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LES CAHIERS

DE L’EXPERT RUSTICA

BRF(Bois Raméal Fragmenté)

BRF (Bois Raméal Fragmenté) Une technique de paillage innovante

Dans la même collection Semis & plantations Bien tailler tous les arbres et arbustes d’ornement Purins & macérations Lombricompost

L’auteur vous donne toutes les informations pour vous lancer dans le BRF sans faire d’erreur : quand et comment préparer ou se procurer du broyat, comment l’épandre et l’incorporer dans le sol… Et chaque geste technique fait l’objet de dessins détaillés.

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Le BRF, ou Bois Raméal Fragmenté, désigne une méthode de jardinage d’origine canadienne qui consiste à broyer des rameaux, puis à les épandre et éventuellement les incorporer dans le sol. Cette technique permet de réduire l’arrosage, d’accroître la production et sa qualité, de repousser parasites et maladies, d’améliorer la structure des sols… Bref, elle vous permet de produire plus tout en protégeant l’environnement et même en l’améliorant !

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Une technique de

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DE L’EXPERT RUSTICA

paillage innovante

Michel Beauvais est journaliste jardin et auteur de nombreux titres aux éditions Rustica. Passionné par le jardinage et la nature, il entretient patiemment et passionnément un jardin non loin de Paris.

MICHEL BEAUVAIS

DE L’EXPERT RUSTICA

BRF (Bois Raméal Fragmenté)

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Sommaire Avant-propos

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Chapitre 1 Les bases du BRF

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Le BRF : un processus complexe et étonnant Les avantages du BRF Les inconvénients du BRF

Chapitre 2 La préparation et l’utilisation du BRF La nature du broyat Se procurer du BRF La préparation du broyat L’utilisation du broyat La culture BRF

Chapitre 3 Quelques problèmes et les solutions Les problèmes de sol La faim d’azote Une super solution : le précompostage du BRF

Index

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CHAPITRE 1

Les bases du BRF

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Le BRF : un processus complexe et étonnant Le BRF (Bois Raméal Fragmenté) est une accélération du processus pédogénétique (relatif à la formation des sols) en œuvre dans les forêts. En déposant sur le sol des rameaux sous forme de broyat, on déclenche en effet un processus d’une grande complexité, mais qui, pour résumer, aboutit à une activité biologique intense et redonne au sol la vie et une grande fertilité.

Le BRF : un processus complexe et étonnant

Pourquoi des rameaux ? Les rameaux contiennent, entre autres, des acides aminés, des protéines, des minéraux, de la cellulose ainsi que de la lignine. La lignine est d’ailleurs l’un des principaux composants du bois et c’est elle qui donne au bois sa solidité et sa rigidité. Certes il y aussi de la lignine dans le tronc et les grosses branches, mais celle que l’on trouve dans les rameaux est peu polymérisée, elle est en formation, ce qui est idéal pour le processus que nous allons décrire ci-après. En outre, les rameaux sont les parties les plus riches de l’arbre, en particulier en azote, en phosphore et en potasse.

Le jardinage et la lignine Le BRF a ceci de nouveau qu’il réintroduit la lignine, élément essentiel de la pédogenèse, dans les terres cultivées alors qu’elle en est bannie dans l’agriculture et le jardinage tels qu’ils sont pratiqués. La lignine permet le développement des champignons qui, à leur tour, favorisent le développement des réseaux trophiques.

Pourquoi les fragmenter ? L’écorce contient divers éléments, dont la cire et la résine, qui s’opposent à l’invasion des micro-organismes, en particulier à celle des champignons. En fragmentant les rameaux, on brise cette résistance et les copeaux obtenus sont rapidement envahis par ces micro-organismes.

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Le processus : les réseaux trophiques La décomposition et la minéralisation des éléments végétaux est l’œuvre de la microflore et de la microfaune du sol. Dans le cadre du BRF, la microflore déclenche le développement d’une faune nombreuse et diversifiée. Des chaînes alimentaires se mettent en place — certains animaux mangent les végétaux et sont à leur tour mangés, d’autres animaux vivent de leurs déjections ou se nourrissent d’autres types de végétaux... Comme tous ces organismes interagissent de manière complexe, on parle de réseaux (ou de chaînes) trophiques plutôt que de chaînes alimentaires (expression qui donne une idée trop linéaire et à sens unique du processus).

L’invasion des champignons Dès que les fragments de rameaux sont en contact avec le sol, des champignons appartenant à l’embranchement des Basidiomycètes et aussi appelés champignons de la pourriture blanche les envahissent très rapidement. Dans un premier temps, ces champignons se développent en consom-

Le produit du broyage : copeaux ou broyat...

Définition : minéralisation On parle de minéralisation lorsque la microflore du sol dégrade les apports de matière organique et libère ainsi des éléments minéraux assimilables par les plantes.

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MATIÈRE ORGANIQUE

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Le BRF : un processus complexe et étonnant

Transformation de la matière organique et formation du sol Les végétaux et les animaux morts sont décomposés, un processus complexe impliquant les champignons, les bactéries, la pédoflore et la pédofaune – les animaux fouisseurs se chargeant du brassage et de l’aération.

mant, par le biais de leur mycélium (partie végétative et souterraine des champignons constituée de filaments), ce qui est le plus aisément disponible, en l’occurrence les protéines et les sucres. Pour cela, le mycélium mobilise l’azote présent dans le sol, d’où ce que l’on appelle la « faim d’azote » (voir pages 73 à 75). Les champignons s’attaquent ensuite aux cellules, plus dures, de la cellulose et de la lignine, rompant leur

membrane pour pouvoir digérer les substances se trouvant à l’intérieur. Le mycélium n’ayant ensuite plus rien à « manger » se décompose, libérant l’azote précédemment emprisonné. À la suite des champignons, se développent les bactéries ainsi que la pédoflore et la pédofaune. Ces processus se soldent, du point de vue du jardinier ou du cultivateur, par l’obtention d’un milieu favorable à la croissance des plantes (éléments

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minéraux et humus), retenant l’eau et contenant des nutriments, sans qu’il soit besoin d’arroser ou d’apporter des fertilisants.

sont aussi essentiels pour la minéralisation de l’azote, indispensable à la croissance des plantes.

La pédofaune Elle est composée de très nombreux organismes de tailles diverses : de 1 micron jusqu’à 2 mm pour la microfaune (bactéries, protozoaires…) et la mésofaune, et de 2 mm à 20 mm pour la macrofaune. La faune du sol favorise aussi la minéralisation des débris végétaux par le brassage et la fragmentation du milieu. Les vers de terre, en particulier, jouent un rôle essentiel dans l’évolution physique et chimique du sol. La mésofaune : collemboles et acariens Les collemboles sont des petits arthropodes, en général sauteurs, que l’on a longtemps classés parmi les insectes mais qui sont peut-être plus proches des crustacés (ils font penser à des crevettes). Les acariens font partie des Arachnides et présentent en général un corps compact. Ces petits animaux se nourrissent du mycélium des champignons et jouent donc un rôle important dans les réseaux trophiques. Ils

Les collemboles vivent dans les premiers centimètres du sol et participent à la transformation de la matière organique.

La macrofaune Elle compte des arthropodes appartenant à divers sous-embranchements, en particulier celui des crustacés. Toutefois, à ce niveau, le rôle essentiel est joué par les vers de terre. Ces derniers appartiennent à l’embranchement des Annélidés et constituent le sous-ordre Lumbricina, regroupant pas moins de 5 000 espèces décrites, regroupées en 13 familles, mais on sait qu’il reste encore beaucoup d’espèces à découvrir. Ils se distinguent par un corps allongé constitué d’anneaux (segments) et garni de soies. Le premier segment est la bouche et le dernier l’anus. 13

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Le BRF : un processus complexe et étonnant

Le lombric, un acteur essentiel !

Les vers de terre absorbent de la terre qui passe dans l’intestin où se forme le complexe argilo-humique, complexe d’argile et d’humus rendu stable grâce à une sorte de colle humique que l’on appelle « glomaline » et qui est synthétisée par les champignons. En avalant la terre et en la restituant, après digestion de certains éléments, ils modifient et améliorent la nature chimique du sol, participant notamment à la minéralisation de l’azote. Mais ils ont aussi une importante fonction d’entretien du sol : grâce à leurs galeries horizontales et verticales, les vers de terre aèrent le sol et y créent des voies d’infiltration des pluies. Enfin, en brassant la terre, ils enfouissent dans les couches profondes du sol les éléments organiques prélevés en surface et remontent à la surface la terre des couches profondes ingérée en même temps que les matières orga-

niques. On classe les vers de terre en trois groupes différents : • Les lombrics épigés : ils vivent dans les litières de feuilles en décomposition et donc uniquement en surface. On les trouve en particulier dans le lombricompost. • Les lombrics endogés : ils creusent des galeries horizontales en consommant de la matière minérale, c’est-à-dire de la terre, contenant de la matière organique. Ils n’apparaissent jamais à la surface. • Les lombrics anéciques : ils se nourrissent de litières végétales et creusent des galeries verticales en laissant à la surface ces tortillons caractéristiques que l’on appelle des turricules. Ce sont eux qui accomplissent le gros du travail de brassage et ils représentent d’ailleurs, en pays tempéré, 80 % de la masse totale des vers de terre.

Des fouisseurs acharnés ! Ne croyez pas que les vers ne travaillent qu’une toute petite partie de la terre ! En effet, ils traitent des volumes phénoménaux étant donné leur nombre : ils ne représentent pas moins 70 % de la masse totale des animaux terrestres. Dans une prairie naturelle, non traitée, on en compte 150 à 400 au mètre carré, et seulement 3 à 5 au mètre carré dans un champ de céréale chimique.

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Les avantages du BRF Les avantages sont multiples et s’appréhendent aussi bien à grande échelle – protection des sols et de l’environnement en général, défense de l’arbre et bonne gestion des forêts – qu’au niveau du jardinier qui, dans son potager, souhaite récolter en abondance des légumes sains et de bonne qualité gustative. C’est ce qui explique que le BRF se développe chaque jour davantage.

La stimulation de la vie du sol Le BRF, ce n’est ni un engrais ni un amendement. Le but de son épandage n’est pas d’apporter des fertilisants, nutriments dont la plante a besoin pour se développer. Il s’agit plutôt d’apporter des éléments permettant de développer et de maintenir la vie intense du sol — pédoflore et pédofaune — qui permet notamment de libérer les nutriments nécessaires. C’est ce que l’on appelle l’aggradation du sol, phénomène comparable à la pédogenèse, que l’on peut aussi, en langage de jardinier, appeler la bonne santé du sol. Ainsi, le premier avantage du BRF est donc la restauration et le maintien d’une vie intense dans le sol. Le dé-

veloppement des réseaux trophiques, dont nous avons parlé en pages 11 à 14, se traduit par une prolifération d’une faune nombreuse, dont les espèces sont interdépendantes, des collemboles aux acariens et des vers de terre aux carabes.

La richesse en humus Grâce à l’activité biologique, on assiste à une rapide croissance de la teneur du sol en matières organiques, et donc à une croissance de la teneur en humus — matière organique essentiellement végétale, décomposée par l’action des micro-organismes et des arthropodes, avec la collaboration des animaux fouisseurs comme les vers 15

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CHAPITRE 2

La préparation et l’utilisation du BRF

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La nature du broyat Le BRF, c’est une couche de broyat de rameaux que l’on étale de manière continue sur tout le sol cultivé. C’est donc une pratique extrêmement simple et l’on pourrait d’ailleurs s’arrêter là. Mais il faut cependant apporter quelques précisions ! En effet, si le broyat n’est pas ce qu’il doit être, le jardinier va au-devant de déceptions.

La nature du broyat

Des rameaux vivants L’expression « bois raméal » signifie rameaux vivants d’arbres et d’arbustes, à l’exclusion du bois de tronc et de grosse branche (bois caulinaire). Il faut donc aussi bannir le bois mort. Toutefois, un rameau que l’on coupe, contrairement à une fleur ou à une tige vivace, ne meurt pas dans les quelques jours qui suivent. Il est donc possible de stocker les rameaux coupés pendant un temps relativement long avant de procéder au broyage. Cette période est cependant fort variable, on le comprend aisément, en fonction de l’époque de coupe, du diamètre des rameaux et des essences. Des branches coupées en état de dormance, c’est-à-dire en automne et en hiver, peuvent être conservées

quelques mois. En revanche, celles qui sont en pleine sève, coupées au printemps, doivent passer au broyeur dans les quelques semaines qui suivent.

La taille des copeaux Le diamètre maximal conseillé pour les rameaux est de 70 mm, mais on peut varier un peu, notamment en fonction des essences, plus ou moins dures. Certains parlent de 50 mm, d’autres de 100 mm. Ajoutons que l’on peut réserver les valeurs supérieures pour les bois tendres comme le bouleau, le peuplier ou le tremble. Pour les bois durs, comme le chêne, on peut se limiter à un diamètre maximal de 40 mm et moins encore pour les bois à croissance très lente comme le buis

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Le sécateur à deux branches est un excellent outil pour « récolter » les rameaux, à l’occasion de tailles et de nettoyages.

ou le romarin. En pratique, d’ailleurs, le propriétaire d’un petit jardin est tributaire de son broyeur, et les broyeurs de jardin courants sont souvent limités à 40 mm, ce qui conduit en réalité à traiter des branches d’un diamètre maximal de 30 mm environ, si l’on veut éviter les bourrages. Toutefois, si l’on fait appel à un broyeur de professionnel ou si l’on achète du BRF, on prendra comme diamètre maximal de référence 70 mm. Quant à la longueur des copeaux, elle est également déterminée par le broyeur et il y a de grosses différences

selon les modèles. On peut retenir que, dans l’idéal, le volume des copeaux doit être compris entre 2 et 5 cm3.

Copeaux, fragments, chips Le terme de « copeaux » ne convient pas exactement si l’on s’en tient à la définition du dictionnaire, et il vaudrait mieux parler de « fragments ». Toutefois, il est passé dans les mœurs et habituellement utilisé par les spécialistes. On parle également de « chips », ce qui est savoureux étant donné la signification prise en français par ce terme, mais en anglais, des chips ce sont des fragments… ou des copeaux !

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La nature du broyat

Les essences En principe, on ne fait appel qu’à des feuillus, en bannissant les conifères à cause du type de lignine qu’ils contiennent, ce qui laisse tout de même d’énormes possibilités. En pratique, on peut cependant intégrer au broyat une certaine proportion de rameaux de conifères, 20 % au maximum, mais mieux vaut s’en tenir à 10 ou 15 %. Parmi les feuillus, certains sont toutefois déconseillés étant donné leur caractère nocif et toxique pour la faune du sol (pédofaune). C’est le cas, dit-on, des eucalyptus ou de certaines espèces de ce genre. Toutefois, l’eucalyptus est utilisé dans certaines régions géographiques où il est abondant, et semble-t-il avec succès (voir encadré ci-contre). Ce n’est pas parce qu’un bois présente une certaine toxicité qu’il ne peut pas être utilisé pour le BRF. De même, ce n’est pas parce qu’il y a un if sur un terrain et que ses graines (pourtant très toxiques pour l’être humain) sont disséminées un peu partout que la terre y est impropre à la culture des légumes. La décomposition et les processus chimiques qui l’accompagnent changent évidemment la donne. Les rumeurs déconseillant l’utilisation du

laurier-rose (Nerium oleander), du laurier-cerise (Prunus laurocerasus) ou même du troène (Ligustrum) sont donc infondées. Les meilleures espèces pour le BRF sont théoriquement celles qui constituent le peuplement des forêts stables dites climaciques, en particulier le chêne, le hêtre, l’orme, l’érable, le charme, le noisetier, le châtaignier. Les espèces pionnières, comme le peuplier, le saule et le bouleau, sont considérées comme moins intéressantes. Néanmoins, le mieux est dans ce do-

Eucalyptus et BRF L’eucalyptus est souvent décrit comme inapproprié pour le BRF parce que les feuilles coriaces de diverses espèces forment au sol une litière s’opposant à toute végétation. Toutefois, il ne faut pas voir là le résultat d’une quelconque toxicité. Le phénomène est dû à l’épaisseur de la couche et à la lenteur de la décomposition des feuilles. Si les eucalyptus avaient une toxicité foudroyante, les koalas, qui s’en nourrissent, s’en seraient aperçus. En tout état de cause, il existe des témoignages de jardiniers utilisant les rameaux d’eucalyptus avec succès pour le BRF, et notamment de gommier (Eucalyptus polyanthemos), de gommier bleu (E. globulus) ou arbre au koala, ou encore d’eucalyptus citronné (Corymbia citriodora). De même, à Madagascar, où il abonde, l’eucalyptus est utilisé en BRF et il donne apparemment satisfaction.

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Pour une production « en gros » de broyat, il faut d’abord stocker les rameaux (ici, saule et érable).

maine aussi l’ennemi du bien et, si l’on n’a rien d’autre, un broyat constitué uniquement de bouleau peut donner d’excellents résultats dans un potager. Toutefois, dans le cas de l’amateur qui coupe et broie lui-même des rameaux provenant en grande partie de sa propriété, la règle d’or est le mélange des essences. Chaque fois que c’est possible, broyez donc des branches d’arbres et d’arbustes les plus divers ou mélangez les broyats. Vous éviterez ainsi les erreurs et vous compen-

serez les insuffisances d’une essence par les avantages de l’autre. Dans un jardin d’amateur, qui conjugue l’ornement au potager et au verger, on trouve précisément, en général, une assez grande diversité d’espèces, avec souvent beaucoup d’arbustes à fleurs de différentes provenances : forsythias, prunus, céanothes, viornes, seringats, genêts, cornouillers, tamaris… Les rameaux de taille de tous ces végétaux conviennent parfaitement pour le BRF. 35

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La nature du broyat

Caducs et persistants Les espèces caduques constituent en général le gros du BRF. On les passe au broyeur le plus souvent en hiver, quand les feuilles sont tombées et que les arbres et les arbustes sont en état de dormance. Mais qu’en est-il des feuillus persistants ? Le problème se pose particulièrement dans les jardins urbains où les haies de persistants sont nombreuses. Théoriquement, les feuilles ne sont pas gênantes dans le processus du BRF. Elles se décomposent évidemment beaucoup plus vite que les fragments ligneux, mais ceux-ci jouent ensuite normalement leur rôle. Toutefois, cette décomposition peut entraîner un certain retard de la colonisation des fragments de bois et de la lignine par les champignons. Par ailleurs, une trop grande abondance de feuilles est un handicap d’une part parce qu’elle entraîne des bourrages dans certains broyeurs, d’autre part parce qu’elle ne permet pas de bien juger de l’épaisseur réelle de la couche de BRF (ce qui reste quand les feuilles ont disparu). Le problème se pose beaucoup moins avec les espèces marcescentes

Bambous et cannes de Provence Ces monocotylédones ne conviennent théoriquement pas pour faire du BRF, étant donné leur résistance à la putréfaction. C’est dommaage car, dans certaines régions, ils sont disponibles en volume important. On peut donc essayer de déroger aux principes en incorporant du broyat de bambou à celui de feuillu dans une proportion maximale de 20 % (comme pour les conifères). Par ailleurs, les jeunes bambous sont manifestement plus appropriés que les chaumes durcis.

(hêtre, charme, chêne) car les feuilles mortes qui restent sur les rameaux ne produisent guère de bourrage et n’empêchent pas de bien juger de l’épaisseur de la couche. Mais mieux vaut éviter un BRF uniquement constitué d’aucuba ou de laurier du Portugal, le mélange des essences, rappelons-le, étant toujours à conseiller (voir pages 34 à 35). On peut aussi, bien entendu, stocker pendant quelque temps les rameaux feuillés des espèces persistantes, en attendant que les feuilles se dessèchent, pour passer ensuite le tout au broyeur.

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Se procurer du BRF Où trouver du broyat ? La réponse varie beaucoup en fonction du lieu d’habitation, de la région, du type de jardin et de la surface à couvrir…

Évaluer les quantités nécessaires

Du BRF gratuit ou presque…

Il faut compter 15 m3 de broyat pour recouvrir 500 m2 de terre cultivée, si l’on étale une couche d’une épaisseur de 3 cm, ce qui fait donc 3 m3 pour 100 m2 et une trentaine de litres au mètre carré. Si vous manquez de broyat, vous pouvez l’étaler davantage en réduisant l’épaisseur de la couche à 1 à 2 cm. Par ailleurs, 1 m3 de broyat pèse entre 250 et 350 kg, en fonction de l’essence et de la grosseur des copeaux. Il est difficile d’évaluer le cubage de branchages nécessaire pour obtenir un volume donné de broyat : tout dépend de la grosseur des branches et du caractère plus ou moins serré des tas ou des fagots. Disons qu’il faut environ 10 à 15 m3 de branchages pour obtenir 1 m3 de broyat. Mais les variables sont nombreuses !

C’est sans doute le cas le plus fréquent pour ce qui concerne les jardiniers lambda mais c’est aussi le moins abordé jusqu’ici par les spécialistes du BRF,

En ville

Pollution ? Les arbres et arbustes des parcs et jardins urbains sont évidemment exposés à la pollution, en particulier aux gaz d’échappement, comme d’ailleurs les végétaux de bord de route. Le broyat qui en est issu est-il donc lui aussi pollué et présente-t-il une teneur excessive en métaux lourds ? Apparemment non car, contrairement aux feuilles, la lignine n’accumule pas les métaux lourds. D’une manière générale, d’ailleurs, les BRF de toutes natures ont des taux de métaux lourds nettement inférieurs à ceux des composts utilisés pour l’agriculture et le jardinage. Toutefois, si l’on broie des rameaux feuillés, la teneur en métaux lourds peut être nettement plus élevée, surtout si les arbustes concernés poussent dans un endroit sensible.

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