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Mon travail en GuinĂŠe My work in Guinea

par Mariama S.


Je n’ai jamais travaillé en Belgique. En Guinée, je faisais la couture. En Guinée, la couture, ça marche bien, on gagne beaucoup d’argent. J’étais dans un atelier avec 10 personnes. On travaillait pur un patron la journée et le soir pour nous. On travaillait avec des machines à coudre à pédales. Les gens arrivaient avec du tissu, un pagne…, ils regardaient dans un catalogue et ils choisissaient un modèle, par exemple de chemise, de jupe… et nous on leur donnait le prix pour le modèle. S’ils étaient d’accord, on faisait leur vêtement. Je suis restée là-bas pendant 7 ans. Je voulais ouvrir un atelier moi-même mais ça coûtait cher. Je cherchais une amie pour m’associer. Mais avant que je la trouve, je me suis mariée. Alors, j’ai déménagé dans un autre quartier. C’était loin, le transport était cher. Alors j’ai arrêté la couture, je restais avec ma belle-mère. Je suis encore restée trois ans en Guinée puis je suis venue en Belgique. Je voulais continuer la couture ici, mais ça marche pas ici comme en Guinée. Il faut un diplôme, une formation et il n’y a pas beaucoup de travail dans la couture. J’ai trouvé un endroit pour une formation mais comme je ne savais pas du tout lire et écrire, j’ai raté le test. La couture, c’était mon rêve mais maintenant, j’ai changé d’avis. Maintenant, je cherche un autre travail mais je n’ai pas encore trouvé.


I have never worked in Belgium. In Guinea, I was a dressmaker. In Guinea, sewing is well rewarding, one makes a lot of money. I was in a workshop with 10 people. We worked for a boss during the day and for us in the evening. We worked with pedal sewing machines. People came with fabric, pieces of cloth, ‌ They looked in a catalogue and chose a model of shirt or skirt, for instance, and we gave them the price of the model. If they agreed, we made the clothing of their choice. I spent 7 years there. I wanted to open a workshop myself but it was expensive. I looked for a friend with whom I could be associated. But before I found her, I got married. Then, I moved to another area. It was far from home and the journey was expensive. So, I stopped sewing and I stayed with my stepmother. I spent the next three years in Guinea then I came in Belgium. I wanted to go on with sewing here but it doesn’t work here as in Guinea. A diploma and training are required and there is little work in sewing. I found a place for training but as I could not read nor write at all, I failed the test. Sewing is my dream but now I have changed my mind. Now I am looking for another job but I haven’t found it yet.


Un mauvais souvenir de travail A bad memory

par Harlette


En 1995, j’habitais à Neufchâteau, je travaillais dans un restaurant. Je faisais la plonge. Comme le chef trouvait que je travaillais bien, il me demandait de faire tout. En haut, je travaillais pour le restaurant, je faisais les frites et, en bas, je faisais le nettoyage de la piscine. Je suis restée là 5 ans. Je travaillais de 8h à 18h avec deux jours de repos. Parfois je travaillais le week-end. Un samedi, je ne me sentais pas bien, je ne voulais pas aller travailler. Mon mari m’a dit : « Tu dois aller travailler, tu as un contrat et on n’a pas encore les papiers ». A 18h, j’avais terminé mais mon chef m’a dit : « Il n’y a personne ce soir, tu dois continuer jusque 21h ». Il m’a demandé de vider l’huile des frites pour la changer. Normalement, il note sur le tableau si l’huile est chaude ou froide. Si elle est chaude, il faut la vider dans une marmite. Si elle est froide, il faut la vider dans des bacs en plastique. Comme je ne savais pas lire, j’ai demandé au chef. Il m’a dit : « Elle est froide ». Alors, j’ai fait couler l’huile dans le bac en plastique et j’ai commencé à nettoyer la friteuse. Mais l’huile était chaude, alors le bac a gonflé et il a fondu par en-dessous. J’ai eu de l’huile partout sur les pieds, mais au début je ne sentais rien. Après le chef est venu, il s’est rendu compte de son erreur. Il m’a dit de m’assoir. Quand je me suis assise, mes pieds étaient lourds et puis la douleur est montée jusque dans le cœur. L’ambulance est venue mais ils ne pouvaient pas me transporter, ça prendrait trop de temps. Alors un hélicoptère est venu et m’a apporté à l’hôpital. Le médecin a dit : « On va faire un examen. Si tu es brûlée jusque dans les os, on doit te couper les pieds». J’ai prié toute la nuit. J’ai pensé : « Si je n’ai plus de pied, comment je vais faire avec mes enfants ? » Heureusement, les os n’étaient pas touchés. Ils m’ont fait une opération qui a duré pendant 7 heures. Ils m’ont enlevé de la peau des fesses pour mettre sur mes pieds. Mon chef n’est jamais venu me voir, il m’a juste téléphoné une fois.


Après, il m’a donné des cadeaux mais c’était trop tard. En plus, je n’ai jamais rien touché parce que mes papiers n’étaient pas en ordre, même si c’était un travail déclaré. Après, j’ai dû me cacher chez ma sœur et tout recommencer à zéro.


Harlette In 1995, I lived in Neufchâteau. I worked in a restaurant. I washed the dishes. As the boss considered that I worked well, he asked me to do everything. Upstairs, I was working for the restaurant, I was cooking the French fries, and downstairs I was in charge of cleaning the swimming pool. I spent 5 years there. I was working from 8 a.m. to 6 p.m. with two days off. Sometimes I worked during the weekend. On a Saturday, I didn’t feel well, I didn’t want to work. My husband told me: “You must go and work, you have a contract and we still don’t have our legal documents“. At 6 p.m., I had finished but my boss said to me: “There is nobody this evening. You have to go on working till 9 p.m.”. He asked me to empty the frying oil to change it. Normally, he writes on the blackboard if the oil is warm or cold. If it is warm, it has to be emptied in a pot. If it is cold, it has to be emptied in a plastic bin. As I could not read, I asked the boss. He said: “It is cold”. Thus I poured the oil in a plastic bin and I began to clean up the fryer. But the oil was warm and so the bin swelled and melted from below. I had oil on my feet, but at the beginning I felt nothing. Afterwards, the boss came and realized his mistake. He asked me to sit down. When I sat down, my feet were heavy and then the pain went up to my heart. The ambulance came but they could not take me to the hospital. It would take too much time. Then a helicopter came and transported me to the hospital. The doctor said: “We will now examine you. If you are burned up to the bones, we will have to cut your feet”. I prayed all night long. I thought: “If I don’t have feet anymore, how am I going to manage with my children?” Fortunately, the bones were not affected. I underwent a surgical operation that lasted for 7 hours. They removed skin from my buttocks to put on my feet.


My boss never came to see me. He just phoned me once. Afterwards, he gave me presents but it was too late. In addition, I never received compensation because my documents were not in order, although it was a regular job. Afterwards, I had to hide with at my sister’s home and to start all over again.


Un mauvais souvenir A bad memory

par Driss


J’ai travaillé à VW, c’était un travail en équipe. Soit de 6h à 14h, soit de 14h à 22h, soit de 22h à 6h. Le travail, c’est un travail dur, sale, avec des produits toxiques, pas de lunettes, pas de masques ! C’est ce que l’on appelle du nettoyage industriel : on va dans les fours de peintures à 50°. On va dans les fours où passent les voitures. Touta la journée, on est dans les fours. Il faut nettoyer les tuyaux avec du tiner. Il faut aller vite, 10 minutes max. C’est un travail sale, sale, vraiment sale !!! Et voilà pourquoi j’ai des problèmes de dos : hernie discale ! Après 3 ans, ils m’ont donné mon C4. Je travaillais pour une société de nettoyage et tous les 2 ans la société changeait de nom. J’ai fait ce travail pendant 6 ans. Quand on est souvent malade, on a un C4 !


I worked for VW in shift work, either from 6 a.m. to 2 p.m., or from 2 p.m. to 10 p.m., or from 10 p.m. to 6 a.m. It was hard and dirty work, with poisonous chemicals, without glasses or masks! It was what is called industrial cleaning: one entered the paint ovens at 50째C, there where the cars were passing. The whole day, we were in the ovens. We had to clean the pipes with thinner. We had to hurry, 10 minutes at the most. It was dirty work, really dirty work! And that is why I have back trouble: a slipped disc! After 3 years they fired me. Afterwards I worked in a cleaning company and every 2 years the company changed its name. I did that job during 6 years. When one is often ill, one is fired!


Un mauvais souvenir A bad memory

par Ahmed Az.


J’ai travaillé en France dans une fonderie à Operch. C’était mon premier travail, j’avais 16 ans, et j’ai fait cela pendant 3 ans et demi. On fabriquait les pieds que les cordonniers utilisent et on fabriquait les plaques de cheminées. Ce travail donne beaucoup de poussières, et cela fait beaucoup de bruit. L’usine a fait faillite, alors j’ai changé de boulot. On faisait tout à la main, on faisait des châssis, on mettait le noyau dans la terre au centre, on tassait à la main. Puis on retire le châssis et reste le dessin du noyau. Puis on verse de la fonte dans le châssis. Avec un seau tenu par 2 personnes avec une barre, on renverse la fonte liquide. Ca reste jusqu’au lendemain. On crachait du noir comme avec le charbon.


I worked in a smelting plant in Operch in France. It was my first job, I was sixteen years old and I have worked there for three months and an half. We created the anvils used by shoemakers and also plates for fireplaces. This work produced a lot of dust and a lot of noise. Everything was made manually: for building the frames, we put the kernel in the ground, in the centre, and we packed it down by hand. Afterwards the frame was removed and the kernel pattern was left. Then cast iron was poured in the frame. With a bucket hold by 2 persons with an iron bar, the liquid cast iron was spilled. It remained until the next day. We were spitting black substance as with coal. The plant went bankrupt. That’s why I changed jobs.


Mon premier travail en Belgique. My first job in Belgium

par EVELYNE


Quand je suis arrivée en Belgique, j’ai mis une petite annonce et j’ai trouvé du travail comme aide à domicile pour aider un couple âgé. Je m’occupais de faire à manger, de laver, de faire les courses, de tout le ménage. Le travail s’est terminé quand la dame est décédée, et c’est un mauvais souvenir. J’aimais beaucoup ce travail et les gens étaient très gentils. Moi, je parlais français avec eux, et eux entre eux ils parlaient flamands. J’ai fait ce travail pendant 5 ans. Je suis en Belgique depuis 23 ans et depuis 8 ans avec les papiers. Pendant 15 ans, je n’avais pas les papiers.


When I arrived in Belgium, I put an advertisement and I found a job as a carer to help an elderly couple. I was taking care of the food, the cleaning, the shopping, the whole housework. The job ended when the lady died, and it was a bad memory. I liked very much this job and the people were very kind. I spoke French with them and they spoke Flemish with each other. I did that job during five years. I have been in Belgium for 23 years but I only received my documents 8 years ago. During 15 years, I was an undocumented immigrant.


Ma vie et le travail My life and my work

par Abdoulaye


Je suis né au Sénégal à St Louis en 1966. J’ai commencé à travailler avec mon grand-père quand j’avais 10 ans. Il m’a appris beaucoup de choses. Nous étions 8 personnes dans l’atelier. J’étais le seul enfant. Je faisais des alliances en cuivre et en bronze. Après je les vendais. Je les polissais comme de l’or. Je travaillais comme bijoutier. Je gagnais un peu d’argent des adultes. Après j’ai été à l’école coranique. Quand je suis devenu adulte, j’ai continué à travailler comme bijoutier et je gagnais bien ma vie. J’avais un ami d’enfance qui habitait à Anvers en Belgique. J’ai reçu mon visa et quand j’avais 25 ans, je suis venu en Belgique. C’était en 1993. Après j’ai travaillé à différentes places en Belgique. J’ai de bons souvenirs du travail. Dans chaque place, il y avait une bonne ambiance. J’ai aimé tous mes emplois. Quand je travaillais, je ne voyais pas le temps passer. Travailler c’est important pour avoir une meilleure vie. Je travaille pour ma famille et pour moi.


I’m born in Sénégal, in St Louis, in 1966 m. I started to work with my grandfather when I was 10 years old. He taught me a lot of things. We were eight people in the workshop. I was the only child. I made wedding rings in copper and in bronze. Then I sold them. I polished them like gold. I was working as jeweller. I received a little bit money from the adults. I ‘have been to coranic school. When I became adult, I still have been working like jeweller and I was earning much money. I had a childhood friend who was living in Anvers. I received my visa and when I was 25, I arrived in Belgium. It was in 1993. After I’ve been working at different places in Belgium. I have good memories about work. In each workplace, there was a good atmosphere, in Belgium and in Senegal.

I like all my jobs, when I was

working, I didn’t see the time going by. Working is important to live better. I work for my family and for me.


Ma vie et le travail My life and my work

par El Moustafa


En 2007, je suis venu en Belgique. J’ai travaillé 3 mois pour décharger les camions qui livraient aux magasins. J’installais les fruits dans le magasin. C’était facile mais je ne parlais pas français. Après 3 mois, j’étais au chômage.

In 2007, I came to Belgium. I’ve been working for 3 months to unload trucks that delivered to shops and to install the fruits in the shop. It was easy but I didn’t speak French. After 3 months, I was jobless.


Mon premier travail en Belgique My first job in Belgium

par Moktar


Je travaillais pour les marocains, un mois là, un mois là. Après 2 ans j’ai réglé mes papiers et j’ai travaillé dans une fabrique de 1991 à 2002. C’était une fabrique de viande, pour faire de la viande surgelée. Je travaillais dans les congélateurs. Après le patron est parti en Italie et il est mort. Les enfants du patron ont repris, mais les gens volaient, les machines tombaient en panne… après 3 ans, la femme du patron a déclaré faillite. Je devais entrer dans les congélateurs quand la viande tombait des palettes. Il y avait 4 étages de palettes dedans. On entrait avec des clarks, on restait 10’ à – 50° et on sortait avec les moustaches toutes blanches. J’ai eu des problèmes de santé, le dos, les poumons. On restait 10’ maximum puis on sortait 5’, puis on retournait 10’… En janvier, les congélateurs étaient à – 35°. En août, c’était jusque – 50°.


I was working for Moroccans, here and there, for one month each. After two years, I settled my papers and went to work in a factory from 1991 to 2002. It was a meat factory for frozen meat. I was working in freezers. One day, the boss went to Italy and died. The children of the boss took over the business, but people were stealing, machines were breaking down… After three years, the wife of the boss went bankrupt. I had to enter the freezers when meat fell off the pallets. There were four pallet floors in it. We got in with pallet trucks, were staying for 10 minutes at -50°C and went out with white moustaches. I had health problems: back, lungs … We were staying in for a maximum of 10 minutes then out for 5 minutes, then in again for 10 minutes, … In January, the freezers were set to -35°C. In August, they were set to -50°C.


Le plus mauvais souvenir de travail My worst work memory

par Mohamed


Dans le temps quand j’avais dix ans je suis parti travailler chez quelqu’un. Je suis monté sur le cheval pour aller cueillir les olives. Mon copain a piqué le cheval et il s’est encouru. Je suis tombé du cheval sur la tête. Il y avait un clou et je suis tombé avec ma tête dessus. J’ai saigné, on a pris de la terre verte pour bloquer le sang. Après j’ai continué à travailler jusque 4 heures. Puis je suis rentré à la maison. Mon père n’a rien vu mais ma mère oui. J’ lui ai dit que je suis tombé d’un arbre. Quand j’ai grandi je leur ai raconté la vérité.


When I was ten, I went to work for someone. I got on a horse to go pick olives. My friend pricked the horse and it ran away. I fell off the horse on my head. There was a nail on the ground when my head hit it. I began to bleed. Someone took green clay to stop the bleeding. Afterwards, I returned to work until 4 o’clock. Then I went back home. My father did not note anything but my mother did. I told him I fell from a tree. When I grew older I told them the truth.


Mon premier travail en Belgique My first job in Belgium

par Farida


J’ai commencé dans une usine de vêtements. C’était bien, je faisais les étiquettes parfois je pliais les vêtements. Ca se passait bien avec les gens. Ce n’était pas difficile. J’ai travaillé pendant 5 ans, après le patron a mis les gens à la porte. Je sortais de la maison à 7h, je commençais à 8h, je prenais le métro jusqu’à Bizet puis le bus De Lijn jusqu’au Macro. Il y avait beaucoup de monde dans l’usine.


I started working in a clothes factory. It was good, I did the labels sometimes I folded clothes. It got on well with people. It was not difficult. I worked there for 5 years. One day the boss decided to sack everybody. I used to leave home at 7am, I started at 8am, I used to take the underground to Bizet and the De Lijn bus to Macro. There were many people in the plant.



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