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Diana

Damrau soprano

xavier de maistre harpe

récital

Schubert / Tárrega / Strauss / Hahn Chausson / Fauré / Duparc / Dell’Acqua

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PARTENAIRES DU Grand Théâtre de Genève Ville de Genève

Partenaire de saison

Association des communes genevoises

Partenaire fondateur de la troupe des jeunes solistes en résidence

Département de l’instruction Publique, de la culture et du sport

Partenaire de production

cercle du Grand Théâtre de Genève

Partenaire de production

comme conseiller d’un généreux mécène

Partenaire du ballet du Grand Théâtre

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Partenaire du programme pédagogique

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M. Trifon Natsis

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Fondation Valeria Rossi di Montelera

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Partenaire des récitals

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Le Monument à Goethe Carl Gustav Carus, 1832 Kunsthalle, Hambourg, Allemagne Huile sur toile

Telle durant la nuit la harpe éolienne, Mêlant aux bruits des eaux sa plainte aérienne, Résonne d’elle-même au souffle des zéphyrs. Le voyageur s’arrête, étonné de l’entendre, Il écoute, il admire et ne saurait comprendre D’où partent ces divins soupirs. Ma harpe fut souvent de larmes arrosée, Mais les pleurs sont pour nous la céleste rosée ; Sous un ciel toujours pur le cœur ne mûrit pas : Dans la coupe écrasée le jus du pampre coule, Et le baume flétri sous le pied qui le foule Répand ses parfums sur nos pas.

@ The Bridgeman Art Library

Alphonse de Lamartine Le poète mourant (extraits) Tiré des Nouvelles Méditations poétiques (1823)

Que n’ai-je encor la harpe thracienne, Pour réveiller de l’enfer paresseux Ces vieux Césars, et les ombres de ceux Qui ont bâti cette ville ancienne ? Ou que je n’ai celle amphionienne, Pour animer d’un accord plus heureux De ces vieux murs les ossements pierreux, Et restaurer la gloire ausonienne ? Pussé-je au moins d’un pinceau plus agile Sur le patron de quelque grand Virgile De ces palais les portraits façonner : J’entreprendrais, vu l’ardeur qui m’allume, De rebâtir au compas de la plume Ce que les mains ne peuvent maçonner. Joachim Du Bellay Que n’ai-je encor la harpe thracienne Tiré des Antiquités de Rome (1558)

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@ diana-damrau.com

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récital Vendredi 24 mai 2013 à 19 h 30 Au Grand Théâtre

Diana

Damrau soprano

xavier de maistre harpe Franz Schubert Ständchen Du bist die Ruh Gretchen am Spinnrade An die Musik Ave Maria

Ernest Chausson

Francisco Tárrega

Le Colibri Le Temps des lilas La Cigale

Richard Strauss

Impromptu en Ré bémol

Recuerdos de la Alhambra

@ diana-damrau.com

Reynaldo Hahn

Si mes vers avaient des ailes L’Heure exquise

Ständchen Epheu Schlagende Herzen Nichts Wiegenlied Beim Schlafengehen

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Gabriel Fauré

Henry Duparc

Chanson triste L’Invitation au voyage

Eva Dall’Acqua Villanelle

Entracte

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« Qui sait ce qu’un lied peut subir quand il passe un certain temps dans le peuple, de bouche en bouche, et pas seulement dans celle de celui qui n’est pas cultivé ! Pourquoi celui qui, en dernière instance, l’enregistre et le rassemble avec d’autres n’aurait-il pas aussi un certain droit à l’arranger ? » Johann Wolfgang Goethe

La harpe,

instrument des divinités et des rois…

L

par Daniel Dollé

a harpe ne cesse de nous surprendre. Elle est née à l’aube de la civilisation et n’a cessé d’évoluer à travers les âges. Elle a accompagné les hommes depuis la nuit des temps dans toutes les cultures. Des cordes, un arc et voilà la harpe celtique, la harpe des Andes, la harpe des troubadours ou encore la harpe africaine. Le roi David s’accompagnait de la harpe pour calmer la colère de Saül et la poupée Olympia, créée par Spalanzani dans Les Contes d’Hoffmann, est accompagnée par la harpe, lorsqu’elle chante « Les oiseaux dans la charmille »… La naissance de la harpe est confuse et nombreux sont les pays qui revendiquent le privilège d’avoir tenu l’instrument au berceau. Serait-il né d’une légende ? Ulysse aurait-il, sans le savoir, donné nais-

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sance à ce majestueux instrument qui nous fascine ce soir ? L’Iliade et l’Odyssée racontent qu’« Ulysse tendit alors le grand arc, puis de sa main droite il fit vibrer la corde qui rendit un beau son clair comme un chant d’hirondelle. » Le principe de la harpe était né. Cette origine ne fait nullement l’unanimité. Annie Glattauer, dans son livre À l’origine de la harpe (Paris, Buchet/Chastel, 2000), affirme qu’elle ne serait pas issue de l’arc, mais plutôt de la forme d’une barque. Nous laisserons le débat aux spécialistes pour rappeler que la harpe celtique est devenue le symbole de l’Irlande et que depuis toujours l’homme est à l’écoute des vibrations de ses cordes, que même le vent peut faire chanter. Les harmonies, qui s’envolent de cet instrument mystérieux, s’éteignent au loin.

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À une harpe éolienne Appuyée contre le mur de lierre De cette vieille terrasse, Toi, mystérieux jouet à cordes D’une muse née de l’air Entonne, Entonne à nouveau Ton élégie mélodieuse. Vous êtes venu, vent, de très loin, Ah, d’auprès du jeune homme Que j’aimais tant, D’auprès de sa colline nouvellement verdoyante. Et frôlant en passant les fleurs printanières Saturé de leurs parfums. Avec quelle douceur vous m’étreignez le cœur ! Et vous faites frémir les cordes, Attiré de loin par une grande mélancolie Se développant dans le sillage de mon triste désir Pour mourir ensuite dans le lointain. Alors subitement Quand le vent souffle plus fort, Un cri gracieux de la harpe Me rappelle à ma douce terreur, Le sentiment naissant de mon âme, Et la rose épanouie éparpille Tous ses pétales à mes pieds. Eduard Mörike

Sur le tombeau de Gizeh de la VIème dynastie, on peut voir la représentation de cinq harpistes et d’un flûtiste. Grâce aux hiéroglyphes, on peut suivre l’évolution de la harpe sur plusieurs millénaires. Le nombre de cordes passe de cinq à douze. Les instruments sont soit arqués, soit triangulaires. Considérée comme un instrument à vocation religieuse ou royale dans les pays du Moyen-Orient, la harpe essaime vers la Grèce et jusqu’à Rome. Comment est-elle apparue en Occident ? Nul ne saurait exactement le dire, on parle de la harpe dans la poésie de la Scandinavie antique, en Russie et en Irlande. Ce qui est sûr, c’est que l’instrument était pratiqué dès le début de notre ère dans les pays scandinaves et anglo-saxons. Au cours du Moyen-Âge, la harpe sert à accompa-

Le Roi David jouant de la harpe (détail) Pierre-Paul Rubens, 1627 The Barnes Foundation, Merion, USA Huile sur panneau de bois

gner la cantillation des poèmes épiques. Les bardes bretons accompagnent les lais à la harpe. Peu à peu elle cesse d’être uniquement un instrument d’accompagnement. Elle est jouée par des solistes. Au XVIème siècle, Guillaume de Machaut possédait un instrument à 25 cordes. La harpe est l’instrument favori du Moyen-Âge comme l’attestent de nombreux romans, poèmes et illustrations. Des manuscrits médiévaux représentent la harpe entre les mains des ménestrels et des jongleurs. Les bibles en font l’attribut des anges et du roi David, celui qui a vaincu Goliath. Sous la Renaissance, Gargantua de Rabelais apprend à jouer de la harpe. À cette époque, elle est toujours diatonique, alors que le chromatisme se fait de plus en plus présent. Il apparaît alors une désaffection de l’instrument au profit du luth. Afin de réagir, les luthiers italiens imaginent la arpa doppia. Dans l’Orfeo de Claudio Monteverdi (1607), on trouve une harpe à double rangée de cordes. En 1697, en Allemagne, un luthier-harpiste bavarois, Jakob Hochbrücker invente un mécanisme qui permet certaines modulations. Le système à pédales est né, il y en a cinq, il sera rapidement remplacé par un système à sept pédales (une par nom de note), autorisant les huit tonalités majeures et les six mineures. Les modulations, alors possibles, permettent de jouer le concerto pour flûte et harpe de Mozart. Cet instrument fut introduit en France en 1749 et connut un véritable engouement grâce à MarieAntoinette, harpiste. Toute la cour voulut en jouer. Il y eut de nombreuses tentatives d’amélioration, mais il faudra attendre 1810, pour que le célèbre facteur de piano, Sébastien Érard, imagine un système qui permette à la harpe de rivaliser avec les autres instruments chromatiques et de jouer trois hauteurs. C’est l’apparition de la harpe à pédales, ou harpe classique qui connaîtra un véritable essor grâce à Hector Berlioz. Elle possède 47 cordes, soit six octaves. Sébastien Erard remplace les béquilles, utilisées précédemment, par des fourchettes, deux dents cuivrées montées sur un disque, qui permettent d’altérer la note d’un demi-ton. À présent la harpe peut jouer toutes les tonalités. La harpe moderne est née. DD

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ujourd’hui nous accueillons deux maîtres qui ne manqueront pas de nous faire vibrer. Diana Damrau qu’on ne présente plus au public du Grand Théâtre qui a eu le privilège de l’applaudir dans Donna Anna, Elvira et Philine. Elle triomphe sur les plus grandes scènes internationales. Aujourd’hui, sur la scène de Neuve, demain au Met, à Vienne, à Munich ou à Zurich. Toutes les héroïnes du grand répertoire lyrique se succèdent. À chaque fois c’est un feu d’artifice et le public succombe à son charme. Éternelle ambassadrice du bel canto, elle parcourt le monde, embrase les planches et fascine grâce à sa voix à nulle autre pareille et à son talent d’actrice. Elle nous offre un florilège de mélodies en compagnie d’un fabuleux virtuose, Xavier de Maistre, considéré, à juste titre, comme le meilleur harpiste du monde. Il fut le premier musicien français à être admis dans le prestigieux Philharmonique de Vienne. Il a alors 24 ans et réalise un rêve de gosse. À ses parents sceptiques et inquiets, il dit un jour, en regardant cet orchestre à la télévision : « J’y serai un jour ! » Dans l’abondante presse qui accompagne ses concerts et ses enregistrements, on peut lire, entre autres : « Quand Xavier de Maistre joue de la harpe,

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@ Andrea Kremper

Un programme de maîtres...

tout discours sur l’attaque, les arpèges ou les harmoniques est superflu. S’il va sans dire qu’il maîtrise toutes ces techniques, on ne s’étonnera pas non plus que le harpiste solo de l’orchestre philharmonique de Vienne fasse sonner son instrument avec autant de sensibilité que de virtuosité. Mais ces sons aériens, légers comme des rêves, ces nuances fines et sensibles, cette dynamique théâtrale et enfin cette intensité envoûtante quand il joue, voilà ce qui coupe le souffle et qui émeut au plus profond de l’être, là où l’intellect se tait. » (Süddeutsche Zeitung)

« Les mains divines de Xavier de Maistre savent donner vie à des lignes de basse incisives et bien dessinées et par différentes techniques de jeu et d’articulation, évoquer un paysage sonore d’une incroyable étendue. » (Frankfurter Allgemeine Zeitung) Un jour la harpe a débarqué dans sa vie : « Au conservatoire de Toulon où j’étudiais, c’est d’abord de la professeur de harpe, Vassilia Briano, que je suis tombé amoureux. Mais dès que je me suis mis à travailler l’instrument, c’était comme s’il était fait pour moi, et moi pour lui. Je n’ai pas d’explication ». Grâce à lui l’instrument connaît une nouvelle vie. L’artiste redéfinit son image, loin des clichés des anges, des séraphins et des créatures célestes qui habitent les tableaux de Fra Angelico.

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@ Andrea Kremper

Il a ouvert de nouvelles portes à la harpe grâce à son charisme et à sa recherche de l’idéal sonore. Lorsque paraît l’enregistrement « Nuit d’étoiles », qui réunit les deux solistes que nous accueillons ce soir, on peut lire, entre autres, dans la presse des critiques dithyrambiques qui mettent en avant la complicité des deux stars et leurs exceptionnels talents : « Programme enchanteur porté par l’action conjuguée d’une voix imprévue (Diana Damrau) et de la harpe poétesse d’un maître interprète, de surcroît transcripteur inspiré (Xavier de Maistre) : ce récital debussyste convoque les étoiles et fait naître mille sensations oniriques. Album enchanteur… La délicatesse, à la fois musclée et murmurée à laquelle Xavier de Maistre parvient dans cette série de perles debussystes, rend pleinement justice à des œuvres souvent taxées de divertissements pour salon. […] L’artiste crée les climats justes avec une maîtrise des dynamiques qui ne s’embarrasse jamais d’effets ou de maniérisme. L’idée de transcrire le cycle des mélodies initialement accompagnées au piano, pour la harpe se défend d’autant plus dans le cas de Debussy (1862-1918), que le compositeur n’a jamais caché sa passion de l’instrument. Il a lui-même encouragé la harpiste Henriette Renié, à arranger ses pièces pour piano (instru-

ment qu’il maîtrisait davantage que la harpe). Xavier de Maistre […] démontre une palette de couleurs d’un fini accompli, soucieux de souligner la liquidité flottante, à la fois franche et douce du timbre de son instrument (subtilité des Arabesques). L’accord harpe/voix (et quel engagement doué en prime d’une articulation délectable de la part de Diana Damrau) insiste tout autant et sur l’admirable fusion des deux timbres, et sur la variété des caractères exprimés par la harpe : « Beau soir » et « Apparition » suffisent à révéler l’accord supérieur des deux artistes, ambassadeurs des atmosphères flottantes, diaphanes, suggestives. Quant aux deux Danses, tour à tour sacrée et profanes, (enregistrées avec les cordes des Wiener Philharmoniker), elles montrent à l’évidence dans un style plus nerveux et musclé, le tempérament du harpiste français, qui sait projeter le timbre éclatant de son instrument sans jamais perdre le fin d’une lecture continûment poétique. Récital événement. » (Classique News, Carl Fischer, 28.04.08)

Inutile de se tourner vers son lecteur CD ce soir, nous avons le bonheur d’avoir les deux stars réunies en live, pour nous entraîner vers des harmonies qui suscitent la véritable émotion. Leur professionnalisme, leur perfectionnisme, leur simplicité sont les garants d’un moment rare et précieux. DD

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Franz Schubert

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(1797-1828)

Ständchen D 957 - Tiré du Schwanengesang (1828) Heinrich Friedrich Ludwig Rellstab (1799-1860)

Sérénade

Leise flehen meine Lieder Durch die Nacht zu dir; In den stillen Hain hernieder, Liebchen, komm zu mir!

Doucement mes chants t’implorent À travers la nuit ; En bas, dans le calme bosquet, Mignonne, rejoins‑moi !

Flüsternd schlanke Wipfel rauschen In des Mondes Licht; Des Verräters feindlich Lauschen Fürchte, Holde, nicht.

Chuchotant, les sveltes cimes chantent Dans la lumière de la lune ; Le guet malveillant du perfide, Belle, ne le crains pas.

Hörst die Nachtigallen schlagen? Ach! sie flehen dich, Mit der Töne süssen Klagen Flehen sie für mich.

Entends‑tu chanter les rossignols ? Ah ! ils t’implorent, D’une douce voix plaintive, Ils t’implorent pour moi.

Sie verstehn des Busens Sehnen, Kennen Liebesschmerz, Rühren mit den Silbertönen Jedes weiche Herz.

Ils comprennent le cœur alangui, Connaissent la peine d’amour, Ils touchent de leurs voix d’argent Celui au cœur tendre.

Lass auch dir die Brust bewegen, Liebchen, höre mich! Bebend harr’ ich dir entgegen! Komm, beglücke mich!

Laisse aussi ton cœur s’attendrir, Mignonne, écoute‑moi ! En tremblant je t’attends ! Viens, fais‑moi plaisir !

Traduction de Guy Laffaille

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Tu es le repos

Du bist die Ruh D 776 - Tiré des Vier Lieder op. 59 (1823) Friedrich Rückert (1788-1866)

Traduction de Guy Laffaille

Du bist die Ruh, Der Friede mild, Die Sehnsucht du Und was sie stillt.

Tu es le repos, La paix clémente, Tu es le désir, Et ce qui le calme.

Ich weihe dir Voll Lust und Schmerz Zur Wohnung hier Mein Aug und Herz.

Je te consacre Plein de joie et de peine Pour être ta demeure Mes yeux et mon cœur.

Kehr ein bei mir, Und schliesse du Still hinter dir Die Pforten zu.

Entre en moi Et ferme Derrière toi La porte.

Treib andern Schmerz Aus dieser Brust! Voll sei dies Herz Von deiner Lust.

Chasse tout chagrin De mon sein ! Que ce cœur soit plein De ta joie.

Dies Augenzelt Von deinem Glanz Allein erhellt, O füll es ganz!

L’abri de mes yeux, De ton éclat Est seulement illuminé, Oh emplis-le entièrement !

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Franz Schubert

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Marguerite au rouet

Gretchen am Spinnrade D 118 (1814) Johann Wolfgang von Goethe (1749-1832), Faust I

Traduction de Michel Chasteau

Meine Ruh’ ist hin, Mein Herz ist schwer, Ich finde sie nimmer Und nimmermehr.

Le repos m’a fuie Et mon cœur est lourd, Jamais, plus jamais, Je ne retrouverai la paix.

Wo ich ihn nicht hab Ist mir das Grab, Die ganze Welt Ist mir vergällt.

Où je ne puis le voir, C’est pour moi le tombeau. Et l’univers entier N’est que tristesse affreuse.

Mein armer Kopf Ist mir verrückt, Mein armer Sinn Ist mir zerstückt.

Ma pauvre tête perd la raison, Mon pauvre esprit s’anéantit.

Meine Ruh’ ist hin, Mein Herz ist schwer, Ich finde sie nimmer Und nimmermehr.

Le repos m’a fuie Et mon cœur est lourd, Jamais, plus jamais, Je ne retrouverai la paix.

Nach ihm nur schau ich Zum Fenster hinaus, Nach ihm nur geh ich Aus dem Haus.

C’est lui seul que je guette À ma fenêtre tout le jour, Si je sors du logis Ce n’est qu’à sa rencontre.

Sein hoher Gang, Sein’ edle Gestalt, Seine Mundes Lächeln, Seiner Augen Gewalt,

Sa fière démarche, Son port altier, Le sourire de ses lèvres, Le pouvoir de ses yeux,

Und seiner Rede Zauberfluss, Sein Händedruck, Und ach, sein Kuss!

Et de ses paroles Le flux merveilleux, De ses mains l’étreinte Et ah ! son baiser !

Meine Ruh’ ist hin, Mein Herz ist schwer, Ich finde sie nimmer Und nimmermehr.

Le repos m’a fuie Et mon cœur est lourd, Jamais, plus jamais, Je ne retrouverai la paix.

Mein Busen drängt sich Nach ihm hin. Ach dürft ich fassen Und halten ihn,

Mon cœur palpite À son approche, Ah ! que ne puis-je le saisir, Le retenir,

Und küssen ihn, So wie ich wollt, An seinen Küssen Vergehen sollt!

Et l’embrasser Sans me lasser, Et puis mourir Sous ses baisers.

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Franz Schubert An die Musik D 547 Tiré des Vier Lieder op. 88 (1817) Franz von Schober (1796-1882)

À la musique

Du holde Kunst, in wieviel grauen Stunden, Wo mich des Lebens wilder Kreis umstrickt, Hast du mein Herz zu warmer Lieb entzunden, Hast mich in eine bessre Welt entrückt!

Ô toi Art sacré, que de fois aux heures blêmes, Lorsque cerné par le cruel cycle de la vie, M’as-tu réchauffé le cœur, M’as-tu porté vers un monde meilleur.

Oft hat ein Seufzer, deiner Harf’ entflossen, Ein süßer, heiliger Akkord von dir Den Himmel bessrer Zeiten mir erschlossen, Du holde Kunst, ich danke dir dafür!

Souvent, un soupir échappé de ta harpe, Un doux accord céleste, M’a ouvert d’autres cieux, Ô toi Art sacré, je te remercie pour cela.

Traduction de Jonathan Krief

Ave Maria (Ellens Gesang III - Hymne an die Jungfrau) D 839 Tiré des Sieben Gesänge aus Walter Scotts Fräulein Vom See op. 52 (1825) Adam Storck (1780-1822) Traduction de Claus-Christian Schuster Ave Maria! Jungfrau mild, Erhöre einer Jungfrau Flehen, Aus diesem Felsen starr und wild Soll mein Gebet zu dir hinwehen. Wir schlafen sicher bis zum Morgen, Ob Menschen noch so grausam sind. O Jungfrau, sieh der Jungfrau Sorgen, O Mutter, hör ein bittend Kind! Ave Maria!

Ave Maria ! Douce Vierge, Entends les pleurs d’une vierge Roide et âpre sur ce rocher Doit ma prière résonner. Nous dormons sauves, jusqu’à l’aurore Malgré la cruauté humaine. Ô Vierge : vois d’une vierge la peine Ô Mère, écoute l’enfant qui implore ! Ave Maria !

Ave Maria! Unbefleckt! Wenn wir auf diesen Fels hinsinken Zum Schlaf, und uns dein Schutz bedeckt Wird weich der harte Fels uns dünken. Du lächelst, Rosendüfte wehen In dieser dumpfen Felsenkluft, O Mutter, höre Kindes Flehen, O Jungfrau, eine Jungfrau ruft! Ave Maria!

Ave Maria ! Immaculée ! Lorsque de ce roc nous sombrons Dans le sommeil, ta protection, Velours nous semble le rocher. Tu souris : les effluves cheminent Dans la torpeur de la ravine, Ô Mère, entends l’enfant pleurer Ô Vierge, une vierge appelle ! Ave Maria !

Ave Maria! Reine Magd! Der Erde und der Luft Dämonen, Von deines Auges Huld verjagt, Sie können hier nicht bei uns wohnen, Wir woll’n uns still dem Schicksal beugen, Da uns dein heil’ger Trost anweht; Der Jungfrau wolle hold dich neigen, Dem Kind, das für den Vater fleht. Ave Maria!

Ave Maria ! Madone pure ! Les démoniques créatures de la terre et des airs légers Chassés au pardon de tes yeux Ne peuvent vivre à nos côtés Nous voulons, calmes, plier au destin ; Car saint nous touche ton réconfort, Consens à la vierge tendre ton chemin À l’enfant, qui vers son père implore. Ave Maria !

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Richard Strauss

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(1864-1949) Sérénade

Ständchen - Tiré des Sechs Lieder op. 17 (1887) Adolf Friedrich Graf von Schack (1815-1894)

Traduction de Pierre Mathé

Mach auf, mach auf, doch leise mein Kind, Um keinen vom Schlummer zu wecken. Kaum murmelt der Bach, kaum zittert im Wind Ein Blatt an den Büschen und Hecken. Drum leise, mein Mädchen, dass nichts sich regt, Nur leise die Hand auf die Klinke gelegt.

Ouvre, ouvre, mais doucement, mon enfant, Pour n’éveiller personne de son sommeil, Le ruisseau murmure à peine, la feuille dans le vent Tremble à peine sur le buisson ou la haie. Alors doucement, ma mignonne, que rien ne bouge, Pose légèrement ta main sur la poignée.

Mit Tritten, wie Tritte der Elfen so sacht, Um über die Blumen zu hüpfen, Flieg leicht hinaus in die Mondscheinnacht, Zu mir in den Garten zu schlüpfen. Rings schlummern die Blüten am rieselnden Bach Und duften im Schlaf, nur die Liebe ist wach.

Que ton pas, pareil au pas si léger des elfes Quand ils sautillent parmi les fleurs, S’envole, léger, dans la nuit de pleine lune, Et se faufile vers moi dans le jardin. Alentour les fleurs sommeillent près du ruisseau Et embaument en dormant, seul l’amour veille.

Sitz nieder, hier dämmert’s geheimnisvoll Unter den Lindenbäumen, Die Nachtigall uns zu Häupten soll Von unseren Küssen träumen, Und die Rose, wenn sie am Morgen erwacht, Hoch glühn von den Wonnenschauern der Nacht.

Assieds-toi là, dans le mystérieux demi-jour, Sous les tilleuls, Le rossignol, au-dessus de nos têtes Doit rêver de nos baisers Et la rose, quand au matin elle s’éveille, Rougir des frissons voluptueux de la nuit.

Epheu - Tiré des Mädchenblumen op. 22 (1888) Felix Dahn (1834-1912)

Lierre

Aber Epheu nenn’ ich jene Mädchen mit den sanften Worten, mit dem Haar, dem schlichten, hellen um den leis’ gewölbten Brau’n, mit den braunen seelenvollen Rehenaugen, die in Tränen steh’n so oft, in ihren Tränen gerade sind unwiderstehlich; ohne Kraft und Selbstgefühl, schmucklos mit verborg’ner Blüte, doch mit unerschöpflich tiefer treuer inniger Empfindung können sie mit eigner Triebkraft nie sich heben aus den Wurzeln, sind geboren, sich zu ranken liebend um ein ander Leben: an der ersten Lieb’umrankung hängt ihr ganzes Lebensschicksal, denn sie zählen zu den seltnen Blumen, die nur einmal blühen.

Par contre, j’appelle lierre ces jeunes filles aux mots doux aux cheveux clairs, simples autour des sourcils légèrement voûtés, aux yeux de chevreuil marrons et pleins de sensibilité qui sont si souvent en larmes, et qui, en larmes précisément, sont irrésistibles ; sans force, sans conscience de leur propre valeur, sans appas, la fleur cachée, mais avec une sensibilité immensément profonde, fidèle et sincère, elles n’arrivent pas à se lever de leur racines par leurs propres moyens ; elles sont nées pour grimper, pleines d’amour, le long de la vie d’une autre personne : leur destinée dépend entièrement de la première étreinte d’amour, car elles comptent parmi les fleurs rares qui ne fleurissent qu’une fois.

Traduction de Heide Wiesner

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Schlagende Herzen - Tiré des Drei Lieder op. 29 (1895) Otto Julius Bierbaum (1865-1910)

Cœurs battants

Über Wiesen und Felder ein Knabe ging, Kling-klang schlug ihm das Herz; Es glänzt ihm am Finger von Golde ein Ring. Kling-klang, schlug ihm das Herz. „Oh Wiesen, oh Felder, Wie seid ihr schön! Oh Berge, oh Täler, wie schön! Wie bist du gut, wie bist du schön, Du gold’ne Sonne in Himmelshöhn!“ Kling-klang schlug ihm das Herz.

Un garçon allait par prairies et champs, Cling-clang battait son cœur ; À son doigt brillait un anneau d’or. Cling-clang battait son cœur. « Ô prairies, ô champs, Comme vous êtes beaux ! Ô montagnes, ô vallées, Si belles. Comme tu es bon, comme tu es beau, Toi soleil d’or là-haut dans le ciel ! » Cling-clang battait son cœur.

Schnell eilte der Knabe mit fröhlichem Schritt, Kling-klang schlug ihm das Herz; Nahm manche lachende Blume mit – Kling-klang schlug ihm das Herz. „Über Wiesen und Felder Weht Frühlingswind, Über Berge und Wälder Weht Frühlingswind. Im Herzen mir innen weht Frühlingswind, Der treibt zu dir mich leise, lind!“ Kling-klang schlug ihm das Herz.

Le garçon se pressait vite, d’un pas joyeux, Cling-clang battait son cœur ; Il emporta quantité de riantes fleurs – Cling-clang battait son cœur. « Sur les prairies et les champs Souffle le vent du printemps, Sur les montagnes et les vallées Souffle le vent du printemps, À l’intérieur de mon cœur souffle le vent du printemps Qui me porte vers toi légèrement, doucement. » Cling-clang battait son cœur.

Zwischen Wiesen und Feldern ein Mädel stand, Kling-klang schlug ihr das Herz. Hielt über die Augen zum Schauen die Hand, Kling-klang schlug ihr das Herz. „Über Wiesen und Felder Über Berge und Wälder, Zu mir, zu mir, schnell kommt er her! Oh, wenn er bei mir nur, bei mir schon wär!“ Kling-klang schlug ihr das Herz.

Entre prairies et champs il y avait une fille, Cling-clang battait son cœur ; Pour voir elle protégeait ses yeux de la main, Cling-clang battait son cœur. « Par-dessus prairies et champs, Par dessus montagnes et forêts Vite il vient, vers moi, vers moi, Oh s’il était seulement près de moi, déjà près de moi ! » Cling-clang battait son cœur.

Traduction de Pierre Mathé

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Richard Strauss

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Rien

Nichts Tiré des Acht Gedichte aus „Letzte Blätter“ op. 10 (1885) Hermann von Gilm zu Rosenegg (1812-1864)

Traduction de Pierre Mathé

Nennen soll ich, sagt ihr, meine Königin im Liederreich? Toren, die ihr seid, ich kenne Sie am wenigsten von euch.

Vous dites que je devrais nommer Ma reine au royaume des chansons ? Fous que vous êtes, je la connais Encore moins que vous.

Fragt mich nach der Augen Farbe, Fragt mich nach der Stimme Ton, Fragt nach Gang und Tanz und Haltung, Ach, und was weiss ich davon!

Demandez la couleur de ses yeux, Demandez le ton de sa voix Demandez son allure, son pas et sa tournure, Ah, qu’en sais-je !

Ist die Sonne nicht die Quelle Alles Lebens, alles Lichts? Und was wissen von derselben Ich, und ihr, und alle? -- Nichts.

Le soleil n’est-il point la source De toute vie, de toute lumière ? Et de cela que savons-nous, Moi, vous et tous ? rien.

Wiegenlied - Tiré des Fünf Lieder op. 41 (1899) Richard Dehmel (1863-1920)

Berceuse

Bienchen, Bienchen, Wiegt sich im Sonnenschein, Spielt um mein Kindelein, Summt dich in Schlummer ein, Süsses Gesicht.

Petite abeille, petite abeille, Dans le soleil, Joue autour de mon petit enfant, Bourdonne dans ton somme, Doux visage.

Spinnchen, Spinnchen, Flimmert im Sonnenschein, Schlummre, mein Kindelein, Spinnt dich in Träume ein, Rühre dich nicht!

Petite araignée, petite araignée, Qui scintille au soleil, Dodo, mon petit enfant, Pris dans la toile de tes rêves, Ne remue plus !

Tief-Edelinchen Schlüpft aus dem Sonnenschein Träume, mein Kindelein, Haucht dir ein Seelchen ein: Liebe zum Licht.

Petit Prince d’or Se faufile à travers les rayons du soleil, Rêve, mon petit enfant, Il t’insufflera une petite âme : Amour de la lumière.

Traduction de Christopher Park

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Richard Strauss En allant dormir

Beim Schlafengehen Tiré des Vier letzte Lieder op. 150 (1948) Hermann Hesse (1877-1962)

Traduction de Pierre Mathé

Nun der Tag mich müd gemacht, soll mein sehnliches Verlangen freundlich die gestirnte Nacht wie ein müdes Kind empfangen.

Maintenant le jour me fatigue, Il faut que la nuit étoilée Accueille mon désir ardent, Comme un enfant fatigué.

Hände, lasst von allem Tun, Stirn, vergiss du alles Denken, alle meine Sinne nun wollen sich in Schlummer senken.

Mains, cessez toute activité, Cerveau, oublie toute pensée, Tous mes sens maintenant Veulent plonger dans le sommeil.

Und die Seele unbewacht will in freien Flügen schweben, um im Zauberkreis der Nacht tief und tausendfach zu leben.

Et mon âme, sans surveillance, Planera de ses ailes libérées Dans le cercle magique de la nuit, Pour vivre mille fois plus intensément.

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Reynaldo Hahn

(1803-1869)

Si mes vers avaient des ailes (1888) Victor Hugo (1802-1885)

L’Heure exquise - Tiré des Chansons grises (1893) Paul Verlaine (1844-1896)

Mes vers fuiraient, doux et frêles, Vers votre jardin si beau, Si mes vers avaient des ailes, Des ailes comme l’oiseau.

La lune blanche Luit dans les bois ; De chaque branche Part une voix Sous la ramée...

Ils voleraient, étincelles, Vers votre foyer qui rit, Si mes vers avaient des ailes, Des ailes comme l’esprit. Près de vous, purs et fidèles, Ils accourraient, nuit et jour, Si mes vers avaient des ailes, Des ailes comme l’amour !

Ô bien aimée. L’étang reflète, Profond miroir, La silhouette Du saule noir Où le vent pleure... Rêvons, c’est l’heure. Un vaste et tendre Apaisement Semble descendre Du firmament Que l’astre irise... C’est l’heure exquise.

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Ernest Chausson

(1855-1899)

Le Colibri Tiré des Sept mélodies op. 2 (1898-99) Leconte de Lisle (1818-1894)

La Cigale Tiré des Quatres mélodies op. 13 (1887) Leconte de Lisle (1818-1894)

Le vert colibri, le roi des collines, Voyant la rosée et le soleil clair, Luire dans son nid tissé d’herbes fines, Comme un frais rayon s’échappe dans l’air.

Ô Cigale, née avec les beaux jours, Sur les verts rameaux dès l’aube posée, Contente de boire un peu de rosée, Et telle qu’un roi, tu chantes toujours.

Il se hâte et vole aux sources voisines, Où les bambous font le bruit de la mer, Où l’açoka rouge aux odeurs divines S’ouvre et porte au coeur un humide éclair.

Innocente à tous, paisible et sans ruses, Le gai laboureur, du chêne abrité, T’écoute de loin annoncer l’Été Apollôn t’honore autant que les Muses, Et Zeus t’a donné l’Immortalité !

Vers la fleur dorée, il descend, se pose, Et boit tant d’amour dans la coupe rose, Qu’il meurt, ne sachant s’il l’a pu tarir ! Sur ta lèvre pure, ô ma bien-aimée, Telle aussi mon âme eut voulu mourir, Du premier baiser qui l’a parfumée.

Salut, sage enfant de la Terre antique, Dont le chant invite à clore les yeux, Et qui, sous l’ardeur du soleil Attique, N’ayant chair ni sang, vis semblable aux Dieux.

Le Temps des lilas (1877) Maurice Bouchor (1855-1929) Le temps des lilas et le temps des roses Ne reviendra plus à ce printemps-ci ; Le temps des lilas et le temps des roses Est passé, le temps des œillets aussi. Le vent a changé, les cieux sont moroses, Et nous n’irons plus courir, et cueillir Les lilas en fleur et les belles roses ; Le printemps est triste et ne peut fleurir. Oh ! Joyeux et doux printemps de l’année, Qui vins, l’an passé, nous ensoleiller, Notre fleur d’amour est si bien fanée, Las ! que ton baiser ne peut l’éveiller ! Et toi, que fais-tu ? Pas de fleurs écloses, Point de gai soleil ni d’ombrages frais ; Le temps des lilas et le temps des roses Avec notre amour est mort à jamais.

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Henri Duparc

(1848-1933)

Chanson triste Tiré des Cinq mélodies (1889) Jean Lahor (1840-1909) Dans ton cœur dort un clair de lune, Un doux clair de lune d’été, Et pour fuir la vie importune, Je me noierai dans ta clarté. J’oublierai les douleurs passées, Mon amour, quand tu berceras Mon triste cœur et mes pensées Dans le calme aimant de tes bras. Tu prendras ma tête malade, Oh ! quelquefois, sur tes genoux, Et lui diras une ballade Qui semblera parler de nous ; Et dans tes yeux pleins de tristesse, Dans tes yeux alors je boirai Tant de baisers et de tendresses Que peut-être je guérirai.

L’Invitation au voyage (1872) Charles Baudelaire (1821-1867) Mon enfant, ma sœur, Songe à la douceur D’aller là-bas vivre ensemble, Aimer à loisir, Aimer et mourir Au pays qui te ressemble. Les soleils mouillés De ces ciels brouillés Pour mon esprit ont les charmes Si mystérieux De tes traîtres yeux, Brillant à travers leurs larmes. Là, tout n’est qu’ordre et beauté, Luxe, calme et volupté. Des meubles luisants, Polis par les ans, Décoreraient notre chambre, Les plus rares fleurs Mêlant leurs odeurs Aux vagues senteurs de l’ambre Les riches plafonds, Les miroirs profonds, La splendeur orientale Tout y parlerait À l’âme en secret Sa douce langue natale. Là, tout n’est qu’ordre et beauté, Luxe, calme et volupté. Vois sur ces canaux Dormir ces vaisseaux Dont l’humeur est vagabonde ; C’est pour assouvir Ton moindre désir Qu’ils viennent du bout du monde. Les soleils couchants Revêtent les champs, Les canaux, la ville entière, D’hyacinthe et d’or ; Le monde s’endort Dans une chaude lumière ! Là, tout n’est qu’ordre et beauté, Luxe, calme et volupté.

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Eva Dall’Acqua

(1856-1930)

Villanelle (1893) Frédéric van der Elst J’ai vu passer l’hirondelle Dans le ciel pur du matin : Elle allait, à tire-d’aile, Vers le pays où l’appelle Le soleil et le jasmin. J’ai vu passer l’hirondelle ! J’ai longtemps suivi des yeux Le vol de la voyageuse... Depuis, mon âme rêveuse L’accompagne par les cieux. Ah ! ah ! Au pays mystérieux ! Et j’aurais voulu comme elle Suivre le même chemin... J’ai vu passer l’hirondelle, etc.

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Biographies Diana Damrau Née à Günzburg an der Donau, Diana Damrau se forme auprès de Carmen Hanganu et de Hanna Ludwig. Membre des troupes des opéras de Mannheim et de Francfort, elle se fait remarquer dans des rôles comme la Reine de la nuit, Zerbinetta et Adele (Die Fledermaus) à Munich, Hambourg et Vienne. Artiste indépendante dès 2002, elle est saluée dans le rôle de la Petite Femme lors de la création Der Riese vom Steinfeld de Cerha au Staatsoper de Vienne, en Reine de la nuit au Covent Garden et dans le rôle principal de L’Europa riconosciuta de Salieri à La Scala de Milan en 2004. Elle est nommée « Kammersängerin » au Bayerische Staatsoper en 2007 et « chanteuse de l’année » par le magazine « Opernwelt » en 2008. Parmi les moments phares de sa carrière figurent : la Professeur de gymnastique et la Femme ivre de 1984 de Lorin Maazel à Covent Garden, Susanna (Le Nozze di Figaro) à La Scala, Konstanze (Die Entführung aus dem Serail) au Burgtheater de Vienne, Zerbinetta (Ariadne auf Naxos) au Teatro Real de Madrid et Bayerische Staatsoper de Munich, Gilda (Rigoletto ) au Semperoper de Dresde, Gretel (Hänsel und Gretel) à Covent Garden, ainsi que Sophie (Der Rosenkavalier) à Baden-Baden, Marie (La Fille du régiment) à San Francisco, Manon de Massenet à Vienne et Aminta (Il Re pastore) à Munich. Elle est invitée chaque saison depuis 2005 au Metropolitan Opera de New York où elle interprète notamment Zerbinetta, Rosina (Il Barbiere di Siviglia), Aithra (Die Ägyptische Helena), Konstanze, Gilda, Lucia, Marie (La Fille du régiment), Pamina et la Reine de la nuit (Die Zauberflöte), et, plus récemment Adèle (Le Comte Ory). Dès 2001, elle se produit aussi régulièrement au Festival de Salzbourg (la Reine de la nuit, Blonde, Konstanze, Fauno et Susanna). En récital, on a pu l’entendre à la Philharmonie de Berlin, au Musikverein de Vienne, au Festival de Salzbourg, aux Schubertiades de Schwarzenberg, au Wigmore Hall de Londres et au Carnegie Hall de New York. Durant la saison 2011-2012, elle

@ diana-damrau.com

Soprano

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Xavier de Maistre

@ felix Broede

Harpe

Xavier de Maistre est salué comme l’artiste qui est parvenu à extraire la harpe du domaine de la musique légère dans lequel on la range trop souvent et à l’élever au rang de véritable instrument soliste de concert. Capable de jouer avec une précision époustouflante des pièces comme Ma Patrie de Smetana, il aborde des chefs d’œuvre qui sont normalement interprétés par des orchestres au complet. En étoffant son répertoire de compositions que seuls une poignée de harpistes avaient abordées avant lui, Xavier de Maistre a acquis une solide réputation et se présente comme l’un des artistes les plus en vue de sa génération. En tant que soliste, Xavier de Maistre s’est produit sous la baguette d’éminents chefs d’orchestre tels que Riccardo Muti, André Previn, Simon Rattle, Heinrich Schiff, Bertrand de Billy, Walter Weller, Gilbert Varga, Josep Pons, Daniele Gatti ou Philippe Jordan. Il est apparu sur les scènes des plus fameux festivals d’Europe : SchleswigHolstein, Salzbourg, Rheingau, Vienne ou Verbier mais aussi le Budapest Spring Festival et le Wurzburg Mozart Festival. Il a également collaboré avec des artistes de renom comme Diana Damrau, Mojca Erdmann, Daniel Müller-Schott et Magali Mosnier. Lors de la saison 2012-2013, Xavier de Maistre a fait ses débuts avec l’Orchestre philharmonique de Radio France, les WDR Sinfonieorchester et Gürzenich-Orchester de Cologne, le Deutsche Symphonie Orchester de Berlin, les Philharmoniker de Hambourg et l’Orchestre de chambre de Lausanne. Il se produit également en récital en compagnie de Diana Damrau à Paris et Lyon tandis qu’une soirée avec Mojca Erdmann est prévue dans le cadre du Musikfest de Brême. Autre grande première, un récital avec la violoniste Arabella Steinbacher à Munich. En 2008, Xavier de Maistre a signé un contrat d’exclusivité avec RCA/Sony Music. Ses enregistrements comprennent des œuvres de Haydn, Rodrigo, Ginastera et Debussy. Son dernier CD a obtenu l’Echo Klassik Award 2009 dans ➜ suite en page 24

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Biographies

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➜ suite de la biographie de Diana Damrau

➜ suite de la biographie de xavier de maistre

chante, entre autres, Olympia, Giulietta, Antonia, Stella des Contes d’Hoffmann à Munich, Linda di Chamounix à Barcelone, Gilda de Rigoletto à Zurich, elle incarnera Lucia au Staatsoper de Vienne et au Deutsche Oper de Berlin, ainsi qu’Adina de L’Elisir d’amore au Met. Après avoir incarné Violetta dans la dernière production de La Traviata à Zurich, elle se produira en compagnie de Xavier de Maistre à Paris, Lyon, Reykjavik, Munich, Londres, Menton, Schwarzenberg et Grafenegg. On pourra l’entendre à l’Elbphilharmonie lors d’un concert de gala avec les Philharmoniker de Hambourg et au Festival de Salzbourg où elle incarnera Konstanze dans Die Entführung aus dem Serail. Au Grand Théâtre de Genève : Don Giovanni (Donna Anna) 09-10, I Puritani (Elvira) 10-11, Mignon (Philine) 11-12.

la catégorie « instrumentiste de l’année ». En 2012 Notte veneziana, une compilation de concertos baroques gravée en compagnie de l’ensemble L’arte del mondo, est acclamé par la critique et fait partie des dix meilleures ventes de disque de musique classique en France et en Allemagne. Né à Toulon, Xavier de Maistre débute l’apprentissage de la harpe à neuf ans. Étudiant de Vassilia Briano au conservatoire de sa ville natale, il se perfectionne auprès de Catherine Michel et Jacqueline Borot à Paris. En 1998, il remporte le premier prix et deux prix d’interprétation au prestigieux concours international de harpe de Bloomington (Indiana). Plus tard dans la même année, il est le premier musicien français à intégrer les rangs des Wiener Philharmoniker, un poste qu’il quitte en 2010 pour se consacrer à sa carrière internationale de soliste. Depuis cette même année, il enseigne à la Haute école de musique de Hambourg et donne régulièrement des classes de maître à la Juilliard School of Music de New York, à la Toho University de Tokyo et au Trinity College of Music de Londres. Débuts au Grand Théâtre

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* PRIX EN CHF, TTC

Beau-Rivage Palace, Lausanne

prochainement Opéra

Récitals

Rusalka

Barbara Frittoli

Conte lyrique en 3 actes Au Grand Théâtre 13, 19, 21, 24, 27 juin 2013 à 19 h 30 16 juin 2013 à 15 h Direction musicale Dmitri Jurowski Mise en scène Jossi Wieler / Sergio Morabito Décors Barbara Ehnes Costumes Anja Rabes Lumières Olaf Freese Vidéo Chris Kondek Avec Alexei Tikhomirov, Camilla Nylund, Birgit Remmert, Ladislav Elgr, Nadia Krasteva, Elisa Cenni, Stephanie Lauricella, Cornelia Oncioiu, Marc Scoffoni, Lamia Beuque, Hubert Francis Orchestre de la Suisse Romande Chœur du Grand Théâtre Direction Ching-Lien Wu Production des Salzburger Festspiele

Soprano

Au Grand Théâtre Dimanche 9 juin 2013 à 19 h 30 Piano Mzia Bakhtouridze Verdi / Wagner concert

L’Esprit Slave Au Grand Théâtre Dimanche 2 juin 2013 à 11 h Quatuor à cordes de l’Ensemble Contrechamps Robert Koller Baryton Thierry Debons Percussion Schnittke / Kurtág En coproduction avec l’Ensemble Contrechamps

Conférence de présentation par Mathilde Reichler En collaboration avec l’Association genevoise des amis de l’opéra et du ballet. Mercredi 12 juin 2013 à 18 h 15 au Grand Théâtre

Directeur de la publication : Tobias Richter Responsable de la rédaction : Daniel Dollé Responsable de l’édition : Aimery Chaigne Coordination : Albert Garnier, Frédéric Leyat Révision : Christopher Park ont collaboré à ce programme : Sandra Gonzalez, Isabelle Jornod, Benoît Payn Impression : SRO-Kundig Genève Achevé d’imprimer en mai 2013

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Hermès à Bâle, Berne, Crans-sur-Sierre, Genève, Gstaad, Lausanne, Lucerne, Lugano, St.Moritz, Zurich. Hermes.com

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