


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3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

3.56. Drosophile (montage in toto), x 27. Insecte Diptère caractérisé par la présence d’une seule paire d’ailes, la seconde étant transformée en une paire de balanciers.

thorax

tête

arista antenne

œil composé

patte 1

balancier

abdomen

patte 2 patte 3

aile

plaque anale

La reproduction des Hexapodes est le plus souvent de type sexuée. Il existe de nombreux cas de parthénogenèse (Pucerons par exemple) ainsi que quelques exemples de reproduction asexuée.


3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

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L’œufs des Insectes holométaboles, comme la Mouche, libère une larve très différente de l’adulte (figures 3.57, 3.58), qui croît grâce à des mues successives avant de se transformer en adulte à la faveur d’une véritable métamorphose. Dans le cas des hétérométaboles, comme le Criquet, des individus juvéniles ressemblant à l’adulte en sont issus et poursuivent leur développement par une croissance discontinue, faisant intervenir des mues.

tube digestif

segments abdominaux (8)

segments thoraciques crochet mandibulaire

stigmate

Avant bourrelet locomoteur Arrière

3.57. Mouche : asticot (vue externe), x 7. À l’éclosion, l’œuf libère une larve dépourvue de tête (acéphale) et d’appendices locomoteurs (apode), elle diffère profondément de la Mouche adulte. Elle présente toutefois une segmentation thoracique et abdominale.

crochet mandibulaire jabot glande salivaire

disque de patte disque d’aile disque de balancier disque d’antenne

ganglion cérébroïde

disque d’œil

masse ganglionnaire ventrale œsophage

tube de Malpighi

gésier mésentéron

trachée musculature et tégument

intestin postérieur

3.58. Mouche : dissection de l’asticot (vue dorsale), x 8,5. Des appareils communs à la larve et à l’adulte (appareil respiratoire, appareil digestif, appareil excréteur, système nerveux) sont observés. La larve possède en outre des disques imaginaux, ensembles de cellules ayant conservé des caractères embryonnaires, à l’origine des structures adultes. Lors de la métamorphose, leur développement donne naissance aux antennes, aux yeux, aux ailes, aux balanciers, aux pattes, aux pièces génitales alors que les autres appareils sont profondément modifiés.


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3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

À la différence des Crustacés, les Hexapodes ne possèdent pas de forme larvaire caractéristique, mais divers types de larves sont observés, présentant des adaptations marquées à leurs modes de vie. Les Arthropodes sont également représentés par une troisième classe, celle des Myriapodes (figure 3.59), animaux également pourvus d’une paire d’antennes et de mandibules (Antennates ou Mandibulates).

antenne

tête

maxille mandibule maxillule forcipule (appendice de l’anneau 1)

pattes ambulatoires (1 par anneau)

tronc

griffe

segment pré-génital telson

3.59. Myriapode : jeune animal (montage in toto), x 13. Animal terrestre à respiration trachéenne, dont le corps comporte une tête ne portant qu’une paire d’antennes et un tronc généralement très long, muni de nombreux appendices locomoteurs.


3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

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L’Araignée, pour sa part, est un représentant des Arthropodes dépourvus d’antennes et de mandibules mais possédant des chélicères (figures 3.60, 3.61, 3.62).

crochet

3.60. Araignée

chélicère

(montage in toto), x 17.

pédipalpe

prosome

pattes ambulatoires

opisthosome

Le corps, recouvert d’une cuticule, est subdivisé en deux régions : un prosome et un opisthosome, ce dernier résultant de la fusion d’un mésosome et d’un métasome. Le prosome porte des organes sensoriels (yeux simples, longues soies) et sur sa face ventrale une paire de chélicères ainsi qu’une paire de pédipalpes tactiles. Les quatre paires de pattes locomotrices y sont également insérées. Il est relié par un fin pédicule à l’opisthosome sur lequel sont situés, ventralement, les orifices génitaux, respiratoires ainsi que les filières (organes séricigènes) et l’anus, en position distale. Femelles et mâles peuvent être distingués grâce à leurs pédipalpes : ceuxci sont modifiés en un organe copulateur chez le mâle.

anus filière


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3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

denticule

chélicère

crochet distal

base

pédipalpe lame maxillaire bouche labium

3.61. Araignée : région antérieure (montage in toto), x 30. L’animal ne possède ni mandibule ni antenne mais, en avant de la bouche et ventralement, une paire de chélicères (appendices préhensiles).


3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

prosome

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opisthosome

cuticule

cœur

épiderme hémolymphe tube digestif glande à venin hépatopancréas œil chambre cloacale

ganglion cérébroïde muscle du chélicère base du chélicère pédipalpe

glande séricigène

masse sousœsophagienne

conduit génital tube digestif ovaire vagin

3.62. Araignée (coupe longitudinale), x 17. L’appareil circulatoire, ouvert, comprend un cœur dorsal propulsant l’hémolymphe dans deux artères aortes, antérieure et postérieure. Après avoir baigné les organes, celle-ci est recueillie dans de vastes sinus ventraux et retourne au cœur grâce à des veines pulmonaires. L’appareil respiratoire correspond à des poumons (phyllotrachées) situés dans l’opisthosome et des trachées, ouverts sur l’extérieur par l’intermédiaire de stigmates. L’appareil digestif est constitué d’un stomodeum (pharynx, œsophage, jabot aspirateur), d’un mésentéron (intestin, cæca, hépatopancréas, chambre cloacale) s’étendant dans la moitié postérieure du prosome et la plus grande partie de l’opisthosome et d’un court proctodeum terminal. Des glandes salivaires complètent ce dispositif. L’appareil excréteur comporte un nombre limité de tubes de Malpighi ramifiés, abouchés à la jonction mésentéron-proctodeum. Des glandes coxales peuvent également intervenir dans l’excrétion. L’appareil génital est composé, chez la femelle, de deux ovaires ventraux d’où partent deux oviductes convergeant vers l’avant en un utérus qui s’ouvre dans un vagin terminé par l’orifice de ponte. Des réservoirs spermatiques et des glandes annexes sont également présents, en relation avec deux orifices d’accouplement. Chez le mâle, cet appareil est formé de deux testicules tubulaires, drainés par deux canaux déférents contournés qui aboutissent à un orifice ventral unique. Le système nerveux, localisé dans le prosome, est extrêmement condensé. Il comprend un cerveau dépourvu de deutocérébron et une volumineuse masse ventrale sous-œsophagienne résultant de la fusion des ganglions ventraux.


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3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

De la même manière que chez l’Ecrevisse et le Criquet, les caractères de Métazoaire triploblastique cœlomate sont présents chez l’Araignée. À la symétrie bilatérale s’ajoute une métamérie hétéronome, altérée du fait de la tagmatisation. Animal caractérisé par la présence de chélicères et par l’absence de mandibules et d’antennes, l’Araignée appartient au sous-embranchement des Chélicériformes et plus particulièrement au groupe des Chélicérates. Elle est un représentant de la classe des Arachnides, au sein de laquelle elle côtoie notamment les Acariens (figure 3.63) et Scorpions (figure 3.64). Les Mérostomes constituent une seconde classe de Chélicérates, représentée notamment par la Limule (figure 3.65). 3.63. Acarien (montage in toto), x 48. Arachnide à corps non divisé, muni de chélicères en pinces, crochets ou stylets, et de pédipalpes en pinces, crochets ou en forme d’antennes.

lame maxillaire chélicère pédipalpe patte 1 patte 2 patte 3

patte 4


3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

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pédipalpe

pattes ambulatoires

mésosome

prosome

chélicère

métasome

peigne aiguillon telson

3.64. Scorpion (montage in toto), x 2,2. Arachnide dont l’opisthosome est divisé en mésosome et métasome, ce dernier étant recourbé et terminé par un fort telson différencié en aiguillon.

Les Arthropodes forment donc un embranchement de Métazoaires triploblastiques cœlomates présentant une métamérie très altérée. La dissociation des cavités cœlomiques au cours de leur développement contribue à la mise en place d’une vaste cavité générale, l’hémocœle, sur laquelle est ouvert leur appareil circulatoire. Leur système nerveux est composé de ganglions cérébroïdes et d’une chaîne nerveuse ventrale (hyponeuriens) mais il subit une importante condensation (cérébralisation accompagnant la céphalisation). Lors de leur développement embryonnaire, le blastopore, formé au moment de la gastrulation, ne donne jamais naissance à l’anus, aussi ces animaux sont ils des protostomiens. Par ailleurs, ils possèdent une cuticule constituant un véritable squelette externe. Sa présence est responsable du caractère discontinu de leur croissance, qui est rendue possible par des mues. De ce fait, les Arthropodes appartiennent au groupe des Cuticulates et plus particulièrement aux Ecdysozoaires.


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3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

a a

prosome

ocelle crête œil

opisthosome

sillon

caparace

telson

b

chélicère pattes 1 à 4 locomotrices

b bouche

chilarium patte 5

opercule génital anus appendice branchial

3.65. Limule (vue externe), x 1,1 a. vue dorsale ; b. vue ventrale. Représentant de la classe des Mérostomes, incluse dans le sous-embranchement des Chélicériformes, caractérisé par un mode de vie aquatique, une respiration branchiale et un prosome très développé.


3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

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Les Némathelminthes L’embranchement des Némathelminthes est composé d’animaux menant une vie libre, en milieu aquatique marin (Pelagonema) ou en eau douce, voire dans le sol (Actinolaimus). Il comporte également de nombreuses formes parasites dont les hôtes sont soit des animaux (zooparasites, Ascaris, Trichine, Oxyure, Ankylostome) soit des végétaux (phytoparasites, Anguillule du blé). Le cas de l’Ascaris (parasite du tube digestif des Mammifères, figure 3.66) nous servira d’exemple pour l’étude de ce groupe.

anus

orifice génital lèvre bouche

stylets copulateurs orifice cloacal

Femelle

lèvre

Mâle

bouche

3.66. Ascaris (vue externe), femelle x 0,6 ; mâle x 0,8. Le corps est vermiforme, cylindrique (d’où le terme de Némathelminthe, signifiant « ver rond »), protégé par une cuticule, et ne porte pas d’appendice. Il est effilé à ses deux extrémités. L’une, antérieure, porte la bouche entourée de trois lèvres alors que l’autre, postérieure, porte l’anus chez la femelle et un orifice cloacal entouré de deux spicules chez le mâle. Les sexes sont séparés ; la femelle est plus grande que le mâle, et l’extrémité postérieure de ce dernier est recourbée en crosse.


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3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

3.67. Ascaris : dissection (vue dorsale), x 0,8. L’appareil digestif est rectiligne, de la bouche à l’anus il est composé successivement de la capsule buccale, du pharynx, de l’intestin et du rectum. L’appareil reproducteur comporte, chez la femelle, deux ovaires filiformes très longs, deux oviductes suivis de deux utérus qui convergent vers un vagin aboutissant à un orifice génital ventral situé dans une légère constriction au tiers antérieur du corps, et chez le mâle, un testicule filiforme très circonvolué, renflé dans sa portion terminale en une vésicule séminale et ouvert sur l’extérieur au niveau du cloaque. L’appareil excréteur, peu visible sur la dissection, est constitué de cellules géantes, les rénettes, formant deux fins canaux longitudinaux logés dans des bourrelets pariétaux latéraux et débouchant à l’extérieur par un orifice situé en arrière de la bouche, après s’être réunis. Le système nerveux est formé d’un anneau péri-œsophagien qui émet vers l’avant des nerfs innervant les lèvres et vers l’arrière quatre troncs nerveux (un ventral, un dorsal et deux latéraux). Cet animal est, par contre, dépourvu d’appareil respiratoire et d’appareil circulatoire différenciés.

bouche pharynx orifice génital vagin utérus

ovaires et oviductes intestin

cordon ventral

rectum

anus


3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

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3.68. Ascaris femelle (coupe transversale), x 17. Le corps est protégé par une épaisse cuticule formée de plusieurs strates. Elle surmonte un épiderme simple développant quatre crêtes longitudinales. Les crêtes dorsale et ventrale abritent des troncs nerveux alors que les crêtes latérales contiennent les canaux excréteurs. La musculature sous-jacente est formée de cellules myoépithéliales comportant une région basale contractile et un volumineux corps cellulaire apical. L’appareil digestif et l’appareil reproducteur baignent dans une vaste cavité périviscérale remplie de liquide, qui peut contenir quelques cellules mésenchymateuses organisées en réseau et quelques cellules amiboïdes. La disposition générale et les propriétés du tégument, des cellules myoépithéliales et de la cavité périviscérale confèrent à l’Ascaris un squelette de type hydrostatique.

cuticule épiderme syncytial cellules myoépithéliales (portion contractile) cellules myoépithéliales (corps cellulaire)

cordon nerveux dorsal

ovaire portion terminale de l’utérus utérus

cordon latéral

cordon latéral

cordon nerveux latéral canal excréteur tube digestif

cordon nerveux ventral

pseudocœlome


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3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

3.69. Ascaris mâle (coupe transversale), x 28.

cuticule cordon nerveux dorsal épiderme syncytial

cellules myoépithéliales

cordon latéral canal excréteur cordon nerveux latéral

cordon latéral

testicule (zone germinative)

canal déférent

testicule (zone de croissance)

tube digestif

pseudocœlome

cordon nerveux ventral


3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

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3.70. Ascaris : paroi du corps (coupe transversale), x 125.

cuticule pluristratifiée épiderme syncytial

cordon nerveux

cellules myoépithéliales : portion contractile corps cellulaire

nerf longitudinal

fibre nerveuse

pseudocœlome


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3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

L’Ascaris est donc un animal possédant des organes différenciés formant des appareils ou des systèmes spécialisés (figures 3.67, 3.68, 3.69). Ceux-ci sont mis en place à partir de trois feuillets embryonnaires (le mésoderme donne notamment naissance aux cellules myoépithéliales) et leur organisation dans l’espace définit une symétrie bilatérale. L’Ascaris et plus généralement les Némathelminthes sont des Métazoaires triploblastiques. Les appareils digestif et reproducteur baignent dans le liquide de la cavité périviscérale (figures 3.68, 3.69, 3.70). Cette cavité n’est pas creusée au sein du mésoderme, comme dans le cas des embranchements étudiés plus haut, mais dérive d’une cavité embryonnaire, le blastocœle. C’est pourquoi ces animaux sont qualifiés de pseudocœlomates. La reproduction de l’Ascaris, comme celle des autres Némathelminthes, est réalisée exclusivement par voie sexuée (figures 3.71, 3.72). La reproduction asexuée est absente de même que la régénération.

c a h

b

f

g

e d

3.71. Cycle de développement de l’Ascaris a. Les adultes vivent dans l’intestin de l’hôte. Lors de l’accouplement, le mâle déverse ses spermatozoïdes dans les conduits génitaux de la femelle grâce à ses spicules copulateurs ; b. Après la fécondation interne, les œufs entourés d’une épaisse enveloppe (x 220) sont émis dans le tube digestif de l’hôte. Ils sont rejetés dans le milieu avec les fèces ; c. Un nouvel hôte est infesté en absorbant des œufs embryonnés, qui éclosent dans son intestin (d) ; e. Les larves libérées traversent la paroi intestinale, migrent vers les poumons (f, g), les bronches, la trachée puis l’œsophage (h). Elles gagnent l’intestin dans lequel elles terminent leur développement. Du fait de la présence d’une cuticule, celui-ci fait intervenir quatre mues, qui permettent la croissance de l’animal.


3. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates protostomiens

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c

d

b

a

3.72. Cycle de développement de la Trichine a. La Trichine adulte est parasite du tube digestif des Mammifères (Porc, Sanglier) et possède un cycle pouvant comporter plusieurs hôtes ; b. La femelle donne naissance à des larves qui migrent dans la circulation lymphatique et gagnent la cavité cardiaque droite ; c. De là, elles passent par les poumons puis la cavité cardiaque gauche avant d’atteindre les muscles dans lesquels elles s’enkystent (x 40) ; d. La consommation de viande mal cuite est à l’origine de l’infestation, chez l’Homme.

Les Némathelminthes constituent donc des Métazoaires triploblastiques pourvus d’organes et d’appareils spécialisés, ainsi que d’une cavité corporelle dérivée du blastocœle. Leur organisation demeure cependant assez simple puisqu’ils ne possèdent ni appareil circulatoire, ni appareil respiratoire. Au cours du développement embryonnaire des Némathelminthes, le blastopore marque l’emplacement de la bouche, ce sont des protostomiens. De la même manière que les Arthropodes, en relation avec la présence d’une cuticule externe, ces animaux ont une croissance discontinue impliquant des mues, ils appartiennent au groupe des Cuticulates Ecdysozoaires. L’apparition d’un troisième feuillet au cours du développement embryonnaire définit les animaux triploblastiques, caractérisés par ailleurs par la possession d’un plan de symétrie bilatérale. Tous sont des Cœlomates, bien que certains aient secondairement perdu leurs cavités cœlomiques (acœlomates comme les Plathelminthes, pseudocœlomates comme les Némathelminthes). Selon le devenir du premier orifice du tube digestif formé au cours du développement, le blastopore, les Protostomiens sont distingués des Deutérostomiens, objets du chapitre suivant. Les Protostomiens eux-mêmes sont subdivisés en Lophotrochozoaires, caractérisés par l’existence d’une larve de type trochophore (Annélides, Mollusques, Plathelminthes) ou la possession d’un lophophore (Bryozoaires), et en Cuticulates Ecdysozoaires présentant une cuticule externe et une croissance par mues (Arthropodes, Némathelminthes).


4

Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates deutérostomiens

Les Échinodermes L’embranchement des Échinodermes comporte des organismes marins, menant une vie libre (Oursin, Étoile de mer, Holothurie, Ophiure) ou fixée (Crinoïdes). Les exemples de l’Oursin (figure 4.1) et de l’Étoile de mer (figure 4.3) nous permettront d’examiner leur organisation.

a

b

b

Face aborale fuseau interradiaire

Face orale plaque madréporique aire péri-buccale anus

fuseau radiaire

plaque génitale

fuseau radiaire

pore génital tubercule d’insertion de piquant

plaque interambulacraire

tubercule d’insertion de pédicellaire

plaque ambulacraire

fuseau interradiaire

bouche dent

4.1. Oursin (vue externe), a. Morphologie, x 0,9 ; b. Test dépourvu de piquants, x 1. Le corps est subsphérique, aplati sur deux faces au niveau desquelles s’ouvrent la bouche (face orale) et l’anus (face aborale). Il est recouvert de piquants et porte également des pieds ambulacraires (ou podia), tentacules locomoteurs terminés par une ventouse, ainsi que des pédicellaires préhensiles munis de mors. Il est soutenu par un test calcaire, hérissé de tubercules permettant l’insertion des piquants et des pédicellaires. Ce test est formé de dix fuseaux composés chacun de deux rangées de plaques. Les fuseaux percés de pores ambulacraires (fuseaux radiaires ou radius) alternent avec les fuseaux non perforés (fuseaux interradiaires ou interradius). Les régions orale et aborale présentent de petites plaques, dont certaines sont percées de pores (pores génitaux des cinq plaques génitales aborales, plaque madréporique). Cette morphologie confère à l’Oursin une symétrie rayonnée de type pentaradiée.


4. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates deutérostomiens

102

canal du sable Hémisphère aboral

Hémisphère oral

vésicules podiales canal radiaire

fuseau radiaire

fuseau interradiaire intestin lanterne d’Aristote anus

œsophage intestin

gonade

4.2. Oursin : dissection, x 1,3. L’appareil digestif débute par la bouche entourée d’un dispositif complexe de cinq mâchoires (lanterne d’Aristote). Elle s’ouvre dans un œsophage axial, rectiligne, auquel font suite un estomac et un intestin contournés. Il se termine par un rectum rectiligne débouchant sur l’extérieur par l’anus. L’appareil respiratoire est représenté par cinq paires de branchies péri-orales, en position interradiaire. L’appareil génital est constitué de cinq gonades situées dans l’hémisphère aboral en position interradiaire, ouvertes par des pores localisés sur les plaques génitales. Les sexes sont séparés et à maturité, la coloration des produits génitaux permet de déterminer le sexe de l’animal (gonades femelles jaune foncé, gonades mâles rosâtres). Le système nerveux est peu visible, intimement associé à l’épiderme, et ne comporte pas de concentration ganglionnaire. Il est caractéristique des Epithélioneuriens. Il est formé d’un anneau œsophagien duquel partent des nerfs radiaires et des nerfs marginaux. Sous celui-ci, un ensemble de nerfs profonds émet des ramifications vers les pieds ambulacraires et le tégument. Enfin, un anneau aboral est présent, d’où partent les nerfs génitaux, interradiaires.


4. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates deutérostomiens

103

L’Oursin possède un système hydro-vasculaire complexe, constitué de trois appareils dérivés du cœlome, possédant le plus souvent des parois ciliées. L’appareil aquifère, ou ambulacraire (hydrocœle), est formé d’un anneau aquifère oral qui émet cinq canaux radiaires longeant les radius et débouchant sur les plaques radiaires. De chaque canal émanent des branches reliées aux ambulacres. L’anneau aquifère est raccordé à la plaque madréporique par le canal du sable et est associé à des vésicules de Poli à paroi musculeuse. L’appareil péri-hémal ou sinusaire est représenté par un sinus axial entourant le canal du sable, un anneau aboral d’où partent des canaux interradiaires se dilatant en sinus génitaux, et un anneau oral émettant cinq sinus radiaires qui longent les canaux ambulacraires. Au niveau des pieds ambulacraires, ces sinus forment de petits sinus marginaux. L’appareil hémal ou lacunaire ne possède pas de paroi propre. Il se compose de lacunes entourées par l’appareil péri-hémal. Il comprend ainsi un anneau lacunaire oral, cinq lacunes radiaires, un anneau lacunaire aboral uni à des lacunes génitales et un système de lacunes péri-intestinales. Une glande brune, accolée au canal du sable, complète ce dispositif. Cet appareil hémal correspond à l’appareil circulatoire de l’Oursin. L’ensemble des organes baigne par ailleurs dans une cavité d’origine cœlomique. L’animal ne possède pas d’appareil excréteur différencié. La fonction d’élimination des déchets est réalisée au niveau du tégument et implique les cœlomocytes, cellules circulantes. La glande brune pourrait également intervenir. L’Oursin est donc caractérisé par une symétrie pentaradiée, la présence d’un endosquelette (le test est en effet recouvert par l’épiderme), la possession d’un système hydro-vasculaire complexe et d’un système nerveux étroitement associé à l’épiderme. Ces éléments sont représentatifs du plan d’organisation des Échinodermes, animaux Métazoaires triploblastiques cœlomates épithélioneuriens présentant de multiples structures dérivées du cœlome (cavité générale, appareil ambulacraire, appareil péri-hémal, appareil hémal). La forme globuleuse de l’animal, la soudure des pièces squelettiques en un test sont des caractères spécifiques de la classe des Échinides à laquelle appartient l’Oursin (figures 4.1, 4.2). L’Étoile de mer (figures 4.3, 4.4, 4.5) est un second exemple d’Échinoderme.


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4. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates deutérostomiens

a. Face aborale

bras

piquant

disque central

plaque madréporique

b. Face orale bras

pied ambulacraire gouttière ambulacraire

bouche piquant papules

4.3. Étoile de mer (vue externe), a. Face aborale, x 0,9 ; b. Face orale, x 0,9. Le corps est organisé autour d’une région centrale sur laquelle sont insérés cinq bras. Deux faces sont distinguées : la face orale portant la bouche (disque central) à partir de laquelle rayonnent cinq gouttières ambulacraires et la face aborale où s’ouvre l’anus et qui comprend la plaque madréporique (disque central). Par comparaison avec l’Oursin, les bras correspondent aux radius. Ils présentent, le long des gouttières ambulacraires, des pieds ambulacraires (podia) ; ils portent également de petits piquants et des pédicellaires. À la symétrie pentaradiée se superpose une symétrie bilatérale passant par la plaque madréporique.


4. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates deutérostomiens

4.4. Étoile de mer : dissection (vue aborale), x 0,9. L’appareil digestif débute par la bouche s’ouvrant sur un court œsophage suivi par un estomac subdivisé en estomac cardiaque et estomac pylorique, ce dernier communicant avec cinq cæca pyloriques bifides (chaque bras est muni d’un cæcum). Après un court rectum, relié à deux petits cæca rectaux, l’appareil digestif débouche sur l’extérieur par l’anus. L’appareil respiratoire est représenté par des papules, expansions tégumentaires ; les pieds ambulacraires contribuent également aux échanges respiratoires. Il n’existe pas d’appareil excréteur différencié. L’appareil génital se compose de cinq gonades bilobées situées en position interradiaire (chaque bras renferme deux lobes gonadiques). Elles s’ouvrent par cinq pores génitaux situés entre les bras. Une vaste cavité cœlomique contient les organes. Le dispositif hydro-vasculaire est semblable à celui de l’Oursin. Le système nerveux comporte un système oral superficiel (anneau oral, cinq nerfs radiaires, nerfs marginaux), un système oral profond et un système aboral (anneau péri-anal, cinq nerfs radiaires).

plaques ambulacraires vésicule ambulacraire

canal pylorique

gonade

cæcum pylorique estomac pylorique estomac cardiaque cæcum rectal

plaque madréporique

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4. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates deutérostomiens

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a

épiderme derme plaque endosquelettique

papule cæcum pylorique

épithélium cœlomique cœlome

ventouse muscles des pieds ambulacraires

pied ambulacraire muscle intrinsèque

b

cæcum pylorique plaque endosquelettique

épiderme derme papule piquant

4.5. Étoile de mer : bras a. Coupe longitudinale, x 9 ; b. Coupe transversale, x 18.

plaque ambulacraire canal ambulacraire radiaire sinus péri-hémal lacune hémale cordon nerveux radiaire

cœlome épithélium cœlomique muscle ambulacraire pied ambulacraire

Le tégument apparaît sous forme d’un épiderme simple, cilié, comportant quelques cellules muqueuses et neurosensorielles. Il surmonte un derme épais dans lequel des éléments nerveux sont visibles, ce qui est caractéristique d’un animal épithélioneurien. Y sont également enchâssées les plaques de l’endosquelette, nombreuses et non soudées. Cet ensemble délimite la cavité générale, cœlomique, dans laquelle baignent les organes.


4. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates deutérostomiens

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Le plan d’organisation de l’Étoile de mer est très proche de celui de l’Oursin. Il est caractéristique des Échinodermes (symétrie pentaradiée, endosquelette, système nerveux associé au tégument, appareil hydro-vasculaire complexe). La présence de bras bien individualisés rattachés à un disque central et de gouttières ambulacraires marque l’appartenance de l’Étoile de mer à la classe des Astérides. L’embranchement des Échinodermes présente une certaine diversité (figures 4.6 et 4.7).

tentacules péri-buccaux arborescents bras pieds ambulacraires

disque central

piquant

4.6. Holothuride (vue externe), x 1,3. Échinoderme, présentant une symétrie bilatérale. Son corps mou et allongé est dépourvu de bras mais les pieds ambulacraires péri-buccaux sont transformés en tentacules. Le squelette est réduit, la plaque madréporique interne. L’animal possède un arbre respiratoire (« poumon »).

plaques squelettiques

4.7. Ophiuride (vue externe), x 1. Échinoderme à disque central bien individualisé et associé à cinq bras. La plaque madréporique est localisée en face orale.


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4. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates deutérostomiens

La reproduction des Échinodermes est essentiellement sexuée. Les sexes sont le plus souvent séparés. Les gamètes sont émis dans l’eau de mer. Après fécondation, les cellules de l’œuf se divisent puis s’organisent dans l’espace. Au moment de la gastrulation, un blastopore se forme. Il est à l’origine de l’anus et non de la bouche. En conséquence, les Échinodermes sont qualifiés de deutérostomiens. Le cœlome se met en place par invagination des parois du tube digestif, c’est-à-dire par entérocœlie, ce qui distingue ces animaux des Annélides. À l’issue du développement embryonnaire, une larve dipleurula, caractéristique de l’embranchement est formée. Elle présente un tube digestif et une couronne ciliée, ainsi qu’une symétrie bilatérale très nette. Elle se transforme en larve plus complexe, variable selon la classe considérée (figure 4.8).

a c b

4.8. Échinodermes : formes larvaires (montages in toto) a. Echinopluteus (Échinides), x 283 ; b. Bipinnaria (Astérides), x 110 ; c. Auricularia (Holothurides), x 74.

Le développement se poursuit par une métamorphose donnant naissance à la forme adulte. Chez les Échinides, Astérides et Ophiurides, la formation des structures adultes implique principalement la partie gauche de la larve, et s’accompagne d’une perte de la symétrie bilatérale. Chez les Holothurides, les transformations sont plus progressives. Les Échinodermes constituent donc un embranchement de Métazoaires triploblastiques cœlomates deutérostomiens et épithélioneuriens ne présentant pas de métamérie. Leur symétrie pentaradiée est tout à fait originale.


4. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates deutérostomiens

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Les Chordés : Céphalochordés L’embranchement des Chordés regroupe trois sous-embranchements majeurs : les Céphalochordés, les Urochordés et les Vertébrés. Le premier est constitué d’animaux marins menant une vie libre sur le fond. L’Amphioxus (figure 4.9) nous servira d’exemple pour déterminer leurs caractères principaux.

musculature en chevrons myosepte queue chorde nageoire caudale

tube nerveux rostre

anus atriopore

cavité buccale cirres organe rotateur

intestin

velum œsophage

pharynx

cæcum hépatique

fente pharyngienne cavité péri-branchiale

4.9. Amphioxus : jeune animal (montage in toto), x 17. Le corps est allongé, aplati latéralement et effilé à ses deux extrémités. À l’avant s’ouvre la bouche entourée d’une couronne de cirres et surmontée d’un rostre à partir duquel un repli tégumentaire, la carène, se développe. Deux autres orifices sont visibles : un atriopore ou pore abdominal et un anus sub-terminal. La cavité buccale s’ouvre sur un volumineux pharynx percé de fentes parallèles. Celui-ci est entouré d’une cavité péri-branchiale débouchant sur l’extérieur au niveau de l’atriopore. Le pharynx est suivi d’un intestin en relation avec un volumineux cæcum hépatique. Dorsalement, le tube digestif est surmonté d’une baguette, la chorde, qui court du rostre à l’extrémité caudale. Au-dessus est situé le système nerveux. Des lignes en chevrons matérialisent, sur toute la longueur du corps, des masses musculaires métamérisées, séparées par des cloisons conjonctives (myoseptes). À maturité, l’appareil génital forme des gonades ventrales, métamérisées, et localisées en avant de l’atriopore.


4. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates deutérostomiens

110

4.10. Amphioxus femelle : région pharyngienne et génitale (coupe transversale), x 16. Le corps est recouvert d’un épiderme unistratifié, caractéristique des invertébrés. Dorsalement, il est déformé par la carène, soutenue par des éléments rigides. La musculature est représentée par deux bandes latéro-dorsales et un muscle ventral. Dorsalement, le système nerveux se présente sous forme d’un tube médian, renflé à l’avant en une vésicule frontale. Il est parcouru par un canal, le canal de l’épendyme. Des nerfs segmentaires en partent, innervant le tégument, les viscères ainsi que les muscles. Sous ce tube nerveux court l’axe squelettique du corps, correspondant à la chorde. Elle est formée de cellules aplaties empilées les unes sur les autres, dérivant du mésoderme embryonnaire, et est emballée de tissu conjonctif. Le pharynx est percé de multiples fentes branchiales qui le mettent en communication avec la cavité péri-branchiale. Son plafond est constitué par une gouttière ciliée, la gouttière épipharyngienne. Son plancher est représenté par un endostyle, gouttière où alternent cellules ciliées et cellules muqueuses, associé des plaques de soutien, une artère endostylaire et un diverticule cœlomique. Cette structure assure à la fois l’alimentation et la respiration de l’animal. L’excrétion est réalisée grâce à des néphridies à solénocytes associées aux cloisons pharyngiennes.

carène épiderme myosepte muscle latéro-dorsal

tube nerveux chorde cœlome dorso-pharyngien gouttière épipharyngienne pharynx

cœlome splanchnique

ovaire

muscle ventral

cæcum hépatique paroi phgaryngienne fente pharyngienne cavité péri-branchiale endostyle cœlome sous-endostylaire

métapleure

aorte ventrale


4. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates deutérostomiens

111

carène épiderme tube nerveux myosepte muscle dorso-latéral

cavité péri-branchiale

4.11. Amphioxus mâle : région pharygienne et génitale

gouttière épipharyngienne pharynx paroi pharyngienne cæcum hépatique

(coupe transversale), x 24. L’appareil génital est constitué de vingt-six paires de gonades ventrales, dépourvues de canaux évacuateurs. À maturité, les produits génitaux sont libérés dans la cavité péri-branchiale et évacués par l’atriopore. L’animal est gonochorique, mais aucun caractère sexuel secondaire ne permet de distinguer les femelles des mâles.

chorde

testicule

fente pharyngienne endostyle

cœlome muscle ventral

aorte ventrale cœlome

métapleure


4. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates deutérostomiens

112

carène épiderme

myosepte tube nerveux muscle latéral

chorde

aorte dorsale cœlome atrium intestin

nageoire caudale

L’animal possède un appareil circulatoire clos dans lequel la propulsion du liquide circulant est assurée par des renflements contractiles des vaisseaux. Deux racines aortiques dorsales drainent le sang hématosé et convergent en une aorte dorsale prolongée par une aorte caudale. Le sang irriguant les organes est collecté par deux veines cardinales s’unissant en un canal de Cuvier. Il débouche dans un sinus veineux ventral, d’où part une artère endostylaire répartissant le sang dans les arcs aortiques. L’organisation de l’Amphioxus est caractéristique de l’embranchement des Chordés (figures 4.9, 4.10, 4.11, 4.12) : il possède une chorde dorsale constituant un axe squelettique, un tube nerveux dorsal par rapport au tube digestif et à la chorde (épineurien) ainsi qu’un pharynx percé de fentes (pharyngotrémie). Il possède en outre un appareil circulatoire clos. La métamérie est conservée pour les muscles pariétaux et les organes génitaux, mais il ne présente pas une véritable symétrie bilatérale, en effet un décalage est observé entre les organes pairs métamérisés de droite et de gauche. Ces éléments sont à mettre en relation avec son appartenance au sous-embranchement des Céphalochordés. Il s’agit d’un animal Métazoaire triploblastique cœlomate. Le cœlome est représenté chez l’adulte par une cavité entourant l’intestin latéralement et ventralement, se poursuivant vers l’avant sous forme de deux cavités latéro-dorsales appliquées contre le pharynx (cœlome épi-branchial) et d’une cavité associée à l’endostyle (cœlome sous-endostylaire). Le cœlome épi-branchial et le cœlome sous-endostylaire communiquent par l’intermédiaire de canaux localisés dans les cloisons pharyngiennes. Ces structures apparaissent au cours du développement par un processus d’entérocœlie. Enfin, le blastopore formé lors de la gastrulation marque l’emplacement de l’anus, signant son appartenance au groupe des Deutérostomiens.

4.12. Amphioxus : région intestinale (coupe transversale), x 43. Un intestin fait suite au pharynx, émettant sur sa droite un volumineux diverticule hépatique.


4. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates deutérostomiens

113

Les Chordés : Urochordés Les Urochordés regroupent un ensemble d’animaux marins, menant une vie libre au sein du plancton ((Thaliacés et Appendiculaires) ou une vie fixée (Ascidies). L’exemple de la Cione (figures 4.13, livret couleur, page IV, et 4.14) nous permettra d’examiner leurs caractéristiques. a

a

b

b

siphon buccal siphon buccal siphon cloacal tunique région pharyngienne

pharynx endostyle

anus

épiderme

région viscérale région de fixation

siphon cloacal faisceau de muscles longitudinaux muscle circulaire

intestin

4.13. Cione (vue externe) ; a. Animal dans sa tunique, x 1 ; b. Animal extrait de sa tunique, x 1. Le corps se présente sous forme d’un sac allongé, mou, fixé sur son substrat par des crampons (rhizoïdes). Au pôle opposé, il développe un siphon buccal axial, définissant l’extrémité antérieure, et un siphon cloacal en position dorsale. Il est enveloppé dans une tunique translucide de nature cellulosique, ce qui justifie le nom de Tuniciers donné aux Urochordés. Débarrassé de sa tunique, l’animal apparaît recouvert d’un épiderme très fin, simple, à travers lequel des bandes musculaires circulaires et longitudinales sont observables. Par transparence, le ganglion nerveux est visible entre les deux siphons, ainsi que le pharynx, le tube digestif, l’ovaire et les conduits génitaux.


114

4. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates deutérostomiens

4.14. Cione : dissection, x 1,9 (livret couleur, page IV). L’appareil digestif débute par le siphon buccal, divisé en plusieurs lobes entre lesquels de ocelles sont observés. Il débouche sur un vaste pharynx surmonté d’une couronne de tentacules et présentant un raphé dorsal, languette ciliée, ainsi qu’un endostyle médio-ventral, gouttière ciliée. Ce pharynx est percé de nombreuses fentes branchiales qui mettent en relation la cavité branchiale (pharyngienne) avec une cavité péri-branchiale. Cette dernière communique avec l’extérieur par l’intermédiaire du siphon cloacal. Le pharynx s’ouvre sur un œsophage auquel font suite un estomac puis un intestin. Le tube digestif se termine par un rectum aboutissant à l’anus localisé au niveau du siphon cloacal. L’appareil circulatoire, ouvert, comporte un cœur en forme de U logé dans un péricarde et placé dans la région viscérale. Il est associé à des sinus sanguins dépourvus de parois propres. L’animal ne possède pas d’appareil excréteur différencié. L’appareil génital de cet animal hermaphrodite est en revanche bien développé. L’ovaire est situé dans l’anse intestinale, l’oviducte lui fait suite, longe le rectum et s’ouvre sur une papille génitale au-dessus de l’anus. Le testicule forme quant à lui une glande ramifiée logée dans le tissu conjonctif emballant l’estomac. Le spermiducte, très fin, court le long de l’oviducte et aboutit à la papille génitale sous forme de petits tubes. Le système nerveux est réduit à un ganglion ellipsoïdal localisé entre les deux siphons, à l’origine de nerfs, associé à une glande hyponeurale.

siphon buccal tentacules pharynx

siphon cloacal ganglion nerveux papille génitale

endostyle raphé anus

intestin

œsophage

oviducte

estomac cœur

testicule ovaire


4. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates deutérostomiens

115

La reproduction sexuée de la Cione implique la libération des gamètes dans l’eau de mer où se déroule la fécondation. Au terme du développement embryonnaire, une larve, le têtard, est libérée (figure 4.15).

4.15. Ascidie : têtard (montage in toto), x 240. Son corps enveloppé d’une tunique est formé de deux régions, le tronc (thorax) et la queue locomotrice. Le tronc, renflé, comporte essentiellement un pharynx d’origine endodermique, auquel s’associent deux replis ectodermiques latéraux à l’origine de la cavité péri-branchiale. Il présente également des cellules mésenchymateuses et une vésicule cérébrale. Celle-ci est reliée au tube nerveux qui parcourt la queue en position dorsale. Il surmonte une chorde, qui reste limitée à la queue (d’où le nom d’Urochordés attribué au sous-embranchement). De part et d’autre de cette structure, des masses musculaires assurant le déplacement de l’animal. Cette larve, après quelques jours de vie libre, tombe sur le fond et se métamorphose en un animal fixé (régression de la queue, développement du pharynx).

intestin cavité péri-branchiale

tube nerveux

œil statocyste

chorde

pharynx endostyle

tunique

organes adhésifs queue

L’organisation du têtard est caractéristique : chorde dorsale, surmontée par un tube nerveux (épineurien), pharynx percé de fentes (pharyngotrémie). Elle est perdue au moment de la métamorphose, en relation avec le mode de vie fixée que présente l’animal adulte. La Cione, ainsi que les autres Urochordés, appartient bien à l’embranchement des Chordés, Métazoaires triploblastiques cœlomates deutérostomiens et épineuriens. Le cœlome est toutefois très réduit dans ce groupe (il est limité à la cavité péricardique) et la métamérie est profondément altérée.


4. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates deutérostomiens

116

4.16. Gardon (vue externe), x 1,2.

Les Chordés : Vertébrés Les Vertébrés sont représentés par des animaux menant le plus souvent une vie libre, en milieu marin (Roussette, Thon, Baleine), en eau douce (Gardon, Grenouille) ou en milieu terrestre (Vipère, Souris, Poule). Le Gardon (figure 4.16, livret couleur, pages V et VI), la Grenouille (figure 4.21, livret couleur, page VII) et la Souris (figure 4.28, livret couleur, page VIII) nous serviront d’exemples pour dégager leurs caractères essentiels.

Le corps, allongé, est aplati latéralement et divisé en trois parties. La tête porte la bouche, les yeux, les narines et est limitée en arrière par l’opercule. Le tronc est marqué par la présence des nageoires paires (pectorales et pelviennes) et impaires (dorsale et anale). Une papille ano-génitourinaire matérialise les orifices anal, génital et urinaire en avant de la nageoire anale. Il se prolonge par une queue munie d’une nageoire caudale. Les nageoires sont soutenues par des rayons ramifiés. Le corps est recouvert d’écailles dont certaines sont percées et associées à des récepteurs sensoriels ; elles constituent la ligne latérale, organe sensible aux mouvements et variations de pression de l’eau environnante.

nageoire dorsale écaille ligne latérale opercule nageoire caudale narine rayon bouche nageoire anale

œil nageoire pectorale

papille anogénito-urinaire

nageoire pelvienne tête

tronc

queue


4. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates deutérostomiens

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branchies bulbe artériel

œsophage

ventricule oreillette sinus veineux

cœur

pancréas

foie rate

veine cardinale postérieure vessie gazeuse rein

intestin

gonade

4.17. Gardon : dissection (vue ventrale), x 2 (livret couleur, page V). L’appareil respiratoire est constitué de quatre paires de branchies antérieures, protégées par l’opercule. L’appareil circulatoire y est étroitement associé. Clos, il se compose d’un cœur ventral, formé d’un sinus veineux, d’une oreillette et d’un ventricule, entouré d’un péricarde. À l’avant, il est prolongé par un bulbe artériel d’où émane une artère qui se subdivise en artères branchiales afférentes. Le sang qui y circule est hématosé au niveau des branchies puis est repris par des artères branchiales efférentes avant d’irriguer les organes via une aorte dorsale. Il retourne ensuite au sinus veineux par l’intermédiaire des diverses veines. L’appareil digestif, ventral, débute par la bouche qui s’ouvre sur un court œsophage. Il débouche dans un intestin terminé par l’anus. Il comporte également un foie plurilobé, associé à une vésicule biliaire, ainsi qu’un pancréas diffus étroitement accolé à l’intestin. Une vessie gazeuse, ou vessie natatoire, est présente. Elle est reliée à l’œsophage par un canal pneumatique. L’appareil excréteur est formé de deux reins accolés à la paroi dorsale du corps. Ils sont drainés par deux uretères s’abouchant à une petite vessie ouverte par un pore urinaire. L’appareil génital est constitué de deux gonades.


118

4. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates deutérostomiens

4.18. Gardon : dissection du système nerveux (vue dorsale), x 6 (livret couleur, page VI). Le système nerveux central est localisé en position dorsale. À l’avant, dans la tête, il différencie un encéphale constitué d’une région antérieure formée de deux lobes olfactifs reliés aux bulbes olfactifs, de deux hémisphères cérébraux et d’une l’épiphyse, d’une région moyenne représentée par deux lobes optiques, et d’une région postérieure composée d’un cervelet et d’un bulbe rachidien. La moelle épinière lui fait suite. De chacune de ces régions partent des nerfs (nerfs crâniens et nerfs rachidiens) innervant les organes et conservant pour certains une disposition métamérique.

bulbe olfactif nerf olfactif lobe olfactif hémisphère cérébral épiphyse lobe optique cervelet bulbe radichien moelle épinière

Le plan d’organisation du Gardon, comme celui de la Perche, est caractéristique des Vertébrés (figures 4.16, 4.17, 4.18, 4.19) : le corps est subdivisé en une tête, un tronc et une queue, il porte des appendices locomoteurs pairs. Il présente une symétrie bilatérale nette. Le système nerveux est dorsal par rapport au tube digestif (épineurien) et la moelle épinière court au sein des vertèbres, qui constituent le squelette axial de l’organisme (colonne vertébrale). Cet endosquelette comporte de plus un crâne antérieur, un squelette appendiculaire et un squelette zonal (ceintures). Quelques structures demeurent métamérisées : les vertèbres, les nerfs crâniens, la musculature du tronc. La présence des nageoires, des écailles, le mode de vie aquatique et la respiration branchiale sont des éléments qui permettent de placer le Gardon et la Perche au sein des poissons Téléostéens.

encéphale


4. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates deutérostomiens

4.19. Perche : tête (coupe transversale), x 20 (voir aussi la coupe transversale de tête de Vairon, livret couleur, page VI). Le corps est recouvert d’un épiderme pluristratifié, caractéristique des Vertébrés, et surmontant un derme conjonctif. Le système nerveux dorsal est protégé par le crâne. Il surmonte le pharynx percé de fentes et ouvert sur la cavité branchiale.

épiderme derme muscle crâne

encéphale oreille vaisseaux sanguins pharynx arc branchial artère efférente artère afférente lame branchiale lamelles branchiales aorte ventrale

branchie

fente branchiale cavité branchiale os operculaire opercule

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120

4. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates deutérostomiens

La reproduction des poissons Téléostéens est réalisée par voie sexuée. Les gamètes sont le plus souvent émis dans l’eau et au cours du développement embryonnaire, le blastopore donne naissance à l’anus. Ces animaux sont des Deutérostomiens. L’éclosion libère généralement un juvénile, l’alevin (figure 4.20).

nageoire dorsale

épiderme myosepte

muscle latéral

tube nerveux

épine dorsale (vertèbre)

chorde

cartilage (ébauche de vertèbre)

artère aorte veine cardinale postérieure rein

intestin nageoire pelvienne

4.20. Alevin de Truite : région rénale (coupe transversale), x 40 (voir aussi la coupe longitudinale d’alevin de Truite, livret couleur, page V). Sous l’épiderme pluristratifié et le derme, la musculature métamérisée est visible. Le tube nerveux dorsal surmonte un axe squelettique correspondant à la chorde. Lors de la croissance, celle-ci subit une ossification et forme le corps des vertèbres. Les reins, constitués de néphrons, sont localisés sous la chorde et l’intestin est en position ventrale.

La présence de la chorde chez le juvénile atteste de l’appartenance des poissons Téléostéens à l’embranchement des Chordés, Métazoaires triploblastiques cœlomates. Le cœlome est toutefois réduit.


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La Grenouille (figures 4.21, 4.22, 4.23, 4.24) constitue un second exemple de Vertébré.

4.21. Grenouille (vue externe), x 0,9. Le corps est divisé en une tête portant la bouche, les yeux munis de paupières, les narines, les tympans, et un tronc présentant de deux paires de pattes, antérieures et postérieures. La présence de ces appendices est caractéristique des Vertébrés tétrapodes. La queue est vestigiale. L’animal présente une symétrie bilatérale nette.

narine tête

paupière (œil) bouche tympan membre antérieur

tronc

orifice cloacal stylopode zeugopode

autopode

palmure doigt

membre postérieur


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4. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates deutérostomiens

plancher buccal

ceinture scapulaire (sectionnée) bulbe artériel oreillette

cœur

ventricule foie veine cave antérieure poumon rein glande surrénale corps adipo-lymphoïde testicule vessie

estomac

intestin

4.22. Grenouille : dissection (vue ventrale), x 2 (livret couleur page VII). L’appareil respiratoire est représenté par deux poumons lisses, localisés dans la région antérieure et communiquant avec la cavité buccale. L’appareil circulatoire est formé d’un cœur ventral, constitué d’un sinus veineux, de deux oreillettes et d’un seul ventricule prolongé par un bulbe cardiaque, et enveloppé dans un péricarde. Le sang expulsé par le ventricule s’engage soit dans la circulation pulmonaire avant de retourner à l’oreillette gauche, soit dans la circulation systémique avant de rejoindre l’oreillette droite via le sinus veineux. L’appareil digestif, ventral, comporte de la bouche à l’anus, l’œsophage débouchant dans l’estomac, puis l’intestin terminé par le rectum. S’y associent un foie plurilobé muni d’une vésicule biliaire et un pancréas. L’appareil excréteur est représenté par deux reins dorsaux drainés par deux uretères ouverts sur le cloaque. À ce niveau se développe une vessie membraneuse. Deux gonades composent l’appareil génital (ovaires chez la femelle, testicules chez le mâle). Les gamètes sont pris en charge par des conduits (oviductes puis utérus chez la femelle, spermiductes se confondant avec une partie des uretères chez le mâle) débouchant dans le cloaque.


4. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates deutérostomiens

a

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b

a sac olfactif

nerf olfactif lobe olfactif hémisphère cérébral épiphyse lobe optique

b

encéphale

cervelet bulbe rachidien moelle épinière

colonne vertébrale (entourant la moelle épinière) glande calcarifère

nerfs rachidiens

nerf sciatique

4.23. Grenouille : dissection du système nerveux a. Encéphale (vue dorsale), x 3 ; b. Moelle épinière et système sympathique (vue ventrale), x 1,8. La localisation du système nerveux est dorsale. L’encéphale, antérieur, comprend d’avant en arrière deux lobes olfactifs, deux hémisphères cérébraux, une épiphyse, deux lobes optiques, un cervelet et un bulbe rachidien. La moelle épinière lui fait suite, logée dans les vertèbres et donnant naissance aux nerfs rachidiens. Elle est flanquée de deux chaînes grisâtres, constituant le système sympathique, et de glandes blanchâtres qualifiées de calcarifères.


4. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates deutérostomiens

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4.24. Grenouille : région antérieure (coupe transversale), x 10 (livret couleur, page VII). Le tégument est constitué d’un épiderme pluristratifié légèrement kératinisé, différenciant des glandes séreuses et muqueuses enfoncées dans le derme sous-jacent. Dorsalement court le tube nerveux, entouré des vertèbres constituant la colonne vertébrale, et surmontant le tube digestif ventral. En position moyenne, les aortes issues du ventricule cardiaque acheminent le sang vers les organes de la région postérieure.

épiderme musculature dorsale

derme glande cutanée

moelle épinière vertèbre aorte tube digestif

tissu adipeux

vésicule biliaire appareil digestif

veine cutanée pancréas foie

musculature ventrale sternum

De même que les poissons Téléostéens, la Grenouille présente des caractères de Vertébrés (figures 4.21, 4.22, 4.23, 4.24) : corps à symétrie bilatérale, divisé en trois parties (la queue est vestigiale), muni d’appendices locomoteurs pairs. En l’occurrence, il s’agit de pattes constituées de trois régions (autopode, zeugopode et stylopode) et qualifiées de membres chiridiens, caractéristiques des Tétrapodes. Le système nerveux est dorsal ; le squelette est interne et comprend une colonne vertébrale. À la différence du Gardon, cet animal possède une peau nue, maintenue humide grâce à la sécrétion de mucus, et peut mener une vie aérienne. Il appartient à la classe des Amphibiens.

tégument


4. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates deutérostomiens

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La reproduction des Amphibiens, réalisée par voie sexuée, implique une fécondation externe en milieu aquatique. Chez ces animaux deutérostomiens, l’éclosion libère une larve aquatique, le têtard (figures 4.25, 4.26, 4.27).

4.25. Têtard d’Amphibien : dissection (vue ventrale), x 7. Le corps est de forme globulaire et ne porte pas de membres mais une queue munie d’une nageoire. La région antérieure est caractérisée par la présence des yeux et de la bouche, entourée d’un bec et de dents cornés. L’appareil respiratoire est constitué de branchies logées dans une cavité délimitée par un repli cutané et ouverte sur l’extérieur par un spiracle. Des ébauches de poumons peuvent également être observées. L’appareil circulatoire, clos, comporte un cœur composé d’un sinus veineux, de deux oreillettes, d’un ventricule et d’un bulbe cardiaque, ainsi que des vaisseaux artériels se capillarisant au niveau des branchies. L’appareil digestif est formé d’un œsophage s’ouvrant dans un long intestin spiralé, à mettre en relation avec le régime herbivore de l’animal. Il débouche sur l’extérieur au niveau du cloaque. Un foie, une vésicule biliaire et un volumineux pancréas lui sont associés. L’appareil excréteur comprend deux reins dorsaux drainés par deux uretères ouverts sur le cloaque. Enfin, des ébauches de gonades sont également présentes.

cavité branchiale branchies

cœur

bouche bec et dents cornés

ventricule oreillette sinus veineux

ébauche de membre antérieur

foie vésicule biliaire

poumon ébauche de gonade rein tube cloacal ébauche de membre postérieur queue nageoire caudale

intestin


4. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates deutérostomiens

126

poumon

pronéphros oreille

épiderme

œil narine

muscle caudal queue

bec corné bouche mésonéphros cavité branchiale intestin cœur

4.26. Têtard d’Amphibien (coupe longitudinale), x 18. Le corps de l’animal est recouvert d’un épiderme pluristratifié, fin, dépourvu de kératine et ne développant pas de structure glandulaire pluricellulaire dans le derme sous-jacent. La tête porte la bouche, munie d’un bec corné, et les organes sensoriels. La cavité branchiale est visible, de même que le cœur et les ébauches de poumons. L’intestin occupe une grande partie de la cavité abdominale, sa paroi est peu épaisse. Les reins sont en position dorsale, représentés dans la région antérieure par le pronéphros (rein embryonnaire dégénérant par la suite) et dans la région postérieure par le mésonéphros (rein fonctionnel de l’adulte).


4. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates deutérostomiens

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4.27. Têtard d’Amphibien (coupe transversale), x 22. Dorsalement, le tube nerveux est visible, renflé à l’avant en un encéphale. Il est entouré de la colonne vertébrale en cours de formation. Il surmonte un axe squelettique formé de cellules turgescentes et correspondant à la chorde, localisée audessus du tube digestif. Certaines structures observées sont propres à la larve, d’autres sont communes à la larve et à l’adulte. À terme, le têtard subit une métamorphose, ensemble de transformations morpho-anatomiques, physiologiques, cellulaires et moléculaires, qui le transforme en un individu juvénile semblable à l’adulte bien que sexuellement immature.

épiderme derme colonne vertébrale (en formation) tube nerveux (moelle épinière)

chorde musculature latérale vaisseau sanguin mésonéphros tube digestif musculature ventrale tissu conjonctif

La larve des Amphibiens possède des caractères spécifiques des Chordés : chorde dorsale, placée au-dessus du tube digestif, fentes branchiales pharyngiennes. Ces animaux, comme les poissons Téléostéens, sont des Métazoaires triploblastiques cœlomates deutérostomiens épineuriens.


4. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates deutérostomiens

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La Souris (figures 4.28, 4.29, 4.30, 4.31, 4.32) est un dernier exemple de Vertébré.

tête

tronc

queue

oreille

œil vibrisse narine

membre antérieur

membre postérieur

bouche autopode zeugopode stylopode

4.28. Souris (vue externe), x 1. Le corps, marqué par une symétrie bilatérale, est formé de trois parties : la tête portant les organes sensoriels (yeux, oreilles, narines, vibrisses) et la bouche, le tronc séparé de la précédente par un cou et muni de quatre membres chiridiens dressés, la queue. Il est recouvert d’un pelage formé de phanères épidermiques, les poils. Chez la femelle cinq paires de glandes mammaires sont visibles.


4. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates deutérostomiens

4.29. Souris : dissection (vue ventrale), x 1 (livret couleur, page VIII). Le tronc est constitué de deux régions, thoracique et abdominale, délimitées par le diaphragme. Le thorax, protégé par la cage thoracique (côtes) est occupé par l’appareil respiratoire formé de deux poumons alvéolaires reliés à la trachée par des bronches. Il contient également le cœur constitué de deux oreillettes et deux ventricules, permettant la réalisation d’une double circulation (circulation pulmonaire et circulation systémique). L’appareil digestif comporte un œsophage thoracique qui traverse le diaphragme pour déboucher dans l’estomac abdominal. Celui-ci est ouvert sur l’intestin grêle suivi du côlon, puis du rectum qui s’abouche à l’anus. Le foie, la vésicule biliaire et le pancréas diffus sont localisés dans la partie antérieure de l’abdomen. L’appareil excréteur, dorsal, est formé de deux reins massifs drainés par deux uretères débouchant sur la vessie. Un canal évacuateur impair, l’urètre, achemine l’urine vers l’orifice urinaire. L’appareil génital de la femelle est formé de deux ovaires. Les ovules sont pris en charge par deux oviductes dans lesquels a lieu la fécondation. Les embryons se développent dans l’utérus (viviparité) et à terme, sont libérés lors de la mise bas. Le mâle possède deux testicules drainés par les épididymes puis les spermiductes. Les sécrétions de glandes annexes (vésicules séminales, glandes coagulantes, prostates) ajoutées aux spermatozoïdes constituent le sperme. Celui-ci chemine dans un uro-spermiducte et est émis dans les voies génitales femelles par l’intermédiaire du pénis, organe copulateur.

trachée glande salivaire

glande thyroïde thymus

cage thoracique ouverte thorax diaphragme vésicule biliaire foie estomac abdomen

intestin cæcum rectum tissu adipeux

oreillette ventricule poumon

cœur

ovaire et oviducte utérus

vessie

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4. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates deutérostomiens

4.30. Souris : dissection du système nerveux (vue dorsale), x 3 (livret couleur, page VIII). En position dorsale, le système nerveux différencie un encéphale antérieur. Celuici est constitué de deux bulbes olfactifs, de deux hémisphères cérébraux très développés masquant l’épiphyse et les tubercules quadrijumeaux (lobes optiques), du cervelet et du bulbe rachidien. Il est suivi de la moelle épinière, protégée par les vertèbres.

bulbe olfactif hémisphère cérébral encéphale

tubercules quadrijumeaux cervelet bulbe rachidien moelle épinière

La Souris, comme le Gardon et la Grenouille, est caractérisée par la présence d’une symétrie bilatérale, une organisation du corps en trois parties, la possession d’une colonne vertébrale, d’un système nerveux dorsal et d’un squelette interne. Elle appartient au sous-embranchement des Vertébrés. Ses quatre pattes marcheuses bâties sur le plan du membre chiridien sont typiques des Tétrapodes (figures 4.28, 4.29, 4.30, 4.31). Les poils et les glandes mammaires sont, quant à eux, des caractéristiques de la classe des Mammifères, qui la distinguent des poissons Téléostéens et des Amphibiens. Il en va de même pour son appareil circulatoire, double, et son appareil respiratoire.


4. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates deutérostomiens

131

Le développement embryonnaire de la Souris (figures 4.31, 4.32) est réalisé au sein de l’organisme maternel, et implique la mise en place d’un placenta, organe d’échanges entre l’embryon et la mère (Mammifère euthérien). 4.31. Souris : embryon au terme du développement (coupe longitudinale), x 5 (livret couleur, page VIII). Le corps est recouvert d’un tégument constitué d’un épiderme pluristratifié kératinisé surmontant un derme conjonctif. Le système nerveux est situé en position dorsale. Il est renflé à l’avant en un encéphale et se poursuit dans le tronc par la moelle épinière. Il est protégé par des structures squelettiques, crâne antérieur et colonne vertébrale postérieure. L’appareil digestif occupe une position ventrale, de même que l’appareil circulatoire avec le cœur. Le tronc est subdivisé en un thorax antérieur et un abdomen postérieur, la limite entre les deux régions étant matérialisée par le diaphragme. La paroi thoracique est constituée par la cage thoracique formée de côtes, alors que la paroi abdominale est musculaire.

tégument

épiderme derme crâne

musculature

hémisphère cérébral cervelet bulbe rachidien

encéphale

lobe olfactif

tête colonne vertébrale

cavité nasale langue glande salivaire bouche thymus cage thoracique cœur

tronc

diaphragme foie abdomen

rein intestin

queue

thorax

poumon veine cave postérieure


132

4. Le développement du mésoderme : les Triploblastiques cœlomates deutérostomiens

épiderme derme moelle épinière vertèbre se formant autour de la chorde vaisseau sanguin poumon foie tube digestif

ébauche de membre ébauche de queue

Les Vertébrés, malgré une relative diversité liée à leurs milieux de vie et leur position systématique, constituent un sous-embranchement homogène de Chordés. Métazoaires triploblastiques cœlomates deutérostomiens épineuriens, ils possèdent tous un corps subdivisé en trois parties, des appendices locomoteurs pairs, une colonne vertébrale, un endosquelette. Les caractères de Chordés sont souvent masqués chez l’adulte et à rechercher chez l’embryon ou la larve (chorde dorsale, fentes branchiales). Le cœlome est réduit à quelques cavités et la métamérie limitée.

4.32. Souris : embryon (coupe transversale), x 11. L’embryon est caractérisé par la présence de trois feuillets embryonnaires (ectoderme, mésoderme, endoderme) à l’origine des divers organes. En particulier, le mésoderme forme une chorde dorsale, premier axe squelettique du corps, autour duquel se constituent les vertèbres. Le blastopore qui apparaît lors de la gastrulation ne donne pas naissance à la bouche mais marque l’emplacement de l’anus (Deutérostomien).


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Bilan

134

MOLLUSQUES Corps non métamérisé Lamellibranches Gastéropodes Céphalopodes

ANNELIDES Corps métamérisé, soies - Polychètes - Clitellates Oligochètes Achètes

PLATHELMINTHES acœlomates Mésoderme formant un tissu de remplissage, non creusé Turbellariés Trématodes Cestodes

EUTROCHOZOAIRES Larve de type trochophore LOPHOTROCHOZOAIRES Larve de type trochophore Lophophore

PROTOSTOMIENS Bouche formée à partir du blastopore ou de son emplacement HYPONEURIENS Système nerveux ventral

SPONGIAIRES PARAZOAIRES Plusieurs types cellulaires non groupés en tissus

Démosponges Hexactinellides

Calcisponges

METAZOAIRES Pluricellulaires

Bilan

CNIDAIRES diploblastiques 2 feuillets embryonnaires (ectoderme et endoderme) Symétrie radiaire - Médusozoaires Hydrozoaires Scyphozoaires - Anthozoaires

EUMETAZOAIRES Plusieurs types cellulaires, tissus épithéliaux


Bilan

135

ARTHROPODES Corps métamérisé, appendices articulés - Mandibulates Crustacés Insectes Myriapodes - Chélicériformes Arachnides Mérostomes

VERTEBRES Corps soutenu par une colonne vertébrale, et subdivisé en trois parties (tête, tronc, queue) - Actinoptérygiens Téléostéens - Sarcoptérygiens Tétrapodes Amphibiens Mammifères

NEMATHELMINTHES pseudocœlomates Mésoderme non creusé, cavité générale dérivant du blastocœle ECHINODERMES Echinides Astérides Holothurides Ophiurides

UROCHORDES Chorde localisée dans la partie caudale et disparaissant généralement chez l’adulte

CEPHALOCHORDES Chorde sur toute la longueur du corps et persistant chez l’adulte

ECDYSOZOAIRES Présence d’une cuticule en trois couches et croissance par mues CUTICULATES Présence d’une cuticule en deux couches

EPITHELIONEURIENS Système nerveux en réseau, associé à l’épiderme Symétrie radiaire

CHORDES Présence d’une chorde entre le système nerveux et le tube digestif, pharyngotrémie EPINEURIENS Système nerveux dorsal par rapport au tube digestif

DEUTEROSTOMIENS Anus formé à partir du blastopore ou sur son emplacement

CŒLOMATES Mésoderme creusé de cavités cœlomiques

TRIPLOBLASTIQUES 3 feuillets embryonnaires (ectoderme, mésoderme, endoderme) Symétrie bilatérale

Bilan Ectoderme Endoderme Mésoderme

Système nerveux Unicellulaires Squelette


Index

A Acarien 90 alevin région rénale 120 Truite V Altise 83 Amibe 14 Amphioxus femelle 110 jeune animal 109 mâle 111 région intestinale 112 Anémone de mer 30 région antérieure 30 Annélides larves 41 Araignée 87, 89 région antérieure 88 Ascaris 93 cycle de développement 98 dissection 94 femelle 95 mâle 96 paroi du corps 97 Ascidie têtard 115 asticot Mouche 85 Aurelia scyphistome 29

B bras Étoile de mer 106

C Calcisponges spicules 19 Cénure 66 céphalothorax Crabe III cils Paramécie 6 Cione 113 dissection 114, IV Collembole 82 conjugaison Paramécie 9 Copépode 73

Crabe céphalothorax III Criquet 77 dissection 78 femelle IV système nerveux 79 thorax 80 Crustacés larves 75, 76 cycle de développement Ascaris 98 Grande Douve 59 Hydrozoaires 29 Taenia 64 Trichine 99

Escargot 46, 49 dissection 47, II du système nerveux 48 Étoile de mer 104 bras 106 dissection 105

D

G

Daphnie 74 développement Mollusques 54 dissection Cione 114, IV Criquet 78 du système nerveux Escargot 48 Seiche 53 Écrevisse 69, III Escargot 47, II Étoile de mer 105 Gardon 117, V Grenouille 122 Lombric 32, I Moule 44, II Oursin 102 Seiche 51 Souris 129 Têtard d’Amphibien 125 Drosophile 84

Gammare 72 Gardon 116 dissection 117, V système nerveux 118, VI gemmule Spongilla 19 Grande Douve 57, 58 cycle de développement 59 Grenouille 121 dissection 122 mâle VII région antérieure 124, VII système nerveux 123 Grillon 81

E Echinococcus granulosus 65 Échinodermes larves 108 Écrevisse 67, 68 dissection 69, III péréion 71 système nerveux 70 embryon Souris 131, 132, VIII

F femelle Amphioxus 110 Ascaris 95 Criquet IV Foraminifères tests 13

L larves Annélides 41 Crustacés 75, 76 Échinodermes 108 Limule 92 Lombric 31, 34, 36 dissection 32, I région antérieure 35, I système nerveux 33

M mâle Amphioxus 111 Ascaris 96 Grenouille VII Souris VIII méduse Obelia 28 Mollusques développement 54 Mouche asticot 85 Moule 42, 45 dissection 44, II Myriapode jeune animal 86

N Nereis 37, 38 noyaux Paramécie 7

H Héliozoaire 12 Holothuride 107 Hydre d’eau douce 21, 22 reproduction asexuée 26 sexuée 24 types cellulaires 23 Hydrozoaires cycle de développement 29

J jeune animal Amphioxus 109 Myriapode 86

O Obelia méduse 28 polype 27 Ophiuride 107 Ostracode 73 Oursin 101 dissection 102

P Paramécie 5 cils et trichocystes 6 conjugaison 9 noyaux 7


Index

138

Paramécie (suite) reproduction par division binaire 9 vacuoles pulsatiles 8 paroi du corps Ascaris 97 Perche tête 119 péréion Écrevisse 71 Petite Douve 60 Planaire 55, 56 Plasmodium 11 polype Obelia 27 proglottis Taenia 63

R région antérieure Anémone de mer 30 Araignée 88 Grenouille 124, VII Lombric 35, I Taenia 62 région intestinale Amphioxus 112

région rénale alevin 120 reproduction asexuée Hydre d’eau douce 26 par division binaire Paramécie 9 sexuée Hydre d’eau douce 24 Sycon 18

S Sangsue 39, 40 Schistosomes 61 Scorpion 91 scyphistome Aurelia 29 Seiche 50, 52 dissection 51 du système nerveux 53 Souris 128 dissection 129 embryon 131, 132, VIII mâle VIII système nerveux 130, VIII spicules Calcisponges 19

Spongiaire types d’organisation 20 Spongilla gemmule 19 Sycon 15, 16 reproduction sexuée 18 types cellulaires 17 système nerveux Criquet 79 Écrevisse 70 Escargot 48 Gardon 118, VI Grenouille 123 Lombric 33 Seiche 53 Souris 130, VIII

T Taenia cycle de développement 64 proglottis 63 région antérieure 62 tests de Foraminifères 13 têtard Ascidie 115 d’Amphibien 126, 127 dissection 125

tête Perche 119 Vairon VI thorax Criquet 80 Trichine cycle de développement 99 trichocystes Paramécie 6 Truite alevin V Trypanosome 11 types cellulaires Hydre d’eau douce 23 Sycon 17 types d’organisation Spongiaire 20

V vacuoles pulsatiles Paramécie 8 Vairon tête VI Vorticelle 10


SCIENCES SUP

Sandrine Heusser Henri-Gabriel Dupuy

3 e édition

ATLAS BIOLOGIE ANIMALE 1. Les grands plans d’organisation Les ouvrages de la série « Atlas » sont abondamment illustrés de photographies en microscopies optique ou électronique et de schémas explicatifs. Destinés en priorité aux étudiants en Licences ou préparant des concours (PCEM, classes préparatoires, CAPES…), ces ouvrages de référence sont aussi utiles aux étudiants en Master et aux chercheurs en activité. Dans cette nouvelle édition de l’atlas de biologie animale (tome 1), les grands plans de l’organisation du monde animal sont présentés à partir d’exemples classiques et illustrés à l’aide de plus de 300 photographies et schémas descriptifs. Les degrés évolutifs successifs sont étudiés, des eucaryotes unicellulaires aux Mammifères. En fin d’ouvrage, un bilan récapitule les traits distinctifs de chaque forme animale.

SANDRINE HEUSSER est professeur agrégée à l’ENS de Lyon.

HENRI-GABRIEL DUPUY est ingénieur d’études en biologie animale à l’ENS de Lyon.

Contenu : La cellule organisme. L’acquisition de l’état pluricellulaire. Le développement du mésoderme : les Protostomiens. Le développement du mésoderme : les Deutérostomiens. MATHÉMATIQUES

Un second volume le complète, décrivant les grandes fonctions dans le monde animal : PHYSIQUE

CHIMIE

SCIENCES DE L’INGÉNIEUR

INFORMATIQUE

SCIENCES DE LA VIE

SCIENCES DE LA TERRE

LICENCE

MASTER

DOCTORAT

1 2 3 4 5 6 7 8

ISBN 978-2-10-053793-8

www.dunod.com

Atlas biologie animale les grands plans d'organisation  
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